Accident au Mustang, plusieurs trekkeurs décédés (14 octobre 2014)
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CC Cckhumbu Regular ·
namaste

c'est encore un coup dur pour le Népal . Après celle de début Avril sur l'Everest où il y a eut 17 népalais morts .

Mais bon ça nous empêchera pas d'y retourner . IL y a des accidents de montagnes en été dans nos Alpes . une pensées aux familles . chrystelle
AR Armandveron Regular ·
On va attendre un peu pour savoir si c'est sur un chemin de trek ou dans le Pisang Peak (qui a déjà connu dans le passé des avalanches très meurtrières ) ou le Kangguru, mais quoi qu'il en soit il ne faut plus qu'on puisse lire de ces messages sur VF qui claironnent que tout est simple, facile, évident et sans risque comme on continue d'en lire. C'est la montagne, il faut la respecter. Pensées pour les familles et les proches des victimes et aussi pour ceux qui sont dans l'inquiétude.
IN Indybob Regular ·
J'ai mis cette nouvelle parce que j'y suis allé en mars dernier et que j'étais sur un trek tout proche (Tsum et Manaslu).

Mes pensés aux victimes donc mes 3 concitoyens québécois qui sont décédés.
Robert L. Photographe
SE Sebetcel Regular ·
24 décès dont au moins 16 morts au Thorong La sur le circuit des Annapurnas. Bilan à suivre. http://www.thehimalayantimes.com/fullNews.php?headline=Blizzards+claim+24+lives%E2%80%9A+dozens+go+missing+&NewsID=430641

Effectivement : Ne partez jamais seuls. La montagne est imprévisible, même si le chemin est bien traçé !
MA Magne2 Globetrotter ·
les queues de moussons peuvent intervenir souvent jusqu'a mi Octobre , je ne suis jamais parti en dessous du 20 Octobre au Népal
Hasta la vista
AR Armandveron Regular ·
Ce n'est pas une queue de mousson, mais un ouragan qui est remonté depuis le golfe du Bengale. Ca se produit de plus en plus, peut-être du fait du changement climatique. C'est plus violent et plus rapide que la mousson, ce qui piège les trekkers. De plus les vents sont très forts d'où risques de gelures.
BU Bub Veteran ·
Exact, comme début novembre 2013 avec Haiyan qui avait amené de très fortes chutes de neige au Népal avec blocage des hauts cols plusieurs jours, neige souvent transformée ensuite en grosses plaques de glace qui étaient restées quasiment toute la fin de la saison.
Bub Exploring the world https://dchabaud.fr
MI Migu Veteran ·
Bonjour,

J'ai fait le tour des Annapurna il y a quelques années. Cette ballade est d'un niveau facile et sans danger sauf en passant le Thorong La qui est (quand même) situé à prés de 5500 m. Je me souviens que ce fut assez rude et qu'on était un peu déshydratés et gerçurés.

Michel.
Carpe Diem
CI Citipati Veteran ·
Je suis passe par ce chemin (Nar-Phu/Kang La + Tilicho Lake/Mesokanto La) il y a tout juste 2 semaines. On avait eu grand beau, et lorsque je suis ca via les messages du TAAN, je trouve ca vraiment hallucinant. Je me dis que j'ai eu beaucoup de chance. 😕
SB Sbecker Veteran ·
Effectivement : Ne partez jamais seuls.

Aaahh, le bon vieux "ne partez jamais seuls" 🙂. Il y'a 4 ans, j'étais seul dans les andes et j'ai essuyé une tempête... pas une gentille, une du genre qu'on ne voit même pas au cinéma dans les films catastrophes. Sans rentrer dans les détails, au bout d'un moment, j'ai posé mon sac à dos et j'ai attendu tranquillement de mourir. Finalement, je me suis relevé, je me suis battu et je m'en suis sorti.

Sur le coup et toujours rétrospectivement, je me suis dit que je m'en suis sorti grâce à la conjonction de plusieurs facteurs: j'étais dans une condition physique exceptionnelle, j'avais un équipement théoriquement "surdimensionné" et surtout, surtout j'étais seul. Si j'avais été accompagné, il est probable que les personnes qui m'auraient accompagnées seraient décédées et je serais peut être décédé moi même en voulant les aider.
SE Sebetcel Regular ·
Sbecker,

Chaque personne est différente et réagi différemment face a des situations exceptionnelles. Je pense que tu es un ''cas à part'' et probablement peu de personnes ont ''tes facultés''. La grande majorité des voyageurs ont quand même besoin d'un encadrement minimum. Dans ce cas précis, voici le témoignage de personnes qui doivent leurs vies à leur porteur : http://www.thehimalayantimes.com/fullNews.php?headline=Man+gives+life+to+save+many+backpackers&NewsID=430752

Un bon encadrement est loin d'être un poids et il peut donc sauver des vies. Qui sait, si dans ton expérience vécue, tu n'aurais pas mieux affronté les évènements en étant bien encadrés ? Après tout se discute et chaque cas est un cas particulier en fonction de la motivation, des goûts, des capacités physiques....
WI Willemspie Globetrotter ·
Je reviens juste du trek du Makalu BC, juste un tres gros orage (mais j'etais deja quasi revenu) et 2 jours de pluie, A noter quand meme que tous les autres jours le temps n'est beau et il n'y a des vues QUE le matin,

Notez aussi que le mauvais temps avait ete prevu, certainement sur wunderground.com, dans les previsions 10 JOURS A L'AVANCE, j'en ai tenu compte pour accelerer un peu mon propre trek,
DJ Djalma Globetrotter ·
Effectivement : Ne partez jamais seuls. La montagne est imprévisible, même si le chemin est bien traçé !

Je ne comprends pas trop ce que tu as voulu dire... Quand on est pris dans une avalanche si on est seul ( au singulier) on est la seule victime.. Si on est "seuls" au pluriel c'est qu'on est plusieurs et souvent il y a plusieurs victimes et c'est bien le cas ici non?
https://www.youtube.com/watch?v=-XCOyB7WStI https://www.youtube.com/watch?v=g2eI67iCbKY
DJ Djalma Globetrotter ·
mais quoi qu'il en soit il ne faut plus qu'on puisse lire de ces messages sur VF qui claironnent que tout est simple, facile, évident et sans risque comme on continue d'en lire.

Les risques existent partout même en traversant la rue devant chez soi on peut mourir. La difficulté elle est subjective ce qui est facile pour certains peut être très difficile pour d'autres et vice versa et sur un parcours facile on n'est jamais non plus à l'abri d'un pépin qu'on n'imaginait pas... c'est une évidence. Au Népal il existe de nombreux treks possibles où le risque d'avalanche s'il n'est pas quasiment nul est cependant très très faible mais certains parcours dans la région des Annapunas peuvent comporter des risques comme le col mésokento après le lac Tilicho mais surtout la traversée Nar Phu vers le haut Mustang par le Saribung. L'ascension de "trekking peaks" comme le Pisang peak par exemple comporte aussi des risques importants d'avalanche surtout si on s'y lance sans regarder les prévisions météo!!
https://www.youtube.com/watch?v=-XCOyB7WStI https://www.youtube.com/watch?v=g2eI67iCbKY
AR Armandveron Regular ·
La confusion vient généralement de la définition du mot facile en montagne. Le parcours peut être techniquement facile, voire très facile, ça ne veut pas dire qu'il n'est pas exposé, aux chutes comme aux intempéries. Gokyo sans passer par les cols par exemple est très facile quant au niveau de randonnée, ça n'a pas empêché une vingtaine de trekkeurs d'y laisser leurs vies il y a quelques années suite à une chute importante de neige. je crains toujours les raisonnements à la Kilian Jornet qui vit de sa théorie selon laquelle tout est facile et faisable en chaussures de trail mais qui ne doit la vie qu'à l'arrivée de l'hélico après ses fantaisies dans l'Aiguille du midi. J' ai pris la tempête au Thasi-Lapsa, j'ai pris la tempête au Ganja-la, j' ai pris la tempête au Mera-la, et bien ça n'avait rien d'évident et j' ai plus qu'apprécié d' avoir un équipement montagne. Et toujours en partant après le 15 Octobre, je précise. Tu parles du Saribung, terrain de jeu de Paulo Grobel, un de nos plus grands spécialistes du Népal et accessoirement guide, et bien va sur son site et tu verras que la notion d'exposition est fondamentale pour lui et éventuellemnt lis son bouquin sur le Népal chez Glénat.
DJ Djalma Globetrotter ·
J' ai pris la tempête au Thasi-Lapsa, j'ai pris la tempête au Ganja-la, j' ai pris la tempête au Mera-la, et bien ça n'avait rien d'évident et j' ai plus qu'apprécié d' avoir un équipement montagne.

Niveau risque ce ne sont pas les meilleurs exemples quand même!

Pour ce qui est de l'exposition ben oui les risques existent que ce soit sur un chemin en crête ou en bordure du vide ou au dessus d'un torrent ( 1 personne tombée dans la Buddhi gandaki récemment sur le tour du Manaslu) Les plus gros risques à mon avis c'est dès qu'on aborde la neige surtout lorsqu'on passe proche d'une pente abrupte généralement ça dure peu de temps et l'exposition est brève mais la malchance peut être présente ;en cas d'éboulements aussi suffit de ne pas être la au mauvais moment! Après il y a aussi des endroits où l'on est très souvent exposé à la fois aux éboulements et aussi aux avalanches mais quoi qu'on en dise c'est très rare sur un parcours de trek classique..
https://www.youtube.com/watch?v=-XCOyB7WStI https://www.youtube.com/watch?v=g2eI67iCbKY
AR Armandveron Regular ·
Heureusement que c'est rare mais j'ai aussi connu l' accès à l'ABC fermé plusieurs jours suite à une avalanche et j' ai réussi d'excellentes photos à Lobuche en suivant les yacks qui servaient de chasse-neige, la montée à Gorashep étant interdite. Rare donc, oui, exceptionnel certainement pas ou alors j'ai eu plusieurs vies.
SE Sebetcel Regular ·
Oui, plusieurs personnes étaient ensemble au moment des avalanches. Le temps était mauvais et ils ont peut-être pris trop de risques et voulus forcer le passage... Dur de savoir. Quand je dis qu'il ne faut pas pas partir seul (je n'aurais pas du mettre le 's'...), je veux faire passer le message qu'en lisant beaucoup de personnes sur ce forum, on peut avoir l'impression que toute personne physiquement apte peut effectuer la grande majorité des itinéraires de trek au Népal, sans accompagnement. Or, pour la majorité des lecteurs qui viennent chercher des infos, car, justement, ils ne maitrisent pas tout, ce n'est pas vrai et un accompagnement professionnel est probablement indispensable pour des raisons de sécurité, de confort, de découverte, d'échanges...
DJ Djalma Globetrotter ·
et un accompagnement professionnel est probablement indispensable pour des raisons de sécurité, de confort, de découverte, d'échanges...

D'après ce que j'ai lu ici les Quebecois étaient bien accompagnés par des professionnels de la montagne mais ça ne les a pas empêchés d'être victimes de l'avalanche...http://www.terraultima.ca/

Le parcours qu'ils avaient sans doute prévu:http://www.terraultima.ca/voyages/randos/randonne-nepal-naar-phu-annapurna/
https://www.youtube.com/watch?v=-XCOyB7WStI https://www.youtube.com/watch?v=g2eI67iCbKY
FL FloThi ·
Bonjour,

Suite aux avalanches, savez-vous si le Tour des Annapurnas est fermé ou va l'être? Nous serons au Nepal dans 3 jours et c'est le trek qu'on avait choisi de faire d'ici une dizaine de jours. Est-ce que certains d'entre vous sont sur place et ont des infos?

Merci
MA Magne2 Globetrotter ·
Des professionnels qui partent en pleine tempête de neige...on peut se demander en quoi ils sont pros😠
Hasta la vista
CI Citipati Veteran ·
C'est le parcours que j'ai fait. Et effectivement, je n'aimerais pas etre bloque au passage de l'eastern pass/Mesokanto la (marche de 3-4h a ~5200m).
CI Citipati Veteran ·
Je crois que tu n'as pas compris.

Ils sont probablement partis bien avant la tempete. Et en pleine montagne, on n'a pas la TV pour regarder la meteo du lendemain. (a partir de Koto, il est quasi-impossible d'avoir des news, et ce jusqu'a etre repasse de l'autre cote du Kang La)
MA Magne2 Globetrotter ·
vu les rescapés à la Télé hier soir ils marchait avec de la neige j'uqu'au ventre pour essayer de passer le Thorong La ( c'est la qu'il le plus de monde ) je ne parle pas du Kang la

la tempête elle n'arrive pas en instantanée , e sur le tour de l'Annapurna comme sur le mont blanc d'ailleurs tu trouve des gens qui n'ont aucune expérience de la montagne
Hasta la vista
MA Magne2 Globetrotter ·
comme cela se va certainement se renouveler il serait bien que les autorités Népalaises fassent leur boulot à Manang que cela soit vers le Thorong la ou vers le meso Khanto

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/10/18/le-bilan-humain-de-la-tempete-dans-l-himalaya-s-alourdit_4508561_3216.html
Hasta la vista
AR Armandveron Regular ·
comme cela se va certainement se renouveler il serait bien que les autorités Népalaises fassent leur boulot à Manang que cela soit vers le Thorong la ou vers le meso Khanto

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/10/18/le-bilan-humain-de-la-tempete-dans-l-himalaya-s-alourdit_4508561_3216.html

Quel boulot ? Le seul "boulot" à faire en trek c'est de regarder son altimètre le soir et de retourner gentiment se coucher si le lendemain matin on a gagné 150 ou 200 mètres, et pour cela il n'y a pas besoin de l'intervention du ministère du tourisme.
MA Magne2 Globetrotter ·
Armand je suis d'accord avec toi sur le fond mais je ne pense pas que la majorité de trekeurs aient un altimétre, et certains n'ont aucune expérience de la montagne
Hasta la vista
VI Visitation Regular ·
peux-tu m'expliquer Armand ce que tu veux dire par "regarder son altimètre et si .. 150 ou 200 m .. retourner gentiment se coucher ..". je ne comprends pas. veux tu parler du mal des montagnes ? je n'ai jamais utilisé d'altimètre d'ailleurs. merci.

je me demande dans ce drame si la meteo a brutalement changé, et si il était possible vers 10-11 heures de changer de stratégie. c'est à dire revenir en arrière. j'aimerais que Citipati raconte par exemple à quelle heure se font les départs chaque matin, combien de personnes partent en même temps, combien sont en autonome et combien sont en équipe avec un guide, des sherpas etc .. y a t'il eu prise de risque inconsidérée ? par tous ou presque ? y compris les guides népalais ... merci.
Paco "les hommes sont aujourd'hui convaincus qu'ils volent .." René Char Des souvenirs j'en ai d'autres, mais je les perds, car on démolit mes repères ..
AR Armandveron Regular ·
l'altimètre, cest un baromètre inversé. quand la pression monte l'altitude qu'il te donne baisse. quand la pression baisse l'altitude qu'il te donne monte. donc, si le matin ton altimètre te donne une altitude de 10 ou 20 mètres de plus ce n'est pas grave mais s'il te donne 100 ou 200 mètres de plus c'est très mauvais signe car c'est signe que tu te retrouves au centre d'une dépression qui va aspirer tout ce qui se trouve dans le coin comme nuages ( c'est simplifié, mais en gros c'est ça). Dans ce cas là la prudence c'est de ne surtout pas se lancer dans une montée, d'accélérer la descente si on connaît bien l'itinéraire et de rester à l'abri dans le cas contraire. Ce que beaucoup n'ont pas fait, ils ont continué à monter malgré l'arrivée de la tempête, ce qu' a confirmé ce matin dans une interview sur France-info le guide népalais Gurung. Ils ont quand même passé le col et pour une raison toute simple, le timing du trek. Et ça, c'est le vrai problème : toujours vouloir aller plus vite, tout faire en 2 ou 3 semaines de Paris à Paris. En trek d'altitude il faut prévoir des jours d'acclimatation et des jours de secours en cas de contretemps (météo, c'était le cas, ou chemin coupé ou pont détruit, etc). Et bien sûr l'équipement, il y a eu beaucoup de gelures, et la condition physique, avancer contre la tempête est épuisant. Et enfin se lever tôt : au Népal, il fait jour tôt, il fait nuit tôt, il fait comme toujours en montagne plus beau le matin que l'après-midi, donc se lever au plus tard à 6 heures même si ça contrarie ceux qui considèrent que ce n'est pas une heure pour des vacances ou parfois des guides un peu trop fainéants (lorsque les lodges se font parfois tirer l'oreille pour préparer le petit-déjeûner aussi tôt, il faut gueuler). En bref, avoir une connaissance réelle de la montagne avant de se lancer au delà des 5000/5500 mètres, 9 fois sur 10 ça va être inutile, mais la dixième ça peut t'éviter bien des problèmes et dans tous les cas ça te rendra ton trek beaucoup plus facile et agréable.
CI Citipati Veteran ·
A chaque passage de col, comme le dit Armand, il faut se lever tot, voire tres tot. Perso, pour le Kang La, on s'est leve a 4h30, depart a 6h en retard, on devait decoller a 5h30. On a ete plutot rapide, 2h30 a peine pour atteindre le col, malgre deja une meteo pas tres engageante. Au col, une rapide fenetre de calme, mais les nuages sont revenus tres tres vite, et on y voyait presque plus rien. Et ce, des les 10h.

Dans la descente, autour de midi, on voyait le col pris dans des nuages enormes.

Generalement, on conseille de passer les cols au plus tot le matin pour eviter le mauvais temps et/ou les vents qui se leve des la fin de matinee.

J'ai passe le Kang La et le Mesokanto avec une equipe competente (Base Camp trekking pour ne pas les citer) et des porteurs equipes (meme si de mon point de vue, ils auraient pu avoir mieux). Mais sur le fameux Tour des Annapurnas, au Thorung La, il y a de nombreuses (tres nombreuses) personnes seules ou en groupe, mais sans guide, sans porteurs.... Les decisions leur reviennent, et du coup, engendrent facilement des catastrophes.

Cela dit, 2 choses :

1. Si effectivement les personnes sont dans la montee du col et se retrouvent au centre d'une tempete, c'est soudain, et difficile de faire autrement que de mourir et d'essayer d'en rechapper.

2. Les gens qui se sont fait recuperees dernierement ont, amha, en toute inconscience tente de monter au col malgre la couche de neige importante et les eventuels relans de tempete previsibles.

Bref.... deja 43 morts et quasi-400 personnes recuperees sur toute la zone des Annapurnas... C'est de la folie.
AR Armandveron Regular ·
2. Les gens qui se sont fait recuperees dernierement ont, amha, en toute inconscience tente de monter au col malgre la couche de neige importante et les eventuels relans de tempete previsibles.

Va sur le site de France Info et réécoute le guide népalais ( curseur à 6h30) : ils sont partis pour passer le col alors qu'il neigeait déjà parce qu'ils devaient respecter le timing pour l'avion du retour, il le dit en toute innocence..... Plus on raccourcira le trek du Thorung, plus il y aura des problèmes. Il y a 20 ou 30 ans on comptait 4 semaines de Paris à Paris. On compte maintenant 3 semaines. On est en train de passer à 2 semaines avec les routes en construction jusqu'à Manang d'un côté et Jomoson de l'autre ainsi que la multiplication des vols depuis Jomoson. C'est tout simplement trop court et je dirais presque suicidaire car il n' y a pas que l'hypothèse de tempête, il y a aussi le mal des montagnes. Les trekkers ne veulent pas "bouffer" l'ensemble de leurs jours de congés en une seule période de vacances, alors les agences suivent et abrègent le trek : la commercialisation a pris le dessus mais la montagne n'est jamais à notre totale disposition ( et c'est heureux ).
VI Visitation Regular ·
merci Armand, merci Citipati ... merci beaucoup ! j'ai l'impression d'être moins bête et apprécie vos réponses explicites et .. pleines d'expérience et de mesure. ton explication du fonctionnement de l'altimètre est impeccable et je n'avais pas établi le rapport, connaissant pourtant les lois de la météo (hautes et basses pressions, variant avec l'altitude). j'ai depuis deux ans envisagé ce "tour des A" en y consacrant un mois plein, avec arrêts de deux nuits ici ou là : je ne vais pas changer ce cadre avec vos commentaires ! au contraire ..

Armand, lorsqu'on a les deux pieds solides sur la terre (comme toi), ne pourrait-on descendre un peu ta fourchette d'altitude et dire, au lieu de ""En bref, avoir une connaissance réelle de la montagne avant de se lancer au delà des 5000/5500 mètres, 9 fois sur 10 ça va être inutile, mais la dixième ça peut t'éviter bien des problèmes et dans tous les cas ça te rendra ton trek beaucoup plus facile et agréable."" càdire la ramener à 3500-4000 m ... ? car au-dessus de 5000 m, c'est déjà de la haute montagne, avec tous les risques que tu décris et ta probabilité de mauvais temps passe à 50/50. ma toute petite expérience du Mt Kinabalu (4100 m) par très beau temps, ciel dégagé et 6-7 degrés à 06h du matin (idéal) ne me fait pas oublier tout ce que tu décris (avec Citipati) : après midi, tout se dégrade très souvent : nuages, pluie, froid, givre ou neige ... et on passe du plaisir au combat, avec endurance variable. à La Réunion (île magique), il faut également être dans la redescente vers midi-13h, car tout se bouche (nuages) et même les traces sont difficiles à repérer (points blancs sur rochers). Des morts, il y en avait chaque année au Volcan il y a 20 ans ! en chemisette et baskets aux pieds ..

une note positive : je conseille l'ascension du Mt Kinabalu, entre autres parce que la gestion de la 1/2 nuit d'étape au grand gîte Laban Rata à 3300 m est excellente : bons lits (chambrées de 4), excellente nourriture, à foison. bonne ambiance (les asiatiques, majoritaires sont super). montée : étape 1 = 6h, étape 2 = 3 h. mais il faut rajouter toute la redescente, le second jour, soit 3+2+5 = 10 à 11 h le second jour. possibilité d'une sieste au même gîte, avec petit déj, vers 10h. pour fractionner ce long second jour. les descentes sont aussi pénibles que les montées (genoux). le parcours : de très nombreuses marches, escaliers. deux passages avec cordes, pas dangereux mais glissants sur roches.

merci encore.
Paco "les hommes sont aujourd'hui convaincus qu'ils volent .." René Char Des souvenirs j'en ai d'autres, mais je les perds, car on démolit mes repères ..
AR Armandveron Regular ·
ne pourrait-on descendre un peu ta fourchette d'altitude et dire, au lieu de ""En bref, avoir une connaissance réelle de la montagne avant de se lancer au delà des 5000/5500 mètres, 9 fois sur 10 ça va être inutile, mais la dixième ça peut t'éviter bien des problèmes et dans tous les cas ça te rendra ton trek beaucoup plus facile et agréable."" càdire la ramener à 3500-4000 m ... ?

Cette fourchette n'a bien entendu pas valeur absolue. 5000/5500 m je l'ai citée pour le Népal ( et plus généralement l' Himalaya ou le Karakorum ). La haute montagne commence en gros là où cessent toute végétation et tout habitat permanent ou saisonnier. Et c'est variable en fonction de la latitude du massif : dans les Alpes par exemple on peut enlever facilement 2000 mètres. Le mauvais temps ( à la période classique des treks ) à 3500/4000 m au Népal, c'est de la pluie, donc pas de risque de ne pas pouvoir retrouver le chemin, pas de risque de gelure et en cas de petit mal des montagnes ( ce qui est fort rare ) la possibilité de descendre rapidement sans problème. A 4000 au pire on peu avoir de la neige fondante, pas plus. Donc, non, 3500/4000 au Népal c'est trop bas pour parler de risque de type "haute montagne". Même vers 4500 lorsqu'il neige ça ne tient que peu de temps à la période dont on parle (octobre-Novembre), par contre plus haut ce n'est plus du tout pareil.
MA Magne2 Globetrotter ·
2. Les gens qui se sont fait recuperees dernierement ont, amha, en toute inconscience tente de monter au col malgre la couche de neige importante et les eventuels relans de tempete previsibles.

Va sur le site de France Info et réécoute le guide népalais ( curseur à 6h30) : ils sont partis pour passer le col alors qu'il neigeait déjà parce qu'ils devaient respecter le timing pour l'avion du retour, il le dit en toute innocence..... Plus on raccourcira le trek du Thorung, plus il y aura des problèmes. Il y a 20 ou 30 ans on comptait 4 semaines de Paris à Paris. On compte maintenant 3 semaines. On est en train de passer à 2 semaines avec les routes en construction jusqu'à Manang d'un côté et Jomoson de l'autre ainsi que la multiplication des vols depuis Jomoson. C'est tout simplement trop court et je dirais presque suicidaire car il n' y a pas que l'hypothèse de tempête, il y a aussi le mal des montagnes. Les trekkers ne veulent pas "bouffer" l'ensemble de leurs jours de congés en une seule période de vacances, alors les agences suivent et abrègent le trek : la commercialisation a pris le dessus mais la montagne n'est jamais à notre totale disposition ( et c'est heureux ).

entièrement d'accord la pression du programme à du jouer énormément la méconnaissance de la haute montagne sous la neige pour les trekkeurs et les guides et porteurs népalais d'ailleurs ce sont les Népalais qui payent le prix fort dans cette catastrophe

tour des Annapurnas depuis Dhunre en avril 1984 programme en 28 jours dont 5 jours pour la visite de la vallée de Katmandu , 1 nuit au retour , 1 nuit à Pokhara
Hasta la vista
WI Willemspie Globetrotter ·
Je suis au Nepal, et j'ai lu un temoignage dans le journal ici qui disait qu'il avait commence par beau temps. Une telle intemperie soudaine n'etait jamais arrive auparavant, donc on peut eventuellement comprendre ceux qui ont continue apres le debut de la neige, y compris les guides qui ont donne de telles instructions. Par contre le mauvais temps etait lui prevu ... et en 2013 il y avait deja eu quasiment la meme tempete aux memes dates 13 - 15 octobre MAIS la chute de neige (jusque 60 cm) avait ete repartie sur 3 jours et cela avait commence en fin d'apres midi resultat aucun mort.
CI Citipati Veteran ·
Juste un exemple du temps au Kang La "quand il fait plutot beau" :

MA Magne2 Globetrotter ·
j'ai passé 2 fois le Thorong la Avril et fin octobre et suis monté une fois au Tilicho sans un seul nuage dans le ciel 😉
Hasta la vista
AR Armandveron Regular ·
Je suis au Nepal, et j'ai lu un temoignage dans le journal ici qui disait qu'il avait commence par beau temps.

Tu ne voudrais quand même pas que les journaux locaux démolissent l'industrie numéro 1 du Népal. Regarde donc la vidéo des Français qui en sont revenus et dis moi si le temps de Thorung Phedi le matin au départ était "beau".... et même le soir précédent à l'arrivée : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Waciz0b1Jcs
WI Willemspie Globetrotter ·
A noter qu'un membre de Voyageforum, avec qui je suis en contact, etait sur le tour du Dhaulaghiri, a d'abord ete sauve par un groupe organise, puis evacue par helicoptere.
MI Migu Veteran ·
Bonjour,

Voila comment se passait ce trek il y a quelques temps..... On était loin des 400 trekkeurs ou plus. Le chemin était encore un chemin et non une autoroute à fric. C'était bien. On avait du rencontrer en chemin une petite dizaine de personnes. Nous n'avions pas de guides, juste un semblant de carte pour ne pas se perdre ...Pour ce trek nous nous sommes arrêtés à Jomosson. Ceux qui connaissent reconnaitrons les lieux.

Dès le lendemain, nous quittâmes Pokhara à pied, muni du strict minimum, prenant la direction de Naudanda, un village situé, environ, à quatre heures de distance. Cette première étape ne fut qu’une succession de terrasses qu’il fallut franchir les unes après les autres. J’avais loué, naïvement, de solides chaussures de montagne à Pokhara, chaussures que je du enlever pour la dernière heure de marche, une douleur insupportable s’étant déclarée dans mes pieds. C’est donc déchaussé et boitillant que je pénétrai gaillardement dans le village. Le temps de trouver une guesthouse en arrivant, et je parti fouiner dans l’unique rue du hameau à la recherche d’un vendeur de souliers. J’en trouvai un, une centaine demètres plus loin, presque à la sortie du village. Fouillant, dans un désordre incroyable, je désespérais de trouver chaussure à mon pied. Les Népalais étant petits, l’affaire n’était pas gagnée.C’est presque par hasard que je découvris dans un coin, un stock de baskets basses « made in China ». Comble de chance, une paire était à ma taille. Je payais une somme dérisoire avant de sortir du magasin avec mon trésor. Le soleil avait déjà disparu derrière les sommets immaculés. L’ombre gagnait rapidement du terrain, il fallait rejoindre mon ami. C’est l’esprit plus léger que je rejoignis Christian. Celui-ci était assis sur un vieux banc, face à la vallée, l’air totalement absent. J’avais compris que mon ami n’était pas tiré d’affaire. Christian était encore sous l’emprise de son poison préféré. Il faisait nuit noire quand nous rejoignirent notre Lodge. Un froid vif avait remplacé la douce chaleur de l’après-midi. Je frissonnais légèrement tout en maugréant contre l’absence du plus petit moyen de chauffage. Un brasero qui nous aurait donné l’illusion d’un peu de chaleur aurait étéle bienvenu.

Nous reprîmes la route au petit matin, d’un rythme lent et régulier. La première partie du chemin était relativement plate, mais cela changea rapidement. Sans surprises, le sentier se transforma à nouveau en escalier interminable. J’appréciais ma nouvelle paire de baskets, je n’avais plus mal aux pieds. Le trajet jusqu’à Khare se déroula sans problèmes particuliers. Nous trouvâmes un petit lodge pour la nuit. Le village n’était pas grand, nous en fîmes vite le tour. Le long des maisons on voyait des troncs d’arbre, taillés dans la masse, faisant office d’échelles pour rejoindre des greniers débordants de foin. Des enfants se poursuivaient dans l’unique rue du village, soulignant leurs courses folles d’une cascade de rires cristallins. Le soleil baissait à l’horizon et beaucoup de villageois rejoignaient hâtivement leurs foyers. La plupart portait des charges considérables, ce qui n’avait pas l’air de les encombrer plus que ça. Au petit matin, à l’heure du départ, je décidai d’abandonner les chaussures que je ne portais plus, en me disant que je les retrouverai sur lechemin du retour. Nous prîmes la direction de Birethanti où nous passâmes une nuit froide et inconfortable, puis continuâmes sur Ghorepani. Depuis ce village, il était possible de grimper sur la colline de Poon Hill, pour observer la chaine des Annapurna. Le lendemain, à l’aurore, nous primes donc le chemin de cette colline, point de vue incontournable de l’étape du jour. La montée fut rude, mais quelle merveille à l’arrivée ! Quelle récompense ! Nous pouvions voir la totalité de la chaine des Annapurna, ainsi que des sommets comme le Dhaulagiri, le Machhapuchhare ou le Nilgiri.L’horizon était totalement dégagé et le ciel d’un bleu azur. Jamais point devue ne nous avait paru si grandiose. A Ghorepani nous restâmes dans un lodge proche de l’entrée du village. Une très grande cheminée était installée au milieu de la pièce principale. Le soir, les voyageurs se blottissaient autour du feu de bois. Certains discutaient à bâtons rompus, d’autres somnolaient engourdis par la douce torpeur qu’une fumée apaisante leur avait apportée. La lueur des flammes éclairait les visages, donnant par intermittence l’illusion parfaite d’un clair-obscur« Caravagesque ». L’instant était magique. C’est dans ce village, que nous rencontrâmes un jeune Allemand, Walter, que la « turista » n’avait pas épargné. Immobilisé depuis près de huit jours il attendait patiemment que cela passe. Il était, véritablement, très maigre et semblait flotter dans des vêtements d’un blanc douteux. Je me disais que la « turista » ne devait pas en être l’unique cause. Ses longs cheveux crasseux et sa barbe juvénile, le faisait ressembler à un Christ désemparé qu’un Ponce Pilate d’opérette aurait oublié là. Christianl’observa un instant, dubitatif. Il me revint soudainement à l’esprit la vision étrange de ces occidentaux fiévreux et amaigris, que j’avais croisés sur la route. Parfois assis, immobiles, piquant souvent du nez au coin d’une table ou sur le bord d’un trottoir, ils semblaient n’être plus qu’un parangon de profond désespoir. C’était le même air résigné, le même regard vide, les mêmes vêtements trop grands avec lesquels ils se confondaient parfois. J’espérais, profondément, que cette triste vision de l’être humain puisse faire réagir mon compagnon, avant qu’il ne soit trop tard. Nous reprîmes le chemin le lendemain à l’aube. Comme toujours la première heure marche fut la plus ardue.Il faisait froid, l’effort était difficile, puis le corps prenait son rythme habituel, lent et régulier. Le sentier jusqu’à Tatopanini n'était qu’une suite perpétuelle de montées et de descentes. Assez régulièrement, des caravanes de mulets, chargés d’énormes sacs de riz, déboulaient en trottinant vivement, sur le sentier, menaçant de pousser dans le ravin tout marcheur inattentif. Nous nous méfiions de ces convois comme de la peste. Dès que nous entendions tinter les clochettes, annonçant un croisement imminent, nous nous rangions prudemment coté montagne, en attendant que la procession soit passée. Nous marchâmes assez longtemps au milieu d’une forêt de rhododendrons géants en fleurs. Leur taille était impressionnante. Le noir de leurs troncs contrastait ardemment avec le magnifique incarnat de leurs fleurs.Le paysage semblait sortir directement d’un chapitre du livre « Bilbo le Hobbit» de Tolkien, que j’avais lu quelques mois auparavant. Un peu plus loin le sentier était véritablement taillé à mi-hauteur dans la paroi du défilé et, par endroit, sa largeur ne devait pas dépasser un mètre. En débouchant à son extrémité ce fut un pont suspendu qui se présenta à nous. Deux câbles, tendus mollement d’un bord à l’autre de la rivière, un tablier de planches vermoulues et des garde-corps folkloriques, voilà quel était notre défi dujour. Ce pont enjambait un torrent dont le grondement terrifiant, quelques dizaines de mètres plus bas, n’était pas fait pour nous rassurer. Je m’avançais prudemment testant, autant que faire se peut, la solidité potentielle de l’ouvrage. Curieusement, je pensais au capitaine Haddock qui s’était retrouvé dans cette situation avec son ami Tintin lors de leurs aventures au Tibet. Tout allait bien, mis à part le léger balancement de l’ensemble dont je n’eus aucune peine à augmenter l’amplitude, au grand déplaisir de Christian qui s’y était engagé en toute confiance. Tatopani apparut enfin, dans la joie et l’allégresse, car l’étape avait été difficile. Une petite gesthouse à la sortie du village nous accueilli. Un agréable jardinet, où il faisait bon déjeuner, agrémentait l’ensemble. C’était l’endroit idéal pour une pause bien venue. A la sortie du village, une rivière coulait paisiblement. Une dizaine de personnes, dont quelques occidentaux, se baignait dans des bassins naturels où une eau noire et fumante les délassait agréablement. C’était l’endroit rêvé pour se rencontrer et pour échanger les derniers potins du coin, ce que ne manquaient pas de faire les villageois après leur dure journée de travail. Le lieu était réputé pour soigner les maladies de peau, aussi, beaucoup de « curistes »népalais qui s’y baignaient présentaient diverses formes d’affections de l’épiderme. Cela ne nous empêcha pas de nous y tremper avec délectation. L’instant était particulièrement singulier. L’eau était très chaude et le panorama grandiose. Nous quittâmes Tatopani quelques jours plus tard pour Kalopani. Près de six heures de marche et mille cinq cent mètres de montée plus loin, nous arrivâmes au village. Moyennant quelques roupies, il fut possible de loger chez une vieille népalaise, très souriante et complètement édentée, qui nous avait alpagués à notre arrivée dans le village.Nous avions rencontré la « Reine des Momo », ces fameux raviolis tibétains, fourrés à la viande ou aux légumes. Les siens étaient garnis de légumes et servi bouillis. Nous ne regrettâmes pas cette rencontre aussi inattendue que gastronomique. La nuit fut calme, mais c’est bien avant le lever du soleil qu’un coq insomniaque nous surprit dans les bras de Morphée. Positivant fortement, force était de constater que l’étape du jour allait commencer plus tôt que prévu, ce qui en soit était un moindre mal. Le village se réveillait doucement exposant ses murs à un soleil timide. La rue principale s’animait de plus en plus, au rythme lent de Népalais besogneux. Nous repartîmes vaillamment en ayant la satisfaction d’avoir enfin pris, un solide petit déjeuner, lentilles et pain tibétain pour l’essentiel. De Kalopani, nous rejoignîmes Marpha et son monastère situés sur les hauteurs environnantes. Marpha, la ville des pommes, se tenait bien à l’abri des vents très violents qui soufflent dans la région en remontant la vallée. Ces vents, très froid, n’avaient rien de bien agréable.Ils avaient façonnés la vallée, lentement, année après année, au fil des siècles, laissant derrière eux une poussière de roche perpétuelle que le moindre courant d’air soulevait. Le crépuscule nous surpris, attablés dans une minuscule gargote, attendant patiemment le repas du soir. C'est alors qu'une vieille dame se présenta à l’entrée du lodge, lourdement chargée. Son visage était aussi ridé que la surface d’un lac sous les assauts répétés d’un vent turbulent. Quand elle eut posé sa hotte d’osier et livré sa marchandise, elle s’accroupit devant le restaurant et bourra une pipe de son tabac favori.Fouillant vainement dans ses poches elle s’approcha doucement pour nous demander du feu. C’est alors que la propriétaire des lieux surgit, tel un zébulon démoniaque monté sur ressort, furibonde, apostrophant violemment la pauvre femme. Elle devait penser que la probable aïeule de son district nous importunait quelque peu. Nous ne comprenions pas ce qui se passait, mais jen’hésitais pas à m’en mêler en usant d’un sabir incompréhensible. L’agressive duègne écarquillât les yeux, qu’elle avait petits, puis déversa dans nos oreilles un flot de paroles pour le moins confuses. La situation devenait amusante mais c’est en nous tournant le dos sèchement qu’elle repartit à ses fourneaux, visiblement vexée. Le sourire que nous offrit alors la vieille dame m’allât droit au cœur, cela valait largement tous les remerciements du monde. Le lendemain nous continuâmes sur Kagbeni, très jolie ville fortifiée, peu peuplée. Deux jours de repos bien méritéet de nouveau, le départ, cette fois pour Jomoson, à la limite du plateau du Mustang, cette très mystérieuse région Tibétaine. Cela faisait déjà quelques joursque nous faisions la route accompagnés par une dizaine de moines bouddhistes.Ceux-ci rejoignaient leur monastère au Mustang après avoir vendu certains de leurs produits, quelque part, loin de leur lieu de prière. Ils s’arrêtaient systématiquement à l’entrée des villages montant rapidement une sorte de tente abri pour y passer la nuit. Ils reprenaient leur chemintrès tôt le matin d’une démarche lente et solennelle. C’est toujours un peu plus tard que nous les rattrapions régulièrement, déclenchant ainsi sourires et éclats de rire réciproques en guise de communication matinale. Le Nilgiri n’avait jamais été si proche. On avait l’impression de pouvoir le toucher de la main, mais je savais qu’il n’en était rien. Christian avait l’air de se sentir mieux. La montagne l’aidait grandement à oublier ses envies d’autodestruction. Je pensais que ce trek pouvait se transformer en une réelle thérapie de sevrage pour mon ami. Nous laissâmes Kagbeni derrière nous au petit matin. L’air était d’une pureté virginale. Après un début de parcours relativement facile, la vallée se resserra brusquement. Le sentier passait au fond d’une gorge très étroite. De gros rochers tapissaient le fond de la combe, nous obligeant à faire preuve d’un grand sens de l’équilibre. Le moins agréable resta quand même le vent, qui soufflant violemment de face, nous forçat à marcher courbés pendant une bonne partie de la journée. Ce fut une étape très difficile car épuisante. Quelques jours à Jomoson ne furent pas un luxe. La ville se blottissait le long de la rivière Kali Gandaki. C’était une jolie ville blanche, munie d’un minuscule aéroport. L’atmosphère y était toute Tibétaine. C’est là, que nous bûmes notre première bière régionale. Servie dans de grandes chopes en bois, c’était de l’eau chaude que l’on versait sur des grains d’orge grillés. Ensuite, il suffisait d’attendre quelques instants qu’une légère fermentation ait lieu, puis de consommer le breuvage ainsi obtenu à l’aide d’une grande paille. Ces quelques jours de repos furent bien accueillis par nos corps las et fatigués. Pour le retour nous décidâmes de longer intégralement la rivière Kali Gandaki jusqu’à Pokhara. Longer un cours d’eau peut être très agréable car on peut s’y baigner. C’est l’envie que nous eûmes, après plusieurs heures à crapahuter sous une forte chaleur. Le courant n’étant pas très fort à un endroit, nous jugeâmes le moment propice. Rapidement déshabillés nous plongeâmes dans l’eau fraiche. Christian sortit le premier, suivi de près par ma personne. Alors que nous nous séchions, Christian poussa un cri de surprise en me regardant, des dizaines de points noirs étaient collées sur ma peau. Lui-même d’ailleurs n’était pas en reste. Il s’agissait de très belles sangsues trop heureuses d’avoir trouvé deux clients potentiels. Je décollais avec dégout les bestioles du corps de Christian, qui me rendit aussitôt la pareille. Nous apprîmes bien plus tard qu’il était déconseillé de se baigner dans cette rivière, à cause des… sangsues. Nous atteignîmes Kusma après avoir franchi un autre petit village Beni. Une rue unique séparait le bourg dans toute sa longueur. Des buissons d’épineux la traversaient, poussés par les fortes rafales d’un vent toujours aussi froid etviolent. De Kusma, je pensais rejoindre facilement le village de Khare, où j’avais laissé mes chaussures. Pour moi, le plus simple étant la ligne droite, je décidai de couper par la montagne, après tout Khare était situé de l’autre côté. Mal nous en prit. De demi-tour, pour cause de falaises abruptes, en marche arrière pour cause de passages impossibles, nous débouchâmes sur le sentier tant désiré, à la nuit tombante.Effectuant le reste du chemin de nuit, c’est exténués et passablement énervés que nous arrivâmes au village. Le Lodge apparu comme par enchantement à notre plus grand soulagement. Quand nous racontâmes cette journée aux népalais présents, ceux-ci restèrent, pour le moins, sceptiques:Qu’est-ce que ces deux jeunes occidentaux racontaient ? On ne passait pas par la montagne ! Le lendemain, chaussures dans le sac, nous redescendîmes doucement sur Pokhara. Christian avait hérité d’un genou extrêmement enflé et douloureux, l’obligeant à s’aider d’une canne de fortune pour accomplir cette dernière étape.
Carpe Diem
VI Visitation Regular ·
nous attendons son témoignage avec impatience !
Paco "les hommes sont aujourd'hui convaincus qu'ils volent .." René Char Des souvenirs j'en ai d'autres, mais je les perds, car on démolit mes repères ..
NI Nimou74 Veteran ·
Très beau récit, Mamas, et très bien écrit surtout.
« Voyager rend modeste. Vous voyez quelle petite place vous occupez dans le monde. » - Gustave Flaubert https://www.myatlas.com/anneclaire95
NI Nimou74 Veteran ·
nous attendons son témoignage avec impatience !

Vous m'avez l'air bien curieux.🤪 http://voyageforum.com/discussion/seule-nepal-d6238612-2/
« Voyager rend modeste. Vous voyez quelle petite place vous occupez dans le monde. » - Gustave Flaubert https://www.myatlas.com/anneclaire95
MI Migu Veteran ·
Bonjour,

Merci, ce n'est qu'une partie d'un périple de plusieurs mois en Inde et au Népal. C'est le voyage de Candide au pays des Maharadjas.

Michel.
Carpe Diem
AR Armandveron Regular ·
Les recherches sont terminées. Les agences ont obtenu la réouverture d'une grande partie des itinéraires qui avaient été fermés au trek. Ces informations se pêchent ici et là sur la presse népalaise mais c'est maigre. Si des trekkeurs actuellement sur KTM avaient quelque chose de plus précis leurs informations seraient les bienvenues pour ceux qui partent (ou hésitent à partir, lundi il y avait 90% de trekkeurs en moins enregistrés sur Beni selon la presse par ailleurs fort avare en infos pour ne pas casser totalement la saison touristique)
DE Delphes972 ·
Bonjour,

Suite aux avalanches, savez-vous si le Tour des Annapurnas est fermé ou va l'être? Nous serons au Nepal dans 3 jours et c'est le trek qu'on avait choisi de faire d'ici une dizaine de jours. Est-ce que certains d'entre vous sont sur place et ont des infos?

Merci

Namasté,

Nous partons aussi la semaine prochaine pour le Népal et notre plan était de faire une partie du tour des Annapurnas, entre Bhulbule et Jomsom. Je me permets donc de me greffer à la discussion en cours, car j'aimerais bien avoir plus d'infos de voyageurs sur les conditions actuelles au Thorung La (oui, je sais, ça change vite!). Entre la presse un peu alarmiste et les agences qui font pression pour la réouverture du col, c'est difficile d'avoir l'heure juste...

Merci d'avance!
MA Magne2 Globetrotter ·
tu l'a dit cela change vite 🤪 au mieux tu y est dans deux semaines .....
Hasta la vista
LE Lethieu Globetrotter ·
ça change très vite, en effet ... ç' est "au jour le jour" : l'année dernière, nous avons croisé, à seulement 2 jours du col (sur le tour du Manaslu, c'est juste en face) des trekkeurs qui avaient dû renoncer et qui retournaient sur leurs pas... deux jours plus tard, nous, nous avons pu passer le col en T Shirt (avec pas mal de neige gelée - prudence quand même et équipement mini souhaitable ..) Rien de sûr donc, il faut simplement savoir qu'il y a un risque de ne pas pouvoir passer le jour prévu ... Cela dit, plus on avance dans la saison, plus le risque d'une "queue de mousson" ou d'une perturbation "cataclysmique" se réduit .
michel mathieu www.lethieu39.fr

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