Bangladesh, petit récit des impressions d'une femme seule.
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Petit récit des impressions d'une femme blanche, seule, au Bangladesh

J'ai passé une dizaine de jours toute seule dans ce pays au début du mois d'octobre 2009 avant de trouver un compagnon de voyage. J'ai pourtant l'habitude de voyager, et de voyager seule par moments, mais ces quelques jours ont été assez éprouvants. Il est vrai que je suis arrivée comme une fleur à Dhaka sans m'être renseignée au préalable sur quoi que ce soit.

Arrivée un peu par hasard à Calcutta, je m'étais rendue à la section consulaire du Bangladesh pour obtenir un visa (environ 25 euros je crois pour un mois, apres avoir passé un petit entretien bidon) suivant en cela le principe de cette réflexion un peu niaise interrogeant : " peut être ai-je quelque chose à y apprendre ?", et j'avais pris un bus très tôt le matin.

Arrivée à Dhaka, je me suis aperçue qu'en période de ramadan l'heure s'avance d'1h30. Il était donc plus de 21h00. Le bus s'étant arrêté au milieu de nulle part, je ne parvenais pas à me localiser sur le médiocre plan de mon vieux Lonely. Je commence à négocier au hasard avec la horde habituelle de chauffeurs de taxi pour me faire conduire dans le vieux Dhaka. J'abandonne rapidement, plusieurs passants m'ayant, à tort ou à raison, vivement déconseillé de monter seule de nuit dans un taxi, avec ma tête de petite fille.... J'ai 25 ans mais en fais, physiquement, je ne sais pourquoi, à peine 20.

J'ai donc tranquillement commencé à chercher un hôtel à pied, dans ce vaste bordel qu'est Dhaka. J'ignorais également que la grande majorité des hôtels refuse de loger les étrangers, à plus forte raison les femmes seules. Les uns après les autres, tous les hôtels m'affirmaient être complets. J'ai tenté un rickshaw pour me rendre dans un hôtel d'un standing un peu plus élevé indiqué dans le guide. Le type, manifestement de bonne volonté, était pourtant complètement stupide et ne comprenait rien de ce que je pouvais lui dire.

Résultat, au bout d'une heure, passée à circuler dans un dédale de ruelles sombres et de boulevards saturés, après être passés à deux doigts, vraiment, d'un camion en marche arrière, après s'être arrêtés une bonne dizaine de fois pour demander notre chemin aux passants... nous étions, le type peut être encore plus que moi, à peu près complètement perdus. Il me regardait d'un air navré attendant que je lui dise de tourner à gauche ou à droite.... Il commençait, au passage, à être pas loin de minuit.

J'ai fini par me débrouiller pour gagner, à moitié à pied, le "quartier des affaires" (vaste programme...), Mothijeel, où, m'avait-on assuré, je trouverais un hôtel. Après avoir essuyé un enième refus, à presque 2h du matin, errant dans les rues sombres... j'ai commencé à penser que je m'étais encore fourée dans une belle galère.... J'étais à deux doigts de pleurer, mais je me suis dit que cela n'allait "techniquement" pas être possible.... que je n'avais qu'à me mordre la lèvre, trouver d'abord un hôtel, et pleurer ensuite si j'en éprouvais encore le besoin. Je n'avais jamais eu tant de mal à trouver un hôtel.

Au Bangladesh, de jour comme de nuit, dans la capitale comme ailleurs, seule ou à plusieurs, dès que l'on s'arrête un quart de seconde pour regarder son plan, ou simplement refaire son lacet, un attroupement d'hommes aux regards interrogateurs se forme aussitôt autour de vous et vous dévisage avec insistance. Un peu comme en Iran, où le phénomène a tendance à se produire également mais sans prendre de telles proportions, les gens vous fixent sans comprendre ce que vous faites là. Certains voient parfois la première femme blanche de leur vie... seule. Dix, vingt, trente.... personnes vous entourent aussitôt, sans hostilité, mais il faut sourire un à un à ces visage figés dans une expression d'interrogation avant que les traits ne se détendent et que la conversation, toujours sommaire (tu viens d'où ? qu'est ce que tu viens faire ici ? où est ton mari ? et dans certains cas, t'as pas un visa pour moi ?!!! ) ne puisse s'engager.

Et que des hommes... des hommes partout, dans les rues. L'islam étant ici très dur, les femmes ne sortent pas. Les seules que l'on croise sont celles, et elles sont relativement nombreuses, qui n'ont nulle part où aller et qui dorment, entourées de myriades d'enfants au ventre gonflé, à même le sol dans la boue et les ordures des rues. La sensation, donc, parfois très oppressante, d'être constamment au centre de tous les regards et de toutes les attentions masculines, dans ces rues bondées où il faut souvent jouer des coudes pour se frayer un chemin. L'impression physique de dégager quelque chose, comme une force d'attraction magnétique.

En tant que femme occidentale, je n'ai bien sûr pas le même statut que les femmes du pays. D'abord, comme dans beaucoup d'autres endroits, les hommes ont souvent de la femme occidentale une image de fille facile, presque de "Marie couche toi là" par moments. Il m'est arrivé une fois, alors que j'étais avec l'Australien que j'avais rencontré après la dizaine de jours passés seule, que nous formions donc, a priori, un couple, qu'un homme sorte de chez lui nous invitant chaleureusement à entrer pour boire un thé. Mon compagnon étant occupé à quelque affaire personnelle urgente, je lui avais proposé de le rejoindre peu après, pour n'avoir pas à décliner une invitation aussi cordiale. J'avais bêtement pensé que la femme et les enfants de cet homme devaient, comme à l'accoutumée, se trouver dans la maison.

Entrée dans la maison, je suis conduite sans autre forme de procès.... vers le lit du bonhomme qui s'avance et commence timidement à vouloir me toucher la poitrine. Après lui avoir passé un sacré savon, j'ai déverrouillé la porte d'entrée qu'il avait subrepticement fermée à double tour et suis sortie sans qu'il ne tente de m'en empêcher. Ce n'est pas la première fois que ce genre d'histoire m'arrive. La plupart du temps il ne s'agit que de mains discrètes mais insistantes au derrière ou de propos déplacés susurrés à l'oreille d'un air vicieux. Comme en France souvent, du reste.

Il y a plusieurs différences entre voyager seule ou en couple, contradictoires d'ailleurs, en apparence du moins, peut être. Cela n'est pas propre au Bangladesh. C'est une constatation que j'ai pu faire dans différents pays de religion musulmane, ou hindoue d'ailleurs. Lorsque je suis en couple, j'ai un statut un peu mal défini. Je ne suis, à la fois, "que" la femme de mon compagnon, à laquelle on parle toujours en deuxième. Sur notre ticket de "rocket", les paddle steamers qui sillonnent le delta du Bengale, figuraient en gros les noms de "DAN", l'Australien m'accompagnant, et "PARTY", comprendre : "moi", comme il aurait pu être indiqué "trois valises"... Mais, à la fois, lorsque nous sommes invités à partager un repas, je mange avec les hommes et non avec les femmes, qui me servent les plats comme à un homme. Si je suis seule, je vais partager le repas des femmes, après ces messieurs.

Paradoxalement, et je ne saurais dire à quoi cela tient, il m'arrive moins de mésaventures désagréables lorsque je suis seule et l'on me témoigne généralement plus de respect, même s'il me faut en général expliquer d'emblée quelque chose pour avoir la paix, comme : "mari malade, rester hôtel" sinon les gens ne comprennent pas, et je me sens toujours un peu suspecte. Est-ce parce que je suis plus vigilante lorsque je suis seule et que je dégage, sans m'en rendre compte très sans doute, quelque chose qui inspire plus de respect aux hommes qu'ils n'en auraient pour une femme en couple, la chose de son mari ? Je ne saurais le dire assurément.

Quant au comportement à adopter en tant que femme occidentale au Bangladesh, notamment en matière vestimentaire, je ne peux parler que de ma propre expérience n'ayant rencontré, en tout et pour tout, que mon Australien. J'évite, en règle générale, de me faire remarquer et suis assez sensible aux codes vestimentaires, sans toutefois faire de zèle. Je n'avais aucune envie de porter le voile, comme il est parfois conseillé dans les guides, estimant qu'il suffit déjà bien assez d'avoir à s'embarrasser de cette chose contrariante dans des pays comme l'Iran. A aucun moment je n'en ai éprouvé le besoin. J'ai toujours pensé, a contrario, quand le voile ne serait pas obligatoire en Iran, que je le porterais tout de même, car je me sentirais trop mal à l'aise dans les rues. Je suis donc restée en jeans slim/T shirt tout le long de mon séjour au Bangladesh, comme à l'ordinaire, ayant bien soin de camoufler ma braguette béante, la fermeture éclair ayant sauté plusieurs semaines auparavant...

Ensuite, je ne sais pas si cela tient à mon tempérament, quoique cela soit un chose que j'ai, en vérité, dû apprendre lentement au cours de mes voyages en terre musulmane, tendance à parler d'égal à égal aux hommes en face de moi. Cela ne pose en général aucun problème et je sens que ma position d'Occidentale m'autorise certaines libertés, tout en ayant plus ou moins conscience en permanence d'être dans une position un peu hybride, dans laquelle, en l'absence de règles claires préetablies, c'est à moi qu'il revient de fixer les modalités et les termes de l'échange.

Cela, en vérité, il m'a fallu l'apprendre, par l'expérience. Au début, en Iran notamment, je me surprenais parfois, bien malgré moi, à intérioriser la place, tout de même un peu subalterne, de la femme qui accompagne son mari. (La condition de la femme en Iran n'est toutefois pas si détestable qu'on veut bien le dire, et tous ces média qui font des gorges chaudes à ce propos, feraient bien de venir faire un petit tour au Bangladesh, au Népal.. ou dans d'autres pays plus proches de chez nous comme le Kosovo ou l'Albanie. Mais il est vrai qu'il n'y a là ni pétrole, ni, peu ou prou, excepté dans le cas du Kosovo, d'intérêts géostratégiques... On peut bien jeter de l'acide au visage des femmes soi-disant adultères du Bangladesh... pas grave....

Si les femmes n'ont pas, dans les pays sus-mentionnés, à porter impérativement le voile, chose que je suis loin de désapprouver pour sûr, il me semble que la situation des femmes iraniennes, sans être, de loin, merveilleuse, est encore préférable. Faut-il rappeler que près de 70% des étudiants en Iran sont des femmes ?? Il est vrai qu'on les trouve principalement dans les filières les moins considérées socialement comme les sciences humaines, les langues et l'art quand les hommes deviennent ingénieurs, médecins ou architectes. Et j'ai rencontré de nombreuses femmes artistes pleinement épanouies, conduisant leur voiture et traitant à égal avec les hommes quand les femmes kosovares, par exemple, illettrées voire analphabètes très souvent, sont de fait, condamnées à la cuisine, s'occupant à pondre les gamins et à engraisser... J'ai suivi des cours à la fac de Katmandou, de philosophie anglaise. Si nous étions dix filles sur une promo d'une centaine de personnes ou plus, c'était bien le bout du monde...... enfin...cqfd) Mais tout cela nous éloigne du sujet.

Pour ce qui est de la sécurité pour une femme seule au Bangladesh, c'est comme partout ailleurs et je pense bien que les dangers liés à la circulation, ou plutôt à l'absence de circulation dans les rues congestionnées jusqu'à en avoir la nausée, de Dhaka, sont de loin les plus significatifs. J'avoue toutefois avoir été par moments quelque peu tendue. Je n'avais, au début du moins, prévenu personne de mon séjour au Bangladesh, décidé au dernier moment, ce qui je l'avoue n'était pas très malin.

J'étais, de plus, un peu inquiète car je m'étais mise subitement à perdre mes cheveux par poignées entières depuis une dizaine de jours, et cela avait commencé après une série de bains répétés dans le Gange à Varanasi. Le Gange s'avéra toutefois être hors de cause. J'avais simplement par trop tiré sur la corde, et cette perte de cheveux était en fait liée à une dénutrition sévère. J'avais en effet essuyé, deux mois plus tôt, plusieurs semaines de fortes diarrhées et une perte de poids de près de dix kilos, ayant attrapé divers parasites. Six semaines de piqûres quotidiennes de vitamines, dans le postérieur, et des cachets de fer, ne furent pas de trop pour enrayer la chute. Mais j'ignorais à ce moment la cause et à ceci s'ajouta bien vite la reprise de forte fièvres intermittentes ainsi qu'une allergie de la peau de mon visage, devenue cramoisie et brûlante, due sans doute à la pollution ainsi qu'à l'inhalation de vapeurs piquantes exhalées par l'activité des travailleurs joailliers au bas de mon hôtel, sous mes fenêtres.

J'étais donc tendue. Et puis, il faut dire que le sinistre spectacle d'une misère crasse dans les rues de Dhaka n'est pas de nature à réjouir. J'avoue que j'ai eu, les premiers jours, une sorte de rejet. J'avais le plus grand mal à sortir de ma chambre d'hôtel. Je n'ai pourtant pas l'âme excessivement sensible et avais passé quelques temps en Inde auparavant. Le spectacle de lépreux et d'enfants des rues crasseux, leur sachet de colle fixé au nez ne m'était pas inconnu. Mais le Bangladesh surclasse à peu près tout. Il est vrai toutefois qu'il ne fait aucune différence lorsque l'on est misérable, de vivre dans un bidonville de Calcutta, de quelqu'endroit de l'Amérique latine ou de Dhaka.... Mais tout de même.

J'ai donc dû me forcer à sortir de ma chambre d'hôtel, aux moments où la fièvre tombait un peu. Ayant lu dans le guide : "Si vous ne devez faire qu'une seule chose à Dhaka, optez pour la promenade en barque, à négocier à l'embarcadère principal", j'ai négocié un petit tour de trois heures. Seule, ma carte bancaire dans la poche, je me trouvais donc en compagnie de deux hommes peu bavards sur la barque, au milieu du fleuve gigantesque. J'avais bien tenté d'engager la conversation mais sans grand résultat. Je commençais à être un peu nerveuse. La promenade avait pourtant "bien" commencé. On m'avait fait descendre pour me montrer une école sur la rive, un quartier particulièrement misérable, les fabriques de tissu où des centaines de pauvres misérables, enfants compris, cousent les jeans à destination du marché local, et asiatique en général (sentiment étrange de voyeurisme, comme un peu en toute circonstance dans ce pays pourtant magnifique, dans lequel l'on ne peut en fait, décemment "faire du tourisme", lorsque je me suis trouvée entourée par ces dizaines de femmes, toutes étonnées de me voir là, heureuses de ce rare moment de distraction offert, auxquelles je ne savais que dire puisqu'elles ne parlaient pas anglais, me contentant, submergée par l'émotion, de sourire d'un air un peu niais.

La promenade avait plutôt bien commencé, donc, lorsque sans crier gare, le batelier entreprit d'amarrer la barque à l'un de ces gros bateaux pêcheurs de sable lugubres qui sillonnent le fleuve. Essayant de ne pas laisser paraître ma peur, je l'assurais qu'il n'était nullement nécessaire qu'il me fit visiter le bateau. Mais peine perdue, je me voyais déjà vivant mes derniers instants. C'est alors, et je pense que je n'ai dû mon salut qu'à ce hasard, que nous avons apercu une barque venant à notre rencontre, de laquelle une famille entière me faisait de grands signes amicaux pour me saluer.... on repère ma tête de blanche de très loin, ce qu'excepté ce jour-là, je n'apprécie guère habituellement... prix touristes et emmerdeurs à la clef en général. Le batelier a stoppé net, et m'a sans mots dire, reconduite vers la rive. Je crois toutefois que cette mésaventure aurait aussi bien pu nous arriver à deux.

Voilà pour ces quelques impressions, livrées un peu en vrac, d'une femme blanche, seule, au Bangladesh.

R. S
BE Benouse ·
Merci, c'est intéressant et bien écrit. Je sais que même en tant qu'homme (donc légèrement moins ennuyé par les attroupements et les regards) ce genre de voyage me demande beaucoup de force mental, t'as été courageuse.

La maladie vécu seul dans ce genre de pays est une expérience difficile mais incroyablement bénéfique pour nos petits yeux d'occidentaux qui se rendent compte concrètement que sans l'argent nécessaire à l'accès au soin nous serions bien peu. Cela est pourtant la réalité de tous ces gens peuplant les rues de Dhaka, Calcuta, Manille... incapable de payer médicaments ou hospitalisation et pour qui la moindre petite blessure ou maladie peut être extrêmement douloureuse et fatale. Cette inégalité devant la souffrance physique est à mon sens une des plus difficile à supporter pour qui considère le miséreux comme son semblable et non comme celui qui habitué, s'en accommoderait plus facilement.

Ayant vécu 1 mois en Iran, je te rejoins en ce qui concerne les femmes iraniennes qui à mon avis sont parmi les plus émancipées de la région malgré leurs contraintes vestimentaires. (Et pas uniquement dans la bourgeoisie de Téhéran nord mais également en province grâce à leurs gouts prononcées pour les études comme tu l'as justement rappelé.)

N'hésite pas à partager tes autres expériences. Ben
AV Avanarasi Regular ·
Avoir 25 ans et une si grande ouverture d'esprit, BRAVO. Tes parents, par contre, je suis sûr qu'ils doivent s'inquiéter lorsque tu voyages, mais, je suis certain qu'ils doivent être fièrs de toi.
Tony
YA Yalena Regular ·
Bonjour 😉

Alors là franchement bravo ! Quel récit ! Juste, bien écrit, émouvant, humain, je te rejoins totalement dans ce que tu écris et te trouve très courageuse d'avoir entrepris puis continué ce voyage.

Le bangladesh est l'un des pays que j'aimerais le moins visiter pour une des raisons que tu évoques : je me sentirais trop voyeuse de la misère.

Et de plus en plus je trouve que voyager est trop souvent une balade au pays du machisme triomphant... Même en Inde dont pourtant plein de monde revient avec des étoiles dans les yeux. C'est un pays magnifique, mais les femmes n'y sont vraiment pas bien considérées, à de trop rares exceptions près. Évidemment il y a pire, mais cela ne doit pas justifier les inégalités criantes...

C'est pourquoi j'admire et suis complètement d'accord avec ta vision des choses concernant l'Iran et des pays moins connus mais plus proches comme l'Albanie et le Kosovo. Je suis également d'accord avec ce que tu dis du Népal, et ce n'est vraiment pas politiquement correct car la majorité tombe amoureuse de ce pays pour ses paysages magnifiques et sa population à l'hospitalité légendaire... En "oubliant" au passage le sort des népalaises (pour lequel il faut vraiment creuser pour connaitre un peu le sujet)...

Concernant le "coup de la Marie couche toi là", je confirme malheureusement cette image de la femme blanche. Je reviens dIstanbul, que j'ai beaucoup appréciée. Une ville qui semble très moderne et une population ouverte d'esprit, mais certains turcs devraient vraiment se poser des questions.

Comment peut-on croire raisonnablement qu'une femme vient dans un pays pour se taper tout ce qui bouge, entre autres ? Bien sur, il y a des exceptions, il y en aura toujours. Mais pourquoi trop de musulmans (ou d'hindouistes, car en Inde la mentalité concernant les femmes étrangère, c'est bien joyeux aussi) ne nous considèrent pas seulement comme des actrices de porno, mais surtout comme des actrices de porno qui ont désespérément envie de se faire sauter par l'autochtone (je suis désolée pour ces propos un peu crus, mais ils reflètent une réalité trop sordide pour pouvoir utiliser un vocabulaire plus élégant) ?

Même en tenue couvrante (pantalon large à poches et pull), vieille et crasseuse, la touriste blanche a cette image qui lui colle à la peau. C'est pourquoi voyager seule comporte des risques beaucoup plus important que voyager seul (d'ailleurs il n'existe pas de rubrique "voyager au masculin" 😉). Et même s'il n'y a aucune agression caractérisée. Se sentir proie consentante d'office est vraiment désagréable. Mais ce sentiment existe aussi en France.

Encore merci pour ton récit. Bonne continuation.

Yalena
La science est l'aspirine du peuple !
LA Laptitmarie Veteran ·
Merci beau pour ce ressentit du Bangladesh, pays que j'ai visité et que j'ai adoré. Évidemment, je n'ai pas eu du tout les mêmes "stress" que toi vu que je voyage toujours avec mon compagnon et donc, les relations ont été bien différentes.

Par contre, allant souvent en Inde, j'ai trouvé qu'au Bangladesh, il y avait beaucoup plus de femmes qui avaient des responsabilités comme tenir les commerces (métier d'hommes en Inde) et les hommes travaillaient dans les rizières (métier des femmes en inde)

Ça serait sympa si tu pouvais en raconter plus sur le pays car VF manque cruellement de renseignements sur ce magnifique et accueillant pays qu'est le Bangladesh.
Balades autour de la boule : Inde, Bangladesh, Turquie, Népal, .. Récit Bangladesh Récit Inde 2001
BA Bancdeneige ·
J'ai lû ton histoire avec grand intérêt. J'aimerais que plus de filles osent briser les tabous et le politiquement correct, pour témoigner de leurs expériences en "terre macho", c'est-à-dire au moins 80% de la planète. Malheureusement, quand on ose aborder ce sujet, qui donne inévitablement le frousse, il y a toujours des voyageurs (et surtout voyageuses), qui sont offusqués, parce que la réalité est parfois trop choquante ou dure à accepter pour qui rêve d'exotisme et de liberté totale.

Je me prépare à suivre mon compagnon qui s'est trouvé un emploi dans un pays du Golfe, et je suis parfaitement d'accord avec tes réflexions sur les iraniennes et les femmes du Golfe en général. Les médias focussent toujours sur la condition de la femme arabe ou musulmane, alors qu'à bien des endroits dans le monde c'est pire. Dans bien des pays, il n'y a pas d'obligation vestimentaire formelle, mais la logique sécuritaire veut qu'il faut quand même se couvrir le plus possible. Les arabes n'ont rien fait d'autres que de reconnaître cette réalité, et de l'institutionnaliser.

Ta naïveté au Bangladesh a mis ta vie en danger plus d'une fois (tu as sûrement un très bon ange gardien, mais il vient un moment ou il faut être raisonnable et ne pas compter seulement sur la "chance" pour éviter les emmerdes), et c'est le résultat de ton éducation et d'un conditionnement mental que nous avons dans la société occidentale. En effet, ici c'est socialement valorisé d'être courageuse, de n'avoir peur de rien, de ne pas s'imposer de limites, de s'aventurer partout, de se permettre de faire les mêmes choses que les gars, etc... Pourtant dans bien des pays, les gens ne pensent pas du tout comme nous à ce sujet, et ce n'est pas nous qui allons changer leur mentalité.

Quand je voyage, j'essaie d'être très consciente de la perception des gens sur ma différence en tant qu'étrangère, et surtout en tant que femme jeune, jolie et désirable. J'ai tendance à essayer de me mettre dans leur tête et à adopter leur mentalité, et d'agir comme le feraient les femmes du pays, plutôt que de tout voir d'un point de vue occidental. Ça fait partie de l'effort qu'il faut faire pour comprendre une culture différente et s'y intégrer. Cela n'est évidement, pas très intéressant pour les aventurières qui ne veulent aucunes limites.

Leur façon de vivre et leur vision du rôle de la femme est différente, mais pas forcément mauvais en tout points. Ils sont peut-être même bien plus dans le "vrai" que nous le sommes, sur certains points. Je préfère tout de même vivre à l'occidentale et je trouve que nous avons de la chance d'avoir autant de liberté dans nos pays. Mais dès que nous faisons le choix de s'aventurer en pays étranger, nous devons aussi laisser derrière nous cette liberté pour nous conformer aux moeurs du pays. C'est une question de survie, mais aussi de respect pour la société qui nous accueillent.

L'homme non-occidental est très protecteur envers sa femme (et avec raisons vue la situation de ces pays). Et logiquement, il ne comprend pas que ta famille, ton mari et tes frères te laissent voyager seule comme ça, sans veiller sur toi. Il ne comprend pas non plus que ton compagnon de voyage te laisse suivre un mec seule chez-lui pour prendre le thé, car il ne laisserais jamais sa femme, sa fille ou sa soeur se comporter ainsi, pour lui c'est de la débauche et tu ne mérites même plus le respect arrivée à ce stade. Ton compagnon de voyage n'a guère été plus conscientisé à la culture du pays lui non plus puisqu'il n'a pas fait son devoir de mec, qui est de te protéger.

Désolé si mon message peut paraître moralisateur. Je te dis ça en essayant de te faire comprendre leur vision des choses à eux, ce n'est pas MA vision des choses à moi.
RH RheaSylvia Regular ·
Tu dis :'' J'ai tendance à essayer de me mettre dans leur tête et à adopter leur mentalité, et d'agir comme le feraient les femmes du pays, plutôt que de tout voir d'un point de vue occidental. Ça fait partie de l'effort qu'il faut faire pour comprendre une culture différente et s'y intégrer. Cela n'est évidement, pas très intéressant pour les aventurières qui ne veulent aucunes limites.''

Bien. Très bien même. C est effectivement l état d esprit qui semble le plus approprié. Faire preuve d humilité et de discrétion. Parfait. Moi aussi cela me semble plus intelligent etc....

Seulement voilà.... Quoi que l on fasse et avec la meilleure volonté du monde, la voyageuse banche ne peut se départir de sa peau blanche et surtout des représentations qui lui sont associées dans la tête des gens, hommes comme femmes, que l on rencontre. C est à dire que l on est de toute facon perçues différemment. D abord en tant que touriste si le pays est très ouvert, ou d abord en tant que curiosité éventuellement mettable dans son lit si le pays est plus fermé. Or, dans les deux cas, les gens que vous rencontrez attendent de vous un certain type de réactions, correspondant aux stéréotypes qu ils ont de l étrangère. De la touriste, dans les quartiers touristiques, ils attendent qu elle soit bête, qu elle rigole très fort, aime faire la fête, et surtout, surtout, qu elle soit prête à claquer son argent pour toutes sortes de stupidités; babioles toutes plus hideuses les unes que les autres, promenades à dos de chameau, massages des pieds et j en passe et des meilleures....

Or, lorsque, par humilite et discrétion, et puis parce que cela ne correspond pas à vos goûts, justement, vous ne réagissez pas comme le parfait touriste qui étale sans même se rendre compte de ce qui se passe autour de lui, appareils photo énormes, montres Gucci... au milieu parfois d océans de misère.... quand justement, vous ne vous comportez pas comme attendu, les gens en face de vous ne comprennent pas. Une gêne s installe, de l irritation. Lorsque je voyage, que le pays soit riche ou pauvre d ailleurs, mes habits sont toujours modestes. Pas la peine de me déguiser en voulant faire comme les femmes du pays, cela me paraît être aussi, voire bien plus même, une forme de bêtise orgueilleuse sous des dehors de modestie. Ca va bien. De toute facon je reste, pour les gens, une étrangère, une touriste, une qui peut se permettre de voyager. Autant assumer cette position et ne pas vouloir jouer à imiter des coutumes que je ne maîtrise guère, n étant que de passage. c est peut être cela, la vraie modestie.

Des habits modestes, donc, et des hôtels modestes. Assez de problèmes déja avec cela. Combien de fois m a t on déja regardée avec avec mépris, interrogation, et demandé d un ton moqueur : Mais, tu n as donc pas d argent ? lorsqu étant montée dans un taxi j indique une pension un peu miteuse, ce que le chauffeur croit d abord être une bonne blague.

Quant à l attitude à adopter dans les pays peu, voire pas du tout touristiques, en tant que femme seule, je l accorde, c est un peu délicat et je n aime pas me faire trop remarquer. Combien de fois me suis je dit qu il était décidément impossible de voyager seule dans certains pays ??? J apprends. Il y a des choses que j ai pu faire, par naïveté, à un moment, et qu il ne me viendrait plus à l idée de faire maintenant. Il est vrai que j ai parfois pris des risques inconsidérés, tout en en ayant conscience d ailleurs... Mais je ne cherche pas l aventure pour l aventure. Néanmoins dès lors que l on voyage et que l on veut sortir des Thamel, Bang Lam Phu et autres quartiers de semi crétins, désolée pour l expression, il y a des situations qu il faut apprendre à gérer et qui ne sont pas évidentes du tout.

Je viens de passer une semaine au Kosovo chez des amis que je connais bien. Les deux premières fois que je leur ai rendu visite, en 2006 et 2007, j étais avec mon copain. Je m entends très bien avec eux mais déjà il m avait fallu batailler sec pour éviter que l on me tripote de trop. Cette année, j y suis retournée seule. Mon meilleur ami se fiance en ce moment. Je lui ai dit dès le premier soir que je ne voulais pas coucher avec lui. Je lui ai dit et redit très clairement. Au bout de deux soirs il a compris. Seulement, pour des questions de place, j ai été obligée de partager la même chambre que lui. Il a fini par me dire qu il comprenait et qu il respectait mon choix, mais m a prévenue qu il serait obligé de dire à ses amis que l on avait couché, sinon il se verrait traiter de Pulè ; de PD.

Je me suis rendue compte que, quoi que je fasse, je tenais aux yeux de mes amis et connaissances kosovars toujours prêts à faire les galants par devant, le rôle de putain, de fille facile. Mon ami m a par exemple dit que son patron, un type à la mine patibulaire, lui avait expliqué en substance : Si elle ne veut pas coucher, tu le fais sans son accord, et si cela n est vraiment pas possible, tu la fous dehors.... Je peux toujours jouer a m habiller à la kosovare.... il faut être singulièrement naïf pour croire que cela change quoi que ce soit...

Bon, j ai quand même bien apprécié ta réponse. Il ne faut pas toujours caresser les gens dans le sens du poil... Voilà. R:S
BA Bancdeneige ·
Oui, j'comprends ce que tu veux dire. J'ai peut-être parue dure avec mes propos, et mon intention n'était pas de te rabaisser.

Mais si on savais toutes les idées qui traverse l'esprit de ces gars qui te mangent des yeux dans les pays "machos", j'imagine que ce ne serait pas très joli et que ce serait mille fois pire que ce que j'ai pû écrire. Je ne dis pas que tous les hommes sont des violeurs en puissance, il y en a qui sont corrects, mais il faut se comporter de manière "respectable". Et dans les pays musulmans une femme respectable, c'est une femme mariée, accompagnée d'un homme. C'est dommage mais ils sont comme ça.

Alors là ça pose tout un dilemme: on arrêtes de voyager seule dans certains endroits ou on y va quand même?

Je ne peux malheureusement pas t'apporter de réponse à cette question que je me pose moi-même.
MA Maya47 ·
J'ai lu ton recit avec grand interet, ayant sejournee au Bangladesh un mois l'an dernier. Il s'agissait de mon premier voyage dans un pays non-occidental. J'y ai vecu de tres bons moments, au point de repousser mon billet de depart d'une semaine.

Je pense que je n'ai pas eu le meme ressenti que toi en tant que 'femme voyageant seule'. En effet, ou que j'aille, les regards indiscrets ne cessaient pas. Mais il s'agissait de regards de curiosites plus qu'autre chose. En m'arretant discuter avec les gens, les trois memes questions revenaient sans cesse : "d'ou viens-tu?" ; "quelle est ta religion?" ; "es-tu mariee?" J'avoue avoir menti plusieurs fois pour les deux dernieres questions. Je n'ai eu aucun probleme en disant que j'etais chretienne. Par contre, la seule fois ou j'ai ete honnete en evoquant mon atheisme, j'ai eu affaire a une telle incomprehension de la part de mon interlocutrice (une etudiante en medecine), que j'ai decide de me faire chretienne pour le restant du voyage. QUant au mariage, j'ai souvent menti pour eviter les questions indiscretes en pretendant que mon mari travaillait et a du reste en France (pourtant a 21 ans .. pas tres credible d'un point de vue occidental). A part ca pas de probleme majeur. Les gens qui venaient me parler etaient en general des etudiants bangladeshi tout content de pratiquer leur anglais (qui est plutot bon soit dit en passant). je me suis ainsi faite invitee a boire le the par des lyceens, puis par un ingenieur etudiant le francais a l'alliance francaise! Au bout de 2 jours je prenais le bus, experience originale, sachant que les destinations ne sont pas inscrites, et que meme si elles l'etaient l'alphabet est different. Il me suffisait de connaitre l'endroit de destination et de le repeter aux gens la ou je voyais des bus ralentir (car les bus ne s'arretent pas, ils ralentissent, et la meme personne qui prend vos ticket vous aide a monter). C'est la ou j'ai realise pour la premiere fois la discrimination de genre. Les femmes sont assises a l'avant. On me dit que ce n'est pas de la discrimination, mais du respect car les sieges avant sont plus confortables. Apres avoir essaye les 2, j'en doute! A par ca pas d'incident majeur, si ce n'est quelques arnaques de la part des chauffeurs de rickshaw, et un pickpocket qui m'a vole mon mobile (mais il s'est fait rattrape par des locaux qui ont vu la scene, et m'ont gentiment rendu mon bien, apres avoir passe a tabac le voleur, et en me disant de continuer sagemement ma route).

J'ai ete marquee par la gentillesse et l'hospitalite des gens. Je ne dormais pas dans un hotel a Dhaka mais chez une famille rencontree via Couchsurfing. Et la j'ai ete confronte a un autre probleme moral: se faire servir par un enfant de 11ans. Situation tres difficile.
GE Geraldine333 ·
Très intéressante expérience Maya. Vraiment.

Es-tu allée dans d'autres régions que Dacca? Y étais-tu allée pour les études ou pour un projet particulier?

Je compte y aller pour un projet universitaire...
JO Jordanscam Regular ·
j'ai lu votre récit comme un roman, j'ai adoré, c'est formidable, bien construit et très mature de votre part j'ai crée un site internet des voyages aux féminins, et si vous vouliez y contribuer, j'en serais la plus heureuse.a bientot j'espère
JD Jdl Regular ·
Bonjour de New Delhi,

C'est en cherchant des infos sur le Bengladesh que je suis tombé sur ce post très intéressant. Encore merci pour ce retour d'expérience.
DI Didiergg Regular ·
J'ai passé 8 mois consécutifs au Bangladesh où j'ai voyagé partout. Ton récit est consternant et ne décrit pas ce pays doux et tolérant, une exception pour un pays musulman à 98%. A Dhaka, il y a de très bons hotels, notamment dans le quartier diplomatique de Gulshan. il y a bien sur aussi des quartiers populaires comme Moghbazar, mais partout, nuit et jour tu peux te promener sans risques. C'est rare. Je crois que tu n'es vraient pas faite pour voyager seule. C'est pour les gens comme toi qu'existent des tour operators.
didier
NA Nat7 Veteran ·
Et en tant qu'homme, vous etes tout a fait apte a juger des problemes que rencontrent les femmes voyageant seules ???🙂
DI Didiergg Regular ·
Il y a si peu d'étrangers au Bangladesh, en dehors du quartier diplomatique de Gulshan, que les bangladais manifestent une grande curiosité envers eux. J'ai été pris en photo des dizaines de fois et souvent filmé, comme nous, nous prenons parfois en photo les populations qui nous semblent 'étranges'. Mais il n'y a jamais d'agressivité et quand j'en avais assez d'être importuné, je le faisais savoir (gentiment) et l'on me laissait tranquille. Il y a souvent un côté naïf dans ce pays et les bangladais m'ont souvent remercié de si bien connaitre leur pays alors qu'il en existe à leurs yeux de bien plus touristiques dans la région. Ne pas hésiter à utiliser le plus possible les voies d'eau pour se déplacer. Le port des ferries de Dhaka vaut le détour et pour les longues distances choisir, malgré leur mauvaise réputation en France, les compagnies d'aviation locales (Biman ...) beaucoup moins dangereuses que les routes.
didier
NA Nat7 Veteran ·
Bonsoir,

Je comprend parfaitement ce que vous voulez dire. Et ce que j'ai poste sur ce forum n'est (ou ne voulait pas etre) irrespectueux envers vous. Mais je ne pense pas que vous vous rendez compte des nombreux problemes qui attendent les femmes qui voyagent. Moi meme, invitee a un mariage a Madagascar, me suis fait poser la question " voulez-vous dormir avec moi ce soir" en public, de la part d'une personne que je n'avais jamais rencontre avant... et avec qui j'avais echange dix mots au plus... vu comme ca, c'est une tres bonne plaisanterie... en ce qui me concerne, c'est une insulte, d'autant plus facile que je suis une femme... et une europeenne. Alors, je trouve votre condamnation de cette personne un petit peu aleatoire. Bon weekend tout de meme.
TO Tourloutt Regular ·
Super ce recit, tres bien ecrit!!!

Le deni du lieu je l'ai également vecu mais a Hong Kong. Mon aventure la a été tres similaire... j'ai debarque sur un coup de tete pour realiser que mon auberge etait loin de ce dont j'ai toujours ete habituee. J'ai pris mes bagages et j'ai decidé de changer d'auberge avec pour seule base mon guide de voyage. Je me suis retrouvee dans une mansion miteuse apres avoir essuye plusieurs refus parce qu'a priori j'etais noire :( Ca commence mal un voyage.

Les regards... je me suis tellement fait pointer du doigt, j'ai vu des gens se deplacer massivement juste pour me regarder a tel point que j'en ai ete frustree. Je pense pouvoir reconnaitre des yeux qui regardent pour la premiere fois quelqu'un parce qu'il est different mais a Hong Kong la sensation a ete tout autre. Beaucoup prenaient leurs jambes a leur cou, quand je demandais juste qu'on me prenne en photo.

Par contre le coup du gars vicieux je l'ai eu a Tokyo, en attendant le train assise sur le quai. Un japonais s'est assis a cote de moi et l'air de rien il me dit: "Hello... Sex?" Mettons qu'a 8h du mat on s'y attend pas et que ca fait un peu l'effet d'une gifle. Un NO tres sec a suffit pour m'en debarrasser.

Je pensais ecrire un recit mais je suis trop flemmarde...

Le tien en tout cas... Chapeau!
Rien ne sert de courir, il faut partir à point (La Fontaine)

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