Quatre voyages en Russie à bord de notre petit fourgon nous ont permis de rencontrer les russes d'en bas, ceux qui vivent loin des élites occidentalisées des grandes métropoles de l'ouest du pays.
Même avec nos quelques mots de russe, nous avons bien compris ce que l'on nous a si souvent répété, la Russie, ce n'est pas Moscou ou St petersbourg.
Ce sujet n'a pas pour prétention de traiter des réalités sociologiques de ce magnifique pays. Mais plus modestement de vous embarquer en images, à la rencontre des trois fondamentaux qui structurent l'identité russe, la ruralité, la religion, le patriotisme.
VF autorise 20 photos par sujet, nous nous limiterons à cette sélection. Elles ont été prises au cours de notre quatième road trip, en avril et mai 2019.
RURALITE
Pour cette plongée en Russie des villages et hameaux, nous avons délibérement choisi de sortir du goudron pour emprunter petites routes et chemins de terre.
Nous naviguons dans les oblasts d'Oulyanovsk (Ульяновск), de Nijni Novgorod (Нижний Новгород), et en République de Mordovie (Республика Мордовия ).
1. Nous quittons la route principale pour entrer dans les premiers villages. Très vite, nous trouvons ces splendides habitations qui constituent le patrimoine historique de la Russie rurale.

2. Un peu plus loin, nous entrons dans un village où le temps semble s'être arrêté. Une seule rue, des isbas de chaque côté, des lopins de terre derrière, quelques puits pour l'eau ......

3. Le shopping en Russie rurale, ce n'est pas le Goum ! Ici, pas de boutiques luxueuses, les vendeuses s'installent au bord des chemins !

4. Dans un autre village, avec quelques mots de russe, je m'étonne auprès du propriétaire de cette maison qu'il rentre du bois au printemps. D'après ce que j'ai compris, il ne faut pas attendre l'automne, quand tout le monde en demande et que les prix montent.

5. Dans l'Oblast de Nijni Novgorod, nous nous arrêtons près d'une petite église que les paroissiennes nous font visiter. Pour les remercier, Sylvie leur achète des jus de fruit et de délicieux gâteaux au miel. Généreusement, le Pope nous accorde l'autorisation de dormir sur le parking !

6. Le lendemain, au hasard des chemins ruraux, nous admirons longuement cette maison, avec ses petits personnages traditionnels en bois derrière les vitres.

7. Nous reprenons la route pour une petite agglomération où l'on vend bien sûr le poisson local. On le sait, les Russes sont les plus grands consommateurs de poisson d'eau douce de la planète. Et ici, nous sommes dans le bassin central de la Volga et ses dizaines d'affluents !

RELIGION
Il y a quelques années, nous avons visité le monastère de Makarievo. C’est là que nous avons appris l’existence du couvent pour moniales de Saint Serafimo. Il fut difficile à trouver, en limite de la République de Mordavie et de l’Oblast de Nijni-Novgorod.
Nous avons découvert un lieu de pèlerinage, d’expression de foi religieuse, un espace authentique, populaire, vivant, très russe, où se côtoient moniales, croyants ……… et surtout sans touristes ! A 500 km de Moscou et de l’Anneau d’Or, le Monastère accueille surtout des groupes et des familles logés dans l’immense maison des pèlerins.
Nous n’avions prévu qu’une rapide visite, nous y sommes restés deux jours complets ! Merci aux responsables de nous avoir autorisés à stationner et dormir sur le parking réservé aux pèlerins.
8. Le site est beaucoup plus vaste que nous ne l'imaginions. Sur plusieurs hectares cohabitent les édifices religieux, les bâtiments d'habitation des moniales, les maisons d'accueil des visiteurs, les écoles ......

9. Pendant deux jours, nous côtoyons religieux et pèlerins bienveillants à l’égard des non-orthodoxes que nous sommes !

10. Mais c'est surtout la présence des groupes de jeunes que nous remarquons. Tout comme nous sommes frappés par la jeunesse des religieux rencontrés.

11. Le lendemain matin, ayant dormi sur le parking des pèlerins, nous sommes les premiers visiteurs. C'est un moment privilégié pour se promener en solitaire sur le site.

12. Cette matinée est marquée par un évènement improbable. Sylvie discute avec la religieuse qui parle anglais. Sans doute touchée par le fait que nous venons de France en voiture, elle propose à Sylvie une visite privée. Elle demande à deux paroissiennes de l'habiller et lui accorde le privilège de découvrir les lieux sacrés fermés au public. Moi, je n'ai droit à rien, on me laisse dehors !

13. J'en profite pour observer les pèlerins en prière. Je rencontre ainsi un petit groupe de croyants, regroupé autour d'un portait de Nicolas II pour lequel ils prient.

14. En soirée, après le dîner, nous assistons au dernier office de la journée. Jusqu'à la fermeture du site, nous côtoyons les babouchka qui pour quelques roubles achètent icônes, images sacrées et objets religieux bénis par le pope.

PATRIOTISME
Le 9 mai 1945 est le jour de la signature à Berlin de la capitulation allemande. Il est célébré en Russie comme День Победы, le jour de la Victoire. On le sait, l'Union Soviétique a payé le plus lourd tribut, près de 22 millions de morts. Pas une seule famille russe n'a été épargnée.
Nous voulions partager ce moment particulier, mais loin des cérémonies officielles du défilé militaire sur la Place Rouge. Nous avons choisi une ville de province, à 180 km à l'est de Moscou.
15. En matinée, vers 10 heures, la foule commence à arriver en centre ville. D'entrée, ce qui frappe, c'est la composition familiale du cortège.

16. Nous marchons au milieu des familles, comme avec cette maman qui réajuste le calot de sa fille. L’ambiance est un mélange de gravité et de recueillement ponctués par les rires joyeux des enfants.

17. Cette mère et sa fille posent derrière le portrait du grand-père.

18. Je reste un long moment à observer la disponibilité et la patience des soldats. Ils juchent les enfants sur les véhicules, veillent à ce qu'ils ne glissent pas, puis les rendent à leur parents.

19. Vers midi, on nous fait partager une tradition que nous ignorions. Le 9 mai, dans certaines villes, il est d'usage que les comités de quartier composés de bénévoles, offrent repas et boisson aux participants. Nous déjeunons donc avec les familles, parents, enfants et grands-parents étonnés que nous venions de France.

20. L'après-midi, la foule est devenue compacte, avec un cortège qui s’étale sur plus de 2 km ! Nous restons jusqu'en fin de journée, impressionnés par cette démonstration populaire et authentique de l'attachement des Russes à la Mère-Patrie.

Voilà, c'est tout 😏
Le récit complet est en ligne ici : ETERNELLE RUSSIE.
Celles et ceux qui souhaitent découvrir le monde vu par un petit fourgon de plombier peuvent consulter Trafic Life.
Cordialement
Sylvie & Bernard


































