Ethiopie: trek dans le Simien
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Le parc national du Simien en Ethiopie Un espace magnifique pour de très belles randonnées.

1 - Présentation : Le massif du Simien est un massif volcanique sur les hauts plateaux éthiopiens du nord-ouest du pays. Le début de la formation de ces hauts plateaux éthiopiens qui s‘étendent de l’Erythrée jusqu'au sud du pays date d’il y a environ 70 millions d’années. Dans la partie nord se trouve le massif du Simien (qui signifie nord en amharique qui est la langue officielle du pays) qui résulte d’un épanchement de lave volcanique sur plusieurs millions d’années et qui a donné un dôme montagneux couverts de volcans boucliers éteints. Au centre du massif se situe le parc national du Simien à 122 km au nord de Gondar. C’est un paysage spectaculaire, où l’érosion massive survenue au cours des millions d’années a formé des pics accidentés, et des gorges profondes d’une beauté exceptionnelle dont certaines atteignent jusqu'à 1500 m de haut. Les montagnes sont séparées par des vallées profondes au nord, à l’est et au sud et offrent de vastes panoramas sur les vallées creusées de canyons accidentés. Le panorama spectaculaire qu’offrent les montagnes du Simien est considéré comme rival du Grand Canyon du Colorado. Jusqu’au 14e siècle la région était principalement habité par les juifs éthiopiens qui vont perdre le droit à posséder de la terre et vont être nommé Fellasha (sans terre ou exilé) par les Amhara qui vont les remplacer pour élever du bétail et cultiver ses hautes terres. Le parc national d’une superficie de 412 km2 (à l’origine 136 km2, re-délimité entre 2003-2007), avec des altitudes allant de 1800 m à 4543m pour le Ras Dashen/Ras Dejen, a été établi en 1966 pour la conservation de la biodiversité car il est le refuge d’espèces menacées et pour certaines endémiques comme le bouquetin d’Abyssinie (Ibex walia), le loup d’Abyssinie et le babouin Gelada. Le parc fut l’un des premiers sites qui fut inscrit sur la liste mondiale du patrimoine en septembre 1978 et il est considéré depuis 1996 comme « en péril ». Une grande partie de celui-ci a été dévasté par l’activité agricole et l’utilisation intensive des pâturages par les nombreux troupeaux. Les incendies fréquents dans les forêts de bruyère et la construction d’une piste traversant le parc ont également endommagés le parc. Les 3 principaux habitats du parc sont les prairies afro-alpine des hauteurs du massif, les forêts de bruyère en dessous de 3500 m, et les pentes de Tussack (fétuques) et recouvertes d’arbustes. La flore est principalement constituée de 10 espèces d’herbes poussant en haute altitude, des lobélies géantes et des kniphofia foliosa (tritome) endémiques. Les arbres et arbustes dominants sont l’Erica Arborea (bruyère) et le millepertuis. Il y a une plus d’une vingtaine de grands mammifères dans le parc : Ibex Walia, Loup d’Abyssinie (qui est l’espèce de canidé la plus rare au monde en danger d’extinction, il n’en reste plus que 40 dans le parc sur les 400 observés dans le pays), léopard, hyène tachetée, chacal doré, antilope oréotrague, babouin Anubis et Hamadryas. Et on peut observer environ 137 espèces d’oiseaux dont le rare Gypaète Barbu et différents rapaces. Le parc est principalement habité par l’ethnie Amhara (chrétiens et musulmans) qui vivent dans des huttes de pierre (les toukouls), de torchis et recouvertes de chaume et pour les plus riches de tôles ondulées. L’activité principale est l’agriculture et l’élevage de chèvres, moutons à queue grasse et bœufs. La principale plante cultivée en haute altitude (jusqu'à 3600 m) est l’orge, plus bas on cultive entre autre du blé, de l’avoine, des fèves.

Le ras Dashen/Ras Dejen, signifiant le général qui combattit en avant de l’empereur, est le plus haut sommet du pays avec une altitude 4543 mètres dont la première ascension documentée fut effectuée par deux officiers français Ferret et Galinier en 1841.

2 - Randonnées dans le parc : Le parc national du Simien et sa périphérie sont les lieux les plus réputés en Ethiopie pour la randonnée en haute montagne. Un guide de haute montagne français a comparé le parcours dans le parc du Simien à un trek de niveau moyen dans les montagnes du Népal. Le parc est ouvert toute l’année pour la randonnée mais la meilleur période pour s’y rendre est entre début octobre et fin mars durant les deux périodes sèches du régime climatique des hauts plateaux. Il y a différents itinéraires et la possibilité d’y effectuer des excursions de 1 à 10 jours. On y trouve de nombreux sommets à plus de 4000 mètres mais l’enneigement y est faible et périodique. Les températures peuvent descendre jusqu’à – 10 degrés dans la nuit à certains moments de l’année. L’entrée est payante. Il ya une régulation pour séjourner dans le parc, notamment concernant les lieux de bivouacs. L’encadrement d’un guide local et de scouts est obligatoire lors des déplacements dans le parc.
Michel Quinquis / Ethiopie
CA Carassou Veteran ·
C'est la biologiste qui complète tes descriptions :je retrouve cela dans mon journal écrit en revenant de là bas en 2014 Pour la présentation 1000 excuses car je manie mal l'informatique venue de mes fichiers

Géladas et lobélies géantes des monts Simien

Une idée fixe me poursuivait depuis longtemps : admirer les lobélies géantes et les singes géladas. Il fallait se hisser dans certaines montagnes africaines au delà de 3500 mètres et l’Éthiopie allait me donner cette opportunité.

L'office du parc du Simien à DEBARK me confirme que les géladas et les lobélies géantes coexistent au camp de Chennek à 3650 m dans les montagnes du SIMIEN. Mes années et mes kg excédentaires écartent un trek de plusieurs jours, mais un véhicule pouvait m'y amener certes pour un prix fort avec le permis d'entrée et le scout obligatoire sorte de garde du corps. Je ferais l'AR depuis DEBARK sur 2 jours avec une nuit sur place. Le trajet de 58 km s'effectuera en 3h.

Les premiers géladas au détour de la route Trois jours après avoir fêté mes 67 ans une voiture me conduit sur une route soulevant la poussière, le scout derrière moi. Au bord de la piste en corniche, les petits pâtres qui gardent les biquettes et les moutons accourent pour nous saluer malgré la pente. Çà et là 2 zébus efflanqués tirent des charrues aux araires archaïques. La saison sèche va s'achever en mai, les paysans doivent être prêts pour semer une variété d'orge spécifique adaptée aux altitudes éthiopiennes. La route s'élève, les virages en épingle à cheveux se succèdentSur les bords de la route ça et là les roses d'Abyssinie éclatent leurs pétales bien semblables à ceux de nos églantiers. Plus loin les chardons géants dressent leurs épines et leurs fleurs.

Une cohorte de plusieurs centaines de géladas (les éthiopiens les appellent des baboons) apparait peu après le camp de SANKABER. Trois scientifiques de Michigan les observent sur place avec leurs scouts. Ils m'expliquent la sociologie de ces animaux. Un mâle règne en seigneur et maître sur un harem de femelles qu'il honore quand elles sont en période d'oestrus* et qu'il protège des autres mâles. Pourtant une favorite domine toutes les autres...Une dizaine de ces dames entourent leur maitre qu'elles récompensent de séances d'épouillage. Les bébés géladas s'écartent peu de leur mère et regagnent vite la fourrure maternelle au moindre bruit. Les frères et sœurs plus grands gambadent et se chamaillent entre eux .

Un excédent de mâles adultes que l'on pourrait appeler le clan des célibataires, frustrés, n'ont pas accès aux coïts...ils tentent des rapprochements auprès des belles du harem. Alors le maître outré le fait savoir haut et fort par des cris perçants découvrant des canines blanches démesurées et proéminentes se détachant bien sur des gencives écarlates. Les harcèlements sont fréquents, la protection de chaque instant difficile, et quand les femelles trop nombreuses (avec leurs propres filles) ne seront plus satisfaites elles s'en éloigneront pour trouver protection auprès d'un des célibataires qui prendra la place de l'ancien chef ...celui-ci destitué ne pourra plus copuler (son règne ne dépasserait pas 3 ans).

L'arrivée au camp de Chennek On m'installa dans un des dortoirs des guides dès 10 h. Vite je m'égaie autour du camp, flanquée par mon scout qui porte son fusil chinois presque historique qui aurait bien servi pour le siège de Nankin. Le paysage est grandiose :l'érosion pendant des milliers d'années des ces montagnes volcaniques a entrainé un gigantesque chaos : des falaises à pic d'une hauteur de 1500 m succèdent à des gorges profondes. Des gypaètes planent au dessus des précipices à la recherche sans doute de charogne. Les yeux du scout scrutent en contre bas une femelle ibex et son petit, les bouquetins d’Abyssinie assez rares dans le Simien. Deux grands corbeaux corbivaux aux becs massifs et épais, le plumage noir et brillant mais avec une tache blanche sur le dessus du cou se posent intrigués sur un rocher...leur taille est impressionnante, ils marchent en se dandinant et vite ils vont s'envoler et planer au dessus des escarpements.

Les environs immédiats de ce camp constituent un biotope* pour les géladas : les ravins abyssaux et les anfractuosités peuvent les accueillir la nuit ou en cas d'alerte. Le ruisseau qui descend pas trop loin est leur abreuvoir. Une minuscule variété de plantes rases en rosettes (sans doute une variété de trèfle) poussant à découvert sur le plateau entre les buissons est le repas de choix presque unique de ces animaux.

La troupe des géladas du camp de Chennek Une vingtaine de singes avec beaucoup de célibataires et trois femelles dont une gravide et une autre portant un minuscule bébé agrippé à son ventre composent le petit groupe inféodé au camp.. Ces singes que longtemps on assimila à des babouins constituent un genre à part (Théropithèque). Ils ont des lointains ancêtres qui vivaient de l'Inde à l'Espagne et qui se sont peu à peu repliés dans les zones africaines d'altitude. Ils sont endémiques* en Éthiopie et on en dénombrerait entre 20 000 et 50 000, repartis dans les zones montagneuses du pays : Simien, Balé...ils ne sont donc pas en voie de disparition. Avec leur évolution ils sont devenus herbivores, les canines n’impressionnant plus que l'adversaire. La crinière d'un mâle, noirâtre et dorée est si longue sur les épaules et le dos qu'elle lui sert de longue cape et devant elle se termine en rouflaquettes. Une queue de lion, un museau noir, des yeux vifs, des bottines noires surgissant d'une culotte de golf dorée et comme de fins gants noirs : l'animal a fière allure quand il se déplace découvrant les coussinets plus clairs de ses pattes arrières qui lui servent de semelles (les Mephistos du singe!!!). Les femelles plus petites sont dépourvues de cette belle crinière. Assis les singes cueillent des deux mains ces fameuses petites plantes mais uniquement celles qui sont vertes. Leurs doigts préhensiles, agissent avec dextérité, d'une habilité presque humaine, sans perdre de temps ils avalent le contenu d'une main, l'autre continuant le ramassage...de vraie tondeuse à gazon !!! Chacun reste assis dans sa cueillette avançant sur ses callosités fessières. Pour connaître l'activité sexuelle des patchs pectoraux sont bien visibles : une zone rouge vif et dessinant un cœur chez le mâle dominant lui a valut le nom « de singe au cœur saignant ». Les célibataires ont aussi ce patch rouge mais moins vif et de plus petite taille. Chez les femelles le patch s'étend entre les deux mamelles mais en œstrus la couleur rouge s'intensifie et est entourée de petites vésicules. Ainsi même assis les mâles sont au courant de l'activité sexuelle des femelles.

Je les ai suivis dans leurs activités journalières, un parcourt de quelques km autour du camp, peu effrayés quand ils sont allés boire au ruisseau. Dès 18h au soleil déclinant après de longs épouillages pour apaiser les tensions et favoriser les liens entre eux ils se sont laissés glisser le long de la falaise en étirant leurs longues pattes . Chacun a choisi un recoin dans la verticale de l'abrupt des rochers pour se blottir sous sa fourrure se serrant avec son voisin pour dormir dans la fraicheur nocturne . Le matin le soleil va les ragaillardir et après les épouillages indispensables ils vont recommencer leur activité herbivore, bien peu énergétique qui les occupe la majorité du temps. L'hiver ils se contentent des racines de ces mêmes herbes dont le sol est retourné comme s'il avait été sarclé. Il paraît qu'ils ne dédaignent pas envahir les champs d'orge des environs (le parc est en zone mixte) car ils sont aussi friands de graines...ils sont alors chassés par les paysans qui ne les apprécient guère.

Une véritable forêt de lobélies géantes égaie le camp de Chennek Pour braver les différences de températures entre le jour et la nuit pouvant atteindre 50°C d'octobre à janvier les lobélies d'ici (Lobelia rhynchopetalum), plantes de la famille des Campanulacées ont développé une stratégie inhabituelle en altitude : le gigantisme

Une rosette de feuilles coriaces en forme de glaives s'épanouit à 3 m d'une stipe ligneuse qui s'élève droite et noire au dessus du sol. Ainsi à cette hauteur des feuilles il règne quelques degrés de plus qu'au ras du sol. Le bourgeon terminal qui assure la croissance est protégé par des feuilles collées les unes aux autres comme une de nos grosses endives. Les U.V. diurnes ont moins d'impact sur ces feuilles verticales. Les autres feuilles horizontales filtrent les U.V grâce à une molécule spéciale qui les neutralise. La stipe est enduite d'une épaisseur de tissu végétal dessinant des losanges empêchant le gel de la sève montante même au cœur de l'hiver où les températures sont négatives.

Et les lobélies croissent ainsi un peu plus vite à la courte saison des pluies. Curieusement sans raison expliquée certaines développent au bout de plusieurs années une longue hampe florale atteignant 6m : inflorescence gigantesque de petites fleurs en épis. Les plantes ayant épuisé toute leur énergie pour assurer leur descendance meurent les feuilles se flétrissent...de leur stipe s'échappent une poussière fine de graines. Une forêt de lobélies géantes se dresse le long du ruisseau qui coule au travers du camp, certaines ne sont plus que des squelettes, d'autres plus éparses se voient sur les hauteurs.

Quand les géladas passent sous les lobélies pour s'abreuver au ruisseau, des graines dispersées par le vent peuvent atteindre et investir leur fourrure. Un épouillage rituel mais toujours efficace rejettera la graine qui attendra l'humidité pour germer. Ainsi une nouvelle lobélie apparaitra peut-être en dehors de sa zone initiale.

Œstrus* : courte période de fécondité d'une femelle favorisant l'accouplement(= chaleurs) Biotope*: lieu de vie d'une espèce animale ou végétale avec tous les caractères relativement uniformes Endémique* : qualifie une espèce vivante délimitée à une zone géographique donnée souvent délimitée

Carassou 8-9 avril 2014
TR Trekethiopie ·
😉 Merci beaucoup pour votre message fort intéressant. Je me servirai de vos informations bien utiles. Bien cordialement. Michel
Michel Quinquis / Ethiopie
QU Quentinlep ·
Bonjour,

merci à vous 2 pour les informations. Je suis partie avec mon conjoint en Ethiopie en septembre, je me permets donc d'ajouter ma contribution à propos du Simien, et particulièrement pour les randonneurs indépendant/ petit budget.

Arrivés à Debark, on est tombé sur Ginbie Abebe, un guide qui est un train de monter sa propre agence de voyage pour les montagnes. Après nous avoir proposé d'être notre guide pour un trek 'classique' 4 jrs/3 nuits à 400$ par personne tout compris, que nous avons poliment refusé, il a offert de nous aider à organiser le trek tout seul. Heureusement qu'il était là! L'employé de l'office du parc nous a baratiné, les tours operator nous ont baratiné, les jeunes à la gare routière de Gondar pareil, tout le monde raconte un peu ce qui l'arrange pour gratter un peu. On est parti pour 4jrs/3nuits, ca nous a coûté environ 150€ à deux. En bref:

- avec l'entrée du parc (environ 100birr/personne/jour), le scout est obligatoire, pas le guide. Le scout est généralement un villageois qui connaît les montagnes comme sa poche, ne parle pas anglais et vit modestement. Sur les 150 birr/jr qu'on paye au parc, il ne doit pas recevoir beaucoup. Il a toujours son fusil en main et est chargé de veiller sur les randonneurs. Le contact est très bien passé avec notre scout, malgré la barrière de la langue. On a eu droit à des explications sur les plantes et les animaux en amharique! Préparez votre lexique de poche. - Contrairement à ce que tout le monde veut faire croire, les mules, muletiers, porteurs, cuisiniers sont tous optionnels, il est tout à fait possible de partir avec le scout seulement, en portant sa nourriture et matériel de camping (nous avons choisi de dormir en refuge, les 'lodge', par peur du froid et de l'humidité. Prix 120b/personne.) - à Debark, on logeait à la pension en face de la gare routière, que je ne recommanderais pas vraiment, mais les employés sont sympa et on a pu stocker les affaires inutiles pour le trek dans un salle fermée le temps du trek, et le récupérer au retour, sans rien payer de plus. Je pense que tous les hôtels de la ville proposent ce service. - on a refusé le 4x4 pour se rendre à l'entrée du parc, et on a décidé d'y aller à pied, contre l'avis insistant de l'employé du parc. En sortant, un de ces collègues nous a expliqué qu'il n'y avait aucun intérêt à marcher jusque là-bas, et nous a proposé de s'arranger avec un tuk-tuk pour 300 birr (contre 1600 pour le 4x4), en nous demandant d'être discret. - il est impossible de manger à Sankaver, en revanche, injira et spaghetti peuvent être servis à Geech et à Chenek (50 ou 60 birr). Nous avons acheté des provisions à Debark, boîtes, pain, dattes, graines. Il y a tout ce qu'il faut sur place, contrairement à ce qu'il se dit à Gondar. Il faut faire le stock de pain, car il est impossible d'en acheter en montagne. On est parti avec 2L d'eau seulement, il y a sur le chemin qql ruisseaux ou sources où remplir les gourdes, en y ajoutant une pilule purificatrices (il y a du bétail partout, même à 4000m). - entre Geech et Chenek, il y a le sommet Imet Gogo, à 3926m. La vue de là-haut est sublime et vaut vraiment le détour, car en effet, ça fait un petit détour. On a croisé un groupe qui est allé directement d'un refuge à l'autre, sans monter à Imet Gogo: ne ratez pas ça, demandez au scout ou guide de vous y emmener! - il est toujours possible de revenir de Chenek en 'truck', le moyen de transport local. C'est apparemment interdit, les touristes sont sensés louer un 4x4 pour revenir à Debark, pour la modique somme de ... 2600 birr ! Le parc et l'agence de location des 4x4 travaillent main dans la main pour s'en mettre plein les poches. Suivant les conseil de Ginbie, on a contourné l'interdiction en payant un jour de plus dans le parc, et en disant que nous reviendrons à pied. Au matin à Chenek, on s'est fait ramassé par le truck, on a payé 300 birr en tout, 100b par personne, après négociations.

Voilà un petit résumé de notre trek. Ginbie nous a bien aidé, il a demandé en contrepartie de lui faire la pub en France et lui envoyer de futur voyageurs. La présence d'un guide est certainement un plus, pour les explications sur la faunes et la flore (ce qui nous a grandement manqué, c'est vrai, le guide papier (Bradt -Ethiopia, en anglais seulement) pesant lourd, on l'avait laissé à Debark) et des discussions sympa pendant la marche. Donc je recommande Ginbie (+251 967144436, Ginbie Abebe sur FB, il est aussi marathonien et s'entraîne pour intégrer l'équipe éthiopienne). Il possède une échoppe à Debark, la première sur la droite en sortant de la gare routière. Même si vous ne voulez pas de guide, un petite conversation avec Ginbie pour récapituler les différents options et tarifs peut être utile, et rassurante.

Ce trek était vraiment magique, pour tous les amoureux de la montagne c'est du bonheur pur, alors n'hésitez pas! (mais renseignez-vous sur les troubles politiques, notamment à Gondar: on est passé de justesse, mais d'autres touristes se sont retrouvés bloqués, car les routes étaient coupées, ils ont du prendre l'avion pour le nord et annuler leur randonnée).
DJ Djalma Globetrotter ·
les tours operator nous ont baratiné, les jeunes à la gare routière de Gondar pareil, tout le monde raconte un peu ce qui l'arrange pour gratter un peu. On est parti pour 4jrs/3nuits, ca nous a coûté environ 150€ à deux. En bref:

Vous vous êtes très bien débrouillé! On avait trouvé un guide, loué une tente et emporté la nourriture ( pour tous) payé les entrées dans le parc + le scout obligatoire le tout nous était revenu à environ 170 euros ( Par personne) pour 5 jours de trek. On était monté à un sommet autour de 4200m mais pas au Ras Dajen mais passage à Imet gogo bien sûr.
https://www.youtube.com/watch?v=-XCOyB7WStI https://www.youtube.com/watch?v=g2eI67iCbKY
GE Gerald47 ·
Bonjour Quentin, Cela fait longtemps que vous avez posté votre message mais votre périple correspond tout à fait à ce que j'envisageais. Je suis en Ethiopie de puis plus d'un mois et je m'approche de la destination des monts Simiens et du treck. Je vais utiliser touts vos infos en souhaitant que les coordonnées de Ginbie soient toujours d'actualité.

Gérald
TR Tribadi ·
Bonjour,

Nous revenons d'un séjour en Éthiopie dont un "trek" de 4 jours dans les Simiens. Nous avons payé 60 dollars par jour/personne et étions un groupe de 4. Le trek a été organisé depuis Gondar la veille du départ avec un guide local : Gimbe ( 00 251 94 697 3005)

- 1er jour : vous passerez plusieurs heures dans un 4*4 ou minibus pour rejoindre Debark puis le point de départ du trek. De là, vous marcherez majoritairement à plat pendant 1h30 (si on compte les très nombreuses poses pour "enjoy the view", ça prend peut être 2h). Ensuite première nuit dans un campement plutôt sans intérêt. - 2ème jour : Départ pour le campement nommé Geech. En tout 3h30 de marche avec encore une fois de très nombreuses poses avec un peu plus de dénivelé que la veille. Très beau paysage depuis le campement avec couché de soleil et colonies de geladas allant se mettre à l'abris pour la nuit. - 3ème jour : Départ pour le campement de Chenek. En tout 5h30 de marche. Seul vrai jour de marche avec du dénivelé, très belle vue depuis Imet Gogo puis depuis le 4400 m, la vue est différente et ça vaut la peine. - 4ème jour : courte marche autour de Chenek puis retour sur Gondar ou Aksum. Cela nous a pris 2h30 rien que pour sortir du parc. En tout il nous a fallu 5h pour atteindre Gondar.

(les temps de marche sont ceux de trentenaires ayant un rythme moyen)

Nos conseils :

Négocier pour faire les 2 premiers jours en un seul jour, c'est tout à fait faisable même en partant de Gondar puisque même si vous commencez votre trek à midi, vous serez au campement de Geech à 17h... Honnêtement le premier jour n'a aucun intérêt et le campement non plus. Cela vous fera gagner une journée et vous permettra de ne pas arriver vers 14h30 au campement et vous tourner les pouces jusqu'à la nuit...

Emportez des gourdes et au choix une paille filtrante type (lifestraw) ou des tablettes purifiantes pour l'eau. Le parc est rempli de bouteilles en plastique, c'est inimaginable que des touristes en 2019 acceptent encore de boire dans des bouteilles qui seront au pire balancées un peu à l'écart des camps ou carrément mises dans le fond des toilettes avec tout le reste... et au mieux brûlées ici ou là dans le parc. Vous trouverez des sources d'eau tout au long du trek, il y a au choix des sources en dur ou des rivières. SVP SVP SVP, n'utilisez pas les bouteilles en plastique... Les habitants des villages ne s'en servent pas donc toutes celles que vous trouverez sont celles des touristes, des guides et des scouts... Aussi, la nouvelles mode au sein des groupes consiste pour le cuisinier à mettre chaque petit sandwich de pique nique dans un bon morceau de papier aluminium puis dans un petit sac en plastique.. Vous trouverez ces papiers alu et sacs plastiques autour de chacun des spots de déjeuner.. Essayez d'insister avant de partir pour que les sandwich soient rassemblés dans un tissu ou lunch box et pas mis dans des sacs en plastique individuels... Nous avons tous un sac à dos et il est très facile de répartir les sandwich dans un seul sac, les fruits dans un autre...

Le Parc National subit de plein fouet la présence des touristes et nous sommes entièrement responsable des déchets plastiques que l'on y trouve. C'est à nous de prendre la responsabilité de ne rien laisser sur place.

PS : en février mars, le parc est très sec et donc majoritaiement jaune. Si vous voulez du vert il faut s'y rendre avant fin décembre.
GE Gerald47 ·
Bonjour Sarah,

Merci de votre partage. Je suis sortis du parc Simien il y a trois jours et mon ressenti est un peu différent du vôtre que je respecte entièrement. Je suis parti de Debark en allant directement au bureau du parc sans intermédiaire en ne prenant qu’un scout imposé et en me rendant avec lui en bajaj jusqu’à l’entree du parc. Le treck a commencé à 10h30 à partir de là. J’ai eu le même point de vue sur le manque d’intérêt du premier jour de marche mais en indiquant à mon scout que nous n’avions pas besoin de nous arrêter à tous les point de vue, nous avons marché bon train jusqu’à Sankanber où le refuge communautaire était très convenable pour 120 birr par nuit et donnait l’occasion de partager des moments privilégiés avec la famille qui s’en occupait.je portais ma nourriture et rien de se que je transportais n’a été éparpillé dans la nature. Tous nos départs des refuges se faisaient à 07h00 au plus tard et cela nous permettait de marcher seul. Évidemment que les déchets sont du fait de l’afflux touristique mais mon avis diffère diamétralement du vôtre quand a qui les dilapide dans la nature. Les guides, chauffeurs, scouts, cuisiniers et la population locale sur les refuges n’ont aucune sensibilisation a la récupération des déchets et ce dont j’avais constaté dans les deux mois de la découverte du pays s’applique complètement aux Monts Simiens. Les trois autres autres nuits en refuge ont été similaires à la première sans la proximité avec la famille en charge du lodge. En fin de matinée du denier jour à Chenek, j’ai attendu qu’un véhicule (camion) passe pour négocier les 57 kms du lodge à Debark, ça n’a pas été simple mais après plusieurs tentatives, payant pour les 400 birr la limite que je m’etais fixé pour mon scout et moi. Nous n’avions probablement pas les mêmes attentes, moyens et impératifs mais le coût des 5 jours dans le parc a été de 115€. Expérience intéressante même si je vous l’accorde la difficulté du treck n’etait au niveau de ce que je m’attedais.

Merci pour votre échange et j’espère que vous garderez un non souvenir de cette expérience.

Amicalement, Gérald

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