On devrait, depuis le temps, s'être fait une raison car ils nous font le coup à chaque fois. N'empêche, je me suis encore retrouvé seul au bureau, comme un couillon, vendredi dernier. Et oui, à Madagascar, les gouvernants changent mais, question amateurisme, c'est toujours la même musique.
Donc, le pont du vendredi 14 mai a été annoncé, comme à l'accoutumée, la veille au soir. Un cadeau du ciel pour les entreprises qui avaient prévu de bosser ce jour. Cela prouve au moins une chose, les malgaches écoutent la radio et regardent la télé, religieusement. Pour preuve, pas un salarié au "teuf" le lendemain. J'ai espéré quand même en voir un pointer son nez puis, en désespoir de cause, j'ai décidé, vers 9 : 00, d'aller prendre un petit-déjeuner au Centre Ville d'Antananarivo.
J'y ai rencontré un "vieil" ami avec lequel nous avons, comme parfois, refait le monde ou, tout du moins, Madagascar. Nous avons même fini par tomber d'accord sur un point, la "prodigieuse" augmentation du coût de la vie à Madagascar, ces dernières années.
Je me suis alors souvenu de mon premier employeur, il y a près de 20 ans qui, dans son entretien de présentation m'avait expliqué que " les salaires "locaux" de nos expatriés sont calculés de façon à ce qu'ils couvrent les besoins "ordinaires" d'une famille". C'était alors à peu près vrai. Bien que vivant à cette époque à Nosy Be, je me souviens en effet que l'on arrivait presque "à joindre les deux bouts" avec la "part locale".
Près de 20 ans plus tard, et bien que cette "part locale " ait été, depuis lors, multipliée par 10, c'est aujourd'hui, loin d'être le cas. Tout simplement parce que l'augmentation du coût de la vie à Madagascar a été, dans l'intervalle, tout simplement prodigieuse. Je me souviens encore du prix du Coca - je suis gros consommateur - vendu 1.000,00 FMG dans les restaurants. Il est maintenant à 2.500,00 MGA - soit 12,5 fois plus cher -. Pour parler de choses plus terre à terre, j'ai loué ma "première" maison à 700.000,00 FMG en 1991. On trouve aujourd'hui des maisons équivalentes à 2.000.000,00 MGA. Que dire également des PPN, des carburants, des transports, …..
Le paradoxe est que l'on trouve désormais des produis "locaux" à des prix - prohibitifs - équivalents à ceux pratiqués en France. Une "bonne" pizza coûte 15.000,00 MGA, soit 6,00 Euros, sans doute le prix moyen en France. Un gâteau au Colbert coute près de 5.000,00 MGA, soit 2,00 Euros. Comme en France, là-aussi. Certaines confitures locales "artisanales" sont, dans les rayons des supermarchés, quasiment aux mêmes prix que les confitures importées CASINO ou BONNE MAMAN.
Il doit y avoir un problème, quand même !!!!
Que je sache, le restaurateur, le pâtissier ou la "confiturière" locale ne paient certainement pas le loyer de leur local commercial au même prix qu'en France, ni leur personnel, pas plus que leurs produits frais.
Pourquoi alors une telle exagération dans leur prix ?
Nous sommes, là encore, presque tombés d'accord avec mon ami.
La plupart des commerçants - hôteliers, restaurateurs, ….. - orientés vers une clientèle locale "à pouvoir d'achat" ou touristique n'ont qu'un objectif de gestion, à savoir essayer de "s'en mettre plein les poches". A défaut de tenter d'être inventif, de se démarquer et de se remettre en cause, ils ne savent, pour pailler à la baisse de leur fréquentation, faire qu'une chose, augmenter leur prix.
Et se lamenter !!!! "C'est incroyable, j'ai fait 30 % de chiffre d'affaires en moins cette année !!!!!"
Je crois, sans prétention, que l'on a, mon ami et moi, compris pourquoi.
Bon, il ne s'agit là que de futiles considérations de vazaha qui, au final, ne vivent pas trop mal.
Pensons avant tout peuple malgache qui lui, n'a bien souvent qu'une seule préoccupation. Survivre.
Original post





