L'île du crocodile vert (Cuba)

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« Un long crocodile vert, aux yeux d'eau et de pierre... » (Nicolas Guillén)

C'est ainsi que l'on surnomme cette île, la plus grande des Caraïbes, qui s'étire sous les traits d'un caïman endormi entre 2 océans ... Sa capitale m'attirait depuis longtemps et faisait partie des « possibles » – sorte de liste d'envies un peu floues et lointaines reléguées au fond d'un tiroir – mais je ne sais pourquoi le déclic n'était jamais là au moment du voyage.

Il m'aura fallu une pause salutaire, quelques questionnements sur mes futures destinations et le hasard d'un petit film, pour enfin me décider.... Cette fois ça y est ! Les couleurs de La Havane et de Trinidad me font vraiment de l'oeil, ce décor de cinéma imprégné de salsa et de rhum, les portraits du Che, les « belles américaines » des années 50, et surtout un peu de l'âme de Cuba... Me voy !

Je me plais à imaginer une ambiance, évidemment populaire, « caliente », des portraits métissés, une vie ouverte sur la rue. Les plages de cartes postales aussi attirantes soient-elles, ne seront pas ma priorité.

Ce sera donc un itinéraire classique en 15 jours : La Havane - Cienfuegos - Trinidad - Vinales - La Havane. Pas de snorkeling, plongée, randonnées à pied ou à cheval et... je n'aime pas la langouste ! Vous me suivez quand même ? [:)]
MO Mong1 Globetrotter ·
LA HAVANE

Les 1ers pas hors de l'avion, les 1ères images qui défilent à travers les vitres d'un taxi jusqu'à l'hôtel, sont toujours un moment important et donnent souvent le ton. Une façon de prendre le pouls d'un pays en accéléré, en essayant d'emmagasiner tout ce qu'on peut, avec avidité. Je n'en loupe jamais une miette...

Aéroport José Marti - Les formalités de sortie ont été longues. Passage d'immigration avec prise de photo de chaque passager, 17 guichets et longues files d'attente (1h de queue), bagages à récupérer entre fatigue et grosse pagaille, puis une dernière attente à l'extérieur pour faire du change... Ouf ! Ça y est ! Le taxi file à vive allure les vitres grandes ouvertes dans la chaleur tropicale du soir, 29 degrés annoncés, la route est quasi déserte. Aucune affiche, ni panneaux publicitaires qui encombrent nos routes, comme s'il manquait quelque chose... Par contre les premiers slogans de propagande plantent le décor, usés jusqu'à la corde : « Patria o Muerte », « Venceremos », « Viva la Revolucion », « Seremos como el Che », « Socialismo o Muerte » ... Les immeubles de banlieue semblent éclairés d'une seule ampoule, l'éclairage public est très faible, quasi inexistant, des silhouettes attendent le bus, nombreuses.

Je regrette d'arriver la nuit tombée et de ne pas profiter pleinement d'une 1ère approche de la ville, ne pas faire un tour de repérage. Au bout d'une vingtaine de km, on approche du centre... Sur la gauche, telle une apparition divine auréolée de lumière, se découpent 2 immenses portraits stylisés sur une façade de béton : Che Guevara et Camilo Cienfuegos... Nous passons à côté de la place de la Révolution, immense, austère...

« Hasta la victoria, siempre ! »

Je réalise petit à petit que j'ai atterri et que je suis bien à Cuba... Je reviendrai faire une photo un autre soir en taxi, le quartier du Vedado étant assez éloigné du centre, à l'extrémité ouest.

Déjà des contrastes entre les quartiers traversés. Des places, des palmiers, puis des arcades partout. Délabrement. De plus en plus de gens sur les trottoirs. Éblouie en passant devant le Grand Théâtre, illuminé lui aussi...

Une fois à l'hôtel Sevilla je n'ai qu'une envie, récupérer de ces dix heures de vol et du décalage horaire (heureusement j'avais choisi un vol direct), je rejoins donc ma chambre sans dîner et constate qu'il n'y a pas une goutte d'eau dans la salle de bains... Ça commence ! J'avais lu que les coupures étaient fréquentes. Je dois attendre un peu si je veux me rafraîchir, il est maintenant 4 heures du matin heure française, 11 heures du soir à Cuba... (Les Cubains ont changé d'heure le 8 mars.)

Demain sera un nouveau jour... L'hôtel de style mauresque est beau, ma chambre au 8ème étage est grande, avec une belle vue.

Fatigue et excitation...
MO Mong1 Globetrotter ·
Samedi 15 mars

« Havanité des havanités, tout est havanité... » (Guillermo Cabrera Infante)

Réveillée tôt selon mon habitude. Je ne dors jamais beaucoup en voyage... L'hôtel jouissant d'une position stratégique sur le Prado, entre les 2 quartiers d'Habana Vieja et Centro, je ne sais par où commencer. A l'est le centre historique en grande partie restauré, à l'ouest le quartier populaire. Tout droit en descendant, l'avenue mène au Malecon ou rejoint le Parque Central à l'opposé. Je crains que 3 jours ne soient pas suffisants... Il me restera 2 demi-journées entre 2 étapes, petit bonus avant mon retour.

La Havane fait partie de ces villes que l'on aborde comme une vieille connaissance, avec excitation, pétris de clichés et d'interrogations. Sensuelle comme un fruit tropical (un fruit au parfum défendu ?), ardente et nostalgique, somptueuse et décatie, déroutante, elle exhale le charme intemporel des villes mythiques. Une plongée dans le passé. Une ville de paradoxes. Prononcez son nom un peu suave et langoureux et vous êtes déjà en voyage...

Durant ces 3 jours, je laisserai guider mes pas sans itinéraire logique, alternant les zones touristiques et les quartiers délabrés, revenant ici ou là. Un seul impératif de visite pour la journée de dimanche, que je développerai plus loin.

Ma journée démarre tout naturellement par la très belle avenue ombragée du Prado, large allée piétonne avec ses bancs en marbre, ses jolis lampadaires Art déco, ses vieilles demeures, jusqu'au Parque Central... Des lions en bronze sont postés en sentinelle à chaque angle de rue. Le week-end des artistes installent leurs toiles sur des chevalets, les gens traînent, les gamins jouent, j'aime beaucoup cet endroit. Au Parque Central, place toujours en ébullition où sont regroupés plusieurs vieux palaces, le Théâtre et le Capitole, il me faut réserver mon billet de bus Transtur pour Cienfuegos à l'hôtel Inglaterra : 20 CUC, affaire réglée ! (S'y prendre 3 jours avant...)

Direction place de la Cathédrale San Cristobal, avant qu'il n'y ait trop de touristes. Une touche de folklore, figuration, déguisement, quelques Cubains posent pour la photo... Ici c'est une mamie arborant un énorme cigare, là des vendeuses de fleurs habillées en Créoles, puis un Cubain très chic. Sous les arcades, une cartomancienne, Adelaida... Discrète malgré son accoutrement et ses bijoux, personnage énigmatique, je ferai une exception en photographiant ses mains... Tous les moyens sont bons pour gagner de l'argent, image de carte postale encouragée par l'État. Avec l'assouplissement des règles sur le commerce instauré par Raul Castro, ces personnes ont pu se mettre à leur compte après avoir obtenu une licence sur laquelle elles versent une taxe, comme pour n'importe quel petit boulot. La Cathédrale de style baroque est vraiment belle, la place bordée d'arcades. Je déjeunerai juste à côté dans un superbe patio jaune orné de plantes qui m'enchante (« El Patio »).

A 2 pas de là, passage obligé par la Bodeguita del Medio, ancienne taverne couverte de signatures rendue célèbre par Hemingway. Trop tôt pour moi pour me plier au rituel un peu convenu du mojito, devenu cocktail national en 1942... d'ailleurs je lui préfère la piña colada ! Je me laisserai tenter un autre jour, dans un lieu tranquille. Les mojitos s'alignent sur le comptoir dans une ambiance de folie, l'endroit exigu ne désemplit pas, attroupement dehors pour profiter de la musique ou par curiosité... une employée cubaine passe avec des poubelles en se déhanchant sur un rythme de salsa... Je tombe ensuite sur les rues très touristiques et piétonnes près de la place d'Armes et ses bouquinistes : Obispo, Mercaderes. Puis la place San Francisco de Asis et son église.

Un peu plus bas, c'est la Plaza Vieja, construite au XVIe siècle, très vaste, l'endroit le plus restauré de la ville avec ses maisons à colonnes et ses magnifiques vitraux en demi-lune au dessus des persiennes colorées. Malgré beaucoup d'élégance, je trouve tous ces endroits un peu lisses, comme vidés de leurs habitants au profit des touristes... pourtant la ville a tellement besoin qu'on la retape, qu'on prenne soin d'elle et pas seulement de l'extérieur ! L'immensité du chantier doit durer jusqu'en 2050... Je rejoins ensuite le Capitolio (copie de Washington) dont j'aperçois le dôme au bout de la rue Brasil, populaire.

Centro aura ma préférence (ainsi que les rues qui bordent ce quartier), sans doute plus conforme à l'idée que je me fais de Cuba, vibrante, surpeuplée, sans fards, entre chaos et vie débordante, loin des pièges et vitrines à touristes, des musées ou monuments... Beaucoup plus étendue que Habana Vieja, il faudra l'arpenter à pied sans crainte dans la journée, en bici-taxi (sorte de cyclo-pousse) ou en coco-taxi (version ludique et colorée des tuk-tuk asiatiques), savoir regarder au delà des rues défoncées, des immeubles insalubres. Se laisser absorber par les scènes de vie, s'arrêter devant l'entrée des solares, immeubles collectifs avec cour intérieure où s'entassent plusieurs familles dans de minuscules pièces. Sur un balcon étroit, une femme aux bigoudis interpelle une voisine entre 2 cordes à linge quelques étages plus bas, les gens parlent fort, très fort... Déhanchement d'une Mulata, moulée dans un jean's importé des pays de l'Est, ou mini-jupe à tout va... Certaines femmes sont habillées tout en blanc, jupon et turban, adeptes de la Santeria. Bien souvent les hommes torse nu sont plongés dans les moteurs ou sous la voiture. Je flashe sur toutes ces vieilles voitures colorées, les « carros americanos », guimbardes rafistolées ou superbes cabriolets... Minuscules marchés agropecuarios (agricoles) aux étals peu garnis de fruits et légumes, parfois de viande, petits vendeurs ambulants. Et toujours la musique qui s'échappe de partout, d'une fenêtre, des terrasses de resto, même les bici-taxis ont parfois des enceintes et la sono...

J'y reviendrai dimanche comme prévu, puis irai à la recherche des immenses portraits de JR, rencontre entre les rides humaines et les fissures architecturales de la ville : « The Wrinkles of the City ». www.jr-art.net/...f-the-city-la-havana Un bout d'adresse, « entre Aramburu y Soledad »... J'ai imprimé une ou deux photos, un jeune bici-taxi sympa à la sortie du Callejon de Hamel reconnaît l'un d'eux, malheureusement les portraits datent de 2012 et se sont dégradés. L'endroit, sorte de terrain vague cerné d'un grillage n'est pas très photogénique, la lumière pas très bonne...

Je voudrais aussi me rendre dans l'immeuble où se trouve le paladar (restaurant privé) « La Guarida », non loin d'Hamel, là où ont été tournées des scènes de « Fresa y Chocolate » que j'avais vu à sa sortie, il y a quelques années (93). Je ne mangerai pas au resto (cher), mais le vieil immeuble, ancien palace délabré avec son bel escalier me ravit, digne en effet d'un décor de Visconti...

En fin de journée, je descends une nouvelle fois le Prado pour rejoindre le Malecon, célèbre promenade de 7 km rongée par les vagues. Inutile d'aller loin... Assis ou allongés sur le large parapet face au détroit de Floride, c'est le rendez-vous des Havanais. On y boit du ron et de la cerveza, on y joue de la musique (trompette ou guitare), les couples s'enlacent, les pêcheurs installent leurs lignes... L'endroit n'est pas particulièrement esthétique, pour moi il y a peu d'intérêt de le parcourir totalement à pied si l'on n'est pas motivé, on n'en voit pas le bout... mais il est incontournable. C'est vraiment le symbole de La Havane, sa colonne vertébrale. Certains le parcourent à l'arrière d'une décapotable, je préfère les regarder passer lentement, sorte de film en technicolor...

(Che Guevara, Place de la Révolution) (Camilo Cienfuegos)































(Vue de ma chambre d'hôtel sur le Prado)

(Coco-taxi) (Hôtel Sevilla)
MO Mong1 Globetrotter ·




(Le Patio) (Cathédrale San Cristobal)









(Bodeguita del Medio)











(Plaza Vieja) (Le Grand Théâtre) (Hôtel Inglaterra)





MO Mong1 Globetrotter ·














(Portrait JR : Centro)







(Immeuble paladar "La Guarida" : Centro)









KO Kola Globetrotter ·
Cuba, belle héroïne de cinéma, de littérature, de polars écrits ou filmés... de dessins animés, dont l'atmosphère fiévreuse semble aussi palpable que la fumée de ses cigares. La voilà maintenant actrice dans un carnet de voyage... délicatement explorée et captée en mots, en images et en talent.

(Je n'aime pas le tabac ! Je peux suivre quand même ? [:)]
RE Renaldito Veteran ·
Bonjour Ming2,

Je vais suivre votre carnet avec intérêt... La Havane me manque!

Merci pour vos mots et vos images.
renaldito
FM Fmaej Globetrotter ·
Bonjour Ming !

Quel bonheur !

"là bas si j'y suis " .......[:)]

j'y suis ! ... partout où tu es passée ............ quel bonheur de te lire , jolies photos comme toujours ! [;)]
MO Mong1 Globetrotter ·
@Aliénor : tu vas être étonnée, mais j'ai pensé à toi là-bas...

@Kola : mojito, daïquiri ou piña colada ?

@Renaldito : merci de passer sur ce carnet, j'avais vu tes superbes photos avant de partir...
MO Mong1 Globetrotter ·
« Callejon de Hamel »

J'avais pris soin d'organiser mon voyage, de façon à me trouver à La Havane un dimanche pour visiter le « Callejon de Hamel » et assister à la « Pena de la Rumba », qui a lieu chaque semaine.

Dans cette petite allée de Cayo Hueso, un quartier populaire tout au bout de Habana Centro, musiciens et autres artistes se donnent rendez-vous depuis une vingtaine d'années pour célébrer la culture afro-cubaine. L'artiste Salvador Escalona, sculpteur et peintre muraliste, un homme élégant au regard sérieux que l'on peut croiser ou rencontrer dans son atelier, a mis 10 ans pour décorer ce quartier qui avait mauvaise réputation, inspiré par Dali, Miro ou Picasso. Un univers surréaliste à ciel ouvert où se côtoient sculptures, peintures abstraites et objets recyclés qui réaffirment une identité colorée et dont les habitants sont fiers aujourd'hui. On peut trouver que l'endroit est vite vu, il y a quelques sollicitations pour acheter des CD, réclamer des savons (la demande la plus fréquente), mais j'aime bien ces endroits ou l'Art investit la rue, partout dans le monde.

Je suis partie vers 9 heures à pied du côté de la rue Neptuno, derrière l'Inglaterra, puis ai pris un coco-taxi pétaradant, non pas en forme de noix de coco mais plutôt de casque jaune pour repérer le coin en toute tranquillité. Drôle d'engin, léger, sans vraiment pouvoir s'accrocher, j'ai l'impression que je vais me faire éjecter à chaque trou...

A midi, on assiste aux danses des Orishas issues de la Santeria, religion apportée par les esclaves africains au XVIe siècle (Yorubas nigérians), proche du vaudou et du candomblé. La scène est minuscule, les gens agglutinés, Cubains et touristes. Quelques chaises au 1er rang. Les appareils photo crépitent mais avec le manque de recul, les danseurs en mouvement, les têtes au 1er plan et les forts contrastes de lumière c'est difficile et je n'assure pas... Il fait chaud, au rythme des tambours bata et des congas la température grimpe et certains esquissent quelques pas, accompagnés par les chants traditionnels et les invitations des danseurs.

Courte explication avant la représentation. Chaque divinité représente une force de la nature et a sa couleur spécifique, les danses sont expressives et évoquent des traits de leur personnalité. J'apprendrai ainsi à reconnaître Yemaya, déesse de la mer et de la maternité, en bleu avec une jupe à volants et liserés blancs. Ses danses ondulent comme des vagues. La belle et sensuelle Ochun, déesse des rivières, représente la joie et l'amour, couleur jaune doré. Un sourire éclatant ne la quitte pas. Le grand Chango, maître des tambours, dieu de la guerre, du tonnerre et du feu est vêtu de rouge et blanc et représente la force et la beauté virile. Pas mal en effet... Il porte une double hache. Il y a aussi Ogun, dieu du fer et des montagnes, vêtu de vert et d'un pagne en paille. Elegua, en rouge et noir, maître des routes et du destin, avec un bâton. On l'invoque au début de chaque cérémonie.

Étant arrivée beaucoup trop tôt, j'en ai un peu marre et décide finalement de partir au milieu d'une rumba, manquant une démonstration de Guaguanco (prononcer « wawanco » !), danse de séduction à l'aspect comique et théâtral. L'homme simule la capture du sexe et doit toucher la femme qui le provoque et se dérobe, protégeant son bas-ventre. Accroupis, mains sur les hanches, les danseurs se tournent autour en roulant des yeux et des épaules, écartant les coudes, comme une parade entre 2 volatiles, coq et poule !

Pendant ce temps, je bois un verre dans un troquet coloré du Callejon...



















(L'artiste Salvador Escalona)





MO Mong1 Globetrotter ·
« Fusterlandia »

Ce matin, j'ai décidé de prendre un taxi pour JAIMANITAS, petit village de pêcheurs à une vingtaine de km à l'ouest de La Havane, par la 5ème Avenue. C'est là que se trouve la « Casa Fuster » et ce qui est devenu par la suite « Fusterlandia », un endroit étonnant qui n'est pas sur les guides et dont j'avais repéré des photos par hasard avant de partir. Nous traversons le quartier chic de Miramar, le taxi bavard m'explique tous les endroits traversés, le quartier des différentes ambassades. Puis une zone très surveillée avec des militaires partout, il m'explique que les Castro habitent par là, sur la gauche. Un arrêt de bus en mosaïques et nous tournons dans une petite rue sur la droite.

Ce projet urbain a vu le jour en 94 grâce à un artiste (encore un), José Rodriguez Fuster, surnommé « Le Picasso des Caraïbes ». Dans un style de mosaïques inspiré par Gaudi (Barcelone et le parc Güell), on peut visiter sa maison et son jardin totalement délirants, tout comme les maisons voisines dont il a décoré petit à petit les façades et pas-de-porte. Environ 80 maisons, mais je n'ai pas l'impression d'en avoir compté autant (tout est regroupé sur 2 ou 3 petites rues). Personnages, sirènes, coqs, palmiers, tables avec bancs et même un échiquier géant, je vous laisse découvrir son univers coloré et imaginaire ! Un labyrinthe féerique sur plusieurs niveaux qui envahit le moindre cm². Du dernier palier, on aperçoit la mer...

La visite est gratuite. Son travail, peintures et céramiques, a été exposé en Europe et aux États-Unis. (C'est le fils qui faisait visiter, excepté l'intérieur, au moment où j'y étais.) Un conseil pour ne pas se faire refouler à l'entrée si on y va seul, y aller vers 14h30 car le midi semble réservé aux groupes qui déferlent des bus Transtur ! (J'ai dû revenir car la visite était privée, avec repas). Business...

Fascinante et fatigante Habana... Unique, singulière, vivante. Fidèle à ce que j'imaginais, avec son ambiance, son architecture. En plus incroyable... J'ai aimé cette ville spontanément. Le temps m'a manqué pour voir d'autres lieux. Avant mon retour, peut-être...

Demain départ à 8h40 pour CIENFUEGOS, arrivée vers 13h.

(A suivre... [:)])

(Hugo Chavez)

































JO Josée2 Regular ·
Quel régal ce carnet autant par le texte que les photos si bien composées ! Une petite question, quel type d'appareil utilisez-vous, et quels objectifs ?J'attends avec impatience la suite pour collecter les bons tuyaux pour mon voyage prévu en fin d'année... France
MO Mong1 Globetrotter ·
Bonjour Josée,

Merci pour ce message...

Inséparable pendant de nombreuses années de mes vieux appareils argentiques, avec un zoom grand-angle standard et un superbe 70 x 200 Canon de série L (que j'ai toujours), j'ai décidé de les laisser au vestiaire depuis mes derniers voyages au Maroc... J'ai donc opté pour la facilité et possède maintenant un compact Sony RX100... Je m'en contente, regrettant parfois de ne pouvoir faire mieux, un peu envieuse à Trinidad en voyant tous ces touristes avec zoom, mais dans de bonnes conditions d'éclairage ça va et le résultat m'étonne parfois. (Voir portrait dans message à venir sur Cienfuegos.) (Les gens acceptent volontiers les photos. Et les occasions de sortir l'appareil ne manquent pas entre architecture, paysages et scènes de vie.)
JO Josée2 Regular ·
Merci pour votre réponse...L'œil prime sur le matos ! Pour ma part je n'ai pas encore fait le saut mais j'y songe de plus en plus, 1.5 kg minimum contre quelques 500 grammes, le rêve ...
MO Mong1 Globetrotter ·
CIENFUEGOS

« La ciudad que mas me gusta a mi » (Benny Moré)

Finalement le bus Transtur n'était pas plein... Ma 1ère expérience des routes cubaines était intéressante, un peu monotone cependant, avec des champs de canne à sucre sur la fin. Surprise par tous ces Cubains qui font du stop à chaque embranchement en tendant un billet, par les charrettes et différents transports sur l'autopista, par les demi-tours sur la bande du milieu...

Nous sommes seulement 2 ou 3 à descendre à Cienfuegos, le bus s'arrête devant l'hôtel de luxe « La Union », avant de continuer jusqu'à Trinidad.

J'ai souvent lu sur le forum que quelques heures suffisaient pour visiter la ville, avant de rejoindre Trinidad. Pourtant on l'appelle « La Perle du Sud » et elle est classée au Patrimoine mondial de l'Unesco... 2 ou 3 km séparent le centre-ville de Punta Gorda, cette pointe qui s'avance dans la baie. Où dormir ? Certains optent pour les couchers de soleil sur la mer... Je ne suis pas en manque... Sans trop d'hésitations, j'ai choisi de séjourner 2 nuits dans le centre, chez « Dagmara y Elias » (casa particular réservée directement de France, tenue par un couple sympathique).

Cienfuegos a été fondée par un Bordelais en 1819, d'autre familles ont immigré de La Nouvelle-Orléans, d'où ces quelques vieilles maisons typiques en bois que l'on peut voir sur le bord de mer. Ici on est loin de l'ambiance et des immeubles délabrés de La Havane, tout paraît récent, propre, sur le traditionnel Parque José Marti il y a même un drôle d'arc de triomphe rosé, qui semble posé tel un décor. Pourtant j'aime bien cet endroit aéré, son architecture aux couleurs pastel, aux allures de gros gâteau à la crème coiffé de dômes, la fantaisie de ses petits palais coloniaux. Le « Palacio Ferrer » de style Art nouveau est surprenant avec son belvédère bleu et son escalier en colimaçon qui semble là pour faire le guet. Sur un des côtés se dresse le Théâtre Tomas Terry, avec sa fresque de mosaïque dorée. L'intérieur ancien avec ses sièges numérotés est superbe et fait travailler l'imaginaire, comme si le lieu était « habité »... L'atmosphère est décontractée, animée comme une petite ville de province. Les gens circulent en carriole. Agréable café à grosses colonnes sur la place, « El Palatino », qui invite à la nonchalance. J'y reviendrai plusieurs fois.

Son Prado rejoint Punta Gorda et le Malecon. La promenade bordée de boutiques, ressemble à n'importe quelle avenue parisienne ou ailleurs. Très fréquentée du matin au soir, malgré la chaleur. Au début du XIXème, un trottoir était réservé aux Blancs et l'autre aux Noirs...

Je craque pour le « Palacio del Valle » de style néo-mauresque, aux allures de palais des Mille et Une Nuits un peu kitsch, construit par un milliardaire espagnol. Tours, arcades, vitraux, stuc ciselé jusqu'au plafond, et son petit escalier de fonte turquoise en colimaçon... La terrasse où l'on peut boire un verre domine la baie, la salle du bas est transformée en restaurant. Je pensais y aller à pied, mais ça me semble plus loin que prévu... Bici-taxi super sympa, fan des Scorpions : Still loving you, à fond la caisse... J'avais repéré un resto sur Le Routard, El Tranvia, aménagé dans un ancien wagon de tramway, le bici taxi m'explique qu'il a fermé il y a 4 mois, histoire de mafia et blanchiment d'argent... Va pour une pizza !

Pas de regret d'avoir choisi une casa au centre-ville, Punta Gorda m'a semblée agréable mais un peu isolée ...

- (A suivre : TRINIDAD)

(Vendeur de cigares) (Le même, le lendemain...)

(El Palatino)



(Palacio Ferrer)







(Théâtre Tomas Terry)

(Palacio del Valle)













(Devant l'hôtel La Union)



MO Mong1 Globetrotter ·








Palacio Azul à Punta Gorda. (Fmaej/Aliénor, tu reconnais n'est-ce pas ? [:P])
MO Mong1 Globetrotter ·
TRINIDAD

« Les couleurs sont la musique des yeux » (Eugène Delacroix)

Trinidad n'étant pas très éloignée de Cienfuegos, j'ai choisi d'y aller en taxi, 1h15 de trajet seulement, l'occasion de discuter avec un chauffeur une fois de plus sympa et bavard... La route est bonne, déserte comme toujours, la terre brûlée par de nombreux incendies. Une vingtaine de minutes avant d'arriver, on longe la mer, le chauffeur me fait remarquer que ça ne sent pas très bon, c'est « la route des crabes », plein de gros crabes rouges qui traversent à l'époque de la reproduction et sont écrasés par les voitures...

L'arrivée en taxi me permet d'éviter les rabatteurs qui attendent à l'arrêt des bus Viazul... De toute façon j'ai déjà mes réservations effectuées de France, une 1ère nuit avec une casa provisoire, celle que je souhaitais en priorité (casa Tamargo) n'ayant pas de place pour ce 1er soir, je déménagerai demain matin pour y passer les nuits suivantes. (Jolie maison coloniale bien placée, avec chambres qui donnent sur un patio bleu entouré de plantes. Pas de dîner.)

1er choc en arrivant vers 11h... beaucoup, beaucoup de touristes ! Puis le charme de l'endroit prend le dessus et me voilà conquise...

À l'heure où le soleil décline sur la petite ville coloniale, c'est l'heure bénie des photographes... Les façades alignées des maisons basses aux couleurs arc-en-ciel rivalisent d'éclat et deviennent mordorées, les grilles des fenêtres et balustres de bois tourné déploient leurs jeux d'ombres, alors que le regard ne sait plus où se poser et que les pas trébuchent sur les pavés irréguliers – des galets extraits des rivières voisines (appelés chinas pelonas, cailloux chauves !) posés par les esclaves... Je voudrais tout photographier.

Flâner avec ravissement, s'éloigner du cœur historique et de ses quelques sollicitations (restos, cigares), se laisser guider par la lumière rasante en remontant les rues pavées, au rythme d'un claquement de sabots ou de cris d'enfants jouant à la pelota avec un simple bâton et une balle de fortune, là où les couleurs se font moins tape-à-l'oeil, les grilles moins élaborées, les maisons plus modestes.

Il est environ 18 heures. Moment privilégié où chacun rentre chez soi et prend l'air derrière les grilles des hautes fenêtres ou devant la maison. Comme partout les hommes jouent aux dominos en les claquant fortement sur la table (je les regarde jouer, ça va vite !), l'intérieur d'une maison se dévoile au regard curieux et l'envie vous vient de vous arrêter... Dans les petites cages suspendues en osier, de petits oiseaux noirs appelés negritos gazouillent, alors que de petits groupes de musique s'improvisent au détour d'une rue (contrebasse, violon, maracas) au moment où vous passez... Les places deviennent théâtre... Trinidad se découvre et sort de sa torpeur le soir. Les vagues de touristes ont rejoint leur « tout inclus »...

Dans les quartiers périphériques au nord de la place, les poteaux et les câbles électriques entremêlés ne se cachent plus. On aperçoit au loin la Sierra de l'Escambray au delà des toits de tuiles, vers le quartier des trois croix. A l'opposé, en prenant sur la droite du couvent, j'ai bien aimé descendre jusqu'à la vieille église en ruines (Plaza Santa Ana). J'y verrai plein de scènes de vie et moins de gens réclamant les précieux savons... Faire un tour le matin par la grande rue animée Simon Bolivar en dehors du quartier historique, vers le parc Cespedes au sud, est également intéressant et offre une vision et une ambiance différentes de la ville.

A tout moment de la journée, où que vous alliez, le petit campanile jaune et vert du couvent San Francisco de Asis vous ramène toujours à la Plaza Mayor, transformée en un tableau naïf où rien ne manque, pas même quelques palmiers royaux au centre de son petit parc romantique avec ses jolis bancs. Le matin, j'assisterai 3 jours de suite autour de la place à une « fête des 15 ans » (los quince años), jolie gamine habillée comme une princesse se faisant photographier par un professionnel, suivie d'un assistant qui lui refait une beauté... (J'en verrai 6 en tout !). Cette fête très importante originaire du Mexique, marque le passage à l'âge adulte.

Une fois le soleil couché, il est temps de choisir un restaurant puis de rentrer... en se tordant les chevilles comme à chaque fois sur ces jolis galets assassins ! La Casa de la Musica où l'on danse la salsa se passera de moi, j'ai déjà plein de musique dans la tête...

Autour de la place, musées et demeures historiques de grandes familles se côtoient, vestiges d'une époque où la ville était capitale de la canne à sucre, avant d'être ruinée par le développement de la betterave sucrière... Je visiterai le Musée Romantique, mon préféré, superbe Palais Brunet jaune avec des pièces « à ambiance » garnies de vaisselle et mobilier de l'époque. Si l'extérieur des maisons n'attire pas forcément l'oeil, l'intérieur possède l'atmosphère et le charme d'antan : Hauts plafonds ornés de lustres, magnifiques carrelages et meubles d'époque, grand salon divisé par des arcades, et toujours un immense portrait du Christ, des photos de famille et quelques bibelots, à l'image de la jolie casa où je loge.

N'ayant pas trop envie de faire les excursions proposées par les agences, je passerai 4 jours à déambuler dans ses ruelles, à photographier sans relâche (un jour de trop sans doute si l'on ne sort pas de la ville), mais la suite de mon voyage était déjà programmée...

































(« Los quince años » et la jolie Jennifer)





(Sortie d'un baptême)

MO Mong1 Globetrotter ·










































MO Mong1 Globetrotter ·
... une dernière série (le choix fut difficile !)























(A suivre...)
MO Mong1 Globetrotter ·
Trinidad/La Havane - La Havane/Viñales

Je savais qu'il existait des bus Transtur depuis Trinidad qui ne s'arrêtaient pas à La Havane (passage obligé), mais la durée était d'environ 9 heures pour Viñales et passer une nouvelle nuit à La Havane ne me déplaisait pas... J'avais donc réservé un hôtel avant de partir, hôtel « Inglaterra » (moins cher que le « Sevilla »), autre vieux palace datant de 1875. Si l'expérience des casas particulares est intéressante, je trouve que réserver au moins la 1ère nuit dans un de ces vieux palaces ou hôtels de charme de La Havane, si l'on peut se le permettre, est également bien agréable...

N'ayant pas de réservation de bus Viazul, je me renseigne donc dès mon arrivée à Trinidad et opte pour un taxi collectif pour 30 CUC seulement (alors que le bus est à 25). Ce sera un mini van confortable et rapide de 5 personnes (7 normalement, mais 2 ne sont pas venues), départ 9h arrivée 13h. Génial ! (Se renseigner rue Simon Bolivar à la Panaderia Dulcinea, café Internet avec un petit bureau Cubatur où l'on peut acheter sa place.)

Je repasse donc avec plaisir une après-midi à La Havane... L'hôtel a une ambiance totalement différente du Sevilla (que je préfère mille fois), plus vieillotte, plus agitée aussi (l'ambiance autour du Parque Central étant parfois pénible). L'ascenseur est étonnant et rétro, avec plancher et parois en bois, les chambres sont inégales et je tombe sur une au 1er étage sur cour, petite et bruyante (générateur)... Terrasse agréable au dernier étage où l'on peut manger avec vue sur le Capitolio et le Théâtre. Orchestre de folie le soir jusqu'à 11h30 (bonjour les décibels), je ne sais pas ce que c'était mais ça ne ressemblait pas du tout aux airs habituels...

Pas de réservation non plus pour mon départ prévu demain à Viñales... (un peu inquiète.) Départ du 1er bus prévu à 8h45 au terminal Viazul, le second à 11h. J'y suis à 8h, le 1er est évidemment plein mais un Cubain (rabatteur) se charge de regrouper ceux qui n'ont pas de billet dans un taxi collectivo... A 9h, je pars donc avec 2 personnes pour 20 CUC (15 CUC pour 4 mais on choisit de ne pas attendre une personne de plus), dans un superbe taxi « Dodge » bleu. Un Cubain qui revient de Miami et parlera avec le chauffeur pendant tout le trajet, et un Indien qui travaille au Canada.

2h de trajet seulement jusqu'à Viñales. Ça roule !

(A suivre...)

(L'Inglaterra)

MO Mong1 Globetrotter ·
VIÑALES

« Sire Tabac et Dame Sucre » (Fernando Orthiz)

Le trajet sur l'autopista me semble moins intéressant, moins typique que celui vers Trinidad. Par contre toujours des auto-stoppeurs et, chose étonnante, des ponts d'autoroute perchés au milieu de nulle part (qui leur servent d'abri), les Russes ayant « oublié » de construire les voies d'accès ! Il y a aussi des passages à niveau sans barrière et signalisation, et une partie très large, sans terre-plein au milieu, tronçon aménagé pour servir de piste d'aviation en cas de guerre...

Nous arrivons dans la province de Pinar del Rio, le Cubain de Miami s'arrête dans une petite ville animée qui s'appelle « Consolation du Sud » (Consolacion del Sur) ! Aucune trace de ce joli nom sur mon guide... Nous ne sommes plus très loin, l'Indien qui n'a pas d'itinéraire précis aimerait bien descendre là... Puis la route grimpe et tournoie au milieu des pins.

J'avais dans l'idée de démarrer mon voyage par Viñales (sens le plus courant, afin d'aller crescendo ?), finalement je ne suis pas mécontente de retrouver l'ambiance campagne et cet éloge du silence et de la lenteur juste avant mon retour sur La Havane...

Un gros bourg, une rue principale et ses maisons basses en enfilade à grosses colonnades, et l'accessoire indispensable... la chaise à bascule sous la véranda : une paire de chaises colorées, tout comme murs et fenêtres devant un jardinet. Qu'il doit être doux de ne rien faire ! Pourtant ici, le touriste se doit de faire un petit effort à pied ou à cheval, s'il veut découvrir le cœur de cette vallée verdoyante classée au Patrimoine de l'Unesco. Je savais quant à moi que rien n'y personne ne me déciderait à monter sur une de ces braves bêtes, mauvais souvenir d'une balade enfant dans les Pyrénées, sans parler d'un coccyx fêlé se rappelant toujours à moi dans certaines situations... (autant dire que 4 heures en selle, c'était tout vu d'avance ! )

Tant pis ! Je me contenterai donc de la vue sublime qu'offre mon hôtel (« Los Jazmines ») réservé longtemps en avance (j'ai même adapté le sens de mon itinéraire en fonction des disponibilités) et d'une visite en taxi dans le « Triangle du tabac » du côté de Pinar del Rio, San Luis, San Juan y Martinez.

Ma 1ère nuit n'étant pas libre, je la passerai dans un autre endroit disposant d'une jolie vue, « La Ermita ». (Etre dans une casa du centre devait être très sympa, mais se coucher et se réveiller dans cet environnement était magique...)

(Mon taxi Dodge, depuis La Havane)

(Indispensable à toute casa : le fauteuil à bascule)





KA Kate Globetrotter ·
Je suis impressionnée par ces couleurs et ces personnages, eux aussi, hauts en couleurs ! Comme d'hab tu as su capter la lumière et les regards... Mais pour attirer tous ces sourires tu dois être très très mignone (dans le sens que tu voudras [:P][;)])
Mes photos sur Flickr: https://www.flickr.com/photos/153304262@N05/albums "Le Temps nous égare. Le Temps nous étreint. Le Temps nous est gare. Le Temps nous est train".
MO Mong1 Globetrotter ·
(Suite)

Vous l'avez sans doute vu sur d'autres carnets, la particularité ce sont des formations karstiques, sortes de promontoires couverts de végétation appelés « mogotes » qui rappellent certains paysages asiatiques... (Vang-Vieng au Laos, la région de Guilin en Chine ou bien le Vietnam.) Sur cette terre rouge et fertile, se cultive le tabac le plus réputé au monde, celui dont on fait les puros. Les paysages sont bucoliques, camaïeux de verts parsemés de bohios, petites fermes disséminées au milieu des champs et de casas de tobaco, hangars triangulaires aux toits de palmes ou de tôle où l'on fait sécher les feuilles de tabac. On cultive également le café et la canne à sucre. Palmiers, bananiers et flamboyants complètent ce paisible tableau que l'on appelle « la vallée du silence ». Des vautours planent inlassablement...

Sur la route, des chars à bœufs qui ressemblent à des zébus avec de grosses cornes et des yeux très doux. A cheval, des guajiros (paysans) altiers coiffés de chapeaux de paille aux bords retroussés style cowboy, machette à la ceinture et lasso enroulé à la selle. Et bien sûr des charrettes à chevaux et vélos.

Mon 1er hôtel se révèle plus agréable que ce que je pensais, ma chambre a une terrasse bien placée dont je profiterai peu, le bâtiment est entouré de verdure. Je descends au village qui est à 2 km visiter le jardin botanique « Casa de la Caridad », encensé par tous... Alors que les visites sont habituellement accompagnées, je me retrouve seule dans ce jardin âgé de 100 ans pas très grand, un peu fouillis, sans aucune indication sur ce que je dois voir... N'était-ce pas la saison ? A part plusieurs variétés d'arbres que je ne saurais nommer et qui ne m'ont pas fait grande impression, je n'ai vu aucune couleur, aucune fleur, si ce n'est sur un arbre de jolis pompons rose fuschia qui n'arrêtaient pas de tomber autour de moi avec un bruit sourd et qui s'appellent « Carolinas »... J'ai tout de même reconnu les fruits (la cabosse) du cacaoyer, des caramboles, et vu un colibri (zunzuncito) qui butinait, les ailes battant très vite et faisant du surplace tel un énorme frelon (j'en avais déjà vu en Guadeloupe).

Au village l'excitation est palpable, une rue est fermée à la circulation et des manèges se montent, j'apprends que dès ce soir c'est la fête pendant 4 jours. Inévitables Buvettes... Aïe ! Je m'empresse de réserver un bus Viazul pour mon retour sur La Havane, difficile de trouver ensuite un taxi pour remonter à l'hôtel avec le carnaval. (Pas de déguisements, mais c'est comme ça qu'ils appellent la fête.) Soirée paisible face aux mogotes (buffet inclus dans le prix de la chambre), bruits de la nature... Le lendemain je suis debout à 6 heures 1/2, espérant le lever du soleil sous la brume... (Ce sera vers 7h1/2 !)

Changement d'hôtel après le petit-déjeuner pour ne pas perdre de temps, même si le « check-in » ne se fait qu'à partir de 16 heures... L'hôtel « Los Jazmines » tôt le matin, sans personne autour de la piscine, avec la luminosité : Waouh ! [:)] Le réceptionniste parle français, la jeune femme qui s'occupe des excursions est très sympa. Je confie mes bagages en attendant qu'une chambre se libère et me voilà déjà partie en taxi (superbe Chevrolet un peu poussif) vers ce que l'on surnomme « La Mecque du tabac » à 50 km.

De Viñales jusqu'à Pinar del Rio, la route serpente allègrement sur une vingtaine de km à travers des collines couvertes de pins. On la surnomme non sans humour « Carretera de los borrachos » (Route des hommes ivres !) Encore une vingtaine de km, un chemin de terre plein de trous sur 1,5 km et nous atteignons la célèbre plantation d'Alejandro ROBAINA, un cigare porte son nom...

Accueillie par Yvan, un jeune Cubain aux yeux bleus très sympathique qui parle bien français et m'explique les différentes étapes (170 !) depuis la récolte jusqu'à la fabrication complexe du cigare dont je vous ferai grâce... Trois mots simples à retenir : La cape (capa), enveloppe extérieure d'une finesse parfaite qui entoure le cigare, la tripe (tripa), intérieur composé de plusieurs feuilles pliées et le travail du torcedor qui assemble, roule, calibre le cigare sur un pupitre en bois... Il faut aussi savoir que tout se fait à la main, pas de machines agricoles, de tracteurs qui tasseraient trop le terrain, le sol doit être souple pour préserver la qualité du tabac.

Je vous laisse imaginer l'odeur un peu suave de ces granges remplies de feuilles suspendues en train de sécher... La visite durera une demi-heure avec une rapide démonstration de roulage faite par le torcedor. Je verrai quelques plantations sur la route, la récolte se termine généralement en février/mars jusqu'en octobre. C'est donc la fin et les granges de Robaina sont pleines, le travail terminé.

Le lendemain, le lever du soleil très doux avec un voile de brume (peut-être pas spectaculaire mais quand même), me paraîtra encore plus beau qu'à l'hôtel Ermita... Panorama sur toute la vallée, je ne sais où me poster pour le photographier et me presse entre le bord de la piscine et la salle du petit-déjeuner au 1er étage...

(1ère nuit à l'hôtel Ermita)







(Vue sur le village) (Hôtel Los Jazmines)

























MO Mong1 Globetrotter ·
Jardin botanique : (Casa de la caridad)



(cacaoyer) (Carolinas)

MO Mong1 Globetrotter ·
(La Casa Verde : petit resto à 2 pas de Los Jazmines) (Sur la route vers le triangle du tabac)

(La fabrique Robaina, avec mon taxi Chevrolet...) (Tabac en train de sécher dans la grange)

(Le torcedor : rouleur)



(Plantation de tabac)





(Au village. Va y avoir un coup de vent !)

- (A suivre : CAYO JUTIAS...)
MO Mong1 Globetrotter ·
Je suis impressionnée par ces couleurs et ces personnages, eux aussi, hauts en couleurs ! Comme d'hab tu as su capter la lumière et les regards... Mais pour attirer tous ces sourires tu dois être très très mignone (dans le sens que tu voudras [:P][;)])

Merci Kate... mignonne ! [:)] (enfin un commentaire sur ce carnet qui touche à sa fin.)

Les couleurs, oui, certaines villes motivent parfois mes voyages ! Cuba est colorée... et les sourires ne sont pas en reste.
RE Renaldito Veteran ·
Bonjour Ming2,

Plaisir renouvellé de replonger à Cuba grâce à votre carnet! À Montréal le printemps se fait attendre, sans compter que l'hiver fut très froid, encore plus que d'habitude. Les couleurs et les mots de votre carnet m'ont réchauffé!

Grand merci d'avoir pris la peine de nous offrir vos mots et vos images. C'est certain que j'y reviendrai de temps en temps pour soigner ma nostalgie.

Au plaisir,
renaldito
CA Capucine33 Veteran ·
ravie de lire que votre passage à l’hôtel ' los jazmines 'fut à la hauteur de vos attentes ; je me rappelle de vos hésitations, lorsque l’hôtel étant complet sur vos dates ... visiblement vous avez fait le bon choix [:)] ce sont de superbes photos, nous avons fait le voyage pratiquement à la même période et je retrouve dans vos clichés beaucoup de cette chaleur cubaine qui m'a tant plu merci à vous
capucine
MO Mong1 Globetrotter ·
Bonjour Renaldito,

Merci pour ces mots, vous qui connaissez bien Cuba... Ça fait plaisir de voir que mon carnet vous a "réchauffé" !

Encore quelques photos à trier et à présenter qui vous réchaufferont encore plus : un peu de plage tout de même [:)](Cayo Jutias), dans un prochain post !
MO Mong1 Globetrotter ·
Bonjour Capucine,

Ah, j'y tenais à cet hôtel en effet... [;)] Je me suis fait plaisir pour ce voyage (le prix n'était pas excessif d'ailleurs, 51 euros au moment où j'ai réservé, buffet compris), et n'ai pas été déçue d'avoir chamboulé le sens de mon circuit et réservé 4 mois à l'avance ! (Par contre question clientèle... comme prévu c'était des groupes et j'avais un peu l'impression d'être une intruse ) Je suis sûre qu'une casa, devait être également très sympa, ici peut-être encore plus qu'ailleurs.

Je n'ai pas trop pu profiter du village (un peu coincée à cause de la fête), l'hôtel étant à 4 km. Il m'a manqué un jour...

Merci pour ce mot.

A suivre : Quelques images "cartes-postales" couleur turquoise... (Je ne sais pas si vous avez été à Cayo Jutias ou autre)
KA Kat2 Globetrotter ·
Bonsoir Ming 2 Je me suis "régalé " en lisant votre carnet de voyage, et quel plaisir . Vous avez une superbe "plume" dont je vous envie. Vos photos sont absolument magnifiques et très représentatives de Cuba Durant quelques minutes... j'ai refait un autre voyage , mais cette fois ci sans me déplacer [:)] Bravo ...bonne continuation
MO Mong1 Globetrotter ·
Merci Kat2 pour ce gentil mot qui fait plaisir. [:)] J'essaye de m'appliquer pour la rédaction (pas facile !)...

La suite arrive.
MO Mong1 Globetrotter ·
CAYO JUTIAS

Dernier jour à Viñales... Le départ pour la France approche, je ne vais quand même pas passer si près de ce qui fait la renommée de Cuba : ses belles plages aux eaux turquoise, ou ses îlots appelés « Cayos » ! Oubliées, les randonnées à travers les mogotes proposées par les excursions ! Je choisis une demi-journée de farniente, les photos de Cayo Jutias (presqu'île à 65 km) m'ayant fait rêver sur certains carnets de VF...

Départ à 9 heures en mini van (6 personnes), 1 heure de trajet pour 20 CUC seulement avec repas, retour prévu à 17 heures... (J'aurais préféré passer moins de temps). Sur la route, adorables maisonnettes colorées au milieu de la campagne qui ressemblent un peu à des cases créoles en bois, turquoises ou roses avec les fenêtres blanches, un toit de palmes et un petit auvent. La route du retour sera encore plus belle qu'à l'aller avec les mogotes en face, j'aurais bien aimé m'arrêter sur la dernière ligne droite...

Un peu étonnée par la présence d'une guide dans le mini van qui nous explique les endroits traversés et diverses choses. Elle est jeune, charmante, comme souvent je suis surprise par son physique au teint et aux yeux clairs. Elle a étudié l'anglais et le français à l'école de langues de Pinar del Rio et parle parfaitement. Je la trouve super et discute avec elle, découvrant qu'elle a des origines basques espagnoles...

Une fois sur la plage, certains choisissent de payer une paillote et un transat devant les restaurants (1,50 CUC)... je fonce sur la gauche où j'aperçois de loin les magnifiques bois flottés si photogéniques sur quelques centaines de mètres ! Il y en a beaucoup, les pieds dans l'eau je ne sais où donner de la tête devant toutes ces formes... La plage est assez étroite, mais les couleurs de l'eau qui varient en fonction du soleil sont magnifiques. J'en prends plein la vue !

A 13 heures, je rejoins le resto juste avant un énorme coup de vent et une grosse averse. Panique à bord, tout le monde s'abrite comme il peut, les serveurs déploient des bâches côté mer mais ça n'empêche pas le vent et le sable fin de pénétrer partout, sur les tables, dans les yeux... C'en est fini de la plage et des eaux turquoises, le départ est prévu à 16 heures... on ne partira qu'à 16 heures. Trois musiciens entonnent les classiques cubains avec bonne humeur et brio. J'apprends que c'est un « frente frio » venu du Nord (littéralement « front froid »), qui me fait penser à ces dépressions et tempêtes sur la côte atlantique que je connais si bien... Ça se calmera un peu, mais il repleuvra pendant la nuit avec de l'orage.

Départ le lendemain matin à 9 heures sans regrets, Viñales avec le mauvais temps a changé de visage...

Nous arriverons à La Havane à 12h30, je retrouve avec plaisir le « Sevilla » pour une nuit et 2 demi-journées supplémentaires avant le retour sur Paris. Le soleil est là, le vent aussi... Stupeur en voulant me rendre sur le Malecon : Le « frente frio » ! Un « frente frio » qui a déchaîné la mer, phénomène redoutable et spectaculaire dont les Havanais ont l'habitude. Impossible d'emprunter la promenade habituelle, des masses d'eau aussi hautes que des maisons jaillissent et traversent la route. Je suis abasourdie... c'est beau et terrifiant !

Ce sera la dernière image que je garderai en mémoire du Malecon, que je n'ai pas réussi à photographier... Il me faudra plusieurs jours pour me sortir de la tête certains refrains entendus partout, certains sons musicaux comme le rythme syncopé de la « clave » (bois frappé), un peu métallique...

Et pour reprendre l'expression favorite de mes hôtes :

- « Todo bien ! » (Matilde y Félix) [;)] - « Tranquila... » (Dagmara)

GRACIAS !





























MO Mong1 Globetrotter ·
Petit essai avec mes lunettes en guise de filtre... (Ça vaut pas les polarisants !)

(Bien ou pas bien ?)







KA Kate Globetrotter ·
Perso je préfère sans lunettes à filtre. Ce turquoise est moins naturel que le bleu de tes premières photos [:)]
Mes photos sur Flickr: https://www.flickr.com/photos/153304262@N05/albums "Le Temps nous égare. Le Temps nous étreint. Le Temps nous est gare. Le Temps nous est train".
TI Tilou Veteran ·
très beau résumé et très belle photos que j'aime bien merci de me faire rêver que de beau souvenir claude
CA Capucine33 Veteran ·
perso, moi aussi je préfère sans le filtre c'est rigolo, j'ai pris en photo le même arbre ! celui qui est entortillé cayo Jutias est vraiment singulier , comme irréel nous avons vraiment du nous croiser car je reconnais tous vos paysages merci pour toutes ces photos et texte qui accompagne
capucine
MO Mong1 Globetrotter ·
Merci de vos avis, Kate et Capucine. Merci aussi à Tilou...

Je préfère aussi les couleurs naturelles, qui étaient tellement belles de toute façon qu'il n'y a pas besoin de changer quoi que ce soit... Avec mon "filtre lunettes", il est vrai que le ciel est grisouille et la différence de couleurs ciel et mer ne rend pas aussi bien. (J'avais fait un essai similaire une fois avec un ciel un peu blanc et des lunettes Vuarnet à verres jaunes pour un coucher de soleil, le résultat était étonnant...)

Avec la luminosité et le sable blanc, je n'y voyais rien sur l'écran (sans viseur)... et j'avais un peu peur que les photos soient surexposées... Elles sont toutes réussies et j'ai un mal fou à trier ! [;)]

Vous avez échappé au "Frente frio" ? (En dehors de ce dernier jour de pluie et coup de vent, j'ai souvent eu chaud pendant mes visites l'après-midi, mais il y avait parfois beaucoup de vent...) (Si vous avez envie de mettre une ou 2 photos, pas de problème, bien au contraire...)
CA Capucine33 Veteran ·
nous étions sur Vinales les 3, 4 et 5 mars, par de frente frio mais qd même du vent pour rigoler je vais tenter de mettre la photo de l'arbre et aussi une ou 2 autres allez, je me lance !

cet étrange arbre torturé qui a attiré les regards



A Cienfuegos, au fond d'une impasse, les contrastes de Cuba ...



Près de Trinidad, ces immenses espaces soumis à la proie des flammes la technique de l'écobuage n'est nulle part plus utilisée sauf à Cuba car personne n'ose remettre en question ces méthodes
capucine
MA Maevita Veteran ·
Merci, Ming 2, de ce superbe carnet aussi bien pour le texte que pour les photos. De très bons et beaux souvenirs d'un pays pas comme les autres. Maevita
MO Mong1 Globetrotter ·
J'aime bien l'ambiance de la 2ème photo à Cienfuegos... la tombée de la nuit, "entre chien et loup", cette impasse un peu glauque qui débouche sur la lumière et sur le paquebot. Intéressant, d'autant plus que j'en ai une vision totalement différente, étant logée dans une casa du centre.

(J'étais à Viñales le 27 mars. Nos circuits étaient inversés...)
MO Mong1 Globetrotter ·
Merci Maevita pour ton petit mot sur ce carnet.

(Trinidad)

"No soy de aqui, ni soy de alla, no tengo edad, ni porvenir, y ser feliz es mi color de identidad" (Facundo Cabral - Argentine)

(Je ne suis pas d'ici, ni suis de là-bas, je n'ai pas d'âge, ni d'avenir et être heureux est ma couleur d'identité)
BL Bluequark Veteran ·
Bonjour Ming2,

Merci beaucoup pour ce carnet dont j'ai vraiment beaucoup apprécié et les photos et le texte. Tu as su à merveille retranscrire cette atmosphère si particulière qui baigne Cuba. Tes portraits sont vraiment superbes.
Bluequark

Carnets : Namibie, Laos-Perhentias-BKK, Ouest US, Lanzarote, New-York, Berlin, Cuba, Bardenas Reales, AFS -Lesotho-Swaziland, Japon et le dernier né Colombie: https://voyageforum.com/discussion/ete-2017-trois-semaines-en-colmobie-en-famille-d10108246/
DO Dolma Globetrotter ·
Bonjour Ming2 [:)]

C'est dingue, il y a quelques personnes ici qui me font aimer les carnets écriture-photos [:P] !

Et voilà que tu arrives avec un magnifique carnet en mots et en couleurs qui me fait rêver. Qui me fait penser qu'il faudrait urgemment prendre rendez-vous avec Cuba...

C'est vrai aussi que je connais ton écriture et tes photos et qu'il est bien difficile de les zapper !

Merci d'avoir partagé si joliment ton voyage.

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
MO Mong1 Globetrotter ·
Bonjour Bluequark,

Je me rappelle avoir suivi ton carnet avec intérêt aussi, c'est même là je crois que j'ai vu les 1ères photos de Cayo Jutias (puis celles de Torpan dernièrement, avec un ciel couvert magnifique)... L'idée de cette destination a mûri petit à petit, les carnets y sont parfois pour quelque chose !

Merci pour les compliments. Contente que tu aies aimé.
MO Mong1 Globetrotter ·
C'est dingue, il y a quelques personnes ici qui me font aimer les carnets écriture-photos [:P]

Bonjour Dolma,

Voilà qui me fait bien plaisir (surtout de ta part) ! J'y prends goût à ces carnets ! J'accorde autant d'importance au récit qu'aux photos (je ne sais si les gens vont jusqu'au bout ou les survolent) et quand certains me disent aimer les 2, c'est ma petite récompense...

Tu vas finir par y aller, à force de le dire... [;)]

Merci de ton passage et bien sûr de ces gentils mots.
VO Voyajou Globetrotter ·
Sa capitale m'attirait depuis longtemps et faisait partie des « possibles » ... mais je ne sais pourquoi le déclic n'était jamais là au moment du voyage.

J'en suis là également... l'attrait du cigare en plus.

Je découvre ton carnet, hecho a mano, je n'ai lu que le premier message et survolé la première page: il y a un peu, beaucoup... de photos, non? Et du bleu tangérois ou j'ai la berlue ?

Le voyage se termine, je reviendrai ici en Bretagne, un sourire et un havane aux lèvres. Seras-tu responsable de mon infidélité à l'Afrique exclusive et qui me possède depuis trop longtemps ? Irai-je avant le retour des Hemingway et peut-être des Batista ?
MO Mong1 Globetrotter ·
Hola Voyajou

J'ai vu que tu étais encore "là-bas"... merci d'être passé rapidement sur mon carnet. Comment ça beaucoup de photos ?! [;)] Tu vas avoir de quoi lire aussi, enfin j'espère... quand tu auras atterri.

Beaucoup de couleurs à Cuba (humainement aussi), j'adore... Tu fais allusion au bleu de mes voyages précédents, bizarrement (peut-être est-ce parce que c'était mon dernier voyage ?), j'ai encore fait certains rapprochements avec Tanger et La Havane... Villes toutes 2 mythiques, sources de fantasmes, La Havane, ancien « bordel de l'Amérique » qui rappelle l'époque sulfureuse de Tanger... Le culte d'Hemingway et autres auteurs (étrangers mais aussi Cubains) qui rappelle également l'importance des écrivains dans la Ville blanche. Le cinéma aussi... Et puis cette proximité et ce rapport avec la mer, cette envie d'évasion, Miami pour l'une, l'Espagne et la France pour l'autre...

Tu es attaché à l'Afrique tout comme j'étais (et le serai toujours au fond de moi) attirée par l'Asie... mais peut-être trouveras-tu une petite place, une envie pour d'autres endroits passionnants, d'autres motivations, le moment venu... (quand tu auras fait non pas le tour de ce continent, mais que tes désirs seront... un peu rassasiés ?)

Si Cuba te fait de l'œil, vas y...

Tiens, puisque c'est ça, une autre photo ! [;)]



(Trinidad. Elégance à la Cubaine...)
FM Fmaej Globetrotter ·
@Aliénor : tu vas être étonnée, mais j'ai pensé à toi là-bas... .

Bonjour Ming ! je te réponds ici bien que j'aie lu et visionné ton entier compte rendu , tu penses bien que oui !! que tu aies pensé à moi là-bas je ne suis point étonnée ! la télépathie peut être ? tu décris tant de lieux que je connais si bien , tant de regards et de sourires croisés , sans oublier les sons que je re connais puisque j'y vais parfois en visite dans ce Pays qui me captive , la captive de Cuba je suis devenue !! j'écris moi même des carnets mais pas ici sur ce forum , je suis sans doute égoiste , un peu , car j'apprécie celles et ceux qui partagent comme tu le fais, toi , avec un sacré talent ...mais mon style profond est plus accroché à ceux qui parlent de La Havane ( entre autres ) comme JP Gutierrez ou L.Padura ou W.Guerra ...et E.Manet de la grande île ! Et puis j'aime tes photos et je suis si heureuse que tu aies aimé Cuba , tiens juste un cadeau discret : tu en avais parlé dans tes projets ? l'as tu visité ? au " Sévilla " j'ai , en quelque sorte mes entrées mais s'il est plein de défauts question confort parfois , j'y reviens toujours c'est comme un peu " chez moi " ! j'adore écouter depuis le grand hall de l'hôtel les danseurs classiques qui sont à l'entrainement dans le bâtiment en face , et la pluie, quand les trombes d'eau s'abattent sur la ville ! as tu entendu un flutiste , jeune , magnifique à l'Inglaterra ? les groupes changent souvent dans ces lieux il faut dire ? Cienfuegos ? bien sûr le Palacio Azul j'ai reconnu ! très contente que tu aies pu séjourner à Vinales où tu voulais pour saisir les douces brumes sur la vallée des Mogotes

et encore merci pour ce CR généreux délicat et tes belles photos Aliénor
MO Mong1 Globetrotter ·
Je vais essayer de réagir à ton message dans l'ordre, Aliénor... [:)]

Pour la photo que tu mets en pièce jointe, finalement je n'ai même pas pensé à y jeter un coup d'œil, trop occupée que j'étais car il y a beaucoup à voir et à ressentir à La Havane, n'est-ce pas ! Pourtant je n'ai pas dû passer bien loin, vu que c'était près de la Plaza Vieja, il me semble... (Je suis rentrée dans d'autres petits hôtels, au hasard de mes balades, certains étaient jolis, le patio de l'hôtel Valencia entouré de plantes...)

Le Sevilla m'a très bien convenu (faudrait être difficile)... la coupure d'eau c'était juste au moment de mon arrivée, sans doute dans tout le quartier, pas de problème ensuite pendant tout mon séjour... J'avais une chambre très grande (au style un peu vieillot) au 8ème étage, avec 2 hautes fenêtres, l'une donnant sur le toit des édifices Bacardi, l'autre (dont j'ai mis une photo de nuit) sur la belle avenue du Prado... Depuis la salle de bains, sur la pointe des pieds et en me penchant un peu une toute petite fenêtre d'où on pouvait apercevoir un bout de la piscine... (Je n'en ai même pas profité !) Le hall avec son salon, ses ventilateurs au plafond, le patio andalou, était bien agréable... Et la façade de style mauresque magnifique, l'emplacement très calme. J'ai effectivement observé des petites danseuses, plein, à la sortie du beau bâtiment en face, qui effectuaient quelques pas.

Oui, il y avait ce groupe à l'Inglaterra avec le fameux flûtiste (en photo sur le carnet de Renaldito) ! Et le soir, un autre groupe vraiment de folie ! J'ai d'ailleurs aimé faire l'expérience différente de ces 2 hôtels, même si je préfère le 1er.

Cienfuegos... le Palacio Azul, je l'ai reconnu car tu avais mis une photo sur un des concours ! [;)] (C'est pour ça que je t'ai fait la remarque.)

Je suis en train de lire « La Havane pour un infante défunt » (Guillermo Cabrera Infante), commencé avant mon départ... J'aime bien mais c'est assez difficile à lire au début, très dense, d'un style et d'un vocabulaire très riche, débordant d'imagination, d'humour et de jeux de mots, parfois un peu compliqué (peut-être la traduction) si on veut saisir toutes les subtilités... Intéressant en tout cas. J'essaierai d'autres auteurs quand j'aurai terminé.

Merci beaucoup pour ton message. Oui, oui, oui... j'ai aimé Cuba ! [:)]

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