"Jean Fontenoy" par Philippe Vilgier
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Jean Fontenoy (1899-1945), ancien élève des Langues O, journaliste, grand reporter en Russie et en Chine, aventurier, fumeur d'opium, baroudeur, "qui avoisine Malraux par le talent et le distance par le panache".

Complètement méconnu du grand public ou plutôt jeté aux oubliettes, Jean Fontenoy présente pourtant un intérêt inégalé pour le monde du voyage. Il a en effet parcouru et pénétré des contrées secrètes, opaques ou chaotiques comme l'URSS de Staline, la Chine pré-révolutionnaire ou encore la Mandchourie, le Japon des années 30, l'Espagne en pleine guerre civile etc.... Ses descriptions hallucinantes et fort bien écrites sur la réalité sociale en Union Soviétique ou sur les seigneurs de la guerre en Chine contrastent avec les débats théoriques ou esthétiques des salons parisiens de l'époque.

Entre machine à écrire et pistolet mitrailleur, Jean Fontenoy a participé à toute les convulsions de son époque jusqu'à Berlin en flamme où il trouvera la mort en 1945.
KO Kola Globetrotter ·
Complètement méconnu du grand public ou plutôt jeté aux oubliettes,

Personnage plutôt sulfureux si l'on en croit la brève bio sur Wikipédia : Extraits : ... "Collaborationniste convaincu, il joue les intermédiaires entre le chef du gouvernement Pierre Laval et l'Allemand Otto Abetz, ambassadeur en France, qu'il connaît bien".... ... "Revenu en France en 1934, il s'inscrit au Parti populaire français de Jacques Doriot (qu'il quitte après "Munich")"...

Ceci expliquant peut-être les oubliettes de l'histoire...

(Je te tends la perche là...)
LE Lefantomas ·
En cela, il révèle l'itinéraire de pas mal d'intellectuels et politiques français de cette époque issus de la gauche. A la différence que lui ne s'est pas attardé dans des débats théoriques mais a pu vérifier les faits sur place.

Jean Fontenoy a commencé par être un communiste convaincu. Il a appris le russe et fut missionné par Havas pour installer une agence de presse sous Staline. Il fit plusieurs séjours en URSS ... A chaque fois sa désillusion ne fit que prendre de l'ampleur. Il ne se contenta pas de fréquenter les cercles du pouvoir. Ses rencontres fortuites en Sibérie, dans des petites villes méconnues, dans les banlieues des grandes villes, là où aucun officiels étrangers ne mettaient jamais les pieds valent leur pesant d'or. Plus que la misère noire qu'il décrit même 20 après la Révolution, c'est toute l'abbération de l'utopie qu'il révèle et décortique par ses témoignages. Il ira plus tard jusqu'à s'engager dans l'armée finlandaise pour lutter contre le bolchévisme.

Il est certain qu'avec le recul de l'histoire, faire le grand écart du communisme à la Collaboration est pour le moins plutôt atypique. On peut se demander d'ailleurs lequel est fait pour rattraper l'autre? ...Mais est-ce une raison pour nous priver de ses descriptions entre tragique et humour sur la Russie, la Chine ou le Japon à une époque ou le mot lointain avait encore un sens? où ces pays étaient le plus souvent idéalisés par les cercles littéraires et idéologiques?

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