Bonjour à toutes et tous, voyageur/euses ! J’espère ne pas être totalement hors sujet, puisqu’il s’agit d’un jeu pas exactement axé sur la thématique du “voyage”, plutôt sur la géographie humaine, la manière dont les gens vivent au quotidien leur réalité sociale aux quatre coins du globe.
Je vous propose d’être “cobayes” pour une expérience “littéraire” particulière, une sorte de livre-jeu que je suis en train d’élaborer. C’est un jeu à portée pédagogique, conçu pour des clases de lycée (eh oui, je suis prof), le but étant que les jeunes découvrent, de manière ludique, les manières dont on vit dans chaque région du monde, la différence entre riches et pauvres, entre hommes et femmes, etc. Bref la réalité quotidienne des humains partout sur la terre.
Ce jeu est basé sur le modèle des “livres dont vous êtes le héros”, avec une composante “jeu de rôle”. Pour commencer, il faut tirer deux dés. Le premier jet de dé indique le lieu où votre personnage va naître (exemple : 1, Afrique, 2. Inde, 3. Chine, etc) et le second jet indique son niveau socio-économique à la naissance. Cela donne donc 36 options, 36 enfants qui naissent dans des conditions géographiques et socioécomiques totalement différentes: si vous faites 2 et 1, par exemple, vous interprèterez le rôle d’Aja, petite fille tanit (intouchable) en Inde, mais si vous faites 6 et 6, vous serez Peter, né dans une famille bourgeoise des USA. Le jeu est basé sur des probabilités, en fonction des statistiques mondiales, chaque numéro “représente” une réalité qui couvre environ 200 millons de personnes dans le monde (donc il y aura 1 brésilien ou 1 pakistanais mais 6 chinois, 6 indiens, etc), vous avez 50% de chances d’être garçon, 50% d’être fille, x% de chances d’être en dessous du seuil de pauvreté, etc…
Après avoir tiré les dés, vous devrez lire le paragraphe correspondant à l’enfance de votre personnage. Le paragraphe s’arrête alors que le personnage arrive à 15-16 ans et doit effectuer ses premiers choix de vie. En fin de paragraphe, on vous propose plusieurs options pour faire évoluer votre personnage vers l’avenir que vous souhaitez. C’est donc VOUS, avec l’aide du livre, qui orientez sa vie et de paragraphe en paragraphe, vous “contruisez” VOTRE histoire de ce personnage, jusqu’à sa mort. Un petit détail : il n’y a rien à “gagner” dans ce jeu, il s’agit juste expérimenter, de raconter une histoire et de réflechir sur le monde!
Bon si vous n’avez pas vraiment compris, pas grave, tirez 2 dés et attendez la réponse ! En príncipe il suffit de lire les paragraphes et indiquer vos choix quand on vous le demande![;)]
Sinon, quand je disais “cobayes”… Je vais essayer d’expliciter. Il s’agit pour l’instant d’un coup d’essai, loin d’être fini et pas encore testé en cours avec les élèves. Pour le moment j’ai rédigé, en espagnol, -je suis prof en Espagne- les amorces de chacune des 36 vies, mais pas encore la suite, donc pour le 1er paragraphe je dois traduire ce que j’ai écrit et après j’improviserai au fur et à mesure… Du coup mes réponses peuvent prendre un peu de temps -quelques heurs ou quelques jours- … Cependant je tenais à vous présenter ce projet à ce stade-ci de sa création, et expressément sur ce site de forum voyage, parce que c’est le seul lieu que je connaisse qui regroupe des gens qui connaissent les réalités quotidiennes de tous les coins du monde, pour y avoir voyagé ou vécu. Une vraie aubaine pour moi, car le problème est que je dois retranscrire des histoires qui se déroulent en Chine, en Inde, en Iran, etc, bref dans des lieux où je n’ai jamais mis les pieds… Je ne fonctionne qu’aux statistiques, articles de presse et autres documents et je suis allé vite pour rédiger ce premier canevas, donc c’est plus que probable que dans certains cas, ce que j’écris ne corresponde pas du tout à la réalité du terrain… Aussi votre aide sera précieuse pour éviter ces “anachronismes géographiques”, (genre “les études en Chine ce n’est pas du tout ça” pour donner un exemple) et aussi pour enrichir les récits de détails culturels. Et d’avance pardon si je presente un pays qui vous est cher sous des traits qui ne vous plaisent pas, ce n’est pas du tout l’intention. (important !)
Sinon, sur ce topic pour éviter d’être débordé, je ne “jouerai” qu’avec 4 personnes en même temps, les autres, faudra attendre la mort d’un joueur pour commencer.[:|]
Bref, on est prêts ? Si vous voulez savoir où la cigogne va déposer un bébé, prenez deux dés et indiquez moi le résultat… Dès que je suis prête je vous balance le paragraphe correspondant en guise de réponse...
Chouette, un nouveau jeu !
Cela me rappelle un « jeu » en ligne, sans doute sous l'égide de l'Unicef, dont je ne retrouve pas trace.
Comme tu l'as pressenti, ton exposé est d'une limpidité relative. De la part d'un enseignant, c'est fâcheux et je comprends que tu préfères pour cet exercice une classe de quatre.
De plus, tu seras le maître d'un jeu dont les règles restent à inventer.
Ajoutons que pour t'avoir côtoyé dans des discussions catalanes, je sais ton biais politique. Mais je sais aussi ta rigueur et ton honnêteté intellectuelle.
Je veux bien être cobaye mais j'aimerais ne pas naître fille dans la bonne société américaine, ni garçon intouchable à Bombay.
Là où je suis, je n'ai pas de dés. Ici, comme ailleurs, ils sont pipés. J'ai lancé virtuellement : 22. J'espère ne pas me retrouver dans un état policier. [:)]
Je veux bien être cobaye mais j'aimerais ne pas naître fille dans la bonne société américaine, ni garçon intouchable à Bombay.
J'espère ne pas me retrouver dans un état policier. [:)]
Etre homme français barbant qui trouve toujours à redire, ça te va ?
Tiens, une Maroc'addict, genre je dégaine d'abord, je discute ensuite.
Si ton agressivité est justifiée par mon message ici (j'entends qu'elle le soit par d'autres) il ressort que comme c'est le cas pour tes congénères, l'humour et le second degré te passent très au dessus.
Si je taquine Normandaluz dans ses fonctions, si en riant je ne souhaite pas les rôles évoqués c'est que j'aurais du mal, en tant que voyageur, à apporter des réponses pertinentes dans l'esprit du jeu proposé.
Dont il est vraisemblable que les données et les enjeux t'échappent.
Bon, 2 et 2... Le premier jet nous indique l'Inde et le second, pas beaucoup de chance...
2.2. Saranya :
Tu t’appelles Saranya (qui signifie "soumise" en hindi) et tu es une fille indienne appartenant à la caste des Shudra, traditionnellement celle des serfs, des ouvriers qui travaillent pour la nourriture et le logement. Les Shudras constituent une population d'environ 75% des hindous, l’écrasante majorité de la population du pays. Selon la mythologie hindoue, les trois premières castes, les Brahmanes (prêtres), les Kshatriyas (soldats, aristocrates) et les Vaishyas (marchands), sont nés du le visage, des bras et des cuisses de Brahma, puis la quatrième est née à ses pieds (d’où vient aussi le Gange). On dit que les membres de la caste des shudras sont très attentifs à leurs devoirs, soumis, humbles et manquent de défauts comme la passion. Dans la tradition, les shudras étaient souvent des paysans sans terre. Les propriétaires de la caste supérieure leur donnaient logement et nourriture, mais ne leur versaient pas de salaire. Les shudras n'avaient donc pas de biens à léguer en héritage. Leur statut social ne différait de l'esclavage que par le fait qu'ils n’étaient pas considérés comme des marchandises et ne pouvaient pas non plus se consacrer à des tâches considérées comme "impures", ces tâches étant traditionnellement accomplies par les intouchables, ou parias, un groupe extérieur au système de caste, encore plus pauvre et discriminé que les shudras.
En théorie, les castes sont interdites depuis l'indépendance de l'Inde, en 1947, et ont disparu.... Mais la réalité est toute autre, dans un village éloigné comme le tien, où la tradition fait loi.
Tu vis, comme 70% de la population indienne, à la campagne. Tes parents sont des agriculteurs au service d'une famille de caste supérieure qui possède tout, les terres cultivées par ta famille et aussi votre modeste cabane. Très peu de choses ont changé au cours du siècle dernier, vous vivez dans un état de pauvreté presque absolue, vous n’avez ni électricité, ni voiture, ni moto, ni vélo, de toute façon, il n’ya pas de route pour aller jusqu’à votre village et vous devez marcher tous les jours plusieurs kilomèrtres pour chercher de l'eau courante. Tu es analphabète, comme 52% des filles et 30% des garçons en Inde, l’école est trop éloignée de chez toi et dès ta plus tendre enfance, tu as dû aider ta mère à prendre soin de ton jeune frère. Maintenant, tu as 14 ans: il y a un an ou deux, tu t’es rendue compte que tu plais au garçons. On dit que tu es très jolie. Dernièrement, tes parents parlent de mariage, de te trouver un mari. Cependant, ils n'ont absolument rien à fournir pour payer ta dot et sans dot, en Inde, les filles ne peuvent pas se marier.
Comme 30% des femmes en Inde, tu as donc le droit à un mariage arrangé par tes parents, sans que tu puisses choisir. De surcroît, tu es mineure, comme c’est le cas pour 30% des mariages dans ton pays et 650 millions de filles dans le monde (une fille sur cinq).
Lance un dé:
Avec 1, 2 ou 3 -> Il s’agit d’un mariage arrangé avec un homme beaucoup plus âgé que toi, originaire d’un village assez éloigné. Tu ne sais pas qui est cet homme, tu ne l’as jamais vu, pas même en photo, tu le connaîtras le jour de votre mariage. Lorsque tu poses des questions à tes parents à son sujet, ils vous disent juste que tu devrais être contente, car c’était difficile de trouver un homme prêt à épouser une fille sans dot.
Si tu acceptes ce mariage, va au paragraphe #X. Si tu ne l'acceptes pas, lis la suite.
Avec 4, 5 ou 6 -> C’est un mariage arrangé avec un garçon d'environ 20 ans, qui a un statut social un peu supérieur au tien, car sa famille possède une maison et quelques terres. Son nom est Vadish, il habite dans une ville voisine et tu l'as déjà vu, mais tu ne lui as jamais parlé. Il a l'air plutôt beau garçon.
Si tu acceptes ce mariage, va au paragraphe # Y. Si tu ne l'acceptes pas, lis la suite.
Si tu n'acceptes pas le mariage arrangé par tes parents, tu as deux options:
-> Fuir vers la ville Mais être une fille de 14 ans seule et sans ressources à Calcutta, Mumbai ou Madras peut être très dangereux, surtout si tu es belle. Si tu décides de t’échapper, lance un dé: avec un résultat de 1, le résultat sera dramatique. Avec un 2,3 ou un 4, ton père découvre tes intentions. Il te donne une raclée avant d'arriver en ville et t’enferme à doublé tour jusqu’au mariagel. a Tu n'as pas d'autre choix que de te marier.
-> Chercher une autorité pour essayer de convaincre tes parents d’attendre un peu avant de te marier si jeune. Tu sais que la loi interdit les mariages des mineurs et tu aimerais que quelqu’un qui connaisse la loi l’explique à tes parents, et les informe des sanctions qu’ils encourent s’ils ne respectent pas tes droits. Une de tes voisines peut te mettre en contact avec une association, dans la ville la plus proche, qui s’occupe des droits des femmes. Mais tu as peur d’appeler, comment le prendra ton père ?
Maintenant, il s'agit de me dire ton choix parmi ces options et de tirer un dé, pour savoir ton degré de chance...
Je veux bien faire cobaye ! [:)]
Dois-je attendre qu'Aoreora ait joué ? ou puis-je déjà lancer mes dés et te dire le résultat ?
Murielle
Salut cobaye !
oui, oui lance les dés, tu es la joueuse nº3. Il y a encore une place, d'ailleurs. Par contre, ce soir et demain pas là, je crains, va falloir attendre lundi pour les résultats.
ah oui, pardon... de l'humour dans certaines lignes de ton message...
J'avais perçu le sérieux des autre passages.
Désolée pour mon manque d'humour de maroc-addict et de personne indissociable de mes "congénères" (j'espère que personne ne croira se reconnaître dans cette caricature outrancière). Mais... c'était sûrement de l'humour aussi de ta part. Hein ?
Et bien Vincent, il suffit d'essayer ! allons y !
j'espère que tu auras 80% d'adhérents et 20% de détracteurs.
Il est toujours facile de trouver à redire. Voyajou vient de le faire avec humour.
Je et ceux qui me sont chers te souhaitons bonne route !
Allo docteur !? .. moi c'est le trente trois. J'attends mon destin; je n'ai jamais pensé qu'il puisse surgir de VF .. Bigre !
Attentivement tien.
PS : mais j'y songe ... il n'y a pas de photos dans ce jeu nouvellement né ?
Les saines valeurs résisteront toujours à la folle marche du monde. Commissaire Laurence.
Tu t'appelles Carlos et tu vis dans une banlieue de la ville de Mexico, l’une des plus grandes agglomérations du monde, qui compte environ 25 millions d’habitants. Tu appartiens, comme le disent les journalistes de ton pays, à la classe "moyenne basse" ou "basse-haute" (sic), tu n'as jamais bien compris la différence entre les deux concepts, mais grosso modo cela englobe plus ou moins 45% de la population du Mexique... Il s'agit de personnes qui comme toi, sont allés à l'école puis au collège, qui ont toujours mangé à leur faim, qui ont l'électricité, l'eau potable et même un ordinateur et un téléphone portable, qui ont un toit, même si parfois il s’agit d’appartements délabrés minuscules où vivent entassées plusieurs générations. Une population dont les besoins de base sont couverts mais en même temps très précaire et qui peut basculer au premier obstacle vers la pauvreté, qui n’a pas d’assurance maladie, survit à base de petits boulots et de système D et ne parvient jamais à économiser le moinde peso. Les jeunes en particulier souffrent, 50% du pays a moins de 30 ans et il est très difficile de trouver un emploi, La concurrence sur le marché du travail est impitoyable, car de nombreux jeunes gens prolongent leurs études, ce qui oblige tout le monde à être surdipômé pour pouvoir opter à un travail décent.
Tu as 18 ans et tu viens de terminer tes études secondaires. Pendant l'été, tu as trouvé un emploi dans le centre ville, serveur dans un restaurant. Cela te permettra de payer l’inscription à l'université, l’année prochaine, tu veux devenir professeur d'éducation physique. Malheureusement, aujourd’hui, justement le jour où tu as reçu ton dernier salaire, -tes chefs paient au noir, en liquide-, se produit un fait déplorable mais malheureusement fréquent à Mexico, sur le trajet de retour du centre ville vers chez toi. Deux garçons entrent soudain dans le bus, le visage couvert par des cagoules et pistolets aux poings. L'un braque le conducteur, l'autre avance vers l’arrière du bus et oblige les passagers à donner tous leurs effets personnels. Pas de chance, vraiment. Que fais tu?
A. Tu n’as pas le choix, tu ne vas pas non plus risquer ta vie pour un peu d’argent et un portable. Tu donnes tout aux délinquants, dégoûté: un mois de travail perdu ewn quelques minutes. Et, au delà de l’anecdote, une interrogation : comment vas-tu payer ton inscription à la fac, maintenant ?
B. Tu remarques que la porte arrière de la “guagua” (autobus) n'est pas fermée. Si tu te précipites vers l’extérieur et que tu cours très vite, tu pourras peut-être t’enfuir.
Choisis une option, A ou B et tire un dé, qui correspond à ta chance.
Par Ganesh ! Ton jeu est compliqué pour une jeune analphabète.
Où se trouvent les paragraphes X et Y auxquels je devrais me rendre ? Il viendront plus tard ?
(Si c'est encore une histoire de chromosomes, y a-t-il une option transgenre ?)
Si je décide de fuir en ville et que le dé sort 5 ou 6, tu ne dis pas ce qu'il advient : j'y rencontre un prince charmant progressiste ?
(Je voudrais pas faire mon barbon mais il est quand même plus simple d'être un garçon au Mexique qu'une fille en Inde : le choix est binaire.)
Vincent,
Je ne tiens plus ! .. il faut me prescrire un calmant, trop de stress !
Paysanne en Chine ... une nouvelle expérience .. si inattendue ..
je suis si excitée ! [;)] que dois-je me mettre ?
Les saines valeurs résisteront toujours à la folle marche du monde. Commissaire Laurence.
Par Ganesh ! Ton jeu est compliqué pour une jeune analphabète.
Où se trouvent les paragraphes X et Y auxquels je devrais me rendre ? Il viendront plus tard ?
(Si c'est encore une histoire de chromosomes, y a-t-il une option transgenre ?)
Si je décide de fuir en ville et que le dé sort 5 ou 6, tu ne dis pas ce qu'il advient : j'y rencontre un prince charmant progressiste ?
(Je voudrais pas faire mon barbon mais il est quand même plus simple d'être un garçon au Mexique qu'une fille en Inde : le choix est binaire.)
pardon pour les paragraphes x et y, quand il y aura tous les paragraphes écrits ce sera plus simple (meuh non c'est pas si compliqué que ça !)
disons que tu as 4 possibilités
a se marier avec le vieux
b se marier avec le jeune
c fuguer
d chercher une avocate
indique ton choix (a, b, c ou d) + un tirage de dé. Si tu n'en as pas sous la main tu peux aller sur cette page -> devirtuel.com/
Et pardon si parfois mon clavier dérape. De temps en temps mon ordinateur se met à corriger en espagnol ce que j'écris... Et des fois j'écris depuis d'autres engins qui ne me permettent pas de me relire correctement...
Tu t'appelles Lawan et tu es une fille née dans un village de Thaïlande ou du Vietnam. Dans ton pays, les femmes travaillent depuis des temps immémoriaux. Elles travaillent dur, facilement deux fois plus que les hommes. Tradictionnellement, le travail dans les rizières est une affaire de femmes, de même que les soins de la maison et des enfants. Lorsqu'il n'y a pas suffisamment de revenus dans la famille, c'est généralement la femme qui doit émigrer en ville à la recherche d'argent. Dans les bureaux, le travail féminin est courant, y compris ceux de gestion ou ceux qui nécessitent des études universitaires. Cet apparent "matriarcat" est une caractéristique très particulière des sociétés de l'Asie du Sud-Est, mais il peut être trompeur car au fond il s'agit d'un système machiste dans lequel l'homme exploite l'activité économique des femmes. Il ne les relègue pas à la sphère privée, mais il continue de décider et de commander au sein du foyer.
Tu as 16 ans et ta famille vit de l'agriculture. Dans ton enfance, tu pouvais manger tous les jours et aller à l'école, tu avais l'électricité, il n'y avait pas d'eau courante mais il y avait une fontaine devant ta maison. Cependant, il y a quelques années, la situation a empiré, ton père est tombé malade et les soins sont coûteux les hôpitaux n'acceptant que les patients dont le paiement est garanti. Vous êtes endetté et avez besoin de nouvelles sources de revenus. Ton père t'a demandé un jour d'aller dans la capitale (Bangkok ou Ho Chi Minh-Ville) pour trouver de l'argent. Là vous avez deux tantes qui peuvent vous pistonner, l’une s’appelle Madee et travaille dans le secteur textile, elle confectionne des jeans pour une grande multinationale, et l’autre, Lamaï, travaille comme réceptionniste dans un hôtel. Que décides-tu de faire?
Tu n'a rien dit du caractère de Saranya. A-t-il été déterminé par son prénom (soumise) ? Si tel est cas, comme c'est celui de celles qui l'entourent, elle acceptera certainement l'un des mariages. Peut-être s'en trouvera-t-elle heureuse.
Si pour les besoins du jeu, c'est un homme blanc, éduqué, aisé, hétéro et tout le toutim, qui décide pour elle, il choisit l'option dé: s'adresser à une avocate (puisqu'un avocat ne semble pas plaider ce type de causes, alors que le père y serait peut-être plus sensible).
Quant au dé virtuel, merci bien, il me fallait encore charger une application gafam ! J'ai tenté avec un dé à coudre, sans succès. J'ai finalement mis la tête au cube à ma voisine, elle a dit : 5.
Il est toujours facile de trouver à redire. Voyajou vient de le faire avec humour.
Parole de Maître ès. [;)]
Le prof a l'air sérieux, concentré et habité par son sujet -qui le mérite. Au point qu'il n'entend pas qu'un élève n'entende pas tant c'est pas si compliqué que ça.
Je ne sais pas jusqu'où la dissipation sera tolérée.
En cas de tsunami professoral, je n'envie pas ta condition de paysanne chinoise : tu pourrais bien te retrouver à recopier mille lignes du Petit Livre Rouge, puis mille lignes de La richesse des nations(Adam Smith) et terminer par mille petits bonds en avant. Alors que moi, au moins, même morte pour cette histoire, je serai réincarnée, au Chile peut-être à écosser les haricots rouges.
Il est toujours facile de trouver à redire. Voyajou vient de le faire avec humour.
Parole de Maître ès. [;)]
Le prof a l'air sérieux, concentré et habité par son sujet -qui le mérite. Au point qu'il n'entend pas qu'un élève n'entende pas tant c'est pas si compliqué que ça.
salut !
oui, concentré, un peu, c'est vrai que je n'intéragis pas beaucoup, désolé ! Je me concentre sur mon rhume que j'ai depuis quelques jours et sur les traductions que vous balance peu à peu. [;)]
Mais n'interprétez pas mon manque de dialogues avec un trop plein de sérieux ou manque de savoir vivre, rien à voir !
Meuh non Pas de tsunami professoral, pas mon genre !!!
Et t'inquiète pas, j'entends bien que les gens n'entendent pas, pas de soucis, et je réexplique autant de fois qu'il faut . Tant qu'il y a empathie et bon esprit, aucun problème
De toutes manières je trouve que tu t'en sors bien pour quelqu'un qui n'a pas compris ! [;)]
Pour ce qui est du caractère du personnage de Suranya, c'est TOI qui endosse ce rôle, tu peux choisir sa personnalité, qui sera matérialisée par les choix que tu effectues. Tu as touché du doigt d'aileurs un des éléments de réflexion du jeu : tu peux choisir de jouer ce personnage en fonction de ce que TOI-même, avec tes bagages et ta pensée occidentale, tu ferais ; ou bien faire un effort supplémentaire d'empathie et effectuer des choix plus en accord avec la culture du personnage. Ça, c'est un élément important de la partie "débat" avec les élèves, après avoir fait ce jeu avec eux, qui peut être abordée aussi en philosophie.
[;)]
Donc je retiens l'option de l'avocate et le dé : 5.
Vincent,
Je ne tiens plus ! .. il faut me prescrire un calmant, trop de stress !
Paysanne en Chine ... une nouvelle expérience .. si inattendue ..
je suis si excitée ! [;)] que dois-je me mettre ?
3.3 XINYI
Tu t’appelles Xinyi, tu es une fille et tu habites à la champagne, comme 57% de la population de la République populaire de Chine. Tes parents auraient préféré avoir un garçon, ta mère a même voulu avorter quand, lors d’une échographie, elle a appris qu’elle était enceinte d’une fille, mais finalement, elle y a renoncé, tu ne sais pas vraiment pourquoi. En Chine, du fait de la politique de l’enfant unique qui oblige chaque couple à n’avoir qu’un seul bébé, c’est relativement courant de privilégier la naissance des mâles, à tel point qu’il “manquerait” près de 70 millions de femmes dans le pays (il y aurait 4 femmes pour 5 hommes).
Dès l’enfance, tu as dû aider ta famille dans les tâches agricoles, mais tu as pu tout de même étudier à l’école, et tu n'as jamais connu le besoin: tu as mangé à ta faim, tu as l'eau courante, l'électricité et même un vélo. La vie à la campagne a beaucoup changé en Chine au cours des dernières décennies, mais moins que dans les villes. Certes, l’extrême pauvreté est presqu’erradiquée dans le monde rural, mais le développement économique n’est que partiel, la société reste très traditionnelle et laisse moins de possiblités aux femmes, il faut travailler dur pour peu d'argent. Les habitants de ton village rêvent de migrer vers la ville, en quête d’opportunités. Tu as 16 ans et tu dois choisir ton avenir:
a. Tu as un petit ami, Chao, que tu connais depuis ta plus tendre enfance. Tu t’entends très bien avec lui et ta famille avec la sienne, probablement vous vous marierez dans le futur. Vos parents vous aideront à construire une maison et vous resterez au village. Vous vivrez de l'agriculture, de la vente au marché et peut-être ouvrirez-vous un magasin, si vous pouvez obtenir assez d’économies pour investir. Vous êtes jeune et le travail ne vous fait pas peur, l'avenir sera sûrement bon.
b. Tu ne veux pas rester dans le village. Tu veux étudier pour pouvoir entrer à l'université, déménager en ville pour devenir ingénieure ou fonctionnaire. Il n'est pas facile pour une femme du monde rural d'accéder à l'enseignement supérieur, mais tu ne perds rien si tu essaies. Tire un dé : sur un 5 et 6, il y a une place pour toi à l’université, sinon, choisis une autre option (a, c ou d)
c. Tu veux aller en ville, coûte que coûte. quel que soit le prix. Tu sais que dans le delta des perles, au sud du pays, on cherche des travailleurs, même s'ils n'ont aucune formation. Tu connais des filles de la ville qui sont allées là-bas, elles peuvent te pistonner dans leurs usines....
d. Tu veux rester au village mais tu n'as pas l'intention de te marier ni de fonder une famille. Le parti communiste ne dit-il pas que les femmes peuvent décider de leur avenir par elles-mêmes et qu'elles ont les mêmes droits que les hommes? Si c’est vrai tu n'auras aucun problème pour demander des crédits et démarrer une entreprise, par exemple un petit commercee, tout en étant jeune et célibataire.
Choisis une option et tire un dé. [;)]
PS : en principe, dans la version "en classe" et en espagnol, il y a une petite vidéo qui accompagne / introduit chacune des 36 présentations. Je vous mets ici les liens pour vous faire une idée, même si c'est en espagnol:
option dé: s'adresser à une avocate (puisqu'un avocat ne semble pas plaider ce type de causes, alors que le père y serait peut-être plus sensible).
Quant au dé virtuel : 5.
SARANYA (paragraphe 2)
option D, dé =5:
Deux femmes de la ville sont venues au village l’autre jour, une avocate qui militait dans une association humanitaire et une infirmière . Elles ont réunies les femmes du village pour leur expliquer différentes méthodes de contraceptions et leur parler de leurs droits. Ensuite, l’avocate a pu parler à ta mère, quelques minutes, seule à seule… Ta mère a parlé ensuite à ton père… Mais au bout du compte, la décision paternelle reste la même: ton mariage ne changera pas de date, tu te marieras à 14 ans et tu iras aussitôt après la noce habiter avec ta belle-famille.
La discussion de l’avocate avec ta mère est donc globalement un échec, cependant elle n’a pas non plus été totalement stérile, parce que ton père a insisté auprès de ton futur mari pour qu’il ne “consomme” pas le mariage avant ta majorité. La cérémonie à venir, dans quelques semaines, ce sera juste une noce symbolique, le mariage officiel inscrit au registre, ça sera dans 4 ans, quand tu seras majeure. Et ton père refusera de signer ce contrat de mariage si ton mari a abusé de toi pendant ce temps. Ton futur époux a accepté cette nouvelle clause du contrat (oral), et c’est tout de même un soulagement de penser qu’en principe, tu ne perdras pas ta virginité avant les 18 ans.
Rappelle-moi si ton époux était le vieux ou le jeune (c'était un tirage de dé que tu devais efectuer au paragraphe précédent, sur 1,2,3 c'était le vieux, sur 4,5,6 le jeune, qui s'appelle Vadish), et tire un nouveau dé.
Objection, Monsieur le Destin !
Que la conciliation soit un demi-échec me contraindrait au mariage ? Je comprends mon père, mais la condition des femmes indiennes doit évoluer.
Il se trouve que lors de leur entrevue l'avocate a offert à ma mère une biographie de Indira Gandhi. Un mot de sa main était glissé entre les pages : dans la ville où elle exerce, une ONG australienne vient d'ouvrir un centre de formation pour jeunes filles en rupture de famille. Or, il se trouve qu'en plus d'être jolie, je ne suis pas bête. Je veux apprendre et quand je serai grande, je serai avocate.
Nous n'avons ni routes ni vélos, mais la salle commune du village est équipée d'une télévision et même d'un ordinateur connecté à la toile (celle qui vous aliène bien autant que nos traditions) : je sais que mon pays est moins cruel aux femmes que d'autres, qu'en politique elles jouent un rôle important, et que même une intouchable peut devenir ministre comme c'est le cas actuellement dans l'Uttar Pradesh.
Alors, je reviens non pas aux options maritales a/ & b/ mais à la c/ : je pars en ville rejoindre cette institution qui m'instruira et me protégera. On dira que j'ai lancé le dé sur 6, un résultat que tu n'avais pas prévu initialement (relent de machisme ou trace de paternalisme? [;)]), celui de la chance. Avec l'aide de ma mère, mon père comprendra, je crois, qu'il est légitime de chercher à améliorer sa condition tant il a souffert secrètement de la sienne.
Mais s'il faut pour le besoin du jeu que ma vie se joue aux dés, j'ai fait un 3 : j'hérite donc du vieux.
Et s'il faut encore tirer (on tire beaucoup dans cette histoire, non?), c'est un 5.
P.S.
et c’est tout de même un soulagement de penser qu’en principe, tu ne perdras pas ta virginité avant les 18 ans.
Ma voisine occidentale me souffle que pour une femme, mieux vaut perdre sa virginité par amour à 14 ans que plus tard sans le vouloir.
A. Tu n’as pas le choix, tu ne vas pas non plus risquer ta vie pour un peu d’argent et un portable. Tu donnes tout aux délinquants, dégoûté: un mois de travail perdu ewn quelques minutes. Et, au delà de l’anecdote, une interrogation : comment vas-tu payer ton inscription à la fac, maintenant ?
B. Tu remarques que la porte arrière de la “guagua” (autobus) n'est pas fermée. Si tu te précipites vers l’extérieur et que tu cours très vite, tu pourras peut-être t’enfuir.
Choisis une option, A ou B et tire un dé, qui correspond à ta chance.
Bonjour !
Me revoilà !
En fait, j'ai opté pour fuir par la porte arrière ! Option B, donc.
Et puis après, j'ai préféré rester planqué, parce que je crois que ça craignais grave pour ma peau... c'est pour ça que je ne suis revenu par ici plus tôt !
Mais s'il faut pour le besoin du jeu que ma vie se joue aux dés, j'ai fait un 3 : j'hérite donc du vieux.
Et s'il faut encore tirer (on tire beaucoup dans cette histoire, non?), c'est un 5.
SARANYA (3ème paragraphe)
Tu te rends compte assez vite que ton nouveau mari, un veuf d’une soixantaine d’années, cherchait en réalité plus une infirmière qu’une épouse, puisqu’il est gravement malade.
Le vieillard est plutôt gentil, peut-être un peu grognon des fois quand il est souffrant, mais globalement il te respecte et ta vie est loin d’être un enfer.
En réalité, ce qui t’angoisse c’est le futur, lorsque ton mari sera mort – il ne lui reste guère plus de 5 ans à vivre, disent les médecins-. En effet, le statut de veuve dans l’Inde traditionnelle est réellement épouvantable. Méprisées, reléguées à l’état de quasi-eclavage ou même abandonnées, les veuves sont considérées comme les “responsables” de la mort de leurs maris (cf articles ci dessous et vidéo -> extrêmement intéressants).
Tu te demandes quel sera ton sort, lorsque ton mari décèdera. Tu prépares mentalement les différents scénarii possibles… Quel serait ton préféré?
a) Insister auprès de tes parents pour retourner chez eux.
B)Te rapprocher de ta très vieille belle-mère, t’évertuer pour soigner son fils le mieux possible et ainsi obtenir son affection. Essayer ensuite de trouver une place dans son foyer.
c) Partir vers la ville. Tu as entendu parler d’une association qui protège les veuves. Tu es jeune, tu peux essayer de refaire ta vie.
Bonsoir
Je vais chez Lamaï mais je ne sais si je vais à Bangkok ou Ho Chi Mihn
Bonjour
Je lance le dé: 4 !
Salut !
Oui, je sais, c'est un peu "flou": Bangkok ou Ho Chi Minh ?
Ce flou est plus ou moins fait exprès, plutôt que des faits, lieux ou évenéments précis je préfère parler de situations générales dans des ensembles géographiques plus vastes.
Ceci dit, rien n'empêche de préciser le lieu entre nous... Mettons donc que nous sommes en Thailande et que tu es partie à Bangkok
LAWAN (2ème paragraphe).
Ta tante Lamaï travaille dans un hôtel de luxe, 4 ou 5 étoiles, en plein centre de la capitale. Elle est partie, comme toi, de la campagne quand elle était très jeune et maintenant, c’est une femme active qui sait utiliser internet, qui parle l’anglais et fait partie de la classe moyenne. Elle vit dans un petit appartement avec son mari et sa fille et dispose de tous les conforts de la vie moderne.
Malheureusement, ton travail n’est pas le même que celui de ta tante. Dans cet hôtel, tu es juste femme de ménage, tu travailles 8 heures par jour et tu gagnes le salaire minimum, environ 5000 baths par mois (130 euros). Pour une rurale comme toi, c’est beaucoup d’argent, mais ici, la vie est chère et les dépenses constantes.
Les premier mois, tout se passe bien: ton travail permet de payer les soins hospitaliers de ton père, ta tante accepte de te loger chez elle, ce qui réduit les frais. Cependant, les mois suivants, une question commence à se poser: qui va profiter de ton salaire ? Si tu en envoies une partie à ta famille, comme te l’exigent tes parents, tu auras à peine de quoi survivre et tu pourras difficilement progresser…
Que vas-tu faire?
A) Tu es partie vers la capitale afin d’aider tes parents. Tu respectes donc le contrat tacite passé avec eux : tu continues d’envoyer une partie de ton salaire à ta famille. Si un jour, tu ne peux plus survivre avec ce qui te reste, tu rentreras au village et tu y seras bien reçue, parce que tu auras honoré ton devoir filial.
B) Tu cesses d’envoyer de l’argent à ta famille. Tu veux à tout prix construire ton avenir dans la capitale. Tu continues de travailler comme femme de chambre et tu essaies d’économiser un peu pour te payer des cours d’anglais et d’informatique, afin de devenir un jour réceptionniste, comme ta tante.
C) Un jour, un client étranger te propose une liasse de billets si tu passes une demi heure avec lui dans sa chambre. Ce n'est pas très éthique, mais c’est de l’argent facile qui te permettra à la fois d’aider tes parents et de garder un bonne part pour toi. Tu acceptes.
Bonjour !
Me revoilà !
En fait, j'ai opté pour fuir par la porte arrière ! Option B, donc.
Je retire un coup de dé : 2.
CARLOS (2ème paragraphe)
Tu as eu de la chance, parce que sur un score de 1, tu étais mort.
Tu t’es fait tirer dessus, mais la balle est passée à deux centimètres de ton oreille, alors que tu courais comme un dératé à la recherche d’un abri…
Bref, plus de peur que de mal et tu as pu conserver ton portable et ton argent…
Une semaine plus tard, tu reçois un coup de fil assez surprenant : c’est le gérant d’une grande entreprise de sécurité privée, qui te convoque pour un entretien d’embauche. Il est au courant de ton acte de “courage”, l’autre jour dans le bus et t’explique qu’il cherche des gars comme toi, qui n’ont pas froid aux yeux. Il t’apprendra à tirer, te paiera un permis de port d’arme et une formation et te fait miroiter un contrat assez alléchant. Tu seras déclaré, et ton travail dépendra de la demande, tu pourras tour à tour être garde du corps, vigile, surveillant dans de gandes zones commerciales ou pour des banques… Ce n’est pas le travail qui manque avec le niveau de délinquance du pays. On dit qu’au Mexique actuellement il y a un million de personnes qui exerce cette profession ! Bref, c’est un secteur d’avenir et tu as l’occasion d’y entrer par la grande porte… Qu’en penses-tu ?
a) On peut toujours essayer.
b) Non, hors de question. Tu restes sur ton idée première : étudier education sportive pour devenir professeur d’EPS ou entraîneur dans un club sportif.
a) On peut toujours essayer.
b) Non, hors de question. Tu restes sur ton idée première : étudier education sportive pour devenir professeur d’EPS ou entraîneur dans un club sportif.
Choisis une option et tire un dé de chance
b), hors de question, je ne veux pas abandonner mon projet, même si avoir un salaire est alléchant.
b), hors de question, je ne veux pas abandonner mon projet, même si avoir un salaire est alléchant.
Un coup de dé : 4.
CARLOS (3ème paragraphe)
Maintenant que tu es entré à l’université, tu te rends compte à quel point le concept théorique “d’égalité des chances” peut être tronqué de mille manières dans la pratique. En efet, à présent tu entres en compétition avec des élèves qui ont suivi leur scolarité dans les meilleurs lycées de la capitale, qui parlent tous anglais (depuis quelques années, le système éducatif mexicain est passé à la mode du “tout bilingue”, mais cet enseignement ne s’est pas encore bien implanté partout, et ton niveau d’anglais est beaucoup plus faible), qui suivent des cours particuliers et peuvent consacrer 100% de leur temps aux études… Toi, en revanche, tu perds chaque jour 2 heures dans les transports en commun, tu dois travailler dans une “cantina” le week-end, ta connexion internet est défaillante… C’est un peu la lutte du pot de terre contre le pot de fer… Que vas-tu faire?
a) Tu t’accroches, malgré tous ces obstacles. Si tu choisis cette option, tire un dé: sur 1,2,3 ou 4, tu n’arriveras pas à boucler tes études et devras pas conséquent choisir l’option B ou C. Sur un 5 ou 6, tu deviens licencié…
b) Ce qui est vraiment important pour toi, au fond, c’est de faire du sport et de pouvoir entraîner une équipe de foot. Et bien, c’est possible avec l’association sportive de ton quartier… On te paiera pour arbitrer des matchs et entrainer les équipes cadettes… Dans un premier temps, tu peux arriver à amasser 5 à 6000 pesos (250 euros), et si tu organises des “rifas” (paris sur les matchs), tu peux gagner beaucoup plus. Tu renonces donc aux études. Finalement, pourquoi? Pour devenir prof de secondaire ? La condition des enseignants a certes des côtés positifs : une paie de 15000 pesos (650 euros) mensuels, un salaire plutôt intéressant d’autant que la paie et l’emploi sont assurés pour toute la vie, une assurance médicale… Mais il y a aussi des inconvénients : on peut te muter dans un collège rural, dans une zone reculée du pays ou dans un quartier “chaud” ; là-bas, hormis les conditions de travail dégradées, le salaire y est en moyenne 25% inférieur, sans grande possibilité d’amélioration…
Mais surtout, une des grandes raisons de ton choix, c’est que tu vas pouvoir ainsi fréquenter la jolie Guadalupe, la fille du président du club sportif de ton quartier, qui en même temps est gérant d’une agence immobilière… Qui sait, tu peux peut-être réaliser un bon “braguetazo” (NDLA : littéralement “coup de braguette”, en espagnol dans le texte ) et arriver à devenir le gendre d’un homme important…
C) Tu appelles l’agence de sécurité privée qui t’avait contactée il y a quelques mois.
J'ai accompli mon devoir filial et marital, je dois avoir un karma d'enfer.
L'association dont j'ai entendu parler est financée par des veuves néo-zélandaises (joyeuses et partageuses), elle est sœur de celle qui instruit les jeunes filles en rupture de famille : avec un peu de chance et beaucoup de détermination je pourrais peut-être étudier enfin.
Option c/
J'ai sculpté un dé dans du cheddar affiné : 6
Alors, je choisis l'option B.
et je lancé le dé : 1.
Mu.... euuuh.... Carlos
CARLOS (4e paragraphe)
1 au dé ? Signe de malchance…
Tu as maintenant 33 ans. 15 ans ont passé depuis ce fameux jour de gloire où tu t’es mis à courir hors d’un bus pour éviter des braqueurs… Hier, il t’est arrivé plus ou moins la même anecdote, mais cette fois, les bandits t’ont tout pris, 100 pesos en liquide et ton portable, et désormais tu ne peux plus du tout courir.
En effet, il y a 10 ans tu as subi un accident, tu t’es fait renverser par une voiture. Tu as frôlé la mort, mais finalement, plus de peur que de mal et tu n’as gardé qu’une seule véritable séquelle : tu as une jambe légèrement plus courte que l’autre, ce qui t’oblige à utiliser des chaussures orthopédiques pour marcher (en boîtant légèrement).
À cause de ton accident, tout ton monde s’est évaporé à l’instant: tu as cessé de faire partie de l’équipe de foot, d’arbitrer et d’entraîner, tu as perdu ta fiancée Guadalupe au passage… Mais surtout, la facture d’hôpital a ruiné ton entourage. Tu n’étais couvert par aucune assurance médicale, ton club sportif a refusé de t’aider (alors que l’accident avait eu lieu juste à la sortie du stade, ils auraient pu te couvrir avec leur assurance)… Heureusement que la solidarité familiale a fonctionné, tes parents qui se sont serré la ceinture, des cousins du “pueblo” qui ont envoyé de l’argent, et aussi la paroisse et l’association de quartier.
Maintenant, tu t’en tires plus ou moins, tu enchaînes deux petits boulots (mécano le jour et cuistot la nuit) pour atteindre péniblement le salaire minimum, de toutes manières tu ne dépenses pas grand chose et tu habites toujours chez tes parents.
Quand tu songes à ces 15 dernières années, tu te sens un peu frustré de ne pas avoir pu réaliser tes rêves, d’avoir dû renoncer aux études et au sport, mais tu essaies de garder le côté positif: tu as une famille formidable, de vrais amis dans ton quartier.
Comment vois-tu l’avenir?
A) Tu acceptes ce destin en demi teintes. Tu vas rester dans ton quartier, continuer tes petits boulots en espérant progresser peu à peu, et peut-être qu’à la longue, tu pourras ouvrir ton propre petit restaurant. En parallèle, il y a une voisine, María, que tu connais depuis l’enfance et à qui tu plais. Ce que tu ressens pour elle n’est peut-être pas aussi passionné que pour Guadalupe, mais c’est une fille bien, altruiste, sensible.
B) Tu n’as aucune envie de croupir dans ce quartier. Ton côté “joueur” se réveille un jour: tu connais bien le monde des paris sportifs… Par exemple tu sais que le gardien de but de ton ancien club s’est fait graisser la patte par l’équipe adverse pour perdre le prochain match. Si tu paries un bon billet sur ce match truqué, c’est un investissement sans risque pour toi et une arnaque impossible à prouver… En plus, s’enrichir grâce à la défaite de ton ancien club qui s’est si mal porté avec toi autrefois, c’est une idée qu est loin de te déplaire.
A) Tu acceptes ce destin en demi teintes. Tu vas rester dans ton quartier, continuer tes petits boulots en espérant progresser peu à peu, et peut-être qu’à la longue, tu pourras ouvrir ton propre petit restaurant. En parallèle, il y a une voisine, María, que tu connais depuis l’enfance et à qui tu plais. Ce que tu ressens pour elle n’est peut-être pas aussi passionné que pour Guadalupe, mais c’est une fille bien, altruiste, sensible.
B) Tu n’as aucune envie de croupir dans ce quartier. Ton côté “joueur” se réveille un jour: tu connais bien le monde des paris sportifs… Par exemple tu sais que le gardien de but de ton ancien club s’est fait graisser la patte par l’équipe adverse pour perdre le prochain match. Si tu paries un bon billet sur ce match truqué, c’est un investissement sans risque pour toi et une arnaque impossible à prouver… En plus, s’enrichir grâce à la défaite de ton ancien club qui s’est si mal porté avec toi autrefois, c’est une idée qu est loin de te déplaire.
Choisis ton option, lance un dé... Comme d'hab !
Ben... option C, c'est possible ? c'est-à-dire option A + option B ! elles ne sont pas incompatibles !
Ben... option C, c'est possible ? c'est-à-dire option A + option B ! elles ne sont pas incompatibles !
Non, pas possible ? ...
qu'est-ce que tu veux. La gentille María et le Resort de luxe à Cancún ?
Non, non, María est très honnête et très pieuse, pour elle les jeux d'argent ont été inventés par le diable.
Mais bon si tu veux, tire trois dés : si tu fais 666, tu as tout ce que tu veux dans ce qui te reste à vivre, tu gagnes au loto, María devient Hell's angel, le Mexique gagne enfin la coupe du monde de foot, Trump apprend l'espagnol et ta jambe droite repousse... Tu as juste à signer une petite assurance post-mortem avec une goutte de ton sang [;)]
Option c/
J'ai sculpté un dé dans du cheddar affiné : 6
[;)] waouh, 6 ! Rien que du bon Karma !
SARANYA (4ème paragraphe)
Tu as désormais 26 ans. Cela fait 10 ans que tu es partie avec ton balluchon vers la ville, à la recherche d’un abri dans une ONG protégeant les veuves.
Et tu as eu beaucoup de chance, parce que dans cette association, tu as trouvé beaucoup plus qu’un simple abri. Maintenant tu as un toit, tu sais lire, écrire, tu as appris un métier… Mais surtout, tu as enfin acquis une conscience, un véritable estime de toi. Aujourd’hui tu ne sens plus coupable d’être femme et de caste inférieure, bien au contraire, tu en es fière.
Le fait d’être si jeune et si mignonne a très certainement joué en ta faveur dans ton parcours au sein de l’organisation. Tu ne correspondais pas du tout au stéréotype de la vieille veuve qui mendie dans les rues et que la foule méprise, les cadres de ton ONG ont aussitôt compris que tu pouvais leur fournir une image idéale pour apitoyer et attirer les dons: une veuve d’à peine 16 ans et aussi jolie, condamnée à la mendicité et à l’ostrascisme, c’était tout à fait révoltant pour le grand public. Aussitôt arrivée, au lieu de te faire travailler à l’atelier de tissage coopératif comme le reste des veuves, on t’a orienté vers les bureaux, l’accueil des bénévoles, la communication.
Tu as appris à lire, écrire, compter, à utiliser internet, à parler en public, à la radio… Tu as pris de la confiance, et en quelques années, tu es devenue une des figures visibles de cette ONG à l’échelle locale. Tu viens même d’entrer au conseil d’administration de la section locale.
Hélas, en approchant ces cercles de pouvoir, tu te rends compte que tout n’est peut-être pas si rose au seins de l’association… La tendance est de plus en plus à la “charity-business”, à la recherche de mécènes et de parrainages, et de moins en moins à l’aide réelle sur le terrain. Tu sais aussi de source sûre que certains diriegeants puisent dans la caisse…
Tu déchantes un peu… Au niveau personnel, ton statut professionnel reste très précaire : en principe, tu es bénévole, même si tu es logée et nourrie par l’association, et touche un petit pécule en sous-main, tu n’as aucun salaire. Le règlement de l’ONG stipule, en outre, que seules les veuves peuvent vivre et militer dans l’association. Donc si tu te remaries, tu devras partir.
Que penses-tu faire?
a) Malgré certaines “dérives” de ton ONG, tu sens que tu as une dette envers elle. Dasn ton cas personnel, cette association a parfaitement rempli son objectif et t’a permis de t’émanciper. Tu essaies d’influer sur l’association pour qu’elle n’abandonne pas la lutte sur le terrain, et dénonces la corruption, de la manière la plus diplomatique possible.
b) Tu penses que cette “dérive” est logique, et même souhaitable, parce que sans argent, on ne peut rien faire. Même si l’action n’est plus directement liée à l’aide matérielle sur le terrain, la cause reste la même, et le travail de communication pour toucher l’opinion publique est sans doute plus efficace à long terme.
c) Tu te dis que c’est le moment de tourner la page et de partir. Tu n’as pas envie de faire de politique ni de rester veuve toute ta vie. Comme aujourd’hui tu sais lire et que tu disposes d’internet, tu t’inscris sur un site de rencontres pour trouver un mari. Tu cherches un homme progressiste, capable d’épouser une jeune veuve de caste inférieur sans dote, et de surcroît militante pour les droits des femmes. Bien entendu, ces hommes-là ne doivent pas courir les rues, mais il existent tout de même, l’institution sacrée du mariage est de plus en plus contestée en Inde, beaucoup de jeunes gens aujourd’hui veulent se marier “par amour”, et s'opposent aux traditions des mariages concertés.
12 nouvelles années ont passé. Tu as à présent 45 ans. Tu t’es marié avec María et tu as 3 enfants, de 10, 8 et 5 ans. On peut dire que tu es plutôt heureux, même si parfois tu trouves ta vie de père de famille un peu frustrante et plutôt stressante.
Au moins, au niveau professionnel, tu as un peu progressé. Maintenant tu as un seul emploi, humble mais stable: tu es cuisinier dans un restaurant et tu gagnes le double de ce que tu gagnais il y a 10 ans… Malheureusement, tu as aussi au moins le double de dépenses, si ce n’est plus. Ta femme fait des ménages et apporte un petit complément, certes, mais votre budget reste tout de même très modeste. Tu vis en location dans un tout petit appartement, tu as dû renoncer à la voiture, et à la fin de chaque mois, c’est un peu l’angoisse, il faut rationner les dépenses au maximum pour arriver à la paie suivante sans s’endetter. Mais bon gré mal gré, vous avez réussi à vivre ainsi pendant des années, et la majorité des gens de ton quartier connaissent le même sort… Au fond, tu n’es pas à plaindre, tes enfants sont gentils et bien portants, ta femme aimante…
Tu te demandes tout de même, de temps en temps, comment tu vas te débrouiller, en vieillissant, sans assurance médicale et sans retraite…
Un jour, tu reçois de l’argent imprévu, correspondant à l’héritage d’un oncle éloigné. 400.000 pesos (16000 euros): pas assez pour acheter une maison ou pour changer du tout au tout d’existence, mais tout de même une belle somme. C’est la première fois dans ta vie que tu as autant d’argent entre les mains. Que vas-tu faire ?
a) Acheter une voiture, des électroménagers neufs, un ordinateur, des vêtements pour les enfants… Pas des dépenses somptueuses, juste des choses dont vous avez besoin depuis des années, et aussi quelques petits plaisirs. Et garder un peu de côté, si possible, pour le dépenser en cas de coup dur.
b) Tu souscris à une assurance médicale pour toute ta famille. Et ce qui reste, tu le places sur un compte en banque. Tu va essayer de ne rien dépenser, de faire fructifier ton argent et d’épargner pour tes vieux jours.
c) Tu décides d’utiliser cette somme pour monter un petit commerce, une “cantina”… En combinant ton apport initial avec un prêt bancaire, et en travaillant juste avec ta femme, sans employés, tu penses que tu pourras obtenir assez de bénéfices pour vivre correctement. Mais à la fois c’est risqué, tu mets tous tes oeufs dans le même panier et si ton affaire ne marche pas, tu seras sur la paille et endetté jusqu’au cou…
Dix ans ! Je pense m'être acquittée de ma dette envers l'association. Sans compter qu'en plus d'actions discutables les motivations de ces ONG, de leurs fondateurs et de leurs membres sont parfois assez éloignées de l'étendard brandi.
Combien de roupies et de dollars collectés via mon image ?
Lors d'apartés avec les veuves joyeuses néo-zélandaises j'ai appris qu'elles étaient nombreuses à se désoler des dérives locales. L'idée d'une dissidence les effleure qui pourrait être la création de VSF (Veuves Sans Frontières) dont je serais l'égérie.
Mais je dois me soumettre encore au logiciel occidental mâle.
Option c/ Je serai une nouvelle indienne comme dit le bon docteur Nagaswami.
Dé à moitié mangé par une souris grise: 3 (mon karma sent le brûlé, non?).
C’est la première fois dans ta vie que tu as autant d’argent entre les mains. Que vas-tu faire ?
a) Acheter une voiture, des électroménagers neufs, un ordinateur, des vêtements pour les enfants… Pas des dépenses somptueuses, juste des choses dont vous avez besoin depuis des années, et aussi quelques petits plaisirs. Et garder un peu de côté, si possible, pour le dépenser en cas de coup dur.
b) Tu souscris à une assurance médicale pour toute ta famille. Et ce qui reste, tu le places sur un compte en banque. Tu va essayer de ne rien dépenser, de faire fructifier ton argent et d’épargner pour tes vieux jours.
c) Tu décides d’utiliser cette somme pour monter un petit commerce, une “cantina”… En combinant ton apport initial avec un prêt bancaire, et en travaillant juste avec ta femme, sans employés, tu penses que tu pourras obtenir assez de bénéfices pour vivre correctement. Mais à la fois c’est risqué, tu mets tous tes oeufs dans le même panier et si ton affaire ne marche pas, tu seras sur la paille et endetté jusqu’au cou…
Voilà quelques mois que je travaille 10 heures par jour à laver , balayer, récurer, changer des draps, dépoussiérier .Tout cela avec sourire et gentillesse .
Rien ne me fait peur et s' il le faut je peux même donner un coup de main pour le ménage du salon et de la réception de l' hôtel. Parfois je suis gratifiée, parfois non.
L' aide que j' apporte à mes parents m' apporte une grande joie mais mon avenir m' inquiète un peu tout de même: ma jeunesse ne peut pas se passer ainsi.
Alors je me pose des questions: il y a une dizaine d' années , Lamaï faisait la même chose que moi . Son avenir n' était pas plus gai.
Comment a t- elle pu progresser de la sorte?
Je suis douée moi aussi en langue et je commence à baragouiner un peu d' anglais. J' ai bien compris hier que je pouvais intéresser les gens puisque le client de la chambre 1120 qui doit encore séjourner une semaine ici, m' a gentiment proposé un joli pull qu' il destinait à sa fille.
Et celui de la chambre 1127 n ' a pas caché, lui, son intérêt pour moi ....
J'aime bien ta réponse argumentée écrite à la première personne.
Par contre Il me faudrait la mention de l'option choisie et le résultat d'un tirage de dé.
Sinon, à tous : Merci de "jouer le jeu".[;)] Hélas je crois que je vais vous faire poireauter un peu, je risque d'avoir une semaine très très chargée...