Journal d'un menteur
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SA
Il est 6h30 et je suis coincé dans un petit cybercafé au milieu de nulle part. C’est étonnant comme la technologie peut nous rattraper à l’autre bout du monde. Je suis arrivé dans ce pays, le Sidisthan depuis à peine 3 jours et déjà, je me sens déjà différent. Mais le mieux est de commencer par le début.

Cela fait des années que je rêve de voyager mais mes moyens financiers, et la peur de partir aussi je crois, m’en ont toujours empêché. Puis j’ai visité ce site et j’y ai vu que partir était possible. Alors, j’ai posé un congé sans solde à ma boîte, j’ai ramassé toutes mes économies et j’ai acheté un billet (aller-retour) pour Damly, la capitale.

Le voyage a commencé bien avant d’arriver. L’avion que je devais prendre ne faisait qu’escale à Damly. Je me suis donc retrouvé coincé avec un groupe d’enseignants français en partance pour Beijing. Je dis Beijing parce que c’est « comme ça qu’on doit dire ». Quand j’ai voulu demander où allaient ces personnes, ils m’ont dit en me regardant bizarrement « Beijing ». J’ai ouvert de grands yeux et ai fait répéter. « Beijing ! Mais vous pouvez dire aussi Pékin, si vous voulez ». Je me suis senti tout petit devant tant de connaissance. J’ai donc voyagé pendant des heures en écoutant bien malgré moi une leçon de sinologie (non-appliquée) apprise depuis peu dans guide bleu. Cela aurait pu être instructif si mes jambes n’avaient pas été coincées contre le siège de devant et si j’avais pu regarder le film tranquillement sans être obligé d’hocher de temps en temps la tête d’un air passionné. Par politesse, je pense, mes voisins m’ont demandé où j’allais puisque, visiblement, je ne descendais pas à Beijing (je me serais cru dans le métro : Vous descendez à la prochaine ?). J’ai donc lâché un « Damly ». Ce fut la seule fois, où le silence régna un court instant dans mon espace aérien restreint. « Où avez-vous dit ? » J’ai donc répété ma destination.. « Mais il n’y a rien là-bas ! » J’aurais pu dire Metz, que j’aurais eu le même effet. Aller passer ces vacances dans un endroit où il n’y a ni musée ni boutique de souvenirs semblait faire de moi un aliéné. J’ai tenté un timide « Mais il y a des gens, vous savez ». Qu’avais-je dit là ! J’eu donc droit à un exposé (cours ?) sur le bon choix du bon endroit pour de bonnes vacances, c'est-à-dire (mais vous l’aurez deviné) Beijing ! Heureusement, nous avons fini par arriver à Damly. Au moment de quitter l’avion, j’ai vu comme un regard de pitié dans les yeux de mes voisins de trajet. Que m’importait maintenant d’être un inculte, j’étais enfin là où je voulais être.

A suivre... (Je vais aller prendre mon petit déjeuner.)
PO Pondy Veteran ·
Damly est tellement au Nord, que beaucoup croit que c'est inhospitalier.... Considère que tu as beaucoup de chance, tu n'as pas dû croiser beaucoup de touristes. Allez la suite!!

Dom.
FA Fabricia Globetrotter ·
[;)]... Un voyage insolite... Ne serait-ce pas plutôt "en bateau" que tu voudrais nous emmener à Damly ?
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
YA Yangguizi Globetrotter ·
Damly, c'est si distant que ça?
DE Deedou Veteran ·
Ouaip...nous sommes entre deux eaux... va savoir vers laquelle il va nous entraîner et avec quel moyen de locomotion...rien n'est certain n'est-ce-pas ? [:P]
« Seuls ceux qui risquent sont libres »
CH Chinook Veteran ·
Long petit déjeuner !

Penses à nous qui attendons la suite ...[:P]
Chinook
PO Pondy Veteran ·
Son petit-déjeuner va peut-être se transformer en déjeuner et je me permets de te répondre connaissant bien Damly. C'est très distant, au Nord-Est de Rigaï, les montagnes entourent le gros bourg. Un paysage suuuuuuuuublime!!

Dom.
SA Sadim Regular ·
Je viens de petit-déjeuner et me revoilà. J'ai voulu partir ausssi en bateau (pour vous y mener) mais le voyage aurait été trop long. Ne me reprochez pas, une certaine liberté imaginaire, j'ai donné un titre parlant à ce récit (ou alors il ne faut vraiment n'avoir qu'un seul neurone[;)]). Arrivé donc à l'aéroport, j'ai fait la queue comme il se doit aux bureaux de la douane. Venant d'un pays jadis de liberté et des droits de l'homme, je pensais (naïvement) que mon entrée dans cette petite république asiatique serait facile. Que nenni! Je tendis mon passeport et le sympathique militaire me dévisagea avec un sourire qui ramenait celui du pitbull de ma voisine comparable à celui de Julia Roberts. Il fit venir un supérieur (on les reconnait à la quantité de jolis rubans de couleur cousus sur leur non moins jolis uniformes). celui-ci me demanda dans un anglais approximatif d'où je venais. Il devait bien le savoir car je descendais à l'instant du seul avion de la journée! Je lui répondis avec mon plus beau sourire que j'arrivais de la ville lumière. (Paris, pour les non-enseignants qui lisent ce texte!). "Ah! Zidaneuuu". Merci Zizou, tu venais de me sauver d'un emprisonnement de 20 ans pour trafic d'idées subversives (Ben oui, je transportais un "Canard enchainé" dans mes bagages!)!

l'aéroport de Damly: damly.jepg
DE Deedou Veteran ·
Et Charlie tu l'as oublié ?
« Seuls ceux qui risquent sont libres »
CA CatherineGil Globetrotter ·
La suite ! la suite !

__ En aparté: ( Il me semble que le menteur s'essouffle un peu. Un Corn Flakes resté bloqué sur le neurone ? )

Questions existentielles : Peut-on faire un bon menteur si l'on n'a pas d' imagination ? J.G. Ballard avait-il bien effectué ce voyage sur Terre aux alentours de 2086 lorsqu'il écrit Sécheresse ? Qu'est-ce qui est le plus plaisant dans un "carnet de voyage" ? Le coté guide du Routard ? Ou le récit d'une expérience ?
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
SA Sadim Regular ·
Pardonnez ces interruptions dues à un voisin local qui me harcèle de questions sur les chances de la France à la coupe du Monde de football. J’ai beau tenter de lui expliquer que je n’y connais rien, il s’acharne à me convaincre des chances de sa nation à arriver en finale.

Où en étais-je ? Ah oui, l’aéroport. Donc, j’ai dû remplir un formulaire me demandant une foule de renseignement sur ma vie (marié, divorcé, célibataire, enfants, animaux domestiques, signe astrologique…), mes projets d’itinéraires (j’en savais absolument rien, mais j’ai inscrit Rigaï, pour faire sérieux). Finalement après de multiples vérifications de mon passeport et de mon visa, je suis sorti de l’aéroport. J’ai été aussitôt assailli par un nombre impressionnant de guides « officiels » qui me proposaient de me conduirent à « a very nice hotel, not expensive en plus ». J’ai plutôt choisi de prendre un bus local. L’aventure continuait. Ce ne fut pas une croisière apocalyptique mais pas loin. Je désirais simplement me rendre à Grashiag, quartier des hôtels, bien connu des guides touristiques. Je ne savais pas que cela relevait de la gageure. Mes bagages furent hissés, euh, non, jetés sur le toit du véhicule et je montais à l’intérieur. Au départ je pensais qu’il était plein. Il l’était ! Mais une dizaine de personnes y prirent quand même place, dont votre serviteur. Je me retrouvai coincé entre un fermier qui revenait (ou allait) au marché vendre ses poules, et un homme (du moins je crois) qui continua sa nuit sur moi…
KA Kalkan Regular ·
merci, envoie vite la suite, c'est délicieux à lire [;)]
"tujoh gunong sembilan lautan sept montagnes , neuf mers kalau ta-mati sahaya turutkan si je ne meurs , j'explorerai " pantoun
PO Pondy Veteran ·
Je ne comprends pas pourquoi tu as choisi le quartier Grashiag en te référant à ton guide. Il suffisait de marcher dans la rue Dubrovnack pleine d'affichettes te proposant le logement chez l'habitant. C'est spartiate mais authentique. Pour quelques levols tu as une carpette et une tinette dans la cour. Dans ce pays les gens ont le sens de l'hospitalité. Pourquoi n'as-tu pas mis ton sac à dos dans le bus, en poussant les poules, il n'y aurait eu aucun problème ? Tu as dû craindre de le perdre, les bus locaux n'ayant pas de galerie. J'attends la suite avec impatience.
SA Sadim Regular ·
Sur le plan, Grashiag semblait non seulement proche de l’aéroport (qui n’est en fait qu’un grand hangar) mais en plus quasiment tout droit. Quelle erreur ! Ici rien n’est tout droit ! Il semble que cette notion soit une invention qui n’a jamais passé les frontières de ce pays. Les rues sont en travaux, à sens unique (ce qui veut dire qu’il y a des véhicules dans les deux sens mais que le bus fonce dessus de plein droit), et une foule continue qui entoure le bus de toutes parts. Cette ville ressemble à un musée de l’ère soviétique (jeu de mot!). Les bâtiments officiels sortent tout droit de Tintin au pays de Soviets. Ils sont délabrés mais semblent être encore en activité. Heureusement que la foule est là pour habiller ce gris de couleurs. Après une bonne heure d’un voyage chaotique, j’arrive enfin à destination. Mes bagages sont « délicatement » jetés sur le trottoir et le bus repart dans un nuage de fumée. Je cherche frénétiquement dans mon guide le nom de mon hôtel. Il s’agit du « International Majestic ». Les sidisthanais sont gentils et serviables. Peut-être même un peu trop quand il s’agit de vous aider à trouver votre chemin. Si j’avais suivi leurs conseils, je pense que je serais encore à cet arrêt de car. Finalement, je décide de trouver moi-même cet hôtel. Je suis passé devant à deux reprises sans même m’en apercevoir. Il faut dire qu’il n’avait d’hôtel que le nom et de majestic que l’ambition. (C’est pas mal ça, non ?)

majestic.hotel@damly.com
SA Sadim Regular ·
Je ne savais pas pour la Dubrovnack street. A mon retour j'y penserai. Effectivement il n'y a pas de galerie sur les bus, mais ils collent des grandes bandes sur les sacs et cela adhère (plus ou moins) sur le toit de bus. Par contre je suis tout à fait d'acord quant à l'hospitalité de ce peuple, fier mais accueillant.

Pour le prix, j'ai payé 250 levols la chambre. Tu crois que c'était trop cher?
PO Pondy Veteran ·
Non, 250 levols pour l'international majesctic, même piteux comme tu l'as constaté, c'est un prix-touriste normal. Pour le retour je te donne l'adresse d'un ami : 438A rue Dubrovnack. Tu donnes 30 levols, c'est tout bon et tu lui offres une bière "kingmeet" en allant au petit bistrot derrière la mosquée. Tu auras une expérience inoubliable.... On te sert la bière dans une sorte de samovar pour que chacun ignore que tu bois de l'alcool (personne n'est dupe) et il y a un léger parfum d'interdit savoureux !!

Dom.
FA Fabricia Globetrotter ·
Quel beau voyage... Authentique, inoubliable, à faire rêver tous ceux qui n'ont pas eu la chance d'aller au Sidisthan !
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
SA Sadim Regular ·
J'ai entendu parlé de ce subterfuge. D'ailleurs une chanson d'ici en parle. "Vous qui passez samovar..." Je crois qu'il faut aussi montrer un peu de tolérance vis-à-vis des coutumes locales. J'en reparlerai d'ailleurs quand j'en serai aux repas. Je n'ai rien contre les habitudes alimentaires, mais je ne me suis jamais fait au chien des prairies bouilli. Bouilli! Tu te rends compte! Alors qu'en civet, je ne dis pas... Mais j'en dirai plus le moment venu.
SA Sadim Regular ·
A la réception, une charmante femme me demande par gestes combien de temps je compte rester. Vu le palace, je décide de revoir mon séjour à la baisse. Elle me donne les clefs et m’indique avec la main une vague direction au fond de la cour. Je me dirige donc vers ma chambre dans laquelle j’ai bien l’intention de me reposer un peu. J’arrive devant une porte à l’improbable numéro peint en lettres écarlates (cela ne veut rien dire mais ça sonne bien). J’introduis la clef et la tourne. Rien ne se passe. J’essaie encore et encore mais la porte refuse obstinément de s’ouvrir. Je retourne donc à la réception et essaie de traduire (mon sidisthanais étant réduit à quelques phrases indispensables : moi vouloir manger / boire / dormir, au secours on m’assassine, un thé avec un nuage de lait s’il vous plaît…) mon incapacité à ouvrir la porte. La jeune femme tente alors de m’expliquer le mécanisme physique élémentaire qui devrait permettre à la dite porte de faire son travail, à savoir me permettre d’entrer dans ma chambre. Devant mon air ahuri, elle décide de prendre les choses en main (c’est une expression !) et passe devant moi avec un sourire aux lèvres. Elle pense, j’en suis sûr, « Et dire qu’ils se prennent pour les maîtres du monde ! ». Arrivés devant la porte récalcitrante, elle me prend la clef des mains, l’introduit dans la serrure et la tourne tout en donnant un coup d’épaule à faire rougir d’envie un demi de mêlée toulousain. Miracle, la porte s’ouvre. Elle me tend les clefs avec un sourire mi narquois mi raisin.
SA Sadim Regular ·
Je m'écroule donc sur le lit. Je dois avouer que la propreté n'est pas alors ma préoccupation immédiate. Je veux juste dormir un peu. J'ai le dos en compote. Je ferme les yeux et m'endors. C'est une drôle d'impression qui me réveille. Comme si on me regardait. D'ailleurs on me regarde. La porte de ma chambre est grande ouverte (j'ai commis la grave erreur de ne pas la fermer à clef mais j'ai eu peur de ne pouvoir la rouvrir) et dans l'encadrement trois paires d'yeux me regardent dormir. (Je vais devoir m'absenter quelques instants, j'ai une kingmeet sur le feu... De toute façon, je trouve que cela laisse un bon suspense dans l'air)
CA CatherineGil Globetrotter ·
Une remarque, je ne suis jamais allé au Sidisthan, cependant, je me suis laissé dire par un voyageur confirmé à moins que je ne l'ai lu sur ce forum, qu'on reconnaît si un paysan va ou revient du marché vendre ses poules à la présence à ses coté des dits volatiles. Sinon une autre question peut se poser au voyageur curieux des usages locaux : est-ce que cet homme ne serait pas allé acheter des poules au marché ? question qui bien entendu change absolument tout quant aux habitudes et aux comportements des indigènes, tu le comprends bien.

Mais je vois à la lectures des nombreux post, que les fidèles intervenants du forum se posent de nombreuses questions sur cette contrée méconnue, tandis que Pondy, reprenant le clavier pour l'occasion, en profite pour divulguer des renseignements aux amateurs pour le cas où ton récit, servi par une écriture vivante, colorée bien que sans concession, donnerait l'envie à certains voyageurs, de se lancer à leur tour dans l'aventure.
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
CH Choucarde Globetrotter ·
Salut

Moi aussi j'attends la suite...
Choucarde
PO Pondy Veteran ·
Que veux-tu Catherine, je ne peux m'empêcher d'intervenir, le Sidisthan étant un pays si méconnu. Moins couru que l'Iran, plus secret que le Bhoutan, tout proche du Bidulostan il gagne à être visité. Nous avons la chance de pouvoir lire un carnet riche en anecdotes et j'aime à penser que les membres du forum pourront choisir cette destination après ce témoignage passionnant qui nous est offert

Dom.
SA Sadim Regular ·
Je te remercie de ces remarques pertinentes. Je ne suis pas (hélàs) un spécialiste du Sidisthan mais je crois savoir que la peur de la grippe aviaire est passée par là aussi. Il se peut que ce brave paysan soit allé au marché (avec ses gallinacés) ou en soit revenu (toujours avec) n'ayant pu les vendre. Je n'ai pu lire dans son regard le moindre indice pouvant m'éclairer. Si jamais je le revois d'ici mon départ (car je suis encore dans ce pays vous vous en doutez) je lui demanderai! Je sais que Pondy a des relations fortes dans ce maginfique pays et je la laisse répondre aux VFistes avides de renseignements culturels ou artistiques. Je ne suis qu'un étranger ici et mon regard candide ne peut quevvous transmettre de modestes impressions. Slimaniritch! Comme on dit ici!
PA Pataugas Veteran ·
Je viens de trouver sur le net que l'emblème du Sidisthan est le cyprès. Voilà une info factuelle!
"le silence des pantoufles est plus terrifiant que le bruit des bottes"
SA Sadim Regular ·
"Offert" ? Tu t'avances un peu vite chère Pondy...
ML Mldiane57 Veteran ·
Moi aussi j'attend la suite. En passant, vous écrivez bien et c'est un bonheur à lire.
PO Pondy Veteran ·
Bien vu Pataugas. Ce peuple a gardé l'emblème du cyprès et ce n'est pas anodin. Au XVe siècle l'empereur Vladimir, a eu conscience d'être siloin de tout qu'il a decidé que le cyprès vert et or deviendrait emblème de l'empire.

Dom.
FA Fabricia Globetrotter ·
Le cyprès, emblème du Sidisthan ? Je me permets d'émettre un doute : si l'on se réfère aux pays voisins, ce pourrait être le "pays" (sthan) des "seigneurs" (sidi)... et dans ce dernier cas, l'emblème serait un croissant de lune étoilé blanc sur fond émeraude...

Qu'en pensez-vous ?
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
SA Sadim Regular ·
Je reprends donc… Devant moi trois paires d’yeux, soit environ six, m’observent en silence. Ils appartiennent à trois (ouf !) indigènes qui me fixent sans gène aucune. Car si le sidisthanais est fier, accueillant il est aussi sans gène, c’est connu. La curiosité n’est pas un vilain défaut ici. Je suis certainement l’un des rares occidentaux à être passé par cet hôtel depuis longtemps. Alors, tout naturellement, ils sont venus voir la bête. Je ne me sens pas très à l’aise. Mais au bout d’un moment, ils éclatent de rire et partent sans dire un mot. De toute façon, je n’aurais rien compris. Bien réveillé, je décide d’aller manger un morceau. Il est vrai que mon dernier repas date de l’avion et a été plutôt « light ». Je sors donc dans la rue et m’en vais chercher un restaurant. Si ce pays manque d’une chose, ce ne sont pas les restaurants ! Il y en a à chaque coin de rues. Et comme cette ville est pleine de rues… J’en choisi un au hasard. Heureux choix, je tombe certainement dans le seul restaurant tenu par un local ayant des bases de français. Il m’explique qu’il a une sœur ayant fait ses études à Amnéville-les-Thermes et qui en est revenue drôlement cultivée. Je dois avouer que ce destin me semble plus que douteux mais je fais mine d’y croire. Je préfère ne pas vexer cet homme en mettant sa parole en doute. Quoi qu’il en soit, il parle (plus ou moins) français avec un très bel accent lorrain. Il me propose alors de me faire un repas typiquement sidisthanais comprenant le plat national, le flamichja. Ce n’est qu’après en avoir repris deux fois, que je lui demandai (plus par politesse qu’autre chose) qu’était ce flamchja. Comment peut-on faire bouillir ces gentils animaux que sont les chiens de prairie ? Pour faire passer cette nourriture, nourrissante au demeurant, je dus vider une bouteille de Kingmeet, la bière locale. Ceci dit, je les préfère rôtis, c’est plus goûteux.
SA Sadim Regular ·
Je ne peux départager l'honorable aréopage de si éminents voyageurs et néanmoins spécialistes de l'héraldique sidisthanaise. Là où je suis maintenant, à environ 430 km à l'ouest de Trugzhu, il n'y a aucun drapeau ni emblème. J'en suis navré. Mais je veux bien me renseigner à l'office du tourisme.
PO Pondy Veteran ·
Fabricia, ta proposition est séduisante et parfaitement démontrée mais je puis t'assurer qu'historiquement il s'agit bien du cyprès.

La devise inscrite sous l'emblème est même d'origine latine : "ex falso sequitur quodlibet" traduction : du faux découle ce que l'on veut

Dom.
SA Sadim Regular ·
Je vais devoir bientôt rentrer dans mon habitation locale. Je me suis levé très tard, et je veux passer une soirée avec mes hôtes. Ils se nomment eux-mêmes les « morsos ». J’ignore la signification de ce terme. Mais ils en sont fiers, ils se disent les seuls vrais « morsos » du pays ! Là aussi je préfère ne pas entrer les détails. Ce que je sais en revanche, c’est que ce peuple est d’une gentillesse incroyable. Les tentes d’ici me rappellent beaucoup celles de la Mongolie. C’est très beau et très spacieux.

Je dois vous laisser mais en dessert je vais prendre une yourte avec des vrais morsos dedans. (Oui, je sais, tout ça pour en arriver là)

A demain pour la suite de cet extraordinaire carnet de voyage...
FA Fabricia Globetrotter ·
Chère Pondy, tu m'as convaincue (c'était pas très difficile [;)]) ! Il n'empêche que je me hâte d'enregistrer tout ce qui précède par crainte de ne point connaître la suite de ce carnet de voyage si original.

Bravo à toi, Sadim, infatigable conteur ! Quel estomac...
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
PO Pondy Veteran ·
Je vais faire derechef la même chose car nous savons tous que la kingmeet oblige à la modération

Dom.
IZ Izanora Regular ·
trés intéréssant le sidistan...en tant que pays terminant en "an" comme l'iran, le pakistan, l'afhanistan...le sidistan fait il parler de l'axe du mal ? je me suis renseignée sur internet le cypres était l'embleme du pays du temps des sovietiques, mais aujourd'hui effectivement c'est un lune avec une petite étoile... quelle bonne idée ce journal en direct du mytomistan ( région englobant le siditan, le bidulistan et le paranomistan)...
"La liberté de la graine réside dans l'accomplissement de sa nature qui est de devenir un arbre" Rabindranath Tagora
IL Illusion Regular ·
tres interessante démarche [:)] bravo Sadim pour cette belle originalité et cette belle ecriture...
CA CatherineGil Globetrotter ·
A ce propos, s'agit-il d'une indiscrétion ou tout simplement d'une intox ?( chacun sait à quel point la graine de cyprès peut être létale ) je me suis laissé dire par un proche de notre grand reporter au Sidistan, qu'il tenterait demain une plongée en apnée dans une mare d'environ 40 centimètres de profondeur moyenne. Imaginez l'exploit ! Aussi, je propose à l'assemblée des intervenants éblouis de décerner à notre correspondant du pays du "Cyprès Roi portant en son sommet Croissant de Lune sur fond d'or" la palme d'or de canne à l'issue de cette épreuve si réellement elle avait lieu .

Cependant, cette délicate question de volatiles où le palmipède le dispute au gallinacé, me ramène inexorablement à mon questionnement initial : l'élevage intensif des gallinacés au Sidistan. En effet, la Poule Rousse ayant été introduite au Sidistan à l'époque ancienne du tsar Piroot le Fou au IX° siècle, il est devenu une véritable industrie indigène ( je rappelle aux âmes sensibles qui éprouvent autant de difficultés à utiliser ce mot que l'adjectif Nègre, qu'indigène est synonyme d'autochtone pas d'indigent, ni d'indigne ) Industrie à l'origine d'un commerce intensif de transport de nids de poules, transport qui peut s'avérer extrêmement dangereux tel qu'en témoigne un routard dans l'un de ses carnets rédigé d'un seul doigt alors qu'il se remettait de ses nombreuses blessures sur son lit d'hôpital. Notre homme était sur le bord de la route, assis sur son sac Quechua, indiquant d'un index réservé mais néanmoins décidé la direction vers laquelle il voulait aller, lorsqu'un énorme truck caca d'oie, spécialisé dans le transport du nid de poule, s'arrêtât à sa hauteur. Bien qu'ayant remarqué que le camion, bien trop chargé, avait un de ces nids qui dépassait à l'arrière et parce que le soleil disparaissait sous l'horizon rougeoyante de l'immense steppe verdoyante où l'herbe ondulait telle une mer de graminées inconnues, il se hissa dans la cabine. le Chauffeur, un natif moustachu, lui souhaita la bienvenue dans le dialecte local et redémarra plein d'entrain . Il voulait lui aussi rejoindre dans les plus brefs délais son campement vaste et blanc si proche par son aspect, des yourtes lointaines, lorsque tout à coup un bruit cataclysmique se fit entendre à l'arrière. " @#K§%*¥ ! c'est ce %£^¨& de nid de poule qui dépassait à l'arrière qui est tombé " s'exclama le chauffeur ! Aussitôt, d'un geste mâle et héroïque avec un tel engin et un tel chargement, le voilà qui enclenche la marche arrière et qui recule à fond la caisse lorsque..... patratac...... il tombe, camion et corps et bien dans le nid de poule qu'il venait de perdre et n'avait pas aperçu. Là, black-out complet pour notre routard qui ne se souvient plus de rien si ce n'est de son réveil sur son lit de douleurs.

Souhaitons qu'un destin moins cruel n'éprouve notre cher intervenant au Sidistan et qu'il pourra dans la pleine possession de ses moyens venir recevoir la palme d'or de canne que, je n'en doutes pas un instant, vous vous ferrez une joie de lui remettre lors d'une grande cérémonie, rassemblant tous les VFistes du monde entier se donnant la main en chantant ses louanges et les louanges de tous ceux qui, se sacrifiant pour notre plus grand bonheur, partent aux quatre coins du monde, toujours prêts à nous conter leurs épreuves et leurs souffrances.
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
SY Sylvie57 Regular ·
Tu as osé !!!!

(mais ça vaut cent fois le verbiage d'un "capitaine Troy" [;)])
YA Yangguizi Globetrotter ·
Je ne suis jamais allé au Sidisthan, mais je dois avouer que c'est un pays qui me tente bien, et ta plume ne fait que donner des ailes à cette envie (puisqu'on est dans les phrases qui ne veulent rien dire, autant se lacher...)

J'ai d'ailleurs déjà parcouru le Routôt et le Crowded Planet sur ce pays (ou plutôt les quelques pages consacrées à ce pays dans les éditions sur cette partie du Monde) et y ai lu tout un tas d'anecdotes passionnantes sur ce qui peut attendre les voyageurs là-bas.

Puisque tu es sur place, tu pourras sûrement me dire ce que tu en penses. Est-il exact, par exemple, qu'il faut parfois payer le chauffeur du bus - en plus du prix normal du ticket - pour qu'il consente à s'arrêter là où tu veux? Est-il aussi exact qu'il faut faire chaque soir un rapport au commissariat de police du quartier où tu dors, pour leur dire exactement et dans les détails ce que tu vas faire le lendemain? Je trouve ça fou, je n'ai jamais entendu parler d'histoires comme ça dans un autre pays.
PO Pondy Veteran ·
Incroyable cette histoire de nids de poules, j'en connaissais les dangers en terme de transport, mais à ce point.... Peut-être que ce brave homme devrait se limiter au transport de nids d'hirondelles!!, s'il vit toujours au Sidisthan...

Dom.

PS : la culture de canne étant inconnue dans le pays de notre voyageur, il me semble difficile de lui offrir des palmes, laisse-le avancer dans son périple et peut-être en trouvera -t-il un champ ? le progrès avance et depuis mon dernier voyage là-bas, il est possible que les paysans aient vu l'arrivée des fournisseurs d'ogn!!
SA Sadim Regular ·
Bonjour à tous!

Je ne vais pas pouvoir rester longtemps car je dois passer au commissariat. Pour répondre à notre ami de Shanghaï, il est vrai que les étrangers doivent se présenter tous les matins au poste de police pour y déclarer leur emploi du temps du lendemain. Cette déclaration a pour objectif officiel de protéger les dites personnes mais officieusement c'est pour les surveiller. Je vous livre donc la déclaration que je vais faire de ce pas:

mercredi 31 mai: 7h30 réveillé par le bruit dun véhicule passant au ras de la yourte 8h30 petit déjeuner traditionnel: lait de poule (il y a un élevage de nids juste à côté NdA), bouillon de chien de prairie 9h00 promenade à cheval, chute vers 10h15 12h00 repas au camp, légère brûlure au majeur droit (sans gravité, je vous rassure) 14h00 sieste méritée 15h00 visite de l'usine d'idées révolutionnaires (ils pensent en exporter une chez nous) 17h00 retour au camp en bus ( à ce propos, il est vrai qu'il est de tradition de donner un petit quelque chose au chauffeur pour qu'il s'arrête, sinon, vous devez sauter en route. Les autochtones le font avec allégresse, moi moins!) 19h00 dispute avec le sale gamin de la famille morso qui veut tricher au jeu de plotiz, grand jeu national (je vous dirai les règles ultérieurement) 21h00, le soleil se couche (on doit absolumlent signaler ce fait tous les jours sous peine d'amende!)

Je vous laisse, je file au poste. Je reviendrai dans la journée si je ne suis pas arrêté!

Dernier touriste de la FRAM n'ayant pas déclaré le coucher de soleil, pourtant prévu!
PO Pondy Veteran ·
Ouh! les conditions de détention sont vraiment difficiles! la photo fait mal!![:/]
SA Sadim Regular ·
Oui j'ai osé car rien bâillonnera la voix de ma conscience. Même pas ce capitaine Troy dont j'ai trouvé la photo dans les archives de l'Armée Révolutionnaire Sidisthanaise.

Il ne faut pas oublier les pages sanglantes de l'indépendance de ce peuple face aux colons gerbatiens. Honte à la Gerbatie! Désolé, je ne peux aller plus loin, l'émotion me gagne.
SA Sadim Regular ·
Me voici de retour après ma visite au commissariat du coin. En fait, c’est une grande tente avec des barreaux en toile aux ouvertures.

Après mon court séjour à Damly, je décide de partir à Trugzhu en passant par Rigaï. Je sais ce n’est pas le plus court mais comment rater ce joyau de la civilisation antique sidisthanaise ? Je demande donc à l’hôtel de me préparer un panier repas. Je saute dans le premier bus en partance pour Rigaï. Je fais attention de ne pas me faire mal comme cela arrive parfois avec ce type d’engin. Cette fois j’ai compris et je prends avec moi mon sac à dos. Heureusement, le chauffeur refuse de transporter un grand paquet de nids de poule au grand soulagement des voyageurs. Je profite de ces instants de relative paix pour observer mes compagnons de voyage. Il y a les éternels paysans revenant ou allant au marché (je ne sais jamais), les mères de famille avec leurs enfants sur les genoux, les jeunes hommes fanfaronnant pour les yeux d’une jolie fille, des religieux qui refusent de payer leur place (si, si, ici aussi !). Un étonnant spécimen de la population. Vers midi, nous faisons halte pour déjeuner. Nul restaurant à l’horizon, il est de coutume d’apporter son repas avec soi. C’est ce que j’ai fait et j’en suis heureux. Mon bonheur est de courte durée quand j’ouvre le paquet préparé par l’hôtel. Du flamichja ! Froid, cela est encore plus difficile à avaler. Mais je ne vais pas jouer au voyageur se sacrifiant pour votre plus grand bonheur, parti aux quatre coins du monde, toujours prêt à vous conter mes épreuves et mes souffrances. (sic) Donc je mange ce plat en espérant que je vais pouvoir arriver à destination avant le dîner…
SA Sadim Regular ·
Le voyage se continue donc sans incident majeur. Le car s'arrête parfois en pleine campagne pour faire descendre les riches voyageurs, tandis que les plus pauvres sautent en marche. Ayant prévu cet inconvénient, j’ai donné quelques piécettes au chauffeur qui s’arrête là où je veux descendre, un luxe ici. Je suis enfin arrivé à Rigaï. Je cherche un hébergement dans lequel je puisse passer la nuit. D’ailleurs ça tombe bien, c’est une spécialité d’ici. (Les hébergements qui hébergent). Une petite chambre fait mon affaire. J’ai appris depuis mon arrivée à me contenter de peu de confort, un lit, un puits pour ma toilette, un bol de flamichja, une bouteille de Kingmeet et je suis heureux. Je suis allongé sur mon lit, les yeux fermés quand un grand bruit retentit à l’extérieur. La nuit était tombée. Je ne peux résister à la tentation et je sors pour déambuler dans les quartiers de cette ville-monument. Je m’enfonce dans les méandres des ruelles sombres et poussiéreuses de la vieille ville. Autour de moi rôde une faune interlope. Des ombres drapées de leur seule dignité planent dans cet univers dantesque. (Ceci était mon paragraphe littéraire de la journée. Ne cherchez pas hier, il n’y en a pas eu !) Je débouche une bouteille de bière et sur les ruines des arènes romaines en ruines. Devant moi se dresse une esplanade où jadis sont morts tant d’hommes. Un frisson me parcourt. Je sais que de nos jours il est utilisé comme place de marché. La vie y a repris ses droits. Un sourire se dessine sur mes lèvres gercées (j’ai toujours eu les lèvres gercées). Je retourne doucement à l’hôtel la tête pleine de rêves de combats antiques et de poux (attrapés dans le bus).

Arènes de Rigaï

Je sais que la présence de ces ruines est à l'origine de débats houleux au sein des hautes sphères archéologiques mondiales, mais tout ce que je sais, c'est qu'elles sont là et bien là. La preuve, j'y suis. Si c'est pas une preuve ça!
SA Sadim Regular ·
Avant:

Après:

Recette sur demande sur chiendeprairie@damly.com
SA Sadim Regular ·
Après une nuit réparatrice, je passe la journée à flâner dans les ruines de Rigaï. Je ne vais pas vous assommer avec les descriptions de ces vestiges, n’importe quel guide de voyage le fera aussi bien que moi. Il y a une chose dont je me suis rendu compte, c’est qu’elles étaient vieilles et toutes cassées. C’est dommage, ce serait plus joli neuf. Dès le lendemain, je repars pour Trugzhu à l’arrière d’un camion qui amène du sable jusqu’au désert. Sale boulot mais efficace, le désert en est déjà rempli. Hélas pour moi, je dois descendre en chemin, le camion n’allant pas jusqu’au bout de ma route. Je me trouve donc en ce moment à environ 430 km à l’ouest et à vol de cormoran de ma destination. Pour l’instant je suis l’hôte d’une famille morso. Je vis avec eux et je crois que je vais rester là encore un moment. Je me demande encore comment il peut y avoir un cyber-yourte en plein désert. C’est ça l’Asie ! Je vais donc cesser là ce carnet de voyage au Sidisthan mais peut-être le reprendrai-je lors de mon départ d’ici. Slimaniritch à tous!

Puissent ces quelques lignes vous avoir apporté un peu de gaité dans votre journée. Cela justifierait amplement leur existence.
PO Pondy Veteran ·
Je crois que tu es un tantinet délicat à te plaindre sans cesse au sujet du flamichja. Ce brouet froid ou chaud est quand même hyperproteïné et fait le régal des papilles sidisthanaises. Quand on choisit une destination, on tente de s'adapter aux coutumes élémentaires, euh... alimentaires n'est-ce-pas ?

Tu as donc découvert les superbes arènes de Rigaïl, que n'as-tu attendu la tombée de la nuit!! tu aurais pu assister aux combats de chiens de prairies clandestins. Si tu y repasses sur le chemin du retour n'hésites pas. Après la mise à mort, tu peux récupérer la bête et l'hotelier te fera une flamichja du tonnerre sans ce goût de faisandé qui semble te déplaire
PA Pataugas Veteran ·
Cela m'arrange bien que tu y sois, tu vas pouvoir m'aider: J'ai une réservation qui attend d'être confirmée mais j'hésite, n'étant pas sûre de trouver de l'eau minérale dans le mini-bar de la yourte. Peux-tu me dire ce qu'il en est? Pour les supermarchés, crois-tu nécessaire que j'emporte de la crème à bronzer ou vais-je en trouver sur place? Par ailleurs, une amie me dit qu'à son dernier séjour elle avait beaucoup sympathisé avec l'animateur, un grand brun au charmant sourire. (mdr) Est-il toujours là-bas? (lol) Sinon, après un stage de construction d'une yourte à Ici-les-Ouailles, j'avais aussi envisagé de faire un voyage humanitaire pour apprendre aux Sidisthaniais les techniques ancestrales de construction de yourtes. J'ai l'impression que je serai utile là-bas-où-tu-es. Merci de me donner tous tes bons plans!

il y a plus de grandeur dans la sagesse que de grandeur dans la sagesse
"le silence des pantoufles est plus terrifiant que le bruit des bottes"

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