Bonjour,
La société malgache s'est durcie depuis 2OO2 où les deux candidats à la présidence avaient revendiqué la victoire avec les soubresauts que l'on connait et les premiers trafics d'armes.
L'exemple dévastateur de Ratsiraka donnant l'ordre de dynamiter certains ponts et infrastructures d'état a donné le coup d'envoi d'un sentiment devenu, aujourd'hui, général qu'il n'y a plus de domaine préservé puisque les maigres biens publics peuvent être pillés en toute impunité.
L'insécurité est devenue une composante de vie du quotidien malgache où chacun essaie de se protéger comme il le peut avec les moyens du bord ( explosion de la fabrique artisanale d'armes de poing) sans que personne au sommet de l'état ait quelque chose à redire.
L'impunité des plus hauts dignitaires incite les plus modestes à s'engager sur cette voie nouvelle, synonyme d'une vie meilleure même si elle sera à très court terme.
Ce qui a changé, c'est le coeur de la société qui ne veut voir dans le vahaza que le responsable principal de sa condition souvent misérable tout en faisant la distinction avec le touriste "sac à dos", accusé sans preuve, lui, de vivre à ses dépens ?
Mais rien, pas une critique à l'égard des nantis de cette société sans limite, inégalitaire au possible, puisque le bouc-émissaire a été désigné d'office à la vindicte populaire sans aucune analyse et preuve mais accuser l'extérieur de tous ses malheurs est une vieille recette de tous les démagogues sans frontières .
Le sentiment anti-français ne date pas d'hier mais il a pris, aujourd'hui, une autre ampleur passant du stade des non-dits à celui de la réalité parce que l'on ne pardonne plus les tracasseries de notre ambassade pour obtenir un visa de Schengen, ni l'opulence financière imaginaire des touristes plumés avec plus au moins de consentement , ni l'accaparement jugé outrancier des femmes de ce pays !
C'est vrai, qu'hier, c'était de mauvais ton de signaler simplement que le vent commençait à tourner mais aujourd'hui, il est difficile de faire l'impasse sur tous ces faits divers qui minent le quotidien des locaux avec un internet révélateur des comportements beaucoup moins amicaux avec les visiteurs, des images insoutenables prises et qui ont fait le tour du web .
Mais, à qui la faute ? je persiste à dire qu'il ne faudrait pas se tromper sur la responsabilité des uns au profit d'une compassion systématique, à sens unique.
La réponse est oui. Mais quelle était la question ?
Woody Allen