Bon, je ne sais pas trop de quoi tu veux parler au juste, je vais essayer de répondre...
Mes parents sont tous deux français, mes grands-parents, aussi, mais mes arrières-grands-parents maternels étaient grec et italiens. Ca remonte à loin, mais ce sentiment "d'appartenance" s'est perpétué jusqu'à moi, va savoir pourquoi. Je ne me considère pas comme "Grecque" ni "Italienne" (enfin Sicilienne, car mes ancêtres italiens venaient en fait de Sicile), mais pour moi cette culture, ou l'idée que je m'en fais, quelques traits de mentalité, font encore partie de moi. Et lorsque j'ai mis le pied en Grèce pour la première et la deuxième fois, j'en avais des larmes d'émotion. Ma mère nous a bercés à coup de Dalaras, et étant petite j'écoutais de vieilles cassettes de chants des Pouilles. J'ai donc décidé d'apprendre l'italien, mais aussi et surtout le grec (car c'est au côté grec que je suis le plus attachée).
Ce qui ne m'empêche pas, par ailleurs, d'être Bretonne jusqu'au bout des ongles, bien que les derniers à avoir vécu en Bretagne dans ma famille, sont mes arrières-grands-parents paternels. Mais mon père, banlieusard à la base, a convaincu ma mère d'aller s'y installer.
Moi aussi, ce truc d'identité me travaille, surtout que je ne connais pas bien l'histoire de ma famille, à part ce que me racontait mon arrière-grand-mère grecque... et d'ailleurs c'était une histoire comme dans la mythologie, avec plein de tragédies et de fils maudits...
Comment je vis mon identité: étant Bretonne militante, mon identité est intimement liée à la lutte pour la survie d'une culture. C'est très ancré. J'ai une identité de minorité. Je dis ça, car lorsque je rencontre d'autres personnes qui ont ce même type d'identité (Kabyles d'Algérie, Berbères du Maroc, Kurdes, Basques...), nous nous sentons tout de suite très proches, nous nous sommes construits de la même façon. mais étant descendante de familles d'immigrés, j'ai au fond de moi, ce besoin d'aller voir là-bas, d'où je viens, et qui étaient ces gens. Parfois, on cherche à comprendre son caractère, en cherchant chez les ancêtres. On cherche à expliquer ses propres actes. Je ne sais pas si c'est possible, dans le fond.
Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque