Je suis rentré depuis un an, juste après l'incursion des rebelles du Darfour à Omdurman, où je me trouvais et où je suis resté cloitré pendant quatre jours à cause du couvre feu total. C'était une situation très exceptionnelle, et malgré les coups de feu dans les rues voisines, malgré mon absence d'héroisme, je ne me suis pas senti en danger. Une balle perdue était bien sûr possible, mais très peu probable. Et les tirs n'étaient pas très intenses.
Vu que les rebelles venaient du Tchad en colonne de 4X4 très probablement payés par notre gouvernement (français), je me disais Belge par prudence, . Mais jamais jamais je n'ai ressenti d'aggressivité de la part des Soudanais qui me savaient Français ni de la population.
Depuis, les positions hostiles voire aggressives du gouvernement français se sont confirmées. Je pense toutefois que ça n'a pas changé l'attitude accueillante des Soudanais. Je suis les communiqués de l'Ambassade et il n'y a que des conseils recommandant d'éviter le parcours des manifestation à Khartoum lorsqu'il y en a.
Je suis prêt à y repartir, et il n'est pas exclu que je le fasse. La probabilté d'être victime de violence au Soudan est sans doute moindre qu'à New York, mais elle n'est pas nulle, et ce que je dis n'engage que moi.
Pour ce qui est de ton parcours depuis l'Ouganda, comme je bossais, je ne peux guère te répondre. Le voyage de Khartoum à Assouan est possible et assez facile: bus longue distance, taxis brousse et bateau sur le lac Nasser. Je pense que voyager en touriste n'est pas facile au Sud. Il y aurait des bandes armées incontrôlées.
Mais à partir de Khartoum, la situation était "normale". Dans la zone Nord on circulait normalement. J'ai souvent dû obtenir un permis de voyage avant de prendre le bus, dans les gares routières assez importantes pour qu'il y ait un poste de police . Cela consistait à montrer son passeport à un policier, qui en recopiait les données sur ce qui était disponible (cela allait du registre officiel au bout de papier arraché à un carnet). Pour aller dans le Sud depuis Khartoum, il fallait l'an dernier un permis plus compliqué à obtenir et pas forcément accordé.
Se promener en ville le soir ? Pas grand chose à faire le soir. Mon seul problème était de trouver un bus pour rentrer.
Il n'existe à ma connaissance qu'un guide en anglais pour le Soudan. SUDAN The Bradt travel guide. Il est très bon.
J'ai voyagé aussi en Jordanie à plusieurs années d'intervalle et j'ai eu le même sentiment de sécurité complète. Mais en Jordanie on y chasse le touriste pour lui vendre quelquechose, et pas au Soudan.
Les règles à respecter : je dirai qu'elles sont vestimentaires et surtout pour les femmes : pas de bras nus, ni de jambes. Etre vêtue jusqu'aux chevilles. D'ailleurs ça protège du soleil. Je ne me suis jamais mis en short. Je me suis baigné en Mer Rouge avec un ami soudanais qui était resté habillé. Ce qui nous paraît normal est très osé là-bas. Une femme bras ou jambes nus envoie à son insu des messages dont elle ignore le sens et qui peuvent l'exposer à des déagréments, dont le moindre serait des remarques désobligeantes et plus ou moins xenophobes, plutôt qu'un harcélement comme dans des pays comme le Maroc. Pas besoin de voile -il y a une minorité chrétienne qui circule sans voile et sans problème, mais rarement en jean moulant...
Bon voyage !
Rien n'est jamais acquis a l'homme, ni sa force ni sa faiblesse, ni son coeur>> (Aragon)