Voyager en 4x4 sans guide en Bolivie
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OL
Bonjour à tous, Nous revenons, mon épouse et moi, d'un voyage de 5 semaines en Bolivie. Arrivée à Lima, 4 jours à Arequipa, étonnante étape gastronomique. Puis vol Lima-La Paz. Avons loué un Nissan Patrol chez un suisse établi à La Paz depuis 30 ans, deux sièges à l'avant et une couchette à l'arrière, au cas où. Cassons tout de suite un mythe, celui de la dangerosité de parcourir le pays dans sa voiture, seul avec sa propre capacité de conduite et son bon sens, véhiculé par les guides de voyages et les ambassades. Seule précaution, bien se renseigner sur les mouvements sociaux en cours, qui provoquent des blocages de routes et peuvent vous immobiliser un temps indéterminé. Sinon, le peuple est gentil, presque indifférent à votre qualité d'européen. Où que vous alliez et quelque soit le renseignement ou l'aide que vous sollicitez, vous serez toujours reçu avec une bienveillante apathie. Sur la route, vous ne rencontrerez pas de courtoisie excessive, les gens sont pauvres et rudes. Policiers et militaires (en nombre restreints pour ces derniers) sont polis et serviables. Les routes goudronnées sont belles, les chemins en général praticables. Notre Nissan était impeccable, à la suisse. V6 de 4L, 18 litres aux 100, réservoir de 85L, réservoir de toit de 120L plus un jerrican de 40L sur la galerie ; 2 roues de secours. 2000€ les 15 jours. Essence à 40ctms d'€, fournie par le Venezuela, de très mauvaise qualité. Le mois de Février est le pire, au niveau météo, pour visiter le pays, septembre sans doute le meilleur. Mais très peu de monde, question de choix. Le salar d'Uyuni était inondé, et la route Quetenas-Tupiza impraticable. Dommage. Avons fait le Sajama, majestueux, puis le salar d'Uyuni par Irija. C'est l'entrée Nord, le seule valable, les entrées Est par Colchani et Uyuni sont à vomir. A Irija, dormir chez Dona Lupe (en phonétique : donia loupé). Pas de sourire, mais elle vous donne tout. Avons parcouru le sud lipez en long et en large, un enchaînement étourdissant de geysers et de laguna, de montagnes aux reflets magiques et de pampa hyper roulante. Durant notre périple, nous avons roulé 2 jours de suite sans croiser âme qui vive, excepté les lamas et les autruches. Il faut remonter le sud lipez par la route de l'est, direction Quetenas, en partant de laguna verde. Aucun guide ne la propose, alors que c'est de loin le coin le plus enivrant de notre voyage. Mais quelles sensations ! Celles ci devaient être accrues par le stress dû au risque de perte de repère, de crevaison, et finalement du néant... . Une carte sommaire avec un tracé au stabilo conseillé par notre suisse, et le soleil pour repère. Chemins de terre et de pierre constellés d'affluents et de pattes d'oies ; aucun panneau. Il ne doit rien vous arriver. Il s'agit en fait de s'exercer à un simple exercice mental : il faut imaginer. Imaginer la direction correcte, le chemin qui mène à votre objectif. Et quelle joie d'arriver à destination d'une laguna, de l'arbre de pierre, ouf, on ne s'est pas trompé... Notre suisse nous avait bien donné un GPS de 20 ans d'age qui donne les directions, mais lui-même ne savait pas exactement s'en servir. Alors, pour les explications, repassez plus tard. Juste avant Quetenas, une pancarte : Laguna Celesta 30KM. 3 heures d'un chemin cauchemardesque jalonné de silex coupant. Je craignais la crevaison, à en avoir la migraine. Au bout du chemin, la plus magnifique laguna rencontrée jusqu'ici. Et toujours personne. Retour par Quetenas, donc, puis Potosi (la ville Bof, mais les environs sont tous splendides), Sucre (enchantés par ce séjour de 3 jours), puis rendu la voiture à Cochabamba. Retour à la Paz, où nous sommes retournés à notre hôtel tenu par un Français, A la maison, puis repas au coin du bar chez un autre français, chez Moustache. De superbes personnes, que nous ne connaissions pas en arrivant et qui sont devenus des amis, avec lesquels nous avons descendus la route de la mort en VTT (sympa, on fait vite abstraction du ravin). Partir seuls à la découverte d'un monde inconnu est certes grisant, mais peut s'avérer frustrant, notamment dans la découverte in extremis de coins magiques qu'il faut passer trop vite alors que vous auriez pu en profiter longuement en y arrivant directement. Aux pieds du Sajama, les ruisseaux d'eaux chaudes (37°, fonds spongieux, petites criques et minuscules cascades) sont bien cachés. Nous connaissions leur existence, mais ne les avons trouvés qu'au départ. Nous avons tout arrêté pour s'y baigner, bien sûr, mais la route doit se poursuivre...

un euro : 7,25 bolos

On peut remplir ses réservoir additionnel et autres jerrycans aux stations essence, mais il faut graisser la patte du pompiste (20 ou 30 bolos). Nous n'avions pas d'autorisation (qui sert théoriquement à éviter les trafics, car l'essence est une denrée hautement subventionnée), mais on y arrive. Il faut faire de l'essence à chaque station croisée, c'est un impératif.

Nous avons rencontré sur la route un couple de jeunes Français sur des vélos bardés de sacoches originaires d'Ile de France. Ils pédalaient par 3500m d'altitude. Nous les avons croisés et, assez incrédules, nous nous sommes arrêtés et avons reculé jusqu'à eux. Ils étaient partis pour un tour d'Amérique du Sud de 9 mois, genre Panama- Terre de feu. Ils étaient charmants, épuisés et tout sourire. Ils font partie du souvenir...

Nous avons croisé un retraité allemand sur une moto de petite cylindrée (100cm3) achetée 1000 dollars à Bogota. Depuis, il trace la route, sa moto est dans un état impeccable (il la nettoie et la graisse tous les soirs). Combien de temps ? Réponse : maintenant, j'ai toute la vie. Vivement la retraite !

Dernière chose : nous ne parlons pas espagnol, ou si peu. Lorsqu'on nous parle, il faut imaginer, encore...! Olivier et Nathalie
MO Mondland Regular ·
Bonjour, Et merci pour ce retour d'expérience, c'est un voyage qui figure dans nos projets, je suis donc vivement intéressé par votre expérience et rassuré par votre démystification quant à rouler seuls car c'est ce que nous aimerions faire. Malgré tout vos remarques sur le nécessité "qu'il ne vous arrive rien" est quelque peu angoissante, une crevaison, un problème mécanique et le voyage ne risque t-il pas de finir en cauchemar? Aviez vous une balise, un téléphone satellite quelque chose pour limiter le risque? Quelle est la probabilité de se perdre dans cette immensité? "2 jours sans croiser personne" quid de l'approvisionnement en fuel ou en eau, en vivres...?

Vous parlez d'un suisse installé à La Paz s'agit-il de petita rent a car? J'avais cru comprendre qu'il avait cessé son activité... Pourriez vous nous en dire plus sur votre circuit? étapes, temps passé à chacune d'entre elles et sur les fameux endroits découverts par hasard et dont vous avez eu la frustration de ne pas en profiter assez

Je sais c'est beaucoup de questions tout cela mais j'avoue que bien qu'avoir parcouru la Namibie et l'Australie en 4x4 n'apaise pas mes inquiétudes par rapport à tout ce que l'on peut lire sur difficulté de se repérer en Bolivie. Merci donc pour tous les renseignements que vous pourrez m'apporter francois
KA Kashtin Globetrotter ·
Bonjour Oliver,

Merci pour ce partage 🙂. Christine et son mari étaient aussi partis seuls en Bolivie, en louant un 4x4 chez Petita (https://sites.google.com/site/fabuleuxvoyagesbolivie/). Les pistes isolées où l'on ne rencontre personne, mal ou pas indiquées, avec peur de la crevaison en altitude m'ont rappelé des souvenirs sur l'altiplano chilien/bolivien (mais côté Chili)... Pour corser le tout on était en berline, rareté que la piste n'avait pas dû voir depuis bien longtemps. 😉

Pascale
https://www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/ http://voyageforum.com/forum/etats-unis_flore_ouest_americain_en_mai_D1621474/
MA Max68 Globetrotter ·
Bonjour,

Pour l'avoir aussi fait je confirme ce qu'a écrit Olivier.

Un téléphone satellite, pourquoi pas, après je ne sais pas vraiment d'où viendrait la dépanneuse. En revanche vous croisez tout de même des villages où vous pouvez acheter de l'essence à des particuliers et où il y doit certainement y avoir quelqu'un qui pourrait réparer le véhicule.

Les pistes ne sont pas spécialement difficiles, il faut juste aller doucement car c'est très caillouteux.

Pour se repérer un Gps, on peut trouver sur internet des cartes de la Bolivie (Viajeros Mapas par exemple). Il n'y a tout de même pas tant de piste que ça, donc vous ne devriez pas vous perdre.

Oui Aldo a vendu, mais la société a été reprise donc l'aventure continue.

Effectivement la Laguna Celeste est somptueuse 🙂.

Nous avions beaucoup aimé aussi le sud Sud Lipez (Guadalupe, Cuidad De Roma, Rio Seco et la route qui remonte à Tupiza en longeant la frontière Argentine), mais là vous êtes très loin du circuit classique, même si les locaux essaient de développer le tourisme dans ce secteur. Ils ont par exemple installé un gîte à Guadalupe, refait la route qui mène à la Cuidad De Roma et même, comble du luxe là-bas, mis 2/3 panneaux indicatifs.

Autre chose, si vous voulez "vivre" votre rêve jusqu'au bout il faut dormir SUR le Salar d'Uyuni, il y a une magnifique petite crique sur l'île de Pescado où vous pourrez camper seuls au milieu du Salar ... extraordinaire

Quelques photos et infos ici

Bon voyage 🙂
https://apprentisvoyageurs.com
MO Mondland Regular ·
Bonjour, Merci max pour ces indications, j'ai rapidement jeté un coup d'oeil sur ton site, très bien fait clair et concis, mais visiblement avec l'essentiel. Je m'en vais le parcourir et reviens vers vous. Savez vous si les successeurs d'Aldo ont le même sérieux dans l'entretien des véhicules, j'ai cru comprendre qu'il valait mieux ne pas tomber en panne dans ces régions...pas de secours?! sic😕 François
OL Olischwartz2 ·
Bonjour à tous, Le sud lipez est une petite région.Nous embarquions 230L d'essence, soit largement de quoi parcourir le coin ; un carton de victuailles et 30L d'eau (bouteilles de 2L et jerrycans de 5L). Ce qui gâche cette certitude, c'est l'erreur de navigation, qui vous fait parcourir sans cesse plus de KM de façon incontrôlée. Nous nous sommes trompés une fois, en empruntant un beau chemin qui nous a amené jusqu'à une mine de souffre, en haut d'une montagne : 10 Km de montée pour rien, 10 Km pour redescendre, puis retrouver l'endroit source de notre erreur, et reprendre le bon chemin. Pourtant, on nous avait dit de nous méfier des chemins trop beaux, spécialement tracés pour le transport routier (camions transportant le minerai), mais voilà, nous n'avons pas résisté à la tentation... Rien n'est pas très compliqué dans la bonne orientation, malgré les apparences, car l'esprit s'adapte. Cette faculté m'a surpris, car je ne possède aucune disposition particulière pour me repérer (mon épouse, c'est encore pire), et je fonctionne essentiellement au GPS pour mes déplacements en France. L'adage "nécessité fait loi" prend ici toute sa valeur. Je pense que la situation d'isolement oriente votre réflexion vers des fonctions essentielles. Vous qui avez parcouru la Namibie et l'Australie ne devriez rencontrer aucune difficulté en Bolivie. Vous devez connaître le truc : concentration et bon sens, le reste n'est que plaisir ! Ce que vous découvrirez là-bas par vos propres moyens demeure une somme de sensations uniques, une double récompense. Olivier
MA Max68 Globetrotter ·
Il n'y a pas de raison qu'il entretiennent plus mal le matériel. Je pense qu'ils ont peut-être investi dans de nouveaux véhicules.
https://apprentisvoyageurs.com
OL Olischwartz2 ·
Effectivement, Aldo (petit a rent a car) a vendu son affaire à un néo-zélandais, Cory pour le prénom, installé à Cochabamba. Il loue déjà des motos TT. Aldo nous a loué le dernier véhicule encore en sa possession, et nous l'avons rendu au retour directement à Cory. Nous sommes arrivés in extremis ! En fait, il ne s'agit pas que d'entretien de véhicule. La réussite du voyage tient aussi dans les conseils qu'on vous donne et la précision dans la description du parcours. Aldo parle votre langue.
MA Max68 Globetrotter ·
La réussite du voyage tient aussi dans les conseils qu'on vous donne et la précision dans la description du parcours. Aldo parle votre langue.

oui tout à fait, même s'il tempeste pas mal après l'administration Bolivienne il est passionné 🙂
https://apprentisvoyageurs.com
MO Mondland Regular ·
Bonjour, Et merci à tous pour vos conseils, j'ai peu de temps en ce moment pour m'occuper de ce voyage, les vacances approchent, je vais enfin pouvoir me pencher sur toutes les questions qui se posent encore à moi et finaliser mon parcours grâce, notamment , à vos récits pleins de précieuses indications. François
TA Tanguigo Regular ·
Oui, voyager sans guide est tout à fait possible..Nous rentrons de 6 mois en AmSud, Seuls avec notre chien tout au long de ces 28 000 km parcourus. Si cela vous dit, si vous avez besoin de traces, de points de bivouacs alors venez nous retrouver sur....http://nicetmauoffroads.com/nos-projets-2015-2016/bolivie/
http://http://nicetmauoffroads.com/
MO Mondland Regular ·
Bonjour, Un grand merci pour tous ces renseignements glanés sur votre site, j'y suis allée dès réception de votre message et j'avoue être admirative et envieuse de votre façon de voyager et des voyages effectués. C'est comme ça que j'envisage notre retraite! d'ici là nous nous "contentons" de parcourir le monde par étapes de 6 semaines. J'ai fait faire des devis pour des locations de voiture et cela coute une petite fortune dans ces pays (paradoxalement plus cher qu'en Australie) ce ne sera donc pas pour cette année (d'autant que nous nous y prenions un peu tard j'avoue) N'étant jamais allés en Amérique du sud nous allons opter pour un voyage de "repérage" : le circuit Pérou- Bolivie classique en bus. J'ai déjà une esquisse de notre voyage de l'année d'après avec le chili et l'argentine (et le sud lipez s'il nous vient l'envie de le refaire seuls) en autonomie cette fois. C'est là que la mine d'informations fournie sur votre site me sera d'un précieux secours, je vais m'initier grâce à vous à la navigation...Merci mille fois Viviane
SY Sylvia2016 ·
Merci Olivier pour votre compte rendu! Une bouffée d'air qui me rassure bien! Nous partons le 3 juin avec deux voitures de Petitarentacar, de Cory, mais c'est avec Aldo que nous avons eu les contacts préalables. Une petite question utile pour notre organisation: comment était la route et combien de temps faut-il pour rentrer de Sucre à Cochabamba? Merci et bonnes salutations. Sylvia
OL Olischwartz2 ·
je réponds à la question de Sylvia un peu tardivement, mais je me dois de le faire car notre ami Francky, ex-proprio du meilleur resto de la paz (" chez moustache", français, bien sûr), est venu nous rendre visite dans notre Normandie, et nous a parlé d'une mésaventure très récente de Français partis avec une voiture de Cory, le repreneur d'Aldo, petita rent a car. ATTENTION, le service n'est pas le même !! Entretien voiture, conseils pratiques de voyage ne sont pas à la hauteur, même si le personnage, un Néo-zélandais, est extrêmement sympathique et attachant. Aldo est un ingénieur mécanique suisse... Tout est dit. Ses voitures sont les seules d'amérique latine à ne jamais tomber en panne, c'est lui qui le dit et je suis là pour le confirmer. Lorsque nous avons rendu la voiture à Cory à Cochabamba, nous lui avons demandé quelles étaient ses compétences en mécanique. Réponse ; j'ai deux apprentis. No comment. Mon commentaire va paraître à charge, mais lorsque vous vous enfoncez seuls dans ce pays, vous devez être sûrs de votre véhicule. Pour répondre à la question initiale, Sucre-Cochabamba par la route est sympa, mais longuette. Le plus beau à faire reste les alentours de Potosi. A tomber à chaque virage. Mais la ville de Potosi ressemble à une ville soviétique, qui fout le bourdon. Allez, bonne aventure ! Olivier et Nathalie
OM OmarLittle ·
Bonsoir Olivier Peux tu nous en dire plus sur cette mésaventure vécue par 2 français qui ont loué chez Cory le repreneur de Petita ? J'adresse également un MP à Sylvia pour lui demander un retour.
DR Drissbali ·
Bonjour Olivier Super sympa de voir qu’il y a encore des gens qui voyage en mode libre comme nous. Nous comptons partir en Bolivie fin Septembre et y rester 4 à 5 semaines et ensuite pareil au Pérou. J’aurais bien aimé avoir les coordonnées du Suisse et aussi des Français tenancier de l’hôtel. Si en plus on peux partager des infos sur les pays que vous avez fait et ceux que nous avons fait, ce serait sympa. On a pas mal bouger En espérant vous lire prochainement Cordialement Driss

Bonjour à tous, Nous revenons, mon épouse et moi, d'un voyage de 5 semaines en Bolivie. Arrivée à Lima, 4 jours à Arequipa, étonnante étape gastronomique. Puis vol Lima-La Paz. Avons loué un Nissan Patrol chez un suisse établi à La Paz depuis 30 ans, deux sièges à l'avant et une couchette à l'arrière, au cas où. Cassons tout de suite un mythe, celui de la dangerosité de parcourir le pays dans sa voiture, seul avec sa propre capacité de conduite et son bon sens, véhiculé par les guides de voyages et les ambassades. Seule précaution, bien se renseigner sur les mouvements sociaux en cours, qui provoquent des blocages de routes et peuvent vous immobiliser un temps indéterminé. Sinon, le peuple est gentil, presque indifférent à votre qualité d'européen. Où que vous alliez et quelque soit le renseignement ou l'aide que vous sollicitez, vous serez toujours reçu avec une bienveillante apathie. Sur la route, vous ne rencontrerez pas de courtoisie excessive, les gens sont pauvres et rudes. Policiers et militaires (en nombre restreints pour ces derniers) sont polis et serviables. Les routes goudronnées sont belles, les chemins en général praticables. Notre Nissan était impeccable, à la suisse. V6 de 4L, 18 litres aux 100, réservoir de 85L, réservoir de toit de 120L plus un jerrican de 40L sur la galerie ; 2 roues de secours. 2000€ les 15 jours. Essence à 40ctms d'€, fournie par le Venezuela, de très mauvaise qualité. Le mois de Février est le pire, au niveau météo, pour visiter le pays, septembre sans doute le meilleur. Mais très peu de monde, question de choix. Le salar d'Uyuni était inondé, et la route Quetenas-Tupiza impraticable. Dommage. Avons fait le Sajama, majestueux, puis le salar d'Uyuni par Irija. C'est l'entrée Nord, le seule valable, les entrées Est par Colchani et Uyuni sont à vomir. A Irija, dormir chez Dona Lupe (en phonétique : donia loupé). Pas de sourire, mais elle vous donne tout. Avons parcouru le sud lipez en long et en large, un enchaînement étourdissant de geysers et de laguna, de montagnes aux reflets magiques et de pampa hyper roulante. Durant notre périple, nous avons roulé 2 jours de suite sans croiser âme qui vive, excepté les lamas et les autruches. Il faut remonter le sud lipez par la route de l'est, direction Quetenas, en partant de laguna verde. Aucun guide ne la propose, alors que c'est de loin le coin le plus enivrant de notre voyage. Mais quelles sensations ! Celles ci devaient être accrues par le stress dû au risque de perte de repère, de crevaison, et finalement du néant... . Une carte sommaire avec un tracé au stabilo conseillé par notre suisse, et le soleil pour repère. Chemins de terre et de pierre constellés d'affluents et de pattes d'oies ; aucun panneau. Il ne doit rien vous arriver. Il s'agit en fait de s'exercer à un simple exercice mental : il faut imaginer. Imaginer la direction correcte, le chemin qui mène à votre objectif. Et quelle joie d'arriver à destination d'une laguna, de l'arbre de pierre, ouf, on ne s'est pas trompé... Notre suisse nous avait bien donné un GPS de 20 ans d'age qui donne les directions, mais lui-même ne savait pas exactement s'en servir. Alors, pour les explications, repassez plus tard. Juste avant Quetenas, une pancarte : Laguna Celesta 30KM. 3 heures d'un chemin cauchemardesque jalonné de silex coupant. Je craignais la crevaison, à en avoir la migraine. Au bout du chemin, la plus magnifique laguna rencontrée jusqu'ici. Et toujours personne. Retour par Quetenas, donc, puis Potosi (la ville Bof, mais les environs sont tous splendides), Sucre (enchantés par ce séjour de 3 jours), puis rendu la voiture à Cochabamba. Retour à la Paz, où nous sommes retournés à notre hôtel tenu par un Français, A la maison, puis repas au coin du bar chez un autre français, chez Moustache. De superbes personnes, que nous ne connaissions pas en arrivant et qui sont devenus des amis, avec lesquels nous avons descendus la route de la mort en VTT (sympa, on fait vite abstraction du ravin). Partir seuls à la découverte d'un monde inconnu est certes grisant, mais peut s'avérer frustrant, notamment dans la découverte in extremis de coins magiques qu'il faut passer trop vite alors que vous auriez pu en profiter longuement en y arrivant directement. Aux pieds du Sajama, les ruisseaux d'eaux chaudes (37°, fonds spongieux, petites criques et minuscules cascades) sont bien cachés. Nous connaissions leur existence, mais ne les avons trouvés qu'au départ. Nous avons tout arrêté pour s'y baigner, bien sûr, mais la route doit se poursuivre...

un euro : 7,25 bolos

On peut remplir ses réservoir additionnel et autres jerrycans aux stations essence, mais il faut graisser la patte du pompiste (20 ou 30 bolos). Nous n'avions pas d'autorisation (qui sert théoriquement à éviter les trafics, car l'essence est une denrée hautement subventionnée), mais on y arrive. Il faut faire de l'essence à chaque station croisée, c'est un impératif.

Nous avons rencontré sur la route un couple de jeunes Français sur des vélos bardés de sacoches originaires d'Ile de France. Ils pédalaient par 3500m d'altitude. Nous les avons croisés et, assez incrédules, nous nous sommes arrêtés et avons reculé jusqu'à eux. Ils étaient partis pour un tour d'Amérique du Sud de 9 mois, genre Panama- Terre de feu. Ils étaient charmants, épuisés et tout sourire. Ils font partie du souvenir...

Nous avons croisé un retraité allemand sur une moto de petite cylindrée (100cm3) achetée 1000 dollars à Bogota. Depuis, il trace la route, sa moto est dans un état impeccable (il la nettoie et la graisse tous les soirs). Combien de temps ? Réponse : maintenant, j'ai toute la vie. Vivement la retraite !

Dernière chose : nous ne parlons pas espagnol, ou si peu. Lorsqu'on nous parle, il faut imaginer, encore...! Olivier et Nathalie
Sur la route...

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