Travel journals · Europe de l'Ouest
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AU
Auriandig 15 years ago
Transalpine 2011: dix semaines dans les Alpes à pied de Samoëns à Trieste (Italie)
Salut à tous !!!

Suite à notre traversée des Alpes de cet été voici un petit résumé (un attendant un récit complet ...) de ces 10 semaines passez à marcher dans les Alpes ainsi que quelques photos, montages photos et la bande annonce du film que nous sommes entrain de monter.

Surtout si vous avez des questions n'hésitez pas à me contacter sur aurian.dig@hotmail.fr !!!

Voici aussi le trajet sur google maps: http://maps.google.com/...004abcfd1fd35d4c1a09

Le montage photo: http://youtu.be/_A0E6XaHSwQ La bande annonce: http://youtu.be/B_03lZXOMoE

Quelques photos : http://www.facebook.com/...e=1&l=e9be1c5d50 http://www.facebook.com/...e=1&l=7f979bdda1 http://www.facebook.com/...e=1&l=8c03ceb85f http://www.facebook.com/...e=1&l=4ff90d4868 http://www.facebook.com/...e=1&l=054290c243

Transalpine 2011



L’envie de reprendre la route a progressivement fait son chemin dans nos têtes, 1 an en Italie pour Rudi et une traversée de l’Islande à vélo pour moi ont suffi à raviver notre envie de voyager au rythme de nos pas. Les Alpes nous ont laissé un souvenir extraordinaire, en 2008, lors de notre traversée de la France par le GR5 (Nice - Wissembourg). Nous décidons donc de repartir dans cette direction. Très rapidement l’itinéraire Rouge de la Via Alpina apparait comme une base de travail intéressante à notre projet. On décide cependant de conserver une certaine indépendance par rapport au tracé proposé. En effet les tracés de la Via Alpina ont « une logique Refuge » : parfois l’itinéraire « dévie quelque peu » pour atteindre un refuge ou pour pouvoir justifier les 2500 km du parcours proposé… Traverser les Alpes d’accord mais faire des détours pour incrémenter le compteur ne fait pas parti de notre philosophie. Dans le but de nous immerger au maximum nous décidons, comme en 2008, de partir en autonomie complète, ce qui bien évidemment offre une souplesse indéniable sur l’organisation des étapes mais c’est aussi un atout économique incontestable.

Le départ est fixé au 04 juin 2011, quelques amis nous ont fait la surprise de nous rejoindre pour un pique nique pantagruélique avant de reprendre les Alpes où nous les avions laissés.



La première semaine est celle du réveil du corps qui sort péniblement de son sommeil. Quelques crampes, les jambes qui tremblent en se couchant, le souffle court, tous les signes d’une vie « confortable » ou l’effort physique n’est plus nécessaire et est réduit au maximum. Malgré tout nous sommes rapidement dedans. Les journées de marche s’allongent même si le temps n’est pas au beau fixe. On se rassure en se disant qu’on est qu’au mois de Juin et qu’après ça ira mieux… Les premiers gros cols arrivent (col de Susanfe, col du Domecre…) que l’on passe sur et sous la neige avec quelques petites frayeurs au programme. Malgré tout, les paysages dépassent de loin nos attentes, les quelques éclaircies qui nous sont offertes sont d’intenses moments de bonheur. La neige sublime les sommets, on se nourrit comme des ogres de tant de splendeur.



Mais nous sommes partis trop vite et au bout d’une grosse semaine le couperet tombe. Rudi à des problèmes au niveau de la malléole droite et j’ai une tendinite aiguë au tendon d’Achille gauche. J’avais pourtant pris le temps de « faire » les chaussures 1 mois avant de partir mais ça n’a pas suffit. Impossible de mettre le pied dans la chaussure sans que ça me fasse mal. 2 jours d’attente interminable au camping de Lenk à me masser le pied et à ne pas bouger. Le troisième jour on décide de racheter chacun une paire de chaussures basses en espérant que ça nous permette de continuer.

La reprise n’est pas concluante mais on avance quand même. Le soleil qui commence enfin à réapparaitre et la vue du Jungfrau (4158 m) et du Finsteraarhorn (4274 m) font office d’anti douleurs exceptionnels.



Après quelques journées plates dans le Valais bien utiles à ma guérison, nous prenons la direction de la Suisse Italienne et de l’Italie où s’ajoute aux montagnes le charme des torrents sauvages comme dans la « Valle di Peccia » où la truite règne encore en maître des lieux. Le corps s’habitue bien au traitement qu’on lui inflige, rationnement et efforts physiques. Les kilos superflus disparaissent à vue d’œil, on commence à vraiment entrer dans la peau du marcheur. Pour l’instant la saison estivale ne fait que commencer et nous ne croisons quasiment personne. La plupart des refuges ouvrent tout juste leurs portes. Etrangement les hameaux perdus dans les montagnes grouillent d’activités. Les habitants préparent l’été et nous sommes impressionnés par le soin qu’ils apportent à leurs chalets et aux jardins attenants. On envie presque la sédentarité en les voyant…



Première vrai pause, depuis le temps mort de Lenk, du côté de Biasca (Suisse Italienne) où notre premier restaurant depuis le départ nous rappelle que nous n’avons plus l’habitude de manger en quantité et en « qualité ». Il faut mastiquer longuement et surtout aller à l’encontre de nos envies face à cette profusion de nourriture. (Cette fois ci pas de dommages collatéraux…) Les ascensions des cols sont longues dans cette partie des Alpes mais la récompense au sommet est à chaque fois au rendez vous. (Quand le temps est avec nous…) On se nourrit de la vue, de l’air pur et du silence reposant que nous offre la solitude des montagnes. La beauté des paysages et l’effort sont les meilleurs assaisonnements que nous connaissons. Dans ces moments là un morceau de pain rassit et un vieux bout de saucisson valent tous les grands restaurants !



On s’enfonce toujours plus dans les Alpes et on découvre de merveilleuses vallées encore préservées de l’industrie du ski . La vallée de Juf est un parfait exemple : Située à une moyenne de 2000 m d’altitude elle est bordée de part et d’autre de pentes plus ou moins douces et se termine en « cul de sac » par le Pix Turba (3018 m) une vraie carte postale. Je prends plusieurs photos pour conserver l’image de cette zone encore sauvage, mais pour combien de temps… Derrière c’est la vallée de Saint Moritz. C’est en quelque sorte le Chamonix Suisse avec son côté clinquant et des sommets renommés tel que le P. BERNINA ( 4019 m) et le PIZ ROSEG (3937 m). Mais cette vallée ne serait rien sans ses 3 lacs (Lej da Segl, Lej da Silvaplauna et St Moritzersee) où la truite se pêche de la manière la plus noble qu’il soit : à la mouche.



C’est dans une ambiance féerique que nous longeons ses lacs tout juste sortis de leur sommeil. De cette matinée nous tirerons quelques uns de nos plus beaux clichés.

Malgré l’accueil exceptionnel des suisses et des paysages hors du commun nous aspirons à changer d’air. L’arrivée en Autriche par le Schlappinner Joch (2202 m) nous donne une bouffée d’oxygène exceptionnelle malgré le mauvais temps qui s’est réinstallé. Notre portefeuille n’est pas mécontent non plus car lors de notre passage en Suisse 1 euro équivalait à 1,15 Francs Suisse, d’où un coût exorbitant de la nourriture qui a durement entravé notre budget. Nous jouons avec la frontière Suisso Autrichienne durant 3 jours le long d’un splendide sentier en balcons jusqu’au Lichtenstein où nous croisons nos premiers Via Alpiniste. Il s’agit d’un couple d’américain d’une cinquantaine d’années qui parcourt l’itinéraire rouge de la Via Alpina 6 semaines par an.



Avant d’attaquer pleinement l’Autriche nous prenons une journée et demie de repos bien mérité au camping de Feldkirch où la piscine et les équipements du camping réparent nos corps fatigués mais heureux de vivre pleinement cette aventure.

Après les paysages grandioses de la Suisse le démarrage en Autriche nous paraît, au premier abord, un peu fade. L’altitude est moins importante et les deux jours en fond de vallée pour quitter Feldkirch sont un peu ennuyeux. Mais comme toujours la « route » réserve des surprises. Au détour d’un village on se fait gentiment inviter par une institutrice à prendre le café… On reprend de l’altitude en passant le petit village de Schröken et le col de Hochtannbergpass qui nous offrira une nuit agitée sous le signe des orages et de la danse endiablée de nos toiles de tente. On commence à apprécier ces paysages moins « grands » mais dont le charme est incontestable. On a l’impression d’être dans un immense terrain de jeu ou chaque chemin, chaque sentier est une histoire à vivre.

Depuis quelques jours je rêve de la dernière rivière sauvage d’Europe, la rivière Lech. J’imagine ces eaux cristallines grouillant de truites et son lit tumultueux. Ce jour arrive enfin le 10 juillet, mais avant, encore une fois l’aventure nous surprend au détour d’un chemin. Cette fois ci se sont des bergers autrichiens qui nous ouvrent les portes de leur bergerie pour une grande bière à 9h du matin… Ils nous chambrent un peu quand je leur parle des ours et de la Slovénie. Ils nous disent qu’on n’a rien à craindre de toute façon on sera trop maigre en arrivant là bas… La rivière Lech dépasse nos espérances. Elle est large, sinueuse au possible et l’eau d’un bleu à concurrencer le ciel. Les truites sont au rendez vous dans les petits ruisseaux qui la bordent. On s’arrête plusieurs minutes sans rien dire juste pour contempler et apprécier le moment présent.

Avant de repartir, symboliquement, on boit chacun une gorgée en pensant à toutes ses rivières en Europe dont la seule survivante est devant nous.

Nous poursuivons notre découverte de l’Autriche en alternant entre montagnes, fonds de vallées et jolis petits villages touristiques. C’est également le temps des orages qui s’occupent d’anéantir tous nos efforts pour sécher notre équipement. Après Lermoos nous découvrons avec plaisir la vallée du Galstal où sans efforts nous évoluons dans un paysage grandiose. Déjà un mois et demi que nous marchons quand nous arrivons à Innsbrück. Au programme une journée et demie de repos et visite de la vieille ville. Nous préférons nous arrêter le moins longtemps possible car par expérience on s’est rendu compte qu’il était de plus en plus difficile de repartir quand nous cassions le rythme. Malgré la pluie qui accompagne notre arrivée en ville nous passons un excellent moment en visitant la vieille ville, le château impérial et en nous offrant un somptueux chocolat viennois « with cream » dans l’illustre hôtel de l’Aigle d’Or. C’est aussi l’occasion de réparer un peu le matériel. La tente de Rudi semble souffrir de gros défauts de conception et les arceaux sont cassés. Nous partons donc en quête de scotch blindé au cas où... Les pointes des bâtons montrent également de gros signes de fatigue, Rudi qui a déjà attaqué le carbone d’un de ses bâtons optera pour un simple bâton de ski à Hintertux quelques jours après notre départ d’Innsbruck.



Cette pause citadine nous a fait du bien et c’est ragaillardi que nous retournons tutoyer les « hauts » sommets. Après une journée sans saveur pour nous éloigner d’Innsbruck nous prenons le chemin de notre plus haut col : Friesenbergcharte 2912 m. Ce sera notre passage vers 5 jours de temps exécrable où la neige sera notre plus fidèle amie. Un réveil hivernal au bord du lac Schlegelsspelcher et une crête avortée avant notre arrivée sur Campo Tures entravent sérieusement notre moral. Mais heureusement nous avons notre kit de survie : le chocolat !! Une après midi « tranquille » en ville et quelques pâtisseries nous font oublier les désagréments des précédents jours. Pour la deuxième fois depuis le départ c’est avec des chaussures neuves que nous attaquons une de nos plus grosse étape : Plus de 2000 m de dénivelé positif pour atteindre Gemsbichljoch à 2800 m. On se lève à 5h. Après deux heures à longer la route on arrive au départ du sentier. A Innere Gelttalam on a le souffle coupé tellement le paysage qui s’offre à nous est grandiose. Hier on maudissait la neige aujourd’hui on la remercie de sublimer ainsi les sommets. Cette ascension restera graver dans notre mémoire comme celle nous ayant offert un des plus beau panorama.



Nous prenons tranquillement la direction des dolomites. Le temps se gâte à nouveau et c’est le début de deux jours de galère à se perdre, à descendre du mauvais côté du col, à remonter sur un autre inutilement et à dormir sous la neige. Malgré tout on arrive au Tre Cime où l’on refait à nouveau connaissance avec le tourisme de masse. « Autoroute » pour accéder au refuge qui est sale et bondé. La contrepartie d’un site exceptionnel facilement accessible.

On s’extirpe tant bien que mal des dolomites pour arriver à Sesto, point de départ du Karnisher Hohenweg qui est un trek de 10 jours où 90% du parcours se fait sur la crête. Un magnifique moment en perspective. On se charge pour sept jours, il va falloir tenir la cadence car il n’y a pas moyen de ravitailler sauf en redescendant dans la vallée. Le soleil nous accompagne par intermittences mais cela suffit à rendre cette partie du voyage extraordinaire. C’est grisant d’évoluer sur un sentier avec une vue à 360°. On se gave de paysages et aussi d’Apfelstrudel…(c’est une spécialité autrichienne servie dans les refuges).



Un soir après un bon chocolat chaud et une part d’Apfelstrudel accompagnée de crème chantilly, on part installer notre bivouac au dessus du refuge Hochweisstein. Les vaches semblent loin donc pas d’inquiétudes. Mais rapidement on ne sait par quel miracle elles s’approchent et viennent s’installer près de nos tentes. Le bruit du ruminement de ces boites à herbes est insupportable, elles n’arrêtent pas, on pensait que la nuit allait les calmer ! Mais non, elles ruminent assises, couchées, en dormant !!! N’arrivant pas à dormir de rage on sort à 1h du matin pour les chasser une n-ième fois. Là c’est un choc… Le ciel est somptueux, aucune pollution lumineuse n’est là pour nous empêcher de voir les milliards d’étoiles qui tapissent le ciel. Le voilà notre hôtel avec des millions d’étoiles dont parlent Poussin et Tesson. On s’incline finalement devant les vaches pour ce moment unique. Le début de la traversée des Alpes Carniques est assez fréquenté sur les portions les plus intéressantes mais avec les altitudes qui baissent et des paysages moins imposants, les randonneurs se font rares. Notre moral est aussi en berne. Depuis le départ le temps n’est pas vraiment avec nous et les montagnes qui rapetissent nous signalent qu’on approche doucement mais surement de la fin de notre aventure. Comme prévu nous arrivons au bout de la crête à Thörl-Maglern au bout de 7 jours. Malgré une fin peu intéressante cette partie de notre transalpine restera comme la partie la plus aboutie d’un point de vue randonnée. En effet nous laissons derrière nous 7 jours de pur sentier sans équivalent depuis notre départ. L’arrivée en Slovénie est un véritable moment d’émotion et un bon coup de pouce au moral. C’est en quelque sorte le pays « exotique » de l’aventure et une frontière que nous avons rêvé sans penser l’atteindre un jour. Au Dreiländereck (point de rencontre des frontières Italienne, Autrichienne et Slovène) nous prenons tout notre temps pour entrer en Slovénie.



Rapidement nous atteignons notre premier village Slovène Ratece . Le temps de jouer à chercher les différences et similitudes avec nos villages que nous abordons déjà le parc national du Triglav. On rencontre un groupe de randonneur Autrichien parti la veille pour effectuer la traversée de la Slovénie, on discute de nos expériences respectives et ils nous mettent en garde contre les Rangers. On passe quelques minutes ensemble en attendant que « leur messager » revienne avec des informations sur le chemin. On vient de découvrir que les cartes slovène sont assez approximatives, ce qui nous vaudra quelques détours par la suite… Nous sommes un peu déçu, nous avions rêvé la Slovénie comme un endroit sauvage et préservé et c’est ici même au cœur du Triglav que nous rencontrons le plus de monde et malheureusement le plus de papiers le long des chemins. La Slovénie victime de sa beauté ? Après un après midi de repos au camping de Trenta, réveil à 5h le 05/08/2011 direction le sommet de la Slovénie : Le Triglav. La journée va être longue, Trenta est à 600 m d’altitude et le Triglav à 2864 m soit presque 2300 m de dénivelé d’un seul bloc. La première partie est progressive jusqu’au col de Luknja (1758 m), c’est un sentier sinueux très bien entretenu. Nous avons pris la décision de faire au plus « court » (sur la carte…) et de passer par Plemenice. Dans les derniers mètres avant l’arrivée au col je commence à avoir des doutes. Le sentier est en pointillé sur la carte et de chaque côté du col il n’y a que de la roche. Nous arrivons à 8h15 au col de Luknja, et là nos doutes se transforment en certitudes. Il n’ y a pas de chemin. On lève un peu la tête et à notre grande stupeur on observe des gens évoluer sur la roche sur une sorte de Via Ferrata.

On s’assied quelques minutes pour les observer et réfléchir. Deux solutions s’offrent à nous : - Soit on tente la Via Ferrata sans baudriers et avec des sacs de 20 kgs - Soit on fait demi-tour et on reprend le sentier « classique » 500 m plus bas. Je n’aime pas faire demi tour mais à ce moment précis on n’en mène pas large. Un groupe de 3 personnes se lancent dans l’ascension, ils n’ont pas l’air très physique et n’ont pas d’équipements spéciaux. On se regarde avec Rudi et contre toute attente on décide d’y aller ! Les premières minutes sont stressantes d’autant que nos sacs ne sont pas du tout adaptés à ce genre d’exercice. Mais rapidement on commence à apprécier de jouer avec les câbles et la roche. Au bout d’une demie heure le stresse laisse place à l’euphorie. Nous n’avons aucune expérience de l’alpinisme et jusqu’à maintenant nous nous demandions quel plaisir peut on avoir à tromper la mort en permanence. Sans parler d’alpinisme cette première nous a permis d’approcher surement un peu le sentiment de plénitude que doit apporter les cimes.





12h00 nous arrivons au sommet !! Nous sommes exténués mais au comble du bonheur. La vue est époustouflante et l’ascension magique. Cette première approche rando/escalade nous a transcendé. Nous pensons déjà aux prochains sommets que nous gravirons une fois rentré en France. Un véritable rêve éveillé dans lequel nous avons pleinement vécu l’instant présent. Vivre le moment présent, une utopie dans la vie de tous les jours que l’appréhension et le stress nous ont offert… Nous ne nous attardons pas au sommet le temps commence à se couvrir et c’est la cohue (il y a même un vendeur de canettes ambulant !!!). Nous redescendons sur le refuge Triglavski Dom qui est le point de départ de la chaine humaine qui se lance tout au long de la journée à l’ascension du Triglav.

Pour les Slovènes le Triglav est un véritable symbole, chaque Slovène doit l’avoir gravit au moins une fois dans sa vie. Ce qui explique les cris de joie qui descendent du sommet jusque tard dans l’après midi. Nous avons eu de la chance le soleil a été avec nous pour l’ascension, mais depuis il a disparu pour laisser place à la pluie et à un épais brouillard en altitude. Difficile de rebondir après cette intense journée du Triglav, notre moral et le temps sont en bernes. Les journées qui suivent sont plates. On sort tranquillement du parc national après être passé sur les rives du lac Bohinjsko Jezero. On avance pour avancer. La fin de l’aventure est toute proche, notre esprit commence déjà à se projeter dans l’après.

Malgré tout on découvre une autre facette de la Slovénie. Le côté sauvage n’est pas là où on l’attendait. C’est dans ces paysages de moyenne montagne aux vallées profondes que la Slovénie prend à nos yeux tout son sens. Nous passons Porezen à 1630 m sous un vent particulièrement violent mais qui accompagne notre descente sur une crête que l’on assimile sans mal au Ballon des Vosges. A perte de vue une montagne arrondie, vallonnée et tachetée d’une multitude de hameaux. Nous poursuivons notre descente paisible vers la mer en passant par Sovodenj et Idrija non sans avoir fait quelques détours plus ou moins voulus et où nous retrouverons notre groupe de randonneurs Autrichien descendant d’un bus… Le passage dans les hameaux et toujours un grand moment gustatif, chaque maison à un grand jardin et un verger dans lesquels nous soulageons les arbres de quelques prunes et pommes qui dépassent plus ou moins sur notre chemin… Nous nous arrêtons à Postojna 2 jours pour visiter les grottes du même nom. Une visite hors norme et mémorable. Mais malheureusement trop rapide, un peu à l’opposé du voyage tout comme Ljubljana petite capitale qui ne nous laissera pas un souvenir intarissable. La descente vers la Mer Adriatique s’amorce sérieusement après nos 2 jours de visites. L’esprit n’est plus à la marche il veut en finir. Le corps a bien récupéré depuis plusieurs jours, les efforts sont moins importants depuis que nous avons quitté le Triglav. Samedi 13 aout 2011 nous arrivons dans la matinée, 70 jours tout juste après notre départ de Samoëns. Nous aurions voulu le faire exprès nous n’aurions pas pu. Nous ne réalisons pas encore tout le chemin parcouru même si depuis quelques temps des images commencent à revenir. Nous nous arrêtons au port, on ne peut plus aller plus loin. C’est fini, nous y sommes arrivés, traverser les Alpes à pied en autonomie totale. Le voyage n’est pas complètement terminé, le retour en fait aussi parti mais pour l’instant nous prenons un bon repas sur le port en guise d’adieux (momentanés…) à la Montagne…



The End
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TA
Tatawin 15 years ago
Chemin de compostelle, voie d'Arles ou via Tolosana
bonjour à tous,

petit récapitulatif de ma marche sur une partie du chemin d'arles, via tolosana

pour la petite histoire, et aussi le côté pratique, j'ai laissé ma voiture dans un parking gardé avec surveillance vidéo, à Béziers, vu qu'à notre dernière étape à la Salvetat passe un car dont la seule destination pas trop sauvage soit la gare de Béziers puis le train de Béziers jusqu'à Arles pour un vingtaine d'euros

arrivée a Arles le vendredi soir, hébergement a la maison du pélerin, 25 euros la nuit, petit déjeuner à préparer soi même, quelques confitures entamées dans un frigo, de plus, il y a la terrasse du bar de l'hotel (même établissemnt que le gîte) juste en dessous, et donc le soir très bruyant bref très cher pour ce que j'ai pu avoir après,

et la marche, me direz vous ?

départ d'arles le samedi matin 22 octobre en solitaire, fin du parcours accompagné le jeudi 3 novembre à la Salvetat sur Agout on m'avait dit que les premières étapes jusqu'à Montpellier étaient peu attrayantes, la camargue, certains doivent la trouver belle puisqu'ils y vivent, mais effectivement, pour moi pas grand intérêt, mais bon, j'ai décidé de partir d'Arles alors pas le choix.

a noter pas mal de goudron

seul intérêt de ces premières étapes, l'abbatiale de St Gilles, superbes, à visiter surtout la crypte,

pour le reste, j'avais le topoguide version 2010, beaucoup de modifications du circuit n'y figurent pas, modifications de tracé, quelques distances erronées, un peu déçu surtout qu'avant de partir j'avais recherché des mises à jour sur internet et qu'ils n'en figuraient aucune,

prendre en considération qu'à cette saison, ce n'est pas le chemin du Puy, et les hébergements ouverts ne couraient pas les rues, certains sont ouverts mais n'assurent pas le repas du soir hors saison, donc quelques nuits en chambres d'hôtes, ou hôtels, et ça fait mal au porte-monnaie,

arrivée à Montpellier, et là, je fait un petit coucou à mon accompagnatrice Marguerite qui m'y a rejoint, superbe ville, animée, etc.....

et puis après, le parcours est sans commune mesure avec les premières étapes, du relief, même par moments très dur pour le marcheur de plaine que je suis, des paysages à couper le souffle, et puis le temps, qui va rapidement se dégrader, alertes oranges sur l'Hérault par deux fois, à st Guilherm le Désert, on s'est ramassé des seaux d'eau sur la tronche, si bien qu'on a pas eu trop le courage d'aller visiter, dommage...

et plus on progresse, plus les paysages sont sublimes, quelques brouillards si intenses qu'on voyait pas à 15 m devant soi, faut être très attentif à repérer les marquages du GR, mais ça le fait sans problèmes

à cette saison, faut dire aussi qu'on a pas vu grand monde,

je dirai aussi que cette voie est plus sportive que celle du Puy, j'ai pas souvenir y avoir autant peiné,

autres constatations, si vous voulez téléphoner, les portables passent difficilement, quelques problèmes pour joindre les gîtes le matin pour réserver pour le soir, mais bon, faut surveiller son téléphone et dès que ça passe appeler, autrement, vous n'aurez que l'accueil, si c'est ouvert, mais pas le repas.

bien que totalement athé, j'ai été déçu de ne pouvoir visiter les églises ou autres, tout est fermé contrairement au chemin du Puy

et puis comme en Fance, on râle tout le temps quand ça va pas, alors j'ai décidé de dire ce qui a bien été, à savoir les gîtes et hébergements dignes de ce nom, ou l'on vous accueille à bras ouverts, comme en famille et à des prix défiants toute concurrence. Plus les petits à côté, tel que papier journal pour absorber la flotte dans les godasses, et oui, qu'est ce qu'on a dû éponger ;-)) , repas très copieux, etc......

dommage que d'autres pour le même prix n'offrent pas les mêmes prestations, mais bon, c'est un chemin de "souffrance" si on peut dire, pas pour ripailler .

et les nominés, les bons, ceux qu'on a aimés, en espérant que la modération n'y verra aucune tentative de publicité mais juste de bons renseignements, sont:

à Gt Gilles, chez Patrick, "La Pause du Pélerin", superbe gîte, juste a côté du bureau d'assurance, ne pas confondre avec l'autre gîte sur la même place, accueil on ne peut plus chaleureux, excellent repas à Montarnaud, chez Cathy et Jean Paul, "le temps d'une pause", excellente soirée en famille à Lodève, "gîte la Megisserie", excellente soirée avec une bande de dames en sortie sans leurs maris, et le responsable Bernard, super sympa nous a mitonné des bons petits plats à Joncels, "Villa Issiates", dont la réputation n'est plus à faire, décor avec plein de sculptures en bois faites par la patronne, amabilité, somptueux, et repas de roi à Fagairolles, gîte communal, et on a mangé une excellente cuisine faite que de produits locaux, exécutée de main de maître par Odile la responsable à Murat sur Sèvres, "l'étape du menhir" chez Jean Luc et Isa à la Salvetat sur Agout, café hotel "La Pergola"

et puis le côté négatif mais rien à voir avec la rando, à mon retour à Béziers, ma voiture bien que dans un parking sous surveillance a été fracturée, environ 300 euros de vol, m'ont même piqué mes lunettes de vue soleil, vois pas ce qu'ils pourront trop en faire, réponse du gardien, seules les allées sont sous surveillance, pas les emplacements, on paye un service pourquoi ?

en espérant que celà puisse en aider quelques uns
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JE
Jemaflor 15 years ago · Mguibentif
Italie: Archipel des Eoliennes, 7 îles à découvrir... en 7 escales
Eparpillées au nord des côtes siciliennes, les îles de l’archipel des Eoliennes ont toutes en commun une origine volcanique. Seraient-elles pour autant toutes semblables ? Pas vraiment, car chacune d’entre elles offre aux visiteurs ses particularités, son originalité et un charme bien différent… D’île en île, je vous propose un cabotage en mer Thyrrhénienne, au programme 7 escales, une dans chaque Eolienne. Prêt à embarquer pour Lipari, Vulcano, Salina, Panarea, Stromboli, Filicuidi et Alicuidi ? Puisque vous êtes partant … alors bon vent au pays d’Eole !

Située au centre de l’arc éolien, Lipari est la capitale régionale, c’est aussi l’île la plus peuplée de l’archipel. Contempler sa silhouette depuis la mer en longeant ses belles côtes escarpées est un préambule à la découverte … d’ailleurs incontournable puisque Lipari n’est accessible que par bateau (il n’y a aucun aéroport sur cette petite île !), mais cela ne saurait être suffisant. Non, Lipari mérite d’être appréciée jusque dans l’intérieur de ses terres. Et là, le meilleur moyen de poursuivre la découverte est à n’en pas douter le scooter, il permet de cheminer au gré des petites routes de l’île …

Mais avant d’enfourcher le deux-roues et après les moments de navigation depuis la Sicile, je vous suggère une première pause sur la sympathique et pittoresque place du port. Les terrasses de cafés y sont nombreuses et paraissent accueillantes, on ne peut résister à prendre place et à commander la spécialité locale, une granite (glace pilée aromatisée) ; on peut conseiller la préparation au café ou au citron … ou à tout autre parfum, car il y en pour tous les goûts ! Et pendant le temps de la dégustation, on pourra contempler les alentours avec le ballet des bateaux (plaisance et pêche) et les discussions animées au pied de la statue de San Bartolomeo (le Saint patron de Lipari) ou bien lever les yeux pour admirer d’en bas la citadelle perchée sur ses rochers.



Le visiteur sera aussi charmé par les jolies façades aux teintes pastel et/ou par les jolies … italiennes (ou italiens, c’est selon !).

Ensuite, pour sortir de la cité on parcoure des ruelles étroites. Toute l’atmosphère du sud de l’Italie y est présente : les exclamations de mama pas vraiment discrètes, les balcons où sèche le linge de la semaine, des plantes vertes envahissantes pour faire oublier qu’il n’y a pas de jardins et les non moins encombrants scooters qui se faufilent entre les piétons ou barrent carrément le passage … La Via Garibaldi (l’artère principale) est encore plus animée avec ses nombreux commerces, ses boutiques de souvenirs et ses étalages d’olives, de câpres et de tomates séchées. Faire le tour de l’île à scooter peut prendre une petite heure … ou toute une journée ! Louons jusqu’au soir, cela nous laissera le temps de faire de nombreuses haltes.

La route côtière en direction du Nord longe d’abord deux larges baies puis surplombe de petites criques avant de faire face à une montagne éventrée aux flancs d’une blancheur éblouissante sous le soleil : un mont impressionnant culminant à 523 mètres constitué de pierre ponce, le résultat d’une éruption du volcan Pilato, c’était il y a bien longtemps, vers l’an 700. Même si les installations d’extraction sont encore en place au bas de ces falaises blanches, un surprenant silence règne dans ces carrières poussiéreuses.



L’exploitation de la pierre ponce appartient désormais au passé de Lipari. En effet, depuis l’année 2000 l’archipel des Eoliennes est classé au patrimoine mondial de l’Unesco, une reconnaissance qui a eu aussi ses exigences, comme celle de l’arrêt de toute extraction industrielle dans ces carrières … Une décision discutée au sein de la population îlienne car elle entraînait la mise au chômage d’une centaine d’ouvriers … heureusement reclassée par la suite. Le travail de la pierre ponce a pendant des années constitué le poumon économique de Lipari mais a aussi apporté son lot de malheurs, cette poussière volcanique ayant la fâcheuse tendance d’attaquer les poumons des mineurs. Une terrible forme de silicose qui porte même le nom de l’île : la liparose ! Pourtant, les propriétés de la pierre ponce lui confère un intérêt reconnu depuis la Rome antique. La légèreté de cette roche volcanique qui n’entame pas sa solidité a permis l’édification de constructions monumentales telle la gigantesque coupole du Panthéon de Rome. De nos jours, la pierre ponce a toujours de nombreuses utilisations : composition du béton, abrasion … et vieillissement artificiel des jeans stone wash !

Quelques marches puis un sentier se faufilant parmi une végétation touffue composée d’odorants figuiers et de bougainvillées très fleuris permet d’accéder à une plage, la spiaggia blanca … presque blanche, comme il se doit ! Une crique idéalement protégée et baignée par des eaux cristallines.

Quelques kilomètres plus loin, une fois les dernières habitations du village d’Acquacalda passées, la route serpente à travers une végétation méditerranéenne tout en s’élevant au-dessus de vertigineux à-pics. Parvenu au belvédère de Quattropani, il faut s’arrêter afin d’admirer une vue grandiose sur 180° qui dévoile une grande partie de l’archipel des Eoliennes. Cinq îles en un clin d’œil, superbe ! Le plus beau panorama de Lipari, on le découvre plus au sud après avoir traverser les hauts plateaux agricoles de la partie ouest de l’île. Ce belvédère naturel est appelé :Quattrocchi (quatre yeux). Mais deux yeux seulement suffisent pour être séduit par le tableau naturel que l’on peut y contempler.

La beauté incontestable de ce lieu lui vaut d’être devenu la vue emblématique de l’île de Lipari. Au-delà du premier plan de cactus, la vue plonge sur des falaises abruptes et déchiquetées qui avec les rayons obliques du soleil prennent une sublime teinte dorée. Au pied des rochers plusieurs bateaux de plaisance semblent posés sur une mer bleue, calme et lisse. Quelques pitons rocheux attirent immanquablement le regard. Ce sont des « faraglioni » faits de lave si dure qu’ils ont résisté à l’érosion alors que les roches volcaniques alentours plus friables ont disparu avec le temps. Le plus imposant, fièrement dressé vers le ciel prend l’aspect d’un phare isolé, ici, on le surnomme aussi le doigt d’Eole ! La belle luminosité de cette fin d‘après-midi est une invitation à poursuivre la balade pour dénicher de splendides panoramas. A l’image de celui-là, vu depuis une petite route sinueuse d’une colline des alentours de Lipari ville. Un point de vue idéal sur la cité chapeautée de sa citadelle avec en arrière plan, le monstrueux volcan de Vulcano, l’île voisine … notre prochaine escale.

Dès la descente du bateau et à peine le pied posé sur l’île de Vulcano, le ton est donné : une odeur caractéristique de soufre flotte dans l’air … Pas de doute, nous venons d’accoster sur une île volcanique où les émissions de gaz sont encore actives. Heureusement, une agréable brise marine vient dissiper rapidement ces incommodantes senteurs, les conditions deviennent idéales pour entamer la découverte de l’île du dieu Vulcain. A tout Seigneur, tout honneur … c’est vers la crête du volcan de la Fossa di Vulcano que nous entamons la visite. Du haut de ses 390 mètres le vénérable volcan au cône tronqué domine de sa silhouette imposante tout le nord de l’île de Vulcano.

C’est donc parti pour la randonnée, au départ cela ressemble à une promenade de santé, un léger faux plat sur une petite route bitumée … c’est ensuite que cela se corse un peu, surtout si l’on précise que l’atmosphère est étouffante en cette belle journée estivale. Qu’à cela ne tienne ! Il faut progresser avec détermination sur ce sentier pentu où le sol constitué de sable noir à la fâcheuse tendance à se dérober sous les pas. La végétation verdoyante composée essentiellement de genets se raréfie à mesure que l’on prend de la hauteur laissant un horizon bien dégagé. Le point de vue est admirable, il surplombe le petit village ainsi que la presqu’île de Vulcanello située à l’extrémité nord de l’île. Profitant de cette pose bienvenue, le regard prend le temps de se diriger vers l’île de Lipari et ses côtes déchiquetées. Peu après, la texture du sol change carrément, passant de l’aspect de dune de sable sombre à celui d’un chemin terreux d’où une fine poussière vole à chaque enjambée. De part et d’autre du sentier le versant est sillonné de profondes crevasses, certainement l’effet du ruissèlement de l’eau des pluies hivernales sur cette croûte de boues ocre.

Arrivé au sommet, le grandiose panorama sur les îles et la mer (pourtant sublime) est sérieusement concurrencé par la vue du cratère et des fumerolles. En contrebas et au centre de cet impressionnant cratère (500 mètres de diamètre), on distingue un amas de sédiments volcaniques grisâtres.



Mais ce qui attire le plus l’œil en ce lieu, ce sont ces roches et ce sol couverts de cristaux jaunes de soufre, par endroits, le soufre prend une belle teinte ambrée comme si il était « caramélisé » par les hautes températures … Bon, côté odeurs, celles qui se dégagent et fusent entre les pierres n’ont vraiment pas une senteur sucrée mais comme vous pouvez le supposez, mais plutôt une tenace odeur d’œuf pourri ! Certains randonneurs très prévoyants sont même équipés de masques conférant à leur silhouette un aspect fantomatique lorsque les vents tourbillonnants les enveloppent de vapeurs sulfureuses.

A Vulcano, on ne profite pas seulement des bains de mer mais aussi des vertus thérapeutiques des boues thermales. A deux pas de la mer et du port, un bassin naturel s’avère être un lieu très animé. Les amateurs de soins naturels n’hésitent pas à braver l’odeur ambiante pour se plonger dans une eau opaque et grisâtre. Que ne ferait-on pas pour retrouver une douce peau de bébé ou renvoyer aux oubliettes quelques douleurs rhumatismales ? La présence de sédiments d’alun et leurs propriétés astringentes confèrent à ces boues sulfureuses, à priori peu attirantes, des propriétés reconnues pour leurs bienfaits … même si des mauvaises langues affirment que l’essentiel est avant tout d’en être persuadé ! Les baigneurs sont prévenus, il est fortement conseillé d’ôter montres et bijoux qui contrairement à la peau n’apprécient vraiment pas la composition chimique de ces eaux. Avant de tenter l’expérience, je préfère observer les curistes … enfin les baigneurs ! La scène est cocasse avec le contraste entre les corps encore hâlés des visiteurs hésitants et les autres déjà enduits de boues blanchâtres. Certaines personnes, pour sans doute accentuer les effets du bain, sèchent au soleil en sortant de l’eau jusqu’à ce que la pellicule de boue soit transformée en une croûte. D’autres, n’en finissent pas d’appliquer sur toutes les parties de leur corps cette glaise. A bien les observer, on pourrait presque les prendre pour des membres d’une peuplade primitive se préparant à une quelconque cérémonie rituelle voulant à grand renfort d’enduit se peindre le corps.

A mon tour de bénéficier de ce bain très particulier. D’abord, on avance prudemment, l’eau est tellement trouble que l’on ne voit pas vraiment le relief du fond du bassin qui s’avère peu profond mais quelque peu glissant … et surtout par endroits franchement brûlant ! La température moyenne de ces eaux est d’environ 35°C et la sensation est plutôt plaisante à mesure que l’on s’immerge le corps. Après une dizaine de minutes de bains et d’applications de boue, il est temps de se rince, soit dans les douches près du bassin (payantes !) ou de façon plus naturelle dans la mer toute proche. Là, c’est gratuit et l’on bénéficie de plus d’un soin supplémentaire, un massage énergique de la plante des pieds tellement les galets sont nombreux ! Mais surtout, quelle agréable sensation, l’eau ici est parfaitement translucide et partout animée d’une multitude de petites bulles dont l’origine se perd entre les galets : un véritable jacuzzi naturel du à l’activité volcanique du sol. Et une fois bien rincer et sécher, on constate effectivement que la peau est plus douce … mais elle est aussi parfumée d’une tenace odeur de soufre, il fallait s’y attendre !

Salina, avec un tel nom, vous vous doutez que la production de sel est une activité traditionnelle des habitants de cette île. C’est exact, comme ici dans le village de Lingua où l’on peut voir un marais salant et des eaux saumâtres. Sur le talus qui sépare la saline de la mer un petit phare se dresse et marque ainsi l’extrémité de l’île.



Quelques barques aux teintes éclatantes sont amarrées près de la grève de galets, presque devant l’église, elles témoignent aussi d’une autre ressource : la pêche. Mais la présence de terrasses de cafés et de restaurants fait vite comprendre qu’en été, l’activité principale ici à Linga et également dans le reste de Salina est principalement le tourisme.



Salina a quand même la particularité d’être l’île la plus verdoyante et la plus agricole de l’archipel. D’abord il y a tous ces arbres qui recouvrent les versants des deux volcans de l’île, ils forment par endroits de véritables forêts. Les cultures ne sont pas en reste avec la production, entre autre, de légumes et de câpres, une vraie spécialité locale, ici, on en met pratiquement dans tous les plats, des salades aux pâtes en passant par les paninis ! Mais ce dont les habitants de Salina sont les plus fiers, c’est de leur vignoble. Les cépages du Malvoisie local donnent un doux nectar, subtil et sucré. Ce vin à la jolie teinte ambrée nécessite tout le savoir faire traditionnel des vignerons de Salina pour développer tous ses arômes. Les raisins sont vendangés habituellement en septembre avant d’être posés quelques jours sur des claies de roseaux, là, ils sèchent lentement la journée au soleil afin de concentrer leur teneur en sucre ; la nuit, les viticulteurs protègent de la rosée leurs généreuses grappes, de peur que les fines gouttelettes d’eau ne viennent diluer le précieux jus. Un vignoble qui a bien failli disparaître, comme dans beaucoup de régions les méfaits du phylloxera ont provoqué des ravages mais depuis les années 70, des parcelles de vigne ont été plantées jusque sur des terrains escarpés dominant la grande bleue. L’engouement pour ce vin original est parfaitement mérité, servi habituellement dans de petits verres à liqueur, il faut reconnaître qu’il est très plaisant au palais avec d’agréables saveurs de miel … idéal à l’apéritif ou également pour accompagner les desserts. Flâner au gré de ses envies le long des petites routes de l’île, de hameaux en villages, est un plaisir dont il ne faut pas se priver … La route vous mènera immanquablement à Pollara, tout au bout de l’île.



Le site est grandiose ! En arrivant par la route on surplombe un cirque montagneux qui correspond en fait à un cratère dont la moitié a été engloutie par la mer sous l’assaut des vagues et de l’érosion marine. Et le fond de cet original demi-cratère abrite les habitations du village ainsi que des parcelles cultivées.

La renommée de Panarea va bien au-delà du côté pittoresque de l’île, le lieu est réputé pour son ambiance nocturne avec ses bars branchés et ses discothèques très tendances. On y vient même de Lipari par bateaux spéciaux, juste le temps d’une soirée (enfin d’une nuit !) pour une virée très festive ! La discothèque Raya, pionnière en la matière, et sa façade blanche trône sur la gauche du petit port où l’on débarque. Elle vous met immédiatement dans le bain … de l’ambiance locale.



En journée, l’atmosphère est beaucoup plus calme même si on se bouscule presque à certaines heures dans les ruelles tortueuses du village, mais sans les décibels ! Les habitants (environ 200 résidents seulement à l’année) et surtout les plus anciens vous diront que Panarea a bien changé, on est passé ici d’une île rurale avec culture d’oliviers à une île dédiée au tourisme de luxe ; ne surnomme t-on pas Panarea l’île VIP ? La spéculation immobilière a sans doute transformé quelque peu le style des habitations, perdant le style architectural des Eoliennes pour celui de villas et de résidences plus confortables avec « vue sur mer » et jardins fleuris. Toutes ces habitations aux murs blancs rappellent un peu les villages grecs des îles de la Mer Egée.



Ces belles villas blanches ornées de bougainvillées mauves, on les longe lorsqu’on emprunte la petite route sinueuse (la seule de l’île) qui mène vers la principale plage. Une balade/randonnée qui nécessite environ quarante minutes avant d’atteindre la plus jolie baie, chemin faisant on profite de superbes points de vue plongeant sur la côte et sur la belle bleue. Le côté people de Panarea, je le retrouve sur un des sentiers qui surplombe une crique de rêve … explications. Caché derrière un buisson, je rencontre un homme bardé d’un appareil photo monté d’un imposant téléobjectif. Drôle de touriste ? Bien qu’apparemment il ne souhaite pas vraiment converser, de peur d’être repéré, il me confie en quelques mots son objectif : obtenir un scoop en prenant en photo un homme politique (italien) qui se prélasse sur un voilier en contrebas. Ce photographe est donc … un paparazzi en train de planquer !



La logistique est bien organisée : serviette pour masquer le zoom, téléphone portable avec oreillette pour communiquer avec un informateur qui navigue incognito près de ce VIP, bouteille d’eau à proximité car on ne sait jamais combien de temps peut durer l’attente et il fait très chaud sous le soleil des îles. Un peu plus loin, sur la plage, rebelote ! J’assiste également à un même cirque, avec un autre paparazzi, serviette noire sur l’immense zoom … Renseignement pris auprès d’un voisin de serviette (de plage), c’est un acteur comique italien qu’il vise … en espérant de faire peut être la Une d’un magazine people. Décidément Panarea est bien l’île de la jet-set et pas seulement en nocturne !

Un joli nom aux intonations chantantes lorsqu’il est prononcé avec un bel accent italien. Stromboli est assurément l’île la plus connue de tout l’archipel. Mais Stromboli est bien plus qu’une simple île, c’est une île-volcan dont le cratère est selon les spécialistes en activité permanente depuis 2500 ans !



Loin depuis la mer on aperçoit sa silhouette caractéristique en forme de cône parfait dominé par un éternel panache de fumées volcaniques. A mesure que l’on se rapproche des austères côtes ouest, on devine à flanc de versant pentu les quelques habitations du hameau isolé de Ginostra, accessible seulement par la mer, aucune route ne dessert les quelques dix îliens qui y résident à l’année. Maintenant notre bateau rase l’imposante coulée de lave et de cendres datant de la dernière grande éruption de février 2007, un gigantesque flot de magma qui a ravagé et brûlé toute la végétation sur son passage avant de terminer sa course au contact de la mer. Puis ensuite c’est l’arrivée en vue du village principal de Stromboli, San Vincenzo où l’on débarque près d’une longue plage de sable noir, l’origine volcanique de cette grève ne fait aucun doute. La ruelle principale de la bourgade se faufile en s’élevant progressivement à travers les habitations de cette île d’environ 500 résidents permanents. Elle permet d’atteindre la place de l’église ; là où le tout Stromboli se donne rendez-vous. Il y a là, des îliens qui palabrent, accompagnant leurs discours enjoués de grands gestes … Mais sont présents également pendant la saison touristique, les nombreux visiteurs. Le lieu constitue un splendide belvédère avec point de vue imprenable sur la côte mais aussi sur le sommet du volcan.



C’est aussi le lieu de départ de la randonnée qui permet de s’approcher du cratère du volcan. Une randonnée qui obligatoirement doit être accompagnée par des guides locaux, la « promenade » peut s’avérer dangereuse, on ne côtoie pas la bouche des entrailles de la terre sans un minimum de précautions ! Comme l’éruption est un grand spectacle féerique lorsqu’il est observé en nocturne, c’est donc en fin d’après midi que les groupes de randonneurs se rassemblent avant de débuter leur ascension, pas moins de 3 heures de crapahutage sont nécessaire pour avoir une vue privilégiée sur les gerbes de feu, des scènes qui s’apparentent un à show pyrotechnique comme un feu … mais qui n’a rien d’artifice ! Depuis la mer ces éruptions régulières, toutes les 15 à 30 minutes, valent le coup d’œil. C’est là que je me trouve pour contempler le phénomène, d’ici, sur un bateau, on a une vue d’ensemble sur tout le monstrueux volcan crachant son feu. Côté photo, depuis un bateau ce n’est pas vraiment idéal, car les amateurs de clichés savent qu’une photo nocturne nécessite une pose longue et même si la mer est calme ce soir, il y a toujours le risque d’une image floue …



Finalement peu importe, ces visions d’éruptions avec jets de pierres incandescentes et rougeoyantes sur fond de ciel bleu nuit sont des instants magiques. Inoubliable !

Le titre de mon texte évoque 7 escales aux Eoliennes, c’est exact en ce qui me concerne, mais résumer cet archipel à 7 îles … les géographes scrupuleux seront peut-être surpris car en réalité 8 îles composent officiellement l’archipel des Eoliennes. Qu’elle est donc cette 8ème île allez-vous me demander ? Un minuscule îlot ! Situé à proximité des côtes de Stromboli, le haut rocher de Strombolicchio a été choisi comme support d’un phare, un escalier interminable permet d’y accéder … seulement par les professionnels, et encore, quand la mer n’est pas trop agitée.



Cette formation rocheuse en forme de haute tour est une colonne de lave qui a résisté à l’érosion ; on appelle ces formations rocheuses, des neck in english et faraglioni in italiano.

Cap maintenant sur Filicuidi, de loin on aperçoit près de la côte ouest une aiguille dominant la belle bleue. Comme un amer, il donne la direction à suivre. Il s’agit en fait d’un autre faraglione, très résistant à l’érosion marine. Nombreux sont les plaisanciers qui en font une destination de balade nautique et navigue dans les alentours de cet impressionnant pic.



Ce n’est pas le seul intérêt de cette côte de l’île. Les falaises devant lesquelles nous arrivons sont creusées de grottes marines. L’ancre est déposée, il ne nous reste qu’à profiter du lieu : une baignade dans des eaux translucides des plus plaisantes. Les plus téméraires des visiteurs n’hésitent pas à plonger depuis les promontoires rocheux de cette caverne. Un gros « ploufff ! » résonne et c’est l’ivresse du grand bleu promis au courageux plongeur…



Pour gagner le principal port de l’île, il faut suivre la côte et contourner un cap rocheux, là, abrité dans une grande anse, on accoste le long du quai. Les eaux si claires sont une nouvelle invitation à la baignade, quant aux galets du rivage, on ne peut pas dire qu’ils incitent à y poser sa serviette de plage ! Poursuivons donc la balade par une randonnée à la découverte du patrimoine de Filicuidi. Le lieu est habité depuis l’Age de bronze comme en témoigne les quelques vestiges d’un village néolithique situé à quelques centaines de mètres du port. Le sentier grimpe raide pour y parvenir, arrivé sur place on découvre des alignements de pierres couvertes de lichens orangés, ruines de murs ou de fondations de maisons. Certes, il faut un peu d’imagination pour avoir une idée précise de ce que pouvait être la cité antique … cela devient plus évident en lisant les indications inscrites sur les panneaux explicatifs !



La localisation de ce site avait été parfaitement choisie par les bâtisseurs de l’époque. D’ici, la vue s’étend sur les deux côtes de l’île, ainsi il devenait plus aisé de se préparer à « accueillir » comme on l’imagine d’éventuels assaillants ! Pour le visiteur/touriste contemporain qui n’a comme seule préoccupation que d’admirer le paysage, ce belvédère est parfait. Un large panorama s’étend devant nous sur l’immense baie très régulière et aussi sur toute la côte opposée, une route sinueuse trace de plus une jolie courbe au cœur de ce paysage.

C‘est sans doute parce qu’Alicuidi est l’île la plus éloignée de l’archipel qu’elle est souvent ignorée des voyageurs. Dommage ! Car découvrir son authenticité mérite le détour.



En débarquant sur cette île miniature où vivent à l’année environ une centaine d‘habitants, on a presque l’impression de remonter le temps. L’ambiance évoque les années passées, le calme et la tranquillité … On est bien loin de l’atmosphère tendance et des fêtes nocturnes, très « people » de Panarea, par exemple ! Le petit port est coquet, entouré et surtout dominé par des maisons aux teintes chatoyantes. Seul un versant de l’île est construit ; des habitations bâties sur des terrasses étagées. Comme il n’y a pas de route sur ce confetti, pour atteindre les maisons il faut obligatoirement emprunter un chemin rocailleux qui serpente à flanc de collines. Une belle randonnée avec vue sur mer bleue lorsque l’on se promène. Et pour acheminer matériaux ou lourdes provisions, comment fait-on me direz-vous ? Déplacement à pied, encore et toujours ! Mais sur Alicuidi, il y a de l’aide avec mulets et chevaux qui assurent le transport des charges lourdes et des objets encombrants, c’est un des charmes désuets de cette petite île.



Des animaux au repos au pic du soleil, ici, on respecte ces précieux collaborateurs ! Ce n’est que le matin ou le soir, à la (presque) fraîche qu’ils arpentent ces chemins muletiers où les cailloux roulent souvent sous les sabots. Quant à l’eau courante … l’île est dépourvue de source, alors elle est acheminée régulièrement par bateau citerne. Autant dire qu’il est conseillé de l’économiser. Séjourner à Alicuidi, c’est vivre à un autre rythme, celui d’antan …

La boucle est bouclée, le périple nautique d’île en île parmi les Eoliennes s’achève, comme se termine cette soirée à bord … avec encore un magnifique panorama baignée maintenant par la luminosité d’un soleil couchant.



Le ciel rougeoyant vient de laisser sa place à un embrasement doré, la mer nous renvoie quelques reflets mouvants et les îles nous offrent leurs silhouettes de montagnes volcaniques. Une lueur magique à contempler seulement pendant quelques minutes … voilà que le soleil disparaît déjà sous l’horizon.

Jean
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ML
Mlefevre 15 years ago · Flipo44
Ténérife autrement
Voici quelques photos de Ténérife, Iles Canaries, prises à Noel 2005. Les Canaries? Bof, côtes bétonnées, étalage de cellulite! Certes! Mais il suffit de s'éloigner des côtes pour découvrir des paysages volcaniques surprenants.

PAISAGE LUNAR au sud du Teide:





Ballade dans la caldeira du Teide : LOS ROQUES DE GARCIA



Le Teide après la tempête:



Vue du sommet de la montagne Guajara (2715m), plus haut sommet du bord de la Caldeira : à droite le Teide et à sa gauche le Pico Viejo 3134 m



Quelques fleurs dans ce paysage minéral:



Au fond de la caldeira, parfois inondée:



Au premier plan LA CATEDRAL et au fond LE TEIDE



Le fond de la Caldeira



Sur le flanc ouest du Teide, la Montana Reventada:







Il est possible de monter en téléphérique à 3555m, sous le sommet du teide (3718 m) que l'on voit au loin et de descendre à pied par le cratère secondaire du Pico Viejo situé à l'ouest du Teide puis par les Narices del Teide(2600m) (sur l'image au sommet de la coulée récente) jusqu'au fond de la Caldeira à 2055 m. Nous n'avons pas pu le faire car tous les sentiers étaient fermés pour cause de glace. Dommage!

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ZA
Zanax 15 years ago
Rencontre du troisième type et du 7ème art dans la 4ème dimension (expérience mystique en Islande)
« Bonjour ! Où allez vous ? »

« Peu importe, et vous ? »

« Olafsvik ! »

« Parfait »

Je dis souvent que j’aime l’Islande comme j’aime les femmes, mais là, elle exagère, quatre jours qu’elle pleure sans interruption cette gonzesse là. Le ciel gris et bouché crache son trop plein de solitude et mon taux d’hydratation frôle les cent pour cent, tant ce chagrin me pénètre de toute part.

Je suis sur la péninsule des Snaefellenes, qui est à l’Islande ce que la Bretagne est à la France, mythes et légendes compris.

« Sale temps, hein ! »

« Ouais, comme vous dites ! »

« Français ? »

« Atchoum !! »

Il roule vite avec sa voiture rouge sur cette piste de cendres noires.

« Je vous dépose ici ? »

« Génial ! Merci encore, au revoir ! »

LE LENDEMAIN

Bientôt une demi-journée que je poireaute dans ce fast-food trop kitch où l’on me regarde d’un sale œil. A trois euros le café, je ne vais pas m’en jeter un tous les quart d’heures, non plus !

C’est dans ce lieu de débauche où les islandais(es) se goinfrent à longueur de journées, de hot dogs caoutchouteux et de sodas qui font roter (sachant que les journées durent vingt quatre heures en cette période, je vous laisse imaginer la somme de calories englobées) qu’hier, j’ai retrouvé par hasard, Pascal et Ludivine (Sagnier de son nom, l’égérie de François Ozon, la fée clochette de Paul Hogan) avec qui j’ai trecké du Landmannalaugar jusqu’à Thörsmörk, trois jours durant, bravant froid, neige, pluie, blizzard, brouillard, torrents, norvégiens et norvégiennes.

La pluie fait semblant de cesser, j’en profite pour marcher jusqu’à la sortie du village d’où je pourrai mimer la position de l’auto-stoppeur désespéré. Je n’essaye même plus de slalomer entre les gouttes et, pour des raisons liées au réchauffement de mon corps, j’évite la position statique et progresse d’un pas soutenu, avec pour point de mire, un soleil invisible caché sous trente six couches de nuages de diverses épaisseurs et de multiples textures.

En France sur le bord des routes, on trouve des hérissons décédés, en Islande ce sont des poissons qui parfois jonchent le talus. Ne me demandez pas comment ils atterrissent jusqu’ici, peut-être tombent-ils du ciel.

Ou des camions.

Celui qui est sous le nez de mes pieds, je le trouve photogénique, il ressemble à un piranha desséché, l’œil vide et la gueule béante. Je déchausse mon sac à ventre qui contient mon matériel photographique. J’ajouterai son portrait à ma collection de photos morbides, il servira peut-être un jour pour illustrer une pochette de CD ou une couverture de fanzine.

Je discerne un point noir qui s’approche à la vitesse d’une voiture, les voitures sont si rares, il faut pourtant que je fasse ce cliché. Ce point noir grandit et à présent je le vois rouge. Aie !! pas la peine de sortir l’appareil, une voiture rouge c’est pour ma pomme. Cela fait onze jours aujourd’hui que je ne suis pas monté dans un véhicule d’une autre couleur, dans ce pays ils ne sont pourtant pas tous rouges, mais ceux qui s’arrêtent pour me charger, si ! »

« Arnarstapi ? »

« OK, monte ! »

silence

« Français? »

« Atchoum!! »

Cinquante années bien tassées, cheveux blancs apparemment propres, barbe de deux jours, le gars saisit un numéro sur son portable. Une étiquette dépasse du col de son pull-over. LAVAGE A LA MAIN UNIQUEMENT ; enfin j’imagine, l’islandais et moi ça fait deux, je sais juste dire takk, (merci) alors je dis takk à l’homme avec l’étiquette qui dépasse de son pull, pour le remercier d’être le propriétaire d’une voiture rouge.

« Je viens d’appeler ma femme, tu viens boire le café à la maison ! »

C’est un ordre ou une question ? Je m’entends répondre :

« Euh….merci, enfin..…takk ! »

En vérité dans ma tête je pense : Putain, génial, un café chaud chez des vrais gens, il y aura aussi des tartines, trois semaines que j’en rêve !

Quelques kilomètres plus loin, Hellisandur, le village le plus à l’ouest de l’Islande, donc de l’Europe et pourquoi pas du monde. Mon sympathique sauveur se prénomme Pàll, il vit dans un petit lotissement où les maisons sont si basses qu’on les croirait enterrées, elles se protègent ainsi de la promiscuité des bourrasques de vent qui inlassablement, maltraitent les côtes voisines. Chaque habitation de ce lotissement est cernée d’un jardinet exagérément entretenu, où les colonies de nains de jardin viennent se reproduire et nicher. La villa de mon hôte se différencie à sa manière, l’on s’imagine plus volontiers à Beyrouth-ouest que dans une histoire de Blanche Neige. Les cordonniers sont les plus mal chaussés, ce qui explique que Pàll soit paysagiste.

« Bonjour madame, enchanté ! »

Je me déchausse, passe sous l’arbre généalogique encadré dans le hall d’entrée et pénètre dans la petite cuisine, savourant du coin de l’œil la ribambelle de vivres, étalée sur la table en formica.

Hanna est une femme menue et un peu recroquevillée, sous ses cheveux ternes elle se force à sourire, je fais comme si de rien n’était et m’exécute volontiers lorsqu’elle m’invite à me servir. La conversation est limitée, l’on m’a appris à ne pas parler la bouche pleine. Tour à tour, ce sont des fruits frais, des pains croustillants garnis de miel de confiture ou de beurre, des tranches de gâteaux fait maison, qui font les frais de mon appétit.

Ils me présentent, par le biais de quelques photographies, leurs deux jeunes filles. Hanna m’offre un pot de confiture noirâtre, c’est paraît-il de la rhubarbe. Pàll apporte d’autres albums. Sur le premier je ne découvre que des clichés du Snaefelljökull, ce fameux glacier-volcan dans lequel Jules Verne fit pénétrer ses héros pour le Voyage au centre de la Terre.

Cette montagne mystique est à la pointe de la péninsule des Snaefellenes, donc tout près d’ici. Les photos sont laides, mal cadrées, bancales. Pourquoi donc un tel acharnement photographique ?

Le deuxième album qu’il me tend ne répond pas à ma question, mais confirme mon premier sentiment : Ces gens vouent un véritable culte à cette montagne légendaire. Reste à en connaître la raison !

Je m’applique à faire semblant de trouver intéressante cette séance de visionnage, avec la crainte de voir débarquer sous le bras de Pàll, un troisième album du même style, tandis que Hanna me tend un crayon et un carnet, afin que j’appose sur la page concernée, mes coordonnées postales en vue d’une future et prospère correspondance.

Alors que mon estomac se prosterne pour rendre grâce à l’hospitalité de monsieur et madame Ragnarsdottir, Pàll s’adresse à moi pour m’annoncer que lui et sa femme vont me conduire jusqu’à Arnarstapi, nous en profiterons ainsi pour visiter en chemin, les lieux dignes d’intérêts.

C’est vraiment très aimable de leur part de s’occuper ainsi de moi, j’imagine que leur vie doit être un peu monotone et les occasions de rencontrer un étranger plutôt rares, ce qui explique leur dévouement si spontané et leur envie de partager leurs connaissances au sujet leur majestique pays.

Mon sac à dos grimpe dans le coffre, moi sur la banquette arrière, tandis que Pàll et Hanna s’embarquent à leurs places respectives.

Je ne vais pas me lancer dans une description des paysages islandais, c’est volcanique certes, mais c’est esthétique avant tout. Suivant la météo, un champ de lave peut devenir inquiétant, mystérieux, hostile, attractif, captivant ou pire encore, ensorcelant.

Un rocher un peu plus haut que les autres et voici que Pàll se lance dans un récit invraisemblable avec trolls et trollettes à la clef. Il semble bien connaître le terrain et chaque excroissance naturelle est propice à un commentaire surnaturel.

Dans un virage je reconnais Jimmy. Il a une sale gueule, il ne s’est pas recoiffé depuis son accident d’hier et personne ne s’occupe de lui, mais après tout ce n’est pas si grave, Jimmy n’est qu’un 4x4 (rouge). Un de ses pneus a éclaté alors que Pascal et Ludivine médisaient à propos de Sophie Marceau, s’ensuivirent deux ou trois tonneaux, une brève visite à l’hôpital d’Olafsvik et des problèmes d’assurance à se taper la tête contre les murs.

Hanna me demande à présent si je connais Jean Michel Roux, un réalisateur français, qui semble t-il, vient de terminer un documentaire consacré aux mondes invisibles qui font de ces terres, une source intarissable d’histoires à dormir debout. Si je comprends bien, ils auraient témoigné eux mêmes dans ce film, je réponds toutefois par la négative à la question précédemment posée tout en mémorisant dans un coin de mon cerveau, l’identité de ce cinéaste en prévisions d’éventuelles recherches informatives sur ce sujet.

Alors que Pàll s’évertue à conduire prudemment, (surtout après la vision de Jimmy à l’agonie) Hanna se tourne à nouveau vers moi et le plus naturellement du monde, me pose la question suivante :

« Est ce que tu crois aux extra-terrestres ? »

J’ai l’intime conviction que l’abordage de ce sujet n’est pas anodin, je réponds tout de même que oui, en apportant ma pierre à l’édifice, sous forme d’un témoignage qui semble intéresser mes amis islandais. Je décris une observation faite au mois de novembre 1996 où j’ai observé pendant plusieurs minutes, deux objets métalliques rester en position stationnaire dans le ciel, puis soudainement filer à toute vitesse alors que l’un d’entre eux apparaissait, disparaissait, apparaissait, disparaissait.…

Après avoir contacté une association locale qui recueille les témoignages de ce genre, j’appris que notre région était souvent visitée de la sorte, car il semblerait que les OVNI viennent se recharger en énergie dans une espèce de source magnétique cachée au cœur des monts du Jura.

X-files livré à domicile !

Hanna hoche la tête tandis que Pàll aspire de grandes bouffées d’oxygène, il semble soudé au volant et cloué sur son siège, étrangement il a cessé de s’adresser à moi en anglais, il se contente de parler en islandais alors que sa femme gère la traduction lorsque ça l’arrange. Elle me raconte à peu près les mêmes choses que moi, au sujet du Snaefelljökull. Ici aussi des OVNI sont souvent observés et ils profitent de la puissance du champ magnétique logé à l’intérieur du volcan pour venir faire le plein des batteries en passant par un couloir intemporel qui servirait d’ascenseur entre les différentes dimensions.

Intéressant !

« Si tu n’as pas peur, nous pouvons entrer en contact avec eux aujourd’hui ! »

Je ravale ma salive.

Rentrer en contact avec qui ? Des êtres d’une autre planète ? Si je n’ai pas peur ? Ce qui sous entend qu’éventuellement je pourrais avoir peur ?

Non, je n’ai pas peur, enfin je sais pas, peut-être, oui, si finalement je crois que j’ai peur, oui, j’ai un peu peur quand même.

Où suis-je ? Parti en vacances en Islande, voici que des gens comme vous et moi me proposent le plus simplement du monde de serrer la paluche à des petits hommes verts-de-gris.

Je n’ai toujours pas répondu à la proposition d’Hanna, elle rajoute :

« Aujourd’hui la configuration nuageuse est idéale et propice à ce genre de contact, alors ? »

Ben alors, je sais pas moi, c’est tellement inattendu, ils auraient pu me prévenir, je me serais rasé, changé, j’aurais apporté des fleurs ou une bouteille de Bordeaux, j’aurais préparé une série de questions, je sais pas moi… vous êtes sûr… c’est pas dangereux ?

Les questions, en ce moment, elles se bousculent toutes seules et en désordre, dans mon cerveau.

« Et vous, êtes vous en contact avec eux ? » me hasarde-je.

Hanna se retourne une nouvelle fois vers moi et prononce d’une voix très aiguë, un « yeeeeesssssssssss » qui me glace le sang.

Répaticulons, heu…récapitulons, ça y est j’ai trouvé, ils doivent faire partie d’une secte, ils sont fous, ont ne peu pas rencontrer des extra-terrestres à la commande, sous prétexte que les nuages sont comme ceci ou comme cela. Et il m’inquiète de plus en plus, le Pàll avec ses bouffés d’oxygène qui le font ressembler au ressort central de la literie d’un vieux couple en plein effort copulatoire.

Nous tournons à droite, sur une piste qui rejoint une plage volcaniquement intéressante. Dans la voiture, règne un silence de mort, j’essaie de détendre l’atmosphère sans calculer les répercussions qu’engendrera la question qui s’apprête à jaillir de ma bouche.

« Et vous, vous êtes des extra-terrestres ? »

Pàll se raidit, Hanna regarde son mari qui se raidit en se raidissant elle même, et je les vois changer tout les deux de couleur. J’aurais démasqué un cambrioleur la main dans le sac, ou encore mieux, j’aurais arraché la cagoule de Spiderman, ils n’auraient pas eu une réaction moins différente.

« Vous le pensez vraiment ? »

« Heu… Je ne sais pas… Pourquoi pas… Peut-être… »

Sur un ton très autoritaire, Pàll s’exprime à nouveau dans sa langue maternelle, Hanna acquiesce; pour une raison que j’ignore, ils sont en colère, je n’ai pourtant rien dit de mal, c’est plutôt bon enfant de demander à des gens s’ils sont originaires d’une lointaine planète, peu importe laquelle, pourvu qu’ils se sentent sur la terre, aussi bien que chez eux, je ne suis pas humanoïdophobe moi.

Pàll se gare sur le bas coté, il descend de la voiture, ouvre le coffre, jette mon sac par terre et me fais signe d’en faire autant, il remonte dans la voiture, effectue un demi tour en faisant crisser les pneus et repart par où nous sommes arrivés. Je me risque à leur faire un signe d’adieu, Hanna me répond par un petit sourire désolé.

A ma place, qu’auriez vous à cet instant, pensé?

Vous, je ne sais pas, mais moi, à cet instant là, ma tête est vide.

Vide de chez vide.

Je m’ébroue, me pince, respire un bon coup et je dégaine mon petit carnet de note, pour y inscrire à chaud, ce que je viens de vivre.

Les embruns de l’océan ne pourront que me revivifier, je planque mon sac derrière un monstre de magma solidifié et je marche tête baissée, jusque sur la côte toute proche. J’escalade une armée de blocs de lave dressée comme une muraille hachurée avant d’arriver sur un petit promontoire dominant un terrain longitudinal et un peu enclavé. Sur le sol, tel un vestige de l’ère viking, se détache un labyrinthe circulaire. D’un diamètre inférieur à trois mètres, il est formé de pierres volcaniques soudées entre elles par un amalgame de mousse et de lichen. En son centre, un cairn insensible au vent, me toise ouvertement.

J’associe cette découverte avec les événements de ces dernières minutes. Peut-être ne devrais-je pas.

Si je me place face à l’entrée de ce labyrinthe, je remarque que celui ci a été érigé au cœur de la lande, dans un couloir naturel, avec droit dans l’axe, le Snaefelljökull, dissimulé aujourd’hui au cœur des nuages. Ce couloir est bien évidemment l’empreinte terrestre du couloir intemporel dont Hanna m’a parlé.

Qu’est-ce que les choses sont simples quand la description d’un fait, d’un objet ou d’un paysage, ne comporte aucune limite !

J’ôte ma parka, mon pull, pose mon sac photo, je me dois d’être léger et amovible. Je me sens envahi d’une mission, et guidé par mon instinct, je tente une expérience mystique. Je saisis une belle pierre digne de cet instant et pose un premier pied à l’intérieur du cercle.

Deux possibilités, deux directions, deux choix. Droite ou gauche. A l’est ou à l’ouest?

Concentration.

Observation.

Si je m’engage à droite, j’arrive directement au centre, trop facile, je pars donc à gauche.

Je tourne en rond et débouche dans une impasse. Je pourrais enjamber les pierres, mais à ce jeu là, je crois que l’on ne triche pas. Demi tour, case départ, toujours ma pierre dans la main, j’atteins le centre alors qu’un frisson électrique me parcourt de bas en haut.

Je dépose solennellement ma pierre au sommet du cairn. En direction du sud, j’ouvre mes bras comme pour enlacer le ciel en invoquant les éventuels messagers branchés sur le secteur et je guette tout faisceau de lumière apte à me soulever du sol et à me téléporter dans une dimension supérieure, dans un monde où les habitants, ni ne mangent de fromage, ni ne se battent entre eux simplement parce qu’ils n’ont pas le même dieu.

Je dois avoir l’air ridicule dans cette position de réceptacle. Qui peut cependant me voir ? Une sterne arctique ? Un grand méchant labbe ? trois moutons débonnaires? Ce seraient bien les seuls en tout les cas à me venir en aide pour me faire comprendre que ce n’est pas la peine d’insister. Je n’ai pas la bonne clef, ni le bon diapason.

Je suis un peu déçu, si proche du but.

Tant de phénomènes étranges accumulés par hasard en si peu de temps, et si le mot coïncidence n’existait pas, si ce jour devait être pour moi celui de la Vérité, si les membres du club très fermé des Mondes Invisibles avaient désiré faire ma connaissance simplement pour que je leur enseigne l’art et la manière de faire du bon pain bien rustique. Il se peut que je sois passé aujourd’hui, à coté de quelque chose qui me dépasse, ainsi en a décidé mon destin, je n’étais pas tout à fait prêt. Allez, ce n’est que partie remise.

Un des objectif de mon voyage était de ramener de ce pays, des images et des pensées pour la finalisation d’un court métrage traitant de l’homme vert. Cet homme vert qui sommeille en chacun de nous et que si peu de consciences découvrent. Je suis saturé de matière première, pourtant ce mini projet cinématographique est toujours resté à l’état larvaire, laissant place au désormais cultissime "Projet Qivitoq".

Je me rhabille et atteins enfin la dernière limite des terres. Ça fait du bien, le brame des vagues, le fumet du varech, l’appel du large.

Je longe la côte, à l’affût d’une tête de phoque surfant dans le roulis. Cette balade n’est pas de tout repos, il faut sans cesse faire de grands pas pour enjamber les nombreuses fissures et trous enclavés dans les coulées de lave qui se meurent sur la plage et dans lesquels stagne de l’eau de mer déposée par la marée haute. La plage est propre, si ce n’est les débris végétaux, animaux ou marins qui la peuplent.

Après quelques dizaines de mètres à crapahuter sur ces effleurements rocheux, je débusque une chose incroyable qui me laisse …Voltairien.

Dans l’un de ces trous aqueux isolé, se manifeste ostensiblement, quelque chose que j’ai bien du mal à décrire. Pour vous donner une vague idée, je définirais cela comme un serpent de lumière d’un rouge vif presque fluorescent. Ce ruban flotte entre deux eaux, il ne semble ni solide, ni liquide, peut-être gazeux.

Et si c’était cela la vie extra-terrestre, un impalpable filament rouge sang, noyé dans une cuvette d’eau de mer, une substance inorganique, écarlate comme une cuisse de nymphe émue, générant suffisamment d’énergie pour glisser d’une planète à l’autre en utilisant nulle autre technologie que les aspirations cosmiques et les trajectoires rigoureuses des super novas de service.

En appliquant simplement cette formule, je vous prouve que tout cela n’est pas utopique : w(z)=i



2

logsin



a

z = i



2

  n=

log(zna)

dw

dz

=i



2a

cot



a

z = i



2

  n=

1

zna

D’ailleurs, pourquoi toujours schématiser les êtres venus d’ailleurs en leur affublant des mains palmées à quatre doigts, des yeux sans pupilles et un front à la Barthez. Et si cette chose un peu visqueuse et légèrement mouvante n’était pas originaire de notre planète, et si par ce mouvement lascif, presque érotique, elle essayait de communiquer avec moi, et si j’écoutais ce qu’elle veut me dire, pas avec mes oreilles, non, avec le reste, avec mes yeux, avec mon esprit, avec ma conscience.

Je n’entends qu’une seule chose, une petite voix dans ma tête qui me dit : « Tu devrais faire une photo, quelque soit l’origine de ce truc, en plus d’être unique, c’est beau. Très beau. »

La preuve, lors de chaque exposition photographique, il s’agit de ce cliché qui recueille en priorité, les faveurs du public intrigué. Il n’est pas rare que l’on m’accuse de falsificateur et je me contente de répondre : « Prouvez le ! »

Je tire donc deux portraits de cette bête qui me fait désormais penser à une rose excentrique jalousée par les linaigrettes avoisinantes et je dépense mes ultimes forces pour rejoindre la route principale avant le passage de la dernière voiture rouge.

L’histoire ne s’arrête pas là. Le lendemain, l’esprit un peu plus clair et chaussé de mes groles humides, je tente une approche amicale envers le Snaefelljökull. J’ai entendu dire que les tibétains considèrent cette montagne comme l’un des centres vitaux du monde, ce qui explique peut-être aussi que l’attraction qu’elle exerce sur moi soit incontrôlable. Une autre rumeur, islandaise cette fois ci, raconte que chaque rocher qui hante cette île, est un troll pétrifié. Je ne vous avait pas menti, lorsqu’en première page j’écrivais : Mythes et Légendes compris.

Les flancs du volcan sont bien assez raides, je m’octroie une petite halte méritée, en posant mes fesses sur une belle pierre poreuse et tapissée de mousse épaisse. Dans la position du Penseur de Rodin, (rappelez vous de ça, c’est important) j’essaye de repérer parmi les éboulis de lave, où donc se cachent les trolls locaux. Avec un peu d’imagination, j’en rencontre des dizaines, aux corps tortueux et trapus, aux visages zoomorphes ou boursouflés, aux membres difformes et cabossés, aux pensées irrévérencieuses ou amicales.

Face à moi, j’en remarque un particulièrement troublant, il a une position qui m’est familière, il ressemble au…

…Penseur de Rodin.

Oups ! Je me lève précipitamment avant de subir le même sort que ces petits lutins empierrés et me frictionne les bras pour anéantir cette désagréable sensation de chair de poule qui soudainement s’est emparée de moi.

Les quatre jours suivants, je me découvre des dons de voyance. Ça fait bizarre la première fois. Et puis l’on s’habitue. J’ai cru en des coïncidences un peu perverses, mais non, je pense que mon esprit était positivement en alerte et surtout un peu en avance sur moi. J’ai eu des flashs de voyance, un point c’est tout.

Seize mois plus tard, lors d’une conversation téléphonique avec Jean Michel Roux (comme quoi mes recherches ne furent pas infructueuses) j’appris que Pàll était, et est toujours, un médium reconnu et respecté. Par le simple fait de le fréquenter, il m’aurait transmis (volontairement ? involontairement ?) une petite dose de ses pouvoirs surnaturels.

Je ne fus pas surpris non plus d’apprendre que le Snaefelljökull est un lieu surveillé de près par la secte Raël et pour de bonnes raisons, je soupçonne maintenant Sophie Marceau de faire partie de cette secte.
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MA
Marc2711 15 years ago · RoyalEvasion
Du Puy-en-Velay à Saint-Jacques de Compostelle
La « magie » du chemin ! Compostelle = le chemin de l’étoile. Ce récit de voyage n’est ni religieux, ni historique, ni géographique et, encore moins, un exploit sportif ! Et je n’ai pas voulu écrire un descriptif du voyage, jour après jour, mais plutôt écrire des réflexions personnelles (qui n’engagent que moi !) et d’autres réflexions (qui n’engagent que leurs auteurs…)

Réflexions avant de partir. Au départ, pas besoin d’être croyant pour faire le chemin. A chacun sa croyance, à chacun ses convictions. Jacques Brel a écrit : « Dieu est en chaque homme. Malheureusement, ils ne le savent pas ! » Je pense que le jour où les 6 milliards d’individus de la planète auront chacun leur secte, tout ira pour le mieux… Nous sommes tous des « créateurs » ; en chacun de nous vit une âme d’artiste. Le tout est de trouver sa voie… Chacun doit avoir SA liberté, SON droit d’agir et de penser. Finis les « on-dit » (des voisins, familles, …) Bienvenue aux « non-dit » (dites « je t’aime »). (réflexions personnelles) Je veux, chaque jour de mon voyage, apprendre quelque chose de moi et sur moi que j’ignorais la veille. Collecter les perles, les pensées, les paroles, les rencontres, les actes… Sur « quoi » j’ai buté ? Fatigue, doute, solitude, pensées négatives, … Etre sur le chemin comme dans une méditation. Etre dans une attention à ce que je vis « ici et maintenant ». (Framboise de Toulouse) Eveiller les cinq sens, regarder tout ce qui se passe, écrire des mots… (le soir : écrire un texte). (stage d’écriture à Nismes) Le chemin t’attend, Saint-Jacques t’attend, Tu prendras ta part de soleil et de poussière, Tes pas seront tes mots, Et le chemin deviendra ta chanson, La fatigue sera ta prière, Mais alors, alors seulement, le silence pourra enfin te parler. (Association belge des amis de Saint-Jacques) Le pèlerin est un être libre « irradié » par une joie intérieure insoupsonnée ; c’est l’ivresse du bonheur, il est habité par « l’essentiel »… il redécouvre son antique condition nomade et la joie qui accompagne cette nouvelle liberté. La route travaille l’humain en profondeur ; ce bonheur est difficilement descriptible, il est possible si l’on accepte d’être heureux avec peu de choses. Le pèlerin redevient lui-même et vit des joies simples qu’il avait oublié dans sa vie d’ « installé » ; il le prend avec joie et philosophie ; il s’en accomode car « trop de confort aliène l’être humain » ! C’est dans le dénuement de tous les encombrants qu’il a le cœur léger, l’esprit libre et l’âme ouverte à la transparence. La solitude lui est nécessaire : enfin, il se retrouve après s’être trop longtemps perdu ! C’est le prix du bonheur ! (Pierre de l’association belge des amis de Saint-Jacques) Cadencer son pas ; pas trop d’arrêts. S’arrêter avant d’être fatigué. (Gilles, un pèlerin de l’association belge des amis de Saint-Jacques) Prends bien soin de toi. (Eric, mon filleul) Ma sœur, Christine, a parcouru le chemin de Stevenson (Cévennes), il y a plusieurs années, et elle aurait souhaité faire le chemin de Compostelle en ma compagnie, mais elle ne pouvait se permettre de s’absenter si longtemps…

J’ai écrit sur le chemin. Faire le chemin, c’est se couper de son propre monde, pour s’ouvrir sur un nouveau monde. On n’est jamais seul sur le chemin ! J’ai inventé un nouveau mot : BEAUJOUR ! Ben oui, pourquoi toujours « Bonjour » ? Personnellement, je préfère que la journée soit plutôt belle que bonne… Sur le livre d’or du refuge de Saint-Roch, j’ai écrit : « Il faut que tu saches que : tu es responsable de TON bonheur, et le seul responsable ; tu ne dois juger personne (les juges sont là pour ça) ; tu es libre de ta vie, de décider, de choisir. On t’a imposé des limites, tu PEUX les dépasser ; le soleil brille TOUJOURS derrière les nuages (ne désespère pas) ; tu es le meilleur, quoi qu’il arrive… Mais n’oublie pas que la perfection n’est pas de ce monde ; l’amour est la plus belle chose au monde ; l’amour de qui tu veux, mais, d’abord, de toi-même. Si tu assimiles ces quelques réflexions, ton chemin n’en sera que meilleur ! Au bout du chemin, tu seras une autre personne : TOI !!! Ultreïa… (expression espagnole signifiant : « plus loin »)

Par après, j’ai ajouté dans mon journal : il n’y a pas de hasard !!! chaque jour est une naissance ; chaque jour est un commencement ; chaque jour est une vie (Louis Chedid) ; aujourd’hui est un jour très important car c’est le premier jour du reste de ta vie ( ?) ; vis chaque jour comme si c’était le dernier ; rêve tant que tu veux, tant que tu peux ; tous les rêves sont permis. Mais surtout VIS tes rêves ; ne te trouve pas d’excuse. Sinon, à la fin de ta vie, tu regretteras et tu partiras l’âme en peine… reste enfant dans ta tête. La vie est un jeu ; joue toute ta vie ; ne te prends pas trop au sérieux. Quand on sait ce qu’on sait, qu’on voit ce qu’on voit, qu’on entend ce qu’on entend, … On peut penser ce qu’on pense ! Sur le chemin, il n’y a pas de nationalités, pas de frontières. Dépendant ou indépendant ? Sur le chemin, vous êtes tout à fait indépendant… vous faites ce que vous voulez ! Mais, en même temps, vous êtes dépendant de vous-mêmes !!! Pour l’eau, la nourriture, le logement, la fatigue… S’il vous manque de l’eau, la soif devient vite un problème. Idem pour la nourriture (vous faites parfois 15 km sans trouver eau et/ou nourriture !) Pour la fatigue, il vous arrivera des moments d’anéantissement ! Parfois, plusieurs dans la journée… (et ici, pas de voiture-balai !!!). Le sens de la marche et de la démarche. En faisant le chemin, on se rend compte que nous marchons à contresens de la société actuelle ; En fait, nous reprenons la direction de l’ »authentique » (cfr Jean de Florette), des vraies valeurs de la vie terrestre, alors que la société va de plus en plus dans le sens de la consommation, et surtout de la consommation débile, du genre « télé-réalité » !!! Sur le chemin, on prend son temps… alors que dans la société, on est toujours pressé ! On marche, on marche… alors que les autres prennent la voiture pour aller chercher le pain à 200 mètres… Sur le chemin, on vit dans le « réel », alors que la société va de plus en plus vers le virtuel (internet, chat…) Sur le chemin, on n’est pas « bouffé » par la publicité… Le plus atypique des tableaux se situe quand nous passons au-dessus d’une autoroute et que l’on s’arrête quelques minutes pour regarder passer les véhicules…

Lui, en voiture Moi, à pied Il roule à 130 km/h à 4, 5 ou 6 km/h Il peut faire 1000 km/jour 25 – 30, c’est bien ! Il connaît les infos moi, rien ! Il veut « gagner du temps » je regarde le temps passer Etc, etc… Pélerin, marcheur ou randonneur ? Moi : « cheminant » Le mot « pélerin » fait trop penser à la religion ; Marcheur et randonneur font penser à un loisir, ce qui n’est pas le cas ici (en tout cas pour moi !). Et ça peut faire penser aussi à « performance »… (encore moins mon cas !). Il est vrai que, chaque jour, en moyenne, nous faisons 30.000 pas ! Ce qui fait plus de 2 millions de pas sur les deux mois !!! «Cheminant », car je fais le chemin ! Je chemine tout au long des jours… Bon courage, Bonne route ? Moi : « Bon chemin » La moitié des personnes vous souhaitent « Bon courage ». Or, il n’est pas du tout question de courage, selon moi ! Je préfère « Bonne route » et encore mieux « Bon chemin » ou « Buen camino » (en Espagne). Le courage, je dirais que c’est juste la « volonté » d’avoir décidé de « faire le chemin ». Mais, uns fois qu’on est parti, on n’a pas besoin de courage, le matin, pour démarrer. On a « envie » d’avancer, sans savoir pourquoi, la plupart du temps ! On avance, on avance, jusqu’au bout de ses forces, de ses capacités. Rares sont les jours où l’on n’est pas allé plus loin que ses propres limites ! « Bon chemin » signifie pour moi : que tout se passe bien sur ton chemin ; que tu ne rencontres aucun problème particulier. Plus beau encore comme expression que j’ai entendue, c’est « Vaya con Dios » (que Dieu te garde)… Sécurité, protection, confiance… Le premier jour : messe des pélerins à la cathédrale puis bénédiction par l’évèque. Suite à cela, on se sent « protégé » tout au long du chemin, comme si rien de mauvais ou désagréable ne pouvait vous arriver ! Par exemple, on laisse toujours trainer son sac n’importe où ! On se sent « en sécurité » sur le chemin et dans les villages ou villes de haltes. Et, tout au long du chemin, on « sent » une totale confiance réciproque entre les « cheminants » et ceux qui les accueuillent !!! Expérience, pas performance ! Faire le chemin ne doit jamais être considéré comme une performance. C’est une expérience, tout simplement. On a envie, ou pas, de faire le chemin… On ne le fait pas pour prouver quoi que ce soit aux autres, ni même pour se prouver quelque chose à soi-même. On le fait pour « se » découvrir, au fil des jours, grâce au vécu, au ressenti, aux rencontres, aux découvertes, aux idées qui germent dans la tête. On fait le vide en soi, on pense autrement et plus loin que dans la vie de tous les jours. On « sent » ce que l’on veut, d’abord pour soi et aussi pour les autres… On envisage la vie et l’avenir autrement, on sait surtout, ce que l’on ne veut plus !… La vie prend un autre sens, une autre direction ; on choisit sa « voie ». On est plus « serein », « conscient », « vivant », « à l’écoute » des autres et de soi-même… Le plus beau jour de mon chemin. C’est l’étape des Pyrénées (bien que j’ai compris que je ne serai jamais un grimpeur !) Il faut préciser que le chemin du Puy est le plus escarpé des chemins français. En effet, jusque Compostelle, le dénivellé total dépasse les 21.000 mètres, ce qui représente plus de deux fois le plus haut sommet du monde, l’Everest ! Un pèlerin français m’a fait la remarque : « oui, mais on les descend !!! » Heureusement ! Autrement, on serait carrément au-dessus des avions… Ca a commencé par le « p’tit dèj extra » au gîte d’Orisson (quelques km après Saint-Jean-Pied-de-port). Puis, j’ai discuté avec le patron (Jean-Jacques, un pur basque !) et il m’a gonflé le moral à bloc ! Il m’a dit que je viendrais m’installer dans cette région… Pourquoi pas ? J’ai grimpé les Pyrénées sans effort aucun, comme si j’étais « soulevé » du sol ! J’ai « touché » le ciel et les nuages, j’ai attrapé l’inaccessible étoile (si chère à Jacques Brel) et je suis resté sur mon nuage jusque Roncevaux ! La vie me paraît légère, comme le nuage sur lequel je me suis installé !!! J’ai placé l’étoile dans mon cœur, j’avais l’impression d’avoir des ailes !…

Différences France Espagne Nbre pélerins/jour (moy.) 10 + de 100 Nationnalité toutes 90% espagnols Et italiens Repas: En terrasse souvent rarement PrixTTC 10 à 12 6 à 10 Prix nuitée 8 à 12 3 à 6 Chemin: Indication bien très bien Goudron 30 à 40 % 20 à 25 % Propreté impec affreux Souvent… calme bruyant On entend… bon courage buen camino Nombre de vélos (moy.) 1/jour 40 – 50 On marche… le jour le matin Internet 1/30 jours 1/jour Chaussures + bottines + sandales Réservation gîte possible impossible Eglises 90 % ouvertes 90 % fermées Chiens 90 % liberté 90 % attachés ( non, non, pas de rapport entre les deux derniers !!!) Ce que je n’ai pas apprécié sur le chemin… (Plus de 90 % de ces considérations concernent l’Espagne, bien que je n’ai aucun à priori vis-à-vis de ce pays, mais c’est une réalité « vécue » !) D’abord, les vélos: la plupart des cyclistes ne disent pas bonjour ; on n’est pas prévenu de leur arrivée, d’où sursaut dans la méditation, les rêveries, les idées, … Ensuite, le bruit: les marcheurs (espagnols, italiens, allemands) et le long des routes nationales. Je n’ajouterai pas l’inconfort ; pour moi, il fait partie du chemin ! Ainsi que l’hygiène qui laisse à désirer ! Le non-respect du sommeil des autres: ils se lèvent à 5 heures et estiment que tu peux être éveillé ! La course aux gîtes, du fait que les réservations sont impossibles. Le soir (uniquement en Espagne), on rencontre rarement des personnes parlant français ; mon espagnol est très limité et mon anglais ne me permet pas d’entreprendre une discussion « profonde » ! On se sent donc assez « seul » ; de la journée, c’est normal, mais les soirées semblent longues… Pourquoi faire le chemin « seul » ? pour une raison physique : si un marche à 4 km/h et l’autre, à 5 km/h ; si un désire marcher 4 heures et l’autre 8 heures, si un lève-tôt et un lève-tard. Pas évident d’avoir le même rythme… On « croit » connaître la personne avec qui on compte faire le chemin, mais, au bout de 8 jours de discussion 16 h sur 24, on se rend vite compte que l’on est très différent ! Pour mieux savoir se « centrer » sur soi-même, sur ses pensées, sur la vie, sur « sa » vie, … Par ailleurs (et c’est toujours un avis personnel), sur le chemin, on n’a pas besoin de portable ! Vu que l’on se coupe du monde ! On trouve régulièrement des cabines téléphoniques. Et aussi : pour moi, pas de réservation de gîte ; on n’est pas au « Club Med » !!! De toute façon, le matin, vous ne savez pas le nombre de kilomètres que vous serez capables de faire… Alors, si vous avez réservé, soit vous arrivez au gîte et constatez que vous auriez pu encore faire plusieurs kilomètres, soit le gîte est vraiment trop loin et vous peinez pour y arriver ! Corps + esprit = 1. Pour faire le chemin, il faut que le corps et l’esprit ne fassent « qu’un » ! Si l’esprit commande au corps plus qu’il ne peut en faire, il va « réagir » par des ampoules, des crampes, une tendinite, … D’où, un repos forcé ! Le corps doit connaître ses limites « naturellement ». Quand tu puises dans tes réserves, tu le « paies » par après ! Le corps n’est pas une machine… Marcher ou courir ? A partir du 1er juillet, j’ai « appris » à marcher, jour après jour… Les 15 premiers jours ont été un peu « souffrance »… La 6ème semaine, je faisais 30 km en moyenne, puis 2 jours à 40 km. Mon corps était capable de les faire. Puis, j’ai dit « stop » ! J’arrivais tard, fatigué, juste le temps de la douche et de manger… Puis au lit à 22 heures (obligé !) et éveillé à 05 heures par les premiers partis. Faire le chemin, ce n’est pas courir, mais prendre son temps. Personne n’arrivera le premier à Santiago !!! Ce n’est pas une course ! Grain de folie ? Faut-il un grain de folie pour faire le chemin ? (surtout 1600 km d’une seule traite). Peut-être… Moi, je dirais plutôt un grain de folie de la vie… Un grain de vie… Pour moi, le chemin, c’est la vie… On voit les choses différemment, on se détache de sa vie de tous les jours, même si on y pense souvent, surtout pour faire des comparaisons. On comprend que la vie, en fait, ce n’est pas « avoir », mais « être », ce n’est pas « paraître », mais « être », ce n’est pas « prendre », mais « donner », ce n’est pas « survivre », mais « vivre », ce n’est pas « garder pour soi », mais « partager », ce n’est pas « s’isoler », mais « rencontrer », ce n’est pas « se taire », mais « dialoguer », ce n’est pas « suspecter », mais « faire confiance »,

(remarque « post-chemin » : Ingrid d’Anvers m’a fait remarquer que ces réflexions ne concernent que le moment où l’on fait le chemin. Effectivement ! Elle précise : « Personnellement, je ne ressens pas les choses de la même façon quand tu écris "La vie c'est: pas prendre mais donner ; pas s'isoler mais rencontrer... etc. " Je comprends ce que tu veux dire bien sûr, à savoir qu'il ne faut pas trop s'isoler dans la vie, ce qui est vrai ou ne pas "prendre" sans cesse égoïstement sans "donner", je comprends. Mais la vie c'est les DEUX, je pense - toujours les 2 polarités: donner + prendre (puisque accepter, donc prendre, un cadeau ou quoi que ce soit = également une forme de don à l'autre). Les 2 polarités sont toujours là, c'est comme inspirer- expirer, jour, nuit, soleil, lune, yin, yang, etc. Il y a des moments pour s'isoler (pour rentrer en soi) et d'autres pour rencontrer, les deux sont nécessaires et inévitables pour une vie harmonieuse, il me semble. Je comprends que ce sont des conclusions que tu as tirées ce jour-là ou ce que tu as compris à ce stade de ton chemin, mais tel que c'est écrit là, cela fait un peu catégorique pour moi ». A Saint-Jacques de Compostelle, j’ai acheté un T-shirt orné d’une grande flèche jaune sur fond bleu ; c’est très symbolique pour moi : mes deux couleurs préférées ; mon étoile en direction de la flèche ; flèches jaunes tout au long du chemin ; flèche = symbole du sagitaire que je suis ; symbole de l’arrivée à Compostelle. Livres à emporter Le topo-guide « Le chemin du Puy vers Saint-Jacques-de-Compostelle : Du Velay aux Pyrénées » (Rando Editions) est le plus utile. Il existe en un ou trois guides pour le même parcours ; j’avais pris l’édition regroupée, mais, à refaire, je prendrais les 3 guides (un rien plus lourds, mais mieux détaillés). Pour l’Espagne, le « condensé » seul existe. J’avais pris également le « Miam-Miam Dodo » (je suppose que vous comprenez de quoi il s’agit !!!). Je ne l’ai pas trouvé très utile, sauf pour ceux qui veulent s’écarter du chemin.

J’ai lu sur le chemin. « Ma santé à moi, c’est le sport : jamais de sport !!! » (Winston Churchill) Ce n’est pas le bout du chemin qui compte ; Ce qui compte, c’est le chemin. (proverbe gitan) « Je marcherai sous le soleil trop lourd, Sous la pluie à verse et dans la tourmente, En marchant, le soleil réchauffera mon cœur de pierre, La pluie fera de mes déserts un jardin, A force d’ user mes chaussures, j’userai mes habitudes, Je marcherai, et ma marche sera démarche, J’irai moins au bout de la route qu’au bout de moi-même, Je serai pèlerin, je ne partirai pas seulement en voyage, Je deviendrai moi-même un voyage, un pèlerinage. » (Jean Debruyne) Bienheureux les félés, Car ils laissent passer la lumière ! (au gîte chez Régine) Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple… (idem) Le chemin de Saint-Jacques mène au paradis. A quoi sert de voyager si tu t’enmènes avec toi ? C’est d’âme qu’il faut changer, non de climat ! (Sénèque) Le voyageur est encore ce qui compte le plus dans un voyage. (Suarec) Les pélerins de Compostelle ont le regard qui irradie ; comme si brillaient dans leurs yeux quelques rayons de l’Etoile qu’ils ont trouvée ou qu’ils sont en train de chercher. Tel est sans doute le plus grand piège du chemin. Il redonne l’espérance lorsqu’on est au fond du trou. La foi du Christ entre par les pieds… Chaque homme doit inventer son chemin. (J-P Sartre) Les vrais voyageurs sont ceux qui partent pour partir… (Baudelaire) Le voyage est un retour vers l’essentiel. (proverbe thibétain) En haut, il n’y a pas de Dieu ; Dieu, c’est le bien que l’on fait l’un pour l’autre… (Dorothé Solle) Et l’on fait le chemin pour découvrir ce « bon » ou ce « bien »… (Hugo – Anvers) Le petit endroit Vous qui venez ici dans une humble posture, De vos flancs alourdis décharger le fardeau, Veuillez quand vous aurez soulagé la nature Et déposé dans l’urne un modeste cadeau, Epancher dans l’amphore, un courant d’onde pure Et sur l’autel fumant, placer le chapiteau. Le couvercle arrondi dont l’auguste pointure, Aux parfums indiscrets, doit servir de tombeau. (Alfred de Musset pour George Sand) « De même qu’il est parfois nécessaire de se taire pour entendre ce que les autres ont à dire, la pensée, elle-même, doit faire silence pour pouvoir penser à autre chose qu’à elle-même. Le mystère de la vie n’est pas un problème à résoudre, c’est une réalité à éprouver. » (Alan Watts) (envoyé par Framboise de Toulouse) Pèlerin, ne cours pas… L’arrivée que tu rencontreras C’est « toi-même » !

- SI (Rudyard KIPLING) Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie Et sans dire un seul mot te remettre à rebâtir, Ou perdre d’un seul coup le gain de cent parties Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour, Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour, Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles Travesties par des gueux pour exciter des sots, Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles Sans mentir toi-même d’un seul mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire, Si tu peux rester peuple en conseillant les rois Et si tu peux aimer tous tes amis en frère sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ; Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître, Penser sans n’être qu’un penseur;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage, Si tu peux être brave et jamais imprudent, Si tu sais être bon, si tu sais être sage Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite Et recevoir ces deux menteurs d’un même front, Si tu peux conserver ton courage et ta tête Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire Seront à tout jamais tes esclaves soumis Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire, Tu seras un homme, mon fils. - Pèlerin, qui t’appelle ? (Eugène GARABAY) Poussière, boue, soleil et pluie C'est le Chemin de Saint-Jacques Des millions de pèlerins Et plus d'un millier d'années. Pèlerin, qui t'appelle ? Quelle est cette force obscure qui t'attire ? Ni le champ des étoiles, Ni les grandes cathédrales.

Ce n'est pas la bravoure navarraise, Ni le vin de ceux de la Rioja, Ni les fruits de mer des Galiciens, Ni les champs castillans.

Pèlerin, qui t'appelle ? Quelle est cette force obscure qui t'attire ? Ni les gens du Chemin, Ni les coutumes rurales.

Ce n'est pas l'histoire et sa culture, Ni le coq de la Calzada, Ni le palais de Gaudi, Ni le château de Ponferrada. Tout cela, je le vois au passage Et ce m'est une joie de tout voir, Mais la voix qui, moi, m'appelle, Je la ressens au plus profond.

La force qui, moi, me pousse, La force qui, moi, m'attire, Je ne sais même pas l'expliquer. Seul Celui d'en-haut le sait. Marcher, c’est perdre peu à peu tout ce que l’on a acquis de superflu, y compris les superlatifs. C’est se mettre en doute et en question dans un monde mécanisé. C’est ressentir et entendre preque aussitôt les réponses de son propre corps, confronté à une nouvelle expérience. Marcher, c’est se mettre à l’écoute du corps qui n’en revient pas d’être ainsi sollicité et libéré. (Jacques Lanzmann)

J’ai entendu sur le chemin. Les traits de caractère ressortent sur le chemin. (Léonie, allemande). (mon sac étant trop lourd) Ce n’est pas le sac qu’il faut savoir faire ; c’est l’homme qu’il faut faire… (un pèlerin français). (après avoir dit à une pélerine que j’irais jusque Compostelle si mes pieds me portaient et si je me « supportais » jusque là, elle m’a répondu…) Les pieds sont dans la tête !!! L’avenir de l’humain, c’est de sortir de la société de consommation. (un VRP dans un resto). Sur le chemin, le mur des conneries tombe… On n’est plus « coincé » ! (Paolo, suisse) Thérèse de Miradoux (un « personnage » du chemin, ) a dit : On n’est jamais totalement guéri d’une dépression ; Il est important de se créer une bulle ; Quand tu as un coup dur dans la vie, tu changes. Les noirs disent : « You have the watch ; we have the time » càd : Vous avez la montre ; nous avons le temps ! (Hugo – Anvers) « Partir, marcher, me libérer, respirer, faire une coupure dans ma vie, aller au bout de mes moyens, me prouver que je peux relever un défi, réfléchir à ce qui compte pour moi dans la vie, méditer, … (voilà ce que disent ceux qui décident de prendre le chemin) Rien à voir… Rien à dire… Rien à sentir… Tout à « ressentir » Ce que disent les français : La plus belle partie du chemin se trouve entre Le Puy et Conques. Personnellement, j’ai trouvé tous les paysages très beaux jusqu’aux Pyrénées… Mais, en Espagne, j’ai été déçu, sauf les 200 derniers km en Galice. A le refaire, je préfèrerais deux fois les 800 km de France… Les gîtes espagnols sont toujours complets car des espagnols se font amener au gîte pour s’offrir des vacances pas chères. Faux ! Avec les portes fermées à 22 heures et éveillés à 05 heures, je ne trouve pas que ce sont des vacances ! Sauf, éventuellement, à la fin du parcours où, ayant effectué les 100 derniers km, ils inscrivent le chemin sur leur C.V. ! Ce n’est pas toi qui fais le chemin… C’est le chemin qui te fait ! On fait le chemin pour « se donner du sens »… (Louis de Montpellier) Il n’y a rien de bien… rien de mal… C’est ! (proverbe thibétain) (dit par Louis) Deux sortes de personnes sur le chemin : ceux qui savent qu’ils vont rentrer ; ceux qui découvrent qu’ils n’ont pas de racines et prêts à s’installer n’importe où… (Richard de Grenoble) L’avenir m’intéresse, Car c’est là que j’ai l’intention de passer mes prochaines années… On ne peut s’empêcher de vieillir, mais on peut s’empêcher de devenir vieux. Ce qui compte avec l’âge, c’est de donner de la vie aux années et non des années à la vie ! Le chemin est la comtemplation de la création. (Roberta, italienne de 35 ans, qui est venue « combattre » son cancer sur le chemin…) Jusque Compostelle, le chemin représente la mort. De Compostelle à Finistère, c’est la renaissance ! (Roberta)

Le chemin.

En avril 2005, Barbara, une amie de longue date habitant à Chimay, m’a conseillé de faire le chemin de Saint-Jacques de Compostelle… (du fait que je vivais dans la « mélancolie » depuis plus de quatre longues années !). J’en avais entendu parler, mais jamais l’idée de le faire ne m’était passée par la tête…

Le vendredi 13 mai : je me suis retrouvé à Castres (près de Toulouse), en face d’une librairie qui présentait à la vente toutes sortes d’ouvrages sur le chemin de Compostelle. J’en ai acheté deux, et, le soir même, je décidais de commencer le chemin le 1er juillet. Je dis bien « commencer », car je ne savais pas jusqu’où je pourrais aller, étant donné que je n’ai jamais fait de sport de ma vie !

Le 06 juin, je me suis rendu à la réunion mensuelle des amis de Compostelle à Bruxelles ; j’ai acquis la crédenciale (ce document est cacheté à chaque étape, dans les gîtes, églises ou mairies, et est surtout obligatoire en Espagne pour être accepté dans les gîtes ; cela sert également pour recevoir le « diplôme » à Compostelle) et j’ai discuté avec des pélerins, notamment Gilles qui a fait le chemin d’Arles…

Le 30 juin 2005, je me trouvais au Puy-en-Velay, ville de départ choisie. Je me suis rendu à l’accueil des pélerins et j’ai appris que cette année était exceptionnelle, car c’était l’année du jubilé (année où le vendredi saint tombe le 25 mars ; cela arrvive 2 à 3 fois par siècle !). Après la messe, nous sommes allés au baptistère où nous avons été baptisés « symboliquement » (cfr jubilé) et nous avons reçu notre écharpe de baptème… Sur le livre d’or, j’ai écrit : « Je m’appelle Antoine, je viens d’être baptisé ; merci Marie ». Ensuite, visite de la cathédrale où nous avons reçu une médaille de la vierge noire. Vu le poids de mon sac à dos (18 Kgs), il m’a été conseillé d’enlever un maximum de choses… J’ai pu enlever 4 Kgs. Un reporter a pris une photo pour sa chronique hebdomadaire dans un journal local. Le soir : pot du pèlerin avec une suisse, une canadienne, un américain, un couple d’allemands et… une française ! (ceci afin de démontrer le côté cosmopolite du chemin…)

Le lendemain, vendredi 1er juillet, je suis allé à la messe dite par l’évèque qui a béni les pélerins présents. Pendant l’office, une sœur a lu ma phrase du livre d’or…

Résumé du chemin : 1er juillet : départ du Puy. 1er août : Saint-Jean-Pied-de-Port. 1er septembre : Saint-Jacques de Compostelle. 4 septembre : Finistère. Donc : 1600 km en 2 mois ; une moyenne de 26 km/jour. Sur les 2 mois : 8 heures de pluie (sans compter les orages de nuit). 5 septembre : retour en car jusque Nîmes. En 24 heures, j’ai parcouru le même nombre de kilomètres et j’ai vu plus de pluie (inondations dans le midi) qu’en 2 mois !!!

Chansons fredonnées sur le chemin. (j’ai repris les phrases les plus « parlantes » pour le chemin…)

Jean-Jacques Goldman : au bout de mes rêves. Et même s'il faut partir Changer de terre et de trace S'il faut chercher dans l'exil L'empreinte de mon espace Et même si les tempêtes Les dieux mauvais les courants Nous feront courber la tête Plier les genoux sous le vent J'irai au bout de mes rêves Tout au bout de mes rêves Où la raison s'achève Tout au bout de mes rêves Jean-Jacques Goldman : Là-bas. Faut du cœur et faut du courage Mais tout est possible à mon âge Si tu as la force et la foi L'or est à portée de tes doigts C'est pour ça que j'irai là-bas Jean-Jacques Goldman : Puisque tu pars. Que la vie t'apprenne Mais que tu restes le même Si tu te trahissais nous t'aurions tout à fait perdu Garde cette chance Que nous t'envions en silence Cette force de penser que le plus beau reste à venir Et loin de nos villes Comme octobre l'est d'avril Sache qu'ici reste de toi comme une empreinte indélébile Sans drame, sans larme Pauvres et dérisoires armes Parce qu'il est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieur Puisque ta maison Aujourd'hui c'est l'horizon Dans ton exil essaie d'apprendre à revenir Mais pas trop tard Dans ton histoire Garde en mémoire Notre au revoir Puisque tu pars

KOD : Chacun sa route. Chacun sa route Chacun son chemin Passe le message à ton voisin...

Chacun sa route Chacun son chemin Chacun son rêve Chacun son destin

Les chemins où tu ris sont-les-mêmes que ceux où tu pleures La vie est une aventure il ne faut pas avoir peur

Angelo Branduardi : Vas où le vent te mène.

Danse la, la vie qui t'aime au rythme du monde qui va Oublie les mots qui t'enchaînent Va où le vent te mène, va Sacha Distel : Toute la pluie tombe sur moi. Toute la pluie tombe sur moi Et comme pour quelqu'un dont les souliers Sont trop étroits, Tout va de guingois Toute la pluie tombe sur moi De tous les toits A chaque instant, je me demande vraiment Ce qui m'arrive et ce que j'ai fait au Bon Dieu Ou à mes aïeux pour Qu'autant de pluie tombe, soudain comme ça... sur moi Mais je me dis qu'au fond J'en ai reçu bien d'autres dans ma vie Que je m'en suis toujours sorti avec le sourire Toute la pluie tombe sur moi Oui mais... moi je fais comme si je ne la sentais pas Je ne bronche pas, car J'ai le moral et je me dis qu'après la pluie... Vient le beau temps et moi j'ai tout mon temps Oui, je sais bien qu'après la pluie Vient le beau temps Et moi j'ai tout mon temps Aznavour : Le temps. Le temps qui va Le temps qui sommeille Le temps sans joie Le temps des merveilles Le temps d'un jour Temps d'une seconde Le temps qui court Et celui qui gronde

Le temps, le temps Le temps et rien d'autre Le tien, le mien Celui qu'on veut nôtre

Le temps passé Celui qui va naître Le temps d'aimer Et de disparaître Le temps des pleurs Le temps de la chance Le temps qui meurt Le temps des vacances Le temps glorieux Le temps d'avant-guerre Le temps des jeux Le temps des affaires Le temps joyeux Le temps des mensonges Le temps frileux Et le temps des songes Le temps des crues Le temps des folies Le temps perdu Le temps de la vie Le temps qui vient Jamais ne s'arrête Et je sais bien Que la vie est faite

Du temps des uns Et du temps des autres Le tien, le mien Peut devenir nôtre

Le temps, le temps, le temps Michel Fugain : Je n’aurai pas le temps. Même en courant Plus vite que le vent Plus vite que le temps Même en volant Je n'aurai pas le temps Pas le temps De visiter Toute l'immensité D'un si grand univers Même en cent ans Je n'aurai pas le temps De tout faire

J'ouvre tout grand mon cœur J'aime de tous mes yeux C'est trop peu Pour tant de cœurs Et tant de fleurs Des milliers de jours C'est bien trop court

Et pour aimer Comme l'on doit aimer Quand on aime vraiment Même en cent ans Je n'aurai pas le temps Pas le temps

Serge Lama : Seul tout seul. Un peu plus tard, un peu plus tôt Par l'avion ou par le métro Ou simplement En prenant tout son temps. Les gens comme nous, ne savent pas Ce qui fait avancer leurs pas, Mais on s'en va, on s'en va, Pour Paris ou pour Tombouctou Pour Compostelle (changé !) ou pour n'importe où Quand on a le coeur à genoux La destination, on s'en fout On dit qu'on s'en fout, mais mon oeil Les gens comme nous, ils sont tout seuls.

Seul tout seul pas plus que ceux qui, le ciel plein les yeux Meurent d'une indigestion d'étoiles.

EN CONCLUSION… Ce que j’ai vu sur le chemin… Ce qui m’a le plus surpris, c’est la totale confiance et sécurité sur le chemin ! Une femme seule peut faire le chemin sans aucun préjugé, sans aucune arrière pensée, sans aucune peur… J’ai vu la nature d’une façon différente (paysages, animaux, …). J’ai vu la vie sous un autre angle ; on ne peut apprécier une région qu’en marchant ; en voiture, on ne voit rien, je trouve ! J’ai été frappé par la différence entre ceux qui prennent le temps de vivre et ceux qui courent. Etonnant, 80 % des personnes avec qui j’ai discuté sont non-croyantes… Ce que j’ai constaté, c’est que l’intimité et la pudeur sont bafouées sur le chemin, principalement en Espagne (douches communes, WC qui ne ferment pas, matelas un contre l’autre, …) Souvent, une pancarte disant : « Le touriste exige, le pèlerin dit « merci » ». Et c’est certainement vrai ; nous ne sommes pas exigeants, mais contents de ce que l’on nous sert ! Beaucoup de personnes nous disent « Bonjour » ; comme quand j’étais gamin et que l’on nous avait appris à dire bonjour à tous les habitants du village… Ou on te fait signe d’une voiture… Sur le chemin, principalement en France, des personnes mettent à votre disposition de l’eau fraîche, des biscuits, ou des fruits.! Je trouvais ce petit geste « génial » !!! Ce que le chemin m’a appris… Je dirai, en premier lieu, la sérénité, le calme intérieur. Avant le chemin, j’étais très anxieux intérieurement ; maintenant, je suis serein, je suis un « sage », et content de l’être ! J’ai pu percevoir les personnes qui étaient « bien dans leurs baskets » et les différencier des personnes qui font le chemin comme s’ils prenaient des vacances… J’ai appris – d’une façon automatique – la fusion du corps et de l’esprit. L’esprit ne doit pas commander le corps, sinon, des problèmes apparaissent inévitablement. Pour moi, cela s’est « produit » après 15 jours de marche ; je disais toujours : « je ne marche pas, c’est mon corps qui avance ! C’est tout naturel… ». J’ai appris qu’il fallait tout voir, tout entendre… et ne rien dire ! Mais j’ai dit aussi ce que je pensais pour faire réagir l’autre, dans le bon sens… Et ça a marché ! J’ai appris que l’on vit « chacun son chemin » ! Toutes les personnes avec qui j’ai dialogué avaient une vision différente du chemin ; le chemin que l’on vit en déambulant, le chemin vers l’intérieur de soi-même et… le chemin de la vie ! Après chaque discussion, je leur chantais : « chacun sa route, chacun son chemin ; passe le message à ton voisin ! ». Je n’ai peut-être pas appris ce que je voulais vivre après le chemin, mais j’ai surtout appris ce que je ne voulais plus vivre !!! La mesquinerie, l’hypocrisie, la méchanceté gratuite, éviter les personnes négatives, … Je dirais que le chemin est une « renaissance » du fait que l’on prend le temps de voir les choses essentielles de la vie : boire, manger, partager, rencontrer, dialoguer, … Parfois, jai eu soif, j’ai eu faim, j’ai mal dormi… (j’ai passé 20 nuits à la belle étoile). J’ai eu aussi très, très chaud… (8 jours de canicule dans le Gers et un peu plus en Espagne, dans la meseta). J’ai appris à respecter davantage la nature. Enfin, j’ai appris à voir la vie autrement, d’un œil différent, d’un regard un peu distant, en retrait par rapport à ce qui se passe. Analyser les choses et la façon dont réagissent les autres face à un imprévu, une remarque, une situation, un fait anodin, … Le chemin aide à trouver (ou retrouver) ses « bases » de vie : ses marques, ses repères, ses valeurs, ses motivations, … Bref : son « livre de vie » ! Savoir comment, on veut vivre ! Conscientiser sa vie ! En étant « acteur », plutôt que « spectateur ». Lui donner un sens, différent de la routine quotidienne…

La fin du chemin, c’est le début de la vie, d’une autre vie… le camino donne un sens à notre existence. (à ajouter : les personnages du chemin et les rencontres sur le chemin)
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Tokala 15 years ago · Masterpo
Entre farniente et chocolate con churros: quelques jours à Barcelone (juillet 2008)
Bonjour,

Entre farniente et visites, tapas et chocolate con churros, nos courtes vacances à Barcelone sous le soleil nous donnent envie de revenir ! Et du coup, j'ai envie de partager un peu de soleil barcelonais avec ceux que ça peut intéresser…

Premier jour : Après un repas de tapas (miam les patatas bravas et les croquetas) et un bon jus d'oranges pressées au marché Sant Antoni, nous partons à la découverte du Parc Güell. Nous passons un très bon moment à nous balader dans ce grand parc qui surplombe la ville. Petit détour par les mosaïques de Gaudi (et les nombreux touristes) avant de découvrir les piliers en pierre évoquant des formations végétales, c'est impressionnant et assez difficile à décrire. Puis nous nous promenons dans un paysage plus aride, avec une bonne odeur de vacances, avant de sortir du parc pour aller manger un sandwich au jamon iberico dont les tranches sont découpées devant nous (miam encore !)

Deuxième jour : Journée plage et chocolate con churros ! Le farniente ça fait du bien aussi ! Un conseil pour la plage, descendre à la station de métro Poblenou, la plage est plus sympa que celles qui sont plus proches du centre. En plus, c'est très agréable de se balader sur la Rambla de Poblenou.

Troisième jour : Balade dans les rues du quartier Poble Sec, près du parc Montjuic. C'est un quartier très agréable, très calme, avec des petites maisons sur les hauteurs… Et farniente dans un petit parc très calme, beau contraste avec la Gran Via et la Plaça Espanya tous proches. Soirée dans le centre (proche de la station de metro Jaume I, à côté de la Rambla del Born) dans un bar qui fait de très bons mojitos.

Quatrième jour : Visite du Bari Gotic (et de la Cathédrale, belle vue depuis le haut des tours, il y a un ascenseur pour monter, et l'entrée est vraiment surprenante, avec le bassin et les plantes dans le cloitre), puis du Parc de la Ciutadella et du zoo de Barcelone. Très beau zoo, avec plein d'animaux dans de bonnes conditions, des félins faisant la sieste, des singes au regard très troublant, des lamas cracheurs… Après-midi promenade dans les hauteurs de la colline de Montjuic. Balade très sympa, belles vues sur la ville et sur les docks, sous un ciel assez orageux qui rajoute au charme de cette après-midi. Vision assez étonnante de la Rambla un soir d'orage, avec 10 centimètre d'eau dans la rue, les gens qui courent sous la pluie pieds nus leurs tongs à la main… Et puis une demi heure après la pluie s'arrête, l'eau s'évacue, et comme si rien ne s'était passé, la vie reprend sur la Rambla, les tables sont à nouveau dehors sur les terrasses des cafés, la foules d'espagnols et de touriste reprend la place…

Cinquième jour : Journée à Montserrat. Après une heure de train, nous arrivons à la gare de Montserrat Aeri d'où nous prenons un téléphérique pour monter jusqu'au monastère. La vue pendant la montée du téléphérique est assez impressionnante, il ne faut pas avoir le vertige ! Nous déclinons la queue assez longue de pèlerins venant rendre visite à la Vierge Noire, mais nous passons un peu de temps à l'intérieur de la Cathédrale pour écouter les chœurs de Montserrat et admirer l'architecture et les décorations. Ensuite, nous nous ravitaillons au petit supermarché pour avoir de quoi pique-niquer, et nous voila partis pour 5 heures de balade dans la montagne ! Les paysages sont magnifiques, surprenants avec ces formations rocheuses poussant tout droit vers le ciel sur lesquelles quelques passionnés font de l'escalade. Du sommet, nous avons une vue époustouflante sur tout la région, on peu même voir la mer au loin !

Sixième jour : Nous nous promenons dans le Passeig de Gracia dans lequel nous découvrons une architecture vraiment particulière, formes ondulées, biscornues, florales… L'exemple le plus frappant est la maison Batlo construite par Gaudi, très calme, très zen, très reposante à l'intérieur et sur la terrasse. Nous continuons ensuite en direction de la Sagrada Familia, assez étonnante également, surtout la façade construite par Gaudi de son vivant. Après un déjeuner sur l'herbe dans le parc de l'hôpital Sant Pau, à l'architecture un peu mudejar, nous rejoignons le port (metro Drassanes, de l'autre côté de la statue de Christophe Colomb depuis la Rambla) pour passer un dernier moment au calme avant notre départ pour Paris. Ca fait du bien d'entendre le bruit des mats, de sentir l'odeur de la mer…

Quelques conseils et adresses :

La compagnie Vueling est très bien, sauf pour les grands dont les genoux cogneront contre le siège de devant, l'idéal est alors de demander un siège dans l'allée. Outre ce détail (et le fait que toute boisson ou nourriture soit payante, mais c'est normal pour une compagnie lowcost) le personnel de bord est vraiment très gentil, les prix sont intéressant, et leur site internet est bien fait. Très bonne compagnie pour aller à Barcelone depuis Charles de Gaulle.

Pour venir de l'aéroport, à la sortie du terminal C, il y a un arrêt de bus. Prendre le A1, pour 4, 50 euros (EDIT : 5,30 euros fin 2011), pour aller à la Plaça Espanya (premier arrêt, 20 minutes de bus) ou à la Plaça Catalunya (dernier arrêt, environ 45 minutes) Sinon, il y a d'autres bus en se dirigeant vers le terminal B. Je ne me souviens plus du numéro de la ligne qui s'arrête à différents arrêts avant d'arriver à la Plaça Espanya, le trajet est moins cher (1, 20 euros)

Pour le métro, prendre un ticket T 10. Il permet de faire 10 trajets. L'avantage c'est qu'il sert pour toutes les personnes du groupe (le premier passe, un trajet est décompté, il passe le ticket au suivant, qui passe à son tour avec le même ticket, un autre trajet est décompté). Il existe aussi le T 50.

Pour Montserrat, prendre le billet aller-retour + Aeri (pour que le trajet en téléphérique soit inclus dans le ticket) Pas mal d'info pratiques ici : http://www.barcelona-tourist-guide.com/...errat-barcelone.html

J'étais hébergé 3 soirs sur la Gran Via, les 2 autres jours j'ai dormi à l'hôtel Benidorm sur la Rambla, situé entre les station Drassanes et Liceu (coordonnées dans le routard) 69 euros pour une chambre double avec salle de bain. La chambre est propre, il y a du monde 24/24 à la réception, il y a une consigne pour 2 euros par bagage, il est très bien situé, il a la clim. Seul défaut : il n'est pas très bien insonorisé. Du coup comme on avait une chambre non loin de la réception, on entendait les gens rentrer et sortir la nuit… Autre défaut très mineur, les chambre ne donnant pas sur les Rambla n'ont pour ainsi dire pas de fenêtre, mais comme on y était que pour dormir ce n'est vraiment pas gênant. Je recommande donc cet hôtel, surtout qu'il n'est pas trop cher pour Barcelone. Le site internet de l'hôtel : http://www.hostalbenidorm.com

Pour le petit déjeuner, nous allions au Forns del Pi (qui se trouve au 12 carrer Ferran, une rue perpendiculaire à la Rambla, proche du métro Liceu). Très bonne "ensaimada" (sorte de brioche, miam miam) et très bon jus d'oranges préssées. Quasiment pas de touristes.

Pour déjeuner, j'ai beaucoup aimé le comedor au marché Sant Antoni. Le Gloria est aussi très bien, très bon tapas (patatas bravas, croquetas, épinards à la catalane, calamares galleco, chorizo gallego, jamon iberico (avec le pain à la tomate), tortilla aux épinards…) et aussi quelques sandwich (très bon sandwich chaud jambon fromage). Il se trouve Via Laietana 29, pas très loin de la Cathédrale.

Voila voila, je crois avoir tout dit… Je n'ai plus qu'à souhaiter de bonnes vacances aux prochains qui partent !

* ******* EDIT : Carnet de voyage de mon 2nd séjour à Barcelone, avec plein de bonnes adresses !! * *******
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PE
Petroscope 15 years ago · Anto22
Voyage en Irlande avec nos enfants et mon carnet
Bonjour!

J'ai depuis toujours écrit en voyage mais je n'ai jamais mis mes carnets en ligne. Je voulais partager avec d'autres notre aventure en Irlande..me disant que ca pouvait aider des familles surtout à se lancer. Nous sommes partis 17 jours avec nos deux enfants ( 2 ans et demi et 11 mois ) . Nous avons loué une voiture à Dublin et sommes partis "au petit bonheur la chance" avec le minimum de confort ( voyage en avion oblige..et puis c'est comme ça qu'on aime les vacances nous)

Voilà ! Bonne lecture et merci d'avance pour vos commentaires!





Au camping, près de Mullingar Centre de L’Irlande

Il a fallu rouler à gauche, s’orienter après Dublin, calmer les enfants, monter la tente, se rendre compte qu’on a rien à manger, dormir, pas beaucoup. Le lendemain manger des chips pour le petit déjeuner et remplir le caddie chez Tesco. Il a fallu parler anglais à un Indien. Et décoder les produits manufacturés. Il fait chaud. Irlande ?

Vieille et en ruine. Autant dire que je me suis facilement identifiée. Ma nostalgie m’enveloppe, me tire vers les pensées, pour le moins infécondes. Je dois profiter de l’instant. Du lac aux joncs envahissant. Du cygne râleur et du bruit des gens.

Alice est la plus à l’aise pour nos premiers pas en vacances. Aucune peine pour trouver des copains pour qui elle danse, court et apporte des jouets. Jules, la crème, peine un peu à trouver son rythme, lui qui aime tant dormir. Toujours très curieux, il ne s’est pas endormi pendant la balade autour du lac, gobant en continu tous les instants. C. a pris les rennes du voyage, me laissant me reposer du mieux qu’il peut. J’aime le voir s’occuper des enfants..c’est toujours ça de pris !!! Dernière nuit ici. Nous partons demain pour Achill Island. J’en suis impatiente car mon esprit sera plus conforme au déchirement des falaises qu’au calme du lac.

Etre en voyage…



Le début se confond avec d’autre de nos expéditions. Comment faire autrement ? Un voyage palimpseste. Je dois me défaire des impressions passées. Les effacer, les gommer, réécrire. Je pense forcément aux fois où nous avons dormi sous cette tente.

Achill Island. Mayo.

Paysage écorché, océan oscillant entre bleu profond et bleu turquoise, moutons à tête noire en liberté…Mes premiers regards sur l’ouest de l’Irlande ont confirmé ce que je suis venue chercher.

Mais..oui, il y a des mais.

Le camping avec les enfants, c’est pas simple, c’est même parfois dur. Hier soir, on arrive au camping hyper venteux, on monte la tente, le camp, on dit 20 fois à Alice de faire attention aux voitures, on prépare les affaires pour la douche, je prends Jules, je me déshabille, je déshabille Jules, il fait froid, je le pose par terre, il hurle, je met le jeton dans la machine..rien..rien..rien….et là, en une seconde, c’est nul mais je me sens anéantie et gelée ! Jules hurle, je peste, nous rhabille à moitié, croise C. le regard fou parce qu’il a du courir après Alice qui s’échappait, je nous met à l’abri, donne une compote à Jules qui pleure toujours, et qui la renverse dans la seconde. Dur. Alors qu’il faisait beau, il se met à pleuvoir, la tente se penche. Tempête. Solitude. Je me demande bien pourquoi on tient tant à ce style de vacances..

Ben voilà, des coups durs, on en aura..je l’ai toujours su..mais le vivre ! Bref, on s’est couché tôt et avons plus ou moins bien dormi. Une peur incohérente au fond de moi que nous nous envolions dans la tente.

Réveil sous le soleil ( encore !) ce matin . Motivés pour une marche. Jules sur le dos de C. et Alice sur le mien et c’est parti pour trois heures de rando ! Nous avons longé la plage, longue, jusqu’à un mont chauve que nous avons grimpé.

La terre est meuble et nous avons mis dans nos premiers « bog », des marécages…

Retour en passant par un petit hameau typique. Cette après-midi, excursion jusqu’à Keem bay, plage de sable fin entre les falaises.

Deuxième et dernière nuit sur l’île..terrible, une tempête, je n’ai presque pas fermé l’oeil de la nuit. La tente a résisté à l’épreuve du vent et de la pluie…notre humeur un peu moins.

La route jusqu’à Westport est superbe ! Il pluviote mais le Connemara est proche, cela devrait nous réjouir…

Mais..et je crois qu’il y aura toujours un mais…il faut chercher un docteur. L’état de Jules s’empire et le sifflement dans les bronches ne me rappelle que trop bien son infection pulmonaire. Coup de chance, on passe devant un cabinet médical et un médecin peut nous voir. Alors Jules lutte contre une bronchite asthmatiforme. Antibio et sirop.

On est allée se réchauffer le cœur dans un chouette pub de la ville. Au menu des frites énormes, du poisson, de la salade avec des trèfles et de la bière ! Repas un peu écourté parce que Jules est rognon, mange peu et tousse beaucoup.

La route jusqu’à Clifden est à couper le souffle. Des montagnes se font lécher par des bras de mer. Des paysages désolés où seuls les moutons peuvent vivre.

Clifden. Connemara.

Waouh ! A première vue, le Routard ne s’est pas trompé sur la marchandise, le camping semble superbe. En pleine nature, déjà, et des douches chaudes gratuites. Je me voyais bien nous poser ici quelques jours.

Mais..(ha ha)…

La beauté du lieu cache un enfer : les midges. Des espèces de moucherons envahissent les alentours de notre tente et nous piquent en laissant des morsures rouges sur nos visages. (l'enfer a aussi ce visage là.) Déprimés, on rentre dans la tente très vite. La soirée est gâchée. Le lendemain aussi. Les satanés midges sont toujours là. On doit démonter le camp sous les piqures des milliers de moucherons. La tente en est infestée, on peste, on maudit le camping..Les enfants sont dans la voiture, Jules hurle, se fait piquer, les midges ont pris d’assaut le véhicule. Bizarrement, Alice est la seule à supporter la douleur… Une fois prêt, C. roule à toute brimbe. Je suis fatiguée, je trouve qu’on a pas trop de chance et je rêve d’un endroit où il ferait bon rester. Je n’aime pas mon humeur. Je n’arrive pas à chasser ma fatigue. Il faut qu’on pose la famille au moins trois nuits dans un endroit sans midges, sans trop de vent, histoire qu’on puisse profiter des soirées et des matinées en plein air. Un minimum de confort et de repos pour apprécier ses vacances avec les enfants.

Roundstone. Connemara.

Nous avons enfin trouvé une escale ! A quelques kilomètres d’un charmant village de pécheur, à 20 mètres d’une belle lignée de plages de sable blanc. Ici pas trop de vent, il y a bien quelques midges le soir mais rien à voir avec l’armée de Clifden.



Hier nous avons longé les superbes plages..sous un soleil magnifique… Je suis ravie d’être ici, de me poser. De la tente, nous avons vu sur L’errisberg que nous montrons demain..et sur l’océan ! Jules va mieux, ouf. Il s’éclate dans le sable, le prend à grande poignée pour le fourrer dans sa bouche ( Non Jules, non ! ) et se faufile à deux mains deux pieds entre les rochers, sa mère et son père. Alice, elle, s’éclate en montagne à trouver les moutons ( heureusement ils sont nombreux).

Aujourd’hui pendant l’ascension du Ben Lettery, nous avons eu la chance d’être accompagné par un chien qu’elle a baptisé « hé ».

La vie en Irlande.

Nous mangeons : de la salade coleslaw -du pain de mie Brennans -du pain gallette Wrapn’roll -des biscuits au gingembre -de la soupe Tesco en poudre -des noodles

Nous buvons :de la guinessdu classic herbal infusions African Rooibosde l’eau Irish stilldu lait en poudre Healthyliving Instantdu vin très cher

Ce soir, yatttttttttttttttttttttttta, première soirée seuls et dehors ! Les enfants sont couchés depuis 21h ( je respire un peu)

Pas de vent, de la fraicheur certes, mais le ciel toujours bleu rend nos humeurs clémentes. On se prévoit le programme des jours à venir, on se marre un peu. J’entends un quatuor de jeunes anglophones s’époumoner pas loin…ah…qu’ils profitent de l’insouciance des vacances…Moi, jalouse ?

J’ai adoré Roundstone..ses petits bateaux de pêche, son petit déjeuner irlandais, sa librairie. Le dernier soir, j’ai profité de l’immense plage déserte avec Alice. Le sable blanc, cette eau limpide, je ne m’en lasse pas. L’océan généreux a donné un seau et une pelle à Alice. Parfait.



Nous quittons le connemara. Ressourcé par les montagnes, l’océan et une chance revenue.

Je me sens complètement dans le voyage. Jules va beaucoup mieux, je ne m’inquiète plus pour lui. Et Alice, même si elle est souvent terrible, à une aisance splendide pour s’adapter à toutes situations.

A vivre dehors, nous avons le teint halé, quelques brins d’herbes aux pieds et du sable sous les ongles.

Nous écoutons RTElyrics on the radio et on se délecte d’écouter les grands morceaux de musique classique, de la musique de film et de la traditionnelle. En adéquation avec les paysages. Nous ne changeons jamais de station.

Corofin. Burren.

Soulagée par le camping ! Après l’expérience des midges de Clifden et les rafales de vent d’Achill Island, je craignais un peu pour notre étape.

Attention, luxe : il y a une cuisine pour les campeurs ! On va pouvoir cuire des légumes verts ! Et oh confort, il y a une salle de jeux avec un canapé et un baby foot ! Luxe je disais… On s’en donne à cœur joie !

Alice se trouve une copine : Rosy. Elle cherche le contact avec les autres, je suis contente qu’elle ne soit pas seule ici. Rosy reste avec nous souvent, je l’aime bien moi aussi.

La première journée ici fut splendide ! Un soleil magnifique pour une région riche en roche et en préhistoire : dolmens, tombeaux…grandiose.



Les touristes sont en grand nombres aussi. Ce qui coupe le côté sauvage et authentique des lieux.

Mais si on sort des grands points à voir absolument (…) le Burren redevient une région étrange et mystérieuse.

Nous nous arrêtons près d’un amas d’édifices anciens. Et je me blesse salement la cheville. Elle gonfle et est très douloureuse. Nous voilà privé de rando pour le lendemain..

Ma cheville au matin est toujours dan un piètre état, de toute façon, il pleut. On n’aura rien vu des Cliff of moher en raison de la brume. Dégoûté d’avoir payé 8 euros de parking, irrité par la pluie et moi par la douleur.

Heureusement on trouve une open farm sur la route : poneys, autruche, veaux, chèvres, lapins..etc..pour le bonheur des enfants et du notre ! En plus, deux superbes salles de jeux à l’intérieur !

Ce qui change avec les enfants :on visite aussi les playground des villes et villageson se lève tôton ne peut pas s’éloigner de la voiture si l’un fait sa sieste dedanson ne parle qu’avec des parentson essaie de se mettre près des toilettes et doucheson ne reste pas longtemps dans les pubson dit « regarde un mouton » à chaque fois qu’on en voit un…on ne nous drague pas

Péninsule de Dingle

Très joli petit camping avec vu sur les montagnes et l’océan. De nombreux fushias colorent les petites routes sinueuses. Grop coup ede cœur pour la péninsule. Les montagnes, rondes, vertes, tombent dans le bleu profond. Des cottages épars pointent ici et là….paisible et écorché à la fois. Le paysage qui me va.



Nous avons profité du temps superbe et de l’amélioration de l’état de ma cheville pour randonner un peu ici.

Nous faisons la route pour Dublin déjà demain.

Des impressions en vrac.

Mes rêveries le long des routes, à tomber. En écoutant RTElyrics, le paysage à défilé et à loisirs j’ai plongé dans les sphères abandonnées. Aidée par la marche pour remettre les pieds sur terre.

La motivation de C., son humeur quasi inchangeante malgré tout, ses discussions sur nos visites, nos détours, mon chapeau qui lui va si bien, sa force et son absence, dans un balancier hypnotisant. Les enfants, à l’air libre toute la journée.

Le carnet s’arrête là..et continuera Dimanche ! On emmène la famille dans les pyrénnés ! Merci pour vos messages !
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DJ
Djabi 15 years ago
Le nord de l'Italie à moto, 3700 km de bonheur
🙂 Bonjour tout le monde... Quelques nouvelles de ce fabuleux voyage en mai auquel vous avez contribué par vos suggestions et conseils... Pour ce premier message je vous livre l'itinéraire... il faut y ajouter... les surprises "garmin", l'itinéraire étant préparé, mon compagnon l'a transféré sur le programme, pointé gentiment avec la souris... oui mais, quelque fois " ça déviait"... quel bonheur! quelles routes ! Des merveilles boisées de la Forêt Noire au passage des Alpes, le demi tour au Bormio, fermé en mai 20 cm de neige côté italien, à Fizz où " ce fameux hôtel génial pour motard et ouvert toute l'année" était fermé, à l'arrivée au lac de Garde qui m'a fait avoir la larme à l'oeil tellement c'était beau ( les mots ne suffisent pas ) ce fut une fameuse aventure. Garmin nous a envoyé sur des petites routes merveilleuses, des paysages à couper le souffle, des vertiges sans précédent. Chose promise, chose due : voici notre itinéraire annoté de points de repères ( nous avions des cartes " papier" au cas où...) Nous avions numéroté : 1 = jour 1 en bleu le kilométrage et le temps prévu... en mauve la carte correspondante

N°1 Namur-Konstanz

696km-12h15 Carte Allemagne

Autoroute vers Luxembourg Saarbrücken Bitche ( est 4cm) Wissembourg 6cm 3h est Baden-Baden Freudenschtad sud 6cm Wolfach sud o 3.5cm Titisee sud 10cm Waldshut sud rte 500 Schafhausen Konstanz

N°2 Konstanz-Fiss 193 km-3h43 Carte Autriche

Bregens (droite du lac) Dornbirn sud 4cm Lech St Anton –Landeck ( est 6,7cm) Fiss Sud 3 cm (Hôtel ?)

N°3 Fiss-St Léonardo 227km-3h42 Carte Autriche

Imst (nord 10cm) Oest est 3cm Solden sud 6-7cm rte verte jaune St Léonardo Sud est 4 cm après Passo del Rombo (fermé : détour via Innsbruck )

N°4 St-Léonardo-Torbole 301 km – 5h17 Carte Italie

Vipiteno Nord-est 3.5cm St Lorenzo di Sebato Est rte rouge La Villa Fleco- ouest Cortina Agordo sud 5cm Feltre sud 5 cm Bassano di grappa sud 4 cm Asiagio ouest 2 cm Schio sud ouest 3 cm Roveretto ouest dir nord lac 3cm Torbolle

N°5 Riva-Como 411km-7h37 Carte Italie

Riva, nord vers Arco 1cm Fondo 6,7cm en évitant Trento Merano nord 2cm Trafoi ouest 5cm Bormio (Passo del Stelvio) sud 2.5 cm Trescenda-Sondrio sud o 5 cm rte rouge Nord du lac Bellagio puis Lecco (longer par l’est ) Como

N°6 Como-Annecy 445 km-9h Carte Italie

Como-Stresa ouest 4cm Valle Mosa sud ouest 5,6cm Aoste sud –o +- 8 cm Martigny nord-o 5cm Chamonix sud Carte France

Ugine nord oust 4,5cm Albertville Annecy

N°7 Annecy-Ribeauvillé 420 km – 7h46 Carte France

Annecy Collonge nord 3 cm St Claude nord 4 cm Champagnol ( nord au dessus pli carte) 3cm de St Claude Pontarlier nord Montbéliard ( via Morteau, nord 10cm) Lure Ouest 3 cm Gerardmer Nord est 7 cm Ribeauvillé Nord-est 5-6cm
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LI
Linilou 15 years ago
Récit de voyage, Finlande et îles Lofoten
Bonjour à tous,

Voici le récit de mon périple en Finlande et dans les îles Lofoten, en juin-juillet 2011. J'ai bien apprécié les infos trouvées sur ce site, aussi je poste les miennes ! N'hésitez pas si vous avez des questions !

Bonne lecture, Aline

Le voyage s'est fait en deux parties : - du 26/6 au 3/7 avec deux amis on a remonté la Finlande en voiture, de Turku à Kilpisjärvi au nord-ouest, - du 3/7 au 19/7 Tromso et les îles Lofoten en Norvège avec mon ami, le sac à dos, la tente et nos pieds.

Conseils pratiques pour les Lofoten à pied et en camping sauvage : - Tente : il est nécessaire d'avoir une tente assez solide contre le vent et la pluie, et surtout d'avoir un sol imperméable. On a emmené une bâche avec nous et on a pas regretté une seule fois ! Ca nous a permis de dormir n'importe où ! Ce n'est pas dur de trouver des coins sympas pour planter la tente, mais ils sont souvent très humides! - Budget : oui c'est cher, mais en ne campant presque pas dans les campings ca va ! Le bus ne coute pas trop cher, et l'autostop marche assez bien sur les petites routes. Niveau bouffe, on n'a quasiment que cuisiné/pique-niqué. Et on avait apporté quelques petites choses de France (saucisson, soupe en sachet, semoule, barres de céréales….) - Vêtements : il faut impérativement des vêtements chauds, un bon imperméable et des bonnes chaussures de rands. On avait aussi des très bons duvets : les nuits sont fraiches ! - Météo : elle change vite ! Il faut profiter de chaque moment de soleil, et avoir des solutions de replis quand il pleut ! - Chemins : on avait les cartes au 50000eme, mais tous les chemins ne sont pas marqués dessus, et les chemins qui sont dessus n'existent pas toujours !! Mieux vaut donc se renseigner, aux OT et surtout auprès des autres randonneurs… Cartes néanmoins indispensables !

Première partie : remontée de la Finlande en voiture

26 juin : départ de Turku, direction Tampere. Pause à Tampere où nous nous baladons dans le quartier Pispala. Nous montons ensuite à la tour dans le grand parc pour avoir une très belle vue sur Tampere et ses alentours (montée payante 4euros). On continue notre route vers Jyvaskylä. On s'arrête pour dormir dans un camping, à 20km au sud de l'église Petäjävesi. (Camping tranquille, avec joli lac très bien pour se baigner-pas mal de moustiques et douches pas terribles)

27 juin : on commence par aller voir l'église de Petäjävesi. On ne la regarde que de l'extérieur (intérieur payant) et c'est déjà très très joli. Puis direction Jyvaskylä où nous partons à la recherche des oeuvres d'Avar Aalto parsemées dans la ville. Nous allons ensuite à Kuopio où nous achetons le fameux pain de seigle fourré au poisson (1kg minimum !). Nous montons ensuite sur la tour dans le parc d'où l'on a une très belle vue sur toute la région des lacs. Impressionnants tremplins à ski. Nous montons ensuite vers Kajaani et pique-niquons sur une super plage près de Paltaniemi. Nous dormons en camping sauvage plus loin sur la route sur une aire de repos.

28 juin: Nous reprenons la route et nous arrêtons pour observer une oeuvre d'art un peu particulière : "Le peuple silencieux". 1000 croix de bois habillées avec des vêtements des gens du coin et avec des têtes faites de tourbe ! Ca se situe sur l'E63 environ 30 km au nord du Suomussalmi. On peut y manger de délicieuses crêpes. Nous allons ensuite au parc de l'Oulanga et faisons la petite randonnée de l'ours, au départ de Juuma. Rando très sympa et variée, avec vue sur des lacs, des rivières, des cascades, … très bien aménagée (passerelles, escaliers….) cela prend quand même entre 4 et 5h pour seulement 12km ! Nous dormons en camping sauvage pas très loin après un bon bain dans un lac

29 juin : Nous commençons la journée par une visite du Canyon d'Oulanka, 6km de circuit mais la encore il faut bien compter 2h. Joli canyon avec des grandes falaises. Nous roulons ensuite jusqu'à Rovaniemi. On s'arrête au camping qui est à 6km à l'est. Camping très calme et pas trop cher, nous y resterons 2 nuits. Soirée tranquille au camping.

30 juin : petite balade dans Rovaniemi puis on va faire de l'escalade un peu au sud ouest de la ville. Le soir on essaie de monter un peu pour voir le soleil de minuit, mais il disparaitera derrière de la forêt à 23h50… dommage !

1er juillet: on reprend la voiture direction le nord-ouest. On s'arrête en chemin dans le parc du Pallas-tunturi pour monter au plus au sommet. La encore, très belle ballade, 3h en circuit avec super point de vue. On voit enfin un peu autre chose que de la forêt ! On continue la route (sous la pluie) et ne nous arrêterons qu'à notre étape finale : Kilpisjärvi. On ne trouve pas de place en hotel/chalet, du coup on plante la tente sous la pluie juste a cote du centre d'information.

2 juillet: on part faire la rando du mont sacré same. 700m de dénivelé, 700 marches et un super point de vue tout du long sur le lac, les montagnes suédoises et norvégiennes. vaut vraiment le coup ! On loue un chalet pour le soir (88E pour 3, avec sauna). Apres une petite sieste, on part faire un virée en Norvège qui n'est vraiment pas très loin. Les montagnes apparaissent dès qu'on passe la frontière ! c'est impressionnant.

3juillet : mes amis redescendent vers helsinki, je pars faire la randonnée des 3 frontières. J'ai choisi l'option facile consistant à prendre le bateau aller et retour (25euros) ce qui ne fait plus que 6km de rando. On peut aussi prendre le bateau qu'a l'aller et rentrer )à pied (15 km, assez dur). La rando est sympa, et bien symbolique ! Buffet au centre de randonnée pour midi (très complet pour 14 euros), et sieste la bas (avec internet et tout ce qu'il faut en accès libre !). Je prends le bus à 17h direction tromso (2h30 de bus pour 30euros), voyage magnifique.

Deuxième partie : Tromso et les îles Lofoten en rando-camping sauvage.

3 juillet : arrivée à Tromso, je galère un peu pour trouver le camping… je m'y installe, 165NOK pour 1 personne, c'est cher !

4 juillet : ballade dans Tromso, je laisse mon sac à l'office du tourisme et part me ballader. La bibliothèque propose internet gratuitement. Très jolie plage au sud de la ville. Je dors le soir chez Micka via le couchsurfing.

5juillet : je monte au sommet du telepherique de tromso… à pied ! pas facile de trouver le chemin (qui n'est ni indiqué, ni balisé, comme souvent en norvège…). La vue là haut est super belle ! Descente par le même endroit faute de trouver un autre chemin… je recupère mon ami à l'aéroport.

6juillet : départ pour les lofotens ! Bateau Tromso-harstad, le rapide, seulement 2h30, ca file ! Prix : 330 NOK par pers, réduction étudiante comprise. Puis bus de Harstad à Svolvaer (environ 150 NOK par pers, red étudiante). Ne pas trop écouter l'OT de Tromso qui n'est pas très au point. Se renseigner en arrivant à Harstad pour les bus. Toujours demander la réduction étudiante !

On finit par arriver vers 21h à Svolvaer, direction l'OT qui est ouvert tard pour acheter les cartes au 50000eme et voir la météo. Comme il fait beau les deux prochains jours, on part tout de suite sur un chemin repéré sur la carte. Qq kms plus tard, on fait nos premières constatations 1) les chemins sont très boueux, même s'il a fait pas mal beau. 2) les chemins ne sont pas marqués 3) les chemins se perdent tout le temps 4) ca monte sec !! besoin des mains tout le temps et ca tourne à de l'escalade.

Bref, on ne fera pas nos 300m de dénivelés ce soir-là et on plante la tente en terrain très humide à 23h. Superbe vue ! Heureusement, nous avons une bache que l'on met sous la tente (dans la suite on la mettra à l'intérieur !). Il fait encore bien jour, on profite du paysage et de la tranquillité !

7 juillet : On repart vers 12h finir notre montée. Il n'y a pas un chat (on a juste croisée une randonneuse). Arrivés en haut, super petit lac de montagne. On a perdu notre chemin pour descendre au lac, tanpis on s'en fait un, mais gare aux trous !! On arrive à une petite cabane (apparemment on pourrait dormir dedans) et on essaie de contourner le lac, on reperd notre chemin et on s'en refait un… On doit repasser un col que l'on monte aussi sans chemin. Arrivés en haut ca se corse : descente assez raide, sans chemin… il faut faire bien attention. Une fois passé le passage le plus raide, on se croit sauvés… mais non car l'on tombe alors dans une espèce de forêts d'arbustes très serrés, toujours sans chemin, et pas mal pentu. Quelques heures plus tard, nous avons enfin atteint le bord du fjord. Baignade bien fraiche bien méritée ! On aura mis pas moins de 6h pour faire 5 km… La suite est plus tranquille, on rejoint la route via le bord de l'eau puis route goudronnée. On est pris en stop par un norvégien pour les 10 derniers km (ouf) et on arrive à Brenna vers 21h ! C'était le but de la ballade pour pouvoir voir le soleil de minuit ! On pause la tente sur un coin d'herbe au milieu des rochers et des moutons, et on aura bien notre soleil de minuit :D !

8 juillet : on repart-en stop- pour refaire les 10km dans l'autre sens, avec des touristes allemands. On marche ensuite un peu en direction de Henningsvaer où l'on va être encore un peu aidés par des serbes. Pause repas sur la très jolie plage de revnik puis on repart en marche puis stop avec une norvégienne en vacances jusqu'à Henningsvaer. Très joli petit village de pécheur. Nous prenons ensuite le bus (gratuitement car panne de la machine !) pour Kabelsvag où l'on dort au camping AJ (seuleument 90NOK pour deux). Grosse pluie le soir (on est encore assez content d'avoir la bache).

9 juillet : bus pour Borg où l'on profite sans le visiter des commodités du musée Viking (toilettes, tables, …). Puis nous repartons sur les chemins norvégiens. Beaucoup plus facile cette fois, ca passe tout seul. Nous allons en direction de Unstad. on reprend un bout de route puis un chemin pour éviter un tunnel. Petite pluie d'une heure qui nous force à nous mettre à l'abri. Nous remontons vers un lac-barrage puis encore un peu plus, la encore chemin très difficile, et il se met à pleuvoir ! Soulagement en haut, la descente n'est pas trop dure et nous plantons la tente au bord d'un lac, seuls dans les montagnes avec un nouveau rayon de soleil. C'est magnifique.

10 juillet : on redescend vers Unstad puis faisons la ballade unstad-egum. Pas mal de monde sur le chemin bien fait cette fois, mais ballade pas facile avec beaucoup d'escalade ! Très joli néanmoins. On arrive bien fatigués à Egum pour le pique nique et il fait très froid à cause du vent. On repart pour rejoindre Borg, et on se fait prendre en stop par des norvégiens après qq kms à pied. Ils nous déposent à Leknes. On cherchait un camping-c'est trop loin (6km), du coup on repart après qq courses vers la plage d'Haukland : bus jusqu'au croisement puis marche à pied (seulement 5km). Magnifique plage ! On dort la bas (c'est interdit un peu plus loin mais on fait comme si c'était autorisé là ou on est).

11 juillet: on rembale assez tôt pour ne pas se faire réprimander… marche de 8 km jusqu'à atteindre l'E10 juste avant le pont pour Flakstadoy. On prend le bus là jusqu'au croisement pour Nusjford. Puis on marche (chemin sympa à l'est de la route) pour rejoindre le village-musée. Il faut payer l'entrée (50NOK), mais pas le soir. Le village est plein de touristes : on est tombés sur 12 cars de touristes français en croisière : l'horreur ! On décide quand meme de se poser la (il pleut !!). On fait bien : à 17h tout le monde s'en va et ca devient très mignon :). On plante la tente un peu plus loin et on profite (chut !!) des douches collectives des rorbus !

12 juillet : on prend le bus de nusjford (bus seulement les mardis et jeudis), puis on va a Flakstad (avec un changement de bus). De là, on rejoint ramberg à pied le long de la très belle plage. Le soleil arrive, pique nique sur la plage de ramberg au soleil, ravitaillement (OT très sympa). On prend le bus pour aller à Fredvang. De là on monte un col (super vue) pour rejoindre la plage Klakvika (plage de la baleine). On est passé par un chemin plus court et très bien fait que nous avaient indiqués d'autres randonneurs (se renseigner sur place), le chemin n'est pas marqué sur la carte. Plage très belle, on s'installe sur un petit coin d'herbe pour passer la nuit… Il pleut mais on ressort vers 23H durant une accalmie, très belle lumière.

13 juillet : il fait pas beau, on attend que la pluie cesse pour partir. Notre but était d'atteindre la plage Horsevika au bout du Reinesjord pour prendre le bateau pour Reine le jour suivant. Mais devant le gros nuage au milieu du col de 400m, on renonce, pas envie de monter dans la boue pour ne rien voir. On revient à Fredvang à pied d'abord, puis en stop dans un super camion aménagé par des hollandaises. Camping de fredvang très simple, sur un beau site, douches payantes (et plaques élécrtiques aussi).

14 juillet: Il ne fait toujours pas très beau, mais il parait que ca va s'arranger. Alors on retente notre col. Encore un coup de chance, on se fait prendre en stop par des norvégiens qui nous amènent au bout de la route goudronnée, nous évitant 10km de marche sous la pluie. La pluie continue, on monte quand même… dans la boue. Ca y est on est bien trempés, et a 200m, au niveau d'un lac, grosse tempete de vent et pluie et rien pour s'abriter. Franchir le col nous semble trop dangereux, alors on refait demi tour… On se fait doubler à la descente par des touristes suédois en camping-car, qui nous ramènerons jusqu'à fredvang (et hop, encore un coup de stop !)… De là bus pour Å. Mauvaise surprise en arrivant à Å, on pensait qu'il y avait un camping, mais celui ci a fermé ! (et il pleut) L'OT est complètement à l'ouest, on fait une pause près du musée de la morue à l'abri. L'AJ est complète (au robre a 1000NOK près)… on decide finalement de planter notre tente au sud de Å, là où tout le monde campe sauvage. Pas facile de trouver un coin à l'abri du vent et pas trop humide… hum… On choisit à l'abri du vent et on s'installe pour la soirée et la nuit dans la tente.

15 juillet: youpi, le soleil est de retour !!! On fait tout sécher devant les touristes étonnés qui déambulent en masse… Petit déj aux kannelbullars de la boulangerie de Å, miam miam ! Puis direction Moskenes. On s'arrête à Sörvagen pour faire des courses, et devant ce magnifique beau temps, on décide d'en profiter pour aller à Monkebu. Randonnée sympa avec des paysages sublimes, des passages un peu difficiles mais avec une corde. On atteint d'abord un sommet à 500m où la vue est déjà pas mal. Puis on plante la tente à côté du lac et du refuge de Monkebu. Finalement, on monte 300m de plus pour atteindre le Munken (sans les sacs, c'est vachement mieux !). Nos efforts seront récompensés par une vue MAGNIFIQUE en haut, sur toutes les lofotens… (A faire absolument, chemin non marqué sur la carte mais en très bon état). On redescend, et on a une très bonne surprise : à minuit, le soleil passe entre deux montagnes, au dessus de la mer. C'est super beau, et très inattendu ! Très belle nuit de camping sauvage donc !

16 juillet: Encore du soleil ! On voulait redescendre vers le Reinesfjord pour prendre le bateau, c'est possible mais il faut téléphoner pour que le bateau vienne au bon arrêt… et notre téléphone ne capte pas (vaut mieux faire la rando dans l'autre sens !). Du coup on redescend par le même chemin ! Journée tranquillou pour arriver à Moskenes et poser la tente dans le camping de Moskenes (tranquille, douches payantes).

17 juillet: Toujours du Soleil ! Direction Reine, avec le bus (31 NOK, redus étudiante comprise). On pose les sacs à la supérette centrale. Nous avons 2h45 montre en main pour monter au dessus de la montagne qui surplombe Reine. Là encore, chemin non marqué sur la carte, mais très bien (tout le monde le connait, départ au niveau du tunnel sur la route de Moskenes). Ca monte raide et les mollets tirent, mais la vue en haut est encore une fois magnifique, sur Reine et toute la baie et les lofotens derrière. On ne regrette pas. On redescend assez vite pour attraper le bateau à 15h qui nous emmène dans le Reinesfjord. On descend au premier arrêt (Kirkesfjord). Petit hameau très très tranquille dans un site magnifique. On mange là un bout, puis on monte le col pour rejoindre la plage de l'autre côté. Montée ok mais descente un peu pénible, surtout le long chemin pour atteindre la plage, qui semblait pourtant assez proche. On se baigne (histoire de) mais c'est très très très froid ! La plage est magnifique, l'eau bleu turquoise. Mais il y a du vent, donc on ne s'éternise pas trop. On plante la tente au niveau du col, et là encore, soleil de minuit (enfin de minuit trente), sur la mer, magique comme dernière nuit aux lofotens !

18 juillet : Bateau pour Reine, puis bateau de Moskenes à Bodo (160 NOK environ, sans redus étudiante, pas besoin de réserver pour les piétons). Nuit au camping de bodo et avion à partir de bodo.
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SC
Schraki 15 years ago · Bibouns51
"Road trip" Norvège août 2010
La Norvege et les autres pays scandinaves nordiques ont toujours été une source d'attrait ! C'est donc a deux, Mickael (narrateur) et Stephan (conducteur unique !) que nous sommes partis chevaucher à dos de nissan micra les contrées Norvégiennes au départ de Paris.

Vous bénéficierez donc des distances parcourues quotidiennement (enfin surtout de l'avancée de notre compteur kilométrique), de nos impressions...et du reste !

Jour 1 : 08/08/2010 : Paris- Bad Oldesloe (km80 =>km970) Ligne droite d’autoroutes, contents d’être partis en vacances donc le voyage passe tout seul. Arrêt à un hôtel au nord de Hambourg pour la nuit.

Jour 2 09/08/2010 : Bad Oldesloe - Kristiansand :(km970 =>km1600) Traversée express du Danemark…même si nous étions sur une autoroute, le décor ne donnait pas spécialement envie… On verra peut-être ce qu’il en est de Copenhague si nous redescendons par le pont qui relie le Danemark à la Suède. Arrivée à Hirtschals 1h en avance pour le ferry. L’accueil est très chaleureux : on nous tend une boite de comprimés notre arrivée en nous disant : « prenez, c’est gratuit, il va y avoir grosse mer » Mickael fait gloups et s’attend au pire, tandis que Stephan ne pense pas qu’un aussi gros bateau puisse prendre cher en mer. Le voyage remettra les choses au clair : 45 minutes de retard, Stephan s’est même levé pour aller aux toilettes et pour croiser des membres de l’équipage qui allaient rendre leurs entrailles. Mickael quant à lui a passé son voyage la tête dans son sac à vomi sans se préoccuper de ce qui se passait autour, en dehors des odeurs de bouffe que les norvégiens allaient chercher abondamment pendant le voyage ! Résultat : une arrivée vers 20h qui laisse Mickael sur le flan avec une nausée bien ancrée et un Stephan avec une belle barre dans le crane. La nuit se finira dans un camping où l’on s’est posé à l’arrache et d’où nous sommes partis sans se poser de questions le matin suivant.

Jour 3 10/08/2010 : Årros - Eigenes(km1600 =>km1730) Le voyage de la veille a laissé des traces : Stephan a toujours un bon mal de crane et Mickael ne se sent pas forcément beaucoup mieux… Résultat, au bout d’une cinquantaine de kilomètres, petite pause au bord d’un lac et balade pour se remettre les esprits au clair. Après être repartis, la décision de s’arrêter très vite pour trouver un camping et se reposer s’impose. Nous faisons quand même un détour par une route assez pittoresque qui nous emmènera dans notre première vallée encaissée paisible du voyage. Notre dévolu se jette sur le premier camping que l’on croise, qui sera d’ailleurs le plus cher (on ne sait toujours pas pourquoi mais bon…). S’ensuit une session repos au bord du lac adjacent avant que la pluie ne se mette de la partie pour le reste de la journée et de la nuit. La journée s’achève donc sous la tente dans un état second en espérant qu’il fasse beau le lendemain.

Jour 4 11/08/2010: Eigenes - Tau (km1730 =>km1965) Départ contents, nous nous sentons mieux, et il fait beau. Nous commençons en fait vraiment notre voyage puisque nous avons droit à nos premiers fjords et vues sublimes qui vont avec. Nous remontons jusqu’à Stavanger où nous déjeunons. Nous profitons d’un magnifique défilé militaire. Nous ne nous attardons pas à Stavanger, la ballade sur le port nous suffira pour cette fois. Nous essayons de rejoindre le Prekestolen pour le lendemain. Nous allons donc vers le Lysefjord. Nous reprenons notre premier Ferry depuis Kristiansand, nettement plus calme (et plus court). Cette journée encore, nous profitons un maximum des vues offertes par les fjords. Nous choisissons de faire le plein sur l’endroit le plus reculé de la Norvège probablement, et ça nous coutera le prix insulaire de l’essence. Malgré tout, nous finissons notre journée dans un camping en bord de fjord, avec un coucher de soleil magnifique. Nous cherchons les français au camping, mais nous ne trouvons qu’un van en piteux état avec un plaque française dont nous ne voyons pas les propriétaires, malgré tout ils ont eu du courage de monter avec cette guimbarde jusqu’en Norvège !! Pour notre plus grand plaisir, la nuit se passe sous la pluie !

Jour 5 12/08/2010: Tau - Odda ((km1965 =>km2197) Cette journée commence par un rangement mouillé de la tente avant de se lancer dans l’ascension du Prekestolen. Du haut de notre entrainement de marathoniens, nous décidons de prendre un rythme soutenu, au milieu de la horde de touriste de toutes nationalités qui nous entoure. Malgré tout, à mi-chemin, l’absence de petit déjeuner se fait sentir chez Mickael, qui se sent « faible ». Malgré tout, l’ascension se termine sans souci sur un panorama a couper le souffle au milieu toujours de la même horde de touristes. Après avoir mangé un morceau, bu et s’être reposé, nous repartons pour la descente. Nous redescendons de façon sportive quasiment moitié moins de temps que nous avons mis pour monter. Randonnée magnifique dont nous ressortons trempés de la tête au pieds et qui ne nous donne envie que de prendre une douche. Pourtant, nous allons faire de la route, et pas n’importe laquelle. Nous passons cette fois des fjords aux paysages montagneux déchirés tout aussi magnifiques. Les routes sont très étroites, en lacet, et Mickael doit faire des efforts pour rester de marbre. Nous suivons pendant une bonne partie de notre trajet 2 motards qui nous ouvrent la voie. Sur les hauteurs, nous passons sur un pont bloqué par un petit troupeau de mouton, nous avançons donc doucement derrière les motards, jusqu’au moment où le reste du troupeau -resté jusqu’ici derrière nous- nous rattrape et saute sur les deux motards par derrière en essayant de passer entre eux. Un bel exemple de panurgeade moutonière. Nous finissons cette magnifique journée dans la villé réputée par le Lonely planet « la plus laide de Norvège », ce avec quoi nous ne sommes pas d’accords. Nous nous offrons notre premiere guesthouse et profitons pleinement d’une nuit en intérieur où nous savions qu’il allait pleuvoir. (sans compter les douches).

Jour6 13/08/2010 Odda - Bergen (km2197 =>km2500) Nous commençons la journée par aller vers le nord-est. Le temps est pluvieux et nuageux, nous essayons quand même de nous diriger vers une supposée entrée d’un parc naturel. Une fois arrivé, on nous dit qu’aujourd’hui, la meilleure randonnée à faire, c’est en intérieur qu’il faut la faire… Nous nous dirigeons donc vers une chute d’eau pas trop loin. Chute effectivement sympa, avec un vent à décorner les bœufs et aucune rambarde pour nous empêcher de tomber. Malgré tout, c’est plutôt sympa même si le temps est toujours aussi maussade. Nous repartons vers l’est, puis après réflexion, décidons de nous diriger finalement vers Bergen ( à l’ouest donc) que nous avions auparavant décidé de ne pas visiter. La route vers Bergen est un mix entre des fjords toujours aussi jolis, et des tunnels…parfois interminables. Nous nous arrêtons vers 16h30 pour manger une pizza à mi-chemin. Malgré tout, nous arrivons à Bergen assez tard après nous être tapé un embouteillage mythique dont nous ignorons encore la raison à l’entrée de la ville. Sans réservation, tout ce que nous propose le lonely planet est complet, nous nous rabattons donc vers les camping en bordure de la ville. Avant cela, nous aurons quand même violé une bonne quinzaine de fois le code de la route à Bergen, ville à la circulation compliqué, et où pour une fois le GPS ne nous a pas aidé du tout, et nous a même fait passer à des endroits complètement interdits ( à 50 mètres du commissariat de police). Mais c’est aussi ça qui a fait le charme de notre passage dans cette jolie ville. Nous arrivons donc tant bien que mal dans un camping a 20 km de Bergen, quand on nous signale que vu qu’il a plu toute le journée, le sol est détrempé et que la voiture peut facilement s’embourber. Nous mettons donc encore du temps à trouver un coin d’herbe pas trop détrempé qui ne nous ruinera pas notre rangement de tente du lendemain matin. En prenant notre terrain, nous croisons un compatriote métalleux (cheveux, t-shirt hard rock et compagnie) très sympa, qui nous propose de venir boire un verre. Après avoir galéré à trouver notre spot, nous nous dirigeons donc vers son van, pour se rendre compte qu’il est muni d’une compagne (que nous avions croisé) mais aussi de 2 petites filles fort sympas de 2 et 5 ans. Nous nous incrustons donc dans le repas de famille. La pizza de 16h30 est encore bien présente donc nous mangeons aussi peu que possible et la soirée se passe pour le mieux avec notre nouvel ami qui revenait de Bodo. C’est donc après moults discussions qu’il arrive à nous reconvaincre de finalement reprendre notre objectif initial qui était d’aller à Bodo. Nous allons donc nous coucher ronds comme des barriques (oui, il avait sorti l’attirail biere/vin pour « fêter ça entre français ») et avec une énième mise à jour de notre objectif.

Jour7 14/08/2010 Bergen - Geiranger (km2500 =>km2870) Comme prévu, nous passons la fin de matinée à Bergen pour visiter la vieille ville et nous reposer de la soirée de la veille. LA ville se montre probablement sous son meilleur jour, puisqu’il fait un temps radieux. Le port a son charme et le marché qui bat son plein le rend encore plus vivant. En dehors de la partie « vieille », la beauté architecturale de Bergen n’est pas des plus formidable. Nous repartons vers 14h lestés d’un Mcdo pour une route qui s’annonce longue et belle. Nous enchainons les descentes dans les vallées et dans les fjords toujours sous un soleil radieux. Nous nous arrêtons sur les coups de 18h30 dans une Hytte au pied d’un glacier juste avant le Geirangerfjord.

Jour8 15/08/2010 Geiranger - Trondheim (km2870 => km3260) Nous commençons la journée par descendre vers le Geirangerfjord. Comme prévu par le guide, la route est plein de touristes, en particuliers des cars qui roulent a 30km/h sur les routes de montagne et qui sont indoublables. Nous prenons donc notre mal en patience et descendons doucement derrière les bus… Malgré tout, le panorama est plutôt joli, ça aide. Le Geiranger est en effet très joli mais au final, après 3 jours passés dans tous les fjords du sud, l’effet « exceptionnel » est un peu éventé. Nous ne nous attarderons donc pas plus dans le Geiranger mais la route reste splendide dans la remontée. Nous continuons notre route vers le nord et déjeunons en attendant le Ferry entre Vestnes et Molde. Comme nous avons particulièrement bien prévu notre coup, il nous reste 143 KR en tout et pour tout à ce moment là, et nous ne connaissons pas le prix de la traversée… nous demandons donc à notre voisin de queue pour le ferry d‘une soixantaine d‘années, qui nous rassure sur le montant de la traversée. L’attente étant assez longue, ce même norvégien revient vers nous et entame la discussion. Il bouffe les ¾ de ses mots mais nous arrivons tant bien que mal à suivre la discussion. Nous comprenons donc dans un premier temps qu’il est éleveur de saumon dans les montagnes et qu’il n’est pas content car les saumons des fermes d’elevage qui sont en mer ont des parasites qui tuent les jeunes et s’étend vers les saumons sauvages. Nous comprendrons dans la suite de la discussion sur le ferry qu’il n’est pas du tout éleveur de saumon, mais simplement agriculteur, mais qu’il a une rivière a côté de chez lui où habituellement il y a plein de saumons sauvages, et que leur population se réduit à cause de ce parasite… Voila donc un norvégien qui n’est pas ravi du tout que la Norvège nourrisse le monde entier en saumon. Lors de la traversée, il nous expliquera qu’il est né dans les environs mais qu’il a monté sa ferme plus loin a l’intérieur des terres, dans un endroit où 5 mois par an, il ne voit pas le soleil car sa vallée est trop encaissée ! Comme il l’a si bien dit « quand j’étais jeune, je m’en moquais, mais maintenant… » Nous quittons ce charmant bonhomme à Molde pour poursuivre notre route vers Trondheim. Nous décidons de passer « la route de l’atlantique » qui se révèlera courte (8km) mais effectivement très jolie. Nous passons donc a Kristiansund en passant par un tunnel très long depuis Bremnes (et tout neuf), c’est moins joli qu’un ferry, mais il n’y a pas d’attente au moins ! La traversée de Kristiansund nous révèle de loin une ville sans grand intérêt. Notre route -toujours aussi jolie- se poursuit jusqu’à 20km avant Trondheim où nous nous arrêtons pour la nuit dans une hytte au bord de la mer et nus profitons d’un coucher de soleil très très agréable.

Jour 9 16/08/2010 Trondheim - Vik (km3260 => km 3646) La journée commence tard, nous nous réveillons vers 11h et partons doucement pour une visite express de Trondheim. La Nidros cathedrale est imposante et plutôt jolie de l’extérieur, nous n’y rentrerons pas. La visite de la ville nous fait réaliser que pour la 3eme plus grande ville de Norvege, bah c’est petit ! Le centre ville est agréable, sans plus. La Norvege n’est pas un pays de villes, clairement. Nous passons au Burger King pour profiter d’internet et voir si l’annulation des billets de retour en ferry est possible. Nous repartons vers 14h en empruntant la Kystrikveien. Le début de cette route ne laisse pas présager de la suite… et nous nous retrouvons assez vite à longer des fjords comme nous aimons, avant de nous retrouver entre fjord et mer. La journée se termine sur un ferry qui nous emmène vers une ile où nous comptons passer la nuit.

Nous choisissons finalement un camping qui nous amène sur une route en terre et nous rapproche du rivage, pour finalement nous laisser découvrir un camping coupé de tout et particulièrement joli. Nous réalisons que ce camping est plutôt fait pour les pecheurs lorsque l’on aperçoit l’atelier de poissonerie et les restes de carcasses de poissons impressionnants que nous voyons accrochés au mur. La journée se terminera par un coucher de soleil rougeoyant qui dure entre 20h et 22h30-23h…magnifique ! Nous ressentons de plus en plus notre montée dans le nord et la durée de plus en plus longue des journées, mais c’est un vrai plaisir !

Jour 10 17/08/2010 Vik - Åmnes (km 3646=> km3953) La journée commence encore à 11h, et à nouveau sous un soleil radieux sans aucun nuage à l’horizon…et le propriétaire du camping nous dit que ce temps est censé durer jusqu’à vendredi…nous apprécions la nouvelle à sa juste valeur ! Commence alors pour nous la journée Ferry. La Kystrikveien se termine en effet par une série de Ferry tous plus jolis les uns que les autres. C’est donc sous un soleil radieux et sur une mer d’huile que nous faisons toutes nos étapes de la journée. Vers 16h, nous ratons un ferry d’environ 1 minute : nous arrivons devant l’embarcadère alors que le ferry vient à peine de retirer sa rampe d’accès. Il ne faut pas compter sur la sollicitude du marin dans ces cas là, et nous faisons contre mauvaise fortune…pas très bon cœur. Au final, cet arrêt impromptu d’une heure nous permettra d’utiliser pour la première fois notre réchaud à gaz pour qu'on puisse se faire une magnifique soupe pour le déjeuner. Pendant cette attente, un camping-car allemand vient nous demander des renseignements concernant le ferry, que nous leur donnons. En engageant la conversation avec eux, nous apprenons qu’ils ont passé le début de leurs vacances en Suède et qu’ils n’avaient absolument pas prévu de passer en Norvège, et qu’ils n’ont donc sur eux aucune Kouronne norvégienne. Finalement, le ferry revient et nous embarquons. Nous remarquons cependant que les allemands après avoir parlementé 2 minutes avec le ferryman se postent derrière lui en attente. Effectivement, ils ne prenaient pas les Kouronnes suédoises ni les euros sur le ferry… Nous leur proposons donc un échange pour qu’ils n’aient pas attendu le ferry pour rien, et nous leur payons la traversée contre l’équivalent en euros. Ces allemands avaient visiblement plus l’habitude des voyages en camping car dans le sud de la France que dans les pays nordiques. Nous les quittons à l’arrivée du ferry car -encore plus que nous- ils semblaient improviser leur trajet au jour le jour. Nous arrivons finalement au « gros » ferry du jour : le ferry qui nous fera passer le cercle polaire. En arrivant dans la queue pour le ferry, nous croisons des tête que nous avions déjà vues 2 jours auparavant dans le camping peu avant Trondheim : 2 motards français de mâcon avec qui nous avions un peu discuté. Nous les retrouvons donc sur le pont et nous apercevons qu’ils ont fait rigoureusement le même itinéraire que nous depuis ces 2 derniers jours, avec quelques heures de différence. Ils semblent malgré tout avoir un rythme de roulage plus soutenu que le notre dans la mesure où ils sont motivés pour aller jusqu’à Bodo dès le soir même (arrivée pour 23h40 à notre GPS) et même si possible prendre un ferry pour les Lofotens pendant la nuit ! Nous restons plus raisonnables et décidons de nous arrêter pour la nuit après le dernier Ferry de la Kystrikveien. Nous prenons la direction d’un camping un peu en dehors des sentiers battus comme a notre habitude, mais c’était sans compter sur l’approximation des indications de ce camping : le panneau nous menait droit à une maison de particulier… Après 4-5 allers-retours sur les 500 metres suivants, nous décidons finalement de sonner chez ce particulier…qui nous propose tout de suite une hytte tout a fait sympa. Vu l’heure (22h15) et la galère que nous avons eu pour trouver ce que nous cherchions, nous prenons cette petite hytte qui aurait pu être plus économique, mais qui était bien pratique. La journée s’achève donc avec une luminosité de 19h, sauf qu’il est 23h40.

Jour 11 18/08/2010 Åmnes - Å (km3953 => km) Journée qui débute une nouvelle fois assez tard, et nous partons encore une fois sous ciel d’un bleu pur sans aucun nuage à l’horizon. Nous avons 2-3 heures de route jusqu’à Bodo et nous n’avons pas encore décidé ce que nous faisions ensuite. Les routes restent égales à elles-mêmes : dans un état assez déplorable pour la plupart mais toujours aussi superbement entourées par des paysages à couper le souffle. Ayant appris que le temps aux Lofoten devait rester proche du magnifique jusqu’à au moins jeudi, nous décidons de tenter notre chance au plus vite pour la traversée (3h30...sigh !). Avec un peu de chance et vu l’absence totale de nuage la mer nous épargnera peut-être une traversée comme celle du début de séjour… Durant l’attente du ferry, un groupe de jeunes français revenant d’une virée en bateau s’installe près de nous et l’un d’eux, voyant ses camarades se jeter sur un jeu pour enfants où l’on tourne sur soi même, lance à la cantonnade : « vous vous mettez sur un truc comme ça alors qu’on sort d’un bateau où on a tous été plus ou moins malades ». Notre confiance retombe alors quelque peu… et nous nous rappelons douloureusement notre arrivée dans les nobles terres norvégiennes. Nous finissons notre attente avec une avertissement des receveurs du ferry : nous ne sommes pas sûrs de rentrer sur ce ferry, tout dépendra de la place ! Après nos 3h30 d’attente nous regardons le bateau se remplir devant nos yeux, nous comptons les camions, puis la caravanes, qui n’arretent pas de défiler, jusqu’à ce que…les resquilleurs se fassent hameçonné et les trois dernieres caravanes se retrouvent en queue de file, nous passons de justesse et nous garons dans un recoin du ferry où tout les pietons sont obligés de passer avec leurs sacs… Nous arrivons dans le salon du ferry et cherchons une place, très vite nous remarquons un groupe de français. Nous décidons finalement d’aller nous installer à l’extérieur pour profiter du soleil et de la sortie du port. Le temps reste toujours aussi magnifique, mais après une heure de route, une fois la mer réellement prise, le bateau commence a bouger sérieusement et la plateforme supérieure est allégrement arrosée. Stephan, qui avait jusque là profité du soleil à l’arrière du bateau décide de rentrer en intérieur et se pose dans une banquette qui semble vide. Pendant ce temps, Mickael reste à l’avant du pont supérieure gauche, là où le soleil rayonne encore bien haut à 19H mais où les vagues arrosent aussi sévèrement. http://images.voyageforum.com/...a62581310479828.jpeg Le pont se vide peu à peu de tous ses occupants, sauf de Mickael, qui décide de se donner comme objectif de rester à cette place toute la traversée, d’autant plus qu’il n’y a pas le mal de mer…Stephan profitera quant à lui du parfait exemple du français haïssable à l’étranger, bruyants comme il faut au milieu d’un ferry plein de monde. Et comme lors de la première traversée il partagera son voyage avec un malade en face de lui, un italien qui a eu la prétention de s’acheter une bière au bar du bateau mais qui n’y touchera pas du voyage. A l’arrivée, nous nous dirigeons directement vers Å et nous réalisons que nous n’avons rien réservé, et qu’avec le froid qu’il fait, nous n’avons aucune envie de monter la tente. Après quels recherches et un coup de fil, nous finissons par trouver notre bonheur à 15 mètre de la mer en plein Å.

Jour 12 19/08/2010 Å - Eggum Nous partons tard, étonnamment. Nous nous baladons dans Å, village de pêcheurs dont on réalisera seulement plus tard la supériorité par rapport aux autres villages des Lofoten. Nous prenons la route tranquillement sur l’île. Les paysages sont magnifiques et les couleurs bien marquées. Il fait un vent assez fort, et la température s’en ressent fortement ! On imagine fort bien ce que peut donner un hiver au Lofoten… Nous parcourons toutes les routes possibles de la première île, ou presque, et nous finissons dans un petit restau, après avoir cherché à atteindre en vain une pizzéria qui s’est révélé fermée. Voulant faire une lessive, nous cherchons à nous établir en bord de mer côté soleil couchant pour la soirée, et nous finirons à Eggum dans une Hytte que nous transformerons en Sauna lors de la soirée.

Jour 13 20/08/2010 Eggum - Kiruna Le reveil est tardif, mais c’est voulu, le linge n’a toujours pas fini de sécher après plus de 12h… nous essayons tant bien que mal de faire sécher au plus vite les derniers vêtement mouillés. Nous prenons le temps de regarder ce qui nous attend, et nous faisons une petite revue kilométrique… La mauvaise nouvelle est que nous avons déjà dépassé notre forfait kilométrique (en comptant le retour bien entendu). Forcément, en changeant d’idées toutes les 2 minutes sur notre destination, ça ne nous a pas aidé a prendre des voies rapides; ce que nous ne regrettons d’ailleurs absolument pas. Malgré tout, la nouvelle sème un léger vent d’inquiétude, et nous repartons sur le champs en sachant que nous ne pouvons désormais que suivre la route du retour, que nous définissons pas la Suède. Nous profitons tout de même d’un temps splendide pour parcourir le reste des îles Lofoten, dont on s’apercevra qu’elles ont chacune leurs particularités dans la forme et la végétation. C’est toujours autant un bonheur pour les yeux, d’autant plus que la température est nettement plus clémente que la veille. Nous roulons efficacement et nous retrouvons à Narvik, ville dépourvue d’intérêt à nos yeux, nous n’y passons pas plus de temps qu’il ne faut pour déjeuner/diner. Et nous repartons vers la Suède, dans des paysages encore différents de ceux du matin, et avec un soleil qui descend de plus en plus dans notre dos à partir du moment où nous entrons en Suède. Bien entendu, et parce que nous sommes très bien organisés, nous n’avons aucune couronne suédoise et il nous reste environ 800 couronnes norvégiennes. Finalement, nous aurons de la chance, les personnes qui nous loueront notre hytte pour la nuit acceptent aussi les couronnes norvégiennes, et accepte même de faire l’échange avec nos couronnes restantes avec la monnaie qu’ils ont sur eux (à leur avantage, précisons le tout de même). La nuit se passera moyennement, une pseudo alarme incendie passant la moitié de la nuit à sonner/grésiller (dans notre chambre) avant qu’on trouve la provenance du bruit très désagréable a 5h du matin…

Jour 14 21/08/2010 Kiruna - Sundsvall Réveil sous un ciel gris…quelque peu déprimant. Le départ se fait un peu dans la morosité, le fait de redescendre plus le mauvais temps et la nuit lancent la journée sous le signe du silence. Malgré cela, journée très productive en route, puisque nous parcourrons une bonne distance en Suède, nous arrêtant rapidement à Lulea pour déjeuner. Il faudra attendre 19H20 pour voir pointer un bout de ciel bleu. Nous ne savons pas encore à quel rythme nous allons finir la descente, nous verrons bien…
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MG
Mguibentif 15 years ago
Voyage en car 5 jours aux Pays-Bas
Nous avons gagné ce voyage en car Marti à un concours organisé par la Coop (valeur du gain = 2'000 frs pour 2 personnes), sinon nous ne l'aurions pas fait.

Nous connaissons déjà tous les lieux à visiter, sauf la bourse aux fleurs et le parc du Keukenhof. Pour ceux qui ne connaissent pas Amsterdam et Rotterdam, ils ne vont pas en voir grand chose...

Nous ne sommes pas du tout habitués ni fans de ce genre de voyages organisés "en troupeaux"...

Quelques sources d'étonnement :

Le chauffeur paraît assez âgé, mais est très dynamique. Il ne parle au micro qu'en suisse allemand mais sait le français. En cas de doute, nous lui demandions en français, notamment pour l'heure exacte de retour au car.

Nous pensions qu'il y aurait un guide à côté du chauffeur, non, il était seul pour tout faire, conduire, parler dans le micro, distribuer des tickets, vendre des bouteilles, sortir les valises du car... Nous, nous préférons qu'il n'y ait pas de guide, mais je pense que ce n'était peut-être pas forcément bien indiqué à ceux qui ont acheté ce voyage. Il nous arrangeait qu'on nous pose à un endroit et qu'on nous dise de revenir à telle heure au bus. Mais peut-être est-ce dérangeant pour d'autres personnes du car plus âgées qui auraient souhaité être accompagnées ?

Le GPS du car est placé beaucoup trop loin à droite du chauffeur, l'obligeant à faire de la gymnastique pour le lire et en plus, le soleil complique la lecture...

Les sièges sont très confortables, avec un grand espace devant pour bouger les pieds, une table pour poser une bouteille (avec une forme prévue à cet effet), un espace au dessus des passagers pour les sacs à dos, vestes, etc. La vue, en tout cas des 2 premiers sièges à gauche ou à droite est panoramique car le pare-brise est très très grand. Le couloir est un petit peu étroit, les WC au centre du car très pratiques. La ceinture de sécurité confortable et pas gênante du tout.

Le chauffeur a sur sa droite un frigo avec quelques petites bouteilles d'eau, coca, etc. Les passagers en voulant viennent se servir dans le frigo et paient au chauffeur (apparemment, si j'ai bien vu 1.50 frs par bouteille), à nouveau parfois pendant qu'il conduit...

Les 40 personnes du car sont assez calmes, il y a très peu de bruit dans ce car bien insonorisé. Très peu sont bilingues, donc peu nous adresserons la parole en français (ou en allemand), ce qui nous arrange en fait...

Pour info, train aller retour Genève-Berne 156 frs sans abonnement demi-tarif et 78 frs avec (compris dans le montant gagné en ce qui nous concerne).

Samedi 16 avril :

Départ en train pour Berne à 7 h 45. Dans le train Intercity à 2 étages, il y a un vélo attaché par chaîne et cadenas à l'entrée d'un wagon. Je précise ceci pour montrer qu'on peut y mettre un vélo.

Arrivée à Berne, à 9 h 25, changement de train pour la gare de Berne-Wankdorf, arrivée à 9 h 45. Une place spéciale dans le wagon où nous sommes semble être dévolue aux vélos (disons à vue d'oeil, une dizaine de vélos).

Nous allons repérer où part le car demain matin, en fait sur une toute petite place à l'arrière de la gare, accessible par une passerelle et ascenseur.

Nous partons à pied pour l'hôtel réservé vers 9 h 55. En longeant le stade du Wankdorf. Nous arrivons à 10 h 15 à l'hôtel Ibis, place Guisan (il y a Novotel, Ibis et Etap Hôtel dans le même bâtiment, avec une entrée générale pour le parking et des entrées différentes dans le bâtiment selon l'hôtel, en face de la grande roue du BEA). Il a été réservé il y a longtemps, le week-end, fr. 109.--, donc nous payons fr. 114.60 avec les taxes de séjour locales, sans petits déjeuners. Nous avons la chambre 809 où nous allons poser directement nos affaires. On peut rejoindre ces 3 hôtels avec le tram 9 allant de la place Guisan à la gare centrale de Berne (1 ticket de bus/tram = 4 frs par trajet).

Wifi gratuit dans l'entrée de l'hôtel, idem pour Etap Hôtel.

Départ vers 10 h 45 à pied pour la vieille ville. Nous descendons voir la nouvelle fosse aux ours, étrange, il n'y a que 3 ours, ... puis balade dans la vieille ville, repas à 12 h au restaurant brasserie Anker, Kornhausplatz pour y manger des roesti avec cipolata. + 2 dl vin rouge + 1 coca light + 2 cafés = frs 67.20. Excellent et beaucoup de choix dans ce restaurant relativement bon marché pour Berne.

Nous poursuivons le périple en direction de la gare, il y a d'ailleurs peu après un restaurant Migros dans la rue centrale (utile à savoir pour les petites bourses, uniquement à midi, pas le dimanche).

Nous allons ensuite voir la cathédrale, clocher en travaux, on peut y monter (5 frs), on peut y louer un audio-guide en français (5 frs), nous repassons voir le Palais fédéral, continuons la balade dans les rues avec magasins et antiquaires, 2 coca-light dans un Mcdo = 7 frs.

La plupart des magasins ferment à 17 h ce jour samedi, quelques-uns à 16 h et très peu sont fermés toute la journée. La plupart des magasins sont fermés le dimanche.

Puis, nous rentrons à l'hôtel à pied par un autre pont et la Viktoriaplatz. Nous y arrivons à 18 h.

Nous allons manger une glace 3 boules et boire 1 coca light au bar du Novotel, 15.60 fr.

Quelqu'un renverse un gros pot de fleur au bar, ceci provoque toute une histoire et l'arrivée de la police pour le constat. Quel cirque pour un pot de fleurs... !

Dimanche 17 avril :

Debout à 5 h 45, nous descendons ensuite prendre 2 cafés au bar de l'hôtel 7,60 frs.

Départ à pied à 6 h 35 pour aller rejoindre le car Marti derrière la gare du Wankdorf, nous arrivons vers 7 h, il y a 5 cars... nous trouvons le nôtre et partons à 7 h 10 pour aller à un restoroute à Pratteln récupérer d'autres clients et le chauffeur qui nous accompagnera tout le voyage. Arrivée là-bas à 8 h 10. Départ à 9 h 40. Chacun fait ce qu'il veut pendant ce laps de temps.

1 WC = fr. 1.-- ce qui génère un bon d'achat d'un franc à utiliser dans les commerces. Nous achetons un emballage de biscuits à 1 fr....

Ensuite, nous nous arrêtons encore à l'arrière de la gare de Bâle pour prendre les 7 dernières personnes.

A 9 h 10, nous partons enfin au complet.

A 12 h 50, nous nous arrêtons dans un self service d'autoroute en Allemagne, 1 h pour manger, chacun fait comme il veut.

1 assiette porc/légumes, 1 spaghetti bolognaise, 1 salade, 1 pain, 1 coca light, 2 décis de vin local en bouteille, 2 cafés = 39,39 euros

Là aussi, un passage aux toilettes à 0.70 euro engendre un ticket d'achat à 0.50 euro que nous remettrons en payant la facture du restaurant self service.

Nous repartons à 13 h 50 et roulons jusqu'à 16 h 20, arrêt au restoroute self service AC à Sevenum aux Pays-Bas pour 30 min. Chacun fait ce qu'il veut. Nous achetons 2 glaces Magnum que nous mangeons à l'extérieur, 4.20 euros.

Nous repartons à 17 h 05 pour arriver enfin à l'hôtel à Zandvort à 19 h 30. C'est vraiment beaucoup de route ce jour... Je suis plus fatiguée que si c'était moi qui conduisait. Le bus ne dépasse pas le 100 km/h (apparemment, c'est la loi) et moi qui ai l'habitude de beaucoup rouler à travers l'Europe, cela me tue de ne rien faire que de regarder le chauffeur... !

Chambre 227, très grande, mais, pour un 4 étoiles, pas de chaînes TV en français, le personnel parle un peu allemand, bien anglais et pas français. Le Wifi est payant dans les chambres et gratuit 30 min. dans le hall au rez, mais très lent à se charger, avec un code à demander à la réception. Cet hôtel est plutôt un 3 étoiles à mes yeux. L'hôtel est mentionné comme non fumeur, mais la chambre où nous nous trouvons et en tout cas celles du couloir adjacent sont fumeurs. Il y a un cendrier et allumettes dans notre chambre. Aucune odeur dans la chambre, mais dans le couloir oui. La salle de bain est équipée d'une douche avec rideau alors qu'il y aurait largement la place pour une baignoire/douche avec portes en verre..., pas de sèche-cheveux. Les éclats du lavabo blanc sont réparés à la peinture blanche... Il y a un coffre fort dans l'armoire, assez grand pour mon PC portable 10.1, plus des clefs, documents, porte-monnaie, etc. Il y a une cafetière dans la chambre et un mini-bar vide...

L'hôtel est juste en face du circuit automobile de Zandvort, paraît-il plus utilisé depuis l'an 2000. Dès la nuit tombée, certains semblent penser que la rue le long de la plage et le giratoire devant l'hôtel font partie intégrantes du circuit... !

Nous redescendons comme indiqué vers 20 h 30 pour un buffet. Choix de salades et de desserts, il y a là env. 3 cars, c'est assez simple et fonctionnel. 2 coca-light = 5 euros.

Puis, nous sortons faire un bref tour vers la plage.

Lundi 18 avril :

Petit déjeuner à 6 h 30, départ du bus à 7 h 45.

8 h 45, arrivée à la bourse aux fleurs d'Aalsmeer (Flora Holland), avec des tas d'autres bus, nous entrons et devons faire un tour au dessus du marché aux fleurs sur une passerelle (800 mètres aller et 800 mètres retour), au passage, nous voyons les courtiers derrière leurs ordinateurs passant les ordres d'achat, les manipulations des fleurs sur chariot, etc.

Le prix d'entrée est de 5 euros par personne (4 euros pour les groupes), nous ne payons pas car déjà inclus dans notre voyage.

La bourse ferme à 11 h, d'où le rush des touristes...

Départ du bus : 10 h 10

11 h 05, arrivée à Amsterdam devant les canaux, dans la grande rue devant la gare. Nous montons tout de suite dans le bateau faisant le tour des canaux, là aussi, rien payé déjà inclus dans notre voyage, mais prix affiché 8.50 euros par personne.

12 h 15, retour, nous avons quartier libre jusqu'à 13 h 30. Nous faisons un petit tour à pied dans les rues arrière et mangeons 2 menus Big Mac (= 12.50 euros en tout). Dans le McDo, WC payant 50 ct d'euro, visiblement très surveillés dans le quartier...

13 h 30, départ pour Volendam. Avant l'entrée de Volendam, à 14 h, nous nous arrêtons pour 30 min. dans une fromagerie / fabrique de soccolis... Henri Willig. Visite magasin avec fromages Gouda, etc. et magasin avec soccolis. Aucun intérêt en ce qui nous concerne, nous jetons un oeil 5 min. et restons au soleil dans la cour. WC gratuits dans la cour.

14 h 30, départ pour Volendam, arrêt à l'entrée du village vers 14 h 45, nous avons quartier libre jusqu'à 16 h. Petit tour dans ce ravissant village de pêcheurs. 2 x 2 boules glace kiwi = 4 euros et 2 cafés, 3.90 euros.

16 h, départ, arrivée à l'hôtel à 17 h 30. Le repas est prévu à 19 h.

Buffet salades, à choix 1 poisson, 1 viande, patates ou riz, buffet desserts. 2 cocas light = 5 euros.

Départ à pied de l'hôtel pour le centre ville à 20 h. La gare est à 15-20 min. à pied de l'hôtel. Nous regardons pour demain soir pour aller éventuellement à Harlem. Apparemment, 4 euros aller retour par personne, préparer de la monnaie en pièces pour l'automate, les guichets étant fermés le soir... et plusieurs machines ayant le logo "billets" ou "carte de crédit" biffés, il vaut mieux avoir des pièces de monnaie...

La plage est belle, les immeubles entre notre hôtel et le centre ville horribles à mes yeux. Quelques jolies maisons en centre ville... 2 cafés = 3.90 euros. A Zandvoort, mais ailleurs aussi, énormément d'appartements à vendre...

Puis, nous allons voir le casino. Entrée payante, 5 euros par personne. Les machines à sous et les tables de jeux sont dans le même local. Peu de machines à rouleaux, beaucoup de machines électroniques avec écran. Nous partons assez rapidement après avoir gagné 100 euros... et rentrons à pied par la rue arrière.

Arrivée à l'hôtel à 22 h.

Mardi 19 avril :

Petit déjeuner à 6 h 30.

Départ du bus à 8 h pour le parc du Keukenhof, le chauffeur nous ayant remis les billets d'entrée (pour info 14.50 euros, le parking voiture coûte 6 euros). Arrivée vers 8 h 45, il y a 10 bus déjà. Le chauffeur dit que certains dimanches ou à Pâques, il y a parfois 500 bus... Nous avons quartier libre jusqu'à 11 h. pour nous promener dans le parc. Vers 11 h, il y a déjà env. 40 bus...

On peut accéder au parc en bus, no 54, depuis la gare de Leyde (Leiden) ou directement depuis l'aéroport Shiphol d'Amsterdam avec le bus no 58.

Il y a des WC gratuits avant l'entrée et de nombreux autres après l'entrée et dans le parc.

Avant l'entrée, il y a des casiers de consignes pour les gens qui arriveraient avec leur valise directement de l'aéroport.

Les massifs de tulipes et autres fleurs sont splendides, + 2 serres à visiter + un moulin dans lequel on peut monter pour voir les champs de tulipes environnant le parc. Nous en avions déjà vu quelques-uns en arrivant avec le bus. Près du moulin, possibilité de promenade en bateau dans les canaux au milieu des champs de tulipes (7.50 euros).

A 11 h 05, nous repartons avec le bus pour Scheveningen.

En route, nous nous arrêtons 10 min. pour photos devant le Tribunal international de La Haye (Den Haag).

Arrivée à 12 h 15. Nous pouvons aller sur le quai manger où nous le voulons et devons revenir au bus à 13 h 30. Donc, nous nous installons pas trop loin du bus dans un kebab, 1 poisson avec patates légumes, 1 mixed grill avec patates légumes, 2 coca = 28 euros.

Départ du bus à 13 h 30 pour Rotterdam. Arrivée au port vers 14 h 40 pour un tour en bateau de 75 min. (prix = 8.50 euros, voir www.spido.nl). Ca ne nous intéresse pas car déjà fait, donc nous allons nous promener en attendant.

2 cafés = 3.80 euros.

Départ du bus à 16 h 10. Enormément de circulation... Nous arrivons à Zandvoort à 18 h 10. Le repas du soir est à 18 h 45 car l'hôtel attend plusieurs groupes ce soir... Salades à choix, poisson ou poulet, légumes, pâtes, patates, desserts à choix. 2 cocas light = 5 euros.

Rangement des valises, etc. car demain nous déménageons pour aller passer la dernière nuit à Bruxelles, dans un autre NH Hôtel près de la Grand Place.

Mercredi 20 avril :

Petit déjeuner à 6 h 30

Rendez-vous au bus à 7 h 45 avec les valises.

Départ du bus à 8 h.

Route des polders.

10 h 45, arrêt au parc du Delta pour 30 min. Café, biscuits dans le bus. Petit tour à pied autour.

11 h 15, départ pour Middelburg, arrivée à 12 h 15, départ à 13 h 45. Petit tour dans la ville, repas simple où l'on veut. Nous nous arrêtons chez Delifrance. 1 salade niçoise, 1 salade tomate/mozarella, 1 coca light, 1 verre vin, 1 sandwich tomate/mozarella, total 23.65 euros. Pendant la promenade en ville, 2 cafés sur une place = 3.40 euros.

14 h 00, départ pour Bruxelles où nous arrivons vers 15 h 30. Le chauffeur nous fait faire un tour en bus, arrêt 10 min. vers l'Atomium pour photos, passage devant château de Laeken, arrêt 10 min sur la place avec monument des 50 ans d'indépendance de la Belgique, puis passage vers le palais royal.

Vers 16 h 30, arrivée à l'hôtel NH Grand Place. Installation dans les chambres. Nous arrivons dans la nôtre, elle n'est pas faite... idem pour un autre couple du car, nous redescendons, on nous attribue à chacun une autre chambre avec des excuses du bout des lèvres... Donc, finalement, chambre 303, chambre fumeur, beaucoup plus petite qu'à Zandvoort, la rue devant en pente peut s'avérer bruyante par moment...

Salle de bains avec baignoire/douche et protection en verre. Etrange verre fumé entre la salle de bains et la chambre, un sèche-cheveux, un mini-bar rempli, un coffre-fort plus profond que le précédent.

Wifi gratuit dans le hall en bas, sinon payant.

Nous ressortons faire un tour au centre ville. 2 cocas light dans la rue du Midi = 3 euros

Repas devant le théâtre de la Bourse, au café de l'Opéra. 1 coca light, 2 décilitres vin ouvert, 2 steack de boeuf, 2 expressos, total 52.40 euros.

Nous retournons voir la Grand Place éclairée dès 21 h. Grosse déception, peu d'éclairage, plusieurs spots semblent ne pas fonctionner. Nous rentrons à l'hôtel vers 22 h.

Jeudi 21 avril :

Petit déjeuner buffet à 6 h 30, un peu plus de choix qu'à Zandvoort.

Nous mettons nos valises dans le bus à 7 h 10 et partons visiter à pied la cathédrale toute proche qui est ouverte en tout cas déjà à 7 h 15. L'extérieur me plaît davantage que l'intérieur. Quelques autels en bois sculpté. Nous aurions pu descendre à la crypte (1 euro), mais pas sûrs à cette heure-là, nous n'avons pas essayé. Plus tard, il y a des visites du trésor de la cathédrale aussi (1 euro).

Nous redescendons au bus qui part à 7 h 45.

Nous nous arrêtons à Bastogne sur la place centrale à 9 h 45 jusqu'à 10 h 30. 1 café + 1 coca sur la place au soleil = 3.50 euros

Nous faisons un petit tour pour voir les jambons fumés, spécialités locales, dans les diverses boucheries. Celle sur la place, face au bus, ayant paraît-il décidé de faire un rabais de 10 % aux personnes du car... Toute cette cochonnaille fumée ne nous attire pas vraiment, d'autres personnes achètent des jambons sous vide... Il y a aussi plusieurs pâtisseries dans le secteur, avec gâteaux de riz locaux et autres...

10 h 30, nous repartons.

Nous continuons sur la N4 et traversons notamment Martelange, un côté du village est au Luxembourg, l'autre en Belgique. Donc, sur le côté gauche, plusieurs stations service vendant de l'essence au prix luxembourgeois (1.35 euro le litre de super sans plomb, alors qu'en Belgique et en Hollande, il est vendu environ 1.65 euro... + semble-t-il également de l'alcool et des cigarettes moins chers qu'en Belgique)...

Nous reprenons ensuite l'autoroute en direction de Strasbourg et mangeons dans un restoroute Flunch à Longeville sur l'autoroute même. Arrivée 12 h 10 et départ 13 h 30.

Dans ce Flunch, on prend son plat chaud avant de passer la caisse contrairement aux autres Flunch français que je connais.

1 filet de lieu, 1 pièce du boucher, 1 Pepsi light, 2.5 décilitres de vin d'Oc = 21.20 euros.

On peut manger à l'ombre sur une terrasse à l'arrière très agréable.

Il y a aussi un magasin de journaux, 1 magasin général (nourriture et objets divers) + WC + station service essence bien sûr.

L'autoroute devient payante dès après ce restoroute, le chauffeur passe rapidement les péages grâce au télépéage.

Départ du bus : 13 h 30. Nous nous arrêtons 5 min. à la gare de Bâle vers 16 h 15 pour déposer 6 personnes, puis au restoroute à Pratteln de 16 h 35 à 17 h 25 pour déposer quelques personnes.

2 glaces Magnum = 6 frs.

Départ à 17 h 25, arrivée gare Wankdorf à Berne à 18 h 25.

Selon le chauffeur, nous avons fait en tout, de Berne à Berne, 2'350 km.

Train pour Berne centre à 18 h 35. 5 min. de train pour arriver.

Ensuite, à pied, via Lorrainebrücke jusqu'à la Pension Marthaler où j'avais réservé une chambre depuis longtemps.

110 frs. pour les deux, avec taxes locales et petit déjeuner, internet wifi gratuit dans tout le bâtiment (demander un code à la réception). Petit déjeuner de 7 h à 11 h.

Chambre 404, WC et douche sur l'étage, lavabo dans la chambre. 5 étages, 9 chambres par étage, 2 WC et 2 douches par étage. Rénové, extrêmement propre, chambres non fumeur, avec ou sans balcon selon le cas, la nôtre n'en a pas. Elle donne sur la cour, mais d'autres donnent sur la rue.

Il y a une cuisine utilisable par tout le monde et on peut louer des vélos.

Il y a 4 ou 5 places de parking sur réservation dans la cour.

Le quartier est très calme, l'hôtel est dans une impasse.

On peut y accéder depuis la gare avec le bus no 20 (4 frs le ticket).

Nous repartons à pied manger au restaurant Anker où nous avions déjà mangé à l'aller. 2 pizzas, 1 eau minérale, 1 coca light, 2 cafés = 59 frs.

Retour à l'hôtel à 21 h 30.

Vendredi 22 avril :

Petit déjeuner à 7 h 10. Un bon choix de pains, confitures, charcuteries, fromages, etc.

Nous partons ensuite à la gare à pied. Nous y arrivons à 8 h 10.

Train de 8 h 34 direct pour Genève où nous arrivons à 10 h 15.
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Endrick 15 years ago · Madith
Début d'année 2009 en Irlande, Connemara
Hi !!

Voici le récit de notre dernier (trop) court voyage dans l'ouest de l'Irlande. Je sais pas vous, mais moi j'ai déjà envie d'y retourner...

Jour 1 - 31/12/2008 : Paris-Galway Réveil 4h30, direction l'aéroport Paris CdG par un froid de canard, puis vol matinal pour Dublin, et enfin, 3h30 de bus direction Galway pour enfin arriver vers 13h30 heure locale (on perd une heure là-bas). Programme de l'après-midi : découvrir la ville et surtout chercher un endroit ou dormir pour ce 31 décembre 2009 (plus rien à des prix corrects sur internet).

Après s'être rassasier dans un petit gourbi sympathique (Home Plate : beaucoup et bon à manger pour vraiment pas cher, top pour le midi), on se rend vite compte que la mission « ou dormir » va s'avérer plus difficile que prévue... Plus de places nulle part : Hostels (AJ) complets, Hôtels complets, B&B complets... C'est finalement à l'office du tourisme que l'on trouve enfin chaussure à notre pied (pas vraiment de choix en fait). Mais pourquoi on n'a pas commencé par là ?! Je vous passe la recherche laborieuse de l'adresse indiquée... Une croix mal placée sur le plan (bien 600m d'écart), la découverte que les n° n'ont pas d'ordre logique (oubliez les paires d'un côté et impaires de l'autre, oubliez l'ordre croissant...) et que les noms de rues ne sont pas toujours là où on les attends (quand ils existent), bref, un sacré bordel que même les passant qui ont essayé de nous aider n'ont pas réussit à résoudre. Nous établissons donc nos quartiers dans une agréable Guest House (Inishmore Guest House), chambre « en suite », pour quand même 100€ la nuit pour deux petit dèj compris. M'enfin comparé aux prix trouvés sur le net, ça reste une « bonne affaire ».

Notre installation terminée et le programme des jours suivants un peu étudié, nous sommes partis en ville pour diner puis découvrir l'ambiance de Galway un soir de réveillon. 18h, il fait déjà nuit (nuit noire dès 17h à cette époque). Nous re-découvrons le centre ville, mais cette fois-ci avec ses illuminations de Noël : magnifique. Montant puis redescendant la longue rue piétonne (Quay Street) à la recherche du pub qui semble le mieux nous convenir, nous faisons une halte au King's Head, l'un de ceux avec la plus belle façade extérieure. Pas de regrets : intérieur chaleureux à l'irlandaise, tout en bois, musique sympa, mais étonnamment pas grand monde. Et tout naturellement, première Guiness : « Two Pints » !!! Servie en deux fois, comme il se doit, elle est belle, brune, fraiche, onctueuse... Va pour une deuxième !!! Pendant la dégustation de ces deux verres, la fête du réveillon ou « New Year Eve Party» se préparait et le pub commençait à se remplir. On a eu droit à un vrai défilé de la jeunesse irlandaise sur son 31.

Nous sommes ensuite partis manger au Mac Swiggan's : superbe restaurant à l'irlandaise, avec des salles dans tous les coins, de mezzanines en mezzanines. Nourriture délicieuse, et nouvelle interrogation : comment font-ils pour finir leurs assiettes ?!

Le ventre plein, il n'est que 22h30 en sortant du restaurant. La ville grouille de monde, surtout des jeunes. Souvent en manche courte pour les garçons, mini jupes sans collants et talons impressionnants pour les filles... Il fait quand même autour de 0°, et nous supportons bien le manteau doublé polaire et les gants ! Les bouteilles qu'ils ont tous à la main y sont surement pour quelque chose (beaucoup de petites épiceries sont encore ouvertes). Bref, sacrée ambiance dans la rue. Même trop pour nous deux, exténués par le voyage. D'autant que tous les pubs sont maintenant archi-pleins à tels points que les vigiles font office de portiers refusent pas mal de monde. Même le « racolage » pour nous tamponner une entrée en boite à tarif réduit n'a aucun effet sur nous (étonnant ces « tamponneurs » que l'on croise partout dans la rue). 23h : Nouvelle année en France, mais pas encore ici, on ne tiendra pas une heure de plus dans le froid... Le « Happy New Year » se fera sans nous...

Jour 2 - 01/01/2009 : Clifden-Kylemore Bon, la déception de ne pas avoir réveillonné à plein est compensée par notre fraicheur au réveil dès 7h30. Petit dèj traditionnel pour affronter le froid (nous étions les premiers), et c'est partir, sacs à dos, direction l'aéroport de Galway pour récupérer notre voiture de location. J'ai surement été trop optimiste quant à ces 8km à pieds... (Plutôt 12km d'ailleurs). Arrivé à mi-chemin, alors que la seule route pour accéder à l'aéroport est la voie express, nous renonçons et topons le providentiel taxi qui passait par là. Très sympa, il va quand même nous prendre 12€ (à prévoir pour ceux qui arrivent à l'aéroport de Galway : il est vraiment loin du centre, et mal desservi).

Bonne surprise, au lieu de la petite voiture de base que j'avais réservé, on nous confie pour le même prix une grosse Toyota Avensis, en boite auto s'il vous plait. Ça tombe bien, déjà que le volant est à droite, ça fera un problème de moins (j'appréhendais un peu le passage de vitesse avec le bras gauche).

Après tout çà il est déjà 11h, départ pour le Connemara : Clifden en passant par les Twelves Bens. Passé Ouhgterard, cette route offre un défilé de paysages plus superbes les uns que les autres. En plus, le soleil est de la partie, rendant les couleurs encore plus belles : du vert éclatant des praires de moutons à l'orange vif des tourbières balayées par le vent, tout çà parsemé de lacs et de montagnes... C'est beau.

Arrivé à Cliffden, nous attaquons la si réputée Sky-Road. Et c'est vrai que ça vaut le coup d'œil. Nous avançons par sauts de puce : quelques kilomètres en voiture puis petite balade à pied pour profiter de l'endroit. C'est la meilleure solution pour voir tout ce que nous souhaitons voir en si peu de temps. C'est parfois dommage de ne pas profiter plus longtemps d'un endroit en particulier, mais nous reviendrons c'est sûr, et de toutes façons, le vent est glacial.

Notre cheminement direction Leenane nous amène naturellement devant la superbe Abbaye de Kylemore. Les jardins sont fermés, mais c'est quand même l'occasion d'une agréable promenade dans les parages, d'autant qu'à cette époque, si le vent est fort et froid, il a au moins le mérite de décourager les touristes, et nous laisse comme partout ou nous sommes allé quasiment seuls.

Il n'est que 15h30, mais déjà le soleil commence à disparaître. Nous faisons demi-tour direction le Parc National du Connemara (ouvert gratuitement en cette saison) pour une petite balade facile permettant d'appréhender un peu toutes les facettes de la région, tout ça avec le soleil couchant. Nous sommes un peu trop tard pour effectuer le grand tour qui grimpe à 400m de haut.

La route du retour nous mène jusqu'à Cong ou nous nous arrêtons dans un Pub pour reprendre des forces (une pinte de Guiness quoi). Enfin, retour à Galway pour prendre notre chambre d'hôtel (Travelodge), sans charme mais propre, grande, et peu chère.

Pour finir la journée, retour au centre-ville, moins chargé que la veille (dans tous les sens du terme) mais quand même bien animé, pour manger chez Martine's, un petit restau ancien plein de charme et très bon. Pas le courage d'aller visiter un nouveau pub ce soir, retour au bercaille.

Jour 3 – 02/01/2009 : Ballywaugan-Lisdoonvarna puis Cong A 8h nous sommes les premiers au petit-dèj, voulant profiter au maximum des journées déjà courtes en hiver. Direction le Burren ce matin, et découverte de nouveaux paysages. Une des principales choses que je retiendrais de l'Irlande, c'est cette succession de paysages toujours différents, parfois radicalement différents, mais tous aussi beaux les uns que les autres. Cette fois aux environs de Kinvara, c'est d'abord de magnifiques praires d'un vert incroyable, parcourues d'innombrables et parfois improbables murs de pierre, tout çà près du Golf de Galway. Puis passé Kinvara, le paysage devient de plus en plus désertique et montagneux. Les photos valent mieux qu'on long discours (d'autant que mes talents d'auteur sont assez limités).

Nous décidons d'entamer une marche à partir du hameau de Muroogh. La marche est dans le guide du Routard, et elle vaut vraiment le coup. En plus, encore une fois, nous étions vraiment seuls (hormis les habitants, je ne sais pas si cela aurait été le cas en été). On a noté que dans ce coin du Burren, les moutons ont laissé leur place aux vaches, et parfois même à une espèce de lamas. On se demande parfois comment une vache a pu arriver là (pas sur que celle de chez nous soient si cascadeuses).

Vers 14h, Après avoir fait le plein de Guiness dans un Pub archi typique à Lisdoonvarna, nous avons hésité entre pousser jusqu'au Cliff of Moher, ou remonter dans le Connemara pour une petite rando dans la région des lacs. C'est la deuxième option qui a été retenue. En fait, on ne s'est pas vraiment rendu compte des distances, mais c'était en fait assez loin, et arrivé à destination (Clonbourg) il était déjà 16h... Je me réconforte en me disant que même en voiture on en profite, que c'est un peu l'aventure et en tous cas que c'est très dépaysant (conduite à gauche, route étroite et sinueuses, traversées de moutons et même de vaches, ...)

En tous cas, le résultat en valait la peine, car arrivé sur place, l'ascension du mont xxx était vraiment superbe. Bonne grimpette quand même, hors des sentiers battus avec un sol humide et glissant (la fameuse éponge qui recouvre le Connemara) et en pleine nature (toujours seuls), mais la vue offerte sur les lacs arrivé en haut est magnifique.

Retour à l'hôtel, puis nous rendons la voiture en centre ville (déjà), affublée de plus de 550km supplémentaires au compteur (ah oui, quand même...). Le reste se fera à pied ou ne se fera pas. Diner au Flannering : bon, copieux et vraiment pas cher (« Traditionnal Irish Stew » pour moi) avant d'entamer le retour à l'hôtel situé quand même à un peu plus d'1km du centre.

Jour 4 - 03/01/2009: Ben Lettery Aujourd'hui nous avons décidé de faire une journée de rando. Tout allait dépendre des horaires de bus. Après renseignements, nous irons grimper le Ben Lettery (le plus au sud des Twelves bens). Dommage, le temps de prendre les renseignements nous avons raté le meilleur bus de peu, nous n'arriverons pas sur place avant 13h. Nous avons cependant effectué une « escale » forcée d'une heure à Mamm Cross, ou il n'y a rien d'autre qu'un hotel (fermé ce matin là) et une petite station essence. Heureusement, il fait beau, mais malheureusement il fait froid, et pas vraiment d'endroits pour se balader vu qu'ici tout est clôturé.

Finalement, nous sommes largués au pied du mont Ben Lettery (~650m) au niveau de l'auberge de jeunesse. Nous étions seuls dans le bus, et bien nous sommes maintenant seuls au bord de la route. L'ascension est vraiment agréable, mais plus coriace que celle de la veille. Cette fois c'est plus une petite montagne qu'une grande colline. Presque en haut : quelle vue...

Cependant, un dilemme se pose. Soit redescendre prendre le bus de 15h30, mais cela écourte la journée déjà courte, soit randonner vers l'ouest en direction d'un hypothétique élevage de poneys vaguement repéré du bus un peu plus tôt, puis récupérer le bus suivant qui ne sera qu'à 18h30. Il est difficile d'appréhender les distances du fait du relief et de la nature du sol (parfois de réelles tourbières), et il ne s'agit pas de se retrouver au milieu de nulle part en pleine nuit... C'est la deuxième solution qui a été retenue. Que du bonheur. Ma meilleure marche jusqu'alors. Cette indescriptible sensation d'être seuls au monde au milieu de grands espaces vierges. Seuls les moutons peinturlurés et quelques clôtures nous rappellent que nous ne sommes pas complètement perdus. Les photos parlent d'elles même (bien qu'elles ne transmettront jamais les impressions que l'on a sur place).

Comme récompense, derrière la dernière colline, c'est bien l'élevage de poneys, et pas n'importe lequel en plus ! Après avoir discuté avec lui (Aurélie lui expliquant qu'elle possède une ponnette Connemara), le propriétaire nous laisse voir ses 6 poulains de l'année, vraiment accueillants.

La suite est un peu moins rose, puisque nous arrivons à l'arrêt de bus (pas d'arrêt en fait, c'est juste un carrefour) de Canal Bridge à 17h, avec la nuit... soit 1h30 avant l'arrivée du bus... Plutôt que de geler sur place, nous sommes partis à pied vers le village suivant (Recess) le long la route. Heureusement que nous avions prévu une lampe torche car les voitures roulent vites sur ce tronçon et les bas côtés sont limite. En tous cas, 7-8km plus tard, rincés, voilà Recess, et encore 30min à attendre le bus...

Malgré la fatigue, nous souhaitons quand même profiter de notre dernier soir en Irlande, donc encore 1km de l'hotel au centre ville (j'en ai encore mal aux pattes), un bon restau, puis un pub... fabuleux !!! Il s'agit de The Quays. D'extérieur sympathique mais pas extraordinaire (la preuve on lui avait préféré le King's Head le premier jour), mais l'intérieur est grandiose. A lui tout seul il mérite presque le voyage !!! Dommage, pas de photos, mais de toutes façons je ne suis pas sur qu'elles rendent tout ce que dégage cet endroit : des recoins dans tous les sens, une pièce centrale énorme tout en bois, style chapelle, une ambiance du tonnerre... En plus avec les décos de Noël, ça lui donne un genre terrible. Bref, il faut y aller, c'est vraiment incroyable tant on ne peu pas soupçonner une telle surface de l'extérieur.

Jour 5 – 04/01/2009 : Dublin - Paris...........Oups............ Fausse manip avec le réveil, il est déjà 9h et le bus pour Dublin est à 9h30 !!! Qu'à cela ne tienne, sacs faits, toilette vite fait, clefs rendues et 1km à pieds au pas de course, le tout en moins de 30min chrono, et le tour est joué. Record battu !!! Arrivé 3h30 plus tard à l'aéroport de Dublin, nous allons passer 1h en centre ville pour avoir un aperçu (très bref) de la capitale. Pas grand chose à dire, c'est passé trop vite. Nous avons malgré tout pris le temps de boire une dernière Guiness au Temple Bar du quartier du « Temple Bar ». Là encore, Pub vraiment sympa avec des coins dans tous les sens, j'adore. M'enfn à part ça, nous avons passé plus de temps en bus et à craindre de rater notre vol (les bus à Dublin, c'est pas si simple que ça) qu'autre chose. L'avion part vers 17h45, nous arrivons chez nous vers 4h du matin (vol + RER + voiture pour la Bretagne), exténués mais heureux.

Conclusion L'Irlande est pays sublime, on s'en doutait, mais il faut vraiment l'avoir vu. Les endroits où nous sommes allés (Connemara et un peu du Buren) sont encore très sauvage et en tous cas authentiques. Pour revenir sur la période, nous n'avions pas vraiment le choix de partir en plein hiver, mais je ne regrette pas du tout, surtout que miracle ou pas, nous n'avons pas vu une seule goutte d'eau en 4 jours ! A cette époque, il y a peu de touriste et les prix sont quand même beaucoup plus intéressant qu'en pleine saison. Bon, la contrepartie, c'est que les journées sont courtes, et qu'il y a moins de bus. Bah, en s'organisant bien, on arrive à bien profiter quand même. Reste que 4 jours c'est vraiment trop court, mais çà, on le savait avant de partir...

On reviendra. Happy New Year !
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Tbouf 15 years ago · Funboardeur
Carnet de voyage de quinze jours sur l'Andalousie en été 2010
Bonjour, Voici notre carnet de voyage sur notre voyage en Andalousie de 2 semaines au cours de l'été 2010, à partir de Bordeaux. Vous trouverez les photos associées sur notre blog (Cf bas de texte)

Vendredi 30/07 – Voyage vers St Jean de Luz Sylvie a juste le temps de se changer après le travail et c’est le départ vers 17h15. Vue les embouteillages sur la rocade, nous décidons de passer par les petites routes des Landes. Nous allons mettre peut être un peu plus de temps mais au moins nous roulons tranquille. Dès que nous reprenons l’autoroute après Dax, nous découvrons les premiers bouchons. Nous décidons alors d’aller diner à Hossegor et de faire un petit pèlerinage sur notre lieu de vacances 10 ans plus tôt, quand Sylvie était enceinte de 8 mois de Thomas. Bon souvenir. Après le repas, nous rejoignons plus facilement St Jean De Luz pour faire une halte, courte et sympa, grâce à Laurent et Valérie. Au passage, les « festayres » se préparent dans les villes des alentours, pour aller à faire les fêtes de Bayonne.

Samedi 31/07 – Départ vers l’Espagne et arrivée à Madrid Le départ est un peu laborieux (3/4 h pour atteindre Biriatou depuis St Jean de Luz). Après, ca va, sauf avant les péages où nous roulons au ralenti. Cela va mieux après Burgos quand une partie des automobilistes prennent la route vers le Portugal. Au total, au lieu de 4h30 de route seulement, nous allons mettre 1h30 de plus. Petit arrêt café dans un relai près de la route. Nous avons l’impression de retrouver l’Espagne que nous avons connue il y a 25 ans : petit bar rempli de fumeurs. L’arrivée sur Madrid est jolie car nous passons de terrains presque désertiques aux faubourgs de Madrid, en apercevant au loin les 4 tours modernes du centre d’affaire. Il fait chaud avec 35 ° en arrivant à Madrid. Après une petite douche pour se rafraîchir, départ vers le centre de Madrid avec le Métro qui est très propre et agréable, carrelé avec des couleurs jaunes. Nous commençons par la Puerta del Sol et la Plaza Mayor, deux grands lieux typiques de Madrid. La foule commence à se faire sentir à partir de 18h. Nous faisons déjà un bon tour à pied dans les rues madrilènes et passons près de la Cathédrale et du Palais Royal. Retour en métro pas trop tard car la journée a été longue : nous ne sommes pas encore au rythme espagnol (surement l’effet du décalage horaire ??). L’hôtel est calme et la chambre très bien (Parking, PC, Wifi, belle salle de bain, grand lit).

Dimanche 01/08 – Madrid J2 Après un petit déjeuner copieux à l’hôtel, avec « Jamon » pour Thierry, nous partons visiter le Palais Royal aperçu la veille. En chemin, trempette dans la fontaine du parc de l’Orient. Nous ne nous attardons pas : le dimanche, tout ferme plus tôt. Le palais est surprenant avec des salles comportant des styles totalement différents. Très belles salles d’armurerie. Au passage, nous passons par les statues de Don Quichotte et Sancho Panza sur la Plaza de España et par la Gran Via, avenue commerçante très large avec des édifices du 19 ème . Ensuite direction le Parc de Retiro. Café/boisson/glace au bord du lac, à l’ombre puis ballade dans les jardins avec visite des palais de Velasquez et de Cristal qui sont magnifiques et où se tiennent des expositions d’art moderne du musée Reina Sofia. On nous donne des entrées gratuites pour le musée de la Reine Sophia: ça tombe bien, nous voulions y aller le lendemain ! Madrid est une ville majestueuse et étonnamment assez sereine et calme : sûrement à cause de ses rues larges et de ses bâtiments très clairs. Le soir, dîner dans un restaurant près de l’hôtel. Il est 21h30 et nous sommes les premiers à manger. Seules quelques personnes plus âgées commenceront vers 10h. Pour les plus jeunes, ce ne sera pas avant 11h. Romain veut absolument se mettre rapidement à l’heure espagnole. Quelle honte nous avons pris notre repas même avant les mamies !

Lundi 02/08 – Madrid J3

Notre journée commence par la visite du musée d’art moderne Reina Sofia. Nous allons voir de nombreuses œuvres de Picasso, Dali et Miro, dont le très célèbre Guernica. Nous allons avoir quelques fous rires devant certaines œuvres modernes sûrement trop compliquées à comprendre pour nous (tableau tout bleu ou tableau blanc avec juste un petit trait noir par exemple). Nous déjeunons au restaurant futuriste du musée, conçu par Jean Nouvel : une vraie merveille architecturale. Direction ensuite la Gare d’Atocha, en face du musée, qui a la particularité d’abriter sous sa verrière un magnifique jardin exotique. Nous partons ensuite à la recherche des 4 tours madrilènes que souhaite voir Romain. Malheureusement, nous ne nous arrêtons pas au bon arrêt de métro. Par contre, nous sommes près de San Bernabeu, le mythique stade du Real Madrid que Sylvie a toujours rêvée de visiter. Devant tant d’enthousiasme de sa part, vous comprenez bien que nous ne pouvons refuser, malgré notre préférence naturelle pour les couleurs marines et blanches que nous continuerons d’afficher (surement un peu de jalousie …) Le stade est impressionnant par sa dimension et sa prestance. Nous revenons ensuite dans le centre de Madrid pour aller voir un spectacle de Flamenco dont nous avons eu le prospectus le dimanche en arrivant. Seulement, le prospectus n’indiquait pas que le spectacle se terminait hier. Pour se consoler, nous allons prendre notre 1er Repas Tapas, en terrasse près de la Plaza Mayor. Entre tortillas, et tartines de chorizo et/ou tomates/jamon ibérico, le repas est délicieux, arrosé de sangria, comme il se doit.

Mardi 03/08 – Madrid fin et voyage vers Cordoue

Après notre départ de l’hôtel, comme promis la veille à Romain, nous nous rendons en voiture près des 4 tours de Madrid. Romain, féru d’architecture, est ravi. En route vers Cordoue, la température va sans cesse s’élever pour atteindre 39 ° à notre arrivée. En chemin, Thierry repère quelques moulins de la Mancha que Don quichotte a surement attaqué. Il avait probablement pris quelques substances illicites car il est vraiment difficile de les confondre avec des géants, à moins que ce ne soit le manque d’ophtalmologues à l’époque. L’arrivée en Andalousie vers Cordoue, avec ses champs d’olivier à perte de vue et ses lauriers roses, contraste avec les paysages précédents secs et arides. Nous arrivons dans l’après-midi à l’hôtel Alcazar, tout près du centre de Cordoue (Mezquita à 300m) Le propriétaire de l’hôtel nous amène au parking en nous faisant prendre quelques rues étroites, qui plus est en sens interdit. La descente vers le parking n’est pas mal non plus puisque qu’il y a juste 1,80m de hauteur, avec une belle pente. Au moins la voiture sera fraiche quand nous la reprendrons. Les propriétaires sont très sympas et nous donnent quelques tuyaux sur la ville et notamment pour un spectacle de Flamenco. Nous ne serons pas déçus d’avoir raté celui de Madrid car le cadre de celui-ci est enchanteur, dans le charmant patio andalou d’un monument historique. Bien qu’il se déroule tout près de la Mezquita, et que le public soit composé en majorité de touristes, le spectacle de chants, musiques et danses traditionnelles est de très bonne qualité avec des artistes reconnus en Andalousie (Tablao Cardenal).

Mercredi 04/08 – Cordoue

Encore un réveil matinal (8h30 !) pour pouvoir bénéficier de l’entrée gratuite avant 10h à la Mezquita. Vous imaginez sans problème la réaction de Romain devant l’annonce de l’horaire et ses difficultés au réveil d’autant plus que nous nous sommes couchés à 1heure du matin après le spectacle. La mosquée est magnifique. Il est surprenant de voir ce mélange des cultures musulmanes et chrétiennes dans un même monument, avec une cathédrale créée au centre de la forêt de plus de 850 splendides colonnes. Le patio avec tous ses orangers est relaxant avec sa fontaine et ses palmiers et cyprès. Nous nous baladons ensuite dans la Judéria avec ses rues blanches et fleuries et les magnifiques patios à l’intérieur des maisons. Thomas et Sylvie achètent chacun un éventail et s’en servent frénétiquement espérant obtenir un peu de fraîcheur. Nous traversons le pont Romain sous la chaleur et visitons la tour Calhorra dont les commentaires de l’audio guide ne nous laisseront pas un souvenir impérissable. Premières Paella et Fideua le midi à l’ombre d’un patio. La Fidéua est une préparation semblable à la paella avec de grosses pâtes, sortes de gros vermicelles L’hôtel étant tout proche du centre, nous allons faire notre première sieste pendant les heures chaudes : chaleur oblige mais aussi rappelons que la nuit précédente a été un peu courte.

Après la sieste, nous partons à la découverte des petites ruelles moins touristiques de Cordoue. Nous en profitons pour faire quelques courses pour le trajet du lendemain.

Jeudi 05/08 – fin Cordoue et route vers Séville

Après le petit déjeuner et discussion avec Fernando, le propriétaire très sympa de l’hôtel (merci à Claire et Wilfried pour cette adresse), nous partons visiter la Medina de Azahara, toute proche de Cordoue. Il fait chaud mais le site est magnifique (Thomas et Sylvie ne sortent désormais plus sans leurs éventails). Le documentaire initial sur ce palais du calife, étagé sur plusieurs niveaux nous permet de bien comprendre ce site, malgré sa taille, n’est que très partiellement restauré (10% découvert uniquement). Nous ne prenons pas la route principale vers Séville car la prochaine étape est le château d’Almodovar del Rio. Il est situé sur un promontoire et a donc une position stratégique. Il a une vue imprenable sur le Guadalquivir et une vue panoramique sur toute la région : il est donc essentiellement un château à vocation de guerre. Nous faisons une visite très agréable mais nous dépassons l’heure limite de visite 14h30 et nous nous retrouvons à 14h 35 devant les grosses portes fermées. Petit instant de stress ! Mais, Thierry ne se laisse pas impressionner et trouve le mécanisme pour nous délivrer, Ouf !!!!

Dernier arrêt avant Séville : le Parador de Carmona, ancienne forteresse bâtie au sommet d’une falaise transformée en hôtel de luxe. Sylvie a un peu moins de réticence que lors de notre passage à New York dans le palace Waldorf Astoria. Nous n’hésitons même pas à aller consommer au salon.

Après cette pause, nous arrivons sur Séville et découvrons notre appartement qui est au-delà de nos espérances : 2 chambres, 2 sdb, terrasse extérieure avec vue sur les toits de Séville et la Giralda, mais surtout : une piscine sur le toit de l’immeuble, et tout cela à 500m de la Cathédrale. Les enfants sautent illico dans leurs maillots. Sylvie est même dans l’eau avant Thierry, normal avec une eau à 28° et une température extérieure à 38°. Le plus dur est de sortir pour aller manger.

Quand nous réussissons enfin à aller au restaurant, la chaleur a de drôles de répercussions sur Thierry. Il perd son sens de l’orientation ! Nous errons dans le dédale des ruelles de Séville ! A droite, à gauche et encore à droite encore à gauche…..Même avec le plan ! Nous réussissons quand même à rentrer dormir ! Fatigués, la journée fut longue.

Vendredi 06/08 – Séville

Après un petit déjeuner en terrasse sur les toits, nous commençons ce matin par la visite de la Cathédrale et de sa célèbre tour : la Giralda. Depuis son sommet, la vue de Séville est magnifique. Nous retrouvons beaucoup le mélange des civilisations dans cette cathédrale gothique bâtie sur une ancienne mosquée, qui a conservée son ancien minaret et son patio des orangers. Ayant perdu notre sens de l’orientation, perte due à la chaleur et non pas à la sangria ou la cerveza comme certains pourraient le penser, nous avons effectué la visite en 2 groupes et ensuite cherché Sylvie longtemps dans la cathédrale : du coup, Sylvie a tellement adoré la Giralda qu’elle a effectuée 2 fois la montée : je pense que c’était aussi pour préparer sa condition physique pour la rentrée.

Balades dans les rues piétonnes du quartier Santa Cruz et ensuite visite du Real Alcazar, résidence des rois espagnols, avec sa multitude de patios de tradition musulmane et ses jardins qui apportent beaucoup de fraicheur et du calme. Nouvelle ballade dans les ruelles et bien entendu, après cette journée, nous allons nous détendre à la piscine jusqu’à 21h : il y fait pourtant encore très chaud.

Samedi 07/08 – Séville

Grasse matinée jusqu’à 10h (enfin dirait certains !) c’est le premier cadeau d’anniversaire pour Romain, puis, lecture des messages d’anniversaire qui lui font très plaisir et ouverture des cadeaux pour Romain pendant le petit déjeuner. La journée commence ensuite par une visite des célèbres arènes de Séville. Nous aurions bien souhaité assister à une corrida mais il n’y en a malheureusement aucune au mois d’août. Nous longeons ensuite les rives du Guadalquivir (Rq pour les amateurs de foot : que les Romains appelaient Betis) pour atteindre la Tour de Oro, autre symbole de la ville. Repas Tapas avec vue sur la tour pour fêter l’anniversaire de Romain. Thierry a largement fêté les 16ans de Romain avec un pichet de sangria normalement commandé pour deux mais qui au final a été consommé au trois quart par Thierry ! Il fait très chaud (44°) et la traversée jusqu’à la place d’Espagne, construite pour l’exposition universelle de 1929, est un peu difficile. Elle l’est un peu plus pour Thierry pour qui la sangria fait son effet. Arrêt au musée des sciences dans un bâtiment au style totalement péruvien puis arrivée sur la splendide place d’Espagne avec ses bancs d’azulejos illustrant chacun une ville d’Espagne. Au vu de la chaleur, nous décidons de rentrer à l’appartement, nous ne rêvons que de piscine ! Ouf, Quel plaisir !

Dimanche 08/08 – Ronda et les Pueblos Blancos

Nous laissons avec regret notre bel appartement de Seville. La sortie par les petites rues qui se rétrécissent au fur et à mesure est inquiétante mais pittoresque. Le trajet jusqu’à Ronda est parsemé de villages blancs. Thierry nous vente avec enthousiasme ces villages et nous indique qu’une visite est indispensable ! Nous nous arrêtons donc dans un de ces villages qui s’avère joli de loin mais qui ne mérite vraiment pas d’arrêt. Nous ne manquons pas de taquiner Thierry le reste de la journée sur ses « Pueblos Blancos ». Après un petit repos à l’hôtel, nous allons découvrir la ville de Ronda à pied car nous avons là-aussi un hôtel dans le centre. C’est une jolie petite ville mais nous en faisons le tour rapidement avec la visite de la Casa del rey moro qui nous amène au bord du Tajo. Aussi nous profitons de faire une pause « commère » dans un café de la place centrale. Nous décidons de partir plus rapidement demain matin pour aller découvrir Gibraltar.

Lundi 09/08 – Gibraltar et la Costa del Sol

Petit déjeuner anniversaire de Thomas à Ronda et départ ensuite vers Gibraltar. La route de montagne est magnifique mais quelque peu tourmentée. C’est tellement perdu que même le téléphone ne passe pas et que nous ne découvrirons des messages pour Thomas que bien plus tard. Après de nombreux lacets, nous apercevons au loin Gibraltar. Nous sommes pourtant à 30 km et le rocher est impressionnant. Il se détache très nettement dans le paysage. Traversée de la frontière vers l’Angleterre à pied après s’être garé au parking en Espagne. C’est marrant car le tarif du parking est à la minute (0,033 € la minute). Cela ne paraît pas cher mais cela défile vite quand même. Juste après la frontière, il y a l’aéroport et nous sommes arrêtés au passage à niveau pour laisser décoller un avion. Nous sommes ensuite obligés de traverser la piste pour rejoindre le centre ville. La ville ressemble à l’Andorre avec une rue commerçante où les boutiques vendent du parfum, de l’alcool, des cigarettes, de l’électronique, … : la seule différence, c’est la chaleur. A part cela, pas grand-chose mais nous sommes (presque) au bout de l’Europe. Nous remontons ensuite la Costa del Sol en passant par les stations connues comme Marbella, Fuengirola, Torremolinos ou Torre del Mar. Notre arrêt se trouve à Torrox Costa, juste avant Nerja. Nous découvrons un endroit enchanteur : piscine, tennis, tennis de table, fléchettes …. Tout pour se sentir bien. Le couple de hollandais qui s’occupe de ce centre donne une âme à cet endroit. Du coup, les trois quart des clients sont aussi des hollandais et nous avons l’impression d’avoir changé de pays. Encore un lieu que nous allons quitter avec regret. Comme vous vous en doutez, nous plongeons dans nos maillots de bain pour ensuite plonger dans la piscine : un vrai bonheur ! Ensuite, tennis, basket et tennis de table avant de repasser par la case piscine. Le soir nous fêtons dignement l’anniversaire de Thomas en prenant l’apéritif sur la terrasse de la pension qui surplombe la côte. Nous avons donc en prime une vue d’enfer. Enfin, pour finir cette longue journée nous finissons dans un restaurant au bord de la plage, avec uniquement des espagnols, et nous dégustons des grillades. Le barbecue se trouve directement sur la plage.

Mardi 10/08 – Torrox Costa

Petit déjeuner espagnol (ou néerlandais) pour Thierry avec œuf/bacon. Nous nous décidons à aller voir les grottes de Nerja. C’est assez joli mais nous sommes surpris du peu d’explications données : pas de visite guidées et informations très sommaires lorsqu’elles existent. Déjeuner ensuite en terrasse avec vue sur la mer à Nerja. Le surnom de « Balcon de l’Europe » de Nerja parait quand même un peu surfait. Nous trouvons ensuite une petite crique pour aller nous baigner. Là encore, il n’y a que des espagnols Nous n’y restons pas longtemps car le soleil tape très fort et les premières rougeurs se font sentir (surtout pour Thierry !) A peine arrivé à la pension, nous retournons à la piscine avec bien sûr un peu de tennis, tennis de table et basket. Nous choisissons de ne pas ressortir et de se faire un apéro /repas sur la terrasse Cette journée farniente et détente a été bien agréable après les journées précédentes dans les villes. Nous regrettons déjà de ne pas rester plus longtemps

Mercredi 11/08 – Torrox Costa puis Grenade

Grenade n’étant qu’à 1h30 de Torrox Costa, nous choisissons de profiter au maximum de la pension. Les enfants partent à la piscine pendant que nous mettons à jour le blog et que nous finissons d’écrire nos cartes postales : il était temps ! Checkout à 11h59 alors que la limite était midi. A notre arrivée à Grenade, nous ne regrettons pas d’avoir choisi l’option parking avec l’hôtel car il n’y aucune place disponible dans les rues. Déjeuner à l’ombre sur une place avec crêpes salées et nos premiers « Granizados », glace pilée, ici au jus de fruits naturel, délicieux et avec trois parfums. Nous partons ensuite à pied (10 mn de l’hôtel) visiter la cathédrale et la chapelle royale. Ballades dans les petites rues dont certaines font penser à des souks. Nous montons ensuite dans les ruelles du quartier de l’Albayzin, au pied de l’Alhambra. Thierry a choisit des petites rues absolument désertes pour y aller. Pour le retour, ce sont Sylvie et les enfants qui tiennent à choisir l’itinéraire. Résultat : nous retrouvons des ruelles animées et sympathiques, avec un petit chambrage pour Thierry. Nous dégustons des pâtisseries locales aux amandes.

La journée sera marquée du signe de la dégustation puisque nous allons le soir dans un restaurant tendance avec cuisine nouvelle. Les plats (canard aux endives caramélisées au jus de Xérès par exemple) seront délicieux et présentés avec soin. Du coup, nous prenons l’option dessert. Thomas choisit un feuilleté « bourré » de pommes : erreur de traduction assez amusante dans un restaurant aussi stylé.

Jeudi 12/08 – Grenade

Nous nous levons un peu plus tôt aujourd’hui car c’est la journée visite de l’Alhambra, site majeur de Grenade. Afin d’économiser nos jambes, nous prenons le bus pour monter à l’Alhambra : vue la montée, nous ne regrettons pas. A notre arrivée vers 9h45, il y a déjà beaucoup de monde dans la file d’attente. Heureusement, nous avions réservé part internet il y a environ 1 mois, avec une entrée au palais nazaries de à 11h. . Nous allons retirer nos places à une caisse automatique et filons vers les jardins. Nous apprenons par un couple, dépité, que les seules entrées vendues concernent uniquement les jardins. Il faut éventuellement venir de très bonne heure le matin car tout est complet par internet pour toute la semaine. Le site est à hauteur de sa réputation : une vraie merveille ! Il est composé de trois parties : une forteresse pour la défense du palais, un palais partie résidentiel du sultan et son harem et enfin une troisième servant pour la culture de potager. L’eau est omniprésente et donne un sentiment de vie et de sérénité. La partie résidentielle est magnifique avec ses différents patios et salles. Nous sommes plus déçus de ne pas avoir vu sous son meilleur jour le patio de los Leones pour cause de restauration. Comme le disent les deux garçons : « il faut bien restaurer un jour». Nous n’avons pas pu malheureusement visiter le Généralife, potager et maison attenante, car nous n’avions pas vu que notre billet prenait fin à 14h pour les visites des monuments. Nous nous sommes présentés à 14 h 35 à cette dernière partie. Nous sommes un peu déçus mais pas trop car celle-ci n’était pas la plus importante. Nous en repartons vers 15 H avec les jambes lourdes mais de belles images plein la tête.

Nous rentrons pour notre traditionnel plongeon dans la piscine, pas très grande mais suffisante pour se rafraîchir. Elle offre également de belles vues sur la ville.

Nous faisons ensuite un tour en ville et Thierry en profite pour acheter un jambon « ibérico ».

Nous terminons ensuite notre journée par un repas sur une petite place très agréable proche de la cathédrale, Bib Rambla, où un chanteur se produit au milieu sur une scène.

Vendredi 13/08 – Tolède et corrida

Nous abordons la dernière étape de notre périple et nous commençons à remonter vers le nord de l’Espagne. Dernier arrêt : Tolède, ville classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Le trajet est de 4h, le programme de notre journée sera donc moins chargé. La température baisse un peu puisqu’il ne fait plus que 30°.

Nous nous installons dans notre nouveau et ultime hôtel à 15H. Bonne surprise : il est top classe avec une belle piscine que nous nous empressons d’aller tester bien sûr, après avoir déposé nos affaires. L’eau est un peu plus froide et Sylvie y mettra juste le bout des pieds. Pendant l’enregistrement à l’hôtel, Thierry a aperçu une affiche annonçant une corrida le soir même à 22h aux arènes de Tolède. Le personnel au comptoir n’en savait malheureusement pas plus que l’affiche et surtout pas si il était encore possible d’y assister. Tant pis, nous décidons de tenter notre chance en nous rendant sur place vers 20h En fait, il reste des places et nous allons pouvoir découvrir une corrida espagnole. Vu l’heure de début, nous n’aurons pas de problème de Sol ou de Sombra puisque le soleil sera en train de se coucher. Nous ne savons pas trop si nous allons aimer (surtout Sylvie et les enfants) mais c’est une occasion en or de se faire une opinion. Thierry ose même demander une affiche au guichetier qui arrive quand même à le comprendre malgré son espagnol par très académique : « Por favor, podria haber una afficha ? ». Ce sont surement les gestes complémentaires de Thierry qui lui ont permis de comprendre. Bien qu’il soit un peu tôt pour manger (20h30 ! mais nous sommes maintenant habitués aux heures espagnoles), nous nous dirigeons vers le bar en face des arènes. Nous commandons des tapas que la charmante serveuse arrive à nous servir bien que la cuisine n’ouvre qu’à 21h. Il y a dans le bar beaucoup d’aficionados. A notre entrée dans l’arène (enfin dans les tribunes ! ), les places ne sont pas numérotées et nous choisissons de nous mettre au premier rang, là ou il y a le plus de monde et surtout des espagnols. Notre choix sera super car c’est juste devant nous que les matadors et leurs cuadrilla de peones se préparent et échangent leurs matériels (muletas, capes, banderilles, épées) mais également débutent les faenas et viennent saluer durant le paseo. J’espère que vous avez remarqué la richesse de notre nouveau vocabulaire ! Tout cette nouvelle culture a été possible grâce à un charmant papy espagnol que j’ai branché dès le début et qui m’a expliqué plein de choses jusqu’à la position idéale que doit avoir le taureau juste avant l’estocade. Pour être franc, je n’ai pas toujours tout compris mais il fournissait des explications avec tellement de cœur que je ne pouvais pas lui demander de rater le spectacle pour m’expliquer de nouveau. Pour ce qui est de la corrida, on aime ou on n’aime pas mais c’est un spectacle Sylvie et Thomas ont bien fermé les yeux à certains moments, surtout lors de la charge des taureaux vers les picadors. L’un des picadors se retrouvera deux fois à terre et également le cheval qui se fera chargé violement à terre. Plus de peur que de mal pour cependant pour le cheval et le cavalier. Pour le taureau, c’est bien entendu une autre histoire… Il y aura du spectacle également avec un banderillo que se fera peur avec un soleil par-dessus la balustrade après avoir raté la marche et senti le souffle chaud du taureau. Un torero se fera marcher sur le pied par le taureau. Le spectacle est également dans les gradins avec les espagnols arrivant avec leurs glacières et mangeant leurs pipas. L’ambiance est conviviale avec les espagnols qui n’hésitent pas à manifester tout au long de la corrida : chambrage et/ou sifflets, ‘MUSICA’ pour arrêter les picadors, panuelo (mouchoir blanc) pour demander une récompense. Au final, même si nous sommes surs de ne pas être des potentiels aficionados, nous sommes ravis d’avoir pu assister à une corrida en Espagne. A notre retour à l’hôtel vers 1h du matin, nous découvrons qu’il y a un concert dans le parc des expositions proche. Le bruit n’est pas gênant car il s’arrête peu après notre arrivée.

Samedi 14/08 – Tolède suite Etant donné que l’hôtel est un peu à l’extérieur de la ville, nous prenons la voiture pour aller visiter le centre de Tolède que nous avons juste aperçu hier soir en nous rendant aux arènes. Nous trouvons une belle place pour nous garer au pied de la ville qui se situe sur un promontoire, dans un méandre du Tage. Nous décidons de prendre le petit train touristique pour visiter la ville. La visite est sympa et fait le tour extérieur de la ville (les petites rues intérieures sont presque toutes inaccessibles en train) et offre de superbes vues sur la ville. D’ailleurs nous referons le même parcours extérieur le soir avec le « Scenic Train ». La poursuite de la visite de la ville s’effectuera à pied. Tolède est une ville historique chaleureuse avec tout plein de vieux bâtiments, des remparts, une cathédrale et tout et tout mais également avec des petites rues sympas et où on se sent bien. On trouve bien entendu des magasins d’armes un peu partout. Thomas et Thierry feront une petite pause au soleil pendant que Sylvie et Romain iront visiter la Cathédrale. Après la visite, nous retournons récupérer la voiture et oh surprise, nous avons un PV pour stationnement. En regardant bien, nous voyons en effet un petit panneau indiquant que le stationnement est réservé aux résidents à certaines heures. En lisant la contravention, nous nous apercevons qu’il est possible de payer directement au poste de police mais, bien sûr, pas le samedi, ni le dimanche et lundi nous serons déjà en France. Que faire ? Dès notre retour à l’hôtel, nous consultons internet pour savoir si nous pouvons être rappelés par la patrouille en France. Les avis sont partagés et devant notre impossibilité de traiter le point en Espagne, nous prenons le risque d’attendre une relance. Après ces recherches, nous descendons profiter une dernière fois de la piscine avant de retourner diner en ville pour notre dernière soirée espagnole. Malheureusement, après avoir déambulé dans les rues, nous trouvons peu de restaurants libres au centre ville. La faim commençant à se faire sentir, nous tombons sur un restaurant pas terrible et nous écourterons rapidement notre repas : ce sera la seule mauvaise surprise en restau depuis le début du voyage. A notre retour à l’hôtel vers minuit, il y a de nouveau un concert. Pas de chance, celui du samedi soir dure plus longtemps que celui du vendredi et ne s’arrêtera que vers 2/3h du mat.

Dimanche 15/08 – Retour vers France

Eh Oui tout a une fin. Notre périple espagnol s’achève. Nous quittons Tolède, de bonne heure et de bonne humeur malgré la musique nocturne. Le retour est tranquille, sans bouchons (ouf). Nous avons même le temps de faire une grosse pause à Béhobie pour faire quelques courses. La différence de température est notoire puisque le thermomètre a pris 10° de moins et qu’il y a un peu de pluie sur les Pyrénées. Le choix de faire une étape à Madrid à l’aller et à Tolède au retour a été une bonne option. Pendant le voyage retour, nous pensons déjà à nos prochains périples possibles et à la possibilité de les organiser soi-même. A bientôt pour de nouvelles aventures...
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ML
Mlefevre 15 years ago
Svalbard, terre polaire
Bonjour à tous,



Il est tout frais le dernier carnet de notre voyage de cet été en Terre Polaire!

Pour lire le carnet avec photos, cartes et vidéos, cliquez ici

SVALBARD, juillet 2010

IL ETAIT UNE FOIS

Il était une fois... un rêve de voyage polaire, partagé par un père et sa fille.... Ça faisait des années que je rêvais de découvrir cet archipel situé à mi-chemin entre le Cap Nord et le Pôle Nord, sans vraiment y croire.... Trop rude pour une découverte en autonomie en kayak de mer ou à pied. Pas envie non plus de me retrouver sur un gros bateau de croisière, trop frustrant pour moi, l'impression d'être au cinéma et pas dans la vraie vie... Je m'étais bien renseignée pour une virée sur un voilier de charter mais ils ne voulaient pas d'enfants de moins de 15 ans....

Bref, le Svalbard végétait dans un coin de mon cerveau quand mon père, à Noël 2009, du haut de ses 71 ans, m'annonce tout de go qu'il va revendre son trimaran (https://sites.google.com/site/sibellelamer/Home) pour s'acheter un bateau plus costaud pour ...aller au Svalbard!!

En 2 secondes, c'est décidé! On va le rejoindre là-haut! Tant pis pour le boulot! En effet, on a déjà acheté les billets d'avion pour un voyage en Alaska en août mais... on ne vit qu'une fois, mieux vaut tenir que courir, un tiens vaut mieux que deux tu l'auras, etc...etc... Fred lui est coincé par son boulot, il tiendra compagnie aux chats! Et réciproquement. Le pauvre....

2 mois plus tard, en février, le Tri Eole a trouvé un nouveau marin et mon père ramène à Quiberon un solide Halberg Rassy 31 (10 m donc) qu'il a trouvé en Grande Bretagne. C'est un bateau très marin, fabriqué en Suède, amoureusement entretenu par ses anciens propriétaires. https://sites.google.com/site/sibellelamer/les-navigations-de-papy-boom-hr-31

Du coup, je prends des billets d'avion pour les enfants (Caroline 17 ans, Arnaud 15 ans et Marion 14 ans) et moi. C'est superfacile d'aller au Svalbard depuis Nancy : vol Francfort-Oslo-Longyearbyen (6h tout compris, 427 euro/pers A/R)

C'est nettement plus compliqué d'y organiser un voyage en autonomie! En effet, l'Archipel est gouverné par le Sysselmann (en l'occurrence une woman en ce moment, très sympa parait-il), nommé par la Couronne norvégienne. Compte-tenu du caractère sauvage de l'archipel, des aléas climatiques, de l'absence de routes, de la présence d'ours polaires, il faut montrer patte blanche avant d'y être admis si on voyage sans guide. Il faut donc déposer plusieurs mois à l'avance auprès du Sysselman un dossier qui présente le parcours prévisionnel, détaille l'expérience du skipper, énumère les équipements de sécurité présents à bord (entre autres, un téléphone satellite, une balise de détresse et un fusil obligatoire pour débarquer ailleurs qu'à proximité de Longyearbyen) Il faut également souscrire à une assurance « frais de recherche et de secours (pas donnée du tout!) ou alors déposer une caution bancaire pour financer d'éventuels secours.

Mon père se charge de toute cette partie administrative, ouf! http://www.sysselmannen.no/hoved.aspx?m=44365 Il pousse même le zèle, lui qui a horreur des armes, à prendre des cours de tir dans un club local. Il révise le bateau de fond en comble, change la grand-voile, ajoute une éolienne et divers bidules électroniques. On profite de son passage imprévu à Nancy en avril (voir carnet de Lanzarote) pour faire un énorme ravitaillement dont il remplira les cales du bateau, histoire de limiter les achats au Spitzberg.

Il a beau avoir de la bouteille, je ne suis pas rassurée à l'idée de le voir naviguer en solitaire dans des zones potentiellement envahies par les glaces. Après quelques échanges de mail (enthousiastes!) voici le plan: Son copain Alain Denis qui est d'ailleurs déjà allé au Spitzberg (http://captainigloo.heoblog.com/) en 2008 le rejoindra à Alesund en Norvège. Ainsi ils seront deux pour gérer les glaces, pas inhabituelles durant la traversée de Tromso au Spitzberg. Difficile en effet en solitaire de veiller nuit et jour pour parer les glaçons! Ensuite nous prendrons le relai d'Alain pendant 15 jours pour une boucle à partir de Longyearbyen. Puis Thienan (de VF) et François nous relaieront pour la redescente depuis Longyearbyen vers la Norvège jusqu'aux Lofoten. Lien vers les différents carnets.

Svalbard/Spitzberg : Késako? Je ne pense pas pouvoir faire mieux que cette présentation du Spitzberg en dix questions, extraite du très bon livre de Christian Kempf intitulé « En voyage au Spitzberg, terre Polaire » éditions de l'Escargot Savant.

Où se trouve le Spitzberg? C'est l'île principale de l'archipel du Svalbard (1,5 fois la superficie de la Suisse) situé à mi-chemin entre le Cap Nord en Norvège et le Pôle Nord. Le Spitzberg est couvert à 60% de glaces : c'est une terre polaire qui se trouve à environ 3328km au Nord de Paris.

Le Spitzberg est-il loin du Pôle Nord? Le Nord de l'archipel situé à plus de 81° de latitude est à environ 900 km du Pôle Nord : c'est pourquoi l'archipel est souvent entouré par la banquise.

Y fait-il froid? Non. Les températures hivernales sont proches de celles des Alpes ou des Vosges. (En France, les extrêmes sont inférieurs à -40°C) En été, le thermomètre peut grimper à +25°C au soleil. Les températures moyennes (environ +6°C en juillet, -15°C en février) y sont moins extrêmes que dans les Alpes ou les Pyrénées, grâce à la présence de la mer. En revanche, éloignement, et durée de l'hiver (huit mois) font de l'archipel un lieu difficile de séjour, même si le climat s'y est réchauffé depuis un siècle.

Y a-t-il des « eskimos »? En raison des immenses et puissants courants marins séparant le Nord de la Scandinavie d'une part et le Groenland d'autre part, du Spitzberg, les Inuits n'ont pas pu atteindre et coloniser le Spitzberg.

A qui « appartient » le Spitzberg? Longtemps sans statut, l'archipel du Svalbard est régi par le traité de Sèvres, signé en 1920 et désigné comme « terre internationale ». Depuis, la Norvège considère cette terre comme appartenant à la Couronne. Selon le traité, c'est en fait une terre démilitarisée où les activités économiques peuvent s'exercer librement par les signataires du traité. De ce fait, l'URSS puis la Russie y entretiennent plusieurs concessions charbonnières.

Quelles sont les activités économiques au Spitzberg? Après la graisse de baleine (XVII-XVIe), puis les fourrures (XVIII-XIXe), ce sont aujourd'hui le charbon (400000 tonnes par an) et le tourisme (30 à 50000 personnes par an) qui constituent les ressources de l'archipel.

Quels sont les animaux du Spitzberg? Toute la faune polaire (ours blancs, morses, phoques...) mais surtout les oiseaux, grâce à la présence d'une mer plus chaude sur la côte ouest. Le caractère insulaire explique par ailleurs l'absence de quelques espèces arctiques pourtant connues en Sibérie ou en Laponie.

Quel explorateur a découvert le Spitzberg? En 1596, le Hollandais Barents a découvert le Spitzberg, déjà connu des Vikings dès 1194. Par la suite, l'île fut le point de départ de nombreux raids polaires.

Quelles sont les plus belles régions? Les pics et les glaciers de la côte Nord-Ouest (Baies de la Madeleine, de Smeerenburg, du Roi, Liefdefjord...) Les paysages les plus impressionnants s'étendent sur l'Est (Nordaustlandet, avec un glacier de 230 km de...large). La côte Nord est superbe et sauvage.

Peut-on communiquer facilement depuis le Spitzberg? Oui, il existe à Ny Alesund par exemple, trois cabines téléphoniques face aux glaciers et les téléphones mobiles fonctionnent à Longyearbyen. Des lignes régulières d'avion au départ d'Oslo ou de Tromso se posent plusieurs fois par semaine à Longyearbyen, où l'on trouve « tout », même un cercle d'adeptes de la planche à voile...

Voici aussi un bon article de Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Svalbard

puis c'est l'Attente du jour J, ponctuée par les échanges de messages avec mon père dont je suis la progression toujours plus au Nord. Alors qu'ici les bourgeons s'épanouissent, que les oiseaux gazouillent, que les fleurs du printemps embaument, je guette la lente désintégration de la banquise tout là-haut... Il y a quelques années, le fjord de Longyearbyen est resté gelé tout l'été : dans ces conditions tout notre plan si bien ficelé tomberait « à l'eau ». Voir les cartes des glaces.http://polarview.met.no/ Finalement fin juin, il ne reste qu'un peu de glace à la pointe sud-ouest du Spitzberg : il « suffit » de la contourner et c'est gagné!

Di 11/07/10 Voilà l'aéroport! Ça fait un moment que l'avion descend en traversant une épaisse couche de nuages... le ciel est bien bas! Sitôt entrevu le sol, c'est l'atterrissage, sous une pluie fine. Il est presque minuit, il fait gris mais jour! L'aéroport de Longyearbyen n'est pas bien grand et on récupère très vite nos bagages, sur l'unique tapis roulant, surveillé de près par un gros ours polaire empaillé. Eh oui, ici il y a des ours polaires, environ 5000 sur tout l'archipel, si bien que le port d'un fusil est obligatoire dès que l'on s'éloigne des zones habitées. Il paraît qu'un ours a même été vu il y a quelques mois dans les rues de Longyearbyen, principal village (2000 hab) du Svalbard qui lui compte environ 2700 habitants dont 400 russes. Mon père est venu à pied depuis le port où nous attend le Papy Boom, du coup il a du prendre son fusil qu'il a tout de même du laisser à l'accueil de l'aéroport. On saute dans le bus (50 Kr pour... 4 km jusqu'au port) et on découvre avec plaisir le bateau, que nous n'avons encore pas eu l'occasion de voir « en vrai » C'est le plus petit bateau du port mais il a fière allure avec son joli pont en teck! A l'intérieur, c'est douillet et bien pensé et... il y a du chauffage! A 1h, on est au lit! On rangera mieux demain...

Lu 12/07/10 On a très bien dormi malgré la luminosité ambiante. Un peu de rangement... Un petit tour sur le port et un gros poutou à ce bon chien qui s'apprête à passer ici l'hiver prochain avec son maître à bord d'un voilier polonais je crois. Voici le cargo qui ravitaille Longyearbyen quand la banquise le permet. Un coup d'oeil vers la ville : bof, une autre fois hein! Après avoir fait les pleins d'eau (180l) et de fuel (170l) on appareille vers 10h sous un ciel couvert et la pétole, en route vers Trygghamna, une baie située un peu au NO de Longyearbyen. On se fait dépasser par Albarquel, un bateau-charter français. Je jubile de voir tous ces glaciers qui nous entourent! Je crois bien ne jamais être passée à un endroit au Spitzberg d'où l'on ne voit pas au moins un glacier! C'est incroyable! Avec ce temps le décor est d'une austérité totale! Nous croisons ce beau cotre anglais puis mouillons en fin d'après-midi au fond de la baie, à l'embouchure d'une rivière issue de 2 lacs que nous allons essayer d'atteindre. Papi explique à Arnaud le fonctionnement des fusées anti-ours. En effet l'ours polaire est protégé et il ne faut bien sûr tirer qu'en cas de légitime défense. Si on tue un ours, il faut le déclarer dans les meilleurs délais au Sysselmann qui mène alors une enquête. Ça ne rigole pas. Bon à savoir aussi : si on doit tirer il ne faut pas viser la tête, trop dure et qui risque de faire ricocher la balle, mais au défaut de l'épaule... En plus du fusil, des balles et des fusées anti-ours, on emmène aussi le téléphone satellite et le GPS pour pouvoir indiquer notre position en cas de problème. Tout ça est obligatoire. On laisse toutefois la balise de détresse à bord du bateau. Même si on sait que théoriquement les ours partent avec la banquise et vont vers le nord et la côte est en été, avec tout ça, on est moyennement rassuré quand on grimpe sur la moraine dont la courbure empêche de voir ce qu'il y a au-delà. On a beau freiner les enfants ils sont toujours devant, sans fusil (bon, je lève de suite le suspens, on ne verra pas d'ours, juste les zhommes qui ont vu l'ours!) J'adore quand il n'y a pas de sentier et que chacun donne son avis et ses arguments pour passer ici ou là! On reste un moment à observer ce labbe parasite (je crois) qui se sent chez lui et n'a pas la moindre envie de céder le terrain. Il faut dire que ça doit faire un moment qu'il nous a repérés: on distingue le bateau au loin à l'embouchure de la rivière. Marion le filme sous tous les angles tandis que les grands s'étonnent de la diversité de couleurs des cailloux. C'est tout de même l'été et il y a des fleurs! On finit par surplomber le lac inférieur et nous découvrons ce curieux sol polygonal, fruit du gel et de la neige. Des cailloux, des cailloux, encore des cailloux... Vers 22h il y a un peu de soleil au fond de la baie...

Mardi 13/07/10 Minuit pile : ça s'arrange! Je suis réveillée aux aurores (heu... façon de parler!) par la chaleur et les cris des sternes arctiques. A 6h30, je passe la tête dans le cockpit, émerveillée... A l'avant du bateau, la vallée où on s'est baladé hier. A droite: A gauche: Derrière: Et le ciel! Wouah! Branlebas de combat, tout le monde sur le pont! Il faut en profiter! On a à peine levé l'ancre qu'on voit apparaître un énorme bateau de croisière tout rouge : l'Expedition duquel s'échappent bientôt une dizaine de zodiacs qui envahissent la baie. On le croise pour nous diriger vers Alkhornet, une falaise abrupte qui marque l'entrée du fjord de Trygghamna et qui abrite une colonie d'oiseaux. On aperçoit des rennes qui broutent à son pied l'herbe qui profite bien des déjections des volatiles. On a un peu de vent (rare) et il est portant (encore plus rare!) Les cris des oiseaux sont assourdissants et masquent le bruit de ces belles cascades.

Plus à l'ouest la côte devient très plate et laisse deviner derrière, au NO, les montagnes de Prinz Karl Forland, une longue île qui délimite avec celle du Spitzberg le Forlandsundet, long détroit de presque 100 km de long dont la profondeur est insuffisante pour les paquebots de croisière. Comme dans un rêve on voit Albarquel croiser devant les montagnes et la brume. Le vent se maintient et c'est après une bonne journée de voile que nous mouillons au pied du glacier Eidembukta. L'endroit est si beau que j'en ai les larmes aux yeux, du coup impossible de ne pas mettre plein (trop) de photos de cet endroit. Aussitôt débarqués, je remarque de curieuses dépressions dans les galets de la plage, que je devine avoir été crées par des morses. Il y a un autre voilier au mouillage, le cotre anglais d'hier avec sa belle petite annexe en bois. Malgré la présence de lacs il n'y a pratiquement pas de moustiques au Spitzberg, l'été est trop court je pense. Les eiders apprécient ces étendues d'eau douce dont les rives sont jonchées de plumes et duvet. Ici, comparé à hier, la végétation est « « « luxuriante » » », même si les arbustes comme le saule arctique ne dépassent pas quelques centimètres de haut. On trouve d'abord du poil de renne, des crottes de renne, puis des bois de renne (plein!), une tête de renne (hum!) et des vrais rennes, un peu trouillards mais aussi très curieux si bien qu'ils nous tournent un peu autour tout en gardant leurs distances. Il n'y a pas d'arbres au Spitzberg mais il y a beaucoup de bois : du bois flotté venu des forêts de Sibérie et charrié jusqu'à la mer par les rivières en crue. Ces billes de bois ont permis autrefois l'installation de (relativement!) nombreux trappeurs, pêcheurs, chasseurs de baleines, morses, phoques en leur procurant de quoi s'abriter, se chauffer, et faire fondre la graisse des baleines pour en extraire l'huile. Sans tout ce bois apporté par le courant de Sibérie, il est probable que les incroyables massacres perpétrés dès le XVIIème siècle n'auraient pas eu une telle ampleur. Extrait du livre de C Kempf qui rapporte les paroles du découvreur du Spitzberg, W. Barrents: « Une terre nouvelle, où les baleines s'ébattaient comme carpes en viver et les morses se reposaient en obstruant les plages. Dès 1606, l'expédition de Bennett tua 700 morses en 6 heures à l'ïle aux Ours, puis 900 quelques jours plus tard... Dès 1604 Henri Hudson confirmait le grand nombre de baleines au Spitzberg et en 1610 Jonas Poole y débutait le grand massacre. Aujourd'hui la baleine franche est devenue très rare au Spitzberg et les morses, totalement disparus en 1920, sont aujourd'hui environ 2000 (contre probablement 100000 en 1600 (chiffres extraits du livre de C. Kempf) Peut-être ce bois torturé a-t-il été le témoin de ces tueries? De retour à notre annexe, nous apercevons, pile sur le trajet de la plage au bateau, un magnifique morse, en pleine forme! Un des équipiers anglais qui a débarqué nous rassure en nous expliquant doctement que ces bêtes- là (qui pèsent de 600 à 1200 kg!) sont très gentilles et qu'il n'y a rien à craindre. On l'observe donc mettre tranquillement à l'eau sa très belle coquille de noix, puis godiller sur un rythme tranquille en direction du cotre... quand le morse le repère et se met à nager dans sa direction! Gloups, l'anglais accélère le rythme mais il est évident que c'est utopique de vouloir distancer un morse ailleurs que sur la terre ferme. Heureusement, celui-ci, que sa myopie supposée avait sans doute empêcher d'identifier cet OFNI, s'en désintéresse soudain et retourne à son rocher parfaire sa toilette! On en profite pour l'observer un bon moment depuis notre rocher puis prudemment on décide de porter l'annexe quelques centaines de mètres plus loin avant de la mettre à l'eau.

Mercredi 14/07/10 Temps couvert égayé par la rencontre avec une colonie de morses à Poolepynten sur Prinz Karl Forland. On mouille à une distance prudente de la colonie, histoire de ne pas encore avoir à porter l'annexe même si elle n'est pas bien lourde. Les morses sont hyperplacides et il faut vraiment s'en approcher d'assez près avant qu'ils nous remarquent. Les sternes arctiques sont nettement plus agitées : on doit être dans une zone de nidification et elles ne nous laissent aucun répit. Comme ce sont des gringalettes (environ 100g, même si ce sont les championnes de la migration puisqu'elles volent jusqu'en Antarctique parcourant ainsi plus de 35000 km), protégés par un bonnet, nous ne risquons rien mais il est plus agréable d'éviter leurs attaques en leur tendant un bâton en guise de leurre (elles attaquent toujours le point le plus haut, c'est cool) Avec ce temps, on n'a aucun mal à se mettre dans la peau des chasseurs d'antan qui devaient habiter cette petite cabane décorée avec « raffinement ». Admirez le flegme de Marion qui ne se laisse pas impressionner par les gringalettes.

La journée se poursuit sous les nuages, nous remontons le Forlandsundet vers le Nord en direction de Ny Alesund où nous arrivons vers minuit après avoir admiré une fugace lueur solaire sur un glacier du coin. L'absence de nuit facilite grandement la navigation : on n'est jamais pressé par la crainte de se retrouver à naviguer dans le noir dans une zone pratiquement dépourvue de balisage.

Jeudi 15/07/10 On est réveillé à 8h par l'Expedition qui se met à quai : grondements de moteur et bruits de chaînes. Le temps est couvert et on flemmarde un peu : pas envie de visiter Ny Alesund en même temps que les passagers de l'Expedition. On se prend une bonne douche au centre de recherche marine (on apprendra le lendemain que ce n'est plus là qu'il faut aller mais dans la maison communale, pour la modique somme de 70 kr!), on fait le plein d'eau (chaude?!) puis on va visiter le village alors que les touristes de l'Expedition regagnent déjà leur bord. Le port est tout petit mais assez bien abrité, on y trouve un étrange vaisseau tout droit sorti de l'univers de Jules Verne... Quelques zodiacs utilisés par les scientifiques pour aller faire leurs relevés... Quelques voiliers de temps en temps... Et plusieurs fois par semaine des paquebots de croisière. Ny Alesund est un ancien village minier dont l'activité a cessé en 1963 suite à plusieurs coups de grisou faisant de nombreuses victimes, et qui s'est reconverti en structure d'accueil pour les scientifiques venus d'une dizaine de pays différents Il y a environ 25 habitants en hiver et cinq fois plus en été. Le village est aussi à présent une halte incontournable pour les paquebots de croisière, même si la cohabitation entre scientifiques qui sont là pour des missions de plusieurs mois et touristes (20000/an!) qui débarquent pour une paire d'heures et envahissent le village n'est pas des plus chaleureuses. L'accueil des sternes lui, est franchement hostile puisqu'on nous sommes dans une de leur zone de nidification favorites, du fait de la présence (surtout historique) de chiens de traineau éloignant les renards arctiques. Nous apercevrons tout de même fugacement de petits renardeaux nichant sous une maison. Il n'y a presque pas de voitures (qq km de routes tout au plus) et les scientifiques se déplacent le plus souvent à vélo. Tiens tiens il y a des Français par ici!

En effet.

Ny Alesund se situe dans le Kongsfjorden (la Baie du Roi) au fond duquel se jette le Kongsbreen (Glacier du Roi) : on décolle tranquillement en début d'après-midi en espérant que le temps se lève un peu car pour le moment on ne voit le glacier que sur la carte! Peu à peu la brume s'effiloche, juste assez lentement pour que le paysage garde encore un peu de son mystère. Le soleil joue avec les nuages. On découvre peu à peu quelques pièces du puzzle... Il y a de plus en plus de glaçons, surveillé de près par Arnaud. Enfin le front glaciaire apparaît, très impressionnant. Les nuages se disloquent encore plus et une magnifique colline rouge apparaît : c'est cette roche qui donne à l'eau de mer cette belle teinte rosée. Le fond remonte soudain et nous ne pensons pas raisonnable d'approcher plus, compte-tenu du tirant d'eau du bateau (2m) Le front de glace paraît tout proche et pourtant d'après le GPS nous en sommes à 1 km! Nous faisons lentement demi-tour, dérangeant au passage quelques oiseaux. C'est fou comme la sortie est encombrée à présent : la coque du bateau est en polyester et il faut éviter de percuter l'un de ces growlers. On va tout doucement, ce qui laisse le temps au soleil de chasser définitivement les derniers nuages. On est baba devant un tel spectacle! Bleu du ciel et de la glace, blanc de la neige et rouge de la roche : c'est tout simplement sublime! On se balade toute l'après-midi au milieu des icebergs : on se faufile au plus près en nous émerveillant des crépitements causés par la fonte de la glace. Avec ce soleil, ça dégouline de partout et le spectacle est bien sûr visuel mais aussi acoustique! Cerises sur le gâteau (ou plutôt nunataks sur le glacier : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nunatak), au loin apparaissent 3 montagnes acérées, dont les flancs ont été taillés par le gel : les Tre Krone (Trois couronnes, 1225m. Le point culminant du Svalbard est plus au sud : 1431 m) Elles sont absolument fascinantes! Si j'étais alpiniste, je crois que je ferais une fixation dessus! Tout est gigantesque, on distingue à peine ce magnifique schooner hollandais, le Norderlicht qui fait pourtant plus de 40 m hors-tout, mouillé au pied de la falaise! Nous préférons mouiller plus loin du glacier, notre coque n'étant pas faite pour fricoter de trop près avec la glace, et trouvons un joli mouillage à Ny London, en face de Ny Alesund. Cette toute petite crique permettait autrefois l'accès à une carrière de marbre. Nous remettons la visite des vestiges au lendemain car il est bien tard.

Vendredi 16/07/10 2h du matin, le vent se lève, du sud et la houle entre tout droit dans notre petite crique. Le rivage est tout proche, on n'aurait aucune marge si l'ancre venait à chasser, il faut partir. Pas de nuit, heureusement.... On s'habille bien chaudement car avec le manque de sommeil et le vent, ça ravigote! Il n'y a pas beaucoup d'abris dans le coin alors on décide d'aller vers le Glacier du 14 juillet dans le Krossfjorden. Il y a une langue morainique qui devrait nous permettre de trouver un mouillage abrité de la houle. Hélas, l'endroit est infesté de glaçons, impossible même de s'en approcher. Demi-tour vers Alesund : on passe devant le Cap Mitra, joliment éclairé par le rayon de 5h du mat. Un peu plus tard on aperçoit le Noorderlicht qui lui aussi a du quitter son mouillage, très exposé au pied de la falaise. La houle est très courte et hachée et comme je m'en doutais, le temps de descendre faire un petit pipi (ce qui nécessite tout de même un certain temps avec le harnais, la veste de ciré, la salopette...), j'ai le mal de mer. Quelques heures plus tard, les enfants, qui ont fini leur nuit, émergent un à un pour venir respirer un peu d'air frais. Finalement on est tous malades sauf Papi of course. Grosse partie de rigolade (un peu jaune!) quand on se retrouve tous les 4 à vomir en coeur! En effet, Alesund n'est plus très loin et on sait que nous allons bientôt retrouver la terre ferme. On y arrive en milieu de journée et après une grosse sieste, le beau temps étant revenu on décide de refaire un petit tour à terre. L'ancien train qui reliait la mine au quai de Ny Alesund a été restauré. Voici la poste la plus septentrionale du monde. Plus haut dans le village se trouve le buste de Roald Amundsen, explorateur norvégien qui fut en 1926 le premier à conquérir le pôle nord au moyen d'un dirigeable. Il partit, accompagné de l'Italien Umberto Nobile, de l'américain Ellsworth et de 12 hommes d'équipage, le 11 mai de Ny Alesund et arriva en Alaska le 15 mai après un parcours de 5500 km.

Biographie d'Admunsen : http://agora.qc.ca/dossiers/Roald_Amundsen

Le pylône qui servit de point d'amarrage au Norge est toujours là, intact. On imagine fort bien l'excitation de ces hommes au moment de couper les amarres pour s'élancer vers le Nord!

Un peu plus loin se trouve le « camping officiel », à gauche après le pont, précédé de ses toilettes(!). Quelques rennes peu farouches se baladent dans le coin, habitués aux hommes.

Samedi 17/07/10 Nuit paisible au ponton mais réveil en fanfare par l'arrivée quasi simultanée de 2 paquebots! Cette fois la responsable du port vient encaisser la nuitée (300 kr, et encore c'est un « prix d'ami ») La météo annonce des vents du sud pour plusieurs jours et nous préférons ne pas aller plus au nord car le retour serait vraiment long avec le vent dans le pif et l'avion est déjà dans une semaine. La mer est moins hachée que la veille et le bateau bien calé à la gîte taille régulièrement sa route vers le Forlandsundet. Plus loin, nous prenons 2 ris car le vent, sans doute canalisé par le relief, forcit jusqu'à 30 noeuds.. Le paysage est spectaculaire, le relief me fait penser à la Patagonie (que je ne connais pas...encore) Sur des dizaines de miles, les fronts glaciaires se succèdent, austères, hostiles, impressionnants. Après 12h de près, on mouille sur la côte est de Prinz Karl Forland dans la baie de Selvagen, bien abritée de la houle. Ouf!

Dimanche 18/07/10 Petite traversée tranquille jusqu'à Farmhamna de l'autre côté du Forlandsundet. Le vent est tombé et le ciel se dégage en fin de journée. On en profite pour aller se balader à terre. Un coup d'oeil sur le bateau : ça va, le mouillage est calme. Je vois Papi et les enfants qui semblent observer quelque chose. Des rennes! Pas étonnant car ici le paysage est assez bucolique même si nous sommes cernés par les glaciers. Ils sont très curieux et passent et repassent pour mieux nous observer : c'est réciproque et on ne s'en lasse pas. Leur hardiesse nous étonne car tout près d'ici habite une famille de trappeurs qui malheureusement était en vacances (à la voile vers la Norvège continentale) quand nous sommes passés. Je vous invite à aller faire un tour sur leur site (en Norvégien mais avec Google Translate on se débrouille) pour découvrir la vie de ce couple de trappeurs et leurs filles. http://www.farmhamna.no/doku.php?id=start On est seulement mi-juillet et la toundra commence déjà à prendre ses couleurs d'automne.

Le ciel, tourmenté, est superbe!

Lundi 19/07/10 Journée qui ne restera pas dans les annales : pluie, pétole, étape de transition jusqu'à Longyearbyen. Zéro photo!

Mardi 20/07/10 Après une bonne nuit à couple de Cochize, un beau sloop anglo-italien, nous allons faire un tour « en ville » munis de nos sacs à dos pour faire un ravitaillement en produits frais. Ce doit sans doute être le Kebab le plus septentrional de la planète! Nous arpentons la principale rue commerçante de la ville. C'est la porte de la banque!

Les skidoos sont au repos en attendant la neige qui reviendra dès octobre. Attirail du parfait petit Norvégien amoureux de nature.

Longyearbyen n'a pas grand charme même si on y trouve un niveau d'équipements équivalents à des villes beaucoup plus grandes sur la Norvège continentale. Le gouvernement norvégien a toutefois fait le choix de rapatrier sur le continent tous les habitants trop faibles (physiquement ou économiquement) pour se débrouiller seuls. Ainsi, il n'y a aucune infrastructure pour les personnes âgées.

Seule la mine N°7 est encore exploitée (principalement pour chauffer la ville) et la recherche scientifique (il y a même une université « UNIS ») et le tourisme sont en plein essort. Le passé minier resurgit un peu partout sur la côte ouest du Spitzberg avec des « vestiges » qualifiés d'historiques.... Je pense que c'est un argument facile pour éviter aux gouvernement norvégiens et russes d'évacuer leurs cochonneries!

Nous appareillons en début d'après-midi cap à l'est A hauteur de Diabasodden, Papi remarque de curieux « glaçons » isolés : il s'agit en fait de belugas! Ils sont environ une demi-douzaine à longer la côte tranquillement. Nous les suivons, captivés par le spectacle, quand soudain nous talonnons violemment. Nous sommes pourtant assez loin de la côte et la carte ne mentionne pas de cailloux! Le bateau s'arrête net et mon père part le nez en avant contre la barre de maintien de la capote. Branlebas de combat, il pisse le sang : la monture de ses lunettes a entaillé la peau de la base du nez. J'ai beau comprimer longuement, un petit vaisseau continue de saigner... Dire que ça fait 15 ans que je me trimballe à chacun de nos voyages « exotiques » du matériel de suture! Pour cette fois, je ne l'ai pas pris et il faut nous contenter de quelques malheureux stéristrips qui ne collent pas et d'un paquet de kleenex! Pendant que je m'occupe du pif de Papi, les enfants ont affalé la grand-voile, nettoyé le cockpit « ensanglanté » (bon j'exagère un peu!) et vérifient à plusieurs reprises qu'il n'y a pas d'eau dans les fonds. Tout va bien! Pendant ce temps, le vent s'est levé, on l'a dans le pif (c'est le cas de la dire!) tout comme le clapot, très court : du coup on décide d'aller mouiller dans la baie de Skansbukta à l'entrée du Billefjorden. On y arrive en même temps que Flocon de Mer, un OVNI 395 déjà rencontré à Tromso par mon père et Alain. C'est fou le nombre de voiliers français au Spitzberg : c'est vraiment et de loin la nationalité la plus représentée. On passe ensemble au pied d'une falaise couverte d'oiseaux, quel vacarme! On mouille un peu plus loin, à l'abri du vent et du clapot tandis que Flocon de Mer qui est un dériveur, en profite pour aller encore plus au fond, bien à l'abri.

Mercredi 21/07/10 On décolle de bonne heure pour avancer vers le fond du Billefjorden avant que le vent ne forcisse au cours de la journée. En route donc vers Pyramiden, une incroyable ville fantôme russe. On longe quelques montagnes très colorées au pied desquelles on remarque une tente identique à la nôtre! Enfin on reconnaît sans hésitation la forme caractéristique de la montagne qui surplombe la ville de Pyramiden. Cette ancienne ville minière soviétique a compté jusqu'à 1000 habitants en 1990. C'était la 2ème ville minière soviétique (la première, Barentsburg, à l'entrée de l'Isfjord est toujours en activité) La concession est fermée depuis 1998, et il a ensuite fallu attendre 2 ou 3 ans avant que ses habitants soient enfin évacués par un bateau russe, sous la pression internationale. En effet, après de la Perestroika et de la dissolution de l'Union Soviétique en 1991, puis la fermeture de la mine par son propriétaire l'Arktikugol en 1998, les gens de Pyramiden ont été littéralement oublié par le gouvernement russe et totalement abandonnés à leur sort. Ils ont pendant des années survécu grâce à l'aide de la Norvège. Finalement, les russes ont enfin décidé d'évacuer les habitants de Pyramiden, dans l'urgence, si bien qu'en se baladant dans la ville on a souvent l'impression que la vie s'est arrêtée d'un coup, comme après un holocauste nucléaire.

On estime que compte-tenu du climat froid et sec, il faudra au moins 500 ans avant que le fjord ne retrouve son aspect naturel. Ce chiffre me paraît très optimiste quand on considère la quantité de ferraille, béton, machines-outils, produits chimiques accumulée au pied de la Pyramide. La ville est abandonnée depuis 20 ans et seule une poignée d'hommes (4 ou 5) de l'Arktigugol y maintiennent une présence « stratégique ».

Dans ce décor de décadence post-industrielle, on remarque de suite 2 conteneurs rouges vifs posés sur la quai, ils appartiennent à une mission scientifique tchèque. Un peu plus loin 3 conteneurs bleus pimpants abritent des français, chercheurs de fossiles, qui sont là pour quelques semaines : http://caracolexpedition.wordpress.com/tag/pyramiden/page/2/

Nous avons eu la chance de visiter Pyramiden sous le soleil. Je vous laisse imaginer l'impression qu'elle peut donner par mauvais temps!

A peine le bateau laborieusement amarré au quai branlant, Arnaud part en exploration. Nous sommes bien à l'abri du quai, la nuit devrait être calme. C'est vraiment une expérience incroyable de se balader librement dans un tel endroit. L'accès aux bâtiments fermés est interdit (bah oui, n'oublions pas que ce sont des « vestiges ») mais autrement on peut aller partout à sa guise, avec prudence toutefois car tout est un peu déglingué et rien n'est sécurisé bien sûr.

Ici, le propriétaire est toujours-depuis 1931- la Cie Russe Arktikugol dont un représentant viendra nous faire payer 200 kr pour passer la nuit amarré à ce quai délabré...

Le pilote d'un hélicoptère chargé de transporter du matériel pour construire une antenne sur une montagne du coin viendra très gentiment nous recommander de tout bien fixer sur le bateau. La vue en hélico doit être éblouissante. Les vols touristiques sont fort heureusement interdits au Spitzberg mais les Cies minières semblent avoir tous les droits.

Le temps de prendre le repas de midi, les passagers du Polargirl, arrivé peu après nous, ont déjà fini leur petit tour à Pyramiden. Pas de temps à perdre pour ce bateau de croisière qui organise des virées à la journée depuis Longyearbyen.

La ville est à nous!

Premiers pas sur le quai...

1ères bouteilles...

Sur le site de Pyramiden, le sol est complètement pollué entre autres par le charbon. Avec la fonte estivale de la couche superficielle du sol, le terrain devient absolument dégueulasse (c'est pareil à Longyearbyen) et les « conduites de vie » sont bien pratiques pour se déplacer. Ces tunnels de bois acheminaient l'eau, le chauffage et l'électricité dans chacun des bâtiments de la ville. On retrouve d'ailleurs le même système, à plus petite échelle, à Ny Alesund.

On a vraiment regretté de ne pas lire le cyrillique!

Cette maison donne l'impression d'être encore parfois habitée. Grosse rigolade des enfants en découvrant le PQ : un livre de math en russe! Il faut croire qu'après le boulot, les ouvriers avaient encore de l'énergie...

Ce ne sont pas des bouteilles de vodka...

On monte vers l'atelier de (grosse) mécanique. Quel décor de cinéma! Cette maison est fermée, dommage! Si quelqu'un lit le russe...

Dans l'atelier de mécanique:

Un peu plus loin on se dirige vers une sorte de funiculaire qui descendait de la montagne, percée de 60 km de galeries! Des glissements de terrain sabotent peu à peu les installations. Des oiseaux ont pris possession des lieux, on dirait du Hitchcock! Quel vacarme!

Pas de doute cette croix est postérieure à la chute de l'URSS. Ça n'aurait pas plus à ce vieux Lénine... Monumentââle allée.

L'école.

Les maisons d'habitation.

L'hôpital. 20 ans que cet arbre n'a pas été arrosé et il a encore ses feuilles!

Pas frileux!

Il y avait une piscine et même une étable/porcherie.

Tiens voilà l'équipage de Flocon de Mer! Long bavardage sous le soleil pour nous raconter nos aventures réciproques : ces veinards ont vu une ourse polaire et ses 2 petits un peu au Nord du Fjord de la Madeleine. Ils ont pu les accompagner le long de la côte en les suivant en bateau pendant plus de 2 heures, la chance! Ils les ont quittés quand la mère a commencé à montrer des signes d'énervement et d'agressivité. J'apprendrais plus tard que 2 kayakistes ont aussi vu un ours mais de trop près : l'un d'eux s'est fait grièvement blesser à la tête avant que son compagnon ne puisse tuer l'ours. Ils se sont fait attaquer alors qu'ils dormaient dans leur tente, glups!

La petite équipe qui maintient une présence russe occupe le Pyramiden Hotel dont la visite vaut la peine : hauts plafonds à coffrages, couleurs criardes, dorures, atmosphère surchauffée, posters de la « grande époque », « boutique souvenir » avec des poupées russes et des chapkas et à la sortie « art soviétique » pour maintenir le moral des troupes!

C'est paradoxal mais malgré l'impact environnemental désastreux de cette cité abandonnée, on a adoré la visiter. Les enfants au moins autant que nous les adultes alors qu'ils n'ont que des notions très floues de guerre froide et d'équilibre est-ouest. Depuis la Perestroïka, l'accès de Pyramiden (et de Barentsburg, encore en activité) est libre, tout simplement.

Superbe lumière en fin de journée.

Jeudi 22/07/10 Nuit calme à quai, Flocon de Mer n'est plus là ce matin. On le retrouve mouillé devant le Nordenskiöldbreen dans la baie en face de Pyramiden : la houle s'est levée au petit matin et le côté exposé du quai est vite devenu intenable. Ils ont terminé leur « nuit » devant ce glacier. Nous mouillons à notre tour et débarquons pour nous dégourdir un peu les jambes : l'endroit est très austère et n'invite pas vraiment à la balade d'autant que la marche dans la moraine instable n'est pas facile. Voilà qu'il se met à pleuvioter, retour au bateau... Peu à peu la quantité de glaçons flottant à la surface de l'eau augmente et nous préférons retourner dormir à Skansbukta car même s'ils ne sont pas bien gros, ça fait un bruit terrible quand ils viennent frotter la coque.

Vendredi 23/07/10 En route vers le fond du Tempelfjord et le Von Postbreen. La géologie du Tempelfjord est assez spectaculaire avec ses pentes ravinées par l'érosion. On approche le glacier de Von Postbreen qui ressemble à une belle piste bleue. Avec plus de temps, j'aurais bien aimé débarquer sur cette petite langue morainique. Le fond remonte rapidement : demi-tour! On trouve un joli mouillage dans une baie à l'entrée du Tempelfjord sur sa côte nord. On rencontre 3 norvégiens venus en zodiac depuis Longyearbyen passer le WE. Il y a une ou deux cabanes dont les fenêtres sont protégées des ours polaires par des barbelés et de longues pointes dépassant vers l'extérieur! Ici aussi on rencontre des rennes.

Samedi 24/07/10 On retrouve Longyearbyen en fin d'après-midi. Il y a « un monde fou » au port, plein de Français encore une fois. C'est le WE et le moment de changer d'équipage pour les bateaux-charters. Douche, bagages, bavardages...

Dimanche 25/07/10 Lever de bonne heure pour attendre le bus qui nous emmène à l'aéroport. Petit aéroport très convivial. Pas mal de monde, principalement des croisiéristes.

Décollage à 8h, arrivée à Nancy 12h plus tard. Des images plein la tête et une énorme envie d'y retourner avec Fred le plus vite possible! Dans quelques heures Thienan et François vont retrouver mon père pour redescendre vers les Lofoten. Le Papy Boom et son capitaine regagneront Quiberon fin septembre, en pleine forme, après 4mois et demi de mer et 6000 miles. Une belle aventure!
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DI
Dice 15 years ago
De retour d'une petite semaine à Rome
salut me voici de retour après une petite semaine à Rome départ le 29 Avril A midi je mange Piazza Spagna



Puis visite de la Villa Medicis avec ses jardins magnifique et du musée étrusque de la Villa Giulia



le soir apéro Piazza Risorgimento pour me mettre dans l'ambiance en attendant le 1er Mai Déjà beaucoup de monde un écran géant est installé et la Place St Pierre est prète pour le grand évenement Je termine la soirée dans un petit resto proche de la Fontaine de Trevi 😎

Samedi 30 Avril Malgré le temps plutôt mitigé je file à Tivoli, je visite la magnifique Villa d'Este, la Villa Gregoriana je n'ai pas le temps de tout faire je ne reste qu'une heure à la Villa Adriana alors que vue l'étendue on pourrais y passer la journée entière

A ce propos je tiens à remercier Venezia et Lorraine 78 pour les précieux conseils 😉



Le soir je retourne Piazza Risorgimento de plus en plus de monde je mange sur le pouce puis je rejoins Circo Massimo pour la veillée Petite nuit bien méritée à l'hotel demain la journée sera longue !

Dimanche 1er Mai J'arrive aux environs de 5h30 Via della Conciliazione je ne sais pas encore comment j'ai réussi à entrer dans le métro tellement il y avait du monde L'attente commence bain de foule, ça pousse fort dès qu'ils ouvrent la Place St Pierre (au goutte à goutte ) Finalement je suis bien placé, et le beau temps est au rendez vous Grosse émotion lors de la béatification de Jean Paul II par Benoit XVI



Après une bonne assiette de Pates je trouve encore la force d'aller visiter le Palais Venezia le soir je ne fais pas de vieux os, crevé 😏

Lundi 2 Mai Je passe la journée à Orvieto, très belle petite ville à 1h de train de Rome Visite du Duomo, le Puit de St Patrick, le musée ainsi que le Palais des Papes La ville est vraiment sympa cela me fait un peu penser à Sienne dès que l'on va dans les petites rues Cela à gardé tout son charme

Retour à Rome vers 18h le soir je me trouve un super resto sur la Piazza Navona J'avais un peu peur mais je n'ai pas été déçu, le poisson était excellent et copieux, le prix raisonnable, la glace excellente évidemment 😇

Mardi 3 Mai Promenade dans les rues de Rome, farniente, terrasse, resto, farniente, re terrasse bref un peu de repos bien merité dans une des plus belle villes du monde je prends le Leonardo Express pour l'aéroport vers 19h c'est la fin, ça me manque déjà ! Une envie y retourner Cia Rome😉

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JJ
Jjmmsa 15 years ago · Zitounet
Norvège 2009: partie 2 des îles Vesteralen à la frontière russe
NORVEGE 2009 - DE LA NORMANDIE A LA FRONTIERE RUSSE ET RETOUR

2ème Partie - ÎLES VESTERÅLEN - FRONTIERE RUSSE

Jour 13 - Di 28/06/2009 - Handelsand - Fiskebol - Stø



08 h 00, réveil en pleine nature après une nuit calme et sans histoire. Météo toujours mitigée. Toilette et maquillage "sauvages" avec les moyens du bord.

Au moment du départ, discussion avec l'un des 2 camping-caristes de l'Orne qui font le trajet inverse.

Arrivée à Fiskebol et attente du bac. Ce ferry permet de passer des îles Lofoten vers les Vesterålen. Des Italiens en camping-car pêchent sur l'appontement et… ça mord ! Peu de véhicules dans la file. Ce ferry a perdu quelque peu de son intérêt depuis l'ouverture d'un nouveau tronçon de la E10 qui, avec ponts et tunnels, relie maintenant les îles Vesterålen au continent.

10 h 30, embarquement sur le ferry, démesuré par rapport au nombre de voitures. Vaste salon intérieur avec cafétéria où J-J sacrifie au rituel norvégien en mangeant un hot-dog local. 3 niveaux de ponts extérieurs permettent de profiter au mieux du paysage. En arrière, temps gris sur les Lofoten dont les sommets sont pris dans d'épais nuages bas. A quelques kilomètres vers l'avant, grand soleil sur les Vesterålen. La météo norvégienne n'est pas à une bizarrerie près !

11 h 00, débarquement à Melbu (Hadseløya). Arrêt à l'église rouge octogonale de Hadsel. C'est dimanche, il y a une messe, plein de fidèles à l'intérieur, donc pas de visite possible. Quelques personnes quittent momentanément l'office pour téléphoner ou pour se rendre (aux toilettes, sans doute), dans un bâtiment annexe, curieux !

Peu après nous franchissons le pont de Stokmarknes (Langøya). Nous passerons sous ce pont plus tard avec l'Hurtigruten. Ce port est lié à la fondation de l'Hurtigruten en 1881.

En route, halte à Sortland, agglomération importante des Vesterålen. Complété le plein avec du gas-oil détaxé, apparemment, pas de problèmes. Motivés par notre chasse au soleil de minuit, nous quittons la route principale pour suivre la R820 et nous diriger vers le nord de l'île.

12 h 45, peu avant Myre, pique-nique sur une minuscule aire aménagée d'une table et de bancs en bois, face à la mer. Arrivée à Nyksund, au bout d'une route sinueuse et très étroite, tout au nord de Langøya. Ce village de pêcheurs que ses habitants ont dû abandonner dans les années 1970 était devenu fantomatique au fil des années… Ce qui en faisait un intérêt touristique certain, jusqu'à ce qu'une poignée d'acharnés commence à le réhabiliter et ne remette un à un les hangars et les habitations en état. Le village abandonné, ne l'est plus tant que cela et en en passe de (re)devenir très touristique et un rien branché.... Les mouettes, elles, n'ont jamais déserté l'endroit.

Il reste quand même une impression de bout du monde. Sinon, de beaux hangars sur le port et des quais à 2 étages sur pilotis dans un joli cadre naturel. Nous constatons que l'endroit n'est finalement pas vraiment propice à l'observation du soleil de minuit, nous modifions le programme et nous dirigeons vers Stø, située sur la pointe nord-est de l'île.

16 h 45, arrivée au camping de Stø, situé tout au bout du village. Peu fréquenté et très sommaire, mais bel endroit dans une anse à l'écart du port.

Transfert des films et photos sur l'ordinateur. Dîner, soupe et crêpes.

20 h 30, pêche aux bigorneaux, au pied du Home Espace. Un saladier rempli en 5 minutes. Miraculeux !

Le ciel est clair et le soleil brille partout… sauf à notre nord où un long et épais banc de nuages risque de compromettre la soirée.

A 00 h 00, le soleil est bien au-dessus de ce banc de nuages qui n'a pas bougé d'un pouce et restera masqué, dommage. Néanmoins, entre l'horizon et la base des nuages, nous sommes gratifiés d'une belle lumière avec tous les effets possibles de jaune, de rose ou d'orange. Le contre-jour est magnifique et nous restons presque une heure sur les rochers pour admirer le spectacle. Nous n'avons pas tout perdu.

Au loin, vers le nord-est et à 40 km, nous devinons la silhouette des rochers de Bleik sur l'île d'Andøya. La mer et les falaises au lointain dans une légère brume sont devenues roses sous le soleil de minuit. Etonnant !



Jour 14 - Lu 29/06/2009 - Stø - Andenes - Senja Steinfjord



Le temps a changé durant la seconde partie de la nuit. Au réveil, ciel couvert, sommets dans les nuages, légère bruine et température de 9°C. Nous reprenons la route vers Sortland en faisant un crochet par Alsvåg (après Myre).

10 h 45, arrêt à Sortland dans un grand magasin Coop, intégré dans un centre commercial important. Trouvé la bibliothèque pour envoyer un mail, mais l'Internet ne fonctionne pas.

Passage sur le pont de Sortland (sous lequel nous passerons plus tard avec l'Hurtigruten), et nous suivons la rive ouest de l'île d'Hinnøya, avant de franchir le pont de Risøyhamn, sur Andøya (mêmes éléments, même motif pour le pont). La géographie et la circulation sont plutôt complexes dans ces îles. Peu après Risøyhamn, nous passons sur la rive occidentale d'Andøya, face au large.

12 h 45, entre la route peu fréquentée et le bord de mer, nous trouvons un coin de pique-nique au pied des hautes falaises de Nordmela. Nous faisons un sort aux bigorneaux pêchés hier soir, de jolis spécimens ! Et puis, le soleil revient progressivement et il n'y a plus un souffle de vent.

Nous poursuivons en longeant plus ou moins la mer, en traversant des paysages plats, sablonneux et presque désertiques. Nous traversons le village verdoyant de Bleik, avec sa route centrale bordée de hauts arbres de part et d'autre, inhabituel en Norvège.

Après la traversée de Bleik, changement de décor. Nous faisons un arrêt sur une plage de sable absolument blanc. Sans vent, la surface de l'eau est plate comme un miroir. Avec le soleil et de faibles fonds sableux, la mer prend une couleur improbable et difficilement définissable : mélange ou fusion de bleu turquoise et de blanc laiteux. Surprenant !

Une multitude de roches plates émergent à peine, et au fond un énorme pain de sucre jaillit de la mer. Splendide ! Et l'on en vient à penser qu'avec quelques cocotiers, ce pourrait être le paradis. Tout y est, le franc soleil, la mer turquoise, le sable blanc. Eh non, c'est la Norvège !

Juste après cette magnifique plage, la montagne descend en dents de scie jusqu'à la mer au point qu'un tunnel a été creusé pour rejoindre Andenes, à l'extrémité nord d'Andøya et des Vesterålen.

14 h 15, peu de choses à faire dans cette petite ville, si ce n'est chercher la bibliothèque. Après renseignement, nous l'avons trouvée jouxtant l'école. Nous avons rédigé un mail, mais impossible de l'envoyer ! Après plusieurs essais infructueux, la chef-bibliothécaire vient à notre secours et retape notre mail depuis son PC, mais n'a pas pu joindre le texte stocké sur notre clé USB. Elle n'a donc pu envoyer que le texte du mail seul. Très serviable, elle avait surtout envie de parler (!), ou d'entendre parler, français. Son mauvais français mélangé au mauvais anglais de J-J a donné une conversation plutôt surréaliste !

15 h 50, arrivée à l'embarcadère du ferry pour passer sur l'île de Senja. Le départ est dans plus d'une heure, mais il n'y a que 3 ferries par jour en haute saison. Pas question de le rater, sinon c'est demain 9 heures ! Résultat impossible à prévoir à l'avance : 3 voitures, 4 motos et 2 vélos, ça ne se bouscule donc pas !

En attendant, Nelly prépare le goûter sur le parking et fait un cours magistral sur la préparation du café en poudre… immortalisé à jamais en vidéo.

17 h 00, appareillage sur le ferry M/S Lødingen, pas bien grand, ni de la première jeunesse ! Direction Gryllfjord sur la côte ouest de l'île de Senja. 1 heure 40 d'une traversée de rêve, grand soleil, belle visibilité, pas de vent et une mer bleue absolument plate au point que les nuages se reflètent dans l'eau. Vers le nord, difficile de distinguer l'horizon parce qu'il est impossible de séparer la mer du ciel, tout est intensément bleu. Quant à la côte de Senja, très éclairée, elle étale devant nous, sur une cinquantaine de kilomètres, une succession de pointes enneigées. Jamais il n'aurait été possible d'imaginer un tel spectacle en Norvège. Impossible de quitter le pont extérieur du ferry dans de telles conditions. Une traversée idyllique !

18 h 40, arrivée dans le Gryllfjord, toujours sous un généreux soleil. Le fjord est large et peu profond, presqu'en forme de cirque fermé par de hauts sommets qui se découpent sur fond de ciel bleu. Splendide sous un éclairage idéal. En début de soirée, le village de Gryllfjord apparaît illuminé par des couleurs chaudes mettant en valeur chaque maison. Une belle arrivée !

Le ferry accoste au centre du village, et non pas comme souvent au bout d'une route dans un endroit isolé. Pour la première fois, nous voyons des villageois ou des touristes se rassembler sur le quai, pour assister à l'arrivée du bateau. De simples curieux qui n'attendent personne, puisque nous sommes seulement une petite dizaine de passagers étrangers à débarquer.

Là encore, un village du bout du monde, au bout de tout, à l'extrémité ouest de Senja, à l'extrémité de la rive sud du fjord qu'il faut contourner complètement. A l'ombre la majeure partie de l'année au pied de la montagne, sauf l'été bien sûr quand le soleil est le soir au nord. Idyllique l'été, mais l'hiver ? Pour quoi, pour qui ? Difficile de comprendre sans y être né.

Encore plus isolé, le village de Torsken, sur la côte nord de la même montagne, mieux orienté sur la rive d'un autre fjord, mais au bout d'une méchante route longue, sinueuse et très escarpée. Quelques habitations, un appontement, une petite usine de transformation de poisson, c'est tout !

Après Torsken, nous prenons la route vers la côte nord de l'île de Senja, celle face à l'Atlantique, la plus accidentée d'où nous pouvons admirer de beaux paysages de montagnes abruptes et de roches dans l'eau au soleil descendant (ici, impossible de dire couchant !).

Pas (ou si peu), de terrains de camping sur Senja, aussi nous cherchons un coin pour dormir dans la nature cette nuit, si possible, face au soleil de minuit. Cela s'avère difficile, le relief est escarpé, et il y a peu de débouchés intéressants en dehors de la route. Cela devient vite fastidieux et nous gâche quelque peu le plaisir de la découverte de cette île aux paysages magnifiques. Nous roulons, nous roulons, le temps passe (même s'il n'y a pas urgence à cause du jour permanent), nous voudrions bien nous poser quelque part.

21 h 20, nous gravissons un petit col qui mène ensuite vers un tunnel. De ce tunnel, nous débouchons sur l'extrémité du Steinfjord qui semble l'endroit idéal pour passer la nuit. Enfin ! Nous nous arrêtons sur une aire de pique-nique sommairement aménagée en contrebas de la route et juste en bord de mer, face au soleil.

L'endroit rêvé ! Personne d'autre que nous, pas un bruit, même pas une ride sur l'eau, face au soleil qui descend lentement. Idéal ! Dîner au calme sur les tables et bancs en bois : reste des bigorneaux pêchés la veille à Stø, pavés de saumon.

23 h 00, un énorme camping-car occupé par un couple de norvégiens s'installe près de nous. Ils nous prennent en photo face au soleil… descendant !

Et nous passons tout le reste de la soirée à buller face à la mer, sous un ciel clair et bien bleu. La météo est excellente, et cette fois-ci, c'est sûr, nous verrons le soleil à minuit. Malgré l'heure tardive, le soleil est bien haut au-dessus de la mer et brille encore généreusement. S'il ne descend plus, nous le voyons se déplacer lentement vers le nord. A minuit, il brille toujours et à minuit cinq, il passe derrière la rive orientale du fjord. Autour de nous, les montagnes sont copieusement éclairées d'une lumière chaude. Il fait grand jour !

Ces heures-là resterons pour nous un moment exceptionnel et privilégié, qui a lui seul valait tout le voyage et nous venons de vivre, sans aucun doute, la plus belle soirée de notre périple norvégien.

Plage de Bleik - Gryllfjord (Île de Senja)

Jour 15 - Ma 30/06/2009 - Senja Steinfjord - Tromsø

08 h 00, réveil face à la mer toujours aussi calme, pas de vent, toujours du soleil mais il reste encore caché derrière les montagnes. Notre nuit a été plus que tranquille, sans un bruit, sans une alerte, mais finalement très courte et nous avons les têtes de circonstance… Nous serions bien restés plus longtemps dans ce site, face à un tel décor, mais il faut bien avancer, la route est encore longue jusqu'à Kirkenes.

09 h 30, départ et arrêt quelques kilomètres plus loin pour admirer le site de Tungeneset. De hautes falaises verticales plongent de 500 mètres à l'extrémité d'un fjord et se prolongent par une série de pointes acérées. Impressionnant ! (Les qualificatifs vont vite manquer !).

Personne, et si ce point de vue est plutôt bien aménagé, c'est qu'il doit être fréquenté. Depuis la route, un long cheminement en béton et en pente douce permet aux handicapés d'aller presque à la plage. De part et d'autre, un garde-corps en lamelles de bois et puis un local sanitaire aux formes très "design" de grandes dimensions, construit aussi en bois. Ce serait le site spécialement aménagé le plus cher de Norvège (± 3.000.000 de NOK, soit 390.000 € en 2008… ce qui fait grincer certains norvégiens !).

10 h 30, long arrêt au port de Mefjordvær, village de pêcheurs construit au pied de montagnes verticales. De grandes et belles maisons en bois au bord du fjord, une église blanche donnent un air coquet à ce petit port qui semble se vouer au tourisme, on y a même rencontré un français qui y passait ses vacances…

Route jusqu'à Laukvik à la pointe nord de Senja et attente d'un ferry à Botnhamn pour passer sur l'île de Kvaløya. Pique-nique sur le quai.

Cette île de Senja que nous avons effleurée semble particulièrement belle et bizarrement, à l'écart des routes touristiques. Elle est surtout fréquentée par les Norvégiens, et d'après eux, les paysages de Senja sont un résumé des paysages de Norvège. Donc, à visiter plus en détail.

12 h 30, embarquement sur un petit ferry vers Brensholmen en descendant le Malangenfjord durant 45 minutes. Nous vivons là nos dernières heures d'une météo qui nous a favorisés jusqu'alors. Sans le savoir, nous ne reverrons pas le soleil avant longtemps… Le ciel se voile rapidement, le vent se lève et il fait frisquet sur le pont extérieur, ce qui n'empêche pas J-J de profiter du paysage ou de discuter un long moment en "franglais" avec un Norvégien de Stavanger qui venait dans cette région pour la première fois, (il y a plus de 2 000 km de distance entre Stavanger et Tromsø !), il fut aussi question des incursions des Vikings en Normandie et que ce voyage était peut-être pour nous un retour aux sources.

Dès la sortie du ferry, nous voyons un grand renne avec des grands bois déambuler et brouter à travers les maisons. Curieux, il semble bien loin de son biotope habituel, il nous faudra rouler longtemps pour en voir d'autres plus régulièrement vers le nord.

Nous franchissons sur un pont à voie unique pour passer sur Sommarøya, "l'île de l'été". Pause café en surplombant une plage où quelques jeunes se baignent… Il fait un vent glacial et nous sommes en blouson. Nous n'avons rien vu d'extraordinaire sur cette île, sauf un beau paysage d'îlots et de petites plages au sud-ouest, mais sans l'éclairage idoine, cela semble terne.

Nous poursuivons par la côte nord de Kvaløya pour rejoindre Tromsø, la grande ville du Nord, 3ème ville du pays. Le centre ville est situé sur une île au milieu d'un vaste fjord, nous l'atteignons par un réseau de tunnels avec croisements et ronds-points. Nous rejoignons rapidement la bibliothèque, vaste édifice contemporain. A l'intérieur, sur 3 étages très lumineux, les rayonnages sont bien pourvus pour toutes les tranches d'âge : livres, vidéos, DVD, journaux en consultation en norvégien et en anglais, pour les petits et les grands. Et bien sûr, consultation de documents sur PC et des postes pour l'Internet.

Nanti de notre portable, nous nous connectons au réseau Wi-fi gratuit de la bibliothèque et après quelques tâtonnements, nous pouvons rédiger et expédier un mail. C'est beau le progrès !

16 h 30, balade en ville, dans les coins parcourus l'hiver dernier. Le 2 Janvier à la même heure, il faisait nuit. Aujourd'hui, tout est complètement différent, les perspectives et les dimensions ne sont plus les mêmes. Cela paraît plus animé, plus vaste.

Storgata, la rue principale était couverte de neige, les trottoirs à moitié envahis par des tas de neige ; aujourd'hui, c'est une longue et large rue où la foule déambule. De grandes maisons en bois coloré bordent cette rue, elles abritent des vitrines un peu surannées. Mais la magie n'opère pas comme lors de notre passage en Janvier, sans la nuit mystérieuse, sans les illuminations des rues et les décors de Noël… Curieux de revoir les mêmes endroits ou les mêmes boutiques sous un éclairage différent !

Nelly retourne dans la même galerie marchande près du port. Ensuite, nous visitons la cathédrale (Domkirke). Construite en 1861, de couleur café au lait et gris, c'est la plus grande église en bois de Norvège. Nous écoutons la fin d'un concert d'orgue donné sur un bel instrument de style néoclassique en bois peint en blanc et or. S'y trouve également une belle galerie de tableaux des portraits des pasteurs successifs.

18 h 15, nous empruntons le Tromsøbrua pour rejoindre le quartier de Tromsdalen où se trouve le terrain de camping. Celui-ci est quasiment complet, et on nous attribue une place de parking avec un petit bout d'herbe en contrebas de la route d'accès. Ce n'est plus le cadre royal d'hier soir !

Nous prenons notre dîner dans la salle commune du camp et après le repas, nous profitons des infrastructures pour transférer films et photos sur l'ordinateur.

Jour 16 - Me 01/07/2009 - Tromsø - Alta



Petit-déjeuner dans la salle commune du camping, car il a plu dans la nuit et l'herbe est détrempée derrière l'Espace. Le temps est bouché et les sommets environnants sont dans les nuages. D'ores et déjà, l'excursion au Storsteinen "le gros rocher", à 420 m d'altitude en téléphérique est compromise, pas de panorama sur Tromsø et les environs !

Nous visitons la Cathédrale Arctique toute proche. Très beau monument blanc contemporain de forme triangulaire voulant rappeler les arêtes d'un iceberg que l'on aperçoit de toute la ville. Belle étude de la diffusion de la lumière à l'intérieur. Grand vitrail triangulaire de 140 m² au fond et un buffet d'orgue moderne à l'opposé. Droit d'entrée de 30 NOK (3.40 €), pour l'entretien et pour une fois justifié.

10 h 40, par un temps mitigé, nous quittons Tromsø par la E8, puis la R91 jusqu'à Breidvikseidet où nous attend le ferry qui nous permet de traverser l'Ullsfjord en 20 minutes. Route de liaison de 20 km pour de nouveau emprunter un autre ferry à Lyngseidet et traverser le Lyngenfjord en 45 minutes. Même si le gain de temps n'est pas significatif, ces 2 ferries successifs permettent d'éviter 150 km de trajet.

Nous pique-niquons dans le salon du 2ème ferry entre Lyngseidet et Olderdalen.

13 h 25, le soleil revenu, nous débarquons du ferry et roulons vers le nord, en longeant le Lyngenfjord avec des vues spectaculaires sur le massif de Lyngen, aux cimes encore bien enneigées plongeant dans l'eau verte du fjord.

Nous voyons le premier panneau indiquant la direction de Kirkenes : 790 km (sans compter le crochet prévu par le Cap Nord !!!). Progressivement, nous abordons le Finnmark. Nous longeons plusieurs fjords. La végétation évolue selon les lieux ou l'altitude, les sapins disparaissent peu à peu, les bouleaux rapetissent et se clarifient, et nous traversons de plus en plus de zones désertiques seulement recouvertes de mousses ou d'arbrisseaux rampants. Vastes paysages de toundra sous un ciel de plus en plus couvert.

Au bord de la route, quelques campements samé (lapons), avec 4x4 et paraboles satellites, et aussi les premiers troupeaux de rennes.

18 h 00, arrivée à Alta, la capitale du Finnmark. Ville déconcertante, toute en longueur avec beaucoup de centres commerciaux peu animés. L'ambiance générale est glaciale, tout comme la température extérieure, 8 à 9°C à cause du vent froid.

19 h 00, installation au camping Alta Strand, au sud de la ville au bord de la rivière Altaelv. Repas de crêpes, soupe, café, Pique-nique très froid.

Transfert des films et photos sur l'ordi dans la salle commune. Discuté avec une suissesse de Neuchâtel, qui revient du Cap Nord où elle a eu très froid et du temps agité. Elle nous donne les prévisions météo : peu engageant.

Paysages du Lyngenfjord

Jour 17 - Je 02/07/2009 - Alta - Honningsvåg - Skarsvåg - Cap Nord



Petit déjeuner dans la salle commune du camping, tant il fait froid et qu'il vente. Puis, départ et plein de gas-oil détaxé à Alta.

La route traverse quelques forêts de bouleaux (de plus en plus rares et de plus en plus chétifs), entrecoupées de plateaux arides, désolés, sans arbres, de vastes zones désertiques à perte de vue, juste agrémentées de larges plaques de neige dans les dépressions du terrain. Il n'y a de végétation qu'au ras du sol, arbrisseaux rampants, bruyère, mousses ou lichens. Vu aussi quelques troupeaux de rennes qui broutent ces maigres plantes tout en marchant. Que ce soit par le paysage ou la météo, nous entrons dans l'antichambre du Cap Nord, et il s'en dégage déjà une profonde impression de désolation. La température extérieure oscille entre 5 et 8°C, et nous subissons de nombreux grains.

Après une longue descente sur le hameau d'Oldenfjord, nous quittons la E6 pour emprunter la E69 qui va nous emmener jusqu'au Cap Nord en suivant le Porsangerfjord, très long (120 km), et très large (20 km), fjord, orienté nord/sud entre Honningsvåg et Lakselv.

Des falaises, où la roche est disposée en strates longues et régulières, tombent à pic dans le fjord et ne laissent juste le passage de la route. Le ciel est bas et le vent est froid et fort. Parfois la mer fume sous les rafales. Les grains violents succèdent aux brèves éclaircies. T° = 5°C. Les approches du Grand Nord ne se font pas sous les meilleurs auspices !

13 h 00, passage du tunnel de Kafjord pour accéder à l'île de Magerøya, l'île du Cap Nord. 6 870 m de longueur, creusé sous la mer jusqu'à 212 m de profondeur, des pentes et rampes de 12% à l'entrée et à la sortie. De la belle ouvrage, chèrement payée (192 NOK, ± 22 € l'aller et autant au retour) ! Le Grand Nord, ça se mérite !

13 h 30, arrivée à Honningsvåg. Pluie, froid, vent, donc pique-nique rapide dans la voiture sur le quai Hurtigruten. (Le MS Vesterålen est en escale). Passage à l'office du tourisme (peu avenant), et à la boutique qui y est accolée. Beaucoup de Français, passagers du paquebot en escale Adriana III, y font leurs achats de souvenirs. Pour notre part, nous achetons des gants en laine (2 Juillet !), qui nous seront bien utiles dans quelques heures.

15 h 30, route vers Skarsvåg, sinueuse, accidentée à travers des hauts plateaux complètement nus, sans un arbre, juste une végétation tapie au ras du sol : Herbe ? Mousse ? Bruyère ? Face à nous, sous un ciel plombé, un paysage noir, de désolation, de bout du monde dans le froid, le crachin et le vent qui cingle.

Installation au Kirkeporten Camping de Skarvåg, le camping le plus septentrional du monde dans le port le plus septentrional du monde. Nous sommes dans une région de superlatifs, toujours le plus au nord… C'est vrai, nous sommes à plus de 71° de latitude Nord.

Il fait froid, il crachine, il y a du vent, nous louons à bon prix une hytte pour 2 nuits pour s'octroyer un peu de confort et nous affranchir des conditions météo. Cela fait 17 jours que nous avons quitté la Normandie, et si nous avons voyagé sans précipitation, nous n'avons jamais perdu de temps non plus. Un petit break nous fera le plus grand bien. Et pendant que la pluie tombe, nous nous accordons une petite sieste réconfortante dans un vrai lit.

Et pour marquer notre arrivée dans le Grand Nord, ce soir, c'est pavé de saumon, vin rosé dans notre hutte bien chauffée.

Nous avions prévu dans notre programme d'effectuer une randonnée pédestre au Knivskjelodden, "la lame de couteau", pour observer tranquillement le soleil à minuit, (18 km de marche aller et retour). En réalité, "la lame de couteau", c'est le véritable Cap Nord géographique situé 1 600 m plus au nord que le Cap Nord touristique hyper fréquenté. En plus de l'intérêt de l'exercice physique, il y a aussi une satisfaction intellectuelle (un peu perverse), à rejoindre cet endroit quasiment ignoré et d'être arrivé encore plus au nord que le touriste lambda.

La climat a vite raison de ces belles intentions, le vent, le crachin, la température (1°C), nous font renoncer à ce projet. La météo est trop incertaine pour s'aventurer seuls sans risques dans la traversée d'une région aussi isolée, d'autant que cela nous aurait pris la majeure partie de… la nuit. L'exploit, certes ; mais le plaisir avant tout ! Et ce soir, les conditions ne sont pas réunies pour que cette randonnée soit agréable. Dommage !

22 h 00, départ pour le Cap Nord (touristique), en roulant dans un paysage de hauts plateaux légèrement vallonnés. Pas un arbre, rien, le vide absolu, le désert du Nord. Sous le ciel bas, c'en est grandiose et sublime de désolation. C'est lunaire, nous roulons dans un environnement de plus en plus hostile avec le sentiment étrange de progresser inexorablement vers une fin. La météo et le paysage nous mettent vraiment en condition : nous nous approchons du bout du monde, du bout de tout.

Mais au bout de la route… nous sommes ramenés à la réalité : l'entrée du site du Cap Nord est payante, et bien payante (ce que nous savions), 215 NOK par personne valable pour 2 visites, soit ± 24 € ! Ce site est pour la Norvège une vraie mine d'or. Où va toute cette manne ? A part le Nordkapphallen, le centre touristique, aucun aménagement spécifique n'a été aménagé pour faciliter la vie des usagers. Parkings en cailloux à peine nivelés ou en terre battue, pas d'installation pour faciliter l'ordinaire des camping-caristes pourtant fort nombreux, rien !

Mais nous y sommes ! Et nous ne sommes pas les seuls : un mur de camping-cars sur 2 ou 3 rangs, déjà des bus déversent leur lot de visiteurs venus des paquebots en escale à Honningsvåg. Et cela ne cesse d'arriver.

Nous supportons facilement notre harnachement vestimentaire : veste polaire, blouson fourré, bonnets et gants en laine. T° = 1°C !

Alors que la majorité des touristes s'engouffre dans le Nordkapphallen, nous allons d'abord à l'écart voir le panorama sur "la lame de couteau" que l'on voulait rejoindre à pied. Le nom est assez bien choisi, il s'agit en effet d'un long cap effilé qui s'avance loin en mer. Devant nous, c'est vraiment le nord du Monde. Plus au nord, il n'y a plus que le Spitzberg et le Pôle ! Nous sommes seuls à contempler ce site, la majorité des touristes qui viennent au cap Nord ignorent sans doute son existence !

Nous sommes arrivés au but ! Nous avons fait 4 800 km pour en arriver là ! Avec le sentiment étrange d'être des privilégiés dans un endroit exceptionnel, au cœur d'un site hors norme. Et pourtant, nous sommes loin d'être les premiers, il y en aura encore bien d'autres après nous, nous n'avons rien fait de surhumain pour en arriver là, mais nous l'avons fait. Cela ne changera rien à la marche du Monde, cela ne changera pas le cours de nos vies, c'est vrai. Mais qu'importe, nous y sommes ! Fiers et heureux de tutoyer les limites de la Terre !

Nous nous dirigeons vers la plate-forme où se trouve le signal du Cap Nord : une armature métallique symbolisant le globe terrestre avec l'équateur, les cercles polaires, les tropiques et les méridiens. Symbolique, mais efficace car tous les visiteurs se précipitent au pied du monument pour se faire photographier et apporter la preuve de leur présence au bout du Monde. Et nous-mêmes, sacrifierons au rituel. Quelques mètres après, c'est le bord de la falaise, un à-pic de 300 m, la mer et plus rien d'autre que le Pôle Nord à 2 100 km au-delà de l'horizon. En fait, c'est vraiment le bout du Monde. C'est attirant et cela attire la foule.

Nous restons un long moment à parcourir ce plateau noir battu par tous les vents du diable, face au large. Nous subissons un petit grain de neige fondue. A l'évidence, il n'y aura pas de soleil à contempler ce soir. Ce qui n'empêche pas les badauds de s'agglutiner le long de la balustrade et d'attendre au plus près l'éclaircie miraculeuse qui ne se produira pas.

Nous visitons le hall touristique, bondé. Ambiance internationale et multilingue, mais beaucoup de Français à cause de l'escale du paquebot Adriana III. On y trouve tout ce qu'il faut pour mettre le touriste à l'aise : une grande boutique de souvenirs, bar, cafétéria, restaurant, bureau de poste ainsi que des gradins permettant, si les conditions sont trop rudes, de contempler le site derrière une grande verrière ; et ce soir, il y a des amateurs !

Un long souterrain en pente douce mène vers une salle de projection et des vitrines où sont exposés des dioramas retraçant l'histoire du Cap, une chapelle, un temple thaï (!?), une salle où est exposée un buste du roi Louis-Philippe (ancien visiteur des lieux). Ce souterrain débouche dans une grotte artificielle avec un bar étagé en gradins où il est de bon ton de boire le champagne face au nord, bien à l'abri derrière une large baie vitrée. L'exploitation commerciale des lieux n'est pas du meilleur goût et s'avère bien décevante par rapport à la symbolique du site. Mais, vu la fréquentation, quel jackpot !

Nous retournons à l'extérieur, près du globe maintenant éclairé. Beaucoup de monde partout. La visibilité est bonne mais le ciel est sombre, donc pas de soleil à espérer.

24 h 00, quelques rayons de soleil réussissent à passer furtivement à travers la masse de nuages et éclairent parcimonieusement la mer. C'est tout pour ce soir. Grosse, très grosse déception !

00 h 30, quelque peu dépités, et quand même frustrés d'un si maigre résultat après tant d'efforts, nous retournons au camping de Skarsvåg. En chemin, la température extérieure tombe à 0°C, et nous savons déjà que demain la météo ne sera pas meilleure !

L'île de Magerøya - Le Cap Nord

Jour 18 - Ve 03/07/2009 - Skarsvåg - Cap Nord

09 h 15, réveil et petit-déjeuner dans la hytte, après une bonne nuit bien au chaud. A l'extérieur, vent, pluie, froid à 3°C.

Dans la matinée, à proximité du port de Skarsvåg, visite et achats à la boutique de Noël, "Nordkapp Jul & Vinterhus", installée dans la maison particulière d'une habitante du village, capharnaüm d'objets divers et variés ayant plus ou moins de rapport avec Noël. Bien sûr, le rouge domine, c'est la couleur préférée des norvégiens et aussi la couleur de Noël. Dans tout le fouillis, Nelly à réussi à trouver avec six mois d'avance quelques décors de Noël à sa convenance ! Ouvert toute l'année, mais ce matin, il n'y a vraiment pas foule.

Retour à la hytte, puis rédaction d'un mail, sélection des photos à joindre, et opération cartes postales… En réalité, bulle et relax. Nous comprenons que nous avions besoin de souffler. Repas : cuisses de canard que Nelly a eu le temps de préparer tranquillement et confortablement. On s'est bien régalé !

15 h 45, balade à pied à la Kirkeporten "la porte de l'église", à l'ouest de Skarsvåg. Un petit chemin grimpe et serpente allègrement avant de redescendre tout autant vers une arche en pierre d'où l'on peut voir l'arrière du plateau du Cap Nord et la pointe du Hornet. La mer bat violemment contre les rochers et explose en larges panaches d'écume. Il pleut, le vent d'ouest est assourdissant et dans les bourrasques, on tient à peine debout au point que nous sommes obligés d'écourter la visite. C'était l'activité du jour, un bon bol d'air !

18 h 00, repas de crêpes… Puis à 18 h 45, départ sous la pluie vers le Cap Nord pour expédier toutes les cartes postales que nous avons rédigées afin qu'elles soient revêtues du tampon spécial du bureau de poste… le plus septentrional du monde.

Nous rencontrons le brouillard en cours de trajet, ce qui nous donne une vision surréaliste du paysage de part et d'autre de la route. Cela devient quelque peu hostile et angoissant. Nous croisons un cycliste solitaire qui revient du Cap et qui émerge de la brume. Une violente bourrasque lui fait faire un écart et manque de le renverser. Ambiance !

19 h 00, tout le plateau du Cap est dans la brume. Beaucoup moins de camping-cars que la veille sur le parking, beaucoup moins de monde dans le Nordkapphallen, qui devient plus respirable. Ce soir la fréquentation est majoritairement coréenne. Nelly en profite pour explorer la boutique sans bousculade, il est vrai que ce n'est pas encore l'heure de pointe.

Personne au pied du globe, que l'on devine plus qu'on ne le voit derrière la grande baie vitrée. En comparaison, le temps hier était radieux.

20 h 00, nous assistons à la projection sur écran panoramique d'un film de 15 minutes résumant le déroulement des saisons dans la région du Cap. Survol plutôt bien fait, avec de belles images et une musique adaptée.

20 h 30, nous nous rendons au pied du globe, nous y sommes quasiment seuls. Vent fort et quelques photos dans la brume.

Sur la route du retour, attendant stoïquement au milieu de nulle part, un type fait du stop. Vu la fréquentation de la route à cette heure et la pluie glaciale, nous le prenons à l'arrière de l'Espace après lui avoir fait un peu de place. On n'a pas tout compris, il nous dit être hongrois et venir de Berlin en vélo. Il est venu ce soir en stop sur le site pour acheter des souvenirs à sa famille et loge dans le même camping que nous. Nous le déposons transi au pied de sa tente. Quel courage !

Conclusion : nous n'avons pas vu le soleil briller à minuit au nord du Monde et nous en sommes bien déçus, car c'était l'un des buts de ce long voyage. La nature qui commande en à décidé autrement. Finalement, le Cap Nord se sera montré à la hauteur de sa réputation. Nous y avons trouvé en plein été des conditions climatiques que nous avons parfois l'hiver en Normandie. Ce qui n'a rien d'étonnant : c'est le nord de la Norvège, à 71° 10' 21'' de latitude nord, à 2 100 km du Pôle. Ce n'est tout de même pas rien !

Jour 19 - Sa 04/07/2009 - Skarsvåg - Honningsvåg - Karasjok

Réveil et petit-déjeuner bien au chaud dans la hutte, puis rangement de celle-ci. Au moment du départ, nous discutons quelques minutes avec un couple d'angevins, montés ici avec chacun leur moto.

09 h 45, départ du camping. Temps bouché, plafond bas, brouillard, vent. Nous roulons sans rien voir. Bifurcation vers Gjesvær, port de pêche (relativement), important à l'ouest de Magerøya. Nous faisons un tour rapide du port et du village où il y a peu d'activité visible. Dans la brume qui se déchire à peine, rien ne semble bien attrayant.

Nous avions prévu de consacrer quelques heures à un "safari oiseaux" à la réserve naturelle de Gjesværstappan située sur un îlot à 15 km à l’ouest du plateau du Cap Nord. Mais vu l'état de la mer aujourd'hui et la brume ambiante, nous renonçons à cette expédition qui aurait pu être spectaculaire.

La visibilité s'améliore ensuite légèrement, mais le ciel reste bien bas. Les derniers kilomètres sur l'île de Magerøya se font dans une ambiance lunaire. Quelle contrée ! Nous nous arrêtons de nouveau à Honningsvåg, c'est la ville la plus importante et le point de rassemblement de toute l'île. C'est un port de pêche actif, une importante escale de l'Hurtigruten, d'ailleurs nous assistons à l'accostage du MS Finnmarken venant du sud. Il y a aussi quelques commerces que Nelly ne manque pas de visiter.

J-J repère la bibliothèque pour expédier un mail, mais celle-ci est fermée le samedi. Tout à côté se trouvent l'église et le cimetière. Par rapport au mois de Janvier dernier où nous étions à la même heure, il fait jour et il ne neige pas, mais il y a autant de vent. Là encore, la nuit hivernale enveloppait la ville d'un côté magique qu'elle n'a plus aujourd'hui.

12 h 30, nous quittons Honningsvåg et nous acquittons du péage avant de reprendre le long tunnel de Kafjord pour rejoindre le continent norvégien. De l'autre côte du tunnel, la météo n'a pas changé. Impossible de pique-niquer à l'extérieur ce midi. Nous prenons juste un casse-croute dans la voiture à Repvåg, port sur une petite presqu'île à l'écart de la E69.

16 h 00, arrêt pour quelques courses dans un magasin REMA 1000 (chaîne de supérettes), à Lakselv, petite agglomération dispersée et sans âme, située à l'extrémité du Porsangerfjord et à l'embouchure de la rivière Lakselv. Arrêt café, au bout d'un petit chemin débouchant sur la rivière.

18 h 00, arrivée à Karasjok après avoir traversé plusieurs plateaux désertiques, puis une grande zone de lacs et de forêts de conifères en parcourant une route de plus en plus rectiligne qui nous donne un avant-goût de la Finlande.

Nous sommes à 18 km de la frontière finlandaise. Cette petite ville est la capitale des Samés (les Lapons), dont elle abrite le Parlement. Hormis une petite église de 1807, bien peu de choses à voir, si ce n'est le Parlement lui-même dont l'architecture moderne s'inspire de la forme conique des tentes laponnes. Visite gratuite (suffisamment rare pour être signalé), mais fermé le samedi. Raté !

Installation au camping, confortable et bien tenu. Dîner dans la salle commune à cause de la température. Ce camping est équipé de Wi-fi, aussi nous envoyons à tous le mail que nous avions rédigé à Skarsvåg, et qui relatait nos exploits au Cap Nord.

Reipvåg

Jour 20 - Di 05/07/2009 - Karasjok (N) - Inari (FIN)

La météo est d'une stabilité exemplaire, donc petit déjeuner dans la salle commune du camping.

Peu après avoir quitté le camping de Karasjok, nous passons sans encombre et sans formalités la frontière finlandaise sans voir aucun garde, ni douanier. Il faut juste avancer la montre d'une heure et se familiariser avec une nouvelle langue, tous les panneaux ou affiches sont bilingues : finlandais et lapon, pas évident au premier abord. Et nous retrouvons la zone euro.

Nous aurions pu rester en Norvège pour rejoindre Kirkenes, mais pour enrichir notre connaissance du monde, nous avons choisi de transiter par le nord de la Finlande. Pour voir… En distance, l'écart entre les deux itinéraires n'est pas significatif. Va donc pour la Finlande…

Contre toute logique, nous nous dirigeons d'abord vers le sud-est en suivant la route 92, une longue ligne droite à perte de vue entre Karasjok et Kaamanen, et bordée à l'infini de forêts de bouleaux et de conifères. Et puis, des lacs, des rivières. Aucun relief pour attirer l'œil.

Nous nous arrêtons en chemin en lisière d'une réserve naturelle pour une courte promenade à pied. Sur des cheminements précaires, nous nous enfonçons dans les bois, parcourus de petits ruisseaux, de zones marécageuses, d'espaces où poussent mousses et lichens. Les moustiques qui s'en donnent à cœur joie depuis notre arrivée nous font vite battre en retraite.

Vers 12 h 30, pique-nique sur un parking à l'écart de la route. Nous dégustons les crevettes achetées hier à Lakselv. Sur les 90 km de trajet jusqu'à Kaamanen, nous n'avons pas vu un seul village, pas une seule maison, que de la forêt.

14 h 00, arrivée à Inari, petite agglomération à l'habitat très dispersé. Nelly fait quelques achats dans un magasin de souvenirs, (en prévision de Noël, il est vrai que la Finlande est le pays du Père Noël, qui réside avec ses rennes à Rovaniemi, 300 km plus au sud).

Le temps froid et maussade n'incite pas à l'exploration des environs.

16 h 00, arrivée au camping d'Inari, dans un joli cadre reposant à l'extrémité du lac d'Inarijärvi (l'un des plus grands lacs de Finlande). Petite plage, appontement, barques ne sont guère fréquentés.

18 h 30, repas de crêpes dans la salle commune.

20 h 00, à cause du vent froid, au lit. Emmitouflée sous la couette dans la voiture, Nelly regarde un film sur le PC. Cette nuit qui s'annonce sera la plus glaciale de tout le voyage.

Au cœur de la forêt finlandaise

Jour 21 - Lu 06/07/2009 - Inari (FIN) - Kirkenes (N) La nuit, en effet, a été particulièrement glaciale et nous réveillons complètement frigorifiés.

10 h 00, nous quittons le camping et roulons, cette fois-ci vers le nord-est pendant 100 km pour retrouver la Norvège en suivant une petite route qui longe le lac d'Inari à peu de distance. Mais nous ne verrons que rarement ce lac pourtant immense, souvent caché par la forêt.

Ce n'est pas le relief qui permet d'avoir des points de vue spectaculaires… Les forêts de bouleaux et de conifères semblent tout absorber. En roulant on ne voit rien d'autre que… des bois. Pas de villages, la grande majorité des rares maisons est souvent cachée derrière les arbres. Seuls, au bord de la route, de curieux petits abris pour protéger les boites à lettres signalent l'existence d'une habitation en retrait.

Ce qui semble être un village sur la carte routière ne correspond à rien de visible sur place. Cette partie de la Finlande nous laisse une impression étrange, celle d'un désert verdoyant, sans activité humaine visible. Seuls quelques troupeaux de rennes animent la matinée, nous en voyons quelques beaux spécimens qui débouchent à l'improviste de la forêt et surgissent sur la route inopinément, dangereux ! Nous essayons de photographier ou filmer les plus beaux, ceux qui portent de grands bois, encore faut-il qu'ils soient en train de paître pour y arriver, car ces animaux se déplacent perpétuellement !

Nous voulions voir la Finlande, nous avons vu… une région sablonneuse peu accidentée, la forêt continue de bouleaux et de conifères, quelques lacs, des étangs et des marécages, de grandes routes rectilignes jusqu'à l'ennui. Et nous n'avons rencontré… personne !

12 h 45, enfin, un petit village ! Arrêt au "Market" (supérette), de Näätämö pour quelques achats alimentaires. Même en euros, les tarifs ne sont pas vraiment attractifs. L'intérêt est surtout pour les Norvégiens qui viennent y faire le plein d'alcool à meilleur compte.

Aussitôt après, nous passons la frontière. Personne pour nous demander quoi que ce soit. Nous sommes de nouveau en Norvège. Une longue descente nous permet de rejoindre Neiden.

Pique-nique dans la voiture près de la Skoltefossen, chute d'eau de peu de hauteur mais d'un gros débit de la rivière Neidenelva.

En roulant, nous sommes presque rassurés et soulagés de retrouver les paysages norvégiens, avec leurs montagnes noires et pelées, même si elles sont dans cette région moins abruptes et moins élevées qu'ailleurs.

15 h 30, arrivée à Kirkenes qui est le but ultime de notre voyage avant de reprendre l'Hurtigruten. Pour cela, nous avons parcouru 5 540 km depuis la Normandie. 5 540 km, on n'imagine pas que le bout de la Terre puisse être si loin ! Quel périple !

Bien peu d'animation dans les rues de Kirkenes ! Comparativement à d'autres, c'est une agglomération importante, qui vivait autrefois de l'extraction du fer et qui s'est reconvertie maintenant dans la pêche au crabe royal et à la réparation navale.

Du fait de l'existence des mines de fer et de la proximité de l'U.R.S.S. Kirkenes à payé un lourd tribut à la Seconde Guerre mondiale lors de l'occupation allemande : destructions, pillages, exactions et incendies y ont été particulièrement sévères. S'il n'en reste plus trace, quelques statues ou monuments érigés par les voisins russes sont là pour rappeler ce passé douloureux.

Kirkenes est maintenant devenue une ville d'échanges avec la Russie toute proche. Il y a des objets russes à vendre dans les boutiques, des femmes russes viennent vendre leurs produits au marché hebdomadaire, les plaques de rues et les panneaux de signalisation sont en double affichage dont le cyrillique et dans les boutiques on parle russe couramment. Etrange, nous avons l'impression de déjà ne plus être en Europe !

Nous parcourrons rapidement la ville et visitons un centre commercial, mais les magasins ferment systématiquement à 16 h 30. On a fait des économies !

17 h 00, arrivée au camping de Kirkenes, à 10 km vers l'aéroport. Comme le temps ne varie pas, nous nous installons dans une hutte pour la soirée et la nuit. L'aménagement du terrain est sommaire.

Jour 22 - Ma 07/07/2009 - Kirkenes - Jakobselv - Kirkenes



Ce jour était prévu comme jour tampon, la marge de sécurité pour compenser un éventuel retard qui aurait pu se produire au cours du voyage : une étape qui s'éternise, un ennui mécanique ou autre. Cette journée permettait rejoindre le bateau sans stress et surtout ne pas le rater.

Le planning prévisionnel concocté avant le départ a pratiquement été respecté tous les jours à quelques kilomètres près… Preuve qu'il avait été bien pensé. Nous venons de parcourir 5 540 km sans hâte, sans précipitation, sans traîner non plus. Jamais nous n'avons eu l'impression de perdre notre temps, jamais nous n'avons eu le sentiment de courir contre la montre. Hormis les activités contrariées par la météo dans le Finnmark, nous avons pu admirer tous les principaux sites que nous avions envie de voir sur notre trajet. Bien sûr, nous ne sommes pas rentrés dans tous les détails, visité tous les musées (en fait, aucun), suivi toutes les manifestations folkloriques, mais nous avons quand même maintenant une vision étendue de la Norvège.

Le Cap Nord était un but que l'on a atteint ; Kirkenes en est un autre où nous sommes aujourd'hui.

Grâce à une si belle organisation, nous nous retrouvons une journée trop tôt à l'embarcadère de l'Hurtigruten, et les occupations paraissant limitées à Kirkenes, nous avons largement le temps de faire une excursion non prévue dans le planning initial.

Quant aux conditions météo, elles n'évoluent guère. Nous n'avons plus vu le soleil depuis l'après-midi du 1er Juillet, la température n'est jamais montée au-dessus de 9°C et le vent du nord souffle continuellement depuis le même soir, il a plu tous les jours. Ce temps désespérément stable dure depuis 6 jours, et ce matin, cela continue… Donc, la journée démarre doucement…

08 h 15, petit-déjeuner bien au chaud dans la hutte, séance de lessive, et un peu de cuisine pour la préparation du pique-nique de midi, rangement et nettoyage de la hytte.

10 h 30, retour à Kirkenes pour se rendre à l'office du tourisme, que l'on avait repéré hier, pour expédier notre mail. Cela se fait rapidement, nous sommes rôdés maintenant à cette pratique. Le clavier Qwerty et les caractères norvégiens n'ont plus de secrets pour nous.

11 h 15, route vers Grense Jakobelv, aux confins de la Norvège. A la sortie d'un rond-point, un immense panneau routier jaune nous indique d'abord en caractères latins et cyrilliques la direction de… Mourmansk. Mourmansk ! 245 km. La destination n'a rien d'exotique, loin s'en faut.

Et ce n'est pas tous les jours que l'on a l'occasion de se diriger vers Mourmansk… Cela laisse songeur. C'est une fois au pied de ce panneau que nous comprenons que nous sommes vraiment arrivés loin. Encore un pas à faire et nous sommes… en Russie, en Russie ! Que de chemin parcouru depuis Rouen !

A défaut de pénétrer en Russie, (ce que nous est impossible, puisque nous n'avons aucun visa pour le faire), nous allons donc tutoyer la frontière entre les deux pays. 15 km après Kirkenes, nous faisons un léger détour jusqu'au poste frontière de Storskog où nous nous arrêtons. En réalité, à part de grands panneaux bleus multilingues (où il est indiqué "Entrée interdite sauf pour affaires" !), et une échoppe de souvenirs tenue par un Russe, il n'a rien à voir.

Le poste norvégien est lui-même loin en retrait derrière un portail gardé par 2 militaires norvégiens. Pas facile d'accès la Russie ! Quant au poste russe, il est impossible de le voir d'où nous sommes, tant le no man's land doit être important.

Le lieu est hautement symbolique et stratégique. C'est le seul point de passage entre les deux pays. Cet endroit est même vendu comme lieu d'excursion aux passagers d'Hurtigruten en escale. Quelques touristes nous accompagnent, et comme nous, écarquillent les yeux en espérant apercevoir quelque chose d'insolite. Mais rien… L'activité n'y est pas débordante. Visiblement, il n'y a pas beaucoup de volontaires pour passer à l'Est sauf un camion russe qui rentre au pays. Dans l'autre sens, juste une voiture immatriculée en Suisse.

Nous poursuivons sur une petite route tellement fréquentée que des groupes de moutons s'y prélassent au milieu. Puis, nous traversons un vaste plateau, royaume du minéral, camaïeu de larges blocs brun rouge, gris vert, noir, entrecoupés d'une végétation tapissante d’où émergent quelques rares bouleaux qui n'ont guère plus de 1.50 mètre de haut. Quelques lacs gris acier essaient d'animer le décor. Sous le ciel plombé, le paysage est dense, sombre, triste. Un large canyon serpente au milieu de ce plateau, au fond coule la rivière Jakobselv. Pas gai !

Comme au Cap Nord, nous avons ici le sentiment d'arriver au bout du monde, au bout d'un monde. C'est différent, pas tout à fait le bout du monde, mais l'impression d'arriver aux confins non seulement de la Norvège, mais aussi de l'Europe, d'arriver aux confins du monde occidental. La géographie est là, mais il y a aussi le poids de l'Histoire qui influe sur ce que nous ressentons. A quelques kilomètres, c'est l'Est, la Russie, un énorme pays inquiétant, une autre civilisation, d'autres méthodes…

La route se transforme en piste et redescend vers le lit de la rivière Jakobselv qui est à partir d'ici la frontière naturelle avec la Russie. Et maintenant, ça ne rigole plus ! Plusieurs grands panneaux bleus rédigés en norvégien, russe, finlandais et anglais fixent des interdictions strictes. Ce qui déjà, met dans l'ambiance.

Il est interdit :

· De traverser la frontière

· D'avoir des contacts à travers la frontière

· De photographier le personnel militaire russe et les équipements situés en territoire russe

· D'utiliser des téléobjectifs supérieurs à 200 mm et/ou des trépieds

· La pêche dans la rivière ne peut être pratiquée que par des Norvégiens résidant en Norvège

Toute information peut être demandée à la commission de frontière, à la police ou aux gardes frontière

La piste longe maintenant la rivière, et au bout de quelques mètres, les choses se présentent ainsi, un potelet jaune matérialisant le côté norvégien, la rivière Jakobselv, un potelet rayé rouge et vert concrétisant le côté russe. La frontière est l'équidistance ente les deux potelets.

Ceux-ci n'ont pas été plantés au hasard. Conséquence de la seconde guerre mondiale, les frontières entre la Norvège, la Finlande et l'U.R.S.S. ont été rectifiées en 1945. Leur tracé exact à nécessité en son temps la création d'une commission ad-hoc, qui a confirmé contradictoirement chaque point litigieux sur le terrain à l'aide des poteaux, bien mis en évidence et bien entretenus. Apparemment, cette commission est toujours d'actualité.

Nous ne résisterons pas au plaisir de photographier ces poteaux, tant norvégiens que russes (avec un téléobjectif inférieur à 200 mm !), ni de nous faire tirer le portrait près d'un de ces poteaux (norvégien, bien sûr !).

Bien que nous n'ayons rien vu durant notre bref passage, la paranoïa héritée du régime soviétique et la protection de l'espace Schengen font que cette zone est hautement militarisée et doit sans aucun doute être bien surveillée de part et d'autre.

Au fur et à mesure de notre avancée, nous verrons donc quantité de ces potelets sur chaque berge de la rivière. Et de l'autre côté de la Jakobselv, la forêt de bouleaux, les collines noirâtres, c'est la Russie, que nous pourrions presque toucher en tendant le bras tant la rivière est étroite, à peine une trentaine de mètres de largeur. Mais nous sommes bien prévenus, nous n'allons pas nous y risquer.

La conjonction des mises en garde, de la configuration des lieux, de l'austérité du paysage confèrent à cette zone une atmosphère pesante et quelque peu angoissante. Même si ce n'est pas flagrant, il s'en dégage une ambiance particulière, sinistre et inquiétante. Cela est sans doute très subjectif, mais la région n'est pas neutre.

13 h 15, nous arrivons au hameau de Grense Jakobselv, au pied de la chapelle que le roi Oscar II (de Suède-Norvège), fit édifier en 1869 pour (déjà) servir de bastion spirituel contre l'influence orientale et servir d'amer aux pêcheurs des 2 pays qui (déjà) se querellaient sur les zones de pêche.

Ambiance : côté norvégien, une haute colline couronnée d'installations militaires, un estuaire sablonneux et bosselé recouvert d'une végétation rasante, des potelets jaunes bien alignés le long d'une longue plage complètement close, la masse noire des collines russes avec blockhaus, radars et miradors, puis vers le large, l'étendue de la mer de Barents… Nous voilà face à la mer de Barents, face à l'océan Glacial Arctique… Ce ne sont pas des noms qui invitent à l'exotisme !

Quelques mètres encore, nous parvenons à une petite plage battue par le vent, encadrée de gros rochers gris frappés par le violent ressac de la mer de Barents.

Cette fois-ci, nous avons atteint l'extrême limite de ce qu'il était possible d'atteindre, nous ne pouvons plus aller plus loin. Kirkenes, la Russie, la mer de Barents, l'océan Arctique… Des noms qui ne nous sont pas ordinairement familiers… Nous sommes bien parvenus au bout du Monde !

17 h 45, retour au camping de Kirkenes, mais cette nuit nous dormirons dans l'Espace. 19 h 00, dîner dans la salle commune, quelque peu squattée par 3 couples d'allemands, les places sont chères ! Comme à l'accoutumée, la cuisine est fort bien équipée : dans un tiroir, il y a même les couverts à disposition… C'est la Norvège !

Dans les rues de Kirkenes - Le bout du bout... La mer de Barents

A suivre...

1ère Partie -- 3ème Partie -- 4ème Partie

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Tokala 15 years ago · Abitane
Entre tapas et bandes dessinées: quelques jours à Barcelone (juin 2009)
Après avoir découvert Barcelone et la Catalogne en juillet dernier, j'y suis retournée cette année pour une grand week-end de 4 jours. Ce séjour, sous le signe de la détente et du farniente, fut vraiment agréable, j'aime de plus en plus cette ville !

Quelques visites, quelques balades, quelques bonnes adresses…. Voici mon carnet de voyage !

Eglise Santa Maria del Mar, dans le Born Cette église est vraiment très belle, pure, il s'y dégage une atmosphère très agréable… Jeux d'ombres et de lumière en début d'après midi…

Parc Güell J'aime beaucoup ce parc que j'avais découvert l'année dernière. L'année dernière j'étais arrivée dans le parc par l'entrée proche du métro Vallcarca, en prenant les escalators. Nous avions fait une grande balade dans le parc, en montant au "Trois Croix" pour avoir une belle vue sur Barcelone, et en prenant plein de petits chemins, avant d'arriver au point super connu, la terrasse avec les mosaïques de Gaudi. Nous étions ensuite repartis en direction des sculptures "végétales", ponts, colonnes, qui se fondent complètement dans la nature… Ce que je préfère dans ce parc ! Cette fois-ci nous sommes descendus au métro Lesseps pour entrer dans le parc par "l'entrée des touristes". Assez impressionnant puisque l'on découvre, à peine entrés dans le parc, le dragon de mosaïque, le temple aux 100 colonnes, la magnifique terrasse ! Ce qui ne nous a pas empêché de nous balader ensuite dans le reste du parc, toujours aussi agréable !

Rambla, Bari Gotic, Parc de la Ciutadela, Barceloneta, le port, la mer… Nous nous sommes beaucoup promenés, arpentant les ruelles de Barcelone, jusqu'à la plage, et en revenant par le port… Vraiment ce fut très agréable !

27° Salón del Comic Pour les amateurs de BD, mangas et autres comics que nous sommes, notre weekend à Barcelone ne pouvait pas mieux tomber ! Plaça Espanya se tenait, pour 3 jours seulement, le salon de la bande dessinée ! De nombreux stands, quelques animations, un peu de cosplay, quelques expos… La découverte du nouveau super héro, après "Julk", "Equis-Man" et "Espiderman" : Pantomak, le super héro Catalan ! Bref, un très bon moment passé dans ce salon qui a lieu tous les ans http://comic-27.ficomic.com/

Un petit tour en Catalogne : une journée à Girona A une heure de train de Barcelone depuis la gare de Passeig de Gracia (ou de Sants), la ville de Girona est vraiment très agréable ! Petite ville de province, ville médiévale, rues commerçantes avec de nombreuses boutiques pour tous les gouts…Nous y avons passé une excellente journée ! La cathédrale est absolument à voir, elle est très belle, le cloitre est vraiment agréable et reposant. Nous avons ensuite marché sur les remparts qui longent la vielle ville, magnifique vue, très belle balade. Et pour finir, après avoir visité les bains arabes, nous avons arpenté les diverses petites rues de la vielle ville, en passant par les différents ponts, dont celui construit par Gustave Eiffel, et qui est assez particulier, quel contraste avec l'aspect médiéval de la ville !

Quelques adresses maintenant !

Pour le gouter

Forn Del Pi J'ai déjà parlé du Forn del Pi dans mon précédent carnet de voyage sur Barcelone, j'y prenais mon petit déjeuner. J'y suis retourné cette fois ci pour un délicieux "chocolate"

Biocenter carrer pintor fortuny, 25 On peut aussi y manger, nous n'avons fait que prendre un bon jus d'oranges pressées et une part de gâteau. Le gâteau aux pommes, comme celui au chocolat, est vraiment délicieux. Et le cadre est très agréable.

Planelles Donat Carrer de Cucurulla, 9 http://www.planellesdonat.com/ Pour acheter du délicieux turron, c'est l'adresse à connaitre ! Le turron duro, comme le turron blando (jijona granulado, mon préféré) sont tous les deux délicieux ! Et il y a plein d'autres douceurs à découvrir dans cette boutique !

Pour manger, boire, grignoter...

La pulperia 16 carrer de la mercè Je crois bien que c'est le restaurant que j'ai préféré ! Il y a une salle au fond, mais nous avons préféré nous assoir au comptoir, devant les multiples tapas, trop dur de choisir ! Croquetas, chocos (très tendres), pop a la gallega (poulpes cuits avec de l'huile d'olive et des épices), queso manchego, pimientos, bombes (sortes de boulettes de hachis parmentier)… Tout était délicieux ! Et accompagné d'un clara (bière blonde avec de la limonade, servie à la pression, très frais) pour faire descendre tous ces tapas, ce fut un bon repas ! Attention le soir il y a beaucoup de monde. Par contre en journée c'est plus calme, c'est ouvert tout le temps.

Casa del Agüelo carrer d'avinyo Le serveur, un petit papy, est vraiment très sympathique ! Nous y avons mangé les meilleures patatas bravas de notre séjour, but une très bonne sangria, et le jamon iberico y est délicieux, ainsi que le manchego (par contre le pain était un peu sec)

Cheese me Plaça Jacint Reventos (carrer Argenteria, 51) http://www.cheeseme.org/ Sur la petite place juste à côté de l'église Santa Maria del Mar, ce restaurant propose une cuisine inventive à base de fromage, et de copieux plateaux de fromages, avis aux amateurs ! Ravioles de poires à la ricotta et aux champignons, cannellonis aux fromages servis avec compote de pommes et pignons de pain, chèvre chaud avec purée de betterave… Tout ce que nous avons gouter était très bon. En plus la place est calme, quelques musiciens viennent y jouer un peu de guitare, nous n'avions pas envie de bouger à la fin du repas !

Sur la même place, il y a également un restaurant avec un buffet de tapas, on se sert au comptoir, on garde ses piques, et l'addition est faite à la fin avec le nombre de piques. Les tapas sont des sortes de petits toasts ou sandwichs, très bon parait-il, il va falloir que j'y retourne ! Et juste un peu plus loin, en direction de l'église, le Bubo propose des tapas plus élaborées que ce que l'on trouve habituellement… Pour celui-ci aussi il va falloir que je revienne !

Juicy Jones Carrer Cardenal Casañas (metro Liceu) Juste à côté de la Rambla, ce restaurant végétarien à la déco très colorée et super originale, est vraiment délicieux ! Que se soit pour ses nombreux jus de fruits (et légumes) ou pour ses grandes salades, nous nous sommes régalés !

A Girona

La Tisana Petit restaurant non loin de la cathédrale, avec 4 tables an terrasse (et une grande salle à l'intérieur). Nous y avons mangé une cuisine délicieuse et inventive ! En entrée, salade de chèvre chaud au fraises (et avec la meilleure vinaigrette que j'ai jamais mangé, le jus des fraises se mélangeant dedans) ou salade d'épinard aux pates de fruits, un vrai délice, et en plat un poulet sauce au miel, très tendre, vraiment délicieux ! En dessert, nous avons pris des fraises ("maduixes" en catalan… oui, le menu est en catalan, mais le serveur parle bien sur espagnol, et même anglais)

Voila, il ne me reste plus qu'à souhaiter un bon appétit à tous ceux qui partent prochainement à Barcelone !

Pour les conseils pratiques (concernant les transports principalement), ceux que j'avais mis dans mon précédent carnet de voyage sont toujours d'actualité. Je rajoute juste que si les fenetres de votre chambre donnent sur la Rambla, prévoyez des boule quies !

Ah et une info untile pour les propriétaires de chats et chiens (ou autre animaux tout à fait charmants) à Paris et Région Parisienne : Animado propose des visites à domicile pendant votre absence, des familles d'accueil peuvent également prendre soin de vos animaux. Mon chat a passé lui aussi un très bon weekend !

Et n'hésitez pas si vous avez des questions… En attendant, vivement mon prochain séjour catalan !

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TA
Tasssili 15 years ago · Number6
3 semaines en Norvège – juillet 2009
Récit de 3 semaines en Norvège avec nos 2 enfants de 12 et 14 ans.

Nous sommes revenus enchantés de ce voyage – les paysages sont à la hauteur de leur réputation, avec beaucoup de fleurs … et quelques surprises comme des fruits délicieux (fraises notamment). L’ambiance est très détendue, le confort toujours à la hauteur…

Pas le moindre souci logistique….

Merci à tous les VFistes dont j’ai lu les récits, réponses et blogs ; qui m’ont aidé à préparer ce voyage.

Nous avons aussi utilisé le Guide bleu et le Lonely : j’ai trouvé les 2 très bien et complémentaires.

Tous les sites de l’office de tourisme sont également très pratiques (chaque région possède son site) -> site d’entrée : visitnorway.com. On peut également y commander des brochures qui sont envoyées gratuitement à domicile.

Quelques généralités ci-dessous, qui j’espère aideront de futurs voyageurs….

Le trajet :

La Norvège est un « grand » pays, enfin plus grand que je ne l’imaginais de prime abord et comme nous ne souhaitions pas « trop » rouler nous avons privilégié un trajet « sens unique » et pas une boucle.

Une de nos priorité étant de voir le soleil de minuit et comme nous ne pouvions partir en vacances que courant juillet nous avons commencé notre trajet au « Nord » pour descendre plein sud jusque Bergen.

Oslo a été écarté de notre voyage, étant tout de même assez éloigné de Bergen, ce sera l’occasion d’un autre voyage !!....

Voiture

Nous avons réservé une voiture via Avis – aucun souci. La conduite est très «détendue » ce qui est toujours agréable pour les parisiens que nous sommes….

Les routes sont évidemment en bon état, les pompes à essence fréquentes ….Les tunnels aussi !! Ces tunnels sont assez étroits et peu éclairés, ce qui surprend au début…

La vitesse est limitée à 80km/h, mais comme les routes sont sinueuses, on roule moins vite et avec les pauses photos (nombreuses) … notre vitesse moyenne à été de 55 km/h.

Ferry

Nous avons donc pris de nombreux ferry. J’avais imprimé par avance les horaires – ce qui a été assez confortable, ils sont en général néanmoins assez fréquents. Cf ces sites

On y trouve les prix et les horaires.

http://www.fjord1.no/en/default.asp?page=538

http://ruteinfo.ovds.no/no/velgrute.aspx

http://www.reiseinfo.no/...dex/rutetabeller.htm

Nous avons pré-réservé sur places 2 ferrys : celui de Moskenes à Bodo et de Kaupangar à Gudvangen. Ces ferrys sont assez fréquentés à cette époque de l’année et pour être sur d’avoir le départ souhaité il faut bien venir au moins 1h avant le départ si on n’a pas réservé.

Les ferrys possèdent tous une cafétéria ce qui permet de déguster glaces, gaufres (pour nous) ou saucisses (on n’a pas testé !).

Logement

Nous avions choisi de réserver nos hébergements à l’avance. J’avais réservé par échange de mails aucun acompte ne m’a été demandé, sauf 1 fois. Nous n’avons eu aucune mauvaise surprise. La seule contrainte étant d’arriver avant 18h au logement réservé, ou alors de prévenir par téléphone si nous arrivions plus tard.

Nous avons privilégie les hytter (chalets en bois) situés dans les campings. Ces chalets sont très confortables. Le prix détermine le standing : sans eau, avec eau , avec eau chaude ou la totale eau chaude + douche+WC. Dans ce cas ce sont souvent de vraies maisons, vraiment très bien…Ils sont tous équipés de frigo + plaque électrique.

Les équipements collectifs des campings sont très bien, les douches payantes avec des jetons souvent.(10NOK). On y trouve souvent une laverie bien équipée…internet est souvent disponible (1 NOK/min)

Dans les villes, nous avions réservé en auberge de jeunesse (pas de limite d’âge en Norvège !). Il existe parfois des chambres familiales (avec WC et douche privé) – confort plus basique – moins cher que l’hôtel évidemment, bien que je n’ai pas trouvé le rapport qualité / prix extraordinaire….

Les campings étaient globalement pleins – sans réservations il faut surement arriver « pas trop tard » pour avoir une place - ceci dit il y a vraiment beaucoup de campings , les Norvégiens semblent apprécier ce mode de vacances.

Le temps

Nous avons été plutôt gâtés, ensoleillé sauf 3 jours couverts et 1 jour franchement pas beau…ce qui est donc tout à fait correct. La température a tourné autour de 15°voire 20° avec le grand soleil – cela a été parfait pour nous.

Le détail des 3 semaines

10 juillet : Paris - Bodo

Départ pour Bodo via Oslo sur SAS. L’avion est parti en retard (comme toujours ?), nous avons donc loupé la correspondance à Oslo. Nous avons été transférés sur le vol suivant sans pb. Une remarque : toute nourriture (yc boisson) est payante sur les vols SAS (nous étions donc venus avec nos sandwichs)

Nous retrouvons avec plaisir la lumière du nord qui je trouve donne des nuances « pastels» du plus bel effet. L’arrivée sur Bodo entourée de sommets enneigés nous met tout de suite dans l’ambiance.

On a réservé dans un hôtel pour notre première nuit.

Nous achetons des sandwichs et nous nous promenons sur le port et dans la ville pour profiter de cette lumière si particulière. A 11h du soir, il fait encore grand jour… un vrai plaisir

Logement : Clarion hôtel

un peu luxe, mais le petit déjeuner sera à la hauteur, les enfants nous en re parlerons régulièrement.



ville de Bodo

11 juillet : Bodo – Ulvsvag ; 218km

Ce matin, visite du musée de l’aviation. Il ravit mes hommes. De nombreux avions (étrange non ?!!!) sont présents, des expériences intéressantes et une reconstitution d’une tour de contrôle qui permet de profiter d’un beau panorama sur la ville et ses environs. On a bien dû y passer pas loin de 2h.

Ensuite, nous faisons nos courses dans notre premier supermarché norvégien… découvrons les rayonnages de tubes divers… et commençons notre cure de saumon !! trop dur les vacances …

Puis direction plein nord…arrivée à Ulvsvag au bord d’un lac. La vue est très belle …

Nous avons une très jolie hytte, toute petite mais pleine de charme.

Et nous comprenons pourquoi toutes les constructions sont encore en bois, cette matière retient vraiment bien la chaleur …nous aurons souvent très chaud dans ces hytter.

Logement : Ulvsvag Gjestgiveri (qui fait camping + auberge)



12 juillet: Ulvsvag – Sto (Ile Vesteralen) ; 138 km

Aujourd’hui le voyage commence vraiment : nous allons prendre notre premier ferry !

Il y a 1h de ferry entre Bognes et Lodingen. Le temps est magnifique et nous admirons les sommets des Iles Vesteralen avant de débarquer.

Notre route se poursuit – nous pique niquons au bord d’un petit lac – les enfants en profitent pour se baigner, le temps est vraiment clément.

Nous arrivons au petit port de Sto.

Je pensais que notre hytte allait être rudimentaire mais en fait à la place d’une hytte nous avons tout le 1er étage d’une maison ; qui est habitée le reste de l’année mais libérée pour les touristes de juillet… c’est vrai que c’est un peu le rush (enfin en restant au niveau de la Norvège , donc assez relatif). Nous avons donc 3 chambres, des pièces immenses, une superbe télé…

Nous passons à l’artic whale tour pour s’assurer que notre sortie de demain (baleine) est bien réservée.

Nous partons ensuite en ballade sur le chemin de la Reine (départ juste avant le sto bobil camp) – après environ ½ h nous arrivons sur une belle plage (Skipssanden) , où il n’y a que nous…le chemin longe la cote, nous voyons qq moutons.

La flore est très belle aussi

Logement : au Sto Bobil camp



route au Vesteralen





plage Skipsanden

13 juillet : Sto

Sortie baleine toute la journée. Le départ est vers 10h et le retour vers 16h.

Elle s’effectue sur d’anciens bateaux de pêche qui sont maintenant utilisés pour ces sorties en mer. Plusieurs étudiants scientifiques servent de guides. Nous nous étions pas mal couverts pour cette excursion en mer, mais le temps est particulièrement clément (23° au départ !) nous aurons plutôt trop chaud. A bord le café est à volonté , et une soupe de poisson est servie sur le retour…

Nous longeons une colonie de macareux, de cormorans. Voyons quelques phoques.

Puis nous arrivons sur la zone ou se trouvent les cétacés : ce sont des cachalots que nous verrons. Ils sont très impressionnants et prennent la pose pour les photos …

C’était une des grandes attentes de ce voyage et nous ne sommes pas déçus !





Ce soir nous admirons le « vrai » soleil de minuit… c’est une vraie émotion. Le port est encore plein de vie, les mouettes crient , plusieurs personnes se promènent – tout le monde semble attiré par cette lumière qui ne se couche pas …c’est une ambiance vraiment particulière.



les belles couleurs du soleil de minuit



14 juillet : Sto – Reine (Iles Lofoten) ; 260km

Nous avons atteint le point le plus au nord de notre voyage et amorçons notre descente vers le sud.

Nous retraversons cette ile des Vesteralen dans des paysages toujours magnifiques, puis prenons le ferry Melbu- Fiskebol pour rejoindre les Lofoten.

Visite du musée viking du Lofotr Museum. Nous trouvons ce musée intéressant : reconstitution d’intérieur et panneaux explicatifs bien faits. Des guides sont prêts à répondre à toute question. Des bateaux vikings sont également reconstitués et trônent devant des montagnes superbes (ce qui donne l’occasion d’une petite ballade pour les rejoindre)… on y passe bien 1 h½ .

Dans la plupart des musées des tarifs Family existent (2adultes + 3 enfants) mais ils sont avantageux dès 2 enfants.





musée Viking



Après avoir longé des montagnes qui tombent de manière vertigineuse dans la mer ; on arrive au village d’Hamnoy, où nous rejoignons notre rorbu.. Les rorbu sont des maisons de pêcheurs … qui ont maintenant pour la plupart été transformées pour accueillir les touristes. Les Iles Lofoten ont pendant longtemps vécues uniquement de la pêche à la morue

Logement : Elliassen Rorbuer

Très confortable, avec une très belle vue sur le port…et ses mouettes. Accueil très sympathique



la vue depuis notre rorbu



15 juillet : Reine , 30km

Aujourd’hui c’est grasse mat’ pour les ados…

Néanmoins, le matin tour en barque (à rames mise à disposition gratuite, c’est payant avec un moteur) dans la baie ; nous regardons les oiseaux, méduses , …



goéland et ses petits

L’après-midi, nous allons jusque Å (prononcer o) dernière ville de l’archipel, charmant port… nous visitons le musée de la pêche, c’est en fait plusieurs maisons du village qui forment le musée… bien.

Nous marchons un peu le long d’un lac (chemin à droite juste avant le dernier tunnel de la ville avant le parking) – c’est sympa ; des campeurs s’installent pour le nuit. Avec plus de temps nous aurions pu faire le tour du lac ..

Depuis ce matin le temps s’est couvert et malheureusement, pendant 3 jours, nous ne reverrons plus vraiment le soleil… nous n’aurons vu les Lofoten sous le soleil que le soir de notre arrivée…

A l’auberge, internet est accessible (20 NOK la 1/2h, je crois) on en profite pour réserver l’heure du ferry de retour, il n’y a plus de place sur celui de 10h ; celui du 6h nous semble vraiment trop tôt ! on réserve donc sur celui de 14h ; il faudra donc se dépêcher pour rejoindre notre étape suivante.



séchoir à morue



16 juillet : Reine ; 57km

Aujourd’hui excursion à la plage de Bunes.

Nous prenons un petit bateau à Reine qui dépose les passagers de l’autre coté de la baie, où après environ 1h de marche on se trouve sur une superbe plage entourée de montagnes …

Ce petit bateau apporte aussi les courses pour les quelques maisons qui se trouvent là…quelle vie isolée de tout …

Une trentaine de touristes se trouvent à bord, mais l’espace est tellement grand que, une fois débarqués, on ne se gêne pas … nous pique niquons sur la plage – admirons les oiseaux…

Mais comme il ne fait pas bien chaud nous sommes contents de reprendre le bateau dans l’autre sens (il ne fait la navette que une fois par jour)

Notre fils ainé qui n’a pas voulu trop se couvrir (ah ! ces ados !!) toussera ensuite pendant 10 jours, ce qui nous permettra de visiter les pharmacies norvégiennes …

Nous déposons les enfants au rorbu et partons voir les plages un peu plus au nord : Ramberg et Fredvang. Le temps est vraiment couvert voir pluvieux, … avec le soleil cela doit être nettement plus joli. J’aurai souhaité voir le soleil de minuit et pique niquer sur cette plage mais le temps n’a pas été de la partie…

Nous retrouvons donc le cocon de notre rorbu avec plaisir.





17 juillet : Reine – Halsa ; 206 km

Journée de transfert.

Nous prenons donc le ferry de 14h pour rejoindre le continent (Moskenes – Bodo , 3, 5 h de traversée) – bateau sans grand charme.

Grande course de ravitaillement à Bodo , puis direction la RV17 – route touristique qui longe la cote.

Cette route est vraiment très belle – mais à faire par beau temps, sinon autant prendre la route E6.

En l’occurrence, le temps est assez mitigé – au début cela permet de faire de belles photos avec des effets de lumières (comme on dit) mais à l’arrivée c’est carrément le déluge et on ne voit pas à 20m…Ce sera une des 2 seules nuits où on mettra un léger chauffage.

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Logement : Furoy camping

La hytte est très confortable avec une belle vue sur le fjord



le départ des Lofoten



la route Rv 17



notre hytte au Furoy camping

18 juillet : Halsa ; 31 km

Excursion sur le glacier Svartisen

On devait faire une excursion avec un guide pour marcher sur le glacier mais celle-ci a été annulée.

On ferra donc l’excursion tout seul – mais sans marche sur la glace (on restera prudent)

On prend un petit bateau à Holand qui nous dépose de l’autre coté du fjord. Puis marche jusqu’au pied du glacier (on peut aussi louer des vélos pour se rapprocher, mais bon – pas indispensable).

Le soleil s’est levé et est éclatant.

On pique nique en route , – l’eau du lac au pied des glaciers a une couleur merveilleuse , un bleu clair profond. La montée est assez raide, il y a même des chaines pour aider à monter.

Nous sommes contents d’être au pied du glacier – de voir le bleu intense de la glace.

Cette ballade nous prend toute la journée.



19 juillet : Halsa – Mo I Rana ; 153 km

La journée commence par le ferry au pied de notre camping – toujours un plaisir

Puis nous prenons un autre ferry (1h) qui nous permet de passer le cercle polaire (matérialisé par une construction sur la rive).

Nous longeons donc la Rv 17 – les pauses photos sont nombreuses.



Nous visitons les restes du fort allemand Gronsvika, il ne reste pas grand-chose mais la vue est superbe, c’est gratuit et intéressant . Le Nord de la Norvège a beaucoup souffert pendant la 2nde guerre – les villes ont été beaucoup détruites.

Arrivée à Mo I Rana , cette ville nous surprend – les rues sont très larges et bordées de belles maisons en bois avec petit jardinet …enfin loin de l’idée d’une ville à notre échelle ; on a un peu de mal à se repérer…

Sur les conseils de l’office de tourisme on va pique niquer le soir sur une petite plage au sud de la ville – vraiment sympa. Il y a mêmes des baigneurs …

Logement : Mo Hotel et Gjestegaard

L’hôtel est assez cosy (on a une grande chambre pour 4) ; mais le petit déjeuner sans plus.

20 juillet : Mo I Rana – Vesterbrukt ; 169 km

Ce matin, visite de la grotte Gronligrotta à 25 km au nord de la ville – vantées par nos guides 2* au guide bleu !. Une grande déception – sauf à n’avoir jamais vu une seule grotte de sa vie, cela ne mérite vraiment pas un détour.

Ravitaillement à Mo I Rana , on repique nique sur la plage de la veille au soir puis continuation vers le sud.

On quitte la E6 pour la rv 806 : un léger détour mais vraiment de beaux paysages.

La route se transforme en route gravillonnée – les indications sont plus sommaires et on devra faire demi tour s’étant trompé de route un moment (on a même sorti le GPS pour faire boussole !!) – comme on ne s’y attendait pas on a été surpris et jusque’au bout on se demandera si on était sur la bonne route …

Logement: Vesterbukt feriehytter

Notre hytte est située le long de cette route … en fait c’est une vraie maison (il y en a 4) au sein d’une ferme – très isolée … sauf des mouches !

On passe néanmoins une bonne nuit. Des barques sont à disposition…

21 juillet : Vesterbukt – Nammskogan ; 157 km

Nous souhaitions voir les animaux arctiques et pour cela le Parc de Nammskogan est parfait. C’est le principe d’un zoo – les enclos sont néanmoins très grands – nous avons été contents de cette visite

Et ainsi on a vu des élans !! (ainsi que des ours – renard – lynx et loups).

Le parc possède aussi quelques attractions mais plutôt pour des enfants de moins de 10 ans.

Logement : Nammskogan hotel

Faute d’avoir trouvé mieux, nous dormons au camping du parc, ce n’est pas très charmant (ni économique) mais c’est pratique !



22 juillet : Nammskogan – Trondheim ; 261 km

Sur la route, nous visitons le site de Bolarein : des gravures rupestres datant de 6 000 ans sont gravés sur des rochers, à même le sol. Cela donne l’occasion d’une belle ballade en forêt, nous faisons tout le tour du site, belle vue sur le lac…





belle vue de puis le site de Bolarein

Arrivée à Trondheim, 3° ville du pays certes mais qui reste encore très agréable – jolies maisons en bois, rues larges, boisées. Nous trouvons cette ville très agréable.

Quelques péages avant d’arriver dans la ville, il faut donc avoir de la monnaie (ce sont des automates)… on a du payer 2 fois 15 NOK.

Ce soir ce sera resto : « Pepes pizza » ; prêt du pont célèbre de la ville. Intérieur bien décoré et bonne pizza.

Logement : Trondheim Vandrerhjem Rosenborg (Auberge de jeunesse)

Confort assez spartiate (une chambre avec 2 lits superposés en fer) après nos hytter si confortables, cela change. Mais l’emplacement est pratique et nous permettra de visiter la ville à pied. Et internet est en accès libre.

23 juillet : Trondheim

Nous commençons la visite de la ville par le fort qui domine la ville – sans l’avoir fait exprès on se retrouve entrainé dans la visite guidée (on est 8 en tout !) qui est très intéressante sur l’histoire de la ville, ce fort du 17°s. fut construit pour protéger la ville des attaques suédoises.

Puis on redescend de la colline …on se promène … mes fils tombent sur une boutique qui vend des articles japonais (manga- en anglais ! et autres objets…) un vrai bonheur !! on ressort avec plusieurs articles !

Nous visitons aussi la cathédrale (gothique anglais)…personnellement on ne l’a pas trop appréciée …Elle est dédiée à St Olav (1er roi de Norvège).

Il fait très beau et chaud …nous dégustons des glaces au bord de l’eau…



le fort de Trondheim



24 juillet : Trondheim – Kristiansund ; 227 km

Route jusque Kristiansund . Petite ville sans beaucoup de charme.

Bon - pas la journée la plus marquante…

Logement : Atlanten Motell et camping

Un peu excentré et sans charme, sanitaires un peu vieillissants.





maisons à Kristiansund

25 juillet : Kristiansund – Andalnes ; 186 km

Nous quittons Kristiansund avec 20 min de ferry. Nous faisons un détour pour voir la Stavkirke (église en bois debout) – pas très jolie de l’extérieur mais l’intérieur est bien décoré. Nous sommes contents d’avoir vu notre 1ère église en bois de Norvège.

Nous poursuivons par la fameuse « route de l’Atlantique » - 8 km de route qui saute d’ilots en ilots…Le temps est très couvert, la vue est donc assez bouchée, cette route a du coup un coté lande écossaise dans la brune…nous nous arrêterons quand même à chaque parking pour profiter de la vue ( ?? est ce le bon terme ??) – sous le soleil cela doit être tout autre chose…

Il y a une certaine affluence sur cette route, on se rend compte que l’on se rapproche des lieux plus touristiques de la Norvège…

Nous ne prenons pas la route la plus directe pour aller vers Molde mais faisons un détour pour passer par le village de Bud. Au début de cette route, très belle plage de sable, où nous passons quelques temps, l’occasion de bataille « viriles » pour mes hommes…

Les paysages sont très beaux – sauvages…Au village de Bud, grande colonies de sternes arctiques, nous regardons leur ballet aérien un moment…

Un tunnel souterrain et une traversée en ferry plus tard, nous arrivons à notre camping. Le temps bien que menaçant nous permet de faire un minigolf puis ce sera grande pluie (ce sera la 2° et dernière nuit ou nous mettrons du chauffage). En plus, cette hytte n’a ni eau , ni douche , WC … ce n’était pas le meilleur jour pour avoir un confort plus spartiate …

Logement : Mjelva camping

Au pied des montagnes – bon confort



la route de l'Atlantique



sterne arctique

24 juillet : Andalnes – Geiranger ; 95 km

Ce matin, nous devons emprunter la route des trolls, fameuse route de montagne en lacets…impressionnante certes… mais le temps n’étant toujours pas très clément, arrivés au sommet nous aurons une superbe vue sur … une mer de nuage…

Bon c’est comme cela…

De l’autre coté de la vallée, le temps s’améliore et nous finirons la journée sur le soleil. Heureusement, car la descente sur le fjord Geiranger par la « route des aigles » est vraiment très belle.

Nous sommes dans la région des fraises et framboises, des échoppes au bord des routes permettent d’en acheter. Ces fruits sont absolument excellents, je n’ai jamais mangé d’aussi bonne fraises.

Nous déjeunons à l’auberge Jordbaersvona, une très bonne adresse, au bord de la route avant Linge. Les fraises y sont succulentes et je mange un plat de morue très bon aussi. C’est l’anniversaire de notre fils ainé aujourd’hui, nous avions prévu restaurant ce soir, mais finalement nous nous sommes arrêtés à cette adresse (enfin conseil du Lonely) et ce fut un bon moment.

Nous arrivons donc à Geiranger, petit port très touristique mais situé au fond d’un fjord vraiment majestueux (ceci explique cela !).

Les enfants souhaitent rester au camping et nous partons donc faire à 2 une croisière de 1h 1/2 sur le fjord , .. c’est bien

Nous avons une hytte qui offre une superbe vue sur le fjord.

Logement : Vinje camping

Bien – en retrait de la ville sur les hauteurs.



Geiranger fjord

27 juillet : Geiranger – Innvik ; 150 km

La route qui repart de Geiranger domine le fjord, c’est vraiment superbe. Nous prenons la route payante (80 NOK par voiture) qui monte au sommet Dalsnibba – 1 600 m. La vue est de plus en plus belle. Au sommet plusieurs plaques de neige, les enfants font des batailles de boules de neige …Cela vaut le coup.

Nous redescendons et empruntons la route la route Rv 258 – Gamle Strynefjellsvegen. Ce qui représente un certain détour mais tout à fait justifié. Cette route (non goudronnée) serpente dans des paysages très sauvages avec des lacs d’une couleur turquoise superbe. Nous pique niquons dans ce superbe décor avec plaisir …la température est à 11° …mais avec le soleil…c’est que du bonheur !

Nous redescendons dans la vallée vers Styrn , longeons le fjord jusque Innvik. Les montagnes se reflètent dans l’eau – paysage attendu , mais néanmoins très beau.

Logement : Vinking camping

Sans plus mais proche du fjord (route entre les deux) – un de nos fils se baigne dans le fjord.



Rv 258

28 juillet Innvik – Sogndal ; 120 km

Nous coupons au plus court pour rejoindre Sogndal.

Nous nous arrêtons visiter le musée des glaciers, on ne le trouve pas passionnant , les panneaux situés sur les points de vue au bord des routes en apprennent tout autant sur les glaciers. Seul intérêt, reconstitution d’une « marche » sous un glacier…

Cette route est payante (180 NOK) – on n’a pas le choix de toute façon…

Arrivée à la hytte réservée à Sogndal.

Comme ce n’est pas un camping, il n’y a pas de laverie, je demande au propriétaire s’il existe une laverie en ville … il me propose de laver mon linge chez lui, vraiment sympathique.

Nous faisons un tour dans la petite ville – peu de charme . Nous passons à l’office de tourisme et réservons notre ferry pour Kaupangar – Gudvangen.

Logement : Loftesnes Hytter

Groupe de 6 hytter situées au bord du fjord (mais aussi entre la route et ce même fjord) le cadre n’est donc pas top – même si le confort est bon.

29 juillet : Sogndal ; 191 km

Nous prenons le ferry à Fodnes et empruntons la route touristique dite « route des neiges » qui monte au sommet des montagnes…beaux paysages toujours (mais nous sommes moins emballés que par la Rv 258) – des plaques de neige sont bien présentes….

Nous arrivons à Aurland, très belle vue sur le fjord. Nous pique niquons sur la petite plage de la ville.

Pour retourner, nous empruntons le tunnel « le plus long du monde » 24, 5 km, soit 20 min de tunnel… pour déstresser les passagers tous les 6 km, le tunnel est élargi et éclairé en bleu (pour reconstituer l’intérieur d’un glacier ) …c’est rigolo, cela fonctionne bien…

Nous continuons après Laerdal pour aller voir l’église en bois de bout de Borgund, vantée par tous les guides, . Elle est à voir vraiment, elle date encore entièrement de 12°s…c’est émouvant.

Au retour nous prenons le temps de déambuler dans la ville de Laerdal , plein de maisons en bois parfois anciennes.

Puis retour à notre hytte …



Fjord Aurland



pause du tunnel "le plus long du monde "



église de Borgund



belle maison à Laerdal

30 juillet : Sogndal

Aujourd’hui ce sera break. En fait la journée d’hier a été plus longue que je ne croyais et les enfants souhaitent faire journée pyjama…

Ce sera donc jeux, et télé (série américaine en VO , on n'aura pas tout perdu…)

31 : juillet : Sogndal – Bergen ; 168 km

On va donc prendre le Ferry à Kaupangar, le trajet jusque Gudvangen ( 2 h ½ ) étant censé faire office de croisière via notamment le fjord « le plus étroit de Norvège» …

Le ferry (assez petit) est d’ailleurs bien aménagé pour cela.

Le temps se gâte rapidement et comment dire … la vue sera plus que bouchée…on ne voit même pas le sommet des montagnes.. il pleut …bon pas terrible !!

Heureusement à l’intérieur il fait chaud, on mange des gaufres avec de la confiture de fraise et de la crème …on se console comme on peut !



Arrivée à Gudvangen, le soleil se lève, on s’arrête voir une très belle cascade…puis direction Bergen, dernière étape de notre voyage.

A l’abord de la ville, il existe des péages « par radar » - pour les voitures de locations c’est compris dans le prix. pas besoin de s ‘inquiéter pour payer (ce qui est possible dans certaines stations services).

Logement : Montana Vandrerhjem (auberge de jeunesse)

Simple – excentré du centre ville mais très belle vue sur la ville, un bus permet d’aller en ville très facilement. (il n’ya vraiment rien autour, prévoir ses courses, l’auberge vend aussi de bonne pizza si besoin)

Accueil très sympathique

1 aout : Bergen

Nous prenons le bus pour rejoindre le centre ville.

Bergen est une assez grande ville, après nos 3 semaines assez nature , on a un peu de mal – Un peu trop de touristes à notre goût (dont nous aussi c’est sur !! mais bon…)

On visite le musée sur La ligue hanséatique sur le port qui permet de se rendre compte de l’intérieur des maisons à cette époque (ou La ligue , association de ports nordiques qui dominait tout le commerce du Nord du 12 au 17°s.) : très intéressant.

On déambule sur le fameux marché touristique, qui vend tous les souvenirs possibles dont différents poissons, crevettes… On achète quelques sandwichs pour le soir.

Nous décidons l’après midi d’aller à l’aquarium, assez vanté par les guides. Les installations sont vieillissantes, quelques pingouins et petits phoques tournent dans de petits bassins, pas mal de poissons évidemment aussi – ne mérite pas une visite.

Le chemin du retour jusqu’au centre nous permet de traverser des quartiers de maisons en bois, moins touristiques - assez joli.

Retour au calme de notre auberge de jeunesse pour notre dernière nuit.



2 aout : Bergen – Paris ; 30 km

Notre avion est seulement dans l’après midi. Nous passons visiter l’église en bois debout de Fanfoft. Cette église a brulé récemment et a été entièrement reconstruite en bois avec les techniques de l’époque, intéressant.

Nous visitons près de l’aéroport un jardin botanique, assez bucolique avant le retour sur Paris et l’occasion de voir un dernier petit port Norvégien avec ses maisons si typiques…

Retour sur Paris via Copenhague – pas de souci.

L’aéroport de Copenhague est immense et très luxueux, les prix y sont particulièrement élevés…

Au final, 2 850 km de parcourus

Budget :

De l’ordre de 6 000 € pour nous 4 pour 24 jours, « tout compris »

Ce n’est qu’un ordre d’idée ; le fait de ne pas faire une boucle augmente le prix (billet d’avion moins intéressant et frais de plus sur la voiture)

Nous avons plutôt pris des logements confortables, sur ce poste on peut faire moins cher…

Avion 1 350 €

Voiture : 1 500 €

Logement 2 500 €, une moyenne de 100 € par nuit

Ferry : 380 €

Bon voyage à tous !
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LE
Leonlemay 15 years ago · Marilu91
L'Espagne et le Portugal: un émerveillement
RÉCIT DE VOYAGE EN ESPAGNE ET PORTUGAL

par Léon A. Lemay Partie 1Intro Septembre 2007, nouveau séjour en Europe. Cette fois : Le Portugal et l’Espagne. Je connais très peu l’Espagne pour n’y avoir séjourné qu’une fois. Le Portugal m’est encore inconnu. Certes, on peut vivre sans connaître la péninsule ibérique mais je veux ajouter dès maintenant ces pays à ma collection. Pourquoi cette partie de l’Europe ? Pour parodier Sir Edmund Hilary à qui on demandait pourquoi vaincre l’Everest, ce sommet de l’Himalaya ? : « Parce qu’il est là » aurait-il répondu.

Le service sur Suisse Air est impeccable. D’abord un choix d’apéro, de Perrier à cognac servi avec un bon chocolat suisse évidemment. Puis une autre décision difficile, pâtes ou poulet, avec vin ou autres breuvages. Écran individuel, hôtesses et stewards des plus affables, deux voisins Guylaine et Laurent qui feront aussi la même virée, ça commence bien. L’envolée vers Zurich prendra près de sept heures à l’aller mais huit heures vingt au retour. À Madrid, Rosa, notre guide de l’Agence Allambra choisie par Tours Chanteclerc nous attend. La cinquantaine, bonne expérience à cette fonction, belle culture historique, français difficile mais bien agréable malgré un accent terrible, terrible. Madrid Enfin, nous voici à l’Hôtel Castalonia-Gaudi. C’est la première occasion de rencontre des trente et un (le un, c’est moi) compères et commères qui vivront ensemble cette expérience de tour organisé. La plupart sont des retraités avec moult expériences de voyage apprendrai-je au fil des jours par des allusions aux différences et ressemblances avec le Vietnam, la Chine, le Brésil ou Haïti pour moi. Les couples plus jeunes sont des travailleurs en vacances. Tous m’apparaissent sympathiques a priori. On vient de tous les coins du Québec, notamment Québec, Ste-Hyacinthe, Huntington, Lotbinière et le grand Montréal. Deux couples de Franco-Ontariens sont aussi des nôtres.

L’hôtel est luxueux comme d’ailleurs le seront tous les autres établissements offerts par notre Tour-opérateur. Une heure ou deux de sommeil pour me remettre d’une longue veille et je m’empresse d’aller visiter le fameux musée Prado situé tout près de l’hôtel. La ville de Madrid est très représentative des autres grandes capitales européennes que je connais : des parcs, des monuments et, beaucoup de circulation. Je me réjouis de voir autant d’arbres le long des boulevards, surtout des platanes au tronc ressemblant au costume de camouflage des militaires, Les Madrilènes sont calmes, courtois et propres. Beaucoup de touristes aussi avec sacs à épaules et appareils photos qui, en couple, qui, en cortège suivent la guide à drapeau.

Le Prado est immense. Et vieux. Il aurait grandement besoin d’une cure de rafraîchissement mais d’abord un bon nettoyage tant à l’interne qu’à l’extérieur. Mais n’est-ce pas le contenu qui compte d’abord ? Sa collection, l’une des plus importantes au monde, réunit les œuvres de tous les âges, de nombreux pays, de tous les genres. Évidemment les artistes espagnols sont les mieux représentés à la pinacothèque avec Goya, Le Greco, Vélasquez et Murillo. Faute de temps, je n’ai pu me rendre aux peintres modernes comme Dali, Picasso et Miro. Mais j’ai admiré des œuvres de génies comme Titien, Le Tintorêt, Van Dyck et tant d’autres dont on retrouve les illustrations dans tout bon dictionnaire. Celui qui m’a le plus frappé est Raphaël, ce collègue de Michel-Ange, tant dans ses petits formats que dans d’immenses toiles à motifs religieux.

Mais où s’en va l’art ? Dali, Picasso et Miro sont morts. Et moi, je ne me sens pas tellement bien, me faut-il avouer !

En matinée du lendemain, un grand tour de Madrid. Au-delà des places fleuries, des monuments équestres et des fontaines où l’eau jaillit en cascades sur un rythme flamenco, ce qui séduit le touriste est le faste des devantures de commerces et résidences sur les grands boulevards. Les fenêtres sont couronnées de festons en forme de guirlande et les toits, de colonnades, de dentelles de pierre ou de personnages mythiques voire même au faite d’une banque j’ai vu un char romain avec attelage de chevaux qui semblent s’emballer sous le fouet de gladiateurs. Et combien de caryatides au drapé révélateur et de guerriers à la pudeur protégée par une feuille de vigne ! Je crois que c’est l’ensemble de ces détails qui fait la beauté d’une ville. On dirait que, ici, on s’impose d’ajouter l’esthétique à la froideur grisâtre de la pierre.

Mais, ce qu’il y a du monde en soirée ! On se dirait à la sortie d’un spectacle au Centre Bell. En groupe de 5 ou 10 ou davantage, on parle, on rit, on circule, on vit. Ici et là, on prend une glace. En fin d’après-midi, il est trop tôt pour les travailleurs de rentrer à la maison. On prend donc une bière ou un vin accompagné de tapas, ces délicieux canapés ou encore quelques pointes de pizza qui permettront d’attendre le souper servi après 21h. si non plus tard Ces apéros consommés aux bars et terrasses de tous les centres ville d’Espagne font partie de la culture locale. La température est fantastique soit de 28°en après-midi à 23° en fin de soirée. Vers 22h, on renouvelle l’apéro qui sera suivi d’une paella ou d’un poisson au nom fort exotique ou d’un des 100 choix au menu de tous les restaurants. Partout, du bon vin, j’en atteste. À minuit, toujours autant de bruit dans les rues. On dit qu’il n’est pas indiqué d’arriver dans un bar avant 23h. Tolède Bonne décision d’accepter, après hésitation, la sortie facultative vers Tolède. Ville médiévale et, pour un temps, la capitale de l’Espagne, cette petite ville construite en montagnes respire le calme et la paix. Les rues sont étroites et toutes en pentes. Les maisons sont basses, modestes et souvent regroupées à la mode arabe autour d’une petite cour où des plantes conservent une certaine fraîcheur. Beaucoup de couleurs surtout à cause des mille géraniums aux fenêtres. C’est l’après-midi, les rues sont quasi-désertes, les boutiques, en sieste. Est-ce l’euphorie de ce début de voyage : je ressens une joie de vivre toute méditerranéenne ?

De retour à Madrid, une longue marche au centre-ville permet de vraiment découvrir la qualité de vie en pays castillan. Le coût de la vie est cher surtout depuis l’avènement de l’euro. On nous met en garde contre les pick pockets et les gitans. Dès 20h, sur l’une des rues principales, une trentaine de prostituées offrent leurs services aux centaines de passants qu’elles ne semblent pas déranger outre mesure. Elles font partie de la vie du milieu. Quelques-unes me sollicitent du regard mais elles me font plus pitié qu’envie. Je prendrai plutôt le dîner avec trois sapeurs-pompiers suisses dont l’un m’annonce adorer le Québec où il est déjà venu. Où ? À Saint-Louis dans la province du Missouri ! Ma relation avec les partenaires Déjà le 8 septembre, l’anniversaire de Nicole, ma douce comme je l’appelle. Je parle souvent d’elle car nombre de mes co-voyageurs s’étonnent de son absence même si certains ont constaté qui j’utilise souvent l’Internet à son adresse. J’ai aussi consulté deux d’entre elles dans l’achat d’un bracelet. La référence à sa polyarthrite répond aux interrogations verbales ou souhaitées. J’aimerais devenir copain-copains avec plusieurs de mes collègues voyageurs plus jeunes mais dois-je constater à mon désarroi, ma crinière blanche me voue davantage de respect que d’amitié. Je déteste souper en solitaire mais me retiens de m’imposer à qui que ce soit. J’attends les invitations ou encore je choisis les tables à couverts multiples où j’ai ma place sans devoir quémander. Aussitôt au sein d’un groupe, je deviens me semble-t-il, le centre d’intérêts car je suis très verbal, parfois drôle et toujours intéressé à entendre mes partenaires parler de leurs intérêts.

Ce soir, je soupe avec Mireille et Guy, Micheline et Pierre ainsi qu’avec « Bibi » l’aînée du groupe. Micheline raconte avec enthousiasme son mariage récent et la grande noce qui a suivi. Les Vachon sont très discrets mais fort sympathiques. Quant à Bibi, notre belle grand-maman, elle ose tout en rougissant, raconter une p’tite histoire osée. On s’amuse. L’Escurial Une autre belle journée de découvertes s’amorce à l’Escurial, une résidence d’été pour je ne sais plus quelles familles royales. Résidence d’été seulement compte tenu de la fraîcheur du site et non le palais de leurs majestés. Le siège officiel de la royauté est au Palais Royal de nos jours bien que le roi n’y habite pas. Avec sa famille, il a sa résidence privée sur des terres sises à quelque vingt km de Madrid. Cette région située au nord-ouest de la capitale est la plus élevée de l’Espagne. Il y a de la neige et du froid pendant leur court hiver. On y fait même du ski. Au temps des cathédrales comme dit Plamondon, les gens avaient froid dans leurs maisons non chauffées et encore plus dans les grands palais.

Selon notre guide local, un jeune historien fort cultivé, la suite des rois de l’époque comprenait quelque 3000 serviteurs soit 1200 rattachés au roi et autant à sa conjointe. Quelque 600 autres s’occupaient des enfants. Il fallait donc loger et nourrir tout ce monde d’où la grandeur des installations aujourd’hui converties en centre administratif pour le gouvernement et en locaux universitaires. À l’Escurial, un pavillon était réservé aux visiteurs étrangers venus de l’une des possessions espagnoles en Amérique du Sud, aux Philippines, au Mexique ou autres colonies. Ces hommes d’affaires ou militaires ou ambassadeurs pouvaient attendre des semaines pour obtenir une audience ou même une seule signature sur un traité, une concession ou un projet d’implantation ou d’exploration ou de conquête militaire.

Connexe à la résidence royale, un immense monastère a été élevé en hommage à San Lorenzo. Il est remarquable notamment par la hauteur de sa voûte centrale et la richesse de sa décoration de fresques, de tapisseries de Goya, de peintures de Vélasquez, de Greco et de peintres flamands. D’une fenêtre dissimulée aux regards des autres participants, la famille royale pouvait assister à la messe sans être vue des clercs et notables qui occupaient la nef. Dans toutes ces églises du Moyen-Âge, le peuple, ces simples roturiers, était confiné derrière un mur à l’arrière de l’église d’où il ne pouvait qu’entendre l’office religieux.

Encore aujourd’hui, quelque cinquante moines exercent leur ministère à San Lorenzo, surtout en éducation et sans doute en recherches bibliques si on se fie à l’importance de la bibliothèque où se retrouvent notamment de gros volumes bien archivés produits localement depuis le temps de la contre-réforme. Une pièce de ce complexe immobilier est remarquable, la nécropole. Tous les rois et reines de l’histoire espagnole et leurs enfants qu’on appelle infantes et non princes ou princesses, y ont leur sépulture. Le tombeau du roi actuel est préparé même si le corps devra attendre un « purgatoire » de vingt-cinq ans après sa mort avant d’y être enseveli.

Les changements climatiques L’Espagne souffre beaucoup du réchauffement de la planète. Il n’y pleut presque plus. On a connu une canicule de plus de 40° cet été dont trois jours de plus de 48° dans la région de Granada. Les green peace locaux prétendent même que dans moins de vingt-cinq ans, une importante partie de son territoire deviendra désertique. Déjà les cultures et l’élevage subissent l’effet des sécheresses. Or, l’Espagne est d’abord un pays agricole ! C’est toute l’économie du pays qui doit désormais compter avec ce phénomène.

Salamanca Un autre trou dans ma culture : je ne connaissais pas Salamanca, la capitale du nord de l’Espagne. Ville universitaire de quelque 120,000 habitants, elle ne compte aucune industrie autre que le tourisme et l’éducation. Deux universités dont l’une, laïque, accueille 30 000 étudiants et l’autre, dite pontificale avec sa charte romaine, 10 000. Ce centre éducatif serait le troisième plus vieux d’Europe après les universités de Paris et d’Oxford. Christophe Colomb dit-on, y est venu en 1486 défendre son projet de voyage à la recherche de la route des Indes. Dès 1929, Franco y établit son quartier général par mesure de protection. La proximité du Portugal lui assurait un corridor de fuite au cas où il devrait partir rapidement. Le bien-aimé Jean-Paul II y est aussi venu en 1996 inaugurer de nouveaux locaux à son centre pontifical.

Notre guide local est féru de connaissances historiques, architecturales et artistiques. Grâce à lui, on découvre des merveilles d’ordre technique et esthétique dans la construction et la décoration d’édifices, de places et de parcs, autant de réalisations qui révèlent le génie des artistes, ingénieurs et architectes depuis le Moyen-Âge. Ainsi les deux cathédrales construites comme des siamoises l’une au 11e siècle, l’autre au XVIe émerveillent les touristes. Je retiens notamment le retable de la plus ancienne qui, à partir de 51 tableaux aux cadres dorés et aux illustrations aux couleurs vives de la Renaissance présentent l’histoire de Marie, de son enfance, de sa vie avec Jésus et de son couronnement dans le ciel. En complément dans le dôme du chœur, la grande allégorie du Jugement dernier où Dieu le Père sépare les bons (en robes blanches) des méchants (nus). Ces derniers glissent vers la grande gueule d’un dragon pendant que la Vierge et Saint Jean Baptiste intercèdent auprès du Père pour des malheureux non encore jugés. Que de travail ! Que de magnificence !

Avec quelques collègues dont les sœurs Carmen et Thérèse, nous assistons à une partie de la messe dans la ‘’nouvelle’’ cathédrale. Après vingt minutes, il n’y a eu que la lecture chantée de deux épîtres et de l’évangile du jour suivie d’un interminable sermon lu par l’un des quinze vénérables chanoines. Peut-être parle-t-il encore ! Il n’y a certes pas plus d’une cinquantaine de fidèles à cette célébration dominicale. Bien moins que les touristes qui ont déjoué la surveillance de deux gardes pour s’infiltrer dans le sanctuaire.

La tauromachie La campagne est jaunie par le soleil. Les foins sont engrangés mais il y a encore des grains à moissonner. Cette région agricole du nord de l’Espagne est réputée pour l’élevage de taureaux à corridas. Le prix d’une bête de quatre ans d’une race particulière dont j’oublie le nom, élevée et nourrie selon un guide strict peut atteindre 6 000 euros. On reconnaît un bon taureau à ses cornes effilées et à sa musculature athlétique. Dans leur environnement bucolique, ces bêtes sont calmes et non agressives mais avec le stress du transport, le confinement dans un étroit enclos et le bruit ambiant d’une foule pouvant atteindre 60,000 personnes, le petit bœuf fonce sur tout ce qui bouge dès son entrée en arène. Les fléchettes des picadors dans son échine l’attisent davantage.

La tauromachie n’est pas un sport ni un simple spectacle en Espagne, au Mexique, au Portugal et dans quelques amphithéâtres du sud de la France. C’est un culte, c’est le traditionnel combat entre la force brute et l’intelligence. C’est une démonstration de courage et d’habileté élevée au rang d’art. Les grands toréadors aspirent au statut de matadors pour devenir des héros nationaux pour lesquels on voue une quasi-vénération. Chaque grande ville espagnole et plusieurs centres urbains portugais ont leur « plaza de torros » où des dizaines de milliers de participants soulignent par d’enthousiastes « OLÉ » l’élégante esquive d’un rein cambré ou la spectaculaire arabesque de la cape aux couleurs de feu. Notre guide Rosa Castella semble déplorer notre peu d’intérêt à assister à une corrida le dimanche suivant. « Autre pays, autres nurses » comme dit mon médecin libanais. Tout le monde ne peut apprécier la poutine ! Le Portugal Nous sommes maintenant en route vers Porto. Déjà la prairie passe d’un jaune de foin séché du côté espagnol au vert tendre des nouvelles pousses dès qu’approche la frontière lusitanienne. Ce riche coloris révèle une plus grande pluviosité d’où possiblement une troisième récolte au lieu des deux seules moissons chez le voisin castillan. Région peu peuplée, on rencontre néanmoins plusieurs villages et même une petite ville nichée sur les flancs d’une colline. Rosa nous informe que le Portugal présente le plus bas taux de chômage de l’Union européenne. Non à cause d’un plus grand nombre d’emplois mais, dit-elle, parce que les chômeurs s’expatrient. Les Portugais en exil préfèrent les autres pays de l’UE au voisin immédiat. Les relations avec l’Espagne sont tièdes au plan économique et en plusieurs autres domaines. C’est évident, les Portugais n’aiment pas les Espagnols et ce, in secula seculorum.

Porto Les mesures d’aide sociale seraient-elles peu généreuses pour les sans-emplois ? Nous rencontrons davantage de gitanes, d’handicapés et de clochards qui tendent la main au portail des églises et même sur la rue. Porto est une grande ville industrielle de deux millions d’habitants, la plus importante après Lisbonne. Les édifices publics, le mobilier urbain, les places, rues et parcs auraient grandement besoin d’une cure de rajeunissement ou, à tout le moins d’un bon ménage. On semble se relever difficilement de l’austérité du régime Salazar qui a imposé sa dictature sur le pays pendant quelque quarante ans.

Porto c’est évidemment le pays de ce vin fortifié le plus exporté de par le monde. Nous avons droit à une visite-dégustation-vente chez le producteur Ramos-Pinto. Des jeunes filles dans la vingtaine nous accueillent dans un excellent français, langue qui, à ma grande surprise, à moins que j’aie mal compris, serait la langue seconde enseignée dans les écoles portugaises.

Les différentes maisons, presque toutes anglaises, qui produisent du Porto choisissent de cinq à dix cépages parmi les quelque vingt variétés cultivées dans la vallée du Douro à quelque cent kms de Porto. Pour le vinifier et le fortifier d’alcool, on apporte les raisins à Gaïa, ville sise en face de Porto sur l’autre rive du Douro, ce long fleuve de près de 1000 km qui traverse l’Espagne et le Portugal pour se jeter dans l’Atlantique à Porto. Vieillie en fûts de chêne plus ou moins longtemps selon la qualité désirée, on distingue trois sortes principales de cette divine boisson. D’abord les Tawny qui sont un mélange de portos de différentes années, donc non-millésimés. On conseille de ne pas les laisser vieillir plus de trois ans. Ils se conservent jusqu’à un an après le premier décapsulage. Les Vintage pour leur part continuent à vieillir jusqu’à 90 ans (j’en doute mais j’en fais l’expérience) s’ils sont conservés couchés et protégés de la lumière. Bonne nouvelle : on ne peut les conserver plus de 2-3 jours après leur ouverture. Les Very Late Vintage sont des vins de qualité supérieure élevés plus longtemps en fûts de chêne français. Enfin on produit aussi des portos blancs dont la couleur fonce en vieillissant sans toutefois altérer le goût.

La cathédrale de Porto, l’une des 100 églises de la ville est aussi un monument qui date de plusieurs siècles. Elle compte trois nefs. Le chœur et le retable (de retro tabula soit derrière l’autel, ai-je appris) sont d’une magnificence qu’on ne saurait retrouver de nos jours. Comme nombre d’autres édifices historiques portugais, cette église devrait être restaurée pour faire mieux valoir ses richesses. Qui en assumerait le coût ? La fréquentation des lieux de culte tant en Espagne qu’au Portugal diminue bien qu’elle soit encore de l’ordre de 50% des fidèles toujours selon notre guide. Étonnant car la pratique se situe à quelque 10 à 15% des catholiques chez-nous.

Fatima En route vers Lisbonne, nous faisons un crochet pour rejoindre Fatima, cette petite ville si renommée pour les neuf apparitions de la Vierge à trois enfants les premiers vendredis de septembre 1917 à mai suivant. Il n’y a pas foule en ce lundi après-midi de septembre. J’y vois deux types de visiteurs : les touristes de passage comme nous et de véritables pèlerins imbus de foi. Une dizaine de personnes terminent à genoux, à une chapelle extérieure près de la haute basilique, leur « chemin de croix ». Comme le veut la coutume locale, je brûle un cierge en faveur de ceux qui souffrent, tant dans leur cœur que dans leur corps. Dans une chapelle latérale à l’intérieur de la basilique, se trouvent les cercueils de Jacinthe et de François au lieu même des apparitions de la Vierge. La troisième témoin de ces manifestations homologuées par l’Église est Lucie devenue religieuse et décédée en 2004. Sa dépouille rejoindra sans doute celles de sa sœur et de son frère un de ces jours.

La basilique est plutôt modeste surtout quand on la compare à ces immenses édifices gothiques du Moyen-Âge visités au cours de ce périple. Quelques vitraux au haut des murs, un chœur simplement décoré d’une statue de la Vierge, autel et retable très simples et des bancs qui ne sauraient être plus ordinaires. Les murs n’ont ni tableaux ou fresques, ni chemin de croix. Ils sont nus. Les visiteurs déambulent lentement et avec foi jusqu’au lieu des apparitions. Notre guide signale que plus de 70 000 personnes ont été témoins de l’obscurcissement du ciel et d’une danse du soleil lors de la dernière manifestation de la Vierge en 1918. La partie arrière de l’église débouche sur un chœur extérieur avec autel face à une immense esplanade pavée qui peut certes accueillir 100 000 personnes lors de manifestations exceptionnelles comme la visite du pape. Au fond de ce terrain, s’élève une immense croix au Christ tordu comme celui de la croix pastorale de Jean-Paul II. Tout autour du sanctuaire, des boutiques fort nombreuses offrent des souvenirs de type religieux surtout : chapelets, statues de plâtre représentant la Vierge, les petits bergers, des personnages de crèches de Noël et autres colifichets. Moi qui ai été élevé dans la vénération de ce mystère de Fatima, je m’étonne de ma faible participation émotive à l’occasion de la visite en ces lieux. Il faut croire que ma foi devient avantage intériorisée.

Lisbonne Que d’autobus ! Chanceux d’avoir un bon véhicule, confortable et climatisé, et un bon chauffeur qui, en manque de nicotine, nous arrête pour des pauses techniques en haltes routières après quelque 100 à 150 kms de route. Aux approches de Lisbonne nous longeons le Tage, ce fleuve si important notamment pour le transport de marchandises de et vers la mer. Une centrale atomique, de nombreuses industries, des quartiers résidentiels de banlieue… somme toute une entrée semblable à celle de toute grande capitale européenne. La grande agglomération de Lisbonne compte plus de deux millions d’habitants. Plusieurs buildings de plus de douze étages voisinent notre hôtel situé assez loin du centre-ville. Le quartier pourrait être très joli si l’environnement était davantage soigné. Peu d’arbres, peu de parcs. Le pavé troué ressemble davantage à celui de Montréal. Papiers, sacs de plastique, mégots de cigarettes polluent le paysage. Bref, ce secteur n’est pas valorisant pour ces magnifiques hôtels ou maisons d’affaires aux devantures de verre et de marbre qui rivalisent de futurisme architectural.

Heureusement, ce commentaire ne s’applique qu’à ce quartier de Lisbonne. Dès qu’on rejoint le Vieux Lisbonne, de belles avenues ombragées de platanes, des monuments en l’honneur de personnages historiques dont Pombale, le premier ministre lors du terrible tremblement de terre de 1755, des places et des parcs avec arbres majestueux, monuments et fontaines remarquables, beaux édifices richement décorés, églises moyenâgeuses que d’aucuns aimeraient visiter et enfin, une particularité portugaise, des avenues piétonnières aux marqueteries de céramique dessinant d’élégantes ondulations aux couleurs noir et blanc comme celles du drapeau national. Bref, une ville et un pays qui entrent dans le 21e siècle en s’efforçant de rattraper le temps perdu lors des années de la dictature de Salazar et de ses successeurs jusqu’en 1975.

Un mot sur le plus dévastateur séisme de l’histoire portugaise qui emporta la vie de plus de 40 000 personnes et détruisit la plus grande partie de la ville. Profitant des circonstances, Pombale a fait redessiner la ville selon des perpendiculaires au Tage. On créa alors de beaux espaces verts, de larges avenues et des zones protégées en bordure du fleuve pour d’éventuels développements urbanistiques. Un visionnaire pour l’époque dont s’inspira sans doute Haussmann dans la transformation de Paris quelque 100 ans plus tard.

Un pont de plus de trois kms enjambe le Tage dont l’estuaire à Lisbonne est très très large. Il fut construit par les mêmes ingénieurs et selon la même technologie que le Golden Gate de San Francisco. Sur les quais, on retrouve les installations portuaires et une longue promenade à l’ombre de la Tour de Garde. Récemment rénovée, cette tour contrôlait jadis les entrées et sorties de et vers la mer. On y a aussi élevé un élégant monument en hommage aux explorateurs portugais qui ont ouvert les portes du monde à l’Europe faisant ainsi bénéficier leur pays et même tout le continent d’importantes richesses importées du Mozambique, de l’Angola et du Brésil.

La cathédrale de Lisbonne souligne aussi sa reconnaissance envers les explorateurs. Des fresques et des tableaux présentent des produits exotiques à cette époque comme le maïs, la canne à sucre, l’ananas et aussi des fleurs et des arbres rapportés par Vespucci, Colomb, Vasco de Gama et autres découvreurs. Lieu de culte ou attraction touristique, la foule à la cathédrale serait telle en périodes touristiques, qu’on ne peut plus y célébrer d’offices religieux tant il y a du bruit, de la circulation et des éclairs d’appareils photos.

Coût de la vie On poursuit l’exploration de ce coin de pays par une visite de la région balnéaire de l’Estoril. Peu de gens à la plage par ce temps nuageux.. Le sable est pâle et les plages sont longues contrairement à celles que nous retrouverons à Torremolinos dans les prochains jours. On dirait que la nature a festonné le rivage en de multiples sections par des hauts-fonds ou des caps rocheux s’avançant dans la mer créant ainsi des «domaines privés.» Il n’y a jamais foule tant les gens se répartissent leur coin d’Atlantique.

Au Portugal, les restaurants présentent toujours des poissons, des viandes et des pâtes au menu. Crème caramel, tarte et salade de fruits, gâteaux de toutes sortes et, un délice, des biscuits à la pâte d’amandes comblent les becs sucrés. Plus chers sur la carte, le veau et l’agneau. Le vin de la région est bon et peu dispendieux. Le coût des alcools, terrible, terrible. Un rhum au bar de l’hôtel à Lisbonne coûte 9 euros soit quelque 13 $ pour deux onces de Havana Club d’un an. De façon générale, les prix sont devenus semblables à ceux des autres pays de l’Europe depuis la venue de l’euro. Le mythe des vacances économiques en Espagne et Portugal doit être dénoncé. Certes ce n’est pas encore l’inflation de Paris, Genève, Londres et Rome mais on ne rééditera plus « Spain for 10$ a day »

RÉCIT DE VOYAGE Espagne-PortugalPartie II Adieu Lisboa Au jour 7 du voyage, nous entreprenons le retour en Espagne. Le trajet est long, 450 km de Lisbonne à Séville. Peu habitée, cette région au sud-est de la capitale est uniquement agricole. On y cultive surtout le chêne-liège dont l’écorce récoltée aux huit ans sert à la production non seulement des bouchons de bouteilles de vin mais des babillards, des revêtements de murs et, à ma grande surprise, de jolis sacs à main aussi résistants et hydrofuges que du cuir, m’assure une vendeuse. L’arbre n’est pas grand soit tout au plus cinq mètres. L’exfoliation de l’écorce sur le tronc et les plus grosses branches ne le fait pas mourir contrairement au sort qui attendrait les conifères et feuillus de chez-nous.

Ici et là, des élevages de bœuf à boucherie et vaches laitières. Du maïs-grain sèche sur pieds, le foin bien enveloppé dans le papier plastic blanc attend d’être engrangé (je présume). Aucune vigne cependant, l’environnement ne s’y prête pas sans doute. Pourtant je me rappelle avoir appris que dans la région de Porto, les ceps de vigne sont plantés dans le schiste soit cette pierre stratifiée et friable à travers laquelle les racines se fraient un chemin jusqu’à la nappe phréatique distante de 3 à 10 mètres. Ici, c’est pourtant de la bonne terre me semble-t-il. Tiens, des oliviers maintenant ! Il apparaît que de bonnes pluies seraient bénéfiques à cette nature tellement sèche. Et nous roulons, nous roulons par monts et par vaux, ce qui ne trouble pas plusieurs de mes co-voyageurs bien endormis par le ronronnement de l’autocar et les ronflements de Raymond.

Mais quel paysage dépaysant pour des Québécois ! Ici et là, gît un château abandonné et rongé par le temps, Et des fortifications au milieu de nulle part : pour qui, contre qui ? Et ces grottes, sont-elles habitées ? Des ponts au-dessus de rivières, mais il n’y a plus d’eau, bâtard ! comme dit Gérard Laflaque. Voilà maintenant des moutons, que mangent-ils, y a pas d’herbe, ou si peu ? Sur la cime d’arbres plus grands, des cigognes ont installé des pieds-en-l’air, des haltes dans leur livraison de bébés sans doute. Par ailleurs, il n’y a que très peu d’oiseaux sinon de beaux pi-que-beus comme on appelle ces si gracieux oiseaux blancs en Guadeloupe. Au faîte des collines plus ou moins éloignées, on distingue de nombreuses éoliennes vouées me semble-t-il à rafraîchir la région de leurs longues pales. Mon esprit vagabonde. Je divague. Je dors.

À 200 kms de la frontière espagnole, nous dînons à Vilamoura, l’un des plus jolis centres de vacances de l’Algarve et même de l’Andalousie voisine. C’est l’une des oasis préférées des Anglais. On dit d’ailleurs que le Portugal serait devenu LA destination- vacances préférée des riches fils d’Albion depuis que Peter Mayle, par ses deux best sellers, a fait vendre la Provence. Ils y ont aménagé un aéroport presque privé, des golfs et autres installations sportives et culturelles. Ils font aussi vivre des hôteliers et des restaurateurs, des constructeurs de villas, tennis et piscines et aussi, des aides domestiques. D’où leur présence constitue-t-elle un apport économique important pour cette région où sévit malgré tout un taux de chômage important.

Une autre richesse de la région est la culture des amandiers dont les fruits sont exportés dans tout l’Europe. Localement on en fait des biscuits et des gâteaux « divins », j’en témoigne. Dans des marais près de la mer, on produit aussi du sel. Partout, des oliviers et encore du chêne et encore des caroubiers, ce grand arbre de 10 à 12 mètres dont les fruits nourrissent surtout les animaux de ferme.

L’Espagne, un ravissement ! Enfin, c’est l’Espagne. Un superbe pont dont la structure en forme d’un grand A nous accueille en Andalousie, le pays du flamenco. L’origine arabe du pays se manifeste par plusieurs signes dont les constructions et les appellations de personnes, de lieux, de rivières, de mets et de boissons. On retrouve de nombreux gitans dans cette région. Ils peuvent vous tirer à la fois la bonne aventure et votre porte-monnaie prétendent de tenaces préjugés. Sur presque tous les pylônes de la ligne de distribution de l’électricité, on voit des nids de cigogne désertés semble-t-il en cette période de l’année.

Mireille, une compagne de voyage de Saint-Agapit de Lotbinière, a constaté dans un élan d’enthousiasme réaliste comme nous sommes chanceux de vivre cette expérience de voyage. D’emblée, je partage cette opinion. Nous poursuivons un périple de luxe tant dans les hôtels et restaurants que dans le choix des lieux et richesses patrimoniales de la péninsule ibérique. Et ces châteaux, ces musées, ces cathédrales nous révèlent la grandeur du génie de l’homme ! Certes, on peut aujourd’hui aller sur la lune et bientôt encore plus loin mais n’était-ce pas une prouesse semblable de construire au Moyen-Âge une cathédrale aussi grandiose que celle de Séville ? Sa grandeur, sa hauteur, son esthétique sont l’illustration même de la splendeur du style gothique. La finesse des parements de maçonnerie ou d’ébénisterie, les sculptures et les toiles qui l’ornementent, enfin les richesses en orfèvrerie et en joyaux de pierres précieuses de son musée soulèvent l’émerveillement de tous les visiteurs. Du moins de ceux et celles qui conservent encore cette faculté qui, mieux que tout autre indicateur, distingue les jeunes d’esprit.

Comme la plupart de mes collègues, je suis ravi de cette expérience de voyage jusqu’à maintenant. Je reconnais cette chance, ce privilège de le vivre. À ma mesure, je peux admirer les œuvres d’art ici rassemblées au cours des siècles mais une personne mieux formée pourrait certes apprécier davantage. Ainsi, un architecte ou ingénieur pourrait-il s’enthousiasmer de la réussite de l’élévation de ces ogives qui supportent les voûtes gothiques au poids énorme. Autre exemple, André, un architecte de Québec m’a signalé l’ingéniosité des constructeurs de palais à gérer les écarts de température par le choix des matériaux et l’aménagement de jardins et d’aires de circulation. De même un joaillier ou orfèvre jouirait de découvrir un ostensoir comme celui de la salle du trésor de cette même cathédrale de Séville où la couronne d’or autour de la cellule de l’hostie est constellée de rubis, de saphirs, d’émeraudes et autres pierres précieuses pour moi non-estimables.

Outre les connaissances scientifiques, l’intérêt influence aussi l’émerveillement. Ainsi un gamin de huit ans sera-t-il ébloui face à un vélo rouge mais indifférent à la beauté d’une rose au parfum subtil et à la robe au camaïeu d’oranger. Donc qu’on ne s’offusque pas si je passe rapidement devant une dentelle de Bruges ou une création de Saint-Laurent à la vitrine de ces belles boutiques du centre-ville de la capitale de la communauté autonome d’Andalousie. Séville Séville est certes la plus belle ville d’Espagne en autant qu’une aussi rapide visite permette un classement. Deux grandes expositions universelles en 1929 et en 1992 (je crois) ont permis d’ajouter plusieurs remarquables pavillons au patrimoine déjà tellement riche de ce royaume. À quelque horizon que les yeux curieux peuvent se balader, un monument, une tour, une porte, une place, un palais, une cathédrale, mosquée ou synagogue vient séduire le touriste et assurément l’objectif de la caméra-vidéo du collègue-voyageur Jean-Guy qui a tout photographié ou filmé pendant le voyage.

Le flamenco

Une diversion en soirée : un spectacle de flamenco. Haut en couleurs et certes en douleur pour les genoux de ces artistes de la « gigue espagnole ». Qu’on me pardonne cet affront à cette danse folklorique au rythme emballant. En groupe, en duo ou en solo, jeunes hommes et dames d’âges divers donnent en claquettes et en rapides torsions de tête et de bras la réplique à un quatuor de guitares, d’infatigables « performers » qui par la musique nous communiquent l’esprit espagnol. Cet esprit qui comprend non seulement la danse, la musique et les chants andalous soit cet ensemble qu’on appelle flamenco, mais aussi la corrida, les gitans, la paella et ce si doux parler mélodieux que j’aimerais tant maîtriser. Pourquoi une telle association de concepts ? Pour moi, c’est ça l’Espagne.

Ai-je déjà parlé de la Giralda, cette ancienne mosquée convertie en cathédrale suite à l’édit de je sais plus quel empereur qui, en 1492, rendit illégale toute autre religion que le catholicisme ? C’est à voir pour ceux dont le « disque dur » peut encore enregistrer les particularités d’un autre monument, si riches soient-elles. Faute de n’avoir pas suffisamment noté, je ne me rappelle que de ces superbes plafonds aux dentelles de cèdre. Or, d’une cathédrale à l’autre, on en vient à confondre les unes et les autres me semble-t-il. So watt ! comme dirait l’électricien. Et notre guide nous entraîne maintenant à l’Alcazar, la résidence d’été des rois à la construction et décoration de laquelle nombre d’artistes des écoles espagnole, française et italienne de l’architecture, de la peinture et de la sculpture ont contribué. Ce palais révélateur du génie arabe, l’Al-Cazar (Le Palais en arabe) doit certes figurer parmi les plus grands châteaux européens. Toute visite en Espagne devrait comprendre un arrêt ici.

Cordoba Au jour 10 de cette tournée éblouissante, nous nous arrêtons trop brièvement à Cordoue. Une course à travers l’ancienne cathédrale transformée en mosquée vers le 11è siècle, agrandie à quelques reprises aux 12e et 13e siècles tant la population musulmane devenait importante et finalement redevenue chrétienne au 15e sous Charles Quint. Pressée par le temps qu’on lui a imparti, la guide locale, une gentille Suissesse, a néanmoins réussi à nous faire admirer moult détails dans la conception de ce temple où se révèlent les influences du Coran et de la Bible. Plus tard, nous visiterons aussi une synagogue construite du temps où les trois principales religions monothéistes cohabitaient harmonieusement en Espagne. On nous rappelle que dès le 15e siècle, l’antisémitisme a sévi ici. Ainsi 400 000 Juifs ont dû se convertir au catholicisme et 200 000 autres s’exiler lorsque le roi imposa le catholicisme comme seule religion autorisée.

Torremolinos La route vers cette station balnéaire tellement connue de par le monde nous permet de contempler les nombreux attraits du paysage. Peu peuplé, le terrain est fort accidenté et vallonné. On croirait voir une photo d’une piscine à remous en pleine action. Les très grandes plantations présentent une géométrie telle que, peu importe l’angle de vision, les orangers sont alignés avec la précision d’un arpenteur géomètre. On doit présumer de bons systèmes d’irrigation pour obtenir des fruits aussi juteux que ceux vendus à prix très modique dans les haltes routières.

Mené par Bernard, le fun est dans le bus aujourd’hui. Le rire tonitruant de Gérald et le sourire séduisant de Micheline encouragent la relance des mots d’esprit d’un siège à l’autre. Nous sommes trente et une personnes dans le groupe. Au fil des jours, des alliances se forment. Deux quatuors seulement étaient déjà organisés avant le voyage. Plusieurs professions sont représentées dont architecture, commerce, éducation et médecine. Je me plais à fréquenter tout le monde avec qui un dialogue s’avère possible pour moi. Mais quelle source d’enrichissement ces échanges !

Nous voici maintenant à Torremolinos. La région est montagneuse. Nous joignons aussitôt notre luxueux hôtel Cervantes qui, presque au sommet d’une colline, domine de nombreux hôtels, boutiques, auberges, restaurants et autres commerces cordés le long d’un rue étroite qui serpente jusqu’à la plage. Chaque mètre carré de terrain même s’il est dénivelé à 15° est utilisé par les commerçants. Étonnamment les prix aux restaurants et boutiques sont relativement modiques voire même inférieurs à ceux des autres villes visitées jusqu’à ce jour. Pourtant cette jolie ville serait la station balnéaire la plus « in » de la côte méditerranéenne !

La plage est courte, le fond de mer disparaît sous nos pas dès une vingtaine de pieds. Le sable est de couleur foncée et la mer invitante par la clarté et la bonne température de l’eau, soit quelque 20° peut-être. En compagnie de Jean-Claude et de sa compagne Lise, nous nous joignons aux nombreux baigneurs qui profitent des derniers rayons de soleil de ce bel après-midi. À trois, nous dégustons toute une bouteille de Porto accompagnée de croustilles. Dommage que ladite bouteille n’ait contenu que 110 ml ! Voulant poursuivre une fort agréable conversation sur nos valeurs respectives en matières de relations de couple, les deux copains m’invitent pour l’apéro et de là au restaurant où nous partageons une grande assiette de fruits de mer dans laquelle se retrouvent écrevisses, calmar, sardines, pétoncles et autre bibites non-identifiées. Heureux moment avec cette infirmière du CH de Joliette et de son non moins sympathique conjoint, ex-chirurgien vasculaire recyclé en fonctionnaire de l’Agence régionale de la Santé de Lanaudière. La température est certes à 23° à 22h30. C’est ça les vacances ! Je suis presque heureux. Gibraltar 35 euros pour une visite au rocher. J’y vais, je n’y vais pas ? Bon it’s now or never. Ça aurait dû être never car je n’y trouve rien de particulièrement intéressant. Terre ou plutôt rocher anglais depuis sa conquête en 1714, Gibraltar a maintes fois été réclamé par l’Espagne. No way, Sa Majesté n’a jamais accepté de restituer ce bout de terrain où s’entassent plus de 29000 citoyens britanniques dont plusieurs ex-Marocains. L’importance stratégique au plan militaire de cet observatoire sur le détroit du même nom était évidente depuis fort longtemps mais l’est moins depuis l’arrivée des images satellites. Déjà au Moyen-Âge, les Arabes ont établi un poste à Tariffe pour pouvoir imposer des frais ou « tarifs » comme droits de passage des navires entre l’Afrique et l’Europe. Lors de la guerre de ’39, des sous-marins allemands ont réussi à déjouer les Alliés en franchissant le détroit sans moteur, portés uniquement par les forts courants marins.

Pour améliorer la valeur touristique des lieux, les Anglais entretiennent une colonie de quelque deux cents singes importés du Maroc. Ils semblent bien accommodés au lieu et peu dérangés dans leur épouillage par les flashes des appareils photos. On visite la grotte bien parée de stalactites et stalagmites. On y a aménagé une salle de concert pour profiter d’une bonne acoustique, paraît-il. C’est tout ce qu’il y a à voir. Des vendeurs de fringues et de colifichets pour touristes essaient de nous attirer dans les boutiques à ras de mer. Celles parmi nous qui succombent au shopping pourront payer en euros mais seulement après conversion en livres sterling. D’où des prix beaucoup plus élevés que « chez-nous » en Espagne

Sur la voie du retour vers Torremolinos, de nombreux et fort élégants complexes immobiliers habitent le paysage. Construits à flanc de montagnes ces condos de luxe monochromes, d’un beige pâle semblent avoir été construits tout récemment. À un endroit appelé Marbella, c’est le rendez-vous du jet set international et aussi un lieu d’habitation saisonnier pour les rois du pétrole du Golfe Persique et leurs imposantes suites. Un km plus loin, oh la-la mes amis, des yachts et voiliers dont la valeur dépasse certainement le million d’euros sont exhibés à la vue du pauvre peuple que nous sommes. Trente mètres sur dix de largeur pour certains. Sur l’un, deux couples prennent un cognac (?). Sur l’autre, une jeune naïade se fait bronzer les nounous. La plupart des embarcations semblent désertées pour le moment. « Mais à 16h, c’est la siesta, voyons »

Dans la rue du port, toutes les boutiques offrent des porcelaines Lladro. Les marques Gucci, Cartier, Rolex semblent attirer les Ferrari, Lexus et Mercedes. Je n’ai pas vu de maisons de haute couture bien que du prêt-à-porter haute gamme savamment disposé en vitrines ait suscité des regards presque concupiscents de plusieurs dames de notre groupe de joyeux naufragés.

Par monts et par vaux voire même par de nombreux tunnels taillés dans le granit, nous poursuivons notre retour vers notre hôtel Cervantes. Le soleil est encore là, l’air est toujours aussi doux. Avec tous ces buildings dispendieux implantés depuis moins d’une génération, je me demande où vivent maintenant les pêcheurs et autres roturiers qui habitaient les côtes ? Les a-t-on achetés, expropriés ou évincés ? À remarquer, notre parcours évite les zones de pauvreté à l’exception de la banlieue de Gibraltar où vivent les Marocains légaux et illégaux.

Sur le flanc de la montagne que nous côtoyons se trouvent de nombreuses habitations troglodytes creusées dans le roc ou dans des cavités naturelles. Des gitans les ont aménagées avec tout le confort moderne incluant l’eau courante, l’électricité et autres commodités. Un réseau souterrain de câbles alimente ces grottes. On nous dit que dans la région de Valence à Barcelone, une grotte bien modernisée peut valoir jusqu’à 70 000 euros. Il serait très IN d’habiter un trou semblable.

Granada Granada, Granada, écoute ma voix qui t'appelle, Granada, Granada, pourquoi Dieu te fit-il si belle ? Que j'aime tes douces guitares pleurant sous la lune Les jupes des brunes Gitanes, Où le vent qui flâne Vous fait croire un jour à l'amour...

Sur une introduction de cette délicieuse chanson de Jacques Larue (merci à Internet), nous nous dirigeons vers cette ville que tant de poètes ont chantée. La route qui nous y mène est fantastique et a dû coûter une fortune à construire. Nous sommes en pleines montagnes, c’est la chaîne Sierra Nevada. Parfois nous survolons presque des agglomérations tout au fond dans la vallée, parfois nos cheminons dans des cols qui rappellent le Grand Cayon. Des sommets jusqu’à récemment enneigés se perdent dans les nuages. Là où les pentes sont plus douces, des forêts d’oliviers permettent d’anticiper une bonne récolte dans les prochains mois car des fruits en quantité sont presque rendus à maturité.

Et voilà Grenade. C’est dimanche, la fête de la Vierge patronne de l’Andalousie. À l’église qui lui est consacrée, deux présentoirs de fleurs de quelque 5m par 5m se dressent à l’entrée. Leur parfum envahit la rue de ses effluves. Les fidèles contribuent une certaine somme et un bouquet s’ajoute aux centaines d’autres déjà étalés. Le profit servira à payer la rénovation du temple. Une très belle place au centre-ville est envahie par une foule de quidams tranquilles qui profitent de la douceur du temps et de la joyeuse compagnie de copains pour siroter une consommation ou une glace.

Une note sur l’économie La région de Grenade est aussi essentiellement agricole. Aucune industrie dans cette municipalité de plus de 250 000 habitants autre que le brasseur de la bière la plus populaire du sud-est espagnol, l’Alhambra. Selon notre guide Rosa, l’Espagne serait le pays qui connaît la plus grande croissance économique de l’Union Européenne. Les impôts sont modérés, il y a de plus en plus d’emplois surtout dans la construction. Les mesures de sécurité sociale sont peu généreuses contrairement à la France, ce qui aide vraisemblablement le Trésor public. Ainsi il n’y a pas d’aide aux chômeurs. Une veuve de travailleur n’aurait que 450 E par mois ce qui est nettement insuffisant pour vivre convenablement. Le logement et la propriété foncière connaissent une inflation démesurée depuis l’entrée du pays dans la zone européenne et aussi à cause de l’immigration des Européens du nord a la recherche de soleil pour adoucir leurs vieux jours. Conscients que ce boom économique n’est pas éternel, la population locale s’inquiète pour l’avenir.

L’augmentation du PIB serait de 3,8% pour 2007, toujours selon Rosa. Ce taux qui m’apparaît très fort devrait cependant être confirmé à une source plus sure. Rappelons-nous que l’Espagne était l’un des pays les plus pauvres de l’Europe à la naissance du l’Union européenne par le Traité de Maastricht en 1992. Comme plusieurs autres pays, il lui a fallu redresser le facteur endettement par rapport au PIB (produit intérieur brut) pour être admis au sein de l’UE.

Qualité de notre hébergement

Ma chambre est petite et donne sur un mur aveugle. On dirait que les personnes voyageant seules sont traitées avec moins d’égards que les couples même si un supplément important est exigé. On soigne particulièrement les salles de bain toutes garnies de super belles céramiques d’environ 10 po. par 15. Celles d’aujourd’hui sont signées Pierre Cardin, s’il vous plaît. La robinetterie est en equipolant comme dit mon plombier. Nos plus beaux hôtels à ce jour furent ceux du Portugal. Les lobby, les bars et les salles à manger étalaient les plus beaux marbres d’Europe.

Au programme aujourd’hui : la visite du château-cathédrale l’Alhambra (c’est-à-dire La Maison Rouge en arabe) et non la brasserie, hélas.

L’Alhambra Mosquée à l’origine, cette forteresse a été transformée en cathédrale vers 1515 (j’oublie le mois). Faut-il croire en un certain désabusement, je ne ressens plus d’émerveillement face aux dorures, aux dentelles dans l’agrégat de plâtre pourtant très remarquables, aux bassins et fontaines qui semblent défier les lois de la gravité, bref tout me semble du déjà-vu. La seule nouveauté réside dans les commentaires de la guide locale sur le sort des femmes du harem des sultans. Insultant ! dirions-nous aujourd’hui. Avec leurs jeunes enfants, elles étaient confinées à l’étage supérieur des appartements du pontife et gardées par des eunuques. Une véritable prison où aucun autre homme que leur « propriétaire » pouvait les voir.

Lors de son voyage de noces qui dura plus de six mois (la mariée ne parlait ni espagnol ni allemand, fallait bien apprendre à causer !), Charles Quint, nouveau roi d’Espagne et empereur germanique, décida après la mort de Ferdinand d’établir ses appartements royaux dans l’ancienne mosquée et d’y juxtaposer une cathédrale. Il édicta même que Granada serait la capitale du royaume et de ses possessions outremer, un territoire « sur lequel le soleil jamais ne se couche » dit la littérature. Son fils rétablit le tout après la mort du grand Charles V trente ans plus tard.

Pour qui a de bonnes jambes et du temps à disposer, la visite de ce complexe et de ses jardins fleuris vaut un cours d’histoire de l’art. Jusqu’à la venue récente de l’église Sagrada Familia à Barcelone, l’Alhambra était le site touristique le plus fréquenté d’Espagne. Je ne répéterai pas les superlatifs pour caractériser le tout. Je réfère plutôt le lecteur à Internet ou aux mille volumes publiés sur cette richesse si importante du patrimoine espagnol pour ne pas dire mondial.

Pour la première fois depuis treize jours, je suis épuisé en soirée. Le cumul de cette vie de bohème et trois heures de marche dans le palais et les jardins de l’Alhambra ont vaincu ma résistance. Mais il ne reste plus que trois jours avant de retrouver mon chez-moi. Il est temps car le décolleté plongeant de Rosa exhibe de généreuses boules qui me font loucher. Ça doit être ça la boulimie !

La solidarité dans l’équipe

Un incident : Mme Pellerin, notre aînée, a perdu son sac « kangourou » contenant son passeport et sa carte Visa. Elle est paniquée. Déjà que sa surdité l’isole des autres voyageurs. Elle se présente à la salle à manger pour s’enquérir si quelqu’un…À la course, elle repart aussitôt vers sa chambre. Instantanément, Guylaine et Lisette dans un élan de solidarité toute féminine partent à sa suite. La dame fouille frénétiquement ses bagages jusqu’à ce que « les filles » l’amènent à réfléchir sur ses activités depuis son arrivée d’excursion deux heures plus tôt. Elle se rappelle alors avoir sagement placé son sac sous l’oreiller. Ouf!

Je cause souvent avec Guylaine et son conjoint Laurent, un couple des plus charmants de Brossard. Laurent a le sourire et l’entregent d’André-Philippe Gagnon, un sourire explosif dès le premier contact avec un interlocuteur et un rire sonore qui révèle la belle joie de vivre de ce fils d’entrepreneur saguenéen. Guylaine est charmante. Jolie femme, elle n’accuse jamais ses 50 ans qu’ils célébreront à Paris l’été prochain. Professionnelle à la Caisse de dépôts et placements du Québec, elle est vive et spontanée mais, personne n’étant parfait, elle serait une magasineuse insatiable surtout dans les souliers selon son conjoint. Une vraie Imelda Marcos et ses mille paires de godasses!

Alicante, la blanche Les routes du Portugal et de l’Espagne sont des plus agréables. Malgré l’affluence de touristes en cette fin d’été, nous n’avons jamais souffert de bouchons de circulation. La E-15 appelée l’Autoroute méditerranéenne est sans péage jusqu’à Alicante. Cette ville de 250 000 habitants est appelée La blanche à cause de sa luminosité incomparable. Sa température est idéale soit 25 à 30° le jour et autour de 20° la nuit. Elle connaît une croissance incroyable depuis les dernières années. Le coût de la vie y aurait suivi la même courbe apprend-on. En banlieue, c’est Benidorm surnommé Manhattan à cause de ses nombreux gratte-ciel dont un hôtel de 54 étages.

Mais ce que la route est longue : 550 km à parcourir encore jusqu’à Barcelone dont 140 aujourd’hui. Le régulateur de vitesse est barré à 100 km/h. Nous traversons maintenant la Chaîne du littoral après avoir laissé la Chaîne blanche et auparavant la Sierra nevada. Tout le flanc de la montagne est orné de superbes villas et logements multiples aux formes des plus étonnantes et ravissantes, Mais de quelle vie est-il possible de jouir sur un plan aussi incliné ? Ce sont certes des résidences secondaires. Je vois mal des gamins jouer au foot sans devoir perdre le ballon dans les abysses.

Valence

À l’entrée de Valence nous faisons un court arrêt-photos à la Cité des Arts et des Sciences. On m’accusera d’abuser des superlatifs mais là, vraiment il y a de quoi tomber en bas de ses souliers. La conception et la réalisation de cet ensemble de bâtiments sont fantastiques. Ancien marécage, le site constitue désormais un environnement d’eau et de végétation judicieusement aménagé. Les édifices futuristes qui y sont installés sont d’une légèreté, d’une élégance incomparable à tout ce que j’ai pu admirer à quelque autre endroit. Pour réaliser ce grand complexe rassembleur d’artistes, de scientifiques et de touristes de tout acabit, on a détourné une rivière. On utilise maintenant ses eaux pour alimenter les nombreux bassins qui deviennent autant de miroirs où se reflètent les grandes œuvres architecturales. Ces plans d’eau sont reliés les uns aux autres par un canal où l’eau circule par gravité. Mon enthousiasme m’amène à prédire qu’on utilisera sans doute cette Cité dans les futurs manuels d’art pour représenter le 21e siècle. Dommage qu’on ne puisse s’attarder davantage. On rate ainsi l’occasion de pénétrer dans ces centres d’exposition, de rencontres, d’enseignement et sans doute d’édification pour tous ces groupes d’écoliers qu’on voit circuler. Si le contenu est semblable au contenant, le programme de notre circuit touristique devrait être réaménagé en renonçant à quelques cathédrales au profit de ce centre d’art et de science.

Quatre des nôtres ont convenu d’y retourner en soirée dont Denis, 6’2’’, 210 lbs et Laurent, 5’9’’, foulé dur. D’un pavillon à l’autre, un jeune homme à l’allure inquiétante talonnait nos solides bonhommes accompagnés de leurs méfiantes partenaires. Redoutant les voleurs à la tire ou au couteau contre lesquels on nous a maintes fois prévenus, nos collègues étaient sur leurs gardes. Voyant leur poursuivant se rapprocher, on a vite établi une stratégie de défense des plus astucieuses contre une possible attaque : en se retournant vivement, click-click en photos. L’adolescent s’est aussitôt enfui les jambes à son cou.

Ici et là à Valence, on procède à d’importants travaux de voirie préalables à la relocalisation du circuit du Grand Prix d’Espagne de Formule 1. La piste pénétrera notamment dans la Cité des Arts et des Sciences lui accordant ainsi une exposition privilégiée à travers la planète. Déjà plusieurs tours d’habitations de luxe s’élèvent tout autour de la Cité. Partout, de hautes grues annoncent l’essor du développement de la ville nouvelle.

Par ailleurs, la visite de la Cathédrale de Valence, de ses vieux et nouveau marché et de la ville ancienne avec ces lourdes tours du X!Vième siècle ne suscite plus autant de flashes que lors des premiers jours d’excursion.

Quelques observations Nous reprenons la route pour un dernier long trajet. Mme Pellerin conserve jalousement son siège au premier banc, les sœurs Joyal, les leurs à l’arrière du bus. Les autres font la rotation à chaque jour, ce qui facilite les échanges entre nouveaux voisins tout en permettant à chacun de profiter pour une journée de la vue panoramique du devant du bus. Presque à mi-hauteur de la Chaîne du littoral, nous traversons des vergers et encore des vergers d’orangers et autres agrumes. �� la droite, des villes de grosseur moyenne ou petite enjolivent le littoral.

Ici et là dans la montagne subsistent de vieux châteaux qui ont perdu toute prétention sur leur fonction originale de gardien de l’environnement. Sur les terres basses près de la mer, on produit du riz selon une méthode d’inondation contrôlée dont je n’ai pas saisi le mode d’opération tel qu’expliqué par Rosa. Il n’y a qu’une récolte par année contrairement à certains pays d’Asie qui peuvent en compter trois.

On parle plusieurs langues ou dialectes en Espagne. Franco a échoué à imposer le castillan à toutes les provinces du pays. À remarquer que chacune des dix-sept provinces est autonome, le gouvernement central n’ayant que les affaires extérieures, la défense, la monnaie et autres gros dossiers à gérer. Barcelone La région de Barcelone est la plus autonomiste si l’on exclut le pays basque où règne l’ÉTA. Ici en Catalogne on enseigne le catalan (por que no ?) dans les écoles publiques. Le castillan devient la langue seconde. La rivalité entre Madrid et Barcelone se manifeste à tous les niveaux politiques, économiques, culturelles et autres. La plus évidente se révèle au niveau du football (soccer) où le Real Madrid est l’adversaire pour ne pas dire l’ennemi avoué de l’équipe Barcelona. Plus du tiers de la production industrielle du pays est concentré dans cette région voisine de la France. Le coût de la vie est aussi plus cher qu’ailleurs. Ainsi une salade au restaurant d’autoroute a coûté 6,9 euros, une bière 2,40, une pointe de tarte 3,45, un petit pain, 0,90 et, en ajoutant le beurre et la vinaigrette vendus séparément, la facture totalise 14,40 euros soit 20$. Des chips Pringles se vendent 3,45 E, 300 gr de biscuits Oreo 3,25 et un chocolat Kit Kat 1,8. Vraiment plus cher que chez-nous. Une astuce de restaurateurs : dès notre arrivée à table, on sert des petits pains et un plat d’olives, lesquels seront chargés 1,6 euro par personne sur la facture, consommés ou non.

Oublions ces attrape-touristes pour commenter trop rapidement le tour de Barcelone. La ville est super propre grâce notamment à une armée de balayeurs et aux nombreuses poubelles placées sur tous les trottoirs. Du nord au sud (mettons, car je ne m’oriente pas) une grande promenade piétonnière, la Ramblas, est bordée de platanes longs de 20 m qui se rejoignent au niveau du feuillage. Partout des îlots de fleurs et des petites boutiques ou terrasses de restaurants. Le pavé entièrement fabriqué de céramiques (à moins que ce soit du ciment) de 3’’ X 20’’, légèrement courbées et de deux teintes de brun réparties en bandes parallèles, le pavé dis-je, s’harmonise avec la couleur des édifices commerciaux environnants. Il y a continuellement des centaines voire des milliers de promeneurs dont beaucoup de touristes qui vont et viennent sans paraître pressés. La ville est constellée d’immeubles à voir, de monuments à admirer, de musées, de salles d’exposition, d’églises et d’œuvres de Gaudi à ne pas manquer de visiter sous peine d’être considérés comme béotiens.

Gaudi Il est 15 h. La température est stable à 24°. Je suis fatigué. Avec une bière, je m’installe sur la Place de la Catalogne pour observer la foule et les alentours tout en prenant des notes pour le présent récit. Je me remémore cette visite des œuvres du grand artiste Gaudi ce matin dont notamment le Parc Gaël, l’une de ses œuvres principales avec l’église Sagrada Familia (Sainte Famille). Quel génie ce Gaudi ! Gaël c’est son mécène, un riche baron. Ensemble ils ont voulu développer un complexe résidentiel de quelque soixante habitations. Gaudi construisit d’abord une maison modèle laquelle hélas ne trouva pas d’acheteur. Il décida donc de l’habiter tout en occupant ses temps libres à créer tout un environnement fantaisiste, coloré et tout à fait « pété » comme disent les jeunes. On dirait un village de pain d’épices créé pour une émission de télévision où habiteraient des créatures de Walt Disney ou les Schtroumps ou autres génies fantastiques. Le clocher de l’église de ce village flyé, notons que Gaudi était un grand catholique au service de sa foi d’abord, est bâti comme un cône de crème glacée à plusieurs boules. Une colonne du parc prend la forme d’une lavandière moulée dans le béton et couronnée de son panier à lessive. Elle monte la garde d’une longue tonnelle ombragée de lierre. Des murets qu’on dirait construit de colombins entièrement couverts de céramiques multicolores encadrent la voie de circulation et sont festonnés comme s’ils étaient fabriqués à la main par des enfants. Ici, c’est une fontaine au méchant dragon qui crache un feu de fleurs; là, une arche remplie d’animaux fantastiques mais pas du tout menaçants.

Merci aux appareils photos numériques sans lesquels nombre de Japonais seraient sortis d’ici appauvris. Je les vois attendre l’éclair de la caméra, debout, stoïques, statufiés, les bras pendants devant un âne à deux têtes et plus loin devant un bassin aux mille carpes de céramique multicolores. Là, c’est encore ce même oriental (anyway, ils se ressemblent tellement!) qui passe de posé à poseur. On dirait ces Orientaux tout désorientés dans ce monde joyeux. De vraies photos de passeport !

Et la cathédrale alors ! Bien qu’il faudra encore attendre près d’un siècle pour sortir les grues et les dizaines d’ouvriers, sculpteurs, céramistes et peintres qui s’y affairent, je suis, encore une fois, émerveillé par ce monument religieux auquel Gaudi a travaillé quelque quarante ans soit jusqu’à sa mort accidentelle en 1925 (je crois). L’église compte actuellement huit tours sur les douze dédiées aux apôtres. Quatre autres sont ou seront élevées en hommage aux évangélistes, une autre, plus grande encore, honore la Vierge et la dernière, le clocher de Jésus, culminera ce sanctuaire à nul autre pareil.

En façade, une centaine de personnages aux formes naturelles pour les plus petits et stylisées pour les plus importants forment un exceptionnel chemin de croix, c’est la Passion. Au sommet, un Christ ressuscité semble s’élever dans le ciel. Sur la façade arrière, c’est l’histoire de la Nativité qui est présentée dans la pierre. Il y a tellement de personnages que d’aucuns prétendent que le tout devient surchargé. Enfin, sur la troisième façade principale, c’est la Gloire du salut qui est représentée.

Encore une fois, le temps file. Il n’est plus possible de pénétrer et de pouvoir vérifier si une telle enveloppe annonce un contenu aussi remarquable. Le lecteur des présentes en sort chanceux. Je serais incapable de décrire adéquatement une telle œuvre d’art. Nos petits-enfants verront-ils ce chef d’œuvre complété ? Gaudi a exigé que les sculptures prévues soient des parties intégrantes de la structure de ce temple-musée. En conséquence elles doivent être exécutées par les artistes et ouvriers sur place, ce qui rend l’opération lente et dispendieuse. On compte sur les mécènes pour financer l’œuvre et aussi sur les milliers de visiteurs qui, à chaque année, paient 10 euros pour être admis sur le terrain et encore d’autre argent comme contribution volontaire ou pour l’achat de souvenirs. À noter que les Japonais sont très sensibles au fait que le chef actuel du chantier soit l’un des leurs. Un tel choix pourrait-il délier les bourses jaunes ?

Et voilà Au dernier soir, l’agence nous reçoit pour un dîner d’au revoir dans un chic hôtel du centre ville. Excellent repas arrosé de bon vin et couronné d’un champagne espagnol pour accompagner les profiteroles. L’atmosphère est des plus détendus. On remet la propina à Mme Rosa Mayné Castella et à Carlos au taux suggéré de 3 $ par jour pour la guide et 2 $ à cet excellent chauffeur qui nous a si habilement conduits sur les routes ibériques et dans le dédale des boulevards urbains.

Photos, échanges d’adresses, promesses de se revoir bref, les bonnes relations qui se sont nouées au cours de cette quinzaine de proximité se poursuivent et certaines pourront continuer au-delà du retour au pays.

Voilà qui complète la narration de cette autre belle expérience de voyage. J’ai fortement apprécié découvrir les richesses de l’Espagne et du Portugal, on l’aura deviné.

Je salue et remercie ceux et celles qui me font l’honneur de partager ce récit. Puisse-t-il vous inciter à le vivre avec autant d’intensité. Je vous le souhaite vivement.

Léon A. Lemay
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FamilleUS 15 years ago · Zeus63
15 jours en Italie, entre Coupoles et Campaniles.
Nous revenons de notre périple italien destiné à faire découvrir ce beau pays à nos 3 garçons de 10 à 14 ans.

J1 : Départ à 7h00 de Clermont, passage par Lyon puis Tunnel du Fréjus (37€ !) pour se retrouver en Italie. Autoroute via Turin puis Gènes où c’est l’enfilade de tunnels en bords de mer. Vers 16h30, arrivée à Pise que l’on visite illico (Photo #1). Les billets ne sont pas chers sauf pour la tour (15€ par tête !) mais quel plaisir de monter les marches en sentant bien l’inclinaison des marches à chaque étage. Avec 55 mètres de hauteur, c’est notre première ascension en Italie ! On a bien aimé ce site qui présente sur un même lieu 4 monuments magnifiques. Photo montage des enfants retenant la tour ou s’adossant dessus et on va faire dodo à l’hôtel San Ranieri qui offre de belles prestations dans un cadre très moderne (2 chambres qui communiquent pour 140€ / nuit avec un super petit déjeuner en prime).

J2 : Passage par Lucques qui restera comme une des bonnes surprises du séjour. On se gare aux pieds des murailles et on flâne dans cette belle ville. 2 tours au programme de cette journée, celle de l’horloge (Torre delle Ore – 50 mètres de hauteur) et la tour Guinigi (44 mètres) qui offre la particularité d’avoir gardé son jardin de chêne vert au sommet ! Petite ballade sur les remparts, passage par la place ovale de l’Amphithéâtre (Photo #2) et on file sur Fiesole pour admirer le point de vue sur Florence. En soirée, ballade autour du Duomo de Sienne (Photo #3), passage sur le Ponte Vecchio (Photo #4) et on fait dodo à 150 mètres de là dans un B&B rustique « Il Magnifico » mais pour 90€, nous n’auront pas la climatisation.

J3 : Réveil au aurores (la chaleur !) et on retrouve Florence. Ce matin la maréchaussée veille (Photo #5). Les fresques de l’église Santa Maria Novella se sont pas si belles que dans nos souvenirs mais l’ascension de la coupole du Duomo nous remet dans le vif du sujet avec ses 114 mètres, un colosse construit par les riches marchands de la République florentine dès 1293 "pour que l'industrie et la puissance des hommes ne puissent jamais ni inventer ni construire quelque chose de plus grand et plus beau". Vanitas vanitatis et omnia vanitas… A ne pas manquer, la vue depuis le parking (gratuit) de la Piazza Michelangelo. Dans l’après midi, traversée du Chianti (Photo #6 et #7) pour retrouver notre B&B à la Villa di Sotto où nous allons nous poser 5 nuits avec vue sur les tours de Sienne. Un vrai paradis (159€ par nuit avec 2 chambres y compris le petit déjeuner mais piscine en supplément).

J4 : Jour de repos sur le Tour 2010, petite visite du château de Brolio (et dégustation !), un arrêt à San Gusme qui est à 5km de notre B&B, piscine l’après midi et ballade dans Sienne en soirée. Une très belle ville où l’on ne fait que monter et descendre.

J5 : En avant pour les Crete Senesi, la route est belle (mais je m’attendais à mieux après avoir lu les commentaires sur VF), passage à l’abbaye de MonteOliveto (sans trop d’intérêt, ça fait « moderne »), arrêt minute à Murlo puis c’est Montalcino qui nous a tapé dans l’œil avec ses petites rues perchées sur la colline. Ensuite, on a assisté aux prières en grégorien à l’abbaye de San Antimo (le site est superbe - Photo #8) avant de rejoindre Pienza qui est sympathique. Mais était ce la chaleur, les kilomètres ou les crapahutes, je sens du mou dans la troupe et une grosse envie de retrouver la piscine du B&B. Alors on zappe Montepulciano et on va se baigner en soirée.

J6 : Petite journée avec la visite du village fortifié de Monteriggioni (très sympa mais tout petit) avant de voir plus en détail la ville de Sienne (Photo #9) où l’on reprend une étape de montagne avec la Tour de la Mangia (88 mètres) d’où la vue est sensationnelle. Seul hic, le flux est limité et il nous faudra patienter 45 minutes pour y monter. Sienne est vraiment une belle ville qui nous a beaucoup plus séduit que Florence qui draine trop de touristes - dont nous 5 - à notre goût). Retour au bercail et piscine en soirée.

J7 : On part sur San Gimignano où l’on retrouve la foule des grands jours. Des 75 tours d’origine, il n’en reste que 13. le village a beaucoup de charme et garde un peu d’authenticité avec ses petits vieux qui discutent le coup sous le hall de la Piazza del Duomo (Photo #10). Les glaces de la piazza de la cisterna (« Champion 2006/2009 au Gelato World ») sont c’est vrai très bonnes ! Ensuite, on change de paysage en montant sur Volterra, la ville Etrusque perchée sur sa montagne avec son petit théâtre romain et son petit baptistère maison.

J8 : Départ sur Assise qui nous a déçu. Les reconstructions suite au terrible tremblement de terre de 1997 font neuves et le coté un peu « Lourdes » avec ses marchands du Temple en bondieuseries diverses et variées cassent un peu le charme du lieu. Ce soir, on dort à l’hôtel Green et on se retrouve en bungalow au milieu du camping (92€ sans petit déjeuner). Notre dernier, qui vient de regarder « Camping » sur DVD pendant la descente sur Pise est déçu, il voulait dormir « comme Patrick » sous « une tente Maréchal 4 places adulte, 2 places enfant, ventilation latérale, coutures étanches, double toit, tapis de sol polyéthylène et la chambre d'amis avec contre-porte moustiquaire !... ». Demain matin, il y aura t’il du benco au ptit déj. !

J9 : L’arrivée sur Rome où nous avons loué via Homelidays un appartement avec 3 chambres, la climatisation, une belle décoration moderne dans un vieux palais à 150 mètres du Colisée (190€ / nuit) avec en prime un Carrefour Market à 2 pas. On va bien crapahuter cet après midi : Colisée, Forum, Panthéon (en travaux), Navona, Trevi, Piazza di Spagna et retour… le soir la troupe est à ramasser à la petite cuillère. Toute la journée, on a vu les Espagnols vêtus de leur drapeau national car ce soir c’est la finale. On voit que les Hollandais s’arrêtent plutôt dans les campings du Var quand les Ibériques viennent visiter Rome et la Vatican.

J10 : Grâce aux billets achetés sur le net en avance, on ne va pas faire la queue pour notre matinée Romaine : Colisée, Forum et Palatin. L’après midi, on repart autour du Colisée où les chanteurs du groupe ZZ top posent pour la photo souvenirs - Photo #11 - (ils étaient en concert le 12 Juillet à Rome). C’est amusant, ils ne sont sortis que 5 minutes de leur Van climatisé au vitres fumées mais pour tous les plus de 40 ans, c’était plutôt marrant. Rome s’est parée de sa belle couleur ocre (Photo #12 et #13). Après un déjeuner de pates pour reprendre des forces, on part faire nos 2 églises préférées (Saint Clément et celle des 4 Saints couronnés pour ses fresques) puis retour vers la piazza Navona, le Campo di Fiori, le palais Farnese et la montée au Capitole d’où la vue sur le forum est magnifique à la nuit tombée (Photo #14) puis le Colisée (Photo #15).

J11 : Après ses étapes de plaines, on repart à l’ascension du dôme de Saint Pierre de Rome (133 mètres) - Photo #16. La visite de la basilique se fait sans problème car nous sommes arrivés tôt. On pense à poster nos cartes postales via la poste vaticane, on prend la pose avec le garde Suisse « qui parle plus de 3 langues » et retour pour déjeuner à l’appartement. L’après midi on fait un tour en voiture (parking gratuit sur les places « blanches » de la Piazza Celimontana juste devant l’hôpital militaire, à 5 mn du Colisée) pour faire les catacombes de San Callisto (visite géniale et en français) avant d’aller se balader sur la Via Appia du coté de la via Erode Attico (Photo #17) : Un moment inoubliable, on a le calme de la campagne à 15 mn du centre de Rome avec cette impression de marcher dans les pas de l’histoire. Le soir, montée sur la colline du Janicule pour voir Rome au soleil couchant.

J12 : La via Appia nous fait son come back, on y repasse en voiture sur quelques kilomètres avant de prendre l’autoroute pour les 5 terre et plus précisément l’hôtel Carla à Levanto (mais Nicolas n’était pas là). Baignade sur la plage jusqu’à 8h00, resto sur le pouce et Gelati pour tout le monde.

J13 : On prend le pass via les bateaux pour les 5 terre (Photo #18 et #19) jusqu’à Riomaggiore. La vue est belle mais le soleil nous fait face pour les photos. A noter qu’il faut payer le bateau en cash (soit 105€ quand même) comme beaucoup d’autres choses dans ce pays (munissez vous de liquide pour l’Italie, j’ai du appeler ma banque pour faire relever mon plafond de CB). Riomaggiore est un tràs beau village avec une petite plage de galet au débarcadère du bateau. De là on prend la via del Amore (10€ en plus à payer car vous entrez dans le parc) jusqu’à Manarola qui est aussi un très beau village. Un peu au-delà de ce village, sur la route de Corniglio, on trouve des beaux spots pour nager et plonger des rochers. C’est vraiment très sympa alors surtout n’oubliez pas le maillot de bain au 5 terre. Ensuite, petite halte à Vernazza qui a une petite place très sympa avant de rejoindre Monterosso qui déjà, n’a plus le charme des 5 terre avec ses plages privées pour touristes (Photo #20).. C’est un gros bourg, un peu comme Levanto, mais en moins bien car la plage est bien moins agréable.

J14 : Rien, Nada, de la plage, du farniente, de la dolce vita à l’état pur sur la plage de Levanto. On mange des foccaccia, on admire de la plage les belles maisons dont la villa de la famille Agnelli et on se dit que si l’argent ne fait pas le bonheur, ça aide quand même pas mal…

J15 : Départ vers 9h00, on se retape cette autoroute à tunnel autour de Genova et tout à coup on retrouve la France et le mauvais temps. Il y a de la brume sur Menton et Antibes mais on s’en fout, on a des beaux souvenirs plein la tête et on en conclue que pour notre première année Européenne (après 3 ans à passer des vacances aux Etats-Unis), on a mis la barre un peu haute sur ces vacances.

Coté budget pour 5 personnes sur 15 jours : 4100€ dont : - 2500€ d’hôtel (les 3 nuits à Levanto étaient hors de prix mais on a qu’une vie, par contre l’appartement à Rome est vraiment un bon plan) - 650€ de repas + nourriture + Gelati (on s’est fait la tambouille 5 jours à Sienne et 3 jours à Rome) et en Italie, on mange facilement une pizza sur le pouce. - 400€ de visites et bateau au 5 terre - 450€ de péages et essence - 100€ de souvenirs et divers

Nos coups de cœur : Les 5 terre, Sienne et ses alentours, La via Appia et les catacombes, notre B&B en Toscane et l’emplacement de notre appartement à Rome. Nos (petites) déceptions : Les italiens (l’accueil n’est pas plus « aimable » qu’en France mais on compare toujours à nos années américaines), Assise.

Prochain carnet de voyage, la Jordanie en Octobre prochain…

Bonnes vacances a tutti !

Manu







































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ML
Mlefevre 15 years ago · Simon
Norvège en février 2010: Hardangervidda
Bonjour à tous Voici le récit de notre escapade hivernale dans le sud de la Norvège, sur le haut plateau du Hardangervidda.

Cliquez ici pour le récit en images : si belle la terre

Bonne lecture! Marie

Texte seul :

Présentation

Pour un 3ème voyage hivernal en Scandinavie (on y prend goût!), nous ne disposions que d'une courte semaine. Impossible donc d'y aller avec notre propre véhicule. Profitant d'une offre bon marché pour un vol pour Oslo au départ de Francfort, il ne me restait plus qu'à louer sur place une voiture et à trouver un chalet dans un coin sympathique pas trop loin d'Oslo. J'avais adoré le plateau du Hardangervidda lors de précédents voyages : grands espaces vierges, vastes ondulations douces propices au ski de randonnée nordique, altitude modérée (environ 1000 m) mais garantissant un bon enneigement en février. Ce haut plateau se situe à peu près à mi-chemin entre Oslo et Bergen. Je trouvai sur internet un chalet sympathique non loin de Al entre Gol et Geilo sur la route N°7.

A ma grande surprise les enfants (14, 15 et 16 ans) abandonnent encore volontiers leurs surfs et skis alpins pour découvrir loin des files d'attente, hideuses remontées mécaniques et odeurs de poulet-frites des espaces SANS RIEN, vides, sauvages, vierges, mais qui nécessitent un peu d'effort et n'offrent que peu de dénivelé. Pourvu que ça dure!

Une amie (virtuelle) de voyage forum, Thienan et son ami François, curieux de découvrir la Norvège en hiver, ont aussi loué un chalet dans le coin. Handicapée par un genou déglingué par une bonne gamelle à ski quelques semaines avant le départ, Thienan me demande de leur amener des raquettes, afin de ne pas trop solliciter son genou.

Nous n'avons pas été gâtés par la météo, il a neigé tous les jours, souvent en continu, mais l'ambiance hivernale y était! Tokala de voyage forum était au même moment à Tromso (au moins 1000 km plus au nord donc) et ils ont eu un temps superbe avec aurores boréales tous les soirs! Je suis verte de jalousie. regardez un peu ses photos!

J1 DIM 14 février Bien avant l'aube, nous prenons la route, souvent enneigée (déjà!) pour Francfort d'où nous décollons avec 2 heures de retard (à cause de la neige). Survol de l'Allemagne toute blanche, quelques glaçons dans le fjord d'Oslo (il semble que l'hiver ait été cette année particulièrement rigoureux), atterrissage sans problème à l'aéroport de Gardermoen, au nord d'Oslo. Il nous faut une heure pour récupérer tous nos bagages. Encore une heure pour récupérer la voiture de location (!) Bref, le jour tombe quand nous quittons l'aéroport. C'est bien dommage car je me faisais une joie de parcourir cette si belle route sous le soleil, d'autant plus que la météo annoncée pour les prochains jours n'est pas folichonne! C'est dimanche soir et nous croisons des centaines de voitures qui rentrent sur Oslo! Bref, après 3h45 de route, nous trouvons le chalet de nos amis, qui, charmante attention, nous attendent pour le repas. C'est bien agréable de mettre les pieds sous la table a près ce voyage! Merci à vous deux! Nous faisons connaissance « pour de vrai »: « trop sympas » disent les enfants, on est d'accord avec eux! Nous décidons d'une balade tranquille pour le lendemain, afin que Thienan puisse un peu tester son genou. Enfin nous trouvons notre chalet, haut perché dans la vallée, après avoir essayé en vain notre clé (que Thienan avait récupéré pour nous, vu notre arrivée tardive) sur 2 ou 3 autres maisons(!)... Il est trop mignon, tout en bois, simple et de bon goût. Au lit!

J2 LUN 15/02 Comme prévu il fait moche. On déjeune tranquillement, profitant du confort douillet et de la chaleur du bois en regardant la neige tomber régulièrement. Thienan et François n'ont toujours pas récupéré leur valise, perdue lors de leur correspondance à Amsterdam. Un coursier est en route, aussi nous en profitons pour aller faire un ravitaillement de bouffe au village de Al, situé à 20 mn de route au fond de la vallée. Pas de problème de conservation (il fait -12°C), on laisse tout dans le coffre et rejoints par Thienan et François (enfin équipé de chaussures de marche) nous prenons la route vers Vats et nous garons près du lac de Rodungen. Fin de la route! De cet endroit partent plusieurs pistes de ski de fond mais nous préférons faire notre trace en traversant un lac pour grimper sur la colline juste en face. Le temps est si couvert que je fais 3 (!) photos ce jour-là! Il s'agit d'un lac de barrage (la Norvège produit toute son électricité à l'aide de centrales hydro-électriques) et les variations de niveau du lac créent près des berges des zones de fracture. L'épaisseur de la glace est bien suffisante cependant pour que nous puissions nous y aventurer sans risque. Petite balade de mise en jambes (6 km), Thienan est contente de son genou, il tient le choc! Nous rencontrons un couple en skis de fond qui se prend de terribles gamelles dans la descente, s'engueule et finit à pied! Nous sommes bien contents d'avoir nos skis de randonnée nordique, donc pourvus de carres, ce qui rend les descentes (un peu) moins acrobatiques. Après-midi tranquille au chalet puis Thienan et François nous rejoignent pour le dîner. Nous essayons d'optimiser nos allées et venues car pour grimper à notre chalet, il faut s'acquitter d'un péage de 50 NOK (soit environ 6 euros)! Ces petites routes de montagne à péage sont très fréquentes en Norvège, grand pays de 5 millions d'habitants. Je suppose que ce système finance en partie l'entretien des routes qui ne desservent que quelques maisons ou des départs de randonnées. Quand on voyage en Norvège, mieux vaut en prendre son parti, la voiture est taxée tous azimuts!

J3 MARDI 16/02 Il neige à gros flocons Nous choisissons donc d'aller ski tout près au départ du parking de Swarthamar, au bout de notre route. Malgré (ou à cause de) la carte trouvée dans le chalet, nous nous perdons un peu, faisons demi-tour une fois, une 2ème fois, bref, finissons par retomber sur nos pattes et à l'arrivée nous avons une quinzaine de km dans les jambes. Partis avec juste un paquet de madeleines pour 5, nous sommes lessivés! Nous avons vraiment regretté de na pas avoir pris de quoi faire un vrai pique-nique car nous sommes tombés sur une petite cabane en bois, équipée d'un trépied avec foyer suspendu, de bois fendu, d'allumettes, de papier journal, de pelles à neige et même de luges pour les enfants, cette petite cabane étant fort opportunément placée à côté d'une pente propice à la luge. Tout est en parfait état, propre, rangé, comme ça fait du bien de voir ça! C'est aussi pour ça que nous aimons tant la Norvège! Nous n'avons pas pu résister au plaisir d'y faire notre petit feu bien sûr! Rentrés au chalet, les garçons profitent du sauna (nous les filles ne sommes pas des fans!) tandis que les filles bullent au coin du poêle.

J4 MERCREDI 17/02 Thienan et François qui de leur chalet captent un réseau WIFI on repéré un relatif beau temps vers l'ouest, sur les hauteurs du Hardangervidda. Nous prenons la route 7 vers l'ouest, grimpons au-dessus de la limite des arbres et découvrons cet impressionnant plateau d'altitude. On remarque des traces sur un lac qui se terminent sur un gros pougnac de neige. Un peu plus loin nous comprenons : ce sont ces randonneurs avec pulkas qui ont bivouaqué à cet endroit. Le vent est léger mais vraiment frais. Il fait -15°C. Nous nous garons à Fagerheim Fjellstue où nous découvrons des chiens bien sages (et donc sûrement bien fatigués) Pas un « chat », nous chaussons skis et raquettes et partons vent arrière sur un lac gelé vers de petites collines. Le temps étant un peu incertain, Fred allume le GPS. La lumière est très belle, on devine à en juger par la surface de la neige que ça doit parfois souffler très fort par ici. Au bout de quelques km, les enfants nous faussent compagnie pour grimper sur un relief. Nous allons les retrouver de l'autre côté. Thienan et François rament un peu dans la neige relativement profonde. En raquettes, ils coupent au plus court. Quelle liberté, chacun sa trace en fonction de ses envies! Nous nous retrouvons tous de l'autre côté de la montagne. Les raquetteurs décident de filer droit vers les voitures tandis que les enfants nous persuadent de les accompagner pour remonter au sommet. Ce n'est pas bien haut, allons-y! A perte de vue se succèdent lac et montagnes. C'est magnifique, il y a de quoi randonner ici pendant des jours et des jours! Au loi nous apercevons Thienan et François qui « palment » dans la poudreuse. Après une sympathique descente, nous les rejoignons sur le lac. Le vent est vraiment glacial maintenant que nous l'avons de face, heureusement qu'il est léger! De retour aux voitures, nous décidons de profiter du beau temps pour pousser jusqu'à la mer. En route nous croisons des kite-skis. Il y a de la place, pas de problème! Finalement nous arrivons au bord de l'Eidfjorden. Au bord de la mer, la température n'est que légèrement négative mais toutes les cascades sont bien gelées. Nous continuons un peu la route vers Kinsarvik, c'est beau! Finalement nous faisons demi-tour et retraversons le haut plateau au crépuscule dans une ambiance bleutée absolument étrange (mais pourquoi donc n'ai-je pas fait de photos!? Sapristi!) J'adore cet endroit! Nous finissons la soirée autour d'une fondue (amenée de France, hé hé!)

J5 JEUDI 18/02 Bon, ben, il neige encore! Les enfants ne veulent pas faire de voiture aussi décidons-nous d'aller une nouvelle fois skier au départ de Svarthamar, tout près du chalet. Ce plateau est très grand et les possibilités de randonnée très nombreuses. Matinée douillette... On ne décolle qu'en début d'après-midi : le ciel est bien bas, il neige à gros flocons, nous sommes bien contents de profiter du balisage. Nous regagnons la voiture après une dizaine de km, en pressant un peu le pas car vu la quantité de neige tombée je crains que nous n'ayons à mettre les chaînes pour faire les quelques centaines de mètre pour remonter au chalet. Avec le mauvais temps la nuit tombe très vite et mettre les chaînes dans le noir ne doit pas être une sinécure. Nous retrouvons Thienan et François qui ont loué pour la journée des skis de fond et se sont baladés dans le coin. Finalement nous montons tous au chalet sans problème : les voitures sont équipées de pneus-neige ultra-performants, différents de ceux qu'on trouve en France. Ils sont pourvus de plein de petites lamelles qui font penser à de petits ongles qui s'accrochent dans la neige, efficacité redoutable! Ce soir : crêpes au programme!

J6 VENDREDI 19/02 Espoir de beau temps vers le NO nous dit Thienan après consultation du site yr.no. Nous décidons de prendre la route 50 vers Flam et de nous arrêter en route pour nous balader. Belle vallée défigurée par une énorme ligne à haute tension. Dommage! La route 7 est bien plus belle. A Steinbergdalshytta, nous abandonnons les voitures et grimpons vers un petit col. Le fond de l'air est frais : -16°C en bas. Tout est figé par le froid! Nous avons du soleil, c'est inespéré! La grimpette n'est pas facile : Thienan et François pour une fois sont plus à l'aise que nous avec leurs raquettes. Nous nous cramponnons sur nos carres, un peu crispés! Nous rejoignons finalement le sentier, balisé par le DNT. Arrivés en haut, ben... on n'est pas en haut. Derrière il y a encore des montagnes! Il fait vraiment un froid de canard dès que l'on s'arrête. On grignote et on grelotte puis on redescend. Fred et les enfants ont bien profité de la descente. Après être allée voir de plus près un joli petit vallon, je suis descendue laborieusement dans une neige hétérogène en faisant de grands Z: un vrai gâchis de descente comme dirait Arnaud! Ensuite nous ne résistons pas à l'envie de pousser jusqu'au Aurlandsfjorden. A cette époque de l'année les villages en fond de vallée ou de fjord ne voient pas longtemps le soleil! Dîner d'adieu chez Thienan et François qui reprennent l'avion demain. On a vraiment apprécié cette courte semaine en leur compagnie!

J7 SAMEDI 20/02 Il fait encore plus moche que d'habitude car en plus il y a pas mal de vent! - 18°C ce matin, brrr! Impossible de skier agréablement dans ces conditions. Nous abandonnons lâchement les enfants au chalet (avec ordi et jeux olympiques à la télé, ils ne sont pas traumatisés!) et décidons de retourner vers Eidsfjord par le haut plateau du Hardangersvidda. Juste avant de grimper sur la plateau, la route est barrée (rappelons qu'il s'agit de l'axe principal entre Oslo et Bergen, 2 des plus grandes villes du pays) Pour passer le plateau, il faut se déplacer en convoi. Très gentiment (est-ce du à notre qualité de touristes?) l'homme fluorescent qui informe les automobilistes nous fait passer devant tout le monde et nous partons donc très rapidement avec 7 autres voitures, entre 2 chasse-neiges. Au départ, tout ce binz nous semble un peu exagéré, d'autant que nous avions parcouru cette route quelques jours plus tôt sans aucune difficulté. On nous a donné un dépliant en anglais indiquant la nécessité d'allumer feux de brouillard et de détresse, d'avoir une pelle, des vivres et des vêtements très chauds, une corde de remorquage... Ils ont aussi compté le nombre de personnes faisant partie du convoi. Quelle aventure! Quelques km plus loin nous changeons d'avis! Il souffle un vent terrible qui a formé de hautes congères perpendiculaires à la route. Le chasse-neige les dégage, parfois péniblement et il faut que les voitures le suivent exactement dans ses traces au risque sinon de percuter une congère, rendue invisible par la neige en suspension soulevée par le vent. Pas facile de rester assez près de la voiture de devant pour bien rester dans sa trace tout en évitant de la percuter quand le convoi ralenti quand le chasse-neige a du mal. Par moments on ne voit plus rien du tout, c'est vraiment impressionnant! Bien sûr on ne voit rien du paysage qui nous avait tant ravis la dernière fois mais l'expérience en valait la peine. Arrivés à la mer, nous décidons de prendre le bac de Brimnes vers Bruravik puis de rentrer par la route 50 afin de ne pas faire la queue pour prendre le convoi dans l'autre sens.(il y a environ 40 km et ce sont les mêmes chasse-neige qui font les va et vient avec moins d'une dizaine de voitures à chaque fois) C'est étonnant de voir ce grand soleil sur la côte. On n'imagine pas le blizzard qui règne à quelques dizaines de km! La route 50 est sans problème. Il doit vraiment y avoir une sorte de microclimat sur le Hardangervidda! Nous ne retrouvons le chalet et les enfants qu'à la nuit tombée.

J8 DIMANCHE 21/02 Dernier jour de vacances et... grand beau temps bien sûr! Grrrr! - 21°C du coup avec ce ciel dégagé! Thienan et François ont décollé hier dans la tempête et sont rentrés sans problème à Toulouse. Nous profitons encore un peu du chalet, y prenons notre dernier repas. Sur la jolie route qui mène à Oslo, nous faisons la course avec une femelle élan et son petit sur un lac gelé parallèle à la route. Impossible de s'arrêter pour une photo : pas mal de circulation et pas de parking. Un coup d'oeil en passant sur la belle Stavkirke de Gol. Nous décollons vers 19h, vol sans histoire, route déneigée (ça change) jusqu'à Nancy où nous arrivons vers 1h30 du matin. 12H du chalet à la maison, pas mal!

BUDGET: AVION : vol Lufthansa Francfort-Oslo A/R 80 euro/pers avec 1 bagage de 20 kg et 1 bagage de ski CHALET : loué chez Norgesbooking: 7730 NOK avec ménage inclus soit 960 euro VOITURE chez Europcar via Autoeurope via Easyterra, 8 jours, break avec skirack et chaînes 461 euro Soit pour 1 semaine à 5 : 1821 euro.

BIBLIOGRAPHIE : Un vieux Lonely Planet Norvege Suède Danemark, pas adapté pour un voyage hivernal Guide Cicerone Walking in Norway : plein de randos, aussi plutôt pour l'été Carte Kümmerly Frey Oslo-Bergen-Alesund, 350000ème Turkart Hardangervidda Vest et Ost, au 100000ème avec tracés des randos.

BON A SAVOIR En réservant quelques semaines à l'avance, réduction de 53% pour le parking de l'aéroport de Francfort. On a payé 65 euro pour 8j. Parking sous-terrain à 2 pas du terminal mais bas de plafond (on a du démonter le coffre de toit) Péages en Norvège avec voiture de location : dans les zones urbanisées, il s'agit de télépéage ; un boitier dans la voiture comptabilise les péages et c'est ensuite débité sur la carte bancaire. Dans la montagne, péage automatique avec monnaie ou CB Les routes : dégagées mais non salées. Bons pneus indispensables. Pas plus de radars qu'en France et mis à des endroits utiles (et non pas rentables comme en France) Magasins : dans les zones touristiques, grande amplitude horaire (7h-21h souvent) et ouverture le dimanche. Plusieurs supermarchés ouverts sur la route pour aller dans les montagnes, même un dimanche soir.
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JO
Johndoex3x 15 years ago · Emsi1234
Carnet de voyage: Rome et Naples
Bonjour, Nous voilà de retour de notre voyage annuel. J’ai modestement consigné ici le maximum de renseignements, en espérant que cela puisse vous aider à élaborer votre voyage. Pascal

samedi 23 octobre : voyage

transfert aeroport gare : léonardo express toutes les trente minutes pour 14 euros. Le seul la nuit. On le trouve en arrivant dans la gare. Billet pris sur borne automatique.

ATTENTION ARNAQUE : à Termini, nous sommes sortis trop tôt de la gare et nous nous sommes retrouvés dans une rue mal éclairée et déserte à minuit. Là un homme bien intentionné avec un joli badge nous a expliqué qu’il y avait deux gares et que nous nous étions trompés ; seule solution selon lui : prendre le taxi à coté (bien sûr, pas aux couleurs des taxis officiels) qui nous transfèrerait à Termini pour 20 euros. Nous ne l’avons pas cru heureusement car il suffit de remonter la rue et l’entrée principale de Termini se trouve 500 mètres plus loin mais on ne la voit pas de là!!! Alors attention !!!

Bus : centralisation piazza venezia ou termini

dimanche 24 octobre :

résa à l’hotel locanda hotello rossi à 50m de termini – au 4ème étage nous avons été relogés par la patronne à l’hôtel Albergo Bruna dans le même immeuble au 6ème Chambre très propre avec salle d’eau– très silencieuse – 60€ avec le petit dèj récupérer roma pass dans la gare, l’office du tourisme est sur le quai 24 Metro ligne A Flaminio

la Piazza del Popolo via le jardin du « Pincio » - voir Santa MARIA DEL Popolo pour les 2 Caravage attention de là pour aller à la villa Borghèse : 20 minutes de marche par les jardins villa Borghese : visite à 11h – réserver avant par internet être présents à 10H30

Galliera Borghèse : nous l’avons visitée en 1h15, le gdr est très bien fait.

Retour piazza del populo monter à Piazza Napoleone I pour le point de vue et redescendre de l’autre coté direction villa médicis. Continuer par la villa médicis jusqu’à l’église trinita del monti Rejoindre la piazza di Spagna par l’escalier de la trinita del monti. Pas grand-chose pour manger dans le secteur ou alors relativement cher . Repas : Antica Roma – Via du propaganda juste à coté de la piazza di spagna. Panini copieux, bons mais pas donnés (5€40) Continuer direction fontaine del tritone Dans le secteur plein de petits restos/sandwicheries beaucoup moins chers que vers piazza del Populi/piazza di Spagna Puis vers fontana di Trevi Ravitaillement : il y a une petite épicerie pour l’eau notamment ( 2€ le litre ½) piazza Barberini, mais avec un peu de chance vous trouverez le DESPAR qui est un peu plus loin direction fontaine de Trévi (0,22€ le litre ½…… mieux que 2€ le ½ litre partout ailleurs ;o) )) Rejoindre la via del Corso (boutiques) puis San Ignazio (les plafonds sont grandioses.) Descendre vers le « Vittoriano » pour voir le palais de Venise et la vue sur les forums romains de l’autre coté ; Remonter à gauche du palais de Venise pour voir l’Eglise « Gesu » puis remonter sur le Panthéon et en profiter pour goûter les parfums de glaces au chocolat à « Della Palma » dans une rue qui monte sur la droite, avec le Pantheon dans le dos un peu plus loin « Giliotti », glaces sublimes direction Saint Louis des Français pour les 3 grands Caravage Derriere ST Louis= la Piazza Navone ( Aller manger un tartuffo à « Tre Scalini » au milieu à l’ouest) : goûter à l’ambiance

Diner : Aquila Nera via principe Amadeo : beaucoup de monde, salle bruyante, produits frais, resto pour touristes, prix raisonnables et TTC

Total du jour : 20 km

lundi 25 octobre : rome Bus 64 depuis termini Vatican ouverture 9h00

Le Vatican :

Pour visiter la queue, acheter impérativement le billet sur le net à l’avance (4€ de plus) : la queue est interminable ; c’est impressionnant : 4 personnes de front sur environ 1 km !! Même si cela va vite, il doit y en avoir pour des heures. Par internet, on entre direct. Prévoir 3 ou 4 heures ; fait avec le gdr qui nous a à nouveau bien aidés

Resto midi porta castello situé largo di porta castello (le bus 23 vous y conduira) Pizza et pâtes pas chères et copieuses (pizza 40 cm de diamètre !!) - bien

Retour à la place Saint Pierre (à pied depuis le largo di porta castello) Visite de la place, de la Basilique. Attention , fermeture de l’entrée de la coupole à 16H15

Visite du castel san angelo (pas possible car lundi) Nous avons fait un tour dans campo de fiori puis retour à termini

Diner Kebab à la gare

Total 15km

mardi 26 octobre : rome metro ligne b ou bus 75 pour le colysée commencé par le forum : pas de queue puis palatin dans la foulée (on ne ressort pas) Pour le Colysée on est à nouveau passés devant tout le monde avec le Roma Pass Arc de Constantin

Repas : pas d’enseigne 15 rue vittorio Emmanuelle II (bus 64) juste avant la place d’Argentine – On a mangé pour 10 euros avec boisson (2€20 le panino) Très bien – Ils font aussi des assiettes avec divers plats maison – Apparemment le repère des employés du quartier Retour au castel san angelo ouvert cette fois Puis musées du capitole

Diner : trastevere avec le tram 8 – Dar Buttero – 15- via della Lungaretta – pris dans le gdr – très bien – prix raisonnable (2primi 2 secundi 2 birra ½ vino della casa 40 € ( coperto 1€50) Retour tram 8 puis bus 64

Total ….oups, perdu le podometre et le gdr. Heureusement on en a racheté un….gdr

mercredi 27 octobre : naples

train de rome à naples hotel grand hotel europa – corso garibaldi – 42 euros/nuit par le net au lieu de 130. changement d’hotel (panne d’eau) assuré par l’hôtel (petit déjeuner offert pour se faire pardonner) Nous nous retrouvons donc à l’eden hotel pour une nuit (160 € la nuit) Eden Hotel : très bien, grande chambre avec sdb, très propre, internet wifi payant, petit dej sous forme de buffet – par contre, hôtel très mal insonorisé

Visite de Naples : port Quartier monumental Quartier espagnol

Repas dans le quartier Espagnol : une cantine pour les italiens du coin, d’ailleurs personne ne parle ni anglais ni français, ni espagnol, impossible de lire la carte, du coup, on m’emmène en cuisine pour me montrer les plats. Bon. 10 euros à deux…..faut dire que l’on n’a pas dépassé l’entrée tellement c’était copieux (et, je dois l’avouer, faute de pouvoir se faire comprendre) – excellente adresse (en fait on l’a trouvée ensuite dans le gdr : da nenella – vico lungo teatro nuovo )

Quartier Spaccanapoli : là, nous avons utilisé le parcours du guide vert.

Musée archéologique national (visite avec le guide vert (mieux que gdr)), beaucoup de salles fermées, notamment la chambre secrète, les mosaïques et les bijoux.

Repas à coté du musée (1km)-pizzeria starita (dans le gdr) – rue materdei - Entrée, pizza aux fleurs de courgettes et pizza frite (la pâte est frite puis cuite au four avec la garniture) pour 18 euros……excellent Retour facile inespéré avec l’aide aimable des chauffeurs de bus et des napolitains !!!

jeudi 28 octobre : pompei circumvesuviana jusqu’à pompei : une bonne demi heure Ne pas rentrer dans le site sans avoir pris le plan et le guide explicatif à l’office du tourisme (là où nos sommes entrés il était juste à coté des tourniquets (piazza essedra). C’est gratuit et très bien fait. Repas midi : nous avons mangé dans l’unique cafétéria du site : c’est rapide et pas cher contre toute attente…… mais ce n’est pas une grande expérience culinaire ;o))………….pratique quoi. (7€60 les deux quarts de pizza).

Le soir nous prenons finalement possession des chambres au grand hotel europa. C’est moins bien que l’eden hotel, par contre ils sont beaucoup plus sympas, parlent français et/ou anglais et internet est gratuit et illimité (prévoir un cable rj45 car il y a la wifi mais aussi une connexion filaire dans les chambres. La chambre est propre, la salle de bains moins et la salle de restauration pour le petit déjeuner est carrément sale ! Pour le diner merci à la personne de vf qui nous a envoyés à : Trattoria da donato – 26 via san cosmo fuori parnatolana (près de garibaldi) – excellente adresse familiale – tout est cuit au four à bois - pas cher, excellent, copieux…… on y revient diamanche (35€ : 2 primi, 2 secundi, 1 contorni)-

vendredi 29 octobre : herculanum vesuve prendre le circumvezuviana direction sorrente, descendre à erculano et prendre un taxi (10€ + 6€50 l’entrée) faire le Vésuve le matin pour ne pas avoir le soleil en face pour les photos Compter 2x 30 min de transfert + 1H30 de visite

Repas : pizzeria luna caprese dans la rue qui descend à erculanum depuis la gare : n°66 via 4 novembre (dans le gdr) Un rapport qualité prix imbattable : entre 3€50 et 5€ la pizza très bonne de surcroit

A noter que nous avons acheté du fromage au numéro 64 (donc juste à coté de la pizzéria) au retour. Le type est très gentil, et nous a fait goûter plein de fromages, dont la mozzarella di buffala à des prix défiants toute concurrence (environ 2 fois moins chers que ce que j’ai vu auparavant)… n’hésitez pas à y aller (d’après lui le fromage vient de la ferme familiale…… si l’on en croit la photo affichée dans la boutique ..)

Visite d’erculanum, prévoir 2 heures voire un peu plus.

Dîner : avons essayé al plebiscito du gdr 2010 : remplacé par un resto très cher. Nous sommes donc allés à l’ostéria della Mattonella – conforme à la description du guide. Pour y aller: trouver l’ascenseur via chiaia (il est sous le pont qui traverse)- compter 4/5 euros par plat

samedi 30 octobre : paestum ravello voiture prise chez sicily by car à l’aéroport de Naples (36 euros la journée par internet) en fait nous l’avons prise à l’aéroport pour ne pas avoir à conduire dans Naples. Finalement, nous avons été oblligés de conduire dans Naples et j’ai vu bien pire ailleurs. Donc pour avoir traversé Naples (certes un samedi) je pense que c’est jouable et pas forcément la peine de louer à l’aéroport. A ce propos la ligne qui va à l’aeroport est la C58 et non la 3s comme indiqué sur les guides. (apparemment c’est en plein remaniement). Sinon l’alibus ne s’arrête nulle part entre garibaldi et l’aéroport.

Visite de paestum : on n’est pas rentrés dans le site car nous avions beaucoup de retard mais on voit les trois temples et le théâtre depuis l’allée qui mène à l’entrée Cote amalfitaine : très difficile voire impossible de se garer sauf à Ravello

Repas du soir : nous avons voulu aller à da michele mais déjà à 7 heures du soir il y a distribution de tickets avec un numéro de passage et nous avions une quinzaine de tables avant nous… Nous sommes finalement allés à la pizzeria pellone (voir gdr) Les italiens du coin nous ont dit que c’était bien aussi bien que da michele. Par contre, le serveur a parlé à l’autre serveur devant nous et j’ai entendu « touristi ». suite à cela notre voisin de table nous a expliqué qu’il fallait bien recompter l’addition pour les « touristi ». Bonnes pizzas, pizza frite curieuse (cette fois la pizza est sous forme de chausson (calzone) et est frite dans l’huile ) Addition : 30 euros après avoir froncé les sourcils et tout vérifié nous sommes arrivés à 23€ !!!!!!!!!! A bon entendeur ……. (compter entre 5 et 10 euros la pizza)

dimanche 31 octobre : capri la ligne de bus pour le port depuis garibaldi est la ligne 601 mais le week end c’est la ligne 1 les bateaux rapides sont dans la partie du port juste avant le château. Ne faites pas comme nous, ne descendez pas trop vite du bus… il y a un bateau rapide toutes les ½ heures billet : 32€ A/R ; heure de départ fixée mais on a pris un autre bateau au retour sans problème.(celui d’avant) en arrivant à Capri prendre le plan de l’île à l’office du tourisme de marina grande ou de la place centrale de Capri – àgratuit et indispensable

midi : buenocore 35 via vittore Emmanuelle II (sur gdr) sandwich (environ une demi baguette = 5 € ) dans la journée nous avons fait : marina grande à capri à pied. Puis marina piccolo à pied, retour en bus Puis direction villa fersen puis, villa jovis enfin, arche naturelle et grotte matermania. En gros les trois randos du gdr ; sauf que pour la villa jovis je recommande d’aller à villa fersen et ensuite de se diriger vers jovis : sentier bien aménagé et magnifique. (bonnes chaussures indispensables) Beaucoup de marche et il ne faut pas trainer

Diner, nous sommes revenus à Trattoria da donato – 26 via san cosmo fuori parnatolana ; cette fois-ci on goûte les pizzas et le primo conseillé par le patronne : EXCELLENT. 30 euros pour 2 primi, 2 pizze. A notre avis c’est le meilleur restaurant que nos avons connu dans notre périple. La 4 fromages est à tomber par terre et ils sont tellement gentils ……….

SECURITE A NAPLES : nous avions une certaine appréhension mais elle était bien peu justifiée. Aucun problème à Naples. Bien sûr comme ailleurs, il faut faire attention à ses affaires mais on ne s’est jamais sentis en insécurité : ni dans le quartier Espagnol la journée, ni dans le quartier de la gare le soir. Par contre, le soir, il n’y a que peu d’éclairages publics donc s’il n’y a pas de magasins, on se retrouve dans des rues toutes noires ce qui n’est pas fait pour rassurer.

lundi 1er novembre : retour Cette fois-ci on prend le bus pour l’aéroport car nous avons le temps. Bus SIT à prendre à gauche en sortant de la gare coté rue Marsala. 8 euros Nous avons mis 45 minutes mais c’était un jour férié, je pense que cela peut mettre beaucoup plus longtemps.
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OL
Olivierq 16 years ago
Venise en quatre ou cinq jours
VENISE 18 avril 2010 Satolas 16h25 Venise Marco Polo 17h45 22 avril 2010 Venise Marco Polo 15h40 Satolas 17h45

http://www.e-venise.com/marine-commerce-venise.htm

Voici les infos dont je me suis servi pour cette escapade à Venise tout loin s'en faut n'est pas des moi...

Déjà nuage oblige ça a été Voiture Lyon Mestre 7h50, puis parking en face de la gare des trains 45E les 5 jours et train juqu'à Venise...Je laisse les infos aéroport qui peuvent aider.

D18 Arrivé à l’aéroport Marco Polo, Venise est à 12 km. Le bus vous dépose à la Piazzale Roma, au nord de Venise et il ne vous reste alors plus qu'à prendre le Vaporetto pour vous rendre à votre hôtel ou marcher si ce n'est pas trop loin. Deux compagnies de transport par autobus sont disponibles pour vous rendre de l'aéroport Marco Polo à Venise: Les Bus ACTV

Si vous utilisez la compagnie ACTV, il faut prendre la ligne N° 5. Le prix du billet par personne est de 1 euro. Par contre, si vous avez une Venice Card, le prix du bus y est déjà inclus. Le billet peut s'acheter directement auprès du chauffeur. Le trajet dure de 30 minutes.

Arrêt des Bus ACTV et ATVO Piazzale Roma à Venise

Les Dimanches et Jours fériés : Depuis l'Aéroport Marco Polo en direction de la Piazzale Roma à Venise 17h40 - 18h10 - 18h40 - 19h10 - 19h40 - 20h10 - 20h40

Pour les Bus ATVO Il vous faut prendre la Ligne 35. Le billet coûte 3 euros, bagages inclus, et s'achète au distributeur situé à l'arrêt des bus ATVO, à la sortie de l'aéroport. (5,5 euros pour le billet aller-retour). Si vous n'avez pas de monnaie, vous pourrez l'acheter directement au chauffeur.

Depuis l'Aéroport Marco Polo en direction de la Piazzale Roma à Venise 17h50 - 18h20 - 18h50 - 19h20 - 20h00 - 20h40.

Puis, prendre le vaporetto 1ou 2 et descendre à l’arrêt San Zaccaria. Remonter vers le nord 500m jusqu’à l’hotel : N32 E3 Foresteria Chiesa Valdese Calle Lunga Maria Formosa CASRELLO Tel 041 528 67 97 P116. http://www.foresteriavenezia.it/foresteria/index.htm

C’est un ancien palais qui appartient à l’église méthodiste de Suisse. Aucun prosélytisme, c’est un hôtel « classique ». Bon hôtel, bon confort, 80E la chambre avec wc/sdb et petit dèj. Copieux et à volonté. La chambre 14 a des peintures au plafond et est à 92E la première nuit et 84E les suivantes.

L19 Sachez qu'il existe une Museum Card à 12 € pour les Musées de la place Saint Marc (valable 3 mois) qui comprend la visite du Palais des Doges, le musée Correr, la Bibliothèque Marciana et le Musée Archéologique. Cette possibilité est offerte du 2 novembre au 31 mars. Du 1er avril au 1er novembre, et pour un euro de plus, soit 13 € au total, la Museum Card devient Carte San Marco Museum Plus, et, en sus des musées accessible par la carte Museum Card à 12 €, vous pourrez en sus visiter un autre des musées Municipaux de Venise, au choix : La Cà Rezzonico, le Palazzo Mocenigo, la Maison de Goldoni, la Cà Pesaro ou le musée du Verre de Murano.

Musée Correr 9h pour être seul.

Le lion de saint Marc

Marc et son attribut, le lion, Chroniques de Nuremberg, 1493

Saint Marc est symbolisé par un lion d'après l'un des premiers versets de son évangile :

« Une voix rugit dans le désert... » — Mc 1,3

Les quatre évangélistes sont représentés sous formes allégoriques du tétramorphe : l'ange pour saint Matthieu, l'aigle pour saint Jean, le taureau pour saint Luc et le lion pour saint Marc. Cette représentation est inspirée par une vision du prophète de l'Ancien Testament Ezéchiel et par la description des quatre Vivants de l'Apocalypse selon saint Jean.

Le lion symbolisant saint Marc est généralement ailé, ce qui le distingue du lion de saint Jérôme[4].Il faut signaler que le Lion, dit "de" Saint-Marc, fut l'emblème de la République de Venise.

En 828, afin de remplacer saint Théodore, le 11e Doge de la ville chrétienne de Venise, Giustiniano Participazio, se cherche un nouveau puissant protecteur céleste pour protéger la ville. Celui-ci doit rivaliser avec Rome et son saint patron saint Pierre. Deux marchands vénitiens se débrouillent pour aller voler les reliques sacrées de saint Marc l'évangéliste dans la petite chapelle du petit port de pêche de Bucoles proche d'Alexandrie en Égypte où il avait souffert le martyre. La basilique Saint-Marc est alors spécialement construite pour l'occasion, pour abriter ses reliques auxquelles l'église catholique prêtait à l'époque des pouvoirs divins et il devient ainsi le Saint Patron de la ville avec son lion comme symbole (Tétramorphe), au même titre que l'ange pour saint Matthieu, l'aigle pour saint Jean et le taureau pour saint Luc. Marc était venu évangéliser la région au Ier siècle par bateau et avait fait naufrage dans la lagune qui allait donner naissance en 452 à la Sérénissime. Un ange lui aurait apparu et lui avait alors dit ces mots : « Paix sur toi Marc mon évangéliste, tu trouveras ici le repos ».

Si elle a aujourd'hui un intérêt avant tout historique, architectural et touristique, elle fut dans le passé le centre politique, religieux et économique de la république de Venise. Elle est surnommée par Napoléon Bonaparte « le plus élégant salon d'Europe ». Biographie de Saint Marc

Un des quatre évangélistes de la religion chrétienne. Né Jean, ses facultés d'helléniste lui ont valu le nom de Marcus. Converti par l'apôtre Pierre, il partit prêcher avec Saint Paul en Asie Mineure (Antioche, Perga), puis avec Barnabé sur l'île de Chypre. Saint Marc aurait rédigé le second 'Évangile' à Rome aux alentours de 60 après J.-C. durant la captivité de Saint Paul. La tradition chrétienne lui attribut par la suite l'évangélisation d'Alexandrie dont il aurait été le premier évêque. Il y aurait été martyrisé en 67 après J.-C. Son corps fut, selon la tradition, ramené par deux marchands vénitiens dans la cité lagunaire en 828, dont il devint le patron.

Voici ce que le presbytre disait : Marc, qui avait été l'interprète de Pierre, écrivit exactement tout ce dont il se souvint, mais non dans l'ordre de ce que le Seigneur avait dit ou fait, car il n'avait pas entendu le Seigneur et n'avait pas été son disciple, mais bien plus tard, comme je disais, celui de Pierre. Celui-ci donnait son enseignement selon les besoins, sans se proposer de mettre en ordre les discours du Seigneur. De sorte que Marc ne fut pas en faute, ayant écrit certaines choses selon qu'il se les rappelait. Il ne se souciait que d'une chose : ne rien omettre de ce qu'il avait entendu, et ne rien rapporter que de véritable.

Le saint patron de Venise était Saint Théodore. Le saint grec témoignait de l'influence byzantine sur Venise. Quand en 828, le corps de Saint Marc fut ramené d'Alexandrie par 2 marchands vénitiens Buono de Malamocco et Rustico de Torcello, il devint le Saint patron de la ville. On lui construisit une petite chapelle, dans le Palais des Doges, qui n'était à l'époque qu'un château fort. En 832, on termina, non loin du palais des Doges, une petite église mausolée, incendiée en 976. Reconstruite en 978, elle sera de nouveau abattue. En 1063, on construisit un sanctuaire inspiré de la Basilique des Saints Apotres et de la Basilique de Sainte Sophie à Constantinople. Edifice en croix grecque, elle est assez trapue, possède déjà des coupoles basses et sa façade est de briques rouges. La Basilique fut consacrée en 1094. Peu à peu, la façade de l'austère basilique se pare de revêtements de marbre et de portiques profonds, soutenus d'une double rangée de colonnettes. La brique disparait sous le marbre. Le grand portail est orné de bas-relief représentant les métiers et les signes du zodiaque. Flèches, bas-reliefs, arcs, chapiteaux, du 11e au 15e siècle, elle intègre différents styles, assimilant les arts de l'Orient et ceux de l'Occident. Elle les assimile tellement qu'une partie des ornements provient directement d'Orient, comme le groupe des Tétrarques en porphyre rouge syro-égyptien, ou les célèbres chevaux de Saint Marc. Nous y reviendrons.

Outre les coupoles, ce sont surtout les magnifiques mosaïques sur fond d'or, couvrant entièrement les parois de la Basilique, qui rattachent cette basilique chrétienne, à l'art oriental.

A l'intérieur, ces mosaïques constituent une véritable Bible illustrée, servant à l'édification des croyants. A l'origine, ces figures sont toutes de type oriental, en aplat, sans mouvement, elles apparaissent souvent rigides, sans mise en scène. Elles ont été exécutées par des artisans orientaux ou vénitiens, mais toujours dans un style oriental caractéristique des icônes. On discerne ainsi différentes figures du Christ (11e et 16e siècle), dans l'abside et la première coupole. Egalement, la Pentecôte (12e siècle), dés la première coupole de la nef, représentant la descente de l'Esprit sain sur les 12 apotres. MAis l'art de la mosaïque évolue avec le temps et le développement des arts. La mosaïque introduit plus tard des notions nouvelles, comme le relief et la perspective. Dans le baptistère, observez bien la Danse de Salomé (du 14e siècle), toute émouvante et lascive, face au roi rigide, traité à la manière byzantine. On entre alors dans les principes picturaux du gothique, surtout en usage au 15e siècle.

Les mosaïques de la basilique San Marco sont ainsi une véritable école d'art, depuis les premiers aplats byzantins jusqu'à des mises en scène en perspective. Mais le trésor des trésors de la Basilique San Marco, c'est sa Pala d'oro. L'un des plus beaux chefs d'oeuvres d'orfèvrerie qui soit permis d'admirer. Ce rétable d'or date du 14e siècle. 3000 pierres précieuses et 80 émaux sont enchassés, à la gloire des fêtes chrétiennes (registre supérieur), tandis que le Christ apparait au centre, entouré de 4 prophètes et dominant l'impératrice Irène, le Doge Ordelaffo Falier et la Vierge. Sur les côtés, ont pris place les apôtres et autres prophètes.

Ensuite balade Campo de santa maria formosa P199, Campo della fava, Camposanti giovanni e paolo P210. Puis, Chiesa dei gesuiti P194.

Attention aux heures d’ouverture des églises !

CHIESA DEI GESUITI

Il y a quatre statues de chaque côté de la porte qui représentent St. James Major, St. Peter, St. Paul, St. Matthew l’évangéliste. Il tutto è sovrastato dall'opera di Giuseppe Torretti L'Assunzione della Vergine Maria , posta sopra il timpano . L'ensemble est dominé par le travail de Giuseppe Torretti “ L'Assomption de la Vierge Marie”, placée au-dessus du tympan. In tempi recenti è andato persa l'opera di Francesco Bonazza .

La pianta della chiesa è tipica delle chiese dei Gesuiti, a croce latina , con tre cappelle per parte nel braccio più lungo. Transetto e presbiterio a fondo piatto affiancati da due altre cappelle. Le plan de l'église est typique de l'église des Jésuites, une croix latine avec trois chapelles de chaque côté dans le bras plus long. Transept et le chœur avec un fond plat soutenu par deux autres chapelles. Le sei cappelle ai lati della navata sono fra loro separate in piccoli ambienti, una volta dedicati alle confessioni . Les six chapelles de chaque côté de la nef sont séparées. Fra la seconda e la terza cappella, il notevole pulpito di Francesco Bonazza , e lungo tutto il corridoio i "corretti", grate da cui si affacciavano gli ospiti del convento.Entre la chapelle deuxième et troisième, la chaire grand de Francis Bonazza, et le long du corridor qui est bordée par des croyants reconnaissants du couvent. La navata della chiesa si restringe di fronte l' altare , dedicato alla Santissima Trinità , grazie alla presenza di quattro pilastri che sorreggono la volta a crociera . La nef de l'église est dédiée à la Trinité bienheureuse, et quatre piliers soutiennent la voûte en croisée. Del 1725 - 1731 a decorazione a due colori, bianco e verde, dei marmi e dei pavimenti . On peut dater de 1725 e - 1731 la décoration en deux couleurs, le marbre blanc et vert et étages.

Decorano i soffitti gli affreschi di Ludovico Dorigni , Angeli musicanti in gloria , datato 1720 nel presbiterio , Il trionfo nel nome di Gesù , del 1732 , nel soffitto a crociera; di Francesco Fontebasso Abramo che adora i tre angeli , e la Visione di San Giovanni Evangelista , sul soffitto della navata , del 1734 . Au plafond des peintures de Ludovico Dorigni, jouant “Angels in Glory”, daté 1720 dans le chœur, le triomphe, au nom de Jésus de 1732, le plafond à Francesco Fontebasso Abraham et la Vision de saint Jean Evangelista. Il presbiterio è circondato da statue di cherubini , angioletti, angeli e arcangeli di Giuseppe Torretti . Le sanctuaire est entouré par des statues de chérubins, des anges, des anges et archanges de Giuseppe Torretti. Di Giuseppe Pozzo è l' altare , in esso si notano dieci colonne sormontate da una cupola bianca e verde.

Puis marche jusqu’à l’égilse Madonna dell’orto P191.

CHIESA DELLA MADONNA DELL’ORTO

Pour arriver au but qu'il se proposait, Tintoret, ne négligea aucune étude. Pendant plusieurs années, sans relâche, de jour et de nuit, il travaille d'après les moulages de Michel-Ange, le modèle vivant, le cadavre disséqué, le mannequin drapé, le mannequin articulé et suspendu au plafond, en plein air ou à l'intérieur, à la clarté du soleil ou à la lueur des lanternes et des torches; il modèle, en terre ou en cire, ses figurines avant de les dessiner; il fréquente tous les gens qui peignent, aussi bien les simples badigeonneurs que les artistes en renom, ne négligeant rien pour s'approprier toutes les ressources du métier, pour se faire une manière « forte et résolue ». En même temps, il saisit toutes les occasions de se produire, répand des fresques sur toutes les murailles qu'on met à sa disposition, montre ses toiles partout où il peut; quelques belles décorations de façades, son portrait et celui de son frère, avec effets de nuit, exposés dans la Merceria, le firent bientôt connaître. Vers 1546, il offre aux prêtres de l'église Madonna dell' Orto de leur peindre, contre remboursement de ses frais matériels, deux compositions immenses (15 m de hauteur sur 6 m de largeur). L'offre est acceptée pour 100 ducats. Ces deux toiles, encore en place, l'Adoration du veau d'or et le Jugement dernier, où les figures accumulées, dans un pèle mêle tumultueux de nudités, de draperies, d'accessoires, sous les contrastes et les agitations les plus bizarres de la lumière, gesticulent et se tortillent à l'envi, devaient rester, dans son oeuvre, l'une de ses improvisations les plus incohérentes et les plus scandaleusement inégales. Le jeune homme voulait étonner, il y avait réussi. Dès qu'il eut stupéfié ses rivaux par cette extraordinaire virtuosité, il se hâta, d'ailleurs, de montrer, dans la même église, qu'il savait, lorsqu'il le voulait, rester plus calme et plus pondéré. La Présentation de la Vierge, la Sainte Agnès ressuscitant le fils du Préfet, le Saint Pierre adorant la croix, le Martyre de saint Paul, y représentent l'artiste savant et fort avec toutes ses qualités de metteur en scène et en lumière, de dessinateur hardi et sûr, de coloriste vigoureux et vibrant.

Puis visite du ghettoP189.

En 1527, un décret ordonna aux Juifs de déménager dans la zone du Cannaregio, où se trouvaient les anciennes fonderies à canons. Le Premier Ghetto Le mot ghetto vient du mot italien geto (fusion). La prononciation gutturale de geto en ghetto s'expliquerait par l'accent des Juifs ashkénazes originaires d'Allemagne et d'Europe centrale. Sachez aussi que la municipalité de Venise, dans son souçi de vénétianiser les noms en supprimant quasi-systématiquement les doubles consonnes, a transformé tous les panneaux et inscriptions liés au Ghetto en “Gheto” avec un seul “t”. Pour en revenir à l'origine du mot, Ghetto pourrait aussi être un jeu de mots synthétisant geto avec le terme talmudique ghet (séparation)... le “quartier” de la fusion était bien celui de la séparation, puisque tous les Juifs devaient être hébergés dans Le ghetto. Chaque soir on fermait les portes du ghetto. Aucun juif ne devait plus circuler dans la ville. Mais, à la même époque, la même chose était aussi vraie pour les Vénitiens qui habitaient dans le quartier des étrangers à Alexandrie en Egypte. On les enfermait même ne pleine journée, pendant les offices religieux de la mosquée.

Un “geto” des ConnaissancesLà, se rassemblèrent tous les Juifs de la diaspora : Sépharades réfugiés d'Espagne et du Portugal, Ashkénazes venus d'Allemagne et d'Europe centrale, Levantins réfugiés de Constantinople... On y parlait diverses langues et dialectes, on comparait les divers contes et récits secrets rapportés en héritage. Il y avait des thalmudistes, mais aussi des kabbalistes, des gnostiques, des alchimistes. Tout cela stimulait la réflexion et la dispute.

Un signe Distinctif. Les Juifs du ghetto devaient se signaler en portant une rouelle (petite roue) jaune sur la poitrine, puis par un béret ou un chapeau jaune (Au Moyen-Âge, le jaune était la couleur infâmante de la folie et du crime). Celui qui ne portait pas son chapeau jaune devait payer une amende de 50 ducas et faire un mois de prison.

De la même manière, les Vénitiens avaient peur que les juifs puissent empoisonner leur puits et la Sérénissime avait décrété qu'ils n'avaient pas le droit d'utiliser les puits publics de la ville. Ils ne pouvaient donc utiliser que les seuls puits situés à l'intérieur du Ghetto pour puiser de l'eau. Cette interdiction dura jusqu'en 1703. Les puits actuels ne datent sans doute pas de l'époque de la création du Ghetto car les sculptures et armoiries qui s'y trouvent sont d'origine plus récente, ce qui fait penser que les puits d'origine ont dû être déplacés et ont été remplacés par ceux-ci.

Et Chiesa san marcuola P192. CHIESA SAN MARCULA

Il sera interessant de comparer cette cène peinte alors qu’il n’avait que 29 ans à celle peinte à la fin de sa vie à l’église San Cassiano.

Puis casino d’hiver qui est un palais P192. Traverser en trajetto. Arrivé Muséo di storia naturale P183.

LA CA’PESARO P181

C’est un imposant palais baroque de marbre faisant face au Grand Canal de Venise. Les plans initiaux en sont dus à Baldassare Longhena au milieu du XVIIe siècle, mais la construction a été terminée par Gian Antonio Gaspari de 1703 à 1710. L'utilisation massive de colonnes contraste avec le palais plus élégant qu'est la Ca' Rezzonico, également œuvre de Longhena.

C'est aujourd'hui le Musée d'art moderne de la ville de Venise. Il contient des peintures ou des œuvres de Klimt (sa Salomé), Bonnard, Chagall, Kandinsky, Klee, Rouault, Matisse, Moore, Morandi, De Chirico, Boccioni et d'autres.

L'étage supérieur est consacré au Museo d'Arte Orientale, qui contient quelques 30 000 objets, provenant principalement du Japon (armures, sabres, inro, netsuke, palanquin, ainsi que des peintures de Koryusai, Harunobu, Hokusai, etc.), mais également de Chine et d'Indonésie. Cette importante collection d'objets orientaux a été rapporté d'un voyage en Asie effectué de 1887 à 1889 par Henri de Bourbon-Parme, comte de Bardi.

EGLISE SAN CASINO P181

Cette toile, peinte vers 1592-94, ce serait la dernière version de la Cène par Le Tintoret.

Une grande pièce d'un intérieur vénitien éclairée par une lampe, dont la forme rappelle celle d'un oiseau.

Sa lumière rayonne d'une manière irréelle et sa fumée se confond avec des ectoplasmes d'anges qui flottent au-dessus des convives. La luminosité de l'auréole du Christ s'oppose et complète en même temps cette lumière suffisamment puissante pour bien marquer les ombres bizarres des convives, et pour intensifier les couleurs. Comme dans La Cène de la Scuola di San Rocco, la perspective défie ici encore les lois de la physique : la longue table pivote pour bien montrer les attitudes des apôtres au cours du dernier repas partagé avec Jésus, quand il leur annonce que l'un d'entre eux va bientôt le trahir.

Onze apôtres sont alignés du même côté de la table que Jésus ; en face d'eux un homme seul, habillé de rouge et sans auréole, ne semble pas très à l'aise. A cela s'ajoute le réalisme et le naturel des attitudes des protagonistes : les domestiques s'activent et s'empressent autour des convives qui discutent et qui s'interrogent avec animation. On se déplace, on se tourne, les bras et les mains travaillent, pendant que les Apôtres ne s'intéressent plus aux mets déposés sur la table. Ce subtil mélange de réalisme et d'imaginaire pictural nous montre l'irruption du domaine métaphysique et religieux avec son lot d'interrogations et de doutes, dans le monde réel connu et familier, où tout semble assuré.

Puis pont di rialto P180.

M 20 Palais des doges Le Palais des Doges palazzo ducale P146

Le Palais des Doges et la Piazzetta

Centre du pouvoir politique à Venise depuis le IXe siècle, une visite au Palais des Doges est incontournable lorsque l'on visite Venise et si l'on veut comprendre et voir ce qu'était la toute puissance de Venise pendant des Siècles. Vous pourrez voir la salle très impressionnante du Grand Conseil ainsi que de magnifiques peintures du Titien et de Véronèse, entre autres.

Puis tragetto en D3 Santa maria della salute P161. Musée, Galleria del’académia P163. Faire un aller-retour sur le pont de l’acdémia P166. Puis Squaro San tréviso P167 traverser le quartier Dorsoduro juqu’à la Chiesa san nocolo dei mendicoli qui devrait être fermée P170 (ouverture 10H 12H) et remonter le long du canal jusqu’à la place del Carmini.

Enfin Campo san Barnaba P167. Poursuivre jusqu’au Campo santa margherita P169

Chiesa san pantalon P176.

La Crucifixion du Tintoret à la SCULA DI SAN ROCCO P177 POUR MOI, LE TOP!

Façade principale de La Scuola Grande di San Rocco En suivant l'ordre chronologique de son travail pour San Rocco, Le Tintoret a commencé par l'Albergo en juin 1564, puis il la Salle du Chapitre pour terminer avec la Salle du Rez-de-chaussée en 1588. Il est conseillé de visiter San Rocco selon cet ordre, afin de mieux apprécier ces 24 ans de création qui révèlent l'inquiétude existentielle d'un artiste qui a su exploiter la force dramatique de la lumière et le rôle catalyseur des couleurs et du trait.

Ou “La Sixtine du Tintoret”, avec toutes ses dorures, ses plafonds et ses murs entièrement décorés par de splendides toiles du Tintoret, San Rocco est la plus opulente des Scuole. Son décor originel étant heureusement resté intact (c'est aussi le cas de la Scuola di San Giorgio), elle nous donne une magnifique idée de ce que pouvait être vraiment une Scuola Grande : une confraternité aussi prestigieuse que charitable. Charitable, parce que la Scuola di San Rocco (légalement reconnue en 1474) s'appliquait à secourir les malades, et particulièrement les victimes de la peste de 1576, suivant l'exemple de Saint Roch (né en 1295 à Montpellier et miraculeusement guéri de la peste, dont le corps fut transporté à Venise en 1485 et déposé dans l'église de la Confrérie en 1520). San Rocco, fut proclamé Patron de Venise après la peste de 1576 et son église devint ainsi le lieu d'un pèlerinage annuel du Doge et de la Signoria. On célèbre toujours solennellement la fête du 16 août sur la place, devant l'Eglise et la Scuola di San Rocco, où l'on dresse un baldaquin ou “Tendon del Doge”. Prestigieuse, parce que toute cette richesse, toute cette splendeur intérieure fut l'achèvement d'une construction longue et coûteuse, en rivalité avec celle de la Scuola della Misericordia. La Misericordia et San Rocco : une lutte de prestige... Quatre architectes se succédèrent pour la mener à bien :De 1516 à 1524 ce fut l'auteur du projet, Bartolomeo Bon, qui dirigea les travaux de construction du rez-de-chaussée de style renaissance, jusqu'à son départ à cause d'un désaccord avec la Confrérie sur la forme de l'escalier en 1524. Sante Lombardo poursuivit les travaux pendant deux ans et donna son caractère définitif à la façade sur le rio. Le défi avec la Scuola della Misericordia ira assez loin, pour qu'en 1545 San Rocco fasse démolir le grand escalier à deux volées édifié par “il celesto”. On le remplacera par un escalier de style impérial dessiné par Antonio Scarpargnino qui avait repris les travaux de 1526 à 1548 en construisant l'étage noble (premier étage où se réunissaient les membres de la Confrérie). Et quand la Misericordia dut renoncer pour des raisons financières à mettre des colonnes isolées sur sa façade, San Rocco voulait que deux séries de colonnes isolées de style corinthien décorent sa propre façade… achevée, après la mort de Scarpagnino, par Gian Giacomo De' Grigi de 1549 à 1560. 47.000 ducats pour 44 ans de travaux

La richesse de la Scuola di San Rocco ne cessa de s'accroître grâce aux nombreux donateurs qui comptaient sur San Rocco pour les protéger des nombreuses épidémies qui sévissaient à l'époque. Elle pouvait donc se permettre de faire appel aux plus grands peintres pour décorer l'intérieur du bâtiment dont la construction avait duré 44 ans et aurait coûté 47.000 ducats.Les murs longeant le grand escalier de Scarpagnino seront décorés par des œuvres commandées après la terrible épidémie de peste de 1630, qui fit d'innombrables victimes à Venise. A gauche : L'Intercession de St Roch, de St Sébastien et de St Marc pour que cesse l'épidémie de peste, et après le pilier, La Vierge sauve Venise de la peste peintes en 1673 par Pietro Negri.A droite : La Vierge apparaît aux victimes de la peste peinte en 1666 par Antonio Zanchi.

Chacune de ces œuvres est composée de deux toiles aux dimensions impressionnantes : (5,55m x 3,55m) pour la partie du bas de l'escalier et (7,05m x 6,35m) pour la partie du haut. Ces œuvres, fortement influencées par le style du Tintoret, commémorent cette peste de 1630 à l'issue de laquelle fut construite l'église de la Salute. Cet escalier digne d'un palais conduit aux salles du premier étage, où se réunissent toujours les membres de la Confrérie de San Rocco : la grande Salle du Chapitre, la petite Salle de la Chancellerie dont l'entrée se trouve tout de suite à droite de l'autel de la Salle du Chapitre et enfin l'Albergo, au fond à gauche. Rivalités entre peintres… Il faudra 18 ans pour se décider à commencer la décoration intérieure : rivalités entre peintres… Dès 1546 la Scuola di San Rocco avait voté la décision de faire décorer la Sala dell'Albergo, sans aucune suite. En septembre 1553, Le Titien proposa de réaliser une grande toile qui couvrirait tout le mur face à l'entrée de la salle de l'Albergo ; cette proposition initialement acceptée à l'unanimité demeura sans suite également, car ce n'est qu'en janvier 1557 qu'on prit la décision ferme et définitive d'entreprendre la décoration de l'Albergo en réservant 200 ducats par an pour cela. En mai 1564, 37 conseillers de la Banca de San Rocco s'engagent enfin à prendre en charge les frais de la première toile destinée à occuper le centre du plafond… Au cours de la séance l'un d'eux offrait personnellement une contribution de 15 ducats, à condition que l'ouvrage ne fût pas confié au Tintoretto ! Le 31 mai 1564, San Rocco décide d'ouvrir un concours d'esquisses auquel devaient participer les plus grands peintres de Venise : G. Salviati, F. Zuccari, A. Schiavone, Paul Véronèse.

Or c'est le célèbre Jacopo Robusti, surnommé “il Tintoretto” parce qu'il était fils d'un teinturier, qui fera tout pour pouvoir décorer la Scuola en sachant convaincre et séduire les membres de la Confrérie par ses talents de peintre et de négociateur : non seulement il était capable de prendre les autres concurrents de vitesse en présentant son tableau avant eux, mais en plus il n'hésitait pas à baisser ses tarifs au moment des concours, allant jusqu'à proposer de peindre “à la manière” des autres artistes et ce pour un prix moins élevé… Le Tintoret prend ses concurrents de vitesse en présentant une œuvre achevée !!! Au lieu de préparer ses œuvres avec des esquisses sur papier, Le Tintoret préférait travailler directement sur la toile en traçant quelques croquis de ses personnages et en fixant son idée par quelques points de repères graphiques. Ensuite il peignait : peinture et dessin ne faisant plus qu'un dans son esprit. Sa puissance créatrice lui accordait cette grande liberté et cette extraordinaire rapidité d'exécution qui caractérise le génie artistique. C'est ainsi que dès le 22 juin 1564, son Saint Roch en gloire étant achevé avant le concours, il se débrouilla pour le faire installer au plafond de l'Albergo.

Pour calmer certains responsables de San Rocco qui voyaient là une façon de les mettre devant le fait accompli, il en fit cadeau à la Scuola en signe de dévotion au Saint ! Et il peint gratuitement les 16 autres toiles du plafond de l'Albergo ayant pour thèmes essentiels la morale et la religion, pendant l'été et l'automne 1564 ! On y voit les Vertus de la Foi, de l'Espérance, de la Vérité et de la Bonté, ainsi que les allégories des cinq autres Scuole Grande qui les pratiquent : San Giovanni Evangelista, la Misericordia, San Marco, San Teodoro, et la Scuola della Carità représentée par une magnifique jeune femme volant au secours de deux enfants qu'elle emporte affectueusement dans ses bras. Les Deux Figures Féminines, les mains pieusement croisées sur la poitrine, semblent se promener librement entre les nuages en toute sérénité. Et Le Bonheur est représenté par… une femme calmement assise avec les jambes légèrement repliées et le bras gauche tendu, dans une attitude proche de celle de La Foi qui elle, tient un calice qui l'irradie de sa lumière. La Vérité, plus inquiète, tourne le buste en découvrant son sein, comme si elle était en quête d'une positon plus confortable ; alors que L'Espérance, les bras légèrement écartés le long du corps, tout son être flotte en extase devant l'objet de sa contemplation. Le Tintoret élu membre de la Confrérie de San Rocco Malgré l'opposition de nombreux membres de la Scuola qui n'avaient pas apprécié sa désinvolture, Le Tintoret fut élu Confratello, c'est-à-dire membre de la Confrérie, et se vit confier la décoration de toute la salle.

La Crucifixion du Tintoret Scuola Grande di San Rocco du Tintoret

En 1565 Le Tintoret peint l'immense Crucifixion : 5 mètres de haut et 12 mètres de large ! La Crucifixion est une œuvre extraordinaire qui occupe tout le mur face à l'entrée de l'Albergo, exactement là où le Titien avait proposé de mettre un de ses tableaux!

Le corps auréolé de lumière du Christ crucifié se dresse seul au milieu d'un ciel sombre et bas, et domine entièrement la scène toute en horizontalité qui se déroule autour de lui.

Sa tête est inclinée vers le groupe éploré au pied de sa croix : un jeune homme et deux femmes lèvent la tête et le fixent intensément, impuissants et pleins d'amour pour celui qu'ils accompagnent jusqu'à son dernier souffle, pendant que les autres entourent la Vierge Marie pour la réconforter.

Ils sont bien seuls au milieu de gens complètement indifférents à leur souffrance et très occupés par leurs besognes respectives : l'un trempe une éponge dans un récipient de vinaigre que lui tend un comparse, tandis qu'à leur droite, deux soldats jouent aux dés et un autre creuse activement le trou où l'on plantera la croix du larron qui se laisse attacher par trois autres hommes.

Le Tintoret, par lui-même dans la Crucifixion

Le personnage barbu accoudé sur le muret juste au-dessus de l'homme qui creuse, c'est le Tintoret lui-même qui observe tout cela très attentivement. A gauche, ceux qui tirent d'un côté et qui poussent de l'autre pour redresser la croix où le premier larron est déjà attaché, le visage tourné vers le Christ.

Toute une foule à pied et à cheval assiste au spectacle, entourant les groupes d'hommes affairés autour des deux larrons. Au premier plan et à gauche du tableau, sur un destrier blanc un cavalier en armure montre le Christ du doigt, tandis que les autres regardent les suppliciés avec plus ou moins de curiosité.

Les autres cavaliers observent tranquillement les évènements, prêts à tourner bride dès que le travail sera terminé, laissant les trois condamnés à leur agonie…

Nous sommes au moment où la force barbare encercle ses victimes et pèse de tout son poids, sans leur laisser la moindre issue. Incompréhension et indifférence aveugles ou bien désespoir et soif de justice sur la terre, amour et espérance pour ceux qui lèvent la tête et se tournent vers la lumière.

Cette œuvre sera étudiée de très près par de nombreux peintres, notamment par les peintres flamands Rubens et Van Dyck.

Théophile Gautier qualifiait Le Tintoret de “terrible abatteur de besogne”. Voici comment il nous décrit La Crucifixion, qu'il considère comme “le chef-d'œuvre de cet artiste si fécond et si inégal, qui va du sublime au détestable avec une facilité prodigieuse” : “Ce tableau immense représente dans un grand développement tout le drame sanglant du Calvaire. Il occupe à lui seul le fond d'une grande salle. Le ciel, peint sans doute avec cette cendre bleue d'Egypte qui a joué de si mauvais tours aux artistes de ce temps-là, a des tons faux et louches désagréables à l'oeil, qu'il ne devait pas offrir avant la carbonisation de cette couleur trompeuse, qui a si bizarrement noirci les fonds des Pèlerins d'Emmaüs, de Paul Véronèse ; mais cette imperfection est bien vite oubliée, tant les groupes des premiers plans s'emparent victorieusement du spectateur au bout de quelques minutes de contemplation.

Les saintes femmes forment auprès de la croix le trio le plus profondément désespéré que puisse rêver la douleur humaine ; l'une d'elles, entièrement couverte de son manteau, gît à terre et sanglote dans une prostration désolée de l'effet le plus pathétique.

Un nègre, pour dresser la croix d'un des larrons, se tient debout sur la pointe du pied, avec un mouvement contourné et strapassé qui manque de naturel ; mais il est peint, comme tout le reste du tableau, d'une brosse si véhémente et si furieuse, qu'on ne peut s'empêcher de l'admirer. Jamais Rubens, jamais Rembrandt, jamais Géricault, jamais Delacroix, dans leurs plus fiévreuses et leurs plus turbulentes esquisses, ne sont arrivés à cet emportement, à cette rage, et cette férocité.

Cette fois, Tintoret a justifié pleinement son nom de Robusti; la vigueur ne saurait aller plus loin; cela est violent, exagéré, mélodramatique, mais revêtu d'une qualité suprême : la force.” Théophile Gautier - Italia 1855. La Crucifixion eut un succès immédiat.Après l'avoir payée 250 ducats, la Confrérie demanda aussitôt au Tintoret de terminer la décoration de l'Albergo avec des scènes de la passion du Christ. C'est ainsi que de 1566 à 1567, Le Tintoret illustrera trois moments-clés de la passion du Christ.

Tintoret Le Christ devant Pilate Scuola San Rocco

La haute stature de Jésus qui se tient droit et calme dans son manteau blanc plein de lumière tranche avec un Pilate qui n'ose pas le regarder en face pendant qu'il se lave les mains, tout en prononçant lâchement la sentence attendue impatiemment par la foule sombre derrière le dos de Jésus. Le Christ accepte dignement la sentence opportuniste et décisive du gouverneur assis en haut de l'escalier de son palais. Le secrétaire de Pilate écoute attentivement toutes les paroles avant de les noter avec l'empressement et le sérieux d'un bon fonctionnaire!

Ecce Homo le couronnement d'épines Tintoret

Également dénommée “Le Couronnement d'épines”, cette toile est placée au-dessus de la porte d'entrée de l'Albergo. (2,60 m x 3,90 m).

Le calvaire de Jésus a commencé tout de suite après la sentence prononcée par Pilate. Pilate le remet maintenant à la foule après qu'il eût été flagellé et humilié. Le voici assis sur les marches, le corps épuisé par la souffrance appuyé contre le manteau maculé de son sang, la tête couronnée d'épines et le visage plein d'une tristesse infinie.

La lumière qui vient de la gauche du tableau inonde de reflets colorés l'acier de l'armure du soldat, intensifie les rouges des vêtements de Pilate et de l'homme qui tient le manteau blanc derrière le corps du Christ. Mais par contraste, cette lumière intensifie aussi la vulnérabilité et la souffrance du corps nu et ensanglanté posé là en face du spectateur, suscitant sa compassion douloureuse.

Tintoret La Montée au Calvaire Scuola San Rocco

Le cortège des condamnés s'étire sur le sentier sinueux et raide qui mène au Golgotha et qui divise le tableau en deux parties : La partie inférieure, très sombre, où peinent les deux bandits à demi nus et la corde au cou, portant leurs croix, aidés par des hommes dont les vêtements apportent quelques touches colorées.

L'un d'eux s'est arrêté, pour se reposer ou pour protester, peut-être les deux à la fois ; il regarde l'homme qui aide son compagnon d'infortune à porter cette maudite croix qui lui meurtrit le dos et qui l'écrase. Ils sont précédés de leurs bourreaux, l'un tire sur la corde pour qu'ils ne traînent pas, l'autre porte un marteau à sa ceinture et marche d'un pas décidé, prêt à accomplir sa tâche.

En suivant le mouvement en zig-zag du sentier, on atteint la partie supérieure en pleine lumière, où la foule désordonnée avance lentement, suivant un homme qui se dresse en brandissant un étendard, le visage levé vers le ciel où s'accumulent de sombres nuages. Il pourrait annoncer le cortège triomphal des nombreux fidèles à venir, et donner une touche d'espoir à la douleur humaine du Christ. Ils suivent Simon de Cyrène qui aide le Christ sur le point de s'affaisser sous le poids de la croix. Un second homme est venu pour aider Jésus à bout de forces, à côté d'eux un cavalier suit attentivement leurs efforts.

Une longue corde est nouée autour du cou de Jésus, mené comme un animal par un garde gigantesque qui ouvre la marche en se retournant, plein de force et d'impatience : nous sommes à la veille d'un jour de fête, le temps passe et le ciel s'assombrit… C'est ainsi que nous suivons et accompagnons les malheureux condamnés sur le chemin de leur supplice : le mouvement sinueux de notre regard fait de nous des témoins de la marche pénible qui se déroule devant nous. Mais le drame de la passion du Christ représenté par ces trois œuvres atteint son point culminant avec La Crucifixion, où la question existentielle de la foi est posée dans sa dure réalité par le paradoxe du Dieu incarné qui accepte les pires souffrances humaines et la mort, pour le rachat de l'Humanité. En trois ans, de 1564 à 1567, Le Tintoret avait peint les vingt-trois toiles de l'Albergo.

La Scuola Grande di San Rocco à Venise

Avant l'intervention du Tintoret, la salle du chapitre était décorée de “canevazze” c'est à dire de peintures sur toiles qui étaient louées à l'année pour décorer la salle lors de la grande fête de San Rocco. La Scuola di San Rocco avait finalement acheté ces toiles en 1542, mais elles s'étaient passablement dégradées avec le temps… et par la lumière. A ce propos, les œuvres du Tintoret qui les remplaceront en souffriront également, la petite toile des Trois pommes (58 cm x 25 cm) en témoigne : ce fragment de la frise qui fait le tour de l'Albergo sous la corniche en bois du plafond était replié sous une autre partie de la frise, et ne fut redécouvert qu'en 1905… Ces 340 ans de “mise à l'abri” ont préservé l'intensité des couleurs. Le rouge est extraordinairement lumineux, et on admire, on s'étonne de la vivacité et de l'aisance du pinceau qui pourrait être celles d'un peintre moderne ! Et l'on ne peut que constater l'altération des pigments en voyant que les couleurs ont perdu leur éclat sur les autres toiles : le rouge est devenu rose, le bleu a viré au gris, le vert au brun... Tout cela modifie les accords chromatiques d'un tableau. Les volets de l'Albergo et de la Salle du Chapitre sont maintenant baissés pour les protéger de la lumière naturelle. Le Tintoret voulant absolument continuer à décorer “sa” Scuola, offre de peindre gratuitement la toile qui devra marquer le centre du plafond de la grande salle du Chapitre et de décorer le reste du plafond en ne faisant payer que les frais de matériel… C'est ce qui s'appelle payer de sa personne, sachant les dimensions de cette salle !!!

Le Tintoret : Membre dévoué et Peintre Officiel de la Scuola di San Rocco

Le 6 mai 1574, on décida d'entreprendre la rénovation de la décoration du plafond de la Salle du Chapitre.

Alors que les travaux de menuiserie étaient à peine terminés, dès le 2 juillet 1575 Le Tintoret se proposait de réaliser gratuitement le grand tableau du centre du plafond et de le livrer pour le 16 août, fête de San Rocco. Il s'agit du Miracle du Serpent de Bronze. Puis, en janvier 1577 la Scuola accepta sa proposition de réaliser les deux autres grandes toiles du plafond contre simple remboursement des frais de matériel, auquel s'ajouterait un salaire librement décidé par les trésoriers de San Rocco. Le Tintoret était entrain de peindre La Récolte de la Manne et Moïse faisant jaillir l'eau du Rocher, lorsque le 25 mars 1577 il proposa de peindre toutes les autres toiles qui décoreraient le plafond dans les mêmes conditions financières… Marché conclu ! Mais sa passion pour ce travail titanesque l'amena à se dévouer à un tel point qu'en novembre 1577, Le Tintoret s'engageait : - à décorer toute la Scuola San Rocco ainsi que le plafond de l'église San Rocco, - à fournir toute autre peinture qui leur serait destinée, - à livrer chaque année, à la fête de Saint Roch, trois grandes toiles sans faire payer les frais des couleurs. Seule contrepartie à cette offre étonnante : Le Tintoret demande que, à dater de la fin des travaux de la salle capitulaire, la Scuola lui garantisse un versement annuel de 100 ducats jusqu'à la fin de ses jours au cas où il tomberait malade. Client et artiste tinrent leurs engagements : Le Tintoret termina son travail en 1588, et la Scuola versa la rente de 100 ducats à sa veuve après son décès survenu le 31 mai 1594, à l'âge de 75 ans.

Le Symbole de la Confrérie de San Rocco et sa couronne d'épines à clous !

La Salle du Chapitre Tintoret Le Serpent de Bronze (airain)

De 1575 à 1581 Le Tintoret se consacra à la production des œuvres qui occupent le plafond et les murs de l'immense salle capitulaire de San Rocco.Le plaisir esthétique n'était pas le seul but de toutes ces œuvres magnifiques. Elles rappelaient aussi leur devoir de charité envers les pauvres et les malades aux membres de la Confrérie de San Rocco qui se réunissaient régulièrement dans cette salle.

L'autel est décoré par La vision de Saint Roch. Les 21 toiles du plafond relatent les épisodes clés de l'Ancien Testament : le péché originel, le sacrifice d'Abraham, la vision de Jacob, la Pâque des Hébreux qui marque le début de leur Exode, les miracles accomplis par Moïse, et les miracles touchant les différents prophètes d'Israël. Les 13 toiles ornant les murs relatent des épisodes du Nouveau Testament, qui sont en correspondance avec l'Ancien Testament : la Pâque avec l'Eucharistie ; les épreuves de l'Exode engendrant les révoltes des Hébreux contre Moïse et leurs doutes concernant Yahvé, avec la tentation du Christ dans le Désert.

Moïse est un libérateur, Jésus est un sauveur.Jésus multiplie les pains et les poissons, tout comme Elisée avait multiplié les pains pour nourrir tous ceux qui le suivaient.La foi en Yahvé, Dieu unique, doit se manifester par l'obéissance et le respect de sa Loi ; la foi en Dieu est Amour de Dieu, qui doit se manifester par la charité envers son prochain. Dans les deux cas, la vraie Foi est attachement à Dieu, dont la sincérité se manifeste par une pratique

Ce tableau retrace un épisode de l'Ancien Testament cité dans l'Evangile de Jean, chapitre III verset 14, pour le rapprocher de la mission du Christ :14 “Moïse haussa le serpent dans le désert, et le fils de l'homme doit aussi être haussé 15 pour que quiconque se fie ait par lui la vie éternelle.17 Car Dieu a aimé le monde jusqu'à lui donner son fils unique pour que quiconque se fie à lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle.”Cet épisode se trouve dans Nombres, chapitre 21 verset 4, où le peuple hébreux se plaint une nouvelle fois des difficultés et des souffrances imposées par Moïse (et par Yahvé) avant d'atteindre la terre promise, alors “Yahvé envoya contre le peuple les serpents brûlants (allusion à la douleur ?) qui mordirent le peuple, et il en mourut beaucoup du peuple d'Israël”.

Le peuple se repend, et Moïse intercède auprès de Yahvé qui lui dit : “Fais-toi un serpent brûlant et mets-le sur une hampe; quiconque aura été mordu et le regardera, restera en vie.”Moïse fit une effigie en bronze de ce serpent, et les victimes qui regardaient le serpent de bronze restaient en vie.Le Serpent de Bronze, peint en 1575-76, fait clairement allusion à l'épidémie de peste qui sévissait alors à Venise, qui pouvait être aussi une malédiction divine !

La moitié inférieure du tableau est occupée par une foule de gens à demi nus, assaillis par les serpents et agonisants à même le sol. Certains corps couleur de craie et complètement relâchés, sont déjà morts ; les autres essaient de se débarrasser des serpents, et tentent de lever les yeux vers le serpent ailé en bronze avec une tête de dragon (allusion à son caractère céleste ?) accroché à la croix que Moïse leur montre en pleine lumière.

La moitié supérieure du tableau est réservée à la nuée, où plane Yahvé représenté par un robuste vieillard entouré de nombreux anges qui semblent accrochés à lui. Par l'assistance de ceux qui ont la foi (Moïse et San Rocco), cette œuvre apparaissait comme un message d'apaisement

Moïse faisant jaillir l'eau du rocher

Cette œuvre suivit immédiatement Le Miracle du Serpent de Bronze, elle illustre un des plus célèbres épisodes de l'Exode (chapitre 17) qui se déroule dans le désert, au pied du Sinaï. Il n'y a pas d'eau et le peuple a soif. Suivant la recommandation de Yahvé, Moïse frappe le rocher avec son bâton. Le bâton par lequel il avait déjà accompli des prodiges en Égypte.

Et voici qu'un véritable torrent d'eau jaillit du rocher, au pied duquel se presse le peuple assoiffé qui tend des récipients pour recueillir le précieux liquide. Yahvé, dans la nuée, assiste Moïse qui se tient en pleine lumière, frappant le rocher d'un geste sûr. La force de son bras, qui lève bien haut le bâton de Dieu, soutient aussi les Hébreux dans leur combat contre Amaleq : derrière lui, on aperçoit une scène de bataille sous la lumière. Moïse est le pilier central qui ramène toujours le regard vers lui.

Sa silhouette et son attitude sont pratiquement les mêmes que celles de Jésus de L'Ascension, peinte dix ans après.

Tintoret la Cueillette de la Manne

Autre moment fort de l'Exode (chapitre 16), où le peuple manque de nourriture durant la traversée du désert de Sîn et regrette d'avoir quitté l'Égypte si opulente. Yahvé intervient auprès de Moïse en lui promettant de fournir des cailles le soir même, et de leur donner leur pain quotidien : 4 “Voici que du ciel je vais faire pleuvoir pour vous du pain. Le peuple sortira et ramassera chaque jour ce qu'il faut pour le jour.”13 “Or, le soir, montèrent les cailles, qui couvrirent le camp, et le matin il y avait une couche de rosée autour du camp. Lorsque la couche de rosée se fut élevée, voici qu'à la surface du désert il y avait quelque chose de menu, de granuleux, de menu comme le givre, sur la terre. A cette vue, les fils d'Israël se dirent l'un à l'autre : “Mân hou ?” (qu'est-ce que cela ?) Car ils ne savaient pas ce que c'était.”

Le Tintoret l'a représentée sous la forme d'hosties blanches qui tombent du ciel, où l'on aperçoit Yahvé penché vers le peuple qui a tendu une grande nappe pour les recueillir. Sous cette nappe, des hommes allongés sur le sol auprès de leur bétail, le visage tourné vers le ciel. Tous les autres ramassent la manne, ou tendent leur corbeille vers le ciel.

Au premier plan, l'homme qui lève sa corbeille à gauche et Moïse qui montre la manne à droite, guident notre regard et nous font participer à la scène : on lève à nouveau les yeux vers la manne… qui tombe du ciel où se trouve Yahvé.En nous faisant passer habilement d'une vision rapprochée à des visions plus lointaines, Le Tintoret donne du mouvement à la scène qui se déroule sous nos yeux. Ainsi, le phénomène se répète et continue sans cesse, comme il a continué durant toute l'Exode, et comme il s'est répété au moment de la Cène avec Jésus.

Le Tintoret nous rappelle ces évènements extraordinaires de l'intervention divine dans l'histoire de l'humanité, en les illustrant par des oeuvres pleines de vie. On dirait des “arrêts sur image” qui saisissent l'instant surnaturel où l'éternel entre en contact avec le temporel, où l'Esprit éclaire et nourrit la vie de l'Homme pour le soutenir dans sa quête du salut depuis que le péché originel l'a chassé du Paradis

La Scuola Grande di San Rocco à Venise

Le Péché Originel

Le récit yahviste de la Genèse (chapitre 2) nous dit : 7 “Yahvé Dieu façonna l'homme, poussière tirée du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie, et l'homme devint un être vivant.” 8 “Yahvé Dieu planta le jardin en Eden, à l'orient, et il y mit l'homme qu'il avait façonné.”Mais Dieu pose une restriction à ce pouvoir et à cette libre jouissance : 16 “De tous les arbres du jardin tu peux manger, mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n'en mangeras pas ; car le jour où tu en mangeras, tu mourras sûrement.”

La scène du Péché Originel nous montre le moment précis où le couple primordial est sur le point de céder à la tentation de transgresser l'interdiction divine. Adam et Eve sont nus, assis sous un arbre ; la lumière éclaire le visage et le corps d'Eve qui tend le fruit défendu à Adam dont toute la moitié gauche du corps est déjà dans l'ombre, et dont l'attitude semble traduire l'hésitation et l'angoisse. L'aiguillon de la curiosité et le vertige de l'angoisse sont présents à l'instant même où ils décident de perdre leur innocence et de défier Dieu ; et cette décision est un acte de la volonté qui amorce la chute : ils sont entrain de perdre leur innocence en prenant conscience de la gravité de leur geste.

L'ombre de la mauvaise conscience envahit le corps d'Adam pendant l'action qui se déroule sous nos yeux.

Désormais ils savent que par la connaissance du bien et du mal, ils seront autonomes et libres, mais entièrement responsables de leurs actes.Le premier péché est à l'origine de la chute dans un monde hostile où l'insouciance de l'innocence a disparu : à partir de cet instant l'homme est seul juge, mais il devra assumer toutes les conséquences de ses choix. Ainsi commence l'histoire des hommes, où les justes se sépareront des pécheurs qui choisissent le mal et qui seront punis !

Cette œuvre apparaît bien comme une introduction au programme de décoration de San Rocco illustrant la quête du salut de l'Humanité.

Le sacrifice d'Isaac

“Puis Abraham étendit la main et prit le couteau pour immoler son fils…” (Genèse 22, verset 10) C'est l'affreux moment où Abraham s'apprête à tuer son fils Isaac pour prouver sa foi en Dieu : Abraham domine la scène de toute sa puissante stature, ayant posé sa main gauche sur les épaules de son fils qu'il maintient plié en deux sur le tas de bois de l'holocauste, quand l'Ange intervient juste à temps pour empêcher le geste de son bras qui tient un couteau. Telle fut la terrible épreuve de la foi pour un homme qui se trouva dans la situation la plus absurde et la plus cruelle que l'on puisse imaginer : Dieu lui demandait de sacrifier l'être qu'il aimait le plus au monde, son fils que Dieu lui avait donné ! Le Tintoret semble bien avoir fait la relation entre Abraham, qui était prêt à sacrifier son fils pour l'amour de Dieu, et le Christ qui s'est sacrifié pour l'amour des hommes.

L'échelle de Jacob

Jacob se repose après une longue journée de marche : Genèse chapitre 28.“Prenant une des pierres du lieu, il en fit son chevet et se coucha en ce lieu.Il eut un songe : voilà qu'une échelle était dressée à terre et son sommet touchait le ciel, et voilà que des anges montaient et descendaient. Et voilà que Yahvé se tenait debout près de lui.” Jacob est endormi, son bâton de pèlerin à la main et une joue appuyée sur le rocher qu'il a trouvé pour se reposer. Derrière cet homme qui dort bien inconfortablement dans ce lieu sans nom, s'ouvre la porte du ciel : un immense escalier occupé par des êtres célestes monte à l'infini dans la lumière, jusqu'à la lointaine et minuscule silhouette de Yahvé. Le Tintoret nous présente l'irruption du surnaturel dans la banalité. En forçant sur la perspective, il nous donne une vision de l'infini qui sépare l'homme du Dieu omniprésent qui veille sur lui et qui lui offre

L'adoration des bergers

Voici qu'une étable et sa réserve à foin placée au-dessus des animaux se trouve remplie de gens venus de toute la campagne. C'est ici que selon les indications de l'Ange, ils ont trouvé le nouveau-né, le Christ sauveur ! En bas, l'activité des personnes du premier plan tranche avec la quiétude indifférente des animaux domestiques qui occupent l'entresol du fond.Un coq picore dans la paille devant une vache couchée, un paon est perché sur le manche d'une fourche accrochée au mur. Pendant ce temps, les bergers visiteurs déballent joyeusement leurs présents qu'ils transmettent aux deux femmes au-dessus d'eux, pieusement agenouillées devant la Vierge qui leur dévoile l'enfant. En bas, la lumière naturelle qui pénètre par l'entrée souligne les belles couleurs du coq et du paon ainsi que celles des vêtements des bergers pleins de vie. En haut, une lumière surnaturelle tombe directement du ciel à travers les poutres du toit sur Marie et son bébé, sur le visage de Joseph assis près de Marie, et sur les deux jeunes femmes aux paupières baissées. Par une audacieuse superposition, cette œuvre magnifique illustre un évènement exceptionnel et incroyable : la naissance du divin enfant dans la plus grande simplicité.

La Tentation du Christ

Le Tintoret a choisi de montrer la première tentative du diable pour détourner le Christ de sa mission d'homme de Dieu : Après son baptême, Jésus s'était retiré dans le désert, tout comme Moïse était resté quarante jours et quarante nuits sur la montagne. “Et après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, finalement il eut faim. Et, s'avançant, le tentateur lui dit: "Si tu es le fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains.” Répondant, il dit : “Il est écrit que ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de toute parole qui sort par la bouche de Dieu.” Evangiles de : Luc 4 ; Matthieu 4 La scène représente Jésus en haut et à droite du tableau, assis sous un abri de planches, entrain de se pencher vers la gauche pour répondre au démon au visage tendre qui le regarde si gentiment et qui lui tend deux belles pierres, rondes comme des pains. Il offre ses cailloux comme le ferait un enfant innocent à un magicien. Le visage émacié entouré de lumière et l'attitude sereine de Jésus, illustrent en même temps sa fatigue physique et sa force spirituelle face à la tentation. Tentation offerte par ce bel hermaphrodite aux biceps ornés de bracelets et dont le vêtement, assorti à ses ailes roses, ne couvre plus que les hanches et les cuisses. La malice du démon invente toutes les ruses pour exploiter la moindre faiblesse, dès qu'elle se manifeste. Le mal peut se déguiser en sollicitude. Pourtant, c'était les miracles accomplis par Jésus qui avaient convaincu la foule qui le suivait, et qui voyait en lui l'Elu de Dieu capable de la soulager de tous les maux.

La Multiplication des Pains et des Poissons

Evangiles selon : Jean 6, v. 1-13. Et : Marc 6, v. 31-34. Luc 9, v. 10-17. Matt. 14, v. 15-21. En bas du tableau, les corps épuisés et affamés des nombreux fidèles qui suivent Jésus comme un troupeau suit son berger. A leur droite, au pied de la colline, un homme apitoyé (Le Tintoret ?) les observe. De là, il nous guide en suivant la ligne sombre de la colline ; et nous voyons des femmes qui allaitent parmi la foule colorée des fidèles confiants. Tous attendent calmement sous la lumière jusqu'au sommet, où se trouvent Jésus et ses disciples. Deux d'entre eux sont en pleine conversation, sans doute ceux qui conseillèrent à Jésus de renvoyer ces gens afin qu'ils achètent leur nourriture dans les villages voisins ! Entre Jésus et André, le jeune homme avec la corbeille contenant les cinq pains et les deux poissons qui vont miraculeusement rassasier une foule de cinq mille personnes. La Multiplication des pains est sans doute un modèle de partage et de charité pour les membres de la Confrérie de San Rocco.

La Piscine Probatique

Cette œuvre illustre une des nombreuses guérisons de malades accomplies par le Christ. Ici il s'agit de la guérison d'un malade à la piscine de Jérusalem, un jour de sabbat. Jean 5, v. 1-8 Autour du bassin, un grand nombre d'hommes et de femmes à demi nus attendent le bouillonnement de l'eau. Ils sont prêts à s'y jeter dès qu'elle sera agitée par l'Ange du Seigneur pour être guéris, comme il est dit dans l'Evangile : “Or il est à Jérusalem, près de la porte des Brebis, une piscine appelée en hébreu Bézatha, qui a cinq portiques. Sous ceux-ci gisaient une multitude de malades, d'aveugles, de boiteux, de perclus qui attendaient le bouillonnement de l'eau.” Au premier plan, un homme emporte dans ses bras une sorte de matelas roulé.

Il s'agit du paralytique que personne n'aidait à se jeter en premier dans l'eau, afin qu'il puisse guérir lui aussi. Jésus a remarqué sa détresse et lui a dit : “Lève-toi ! Emporte ton grabat et marche.”Et voici qu'il s'empresse de faire ce que Jésus lui demande. Derrière cet homme, des femmes. Allongée sur les genoux de sa mère qui sollicite l'aide du Christ, une jeune malade souffre terriblement. Il se penche vers elles, plein de douceur et de bienveillance, et la jeune femme sera guérie ! Tout ceci se déroule à l'ombre d'une treille qui apporte du naturel et de la sérénité à la scène présente. Mais juste derrière le portique, au fond du tableau, on aperçoit un groupe d'hommes qui observent Jésus : il s'agit des Juifs qui témoigneront contre lui en disant qu'il a transgressé les interdits du Sabbat, qui doit être un jour de repos absolu. Ce miracle, accompli un jour de Sabbat, fera partie des chefs d'accusation de l'impiété de Jésus, pour le condamner à mort.

Tintoret la Dernière Cène

Ici Le Tintoret a procédé de la même manière que dans “l'échelle de Jacob” : il a amplifié la perspective pour augmenter considérablement la profondeur de la pièce, où Jésus partage son dernier repas avec ses disciples. Au premier plan, deux pauvres ayant reçu l'aumône sont assis devant les deux marches de l'entrée. Le chien reste fidèlement entre ses deux pauvres maîtres tout en surveillant les convives, espérant sans doute qu'on lui donne encore quelque chose à manger. Derrière eux, un intérieur immense : la grande salle occupée par les convives, suivie d'un escalier qui donne accès à d'autres pièces au fond, où s'activent les domestiques du maître de maison. La scène du premier plan est plutôt naturelle et réaliste. De même pour les serviteurs qui s'affairent dans les cuisines. Et s'ils paraissent bien empressés, c'est parce qu'il s'agit d'un repas de fête, celui de la Pâque juive. La lumière pénètre dans l'immense demeure en deux endroits à la fois : par l'entrée au premier plan, et par le fond à droite de l'escalier qui sépare les convives des serviteurs.

Entre les deux, le clair obscur de la salle à manger, dont la diagonale de la perspective poussée à l'extrême allonge considérablement la table rectangulaire et la présente de trois quarts. Ainsi, même si la taille des convives diminue rapidement, nous pouvons bien voir l'attitude de chacun d'entre eux. A l'extrémité la plus proche le plus grand des apôtres est à genoux, et son vêtement rouge entièrement éclairé souligne son attitude perplexe : Jésus vient d'annoncer que l'un d'eux, ici présents, le trahira ! Les autres s'interrogent, se regardent, et discutent entre eux. Inquiétude, tristesse et consternation… A l'autre extrémité, au fond, Jésus paraît minuscule. Mais on le reconnaît immédiatement par la lumière intense autour de la tête de celui qui donne le pain en disant : “Ceci est mon corps”. La Pâque de la Dernière Cène est entièrement nouvelle : elle ne commémore pas seulement le dernier repas avant la libération de l'esclavage en Egypte, et l'Alliance avec Jahvé ; elle annonce la rémission de tous les péchés et le salut par le sacrifice de Jésus, et la Nouvelle Alliance de la foi chrétienne. Elle ouvre ainsi une nouvelle perspective, qui ne sera pas admise par tout le monde ! La profondeur du mystère de l'Eucharistie est habilement révélée par cette perspective irréelle et surprenante.

La Prière dans le Jardin des Oliviers

En bas à gauche du tableau, une colonne de soldats guidés par Judas s'approche furtivement pour arrêter Jésus, pendant que ses disciples dorment profondément au lieu de veiller et de prier pour ne pas céder à la tentation d'abandonner leur maître. Au dessus d'eux, Jésus transpire le sang et implore son père de lui épargner les souffrances qui l'attendent. Elles sont symbolisées par la coupe d'amertume que lui tend l'ange venu l'assister. Derrière l'ange, le feu d'une lumière quasi solaire éclaire la coupe, touche la tête du Christ et tombe sur les disciples endormis.

Cette puissante lumière tranche avec la lueur blafarde qui révèle la proximité des silhouettes fantomatiques des soldats, qui se cachent dans les ténèbres. L'irréalité d'un tel voisinage traduit l'absolue différence entre la pureté du Christ incarnant parfaitement l'amour du prochain, et l'imperfection naturelle des hommes. C'est une superposition de deux mondes radicalement différents. Cette œuvre souligne l'intensité du combat intérieur et la solitude totale du Christ qui doit se sacrifier pour sceller la Nouvelle Alliance entre Dieu et les hommes. On y retrouve les éléments de l'Evangile de Luc 22, versets 41 à 47.

La Résurrection du Christ

“Et voilà qu'il y eut une grande secousse ; car l'Ange du Seigneur était descendu du ciel et, s'avançant, avait roulé la pierre, et il était assis dessus. Son aspect était comme l'éclair, et son vêtement était blanc comme neige. Dans la crainte qu'ils en eurent, les gardes furent secoués et devinrent comme morts.” Évangile selon St. Matthieu, ch.28, 1-8. Le Christ jaillit d'un feu si intense, qu'on le croirait poussé hors de terre par un volcan ! La secousse est ici telle que les quatre anges semblent retenir la pierre tombale qu'ils commençaient à retirer. Le corps glorieux du Christ apparaît, calme et serein, la main gauche tenant un étendard et la main droite prête à donner la bénédiction. Ce corps, à la fois puissant et léger, s'oppose aux corps lourds de sommeil des gardes couchés dans les ténèbres. Le feu de l'Esprit divin est montré comme une force capable de bousculer la sombre inertie de la matière terrestre.A gauche du tableau, on remarque les deux femmes qui s'approchent en discutant sous le ciel de l'aube ; elles auront la surprise de découvrir le tombeau vide gardé par l'Ange chargé de leur annoncer la bonne nouvelle.

Pianta le Jeune - La Fureur

Les Sculptures sur bois de Francesco Pianta Le Jeune (Francesco Pianta il Giovane)

Le travail titanesque du Tintoret ne doit pas nous faire oublier les superbes sculptures sur bois de Francesco Pianta Le Jeune qui décorent la partie inférieure des murs de la Salle du Chapitre. Elles font référence à l'Iconologia de Cesare Ripa, publiée en 1593, qui inspira les artistes baroques. Le travail de Pianta Le Jeune date de 1665. A droite du grand escalier, on aperçoit une statue de Mercure tenant un rouleau de parchemin où sont inscrits les thèmes des sculptures qui décorent les murs de la Salle du Chapitre.

Mercure le messager nous présente la liste des vices et des vertus, auxquels s'ajoutent les arts libéraux comme la sculpture, la peinture, la musique, la rhétorique et la poésie… Et nous invite à la méditation par l'observation attentive des sculptures de Pianta Le Jeune.

A gauche du grand escalier quatre caryatides entourent deux à deux leur mère l'Abondance, que Pianta a représentée ironiquement sous la forme d'un vieil homme décharné, la bouche entrouverte et le torse nu, avec une ficelle nouée autour de la taille et des fruits sur le bas du ventre.

En se déplaçant à partir de la droite de la porte d'entrée de la salle de l'Albergo, on découvrira toute la série des sculptures qui longent les murs : La Ruse. Un guerrier casqué plein de courage, avec une chaîne sur la poitrine (siège du cœur, et donc de l'amour et du courage chez les anciens), signifiant que le courage n'est rien sans l'intelligence et la ruse du stratège.

Un guerrier regarde son voisin (Ruse). Un serpent s'enroule autour de son torse, lui mord la poitrine et l'empoisonne. D'où la perversité de ses sentiments : jalousie et méchanceté, accompagnées de la médisance.

Sous les deux fenêtres, les trois vertus théologales :

La Foi, jeune femme voilée portant un calice, L'Espérance entourée de feuilles de pêcher (qui symboliserait l'immortalité), et La Charité avec un enfant dans les bras et un autre agrippé à ses jupes.

Entre les deux fenêtres, on aperçoit l'incarnation même de la Force : Hercule, le demi dieu.

La Mélancolie. Un homme sans âge au regard vide, avec les mots suivants : “In ogni suo pensier, rimira il fine”, c'est-à-dire : il scrute le fond de chacune de ses pensées.

A ses pieds, un soufflet pour attiser la flamme qui brûle dans une vasque : le mélancolique attise lui-même la flamme qui le consume.

L'Honneur. Un jeune homme torse nu, avec pour tout vêtement une chaîne et une couronne de lauriers. On peut lire le proverbe suivant : “Chi per honor impresta il suo denaro, di corona trofei altro son chiaro”.

L'Avarice. Un homme avec son encrier, ses livres de comptes et son argent. L'avarice, ou le désir effréné de possession.

L'Ignorance. Un homme aux traits grossiers et le crâne rasé, avec un sac (sans doute plein d'erreurs, de superstitions et de préjugés), et une tête d'âne à ses pieds.

La Science. Un vieux savant plongé dans sa lecture, entouré de livres.

La Colère. Un jeune homme aux yeux bandés et au visage crispé, entouré d'armes.

Scandale et Scrupule. Un homme partagé, qui ne sait s'il pourra révéler ce qu'il sait, ou faire quelque chose de grave, sans regretter d'avoir provoqué un scandale.

Le tamis. Pour trier le bien du mal, le pour du contre, et sa main gauche amputée, tels sont ses handicaps pour passer à l'acte.

Plaisirs honnêtes. Ou les loisirs de “l'honnête homme” plein de science et de raison, amateur de musique et de bon vin : in vino veritas ! A ne pas manquer:

Pianta le Jeune - Le Peintre (Tintoret)

La Bibliothèque.Véritable chef-d'œuvre d'imitation, à tel point qu'on serait tenté d'extraire l'un de ses livres pour le consulter. La plume et l'encrier dans le petit réduit donnent l'impression qu'ils servent encore. Parfaite illusion !

La Curiosité ou l'espion.Un Anonyme caché sous sa cape avec un chapeau aux larges bords rabattu sur son visage, affublé d'objets qui symbolisent son efficacité et sa vivacité pour savoir ce qui se passe partout, à toute heure du jour et de la nuit. L'espion vénitien du XVIIe siècle ! Le Peintre. Ce serait un portrait de Jacopo Tintoretto, il est placé juste en face du grand escalier. Il observe son sujet et paraît extrêmement concentré, écartant le pouce et l'index de sa main droite posée sur une feuille. Les pinceaux et les couleurs du maître sont déjà prêts. A côté de l'autel deux tableaux du Titien : Dieu et les anges et surtout L'Annonciation. Ainsi que Le Christ portant la croix, qui fut attribué à Giorgione. Dès 1582, Le Tintoret s'était déjà remis au travail pour réaliser les grandes compositions sur toile destinées au cycle marial de la salle du rez-de-chaussée. La première serait L'Adoration des Rois Mages, et la dernière installée fut La Circoncision.La Scuola Grande di San Rocco à Venise

Tintoret L'Annonciation. La salle du rez-de-chaussee

“Et, entrant chez elle, il dit : “Salut, comblée de grâce ! Le Seigneur est avec toi.”A cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que pouvait être cette salutation. Et l'Ange lui dit: "Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Et voici que tu concevras et tu enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus.” […] Marie dit : “Je suis l'esclave du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole !” Evangile selon Luc I, 26-38. La Vierge Marie, absorbée par ses travaux domestiques, est à la fois surprise et effrayée par l'ange Gabriel et ce tourbillon de chérubins précédés d'une colombe (symbole du Saint Esprit) qui fondent sur elle comme un courant d'air !

La lumière et la force de l'Esprit pénètrent comme par effraction dans cette maison dominée par le calme et la sérénité : dehors, des outils de menuiserie accrochés au mur, et Joseph absorbé par son travail qui ne voit pas ce qui se passe chez lui.

Chaque élément de la scène est représenté avec beaucoup de réalisme, pourtant elle est pleine de poésie, parce qu'elle est purement imaginaire : avec sa colonne en brique à moitié en ruine, la maison du simple menuisier étonne par son mélange de luxe et de pauvreté. La corbeille et la chaise en paille à moitié usée, le sol carrelé et la table contrastent avec le grand lit à baldaquin et le plafond dignes d'un palais ; mais il faut se rappeler que Joseph est un descendant du roi David !

L'Adoration des Rois Mages

“A la vue de l'étoile, ils se réjouirent d'une très grande joie.Et, entrés dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère et tombèrent, prosternés, devant lui. Et, ouvrant leurs trésors, les lui offrirent en dons de l'or, de l'encens et de la myrrhe.”Evangile selon St. Matthieu ch.2, 10-12.Au premier plan à gauche du tableau, Joseph est debout au pied de l'estrade et regarde la scène. Près de lui, une jeune femme à genoux dont le visage ne dépasse pas le niveau du plancher au pied de Marie, attend humblement avec son panier près duquel on aperçoit un couple de colombes.

Par un subtil mélange de somptuosité et de simplicité, Le Tintoret nous offre une très belle mise en scène de l'hommage rendu par les rois mages à l'enfant Jésus. Un intérieur modeste visité par des têtes couronnées apportant de riches cadeaux à l'enfant de la maison. Mais ces rois sages ont reconnu en lui leur pair et leur supérieur spirituel. Tout près de Jésus, un roi plein de noblesse portant un magnifique turban d'où pointe une couronne d'or, s'incline respectueusement en donnant son offrande.

Un autre, à genoux et vêtu d'un long manteau d'apparat, a déposé sa couronne sur le plancher de l'espèce de rehaussement où Marie et Jésus sont installés. Derrière eux, un roi noir s'approche pour honorer Jésus avec la même ferveur que ses deux prédécesseurs. Son visage est tourné vers l'extérieur plein de lumière, où on aperçoit un cortège de cavaliers en armes qui bougent et qui piaffent au rythme des coups de pinceaux de leur créateur, Jacopo Tintoretto !

La Fuite en Egypte

“Quand ils se furent retirés, voici que l'Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et dit : Lève-toi, prends avec toi l'enfant et sa mère, et fuis en Egypte, et restes-y jusqu'à ce que je te le dise ; car Hérode va chercher l'enfant pour le faire périr.”Ev. Selon St. Matthieu ch. 2, 13-14. Joseph et Marie fuient la colère d'Hérode en évitant les zones habitées. Ils font une halte dans un endroit boisé qui les dissimule aux éventuels regards.

Et, en dépit de la beauté lyrique de ce paysage qui nous montre tout le charme de la vie campagnarde, ces personnages vaquant si tranquillement à leurs occupations pourraient renseigner leurs poursuivants.

Une douce lumière éclaire une succession de plans, et révèle ainsi une grande profondeur de champ qui souligne la solitude et la vulnérabilité de cette famille menacée. La lumière met aussi en évidence le sérieux et le sens des responsabilités de Joseph, qui paraît âgé avec son crâne chauve et sa barbe blanche entourant son visage de patriarche. Et la jeune Marie, portant une belle robe rouge sous son grand manteau, est assise sur le dos de l'âne fatigué et tient dans ses bras son précieux bébé qu'elle contemple avec amour. Par terre à côté d'eux, un bâton de pèlerin avec un simple baluchon et une gourde de voyage pour tout bagage.

Le Massacre des Innocents

Voyant que les mages s'étaient bien gardés de lui faire savoir où se trouvait Jésus, Hérode envoya tuer tous les enfants âgés de deux ans et en dessous qui vivaient dans son royaume, pour être sûr de ne pas manquer le roi des Juifs. Le massacre des innocents est montré ici dans toute son ampleur et toute son horreur par cet enchevêtrement de corps qui se tordent et se débattent dans tous les sens. Toutes ces femmes, qui protègent leurs petits en les serrant dans leurs bras et en luttant de toutes leurs forces contre la férocité des bourreaux qui les pourchassent de partout, ne pourront malheureusement pas les soustraire à leur funeste destin. Comme ces malheureuses, le regard espère vainement trouver un endroit échappant à cette fureur mortelle, hélas, il est piégé ! Par cette violence qui se déchaîne sur la place, où s'accumulent ses nombreuses victimes, sur le rempart, sous le portique, et jusqu'aux portes de la ville, où la traque continue sous la forme de silhouettes très animées. Aucun enfant ne pourra échapper à un tel fléau. Ici encore, l'exagération de la perspective agrandit la scène et lui donne la dimension d'un combat épique contre le Mal qui tue les innocents.

Tintoret La Circoncision - Détail

Comme tous les enfants juifs, Jésus fut circoncis huit jours après sa naissance : la circoncision est le signe de l'alliance avec Dieu depuis l'époque d'Abraham, (Genèse, II, 17). La Circoncision, livrée en 1587 par le Tintoret, est sa dernière œuvre pour la Salle du Rez-de-chaussée. Les critiques s'accordent pour dire que Domenico, le fils du Tintoret, et les peintres travaillant dans son atelier auraient participé à sa réalisation. Ce qui lui aurait fait perdre la vivacité du trait et l'éclat des couleurs qui caractérisent le travail du maître. Cependant, le caractère solennel de ce sacrement est bien rendu par les attitudes des personnages, un peu trop figés dans leurs rôles respectifs. La richesse des vêtements du vieux prêtre entouré de ses assistants pleins de respect, ainsi que la dignité des nombreux témoins donnent l'impression d'assister à un baptême royal.

Bien évidemment, nous n'avons pas décrit toutes les œuvres présentes à la Scuola di San Rocco qui n'est pas un simple musée, puisque cette Confrérie est toujours en activité.

A droite de l'entrée de la salle du rez-de-chaussée, vous apercevrez la Salle du Guardian da Matin, où se trouve la précieuse Mariegola avec sa belle couverture rouge ornée d'une gravure dorée représentant deux Frères priant à genoux aux pieds de San Rocco. La Mariegola est la Charte de la Scuola qui contient les règles auxquelles doivent obéir tous les membres de la Confrérie, qui compte aussi des femmes. La Confrérie compte des Frères de Dévotion et de Discipline et des Frères Capitulaires. Les quinze membres de la Chancellerie sont sélectionnés parmi les Frères Capitulaires. La chancellerie se réunit dans la petite salle à droite du chœur de la Salle du Chapitre, sous la présidence du Guardian Grande, assisté du Guardian da Matin. Les Frères occupant les six premiers postes de la Chancellerie dirigent la Banca, qui se réunit dans la Sala dell'Albergo.

Puis retour par le pont RIALTO.

M 21 Place saint Marc et basilique.

Remonter en direction du Campo santa maria formoza P199. Puis le Campo santi giovanni e paolo P201. La basilique est à voir :

Dans la chapelle del Rosario, une oeuvre de Véronèse, l'Annonciation (1565-1571) et la Crucifixion, du Tintoret. Au plafond, une multitude de sculptures. En 1867 on y ajouta le Martyre de Saint Pierre, du Titien, qui était l'oeuvre la plus précieuse de l'église. Mais détruite par un incendie, elle est remplacée par une excellente copie. En 1913, on y transféra également une oeuvre de Véronèse provenant d'une église détruite, afin d'augmenter les richesses de ce superbe exemple d'une grande église de la Renaissance.

Les relations des Dominicains avec le gouvernement vénitien étant des plus étroites, et les contacts avec les représentants du pouvoir étant les meilleurs, l'église San Giovanni e Paolo devint le lieu officiel de sépulture des Doges. Vingt cinq Doges y reposent pour l'éternité. C'est un véritable Panthéon. Les mausolées, les sarcophages, sont l'oeuvre de grands artistes sculpteurs.

Les bas-reliefs, les ciselures, expriment tous les styles gothiques et Renaissance les plus talentueux.

Puis le couvant San francisco della vigna P203. Le musée naval est gratuit avec la carte musée P205. Ballade via Garibaldi P206. Et visite des deux petites îles San pietro di castello et Sant’elena.

Retour par Campo bandiera e moro o san giovanni della bragora P205.

Chiesa santa maria della pietà et Chiesa san zaccaria.

Palazzo Danielli P204.

Riva degli schiavoni P203.

Retraverser la place Saint Marc puis Chiesa Santa maria dell Fava P152 puis Fondation dei Todeshi P152 qui est vers le pont Rialto puis aller le quartier de La Fenice P152.

Chiesa San Stefano P154, Campo San Maurizio, Théatro la Fenice et enfin Chiesa Moise P152.

Le Titien - Tiziano Veccellio : L'Assomption de la Vierge

L'une des œuvres les plus magnifiques et les plus connues du Titien est L'Assomption de la Vierge, qui inspira à Richard Wagner ses “Maîtres Chanteurs”, tant la vue du tableau l'avait bouleversé.

C'est le 19 mai 1518 qu'est installé le retable de l'Assomption de la Vierge dans l'église des Frari.

Ce tableau est une véritable révolution religieuse : L'assomption est un tableau qui éclate de couleurs, de vie, loin des poncifs jusque là respectés en matière de peinture religieuse : oubliées les références à la mort et à tous les tombeaux et autres lamentations en tout genre !C'est une Vierge joyeuse, entourée d'anges émerveillés et devant des apôtres tout aussi remués que la Vierge monte vers Dieu en tant que reine du ciel.

La portion supérieure, qui est cintrée, représente le paradis, la gloire, pour parler comme les Espagnols dans leur langage ascétique; des collerettes d'anges, noyés et perdus dans un flot de lumière à d'incalculables profondeurs, étoiles scintillantes sur la flamme, pétillements plus vifs du jour éternel, forment l'auréole du Père qui arrive du fond de l'infini, avec un mouvement d'aigle planant, accompagné d'un archange et d'un séraphin dont les mains soutiennent la couronne et le nimbe. [...]

Une puissance sans borne, une jeunesse impérissable font rayonner cette face à barbe blanche qui n'a qu'à se secouer pour en faire tomber la neige des éternités: depuis le Jupiter olympien de Phidias, jamais le maître du ciel n'a été représenté plus dignement. Le milieu du tableau est occupé par la Vierge Marie, qui soulève, ou plutôt qu'entoure une guirlande d'anges et d'âmes bienheureuses, car elle n'a pas besoin d'aides pour monter au ciel; elle s'enlève par le jaillissement de sa foi robuste, par la pureté de son âme, plus légère que l'éther le plus lumineux. Il y a vraiment dans cette figure une force d'ascension inouïe, et, pour obtenir cet effet, Titien n'a pas eu recours à des formes grêles, à des draperies fuselées, des couleurs transparentes. Sa Madone est une femme très-vraie, très-vivante, très-réelle, d'une beauté solide comme la Vénus de Milo ou la Femme couchée de la Tribune de Florence. Une draperie ample, étoffée, voltige autour d'elle à plis nombreux; ses larges flancs ont pu contenir un Dieu. […] Et pourtant, rien n'est plus célestement beau que cette grande et forte figure dans sa tunique rose et son manteau d'azur; malgré la volupté puissante du corps, le regard étincelle de la plus pure virginité. Dans le bas du tableau, les apôtres se groupent en diverses attitudes de ravissement et de surprise habilement contrastées. Deux ou trois petits anges, qui les relient à la zone intermédiaire de la composition, semblent leur expliquer le miracle qui se passe. Les têtes d'apôtres, d'âges et de caractères variés, sont peintes avec une force de vie et une réalité surprenantes.Les draperies ont cette largeur et ce jet abondant qui caractérise en Titien le peintre à la fois le plus riche et le plus simple. […]

Les cheminées de Venise

Les cheminées de Venise les plus spécifiques sont dites "à cloche renversée", c'est-à-dire qu'elles se terminent en tronc de cône inversé. Certaines ne sont plus coniques, mais + ou - parallépipédiques. Elles fonctionnent selon le même principe. Autrefois, on se chauffait au bois ou au charbon. Les étincelles et escarbilles montaient facilement par la cheminée et retombaient sur les maisons ou les toits. Et les incendies étaient nombreux et souvent dévastateurs. D'où cette forme particulière de cheminée, dont le système interne entravait et refroidissait les étincelles et escarbilles. C'est d'ailleurs le même principe qui fonctionnait sur les vieilles cheminées de train à charbon. Venise comptait de trés nombreuses cheminées typiques, le cône était souvent décoré de fresques ou de frises, et qui ont malheureusement étaient détruites en grand nombre et remplacées par des édifices plus communs. Elles sont typiques de Venise même, bien qu'on en trouve quelques autres en Vénétie, là où les riches vénitiens avaient fait construire leurs demeures.

La forcola

La forcola est une pièce de bois aux formes torses, faites de 8 échancrures, plantée à tribord de la gondole et qui reçoit la rame. Elle est constituée de noyer, cerisier poirier, pommier ou érable. Les "morsi", les 8 échancrures arrondies, sont utilisés chacun pour une manœuvre précise (poussée avant, poussée arrière, frein, virage, rotation sur place). Les "forcole" sont taillées sur mesure par rapport au gabarit du gondolier.

Elles ont des formes trés diverses, selon la nature de la barque et sa distination.

Domenico Selvo, doge de Venise, avait épousé en 1077 Teodora, sœur d'Alessio, empereur d'Orient. C'est la dogaresse qui introduisit l'usage de la fourchette, car elle ne portait jamais la nourriture à sa bouche avec les doigts. La fourchette était alors en or. Hélas pour elle, ce ne fut pas sa seule excentricité. Ce n'est que plus tard que l'usage de la fourchette conquit Florence et seulement vers 1379 qu'elle fût introduite en France.

Le Titien Tiziano Vecellio (ou Tiziano Vecelli) 1488-1576

Titien dont le véritable nom était Tiziano Vecelli, a illuminé l'art italien de la Renaissance. Peintre de génie qui qualifiait ses peintures de “poèmes”. Et quels poèmes, quel artiste ! Portraits profonds, Venus émouvantes et Vierges déifiées, lumière et couleur, rouge de préférence pour cet artiste qui a aussi bien représenté la chair que l'âme. Titien : Le Peintre de la Vie Universelle.

Toute la peinture de Titien est là, après elle toute la peinture de Venise, après la peinture de Venise toutes les peintures vivantes qui verront les couleurs se pénétrer, les reflets jouer sur les surfaces, les ombres transparentes se colorer, un ton ne se répéter jamais identique à lui-même, mais imposer sa domination par des rappels discrets qui éveillent dans l'oeil des vibrations voisines, la vie lumineuse du monde faire une symphonie spontanée où pas une palpitation ne naîtra de sa substance sans qu'on puisse en trouver la cause et en chercher l'effet dans toute son étendue. »

A Venise, il habitait Campo del Tiziano, aux numéros 5181/5182.

Titien le retable de Saint Marc

Le retable de Saint Marc à Santa Maria della Salute. Titien peint en 1510 le retable de “Saint Marc entouré de Saint Côme et Saint Damien, Saint Roch et Saint Sébastien” qui se trouve aujourd'hui dans l'église Santa Maria della Salute. Cette commande fait suite à la grande épidémie de peste afin de célébrer l'aide apportée par les institutions religieuses mais aussi le gouvernement vénitien dans cette difficile période de l'histoire de Venise. C'est l'un de ses premiers retables.

Élève de Giovanni et Gentile Bellini mais aussi de Giorgione

Titien a lui-même appris et enrichi sa palette auprès de l'un plus grands peintres vénitiens de l'époque : Il se forme dans les ateliers de Giovanni et de Gentile Bellini dans sa jeunesse puis avec Giorgione, avec lequel, en tant qu'élève… surdoué, il réalisera la composition de la fresque du “Miracle du Nouveau Né” de la Scuola di Sant'Antonio de Padoue en 1511. Mais par rapport à Giorgione, Titien est le maître de la lumière, de la clarté chromatique, Titien chasse l'ombre si présente dans les tableaux de Giorgione. Finis les volumes ombrés.

Titien ne payait pas d'impôts !

En 1513, Titien est chargé par la Sérénissime de peindre la “Bataille de Spolète” suite à l'incendie qui avait détruit la toile qui commémorait ce haut fait guerrier, réalisée au XIVe siècle par Guariento.

25 ans plus tard, en 1538, la toile est livrée. Titien était-il si lent ? Que nenni, Titien était surtout malin car en échange de la réalisation de cette toile, la Sérénissime s'était engagée à conférer à Titien la charge de “Sensaria” au Fondaco dei Tedeschi. Cette charge était une charge de médiateur qui garantissait des revenus à son bénéficiaire.La fonction consistait essentiellement à l'obligation de superviser la décoration du palais des Doges mais aussi de peindre les portraits officiels ainsi que le tableaux votif de tout nouveau doge.Mais comme ladite charge est encore détenue par le déjà âgé Giovanni Bellini au moment où Titien commence sa toile… il commence donc par prendre son temps pour réaliser sa toile et s'assurer d'être récompensé comme promis ! Pour bien comprendre ce côté malicieux de Titien, il faut savoir que le bougre réussira même par la suite à être définitivement exonéré… d'impôts. De quoi faire rêver nombre d'entre nous ! Mais cela n'explique pas tout puisque Bellini meurt en 1516 et Titien devient alors le peintre officiel de la République. La véritable raison est ailleurs, Titien est en fait plutôt prolifique et peint plusieurs œuvres à la fois : portraits, officiels et privés, venus profanes et vierges sacrées…

Un Bon Vivant

On imagine facilement Titien comme un maître regardant l'humanité du haut du piédestal que ses contemporains lui avaient élevé, mais c'est aussi un homme qui aime la vie et... la bonne chair.

Jacopo Robusti dit Le Tintoret ou Tintoretto (1519-1594)

Tintoret : Le Peintre du Mouvement.

Jacopo Robusti naquit à Venise en 1519. On le surnomma “il Tintoretto”, le petit teinturier, parce que son père était teinturier sur tissus de soie et de velours dans le quartier marchand de la Merceria. Et, si le petit Jacopo admirait les belles couleurs qu'il voyait dans l'atelier de son père, il ne pensait pas pour autant à teindre des tissus de luxe, mais plutôt à peindre de belles fresques sur les murs, comme celles peintes par Le Titien et Giorgione sur les murs du Fondaco dei Tedeschi. Le père ne voulut pas contrarier la vocation de son fils pour le dessin et la peinture. Aussi, après avoir appris le dessin, il fut admis dès l'âge de quinze ans dans l'atelier du célèbre Titien, qui lui promettait un bel avenir. Mais le génie du jeune homme se révéla tel, que le maître finit par le considérer comme un rival ; il le renvoya donc, en lui disant qu'il n'avait plus rien à apprendre de lui.

Tintoret, autoportrait - Le Miracle de Saint Marc délivrant l'esclave.

Si un tel renvoi équivalait à un véritable brevet de maîtrise, il signifiait aussi la privation d'un emploi dans l'atelier d'un maître célèbre où les commandes affluaient. Ainsi, Jacopo Robusti se retrouvait seul avec son talent. Monsieur Robusti père, dont la qualité du travail lui assurait de solides revenus, se sentit piqué au vif par “ce maître orgueilleux qui s'imagine qu'on ne peut pas se passer de lui”. Puisque son fils sait peindre, il lui donnera un atelier avec tout le matériel nécessaire, “et une pension si ronde, que pas un artiste n'aura débuté de la sorte.”

Quelques jours plus tard, Jacopo s'installait à San Luca dans un vaste atelier bien équipé et décoré par lui-même. Délivré de tout souci matériel et entièrement dégagé des obligations envers une école, il était prêt à affronter le défi lancé par Le Titien. Et il se mit aussitôt à l'ouvrage, travaillant la couleur et le dessin, en imitant Le Titien et en s'inspirant de Michel Ange dans une suite d'études sérieuses.

« Il chercha, au contraire, à se faire chef d'une nouvelle école qui perfectionnât celle du Titien et joignit à sa manière ce qui lui manquait. Idée vaste, où l'on reconnaît une grande âme, qui redoubla de courage pour avoir été chassé de chez le Titien, au lieu de le perdre. Forcé par sa fortune actuelle à habiter une chambre extrêmement simple, il y écrivit : “le dessin de Michel-Ange et le coloris du Titien”. Il copiait sans cesse les ouvrages de ce dernier. II s'était procuré, avec une dépense très considérable, les plâtres des statues de Michel-Ange qui sont à Florence ; il les étudiait jour et nuit. Il y ajouta les plâtres de beaucoup de statues et de bas reliefs antiques. Souvent, il dessinait ses modèles à la lumière d'un flambeau pour se procurer des ombres fortes et s'accoutumer ainsi à un grand clair-obscur.

C'est dans le même dessein qu'il faisait des modèles en cire et en terre et qu'après les avoir recouverts de vêtements, avec grand soin, il les plaçait dans de petites maisons qu'il construisait avec des morceaux de carton et des règles de bois. Il plaçait en dehors de sa petite maison une lampe dont la clarté y pénétrait par les fenêtres. Il observait ainsi, en variant la position de ses petits modèles les différents effets de la lumière du soleil. Il suspendait ces mêmes modèles au plafond de sa chambre dans différentes attitudes et il les dessinait ainsi sous divers points de vue pour acquérir la connaissance du sotto-in-su, dans lequel l'Ecole vénitienne était beaucoup moins forte que la Lombarde. Il n'oubliait point l'anatomie et saisissait avidement toute les occasions de dessiner des figures nues dans diverses positions et sous divers raccourcis, pour pouvoir donner un jour à ses compositions la variété de la nature. C'est ainsi que privé de maître, il n'en suivit pas moins la meilleure méthode d'apprendre à dessiner. Il commençait par dessiner les formes de l'antique et l'imagination pleine de ces beaux contours, il dessinait le nu et cherchait à en corriger les défauts.

Le Tintoret joignait à cette excellente méthode d'étudier ce que les historiens appellent le génie le plus terrible qu'ait jamais eu la peinture, une imagination toujours riche en nouvelles idées, un feu qui lui faisait concevoir les plus forts caractères des passions et qui ne le quittait que quand il les avait exprimés sur la toile jusque dans leurs moindres détails. » Stendhal - École de peinture de Venise Au début, Tintoret se fit connaître en exécutant des portraits à la manière du Titien. Il sut aussi se faire apprécier en distribuant ses croquis à ses amis, et en n'hésitant pas à inviter ceux dont le visage lui plaisait à venir poser pour se faire faire gratuitement un portrait ! Cette libéralité lui fit sa publicité, car on se mit à parler de plus en plus de celui que l'on surnommait il Tintoretto. Et on s'aperçut aussi qu'il maîtrisait le style du Titien à un point tel, que certains s'y trompaient… Mais ce n'était là qu'une simple étape dans le travail de cet homme, pour qui vivre et peindre ne faisaient qu'un dans son élan passionné et généreux de création.

Pendant sa jeunesse, son énergie et son besoin de perfectionner sans cesse son art ne se satisfaisaient pas du seul travail en atelier, pourtant considérable. Les moyens et les plaisirs de peindre sous toutes les formes que son atelier ne pouvait lui offrir, il les trouva ailleurs.

Parfois, il aidait les peintres qui peignaient et décoraient les meubles. Ainsi la Suzanne de la maison Barbarigo, où figurent dans un petit espace un grand nombre de petits animaux et toutes les choses qui rendaient un endroit charmant, révèle ses talents de peintre en miniature.

Il lui arrivait également de suivre des maçons qu'il connaissait bien sur leur chantier en “terre ferme”, pour peindre des fresques sur les murs nouvellement construits, sans recevoir aucun salaire. C'était une excellente manière de s'exercer à peindre sur de grandes dimensions.

Les couleurs de Schiavone

Il travaillait aussi avec Schiavone, peintre capable d'imiter magnifiquement les couleurs naturelles, qui lui apprit beaucoup et qu'il considérait comme un grand coloriste.

Cependant, il ajoutait : « Les peintres devraient imiter la couleur de Schiavone, mais ils auraient grand tort de ne pas mieux dessiner que lui. » Il l'imita si bien avec sa Circoncision à l'église des Carmini, que certains l'attribuèrent à Schiavone ! Plus tard, Le Tintoret ne manqua jamais de proposer les services de Schiavone, quand celui-ci ne réussissait pas à obtenir de commandes.

Quand le Tintoret se sentit enfin capable de produire des tableaux de grande dimension répondant à ses exigences artistiques dignes d'un ancien élève du Titien, il offrit ses services aux curés contre le simple remboursement des frais matériels (échafaudage, toile et couleurs).

Sa réputation ne fit que grandir et les commandes affluèrent, si bien qu'à vingt-huit ans il avait peint une trentaine d'œuvres pour les monuments publics et le double de tableaux de dimensions plus modestes, auxquels s'ajoutaient d'innombrables portraits !

Du Mouvement et de la Vivacité. Même dans ses œuvres illustrant des sujets sérieux ou sacrés, on retrouve les visages et les attitudes de ses modèles appartenant au peuple de sa patrie.

Antonio Vivaldi

S'il est une musique qui est à même de révéler toute la magie de Venise, c'est bien celle d'Antonio Vivaldi, riche et débordante de vie, de puissance, de joie aussi. Dénommé le prêtre roux du fait de la couleur de ses cheveux, Vivaldi, comme ce surnom l'indique était prêtre, tout comme Claudio Monteverdi, qui le devint au cours de sa vie et est l'autre "grand" musicien de Venise.

Sublimé et... oublié ! Vivaldi est né à Venise le 4 mars 1678 et mort à Vienne en 1741.

Il avait aussi été directeur artistique du conservatoire de Santa Maria della Pieta, sur la Riva degli Schiavoni, au numéro 4148 dans le sestiere de Castello et sa musique nous enchante encore autant, plus de trois siècles après sa composition. Mais si Vivaldi est le génie aujourd'hui reconnu dans le monde entier, l'un des plus beaux ambassadeurs de Venise, sa musique avait totalement disparu jusqu'en 1933, époque où Olga Rudge, aidée par Ezra Pound, permettra la renaissance de cette musique “ailée”.

Antonio Vivaldi

Et l'oeuvre de résurrection n'était pas une mince affaire : Vivaldi a composé plus de 450 concerts dont le plus fameux, “Les 4 Saisons”, qu'il faut absolument écouter dans l'une des scuole de Venise, soirées magiques au mileu de musiciens en costume d'époque et dans un palais vénitien.

C'est à l'Ospedali de La Piéta à Venise que Vivaldi passa l'essentiel de sa vie musicale en y étant tour à tour violoniste et maître de concert de 1703 à 1740, un an avant sa mort.

Il faut par contre savoir que l'église actuelle de la Pietà n'est pas celle dans laquelle Vivaldi a connu. L'église précédente a en effet été rasée et totalement reconstruite, postérieurement à la mort d'Antonio Vivaldi. Vivaldi a su embrasser la nature d'un regard, d'un souffle musical, enrobant la beauté de la nature d'une envoutante magie.Pour cela, il a crée, avec Haendel et Bach, le concerto à trois mouvements.

Dans son Printemps, on sent la nature renaître, et avec elle, tous les animaux qui respirent, se réjouissent au son du violon. Son Eté est composé d'une musique fertile qui annonce une moisson abondante. Dans son Automne, il fait tomber les feuilles des arbres, pour m'exprimer ainsi, à coups d'archet. Dans l'Hiver son auditoire frissonne, il meurt de froid. Voilà les véritables principes de l'harmonie instrumentale que doit rendre un sujet quelconque ».

A faire aussi les iles une prochaine fois.

A éviter manger vers la place ST Marc.

Faire les musée et le palais dès l'ouverture.

Manger des glaces...

Prendre les tragetto "la gondole du pauvre" mais si pratique!

Bonne visite, bonne balade,

Olivier
Open
AU
Auriandig 16 years ago
Traversée de l'Islande à VTT en août 2010
Salut à tous !!

Voici en "quelques" lignes le résumé de ma traversée de l'Islande par la F35, le style est loin d'être conventionnel et le texte largement perfectible mais ça permet de donner un bon aperçu de ces 10 jours. Pour toute les fautes d'orthographes (oui il y a bien un S à fautes et un à orthographes...) disons que c'est une sorte de jeu pour pimenter la lecture...

Le lien Facebook http://www.facebook.com/album.php?aid=7 … d9c8ee3ae3 permet de voir quelques une des photos et voici un petit film que j'ai fais lors de la traversée: http://www.youtube.com/watch?v=AvmC5HsBgLU

Si vous avez des questions n'hésitez pas je me ferais plaisir d'y répondre !!!

nicolas point hebinger at gmail point com

Jour 1

Je me réveil fatigué, Une fois n’est pas coutume j’arrive tout juste à la gare pour embarquer tout mon chargement, 25 kg de remorque et de vélo et de l’autre côté 15 kg de sacoches et d’équipement je ne me suis jamais autant senti mule !!!! Il fait beau, le soleil éclaire les combes Bourguignonne qui semblent me dire « mais que vas tu faire la haut ! Il pleut, il fait froid ! Pourquoi ne reste tu pas au chaud ici ? » A ce moment je prends réellement conscience que je me dirige droit vers quelque chose qui va inévitablement me transformer. En effet c’est ma première aventure en solitaire. Cela va à l’encontre de ma la vie de tous les jours où le chemin pour aller travailler est toujours le même le bureau toujours à sa place et le papier peint de ce même bureau toujours aussi pourri. Arriver à Roissy Charles de Gaulle, je m’offre gratuitement une petite séance de musculation pour rejoindre le terminal 1. Et oui, je ne sais pas pourquoi je n’ai pas eu la présence d’ésprit de prendre un chariot… C’est un peu la course pour l’enregistrement, après une bonne heure d’attente il faut déposer le vélo à un deuxième comptoir et payer le supplément de 28 € à un troisième.. Mais bon je monte dans l’avion avec comme prochain plancher des vaches, le plancher des moutons !!!!

Arrivée en Islande, bizarrement il fait beau (…), ma première vision de l’Islande est une splendide vue aérienne et comme on dit toujours que c’est la première impression qui compte l’aventure démarre plutôt bien. Première étape, arriver au camping le plus rapidement possible, en effet à ce moment j’espère toujours démarrer dès le lendemain matin. Malgré quelques déboires de trajet, dont une navette qui devait allée au camping et qui me laisse en plan à 10 km à pied du camping. Mais heureusement un « gentil » chauffeur islandais me remet sur les rails et j’arrive à 18h au camping de Reykjavik. Je m’installe tranquillement, remonte mon vélo et je prends la décision de remettre mon départ à Lundi car je n’ai pas eu le temps de me ravitailler. De plus c’est le « week-end des commerçants » où ceux ci descendent le rideau pour 2 jours… Heureusement je découvre le 10-11 qui est une chaîne de commerce ouverte 24h/24h et 7/7 jours. Je suis impressionné par le type de tente qui habille le camping. En effet je ne voie que de la petite tente de randonnée, rien à voir avec les caravanes et les mobile home que l’on croise régulièrement dans les Alpes. Ici la plupart des campeurs font de l’itinérant (trek, vélo, auto-stop), j’ai enfin l’impression d’être un peu chez moi au milieu de toute ces nationalités à la recherche terrain de jeu vierge et de grands espaces. Ma première impression concerne le camping qui contrairement aux campings que j’ai pu côtoyer. En France le confort des équipements de campings (caravane, mobilhome) n’a rien à envier à nos habitats classiques, ici il n’y a que de la petite tente, Au passage c’est vrai que la caravane dans l’avion pour 28€ ils ne doivent pas accepter…. Je fais la connaissance de 3 hollandais qui viennent d’achever un trek de 12 jours dans les Fjords de l’Ouest durant lequel ils n’ont eu à essuyer qu’un seul jour de pluie ! On discute un peu de mon parcours et ils me donnent quelques conseils bien utile. Ma 2eme rencontre c’est un anglais d’une vingtaine d’année qui viens de réaliser exactement le même périple que celui que je vais entreprendre. J’écoute attentivement ces remarques et ces conseils (du moins ce que mon anglais me permet de comprendre) peut être un peu trop car je prend un peu peur quand il me parle du vent au centre du pays.

Jour 2 Dimanche 01 Août 2010-08-25

Je me réveil après une excellente nuit, je pense que la journée de transport de la veille et des 2h de décalage avec la France y sont pour quelques choses . Premier objectif de la journée trouvée un magasin pour faire quelques courses. Optimiste je tente un dimanche matin en plein « week-end des commerçants » de mettre la main sur un des fameux magasin Bonus (dont l’enseigne est une tirelire cochon toute rose !!!). Bien évidemment rien n’est ouvert et je dois me rabattre sur une station service dans laquelle je trouverais un peu de pain de mie et de la charcuterie. Un petit détour par le centre ville complètement vide renforce un peu plus mon sentiment de solitude, je décide donc de rentrer au camping, là-bas au moins je me sent moins seul… En passant devant la réception je découvre qu’un magasin ouvert 24h/24h se trouve à moins de 5 min à pied du camping… Cela suffit à me remonter le moral et ni une ni deux je me rends au magasin où forcement j’achète plus que nécessaire ce qui me vaudra un repas du midi beaucoup trop lourd. Mais compte tenu des dix jours de vélos qui m’attendent ce surplus de nourriture est loin d’être perdu.

L’après midi est consacré à l’achat du billet de bus pour BLONDUOS, au tri des affaires que je vais laisser à la consigne du camping de Reykjavik et surtout à une bonne sieste de 2h ! Je décide également de lister précisément toute la nourriture dont je vais avoir besoin (et oui mieux vaut tard que jamais…) Par jour je prévois : 4 chocos pour le petit déjeuner, 4 tranches de pain de mie et 4 tranches de charcuterie pour le midi, et un repas lyophilisés pour le soir. Quelques abricots secs ainsi que 4 barres de céréales pour la journée. Au final j’ai pu acheté qu’une dizaine de barre de céréales ce qui s’avérera beaucoup trop juste mais que je parviendrais à compenser par quelques achats dans les campings. Je décide également de trier mes affaires pour que l’une de mes sacoches ne soit ouverte qu’une fois le matin et qu une fois le soir. J’y entasse toutes mes affaires propres, mon sac de couchage et mon matelas. Cette solution sera la bonne, car malgré le temps rien ne fut mouillé . En fin de journée je retourne me promener le long du port où l’activité à bien augmenté depuis ce matin. Je me surprend à n’avoir envie de rien. Ni d’être ailleurs ni de faire autre chose. J’arrive peut être pendant un court instant à vivre le moment présent si difficile à saisir dans la vie de tous les jours. J’ai toujours un peu d’appréhension quand au départ du lendemain mais mes jambes commencent à fourmillées, elles veulent pédalées. Bizarrement les soirs sont toujours des moments privilégiés où l’appréhension disparaît et où il ne reste plus que l’envie de partir !

Jour 3 Lundi 02 Août 2010-08-27

7h je me réveil sous la pluie. Malgré tout je suis hyper motivé. Je déjeune rapidement et à 7h45 j’enfourche mon vélo direction le terminal de bus BSI pour un départ prévu à 8h30. L’arrivée à BLONDUOS est prévue 13 h, j’ai donc tout le temps de contemplé les paysages Islandais encore et toujours torturés par les éléments ! Quelques touristes asiatiques égaillent également un peu mon trajet avec leur course de part et d’autre du bus pour photographier les chevaux, les montagnes, un arbres, un pylône… J’arrive à BLONDUOS sous le soleil ! J’ai repéré depuis le bus une table de pique-nique sur laquelle je m’empresse de manger mes sandwichs avant le départ. 14h00 je me lance enfin dans ma traversée de l’Islande. Afin d’éviter un peu la circulation j’opte pour la piste 724 au lieu de la route n°1 qui comme j’ai pu le constater tout au long du trajet est quand même « assez » fréquentée. Mon démarrage se fait en 2 temps, car au bout de 500m je suis obligé de réajuster mes sacoches et d’enlever une épaisseur car le cuissard d’hiver et le T-shirt à manche longue son de trop. Les premières impressions sont bonnes la piste est parfaite, le soleil à disparu mais le plafond reste haut et il ne pleut pas .

Je fais ma première « rencontre de la route », c’est un couple de hollandais ayant sensiblement mon âge. Ils se rendent vers les Fjords de l’Ouest après avoir coupé le centre du pays par la piste F35. Nous échangeons pendant 15 min de nos expériences respectives. J’apprends qu ils ont passé plus de 3 mois en Patagonie où ils ont rencontrés la véritable solitude. En effet sur 500 km de leur parcours ils n’ont pas croisé âme qui vive. Je repars admiratif de leur aventure et impatient de faire de nouvelles rencontres. J’arrive à la l’intersection de la piste 724 avec la piste F35. Deux solutions s’offrent à moi soit je tente de rejoindre un camping à 40 km au sud sur la F35 soit je remonte au Nord par la F35 et un bout de la route N°1 pour rejoindre un autre camping à 5 km. J’opte alors pour la deuxième solution. Je pense que si je n’avais pas été seul j’aurais plutôt penché pour la solution la moins raisonnable mais là je décide d’aller au plus court. C’est sous une pluie battante que j’arrive à 18h au camping. Je vais à la rencontre de deux cyclistes qui s’avèrent être un couple de Grenoblois . Dès les premiers phrases je sens qu’ils sont exténués par leur traversée. D’ailleurs ils décident de dormir dans le refuge plutôt que de monter la tente. Il est 20h et je suis déjà couché. J’écrit mes quelques notes de la journée et je m’endors bercé par le bruit de la pluie sur la toile.

Jour 4 : Mardi 03/08/2010

Je me réveil après une nuit moyenne, bien que je me sois couché très tôt la nuit a été assez agitée. Je déjeune et je part rapidement sous un plafond nuageux très bas pour affronter, ce que je pense être une des seules véritable monté de ma traversée (et quelle montée 300 m de D+ …) Malheureusement ces 300 m on suffit à me mettre dans le brouillard du coup la vue est complètement bouchée même sur la piste je ne vois pas à plus de 50 m. Du coup j’en profite pour avancer aidé par le vent qui depuis le début continue à souffler dans mon dos. Le brouillard ne freine pas les 4*4 qui continuent de me dépasser ou de me croiser beaucoup trop vite. Au bout d’une heure j’aperçois émergeant du brouillard un tandem lourdement chargé. Petite présentation en anglais pour se rendre compte que nous sommes tous les trois (enfin les quatre car une petite fille de 11 mois les accompagnes dans la remorque!!!) On discute un peu et j’apprends qu’ils sont sur l’île depuis 1,5 mois tout simplement parce que son métier s’est d’écrire des aventures… ! La petite fille commence à se réveiller il est temps pour eux de repartir et de réactiver la berceuse sur roue. Au moment de partir je leur demande si ils ont un site sur lequel je pourrais lire leur aventure. La réponse ne se fait pas attendre : « - il suffit de taper « Planète D » sur Google… » « - c’est bizarre c’est le titre d’un livre que j’ai lu il y a quelques mois sur un couple partis pendant 2,5 ans faire le tout du monde en tandem » « - Oui c’est nous !! » « - ………. !!!!!!!!! » Du coup on reprend pendant quelques minutes notre discussion mais la petite Lirio sonne à nouveau le départ. Je suis tout excité par cette rencontre car la probabilité les rencontrer une fois dans ma vie est minime et qui plus es au milieu de nul part dans un brouillard à coupé au couteau. Je repart galvanisé par cette rencontré en me demandant ce que la piste va bien pouvoir m’apportée après tout ça. Dans l’immédiat la piste m’apporte surtout un rapide repas sous la pluie et le vent agrémenter d’une petite sieste à l’abris d’un talus. (Et dire que certain s’ennuie à l’ombre d’un cocotier…) Par endroit le brouillard se dissipe un peu pour laisser apparaître quelques centaines de mètres de paysage rapidement engloutis par une nouvelle nappe. La pluie reprend de plus belle, je recommence mon manège, veste de pluie, pantalon de pluie, chaussette gore tex et gants en gore tex …. Dans 2 km je croise un premier camping et je commence à me demander si malgré l’heure (14h) je ne ferais pas mieux de m’arrêter. Le prochain camping est a + de 45 km, la piste commence sérieusement à se dégrader et le brouillard ne semble pas vouloir céder. Je décide de m’arrêter et par la même occasion de laisser un peu ma fierté de côté… Je monte ma tente sous la pluie et après une bonne douche chaude je retrouve le réconfort de mon duvet. Je partage mon après midi entre sieste et lecture. En fin de journée je fais la connaissance de Ramone, un suisse-italien, qui est venu installé sa tente à côté de la mienne. On passe la soirée à discuter à l’abris dans la Guest Hous. On rencontre un groupe d’Allemand et un groupe de Français qui font un circuit à cheval dans le centre du pays et bonne nouvelle ils nous apprennent que 10km au Sud le temps était plutôt dégagé et que c’est seulement en arrivant ici que le brouillard à gâché un peu la fête. Ramone est en Islande depuis 10 jours et comme moi il voyage seul et à vélo. Dans un premier temps on a pensé partir ensemble le lendemain mais finalement on décide d’un commun accord de se retrouver aux différentes étapes afin que chacun puisse garder son autonomie. Il est 22h le jour est toujours là, mais épuisé je quitte la tranquillité de la salle commune pour ma tente et mon sac de couchage.

Jour 5 : Mercredi 04 août 2010

Au réveil je suis un peu dépité, le temps est toujours couvert et froid. Je déjeune rapidement et je pars au moment où Ramone émerge de sa tente . On convient de se retrouver à Hveravellir ‎ qui est notre prochaine étape. A peine j’amorce la descente que le ciel se dégage pour laisser apparaître au loin les montagnes et glaciers dans une palette de couleur extraordinaire. Le mariage du blanc et du bleu de la glace avec le noir profond de la lave donne à l’horizon un aspect irréel. D’habitude les cartes postales ont tendances à embellir quelques peu certains paysage mais ici aucun artifice n’est nécessaire pour mettre en beauté ces vastes étendues désertiques. Je roule toute la matinée sous un beau soleil qui me fait totalement oublié les 2 précédentes journées. J’arrive vers 13h à Hveravellir et je tombe tout de suite sous le charme des lieux. Alors que ça ne devais être qu une étape de midi je décide de dormir là se soir et de prendre l’après midi pour visiter les sites alentour. Je mange rapidement et je débute par une petite visite du site principal qui recèle de sources d'eau chaude, de fumeroles et autres bains d’eau bouillante tout ça dans une atmosphère soufré quelques peu dérangeant à la longue. Un peu plus tard je repère sur ma carte un hypothétique point de vue sur le glacier Langjökull situé à environ 15 km par la piste ???? Ni une ni deux j’enfourche mon vélo et me voilà parti en direction du glacier. Je redécouvre le bonheur de rouler sans la remorque et je sent rapidement que physiquement les deux premières journées ont vraiment été bénéfique. J’arrive sous une averse mais la vue est à coupé le souffle ! Je reste un bon moment à contempler le paysage. Mais la pluie et le vent abrègent le spectacle, je repars avant de trop me refroidir. Comme par hasard arrivée en bas de la côte le soleil reviens... Pourtant on m’avait prévenu « Si le temps vous déplaît, attendez juste une minute ».

Je repère un sentier balisé qui va à Hveravellir, histoire de ne pas reprendre la même piste je décide de prendre ce chemin que je parcours à pied car la lave et les rochers m’empêchent de rouler et je ne veux pas risquer de casser quelque chose sur le vélo. En arrivant au camping je tombe sur Ramone qui boit un chocolat chaud !!! On se raconte un peu notre journée et bien que la journée soit assez avancée Ramone décide quand même de se rendre à Kerlingarfjoll ! Pour ma part je profite tranquillement de la soirée pour faire sécher tout mon équipement et faire quelques photos du coucher de soleil. Je me couche frigorifier mais heureux de cette superbe journée.

Jour 6 : Jeudi 05 Août 2010

Ce matin les nuages sont revenus, j’espérait que le beau temps de la veille continu mais c’est un plafond nuageux assez haut qui m’accueille pour le petit déjeuné. Je repars sans regret d Hveravellir qui a su m’apporter une journée exceptionnelle. Au bout d’une heure je commence à apercevoir le glacier Hofsjökull. Pendant plusieurs kilomètres j’ai la chance d’avoir pour moi tout seul, en point de mire, les langues du glaciers éclairées ça et là par des rayons de soleil. Je suis tellement absorbée par cette vision qu’à ce moment je ne pense à rien d’autre et que j’en oublie même la tôle ondulée de la piste qui secoue mon vélo et ma remorque dans tous les sens.

Je m’arrête à l’intersection d’une piste sans nom qui rejoint la base du glacier. Un 4*4 fais les 100 « roues » devant un important guet . Je m’installe confortablement sur mon vélo pour le spectacle. Ne trouvant pas de solution immédiate le conducteur descend, met ses cuissardes et décide de sonder le fond de la rivière à pied. Au moment où il arrive sur la rive opposée, après avoir franchi la partie la plus dangereuse de la rivière, il s’étale de tout son long dans l’eau. Je ne peux m’empêcher de sourire. Cette chute met fin à son projet de traversée du guet. Il rejoins son 4*4, se sèche et repart vaincu « Veni, Vidi, (pas) Vici ». Depuis quelques temps j’aperçois de gros nuages plus au sud, progressivement je me retrouve encerclé par les averses et finalement le cercle se referme. La pluie ne me quittera plus pendant les quatre prochaines heures. Je rejoins Kerlingarfjoll sous une pluie battante. Le site est magnifique mais le temps qui ne s’améliore pas m’empêche de jouir pleinement du spectacle. C’est donc trempé jusqu’aux os que j’arrive au refuge de Kerlingarfjoll. Une fois n’est pas coutume je tombe à nouveau sur Ramone entrain de lire ! Je commence à me dire que l’on a pas finis de se retrouver… J’ai à peine le temps de monter ma tente et de manger que je repars avec Ramone marcher en direction des HotSpot que l’on nous garantie comme étant de « vrai » Hot Spot à 40°C. Je suis vraiment satisfait, car malgré les efforts des précédentes journées je suis en pleine forme et j’arrive à récupérer quasi-instantanément. La randonnée se déroule toujours sous une pluie battante mais la beauté des paysages relèguent la pluie au second plan. Nous arrivons sur le site après 1h30 de marche. Les couleurs sont vraiment irréelles, le jaune du soufre, l’ocre et le rouge de la terre mélangé au blanc et aux bleu des glaciers sont tout simplement magnifiques. Nul par ailleur je n’ai pu voir une diversité de couleur réunie sur un seul site, c’est tout simplement époustouflant. Une fois arrivé je prends conscience que je suis parti beaucoup trop sereins !!! En effet sous mon pantalon de pluie et ma veste en Gore Tex je n’ai rien d’autre qu’un T shirt et 1 caleçon !!! Tant que l’on montais la chaleur était entretenu par l’effort de la marche mais une fois que le rythme a baissé le froid à commencé à sérieusement se faire sentir, mettant fin à mes envies de baignade dans les HotSpot. Rentrée dans une eau à 40°C ne pose aucun soucis mais sortir sous une pluie battante et remettre des habits détrempés était de trop pour moi. Du coup j’accélère volontairement la visite du site et on repart en courant par la piste. Malheureusement Ramone à une jambe douloureuse, séquelle d’une fracture vieille de 2 ans. On doit donc stopper notre course au bout de 2 km. Mais au moins j’aurais pu me réchauffer. Finalement on termine par une marche soutenus avec un vent de face avec encore et toujours de la pluie ! Arrivé au camping je n’arrive même plus à bouger les bras tellement j’ai eu froid !!! Mais une douche chaude et un Pannini frites, dans la salle commune du refuge, me font rapidement oublier les quelques petits désagréments de cette journée.

Jour 7 : Vendredi 06 août 2010

Ce matin je décide de prendre mon temps, Ramone lui veut partir le plus rapidement possible pour rejoindre Geyser qui se trouve à plus de 100 km… Je commence par déjeuner mes 4 chocos habituels devant ma tente puis je remet le couvert avec Ramone au refuge. En effet il est possible de prendre le petit déjeuner pour 1300 Kr. Malgré ses bonnes résolutions Ramone n’est toujours pas près quand je quitte Kerlingarfjoll sous les nuages. La descente est plutôt « animée » en effet l’état de la piste ne me permet pas de maîtriser parfaitement ma monture qui finis une ou deux fois en hors piste. Dans un premier temps j’avais décidé, compte tenu de la grosse journée de la veille, de faire une petite étape pour récupérer un peu. Suite aux conseils du premier couple que j’ai rencontré j’entreprends de dormir près du lac Hvítárvatn face aux deux magnifiques langues glacières. Après avoir rejoins l’intersection entre la F35 et la piste de Kerlingarfjoll , la pluie reprend du service et s’associe à un vent de face ce qui transforme la piste en un parcours de connaisseurs… Après quelques rencontres j’ai confirmation que le site où j’entreprend de passer la nuit est magnifique cela me redonne un peu le moral que le climat commence à faire flancher. J’apprends également qu il faut traverser un guet pour accéder aux rives du lac. Bizarrement cet obstacle me motive, en effet je n’ai encore pas eu l’occasion d’essayer mes sandales ! J’arrive devant le guet, je « chausse » mon équipement aquatique et c’est parti, hormis le fait que cela me rafraîchisse les idées ça passe sans problème jusqu au moment où je me rends compte que la remorque et les sacoches sont à moitié dans l’eau… ! Je n’ai plus qu’à croiser les doigts en espérant que l’on ne m’ai pas menti sur la parfaite étanchéité de celle-ci.

Je rechausse mes baskets et direction le lac. Le site est vraiment magnifique, au premier plan le « camping » et à ma droite un petit refuge sans prétention mais qui s’accorde parfaitement avec la sobriété du site. Au second plan face au lac apparaît à travers les nuages une montagne ??? entourée de deux langues glacières. J’entame mes sandwichs et un couple de français arrive en 4*4. On discute un peu de nos voyages respectifs et ils repartent plein Nord. Peut être que je les recroiserais en France, seulement 6 km séparent nos deux domiciles… Malgré la beauté du site je n’ai pas vraiment le moral, la pluie et le vent sont toujours là et je commence sérieusement à me demander si je ne devrais pas poursuivre ma route. Après ¼ d’h ma décision est prise se soir je dors à Geyser malgré la distance qu’il me reste encore à parcourir cette décision me galvanise et je reprends la piste le sourire aux lèvres. Cette après midi me fera connaître les pires conditions de mon séjour mais je n’en ressort pas affecté outre mesure. J’immortalise la fin de la fin de la piste F35 en photographiant mes pieds à cheval entre la route et la piste. Je m’arrête à Gulfoss par principe mais mon état de fatigue et le temps m’empêchent d’apprécier réellement la grandeur du site. Il est passé 19h quand j’arrive à Geyser épuisé. Une petite surprise m’attends, les douches du camping sont dans la piscine à proximité du magasin de souvenir, je me retrouve donc dans une baignoire de 20 m par 10 m dans une eau à 38° !!!! Je m’y prélasse plus d’une heure, les muscles se détendent et mon esprit refait le parcours de la journée. La fatigue commence sérieusement à se faire sentir, je sort et je réintègre mes habits mouillés direction ma maison de toile. Un croque monsieur au magasin de souvenir et un repas lyophilisé à l’abris de ma tente seront les deux seules activités de ma soirée. Je m’endors toujours accompagnée par la pluie.

Jour 8 : samedi 07 août 2010

9h30 le réveil est difficile, il a plu toute la nuit et j’ai le moral à zéro. Je remets mes habits encore bien humide de la veille et je déjeune à l’abris des sanitaires. Je ne suis pas pressé de repartir j’en profite donc pour aller visiter le site de Geysir que je n’ais pas eu le courage de parcourir la veille. Il y a déjà énormément de monde sur le site, il faut dire que c’est un des sites du « Triangle d’Or » qui avec Gulfoss et Pingvellir font partis des visites incontournables d’Islande. Le Geyser est impressionnant mais les fumeroles et marmites bouillonnantes alentour font vraiment pâles figures comparés à celles que j’ai pu observer à Hveravellir. Je décide de prendre un peu de hauteur en « escaladant » la colline derrière Geyser. Vers 11h30 miracle !!!! Le vent permet au soleil de se frayer un passage à travers les nuages. Je redescends rapidement au camping pour mettre toute mes affaires à sécher. Je profite de la chaleur émise par les quelques rayons de soleil qui ont été autorisé à traverser le plafond nuageux. Cela fait 3 jours que je n’ai pas vu le soleil et cette éclaircie a le mérite de me remonter le moral. Peux de temps après avoir finis mes sandwichs, mes voisins de camping m’invite chez eux pour manger !!! Par principe j’ai décidé de ne pas refuser une invitation et après ma semaine passée sur le vélo, un deuxième repas ne peux pas me faire de mal. Je suis donc accueilli sous la tonnelle de la caravane par 1 thé chaud et 2 croques monsieur spécialement préparé pour moi !!!! Notre anglais approximatif à tous les trois nous permet de discuter succinctement de nos vacances respectives. J’apprends qu ils sont à la retraite et que chaque année avec leurs petits enfants ils font le tour de l’Islande de camping en camping. La pluie qui redémarre sonne la fin de notre discussion, je rassemble rapidement tous mon équipement, le range à l’abris dans mes sacoches et j’enfourche mon fidèle destrier direction Laugarvatn à contre « couvent »... Le regain de moral apporté par la soleil s’est rapidement estompé et la morosité reprend le dessus. Plutôt que de ne pas avancer j’ai décider pour les deux jours à venir de faire des petites étapes. Laugarvatn aujourd’hui et Pingvellir demain.

Je monte ma tente au camping et je décide d’aller marché un peu sur un petit sentier de randonnée juste à flan de montagne. Je n’arrive pas à apprécier le paysage. Je m’assois sur un banc et je médite pendant une bonne heure avant de rejoindre la station essence pour me réchauffer et me faire berner par un « appétissant » morceau de gâteau qui au goût se révèle être infâme… Mes poils se dressent quand j’aperçois un couple entrain de manger une glace. Comment est ce possible de manger une glace par un temps pareil ?! Mais je relativise rapidement car entre la voiture chauffé et la station essence il y a tout au plus quelques dizaines de mètres qui ne suffisent pas à transformer la glace en chocolat chaud. La soirée est sans intérêt, bien que réchauffer par une bonne douche soufrée je suis contraint de manger mon repas lyophilisé à l’abris de l’abside de ma tente. Vingt minutes après je suis couché…Une journée à oublier.

Jour 9 : Dimanche 08 août 2010

J’ouvre un œil et bizarrement la lumière dans la tente est beaucoup plus intense que d’habitude. J’ouvre progressivement la fermeture éclaire, malgré tout je reste méfiant, je commence à connaître le temps Islandais… Mais là je dois me rendre à l’évidence le temps et magnifique et comble de tout c’est un ciel sans nuages qui m’accueil. Je saute hors de ma tente et m’installe sur ma table en bois personnelle (eh oui c’est le grand luxe aujourd’hui !!!) Je sors mon pot de « Nutella » acheté la veille, en une seconde le couvercle et sur le dos, la seconde suivante mon couteau l’attaque de front. Heureusement que le soleil est là, parce la pâte à tartiner doit sûrement être excellente pour les joins de salle de bain mais pour le petit déjeuner elle repassera… Juste derrière le camping la montagne me fait de l’œil, celle ci ne « semble » pas bien haute et vu que je ne suis toujours pas bien remis de mon étape de l’avant veille je décide d’aller marcher. Il n’y a pas de chemin j’entreprend donc une ascension frontale. Rapidement je me retrouve dans un passage très escarpé, cela commence plus à s’approcher de l’escalade que de la marche. Mais après 15 bonnes minutes je sors de ce passage délicat et je poursuit mon ascension. Souvent en montagne, il est difficile d’évalué le sommet réel puisque régulièrement un nouveau sommet apparaît et encore un autre…Finalement ma « petite » montagne à quand même nécessité 2h de marche avant de laisser apparaître un magnifique cairn au sommet. Depuis le somment j’ai une magnifique vue à 360°. C’est seulement la deuxième fois depuis mon premier coup de pédale de lundi dernier que je peux observer les rayons du soleil sublimer les paysages. Je passe plus d’une heure avec pour seul compagnie « mon » cairn à observer les montagnes et le lac de Laugarvatn. J’improvise une descente, par un chemin encore plus escarpé qu’à l’allée, qui me mène à une minuscule forêt de buisson dont je met plus de vingt minutes à sortir tellement la végétation est dense. Quelques égratignures plus tard je renoues avec mes sandwichs pain, charcuterie, pain et je prends la direction de Pingvellir. Fondé des 930, Pingvellir est considéré comme un des plus vieux parlements du monde. Le site est située à la divergence des plaques tectoniques américaines et européennes.

La circulation est dense sur la piste 365. En effet celle ci est accessible aux véhicules de tourismes et fait parti du circuit du Triangle d’Or. Le soleil a séché la piste et je goutte au joie de la poussière à chaque fois que je croise une voiture. J’arrive à l’office de tourisme de Thingvellir où je manque de vaciller tant la foule est importante et soudaine. Il me faut quelques minutes pour me réhabituer après cette semaine de quasi solitude. J’installe ma tente un peu à l’écart et je médite une bonne partie de l’après midi sur comment terminer mon voyage. En effet il me reste 3 jours avant de retourner à Reykjavik, deux solutions s’offrent à moi : - Je prend le chemin le plus direct soit une cinquantaine de km et lundi soir je suis à Reykjavik - Je fait un détour par Hveragerdisbaer ce qui repousse mon arrivée au Mardi mais qui me permet de poursuivre quelques peu mon périple. Aussi bizarre que cela puisse paraître cette question me travaille une bonne partie de l’après midi. D’un côté je me dis que ça serait dommage de ne pas profiter des jours qu il me reste pour approfondir ma découverte de l’Islande, et d’un autre côté je ne veux pas rallonger mon voyage uniquement pour «amortir » le voyage. Chaque chose a une fin et je doit apprendre à passer à autre chose sans vouloir indéfiniment retarder l’échéance. Je laisse cette question en suspend et je pars à pied pour le site même de Thingvellir situé à quelques kilomètres. En passant par l’office du tourisme je reconnais la vélo de Ramone ! Moi qui pensais ne plus le revoir après que l’avoir quitté à Kerlingarfjoll. Il est entrain de manger un sandwich quand je le salut d’une grande tape dans le dos. On passe une bonne demi heure à relater nos deux derniers jours. Il est 17h 30 et encore une fois Ramone décide de couvrir les 50 derniers kilomètres qui nous sépare de Reykjavik dans la soirée. C’est sa dernière nuit en Islande et il a réservé une chambre dans un hôtel 3 étoiles de la capitale. Après deux nuits dans des cabanes/refuges au milieu de nul part je comprend que la perspective d’un bon lit lui donne des jambes.

Avant de partir il tient absolument à m’offrir quelque chose en échange des pastilles Micropure que je lui avais donné à Hveravellir et qui paraît lui ont « sauvées la vie »… Mon cadeau sera suisse : du Toblerone qui passera de vie à trépas en moins d’une heure… On échange nos adresses mails et je pars à pied visiter l’hémicycle et lui à vélo rejoindre le Blue Lagoon et son lit 3 étoiles.

Au retour de Thingvellir je renoues avec les bienfaits de la marche, découverts 2 ans plutôt lors de ma traversée de la France par le GR5. En effet on prend vraiment le temps de découvrir et d’apprécier le paysage, tout est plus lent, à chaque pas la pensée se met en mouvement. A ce moment se sont les pâtes du dîner qui occupent ma pensée, elles commence à se dessiner dans mon esprit et me font de plus en plus saliver au fur et à mesure que je m’approche de la tente.

C’est repus que je me couche après cette belle journée sous le signe du soleil !!!

Lundi 09 août 2010

Une fois n’est pas coutume c’est la chaleur qui m’oblige à sortir de ma tente !!! Le soleil et le ciel bleu se sont à nouveau associés. La journée s’annonce magnifique. Le temps de ce Lundi m’invite à prolonger mon voyage en direction de Hveragerdisbaer. Je démarre tranquillement avec un léger vent de face mais pas de quoi entraver mon moral. Au bout de quelques kilomètres je m’arrête en bord de route pour admirer le bleu du lac de Thingvallavatn sublimer par les rayons du soleil. Je suis interpellé par la sensation qui me traverse à ce moment. En effet tout est grand, beau, magnifique mais je ne ressens rien de particulier. Est ce l’accumulation des visions toute plus belle les unes que les autres de cette dernière semaine qui banalise ce que je suis entrain d’observer ? Je décide de prendre une photo témoin, pour pouvoir à tête reposée, me repasser l’image et juger de la réelle beauté du site. La route 360 que j’emprunte est beaucoup moins monotone que les paysages désertiques de la F35. En effet chaque virage est sujet à découverte. J’apprécie vraiment cette route qui contraste avec la monotonie de la piste. Après quelques kilomètres je m’arrête méditer une petite dizaine de minute dans une splendide baie sur une plage de sable noir. J’en profite au passage pour manger un Lion qui dans ces moments mériterait sans contestation toutes les étoiles Michelin !!! A midi je découvre un nouveau cadre idyllique. C’est une petite chapelle surplombant le lac qui fera office de point de vue pour mon repas. Hormis ce « putain » de dérailleur qui commence sérieusement à déconner tout se passe pour le mieux. Le soleil brille, les oiseaux chantent !!!!

Pour rejoindre Hveragerdisbaer je suis obligé de reprendre les axes principaux, les paysages deviennent beaucoup moins marqués et c’est le grand retour du vent (de face tant qu’à faire !!!). Les routes que j’empruntent sont sans grand intérêt d’autant que je dois me contenter de 1 m, quand ça n’est pas 50 cm, de bas côté de la route n°1. Finalement je me concentre sur mon objectif qui est d’atteindre le camping.

Le camping est petit mais bien sympa, il est tenu par un gros type chauve, fan de Harley Davidson, dont le bureau fait office de supérette four tout. J’évite de trop regarder sa marchandise de peur qu il essaye de me refourguer sa camelotte. Je monte ma tente et après une petite sieste, direction le magasin Bonus pour faire deux trois courses. Comme à chaque fois après quelques jours de rationnement, en entrant dans le magasin je veux tout acheter, tout manger, mais je ne sais pas quoi choisir, alors je prends, je repose, je repars dans un autre rayon, je n’arrive même plus à savoir ce dont j’ai besoin !!! Je finis par acheter les mêmes saucisses que celles que j’avais détestées à Reykjavik !!! En attendant le repas je parcours un peu la ville que l’on qualifierait en France de village étant donné la faible superficie. La « ville » est vide et pas vraiment structurée. Ici il y a de la place alors on s’étale. Il est difficile de discerné un véritable centre, je suppose que la présence des quelques commerces est le signe que je suis au cœur de la ville. Dans l’ensemble je ne m’y sent pas vraiment à l’aise ce qui me fait envier nos pittoresques villages français.

De retour au camping j’attaque la cuisson des fameuses saucisses qui s’avèrent à nouveau être infâme (en même temps c’est pas comme si je ne le savais pas…) à celles ci j’ajoute quelques pâtes assaisonnées de trois grains de sel sauvés du fond de mon sac. Ce somptueux dîner me laisse un goût de bourrage d’estomac que je complète par un magnifique Kit Kat fondu pour équilibré le tout…

Après ce repas riche en émotion, j’hésite à me coucher tout de suite ou à poursuivre mon exploration de la ville. J’opte pour la deuxième solution et me dirige vers une rivière à la périphérie. Je longe quelques instants la rive et je m’assoie devant une chute d’environ 3 m de haut. Je m’apprête à repartir quand tout à coup je vois un saumon qui tente de remonter la chute !!! Ebahit je reste sur place et le ballet recommence !! Finalement je passe plus d’une heure en compagnie d’un couple d’Allemand à les observer tenter de rejoindre leurs frayères en amont. C’est la première fois que j’ai l’occasion d’observer se phénomène de mes propres yeux et c’est tout simplement époustouflant. Je réintègre ma tente à la nuit tombée ravi de cette petite séance sur la vie des salmonidés.

Mardi 10 août 2010

Je me réveille un peu vaseux, avec des mots de têtes. Je fais rapidement le rapprochement avec ma bonne idée de la veille, de me coucher avec les pieds mouillés suite à ma soirée Saumon !!! J’avale rapidement mon petit déjeuné et après avoir rangé mon campement je décolle pour ma dernière étape. Je sent tout de suite que les derniers 45 km vont être très dure. Le vent a changé de sens pour qu on puisse à nouveau converser en tête à tête !!! Mes jambes me font mal et j’ai l’impression d’être scotché à la route. Pour couronner le tout je commence par une montée de quelques kilomètres qui me permet d’accéder au magnifique « Plateau de la Misère » que je surnomme ainsi en hommage à la grosse heure que je passe à essayer d’avancer tant bien que mal face à un vent d’enfer. Afin que mon bonheur soit entier mon « putain » de dérailleur se met à sauter sans arrêt. Ce qui lui a permis au passage de faire le plein d’insulte pour au moins 1 an… Je découvre les joies du pédalage en descente et les joies de l’observation micrométrique de la route grâce à une vitesse proche de la marche arrière… Passé le « Plateau de la Misère » le vent faibli un peu et les seuls réels désagréments sont l’alternance des largeurs de bas côtés qui varient de 1 m à 30 cm. Une petite photo devant le panneau d’entrée de Reykjavik, un petit détour par l’enseigne au Cochon Rose (Bonus) et à 14h ma boucle est bouclée. Me voici de retour au camping de Reykjavik. Je fête ça avec quelques sandwichs et une bonne sieste. Je consacre le reste de l’après midi à faire un peu de lessive, quelques courses et à nettoyer ma fidèle monture qui a souffert de la poussière de la piste.
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ML
Mlefevre 16 years ago · Cameroun
Balades automnales à Majorque
Bonjour à tous,

Le récit de notre escapade automnale est en ligne.

Pour le récit illustré, cliquez ici : sibellelaterre



Bonne lecture!

Marie

Majorque Toussaint 2010

Découvrez en images les quelques randonnées effectuées lors d'un court séjour à Majorque (Baléares) fin octobre 2010.

Péninsule d'Alcudia (Lundi 25/10) Après un vol sans histoire sur Ryanair depuis Francfort Hahn, nous sommes arrivés hier à la nuit tombante à la Finca Can Salas Petit, réservée par internet. Nuit très douce dans cette vieille maison rénovée avec goût. Au réveil, nous découvrons le paysage qui nous entoure : on est ravi! Après un fugace arc-en-ciel, il pleut des cordes, temps idéal pour aller faire un ravitaillement au bourg voisin. Les quelques km qui nous séparent du supermarché nous laissent le temps d'observer que le ciel est plus dégagé sur les 2 péninsules du nord de Majorque : Formentor et Acudia. Va pour Alcudia cette fois! La jolie route qui longe la côte nord de la péninsule nous mène jusqu'au phare de Penya Roja : terminus! Au-delà c'est une zone réservée aux militaires... Au nord, on distingue la péninsule de Formentor avec ses massifs inclinés caractéristiques. Le ciel est magnifique avec de bons gros cumulus comme on les aime. La lumière est trop belle, on n'y tient plus et on jette notre dévolu sur la balade la plus proche qui part du parking de l'Ermita de la Victoria (au SE du Cap Gros sur la carte) Nous sommes immédiatement repérés par un matou qui traverse d'une traite le grand parking (il y a un restaurant) et arrive au petit trot pour se faire câliner. Les vacances commencent bien! Le sentier grimpe tranquillement dans la pinède, nous sommes étonnés de trouver une île aussi verte, surtout en cette fin d'été. Le temps se gâte tous azimuts : c'est un festival de nuages qu'on apprécie d'autant mieux que nous sommes encore au soleil! En une heure environ nous parvenons à la Talaia d'Alcudia où se trouve une cabane de surveillance contre les incendies : de ce petit sommet la vue sur la ville d'Alcudia et la Sierra Tramuntana est imprenable! Le tonnerre gronde sur ce massif qui constitue toute la partie ouest de Majorque et où j'ai repéré plusieurs balades. Le soleil se fait de plus en plus rare, illuminant une dernière fois les fonds de la baie de Pollença. Nous sommes entourés d'orages, il est temps de faire demi-tour. En arrivant à la finca, c'est la débandade! Une portée de 4 petits chatons affamés niche dans un tas d'herbe à côté de la maison : cette finca est vraiment parfaite! Soirée crêpe occupée à essayer d'apprivoiser la bande de petits voraces.

Formentor (mardi 26/10) 1er regard en nous levant vers la fenêtre de la cuisine : trop mignons! Les 4 chatons ont dormi là serrés les uns contre les autres. Je sens qu'il ne va pas être facile de décoller ce matin. Ce n'est pas grave car le ciel est encore chargé ce matin et le soleil a bien du mal à se faufiler sous la couche nuageuse. Les petits chats s'enhardissent, c'est l'invasion! Les nuages restent bloqués sur la Sierra Tramuntana, aussi décidons-nous d'aller vers la péninsule de Formentor. Ici aussi la route est très jolie avec d'innombrables vues sur le mer et la montagne et... très très peu d'endroits pour s'arrêter afin d'en profiter un peu. Il y a plein de cyclistes courageux car ça monte et ça descend sans arrêt! De plus, il souffle un vent terrible, complètement saoulant. La mer est magnifique, ça déménage! Nous arrivons enfin au bout de la route au phare de Formentor : il y a pas mal de monde. Je n'ose pas imaginer ce que ça peut donner en été sur cette route tortueuse en cul de sac! Nous n'avons pas trouvé de possibilité de balade dans le coin, dommage. Nous décidons alors d'aller marcher vers Cala Boquer au départ de Port de Pollença : le sentier passe d'abord devant la Finca Boquer puis court dans une jolie vallée (réputée pour ses nombreuses espèces d'oiseaux mais en pleine journée et à cette époque on n'a pas vu grand-chose) ponctuée de roches calcaires et se termine au bord de la mer. Pas mal de monde sur cette rando (plein d'Allemands qui se sentent vraiment chez eux et qui répondent Halo à nos Hola!), à faire plutôt le matin je pense.

La soirée se passe à fabriquer une maison pour les chats avec du carton et du polystyrène trouvés dans une poubelle!

Tour du Puig des Tossals Verds (Mercredi 27/10) Nous sommes ravis, les chatons ont adopté leur nouvelle maison, bien camouflée sous de l'herbe sèche, à l'abri des intempéries. Grand beau temps aujourd'hui, la tramontane a disparu, temps idéal pour aller faire une grande balade autour du Puig des tossals Verds. La route à l'ouest de Pollença est superbe et il nous faut une petite heure pour arriver vers 11h au départ de la rando : le parking du lac de Cuber est déjà complet (on se trouve une petite place avec difficulté. En été...etc...) Nous longeons la rive est du lac, bien bas en cette fin d'été, et jetons un peil au plus haut sommet de l'île, le Puig...Major (1447m, accès ici aussi réservé aux militaires...) Nous longeons une conduite d'adduction d'eau qui se faufile dans plusieurs tunnels (lampe de poche nécessaire), descendons dans une gorge encaissée, avant de tomber sur un petit troupeau d'ânes assez câlins (je pense qu'ils servent à l'entretien du paysage) Nous remontons ensuite vers le refugi Tossals Verds où nous refaisons le plein d'eau (dans ce massif calcaire, il n'y a quasiment pas d'eau) et comme ils ne vendent pas de glaces nous décidons d'aller pique-niquer plus haut afin d'avoir une jolie vue. Il fait très bon, un temps vraiment idéal pour la randonnée. Le sentier muletier grimpe encore, puis nous apercevons un vieil aqueduc, cheminons brièvement le long d'un petit ruisseau (rarissime ici) avant de retrouver une nouvelle conduite qui surplombe le lac de Gorg Blau, 2ème et dernier lac de l'île, artificiel lui aussi) et qui nous accompagnera jusqu'à la fin de la balade. Au retour à la Finca, pêche au chat!

Torrent de Paréis (jeudi 28/10) Ce torrent peut être descendu (en 3 ou 4h) depuis le haut, à partir de Escorca mais 2 raisons me font renoncer à cette idée : - le problème de la navette pour récupérer la voiture, même si un bus part de Sa Calobra vers Escorca théoriquement à 15h. - il a pas mal plus il y a quelques jours et je crains d'être confrontée à des piscines d'eau glacée difficile à franchir sans combinaison néoprène. Bref, nous arrivons à la jolie crique de Sa Calobra après avoir doublé plein de vélos dans la montée vers le col de Cals reis et après nous être fait doubler par quelques vélos kamikazes dans la descente infernale (lacets+++) vers Sa Calobra. Il est 10h30 et il n'y a encore pas grand-monde, chouette! Le torrent se termine pas un petit étang dont le niveau, bien bas, me laisse penser que nous aurions sans doute pu tenter la descente intégrale du torrent. Les surplombs de la falaise calcaire sont ornés de nids d'hirondelles et de stalactites. Par moments le canyon de rétrécit beaucoup, ce doit être un havre de fraîcheur en été. Nous ôtons bien vite nos polaires, réchauffés par quelques passages d'escalade facile. Un figuier opportuniste profite d'une source improbable. A plusieurs reprises, il faut chercher le passage, c'est très ludique. Après environ 1h nous avons franchi (je pense) les passages un peu techniques et la suite semble plus monotone aussi décidons-nous de redescendre. Je regrette un peu de ne pas avoir fait la descente intégrale depuis Escorca : ce jour-là c'était faisable sans mettre le moindre orteil dans l'eau et les difficultés techniques ne sont pas bien terribles. En arrivant à Sa Calobra nous voyons partir le bateau qui dessert le hameau (principalement composé de restaurants) à partir de Soller. Après avoir pris un petit verre au bord de l'eau et nous être acquittés des 13 euro (!) de parking, nous décidons d'aller voir un peu à quoi ressemble la partie non montagneuse de l'île : en route donc vers les salines de Llevant , au sud de l'île. Bof, bof, bof, les paysages sont assez quelconques, ponctués de moulins anciens et de petites éoliennes contemporaines. Les salines sont quelconques, entièrement clôturées si bien qu'il nous est impossible d'approcher les quelques flamants (pas roses) aperçus à quelques centaines de mètres. La plage des Trenc (4 euro le parking) ponctuée de blockaus est tout à fait quelconque avec la vue sur les moches immeubles de Colonia de San Jordi. Demi-tour donc vers la montagne! Il y a certainement de jolis endroits à Majorque en dehors de la montagne mais avec seulement 5 jours pleins sur place, on n'a pas le temps de les chercher!

De Mortitx vers la ferme abandonnée Es Rafal de Ariant (Vendredi 29/10) Comme tous les matins nous quittons notre jolie vallée et filons (façon de parler car ça tournicote) vers Mortitx à l'ouest de Pollença. De ce village part le canyon de Mortitx, réputé difficile que nous allons donc éviter en restant sur les hauteurs pour descendre peu à peu vers la mer et la ferme abandonnée Es Rafal de Ariant. Le départ de la randonnée est un vrai jeu de piste : heureusement le guide est précis (à part pour les cerisiers transformés en vigne) et nous arrivons facilement sur ce vieux chemin muletier qui serpente entre les oliviers. Nous le quittons bien vite pour un sentier souvent envahi par la végétation heureusement ponctué de nombreux cairns. Nous nous faufilons dans un dédale de roches calcaires aux formes étranges et après une longue descente bien raide arrivons enfin à la vieille ferme. Nous sommes un peu claqués car la roche mouillée par la rosée protégée par la végétation était très glissante et nous n'avions pas de bâtons donc concentration à 200% car ce calcaire est très anguleux et pas très confortable quand on s'y frotte de trop près. Du coup le courage nous manque (et l'eau aussi d'ailleurs, nous n'avons pas trouvé la source indiquée dans le guide et sur la carte près de la ferme) pour poursuivre comme le suggère le guide jusqu'aux grottes des sorcières. Je serais bien descendue jusqu'à cet ancien verger mais nous appréhendons un peu la grimpette sous le soleil. Nous faisons une confortable sieste digestive lovés dans ces grosses touffes d'herbe, bien plus cosy que le sol dur foulé par les chèvres. Ce bouc a repéré la feuille de figuier que j'utilise en guise de pare-soleil! Au retour nous croisons quelques allemands... ils sont partout, même dans les coins les plus perdus! En rentrant, nous faisons la connaissance du (supposé) grand-frère des petits chatons, super collant! La météo annonce un temps couvert pour demain, jour de notre départ.

Valldemossa, Port d'Andratx (samedi 30/10) Ayant fait nos adieux aux petits chats, nous prenons la route vers Valldemossa, joli village de la Sierra Tramuntana. Nous y faisons un peu les boutiques, y déjeunons vers midi alors que les Espagnols petit-déjeunent encore puis reprenons la route vers Port D'andratx. Nous croisons peu après la sortie de Valldemossa un incroyable verger planté d'oliviers centenaires, énormes et tarabiscotés. On a vu parci-parlà quelques « vénérables »mais il y en a ici une concentration incroyable! La route côtière est toujours aussi belle. A Port d'Andratx, nous assistons avec quelques canards a des exercices de sauvetages où des hommes revêtus de seyantes combinaisons de survie apprennent à utiliser un radeau de sauvetage. Il y a quelques bateaux de pêche qui ne sortiront sans doute pas aujourd'hui car il y a à nouveau pas mal de vent. Après avoir rendu la voiture en 2 secondes, nous décollons à 19h pour Francfort et arrivons à minuit à Nancy.

Carnet pratique, budget. Vols Ryanair Francfort Hahn/Palma de Majorque 60 euro A/R+ bagages+frais : 377 euro pour 4 Voiture 6 jours (un Berlingo chez Goldcar) 120 euro Location villa 690 euro Total : 1187 euro soit 300 euro/personne pour 6 jours.

Bibliographie: Carte Rough Guide Map Mallorca 1/80000è Guide de randonnées Edition Rother Majorque de Rolf Goetz (en Français) Walk Mallorca (North and Mountains) Discovery Walking Guides.(en Anglais) Le 1er de ces 2 guides suffit. Pleins d'infos et de liens utiles dans le (super!) site de Pierre : trekking en dehors des sentiers battus

Conclusion: Destination facile et pas chère, agréable (hors saison hein!) mais pas inoubliable. Ce court séjour nous a donné envie de retourner en Grèce, où on peut aussi profiter de paysages méditérannéens et où l'espace n'est pas compté comme sur Majorque. En effet, sur cette île, la plupart des chemins sont privés si bien qu'il nous a semblé difficile de trouver des coins « perdus ».
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Simon 16 years ago · Tokala
Lyngen - Les Alpes de l'Arctique


La traversée des Alpes de Lyngen à pied en juillet 2010 www.lyngen.dubuis.net

La péninsule de Lyngen est située au-delà du cercle Arctique sur le parallèle 70° de latitude Nord. Elle renferme des montagnes, des glaciers et des fjords. Spectaculaire et périlleuse, cette chaîne ne se laisse pas dompter facilement. Bordée de villages sur ses cotes, son centre est quant à lui occupé par des montagnes abruptes et des glaciers impressionnants. Un massif qui réserve bien des surprises...

Notre traversée des Alpes de Lyngen a été une traversée que nous avons entièrement élaborée. Il n'existe pas de grand sentier de randonnée dans ce massif au relief abrupt, uniquement des balades sur un ou deux jours.

Après avoir étudié les cartes, les images satellites, ainsi que des sites de randonneurs Norvégiens, nous avons tracé notre itinéraire au plus prés possible du cœur des Alpes, à travers ses plus belles vallées. Un périple passant aussi bien en hors sentier que sur des chemins de randonnée, qui nous a réservé biens des obstacles mais sans manquer de nous surprendre et de nous éblouir.

Jour 1 - 05/07/10 : De Russelv au lac Pepparvatnet Départ : 18h00 - Arrivée : 21h50 | +595/-205m - 8km - 3h25

C’est en bus, qui devait être normalement direct, que nous quittons Tromsø pour rejoindre le massif de Lyngen. Après trois changements et un passage en ferry pour traverser le fjord Ullsfjorden, nous arrivons à Russelv, au bout du bout de la route du hameau le plus septentrional de la péninsule de Lyngen. Après il n’y a plus qu’une petite piste qui continue en direction d’une maison isolée, à un peu plus de deux kilomètres au Nord.

Notre marche débute à 18 heures sur les rives de la péninsule, nous longeons le fjord Ullsfjorden jusqu’à cette maison. La météo est clémente pour nos premiers pas et nous permet d’admirer le fjord dans toute sa perspective. Nous bifurquons pour grimper sur les hauteurs des Alpes de Lyngen, jusqu'à un petit col à 258 mètres d’altitude. Ce col marque la limite de la zone « paysage protégé ». Les Alpes de Lyngen sont l’une des deux principales régions naturelles protégées du Troms du Nord.

Nous passons devant un petit lac au pied du Russelvjellet et débouchons sur le versant opposé du massif, dominé le fjord Ivgovuotna. Ce lac marque notre passage le plus au Nord que nous irons, sur la latitude 69°57’ Nord. La pointe Nord de la péninsule se trouve à moins de deux kilomètres, mais nous n’irons pas plus haut.

La mer est toute autour de nous, un paysage de fjords nous encercle. Nous avons beau être en montagne, ca sent la mer ici…

Nous poursuivons, en contournant le Russelvjellet pour rejoindre son versant Est, et ainsi prendre la direction du Sud, notre trajectoire pour les dix prochains jours. Il n’y a pas de sentier, c’est à nous de trouver le meilleur passage pour rejoindre le Lille Peppartiden, sommet au pied duquel nous comptons poser la tente. Nous marchons sur la ligne des 300 mètres d’altitude qui nous semble être le meilleur itinéraire. Mais au fur et à mesure de notre avancement, la ligne des 400 mètres semble finalement être plus directe, elle nous aurait fait faire moins de détours.

Quelques gouttes et des moustiques nous tombent dessus. Heureusement nous avons prévu une lotion et une moustiquaire de tête pour nous protéger. Si ces insectes sont réputés dans les régions du Grand Nord, je ne pensais pas en trouver sur les hauteurs, surtout en étant aussi proche de la mer.

Après avoir franchi quelques dénivelés, une rivière, un petit marécage et deux ou trois névés, nous arrivons vers les 22 heures au lac Pepparvatnet, dominé par le Lille Peppartiden culminant à 660 mètres d’altitude.

Nous installons notre bivouac à proximité du lac. Pendant que Célia déballe nos matelas et sac-de-couchages dans la tente, je m’occupe de trouver du combustible pour notre réchaud à bois. Mais les petites gouttes de pluie qui tombaient depuis en moment se transforment en déluge, nous finissons la soirée dans la tente.

Il est 0h20 lorsque nous allons nous coucher. Dehors, il fait jour, c’est la magie du Grand Nord !

Jour 2 - 06/07/10 : Du lac Pepparvatnet à la rivière Botnelva Départ : 10h20 - Arrivée : 19h00 | +990/-1275m - 15km - 7h00

Notre lever est un peu tardif ce matin, du coup nous ne ferons pas l’ascension du Lille Peppartiden que nous avions éventuellement prévue. En plus le ciel étant partiellement nuageux, il n’est pas certain que nous pourrions profiter du panorama une fois en haut. De toute façon, je préfère mettre la priorité sur le passage du col qui nous attend.

Nous contournons les lacs Lomvatnan. Une tente y est installée, mais nous n’apercevons personne. Nous n’étions pas les seuls à camper par ici cette nuit !

Notre itinéraire remonte la rivière Kalddalen pour rejoindre le lac Kalddaisvatnet qui se trouve au pied du col. C’est un petit lac bleu ciel issu des névés qui descendent des pentes du Storgalten. Il est encore sur une grande partie recouvert de glace. D’ici, nous pouvons contempler le col de près. Malheureusement, nous avons la confirmation de ce que je craignais hier en l’observant depuis le bivouac, il n’est pas franchissable ! Il est beaucoup trop enneigé dans une pente raide pour tenter de le gravir. De plus, il semble que son sommet soit recouvert de séracs. Il serait beaucoup trop dangereux de tenter son ascension.

Il y a bien un autre col juste à côté, mais je ne sais pas s’il est possible d’en descendre sur son autre versant. Contrairement à celui-ci que j’avais observé lors de notre passage en bus pour rejoindre Russelv. Non seulement il peut se franchir, mais je sais qu’il n’est pas enneigé sur son versant Ouest.

Nous décidons donc de monter entre les deux cols, sur le Lille Galten Sud culminant à 833 mètres d’altitude. Qui, contrairement aux deux cols, n’est pas du tout recouvert par la neige. De son sommet, nous devrions pouvoir atteindre notre col.

La montée s’effectue dans de gros éboulis, qui ont une tendance à dégringoler lorsque nous y posons le pied. Alors que moi je m’éclate, Célia ne fait pas amie-amie avec les pierres. De ce fait, elle n’apprécie pas vraiment le passage qui lui demande une certaine concentration et effort physique supplémentaire. A partir des 750 mètres d’altitude, nous arrêtons la grimpette en direction du sommet qui ne nous intéresse pas afin de poursuive en dévers en direction du col. Cela nous prend un certain temps, car le passage demande une attention particulière, le petit lac glacier se trouvant 270 mètres en dessous de nous.

Nous prenons notre pause déjeuner au col qui culmine à 731 mètres d’altitude. Comme il fait beau, je laisse Célia s’y reposer pour continuer vers le Storgalten. Pendant la montée, j’ai un beau point de vue sur l’itinéraire que nous avons emprunté pour rejoindre le col. Le passage en devers est bien plus impressionnant vu d’ici, c’était finalement une sacrée traversée !

Il me faut 1h35 de grimpette dans les éboulis pour atteindre le sommet qui culminant à 1219 mètres d’altitude, le plus haut point de notre parcours. Le panorama depuis le sommet est magnifique à 360 degrés. D’un côté, je domine le fjord Nordlenangen et de l’autre, le glacier Gammvikblåisen dans une cuvette entourée de hauts sommets.

De retour au col, nous descendons sur l’autre versant pour rejoindre la mer. De là, nous longeons le fjord Nordlenangen où se trouvent quelques cabanes de pécheurs sur ses rives. Puis la rivière Botnelva jusqu’à ce que nous trouvions un coin non marécageux pour installer notre bivouac.

Nous passons la soirée autour du feu, que j’ai pu allumer ce soir. Heureusement car la fumée nous protège des moustiques et des midges qui ne se gênent pas pour venir nous déranger.

Jour 3 - 07/07/10 : De la rivière Botnelva au lac Lakselvatnet Départ : 10h00 - Arrivée : 19h40 | +750/-730m - 20km - 7h25

Nous nous levons en compagnie de moustiques et de midges. Je ne compte même plus le nombre de piqures que j’ai eues en seulement deux jours. Ma cheville en est toute gonflée de se voir piquer.

Nous continuons de remonter la Botnelva que nous cherchons à franchir. Comme il n’y a pas de pont, nous allons devoir la traverser à gué. Pour cela, il nous faut trouver un passage qui s’y prête. Nous en trouvons un où la rivière s’élargi, ce qui permet d’avoir une eau moins profonde, avec un petit îlot au milieu permettant de la franchir en deux fois. L’eau est ici bien évidement glaciale, je me mets comme à chaque fois à crier des injures… Si au premier passage l’eau nous arrive qu’à mi-mollet, au deuxième, Célia s’enfonce jusqu’aux hanches… Il est notre premier gué, mais loin d’être le dernier dans cette traversée improvisée. Nous en avons d’ailleurs un nouveau dix minutes plus tard.

Nous poursuivons notre chemin en direction d’un nouveau col. Nous remontons une petite vallée, qui si sur les cartes et les images satellites ne semblait pas terrible, est en réalité toute autre. Cette vallée partiellement enneigée est magnifique. Aussi bien en terme de couleur, que de panorama sur les sommets aux alentours et sur les lacs Mellavatnet et Vassdalsvatnan qu’elle abrite. En plus, elle se laisse parcourir facilement malgré la neige.

De l’autre coté du col qui culmine à 623 mètres d’altitude, nous apercevons nos premiers rennes, deux adultes et deux petits. Nous poursuivons en descendant vers le fjord Sørlenangen. De là le tronçon qui suit est certainement le moins plaisant de notre périple, 6 kilomètres de bitume. Nous n’avons malheureusement pas eu le choix, je n’ai trouvé aucun autre chemin possible pour rejoindre la prochaine vallée que nous souhaitions absolument traverser. Heureusement sur le bord de la route se trouvent des maisons typiques de la région, souvent rouges, parfois blanches ou vertes. Quelques unes, des granges plus généralement, ont encore un toit recouvert d’herbe.

Ce soir nous avons le plaisir d’avoir un beau bivouac sous le soleil avec une vue sur le glacier Lenangsbreen, sans moustique !

Jour 4 - 08/07/10 : Du lac Lakselvatnet à la gorge Strupen Départ : 9h20 - Arrivée : 22h00 | +1010/-1030m - 16km - 10h40

Ce matin nous prenons le départ avec le beau temps, puis même un grand soleil. C’est une chance car aujourd’hui est une étape clé de notre voyage, une journée qui devrait être de toute beauté.

Nous pénétrons dans la vallée Strupskardet qui doit nous faire traverser la péninsule dans sa largeur, afin de déboucher sur sa rive Est. Nous atteignons le premier lac d’une longue série, le Blavanet. D’un bleu foncé brillant, avec le glacier Lenangsbreen qui vient s’y jeter, il nous offre un avant goût de cette journée très prometteuse.

Toute la vallée n’est qu’un énorme éboulis, un énorme champ rocailleux. Il n’y a pas de sentier, nous marchons sur un véritable champ de pierres.

Nous poursuivons sur les quatre lacs de Strupskardvatnan, tout aussi beaux les uns que les autres. Nous nous arrêtons à l’un d’eux pour manger. Le soleil cogne fort, mon thermomètre affiche 26 degrés. Le lac est partiellement recouvert de plaques de glace, le paysage rocailleux qui nous entoure est celui de la haute montagne. Pourtant nous ne sommes qu’à 500 mètres d’altitude. Tout est minéral ici, il n’y a quasi pas la moindre trace de végétation.

Nous continuons en passant un col culminant à 588 mètres d’altitude pour arriver sur le lac Strupvatnet. De là, nous commençons à apercevoir le glacier Strupbreen. Il est impressionnant ! Je commence à me poser quelques questions : « Mais par où allons nous passer ! » « Est-ce que le passage que j’avais repéré est bien franchissable ? »

J’ai passé beaucoup de temps à étudier le passage qui nous attend, cartes, images satellites en 3D, photos… Tout y est passé ! Mais l’incertitude demeure.

Nous sommes arrivés quasiment au bout de la vallée, il ne reste plus que trois kilomètres à vol d’oiseau. Mais c’est ici que vient s’échouer le glacier Strupbreen dans un petit lagon glacé qui s’écoule en cascade jusqu’à la mer 500 mètres plus bas. C’est là que se trouve la gorge Strupen que nous souhaitons atteindre.

Théoriquement, il n’y a que deux possibilités pour rejoindre la gorge Strupen. Toutes les deux en provenance du hameau Koppangen. Soit en bateau par la mer, soit en traversant les glaciers Koppangsbreen et Strupbreen. J’espère trouver un troisième passage sans à avoir à franchir le glacier Strupbreen…

Un petit belvédère domine le petit lagon et nous offre un point de vue sur le glacier. Le panorama est grandiose, mais toute l’ampleur de la difficulté de trouver un passage se dévoile ! Il est 17 heures et je me demande sérieusement si nous allons pouvoir franchir tout cela pour rejoindre de l’autre côté le belvédère de Strupen. Où de là, je sais qu’un sentier descend en direction de la crique.

Le stress commence à monter pour moi, comment vais-je nous faire passer ces obstacles… Glacier, lagon glacé, torrent, névé, éboulis…

Nous nous rapprochons au plus prés du glacier, sur la rive du petit lagon glacé. C’est impressionnant d’être aussi proche du front du Strupbreen ! Nous allons jusqu'à l’embouchure du lagon, d’où l’eau s’écoule jusqu'à la mer. C’est là que j’espère pouvoir passer, en enjambant le cours d’eau. Mais c’est un véritable torrent qui se fracasse contre la roche dans un brouhaha assourdissant, sur une largeur bien trop grande pour l’enjamber ! Quant à la solution de le passer à gué, ca ne serait qu’une pure folie d’essayer ! Nous nous ferions emporter par le torrent dès le premier pas dans l’eau, pour nous voir finir chuter dans la cascade toute proche.

Nous n’avons pas d’autre choix que celui de longer ce cours d’eau en espérant trouver un passage plus loin. Le souci, c’est qu��il s’écoule en cascade, il n’est pas des plus facile à suivre et il n’y a aucun autre passage possible, la vallée étant très étroite. Nous avançons avec prudence en examinant chaque passage susceptible d’être traversé… Malheureusement, c’est sans espoir, l’eau étant vraiment déchaînée. Quand j’aperçois, environ 200 mètres plus bas, un replat suffisamment long, pour calmer les turbulences du courant et ainsi espérer pouvoir tenter une traversée à gué. Il nous faut aller voir, il est peut être notre seule solution pour atteindre Strupen.

Le tout maintenant est de pouvoir l’atteindre. Alors sans le savoir, c’est un véritable parcours du combattant que nous entamons ! En plus la météo se met à changer, le ciel se couvre, le brouillard fait son apparition et la pluie arrive petit à petit…

Nous commençons la descente, collés au plus prés de la paroi de la montagne, sur un passage large d’environ 60 à 80 centimètres, avec le torrent qui se trouve en contre bas. Puis nous nous retrouvons bloqués, face à notre première épreuve de la descente. Le passage ne fait plus que quelques centimètres de large sur les trois prochains mètres, ne laissant la possibilité de n’y poser que la pointe des pieds, en dessous, c’est un vide de quatre mètres. Je sors alors ma cordelette de 10 mètres pour descendre nos sacs sur le replat quatre mètres plus bas. Puis j’attache Célia par les hanches afin de l’assurer un minimum pour cette traversée. La roche étant en plus rendue glissante par la pluie. Elle passe doucement, mais sûrement, sans problème. Mon tour suit et nous poursuivons la descente après avoir récupérés nos sacs.

Nous n’allons guère plus loin avant de nous retrouver face à un nouvel obstacle. Cette fois-ci, nous avons huit mètres de parois à descendre ! J’assure à nouveau Célia qui descend jusqu’à un petit perchoir à 2,50 mètres plus bas. La paroi n’étant pas verticale, cela ne pose pas trop de souci, il nous faut juste être prudent et éviter de glisser sur la roche mouillée. Après lui avoir descendu les sacs à la corde, je la rejoins, sur ce petit bout de rocher où nous sommes à l’étroit. Puis je fais descendre les sacs jusqu’au pied de la paroi. Lorsqu’ils touchent le sol, j’arrive au bout de ma corde de 10 mètres, ce qui veut dire qu’il y a encore cinq mètres de vide sous nos pieds !

Je fais passer une nouvelle fois Célia en premier afin de pouvoir l’assurer. Elle descend de quelques mètres, mais elle reste bloquée à environ 2,50 mètres du sol… A partir de là, la paroi devient concave, donc impossible à descendre ! Elle tente de trouver un autre passage, mais en appui sur la pointe des pieds, son champ d’investigation est limité, elle n’a pas d’autre choix que de sauter. Sauter sur un rocher d’un mètre carré qui se trouve en contre bas, afin de gagner 80 centimètres de chute en moins…

Je la vois hésitante, cherchant encore à droite à gauche une autre solution, soufflant un gros soupir, puis crier : « J’y vais ! ». Là, elle s’élance dans le vide, je donne alors du mou à la corde. Elle atteint le rocher, je resserre la corde pour la freiner dans son élan, elle rebondit sur le rocher, puis touche terre ! Yahouuuuu ! Elle a réussi !

Oh putain… C’est à mon tour maintenant ! J’essai de descendre le plus bas possible comme Célia, mais sans assurage, ce n’est pas évident… La chute signifierait la fin du voyage ! Puis je me retrouve moi aussi, dos à la paroi, prêt à sauter sur ce rocher. La vache, que c’est haut ! J’en ai des sueurs froides. Je prends une bonne inspiration… Puis je fais le grand saut à mon tour… Je rebondis sur le rocher et touche terre. Yahouuuuuuuuuuu victoire !

Nous sommes passés, quel soulagement ! Mais cela signifie surtout que nous ne pouvons plus qu’aller de l’avant, impossible dès à présent pour nous de faire demi-tour.

Plus loin, dans un passage étroit, c’est une grande plaque de roche bien lisse, pentue et glissante comme une patinoire avec l’eau qui ruissèle dessus qui nous fait barrage. Pour ma part, je n’ai pas d’hésitation sur comment passer cette nouvelle épreuve. En luge ! La plaque fait environ trois mètres de long, je me laisse glisser dessus, atterris pieds devant dans la caillasse sur laquelle je continue de glisser avec ma vitesse pour aller m’écraser sous un névé…

Célia luge à son tour, je la rattrape comme je peux pour la freiner, mais elle part faire un strike dans nos sacs-à-dos que j’avais posés non loin de là.

Nous finissons par arriver au replat que j’avais aperçu du haut. La météo s’est depuis bien dégradée, pluie, vent et brouillard nous refroidissent alors que nous devons nous mettre à l’eau. Le plateau fait environ 250 mètres de long. En amont, une cascade, en aval, une autre cascade de 350 mètres ! Et nous devons traverser au milieu des deux ! Nous avons environ huit mètres de gué à passer. Il y a un peu de courant, mais l’eau est calme, sans remous. Par contre, elle est blanche comme du lait, nous n’avons du coup aucune idée de la profondeur, cinquante centimètres, un mètre, un mètre cinquante ? Nous essayons de trouver le meilleur passage, mais il n’y en a pas des masses. En plus, nous ne pouvons pas trop tarder, avec ce qu’il flotte, nous commençons à être frigorifiés à rester là sans marcher. Je croise les doigts pour qu’il n’y ait pas trop de profondeur…

Nous décidons de traverser le gué tout habillé, il fait trop froid pour retirer le bas de nos vêtements. Nous garderons notre sur-pantalon et nos chaussures. N’ayant aucun idée de la profondeur et de ce qui se trouve au fond de l’eau, il nous faut assurer un bon maintient au sol, nous n’avons pas le droit de tomber à l’eau ! De plus nous sommes déjà bien trempés, cela ne changera pas grand-chose. J’utilise également la cordelette pour nous encorder, à une distance de quatre mètres, ce qui me permet de la doubler.

Goooo ! Nous passons rapidement, sans nous arrêter, légèrement en diagonal pour suivre le courant, l’eau est heureusement peu profonde, juste au-dessus des genoux. Arrivés de l’autre côté, l’eau accumulée dans les chaussures me glace bien évidement les pieds. Mais le plus important c’est que nous sommes passés ! En plus j’aperçois un petit cairn un peu plus haut. Nous sommes sauvés ! Cela signifie que des personnes ont pu arriver jusqu’ici depuis Strupen, nous devrions donc ne plus avoir de surprise.

Nous finissons par arriver au belvédère de Strupen vers 21 heures, après trois heures de descente infernale depuis celui du petit lagon glacé qui se trouve seulement 150 mètres plus haut ! Le panorama sur la crique est de toute beauté, l’eau blanche du glacier qui s’écoule par la cascade va se jeter dans la mer bleue, eau douce et eau salée se rejoignent dans un mélange de couleur. En plus un renne solitaire passe non loin de nous, le spectacle est digne des difficultés que nous venons de rencontrer.

Il nous faut encore une heure de descente dans un éboulis recouvert de verdure, rendu glissante par la pluie, pour rejoindre le bord de mer. Heureusement, l’un des avantages de randonnée l’été à une latitude au-dessus de celle du cercle Arctique, c’est qu’il fait jour en permanence ! Nous ne sommes du coup pas pressés par le temps pour arriver avant la nuit.

Nous passons la soirée au calme, au bord de l’eau, épuisés… La journée a vraiment été difficile, mais si nous sommes passés sans encombre, je sais que cela n’a pas été qu’une question de chance. Malgré les conditions météo, le stress, nous n’avons à aucun moment cédé à la panique. Nous avons toujours pris chaque obstacle au cas par cas, analysant la situation. Célia m’a fait en plus confiance jusqu’au bout sur les choix de l’itinéraire malgré les difficultés et surtout elle a assuré, une vraie warrior.

Jour 5 - 09/07/10 : De la gorge Strupen au refuge Fastdalsytta Départ : 9h00 - Arrivée : 11h25 | +215/-65m - 4km - 1h15

Le seul moyen d’arriver dans la gorge Stupen, en dehors d’une traversée glacière, est le bateau. Nous avions donc organisé un rendez-vous pour qu’un petit bateau vienne nous chercher ce matin afin de poursuivre notre marche. Pour 500 NOK (environ 65€), il va nous amener au hameau Koppangen situé cinq kilomètres plus au Sud.

Neuf heures, le bateau est pile à l’heure, par contre moi, je suis à poil en train de me laver dans un cours d’eau… Branlebas de combat pour me rincer, sécher et rhabiller en moins de deux minutes.

Nous arrivons à Koppangen après une balade maritime d’une vingtaine de minutes. C’est un petit hameau de pécheurs fort joli, avec une très belle lodge en bois rouge sur pilotis juste en bord de mer.

Nous profitons du soleil et des galets chauds de la petite plage pour prendre notre petit déjeuner ainsi que laver et sécher nos affaires avant de poursuivre la route.

A la sortie de Koppangen, nous empruntons un sentier, ce qui n’a pas été souvent le cas depuis notre départ, qui nous amène jusqu’au refuge Fastdalsytta.

Nous décidons finalement après avoir pris notre déjeuner et examiné notre stock de nourriture restant, de nous y installer pour le reste de la journée. Nous n’avons fait certes que quatre kilomètres, mais nous avons besoin de repos après la journée d’hier, aussi bien physiquement que mentalement. Nous ne manquons pas d’occupation, entre la sieste où je trouverai le moyen pour me réveiller avec un œil gonflé suite à une piqure de moustique et le récit de cette fameuse journée à écrire (un récit qui va me demander un bon moment vu tout ce qu’il y a à raconter). En plus si nous poursuivons, nous avons peur d’arriver trop tard au village Lyngseidet, notre point de ravitaillement pendant cette traversée. Les magasins risqueraient d’être fermés et nous ne souhaitons pas non plus y passer la nuit.

Le refuge qui est non gardé coûte 50 NOK (environ 6,50€) par personne et il est très confortable. Il dispose d’un vrai séjour et de canapés bien moelleux pour la sieste…

Jour 6 - 10/07/10 : Du refuge Fastdalsytta au refuge Sjollihytta Départ : 7h30 - Arrivée : 15h40 | +910/-780m - 20km - 6h20

Je me sens un peu patraque ce matin, peut-être est ce dû aux piqures de moustiques que je compte maintenant par dizaines. Je dois en avoir quatre, peut être cinq !

Nous commençons la journée en empruntant un sentier sur un plateau qui domine le carrefour de trois fjords, le Ivgovuotna, le Storfjorden et le Kåfjorden. Ce grand plateau abrite des pâturages pour les moutons, des blancs surtout et quelques noirs.

Nous arrivons au lac Rotenvikvatnet où nous poursuivons toujours vers le Sud, pour rejoindre le village Lyngseidet en contrebas. C’est ici que se trouve la séparation entre les Alpes de Lyngen Nord et Sud, une séparation naturelle marquée par le fjord Kjosen.

Nous faisons une halte au supermarché afin de faire le plein de provisions pour la suite de notre périple. Nous y trouvons de tout, y compris du matériel de randonnée comme des cartouches de gaz. Un produit habituellement banal, mais souvent indispensable et difficile à trouver lors de randonnée. Mais cette fois-ci nous n’en avons nullement besoin, notre réchaud fonctionnant au bois.

Nos profitons de la sandwicherie pour prendre un déjeuner à table et au chaud. Si les Scandinaves sont connus pour tous parler correctement anglais, ici au fin fond de nulle part, ce n’est pas le cas. Nous devons jouer des mains pour passer notre commande.

Nous sortons de Lyngseidet en empruntant un sentier en forêt, avec notre premier véritable balisage depuis nos débuts. Enfin si le fait d’accrocher des bouts de sac-plastiques aux arbres peut s’appeler du balisage…

Après être passés au niveau du petit abri Stelen, très sommaire, nous quittons la côte pour pénétrer dans la vallée Kvalvikdalen. Il se met à pleuvoir lorsque nous arrivons au niveau du refuge Sjollihytta. Nous décidons du coup d’y rester pour le reste de l’après-midi. Il est tout autant confortable que celui d’hier pour un tarif un peu plus cher, 100 NOK (environ 13€).

Quatre randonneurs y font une halte pendant leur descente. Mais nous serons les seuls à passer la nuit dans ce refuge non-gardé.

Jour 7 - 11/07/10 : Du refuge Sjollihytta au glacier Sydbreen Départ : 8h50 - Arrivée : 20h00 | +1230/-1110m - 20km - 9h35

Aujourd’hui, nous nous levons sous un ciel gris mais non pluvieux. La météo n’est guère optimiste.

Il nous faut deux heures de montée pour atteindre le lac Dalvatnet par un sentier broussailleux, dans lequel il faut souvent chercher son chemin. Puis au niveau du lac, nous passons sur l’autre versant de la vallée Kvalvidalen. Nous changeons de rive pour continuer à flanc de montagne en direction d’un belvédère indiqué par un petit cairn. Il offre une magnifique vue sur le fjord Storfjorden. Le ciel se dégage.

Nous poursuivons sur les hauteurs pour rejoindre le lac Onkevatnet. Nous avançons un peu au hasard en direction du Sud, en suivant des yeux le Pollfjellet qui se dresse devant nous dans un panorama superbe. Après avoir passé un petit col, nous apercevons une tente sur la rive du Onkevatnet en contre bas. En s’approchant d’un peu plus près, nous voyons qu’elle est occupée par deux gamins ! Par où sont-ils passés pour venir jusqu’ici seuls ? C’est fou !

Nous rejoignons un peu plus loin le col qui débouche sur la vallée Lyngsdalen, la prochaine que nous souhaitons gagner. Deux possibilités s’offrent à nous. Soit nous effectuons l’ascension du Pollfjellet culminant à 1213 mètres d’altitude, ce que nous avions éventuellement prévu de faire, soit nous essayons de descendre de suite dans la vallée, par un itinéraire qui n’en est pas un, pour tenter de rejoindre les glaciers, ce soir.

Je sais que les deux sont faisables car j’avais pu lire lors de nos préparatifs un récit d’un groupe de Norvégiens qui était passé par ici. Cela dit, le sommet qui est encore une fois tout en éboulis, nous prendrait pas mal de temps pour en faire l’aller-retour. Cela risque de faire juste pour aujourd’hui. Nous préférons également profiter du soleil pour entreprendre la descente dans la vallée et rejoindre les glaciers ce soir afin d’y bivouaquer à leurs pieds. Nous renonçons donc au sommet.

Nous entamons cette descente bien raide de 700 mètres de dénivelé. Le début se passe sans encombre, nous suivons un cours d’eau. Le tout est de bien anticiper la suite afin de ne pas se retrouver dans des pentes trop raides, ou pire, en surplomb d’une barre rocheuse. Nous poursuivons dans le lit de la rivière, les rives étant maintenant inaccessibles, jusqu’à ce que nous nous retrouvions bloqués par une petite cascade. Un deuxième cours d’eau non loin de là, vient rejoindre celui-ci. Il semble plus fréquentable. Après un peu de désescalade à travers une végétation dense, nous le rejoignons. Nous le suivons également dans son lit, c’est encore la façon la plus simple de continuer notre chemin et ainsi de perdre de l’altitude, jusqu’à des terrains moins pentus. De là, nous poursuivons en forêt dans le fond de vallée à la recherche du sentier en provenance du village de Furuflaten sur la côte Est.

Le sentier qui parcourt la vallée Lyngsdalen, du village de Furuflaten aux glaciers Bálggesváhjiehkki, Sydbreen et Vestbreen, est certainement la balade la plus courue des Alpes de Lyngen. Car elle est l’une des plus accessibles tout en ayant un panorama spectaculaire. Cela dit, nous ne croiserons personne, ce massif est vraiment peu fréquenté...

Nous remontons la vallée en passant devant le chalet Lyngsdalshytta qui semble être neuf. Celui-ci, contrairement aux autres que nous avons passés, est fermé. La clé se récupérant à Furuflaten pour 100 NOK (environ 13€).

Après avoir traversé un bout d’une forêt luxuriante, nous débouchons sur les glaciers.

Nous laissons le glacier Vestbreen, qui se trouve un peu à l’écart, de côté. Il ne reste que très peu de temps avec que le soleil ne se cache derrière les montagnes, nous préférons rejoindre les deux autres pour profiter des dernières rayons.

Nous déposons nos sacs-à-dos un peu en aval et nous nous approchons au plus prés des glaciers Bálggesváhjiehkki et Sydbreen. Deux superbes mastodontes qui descendent jusqu’à 500 mètres d’altitude. Derrière eux se cache le Jiehkkevarri culminant à 1834 mètres d’altitude. Il est le plus haut sommet des Alpes de Lyngen.

Notre deuxième bivouac tant attendu, après celui dans la gorge Strupen et celui-ci. Nous comptons planter notre tente face au glacier Bálggesváhjiehkki. Pour cela, nous avons à franchir les deux torrents qui s’écoulent des glaciers. Si ce n’est ce soir, ce sera demain matin, afin de poursuivre notre itinéraire.

Le premier gué se traverse sans soucis malgré quelques remous. L’eau bien évidement glaciale, nous monte à peine au dessus des genoux. Quant au deuxième, il est beaucoup plus tumultueux, mais nous n’avons pas trop le choix, à moins de redescendre beaucoup plus bas en aval. Célia n’étant pas très rassurée, nous passons donc en même temps.

Elle est à ma droite, légèrement devant moi et en amont de la rivière, je la tiens fermement par la bretelle du sac-à-dos. Nous mettons pied à l’eau qui ne nous arrive pas plus haut que le premier, et nous faisons quelques pas. Je sens que Célia a du mal à garder son équilibre et à avancer. Elle glisse et tombe à l’eau. Emportée par le courant, elle passe de ma droite à ma gauche. La tenant fermement, je me retrouve à pivoter sur moi-même, me faisant ainsi perdre l’équilibre et chuter à l’eau à mon tour.

Nous voilà emportés par le courant, Célia sur le dos, moi à moitié de coté sur la droite. Mon genou droit raclant la caillasse au fond du torrent afin de garder mon équilibre, la jambe gauche tendue avec le pied poussant sur le sol pour nous freiner. Tout en même temps je tire le sac-à-dos de Célia, que je n’ai pas lâchée, pour la ralentir.

Je vois deux objet s’enfuirent loin devant nous, emportés eux aussi par le courant, je croise les doigts pour que ca ne soit pas nos chaussures accrochées sur le dessus de nos sacs… Tout se passe très vite en quelques dizaines de secondes, nous glissons sur quatre ou cinq mètres avant que je n’arrive à nous stopper à mi-parcours du gué, dans une eau plus calme et peu profonde. Je me lève et sors Célia de l’eau.

Elle reste là, figée, sans bouger, complètement tétanisée. Je lui cris alors : « Vite, avances, ca caille ! ». Arrivés sur l’autre rive, nous sommes bien entendu trempés et frigorifiés. Il nous faut vite nous déshabiller pour nous sécher. Il est 19 heures passées.

Nos affaires étant bien protégées, tout ce qui était à l’intérieur des sacs-à-dos est resté au sec. Nous avons ce qu’il faut en change, une paire de chaussettes, un sous-vêtement et un t-shirt. Comme nous avons traversé le gué jambes nues, nos pantalons et sur-pantalons sont restés au sec. Célia qui avait sa veste au moment de traverser, a du coup gardé sa polaire sèche. Par contre pour moi, c’est la polaire que je portais. Elle est trempée, il ne me reste que ma veste… Nos chaussures, quant à elles, sont inondées. Mais heureusement, nous ne les avons pas perdues, contrairement à nos tongs…

Mes pieds sont violets et complètement frigorifiés. Il faudra les frictionner avec délicatesse pendant un bon moment pour qu’ils retrouvent leur couleur d’origine… Enfin blanc, ça ne sera déjà pas si mal…

Nous sortons de là avec deux égratignures, une belle frayeur pour Célia qui en tremble encore et un genou bien cabossé pour moi. J’hériterai évidemment de beaux hématomes qui mettront plus de six semaines à disparaitre.

Après ce petit bain du soir, nous profitons de notre bivouac de rêve aux pieds de ces majestueux glaciers. Une soirée frisquette mais de toute beauté.

Jour 8 - 12/07/10 : Du glacier Sydbreen au lac Andervatnet Départ : 10h10 - Arrivée : 21h15 | +590/-885m - 18km - 10h50

Le ciel est un peu gris, dommage pour la vue sur les glaciers au petit matin. En tout cas, il ne fait pas chaud, nous ne tardons pas à replier le camp une fois levé.

Heureusement nos affaires principales sont sèches, nous n’aurons pas à les transporter mouillées.

Une fois que nous avons tourné le dos au Bálggesváhjiehkki et au Sydbreen, nous pénétrons dans la vallée Bálggesvággi. Une longue vallée en serpentin qui va nous faire rejoindre la côte Ouest de la péninsule. Le premier lac que nous longeons, le Forstevatnet, est paisible et reposant. D’une eau transparente et calme sans remous, entouré de verdure où des oiseaux viennent s’y poser. Cela nous change de la bousculade d’hier au pied des glaciers.

Mais la vallée est très étroite et nous nous retrouvons vite dans les éboulis issus des sommets voisins hauts perchés. J’ai l’impression de remonter une longue gorge, dans laquelle nous alternons entre les champs de pierres et les névés. La neige est bien présente et des petits glaciers sur les pentes de la vallée commencent à faire leur apparition. Nous sommes de plus en plus pessimistes sur la météo des prochaines heures, nous préférons donc ne pas nous arrêter pour manger et ainsi tenter de passer le col avant que le ciel ne se dégrade d’avantage. Nous contournons les lacs Bálggesvátnet et Veidalsvatnet où a chaque fois l’espace entre l’eau et les parois de la gorge se rétrécit.

Une fois passé un petit pas culminant à 790 mètres d’altitude dans des conditions météo qui deviennent hivernales, nous débouchons face au lac Nàllangavatnet. A l’instant même où je pose les yeux dessus, je sens qu’il va devenir notre nouveau cauchemar !

Je m’assois sur un rocher, accablé par ce panorama à la fois magnifique et angoissant, afin de souffler un coup avant d’évoquer un possible demi-tour à Célia. Mais nous venons de si loin… Il nous faudrait retourner jusqu’au village de Furuflaten à l’entrée de la vallée Lyngsdalen pour contourner ce massif.

Le lac a un peu l’apparence d’une tête vue de profil, avec un nez de sorcière où nous serions situés sur son bout. Plongé dans un ciel bien gris, le décor est parfaitement planté. Sur sa rive Sud, son cou, un glacier infranchissable vient se jeter à l’eau. Sur sa rive Nord, son crâne, c’est un dévers bien raide de 500 mètres de long qu’il nous faudrait traverser. Un dévers tout en éboulis sur le quel se trouvent des névés et une petite cascade ! Quant au col que nous devions rejoindre, il se trouverait au niveau de la nuque.

Observer un passage au loin peut être souvent trompeur en montagne. Il peut tout aussi bien apparaitre comme plus difficile, comme plus facile. Nous décidons donc d’y aller étape par étape et de commencer par s’approcher du devers pour voir ce qu’il en est.

De près, il est toujours aussi pentu que de loin, mais il semble traversable, notamment sur la partie en éboulis. Nous allons donc avancer au moins jusqu’au premier névé. Si la marche en dévers sur un éboulis ne me pose aucun souci, même avec un lac en contre bas, ce n’est pas trop le cas de Célia. Les pierres qui roulent sous ses pieds ne la rassurent pas trop. Nous marchons l’un à côté de l’autre pour que je puisse l’assurer en la tenant par le sac-à-dos, lentement, un pied à la fois afin de bien l’ancrer. Arrivés au premier névé, nous avons deux langues de neiges à passer de cinq et dix mètres. Heureusement la neige est bonne, il n’y a pas de plaque de glace. Nous creusons des marches à chacun de nos pas, les bâtons sont bien plantés à chaque fois afin de prévenir d’un éventuel faux pas.

Car j’ai toujours cette image en tête d’un incident survenu lorsque j’étais petit. Pendant d’une randonnée en famille dans les Alpes, nous avions eu un névé à traverser. Un ami qui nous accompagnait a glissé et s’est retrouvé à luger jusqu’en bas du névé pour finir sa course sous un énorme rocher. Une glissade sans gravité.

Ici, il n’y a pas de rocher pour nous stopper en contre bas, c’est un lac qui nous attend. Un lac recouvert d’une plaque de glace sur ses bords qui nous ferait continuer notre glissage jusqu’en son milieu avant de nous couler !

Les deux langues passées, nous continuons dans les éboulis jusqu’au prochain obstacle, la petite cascade. Heureusement, celle là était plus impressionnante de loin que de prés, ce n’est qu’un petit cours d’eau à enjamber.

Nous poursuivons notre traversée périlleuse sur une bonne longueur d’éboulis, nous arrêtant de temps en temps afin d’admirer le panorama. Car en dehors de la difficulté, il faut avouer que nous sommes dans un cadre splendide. Encore une fois le paysage est à la hauteur de la difficulté. Ces petites pauses nous permettent également de souffler un peu, car toute cette longueur nous demande une concentration épuisante à chacun de nos pas.

Maintenant, il nous reste plus qu’à franchir un long névé qui nous mènera jusqu’au col. Nous prenons une nouvelle fois toutes les précautions pour avancer prudemment et ainsi atteindre l’autre extrémité. Nous débouchons après de deux heures de prudence, sur le col culminant à 810 mètres d’altitude dans un brouillard gris. Il n’est pas celui que j’avais repéré depuis l’autre rive, mais il nous évite d’avoir à continuer à longer d’avantage le lac. J’espère juste qu’il ne nous réservera pas de nouvelle surprise.

Sur l’autre versant, nous avons à présent 330 mètres de dénivelé à descendre dans un pierrier pour rejoindre les lacs Rundvatnet. Deux beaux lacs, un turquoise et un bleu foncé, qui marquent la fin des épreuves. Car de là, nous apercevons le fjord Moskavuotna qui se trouve au fond de la vallée Goverdalen que nous venons de rejoindre. Mais ce n’est pas pour tout de suite, nous ne sommes pas encore arrivés.

Une longue route lente à parcourir. Après les nombreux éboulis de pierres que nous avons traversés dans ce massif, c’est maintenant dans un éboulis de blocs rocheux pouvant atteindre les quatre mètres de haut, que nous devons slalomer. Où il parfois plus facile de passer sous les rochers que de les contourner.

Après dix heures de marche, dont une bonne majorité dans les éboulis et à tailler des marches dans la neige, mon genou commence à me faire souffrir à cause des hématomes qu’il s’est pris hier. Un anti-douleur me permettra de tenir le coup afin de terminer notre dernière longueur. La traversée d’une forêt dense et parfois marécageuse pour rejoindre le lac Andervatnet où de là nous retrouvons un sentier.

Nous installons près du lac notre campement du soir, offrant un panorama sur le fjord Moskavuotna, après une longue étape qui nous a pris deux à trois fois plus de temps que ce que nous avions estimé…

Jour 9 - 13/07/10 : Du lac Andervatnet à la rivière Ellenelva Départ : 10h50 - Arrivée : 17h15 | +180/-310m - 18km - 4h10

Le vent a bien soufflé cette nuit, la tente a été un peu secouée. Nous levons le camp une fois seulement que la pluie a cessé.

Nous rejoignons rapidement le bout de la vallée Goverdalen en suivant un sentier, cette fois-ci. Arrivés sur la rive du fjord Moskavuotna, nous poursuivons les quelques kilomètres suivants sur du bitume jusqu’au village Laksekvnes. A notre grande surprise, nous trouvons une épicerie qui nous permet d’offrir un petit bonus à notre stock de nourriture. Ainsi que de faire un repas avec des produits frais.

Nous profitons également pour déjeuner juste devant l’établissement, tout en observant le va-et-vient des locaux. Nous sommes au-fin fond de la Norvège ici…

Nous continuons encore un bout sur le bitume, avant de quitter le bord du fjord pour suivre une piste en direction du village Djupen. Et à dire vrai, je ne suis pas trop mécontent de cette journée de plat sur un chemin facile. Cela permet à mon genou de récupérer des dernières étapes. Il n’aurait pas pu enchaîner sur une journée comme celle d’hier.

Sur la piste, nous apercevons un renardeau peu farouche. Il nous précède sur le sentier, se glissant de temps en temps dans les buissons pour chercher une proie, puis revenant sur le sentier comme si de rien n’était, faisant ainsi semblant de ne pas nous voir.

Nous installons notre tente de bonne heure, aujourd’hui. Nous profitons d’un coin sympa sur la rive de la rivière Ellenelva. Après un brin de toilette dans le torrent, nous allumons un gros feu afin de passer une soirée bien au chaud.

Notre carte dépliée, nous étudions les différentes possibilités qui s’offrent à nous pour la suite de la traversée. Soit nous continuons vers le Sud en traversant la rivière Ellenelva, pour suivre une piste, puis une route jusqu'au village Heimdal. De là, nous nous engagerons à nouveau dans les montagnes. Soit nous entrons dans la vallée Ellendalen qui est juste devant nous, pour poursuivre au travers de montagnes avec un risque que demain ou après-demain nous nous retrouvions face à un nouvel obstacle.

La nuit portant conseil, nous ferons notre choix demain.

Jour 10 - 14/07/10 : De rivière Ellenelva à la rivière Storelva Départ : 15h05 - Arrivée : 20h35 | +550/-315m - 15km - 6h00

Nous sommes bloqués sous la tente ce matin, il pleut des cordes ! Nous nous occupons avec le seul jeu que nous ayons, le jeu des cochons, une sorte de jeu de dés.

A 14 heures nous pouvons enfin pointer le nez dehors. Mais nous sommes plongés dans un gros brouillard, nous ne voyons rien du tout. Dans ces conditions, nous ne pouvons suivre l’itinéraire par la vallée Ellendalen…

Il nous faut passer de l’autre côté de la rivière Ellenelva pour continuer notre chemin vers le Sud. Le courant étant beaucoup trop important pour un passage à gué, nous devons la remonter afin de prendre une succession de deux ponts et de quelques marécages pour la traverser. Au bout d’une heure de marche, nous nous retrouvons face à notre bivouac, mais sur l’autre rive de la Ellenelva.

Il fait froid, gris et humide. Nous marchons sur du bitume. Ce n’est pas vraiment une bonne journée, il n’y a rien d’enthousiasmant là-dedans. J’aurais aimé pouvoir passer par les montagnes plutôt que cette route.

Quand d’un coup, nous apercevons une harde de rennes, de plus d’une centaine de têtes derrière une maison. Nous pouvons ainsi nous en approcher discrètement. Ils sont juste là, devant nous, à portée de main. Un spectacle qui fait oublier la morosité de la journée. Nous reprenons du coup la route grise gaiement, il nous en faut peu…

Arrivés au niveau du village Heimdal, une piste, puis un sentier nous fait entrer dans une zone d’élevage de rennes. A partir de là nous en croisons de partout ! Il en sort de tous les côtés ! Je les sens même avant de les voir, ce qui permet de les approcher discrètement. Ils sont faciles à reconnaitre, ils ont la même odeur que notre saucisson. Par contre, Célia avec sa veste orange vif a tendance à les faire fuir.

La météo est toujours grise, mais avec une lumière qui offre de très belles couleurs sur la vallée Piggtindsvatnet où nous installons notre bivouac.

Jour 11 - 15/07/10 : De la rivière Storelva à Nordjosbotn Départ : 9h20 - Arrivée : 17h00 | +410/-725m - 15km - 6h10

Nous poursuivons la douce montée dans la vallée Piggtindsvatnet, toujours sous un ciel gris aux nuages bas, afin de rejoindre le col culminant à 638 mètres d’altitude. Nous passons le petit lac Piggtindsvatnet au milieu d’éboulis, nous avons maintenant compris qu’il ne peut en être autrement dans ce massif. Mais celui-ci est tout petit comparé à ceux que nous avons eu l’occasion de traverser. Célia a maintenant bien attrapé le coup et maîtrise les pierres qui roulent.

Une longue descente dans la vallée Lysvassdalen nous amène, après avoir quelque peu erré dans une forêt, au lac Storvatnet. Le ciel commence à se lever et nous faisons une pause au soleil à l’une des cabanes de pêcheur qui bordent la rive. Ce lac marque pour nous la dernière étape de notre périple. Il nous ne reste plus qu’une descente de 300 mètres de dénivelé pour boucler notre marche.

Nous atteignons le point méridional de la péninsule, le village Nordjosbotn, après une magnifique traversée des Alpes de Lyngen. Une chaîne montagneuse spectaculaire et périlleuse qui ne se laisse pas dompter facilement.

Au village, nous trouvons tout ce qu’il faut pour nous ressourcer avant de poursuivre notre séjour dans le Parc National de Øvre Dividal situé à 80 kilomètres de là.

Pour la suite, le récit, les photos, l'itinéraire... C'est sur www.lyngen.dubuis.net 🙂

Bonne lecture, Simon
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ML
Mlefevre 16 years ago · Redscuba
Suède en hiver (1ère partie)
Têtue, je suis têtue...

Pour voir le carnet en images cliquez ici!

Un voyage en Norvège en avril dernier a fait germer dans ma petite tête toujours prête à s'enthousiasmer pour des idées saugrenues deux envies : faire du char à glace et voir des (ou même une!) aurores boréales.

Pour les aurores, il faut monter assez au nord et y être pas trop loin du solstice d'hiver. Mais: L'activité solaire n'est pas au mieux de sa forme actuellement (ça devrait aller mieux en 2012 parait-il...). De plus le début de notre voyage coïncidera avec la pleine lune, pas idéal car il faut une nuit bien noire. Enfin il faut un ciel dégagé, pas gagné en hiver sous ces latitudes...

Pour le char à glace, il faut un lac gelé sans neige : en Norvège l'année dernière ils étaient tous recouverts d'une épaisse couche de neige. Une brève incursion en Laponie suédoise nous avait permis de découvrir le lac d'Abisko, balayé par les vents, protégé de trop de précipitations par les montagnes norvégiennes, idéal pour faire du char.

D'où l'idée.... Fixe!

Après avoir consulté les statistiques météo j'en arrive à la conclusion qu'un voyage en camping-car ne sera pas possible, compte-tenu des températures possiblement glaciales en février et des difficultés d'approvisionnement en gaz pour se chauffer. Nous irons donc en voiture (difficile d'emmener tout le matos, char à voile, skis... en avion!), équipée de 4 pneus neige.

A défaut de camping car, il nous faut trouver un hébergement. Notre choix se porte sur la région du Jamtland et sur un chalet situé à 80 km au sud d'Ostersund au pied des monts Oviksfjällen, pas très loin de la Norvège. Assez loin au nord mais pas trop (ben oui, ça fait déjà une trotte) avec un peu de relief (pour skier c'est plus fun) et des lacs (bon ce n'est pas ce qui manque en Suède)



Je partirai seule avec les enfants (12, 14 et 15 ans) et Fred nous rejoindra en avion pour quelques jours seulement (en fait surtout pour m'aider pour la route du retour...) Déception de dernière minute : il a beaucoup neigé partout et tous les lacs de Suède sont recouverts de neige. On laisse le char à la maison! Grr!

Dim 08/02 : après une route d'une fluidité inhabituelle en Allemagne (et un bouchon de 30 mn seulement) nous embarquons à 17h00 sur le Stena Germanica, à Kiel, direction Göteborg. Appareillage à 19h00. Il neigeotte.

Lu 09/02 : à 9h03, la douane est passée, nous sommes prêts à découvrir la Suède.



Le temps est bouché. Un peu de neige sale dans les fossés, c'est tout. La faute au Gulf Stream qui influence la côte occidentale de la Suède. J'ai prévu de faire la route jusqu'au chalet en 2 jours, histoire de rouler de jour et de voir à quoi ressemble la Suède en hiver. J'aime bien l'idée d'entrer dans l'hiver progressivement, de se coltiner « physiquement » avec les distances (bon on n'est pas à pied ni en vélo quand même!) et de rendre palpable aux enfants la géographie, toutes choses impossibles en avion. Au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la côte vers le NE et le lac Vanern (plus grand lac de Suède), le temps s'éclaircit. La campagne est harmonieuse, maisons rouges, pâturages, fermes, chevaux, bosquets, forêts, lacs.



Le principal dépaysement vient de l'architecture des maisons: difficile d'en trouver une qui ne soit pas en bois. J'adore!



Le soleil fait une percée, vite il faut en profiter!

Nous faisons une belle petite balade sur les rives sud du lac Vanern.



Le petit port de Rackeby est encore gelé mais une tempête a brisé la glace sur le reste du lac.



La végétation est assez variée, pins, bruyères. Il y a plein de petites criques.



Je me verrais bien passer quelques jours ici en été!



Un peu plus loin, le Lacko Slott s'intègre parfaitement dans le paysage...



Nous arrivons enfin à l'auberge de jeunesse de Hallefors, très accueillante (on dirait une succursale d'Ikea) même si nous représentons à nous 4 plus de la moitié de l'effectif! C'est la 1ère expérience en AJ pour les enfants et ils ont trouvé ça super (billard, fléchettes et... wifi!)

Ma 10/02 : -7°C au réveil, on charge la voiture et en route plein nord cette fois! Longue route monotone entre 2 rangées d'arbres, sur des centaines de km. Gare aux claustrophobes! On arrive enfin à Mora,



coquette petite ville sur les rives du lac Siljan,



qui nous donne envie de nous dégourdir les jambes après tous ces ....arbres. On se précipite enthousiastes hors du cocon douillet de la voiture et on est tous pris de quintes de toux! On se regarde en rigolant : ben oui, il fait -18°C au plus chaud de la journée. Nos petits gosiers n'en reviennent pas... Ça ne dure que quelques minutes... Nous reprenons la route, entre les ... arbres... Rares sont les endroits où l'on peut avoir un horizon un peu dégagé.



Seules les zones un peu agricoles permettent un peu de variété dans le paysage, sinon c'est sapin à gogo!



Un peu frustrant ce manque de vue....



Enfin nous arrivons dans le Jamtland, plus que 45 km jusqu'au chalet. C'est d'ailleurs la distance qui nous séparera du 1er magasin ou de la première station service.

Entre 2 sapins, nous commençons à apercevoir au loin quelques montagnes au relief très doux. La forêt est partout, sauf sur ces montagnes, pas bien hautes (entre 1000 et 1500 m), mais à cette latitude le climat est trop rude.



Nous découvrons tout contents notre chalet,



tout en bois avec un bon feu qui crépite dans la cheminée. Les propriétaires ne sont pas là, ce sont nos voisins, des allemands, qui nous ont préparé le feu. Sympa!

Le temps de décharger les bagages et Christoph le propriétaire arrive, tout essouflé, tout excité, radieux, avec son fils de 2 jours -Hanes- dans un couffin. Myriam a accouché dimanche à Ostersund après un trajet épique sur les routes enneigées par une bonne tempête de neige quelques heures auparavant. Ça doit faire des souvenirs! Et voilà la petite famille de retour à la maison, au fond de la forêt! Les voisins allemands sont en fait des parents venus pour l'occasion. Bonne surprise, dans ce coin perdu, on a un peu de wifi. Le téléphone portable fonctionne sans problème : pas mal pour ce pays presque grand comme la France avec seulement 9 millions d'habitants!

Me 11/02 Il fait grand beau. -24°C dans la voiture... Va-t-elle démarrer? Je ne suis pas trop inquiète car je vois un chargeur de batterie devant le chalet voisin, les allemands ont du en avoir besoin. Pas de problème finalement pour la voiture. Pour nous non plus d'ailleurs car l'air est très sec et il n'y a pas un poil de vent : c'est donc très supportable d'autant plus que par cette température on n'hésite pas à s'habiller en conséquence, pas de souci d'élégance mal placée! Le soleil se lève vers 8h30 mais ne monte jamais bien haut dans le ciel ce qui donne des ombres interminables.



On décide monter sur le sommet, juste-là... Il y a une piste balisée pour les skidoo avec les croix rouges que l'on retrouve à travers toute la Suède.



Nous la quittons bientôt pour faire notre trace, c'est plus amusant d'autant que la neige est ferme.



Le relief est très doux



et le sommet n'est pas très pointu!



Sur un dôme en face, nous distinguons un troupeau de rennes, trop loin!



Nous remarquons de nombreuses traces de.... glouton??





C'est parti pour la « folle descente », tout schuss, au moins 20km/h dans les pointes, en poussant un peu sur les bâtons!



Demain, s'il fait beau, nous irons voir de plus près ces montagnes que nous apercevons vers l'est.

Je 12/02:



- 28°C ce matin, c'est notre record! En route vers Flatruet, près de la frontière norvégienne. Route dans les arbres (...), quelques lacs aperçus entre 2 sapins, puis nous grimpons vers Flatruet. L'étymologie de ce lieu-dit nous saute aussitôt aux yeux, c'est flat, très flat.



Un immense plateau battu par les vents aussi loin que porte le regard. La route dessert un gros village et pour garantir sa praticabilité 2 bulldozer énormes consolident d'impressionnants murs de neige de 5 ou 6 m de haut sur plusieurs km, destinés à empêcher le vent de souffler des congères sur la route. En tout cas, l'endroit ne se prête pas vraiment à la randonnée à ski, aussi redescendons-nous un peu plus bas pour partir vers un petit sommet pas trop éloigné. Comme il y a un peu de vent nous choisissons de passer par un sous-bois



et nous retrouvons dans une neige très profonde avec des bâtons qui nous paraissent 2 fois trop courts.



Finalement nous quittons les arbres pour arriver au sommet.





Belle balade mais qui ouvre l'appétit! A la demande pressante des enfants affamés, nous consultons la carte d'un petit restaurant sur la route du retour et découvrons que la chute de la couronne suédoise fait bien notre affaire. Les prix en deviennent vraiment très raisonnables : 35 euro pour 4 énormes pizzas+ crudités dans un joli restaurant bien décoré avec une charmante hôtesse qui même si elle ne parle qu'allemand, n'en est pas moins très prévenante. (Il faut dire qu'en Suède presque tout le monde parle anglais, du moins en-dessous de 35 ans)



En déjeunant nous voyons passer sous notre fenêtre





toutes sortes d'équipages exotiques pour nous Européens du (presque) sud.



Sur la route du retour, la lumière est si belle



que je force mes troupes en pleine digestion à aller faire un petit tour sur un lac avec vue sur les montagnes. Pas de chance, un nuage pile devant le soleil! Une vague dépression dans la surface enneigée nous intrigue...



Mais c'est bien un trou, gloups!



Nous suivons d'étranges traces,



sans doute celle d'un renne au galop?

Ve 13/02 Aujourd'hui nous décidons d'aller au bout de la petite route qui mène vraiment au pied des montagnes.



Nous y découvrons quelques maisons habitées par des lapons.





Ils vivent de l'élevage de rennes.



Quelques-uns sont là en captivité,



les autres dans la montagne. Nous faisons une balade pas très intéressante (voire très ch... selon les enfants ) le long d'une piste de skidoo qui nous mène à quelques infrastructures destinées apparemment au marquage des rennes. C'est difficile de varier les balades car certes il y a tout un massif montagneux mais il est inaccessible autrement que par une unique route. Sinon, il faut des jours de randonnée pour changer de paysage! Il faut dire que le réseau de routes existant est déjà gigantesque pour 9 millions d'habitants! Ici, tout le monde (ou presque) roule en volvo.



En témoigne ce parking!

La suite est ici: voyageforum.com/...ost=2424735;#2424735
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DI
Diamazone 16 years ago · Hichamus
Compte-rendu d'un voyage à Londres du 25 février au 4 mars 2009
Bonjour à tous....ceci est un compte-rendu de notre voyage à Londres (ma fille et moi) du 25 février au 4 mars 2009. Je l'ai déjà posté sur un autre site bien connu, alors il pourrait être répétitif pour les gens fréquentant ce même forum que moi. ATTENTION...ce résumé est rès long!

Londres: Arrivée par le métro via la station de l'aéroport de Heathrow, je vais donc commencer par vous parler de ce moyen de transport incontournable à Londres. Il s'agit du plus vieux métro du monde. On le nomme communément Underground ou "Tube" à cause de la forme cylindrique des tunnels et des cages d'escaliers y menant.Il faut absolument vous procurer la OYSTER card, qui facilite le transport par métro, mais aussi par bus locaux. La Oyster card est une carte qui se recharge (jusqu'à 90 livres). Elle permet de bénéficier des tarifs les plus bas. On peut se la procurer par internet, dans les stations de métro et certaines gares. Quel plaisir de pouvoir déambuler dans Londres dans un autobus à 2 étages (allez au second étage et assoyez-vous en avant!) et pour aller plus vite, de prendre le métro...on débarque plus loin, et l'on remonte dans un bus au hasard, pour découvrir un autre quartier de Londres.....cela prend une bonne carte et un bon sens de l'orientation (que je n'ai pas, mais grâce à Dieu, ma fille sait s'orienter!) mais au bout de 2 jours, on était déjà des pros, et si fières de s'être procuré cette carte, et c'est si facile de visiter Londres de cette façon, et c'est la façon la plus cheap.

Hôtel: Il fut facile de le trouver, grâce à sa location à un coin de rue de la station de métro Gloucester Road, et c'est le building le plus moderne et laid de la rue....j'ai été très contente du service à l'accueil, et surtout de découvrir que notre chambre était prête à notre arrivée vers 10h00 (comptez à peu près 50-60 minutes de trajet de métro pour s'y rendre) bien que d'ordinaire, l'heure d'entrée pour les chambres est de 14h00. Chambre petite, et qui aurait un criant besoin d'être redécorée...mais c'est propre, tout fonctionne bien, les lits étaient confortables, et il y a même un "menu d'oreillers" parmi lequel choisir, il n'y a qu'à appeler la réception. Chambre de bain minuscule(si minuscule, que la porte est une porte coulissante comme un garde-robe!) mais jolie et immaculée, jamais manqué d'eau chaude. Belle vue du 15 ième étage (bien que la vitre soit pas mal sale), nous avions la chambre 1503, non-fumeur et lits jumeaux. Frigo dans la chambre pour mettre nos bouteilles d'eau et sandwichs. Un placard et quelques tiroirs, mais peu de place....difficile de ranger nos valises dans le petit espace vide près du lit, mais on s'est bien accommodé de cette chambre, qui était finalement un endroit de repos après une longue et belle journée à découvrir Londres. Le ménage était bien fait....nous avons laissé entre 2-3 livres par jour en pourboire. Notre forfait nous donnait droit au déjeuner continental, qui était ma foi très complet: Gruau, céréales diverses, croissants, 2 choix de pâtisseries, pain brun et blanc pour toasts, mais pas de confitures....choix de 3 viandes froides et trois fromages, jus de fruits frais, 2 choix de fruits frais, pomme ou orange, mais salade de fruits maison, tranches d'orange et de pamplemousse...et bien sûr, thé ou café. Pour avoir le "full english breakfast", nous avons payé 3 livres et demi la dernière journée...ce que cela rajoute de plus: jambon, bacon, fèves au lard, fromage cottage et à la crème, yogourt nature, tomates, champignons, oeufs brouillés ou à la coque ou oeuf dur, confitures, miel, nutella. Cela vaut plus la peine d'aller déjeuner dans un pub, moins cher et plus copieux...mais dans notre coin, les déjeuners débutaient à 10h00 du matin! JOURNÉE 1- 26 février - ARRIVÉE - Enfin, Londres! Dès le débarquement d'avion, (vers 07h45) nous nous retrouvons à l'aéroport de Heathrow, un des plus gros au monde....assez facile de trouver le terminal 5 du métro, et là, nous décidons d'acheter la Oyster Card, qui nous donne droit au métro et au bus locaux pendant 24 heures pour 7 jours: prix total: 29.80 livres. Ce qui fait dans les $55. dollars canadiens à peu près. Je le recommande fortement, on peut recharger la carte si on reste plus longtemps, et conservez-là, si vous revenez plus tard à Londres, cela vous évite de payer le dépôt de base de 3 livres. Voyage à l'heure de pointe des travailleurs, donc debout tout le long dans le métro pendant 55 minutes.Cependant, c'est génial, on descend à l'arrêt Gloucester Road, et à un coin de rue seulement, on aperçoit l'hôtel qui est la seule grosse bâtisse à 27 étages de cette rue. J'ai parlé plus haut de l'hôtel, alors je continue le récit de la première journée. On est fatiguées à cause du décalage horaire, et je n'ai pas dormi dans l'avion, mais je conseille à ma fille de commencer tout de suite les visites, car on doit se mettre à l'horaire des londoniens pour les repas, sommeil, etc. selon l'avis d'une copine qui a souvent fait l'Europe. Ma fille me dit qu'elle a besoin d'une courte sieste, et je la taquine en lui disant que sa "vieille mère de 55 ans" semble plus en forme qu'elle, qui en a 25. Elle me répond que je suis retraitée et que elle, en tant que résidente en chirurgie, a accumulé bien de la fatigue cette dernière année ....elle a raison, donc, on fait une sieste de 2 heures à peu près, en demandant un wake-up call à la réception. Réveillées à 11h00 heure locale, douche, puis on s'habille et on s'en va en reconnaissance. Petite marche dans les rues Cromwell Rd et Gloucester Rd, émerveillement, des hooooo et des haaaaa en masse....premières photos....on se rend compte qu'on a faim, et on aperçoit un petit pub symphatique...le pub est joli en dedans, tranquille, presque pas un chat....on commande le fameux Fish&Chips, avec un verre de vin blanc....c'était boffff, ordinaire, chapelure bonne, mais grasse, poisson pas assez cuit en certains endroits, purée de pois vert et petite salade, mais les frites, excellentes! On fait la rencontre d'un premier British, du nom de Robert, à l'accent charmant, qui prend une bière et devient curieux lorsqu'ils nous entend parler français...on pique une jasette avec ce charmand monsieur pour à peu près une heure, et il nous recommande plein d'endroits à visiter et des trucs pour les restos. Nous décidons de marcher jusqu'au magasin Harrod's......wow, bel édifice immense de style victorien, tout doré, qui fait toute une rue! On entre dedans, c'est immense, comme séparé en compartiments, pièces de décoration différente, et on y vend de TOUT....l'opulence est au rendez-vous en dedans, avec plusieurs sections de haute couture, sacs à main et bijoux de luxe de rêve, section porcelaine, verres de cristal, étoffes et broderies, souliers, électronique, meubles, galeries d'art, et j'en oublie.... et halte-bouffe en voulez-vous en v'là! Agents de sécurité à tous les coins des pièces.....prix horriblement chers, bien évidemment on a rien acheté (bouuu ouuuuu je voulais un sac à main!) sauf...une halte pour un délicieux gélato (le plus petit, prix exorbitant oblige!). Retour à l'hôtel, et on se couche tôt....10 heures d'un excellent sommeil de file, pour affronter l'excitante journée du lendemain!

JOURNÉE 2- 27février- Je suis réveillée à 06h00, mais j'alloue une heure de plus à ma fille....et je lis en attendant...après le petit déjeuner continental à l'hôtel, on est toutes contentes de commencer notre expédition et découvrir Londres. Le temps est frais, mais ensoleillé, c'est comme si Londres nous faisait un clin d'oeil, pour nous souhaiter la bienvenue! Nous sommes excitées plus qu'hier, et allons voir le concierge de l'hôtel, qui sera très aidant tout au long de notre séjour. Il nous conseille un tour de ville en Big Red Bus, un autobus touristique à 2 étages dans lequel on peut monter et descendre à volonté, prix assez cher pour 48 heures, mais les visites sont commentées....on hésite, mais on décide d'y renoncer, puisque la Oyster card nous donne l'avantage d'utiliser le métro, et les bus locaux sont aussi jolis et à 2 étages pour la plupart....pourquoi payer encore quand on peut de toute façon aller partout en bus locaux, et tout découvrir? Première destination du jour : Hyde Park...l'un des plus anciens de Londres, très fréquenté l'été, mais ce matin, c'est tranquille...néammoins, nous croisons joggeurs, cyclistes, quelques policiers et quelques cavaliers sur leur fiers chevaux....quel beau parc, même si ce n'est pas super fleuri, il y a quand même quelques feuilles qui commencent à pousser, et des fleurs printanières telles que crocus, jonquilles, primevères, etc. incroyable, on est en février!!! Je jubile sur le fait qu'il n'y a PAS DE NEIGE ET GLACE sur les allées, trottoirs et rues....parc superbe et immense, avec statues, halte avec bancs et fontaines....petit lac artificiel avec de multiples oiseaux... Nous décidons après de prendre un bus au hasard, et nous retrouvons dans le quartier de Notting Hill....plus résidentiel, superbe, architecture remarquable, c'est de toute évidence un quartier cossu. De là, on prend le métro car il fait un peu plus froid...on se rend dans le quartier de Victoria, et nous décidons de prendre des billets pour un spectacle local, dans une petite cabane au coin de la rue, qui vend les billets moins chers. Nous nous décidons pour Billy Elliot, place en arrière, qui nous coûte dans les 25 livres....ce sera mardi soir, je vous en reparlerai plus tard. Nous avons aimé le quartier très animé de Victoria, et avons visité la cathédrale de Westminster, si belle et impressionnante. Avons marché jusqu'à Buckingham Palace, très beau, et ensuite visité le très beau parc de St-James's Park. On continue ensuite, et on peut apercevoir le London Eye, cette immense et impressionnante grande roue, qui a été construite pour le millénaire 2000. À NE PAS MANQUER, c'est un tour qui dure une demi-heure, mais c'est très sécuritaire, on embarque dans des nacelles qui peuvent contenir 15 personnes, et on a une vue époustouflante de Londres, la Tamise, le parlement, Big Ben, la cathédrale, etc. Visite ensuite sur le site du Parlement, c'est très beau, tout doré, et avec des sculptures dorées....Big Ben est aussi imposant et magnifique et encore plus que sur les photos...et quel plaisir d'entendre sonner l'heure de son Donnnnnnnnnng impressionnant! ON se trouve un petit resto italien symphatique appelé Zizzi pour le souper....pizza à croûte mince et verre de vin rouge....pas de menu du jour comme chez nous, tout est séparé et à la carte...on décide donc, vu les prix trop élevés, de s'en tenir toujours à un plat principal et pas de dessert ou peu souvent...bonne formule finalement, les portions sont quand même satisfaisantes. Rentrons à l'hôtel épuisées, finalement ce fut une longue mais bonne journée!

JOURNÉE 3 - 28 février- Journée mi-ensoleillée, mi-nuageuse, mais très doux! Nous décidons après déjeuner de prendre la bus et de nous diriger vers la Tour de Londres. Un MUST! Tour et forteresses impressionnantes, où étaient emprisonnés quelques-uns des rois et reines les plus célèbres...notre guide, dans le costume local des soldats de la reine, est fort intéressant, et mets tout son coeur et sa voix à l'accent très british à nous commenter et raconter l'histoire et l'exécution de ces monarques déchus. Il a une voix forte, et sûrement une formation théâtrale, et nous fait sursauter et rire à tour de rôle. Après une fantastique visite de la Bloody Tour et Tour Blanche, de la petite chapelle où est venue prier entre autre, Anne Boleyn, avant l'exécution de décapitation ordonnée par son mari Henri VIII, on se dirige vers le fameux London Bridge, et l'on passe à pied sur ce très beau pont....nous avons une petite faim, et décidons d'aller manger dans un pub symphatique...après avoir attendu quelques minutes comme des dindes, on se rend compte que dans la plupart des pubs, il y a un numéro sur la table....on doit alors se lever, aller au bar, commander notre bière ET notre repas, payer, et attendre que la waitress vienne nous porter nos commandes. On a mangé un bon hamburger frites, une croustade aux pommes/poires, et bu une très bonne bière rousse en pinte. Après dîner, on a voulu visiter le très beau et contemporain musée Tate Modern, pour constater qu'il était fermé pour une semaine pour d'obscures raisons. :-( Direction la Cathédrale St-Paul, mais trop tard les heures de visite (fin à 16h00) sont terminées. On prend des photos, et les agents de sécurité dans les marches nous invitent toutefois à assister à la messe qui aura lieu à 5hpm....cela ne m'enchante pas troo, mais ma fille insiste, elle veut assister à une messe catholique en anglais...après une attente qui me semble interminable, on nous invite à nous rendre très en avant dans le jubé!(nous étions les premières en avant)....très impressionnant, toutes les boiseries et fioritures dorées, les vitrails de saints, etc....la messe commence, c'est une messe chantée au complet avec un choeur de jeunes hommes et petits garçons....les premières 5 minutes sont enchanteresses, mais une heure de messe et de psaumes chantés au complet, oufffffffffffffff ...je viens de me rappeler mon enfance, et pourquoi je ne vais plus à la messe. :-) à la sortie, on se dirige chez Apostrophe, symphatique petit arrêt de sandwich et pâtisseries divers...un repas court et bien moins cher, qui nous satisfait amplement. Au retour, on se trompe de bus, et on décide de prendre le métro....la fin de semaine, il y a moins de bus, et certaines lignes de métro sont fermées pour rénovations et entretien...il faut être très attentif...après avoir constaté que la ligne que nous devions prendre est temporairement hors service, on remonte à la surface et on prend le mauvais bus....et oui, on s'est perdu....j'ai constaté que Gloucester Square, ce n'est pas Gloucester Road! On s'est ramassé dans le quartier de Marylebone, au lieu de celui de South Kensington, où est situé notre hôtel. Écoeurées et fatiguées, on arrête un taxi......10 livres 50 pour à peu près 11 minutes de trajet. JOURNÉE 4 - 1er MARS - Ce matin, direction Holborn, pour visiter le fameux musée BRITISH MUSEUM....immense, construit comme un palace du temps des romains, moderne en dedans, cela prend absolument un plan pour s'y diriger. On constate qu'on ne pourra pas tout voir évidemment. À Londres, bonne chose....tous les musées (à part quelques-uns qui sont privés) sont GRATUITS. Malgré cela, quelques expositions du jour sont payants, on achète donc l'exposition BABYLONE. On visite aussi la galerie égyptienne, ses hyéroglyphes et momies, et toute cette histoire qui vous laisse bouche bée...impossible ici de dire tout ce qu'on a vu, mais c'était fantastique! Visite aussi de la galerie du Parthénon (les anglais en ont volé en maudit, des oeuvres d'art grec et d'ailleurs, dans le temps!), visite aussi de la galerie d'art islamique et asiatique. Après s'être promises d'y retourner dans un voyage ultérieur, car il y a définitivement trop à voir, on se dirige vers Picadilly Circus, qui est comme un petit Time Square à Londres....animé, vivant, bruyant, plein de boutiques et restos, c'est là qu'on décide de manger...dans un autre pub...cette fois, la nourriture est Bof! saucisses trop grasses dans mon cas, et ma fille trouve ses canellonis pas assez cuits....qu'à cela ne tienne, l'atmosphère est plaisante, et la bière, savoureuse...et....on est à LONDRES, après tout! :-) On reprend le métro et on revient à l'hôtel....ma fille désirant faire une excursion organisée pour sortir un peu de Londres, on va voir les gentils concierges...l'un d'eux, un beau grand noir du nom de Gladstone (c'est le meilleur et le plus courtois), nous conseille un Golden Bus Tour, qui se rend au château de Windsor, à Stonehenge, et dans le joli village de Bath....coût: 74 livres par personne (dans les $140. dollars canadien, un seul lunch inclus, départ le lendemain à 08h445 et retour vers 20h00.....ouch (c'est mieux d'être bien!)...on réserve pour le lendemain. JOURNÉE 5 - 2 MARS - Le bus vient nous chercher à l'hôtel vers 07h45, et on va chercher d'autres voyageurs à différents hôtels....le tour est en anglais seulement, mais on est bilingues toutes les deux...et on peut poser toutes les questions à notre gentil guide plein d'humour, qui nous dit d'emblée: "Mon nom est Lawrence, et j'espère que vous aimerez votre excursion...si toutefois vous n'avez pas aimé, mon nom est Frederick" :-)) Volubile et plein d'humour ce guide, et une bonne mine d'informations sur l'histoire et sur les habitudes londoniennes aussi! Direction château de Windsor, à peu près 40 minutes de Londres...le château de Windsor est la résidence principale et préférée de sa majesté la reine, elle séjourne peu semble-t-il à Buckingham palace...et elle a aussi des appartements dans la tour de Londres, où elle séjourne encore moins souvent. C'est vraiment le château de Windsor qu'elle préfère. et.....WOW! Quel château! Je n'ai pas arrêté de m'exclamer à sa vue, et tout en me promenant à l'intérieur de sa forteresse....bouche ouverte d'émerveillement, si nous avions été en été, j'aurais avalé les mouches! ;-) Le château de Windsor, à Windsor dans le Berkshire, est le plus grand château habité au monde, mais aussi le plus ancien habité sans discontinuité.Il y a tant d'histoire et de commentaires fabuleux au sujet de ce merveilleux château, que je vous suggère de faire une recherche sur Wikipédia, qui vous permettra d'en savoir davantage. On s'aperçoit malheureusement que nous avons à peine 1 heure pour tout visiter, et qu'il aurait mieux fallu prendre le train à la gare de Victoria, et visiter Windsor, le château, et le charmant village pour toute une journée. Impossible de prendre des photos à l'intérieur, mais la magnificence et la richesse des pièces différentes, ameublement, vaisselles, cristaux, tapis, tableaux, etc., nous laisse sans voix. Après un petit diner dans un autre pub (patates, carottes, pâté au poulet qui nous est recommandé par le guide, mais qui est bien ordinaire et trop cuit) thé, café fourni, mais il faut payer la bière, si on veut de la soupe et un dessert, tout est à payer à part! Bon.... pas important, la journée est si belle et la visite si intéressante, on continue après le repas en se dirigeant vers Stonehenge. Stonehenge, dont le nom signifie « les pierres suspendues », est un grand monument composé d'un ensemble de structures circulaires concentriques érigé entre -2800 et -1100, du Néolithique à l'âge du bronze. Il est situé à 13 km au nord de Salisbury (comté du Wiltshire, Angleterre).L'ensemble fait partie du patrimoine mondial de l'Unesco. C'est impressionnant à voir, quoique moins gros que ce que je pensais....il y a beaucoup de théories expliquant sa signification; un appareil-guide personnel nous est fourni, et on peut écouter les explications dans la langue que l'on veut. Il fait froid et venteux quoique ensoleillé, et on ne peut approcher le monument que de loin.....intéressant, mais j'avoue que avoir su, je ne serais peut-être pas venu, si cette visite n'avait pas été inclue. J'ai préféré Windsor et Bath. Après cette visite, on fait une heure de bus pour se diriger vers le charmant village médiéval de Bath, qui est une ville au sud-ouest de l'Angleterre, célèbre pour ses bains alimentés par trois sources d'eau chaude.Dès l'époque romaine, Bath était célèbre pour ses thermes, qui existaient probablement avant cette époque. Ces bains étaient considérés comme un traitement pour beaucoup de maladies chroniques. La ville est charmante, à couper le souffle, surtout son église. On s'aperçoit que la visite des fameux bains de source thermale n'est PAS INCLUSE, et c'est 11 livres par adulte...ce n'est aussi pas trèg grand, alors, on décide de laisser faire et de visiter plutôt le joli village et ses magasins....Encore là, seulement 40 minutes.... Le retour se fait par l'autoroute, et dure un gros 2 heures....le guide nous commente différents points d'intérêts, et finit par nous laisser fermer un peu les yeux...on nous arrête à la station de métro la plus proche de notre hôtel, ce qui pour nous signifie une marche à pied de quelques minutes, et un arrêt à la pâtisserie Paul (que je recommande) pour un énorme sous-marin, une salade et deux gâteaux sublimes que l'on se sépare....il est moins cher de prendre le tout pour emporter, le manger sur place coûte une livre de plus. Je recommande ce tour si vous voulez en voir un peu plus des alentours de Londres, mais si vous voulez rester plus longtemps à Windsor ou Bath, ce qui en vaut la peine, mieux vaut aller à la gare de Victoria, et prendre un train, vous pourrez alors visiter et rester le temps que vous voulez. JOURNÉE 6 - 3 MARS- C'est déjà notre dernier jour complet :-(( et comme il fait plus sombre et frais, on décide ce matin d'aller voir les musées d'Histoire Naturelle, et celui de Victoria & Albert, qui sont somme toute sur la Cromwell Road, la rue de notre hôtel, et à distance de marche. Nous essayons de nous trouver un endroit où déjeuner, il est 08h00....mais on s'aperçoit que effectivement, on trouverait un endroit plus cheap qui sert le Full English Breakfast, mais cela ouvre à... 10h00! Nous décidons donc de retourner à l'hôtel, et pour 3 livres et demi de plus chacune, on se paie un gros déjeuner anglais, qui ressemble somme toute au nôtre...oeuf brouillé ou cuit dur ou mollet, fèves au lard, bacon, patates brunes, grosses saucisses, plus de choix de pâtisseries, confitures, fromage, viandes froides, finalement, on s'empiffre pas mal, car on va marcher en masse aujourd'hui. Direction d'abord le Musée d'Histoire Naturelle. Il est magnifique, fait avec des briques de terre cuite, dans les tons de rose, de bleu et de gris. Encore une fois, c'est très grand, et si vous avez peu de temps, visitez la section des dinosaures, c'est impressionnant et très intéressant pour les enfants, car il y a une aire de jeux interractifs qui intéressera autant les petits que les grands. Vu aussi, la section des mammifères, avec une salle centrale pleine d'animaux empaillés grandeur nature, donc une gigantesque baleine bleu. Seconde station, le musée Victoria & Albert....également immense, ce musée est spécialisé dans les arts décoratifs : on y trouve toutes sortes d'objets très divers et d'époques très variées : depuis l’Antiquité jusqu'au XXIe siècle.....la pièce que j'ai le mieux aimé, est celle sur le moyen-âge, avec ses croix celtiques, les monuments et statues religieuses, les statues sculptées des différents monarques et chevaliers, et il y a d'immenses monuments qui ont nécessité cette pièce au plafond très haut.On y trouve aussi une très belle collection d'objets et de mobilier de l'Europe du Moyen Âge, d'Inde et d'Extrême-Orient. Maintenant, si vous avez peu de temps et n'aimez pas tellement les musées, je n'en suggère qu'un seul, et c'est un incontournable: le British Museum. En soirée, nous finissons cet incroyable séjour par un spectacle au magnifique et vieillot théâtre Victoria Palace.....au menu: le fabuleux spectacle Billy Elliot...quel enchantement que cette comédie musicale! On rit, on pleure, on chante avec ces gens de talents qui savent jouer, danser, chanter, et les 3 heures de durée du show passent si vite et nous laissent béats d'admiration.

JOURNÉE 7- 4 MARS. C'est déjà finiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii! :-(((( Après un copieux petit déjeuner (pour 3 livres et demie de plus, on se paie le Full English Breakfast), on reprend le métro et direction aéroport de Heathrow.....à bientôt Londres, nous reviendrons sûrement.....c'est un coup de coeur pour cette ville magnifique et la gentillesse et la courtoisie des British dont on adore l'accent si élégant et fancy!

Diamazone
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DA
Daydream 16 years ago
Quatre jours à Rome (du 24 au 28 février 2010)
Allez à mon tour de me lancer dans le carnet de voyage !

Voici donc un aperçu de notre séjour (mon chéri + moi) à Rome du 24 au 28 février 2010.

J1

Grâce à notre ami orange E...j.t, nous avons pu décoller à peu près à l’heure de l’aéroport Bâle-Mulhouse, à un prix raisonnable (90 € aller-retour). Durée du vol : 1h20 ; arrivée à Fiumicino aux alentours de 15h.

Nous prenons le train « Leonardo Express » qui en ½ heure nous emmène à la gare de Termini pour 11 €.

Bagages récupérés, nous nous extirpons de la gare tentaculaire de Termini. Nous achetons nos pass ATAC (compagnie de transports urbains de Rome) à un stand qui vend à peu près tout, y compris un mini plan du réseau bus de Rome, bien pratique pour le reste du séjour.

Prix : 2,50 € pour le mini-plan, 16 € pour le pass 1 semaine (très avantageux, puisqu’on a utilisé le réseau de bus continuellement durant notre séjour, ainsi que le tram et le métro).

Nous déposons nos affaires dans notre chambre : Bed&Breakfast Little Queen, situé dans le ghetto juif, 80 € la nuit.

Il est idéalement situé pour faire la majorité des sites à pied, de plus le quartier est très sympa, un peu rétro comme on aime. En bonus : nous passerons tous les jours devant la fontaine aux Tortues (piazza Mattei) qui est l’une des plus mignonnes de la ville !

Nous voilà parti pour une rapide découverte à pied du centre historique de Rome : piazza Navona (la fontaine des fleuves est malheureusement en travaux, mais les barrières de protection sont vitrées par endroit, ce qui permet de profiter un peu de ce bel ouvrage), église Sainte-Agnès très baroque, église Saint-Louis des Français pour ses beaux tableaux du Caravage, le Panthéon et l’incontournable fontaine de Trévi de nuit.

Le soir, nous déambulons sur la via del Governo Vecchio, bourrée de petits restaurants (à touristes mais pas tous) et de bars et nous dînons à la Montecarlo, une pizzeria réputée si l’on en croit les photos de stars accrochées aux murs ;-)

J2

Le lendemain, nous prenons le bus à Largo di Torre Argentina, station importante qui se situe en bordure d’un parc archéologique surnommé le « refuge des chats ». En effet, beaucoup de félins se prélassent au soleil entre les ruines romaines. L’ensemble est pittoresque !

Direction le Vatican en cette belle journée ensoleillée. Nous nous promenons sur le pont des Anges et profitons de la vue sur le Tibre, la basilique Saint-Pierre, le château Saint-Ange. Ensuite nous rejoignons le Vatican ou nous faisons ¼ d’heures de queue environ (sécurité oblige) avant de pénétrer dans la basilique.

Nous nous rendons directement au guichet permettant l’accès à la coupole et courageusement nous achetons le ticket « a piedi ». Après une centaine de marches en colimaçon, nous atteignons l’intérieur de la coupole, qui offre une vue grandiose sur l’intérieur de la basilique. C’est magique, époustouflant : si je n’ai qu’un conseil à donner concernant la visite du Vatican ce sera celui-là : faites-vous violence et grimper dans la coupole, vous ne le regretterez pas !

Après un bref passage à l’air libre, nous voici engagés pour la dernière et la plus difficile partie de notre escalade : un escalier de plus en plus étroit et sombre nous mène jusqu’au sommet de la coupole (claustrophobes, s’abstenir à tout prix !). Bien entendu, le panorama à 360° est magnifique, d’autant qu’aux alentours de midi nous avons pu en profiter sans trop de bousculades.

La descente s’effectue par des escaliers différents (en effet à certains endroits il est impossible de se croiser) et nous arrivons directement au cœur de la basilique que nous visitons avec intérêt et émerveillement, surtout après l’avoir observée « d’en haut ».

Nous contournons ensuite le mur d’enceinte du Vatican pour nous rendre aux Musei Vaticani. L’entrée coûte 14 € mais nous comprenons rapidement pourquoi : on peut facilement passer la journée dans ces musées tant leurs collections est riches. Nous passons à l’essentiel, à savoir : la galerie des cartes géographiques, les chambres de Raphaël, la pinacothèque et l’incontournable Chapelle Sixtine. La terrasse offre également une vue agréable sur la basilique Saint-Pierre et les jardins du Vatican.

Avant de regagner notre chambre nous faisons un petit détour par Trévi de jour cette fois, puis par le Panthéon que nous avions fait de nuit aussi. En chemin nous passons par la piazza Colonna, ornée de la colonne Marc Aurèle (et non pas la colonne Trajane comme nous le pensions ^^) et la piazza Sainte-Marie-sur-Minerve, avec son éléphant malheureux condamné à porter un immense obélisque.

Le soir, nous dînons dans le quartier du Trastevere, très animé puisqu’il y avait un match de l’AS Roma+ quelques écossais en kilts se préparant pour le match de rugby du lendemain (Italie-Ecosse). Bonne soirée à la Sora Cencia qui proposait un menu à 15 € excellent, dans une ambiance conviviale et bruyante (mais c’est l’Italie, il faut s’y faire !!).

J3

La journée suivante, nous nous consacrons à la Rome Antique, avec pour commencer le parc archéologique de Marcellus, à deux pas de notre chambre dans le quartier juif. Un petit crochet par l’île Tibérine, un minuscule havre de paix qui a gardé toute son authenticité.

Nous continuons par la place du Capitole qui offre un panorama exceptionnel sur le forum romain en premier plan et le Palatin à l’arrière.

Nous nous baladons ensuite au milieu du forum Trajan (avec la vraie colonne cette fois !) puis nous dirigeons nos pas vers le Colisée. Tellement de choses à voir sur une si petite surface : on y ressent l’âme de Rome et son histoire riche et tumultueuse, j’ai vraiment trouvé cet endroit émouvant et plein de surprises.

Arrivés au Colisée, la foule nous rebute un peu et nous n’entrerons pas dans le cirque. Le monument est imposant et l’imaginaire fonctionne à plein tube.

La station de métro juste à côté nous emmène jusqu’à la Piazza del Popolo où nous finirons la matinée. Il faut absolument grimper aux jardins du Pincio (en empruntant l’escalier puis la route sinueuse située derrière l’église). La vue est splendide et l’ambiance apaisante, luxueuse. Les toits de Rome, les couleurs, tout est superbe.

Nous descendrons ensuite par la via de Babuino et la via del Corso, qui me permettront de faire un peu de lèche-vitrine ; le porte-monnaie restera sagement au fond du sac au vu des prix affichés dans ces boutiques de luxe !

Bien sûr, nous prendrons la pose sur les célèbres marches de la place d’Espagne, noire de monde à l’heure du déjeuner et après avoir profité du soleil et de l’agitation ambiante, nous irons nous perdre dans les ruelles du centre historique autour du Panthéon.

En fin d’après-midi, nous nous consacrons au quartier du Trastevere, avec la magnifique église de Ste-Marie du Trastevere et ses somptueuses mosaïques. Nous grimpons également la colline du Janicule qui offre là encore (c’est récurrent à Rome) un panorama époustouflant sur la ville.

Le soir, nous retournons via del Governo Vecchio dans un restaurant à touriste cette fois : service déplorable, heureusement les pizzas étaient mangeables…

J4

Le 4ème et dernier jour à Rome, nous commencons nos pérégrinations dans le quartier du Monti, très commerçant. Ambiance urbaine que l’on retrouve dans toutes les grandes villes, sans charme particulier. Les seuls points d’intérêt sont le parc Victor Emmanuel et la basilique Ste-Marie-Majeure.

Nous allons ensuite jeter un coup d’œil au Circo Massimo, vaste étendue herbeuse prisée des joggeurs, avec un beau point de vue sur le Palatin.

De là, nous gravissons la colline de l’Aventin, quartier résidentiel très paisible. Nous passons quelques instants agréables dans le parc Savello, réputé pour (ô surprise) son superbe panorama. Effectivement, c’est un des plus beaux que nous ayons vus, le jardin domine le Tibre et offre une belle vue sur la coupole de la Basilique Saint-Pierre et pour ne rien gâcher le parc est bordé d’orangers. L’église Sainte-Sabine accolée au parc est sublime de simplicité (ça change du baroque). Nous faisons un détour par la place des Chevaliers de l’Ordre de Malte, sur conseil de notre guide, où paraît-il on peut lorgner à travers la serrure d’une porte et observer une vue surprenante. Et en effet, allez-y, je vous laisse la surprise !

L’après-midi, nous nous balladerons encore dans le centre historique, sur la place Farnese, le Campo dei Fiori et son marché animé, la via Giulia, la via del Pellegrino et profiterons une dernière fois du charmes de ces ruelles aux couleurs chaudes et aux façades décrépies.

Le soir, nous retournons au Trastevere pour trouver de justesse une place dans un restaurant prisé des Romains (nous étions les seuls touristes) mais dont je ne me rappelle plus le nom malheureusement.

Le lendemain matin, nous reprendrons le « Leonardo Express » et quitterons Rome aux alentours de midi pour retourner dans notre Alsace natale, avec des couleurs, des saveurs et des sons plein la tête : bellissima Roma !

PS : si vous avez des questions, des remarques, n’hésitez pas !
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