06/08/08 : sur la route d’AGRA, nous faisons une petite halte dans le Keoladeo Bird Sanctuary, réserve naturelle où deux gentils « cyclo pousse » nous baladent en nous détaillant les animaux et oiseaux qu’ils reconnaissent à leurs chants et repèrent tout aussi vite dans les taillis. On y voit des gazelles sauvages presque aussi grosses que des vaches, des singes, des hérons, des martins pécheurs, des cormorans, le clou du parcours étant une dizaine d’arbres rempli de cigognes qui font un bruit délirant. Cette visite n’est à faire que si l’on a du temps.
Puis arrêt à Fatehpur Sikri, capitale éphémère, abandonnée faute d’eau, et très bien conservée car classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le guide nous détaille les palais des trois femmes, de confession chrétienne, musulmane et hindoue du Maharaja. Ce dernier émigrera vers le fort rouge d’Agra. A coté de la cité, une mosquée qui aurait été agréable à visiter s’il n’y avait pas autant de petits vendeurs qui profitent de la gratuité du lieu pour y faire leur commerce sans égard pour les tombes et les lieux de prière.
On entre dans Agra par un faubourg surpeuplé. Une déviation nous fait découvrir la misère la plus noire. Des cochons disputent aux enfants des tas d’ordure. Et puis on entre dans la ceinture qui cerne le Taj Mahal et là, comme par enchantement, on trouve un quartier propre. Nous serons logés au Taj View, bel hôtel de type international avec un très bon service. Notre regret est de ne pas avoir une vue sur le Taj comme promis par notre TO. En échange il nous offre le repas du soir !
07/08/08 : Notre guide nous conduit au Taj Mahal sur le coup de 8 h. Nous avons peur d’être déçus suite à certains commentaires. C’est tout simplement sublime ! Tout est beau, les bâtiments environnants, les jardins, les jets d’eau et le Taj. On reste ébahi devant tant de beauté. On regrette de ne pas y passer plus de temps. Nous voilà reparti vers le fort rouge qui mérite la visite. Certains détails font penser à nos châteaux forts. D’ici on a un autre point de vue sur le Taj Mahal. Une journée entière est à consacrer à cette ville. Pour notre part nous devons repartir en début d’après midi en direction de Gwalior sur la route d’Orccha. Pour la première fois, sur notre chemin, on voit des rizières !
Le fort de Gwalior est un peu hors des circuits classiques ce que peut justifier son état de délabrement mais il a du être très beau du temps de sa splendeur. Sur la route qui y mène, on trouve des statues sculptées dans les flans de la colline (dans le style des bouddhas que les Talibans avaient détruits en Afghanistan ; ils sont cependant de moindre ampleur). Ce détour entraine un retard qui nous obligera à rouler de nuit durant 2 à 3 heures pour rejoindre Orchha. C’est à éviter car de nuit la circulation est plus que risquée ; il faut toute l’habilité de notre chauffeur pour ne pas avoir d’accident (pas de visibilité, piétons, vaches, voitures sans éclairage, ornières). D’ailleurs le chauffeur sera très fatigué à l’arrivée et on ne peut que le comprendre !
Et là, la déception de ce séjour. Je vous joins ci-dessous l’avis que j’ai transmis à Tripadvisor :
« Arrivée tardive (21h) à l’hôtel Amar Mahal le plus coté de la ville. Personne ne se précipite pour venir aider à décharger. Accueil même pas poli du réceptionniste que l'on doit visiblement importuner. En ouvrant la chambre qui nous est attribuée on se retrouve face à un petit serpent qui se réfugie dans le climatiseur et que personne ne peut chasser !! On nous concède du bout des lèvres de changer de chambre et on se retrouve au fin fond de l'hôtel dans une chambre propre mais qui n'a pas servi depuis longtemps et qui sent le renfermé. La porte d'à coté grande ouverte donne sur un couloir qui visiblement sert de décharge. Pas une excuse de la réception suite à ces incidents. Le reste du personnel est correct sans plus. Repas et petit déjeuner moyen. La piscine vide à notre arrivée et en cours de remplissage le matin d'une eau boueuse.
Quand à notre départ, après avoir réglé la note, le réceptionniste (un autre) ne daigne même pas lever les yeux, dire bonjour ni merci !! Pourtant cet hôtel est le plus luxueux de la ville, le cadre serait agréable, le jardin est beau, les chambres sont plus que correctes. Je pensais être mal tombé mais en lisant les autres critiques je m'aperçois que je ne suis pas le seul à me plaindre de l'accueil et de l'impolitesse des réceptionnistes. »
Vous l’aurez compris nous sommes plus que dégoutés. Aussi on ne s’attarde pas dans Orccha qui aurait peut-être mérité une visite.
08/08/08 : Notre chemin nous conduit vers Khajuraho. Un guide d’origine népalaise (quand on lui demande comment et pourquoi il est venu là, il nous explique que c’est le destin et que tout est écrit là haut) et au fort débit vocal nous fait visiter les temples. Il a une très grande culture mais son intonation le rend difficile à comprendre. Les temples de l’ouest (6 à 7), couverts d’une dentelle de statues, sont vraiment très beaux. De plus ils sont situés dans un parc très bien entretenu (classement UNESCO oblige). Ceux de l’est sont plus modestes et bien moins conservés. Nous déjeunons dans un restaurant italien, pâtes et pizzas nous font du bien. Nous descendons au Holiday Inn (ici Ramada Inn) également de style international avec une piscine où il fait bon faire trempette. Bon accueil et personnel attentif.
09/08/08 : vers midi nous allons prendre le vol Khajuraho-Vanarasi (sur JetAirways, bonne compagnie low cost, qui fait également des vols intercontinentaux et qui possèdent des appareils neufs et très bien entretenus). On se sépare de notre chauffeur avec regret. Il doit rentrer à Jaipur (douze heures de route !).
On constate le luxe de précaution que les autorités prennent pour tous les vols ; les américains sont largement battus. Tout est contrôlé et plutôt deux fois qu’une (les bagages sont cerclés) ! Ce n’est pas du zèle dans cet aéroport comme nous le constaterons sur les autres aéroports. Le vol dure ½ h durant laquelle on nous distribue un petit en-cas. Nous serons logés au Radisson très bon et bel hôtel avec un personnel au top et où curieusement les repas sont abordables par rapport aux autres établissements de même niveau. En fin de soirée, notre guide nous amène dans le vieux quartier le Chowk où les voitures ne peuvent circuler. Nous nous rendons à un ghât pour faire une promenade sur le Gange. Les eaux sont boueuses mais les gens n’hésitent pas à se baigner, se laver les dents, tandis que sur le fleuve on distingue des cadavres de vaches portés par le courant. Le spectacle est partout. Sur la rive les bûchers sont allumés. On distingue les corps qui brulent ; c’est saisissant ! Une multitude de barques vient s’agglutiner à proximité du Dasashwamedh ghât pour assister à un office religieux suivi par de nombreux fidèles et autant de touristes. Dans la nuit nous rejoignons le ghât où nous avons embarqué. Nos rameurs ont du mal à remonter le courant très fort en cette saison.
10/08/08 : à l’aube nous retournons sur le fleuve. Partout les croyants font leurs ablutions ; c’est étonnant. Hommes et femmes, jeunes et vieux, tous avec la même ferveur. Les buchers continuent de bruler. Puis nous nous rendons dans différents temples. La visite la plus intéressante nous conduit sur le site de Sanarth, lieu saint du bouddhisme car c’est ici que Bouddha aurait fait son premier sermon. Un guide âgé et très cultivé nous explique les différents monuments ou points d’intérêt (l’arbre sacré, le Dhamek stupa, ..). Enfin nous rentrons à notre hôtel non sans avoir visité les ateliers de fabrication de soie et la boutique associée.
11/08/08 : dernière journée en Inde. Nous paressons à la piscine. Notre vol est prévu pour 16 h avec présentation à 14 h. et là grosse surprise notre vol affiche 2 h de retard qui finiront par atteindre 4 h. Il n’y arien à faire dans le minuscule terminal si ce n’est prendre notre mal en patience et espérer arriver à temps ! Nous sommes inquiets car notre vol retour est prévu à 01 h du matin avec enregistrement à 10 h 30. Un chauffeur devait nous attendre à l’aéroport afin de nous amener dans un hôtel nous doucher et nous changer. Finalement, notre avion (Compagnie Spice Jet, bonne compagnie low cost possédant des appareils bien entretenus) part vers 20 h 30. Une heure vingt après avoir survolé l’immense cité, nous atterrissons à Dehli au terminal domestique. L’hôtesse nous affirme que le terminal international est à proximité. Heureusement que la livraison des bagages est rapide et que le chauffeur (un fou du volant) nous a attendu, car nous parcourrons une dizaine de kms pour y parvenir. Pas le temps d’aller manger en ville. Il faudra se changer dans les toilettes. Mais à peine le chauffeur nous a-t-il déposé que les panneaux lumineux nous apprennent que le vol Finnair a plus de 3 h de retard !! Décidemment c’est le jour. On aurait eu le temps de faire ce qui était prévu et on se serait fait moins de soucis.
Nous enregistrons après les multiples contrôles d’usage. Quand nous présentons notre carte provisoire « One world » établie à l’aller, la préposée déchire les billets qu’elle avait établis et nous surclasse en classe affaire !! Nous n’en revenons pas. En attendant nous devons patienter jusqu’à 4 h 20. En tout nous aurons passé 14 h dans un aéroport pour une heure de vol.
A l’embarquement nous mesurons notre chance. Un large fauteuil inclinable à 180 ° nous attend, l’espace et le confort ne manquent pas. Les 14 passagers de notre compartiment sont surclassés. Nous aurons un vol presque reposant. Au lieu de patienter 3 h comme prévu à Helsinki, nous n’aurons que très peu de temps pour prendre notre correspondance. Nous arriverons à l’heure prévue à CDG.
Le bilan :
Très bonnes conditions de voyage et organisation parfaite de notre TO que je recommande et dont je tiens à disposition l’adresse pour ce qui la solliciteront.
Par contre l’Inde ne nous a pas spécialement emballés (contrairement à tous les autres pays du Sud-est asiatique que nous avons déjà visité : Thaïlande, Cambodge, Sri Lanka, Bali, etc..). Si des sites nous ont ravis, la misère, la saleté et notre culture nous ont empêchés de saisir l’esprit Indien.
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28/07/08 : départ pour JODHPUR. Sur la route on constate que la pluie a laissé des traces. Le désert semble reverdir ! On entre dans la ville sous un déluge de pluie. Les routes sont inondées par 30 cm d’eau ! Nous déjeunons au Kalinga restaurant (très bon repas avec un bon service et pas cher) avant de rejoindre notre hôtel Pal Havelli situé prés de Clock Tower et du bazar très animé. Les chambres sont belles et nous dinerons sur la terrasse. Puis un guide nous fait visiter le Jaswant Thada, cénotaphe entièrement marbre blanc (pas comme le Taj Mahal nous explique notre accompagnateur où le marbre est plaqué sur des briques rouges) ; c’est un peu vide. Puis c’est le fort Meherangarh d’où l’on a une vue superbe sur la ville bleue. Ici, par contre, il y a plein de choses intéressantes à voir ! La visite vaut vraiment le déplacement.
29/07/08 : En route pour MOUNT ABU sur un début de route qui est saturé par les camions. Le paysage devient de plus en plus vert et la route s’élève jusqu’à 1800 m environ. La ville est un havre de paix mais la pluie tombera pendant deux jours avec heureusement quelques éclaircies. Nous sommes logés au Bikaner House hôtel désuet sorte de manoir anglais avec un très beau jardin. Notre chambre est immense (90 m2) et très propre; on se sent un peu perdu dans la salle des PDJ où nous sommes les seuls clients. Les éclaircies nous laisseront du répit pour aller au sommet voir un petit temple jain ; sur le chemin du retour nous arrêtons dans une sorte de parc floral « gateway for paradise » avant de visiter les très beaux temples Dilwara. L’après midi nous faisons une petite promenade autour du lac Nakki, promenade très vite interrompue par la pluie. Nos croisons des écoliers très rieurs qui demandent à poser pour une photo !
Nous déjeunerons dans 2 restaurants de la ville où l’on nous sert à volonté de très bons thalis pour presque rien (70 rps pour le plus « cher » d’entre eux). Ce sera l’étape repos de notre séjour, pas forcément nécessaire dans des circuits plus courts.
31/07/08 : la route vers UDAIPUR s’avère très difficile. Des travaux destinés à faire une quatre voie, à travers les collines sont démentiels. Partout des bouts de route entamés, une circulation à double sens sur des voies provisoires en état pitoyable. Les moyens mis en œuvre nous semblent dérisoires, on voit même une dizaine de personnes accroupies de front balayer avec des balais de fortune devant les bétonneuses. Un petit détour nous permet de découvrir le fabuleux temple jain de Ranakpur, perdu dans un océan de verdure. C’est sans conteste le plus beau qu’il nous sera donné de voir.
Udaipur nous surprend par sa propreté relative. Comme quoi c’est possible quand la municipalité s’en donne les moyens. Le guide nous confirmera que le maire de cette ville est très actif. Il nous signale que cette ville est considérée comme la septième plus belle ville au monde. Ce n’est pas évident, sauf peut être quand on se retrouve prés du lac de Pichola. La visite du City Palace est intéressante, on risque de s’y perdre à chaque instant dans un labyrinthe et un dédale de couloirs, de halls et de salles. Un détour pour voir le temple jain de Jagdish prés duquel on voit notre premier éléphant, avant la promenade sur le lac qui nous permet de découvrir le City Palace sous un autre angle, de contourner le Lake Palace hôtel avant de débarquer sur une ile où il n’y rien à voir sauf un restaurant luxueux et un petit jardin fleuri. Le lac est survolé par des nuées d’oiseaux et envahi par des Jacinthes d’eau. Nous serons logés au Ram Pratap Palace hôtel sans charme particulier si ce n’est un jardin le long de la rive du lac Fateh Sagar. Dommage que le personnel soit désagréable. On mange bien au Berry’s et sur le toit du Shambhu Villas ce qui nous permet d’assister aux illuminations nocturnes du City Palace. On visitera également le jardin des demoiselles.
02/08/08 : notre périple se poursuit en direction de DEOGARH par une route bordée, sur des dizaines de kms, par des entrepôts de marbre, véritablement la spécialité de la région. Deogarh est une petite ville étape qui possède un très bel hôtel de style palais de Maharaja, le Deogarh Maha. La chambre est superbe et surplombe une belle petite piscine bordée par un très joli jardin. L’accueil est cordial et le personnel charmant. Il est agréable de découvrir la campagne environnante du haut des multiples terrasses. On y déjeunera dans un premier restaurant, le diner sera servi sur une terrasse et le PDJ dans une belle salle très colorée. La ville n’est pas envahie par les touristes et il fait bon flâner dans les ruelles.
03/08/08 : nous nous dirigeons vers PUSHKAR. Cette ville nous déçoit beaucoup ; elle est très sale, en particulier autour des ghâts et il s’y dégage une atmosphère un peu glauque à notre goût. Après un petit tour, nous resterons nous reposer dans notre hôtel : le Master Paradise, établissement récent, propre sans véritable charme. C’est d’autant plus facile qu’il pleut des cordes.
04/08/08 : notre chemin du jour nous mène à JAIPUR. La ville rose surprend par sa taille. Nous sommes logés au Samode Haveli véritable palais situé dans un très vieux quartier. Cet hôtel est exceptionnel : accueil, personnel, logement, restauration, tout y est parfait. La chambre est belle, et la piscine très agréable. La première soirée nous nous dirigeons vers le Birla temple où nous assistons à la prière du soir et découvrons la ferveur des fidèles jeunes et vieux. A notre réveil et après un petit déjeuner copieux, le guide nous amène au fort d’Amber. La montée en éléphant est un véritable spectacle malheureusement gâché par l’insistance des vendeurs très accrocheurs et qui envahissent même le fort lui-même. Au sommet on domine les jardins et les bassins. Le fort impressionne mais il est un peu vide. La redescente nous permet de voir le temple Shiromani et la ville ancienne. On visitera l’étonnant palais des vents en pleine réfection, avant une leçon d’astronomie dans le Jangtar Mantar. Enfin le City Palace nous dévoile ses collections. Pour notre départ de l’hôtel, le personnel se précipite pour nous offrir des bouteilles d’eau fraiche pour notre route. Si ce n’est pas la classe cela y ressemble beaucoup.
Voila le début de mon carnet de route. Petit test avant de savoir si je vous livre tout mon magnifique voyage. J’hésite….
C’est peut-être parce que les rêves sont interprétables que je veux tant garder ce voyage pour moi et ne pas le faire partager…..
Voyage d'un mois au Rajasthan du 02 septembre 2005 au 03 octobre 2005.
On m'a dit à propos de l'Inde: Soit on l'aime, soit on la déteste. Il est encore trop tôt, sentiments partagés... Entre un pays accueillant, coloré, bruyant et parfumé par les odeurs d'épices, et un sous-continent misérable où l'on se méfie des gens trop apatés par l'argent.
Arrivée a Delhi réussie après 5 heures de retard de la part de notre avion. Petit avant goût de l'Inde je pense! Transfert à Mumbai : facile! On s'est débrouillée comme des chefs! A Delhi aussi... On va commencer doucement, prepaid taxi jusqu'à la gare.... Mais c'est trop facile!!! C'est vrai, on est en Inde quand même! On a donc décidé de se faire avoir...
Nous avons du mal à réaliser.. Du monde, mais pas tant qu'on nous avait décrit. Mais petit à petit nous avançons dans la fourmilière qu'est Delhi. Rickshaws, voitures, bus, piétons en pagaille, ça double à gauche, ça double à droite, queues de poisson et .. ça klaxon!! On zigzag, on se faufile, on est secoué, l'aventure a bel et bien commencé! La gare. On va pouvoir se rendre à Agra et quitter Delhi. Cette capitale est impressionnante, trop impressionnante pour nous, routardes débutantes. Un premier Indien nous montre le chemin pour acheter nos billets, puis un second.. changement de discours: nous ne pouvons pas monter dans la gare si nous n'avons pas de billets...entourloupe? Plus tard, je me demanderai comment j'ai pu me poser cette question.. Mais, trop surprises, trop déboussolées, nous repartons dans une agence au centre ville...10 roupies...et plus de billets pour Agra...tout ce qu'il a à nous proposer, c'est une voiture avec chauffeur pour faire le tour du Rajasthan. Pas question! On file dans une autre agence..10 roupies...et rebelote! Plus de billets pour Agra. La fatigue commençant à peser un peu, le ton change : Qu'est-ce qu'on va faire d'un taxi et d'un chauffeur? On veut voyager en bus et en train, en chameau, en moto ou en Rickshaw. On veut visiter l'Inde, oui d'accord, mais on veut surtout vivre en Inde pendant un mois! 10 roupies...et troisième agence. Jamais deux sans trois ok, mais là, c'est la dernière! Il nous charme, nous assurant qu'il fait tout son possible pour nous trouver un train.. D'après lui, ca paraît impossible.. Mais Ganesh serait-il avec nous? Comme par hasard des places se libèrent juste à l'instant. On prend! Au passage il nous refile quand même un package hôtel, pick-up, tour de la ville et train pour Jaipur, rien que ça! Fatiguées, on accepte. On s'est fait rouler... bien évidemment!!
Le midi, premier restaurant Indien.. On ne connaît rien. Si on prenait un thali? Stupéfaction. Une grande assiette, tres grande assiette, des katoris remplis de sauces, viandes, légumes et lassi. Appréhension. Comment mange-t-on ça? De voir deux empotées rigoler devant ce repas gargantuesque, la table d'à coté rit gentiment.. On a besoin d'explications!Notre oreille Française n'ayant pas encore eu le temps de s'habituer à « l'Hinglais », nous faisons ce que nous pouvons. Ridicules et excitées à la fois, nous nous laisser enseigner ensuite par une mère et son fils qui se font un plaisir de nous initier. C'est ce jour là que commença mon addiction aux chapatti...
A la gare, bien deux heures à l'avance, nous nous installons sur notre quai. Des gens, beaucoup de gens. Je ne sais quoi penser. Contente d'être enfin en Inde mais pas très à l'aise.. Les Indiens nous regardent, nous dévisagent, rigolent, parlent entre eux...quoi penser?
La misère. On m'en avait beaucoup parlé avant de partir. »L'Inde est un pays pauvre », « tu va voir tu vas être choquée. ». Je pensais à tout ce que les gens m'avaient dit. Je n'avais pas encore vraiment vu de misère... jusqu'à ce qu'un garçon d'à peu près mon âge s'approche, amputé, sale, les vêtements arrachés, ne parlant pas, n'ayant que son regard suppliant pour me réclamer de l'argent.... Dégoût, tristesse, pitié. Je ne me sens pas bien. Ne pas donner, ne pas céder, c'est dur... C'est ce qu'on avait décidé avec Gore Gal avant de partir.. Donner ou non, ça nous avait beaucoup questionné. Nous ne voulons pas solliciter les gens à faire la manche. Si nous donnons ce serait a des écoles ou associations. De plus, nous ne connaissons pas l'Inde pour nous permettre de donner. Pourquoi lui plutot qu'un autre? Que va-t-il faire ensuite de cet argent ou de cette nourriture? Va-t-il le garder pour lui? Va-t-il se faire agresser et tout piquer? Fait-il parti d'un réseau? Cette question du don est trop compliquée. Il ne faut pas céder. J'ai pitié.. Je crois que c'est réellement la première fois. Peu après, d'autres Indiens l'attrapent, le traînent à terre comme un vulgaire déchet. Ils le jettent dans le tain, l'enferment. Il est faible, ne peut rien faire à part gémir et pousser des cris à vous faire frissonner. Ils le rejètent à terre et le retraine sur plusieurs mètres. Je blanchis, je vais pleurer, ça me donne envie de vomir...
Notre train arrive enfin. Il défile devant nos yeux, on tente d'apercevoir le wagon C1. Il n'y en a pas! Lisant peut-être notre inquiétude sur notre visage ou voulant simplement aider deux touristes égarées dans cette jungle, un Indien tente de trouver notre wagon. On déambule le long du quai à la recherche de ce wagon...qui n'existe pas!C1, S1, c'est vrai que ça se ressemble! Mais grâce à la gentillesse de cet Indien et de tous les autres qui nous ont renseigné, nous nous asseyons enfin sur nos banquettes « classes » de première classe. 3h30 de trajet. Nous sommes fatiguées. Ne pas dormir, surveiller les sacs, ca promet d'être long! Long, pas tant que ça finalement. Bien sûr la fatigue pèse, mais tous nos sens sont en éveil. Le bruit du vieux train, le chant mélodieux de l'Hindi, les « chiiiiips » hurlés par les enfants à chaque arrêt, les couleurs roses orangées de notre premier couché de soleil, les saris multicolores des femmes, une odeur indescriptible qu'on ne retrouve que dans les trains Indiens...Je n'oublie pas la rencontre d'un homme et de sa fille, une discussion sur le mariage, la religion, qui se transmet ensuite à tous ceux qui partagent notre banquette, une tentative de communication avec la vieille femme assise a côté de moi. Pas d'Anglais, que des gestes: Elle me protège lorsqu'une horde d'hommes prennent le train en assaut, pose sa main sur ma jambe en me souriant, me pousse vers elle pour être sûr que j'ai assez de place... Les gestes sont parfois plus forts que des mots.
Agra! On a réussi! L'Indien et sa fille très protectionnistes ne nous lâchent pas tant que nous ne sommes pas entre les bonnes mains de notre pick up. Ils nous donnent même leur numéro de téléphone au cas ou quelque chose se passerait mal. Direction l'hôtel en voiture. Premier réflexe, la ceinture. Une ceinture?!Noooon!Ca n'éxiste pas ici! Après avoir décidé du programme du lendemain, on trouve enfin un lit. Pas pour très longtemps! Nous voulons absolument voir le Taj Mahal au lever du soleil. Deux bonnes raisons à cela : L'atmosphère, les couleurs autour de cette merveille est particulier et bien sûr, tôt le matin, les touristes dorment encore! Lever donc a 5h30 pour y être vers 6h... Stupéfaction! Grandiose, magique, une des merveilles du monde. Le Taj Mahal, imposant semble surgir tel un mirage dans la brume matinale. Beauté indescriptible pour ce monument symbole de l'amour. Nous nous baladons tout autour, émerveillées. Gore Gal s'assoit et tente un vulgaire croquis du Taj. C'est bientôt étouffant dans une marée d'Indiens qu'elle tentera de le finir. Curieux ces Indiens, très curieux et émerveillés par deux touristes, un dessin, et enfin leur photo sur l'écran de mon appareil numérique. 9h du matin et il fait déjà si chaud, nous quittons alors ce lieu à reculons ne décrochant pas des yeux ce palais de marbre blanc. Après un bon chai, notre guide nous amène dans une boutique où le marbre est taillé et décoré. Démonstration, jeux de lumières sur cette pierre translucide... étonnant! Visite, donc...forcing pour acheter.Dur de s'en défaire! Nous goutons ensuite aux joies de l'internet Indien. Vieux ordinateurs, claviers où les lettres sont effacées, et après une heure de tentative d'écriture de mail.... panne de courant!!Arg! Bon ce sera juste trois mots pour rassurer mes proches pendant que Gore Gal subit le massage du guide. Il est bientôt l'heure de manger.. mmmh quel nouveau plat va-t-on gouter aujourd'hui? C'et tla maman du guide qui le prépare. En attendant, Gore Gal et moi allons flâner tranquillement dans les rues d'Agra. Après un bon byriani, nous décidons de partir pour Fatehpur Sikri. Scène comique en rickshaw: Gore Gal et moi à l'arrière, nos deux gros sacs en équilibre sur nos genoux et un Indien, tout maigrichon, pédalant sous une chaleur épouvantable. Ridicule! La gare routière n'est pas trop loin heureusement! Premier trajet dans un bus local... On m'en a souvent parlé de ces foutus bus! Mais surprise, ils ne sont pas si mal!
Arrivée à Fatehpur Sikri. Petite rue, petites boutiques tout le long, des gens partout, des motos, chèvres, vaches et cochons. On cherche un hôtel au plus vite, on trouve, juste en face de la mosquée. 120 roupies, la chambre est correcte.. Nous y posons alors nos sacs et nous nous rendons sur le toit où ils nous offrent à boire tout en papotant. Je suis tout de suite séduite par cette petite ville et par ces gens si accueillants .Cependant, je ne réalise pas encore qu'ici je vais vivre, m'imprégner, m'attacher, à cette ville, à ces gens, à qui je dois mon amour pour l'Inde. C'est réellement ici, que tout a commencer.
Voyage d'un mois au Rajasthan du 02 septembre 2005 au 03 octobre 2005.
On m'a dit à propos de l'Inde: Soit on l'aime, soit on la déteste. Il est encore trop tôt, sentiments partagés... Entre un pays accueillant, coloré, bruyant et parfumé par les odeurs d'épices, et un sous-continent misérable où l'on se méfie des gens trop apatés par l'argent.
Arrivée a Delhi réussie après 5 heures de retard de la part de notre avion. Petit avant goût de l'Inde je pense! Transfert à Mumbai : facile! On s'est débrouillée comme des chefs! A Delhi aussi... On va commencer doucement, prepaid taxi jusqu'à la gare.... Mais c'est trop facile!!! C'est vrai, on est en Inde quand même! On a donc décidé de se faire avoir...
Nous avons du mal à réaliser.. Du monde, mais pas tant qu'on nous avait décrit. Mais petit à petit nous avançons dans la fourmilière qu'est Delhi. Rickshaws, voitures, bus, piétons en pagaille, ça double à gauche, ça double à droite, queues de poisson et .. ça klaxon!! On zigzag, on se faufile, on est secoué, l'aventure a bel et bien commencé! La gare. On va pouvoir se rendre à Agra et quitter Delhi. Cette capitale est impressionnante, trop impressionnante pour nous, routardes débutantes. Un premier Indien nous montre le chemin pour acheter nos billets, puis un second.. changement de discours: nous ne pouvons pas monter dans la gare si nous n'avons pas de billets...entourloupe? Plus tard, je me demanderai comment j'ai pu me poser cette question.. Mais, trop surprises, trop déboussolées, nous repartons dans une agence au centre ville...10 roupies...et plus de billets pour Agra...tout ce qu'il a à nous proposer, c'est une voiture avec chauffeur pour faire le tour du Rajasthan. Pas question! On file dans une autre agence..10 roupies...et rebelote! Plus de billets pour Agra. La fatigue commençant à peser un peu, le ton change : Qu'est-ce qu'on va faire d'un taxi et d'un chauffeur? On veut voyager en bus et en train, en chameau, en moto ou en Rickshaw. On veut visiter l'Inde, oui d'accord, mais on veut surtout vivre en Inde pendant un mois! 10 roupies...et troisième agence. Jamais deux sans trois ok, mais là, c'est la dernière! Il nous charme, nous assurant qu'il fait tout son possible pour nous trouver un train.. D'après lui, ca paraît impossible.. Mais Ganesh serait-il avec nous? Comme par hasard des places se libèrent juste à l'instant. On prend! Au passage il nous refile quand même un package hôtel, pick-up, tour de la ville et train pour Jaipur, rien que ça! Fatiguées, on accepte. On s'est fait rouler... bien évidemment!!
Le midi, premier restaurant Indien.. On ne connaît rien. Si on prenait un thali? Stupéfaction. Une grande assiette, tres grande assiette, des katoris remplis de sauces, viandes, légumes et lassi. Appréhension. Comment mange-t-on ça? De voir deux empotées rigoler devant ce repas gargantuesque, la table d'à coté rit gentiment.. On a besoin d'explications!Notre oreille Française n'ayant pas encore eu le temps de s'habituer à « l'Hinglais », nous faisons ce que nous pouvons. Ridicules et excitées à la fois, nous nous laisser enseigner ensuite par une mère et son fils qui se font un plaisir de nous initier. C'est ce jour là que commença mon addiction aux chapatti...
A la gare, bien deux heures à l'avance, nous nous installons sur notre quai. Des gens, beaucoup de gens. Je ne sais quoi penser. Contente d'être enfin en Inde mais pas très à l'aise.. Les Indiens nous regardent, nous dévisagent, rigolent, parlent entre eux...quoi penser?
La misère. On m'en avait beaucoup parlé avant de partir. »L'Inde est un pays pauvre », « tu va voir tu vas être choquée. ». Je pensais à tout ce que les gens m'avaient dit. Je n'avais pas encore vraiment vu de misère... jusqu'à ce qu'un garçon d'à peu près mon âge s'approche, amputé, sale, les vêtements arrachés, ne parlant pas, n'ayant que son regard suppliant pour me réclamer de l'argent.... Dégoût, tristesse, pitié. Je ne me sens pas bien. Ne pas donner, ne pas céder, c'est dur... C'est ce qu'on avait décidé avec Gore Gal avant de partir.. Donner ou non, ça nous avait beaucoup questionné. Nous ne voulons pas solliciter les gens à faire la manche. Si nous donnons ce serait a des écoles ou associations. De plus, nous ne connaissons pas l'Inde pour nous permettre de donner. Pourquoi lui plutot qu'un autre? Que va-t-il faire ensuite de cet argent ou de cette nourriture? Va-t-il le garder pour lui? Va-t-il se faire agresser et tout piquer? Fait-il parti d'un réseau? Cette question du don est trop compliquée. Il ne faut pas céder. J'ai pitié.. Je crois que c'est réellement la première fois. Peu après, d'autres Indiens l'attrapent, le traînent à terre comme un vulgaire déchet. Ils le jettent dans le tain, l'enferment. Il est faible, ne peut rien faire à part gémir et pousser des cris à vous faire frissonner. Ils le rejètent à terre et le retraine sur plusieurs mètres. Je blanchis, je vais pleurer, ça me donne envie de vomir...
Notre train arrive enfin. Il défile devant nos yeux, on tente d'apercevoir le wagon C1. Il n'y en a pas! Lisant peut-être notre inquiétude sur notre visage ou voulant simplement aider deux touristes égarées dans cette jungle, un Indien tente de trouver notre wagon. On déambule le long du quai à la recherche de ce wagon...qui n'existe pas!C1, S1, c'est vrai que ça se ressemble! Mais grâce à la gentillesse de cet Indien et de tous les autres qui nous ont renseigné, nous nous asseyons enfin sur nos banquettes « classes » de première classe. 3h30 de trajet. Nous sommes fatiguées. Ne pas dormir, surveiller les sacs, ca promet d'être long! Long, pas tant que ça finalement. Bien sûr la fatigue pèse, mais tous nos sens sont en éveil. Le bruit du vieux train, le chant mélodieux de l'Hindi, les « chiiiiips » hurlés par les enfants à chaque arrêt, les couleurs roses orangées de notre premier couché de soleil, les saris multicolores des femmes, une odeur indescriptible qu'on ne retrouve que dans les trains Indiens...Je n'oublie pas la rencontre d'un homme et de sa fille, une discussion sur le mariage, la religion, qui se transmet ensuite à tous ceux qui partagent notre banquette, une tentative de communication avec la vieille femme assise a côté de moi. Pas d'Anglais, que des gestes: Elle me protège lorsqu'une horde d'hommes prennent le train en assaut, pose sa main sur ma jambe en me souriant, me pousse vers elle pour être sûr que j'ai assez de place... Les gestes sont parfois plus forts que des mots.
Agra! On a réussi! L'Indien et sa fille très protectionnistes ne nous lâchent pas tant que nous ne sommes pas entre les bonnes mains de notre pick up. Ils nous donnent même leur numéro de téléphone au cas ou quelque chose se passerait mal. Direction l'hôtel en voiture. Premier réflexe, la ceinture. Une ceinture?!Noooon!Ca n'éxiste pas ici! Après avoir décidé du programme du lendemain, on trouve enfin un lit. Pas pour très longtemps! Nous voulons absolument voir le Taj Mahal au lever du soleil. Deux bonnes raisons à cela : L'atmosphère, les couleurs autour de cette merveille est particulier et bien sûr, tôt le matin, les touristes dorment encore! Lever donc a 5h30 pour y être vers 6h... Stupéfaction! Grandiose, magique, une des merveilles du monde. Le Taj Mahal, imposant semble surgir tel un mirage dans la brume matinale. Beauté indescriptible pour ce monument symbole de l'amour. Nous nous baladons tout autour, émerveillées. Gore Gal s'assoit et tente un vulgaire croquis du Taj. C'est bientôt étouffant dans une marée d'Indiens qu'elle tentera de le finir. Curieux ces Indiens, très curieux et émerveillés par deux touristes, un dessin, et enfin leur photo sur l'écran de mon appareil numérique. 9h du matin et il fait déjà si chaud, nous quittons alors ce lieu à reculons ne décrochant pas des yeux ce palais de marbre blanc. Après un bon chai, notre guide nous amène dans une boutique où le marbre est taillé et décoré. Démonstration, jeux de lumières sur cette pierre translucide... étonnant! Visite, donc...forcing pour acheter.Dur de s'en défaire! Nous goutons ensuite aux joies de l'internet Indien. Vieux ordinateurs, claviers où les lettres sont effacées, et après une heure de tentative d'écriture de mail.... panne de courant!!Arg! Bon ce sera juste trois mots pour rassurer mes proches pendant que Gore Gal subit le massage du guide. Il est bientôt l'heure de manger.. mmmh quel nouveau plat va-t-on gouter aujourd'hui? C'et tla maman du guide qui le prépare. En attendant, Gore Gal et moi allons flâner tranquillement dans les rues d'Agra. Après un bon byriani, nous décidons de partir pour Fatehpur Sikri. Scène comique en rickshaw: Gore Gal et moi à l'arrière, nos deux gros sacs en équilibre sur nos genoux et un Indien, tout maigrichon, pédalant sous une chaleur épouvantable. Ridicule! La gare routière n'est pas trop loin heureusement! Premier trajet dans un bus local... On m'en a souvent parlé de ces foutus bus! Mais surprise, ils ne sont pas si mal!
Arrivée à Fatehpur Sikri. Petite rue, petites boutiques tout le long, des gens partout, des motos, chèvres, vaches et cochons. On cherche un hôtel au plus vite, on trouve, juste en face de la mosquée. 120 roupies, la chambre est correcte.. Nous y posons alors nos sacs et nous nous rendons sur le toit où ils nous offrent à boire tout en papotant. Je suis tout de suite séduite par cette petite ville et par ces gens si accueillants .Cependant, je ne réalise pas encore qu'ici je vais vivre, m'imprégner, m'attacher, à cette ville, à ces gens, à qui je dois mon amour pour l'Inde. C'est réellement ici, que tout a commencer.
Suite de la première partie:
Pour aller à la 1ère partie : http://voyageforum.com/...ost=1044418;#1044418
04 avril, 5ème jour de trek De Lama Hotel à Thulo Syabru (2130m). -720m, +480m, 5-6h, environ 15 km
Le moral est toujours au beau fixe!
Om, 18 ans, est une force de la nature! Normal, son père était chasseur de tigres... Tous les soirs, après avoir avalé un énorme dal-bhaat, il sort son cahier d'écolier pour apprendre le français et l'anglais. Il espère ainsi pouvoir devenir à son tour un guide pour les touristes étrangers, tout comme Chauhan.
On change de vallée pour aller vers Thulo Syabru (2130m),

beau village au sommet de collines en terrasses.

Les fenêtres, petites, sont toujours très ouvragées.

Le propriétaire de notre lodge a passé une bonne partie de l'après-midi à bouquiner...
05 avril, 6ème jour de trek De Thulo Syabru (2130m) à Sing Gompa (3330m) ; environ 3 h, environ 10 km.
Andromède du Japon, quand même plus rare que les rhododendrons.

Notre guide Chauhan, sait tout faire. Il est né dans le Teraï au milieu de 5 frères et 3 soeurs, a décidé de chercher fortune à Katmandu, a appris le français à l'alliance française et gagne maintenant sa vie comme guide à travers tout le Népal. Il nous a beaucoup appris sur la culture et la société népalaise.
Cultivé, courageux, toujours de bonne humeur: nous avons tous été conquis!
Nous traversons une forêt "enchantée", les rhododendrons peuvent atteindre 18 m de haut!


Nous arrivons finalement au lodge de Shin Gompa. C'est-y pas beau tout ça?!

Ce jeu a beaucoup plu aux enfants, il y en a partout au Népal :
Nous avions aussi emmené quelques jeux (moins encombrants) : les népalais sont très joueurs et participent volontiers.
Voilà à quoi ressemble une chambre dans un lodge de montagne:
06 avril, 7ème jour de trek De Shin Gompa (3300m) à Laurebina Yak (3900 m) puis aux lacs de Gosainkund ((4460m) environ 12 km. 5-6 h.

Les enfants sont passés trop vite pour voir ce panneau!

Nous arrivons à Laurebina Yak juste avant les nuages : le panorama est grandiose vers l’ouest avec la chaîne du Ganesh Himal.
Nous grimpons les derniers 500 m dans les nuages

et une éclaircie nous accueille quand nous arrivons au premier lac.

A ces altitudes (plus de 4000 m) la végétation se fait très discrète:

Tous les ans, au mois d'août, arrivent des milliers de pèlerins qui vont se purifier dans le lac.

07 avril, 8ème jour de trek Une grosse journée en perspective : d’abord le passage du col (4600m) qui se fait sans difficulté dans des paysages superbes puis la longue descente jusqu’à Gopte (3430m). Environ 16 km. 6-7h. Le sentier s'éloigne du lac principal (il y a en tout 16 lacs!)

Le chemin jusqu'au col est superbe! Pas d'autre difficulté que l'altitude mais en allant doucement (!) tout va bien. Le fond de l'air est quand même un peu frais!

Voici le col (4600 m) du Laurebina Pass

En repassant sous la barre des 4000 m on voit réapparaître quelques primevères..
Il est 14h30 quand nous arrivons à Gopte en même temps que l’orage. Nous décidons donc d’y passer la nuit plutôt que de poursuivre jusqu’à Tharepati. Le lodge est vraiment trrrès rustique, il n’y a presque pas de couvertures, le guide et les porteurs ont eu très froid cette nuit (ils ne transportent pas de duvets et comptent sur les couvertures des lodges). Le poêle de la « salle à manger » produit plus de fumée que de chaleur : il faut laisser porte et fenêtres ouvertes sous peine d’asphyxie alors qu’il neige dehors ! C’est le moment d’essayer le tchang, alcool de riz pas mauvais du tout !
08 avril, 9ème jour de trek De Gopte (3430 m) à Tharepati (3510m) puis à Kutumasang (2470m), environ 20 km. 6-7h. Derrière nous, juste sous la partie droite du petit nuage, le Laurebina Pass, vu depuis l'est, que nous avons franchi hier:

Comme hier avant Gopte, le sentier disparaît régulièrement sous des névés inhabituels à cette période de l’année.
Nous n’avons pas de corde : glissade interdite ! Heureusement nous progressons en montant, c’est plus facile. Nous croisons un groupe de randonneurs qui font le parcours inverse, certains sont tout verts. Leurs porteurs réalisent des prouesses pour passer avec leur énorme charge. C’est vraiment limite… Arrivés à Tharepati, nous grimpons au-dessus des lodges pour admirer les montagnes qui font les timides derrière les nuages.

Après Tharepati commence une longue descente vers Kutumasang. Nous entendons des adolescents se héler à travers la forêt. Ici comme dans beaucoup d'autres endroits, les arbres ont une allure étrange. On les taille pour nourrir les animaux.


Nous sommes maintenant vraiment dans l'Helambu :

Les villages sont assez pimpants! Les poulets sont bien rangés!


Le visage des enfants souffre moins du froid que plus haut...
Nous retrouvons un peu de civilisation à Kutumasang, il y a de l’électricité (sur batteries, pas de 220 V) mais plus d’eau chaude ! Nous rêvions pourtant d’une bonne douche depuis quelques jours. J’ai attrapé la crève et préfère ne pas aggraver les choses : je resterai donc « dans mon jus ».
09 avril, 10ème jour de trek De Kutumasang (2470m) à Chisopani (2215m), 6-7h, +970m, -790m. environ 18 km
Paysage typique de l'Helambu:
Ce sont des montagnes russes. Je me traîne, j’ai la crève et je ne peux avaler que des fanta ! Vers l'ouest on distingue encore les montagnes où nous sommes passés.
Le paysage est joli
mais un peu monotone et surtout ça monte pour mieux redescendre après et inversement et il fait chaud !

Mais bon, pour nous, c'est les vacances...


Nous faisons une petite pause dans une échoppe.

La fascination est réciproque:

Un peu plus loin dans le même village :

Cette femme est toute fière de son beau bébé!

Razzu, 35 ans, est discret mais efficace. Lui aussi a toujours le sourire.

On trouve encore quelques maisons au toit de paille ...
Un peu avant Chisopani:
A Chisopani, enfin une vraie bonne douche, dans un relatif confort, mmmh !!
10 avril, 11ème jour de trek De Chisopani à Sundarijal (1460m) +150m, -1150m 3h30 pour 5-6h annoncées. 14 km Voici un exemple typique de l'architecture des lodges au Népal. Mmh.. original n'est-ce-pas? C'est là que nous avons passé notre dernière nuit dans la montagne.

Chauhan a téléphoné au chauffeur pour lui dire de venir à Sundarijal pour 10h30 alors on descend à toute vitesse. On a les genoux en compote en arrivant en bas : on a terminé par 1h15 de marches d’escalier sans interruption !! On croise des randonneurs qui montent et on les plaint de tout notre cœur : les pauvres ne savent pas qu’ils en ont pour des heures à gravir toutes ces marches sous le soleil. Il y a de quoi vous dégoûter immédiatement de votre trek. En plus on longe une horrible conduite d’adduction d’eau pendant des km. Bref, je déconseille d’attaquer l’Helambu par ce bout-là !!!
Le 4X4 arrive 5 minutes après nous et nous nous entassons pour un court trajet de 2 heures environ jusqu’à Bhaktapur, très ancienne cité médiévale à quelques km à l’est de Katmandu où nous passerons notre dernière nuit avant de quitter le Népal demain. Il faut s’acquitter d’une taxe de 750 roupies/personne pour entrer à Bhaktapur. Nous prenons tous ensemble notre dernier déjeuner. Chacun pense à l’autre qui va retourner dans « son monde » après avoir vécu en commun quelques très belles journées. Chauhan notre guide part dans une semaine pour un Xème tour de l’Annapurna tandis que Om et Razzu les porteurs vont tâcher de se trouver un petit boulot en attendant un prochain trek. Les enfants sont à la fois fiers d’avoir si bien marché, et comme nous, émus par tant de gentillesse et de bonne humeur de la part des Népalais dont la vie est souvent si âpre. Un peu groggy, nous nous accordons une petite sieste à l’hôtel avant de partir faire un tour dans Bhaktapur.

Dans quelques jours c’est le nouvel an népalais et les festivités commencent déjà.

Les gens ont construit cet énorme char et s’agglutinent, toujours plus nombreux, sur les vieilles places de Bhaktapur. C'est l'heure de la sortie des écoles. Ces enfants ont de la chance. 60% des népalais sont analphabètes!

Aujourd'hui : teinture noire!

Peu ou pas d'eau courante à Bhaktapur :

Musiciens prêts pour la fête:
11 avril, jour du départ Nous sommes réveillés par les chants des oiseaux (à KTM, c’était par les klaxons !) Nous profitons de notre matinée pour arpenter encore une fois les ruelles de Bhaktapur, ville presque piétonne et acheter quelques souvenirs.
Potter's Square :


C'est dans ce four que sont cuites les poteries:

Mais que regardent-ils tous les deux?


Petits métiers :


Végétarien, j'vous dis! Et encore vous n'avez pas vu la rivière...



Travail d'équipe!

Coquette!

Aujourd'hui: teinture rouge!

Grande lessive!

Jeux publics!

Vue depuis le toit de la Golden Gate Guest House :
Après un dernier (bon) repas népalais avalé à notre hôtel, le chauffeur nous emmène (avec bien du mal, bouchons chroniques…) à l’aéroport. Dans 24 h nous serons chez nous !
QUELQUES REMARQUES : Energie pendant le trek : Nous n’avons eu de l’électricité qu’à Syabrubensi, pas plus haut dans la vallée du Langtang. A Thulo Syabru, il y avait en théorie de l’électricité mais ça ne marchait pas. Jusqu’aux lacs de Gosainkund : rien. Dans l’Helambu (du Laurebina Pass jusqu’à Sundarijal) : pas de 220V, éclairage sur batterie.
Pour l’appareil photo (Canon EOS 350D) on avait un grip avec 2 batteries qui a tenu 9 jours et on a utilisé partiellement 2 autres batteries. On a fait un peu moins de 900 photos, assez souvent avec le flash. Pour le GPS (Garmin) : autonomie suffisante en ne l’allumant que ponctuellement (gadget d’ailleurs inutile sauf pour le fun ! ) Pour le caméscope : 3 jeux de batteries utilisés pour 1H40 d’enregistrement environ.
Donc inutile de se charger de fils et d’adaptateurs et de chargeurs, mieux vaut simplement prendre des batteries en plus.
Bibliographie : Carte du National Geographic Trails Illustrated, adventure map, Langtang, trekking 3004, commandée sur amazon et reçue au bout de 2 ou 3 mois ! Lonely Planet : Népal en français. Lonely Planet : trekking in the Nepal Himalaya en anglais, plein d’informations utiles, cartes…
Pour se mettre dans l’ambiance et/ou prolonger le voyage : A lire absolument : « Le ciel sera mon toit » d’Eric Valli chez Gallimard. Tellement extra que j’en ai fait cadeau à notre guide Chauhan qui avait d’ailleurs aussi lu les livres ci-dessous. Alexandra David Neel : Voyage d’une parisienne à Lhassa, Au cœur des Himalaya, le Népal, entre autres… Jacques Lanzmann : le fils de l’Himalaya. Maurice Herzog : Annapurna 1er 8000.
BUDGET : Avion pour 5 (dont 1 enfant) Paris-Bahrein-Katmandu A/R : 3653 euro TTC. Agence Celtic Trekking : 1737 euro pour nous 5 (inclus : transferts aéroports, trajets en 4X4 pour départ et retour du trek, guide francophone et porteurs, lodges et nourriture sauf boissons, assurance porteurs et guide) Visa 24 euro/pers Taxe aéroport retour payable uniquement en roupies : 1696 roupies/pers. Hotel Harati à KTM : 37 euro pour 2 chambres. Hotel Golden Gate Guest House à Bhaktapur 2 chambres + 2 repas et petit déjeuner pour 5 : 45 euro Entrées Bhaktapur : 7, 5 euro/pers
TOTAL 5720 EURO pour nous 5. (sans boissons et souvenirs et pourboires guide et porteurs)
EN CONCLUSION : Pour nous qui étions plutôt des adeptes de paysages naturels grandioses, ce voyage au Népal nous a apporté une dimension supplémentaire: la beauté d'un peuple, sa gentillesse, son courage. On n'en revient encore pas! Il est certain que la présence de Chauhan, jeune guide francophone, a énormément facilité pour nous la compréhension de cette culture si éloignée de nos repères habituels. Bref, toute la famille est partante pour un nouveau trek au Népal. Le Tour des Annapurna par exemple (favori de Chauhan) mais sa durée est difficilement compatible avec celle des vacances scolaires hélas! Le plus difficile dans ce trek aura été pour nous le manque de confort (eh oui!) plus que les dénivelées ou l'altitude que nous avons bien encaissées. Une petite déception : la BRUME quasi omniprésente, pas terrible pour les photo...
N'hésitez pas si vous avez des questions. Je me ferai une joie d'essayer d'y répondre, c'est une façon de prolonger le voyage...
04 avril, 5ème jour de trek De Lama Hotel à Thulo Syabru (2130m). -720m, +480m, 5-6h, environ 15 km
Le moral est toujours au beau fixe!
Om, 18 ans, est une force de la nature! Normal, son père était chasseur de tigres... Tous les soirs, après avoir avalé un énorme dal-bhaat, il sort son cahier d'écolier pour apprendre le français et l'anglais. Il espère ainsi pouvoir devenir à son tour un guide pour les touristes étrangers, tout comme Chauhan.On change de vallée pour aller vers Thulo Syabru (2130m),

beau village au sommet de collines en terrasses.

Les fenêtres, petites, sont toujours très ouvragées.

Le propriétaire de notre lodge a passé une bonne partie de l'après-midi à bouquiner...

05 avril, 6ème jour de trek De Thulo Syabru (2130m) à Sing Gompa (3330m) ; environ 3 h, environ 10 km.
Andromède du Japon, quand même plus rare que les rhododendrons.

Notre guide Chauhan, sait tout faire. Il est né dans le Teraï au milieu de 5 frères et 3 soeurs, a décidé de chercher fortune à Katmandu, a appris le français à l'alliance française et gagne maintenant sa vie comme guide à travers tout le Népal. Il nous a beaucoup appris sur la culture et la société népalaise.

Cultivé, courageux, toujours de bonne humeur: nous avons tous été conquis!
Nous traversons une forêt "enchantée", les rhododendrons peuvent atteindre 18 m de haut!



Nous arrivons finalement au lodge de Shin Gompa. C'est-y pas beau tout ça?!

Ce jeu a beaucoup plu aux enfants, il y en a partout au Népal :

Nous avions aussi emmené quelques jeux (moins encombrants) : les népalais sont très joueurs et participent volontiers.

Voilà à quoi ressemble une chambre dans un lodge de montagne:

06 avril, 7ème jour de trek De Shin Gompa (3300m) à Laurebina Yak (3900 m) puis aux lacs de Gosainkund ((4460m) environ 12 km. 5-6 h.

Les enfants sont passés trop vite pour voir ce panneau!

Nous arrivons à Laurebina Yak juste avant les nuages : le panorama est grandiose vers l’ouest avec la chaîne du Ganesh Himal.

Nous grimpons les derniers 500 m dans les nuages

et une éclaircie nous accueille quand nous arrivons au premier lac.

A ces altitudes (plus de 4000 m) la végétation se fait très discrète:

Tous les ans, au mois d'août, arrivent des milliers de pèlerins qui vont se purifier dans le lac.

07 avril, 8ème jour de trek Une grosse journée en perspective : d’abord le passage du col (4600m) qui se fait sans difficulté dans des paysages superbes puis la longue descente jusqu’à Gopte (3430m). Environ 16 km. 6-7h. Le sentier s'éloigne du lac principal (il y a en tout 16 lacs!)

Le chemin jusqu'au col est superbe! Pas d'autre difficulté que l'altitude mais en allant doucement (!) tout va bien. Le fond de l'air est quand même un peu frais!

Voici le col (4600 m) du Laurebina Pass

En repassant sous la barre des 4000 m on voit réapparaître quelques primevères..

Il est 14h30 quand nous arrivons à Gopte en même temps que l’orage. Nous décidons donc d’y passer la nuit plutôt que de poursuivre jusqu’à Tharepati. Le lodge est vraiment trrrès rustique, il n’y a presque pas de couvertures, le guide et les porteurs ont eu très froid cette nuit (ils ne transportent pas de duvets et comptent sur les couvertures des lodges). Le poêle de la « salle à manger » produit plus de fumée que de chaleur : il faut laisser porte et fenêtres ouvertes sous peine d’asphyxie alors qu’il neige dehors ! C’est le moment d’essayer le tchang, alcool de riz pas mauvais du tout !
08 avril, 9ème jour de trek De Gopte (3430 m) à Tharepati (3510m) puis à Kutumasang (2470m), environ 20 km. 6-7h. Derrière nous, juste sous la partie droite du petit nuage, le Laurebina Pass, vu depuis l'est, que nous avons franchi hier:

Comme hier avant Gopte, le sentier disparaît régulièrement sous des névés inhabituels à cette période de l’année.

Nous n’avons pas de corde : glissade interdite ! Heureusement nous progressons en montant, c’est plus facile. Nous croisons un groupe de randonneurs qui font le parcours inverse, certains sont tout verts. Leurs porteurs réalisent des prouesses pour passer avec leur énorme charge. C’est vraiment limite… Arrivés à Tharepati, nous grimpons au-dessus des lodges pour admirer les montagnes qui font les timides derrière les nuages.

Après Tharepati commence une longue descente vers Kutumasang. Nous entendons des adolescents se héler à travers la forêt. Ici comme dans beaucoup d'autres endroits, les arbres ont une allure étrange. On les taille pour nourrir les animaux.


Nous sommes maintenant vraiment dans l'Helambu :

Les villages sont assez pimpants! Les poulets sont bien rangés!


Le visage des enfants souffre moins du froid que plus haut...
Nous retrouvons un peu de civilisation à Kutumasang, il y a de l’électricité (sur batteries, pas de 220 V) mais plus d’eau chaude ! Nous rêvions pourtant d’une bonne douche depuis quelques jours. J’ai attrapé la crève et préfère ne pas aggraver les choses : je resterai donc « dans mon jus ».
09 avril, 10ème jour de trek De Kutumasang (2470m) à Chisopani (2215m), 6-7h, +970m, -790m. environ 18 km
Paysage typique de l'Helambu:

Ce sont des montagnes russes. Je me traîne, j’ai la crève et je ne peux avaler que des fanta ! Vers l'ouest on distingue encore les montagnes où nous sommes passés.

Le paysage est joli

mais un peu monotone et surtout ça monte pour mieux redescendre après et inversement et il fait chaud !

Mais bon, pour nous, c'est les vacances...


Nous faisons une petite pause dans une échoppe.

La fascination est réciproque:

Un peu plus loin dans le même village :

Cette femme est toute fière de son beau bébé!

Razzu, 35 ans, est discret mais efficace. Lui aussi a toujours le sourire.

On trouve encore quelques maisons au toit de paille ...

Un peu avant Chisopani:

A Chisopani, enfin une vraie bonne douche, dans un relatif confort, mmmh !!
10 avril, 11ème jour de trek De Chisopani à Sundarijal (1460m) +150m, -1150m 3h30 pour 5-6h annoncées. 14 km Voici un exemple typique de l'architecture des lodges au Népal. Mmh.. original n'est-ce-pas? C'est là que nous avons passé notre dernière nuit dans la montagne.

Chauhan a téléphoné au chauffeur pour lui dire de venir à Sundarijal pour 10h30 alors on descend à toute vitesse. On a les genoux en compote en arrivant en bas : on a terminé par 1h15 de marches d’escalier sans interruption !! On croise des randonneurs qui montent et on les plaint de tout notre cœur : les pauvres ne savent pas qu’ils en ont pour des heures à gravir toutes ces marches sous le soleil. Il y a de quoi vous dégoûter immédiatement de votre trek. En plus on longe une horrible conduite d’adduction d’eau pendant des km. Bref, je déconseille d’attaquer l’Helambu par ce bout-là !!!
Le 4X4 arrive 5 minutes après nous et nous nous entassons pour un court trajet de 2 heures environ jusqu’à Bhaktapur, très ancienne cité médiévale à quelques km à l’est de Katmandu où nous passerons notre dernière nuit avant de quitter le Népal demain. Il faut s’acquitter d’une taxe de 750 roupies/personne pour entrer à Bhaktapur. Nous prenons tous ensemble notre dernier déjeuner. Chacun pense à l’autre qui va retourner dans « son monde » après avoir vécu en commun quelques très belles journées. Chauhan notre guide part dans une semaine pour un Xème tour de l’Annapurna tandis que Om et Razzu les porteurs vont tâcher de se trouver un petit boulot en attendant un prochain trek. Les enfants sont à la fois fiers d’avoir si bien marché, et comme nous, émus par tant de gentillesse et de bonne humeur de la part des Népalais dont la vie est souvent si âpre. Un peu groggy, nous nous accordons une petite sieste à l’hôtel avant de partir faire un tour dans Bhaktapur.

Dans quelques jours c’est le nouvel an népalais et les festivités commencent déjà.

Les gens ont construit cet énorme char et s’agglutinent, toujours plus nombreux, sur les vieilles places de Bhaktapur. C'est l'heure de la sortie des écoles. Ces enfants ont de la chance. 60% des népalais sont analphabètes!

Aujourd'hui : teinture noire!

Peu ou pas d'eau courante à Bhaktapur :

Musiciens prêts pour la fête:

11 avril, jour du départ Nous sommes réveillés par les chants des oiseaux (à KTM, c’était par les klaxons !) Nous profitons de notre matinée pour arpenter encore une fois les ruelles de Bhaktapur, ville presque piétonne et acheter quelques souvenirs.
Potter's Square :


C'est dans ce four que sont cuites les poteries:

Mais que regardent-ils tous les deux?


Petits métiers :


Végétarien, j'vous dis! Et encore vous n'avez pas vu la rivière...



Travail d'équipe!

Coquette!

Aujourd'hui: teinture rouge!

Grande lessive!

Jeux publics!

Vue depuis le toit de la Golden Gate Guest House :

Après un dernier (bon) repas népalais avalé à notre hôtel, le chauffeur nous emmène (avec bien du mal, bouchons chroniques…) à l’aéroport. Dans 24 h nous serons chez nous !
QUELQUES REMARQUES : Energie pendant le trek : Nous n’avons eu de l’électricité qu’à Syabrubensi, pas plus haut dans la vallée du Langtang. A Thulo Syabru, il y avait en théorie de l’électricité mais ça ne marchait pas. Jusqu’aux lacs de Gosainkund : rien. Dans l’Helambu (du Laurebina Pass jusqu’à Sundarijal) : pas de 220V, éclairage sur batterie.
Pour l’appareil photo (Canon EOS 350D) on avait un grip avec 2 batteries qui a tenu 9 jours et on a utilisé partiellement 2 autres batteries. On a fait un peu moins de 900 photos, assez souvent avec le flash. Pour le GPS (Garmin) : autonomie suffisante en ne l’allumant que ponctuellement (gadget d’ailleurs inutile sauf pour le fun ! ) Pour le caméscope : 3 jeux de batteries utilisés pour 1H40 d’enregistrement environ.
Donc inutile de se charger de fils et d’adaptateurs et de chargeurs, mieux vaut simplement prendre des batteries en plus.
Bibliographie : Carte du National Geographic Trails Illustrated, adventure map, Langtang, trekking 3004, commandée sur amazon et reçue au bout de 2 ou 3 mois ! Lonely Planet : Népal en français. Lonely Planet : trekking in the Nepal Himalaya en anglais, plein d’informations utiles, cartes…
Pour se mettre dans l’ambiance et/ou prolonger le voyage : A lire absolument : « Le ciel sera mon toit » d’Eric Valli chez Gallimard. Tellement extra que j’en ai fait cadeau à notre guide Chauhan qui avait d’ailleurs aussi lu les livres ci-dessous. Alexandra David Neel : Voyage d’une parisienne à Lhassa, Au cœur des Himalaya, le Népal, entre autres… Jacques Lanzmann : le fils de l’Himalaya. Maurice Herzog : Annapurna 1er 8000.
BUDGET : Avion pour 5 (dont 1 enfant) Paris-Bahrein-Katmandu A/R : 3653 euro TTC. Agence Celtic Trekking : 1737 euro pour nous 5 (inclus : transferts aéroports, trajets en 4X4 pour départ et retour du trek, guide francophone et porteurs, lodges et nourriture sauf boissons, assurance porteurs et guide) Visa 24 euro/pers Taxe aéroport retour payable uniquement en roupies : 1696 roupies/pers. Hotel Harati à KTM : 37 euro pour 2 chambres. Hotel Golden Gate Guest House à Bhaktapur 2 chambres + 2 repas et petit déjeuner pour 5 : 45 euro Entrées Bhaktapur : 7, 5 euro/pers
TOTAL 5720 EURO pour nous 5. (sans boissons et souvenirs et pourboires guide et porteurs)
EN CONCLUSION : Pour nous qui étions plutôt des adeptes de paysages naturels grandioses, ce voyage au Népal nous a apporté une dimension supplémentaire: la beauté d'un peuple, sa gentillesse, son courage. On n'en revient encore pas! Il est certain que la présence de Chauhan, jeune guide francophone, a énormément facilité pour nous la compréhension de cette culture si éloignée de nos repères habituels. Bref, toute la famille est partante pour un nouveau trek au Népal. Le Tour des Annapurna par exemple (favori de Chauhan) mais sa durée est difficilement compatible avec celle des vacances scolaires hélas! Le plus difficile dans ce trek aura été pour nous le manque de confort (eh oui!) plus que les dénivelées ou l'altitude que nous avons bien encaissées. Une petite déception : la BRUME quasi omniprésente, pas terrible pour les photo...
N'hésitez pas si vous avez des questions. Je me ferai une joie d'essayer d'y répondre, c'est une façon de prolonger le voyage...
Aeroport de Delhi - 08 Juin 2007 - 5h30 :
Apres une dizaine d'heures de vol avec une escale eclair au Qatar, j'arrive a Delhi.
Il fait 37 degres celsius alors que le jour vient de se lever.
L'Inde promet d'etre chaude (oui, Inde sonne mieux au feminin).
Dans l'aeroport, des centaines de personnes attendent les eventuels touristes. Je me fais interpeler par certains, je refuse d'etre pris en taxi, je veux surtout pouvoir me degourdir les jambes, marcher un peu, si possible vers le centre ville.
Mes douze kilos d'affaire dans mon sac a dos et moi sommes enfin en Inde.
Ma mere m'avait prevenu : En Inde, on roule n'importe comment. Et c'est vrai : Je soupconne les indiens de conduire de maniere aventureuse juste pour decourager la location de vehicules par les touristes.
C'est simple, tout fonctionne au klaxon. pas pour des raisons de mecontentement, non. Simplement pour dire "Eh vieux, je suis la, je veux passer, fais ce que tu peux pour que je puisse avancer." Tout cela sans aucune animosite.
C'est le principal code de la route a respecter. Tout le reste est facultatif : feux rouges, stops, passage pietons, priorites...
Les taxis indiens sont plutot amusants. vous voyez les nouveaux scooter a trois roues qui commencent a faire fureur a Paris ? Eh bien, les taxis, ici, ont deux roues arrieres et une roue avant, il y a de la place pour trois personnes dans le vehicule mais j'ai l'impression que le yoga permet aux habitant d'y entrer jusqu'a dix.
Je pense deja a prendre mes premiers cliches, je sors mon bel appareil (Un petit Canon EOS 400D), vise sur... Hum... bon, ok, c'est juste un panneau de signalisation, c'est moyen comme premiere photo d'un pays mais pour ma defense, je prefere vous dire que je suis juste a cote de l'aeroport, hein...
Bref, je dirige mon objectif vers un panneau de signalisation et... Mon appareil me signale qu'il n'y a pas de carte memoire inseree... J'ai oublie ma carte memoire a paris, chez l'ami qui m'a heberge la veille. Sympa, le debut des vacances...
Je me fais souvent interpeler pour etre pris dans un taxi.
Les mesaventures que j'ai deja pu avoir avec un autre taxi (anglais, notamment) en debut d'un ancien voyage font que je prefere leur lancer un "No Money" et continue a avancer.
Du moins jusqu'a ce qu'un chauffeur me lance un "Ok, for no money !". Forcement, moi, si on me prend par les sentiments. Je monte dans le taxi qui me depose un peu plus loin, remercie le chauffeur, m'apprete a repartir et regarde les premieres impressions que me donne l'Inde.
Des gens par centaines qui dorment dans la rue, beaucoup d'eclopes, de borgnes, de personnes n'ayant que des moignons a la place de bras, de pieds, la misere, la vraie...
Je marche un peu et un van rempli de monde s'arrete et l'on me demande ou je vais. Je leur repete deux ou trois fois que je vais au centre ville.
__ Oui, en fait, c'est le moment de preciser qu'un defaut de prononciation fait que j'ai beaucoup de mal a prononcer les R. Ca m'aide particulierement pour parler anglais mais les langues russes - ou simplement l'anglais indien - me sont presque impossible a prononcer correctement. __
"Come, come ! But, I have no money. No matterr, come !" Je monte tant bien que mal dans le vehicule avec mon enorme sac qui prend bien la place d'une personne.
Le systeme de caste en inde fait qu'on a rapidement besoin de situer son interlocuteur en quelques questions. Ainsi, on arrive tres vite a : D'ou viens-tu ? Est-ce la premiere fois que tu viens en Inde ? (Cette question est surtout la pour voir s'il y a moyen de nous pigeonner, parait-il) Qu'est-ce que tu fais comme metier ? Que font tes parents ? Es-tu marie ? As-tu une petite amie ?...
Plus ou moins dans cet ordre.
Ils me deposent pres d'une station de metro.
J'ai besoin d'information sur l'Inde. Je demande dans la rue ou je peux trouver un office de tourisme.
Oui, pour le coup, j'aurais peut-etre du me renseigner avant...
L'homme a qui je demande ca m'accompagne jusqu'a un "Tourist centre" sur deux bons kilometres.
celui qui me recoit est efficace, me dit dans l'ordre les endroits ou je dois aller : au Rajhastan, d'abord, puis au Cachemire, en me donnant bien le nom des patelins que je dois visiter, le temps que je devrais y rester, le type de transports que je dois prendre, les choses que je dois y faire...
Enfin, il me sort une calculatrice et me sort : "All this for 450 euros." Je deglutis. Je viens de comprendre qu'il me proposait un veritable voyage organise.
Parfaitement ce que je ne suis pas venu faire en Inde. Je suis plutot du genre routard, quoi... Et Ce n'est pas dans mon budget pour un mois de voyage.
Je lui explique je suis plutot du genre stop, un concept qu'il ne comprend pas, a dormir chez des gens, il croit que je lui parle d'auberges de jeunesses, et a decider au dernier moment, il me dit que je peux changer les horaires des trains jusqu'a 12h avant de partir...
Bref, on n'est pas sur la meme longueur d'onde, mais en meme temps, c'est son boulot. Je n'etais pas dans autre chose qu'une agence de voyage, en fin de compte...
J'ai quand meme eu droit au the Chai (une coutume indienne, gratuite et tout) et il me dit que je peux changer mon argent ici.
Je change 200 euros, obtiens 10, 500 roupies.
Ne m'etant pas renseigne sur les devises, je suis un peu inquiet mais il s'avere que c'est plus ou moins la devise exacte.
Un euro : un peu plus de 50 roupies.
Il me propose de garder mes affaires afin qu j m'achte des vetements "more comfortable".
Je sors assez vite, accompagne par celui qui m'avait amene a l'agence touristique, jusqu'a un magasin de textiles.
Bon, ok, j'ai paye 2000 roupies pour des vetements a la ghandi et deux pareos. La prochaine fois, je saurais que je ne dois pas faire d'achats dans des endroits ou les indiens ne viennent rien depenser. Il faut plutot privilegier les bazars et autre marches.
En retournant vers l'agence de voyage, on croise Sanji, un ami d'Inser, celui qui m'accompagne, et qui me dit que l'agence de voyage, c'est trop cher - je suis tres en accord avec ses propos - et qu'il va m'amener ailleurs.
On retourne a l'agence, celui qui me vendait le voyage est au telephone, je prens mes affaires sans demander mon reste.
Sanji est un chauffeur de taxi, mais certainement en week-end, qui me conduit vers une autre agence de voyage - mais qui me propose le cachemire, elle - mais ensuite vers un vendeur de chaussures (afin que je puisse faire du trekking) 2000 roupies les belles chaussures de trekking... je commence a en avoir marre... je paye quand meme.
Delhi est devenue pour moi la capitale de l'Enfer. Je ne suis pas la pour shopping, je ne vais pas pouvoir assurer un voyage de plusieurs mois comme ca.
Sanji m'amene a Airtel afin que je puisse m'acheter une puce indienne, a un vendeur d'appareils photo pour que je m'achete une carte memoire, ca me revient a 1600 roupies pour les deux.
Ok, je veux quitter Delhi.
Sanji me demande ou je compte dormir, je lui parle de couchsurfing, il me propose d'aller dormi chez Inser.
Sympa, l'invitation chez un ami.
J'accepte avec plaisir.
La journee m'a paru longue, il est 11h du matin...
Inser vit chez un ami (je suis donc invite chez un ami d'ami), sa femme et ses deux enfants dans une maison de pierre, plus ou moins en ruines. Un brasseur d'air est sans cesse en route, il fait sombre, la douche se fait a la bassine, les toilettes : un trou dans le sol avec une bassine pour s'essuyer.
Bref, tout ce dont j'ai besoin, quoi !
Je fais une sieste jusqu'a 15h et Sanji passe me prendre.
Il m'emmene dans divers magasins ou je n'achete rien. Il m'explique que quand il y emmene des touristes, il recoit une commission, meme si on achete rien.
Il m'amene ensuite vers les endroits touristiques de la ville : india gate, quelques temples, des lieux ou me restaurer...
Hmm... Le cyber ou je me trouve ferme bientot, je vous fais un vite resume que j'elaborerais peut etre apres retour en france : Nuit chez Inser.
09/06 : 5h30 du matin : grand jardin de delhi, gardien m'empeche de prendre des photos 8h : Parti dans un temple, je me suis fait benir par un pretre d'Hannuman (Dieu singe qui porte chance et force), j'ai donc un troisieme oeil orange.
On m'a donne une cuiller de lit que j'ai d'abord mis sur le front avant de comprendre qu'il fallait le boire.
10h : Balade, parti dans un temple Silk. Je rencontre un Indien (j'ai du mal avec ls prenoms indiens, je suis desole).
13 : Je suis accompagne par celui que j'ai rencontre, on se balade dans connaught place. Au niveau du Pakila Bazar.
15h : On se separe, je recherche des touristes pour aller au rajhastan avec moi. je rencontre une francaise qui me conseille plutot le cachemire, plus frais. L'argument est convaincant.
15h30 : je recherche encore, cette fois pour le cachemire, une polonaise me dit "Euh... je pense que je te connais, non ? A Edimbourg. Je cherche a deviner ses traits derriere ses enormes lunettes de soleil. Ania ? C'est ca ! ca fait longtemps, hein, presque un an que je suis partie en stop jusqu'en Thailande depuis l'Europe. Mon copain est en nouvelle Zelande et je prends l'avion pour l'Espagne demain."
17h : Apres avoir passe du temps avec Ania et une de ses amies espagnoles, Sanji m'appelle, vient me chercher et je lui dis que je veux quitter Delhi pour le cachemire, en stop. En commencant par aller a karnal. il me dit que c'est impossible, on passe chez inser, tout le monde me dit que c'est impossible. Sanji me depose pres d'un bus touristique, je rencontre quelques francais (dont un qui a le meme sac decathlon que le mien) et prend quand meme la route a pieds.
Je marche longtemps dans les coins on ne peut moins touristiques de Delhi, vers le nord, demandant la direction de Karnal (que je dois prononcer Kawnal ou un truc du genre).
je suis pris en stop par deux taxis, puis par une moto. Le conducteur propose de m'heberger, appelle ses parents qui s'y opposent, m'invite au restau pour compenser. je rencontre Sunnil qui propose de m'heberger chez un ami. (ce doit etr une tradition) Il m'explique qu'il se marie bientot, il m'invite au mariage qui sera du 23 au 25 Juin. je pense que j'irai.
Dimanche : J'ai mal dormi, trop chaud, trop de lumiere (j'ai dormi dans une salle eclairee). Sunnil me conduit dans divers villages entre Delhi et haryana pour remettre ses invitations de mariage a la famille de sa promise puis me donne de l'argent pour que je puisse prendre le bus jusqu'a Jaamu et Cachemire. Je prends le bus a 11h, j'arrive a 23h50 apres un long trajet en bus.
Je rencontre quelqu'un qui compte aller a l'hotel a jaamu, je vais avec lui quand on arrive. 550 roupies la chambre double avec clim, je prends.
Lundi : je me balade dans jaamu, trouve un internet cafe pour ecrire mon carnet de voyage. Il fait toujours tres chaud. Je prends un bus demain pour Srinagar.
il est 16h35, je vais me balader encore.
Dans l'aeroport, des centaines de personnes attendent les eventuels touristes. Je me fais interpeler par certains, je refuse d'etre pris en taxi, je veux surtout pouvoir me degourdir les jambes, marcher un peu, si possible vers le centre ville.
Mes douze kilos d'affaire dans mon sac a dos et moi sommes enfin en Inde.
Ma mere m'avait prevenu : En Inde, on roule n'importe comment. Et c'est vrai : Je soupconne les indiens de conduire de maniere aventureuse juste pour decourager la location de vehicules par les touristes.
C'est simple, tout fonctionne au klaxon. pas pour des raisons de mecontentement, non. Simplement pour dire "Eh vieux, je suis la, je veux passer, fais ce que tu peux pour que je puisse avancer." Tout cela sans aucune animosite.
C'est le principal code de la route a respecter. Tout le reste est facultatif : feux rouges, stops, passage pietons, priorites...
Les taxis indiens sont plutot amusants. vous voyez les nouveaux scooter a trois roues qui commencent a faire fureur a Paris ? Eh bien, les taxis, ici, ont deux roues arrieres et une roue avant, il y a de la place pour trois personnes dans le vehicule mais j'ai l'impression que le yoga permet aux habitant d'y entrer jusqu'a dix.
Je pense deja a prendre mes premiers cliches, je sors mon bel appareil (Un petit Canon EOS 400D), vise sur... Hum... bon, ok, c'est juste un panneau de signalisation, c'est moyen comme premiere photo d'un pays mais pour ma defense, je prefere vous dire que je suis juste a cote de l'aeroport, hein...
Bref, je dirige mon objectif vers un panneau de signalisation et... Mon appareil me signale qu'il n'y a pas de carte memoire inseree... J'ai oublie ma carte memoire a paris, chez l'ami qui m'a heberge la veille. Sympa, le debut des vacances...
Je me fais souvent interpeler pour etre pris dans un taxi.
Les mesaventures que j'ai deja pu avoir avec un autre taxi (anglais, notamment) en debut d'un ancien voyage font que je prefere leur lancer un "No Money" et continue a avancer.
Du moins jusqu'a ce qu'un chauffeur me lance un "Ok, for no money !". Forcement, moi, si on me prend par les sentiments. Je monte dans le taxi qui me depose un peu plus loin, remercie le chauffeur, m'apprete a repartir et regarde les premieres impressions que me donne l'Inde.
Des gens par centaines qui dorment dans la rue, beaucoup d'eclopes, de borgnes, de personnes n'ayant que des moignons a la place de bras, de pieds, la misere, la vraie...
Je marche un peu et un van rempli de monde s'arrete et l'on me demande ou je vais. Je leur repete deux ou trois fois que je vais au centre ville.
__ Oui, en fait, c'est le moment de preciser qu'un defaut de prononciation fait que j'ai beaucoup de mal a prononcer les R. Ca m'aide particulierement pour parler anglais mais les langues russes - ou simplement l'anglais indien - me sont presque impossible a prononcer correctement. __
"Come, come ! But, I have no money. No matterr, come !" Je monte tant bien que mal dans le vehicule avec mon enorme sac qui prend bien la place d'une personne.
Le systeme de caste en inde fait qu'on a rapidement besoin de situer son interlocuteur en quelques questions. Ainsi, on arrive tres vite a : D'ou viens-tu ? Est-ce la premiere fois que tu viens en Inde ? (Cette question est surtout la pour voir s'il y a moyen de nous pigeonner, parait-il) Qu'est-ce que tu fais comme metier ? Que font tes parents ? Es-tu marie ? As-tu une petite amie ?...
Plus ou moins dans cet ordre.
Ils me deposent pres d'une station de metro.
J'ai besoin d'information sur l'Inde. Je demande dans la rue ou je peux trouver un office de tourisme.
Oui, pour le coup, j'aurais peut-etre du me renseigner avant...
L'homme a qui je demande ca m'accompagne jusqu'a un "Tourist centre" sur deux bons kilometres.
celui qui me recoit est efficace, me dit dans l'ordre les endroits ou je dois aller : au Rajhastan, d'abord, puis au Cachemire, en me donnant bien le nom des patelins que je dois visiter, le temps que je devrais y rester, le type de transports que je dois prendre, les choses que je dois y faire...
Enfin, il me sort une calculatrice et me sort : "All this for 450 euros." Je deglutis. Je viens de comprendre qu'il me proposait un veritable voyage organise.
Parfaitement ce que je ne suis pas venu faire en Inde. Je suis plutot du genre routard, quoi... Et Ce n'est pas dans mon budget pour un mois de voyage.
Je lui explique je suis plutot du genre stop, un concept qu'il ne comprend pas, a dormir chez des gens, il croit que je lui parle d'auberges de jeunesses, et a decider au dernier moment, il me dit que je peux changer les horaires des trains jusqu'a 12h avant de partir...
Bref, on n'est pas sur la meme longueur d'onde, mais en meme temps, c'est son boulot. Je n'etais pas dans autre chose qu'une agence de voyage, en fin de compte...
J'ai quand meme eu droit au the Chai (une coutume indienne, gratuite et tout) et il me dit que je peux changer mon argent ici.
Je change 200 euros, obtiens 10, 500 roupies.
Ne m'etant pas renseigne sur les devises, je suis un peu inquiet mais il s'avere que c'est plus ou moins la devise exacte.
Un euro : un peu plus de 50 roupies.
Il me propose de garder mes affaires afin qu j m'achte des vetements "more comfortable".
Je sors assez vite, accompagne par celui qui m'avait amene a l'agence touristique, jusqu'a un magasin de textiles.
Bon, ok, j'ai paye 2000 roupies pour des vetements a la ghandi et deux pareos. La prochaine fois, je saurais que je ne dois pas faire d'achats dans des endroits ou les indiens ne viennent rien depenser. Il faut plutot privilegier les bazars et autre marches.
En retournant vers l'agence de voyage, on croise Sanji, un ami d'Inser, celui qui m'accompagne, et qui me dit que l'agence de voyage, c'est trop cher - je suis tres en accord avec ses propos - et qu'il va m'amener ailleurs.
On retourne a l'agence, celui qui me vendait le voyage est au telephone, je prens mes affaires sans demander mon reste.
Sanji est un chauffeur de taxi, mais certainement en week-end, qui me conduit vers une autre agence de voyage - mais qui me propose le cachemire, elle - mais ensuite vers un vendeur de chaussures (afin que je puisse faire du trekking) 2000 roupies les belles chaussures de trekking... je commence a en avoir marre... je paye quand meme.
Delhi est devenue pour moi la capitale de l'Enfer. Je ne suis pas la pour shopping, je ne vais pas pouvoir assurer un voyage de plusieurs mois comme ca.
Sanji m'amene a Airtel afin que je puisse m'acheter une puce indienne, a un vendeur d'appareils photo pour que je m'achete une carte memoire, ca me revient a 1600 roupies pour les deux.
Ok, je veux quitter Delhi.
Sanji me demande ou je compte dormir, je lui parle de couchsurfing, il me propose d'aller dormi chez Inser.
Sympa, l'invitation chez un ami.
J'accepte avec plaisir.
La journee m'a paru longue, il est 11h du matin...
Inser vit chez un ami (je suis donc invite chez un ami d'ami), sa femme et ses deux enfants dans une maison de pierre, plus ou moins en ruines. Un brasseur d'air est sans cesse en route, il fait sombre, la douche se fait a la bassine, les toilettes : un trou dans le sol avec une bassine pour s'essuyer.
Bref, tout ce dont j'ai besoin, quoi !
Je fais une sieste jusqu'a 15h et Sanji passe me prendre.
Il m'emmene dans divers magasins ou je n'achete rien. Il m'explique que quand il y emmene des touristes, il recoit une commission, meme si on achete rien.
Il m'amene ensuite vers les endroits touristiques de la ville : india gate, quelques temples, des lieux ou me restaurer...
Hmm... Le cyber ou je me trouve ferme bientot, je vous fais un vite resume que j'elaborerais peut etre apres retour en france : Nuit chez Inser.
09/06 : 5h30 du matin : grand jardin de delhi, gardien m'empeche de prendre des photos 8h : Parti dans un temple, je me suis fait benir par un pretre d'Hannuman (Dieu singe qui porte chance et force), j'ai donc un troisieme oeil orange.
On m'a donne une cuiller de lit que j'ai d'abord mis sur le front avant de comprendre qu'il fallait le boire.
10h : Balade, parti dans un temple Silk. Je rencontre un Indien (j'ai du mal avec ls prenoms indiens, je suis desole).
13 : Je suis accompagne par celui que j'ai rencontre, on se balade dans connaught place. Au niveau du Pakila Bazar.
15h : On se separe, je recherche des touristes pour aller au rajhastan avec moi. je rencontre une francaise qui me conseille plutot le cachemire, plus frais. L'argument est convaincant.
15h30 : je recherche encore, cette fois pour le cachemire, une polonaise me dit "Euh... je pense que je te connais, non ? A Edimbourg. Je cherche a deviner ses traits derriere ses enormes lunettes de soleil. Ania ? C'est ca ! ca fait longtemps, hein, presque un an que je suis partie en stop jusqu'en Thailande depuis l'Europe. Mon copain est en nouvelle Zelande et je prends l'avion pour l'Espagne demain."
17h : Apres avoir passe du temps avec Ania et une de ses amies espagnoles, Sanji m'appelle, vient me chercher et je lui dis que je veux quitter Delhi pour le cachemire, en stop. En commencant par aller a karnal. il me dit que c'est impossible, on passe chez inser, tout le monde me dit que c'est impossible. Sanji me depose pres d'un bus touristique, je rencontre quelques francais (dont un qui a le meme sac decathlon que le mien) et prend quand meme la route a pieds.
Je marche longtemps dans les coins on ne peut moins touristiques de Delhi, vers le nord, demandant la direction de Karnal (que je dois prononcer Kawnal ou un truc du genre).
je suis pris en stop par deux taxis, puis par une moto. Le conducteur propose de m'heberger, appelle ses parents qui s'y opposent, m'invite au restau pour compenser. je rencontre Sunnil qui propose de m'heberger chez un ami. (ce doit etr une tradition) Il m'explique qu'il se marie bientot, il m'invite au mariage qui sera du 23 au 25 Juin. je pense que j'irai.
Dimanche : J'ai mal dormi, trop chaud, trop de lumiere (j'ai dormi dans une salle eclairee). Sunnil me conduit dans divers villages entre Delhi et haryana pour remettre ses invitations de mariage a la famille de sa promise puis me donne de l'argent pour que je puisse prendre le bus jusqu'a Jaamu et Cachemire. Je prends le bus a 11h, j'arrive a 23h50 apres un long trajet en bus.
Je rencontre quelqu'un qui compte aller a l'hotel a jaamu, je vais avec lui quand on arrive. 550 roupies la chambre double avec clim, je prends.
Lundi : je me balade dans jaamu, trouve un internet cafe pour ecrire mon carnet de voyage. Il fait toujours tres chaud. Je prends un bus demain pour Srinagar.
il est 16h35, je vais me balader encore.
La piété des indiens est-elle sincère?
La ferveur de leurs rituels est-elle seulement une affaire de traditions, de conformité aux coutumes d'une société où la religion est complètement intégrée au quotidien?
Spiritualité ou superstition?
Sans doute un doux mélange pimenté par un goût immodéré pour un cérémonial aussi théâtralisé et exubérant que la vie amoureuse, sexuelle et guerrière de leurs divinités.
Chants, danses, musique, strass et paillettes, encens, offrandes, immersions, pélerinages, processions...une infinie palette de signes extérieurs de ferveur à la mesure de la profusion de leurs dieux et déesses, les plus importants étant naturellement Brahma, le dieu suprême un peu distant et Shiva marié et père de famille, bien plus proche d'eux.
C'est à Orcchia, village du Madhya Pradesh au pied de trois palais jadis fastueux...c'est à Orcchia que j'ai assisté aux manifestations de piété les plus spectaculaires. Cela commence vers sept heures du soir à la nuit tombée, autour du seul temple d'Orcchia encore fréquenté par les fidèles, au centre du village. La place est couverte d'hommes, de femmes et d'enfants assis sur le sol, comme en attente d'un mystérieux événement. On mange, on bavarde, on s'interpelle dans une atmosphère bruyante mais paisible. La chaleur est tombée, il fait respirable. Les marchands vendent fruits et gâteaux. Les poudres sacrées étincellent dans le soir de toutes leurs couleurs. Les saddus sous les arbres ombreux de la place mijotent leur cuisine dans leurs casseroles en fer blanc et attendent les roupies qui amélioreront leur frugal repas de riz et de quelques légumes. Un mouvement de foule se forme peu à peu, des gens arrivent de tous côtés : femmes aux saris cossus ou modestes, errants, pouilleux, hommes habillés indifféremment de loques ou bien à l'occidentale, infirmes...J'ai vu une créature pitoyable au visage quasi inexistant et aux jambes inertes se hisser sur des marches par la tension de ses bras malingres, s'efforçant de garder levée sa tête chétive, comme réduite. Le parcours de la foule est précis. Il s'agit de faire plusieurs fois le tour du temple avant d'y entrer. Ce parcours est entrecoupé de prosternations face contre terre, attitude d'humilité des pieux de toutes religions. Certains se collent un instant, les bras levés, contre le mur du temple, puis reprennent leur course. Ces gestes s'accomplissent avec rapidité jusqu'�� la porte du temple où ils sont encore répétés plusieurs fois. Un rituel permettant d'être digne d'y entrer. Progressivement la foule est engloutie dans le temple. On peut imaginer le nombre de fidèles qui s'y pressent, coagulés en un seul corps à têtes et à respirations multiples. A aucun moment, un silence ne s'est installé pendant l'accomplissement de ce rituel, mais une sorte de ferveur bruyante est restée constante. Ferveur ou conformité aux traditions?
C'est à Orcchia, village du Madhya Pradesh au pied de trois palais jadis fastueux...c'est à Orcchia que j'ai assisté aux manifestations de piété les plus spectaculaires. Cela commence vers sept heures du soir à la nuit tombée, autour du seul temple d'Orcchia encore fréquenté par les fidèles, au centre du village. La place est couverte d'hommes, de femmes et d'enfants assis sur le sol, comme en attente d'un mystérieux événement. On mange, on bavarde, on s'interpelle dans une atmosphère bruyante mais paisible. La chaleur est tombée, il fait respirable. Les marchands vendent fruits et gâteaux. Les poudres sacrées étincellent dans le soir de toutes leurs couleurs. Les saddus sous les arbres ombreux de la place mijotent leur cuisine dans leurs casseroles en fer blanc et attendent les roupies qui amélioreront leur frugal repas de riz et de quelques légumes. Un mouvement de foule se forme peu à peu, des gens arrivent de tous côtés : femmes aux saris cossus ou modestes, errants, pouilleux, hommes habillés indifféremment de loques ou bien à l'occidentale, infirmes...J'ai vu une créature pitoyable au visage quasi inexistant et aux jambes inertes se hisser sur des marches par la tension de ses bras malingres, s'efforçant de garder levée sa tête chétive, comme réduite. Le parcours de la foule est précis. Il s'agit de faire plusieurs fois le tour du temple avant d'y entrer. Ce parcours est entrecoupé de prosternations face contre terre, attitude d'humilité des pieux de toutes religions. Certains se collent un instant, les bras levés, contre le mur du temple, puis reprennent leur course. Ces gestes s'accomplissent avec rapidité jusqu'�� la porte du temple où ils sont encore répétés plusieurs fois. Un rituel permettant d'être digne d'y entrer. Progressivement la foule est engloutie dans le temple. On peut imaginer le nombre de fidèles qui s'y pressent, coagulés en un seul corps à têtes et à respirations multiples. A aucun moment, un silence ne s'est installé pendant l'accomplissement de ce rituel, mais une sorte de ferveur bruyante est restée constante. Ferveur ou conformité aux traditions?
Il contient des photos, mais aussi un récit (très long c'est vrai...) avec des infos qui pourraient vous être utiles (prix, etc...)
http://inde.newdeal.ch/?tok=459
Bon visionnage/bonne lecture!
http://inde.newdeal.ch/?tok=459
Bon visionnage/bonne lecture!
Pour tous les voyageurs, Katmandou est une destination mythique. Pour diverses raisons ... Moi, ce sont les yeux … Ces yeux de Bouddha sur les stupas, mi-clos, apaisants, ce regard détaché, sage, impassible … Ils m’ont toujours attirée, à la limite de l’hypnose …
Et puis, l’Himalaya … Le pays du Mont Everest. Le toit du monde … excusez du peu ! Les hauts sommets me fascinent et j’ai pour eux un respect presque … humain.
Et pourtant, au départ, notre voyage devait être plus culturel que sportif. On s’est même longtemps demandé si nous allions ou non faire un trek … Pas question en tous cas d’y consacrer nos 3 semaines. Mais enfin quand même ?… Aller au Népal sans s’approcher des sommets ?... C’était peut-être dommage … En bons cartésiens que nous sommes, nous avons fini par couper la poire en 2 : faisons le plus court des grands treks et consacrons le reste du temps à Katmandou et à sa vallée.
Que de joie, que d’émerveillement, que de surprises mais aussi que de frustrations nous a réservés ce choix !
NOTRE PERIPLE EN 3 SEMAINES :
Jeu 1er Nov- Vol GulfAir Paris/Bahrein – Longue escale et nuit à Bahrein Ven- Vol GulfAir Bahrein/Katmandou - Nuit à Katmandou (International GH) Sam - A pied : Swayambhunath Stupa – Durbar Square de Katmandou - Nuit à Katmandou Dim - Bus vers Pokhara (bus touristique – 7 heures) - Nuit à Pokhara (Moonlight Hotel) Lun - Trek de Jomsom J1 - Envol pour Jomsom - Nuit à Kagbeni (New Asia Trekker’s Home) Mar - Trek J2 - Nuit à Muktinath (Shree Muktinath Hotel) Mer- Trek J3 - Nuit à Marpha ( Dhaulagiri GH) Jeu - Trek J4 - Nuit à Kalopani/Lete (Kasturi Cottage) Ven- Trek J5 - Nuit à Tatopani (Hotel Himalaya) Sam- Trek J6 - Nuit à Shikha (Moonlight GH) Dim - Trek J7 - Nuit à Ghorepani (Kamala Lodge) Lun - Trek J8 - Nuit à Tikhe Dhunga (Chandra GH) Mar- Trek J9 - Transfert en bus de Nayapul à Pokhara – Nuit à Pokhara (Moonlight Hotel) Mer - Bus vers Katmandou (bus touristique – 9 heures) - Nuit à Katmandou (International GH) Jeu - Katmandou - Nuit à Katmandou (Holy Himalaya Hotel) Ven - Patan (taxi : 150 Rs l’aller + 150 Rs le retour) - Nuit à Katmandou Sam - Katmandou - Nuit à Katmandou Dim- Pashupathinath (taxi 120 Rs) – Bodhnath (à pied depuis Pashu) - Retour taxi (150 Rs) - Nuit à Katmandou Lun- Kirtipur (bus local 9 Rs/p) – Chobar (à pied) – Patan (à pied) - Retour taxi (150 Rs) - Nuit à Katmandou Mar- Bhaktapur (minibus express 15 Rs/p) - Changu Narayan (taxi 300 Rs A/R depuis Bhaktapur) – Retour minibus (18 Rs) - Nuit à Katmandou Mer- Katmandou - Nuit à Katmandou Jeu- Bhaktapur (minibus 15 Rs/p aller et 18 retour) - Nuit à Katmandou Ven 23 Nov–Aéroport (taxi 300 Rs) - Vols GulfAir Katmandou/Bahrein/Paris
BUDGET :
La Roupie Népalaise (Rs) Cours : 1 € = 90 Rs
Dépenses préalables : Vols réguliers GulfAir Paris/Katmandou via Bahrein : 989 €/p = 1 978 €
Principales dépenses sur place (pour nous 2, hors achats perso de souvenirs) : Trek de Jomsom par Nepal Ecology Treks : 467 €/p = 934 € payé cash sur place Hôtel : 300 US$ en TC pour 11 nuits (hors trek) Cash et CB : 550 € (transport, repas, entrées)
Je le répète à chaque fois, ce que je rapporte ici n’a qu’une valeur indicative … Evidemment, on peut dormir et manger à Katmandou pour vraiment beaucoup moins cher ... Ce budget correspond à un niveau confortable (hôtel confortable et restaurant midi et soir).
Vous trouverez partout des petits bureaux de change, ouverts tous les jours. Taux affichés, identiques partout, sans commission. Il devient alors très facile de changer nos euros, petit à petit, au fil de l’eau. Demandez un reçu si vous voulez pouvoir les rechanger à l’aéroport avant de partir. Je me suis fait avoir … J’y ai vu un signe : nous voilà obligés de revenir !
GUIDES :
Lonely Planet Népal - Version française 5è édition – Septembre 2006 – Excellentissime - Nécessaire et suffisant. Guide du Routard Népal Tibet – 2007-2008 - Inutile. Ca fait 17 ans qu’on voyage, 17 ans qu’on peste contre le GdR, 17 ans qu’on continue à l’acheter … Allez comprendre … 🤪
TRANSPORTS :1 - Vols Paris/Bahrein/Katmandou – GulfAir Aucun vol direct vers Katmandou depuis Paris. C’est donc forcément long … Achetés début mai sur le site Voyages-sncf : 989 € l’A/R. J’étais assez contente de ma trouvaille. Au moment de l’achat, l’escale à Bahrein à l’aller était de quelques heures. Les mois passant, elle s’est allongée, allongée, allongée … Au final, nous avons dû passer la nuit à Bahrein (tous frais payés par GulfAir bien sûr). Bon, une nuit ça va, mais je n’y passerais pas mes vacances ! Contact avec GulfAir très courtois. Nous avons fait reconfirmer notre vol de retour, le Lonely Planet insistant sur la nécessité de le faire. L’hôtel s’en est chargé gracieusement et efficacement. De fait, le vol Katmandou/Bahrein était surbooké et nous avons été … surclassés !! (j’en connais une qui va ENFIN arrêter de se la péter maintenant 😛 !) C’est magique !! Je dis souvent que si on gagnait au loto, on ne changerait rien à notre façon de voyager SAUF qu’on se paierait la classe business.
2 – Taxi sur place Négociez la course avant de partir. Le mieux c’est d’avoir une idée du prix (cf Lonely Planet) et de l’annoncer. Le chauffeur va rabioter quelques dizaines de Rs et tout le monde est content. J’ai indiqué le prix des taxis qu’on a pris dans mon itinéraire, plus haut.
3 - Bus Epique !! Nous, on est des fanas de bus. Les paysages défilent, la vie dans le bus est typique et les arrêts pour manger sont sympas … Bref, on a là l’impression d’être au plus près de la population et des habitudes locales. Ici, le problème ce ne sont pas les bus, ce sont les bouchons aux abords de Katmandou. D’ailleurs, ça s’applique aussi aux taxis.
4 - Katmandou Des bouchons monstres ! Pire qu’à Paris. Des klaxons. Du gaz carbonique. Des motos, des camionnettes, des voitures, des minibus, une vache, 25 chiens, des piétons … bref, un immense bordel. Surtout en début et fin de journée. Pensez-y pour vos déplacements (surtout pour rejoindre l’aéroport). Thamel est quasi déserte en milieu d’après-midi.
HEBERGEMENT :
Katmandou : Sur les conseils avisés de Sawaddeekha (merci Régine !), nous avions réservé par internet nos 2 premières nuits d’hôtel à l’International Guest House (cliquer ici) en deluxe (25$-20% car résa via internet). A l’arrivée, ils n’ont pu nous proposer qu’une standard à 20$ (-20% aussi) + 13% de taxes + 3$ pour les 2 petits dej (soit 21$ au total). On prend. L’hôtel est situé dans une rue au calme à l’Ouest de Thamel ; il est très agréable, bourré de charme, avec un joli petit jardin dans lequel est servi le petit déjeuner pour les moins frileux. Néanmoins, les chambres standards sont assez petites, un peu vieillottes mais les douches sont puissantes et bien chaudes. Pas de groupe électrogène (et à Katmandou, ça a son importance !) Système de consignes de bagages (gratuit) très sécurisé pour ceux qui partent en trek : d’une part un local sous clé pour les bagages (avec étiquetage de chaque sac) et, d’autre part, des coffres individuels pour les valeurs. C’est vraiment sûr. Moi, la grande inquiète, je suis partie en trek l’esprit totalement libre, avec pour seule inquiétude celle de ne pas perdre la clé du coffre ! Gérable !... Avant de partir, on réserve une nuit pour notre retour, en deluxe cette fois svp. Au retour … encore pas de deluxe et le patron prend de haut notre tentative de négociation sur les prix quand on lui dit qu’on veut rester 9 nuits. Il nous la joue "c’est complet". On n’en croit pas un mot et ça nous agace un peu ; on ne dit rien mais, 1 heure plus tard, on avait trouvé un autre hôtel pour le reste du séjour. Des fois, on est un peu tête de cochon (pas Lorrains pour rien !). Et quand le soir, le patron, avec un grand sourire, nous a annoncé que finalement il avait réussi à se débrouiller pour nous garder notre petite chambre pour les 8 nuits supplémentaires, ce n’est pas sans une certaine jubilation contenue qu’on lui a sorti "too late, we’ll check out tomorrow". 😎 A part ça, pas de conclusion hâtive : c’est un très chouette endroit, bien situé, et très au calme. Paiement en TC $, sans commission.
Nous avons donc émigré ensuite pour le reste du séjour à l’Hotel Holy Himalaya (ex Dynasty) (cliquer ici). Dans une petite rue déserte, à l’Est de Thamel. Rien à voir avec le précédent : grand complexe impersonnel, sans charme particulier, mais très propre ; grande chambre lumineuse avec belle salle de bain complète. Eau bien chaude. Groupe électrogène. Internet 24h/24 en libre service (d’une lenteur effroyable comme partout !). Thé à volonté. Eau à 9rs (en refill). Accueil souriant et agréable. Nous avons pu choisir entre plusieurs chambres qu’ils nous ont proposées d’emblée à 30$ ttc petit dej inclus. On a gagné ici en confort ce qu’on a perdu en charme. Mais, c’est aussi une très bonne adresse que je recommande également. Paiement en TC $, sans commission.
Pokhara : 2 nuits passées à l’Hotel Moonlight (cliquer ici), intégrées au package trekking réservé auprès de Nepal Ecology Trek. Certes bien situé au bord du lac, mais aucun charme voire un peu tristounet. Un filet d’eau chaude. Accueil froid. Restaurant glauque. Vous avez compris : une adresse à oublier ! Heureusement, c’était avant et après le trek. Avant, on était surexcité, après on était euphorique. Donc, ça ne nous a pas gênés plus que ça ….
REPAS :
Le service est lent. Partout. Comptez 20 minutes mini entre la commande et le service. Le summum a été atteint au Ganesh (Freak Street) où on a attendu plus d’une heure nos 2 plats alors que nous étions les seuls clients … Une fois qu’on le sait, on prévoit : mon carnet de voyage s’est rempli principalement sur les tables des restaurants en attendant la commande … Attention aussi aux prix affichés, dans les restaurants un peu chics (genre Kilroy’s) : il faut rajouter 13% de taxes. De nombreuses pâtisseries proposent des viennoiseries, des brownies, des tartes, des gâteaux … plus savoureux les uns que les autres. Quelques vendeurs de fruits dans la rue jusque tard. Enfin tard … entendons-nous … nous à 20h, on était rentrés … on est des vraies poules en voyage. On a beaucoup profité des restaurants en toit-terrasse, à Bodnath, sur les Durbar Square de Patan et de Bhaktapur. C’est très agréable et encore mieux si on dispose de la table en bord de terrasse. Pour cela, c’est facile, arrivez un peu avant midi, vous serez les premiers. Le Taleju Restaurant sur Dubar Square à Patan permet de dominer toute la place tout en ayant les sommets en arrière-plan. Superbe vue. A Bodnath, un toit terrasse (il y en a beaucoup) permet de jolies photos des Yeux … En dehors du trek, nos repas se composaient généralement d’une seule entrée pour nous 2 (souvent des momos), d’un plat de riz avec de temps en temps du poulet, de 2 naans (pure gourmandise) et d’un grand pot de thé noir. Un tel régime tournait autour de 700 Rs pour nous 2. Les momos : cuits à la vapeur ou frits, ils sont toujours vendus par 10. Ca ressemble aux Dim Sum, les vapeurs d’Asie du SE (je ne prends pas de risque, ne sachant pas précisément si les Dim Sum sont chinois, thaïlandais ou vietnamiens 😉 …). Bref, donc, un beignet de légumes dans une feuille de riz. Nous n’avons testé que les végé momos vapeur. Qualité très variable selon la fraîcheur et les légumes à l’intérieur. Nos préférés : ceux du Jatra (aux épinards) à 90 Rs (toujours les 10) mais peut-être parce que c’était les premiers ! Egalement ceux du Helena’s (105 Rs), bien moelleux. Ceux du Yak Café (50 Rs) par contre étaient vraiment secs … Le dahl baht : voir § suivant car c’est surtout lors du trek que nous en avons mangé.
Quelques prix : Les prix sont très variables d’un restau à un autre … Une bouteille d’eau (1 litre) : autour de 15 Rs Une assiette de 10 momos végétariens vapeur : entre 40 et 110 Rs Une bouteille de bière (600 ml) : autour de 200 Rs – L’Everest est très douce. Un plat végétarien (dahl baht, fried rice, biryani, chop suey, chow mein …) : entre 100 et 250 Rs Un plain naan : de 25 à 70 Rs – Nos préférés : ceux du Helena’s. Une théière familiale de thé noir (4 tasses au moins) : entre 40 et 100 Rs Très difficile de trouver du coca light ou bien à 100 Rs la canette. A ce prix là, on s’est enfilé des litres de thé.
Voici quelques adresses qu’on a bien aimées : (Vous trouverez les adresses dans le Lonely Planet ou sur un plan touristique de Katmandou)
1 - Dans Thamel
Loin devant, le Helena’s. Ce n’est pas un petit restau cosy, plutôt un grand machin, sur plusieurs étages, aux grandes pièces et grandes tables. Pas beaucoup de charme, ça fait un peu grande cantine. Mais l’accueil est vraiment souriant et la nourriture est succulente. En plus, il y a vraiment de la place et on peut s’y installer pour lire ou écrire son carnet en attendant son repas. On y est allé 4 fois ! 110 Rs la théière familiale avec 3 sachets de thé. Ils la remplissent d’eau chaude gracieusement une fois vide et les sachets infusent encore suffisamment ; 105 Rs les vege momos (ultra frais) ; entre 150 et 250 Rs le plat végétarien (fried rice, biryani, moussaka …) ; 45 Rs le naan tout chaud et tout moelleux. Bref, autour de 700 Rs pour nous 2.
Tashi Deleg : Tout autre ambiance pour ce petit restaurant tibétain qu’il faut trouver. Il est caché au fond d’un couloir. Vous pourrez y tester le fameux tongba (bière de millet chaude). Surprenant, pas mauvais, mais on n’y est pas revenu … Les plats y sont copieux, un peu lourdauds mais vraiment pas chers. Excellents momos (70 Rs). Autour de 400 Rs pour nous 2.
Roadhouse Café : Belle pizzeria tout en bois. Les pizzas, cuites au feu de bois, sont énormes et délicieuses. Autour de 350 Rs la pizza. Ca change du riz …
Kilroy’s Rest : Restaurant réputé, huppé, bondé. Ici, les serviettes sont en tissu … Beaucoup plus cher mais ça vaut le coup. On paie notre repas complet (plats de mouton et de poulet / riz / naan / vrais desserts / 1 bière) 1943 Rs ttc. Pensez aux 13% de taxe à ajouter aux prix de la carte. Ouf … 🤪 Ca les vaut, c’est délicieux mais attention, certains plats sont très pimentés. La carte est sympa, pleine d’humour. Une belle adresse pour un repas en amoureux, surtout en cas de panne d’électricité, les bougies apportant un romantisme fou ! Paiement par CB sans commission.
Thamel House Rest : Restaurant traditionnel dans une belle demeure sur plusieurs étages. Arrivez tôt pour pouvoir profiter de la salle sous le toit. Ambiance chaleureuse où l’on mange assis par terre (ah, oui, il faut aimer ça …) Service à la carte ou bien menu complet de 12 ou 15 (je ne sais plus) plats. En fait, c’est une version très raffinée du dhal bhat. Version vegé ou non. On a pris un de chaque. Ici, le service est rapide ! Quelques momos (pas 10, 5 ou 6 je crois), parmi les meilleurs qu’on ait mangés suivi du dhal bhat. Ils vous disent à chaque fois ce qu’ils vous servent. C’est bon, servi à volonté, comme tous les dhal bhat. Cadre agréable. Forcément plus cher (500 ou 600 Rs le menu végé ou non) … A faire une fois.
2 - Dans Freak Street, du côté de Durbar Square
Ganesh Rest : 400 Rs pour 2 plat vég et 1 grand pot de thé. C’est très bon, pas cher mais vraiment sale et vraiment, mais alors vraiment long ! C’est le seul endroit où je n’ai pas été à mon aise pour manger … Nos verres ont été essuyés avec une méchante lavette grise traînant par terre … Je ne crois pas être chochotte mais j’ai trouvé là ma limite …
Par contre, pas bien loin, le Snowman Restaurant est, parait-il, très réputé pour ses gâteaux. Après l’expérience un peu tristounette du Ganesh Rest, on a envie de se remonter le moral et on ne résiste pas, on commande 2 apple crumble, 1 brownie, 1 chocolat chaud et 1 thé. Euh oui oui, on n’était que tous les 2 … On s’est demandé où on avait pris nos 2 kilos. Je crois que je sais … Enfin, tant pis pour les kilos, n’hésitez pas, c’est un grand moment 🙂 ! Cet endroit nous a rappelé le café de Solitaire en Namibie. Pas du tout pour l’ambiance bien sûr, mais pour le mythe qu’il transporte : passage obligé …
3 - A Chobar
Chobar Village : Suivez les panneaux, il est tout en haut … Très bel endroit, bien aménagé, très calme, accueil chaleureux. Pas un rat … Cuisine quelconque mais superbe vue sur toute la vallée.
4 - A Bhaktapur
Ne manquez pas de goûter les yaourts et les sikarnis (yaourt aux noisettes et fruits), spécialité de la ville. Le café Nyatapola est hors de prix mais les tables en balcon jouissent d’une belle vue sur la place et le grand temple. Au moins, pour y prendre un thé et un sikarni …
LE TREKKING :
Au départ, nous n’avions pas envisagé de trekking. Dans mon salon, quand je pensais à un trekking au Népal, je voyais des cordées sur neige avec piolets et crampons … Pas pour nous tout ça … Allez, peut-être 2 ou 3 jours dans la région de Katmandou … Finalement, à la lecture de différentes infos, j’ai d’abord compris que mon imagination avait déliré et qu’on ratait sans doute quelque chose. D’autant qu’on adore marcher ! Enfin, il y a eu les échanges avec Sawaddeekha qui nous ont totalement convaincus de faire le plus court des grands treks : le trek de Jomsom. Ca nous a semblé être un bon compromis pour tester notre condition physique, notre endurance en altitude et découvrir la logistique d’un trek (relation au porteur, relation au guide, manger, dormir, se laver …). Bref, des questions qu’on se pose tous (j’en suis sûre !) tant qu'on ne l'a pas vécu. Et tout ça dans des paysages paraît-il fabuleux. Donc, nous voilà décidés : c’était parti pour le trek de Jomsom !
On pensait tout organiser depuis Katmandou auprès des nombreuses agences citées dans les guides. En réfléchissant un peu, on a fini par se dire (10 jours avant notre départ !) que ce ne serait sûrement pas très facile et de toute façon très long de comparer les offres sur place ; on se voyait mal courir d’une agence à une autre. Or, toutes ces agences ont des sites et des adresses e-mail. Vive Internet ! En 10 minutes notre demande fut envoyée à 5 agences. Réponse immédiate. On constate que les devis sont assez comparables. Quelques compléments d’infos, quelques modifs … tout est possible, c’est du sur mesure, c’est facile. On finit par se décider. On opte pour Nepal Ecology Trek, d’une part pour leur réputation (unanime sur le Net), d’autre part pour le sérieux de leurs réponses et leur écoute de nos besoins. Réservation sur parole, sans acompte. Ils n’ont apparemment pas de site internet (en tous cas, pas trouvé …) mais voici leur e-mail : ecotrek@mos.com.np Leur package comprend : les services d’un guide anglophone et d’un porteur, de Katmandou à Katmandou les transferts de Katmandou à Pokhara et retours en bus touristique (pour nous 4) les 2 nuits d’hôtel à Pokhara avec petit dej (pour nous 4) le vol Pokhara / Jomsom (pour nous 4) le trek en pension complète (pour nous 4) les permis de l’ACAP la location de 2 sacs de couchage (North Face ou simili, excellent état, propre et bien chaud) 934 € au total que je paierai en liquide (et en €) à un responsable de l’agence venu nous rencontrer à la GuestHouse de Katmandou le samedi matin. Il nous présente notre guide Santa qui nous donne rendez-vous pour le transfert à Pokhara le lendemain matin. Je reviendrai plus loin sur le coût. A propos du permis(2000 Rs/p), l’agence s’est chargée de les faire grâce à un scan de nos passeports et à 2 photos numériques (qu’on a faites dans notre salon !), le tout envoyé par mail … Efficace !
1 - La randonnée en elle-même Le trek de Jomsom constitue la fin du très fameux Tour des Annapurnas, après le passage du col de Thorung à 5400m. C’est un trek facile : 9 jours de marche maxi, 3 à 6h de marche par jour, 3800m au point le plus haut (à Muktinath), sentiers sans danger, quelques ponts suspendus en bon état. Ce circuit traverse fréquemment de jolis villages de pierre, très authentiques. Paysages superbes, variés, et chaînes des Annapurnas et des Dhaulagiris en toile de fond. Je dis bien en toile de fond : ne vous attendez pas sur ce trek à être au pied des grands sommets.
Rappel de nos étapes et durée de marche Lun - J1 - Envol pour Jomsom - 2h30 de marche - Nuit à Kagbeni (New Asia Trekker’s Home) Mar - J2 -4h de marche - Nuit à Muktinath (Shree Muktinath Hotel) Mer- J3 -5h de marche - Nuit à Marpha ( Dhaulagiri GH) Jeu - J4 - 5h de marche - Nuit à Kalopani/Lete (Kasturi Cottage) Ven- J5 -6h de marche - Nuit à Tatopani (Hotel Himalaya) Sam- J6 - 3h30 de marche - Nuit à Shikha (Moonlight GH) Dim - J7 -3h de marche - Nuit à Ghorepani (Kamala Lodge) Lun - J8 - Montée vers Poon Hill +4h de marche - Nuit à Tikhe Dhunga (Chandra GH) Mar - J9 - 2h30 de marche - Transfert en bus de Nayapul à Pokhara – Nuit à Pokhara (Moonlight Hotel)
Nous avons suivi les conseils d’internautes et de VFistes (encore merci Sawaddeekha !) en coupant en 2 la longue montée de Tatopani vers Ghorepani. Nous n’avons pas regretté ! La descente de Ghorepani vers Nayapul peut se faire aussi en une seule étape. L’arrêt à Tikhe Dhunga permet juste d’assurer le bus local à Nayapul en y arrivant assez tôt. La montée à Poon Hill permet d’atteindre en 40 minutes un plateau duquel, par temps clair, on peut assister à un magnifique lever de soleil sur le Dhaulagiri et les Annapurnas. Nous sommes partis vers 5h et étions redescendus au lodge à 7h30 pour le petit déjeuner. La montée est facile mais ça monte bien donc on a chaud. Par contre, une fois en haut, ça caille vraiment. C’est le moment de tout prendre. Pour ma part, j’avais même gardé mon pantalon polaire et enfilé mon surpantalon coupe-vent. J’étais bien … Thé ou chocolat chaud dispo là haut bien sûr. Emportez quelques roupies, trop sympa !… Ne boudez surtout pas ce point de vue même si se lever à 4h30 dans le froid et la nuit, ce n’est pas hyper cool. Vous serez payés de vos efforts. Pas de regret sur les étapes choisies. On gardera ce découpage pour la prochaine fois … 😉 J’avais entendu dire que le sentier était sale. Je n’ai pas trouvé. De gros efforts ont sans doute été faits. Les villages sont aussi bien entretenus et très accueillants. Notre préféré est Marpha, de très loin !
2 - Condition physique Nous aimons marcher. Sans être des montagnards (on est Lorrains et on habite en banlieue parisienne !) on crapahute régulièrement à Fontainebleau (circuit des 25 bosses pour ceux qui connaissent) et on y a usé nos chaussures de marche avant le départ. Nous avons 45 ans, pas de problèmes de santé particuliers, une alimentation et des habitudes de vie saines. Partant de là, nous n’avons eu aucun problème. Pas de courbature, pas de problème de souffle, pas d’ampoule. Aucune difficulté technique, c’est de la randonnée, ni alpinisme ni escalade. J’ose dire que c’est ouvert à tous ceux qui sont en bonne santé et qui aiment marcher. Mal des montagnes : vous savez qu’aucun entraînement ne peut permettre d’éviter ce désagrément. Seule l’acclimatation lente y contribue. Ce trek ne monte pas très haut. Et même en arrivant à Jomsom en avion (une hérésie en terme d’acclimatation !!), ça ne pose pas de problème. Soyons honnêtes, notre boîte de Doliprane (j’ai lu que pour combattre le mal des montagnes, le paracétamol était préférable à l’aspirine) y est passée quand même et nous mouchions un peu de sang. Mais rien d’inquiétant ou de vraiment gênant. Et les genoux ? 2 écoles : avec ou sans bâtons. Nous, on fait partie de l’école sans. Ce sont les descentes qui bousillent les genoux. Et il y en a !… Nous étions très attentifs à faire travailler les muscles et non les articulations. Ca oblige à descendre avec les genoux très légèrement fléchis et à freiner la descente pour éviter les à-coups mais c’est efficace. Les cuisses et les mollets travaillent et l’articulation du genou est beaucoup moins sollicitée. Bon, que les pros ne me tombent pas dessus, ce sont nos conclusions personnelles ! Et puis après, on a des mollets et des cuisses en béton !...
3 - Les ponts Dans mon salon … je voyais des ponts de singe : une grosse liane sur laquelle on marche en équilibre en s’aidant de 2 autres lianes pour les mains. C’est vrai qu’on voit souvent les yacks passer sur de tels ponts, accrochés par les cornes pour garder leur équilibre … 😛 Sur le terrain, bien sûr, c’est tout autre chose. Ce sont des ponts métalliques pour la majorité (1 ou 2 encore en bois), larges, protégés de part et d’autre par un grillage de plus d’un mètre de hauteur où même les mules n’hésitent pas une seconde. Aucun danger. Bien sûr ça tangue un peu. Bien sûr c’est à claire voie. Parfois (très très rarement) le grillage est béant sur 20 cm (pas même de quoi passer un pied !). Je fais la fière maintenant mais le premier est quand même assez impressionnant. Et puis, on s’habitue et j’ai même réussi à m’arrêter au milieu du dernier (pour la photo, histoire d’en mettre plein la vue à certaine !). Non, je n’ai pas trop regardé en bas quand même !... Enfin bref, pour les inquiets du vide comme moi, soyez rassurés, ça se passe bien. Mieux que la chaîne sur l’Olive Trail en Namibie !!
4 - Le racket des maoïstes Toujours dans mon salon, j’imaginais l’assaut d’un groupe d’une dizaine de communistes, l’œil sévère, armés jusqu’aux dents, kalachnikov à l’épaule, le verbe haut, exigeant leur dû. Et nous de nous soumettre, sans oser les regarder, tendant les billets réclamés en tremblant, et repartant, heureux d’avoir échappé à une mort certaine. Ah, j’vous le dis, j’ai une imagination débordante quand il s’agit de se faire peur toute seule. Sur le terrain, un peu avant Jomsom (au retour de Muktinath), nous apercevons une vieille cahute en bois et 2 mecs, cools, se marrant ensemble. Ils viennent vers nous, tout sourire. Tiens, que veulent-ils ? Et d’un seul coup, ARGH ! je comprends, je vois le drapeau rouge, le marteau, la faucille !! Ce sont eux !!.... comment ça ce sont eux ??... Mais où sont les kalachnikovs, les tanks, les bazookas ?…. Au final, c’est d’un gentil racket dont il s’agit, négociable même. Ils nous remettent un reçu sur l’obole perçue en nous engageant à bien le garder pour le présenter à un éventuel autre groupe et ne pas avoir à payer 2 fois. Grand sourire, échange d’amabilités, photos … bref, je m’étais vraiment fait un film et non, là décidément pas de quoi pavaner en racontant qu’on a survécu aux rackets des maoïstes … Maintenant, ne vous méprenez pas, je ne les défends pas pour autant et je n’en conclus pas qu’ils sont de doux agneaux angéliques … Pour notre part, nous avons payé 500 Rs pour nous 2. Notre guide nous a affirmé que c’est grâce à ses talents de négociateurs que nous avons payé si peu. D’ordinaire c’est 2000 Rs/p. C’était peut-être vrai.
5 - Logistique La logistique est très facilitée par les nombreux petits villages traversés où l’on peut toujours trouver à boire et bien souvent s’y nourrir (ah les tartes aux pommes !!) et y dormir. C’est l’embarras du choix ! Des fontaines jalonnent le parcours. Une pastille de micropur et c’est reparti ! Nous profitions aussi très souvent d’une pause pour boire un black tea dans une tea shop, ou mieux encore un chocolat chaud (du vrai, avec plus de lait que d’eau). Très chaud. Avec un crumble aux pommes, sur fond d’Himalaya … Vous imaginez ? C’est à pleurer !!! Dans ces conditions, une gourde d’1 litre pour nous 2 nous a largement suffi tout au long du parcours.
5.1 - Les lodges Aucun lodge n’était réservé. C’est bien sûr toujours Santa qui nous a guidés vers les lodges de son choix, en nous demandant si ça nous convenait (ce qui a toujours été le cas). C’est quoi un lodge ? Dans mon salon (dernière fois, promis 😛) … j’imaginais des refuges de montagne, avec une immense salle/dortoir où se superposaient trois étages de lits en rangs d’oignons … (j’ai connu ça à la caverne Dufour à la Réunion). Ici, c’est vraiment mieux que ça. Nous avons toujours eu une chambre pour 2. Certes, sommaire : 2 lits, 2 matelas (vraiment minces !), 2 oreillers. Soyons clairs, ça n’incite pas aux câlins … Toujours un petite table où poser son sac à dos. Parfois une prise électrique qui permettait (quand elle fonctionnait) de recharger la batterie de l’appareil photo. WC communs, assez souvent à la turque, avec papier et eau. Douches communes, pas toujours chaudes, parfois dans le même local que les wc, parfois, juste un robinet. Et parfois 1 seule douche pour 10 ou 15 chambres … C’est très sommaire, c’est froid mais c’est propre. Pour ma part, je me suis lavée complètement tous les jours (mais c’est sûr que les Lorrains sont un peu moins frileux que les Drômois 😛 …). Chambre, wc et douches ne sont pas chauffés. Il faut donc un bon duvet et avoir vraiment une grosse envie pour avoir le courage de se relever la nuit … Pensez-y avant de boire le dernier thé du soir … La salle à manger commune est la seule pièce chauffée, soit par un poêle, soit par des braseros glissés sous les grandes tables elles-mêmes recouvertes de couvertures qui vous tombent sur les genoux. En soirée, tous les trekkeurs se retrouvent dans cette pièce pour y manger, lire, jouer, discuter … Ambiance toujours sympa, décontractée et simple. Nous y avons fait de belles rencontres. Notamment 2 jeunes Japonaises ne parlant pas un mot d’Anglais mais tellement ouvertes, tellement joviales, tellement communicatives qu’on prenait un grand plaisir à se retrouver d’une étape à une autre … Elles ont même réussi à nous apprendre un jeu (une histoire de pouces levés) qui nous a tous (guides, porteurs, trekkeurs) beaucoup amusés. Séquence fou rire. Comme quoi, le langage parlé ne fait pas tout … Mais est-il un voyageur qui en doutait encore ?… Nous étions plus couverts dans les lodges que sur le chemin, d’autant plus que les Népalais ont la fâcheuse habitude de laisser les portes grandes ouvertes (il faut bien le reconnaître, les Népalais sont encore moins frileux que les Lorrains …). Bref, on se couvrait donc : pantalon polaire, chaussettes de laine (prévoyez des sandales à scratch plutôt que des tongs …), T-shirt manches longues, petite et grosse polaire, écharpe polaire. Indispensable également de disposer d’un sac de couchage bien chaud. Je dormais avec une chemisette style Damart et des chaussettes. Je vous l’ai dit, ça n’incite pas aux câlins … Cela étant dit, ainsi parés, nous n’avons jamais souffert du froid. Je n’ai pas de remarque particulière sur nos lodges. Le New Asia Trekker’s Home était de loin le plus confortable (sanitaires privés) mais tous étaient bien. Aucun à éviter absolument. On s’est offert une tarte aux pommes (oh ? 😇) à l’Eagle Nest Guest House de Ghasa (entre Kalopani et Tatopani) et ce lodge nous a paru vraiment vraiment bien … presque douillet … Et l’apple pie était divine !! On a retenu son nom pour la prochaine fois …
5.2 - Les repas Nous arrivions au lodge généralement un peu après midi, pour y déjeuner. Tous les lodges proposent une carte longue et variée (mais la même partout). Contrairement à ce qui était stipulé dans notre devis, Santa nous a toujours laissés libres de choisir tout ce qu’on voulait. Tous les guides font ça apparemment : ils disposent d’un forfait pour l’hébergement et les repas et si les trekkeurs sont raisonnables tout le monde y gagne … nous en liberté, eux sur le forfait. On n’a jamais dû le dépasser puisque, jusqu’au bout, on a eu "carte libre" pour les 3 repas par jour (le petit déj aussi est à la carte). On n’a jamais abusé non plus (mais on n’avait pas envie). Ni bière, ni dessert … Juste un bon gros dahl baht et une grosse théière de thé noir et on était heureux. Entre la commande du déjeuner et l’arrivée de votre plat, il faut bien compter … au moins 30 minutes (moi, j’en profitais pour me doucher !). Aussi, pour le dîner, les lodges ont-ils pris l’habitude de prendre la commande dans le courant de l’après-midi et de vous demander à quelle heure vous voulez être servis (généralement, entre 18 et 19h). Idem pour le petit déj, la commande est passée la veille en indiquant l’heure de service. Le rituel est toujours le même : vous notez dans un cahier votre numéro de chambre, votre commande et l’heure. Lents mais bien organisés ! Les frais de repas et d’hébergement sont totalement pris en charge par le guide. Rien à débourser (hormis le thé que nous sirotions dans l’après midi et que nous payions aussitôt). Pour information (pour notre prochain trek et pour VF !!), j’ai noté que chacun de nos 3 repas revenait en moyenne à 500 Rs pour nous 2 (soit 1500 au total) et que la nuit en lodge coûtait entre 100 et 150 Rs pour un confort simple (sanitaires communs).
5.3 - Le fameux dahl baht C’est le plat national du Népal, a fortiori du trek. Très nourrissant, très copieux puisque servi à volonté, très bon, nous, on ne s’en est pas lassé !! Une énorme assiette de riz cuit vapeur et autour un curry de légumes, une soupe de lentilles, des épinards, des achards. Tout est resservi à volonté et dès que votre assiette se vide, ils arrivent avec les gamelles. C’est génial. Je vous assure que, lorsque vous avez marché 4 ou 5 heures, l’estomac dans les talons, ce plat bien chaud est divin. Le serait-il autant un samedi soir ici à Paris avec des amis, je n’en suis pas si sûre … mais, là, en montagne, il avait toute sa saveur ! Vous devez goûter ça ! Et goûtez le vite car si vous aimez, vous pourrez y revenir !
5.4 - L’équipement (à cette époque, début Novembre) Dans la journée, il fait doux mais on sent qu’on est en altitude. Le matin, on démarrait (entre 7h30 et 8h) avec 4 couches (T-shirt + polaire légère + grosse polaire + coupe-vent). Généralement, après 1 heure de marche, nous tombions le GoreTex (coupe vent et grosse polaire) et parfois même la polaire légère (surtout si on montait !). La partie de Jomsom vers Kagbeni est très ventée. Le coupe-vent est très appréciable ici, ainsi que des lunettes de soleil (pour protéger les yeux des grains de sable qui volent). Finalement, nous n’avons jamais souffert du froid pendant la journée.
Notre sac à dos (1 seul pour nous 2) pesait environ 14 kg (sacs de couchage compris). Eh bien, vous savez quoi ? on a encore ramené du linge propre ! On emporte toujours trop ! Sur ce trek, on transpire peu, on ne se salit pas, on peut se laver facilement et il n’est pas utile de changer de T-shirt tous les jours. Bien sûr au bout de 5 jours, je ne dis pas que je sentais encore l’Ariel Grand Large mais je ne faisais pas fuir mes voisins non plus, je vous assure … Après la douche, je m’habillais d’une tenue propre pour la fin de journée. Et le lendemain matin, je ré-enfilais ma tenue de marche qui avait eu le temps de s’aérer. Un changement de T-shirt au bout de 5 jours et voilà ! Sachez néanmoins qu’il fait froid la nuit et qu’un slip lavé ne sera pas sec le lendemain matin … Pensez aux protections jetables, c’est idéal (d’accord, ce sont des déchets qui polluent, c’est vrai …). Un soutien gorge de sport est plus confortable. Comment ça "pour quoi faire ?" ? Même pour les petits gabarits comme moi, c’est plus agréable.
Voilà ce que j’ai utilisé en 9 jours : 2 T-shirt manches courtes (en fibre technique, c’est mieux pour éviter la sensation de froid après transpiration) 1 T-shirt manches longues, un peu épais, pour le soir (je ne l’ai pas porté en journée) 1 polaire légère (journée et soir) 1 pantalon de rando coton 1 surpantalon imperméable et coupe-vent (Lafuma, entièrement zippé, très bien, trouvé chez Go Sport) 1 pantalon polaire (pour le soir ou sous le surpantalon pour monter à Poon Hill) 1 grosse polaire 1 coupe-vent Gore Tex 2 paires de chaussettes de rando 3 slips, 2 SG 1 chemisette manches longues style Damart (mais moins chère que Damart) pour la nuit Bonnet, écharpe, gants
Indispensable : Chargeur pour votre batterie d’appareil photo numérique (pas besoin d’adaptateur mais les prises ne fonctionnent pas toujours bien) Lampe frontale pour les pannes d’électricité (courantes si j’ose dire !!) et aussi pour lire au lit quand l’interrupteur est près de la porte … Vous trouverez des piles rondes de rechange partout. Protection solaire, mais n’emportez pas 25 flacons, il n’y a que le visage qui est exposé … un petit tube suffit (et toc, encore 50 gr d’économisé !) Des mouchoirs en papier : on mouche beaucoup. Ceux vendus sur place sont ultra fins et se transforment en dentelle après une seule narine. Pas très agréable … Offrez-vous ce petit luxe d’apporter vos Kleenex habituels. Des sandales et non des tongs, pour pouvoir garder des chaussettes. C’est vraiment agréable de quitter les chaussures à l’étape. Du papier toilette pour vos besoins dans les petites tea houses en chemin. Un peu de lecture. Pour ma part j’ai lu Annapurna premier 8000 de Maurice Herzog. En dehors des passionnés de montagnes, ce livre n’a aucun intérêt SAUF ici !! On est dans ses pas, il cite des villages qu’on traverse, des sommets qui nous dominent, des cols qu’on aperçoit … Fabuleux ! Je le conseille. Un jeu de cartes. De l’argent liquide : pour payer les dépenses hors repas (les thés, les tartes aux pommes, les maoïstes …). On a dépensé 60€ pour nous 2 pendant les 9 jours de trek (ça file vite quand même …). Ne cherchez pas à tout prix à n’emporter que des petites coupures, les billets de 500 Rs ne posent aucun problème. Prenez soin de votre permis de l’ACAP, vous aurez à le présenter assez souvent. Nous avions laissé nos passeports dans le coffre de Katmandou. Mais vous en aurez besoin ainsi qu'une photo d'identité si vous devez faire ce permis sur place.
5.5 - Une journée type Petit déjeuner autour de 7h Départ entre 7h30 et 8h Arrivée à l’étape entre 11 et 13h Repas / Douche Visite du village / Lecture / Ecriture / Recherche d’une tarte aux pommes (encore ??!!) / Repos … Dîner entre 18h et 18h30 Dodo vers 20h
6 - Santa, le guide et Divi, le porteur Nos relations ont été agréables, amicales et saines, d’autant plus que Santa avait une attitude très paternelle et très protectrice envers le jeune Divi. Ce qui n’est pas toujours le cas ... Divi ne nous attendait pas. Il marchait à son rythme, à savoir très très vite (en sandales de plastique !) avec de nombreuses pauses assez courtes. Santa, lui, démarrait avec nous. Son niveau d’Anglais était vraiment très faible et ne nous permettait aucune discussion. Ce qui ne nous gênait pas beaucoup, et lui non plus apparemment. Nous marchions côte à côte, sans non plus être collés. Parfois il s’arrêtait pour discuter avec un copain et l’écart se creusait. Nous sommes même montés à Poon Hill seuls car il avait une gueule de bois à gérer …. Lors des pauses, il est de coutume et de bon ton de payer l’ensemble des consommations. Mais ils étaient tous 2 bien moins gourmands que nous ! Qu’est-ce qu’on a pu manger comme tartes aux pommes !! Aux étapes, guides et porteurs se retrouvaient tous ensemble pour manger, boire de l’alcool de pomme et jouer aux cartes. De temps à autre (entre 2 donnes), un petit coup d’œil, un petit sourire pour vérifier que tout allait bien pour nous. Pas du tout envahissants et je pense que Santa a vite compris que ça ne nous gênait pas (ceux qui ont lu mes précédents carnets savent que nous ne sommes pas très liants). Il vivait sa vie, nous la nôtre, en bonne entente. C’était parfait pour nous. Lors de l’étape à Muktinath, nous avons passé la soirée avec un couple d’Allemands, nos guides et nos porteurs. A 8, tous ensemble à la même grande table pour profiter du brasero à nos pieds. Mais ce fut la seule fois. Le porteur des Allemands n’était d’ailleurs pas du tout à son aise … Le pourboire. Toujours un peu délicat … Surtout ne pas les brimer, mais sans donner trop non plus … Nous avons suivi les conseils d’autres trekkeurs disant de prévoir 3€ pour le guide par jour de trek et 2€ pour le porteur. Nous avons donné 2500 Rs à chacun. Pas eu envie de faire de différence.
7 - Le bilan
7.1 - L’agence Nepal Ecology Trek Je pense vraiment que NET est une excellente agence. Tous les guides qu’on a croisés (de chez NET ou non) nous ont dit que NET était correcte avec ses guides et ses porteurs. Par ailleurs, les bénéfices servant des œuvres humanitaires, ça aide à ouvrir le porte-monnaie pour une somme aussi lourde … Car, tout de même, la satisfaction n’exclut pas le bilan et il faut bien convenir que passer par une agence (même locale, je ne parle pas des agences françaises !) revient très cher. En comptant très large, j’ai estimé avoir payé plus du double du prix de revient (salaire, hébergement et repas de nos 2 compagnons de voyage inclus). Aucun regret bien sûr, d’abord c’est pour la bonne cause, on a fait travailler un guide et un porteur et on n’aurait jamais imaginé partir seul pour une première approche de l’Himalaya. On a payé notre confort, notre tranquillité d’esprit et notre sécurité. On a rencontré en chemin plusieurs couples faisant le grand Tour seuls, sans guide, sans porteur. Liberté totale … C’est vraiment faisable … Clairement, sur ce trek, le guide est inutile. Il n’y a aucune ambiguïté de parcours, du monde partout (Népalais et trekkeurs) pour vous aiguiller si nécessaire, des lodges en abondance et les maoïstes sont calmes. Si c’était à refaire, et toujours dans le cadre d’un premier voyage, je conseillerais, l’embauche d’un seul guide/porteur, directement (hors agence). Dans ce cas, il faut embaucher quelqu’un recommandé par d’autres pour éviter de tomber sur des filous … Sawaddeekha (entre autres !) donne le mail de son guide/porteur dans son post (cliquer ici).
7.2 - Le trek en lui-même ENCHANTES !! Mais avec un énorme goût de TROP PEU au final … On s’aperçoit que décidément on aime marcher ! Notre but est atteint. Ce trek était une première approche. Nous voulions voir ce qu’était un trek dans l’Himalaya, nous voulions voir si nous avions la condition physique pour le faire, l’esprit, le goût, l’envie d’aller plus loin. On a répondu … Résultat : en arrivant à Katmandou, on a couru acheter une carte du Tour des Annapurnas au 1/100 000 pour préparer le prochain. Que nous ferons seuls, cette fois, puisque maintenant on sait où on va, on peut se le permettre. En prévoyant 4 semaines (pour 16 à 20 jours de trek), ça nous parait large et prudent, tout le temps nécessaire pour s’acclimater et parer aux imprévus. Thorung La, attends-nous, on revient ! Maintenant il faut que j’explique à mon patron que je veux partir 4 semaines … pas gagné !! 🤪
KATMANDOU :
Rien de ce que je peux dire ici ne suffira à vous en donner une image exacte. Tant mieux ! La première impression que fait Katmandou (surtout en arrivant en début de soirée, période de rush) est déconcertante. Katmandou est la ville de tous les contrastes : le sublime côtoie le sordide, le spirituel côtoie l’immonde … Mais voilà qui fait tout son charme. Jamais vu ville plus bruyante, plus polluée, plus délabrée. Les ordures jonchent les rues, apportant avec elles leurs lots d’odeurs ! Imaginez un peu : des femmes magnifiques dans leurs saris vifs et colorés, assises au milieu des gravats ; un doux fumet de curry couvert d’un seul coup par l’odeur âcre de l’urine ; un rat crevé devant un temple de Ganesh ( !) ; des embouteillages monstres, bruyants, juste aux abords d’une petite cour sereine où du linge sèche sur un temple … Ce sont ces contrastes aussi marqués qui rendent Katmandou fascinante. Soyez prévenus, Katmandou n’est pas Luang Prabang, loin s’en faut. Mais que ça ne vous empêche pas de plonger avec délices dans cette ville intemporelle.
Swayambhunath 100 Rs (guichet tout en haut des marches) – Tous les prix indiqués s’entendent par personne Depuis Thamel, on peut s’y rendre à pied : les explications du Lonely Planet dégrossissent, les Népalais font le reste. Ils devinent tous où vous allez quand vous êtes dans le coin … Environnement agréable, long escalier pour atteindre le stupa où les singes se donnent en spectacle. Nous avons supposé que nous y étions un jour de fête, tant les Népalaises aux saris rouges étaient nombreuses. Superbes scènes d’offrandes. Tous les sens sont sollicités : la vue en premier lieu avec tout ce rouge déployé, l’odorat avec les bougies et les petites lampes à huile, l’ouïe avec le son des clochettes que tous font tinter pour appeler les divinités, le toucher avec les moulins à prières qu’on n’a pas manqué de faire virevolter nous aussi. Pour nous ne manquait que le goût. Les Népalais l’ont eux développé au cours d’un grand repas rituel partagé au sein du temple, à même le sol, des journaux en guise d’assiettes. Notre premier temple, nos premiers Yeux, nos premières rencontres, nos premiers portraits. Belle visite, le ton de notre voyage était donné !
Durbar Square 200 Rs Si vous comptez y passer plus d’une fois, ne manquez pas de demander un pass. Il vous faut une photo d’identité et votre passeport. Si vous avez le temps, ne cherchez pas à la comprendre en une seule fois. Venez-y en fin d’après midi, avec une belle lumière rasante et laissez-vous simplement porter par l’ambiance, perdez-vous dans ce dédale de temples newar et shikhara. Et puis revenez, cette fois pour une visite plus approfondie, plus studieuse. Arrivez, cette fois, tôt le matin quand la place commence seulement à s’animer. Montez en haut de Maju Dega et prenez le temps de lire vos guides. Le petit plan fourni par le guichet et le Lonely Planet suffisent pour faire une visite complète et agréable. Mais si vous préférez être guidés, vous n’aurez que l’embarras du choix … Nous, nous préférons toujours être seuls et avons écarté gentiment les guides qui proposaient leurs services. Lonely Planet, plan et boussole à la main, on vit alors notre visite un peu comme une chasse aux trésors, et les efforts que l’on fait pour découvrir tel ou tel indice nous permettent de nous approprier le lieu, de noter les détails truculents et de fixer les images. On aime cette quête. Le musée Tribhuvan (250 Rs) n’a d’intérêt que pour l’architecture du bâtiment. Le contenu, à la gloire des derniers rois, m’a prodigieusement barbée (et je reste polie) ! Le berceau du roi, la tétine du roi, le jouet du roi, une photo du roi avec Machin, et encore une avec Bidule, et encore une avec Truc … Pfff … En plus, que c’est grand … Je pense qu’on peut vraiment en faire l’économie …
Pashupatinath 250 Rs Pour ce prix, vous n’aurez accès qu’à l’extérieur. L’entrée du temple est interdit aux non-hindouistes. On y va en taxi depuis Thamel (120 Rs). Je suis un peu mal à l’aise avec cette visite … Pashupatinath se situe au bord de la rivière sacrée Bagmati le long de laquelle ont lieu très régulièrement des crémations. Agglutinés le long de la rive opposée, on assiste à ce spectacle bien orchestré. J’ai beau y assister avec discrétion et humilité, je ne peux pas m’empêcher de m’interroger sur le bien fondé de ma présence. Bien sûr c’est une cérémonie, intéressante sur le plan culturel, et s’il s’agissait d’un mariage ou d’un baptême, je n’aurais aucun scrupule. Le problème c’est la mort … Autant il me parait sain et agréable d’assister à la joie des gens, autant j’ai plus de mal avec le chagrin. Quelle est la part de voyeurisme ?... Bon, je n’ai pas répondu à cette question … et je suis toujours partagé entre l’enrichissement culturel que m’a apporté cette cérémonie si loin de nos coutumes, et la gêne et le sentiment d’avoir peut-être manqué de compassion et de respect. A l’Est de la rivière s’élève un large escalier avec, de part et d’autre, une forêt de chatryas dédiés à Shiva. Dans ce dédale de petits temples, quelques sadhous, plus ou moins comédiens, attendent le touriste pour monnayer une photo. Bref, voici un endroit intéressant mais qui m’a laissé un souvenir mitigé … A chacun de voir …
Bodhnath 100 Rs On rejoint Bodhnath à pied depuis Pashupatinath à travers villages et champs grâce aux explications claires du Lonely Planet. Bien peu de touristes ici finalement comparé à l’affluence à Thamel le soir. Ce n’est peut-être pas ce que la majorité vient chercher. Peu importe, tant mieux pour moi ! Car les Yeux, ceux que l’on voit partout, c’est ici !! Un cube doré sur un dôme blanc festonné de guirlandes de peinture jaune. Et la musique sacrée Om mani padme hum qui partout résonne, relaxante, lancinante. Tous dans le même sens, Népalais et Tibétains tournent autour du stupa en faisant valser les moulins. Et dominant toute cette ferveur, ce Regard impassible, envoûtant … Mon regard à moi se voile … Séquence émotion. Nous tournerons nous aussi autour du stupa, d’un lent pas de sénateur, comme il convient. Un tour, 2 tours, 10 tours … jusqu’à plus soif, jusqu’à pouvoir se décrocher de ce lieu magique. Une fois encore, je prends conscience ici du privilège et de la chance que j’ai de pouvoir réaliser mes rêves.
Thamel Quartier touristique de Katmandou qui regorge de petits hôtels et de bons restaurants. Sans parler des boutiques, des agences, des bureaux de change … tout est fait pour les touristes. Absolument aucune authenticité, pourtant ce quartier vivant n’est pas désagréable. Il est en tout cas extrêmement pratique. Vous y trouverez entre autres de nombreuses librairies vendant des livres (ben oui !) mais aussi et surtout des cartes détaillées de tout le Népal, vraiment pas chères. Quand Philippe veut me faire plaisir, il ne m’emmène pas dans une bijouterie, il m’emmène à l’IGN. Alors là, comme il disait, j’étais comme une gamine dans une confiserie, les yeux écarquillés, ne sachant plus où donner de la tête, totalement survoltée. Je crois même l’avoir un peu saoulé 😇 … Nous y avons acheté les cartes qui nous serviront à préparer notre retour …
LA VALLEE :
1 – Bhaktapur
Minibus express : 15 Rs/p l’aller, 18 le retour. Bhaktapur, savamment restaurée, est un joyau !
Durbar Square 750 Rs – Avec votre n° de passeport, le guichetier indiquera au dos du billet la durée de validité que vous lui demanderez Nous savions que nous reviendrions … Comme pour Katmandou, une première visite où on a goûté l’ambiance, flâné dans les rues et consacré du temps pour Changu Narayan. La veille de notre départ, nous y sommes revenus. L’impression d’être déjà en terrain connu, le plaisir de retrouver ce que l’on a adoré 2 jours plus tôt. Revenir, c’est bénéficier d'un bonus. Pourtant, pour être parfaitement honnête la Durbar Square de Bhaktapur n’est pas ma préférée mais on est quand même à un très haut niveau d’émerveillement … Pour contempler le temple Nyatapola depuis la terrasse du café éponyme, il faut accepter de payer le prix fort … c’est hors de prix. Mais que le sikarni (yaourt local agrémenté de noisettes et de fruits) y est bon !! Allez, petit luxe …
Changu Narayan 60 Rs A défaut du bus local vraiment trop bondé, on revient à Durbar Square où on négocie âprement un taxi pour nous y emmener, nous attendre et nous redescendre. 300 Rs l’A/R. Route défoncée comme il se doit, qui s’élève vers un temple superbe, haut en couleurs. Nous y arrivons un jour de fête. Le monde, le rouge, les tikas épaisses et colorées sur tous les fronts (hommes, femmes et enfants) ne nous laissent pas en douter. Une fois de plus, nous passerons davantage de temps à admirer les gens et leurs coutumes que les sculptures des étais de bois (pourtant d’une rare finesse). Nous redescendrons trop sagement (et un peu à regret) retrouver notre taxi au bout d’une heure, durée d’attente convenue avec le chauffeur. Sommes-nous trop disciplinés ?…
2 – Patan
Taxi de Thamel à Patan Dokha pour 150 Rs. Là encore, nous suivons l’itinéraire du Lonely Planet qui nous entraîne de petites ruelles en minuscules passages couverts, de cours en cours, toutes pourvues de leur petit temple, de leur bassin, de leur puits. L’objectif est d’atteindre Durbar Square en profitant de toutes les splendeurs de Patan. Superbe balade.
Golden Temple 25 Rs Un peu lourd (à mon goût) mais superbe ! Montez à l’étage visiter le monastère bouddhiste.
Durbar Square 200 Rs Mon préféré … c’est mon esprit cartésien qui parle : celui-là est tiré au cordeau ! Le toit terrasse du Taleju Restaurant domine toute la place, avec les montages en toile de fond.
Musée 250 Rs Remarquable, didactique, on y passerait des heures. Belle muséographie, belles pièces, nombreuses clés sur l’iconographie bouddhiste et hindouiste. On y apprend beaucoup de choses, facilement, pour peu qu’on lise l’Anglais …
3 – Kirtipur et Chobar
Kirtipur est un petit village agréable qui permet de découvrir les environs de la capitale. Nous nous y sommes rendus en bus (9Rs/p) et ensuite, à l’aide du Lonely Planet, d’une boussole et des habitants, nous avons visité les lieux. Jolies petites ruelles de briques rouges avec partout des petits temples, tout poisseux de paraffine et enduits de pigments rouges, orange, jaunes au point parfois de ne plus reconnaître la divinité … Perdez-vous et profitez. Ce n’est pas bien grand, on ne risque rien …
Nous quittons Kirtipur à pied pour rejoindre Chobar. Toujours grâce aux indications des villageois, nous y arriverons sans problème par une agréable promenade dans la campagne, le long des rizières. N’hésitez pas. Avant de chercher les fameuses gorges, on décide d’aller manger … Le Chobar Village est réputé. Repas quelconque (voir § plus haut) mais surtout vue superbe sur toute la vallée et accueil chaleureux. La gorge de Chobar ne vaut pas tripette … surtout quand on rentre de l’Annapurna … Mais qu’importe, elle fournit un objectif à une jolie balade en campagne.
Nous rejoignons ensuite Patan à pied (ça fait un petit bout quand même) pour revoir encore Durbar Square. Nous y sommes arrivés à 17h15, la nuit tombait, les bibelotiers remballaient leur étals, quelques ampoules à droite à gauche formaient des ombres sur les grands temples … ambiance magique … Enfin, taxi pour rentrer à Thamel (150 Rs et ½ h de bouchon …).
C’est une très belle journée mais Patan et Bhaktapur restent prioritaires. C’est parce que nous avions le temps …
DIVERS :
L’accueil : souriants, gentils, aimables, serviables … un vrai bonheur Logistique : pensez à apporter des photos d’identité. Au moins 2 : une pour le pass de Durbar Square de Katmandou, une autre pour le permis de trekking. Vous trouverez tout à Thamel ou à Pokhara. On a acheté 2 gourdes en métal à Pokhara la veille de partir en trek, vraiment pas chères (400 Rs chaque). On en a eu pour notre argent : elles fuyaient !... D’ailleurs, elles sont restées au Népal … Pannes d’électricité fréquentes et parfois assez longues. Certains lieux (hôtels, boutiques, restau) ont des groupes électrogènes, d’autres pas … On a mangé aux bougies au Kilroy’s, c’était super ! Finir sa douche dans le noir, ça l’est moins … Les cybercafés sont très nombreux, pas chers mais les tarifs varient du simple au décuple ! Débit effroyablement long … Il faut parfois ½ h d’attente pour avoir enfin accès à la messagerie. 10 minutes pour faire un beau grand message détaillé, je me relis, oui, c’est bien, ouf ! allez "ENVOYER" et vlan … panne de courant !!! j’ai failli jeter la souris sur l’écran … Bref, n’entrez pas dans un cybercafé sans votre bouquin, une petite heure devant vous … et une bonne dose de fatalisme … La carte bancaire : oui, elle peut servir, pour les achats un peu plus coûteux. Nous l’avons utilisé 2 fois : un restau (le Kilroy’s) et l’achat d’un mandala. Je ne l’ai pas utilisée en retrait cash, j’avais apporté des € et des TC en $ (mais pourquoi donc des TC en $ ?? Je les traîne depuis 17 ans, j’en ai marre, on a décidé de les utiliser …). Le climat à cette époque : sec, lumineux, doux. N’oubliez pas une polaire pour les soirées à Katmandou. Sans faire froid, il fait frais … Vous pouvez oublier les débardeurs et les shorts. Pour nous Lorrains, ça nous semble être le temps idéal pour voyager ! Je déteste transpirer !.... L’affluence touristique à cette époque : énorme, disparate, beaucoup de groupes de Français sur le trek. Thamel se vide de ses touristes en journée. Ambiance plus cool … Il devient alors agréable d’y flâner. Les problèmes de santé : ni Philippe, ni moi-même n’avons souffert de tourista. Nous buvions de l’eau en bouteille ou purifiée à la pastille (l’équivalent de Micropur) et nous nous lavions les dents à l’eau du robinet. Pas de précautions particulières non plus sur les légumes, les fruits et les crudités. Hors de question de s’en priver, on a juste habitué nos estomacs progressivement. Je suis convaincue qu’à trop prendre de précaution, on ne s’immunise pas et que c’est comme ça qu’on finit sur les toilettes … Ca n’engage que moi et je dégage toute responsabilité bla bla bla … Par contre, on a beaucoup souffert de la gorge et des bronches à Katmandou, très sûrement à cause de la pollution. Mais quoi, on n’allait quand même pas se trimballer avec un masque ?… On en a vu ! Les devantures des pharmacies regorgent de Strepsil. Comme quoi !… L’air pur de Paris a suffi à nous remettre sur pieds … Quoi ?... 😇 L’itinéraire : notre choix a été très particulier : un "petit grand" trek qui occupe la moitié du séjour et le reste à Katmandou. On aurait pu aller à Chitwan ou à Bardia, je sais Sawaddeekha, tu avais insisté sur ce point … On aurait dû courir … On a fait le choix de se poser … On ne regrette pas, Katmandou mérite qu’on s’en imprègne pour passer derrière l’écran, sinon, on risque de repartir avec juste la vision d’une ville dépotoir … Affaire de temps, affaire de choix, affaire d’envie ... Nous avons privilégié le confort de se poser 8 jours dans le même hôtel et de rayonner. Peut-être aurions-nous dû consacrer une nuit à Bhaktapur pour profiter de la ville le soir. On a peut-être été un peu mous sur ce coup-là … Photos : portraits faciles pour peu que vous disposiez d’un numérique et que vous montriez le résultat. Les voisins voudront voir et vous demanderont d’être pris eux aussi. Ca peut parfois durer longtemps … Un jour, j’ai vu un touriste faire une photo d’un Népalais, en guenilles, un peu hagard, pauvre hère … Certes, allure vraiment exotique. Le photographe demande à sa femme de se mettre à côté (tel un trophée). Gros rire niais de la femme, elle s’exécute et s’approche de notre homme, assez près pour être dans le cadre, mais pas trop non plus des fois que ses puces aient envie de changer de propriétaire … sourire conquérant de la femme, regard perdu du pauvre homme, voilà, c’est parfait, la photo est faite. La femme rejoint son mari affairé à vérifier son œuvre tout en rejoignant déjà son groupe. Ils n’auront pas un regard, pas un geste, pas un merci pour le pauvre homme qui est resté planté comme un I, le regard totalement éperdu. J’ai été lâche, ils n’étaient pas Français et je ne me suis pas sentie capable de les insulter en Anglais. Mais j’aurais dû le faire en Français. Le numérique a un énorme avantage : celui de partager avec son sujet la photo faite. Et ce moment de partage est divin : le regard s’illumine, il touche l’écran, un sourire point, pudique, et levant alors les yeux vers moi, il me remercie encore plus que moi je ne le faisais. Gratitude partagée, échange de sourires, les mots sont inutiles, l’émotion passe. Ce moment est bien plus important que la photo en elle-même. Prenez en photo un enfant porté par sa mère et regardez le sourire et l’air fier de la mère devant le résultat. On n’oublie pas de tels moments. Combien de portraits ai-je fait, que je n’ai pas conservés, juste pour créer cet instant magique ! L'artisanat : beaucoup de babioles sympa pour faire plaisir à moindre frais … Rien d’extraordinaire en terme de sculptures sur bois, les pays d’Asie du Sud-Ouest proposent un artisanat bien plus fini. Les boutiques "d’antiquités" disposent parfois de belles pièces (de bronze notamment) mais attention aux prix. Nous avons aimé les peintures (aquarelles, huiles, mandalas). Aucun conseil, c’est tellement affaire de goût. Prenez le temps avant d’acheter car les qualités varient beaucoup d’un artiste à un autre. Les boutiques de Thamel ferment entre 19 et 20h et ouvrent assez tard (vers 10h). Ambiance agréable dans les boutiques, les vendeurs vous hèlent sans agressivité et avec le sourire.
On a beaucoup aimé : 🙂 Le trek - Etre dominés par des plus de 8000. Dormir dans des sacs de couchage bien chauds dans des chambres bien froides Les apple crumble de Marpha … et d’ailleurs Les magnifiques temples newar aux fines sculptures sur bois, prélude des pagodes chinoises
On a moins aimé : 😕 Sentir les mollards passer parfois bien près … A Bodhnath, j’en ai pris une éclaboussure sur la main. Beurk, beurk, beurk … Ah, quels cracheurs !! Les klaxons La minceur des matelas
En conclusion ... Que de joie, que d’émerveillement, que de surprises mais aussi que de frustrations nous a réservés ce choix, disais-je en intro ! Il est très peu de pays dont on soit revenu en disant qu’on y retournerait. Le Népal en est un. Certes, les yeux de Bouddha sont envoûtants, énigmatiques ; Katmandou est fascinante, tellement fatigante, polluée, bruyante, mais tellement hors du temps, chatoyante, joyeuse, hallucinante ; les Népalais sont d’une gentillesse et d’une patience incomparables ; les dahl baht sont délicieux … Mais au-delà de tout ça, ce qui nous a émerveillés, ce sont les montagnes, ces sommets blancs majestueux. Ce sont eux que nous voulons revoir. Correction ! Pas seulement en fait, c’est un tout. Ce qu’on veut revoir, ce qu’on veut revivre, c’est l’arrivée dans les villages de pierre, le sourire des villageois en chemin, le chocolat chaud qui réchauffe les doigts engourdis, les repas roboratifs mais toujours hauts en saveur, les mules, les yacks souvent croisés sur les sentiers, les porteurs qui malgré leur charge continuent à sourire, les paysages changeants, variés, toujours grandioses, les ponts, défi vaincu à ma peur du vide, les soirées autour d’un brasero emmitouflés dans 2 polaires, les nuits froides et noires, chacun blotti dans son sac de couchage bien douillet, à se sourire sans rien se dire … Non, ce qu’on veut revoir, ce ne sont pas les montagnes, ce n’est pas vrai. Ce qu’on veut revoir, finalement … c’est le Népal. Thorung La, on reviendra.
NOTRE PERIPLE EN 3 SEMAINES :
Jeu 1er Nov- Vol GulfAir Paris/Bahrein – Longue escale et nuit à Bahrein Ven- Vol GulfAir Bahrein/Katmandou - Nuit à Katmandou (International GH) Sam - A pied : Swayambhunath Stupa – Durbar Square de Katmandou - Nuit à Katmandou Dim - Bus vers Pokhara (bus touristique – 7 heures) - Nuit à Pokhara (Moonlight Hotel) Lun - Trek de Jomsom J1 - Envol pour Jomsom - Nuit à Kagbeni (New Asia Trekker’s Home) Mar - Trek J2 - Nuit à Muktinath (Shree Muktinath Hotel) Mer- Trek J3 - Nuit à Marpha ( Dhaulagiri GH) Jeu - Trek J4 - Nuit à Kalopani/Lete (Kasturi Cottage) Ven- Trek J5 - Nuit à Tatopani (Hotel Himalaya) Sam- Trek J6 - Nuit à Shikha (Moonlight GH) Dim - Trek J7 - Nuit à Ghorepani (Kamala Lodge) Lun - Trek J8 - Nuit à Tikhe Dhunga (Chandra GH) Mar- Trek J9 - Transfert en bus de Nayapul à Pokhara – Nuit à Pokhara (Moonlight Hotel) Mer - Bus vers Katmandou (bus touristique – 9 heures) - Nuit à Katmandou (International GH) Jeu - Katmandou - Nuit à Katmandou (Holy Himalaya Hotel) Ven - Patan (taxi : 150 Rs l’aller + 150 Rs le retour) - Nuit à Katmandou Sam - Katmandou - Nuit à Katmandou Dim- Pashupathinath (taxi 120 Rs) – Bodhnath (à pied depuis Pashu) - Retour taxi (150 Rs) - Nuit à Katmandou Lun- Kirtipur (bus local 9 Rs/p) – Chobar (à pied) – Patan (à pied) - Retour taxi (150 Rs) - Nuit à Katmandou Mar- Bhaktapur (minibus express 15 Rs/p) - Changu Narayan (taxi 300 Rs A/R depuis Bhaktapur) – Retour minibus (18 Rs) - Nuit à Katmandou Mer- Katmandou - Nuit à Katmandou Jeu- Bhaktapur (minibus 15 Rs/p aller et 18 retour) - Nuit à Katmandou Ven 23 Nov–Aéroport (taxi 300 Rs) - Vols GulfAir Katmandou/Bahrein/Paris
BUDGET :
La Roupie Népalaise (Rs) Cours : 1 € = 90 Rs
Dépenses préalables : Vols réguliers GulfAir Paris/Katmandou via Bahrein : 989 €/p = 1 978 €
Principales dépenses sur place (pour nous 2, hors achats perso de souvenirs) : Trek de Jomsom par Nepal Ecology Treks : 467 €/p = 934 € payé cash sur place Hôtel : 300 US$ en TC pour 11 nuits (hors trek) Cash et CB : 550 € (transport, repas, entrées)
Je le répète à chaque fois, ce que je rapporte ici n’a qu’une valeur indicative … Evidemment, on peut dormir et manger à Katmandou pour vraiment beaucoup moins cher ... Ce budget correspond à un niveau confortable (hôtel confortable et restaurant midi et soir).
Vous trouverez partout des petits bureaux de change, ouverts tous les jours. Taux affichés, identiques partout, sans commission. Il devient alors très facile de changer nos euros, petit à petit, au fil de l’eau. Demandez un reçu si vous voulez pouvoir les rechanger à l’aéroport avant de partir. Je me suis fait avoir … J’y ai vu un signe : nous voilà obligés de revenir !
GUIDES :
Lonely Planet Népal - Version française 5è édition – Septembre 2006 – Excellentissime - Nécessaire et suffisant. Guide du Routard Népal Tibet – 2007-2008 - Inutile. Ca fait 17 ans qu’on voyage, 17 ans qu’on peste contre le GdR, 17 ans qu’on continue à l’acheter … Allez comprendre … 🤪
TRANSPORTS :1 - Vols Paris/Bahrein/Katmandou – GulfAir Aucun vol direct vers Katmandou depuis Paris. C’est donc forcément long … Achetés début mai sur le site Voyages-sncf : 989 € l’A/R. J’étais assez contente de ma trouvaille. Au moment de l’achat, l’escale à Bahrein à l’aller était de quelques heures. Les mois passant, elle s’est allongée, allongée, allongée … Au final, nous avons dû passer la nuit à Bahrein (tous frais payés par GulfAir bien sûr). Bon, une nuit ça va, mais je n’y passerais pas mes vacances ! Contact avec GulfAir très courtois. Nous avons fait reconfirmer notre vol de retour, le Lonely Planet insistant sur la nécessité de le faire. L’hôtel s’en est chargé gracieusement et efficacement. De fait, le vol Katmandou/Bahrein était surbooké et nous avons été … surclassés !! (j’en connais une qui va ENFIN arrêter de se la péter maintenant 😛 !) C’est magique !! Je dis souvent que si on gagnait au loto, on ne changerait rien à notre façon de voyager SAUF qu’on se paierait la classe business.
2 – Taxi sur place Négociez la course avant de partir. Le mieux c’est d’avoir une idée du prix (cf Lonely Planet) et de l’annoncer. Le chauffeur va rabioter quelques dizaines de Rs et tout le monde est content. J’ai indiqué le prix des taxis qu’on a pris dans mon itinéraire, plus haut.
3 - Bus Epique !! Nous, on est des fanas de bus. Les paysages défilent, la vie dans le bus est typique et les arrêts pour manger sont sympas … Bref, on a là l’impression d’être au plus près de la population et des habitudes locales. Ici, le problème ce ne sont pas les bus, ce sont les bouchons aux abords de Katmandou. D’ailleurs, ça s’applique aussi aux taxis.
4 - Katmandou Des bouchons monstres ! Pire qu’à Paris. Des klaxons. Du gaz carbonique. Des motos, des camionnettes, des voitures, des minibus, une vache, 25 chiens, des piétons … bref, un immense bordel. Surtout en début et fin de journée. Pensez-y pour vos déplacements (surtout pour rejoindre l’aéroport). Thamel est quasi déserte en milieu d’après-midi.
HEBERGEMENT :
Katmandou : Sur les conseils avisés de Sawaddeekha (merci Régine !), nous avions réservé par internet nos 2 premières nuits d’hôtel à l’International Guest House (cliquer ici) en deluxe (25$-20% car résa via internet). A l’arrivée, ils n’ont pu nous proposer qu’une standard à 20$ (-20% aussi) + 13% de taxes + 3$ pour les 2 petits dej (soit 21$ au total). On prend. L’hôtel est situé dans une rue au calme à l’Ouest de Thamel ; il est très agréable, bourré de charme, avec un joli petit jardin dans lequel est servi le petit déjeuner pour les moins frileux. Néanmoins, les chambres standards sont assez petites, un peu vieillottes mais les douches sont puissantes et bien chaudes. Pas de groupe électrogène (et à Katmandou, ça a son importance !) Système de consignes de bagages (gratuit) très sécurisé pour ceux qui partent en trek : d’une part un local sous clé pour les bagages (avec étiquetage de chaque sac) et, d’autre part, des coffres individuels pour les valeurs. C’est vraiment sûr. Moi, la grande inquiète, je suis partie en trek l’esprit totalement libre, avec pour seule inquiétude celle de ne pas perdre la clé du coffre ! Gérable !... Avant de partir, on réserve une nuit pour notre retour, en deluxe cette fois svp. Au retour … encore pas de deluxe et le patron prend de haut notre tentative de négociation sur les prix quand on lui dit qu’on veut rester 9 nuits. Il nous la joue "c’est complet". On n’en croit pas un mot et ça nous agace un peu ; on ne dit rien mais, 1 heure plus tard, on avait trouvé un autre hôtel pour le reste du séjour. Des fois, on est un peu tête de cochon (pas Lorrains pour rien !). Et quand le soir, le patron, avec un grand sourire, nous a annoncé que finalement il avait réussi à se débrouiller pour nous garder notre petite chambre pour les 8 nuits supplémentaires, ce n’est pas sans une certaine jubilation contenue qu’on lui a sorti "too late, we’ll check out tomorrow". 😎 A part ça, pas de conclusion hâtive : c’est un très chouette endroit, bien situé, et très au calme. Paiement en TC $, sans commission.
Nous avons donc émigré ensuite pour le reste du séjour à l’Hotel Holy Himalaya (ex Dynasty) (cliquer ici). Dans une petite rue déserte, à l’Est de Thamel. Rien à voir avec le précédent : grand complexe impersonnel, sans charme particulier, mais très propre ; grande chambre lumineuse avec belle salle de bain complète. Eau bien chaude. Groupe électrogène. Internet 24h/24 en libre service (d’une lenteur effroyable comme partout !). Thé à volonté. Eau à 9rs (en refill). Accueil souriant et agréable. Nous avons pu choisir entre plusieurs chambres qu’ils nous ont proposées d’emblée à 30$ ttc petit dej inclus. On a gagné ici en confort ce qu’on a perdu en charme. Mais, c’est aussi une très bonne adresse que je recommande également. Paiement en TC $, sans commission.
Pokhara : 2 nuits passées à l’Hotel Moonlight (cliquer ici), intégrées au package trekking réservé auprès de Nepal Ecology Trek. Certes bien situé au bord du lac, mais aucun charme voire un peu tristounet. Un filet d’eau chaude. Accueil froid. Restaurant glauque. Vous avez compris : une adresse à oublier ! Heureusement, c’était avant et après le trek. Avant, on était surexcité, après on était euphorique. Donc, ça ne nous a pas gênés plus que ça ….
REPAS :
Le service est lent. Partout. Comptez 20 minutes mini entre la commande et le service. Le summum a été atteint au Ganesh (Freak Street) où on a attendu plus d’une heure nos 2 plats alors que nous étions les seuls clients … Une fois qu’on le sait, on prévoit : mon carnet de voyage s’est rempli principalement sur les tables des restaurants en attendant la commande … Attention aussi aux prix affichés, dans les restaurants un peu chics (genre Kilroy’s) : il faut rajouter 13% de taxes. De nombreuses pâtisseries proposent des viennoiseries, des brownies, des tartes, des gâteaux … plus savoureux les uns que les autres. Quelques vendeurs de fruits dans la rue jusque tard. Enfin tard … entendons-nous … nous à 20h, on était rentrés … on est des vraies poules en voyage. On a beaucoup profité des restaurants en toit-terrasse, à Bodnath, sur les Durbar Square de Patan et de Bhaktapur. C’est très agréable et encore mieux si on dispose de la table en bord de terrasse. Pour cela, c’est facile, arrivez un peu avant midi, vous serez les premiers. Le Taleju Restaurant sur Dubar Square à Patan permet de dominer toute la place tout en ayant les sommets en arrière-plan. Superbe vue. A Bodnath, un toit terrasse (il y en a beaucoup) permet de jolies photos des Yeux … En dehors du trek, nos repas se composaient généralement d’une seule entrée pour nous 2 (souvent des momos), d’un plat de riz avec de temps en temps du poulet, de 2 naans (pure gourmandise) et d’un grand pot de thé noir. Un tel régime tournait autour de 700 Rs pour nous 2. Les momos : cuits à la vapeur ou frits, ils sont toujours vendus par 10. Ca ressemble aux Dim Sum, les vapeurs d’Asie du SE (je ne prends pas de risque, ne sachant pas précisément si les Dim Sum sont chinois, thaïlandais ou vietnamiens 😉 …). Bref, donc, un beignet de légumes dans une feuille de riz. Nous n’avons testé que les végé momos vapeur. Qualité très variable selon la fraîcheur et les légumes à l’intérieur. Nos préférés : ceux du Jatra (aux épinards) à 90 Rs (toujours les 10) mais peut-être parce que c’était les premiers ! Egalement ceux du Helena’s (105 Rs), bien moelleux. Ceux du Yak Café (50 Rs) par contre étaient vraiment secs … Le dahl baht : voir § suivant car c’est surtout lors du trek que nous en avons mangé.
Quelques prix : Les prix sont très variables d’un restau à un autre … Une bouteille d’eau (1 litre) : autour de 15 Rs Une assiette de 10 momos végétariens vapeur : entre 40 et 110 Rs Une bouteille de bière (600 ml) : autour de 200 Rs – L’Everest est très douce. Un plat végétarien (dahl baht, fried rice, biryani, chop suey, chow mein …) : entre 100 et 250 Rs Un plain naan : de 25 à 70 Rs – Nos préférés : ceux du Helena’s. Une théière familiale de thé noir (4 tasses au moins) : entre 40 et 100 Rs Très difficile de trouver du coca light ou bien à 100 Rs la canette. A ce prix là, on s’est enfilé des litres de thé.
Voici quelques adresses qu’on a bien aimées : (Vous trouverez les adresses dans le Lonely Planet ou sur un plan touristique de Katmandou)
1 - Dans Thamel
Loin devant, le Helena’s. Ce n’est pas un petit restau cosy, plutôt un grand machin, sur plusieurs étages, aux grandes pièces et grandes tables. Pas beaucoup de charme, ça fait un peu grande cantine. Mais l’accueil est vraiment souriant et la nourriture est succulente. En plus, il y a vraiment de la place et on peut s’y installer pour lire ou écrire son carnet en attendant son repas. On y est allé 4 fois ! 110 Rs la théière familiale avec 3 sachets de thé. Ils la remplissent d’eau chaude gracieusement une fois vide et les sachets infusent encore suffisamment ; 105 Rs les vege momos (ultra frais) ; entre 150 et 250 Rs le plat végétarien (fried rice, biryani, moussaka …) ; 45 Rs le naan tout chaud et tout moelleux. Bref, autour de 700 Rs pour nous 2.
Tashi Deleg : Tout autre ambiance pour ce petit restaurant tibétain qu’il faut trouver. Il est caché au fond d’un couloir. Vous pourrez y tester le fameux tongba (bière de millet chaude). Surprenant, pas mauvais, mais on n’y est pas revenu … Les plats y sont copieux, un peu lourdauds mais vraiment pas chers. Excellents momos (70 Rs). Autour de 400 Rs pour nous 2.
Roadhouse Café : Belle pizzeria tout en bois. Les pizzas, cuites au feu de bois, sont énormes et délicieuses. Autour de 350 Rs la pizza. Ca change du riz …
Kilroy’s Rest : Restaurant réputé, huppé, bondé. Ici, les serviettes sont en tissu … Beaucoup plus cher mais ça vaut le coup. On paie notre repas complet (plats de mouton et de poulet / riz / naan / vrais desserts / 1 bière) 1943 Rs ttc. Pensez aux 13% de taxe à ajouter aux prix de la carte. Ouf … 🤪 Ca les vaut, c’est délicieux mais attention, certains plats sont très pimentés. La carte est sympa, pleine d’humour. Une belle adresse pour un repas en amoureux, surtout en cas de panne d’électricité, les bougies apportant un romantisme fou ! Paiement par CB sans commission.
Thamel House Rest : Restaurant traditionnel dans une belle demeure sur plusieurs étages. Arrivez tôt pour pouvoir profiter de la salle sous le toit. Ambiance chaleureuse où l’on mange assis par terre (ah, oui, il faut aimer ça …) Service à la carte ou bien menu complet de 12 ou 15 (je ne sais plus) plats. En fait, c’est une version très raffinée du dhal bhat. Version vegé ou non. On a pris un de chaque. Ici, le service est rapide ! Quelques momos (pas 10, 5 ou 6 je crois), parmi les meilleurs qu’on ait mangés suivi du dhal bhat. Ils vous disent à chaque fois ce qu’ils vous servent. C’est bon, servi à volonté, comme tous les dhal bhat. Cadre agréable. Forcément plus cher (500 ou 600 Rs le menu végé ou non) … A faire une fois.
2 - Dans Freak Street, du côté de Durbar Square
Ganesh Rest : 400 Rs pour 2 plat vég et 1 grand pot de thé. C’est très bon, pas cher mais vraiment sale et vraiment, mais alors vraiment long ! C’est le seul endroit où je n’ai pas été à mon aise pour manger … Nos verres ont été essuyés avec une méchante lavette grise traînant par terre … Je ne crois pas être chochotte mais j’ai trouvé là ma limite …
Par contre, pas bien loin, le Snowman Restaurant est, parait-il, très réputé pour ses gâteaux. Après l’expérience un peu tristounette du Ganesh Rest, on a envie de se remonter le moral et on ne résiste pas, on commande 2 apple crumble, 1 brownie, 1 chocolat chaud et 1 thé. Euh oui oui, on n’était que tous les 2 … On s’est demandé où on avait pris nos 2 kilos. Je crois que je sais … Enfin, tant pis pour les kilos, n’hésitez pas, c’est un grand moment 🙂 ! Cet endroit nous a rappelé le café de Solitaire en Namibie. Pas du tout pour l’ambiance bien sûr, mais pour le mythe qu’il transporte : passage obligé …
3 - A Chobar
Chobar Village : Suivez les panneaux, il est tout en haut … Très bel endroit, bien aménagé, très calme, accueil chaleureux. Pas un rat … Cuisine quelconque mais superbe vue sur toute la vallée.
4 - A Bhaktapur
Ne manquez pas de goûter les yaourts et les sikarnis (yaourt aux noisettes et fruits), spécialité de la ville. Le café Nyatapola est hors de prix mais les tables en balcon jouissent d’une belle vue sur la place et le grand temple. Au moins, pour y prendre un thé et un sikarni …
LE TREKKING :
Au départ, nous n’avions pas envisagé de trekking. Dans mon salon, quand je pensais à un trekking au Népal, je voyais des cordées sur neige avec piolets et crampons … Pas pour nous tout ça … Allez, peut-être 2 ou 3 jours dans la région de Katmandou … Finalement, à la lecture de différentes infos, j’ai d’abord compris que mon imagination avait déliré et qu’on ratait sans doute quelque chose. D’autant qu’on adore marcher ! Enfin, il y a eu les échanges avec Sawaddeekha qui nous ont totalement convaincus de faire le plus court des grands treks : le trek de Jomsom. Ca nous a semblé être un bon compromis pour tester notre condition physique, notre endurance en altitude et découvrir la logistique d’un trek (relation au porteur, relation au guide, manger, dormir, se laver …). Bref, des questions qu’on se pose tous (j’en suis sûre !) tant qu'on ne l'a pas vécu. Et tout ça dans des paysages paraît-il fabuleux. Donc, nous voilà décidés : c’était parti pour le trek de Jomsom !
On pensait tout organiser depuis Katmandou auprès des nombreuses agences citées dans les guides. En réfléchissant un peu, on a fini par se dire (10 jours avant notre départ !) que ce ne serait sûrement pas très facile et de toute façon très long de comparer les offres sur place ; on se voyait mal courir d’une agence à une autre. Or, toutes ces agences ont des sites et des adresses e-mail. Vive Internet ! En 10 minutes notre demande fut envoyée à 5 agences. Réponse immédiate. On constate que les devis sont assez comparables. Quelques compléments d’infos, quelques modifs … tout est possible, c’est du sur mesure, c’est facile. On finit par se décider. On opte pour Nepal Ecology Trek, d’une part pour leur réputation (unanime sur le Net), d’autre part pour le sérieux de leurs réponses et leur écoute de nos besoins. Réservation sur parole, sans acompte. Ils n’ont apparemment pas de site internet (en tous cas, pas trouvé …) mais voici leur e-mail : ecotrek@mos.com.np Leur package comprend : les services d’un guide anglophone et d’un porteur, de Katmandou à Katmandou les transferts de Katmandou à Pokhara et retours en bus touristique (pour nous 4) les 2 nuits d’hôtel à Pokhara avec petit dej (pour nous 4) le vol Pokhara / Jomsom (pour nous 4) le trek en pension complète (pour nous 4) les permis de l’ACAP la location de 2 sacs de couchage (North Face ou simili, excellent état, propre et bien chaud) 934 € au total que je paierai en liquide (et en €) à un responsable de l’agence venu nous rencontrer à la GuestHouse de Katmandou le samedi matin. Il nous présente notre guide Santa qui nous donne rendez-vous pour le transfert à Pokhara le lendemain matin. Je reviendrai plus loin sur le coût. A propos du permis(2000 Rs/p), l’agence s’est chargée de les faire grâce à un scan de nos passeports et à 2 photos numériques (qu’on a faites dans notre salon !), le tout envoyé par mail … Efficace !
1 - La randonnée en elle-même Le trek de Jomsom constitue la fin du très fameux Tour des Annapurnas, après le passage du col de Thorung à 5400m. C’est un trek facile : 9 jours de marche maxi, 3 à 6h de marche par jour, 3800m au point le plus haut (à Muktinath), sentiers sans danger, quelques ponts suspendus en bon état. Ce circuit traverse fréquemment de jolis villages de pierre, très authentiques. Paysages superbes, variés, et chaînes des Annapurnas et des Dhaulagiris en toile de fond. Je dis bien en toile de fond : ne vous attendez pas sur ce trek à être au pied des grands sommets.
Rappel de nos étapes et durée de marche Lun - J1 - Envol pour Jomsom - 2h30 de marche - Nuit à Kagbeni (New Asia Trekker’s Home) Mar - J2 -4h de marche - Nuit à Muktinath (Shree Muktinath Hotel) Mer- J3 -5h de marche - Nuit à Marpha ( Dhaulagiri GH) Jeu - J4 - 5h de marche - Nuit à Kalopani/Lete (Kasturi Cottage) Ven- J5 -6h de marche - Nuit à Tatopani (Hotel Himalaya) Sam- J6 - 3h30 de marche - Nuit à Shikha (Moonlight GH) Dim - J7 -3h de marche - Nuit à Ghorepani (Kamala Lodge) Lun - J8 - Montée vers Poon Hill +4h de marche - Nuit à Tikhe Dhunga (Chandra GH) Mar - J9 - 2h30 de marche - Transfert en bus de Nayapul à Pokhara – Nuit à Pokhara (Moonlight Hotel)
Nous avons suivi les conseils d’internautes et de VFistes (encore merci Sawaddeekha !) en coupant en 2 la longue montée de Tatopani vers Ghorepani. Nous n’avons pas regretté ! La descente de Ghorepani vers Nayapul peut se faire aussi en une seule étape. L’arrêt à Tikhe Dhunga permet juste d’assurer le bus local à Nayapul en y arrivant assez tôt. La montée à Poon Hill permet d’atteindre en 40 minutes un plateau duquel, par temps clair, on peut assister à un magnifique lever de soleil sur le Dhaulagiri et les Annapurnas. Nous sommes partis vers 5h et étions redescendus au lodge à 7h30 pour le petit déjeuner. La montée est facile mais ça monte bien donc on a chaud. Par contre, une fois en haut, ça caille vraiment. C’est le moment de tout prendre. Pour ma part, j’avais même gardé mon pantalon polaire et enfilé mon surpantalon coupe-vent. J’étais bien … Thé ou chocolat chaud dispo là haut bien sûr. Emportez quelques roupies, trop sympa !… Ne boudez surtout pas ce point de vue même si se lever à 4h30 dans le froid et la nuit, ce n’est pas hyper cool. Vous serez payés de vos efforts. Pas de regret sur les étapes choisies. On gardera ce découpage pour la prochaine fois … 😉 J’avais entendu dire que le sentier était sale. Je n’ai pas trouvé. De gros efforts ont sans doute été faits. Les villages sont aussi bien entretenus et très accueillants. Notre préféré est Marpha, de très loin !
2 - Condition physique Nous aimons marcher. Sans être des montagnards (on est Lorrains et on habite en banlieue parisienne !) on crapahute régulièrement à Fontainebleau (circuit des 25 bosses pour ceux qui connaissent) et on y a usé nos chaussures de marche avant le départ. Nous avons 45 ans, pas de problèmes de santé particuliers, une alimentation et des habitudes de vie saines. Partant de là, nous n’avons eu aucun problème. Pas de courbature, pas de problème de souffle, pas d’ampoule. Aucune difficulté technique, c’est de la randonnée, ni alpinisme ni escalade. J’ose dire que c’est ouvert à tous ceux qui sont en bonne santé et qui aiment marcher. Mal des montagnes : vous savez qu’aucun entraînement ne peut permettre d’éviter ce désagrément. Seule l’acclimatation lente y contribue. Ce trek ne monte pas très haut. Et même en arrivant à Jomsom en avion (une hérésie en terme d’acclimatation !!), ça ne pose pas de problème. Soyons honnêtes, notre boîte de Doliprane (j’ai lu que pour combattre le mal des montagnes, le paracétamol était préférable à l’aspirine) y est passée quand même et nous mouchions un peu de sang. Mais rien d’inquiétant ou de vraiment gênant. Et les genoux ? 2 écoles : avec ou sans bâtons. Nous, on fait partie de l’école sans. Ce sont les descentes qui bousillent les genoux. Et il y en a !… Nous étions très attentifs à faire travailler les muscles et non les articulations. Ca oblige à descendre avec les genoux très légèrement fléchis et à freiner la descente pour éviter les à-coups mais c’est efficace. Les cuisses et les mollets travaillent et l’articulation du genou est beaucoup moins sollicitée. Bon, que les pros ne me tombent pas dessus, ce sont nos conclusions personnelles ! Et puis après, on a des mollets et des cuisses en béton !...
3 - Les ponts Dans mon salon … je voyais des ponts de singe : une grosse liane sur laquelle on marche en équilibre en s’aidant de 2 autres lianes pour les mains. C’est vrai qu’on voit souvent les yacks passer sur de tels ponts, accrochés par les cornes pour garder leur équilibre … 😛 Sur le terrain, bien sûr, c’est tout autre chose. Ce sont des ponts métalliques pour la majorité (1 ou 2 encore en bois), larges, protégés de part et d’autre par un grillage de plus d’un mètre de hauteur où même les mules n’hésitent pas une seconde. Aucun danger. Bien sûr ça tangue un peu. Bien sûr c’est à claire voie. Parfois (très très rarement) le grillage est béant sur 20 cm (pas même de quoi passer un pied !). Je fais la fière maintenant mais le premier est quand même assez impressionnant. Et puis, on s’habitue et j’ai même réussi à m’arrêter au milieu du dernier (pour la photo, histoire d’en mettre plein la vue à certaine !). Non, je n’ai pas trop regardé en bas quand même !... Enfin bref, pour les inquiets du vide comme moi, soyez rassurés, ça se passe bien. Mieux que la chaîne sur l’Olive Trail en Namibie !!
4 - Le racket des maoïstes Toujours dans mon salon, j’imaginais l’assaut d’un groupe d’une dizaine de communistes, l’œil sévère, armés jusqu’aux dents, kalachnikov à l’épaule, le verbe haut, exigeant leur dû. Et nous de nous soumettre, sans oser les regarder, tendant les billets réclamés en tremblant, et repartant, heureux d’avoir échappé à une mort certaine. Ah, j’vous le dis, j’ai une imagination débordante quand il s’agit de se faire peur toute seule. Sur le terrain, un peu avant Jomsom (au retour de Muktinath), nous apercevons une vieille cahute en bois et 2 mecs, cools, se marrant ensemble. Ils viennent vers nous, tout sourire. Tiens, que veulent-ils ? Et d’un seul coup, ARGH ! je comprends, je vois le drapeau rouge, le marteau, la faucille !! Ce sont eux !!.... comment ça ce sont eux ??... Mais où sont les kalachnikovs, les tanks, les bazookas ?…. Au final, c’est d’un gentil racket dont il s’agit, négociable même. Ils nous remettent un reçu sur l’obole perçue en nous engageant à bien le garder pour le présenter à un éventuel autre groupe et ne pas avoir à payer 2 fois. Grand sourire, échange d’amabilités, photos … bref, je m’étais vraiment fait un film et non, là décidément pas de quoi pavaner en racontant qu’on a survécu aux rackets des maoïstes … Maintenant, ne vous méprenez pas, je ne les défends pas pour autant et je n’en conclus pas qu’ils sont de doux agneaux angéliques … Pour notre part, nous avons payé 500 Rs pour nous 2. Notre guide nous a affirmé que c’est grâce à ses talents de négociateurs que nous avons payé si peu. D’ordinaire c’est 2000 Rs/p. C’était peut-être vrai.
5 - Logistique La logistique est très facilitée par les nombreux petits villages traversés où l’on peut toujours trouver à boire et bien souvent s’y nourrir (ah les tartes aux pommes !!) et y dormir. C’est l’embarras du choix ! Des fontaines jalonnent le parcours. Une pastille de micropur et c’est reparti ! Nous profitions aussi très souvent d’une pause pour boire un black tea dans une tea shop, ou mieux encore un chocolat chaud (du vrai, avec plus de lait que d’eau). Très chaud. Avec un crumble aux pommes, sur fond d’Himalaya … Vous imaginez ? C’est à pleurer !!! Dans ces conditions, une gourde d’1 litre pour nous 2 nous a largement suffi tout au long du parcours.
5.1 - Les lodges Aucun lodge n’était réservé. C’est bien sûr toujours Santa qui nous a guidés vers les lodges de son choix, en nous demandant si ça nous convenait (ce qui a toujours été le cas). C’est quoi un lodge ? Dans mon salon (dernière fois, promis 😛) … j’imaginais des refuges de montagne, avec une immense salle/dortoir où se superposaient trois étages de lits en rangs d’oignons … (j’ai connu ça à la caverne Dufour à la Réunion). Ici, c’est vraiment mieux que ça. Nous avons toujours eu une chambre pour 2. Certes, sommaire : 2 lits, 2 matelas (vraiment minces !), 2 oreillers. Soyons clairs, ça n’incite pas aux câlins … Toujours un petite table où poser son sac à dos. Parfois une prise électrique qui permettait (quand elle fonctionnait) de recharger la batterie de l’appareil photo. WC communs, assez souvent à la turque, avec papier et eau. Douches communes, pas toujours chaudes, parfois dans le même local que les wc, parfois, juste un robinet. Et parfois 1 seule douche pour 10 ou 15 chambres … C’est très sommaire, c’est froid mais c’est propre. Pour ma part, je me suis lavée complètement tous les jours (mais c’est sûr que les Lorrains sont un peu moins frileux que les Drômois 😛 …). Chambre, wc et douches ne sont pas chauffés. Il faut donc un bon duvet et avoir vraiment une grosse envie pour avoir le courage de se relever la nuit … Pensez-y avant de boire le dernier thé du soir … La salle à manger commune est la seule pièce chauffée, soit par un poêle, soit par des braseros glissés sous les grandes tables elles-mêmes recouvertes de couvertures qui vous tombent sur les genoux. En soirée, tous les trekkeurs se retrouvent dans cette pièce pour y manger, lire, jouer, discuter … Ambiance toujours sympa, décontractée et simple. Nous y avons fait de belles rencontres. Notamment 2 jeunes Japonaises ne parlant pas un mot d’Anglais mais tellement ouvertes, tellement joviales, tellement communicatives qu’on prenait un grand plaisir à se retrouver d’une étape à une autre … Elles ont même réussi à nous apprendre un jeu (une histoire de pouces levés) qui nous a tous (guides, porteurs, trekkeurs) beaucoup amusés. Séquence fou rire. Comme quoi, le langage parlé ne fait pas tout … Mais est-il un voyageur qui en doutait encore ?… Nous étions plus couverts dans les lodges que sur le chemin, d’autant plus que les Népalais ont la fâcheuse habitude de laisser les portes grandes ouvertes (il faut bien le reconnaître, les Népalais sont encore moins frileux que les Lorrains …). Bref, on se couvrait donc : pantalon polaire, chaussettes de laine (prévoyez des sandales à scratch plutôt que des tongs …), T-shirt manches longues, petite et grosse polaire, écharpe polaire. Indispensable également de disposer d’un sac de couchage bien chaud. Je dormais avec une chemisette style Damart et des chaussettes. Je vous l’ai dit, ça n’incite pas aux câlins … Cela étant dit, ainsi parés, nous n’avons jamais souffert du froid. Je n’ai pas de remarque particulière sur nos lodges. Le New Asia Trekker’s Home était de loin le plus confortable (sanitaires privés) mais tous étaient bien. Aucun à éviter absolument. On s’est offert une tarte aux pommes (oh ? 😇) à l’Eagle Nest Guest House de Ghasa (entre Kalopani et Tatopani) et ce lodge nous a paru vraiment vraiment bien … presque douillet … Et l’apple pie était divine !! On a retenu son nom pour la prochaine fois …
5.2 - Les repas Nous arrivions au lodge généralement un peu après midi, pour y déjeuner. Tous les lodges proposent une carte longue et variée (mais la même partout). Contrairement à ce qui était stipulé dans notre devis, Santa nous a toujours laissés libres de choisir tout ce qu’on voulait. Tous les guides font ça apparemment : ils disposent d’un forfait pour l’hébergement et les repas et si les trekkeurs sont raisonnables tout le monde y gagne … nous en liberté, eux sur le forfait. On n’a jamais dû le dépasser puisque, jusqu’au bout, on a eu "carte libre" pour les 3 repas par jour (le petit déj aussi est à la carte). On n’a jamais abusé non plus (mais on n’avait pas envie). Ni bière, ni dessert … Juste un bon gros dahl baht et une grosse théière de thé noir et on était heureux. Entre la commande du déjeuner et l’arrivée de votre plat, il faut bien compter … au moins 30 minutes (moi, j’en profitais pour me doucher !). Aussi, pour le dîner, les lodges ont-ils pris l’habitude de prendre la commande dans le courant de l’après-midi et de vous demander à quelle heure vous voulez être servis (généralement, entre 18 et 19h). Idem pour le petit déj, la commande est passée la veille en indiquant l’heure de service. Le rituel est toujours le même : vous notez dans un cahier votre numéro de chambre, votre commande et l’heure. Lents mais bien organisés ! Les frais de repas et d’hébergement sont totalement pris en charge par le guide. Rien à débourser (hormis le thé que nous sirotions dans l’après midi et que nous payions aussitôt). Pour information (pour notre prochain trek et pour VF !!), j’ai noté que chacun de nos 3 repas revenait en moyenne à 500 Rs pour nous 2 (soit 1500 au total) et que la nuit en lodge coûtait entre 100 et 150 Rs pour un confort simple (sanitaires communs).
5.3 - Le fameux dahl baht C’est le plat national du Népal, a fortiori du trek. Très nourrissant, très copieux puisque servi à volonté, très bon, nous, on ne s’en est pas lassé !! Une énorme assiette de riz cuit vapeur et autour un curry de légumes, une soupe de lentilles, des épinards, des achards. Tout est resservi à volonté et dès que votre assiette se vide, ils arrivent avec les gamelles. C’est génial. Je vous assure que, lorsque vous avez marché 4 ou 5 heures, l’estomac dans les talons, ce plat bien chaud est divin. Le serait-il autant un samedi soir ici à Paris avec des amis, je n’en suis pas si sûre … mais, là, en montagne, il avait toute sa saveur ! Vous devez goûter ça ! Et goûtez le vite car si vous aimez, vous pourrez y revenir !
5.4 - L’équipement (à cette époque, début Novembre) Dans la journée, il fait doux mais on sent qu’on est en altitude. Le matin, on démarrait (entre 7h30 et 8h) avec 4 couches (T-shirt + polaire légère + grosse polaire + coupe-vent). Généralement, après 1 heure de marche, nous tombions le GoreTex (coupe vent et grosse polaire) et parfois même la polaire légère (surtout si on montait !). La partie de Jomsom vers Kagbeni est très ventée. Le coupe-vent est très appréciable ici, ainsi que des lunettes de soleil (pour protéger les yeux des grains de sable qui volent). Finalement, nous n’avons jamais souffert du froid pendant la journée.
Notre sac à dos (1 seul pour nous 2) pesait environ 14 kg (sacs de couchage compris). Eh bien, vous savez quoi ? on a encore ramené du linge propre ! On emporte toujours trop ! Sur ce trek, on transpire peu, on ne se salit pas, on peut se laver facilement et il n’est pas utile de changer de T-shirt tous les jours. Bien sûr au bout de 5 jours, je ne dis pas que je sentais encore l’Ariel Grand Large mais je ne faisais pas fuir mes voisins non plus, je vous assure … Après la douche, je m’habillais d’une tenue propre pour la fin de journée. Et le lendemain matin, je ré-enfilais ma tenue de marche qui avait eu le temps de s’aérer. Un changement de T-shirt au bout de 5 jours et voilà ! Sachez néanmoins qu’il fait froid la nuit et qu’un slip lavé ne sera pas sec le lendemain matin … Pensez aux protections jetables, c’est idéal (d’accord, ce sont des déchets qui polluent, c’est vrai …). Un soutien gorge de sport est plus confortable. Comment ça "pour quoi faire ?" ? Même pour les petits gabarits comme moi, c’est plus agréable.
Voilà ce que j’ai utilisé en 9 jours : 2 T-shirt manches courtes (en fibre technique, c’est mieux pour éviter la sensation de froid après transpiration) 1 T-shirt manches longues, un peu épais, pour le soir (je ne l’ai pas porté en journée) 1 polaire légère (journée et soir) 1 pantalon de rando coton 1 surpantalon imperméable et coupe-vent (Lafuma, entièrement zippé, très bien, trouvé chez Go Sport) 1 pantalon polaire (pour le soir ou sous le surpantalon pour monter à Poon Hill) 1 grosse polaire 1 coupe-vent Gore Tex 2 paires de chaussettes de rando 3 slips, 2 SG 1 chemisette manches longues style Damart (mais moins chère que Damart) pour la nuit Bonnet, écharpe, gants
Indispensable : Chargeur pour votre batterie d’appareil photo numérique (pas besoin d’adaptateur mais les prises ne fonctionnent pas toujours bien) Lampe frontale pour les pannes d’électricité (courantes si j’ose dire !!) et aussi pour lire au lit quand l’interrupteur est près de la porte … Vous trouverez des piles rondes de rechange partout. Protection solaire, mais n’emportez pas 25 flacons, il n’y a que le visage qui est exposé … un petit tube suffit (et toc, encore 50 gr d’économisé !) Des mouchoirs en papier : on mouche beaucoup. Ceux vendus sur place sont ultra fins et se transforment en dentelle après une seule narine. Pas très agréable … Offrez-vous ce petit luxe d’apporter vos Kleenex habituels. Des sandales et non des tongs, pour pouvoir garder des chaussettes. C’est vraiment agréable de quitter les chaussures à l’étape. Du papier toilette pour vos besoins dans les petites tea houses en chemin. Un peu de lecture. Pour ma part j’ai lu Annapurna premier 8000 de Maurice Herzog. En dehors des passionnés de montagnes, ce livre n’a aucun intérêt SAUF ici !! On est dans ses pas, il cite des villages qu’on traverse, des sommets qui nous dominent, des cols qu’on aperçoit … Fabuleux ! Je le conseille. Un jeu de cartes. De l’argent liquide : pour payer les dépenses hors repas (les thés, les tartes aux pommes, les maoïstes …). On a dépensé 60€ pour nous 2 pendant les 9 jours de trek (ça file vite quand même …). Ne cherchez pas à tout prix à n’emporter que des petites coupures, les billets de 500 Rs ne posent aucun problème. Prenez soin de votre permis de l’ACAP, vous aurez à le présenter assez souvent. Nous avions laissé nos passeports dans le coffre de Katmandou. Mais vous en aurez besoin ainsi qu'une photo d'identité si vous devez faire ce permis sur place.
5.5 - Une journée type Petit déjeuner autour de 7h Départ entre 7h30 et 8h Arrivée à l’étape entre 11 et 13h Repas / Douche Visite du village / Lecture / Ecriture / Recherche d’une tarte aux pommes (encore ??!!) / Repos … Dîner entre 18h et 18h30 Dodo vers 20h
6 - Santa, le guide et Divi, le porteur Nos relations ont été agréables, amicales et saines, d’autant plus que Santa avait une attitude très paternelle et très protectrice envers le jeune Divi. Ce qui n’est pas toujours le cas ... Divi ne nous attendait pas. Il marchait à son rythme, à savoir très très vite (en sandales de plastique !) avec de nombreuses pauses assez courtes. Santa, lui, démarrait avec nous. Son niveau d’Anglais était vraiment très faible et ne nous permettait aucune discussion. Ce qui ne nous gênait pas beaucoup, et lui non plus apparemment. Nous marchions côte à côte, sans non plus être collés. Parfois il s’arrêtait pour discuter avec un copain et l’écart se creusait. Nous sommes même montés à Poon Hill seuls car il avait une gueule de bois à gérer …. Lors des pauses, il est de coutume et de bon ton de payer l’ensemble des consommations. Mais ils étaient tous 2 bien moins gourmands que nous ! Qu’est-ce qu’on a pu manger comme tartes aux pommes !! Aux étapes, guides et porteurs se retrouvaient tous ensemble pour manger, boire de l’alcool de pomme et jouer aux cartes. De temps à autre (entre 2 donnes), un petit coup d’œil, un petit sourire pour vérifier que tout allait bien pour nous. Pas du tout envahissants et je pense que Santa a vite compris que ça ne nous gênait pas (ceux qui ont lu mes précédents carnets savent que nous ne sommes pas très liants). Il vivait sa vie, nous la nôtre, en bonne entente. C’était parfait pour nous. Lors de l’étape à Muktinath, nous avons passé la soirée avec un couple d’Allemands, nos guides et nos porteurs. A 8, tous ensemble à la même grande table pour profiter du brasero à nos pieds. Mais ce fut la seule fois. Le porteur des Allemands n’était d’ailleurs pas du tout à son aise … Le pourboire. Toujours un peu délicat … Surtout ne pas les brimer, mais sans donner trop non plus … Nous avons suivi les conseils d’autres trekkeurs disant de prévoir 3€ pour le guide par jour de trek et 2€ pour le porteur. Nous avons donné 2500 Rs à chacun. Pas eu envie de faire de différence.
7 - Le bilan
7.1 - L’agence Nepal Ecology Trek Je pense vraiment que NET est une excellente agence. Tous les guides qu’on a croisés (de chez NET ou non) nous ont dit que NET était correcte avec ses guides et ses porteurs. Par ailleurs, les bénéfices servant des œuvres humanitaires, ça aide à ouvrir le porte-monnaie pour une somme aussi lourde … Car, tout de même, la satisfaction n’exclut pas le bilan et il faut bien convenir que passer par une agence (même locale, je ne parle pas des agences françaises !) revient très cher. En comptant très large, j’ai estimé avoir payé plus du double du prix de revient (salaire, hébergement et repas de nos 2 compagnons de voyage inclus). Aucun regret bien sûr, d’abord c’est pour la bonne cause, on a fait travailler un guide et un porteur et on n’aurait jamais imaginé partir seul pour une première approche de l’Himalaya. On a payé notre confort, notre tranquillité d’esprit et notre sécurité. On a rencontré en chemin plusieurs couples faisant le grand Tour seuls, sans guide, sans porteur. Liberté totale … C’est vraiment faisable … Clairement, sur ce trek, le guide est inutile. Il n’y a aucune ambiguïté de parcours, du monde partout (Népalais et trekkeurs) pour vous aiguiller si nécessaire, des lodges en abondance et les maoïstes sont calmes. Si c’était à refaire, et toujours dans le cadre d’un premier voyage, je conseillerais, l’embauche d’un seul guide/porteur, directement (hors agence). Dans ce cas, il faut embaucher quelqu’un recommandé par d’autres pour éviter de tomber sur des filous … Sawaddeekha (entre autres !) donne le mail de son guide/porteur dans son post (cliquer ici).
7.2 - Le trek en lui-même ENCHANTES !! Mais avec un énorme goût de TROP PEU au final … On s’aperçoit que décidément on aime marcher ! Notre but est atteint. Ce trek était une première approche. Nous voulions voir ce qu’était un trek dans l’Himalaya, nous voulions voir si nous avions la condition physique pour le faire, l’esprit, le goût, l’envie d’aller plus loin. On a répondu … Résultat : en arrivant à Katmandou, on a couru acheter une carte du Tour des Annapurnas au 1/100 000 pour préparer le prochain. Que nous ferons seuls, cette fois, puisque maintenant on sait où on va, on peut se le permettre. En prévoyant 4 semaines (pour 16 à 20 jours de trek), ça nous parait large et prudent, tout le temps nécessaire pour s’acclimater et parer aux imprévus. Thorung La, attends-nous, on revient ! Maintenant il faut que j’explique à mon patron que je veux partir 4 semaines … pas gagné !! 🤪
KATMANDOU :
Rien de ce que je peux dire ici ne suffira à vous en donner une image exacte. Tant mieux ! La première impression que fait Katmandou (surtout en arrivant en début de soirée, période de rush) est déconcertante. Katmandou est la ville de tous les contrastes : le sublime côtoie le sordide, le spirituel côtoie l’immonde … Mais voilà qui fait tout son charme. Jamais vu ville plus bruyante, plus polluée, plus délabrée. Les ordures jonchent les rues, apportant avec elles leurs lots d’odeurs ! Imaginez un peu : des femmes magnifiques dans leurs saris vifs et colorés, assises au milieu des gravats ; un doux fumet de curry couvert d’un seul coup par l’odeur âcre de l’urine ; un rat crevé devant un temple de Ganesh ( !) ; des embouteillages monstres, bruyants, juste aux abords d’une petite cour sereine où du linge sèche sur un temple … Ce sont ces contrastes aussi marqués qui rendent Katmandou fascinante. Soyez prévenus, Katmandou n’est pas Luang Prabang, loin s’en faut. Mais que ça ne vous empêche pas de plonger avec délices dans cette ville intemporelle.
Swayambhunath 100 Rs (guichet tout en haut des marches) – Tous les prix indiqués s’entendent par personne Depuis Thamel, on peut s’y rendre à pied : les explications du Lonely Planet dégrossissent, les Népalais font le reste. Ils devinent tous où vous allez quand vous êtes dans le coin … Environnement agréable, long escalier pour atteindre le stupa où les singes se donnent en spectacle. Nous avons supposé que nous y étions un jour de fête, tant les Népalaises aux saris rouges étaient nombreuses. Superbes scènes d’offrandes. Tous les sens sont sollicités : la vue en premier lieu avec tout ce rouge déployé, l’odorat avec les bougies et les petites lampes à huile, l’ouïe avec le son des clochettes que tous font tinter pour appeler les divinités, le toucher avec les moulins à prières qu’on n’a pas manqué de faire virevolter nous aussi. Pour nous ne manquait que le goût. Les Népalais l’ont eux développé au cours d’un grand repas rituel partagé au sein du temple, à même le sol, des journaux en guise d’assiettes. Notre premier temple, nos premiers Yeux, nos premières rencontres, nos premiers portraits. Belle visite, le ton de notre voyage était donné !
Durbar Square 200 Rs Si vous comptez y passer plus d’une fois, ne manquez pas de demander un pass. Il vous faut une photo d’identité et votre passeport. Si vous avez le temps, ne cherchez pas à la comprendre en une seule fois. Venez-y en fin d’après midi, avec une belle lumière rasante et laissez-vous simplement porter par l’ambiance, perdez-vous dans ce dédale de temples newar et shikhara. Et puis revenez, cette fois pour une visite plus approfondie, plus studieuse. Arrivez, cette fois, tôt le matin quand la place commence seulement à s’animer. Montez en haut de Maju Dega et prenez le temps de lire vos guides. Le petit plan fourni par le guichet et le Lonely Planet suffisent pour faire une visite complète et agréable. Mais si vous préférez être guidés, vous n’aurez que l’embarras du choix … Nous, nous préférons toujours être seuls et avons écarté gentiment les guides qui proposaient leurs services. Lonely Planet, plan et boussole à la main, on vit alors notre visite un peu comme une chasse aux trésors, et les efforts que l’on fait pour découvrir tel ou tel indice nous permettent de nous approprier le lieu, de noter les détails truculents et de fixer les images. On aime cette quête. Le musée Tribhuvan (250 Rs) n’a d’intérêt que pour l’architecture du bâtiment. Le contenu, à la gloire des derniers rois, m’a prodigieusement barbée (et je reste polie) ! Le berceau du roi, la tétine du roi, le jouet du roi, une photo du roi avec Machin, et encore une avec Bidule, et encore une avec Truc … Pfff … En plus, que c’est grand … Je pense qu’on peut vraiment en faire l’économie …
Pashupatinath 250 Rs Pour ce prix, vous n’aurez accès qu’à l’extérieur. L’entrée du temple est interdit aux non-hindouistes. On y va en taxi depuis Thamel (120 Rs). Je suis un peu mal à l’aise avec cette visite … Pashupatinath se situe au bord de la rivière sacrée Bagmati le long de laquelle ont lieu très régulièrement des crémations. Agglutinés le long de la rive opposée, on assiste à ce spectacle bien orchestré. J’ai beau y assister avec discrétion et humilité, je ne peux pas m’empêcher de m’interroger sur le bien fondé de ma présence. Bien sûr c’est une cérémonie, intéressante sur le plan culturel, et s’il s’agissait d’un mariage ou d’un baptême, je n’aurais aucun scrupule. Le problème c’est la mort … Autant il me parait sain et agréable d’assister à la joie des gens, autant j’ai plus de mal avec le chagrin. Quelle est la part de voyeurisme ?... Bon, je n’ai pas répondu à cette question … et je suis toujours partagé entre l’enrichissement culturel que m’a apporté cette cérémonie si loin de nos coutumes, et la gêne et le sentiment d’avoir peut-être manqué de compassion et de respect. A l’Est de la rivière s’élève un large escalier avec, de part et d’autre, une forêt de chatryas dédiés à Shiva. Dans ce dédale de petits temples, quelques sadhous, plus ou moins comédiens, attendent le touriste pour monnayer une photo. Bref, voici un endroit intéressant mais qui m’a laissé un souvenir mitigé … A chacun de voir …
Bodhnath 100 Rs On rejoint Bodhnath à pied depuis Pashupatinath à travers villages et champs grâce aux explications claires du Lonely Planet. Bien peu de touristes ici finalement comparé à l’affluence à Thamel le soir. Ce n’est peut-être pas ce que la majorité vient chercher. Peu importe, tant mieux pour moi ! Car les Yeux, ceux que l’on voit partout, c’est ici !! Un cube doré sur un dôme blanc festonné de guirlandes de peinture jaune. Et la musique sacrée Om mani padme hum qui partout résonne, relaxante, lancinante. Tous dans le même sens, Népalais et Tibétains tournent autour du stupa en faisant valser les moulins. Et dominant toute cette ferveur, ce Regard impassible, envoûtant … Mon regard à moi se voile … Séquence émotion. Nous tournerons nous aussi autour du stupa, d’un lent pas de sénateur, comme il convient. Un tour, 2 tours, 10 tours … jusqu’à plus soif, jusqu’à pouvoir se décrocher de ce lieu magique. Une fois encore, je prends conscience ici du privilège et de la chance que j’ai de pouvoir réaliser mes rêves.
Thamel Quartier touristique de Katmandou qui regorge de petits hôtels et de bons restaurants. Sans parler des boutiques, des agences, des bureaux de change … tout est fait pour les touristes. Absolument aucune authenticité, pourtant ce quartier vivant n’est pas désagréable. Il est en tout cas extrêmement pratique. Vous y trouverez entre autres de nombreuses librairies vendant des livres (ben oui !) mais aussi et surtout des cartes détaillées de tout le Népal, vraiment pas chères. Quand Philippe veut me faire plaisir, il ne m’emmène pas dans une bijouterie, il m’emmène à l’IGN. Alors là, comme il disait, j’étais comme une gamine dans une confiserie, les yeux écarquillés, ne sachant plus où donner de la tête, totalement survoltée. Je crois même l’avoir un peu saoulé 😇 … Nous y avons acheté les cartes qui nous serviront à préparer notre retour …
LA VALLEE :
1 – Bhaktapur
Minibus express : 15 Rs/p l’aller, 18 le retour. Bhaktapur, savamment restaurée, est un joyau !
Durbar Square 750 Rs – Avec votre n° de passeport, le guichetier indiquera au dos du billet la durée de validité que vous lui demanderez Nous savions que nous reviendrions … Comme pour Katmandou, une première visite où on a goûté l’ambiance, flâné dans les rues et consacré du temps pour Changu Narayan. La veille de notre départ, nous y sommes revenus. L’impression d’être déjà en terrain connu, le plaisir de retrouver ce que l’on a adoré 2 jours plus tôt. Revenir, c’est bénéficier d'un bonus. Pourtant, pour être parfaitement honnête la Durbar Square de Bhaktapur n’est pas ma préférée mais on est quand même à un très haut niveau d’émerveillement … Pour contempler le temple Nyatapola depuis la terrasse du café éponyme, il faut accepter de payer le prix fort … c’est hors de prix. Mais que le sikarni (yaourt local agrémenté de noisettes et de fruits) y est bon !! Allez, petit luxe …
Changu Narayan 60 Rs A défaut du bus local vraiment trop bondé, on revient à Durbar Square où on négocie âprement un taxi pour nous y emmener, nous attendre et nous redescendre. 300 Rs l’A/R. Route défoncée comme il se doit, qui s’élève vers un temple superbe, haut en couleurs. Nous y arrivons un jour de fête. Le monde, le rouge, les tikas épaisses et colorées sur tous les fronts (hommes, femmes et enfants) ne nous laissent pas en douter. Une fois de plus, nous passerons davantage de temps à admirer les gens et leurs coutumes que les sculptures des étais de bois (pourtant d’une rare finesse). Nous redescendrons trop sagement (et un peu à regret) retrouver notre taxi au bout d’une heure, durée d’attente convenue avec le chauffeur. Sommes-nous trop disciplinés ?…
2 – Patan
Taxi de Thamel à Patan Dokha pour 150 Rs. Là encore, nous suivons l’itinéraire du Lonely Planet qui nous entraîne de petites ruelles en minuscules passages couverts, de cours en cours, toutes pourvues de leur petit temple, de leur bassin, de leur puits. L’objectif est d’atteindre Durbar Square en profitant de toutes les splendeurs de Patan. Superbe balade.
Golden Temple 25 Rs Un peu lourd (à mon goût) mais superbe ! Montez à l’étage visiter le monastère bouddhiste.
Durbar Square 200 Rs Mon préféré … c’est mon esprit cartésien qui parle : celui-là est tiré au cordeau ! Le toit terrasse du Taleju Restaurant domine toute la place, avec les montages en toile de fond.
Musée 250 Rs Remarquable, didactique, on y passerait des heures. Belle muséographie, belles pièces, nombreuses clés sur l’iconographie bouddhiste et hindouiste. On y apprend beaucoup de choses, facilement, pour peu qu’on lise l’Anglais …
3 – Kirtipur et Chobar
Kirtipur est un petit village agréable qui permet de découvrir les environs de la capitale. Nous nous y sommes rendus en bus (9Rs/p) et ensuite, à l’aide du Lonely Planet, d’une boussole et des habitants, nous avons visité les lieux. Jolies petites ruelles de briques rouges avec partout des petits temples, tout poisseux de paraffine et enduits de pigments rouges, orange, jaunes au point parfois de ne plus reconnaître la divinité … Perdez-vous et profitez. Ce n’est pas bien grand, on ne risque rien …
Nous quittons Kirtipur à pied pour rejoindre Chobar. Toujours grâce aux indications des villageois, nous y arriverons sans problème par une agréable promenade dans la campagne, le long des rizières. N’hésitez pas. Avant de chercher les fameuses gorges, on décide d’aller manger … Le Chobar Village est réputé. Repas quelconque (voir § plus haut) mais surtout vue superbe sur toute la vallée et accueil chaleureux. La gorge de Chobar ne vaut pas tripette … surtout quand on rentre de l’Annapurna … Mais qu’importe, elle fournit un objectif à une jolie balade en campagne.
Nous rejoignons ensuite Patan à pied (ça fait un petit bout quand même) pour revoir encore Durbar Square. Nous y sommes arrivés à 17h15, la nuit tombait, les bibelotiers remballaient leur étals, quelques ampoules à droite à gauche formaient des ombres sur les grands temples … ambiance magique … Enfin, taxi pour rentrer à Thamel (150 Rs et ½ h de bouchon …).
C’est une très belle journée mais Patan et Bhaktapur restent prioritaires. C’est parce que nous avions le temps …
DIVERS :
L’accueil : souriants, gentils, aimables, serviables … un vrai bonheur Logistique : pensez à apporter des photos d’identité. Au moins 2 : une pour le pass de Durbar Square de Katmandou, une autre pour le permis de trekking. Vous trouverez tout à Thamel ou à Pokhara. On a acheté 2 gourdes en métal à Pokhara la veille de partir en trek, vraiment pas chères (400 Rs chaque). On en a eu pour notre argent : elles fuyaient !... D’ailleurs, elles sont restées au Népal … Pannes d’électricité fréquentes et parfois assez longues. Certains lieux (hôtels, boutiques, restau) ont des groupes électrogènes, d’autres pas … On a mangé aux bougies au Kilroy’s, c’était super ! Finir sa douche dans le noir, ça l’est moins … Les cybercafés sont très nombreux, pas chers mais les tarifs varient du simple au décuple ! Débit effroyablement long … Il faut parfois ½ h d’attente pour avoir enfin accès à la messagerie. 10 minutes pour faire un beau grand message détaillé, je me relis, oui, c’est bien, ouf ! allez "ENVOYER" et vlan … panne de courant !!! j’ai failli jeter la souris sur l’écran … Bref, n’entrez pas dans un cybercafé sans votre bouquin, une petite heure devant vous … et une bonne dose de fatalisme … La carte bancaire : oui, elle peut servir, pour les achats un peu plus coûteux. Nous l’avons utilisé 2 fois : un restau (le Kilroy’s) et l’achat d’un mandala. Je ne l’ai pas utilisée en retrait cash, j’avais apporté des € et des TC en $ (mais pourquoi donc des TC en $ ?? Je les traîne depuis 17 ans, j’en ai marre, on a décidé de les utiliser …). Le climat à cette époque : sec, lumineux, doux. N’oubliez pas une polaire pour les soirées à Katmandou. Sans faire froid, il fait frais … Vous pouvez oublier les débardeurs et les shorts. Pour nous Lorrains, ça nous semble être le temps idéal pour voyager ! Je déteste transpirer !.... L’affluence touristique à cette époque : énorme, disparate, beaucoup de groupes de Français sur le trek. Thamel se vide de ses touristes en journée. Ambiance plus cool … Il devient alors agréable d’y flâner. Les problèmes de santé : ni Philippe, ni moi-même n’avons souffert de tourista. Nous buvions de l’eau en bouteille ou purifiée à la pastille (l’équivalent de Micropur) et nous nous lavions les dents à l’eau du robinet. Pas de précautions particulières non plus sur les légumes, les fruits et les crudités. Hors de question de s’en priver, on a juste habitué nos estomacs progressivement. Je suis convaincue qu’à trop prendre de précaution, on ne s’immunise pas et que c’est comme ça qu’on finit sur les toilettes … Ca n’engage que moi et je dégage toute responsabilité bla bla bla … Par contre, on a beaucoup souffert de la gorge et des bronches à Katmandou, très sûrement à cause de la pollution. Mais quoi, on n’allait quand même pas se trimballer avec un masque ?… On en a vu ! Les devantures des pharmacies regorgent de Strepsil. Comme quoi !… L’air pur de Paris a suffi à nous remettre sur pieds … Quoi ?... 😇 L’itinéraire : notre choix a été très particulier : un "petit grand" trek qui occupe la moitié du séjour et le reste à Katmandou. On aurait pu aller à Chitwan ou à Bardia, je sais Sawaddeekha, tu avais insisté sur ce point … On aurait dû courir … On a fait le choix de se poser … On ne regrette pas, Katmandou mérite qu’on s’en imprègne pour passer derrière l’écran, sinon, on risque de repartir avec juste la vision d’une ville dépotoir … Affaire de temps, affaire de choix, affaire d’envie ... Nous avons privilégié le confort de se poser 8 jours dans le même hôtel et de rayonner. Peut-être aurions-nous dû consacrer une nuit à Bhaktapur pour profiter de la ville le soir. On a peut-être été un peu mous sur ce coup-là … Photos : portraits faciles pour peu que vous disposiez d’un numérique et que vous montriez le résultat. Les voisins voudront voir et vous demanderont d’être pris eux aussi. Ca peut parfois durer longtemps … Un jour, j’ai vu un touriste faire une photo d’un Népalais, en guenilles, un peu hagard, pauvre hère … Certes, allure vraiment exotique. Le photographe demande à sa femme de se mettre à côté (tel un trophée). Gros rire niais de la femme, elle s’exécute et s’approche de notre homme, assez près pour être dans le cadre, mais pas trop non plus des fois que ses puces aient envie de changer de propriétaire … sourire conquérant de la femme, regard perdu du pauvre homme, voilà, c’est parfait, la photo est faite. La femme rejoint son mari affairé à vérifier son œuvre tout en rejoignant déjà son groupe. Ils n’auront pas un regard, pas un geste, pas un merci pour le pauvre homme qui est resté planté comme un I, le regard totalement éperdu. J’ai été lâche, ils n’étaient pas Français et je ne me suis pas sentie capable de les insulter en Anglais. Mais j’aurais dû le faire en Français. Le numérique a un énorme avantage : celui de partager avec son sujet la photo faite. Et ce moment de partage est divin : le regard s’illumine, il touche l’écran, un sourire point, pudique, et levant alors les yeux vers moi, il me remercie encore plus que moi je ne le faisais. Gratitude partagée, échange de sourires, les mots sont inutiles, l’émotion passe. Ce moment est bien plus important que la photo en elle-même. Prenez en photo un enfant porté par sa mère et regardez le sourire et l’air fier de la mère devant le résultat. On n’oublie pas de tels moments. Combien de portraits ai-je fait, que je n’ai pas conservés, juste pour créer cet instant magique ! L'artisanat : beaucoup de babioles sympa pour faire plaisir à moindre frais … Rien d’extraordinaire en terme de sculptures sur bois, les pays d’Asie du Sud-Ouest proposent un artisanat bien plus fini. Les boutiques "d’antiquités" disposent parfois de belles pièces (de bronze notamment) mais attention aux prix. Nous avons aimé les peintures (aquarelles, huiles, mandalas). Aucun conseil, c’est tellement affaire de goût. Prenez le temps avant d’acheter car les qualités varient beaucoup d’un artiste à un autre. Les boutiques de Thamel ferment entre 19 et 20h et ouvrent assez tard (vers 10h). Ambiance agréable dans les boutiques, les vendeurs vous hèlent sans agressivité et avec le sourire.
On a beaucoup aimé : 🙂 Le trek - Etre dominés par des plus de 8000. Dormir dans des sacs de couchage bien chauds dans des chambres bien froides Les apple crumble de Marpha … et d’ailleurs Les magnifiques temples newar aux fines sculptures sur bois, prélude des pagodes chinoises
On a moins aimé : 😕 Sentir les mollards passer parfois bien près … A Bodhnath, j’en ai pris une éclaboussure sur la main. Beurk, beurk, beurk … Ah, quels cracheurs !! Les klaxons La minceur des matelas
En conclusion ... Que de joie, que d’émerveillement, que de surprises mais aussi que de frustrations nous a réservés ce choix, disais-je en intro ! Il est très peu de pays dont on soit revenu en disant qu’on y retournerait. Le Népal en est un. Certes, les yeux de Bouddha sont envoûtants, énigmatiques ; Katmandou est fascinante, tellement fatigante, polluée, bruyante, mais tellement hors du temps, chatoyante, joyeuse, hallucinante ; les Népalais sont d’une gentillesse et d’une patience incomparables ; les dahl baht sont délicieux … Mais au-delà de tout ça, ce qui nous a émerveillés, ce sont les montagnes, ces sommets blancs majestueux. Ce sont eux que nous voulons revoir. Correction ! Pas seulement en fait, c’est un tout. Ce qu’on veut revoir, ce qu’on veut revivre, c’est l’arrivée dans les villages de pierre, le sourire des villageois en chemin, le chocolat chaud qui réchauffe les doigts engourdis, les repas roboratifs mais toujours hauts en saveur, les mules, les yacks souvent croisés sur les sentiers, les porteurs qui malgré leur charge continuent à sourire, les paysages changeants, variés, toujours grandioses, les ponts, défi vaincu à ma peur du vide, les soirées autour d’un brasero emmitouflés dans 2 polaires, les nuits froides et noires, chacun blotti dans son sac de couchage bien douillet, à se sourire sans rien se dire … Non, ce qu’on veut revoir, ce ne sont pas les montagnes, ce n’est pas vrai. Ce qu’on veut revoir, finalement … c’est le Népal. Thorung La, on reviendra.
Bonjour à tous !
Bien qu'étant membre VF depuis quelques temps déjà, c'est la toute première fois que j'écris un carnet de voyage ...
Alors s'il vous plait, soyez indulgents.
Je pense que je vais vous le raconter de la même façon que je le raconterais à ma famille et mes ami(e)s.
Allez ... j'y vais !
Ce voyage au Kerala, c'était un rêve pour moi ... et c'est le cadeau de mon petit chéri pour mon anniversaire (... 50 ans ... ça se fête non ?).
Nous sommes donc partis le vendredi 27 octobre de Bruxelles et ensuite de Zurich (Swiss Air).
C'était la première fois que nous faisions un vol "long courrier" avec cette compagnie et ma foi, nous n'avons pas été déçus.
En plus, nous avons déjà pu goûter un peu à l'ambiance indienne car nous étions littéralement entourés par des indiens dans l'avion !
Arrivés à Bombay (vers les 22 heures), nous avions un transfert (vol domestique à prendre 3 heures après pour Cochin). Pas très évident de s'y retrouver dans l'aéroport de Bombay. On a bien demandé par deux fois à un fonctionnaire ce qu'il fallait faire pour prendre notre vol domestique Air India, mais leurs explications étaient tellement confuses que nous sommes sortis comme tous les autres passagers, en se disant qu'on trouverait toujours bien !
Même pas eu besoin de chercher !!! On devait certainement avoir l'air perdus car un brave monsieur nous a demandé (en hindi je suppose) où nous voulions aller et nous a gentiment fait signe de le suivre. Heureusement qu'il était là, car nous avons dû prendre un ascenseur, sortir d'un bâtiment pour en rentrer par une autre porte quelques mètres plus loin, ensuite encore resortir de l'aéroport, marcher quelques dizaines de mètres et enfin nous étions devant l'entrée de l'aéroport domestique. Mais alors que nous voulions le remercier, ce charmant monsieur était déjà reparti !
Vol vers Cochin, sans histoire ... Nous avons eu droit à une petite collation mais étions tellement "nases" que nous n'y avons pas touché et comme l'avion n'était pas complet, on en a profité pour squatter les sièges du milieu afin de domir un peu.
Nous sommes donc arrivés à Cochin vers les 3 heures du matin. Là, nous avons directement été accueillis (avec colliers de fleurs de jasmin, s'il vous plait !!!) par Monsieur Murali, le responsable de l'agence de voyages Moksha Tours que j'avais contactée, ainsi que par notre chauffeur (Bibin) avec sa voiture, une Ambassador, dont les sièges à l'intérieur étaient entièrement recouverts de tissu blanc, garnis de petits coussins, le tout très très confortable ...
Après un trajet d'une bonne demi-heure, ils nous ont conduits à notre GH (Ballard Bungalows) en nous fixant rendez-vous à 10 heures, pour nous remettre certains documents mais également pour qu'on puisse les payer ...
La Ballard GH était telle que je me l'étais imaginée : une ancienne maison coloniale restaurée, 5 chambres en tout. La nôtre était à l'arrière du bâtiment (nous n'avions donc pas de terrrasse ni de vue sur la rue, mais beaucoup plus calme), très haute de plafond, plancher en bois, meublée avec du mobilier style années '50, donc assez typique). L'accueil, bien qu'il était très tôt (environ 4 heures du matin ) fût très amical et par la suite, nous avons pu constater que le personnel ainsi que le patron étaient très sympas.
La Ballard GH est très bien située car à peine à 5 minutes de marche du débarcadère des bacs qui font la traversée entre les différentes îles qui constituent Cochin.
Le reste de la journée (samedi 28/10) fut consacré à la visite de Fort Cochin. Ce qui est merveilleux, unique et quasi magique à Cochin, c'est la diversité de styles, d'ambiances, de caractères et d'architectures, avec ses chrétiens, ses hindous, ses juifs, ses musulmans, avec toutes ses castes et sous-castes.
Notre guest-house étant située dans Fort-Cochin, nous avons surtout visité ce quartier, dont notamment les fameux filets chinois (énormes filets de pêche carrés, manoeuvrés par plusieurs hommes), mais aussi des édifices intéressants comme l'église Saint-Francis, le palais hollandais et la synagogue.
Cependant, nous n'avons rien visité au niveau monuments et autres (on est juste passés devant) mais avons plutot laisser parler notre "feeling" : un petit tour en bac pour aller d'une île à l'autre (où nous avons donc pu admirer de près les célèbres "chinese nets", nous sommes allés sur les marchés (aux poissons et autres), nous avons visité un "lavoir" (car notre attention avait été attirée par un "champ" de draps et de saris), où des hommes lavaient des vêtements en le battant sur la pierre tandis que d'autres repassaient d'énormes piles de linge, avec de gros fers ... Nous nous sommes balladés dans les petites rues de Fort Cochin, au gré de nos envies. A midi, nous avons également mangé notre premier "thali". Un régal !
Le soir, sommes allés dans un petit parc, avec jardin d'enfants (... que de photos nous avons prises ...) et ensuite, après un excellent repas (curries et fruits de mer) nous avons assisté à un spectacle de danses traditionnelles (du Kerala, du Tamil Nadu et du Karnataka). De toutes jeunes filles, admirablement maquillées et vêtues de leur costume tradionnel ont dansé au son d'un petit orchestre composé de deux musiciens et d'une chanteuse. Nous étions peu nombreux à cette représentation car en général, les touristes préfèrent assister à un spectacle de Kathakali et dès lors, nous étions assis au premier rang et en avons pris plein les yeux et plein les oreilles !
Le dimanche (29/10), via une chouette petite route très animée, départ pour Kumarakum, au bord du lac Vembanad. Sur place, observation des oiseaux sur le lac mais aussi et surtout, ballades dans la campagne et les petits villages où nous avons fait plein de belles rencontres, nous avons eu des fous-rires énormes avec certains (à cause de notre mauvais accent "malayalam"). Nous avons photographié plein d'enfants et après une demi-heure de promenade, j'avais déjà reçu pas mal d'adresses à qui il faudra envoyer un double des photos ...
Lorsque nous sommes revenus sur nos pas afin de rentrer à l'hôtel, nous sommes passés devant la maison de gens avec qui nous avions sympathisé et ils nous invité chez eux. Ils nous ont fait visiter leur maison (très très belle) et nous ont offert à boire. Comme j'étais allée avec la dame dans sa cuisine alors qu'elle préparait les boissons, tout le monde est venu nous y rejoindre et finalement, nous nous y sommes retrouvés à pas moins de 10 personnes, dans une cacophonie d'anglais, de français, de malayalam et de rires ! Lorsque nous avons voulu partir (après avoir refusé un second verre et leur invitation à dîner), l'un d'eux nous a raccompagnés en tuk-tuk/camionnette car il pleuvait des cordes. Sympa non ?
Le soir, nous avons assisté à une représentation de " Kathakali " qui est l'une des quatre grandes danses classiques de l'Inde. C'est le plus souvent l'expression scénique de poèmes épiques et de légendes populaires dont la plupart des spectateurs connaissent la trame. Les costumes et maquillages sont fabuleux et demandent des heures de préparation. Quant au spectacle, c'est à la fois danse et mime, interprété uniquement par des hommes (il n'y a que deux danseurs).
Lundi (30/10), vers 11h30', embarquement à bord de notre "ketuvallum" (house-boat) qui était venu accoster au débarcadère de notre hôtel. Le bateau avait été réservé via Moksha Tours à la société Evergreen.
Nous avons eu de la chance car malgré le fait que nous n'étions que deux, nous avons eu droit à un bateau pour 4 personnes, ce qui fait que nous avions plus de place ! Il y avait également 4 membres d'équipage à notre entière disposition, rien que pour nous chouchouter. Un vrai palace flottant !
Alors là ... waouaaaaaah : que de superbes paysages nous avons vus, on n'a pas arrêté de "mitrailler". Les back-waters, c'est magique et bien plus romantique qu'une ballade en gondole sur les canaux à Venise ...
Pour ceux qui ne connaissent pas, les back-waters ce sont en fait des lagunes que creusent les courants et qui bouchent les estuaires des fleuves et rivières. Des canaux artificiels relient entre elles ces lagunes, qu'une digue naturelle isole des flots de la mer d'Arabie, pour former un véritable réseau de voies aquatiques navigables.
Le trajet sur ces canaux nous a fait découvir quelques uns des plus étonnants paysages qui soient, où l'eau, la terre et le ciel se mêlent et se confondent. Nous avons croisé de lourdes embarcations renflées, transportant du riz, du coprah, etc ... mais aussi des bateaux-bus, des marchands de poissons, des barques avec plein d'écoliers, ... Et sur le rivage, on a vu des pêcheurs, des femmes lavant le linge, des enfants se baignant, bref ... la vie quoi !
Nous nous sommes arrêtés par trois fois : à midi, pour le lunch (repas keralais, bien épicé, comme on les aime et préparé avec grand soin par notre cuistot, Krishna), ensuite pour aller chez un médecin ayurvédhique (à cause des problèmes de dos et de jambe de Michel, mon mari) et enfin dans un village pour amarrer le bateau pour la nuit.
Village que nous avons visité le lendemain, dont un atelier de construction de ketuvallum. On y a notamment appris que pour faire ce genre de bateau il faut un an en méthode accélérée alors qu'en procédant de la manière traditionnelle, cela prend trois ans !
Sur le chemin, vers Allepey, on a encore pu assister à de nombreuses scènes de la vie courante de ces gens qui habitent le long des back-waters : on a vu des pêcheurs, dans leur toute petite barque, criant à tue-tête pour annoncer qu'ils avaient du poisson à vendre, on a vu des enfants, dans leur bel uniforme, marcher le long des canaux pour aller à l'école, tantdis que d'autres, en retard, étaient encore en train de se laver alors que leurs cadets, eux, batifolaient déjà dans l'eau pendant que leur mère lessivait le linge.
Ce sont des spectacles tout simples, qui peuvent paraître "bêtes" à regarder aux yeux de certains mais nous c'est ce qu'on aime ...
Mardi (31/10), débarquement à Allepey en fin de matinée, où notre chauffeur nous attendait déjà. Le capitaine de notre house-boat a eu un peu de mal à trouver une place pour se "garer" car il devait y avoir au moins une centaine de batteaux amarrés (il y en aurait parait-il 200 en haute saison) mais grâce à la solidarité qui existe, nous avons pu débarquer en passant d'un bateau à l'autre.
Une petite heure de route et ensuite arrivée à Kollam, ou plutôt dans un petit village après Kollam, en direction de Varkala, dans un hôtel sur un îlot au milieu des back-waters. Malheureusement, nous n'avons pas très bien profité de cette journée car Michel avait de plus en plus mal et a préféré rester au lit ...
Cependant, il culpabilisait un peu, me voyant "cloîtrée" dans notre chambre à cause de lui et il m'a envoyé faire des courses avec Bibin, notre chauffeur (pour achat de shawal kamiz). En fait, je pense que ça l'arrangeait plutôt :-)))
Là, je dois remercier mon garde du corps, comme je l'appelais (Bibin, notre chauffeur) car il m'a accompagnée partout, faisant office de traducteur, me donnant son avis au sujet des matières et des coloris, etc ... Il a eu beaucoup de patience car nous avons fait plusieurs magasins ... sans rien acheter quoi que ce soit. Nous avons aussi beaucoup ri car à chaque fois que nous entrions dans un nouveau magasin, il expliquait tout de suite aux vendeurs ce que je désirais et ce que je n'aimais pas, notamment pas la couleur rose, mais malgré tout, devinez ce qu'on me proposait une fois sur deux : du rose !!! A mourir de rire !
Après avoir écumé tous les magasins d'un petit centre commercial à Kollam, nous avons décidé d'aller manger un morceau et avons dégusté un délicieux "masala dosa" dans une petite gargotte, le tout avec un bon verre de jus de fruit frais. Elle est pas belle la vie ...
Ensuite, re-boutiques, mais dans un autre quartier où, faute de ne pas trouver du "prêt à porter", je me suis résignée à acheter des tissus afin de faire confectionner le tout par un tailleur.
Finalement, retour à l'hôtel, où j'ai retrouvé un mari endormi, sonné par les anti-douleurs qu'il avait pris.
Mercredi (01/11), malgré la douleur, Michel a pu rejoindre la voiture et nous avons quitté cet hôtel où finalement nous n'avions pas vraiment passé un bon séjour ... et direction Varkala.
D'après les guides, le paradis, il est là, car tout y est réuni : les vies religieuse, profane et rurale. La nature est belle : la mer, le sable fin, les falaises qui s'enflamment au coucher du soleil, une source d'eau minérale sur la plage, etc ...
Cette charmante petite station balnéaire a une particularité : elle se situe tout en haut d'une falaise et il faut savoir que l'essentiel des GH, hôtels, restos, boutiques, etc ... se situe en haut, tout au long de la plage.
Cependant au tout début de cette falaise, il y a une petite plage (pas très fréquentée par les touristes) et notre hôtel (l'Hindustan Beach, recommandé par l'agence de voyages) était au bord de cette plage.
Nous avions donc une vue magnifique de notre chambre ... et quelle vue ! En effet, on ignore pourquoi mais cette petite plage (la Papanasam beach, qui d'après les guides veut dire "plage de la rédemption") est très importante pour les hindous. Il y a là en permanence 5 ou 6 prêtres, prêts à accueillir des familles entières (on en a compté jusqu'à 11, sortant d'une petite Ambassador) qui viennent là pour faire des "pujas", à la mémoire de leurs disparus ou pour toute autre chose ... Donc, après avoir dit quelques prières en suivant les indications du prêtre, tourné en rond autour d'une flamme, fait des offrandes (notamment du riz, sur lequel les corbeaux se ruent), ces personnes se dirigent à reculons vers la mer, en tenant un morceau de feuille de bananier sur laquelle il y a des fleurs et autres ..., au-dessus de leur tête et qu'ils lancent en arrière, alors qu'ils sont au bord de l'eau, sans regarder derrière eux ... afin de ne pas savoir où cela s'en va ... C'est un spectacle (magnifique à nos yeux) que nous avons pu voir pendant deux jours, matin et soir !
Entretemps, nous nous sommes balladés au bord de la falaise, avec plein d'aigles pêcheurs qui tournoyaient au-dessus de nos têtes, manquant de peu parfois de nous toucher lorsqu'ils piquaient vers la mer.
En visitant le petit village de Varkala, nous sommes allés voir un temple hindou, (Janardhana Swamy temple), à l'extérieur évidemment.
Je suis également allée chez le tailleur afin qu'il me confectionne mes shalwar kamiz avec les tissus que j'avais achetés la veille.
Nous avons également succombé à la fièvre du shopping car les boutiques d'artisanat ne manquent pas là-bas (il y a même des boutiques thibétaines et aussi du Rajasthan, du Gujarat et du Karnataka) !
Enfin et surtout, pour ceux qui nous connaissent, nous avons aussi beaucoup mangé car qu'est-ce que c'est bon la cuisine kéralaise et qu'est-ce que nous l'aimons ... slurp slup miam miam !!!
Les deux jours où nous sommes restés à Varkala, nous sommes à chaque fois allés de grand matin, voir les prêtres s'installer sur la plage, attendant les pélerins. Nous avons également pu voir que la plage était chaque jour nettoyée par une équipe de cinq femmes (rappelez-vous ... on est en Inde ... il y a des endroits en France ou en Belgique où cela ne se fait même pas).
On a vu aussi de jeunes garçons, descendre de la falaise, avec leur petit troupeau de chèvres, déambulant quelques mètres sur la plage avant d'aller rejoindre un pâturage (si on peut appeler pâturage, un endroit quasiment couvert de sable, avec quelques brins d'herbe seulement ...). On a même vu une chèvre prendre son petit-déjeuner en mangeant les fleurs qui ornaient une statue d'un dieu hindou (sorry, j'ignore lequel) sur la plage !
Lorsque nous nous sommes promenés sur l'autre côté de la falaise, on a traversés de petit villages, on a discuté avec les proprios d'une petite épicerie alors qu'on achetait de l'eau et un paquet de chips locales (épicées façon massala, quel délice !).
On a demandé à un tuk-tuk de nous conduire dans un village de pêcheurs et en chemin, on a pu voir un homme travaillant avec son éléphant ... Très impressionnant l'animal, quand il sort d'un taillis, tenant de la verdure dans sa trompe et me regardant de ses doux yeux, alors que je tente de le prendre en photo ... (surtout qu'il n'était pas attaché).
Le dernier soir à Varkala, nous avons retrouvé Bibin (à qui nous avions donné "quartier libre") et nous sommes allés manger en sa compagnie dans notre resto favori (pourquoi changer quand on aime). Il était toujours aussi étonné que nous mangions aussi épicé que lui !
Vendredi (03/11), en route pour Kovalam qui est réputée pour être la plus belle plage de la côte (mais la plus touristique aussi ...).
A Kovalam, le coucher de soleil est magnifique à voir paraît-il et c'est un spectacle que l'on a partagé avec les habitants du coin puisque c'est un moment de la journée et un spectacle que les indiens apprécient aussi.
Le lendemain, tôt le matin, nous avons vu des pêcheurs remonter un énorme filet (cela leur prendra 2 à 3 heures, paraît-il) tandis que d'autres (une vingtaine) s'escrimaient à remettre une lourde barque sur la plage ...
Après cela, nous sommes allés prendre notre petit-déjeuner keralais (en compagnie de Bibin encore une fois vu que c'était notre dernier repas en commun). Pour la dernière fois, nous avons donc mangé des "appam" (genre de grande crêpe, mais cuite d'un seul côté seulement) que nous trempons dans du coconut chutney et dans du tomato chutney, hyper bien épicés !!!
Ensuite, ben ... direction l'aéroport ... malheureusement. Mais nous avons quand même encore demandé à notre chauffeur de s'arrêter 2 ou 3 fois afin que nous puissions photographier un temple hindou, une rivière, des enfants, ...
Au fait, dernière anecdote à vous raconter. Notre vol Trivandrum-Bombay était à 19 heures mais la veille de notre départ, l'agence Moksha Tours nous a fait savoir que ledit vol (Air India) était annulé et que nous devrions aller à l'aéroport de Trivandrum, au comptoir de Jetairways, afin de faire modifier notre billet car ils avaient un vol pour Bombay, mais à 13 heures.
Sur le coup, on a un peu râlé car normalement on devait passer notre dernier jour à Kovalam mais c'est comme ça ... y'a rien à faire ...
Arrivés à l'aéroport de Trivandrum et bien ... heureusement que Bibin nous avait accompagnés car personne n'était au courant de rien, peu de gens parlaient anglais (ou alors faisaient semblant de ne pas savoir le parler ), nous avons dû faire au moins 3 fois l'aller-retour entre l'aéroport domestique et l'aéroport international. Mais enfin, après presque deux heures de tergiversations, de palabres, etc ... nous avions finalement nos billets en main pour le vol de 13 heures.
On a bien essayé aussi d'avoir des compensations auprès d'Air India (vu que nous aurions beaucoup plus d'heures à patienter avant de pouvoir prendre notre long vol de retour) mais comme c'était un vol domestique qui était annulé, le "fonctionnaire" d'Air India n'a rien voulu entendre ...
Tant pis s'est-on dit et lorsqu'on est arrivés à Bombay, on est sortis de l'aéroport, où nous avons été littéralement assaillis par des chauffeurs de taxis, tuk-tuk et autres représentants d'hôtels.
Finalement, on en a choisi un qui nous proposait un hôtel, à un prix relativement raisonnable pour Bombay, mais comprenant également les transferts de et vers l'aéroport. Nous avons donc passé quelques heures à Juhu Beach.
Pour y arriver à cet hôtel, on a mis environ 20 minutes en voiture. On n'est pas passés par le centre de Bombay mais malgré tout on a quand même pu en avoir un aperçu. On a traversé des quartiers pauvres, ou plutôt des bidonvilles où on a vu des enfants à moitié nus, chercher je ne sais quoi dans des montagnes d'ordures. J'ai vu un gamin tirer, à l'aide d'un bout de corde, une vieille valise en carton, dont le couvercle était disparu et contenant probablement toute sa fortune, c'est à dire rien ...
On n'était pas très fiers de rouler en taxi, bien au frais et assis confortablement en voyant tout cela et en plus, dès que le taxi s'arrêtait, il était aussitôt entouré par des hordes de gamins et autres mendiants qui s'agrippaient aux vitres et aux portières, pour demander l'aumône. Le taximan avait beau les faire déguerpir en leur criant dessus, rien n'y faisait et même lorsque le taxi redémarrait, ils s'accrochaient à la voiture, tout en continuant à nous demander de l'argent ... Que c'est très triste ... mais c'est cela aussi l'Inde ...
Finalement, on a été ravis de ce changement d'horaire d'avion, car cela nous a permis de voir un aspect de Bombay et de l'Inde que nous avions toujours désiré voir, à savoir une plage, au moment du coucher de soleil, remplie d'indiens (et pas de touristes), avec des stands de boissons, de nourriture, de fruits mais aussi et surtout avec plein d'attractions foraines (comme celles que nos parents avaient lorsqu'ils étaient jeunes, c'est à dire des manèges actionnés à la main, des stands de tir sur des ballons, des stands avec des anneaux, des vendeurs de ballons et autres moulins, des nomades du Rajasthan, faisant la manche en dansant, des montreurs de singe, etc ... On a même vu une drôle de machine, tenue par un indien très sérieux, constituée d'une vieille machine à calculer d'où partaient des tuyaux lumineux aboutissant à des anciens casques d'écoutes (eux aussi tout illuminés et clignotants) et lorsqu'on met les deux index dans cette drôle de machine, on entend paraît-il son horoscope ! Trop drôle !
De retour à l'hôtel, après une bonne douche et un bon petit café, pris en cours de route, nous avons repris le chemin de l'aéroport où là, tout s'est déroulé comme prévu et nous étions de retour à Bruxelles, le lendemain dimanche 5 novembre, avec dans la tête, plein de souvenirs de notre court mais si intense et merveilleux voyage au Kerala.
Voilà, c'est fini ... j'espère que mon récit vous aura plu.
@+, Sabaïdee
Bien qu'étant membre VF depuis quelques temps déjà, c'est la toute première fois que j'écris un carnet de voyage ...
Alors s'il vous plait, soyez indulgents.
Je pense que je vais vous le raconter de la même façon que je le raconterais à ma famille et mes ami(e)s.
Allez ... j'y vais !
Ce voyage au Kerala, c'était un rêve pour moi ... et c'est le cadeau de mon petit chéri pour mon anniversaire (... 50 ans ... ça se fête non ?).
Nous sommes donc partis le vendredi 27 octobre de Bruxelles et ensuite de Zurich (Swiss Air).
C'était la première fois que nous faisions un vol "long courrier" avec cette compagnie et ma foi, nous n'avons pas été déçus.
En plus, nous avons déjà pu goûter un peu à l'ambiance indienne car nous étions littéralement entourés par des indiens dans l'avion !
Arrivés à Bombay (vers les 22 heures), nous avions un transfert (vol domestique à prendre 3 heures après pour Cochin). Pas très évident de s'y retrouver dans l'aéroport de Bombay. On a bien demandé par deux fois à un fonctionnaire ce qu'il fallait faire pour prendre notre vol domestique Air India, mais leurs explications étaient tellement confuses que nous sommes sortis comme tous les autres passagers, en se disant qu'on trouverait toujours bien !
Même pas eu besoin de chercher !!! On devait certainement avoir l'air perdus car un brave monsieur nous a demandé (en hindi je suppose) où nous voulions aller et nous a gentiment fait signe de le suivre. Heureusement qu'il était là, car nous avons dû prendre un ascenseur, sortir d'un bâtiment pour en rentrer par une autre porte quelques mètres plus loin, ensuite encore resortir de l'aéroport, marcher quelques dizaines de mètres et enfin nous étions devant l'entrée de l'aéroport domestique. Mais alors que nous voulions le remercier, ce charmant monsieur était déjà reparti !
Vol vers Cochin, sans histoire ... Nous avons eu droit à une petite collation mais étions tellement "nases" que nous n'y avons pas touché et comme l'avion n'était pas complet, on en a profité pour squatter les sièges du milieu afin de domir un peu.
Nous sommes donc arrivés à Cochin vers les 3 heures du matin. Là, nous avons directement été accueillis (avec colliers de fleurs de jasmin, s'il vous plait !!!) par Monsieur Murali, le responsable de l'agence de voyages Moksha Tours que j'avais contactée, ainsi que par notre chauffeur (Bibin) avec sa voiture, une Ambassador, dont les sièges à l'intérieur étaient entièrement recouverts de tissu blanc, garnis de petits coussins, le tout très très confortable ...
Après un trajet d'une bonne demi-heure, ils nous ont conduits à notre GH (Ballard Bungalows) en nous fixant rendez-vous à 10 heures, pour nous remettre certains documents mais également pour qu'on puisse les payer ...
La Ballard GH était telle que je me l'étais imaginée : une ancienne maison coloniale restaurée, 5 chambres en tout. La nôtre était à l'arrière du bâtiment (nous n'avions donc pas de terrrasse ni de vue sur la rue, mais beaucoup plus calme), très haute de plafond, plancher en bois, meublée avec du mobilier style années '50, donc assez typique). L'accueil, bien qu'il était très tôt (environ 4 heures du matin ) fût très amical et par la suite, nous avons pu constater que le personnel ainsi que le patron étaient très sympas.
La Ballard GH est très bien située car à peine à 5 minutes de marche du débarcadère des bacs qui font la traversée entre les différentes îles qui constituent Cochin.
Le reste de la journée (samedi 28/10) fut consacré à la visite de Fort Cochin. Ce qui est merveilleux, unique et quasi magique à Cochin, c'est la diversité de styles, d'ambiances, de caractères et d'architectures, avec ses chrétiens, ses hindous, ses juifs, ses musulmans, avec toutes ses castes et sous-castes.
Notre guest-house étant située dans Fort-Cochin, nous avons surtout visité ce quartier, dont notamment les fameux filets chinois (énormes filets de pêche carrés, manoeuvrés par plusieurs hommes), mais aussi des édifices intéressants comme l'église Saint-Francis, le palais hollandais et la synagogue.
Cependant, nous n'avons rien visité au niveau monuments et autres (on est juste passés devant) mais avons plutot laisser parler notre "feeling" : un petit tour en bac pour aller d'une île à l'autre (où nous avons donc pu admirer de près les célèbres "chinese nets", nous sommes allés sur les marchés (aux poissons et autres), nous avons visité un "lavoir" (car notre attention avait été attirée par un "champ" de draps et de saris), où des hommes lavaient des vêtements en le battant sur la pierre tandis que d'autres repassaient d'énormes piles de linge, avec de gros fers ... Nous nous sommes balladés dans les petites rues de Fort Cochin, au gré de nos envies. A midi, nous avons également mangé notre premier "thali". Un régal !
Le soir, sommes allés dans un petit parc, avec jardin d'enfants (... que de photos nous avons prises ...) et ensuite, après un excellent repas (curries et fruits de mer) nous avons assisté à un spectacle de danses traditionnelles (du Kerala, du Tamil Nadu et du Karnataka). De toutes jeunes filles, admirablement maquillées et vêtues de leur costume tradionnel ont dansé au son d'un petit orchestre composé de deux musiciens et d'une chanteuse. Nous étions peu nombreux à cette représentation car en général, les touristes préfèrent assister à un spectacle de Kathakali et dès lors, nous étions assis au premier rang et en avons pris plein les yeux et plein les oreilles !
Le dimanche (29/10), via une chouette petite route très animée, départ pour Kumarakum, au bord du lac Vembanad. Sur place, observation des oiseaux sur le lac mais aussi et surtout, ballades dans la campagne et les petits villages où nous avons fait plein de belles rencontres, nous avons eu des fous-rires énormes avec certains (à cause de notre mauvais accent "malayalam"). Nous avons photographié plein d'enfants et après une demi-heure de promenade, j'avais déjà reçu pas mal d'adresses à qui il faudra envoyer un double des photos ...
Lorsque nous sommes revenus sur nos pas afin de rentrer à l'hôtel, nous sommes passés devant la maison de gens avec qui nous avions sympathisé et ils nous invité chez eux. Ils nous ont fait visiter leur maison (très très belle) et nous ont offert à boire. Comme j'étais allée avec la dame dans sa cuisine alors qu'elle préparait les boissons, tout le monde est venu nous y rejoindre et finalement, nous nous y sommes retrouvés à pas moins de 10 personnes, dans une cacophonie d'anglais, de français, de malayalam et de rires ! Lorsque nous avons voulu partir (après avoir refusé un second verre et leur invitation à dîner), l'un d'eux nous a raccompagnés en tuk-tuk/camionnette car il pleuvait des cordes. Sympa non ?
Le soir, nous avons assisté à une représentation de " Kathakali " qui est l'une des quatre grandes danses classiques de l'Inde. C'est le plus souvent l'expression scénique de poèmes épiques et de légendes populaires dont la plupart des spectateurs connaissent la trame. Les costumes et maquillages sont fabuleux et demandent des heures de préparation. Quant au spectacle, c'est à la fois danse et mime, interprété uniquement par des hommes (il n'y a que deux danseurs).
Lundi (30/10), vers 11h30', embarquement à bord de notre "ketuvallum" (house-boat) qui était venu accoster au débarcadère de notre hôtel. Le bateau avait été réservé via Moksha Tours à la société Evergreen.
Nous avons eu de la chance car malgré le fait que nous n'étions que deux, nous avons eu droit à un bateau pour 4 personnes, ce qui fait que nous avions plus de place ! Il y avait également 4 membres d'équipage à notre entière disposition, rien que pour nous chouchouter. Un vrai palace flottant !
Alors là ... waouaaaaaah : que de superbes paysages nous avons vus, on n'a pas arrêté de "mitrailler". Les back-waters, c'est magique et bien plus romantique qu'une ballade en gondole sur les canaux à Venise ...
Pour ceux qui ne connaissent pas, les back-waters ce sont en fait des lagunes que creusent les courants et qui bouchent les estuaires des fleuves et rivières. Des canaux artificiels relient entre elles ces lagunes, qu'une digue naturelle isole des flots de la mer d'Arabie, pour former un véritable réseau de voies aquatiques navigables.
Le trajet sur ces canaux nous a fait découvir quelques uns des plus étonnants paysages qui soient, où l'eau, la terre et le ciel se mêlent et se confondent. Nous avons croisé de lourdes embarcations renflées, transportant du riz, du coprah, etc ... mais aussi des bateaux-bus, des marchands de poissons, des barques avec plein d'écoliers, ... Et sur le rivage, on a vu des pêcheurs, des femmes lavant le linge, des enfants se baignant, bref ... la vie quoi !
Nous nous sommes arrêtés par trois fois : à midi, pour le lunch (repas keralais, bien épicé, comme on les aime et préparé avec grand soin par notre cuistot, Krishna), ensuite pour aller chez un médecin ayurvédhique (à cause des problèmes de dos et de jambe de Michel, mon mari) et enfin dans un village pour amarrer le bateau pour la nuit.
Village que nous avons visité le lendemain, dont un atelier de construction de ketuvallum. On y a notamment appris que pour faire ce genre de bateau il faut un an en méthode accélérée alors qu'en procédant de la manière traditionnelle, cela prend trois ans !
Sur le chemin, vers Allepey, on a encore pu assister à de nombreuses scènes de la vie courante de ces gens qui habitent le long des back-waters : on a vu des pêcheurs, dans leur toute petite barque, criant à tue-tête pour annoncer qu'ils avaient du poisson à vendre, on a vu des enfants, dans leur bel uniforme, marcher le long des canaux pour aller à l'école, tantdis que d'autres, en retard, étaient encore en train de se laver alors que leurs cadets, eux, batifolaient déjà dans l'eau pendant que leur mère lessivait le linge.
Ce sont des spectacles tout simples, qui peuvent paraître "bêtes" à regarder aux yeux de certains mais nous c'est ce qu'on aime ...
Mardi (31/10), débarquement à Allepey en fin de matinée, où notre chauffeur nous attendait déjà. Le capitaine de notre house-boat a eu un peu de mal à trouver une place pour se "garer" car il devait y avoir au moins une centaine de batteaux amarrés (il y en aurait parait-il 200 en haute saison) mais grâce à la solidarité qui existe, nous avons pu débarquer en passant d'un bateau à l'autre.
Une petite heure de route et ensuite arrivée à Kollam, ou plutôt dans un petit village après Kollam, en direction de Varkala, dans un hôtel sur un îlot au milieu des back-waters. Malheureusement, nous n'avons pas très bien profité de cette journée car Michel avait de plus en plus mal et a préféré rester au lit ...
Cependant, il culpabilisait un peu, me voyant "cloîtrée" dans notre chambre à cause de lui et il m'a envoyé faire des courses avec Bibin, notre chauffeur (pour achat de shawal kamiz). En fait, je pense que ça l'arrangeait plutôt :-)))
Là, je dois remercier mon garde du corps, comme je l'appelais (Bibin, notre chauffeur) car il m'a accompagnée partout, faisant office de traducteur, me donnant son avis au sujet des matières et des coloris, etc ... Il a eu beaucoup de patience car nous avons fait plusieurs magasins ... sans rien acheter quoi que ce soit. Nous avons aussi beaucoup ri car à chaque fois que nous entrions dans un nouveau magasin, il expliquait tout de suite aux vendeurs ce que je désirais et ce que je n'aimais pas, notamment pas la couleur rose, mais malgré tout, devinez ce qu'on me proposait une fois sur deux : du rose !!! A mourir de rire !
Après avoir écumé tous les magasins d'un petit centre commercial à Kollam, nous avons décidé d'aller manger un morceau et avons dégusté un délicieux "masala dosa" dans une petite gargotte, le tout avec un bon verre de jus de fruit frais. Elle est pas belle la vie ...
Ensuite, re-boutiques, mais dans un autre quartier où, faute de ne pas trouver du "prêt à porter", je me suis résignée à acheter des tissus afin de faire confectionner le tout par un tailleur.
Finalement, retour à l'hôtel, où j'ai retrouvé un mari endormi, sonné par les anti-douleurs qu'il avait pris.
Mercredi (01/11), malgré la douleur, Michel a pu rejoindre la voiture et nous avons quitté cet hôtel où finalement nous n'avions pas vraiment passé un bon séjour ... et direction Varkala.
D'après les guides, le paradis, il est là, car tout y est réuni : les vies religieuse, profane et rurale. La nature est belle : la mer, le sable fin, les falaises qui s'enflamment au coucher du soleil, une source d'eau minérale sur la plage, etc ...
Cette charmante petite station balnéaire a une particularité : elle se situe tout en haut d'une falaise et il faut savoir que l'essentiel des GH, hôtels, restos, boutiques, etc ... se situe en haut, tout au long de la plage.
Cependant au tout début de cette falaise, il y a une petite plage (pas très fréquentée par les touristes) et notre hôtel (l'Hindustan Beach, recommandé par l'agence de voyages) était au bord de cette plage.
Nous avions donc une vue magnifique de notre chambre ... et quelle vue ! En effet, on ignore pourquoi mais cette petite plage (la Papanasam beach, qui d'après les guides veut dire "plage de la rédemption") est très importante pour les hindous. Il y a là en permanence 5 ou 6 prêtres, prêts à accueillir des familles entières (on en a compté jusqu'à 11, sortant d'une petite Ambassador) qui viennent là pour faire des "pujas", à la mémoire de leurs disparus ou pour toute autre chose ... Donc, après avoir dit quelques prières en suivant les indications du prêtre, tourné en rond autour d'une flamme, fait des offrandes (notamment du riz, sur lequel les corbeaux se ruent), ces personnes se dirigent à reculons vers la mer, en tenant un morceau de feuille de bananier sur laquelle il y a des fleurs et autres ..., au-dessus de leur tête et qu'ils lancent en arrière, alors qu'ils sont au bord de l'eau, sans regarder derrière eux ... afin de ne pas savoir où cela s'en va ... C'est un spectacle (magnifique à nos yeux) que nous avons pu voir pendant deux jours, matin et soir !
Entretemps, nous nous sommes balladés au bord de la falaise, avec plein d'aigles pêcheurs qui tournoyaient au-dessus de nos têtes, manquant de peu parfois de nous toucher lorsqu'ils piquaient vers la mer.
En visitant le petit village de Varkala, nous sommes allés voir un temple hindou, (Janardhana Swamy temple), à l'extérieur évidemment.
Je suis également allée chez le tailleur afin qu'il me confectionne mes shalwar kamiz avec les tissus que j'avais achetés la veille.
Nous avons également succombé à la fièvre du shopping car les boutiques d'artisanat ne manquent pas là-bas (il y a même des boutiques thibétaines et aussi du Rajasthan, du Gujarat et du Karnataka) !
Enfin et surtout, pour ceux qui nous connaissent, nous avons aussi beaucoup mangé car qu'est-ce que c'est bon la cuisine kéralaise et qu'est-ce que nous l'aimons ... slurp slup miam miam !!!
Les deux jours où nous sommes restés à Varkala, nous sommes à chaque fois allés de grand matin, voir les prêtres s'installer sur la plage, attendant les pélerins. Nous avons également pu voir que la plage était chaque jour nettoyée par une équipe de cinq femmes (rappelez-vous ... on est en Inde ... il y a des endroits en France ou en Belgique où cela ne se fait même pas).
On a vu aussi de jeunes garçons, descendre de la falaise, avec leur petit troupeau de chèvres, déambulant quelques mètres sur la plage avant d'aller rejoindre un pâturage (si on peut appeler pâturage, un endroit quasiment couvert de sable, avec quelques brins d'herbe seulement ...). On a même vu une chèvre prendre son petit-déjeuner en mangeant les fleurs qui ornaient une statue d'un dieu hindou (sorry, j'ignore lequel) sur la plage !
Lorsque nous nous sommes promenés sur l'autre côté de la falaise, on a traversés de petit villages, on a discuté avec les proprios d'une petite épicerie alors qu'on achetait de l'eau et un paquet de chips locales (épicées façon massala, quel délice !).
On a demandé à un tuk-tuk de nous conduire dans un village de pêcheurs et en chemin, on a pu voir un homme travaillant avec son éléphant ... Très impressionnant l'animal, quand il sort d'un taillis, tenant de la verdure dans sa trompe et me regardant de ses doux yeux, alors que je tente de le prendre en photo ... (surtout qu'il n'était pas attaché).
Le dernier soir à Varkala, nous avons retrouvé Bibin (à qui nous avions donné "quartier libre") et nous sommes allés manger en sa compagnie dans notre resto favori (pourquoi changer quand on aime). Il était toujours aussi étonné que nous mangions aussi épicé que lui !
Vendredi (03/11), en route pour Kovalam qui est réputée pour être la plus belle plage de la côte (mais la plus touristique aussi ...).
A Kovalam, le coucher de soleil est magnifique à voir paraît-il et c'est un spectacle que l'on a partagé avec les habitants du coin puisque c'est un moment de la journée et un spectacle que les indiens apprécient aussi.
Le lendemain, tôt le matin, nous avons vu des pêcheurs remonter un énorme filet (cela leur prendra 2 à 3 heures, paraît-il) tandis que d'autres (une vingtaine) s'escrimaient à remettre une lourde barque sur la plage ...
Après cela, nous sommes allés prendre notre petit-déjeuner keralais (en compagnie de Bibin encore une fois vu que c'était notre dernier repas en commun). Pour la dernière fois, nous avons donc mangé des "appam" (genre de grande crêpe, mais cuite d'un seul côté seulement) que nous trempons dans du coconut chutney et dans du tomato chutney, hyper bien épicés !!!
Ensuite, ben ... direction l'aéroport ... malheureusement. Mais nous avons quand même encore demandé à notre chauffeur de s'arrêter 2 ou 3 fois afin que nous puissions photographier un temple hindou, une rivière, des enfants, ...
Au fait, dernière anecdote à vous raconter. Notre vol Trivandrum-Bombay était à 19 heures mais la veille de notre départ, l'agence Moksha Tours nous a fait savoir que ledit vol (Air India) était annulé et que nous devrions aller à l'aéroport de Trivandrum, au comptoir de Jetairways, afin de faire modifier notre billet car ils avaient un vol pour Bombay, mais à 13 heures.
Sur le coup, on a un peu râlé car normalement on devait passer notre dernier jour à Kovalam mais c'est comme ça ... y'a rien à faire ...
Arrivés à l'aéroport de Trivandrum et bien ... heureusement que Bibin nous avait accompagnés car personne n'était au courant de rien, peu de gens parlaient anglais (ou alors faisaient semblant de ne pas savoir le parler ), nous avons dû faire au moins 3 fois l'aller-retour entre l'aéroport domestique et l'aéroport international. Mais enfin, après presque deux heures de tergiversations, de palabres, etc ... nous avions finalement nos billets en main pour le vol de 13 heures.
On a bien essayé aussi d'avoir des compensations auprès d'Air India (vu que nous aurions beaucoup plus d'heures à patienter avant de pouvoir prendre notre long vol de retour) mais comme c'était un vol domestique qui était annulé, le "fonctionnaire" d'Air India n'a rien voulu entendre ...
Tant pis s'est-on dit et lorsqu'on est arrivés à Bombay, on est sortis de l'aéroport, où nous avons été littéralement assaillis par des chauffeurs de taxis, tuk-tuk et autres représentants d'hôtels.
Finalement, on en a choisi un qui nous proposait un hôtel, à un prix relativement raisonnable pour Bombay, mais comprenant également les transferts de et vers l'aéroport. Nous avons donc passé quelques heures à Juhu Beach.
Pour y arriver à cet hôtel, on a mis environ 20 minutes en voiture. On n'est pas passés par le centre de Bombay mais malgré tout on a quand même pu en avoir un aperçu. On a traversé des quartiers pauvres, ou plutôt des bidonvilles où on a vu des enfants à moitié nus, chercher je ne sais quoi dans des montagnes d'ordures. J'ai vu un gamin tirer, à l'aide d'un bout de corde, une vieille valise en carton, dont le couvercle était disparu et contenant probablement toute sa fortune, c'est à dire rien ...
On n'était pas très fiers de rouler en taxi, bien au frais et assis confortablement en voyant tout cela et en plus, dès que le taxi s'arrêtait, il était aussitôt entouré par des hordes de gamins et autres mendiants qui s'agrippaient aux vitres et aux portières, pour demander l'aumône. Le taximan avait beau les faire déguerpir en leur criant dessus, rien n'y faisait et même lorsque le taxi redémarrait, ils s'accrochaient à la voiture, tout en continuant à nous demander de l'argent ... Que c'est très triste ... mais c'est cela aussi l'Inde ...
Finalement, on a été ravis de ce changement d'horaire d'avion, car cela nous a permis de voir un aspect de Bombay et de l'Inde que nous avions toujours désiré voir, à savoir une plage, au moment du coucher de soleil, remplie d'indiens (et pas de touristes), avec des stands de boissons, de nourriture, de fruits mais aussi et surtout avec plein d'attractions foraines (comme celles que nos parents avaient lorsqu'ils étaient jeunes, c'est à dire des manèges actionnés à la main, des stands de tir sur des ballons, des stands avec des anneaux, des vendeurs de ballons et autres moulins, des nomades du Rajasthan, faisant la manche en dansant, des montreurs de singe, etc ... On a même vu une drôle de machine, tenue par un indien très sérieux, constituée d'une vieille machine à calculer d'où partaient des tuyaux lumineux aboutissant à des anciens casques d'écoutes (eux aussi tout illuminés et clignotants) et lorsqu'on met les deux index dans cette drôle de machine, on entend paraît-il son horoscope ! Trop drôle !
De retour à l'hôtel, après une bonne douche et un bon petit café, pris en cours de route, nous avons repris le chemin de l'aéroport où là, tout s'est déroulé comme prévu et nous étions de retour à Bruxelles, le lendemain dimanche 5 novembre, avec dans la tête, plein de souvenirs de notre court mais si intense et merveilleux voyage au Kerala.
Voilà, c'est fini ... j'espère que mon récit vous aura plu.
@+, Sabaïdee
Namaste!
Voici un extrait de mon journal de bord que je vais partager a mes amis via internet, aujourd'hui je vous le faire partager aussi.
ME revoila revenue a Kathmandu (depuis uen semaine maintenant), apres un excellent sejour a Saurah. La transition entre le calme, le vert, les animaux, la vie qui s’ecoule tranquillement et le bruit, le gris, la poullution, la foule de KTH est toujours un peu dur, je n’aime pas les “soirs de retour”…! Parfois je me dis que s’il n’y avait pas l’orphelinat et tous ces gens que j’aime ici, je ne serais a KTH que pour prendre l’avion et renouveler mon visa! Surtout les journees comme hier ou en plus d’etre malade, je me suis retrouvee bloquee ds un taxi puis un tuk tuk pendant 2h, a cause d’une greve des taxis qui bloquaient toutes les routes… c’est enervant au debut, mais après c’est amusant! Ca m’a permis d’aller ds des coins de KTH que je ne connaissais pas du tout, car le tuk tuk a pris les plus petites rues de KTH je crois et a fait d’innombrables detours!! Sortir a KTH est toujours une aventure!
Revenons a Saurah: Saurah, c’est un petit paradis, je l’ai assez repete je crois! On s’y sent bien, peut etre parce qu’on se sent loin de tout, un peu a l’ecart du monde… Il y a la tv a lorphelinat, mais je n’ai pas eu envie une seule fois de la regarder, ne serait ce que pour les informations… Et c’est pour ca aussi que les retours a KTH sont un peu durs, car ce sont des retours a la realite… Et cette derniere fois plus que jamais: dans le bus, mon voisin avait achete le “Kathmandu Post”, j’ai profite qu’il soit descendu pour passer un “check point” pour le feuilleter… A l’interieur, que de rejouissantes nouvelles du Nepal et du monde (notamment l’accident de train en Turquie, j’ai eu tres peur pour toi JB…)…, et toute une page d’editorials dans laquelle des journalistes nepalais voulaient faire connaitre la situation de leur pays… Ce fut un peu une claque… Ce qui etait ecrit, je le savais plus ou moins, je commence a connaitre la situation du Nepal et je sais que l’actualite quotidienne du monde est toujours desesperante, mais, c’est comme si je me reveillais, comme si je me rendais soudainement compte de tout ca… J’avais ete tellement bien dans ma bulle, loin de tout, que j’avais presque oublie cette realite. Et dans ces cas la, le premier sentiment que l’on ressent est de la honte… La honte de vous ecrire mon bonheur un peu plus a chaque nouvel email, la honte de me sentir si bien, dans un pays ou tres peu de personnes ont ma chance, ou tres peu de personnes peuvent connaitre ce meme bonheur. La honte d’avoir la chance d’appartenir a cette tres tres faible minorite de gens qui ont une vie si facile, quoi que vous pouviez en dire (venez ici, voyagez et vous verrez que c’est inimaginable a quel point on a tout et vraiment ecoeurant de trouver encore le moyen de se plaindre, … et je n’ai meme pas envie de m’excuser d’ecrire ca). Puis après la honte et le decouragement, c’est un sentiment plus fort, celui des vouloir tout changer, se dire qu’on ne peut pas accepter ca, mais sans se decourager, en se disant que c’est possible, il faut au moins essayer, et ne me contredisez pas, de toute facon vous ne me ferez pas changer d’avis! Il y a tellement a faire au Nepal, chaque jour lorsque en decouvrant un peu plus la situation du Nepal, il y aurait de quoi etre vraiment desespere et perdre tout optimisme: Comment esperer dans un pays ou l’esperance de vie ne depasse pas 60 ans et qui est un des rares pays ou lesperance de vie des femmes est inferieures a celle des hommes, un pays ou le taux de mortalite du nombre de femmes mettant leurs enfnats au monde est l’un des plus eleve au monde, un pays ou 80 pour cent de la population (peut etre un peu moins maintenant), vit (moi j’appelle ca plutot de la “survie”) d’une agriculture de subsistance, ne ppouvant se nourrir que grace a ce qu’ils cultivent, et beaucoup sont ceux (dans les regions tres reculees ds les montagnes surtout) qui ne peuvent manger du riz que pour de rares occasions, des fetes hindoues par exemple, je ne vous donc pas de la viande… Un pays, le taux d;alphalbetisation est tres faible, car des milliers (si ce ne sont des millions…) ne peuvent aller a l’ecole pour aider leur parent aux travaux dans les champs, et parmis ces enfnats, bcp se retrouvent ds les gdes villes, ds des familles riches, des petits et petites cendrillons du 21eme siecle (les benevoles, le premier exemple est sunita…). Un pays ou de nombreuses femmes se retrouvent seules avec leurs enfants (3 minimum en general), apres la fuite de leur mari, soit avec une autre femme, soit pour travailler a l;etranger, generallement se faire exploiter ds un pays du Golfe d’ou nombre d’entre eux ne reviennent pas… Ou bien parce qu’ils avainet peur d’etre enrole de force par les maoistes ou qu;ils se sont fait enrole. Cest pour cette raison que le nombre d’orphelinats est innombrable au Nepal et notamment a Kathmandu. DE meme que les centres d’aide pour enfants et femmes, et de nombreuses ong locales et internationale, Mais d’apres Tara, il ya cinq ans, ces ONG etait vraiment un espoir pour le pays et la situation commence a s’ameliorer, mais la corruption et le conflit lance par les maoistes a tout detruit. Il reste de nombreuses initiatives et de projets ameliorant les conditions de vie de certains, mais c’est loin d’etre suffisant. Un pays touché (pour ne pas dire ravage) par ses conflits politiques qui durent depuis trop longtemps et qui n’aboutissent qu’a la destruction progressive du pays et surtout de ses habitants. La “guerre du peuple” menee par les maoistes ne devrait pas contenir le mot peuple, car au lieu d’etre un espoir et d’aider la population, ils sement au contraire la terreur, assassinent de plus en plus de representants du gouvernement (a toutes les echelles, mais bien souvent des innocents dt la seule faute est de travailler pour le gvt: professeurs, policiers, …), detruisent des infrastructures commes des routes ou des lignes telephoniques, coupant un peu plus les regions les plus reculees du reste du pays, enlevent des hommes pour les envoyer en premiere lignes lors des combats avec l’armee pour se proteger, et maintenant, ce sont les enfants qui sont enleve, il y a qq mois, on pouvait lire un article sur leur projet de faire une armee de 50000 enfants, dans le Courrier Internationale. A cote, ou plutot en face, il ya les partis politiques et le gouvernement (ou plutot le roi car c’est lui qui controle tout). Mais les nombreuses discussions entre les 3 partis n’aboutissent jamais, chacun campe sur ses positions et aucun ne vaut faire de concession… Les maoistes veulent renverser le roi, les partis politiques veulent un plus grand pouvoir. Mais le roi n’est prêt a rien ceder… Et ce n’est pas pour rien qu’il est si impopulaire: tous les nepalais sont convaincus que c’est lui qu a complote l’assassinat de son frere et de toute sa famille il y a qq annees, un roi tres populaire et qui commence a redresser le pays par de nombreuses initiatives. Ce roi ne fait rien pour le pays, il profite de sa place pour ameliorer personnelle mais pas grand chose d’autre: pouvez vous croire que c’est LE 7 EME HOMME LE PLUS RICHE DE LA PLANETE DANS LE 2EME PAYS LE PLUS PAUVRE DU MONDE??? Incroyable non, moi aussi je n’y ai pas cru, mais plusieurs personnes m’ont confirme l’info. Pas etonnant, il a augmente par 7 les frais de la famille royale… Si le roi ne donne pas l’exemple, comment la corruption peut s’arreter ou se freiner??? Car c’est un probleme majeur au Nepal, tout fonctionne par un systeme detourne, si on a pas un peu d’argent ou de bonnes relations on ne s;en sort pas… Je vais arreter la pour les exemples.. IL y en aurait trop a enumerer et dites vosu que je connais mal la situation du Nepal, surtout la situation politique, a vrai dire, c’est assez complexe. JE ne vous parle donc pas de l’armee quia peur de se deplacer des qu’on lui parle de l’armee, de toutes ces personnes cultivees qui pourraient changer le pays, mais qui vont chercher une vis meilleure a l’etranger… Oui, tout cela est desesperant, pourrait faire tomber le pays entier dans le desespoir, mais ce n;est pas dans le nature des nepalais d’etre pessimistes et de se decourager, au contraire, ils trouvent la force d’agir, combien de personnes incroyables j’ai rencontre ces dernieres semaines: chaque nouvelle rencontre redonne de la force et du courage, c’est incroyable de voir a quel point beaucoup de nepalais veulent faire qq chose pour leur pays. Ce n’est pas seulement une simple envie d’aider qq personnes, c’est une vrai “devotion”, un passion meme je pourrais dire. Qq exemples: cette femme qui n’etait pas ecduquee, qui travaillait a faire la cuisine, la lessive et a s’occuper des gens, et qui par une enorme volonte a cree son propre orphelinat, maintenant, elle le gere avec sa fille, elles aident une cinquantaine d’enfant et sont en train de construire leur proper batiement ce qui permettra d’aider plus d’enfant. Cette autre femme qui est parti de rien, et qui avec son mari accueille une soixantaine d’enfants et qui a fait adopter une 20taine d’enftant, elle a tellement appris seule qu’elle va bientot obtenir une maitrise de droit (elle n’a qu’a passé les examens). Ou encore cette homme a SAurah, qui pourrait etre riche, mais qui a decide de ne travailler que opour aider des familles tres pauvres ds des villages du Terai, il est guide touristique et la gde nmajorite des recettes va a son organisation, il vivait dans une gde maison avec sa femme et ses enfants, mais le tourisme ayant baisse a cause de la rebellion maoiste, a decide de la vendre pour contimuer a aider ces villageois, il vit maintenant tres simplement dans une petite piece avec sa famille. ET toutes ces personnes racontent leur histoire, leur initiative tres simplemen, ce qu’ils font leur parait tout simplement naturel.
Moi, dans tout ca je suis quoi? Juste une petite francaise qui ne sait pas grand chose, qui essaie de comprendre ce qui se passe, mais difficilement, qui a envie de tellement faire, mais mieux vaut commencer doucement…! Et seule je n’y arriverais pas, il va falloir nous aider tout ce que vous etes…!!!
Lise Marie (“gori nepali”!!!)
Voici un extrait de mon journal de bord que je vais partager a mes amis via internet, aujourd'hui je vous le faire partager aussi.
ME revoila revenue a Kathmandu (depuis uen semaine maintenant), apres un excellent sejour a Saurah. La transition entre le calme, le vert, les animaux, la vie qui s’ecoule tranquillement et le bruit, le gris, la poullution, la foule de KTH est toujours un peu dur, je n’aime pas les “soirs de retour”…! Parfois je me dis que s’il n’y avait pas l’orphelinat et tous ces gens que j’aime ici, je ne serais a KTH que pour prendre l’avion et renouveler mon visa! Surtout les journees comme hier ou en plus d’etre malade, je me suis retrouvee bloquee ds un taxi puis un tuk tuk pendant 2h, a cause d’une greve des taxis qui bloquaient toutes les routes… c’est enervant au debut, mais après c’est amusant! Ca m’a permis d’aller ds des coins de KTH que je ne connaissais pas du tout, car le tuk tuk a pris les plus petites rues de KTH je crois et a fait d’innombrables detours!! Sortir a KTH est toujours une aventure!
Revenons a Saurah: Saurah, c’est un petit paradis, je l’ai assez repete je crois! On s’y sent bien, peut etre parce qu’on se sent loin de tout, un peu a l’ecart du monde… Il y a la tv a lorphelinat, mais je n’ai pas eu envie une seule fois de la regarder, ne serait ce que pour les informations… Et c’est pour ca aussi que les retours a KTH sont un peu durs, car ce sont des retours a la realite… Et cette derniere fois plus que jamais: dans le bus, mon voisin avait achete le “Kathmandu Post”, j’ai profite qu’il soit descendu pour passer un “check point” pour le feuilleter… A l’interieur, que de rejouissantes nouvelles du Nepal et du monde (notamment l’accident de train en Turquie, j’ai eu tres peur pour toi JB…)…, et toute une page d’editorials dans laquelle des journalistes nepalais voulaient faire connaitre la situation de leur pays… Ce fut un peu une claque… Ce qui etait ecrit, je le savais plus ou moins, je commence a connaitre la situation du Nepal et je sais que l’actualite quotidienne du monde est toujours desesperante, mais, c’est comme si je me reveillais, comme si je me rendais soudainement compte de tout ca… J’avais ete tellement bien dans ma bulle, loin de tout, que j’avais presque oublie cette realite. Et dans ces cas la, le premier sentiment que l’on ressent est de la honte… La honte de vous ecrire mon bonheur un peu plus a chaque nouvel email, la honte de me sentir si bien, dans un pays ou tres peu de personnes ont ma chance, ou tres peu de personnes peuvent connaitre ce meme bonheur. La honte d’avoir la chance d’appartenir a cette tres tres faible minorite de gens qui ont une vie si facile, quoi que vous pouviez en dire (venez ici, voyagez et vous verrez que c’est inimaginable a quel point on a tout et vraiment ecoeurant de trouver encore le moyen de se plaindre, … et je n’ai meme pas envie de m’excuser d’ecrire ca). Puis après la honte et le decouragement, c’est un sentiment plus fort, celui des vouloir tout changer, se dire qu’on ne peut pas accepter ca, mais sans se decourager, en se disant que c’est possible, il faut au moins essayer, et ne me contredisez pas, de toute facon vous ne me ferez pas changer d’avis! Il y a tellement a faire au Nepal, chaque jour lorsque en decouvrant un peu plus la situation du Nepal, il y aurait de quoi etre vraiment desespere et perdre tout optimisme: Comment esperer dans un pays ou l’esperance de vie ne depasse pas 60 ans et qui est un des rares pays ou lesperance de vie des femmes est inferieures a celle des hommes, un pays ou le taux de mortalite du nombre de femmes mettant leurs enfnats au monde est l’un des plus eleve au monde, un pays ou 80 pour cent de la population (peut etre un peu moins maintenant), vit (moi j’appelle ca plutot de la “survie”) d’une agriculture de subsistance, ne ppouvant se nourrir que grace a ce qu’ils cultivent, et beaucoup sont ceux (dans les regions tres reculees ds les montagnes surtout) qui ne peuvent manger du riz que pour de rares occasions, des fetes hindoues par exemple, je ne vous donc pas de la viande… Un pays, le taux d;alphalbetisation est tres faible, car des milliers (si ce ne sont des millions…) ne peuvent aller a l’ecole pour aider leur parent aux travaux dans les champs, et parmis ces enfnats, bcp se retrouvent ds les gdes villes, ds des familles riches, des petits et petites cendrillons du 21eme siecle (les benevoles, le premier exemple est sunita…). Un pays ou de nombreuses femmes se retrouvent seules avec leurs enfants (3 minimum en general), apres la fuite de leur mari, soit avec une autre femme, soit pour travailler a l;etranger, generallement se faire exploiter ds un pays du Golfe d’ou nombre d’entre eux ne reviennent pas… Ou bien parce qu’ils avainet peur d’etre enrole de force par les maoistes ou qu;ils se sont fait enrole. Cest pour cette raison que le nombre d’orphelinats est innombrable au Nepal et notamment a Kathmandu. DE meme que les centres d’aide pour enfants et femmes, et de nombreuses ong locales et internationale, Mais d’apres Tara, il ya cinq ans, ces ONG etait vraiment un espoir pour le pays et la situation commence a s’ameliorer, mais la corruption et le conflit lance par les maoistes a tout detruit. Il reste de nombreuses initiatives et de projets ameliorant les conditions de vie de certains, mais c’est loin d’etre suffisant. Un pays touché (pour ne pas dire ravage) par ses conflits politiques qui durent depuis trop longtemps et qui n’aboutissent qu’a la destruction progressive du pays et surtout de ses habitants. La “guerre du peuple” menee par les maoistes ne devrait pas contenir le mot peuple, car au lieu d’etre un espoir et d’aider la population, ils sement au contraire la terreur, assassinent de plus en plus de representants du gouvernement (a toutes les echelles, mais bien souvent des innocents dt la seule faute est de travailler pour le gvt: professeurs, policiers, …), detruisent des infrastructures commes des routes ou des lignes telephoniques, coupant un peu plus les regions les plus reculees du reste du pays, enlevent des hommes pour les envoyer en premiere lignes lors des combats avec l’armee pour se proteger, et maintenant, ce sont les enfants qui sont enleve, il y a qq mois, on pouvait lire un article sur leur projet de faire une armee de 50000 enfants, dans le Courrier Internationale. A cote, ou plutot en face, il ya les partis politiques et le gouvernement (ou plutot le roi car c’est lui qui controle tout). Mais les nombreuses discussions entre les 3 partis n’aboutissent jamais, chacun campe sur ses positions et aucun ne vaut faire de concession… Les maoistes veulent renverser le roi, les partis politiques veulent un plus grand pouvoir. Mais le roi n’est prêt a rien ceder… Et ce n’est pas pour rien qu’il est si impopulaire: tous les nepalais sont convaincus que c’est lui qu a complote l’assassinat de son frere et de toute sa famille il y a qq annees, un roi tres populaire et qui commence a redresser le pays par de nombreuses initiatives. Ce roi ne fait rien pour le pays, il profite de sa place pour ameliorer personnelle mais pas grand chose d’autre: pouvez vous croire que c’est LE 7 EME HOMME LE PLUS RICHE DE LA PLANETE DANS LE 2EME PAYS LE PLUS PAUVRE DU MONDE??? Incroyable non, moi aussi je n’y ai pas cru, mais plusieurs personnes m’ont confirme l’info. Pas etonnant, il a augmente par 7 les frais de la famille royale… Si le roi ne donne pas l’exemple, comment la corruption peut s’arreter ou se freiner??? Car c’est un probleme majeur au Nepal, tout fonctionne par un systeme detourne, si on a pas un peu d’argent ou de bonnes relations on ne s;en sort pas… Je vais arreter la pour les exemples.. IL y en aurait trop a enumerer et dites vosu que je connais mal la situation du Nepal, surtout la situation politique, a vrai dire, c’est assez complexe. JE ne vous parle donc pas de l’armee quia peur de se deplacer des qu’on lui parle de l’armee, de toutes ces personnes cultivees qui pourraient changer le pays, mais qui vont chercher une vis meilleure a l’etranger… Oui, tout cela est desesperant, pourrait faire tomber le pays entier dans le desespoir, mais ce n;est pas dans le nature des nepalais d’etre pessimistes et de se decourager, au contraire, ils trouvent la force d’agir, combien de personnes incroyables j’ai rencontre ces dernieres semaines: chaque nouvelle rencontre redonne de la force et du courage, c’est incroyable de voir a quel point beaucoup de nepalais veulent faire qq chose pour leur pays. Ce n’est pas seulement une simple envie d’aider qq personnes, c’est une vrai “devotion”, un passion meme je pourrais dire. Qq exemples: cette femme qui n’etait pas ecduquee, qui travaillait a faire la cuisine, la lessive et a s’occuper des gens, et qui par une enorme volonte a cree son propre orphelinat, maintenant, elle le gere avec sa fille, elles aident une cinquantaine d’enfant et sont en train de construire leur proper batiement ce qui permettra d’aider plus d’enfant. Cette autre femme qui est parti de rien, et qui avec son mari accueille une soixantaine d’enfants et qui a fait adopter une 20taine d’enftant, elle a tellement appris seule qu’elle va bientot obtenir une maitrise de droit (elle n’a qu’a passé les examens). Ou encore cette homme a SAurah, qui pourrait etre riche, mais qui a decide de ne travailler que opour aider des familles tres pauvres ds des villages du Terai, il est guide touristique et la gde nmajorite des recettes va a son organisation, il vivait dans une gde maison avec sa femme et ses enfants, mais le tourisme ayant baisse a cause de la rebellion maoiste, a decide de la vendre pour contimuer a aider ces villageois, il vit maintenant tres simplement dans une petite piece avec sa famille. ET toutes ces personnes racontent leur histoire, leur initiative tres simplemen, ce qu’ils font leur parait tout simplement naturel.
Moi, dans tout ca je suis quoi? Juste une petite francaise qui ne sait pas grand chose, qui essaie de comprendre ce qui se passe, mais difficilement, qui a envie de tellement faire, mais mieux vaut commencer doucement…! Et seule je n’y arriverais pas, il va falloir nous aider tout ce que vous etes…!!!
Lise Marie (“gori nepali”!!!)
Mon voyage a duré une quinzaine de jours, du 5 octobre au 21.
La découverte de Bombay a été particulièrement rude le premier jour. On a beau s’y attendre la vue des plus pauvres vivant au milieu des immondices est saisissante. D’autre part comme je ne savais pas m’y prendre avec les rickshaws (j’avais payé pas moins de 1000 roupies pour une course de 10min la première fois), j’avais décidé de commencer par tout faire à pieds mon mode de déplacement urbain favori en général. Mais la chaleur, les odeurs et surtout le trafic sur les routes indiennes m’ont épuisé en quelques heures. Je renverse un cycliste qui n’a pas jugé bon de détourner sa route d’un cheveu quand je me suis arrêté pour me frotter les yeux. Exposition aussi aux coutumes indiennes choquantes pour un occidental : cracher en se raclant la gorge jusqu’à l’estomac, roter sans trop de gêne non plus, se gratter les parties en public… Ne sachant pas où prendre mon billet j’ai pris le train de banlieue de Bombay sans payer et dans le wagon pour femmes sur la première station. Cela dit je n’ai jamais croisé un contrôleur dans les trains indiens. Le train de banlieue où l’on peut se pendre aux portes pour se pencher à l’extérieur, c’est assez dépaysant. Le soir dans le quartier touristique je croise de nombreux « want a city tour ? » Alors que je discute de choses et d’autres avec l’un d’entre eux en poursuivant ma promenade dans la ville, je réalise qu’il ne sait pas lire. En deux heures j’ai tenté de lui apprendre les rudiments en alphabet latin et devanagari (mais là les compétences du professeur sont assez limitées) avec un journal. Je ne sais pas ce qui lui en est resté mais j’espère qu’il fera l’effort de poursuivre. Une procession de mariage passe devant nous mais étrangement personne ne semble revêtir ses habits du dimanche.
Le lendemain les choses ont failli très mal tourner. Comme les Indiens qui vous abordent sont systématiquement intéressés je prends le parti de ne pas donner suite en général et de tenter moi-même le contact. Mais cela ne s’est pas avéré forcément plus sûr. Un instituteur m’a ainsi proposé de mieux connaître l’hindouisme en allant visiter un temple ou une cérémonie spéciale devait avoir lieu… De cérémonie point, en revanche je me suis retrouvé coincé au fond d’un crématorium par trois filous qui voulaient me délester de mon or pour leur « association » de bienfaisance. Comme ils menaçaient de me laisser moisir jusqu’au soir dans cet endroit sinistre et que je n’avais guère envie d’y créer de scandale, je me suis séparé de 60 euros. Suite de quoi mon guide m’a réclamé à son tour paiement pour la visite ! Et de commencer à me frapper comme un gamin capricieux (reste de respect envers l’occidental que j’étais ?) jusqu’à ce que je hèle un rickshaw salvateur. Cela dit je me demande si j’avais réellement dû me battre comment aurait réagi la foule ? Enfin toujours est-il que pour me consoler mon chauffeur n’a rien trouver de mieux à me proposer que d’aller voir des filles… A ce que j’ai vu la majorité de ces chauffeurs viennent des bidonvilles, ils sont dans toutes les combines pour gagner de l’argent : pendant mon voyage ils m’ont proposé x fois « pétard » (en français) alcool héroïne et autres…
Comme au bout de deux jours de mésaventures à Bombay j’avais envie de respirer, j’ai pris le bus de nuit vers Ahmedabad. Un petit souci de santé m’y a également contraint : la pollution de la ville me brûlait les yeux. Les gouttes vendues dans une « pharmacie » locale n’avaient guère d’effet pour me soulager.
Sur la route j’engageais la conversation avec les autres occupants, qui venaient du Gujarat pour travailler à Bombay. Dans un mélange approximatif d’anglais et de mon peu de hindi, j’ai pu collecter des cartes de nombeux petits businessmen très curieux. En Inde la première question qu’on vous pose dans 99% des cas c’est d’où vous venez. Puis si on s’intéresse plus à vous c’est si vous êtes marié. Et quand vous ne l’êtes pas avec une situation à 28 ans, qui plus est sans girlfriend vous devez expliquer pourquoi cette anomalie. On m’a prédit dans la lecture des lignes de ma main que j’aurais un garçon une fille, l’idéal actuel de toutes les familles indiennes.
La découverte de Bombay a été particulièrement rude le premier jour. On a beau s’y attendre la vue des plus pauvres vivant au milieu des immondices est saisissante. D’autre part comme je ne savais pas m’y prendre avec les rickshaws (j’avais payé pas moins de 1000 roupies pour une course de 10min la première fois), j’avais décidé de commencer par tout faire à pieds mon mode de déplacement urbain favori en général. Mais la chaleur, les odeurs et surtout le trafic sur les routes indiennes m’ont épuisé en quelques heures. Je renverse un cycliste qui n’a pas jugé bon de détourner sa route d’un cheveu quand je me suis arrêté pour me frotter les yeux. Exposition aussi aux coutumes indiennes choquantes pour un occidental : cracher en se raclant la gorge jusqu’à l’estomac, roter sans trop de gêne non plus, se gratter les parties en public… Ne sachant pas où prendre mon billet j’ai pris le train de banlieue de Bombay sans payer et dans le wagon pour femmes sur la première station. Cela dit je n’ai jamais croisé un contrôleur dans les trains indiens. Le train de banlieue où l’on peut se pendre aux portes pour se pencher à l’extérieur, c’est assez dépaysant. Le soir dans le quartier touristique je croise de nombreux « want a city tour ? » Alors que je discute de choses et d’autres avec l’un d’entre eux en poursuivant ma promenade dans la ville, je réalise qu’il ne sait pas lire. En deux heures j’ai tenté de lui apprendre les rudiments en alphabet latin et devanagari (mais là les compétences du professeur sont assez limitées) avec un journal. Je ne sais pas ce qui lui en est resté mais j’espère qu’il fera l’effort de poursuivre. Une procession de mariage passe devant nous mais étrangement personne ne semble revêtir ses habits du dimanche.
Le lendemain les choses ont failli très mal tourner. Comme les Indiens qui vous abordent sont systématiquement intéressés je prends le parti de ne pas donner suite en général et de tenter moi-même le contact. Mais cela ne s’est pas avéré forcément plus sûr. Un instituteur m’a ainsi proposé de mieux connaître l’hindouisme en allant visiter un temple ou une cérémonie spéciale devait avoir lieu… De cérémonie point, en revanche je me suis retrouvé coincé au fond d’un crématorium par trois filous qui voulaient me délester de mon or pour leur « association » de bienfaisance. Comme ils menaçaient de me laisser moisir jusqu’au soir dans cet endroit sinistre et que je n’avais guère envie d’y créer de scandale, je me suis séparé de 60 euros. Suite de quoi mon guide m’a réclamé à son tour paiement pour la visite ! Et de commencer à me frapper comme un gamin capricieux (reste de respect envers l’occidental que j’étais ?) jusqu’à ce que je hèle un rickshaw salvateur. Cela dit je me demande si j’avais réellement dû me battre comment aurait réagi la foule ? Enfin toujours est-il que pour me consoler mon chauffeur n’a rien trouver de mieux à me proposer que d’aller voir des filles… A ce que j’ai vu la majorité de ces chauffeurs viennent des bidonvilles, ils sont dans toutes les combines pour gagner de l’argent : pendant mon voyage ils m’ont proposé x fois « pétard » (en français) alcool héroïne et autres…
Comme au bout de deux jours de mésaventures à Bombay j’avais envie de respirer, j’ai pris le bus de nuit vers Ahmedabad. Un petit souci de santé m’y a également contraint : la pollution de la ville me brûlait les yeux. Les gouttes vendues dans une « pharmacie » locale n’avaient guère d’effet pour me soulager.
Sur la route j’engageais la conversation avec les autres occupants, qui venaient du Gujarat pour travailler à Bombay. Dans un mélange approximatif d’anglais et de mon peu de hindi, j’ai pu collecter des cartes de nombeux petits businessmen très curieux. En Inde la première question qu’on vous pose dans 99% des cas c’est d’où vous venez. Puis si on s’intéresse plus à vous c’est si vous êtes marié. Et quand vous ne l’êtes pas avec une situation à 28 ans, qui plus est sans girlfriend vous devez expliquer pourquoi cette anomalie. On m’a prédit dans la lecture des lignes de ma main que j’aurais un garçon une fille, l’idéal actuel de toutes les familles indiennes.
Toujours choisir les chemins ''qui ont du coeur''.
Je traine au Temple d'une cite perdue dans la jungle en Inde. La un indien en tunique se met a gambader en jouant de la flute.
Moi: Ouais, t'aurais pas une flute pour que j'apprenne.
Ramesh: Si, ala fin de la pouja, viens dans ma hutte, j'en ai pleins.
Moi; ouais!!!
Je lui achete une flute, relativemennttres cher, mais je me dis que c'est surement bon pour lui qui est loge, nourri par le temple, mais qua pas un rond. Alors je lui donne ses roupees.
Je prends le bus une semaine apres, pour Bangalore pour traverser d'ouest en est l'Inde du Sud. Et La, Je fais tombe mon sac sur la flute. Quel con et au dernier moment, on dirait vraiment que je l'ai fait expres. J'etais assis sur une chaise en train de lire un bouquin et attendre que le bus arrive, mon gros sac lui aussi, assis sur l'autre chaise d'a cote, et mon petit sac a dos par terre avec la flute qui depasse. Je lis, et d'un coup sans reflechir je prends mon gros sac pour le mettre par terre, en pensant que peut etre il derange. Et je le laisse tomber sur la flute qui fait un de ces sons degueulasses, un de ces sons qui fait mal aux oreilles, et qui font presque pleurer ''CRACKKKKKK", le morceau de Bambou instrument de musique est redevenu en un instant un vulgaire morceau de bambou bon a rien, juste a pleurer. Moi qui penser que ce bon viel indien l'avait construite de ses mains et que moi enfant gaté, je la detruis. Je m'en voulais et puis pour me reconforter je me dis que peut etre que c'est pour me mener quelque part!!! Alors je me dis: Ouais, une nouvelle quete!!
Pendant 3 semaines je tente de retrouver une flute, de Maison en maison de centre de musique en magasins, ... rien. Et puis a une fete, je renconte un robin des bois a longue criniere qui tournicotait dans d'etranges sandales medievales en jouant de flute en dansant. Sur la table a coté, d'autres flutes. J'en touche une posee sur la table, l'air interessé, je sens que le moment tant attendu est venu, je sens que la malchance que j'accumulais depuis une semaine (des amis que je considérais comme disparus dans le Tsunami) était en train de tourner.
En tournant sur lui meme, il me dit en anglais avec un accent flamand. "Oh l'ami. Qui ose touchait cette flute?? Elle t'interesse? Tu la convoite? Tu veux apprendre? Je fais venir mes flute de Delhi construite par le meilleur Master indien ''Harsh". Si tu veux jouer de la flute...celle ci est pour toi, je te la donne!!! Et il s'est remis a tournicoter sur des rythmes erotiques.
Plus tard, il me fait venir dans sa maison dans la foret, du genre ou il faut se suspendre a une liane pour descendre. La, je lui raconte l'objet de mon voyage, que je cherche a guerir d'une maladie inconnue et patati et patata. Il me dit, "tu dois rencontrer mon ami que j'ai rencontré dans la toundra en Russie. Il est medecin sorcier et pourra t'aider".
Je vois la bete, et "elle" me fait des supplices, me fais des sortileges ancestraux, me broie quelque os, me brule le corps, me perce de milles aiguilles le dos et les jambes, m'ouvre les veines du sacrum et aspire le sang, me fait boire des potions douteuses. Et le dernier jours me serre fort contre ses bras de geants, apres avoir reciter des prieres russes pour ma guerison. Et me demande de venir le voir monter sa communite de medecin en Oural. Alex est un sorcier russe, il a fait la guerre contre l'Afganisthan ya 20 ou 30 ans et il a recu une roquette pas loin de lui qui lui a bien abime un bras et une jambe. Quand il etait a terre, il a recu une balle dans la tete sur le sourcil qui l'a en fait efleuré et qui est resortie. Il est alors reste 40 jours dans le coma et s'est retrouve a Moscou a l'hopital ou Il est devenu presque aveugle a cause de la balle. ils voulaient l'amputer. Il a pas voulu. Il a bu pendant un an. il s'est pendu. Mais un de ces amis l'en a empeche. Alors qu'il buvait dans un parc, un mec est venu le voir et lui a dit qu'a partir de maintenant sa vie allait changer, qu il etait fait pour aute chose. Il lui a dit de prendre son sac et de partir. Il est parti en Siberie alors presque aveugle, a traverse tout le desert, a rencontre des sorcier pres du lac baikal qui l'ont gueris de ces membres, puis en Mongolie dans le desert de Gobi, puis il a traverse la Chine et est arrive au Tibet ou il est reste un an au pres d'un guerisseur. Encore presque aveugle, il a regardé les lever et coucher de soleil tous les jours pendant un an en recitant des mantras et il a retrouve la vue petit a petit. Maintenant il construit une communaute de guerisseur, medecin et compagnie dans l'Oural.
Voila comment d'une malheureuse flute, j'en arrive sans depenser un centime avec la plus belle flute indienne, une therapie completement dingue, et aussi des connaissance de gens, de nouvelles fetes dansantes.
C'est pourquoi il faut choisir les chemins qui ont du coeur, et parfois une mauvaise est necessaire pour amener la suivante qui est pure cadeau!!!
a+
Je lui achete une flute, relativemennttres cher, mais je me dis que c'est surement bon pour lui qui est loge, nourri par le temple, mais qua pas un rond. Alors je lui donne ses roupees.
Je prends le bus une semaine apres, pour Bangalore pour traverser d'ouest en est l'Inde du Sud. Et La, Je fais tombe mon sac sur la flute. Quel con et au dernier moment, on dirait vraiment que je l'ai fait expres. J'etais assis sur une chaise en train de lire un bouquin et attendre que le bus arrive, mon gros sac lui aussi, assis sur l'autre chaise d'a cote, et mon petit sac a dos par terre avec la flute qui depasse. Je lis, et d'un coup sans reflechir je prends mon gros sac pour le mettre par terre, en pensant que peut etre il derange. Et je le laisse tomber sur la flute qui fait un de ces sons degueulasses, un de ces sons qui fait mal aux oreilles, et qui font presque pleurer ''CRACKKKKKK", le morceau de Bambou instrument de musique est redevenu en un instant un vulgaire morceau de bambou bon a rien, juste a pleurer. Moi qui penser que ce bon viel indien l'avait construite de ses mains et que moi enfant gaté, je la detruis. Je m'en voulais et puis pour me reconforter je me dis que peut etre que c'est pour me mener quelque part!!! Alors je me dis: Ouais, une nouvelle quete!!
Pendant 3 semaines je tente de retrouver une flute, de Maison en maison de centre de musique en magasins, ... rien. Et puis a une fete, je renconte un robin des bois a longue criniere qui tournicotait dans d'etranges sandales medievales en jouant de flute en dansant. Sur la table a coté, d'autres flutes. J'en touche une posee sur la table, l'air interessé, je sens que le moment tant attendu est venu, je sens que la malchance que j'accumulais depuis une semaine (des amis que je considérais comme disparus dans le Tsunami) était en train de tourner.
En tournant sur lui meme, il me dit en anglais avec un accent flamand. "Oh l'ami. Qui ose touchait cette flute?? Elle t'interesse? Tu la convoite? Tu veux apprendre? Je fais venir mes flute de Delhi construite par le meilleur Master indien ''Harsh". Si tu veux jouer de la flute...celle ci est pour toi, je te la donne!!! Et il s'est remis a tournicoter sur des rythmes erotiques.
Plus tard, il me fait venir dans sa maison dans la foret, du genre ou il faut se suspendre a une liane pour descendre. La, je lui raconte l'objet de mon voyage, que je cherche a guerir d'une maladie inconnue et patati et patata. Il me dit, "tu dois rencontrer mon ami que j'ai rencontré dans la toundra en Russie. Il est medecin sorcier et pourra t'aider".
Je vois la bete, et "elle" me fait des supplices, me fais des sortileges ancestraux, me broie quelque os, me brule le corps, me perce de milles aiguilles le dos et les jambes, m'ouvre les veines du sacrum et aspire le sang, me fait boire des potions douteuses. Et le dernier jours me serre fort contre ses bras de geants, apres avoir reciter des prieres russes pour ma guerison. Et me demande de venir le voir monter sa communite de medecin en Oural. Alex est un sorcier russe, il a fait la guerre contre l'Afganisthan ya 20 ou 30 ans et il a recu une roquette pas loin de lui qui lui a bien abime un bras et une jambe. Quand il etait a terre, il a recu une balle dans la tete sur le sourcil qui l'a en fait efleuré et qui est resortie. Il est alors reste 40 jours dans le coma et s'est retrouve a Moscou a l'hopital ou Il est devenu presque aveugle a cause de la balle. ils voulaient l'amputer. Il a pas voulu. Il a bu pendant un an. il s'est pendu. Mais un de ces amis l'en a empeche. Alors qu'il buvait dans un parc, un mec est venu le voir et lui a dit qu'a partir de maintenant sa vie allait changer, qu il etait fait pour aute chose. Il lui a dit de prendre son sac et de partir. Il est parti en Siberie alors presque aveugle, a traverse tout le desert, a rencontre des sorcier pres du lac baikal qui l'ont gueris de ces membres, puis en Mongolie dans le desert de Gobi, puis il a traverse la Chine et est arrive au Tibet ou il est reste un an au pres d'un guerisseur. Encore presque aveugle, il a regardé les lever et coucher de soleil tous les jours pendant un an en recitant des mantras et il a retrouve la vue petit a petit. Maintenant il construit une communaute de guerisseur, medecin et compagnie dans l'Oural.
Voila comment d'une malheureuse flute, j'en arrive sans depenser un centime avec la plus belle flute indienne, une therapie completement dingue, et aussi des connaissance de gens, de nouvelles fetes dansantes.
C'est pourquoi il faut choisir les chemins qui ont du coeur, et parfois une mauvaise est necessaire pour amener la suivante qui est pure cadeau!!!
a+
ci-dessous le début de mon carnet de route que je commence à mettre au propre ; c'est long et je sais pas bien pourquoi je fais ça... pour bien "digérer" ce voyage peut-être ?
Mardi 19 avril 2005 A 3800 m, à l’extérieur de l’avion, à 10h du soir, il fait déjà 2°C. Première crainte, celle d’avoir chaud. Ma première vision de l’Inde, la silhouette de deux hommes enturbannés assis en tailleur à côté d’un avion sur la piste d’atterrissage. Une ringuette de chauffeurs de taxi commissionnés par les hôtels nous font une haie d’honneur pour notre arrivée en Inde. A l’extérieur, la première bouffée d’air est suffocante : chaud, lourd avec une odeur qui fait penser à celles des marrons grillés. J’ai l’impression que l’air est « épais », que je respire un mélange d’air et de « solide ». Le taxi nous amène directement à l’hôtel. Par la fenêtre, j’entraperçois dans la nuit les premiers rickshaws, les premières vaches et puis la misère à la quelle je m’attendais sans trop savoir sous quelle forme elle se matérialiserait. Des familles entières qui vivent sous des bâches sur les trottoirs, des ruelles défoncées, des gargotes éclairées d’une ampoule qui sert en même temps d’éclairage public, des détritus entassés ça et là. Du monde partout. Le taxi nous dépose dans Main Bazar. Je n’ai qu’une hâte, me mettre « à l’abri » à l’hôtel Namaskar. Difficile de s’endormir avec l’appréhension de ce qu’on va découvrir le lendemain et les jours suivants ; dans la rue, les bruits ne cessent qu’entre 1h et 5h du matin nous laissant peu de temps pour reprendre des forces.
Mercredi 20 avril 2005 Impossible de dormir, on se dirige vers la gare et le tourist office. Nous retrouvons nos réflexes de voyageurs, curieux et débrouillards. Ca nous rassure de voir qu’on est capable d’acheter notre billet de train comme tout le monde. Pourtant je ne réalise pas vraiment ce que je vois, comme si je n’étais pas vraiment là. Il y a du monde partout. A peine rentrés à l’hôtel, fatigués par la « balade » (on a du faire 500 m !) nous nous endormons comme des masses ! Un petit mail pour rassurer les parents et nous voilà parti pour notre premier voyage en train. La gare est sale et j’hésite à poser mon sac par terre. Le train devait relier Delhi à Agra en 3h, on part avec une heure de retard pour n’arriver que 6h plus tard… La découverte des sleepers ! Les autres passagers sont souriants et sympas. On m’offre à boire, une banane. Le sourire, le calme et la grâce des femmes autour de moi me séduisent, m’apaisent ; je me sens bien, en Inde pour de bon ! On nous explique qu’un train a déraillé. Tout le monde semble trouver ça normal. Par la fenêtre, la campagne est bien sèche ; par endroits de jolies cases en paille ou en roseau servent de réserve de grain. Et des petites cahutes abritent des galettes de bouse (mélangée à de la paille). Un peu effrayés d’arriver à Agra à 20h30 (au lieu de 17h) sans réservation d’hôtel, nous prenons notre premier autorickshaw imaginant déjà les pires embrouilles. Mais on se retrouve sans encombre et plus vite que prévu dans une chambre d’hôtel agréable au Camal Hôtel.
Jeudi 21 avril 2005 Difficile de dormir avec cette chaleur. J’ai l’impression d’être dans un « bain d’air chaud » et de ne pas pouvoir sortir la tête pour respirer. On prends des douches tout habillé et on se couche au frais le temps que nos vêtements sèchent grâce au ventilateur. Mais je n’ai jamais l’impression de dormir longtemps ! On se lève à 5h, il fait frais dehors (et bien chaud dans la chambre !). Nous sommes les premiers à faire la queue pour visiter le Taj Mahal. Et Olivier est le premier à « le » voir « pour faire une photo sans personne ». De toute façon il n’y a pas grand monde. Le Taj Mahal a été construit par Shah Jahan (en 1600 et des bananes) pour sa deuxième épouse morte en couches. Il a fallu 22 ans et 20 000 personnes pour construire ce « tombeau ». Le plus magique pour moi, restera le moment où j’ai franchi le grand porche rouge alors qu’on ne voit encore qu’un bout de mur blanc dans l’embrasure de la porte. On essaye de deviner à quel morceau du Taj Mahal ça correspond. Et d’un coup, on le voit en entier. Magique ! Une jolie lumière éclaire le Taj Mahal ; il fait frais et tout est calme. Nous partons à pied vers le Fort Rouge. Finalement on ne rentre pas : nous visiterons celui de Delhi. Sentiment mitigé en prenant notre premier rickshaw (vélo-rickshaw) : j’ai des scrupules avec mes kilos en trop. On réalisera le lendemain qu’en fait il nous a fait payé deux fois le prix normal... Ca me déculpabilise un peu. Petit aller-retour à la gare pour réserver un billet de train. Sur la route nous croisons des attelages hallucinants : dromadaire, rickshaw bondé, tracteur sous un ballot énorme qui le cache complètement de tous les côtés jusqu’au sol… On va tester le resto Joneys : c’est bon et on est enfin au frais et au calme. L’accueil est simple et sympa. Sieste pour éviter la grosse chaleur jusqu’à 16h. On fait un petit tour du quartier, des petites échoppes, des ruelles pleine de vie, des sourires et des regards intrigués. Je ne suis pas mal à l’aise devant tant de pauvreté comme je le craignais. Je ne sais pas pourquoi, je me sens à l’aise. Peut être parce que du plus pauvre au moins pauvre chacun semble à sa place.
Vendredi 22 avril 2005 On se lève à 6h pour prendre un train pour Jaipur. Encore une fois les horaires ne sont pas respectés. On regarde le « spectacle » dans la gare d’Agra de 7h30 à 9h30 : des familles dorment encore par terre, parfois sous des bouts de tissu, à côté des familles aisées pimpantes lisent le journal pendant qu’on livre des gros pains de glace qui laissent des traînés d’eau sur le sol. Des vendeurs courent d’un train à l’autre. Les marchands de thé accrochent directement leur « thermos » aux barreaux des fenêtres des trains. Je n’arrive pas à détacher mes yeux des femmes qui passent devant moi : que de couleurs ! Nous montons enfin dans le train pour partager un compartiment avec un « bon père de famille », sa femme et leur fille. Il fait la police pour que personne ne vienne s’installer là (et surtout pas des personnes pauvres). Il fait vraiment très chaud. Tout le monde s’étale sur les sièges et les couchettes en attendant que les heures passent. On a une bouteille d’eau (non traitée) pour s’asperger le visage, la nuque. En 30 secondes nous sommes secs ! Notre bouteille reste sur la banquette à l’ombre : au bout de deux heures l’eau est vraiment chaude !! Impossible de savoir la température réelle, mais il fait vraiment très chaud. Je n’ai jamais eu aussi chaud de ma vie. Je devine pourquoi les Indiens savent si bien s’avachir, avec grâce, tout en douceur : une adaptation à la chaleur ! Dehors en plein soleil, il y a pourtant des gens qui s’activent : un berger et son troupeau de chèvres, des femmes qui portent des ballots, des cruches ou des fagots de bois sur la tête, gracieuses silhouettes multicolores. Nous arrivons un peu fatigués à Jaipur. Les rickshaws nous assaillent. La police les fait fuir à coups de bâton. Un peu impressionnant ; on n’a pourtant pas l’impression que ce soit nécessaire et qu’on soit réellement en danger. Au bureau d’information touristique, on nous dit de ne surtout pas prendre de rickshaw. « Ok ! On va y aller à pieds ! » Le premier hôtel sera le bon même si c’est un peu plus cher et un peu trop « propret pour touristes branchés frickés » à notre goût (Pearl Palace Hôtel). Le réceptionniste est sympa mais nous regarde un peu comme si on débarquait d’une autre planète : on s’inquiète pour des détails alors qu’il y a toujours une solution moyennant finance et on est riche, alors pourquoi ces questions…Nous tentons d’aller à pieds voir le palais des vents (soit disant pas loin… mon œil !). On repère un peu les lieux, les remparts et les jolies portes roses. Mais quelle agitation ! Là plus de doute, nous sommes en Inde ! Comment font-ils pour cohabiter, ces très pauvres pouilleux et crasseux qui dorment à même le sol sur les trottoirs et ces femmes si élégantes, ces indiens tirés à quatre épingles ? Des vaches un peu partout, de grands arbres (banian) au pied desquels des petites chapelles ont été aménagées. Les bâtiments sont très beaux, tout en rose, mais délabrés. Le moderne s’est installé tant bien que mal dans l’ancien. Des petites échoppes sous des arcades agréables. Mais que de monde ! Le palais des vents est fermé. Nous croisons par hasard une procession pour une divinité hindoue. Des éléphants, des dromadaires, des fanfares, des danseurs qui font une sorte de ronde en faisant semblant de se battre avec des bâtons. On rentre un peu fatigué par l’agitation soudaine de fin de journée. La circulation (et donc la pollution) est à son comble. Nous prenons des forces avec des samosas (beignet triangulaire fourré à la pomme de terre et aux petits pois, bien épicés), vraiment bons et nourrissants. Un lassi à la banane, un régal ! Après avoir réalisé qu’il y a des glaçons pilés dedans et du yaourt plus ou moins frais, on se dit qu’on sera peut être malade le lendemain. Un petit tour sur la terrasse très chic mais vraiment sympa de l’hôtel : la décoration est originale et il y a un écran géant où nous regardons un petit bout d’un film indien (des belles femmes, des histoires d’amour et des meurtres).
Mardi 19 avril 2005 A 3800 m, à l’extérieur de l’avion, à 10h du soir, il fait déjà 2°C. Première crainte, celle d’avoir chaud. Ma première vision de l’Inde, la silhouette de deux hommes enturbannés assis en tailleur à côté d’un avion sur la piste d’atterrissage. Une ringuette de chauffeurs de taxi commissionnés par les hôtels nous font une haie d’honneur pour notre arrivée en Inde. A l’extérieur, la première bouffée d’air est suffocante : chaud, lourd avec une odeur qui fait penser à celles des marrons grillés. J’ai l’impression que l’air est « épais », que je respire un mélange d’air et de « solide ». Le taxi nous amène directement à l’hôtel. Par la fenêtre, j’entraperçois dans la nuit les premiers rickshaws, les premières vaches et puis la misère à la quelle je m’attendais sans trop savoir sous quelle forme elle se matérialiserait. Des familles entières qui vivent sous des bâches sur les trottoirs, des ruelles défoncées, des gargotes éclairées d’une ampoule qui sert en même temps d’éclairage public, des détritus entassés ça et là. Du monde partout. Le taxi nous dépose dans Main Bazar. Je n’ai qu’une hâte, me mettre « à l’abri » à l’hôtel Namaskar. Difficile de s’endormir avec l’appréhension de ce qu’on va découvrir le lendemain et les jours suivants ; dans la rue, les bruits ne cessent qu’entre 1h et 5h du matin nous laissant peu de temps pour reprendre des forces.
Mercredi 20 avril 2005 Impossible de dormir, on se dirige vers la gare et le tourist office. Nous retrouvons nos réflexes de voyageurs, curieux et débrouillards. Ca nous rassure de voir qu’on est capable d’acheter notre billet de train comme tout le monde. Pourtant je ne réalise pas vraiment ce que je vois, comme si je n’étais pas vraiment là. Il y a du monde partout. A peine rentrés à l’hôtel, fatigués par la « balade » (on a du faire 500 m !) nous nous endormons comme des masses ! Un petit mail pour rassurer les parents et nous voilà parti pour notre premier voyage en train. La gare est sale et j’hésite à poser mon sac par terre. Le train devait relier Delhi à Agra en 3h, on part avec une heure de retard pour n’arriver que 6h plus tard… La découverte des sleepers ! Les autres passagers sont souriants et sympas. On m’offre à boire, une banane. Le sourire, le calme et la grâce des femmes autour de moi me séduisent, m’apaisent ; je me sens bien, en Inde pour de bon ! On nous explique qu’un train a déraillé. Tout le monde semble trouver ça normal. Par la fenêtre, la campagne est bien sèche ; par endroits de jolies cases en paille ou en roseau servent de réserve de grain. Et des petites cahutes abritent des galettes de bouse (mélangée à de la paille). Un peu effrayés d’arriver à Agra à 20h30 (au lieu de 17h) sans réservation d’hôtel, nous prenons notre premier autorickshaw imaginant déjà les pires embrouilles. Mais on se retrouve sans encombre et plus vite que prévu dans une chambre d’hôtel agréable au Camal Hôtel.
Jeudi 21 avril 2005 Difficile de dormir avec cette chaleur. J’ai l’impression d’être dans un « bain d’air chaud » et de ne pas pouvoir sortir la tête pour respirer. On prends des douches tout habillé et on se couche au frais le temps que nos vêtements sèchent grâce au ventilateur. Mais je n’ai jamais l’impression de dormir longtemps ! On se lève à 5h, il fait frais dehors (et bien chaud dans la chambre !). Nous sommes les premiers à faire la queue pour visiter le Taj Mahal. Et Olivier est le premier à « le » voir « pour faire une photo sans personne ». De toute façon il n’y a pas grand monde. Le Taj Mahal a été construit par Shah Jahan (en 1600 et des bananes) pour sa deuxième épouse morte en couches. Il a fallu 22 ans et 20 000 personnes pour construire ce « tombeau ». Le plus magique pour moi, restera le moment où j’ai franchi le grand porche rouge alors qu’on ne voit encore qu’un bout de mur blanc dans l’embrasure de la porte. On essaye de deviner à quel morceau du Taj Mahal ça correspond. Et d’un coup, on le voit en entier. Magique ! Une jolie lumière éclaire le Taj Mahal ; il fait frais et tout est calme. Nous partons à pied vers le Fort Rouge. Finalement on ne rentre pas : nous visiterons celui de Delhi. Sentiment mitigé en prenant notre premier rickshaw (vélo-rickshaw) : j’ai des scrupules avec mes kilos en trop. On réalisera le lendemain qu’en fait il nous a fait payé deux fois le prix normal... Ca me déculpabilise un peu. Petit aller-retour à la gare pour réserver un billet de train. Sur la route nous croisons des attelages hallucinants : dromadaire, rickshaw bondé, tracteur sous un ballot énorme qui le cache complètement de tous les côtés jusqu’au sol… On va tester le resto Joneys : c’est bon et on est enfin au frais et au calme. L’accueil est simple et sympa. Sieste pour éviter la grosse chaleur jusqu’à 16h. On fait un petit tour du quartier, des petites échoppes, des ruelles pleine de vie, des sourires et des regards intrigués. Je ne suis pas mal à l’aise devant tant de pauvreté comme je le craignais. Je ne sais pas pourquoi, je me sens à l’aise. Peut être parce que du plus pauvre au moins pauvre chacun semble à sa place.
Vendredi 22 avril 2005 On se lève à 6h pour prendre un train pour Jaipur. Encore une fois les horaires ne sont pas respectés. On regarde le « spectacle » dans la gare d’Agra de 7h30 à 9h30 : des familles dorment encore par terre, parfois sous des bouts de tissu, à côté des familles aisées pimpantes lisent le journal pendant qu’on livre des gros pains de glace qui laissent des traînés d’eau sur le sol. Des vendeurs courent d’un train à l’autre. Les marchands de thé accrochent directement leur « thermos » aux barreaux des fenêtres des trains. Je n’arrive pas à détacher mes yeux des femmes qui passent devant moi : que de couleurs ! Nous montons enfin dans le train pour partager un compartiment avec un « bon père de famille », sa femme et leur fille. Il fait la police pour que personne ne vienne s’installer là (et surtout pas des personnes pauvres). Il fait vraiment très chaud. Tout le monde s’étale sur les sièges et les couchettes en attendant que les heures passent. On a une bouteille d’eau (non traitée) pour s’asperger le visage, la nuque. En 30 secondes nous sommes secs ! Notre bouteille reste sur la banquette à l’ombre : au bout de deux heures l’eau est vraiment chaude !! Impossible de savoir la température réelle, mais il fait vraiment très chaud. Je n’ai jamais eu aussi chaud de ma vie. Je devine pourquoi les Indiens savent si bien s’avachir, avec grâce, tout en douceur : une adaptation à la chaleur ! Dehors en plein soleil, il y a pourtant des gens qui s’activent : un berger et son troupeau de chèvres, des femmes qui portent des ballots, des cruches ou des fagots de bois sur la tête, gracieuses silhouettes multicolores. Nous arrivons un peu fatigués à Jaipur. Les rickshaws nous assaillent. La police les fait fuir à coups de bâton. Un peu impressionnant ; on n’a pourtant pas l’impression que ce soit nécessaire et qu’on soit réellement en danger. Au bureau d’information touristique, on nous dit de ne surtout pas prendre de rickshaw. « Ok ! On va y aller à pieds ! » Le premier hôtel sera le bon même si c’est un peu plus cher et un peu trop « propret pour touristes branchés frickés » à notre goût (Pearl Palace Hôtel). Le réceptionniste est sympa mais nous regarde un peu comme si on débarquait d’une autre planète : on s’inquiète pour des détails alors qu’il y a toujours une solution moyennant finance et on est riche, alors pourquoi ces questions…Nous tentons d’aller à pieds voir le palais des vents (soit disant pas loin… mon œil !). On repère un peu les lieux, les remparts et les jolies portes roses. Mais quelle agitation ! Là plus de doute, nous sommes en Inde ! Comment font-ils pour cohabiter, ces très pauvres pouilleux et crasseux qui dorment à même le sol sur les trottoirs et ces femmes si élégantes, ces indiens tirés à quatre épingles ? Des vaches un peu partout, de grands arbres (banian) au pied desquels des petites chapelles ont été aménagées. Les bâtiments sont très beaux, tout en rose, mais délabrés. Le moderne s’est installé tant bien que mal dans l’ancien. Des petites échoppes sous des arcades agréables. Mais que de monde ! Le palais des vents est fermé. Nous croisons par hasard une procession pour une divinité hindoue. Des éléphants, des dromadaires, des fanfares, des danseurs qui font une sorte de ronde en faisant semblant de se battre avec des bâtons. On rentre un peu fatigué par l’agitation soudaine de fin de journée. La circulation (et donc la pollution) est à son comble. Nous prenons des forces avec des samosas (beignet triangulaire fourré à la pomme de terre et aux petits pois, bien épicés), vraiment bons et nourrissants. Un lassi à la banane, un régal ! Après avoir réalisé qu’il y a des glaçons pilés dedans et du yaourt plus ou moins frais, on se dit qu’on sera peut être malade le lendemain. Un petit tour sur la terrasse très chic mais vraiment sympa de l’hôtel : la décoration est originale et il y a un écran géant où nous regardons un petit bout d’un film indien (des belles femmes, des histoires d’amour et des meurtres).
nous arrivons de Udaipur pour pushkar en bus deluxe. Et la c est quelque chose, car la notion de luxe n est pas la meme d un continent a l autre, nous arrivons dans un bus qui n a pas vu un mecano depuis 1950 dans un etat de delabrement digne de la casse, coussins uses avec parfois un peu de vomito dessus pour la garniture... Avec les autres etrangers, espagnols, israeliens, nous sommes morts de rire.
L arrivee est a 5 h du mat, ns ns installons a l hotel qui essaye de nous refiler des chambres plus cher, grand classique, nous tenons bon. Nous avons une vue superbe sur le lac. Maia pas de chameaux en vue, ns sommes un peu decus.
Il faut savoir que Pushkar est une colonie Israelienne, bcp de magasins ont des inscriptions en hebreu, la nourriture est israelienne, et c vraiment tres sympa. Avec mon acolyte, nous faisons la connaissance de deux charmantes Israeliennes que nous emmenons le lendemain pour une excursion improvisee en mobylette (only friendly, je precise pour les curieuses). Alors la, la mob c super a pushkar, c suffisant par rapport a la moto et ca permet de s eloigner un peu de la ville, et on se sent rajeunir de... plusieurs annees.
Et la, des la sortie de la ville, s offre a nos yeux emerveilles un campement enorme de centaines de chameaux, la foire n a lieu que dans une semaine mais ils sont deja la en grand nombre, c vraiment un tres beau spectacle hors du commun.
Apres nous decidons d aller voir un temple en haut d une colline, les filles nous suivent sans probleme apres une montee d une quarantaine de minutes. Le panorama est splendide.
Sinon, Pushkar c une longue artere avec des magasins de chaque cote vraiment tres agreable. Et la conduite dans la rue : il suffit de klaxonner a l indienne cad pour signaler que j arrive et pas pour dire bouge toi de la.Je klaxonne ca veut dire attention je suis derriere toi. Comme on roule a gauche il faut faire attention lorsque l on tourne a droite, mon premier virage a droite s est termine a 2 centimetres du pare choc d un 4x4 car je me suis retrouve a droite, c toujours un miracule qui vous parle.
Apres nous avons fait un tour dans la campagne environnante, c etait vraiment tres chouette avec de beaux paysages de cultures et la traversee de villages perdus au milieu de nulle part.
Nous sommes revenus sur Delhi qui est vraiment une ville galere, descendus du bus, a qui se vouer pour retrouver notre hotel, nous prenons un velo rickshaw a 2 et son moyeu avant casse en pleine route. Pas de pb en Inde il y a tjr un reparateur sur le bord du trottoir a 500 metres.
Apres Pushkar, c la tempete avec le bruit et la pollution de delhi.
J ai oublie quelque choz d important a Pushkar, ne comptez pas dormir tranquillement, jusque 2 h du mat ce sont les combats de chiens errants et a 5 h du mat les prieres qui commencent dans les hauts parleurs. Il y a de l activite nocturne. Nous avons ete un soir menace par un chien errant et n avons du notre salut qu a une une marche haute pour nous refugier et l attrait d une femelle qui nous a donc permis de nous echapper.
Dans 2 jours c le depart et nous en profitons pour faire nos derniers achats, quelle difference avec notre arrivee il y a 4 semaines, nous n avons plus le meme comportement et les vendeurs le remarque tout de suite. Nous sommes vraiment plus tranquilles.
Pour repondre a un post, je prens de la palludrine contre le palu, et, je suis le seul des 4 a suivre ce traitement. Mais il est certain que nous avons ete pique plus d une fois par les moustiques.
Nous n avons pas retouve nos amis belges a Pushkar, peut etre que la ville ne leur a pas plu. Nous verrons cela a notre retour.
Voyageur(euses) je vous embrasse,
L arrivee est a 5 h du mat, ns ns installons a l hotel qui essaye de nous refiler des chambres plus cher, grand classique, nous tenons bon. Nous avons une vue superbe sur le lac. Maia pas de chameaux en vue, ns sommes un peu decus.
Il faut savoir que Pushkar est une colonie Israelienne, bcp de magasins ont des inscriptions en hebreu, la nourriture est israelienne, et c vraiment tres sympa. Avec mon acolyte, nous faisons la connaissance de deux charmantes Israeliennes que nous emmenons le lendemain pour une excursion improvisee en mobylette (only friendly, je precise pour les curieuses). Alors la, la mob c super a pushkar, c suffisant par rapport a la moto et ca permet de s eloigner un peu de la ville, et on se sent rajeunir de... plusieurs annees.
Et la, des la sortie de la ville, s offre a nos yeux emerveilles un campement enorme de centaines de chameaux, la foire n a lieu que dans une semaine mais ils sont deja la en grand nombre, c vraiment un tres beau spectacle hors du commun.
Apres nous decidons d aller voir un temple en haut d une colline, les filles nous suivent sans probleme apres une montee d une quarantaine de minutes. Le panorama est splendide.
Sinon, Pushkar c une longue artere avec des magasins de chaque cote vraiment tres agreable. Et la conduite dans la rue : il suffit de klaxonner a l indienne cad pour signaler que j arrive et pas pour dire bouge toi de la.Je klaxonne ca veut dire attention je suis derriere toi. Comme on roule a gauche il faut faire attention lorsque l on tourne a droite, mon premier virage a droite s est termine a 2 centimetres du pare choc d un 4x4 car je me suis retrouve a droite, c toujours un miracule qui vous parle.
Apres nous avons fait un tour dans la campagne environnante, c etait vraiment tres chouette avec de beaux paysages de cultures et la traversee de villages perdus au milieu de nulle part.
Nous sommes revenus sur Delhi qui est vraiment une ville galere, descendus du bus, a qui se vouer pour retrouver notre hotel, nous prenons un velo rickshaw a 2 et son moyeu avant casse en pleine route. Pas de pb en Inde il y a tjr un reparateur sur le bord du trottoir a 500 metres.
Apres Pushkar, c la tempete avec le bruit et la pollution de delhi.
J ai oublie quelque choz d important a Pushkar, ne comptez pas dormir tranquillement, jusque 2 h du mat ce sont les combats de chiens errants et a 5 h du mat les prieres qui commencent dans les hauts parleurs. Il y a de l activite nocturne. Nous avons ete un soir menace par un chien errant et n avons du notre salut qu a une une marche haute pour nous refugier et l attrait d une femelle qui nous a donc permis de nous echapper.
Dans 2 jours c le depart et nous en profitons pour faire nos derniers achats, quelle difference avec notre arrivee il y a 4 semaines, nous n avons plus le meme comportement et les vendeurs le remarque tout de suite. Nous sommes vraiment plus tranquilles.
Pour repondre a un post, je prens de la palludrine contre le palu, et, je suis le seul des 4 a suivre ce traitement. Mais il est certain que nous avons ete pique plus d une fois par les moustiques.
Nous n avons pas retouve nos amis belges a Pushkar, peut etre que la ville ne leur a pas plu. Nous verrons cela a notre retour.
Voyageur(euses) je vous embrasse,
Bien le namaste du Madhya Pradesh!🙂
Je suis desolee, je n'ai pas le temps de raconter toute la route, je ferai ca de retour au plat pays. Juste un p'tit mot pour vous envoyer des bonnes vibes de ce pays que j'adore, meme si ca devient de plus en plus et partout, des "hello excuse me, I'd like to show you my shop! Je rencontre aussi pas mal de debutants voyageurs, et pour un premier voyage en Inde, certains n'adorent pas du tout a cause des vendeurs harceleurs...
Apres bombay, Omkareshwar, maheshwar, mandu, Ahmedabad, ou j'ai eu le privilege d'etre accueillie par une indienne absolument adorable, elle m'a emmenee diner dans des hotels 5* ou des restos typiques gujarati, nous avons ete voir "Chakde India" au cinema avec Sharukh Khan, tres chouette film, je n'ai pas vu le temps passe, j'attends impatiemment la sortie de "Om Shanti Om" aussi avec le "beau" Sharukh. Donc, apres Ahmedabad, (j'ai eclate en sanglot en la quittant...) le Mont Abu, puis Udaipur, que j'ai adore!!! Rencontre avec le tres sympa Mitch92 et sa jolie epouse, et quand je suis partie, j'ai eu droit au collier de fleur autour du coup, la tikka rouge sur le front et "We wish you a safe and happy travel"... Les larmes ont failli coule, j eme suis retenue... tellement emotive la parvat 😉 Puis Ranakpur, ou le temple est waouh de waouh!!! Je suis contente d'avoir vu celui de Mont Abu, mais j'ai aussi (comme Phil64 et d'autres) un faible pour Ranakpur. J'ai bien remis le bonjour de Phil64 au pretre du temple :) Ensuite tour a Jaisalmer, (bus de nuit assez gag, mais j'ai pas beaucoup dormi...) J'ai bien aime le village de Jaisalmer, mais le fort euh, les gens sont vraiment penibles avec leur hello come in my shop... Mais j'ai ete invitee a diner dans une super chouette famille, un vendeur de souvenir ne m'a rien vendu mais m'a par contre, offert une jolie miniature!😮🙂 Ensuite un petit tour a Jodhpur, waaaaaaaaaouh le fort!!!!! Terrible!!! Delhi, accueil de mon frerot, puis visite ensemble d'Agra, j'ai adore le baby taj. Ensuite Gwalior, mais apres Johdpur bof, et Orchha, aaaaah Orchha.... Soupir, mon coup de coeur dans ce voyage, je sens que j'y retournerai... La aussi j'ai eu droit au collier de fleur en partant!!!🙂 Me voila a Khajuraho, ce matin, lever a 5h 15, et oui, et comme ca, j'ai eu la visite des temples pour moi toute seule si tot le matin... Des femmes par centaines sont venues honorer la deesse Parvati, c'est le premier jour de la durga puja aujourd'hui, procession, femmes costumees, je vous montrerai les photos, patience... (deja une carte de 2gb pleine en 5 semaines!) Dans une demi heure je vais aller voir le spectacle :o), different de ce matin m'a-t-on dit. Je me regale des thalis et autre aloo gobi, pakoras, masala chai, car les porched eggs et les macronis au gretin euh... 😏 ca ne me tente pas trop...😄 Plein de bonnes choses a tous! Namaste! 🙂
Je suis desolee, je n'ai pas le temps de raconter toute la route, je ferai ca de retour au plat pays. Juste un p'tit mot pour vous envoyer des bonnes vibes de ce pays que j'adore, meme si ca devient de plus en plus et partout, des "hello excuse me, I'd like to show you my shop! Je rencontre aussi pas mal de debutants voyageurs, et pour un premier voyage en Inde, certains n'adorent pas du tout a cause des vendeurs harceleurs...
Apres bombay, Omkareshwar, maheshwar, mandu, Ahmedabad, ou j'ai eu le privilege d'etre accueillie par une indienne absolument adorable, elle m'a emmenee diner dans des hotels 5* ou des restos typiques gujarati, nous avons ete voir "Chakde India" au cinema avec Sharukh Khan, tres chouette film, je n'ai pas vu le temps passe, j'attends impatiemment la sortie de "Om Shanti Om" aussi avec le "beau" Sharukh. Donc, apres Ahmedabad, (j'ai eclate en sanglot en la quittant...) le Mont Abu, puis Udaipur, que j'ai adore!!! Rencontre avec le tres sympa Mitch92 et sa jolie epouse, et quand je suis partie, j'ai eu droit au collier de fleur autour du coup, la tikka rouge sur le front et "We wish you a safe and happy travel"... Les larmes ont failli coule, j eme suis retenue... tellement emotive la parvat 😉 Puis Ranakpur, ou le temple est waouh de waouh!!! Je suis contente d'avoir vu celui de Mont Abu, mais j'ai aussi (comme Phil64 et d'autres) un faible pour Ranakpur. J'ai bien remis le bonjour de Phil64 au pretre du temple :) Ensuite tour a Jaisalmer, (bus de nuit assez gag, mais j'ai pas beaucoup dormi...) J'ai bien aime le village de Jaisalmer, mais le fort euh, les gens sont vraiment penibles avec leur hello come in my shop... Mais j'ai ete invitee a diner dans une super chouette famille, un vendeur de souvenir ne m'a rien vendu mais m'a par contre, offert une jolie miniature!😮🙂 Ensuite un petit tour a Jodhpur, waaaaaaaaaouh le fort!!!!! Terrible!!! Delhi, accueil de mon frerot, puis visite ensemble d'Agra, j'ai adore le baby taj. Ensuite Gwalior, mais apres Johdpur bof, et Orchha, aaaaah Orchha.... Soupir, mon coup de coeur dans ce voyage, je sens que j'y retournerai... La aussi j'ai eu droit au collier de fleur en partant!!!🙂 Me voila a Khajuraho, ce matin, lever a 5h 15, et oui, et comme ca, j'ai eu la visite des temples pour moi toute seule si tot le matin... Des femmes par centaines sont venues honorer la deesse Parvati, c'est le premier jour de la durga puja aujourd'hui, procession, femmes costumees, je vous montrerai les photos, patience... (deja une carte de 2gb pleine en 5 semaines!) Dans une demi heure je vais aller voir le spectacle :o), different de ce matin m'a-t-on dit. Je me regale des thalis et autre aloo gobi, pakoras, masala chai, car les porched eggs et les macronis au gretin euh... 😏 ca ne me tente pas trop...😄 Plein de bonnes choses a tous! Namaste! 🙂
Mandawa...
Une promenade au coucher du soleil dans la pampa apporte une profonde serenite. "Monaste", les mains jointes a hauteur de la poitrine, pour saluer trois femmes vetus de sahri aux couleurs flamboyantes. Elles fagotent du petit bois qu elles porteront ensuite sur la tete. C est une scene typique de l Inde rural. De cette jolie bourgade ou de nombreux Havelis sont en ruines se degage une belle quietude. Le temps s ecoule lentement, paisiblement...
Jodhpur...
Une tres jolie fillette de 6 ou 7 ans, un sac en toile sur l epaule, ramasse divers papiers et plastique parmi les dechets de la rue...Triste realite. L Inde, c est ca aussi...
Pushkar...
La maison d hote respire la quietude. De nombreuses plantes verte sejournent dans le salon qui est un veritable havre de paix. Les murs tout en couleur et leurs somptueuses fresques sont un ravissement pour le coeur. Bleu, vert, cumin, des oiseaux de toute couleur occupent la terrasse et donnent vie a la maison. Les coussins moelleux sur les matelas au sol invitent le visiteur au repos. C est le moment de s accorder une pause et de deguster un Massala Tea, un the couleur caramel agremente de cardamone et autres epices. Profitons de ce moment de paix qui irrigue la totalite de l etre. L atmosphere qui se degage de ce village le soir est tout simplement delicieuse. Des couleurs, des odeurs, des sourires sur tous les visages, de la musique New Age a tous les coins de rue..Des vaches, des pietons, des dromadaires, des motos, des velos et meme des sangliers se partagent la chaussee dans une douce agitation. Au loin sur une colline, un petit Temple. Apres une ascension tres rude sur une voie empierree (digne d un travail de Romain) nous pouvons jouir d une vue epoustouflante au pied de celui ci. Dans la vallee, le village de Pushkar se dresse fierement sur la rive gauche du lac.A sa droite, des champs de culture faconnent le paysage. Tout autour, des montagnes semi-desertique degagent une force tranquille. Derriere le Temple, une delicieuse surprise me tend les bras. Je m aventure, tel un ninja, a travers la pampa puis me pose sur un rocher. Un grand moment d emotion! Des dizaines de singes en liberte sont la, a quelque metre.C est un pur plaisir de les observer de si pres. Sur le chemin du retour je croise un Birman avec qui je vais converser de longues minutes. Nous ne nous comprenons pas vraiment mais quel importance?! C est une belle rencontre
Nous prenons la direction de l ecole publique...Patrick me devance dans la cour...Aussitot une nuee bleu l entoure. les eleves vetus de leur traditionnelle tenue bleu clame leur joie et le guide vers la maitresse. D un large sourire, celle ci nous reserve un accueil fort sympathique. Nous lui remettons cahiers et stylo que nous avions apporte. Les enfants nous sollicitent pour une photo de classe et quelques un s aventurent a nous demander du chocolat!!! Nous venons de vivre un grand moment d emotion au contact de ces enfants ivrent de bonheur!Envie d espace et de rencontres authentiques... A la sortie du village, une piste de sable a travers la pampa m inspire... Je croise en route un villageois avec son dromadaire qui sort de nulle part. Il m invite a le rejoindre sur sa charette. Ainsi, je partage un bout de chemin avec lui. Le paysage respire la quietude. J aime me remplir du bruit du Silence. Jah m inspire, il est temps de continuer mon trip a pied. Nouvelle rencontre apres quelques kilometres...Deux minots de huit et dix ans sont en route vers le village avec leur troupeau de vaches. Ils m indiquent la direction d un Temple. La nuit tombe, je prefere contourner la montagne pour rentrer au village. Je croise alors au bord d un petit chemin un homme qui vend du the! Ca c est l Inde!!! Il m invite alors a diner chez lui, a deux pas de sa bicoque. Il me presente sa femme et ses cinq enfants. Ils vivent dans un cabanon de 15 M2 sur un drap. Sa femme prepare des chapatis a l exterieur. Petit feu de bois au dessus duquel une poele va accuellir les fines galettes. Leur fille de 3 ans est pleine de vie. Tout sourire, elle passe presque toute la soiree sur mes genoux. Un des enfants me montre ses cahiers d ecole et me baraguine de l hindhi pendant 2 heures!! Je partage la vie d une famille assez pauvre et tellement riche a la fois...Les sourires des enfants en disent long!!
Agra...
Visite du Taj Mahal... Nous buvons un the dans une petite ruelle de la vieille ville. Nous faisons la connaissance de Nekjuik, un enfant de 12 ans qui va nous apprendre le b.a ba de l hindhi. Un excellent moment en sa compagnie.
Benares...
C est une ville impregnee de prieres. C est le coeur battant de l Hindouisme. Ambiance mysthique au bord du Gange.
Darjeeling...
Apres 20 H de train et 4 H de jeep, nous voila a Darjeeling. La petite route de montagne qui nous y mene est absolument sublime. Plantations de theiers, riziere, foret genereuse...
Apres une petite nuit nous prenons la direction de Gangtok dans le Sikkim. Des cabanons en bois sur piloti semblent accroches a la route. En contre bas, sur des pentes vertigineuses, les plantations de theiers courent sur des hectares. Nous traversons une foret de bambous puis une foret de pins geant, de tecks et de magnolias. De la fraicheur et de la verdure...quel delice!, apres la chaleur et les couleurs chaudes du Rajasthan... Le Sikkim est une province enclave entre le Nepal, le Tibet et le Bhoutan. 75 % de la population est Nepalaise.
Rumtek...
Un monastere, dans le plus pur style Tibetain, juge sur une petite colline sera notre lieu de vilegiature. Ce matin, nous assistons aux prieres accompagnees de chants aux sons graves et ponctuees par les trompettes et les tambours. Une foret de drapeaux de priere multicolor habille la salle. Dans de petites niches de bois reposent mille petits Bouda en terre recouvert d or. Au centre derriere une immense tapisserie se tient un Bouda de 4 metre de haut en position du lotus. L atmosphere est magique...
Calcutta...
Fin du trip en Inde du Nord...le 25, direction la Thailande.
Jah LOVE
Herve
Une promenade au coucher du soleil dans la pampa apporte une profonde serenite. "Monaste", les mains jointes a hauteur de la poitrine, pour saluer trois femmes vetus de sahri aux couleurs flamboyantes. Elles fagotent du petit bois qu elles porteront ensuite sur la tete. C est une scene typique de l Inde rural. De cette jolie bourgade ou de nombreux Havelis sont en ruines se degage une belle quietude. Le temps s ecoule lentement, paisiblement...
Jodhpur...
Une tres jolie fillette de 6 ou 7 ans, un sac en toile sur l epaule, ramasse divers papiers et plastique parmi les dechets de la rue...Triste realite. L Inde, c est ca aussi...
Pushkar...
La maison d hote respire la quietude. De nombreuses plantes verte sejournent dans le salon qui est un veritable havre de paix. Les murs tout en couleur et leurs somptueuses fresques sont un ravissement pour le coeur. Bleu, vert, cumin, des oiseaux de toute couleur occupent la terrasse et donnent vie a la maison. Les coussins moelleux sur les matelas au sol invitent le visiteur au repos. C est le moment de s accorder une pause et de deguster un Massala Tea, un the couleur caramel agremente de cardamone et autres epices. Profitons de ce moment de paix qui irrigue la totalite de l etre. L atmosphere qui se degage de ce village le soir est tout simplement delicieuse. Des couleurs, des odeurs, des sourires sur tous les visages, de la musique New Age a tous les coins de rue..Des vaches, des pietons, des dromadaires, des motos, des velos et meme des sangliers se partagent la chaussee dans une douce agitation. Au loin sur une colline, un petit Temple. Apres une ascension tres rude sur une voie empierree (digne d un travail de Romain) nous pouvons jouir d une vue epoustouflante au pied de celui ci. Dans la vallee, le village de Pushkar se dresse fierement sur la rive gauche du lac.A sa droite, des champs de culture faconnent le paysage. Tout autour, des montagnes semi-desertique degagent une force tranquille. Derriere le Temple, une delicieuse surprise me tend les bras. Je m aventure, tel un ninja, a travers la pampa puis me pose sur un rocher. Un grand moment d emotion! Des dizaines de singes en liberte sont la, a quelque metre.C est un pur plaisir de les observer de si pres. Sur le chemin du retour je croise un Birman avec qui je vais converser de longues minutes. Nous ne nous comprenons pas vraiment mais quel importance?! C est une belle rencontre
Nous prenons la direction de l ecole publique...Patrick me devance dans la cour...Aussitot une nuee bleu l entoure. les eleves vetus de leur traditionnelle tenue bleu clame leur joie et le guide vers la maitresse. D un large sourire, celle ci nous reserve un accueil fort sympathique. Nous lui remettons cahiers et stylo que nous avions apporte. Les enfants nous sollicitent pour une photo de classe et quelques un s aventurent a nous demander du chocolat!!! Nous venons de vivre un grand moment d emotion au contact de ces enfants ivrent de bonheur!Envie d espace et de rencontres authentiques... A la sortie du village, une piste de sable a travers la pampa m inspire... Je croise en route un villageois avec son dromadaire qui sort de nulle part. Il m invite a le rejoindre sur sa charette. Ainsi, je partage un bout de chemin avec lui. Le paysage respire la quietude. J aime me remplir du bruit du Silence. Jah m inspire, il est temps de continuer mon trip a pied. Nouvelle rencontre apres quelques kilometres...Deux minots de huit et dix ans sont en route vers le village avec leur troupeau de vaches. Ils m indiquent la direction d un Temple. La nuit tombe, je prefere contourner la montagne pour rentrer au village. Je croise alors au bord d un petit chemin un homme qui vend du the! Ca c est l Inde!!! Il m invite alors a diner chez lui, a deux pas de sa bicoque. Il me presente sa femme et ses cinq enfants. Ils vivent dans un cabanon de 15 M2 sur un drap. Sa femme prepare des chapatis a l exterieur. Petit feu de bois au dessus duquel une poele va accuellir les fines galettes. Leur fille de 3 ans est pleine de vie. Tout sourire, elle passe presque toute la soiree sur mes genoux. Un des enfants me montre ses cahiers d ecole et me baraguine de l hindhi pendant 2 heures!! Je partage la vie d une famille assez pauvre et tellement riche a la fois...Les sourires des enfants en disent long!!
Agra...
Visite du Taj Mahal... Nous buvons un the dans une petite ruelle de la vieille ville. Nous faisons la connaissance de Nekjuik, un enfant de 12 ans qui va nous apprendre le b.a ba de l hindhi. Un excellent moment en sa compagnie.
Benares...
C est une ville impregnee de prieres. C est le coeur battant de l Hindouisme. Ambiance mysthique au bord du Gange.
Darjeeling...
Apres 20 H de train et 4 H de jeep, nous voila a Darjeeling. La petite route de montagne qui nous y mene est absolument sublime. Plantations de theiers, riziere, foret genereuse...
Apres une petite nuit nous prenons la direction de Gangtok dans le Sikkim. Des cabanons en bois sur piloti semblent accroches a la route. En contre bas, sur des pentes vertigineuses, les plantations de theiers courent sur des hectares. Nous traversons une foret de bambous puis une foret de pins geant, de tecks et de magnolias. De la fraicheur et de la verdure...quel delice!, apres la chaleur et les couleurs chaudes du Rajasthan... Le Sikkim est une province enclave entre le Nepal, le Tibet et le Bhoutan. 75 % de la population est Nepalaise.
Rumtek...
Un monastere, dans le plus pur style Tibetain, juge sur une petite colline sera notre lieu de vilegiature. Ce matin, nous assistons aux prieres accompagnees de chants aux sons graves et ponctuees par les trompettes et les tambours. Une foret de drapeaux de priere multicolor habille la salle. Dans de petites niches de bois reposent mille petits Bouda en terre recouvert d or. Au centre derriere une immense tapisserie se tient un Bouda de 4 metre de haut en position du lotus. L atmosphere est magique...
Calcutta...
Fin du trip en Inde du Nord...le 25, direction la Thailande.
Jah LOVE
Herve
Voici une petite aventure qui m’est arrivée à Bundi (Inde du Nord) le mois dernier dans le cimetière des Maharajas de cette petite ville…
"J’y crois pas ! Je suis enfermé ! Dans un cimetière !" Le reste du groupe s’est barré (merci le guide !) et me voici seul, sans défense et entouré de singes à tête rouge (les plus vicieux !) J’ai les boules, je balise grave, j’appelle à l’aide, quelques singes me regardent sournoisement. Ils vont m’agresser, c’est sûr ! Je dois agir et vite !
Je fonce dans les broussailles, écarte tant bien que mal les ronces qui me barrent le chemin et pousse de petits cris rauques pour tenter d’effrayer serpents et autres lézards venimeux qui ne doivent pas manquer de pulluler dans un endroit aussi sinistre. J’arrive sain et sauf (quoique écorché par une sournoise petite plante grimpante qui ma attaquée par surprise et par derrière) devant le mur clôturant ce maudit cimetière et l’escalade derechef tel un alpiniste émérite en m’aidant des (très larges) aspérités qui le parsèment. Arrivé au sommet, je contemple le monde extérieur qui semble me tendre les bras, là, juste en dessous.
Catastrophe ! D’un petit coup d’œil vif et perçant, je m’aperçois horrifié que le mur extérieur est totalement lisse ! Franchir un tel obstacle (d’au moins 2.50m de hauteur) sans l’équipement adéquat (mousquetons, piolets, harnais, etc.) me paraît totalement inenvisageable. Je décide donc, avec la sagesse qui me caractérise, de ne pas me précipiter vers une mort quasi certaine et préfère plutôt contempler posément (quoique écoeuré) la route située quelques mètres en contrebas. Quelques villageois qui y circulent se mettent bientôt à me faire de petits signes sympathiques : ils n’ont pas l’air de se rendre compte de la situation ! Je secoue vaguement la main histoire de ne pas perdre la face... Mais j’échafaude en même temps de multiples plans d’évasions qui, hélas, ne s’avèrent pas très réalistes.
Soudain, entre les arbres bordant la route, j’aperçois un gars qui se rapproche de moi à vive allure. Il ressemble à… On dirait… Je connais ce type ! Mais oui, c’est Shankar : l’aide du chauffeur de notre bus ! ! Ledit chauffeur et donc le bus ne doivent pas être bien loin ! Alléluia, je suis Sauvé ! Sauf que Shankar déboule alors sous mes yeux ébahis en vélo, pédalant tel un Lance Armstrong survitaminé et passe devant moi en trombe en ayant juste le temps de me faire du coin de l’œil un petit signe du genre " T’en fait pas, je vais te sauver, tient bon, j’en ai juste pour 30 secondes ". Je le vois alors s’arrêter au loin dans un hameau, se précipiter dans une cahute, en ressortir presque aussitôt, renfourcher son vélo et revenir vers moi. Alléluia (bis) ! Il est aller chercher les clés ! Je suis enfin sauvé ! Je redescends donc de mon perchoir, me dirige vers la porte maintenant grande ouverte et la franchis sous les hourras des villageois (en fait à peine 2 ou 3 gosses médusés) qui se demandent interloqués ce que je pouvais bien faire tout seul à l’intérieur... J’ai alors une petite pensée pour mes amis les singes et leur petite tête somme toute bien sympathique, je vais presque les regretter, tient ! (Ils n’étaient pas si agressifs que çà en fait, leur réputation de singe sanguinaire était vraiment surfaite !)
" Sit, sit " m’ordonne alors Shankar en me désignant avec conviction le porte bagage de sa bicyclette. Pourquoi diantre voudrait-il que je m’asseye à l’arrière de son vélo alors que j’ai une place bien à moi dans l’autocar ? Gloups ! Mes neurones ankylosées par la terrible épreuve que je viens de subir viennent enfin de me fournir la réponse : y’a pas de bus ! Mon groupe m’a vraiment laissé tombé, les lâches ! Totalement résigné, j’enfourche le porte bagage et maintient tant bien que mal mes jambes en l'air, un peu comme celles d’un gymnaste ankylosé. C’est parti : Shankar se met à pédaler, vite, très vite, trop vite. Ca descend pas mal, j’essaye de rester stoïque face à cette nouvelle épreuve mais constate tout de même avec effroi que nous roulons au beau milieu de la chaussée. Nous avons même tendance à nous rapprocher dangereusement des bas côtés et à croiser de plus en plus fréquemment de gros camions très lourdement chargés. Je ne peux m’empêcher d’imaginer les titres des journaux du lendemain : "Imprudence fatale : un touriste kamikaze et son chauffeur à vélo écrasé par un Tata" Seule consolation : mon appareil photo miraculeusement intact, devrait permettre de nourrir toute une famille d’indien pendant au moins 5 ans (peut-être même 6 si cette même famille arrive à revendre un bon prix ma carte Flash (4GO 120x, les connaisseurs apprécieront))…
Et puis soudain, au milieu de ces funestes pensées, j’aperçois émerveillé un bus, tranquillement garé sur le bas côté, qui ressemble furieusement au mien. Mais c’est le mien, oui, juste là ! Et devant celui-ci, mes chers compagnons semblent scruter fiévreusement la route, s’inquiétant visiblement de mon sort : je savais que je pouvais compter sur eux ! Ca y est, ils m’ont reconnu, mon retour va être triomphal !
Las... Je suis accueilli dans une indifférence quasi générale. Tout le monde, visiblement furieux d’avoir perdu quelques précieuses minutes, remonte dard dard dans le bus... Et personne n’a l’air d’écouter (et encore moins de comprendre) mes pauvres explications. Idem, le récit de ma libération ne soulève pas beaucoup d’enthousiasme...
Mais après tous les dangers que je viens de braver, tout cela ne m’affecte pas vraiment. Car c’est vrai, je m'en suis sorti vivant et c’est déjà pas si mal 😉
Vincent (1972-…)
Mon lieu de détention:
"J’y crois pas ! Je suis enfermé ! Dans un cimetière !" Le reste du groupe s’est barré (merci le guide !) et me voici seul, sans défense et entouré de singes à tête rouge (les plus vicieux !) J’ai les boules, je balise grave, j’appelle à l’aide, quelques singes me regardent sournoisement. Ils vont m’agresser, c’est sûr ! Je dois agir et vite !
Je fonce dans les broussailles, écarte tant bien que mal les ronces qui me barrent le chemin et pousse de petits cris rauques pour tenter d’effrayer serpents et autres lézards venimeux qui ne doivent pas manquer de pulluler dans un endroit aussi sinistre. J’arrive sain et sauf (quoique écorché par une sournoise petite plante grimpante qui ma attaquée par surprise et par derrière) devant le mur clôturant ce maudit cimetière et l’escalade derechef tel un alpiniste émérite en m’aidant des (très larges) aspérités qui le parsèment. Arrivé au sommet, je contemple le monde extérieur qui semble me tendre les bras, là, juste en dessous.
Catastrophe ! D’un petit coup d’œil vif et perçant, je m’aperçois horrifié que le mur extérieur est totalement lisse ! Franchir un tel obstacle (d’au moins 2.50m de hauteur) sans l’équipement adéquat (mousquetons, piolets, harnais, etc.) me paraît totalement inenvisageable. Je décide donc, avec la sagesse qui me caractérise, de ne pas me précipiter vers une mort quasi certaine et préfère plutôt contempler posément (quoique écoeuré) la route située quelques mètres en contrebas. Quelques villageois qui y circulent se mettent bientôt à me faire de petits signes sympathiques : ils n’ont pas l’air de se rendre compte de la situation ! Je secoue vaguement la main histoire de ne pas perdre la face... Mais j’échafaude en même temps de multiples plans d’évasions qui, hélas, ne s’avèrent pas très réalistes.
Soudain, entre les arbres bordant la route, j’aperçois un gars qui se rapproche de moi à vive allure. Il ressemble à… On dirait… Je connais ce type ! Mais oui, c’est Shankar : l’aide du chauffeur de notre bus ! ! Ledit chauffeur et donc le bus ne doivent pas être bien loin ! Alléluia, je suis Sauvé ! Sauf que Shankar déboule alors sous mes yeux ébahis en vélo, pédalant tel un Lance Armstrong survitaminé et passe devant moi en trombe en ayant juste le temps de me faire du coin de l’œil un petit signe du genre " T’en fait pas, je vais te sauver, tient bon, j’en ai juste pour 30 secondes ". Je le vois alors s’arrêter au loin dans un hameau, se précipiter dans une cahute, en ressortir presque aussitôt, renfourcher son vélo et revenir vers moi. Alléluia (bis) ! Il est aller chercher les clés ! Je suis enfin sauvé ! Je redescends donc de mon perchoir, me dirige vers la porte maintenant grande ouverte et la franchis sous les hourras des villageois (en fait à peine 2 ou 3 gosses médusés) qui se demandent interloqués ce que je pouvais bien faire tout seul à l’intérieur... J’ai alors une petite pensée pour mes amis les singes et leur petite tête somme toute bien sympathique, je vais presque les regretter, tient ! (Ils n’étaient pas si agressifs que çà en fait, leur réputation de singe sanguinaire était vraiment surfaite !)
" Sit, sit " m’ordonne alors Shankar en me désignant avec conviction le porte bagage de sa bicyclette. Pourquoi diantre voudrait-il que je m’asseye à l’arrière de son vélo alors que j’ai une place bien à moi dans l’autocar ? Gloups ! Mes neurones ankylosées par la terrible épreuve que je viens de subir viennent enfin de me fournir la réponse : y’a pas de bus ! Mon groupe m’a vraiment laissé tombé, les lâches ! Totalement résigné, j’enfourche le porte bagage et maintient tant bien que mal mes jambes en l'air, un peu comme celles d’un gymnaste ankylosé. C’est parti : Shankar se met à pédaler, vite, très vite, trop vite. Ca descend pas mal, j’essaye de rester stoïque face à cette nouvelle épreuve mais constate tout de même avec effroi que nous roulons au beau milieu de la chaussée. Nous avons même tendance à nous rapprocher dangereusement des bas côtés et à croiser de plus en plus fréquemment de gros camions très lourdement chargés. Je ne peux m’empêcher d’imaginer les titres des journaux du lendemain : "Imprudence fatale : un touriste kamikaze et son chauffeur à vélo écrasé par un Tata" Seule consolation : mon appareil photo miraculeusement intact, devrait permettre de nourrir toute une famille d’indien pendant au moins 5 ans (peut-être même 6 si cette même famille arrive à revendre un bon prix ma carte Flash (4GO 120x, les connaisseurs apprécieront))…
Et puis soudain, au milieu de ces funestes pensées, j’aperçois émerveillé un bus, tranquillement garé sur le bas côté, qui ressemble furieusement au mien. Mais c’est le mien, oui, juste là ! Et devant celui-ci, mes chers compagnons semblent scruter fiévreusement la route, s’inquiétant visiblement de mon sort : je savais que je pouvais compter sur eux ! Ca y est, ils m’ont reconnu, mon retour va être triomphal !
Las... Je suis accueilli dans une indifférence quasi générale. Tout le monde, visiblement furieux d’avoir perdu quelques précieuses minutes, remonte dard dard dans le bus... Et personne n’a l’air d’écouter (et encore moins de comprendre) mes pauvres explications. Idem, le récit de ma libération ne soulève pas beaucoup d’enthousiasme...
Mais après tous les dangers que je viens de braver, tout cela ne m’affecte pas vraiment. Car c’est vrai, je m'en suis sorti vivant et c’est déjà pas si mal 😉
Vincent (1972-…)
Mon lieu de détention:

AGRA - Uttar Pradesh
TAJ MAHAL : Somptueux tombeau dédié à l'amour, symbole de l'Inde, haut lieu des voyageurs du monde entier...

Les Indiens privilégiés viennent nombreux pour admirer ce chef d'oeuvre. Les jeunes mariés en voyage de noces se recueillent devant les cénotaphes de Mumtaz Mahal et Shah Jahan. Ils posent pour la photo rituelle, assis sur le banc de pierre, fond de coupoles et minarets. Jeunes filles allongées sur les dalles fraîches à l'ombre des arbres, saris multicolores. Père, mère et enfants se sont déchaussés en signe de respect.
La forteresse de grès rouge veille au loin, sur la rive de la Yamuna. Murailles tremblées dans les brumes du fleuve.
Le marbre si fin, translucide, où la lumière vibre du lever au coucher du soleil. Et la nuit tombée, la lune posée comme un point sur l'i d'un minaret.
TAJ MAHAL : Somptueux tombeau dédié à l'amour, symbole de l'Inde, haut lieu des voyageurs du monde entier...

Les Indiens privilégiés viennent nombreux pour admirer ce chef d'oeuvre. Les jeunes mariés en voyage de noces se recueillent devant les cénotaphes de Mumtaz Mahal et Shah Jahan. Ils posent pour la photo rituelle, assis sur le banc de pierre, fond de coupoles et minarets. Jeunes filles allongées sur les dalles fraîches à l'ombre des arbres, saris multicolores. Père, mère et enfants se sont déchaussés en signe de respect.
La forteresse de grès rouge veille au loin, sur la rive de la Yamuna. Murailles tremblées dans les brumes du fleuve.
Le marbre si fin, translucide, où la lumière vibre du lever au coucher du soleil. Et la nuit tombée, la lune posée comme un point sur l'i d'un minaret.
Saison mousson - Delhi
(complètement anecdotique et forcément narcissique mais ça donnera une petite idée à ceux qui ne sont pas encore partis, la suite est moins drôle je préviens à l’avance)
Arrivée à Delhi le 3 juillet au soir après un vol bondé mais sans histoire, sauf que je me souviens vaguement avoir été coincée sur un siège couloir vers les toilettes, ce qui n'est pas très agréable. « Tout le monde réserve son fauteuil à l’avance sur internet maintenant », dixit l’employée à l’embarquement. Ah oui, sauf aussi qu'à Roissy le terminal de départ venait de changer le jour même et ne correspondait plus bien sûr à celui indiqué sur mon dossier. Après avoir attendu près de 40 min sans voir personne ni aucun vol affiché, j'ai fini par me renseigner puis attendre dehors la navette et enfin j'avais gagné le droit de faire la queue pour embarquer. Ça commence bien me suis-je dit, oh prémonition quand tu nous tiens !
Arrivée à Delhi le soir donc, je récupère mes bagages dans les premiers voyageurs et triomphante, je passe la première la sortie… Imaginez de chaque côté une foule de gens pressée, chacun brandissant un petit panneau avec le nom de son hôtel. Prévoyante j'avais demandé un transfert. Le sourire aux lèvres, je m'approche et m'empresse de déchiffrer les noms sur les petits panneaux. En vain ! Ce n'est pas grave me dis-je, il reste l'autre côté. Me voilà de l'autre côté puis une nouvelle fois, je recommence, de chaque côté. Rien, que dalle, Shivam international, ni vu ni connu ! D'ailleurs, repérant l'écriteau du Yes cottage je demande au chauffeur s'il a aperçu celui du Shivam. Il fait semblant de ne pas comprendre. Entre temps un bel hindou m'accoste et m'explique qu'il peut m'aider, qu'il y a des taxis dehors, etc. Oui, oui lui rétorqué-je mais je dois d'abord téléphoner. J'appelle l'hôtel en ville, il me restait heureusement plein de monnaie du dernier voyage, et celui-ci me répond "ok, on vous envoie un taxi". Ah mais non, leur fais-je, il devait y avoir un taxi, il n'y en a pas, je ne vais pas attendre une heure qu'un autre arrive ! Je vais prendre un pre-paid. Très bien me disent-ils, on vous attend". Je sors donc, le bel hindou à mes basques, du coup je ne prends pas la sortie qu'il faut (je prends celle de gauche alors qu'il faut sortir à droite). Et le voilà à m'entraîner vers des taxis blancs et lorsque je lui demande le prix il dit 500 rs. Heureusement j'ai lu VF et lui rétorque que je vais à la station officielle. J'ai un peu de mal à le décrocher mais je harponne un hindou en voyage, qui lui, m'aiguille vers la bonne sortie, je suis sauvée ! J'hésite un peu quand mon taxi s'arrête dans une drôle de cahute à peine sorti de l’aéroport mais ouf, c'est pour changer un pneu. Je peux enfin sourire, écouter la musique, qui bien sûr me plaît, et m'abandonner tout entière au plaisir de retrouver l'Inde. Une heure plus tard, nous sommes arrivés à Paharganj et cherchons le Shivam. C'est clairement mission impossible, mon chauffeur est complètement perdu et j'ai beau répéter le nom de la rue, celui des repères, rien n'y fait. Pour couronner le tout, il pleut d'une pluie fine mais pénétrante et bien sûr la chaleur de juillet est étouffante. Enfin après avoir demandé à au moins 3 personnes différentes, je comprends qu'il me faut descendre de voiture et marcher à pied jusqu'à une enseigne un peu lointaine. Je m'exécute et donne son congé au chauffeur. J'arrive au Shivam. Du fait de l'absence du taxi à l'aéroport, je me sens tout à fait dédouanée de mes engagements (j'avais réservé pour une nuit). À peine arrivée, ils me disent "le taxi a appelé, il vous attendu " ah bon, leur fais-je "il a appelé il y a combien de temps ? "oh pas longtemps, à peine une demie-heure" "et bien il était vraiment en retard votre taxi…" lls font mine de monter ma valise à l'étage. Non, non, je préfère voir la chambre d'abord. En haut la chambre est délabrée et on me réclame 600 rs, plus pour la clim. Je ne suis pas contente et redescends malgré leurs protestations. Et me voilà de nuit, à pied dans les ruelles de Paharganj, traînant ma valise sous la pluie. Heureusement ma mère ne me voit pas, pensé-je, le sourire aux lèvres à cause du petit côté surréaliste, je ne m'en fais pas vraiment… je marche sous la pluie, je suis heureuse. Je vois au loin une autre enseigne "Ganga Inn", je vais y jeter un œil. Une ruelle crasseuse qui ne présage rien de bon, mais ô miracle au détour du tournant, un hall d'accueil tout en verre et marbre, lumineux et accueillant, il y a même des plantes vertes et un petit canapé, des fauteuils et un ascenseur ! Ils sont très surpris de me voir ainsi débarquer seule et en pleine nuit et m’assaillent de questions pour savoir comment j’ai trouvé leur hôtel. « J’ai marché », je demande le prix des chambres, on m'annonce 750 rs pour l'aircooler et 900 rs pour la clim. Je demande à voir et laisse bien sûr la valise en bas. La chambre est vaste, d'une jolie peinture parme, les sanitaires impeccables, Je suis séduite mais ne le montre pas et demande à voir l'autre. Là c'est luxe, marbre et tentures et tiens les mêmes couvertures qu'à Munnar ! Mais peu importe, l'air cooler me suffit amplement, je redescends négocier. C'est combien votre meilleur prix "mousson" ? demandé-je avec un regard vers la pluie qui tombe… le prix descend un peu mais pas assez à mon goût. "500" dis-je alors. Le réceptionniste m'explique qu'il faut ajouter les taxes. J'ai lu le GR et rétorque, "mais pas pour un hôtel de cette catégorie, non, non c'est 500" je fais mine de reprendre ma valise et me dirige vers la sortie. Au passage j'ai bien vu sur le registre qu'il n'y avait pas grand monde. Ils m'arrêtent (ouf, j'ai eu chaud) et c'est parti pour 500 rs, il faut à présent remplir les registres. Je réalise au passage qu'il n'est pas loin d'1h du mat, que la fatigue commence à se faire sentir et que mon ami qui attend de mes nouvelles et qui ne sait pas que j'ai changé d'hôtel doit être mort d'inquiétude. Bref je marque un temps d'arrêt, mon esprit s'embrouille, assez pour que mes 500 rs disparaissent. Je regarde le réceptionniste et lui dit "mais si, je viens de vous les donner" et lui "oui, mais vous les avez repris". Le ton monte, c'est tout juste si je ne fonds pas en larmes, d'abord le taxi, ensuite négocier à bâtons rompus, tout ça pour se faire voler 500 rs comme ça ! Je désespère, enfin je sors mon porte-monnaie, je compte et re-compte, et oui, j'avais oublié les 350 rs du taxi, un billet est bel et bien déjà parti, c'est moi qui me suis trompée et qui machinalement ai du ranger ledit billet. Et me voilà à m'excuser auprès du réceptionniste, direction un repos bien mérité.
End of part 1
(complètement anecdotique et forcément narcissique mais ça donnera une petite idée à ceux qui ne sont pas encore partis, la suite est moins drôle je préviens à l’avance)
Arrivée à Delhi le 3 juillet au soir après un vol bondé mais sans histoire, sauf que je me souviens vaguement avoir été coincée sur un siège couloir vers les toilettes, ce qui n'est pas très agréable. « Tout le monde réserve son fauteuil à l’avance sur internet maintenant », dixit l’employée à l’embarquement. Ah oui, sauf aussi qu'à Roissy le terminal de départ venait de changer le jour même et ne correspondait plus bien sûr à celui indiqué sur mon dossier. Après avoir attendu près de 40 min sans voir personne ni aucun vol affiché, j'ai fini par me renseigner puis attendre dehors la navette et enfin j'avais gagné le droit de faire la queue pour embarquer. Ça commence bien me suis-je dit, oh prémonition quand tu nous tiens !
Arrivée à Delhi le soir donc, je récupère mes bagages dans les premiers voyageurs et triomphante, je passe la première la sortie… Imaginez de chaque côté une foule de gens pressée, chacun brandissant un petit panneau avec le nom de son hôtel. Prévoyante j'avais demandé un transfert. Le sourire aux lèvres, je m'approche et m'empresse de déchiffrer les noms sur les petits panneaux. En vain ! Ce n'est pas grave me dis-je, il reste l'autre côté. Me voilà de l'autre côté puis une nouvelle fois, je recommence, de chaque côté. Rien, que dalle, Shivam international, ni vu ni connu ! D'ailleurs, repérant l'écriteau du Yes cottage je demande au chauffeur s'il a aperçu celui du Shivam. Il fait semblant de ne pas comprendre. Entre temps un bel hindou m'accoste et m'explique qu'il peut m'aider, qu'il y a des taxis dehors, etc. Oui, oui lui rétorqué-je mais je dois d'abord téléphoner. J'appelle l'hôtel en ville, il me restait heureusement plein de monnaie du dernier voyage, et celui-ci me répond "ok, on vous envoie un taxi". Ah mais non, leur fais-je, il devait y avoir un taxi, il n'y en a pas, je ne vais pas attendre une heure qu'un autre arrive ! Je vais prendre un pre-paid. Très bien me disent-ils, on vous attend". Je sors donc, le bel hindou à mes basques, du coup je ne prends pas la sortie qu'il faut (je prends celle de gauche alors qu'il faut sortir à droite). Et le voilà à m'entraîner vers des taxis blancs et lorsque je lui demande le prix il dit 500 rs. Heureusement j'ai lu VF et lui rétorque que je vais à la station officielle. J'ai un peu de mal à le décrocher mais je harponne un hindou en voyage, qui lui, m'aiguille vers la bonne sortie, je suis sauvée ! J'hésite un peu quand mon taxi s'arrête dans une drôle de cahute à peine sorti de l’aéroport mais ouf, c'est pour changer un pneu. Je peux enfin sourire, écouter la musique, qui bien sûr me plaît, et m'abandonner tout entière au plaisir de retrouver l'Inde. Une heure plus tard, nous sommes arrivés à Paharganj et cherchons le Shivam. C'est clairement mission impossible, mon chauffeur est complètement perdu et j'ai beau répéter le nom de la rue, celui des repères, rien n'y fait. Pour couronner le tout, il pleut d'une pluie fine mais pénétrante et bien sûr la chaleur de juillet est étouffante. Enfin après avoir demandé à au moins 3 personnes différentes, je comprends qu'il me faut descendre de voiture et marcher à pied jusqu'à une enseigne un peu lointaine. Je m'exécute et donne son congé au chauffeur. J'arrive au Shivam. Du fait de l'absence du taxi à l'aéroport, je me sens tout à fait dédouanée de mes engagements (j'avais réservé pour une nuit). À peine arrivée, ils me disent "le taxi a appelé, il vous attendu " ah bon, leur fais-je "il a appelé il y a combien de temps ? "oh pas longtemps, à peine une demie-heure" "et bien il était vraiment en retard votre taxi…" lls font mine de monter ma valise à l'étage. Non, non, je préfère voir la chambre d'abord. En haut la chambre est délabrée et on me réclame 600 rs, plus pour la clim. Je ne suis pas contente et redescends malgré leurs protestations. Et me voilà de nuit, à pied dans les ruelles de Paharganj, traînant ma valise sous la pluie. Heureusement ma mère ne me voit pas, pensé-je, le sourire aux lèvres à cause du petit côté surréaliste, je ne m'en fais pas vraiment… je marche sous la pluie, je suis heureuse. Je vois au loin une autre enseigne "Ganga Inn", je vais y jeter un œil. Une ruelle crasseuse qui ne présage rien de bon, mais ô miracle au détour du tournant, un hall d'accueil tout en verre et marbre, lumineux et accueillant, il y a même des plantes vertes et un petit canapé, des fauteuils et un ascenseur ! Ils sont très surpris de me voir ainsi débarquer seule et en pleine nuit et m’assaillent de questions pour savoir comment j’ai trouvé leur hôtel. « J’ai marché », je demande le prix des chambres, on m'annonce 750 rs pour l'aircooler et 900 rs pour la clim. Je demande à voir et laisse bien sûr la valise en bas. La chambre est vaste, d'une jolie peinture parme, les sanitaires impeccables, Je suis séduite mais ne le montre pas et demande à voir l'autre. Là c'est luxe, marbre et tentures et tiens les mêmes couvertures qu'à Munnar ! Mais peu importe, l'air cooler me suffit amplement, je redescends négocier. C'est combien votre meilleur prix "mousson" ? demandé-je avec un regard vers la pluie qui tombe… le prix descend un peu mais pas assez à mon goût. "500" dis-je alors. Le réceptionniste m'explique qu'il faut ajouter les taxes. J'ai lu le GR et rétorque, "mais pas pour un hôtel de cette catégorie, non, non c'est 500" je fais mine de reprendre ma valise et me dirige vers la sortie. Au passage j'ai bien vu sur le registre qu'il n'y avait pas grand monde. Ils m'arrêtent (ouf, j'ai eu chaud) et c'est parti pour 500 rs, il faut à présent remplir les registres. Je réalise au passage qu'il n'est pas loin d'1h du mat, que la fatigue commence à se faire sentir et que mon ami qui attend de mes nouvelles et qui ne sait pas que j'ai changé d'hôtel doit être mort d'inquiétude. Bref je marque un temps d'arrêt, mon esprit s'embrouille, assez pour que mes 500 rs disparaissent. Je regarde le réceptionniste et lui dit "mais si, je viens de vous les donner" et lui "oui, mais vous les avez repris". Le ton monte, c'est tout juste si je ne fonds pas en larmes, d'abord le taxi, ensuite négocier à bâtons rompus, tout ça pour se faire voler 500 rs comme ça ! Je désespère, enfin je sors mon porte-monnaie, je compte et re-compte, et oui, j'avais oublié les 350 rs du taxi, un billet est bel et bien déjà parti, c'est moi qui me suis trompée et qui machinalement ai du ranger ledit billet. Et me voilà à m'excuser auprès du réceptionniste, direction un repos bien mérité.
End of part 1
Ca y est je suis revenue d'Inde....fort enthousiaste et avec l'envie d'y retourner (faut dire qu'on a pas pu faire tout ce qu'on voulait, notammant varanasi...)
On s'est contenté d'un tour du Rajasthan avec une dernière escapade à Haridwar (je voulais quand même voir le Gange)
DELHI
Arrivés à 23h30, ce 16 juillet 33°...La chaleur est suffoquante et la moiteur nous enveloppe. Le taxi nous attend, nous traversons la ville de nuit, premier choc : cette multitude de personnes couchées à même le sol.
Nous arrivons à Hare Khrisna GH, recommandée par un des forumistes, rien à dire, c'est pas très beau mais c'est clean, la terrasse est sympa et c'est pres de la gare de New Delhi donc pratique pour acheter les billets.
premières mésaventures : Bon le lendemain nous nous lançons dans l'achat des billets de train, on a beau avoir lu et relus les arnaques à éviter à la gare, un peu paumés on trouve pas le guichet (fatigue du voyage décalage horaire et nigauderie de touriste) et nous trouvons confronter à l'invariable rabatteur qui nous envoie vers une agence (on se fait quand même avoir à trois reprises mais résistons aux agences qui font la tronche de nous voir sortir sans rien acheter, en plus les rickshaws ont une amnésie temporaire sur la localisation de la gare de new delhi, mais bon victoire on réussit quand même à trouver le fameux bureau de reservation réservé au touristes et achetons notre billet pour Jaipur qui sera notre première étape.
Pour tout dire, on a pas aimé Delhi, trop chaud, trop de bruit, trop de monde....trop d'arnaques et avons fuit le plus vite possible.
Le lendemain nous avons la matinée de libre et tentons de visiter le "Red fort", âpres négociation savec le Rickshaw qui nous emmène qu'à condition de visiter des magasins (là encore, on est un peu nigauds et connaissons pas le système bien pratique des prépaid rickshaw que l'on trouve dans toutes les gares et on n'a pas encore vraiment idée des tarifs, fautes de débutants quoi !)
Bref nous visitons (un peu au pas de course le red fort) et flanqué de notre rickshaw driver, nous partons visiter les "emporium" où on choppe la mort tellement la clim est à fond, bien qu'on l'ai prévenu qu'il était hors de question que l'on achète quoi que ce soit, notre driver tire une tête e dix pieds de long....dommage pour sa commission !
Pour ce qui est des restos, nous avons mangé à l'Hare Krishna (breakfast et grignotage) et au metropolitan (un peu cher mais excellent tandoori notamment)
On s'est contenté d'un tour du Rajasthan avec une dernière escapade à Haridwar (je voulais quand même voir le Gange)
DELHI
Arrivés à 23h30, ce 16 juillet 33°...La chaleur est suffoquante et la moiteur nous enveloppe. Le taxi nous attend, nous traversons la ville de nuit, premier choc : cette multitude de personnes couchées à même le sol.
Nous arrivons à Hare Khrisna GH, recommandée par un des forumistes, rien à dire, c'est pas très beau mais c'est clean, la terrasse est sympa et c'est pres de la gare de New Delhi donc pratique pour acheter les billets.
premières mésaventures : Bon le lendemain nous nous lançons dans l'achat des billets de train, on a beau avoir lu et relus les arnaques à éviter à la gare, un peu paumés on trouve pas le guichet (fatigue du voyage décalage horaire et nigauderie de touriste) et nous trouvons confronter à l'invariable rabatteur qui nous envoie vers une agence (on se fait quand même avoir à trois reprises mais résistons aux agences qui font la tronche de nous voir sortir sans rien acheter, en plus les rickshaws ont une amnésie temporaire sur la localisation de la gare de new delhi, mais bon victoire on réussit quand même à trouver le fameux bureau de reservation réservé au touristes et achetons notre billet pour Jaipur qui sera notre première étape.
Pour tout dire, on a pas aimé Delhi, trop chaud, trop de bruit, trop de monde....trop d'arnaques et avons fuit le plus vite possible.
Le lendemain nous avons la matinée de libre et tentons de visiter le "Red fort", âpres négociation savec le Rickshaw qui nous emmène qu'à condition de visiter des magasins (là encore, on est un peu nigauds et connaissons pas le système bien pratique des prépaid rickshaw que l'on trouve dans toutes les gares et on n'a pas encore vraiment idée des tarifs, fautes de débutants quoi !)
Bref nous visitons (un peu au pas de course le red fort) et flanqué de notre rickshaw driver, nous partons visiter les "emporium" où on choppe la mort tellement la clim est à fond, bien qu'on l'ai prévenu qu'il était hors de question que l'on achète quoi que ce soit, notre driver tire une tête e dix pieds de long....dommage pour sa commission !
Pour ce qui est des restos, nous avons mangé à l'Hare Krishna (breakfast et grignotage) et au metropolitan (un peu cher mais excellent tandoori notamment)
Version originale : sur temperdu.fr
Quelques photos
De retour d’Inde du sud où j’ai fait un peu de tourisme pendant 1 mois avec ma belle, voici un petit débriefing sur les aspects pratiques du voyage. Je remercie au passage les membres de voyageforum.com qui ont eu la patience de répondre à mes questions pour me permettre de mieux préparer tout ça. En particulier, je remercie bien Stalingrad, Nalesnik et Fanzi.
Paris - Chennai J’avais pris des vols Paris - Mumbay avec Finnair mais Bombay à la mi-juillet c’est pas terrible parrait-il, alors j’ai enchaîné avec un vol domestique jusqu’à Madras. J’avais réservé de France avant de partir. J’ai choisi la compagnie Spicejet pour une question d’horaire. Pour déterminer l’heure du vol, j’avais pris 1h de marge sur l’atterrissage, 1h pour le transfert en bus (gratuit) entre l’aéroport international et le domestique, et 2h pour l’enregistrement. 4h au total, c’était largement plus que suffisant et j’ai pas mal poireauté dans l’aéroport domestique.
Chennai Je suis resté 3 nuits à Chennai. Je suis descendu au YWCA dans une double climatisée et rénovée pour 1800 Rs la nuit taxes comprises. C’est plus cher que les 1300 que j’avais prévu mais les prix affichés concernent en fait des chambres non rénovées et moins engageantes que celle que j’ai finalement prise. Il n’y avait pas de chambre rénovée non climatisée. Du coup j’ai payé mais au moins c’était très propre et calme, le personnel était très accueillant, le petit déj buffet était compris et le soir on pouvait manger un bon et copieux buffet indien pour un prix dérisoire (75 Rs). Reste que 3 nuits à Chennai c’est trop. D’ordinaire, j’aime bien me promener à pied dans les villes. A Chennai, je ne conçois pas qu’on puisse éprouver le moindre plaisir à ce type d’activité. Même pour ceux qui se seraient déjà trimbalés dans un pays du tiers-monde c’est pas top tellement c’est bruyant et poussiéreux. Il faut avoir à l’esprit que les indiens sont des maniaques du klaxon, à tel point que chaque véhicule doit klaxonner à peu près le tiers du temps consacré à rouler. La cacophonie est terrible et quand on ne connaît pas, l’atterrissage peut être un peu difficile. A Chennai, déplacez-vous en auto-rickshaw sans oublier de négocier un peu le prix avant de démarrer. Le musée gouvernemental est chouette, ne serait-ce que pour l’ambiance “vieille université du 19ème” qui y règne. Ne ratez pas la section d’histoire naturelle avec les grandes vitrines en bois sombre tout droit sorties du labo du Dr Jekyll. La ballade sur la plage vaut le coup.
Madurai De Chennai, je me suis rendu à Madurai en train de nuit, classe AC/3. Une bonne description des multiples classes est dispo ici. Après s’être inscrit, on peut réserver ses places sur Internet (au moins 1 semaine à l’avance pour avoir des places) auquel cas il suffit d’imprimer son ticket chez soi ou dans un cybercafé et de le présenter au contrôleur avec une pièce d’identité. Tous les horaires et toutes les infos sur les trains sont disponibles sur Trains at a Glance. Le train que j’avais pris n’était pas au terminus de Madurai. C’était pas terrible parce qu’il y a eu pas mal de retard en cours de route et du coup je ne savais pas trop quand descendre, et j’hésitais à demander aux gens qui dorment à 5h du mat’. Les fois suivantes, j’ai pris garde de prendre des trains qui avaient ma destination pour terminus. C’est plus facile. J’ai logé 2 nuits au Madurai Residency en double climatisée pour 1300 Rs la nuit (toujours taxes de luxe comprises). Il n’y avait plus de non-AC. C’est le seul hôtel où j’ai vu des cafards et j’ai aussi apperçu trois gros rats sur la terrasse qui fait restaurant. Sinon le rapport qualité-prix est vraiment correct. Je recommande malgré les rats qui - je le précise - avaient été tués le lendemain. Le restaurant est convenable, sans plus. Surtout le week end, demandez une chambre qui soit à un étage pas trop élevé car sinon le bruit des convives du restaurant sur le toit peut être un peu pénible le soir. Madurai est plus agréable que Chennai même si ce n’est pas non plus l’extase. Le temple est superbe et très vivant, on y voit les fidèles se livrer à leurs multiples petits rituels. Le musée Gandhi est très intéressant aussi pour ceux qui s’intéressent à l’hitoire des luttes d’indépendance en Inde. Profitez des terrasses sur les toits des hotels pour vous poser un peu. Sinon ça peut être fatiguant.
Kumily / Thekkady / Periyar De Madurai, j’ai pris le bus pour Kumily (5 heures). Je ne l’ai attendu qu’une heure mais il a fallu que je me rende (en bus de ville) dans une autre gare routière que celle à côté de la garre ferrovière. Renseignez-vous avant mais d’une manière genérale, le bus est très facile à prendre. Si vous ne savez pas où aller, interrogez n’importe quel employé (avec une chemise kaki ou bleue) qui rôde autour de son bus et il se fera une joie de vous indiquer le chemin. Les billets se prennent une fois dans le bus et je n’ai pas l’impression que réserver soit une pratique courante. En tous cas, ça me semble inutile. Il n’y a pas de soute à bagages : vous les prenez avec vous et en général, on vous donne une place vers l’avant du bus où vous entreposez votre barda à portée de vue. J’ai logé au Coffee Inn pour 3 nuits dans une double “en dur” pour 350 Rs la nuit. C’était bien, super calme et reposant, mais très humide (il pleuvait) et ça sentait un peu le renfermé. Pas top pour faire sécher son linge. Le resto juste à côté est honnête et pas cher. Le village est tout petit et on peut facilement se déplacer à pied. Pour le parc, j’ai fait la rando de la journée complète. Il faut réserver la veille moyénant paiement. J’ai dû avoir du bol parce que nous n’étions que deux avec nos deux guides. Du coup, ça nous a a fait une super journée de rando intime dans la réserve naturelle. C’est plus cher mais je crois qu’il vaut bien mieux faire la journée que la petite ballade pas chère. Ceux qui voudraient ne faire que petite promenade + ballade en bateau risquent de ne pas trop profiter du site exceptionnel. Pour bien faire, je suis resté une nuit de plus que prévu au départ.
Trichy De Kumily, il faut faire escale à Madurai pour revenir vers Trichy. Le retour a été bien plus rapide que l’aller et Madurai > Trichy se fait rapidement. En partant le matin vers 8h de Kumily, nous étions à Trichy en début d’après-midi. A Trichy, je comptais aller à l’hotel Mathura mais il donne directement sur la gare routière et j’avais un peu peur que les klaxons ne m’empêchent de dormir. Du coup nous sommes allés au Femina Hotel et c’était quelque chose : du tape à l’oeil et de l’esbroufe, mais rien de rien derrière. La chambre (double non AC à 800 Rs la nuit) n’était pas du tout à la hauteur de ce que laissait présager l’entrée marbrée, l’un des restaurants est insalubre et le service déplorable. Par exemple, pour monter par l’ascenceur le plus petit des sacs que j’avais - et en évitant soigneusement ce qui menaçait dêtre lourd - le type qui m’a montré la chambre s’est montré très mécontent de mes 5 Rs de bourboire et m’en réclamait au moins 10. Et quoi encore ?! Dans le même genre, 30 secondes après que j’ai payé au restaurant, le serveur revient ouvrir le petit calepin pour bien signifier qu’il attend un pourboire. Quelle délicatesse, quelle classe ! Et tout ça après avoir insisté lourdement pour que je prenne leur formule petit déjeuner “complet” alors que prendre les items séparément était plus avantageux. Non vraiment, le Femina, ça pue l’arnaque et l’ambiance est vraiment infecte. Ajoutez à ça que la ville est complètement oppressante et pas sympa (Madurai c’est un havre de paix à côté) et vous comprendrez que mon passage à Trichy n’a pas été merveilleux. Certes, c’est bien de voir la ville-temple mais bon…, le Rock Fort temple ne cassant pas des briques non plus, j’ai de loin préféré Madurai. Le réseau de bus urbains est en revanche bien foutu et je n’ai pas eu à prendre un rickshaw. Où que vous alliez, il a sans doute un bus qui y va. Comme en outre le gare routière est très proche des hôtels, c’est facile. Heureusement qu’on mange bien au Vincent Garden, dans un jardin reposant qui fait un peu office d’Oasis dans Trichy. Pour faire sa pub, le patron montre à tout le monde l’hôtel qu’il va ouvrir bientôt. Il faudra voir mais ça a l’air sympa, calme et à taille humaine.
Thanjavur J’ai fait Trichy - Thanjavur en train. Il y en a pour un peu plus d’une heure, autant dire que c’est la porte à côté. Tanjore est bien plus petite que Trichy ou Madurai, si bien que c’est aussi un peu plus calme et reposant, et que tout se fait à pied. Je suis descendu à l’Hotel Lyon City. C’est un petit établissement sans prétention mais pas trop nul non plus. La salle de bains était très humide et les matelas un peu fins mais c’était calme et propre. J’avais dû payer 600 Rs pour une double non-AC, si ma mémoire est bonne. J’ai adoré de temple au petit matin mais j’ai été un peu déçu par le complexe des palais qui ne casse pas des briques.
Gangakondacholapuram et Chidambaram Pour visiter ces deux temples, j’ai loué un taxi à la journée par l’intermédiaire de Vijay Tourisme, un agence de Pondichery. Ainsi, j’ai pu facilement faire deux haltes dans la journée, en chemin vers Pondy. Gangakondacholapuram ressemble très fort au temple de Tanjore mais en plus petit, intime et bucolique. J’ai adoré. En revanche, je n’ai pas trop aimé Chidambaram. L’ambiance y est un peu bizarre - différente des autres temples - et ne m’a pas plu. D’autres aimeront peut-être mais j’ai trouvé que Chidambaram était un peu aux temples ce que Femina est aux hôtels.
Pondichery Arrivée à Pondichery en taxi et installation à la Coloniale Heritage Guest House (Villa Patricia), c’est le grand luxe pour 3 jours ! J’avais réservé la chambre Jumelle I depuis la France et j’en ai eu pour mon argent (2800 Rs la nuit, petit déj’ compris). C’est meublé avec goût, c’est calme et très confortable et on a des croissants au petit déjeuner. Pondichery est très sympa avec ses trottoirs et la quasi absence de bruits de klaxons. Ca fait un peu ville musée mais c’est très agréable quand même. D’ailleurs, Pondy est en fait assez grande. Seul le centre historique semble protégé des voitures. Si vous restez ���dans les murs”, le quartier français et le quartier tamoul se visitent facilement à pied. Beaucoup louent des vélos, c’est une affaire de goût : moi j’aime bien marcher. Pondichery est ne chouette ville pour flâner et glandouiller un peu. On y mange relativement bien, aussi. J’ai testé Madame Santhe qui est très bien. La Terrasse est moins chère mais c’est aussi plus quelconque. Je ne recommanderai pas l’Hotel Aristo, en revanche : on n’y mange pas bien pour finalement assez cher quand même.
Mamallapuram Nous avons voyégé en bus entre Pondichery et Mamallapuram où nous sommes restés 4 nuits. Nous sommes allés à l’Hotel Sea Breaze qui propose des chambres propres et confortables avec petite terrasse à des prix très raisonnables (900 Rs la double non-AC). Il y a même une vraie piscine pour ceux qui aiment, et l’accès à la plage est direct par l’hôtel. Le service est en outre simple et efficace, tout l’inverse du Femina. Leur annexe a l’air bien moins sympa mais c’est encore moins cher. Evitez les hôtels comme le Mamalla Resort : ils vous coincent à 4 km du village et ils vous matraquent de petits dej’s à 300 Rs. En prenant un hôtel dans le village, vous pourrez tout faire à pied sans forcer. Pour vous restaurer, tenez-vous éloignés du Seashore Restaurant. Vous pourrez en revanche manger correctement au Moonrakers ou au Nautilus qui avait fini par devenir notre cantine. A Mamallapuram, visitez les temples de la colline, glandouillez et promenez-vous sur la plage (elle devient plus propre vers le nord). Attention toutefois au soleil qui peut s’avérer très traître. J’ai chopé des coups de soleils gratinés à travers les nuages. Vous pourrez aussi regardez les échoppes d’artisanat local (en particulier les sculptures sur pierre). C’est très touristique si bien qu’on trouve des choses un peu surprenantes comme des têtes de Bouddha partout alors que sa place dans l’hindouisme est quand même un peu “spéciale”. Je ne suis pas rentré dans l’enceinte du temple de la colline qu’on voit très bien de l’extérieur au bord du rivage, et je n’ai pas visité les 5 rathas parce que je trouvais que 500 Rs c’était un peu beaucoup pour visiter un temple. Je préférais manger un homard pour ce prix là.
Hyderabad Après Pondichery et Mamallapuram, re-plongée dans une grande ville bruyante avec Hyderabad. J’y suis allé en train de nuit de Chennai, que j’avais rejoint en bus dans l’après-midi. Pour aller de Mamallapuram en bus, se rendre sur la jonction avec la route ECR où tous les bus passent. Vous pouvez y aller en rickshaw, c’est pas cher et les conducteurs connaissent. Le premier contact avec Hyderabad était un peu difficile et je ne me sentais pas trop à l’aise au début. Les ricksaws restent à Hyderabad les plus désagréables qu’il m’ait été donné de voir. Après 3 nuits là bas j’ai fini par m’habituer et même à bien aimer. C’est très différent du Tamil Nadu : on y voit des femmes voilées et une architecture bien plus orientale. Golconde et les tombeaux sont complètement inratables. Le marché aux pacotilles ne présente aucun intérêt et le Charminar et sa mosquée, bof… On peut aussi faire un tour à Ramoji Film City pour faire le plein de Kitsch Bollywoodien mais faites attention à arriver avant 14h sinon vous ne pourrez pas tout voir. Evitez aussi le bus pour y aller parce que c’est interminable : si c’était à refaire je prendrai un car de touristes vu que de toutes façons, à Ramoji, on suit le troupeau. Pour faire Golconde et les tombeaux, j’ai loué un taxi pour une demi journée (400 Rs), c’était bien plus commode. Renseignements pris, aller à Gloconde en transports en communs à partire du quartier des hôtels demande 2 correspondances. D’une manière générale, vous ne ferez pas trop de choses à pied à Hyderabad qui est conçue pour les déplacements motorisés. Il n’y a guère que le Charminar et le quartier musulman se font très bien à pied. Je recommande vivement l’hôtel Taj Mahal (1000 Rs la nuit en double non-AC). Même si la réception et l’escalier sont peu engageant, les chambres sont spacieuses et confortables. Mais le mieux, c’est les types de la réception qui sont vraiment de très bon conseils, qui vous expliquent tout pour les transports et sont très serviables. Des perles ! Après un check-out à 9h, ils ont gardé nos bagages et nous ont même permis de prendre une douche dans une chambre libre avant de repartir en train de nuit le soir. C’est pas au Femina que ça se serait passé comme ça ! Profitez aussi d’Hyderabad pour bien manger parce que nulle part ailleurs en Inde je n’avais mangé aussi bien. En particulier, Guffa est extra et le Palace Heights Restaurant & Bar excellent. C’est un peu plus cher qu’ailleurs mais vos papilles en auront pour leur argent, garanti ! Attention quand même, la cuisine est très épicée dans l’Andhra Pradesh. Au delà de “medium spicy”, ça devenait un peu dur pour moi alors qu’ailleurs, “very spicy” allait à peu près.
Mumbay Hyderabad > Mumbay se fait très bien en train de nuit. Arrivée à Bombay, on se croit un peu en Europe. C’est très riche et vraiment très différent des autres villes visitées jusque là. Les rues de Fort et Colaba sont larges et bordées de vastes trottoirs. Même dans les quartiers moins chics il y a des trottoirs, si bien qu’il est très agréable de se promener. Les taxis ne sont pas chers et utilisent leur compteur, mais pour peu qu’on reste au centre ville et alentours, on peut très bien tout faire à pieds. Je recommande de longues promenades dans Fort et Colaba mais aussi plus loin dans les quartiers moins “hausmaniens”, du shopping et une excursion à Elephant Island. Je suis allé au residency Hotel pour 3 nuits. C’est confortable même si les chambres ne sont pas très grandes. Il n’y a pas de non-AC si bien que j’ai payé 2000 Rs la nuit. Mais Bombay est plus chère que les autres villes. J’ai essayé de manger au Mocambo Café & Bar. Je ne recommande pas parce que c’est très cher pour ce que c’est. On mange mieux pour un poil moins cher au Mahesh Lunch Home mais le service est affreux. Moitié moins cher et deux fois meilleur, il y a l’Ideal Corner, qui est une très bonne adresse selon moi. Si on est à Colaba, on peut aussi aller Delhi Darbar : ce n’est pas cher et on y mange bien. Même en prenant le taxi aller-retour de Fort, on s’en sortira pour bien moins cher et deux fois meilleur qu’au Mocambo Café & Bar. Pour le shopping, Fabinda propose des articles de vêtements indiens à prix raisonnables mais surtout de bien meilleure qualité que les vêtements baba-cools à touristes qu’on voit un peu partout.
Recommandations d’ordre général L’Inde du Sud est un pays où il est en fait très facile de voyager. C’est très développé, les réseaux de transports sont très denses et très au point. L’hôtellerie est très au point aussi parce qu’il y a un tourisme interne très important dans les villes à temples. En plus c’est vraiment pas cher. A deux, nous nous en sommes sortis à 1300 euros pour un mois tout compris (hôtels, nourriture, transports en train, bus, avion interne, rickshaw et taxi, quelques petits souvenirs…) On trouve un peu de tout dans les boutiques donc pas de panique s’il vous manque quelque chose. Outre les médicaments en tous genre et les articles usuels quand on part en voyage, je recommanderais d’emmener : Une boussole parce que les villes sont grandes et que les noms de rues sont rarement indiquésUne corde à linge pour faire sécher sa lessive (sinon les hôtels ont en général des services de nettoyage pas trop chers)Des cadenas à chiffres et des chaînes pour accrocher son sac à dos dans le train : il y a de petites boucles prévues pour faire passer une chaîne sous chaque siège. Ne pas prendre de la chaîne trop épaisse et prévoir assez de longueur pour pouvoir bien faire le tour (2 fois c’est mieux) du sac à dos. Typiquement, 2 m c’est bien. Il y a partout des rabatteurs et les vendeurs vous sollicitent, mais pas de manière agressive et c’est très facilement gérable. Il suffit de refuser ou / puis d’ignorer gentiment mais sûrement ceux qui ont manifestement quelque chose à vous vendre et ça se passe très bien. Sinon, quiconque a un vrai boulot (taxi, chauffeur de bus, gardien…) a en général un uniforme même réduit à une chemise kaki. Si vous cherchez un renseignement, adressez-vous en priorité à ceux là. Aller au Tamil Nadu sans chercher à apprendre des trucs sur l’hindouisme me parraît peu opportun. Je recommande l’ouvrage Iconographie de l’Hindousime qui permet de mieux comprendre ce que l’on voit. C’est vraiment un strict minimum. Le guide bleu sur l’Inde du Sud n’est pas trop mal pour guider ses visites. Prenez des hotels un minimum confortables. Ailleurs, je suis peu regardant parce qu’il y a toujours des endroits sympas où se poser tranquillement et on n’est à l’hôtel que pour dormir. En Inde du Sud, les endroits tranquilles (cour ombragée, terrasse aves chaises confortables…) manquent cruellement et dans certaines villes (Chennai, Madurai, Trichy…) on peut parfois avoir besoin de se reposer un peu à l’hôtel. Donc évitez les trucs trop glauques, c’est pas si cher que ça pour qu’on doive gratter le moindre centime. D’une manière générale, surtout en ce qui concerne les restaurants, on en a souvent pour son argent. Les restaurants plus chers sont aussi souvent vraiement meilleurs que les autres. Il est assez rare de payer plus cher que ce que ne vaut la nourriture. Si on peut manger correctement pour 100 Rs, un repas à 200 Rs est incomparable de qualité et un repas à 400 Rs est vraiment d’une remarquable finesse. Il y a beaucoup de fruits vendus sur des charettes dans la rue. Ils sont en général très bons. D’ordinaire, je me nourissais de fruits à midi et je ne faisais de vrai repas que le soir. Il vaut en outre mieux manger indien que continental. La nouriture continentale est en général mal faite alors que la cuisine indienne est très variée et intéressante. Ca vaut aussi pour le petit déjeuner.
Si c’était à refaire… … tout pareil à quelques détails près. J’ai à chaque fois passé 2 nuits dans les villes à temple (Madurai, Trichy, Thanjavur) et je me déplaçais en bus / train de l’une à l’autre. Pour ces trois villes, je louerais en fait un taxi et je ne passerais qu’une seule nuit à chaque fois. Voyager en taxi c’est pas terrible parce qu’on ne voit rien du pays mais en l’occurrence, pour le coup, les villes à temples ne sont pas le meilleur endroit pour le bus. Je passerais moins de temps à Chennai et tout le temps gagné dans les villes à temples et à Chennai, je l’emploierai pour aller à Godaikanal après le parc national du Periyar. Je n’irais peut-être pas à Trichy.
De retour d’Inde du sud où j’ai fait un peu de tourisme pendant 1 mois avec ma belle, voici un petit débriefing sur les aspects pratiques du voyage. Je remercie au passage les membres de voyageforum.com qui ont eu la patience de répondre à mes questions pour me permettre de mieux préparer tout ça. En particulier, je remercie bien Stalingrad, Nalesnik et Fanzi.
Paris - Chennai J’avais pris des vols Paris - Mumbay avec Finnair mais Bombay à la mi-juillet c’est pas terrible parrait-il, alors j’ai enchaîné avec un vol domestique jusqu’à Madras. J’avais réservé de France avant de partir. J’ai choisi la compagnie Spicejet pour une question d’horaire. Pour déterminer l’heure du vol, j’avais pris 1h de marge sur l’atterrissage, 1h pour le transfert en bus (gratuit) entre l’aéroport international et le domestique, et 2h pour l’enregistrement. 4h au total, c’était largement plus que suffisant et j’ai pas mal poireauté dans l’aéroport domestique.
Chennai Je suis resté 3 nuits à Chennai. Je suis descendu au YWCA dans une double climatisée et rénovée pour 1800 Rs la nuit taxes comprises. C’est plus cher que les 1300 que j’avais prévu mais les prix affichés concernent en fait des chambres non rénovées et moins engageantes que celle que j’ai finalement prise. Il n’y avait pas de chambre rénovée non climatisée. Du coup j’ai payé mais au moins c’était très propre et calme, le personnel était très accueillant, le petit déj buffet était compris et le soir on pouvait manger un bon et copieux buffet indien pour un prix dérisoire (75 Rs). Reste que 3 nuits à Chennai c’est trop. D’ordinaire, j’aime bien me promener à pied dans les villes. A Chennai, je ne conçois pas qu’on puisse éprouver le moindre plaisir à ce type d’activité. Même pour ceux qui se seraient déjà trimbalés dans un pays du tiers-monde c’est pas top tellement c’est bruyant et poussiéreux. Il faut avoir à l’esprit que les indiens sont des maniaques du klaxon, à tel point que chaque véhicule doit klaxonner à peu près le tiers du temps consacré à rouler. La cacophonie est terrible et quand on ne connaît pas, l’atterrissage peut être un peu difficile. A Chennai, déplacez-vous en auto-rickshaw sans oublier de négocier un peu le prix avant de démarrer. Le musée gouvernemental est chouette, ne serait-ce que pour l’ambiance “vieille université du 19ème” qui y règne. Ne ratez pas la section d’histoire naturelle avec les grandes vitrines en bois sombre tout droit sorties du labo du Dr Jekyll. La ballade sur la plage vaut le coup.
Madurai De Chennai, je me suis rendu à Madurai en train de nuit, classe AC/3. Une bonne description des multiples classes est dispo ici. Après s’être inscrit, on peut réserver ses places sur Internet (au moins 1 semaine à l’avance pour avoir des places) auquel cas il suffit d’imprimer son ticket chez soi ou dans un cybercafé et de le présenter au contrôleur avec une pièce d’identité. Tous les horaires et toutes les infos sur les trains sont disponibles sur Trains at a Glance. Le train que j’avais pris n’était pas au terminus de Madurai. C’était pas terrible parce qu’il y a eu pas mal de retard en cours de route et du coup je ne savais pas trop quand descendre, et j’hésitais à demander aux gens qui dorment à 5h du mat’. Les fois suivantes, j’ai pris garde de prendre des trains qui avaient ma destination pour terminus. C’est plus facile. J’ai logé 2 nuits au Madurai Residency en double climatisée pour 1300 Rs la nuit (toujours taxes de luxe comprises). Il n’y avait plus de non-AC. C’est le seul hôtel où j’ai vu des cafards et j’ai aussi apperçu trois gros rats sur la terrasse qui fait restaurant. Sinon le rapport qualité-prix est vraiment correct. Je recommande malgré les rats qui - je le précise - avaient été tués le lendemain. Le restaurant est convenable, sans plus. Surtout le week end, demandez une chambre qui soit à un étage pas trop élevé car sinon le bruit des convives du restaurant sur le toit peut être un peu pénible le soir. Madurai est plus agréable que Chennai même si ce n’est pas non plus l’extase. Le temple est superbe et très vivant, on y voit les fidèles se livrer à leurs multiples petits rituels. Le musée Gandhi est très intéressant aussi pour ceux qui s’intéressent à l’hitoire des luttes d’indépendance en Inde. Profitez des terrasses sur les toits des hotels pour vous poser un peu. Sinon ça peut être fatiguant.
Kumily / Thekkady / Periyar De Madurai, j’ai pris le bus pour Kumily (5 heures). Je ne l’ai attendu qu’une heure mais il a fallu que je me rende (en bus de ville) dans une autre gare routière que celle à côté de la garre ferrovière. Renseignez-vous avant mais d’une manière genérale, le bus est très facile à prendre. Si vous ne savez pas où aller, interrogez n’importe quel employé (avec une chemise kaki ou bleue) qui rôde autour de son bus et il se fera une joie de vous indiquer le chemin. Les billets se prennent une fois dans le bus et je n’ai pas l’impression que réserver soit une pratique courante. En tous cas, ça me semble inutile. Il n’y a pas de soute à bagages : vous les prenez avec vous et en général, on vous donne une place vers l’avant du bus où vous entreposez votre barda à portée de vue. J’ai logé au Coffee Inn pour 3 nuits dans une double “en dur” pour 350 Rs la nuit. C’était bien, super calme et reposant, mais très humide (il pleuvait) et ça sentait un peu le renfermé. Pas top pour faire sécher son linge. Le resto juste à côté est honnête et pas cher. Le village est tout petit et on peut facilement se déplacer à pied. Pour le parc, j’ai fait la rando de la journée complète. Il faut réserver la veille moyénant paiement. J’ai dû avoir du bol parce que nous n’étions que deux avec nos deux guides. Du coup, ça nous a a fait une super journée de rando intime dans la réserve naturelle. C’est plus cher mais je crois qu’il vaut bien mieux faire la journée que la petite ballade pas chère. Ceux qui voudraient ne faire que petite promenade + ballade en bateau risquent de ne pas trop profiter du site exceptionnel. Pour bien faire, je suis resté une nuit de plus que prévu au départ.
Trichy De Kumily, il faut faire escale à Madurai pour revenir vers Trichy. Le retour a été bien plus rapide que l’aller et Madurai > Trichy se fait rapidement. En partant le matin vers 8h de Kumily, nous étions à Trichy en début d’après-midi. A Trichy, je comptais aller à l’hotel Mathura mais il donne directement sur la gare routière et j’avais un peu peur que les klaxons ne m’empêchent de dormir. Du coup nous sommes allés au Femina Hotel et c’était quelque chose : du tape à l’oeil et de l’esbroufe, mais rien de rien derrière. La chambre (double non AC à 800 Rs la nuit) n’était pas du tout à la hauteur de ce que laissait présager l’entrée marbrée, l’un des restaurants est insalubre et le service déplorable. Par exemple, pour monter par l’ascenceur le plus petit des sacs que j’avais - et en évitant soigneusement ce qui menaçait dêtre lourd - le type qui m’a montré la chambre s’est montré très mécontent de mes 5 Rs de bourboire et m’en réclamait au moins 10. Et quoi encore ?! Dans le même genre, 30 secondes après que j’ai payé au restaurant, le serveur revient ouvrir le petit calepin pour bien signifier qu’il attend un pourboire. Quelle délicatesse, quelle classe ! Et tout ça après avoir insisté lourdement pour que je prenne leur formule petit déjeuner “complet” alors que prendre les items séparément était plus avantageux. Non vraiment, le Femina, ça pue l’arnaque et l’ambiance est vraiment infecte. Ajoutez à ça que la ville est complètement oppressante et pas sympa (Madurai c’est un havre de paix à côté) et vous comprendrez que mon passage à Trichy n’a pas été merveilleux. Certes, c’est bien de voir la ville-temple mais bon…, le Rock Fort temple ne cassant pas des briques non plus, j’ai de loin préféré Madurai. Le réseau de bus urbains est en revanche bien foutu et je n’ai pas eu à prendre un rickshaw. Où que vous alliez, il a sans doute un bus qui y va. Comme en outre le gare routière est très proche des hôtels, c’est facile. Heureusement qu’on mange bien au Vincent Garden, dans un jardin reposant qui fait un peu office d’Oasis dans Trichy. Pour faire sa pub, le patron montre à tout le monde l’hôtel qu’il va ouvrir bientôt. Il faudra voir mais ça a l’air sympa, calme et à taille humaine.
Thanjavur J’ai fait Trichy - Thanjavur en train. Il y en a pour un peu plus d’une heure, autant dire que c’est la porte à côté. Tanjore est bien plus petite que Trichy ou Madurai, si bien que c’est aussi un peu plus calme et reposant, et que tout se fait à pied. Je suis descendu à l’Hotel Lyon City. C’est un petit établissement sans prétention mais pas trop nul non plus. La salle de bains était très humide et les matelas un peu fins mais c’était calme et propre. J’avais dû payer 600 Rs pour une double non-AC, si ma mémoire est bonne. J’ai adoré de temple au petit matin mais j’ai été un peu déçu par le complexe des palais qui ne casse pas des briques.
Gangakondacholapuram et Chidambaram Pour visiter ces deux temples, j’ai loué un taxi à la journée par l’intermédiaire de Vijay Tourisme, un agence de Pondichery. Ainsi, j’ai pu facilement faire deux haltes dans la journée, en chemin vers Pondy. Gangakondacholapuram ressemble très fort au temple de Tanjore mais en plus petit, intime et bucolique. J’ai adoré. En revanche, je n’ai pas trop aimé Chidambaram. L’ambiance y est un peu bizarre - différente des autres temples - et ne m’a pas plu. D’autres aimeront peut-être mais j’ai trouvé que Chidambaram était un peu aux temples ce que Femina est aux hôtels.
Pondichery Arrivée à Pondichery en taxi et installation à la Coloniale Heritage Guest House (Villa Patricia), c’est le grand luxe pour 3 jours ! J’avais réservé la chambre Jumelle I depuis la France et j’en ai eu pour mon argent (2800 Rs la nuit, petit déj’ compris). C’est meublé avec goût, c’est calme et très confortable et on a des croissants au petit déjeuner. Pondichery est très sympa avec ses trottoirs et la quasi absence de bruits de klaxons. Ca fait un peu ville musée mais c’est très agréable quand même. D’ailleurs, Pondy est en fait assez grande. Seul le centre historique semble protégé des voitures. Si vous restez ���dans les murs”, le quartier français et le quartier tamoul se visitent facilement à pied. Beaucoup louent des vélos, c’est une affaire de goût : moi j’aime bien marcher. Pondichery est ne chouette ville pour flâner et glandouiller un peu. On y mange relativement bien, aussi. J’ai testé Madame Santhe qui est très bien. La Terrasse est moins chère mais c’est aussi plus quelconque. Je ne recommanderai pas l’Hotel Aristo, en revanche : on n’y mange pas bien pour finalement assez cher quand même.
Mamallapuram Nous avons voyégé en bus entre Pondichery et Mamallapuram où nous sommes restés 4 nuits. Nous sommes allés à l’Hotel Sea Breaze qui propose des chambres propres et confortables avec petite terrasse à des prix très raisonnables (900 Rs la double non-AC). Il y a même une vraie piscine pour ceux qui aiment, et l’accès à la plage est direct par l’hôtel. Le service est en outre simple et efficace, tout l’inverse du Femina. Leur annexe a l’air bien moins sympa mais c’est encore moins cher. Evitez les hôtels comme le Mamalla Resort : ils vous coincent à 4 km du village et ils vous matraquent de petits dej’s à 300 Rs. En prenant un hôtel dans le village, vous pourrez tout faire à pied sans forcer. Pour vous restaurer, tenez-vous éloignés du Seashore Restaurant. Vous pourrez en revanche manger correctement au Moonrakers ou au Nautilus qui avait fini par devenir notre cantine. A Mamallapuram, visitez les temples de la colline, glandouillez et promenez-vous sur la plage (elle devient plus propre vers le nord). Attention toutefois au soleil qui peut s’avérer très traître. J’ai chopé des coups de soleils gratinés à travers les nuages. Vous pourrez aussi regardez les échoppes d’artisanat local (en particulier les sculptures sur pierre). C’est très touristique si bien qu’on trouve des choses un peu surprenantes comme des têtes de Bouddha partout alors que sa place dans l’hindouisme est quand même un peu “spéciale”. Je ne suis pas rentré dans l’enceinte du temple de la colline qu’on voit très bien de l’extérieur au bord du rivage, et je n’ai pas visité les 5 rathas parce que je trouvais que 500 Rs c’était un peu beaucoup pour visiter un temple. Je préférais manger un homard pour ce prix là.
Hyderabad Après Pondichery et Mamallapuram, re-plongée dans une grande ville bruyante avec Hyderabad. J’y suis allé en train de nuit de Chennai, que j’avais rejoint en bus dans l’après-midi. Pour aller de Mamallapuram en bus, se rendre sur la jonction avec la route ECR où tous les bus passent. Vous pouvez y aller en rickshaw, c’est pas cher et les conducteurs connaissent. Le premier contact avec Hyderabad était un peu difficile et je ne me sentais pas trop à l’aise au début. Les ricksaws restent à Hyderabad les plus désagréables qu’il m’ait été donné de voir. Après 3 nuits là bas j’ai fini par m’habituer et même à bien aimer. C’est très différent du Tamil Nadu : on y voit des femmes voilées et une architecture bien plus orientale. Golconde et les tombeaux sont complètement inratables. Le marché aux pacotilles ne présente aucun intérêt et le Charminar et sa mosquée, bof… On peut aussi faire un tour à Ramoji Film City pour faire le plein de Kitsch Bollywoodien mais faites attention à arriver avant 14h sinon vous ne pourrez pas tout voir. Evitez aussi le bus pour y aller parce que c’est interminable : si c’était à refaire je prendrai un car de touristes vu que de toutes façons, à Ramoji, on suit le troupeau. Pour faire Golconde et les tombeaux, j’ai loué un taxi pour une demi journée (400 Rs), c’était bien plus commode. Renseignements pris, aller à Gloconde en transports en communs à partire du quartier des hôtels demande 2 correspondances. D’une manière générale, vous ne ferez pas trop de choses à pied à Hyderabad qui est conçue pour les déplacements motorisés. Il n’y a guère que le Charminar et le quartier musulman se font très bien à pied. Je recommande vivement l’hôtel Taj Mahal (1000 Rs la nuit en double non-AC). Même si la réception et l’escalier sont peu engageant, les chambres sont spacieuses et confortables. Mais le mieux, c’est les types de la réception qui sont vraiment de très bon conseils, qui vous expliquent tout pour les transports et sont très serviables. Des perles ! Après un check-out à 9h, ils ont gardé nos bagages et nous ont même permis de prendre une douche dans une chambre libre avant de repartir en train de nuit le soir. C’est pas au Femina que ça se serait passé comme ça ! Profitez aussi d’Hyderabad pour bien manger parce que nulle part ailleurs en Inde je n’avais mangé aussi bien. En particulier, Guffa est extra et le Palace Heights Restaurant & Bar excellent. C’est un peu plus cher qu’ailleurs mais vos papilles en auront pour leur argent, garanti ! Attention quand même, la cuisine est très épicée dans l’Andhra Pradesh. Au delà de “medium spicy”, ça devenait un peu dur pour moi alors qu’ailleurs, “very spicy” allait à peu près.
Mumbay Hyderabad > Mumbay se fait très bien en train de nuit. Arrivée à Bombay, on se croit un peu en Europe. C’est très riche et vraiment très différent des autres villes visitées jusque là. Les rues de Fort et Colaba sont larges et bordées de vastes trottoirs. Même dans les quartiers moins chics il y a des trottoirs, si bien qu’il est très agréable de se promener. Les taxis ne sont pas chers et utilisent leur compteur, mais pour peu qu’on reste au centre ville et alentours, on peut très bien tout faire à pieds. Je recommande de longues promenades dans Fort et Colaba mais aussi plus loin dans les quartiers moins “hausmaniens”, du shopping et une excursion à Elephant Island. Je suis allé au residency Hotel pour 3 nuits. C’est confortable même si les chambres ne sont pas très grandes. Il n’y a pas de non-AC si bien que j’ai payé 2000 Rs la nuit. Mais Bombay est plus chère que les autres villes. J’ai essayé de manger au Mocambo Café & Bar. Je ne recommande pas parce que c’est très cher pour ce que c’est. On mange mieux pour un poil moins cher au Mahesh Lunch Home mais le service est affreux. Moitié moins cher et deux fois meilleur, il y a l’Ideal Corner, qui est une très bonne adresse selon moi. Si on est à Colaba, on peut aussi aller Delhi Darbar : ce n’est pas cher et on y mange bien. Même en prenant le taxi aller-retour de Fort, on s’en sortira pour bien moins cher et deux fois meilleur qu’au Mocambo Café & Bar. Pour le shopping, Fabinda propose des articles de vêtements indiens à prix raisonnables mais surtout de bien meilleure qualité que les vêtements baba-cools à touristes qu’on voit un peu partout.
Recommandations d’ordre général L’Inde du Sud est un pays où il est en fait très facile de voyager. C’est très développé, les réseaux de transports sont très denses et très au point. L’hôtellerie est très au point aussi parce qu’il y a un tourisme interne très important dans les villes à temples. En plus c’est vraiment pas cher. A deux, nous nous en sommes sortis à 1300 euros pour un mois tout compris (hôtels, nourriture, transports en train, bus, avion interne, rickshaw et taxi, quelques petits souvenirs…) On trouve un peu de tout dans les boutiques donc pas de panique s’il vous manque quelque chose. Outre les médicaments en tous genre et les articles usuels quand on part en voyage, je recommanderais d’emmener : Une boussole parce que les villes sont grandes et que les noms de rues sont rarement indiquésUne corde à linge pour faire sécher sa lessive (sinon les hôtels ont en général des services de nettoyage pas trop chers)Des cadenas à chiffres et des chaînes pour accrocher son sac à dos dans le train : il y a de petites boucles prévues pour faire passer une chaîne sous chaque siège. Ne pas prendre de la chaîne trop épaisse et prévoir assez de longueur pour pouvoir bien faire le tour (2 fois c’est mieux) du sac à dos. Typiquement, 2 m c’est bien. Il y a partout des rabatteurs et les vendeurs vous sollicitent, mais pas de manière agressive et c’est très facilement gérable. Il suffit de refuser ou / puis d’ignorer gentiment mais sûrement ceux qui ont manifestement quelque chose à vous vendre et ça se passe très bien. Sinon, quiconque a un vrai boulot (taxi, chauffeur de bus, gardien…) a en général un uniforme même réduit à une chemise kaki. Si vous cherchez un renseignement, adressez-vous en priorité à ceux là. Aller au Tamil Nadu sans chercher à apprendre des trucs sur l’hindouisme me parraît peu opportun. Je recommande l’ouvrage Iconographie de l’Hindousime qui permet de mieux comprendre ce que l’on voit. C’est vraiment un strict minimum. Le guide bleu sur l’Inde du Sud n’est pas trop mal pour guider ses visites. Prenez des hotels un minimum confortables. Ailleurs, je suis peu regardant parce qu’il y a toujours des endroits sympas où se poser tranquillement et on n’est à l’hôtel que pour dormir. En Inde du Sud, les endroits tranquilles (cour ombragée, terrasse aves chaises confortables…) manquent cruellement et dans certaines villes (Chennai, Madurai, Trichy…) on peut parfois avoir besoin de se reposer un peu à l’hôtel. Donc évitez les trucs trop glauques, c’est pas si cher que ça pour qu’on doive gratter le moindre centime. D’une manière générale, surtout en ce qui concerne les restaurants, on en a souvent pour son argent. Les restaurants plus chers sont aussi souvent vraiement meilleurs que les autres. Il est assez rare de payer plus cher que ce que ne vaut la nourriture. Si on peut manger correctement pour 100 Rs, un repas à 200 Rs est incomparable de qualité et un repas à 400 Rs est vraiment d’une remarquable finesse. Il y a beaucoup de fruits vendus sur des charettes dans la rue. Ils sont en général très bons. D’ordinaire, je me nourissais de fruits à midi et je ne faisais de vrai repas que le soir. Il vaut en outre mieux manger indien que continental. La nouriture continentale est en général mal faite alors que la cuisine indienne est très variée et intéressante. Ca vaut aussi pour le petit déjeuner.
Si c’était à refaire… … tout pareil à quelques détails près. J’ai à chaque fois passé 2 nuits dans les villes à temple (Madurai, Trichy, Thanjavur) et je me déplaçais en bus / train de l’une à l’autre. Pour ces trois villes, je louerais en fait un taxi et je ne passerais qu’une seule nuit à chaque fois. Voyager en taxi c’est pas terrible parce qu’on ne voit rien du pays mais en l’occurrence, pour le coup, les villes à temples ne sont pas le meilleur endroit pour le bus. Je passerais moins de temps à Chennai et tout le temps gagné dans les villes à temples et à Chennai, je l’emploierai pour aller à Godaikanal après le parc national du Periyar. Je n’irais peut-être pas à Trichy.
Voici donc le recit de mon voyage dans ce pays que j aime tant car meme s il est loin d etre un paradis de certains points de vue, il a su conquerir mon Coeur par la gentillesse extreme de certains de ses habitants et par les nombreux tresors qu il offre a nos regards de voyageurs avides de sensations, couleurs et parfuns divers.
Ce voyage sera le plus long de mes sejours dans ce pays et j espere que comme les 3 premieres fois, il comblera mes esperances.
Mardi 4/10 : Il est 8 heures quand nous arrivons a Roissy Charles de Gaulle. L ecran affiche notre vol GULFAIR avec un depart a l heure prevue. Ouf!!! On nous avait annonce une greve des controleurs aeriens mais pour l instant tout va bien. A l enregistremennt, 1er couac. 17 kgs d excedant de bagages. On veut me faire payer 15 kgs = 600 euros. Je refuse tout net en expliquant toutefois avec mon plus beau sourire qu il s agit de vetements a distribuer en Inde a des enfants qui en ont le plus grand besoin mais rien n y fait, il faut payer. Ils sont Impitoyables meme en leur promettant qu’Allah leur tiendra compte de leur bonne action. Je tente alors le tout pour le tout et je leur dit qu’ils peuvent garder le sac excedentaire sachant bien qu’il n’est deja plus sur le tapis roulant, et qu’ils n’ embarquent que les 2 sacs contenant nos bagages personnels. Cela leur est evidemment interdit et je demande donc a recuperer le sac avec les vetements a donner en sachant encore une fois que cette recuperation est hyper difficile. On nous dit d attendre. Ok, pas de probleme. Apres plus d’une heure, toujours pqs de sac, le responsible s enerve, nous appelle et nous dit de terminer l enregistrement de nos bagages, que c est bon pour une fois. Youpeeeee!!! Gagne….. Oh, ce n est vraiment pas pour moi que je suis contente mais je sais que cela sera bien employe la bas et j avais tout relave, repasse et trie pour n emporter que de beaux petits vetements a peine portes ici ou les enfants n en ont que trop.
C est donc le coeur leger que j embarque pour un vol de quelques heures sans probleme, avec un bon bollywood movie pour me mettre dans l ambiance. On arrive a Bahrein dans un petit aeroport plein de duty free aussi ininteressants les uns que les autres. Nous embarquerons a l heure pour la 2e moitie de notre voyage. Ma voisine de couloir est francaise et tres sympa. Elle part pour 3 mois a Goa et nous papotons pendant tout le vol jusqu’ a Mumbai. A l arrivee nous recuperons nos bagages tres rapidement et rejoignons Colaba avec un prepaid taxi a 365 Rs. Au Regent Hotel, reserve par internet, on nous donne une chambre tres vaste avec un petit salon, une kitchenette et une SdB au 5e etage. Elle est a peu pres calme malgre les bruits de la ville qui est deja bien reveillee a 6 h du matin.
Mercredi 5/10 : Apres 6 petites heures de repos et une bonne douche nous nous dirigeons vers le Leopold Café pour y prendre notre premier repas en Inde. Petits dejeuner classique malgre qu il soit 13 h. Des oeufs, des toast, du café et une petite soupe Chinoise au poulet et aux nouilles a laquelle je ne resiste pas. Puis direction la gare pour reserver nos billets de train pour Vadodara. Zut!!! Deja en waiting list mais pas de panique, il est quasi certain que nous aurons des couchettes. Apres une heure de marche dans la ville pour s impregner des bruits et des odeurs, nous prenons un taxi vers Dhobi Gats. C est un des plus grands lavoirs du monde. Ce sont des grands bassins en Pierre, a ciel ouvert ou est lave a la main tout le linge de la ville par quelques 15.000 hommes exclusivement. On y manipule quotidiennement des tones de draps, serviettes, dhoti, etc…. Dans le meme quartier, nous irons profiter de la relative quietude du Mahalaxhmi temple ou l on nous offer gentiment quelques gros grains de sucre pour adoucir notre quotidien. Nous terminerons notre tres courte 1ere journee sur la plage de Chozpatty ou quelques jeunes amoureux cotoient des familles dont les enfants s’amusent sur de vieux manages de bois et de feraille. Une grande balancoire aurait bien fait mon bonheur, mais a 60 ans cela n aurait pas fait tres serieux. Elle m a rappele l’ espace dun instant mon enfance, au bon vieux temps ou Bruxelles Brusselait….. Le soir est tombe, les gens sont hyper souriants, curieux de nous, de nos appareils photos avec les “Namaskar” les questions habituelles : what is your name, where do you come from…. Un vrai bon moment dans la fraicheur relative du soir, la brise est legere, le doux clapotis des vagues, les petits etals de belpuri et de panipuri. Genial tout ca. Quant a nous, nous irons nous regaler dans un restaurant don’t la specialite est le poisson. Celui qui nous sera servi est cuit au four “tandoor” après avoir ete enduit de yougourt et d epices. Avant ca, quelques crevettes bien epicees, Hummmmm, excellent tout ca.
Jeudi 6/10 : Apres une vraie nuit de sommeil, je me sens d attaque. Pour commencer la journee, une petite visite au Prince of Wales Museum installe dans un bel edifice a coupole, copie de celle du Golgumbaz de Bijapur. Le musee est tres interessant, il regroupe en effet plusieurs bas reliefs importants ainsi que des sculptures de Pierre, des bronzes et toute une serie de miniatures des differents style du pays, ainsi que quelques miniatures persanes. Je sors donc de ce musee de fort belle humeur. Une grande ballade a pied nous emmene du quartier du fort jusque Chowpatty Beach en passant par l imposante universite, la high court of justice d architecture victorienne et les grands maidans ou les joueurs de criquet se defoulent deja. Apres le dejeuner nous voici a l’India Gate ou nous nous faisons harpooner par 2 des employes d un grand parc juste en face de cette porte monumentale. Le parc etait ferme au public mais on nous fait signe d’entrer malgre que nous n ayons rien demande. Nous en sommes heureux malgre tout car ca nous donne le recul necessaire pour faire de bonnes photo de cette porte celebre par laquelle arrivaient les 1ers voyageurs Europeens au temps des paquebots, époque que j envie, je dois bien l avouer. Maintenant tout va si vite, toujours a courir, toujours a etre presse, quel dommage. Nos 2 employes sont donc si gentils, si empresses a nous prendre en photo mais a l’issue de la séance on nous reclame 700 roupies de backshish. Bien sur ils sont 7 et pauvres et 100 rps ce n est pas grand chose pour des tourists richissimes comme nous. J etais morte de rire et je m en suis tiree avec quelques roupies seulement en leur expliquant que je ne suis pas Americaine mais Belge. On m a repondu : Oh yes, it is the capital of the diamant….. Je ne sais donc pas si je continuerai a dire que je suis Belge car je n ai rien a voir avec les diamants et les fortunes colossales qu’ils generent. Quoi qu il en soit, après une ballade en bateau dans le port de Mumbai, ce meme parc etait ouvert a tous et totallement gratuitement. Mais ca aussi c est l Inde….. Puisqu on y etait j en ai profite pour aller visiter les toilettes du Taj Mahal, superbe hotel et superbes toilettes s il en est. Celles de Versailles peuvent aller se rhabiller…. La petite dame en charge des toilettes, vous fait couler l’eau chaude juste a point sur vos petites mimines, elles vous les saupoudre de savon et lorsqu’elles sont enfin proprettes, elle vous les essuie. J’etais completement ebahie par tant de solicitude mais devant son grand sourire, je me suis laisse faire en lui rendant le mien avec quelques roupes evidemment, mais qu’elle au moins avait bien merite. Allez, il est l’heure d’aller faire un tour dans un emporium car l’envie m’en demange deja bien que je me suis promis de ne rien acheter pendant au moins …….8 jours. Jusqu’a ce soir pari tenu mais je viens d’arriver et j’aurais pu craquer 10 fois deja. Ah la la, que c est dur de resister. Pour me consoler, je sais que je terminerai mon voyage ici et que j aurai au moins 2 jours entiers pour faire du shopping. Le soir, resto penjabi ou l airco se charge deja de me refroidir. En sortant j ai mal a la gorge. Nous arrivons a BCT pour prendre le Vadodara Express, depart a 23 h 30. Apres une petite negociation ardue avec les porteurs qui sont au moins a 20 autour de nous, nous constatons avec soulagement que les “chart’ affichent nos couchettes en A1, 37 et 39. Super nous pourrons dormir tranquilles. Le train entre en gare, on s installe pour la nuit et dodo.
Vendredi 7/10 : Arrivee a Baroda (Vadodara) a 6 h 30. Miracle, le train est pile a l heure. Comme les choses ont change depuis mon 1er voyage en 1988. L hotel Surya n est pas loin de la gare et le rickshw nous y depose en quelques minutes pour 10 rps. Comme j ai encore pris plus froid dans le train ou l’AC fonctionnait sans doute au maximum, je decide de m accorder quelques heures de repos supplementaire avant de commencer la visite de cette ville beaucoup plus grande qu il n y parait mais ou les batiments interessants ne pullulent pas. Le Laxhmi Villa, imposant palais entoure d un grand parc people de paons sert de décor aux clubs de criquet et de golf mais ne se visite pas. En fait le but de notre halte dans cette ville est le festival de Navratri qui est fete ici avec plus de faste et de conviction qu ailleurs dans le Gujarat. Le soir toute la ville y danse et participe. Apres avoir soupe dans un tres bel endroit ou nous avons profite d un buffet de plats Indiens, Chinois et presque continentaux, nous nous rendons dans un grand parc a la lisiere de la ville ou sont deja rassembles plus de 1.500 personnes sur la piste centrale pour une “Garba dance” endiablee qui va durer 3 heures au total. Il y avait encore 2 fois plus de monde autour de la piste et il fallait bien s accrocher pour acceder a sa place dans les tribunes. La musique battait deja son plein, les costumes traditionnels du Gajarat sont superbes et tres colores mais helas les photos sont totallement interdites et nous sommes surveilles de pres par un service d ordre nombreux pour eviter tout debordement. Apres 2 h de danses ou les mouvements sont tres repetitifs et sont ponctues par le cliquetis de 2 batons courts que l on fait virevolter dqns les airs, nous decidons de rentrer nous coucher. A notre grande surprise, juste devant notre hotel, on a installe une estrade ou se trouvent les musicians et la rue est noire de monde. Au center, les danseurs et tout autour le public. Je me joins donc a eux pendant un bon moment car de toute maniere, il est totallement inutile d esperer pouvoir dormir, notre fenetre donnant juste au dessus de l estrade des musicians et la sono est a fond. Ici par contre les photos sont premises mais la foule est tellement dense qu il est plutot difficile de faire un cliché correct. Enfin, on verra ca plus tard. Pour l instant je regarde et je profite. Les gens sont sy;pqs et gais. Ils m expliauent le sens de la fete, m offrant de m asseoir, m offrant a boire. Ils sont heureux que je les prenne en photo. Un regal pour les yeux et les oreilles car les musicians ici aussi sont excellents. Que du bonheur !!! Ah que les Indiens sont doues pour faire la fete. Je savoure chaque minute qui passe et quand je vais enfin me coucher, je m endors avec le sourire aux levres car ici c est mon nirvana a moi.
Samedi 8/10 : Nous avons loue une voiture pour 2 jours et a 7 h, nous voici en route pour Dhaboi qui est un tout petit village dont l’enceinte fortifiee a garde 2 portes impressionnantes. Dans l’une d’elle, un petit temple ou on nous offer de la noix de coco. Derriere la porte, un reservoir d’eau ou les femmes sont en train de laver le linge. Questions habituelles, séance de photos et pleins de sourires. L’endroit ne voit guerre de tourists, ce qui explique sans doute encore plus la curiosite des gens mais aussi un peu de timidite de la part des jeunes femmes qui me demandent pourtant toutes de les prendre en photo. Jean se charge d’immortaliser les jeunes garcons qui n’osent me demander a moi sans doute et tous sont tres heureux de voir leur image sur le petit ecran de l’appareil digital. Nous les quittons a regret pour nous render a Pavagadh, juste a cote de Champaner qui fut au 8e S. la capitale des Rajpoutes Chauhan. La Jama Masjid est superbe. Elle date de 1513 et l’entrée sculptee dans la Pierre est de toute beaute. Une seconde mosquee dans l’enceinte des ramparts impressionnants est toute aussi belle. La colline de Pavagadh est un lieu de pelerinage tres important. En cette periode de Navaratri, il y a une foule considerable et la police nous deconseille fortement de monter en bus gouvernemental qui est litteralement pris d assaut a chaque depart. Les autres vehicules sont totalement interdit sur la colline et le funiculaire qui y accedait a ete ferme pour cause d’accident mortel en 2003. Nous rentrerons donc a Vadodara pour profiter une fois de plus de l’ambiance de la fete et des “garba dance”. La fete de Navaratri dure 9 jours ou plutot 9 nuits. Ce festival est dedie a Durga, la deesse mere et il est le prelude a Dussehra. Chaque quartier a son proper lieu ou s’eleve une estrade pour les musicians et une enceinte parfois delimitee par de simples cordes pour les danseurs. La soiree est un peu moins animee que celle d’hier mais dure quand meme jusque plus de minuit. Nos nuits de sommeil sont donc un peu courtes mais la joie de participer a la fete compense meme si la fatigue se fait un peu sentir.
Dimanche 9/10 : Depart de Baroda vers 9h 15 pour 100 kms de route. A plus ou moins 60 kms, nous nous arretons a Vaso pour y visiter une superbe haveli ou nous sommes tres chaleureusement accueillis par un Monsieur de 92 ans (son anniversaire est le 11 novembre prochain et je me suis promis de lui envoyer une petite carte). Il est le petit-fils de celui qui fit construire la haveli. Notre chauffeur ne connaissait ni le village, ni la haveli, ni meme la route pour y arriver et j ai donc du fortement insister pour m’y faire conduire en en trouvant le chemin d acces par moi meme en demandant a gauche et a droite a des gens qui ne parlaient souvent que le gujarati que je ne maitrise evidemment pas moi meme. Ce fut donc assez cocasse mais on y est arrives et c est le principal. En tout cas, cela valait largement le detour et ma 1ere pensee fut pour toi Phil car avec ton coup de crayon magique, tu nous aurait fait de ces croquis sublimes. Entre le proprietaire avec lequel j ai de suite sympathise et l endroit merveilleux, je ne sais ce que tu aurais prefere croquer. En tout cas, j y ai passé un excellent moment trop court bien sur et cette belle decouverte m’a mise d’encore meilleure humeur, si cela est possible. Ce village paisible, cette magnifique demeure, entouree d’un jardin empreint de serenite. Ah! Que l’Inde reserve encore de belles surprises a celui qui sait prendre son temps. Nous arrivons a Ahmedabad vers le milieu de lapres-midi. Pas mal d’hotels mais ou surevalues ou trop chers meme si le luxe est au rendez-vous comme au Meridien par exemple a 195 US$, ce qui n’est pas prevu dans mon budget. Nous avons fini par degotter le KingPalace ou le patron est charmant et nous laisse la chambre “executive” a 1.500 Rps au lieu de 1.800 et un bon de 300 Rps a valoir sur n’importe quell repas pris dans son restaurant attenant. Tout ca n’ est pas mal du tout en comparaison de tout ce que j’ai vu avant. Le restaurant que nous avons teste des notre arrivee est d’ailleurs excellent et tout le monde est sympa. Le soir nous irons voir le son et lumiere de Sabarmathi Ashram a 20.30 h (65 minutes, en anglais et a 5 kms de la ville). Il retrace la vie de Gandhi. Mais lorsque nous arrivons sur place, deception, il est annule car pas assez de monde et nous rentrons donc a l’hotel pour une nuit de sommeil bien meritee.
Lundi 10/10 : Debout a 5 h 30 et depart vers 7 h pour Nal Sarovar. Notre chauffeur ne parle pas un mot d’anglais mais il n’est pas venu seul. Son copain parle quelques mots et fait de son mieux pour nous etre agreeable. Le lac n’ est qu’a 60 kms d’Ahmedabad mais on a quand meme mis 1 h 45 pour y arriver. Il est vrai que nous nous sommes arêtes en route pour faire des photos de familles nomades qui circulaient sur la route avec des grandes charettes tres hautes tirees par des chameaux tres hauts sur pattes egalement. Arrives sur place (entrée a 215 rps pp + parking obligatoire + voiture + appareil photo + n/guide et chauffeur) nous nous rendons compte que l’expedition n’est pas gratuite du tout et j’espere donc ne pas etre venue pour rien. Nous sommes de suite abordes par des bateliers qui se vantent de nous faire voir des flamants roses et un tas d’autres oiseaux, raison pour laquelle nous sommes d’ailleurs venus. Leur tariff 1.000 rps pour le tour du lac. Evidemment je veux d abord voir le lac de pres avant de me decider car j’ai deja la nette impression de ne rien voir du tout. Aucun oiseau a l’horizon mais devant le harcellement incessant des bateliers nous finissons par tomber d’accord sur 300 rps pour 2 h de ballade qui sera me semble t’il largement suffisant. Le bateau a fond plat est propulse a l’aide de longs bambous car le lac est peu profound et les moteurs ne sont pas de mise sur ce lac qui est une reserve ornitologique importante ou se rassemblent des milliers de flamants et oiseaux migrateurs mais plus tard dans la saison, en fait fin novembre-decembre. Nous avions espere mais en vain. Apres 2 h en plein soleil, nous sommes quasimment grilles sur place et nous n’avons rien vu d’autre que quelques gros nenuphars blancs et quelques plus petits de couleur lilas pale au coeur d’or. Nous avons egalement apercu quelques toutes petites grenouilles qui se deplacent avec une rapidite extraordinaire sur les grandes feuilles de nenuphars. Comme pour nous faire voir que nous n’etions pas seul sur ce lac, un cormoran a soudain daigne sortir sa tete de l’eau pour y replonger tout aussitot en nous laissant frustres de ne meme pas avoir pu le fixer sur la pellicule. Apres quelques kms sur la route du retour nous faison un bref arret dans un petit bourg paisible et j’en profite encore une fois pour y faire a la demande des femmes habillees de couleurs chatoyantes quelques clichés. Elles ont de nombreux tatouages sur la gorge et sur les bras et portent de tres beaus bijoux d’oreilles en or. Elles sont tres joyeuses et se pretent volontiers a la séance photo qui tourne vite a la rigolade generale. Un peu plus loin, j’apercois en contrebas de la route toute une serie d’oiseaux, pas des flamants roses, certes, mais des grues, des ibis, des grands herons blancs, des courlis et un paon en plein vol qui passé juste au-dessus de ma tete. Enfin, quelques chouettes photos a faire! J’espere qu’elles seront reussies car il faut deployer une patience d’ange pour la photo animaliere, et ce n’est pas ce qui me caracterise le plus, il faut bien le dire. J’en vois d’ici qui rient deja a gorge deployee….. De retour dans les faubourgs d’Ahmedabad, notre chauffeur nous emmene voir un complexe architectural du 15e S qui se trouve dans le quartier de Sarkej. Autour d’un immense basin a gradins sont regroupes un palais royal + un palais pour les femmes (reine, princesses et dames de la cour) + une mosquee de 1451 et la tombe d’un saint ainsi que le mausolee du roi qui abrite les tombes de Muhamad Shah Begada et de ses 3 epouses royales. Ces cenotaphs sont sculptes dans le marbre et sont des merveilles de finesse. C’est le descendant direct du saint qui nous fait visiter l’endroit. Il nous explique tout avec une extreme gentillese et avec moultes details. Il nous a consacre d’ailleurs pas mal de temps et tout cela tout a fait gratuitement mais bien sur nous n’avons pas manqué de laisser une offrande pour la mosquee, ce qui fut apprecie, cela va sans dire. Nous irons ensuite voir un “baoli” qui est un reservoir collectant les eaux pluviales en periode de mousson. Dans tout l’etat du Goujarat il sont nombreux et particulierement impressionnants. Celui de Hari Vav ou nous sommes, compte 5 etages sur 20 M de profondeur. Il date de 1501. Nous ne nous attarderons pas trop longtemps et filons voir le Hathee Singh Jain temple qui est assez sobre compare aux merveilleux temples jain du Rajasthan. Notre derniere halte de la journee sera pour la mosquee de Rani Rupmati qui date de la moitie du 15e S. et porte le nom de l’epouse hindoue d’un sultan. Malheureusement nous arrivons en pleine heure de priere qui marque la fin du jeune de Ramadan. Comme il est 18 h la priere est un peu plus longue qu’a l’ordinaire avant que les fideles ne regagnent leurs foyers pour partager leur unique repas de la journee en famille ou avec des amis.
Mardi 11/10 : Ahmedabas etait une ville prestigieuse “abad” significant riche. La ville a successivement connu des periodes de grandeur et de declin. En 1615, l’ambassadeur Anglais a reporte que la ville etait aussi grande que Londres a la meme époque. A partir de 1915 son essor industriel lui a assure une nouvelle prosperite. Tout le Gujarat est fortement marque par la philosophie de vie de Gandhi, natif de cet etat. A Ahmedabad la majorite des restaurant sont vegetarians et on n’y trouve pas une goutte d’alcool. Pour moi, ce n’est donc pas une etape gatronomique car ceux qui me connaissent savent que je suis loin d’adherer a cette facon de me nourrir. Heureusement notre hotel est sans doute tenu par des musulmans et comporte un restaurant ou l’on peut aussi manger “non-veg” mais le choix se limite a plusieurs preparations de poulet. Enfin, c”est mieux que rien. Va pour le poulet une fois de plus…. Ce matin nous visiterons successivement la mosquee de Sidi Sayad, petite mais tres finement sculptee, surtout ses fenetres de marbres sont ciselees comme des dentelles. Une petite merveille. Puis Teen Darwaja, la triple porte d’ou les sultants regardaient les processions s’acheminer du palais jusqu’a la Jama Masjid. Cette porte se trouve maintenant au coeur d’un bazar tres actif et tres anime plein de vie et de cris des nombreux marchands de tout ce qui est necessaire a la vie quotidienne. Juste a cote se trouve la Jama Masjid edifiee en 1423. Elle est couronnee de 15 domes soutenus par 260 piliers. Le seisme de 2001 a endommage plusieurs “jails” qui sont ces fenetres de marbre finement cisele commes des moucharbieh. Les minarets oscillants flanquant le porche d’entrée durent egalement detruits par les seismes successifs de 1819 et 1957. Malgre cela la mosquee garde encore fiere allure. Jouxtant la mosquee, le mausolee d’Ahmed Shah (fondateur de la ville en 1411) Le tombeau contient egalement les cenotaphs de son fils et de son petit-fils. Quant aux reines, elles sont releguees de l’autre cote de la rue sur une simple plate-forme de Pierre. Apres un frugal repas de soupe et butter nan, nous poursuivons notre visite par le clou de notre visite dans cette ville ou les choses interessantes ne manquent pas.. Sans contest, le Calico Museum dedie entierement a l’art du textile est une merveille en soi. Le musee est installe dans la fondation Sarabhai. Une tres belle haveli (demeure traditionnelle) entouree de magnifiques jardins. Il abrite une tres riche collection de tissues anciens et modernes et presente egalement quelques beaux objets comme des métiers a tisser, un berceau richement decore, un lit d’apparat, quelques beaux meubles anciens, quelques statues, le tout tres bien mis en valeur par de magnifiques eclairages appropries a chaque piece presentee. Une visite guidee en anglais qui d’ailleurs nous apprend plein de choses sur cet etat si riche et si prospere. Nous poursuivons la journee en nous rendant au chatoyant temple de la secte de Swami Narayan qui la encore nous est presente par un monsieur tres affable qui nous donne lui aussi plein de renseignements et d’explications sur la vie et l’oeuvre du gourou fondateur ainsi que sur le temple lui-meme. Cette secte semble tres prospere car le temple est tres grand et comprend plusieurs batiments richement decores de sculptures en bois peintes aux couleurs vives. Il est tres bien entretenu. Tout y est pimpant. On nous y offer le the et lorsque nous allions prendre conge de notre hote, nous voyons arriver dans un batiment annexe reserve aux femmes, une chaise a porteur completement entouree de tissues drapes nous derobant totalement la vue de ce qui se passait en-dessous de cette epaisse tenture. Il s’agissait en fait de l’arrivee de la grand mere du gourou actuel, descendant en droite ligne du fondateur. Aucun homme ne peut voir son visage et lorsqu’elle sort de sa chaise, elle disparait en-dessous d’un enorme parasol egalement drape de tissues. Notre guide me suggere vivement d’aller la saluer personnellent, ce que je fais avec plaisir evidemment. Elle est agee de 92 ans et etait ravie de cette rencontre inatendue car les voyageurs occidentaux se font rares ici. En la quittant, nous nous rendons encore a la mosquee de Rani Sipri mais il se fait tard et une fois de plus nous arrivons en pleine heure de priere. Il est vrai que le temps passé trop vite ici. Cette mosquee don’t la construction fut commandee par l’epouse du sultan Mahmut Begara en 1514 est d’une rare elegance. Son surnom de “mosquee-joyau’ n’est vraiment pas usurpe. Elle possede egalement de merveilleux “jalis”. Nous n’aurons malheureusement plus le temps de visiter la mosquee de Sidi Bashir ni les 2 musees situes sur le campus universitaire mais ce sera sans doute partie remise car je pense que nous devrons repasser par ici avant de regagner Mumbai et Aurangabad.
Mercredi 12/10 : Cette fois nous partons de bonne heure en direction de Patan a 130 kms au nord-ouest d’Ahmedabad. Apres 19 kms, un 1er arret nous laisse sans voix devant un ‘baoli” (puit) impressionnant et de toute beaute. Il fut construit en 1499 a la demande d”une reine. 3 entrees conduisent a une plate-forme soutenue par 16 pilliers avec des angles occupes par des sanctuaries. Le baoli est tres decore d’exquises sculptures en Pierre avec une grande variete de motifs sur 5 etages. Encore une tres belle decouverte qui se trouve dans le village d’Adalaj don’t le nom du puit “Adalaj Vav”. 2 cars d’ecoliers partagent notre emerveillement et c’est donc en joyeuse compagnie que nous terminons cette visite. Nous continuons notre route a travers une verte campagne par une route a peage bien macadamisee et nous arrivons a Patan sans encombres. Juste avant la ville nous traversons un carrefour important ou des jeunes femmes executent une danse car aujourd’hui c’est la fete de Dussehra. Encore plein de sourires s’offrent a nous et les danseuses se font un plaisir de se tourner sans cesse du bon cote pour que les photos soient bonnes. Nous les quittons a regrets mais le chauffeur s’impatiente car la route est encore longue. Patan est une petite ville pleine de ruelles etroites dans sa partie ancienne. Elle est surtout connue pour la fabrication de saris en soie don’t les fils en soie sont teints a la main dans plusieurs bains successifs avec des couleurs exclusivement vegetales pour creer le motif avant meme que le tissage commence. C’est donc un travail de longue haleine et de grande dexterite double de patience execute par des gens qui maitrise extremement bien la technique. Nous avons eu la chance de visiter un atelier tres renomme et c’est le patron-artisant lui meme qui nous a fait les honneurs de son atelier et de ses merveilles. Il a ete tres souvent medaille par l’etat Indien entr’autre, ce qui explique toute la fierte de cet homme qui est le meilleur artisant de cette technique. Il nous offer le the, nous montre toutes ses recompenses, don’t une recue de l’etat Francais et une autre du Japon. Plusieurs livres lui ont ete consacre car sa famille oeuvre dans l’art du patiola (nom donne a cette technique). Au Japon, cette homme serait qulifie de tresor vivant tellement son travail est artistique et peu de gens sont capables de reproduire cette technique. Inutile de dire que les saris qui sortent de ses ateliers coutent une petite fortune. La derniere piece qui vient d’etre terminee s’en ira d’ailleurs enrichir la collection d’un grand musee Japonnais. Il ne travaille que sur commande et la liste d’attente actuelle est de 4 ans minimum. Encore un excellent moment passé ici. Il sera suivi de la visite de l’epoustouflant Rani-Ki-Vav, un autre baoli encore plus extraordinaire que les precedents. Des sculptures sur 8 etages. C’est somptueux et je n’exagere pas. Je descends les etages, les remonte, redescend encore une fois, je n’en crois pas mes yeux. Apres des dizaines de photos, je dois quitter cet endroit magique a regret encore une fois ou hormis un couple d’indiens avec 2 jeunes gens, il n’y a strictement personne. Allez, je m’arrache pour aller voir une autre merveille d’un autre genre après quelques moments passes dans le bazaar de la vieille ville ou je m’achete pour 60 roupies un anneau de velours remboure brode de perles que les femmes portent sur la tete, pour servir de support a leur broc d’eau en cuivre ou plus souvent maintenant en inox. Je m’offre aussi une petite tresse en coauillages et fleurs don’t on se sert pour orner les petits temples familiaux. 40 roupies, une vraie folie. Lorsque nous qrrivons a Modhera, le sun temple nous accueille dans la pleine lumiere du soleil de la mi-journee. Ce temple est d’ailleurs dedie a Surya, dieu du soleil. Il fut edifie par le roi Bhimdev er en 1026 et ressemble a celui de Konarak dans l’Orissa, erige 2 siecles plus tard. Ils furent tous 2 concus de maniere a ce que le soleil levant eclaire l’image de Surya au moment des equinoxes. Le temple de Modhera comme celui de Somnath que nous irons voir dans quelques jours fut pille par Mahmut de Gazni lors de son passage. Ce qui en reste est neanmoins fascinant. 52 pilliers delicatement sculptes, retracant des scenes du Ramayana et du Mahabharata. A l’interieur du temple, 12 niches ou se trouvent les representations du dieu Surya pour chacun des 12 mois de l’annee. Devant le temple, encore un impressionnant baoli, le Surya Kund. Plus de 100 sanctuaires dedies a Ganesh, Vishnu et Shiva. Apres toutes ces merveilles, quelques minutes de repos devant un Limca bien frais et nous repartons de plus belle. En effet, hier soir au restaurant, notre gentil serveur nous a parle d’un temple extraordinaire a Gandhinagar. Celui-ci n’etait pas prevu au programme mais il est encore assez tot et nous profiterons donc de l’occasion pour aller y jeter un coup d’oeil. La ville de Gandhinagar est la nouvelle capitale du Gujarat et son nom lui a bien sur ete donne en homage au Mahatma Gandhi. Elle se trouve a 32 kms au N-E d’Ahmedabad qu’elle a detrone en tant que capitale. C’est la 2e ville planifiee en Inde après Chandinagar. Le Corbusier participa d’ailleurs a sa construction qui a debute en 1965. Nous ne verrons pas grand chose de la ville si ce n’est le magnifique temple Akshardam de la secte hindoue de Swami Narayan. 1.000 artisants ont participe a sa construction et 6.000 tonnes de gres rose y sont employe. Il est acheve depuis une 30e d’annees seulement, mais cela n’enleve rien a sa beaute car les artisants qui y ont oeuvre, y ont mis tout leur savoir faire. Une vraie reussite. Ce qui prouve bien qu’en Inde ont sait toujours faire des prouesses d’architecture sans verre et sans beton, et quel resultat. De retour a Ahmedabad, il nous reste a nous preparer pour repartir des le lendemain matin pour d’autres lieux enchanteurs
A tres bientot pour la suite de ces aventures indiennes..................
Mardi 4/10 : Il est 8 heures quand nous arrivons a Roissy Charles de Gaulle. L ecran affiche notre vol GULFAIR avec un depart a l heure prevue. Ouf!!! On nous avait annonce une greve des controleurs aeriens mais pour l instant tout va bien. A l enregistremennt, 1er couac. 17 kgs d excedant de bagages. On veut me faire payer 15 kgs = 600 euros. Je refuse tout net en expliquant toutefois avec mon plus beau sourire qu il s agit de vetements a distribuer en Inde a des enfants qui en ont le plus grand besoin mais rien n y fait, il faut payer. Ils sont Impitoyables meme en leur promettant qu’Allah leur tiendra compte de leur bonne action. Je tente alors le tout pour le tout et je leur dit qu’ils peuvent garder le sac excedentaire sachant bien qu’il n’est deja plus sur le tapis roulant, et qu’ils n’ embarquent que les 2 sacs contenant nos bagages personnels. Cela leur est evidemment interdit et je demande donc a recuperer le sac avec les vetements a donner en sachant encore une fois que cette recuperation est hyper difficile. On nous dit d attendre. Ok, pas de probleme. Apres plus d’une heure, toujours pqs de sac, le responsible s enerve, nous appelle et nous dit de terminer l enregistrement de nos bagages, que c est bon pour une fois. Youpeeeee!!! Gagne….. Oh, ce n est vraiment pas pour moi que je suis contente mais je sais que cela sera bien employe la bas et j avais tout relave, repasse et trie pour n emporter que de beaux petits vetements a peine portes ici ou les enfants n en ont que trop.
C est donc le coeur leger que j embarque pour un vol de quelques heures sans probleme, avec un bon bollywood movie pour me mettre dans l ambiance. On arrive a Bahrein dans un petit aeroport plein de duty free aussi ininteressants les uns que les autres. Nous embarquerons a l heure pour la 2e moitie de notre voyage. Ma voisine de couloir est francaise et tres sympa. Elle part pour 3 mois a Goa et nous papotons pendant tout le vol jusqu’ a Mumbai. A l arrivee nous recuperons nos bagages tres rapidement et rejoignons Colaba avec un prepaid taxi a 365 Rs. Au Regent Hotel, reserve par internet, on nous donne une chambre tres vaste avec un petit salon, une kitchenette et une SdB au 5e etage. Elle est a peu pres calme malgre les bruits de la ville qui est deja bien reveillee a 6 h du matin.
Mercredi 5/10 : Apres 6 petites heures de repos et une bonne douche nous nous dirigeons vers le Leopold Café pour y prendre notre premier repas en Inde. Petits dejeuner classique malgre qu il soit 13 h. Des oeufs, des toast, du café et une petite soupe Chinoise au poulet et aux nouilles a laquelle je ne resiste pas. Puis direction la gare pour reserver nos billets de train pour Vadodara. Zut!!! Deja en waiting list mais pas de panique, il est quasi certain que nous aurons des couchettes. Apres une heure de marche dans la ville pour s impregner des bruits et des odeurs, nous prenons un taxi vers Dhobi Gats. C est un des plus grands lavoirs du monde. Ce sont des grands bassins en Pierre, a ciel ouvert ou est lave a la main tout le linge de la ville par quelques 15.000 hommes exclusivement. On y manipule quotidiennement des tones de draps, serviettes, dhoti, etc…. Dans le meme quartier, nous irons profiter de la relative quietude du Mahalaxhmi temple ou l on nous offer gentiment quelques gros grains de sucre pour adoucir notre quotidien. Nous terminerons notre tres courte 1ere journee sur la plage de Chozpatty ou quelques jeunes amoureux cotoient des familles dont les enfants s’amusent sur de vieux manages de bois et de feraille. Une grande balancoire aurait bien fait mon bonheur, mais a 60 ans cela n aurait pas fait tres serieux. Elle m a rappele l’ espace dun instant mon enfance, au bon vieux temps ou Bruxelles Brusselait….. Le soir est tombe, les gens sont hyper souriants, curieux de nous, de nos appareils photos avec les “Namaskar” les questions habituelles : what is your name, where do you come from…. Un vrai bon moment dans la fraicheur relative du soir, la brise est legere, le doux clapotis des vagues, les petits etals de belpuri et de panipuri. Genial tout ca. Quant a nous, nous irons nous regaler dans un restaurant don’t la specialite est le poisson. Celui qui nous sera servi est cuit au four “tandoor” après avoir ete enduit de yougourt et d epices. Avant ca, quelques crevettes bien epicees, Hummmmm, excellent tout ca.
Jeudi 6/10 : Apres une vraie nuit de sommeil, je me sens d attaque. Pour commencer la journee, une petite visite au Prince of Wales Museum installe dans un bel edifice a coupole, copie de celle du Golgumbaz de Bijapur. Le musee est tres interessant, il regroupe en effet plusieurs bas reliefs importants ainsi que des sculptures de Pierre, des bronzes et toute une serie de miniatures des differents style du pays, ainsi que quelques miniatures persanes. Je sors donc de ce musee de fort belle humeur. Une grande ballade a pied nous emmene du quartier du fort jusque Chowpatty Beach en passant par l imposante universite, la high court of justice d architecture victorienne et les grands maidans ou les joueurs de criquet se defoulent deja. Apres le dejeuner nous voici a l’India Gate ou nous nous faisons harpooner par 2 des employes d un grand parc juste en face de cette porte monumentale. Le parc etait ferme au public mais on nous fait signe d’entrer malgre que nous n ayons rien demande. Nous en sommes heureux malgre tout car ca nous donne le recul necessaire pour faire de bonnes photo de cette porte celebre par laquelle arrivaient les 1ers voyageurs Europeens au temps des paquebots, époque que j envie, je dois bien l avouer. Maintenant tout va si vite, toujours a courir, toujours a etre presse, quel dommage. Nos 2 employes sont donc si gentils, si empresses a nous prendre en photo mais a l’issue de la séance on nous reclame 700 roupies de backshish. Bien sur ils sont 7 et pauvres et 100 rps ce n est pas grand chose pour des tourists richissimes comme nous. J etais morte de rire et je m en suis tiree avec quelques roupies seulement en leur expliquant que je ne suis pas Americaine mais Belge. On m a repondu : Oh yes, it is the capital of the diamant….. Je ne sais donc pas si je continuerai a dire que je suis Belge car je n ai rien a voir avec les diamants et les fortunes colossales qu’ils generent. Quoi qu il en soit, après une ballade en bateau dans le port de Mumbai, ce meme parc etait ouvert a tous et totallement gratuitement. Mais ca aussi c est l Inde….. Puisqu on y etait j en ai profite pour aller visiter les toilettes du Taj Mahal, superbe hotel et superbes toilettes s il en est. Celles de Versailles peuvent aller se rhabiller…. La petite dame en charge des toilettes, vous fait couler l’eau chaude juste a point sur vos petites mimines, elles vous les saupoudre de savon et lorsqu’elles sont enfin proprettes, elle vous les essuie. J’etais completement ebahie par tant de solicitude mais devant son grand sourire, je me suis laisse faire en lui rendant le mien avec quelques roupes evidemment, mais qu’elle au moins avait bien merite. Allez, il est l’heure d’aller faire un tour dans un emporium car l’envie m’en demange deja bien que je me suis promis de ne rien acheter pendant au moins …….8 jours. Jusqu’a ce soir pari tenu mais je viens d’arriver et j’aurais pu craquer 10 fois deja. Ah la la, que c est dur de resister. Pour me consoler, je sais que je terminerai mon voyage ici et que j aurai au moins 2 jours entiers pour faire du shopping. Le soir, resto penjabi ou l airco se charge deja de me refroidir. En sortant j ai mal a la gorge. Nous arrivons a BCT pour prendre le Vadodara Express, depart a 23 h 30. Apres une petite negociation ardue avec les porteurs qui sont au moins a 20 autour de nous, nous constatons avec soulagement que les “chart’ affichent nos couchettes en A1, 37 et 39. Super nous pourrons dormir tranquilles. Le train entre en gare, on s installe pour la nuit et dodo.
Vendredi 7/10 : Arrivee a Baroda (Vadodara) a 6 h 30. Miracle, le train est pile a l heure. Comme les choses ont change depuis mon 1er voyage en 1988. L hotel Surya n est pas loin de la gare et le rickshw nous y depose en quelques minutes pour 10 rps. Comme j ai encore pris plus froid dans le train ou l’AC fonctionnait sans doute au maximum, je decide de m accorder quelques heures de repos supplementaire avant de commencer la visite de cette ville beaucoup plus grande qu il n y parait mais ou les batiments interessants ne pullulent pas. Le Laxhmi Villa, imposant palais entoure d un grand parc people de paons sert de décor aux clubs de criquet et de golf mais ne se visite pas. En fait le but de notre halte dans cette ville est le festival de Navratri qui est fete ici avec plus de faste et de conviction qu ailleurs dans le Gujarat. Le soir toute la ville y danse et participe. Apres avoir soupe dans un tres bel endroit ou nous avons profite d un buffet de plats Indiens, Chinois et presque continentaux, nous nous rendons dans un grand parc a la lisiere de la ville ou sont deja rassembles plus de 1.500 personnes sur la piste centrale pour une “Garba dance” endiablee qui va durer 3 heures au total. Il y avait encore 2 fois plus de monde autour de la piste et il fallait bien s accrocher pour acceder a sa place dans les tribunes. La musique battait deja son plein, les costumes traditionnels du Gajarat sont superbes et tres colores mais helas les photos sont totallement interdites et nous sommes surveilles de pres par un service d ordre nombreux pour eviter tout debordement. Apres 2 h de danses ou les mouvements sont tres repetitifs et sont ponctues par le cliquetis de 2 batons courts que l on fait virevolter dqns les airs, nous decidons de rentrer nous coucher. A notre grande surprise, juste devant notre hotel, on a installe une estrade ou se trouvent les musicians et la rue est noire de monde. Au center, les danseurs et tout autour le public. Je me joins donc a eux pendant un bon moment car de toute maniere, il est totallement inutile d esperer pouvoir dormir, notre fenetre donnant juste au dessus de l estrade des musicians et la sono est a fond. Ici par contre les photos sont premises mais la foule est tellement dense qu il est plutot difficile de faire un cliché correct. Enfin, on verra ca plus tard. Pour l instant je regarde et je profite. Les gens sont sy;pqs et gais. Ils m expliauent le sens de la fete, m offrant de m asseoir, m offrant a boire. Ils sont heureux que je les prenne en photo. Un regal pour les yeux et les oreilles car les musicians ici aussi sont excellents. Que du bonheur !!! Ah que les Indiens sont doues pour faire la fete. Je savoure chaque minute qui passe et quand je vais enfin me coucher, je m endors avec le sourire aux levres car ici c est mon nirvana a moi.
Samedi 8/10 : Nous avons loue une voiture pour 2 jours et a 7 h, nous voici en route pour Dhaboi qui est un tout petit village dont l’enceinte fortifiee a garde 2 portes impressionnantes. Dans l’une d’elle, un petit temple ou on nous offer de la noix de coco. Derriere la porte, un reservoir d’eau ou les femmes sont en train de laver le linge. Questions habituelles, séance de photos et pleins de sourires. L’endroit ne voit guerre de tourists, ce qui explique sans doute encore plus la curiosite des gens mais aussi un peu de timidite de la part des jeunes femmes qui me demandent pourtant toutes de les prendre en photo. Jean se charge d’immortaliser les jeunes garcons qui n’osent me demander a moi sans doute et tous sont tres heureux de voir leur image sur le petit ecran de l’appareil digital. Nous les quittons a regret pour nous render a Pavagadh, juste a cote de Champaner qui fut au 8e S. la capitale des Rajpoutes Chauhan. La Jama Masjid est superbe. Elle date de 1513 et l’entrée sculptee dans la Pierre est de toute beaute. Une seconde mosquee dans l’enceinte des ramparts impressionnants est toute aussi belle. La colline de Pavagadh est un lieu de pelerinage tres important. En cette periode de Navaratri, il y a une foule considerable et la police nous deconseille fortement de monter en bus gouvernemental qui est litteralement pris d assaut a chaque depart. Les autres vehicules sont totalement interdit sur la colline et le funiculaire qui y accedait a ete ferme pour cause d’accident mortel en 2003. Nous rentrerons donc a Vadodara pour profiter une fois de plus de l’ambiance de la fete et des “garba dance”. La fete de Navaratri dure 9 jours ou plutot 9 nuits. Ce festival est dedie a Durga, la deesse mere et il est le prelude a Dussehra. Chaque quartier a son proper lieu ou s’eleve une estrade pour les musicians et une enceinte parfois delimitee par de simples cordes pour les danseurs. La soiree est un peu moins animee que celle d’hier mais dure quand meme jusque plus de minuit. Nos nuits de sommeil sont donc un peu courtes mais la joie de participer a la fete compense meme si la fatigue se fait un peu sentir.
Dimanche 9/10 : Depart de Baroda vers 9h 15 pour 100 kms de route. A plus ou moins 60 kms, nous nous arretons a Vaso pour y visiter une superbe haveli ou nous sommes tres chaleureusement accueillis par un Monsieur de 92 ans (son anniversaire est le 11 novembre prochain et je me suis promis de lui envoyer une petite carte). Il est le petit-fils de celui qui fit construire la haveli. Notre chauffeur ne connaissait ni le village, ni la haveli, ni meme la route pour y arriver et j ai donc du fortement insister pour m’y faire conduire en en trouvant le chemin d acces par moi meme en demandant a gauche et a droite a des gens qui ne parlaient souvent que le gujarati que je ne maitrise evidemment pas moi meme. Ce fut donc assez cocasse mais on y est arrives et c est le principal. En tout cas, cela valait largement le detour et ma 1ere pensee fut pour toi Phil car avec ton coup de crayon magique, tu nous aurait fait de ces croquis sublimes. Entre le proprietaire avec lequel j ai de suite sympathise et l endroit merveilleux, je ne sais ce que tu aurais prefere croquer. En tout cas, j y ai passé un excellent moment trop court bien sur et cette belle decouverte m’a mise d’encore meilleure humeur, si cela est possible. Ce village paisible, cette magnifique demeure, entouree d’un jardin empreint de serenite. Ah! Que l’Inde reserve encore de belles surprises a celui qui sait prendre son temps. Nous arrivons a Ahmedabad vers le milieu de lapres-midi. Pas mal d’hotels mais ou surevalues ou trop chers meme si le luxe est au rendez-vous comme au Meridien par exemple a 195 US$, ce qui n’est pas prevu dans mon budget. Nous avons fini par degotter le KingPalace ou le patron est charmant et nous laisse la chambre “executive” a 1.500 Rps au lieu de 1.800 et un bon de 300 Rps a valoir sur n’importe quell repas pris dans son restaurant attenant. Tout ca n’ est pas mal du tout en comparaison de tout ce que j’ai vu avant. Le restaurant que nous avons teste des notre arrivee est d’ailleurs excellent et tout le monde est sympa. Le soir nous irons voir le son et lumiere de Sabarmathi Ashram a 20.30 h (65 minutes, en anglais et a 5 kms de la ville). Il retrace la vie de Gandhi. Mais lorsque nous arrivons sur place, deception, il est annule car pas assez de monde et nous rentrons donc a l’hotel pour une nuit de sommeil bien meritee.
Lundi 10/10 : Debout a 5 h 30 et depart vers 7 h pour Nal Sarovar. Notre chauffeur ne parle pas un mot d’anglais mais il n’est pas venu seul. Son copain parle quelques mots et fait de son mieux pour nous etre agreeable. Le lac n’ est qu’a 60 kms d’Ahmedabad mais on a quand meme mis 1 h 45 pour y arriver. Il est vrai que nous nous sommes arêtes en route pour faire des photos de familles nomades qui circulaient sur la route avec des grandes charettes tres hautes tirees par des chameaux tres hauts sur pattes egalement. Arrives sur place (entrée a 215 rps pp + parking obligatoire + voiture + appareil photo + n/guide et chauffeur) nous nous rendons compte que l’expedition n’est pas gratuite du tout et j’espere donc ne pas etre venue pour rien. Nous sommes de suite abordes par des bateliers qui se vantent de nous faire voir des flamants roses et un tas d’autres oiseaux, raison pour laquelle nous sommes d’ailleurs venus. Leur tariff 1.000 rps pour le tour du lac. Evidemment je veux d abord voir le lac de pres avant de me decider car j’ai deja la nette impression de ne rien voir du tout. Aucun oiseau a l’horizon mais devant le harcellement incessant des bateliers nous finissons par tomber d’accord sur 300 rps pour 2 h de ballade qui sera me semble t’il largement suffisant. Le bateau a fond plat est propulse a l’aide de longs bambous car le lac est peu profound et les moteurs ne sont pas de mise sur ce lac qui est une reserve ornitologique importante ou se rassemblent des milliers de flamants et oiseaux migrateurs mais plus tard dans la saison, en fait fin novembre-decembre. Nous avions espere mais en vain. Apres 2 h en plein soleil, nous sommes quasimment grilles sur place et nous n’avons rien vu d’autre que quelques gros nenuphars blancs et quelques plus petits de couleur lilas pale au coeur d’or. Nous avons egalement apercu quelques toutes petites grenouilles qui se deplacent avec une rapidite extraordinaire sur les grandes feuilles de nenuphars. Comme pour nous faire voir que nous n’etions pas seul sur ce lac, un cormoran a soudain daigne sortir sa tete de l’eau pour y replonger tout aussitot en nous laissant frustres de ne meme pas avoir pu le fixer sur la pellicule. Apres quelques kms sur la route du retour nous faison un bref arret dans un petit bourg paisible et j’en profite encore une fois pour y faire a la demande des femmes habillees de couleurs chatoyantes quelques clichés. Elles ont de nombreux tatouages sur la gorge et sur les bras et portent de tres beaus bijoux d’oreilles en or. Elles sont tres joyeuses et se pretent volontiers a la séance photo qui tourne vite a la rigolade generale. Un peu plus loin, j’apercois en contrebas de la route toute une serie d’oiseaux, pas des flamants roses, certes, mais des grues, des ibis, des grands herons blancs, des courlis et un paon en plein vol qui passé juste au-dessus de ma tete. Enfin, quelques chouettes photos a faire! J’espere qu’elles seront reussies car il faut deployer une patience d’ange pour la photo animaliere, et ce n’est pas ce qui me caracterise le plus, il faut bien le dire. J’en vois d’ici qui rient deja a gorge deployee….. De retour dans les faubourgs d’Ahmedabad, notre chauffeur nous emmene voir un complexe architectural du 15e S qui se trouve dans le quartier de Sarkej. Autour d’un immense basin a gradins sont regroupes un palais royal + un palais pour les femmes (reine, princesses et dames de la cour) + une mosquee de 1451 et la tombe d’un saint ainsi que le mausolee du roi qui abrite les tombes de Muhamad Shah Begada et de ses 3 epouses royales. Ces cenotaphs sont sculptes dans le marbre et sont des merveilles de finesse. C’est le descendant direct du saint qui nous fait visiter l’endroit. Il nous explique tout avec une extreme gentillese et avec moultes details. Il nous a consacre d’ailleurs pas mal de temps et tout cela tout a fait gratuitement mais bien sur nous n’avons pas manqué de laisser une offrande pour la mosquee, ce qui fut apprecie, cela va sans dire. Nous irons ensuite voir un “baoli” qui est un reservoir collectant les eaux pluviales en periode de mousson. Dans tout l’etat du Goujarat il sont nombreux et particulierement impressionnants. Celui de Hari Vav ou nous sommes, compte 5 etages sur 20 M de profondeur. Il date de 1501. Nous ne nous attarderons pas trop longtemps et filons voir le Hathee Singh Jain temple qui est assez sobre compare aux merveilleux temples jain du Rajasthan. Notre derniere halte de la journee sera pour la mosquee de Rani Rupmati qui date de la moitie du 15e S. et porte le nom de l’epouse hindoue d’un sultan. Malheureusement nous arrivons en pleine heure de priere qui marque la fin du jeune de Ramadan. Comme il est 18 h la priere est un peu plus longue qu’a l’ordinaire avant que les fideles ne regagnent leurs foyers pour partager leur unique repas de la journee en famille ou avec des amis.
Mardi 11/10 : Ahmedabas etait une ville prestigieuse “abad” significant riche. La ville a successivement connu des periodes de grandeur et de declin. En 1615, l’ambassadeur Anglais a reporte que la ville etait aussi grande que Londres a la meme époque. A partir de 1915 son essor industriel lui a assure une nouvelle prosperite. Tout le Gujarat est fortement marque par la philosophie de vie de Gandhi, natif de cet etat. A Ahmedabad la majorite des restaurant sont vegetarians et on n’y trouve pas une goutte d’alcool. Pour moi, ce n’est donc pas une etape gatronomique car ceux qui me connaissent savent que je suis loin d’adherer a cette facon de me nourrir. Heureusement notre hotel est sans doute tenu par des musulmans et comporte un restaurant ou l’on peut aussi manger “non-veg” mais le choix se limite a plusieurs preparations de poulet. Enfin, c”est mieux que rien. Va pour le poulet une fois de plus…. Ce matin nous visiterons successivement la mosquee de Sidi Sayad, petite mais tres finement sculptee, surtout ses fenetres de marbres sont ciselees comme des dentelles. Une petite merveille. Puis Teen Darwaja, la triple porte d’ou les sultants regardaient les processions s’acheminer du palais jusqu’a la Jama Masjid. Cette porte se trouve maintenant au coeur d’un bazar tres actif et tres anime plein de vie et de cris des nombreux marchands de tout ce qui est necessaire a la vie quotidienne. Juste a cote se trouve la Jama Masjid edifiee en 1423. Elle est couronnee de 15 domes soutenus par 260 piliers. Le seisme de 2001 a endommage plusieurs “jails” qui sont ces fenetres de marbre finement cisele commes des moucharbieh. Les minarets oscillants flanquant le porche d’entrée durent egalement detruits par les seismes successifs de 1819 et 1957. Malgre cela la mosquee garde encore fiere allure. Jouxtant la mosquee, le mausolee d’Ahmed Shah (fondateur de la ville en 1411) Le tombeau contient egalement les cenotaphs de son fils et de son petit-fils. Quant aux reines, elles sont releguees de l’autre cote de la rue sur une simple plate-forme de Pierre. Apres un frugal repas de soupe et butter nan, nous poursuivons notre visite par le clou de notre visite dans cette ville ou les choses interessantes ne manquent pas.. Sans contest, le Calico Museum dedie entierement a l’art du textile est une merveille en soi. Le musee est installe dans la fondation Sarabhai. Une tres belle haveli (demeure traditionnelle) entouree de magnifiques jardins. Il abrite une tres riche collection de tissues anciens et modernes et presente egalement quelques beaux objets comme des métiers a tisser, un berceau richement decore, un lit d’apparat, quelques beaux meubles anciens, quelques statues, le tout tres bien mis en valeur par de magnifiques eclairages appropries a chaque piece presentee. Une visite guidee en anglais qui d’ailleurs nous apprend plein de choses sur cet etat si riche et si prospere. Nous poursuivons la journee en nous rendant au chatoyant temple de la secte de Swami Narayan qui la encore nous est presente par un monsieur tres affable qui nous donne lui aussi plein de renseignements et d’explications sur la vie et l’oeuvre du gourou fondateur ainsi que sur le temple lui-meme. Cette secte semble tres prospere car le temple est tres grand et comprend plusieurs batiments richement decores de sculptures en bois peintes aux couleurs vives. Il est tres bien entretenu. Tout y est pimpant. On nous y offer le the et lorsque nous allions prendre conge de notre hote, nous voyons arriver dans un batiment annexe reserve aux femmes, une chaise a porteur completement entouree de tissues drapes nous derobant totalement la vue de ce qui se passait en-dessous de cette epaisse tenture. Il s’agissait en fait de l’arrivee de la grand mere du gourou actuel, descendant en droite ligne du fondateur. Aucun homme ne peut voir son visage et lorsqu’elle sort de sa chaise, elle disparait en-dessous d’un enorme parasol egalement drape de tissues. Notre guide me suggere vivement d’aller la saluer personnellent, ce que je fais avec plaisir evidemment. Elle est agee de 92 ans et etait ravie de cette rencontre inatendue car les voyageurs occidentaux se font rares ici. En la quittant, nous nous rendons encore a la mosquee de Rani Sipri mais il se fait tard et une fois de plus nous arrivons en pleine heure de priere. Il est vrai que le temps passé trop vite ici. Cette mosquee don’t la construction fut commandee par l’epouse du sultan Mahmut Begara en 1514 est d’une rare elegance. Son surnom de “mosquee-joyau’ n’est vraiment pas usurpe. Elle possede egalement de merveilleux “jalis”. Nous n’aurons malheureusement plus le temps de visiter la mosquee de Sidi Bashir ni les 2 musees situes sur le campus universitaire mais ce sera sans doute partie remise car je pense que nous devrons repasser par ici avant de regagner Mumbai et Aurangabad.
Mercredi 12/10 : Cette fois nous partons de bonne heure en direction de Patan a 130 kms au nord-ouest d’Ahmedabad. Apres 19 kms, un 1er arret nous laisse sans voix devant un ‘baoli” (puit) impressionnant et de toute beaute. Il fut construit en 1499 a la demande d”une reine. 3 entrees conduisent a une plate-forme soutenue par 16 pilliers avec des angles occupes par des sanctuaries. Le baoli est tres decore d’exquises sculptures en Pierre avec une grande variete de motifs sur 5 etages. Encore une tres belle decouverte qui se trouve dans le village d’Adalaj don’t le nom du puit “Adalaj Vav”. 2 cars d’ecoliers partagent notre emerveillement et c’est donc en joyeuse compagnie que nous terminons cette visite. Nous continuons notre route a travers une verte campagne par une route a peage bien macadamisee et nous arrivons a Patan sans encombres. Juste avant la ville nous traversons un carrefour important ou des jeunes femmes executent une danse car aujourd’hui c’est la fete de Dussehra. Encore plein de sourires s’offrent a nous et les danseuses se font un plaisir de se tourner sans cesse du bon cote pour que les photos soient bonnes. Nous les quittons a regrets mais le chauffeur s’impatiente car la route est encore longue. Patan est une petite ville pleine de ruelles etroites dans sa partie ancienne. Elle est surtout connue pour la fabrication de saris en soie don’t les fils en soie sont teints a la main dans plusieurs bains successifs avec des couleurs exclusivement vegetales pour creer le motif avant meme que le tissage commence. C’est donc un travail de longue haleine et de grande dexterite double de patience execute par des gens qui maitrise extremement bien la technique. Nous avons eu la chance de visiter un atelier tres renomme et c’est le patron-artisant lui meme qui nous a fait les honneurs de son atelier et de ses merveilles. Il a ete tres souvent medaille par l’etat Indien entr’autre, ce qui explique toute la fierte de cet homme qui est le meilleur artisant de cette technique. Il nous offer le the, nous montre toutes ses recompenses, don’t une recue de l’etat Francais et une autre du Japon. Plusieurs livres lui ont ete consacre car sa famille oeuvre dans l’art du patiola (nom donne a cette technique). Au Japon, cette homme serait qulifie de tresor vivant tellement son travail est artistique et peu de gens sont capables de reproduire cette technique. Inutile de dire que les saris qui sortent de ses ateliers coutent une petite fortune. La derniere piece qui vient d’etre terminee s’en ira d’ailleurs enrichir la collection d’un grand musee Japonnais. Il ne travaille que sur commande et la liste d’attente actuelle est de 4 ans minimum. Encore un excellent moment passé ici. Il sera suivi de la visite de l’epoustouflant Rani-Ki-Vav, un autre baoli encore plus extraordinaire que les precedents. Des sculptures sur 8 etages. C’est somptueux et je n’exagere pas. Je descends les etages, les remonte, redescend encore une fois, je n’en crois pas mes yeux. Apres des dizaines de photos, je dois quitter cet endroit magique a regret encore une fois ou hormis un couple d’indiens avec 2 jeunes gens, il n’y a strictement personne. Allez, je m’arrache pour aller voir une autre merveille d’un autre genre après quelques moments passes dans le bazaar de la vieille ville ou je m’achete pour 60 roupies un anneau de velours remboure brode de perles que les femmes portent sur la tete, pour servir de support a leur broc d’eau en cuivre ou plus souvent maintenant en inox. Je m’offre aussi une petite tresse en coauillages et fleurs don’t on se sert pour orner les petits temples familiaux. 40 roupies, une vraie folie. Lorsque nous qrrivons a Modhera, le sun temple nous accueille dans la pleine lumiere du soleil de la mi-journee. Ce temple est d’ailleurs dedie a Surya, dieu du soleil. Il fut edifie par le roi Bhimdev er en 1026 et ressemble a celui de Konarak dans l’Orissa, erige 2 siecles plus tard. Ils furent tous 2 concus de maniere a ce que le soleil levant eclaire l’image de Surya au moment des equinoxes. Le temple de Modhera comme celui de Somnath que nous irons voir dans quelques jours fut pille par Mahmut de Gazni lors de son passage. Ce qui en reste est neanmoins fascinant. 52 pilliers delicatement sculptes, retracant des scenes du Ramayana et du Mahabharata. A l’interieur du temple, 12 niches ou se trouvent les representations du dieu Surya pour chacun des 12 mois de l’annee. Devant le temple, encore un impressionnant baoli, le Surya Kund. Plus de 100 sanctuaires dedies a Ganesh, Vishnu et Shiva. Apres toutes ces merveilles, quelques minutes de repos devant un Limca bien frais et nous repartons de plus belle. En effet, hier soir au restaurant, notre gentil serveur nous a parle d’un temple extraordinaire a Gandhinagar. Celui-ci n’etait pas prevu au programme mais il est encore assez tot et nous profiterons donc de l’occasion pour aller y jeter un coup d’oeil. La ville de Gandhinagar est la nouvelle capitale du Gujarat et son nom lui a bien sur ete donne en homage au Mahatma Gandhi. Elle se trouve a 32 kms au N-E d’Ahmedabad qu’elle a detrone en tant que capitale. C’est la 2e ville planifiee en Inde après Chandinagar. Le Corbusier participa d’ailleurs a sa construction qui a debute en 1965. Nous ne verrons pas grand chose de la ville si ce n’est le magnifique temple Akshardam de la secte hindoue de Swami Narayan. 1.000 artisants ont participe a sa construction et 6.000 tonnes de gres rose y sont employe. Il est acheve depuis une 30e d’annees seulement, mais cela n’enleve rien a sa beaute car les artisants qui y ont oeuvre, y ont mis tout leur savoir faire. Une vraie reussite. Ce qui prouve bien qu’en Inde ont sait toujours faire des prouesses d’architecture sans verre et sans beton, et quel resultat. De retour a Ahmedabad, il nous reste a nous preparer pour repartir des le lendemain matin pour d’autres lieux enchanteurs
A tres bientot pour la suite de ces aventures indiennes..................
3 Mars 05 DELHI
Une vraie souris vient de me passer sous le nez, alors que j'allumais l'ordinateur .... Elle doit faire partie du processus de connection.
J'ai donc mis le pied en Inde comme d'autres ont mis le pied sur Mars. Tout devait être différent et pourtant, je ne me sens pas aussi étranger que ça (aurais je des origines martiennes?). A peine une vague sensation d'apesanteur due à la fatigue. ?Le voyage fut un étrange mélange initiatique. Je n'ai jamais eu autant de correspondances (Paris, Behaim, Abu-Dhabi, Muscat, Delhi...enfin). Tous à vos atlas, BANDE DE FLEMMARDS! Comble de malchance, je fut poursuivie pendant tout ce périple par un groupe de touristes quadra franchouillards qui (comme le veut le règlement du beauf à l'étranger) n'ont pas cessés de faire des commentaires douteux, râler… bref, se faire remarquer. Passons, peut être qu'un jour, l'âge aidant, j'en serais réduite à voyager avec leurs semblables... ?Par contre je recommande vivement la compagne Gulf Air. Leurs hôtesses portent un voile qui tombe gracieusement de leur petit chapeau sur leurs épaules. On dirait un mixe entre la Fée Bleue et Shéhérazade.??Comme le vol est long, les passagers tentent tant bien que mal de se dégourdir les jambes. Il en résulte une imitation presque parfaite du bagnard dans sa coure de récréation, l'uniforme en moins. A pas comptés, ils tentent de faire circuler le sang dans leurs jambes engourdies et comme l'avion est petit, ils tournent vite sur eux mêmes. ?Enfin Delhi, j'enlève mon pull avec bonheur (promis, j'ai eu une pensée pour vous), je dégaine mes lunettes de soleil et en route pour l'aventure! ?J'ai bien fait de demander qu'on vienne me chercher. A l'extérieur de l'aéroport, une foule de chauffeurs de tout poils sont à l'affût du touriste. Par contre, il devient rapidement évident que la conduite ici est une affaire de Karma. De toute façon, notre fin sur terre est déjà écrite, alors autant foncer et s'en remettre aux divinités locales. Les voitures slaloment dangereusement, ne laissant que peu de chance aux piétons. Pas de refuge possible pour eux, les trottoirs servant ont tout sauf à marcher dessus. Traverser relève du suicide collectif. Les rues sont toutes à double sens, même les plus étroites. On roulera au besoin sur ces fameux trottoirs. Enfin, pour ceux qui poussent le masochisme à l'extrême, nous proposons la moto. Tout sert de casque pourvu que ce ne soit pas homologué (casque de chantier, de football américain, je m'attends même à croiser un saladier pourvu que ce soit la bonne taille) ?Me voici arrivé à mon hôtel après, deux accrochages, trois dérapages et une bonne dizaine de grosses frayeurs (la routine quoi). La rue est sordide, nous sommes en plein Old Delhi, j'adore.
Un drôle d'escalier en marbre aux marches surdimensionnées m'amène jusqu'a la terrasse sur laquelle donne ma chambre. Là aussi, le faux marbre du sol contraste avec l'étroitesse et le kitsch du décors. ?C'est sur cette terrasse que je fais la connaissance de Penina, une française. Elle est sur la fin de son voyage, c'est elle qui m'initiera aux joies du négoce. ?C'est tout un art. Il faut avant tout avoir le temps. On se pose, on boit un thé avec le vendeur. Il invoque sa famille à nourrir, on montre notre portefeuille que crie famine. Petit sourire échangé, personne n'est dupe. On regarde d'autres objets. "special price". Il faut savoir doser. Parfois j'ai honte mais à la fin de la transaction, quand Penina ressort en ayant payé un prix dérisoire, le vendeur lui glissera: "you are clever " (tu es maline). C'est de bonne guerre. ?J'ai le sentiment que dans cette ville, on a concentré un maximum d'échoppes, de voitures, de passants dans un minimum de place. On a vite l'impression que le ciel est tout juste au dessus de nos têtes à cause de la toile que forment les câbles électriques. Ils sont emmêles, dérives, coupés, je n'ose imagine le boulot de l'EDF locale... ?Il est tard maintenant et la rue grouille encore. Beaucoup de klaxon, des chiens qui se battent, on se hèle d'un balcon à l'autre. ?Penina est partie aujourd'hui, à moi de mettre en pratique son enseignement. ?Ben voila le premier de la série. Je vous embrasse tous. Je m'amuse comme une folle et mon système digestif tient le coup.
4 Mars DELHI J'ai trouvé un ange gardien! Mr Singh. Il est sikh (religion) et chauffeur de taxi (profession).?La première fois que je l'ai rencontré, j'étais avec Penina. Il était tard, nous avions eu une mauvaise expérience avec un chauffeur un peu agressif à cause du faible taux de sang qui flottait dans l'alcool de ses veines. Et là, on a croise ce type au turban impeccable. La moustache digne du baron de Munchausen. J'AVAIS TROUVE MON MARAJAH !! Il sera mon guide sur Delhi. ?Le sikhisme est une religion qui regroupe deux pour cent de la population indienne. Malgré ce faible nombre, il s'agit d'une minorité religieuse (et non ethnique) solidaire, entreprenante, très présente dans le domaine de l'économie. Le sikhisme qui prescrit l'honnêteté et le service de la société, en fait des interlocuteurs surs. ?Malgré leur longue barbe, ils sont loin d'être des hippies attardés, bien au contraire.?Leur religion suit les préceptes de Guru Nanak (né en 1469) qui déclara: " il n'y a pas d'indous, il n'y a pas de musulmans, il n'y a qu'un Dieu, la Vérité suprême". Ce bricoleur des religions rejeta les castes de l'indouisme tout en conservant la croyance en la réincarnation. De l'islam, il retint la simplicité, l'absence de représentation divine, la prière et le dogme du Dieu unique. Il butina même chez les zoroastriens et les juifs. ?Les puristes suivent la loi des cinq K: Ils doivent laisser pousser leur barbe et leurs cheveux (kesh en Indien).Ils gardent donc leurs cheveux sous un magnifique turban plié au centimètre prés et protégent leur barbe dans une résille nouée sur la tête quand ils se déplacent en moto par exemple. Ils placent un peigne d'ivoire ou de bois dans leur chignon (konga). Ils portent un bracelet en argent au poignet droit pour se souvenir que leurs mains ne doivent pas tricher ou faire de mal (kara). Kacca désigne le caleçon court que certains portent encore. Enfin, ils portent parfois un poignard à la ceinture (kirpan). ?Outre ces percepts, les siks ne doivent pas boire d'alcool ou fumer ce qui m'arrange particulièrement pour le cas de mon chauffeur de taxi.
Ce matin, j'ai continué mon voyage initiatique à la gare centrale pour acheter, à l'avance, mes billets pour les étapes suivantes. Mon chevalier ne m'a quitté qu'une fois devant la porte même de l'International Tourist Bureau, m'évitant ainsi de tomber entre les griffes des nombreux rabatteurs, faux guides et autres types louches. ?Me voici donc dans le temple du transport ferroviaire (un temple de plus ou de moins, on n'est plus a ça prés dans ce pays). Petit coup d'oeil à mes confrères touristes. Il en vient de toutes part; Japon, Australien, Allemagne.... Par contre, pour ce qui est de cette brochette, ils ont tous un point en commun: ce sont de véritables épaves!! (J’exclue tout de suite nos amis asiatiques qui sont comme d'hab, tirés à quatre épingles). ?Ici, tout est fait pour vous faciliter la vie mais dans une logique toute locale. Après donc une heure de queue, j'accède au guichet..... Perdu!! Vous devez reculer de trois cases pour aller chercher le nom exacte du train que vous voulez (ne passez pas par la case départ, ne touchez pas vingt mille francs) ..... Par contre, si vous voulez les trains en partance pour d'autres gares, reculez de trois cases et soyez heureux de ne pas avoir de gage. ?Enfin, je sors victorieuse. Ca vaut bien un thé massala à l'hôtel devant une série TV indienne. Lors de mon séjour au Burundi, mon amie indienne Shiwa m'a fait découvrir ces deux piliers de la culture indienne. J'en use et abuse avec délice depuis mon arrivée ici. Quand je vais revenir en France je serais incollable sur les dernières nouveautés!! ?Faisant fi des guides touristiques j'ai résolument tourné le dos aux monuments locaux pour suivre, à son invitation, mon marajah jusqu’a son temple. Ce n'est pas tant les musées que je veux voir. Quoi de mieux que d'entrer dans un temple sikh par la porte de service. Pendant le trajet, je regarde les yeux de chat de mon chauffeur dans le rétroviseur. Il a l'air particulièrement fier de m'emmener là-bas. C'est en partageant les cultures qu'on arrive à mieux se comprendre. ?Avant d'entrer, je me couvre la tête avec mon étole. Le temple est immense, tout en marbre. En passant déposer nos chaussures, on se fait offrir un thé et des petits gâteaux par le gardien. Pendant que Mr Singh papotte avec ses amis, je me fais toute petite, c'est le vestiaire des hommes après tout!! (jalouses hein??). Des chaussures s'alignent sur toute la hauteur du mur. ?Dans le temple, l'ambiance est recueillie. Ca fait du bien après la folie des rues de Delhi. Un prêtre psalmodie accompagné par une musique entêtante. ?Le temple a été construit sur une source miraculeuse. Le matin, beaucoup de personnes viennent se baigner dans le grand bassin. Sur le côté, des "moines" armés de bouilloires, proposent de boire l'eau bénie. J’avoue avoir essayé. Peut être retrouverais je quelques neurones grâce à elle (sinon ce sera juste une bonne diarrhée). ?Un peu plus loin, sous un préau, le temple offre un repas simple aux nécessiteux mais aussi à qui veut. Tout provient de généreux donateurs. Cette religion me semble pleine de sens, à l'échelle humaine.
Mon voyage commence bien.
5 Mars AGRA On vit tellement plus de choses quand on voyage seul! On a peut être l'air plus abordable et on va plus vers les autres. Quand on voyage à deux, on a un interlocuteur privilégie, pas besoin d'aller voir ailleurs. De plus le binôme peut vite être ressentit comme un cercle fermé. Depuis mon arrivée en Inde j'ai fait beaucoup de rencontres intéressantes. Je dois avouer que mon coté ours est aussi en cause; j'aime bien disposer de mon temps et de mon espace. Ca fait du bien de choisir les moments ou on veut de la compagnie et ceux ou on préfère se replier dans ses pénates. ?Je viens d'arriver à Agra après deux heures de train. J'ai le dos en compote et pourtant, je retrouve toute mon énergie en arrivant à l'hôtel. Les chambres entourent un petit jardin ou on peut manger sur le pouce et, contrairement à Delhi, ON EST AU CALME!! ?Très vite, je prends possession des lieux. Mon pyjama sous l'oreiller, je sors mes sachets de thé et quelques pommes sur la table de nuit, je brûle un bâton d'encens. Cette fois, ma chambre a la couleur d'un chamalow. Au plafond, un ventilateur suspendu par des fils électriques qui ne lui transmettront jamais l'énergie vitale faute de branchement. Plutôt étonnant comme déco. Dans la salle de bain je tends ma corde a linge et je fais bouillir de l'eau dans le seau (merci la résistance chauffante burundaise) pour me doucher. Je veux bien jouer les routardes mais pas question de se négliger. Mieux vaut être belle et rebelle que moche et re-moche. Sur ma table de nuit trônent ma crème de jour et ma crème de nuit (que j'utilise à bon escient, comprenne qui pourra). Détail intéressant de ma salle de bain: l'eau usée du lavabo s'écoule .... sur mes pieds. Le siphon ayant été coupé, tout va directement dans la grille d'évacuation de la douche située par terre, juste à côté. ?Au resto de l'hôtel je rencontre Beckie, infirmière vétérinaire australienne. Ce soir, elle part en direction du Nepal. On passera l'après midi ensemble. Mon alliance l'a bien fait rire. Elle utilise le même subterfuge. ?Paradoxe du voyageur solitaire, on n'est jamais seul
6 Mars AGRA Ce matin, je me suis levée avant le soleil pour aller visiter le Taj Mahal.
L'histoire raconte que l'empereur Shah Jahan l'aurait fait construire pour recevoir le corps de sa femme Mumtaz Mahal, morte alors qu'elle accouchait de son quatorzième enfant. Sa mort laissa le souverain fou de chagrin. Il fit alors la promesse de construire, en sa mémoire, un monument qui n’a pas son pareil dans le monde. Comme aucun architecte du royaume n'était capable de concevoir projet à la dimension de la douleur de l'empereur, celui-ci aurait alors convoqué l'architecte Perse le plus célèbre et tué sa fiancée. Comprenant enfin toute la peine du sultan, il créa le Taj Mahal. S'en suivirent vingt années de labeur (1631-1653) pour des milliers d'artisans venus pour certains du Moyen Orient ou d'Europe. Certains furent ensuite amputés des mains ou des pouces pour qu'ils ne puissent plus jamais reproduire une telle perfection. ?Une autre version tendrait à montrer le souverain sous un jour moins poétique. En effet, l'agencement du jardin en quatre parties sépares par des bassins symboliserait le paradis ou coule des rivières d'eau fraîche, de lait, de miel et de vin. Ces bassins se rejoignent en un point central qui représenterait le bassin céleste de l'abondance. Certaines calligraphies de la porte principale citent un des deux seuls passages du Coran ou Dieu s'adresse directement aux hommes: "Entrez dans mon paradis". Le Taj serait ils alors la représentation du paradis? ?Jusque là, me direz vous, tout va bien... Le problème c'est que la tombe n'est pas située au centre du jardin comme le voudrait la tradition mais au fond de celui ci. On sait depuis peu que le père de Shah Jahan possédait dans sa bibliothèque, un texte Sufi décrivant le plan de l'assemblée du jugement dernier. Celui-ci correspond exactement aux plans du Taj Mahal. Le Taj serait alors une symbolisation du trône de Dieu. Notre empereur ne serait il alors qu'un mégalo bouffit de vanité?? ?Même chose pour sa mort. La version la plus répandue dit que l'empereur serait resté inconsolable après la mort de sa belle. Il fut emprisonné par un de ses fils dans le fort d'Agra d'ou il contempla le Taj jusqu'a sa mort en 1666. Une autre version indique qu'il serait mort d'une over dose d'opium et d'aphrodisiaque. Moins poétique tout d'un coup... ?Alors, doit on croire en l'amour ou n'est ce qu'un miroir aux alouettes? Pour ma part, fidèle à mon cynisme légendaire, je retire une conclusion de tout ça. Il n'est pas d'amour parfait. Les années érodent la pierre, les sentiments se révèlent parfois moins nobles, se fatiguent avec le temps. ?Mais revenons à nos moutons. Je ne tenterais pas de décrire le Taj. Nombreux sont ceux qui se sont essayés à cet exercice et je ne me mesurerais pas à eux. Par contre, face à tant de beauté, je réalise à quel point les hommes sont capables de rejoindre Dieu et faire des miracles quand ils veulent bien s'en donner la peine. ?Le soleil commence à se lever. Les touristes pressent le pas pour voir le Taj s'illuminer et se refléter dans son miroir minéral. Il n'y a pas que les touristes d'ailleurs. Une nuée de moustiques me fait rapidement une auréole. ?Personne ne parle, on n'entend que les cris des singes, quelques oiseaux et le bruit étouffé de la ville qui se réveille. ?Derrière le Taj, en toile de fond, il n'y a rien que le ciel comme une porte vers l'éternité. Un pur moment de beauté. ?L’Inde est un pays où cohabitent la grâce la plus divine et la misère la plus infernale.
7 Mars AGRA Mon hôtel est décidément plein de surprises. L'électricité est coupée dans la journée, ce qui, en soi, n'est pas un réel problème, sauf si on cumule, le fait que mes toilettes ne sont équipés d'aucune autre source de lumière et que la corde sur laquelle je viens d'étendre mon linge passe au dessus des toilettes. Je me retrouve donc sur le trône, ma lampe frontale sur la tête, mes chaussettes me dégoulinant dans le cou! J'avais prévu de passer une après midi au calme, recluse à l'hôtel, me refusant de faire du shopping dans cette ville attrappe touriste, mais mes voisins américains ont su me convaincre. Je ne regrette pas. Ils avaient dégotés pour le dîner, une terrasse qui surplombait la ville. Vue imprenable sur le Taj, des guirlandes qui clignotent, le tout sur un air de Bob Marley. Tables sur une surface à peine plus grande que ma chambre d'hôtel. De là, je voyais la ville labyrinthe sous un autre oeil. Loin des rabatteurs, je pouvais voir la vraie Agra. Sur une terrasse, des gamines qui jouent, un peu plus loin une ribambelle de singes qui se chamaille. Le muezzin du coin commence à rappeler ses fidèles à l'ordre. Je respire. Le retour fut nettement moins calme. Il faisait nuit noire quand nous sommes montés à bord de l'auto rickshaw. J'avais quelques réticences, quelque chose clochait mais impossible de savoir quoi. Après quelques minutes de route, j'ai réalisé que le véhicule n'avait tout simplement pas de phare. Nous roulions à l'aveugle. On a bien tente de tenir ma lampe de poche à bout de bras mais les tressautements incessants dus au mauvais état de la chaussée nous faisaient passer, aux yeux des autres chauffeurs, pour un véhicule en proie à quelques démons. De plus, cerise sur le gâteau, vu que les rickshaw n'ont de toute façon pas de clignotant (décidément, à part une banquette et des roues c'est plutôt minimaliste) son fils de sept ans assis à ses cotés, était chargé de tendre la main si d'aventure il lui prenait l'idée saugrenue de tourner. Nous étions d'ailleurs tellement rassurés qu'à chaque virage nous agitions nous aussi les bras comme les naufragés de la méduse.... Nous sommes tout de même arrivés à l'hôtel sains et saufs (ce n'était pas notre heure de mourir)
8 Mars FATEHPUR SIKRI Il fait déjà nuit quand je monte dans le bus qui me ramène à Agra. Les plafonniers diffusent une lumière jaunâtre. On se croirait dans un aquarium mal entretenu. J'ai passé la journée à Fatehpur Sikri et pourtant ce fut trop court. Bâtie par l'empereur Akbar en 1572 (donc quelques centaines d'années avant notre copain Shah Jahan le mégalo en amoure) pour y installer se cour, elle fut abandonnée quinze ans plus tard suite à une baisse du niveau de la nappe phréatique. A vingt six ans, Akbar avait tout ce qu'un monarque pouvait désirer: le pouvoir absolu, un harem (cinq cent femmes, quelle santé!).... mais pas d'héritier. Il vint sur la colline de Sikri consulter un hermite renommé. La bénédiction du saint homme lui apporta trois fils l'année suivante (rentable). Plein de gratitude Akbar décida d'élever sa nouvelle capitale à Sikri. Le temple de marbre blanc dans lequel repose le corps de l'hermite sert de " Darty local". On fait un voeu en achetant des offrandes. Pas plus de trois (ça lui fait déjà pas mal de boulot à notre copain l'hermite, vu le nombre de visiteurs! Pas de répit même pour les défunts) On accroche un bout de ficelle rouge à l'un des magnifiques panneaux ajourés (fait d'un seul bloc de marbre. Imaginez, deux mètres sur deux) et là, c'est garantit sur facture... votre voeu se réalisera (en vingt quatre heures chrono?). J'avoue avoir craqué. J'ai mis mon bout de ficelle. En règle générale je ne crois pas à ce genre d'histoire mais ici, je me laisse porter, je pense que j'aime croire un peu à la magie de l'Inde.?Akbar semble avoir été un homme plein de sagesse tout en gardant un côté enfantin. En plus de son harem, il avait trois femmes: une indoue, une musulmane et une chrétienne. Pour chacune il fit bâtir un pavillon. Chaque pavillon est orné de peintures, de détails architecturaux s'inspirant de leur culture.?Dans la grande cour, un trône très simple, au milieu d'un jeu inscrit sur le sol. Il s'agit d'une sorte d'échiquier géant dont les pions étaient des esclaves et des femmes nues que le souverain déplaçait à son gré (ça va en faire revers plus d'un). Un peu plus loin, sur une plate-forme entourée de bassins, une scène sur laquelle les plus célèbres musiciens venaient faire concert. A certaines grandes occasions, Akbar faisait remplir ce bassin de pièces d'or et d'argent qui étaient ensuite distribuées aux pauvres. J'ai même visité les restes d'un hôpital. Plutôt sommaire mais les entrelacs qui ornent les piliers m'ont fait rêver. Vers la fin de ma visite, je me suis assise pour dessiner un peu. Il est tard, les touristes ont déjà regagnés leur bus climatisé. Le palais respire enfin. Le soleil fait flamboyer les murs de grés rouge. J'ai paye mon guide et pourtant il reste assis à coté de moi. Lui qui n'a cessé de m'abreuver de détails historiques, architecturaux, est devenu soudain muet. Je suis fascinée par cet endroit. Le moindre piller, la moindre poutre est richement décorée. Les linteaux ondulent gracieusement comme des trompes d'éléphant. Art Jain, mongol, indou, persan, turc, boubhique, chinois, il a su prendre le meilleur de chacun. Il fait déjà nuit quand je monte dans le bus qui me ramène à Agra. Les enfants de ma voisine se sont endormis sur ses genoux. Dehors, les grenouilles se sont réveillées et sifflent cachées par les herbes hautes. Ca sent la terre humide. L'air est frais. Après une heure de route à travers la campagne, on arrive aux portes d'Agra. Les échoppes, les maisons sont éclairées par des bougies faisant apparaître la route en pointillés. Leur lumière chaude et vacillante transforme le moindre étal en caverne d'Ali Baba. Les guirlandes de sachets de bonbons brillent comme des bijoux. Les plats d'alu deviennent de riches plateaux d'argent. La nuit a effacé la misère, laissant place au rêve.
10 Mars vers KHAJURAHO Désolée pour le retard (vous commencez à prendre de mauvaises habitudes !!!) mais la connection locale est des plus aléatoires...
Les trajets en Inde sont toujours une rude épreuve. Je me disais qu'avec mon entraînement étant jeune, ça ne devrait pas trop poser de problème (à cinq dans une Renault 14 pour passer des vacances dans le sud de la France). Ben je me fourrais le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate.?Au Burundi, je regardais d'un oeil amusé les minibus ou la capacité de l'homme à se comprimer était utilisée à son maximum. Une fois dedans ça ne m'amuse plus du tout. J'avais de la chance (!!), j'étais collée contre la fenêtre, les genoux encastrés dans le fauteuil de devant. Par contre, au bout de la banquette, ma voisine avait l'entre jambes des passagers debout dans l'allée qui s'imposaient a elle à chaque secousse (Y'en a qui ont fait le voyage debout… si, si).?Juste avant d'atterrir dans cette boite à sardine sur roulettes, j'ai du prendre la train d'Agra à Jhansi. Trente cinq minutes de retard, la routine. J'étais assise à coté d'un ponte de l'assurance vie indienne, qui ne s'est pas fait prier pour dégainer son lap top dernier cris et me montrer les centaines de photos de ses collaborateurs, sa famille, le mariage de l'oncle Alphonse... Je m'extasie, pousse des "ah" des "oh" aux moments appropriés. Là ou ça s'est complique, c'est quand il a embrayé sur le mariage en France, les relations avant mariage et là je le voyais venir avec ses grosses babouches! Je tente bien de défendre notre moralité mais sans grande conviction. Pas évident. On doit passer pour de sérieux débauchés à leurs yeux! Les ados sortent à tour de bras les uns avec les autres, on vit ensemble hors mariage, on divorce au moindre petit problème. Je suis très mal placée pour défendre la vertu, par contre je pense qu'on se passerait bien de tout ce petit manège si seulement on trouvait le bon.?Eh ! Oh! pendant que vous êtes tranquillement en train de lire ces lignes, au fond de votre canapé douillet, je vous signale que je suis toujours dans le car! On a quitte Jhansi à treize heures trente. Dans le guide du routard ils disaient cinq à six heures de route. Je ne sais plus comment me mettre. Remarquez, je n'ai pas beaucoup le choix. On s'arrête, pause pipi. Ouf! je déplie enfin mes jambes. Pas la moindre toilette recommandable aux yeux des services d'hygiène. Ma vessie attendra. Le bus est pris d'assaut par des gamins qui vendent des légumes dans des assiettes en feuille de bananier. Pour la dernière partie du calvaire, le chauffeur m'achèvera en mettant sa cassette préférée de musique locale. Je vous vois rigoler d'ici. Oui! J’adore toujours la musique indienne, mais perclue de rhumatismes, dans un bus glauque, la vessie comme un ballon de football, j'avoue que mes sens étaient quelque peu altérés. Et puis vu la qualité de la chaîne et le niveau sonore, j'aurais plus penché pour un cochon qu'on égorge que pour une douce mélopée a l'eau de rose. Je n'ai pas vu la tête de l'hôtel dans lequel j’atterrissais. Une douche, une soupe et extinction des feux. O joie!
?11 Mars KHAJURAHO Je me réveille sur un air de musique transcendantale. Dans quel Eden ai-je atterris ? Un petit bassin ou une statue de Buddha fait trempette au milieu des nénuphars, des fleurs fraîches sur chaque table du resto... j'ai complètement oublie la journée d'hier. L'hôtel est tenu par un swami à la longue barbe. Possibilité de cours de yoga le matin pour les lève tôt (donc pas moi). Je retrouve mes voisines de bus. Deux minettes belges. On sympathise autour d'un tchai et nous voila parties à la découverte des alentours. On est rapidement entourées par une horde de gamins. Un peu paumées, on les suit. Du haut de leurs quinze ans ils se révéleront des guides fort intéressants. La ville est surtout connue pour les sculptures érotiques qui ornent certains de ses temples. Les touristes se jettent dessus avec l'avidité de l'ado boutonneux sur le porno du samedi soir. En fait, elles ne représentent que cinq pour cent de l'ensemble de la surface sculptée. Le reste décrivant des scènes de vie pleines de grâce (une jeune femme ôtant une épine de son pied, une autre se maquillant). En fait, on a plus été marquées par une petite école ou un des gamins a absolument tenu à nous emmener. C'est son école. Il semble tellement fier. En fait, il y a deux pièces de plein pied qui donnent sur une courette. L'une sert de bureau, l'autre de salle de classe. Les murs sont en torchis. Le professeur nous fait signe d'entrer. Ils doivent être une dizaine de gamins, dépenaillés, assis par terre, une ardoise sur les genoux. Ils se lèvent tous à notre entrée pour nous saluer. Je suis un peu gène de troubler ainsi la classe. Le village est divisé en quatre "arrondissements" en rapport avec les différentes castes. Chacun ayant ses propres temples, ses propres centres de soins. Par contre, cette école ne fait aucune différence. Six instituteurs ont décide de la monter en dépit de tout. La plupart des élevés n'ont pas de quoi se payer les cahiers ou même l'uniforme. On a été touches par cette initiative. C'est pas tout, mais je suis en Inde depuis plus d'une semaine et je n'ai pas achète le moindre vêtement.... pas normal ça... mes hormones féminines en auraient elles pris un coup dans l'aile? Prince saura remédier à tout ça. Prince tient un magasin de vêtements, de tissus, de saris en tout genres (your sexy mother f...). C'est un commerçant mais surtout, je le sens passionné par ce qu'il vend. Voyant mon intérêt, il me sort ses plus beaux brocards. Il en dessine lui même les motifs, s'inspirant de certaines fleurs, de motifs vu sur les temples. Tout est filé, brodé à la main. Je tombe sous le charme. Au bout de dix minutes, son comptoir est recouvert de tissus multicolores. Si je m'écoutais, je ferais des folies. Dans ce pays les vêtements féminins sont tellement gracieux! Par contre ma peau couleur lavabo me déprime. J'ai l'air maladive. Finalement, je me laisse tenter par un punjabi en coton (tunique longue fendue + pantalon + châle) simple mais aux broderies travaillées. Mais pour mon prince aux yeux de velours, même le vêtement le plus simple doit être parfait. Son tailleur prendra mes mesures et fera les retouches pendant que nous conversons de choses et d'autres autour d'un thé comme deux vieux amis. Et les aventures continuent! En ce moment, à Khajuraho, se déroule le festival de Shivaratri. Il réunit tous les adeptes de Shiva pour fêter sa naissance. A cette occasion, une grande foire est organisée. Nous nous y rendons à la nuit tombée. On y trouve des étals de bijoux, des saris, des ustensiles de vaisselle et puis il y a ... la fête foraine avec ses deux grandes roues! On a fait un tour avec un de nos petits guides, il était ravi. En rentrant à l'hôtel, on s'est arrête pour regarder un vieux film indien projeté sur la place. Il y avait la une trentaine de personnes assises par terre. Du plus jeune au plus vieux, tous vibraient devant les roucoulements d'un héros grassouillet sortit tout droit d'une gravure pieuse. On touche le fond quand notre demi Dieu s'entiche d'une belle paysanne (fondu enchaîne pendant dix minutes sur les deux visages illumines d'amour) On hulule de plaisir.!!
14 mars KHAJURAHO Ce matin, j'ai vécu un véritable film indien, avec la musique et tout... Nous voici, Prince et moi, filant sur la route, chevauchant son fidèle tonnerre mécanique (pour le coup, c'est pas Jolly Jumper, ce sera Honda). Plan large. Prince chante (ça fera la musique de fond). La route est déserte, il fait encore nuit. Il est six heures du matin. Lui, mal rasé, porte un col roulé, un jean. Renforcer le côté "on the road again". Elle: treillis, cheveux au vent (prévoir de toute urgence une coiffeuse à l'arrivée pour récupérer tout ça!) Mais qui m'a foutu des cheveux aussi paillasson!! On fait du remplissage pendant les dix huit kilomètres de route avec des flash back en tout genre: Elle entre pour la première fois dans son magasin. Il lui fait essayer un punjabi. Rires autour d'un verre de Tchai. Petit signer de la main quand elle passe devant son magasin en allant au temple (pas mal l'idée de radinner un petit coup de religion). ??STOP la musique ! Retour à nos deux amis sur leur moto. Arrivée sur les falaises qui surplombent les chutes d'eau de Khajuraho. Plan fixe d'eux sur la moto genre poster d'ado pré pubère. Note pour plus tard: penser à dégotter un hélico pour un plan tournant plongeant. Sensation de liberté. "je suis le maître du monde" et tout le tintouin. Passage obligé par un petit chemin escarpé où elle se tordra la cheville (un peu mais pas trop, faut encore qu'elle puisse se trémousser la grognasse). Il lui tend la main pour l'aider (gros plan de cinq minutes). Le soleil se lève. Timing parfait. On caille ici. Penser à voir avec le syndicat d'initiative si on ne peut pas monter le thermostat de quelques degrés. Des acteurs nus sous les pull-overs, c' est pas du tout vendeur! De retour à Khajuraho, chacun reprendra sa place. Lui derrière son comptoir, elle dans son hôtel de luxe. C'était leur dernière journée ensemble. Renforcer le côté dramatique, la fracture culturelle par un retour, pour elle, aux vêtements européens alors qu’elle portait des punjabis avant. Dernier acte: Musique déchirante, violons à fonds les ballons. Sur le marchepied du bus qui l'emmène à Varanasi. Il arrive au dernier moment. Mèche rebelle mais pas trop, on dose le gel poupée, on dose le gel... Il lui tend un paquet qu'elle ouvrira pendant le trajet. TADAAAM: super sari rouge et or. Merci la fée clochette. LARME obligatoire. Genre le truc discret que tu ne peux pas louper tellement c'est gros. Plan final. De retour en France, pour le mariage de son amie, la belle héroïne porte le fameux sari. Retour de la musique utilisée sur la route au début, genre elle se souvient, enfin bref tu vois le truc Coco. Bon, le making-off est nettement moins beau: Je n'ai pas arrête de renifler et de larmoyer pendant tout le trajet sauf quand un moucheron a eu la bonne idée de venir se coincer dans mon oeil!.?Le paysage était magnifique, lunaire mais vu la saison, la chute d'eau tenait plus du Mannkenpiss que des chutes du Niagara. Pas grave, J'ai vu la ville se réveiller. Un peu de calme avant la foire.?Le dernier acte n'est que pure fiction mais comment arrêter le génie créateur une fois lancé? Je m'y voyais déjà, je vous jure que j'entendais même la musique de fonds.... Je n'ai peut être pas joué dans une super production Bollywoodienne mais en tout cas j'ai réellement rencontre un ami à KHAJURAHO. Ce midi, il m'a (pour de vrai, je vous dit!) invité à venir manger dans sa famille qui habite une grande maison un peu plus loin. Les quatre frères habitent ensembles avec leurs femmes et tous les marmots. Première fois que je mangeais vraiment à l'indienne, j'avais intérêt à assurer. Du coin de l'oeil je guettais Prince et reproduisais ses gestes. Il faut manger de la main droite, pas facile au début mais c'est marrant, et puis il y a le joker (y'a toujours une cuillère qui traîne). On s'est assis sur une natte devant la TV. Les femmes nous ont préparées un thali du tonnerre et les enfants faisaient le service veillant à ce que je ne manque pas de chapatti (galette de pain). Le thali c'est un peu comme un plateau TV. Sur une assiette compartimentée on met du Dhal (lentilles en sauce), des légumes, de la chutney, du choux macéré aigre doux, un bol avec du raisin, un autre avec de la papaye et du riz. Le contenu peut varier mais c'est souvent un mixe entre le chaud et le froid, le salé et le sucré, l'acide et le doux. On pioche sans ordre. J'adore. Toute la famille fut adorable. Je regrette de devoir repartir demain et de ne pouvoir les connaître plus. J'aurais bien voulu parler avec les filles. Insatisfaite. C'est déjà un premier pas.
15 Mars KHAJURAHO J'ai passé presque tout mon séjour à Khjuraho avec Prince et j'ai dépense tout mon budget prévu pour cette ville dans son magasin. C'est de bonne guerre. Je l'ai chargé, lui et ses couturiers de me confectionner une tenue indienne spéciale. Alors je passe régulièrement voir l'avancée des travaux. Après, je me mets dans un coin du magasin pour observer les femmes qui viennent choisir leur sari, la pièce de coton qui ira avec pour le débardeur (il a des centaines de tissus de nuances différentes, on se croirait "au bonheur des dames"), le châle. On prend le temps, on cherche au détail près. Et puis, entre deux clientes, Prince me raconte sa vie. Il est Jain. C'est une religion minoritaire en Inde. Non violents, ils refusent les armes et ne mangent aucun animal. Ils sont très respectés par les indiens. L'origine du Jainisme remonte au VI éme siècle av JC. Les Jains doivent respecter cinq règles majeures: Ne pas voler (mouaich, mouaich, je doute encore de la justesse des prix qu'il m'a proposé), se détacher des bien matériels, rester chaste, ne tuer aucun être vivant et ne pas manger la nuit (au cas ou une bestiole se serait noyée dans la soupe). Ceux qui respectent ces principes à la lettre se baladent avec un foulard sur le visage comme les cow-boy pour ne pas avaler d'insecte en respirant. De même, les moines ne prennent jamais le bus (le pare brise est un véritable cimetière a moucheron). Mon Prince est loin de tout ça mais il tente de conserver une âme pure pour atteindre petit à petit la délivrance via la réincarnation. Il faut aussi savoir que leur éloignement de tout ce qui est matériel n'est pas du tout contradictoire avec un possible enrichissement (ouf! on avait eu peur). Comme il leur est interdit de tromper leur prochain, cela en fait des personnes dignes de confiance, très présents dans le domaine des affaires, du commerce ou de la joaillerie. Un jour, les parents de Prince, lui trouveront une jolie petite Jain, ils se marieront et auront pleins d'enfants. Ca fait longtemps que je m'interroge sur ce concept du mariage arrangé, à première vue choquant pour une européenne comme moi, qui a brûlé son sous-tif depuis longtemps. Pourtant, la vie aidant, je me demande si ce n'est pas plus réaliste. Je refuse l'idée d'imposer quelqu'un, par contre si on voit le mariage comme une sorte d'association et non comme une union ultra romantique de deux coeurs.. et tout le blabla, on se détache alors des sentiments encombrants et éphémères. En gros, il faut qu'elle trouve un type pas trop moche (on ne va pas non plus ramener du boulot humanitaire à la maison!!), qui gagne sa vie, qui semble sérieux... et l'affaire est dans le sac. Pas d'amour donc pas de dépendance, pas de douleur. On prend soin l'un de l'autre mais le bonheur de l'une dépendra pas des "preuves d'amour" de l'autre. Ils sont partenaires. Bon, le hic, c'est que vu à travers les yeux de Prince, la femme vaut quatre vingt cinq pour cent de l'homme et là je tique. C'est cinquante, cinquante ou rien. Je ne suis pas Jain mais les affaires sont les affaires. Et puis, vu que les filles indiennes sont nourries de films à l'eau de rose, depuis leur plus tendre enfance, comment se fait-il qu'elles ne nous rejoignent pas dans cette quête absurde du prince charmant?? Contradictoire. En fait, je pense qu'un mariage arrangé a autant de chance de réussir qu'un mariage basé sur les sentiments.
16 Mars VARANASI J'écris à la lumière d'une chandelle. L'électricité vient d'être coupée, mon ventilateur s'est mis en grève, j'ai juste eu le temps de faire chauffer l'eau de mon thé. Il fait noir dans la ville. Il n'y a que les ghâts (les marches qui donnent sur le fleuve) qui brillent. C'est l'heure de la prière, l'heure de faire Puja. Des centaines de petites bougies brillent comme autant de prières entre les bras de la Mère Gange. Bienvenue donc dans le plus grand bénitier du monde. Je suis arrivée ce matin par le train de nuit. Mon hôtel a presque les pieds dans l'eau.?Vue imprenable sur le Gange. Un petit dej me remettra vite sur pieds. Me voici face à un des plus beaux vestiges de la colonisation britannique; j'ai nomme le porridge. Si on y ajoute des bananes, on a de quoi faire un mastic qui bétonnera tous les systèmes digestifs, même les plus expressifs. La cérémonie de Puja a lieu vers dix neuf heures. C'est une sorte de prière universelle pendant laquelle a lieu l'offrande de la lumière au fleuve. En bordure du ghât, trois petites avancées sur pilotis. Les fidèles s'asseyent sur les marches en bordure du Gange. Sur le coté, les musiciens. Les cloches rythment la prière de façon entêtante. Pendant toute la cérémonie, des femmes proposent des petites coupelles fleuries. On allume la bougie en son centre et on la laisse dériver au fil de l'eau. Les fleurs sont fraîches, leur parfum se mélange à celui de l'encens et participe à l'enivrement collectif.?Ca commence avec les chants. D'une voix grave, les Brahmanes psalmodient en frappant dans leurs mains. Puis, trois d'entre eux s'avancent sur les jetées. Ils sont jeunes, vêtus d'un Tshirt d'un blanc immaculé et d'un pantalon bouffant brode d'or. Leur peau brille à la lumière des bougies. D'une main, ils agitent une cloche et de l'autre ils tiennent des bâtons d'encens avec lesquels ils ponctuent des demi cercles de fumé qui se dissolvent dans l'air à peine formés. Avec une parfaite synchronisation, ils vont bénir les quatre points cardinaux. Leur poignet est souple, gracieux. Ils feront de même avec des éventails, des torches. La chorégraphie est simple et pleine de recueillement. Sur une petite table, face à eux, sont disposés les accessoires pour la cérémonie. Des pétales de fleur fushia et orange jonchent le sol autour de leur tapis de prière. Les voici soufflant dans un gros coquillage. Ils se tiennent parfaitement droits, le visage tourné vers le ciel. Plus personne ne bouge, les cloches se sont tues, on n'entend plus que le son grave de ces cornes de brume qui résonne dans la nuit. Les barques se sont amassées autour du ghât. Leurs coques s'entrechoquent et craquent. Tiens, un groupe qui débarque.... mais ce sont mes franchouillards quadra que j'avais croise dans l'avion!! Y'a vraiment qu'eux pour avoir le culot de se balader aussi nonchalamment en plein milieu d'une cérémonie religieuse. Fidèles à eux même. Que diraient-ils si un car de touriste japonais se déversait en pleine messe dominicale pour prendre des photos??
17 Mars Je viens de passer sous le rouleau compresseur local. Traduction: je viens de découvrir les joies du massage Ayurvédique. Certains disent que c'est énergisant. Je veux bien le croire. A force de me faire pétrir, pincer et tordre dans tous les sens, je suis ressortie aussi rouge qu'un homard. Toutes mes articulations y sont passées. Il a même fait craquer le bout de mon petit orteil!. Sur le ventre, j'avais l'impression qu'un chat de cinquante kilos me malaxait le dos de ses grosses pattes (vous savez, ils font ça avant de se coucher en boule). Sur le ventre, il a été surpris par mon piercing au nombril. Moi, je dis que face à tous les yogis locaux, je suis une petite joueuse. Chochotte va!. Les jambes en l'air. Mieux que des bas à varice. Il fait remonter tout le sang jusqu'aux orteils, en exerçant des pressions de la cuisse jusqu'au pied. J'avais la jambe exsangue et le pied comme une tomate trop mure. Le massage des paupières fut surprenant. Et vas y que je te pincouille la aussi (bof, bof).?Comme dirait Ma Grand Meren, ce fut.... intéressant. Je ne sais pas si mon énergie vitale en fut renforcée mais en tout cas, j'arrive maintenant à me gratter l'oreille avec le pied! En poussant ma ballade du soir, je suis arrivée au ghât de crémation. Ce matin, j'étais censée être au paradis (..), j'approche maintenant les portes de la mort. Face au temple de Shiva, on trouve une plate forme pour chaque caste. Les brahmanes sont les plus proches de temple. Plus on descend dans les castes, plus on s'éloigne du temple. Lors d'un décès, le corps est sortit de la maison, sur le dos (il ne doit pas rester dans une pièce close). Puis il sera embaumé. Par les hommes si le défunt est un homme, par les femmes si c'est une femme. On l'enveloppe les jeunes et les adultes d'un tissu blanc, le orange pour les vieillards, le fuschia pour les femmes mariées. Le ghât est interdit aux femmes, trop expressives, elles pourraient troubler l'ascension de l'esprit du défunt vers le Nirvana. Ce sont donc les hommes qui portent le corps sur un brancard de bambous. Ils entrent avec dans le fleuve pour lui faire prendre son dernier bain. Puis le fils ainé va se faire raser la tête (sur le sol, près de la jetée, il reste encore des mèches). Vêtu d'un pagne blanc, c'est lui qui mettra le feu au bûcher. Depuis quelques temps, l'Inde connaît une pénurie de bois, ça coûte très cher. Les familles les plus riches ajoutent des rondins de santal, les autres se contenteront de sachets de copeaux. ?Le corps mettra près de trois heures à brûler. Chez les hommes, c'est le torse qui met le plus de temps (symbole de leur force) et les hanches pour la femme (siège de leur fertilité). Personne ne pleure pendant la cérémonie. Il faut être heureux, le défunt arrive à l'étape finale (mourir a Varanasi, c'est l'assurance d'un aller simple pour le paradis). C'est là que brûle jour et nuit le feu sacré laissé par shiva. Entretenu par des prêtres, il est le seul à pouvoir mettre le feu aux bûchers. Après quelques temps, le fils aîné toucher la tête du défunt à travers les flammes avec un bambou, la faisant éclater. Il versera alors du beurre dessus. Une fois le corps réduit en cendres, elles seront dispersées dans le Gange. Un peu plus loin, les orpailleurs passent inlassablement l'eau au tamis à la recherche de bijoux, de dents en or, voir même de prothèse totale de hanche... Le soir sera l'occasion d'une fête en famille. Les larmes seront pour plus tard quand chacun se retrouve seul chez soi. C'est étonnant de voir ces bûchers. Des centaines de corps sont brûlés chaque jour. Jour et nuit, ils arrivent de l'Inde entière pour passer cette dernière étape. Il y a même un hospice ou les personnes en fin de vie viennent attendre la mort. La mort est vécue au grand jour, à ciel ouvert. Elle fait partie de la vie. J'entend des cloches, quelques mètres plus loin, on célèbre Puja. La vie continue. Les indous ne regardent pas en arrière.
18 Mars Le Gange est un fleuve pur, c'est un fait, par contre il est tellement sale qu’aucun microbe qui se respecte ne saurait vivre dans une eau pareille. C'est pas de moi c'est Mark Twain qui l'a dit. On y fait sa toilette le matin, on y lave son linge, on y jette des cadavres mal incinères et les usines du coin y déversent leurs produits chimiques. Si on résiste à un bain dans un tel bouillon de culture, alors on doit être effectivement béni des Dieux. Une ballade sur les Ghâts n'est pas de tout repos ou pleine de spiritualité comme on pourrait le penser. Ca relève plus du parcours du combattant. On commence par un slalom géant entre les étrons qui jonchent le sol. Singes, buffles, vaches, chiens, humains, chacun y va de son petit paquet. Ce serait ridicule de devoir être rapatriée pour cause de " Triple looping incontrôlé sur bouse de vache sacrée" . Petit assouplissement du cou et des poignets avec une série de hochements de la tête et de rotations de la main pour décourager les rabatteurs en tout genre. Le tout en marchant, le scanner anti-étron en alerte et avec le sourire s'il vous plait. Superbe. Pause buvette sur le coin d'une marche. Il y a toujours des gamins qui arpentent le Ghât avec une bouilloire remplie de tchai. Ils me le versent dans un petit godet en terre cuite. Je me brûle les lèvres mais ça fait du bien. Puis viens l'épreuve d'escalade car comme le niveau du Gange est au plus bas, je dois gravir une trentaine de marches de hauteur inégales avant d’atteindre mon hôtel (sans compter celles pour passer d'un Ghât à l'autre ou celles pour monter à ma chambre nichée au quatrième étage). Dur, dur d'être un touriste à Varanasi. Nous sommes en terre Sainte, un petit catéchisme local s'impose. Le premier qui déserte le cours, je lui fais une tête au carré!. Selon les écritures locales, plus de trois cent trente millions de divinités formeraient le panthéon indou. On va donc essayer de faire simple sinon on n'est pas rendu. G.... Generator.... Brahmâ?O.... Organiser.... Vishnou?D.... Destroyer.... Shiva Brahmâ est le créateur de l'univers. Une fois qu'on a dit ça on comprend qu'il soit un peu loin des préoccupations des pauvres humains. Vishnou a pour rôle de protéger l'univers. Shiva est le destructeur sans qui aucune création ne serait possible. Marié à Parvati, il eut un fils qui naquit en son absence. Ganesh. Celui-ci grandit sans connaître son père (pas d'appareil photo à l'époque). A son retour, Shiva demanda à voir sa femme mais son fils lui fit obstacle, refusant à cet intrus le droit d'entrer. Furieux, Shiva le décapita, pour découvrir qu'il avait levé la main sur son propre fils. Il décida alors de remplacer sa tête par celle de la première créature vivante qu'il croiserait et ce fut... un éléphant. Jovial, dodu, Ganesh est le dieu de la chance et le patron des scribes. Je l'aime bien. Il a l'air un peu moins sérieux et moins intimidant que les autres. Varanasi est dédie à Shiva. Les adorateurs de Shiva se reconnaissent aux trois traits blancs horizontaux traces sur le front. Les sectateurs de Vishnou portent un "U" jaune entre les sourcils avec une ligne rouge au centre. Voila, voila, méditez maintenant pauvres mortels.
20 Mars Je sens que je suis en train de m'accomplir totalement. Pas à pas, expérience après expérience, je m'approche chaque jour un peu plus de la perfection. Ce soir je crois que je frise le Nirvana...... JE VAIS VOIR UN FILM INDIEN DANS UN CINEMA INDIEN!!!! (Raaaaaa lovely). J'y vais avec Lucky. Un gamin des rues que j'ai rencontre à mon arrive, un petit caïd. Dans le rickshaw, du haut de ses vingt ans, il fusillait du regard quiconque me dévisageait un peu trop. Le cul entre deux chaises, il joue les mauvais garçons devant ses copains et les touristes mais, en véritable gentleman, il ne manquera pas de me raccompagner jusqu'au bout de ma rue une fois le soir tombé. Ses phrases sont ponctuées de "m'dam", impossible de lui faire prononcer mon prénom. Les seuls mot de français qu'il connaisse sont "lâche moi les baskets". Le cinéma est à l'autre bout de la ville, un véritable monument de béton. La salle est gigantesque, bétonnée elle aussi. On a pris des billets premiers classe pour être au balcon. Il y a même des ventilateurs au plafond pour rafraîchir un peu l'air (souvenez vous qu'un film dure en moyenne quatre heures). On se prend un coca, on se cale dans les vieux fauteuils et c'est partit! Le film fut un régal de musiques, de paillettes, de larmes et de rebondissements. Au début, on a l'impression que la pellicule a été recolorée (un peu comme dans les films de J. Tati) mais on oublie vite. Pas de sous titre mais mon voisin me traduisait les passages clef. Il faut dire que l'intrigue est souvent prévisible (un mélange de tous les soaps connus sur le petit écran avec une grosse touche de morale indienne). On ajoute du piment avec des coupures de courant aux moments cruciaux. Et pour couronner le tout, encore mieux que le cinéma 3D, nous avons ici le cinéma inter-actif. Dans la salle, certains chantent, d'autres s'esclaffent. Quelques rangs plus bas, un bébé pleure (pas question de louper le film du samedi soir a cause du dernier né, on radine toute la marmaille). Je peux mourir en paix, j'ai vu mon film et je suis à Varanasi. Que demande le peuple??
22 Mars VARANASI ( ben si...) Grosse trouille ce matin. La ville, tout comme l'Inde d'ailleurs, est peuple de singes. Il doit y avoir une famille qui loge pas loin de ma chambre. Jusque là, je gère. Chacun fait sa vie. Là ou ça pose un problème c'est quand, alors que je tente de me réveiller sur mon balcon, je me retrouve nez a nez avec un gros mâle grimaçant et sifflant. J'ai vite battu en retraite, lui claquant la porte au nez. Il n'avait pas l'air commode du tout et ses dents étaient bien affûtées (quoique j'ai cru entrevoir un reste de salade coince entre ses canines). Je n'ai aucune envie de me faire refaire le visage par ce type de chirurgien plastique. Ils sont tellement habitués aux humains qu'ils ne sont même pas effrayés quand on les chasse du bras. Bien au contraire, ils contre attaquent et c'est moi qui doit fuir. Ou va le monde, ma brave dame. J'en viens même à regretter mes bons gros pigeons parisiens Comme faune locale, c'est tout de même plus rassurant. Heureusement que j'ai des grillages à mes fenêtres. Lors de leur ascension de la façade, ils ne manquent pas de pousser ma fenêtre entre ouverte pour voir si il n'y a rien à chiper. Changements de plans donc. J'ai décide de rester à Varanasi pour fêter Holi (la fête des couleurs) il parait que c'est particulièrement animé dans cette ville. J'avais mon sac sur le dos, mon billet de train en poche mais j'ai changé d'idée au dernier moment. Grisant. Pas d'obligation de suivre le plan de route, il faut saisir les occasions quand elles se présentent. La ville vaut le coup qu'on s'y attarde. Il y a des indiens qui payeraient cher pour être à ma place. Et puis, je n'ai pas trop envie de retrouver le bruit de Delhi. Je partirais d'ici à la fin mois pour aller vers le Rajastan. Je verrais Richikech et Amritsar une autre fois.
23 Mars Impossible pour les indiens de prononcer mon prénom, me voici donc rebaptisée Imli (c'est le mot en hindi pour designer le tamarin). Ca fait près d'une semaine que je suis immergée dans la vie indienne. J'ai quitte le monde des touristes pour partager la vie d'une famille, celle de Lucky. Il n'y a que lui qui parle anglais mais on arrive à se comprendre un peu. Chaque jour, il m'invite à déjeuner chez lui et sa maman me prépare un bon thali. Après avoir passé un rideau de linge qui sèche, je me retrouve dans une petite pièce aux murs noirs de suie. La lumière vient d'une petite lucarne. On me fait prendre place sur une des nattes au sol. Les seuls meubles sont des étagères couvertes d'ustensiles divers et un petit hôtel avec des images pieuses et des statues. Seules touches de couleur au tableau. C'est petit, sombre et pourtant, tout doucement, j'ai senti la chaleur du foyer. Pas besoin de décoration hi tech. Lucky taquine son petit cousin, ses soeurs me regardent manger, rigolant de mes débuts laborieux. Pas facile de manger du yaourt avec les doigts. Puis, après s'être bien lavé les mains, la plus jeune me coiffe, me passe de l'huile sur les cheveux et me les remonte en chignon. Avec mon punjabi, mon bindi (point sur le front) et mes bracelets, elles disent que je ressemble à une véritable indienne. Si seulement ça pouvait être vrai. Je suis frustrée de ne pas pouvoir parler plus avec elles. Foutue barrière de la langue! Parfois, j'ai l'impression que notre culture a trop aplanit les relations. Ici, on touche les pieds de quelqu'un pour marquer son profond respect. C'est un geste très important. Et nous, que nous reste- t- il pour signifier la hiérarchie? Peut être avons nous oublié certaines valeurs...
24 Mars Quelle image ont-ils de la femme blanche? J'ai souvent l'impression qu'ils nous voient comme des filles faciles. C'est certain, on ne colle pas beaucoup avec le cliché de la femme soumise, un tantinet neuneu et homo-dépendante de la version indienne. Mais quand je vois une affiche de film "hot" avec que des blanches comme actrices, je ne peux pas non plus l'accepter. Difficile pour eux de nous comprendre. Pourtant on est loin du temps ou le summum du sensuel était représente par une pauvre pucelle se dandinant sous la mousson avec le sari qui lui colle aux mollets. Tout ce que je vois dans les films indiens relève plutôt du nombril à l'air, du décolleté plongeant et de l'image suggestive... Par contre, bobonne, à la maison, c'est sari ou punjabi obligatoire. Intéressant. Quelle hypocrisie.
27 Mars VARANASI ( toujours...) Aujourd'hui c'est la fête de Holi (personne n'a été foutu de me dire la signification, je vous ferais donc grâce de mes explications dignes d'un guide touristique). Quelques jours avant la date fatidique, on a vu apparaître des marchands de poudre de couleur, de pistolets à eau, de chapeaux de carnaval. Petites montagnes de pigments rouges ou verts. Les yeux des gamins brillent déjà. On fait ses réserves, choisissant avec soin la couleur de ses munitions. Le jour J arrive enfin! Ca commence très tôt. A sept heurs les hostilités sont déclarées. Les particuliers font hurler leur chaîne hi-fi et les premières bombes à eau sont lancées. Bataille rangée d'un toit à l'autre. Impossible de circuler dans les rues sans être bombardé. Les vaches et les singes ne sont pas oubliés (la vache Milka n'a qu'a bien se tenir). On sort l'alcool, les cigarettes, aujourd'hui tout est permis. Les forces de police ferment les yeux. Pendant six heures ce ne seront que des cris, des rires, des courses poursuite. Même les couloirs de mon hôtel sont le siège d'une lutte Touristes/ Indiens. Des rivières de couleur dégringolent dans les escaliers. Les hommes poussent des cris guerriers, les enfants hurlent de joie. On se barbouille le visage, les vêtements prennent les couleurs d'arlequin. Les murs sont mouchetés. Toute la ville est repeinte de fushia, d'ocre et de bleu. C'est féerique, on se croirait dans un tableau de Kandinsky. Je croise un gamin hilare, son visage est pourpre et ses yeux brillent comme des billes, on dirait un diablotin. Un gros bonhomme moustachu passe en vélo. Il a un petit chapeau doré comiquement posé sur le haut de son crâne. Son marcel est repeint aux couleurs de l'arc en ciel et sa moustache s'est transformée en un buisson d'un vert éclatant. Vers quatorze heures tout se calme. On écope, on nettoie à grandes eaux, on essuie. Tout Varanasi va se laver dans le Gange qui prend alors des reflets irréels. Un peu comme une immense tache d'huile. L'après midi se passe en famille ou avec des amis. On sort ses plus beaux vêtements. La maman de Lucky nous a fait un thali spécial avec du poulet (ne croyez pas qu'en Inde, on soit végétarien par goût du bio).
31 Mars stand by Juste un petit message pour dire que je suis toujours en vie, toujours à Varanasi et ....... peut être en Indonésie. A suivre.
3 Avril vers JAIPUR (enfin...) Je décolle enfin de Varanasi. A croire que la ville m'avait ensorcelée. La quitter semble relever de l'exploit. A force de suivre Lucky dans le labyrinthe du Chowk (vieux quartier qui borde le Ghat principal), on a fini par devenir inséparables. Il travaille chez un détaillent en soieries. On y passait des heures entières, affalés sur les tapis, à boire du thé avec ses amis. Tous les commerces se pressentent de la même façon. On enlève les chaussures à l'entrée avant de passer sur un matelas qui recouvre tout le sol de la pièce. Là, assis en tailleur, un thé à la main, on peut commencer les affaires. J'étais même devenue l'interlocutrice spécial touriste français. A chaque client, c'était un festival de couleurs. Le sol était vite recouvert de dizaines de châles, de couvres lits brodes d'or, de brocards. On me "remerciait" en m'offrant une étole ou une pashmina de temps en temps. Le midi, on allait manger chez Lucky, bref, la routine a commence à s'installer. On a écume tous les cinémas de la ville, sillonné toutes les ruelles en moto. A la fin, Luckyse se prenait presque pour mon mari, refusant que je parle aux étrangers, que je sorte seule, veillant à ce que je ne dévoile pas trop de ma personne. Il s'est presque battu avec un policier qui me regardait d'un peu trop près. Je veux bien jouer le jeu cinq minutes, mais à la fin ça devient insupportable Il était grand temps de partir. Le temps de troquer mon punjabi contre le treillis, je saute dans le premier train qui passe direction le Rajasthan!.... Je crois que les dieux de Varanasi ont du bien rigoler! Dix huit heures de train!!! Coincée sur une couchette à peine plus large que mon derrière, le nez colle au plafond avec, en guise d'air conditionné, des ventilateurs brassant l'air chaud et la poussière ambiante. Mon coté aventurier en a pris un coup. A la sortie du train je ressemblais plus à un mix entre un épouvantail et une sorcière.
8 Avril JAIPUR Jaipur est une ville très structurée. Grandes artères, rues bien perpendiculaires. Il semble y avoir un véritable projet d'urbanisme. C'est la première fois que je croise des feux de signalisation! Ca fait tout drôle après les rues sinueuses de Varanasi. C'est même un peu trop. Trop bruyant, trop carré, trop urbain. En fait il semble y avoir tous les défauts de la ville sans les avantages. Heureusement, mon hôtel est un paradis de calme et de verdure. C'est un ancien petit palais. Le soir, je me prélasse dans un des transats sous un bougainvillier. L'air sent bon le jasmin et l'herbe fraîche. Il y a même un paon qui se dandine dans l'allée. L'hôtel est un ensemble de petites courres intérieures, de patios, d'escaliers secrets, cachés par une façade recouverte de buissons fleuris. Je n'ai pas beaucoup vu la ville. Juste ce qu'il faut. Ça fait du bien de se couper un instant de la réalité indienne. Une petite parenthèse dans la parenthèse, le matin j'oublie presque que je suis en transit. J'ai l'impression de me réveiller dans ma maison de campagne...
9 AVRIL PUSHKAR Arrgghhh! Je suis maudite! Ce matin, j'ai levé le camp de Jaipur. Adieu veaux, vaches, cochons, le fugitif repart vers de nouvelles aventures. Jusque là, la routine. Ca se complique quand, arrivée à mon nouvel hôtel, je réalise que pour des raisons obscures, ma bouche est bloquée. Impossible d'avoir un écart de plus d'un centimètre entre les deux mâchoires sous peine de voir mon dentier me dégringoler sur les genoux! Vais je devoir me mettre au régime calibré avant l'age fatidique? Je clôture mon stade oral de façon plutôt rédhibitoire. Je suis trop jeune pour boire mes biscottes noyées dans mon Nesquick avec le beurre qui surnage! Et puis, ou vais-je trouver un presse purée dans ce bled pourris? Je n'en suis pas encore au trismus mais quel est l'imbécile qui a trifouille ma poupée vaudou en lui plantant des aiguilles dans la bouche? Qu'il se montre, je n'en ferais qu'une bouchée... enfin, presque. Je ne vais quand même pas aller voir le rebouteux du coin. Même ma copine infirmière Caro, qui fait du rapatriement sanitaire, m'a laisse tomber comme une vieille chaussette. Pas assez grave pour envisager un retour au bercail aux frais de la princesse! Dix neuf heures, Hourra! Je suis décoince (vous en doutiez?) Apres avoir brûle maint et maint bâtons d'encens (doit bien y avoir un dieu spécial problèmes dentaires dans le coin), massé, farfouillé, mastiqué au risque de me faire prendre pour une nouvelle race de ruminant, ma mâchoire à enfin recouvré la raison. Ouf! pas besoin de mettre un gant en latex et passer par "l'autre voie". Comprenne qui pourra (merci mon ostéopathe). Et vive la grenouille à grande gueule ! (ceux qui ne connaissent pas encore l'histoire n'ont qu'a se manifester, je me ferais un plaisir de leur raconter.) L'Inde, pays aux mille dieux et aux mille prières. Jour et nuit, elles montent vers le ciel telles les volutes de fumée d'une gitane maïs. Et c'est justement le problème. Il est trois heures du mat et le vieux d'en face a décide de tenter sa chance, des fois qu'un dieu serait encore à l'écoute. Le voila qui tambourine avec conviction sur sa plus belle casserole en guise de banjo et braille à s'en faire péter les plombages. On dirait un mélange de sirène de pompiers et de fado chanté par un asthmatique. N'y a t il personne qui veuille abréger ses souffrances? Le seul effet kiss-cool observé c'est une accélération bruyante du transit de mon voisin de chambre et une reprise en choeurs par tous les canidés du coin. Puis, une fois qu'il a bien massacré son ustensile de cuisine, il retourne se coucher (Seb c'est bien?).?ET MOI ALORS? A cause de lui j'ai les yeux en position plein phare, impossible de retrouver le fil mon rêve qui semblait pourtant des plus philosophiques. Demain, c'est décidé, je vais danser la macaréna sous ses fenêtres à deux heures du mat!!
11 Avril PUSHKAR C'est la tanshumance! Je descends de mon village bleu à flanc de colline pour me perdre dans le quartier musulman d'Ajmer, la grande ville dans la plaine. J'ai passé toute la matinée dans la mosquée, il faut dire que les alentours sont un mixe entre la foire et la coure des miracles qui ne donne pas envie de prolonger le stationnement. Un type coincé en position grand écart fait le crabe dans la rue, un autre se déplace en se roulant par terre, il y a même un chien qui avance en équilibre sur ses pattes avant, les pattes arrière difformes. Mieux vaut battre en retraite. Avant d'entrer dans le lieu saint, je confie mes chaussures au portier et je me couvre la tête. Dans l’enceinte, une milice est chargée de faire respecter les bonnes manières. Portant une étole genre miss monde et un bâton de guignol, ils traquent tout écart de conduite. Ce serait de mauvais goût de se prendre une prune pour outrage à divinité. Je me pose dans un coin de la coure dallée de marbre et je regarde. C'est un lieu de prière, mais aussi un lieu de vie. Un petit bonhomme s'approche de moi en gazouillant. Il a les yeux soulignés au crayon noir et une ficelle autour de son proéminent bidon. Une fillette me demande de poser avec elle pour une photo (il est important de savoir que tout bon indien se doit de tirer une tronche de six pieds de long lors de cet exercice... pas le moindre petit rictus). C'est une procession incessante de visiteurs. Les hommes portent des djellabas blanches magnifiquement brodées. Ce soir, à Pushkar, c'est mégateuf!. C'est le nouvel an indien, on sort les dieux des temples et de la naphtaline pour leur faire faire un petit tour de la ville. Chaque soir c'est la permission de minuit pour un dieu différent, et ça va durer dix jours!. Les familles ont dessinées des fleurs, des motifs géométriques avec de la poudre de couleur devant leur perron pour accueillir la procession. La rue est parée d'un tapis aux couleurs flamboyantes. Les femmes accrochent des fleurs dans leurs cheveux.?Les chars sont précèdes par une fanfare dominée par le son du Bontempy sur lequel s'acharne un des musiciens. Puis vient... un énorme moteur monte sur roulettes qui servira à alimenter les lustres portés par des dizaines de gamins des rues pour faire une haie d'honneur. Enfin, le char, entouré de brahmanes distribuant des copeaux de noix de coco et autres sucreries. On en reçoit une poignée, on partage avec son voisin. Tous les sens sont à la fête. La foule se presse pour recevoir la bénédiction, toucher le char. Les sâdhus en tous genres sont aussi de la partie. A la base, le sâdhu est un mendiant religieux. Ils sont reconnaissables à leur allure souvent excentrique. Vêtus d'orange, le corps couvert de cendres, le cou chargé d'amulettes et le crâne recouvert d'une forêt vierge qui ferait rêver nos amis rasta symbole de leur puissance. Le sâdhu devient siddha, soit hermite soit ascète après de dures pénitences et diverses formes de mortifications. Certains ont décidé de passer leur vie sur un pied, d'autres se coupent un bras, tout ça pour atteindre la délivrance du cycle infernal des renaissances.?Ca c'est la version locale, mais on a aussi le Western sâdhu, race particulièrement endémique si on considère qu'elle possède la faculté de troquer ses fripes contre un costume trois pièces une fois revenu sur leur pays d'origine. Leur but est encore obscur mais il semble que pour y parvenir, ils doivent porter les vêtements les plus miteux, traîner la savate et afficher une pilosité amazonienne...
18 Avril JAISALMER Mon voyage aura été marqué par de nombreuses rencontres. Chaque ville que je traverse m'apporte une nouvelle histoire. Il faut être patient, laisser les choses venir. L' Inde ne s'apprivoise pas en deux jours. Apres un certain temps, une fois que vous faites bien partie du décor, le miracle s'opère. Je crois qu'ici, j'ai atteint la perfection. Jaisalmer est une ville fortifiée au milieu du dessert du Tahr. Son épaisse muraille ocre renferme un trésor. C'est ici que se trouvent les plus beaux have lis de toute l'Inde. Ce sont des palais construits au XVIII ème siècle par de riches marchands. Certains sont officiellement visitables mais je me rends vite compte que presque toutes les façades de la ville sont richement ouvragées. On dirait de la dentelle, mais en plus beau, avec une variété incroyable de motifs. Je ne m'en lasse pas. Mon hôtel est à l'intérieur du fort. Le soir, assise sur la terrasse, je me prends pour une maharani attendant son Lawrence d'Arabie (ouaich, un peu anachronique, mais Peter O'Toole avait de si beaux yeux bleus...). Les habitations couvrent encore quelques kilomètres autour des remparts et puis...c'est le désert. Pas les dunes de sable comme dans le désert des tartares, mais une plaine aride ou ne poussent que des buissons hirsutes et des éoliennes à perte de vue. Et puis, il y a eu la rencontre avec ces deux soeurs. Deux gitanes qui alpaguent le touriste à la sortie du fort pour leur vendre quelques breloques. Comme elles sont parées de leurs plus beaux atours, je joue le jeu du "bakchich contre photo". Jusque là, relations professionnelles. Le lendemain, je les retrouve pour leur offrir quelques T shirts que je dois jeter par dessus bord de mon sac à dos sous peine de surpoids fatal pour la suite du périple. Elles semblent ravies. Ce soir, elles m'ont invitées à boire un thé chez elles et écouter de la musique. Je les suis en dehors de la ville et me voici assise dans la courette d'une maison en torchis, un gamin dans les bras. Les hommes jouent du violon pendant que les deux soeurs dansent et chantent. Pour l'occasion, elles m'ont décorées de leurs bijoux traditionnels. On pose pour la photo. Une fillette aux cheveux ébouriffés danse devant moi. Sa robe est mocharde mais ses yeux brillent comme ceux d'un chat et ses hanches ondulent gracieusement. Petit moment de pur bonheur. C'est simple et beau comme un Kinder-Surprise.
26 Avril BOMBAY Dernière étape du voyage:Bombay. Retour à la civilisation mais ce n'est pas pour autant la fin des aventure, bien au contraire. Coup de chance, un de mes amis indien que j'ai connu au Burundi est lui aussi de passage dans le coin. Il insiste pour que je loge dans un des studios qui appartiennent à sa famille. Jusque là, plutôt idyllique comme tableau surtout vu le prix d'une chambre d'hôtel ici et vu l'état de mes finances... Mais c'est sous estimer l'esprit farceur qui plane constamment au dessus de mon crâne gracile! En fait, l’appart est parfait, mais c'est comme acheter une robe chez un grand couturier et se rendre compte qu'on ne peut même pas monter les escaliers avec. Beau mais pas pratique. Canapés dans le plus pur style post néo gréco romain, sol en marbre, la classe. Mais quand il s'agit de passer aux choses concrètes genre: qu'est ce qu'on mange ce soir? C’est une autre paire de bretelles. Les placards de la cuisine sont remplis ...... de cahiers, de cirages, de bouteilles de fly-tox. Ah, quelques bouteilles d'alcool, (on avance petit à petit vers le rayon alimentaire) et une cinquantaine de bouillons Knorr. Ce soir, donc, on révise Maïté version Koh-Lanta. Faute de casserole, j'ai du faire bouillir mes nouilles dans une poêle tellement petite qu'on pourrait la qualifier de HLM pour omelette! Me voici en train d'égorger une boite de concentré de tomate (la seule dont la date d'expiration n'avoisine pas le néolithique). Le plan de travail porte encore les traces de notre lute acharnée. Papa, tu aurais été fier de moi! Deuxième épreuve: Bombay est la seule ville d'Inde ou il est presque mal vu pour une jeune (si, si, j suis encore jeune) femme de porter le punjabi. Pas de chance, je n'ai plus que ça dans ma garde robe. A cela il faut ajouter le fait que Vinod (mon ami indien) ne fréquente que des gens super branchouillés et j'avoue qu'après deux mois de voyage je ne me sens pas trop dans ce trip. Panique à bord, donc, comment ressembler à quelque chose de correct quand on n'a plus que des tongs, un sac à patate en guise de robe et .....Pas le moindre sac à main coordonné! Je fonce dans le premier magasin du coin et fait péter ma carte bleue. J'en ressors habillée dans le plus pur style minette rose bonbon, un régal. Il fallait au moins ça pour tenir la route face à la jeunesse dorée locale. En trois jours, avec Vinod et sa bande, on a écumé tous les bars fashion de la ville. Ca fait tout drôle, mais j'avoue que ça m'a fait du bien de retrouver tout ça! J'ai presque fait une over-dose de crevettes et autres produits de mer (ras le bol du poulet et du régime végétarien). Ce soir, Vinod retourne au Burundi, moi je reste encore quelques jours. Je vais tenter de survivre dans cet univers.
La suite au prochain épisode.
J'ai donc mis le pied en Inde comme d'autres ont mis le pied sur Mars. Tout devait être différent et pourtant, je ne me sens pas aussi étranger que ça (aurais je des origines martiennes?). A peine une vague sensation d'apesanteur due à la fatigue. ?Le voyage fut un étrange mélange initiatique. Je n'ai jamais eu autant de correspondances (Paris, Behaim, Abu-Dhabi, Muscat, Delhi...enfin). Tous à vos atlas, BANDE DE FLEMMARDS! Comble de malchance, je fut poursuivie pendant tout ce périple par un groupe de touristes quadra franchouillards qui (comme le veut le règlement du beauf à l'étranger) n'ont pas cessés de faire des commentaires douteux, râler… bref, se faire remarquer. Passons, peut être qu'un jour, l'âge aidant, j'en serais réduite à voyager avec leurs semblables... ?Par contre je recommande vivement la compagne Gulf Air. Leurs hôtesses portent un voile qui tombe gracieusement de leur petit chapeau sur leurs épaules. On dirait un mixe entre la Fée Bleue et Shéhérazade.??Comme le vol est long, les passagers tentent tant bien que mal de se dégourdir les jambes. Il en résulte une imitation presque parfaite du bagnard dans sa coure de récréation, l'uniforme en moins. A pas comptés, ils tentent de faire circuler le sang dans leurs jambes engourdies et comme l'avion est petit, ils tournent vite sur eux mêmes. ?Enfin Delhi, j'enlève mon pull avec bonheur (promis, j'ai eu une pensée pour vous), je dégaine mes lunettes de soleil et en route pour l'aventure! ?J'ai bien fait de demander qu'on vienne me chercher. A l'extérieur de l'aéroport, une foule de chauffeurs de tout poils sont à l'affût du touriste. Par contre, il devient rapidement évident que la conduite ici est une affaire de Karma. De toute façon, notre fin sur terre est déjà écrite, alors autant foncer et s'en remettre aux divinités locales. Les voitures slaloment dangereusement, ne laissant que peu de chance aux piétons. Pas de refuge possible pour eux, les trottoirs servant ont tout sauf à marcher dessus. Traverser relève du suicide collectif. Les rues sont toutes à double sens, même les plus étroites. On roulera au besoin sur ces fameux trottoirs. Enfin, pour ceux qui poussent le masochisme à l'extrême, nous proposons la moto. Tout sert de casque pourvu que ce ne soit pas homologué (casque de chantier, de football américain, je m'attends même à croiser un saladier pourvu que ce soit la bonne taille) ?Me voici arrivé à mon hôtel après, deux accrochages, trois dérapages et une bonne dizaine de grosses frayeurs (la routine quoi). La rue est sordide, nous sommes en plein Old Delhi, j'adore.
Un drôle d'escalier en marbre aux marches surdimensionnées m'amène jusqu'a la terrasse sur laquelle donne ma chambre. Là aussi, le faux marbre du sol contraste avec l'étroitesse et le kitsch du décors. ?C'est sur cette terrasse que je fais la connaissance de Penina, une française. Elle est sur la fin de son voyage, c'est elle qui m'initiera aux joies du négoce. ?C'est tout un art. Il faut avant tout avoir le temps. On se pose, on boit un thé avec le vendeur. Il invoque sa famille à nourrir, on montre notre portefeuille que crie famine. Petit sourire échangé, personne n'est dupe. On regarde d'autres objets. "special price". Il faut savoir doser. Parfois j'ai honte mais à la fin de la transaction, quand Penina ressort en ayant payé un prix dérisoire, le vendeur lui glissera: "you are clever " (tu es maline). C'est de bonne guerre. ?J'ai le sentiment que dans cette ville, on a concentré un maximum d'échoppes, de voitures, de passants dans un minimum de place. On a vite l'impression que le ciel est tout juste au dessus de nos têtes à cause de la toile que forment les câbles électriques. Ils sont emmêles, dérives, coupés, je n'ose imagine le boulot de l'EDF locale... ?Il est tard maintenant et la rue grouille encore. Beaucoup de klaxon, des chiens qui se battent, on se hèle d'un balcon à l'autre. ?Penina est partie aujourd'hui, à moi de mettre en pratique son enseignement. ?Ben voila le premier de la série. Je vous embrasse tous. Je m'amuse comme une folle et mon système digestif tient le coup.
4 Mars DELHI J'ai trouvé un ange gardien! Mr Singh. Il est sikh (religion) et chauffeur de taxi (profession).?La première fois que je l'ai rencontré, j'étais avec Penina. Il était tard, nous avions eu une mauvaise expérience avec un chauffeur un peu agressif à cause du faible taux de sang qui flottait dans l'alcool de ses veines. Et là, on a croise ce type au turban impeccable. La moustache digne du baron de Munchausen. J'AVAIS TROUVE MON MARAJAH !! Il sera mon guide sur Delhi. ?Le sikhisme est une religion qui regroupe deux pour cent de la population indienne. Malgré ce faible nombre, il s'agit d'une minorité religieuse (et non ethnique) solidaire, entreprenante, très présente dans le domaine de l'économie. Le sikhisme qui prescrit l'honnêteté et le service de la société, en fait des interlocuteurs surs. ?Malgré leur longue barbe, ils sont loin d'être des hippies attardés, bien au contraire.?Leur religion suit les préceptes de Guru Nanak (né en 1469) qui déclara: " il n'y a pas d'indous, il n'y a pas de musulmans, il n'y a qu'un Dieu, la Vérité suprême". Ce bricoleur des religions rejeta les castes de l'indouisme tout en conservant la croyance en la réincarnation. De l'islam, il retint la simplicité, l'absence de représentation divine, la prière et le dogme du Dieu unique. Il butina même chez les zoroastriens et les juifs. ?Les puristes suivent la loi des cinq K: Ils doivent laisser pousser leur barbe et leurs cheveux (kesh en Indien).Ils gardent donc leurs cheveux sous un magnifique turban plié au centimètre prés et protégent leur barbe dans une résille nouée sur la tête quand ils se déplacent en moto par exemple. Ils placent un peigne d'ivoire ou de bois dans leur chignon (konga). Ils portent un bracelet en argent au poignet droit pour se souvenir que leurs mains ne doivent pas tricher ou faire de mal (kara). Kacca désigne le caleçon court que certains portent encore. Enfin, ils portent parfois un poignard à la ceinture (kirpan). ?Outre ces percepts, les siks ne doivent pas boire d'alcool ou fumer ce qui m'arrange particulièrement pour le cas de mon chauffeur de taxi.
Ce matin, j'ai continué mon voyage initiatique à la gare centrale pour acheter, à l'avance, mes billets pour les étapes suivantes. Mon chevalier ne m'a quitté qu'une fois devant la porte même de l'International Tourist Bureau, m'évitant ainsi de tomber entre les griffes des nombreux rabatteurs, faux guides et autres types louches. ?Me voici donc dans le temple du transport ferroviaire (un temple de plus ou de moins, on n'est plus a ça prés dans ce pays). Petit coup d'oeil à mes confrères touristes. Il en vient de toutes part; Japon, Australien, Allemagne.... Par contre, pour ce qui est de cette brochette, ils ont tous un point en commun: ce sont de véritables épaves!! (J’exclue tout de suite nos amis asiatiques qui sont comme d'hab, tirés à quatre épingles). ?Ici, tout est fait pour vous faciliter la vie mais dans une logique toute locale. Après donc une heure de queue, j'accède au guichet..... Perdu!! Vous devez reculer de trois cases pour aller chercher le nom exacte du train que vous voulez (ne passez pas par la case départ, ne touchez pas vingt mille francs) ..... Par contre, si vous voulez les trains en partance pour d'autres gares, reculez de trois cases et soyez heureux de ne pas avoir de gage. ?Enfin, je sors victorieuse. Ca vaut bien un thé massala à l'hôtel devant une série TV indienne. Lors de mon séjour au Burundi, mon amie indienne Shiwa m'a fait découvrir ces deux piliers de la culture indienne. J'en use et abuse avec délice depuis mon arrivée ici. Quand je vais revenir en France je serais incollable sur les dernières nouveautés!! ?Faisant fi des guides touristiques j'ai résolument tourné le dos aux monuments locaux pour suivre, à son invitation, mon marajah jusqu’a son temple. Ce n'est pas tant les musées que je veux voir. Quoi de mieux que d'entrer dans un temple sikh par la porte de service. Pendant le trajet, je regarde les yeux de chat de mon chauffeur dans le rétroviseur. Il a l'air particulièrement fier de m'emmener là-bas. C'est en partageant les cultures qu'on arrive à mieux se comprendre. ?Avant d'entrer, je me couvre la tête avec mon étole. Le temple est immense, tout en marbre. En passant déposer nos chaussures, on se fait offrir un thé et des petits gâteaux par le gardien. Pendant que Mr Singh papotte avec ses amis, je me fais toute petite, c'est le vestiaire des hommes après tout!! (jalouses hein??). Des chaussures s'alignent sur toute la hauteur du mur. ?Dans le temple, l'ambiance est recueillie. Ca fait du bien après la folie des rues de Delhi. Un prêtre psalmodie accompagné par une musique entêtante. ?Le temple a été construit sur une source miraculeuse. Le matin, beaucoup de personnes viennent se baigner dans le grand bassin. Sur le côté, des "moines" armés de bouilloires, proposent de boire l'eau bénie. J’avoue avoir essayé. Peut être retrouverais je quelques neurones grâce à elle (sinon ce sera juste une bonne diarrhée). ?Un peu plus loin, sous un préau, le temple offre un repas simple aux nécessiteux mais aussi à qui veut. Tout provient de généreux donateurs. Cette religion me semble pleine de sens, à l'échelle humaine.
Mon voyage commence bien.
5 Mars AGRA On vit tellement plus de choses quand on voyage seul! On a peut être l'air plus abordable et on va plus vers les autres. Quand on voyage à deux, on a un interlocuteur privilégie, pas besoin d'aller voir ailleurs. De plus le binôme peut vite être ressentit comme un cercle fermé. Depuis mon arrivée en Inde j'ai fait beaucoup de rencontres intéressantes. Je dois avouer que mon coté ours est aussi en cause; j'aime bien disposer de mon temps et de mon espace. Ca fait du bien de choisir les moments ou on veut de la compagnie et ceux ou on préfère se replier dans ses pénates. ?Je viens d'arriver à Agra après deux heures de train. J'ai le dos en compote et pourtant, je retrouve toute mon énergie en arrivant à l'hôtel. Les chambres entourent un petit jardin ou on peut manger sur le pouce et, contrairement à Delhi, ON EST AU CALME!! ?Très vite, je prends possession des lieux. Mon pyjama sous l'oreiller, je sors mes sachets de thé et quelques pommes sur la table de nuit, je brûle un bâton d'encens. Cette fois, ma chambre a la couleur d'un chamalow. Au plafond, un ventilateur suspendu par des fils électriques qui ne lui transmettront jamais l'énergie vitale faute de branchement. Plutôt étonnant comme déco. Dans la salle de bain je tends ma corde a linge et je fais bouillir de l'eau dans le seau (merci la résistance chauffante burundaise) pour me doucher. Je veux bien jouer les routardes mais pas question de se négliger. Mieux vaut être belle et rebelle que moche et re-moche. Sur ma table de nuit trônent ma crème de jour et ma crème de nuit (que j'utilise à bon escient, comprenne qui pourra). Détail intéressant de ma salle de bain: l'eau usée du lavabo s'écoule .... sur mes pieds. Le siphon ayant été coupé, tout va directement dans la grille d'évacuation de la douche située par terre, juste à côté. ?Au resto de l'hôtel je rencontre Beckie, infirmière vétérinaire australienne. Ce soir, elle part en direction du Nepal. On passera l'après midi ensemble. Mon alliance l'a bien fait rire. Elle utilise le même subterfuge. ?Paradoxe du voyageur solitaire, on n'est jamais seul
6 Mars AGRA Ce matin, je me suis levée avant le soleil pour aller visiter le Taj Mahal.
L'histoire raconte que l'empereur Shah Jahan l'aurait fait construire pour recevoir le corps de sa femme Mumtaz Mahal, morte alors qu'elle accouchait de son quatorzième enfant. Sa mort laissa le souverain fou de chagrin. Il fit alors la promesse de construire, en sa mémoire, un monument qui n’a pas son pareil dans le monde. Comme aucun architecte du royaume n'était capable de concevoir projet à la dimension de la douleur de l'empereur, celui-ci aurait alors convoqué l'architecte Perse le plus célèbre et tué sa fiancée. Comprenant enfin toute la peine du sultan, il créa le Taj Mahal. S'en suivirent vingt années de labeur (1631-1653) pour des milliers d'artisans venus pour certains du Moyen Orient ou d'Europe. Certains furent ensuite amputés des mains ou des pouces pour qu'ils ne puissent plus jamais reproduire une telle perfection. ?Une autre version tendrait à montrer le souverain sous un jour moins poétique. En effet, l'agencement du jardin en quatre parties sépares par des bassins symboliserait le paradis ou coule des rivières d'eau fraîche, de lait, de miel et de vin. Ces bassins se rejoignent en un point central qui représenterait le bassin céleste de l'abondance. Certaines calligraphies de la porte principale citent un des deux seuls passages du Coran ou Dieu s'adresse directement aux hommes: "Entrez dans mon paradis". Le Taj serait ils alors la représentation du paradis? ?Jusque là, me direz vous, tout va bien... Le problème c'est que la tombe n'est pas située au centre du jardin comme le voudrait la tradition mais au fond de celui ci. On sait depuis peu que le père de Shah Jahan possédait dans sa bibliothèque, un texte Sufi décrivant le plan de l'assemblée du jugement dernier. Celui-ci correspond exactement aux plans du Taj Mahal. Le Taj serait alors une symbolisation du trône de Dieu. Notre empereur ne serait il alors qu'un mégalo bouffit de vanité?? ?Même chose pour sa mort. La version la plus répandue dit que l'empereur serait resté inconsolable après la mort de sa belle. Il fut emprisonné par un de ses fils dans le fort d'Agra d'ou il contempla le Taj jusqu'a sa mort en 1666. Une autre version indique qu'il serait mort d'une over dose d'opium et d'aphrodisiaque. Moins poétique tout d'un coup... ?Alors, doit on croire en l'amour ou n'est ce qu'un miroir aux alouettes? Pour ma part, fidèle à mon cynisme légendaire, je retire une conclusion de tout ça. Il n'est pas d'amour parfait. Les années érodent la pierre, les sentiments se révèlent parfois moins nobles, se fatiguent avec le temps. ?Mais revenons à nos moutons. Je ne tenterais pas de décrire le Taj. Nombreux sont ceux qui se sont essayés à cet exercice et je ne me mesurerais pas à eux. Par contre, face à tant de beauté, je réalise à quel point les hommes sont capables de rejoindre Dieu et faire des miracles quand ils veulent bien s'en donner la peine. ?Le soleil commence à se lever. Les touristes pressent le pas pour voir le Taj s'illuminer et se refléter dans son miroir minéral. Il n'y a pas que les touristes d'ailleurs. Une nuée de moustiques me fait rapidement une auréole. ?Personne ne parle, on n'entend que les cris des singes, quelques oiseaux et le bruit étouffé de la ville qui se réveille. ?Derrière le Taj, en toile de fond, il n'y a rien que le ciel comme une porte vers l'éternité. Un pur moment de beauté. ?L’Inde est un pays où cohabitent la grâce la plus divine et la misère la plus infernale.
7 Mars AGRA Mon hôtel est décidément plein de surprises. L'électricité est coupée dans la journée, ce qui, en soi, n'est pas un réel problème, sauf si on cumule, le fait que mes toilettes ne sont équipés d'aucune autre source de lumière et que la corde sur laquelle je viens d'étendre mon linge passe au dessus des toilettes. Je me retrouve donc sur le trône, ma lampe frontale sur la tête, mes chaussettes me dégoulinant dans le cou! J'avais prévu de passer une après midi au calme, recluse à l'hôtel, me refusant de faire du shopping dans cette ville attrappe touriste, mais mes voisins américains ont su me convaincre. Je ne regrette pas. Ils avaient dégotés pour le dîner, une terrasse qui surplombait la ville. Vue imprenable sur le Taj, des guirlandes qui clignotent, le tout sur un air de Bob Marley. Tables sur une surface à peine plus grande que ma chambre d'hôtel. De là, je voyais la ville labyrinthe sous un autre oeil. Loin des rabatteurs, je pouvais voir la vraie Agra. Sur une terrasse, des gamines qui jouent, un peu plus loin une ribambelle de singes qui se chamaille. Le muezzin du coin commence à rappeler ses fidèles à l'ordre. Je respire. Le retour fut nettement moins calme. Il faisait nuit noire quand nous sommes montés à bord de l'auto rickshaw. J'avais quelques réticences, quelque chose clochait mais impossible de savoir quoi. Après quelques minutes de route, j'ai réalisé que le véhicule n'avait tout simplement pas de phare. Nous roulions à l'aveugle. On a bien tente de tenir ma lampe de poche à bout de bras mais les tressautements incessants dus au mauvais état de la chaussée nous faisaient passer, aux yeux des autres chauffeurs, pour un véhicule en proie à quelques démons. De plus, cerise sur le gâteau, vu que les rickshaw n'ont de toute façon pas de clignotant (décidément, à part une banquette et des roues c'est plutôt minimaliste) son fils de sept ans assis à ses cotés, était chargé de tendre la main si d'aventure il lui prenait l'idée saugrenue de tourner. Nous étions d'ailleurs tellement rassurés qu'à chaque virage nous agitions nous aussi les bras comme les naufragés de la méduse.... Nous sommes tout de même arrivés à l'hôtel sains et saufs (ce n'était pas notre heure de mourir)
8 Mars FATEHPUR SIKRI Il fait déjà nuit quand je monte dans le bus qui me ramène à Agra. Les plafonniers diffusent une lumière jaunâtre. On se croirait dans un aquarium mal entretenu. J'ai passé la journée à Fatehpur Sikri et pourtant ce fut trop court. Bâtie par l'empereur Akbar en 1572 (donc quelques centaines d'années avant notre copain Shah Jahan le mégalo en amoure) pour y installer se cour, elle fut abandonnée quinze ans plus tard suite à une baisse du niveau de la nappe phréatique. A vingt six ans, Akbar avait tout ce qu'un monarque pouvait désirer: le pouvoir absolu, un harem (cinq cent femmes, quelle santé!).... mais pas d'héritier. Il vint sur la colline de Sikri consulter un hermite renommé. La bénédiction du saint homme lui apporta trois fils l'année suivante (rentable). Plein de gratitude Akbar décida d'élever sa nouvelle capitale à Sikri. Le temple de marbre blanc dans lequel repose le corps de l'hermite sert de " Darty local". On fait un voeu en achetant des offrandes. Pas plus de trois (ça lui fait déjà pas mal de boulot à notre copain l'hermite, vu le nombre de visiteurs! Pas de répit même pour les défunts) On accroche un bout de ficelle rouge à l'un des magnifiques panneaux ajourés (fait d'un seul bloc de marbre. Imaginez, deux mètres sur deux) et là, c'est garantit sur facture... votre voeu se réalisera (en vingt quatre heures chrono?). J'avoue avoir craqué. J'ai mis mon bout de ficelle. En règle générale je ne crois pas à ce genre d'histoire mais ici, je me laisse porter, je pense que j'aime croire un peu à la magie de l'Inde.?Akbar semble avoir été un homme plein de sagesse tout en gardant un côté enfantin. En plus de son harem, il avait trois femmes: une indoue, une musulmane et une chrétienne. Pour chacune il fit bâtir un pavillon. Chaque pavillon est orné de peintures, de détails architecturaux s'inspirant de leur culture.?Dans la grande cour, un trône très simple, au milieu d'un jeu inscrit sur le sol. Il s'agit d'une sorte d'échiquier géant dont les pions étaient des esclaves et des femmes nues que le souverain déplaçait à son gré (ça va en faire revers plus d'un). Un peu plus loin, sur une plate-forme entourée de bassins, une scène sur laquelle les plus célèbres musiciens venaient faire concert. A certaines grandes occasions, Akbar faisait remplir ce bassin de pièces d'or et d'argent qui étaient ensuite distribuées aux pauvres. J'ai même visité les restes d'un hôpital. Plutôt sommaire mais les entrelacs qui ornent les piliers m'ont fait rêver. Vers la fin de ma visite, je me suis assise pour dessiner un peu. Il est tard, les touristes ont déjà regagnés leur bus climatisé. Le palais respire enfin. Le soleil fait flamboyer les murs de grés rouge. J'ai paye mon guide et pourtant il reste assis à coté de moi. Lui qui n'a cessé de m'abreuver de détails historiques, architecturaux, est devenu soudain muet. Je suis fascinée par cet endroit. Le moindre piller, la moindre poutre est richement décorée. Les linteaux ondulent gracieusement comme des trompes d'éléphant. Art Jain, mongol, indou, persan, turc, boubhique, chinois, il a su prendre le meilleur de chacun. Il fait déjà nuit quand je monte dans le bus qui me ramène à Agra. Les enfants de ma voisine se sont endormis sur ses genoux. Dehors, les grenouilles se sont réveillées et sifflent cachées par les herbes hautes. Ca sent la terre humide. L'air est frais. Après une heure de route à travers la campagne, on arrive aux portes d'Agra. Les échoppes, les maisons sont éclairées par des bougies faisant apparaître la route en pointillés. Leur lumière chaude et vacillante transforme le moindre étal en caverne d'Ali Baba. Les guirlandes de sachets de bonbons brillent comme des bijoux. Les plats d'alu deviennent de riches plateaux d'argent. La nuit a effacé la misère, laissant place au rêve.
10 Mars vers KHAJURAHO Désolée pour le retard (vous commencez à prendre de mauvaises habitudes !!!) mais la connection locale est des plus aléatoires...
Les trajets en Inde sont toujours une rude épreuve. Je me disais qu'avec mon entraînement étant jeune, ça ne devrait pas trop poser de problème (à cinq dans une Renault 14 pour passer des vacances dans le sud de la France). Ben je me fourrais le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate.?Au Burundi, je regardais d'un oeil amusé les minibus ou la capacité de l'homme à se comprimer était utilisée à son maximum. Une fois dedans ça ne m'amuse plus du tout. J'avais de la chance (!!), j'étais collée contre la fenêtre, les genoux encastrés dans le fauteuil de devant. Par contre, au bout de la banquette, ma voisine avait l'entre jambes des passagers debout dans l'allée qui s'imposaient a elle à chaque secousse (Y'en a qui ont fait le voyage debout… si, si).?Juste avant d'atterrir dans cette boite à sardine sur roulettes, j'ai du prendre la train d'Agra à Jhansi. Trente cinq minutes de retard, la routine. J'étais assise à coté d'un ponte de l'assurance vie indienne, qui ne s'est pas fait prier pour dégainer son lap top dernier cris et me montrer les centaines de photos de ses collaborateurs, sa famille, le mariage de l'oncle Alphonse... Je m'extasie, pousse des "ah" des "oh" aux moments appropriés. Là ou ça s'est complique, c'est quand il a embrayé sur le mariage en France, les relations avant mariage et là je le voyais venir avec ses grosses babouches! Je tente bien de défendre notre moralité mais sans grande conviction. Pas évident. On doit passer pour de sérieux débauchés à leurs yeux! Les ados sortent à tour de bras les uns avec les autres, on vit ensemble hors mariage, on divorce au moindre petit problème. Je suis très mal placée pour défendre la vertu, par contre je pense qu'on se passerait bien de tout ce petit manège si seulement on trouvait le bon.?Eh ! Oh! pendant que vous êtes tranquillement en train de lire ces lignes, au fond de votre canapé douillet, je vous signale que je suis toujours dans le car! On a quitte Jhansi à treize heures trente. Dans le guide du routard ils disaient cinq à six heures de route. Je ne sais plus comment me mettre. Remarquez, je n'ai pas beaucoup le choix. On s'arrête, pause pipi. Ouf! je déplie enfin mes jambes. Pas la moindre toilette recommandable aux yeux des services d'hygiène. Ma vessie attendra. Le bus est pris d'assaut par des gamins qui vendent des légumes dans des assiettes en feuille de bananier. Pour la dernière partie du calvaire, le chauffeur m'achèvera en mettant sa cassette préférée de musique locale. Je vous vois rigoler d'ici. Oui! J’adore toujours la musique indienne, mais perclue de rhumatismes, dans un bus glauque, la vessie comme un ballon de football, j'avoue que mes sens étaient quelque peu altérés. Et puis vu la qualité de la chaîne et le niveau sonore, j'aurais plus penché pour un cochon qu'on égorge que pour une douce mélopée a l'eau de rose. Je n'ai pas vu la tête de l'hôtel dans lequel j’atterrissais. Une douche, une soupe et extinction des feux. O joie!
?11 Mars KHAJURAHO Je me réveille sur un air de musique transcendantale. Dans quel Eden ai-je atterris ? Un petit bassin ou une statue de Buddha fait trempette au milieu des nénuphars, des fleurs fraîches sur chaque table du resto... j'ai complètement oublie la journée d'hier. L'hôtel est tenu par un swami à la longue barbe. Possibilité de cours de yoga le matin pour les lève tôt (donc pas moi). Je retrouve mes voisines de bus. Deux minettes belges. On sympathise autour d'un tchai et nous voila parties à la découverte des alentours. On est rapidement entourées par une horde de gamins. Un peu paumées, on les suit. Du haut de leurs quinze ans ils se révéleront des guides fort intéressants. La ville est surtout connue pour les sculptures érotiques qui ornent certains de ses temples. Les touristes se jettent dessus avec l'avidité de l'ado boutonneux sur le porno du samedi soir. En fait, elles ne représentent que cinq pour cent de l'ensemble de la surface sculptée. Le reste décrivant des scènes de vie pleines de grâce (une jeune femme ôtant une épine de son pied, une autre se maquillant). En fait, on a plus été marquées par une petite école ou un des gamins a absolument tenu à nous emmener. C'est son école. Il semble tellement fier. En fait, il y a deux pièces de plein pied qui donnent sur une courette. L'une sert de bureau, l'autre de salle de classe. Les murs sont en torchis. Le professeur nous fait signe d'entrer. Ils doivent être une dizaine de gamins, dépenaillés, assis par terre, une ardoise sur les genoux. Ils se lèvent tous à notre entrée pour nous saluer. Je suis un peu gène de troubler ainsi la classe. Le village est divisé en quatre "arrondissements" en rapport avec les différentes castes. Chacun ayant ses propres temples, ses propres centres de soins. Par contre, cette école ne fait aucune différence. Six instituteurs ont décide de la monter en dépit de tout. La plupart des élevés n'ont pas de quoi se payer les cahiers ou même l'uniforme. On a été touches par cette initiative. C'est pas tout, mais je suis en Inde depuis plus d'une semaine et je n'ai pas achète le moindre vêtement.... pas normal ça... mes hormones féminines en auraient elles pris un coup dans l'aile? Prince saura remédier à tout ça. Prince tient un magasin de vêtements, de tissus, de saris en tout genres (your sexy mother f...). C'est un commerçant mais surtout, je le sens passionné par ce qu'il vend. Voyant mon intérêt, il me sort ses plus beaux brocards. Il en dessine lui même les motifs, s'inspirant de certaines fleurs, de motifs vu sur les temples. Tout est filé, brodé à la main. Je tombe sous le charme. Au bout de dix minutes, son comptoir est recouvert de tissus multicolores. Si je m'écoutais, je ferais des folies. Dans ce pays les vêtements féminins sont tellement gracieux! Par contre ma peau couleur lavabo me déprime. J'ai l'air maladive. Finalement, je me laisse tenter par un punjabi en coton (tunique longue fendue + pantalon + châle) simple mais aux broderies travaillées. Mais pour mon prince aux yeux de velours, même le vêtement le plus simple doit être parfait. Son tailleur prendra mes mesures et fera les retouches pendant que nous conversons de choses et d'autres autour d'un thé comme deux vieux amis. Et les aventures continuent! En ce moment, à Khajuraho, se déroule le festival de Shivaratri. Il réunit tous les adeptes de Shiva pour fêter sa naissance. A cette occasion, une grande foire est organisée. Nous nous y rendons à la nuit tombée. On y trouve des étals de bijoux, des saris, des ustensiles de vaisselle et puis il y a ... la fête foraine avec ses deux grandes roues! On a fait un tour avec un de nos petits guides, il était ravi. En rentrant à l'hôtel, on s'est arrête pour regarder un vieux film indien projeté sur la place. Il y avait la une trentaine de personnes assises par terre. Du plus jeune au plus vieux, tous vibraient devant les roucoulements d'un héros grassouillet sortit tout droit d'une gravure pieuse. On touche le fond quand notre demi Dieu s'entiche d'une belle paysanne (fondu enchaîne pendant dix minutes sur les deux visages illumines d'amour) On hulule de plaisir.!!
14 mars KHAJURAHO Ce matin, j'ai vécu un véritable film indien, avec la musique et tout... Nous voici, Prince et moi, filant sur la route, chevauchant son fidèle tonnerre mécanique (pour le coup, c'est pas Jolly Jumper, ce sera Honda). Plan large. Prince chante (ça fera la musique de fond). La route est déserte, il fait encore nuit. Il est six heures du matin. Lui, mal rasé, porte un col roulé, un jean. Renforcer le côté "on the road again". Elle: treillis, cheveux au vent (prévoir de toute urgence une coiffeuse à l'arrivée pour récupérer tout ça!) Mais qui m'a foutu des cheveux aussi paillasson!! On fait du remplissage pendant les dix huit kilomètres de route avec des flash back en tout genre: Elle entre pour la première fois dans son magasin. Il lui fait essayer un punjabi. Rires autour d'un verre de Tchai. Petit signer de la main quand elle passe devant son magasin en allant au temple (pas mal l'idée de radinner un petit coup de religion). ??STOP la musique ! Retour à nos deux amis sur leur moto. Arrivée sur les falaises qui surplombent les chutes d'eau de Khajuraho. Plan fixe d'eux sur la moto genre poster d'ado pré pubère. Note pour plus tard: penser à dégotter un hélico pour un plan tournant plongeant. Sensation de liberté. "je suis le maître du monde" et tout le tintouin. Passage obligé par un petit chemin escarpé où elle se tordra la cheville (un peu mais pas trop, faut encore qu'elle puisse se trémousser la grognasse). Il lui tend la main pour l'aider (gros plan de cinq minutes). Le soleil se lève. Timing parfait. On caille ici. Penser à voir avec le syndicat d'initiative si on ne peut pas monter le thermostat de quelques degrés. Des acteurs nus sous les pull-overs, c' est pas du tout vendeur! De retour à Khajuraho, chacun reprendra sa place. Lui derrière son comptoir, elle dans son hôtel de luxe. C'était leur dernière journée ensemble. Renforcer le côté dramatique, la fracture culturelle par un retour, pour elle, aux vêtements européens alors qu’elle portait des punjabis avant. Dernier acte: Musique déchirante, violons à fonds les ballons. Sur le marchepied du bus qui l'emmène à Varanasi. Il arrive au dernier moment. Mèche rebelle mais pas trop, on dose le gel poupée, on dose le gel... Il lui tend un paquet qu'elle ouvrira pendant le trajet. TADAAAM: super sari rouge et or. Merci la fée clochette. LARME obligatoire. Genre le truc discret que tu ne peux pas louper tellement c'est gros. Plan final. De retour en France, pour le mariage de son amie, la belle héroïne porte le fameux sari. Retour de la musique utilisée sur la route au début, genre elle se souvient, enfin bref tu vois le truc Coco. Bon, le making-off est nettement moins beau: Je n'ai pas arrête de renifler et de larmoyer pendant tout le trajet sauf quand un moucheron a eu la bonne idée de venir se coincer dans mon oeil!.?Le paysage était magnifique, lunaire mais vu la saison, la chute d'eau tenait plus du Mannkenpiss que des chutes du Niagara. Pas grave, J'ai vu la ville se réveiller. Un peu de calme avant la foire.?Le dernier acte n'est que pure fiction mais comment arrêter le génie créateur une fois lancé? Je m'y voyais déjà, je vous jure que j'entendais même la musique de fonds.... Je n'ai peut être pas joué dans une super production Bollywoodienne mais en tout cas j'ai réellement rencontre un ami à KHAJURAHO. Ce midi, il m'a (pour de vrai, je vous dit!) invité à venir manger dans sa famille qui habite une grande maison un peu plus loin. Les quatre frères habitent ensembles avec leurs femmes et tous les marmots. Première fois que je mangeais vraiment à l'indienne, j'avais intérêt à assurer. Du coin de l'oeil je guettais Prince et reproduisais ses gestes. Il faut manger de la main droite, pas facile au début mais c'est marrant, et puis il y a le joker (y'a toujours une cuillère qui traîne). On s'est assis sur une natte devant la TV. Les femmes nous ont préparées un thali du tonnerre et les enfants faisaient le service veillant à ce que je ne manque pas de chapatti (galette de pain). Le thali c'est un peu comme un plateau TV. Sur une assiette compartimentée on met du Dhal (lentilles en sauce), des légumes, de la chutney, du choux macéré aigre doux, un bol avec du raisin, un autre avec de la papaye et du riz. Le contenu peut varier mais c'est souvent un mixe entre le chaud et le froid, le salé et le sucré, l'acide et le doux. On pioche sans ordre. J'adore. Toute la famille fut adorable. Je regrette de devoir repartir demain et de ne pouvoir les connaître plus. J'aurais bien voulu parler avec les filles. Insatisfaite. C'est déjà un premier pas.
15 Mars KHAJURAHO J'ai passé presque tout mon séjour à Khjuraho avec Prince et j'ai dépense tout mon budget prévu pour cette ville dans son magasin. C'est de bonne guerre. Je l'ai chargé, lui et ses couturiers de me confectionner une tenue indienne spéciale. Alors je passe régulièrement voir l'avancée des travaux. Après, je me mets dans un coin du magasin pour observer les femmes qui viennent choisir leur sari, la pièce de coton qui ira avec pour le débardeur (il a des centaines de tissus de nuances différentes, on se croirait "au bonheur des dames"), le châle. On prend le temps, on cherche au détail près. Et puis, entre deux clientes, Prince me raconte sa vie. Il est Jain. C'est une religion minoritaire en Inde. Non violents, ils refusent les armes et ne mangent aucun animal. Ils sont très respectés par les indiens. L'origine du Jainisme remonte au VI éme siècle av JC. Les Jains doivent respecter cinq règles majeures: Ne pas voler (mouaich, mouaich, je doute encore de la justesse des prix qu'il m'a proposé), se détacher des bien matériels, rester chaste, ne tuer aucun être vivant et ne pas manger la nuit (au cas ou une bestiole se serait noyée dans la soupe). Ceux qui respectent ces principes à la lettre se baladent avec un foulard sur le visage comme les cow-boy pour ne pas avaler d'insecte en respirant. De même, les moines ne prennent jamais le bus (le pare brise est un véritable cimetière a moucheron). Mon Prince est loin de tout ça mais il tente de conserver une âme pure pour atteindre petit à petit la délivrance via la réincarnation. Il faut aussi savoir que leur éloignement de tout ce qui est matériel n'est pas du tout contradictoire avec un possible enrichissement (ouf! on avait eu peur). Comme il leur est interdit de tromper leur prochain, cela en fait des personnes dignes de confiance, très présents dans le domaine des affaires, du commerce ou de la joaillerie. Un jour, les parents de Prince, lui trouveront une jolie petite Jain, ils se marieront et auront pleins d'enfants. Ca fait longtemps que je m'interroge sur ce concept du mariage arrangé, à première vue choquant pour une européenne comme moi, qui a brûlé son sous-tif depuis longtemps. Pourtant, la vie aidant, je me demande si ce n'est pas plus réaliste. Je refuse l'idée d'imposer quelqu'un, par contre si on voit le mariage comme une sorte d'association et non comme une union ultra romantique de deux coeurs.. et tout le blabla, on se détache alors des sentiments encombrants et éphémères. En gros, il faut qu'elle trouve un type pas trop moche (on ne va pas non plus ramener du boulot humanitaire à la maison!!), qui gagne sa vie, qui semble sérieux... et l'affaire est dans le sac. Pas d'amour donc pas de dépendance, pas de douleur. On prend soin l'un de l'autre mais le bonheur de l'une dépendra pas des "preuves d'amour" de l'autre. Ils sont partenaires. Bon, le hic, c'est que vu à travers les yeux de Prince, la femme vaut quatre vingt cinq pour cent de l'homme et là je tique. C'est cinquante, cinquante ou rien. Je ne suis pas Jain mais les affaires sont les affaires. Et puis, vu que les filles indiennes sont nourries de films à l'eau de rose, depuis leur plus tendre enfance, comment se fait-il qu'elles ne nous rejoignent pas dans cette quête absurde du prince charmant?? Contradictoire. En fait, je pense qu'un mariage arrangé a autant de chance de réussir qu'un mariage basé sur les sentiments.
16 Mars VARANASI J'écris à la lumière d'une chandelle. L'électricité vient d'être coupée, mon ventilateur s'est mis en grève, j'ai juste eu le temps de faire chauffer l'eau de mon thé. Il fait noir dans la ville. Il n'y a que les ghâts (les marches qui donnent sur le fleuve) qui brillent. C'est l'heure de la prière, l'heure de faire Puja. Des centaines de petites bougies brillent comme autant de prières entre les bras de la Mère Gange. Bienvenue donc dans le plus grand bénitier du monde. Je suis arrivée ce matin par le train de nuit. Mon hôtel a presque les pieds dans l'eau.?Vue imprenable sur le Gange. Un petit dej me remettra vite sur pieds. Me voici face à un des plus beaux vestiges de la colonisation britannique; j'ai nomme le porridge. Si on y ajoute des bananes, on a de quoi faire un mastic qui bétonnera tous les systèmes digestifs, même les plus expressifs. La cérémonie de Puja a lieu vers dix neuf heures. C'est une sorte de prière universelle pendant laquelle a lieu l'offrande de la lumière au fleuve. En bordure du ghât, trois petites avancées sur pilotis. Les fidèles s'asseyent sur les marches en bordure du Gange. Sur le coté, les musiciens. Les cloches rythment la prière de façon entêtante. Pendant toute la cérémonie, des femmes proposent des petites coupelles fleuries. On allume la bougie en son centre et on la laisse dériver au fil de l'eau. Les fleurs sont fraîches, leur parfum se mélange à celui de l'encens et participe à l'enivrement collectif.?Ca commence avec les chants. D'une voix grave, les Brahmanes psalmodient en frappant dans leurs mains. Puis, trois d'entre eux s'avancent sur les jetées. Ils sont jeunes, vêtus d'un Tshirt d'un blanc immaculé et d'un pantalon bouffant brode d'or. Leur peau brille à la lumière des bougies. D'une main, ils agitent une cloche et de l'autre ils tiennent des bâtons d'encens avec lesquels ils ponctuent des demi cercles de fumé qui se dissolvent dans l'air à peine formés. Avec une parfaite synchronisation, ils vont bénir les quatre points cardinaux. Leur poignet est souple, gracieux. Ils feront de même avec des éventails, des torches. La chorégraphie est simple et pleine de recueillement. Sur une petite table, face à eux, sont disposés les accessoires pour la cérémonie. Des pétales de fleur fushia et orange jonchent le sol autour de leur tapis de prière. Les voici soufflant dans un gros coquillage. Ils se tiennent parfaitement droits, le visage tourné vers le ciel. Plus personne ne bouge, les cloches se sont tues, on n'entend plus que le son grave de ces cornes de brume qui résonne dans la nuit. Les barques se sont amassées autour du ghât. Leurs coques s'entrechoquent et craquent. Tiens, un groupe qui débarque.... mais ce sont mes franchouillards quadra que j'avais croise dans l'avion!! Y'a vraiment qu'eux pour avoir le culot de se balader aussi nonchalamment en plein milieu d'une cérémonie religieuse. Fidèles à eux même. Que diraient-ils si un car de touriste japonais se déversait en pleine messe dominicale pour prendre des photos??
17 Mars Je viens de passer sous le rouleau compresseur local. Traduction: je viens de découvrir les joies du massage Ayurvédique. Certains disent que c'est énergisant. Je veux bien le croire. A force de me faire pétrir, pincer et tordre dans tous les sens, je suis ressortie aussi rouge qu'un homard. Toutes mes articulations y sont passées. Il a même fait craquer le bout de mon petit orteil!. Sur le ventre, j'avais l'impression qu'un chat de cinquante kilos me malaxait le dos de ses grosses pattes (vous savez, ils font ça avant de se coucher en boule). Sur le ventre, il a été surpris par mon piercing au nombril. Moi, je dis que face à tous les yogis locaux, je suis une petite joueuse. Chochotte va!. Les jambes en l'air. Mieux que des bas à varice. Il fait remonter tout le sang jusqu'aux orteils, en exerçant des pressions de la cuisse jusqu'au pied. J'avais la jambe exsangue et le pied comme une tomate trop mure. Le massage des paupières fut surprenant. Et vas y que je te pincouille la aussi (bof, bof).?Comme dirait Ma Grand Meren, ce fut.... intéressant. Je ne sais pas si mon énergie vitale en fut renforcée mais en tout cas, j'arrive maintenant à me gratter l'oreille avec le pied! En poussant ma ballade du soir, je suis arrivée au ghât de crémation. Ce matin, j'étais censée être au paradis (..), j'approche maintenant les portes de la mort. Face au temple de Shiva, on trouve une plate forme pour chaque caste. Les brahmanes sont les plus proches de temple. Plus on descend dans les castes, plus on s'éloigne du temple. Lors d'un décès, le corps est sortit de la maison, sur le dos (il ne doit pas rester dans une pièce close). Puis il sera embaumé. Par les hommes si le défunt est un homme, par les femmes si c'est une femme. On l'enveloppe les jeunes et les adultes d'un tissu blanc, le orange pour les vieillards, le fuschia pour les femmes mariées. Le ghât est interdit aux femmes, trop expressives, elles pourraient troubler l'ascension de l'esprit du défunt vers le Nirvana. Ce sont donc les hommes qui portent le corps sur un brancard de bambous. Ils entrent avec dans le fleuve pour lui faire prendre son dernier bain. Puis le fils ainé va se faire raser la tête (sur le sol, près de la jetée, il reste encore des mèches). Vêtu d'un pagne blanc, c'est lui qui mettra le feu au bûcher. Depuis quelques temps, l'Inde connaît une pénurie de bois, ça coûte très cher. Les familles les plus riches ajoutent des rondins de santal, les autres se contenteront de sachets de copeaux. ?Le corps mettra près de trois heures à brûler. Chez les hommes, c'est le torse qui met le plus de temps (symbole de leur force) et les hanches pour la femme (siège de leur fertilité). Personne ne pleure pendant la cérémonie. Il faut être heureux, le défunt arrive à l'étape finale (mourir a Varanasi, c'est l'assurance d'un aller simple pour le paradis). C'est là que brûle jour et nuit le feu sacré laissé par shiva. Entretenu par des prêtres, il est le seul à pouvoir mettre le feu aux bûchers. Après quelques temps, le fils aîné toucher la tête du défunt à travers les flammes avec un bambou, la faisant éclater. Il versera alors du beurre dessus. Une fois le corps réduit en cendres, elles seront dispersées dans le Gange. Un peu plus loin, les orpailleurs passent inlassablement l'eau au tamis à la recherche de bijoux, de dents en or, voir même de prothèse totale de hanche... Le soir sera l'occasion d'une fête en famille. Les larmes seront pour plus tard quand chacun se retrouve seul chez soi. C'est étonnant de voir ces bûchers. Des centaines de corps sont brûlés chaque jour. Jour et nuit, ils arrivent de l'Inde entière pour passer cette dernière étape. Il y a même un hospice ou les personnes en fin de vie viennent attendre la mort. La mort est vécue au grand jour, à ciel ouvert. Elle fait partie de la vie. J'entend des cloches, quelques mètres plus loin, on célèbre Puja. La vie continue. Les indous ne regardent pas en arrière.
18 Mars Le Gange est un fleuve pur, c'est un fait, par contre il est tellement sale qu’aucun microbe qui se respecte ne saurait vivre dans une eau pareille. C'est pas de moi c'est Mark Twain qui l'a dit. On y fait sa toilette le matin, on y lave son linge, on y jette des cadavres mal incinères et les usines du coin y déversent leurs produits chimiques. Si on résiste à un bain dans un tel bouillon de culture, alors on doit être effectivement béni des Dieux. Une ballade sur les Ghâts n'est pas de tout repos ou pleine de spiritualité comme on pourrait le penser. Ca relève plus du parcours du combattant. On commence par un slalom géant entre les étrons qui jonchent le sol. Singes, buffles, vaches, chiens, humains, chacun y va de son petit paquet. Ce serait ridicule de devoir être rapatriée pour cause de " Triple looping incontrôlé sur bouse de vache sacrée" . Petit assouplissement du cou et des poignets avec une série de hochements de la tête et de rotations de la main pour décourager les rabatteurs en tout genre. Le tout en marchant, le scanner anti-étron en alerte et avec le sourire s'il vous plait. Superbe. Pause buvette sur le coin d'une marche. Il y a toujours des gamins qui arpentent le Ghât avec une bouilloire remplie de tchai. Ils me le versent dans un petit godet en terre cuite. Je me brûle les lèvres mais ça fait du bien. Puis viens l'épreuve d'escalade car comme le niveau du Gange est au plus bas, je dois gravir une trentaine de marches de hauteur inégales avant d’atteindre mon hôtel (sans compter celles pour passer d'un Ghât à l'autre ou celles pour monter à ma chambre nichée au quatrième étage). Dur, dur d'être un touriste à Varanasi. Nous sommes en terre Sainte, un petit catéchisme local s'impose. Le premier qui déserte le cours, je lui fais une tête au carré!. Selon les écritures locales, plus de trois cent trente millions de divinités formeraient le panthéon indou. On va donc essayer de faire simple sinon on n'est pas rendu. G.... Generator.... Brahmâ?O.... Organiser.... Vishnou?D.... Destroyer.... Shiva Brahmâ est le créateur de l'univers. Une fois qu'on a dit ça on comprend qu'il soit un peu loin des préoccupations des pauvres humains. Vishnou a pour rôle de protéger l'univers. Shiva est le destructeur sans qui aucune création ne serait possible. Marié à Parvati, il eut un fils qui naquit en son absence. Ganesh. Celui-ci grandit sans connaître son père (pas d'appareil photo à l'époque). A son retour, Shiva demanda à voir sa femme mais son fils lui fit obstacle, refusant à cet intrus le droit d'entrer. Furieux, Shiva le décapita, pour découvrir qu'il avait levé la main sur son propre fils. Il décida alors de remplacer sa tête par celle de la première créature vivante qu'il croiserait et ce fut... un éléphant. Jovial, dodu, Ganesh est le dieu de la chance et le patron des scribes. Je l'aime bien. Il a l'air un peu moins sérieux et moins intimidant que les autres. Varanasi est dédie à Shiva. Les adorateurs de Shiva se reconnaissent aux trois traits blancs horizontaux traces sur le front. Les sectateurs de Vishnou portent un "U" jaune entre les sourcils avec une ligne rouge au centre. Voila, voila, méditez maintenant pauvres mortels.
20 Mars Je sens que je suis en train de m'accomplir totalement. Pas à pas, expérience après expérience, je m'approche chaque jour un peu plus de la perfection. Ce soir je crois que je frise le Nirvana...... JE VAIS VOIR UN FILM INDIEN DANS UN CINEMA INDIEN!!!! (Raaaaaa lovely). J'y vais avec Lucky. Un gamin des rues que j'ai rencontre à mon arrive, un petit caïd. Dans le rickshaw, du haut de ses vingt ans, il fusillait du regard quiconque me dévisageait un peu trop. Le cul entre deux chaises, il joue les mauvais garçons devant ses copains et les touristes mais, en véritable gentleman, il ne manquera pas de me raccompagner jusqu'au bout de ma rue une fois le soir tombé. Ses phrases sont ponctuées de "m'dam", impossible de lui faire prononcer mon prénom. Les seuls mot de français qu'il connaisse sont "lâche moi les baskets". Le cinéma est à l'autre bout de la ville, un véritable monument de béton. La salle est gigantesque, bétonnée elle aussi. On a pris des billets premiers classe pour être au balcon. Il y a même des ventilateurs au plafond pour rafraîchir un peu l'air (souvenez vous qu'un film dure en moyenne quatre heures). On se prend un coca, on se cale dans les vieux fauteuils et c'est partit! Le film fut un régal de musiques, de paillettes, de larmes et de rebondissements. Au début, on a l'impression que la pellicule a été recolorée (un peu comme dans les films de J. Tati) mais on oublie vite. Pas de sous titre mais mon voisin me traduisait les passages clef. Il faut dire que l'intrigue est souvent prévisible (un mélange de tous les soaps connus sur le petit écran avec une grosse touche de morale indienne). On ajoute du piment avec des coupures de courant aux moments cruciaux. Et pour couronner le tout, encore mieux que le cinéma 3D, nous avons ici le cinéma inter-actif. Dans la salle, certains chantent, d'autres s'esclaffent. Quelques rangs plus bas, un bébé pleure (pas question de louper le film du samedi soir a cause du dernier né, on radine toute la marmaille). Je peux mourir en paix, j'ai vu mon film et je suis à Varanasi. Que demande le peuple??
22 Mars VARANASI ( ben si...) Grosse trouille ce matin. La ville, tout comme l'Inde d'ailleurs, est peuple de singes. Il doit y avoir une famille qui loge pas loin de ma chambre. Jusque là, je gère. Chacun fait sa vie. Là ou ça pose un problème c'est quand, alors que je tente de me réveiller sur mon balcon, je me retrouve nez a nez avec un gros mâle grimaçant et sifflant. J'ai vite battu en retraite, lui claquant la porte au nez. Il n'avait pas l'air commode du tout et ses dents étaient bien affûtées (quoique j'ai cru entrevoir un reste de salade coince entre ses canines). Je n'ai aucune envie de me faire refaire le visage par ce type de chirurgien plastique. Ils sont tellement habitués aux humains qu'ils ne sont même pas effrayés quand on les chasse du bras. Bien au contraire, ils contre attaquent et c'est moi qui doit fuir. Ou va le monde, ma brave dame. J'en viens même à regretter mes bons gros pigeons parisiens Comme faune locale, c'est tout de même plus rassurant. Heureusement que j'ai des grillages à mes fenêtres. Lors de leur ascension de la façade, ils ne manquent pas de pousser ma fenêtre entre ouverte pour voir si il n'y a rien à chiper. Changements de plans donc. J'ai décide de rester à Varanasi pour fêter Holi (la fête des couleurs) il parait que c'est particulièrement animé dans cette ville. J'avais mon sac sur le dos, mon billet de train en poche mais j'ai changé d'idée au dernier moment. Grisant. Pas d'obligation de suivre le plan de route, il faut saisir les occasions quand elles se présentent. La ville vaut le coup qu'on s'y attarde. Il y a des indiens qui payeraient cher pour être à ma place. Et puis, je n'ai pas trop envie de retrouver le bruit de Delhi. Je partirais d'ici à la fin mois pour aller vers le Rajastan. Je verrais Richikech et Amritsar une autre fois.
23 Mars Impossible pour les indiens de prononcer mon prénom, me voici donc rebaptisée Imli (c'est le mot en hindi pour designer le tamarin). Ca fait près d'une semaine que je suis immergée dans la vie indienne. J'ai quitte le monde des touristes pour partager la vie d'une famille, celle de Lucky. Il n'y a que lui qui parle anglais mais on arrive à se comprendre un peu. Chaque jour, il m'invite à déjeuner chez lui et sa maman me prépare un bon thali. Après avoir passé un rideau de linge qui sèche, je me retrouve dans une petite pièce aux murs noirs de suie. La lumière vient d'une petite lucarne. On me fait prendre place sur une des nattes au sol. Les seuls meubles sont des étagères couvertes d'ustensiles divers et un petit hôtel avec des images pieuses et des statues. Seules touches de couleur au tableau. C'est petit, sombre et pourtant, tout doucement, j'ai senti la chaleur du foyer. Pas besoin de décoration hi tech. Lucky taquine son petit cousin, ses soeurs me regardent manger, rigolant de mes débuts laborieux. Pas facile de manger du yaourt avec les doigts. Puis, après s'être bien lavé les mains, la plus jeune me coiffe, me passe de l'huile sur les cheveux et me les remonte en chignon. Avec mon punjabi, mon bindi (point sur le front) et mes bracelets, elles disent que je ressemble à une véritable indienne. Si seulement ça pouvait être vrai. Je suis frustrée de ne pas pouvoir parler plus avec elles. Foutue barrière de la langue! Parfois, j'ai l'impression que notre culture a trop aplanit les relations. Ici, on touche les pieds de quelqu'un pour marquer son profond respect. C'est un geste très important. Et nous, que nous reste- t- il pour signifier la hiérarchie? Peut être avons nous oublié certaines valeurs...
24 Mars Quelle image ont-ils de la femme blanche? J'ai souvent l'impression qu'ils nous voient comme des filles faciles. C'est certain, on ne colle pas beaucoup avec le cliché de la femme soumise, un tantinet neuneu et homo-dépendante de la version indienne. Mais quand je vois une affiche de film "hot" avec que des blanches comme actrices, je ne peux pas non plus l'accepter. Difficile pour eux de nous comprendre. Pourtant on est loin du temps ou le summum du sensuel était représente par une pauvre pucelle se dandinant sous la mousson avec le sari qui lui colle aux mollets. Tout ce que je vois dans les films indiens relève plutôt du nombril à l'air, du décolleté plongeant et de l'image suggestive... Par contre, bobonne, à la maison, c'est sari ou punjabi obligatoire. Intéressant. Quelle hypocrisie.
27 Mars VARANASI ( toujours...) Aujourd'hui c'est la fête de Holi (personne n'a été foutu de me dire la signification, je vous ferais donc grâce de mes explications dignes d'un guide touristique). Quelques jours avant la date fatidique, on a vu apparaître des marchands de poudre de couleur, de pistolets à eau, de chapeaux de carnaval. Petites montagnes de pigments rouges ou verts. Les yeux des gamins brillent déjà. On fait ses réserves, choisissant avec soin la couleur de ses munitions. Le jour J arrive enfin! Ca commence très tôt. A sept heurs les hostilités sont déclarées. Les particuliers font hurler leur chaîne hi-fi et les premières bombes à eau sont lancées. Bataille rangée d'un toit à l'autre. Impossible de circuler dans les rues sans être bombardé. Les vaches et les singes ne sont pas oubliés (la vache Milka n'a qu'a bien se tenir). On sort l'alcool, les cigarettes, aujourd'hui tout est permis. Les forces de police ferment les yeux. Pendant six heures ce ne seront que des cris, des rires, des courses poursuite. Même les couloirs de mon hôtel sont le siège d'une lutte Touristes/ Indiens. Des rivières de couleur dégringolent dans les escaliers. Les hommes poussent des cris guerriers, les enfants hurlent de joie. On se barbouille le visage, les vêtements prennent les couleurs d'arlequin. Les murs sont mouchetés. Toute la ville est repeinte de fushia, d'ocre et de bleu. C'est féerique, on se croirait dans un tableau de Kandinsky. Je croise un gamin hilare, son visage est pourpre et ses yeux brillent comme des billes, on dirait un diablotin. Un gros bonhomme moustachu passe en vélo. Il a un petit chapeau doré comiquement posé sur le haut de son crâne. Son marcel est repeint aux couleurs de l'arc en ciel et sa moustache s'est transformée en un buisson d'un vert éclatant. Vers quatorze heures tout se calme. On écope, on nettoie à grandes eaux, on essuie. Tout Varanasi va se laver dans le Gange qui prend alors des reflets irréels. Un peu comme une immense tache d'huile. L'après midi se passe en famille ou avec des amis. On sort ses plus beaux vêtements. La maman de Lucky nous a fait un thali spécial avec du poulet (ne croyez pas qu'en Inde, on soit végétarien par goût du bio).
31 Mars stand by Juste un petit message pour dire que je suis toujours en vie, toujours à Varanasi et ....... peut être en Indonésie. A suivre.
3 Avril vers JAIPUR (enfin...) Je décolle enfin de Varanasi. A croire que la ville m'avait ensorcelée. La quitter semble relever de l'exploit. A force de suivre Lucky dans le labyrinthe du Chowk (vieux quartier qui borde le Ghat principal), on a fini par devenir inséparables. Il travaille chez un détaillent en soieries. On y passait des heures entières, affalés sur les tapis, à boire du thé avec ses amis. Tous les commerces se pressentent de la même façon. On enlève les chaussures à l'entrée avant de passer sur un matelas qui recouvre tout le sol de la pièce. Là, assis en tailleur, un thé à la main, on peut commencer les affaires. J'étais même devenue l'interlocutrice spécial touriste français. A chaque client, c'était un festival de couleurs. Le sol était vite recouvert de dizaines de châles, de couvres lits brodes d'or, de brocards. On me "remerciait" en m'offrant une étole ou une pashmina de temps en temps. Le midi, on allait manger chez Lucky, bref, la routine a commence à s'installer. On a écume tous les cinémas de la ville, sillonné toutes les ruelles en moto. A la fin, Luckyse se prenait presque pour mon mari, refusant que je parle aux étrangers, que je sorte seule, veillant à ce que je ne dévoile pas trop de ma personne. Il s'est presque battu avec un policier qui me regardait d'un peu trop près. Je veux bien jouer le jeu cinq minutes, mais à la fin ça devient insupportable Il était grand temps de partir. Le temps de troquer mon punjabi contre le treillis, je saute dans le premier train qui passe direction le Rajasthan!.... Je crois que les dieux de Varanasi ont du bien rigoler! Dix huit heures de train!!! Coincée sur une couchette à peine plus large que mon derrière, le nez colle au plafond avec, en guise d'air conditionné, des ventilateurs brassant l'air chaud et la poussière ambiante. Mon coté aventurier en a pris un coup. A la sortie du train je ressemblais plus à un mix entre un épouvantail et une sorcière.
8 Avril JAIPUR Jaipur est une ville très structurée. Grandes artères, rues bien perpendiculaires. Il semble y avoir un véritable projet d'urbanisme. C'est la première fois que je croise des feux de signalisation! Ca fait tout drôle après les rues sinueuses de Varanasi. C'est même un peu trop. Trop bruyant, trop carré, trop urbain. En fait il semble y avoir tous les défauts de la ville sans les avantages. Heureusement, mon hôtel est un paradis de calme et de verdure. C'est un ancien petit palais. Le soir, je me prélasse dans un des transats sous un bougainvillier. L'air sent bon le jasmin et l'herbe fraîche. Il y a même un paon qui se dandine dans l'allée. L'hôtel est un ensemble de petites courres intérieures, de patios, d'escaliers secrets, cachés par une façade recouverte de buissons fleuris. Je n'ai pas beaucoup vu la ville. Juste ce qu'il faut. Ça fait du bien de se couper un instant de la réalité indienne. Une petite parenthèse dans la parenthèse, le matin j'oublie presque que je suis en transit. J'ai l'impression de me réveiller dans ma maison de campagne...
9 AVRIL PUSHKAR Arrgghhh! Je suis maudite! Ce matin, j'ai levé le camp de Jaipur. Adieu veaux, vaches, cochons, le fugitif repart vers de nouvelles aventures. Jusque là, la routine. Ca se complique quand, arrivée à mon nouvel hôtel, je réalise que pour des raisons obscures, ma bouche est bloquée. Impossible d'avoir un écart de plus d'un centimètre entre les deux mâchoires sous peine de voir mon dentier me dégringoler sur les genoux! Vais je devoir me mettre au régime calibré avant l'age fatidique? Je clôture mon stade oral de façon plutôt rédhibitoire. Je suis trop jeune pour boire mes biscottes noyées dans mon Nesquick avec le beurre qui surnage! Et puis, ou vais-je trouver un presse purée dans ce bled pourris? Je n'en suis pas encore au trismus mais quel est l'imbécile qui a trifouille ma poupée vaudou en lui plantant des aiguilles dans la bouche? Qu'il se montre, je n'en ferais qu'une bouchée... enfin, presque. Je ne vais quand même pas aller voir le rebouteux du coin. Même ma copine infirmière Caro, qui fait du rapatriement sanitaire, m'a laisse tomber comme une vieille chaussette. Pas assez grave pour envisager un retour au bercail aux frais de la princesse! Dix neuf heures, Hourra! Je suis décoince (vous en doutiez?) Apres avoir brûle maint et maint bâtons d'encens (doit bien y avoir un dieu spécial problèmes dentaires dans le coin), massé, farfouillé, mastiqué au risque de me faire prendre pour une nouvelle race de ruminant, ma mâchoire à enfin recouvré la raison. Ouf! pas besoin de mettre un gant en latex et passer par "l'autre voie". Comprenne qui pourra (merci mon ostéopathe). Et vive la grenouille à grande gueule ! (ceux qui ne connaissent pas encore l'histoire n'ont qu'a se manifester, je me ferais un plaisir de leur raconter.) L'Inde, pays aux mille dieux et aux mille prières. Jour et nuit, elles montent vers le ciel telles les volutes de fumée d'une gitane maïs. Et c'est justement le problème. Il est trois heures du mat et le vieux d'en face a décide de tenter sa chance, des fois qu'un dieu serait encore à l'écoute. Le voila qui tambourine avec conviction sur sa plus belle casserole en guise de banjo et braille à s'en faire péter les plombages. On dirait un mélange de sirène de pompiers et de fado chanté par un asthmatique. N'y a t il personne qui veuille abréger ses souffrances? Le seul effet kiss-cool observé c'est une accélération bruyante du transit de mon voisin de chambre et une reprise en choeurs par tous les canidés du coin. Puis, une fois qu'il a bien massacré son ustensile de cuisine, il retourne se coucher (Seb c'est bien?).?ET MOI ALORS? A cause de lui j'ai les yeux en position plein phare, impossible de retrouver le fil mon rêve qui semblait pourtant des plus philosophiques. Demain, c'est décidé, je vais danser la macaréna sous ses fenêtres à deux heures du mat!!
11 Avril PUSHKAR C'est la tanshumance! Je descends de mon village bleu à flanc de colline pour me perdre dans le quartier musulman d'Ajmer, la grande ville dans la plaine. J'ai passé toute la matinée dans la mosquée, il faut dire que les alentours sont un mixe entre la foire et la coure des miracles qui ne donne pas envie de prolonger le stationnement. Un type coincé en position grand écart fait le crabe dans la rue, un autre se déplace en se roulant par terre, il y a même un chien qui avance en équilibre sur ses pattes avant, les pattes arrière difformes. Mieux vaut battre en retraite. Avant d'entrer dans le lieu saint, je confie mes chaussures au portier et je me couvre la tête. Dans l’enceinte, une milice est chargée de faire respecter les bonnes manières. Portant une étole genre miss monde et un bâton de guignol, ils traquent tout écart de conduite. Ce serait de mauvais goût de se prendre une prune pour outrage à divinité. Je me pose dans un coin de la coure dallée de marbre et je regarde. C'est un lieu de prière, mais aussi un lieu de vie. Un petit bonhomme s'approche de moi en gazouillant. Il a les yeux soulignés au crayon noir et une ficelle autour de son proéminent bidon. Une fillette me demande de poser avec elle pour une photo (il est important de savoir que tout bon indien se doit de tirer une tronche de six pieds de long lors de cet exercice... pas le moindre petit rictus). C'est une procession incessante de visiteurs. Les hommes portent des djellabas blanches magnifiquement brodées. Ce soir, à Pushkar, c'est mégateuf!. C'est le nouvel an indien, on sort les dieux des temples et de la naphtaline pour leur faire faire un petit tour de la ville. Chaque soir c'est la permission de minuit pour un dieu différent, et ça va durer dix jours!. Les familles ont dessinées des fleurs, des motifs géométriques avec de la poudre de couleur devant leur perron pour accueillir la procession. La rue est parée d'un tapis aux couleurs flamboyantes. Les femmes accrochent des fleurs dans leurs cheveux.?Les chars sont précèdes par une fanfare dominée par le son du Bontempy sur lequel s'acharne un des musiciens. Puis vient... un énorme moteur monte sur roulettes qui servira à alimenter les lustres portés par des dizaines de gamins des rues pour faire une haie d'honneur. Enfin, le char, entouré de brahmanes distribuant des copeaux de noix de coco et autres sucreries. On en reçoit une poignée, on partage avec son voisin. Tous les sens sont à la fête. La foule se presse pour recevoir la bénédiction, toucher le char. Les sâdhus en tous genres sont aussi de la partie. A la base, le sâdhu est un mendiant religieux. Ils sont reconnaissables à leur allure souvent excentrique. Vêtus d'orange, le corps couvert de cendres, le cou chargé d'amulettes et le crâne recouvert d'une forêt vierge qui ferait rêver nos amis rasta symbole de leur puissance. Le sâdhu devient siddha, soit hermite soit ascète après de dures pénitences et diverses formes de mortifications. Certains ont décidé de passer leur vie sur un pied, d'autres se coupent un bras, tout ça pour atteindre la délivrance du cycle infernal des renaissances.?Ca c'est la version locale, mais on a aussi le Western sâdhu, race particulièrement endémique si on considère qu'elle possède la faculté de troquer ses fripes contre un costume trois pièces une fois revenu sur leur pays d'origine. Leur but est encore obscur mais il semble que pour y parvenir, ils doivent porter les vêtements les plus miteux, traîner la savate et afficher une pilosité amazonienne...
18 Avril JAISALMER Mon voyage aura été marqué par de nombreuses rencontres. Chaque ville que je traverse m'apporte une nouvelle histoire. Il faut être patient, laisser les choses venir. L' Inde ne s'apprivoise pas en deux jours. Apres un certain temps, une fois que vous faites bien partie du décor, le miracle s'opère. Je crois qu'ici, j'ai atteint la perfection. Jaisalmer est une ville fortifiée au milieu du dessert du Tahr. Son épaisse muraille ocre renferme un trésor. C'est ici que se trouvent les plus beaux have lis de toute l'Inde. Ce sont des palais construits au XVIII ème siècle par de riches marchands. Certains sont officiellement visitables mais je me rends vite compte que presque toutes les façades de la ville sont richement ouvragées. On dirait de la dentelle, mais en plus beau, avec une variété incroyable de motifs. Je ne m'en lasse pas. Mon hôtel est à l'intérieur du fort. Le soir, assise sur la terrasse, je me prends pour une maharani attendant son Lawrence d'Arabie (ouaich, un peu anachronique, mais Peter O'Toole avait de si beaux yeux bleus...). Les habitations couvrent encore quelques kilomètres autour des remparts et puis...c'est le désert. Pas les dunes de sable comme dans le désert des tartares, mais une plaine aride ou ne poussent que des buissons hirsutes et des éoliennes à perte de vue. Et puis, il y a eu la rencontre avec ces deux soeurs. Deux gitanes qui alpaguent le touriste à la sortie du fort pour leur vendre quelques breloques. Comme elles sont parées de leurs plus beaux atours, je joue le jeu du "bakchich contre photo". Jusque là, relations professionnelles. Le lendemain, je les retrouve pour leur offrir quelques T shirts que je dois jeter par dessus bord de mon sac à dos sous peine de surpoids fatal pour la suite du périple. Elles semblent ravies. Ce soir, elles m'ont invitées à boire un thé chez elles et écouter de la musique. Je les suis en dehors de la ville et me voici assise dans la courette d'une maison en torchis, un gamin dans les bras. Les hommes jouent du violon pendant que les deux soeurs dansent et chantent. Pour l'occasion, elles m'ont décorées de leurs bijoux traditionnels. On pose pour la photo. Une fillette aux cheveux ébouriffés danse devant moi. Sa robe est mocharde mais ses yeux brillent comme ceux d'un chat et ses hanches ondulent gracieusement. Petit moment de pur bonheur. C'est simple et beau comme un Kinder-Surprise.
26 Avril BOMBAY Dernière étape du voyage:Bombay. Retour à la civilisation mais ce n'est pas pour autant la fin des aventure, bien au contraire. Coup de chance, un de mes amis indien que j'ai connu au Burundi est lui aussi de passage dans le coin. Il insiste pour que je loge dans un des studios qui appartiennent à sa famille. Jusque là, plutôt idyllique comme tableau surtout vu le prix d'une chambre d'hôtel ici et vu l'état de mes finances... Mais c'est sous estimer l'esprit farceur qui plane constamment au dessus de mon crâne gracile! En fait, l’appart est parfait, mais c'est comme acheter une robe chez un grand couturier et se rendre compte qu'on ne peut même pas monter les escaliers avec. Beau mais pas pratique. Canapés dans le plus pur style post néo gréco romain, sol en marbre, la classe. Mais quand il s'agit de passer aux choses concrètes genre: qu'est ce qu'on mange ce soir? C’est une autre paire de bretelles. Les placards de la cuisine sont remplis ...... de cahiers, de cirages, de bouteilles de fly-tox. Ah, quelques bouteilles d'alcool, (on avance petit à petit vers le rayon alimentaire) et une cinquantaine de bouillons Knorr. Ce soir, donc, on révise Maïté version Koh-Lanta. Faute de casserole, j'ai du faire bouillir mes nouilles dans une poêle tellement petite qu'on pourrait la qualifier de HLM pour omelette! Me voici en train d'égorger une boite de concentré de tomate (la seule dont la date d'expiration n'avoisine pas le néolithique). Le plan de travail porte encore les traces de notre lute acharnée. Papa, tu aurais été fier de moi! Deuxième épreuve: Bombay est la seule ville d'Inde ou il est presque mal vu pour une jeune (si, si, j suis encore jeune) femme de porter le punjabi. Pas de chance, je n'ai plus que ça dans ma garde robe. A cela il faut ajouter le fait que Vinod (mon ami indien) ne fréquente que des gens super branchouillés et j'avoue qu'après deux mois de voyage je ne me sens pas trop dans ce trip. Panique à bord, donc, comment ressembler à quelque chose de correct quand on n'a plus que des tongs, un sac à patate en guise de robe et .....Pas le moindre sac à main coordonné! Je fonce dans le premier magasin du coin et fait péter ma carte bleue. J'en ressors habillée dans le plus pur style minette rose bonbon, un régal. Il fallait au moins ça pour tenir la route face à la jeunesse dorée locale. En trois jours, avec Vinod et sa bande, on a écumé tous les bars fashion de la ville. Ca fait tout drôle, mais j'avoue que ça m'a fait du bien de retrouver tout ça! J'ai presque fait une over-dose de crevettes et autres produits de mer (ras le bol du poulet et du régime végétarien). Ce soir, Vinod retourne au Burundi, moi je reste encore quelques jours. Je vais tenter de survivre dans cet univers.
La suite au prochain épisode.
Le 13 juillet
Ca y est j y suis!
C' est encore pire que je ne pouvais l’imaginer... C est assez dur, trop de monde de partout, il n y a plus les repères comme en France. Pas de magasins traditionnels mais des indiens qui vendent dans la rue dans des sortes de garages sombres et sales et qui font le prix a la gueule du client.
Je suis a Mahabalipuram comme prévu et me sens un peu seul au milieu de tous ces indiens dont je ne comprends pas l' anglais et le mien n'est pas meilleur.
Je vais essayer après demain Pondichéry.
Cependant la bouffe indienne végétarienne est excellente. Demain vais essayer le poisson.
C est la fournaise et maintenant il y a une très forte pluie avec l eau qui monte dans les rues. Pour l’ instant je ne m’y plais pas du tout et me sens un peu désespéré par ce monde effrayant et il fait déjà nuit a 6 heures car c est la saison basse des pluies
Que suis je venu faire dans cette galère ? Enfin ce n'est que le second jour.
Il faut parait il une semaine avant de s y faire.
La santé va bien et j ai de l`appétit et pas de turista
Putain... J en peux plus de cette misère et aujourd’hui Spleen profond ou je suis resté dans ma chambre d hôtel à flipper grave, car ce matin j ai eu pendant 2 heures des nausées donc je ne peux faire la seule distraction ici en Inde, bouffer dans un resto ou aller boire des pots dans les bars. En plus des que tu sors dans la rue les indiens viennent te demander du fric (enfants, vieillards, femmes) ou alors ils te suivent ou te demande s’ils peuvent te prendre une photo! C’est trop dur et j ai vraiment envie de rentrer et il me reste 3 semaines à tirer c'est le cauchemar ici. Pour visiter l Inde il ne faut surtout pas partir seul car pour relier une ville a une autre c'est toute une histoire il n y a pas de lignes de bus régulière et les bus ce n’ est que de la ferraille! Il faut prendre les taxis : ce que j ai fait entre Madras et cette ville mais les distances sont énormes et je ne peux louer tout le temps un taxi pour moi seul. La plupart des voyageurs sont en groupe et prennent des taxis en commun. Je me suis foulé& aussi la cheville droite. Le temps ne passe pas et je ne dors pas très bien. Vivement que je sorte de ce cauchemar
En réalité il faut éviter de voyager seul en Inde en raison des difficultés de transport entre les villes. Les bus ne sont pas fiables et pourris. En groupe on peut partager un taxi mais seul ce n' est pas pareil. Je l ai fait entre Madras et Mahabalipuram( 1200 roupies pour 50 kilomètres ) Pour Pondichéry c' est plus loin je suis obligé de prendre un express mais qui ne part pas d' ici mais d' un autre coin et il n' y a pas de bus pour ce coin J ai du mal a me faire aux vieillards femmes et surtout aux enfants qui mendient et qui suivent certains sont antipathiques . Ce matin j ai eu de la nausée pendant 2 heures et depuis je n' ai plus faim et suis très fatigué. Si on a pas faim on se fait chier grave car la seule occupation ici la journée et le soir est d aller boire un thé ou manger un morceau. Suis resté dans la chambre couché toute la journée très déprimé. Le temps ne passe pas et encore 3 semaines à tenir... C est très sale et ça pue... Quelle misère. Je ne comprends pas ceux qui supportent de voir cela.
Le 14 Juillet J ai quitté Mamallapuram en rickshaw et bus express. J étais debout pendant les 200 Km. Pondichéry c est l'enfer pire que Bangkok (motos mobylettes a fond de partout et qui n' arrêtent pas de klaxonner!) Tous les hôtels du front de mer étaient complets il fallait que je me rabatte dans le quartier zone indien, il n'y avait dans l ancien quartier français qu’un Ashram avec une chambre (cellule de 2 mètres sur deux)! Je l'ai louée. Un ashram est une sorte de temple avec des règles très strictes (fermeture des portes a 22h 30 pas de tabac ni d' alcool marcher pieds nus) Je suis en train de tomber au fond du gouffre! Hier soir en rentrant sur ma piaule a Mamallipuram, il y avait 4 lillois arrivés le matin. Ils ont l habitude de voyager en Inde et ils m' ont dit qu’il ne fallait surtout pas voyager seul en Inde ou alors il fallait se raccrocher à d autres voyageurs. Question de survie. Jamais cela ne m' a fait autant de bien de parler a des gens. Je leur ai dit que je n en pouvais plus... Ils avaient ramené une bouteille de Whisky et on a picolé jusqu’ à 2 heures du matin. Cela m' a fait un bien fou et j'ai bien dormi J' ai marché (erré de 6 heures a 10 heures) dans les rues de Pondichéry. C est trop dur. Je ne mange plus depuis hier et je bois énormément de jus frais de mangue et Ananas et le petit déjeuner le matin Quelle galère!!! Le positif : ce matin alors que je me suis fait chier comme un rat mort a Mamallipuram cela m a fait quelque chose de quitter ce village. Je crois qu’ il y a une ambiance particulière en Inde. Je prends de belles photos de regards d'enfants et de saris multicolores En arrivant a cet internet café, j ai vu : 1. Un type genre Siddhârta avec longue barbe qui dormait debout dans la rue profondément. Je suis passe 2 fois car je n en croyais pas mes yeux. 2 .Un type allonge dans la nuit et dans la boue (il a plu encore beaucoup cette nuit) Je ne savais pas s il était mort ou vivant. De toute façon je ne peux rien faire. J’ai rencontré ‘Fanfan’, une française installée à Pondichéry. Crâne rasée à l’indienne, souriante et très calme. Nous avons mangé ensemble. Cela m’a remonté le moral elle m’a parlé de l’Inde et du comportement à adopter face à la mendicité et à la misère. Elle semble avoir pris du recul face à la pauvreté et à la mendicité et s’est débarrassé de ce point de vue de toute forme de compassion. Elle rejette les mendiants qui l’abordent et m’a dit que l’Inde est un pays en pleine expansion et qu’il y avait du travail pour tout le monde et que la plupart des miséreux étaient des fainéants. Cela va m’aider à surmonter ma culpabilité face à tous ces mendiants qui m’assaillent tous les 10 mètres. Elle m’a décrit également l’art culinaire indien afin que je sache mieux choisir au milieu de tous ces plats différents et souvent végétariens que je ne connais pas. Je l’ai raccompagné à l’autorickshaw. Rencontre courte, simple mais riche d’enseignement.
Le 15 juillet
Aujourd’hui parfait moral Il y a plein de trucs que j aime ici. C est un peu comme une drogue...Tout est bizarre. C' est l'aventure. Ah oui j oubliais l'expérience du Ashram extraordinaire et inoubliable. Dans le temple en bas les indiens méditent et prient au premier il y a des lits dans des grandes pièces et certains indiens dormaient au sol et des chambres et au second les chambres avec la clim la ou j étais. Silence monacal et encens jour et nuit... Maintenant à Trichy je suis dans un hôtel moderne avec télévision téléphone tout confort mais cela a son charme car le Ashram c'est étrange et contraignant Mais je ne regrette pas de l'avoir fait
Je suis descendu dans le centre du Tamil Nadu dans une ville de pèlerinage au nom de Trichy! Il a des milliers gens et des centaines de bus. Heureusement j ai pris un très bon Hôtel ( sat, clim etc..) qui m' isole de ce 'chaos' L' Inde c' est épuisant et parfois les indiens me fatiguent, je ne supportent plus qu’ ils m approchent, beaucoup d' entre eux sont ' lourds' mais pas tous. Malheureusement pas trace d'autres voyageurs qui pourraient me donner du courage dans cette ville je semble être le seul occidental et tout le monde me regarde comme une si j étais une bête curieuse. Demain je vais vers les montagnes de Kodakanail a 2100 mètres en espérant trouver la sérénité et le SILENCE. Si c' est le cas j y resterais jusqu’ a la fin du séjour sinon je vais me rapprocher de India airlines pour négocier un retour anticipé ou Go voyage. Je pense que cela doit être possible quitte à payer un supplément. Je me suis fait agressé par un bande d' ados sans raison cela a failli mal tourner car l’ un d' entre eux était excité. J 'étais en train de filmer. Je n ai pas compris. Je pense que pour eux la camera doit être un signe de richesse. Maintenant je n ose plus la sortir. J 'ai eu un contact aussi avec un indien de Trichy prof de français Mohamed Siraj qui voulait que j’ aille dans son lycée pour donner un petit cours de français sur le présent de l’indicatif mais il fallait acheter un pantalon avec chemise et des chaussures. J’ai pas voulu m'encombrer en achetant tout cela (je voyage en short) même si les prix sont dérisoires ici . Il m’a abordé dans la rue vers 10 heures du soir en s’exprimant dans un français correct. Puis au milieu du tintamarre et de la pollution sur le trottoir même et en face de l’hôtel s’est mis à lire à voix haute certains de ses poèmes en français. Je l’ai filmé. C’était une scène surréaliste comme seule l’Inde sait réserver. Tout va bien. Je suis sur un lieu de pèlerinage des dieux Krishna et Vishnu ou il y a des milliers d' Hindouistes. Ils appellent cela le 'Lourdes de l'Inde' mais Lourdes puissance 1000! Je vais maintenant dans les montagnes à 2100 mètres d' altitude, une station créée par les américains. La seule en Inde
Le 17 juillet J'ai beaucoup aime Trichy, J'ai fait une visite d' un temple avec 385 marches (pieds nus) C' est un temple Krishna splendide, en haut un moine près de la statue de Krishna m a placé une sorte de poudre blanche entre les 2 yeux et a fait une prière pour moi. Il y a aussi juste en face la réplique de la basilique de Lourdes avec la reproduction de la grotte. C est le délire... Ici il ne faut jamais dire que l on n a pas de religion. Les indiens ne comprennent pas si on est athée. C' est noirde pèlerins. Je serais bien reste encore un jour mais ici c’est surpeuplé et pleins de bus la nuit et le jour les rues sont noires de monde. Je ne mange que végétarien depuis une semaine presque tous les restos sont végétarien. Je mange les Thalis, plain, Massalor et ce que je préfère les Parothas, un régal et beaucoup de jus de fruit. Il y a ici des supermarchés ou on ne trouve que des légumes (grand comme intermarché). Le matin je bois le tchaï (mélange de lait thé et cardamone) dans la rue avec les indiens et les délicieux gâteaux Un plat dans un resto coute en moyenne 15 roupies (50 roupies est 1 euro) 1 verre de jus d ananas frais ou de mango 7 roupies 1 heure d internet est 10 roupies. Dans ce café seulement ailleurs c est 20 ou 30 roupies Je commence à m'y faire mais c est vrai qu’il faut bien une semaine d’adaptation tant c est un autre monde.
Le 22 juillet J ai passé 3 jours dans la plus grande solitude mais dans la station climatique de montagne de Kodaikanal. Il faisait froid la nuit (deux couvertures et pull car 8 degrés) C est dur de voyager seul mais j accomplis une réflexion profonde sur moi . (introspection) Hier a Kodaikanal j ai retrouvé par hasard, (mais en Inde on dit qu'il n y a pas de hasard) les deux lillois : François et Michel et cela change tout. François est éducateur pour jeunes aveugles et comédien. Il est assez fantaisiste et positif. Nous avons eu de longues discussions autour du lac sur les causes ou les conséquences d’un voyage en Inde. Son contact avec les indiens est simple et direct. Ce n’est pas son premier voyage dans ce continent, il est expérimenté sur le mode de fonctionnement psychologique des indiens et de la nature humaine en général. Son frère Michel est plus réservé et secret. Il est professeur d’anglais. Un collègue quoi … J ai passé deux journées normales en leur compagnie et nous avons vu des trucs intéressants ici a Madurai
Nous avons assisté tournage film 'Booliwood' avec grandes stars indiennes. L équipe de tournage nous a invité sur le plateau et j ai filmé leur travail. Avons vu fleuve sacré ou se purifient les femmes indiennes et temple avec pleins de singes sympas ; Assemblée de sadous. Impressionnant ! Hélas demain je reprends ma vie solitaire car Michel et François remontent au Nord et moi je reste encore un jour à Madurai et ensuite je poursuis dans le sud.
L Inde c est assez fantastique mais on rencontre trop de mendiants et de saleté. Il faut venir ici au minimum à deux. A Madurai c est la fournaise et pollution
Le 25 juillet Je suis dans l'extrême sud entre l océan indien et la mer d'Oman. Rameswaram Ils appellent cela:" le bout du monde" Je suis à trente kilomètres du Sri Lanka, mais interdit d'y aller en raison des relations troublées entre l’Inde et ce pays. Il y a de gros hélicoptères militaires qui patrouillent ainsi que la marine indienne qui refoulent les réfugiés sri lankais. Je commence bien a me faire a l Inde et au caractère des indiens, en fait il ne faut pas les prendre au sérieux et tourner a la dérision et tout se passe bien sinon c' est le clash Les plages ici sont splendides je suis dans un bel hôtel de luxe, et c est un peu les vacances car la misère se voit moins ici Je commence demain progressivement la remontée vers Chennai ( Madras); Je suis obligé de me rendre encore sur Madurai pour remonter sur Chidambaran et Chennai Je suis maintenant tout a fait a l' aise en Inde. Il faut bien une semaine pour s' y faire. Certains voyageurs m ont dit qu’ils ont déprimé pendant deux semaines sans sortir de leur chambre avant de s’y faire A la fin la misère on n y fait plus attention. Trois semaines en Inde c est trop court. Tous ceux que j ai rencontres y restaient au moins 3 mois... J ai été invité chez une famille de pêcheurs qui ont une sorte de maison en feuilles de palmiers mais très solide et très fraiche. J ai acheté 4 calmars à un autre un pêcheur qui venait juste de les prendre. Sa femme les a tout d’abord lavés soigneusement et très lentement, révélant ainsi tout le prix que représente pour elle la nourriture puis cuisinés avec des épices et des oignons accompagnés de riz. Ils sont très pauvres et parfois ils ne mangent pas tous les jours car ce n’ est pas la bonne saison pour la pêche. Ils vivent dans une sorte de maison construite en feuille de palmiers sur la plage même. A l’intérieur il y a une chambre, un petit hall et une cuisine très sombre. Il n’y a pas d’électricité. L’eau est recueillie à un puit creusé par lui-même à une dizaine de mètres de profondeur. J'ai donne en plus 100 roupies à sa femme et 25 à une voisine. Je sais, c’est rien comparé à tout ce qu’ils m’ont offert. Mais j’ai pensé qu’il ne devait s’agir que d’un geste amical et non d’une volonté de subvenir à leurs besoins qui sont considérables, ce que je ne peux pas faire. La femme du pêcheur mange après son mari les restes dans le même plat. La femme ne mange pas a la même table que l'homme. Cela m’a choqué ! Leur fille de 13 ans ne va plus a l école et travaille dans le poisson séché. Elle m' a demandé mon stylo et je le lui ai donné. C' est incroyable qu’un simple stylo puisse rendre quelqu’un aussi heureux. Cela fait de la peine. Cela prend à la gorge.
Hier une voyageuse allemande rencontrée sur la plage de Dhanuskhodi me disait qu’elle restait 6 mois en Inde, le pire est qu’elle vient du Laos du Vietnam et de la Thaïlande qu’elle a visités depuis 3 mois ensuite elle va en Nouvelle Zélande. Elle fait ce trip en solo… On rencontre des `dingues du voyage` . Le 31 juillet Je suis a Chennai depuis deux jours, j ai voulu y être avant car j avais peur de ne pas arriver a temps a Madras depuis Rameswaram. En fait je n aurais pas du m affoler car les transports (trains, bus) sont bien organisés ici . Certains autres voyageurs m avaient dit qu’il fallait réserver trois jours à l' avance pour un train couchettes, or ce n est plus le cas. J ai quand même passe 7 heures en train couchettes pour faire 300 kilomètres. Les trains sont très lents cat ils sont très longs et charges (20 Km heures) J ai pris une 3 AC et j ai bien dormi mais grosse frayeur j ai mis un quart d’ heure pour trouver mon wagon tellement le train était long! Je demandais et tantôt on m envoyait en tête de train tantôt en fin de train J ai fini par trouver... J aurais pu rester encore davantage dans le sud. Car Madras est une ville tentaculaire et bordélique. Cela ressemble a Bangkok (Modernisme et business côtoient misère)
Je fais des visites en Rickshaw des temples et église. Ici a Madras des enfants tous sales dorment recroquevilles sur le trottoir, et on voit les rats qui passent dans le caniveau et les cafards Ainsi j’ai pu visiter la tombe de Saint Thomas, le disciple (apôtre)de Jésus qui fut assassiné en 52 après JC a Madras. Il y a beaucoup d églises ici et de catholiques. C est pourquoi Christianisme et Hindouisme développent les mêmes idées et philosophies. Il y a aussi des musulmans. C est atroce. Hier une vieille femme en face de mon hôtel est morte sur le trottoir même. Cela fait beaucoup réfléchir et beaucoup devrait venir en Inde. Aujourd’ hui j’ai passé une après midi tranquille sur la grande plage de Madras, beaucoup d indiens viennent me voir pour parler a un moment il y en avait une trentaine (hommes femmes, enfants). C’était l'émeute et ils voulaient tous que je les prenne en photo avec ma caméra, ce que j ai fait. J ai aussi filmé car trente personne autour de soi qui te regardent comme une bête curieuse c’ est assez rare. Il faut venir en Inde car on voit qu’on peut avec le tourisme les aider plus qu’ailleurs le tourisme aide directement les gens) Voila le réceptionniste de l Hôtel a confirme mon vol a Indian airlines et je m’apprête a quitter ce pays si nuancé ou on passe par toutes les phases psychologiques (du ‘dégoût a l appétit’) J’ai perdu du poids et j ai maigri . On dit que pendant un voyage en Inde et en moyenne tout le monde perd 7 kilogrammes. C’est normal quand on voyage en Inde. On a pas tous les jours faim et plutôt la nausée, j ai zoné, erré au fond des précipices ou le soleil ne pénètre jamais La chaleur, les marches et la nourriture végétarienne. Avant de rejoindre l’aéroport et de m’embarquer pour la France suis resté une heure avec une famille pauvre qui vit dans la rue sous un porche. La jeune femme voulait que je photographie ses enfants. Le mari tenait à m’offrir un thé que j ai refusé. Il m’a cependant installé sur une natte à même le trottoir. Ils m’ont parlé de leur vie et des petits boulots qu’ils exerçaient dans la rue (nettoyage de vêtements et autres). Grande misère cependant beaucoup de sourires et d’énergie. J’ai refilé à cette petite famille très pauvre tout ce qui me restait de roupies.
Tant pis pour les souvenirs dans la zone ‘duty free’ de l’aéroport international.
Putain... J en peux plus de cette misère et aujourd’hui Spleen profond ou je suis resté dans ma chambre d hôtel à flipper grave, car ce matin j ai eu pendant 2 heures des nausées donc je ne peux faire la seule distraction ici en Inde, bouffer dans un resto ou aller boire des pots dans les bars. En plus des que tu sors dans la rue les indiens viennent te demander du fric (enfants, vieillards, femmes) ou alors ils te suivent ou te demande s’ils peuvent te prendre une photo! C’est trop dur et j ai vraiment envie de rentrer et il me reste 3 semaines à tirer c'est le cauchemar ici. Pour visiter l Inde il ne faut surtout pas partir seul car pour relier une ville a une autre c'est toute une histoire il n y a pas de lignes de bus régulière et les bus ce n’ est que de la ferraille! Il faut prendre les taxis : ce que j ai fait entre Madras et cette ville mais les distances sont énormes et je ne peux louer tout le temps un taxi pour moi seul. La plupart des voyageurs sont en groupe et prennent des taxis en commun. Je me suis foulé& aussi la cheville droite. Le temps ne passe pas et je ne dors pas très bien. Vivement que je sorte de ce cauchemar
En réalité il faut éviter de voyager seul en Inde en raison des difficultés de transport entre les villes. Les bus ne sont pas fiables et pourris. En groupe on peut partager un taxi mais seul ce n' est pas pareil. Je l ai fait entre Madras et Mahabalipuram( 1200 roupies pour 50 kilomètres ) Pour Pondichéry c' est plus loin je suis obligé de prendre un express mais qui ne part pas d' ici mais d' un autre coin et il n' y a pas de bus pour ce coin J ai du mal a me faire aux vieillards femmes et surtout aux enfants qui mendient et qui suivent certains sont antipathiques . Ce matin j ai eu de la nausée pendant 2 heures et depuis je n' ai plus faim et suis très fatigué. Si on a pas faim on se fait chier grave car la seule occupation ici la journée et le soir est d aller boire un thé ou manger un morceau. Suis resté dans la chambre couché toute la journée très déprimé. Le temps ne passe pas et encore 3 semaines à tenir... C est très sale et ça pue... Quelle misère. Je ne comprends pas ceux qui supportent de voir cela.
Le 14 Juillet J ai quitté Mamallapuram en rickshaw et bus express. J étais debout pendant les 200 Km. Pondichéry c est l'enfer pire que Bangkok (motos mobylettes a fond de partout et qui n' arrêtent pas de klaxonner!) Tous les hôtels du front de mer étaient complets il fallait que je me rabatte dans le quartier zone indien, il n'y avait dans l ancien quartier français qu’un Ashram avec une chambre (cellule de 2 mètres sur deux)! Je l'ai louée. Un ashram est une sorte de temple avec des règles très strictes (fermeture des portes a 22h 30 pas de tabac ni d' alcool marcher pieds nus) Je suis en train de tomber au fond du gouffre! Hier soir en rentrant sur ma piaule a Mamallipuram, il y avait 4 lillois arrivés le matin. Ils ont l habitude de voyager en Inde et ils m' ont dit qu’il ne fallait surtout pas voyager seul en Inde ou alors il fallait se raccrocher à d autres voyageurs. Question de survie. Jamais cela ne m' a fait autant de bien de parler a des gens. Je leur ai dit que je n en pouvais plus... Ils avaient ramené une bouteille de Whisky et on a picolé jusqu’ à 2 heures du matin. Cela m' a fait un bien fou et j'ai bien dormi J' ai marché (erré de 6 heures a 10 heures) dans les rues de Pondichéry. C est trop dur. Je ne mange plus depuis hier et je bois énormément de jus frais de mangue et Ananas et le petit déjeuner le matin Quelle galère!!! Le positif : ce matin alors que je me suis fait chier comme un rat mort a Mamallipuram cela m a fait quelque chose de quitter ce village. Je crois qu’ il y a une ambiance particulière en Inde. Je prends de belles photos de regards d'enfants et de saris multicolores En arrivant a cet internet café, j ai vu : 1. Un type genre Siddhârta avec longue barbe qui dormait debout dans la rue profondément. Je suis passe 2 fois car je n en croyais pas mes yeux. 2 .Un type allonge dans la nuit et dans la boue (il a plu encore beaucoup cette nuit) Je ne savais pas s il était mort ou vivant. De toute façon je ne peux rien faire. J’ai rencontré ‘Fanfan’, une française installée à Pondichéry. Crâne rasée à l’indienne, souriante et très calme. Nous avons mangé ensemble. Cela m’a remonté le moral elle m’a parlé de l’Inde et du comportement à adopter face à la mendicité et à la misère. Elle semble avoir pris du recul face à la pauvreté et à la mendicité et s’est débarrassé de ce point de vue de toute forme de compassion. Elle rejette les mendiants qui l’abordent et m’a dit que l’Inde est un pays en pleine expansion et qu’il y avait du travail pour tout le monde et que la plupart des miséreux étaient des fainéants. Cela va m’aider à surmonter ma culpabilité face à tous ces mendiants qui m’assaillent tous les 10 mètres. Elle m’a décrit également l’art culinaire indien afin que je sache mieux choisir au milieu de tous ces plats différents et souvent végétariens que je ne connais pas. Je l’ai raccompagné à l’autorickshaw. Rencontre courte, simple mais riche d’enseignement.
Le 15 juillet
Aujourd’hui parfait moral Il y a plein de trucs que j aime ici. C est un peu comme une drogue...Tout est bizarre. C' est l'aventure. Ah oui j oubliais l'expérience du Ashram extraordinaire et inoubliable. Dans le temple en bas les indiens méditent et prient au premier il y a des lits dans des grandes pièces et certains indiens dormaient au sol et des chambres et au second les chambres avec la clim la ou j étais. Silence monacal et encens jour et nuit... Maintenant à Trichy je suis dans un hôtel moderne avec télévision téléphone tout confort mais cela a son charme car le Ashram c'est étrange et contraignant Mais je ne regrette pas de l'avoir fait
Je suis descendu dans le centre du Tamil Nadu dans une ville de pèlerinage au nom de Trichy! Il a des milliers gens et des centaines de bus. Heureusement j ai pris un très bon Hôtel ( sat, clim etc..) qui m' isole de ce 'chaos' L' Inde c' est épuisant et parfois les indiens me fatiguent, je ne supportent plus qu’ ils m approchent, beaucoup d' entre eux sont ' lourds' mais pas tous. Malheureusement pas trace d'autres voyageurs qui pourraient me donner du courage dans cette ville je semble être le seul occidental et tout le monde me regarde comme une si j étais une bête curieuse. Demain je vais vers les montagnes de Kodakanail a 2100 mètres en espérant trouver la sérénité et le SILENCE. Si c' est le cas j y resterais jusqu’ a la fin du séjour sinon je vais me rapprocher de India airlines pour négocier un retour anticipé ou Go voyage. Je pense que cela doit être possible quitte à payer un supplément. Je me suis fait agressé par un bande d' ados sans raison cela a failli mal tourner car l’ un d' entre eux était excité. J 'étais en train de filmer. Je n ai pas compris. Je pense que pour eux la camera doit être un signe de richesse. Maintenant je n ose plus la sortir. J 'ai eu un contact aussi avec un indien de Trichy prof de français Mohamed Siraj qui voulait que j’ aille dans son lycée pour donner un petit cours de français sur le présent de l’indicatif mais il fallait acheter un pantalon avec chemise et des chaussures. J’ai pas voulu m'encombrer en achetant tout cela (je voyage en short) même si les prix sont dérisoires ici . Il m’a abordé dans la rue vers 10 heures du soir en s’exprimant dans un français correct. Puis au milieu du tintamarre et de la pollution sur le trottoir même et en face de l’hôtel s’est mis à lire à voix haute certains de ses poèmes en français. Je l’ai filmé. C’était une scène surréaliste comme seule l’Inde sait réserver. Tout va bien. Je suis sur un lieu de pèlerinage des dieux Krishna et Vishnu ou il y a des milliers d' Hindouistes. Ils appellent cela le 'Lourdes de l'Inde' mais Lourdes puissance 1000! Je vais maintenant dans les montagnes à 2100 mètres d' altitude, une station créée par les américains. La seule en Inde
Le 17 juillet J'ai beaucoup aime Trichy, J'ai fait une visite d' un temple avec 385 marches (pieds nus) C' est un temple Krishna splendide, en haut un moine près de la statue de Krishna m a placé une sorte de poudre blanche entre les 2 yeux et a fait une prière pour moi. Il y a aussi juste en face la réplique de la basilique de Lourdes avec la reproduction de la grotte. C est le délire... Ici il ne faut jamais dire que l on n a pas de religion. Les indiens ne comprennent pas si on est athée. C' est noirde pèlerins. Je serais bien reste encore un jour mais ici c’est surpeuplé et pleins de bus la nuit et le jour les rues sont noires de monde. Je ne mange que végétarien depuis une semaine presque tous les restos sont végétarien. Je mange les Thalis, plain, Massalor et ce que je préfère les Parothas, un régal et beaucoup de jus de fruit. Il y a ici des supermarchés ou on ne trouve que des légumes (grand comme intermarché). Le matin je bois le tchaï (mélange de lait thé et cardamone) dans la rue avec les indiens et les délicieux gâteaux Un plat dans un resto coute en moyenne 15 roupies (50 roupies est 1 euro) 1 verre de jus d ananas frais ou de mango 7 roupies 1 heure d internet est 10 roupies. Dans ce café seulement ailleurs c est 20 ou 30 roupies Je commence à m'y faire mais c est vrai qu’il faut bien une semaine d’adaptation tant c est un autre monde.
Le 22 juillet J ai passé 3 jours dans la plus grande solitude mais dans la station climatique de montagne de Kodaikanal. Il faisait froid la nuit (deux couvertures et pull car 8 degrés) C est dur de voyager seul mais j accomplis une réflexion profonde sur moi . (introspection) Hier a Kodaikanal j ai retrouvé par hasard, (mais en Inde on dit qu'il n y a pas de hasard) les deux lillois : François et Michel et cela change tout. François est éducateur pour jeunes aveugles et comédien. Il est assez fantaisiste et positif. Nous avons eu de longues discussions autour du lac sur les causes ou les conséquences d’un voyage en Inde. Son contact avec les indiens est simple et direct. Ce n’est pas son premier voyage dans ce continent, il est expérimenté sur le mode de fonctionnement psychologique des indiens et de la nature humaine en général. Son frère Michel est plus réservé et secret. Il est professeur d’anglais. Un collègue quoi … J ai passé deux journées normales en leur compagnie et nous avons vu des trucs intéressants ici a Madurai
Nous avons assisté tournage film 'Booliwood' avec grandes stars indiennes. L équipe de tournage nous a invité sur le plateau et j ai filmé leur travail. Avons vu fleuve sacré ou se purifient les femmes indiennes et temple avec pleins de singes sympas ; Assemblée de sadous. Impressionnant ! Hélas demain je reprends ma vie solitaire car Michel et François remontent au Nord et moi je reste encore un jour à Madurai et ensuite je poursuis dans le sud.
L Inde c est assez fantastique mais on rencontre trop de mendiants et de saleté. Il faut venir ici au minimum à deux. A Madurai c est la fournaise et pollution
Le 25 juillet Je suis dans l'extrême sud entre l océan indien et la mer d'Oman. Rameswaram Ils appellent cela:" le bout du monde" Je suis à trente kilomètres du Sri Lanka, mais interdit d'y aller en raison des relations troublées entre l’Inde et ce pays. Il y a de gros hélicoptères militaires qui patrouillent ainsi que la marine indienne qui refoulent les réfugiés sri lankais. Je commence bien a me faire a l Inde et au caractère des indiens, en fait il ne faut pas les prendre au sérieux et tourner a la dérision et tout se passe bien sinon c' est le clash Les plages ici sont splendides je suis dans un bel hôtel de luxe, et c est un peu les vacances car la misère se voit moins ici Je commence demain progressivement la remontée vers Chennai ( Madras); Je suis obligé de me rendre encore sur Madurai pour remonter sur Chidambaran et Chennai Je suis maintenant tout a fait a l' aise en Inde. Il faut bien une semaine pour s' y faire. Certains voyageurs m ont dit qu’ils ont déprimé pendant deux semaines sans sortir de leur chambre avant de s’y faire A la fin la misère on n y fait plus attention. Trois semaines en Inde c est trop court. Tous ceux que j ai rencontres y restaient au moins 3 mois... J ai été invité chez une famille de pêcheurs qui ont une sorte de maison en feuilles de palmiers mais très solide et très fraiche. J ai acheté 4 calmars à un autre un pêcheur qui venait juste de les prendre. Sa femme les a tout d’abord lavés soigneusement et très lentement, révélant ainsi tout le prix que représente pour elle la nourriture puis cuisinés avec des épices et des oignons accompagnés de riz. Ils sont très pauvres et parfois ils ne mangent pas tous les jours car ce n’ est pas la bonne saison pour la pêche. Ils vivent dans une sorte de maison construite en feuille de palmiers sur la plage même. A l’intérieur il y a une chambre, un petit hall et une cuisine très sombre. Il n’y a pas d’électricité. L’eau est recueillie à un puit creusé par lui-même à une dizaine de mètres de profondeur. J'ai donne en plus 100 roupies à sa femme et 25 à une voisine. Je sais, c’est rien comparé à tout ce qu’ils m’ont offert. Mais j’ai pensé qu’il ne devait s’agir que d’un geste amical et non d’une volonté de subvenir à leurs besoins qui sont considérables, ce que je ne peux pas faire. La femme du pêcheur mange après son mari les restes dans le même plat. La femme ne mange pas a la même table que l'homme. Cela m’a choqué ! Leur fille de 13 ans ne va plus a l école et travaille dans le poisson séché. Elle m' a demandé mon stylo et je le lui ai donné. C' est incroyable qu’un simple stylo puisse rendre quelqu’un aussi heureux. Cela fait de la peine. Cela prend à la gorge.
Hier une voyageuse allemande rencontrée sur la plage de Dhanuskhodi me disait qu’elle restait 6 mois en Inde, le pire est qu’elle vient du Laos du Vietnam et de la Thaïlande qu’elle a visités depuis 3 mois ensuite elle va en Nouvelle Zélande. Elle fait ce trip en solo… On rencontre des `dingues du voyage` . Le 31 juillet Je suis a Chennai depuis deux jours, j ai voulu y être avant car j avais peur de ne pas arriver a temps a Madras depuis Rameswaram. En fait je n aurais pas du m affoler car les transports (trains, bus) sont bien organisés ici . Certains autres voyageurs m avaient dit qu’il fallait réserver trois jours à l' avance pour un train couchettes, or ce n est plus le cas. J ai quand même passe 7 heures en train couchettes pour faire 300 kilomètres. Les trains sont très lents cat ils sont très longs et charges (20 Km heures) J ai pris une 3 AC et j ai bien dormi mais grosse frayeur j ai mis un quart d’ heure pour trouver mon wagon tellement le train était long! Je demandais et tantôt on m envoyait en tête de train tantôt en fin de train J ai fini par trouver... J aurais pu rester encore davantage dans le sud. Car Madras est une ville tentaculaire et bordélique. Cela ressemble a Bangkok (Modernisme et business côtoient misère)
Je fais des visites en Rickshaw des temples et église. Ici a Madras des enfants tous sales dorment recroquevilles sur le trottoir, et on voit les rats qui passent dans le caniveau et les cafards Ainsi j’ai pu visiter la tombe de Saint Thomas, le disciple (apôtre)de Jésus qui fut assassiné en 52 après JC a Madras. Il y a beaucoup d églises ici et de catholiques. C est pourquoi Christianisme et Hindouisme développent les mêmes idées et philosophies. Il y a aussi des musulmans. C est atroce. Hier une vieille femme en face de mon hôtel est morte sur le trottoir même. Cela fait beaucoup réfléchir et beaucoup devrait venir en Inde. Aujourd’ hui j’ai passé une après midi tranquille sur la grande plage de Madras, beaucoup d indiens viennent me voir pour parler a un moment il y en avait une trentaine (hommes femmes, enfants). C’était l'émeute et ils voulaient tous que je les prenne en photo avec ma caméra, ce que j ai fait. J ai aussi filmé car trente personne autour de soi qui te regardent comme une bête curieuse c’ est assez rare. Il faut venir en Inde car on voit qu’on peut avec le tourisme les aider plus qu’ailleurs le tourisme aide directement les gens) Voila le réceptionniste de l Hôtel a confirme mon vol a Indian airlines et je m’apprête a quitter ce pays si nuancé ou on passe par toutes les phases psychologiques (du ‘dégoût a l appétit’) J’ai perdu du poids et j ai maigri . On dit que pendant un voyage en Inde et en moyenne tout le monde perd 7 kilogrammes. C’est normal quand on voyage en Inde. On a pas tous les jours faim et plutôt la nausée, j ai zoné, erré au fond des précipices ou le soleil ne pénètre jamais La chaleur, les marches et la nourriture végétarienne. Avant de rejoindre l’aéroport et de m’embarquer pour la France suis resté une heure avec une famille pauvre qui vit dans la rue sous un porche. La jeune femme voulait que je photographie ses enfants. Le mari tenait à m’offrir un thé que j ai refusé. Il m’a cependant installé sur une natte à même le trottoir. Ils m’ont parlé de leur vie et des petits boulots qu’ils exerçaient dans la rue (nettoyage de vêtements et autres). Grande misère cependant beaucoup de sourires et d’énergie. J’ai refilé à cette petite famille très pauvre tout ce qui me restait de roupies.
Tant pis pour les souvenirs dans la zone ‘duty free’ de l’aéroport international.
13 juillet 2003 Paris
Air India. 7h de retard, le réservoir s'est vidé sur le sol de Roissy 🙁
14 juillet 2003
... la musique qui marche au pas cela ne me regarde pas...
Léger flottement pour le transit à Mumbai mais je dégotte enfin un avion pour Delhi. Il faut que je pense, pour l'année prochaine, à trouver un avion Mumbai Jodhpur. Je repère un touriste isolé. Delhi, environ 11h du matin. Je récupère mon sac à dos et mon touriste solitaire. Il est américain - Did you book an hotel ? - Non, il n'a rien prévu. - We can share a prepaid taxi and go to my hotel in Paharganj ? - Parfait. J'arrive avec Chris, j'ai de quoi donner un bon pourboire à notre chauffeur, un Sikh, et j'apporte un client comme promis à Surender Mohan (Sone pê Suhaga...). Pour 250 rps, à Delhi, la chambre est correcte. L'accueil est toujours bon, les deux frères et les employés toujours prêts à rendre service. Le Hare Krishna roof top restaurant à 250m sur la droite en débouchant dans Main Bazar me convient parfaitement. 15 juillet 13h Je vais à pied à la New Delhi Station. Les gens sont bien sages, la queue est parfaite, je ne vois qu'une seule tête. Je prend un ticket pour Kurukshetra, ville sainte de l'Haryana (te souvient-il des conseils prodigués par Krishna à Arjuna avant la grande castagne familiale ?) sise à 157 km au Nord de Delhi. Petit problème pour entrer dans le train. Bousculade de première, je perds mon clip solaire sans m'en rendre compte. Les gadgets pour playboy ne sont pas faits pour moi, je le savais depuis longtemps. Par contre, j'ai trouvé un siège. Quelques échanges un peu courts avec mes sympathiques voisins. je ferais bien de récupérer mon Hindi pour converser un peu plus... Arrivée à Kurukshetra. Je sors de la gare. J'achète un paquet de "Four Square", attention fumer du tabac nuit gravement à la santé. D'un autre côté, produire beaucoup de fumée à la tombée du jour protège du palu... Pas le temps de tirer deux bouffées qu'un local me demande où je veux aller. - Birla Mandir ? -. Autour de ce temple je sais qu' il est possible de trouver des dharamsalas. Il me propulse dans un rickshaw collectif et de dire au chauffeur - Birla Mandir, 5 rps -. Finie la cigarette reposante, la vie trépidante reprend. Bien, je suis face au temple. Une rue à gauche, une rue à droite. Droite, gauche, gauche droite... Prenons celle de droite. Un banc, deux chaises et quelques rudes travailleurs papotant gentiment devant le petit bureau de poste. - Äie, baithie ! - C'est demandé si gentiment que j'accepte volontiers la chaise qui m'est offerte. - Chaï pijie ! - Et un thé indien pour le touriste. En plus j'ai l'autorisation de boire aussi une cigarette (en Inde nous ne fumons pas, nous buvons la cigarette). Après quelques échanges, mon Hindi me revient, Om Parkash Garag, le chef du bureau de poste, boudha souriant, serein, je dirais même satisfait, m'accompagne au Jat Dharamsala qui se trouve juste derrière le bureau le poste. Visite de deux parmi les 471 chambres. Il est possible de choisir le dortoir. Tant que je ne dépasse pas 150 rps je peux m'offrir du luxe : fan et cooler, salle de bain spacieuse, de quoi accrocher ma moustiquaire, parfait. Allons remplir les formalités, passeport, visa... Le directeur, est du genre discret, bel homme avec un petit air malain. Il ne dit pas un mot. Il m'avouera plus tard qu'il comprend ce que nous disons mais qu'il préfère ne pas parler un mauvais anglais. Bon, il est temps de s'installer, moustiquaire, petite douche, fringues propres et me voilà dehors. Je m'offre une balade derrière le Birla Mandir. Là, un immense réservoir, le Brahma Samovar. Ce calme à la tombée de la nuit, cette immense étendue d'eau sacrée, tous ces gens qui flanent en papotant silencieusement, cette douce luminosité, je m'asseoie au bord de l'eau pour me rafraichir de cette paix partagée. Un étudiant, Kurukshetra abrite une université fameuse en Inde, me demande l'autorisation de me parler. Thick hai. Sujet assez commun : en gros le passé n'existe plus, le présent c'est tout juste, mais l'avenir ça compte un max. Bof, moi la philo... A peine le temps de lui expliquer que j'appartiens déjà au passé qu'il s'en va en se demandant s'il m'a bien rencontré. Bien, prenons la rue que j'ai délaissée à mon arrivée. Un petit Dhaba (en Hindi, une gargotte peut aussi s'appeler hotel...), son nom - Celebrate - attire mon attention. J'entre, namaste, et je découvre l'aubergiste, Sudesh, une fort belle femme. Phd de Sanskrit qu'elle est ! Je la sens un peu conservatrice. Néanmoins, je tente une légère approche (en Inde restons très très léger...). Conversation bien aimable. Diner très indien. Dodo. 16 juillet Kurukshetra Sucreries et chaï au petit déj chez le chaïwala d'à côté. Mon postier favori demande à un jeune garçon de m'accompagner au Panorama, un museum des sciences avec plein de gadgets pour faire des expériences de physique très divertissantes. Bon, passons au Shri Krishna museum lequel mérite bien deux bonnes heures. En plus des rappels nombreux au fameux sermon de Krishna à Arjun before le célèbre bain de sang (lisez la Bhagavad Gîtâ traduite du sanskrit par Anne-Marie Esnoul et Olivier Lacombe chez Points / Sagesses) plein de petites choses passionnantes à découvrir (non, je n'ai pas d'appareil photo, il va falloir vous déplacer...). C'est pas tout ça, le déjeuner m'attend... chez mon aimable Sudesh. Un moment délicieux à papoter tous les deux... Amateurs de vieilles pierres vous pouvez visiter, comme moi dans l'après-midi, le Sheikh Chehli Jalal Mausoleum. Un musée qui parle, entre autres, des récentes découvertes dans la mer au bord de la ville sainte de Dwarka (ville très agréable et paisible), Gujarat. C'est trop fort, Bhujh me revient. Bhujh, je pleure en revoyant le marché aux légumes, ses petites ruelles autour, ce barbier fraternel qui m'arrêta en me prenant par le coude pour me montrer les photos des touristes qu'il avait tant aimés. Même toi le gars avec qui je m'engueulais violemment dans la Guest house, même toi, j'aimerais te revoir pour qu'on se frotte encore un peu. Vous pensez que Dieu existe (la question est trop complexe pour ma petite tête) ? Où est-il celui qui a permis ce tremblement de terre violent et terriblement injuste ? Gros sur la patate... Visite d'un petit temple, les gamins s'amusent comme des petits fous dans le bassin. Retour au Birla mandir. Waouh, un touriste ! Il vient de Toronto. Bon, nous sommes là pour s'entraider. Je lui raconte la ville, il m'écoute poliment (ça change de la plupart des autres lesquels, en général, sourds à tout conseil occidental, préfèrent écouter les aimables garçons des rues qui leur préparent des entubages de première bourre. Rien de tel que sa propre expérience, non ?). Puis il me remercie, précisant au passage qu'il est originaire de Kurukshetra. Elle est bien bonne. Garag, notre postier, m'invite à prendre un pot chez lui. Famille très sympa. Bon, c'est pas tout ça, le devoir nous attend. Bus pour Joytisara, son et lumière... eh oui, toujours la même histoire, Krishna, Arjuna... mais en Hindi. Je m'accroche un peu et je décide rapidement de ne regarder que les images, les lumières en fait. Beaucoup de bruits et de fureurs... C'est décidé, je m'inscris aux Langues O dès la rentrée. Retour au bercail après avoir dîné dans une petite gargotte le long de la rue principale. Super bon ! Je dois indiquer aux touristes nécessiteux que le Jat Dharamsala sert 1000 repas gratuits et ceci deux fois par jour, midi et soir. 17 juillet Kurukshetra. Adieux, départ et arrivée à Fada City. Re-sucreries et chaï pour y faire trempette. Mon ami le postier insiste (il m'enverra par la suite des documents et téléphonera plusieurs fois à Paris) pour que je lui fasse une lettre en vue d'obtenir un visa... de 6 mois ! Que va en penser Sarkosette ? Petit tour pour les adieux et les cadeaux. - Ah, ma chère Sudesh, je suis bien triste (tiens, un petit flacon de parfum) - Et moi donc - dit-elle en me servant mon masala dosai. Essuyons les larmes, rickshaw pour Pipli où le bus pour Chandigarh devrait me prendre (à moins que ce ne soit l'inverse ?). Votre immense culture vous rappelle au souvenir du Fada, Le Corbusier qui a, entre autres divertissements, dessiné les plans de cette immense ville, capitale de deux états de l'Inde, l'Haryana et le Punjab. Ne faites pas comme moi, travaillez les itinéraires des bus, ça vous économisera du temps et de l'argent. Je vais au Panchayat Bhavan. Ma religion m'interdisant de dépasser les 150 roupies, je prend une chambre à 80 avec douche commune. Pas extraordinaire mais, moi, du moment que je peux installer ma moustiquaire... En bas, au resto de l'hôtel, thali à 20 roupies, excellent. 18 juillet Chandigarh Rock garden, un immense et magnifique jardin "à la facteur Cheval". Rien que pour croiser de jeunes indiennes prise en flagrant délit d'amour, se cachant dans les bras de l'heureux élu à mon passage, la visite vaut le coup. J'étais seul. La cafétaria propose des patisseries qu'elle n'a pas en stock et les paquets de biscuits ont, depuis longtemps, dépassé la date prescrite. La dame du bureau d'India Airlines est très aimable et très serviable. Si si, j'insiste. 19 juillet. Vers McLeodganj. 20-21 supporter McLeodganj... Espérant ne pas mourir complètement idiot, sur ma liste de villes possibles, j'ai inscrit celle-ci, un peu inquiet à l'idée de m'ensuquer dans un club à touristes. Chandigarh, Main bus stand. Je prend le bus 8 à la plate-forme 37 pour aller au bus stand 43. Je ne paye rien, gratuit ? Là je trouve un bus pour Dharamsala. Il est encore temps de revenir en arrière... Mais non, je m'enferre. Pour l'instant, tout va bien. Mais dans les derniers kilomètres le temps se gâte, il commence à pleuvoir sérieux. Changement de bus pour la montée à McLeodganj et l'arrivée : de rares rues avec des boutiques pour westerns dans tous les coins, des cowboys fonçant en moto dans ces chemins faits pour les vaches, les piétons et les enfants. J'ai envie de repartir mais je suis trempé. Deux jours pour sécher les vêtements... Pushkar, une nuit dans cette jolie ville m'avait largement comblé, Pushkar McLeodganj même conbat ! Deux villes qui sont superbes à 6h le matin, une bonne partie des touristes étant occupée à cuver la Kingfisher ou à se repérer dans la fumée des pétards. Non, ce n'est pas l'Inde et je n'aime vraiment pas du tout. Jame, Kashmiri, vendeur de bijoux (explique moi, avec ce que tu gagnes, où tu trouves de quoi manger, Jame ? Tu m'as l'air d'avoir une bien petite tension...) en face du Kailash, va faire de gros progrès aux échecs... s'il arrête de se déconcentrer en matant les mignonnes. Richard a une bien jolie petite fille et semble bien s'occuper des enfants du coin. Bon coeur. Fred, il a passé un an dans le coin il y a trois années de cela, est bien décu de ce que c'est devenu. Un frère d'amazonie passe dans la rue arborant un Tee shirt "Puerto Maldonado"... se demandant ce qu'il peut bien faire dans ce bled. Souvenirs... Petit tour entre deux averses en direction de Bhagsunath (un vrai de vrai, bien éclairé, dirait en prenant un air détaché "Bhagsu", j'suis du coin, quoi...). Bonne promenade. Du positif ? Des locaux gentils. Le Kailash hotel, personnel sympathique, mais construction un peu légère (vibrrrations quand les gens passent dans le couloir); Shambala, bon carott juice, laissez-vous tenter par la patisserie; Shangrila, à côté, très bon vegetable chowmein; McLleo, bonne cuisine indienne pour touriste et soirée éducative pour des enfants sikhs lesquels étaient là avec leurs parents : parmi quatre touristes très limites, l'un, avachi, les jambes dans l'allée, buvant sa bierre au goulot. Plus fréquent qu'on peut le penser. Tiens on vient de me conter la délicatesse de certains qui ont le bon goût, à Leh, Manali ou ailleurs, de déclarer de fausses pertes de lecteurs de CD (ou autres ustensiles) dans l'hotel où ils sont descendus, causant stupidement de gros torts à beaucoup de monde. De quoi pleurer, non ? J'ai revu ma compagne de trois jours de l'été 99, Hannah, une sacrée voyageuse. - Toi Hannah ? - Toi Jacques ? - Te souviens-tu de Kahjuraho, Agra, Mathura ? J'en soupire rien que d'y penser. Hannah est, depuis 2000, tour leader pour une agence hollandaise. Te revoir m'a mis du baume au coeur. Plus tard, à Amritsar, Karl de Manchester me dira que Dharamsala, Kotwali Bazar, aurait gardé un peu plus de son authenticité. Je précise que pour descendre à Kotwali bazar point n'est besoin d'attendre le bus. Pour une roupie de plus vous pouvez partager une jeep avec les gens du coin (un court moment d'indianité ne peut pas faire de mal, n'est-ce pas ?). Trois raisons valables pour justifier un tour à MacTruc 1) rencontrer éventuellement Hannah 2) vouloir méditer sévère avec les moines du château 3) savourer le bonheur intense de quitter MacMachin 22 juillet Echappée vers Amritsar Ouf, les vêtements sont secs, je suis libre ! Vivement le soleil d'Amritsar ! Lever 5h30, que cette ville est belle à cette heure là ! Attente du bus pour Manali, changement à Dharamsala pour celui de Pathankot. La route est très belle qui va vers l'Inde, la vraie. Pathankot. Je vais à pied du bus stand à la railway station. 1 km en plein cagna. Les rickshaw-valas ne me harcèlent pas outre mesure. Je dirais même qu'ils ont un certain sens de l'humour. Bref, la ville me semble déliceusement indienne, peu dégradée par le tourisme. Un bol d'air pur après les trois jours précédents. Je prend la file pour acheter mon ticket de train. Un jeune indien me passe devant. Sympa, je lui laisse trois secondes pour savourer l'intense bonheur de sa courte victoire. Une main ferme sur l'épaule droite, il se retourne et, dans le genre - just call me Uncle-ji - je lui fais un signe très convaincant comme quoi il serait bon de revenir un cran en arrière. Dans le doute il préfère se remettre derrière moi. Les vieux assis sur les bancs, accrochés à leur canne, jubilent, admiratifs. Non mais ! Rahul, mon nouveau et jeune, 21 ans, copain, partage mes cigarettes à la sortie de la gare (quelques jours plus tard, un policier, alors que nous fumions dans la police station d'Anoopgarh, m'a confié que fumer dans un espace public pouvait rapporter 1000 roupies d'amende et un mois de prison...). Rahul est vendeur dans un magasin de voitures et il en est très fier. Il prend le train lui aussi pour Amritsar car il doit porter une lettre importante dans une banque. Bousculade pour la montée dans le train. Rahul est trop tendre pour se battre pour un siège, et pas stratège pour un sou. Petit plaisir trop rare, une petite main me tripote la fesse droite. Quelle est la ravissante conquérante de mon joli postérieur (plein de taches de rousseurs) ? Mince, une vielle fripée qui tente de me faire la poche arrière. Un vrai serpent, elle se faufile avec sa fille, décue ne pas avoir réussi son affaire. Enfin, après 45 minutes de station debout nous trouvons un siège. Une famille indienne complète les quatres banquettes. En face de moi, en ordre décroissant de taille de la droite vers la gauche, trois jeunes filles de 18 à 15 ans, fort belles ma foi, et le petit frère qui dort, sa tête posée sur les cuisses de sa plus jeune soeur. Vous savez comment elles sont à cette âge là ? Pouffant de rire au moindre de mes gestes, répondant volontiers à mes sourires charmeurs (le satyre du 18ème qu'on m'appelle), voyage agréable... 22 juillet 16h environ, arrivée à Amritsar A la sortie je m'achète des cigarettes. Une accorte jeune femme aux formes généreuses me demande si je cherche quelque chose de précis. Je vois très bien ce qu'elle veut dire. Ma foi... Tout de même, je ne peux pas laisser Rahul sur le carreau pour la bagatelle. Je refuse, un peu à regret. Bof, elle avait bien le genre à faire payer ses charmes. Trop jeune pour ça (moi, pas elle !). Bon, nous décidons de nous séparer un instant. Rahul va à sa banque, moi à la Tourist guest house où il me rejoindra plus tard. Discussion acharnée avec un rickshaw-vala. - Tis rupae - Moi, je reste naturel, je fais le con, celui qui comprend mal l'Hindi - Tin rupae ? Ok -. Entre trente et trois roupies il y a de quoi bargainer. Nous étions arrivés à 20, en pleine descente, quand une voix s'élève - Patch ! -. Un rickshaw à pédale vient casser la baraque du mien en proposant cinq roupies. Triste qu'il est. Je lui pose une main fraternelle sur l'épaule - Das rupae ? - - Ok pour dix roupies -. Arrivé à l'hôtel je lui donne dix puis cinq de consolation. Tout le monde est content. Dépaquetage, installation de la moustiquaire (le coin semble propice aux folles activités de la femelle anophèle), petite douche et réception de Rahul revenu de la banque. Nous sortons, prenons une petite rue sur la gauche et entrons dans un dhaba pour nous faire une petite parantha (pensée émue pour Sandrine). Retour dans ma chambre, babillages entre garçons et adieu après échange d'adresses e-mail. Les gens de la guest house sont très accueillants, les moustiques et les puces aussi. Sam, un australien qui voyage depuis un an dit qu'il a perdu 20 kilos. Ca lui va plutôt bien. Kingfisher light et blabla avec Karl de Manchester, rasta blanc, musicien, accousticien et grand agnostique devant l'éternel. Curieux de tout qu'il est, surtout de l'Inde. Il n'y a pas que le blaireau du 10 Downing street en Angleterre, dieu merci ! 23 juillet Amritsar. La théorie de la mouche. Lessive, causette, Wagha Border (250 roupies) avec un jeune couple israélien. Je découvre au passage à quoi peuvent bien servir ces rouleaux de papier que les touristes trimballent avec eux : à éponger la sueur. Pas bête ma foi. Belle démonstration d'un nationalisme indien très agressif (nous le savions déjà, hélas !). Un homme danse, il est superbe, à la gloire de son pays, Bharat Mata-ji ! A la sortie des femmes entourent notre jeune amie, la touchent, gloussent avec elle. Bonne ambiance pour cette belle soirée. Retour à la guest house. Je rencontre un Punjabi. Je lui demande quelle ville je pourrais bien visiter au Punjab. Malout bien sûr. - Où habites-tu ? - Malout pardi ! - C'est décidé, sur la route vers le Rajasthan, Malout suivra Faridkot (prononcer Fridkôt). En discutant, Karl et moi tombons d'accord sur cette façon de voyager : fixer la carte de géo accrochée au mur. Attendre qu'une mouche se pose dessus. Plutôt que de l'écraser dégoulinante en une trace sanguinolante couvrant le chemin entre Amritsar et Ludhiana (conseil : empruntez à un jeune couple israélien le papier qui sert à éponger la sueur), repérez l'endroit qu'elle vient de désigner. Là vous avez la prochaine étape de votre voyage. Arrivée de Chris, un australien bien fatigué. Un baroudeur qui travaille de droite à gauche, la Chine, le Pérou, n'importe où dans ce vaste monde. Beau mec, la trentaine récente, léger accent du bush (désolé pour ce gros mot). Il va travailler au Pakistan. A demain, moi je vais faire dodo. 24 juillet Amritsar Longue, très longue et imprécise ballade avec Chris. Golden Temple puis le pélerinage au Jalawallian Barg où the fucking general Dyer donna l'ordre à la troupe de tirer sur une foule démunie. Entre ceux qui tombèrent sous les balles des colonisateurs et ceux qui se jetèrent dans le puit ce fut un véritable massacre. Depuis, la couronne britannique, égale à elle-même, a blanchi ce grand homme. Les nations riches, les nôtres, ont astucieusement massacré et continuent de massacrer directement ou indirectement, avec l'aide, très souvent, sinon la bénédiction ou le silence, de notre très sainte mère l'Eglise, bon nombre de populations pour leur piquer leurs richesses. C'est seulement un coup de pot que les francais ont perdu la bataille des Indes contre les anglais. Sinon, nous aurions certainement trouvé un bon BBS (béret baguette saucisson) pour cette sale besogne. Bon, retour laborieux à la Guest House et repas au Crystal. Air conditionné, très peu pour moi. Le riz à la vapeur de Chis est surprenant : 70 roupies, plus d'une journée de travail ! Franchement surfait. Préparation du départ et dodo. 25 Juillet - Amritsar Faridkot Mukstar Malout... Petit déjeuner. Michaela, une jeune et jolie teutonne arrive, 30 ans, fort bien faite de sa personne, joli sourire, très aimable, facile à faire rire malgré sa fatigue et son envie de prendre une douche. Je reste ? Allons, la route m'appelle, je la retrouverai, peut-être à Jaisalmer. Un peu tristounet tout de même.
Avec ma gueule de métèque, de juif errant de pâtre grec et mes cheveux aux quatre vents...
Faridkot à la recherche d'une chambre. Soit le Sanduz, 600 roupies, soit un Dharamsala, 30 roupies. Rien ne me convient, retour au bus stand. Un bus m'attend. Je suis très mal assis tourné vers le fond du bus. Que vois-je ? Une femme ! Hélas, assise à côté d'un beau Sikh (ils sont plutot costauds et pas du genre à badiner avec l'amour. Je me souviens d'avoir été confronté au choix délicieux de laisser tomber ma Babita d'amour ou de me faire trancher la gorge. Je suis toujours aussi lâche mais bien content d'être encore vivant...). Le bus fait une courte halte. Le beau Punjabi descend... seul. Petit signe discret à la dame... qui acquiesce. C'est mon jour. Mon dieu qu'elle est belle ! Elle parle un anglais parfait de cette voix envoutante qui laisse son homme pantelant. Je n'entend pas bien lui dis-je. Elle accepte que j'approche mon oreille de sa bouche (sa bouche, ses lèvres, ses yeux...). Elle est actrice me dit-elle. Par contre, mauvaise musique, elle est mariée. Pire, elle a choisi son homme et vice-versa. Je lui dit - Apki Boli bahut mithi hai aur Ap bahut sundar hai (votre voix est du miel et vous êtes vraiment très jolie) -. Elle arrive à rougir comme le font si bien les dames de bonne compagnie. Changement de bus a Mukstar. Plein de places libres. Je lui demande si elle veut toujours de moi. Oui dit-elle. Quel bonheur ! Hélas, certains jours, les bus indiens roulent beaucoup trop vite. Malout (pas ma loutte, Malout !) arrive. Nous descendons. Ma compagne hèle un rickshaw pour moi, fixe le prix et m'achève delicieusement - au cas où vous auriez des problèmes, mon numéro de téléphone est... -
... avec mes yeux tout délavés qui me donnent l'air de rêver moi qui ne rêve plus souvent... et je serai prince de sang rêveur ou bien adolescent comme il te plaira de choisir...
Malout. Mieux vaut connaître l'Hindi, surtout quand ils parlent Punjabi, la ville n'étant pas, mais vraiment pas, préparée au tourisme. Ville très moderne, très active avec une Wellfare association (Edward Ganj) très efficace. Edward Ganj Guest house, le super luxe à 125 roupies. Le Malwa hotel, sur GT road près des cinémas, le top des pure veg et pas cher du tout. Les gars de la Traifik Police logent aussi à la guest house, de gais lurons qui se marrent comme des collégiens en regardant les demoiselles danser à la télé (conservant avec peine leur lolos dans la trop petite pièce de tissus qui sert a cà). Bon, je ne vais pas attendre que ça tombe. Allons faire la lessive et remettons-nous aux cassettes d'hindi ! Pour l'instant, après 2 semaines, je tourne à pas loin de 8 euros par jour tout compris. Je ne peux pas me priver tout le temps de Kingfisher light ni de bons restaurants, quand même (et parfois, une petite piece au Ricksaw, quand il est sympa...). 26 juillet Malout Recherche d'une brosse à lessive, celle que j'ai achetée à Guayaramerim (Bolivie du Nord-Est) est restée en rade à Amritsar. Dans la supérette du coin personne ne parle anglais et je ne connais pas le mot en hindi. Tiens une brosse à dent. J'en prend une, fais semblant de me frotter le torse avec... Lumière ! Le gars se précipite sur une échelle, là je suis très inquiet, monte au premier, farfouille et redescend avec une brosse... à lessive. Enfin, le nom est écrit sur l'emballage : Deluxe Cloth Brush. Du Punjabi, probablement. 10 roupies. J'invite Surender, mon VRP d'Amritsar, au Malwa. Nous parlons de son travail. Il me dit, Malout est une petite ville, les salaires ne sont pas bien gros, beaucoup moins qu'à Ludhiana, par exemple. 5000 roupies par mois, mais il est content de sa vie. Heureux homme ! Bouffe plus qu'excellente mais, comme tous les indiens, il mange trop vite pour moi. Bien sûr, il insiste pour payer. Rien à faire, c'est lui qui gagne. Dodo. 27 juillet - Malout toujours Malout Je glande, petite causette mi-hindi mi-english. Et là arrive Goldy, mon Sikh à moi, mon pote le géant débonnaire grand-ouvreur-de-kingfischer-avec les dents-s'il vous plaît. Finis les problèmes d'hôtel à Fridkôt ! L'année prochaine, Delhi Fridkôt direct, dodo chez lui, pêche, alcools variées et divers autres péchés en perspectives. Grave de chez grave. Mes demoiselles chéries, il est grand, fort, beau avec un coeur en or, mon Goldy. Vous voulez que vous donne son numero de téléphone ? Surender m'a invité à dîner chez lui, j'apporte gulab jamon et rasgullah. Fallait pas, mais si, mais si. Je découvre le Kakri. Servir frais avec un filet de citron et un peu de sel au cas où. Simple, pas cher et très bon. Nous discutons de son prochain trajet de représentant en articles pour tracteur (Om Auto Store sur Gt road). J'entend Anoopgarh. Tilt - Tu es Punjabi et ma soeur est Rajasthani : je t'attends à Anoopgarh pour le 4 au soir et, là, je suis chez moi (rires), je t'invite pour dîner. Thick hai ! - La mouche vient de frapper sans prévenir. Je n'ai pas regardé ma carte de géo. Frimeur, j'ai laissé le Indian Handbook, le top des guides et de loin, à la maison : l'Inde ? Les doigts dans le nez mon pote ! Attendons la suite... 28 juillet. Repos à... Malout Mise à mort du temps qui passe et achat de fausses ray ban à 250 roupies. 29 Juillet - Malout/Punjab vers Anoopghar/Rajasthan Adieu Punjab ! Etat très très busy, riche, avec de belles récoltes et des gens travailleurs qui ne savent pas ce qu'est le tourisme destructeur. Heureux indiens ! Pour aller au garh d'Anoop deux possibilités, dirait la mouche : Malout, Dabwali, Suratgarh, Anoopgarh; Malout, Abohar, Ganganagarh, Anoopgarh. La première ligne de jeu imposant de prendre un rickshaw à Dabwali pour passer, semble-t-il, du bus stand du Punjab à celui de l'Haryana, je choisi la route la plus simple. Attention, prononcez bien Abohar, sinon vous allez rater le premier bus comme moi. Ceci dit, à quelque chose malheur est bon : j'ai eu les autres bus dans l'ordre à la seconde près. Me voici à Anoopgarh. Petite ballade (pourquoi ils me regardent tous comme ça ?), 800 m, du bus stand à la Pawan Guest house. 150 roupies la chambre. Moyen mais ca va. Douche, trempette pour le linge, sieste puis petit tour dehors. Un médecin m'interpelle de son échoppe. Il est catholique. Changgeet est son surnom. Il me conduit, quel succès je me paye dans cette ville, à la boutique de son frère médecin, lui aussi, et nous faisons causette. Voilà trois heures que je suis arrivé qu'une moto arrive me signalant que quelqu'un m'attend à la guest house. Allons-y ! Là, je suis invité à entrer dans une chambre. Un très beau jeune homme, l'air très futé, est installé nonchalamment, élégant dans sa posture négligée, sur un lit. En face, le patron de la guest house. Passeport ! Thick hai ! - Que faites-vous à Anoopgarh ? - Dans un anglais impeccable. J'ai bien envie de répondre que je n'en sais rien moi-même mais l'ambiance n'a pas l'air à la plaisanterie. - Je veux visiter le site de Kalibanga - Amusé mon James Bond - Et vous venez à 15 km de la frontière pakistanaise pour visiter un site qui se trouve à 110 km a l'Est ? - Pas amusé du tout que je suis. - Je ne savais pas, je n'ai pas regardé la carte (bien fait dit la mouche). De plus, j'ai invité mon ami de Malout à venir dîner dans une semaine -. Silence. - Quand avez-vous l'intention de visiter Kalibanga ? - Demain ou le jour suivant -. Là il parle en Hindi au proprio. J'arrive à comprendre le plus important - ... après demain le Chief Minister du Rajasthan vient a Anoopgarh - Ni une ni deux je propose après-demain. Sourire chez 007. On fraternise, il a 27 ans, il est officier de police et travaille en coopération avec la SBF (security border force) et il est très busy busy. Bon, on reste en contact ? Dîner chez le frère de Changgeet puis, malgré les propositions de passer la nuit chez lui, retour en moto à la Pawan GH. Dodo serein (après le brossage de dents, bien entendu). 30 Juillet - Anoopghar. Police station, chaï, samosa... Petit déjeuner, brossage de dents comme après chaque repas, puis visite à la Police station. Mon passeport intéresse tout le monde, mon billet de 50 euros, 2500 roupies, est épluché sur toutes les coutures. Chai, samosa, ek samosa, do samose. Causette - J'ai un copain à Bikaner, Himmat Singh Shekkawat ... - Crise de rires mais respect chez ce policier. On ne dit pas, semble-t-il, Himmat Singh Shekkawat mais Himmat Shekkawat Singh. - Et je suis moi-même un Shekkawat -. Bon, ayant parlé de mon (très puissant) ami je suis définitivement dans les petits papiers de la police. J'offre une cigarette, il accepte tout en m'expliquant comment la loi vient d'être renforcée, 1000 roupies et jusqu'à 1 mois de prison (là, à mon avis, c'est quand vous fumez dans une station de police). Je vais pour partir. - Mais non. Venez dire bonjour au Chef du secteur ! -. Bon, là je retrouve James. - Coucou comment vas-tu ? - First class ! - Le chef est amusé - Comme ca, ce monsieur gagne sa vie en jouant aux cartes ? - Il me sert la main, - nice to meet you - Au revoir -. Bon, je peux partir ? - Pas du tout mon bon ! Nous avons une jeep de service, permettez-nous ! - Confortable. Ceci a pris tout de même une matinée entière. Bien, y a pas que la police dans la vie. Découverte du Shiv Mishthan Bandar où je mange bon pour pas cher. Marcher dans Anoopgarh n'est pas chose aisée. Bien obligé de m'arrêter quand quelqu'un me souhaite la bienvenue. La vie est bien dure. Dame, touriste, c'est pas un métier facile qu'on fait là ! Bon, le soir arrive, Changgeet m'amène au Aashish Cold (cool ?) Café. Super sympa. Masala dosai et petit coca, 23 roupies. Je donne 25 et relance de 2 roupies pour le pourboire. Tordus de rires qu'ils sont ! Comment est-ce possible de vouloir payer plus cher ? Et là je réalise que je suis le premier touriste dans cette ville (en tout cas, depuis très longtemps). Je leur explique que je suis content et c'est ainsi que nous avons l'habitude de manifester notre plaisir d'avoir été bien servis. Je rencontre Lallit Chabra un jeune enseignant qui m'invite à visiter son école, après-demain, si possible. Dîner, brosse a dents, douche, dodo. 31 Juillet - Anoopgarh Kalibanga Anoopgarh Mes copains de la police station vont être contents : je prend le bus pour Pilibanga vers 6 h du matin. Attention, arrivés là, évitez les jeeps pour Kalibanga (30 roupies pour 6 km c'est du gangstérisme qu'il ne faut pas encourager); le bus pour Jensen (phonétique ?) vous dépose devant le museum de Kalibanga pour 3 roupies. D'autres bus vous amènent, pour le même prix, à un carrefour. Là, vous prenez la route à gauche et marchez 1 petit kilomètre pour arriver au musée. Deux galeries à visiter pour 2 roupies, dont une de photos, surtout de Chittorgarh. Ensuite, visite du vieux village, visite commentée dans un anglais très approximatif. Beau chantier ma foi ! Je rapporte une vieille pierre et un bout de bracelet (5000 ans). Je suis quand même épaté qu'un pays plutôt pauvre, comparé à la France, crée des institutions chargées de découvrir et protéger le partrimoine du pays. Peut-être pourrions-nous en parler à nos politiciens ? Créer un ministère... qu'on pourrait appeler ministère de la culture, par exemple ? Un gars du coin me propose ensuite un petit chaï et me ramène en moto à Pilibanga. Place assise dans le bus, sur la gauche près de la fenêtre. Le bus fait une halte. Je pose ma casquette sur mon siège côté fenêtre et vais acheter une bouteille d'eau minérale. Je reviens dans la minute : deux donzelles pas très classe sont assises à ma place. Plus de casquette. Je leur explique le problème. Pas de réponse. J'insiste, toujours rien. Grosse colère, pétage de plombs sévère - Mai police bulata hu ! -. Je prend la grande par le bras gauche - Jao ! -. Elles se cassent toutes les deux et, miracle, ma casquette tombe d'entre les jambes de celle qui était assise sur le siège à côté du mien. Un Monsieur me prend doucement par les épaules et me dit que ce n'est pas très bon pour la "blood pressure". Il a raison. Reprenons notre calme. Bon, retour a Anupgarh, le Chief Minister est parti, je peux entrer dans la ville. Fin de journée tranquille. 1 Aout - Anoopargh Le train train quotidien, petit déjeuner chez Aashish, retour à la guest house sans oublier de saluer mon ami Changeet, brossage de dents, petite douche, j'en passe et des meilleurs. Je sors, il fait très beau, et marche en direction du bus stand. Après 600m je découvre, sur ma gauche, l'école publique de mon nouvel ami, Lallit Chabra. Accueil du directeur dans son grand bureau. Sur le mur, de grandes images et ou photographies représentant les grands hommes de cette nation, les freedom fighters étant volontiers représentés le revolver à la main. Visite de toutes les classes. Séance géante d'autographes entouré par une multitude de bambins et bambines, 8/13 ans, complètement exités. Quelle ambiance ! Vers 17h, sur la télé de la clinique, nous découvrons que Jony Woqr (prononcer jony walker), le célèbre Charles Trenet indien, vient de mourrir après une vie trépidante bien remplie. En fin d'après-midi emplettes au marché. Nous achetons des khumbis (champignons), du kakri et autres légumes. Les pommes, au fil des ans, sont de plus en plus inaccessibles : 50 rps le kg de la moins bonne qualité; 120 celles d'Australie. Dîner chez Changgeet. Les familles catholiques semblent plus ouvertes que celles Hindous ou musulmanes. Je n'ai jamais vu, en Inde, des jeunes femmes d'une famille Hindou ou musulmane être autorisées à partager ainsi la soirée avec un étranger et surtout se montrer aussi proches, intéressées, enjouées... Retour en moto à la guest house. 2 Aout - Anoopgarh encore Anoopgarh... Je vous passe le petit déjeuner, le brossage..., la douche. Changgeet n'est pas encore arrivé. Comme son aide ne parle pas anglais, je vais chez le voisin, réparateur de vélo. Faut bien s'occuper, non ? La réparation d'une crevaison de vélo n'est pas donnée : 5 rps (à ce prix là autant réparer soi-même). Mon nouvel ami décide d'assembler une roue de motocyclette à partir d'un moyeu, d'une jante et des rayons. Fascinant, vous ne trouvez pas ? Changgeet arrive. Nous allons visiter l'école privée où va son rejeton. Là, çà coûte les yeux de la tête, 6000 rps par an. Deux enfants, 12000 rps donc. Considérez qu'un instituteur en milieu de carrière touche environ 5000 rps par mois et vous allez sans doute choisir l'école de la liberté, de la fraternité et de l'égalité... Des autographes, certes, mais les enfants sont plus réservés que ceux l'école publique. Un nouvel objectif, un challenge, se profile : obtenir de visiter demain le collège de jeunes filles (femmes, puisqu'entre 17 et 21 ans). Ce devrait être délicieux, non ? 3 Aout - Mon dieu, un étranger dans ma ville ! Bon, le cérémonial du matin est passé, je fini de prendre ma douche que l'on frappe à ma porte. Ils le savent, pourtant, que j'ai mes heures pour recevoir. Pas content, complètement nu, j'ouvre la porte en me cachant un peu. Un gars en uniforme, il semble gêné, me fait signe qu'il va m'attendre en bas... avec mon passeport. Bon, je me couvre et vais à la réception. Mon gars est là, assis à côté d'un notable vêtu d'une chola-pyjama, le chef en apparence. L'uniforme parle anglais, "forbidden", "authorization", ce qui fait quand même deux mots, alors que le boss lui n'a pas l'air de parler autre chose que l'hindi. Bon, je réalise que ne devrais pas être dans cette ville. Mais qui sont-ils ? Je termine ma toilette puis je vais chez Changgeet. Mes deux lascars sont en train de sortir de la boutique. L'aide est incapable (il ne veut pas ?) de m'expliquer ce qui se passe. Changgeet arrive, discute avec lui et m'apprend qu'il est attendu au bureau du C.I.D., central inquiry department. Il hésite à s'y rendre mais je lui conseille fermement d'obéir. Quand il revient, il est pâle, très inquiet. Le chef du C.I.D., celui qui a mis cinq jours pour découvrir qu'un terroriste potentiel trainait dans la ville et posait peut-être des bombes dans les écoles (l'Inde peut être inquiète pour sa sécurité), le super James Bond l'a bien prévenu : si je ne quitte pas la ville rapidement, il causera de gros problèmes à moi-même, au proprio de la guest house et, surtout, à Changgeet. En effet, comment a-t-il pu oser me faire visiter des familles... catholiques ? Là, ça sent trop le roussi. Je bats tous mes records : en moins de 30 minutes j'ai packé, trouvé un rikshaw pour le bus stand (3rps !) et choppé le bus de Bikaner qui sortait de la gare. L'arrivée au government bus stand de Bikaner vue par le rickshaw-vala. - Une barbe et des chevaux blancs qui sortent du bus. Un sac à dos ? Je me vois bien une petite commission dans un hotel �� 100 rps près de la railway station. Chic ! Sir, I have cheap good hotels near railway station. 30 rps - Thanks, I have already an hotel just there on the other side of the road, the Sagar - No sir, not possible, too much expensive for you (1200 rps) - So I will go to the next one, the Laxmi Niwas Palace - J'ai le bonheur d'y être aussi un invité - No, no Sir, more impossible (200$) - So, I will try the Sagar - Et je traverse la route en direction du Sagar (je sais que ce bon Dinesh ne voudra pas que je paye, mais d'un autre côté, si je vais ailleurs, il sera fâché contre moi). Mon aimable rickshaw-vala n'a toujours pas compris comment je pouvais m'offrir un tel luxe. Comme disait mon très libéral de paternel - Bof, c'est bien connu, ces beatnicks, ils cachent des dollars dans leurs cheveux - Le premier tier de mon voyage, exploration en solitaire, vient de s'achever. Je ne pourrai pas inviter mon ami Surender de Malout (je lui donné un coup de téléphone à la Pawan GH). Direction vers le confort, ma famille de Bikaner puis, après Raksha Bhandan, le jour des frères et des soeurs le 12 août, celle de Jaisalmer. Plus question, d'ici le 1er septembre, la date d'arrivée de ma femme à Delhi, de payer une chambre d'hôtel. Il sera impossible de payer la blanchisserie, le restaurant, voir les coups de téléphone pour la France (même pour cela je vais devoir me battre !). L'hospitalité indienne... Mon calcul de coût journalier va donc s'arrêter là : tout compris, je suis exactement à 349 roupies par jour. Faut dire que je me suis pas privé...
Ce qui reste de ces vingt jours
Trois villes qui garderont longtemps leur authenticité : Kurukshetra, son Jat Dharamsala, le restaurant Celebrate et Sudesh, le Brahma Samovar et Omparkash Garag, le postier si aidant; sans oublier tous ces gens sympathiques que j'y ai rencontrés. Pas une ombre au tableau ! Malout, la Edward Ganj Wellfare Association, avec sa Guest house et ses autres activités de bienfaisance, le Malwa hotel, restaurant top de top, ma princesse, Surender Khurana mon ami VRP, les gais lurons de la traffic police et tous ces gens adorables. Anoopgarh et tous ses habitants sauf un (trouvez lequel). C'était trop facile d'aimer : quand vous êtes la vedette du village, avec tous ces curieux de vous connaître, si gentils... Ne faisons pas de jaloux : en face du Bus stand vous trouverez une guest house offrant les prix habituels du marché (250 pour une non ac; 450 pour une ac en ajoutant deux chambres dans ou à côté du Aashish cool Café. Belles chambres);
Plus que 53 jours de vacances ! du 3 août au 1er septembre, la vie de pacha au Rajasthan chez mes soeurs et mes frères; je vais goûter à nouveau au bang du Shiva temple, le meilleur et de loin; partager l'opium et le chaï au petit matin avec mon vieil ami qui ne parle pas un mot d'anglais (ce qu'on peut causer tous les deux... avec les yeux); boire de la Kingfisher light plus que de coutume; tuer le temps avec mes amis du fort et, quasiment, redevenir un vrai touriste. du 1er au 23 septembre, avec ma femme (Delhi, Bikaner, Jaisalmer, Jodhpur, Agra, Orchha, Khajuraho, Delhi, Paris).
Remerciements à François et à son équipe; à Sandrine, tendre mère poule pour les poussins voyageurs; à vous qui avez lu jusqu'au bout ce verbiage impolitiquement et non socialement correct (n'est-ce-pas, Christine, mon ange au coeur pur ?) et, surtout à tous les amis indiens et à tous ces touristes qui ont accepté, malgré mon caractère, de me tenir parfois compagnie.
... la musique qui marche au pas cela ne me regarde pas...
Léger flottement pour le transit à Mumbai mais je dégotte enfin un avion pour Delhi. Il faut que je pense, pour l'année prochaine, à trouver un avion Mumbai Jodhpur. Je repère un touriste isolé. Delhi, environ 11h du matin. Je récupère mon sac à dos et mon touriste solitaire. Il est américain - Did you book an hotel ? - Non, il n'a rien prévu. - We can share a prepaid taxi and go to my hotel in Paharganj ? - Parfait. J'arrive avec Chris, j'ai de quoi donner un bon pourboire à notre chauffeur, un Sikh, et j'apporte un client comme promis à Surender Mohan (Sone pê Suhaga...). Pour 250 rps, à Delhi, la chambre est correcte. L'accueil est toujours bon, les deux frères et les employés toujours prêts à rendre service. Le Hare Krishna roof top restaurant à 250m sur la droite en débouchant dans Main Bazar me convient parfaitement. 15 juillet 13h Je vais à pied à la New Delhi Station. Les gens sont bien sages, la queue est parfaite, je ne vois qu'une seule tête. Je prend un ticket pour Kurukshetra, ville sainte de l'Haryana (te souvient-il des conseils prodigués par Krishna à Arjuna avant la grande castagne familiale ?) sise à 157 km au Nord de Delhi. Petit problème pour entrer dans le train. Bousculade de première, je perds mon clip solaire sans m'en rendre compte. Les gadgets pour playboy ne sont pas faits pour moi, je le savais depuis longtemps. Par contre, j'ai trouvé un siège. Quelques échanges un peu courts avec mes sympathiques voisins. je ferais bien de récupérer mon Hindi pour converser un peu plus... Arrivée à Kurukshetra. Je sors de la gare. J'achète un paquet de "Four Square", attention fumer du tabac nuit gravement à la santé. D'un autre côté, produire beaucoup de fumée à la tombée du jour protège du palu... Pas le temps de tirer deux bouffées qu'un local me demande où je veux aller. - Birla Mandir ? -. Autour de ce temple je sais qu' il est possible de trouver des dharamsalas. Il me propulse dans un rickshaw collectif et de dire au chauffeur - Birla Mandir, 5 rps -. Finie la cigarette reposante, la vie trépidante reprend. Bien, je suis face au temple. Une rue à gauche, une rue à droite. Droite, gauche, gauche droite... Prenons celle de droite. Un banc, deux chaises et quelques rudes travailleurs papotant gentiment devant le petit bureau de poste. - Äie, baithie ! - C'est demandé si gentiment que j'accepte volontiers la chaise qui m'est offerte. - Chaï pijie ! - Et un thé indien pour le touriste. En plus j'ai l'autorisation de boire aussi une cigarette (en Inde nous ne fumons pas, nous buvons la cigarette). Après quelques échanges, mon Hindi me revient, Om Parkash Garag, le chef du bureau de poste, boudha souriant, serein, je dirais même satisfait, m'accompagne au Jat Dharamsala qui se trouve juste derrière le bureau le poste. Visite de deux parmi les 471 chambres. Il est possible de choisir le dortoir. Tant que je ne dépasse pas 150 rps je peux m'offrir du luxe : fan et cooler, salle de bain spacieuse, de quoi accrocher ma moustiquaire, parfait. Allons remplir les formalités, passeport, visa... Le directeur, est du genre discret, bel homme avec un petit air malain. Il ne dit pas un mot. Il m'avouera plus tard qu'il comprend ce que nous disons mais qu'il préfère ne pas parler un mauvais anglais. Bon, il est temps de s'installer, moustiquaire, petite douche, fringues propres et me voilà dehors. Je m'offre une balade derrière le Birla Mandir. Là, un immense réservoir, le Brahma Samovar. Ce calme à la tombée de la nuit, cette immense étendue d'eau sacrée, tous ces gens qui flanent en papotant silencieusement, cette douce luminosité, je m'asseoie au bord de l'eau pour me rafraichir de cette paix partagée. Un étudiant, Kurukshetra abrite une université fameuse en Inde, me demande l'autorisation de me parler. Thick hai. Sujet assez commun : en gros le passé n'existe plus, le présent c'est tout juste, mais l'avenir ça compte un max. Bof, moi la philo... A peine le temps de lui expliquer que j'appartiens déjà au passé qu'il s'en va en se demandant s'il m'a bien rencontré. Bien, prenons la rue que j'ai délaissée à mon arrivée. Un petit Dhaba (en Hindi, une gargotte peut aussi s'appeler hotel...), son nom - Celebrate - attire mon attention. J'entre, namaste, et je découvre l'aubergiste, Sudesh, une fort belle femme. Phd de Sanskrit qu'elle est ! Je la sens un peu conservatrice. Néanmoins, je tente une légère approche (en Inde restons très très léger...). Conversation bien aimable. Diner très indien. Dodo. 16 juillet Kurukshetra Sucreries et chaï au petit déj chez le chaïwala d'à côté. Mon postier favori demande à un jeune garçon de m'accompagner au Panorama, un museum des sciences avec plein de gadgets pour faire des expériences de physique très divertissantes. Bon, passons au Shri Krishna museum lequel mérite bien deux bonnes heures. En plus des rappels nombreux au fameux sermon de Krishna à Arjun before le célèbre bain de sang (lisez la Bhagavad Gîtâ traduite du sanskrit par Anne-Marie Esnoul et Olivier Lacombe chez Points / Sagesses) plein de petites choses passionnantes à découvrir (non, je n'ai pas d'appareil photo, il va falloir vous déplacer...). C'est pas tout ça, le déjeuner m'attend... chez mon aimable Sudesh. Un moment délicieux à papoter tous les deux... Amateurs de vieilles pierres vous pouvez visiter, comme moi dans l'après-midi, le Sheikh Chehli Jalal Mausoleum. Un musée qui parle, entre autres, des récentes découvertes dans la mer au bord de la ville sainte de Dwarka (ville très agréable et paisible), Gujarat. C'est trop fort, Bhujh me revient. Bhujh, je pleure en revoyant le marché aux légumes, ses petites ruelles autour, ce barbier fraternel qui m'arrêta en me prenant par le coude pour me montrer les photos des touristes qu'il avait tant aimés. Même toi le gars avec qui je m'engueulais violemment dans la Guest house, même toi, j'aimerais te revoir pour qu'on se frotte encore un peu. Vous pensez que Dieu existe (la question est trop complexe pour ma petite tête) ? Où est-il celui qui a permis ce tremblement de terre violent et terriblement injuste ? Gros sur la patate... Visite d'un petit temple, les gamins s'amusent comme des petits fous dans le bassin. Retour au Birla mandir. Waouh, un touriste ! Il vient de Toronto. Bon, nous sommes là pour s'entraider. Je lui raconte la ville, il m'écoute poliment (ça change de la plupart des autres lesquels, en général, sourds à tout conseil occidental, préfèrent écouter les aimables garçons des rues qui leur préparent des entubages de première bourre. Rien de tel que sa propre expérience, non ?). Puis il me remercie, précisant au passage qu'il est originaire de Kurukshetra. Elle est bien bonne. Garag, notre postier, m'invite à prendre un pot chez lui. Famille très sympa. Bon, c'est pas tout ça, le devoir nous attend. Bus pour Joytisara, son et lumière... eh oui, toujours la même histoire, Krishna, Arjuna... mais en Hindi. Je m'accroche un peu et je décide rapidement de ne regarder que les images, les lumières en fait. Beaucoup de bruits et de fureurs... C'est décidé, je m'inscris aux Langues O dès la rentrée. Retour au bercail après avoir dîné dans une petite gargotte le long de la rue principale. Super bon ! Je dois indiquer aux touristes nécessiteux que le Jat Dharamsala sert 1000 repas gratuits et ceci deux fois par jour, midi et soir. 17 juillet Kurukshetra. Adieux, départ et arrivée à Fada City. Re-sucreries et chaï pour y faire trempette. Mon ami le postier insiste (il m'enverra par la suite des documents et téléphonera plusieurs fois à Paris) pour que je lui fasse une lettre en vue d'obtenir un visa... de 6 mois ! Que va en penser Sarkosette ? Petit tour pour les adieux et les cadeaux. - Ah, ma chère Sudesh, je suis bien triste (tiens, un petit flacon de parfum) - Et moi donc - dit-elle en me servant mon masala dosai. Essuyons les larmes, rickshaw pour Pipli où le bus pour Chandigarh devrait me prendre (à moins que ce ne soit l'inverse ?). Votre immense culture vous rappelle au souvenir du Fada, Le Corbusier qui a, entre autres divertissements, dessiné les plans de cette immense ville, capitale de deux états de l'Inde, l'Haryana et le Punjab. Ne faites pas comme moi, travaillez les itinéraires des bus, ça vous économisera du temps et de l'argent. Je vais au Panchayat Bhavan. Ma religion m'interdisant de dépasser les 150 roupies, je prend une chambre à 80 avec douche commune. Pas extraordinaire mais, moi, du moment que je peux installer ma moustiquaire... En bas, au resto de l'hôtel, thali à 20 roupies, excellent. 18 juillet Chandigarh Rock garden, un immense et magnifique jardin "à la facteur Cheval". Rien que pour croiser de jeunes indiennes prise en flagrant délit d'amour, se cachant dans les bras de l'heureux élu à mon passage, la visite vaut le coup. J'étais seul. La cafétaria propose des patisseries qu'elle n'a pas en stock et les paquets de biscuits ont, depuis longtemps, dépassé la date prescrite. La dame du bureau d'India Airlines est très aimable et très serviable. Si si, j'insiste. 19 juillet. Vers McLeodganj. 20-21 supporter McLeodganj... Espérant ne pas mourir complètement idiot, sur ma liste de villes possibles, j'ai inscrit celle-ci, un peu inquiet à l'idée de m'ensuquer dans un club à touristes. Chandigarh, Main bus stand. Je prend le bus 8 à la plate-forme 37 pour aller au bus stand 43. Je ne paye rien, gratuit ? Là je trouve un bus pour Dharamsala. Il est encore temps de revenir en arrière... Mais non, je m'enferre. Pour l'instant, tout va bien. Mais dans les derniers kilomètres le temps se gâte, il commence à pleuvoir sérieux. Changement de bus pour la montée à McLeodganj et l'arrivée : de rares rues avec des boutiques pour westerns dans tous les coins, des cowboys fonçant en moto dans ces chemins faits pour les vaches, les piétons et les enfants. J'ai envie de repartir mais je suis trempé. Deux jours pour sécher les vêtements... Pushkar, une nuit dans cette jolie ville m'avait largement comblé, Pushkar McLeodganj même conbat ! Deux villes qui sont superbes à 6h le matin, une bonne partie des touristes étant occupée à cuver la Kingfisher ou à se repérer dans la fumée des pétards. Non, ce n'est pas l'Inde et je n'aime vraiment pas du tout. Jame, Kashmiri, vendeur de bijoux (explique moi, avec ce que tu gagnes, où tu trouves de quoi manger, Jame ? Tu m'as l'air d'avoir une bien petite tension...) en face du Kailash, va faire de gros progrès aux échecs... s'il arrête de se déconcentrer en matant les mignonnes. Richard a une bien jolie petite fille et semble bien s'occuper des enfants du coin. Bon coeur. Fred, il a passé un an dans le coin il y a trois années de cela, est bien décu de ce que c'est devenu. Un frère d'amazonie passe dans la rue arborant un Tee shirt "Puerto Maldonado"... se demandant ce qu'il peut bien faire dans ce bled. Souvenirs... Petit tour entre deux averses en direction de Bhagsunath (un vrai de vrai, bien éclairé, dirait en prenant un air détaché "Bhagsu", j'suis du coin, quoi...). Bonne promenade. Du positif ? Des locaux gentils. Le Kailash hotel, personnel sympathique, mais construction un peu légère (vibrrrations quand les gens passent dans le couloir); Shambala, bon carott juice, laissez-vous tenter par la patisserie; Shangrila, à côté, très bon vegetable chowmein; McLleo, bonne cuisine indienne pour touriste et soirée éducative pour des enfants sikhs lesquels étaient là avec leurs parents : parmi quatre touristes très limites, l'un, avachi, les jambes dans l'allée, buvant sa bierre au goulot. Plus fréquent qu'on peut le penser. Tiens on vient de me conter la délicatesse de certains qui ont le bon goût, à Leh, Manali ou ailleurs, de déclarer de fausses pertes de lecteurs de CD (ou autres ustensiles) dans l'hotel où ils sont descendus, causant stupidement de gros torts à beaucoup de monde. De quoi pleurer, non ? J'ai revu ma compagne de trois jours de l'été 99, Hannah, une sacrée voyageuse. - Toi Hannah ? - Toi Jacques ? - Te souviens-tu de Kahjuraho, Agra, Mathura ? J'en soupire rien que d'y penser. Hannah est, depuis 2000, tour leader pour une agence hollandaise. Te revoir m'a mis du baume au coeur. Plus tard, à Amritsar, Karl de Manchester me dira que Dharamsala, Kotwali Bazar, aurait gardé un peu plus de son authenticité. Je précise que pour descendre à Kotwali bazar point n'est besoin d'attendre le bus. Pour une roupie de plus vous pouvez partager une jeep avec les gens du coin (un court moment d'indianité ne peut pas faire de mal, n'est-ce pas ?). Trois raisons valables pour justifier un tour à MacTruc 1) rencontrer éventuellement Hannah 2) vouloir méditer sévère avec les moines du château 3) savourer le bonheur intense de quitter MacMachin 22 juillet Echappée vers Amritsar Ouf, les vêtements sont secs, je suis libre ! Vivement le soleil d'Amritsar ! Lever 5h30, que cette ville est belle à cette heure là ! Attente du bus pour Manali, changement à Dharamsala pour celui de Pathankot. La route est très belle qui va vers l'Inde, la vraie. Pathankot. Je vais à pied du bus stand à la railway station. 1 km en plein cagna. Les rickshaw-valas ne me harcèlent pas outre mesure. Je dirais même qu'ils ont un certain sens de l'humour. Bref, la ville me semble déliceusement indienne, peu dégradée par le tourisme. Un bol d'air pur après les trois jours précédents. Je prend la file pour acheter mon ticket de train. Un jeune indien me passe devant. Sympa, je lui laisse trois secondes pour savourer l'intense bonheur de sa courte victoire. Une main ferme sur l'épaule droite, il se retourne et, dans le genre - just call me Uncle-ji - je lui fais un signe très convaincant comme quoi il serait bon de revenir un cran en arrière. Dans le doute il préfère se remettre derrière moi. Les vieux assis sur les bancs, accrochés à leur canne, jubilent, admiratifs. Non mais ! Rahul, mon nouveau et jeune, 21 ans, copain, partage mes cigarettes à la sortie de la gare (quelques jours plus tard, un policier, alors que nous fumions dans la police station d'Anoopgarh, m'a confié que fumer dans un espace public pouvait rapporter 1000 roupies d'amende et un mois de prison...). Rahul est vendeur dans un magasin de voitures et il en est très fier. Il prend le train lui aussi pour Amritsar car il doit porter une lettre importante dans une banque. Bousculade pour la montée dans le train. Rahul est trop tendre pour se battre pour un siège, et pas stratège pour un sou. Petit plaisir trop rare, une petite main me tripote la fesse droite. Quelle est la ravissante conquérante de mon joli postérieur (plein de taches de rousseurs) ? Mince, une vielle fripée qui tente de me faire la poche arrière. Un vrai serpent, elle se faufile avec sa fille, décue ne pas avoir réussi son affaire. Enfin, après 45 minutes de station debout nous trouvons un siège. Une famille indienne complète les quatres banquettes. En face de moi, en ordre décroissant de taille de la droite vers la gauche, trois jeunes filles de 18 à 15 ans, fort belles ma foi, et le petit frère qui dort, sa tête posée sur les cuisses de sa plus jeune soeur. Vous savez comment elles sont à cette âge là ? Pouffant de rire au moindre de mes gestes, répondant volontiers à mes sourires charmeurs (le satyre du 18ème qu'on m'appelle), voyage agréable... 22 juillet 16h environ, arrivée à Amritsar A la sortie je m'achète des cigarettes. Une accorte jeune femme aux formes généreuses me demande si je cherche quelque chose de précis. Je vois très bien ce qu'elle veut dire. Ma foi... Tout de même, je ne peux pas laisser Rahul sur le carreau pour la bagatelle. Je refuse, un peu à regret. Bof, elle avait bien le genre à faire payer ses charmes. Trop jeune pour ça (moi, pas elle !). Bon, nous décidons de nous séparer un instant. Rahul va à sa banque, moi à la Tourist guest house où il me rejoindra plus tard. Discussion acharnée avec un rickshaw-vala. - Tis rupae - Moi, je reste naturel, je fais le con, celui qui comprend mal l'Hindi - Tin rupae ? Ok -. Entre trente et trois roupies il y a de quoi bargainer. Nous étions arrivés à 20, en pleine descente, quand une voix s'élève - Patch ! -. Un rickshaw à pédale vient casser la baraque du mien en proposant cinq roupies. Triste qu'il est. Je lui pose une main fraternelle sur l'épaule - Das rupae ? - - Ok pour dix roupies -. Arrivé à l'hôtel je lui donne dix puis cinq de consolation. Tout le monde est content. Dépaquetage, installation de la moustiquaire (le coin semble propice aux folles activités de la femelle anophèle), petite douche et réception de Rahul revenu de la banque. Nous sortons, prenons une petite rue sur la gauche et entrons dans un dhaba pour nous faire une petite parantha (pensée émue pour Sandrine). Retour dans ma chambre, babillages entre garçons et adieu après échange d'adresses e-mail. Les gens de la guest house sont très accueillants, les moustiques et les puces aussi. Sam, un australien qui voyage depuis un an dit qu'il a perdu 20 kilos. Ca lui va plutôt bien. Kingfisher light et blabla avec Karl de Manchester, rasta blanc, musicien, accousticien et grand agnostique devant l'éternel. Curieux de tout qu'il est, surtout de l'Inde. Il n'y a pas que le blaireau du 10 Downing street en Angleterre, dieu merci ! 23 juillet Amritsar. La théorie de la mouche. Lessive, causette, Wagha Border (250 roupies) avec un jeune couple israélien. Je découvre au passage à quoi peuvent bien servir ces rouleaux de papier que les touristes trimballent avec eux : à éponger la sueur. Pas bête ma foi. Belle démonstration d'un nationalisme indien très agressif (nous le savions déjà, hélas !). Un homme danse, il est superbe, à la gloire de son pays, Bharat Mata-ji ! A la sortie des femmes entourent notre jeune amie, la touchent, gloussent avec elle. Bonne ambiance pour cette belle soirée. Retour à la guest house. Je rencontre un Punjabi. Je lui demande quelle ville je pourrais bien visiter au Punjab. Malout bien sûr. - Où habites-tu ? - Malout pardi ! - C'est décidé, sur la route vers le Rajasthan, Malout suivra Faridkot (prononcer Fridkôt). En discutant, Karl et moi tombons d'accord sur cette façon de voyager : fixer la carte de géo accrochée au mur. Attendre qu'une mouche se pose dessus. Plutôt que de l'écraser dégoulinante en une trace sanguinolante couvrant le chemin entre Amritsar et Ludhiana (conseil : empruntez à un jeune couple israélien le papier qui sert à éponger la sueur), repérez l'endroit qu'elle vient de désigner. Là vous avez la prochaine étape de votre voyage. Arrivée de Chris, un australien bien fatigué. Un baroudeur qui travaille de droite à gauche, la Chine, le Pérou, n'importe où dans ce vaste monde. Beau mec, la trentaine récente, léger accent du bush (désolé pour ce gros mot). Il va travailler au Pakistan. A demain, moi je vais faire dodo. 24 juillet Amritsar Longue, très longue et imprécise ballade avec Chris. Golden Temple puis le pélerinage au Jalawallian Barg où the fucking general Dyer donna l'ordre à la troupe de tirer sur une foule démunie. Entre ceux qui tombèrent sous les balles des colonisateurs et ceux qui se jetèrent dans le puit ce fut un véritable massacre. Depuis, la couronne britannique, égale à elle-même, a blanchi ce grand homme. Les nations riches, les nôtres, ont astucieusement massacré et continuent de massacrer directement ou indirectement, avec l'aide, très souvent, sinon la bénédiction ou le silence, de notre très sainte mère l'Eglise, bon nombre de populations pour leur piquer leurs richesses. C'est seulement un coup de pot que les francais ont perdu la bataille des Indes contre les anglais. Sinon, nous aurions certainement trouvé un bon BBS (béret baguette saucisson) pour cette sale besogne. Bon, retour laborieux à la Guest House et repas au Crystal. Air conditionné, très peu pour moi. Le riz à la vapeur de Chis est surprenant : 70 roupies, plus d'une journée de travail ! Franchement surfait. Préparation du départ et dodo. 25 Juillet - Amritsar Faridkot Mukstar Malout... Petit déjeuner. Michaela, une jeune et jolie teutonne arrive, 30 ans, fort bien faite de sa personne, joli sourire, très aimable, facile à faire rire malgré sa fatigue et son envie de prendre une douche. Je reste ? Allons, la route m'appelle, je la retrouverai, peut-être à Jaisalmer. Un peu tristounet tout de même.
Avec ma gueule de métèque, de juif errant de pâtre grec et mes cheveux aux quatre vents...
Faridkot à la recherche d'une chambre. Soit le Sanduz, 600 roupies, soit un Dharamsala, 30 roupies. Rien ne me convient, retour au bus stand. Un bus m'attend. Je suis très mal assis tourné vers le fond du bus. Que vois-je ? Une femme ! Hélas, assise à côté d'un beau Sikh (ils sont plutot costauds et pas du genre à badiner avec l'amour. Je me souviens d'avoir été confronté au choix délicieux de laisser tomber ma Babita d'amour ou de me faire trancher la gorge. Je suis toujours aussi lâche mais bien content d'être encore vivant...). Le bus fait une courte halte. Le beau Punjabi descend... seul. Petit signe discret à la dame... qui acquiesce. C'est mon jour. Mon dieu qu'elle est belle ! Elle parle un anglais parfait de cette voix envoutante qui laisse son homme pantelant. Je n'entend pas bien lui dis-je. Elle accepte que j'approche mon oreille de sa bouche (sa bouche, ses lèvres, ses yeux...). Elle est actrice me dit-elle. Par contre, mauvaise musique, elle est mariée. Pire, elle a choisi son homme et vice-versa. Je lui dit - Apki Boli bahut mithi hai aur Ap bahut sundar hai (votre voix est du miel et vous êtes vraiment très jolie) -. Elle arrive à rougir comme le font si bien les dames de bonne compagnie. Changement de bus a Mukstar. Plein de places libres. Je lui demande si elle veut toujours de moi. Oui dit-elle. Quel bonheur ! Hélas, certains jours, les bus indiens roulent beaucoup trop vite. Malout (pas ma loutte, Malout !) arrive. Nous descendons. Ma compagne hèle un rickshaw pour moi, fixe le prix et m'achève delicieusement - au cas où vous auriez des problèmes, mon numéro de téléphone est... -
... avec mes yeux tout délavés qui me donnent l'air de rêver moi qui ne rêve plus souvent... et je serai prince de sang rêveur ou bien adolescent comme il te plaira de choisir...
Malout. Mieux vaut connaître l'Hindi, surtout quand ils parlent Punjabi, la ville n'étant pas, mais vraiment pas, préparée au tourisme. Ville très moderne, très active avec une Wellfare association (Edward Ganj) très efficace. Edward Ganj Guest house, le super luxe à 125 roupies. Le Malwa hotel, sur GT road près des cinémas, le top des pure veg et pas cher du tout. Les gars de la Traifik Police logent aussi à la guest house, de gais lurons qui se marrent comme des collégiens en regardant les demoiselles danser à la télé (conservant avec peine leur lolos dans la trop petite pièce de tissus qui sert a cà). Bon, je ne vais pas attendre que ça tombe. Allons faire la lessive et remettons-nous aux cassettes d'hindi ! Pour l'instant, après 2 semaines, je tourne à pas loin de 8 euros par jour tout compris. Je ne peux pas me priver tout le temps de Kingfisher light ni de bons restaurants, quand même (et parfois, une petite piece au Ricksaw, quand il est sympa...). 26 juillet Malout Recherche d'une brosse à lessive, celle que j'ai achetée à Guayaramerim (Bolivie du Nord-Est) est restée en rade à Amritsar. Dans la supérette du coin personne ne parle anglais et je ne connais pas le mot en hindi. Tiens une brosse à dent. J'en prend une, fais semblant de me frotter le torse avec... Lumière ! Le gars se précipite sur une échelle, là je suis très inquiet, monte au premier, farfouille et redescend avec une brosse... à lessive. Enfin, le nom est écrit sur l'emballage : Deluxe Cloth Brush. Du Punjabi, probablement. 10 roupies. J'invite Surender, mon VRP d'Amritsar, au Malwa. Nous parlons de son travail. Il me dit, Malout est une petite ville, les salaires ne sont pas bien gros, beaucoup moins qu'à Ludhiana, par exemple. 5000 roupies par mois, mais il est content de sa vie. Heureux homme ! Bouffe plus qu'excellente mais, comme tous les indiens, il mange trop vite pour moi. Bien sûr, il insiste pour payer. Rien à faire, c'est lui qui gagne. Dodo. 27 juillet - Malout toujours Malout Je glande, petite causette mi-hindi mi-english. Et là arrive Goldy, mon Sikh à moi, mon pote le géant débonnaire grand-ouvreur-de-kingfischer-avec les dents-s'il vous plaît. Finis les problèmes d'hôtel à Fridkôt ! L'année prochaine, Delhi Fridkôt direct, dodo chez lui, pêche, alcools variées et divers autres péchés en perspectives. Grave de chez grave. Mes demoiselles chéries, il est grand, fort, beau avec un coeur en or, mon Goldy. Vous voulez que vous donne son numero de téléphone ? Surender m'a invité à dîner chez lui, j'apporte gulab jamon et rasgullah. Fallait pas, mais si, mais si. Je découvre le Kakri. Servir frais avec un filet de citron et un peu de sel au cas où. Simple, pas cher et très bon. Nous discutons de son prochain trajet de représentant en articles pour tracteur (Om Auto Store sur Gt road). J'entend Anoopgarh. Tilt - Tu es Punjabi et ma soeur est Rajasthani : je t'attends à Anoopgarh pour le 4 au soir et, là, je suis chez moi (rires), je t'invite pour dîner. Thick hai ! - La mouche vient de frapper sans prévenir. Je n'ai pas regardé ma carte de géo. Frimeur, j'ai laissé le Indian Handbook, le top des guides et de loin, à la maison : l'Inde ? Les doigts dans le nez mon pote ! Attendons la suite... 28 juillet. Repos à... Malout Mise à mort du temps qui passe et achat de fausses ray ban à 250 roupies. 29 Juillet - Malout/Punjab vers Anoopghar/Rajasthan Adieu Punjab ! Etat très très busy, riche, avec de belles récoltes et des gens travailleurs qui ne savent pas ce qu'est le tourisme destructeur. Heureux indiens ! Pour aller au garh d'Anoop deux possibilités, dirait la mouche : Malout, Dabwali, Suratgarh, Anoopgarh; Malout, Abohar, Ganganagarh, Anoopgarh. La première ligne de jeu imposant de prendre un rickshaw à Dabwali pour passer, semble-t-il, du bus stand du Punjab à celui de l'Haryana, je choisi la route la plus simple. Attention, prononcez bien Abohar, sinon vous allez rater le premier bus comme moi. Ceci dit, à quelque chose malheur est bon : j'ai eu les autres bus dans l'ordre à la seconde près. Me voici à Anoopgarh. Petite ballade (pourquoi ils me regardent tous comme ça ?), 800 m, du bus stand à la Pawan Guest house. 150 roupies la chambre. Moyen mais ca va. Douche, trempette pour le linge, sieste puis petit tour dehors. Un médecin m'interpelle de son échoppe. Il est catholique. Changgeet est son surnom. Il me conduit, quel succès je me paye dans cette ville, à la boutique de son frère médecin, lui aussi, et nous faisons causette. Voilà trois heures que je suis arrivé qu'une moto arrive me signalant que quelqu'un m'attend à la guest house. Allons-y ! Là, je suis invité à entrer dans une chambre. Un très beau jeune homme, l'air très futé, est installé nonchalamment, élégant dans sa posture négligée, sur un lit. En face, le patron de la guest house. Passeport ! Thick hai ! - Que faites-vous à Anoopgarh ? - Dans un anglais impeccable. J'ai bien envie de répondre que je n'en sais rien moi-même mais l'ambiance n'a pas l'air à la plaisanterie. - Je veux visiter le site de Kalibanga - Amusé mon James Bond - Et vous venez à 15 km de la frontière pakistanaise pour visiter un site qui se trouve à 110 km a l'Est ? - Pas amusé du tout que je suis. - Je ne savais pas, je n'ai pas regardé la carte (bien fait dit la mouche). De plus, j'ai invité mon ami de Malout à venir dîner dans une semaine -. Silence. - Quand avez-vous l'intention de visiter Kalibanga ? - Demain ou le jour suivant -. Là il parle en Hindi au proprio. J'arrive à comprendre le plus important - ... après demain le Chief Minister du Rajasthan vient a Anoopgarh - Ni une ni deux je propose après-demain. Sourire chez 007. On fraternise, il a 27 ans, il est officier de police et travaille en coopération avec la SBF (security border force) et il est très busy busy. Bon, on reste en contact ? Dîner chez le frère de Changgeet puis, malgré les propositions de passer la nuit chez lui, retour en moto à la Pawan GH. Dodo serein (après le brossage de dents, bien entendu). 30 Juillet - Anoopghar. Police station, chaï, samosa... Petit déjeuner, brossage de dents comme après chaque repas, puis visite à la Police station. Mon passeport intéresse tout le monde, mon billet de 50 euros, 2500 roupies, est épluché sur toutes les coutures. Chai, samosa, ek samosa, do samose. Causette - J'ai un copain à Bikaner, Himmat Singh Shekkawat ... - Crise de rires mais respect chez ce policier. On ne dit pas, semble-t-il, Himmat Singh Shekkawat mais Himmat Shekkawat Singh. - Et je suis moi-même un Shekkawat -. Bon, ayant parlé de mon (très puissant) ami je suis définitivement dans les petits papiers de la police. J'offre une cigarette, il accepte tout en m'expliquant comment la loi vient d'être renforcée, 1000 roupies et jusqu'à 1 mois de prison (là, à mon avis, c'est quand vous fumez dans une station de police). Je vais pour partir. - Mais non. Venez dire bonjour au Chef du secteur ! -. Bon, là je retrouve James. - Coucou comment vas-tu ? - First class ! - Le chef est amusé - Comme ca, ce monsieur gagne sa vie en jouant aux cartes ? - Il me sert la main, - nice to meet you - Au revoir -. Bon, je peux partir ? - Pas du tout mon bon ! Nous avons une jeep de service, permettez-nous ! - Confortable. Ceci a pris tout de même une matinée entière. Bien, y a pas que la police dans la vie. Découverte du Shiv Mishthan Bandar où je mange bon pour pas cher. Marcher dans Anoopgarh n'est pas chose aisée. Bien obligé de m'arrêter quand quelqu'un me souhaite la bienvenue. La vie est bien dure. Dame, touriste, c'est pas un métier facile qu'on fait là ! Bon, le soir arrive, Changgeet m'amène au Aashish Cold (cool ?) Café. Super sympa. Masala dosai et petit coca, 23 roupies. Je donne 25 et relance de 2 roupies pour le pourboire. Tordus de rires qu'ils sont ! Comment est-ce possible de vouloir payer plus cher ? Et là je réalise que je suis le premier touriste dans cette ville (en tout cas, depuis très longtemps). Je leur explique que je suis content et c'est ainsi que nous avons l'habitude de manifester notre plaisir d'avoir été bien servis. Je rencontre Lallit Chabra un jeune enseignant qui m'invite à visiter son école, après-demain, si possible. Dîner, brosse a dents, douche, dodo. 31 Juillet - Anoopgarh Kalibanga Anoopgarh Mes copains de la police station vont être contents : je prend le bus pour Pilibanga vers 6 h du matin. Attention, arrivés là, évitez les jeeps pour Kalibanga (30 roupies pour 6 km c'est du gangstérisme qu'il ne faut pas encourager); le bus pour Jensen (phonétique ?) vous dépose devant le museum de Kalibanga pour 3 roupies. D'autres bus vous amènent, pour le même prix, à un carrefour. Là, vous prenez la route à gauche et marchez 1 petit kilomètre pour arriver au musée. Deux galeries à visiter pour 2 roupies, dont une de photos, surtout de Chittorgarh. Ensuite, visite du vieux village, visite commentée dans un anglais très approximatif. Beau chantier ma foi ! Je rapporte une vieille pierre et un bout de bracelet (5000 ans). Je suis quand même épaté qu'un pays plutôt pauvre, comparé à la France, crée des institutions chargées de découvrir et protéger le partrimoine du pays. Peut-être pourrions-nous en parler à nos politiciens ? Créer un ministère... qu'on pourrait appeler ministère de la culture, par exemple ? Un gars du coin me propose ensuite un petit chaï et me ramène en moto à Pilibanga. Place assise dans le bus, sur la gauche près de la fenêtre. Le bus fait une halte. Je pose ma casquette sur mon siège côté fenêtre et vais acheter une bouteille d'eau minérale. Je reviens dans la minute : deux donzelles pas très classe sont assises à ma place. Plus de casquette. Je leur explique le problème. Pas de réponse. J'insiste, toujours rien. Grosse colère, pétage de plombs sévère - Mai police bulata hu ! -. Je prend la grande par le bras gauche - Jao ! -. Elles se cassent toutes les deux et, miracle, ma casquette tombe d'entre les jambes de celle qui était assise sur le siège à côté du mien. Un Monsieur me prend doucement par les épaules et me dit que ce n'est pas très bon pour la "blood pressure". Il a raison. Reprenons notre calme. Bon, retour a Anupgarh, le Chief Minister est parti, je peux entrer dans la ville. Fin de journée tranquille. 1 Aout - Anoopargh Le train train quotidien, petit déjeuner chez Aashish, retour à la guest house sans oublier de saluer mon ami Changeet, brossage de dents, petite douche, j'en passe et des meilleurs. Je sors, il fait très beau, et marche en direction du bus stand. Après 600m je découvre, sur ma gauche, l'école publique de mon nouvel ami, Lallit Chabra. Accueil du directeur dans son grand bureau. Sur le mur, de grandes images et ou photographies représentant les grands hommes de cette nation, les freedom fighters étant volontiers représentés le revolver à la main. Visite de toutes les classes. Séance géante d'autographes entouré par une multitude de bambins et bambines, 8/13 ans, complètement exités. Quelle ambiance ! Vers 17h, sur la télé de la clinique, nous découvrons que Jony Woqr (prononcer jony walker), le célèbre Charles Trenet indien, vient de mourrir après une vie trépidante bien remplie. En fin d'après-midi emplettes au marché. Nous achetons des khumbis (champignons), du kakri et autres légumes. Les pommes, au fil des ans, sont de plus en plus inaccessibles : 50 rps le kg de la moins bonne qualité; 120 celles d'Australie. Dîner chez Changgeet. Les familles catholiques semblent plus ouvertes que celles Hindous ou musulmanes. Je n'ai jamais vu, en Inde, des jeunes femmes d'une famille Hindou ou musulmane être autorisées à partager ainsi la soirée avec un étranger et surtout se montrer aussi proches, intéressées, enjouées... Retour en moto à la guest house. 2 Aout - Anoopgarh encore Anoopgarh... Je vous passe le petit déjeuner, le brossage..., la douche. Changgeet n'est pas encore arrivé. Comme son aide ne parle pas anglais, je vais chez le voisin, réparateur de vélo. Faut bien s'occuper, non ? La réparation d'une crevaison de vélo n'est pas donnée : 5 rps (à ce prix là autant réparer soi-même). Mon nouvel ami décide d'assembler une roue de motocyclette à partir d'un moyeu, d'une jante et des rayons. Fascinant, vous ne trouvez pas ? Changgeet arrive. Nous allons visiter l'école privée où va son rejeton. Là, çà coûte les yeux de la tête, 6000 rps par an. Deux enfants, 12000 rps donc. Considérez qu'un instituteur en milieu de carrière touche environ 5000 rps par mois et vous allez sans doute choisir l'école de la liberté, de la fraternité et de l'égalité... Des autographes, certes, mais les enfants sont plus réservés que ceux l'école publique. Un nouvel objectif, un challenge, se profile : obtenir de visiter demain le collège de jeunes filles (femmes, puisqu'entre 17 et 21 ans). Ce devrait être délicieux, non ? 3 Aout - Mon dieu, un étranger dans ma ville ! Bon, le cérémonial du matin est passé, je fini de prendre ma douche que l'on frappe à ma porte. Ils le savent, pourtant, que j'ai mes heures pour recevoir. Pas content, complètement nu, j'ouvre la porte en me cachant un peu. Un gars en uniforme, il semble gêné, me fait signe qu'il va m'attendre en bas... avec mon passeport. Bon, je me couvre et vais à la réception. Mon gars est là, assis à côté d'un notable vêtu d'une chola-pyjama, le chef en apparence. L'uniforme parle anglais, "forbidden", "authorization", ce qui fait quand même deux mots, alors que le boss lui n'a pas l'air de parler autre chose que l'hindi. Bon, je réalise que ne devrais pas être dans cette ville. Mais qui sont-ils ? Je termine ma toilette puis je vais chez Changgeet. Mes deux lascars sont en train de sortir de la boutique. L'aide est incapable (il ne veut pas ?) de m'expliquer ce qui se passe. Changgeet arrive, discute avec lui et m'apprend qu'il est attendu au bureau du C.I.D., central inquiry department. Il hésite à s'y rendre mais je lui conseille fermement d'obéir. Quand il revient, il est pâle, très inquiet. Le chef du C.I.D., celui qui a mis cinq jours pour découvrir qu'un terroriste potentiel trainait dans la ville et posait peut-être des bombes dans les écoles (l'Inde peut être inquiète pour sa sécurité), le super James Bond l'a bien prévenu : si je ne quitte pas la ville rapidement, il causera de gros problèmes à moi-même, au proprio de la guest house et, surtout, à Changgeet. En effet, comment a-t-il pu oser me faire visiter des familles... catholiques ? Là, ça sent trop le roussi. Je bats tous mes records : en moins de 30 minutes j'ai packé, trouvé un rikshaw pour le bus stand (3rps !) et choppé le bus de Bikaner qui sortait de la gare. L'arrivée au government bus stand de Bikaner vue par le rickshaw-vala. - Une barbe et des chevaux blancs qui sortent du bus. Un sac à dos ? Je me vois bien une petite commission dans un hotel �� 100 rps près de la railway station. Chic ! Sir, I have cheap good hotels near railway station. 30 rps - Thanks, I have already an hotel just there on the other side of the road, the Sagar - No sir, not possible, too much expensive for you (1200 rps) - So I will go to the next one, the Laxmi Niwas Palace - J'ai le bonheur d'y être aussi un invité - No, no Sir, more impossible (200$) - So, I will try the Sagar - Et je traverse la route en direction du Sagar (je sais que ce bon Dinesh ne voudra pas que je paye, mais d'un autre côté, si je vais ailleurs, il sera fâché contre moi). Mon aimable rickshaw-vala n'a toujours pas compris comment je pouvais m'offrir un tel luxe. Comme disait mon très libéral de paternel - Bof, c'est bien connu, ces beatnicks, ils cachent des dollars dans leurs cheveux - Le premier tier de mon voyage, exploration en solitaire, vient de s'achever. Je ne pourrai pas inviter mon ami Surender de Malout (je lui donné un coup de téléphone à la Pawan GH). Direction vers le confort, ma famille de Bikaner puis, après Raksha Bhandan, le jour des frères et des soeurs le 12 août, celle de Jaisalmer. Plus question, d'ici le 1er septembre, la date d'arrivée de ma femme à Delhi, de payer une chambre d'hôtel. Il sera impossible de payer la blanchisserie, le restaurant, voir les coups de téléphone pour la France (même pour cela je vais devoir me battre !). L'hospitalité indienne... Mon calcul de coût journalier va donc s'arrêter là : tout compris, je suis exactement à 349 roupies par jour. Faut dire que je me suis pas privé...
Ce qui reste de ces vingt jours
Trois villes qui garderont longtemps leur authenticité : Kurukshetra, son Jat Dharamsala, le restaurant Celebrate et Sudesh, le Brahma Samovar et Omparkash Garag, le postier si aidant; sans oublier tous ces gens sympathiques que j'y ai rencontrés. Pas une ombre au tableau ! Malout, la Edward Ganj Wellfare Association, avec sa Guest house et ses autres activités de bienfaisance, le Malwa hotel, restaurant top de top, ma princesse, Surender Khurana mon ami VRP, les gais lurons de la traffic police et tous ces gens adorables. Anoopgarh et tous ses habitants sauf un (trouvez lequel). C'était trop facile d'aimer : quand vous êtes la vedette du village, avec tous ces curieux de vous connaître, si gentils... Ne faisons pas de jaloux : en face du Bus stand vous trouverez une guest house offrant les prix habituels du marché (250 pour une non ac; 450 pour une ac en ajoutant deux chambres dans ou à côté du Aashish cool Café. Belles chambres);
Plus que 53 jours de vacances ! du 3 août au 1er septembre, la vie de pacha au Rajasthan chez mes soeurs et mes frères; je vais goûter à nouveau au bang du Shiva temple, le meilleur et de loin; partager l'opium et le chaï au petit matin avec mon vieil ami qui ne parle pas un mot d'anglais (ce qu'on peut causer tous les deux... avec les yeux); boire de la Kingfisher light plus que de coutume; tuer le temps avec mes amis du fort et, quasiment, redevenir un vrai touriste. du 1er au 23 septembre, avec ma femme (Delhi, Bikaner, Jaisalmer, Jodhpur, Agra, Orchha, Khajuraho, Delhi, Paris).
Remerciements à François et à son équipe; à Sandrine, tendre mère poule pour les poussins voyageurs; à vous qui avez lu jusqu'au bout ce verbiage impolitiquement et non socialement correct (n'est-ce-pas, Christine, mon ange au coeur pur ?) et, surtout à tous les amis indiens et à tous ces touristes qui ont accepté, malgré mon caractère, de me tenir parfois compagnie.
Toutoubidou!!!! me revoilou!!! Tout compte fait le yeti, euh... Un trop grand decalage de culture, ca n'a pas marche entre lui et moi... 😏
Merci Pili!!! Effectivement, dans le Ladakh, le seul endroit ou l'on puisse tel a l'etranger et aller sur le net est Leh. Comme j'ai trouve un super guest house dans un super village, je suis venue specialement a Leh aujourd'hui, je retourne demain, pour vous donner de mes nouvelles.
Je suis au village d'Alchi, sur les bords de l'Indus. Dans un guest house, euh, zut, j'ai oublie le nom... C'est sur la route du monastere, le premier a gauche. Le Zinskiang hotel! La ou vous verrez un hamac en nylon bleu au premier etage sur la terrasse, c'est moi! 😎
Waouh, j'ai tellement a raconter... Le festival Bouddhiste a lamayuru, les moines portant des masques et dansant... Les femmes aux coiffes de turquoises... Le look des vieux ladakhis, la gentillesse des habitants, la beaute de ce pays.... J'hallucine... Je suis au Nirvana!!! 😄
Pour venir a Leh aujourd'hui, hop je suis grimpee sur le toit du bus, quelle vue.... Pffffff, sciee... Comme de lamayuru a Alchi, je suis grimpee au dessus d'un camion. Terrible comme voyage! On ne peux trouver meilleure vue!!!
J'ai bien ris en vous lisant... Pas de quoi vous inquietez donc...
Je suis juste un peu embetee car je n'ai pas de news de Tama, et j'aimerais savoir s'il ne peut pas aller chercher la Piaf family a l'aeroport le 24/6, et venir me rejoindre dans le Ladakh (ou alors dans l'Himachal Padesh?). C'est vraiment un coin de paradis le Ladakh... Sinon tant pis, je vais descendre sur Delhi, et remonter ensuite, mais ca me prendra bien une semaine de route... (2 jours leh manali, et 20h de bus manali delhi)
On est le 9 juin, j'ai encore le temps... Pili, Tama, on se voit ou??? La route de Manali a Leh est encore fermee aux bus, mais les jeeps passent (plus cher).
Je reviendrai demain sur le net avant de retourner a Alchi...
Gros bisous!!! 🙂
Om Mani Padme Hum que je chante tres souvent... Hier, j'etais trop heureuse, j'ai pas pu empecher qques larmes 😉
Merci Pili!!! Effectivement, dans le Ladakh, le seul endroit ou l'on puisse tel a l'etranger et aller sur le net est Leh. Comme j'ai trouve un super guest house dans un super village, je suis venue specialement a Leh aujourd'hui, je retourne demain, pour vous donner de mes nouvelles.
Je suis au village d'Alchi, sur les bords de l'Indus. Dans un guest house, euh, zut, j'ai oublie le nom... C'est sur la route du monastere, le premier a gauche. Le Zinskiang hotel! La ou vous verrez un hamac en nylon bleu au premier etage sur la terrasse, c'est moi! 😎
Waouh, j'ai tellement a raconter... Le festival Bouddhiste a lamayuru, les moines portant des masques et dansant... Les femmes aux coiffes de turquoises... Le look des vieux ladakhis, la gentillesse des habitants, la beaute de ce pays.... J'hallucine... Je suis au Nirvana!!! 😄
Pour venir a Leh aujourd'hui, hop je suis grimpee sur le toit du bus, quelle vue.... Pffffff, sciee... Comme de lamayuru a Alchi, je suis grimpee au dessus d'un camion. Terrible comme voyage! On ne peux trouver meilleure vue!!!
J'ai bien ris en vous lisant... Pas de quoi vous inquietez donc...
Je suis juste un peu embetee car je n'ai pas de news de Tama, et j'aimerais savoir s'il ne peut pas aller chercher la Piaf family a l'aeroport le 24/6, et venir me rejoindre dans le Ladakh (ou alors dans l'Himachal Padesh?). C'est vraiment un coin de paradis le Ladakh... Sinon tant pis, je vais descendre sur Delhi, et remonter ensuite, mais ca me prendra bien une semaine de route... (2 jours leh manali, et 20h de bus manali delhi)
On est le 9 juin, j'ai encore le temps... Pili, Tama, on se voit ou??? La route de Manali a Leh est encore fermee aux bus, mais les jeeps passent (plus cher).
Je reviendrai demain sur le net avant de retourner a Alchi...
Gros bisous!!! 🙂
Om Mani Padme Hum que je chante tres souvent... Hier, j'etais trop heureuse, j'ai pas pu empecher qques larmes 😉
Pour plus de détails et de photos, cliquer ici : si belle la terre
Depuis toujours (enfin disons depuis que j’ai eu l’âge de découvrir l’album de Tintin au Tibet !) je rêvais d’un voyage dans l’Himalaya. Finalement c’est au Népal que nous avons choisi d’aller car le pays s’est ouvert au tourisme il y a plus de cinquante ans et il est facile d’y voyager. La situation politique est actuellement meilleure qu’elle n’a été depuis des années, sans être mirobolante pour autant…
Le choix du Langtang s’est fait pour plusieurs raisons :pas de transfert en avion donc pas de journée de sécurité à prévoir en cas de mauvais temps (2 jours de gagnés) Cette région se situe juste au nord de Katmandu, à la frontière tibétaine. une fréquentation touristique moindre que dans les Annapurna ou l’Everest. Il y avait quand même pas mal de monde dans la vallée du Langtang, beaucoup moins vers Gosainkund et Helambu. un risque peu élevé de mal aigü des montagnes (MAM)
Choix de la période : L’idéal aurait été de partir en octobre-novembre quand le ciel a été lavé par la mousson mais les vacances de la Toussaint sont plus courtes que celles de Pâques. Pendant nos grandes vacances, c’est la mousson avec des pluies diluviennes, des glissements de terrain, des sangsues, et plein de nuages qui cachent les sommets. En février, il fait plus froid et il peut y avoir encore beaucoup de neige. Bref, c’est à Pâques que nous sommes partis : le ciel était souvent très brumeux (pas idéal pour les photos), nous avons eu des orages presque tous les jours (le plus tôt vers 14h30, plus souvent vers 16 ou 17 h) et le ciel se couvrait dès midi voire parfois dès 10 h du matin. Bref, des petits airs de mousson avant l’heure… Il y a eu de grosses chutes de neige quelques semaines avant notre arrivée et nous avons du crapahuter sur des versants nord encore enneigés, ce qui est vraiment inhabituel pour l’époque. La température selon notre guide était exceptionnellement fraîche pour la saison puisqu’il a neigé jusqu’à 3500 m)
Préparation : Eh bien, je dois dire que la préparation a été purement intellectuelle (!) afin de bien cerner les difficultés de notre parcours de trek. Certes, nous avons l’habitude de marcher et savons ce que signifie 1000 m de dénivelée ou 18 km de marche mais nous ne marchons que pendant les vacances ou lors de rares WE dans les Vosges. Je comptai retourner ma médiocre forme physique en avantage décisif pour éviter la survenue du MAM : moins on monte vite, plus faibles sont les risques. L’avenir devait me donner raison. Je jouai parfaitement mon rôle d’ancre flottante assurant la sécurité de l’équipage ! Il faut préciser que nous avons pris du Diamox de façon préventive dès 3000 m d’altitude et aucun d’entre nous n’a eu le moindre symptôme évoquant le MAM. (Nous sommes montés jusqu’à 4600 m et avons dormi à 4400 m.) Ce manque de préparation physique n’est certes pas à recommander mais il n’empêche en aucun cas de bien en profiter, à condition d’aller à son rythme, ce qui impose un petit groupe familial « compréhensif » !!
Matériel : Nous avions tous des chaussures montantes déjà faites à nos pieds avant le trek et n’avons pas eu la moindre ampoule (ce qui est un exploit en ce qui me concerne !) Les bâtons (1/pers) nous ont été bien utiles dans les névés et pour les longues descentes. Les guêtres ont servi uniquement pour le passage du col à 4600 m et c’était presque superflu ! Les ponchos n’ont pas servi (pluie uniquement en 2ème partie d’après-midi) Chapeau, bonnets, lunettes de soleil, crème solaire et sticks à lèvre indispensables. Veste chaude bien agréable le soir dans les lodges et pour passer le col. Duvets -15°C suffisants mais nécessaires. Les enfants avec des sacs de couchage en fibre (-10°C) ont du demander des couvertures en plus pour ne pas avoir froid. Pour désinfecter l'eau, nous avons utilisé (avec succès!) de l'Aquatabs, actif en 30 mn.
Guide et porteurs : Farouchement indépendants, nous avons pas mal hésité à passer par une agence et à prendre un guide et des porteurs. C’était d’ailleurs la première fois que nous passions par une agence pour une quelconque prestation touristique ! Mais avec la somme de matos à transporter pour toute la famille (3 enfants de 11, 12 et 13 ans), le choix était vite fait. On ne l’a pas regretté. Nous avons choisi de passer par une agence située à Katmandu, Celtic Trekking, afin d’optimiser le temps passé sur place. C’est cette agence qui m’a paru offrir le plus de sérieux et de souplesse à la fois, avec un échange de mail rapide et facile puisque c’est un français qui gère l’agence. L’agence de trekking avait prévu 1 guide et 3 porteurs (max 25 kg/porteur) Ziben le plus costaud en apparence est tombé dans la rivière dès la première matinée de trek et contusionné, a préféré déclarer forfait. Chauhan le guide, Om et Razzu se sont donc partagé sa charge, avec le sourire, toujours de bonne humeur !
Le parcours : Ne connaissant pas nos capacités d’adaptation à l’altitude (on n’avait jamais randonné à plus de 3000m), j’avais d’abord envisagé de partir de Syabrubensi pour aller jusqu’à Kyanjing Gompa, d’y passer 2 nuits, puis de redescendre sur Thulo Syabru et de monter jusqu’au lacs de Gosainkund pour y passer aussi 2 nuits avant de redescendre par le même chemin sur Dunche. Chauhan, voyant que tout allait bien nous a proposé de franchir le Laurebina Pass au-dessus des lacs de Gosainkund pour redescendre par l’Helambu jusqu’à Sundarijal . Cette variante permettait de ne pas revenir sur nos pas et de découvrir une autre région. Nous avons donc réalisé ce parcours en 11 jours de trek.
En voici le récit : 29 mars : Nous atterrissons à KTM après avoir tourné en rond pendant 1 heure au-dessus de l’aéroport, le temps que le ciel se dégage. Du coup, nous arrivons en même temps qu’un ou deux autres avions et nous faisons la queue pendant 2h30 ( !) pour les visas (1 photo+ 30 USD ou 24 euro) Le chauffeur dépêché par l’agence est bien là malgré nos 4 h de retard et nous emmène à notre hôtel à KTM.





En quelques km, nous comprenons pourquoi la location de voiture individuelle est quasi inexistante au Népal. Quel spectacle ! Nous arrivons enfin à notre hôtel situé tout près de l’agence de trekking un peu au sud de Thamel. Nous y rencontrons Olivier, le responsable de l’agence qui se chargera de confirmer nos vols de retour et d’établir les permis de trek car nous partons dès demain matin. Le dépaysement est total : chaleur humide (environ 30°C), foule grouillante, circulation congestive, pollution et poussière.
Nous profitons de l’après-midi pour faire une petite balade jusqu’à Swayambhunath, à 30 mn de marche de l’hôtel.







Il fait meilleur un peu plus haut…. Nous redescendons jusqu’à Durbar Square, complètement embouteillé et nous extirpons du minuscule taxi pour aller vers la rivière Vishnumati :
Oui, oui, c'est bien un tas d'os. On adopte facilement un régime végétarien au Népal!Quartier pas vraiment résidentiel…
30 mars : Pour rejoindre Syabrubensi, départ du trek situé au nord de KTM, il faut parcourir environ 200 km de mauvaise piste, ce qui nous prendra 7 h,


pannes comprises (la bête, un Toyota Landcruiser hors d’âge, consommait plus d’eau que de gazoil !) Ne nous plaignons pas, en bus, il a fallu 11 h ce jour-là !


La route est très belle et on a le temps de l’admirer à loisir….

Vers midi nous faisons un petit arrêt dans un boui-boui local où nous dégustons un très bon dal-bhaat (riz+ soupe de lentilles+ qq légumes variés)

C’est le plat de base des népalais, pour lequel on vous propose d’ailleurs toujours du « rab », c’est très bon, mais un peu « chtonk » au bout de qq jours à ce régime.

Ca fait longtemps que ces enfants de Syabrubensi ne sont plus impressionnés par un appareil photo!
31 mars, 1er jour du trek : De Syabrubensi (1450 m) à Lama Hotel (2470m), environ 6 – 7 h de marche, 10 km Ambiance plus « jungle » que montagne pour cette première journée de trek.

Quelques singes très haut perchés.

Quelques nids d’abeille à flanc de falaises

(il existe encore des chasseurs de miel comme en atteste ce bout de corde qui pendouille) Nous longeons la Langtang Khola, dans laquelle est tombé Ziben, sans gravité heureusement, sinon une belle trouille. Chauhan et Om se partagent sa charge...
Nous passons le River View Lodge.
Repas de midi au Bamboo Lodge. Tigre de l'Himalaya!

On arrive ensuite à Rimche, joli hameau situé sur une crête, où il y a un téléphone! La forêt est souvent agréablement parfumée.

Arrivée en milieu d’après-midi à Lama Hôtel, toujours dans la forêt.
01 avril, 2ème jour du trek De Lama Hotel à Langtang Village (3514 m), 6-7 h de marche, 10 km.

On voit enfin de "vraies" montagnes! Les rhododendrons sont en fleurs... On passe quelques fermes isolées,
dont le toit est fait de végétaux tressés.

Il s’agit cette fois d’un vrai village. On se sent vraiment en montagne. Pratique ce moulin à prières qui fonctionne tout seul!

On découvre nos premiers yaks !
Le Tsergo RI (presque 5000m) apparaît plus haut dans la vallée (il ressemble un peu à un volcan)
Le Tsergo Ri est à G dans les nuages. Au 1er plan le Langtang Village.
Nous essayons de faire du cerf volant mais le vent faiblit et l'air est moins dense à 3500 m.

Chauhan nous propose de visiter le monastère situé un peu au NO du village. Il est situé dans la partie la plus ancienne du village.

La bouse de yak sert aussi de mortier.

3 enfants jouent au RDC du monastère.

On y prépare une fête pour le lendemain :

un vieil homme sans famille, sentant ses forces décliner, a choisi de fêter « préventivement » ses funérailles en invitant tout le village et ceux des environs aux agapes. Il pourra ensuite mourir tranquillement, « en règle ». Un femme prépare les bougies.
Ces livres auraient quelques centaines d'années.
Non, on n'a pas fait de mauvais rêves!
On prépare la pâte pour offrir demain des galettes à tout le village.
Pour ça, il faut bien sûr du beurre de yak emballé dans de la peau de yak, c'est bien meilleur!

02 avril, 3ème jour de trek De Langtang Village à Kyanjing Gompa (3870m), 3-4 h de marche, 7 km. Le chemin est très agréable, le panorama magique.

Il faut toujours passer à gauche des édifices religieux. Ces murs sont faits de pierres gravées de prières : des mani.

Nous arrivons en milieu de matinée et en profitons pour aller voir un petit monastère un peu à l’écart du village.

La fromagerie est fermée, les gens sont descendus à Langtang Village pour la fête du vieil homme. Après le repas de midi, laissant les enfants visiter le village (en fait essentiellement des lodges), je monte avec Fred et Chauhan sur la « colline » surplombant le village à 4300 m. Le temps d’arriver en haut, les nuages sont là, dommage…
Vers la G (l'est) la vallée remonte vers Langshisha Kharka (où il faut camper)On est mis en confiance par cette petite « ascension » effectuée sans problème. Les nuits commencent à être fraîches (3, 5°C le matin dans la chambre).
En altitude, tout est compliqué : il faut souvent amener l'eau dans des bidons et porter le bois pour faire la cuisine et se chauffer. Mieux vaut essayer de commander le même plat pour tous: c'est plus simple pour la cuisinière et on attend moins longtemps (quand même souvent 1 h en général) Le fourneau est fait de pierres recouvertes de cet enduit blanc fait entre autres avec de la bouse de yak. Cette bouse sert aussi à se chauffer car ce combustible se trouve sur place!

Après discussion avec Chauhan, nous décidons de changer le parcours initialement prévu pour pouvoir découvrir l’Helambu. Il nous faudra donc franchir le Laurebina Pass à 4600 m.
03 avril, 4ème jour de trek Longue descente de Kyanjing Gompa (3870 m) jusqu’à Lama Hotel (2470m), 18.5 km La pluie orageuse d'hier soir a lavé le ciel. Lever de soleil sur le Langtang Lirung (plus de 7000 m)
Chauhan profite du téléphone de Rimche pour avertir le chauffeur de ne pas venir nous récupérer à Dunche mais à Sundarijal.
L'immense majorité des déplacements se fait à pied, ces deux-là ont bien de la chance...
Nous repassons par le beau village de Langtang.
On y cultive un peu,
en plus de l'élevage du yak

Partout dans le pays on rencontre des porteurs de bois. La population s'accroit régulièrement et les ressources naturelles sont insuffisantes. Il faut aller chercher le combustible de plus en plus loin.

La descente a été bien longue, demain nous aurons nos premières courbatures. Décidemment, ça fait moins mal aux jambes de monter. Demain commencera la deuxième partie du trek vers les lacs sacrés de Gosainkund.
Pour aller à la 2ème partie : http://voyageforum.com/...ost=1044735;#1044735
Je suis en Inde depuis 8 mois, mais ces 2 semaines de vacances ont été riches :
J'ai assisté à 2 mariages, l'un du nord et l'autre du sud. J'ai parcouru plus de 4000 km en train et bus. J'ai visité 2 des villes les plus sacrées d'Inde. J'ai mangé midi et soir la meilleure nourriture indienne qui soit, et je me suis rendu malade avec 2 hambugers. J'ai jeté une pièce d'un roupee dans le Gange et j'ai plongé mes pieds dans la Shipra. J'ai utilisé mon vocabulaire Hindi pour envoyer ballader 2 jeunes bien trop curieux, mais ça n'a pas marché. J'ai roulé sur un chien mort et je l'ai entendu et senti explosé, ce qui a beaucoup fait rire un passant, mais moi beaucoup moins. J'ai échoué dans la corruption d'un agent de l'indian railway, alors que c'est pourtant si facile. J'ai appris à lire l'Hindi, avec une mama morte de rire. Je me suis balladé dans l'état le plus pauvre de l'Inde, j'ai sûrement été le premier blanc a descendre à certaines stations. Je me suis rendu à l'endroit le plus sacré des bouddhistes, là où le Bouddha a atteint l'Eveil. J'ai dormi sur 3 feuilles de journal dans la plus grande station du bus du monde. J'ai dragué la soeur du marié et ai reçu la bénédiction du papa (mais pour rigoler). Je suis sorti du plus grand temple du dieu singe avec un point vermillon au milieu du front, j'ai vu le dieu de l'alcool aspirer le whisky consacré. Je suis rentré dans un planetarium, où j'ai eu une explication en Hindi du ciel étoilé. J'ai pris le train le plus lent du monde, moyenne 31 km/h. J'ai tenté d'expliquer qu'une fille qui se laisse embrasser en public n'est pas plus à bannir que le mec qui l'embrasse. J'ai vu dans un journal la photo de Nicolas Sarkozy, et son nom écrit en Hindi. J'ai appris tous les trucs pour rendre un billet de train valide.
Ah, si seulement c'était toujours les vacances...
Le reste sur mon blog, www.djoh.net/blog/
J'ai assisté à 2 mariages, l'un du nord et l'autre du sud. J'ai parcouru plus de 4000 km en train et bus. J'ai visité 2 des villes les plus sacrées d'Inde. J'ai mangé midi et soir la meilleure nourriture indienne qui soit, et je me suis rendu malade avec 2 hambugers. J'ai jeté une pièce d'un roupee dans le Gange et j'ai plongé mes pieds dans la Shipra. J'ai utilisé mon vocabulaire Hindi pour envoyer ballader 2 jeunes bien trop curieux, mais ça n'a pas marché. J'ai roulé sur un chien mort et je l'ai entendu et senti explosé, ce qui a beaucoup fait rire un passant, mais moi beaucoup moins. J'ai échoué dans la corruption d'un agent de l'indian railway, alors que c'est pourtant si facile. J'ai appris à lire l'Hindi, avec une mama morte de rire. Je me suis balladé dans l'état le plus pauvre de l'Inde, j'ai sûrement été le premier blanc a descendre à certaines stations. Je me suis rendu à l'endroit le plus sacré des bouddhistes, là où le Bouddha a atteint l'Eveil. J'ai dormi sur 3 feuilles de journal dans la plus grande station du bus du monde. J'ai dragué la soeur du marié et ai reçu la bénédiction du papa (mais pour rigoler). Je suis sorti du plus grand temple du dieu singe avec un point vermillon au milieu du front, j'ai vu le dieu de l'alcool aspirer le whisky consacré. Je suis rentré dans un planetarium, où j'ai eu une explication en Hindi du ciel étoilé. J'ai pris le train le plus lent du monde, moyenne 31 km/h. J'ai tenté d'expliquer qu'une fille qui se laisse embrasser en public n'est pas plus à bannir que le mec qui l'embrasse. J'ai vu dans un journal la photo de Nicolas Sarkozy, et son nom écrit en Hindi. J'ai appris tous les trucs pour rendre un billet de train valide.
Ah, si seulement c'était toujours les vacances...
Le reste sur mon blog, www.djoh.net/blog/
Pour pouvoir continuer à vous raconter mon voyage, j'ai repris le livre que j'avais acheté à bombay en arrivant ...et qui est franchement une bible pour les gens de la route comme je l'ai été là bas :India Road Atlas ...edition EICHER ....un genre de guide routier comme en France, les atlas routiers Michelin :au prix de 370 Rs et que vous trouverez sur le trottoir ...pas loin du Léopold Café à Bombay ...dans le quartier de Colaba .Ce guide est trés bien fait et il à un format bien cool pour le vélo ! moi je l'avais tantôt dans la sacoche du guidon, tantôt sanglé sur une des sacoches arrières ou sur la valise de porte bagages arrière . Tout est en Anglais et les distances en KM sont assez proches de la réalitée . Ce qui est pratique aussi c'est que les Indiens retrouvaient trés vite les noms que je leur indiquait sur les pages et ainsi je ne me suis jamais vraiment perdu ...même si par endroits les directions sur les paneaux sont écrites UNIQUEMENT en Malayalam ou en Tamoul ....mais là c coool, ça met encore plusss de piquant dans la sauce du voyage .
Aprés 5 jours de visite du sud de Bombay ( le quartier de Colaba et tout Marine drive ..)j'ai remonté enfin mon vélo qui était resté gentiment emballé, attaché au pied de mon lit dans la chambre de l'hotel (à ce moment là je pensais que des méchants allaient venir me voler mon cher vélo en mon absence ....pffff un peu trop parano au début, mais ça passe vite ):Bentley's hotel ....troooop cher (1100 Rs la nuit ...)mais au début je ne le savais pas et puis j'étais rassuré par le confort de la chambre .
Première sortie en ville de Bombay ....je me lève à 5h du matin, c'est mon heure habituelle, c'est là que la Ville se lève elle aussi et qu'il y a des gens à rencontrer ...au calme, et puis des couleurs de folie, des odeurs, tous les petits métiers du matin de la Vie et aussi ceux de la nuit qui ...vont dormir .Donc me voilà sur deux roues ...qui essaye de rouler à ...gauche ....mais automatiquement, dés que l'esprit est un peu en vadrouille sur telle ou telle chose qui se passe dans le paysage ( et tout est interressant si on prend le temps de bien regarder )...me voilà qui repart à ...droite !!! le peu de circulation à cette heure là m'a bien aidé, et puis les gars en face qui éclataient de rire de me voir sur la mauvaise file ...ça aide ! Au bout de la journée j'étais apte au grand départ vers le Sud de l'Inde .
Dnas mon petit guide routier on voit trés bien le trajet pour sortir de Bombay par la route ...c'est assez démentiel et long ! Donc au matin du 2 Novembre j'ai pris, au pied du Gateway of India, un petit bateau tout en bois, genre féry boat, et il m'a transporté jusqu'à : Mandve ...ernviron 25 miles au sud et un coin magnifique ...vraiment ne loupez pas ça mes amis !
Là mon Aventure à vraiment pris son élan ! Tout le long de cette côte, pas de grande routes, juste des petites voies bien entretenues et tranquiles, avec toujours des villages ou des hameaux ou on trouve à manger et surtout à boire : de l'eau en bouteille :Bislery ...à peu prés 50Rs le litre . J'en avais toujours 6 litres avec moi et je vous assure que ce n'était pas de trop ...je me souviens d'un jour ou écrasé de soleil toute la journée ( mais j'adore ça moi ...) j'ai sifflé mes 6 litres et j'en ai racheté 4 pour finir en beautée ( bon j'ai du utiliser au moins 1 bon litre pour m'arroser la tête et les jambes aussi par moments .
Question alimentation ce début de voyage à été space quand même, j'avais trés peur de manger "local" parceque au début ..franchement l'état de crasse des cuisines ou des boui boui ici ou là ..ça vous coince le ventre . Du coup j'ai été constipé pendant 9 jours et pour faire passer ça ...LE remède de chez moi ...à la Reunion ..: j'ai dévoré toooous les TAMARINS trouvés sur les arbres et dans les boutiques . C'est radical et en plus c'est trés bon ! vous verez ! à condition quand même de beaucoup boire ...de l'eau ...J'avais aussi emporté des gélules de BIOTRAVEL ...dont j'avais lu les qualitées sur ce site fantastique là ....voyage forum .com ....et bien le biotravel c'est extra les amis ! oui je suis certain qu'il m'a bien aidé . En fait j'en prenais quand j'avais des doutes sur certains trucs que j'avalais ...c'était trés ponctuel ..mais trés éficace : pendant ces 2 mois et demi je n'ai jamais été malade ...du ventre ...( arrivé à Pondy j'ai juste eu un gros coup de pompe : fièvres, étourdissements, moral en dessosu de zéro etc ...mais c parceque je voyais la fin du voyage arriver ...et le retour avec .)
Donc !donc !donc ! Parti de Bombay je suis descendu le long de cette côte, trés sauvage, franchement belle : la route est souvent au bord de la Mer, des plages immenses juste avec moi mon vélo ...et nos ombres dessus ! le peid total . Les gens sont trés curieux de nous voir là et m'offrnt volontier à boir l'eau de coco chez eux ....un jour, Ah oui ! ça peut être important ! dans ce coin là la route monte monte monet ..et puis bien sure ça redescend derrière ...mais les jolies petites côtes ça casse bien les jambes ...et puis c'est le début ...alords ne pas décourager mes amis ! il y a toujours un ou l'autre Indien, parfois avec Madame en Amazonne derrière, qui surgit avec sa mobylette et là ...oui ! kesss ki se passe ?? La dame vous tend la main ...tout le monde continue à rouler ..;et ces gens aaaadorables vous aident ainsi à gravair la jolie côte de 2 km qui alait vous engloutir encore un litre d'eau ....J'aurais aimé être un oiseau pour prendre cette photo vue du ciel ! La mob avec dessus un joli couple d'Indiens, deux bras (: un blanc et un assez noir )comme scotchés ...par la force de l'entraide simplement et un gars sur son vélo vélo HEUREUX ...tout ça avec des éclats de rire qui durent encore ...et sont gravés dans ma mémoire .
En allant vers le sud vous arriverez à MURUD, c'est une petite ville au bord de la Mer et c'est simple et beau : toujours à boire et à manger sans problèmes et de quoi dormir pour tous les tarifs ...bon il n'y en a pas 36 non plus ! Cabine téléphonique Of course !! et internet avec un peu de patience . Ah ! j'oubliais, avant d'atteindre MURUD ( prononcer mouroud ...) il y aura une rivière à traverser ...avec une petite pirogue, aprés avoir emprunter une piste toute en terre ...bien rouge ...il y a des mines de Boxite dans ce coin là et attention à bien mettre du WD40 un peu sur la colone de direction et dans les articulation du vélo ...la poussière est là, partout ( ah ! un peu comme les corbeaux aussi ...!!)et quand les gros trucks qui charient le minerais vers l'embouchure du fleuve ( là ou vous prendrez la pirogue ...)pour l'embarquer sur des barges direction la belgique je crois bien ....donc barrrrrrez vous de la piste !! les chauffeurs ne vous laisseront pas beaucoup de temps pour les voire passer .
aprés Murud direction : Srivardhan, puis Devgarth ...encore une pirogue et des moments uniques en vue !!! vous verez !! la vase dans les chaussures pour pédaler du matin au soir c'est pas top ! ..alors petit conseil : gardez vos savates sur le porte bagages et enlevez bien les chaussures pour mettre vos savattes, avant d'aller prendre les pirogues . Le confort sur la route, sur le vélo, ...bien dans ses chaussures, je suis sure que ça à participé à la réussite de mon voyage, mais bon ! les pros du vélo savent bien tout ça je me doute !
Aprés Devgarth, Bankot : Magnifiquement pommé puis Kelshi ...et repirogue . Là il faut prendre le temps de réaliser ou on est ! c'est complètemet encaissé au fond d'une petite valée, en pleine forêt ...presque vierge ( ben oui, il y à quand même 1milliard et quelques d'Indiens là bas !!) et au bord de l'embarcadère vous allez trouver une petite caze qui vous vendra LE PEPSI de vos rêves !!!et bien glacé !( bon moi je préfère quand même le Cocacola !!)
On continue la descente vers ...Dapoli...et là c'est trééééés moche ! enfin c'est mon avis ! et puis c'est pas au bord de la mer et moi j'etais trop bien en bord de Mer .
ça fait déja 4 jours qu'on roule, mais ça aurait pu durer plus, moi j'avais envie de rouler et de rouler encore, j'ai pris plein de photos et causé avec plein de gens . Là je commençais à me prendre pour le centre du monde ...tout le monde m'appele sur le bord du chemin et me demande d'ou je viens ....france ?? ...oh Yessss ! ZIDANE !!! wouaaaala ! j'étai plié de rire ...au début surtout ! parceque jusqu'à Pondichery les gens continuaient à m'appeler pour que je m'arrête et qu'on cauze encore et encore ...alors des fois croyez moi ça fatigue ! mais j'étai tellement heureux de vivre tout ça que c'est passé sans problèmes .
Comme ce périple s'est étiré sur plus de 3000 km, je ne vais pas pouvoir aller de ville en ville comme je le fais depuis le début de ce récit ....ceux qui vont y aller à leur tour trouveront bien la route ...en longeant les National Hyways ....du nord au sud puis en remontant vers Madras ...et plus haut si on veut . En passant ...les National Hyways c'est vraiment les pires routes que je connaisse ...et parfois il n'y à pas d'autres solutions pour filer, filer encore et se sortir de certains endroits pas sympas . Alors prendre patience et ne pas trop s'énerver ...savoir éviter surtout !! éviter les accidents, les gamelles dans la boue, les vaches, les vélos fous, les Trucks énormes qui roulent souvent avec des mauvais freins ...mais d'EXELLENTS Klaxons !!! et tant mieux !!! aprceque les Indiens en général aiment beaucoup klaxonner pour ...non seulement dire pousse toi ! ...mais aussi pour dire ...ATTTENTION ...!!J'ARRIIIIIIVE !!! et je trouve qu'ils se débrouillent finalement trés bien dans cette pagaille ...apparente... pour nous . Ce sont les rois de l'esquive je trouve ! j'ai vécu deux belles gamelles mais dans de la boue bien molle ...et ça amortit bien ! mais en dehors de ça et de quelques grand coups de poing que j'ai balancé à un ou l'autre gros bus (...trop costaud leur carrosserie en plus ..je les ai fait bienb rigoler ...)qui juste aprés m'avoir doublé à ..;disons 70 km h ...venait stopper net devant moi ... 100 mêtres plus loin pour faire monter des passagers ...n'importe ou, sur le bord du chemin ...au bout d'iunn petit moment on apprend à anticiper, quand il y a des gens qui attendent sur le bord du chemin ...prudence !!
je voudrai vous donner une petite liste de mes effets sur le vélo ...sans prétention, juste pour que ça puisse servir à ceux que ça interresse :
Puisque je n'avais droit qu'à 23 Kg sur British Airways ...vélo compris ...je suis parti avec les mains dans les poches et le vélo un peu emballé avec ses sacoches ( Ortlieb ...c'est génial comme c'est bien foutu ! et costaud ! ...les miennes étaient Rose fluo, volontairement ...et ils me voyaient bien je crois ! ) arrivé à Bombay j'ai "équipé la les bêtes ...le vélo et moi même !! :un sac à viande sur mesure en coton super qualité, quelques kurta ( jolie chemise en coton ..idem super qualité )j'avais sur moi un exellent bermuda quicksilver ...et je l'ai usé à blok ! il me servira encore pour la suite du voyage en plus ...vers Décembre 2007 ...chuuuuttt...)des trés bonnes basquettes ultralégères et faites pour aller aussi dans l'eau ...donc qui sèchait vite et bien ! j'ai acheté 2 pantalons en corton que j'ai fais recouper genre bermuda et voilà ! au bazard de Colaba je me suis acheté des effets perso : ...petit garde manger en inox à étage ( génial pour se transporter les thali et tout ce qui se mange en Inde ...avec des sauces qui arrrrrachent bien ! ) cuillère en métal ...manger à la main je suis pas trop trop habitué !!!et puis un gobelet inox aussi, une petite assiette pareil, un petit nécessaire de pharmacie ..pour compléter mes gélules de Biotravel : Coton, antiseptique en crème, alcool 70 °, saparadra, colyre pour les yeux ( j'ai quelques allergies ici en france alors ...) une petite boite en plastique pour y mettre la savonette qui colle de partout mais qui arrache bien ...c'est fou comme ça nettpoit bien la peau leurs savonettes là !!! et puis c'est parfumé au santal, au jasmin, au coc etc ..hhhhhmmmmmm... .trop bon !, une petite brosse en plastique pour laver mes habits ( je le faissais chaque soir en arrivant dans ma chambre et vue la chaleur le matin c'était propre ..et sec !! j'ai aussi fais le stok de petits carnets pour écrire tout ce qui me passait par la tête ..tout le temps ....et vers le début du Kérala j'ai acheté une cinquantaine de stylos ..Made in India ..pour pouvoir les distribuer sur les routes à touuuuus ces petits enfants qui me demandaient ...hello ! sir ! One Pen please !! one pen !!! d'ailleurs c'est vraiment en entrant au Kerala que j'ai commencé à comprendre le sens de leur demande ...et à mieux comuniquer avec tout le monde . vous savez quoi ? ..;des fois je me demande si c'était vraiment moi là bas, si je suis vraiment allé là bas ! je dis ça parceque revenu ici depuis quelques mois, la vie en France à repris ses droits ...même si je lutte fort ! ...maintenant que je suis riche de tout ça et que certaines choses me passent loin loin au dessus du coco .... Bon, bref ! ...la suite ! donc : équipement photo et mizik ! : Un appareil numérique Minolta avec écran qui se tourne dans tous les sens ..(.pfff je sais plus la référence excacte mais je vais vous la retrouver .. )et que je laissais en permanence dans la sacoche du guidon, ce qui m'a permis de shooter parfois en roulant certaines choses, et puis aussi à cet endroit là on ne pouvait pas me la voler . Il y avait aussi dans ma sacoche de guidon (Ortlieb ..of course !! ) un petit bijoux de technologie ....un disque dur externe : ARCHOS ..Gmini 402 : là franchement je ne regrette pas les 300 euros investis il prend 20 gigas ...: photos environ 10 000 celon le poids, videos environ 50, mizik ..là j'avais toute ma bibli Windows et je me suis régalé à écpouter du grand grand Sting ...assis SEUL sur quelques plages immenses ...ah ! non ! pas vraiment seul ! ..il y a toujours un ou deux corbeaux qui se ramènent, ou que vous soyez! de temps en temps, quand je sentai bien le cyber café ou je m'arrètais, je vidai quelques centaines de photos sur un CD que j'envoyais en france au cas ou . Total ! j'ai rapporté mes 5000 et quelques photos et vidéos et je n'ai pas fini de faire partager ma balade à ceux que j'aime . j'ai aussi aaaacheté deux petites lampes de poche à halogène genre porte clef, de la taille d'une barre de chocolat ..mars ...et qui se rechargent seules au soleil ....le top vraiment ...un soir en rentrant vers Goa et ...sans phares, je les avais scotchées sur le vélo et c'est allé au poil ! il y a bien sure aussi les systèmes à manivelles ..plus faaaatiguants . pour le vélo j'avais emporté avec mon petit sac dans l'avion ...oui j'en avais un ...touuuut petit ! donc j'avais : 2 cahmbres à air, 4 cables (frein et dérailleurs ), des nécessaires à rustines, une pompe téléscopique minuscule, un bidule qui vous fait tous les outils en un seul ..de marque allemende, des tas de petits bouts de cordages bateau ( oui j'aime bien les bateaux ...c'est ma maison ..) du velcro cousu mâle sur femelle ..;dos à dos ...pour faire comme une grande sangle et arimer n'importe quoi, n'importe ou sur le vélo !! ça, ils ont essayés de me le piquer au moins 4 fois ...mais j'ai résisté ! enfin ..;et je dois avoir oublié des trucs quand même ...enfin j'avais confectionné à ma voilerie préférée des petits sacs en toile à spi de couleurs ...attention !!! ..ROSE FLUO et JAUNE FLUO !! là ça arrache vraiment ! je vous promet ça se voit et ça évite de tout retrouver en vrac dans le fond des sacoches ....mais surtout, j'ai coupé des longues bandelettes de ces tissus flashis ( 1cm sur 40cm ) et j'ai fais avec ça une grosse grappe de bandelettes qui était attachée à la sacoche tribord arrière du vélo ...ouiiii tribord c'est à droite !! et bien oui ! comme on roule à gauche les fous du volant ils arrivent de derrière nous ..par la droite ...et de loin ils me voyaient j'en suis certain, avec cette belle chevelure rose et jaune qui me pendait au derrière . Ah aussi, j'avis un hamac avec moustiquaire intégrée ..léger et trés résistant . et puis ...suuuuper important!!! si si, !! des slips sans coutures !! ..trééééés confortables et ..résistants, et qui sèchent vite aussi ! wouaaaala !
bon, je fatigue là ! et puis il faut que je vous montre quelques photos ..mais je dois les réduire un peu en poids avant ! alors j'y vais . à bientôt mes amis .
Comme ce périple s'est étiré sur plus de 3000 km, je ne vais pas pouvoir aller de ville en ville comme je le fais depuis le début de ce récit ....ceux qui vont y aller à leur tour trouveront bien la route ...en longeant les National Hyways ....du nord au sud puis en remontant vers Madras ...et plus haut si on veut . En passant ...les National Hyways c'est vraiment les pires routes que je connaisse ...et parfois il n'y à pas d'autres solutions pour filer, filer encore et se sortir de certains endroits pas sympas . Alors prendre patience et ne pas trop s'énerver ...savoir éviter surtout !! éviter les accidents, les gamelles dans la boue, les vaches, les vélos fous, les Trucks énormes qui roulent souvent avec des mauvais freins ...mais d'EXELLENTS Klaxons !!! et tant mieux !!! aprceque les Indiens en général aiment beaucoup klaxonner pour ...non seulement dire pousse toi ! ...mais aussi pour dire ...ATTTENTION ...!!J'ARRIIIIIIVE !!! et je trouve qu'ils se débrouillent finalement trés bien dans cette pagaille ...apparente... pour nous . Ce sont les rois de l'esquive je trouve ! j'ai vécu deux belles gamelles mais dans de la boue bien molle ...et ça amortit bien ! mais en dehors de ça et de quelques grand coups de poing que j'ai balancé à un ou l'autre gros bus (...trop costaud leur carrosserie en plus ..je les ai fait bienb rigoler ...)qui juste aprés m'avoir doublé à ..;disons 70 km h ...venait stopper net devant moi ... 100 mêtres plus loin pour faire monter des passagers ...n'importe ou, sur le bord du chemin ...au bout d'iunn petit moment on apprend à anticiper, quand il y a des gens qui attendent sur le bord du chemin ...prudence !!
je voudrai vous donner une petite liste de mes effets sur le vélo ...sans prétention, juste pour que ça puisse servir à ceux que ça interresse :
Puisque je n'avais droit qu'à 23 Kg sur British Airways ...vélo compris ...je suis parti avec les mains dans les poches et le vélo un peu emballé avec ses sacoches ( Ortlieb ...c'est génial comme c'est bien foutu ! et costaud ! ...les miennes étaient Rose fluo, volontairement ...et ils me voyaient bien je crois ! ) arrivé à Bombay j'ai "équipé la les bêtes ...le vélo et moi même !! :un sac à viande sur mesure en coton super qualité, quelques kurta ( jolie chemise en coton ..idem super qualité )j'avais sur moi un exellent bermuda quicksilver ...et je l'ai usé à blok ! il me servira encore pour la suite du voyage en plus ...vers Décembre 2007 ...chuuuuttt...)des trés bonnes basquettes ultralégères et faites pour aller aussi dans l'eau ...donc qui sèchait vite et bien ! j'ai acheté 2 pantalons en corton que j'ai fais recouper genre bermuda et voilà ! au bazard de Colaba je me suis acheté des effets perso : ...petit garde manger en inox à étage ( génial pour se transporter les thali et tout ce qui se mange en Inde ...avec des sauces qui arrrrrachent bien ! ) cuillère en métal ...manger à la main je suis pas trop trop habitué !!!et puis un gobelet inox aussi, une petite assiette pareil, un petit nécessaire de pharmacie ..pour compléter mes gélules de Biotravel : Coton, antiseptique en crème, alcool 70 °, saparadra, colyre pour les yeux ( j'ai quelques allergies ici en france alors ...) une petite boite en plastique pour y mettre la savonette qui colle de partout mais qui arrache bien ...c'est fou comme ça nettpoit bien la peau leurs savonettes là !!! et puis c'est parfumé au santal, au jasmin, au coc etc ..hhhhhmmmmmm... .trop bon !, une petite brosse en plastique pour laver mes habits ( je le faissais chaque soir en arrivant dans ma chambre et vue la chaleur le matin c'était propre ..et sec !! j'ai aussi fais le stok de petits carnets pour écrire tout ce qui me passait par la tête ..tout le temps ....et vers le début du Kérala j'ai acheté une cinquantaine de stylos ..Made in India ..pour pouvoir les distribuer sur les routes à touuuuus ces petits enfants qui me demandaient ...hello ! sir ! One Pen please !! one pen !!! d'ailleurs c'est vraiment en entrant au Kerala que j'ai commencé à comprendre le sens de leur demande ...et à mieux comuniquer avec tout le monde . vous savez quoi ? ..;des fois je me demande si c'était vraiment moi là bas, si je suis vraiment allé là bas ! je dis ça parceque revenu ici depuis quelques mois, la vie en France à repris ses droits ...même si je lutte fort ! ...maintenant que je suis riche de tout ça et que certaines choses me passent loin loin au dessus du coco .... Bon, bref ! ...la suite ! donc : équipement photo et mizik ! : Un appareil numérique Minolta avec écran qui se tourne dans tous les sens ..(.pfff je sais plus la référence excacte mais je vais vous la retrouver .. )et que je laissais en permanence dans la sacoche du guidon, ce qui m'a permis de shooter parfois en roulant certaines choses, et puis aussi à cet endroit là on ne pouvait pas me la voler . Il y avait aussi dans ma sacoche de guidon (Ortlieb ..of course !! ) un petit bijoux de technologie ....un disque dur externe : ARCHOS ..Gmini 402 : là franchement je ne regrette pas les 300 euros investis il prend 20 gigas ...: photos environ 10 000 celon le poids, videos environ 50, mizik ..là j'avais toute ma bibli Windows et je me suis régalé à écpouter du grand grand Sting ...assis SEUL sur quelques plages immenses ...ah ! non ! pas vraiment seul ! ..il y a toujours un ou deux corbeaux qui se ramènent, ou que vous soyez! de temps en temps, quand je sentai bien le cyber café ou je m'arrètais, je vidai quelques centaines de photos sur un CD que j'envoyais en france au cas ou . Total ! j'ai rapporté mes 5000 et quelques photos et vidéos et je n'ai pas fini de faire partager ma balade à ceux que j'aime . j'ai aussi aaaacheté deux petites lampes de poche à halogène genre porte clef, de la taille d'une barre de chocolat ..mars ...et qui se rechargent seules au soleil ....le top vraiment ...un soir en rentrant vers Goa et ...sans phares, je les avais scotchées sur le vélo et c'est allé au poil ! il y a bien sure aussi les systèmes à manivelles ..plus faaaatiguants . pour le vélo j'avais emporté avec mon petit sac dans l'avion ...oui j'en avais un ...touuuut petit ! donc j'avais : 2 cahmbres à air, 4 cables (frein et dérailleurs ), des nécessaires à rustines, une pompe téléscopique minuscule, un bidule qui vous fait tous les outils en un seul ..de marque allemende, des tas de petits bouts de cordages bateau ( oui j'aime bien les bateaux ...c'est ma maison ..) du velcro cousu mâle sur femelle ..;dos à dos ...pour faire comme une grande sangle et arimer n'importe quoi, n'importe ou sur le vélo !! ça, ils ont essayés de me le piquer au moins 4 fois ...mais j'ai résisté ! enfin ..;et je dois avoir oublié des trucs quand même ...enfin j'avais confectionné à ma voilerie préférée des petits sacs en toile à spi de couleurs ...attention !!! ..ROSE FLUO et JAUNE FLUO !! là ça arrache vraiment ! je vous promet ça se voit et ça évite de tout retrouver en vrac dans le fond des sacoches ....mais surtout, j'ai coupé des longues bandelettes de ces tissus flashis ( 1cm sur 40cm ) et j'ai fais avec ça une grosse grappe de bandelettes qui était attachée à la sacoche tribord arrière du vélo ...ouiiii tribord c'est à droite !! et bien oui ! comme on roule à gauche les fous du volant ils arrivent de derrière nous ..par la droite ...et de loin ils me voyaient j'en suis certain, avec cette belle chevelure rose et jaune qui me pendait au derrière . Ah aussi, j'avis un hamac avec moustiquaire intégrée ..léger et trés résistant . et puis ...suuuuper important!!! si si, !! des slips sans coutures !! ..trééééés confortables et ..résistants, et qui sèchent vite aussi ! wouaaaala !
bon, je fatigue là ! et puis il faut que je vous montre quelques photos ..mais je dois les réduire un peu en poids avant ! alors j'y vais . à bientôt mes amis .
Pour pouvoir continuer à vous raconter mon voyage, j'ai repris le livre que j'avais acheté à bombay en arrivant ...et qui est franchement une bible pour les gens de la route comme je l'ai été là bas :India Road Atlas ...edition EICHER ....un genre de guide routier comme en France, les atlas routiers Michelin :au prix de 370 Rs et que vous trouverez sur le trottoir ...pas loin du Léopold Café à Bombay ...dans le quartier de Colaba .Ce guide est trés bien fait et il à un format bien cool pour le vélo ! moi je l'avais tantôt dans la sacoche du guidon, tantôt sanglé sur une des sacoches arrières ou sur la valise de porte bagages arrière . Tout est en Anglais et les distances en KM sont assez proches de la réalitée . Ce qui est pratique aussi c'est que les Indiens retrouvaient trés vite les noms que je leur indiquait sur les pages et ainsi je ne me suis jamais vraiment perdu ...même si par endroits les directions sur les paneaux sont écrites UNIQUEMENT en Malayalam ou en Tamoul ....mais là c coool, ça met encore plusss de piquant dans la sauce du voyage .
Aprés 5 jours de visite du sud de Bombay ( le quartier de Colaba et tout Marine drive ..)j'ai remonté enfin mon vélo qui était resté gentiment emballé, attaché au pied de mon lit dans la chambre de l'hotel (à ce moment là je pensais que des méchants allaient venir me voler mon cher vélo en mon absence ....pffff un peu trop parano au début, mais ça passe vite ):Bentley's hotel ....troooop cher (1100 Rs la nuit ...)mais au début je ne le savais pas et puis j'étais rassuré par le confort de la chambre .
Première sortie en ville de Bombay ....je me lève à 5h du matin, c'est mon heure habituelle, c'est là que la Ville se lève elle aussi et qu'il y a des gens à rencontrer ...au calme, et puis des couleurs de folie, des odeurs, tous les petits métiers du matin de la Vie et aussi ceux de la nuit qui ...vont dormir .Donc me voilà sur deux roues ...qui essaye de rouler à ...gauche ....mais automatiquement, dés que l'esprit est un peu en vadrouille sur telle ou telle chose qui se passe dans le paysage ( et tout est interressant si on prend le temps de bien regarder )...me voilà qui repart à ...droite !!! le peu de circulation à cette heure là m'a bien aidé, et puis les gars en face qui éclataient de rire de me voir sur la mauvaise file ...ça aide ! Au bout de la journée j'étais apte au grand départ vers le Sud de l'Inde .
Dnas mon petit guide routier on voit trés bien le trajet pour sortir de Bombay par la route ...c'est assez démentiel et long ! Donc au matin du 2 Novembre j'ai pris, au pied du Gateway of India, un petit bateau tout en bois, genre féry boat, et il m'a transporté jusqu'à : Mandve ...ernviron 25 miles au sud et un coin magnifique ...vraiment ne loupez pas ça mes amis !
Là mon Aventure à vraiment pris son élan ! Tout le long de cette côte, pas de grande routes, juste des petites voies bien entretenues et tranquiles, avec toujours des villages ou des hameaux ou on trouve à manger et surtout à boire : de l'eau en bouteille :Bislery ...à peu prés 50Rs le litre . J'en avais toujours 6 litres avec moi et je vous assure que ce n'était pas de trop ...je me souviens d'un jour ou écrasé de soleil toute la journée ( mais j'adore ça moi ...) j'ai sifflé mes 6 litres et j'en ai racheté 4 pour finir en beautée ( bon j'ai du utiliser au moins 1 bon litre pour m'arroser la tête et les jambes aussi par moments .
Question alimentation ce début de voyage à été space quand même, j'avais trés peur de manger "local" parceque au début ..franchement l'état de crasse des cuisines ou des boui boui ici ou là ..ça vous coince le ventre . Du coup j'ai été constipé pendant 9 jours et pour faire passer ça ...LE remède de chez moi ...à la Reunion ..: j'ai dévoré toooous les TAMARINS trouvés sur les arbres et dans les boutiques . C'est radical et en plus c'est trés bon ! vous verez ! à condition quand même de beaucoup boire ...de l'eau ...J'avais aussi emporté des gélules de BIOTRAVEL ...dont j'avais lu les qualitées sur ce site fantastique là ....voyage forum .com ....et bien le biotravel c'est extra les amis ! oui je suis certain qu'il m'a bien aidé . En fait j'en prenais quand j'avais des doutes sur certains trucs que j'avalais ...c'était trés ponctuel ..mais trés éficace : pendant ces 2 mois et demi je n'ai jamais été malade ...du ventre ...( arrivé à Pondy j'ai juste eu un gros coup de pompe : fièvres, étourdissements, moral en dessosu de zéro etc ...mais c parceque je voyais la fin du voyage arriver ...et le retour avec .)
Donc !donc !donc ! Parti de Bombay je suis descendu le long de cette côte, trés sauvage, franchement belle : la route est souvent au bord de la Mer, des plages immenses juste avec moi mon vélo ...et nos ombres dessus ! le peid total . Les gens sont trés curieux de nous voir là et m'offrnt volontier à boir l'eau de coco chez eux ....un jour, Ah oui ! ça peut être important ! dans ce coin là la route monte monte monet ..et puis bien sure ça redescend derrière ...mais les jolies petites côtes ça casse bien les jambes ...et puis c'est le début ...alords ne pas décourager mes amis ! il y a toujours un ou l'autre Indien, parfois avec Madame en Amazonne derrière, qui surgit avec sa mobylette et là ...oui ! kesss ki se passe ?? La dame vous tend la main ...tout le monde continue à rouler ..;et ces gens aaaadorables vous aident ainsi à gravair la jolie côte de 2 km qui alait vous engloutir encore un litre d'eau ....J'aurais aimé être un oiseau pour prendre cette photo vue du ciel ! La mob avec dessus un joli couple d'Indiens, deux bras (: un blanc et un assez noir )comme scotchés ...par la force de l'entraide simplement et un gars sur son vélo vélo HEUREUX ...tout ça avec des éclats de rire qui durent encore ...et sont gravés dans ma mémoire .
En allant vers le sud vous arriverez à MURUD, c'est une petite ville au bord de la Mer et c'est simple et beau : toujours à boire et à manger sans problèmes et de quoi dormir pour tous les tarifs ...bon il n'y en a pas 36 non plus ! Cabine téléphonique Of course !! et internet avec un peu de patience . Ah ! j'oubliais, avant d'atteindre MURUD ( prononcer mouroud ...) il y aura une rivière à traverser ...avec une petite pirogue, aprés avoir emprunter une piste toute en terre ...bien rouge ...il y a des mines de Boxite dans ce coin là et attention à bien mettre du WD40 un peu sur la colone de direction et dans les articulation du vélo ...la poussière est là, partout ( ah ! un peu comme les corbeaux aussi ...!!)et quand les gros trucks qui charient le minerais vers l'embouchure du fleuve ( là ou vous prendrez la pirogue ...)pour l'embarquer sur des barges direction la belgique je crois bien ....donc barrrrrrez vous de la piste !! les chauffeurs ne vous laisseront pas beaucoup de temps pour les voire passer .
aprés Murud direction : Srivardhan, puis Devgarth ...encore une pirogue et des moments uniques en vue !!! vous verez !! la vase dans les chaussures pour pédaler du matin au soir c'est pas top ! ..alors petit conseil : gardez vos savates sur le porte bagages et enlevez bien les chaussures pour mettre vos savattes, avant d'aller prendre les pirogues . Le confort sur la route, sur le vélo, ...bien dans ses chaussures, je suis sure que ça à participé à la réussite de mon voyage, mais bon ! les pros du vélo savent bien tout ça je me doute !
Aprés Devgarth, Bankot : Magnifiquement pommé puis Kelshi ...et repirogue . Là il faut prendre le temps de réaliser ou on est ! c'est complètemet encaissé au fond d'une petite valée, en pleine forêt ...presque vierge ( ben oui, il y à quand même 1milliard et quelques d'Indiens là bas !!) et au bord de l'embarcadère vous allez trouver une petite caze qui vous vendra LE PEPSI de vos rêves !!!et bien glacé !( bon moi je préfère quand même le Cocacola !!)
On continue la descente vers ...Dapoli...et là c'est trééééés moche ! enfin c'est mon avis ! et puis c'est pas au bord de la mer et moi j'etais trop bien en bord de Mer .
ça fait déja 4 jours qu'on roule, mais ça aurait pu durer plus, moi j'avais envie de rouler et de rouler encore, j'ai pris plein de photos et causé avec plein de gens . Là je commençais à me prendre pour le centre du monde ...tout le monde m'appele sur le bord du chemin et me demande d'ou je viens ....france ?? ...oh Yessss ! ZIDANE !!! wouaaaala ! j'étai plié de rire ...au début surtout ! parceque jusqu'à Pondichery les gens continuaient à m'appeler pour que je m'arrête et qu'on cauze encore et encore ...alors des fois croyez moi ça fatigue ! mais j'étai tellement heureux de vivre tout ça que c'est passé sans problèmes .
Bon ! à Montpellier il pleut des cordes et y a trop de vent!! alors je suis scotché à l'ordi et à vous ...j'ai oublié d'aller déjeunner ...hmmmmm ! c'est beau les voyages !, ça efface la grisaille, là je suis rempli de soleil !
bon appétit amis voyageurs !



