Commençons par le réseau routier et la circulation en Tunisie. Les routes tunisiennes sont généralement bonnes avec un petit réseau autoroutier payant mais tout à fait abordable. La réglementation est la même qu'en France avec une signalisation bilingue arabe‑français. La vitesse est limitée à 50 km/h en ville, 90 km/h sur route (70 km/h à Djerba) et 110 km/h sur autoroute.Ce qui n'empêche que les « normes locales » de circulation interdisent de relâcher sa vigilance lorsque l'on est sur la route. Attention donc aux autres conducteurs et à tout ce qui peut circuler, notamment à la tombée de la nuit, qu'il s'agisse de piétons, d'animaux, de véhicules non éclairés ou autres. Autre conseil: n'oubliez pas que si les stations services sont nombreuses en ville, elles le sont bien moins ailleurs. Donc, si vous êtes motorisés, faites le plein avant toute excursion, surtout si vous voulez aller vous balader en zone désertique.
Disposer de son véhicule est à l'évidence un excellent moyen pour découvrir le pays. C'est même le meilleur grâce à la liberté et parfois au gain de temps qu'il offre par rapport aux autres modes de transports, notamment dans le Sud
Véhicule personnel
Si vous pensez amener votre véhicule en Tunisie, il faudra prévoir, outre son permis de conduire français qui restera valable pendant un an, la carte grise du véhicule qui devra être au nom du conducteur, plus l'attestation papier de son assurance.À l'arrivée, les douanes tunisiennes vous délivreront alors une autorisation de circulation provisoire valable pour 3 mois. Passé ce délai, il faudra demander une prolongation auprès d'un bureau régional des douanes et acquitter quelques taxes. Depuis peu, il est possible de faire une pré-déclaration en ligne pour toutes ces démarches sur des appli dédiées des douanes tunisiennes. De quoi se simplifier la vie et recevoir en retour un QR code qui facilitera le moment venu le passage en douane.À savoir enfin que tout véhicule est rattaché au passeport de son propriétaire. Ce qui fait que l'on est obligé de ressortir du pays avec celui‑ci. Une mesure prise par les autorités afin d'éviter la vente de voitures étrangères dans le pays par des non‑résidents.
Location
De manière générale, les compagnies de location internationales et locales sont nombreuses et se disputent les clients, y compris désormais avec un petit parc de véhicules électriques. D'où, dans l'ensemble, des tarifs intéressants. Comptez environ 40 à 50 €/jour minimum pour un modèle standard.Sur le plan pratique, il est à noter que certains loueurs acceptent la prise et la remise de la voiture dans des villes différentes, sans supplément. Par contre, nombreux sont aussi ceux qui n'autorisent pas de faire de la piste avec un véhicule non 4×4. D'ailleurs, si vous pensez vous attaquer à la zone saharienne du pays, soyez un minimum équipés et évitez de rouler de nuit.
La Tunisie possède un bon réseau de transports en commun qui fonctionne plutôt bien et permet de visiter le pays à peu de frais.
Bus
Le réseau de bus tunisien est conséquent et intéressant avec une société nationale (la SNTRI) et plusieurs transporteurs régionaux. Il permet d'aller partout ou presque, notamment dans le nord, à des tarifs économiques et moindres que le train.De plus, plusieurs compagnies (mais pas toutes), dont la nationale, proposent des véhicules confortables et assez rapides sur certaines lignes. Généralement, il n'y a qu'une seule gare de bus dans les villes.Bref, le bus est également un bon mode de locomotion pour découvrir le pays que l'on peut d'ailleurs privilégier si l'on souhaite rester sur les grands axes ou dans les villes. Au niveau tarifs, comptez quelques euros par tranches de 100 km parcourus selon les compagnies. À noter quand même, qu'en saison, sur les principales lignes touristiques, il peut être utile de réserver son siège au préalable.
Principales compagnies:
SNTRI: c'est la compagnie nationale de bus et la première du pays avec un bon réseau d'une cinquantaine de lignes.
SRTB: une compagnie de Bizerte pour un réseau sur la côte nord, de Tabarka à Tunis.
SRTGN: c'est la société des bus de la région de Nabeul avec une desserte du Cap Bon et de la côte entre Tunis et Monastir.
Il s'agit là de minibus ou de grosses voitures appelés « louages » faisant des liaisons entre villes généralement pas trop éloignées et où on s'entasse à 6 ou 7 passagers ou une quinzaine s'il s'agit d'un minibus. Très populaires, ils sont légèrement plus chers que les bus locaux mais en principe aussi plus rapides. On les trouve souvent pas loin des gares de bus et ils ne partent que lorsqu'ils sont pleins. Ils ne disposent pas de compteur et la course doit toujours être négociée avant.
Les amateurs seront ravis, quoique bien moins qu'au Maroc quand même, notamment dans le sud tunisien où ceux qui aiment les pistes devraient y trouver leur compte.
Vélo
Quant à circuler à vélo en Tunisie, c'est possible et bien sûr nettement plus facile pour ce qui est de la partie nord ou de la côte. Dans le sud, il faudra ainsi prévoir ses réserves d'eau et son ravitaillement pour peu que l'on sorte des sentiers battus. D'ailleurs, rien n'empêche, à l'occasion, de mettre aussi son vélo dans un bus pour les trajets trop longs ou fastidieux. Ceci étant, dans tous les cas vu les températures, mieux vaut éviter de partir à vélo en été.
La pratique du stop n'est pas vraiment répandue en Tunisie pour les touristes, et le coût modique des transports enlève aussi de son intérêt. Reste que le long de la côté, de Tunis à Djerba, l'auto‑stop peut marcher du fait du trafic et des nombreux vacanciers véhiculés. Ailleurs c'est bien plus aléatoire, voire déconseillé pour le Sud. Déconseillé également, le stop pour les filles.
Le réseau ferré tunisien de la SNCFT est d'environ 2 000 km et couvre plutôt bien le pays en reliant la plupart des grandes villes. Les trains sont assez lents mais ponctuels et économiques, quoique un peu plus chers que le bus même s'il existe différentes cartes de réduction et forfaits. Comme pour les bus, en saison et sur les principaux axes, il peut être utile de réserver son siège au préalable.À noter aussi qu'au départ de Tunis existe un « RER » de banlieue (TGM) bien pratique et économique desservant les sites touristiques du nord de la capitale (Carthage, Sidi Bou Said…).Dans un autre genre, un train touristique, le "Lézard rouge", permet quant à lui de découvrir sur une quarantaine de kilomètres les Gorges de Selja situées dans le Sud, du côté de la ville de Tozeur.
Il existe une desserte intérieure entre Sfax et les Îles Kerkennah avec la compagnie Sonotrak. Quant à l'île de Djerba, elle est reliée au continent par une route de 7 kilomètres, ainsi qu'accessoirement par un bac entre Jorf et Ajim.
Le réseau domestique tunisien est limité; juste quelques dessertes du groupe Tunisair de/vers la capitale pour les villes les plus éloignées ou Monastir. Les tarifs demeurent abordables. De toutes, c'est la liaison Tunis‑Djerba qui demeure la plus fréquentée et intéressante avec plusieurs vols quotidiens en saison.
Même s'il est agréable de se balader à pied dans les centres‑villes, d'utiliser les bus urbains ou le TGM (tramway) pour Tunis, ne pas hésiter à l'occasion à prendre aussi les taxis (jaunes) qui sont très nombreux. Ils demeurent très économiques pour peu qu'ils fassent tourner leur compteur. Prévoir si possible l'appoint et un petit pourboire à l'arrivée d'en gros 10%. Comme toujours, on pourra demander à son hôtelier le prix moyen des courses pour se faire une idée, mais dans l'ensemble comptez dans les 3 € pour un trajet de 5 ou 6 km en ville de jour (et le double en tarif nuit).
Même si comme toujours avoir son propre véhicule offre plus de liberté et un gain de temps dans ses déplacements, circuler en bus et train demeure aussi une bonne option pour découvrir la Tunisie qui plus est à petit prix.