Film: "Into The Wild"
FR

This discussion is in French, the community’s main language.

LE Lepiaf Globetrotter ·
J'ai suivi tes échanges avec kola, autant je comprends bien ce qu'elle écrit autant j'ai du mal à te suivre. Le français n'étant pas ta langue maternelle, ce n'est pas toujours facile de discuter avec toi par écrit, il faut que tu en prennes conscience. Ta dernière réponse est, je pense, complètement à côté de la plaque (j'espère que tu connais cette expression).
KO Kola Globetrotter ·
hery, Je crois qu'on ne se comprend pas... Nous ne percevons pas les choses de la même manière, mais ce n'est pas très grave...

Ce qui me gêne, un peu, c'est l'intention polémique de ton message, rempli de : ?! ?! ?! ... Message qui me prête des intentions que je n'ai pas...

Alors on va peut être en rester là...

Essaie d'aller voir le film...
HE Hery Veteran ·
Essaie d'aller voir le film...

Pourquoi ?! D'abord, je n'aime pas aller au ciné ... De plus, le livre ne m'a pas stimulé ...

Pourquoi une intention polémique ?! Pas du tout !!!

A l'inverse, il me semble que tu penses que j'ai l'esprit lent ou suis du genre têtu. Tu me racontes toujours l'histoire de ce film (... un film qui raconte une histoire vraie... L'histoire d'un chemin de vie, d'une destinée, qui s'achève tragiquement, stupidement, tristement... Celle de Christopher McCandless...). Kola, j'ai lu le livre de Krakauer ...

Et je dis encore : courageux, idéaliste mais aussi naïf (souvent, idéalisme et naïveté se cotôyent)

On reste en là ...

hgb
HE Hery Veteran ·
Ta dernière réponse est, je pense, complètement à côté de la plaque (j'espère que tu connais cette expression).

Je la connais ... mais je ne partage pas ton estimation.

hgb
FA Fabricia Globetrotter ·
J'ai terminé la lecture du livre de Jon Krakauer qui a inspiré à Sean Penn le film "Into the wild". Passionnant, émouvant, j'ai eu l'impression d'avoir vu un film tant l'histoire est menée avec sensibilité par l'auteur qui semble avoir eu, au même âge, quelques affinités avec Chris McCandless. Un livre qu'on ne lâche plus tant on est accroché par le cheminement de ce garçon étrange et attachant...

Le film suit très fidèlement le livre dont S. Penn a dit avoir été très impressionné lorsqu'il l'a lu. Voici deux extraits d'une interview donnée par S.P. à Paris lors de la sortie de son film, en octobre 2007 :

INTERVIEW SEAN PENN " - Il y a beaucoup de références à la culture de la fin des années 60, comme un voyage à travers la face cachée de l'Amérique, était-ce déjà le cas du livre original ? - Oui j'y suis resté très fidèle. Le film parle de cette génération. Il y a bien sûr le voyage de Chris mais il s'agit d'abord du livre de Jon (NDLR: Jon Krakauer, journaliste qui a écrit Voyage au bout de la solitude).Lorsque je l'ai lu il y a plus de dix ans, il m'a laissé une impression indélébile. Je l'ai lu deux fois et au bout de ces dix ans, j'ai eu l'opportunité d'en faire un film. Entre ma première version du scénario et la version finale, j'ai changé très peu de choses. Le livre était imprimé en moi. Les ajustements rares que j'ai faits proviennent des impressions que j'ai eues sur la route en suivant les traces de Chris, des suggestions de mes collaborateurs (Emile Hirsch et le directeur de la photographie Eric Gautier). - Qu'est ce qui vous a bouleversé dans la lecture de ce livre ? Vous avez des points communs avec le personnage ? - Ma première réaction était visuelle, par rapport à la couverture, une photo en Noir et blanc du bus de Chris en Alaska. Je l'ai lu sans arrière-pensée, sans rechercher de thèmes pour une réalisation, juste pour le plaisir, Mais arrivé à la dernière page, j'ai eu le sentiment d'avoir vu un film. Je l'ai relu et chaque page évoquait une image, faisait entendre la voix de Chris. Fondamentalement, l'émotion qui m'a envahi, part de mon admiration pour sa volonté sans failles. Vous savez, même lorsqu'on traverse l'Alaska, on a une équipe, un confort, des douches chaudes, des repas assurés sans avoir à chasser. On se rend compte du courage qu'il lui a fallu pour passer 113 jours à l'écart de tout cela, par décision. Ce qui m'a touché c'est cette obstination, cette volonté absolue de mener sa quête jusqu'au bout. Tout le monde, et pas seulement moi, peut se reconnaître dans ce livre. Chacun de nous, consciemment ou non, partage cette volonté de parcourir le monde et j'aimerais que ce film rappelle cela. Dans notre monde occidental, nous avons perdu l'habitude des rites de passage, les rites initiatiques où l'on apprend à se connaître soi-même, à profiter de l'instant présent. Cela trouve un écho en nous tous, cette volonté de découverte, de parcourir le monde, est universelle".

Ce livre est à lire, avant pour ceux qui n'ont pas encore vu le film... mais il peut aussi bien l'être après, pour revivre une fois encore l'errance d'un garçon que rien ne destinait à cette fin tragique.
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
HE Hery Veteran ·
un héros magnifique, je disais que c'est Ulysse en beaucoup mieux, il a tout du héros mythique qui n'existe pas dans la vraie vie. Vu le propos du film, ça sert surtout à signaler combien il est exceptionnel (le vrai Chris était forcément exceptionnel pour avoir ce parcours)

Bonjour,

un héros ?! Non, pas du tout ... C'est exactement ce qui me dérange dans ce débat, cette stylisation. A mon avis, McCandless (du livre) était un idéaliste (très dévoué, jusqu'à la mort), un rêveur et un naif (à la recherche d'Alaska de Jack London (= idylle romantisée, pas la réalité)) ...

hgb
LE Lepiaf Globetrotter ·
Tu donnes un sens trop restrictif au mot "héros". S'il peut signifier "une personne qui se distingue par des qualités ou des actions exceptionnelles, par son courage face au danger", il est employer aussi pour désigner "une personne qui tient le rôle principal dans un évènement, qui s'y distingue".

Chris correspond parfaitement à cette seconde définition.
HE Hery Veteran ·
S'il peut signifier "une personne qui se distingue par des qualités ou des actions exceptionnelles, par son courage face au danger", il est employer aussi pour désigner "une personne qui tient le rôle principal dans un évènement, qui s'y distingue".

Bien sûr, on est d'accord qu'il n'est pas un héro (à des qualités ou des actions exceptionnelles, par son courage face au danger). Principalement, je peux accepter un "héros" dans le 2e sens, mais je me demande: faut-il forcément désigner une telle personne "héros" ... ?! hgb
LE Lepiaf Globetrotter ·
mais je me demande: faut-il forcément désigner une telle personne "héros" ... ?

Tu sais bien que les langues vivantes évoluent en permanence. Dans mon foyer, nous utilisons couramment le mot "héros" pour désigner le personnage principal d'un film ou d'un livre, qu'il ait des caractéristiques héroïques ou non. Quand j'étais enfant, ce n'était pas le cas.
HE Hery Veteran ·
Dans mon foyer, nous utilisons couramment le mot "héros" pour désigner le personnage principal d'un film ou d'un livre, qu'il ait des caractéristiques héroïques ou non.

Aaaaaah, je comprends, donc un "héros" d'un film au sens d'un protagoniste ...

Dans ce sens, Chris est bien sûr et sans doute LE héros de ce film.

Je vois, on se comprend et le week-end est sauvé ...

Bon week-end, hgb
ST Struebi Regular ·
Sans vouloir gâcher ton week-end, je ne peux pas en rester là. Quand j'ai désigné Chris McCandless comme un héros, ça n'était pourtant pas pour signifier qu'il est le personnage principal (!). ça on a compris, il occupe l'écran presque tout le temps. Je le désigne bien comme l'auteur de hauts faits, comme un être magnifique et chargé de gloire. Là c'est clair. Les références culturelles concernant les "héros" sont souvent celles-ci: des hommes dévorés par la recherche de la puissance, recourant sans cesse à la violence mais pour des raisons qui sont complaisamment justifiées. On érige aussi en héros des individus particulièrement talentueux, qui ont pu rendre de grands services à la communauté. Mais McCandless, je trouve qu'il a tout d'un héros alors qu'il ne se distingue pas lors de terribles batailles, qu'il n'a pas l'apparence d'un homme puissant et fier que tout le monde admire: c'est un vagabond aux habits râpés qui erre sans un sou en poche. Ce qui l'apparente aux héros, c'est que par sa force de caractère et son intégrité sans faille, il offre un exemple saisissant et superbe à tous ceux qui prennent connaissance de sa vie. Le dédain pour la volonté de puissance, la grandeur d'âme, la recherche du mieux, la droiture, le refus des compromissions, le courage physique et moral, ...ne trouve-t-on pas là des vertus qui en font un être exceptionnel dont la conduite touchera l'homme commun? Pourquoi rend-on des honneurs aux préfets et distingue-t-on de l'ordre du mérite des footballeurs? Moi je tiens à rendre hommage à Chris McCandless, et c'est ce qu'à fait également Sean Penn avec son film.

Struebi
HE Hery Veteran ·
Bonjour Struebi,

on peut longtemps discuter la définition d'un "héros" ... Par ailleurs, je crois qu'en tant que Français que tu es, tu peux traiter ce terme beaucoup plus naturel que moi; je ne pense qu'au "héros de guerre" et la "mort héroïque" (3e Reich) ainsi qu'au "héros du travail" (la RDA) pour t'expliquer mon scepticisme élémentaire face à ce terme ...

Mais à part de ces implications historiques, pour moi un héros est du moins une personne à des qualités extraordinaires qui, de manière altruiste, prend fait et cause pour des autres (je pense p.ex. à Nelson Mandela, à Martin Luther King ou aussi à une sœur infirmière d'une station de lèpre en Afrique). Par contre, Chris était quoi ?! Un outlaw misanthropique qui ne pensait qu'à lui-même ...

Et pourtant, en fin de compte, pour moi, Chris n'était ni un cinglé (loin de ça) ni un héros ... J'admire son idéalisme indomptable (dont le côté sombre dévoilait un entêtement buté) mais je n'admire pas du tout son attitude misanthropique, sa naïveté (voir mes messages en haut) et sa prétention en face de la nature. Pour cela, l'impitoyable nature d'Alaska l'a puni ...

Struebi, c'est le petit Chris en nous tous que touche le film pendant 2 heures. Des millions de gens vont au ciné pour voir ce film mais personne parmi eux l'imite ...

hgb
ST Struebi Regular ·
Bonjour Hery,

Effectivement, avec les références culturelles qui te viennent à l'esprit (et que je connais très peu), ça doit sembler étrange que je le désigne comme un héros 😮. Enfin on se comprend malgré tout. J'ai longuement expliqué ce que je trouvais particulièrement admirable chez McCandless.

Concernant la misanthropie, mon appréciation est plus nuancée. Au départ, Chris a un rejet viscéral du petit monde étroit d'esprit, hypocrite, superficiel qu'il fréquente sur la côte Est. Il s'y sent extrêmement mal et il observe la médiocrité de ses semblables avec une acuité remarquable. Bref, tout le destine à choisir le moyen le plus court pour ne plus être sans cesse déçu: l'éloignement. A ce stade, la misanthropie est réelle, puisqu'on dirait qu'il ne trouve pas même un allié autour de lui alors qu'une population n'est jamais constituée à 100% de gens ayant les mêmes points de vue, ni d'ailleurs la même attitude dans la vie. Ensuite, pendant ses longues pérégrinations, la misanthropie est plus discutable: il noue des relations fortes avec des gens très différents, et on voit bien qu'ils s'apportent mutuellement des choses essentielles. Et pourtant il finit toujours par les laisser tomber assez durement pour reprendre la route vers la solitude totale dont il rêve. Et finalement, on constate que son projet n'était pas de vivre loin de tous, définitivement fâché, pour le reste de ses jours ni même pour une très longue période. Il semble qu'il voyait cette expérience comme nécessaire et incontournable pour trouver la sérénité qui ne l'avait jamais habité, mais il en anticipait sans doute un résultat si positif que son retour dans le monde des humains lui paraissait possible après sa période de réflexion et de repos dans la nature. Thoreau lui même n'est parti vivre dans les bois que 2 ans, et il voyait cela comme une étape et non une fin. C'est comme ça que je vois les choses, mais je ne peux en être certain, parce que sa volonté d'aller vivre en ermite en Alaska est tellement obsessionnelle que peut-être il n'avait à l'esprit que ce but, sans laisser aucune place à la réflexion sur l'avenir. Il me fait penser à Lauri, dans "les sept frères", d'Alexis Kivi (chef d'oeuvre de la littérature Finlandaise), qui rabâche comme un automate "ce qu'il nous faut faire, c'est aller vivre dans les bois, loin de ce monde perfide et laid".

Au plaisir de te lire, discussion intéressante autour d'un personnage vraiment intéressant.

Struebi
HE Hery Veteran ·
Bonjour Struebi,

j'ai bien compris ce que tu disais dans ton dernier message, et peux grosso modo souligner tout.

Pourtant, laisse-moi faire référence à ton avant-dernier message dans lequel tu parles des footballeurs et les mérites (douteux, selon toi) que l'on leur attribue ... Bon, si Zidane est un héros ou non, on laisse, peu intéressant, MAIS : Zidane est un modèle pour d'innombrables garçons et même filles qui aiment devenir comme lui. Il ne faut pas sous-estimer cette fonction qu'il a (par ailleurs, je préfère utiliser beaucoup plus "modèle, idéal ..." auprès de "héros") ... Hier, j'ai oublié de mentionner les frère et sœur Hans & Sophie Scholl et leur groupe de résistance, la Rose Blanche, dont l'humanisme! et le courage! de s'opposer intransigeantement contre le régime nazi, est un modèle pour les générations subséquentes jusqu'aujourd'hui ... Leur résistance s'étant orientée à des valeurs humanistes était vraiment héroïque !

Eux ne sont pas de mythe !!!

hgb

(Pourrais-tu me dire un peu de plus sur cet écrivain finlandais, A. Kivi et sur ce livre mentionné, car la Finlande est une petite passion de moi côté Europe)
ST Struebi Regular ·
Hery,

D'accord sur le fait que, subjectivement, des footballeurs peuvent être considérés comme des héros, c'est net. Enfin les valeurs qu'ils offrent aux yeux des admirateurs sont surtout de l'adresse, un fort esprit de compétition, un certain enthousiasme. Du reste, je tenais à rendre hommage à la personnalité de McCandless mais ça a déjà été amplement fait, et je trouve que c'est très juste et tout à fait profitable aux lecteurs/spectateurs, qui trouveront dans ce témoignage des réflexions très importantes, ce qui n'était pas évident (allez voir Alien versus Predator requiem ou american pie 12 et dites moi ce qu'il en sort de fort et positif, ha ha ha).

A propos d'Aleksis Kivi (c'est bien avec un k), et bien c'est un auteur aussi connu en Finlande que Victor Hugo en France, mais malheureusement la culture de pays pourtant pas très éloignés géographiquement voyage très peu et très mal. Il a vécu au 19° siècle et a écrit en langue finnoise plutôt qu'en suédois, ce qui dans le contexte de l'époque était très original. Son oeuvre la plus connue est "les sept frères", c'est un monument d'humour, un récit épique passionnant, un peu surréaliste par moment... c'est vraiment génial. comme l'indique le titre, l'histoire décrit une partie de la destinée de sept frères flemmards, bagarreurs, analphabètes, doués pour peu de choses finalement, qui se trouvent dans l'obligation de subvenir à leurs besoins et de "faire quelque chose de leur vie". c'est très vif, ironique, jamais doucereux et bêtement tendre comme il serait si facile de le faire. au passage on s'immerge dans la ruralité profonde de la finlande de cette époque, très dépaysant et intéressant. finalement, ça n'a pas le souffle majestueux d'un bouquin d'Hugo justement, mais quel bouquin! je te le conseille vivement, à mon avis les chances de le trouver en langue allemande pourraient être supérieures aux nôtres, puisqu'en français il n'est plus en vente, la dernière édition date de 1991 chez Stock, mais les bibliothèques municipales des grandes villes doivent souvent l'avoir, et puis sur des sites de vente de particulier à particulier on en trouve des exemplaires fort vieux et assez chers. Bonne lecture.

Struebi
HE Hery Veteran ·
les chances de le trouver en langue allemande pourraient être supérieures aux nôtres

Bonjour,

en fait, on le trouve en langue allemande. J'ai visité le site Amazon (http://www.amazon.de/Die-sieben-Br%C3%BCder-Aleksis-Kivi/dp/3928548255/ref=sr_1_2?ie=UTF8&s=gateway&qid=1201504732&sr=8-2)

Noté ! Un grand MERCI à toi !

Bonne semaine, hgb
KA Kayliana ·
Bonjour Hery,

J'ai lu vos différents points de vus mis en évidence avec Coka et je crois que chacun détient Sa part de vérité. Je suis moi-même allée voir ce film, qui m'a énormément plû comme la plupart d'entre nous. Je voulais vous faire part de mon oppinion quant à ce film et à l'évolution de vos discussions. Pour commencer je vais tenter de me "situer" parmi vous. Je viens d'avoir 21 ans, pas tout à fait "adulte", plus tout à fait "ado"... Je crois que Chris McCandless n'est ni misanthrope, ni vraiment en désacord total avec son père. Je pense que c'est un "jeune", qui est sur le point de rentrer dans le monde des "adultes", mais qui n'accepte absolument pas la société qu'on lui "propose". Son père, ne fait qu'aggraver ses craintes. Il se refuse à la vie "métro, boulot, dodo". Mais ce qu'il dénigre par dessus tout ce n'est ni plus ni moins que le capitalisme et l'individualisme. Et ce message est d'autant plus fort qu'il provient de "son père" qui est censé représenter la famille, le "héros"... Chris est en quête de liberté, et de sa propre voie... Il est tiraillé entre ce désir de réussir ses études, et finalement de se laisser "aller" dans une vie qui ne lui correspond pas tout à fait, et qu'il réfute quand il se retrouve face à son "miroir" familial. Il a peur de l'avenir et ne veut en aucun cas ressembler à ses parents, et dans ce cas là comme tous "jeunes"naifs que nous sommes on préfère "vivre ses rêves" ou "être en quête de ses rêves" plutot que de "rester spectateur de son échec" ou encore "être riche mais malheureux". Car c'est ce qui se passe "chez lui". Forcément on est naif, mais le rêve d'accéder à "l'appel de la forêt" est tellement grand, la colère, le refus, la révolte sont tellement intenses, que le départ est incontournable. S'il ne s'en va pas, il s'autodétruira en rejetant famille, principes... ou justement en reproduisant "ses craintes". Quelle autre personne pourrait partir à l'aventure sans se soucier de son "envirronnement" mis à part un jeune en transition? Tout le monde à des obligations familiales, financières... Mais un jeune en quête de VERITE, ni engagé dans la voie active, ni tout à fait dans le cursus scolaire, qu'à t-il réellement à perdre? Je pense comme toi qu'il était naif de pouvoir penser qu'il pourrait survivre dans ce terrain hivernal vierge, mais je pense qu'il était pleinement conscient de ce qu'il faisait. Je pense également que sa mort n'est pas un échec ou "un fait commun", il est arrivé au bout de son parcours, c'est une réussite en soit d'avoir affronter la SOCIETE ENTIERE et ses preceptes. Il a réalisé son rêve, et je pense même que contrairement à d'autres avis sur ce forum il y eu un "cheminement personnel" car il est parti comme un "esprit rebelle" et quand il a réalisé son "but" il a compri que rien ne vallait mieux que de "partager" son rêve avec quelqu'un d'autre. C'est une belle morale, je trouve, en tant que "tete brulée", je me suis "mangée un mur" tout comme lui... Pardonnez moi pour ce long "monologue"... Kayliana
HE Hery Veteran ·
Bonjour Kayliana,

d’abord, pourquoi Pardonnez moi pour ce long "monologue" ... ?! Au contraire, je suis assez surpris et tout à fait conquis de ton analyse lucide et de tes idées très avisées, et le tout sans aucune exaltation ni hyper-stylisation (ce qui m’énerve un peu dans cette discussion) ... A vrai dire, pour une pas tout à fait "adulte", plus tout à fait "ado", chapeau bas !

C’est en fait l’esprit rebelle de Chris qui nous impressionne, moi aussi, sans doute ... Un esprit rebelle contre la logique simplette de notre vie. Le grand Franz Kafka a dit : « La logique est certes imperturbable mais elle ne résiste pas à un homme qui aime vivre. » Chris a pris ces paroles à cœur ... Ça mérite du respect !

Qui n’admire pas, du moins en secret, l’esprit rebelle étant rare dans notre monde conformiste (petit exemple seulement : dans ma scolarité, on a admirés le rebelle plus que le fayot) ?! Bon, pour moi c’est moins celui de Chris mais beaucoup plus celui des 68ards qui se sont rebellés conre le mutisme des pères, contre des structures autoritaires et réactionnaires, contre tout provincialisme et pruderie moisie, contre une politique inhumaine et guerrière, etc. etc. L’impulsion pour le changement, signe distinctif des 68ards, vaut mieux pour moi qu’une rebellion privée et tout privée (mais légitime quand même).

Malheureusement, les rebelles (& leurs idées) ont souvent une fin peu glorieuse (même si leur efficacité n’est pas à sous-estimer !!!) ... C’est leur destin, dommage !

Bilan personnel de cette correspondance : si l’on considère même un Chris égocentriste comme « un héros », cela ne démontre que le profond conformisme d'aujourd'hui qui nous entoure et que nous exerçons jour par jour ...

(par ailleurs, j'aimerais te demander quoi signifie « se manger un mur ». Pour ça, je me suis adressé d'abord à Glatch, notre Française bavaroise qui n'en a jamais entendu parler mais a tenté pourtant de me donner une assez bonne explication de cette locution. Merci bien à elle !)

Bonne journée !

hgb
GE Geob Veteran ·
Des que je rentrerai a Paris, j'irais voir ce film...s'il tient l'affiche. Seulement, des rebelles, des gens qui ont envie de tout plaquer, envie de tout lacher (faudrait faire une synthese des 2 posts!), j'en rencontre pas mal actuellement, et c'est pas une affaire d'etre entre l'adolescence et l'age adulte, puisque, comme a dit Prajnanpad et j'en suis fermement convaincu, rares sont les etres qui deviennent adultes, non, je vois plutot ce refus d'assumer des responsabilites, de vivre son quotidien, meme s'il n'est pas joyeux, consciemment et en faisant face a tous les problemes qui peuvent survenir, accepter tout ce qui arrive au lieu de dire "pourquoi moi, j'ai pas de chances...". Flaubert ecrivait a Louise Colet qui se lamentait sur elle meme : " Quel est ton devoir ? L'exigence de chaque jour !" Rappellez vous "Le grand bleu", oh forumeuses, forumeurs, comment expliquez ce phenomenal succes si ce n'est ce refus de quitter l'enfance, de vouloir que du bonheur, du plaisir 24/24 heures....bref, vivre "avec la moitie de son cerveau". Dans "Le grand bleu", le "heros", au lieu d'assumer sa paternite, plonge dans le fond de la mer pour ne plus remonter, oh oui retourner dans la mere, dans le chaud, a l'abri de cette vie qui nous convient que si on obtient tout ce qu'on desire. Pauvre rebelle !
Voyager c'est découvrir que tout le monde a tort. Aldous Huxley
BE Beatrices Regular ·
Bonsoir Geob

Je te trouve un peu dur. chacun a un cheminement à faire dans la vie et on arrive pas à la sagesse tout de suite. J'ai vu aussi très récemment ce film qui m'a beaucoup émue parce qu'il m'a ramené à mes débuts dans l'âge adulte, à cette furieuse envie de tout plaquer pour partir dans le Grand Nord. Je ne pensais pas à l'Alaska à cette époque mais au grand nord canadien, je rêvais d'une expédition polaire 😎. Je n'ai pas eu le courage de Chris et je ne suis pas partie. Mais ce n'était peut-être pas finalement mon chemin. Etant donné ses prises de conscience à la fin du film, on peut imaginer qu'il était prêt à retourner dans le monde avec plus de conscience, plus d'amour pour tout ce qui fait la vie. Il meurt connement, il le dit lui même "c'est trop con". Mais je fais partie de ceux qui pensent que la mort a un but. Il se débarrasse de symboles au début, tel que l'argent par exemple, parce qu'il a l'impression que c'est cela qui l'emprisonne alors que, et c'est juste mon avis, l'argent a seulement le pouvoir qu'on veut bien lui donner. Cela n'a aucun sens de penser que l'argent est une espèce de diable qui a du pouvoir. Il est un jeune révolté par l'injustice, le manque d'amour entre les humains et pourtant il est profondément injuste finalement avec les autres puisqu'il à l'impression que c'est la façon dont les autres font tourner le monde qui l'emprisonne. Il n'est pas acteur de sa vie à ce moment là mais se place en victime. Mais pour se défaire justement de toutes ses propres croyances à propos de la vie, il a besoin de s'éloigner et c'est cet éloignement qui va lui permettre de repartir sur de nouvelles bases. C'est ce retour dans "la matrice" qui va l'aider à se réveiller. Alors si parfois il faut retomber en "enfance" pour ensuite faire un grand pas dans sa propre vie et devenir plus conscient, pourquoi pas ? Il y a également quelque chose qui m'a beaucoup frappé dans ce film et qui je crois n'a pas été abordé, c'est le cheminement des parents. Ils changent petit à petit, ils deviennent moins arrogants, surtout le père, plus humbles. Peut-être qu'en disparaissant, Chris fait un cadeau à son père, en tout cas c'est ce que je crois, parce qu'ainsi il l'aide à devenir un être qui ressent. Ca tourne forcément à 50 000 à l'heure dans la tête du père, les remises en question doivent être énormes, il souffre et avec la souffrance il s'ouvre à la vie et finalement il arrive à aller toucher l'essentiel en lui, c'est très beau et cela m'a émue. Je me suis dit que oui, décidemment on est vraiment tous des cadeaux les uns pour les autres sur cette terre.

Bonne nuit à tous
GE Geob Veteran ·
...qui pensent que la mort un but. En effet, et il est tres simple : il permet que la vie continue !
Voyager c'est découvrir que tout le monde a tort. Aldous Huxley
BE Beatrices Regular ·
rires !!! bon, il était 2h du matin lorsque j'ai écrit le message ! bonne journée à toi
HE Hery Veteran ·
Salut !

A vrai dire, je ne sais de quoi tu parles ... Si des rebelles sont selon toi "des gens qui ont envie de tout plaquer, envie de tout lâcher", donc nous parlons de gens différents ...

Moi, je parle des rebelles en tant que nonconformistes dont les avis sur des affaires politiques et culturelles se découpent sur celles de la masse et du mainstream que ce soit un résistant, un révolutionnaire, un marginal etc. Les 68ards n'ont pas eu envie de tout plaquer mais se sont opposés contre des structures croûteux etc. etc., Chris s'est opposé contre une vie dictée par d'autres pour s'épanouir lui-même ...

Un esprit rebelle est qqc de positif, de grande valeur !!! Tu es trop négatif ...

hgb
GE Geob Veteran ·
...Si des rebelles selon toi... Il m'a semble que je fais un sort a ce genre de rebelles, un rebelle affronte la vie dans toutes ses consequences, et ne s'en va pas parce que la vie ca fait bobo (allo maman !). Bon, si t'a pas compris...en revanche, j'ai le sentiment que Beatrices a entendu mon propos et l'a meme trouve dur ! Hery, je te promets de faire plus attention la prochaine fois, et sans doute d'etre plus clair !
Voyager c'est découvrir que tout le monde a tort. Aldous Huxley
RE Redcloud16 Regular ·
Moi, je pense qu'un rebelle peut être quelqu'un qui refuse toutes les conventions et les règles incohérentes et débilisantes de sa vie, toutes ces idées qui n'apportent finalement que de la souffrance. Chris est acteur de sa vie et fait des choix de vie différents. C'est un rebelle.

Et je suis d'accord avec Béatrices. Avant de changer les choses qui ne vont pas autour de nous, il faut changer les choses qui ne vont pas en soi. Fuir momentanément... J'ai l'impression que tu considères la vie comme une compétition...

Béatrices, j'ai été marqué aussi par le cheminement du père. Son désespoir, son expression à la fin lorsqu'il se pose sur la route est le moment du film qui m'a le plus ému.
GE Geob Veteran ·
...toutes ces idees qui n'apportent finalement que la souffrance Souffrir, c'est vivre aussi ! ...j'ai l'impression que tu consideres la vie comme une competition 😎😎😎😎😎😎😎😎😎😎😎 La preuve, j'ai beaucoup apprecier le livre de cette cadre de EDF qui racontait comment gagner de l'argent tout en faisant semblant de travailler. Il existe une realite, il faut l'accepter, refuser la realite c'est etre comme un enfant qui veut manger que des desserts ! Lorsqu'on constate que cette realite ne peut etre changer, que la combattre est vain, il faut s'en accommoder, voir comment on peut l'utiliser a son profit, ou alors faire comme ces pseudos rebelles que je rencontre qui me disent qu'ils ne veulent vivre dans cette societe ou l'argent est roi, baba cools attardes, qui voyagent avec tres peu d'argent mais qui depensent 1000 baths par jour, a ma grande stupefaction, et qui retourneront se vendrent dans cette societe qu'ils abhorrent pour gagner de quoi fuire la dite societe. Ce mot competition me fait rire, mais se battre est honorable, et il y a differentes facons de se battre, en fait, etre comme le roseau de la fable ! Plier, quand on ne peut faire autrement, mais ne jamais rompre !
Voyager c'est découvrir que tout le monde a tort. Aldous Huxley
FA Fabricia Globetrotter ·
Voici un lien vers quelques photos de Chris McCandless :

http://www.flickr.com:80/photos/chriso2000/

émouvants portraits d'un jeune homme rebelle, avec le vieil autobus 142, son dernier refuge...
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
RE Redcloud16 Regular ·
Il existe une realite, il faut l'accepter, refuser la realite c'est etre comme un enfant qui veut manger que des desserts ! Lorsqu'on constate que cette realite ne peut etre changer, que la combattre est vain, il faut s'en accommoder, voir comment on peut l'utiliser a son profit, ou alors faire comme ces pseudos rebelles que je rencontre qui me disent qu'ils ne veulent vivre dans cette societe ou l'argent est roi, baba cools attardes, qui voyagent avec tres peu d'argent mais qui depensent 1000 baths par jour, a ma grande stupefaction, et qui retourneront se vendrent dans cette societe qu'ils abhorrent pour gagner de quoi fuire la dite societe.

Je suis vraiment d'accord avec ce que tu dis. Mais il faut savoir faire la part des choses entre ce qui découle de notre condition humaine (donc ce qui doit être accepté) et ce qui est conséquence des choix de vie de notre société. Nous devons être libre de refuser à un moment donné ce qui a été décidé pour nous sans nous consulter. J'appelle ça de la rebellion.

Ces pseudos rebelles dont tu parles ne prennent pas conscience de l'absurdité de leur attitude. Moi je te parles de fuir ce qui ne peut rien apporter. Ni liberté, ni sagesse, ni bonheur. Fuir dans le voyage comme Chris peut aussi être une façon "d'affronter" dans de bonnes conditions toutes ce qui nous empêche d'avancer. Je pense sincèrement qu'il y a d'abord un "combat" interieur à mener. Et en partant de ce principe, fuir ou rejeter les souffrances stupides de notre société ne peut qu'aider. Et dans mon intervention, je parle bien de fuir momentanement... Cette cadre ne fait peut-être rien d'autre que de fuir une chose qui ne peut rien apporter : le travail. Elle n'affronte pas les souffrances qu'ammène le travail, elle n'essaie pas non plus de s'en accomoder. Ce serait vain. Dis moi si je me trompe. 🙂

Ce mot competition me fait rire, mais se battre est honorable, et il y a differentes facons de se battre, en fait, etre comme le roseau de la fable ! Plier, quand on ne peut faire autrement, mais ne jamais rompre !

Dans mon esprit, plier, ce n'est pas se battre. C'est accepter.
GE Geob Veteran ·
....les souffrances qu'amenent le travail. Bien entendu, ca depend du travail qu'on effectue, n'est-ce pas ? Une personne qui fait un travail qui resulte d'une vocation, qui la passionne, pourrait souffrir des q'elle aura plus la possibilite de le faire. Cette cadre, dont le livre a fait scandale dans notre societe qui prone la "valeur travail" (c'est fou comme la caissiere de supermarche se "realise" par le travail !), n'a rien fui, bien au contraire, elle a utiliser le systeme a ses depens, et par la montrer son absurdite ! Oui, le voyage qui compte chez un autre humain c'est de constater ses propres changements, son "combat interieur". Par moments, plier, c'est faire preuve d'intelligence, et ne pas se relever c'est accepter...comme la plupart des gens qui deviennent aigris, et qui cherchent en permanence le bouc emissaire de leur manque de courage, de leur demission morale. En voyage, je ne fuis que l'hiver, en paraphrasant, je dirais : on emporte ses problemes a la semelle de ses souliers !
Voyager c'est découvrir que tout le monde a tort. Aldous Huxley
RE Redcloud16 Regular ·
Par travail, je sous-entends activité salariée (ce qui n'est pas clair au départ, je l'avoue...). L'activité seule peut apporter beaucoup mais la forme salariée de l'activité n'apporte rien de positif, bien au contraire. Ma pensée du départ : Cette cadre n'a t'elle pas fuit la "valeur travail" dans tout ce qu'elle a de plus absurde ? Je suis d'accord qu'elle n'a pas fuit le travail en lui-même dans le but de lutter contre lui. Et ce choix est plus que respectable.

"Par moments, plier, c'est faire preuve d'intelligence, et ne pas se relever c'est accepter...comme la plupart des gens qui deviennent aigris, et qui cherchent en permanence le bouc emissaire de leur manque de courage, de leur demission morale."

Je comprends ton point de vue et je pense que nous sommes d'accord dans le fond.

Mais tu ne sembles pas accorder le même sens au mot accepter que moi. Accepter n'est pas se résigner. C'est une alternative au combat quand celui-ci semble inutile. Mais toujours avec le même but : se libérer de ses souffrances.
ST Struebi Regular ·
que voulez-vous, il y a des gens (dont je fais partie) qui ne peuvent se faire à l'horreur scandaleuse de la vie gâchée dans le travail absurde. on a beau essayer, ça regimbe ! Est-ce que ce n'est pas une vile et terrible horreur, toutes ces tâches inutiles qui font le quotidien des gens? L'imposture du travail salarié, dans les sociétés occidentales, c'est que trop souvent on achète le temps de vie contre la fourniture des moyens qui ancrent plus solidement l'aliénation. On jacasse bêtement depuis des décennies sur le retour au plein emploi et on assiste maintenant à une comédie navrante sur la valeur du travail: mais il faudrait examiner en quoi il consiste et s'il a de la valeur et du sens avant d'en faire la louange automatique et de l'imposer comme but premier! Fonctionnaires surnuméraires, consultants fumistes, contrôleurs et certificateurs de tout poils, armées de vendeurs de rêves standardisés, comptables et gestionnaires de l'inutile, concepteurs zélés des superfluités, , dans notre économie tertiaire qui n'a plus besoin des hommes pour produire les biens dont on a vraiment besoin, on invente l'activité pour que les salaires puissent être décernés comme récompenses d'un service rendu à la société mais c'est du grand guignol. Et si on marche dans la combine, c'est parce que "il faut bien vivre" ?? A la suite de Thoreau je pourrais poser cette question ravageuse: si on te payais le double de ce que tu gagnes aujourd'hui pour jeter des pierres par dessus un mur les jours pairs et les relancer de l'autre côté les jours impairs, est-ce que tu accepterais ?". On peut aisément imaginer que presque tous répondront que cela les insulterait violemment, et que bien sûr ils refuseraient; mais, quoique de façon moins caricaturale, que font-ils vraiment de leur vie? Je nomme cela l'horreur quotidienne: devoir rester à disposition, renoncer à la liberté d'aller et venir, pour ne répondre à aucun véritable besoin. Une permanence d'un demi-siècle. On est de garde à vie en attendant qu'elle se termine. Notre idéologie économique mène une guerre sans merci aux possibilités de vie des humains. Nous avons réussi à comprimer les travaux réellement nécessaires en un volume horaire minuscule, mais échoué à libérer la majorité des hommes des affres du travail, pour au contraire noyer et briser des générations dans la pantalonnade des activités artificielles avec son pendant de consommation stupide et de dégradation des conditions de l'établissement de toute vie. C'est à mon sens sur la base de cet examen lucide qu'il faut envisager la question de la participation au système . Considérant l'immense force morale qu'il faudrait pour s'arracher définitivement à toute cette misère, il me semble qu'il faut dans l'effort aller progressivement. Plutôt que de fuir ou ne vouloir "que du dessert" : vouloir et déguster parfois du dessert, faire des échappées, pas pour avoir l'illusion d'être libre, mais pour ne pas tout perdre, pour laisser une place et si elle est belle c'est le mieux, une place négociée âprement, au loisir, au bonheur, à la liberté. Ne pas tout concéder au système, ne pas prendre ses 5 semaines de congés payés comme une aumône et ramper 47 semaines par an, mais plutôt briser les convenances et reprendre un peu d'emprise sur son existence. Et le reste du temps, prendre des risques et faire preuve de courage et de fermeté pour trouver des ressources dans une activité qui soit moralement acceptable. Un défi, mais la récompense est belle.

Struebi
SE SeniorCH Globetrotter ·
Si j'ai bien lu, vaut mieux être gigolo que bosser, c'est ça ?

Tu m'envoies ta photo ?
A man, a plan, a canal, Panama - palindrome, auteur inconnu
RE Redcloud16 Regular ·
" On jacasse bêtement depuis des décennies sur le retour au plein emploi et on assiste maintenant à une comédie navrante sur la valeur du travail: mais il faudrait examiner en quoi il consiste et s'il a de la valeur et du sens avant d'en faire la louange automatique et de l'imposer comme but premier! "

Complètement d'accord !

" Je nomme cela l'horreur quotidienne: devoir rester à disposition, renoncer à la liberté d'aller et venir, pour ne répondre à aucun véritable besoin. Une permanence d'un demi-siècle. On est de garde à vie en attendant qu'elle se termine. "

Complètement d'accord !
MI Micoud Regular ·
T'as un appart à louer ? 😏
SB Sbecker Veteran ·
Merci pour ton excellent message qui m'a donné envie d'aller voir ce très beau film !!!
PL Placebo ·
Bonjour,

J'ai été tres déçu de into the wild, qui est pour moi d'un nihilisme outrancier, et qui reflète bien notre époque (pas d'alternative possible a notre société). Il n'aurait pas du s'appeler into the wild mais plutôt no future.

Le film anti-voyage par excellence, loin de la puissante liberté que connaissent chaque année des milliers de backpackers, loin de mon voyage a moi realise il y a 3 ans déjà.

Je poste cette charge après avoir re-visionne hier ce bon vieux Lelouch "itinéraire d'un enfant gate" qui est a mon sens bien plus abouti et surtout bien joue.

Sean Penn a échoué a répondre a la question la plus importante du film "qu'est ce qu'on trouve et de quoi on est gratifie une fois qu'on est into the wild".

Au lieu de cela, il nous sert des névroses familiales peu convaincantes, un voyage chiant et peu credible (pas de probleme d'argent? de mauvaises rencontres ? d'indifference?) et des paysages pas trop délirants, le tout axe sur un univers plutôt 60/70's ce qui lui ferme définitivement la porte du film culte generationnel.

Et cette fin qui sonne plus comme un échec complet que comme un aboutissement (même tragique) brouille définitivement le message du film. Ceci dit, il s'est inspire d'un livre. La thématique du film aurait pu être bien plus riche et positive si elle avait été basée sur un autre scénario.

Dommage.
GE Geob Veteran ·
Tu auras reussi ton "effet" ! J'aurais sans doute d'autres films a voir, autrement interessants, des que je reviendrai en France.
Voyager c'est découvrir que tout le monde a tort. Aldous Huxley
BI Bixente59 ·
Bonjour,

J'ai été tres déçu de into the wild, qui est pour moi d'un nihilisme outrancier, et qui reflète bien notre époque (pas d'alternative possible a notre société). Il n'aurait pas du s'appeler into the wild mais plutôt no future.

Le film anti-voyage par excellence, loin de la puissante liberté que connaissent chaque année des milliers de backpackers, loin de mon voyage a moi realise il y a 3 ans déjà.

Je poste cette charge après avoir re-visionne hier ce bon vieux Lelouch "itinéraire d'un enfant gate" qui est a mon sens bien plus abouti et surtout bien joue.

Sean Penn a échoué a répondre a la question la plus importante du film "qu'est ce qu'on trouve et de quoi on est gratifie une fois qu'on est into the wild".

Au lieu de cela, il nous sert des névroses familiales peu convaincantes, un voyage chiant et peu credible (pas de probleme d'argent? de mauvaises rencontres ? d'indifference?) et des paysages pas trop délirants, le tout axe sur un univers plutôt 60/70's ce qui lui ferme définitivement la porte du film culte generationnel.

Et cette fin qui sonne plus comme un échec complet que comme un aboutissement (même tragique) brouille définitivement le message du film. Ceci dit, il s'est inspire d'un livre. La thématique du film aurait pu être bien plus riche et positive si elle avait été basée sur un autre scénario.

Dommage.

Mais !! ce film est une histoire vraie !!

comme la dit Kola (je crois, pas sur..), tu te laisses embarqué ou tu ne montes pas ds le train ! c'est si simple que ca; as tu vu le générique de fin? le nombre de villes parcourues est édifiant, je veux dire par la que sean penn s'est cassé la nouille a retracer au mieux le parcours de ce jeune homme, et a etre fidéle au mieux a son histoire, c'est TOUT. (allant meme a faire jouer certaines personnes croisées) il joue ensuite de la mise en scene pour desservir tout ca, mais tout le reste est imposé ou presque.

PS : chapeau struebi, pour savoir mettre des mots simples et bien tournés sur des douleurs profondes enfouies ds la plupart dentre nous
Puisque les voyages forment la jeunesse..
BI Bixente59 ·
Oh et puis zut je réagis, ca fait environ 1h que j'hésite..

comment peut on critiquer qqn qui q fait cette sorte de pélerinage, de voyage initiatique dans le but de se découvrir et s'apprendre? (la famille a juste modelé ou précipité les choses selon moi) combien ont le cran de se regarder en face pour de vrai? combien ont le cran de ne pas savoir quelle ANNEE ils vont rentrer de "voyage" si on peut appeler ca ainsi? et combien ne savent pas sils vont vraiment rentrer?

on ne peut que respecter ceux qui veulent se savoir avant de se précipiter, et ceux qui s'en donnent les moyens, RESPECT.

Car tout le monde n'a pas la chance de se connaitre parfaitement, ou savoir ou ils mettent les pieds. Et puis tellement pensent se connaitre.. et se réveillent un matin ...

ok ce jeune homme est un peu naif et il a la carence de ne pas etre sur des bases de la vie (sa famille en est pr qqch), il doute, et il a choisi de les affronter, pas de les fuir, cette contrée sauvage n'est pas une fuite selon moi.

magistralement interprété et mise en scene trés détaillée, bravo et merci Mr Penn.
Puisque les voyages forment la jeunesse..
KO Kola Globetrotter ·
Ca va mieux maintenant ?... 🙂
MI Milouenmai Regular ·
Beau film en effet mais quand même un peu lourd et long...Comme certains l'ont dit, le personnage est bien propre et niveau galères il n'en a pas beaucoup. Le problème de ce genre d'histoire et de film est l'absence du poids du quotidien. En ça, le film est très hollywoodien. C'est quand même pas Disney, faut pas exagérer. Les paysages sont magnifiques, les USA sont décidément un beau pays.

Par contre Sean Penn n'a pas essayer de rendre le personnage attachant et c'est tout à son honneur. J'ai trouvé pour ma part que la mysantropie du personnage m'empêchait de le trouver trop sympatique, et aller jusqu'en alaska pour comprendre que le bonheur est bon quand il est partagé c'est quand même un peu couillon...La quête est belle mais dommage qu'il était un peu lent de la comprenette. Pourtant tous les personnages qu'il croise sur la route essaient de l'empêcher de continuer, et lui disent qu'il se trompe totalement sur ses ennemis et sur sa quête. Ils ont bien raison mais allez donc raisonner un adolescent...
On a tous en nous quelque chose de Tenesse : Johnny Haliday
HE Hery Veteran ·
Mais !! ce film est une histoire vraie !!

Et quoi ?! Beaucoup de films basent sur une histoire vraie ...

Krakauer est écrivain, et écrivains mélangent réalité et fiction ...

hgb
BI Bixente59 ·
Mais !! ce film est une histoire vraie !!

Et quoi ?! Beaucoup de films basent sur une histoire vraie ...

Krakauer est écrivain, et écrivains mélangent réalité et fiction ...

hgb

???

Et quoi?!

jai justement dit cela a ceux qui critiquent le personnage, ses choix, son but, en rejetant la faute a sean penn; je recentre juste en disant qu'il na rien inventer sur le récit, on ne peut le critiquer ma dessus;

Bixente
Puisque les voyages forment la jeunesse..
SO Souperguigui ·
On a tous un peu de ce personnage en nous. L'envie de revenir à ses sources. Le film nous fait partager avec excellence cette envie de se défier.

Je n'avais pas encore entendu parler de cette histoire Into the wild quand je me suis lancé à prendre 4 mois pour tout lâcher et partir seul en Australie. D'ailleurs, j'avais appelé ça In the wild Australia ;)

http://experiment-australie.over-blog.com

Et on en parvient à la même conclusion : Le bonheur, c'est bien quand c'est partagé. Quand je suis revenu en France, j'ai vu le film, c'est devenu mon préféré et le préféré d'un grand nombre aussi.
Guigui MEXICO GUATEMALA : http://mexicomexi.over-blog.com AUSTRALIE : http://experiment-australie.over-blog.com
EV Eversmile Veteran ·
Le film repasse cette semaine un peu partout en France, puisqu'il est inclus dans la sélection des meilleurs films de l'année de Télérama! Par contre je n'arrive pas à entrer sur ton site avec le lien que tu as donné. Marine
"Nous, on a le temps Vous, vous avez l'heure" dixit un chamelier dans le désert...
LE Lepiaf Globetrotter ·
Par contre je n'arrive pas à entrer sur ton site avec le lien que tu as donné Curieux, j'y arrive sans problème.

Avec le recul, Into the wild reste pour moi le film le plus marquant de l'année.
EV Eversmile Veteran ·
Il y a dû y avoir un problème momentané de serveur ou de maintenance car maintenant je peux y accéder aussi! Merci.
"Nous, on a le temps Vous, vous avez l'heure" dixit un chamelier dans le désert...
TO Tomas3 Veteran ·
bon jour Stuebri,

je partage tout à fait ton point de vue, mais dans le cas du film de Sean Penn, je point de vue de Bixente est aussi vrai. Le voyage initiatique du héros m'a rappelé un bouquin de John BURNSIDE:

"Ailleurs" est le lieu auquel aspire à tout âge le héros: la moindre rue menant ailleurs, le moins arbre que je n'avais encore jamais vu, la moindre maison pourvue de rideaux originaux était une nouvelle vie attendant d'être vécue. Je me trouvais stupide de ne pas comprendre comment y accéder..."

Au lieu de cela, il nous sert des névroses familiales peu convaincantes, un voyage chiant et peu credible
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
ST Struebi Regular ·
Je reviens sur ce forum plus d'un après ma dernière contribution. Par rapport à ce que je disais un peu plus haut dans cette conversation, je suis donc passé à la mise en pratique: au printemps 2008 j'ai démissionné de mon boulot, j'ai fait un petit sac et je suis parti errer longuement sur les routes d'Europe, où j'ai fait des expériences et des rencontres déterminantes. A tous points de vue ce voyage a été extrêmement positif. Au retour quelques mois de galère sans emploi, puis j'ai trouvé un emploi bien meilleur que celui que j'occupais précédemment, je peux maintenant consacrer mon temps à la préservation de l'environnement et plus à sa destruction. Le bilan: quand on a cette envie de prendre la route et qu'on a l'impression de vivre contre ses principes, il faut rassembler tout son courage et s'arracher. ça rebat les cartes et c'est extrêmement bénéfique sur le plan moral. Je conseillerais à tous les jeunes de faire un grand voyage, très tôt. Vers 20 ans ça me paraît l'idéal. C'est pourtant vrai que les voyages forment la jeunesse...

Struebi
CH Chrispopof Veteran ·
Into the wild est vraiment l'un des films qui m'a le plus marqué. D'ailleurs je ne pars pas en tour du monde dans quelques jours pour rien 😉. Vous pouvez lire ma critique du film ici : http://oblikon.net/critiques/critique-into-the-wild-de-sean-penn/
Récits de voyage et conseils pour la préparation d'un tour du monde sur http://tour-monde.fr/

Similar discussions

You might also like