Métier d'ethnologue?
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BA Bardak Veteran ·
Bonjour Mareva,

Il y a quelques mois de cela, tu m'avais déjà renseigné sur la formation en ethnologie et anthropologie à Nanterre. J'ai de nouvelles questions, donc je me permets de te les poser. Tu as indiqué que tu avais étudié en deuxième année l'anthropologie des religions. Peux-tu m'en dire un peu plus ? Quel était le nom du prof ? Et le contenu (approximatif) du cours ? Existe-il une spécialisation dans ce domaine à Nanterre ?

Merci d'avance pour ton aide, que je sais déjà précieuse.

Bonne journée

Bardak
MA Mareva91 Regular ·
Bonjour, Effectivement en deuxième année jai assisté à un cours d'initiation à l'anthropologie religieuse. ça pas été mon cours favori. Trop théorique et pas assez expérimental. Les CM trop historique et dans les TD trop de lecture. Mais en même temps quand on débute une discipline en sciences humaine il faut toujours étudier son histoire et lire les précurseurs. Dans le cadre de ce cours les étudiants sont amenés à faire un mémoire sur la religion et/ou le religieux. Ensuite en troisième année jai reçu un second cours d'anthropo des religions qui était un peu plus précis et qui portait sur l'étude de cas.....donc plus interessant selon moi. Bisarement je me souvient plus du nom du prof de CM qui était pourtant le même en 2è et en 3è année. Je me souvien sque du prof de TD, il est spécialiste de l'amérique centrale il s'appelle François Berthomé, cest un jeune thésard qui travaille au Bélize . Je crois que mon cerveau fait de la sélection dans mes souvenirs, je me souviens que de ce qui m'interesse. Dans ma fac il y a aussi une autre anthropologue spécialiste de la religion: Sylvie Pédron-Colombani. Ses recherches sont orientés sur le Guatemala notamment.

Par contre il n'y a pas de spécialisation à proprement parler de l'anthropologie religieuse à Nanterre. Par contre moi j'ai deux amie qui fait son mémoire sur la religiosité une au Japon (Elle a été influencé par notre prof d'anthropo de 1ère année, le nom de famille de la prof: Duteil-Ogata, je me souviens plus de son prénom) et l'autre au Nicaragua. J'ai cru comprendre qu'à Toulouse il y avait une spécialisation en religion dans un master. Mais je suis pas sûre du tout que ce soit vraiment la fac de toulouse.

J'espère avoir répondu à tes questions. Bonne journée à toi aussi.
"Une suite de petites volontés fait un gros résultat." Charles Beaudelaire
BA Bardak Veteran ·
Merci beaucoup Mareva,

Je savais bien que tu étais une vraie mine de renseignement. Et donc...je vais me permettre de te poser une autre question (promis, après j'arrête). Là je m'adresse plus à ton vécu en fac d'ethno. Je n'ai pas vraiment envie de reprendre des études depuis la première année, je préférerais entrer directement en Master. A Nanterre, on m'a dit que c'était eventuellement possible, que l'inscription se faisait sur dossier et que donc tout dépendait de mon profil. Jusque là, tout va bien. Le problème, c'est que je me demande si ce n'est pas un peu hard d'entrer directement en master, sans n'avoir jamais étudié l'ethno, l'anthropo ou la socio avant. Je n'ai fait que du droit (et un peu d'anthropologie juridique, et bien sûr de science politique) et je me demande si je ne vais pas être larguée tout de suite en entrant directement en master. Est-ce que tu pourrais me dire ce que tu en penses, au vu de ton expérience ? Est-ce que tu penses que les années de Licence (ou au moins la L3) sont indispensables pour poursuivre sereinement en master? D'après ce que j'ai compris, à Nanterre, on commence en L1 et L2 en socio ou en histoire avec une specialité en ethno et c'est seulement après que l'on rejoint une L3 en ethno. Penses-tu qu'il soit nécessaire, souhaitable, indispensable de passer d'abord par la L3 avant de se lancer en master ? (Bien sûr la question que je pose est très subjective, tout dépend du profil de chacun et de ce qu'on compte faire ensuite, néanmoins, j'aimerais juste connaître ton vécu pour m'aider à prendre une décision. C'est difficile de choisir sans avoir expérimenté).

Oh! et ça me fait penser à une autre question (mais t'es pas obligée de répondre, hein, je voudrais pas abuser). Est-ce que tu connais les Masters d'anthropologie/ethnologie de l'Ecole de Hautes Etudes en Sciences Sociales. Il y a plusieurs masters qui m'intéresseraient chez eux, je sais que cette école est assez réputée, mais aurais-tu par hasard des echos plus concrets sur cet établissement?

Je te remercie d'avance (et encore et encore et encore) pour ta réponse et tous les précieux conseils que tu distilles sur ce post.
MA Mareva91 Regular ·
J'ai déjà vu des étudiants qui n'avaient jamais étudié ni l'anthropologie ni l'ethnologie ni la sociologie et entrer en L3 d'ethnologie. Je connais une fille qui prépare un Master en psychologie et qui a intégré une L3 en ethno dans le but de faire un Master. J'estime que la L3 d'ethno aide à effectuer un Master d'Ethno dans le sens où ça ouvre des portes et des perspectives d'études pour les étudiants et notamment pour leur mémoire. Mais maintenant avec la VAE et les équivalences toute personne possédant au moins la L3 peuvent prétendre à un Master en Ethnologie. Par ailleurs les étudiants en Master, du fait du peu d'heures de cours dispensés sont "invités" à participer aux cours du niveau Licence (1, 2 et 3) en fonction de l'objet d'étude de leur mémoire.

Sinon je n'ai aucunes informations sur l'EHESS. Je ne connais pas non plus leurs formations. Je prétend pas du tout à être chercheur....c'est ce qui explique mes carences....C'est une grande école et malheuresement il n'y a pas d'aller-retour entre les facs et l'EHESS à part entre les profs et ceux qui préparent des Master de recherche.

Enfin on réussit un Master dans les sciences humaines pas avec les connaissances accumulées mais avec l'expérience de terrain (pour l'ethnologie notamment). D'après ce que j'ai compris tu connais très bien la sibérie et la Russie en général donc cette connaissance couplée de lectures d'ouvrages ethnographiques ( je suppose en anglais) de cette partie du monde est déterminante dans la constitution d'un Master bien plus que de connaitre par coeur toute l'histoire de l'anthropologie (bien que quelques éléments sont nécessaire mais on retrouve facilement les références biliographiques dans chaque ouvrage)

La tradition française de l'enseignement de l'ethnologie se veut historique, alors on va nous "saouler" avec la naissance de la discipline, les courants etc... mais dans les pays anglo-saxons l'anthropologie se fait à partir de l'étude de cas et c'est seulement à partir de cas précis que l'on remonte vers une théorie. C'est justement cette pratique qui est sollicitée dans le cadre d'un Master contrairement aux trois premières année de Licence. Donc je me fais pas de soucis quant à la réussite d'un Master en Ethnologie sans préalable en Ethno. Il faudra juste lire davantage que les autres quoique relire les mêmes livres chaque année ne peut être que bénéfique.
"Une suite de petites volontés fait un gros résultat." Charles Beaudelaire
BA Bardak Veteran ·
Merci beaucoup Mareva,

Bon je crois qu'avec tout ça, je suis parée pour lancer ma candidature en troisième année. C'est sympa d'avoir répondu à toutes mes questions. Ce sont malheureusement des réponses qu'on a du mal à obtenir auprès de l'administration. Ils ne sont pas tellement formés pour conseiller sur ce genre de sujets et il est difficile de leur arracher un conseil.

Je ne cherche pas non plus spécialement à être chercheuse. Disons que l'avantage à reprendre des études, juste pour le plaisir de l'étude, c'est qu'il n'y a aucune obligation, si ce n'est celle de se faire plaisir. Un diplome, j'en ai déjà un. Un boulot, j'en ai déjà un. Le reste, ce n'est que du bonus personnel. Alors, je verrai bien comment cela se passe.

Merci encore, en tout cas. Tu m'as permis d'y voir un peu plus clair. Il ne me reste plus qu'à être acceptée. Avec un peu de chance, mon master en droit m'y aidera.

Bon courage pour tes projets à toi.

Bardak
ZA Zaoline ·
Bonjour,

Bien que vos derniers messages datent de Mars, j'espère avoir une réponse concernant le métier d'ethnologue, plus particulièrement par quelqu'un qui aurait expérimenté cette vocation, ou ses études. En effet, je suis actuellement au lycée (passage en Ière ES), et forcément la dure question de l'orientation se pose. Je dis "dure", parce que plusieurs voies me tenteraient, dont l'ethnologie, qui s'est imposé il y a peu a moi. J'ai une grande envie de voyager, découvrir le monde et différentes cultures, les "expérimenter" si on peut dire". De plus, le journalisme m'inspire bien, et d'après ce que j'ai lu, le métier d'éthnologue implique de devoir rédiger régulièrement (pour les "comptes-rendus des études sur le terrains forcément, mais aussi pour des essais ?). Apparement, le cursus universitaire ou scolaire (il y a bien des prépas + écoles qui préparent à ce métier ?) est long mais passionant (tant mieux 🙂) mais l'entrée dans la "vie active" se révèle difficile. Une double formation faciliterait-il l'emploi ? De toute façon, cela ne peut être que plus bénéfique. Je me perds un peu cependant dans les nombreux domaines (ethnologie, ethnomusicologie, ethno...), quelqu'un pourrait-il m'éclairer sur les différentes branches existantes ? J'ai aussi regardé sur le net du côté de la sociologie, cette science est-elle nécessairement enseignée à l'université avec l'ethnologie (qu'on ne commencerait généralement a apprendre qu'en troisième année si j'ai bien suivie) ? Les écoles/universitées concernant cette filière en France sont-elles bien cotées ou vaut-il mieux partir faire ses études à l'étranger (USA, Canada) ? Vous parlez également de six à un an d'études à l'étranger en partenariat avec une autre université, cela est-ce le seul voyage proposé ou y a-t-il des possibilités d'études d'ethnologies sur le terrain pendant le cursus ? Enfin, est-ce que le métier d'ethnologue correspond-t-il à l'idée que l'on peut s'en faire ? C'est à dire, pour moi, quelqu'un qui étudierait les moeurs de différentes ethnies, les coutumes, etc.. et qui, si on peut dire, partirait en mission parmis elles pour un centre de recherches, quelqu'un qui peut éventuellement enseigner en école ou donner des conférences. Des études d'éthnologies sont-elles compatibles avec celles de journalisme afin de travailler dans un journal du style Géo ? Pour les personnes qui ont entrepris ces études, que peuvent-elles m'apprendre ?sont-elles déçues ? -c'est à dire que l'éthnologue apparait finalement comme un mythe et que la réalité du métier est bien moins passionante, plus monotomne ou très difficile d'accès.

Comme vous pouvez le voir je suis un peu perdue dans tout ça, et j'accueillerai avec joie toute réponse pouvant m'apporter des infos sur ce métier, les études, ou le quotidien des ethnologues.

(désolée pour les fautes s'il y en a ..😕😉)
MA Mareva91 Regular ·
Bonjour Zaoline, Pour quelqu'un qui dit être perdue tu as une très bonne connaissance de ce qu'est le métier d'ethnologue. Tu as tout compris, un ethnologue est un chercheur qui travaille au sein dun laboratoire de recherche et qui est spécialiste d'une région du monde (asie du sud est, afrique de l'ouest, maghreb, méso-amérique, etc......). Il est amené donc dès la fin de son Master. Et il est même conseillé de profiter d'une année d'étude pour commencer son terrain afin de construire sa Thèse pour le doctorat. Par ailleurs parallèlement le doctorant, pour financer sa thèse en partie (parce que celà a un coût), le doctorant donne des cours aux étudiants dans sa spécialité de recherche. Il est également "moniteur" mais il reste étudiant. Venons en au métier d'ethnologue: l'ethnologue est un conférencier, il assite aux conférences et en donne, il fait avancer la discipline. Ce ne sont pas les articles, ouvrages et autres qui vont lui permettre de subsister à ces besoins....il doit enseigner. Celà se fait en université.

Je vais essayer de répondre à tes questions étant donné que je sors d'une fomration en ethnologie à l'université de Nanterre.

L'ethnologie est une disciipline littéraire certains ethnologues disent qu'elle l'est trop mais c'est comme ça. La première qualité demandée chez un ethnologue c'est de savoir écrire, de manier la langue française comme un écrivain. A l'université on nous rabache que la première qualité c'est d'etre neutre mais à mon sens c'est pas vrai du tout car si on rédige une étude, une dissertation ou autres et que l'on rédige mal on aura beau être neutre ça tient pas la route.

Le fait de faire une classe prépa littéraire avant les études en sciences humaines (histoire, géo, socio, ethno ) est un avantage énorme par rapport à ceux qui n'en n'ont pas fait. Mais celà ne veut pas dire que c'est nécessaire, moi j'ai pas fait de classes prépa et on m'a pas reproché ma rédaction.

(A oui je répond en vrac à tes questions désolé si ça n'a ni queue ni tête)

Le temps d'études pour former au métier: 8 ans si tout va bien (sans redoublement) (mais plus on redouble moins on a la chance d'aller au bout)

La question de l'entrée dans la vie active: Oui c'est difficile si on est uniquement diplômé en ethnologie. Le truc c'est pas que les employeurs n'aiment pas les sciences humaines c'est qu'en fait ils veulent des hommes avec plusieurs compétences. Ainsi dans ton cas, si tu est intéressée par le journalisme également rien de t'empêche de faire les deux formations. Seuls le temps et l'argent seront nécessaire pour l'accomplir. Et aussi si tu veux faire du journalisme et teinter ton journalisme par de l'ethnologie tu n'es pas obligé d'allé jusqu'au doctorat d'ethnologie, le Master suffit. De même l'ethnologie se couple très bien avec la photographie, le cinéma etc....Ce sont des associations auxquelles il faut penser et qui sont très recherchées.

L'Ethnologie c'est une science un peu comme l'histoire ou la sociologie, il y a divers spécialités et en fonction des disciplines que tu choisi tu te spécialise. Par exemple en Histoire: on a histoire contemporaine, histoire médiévale etc.... En ethnologie ou anthorpologie: on a ethnologie de la danse, ethnomusicologie (donc de la musique et des instruments, de la rythmique etc...), ethnologie politique, ethnologie des religions etc ça recouvre tous les domaines de la vie En sociologie c'est pareil, sauf qu'on a en plus: sociologie de la famille, sociologe de l'enfant, sociologie du travail; sociologie de l'art etc...

En générale l'ethnologie s'ensigne à partir de la 3è année de Licence mais certaine fac comme Nice, Paris 13, Paris 7, Nanterre, enseignent (avec leur propre modalités) quelques enseignement d'ethnologie. Dans ma fac (on conseille les étudiant de soit s'inscrire en Histoire, soit en Sociologie) pour une "meilleure" compréhension de la discipline mais la troisième anée reste ouverte (par équivalence ou par dossier) à tous étudiants qui a validé ses deux première années de Licence. Priorité tout de même aux étudiants en lettres, langues, histoire, socio, psycho, sciences du langage, musique (uniquement pour la filière ethnolomusicologie), les étudiants en droit aussi y ont accès mais à mon goût trop facilement on leur demande pas de passer des rattrapes et au final (ceux que je connais) ont eu du mal à intégrer la discipline. C'est dure de passer d'une discipline droite à une displine bosselée, où on t'apprend à la fois à avoir un esprit neutre et critique sur tout.

S'agissant de l'ethnologie , c'est le fait de faire des études en ethnologie à Paris, Marseille ou Toulouse qui garantira tes connaissances et ta formation. C'est surtout ton relevé de notes, les lectures personnelles et l'expérience acquise sur le terrain qui te consacrera. Ce n'est que lrosque l'on dbute un Master que le cursus prend son sens, c'est à ce moment là que tu fait un vrai mémoire que tu as un vrai terrain, qui peut être sera ton terrain de thèse. Et un mémoire est réussi non pas en fonction de l'université d'appartenance mais du fait des connaissances maitrisés, d'une bonne qualité de rédaction, des lectures et en ayant un bon "mentor". Pour réaliser son mémoire on a a sa disposition tous les chercheurs de l'EHESS (Ecole des Hautre Etudes en Sciences Sociales), de L'Ecole Normale Supérieure. Mais il faut en choisir UN, qui soit disponible et qui a travaillé sur ce que toit tu souhaites travailler. Par exemple pour travailler qur un chaman en amazonie ton "mentor" sera spécialiste de ma région. Cependant il ne faut pas négliger que pour tous les cursus et davantages pour les sciences humaine, un séjour à l'étranger sous forme de stage ou d'année d'éudes est plus que nécessaire aujourd'hui. L'heure est à la mondialisation et à l'ouverture sur le monde. L'ethnologie est une science qui s'ouvre sur le monde alors pourquoi se priver d'aller ailleurs en sachant que toutes les universités ont des partenariat avec des universités du monde entier.

Voila en espereant avoir répondus à tes question Je ù'excuse encore pour mon message qui est assez brouillon
"Une suite de petites volontés fait un gros résultat." Charles Beaudelaire
KE Kelessuf Globetrotter ·
Bonjour,

quelques remarques comme ça en passant...

"Tu as tout compris, un ethnologue est un chercheur qui travaille au sein dun laboratoire de recherche et qui est spécialiste d'une région du monde (asie du sud est, afrique de l'ouest, maghreb, méso-amérique, etc......)."

Même pas une "région du monde"... Moins que ça.

"Par ailleurs parallèlement le doctorant, pour financer sa thèse en partie (parce que celà a un coût), le doctorant donne des cours aux étudiants dans sa spécialité de recherche. Il est également "moniteur" mais il reste étudiant."

Ce n'est pas automatique. Et les places sont chères.

"Venons en au métier d'ethnologue: l'ethnologue est un conférencier, il assite aux conférences et en donne, il fait avancer la discipline. Ce ne sont pas les articles, ouvrages et autres qui vont lui permettre de subsister à ces besoins....il doit enseigner. Celà se fait en université."

Deux possibilités : soit il travaille au sein d'un labo au CNRS, dans quel cas, il n'enseigne pas (quoique, c'est chose de plus en plus courante, au grand dam de tous les thésards qui cherchent désespérement un poste à la fac), soit au sein d'une université, dans quel cas l'enseignement sera une très grande part de sa charge de travail... tout en étant jugé sur... sa production scientifique.

"La première qualité demandée chez un ethnologue c'est de savoir écrire, de manier la langue française comme un écrivain."

Moi qui croyais que c'était la rigueur intellectuelle et la pertinence du propos.😕

"A l'université on nous rabache que la première qualité c'est d'etre neutre"

C'est surprenant cette histoire de profs de fac qui vous rabâchent une neutralité illusoire...

"Ce n'est que lrosque l'on dbute un Master que le cursus prend son sens, c'est à ce moment là que tu fait un vrai mémoire que tu as un vrai terrain, qui peut être sera ton terrain de thèse. Et un mémoire est réussi non pas en fonction de l'université d'appartenance mais du fait des connaissances maitrisés, d'une bonne qualité de rédaction, des lectures et en ayant un bon "mentor"."

C'est surtout à ce moment là que se situe le choix crucial : d'un thème, qui plaît bien dans les hautes sphères décisionnelles, d'un directeur de recherches, bon ou mauvais, ce n'est pas important ; par contre, influent, oui, c'est essentiel. Sinon, zou, aucune chance de décrocher une bourse de thèse, et encore moins d'espérer un jour vivre de l'ethnologie. Ce n'est pas du cynisme, c'est juste un regard réaliste sur quelque chose de très très politique. Mieux vaut savoir dans quoi on s'engage et surtout comment on s'y engage : vous pouvez mener des travaux exceptionnels, de très grande qualité, si derrière il n'y a pas quelqu'un d'important prêt à vous soutenir, vous n'irez nulle part.

- -

Ah, j'oubliais : il faut arriver à se satisfaire d'une connaissance, certes extrêmement pointue, mais si ponctuelle et spécifique et spécialisée.... Et y consacrer sa vie, sans avoir forcément le temps d'aller picorer ailleurs. Pas donné à tout le monde. Moi je trouve ça plutôt frustrant et sclérosant.

- -- À toute fin utile... Petite précision supplémentaire : je ne suis jamais allée jusqu'à ce niveau d'étude, et pas en ethno. Au cas où certains viendraient avec du "faites ce que je dis, pas ce que j'ai fait" et me prêteraient une certaine aigreur... Et je suis bien contente que certains sacrifient leur curiosité pour satifaire la mienne.🙂
MA Mareva91 Regular ·
Justes remarques 😉 Le terme "influent" à propos du directeur de recherches convient parfaitement. C'est le mot que je cherchais. Merci !
"Une suite de petites volontés fait un gros résultat." Charles Beaudelaire
ZA Zaoline ·
Merci beaucoup à vous deux pour ces réponses très complètes =)

Par simple curiosité, vous pourriez (si ce n'est pas trop privé du moins) me renseigner sur vos parcours respectifs ? Comme les études, les sujets de thèses, les voyages effectués, ou les mentors ?

Je vous remercie 😉
ZA Zaoline ·
EDIT : (je n'ai pas trouvé comment rajouter ce texte au précédent)

Etes-vous spécialisé dans une certaine région du globe ?

Pourriez-vous me nommer quelques ethnologues reconnus et vivants ? Et question lecture, connaissez-vous des livres traitant du métier d'ethnologue, ou qui pourrait m'interesser ?
MA Mareva91 Regular ·
Bonjour, Alors moi j'ai 22 ans, encore jeune donc, je n'ai pas terminée mes études. Je suis titulaire d'une double licence en Sociologie et en Ethnologie depuis 2008. Cette année j'ai eu ma licence en Démographie. Je suis d'avantage axées sur l'amérique Latine et les Caraibes donc les matières choisies lors de mes dernières années de Licence ont portées sur l'Amérique Latine. En Licence les profs sont dévouées et te font des propositions si tu leur "plaît". Deux de mes profs m'ont invités dans leur laboratoire si jamais je faisais un Master en Anthropologie ou en Démographie.

Mais moi je ne prétend pas devenir Ethnologue. Il y a trop d'inconvénients politiques dans ce métier qui me gène bie qu'il soit passionnant. En plus de ça , avec les dernières réformes, j'ai vraiment pas envie d'enseigner si je vends pas assez d'ouvrages. Sérieux ça va être de plus en plus dur pour les chercheurs en sciences humaines. Déjà qu'il y a une fuite des cerveaux, ça va aller de pire en pire. Les chercheurs sont bien mieux lotis outre-manche.

Ce vers quoi j'aspire c'est la Solidarité et la Coopération Internationale. Mes expériences au seins d'associations de solidarité m'ont permis de me rendre compte que la Recherche, ce n'était pas pour moi. J'aime tellement l'amérique latine que j'entamerai un Master spécialisé dans la coopération avec l'amérique latine.

Concernant le déroulement des études en ethnologie.Je parlerais que des terrains en ethnologie (j'en ai aussi fait en sociologie). Dès la première année où tu débuetra l'ethnologie on te demande de faire du terrain anthropologique en France (puisque que les autres matières exigent notre présence). Mon premier terrain fut en L1 en Anthropologie des religions sur la religiosité des jeunes indiens en France pendant deux semestres. En deuxième année, j'ai fait un terrain en ethnolinguistique sur ma famille, on est multilinguistes chez nous, j'ai enregistré un repas de famille et je l'ai étudié appuyé par des lectures (toujours travailler à partir de lectures !). En troisième année, j'ai fait un terrain de 6 mois sur l' "Académisation de la danse Salsa à Paris et sa région". C'est un terrain d'anthropologie de la Danse. Là c'est un terrain très personnel car je pratique la salsa depuis 7 ans déjà.....D'ailleurs je l'ai complété au même semestre en Sociologie Urbaine. Après on des atliers de recherche qui nous permettent d'approfondir nos mémoires, ils sont complémentaires car les profs s'entendent pour organiser des cours compatiblent à nos dossiers.

Je n'ai fait aucun terrain à l'étranger dans le cadre scolaire. Le réel terrain à l'étranger commence en première année de Thèse officiellement. Mais la plupart des étudiants souhaitant faire de la recherche font leur terrain pendant les vacances d'été (ce sont les plus longues: 3 mois). Donc ils débutent dès l'été de la 3ème année pour débuter leur mémoire de Master. Souvent l'objet du mémoire du Master a déjà été travaillé durant la L3 car c'est l'année qui nous intéresse le plus car on choisit nous même nos matières, on façonnne notre année à notre image.

Un autre atout auquel il faut se pencher dès maintenant c'est la pratique d'une langue qui est issue de la région géographique qui t'intéresse. Ma fac intègre dans son curcus des cours à INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales) à Paris.

Ethnologues reconnus et vivants: Beaucoup d'ethnologues français mais la recherche française est à connaitre.... Jeanne Favret Saada ethnologue française ( a travaillé en Kabylie et après en France, spécialiste des systèmes politiques) Anne-Christine Taylor ( spécialiste de l'Amazonie, française), c'est la femme d'un autre ethnologue Philippe Descola Phillipe Frey (Français) Françoise Héritier (française) Edgar Morin (français) George Balandier (français) Michel Seymour (québéquois) Jacques Galinier (français spécialiste de la région Otomis au Mexique) Marc Abélès (système politiques, français) Jean-Loup Amselle (mondialisation, afrique) Maurice Godelier (Océanie) Arjun Apadurai (américain d'origine indienne, Mondialisation) Martine Segalen (socio-ethnologue française, spécialiste de la famille)

Lecture Il n'y a pas de livres qui traite du métier d'ethnologue il n'y a que leur écrits, leurs expériences, leurs méthodes, leurs thèses..et tout ceci se retrouve dans l'ouvrage d'un auteur

Les lectures classiques: Race et Histoire Claude Levi-Strauss Anthropologie Stucturale I et II de Claude Levi-Strauss Le Rameaux D'Or de Frazer Sociologie et Anthropologie de Marcel Mauss

et pleins d'autres (penses à Malinowski)

Par zone géographique: (je donnerai les noms d'auteur car plus simple, je peux pas te donner comme ça tous ce que j'ai lu ou lu en partie)

Pour l'Afrique: les ouvrages d'Evans Pritchard (dont le système politique africain chez les Nuers), Arnold Van Gennep (sa thèse sur les rites de passages sont suinteressants), Geneviève Calame-Griaule la parole chez les dogons

Ce sont quelques noms qui me viennent en tête mais il y en tellement pour l'Afrique ....exemples: Georges Balandier, Dan Sperber, Pierre Bourdieu

Pour l'Amérique: Franz Boas (études chez les Inuits, nord de l'amérique), Stefania Capone (études sur les religions à Cuba et aux Etats-Unis et aussi au Brésil je crois), Oscar Lewis ( c'est pas vraiment de l'éthnologie mais il a fait de très bonnes études à partir de sa thèse: la culture de la pauvreté je pense notamment aux ouvrages colossaux que sont La Vida (porto rico) ou encore Les enfants de Sanchez (mexique), Pierre Clastres, Jacques Galinier (qui est prof dans ma fac spécialiste au Mexique chez les otomis), Edward Tylor pour sa classification linéaire des religiosités, Pierre Descola et Anne-Chistine Taylor pour leurs études pour les Jivaros (indiens des andes), Roger Bastide pour ces études sur le Brésil...le pire dans tout ça c'est que j'en oublie volontairement....

Pour l'océanie: Margaret Mead, Maurice Godelier (les baruyas de Nouvelle-Guinée les Grands Hommes), Marshall Sahlins les sociétés d'abondances, et bien sûr Malinowski chez les Trobriandais, les îles Trobriands.

Pour l'Europe: Jeanne-Favret Saada sur Les mots, La mort, les sorts. Super ethnologie sur la sorcellerie dans le bocage normand.

Pour l'Asie, je n'ai rien, j'ai lu un truc sur le Japon mais je me souviens même plus de l'auteur. Par contre j'ai Louis Dumont sur les études des castes en Inde. Il a écrit pas mal sur l'Inde donc pas de livre ni d'auteur particulier à conseiller.

Voilà j'espère que ça t'aidera Anne-Lise
"Une suite de petites volontés fait un gros résultat." Charles Beaudelaire
ZA Zaoline ·
Merci beaucoup pour avoir pris la peine de répondre à toutes mes questions =D Bonne continuation !
MO Morgane11 ·
Bonsoir,

Quelques mois après la publication de vos post, et quelques dizaines de minutes après la lecture de ceux ci, voilà que j'arrive un peu en touriste. Mais tant pis. J'espère que l'un ou l'une d'entre vous surveille encore cette discussion... Tout d'abord je me présente: Morgane, en terminale ES, j'habite sur Grenoble et je suis nourrie par la passion du journalisme depuis quelques années déjà. J'ai donc le projet très arrêté (en espérant que cette ambition ne sera plus de l'ordre du rêve un jour...) de devenir Reporter de guerre ou grand reporter (mais finalement ca se rejoint), et réaliser des reportages photos ou vidéos, en tant que journaliste indépendante, où reliée à des médias tels que ARTE. Le but est donc fixé. Il me reste simplement à déterminer les chemins pour y parvenir... Je vais tenter d'intégrer un IEP, mais c'est difficile, je cherche donc d'autres voies de secours. Parmi celles ci, les études d'ethnologie m'intéresse beaucoup. En vérité si je veux faire ce métier c'est avant tout parce que je me passionne pour les différentes cultures du mondes (qui s'accompagne par le besoin d'aller sur le terrain, le goût du risque, le besoin de dénoncer etc.) Ainsi j'aimerai avoir votre avis sur la question... Est ce un bon chemin selon vous? De plus ayant une formation ES à la base, cela peut il m'avantager ou au contraire m'handicaper? Ensuite, sachant que le journalisme recquiert une formation spéciale, pensez vous que de d'obtenir son master et d'arrêter là pour continuer en école de journalisme, est conseillé ou non? Un master suffit il? Ou est il préférable d'aller jusqu'au doctorat? Savez vous où est ce que se situent les facultés d'ethnologie, le plus proche de Grenoble? (J'aimerai sincèrement partir à l'étranger dès l'année prochaine mais je sens que niveau coût ca va être très difficile...) Enfin dernière question, est ce que dans le cursus sont intégrées des notions de sciences politiques mondiales?

Je vous remercie d'avance de votre éventuelle lecture, et voue un culte à celui/celle qui me répondra peut être! ;)

Bonne soirée,

Morgane

"Il n'y a rien à revendiquer, rien à regretter, sauf déplorer la manière terrible dont nous traitons l'Humanité". Don McCullin
MA Mareva91 Regular ·
Bonsoir Morgane Je me promenais par hasard sur le forum et je suis tombee sur ton message. J'ai pas mal participer sur ce sujet, qui me tient un peu un coeur donc j'espere te donner le plus d'infos possibles...

Je m'excuse d'avance pour les accents mais je suis a l'etranger et le clavier que j'utilise n'est pas dote d'accents ou alors je suis pas douee pour les trouver....

Tout d'abord, rassures-toi le Bac ES n'est pas un handicap pour des etudes en Ethnologie. Par contre si tu aime pas trop lire et que tu n'aime pas l'anglais il faudrait travailler sur ces points. Concernant une carriere en tant que journaliste de guerre, je conseillerais des etudes en histoire couplee avec l'ethnologie. Si vraiment tu n'es pas prise en IEP. Un bon journaliste de guerre, a mon sens, sait apprehender la culture et l'histoire d'un pays avant d'en restituer les faits au reste du monde. Peut-etre aussi qu'une classe prepa avant d'integrer la fac pourrait tres bien convenir, histoire d'avoir une culture generale solide.

Le Master suffit, pour une carriere en journalisme. Le Doctorat c'est pour les passionnes de la recherche. Finalement, le fait que tu sois amener a faire un doctorat ou non se fera selon la motivation que tu as pour les etudes que tu suis....Moi quand je suis entree en premiere annee de sociologie/ethnologie, j'etais parti pour le doctorat......tres rapidement je me suis rendue compte que le metier de cherheur ne me satisferait pas entierement.

Pour avoir une idee des fac d'ethno proches de grenoble, un seul site: onisep.org.

Enfin, qu'entend-tu par science politique mondiale ? En ethnologie, on nous apprend des notions sur l'organisation politique des tribus et autres societes dans le monde (anthropolgie politique). En histoire, il existe des cours orientes sur les politiques mondiales (sociologie politique teintee de faits historiques).

Si tu es interessee par une annee d'etude a l'etranger, niveau-cout c'est plus avantageux a partir de la L3 car diverses bourses peuvent etre contactees et surtout ton annees a l'etranger est comptabilisee pour l'obtention de ton diplome.

Si tu peux, des que tu trouve une fac qui propose une formation en ethnologie et/ou en histoire, regarde la plaquette de leur formation (de la premiere annee jusqu'au niveau Master a peu pres) afin de verifier que c'est vraiment ce qui t'interesse. Sa peut aider. De meme que les diverses options possibles au sein de la meme filiere.

A bientot
"Une suite de petites volontés fait un gros résultat." Charles Beaudelaire
KA Kaneel ·
Bonjour, je voudrais savoir si quelqu'un sur ce forum à passé une licence d'ethno à distance? Je suis actuellement en 1ere année d'histoire mais je ne compte pas poursuivre! J'ai un peu de mal à m'adapter à la fac, trop grand, trop de monde, et c'est pour cette raison que je pense commencer une licence d'ethno à distance. Cela me premettrai également de bosser à côté et de continuer mes projets photos. est-il difficile de travailler à distance? surtout dans ce domaine là?
MA Mareva91 Regular ·
Bonjour,

Je ne connais personne ayant suivi une licence

d'ethno à distance.

Donc sur ce sujet je ne peux pas t'aider.

Ceci dit, toutes les facs ne proposent pas

l'enseignement de l'ethnologie à distance...après

l'enseignement à distance c'est beaucoup

d'autonomie et de régularité dans le travail. Pour

compléter les cours sur internet il faudra lire pas mal

d'ouvrages je penses un peu plus que si on es en

présentuiel car on a pas les anecdotes des profs et

leurs ressentis sur leur terrain.

Autant les études d'histoire ou de droit à distance

c'est relativement gérable mais l'ethnologie c'est une

discipline intéressante et interactive surtout, il y a

moins de codifications que dans la sociologie pour

avoir étudier les deux, par exemple....moi je

préférait 100 fois les cours d'ethno que les cours de

socio trop théoriques à mon goût.

De pluis, rien ne t'empeche de travailler à côté des

études en présentiel si tu passes en controle terminal

tu assistera pas aux TD mais tu peux toujours

demander aux profs des lectures complémentaires.

Les profs d'ethnos sont supers cool, ils rendent

services, ils peuvent même t'autoriser à ne pas

assister à leur cours (pas tous les cours non plus) si

les horaires de travail ne sont pas compatibles...
"Une suite de petites volontés fait un gros résultat." Charles Beaudelaire
MB Mboloani Regular ·
Bonjour,

J'ai parcouru avec intérêt (et amusement !) les échanges d'informations au sujet du métier d'ethnologue, et la passion qui anime les divers participants est fort sympathique, mais je suis frappé par le fait que nulle part il n'est fait allusion à la linguistique, la plus humaine des sciences exates et la plus exacte des sciences humaines (André Martinet). Combien de fois des collègues ethnologues ne sont-ils pas venus m'appeler au secours pour la notation, la traduction, l'analyse de termes vernaculaires, et leur ignorance me stupéfiait, car je me posais la question : comment peut-on étudier une population sans s'intéresser à sa langue ? J'ai passé 28 ans sur le terrain en Afrique équatoriale de l'ouest, une vie passionnante à tous points de vue, et j'ai obtenu un doctorat ès-Lettres et Sciences Humaines après de nombreuses années de recherches car à cette époque lointaine, la thèse était le résultat de travaux personnels de terrain. Les temps ont changé certes, et j'admire l'énergie que vous mettez à poursuivre un but qui n'a rien d'évident !

Alors bon courage...et n'oubliez pas le langage !
mboloani
MO Morgane11 ·
Désolée de répondre si tard , mais je tenais tout de même à te remercier d'avoir pris du temps pour me répondre de manière si complète. Finalement j'ai eu Science po grenoble, je continue donc sur ma lancée, et verrais par la suite si un doctorat m'interesse, mais j'en doute, tu as raison... Alors bonne chance à tous, et encore merci!
MA Mareva91 Regular ·
Bonjour! Vous avez tout a fait raison...beaucoup ne pensent pas a la langue mais rassurez vous la linguistique et la pratique d'une langue vernaculaire est intégrée dans le cursus en ethnologie. Les jeunes apprentis ethnologues de plus en plus ne veulent pas avoir affaire a un traducteur lors de leurs recherches du coup les passionnes d'ethnologie dès leur première année d'étude prennent des cours de wolof, guarani, hindou etc....selon leur aire géographique de prédilection.
"Une suite de petites volontés fait un gros résultat." Charles Beaudelaire
MB Mboloani Regular ·
mbolo wé, vous me rassurez grandement et je vous souhaite de réussir à trouver une place dans une profession où les peaux de banane ne sont pas rares...

Cordialement.
mboloani
MA Mareva91 Regular ·
Bonjour, Ce qui est bien avec Sciences Po, c'est que la dimension internationale est intégrée dans le parcours contrairement à une université lamba....Tu auras pas mal d'opportunités d'échanges internationnaux que ce soit au seins d'universités, d'entreprises ou d'ONG etc.....Pour ton projet professionnel c'est parfait !

Bonne continuation.
"Une suite de petites volontés fait un gros résultat." Charles Beaudelaire
HA Handoar ·
Bonjour les informations sur l'ethnologie de ce sujet m'ont beaucoup apprit et je me rend de plus en plus compte que sa m’intéresse beaucoup. Moi je suis en première L a bordeaux et je suis très intéressés par la culture amérindienne et celle des peuples de Sibérie et du japon.C'est surtout le fait de voyager et de découvrir la culture d'un peuple qui m’intéresse étant donne que depuis l'age de 3 ans j'ai déménager dans plusieurs pays (Australie, Singapour) et j'ai garder ce gout du voyage et du contact.Sinon ce serait pour savoir si c'est plus intéressant de faire que de l'ethnologie ou autre chose avec car je suis aussi beaucoup intéressé par l'humanitaire.Et sinon pour du journalisme , ce serait pour savoir si c'est mieux de commencer par du journalisme et se spécialiser après (les journal comme Geo m’intéressant beaucoup).

Merci d'avance
MB Mboloani Regular ·
Bonjour,

Ne pas confondre l'envie de voyager avec l'ethnologie, qui conduit souvent à la sédentarisation dans un bureau après quelques temps de terrain, et encore à condition d'avoir trouvé un organisme d'accueil ! Les places sont devenues très rares et si les documentaires visibles parfois sur Arte permettent le rêve, c'est bien tout ! Par ailleurs, permettez moi de vous faire remarquer que votre niveau de français écrit n'est pas d'une qualité extrême et pourrait vous poser problème à l'université après l'obtention du bac. Bon courage en tout cas pour la suite de vos études secondaires et approfondissez vos connaissances en français, cela vous sera bien utile.
mboloani
MA Mareva91 Regular ·
Bonsoir, Pour commencer l'ethnologie, l'humanitaire et et le journalisme sont trois secteurs totalements différents.

Je ne sais pas si tu as été sensible aux débats concernant la réforme des universités et par conséquent de la fonction des professeurs d'universités. Dans le cas de l'Ethnologie, qui est science sociale, méprisée par l'Etat français, le métier d'ethnologue ou d'anthropologue n'est pas idyllique. Autant aux Etats-Unis, c'est un métier hyper connu et respecté autant ici il est quasi-invisible. J'ai constaté que quelqu'un t'avais répondu et il n'a pas tort quand il dit que le métier d'ethnologue ne se résume pas aux voyages et au contact avec les populations. En fait, si tu es passionné de voyages, j'ai envie de dire "continue à voyager en touriste" car le métier d'ethnologue n'a rien à voir avec le voyage. C'est peut-être dur ce que je dis mais moi j'ai entamé des études en ethnologie croyant que je pouvais lier l'amour du voyage, des langues et la découverte dans un seul métier et personne ne m'a dit que le métier d'ethnologue c'est pas que ça. C'est aussi de la recherche. Moi aussi j'ai fais L et de toute façon au lycée on ne nous explique pas ce que c'est que la recherche. Mais la recherche c'est beaucoup de lectures, il faut s'imprégner et connaitre le maximum d'ouvrages et de théories anthropologiques et sociologiques qui ont été enoncées il y 50/60 ans. Mais il faut aussi avoir un esprit critique et pouvoir faire avancer la discipline. Etre un ethnologue c'est être un scientique. La recherche, c'est aussi savoir écrire. Dans le cadre des études on est amené à réaliser des enquêtes. Ces enquêtes se soldent toujours par la rédaction d'un dossier ou d'un mémoire selon l'année d'étude. Je ne dis pas qu'il est difficile de rédiger un mémoire mais si l'on veut être ethnologue il faut s'attendre à rédiger et rédiger toute sa vie. Etre Ethnologue signifie que l'on a réalisé une thèse et que pour vivre du métier d'ethnologue il faut publier des ouvrages de qualités reconnus par la communauté scientifique en grand nombre. Dans le cas contraire, on est contraint d'enseigner. Si tu ne souhaites pas enseigner, je te conseille de ne pas faire de thèse. Car faire une thèse nécessite pas mal de moyens mais comment se consacrer à sa thèse, se rendre sur son terrain si on a pas de moyens financier ? La plupart des thésards dispensent des cours à l'université pour les licences et master pour vivre d'une part et d'autre part ils font des demandes de bourses à des fondations spécialisés selon l'aire géographique de l'étudiant. C'est très difficile de trouver des subventions surtout pour l'amérique latine et l'afrique. Il y a cependant un endroit où les subventions sont fantastiques selon un de mes anciens profs c'est le Japon. Le japon octroie des bourses d'études très intéressantes. J'ai appris depuis peu que le ministère de la culture du Brésil également octroyait des bourses pour les chercheurs français en ethnologie. On galère beaucoup après l'obtention de la thèse, il faut savoir après obtention du doctorat se faire un nom mais surtout cotoyer les plus grand pour pouvoir se faire connaitre et publier. L'idéal c'est de s'approcher des plus grands et que ceux-ci deviennent nos directeurs de recherches. MAIS qui dit chercheurs connus dit chercheurs très occupé qui a très peu de temps à nous consacrer et c'est assez déroutant. Là je viens de te dépeindre un tableau peu reluisant du métier mais il n'empêche que le métier d'ethnologue est un métier très intéressant. Les chercheurs entre eux lient des liens non-négligeable. De belles amitiées professionnelles peuvent naitre sans compter les belles amitiées que l'on lie sur le terrain pendant l'enquête. Dernièrement j'ai assisté à une conférence d'un ethnologue spécialiste du Mexique et du Venezuela, qui nous expliquait comment il avait tissé un lien presque familiale avec une famille méxicaine. Il a consacré toute sa vie d'ethnologue c'est à dire près de 40 ans au Mexique, au Panama et au Vénézuela. Il a passé 20 ans au Vénézuela auprès d'une communauté indienne d'amazonie. 10 ans au Panama et 10 ans au Mexique je crois. C'est sûr que ce qu'il a vécu pendant ces 20 ans non consécutifs (bien sûr) l'ont enrichi. Le problème aujourd'hui, c'est que rares sont les ethnologues qui partent plus de 6 mois par an fautes de moyens. De plus la plupart sont professeur en université ainsi ils s'engagent pour un semestre à l'université et le reste de l'année pour partir. Ceci dit rares sont les ethnologues qui partent tous les ans pour les mêmes raisons. Ils n'ont pas les moyens de financer leur voyage d'études puisqu'ils sont chercheur ils font de la recherche et ne voyagent pas comme toi et moi voyageons. Finalement, je doute que les ethnologue qui se forment aujourd'hui pourront se réjouir d'avoir fait 40/50 ans de terrain.

Si après tout ce que je t'ai raconté tu es toujours intéressée par le métier d'ethnologue, je te conseille de foncer tu ne seras pas déçu. En revanche, si certaines des choses te font réfléchir ou si finalement tu te dis que la recherche c'est pas pour toi mais que tu es malgré tout intéressé par l'ethnologie et surtout la découverte du monde et des peuples.

Je pense que tu pourrais coupler un parcours en ethnologie avec du journalisme. Comme tu le dis si bien pourquoi pas te spécialiser sur le journalisme "ethnique" du style national geographique ou géo. L'idéal serait de faire une licence en ethnologie et d'enchainer sur une école de journalisme. Je sais qu'il existe des parcours histoire/ethnologie, ces disciplines se couplent parfaitement avec le journalisme. Mais surtout pour le journalisme vaux mieux se spécialiser avant. Ce n'est que mon opinion mais quand même on est plus crédible si l'on connait un peu le monde avant de se tourner vers un journalisme spécialisé tel que celui-ci avant d'entamer un cursus journalistique plutôt que l'inverse.

Enfin, pour l'humanitaire. L'humanitaire n'a rien à voir avec l'ethnologie. L'humanitaire c'est de l'aide d'urgence par exemple en ce moment ou nous parle pas mal du choléra qui sévit Haiti, des humanitaires spécialisés dans la santé sont là bas afin de réduire la contamination et l'expansion de la maladie. Mais par contre si tu parles de coopération internationale ou de solidarité internationale, là, oui l'ethnologie a sa place dans le milieu ne serait-ce que dans la participation et la création de projets solidaire avec des communautés spécifiques, défavorisés ou autres. C'est d'ailleurs vers ça que je me destine. J'ai une licence en socio/ethnologie. Après obtention de la licence, j'ai pris une année sabbatique et je suis partie voyager en Amérique latine. En fait j'ai pas trop voyagé sur le continent vu que j'y ai fait un stage en ONG de 6 mois en Colombie et du bénévolat associatif au Vénézuela. Mais j'ai beaucoup appris sur ces deux pays notamment sur le système éducatif auprès des populations défavorisées. En ce moment je suis en master spécialisée sur les échanges entre l'europe et l'amérique latine. J'ai des cours en éco, en sciences politique, géographie, histoire, socio et en anthropologie. D'ailleurs l'anthropologie reste mon enseignement majeur, c'est-à-dire que même si mon diplome est pluridisciplinaire j'ai une dominante en anthropologie et actuellement je suis en train de réaliser un mémoire pour cette année qui est issu de mon expérience de l'année passée sur le système éducatif et les politiques éducatives interculturelles en Colombie. Comme tu peux le constater le thème n'est pas très exotique est reste très terre-à-terre Le mémoire étant orienté professionnel car je suis sensé faire un stage pro en ONG pour valider mon diplome.

Je penses avoir fait le tour sur la question et répondu à tes interrogations en espérant t'avoir aidé. Peut-être que mon petit parcours t'a éclairé aussi sur ce qui est possible de faire avec l'ethnologie. Bon week end à toi.
"Une suite de petites volontés fait un gros résultat." Charles Beaudelaire
MB Mboloani Regular ·
Bonjour à vous,

Vous avez pris le temps d'une longue réponse au questionnement de cette lycéenne, permettez moi de vous féliciter, car vous avez très clairement expliqué les aléas du métier à l'heure actuelle. Les choses ont bien changé depuis les lointains débuts de ma carrière, où le métier jouissait encore du prestige des grands noms de Griaule, Lhote, Leboeuf, etc, ce qui me valut d'être recruté comme ethnologue alors que j'étais linguiste, profession parfaitement inconnue alors. Ce camouflage a duré des années mais ethnologie aussi bien que linguistique sont passées maintenant à la trappe dans les programmes de recherche des diverses organisations scientifiques, où l'on ne se préoccupe plus que de ce qui permet de faire pousser quelque chose. Je suis maintenant à la retraite mais reconnais que j'eus le privilège de mener une vie dont on ne peut plus, maintenant, que rêver.

Il est exact que le métier remporte toujours beaucoup de succès aux USA, mais la situation y est totalement différente de celle observée en France métropolitaine, où l'on voit mal un ethnologue opérer en Bretagne, au Pays Basque, en Corse ou en Ile-de-France par exemple, alors que l'ethnologue américain a à sa disposition les vestiges des nombreuses nations amérindiennes, des populations andines ou amazoniennes, sans parler des Maoris, et peut par ailleurs décrocher des fonds pour des missions dans toutes les autres parties du monde. La disparition des colonies à partir de 1960 a complètement changé la donne, l'IFAN (Institut Français d'Afrique Noire fondé par Th. Monod) dont la base était à Dakar a changé d'appellation et de statut, l'ORSTOM (Office de la Recherche Scientifique et Technique Outremer) qui possédait des centres permanents dans tous les territoires a peu à peu évacué les lieux pour se limiter aux DOM-TOM sous le nom IRD (Institut de Recherche pour le Développement), et le CNRS n'a jamais opéré que par missions temporaires sur des sujets précis et avec des budgets adaptés. En fait, je me demande bien où l'ethnologie peut encore trouver sa place chez nous, quand il n'y est plus question que de rentabilité. Je vous souhaite donc bonne chance dans ces activités passionnantes.
mboloani
MA Mareva91 Regular ·
Bonjour, Oui en effet, il m'a semblé nécessaire de décrire ce métier à cette lycéenne car malheuresement il n'est pas du tout connu en France. C'est vrai que moi j'ai pas eu d'avoir affaire un étudiant en ethnologie avant de commencer. D'ailleurs les conseillères d'orientation n'étaient pas calée à ce niveau et voulaient m'orienter sur des études en langues. Il est qu'en France, l'anthropologie est totalement méconnue, lorsque que j'étais en amérique latine, j'ai été étonné de voir que même des personnes n'ayant pas forcément fait des études longues savaient plus ou moins à quoi se référait l'anthropologie. Ici ce n'est malheuresement pas le cas. J'en conclu que, finalement, vaut mieux se former en amérique du sud car là-bas le métier est perçu à sa juste valeur.

En outre, j'aurais aimé savoir quelle a été votre objet de recherche durant votre carrière et dans quelle région avez-vous réalisez vos terrains?

Bien cordialement. Anne-Lise
"Une suite de petites volontés fait un gros résultat." Charles Beaudelaire
MB Mboloani Regular ·
Bonjour,

Très franchement, je ne vois aucun avenir à l'ethnologie en France mais surtout, ne me parlez pas de conseillères d'éducation ! Un de mes neveux a été jugé inapte à l'enseignement supérieur par une de ces dames qui lui voyait cependant un avenir possible dans l'agriculture : il est maintenant docteur en pharmacie, docteur ès sciences, professeur de chimie moléculaire à Jussieu et ses travaux sur le cancer de l'utérus font, paraît-il, autorité...

Ma vocation de linguiste m'est venue alors que j'étais étudiant à l'Ecole des langues Orientales Vivantes (Langues O'), lorsque le professeur de peul m'a demandé si j'étais disposé à partir en Afrique dans le cadre d'une mission internationale organisée par l'International African Institute, basé à Londres. Ma réponse étant affirmative, je me suis retrouvé à la School of Oriental and African Studies dans cette ville pour une formation en linguistique et phonétique et six mois plus tard, je remplissais les fonctions hautement importantes de chauffeur-mécanicien de l'équipe que je formais avec un chercheur anglais, récemment démobilisé du régiment des Royal Kenyan Riffles avec le grade de capitaine, et inutile de vous dire que je conserve un souvenir inoubliable de nos treize mois d'enquêtes et de déplacements dans la zone allant du Mont Cameroun à Bangui. Puis encore huit mois à Londres avant de revenir en France où je pus faire les études correspondants au métier que je venais d'exercer (licence libre ès-lettres avec les certificats de linguistique générale, phonétique générale, ethnologie, histoire de la colonisation)) et faire mon service militaire (j'avais un sursis..). Cela fait, j'ai été immédiatement recruté et affecté à Brazzaville, où j'ai vécu les quinze années suivantes, rentrant le plus rarement possible en métropole ! Je suis parfaitement conscient que les temps ont changé, que j'ai eu la chance de me trouver au bon endroit au bon moment.

J'ai fait toute ma carrière (1949-1987) en Afrique équatoriale de l'ouest (deux Camerouns, RCA, Congo-Brazzaville, Gabon) et en Polynésie. Je m'intéressais à l'inventaire des langues bantoues d'Afrique et à leur structure, ce qui m'a amené à commettre un doctorat ès-lettres et sciences humaines (Sorbonne) après quelques années de recherches de terrain. Mon séjour à Tahiti était totalement imprévu, une foucade de ma direction générale...et m'a permis de mettre à jour un certain nombre de publications africanistes, loin de la vie fort plaisante que je menais alors au Gabon, tout en goûtant aux délices des îles sans porter le moindre intérêt à la langue locale !

Ce que vous dites de l'anthropologie en Amérique du Sud est exact : c'est une région où les populations offrent un vaste champ d'études et j'espère que vous trouverez à y exercer vos talents par le biais d'une institution locale. En tout cas, bonne chance, et en attendant, BONNES FETES.

André.
mboloani
MA Mareva91 Regular ·
Je vous remercie d'avoir répondu si rapidement. Votre parcours est impressionnant et il semble que votre carrière ai été passionante. Ce genre de témoignage devrai être plus diffus dans l'enseignement afin de sedynamiser la profession notamment. Je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'années moi aussi.

Anne-Lise
"Une suite de petites volontés fait un gros résultat." Charles Beaudelaire
MB Mboloani Regular ·
Je vous remercie de vos bons voeux et espère que tout va bien pour vous, avec un avenir que je vous souhaite brillant. Ne vous laissez jamais abattre par les obstacles, quels qu'ils soient, et à ce propos, je voudrais vous raconter une anecdote me concernant : rentrant de ma mission au Cameroun, j'eus l'occasion de rencontrer le professeur Marcel Griaule, à l'époque directeur-adjoint de l'Institut Africain International, à qui je demandai conseil pour la poursuite de mes activités. Sa réponse fut : "avez-vous une fortune personnelle ?". Ma réponse étant négative, son avis m'arriva en pleine figure : "alors inutile de persévérer !". La suite prouva que le conseil était mauvais !

Meilleurs souhaits.

André
mboloani
MA Mareva91 Regular ·
Je vous remercie de partager cette petite anecdote fort intéressante qui nous révèle qu'il existait déjà des problèmes de financement dans la discipline. Oui dans la vie il ne faut jamais baisser les bras même si par moment tout à l'air difficile ou impossible. C'est ce que me disait mon grand-père défunt lorsque j'étais plus jeune de ne jamais abandonner mes projets même si le monde entier était contre moi car seule la foi en soi pouvait triompher. A l'époque je comprenais pas trop le sens de ses propos mais, de plus en plus, je m'accroche à ces mots surtout que je suis du genre têtue, quand j'ai une idée en tête je ne la lâche pas ! Sur ce, je vous souhaite beaucoup de réussite pour cette nouvelle année. Anne-Lise
"Une suite de petites volontés fait un gros résultat." Charles Beaudelaire
MB Mboloani Regular ·
Le métier d'ethnologue était, en ces temps anciens, exercé par des gens fortunés ou qui savaient se faire subventionner par des personnes à la fois riches et curieuses du reste du monde. Le Musée de l'Homme organisait chaque mercredi une séance de films ethnographiques, fréquentée par les douairières du XVIe arrondissement qui espéraient trouver là des scènes leur rappelant de lointains souvenirs et n'hésitaient pas à participer au financement de ce que l'on appelait des "expéditions" dans des régions reculées. C'est à la fin des années 40 que sont apparus des organismes nationaux ou internationaux grâce auxquels la recherche scientifique en sciences humaines a pu se développer, mais il semble que cette belle époque tire à sa fin. En tout cas, vous semblez être une "mordue" et savoir ce que vous voulez, alors je vous encourage à suivre vos ambitions sans prêter attention aux contradicteurs. Une dernière anecdote pour vous amuser : un de mes neveux, après une rencontre avec une conseillère d'éducation, reçut comme jugement définitif "absolument inapte à des études supérieures, pourrait cependant trouver éventuellement un avenir dans l'agriculture". Devinez la suite ? Il est docteur en pharmacie, docteur ès-sciences, professeur de chimie moléculaire à Jussieu...alors pour ce qui est des conseils...

Il me reste à vous souhaiter bon courage et une excellente année, qui vous permette de réaliser vos projets dans la joie et la bonne humeur.

André
mboloani
MA Mareva91 Regular ·
Ahhh ces fameux conseillers d'orientation qui sont assez ignorants finalement. On les appelle aussi "les conseillers de désorientation". Très vite j'ai su que je pouvais pas compter sur eux. La conseillère de mon collège était incapable de mr proposer un lycée dans lequel était dispensé une troisième langue et à celles du lycée je leur ai appris que l'Ethnologie n'était pas seulement dispensé à l'université Paris 7. Je me demande donc combien de personnes ont revus à la baisse leurs ambitions et finalement exercent un métier qui ne leur plait pas à cause d'eux !
"Une suite de petites volontés fait un gros résultat." Charles Beaudelaire
MB Mboloani Regular ·
Vous ne sauriez imaginer combien je suis soulagé a posteriori de ne pas avoir eu affaire avec une conseillère d'orientation au cours de mes études secondaires ! Que m'aurait-elle proposé ? Dans l'état actuel de la formation en France, il faut bien trouver un point de chute aux nombreux diplômés en psychologie...

En tout cas, bon courage à vous, vous avez une pêche réjouissante !
mboloani
YO Yoda41 ·
Bonsoir !

C'est avec un grand intérêt que j'ai lu ce sujet dans son intégralité. Vos avis et expériences sont passionnants!

Actuellement en prépa scientifique, je suis en train de me remettre en question. L'enseignement scientifique n'est vraiment pas à mon goût et j'envisage très sérieusement de me réorienter. J'adore voyager, apprendre des langues, lire. Je m'intéresse énormément aux peuples les plus reculés du monde, notamment les Inuits et les Murunahuas ; leurs us et coutumes me fascinent. Je suis entre autre un fervent lecteur de Jean Malaurie. Je ne me sens pas à ma place dans notre société occidentale : j'ai l'impression que le métro-boulot-dodo est la nouvelle forme d'esclavagisme de notre ère. Il faut que je sorte de ce système. J'ai toujours rêvé de tout quitter pour partir en expédition à l'autre bout de la planète, étudier les mœurs d'une tribu établie dans un coin reculé du globe, entrer en immersion dans leur groupe, essayer de comprendre leur vision du monde, leur relation avec leur environnement et, qui sait, rester là bas. J'ai l'air d'un ingénu, je sais... 😕

Cependant, plusieurs questions me taraudent. J'ai un peu de mal avec la liste des filières à suivre pour devenir ethnologue ! Existent-ils des facs d'ethnologie ? Peut-on passer par une fac de sociologie pour ensuite bifurquer vers le cursus d'ethnologie ? A quoi ressemble exactement le cursus (Licence puis Master puis Doctorat ?) ? Quels sont les débouchés et y a-t-il "de la place" ? Journalisme (du style des reportages d'Arte, de Géo etc...) ? Embauché au CNRS ? Humanitaire ? "Consultant" pour l'état voire l'Europe ? Enseignement ? Faut-il absolument passer par les études pour réaliser ce genre d'excursion ?

Je vous remercie d'avoir pris la peine de lire mon message. Cordialement,

Simon
MB Mboloani Regular ·
Bonjour,

Pour être franc, je crains que si vous comptez sur l'ethnologie pour régler vos problèmes existentiels, vous ne fassiez fausse route. Et les recherches de terrain sont très loin d'être des "excursions" !

Cordialement.
mboloani
MA Mareva91 Regular ·
Bonjour, Je comprend votre mal-être mais je vous conseille de vous orienter en Ethnologie que si vous avez une passion pour cette discipline. L'Ethnologie c'est une discipline scientifique, il y a donc des théories et des thèses au même titre que les sciences dures. Etre ethnologue c'est avant tout être bien dans sa peau, dans sa vie et dans sa tête. Si vos études ne vous plaisent pas, je vous encourage à changer de voie mais pas pour de mauvaises raisons. L'idée selon laquelle l'herbe est plus verte ailleurs est un mythe !!! La vie dans les tribus est autant coercitive qu'ici. Il n'y a pas plus de liberté ailleurs qu'ici. Les tribus ont également leur routine et elle s'apparente beaucoup au métro-boulot-dodo d'ici sauf que la plupart du temps il n'y a pas de métro.

Autre chose, Croire qu'il existe encore des "peuples reculés" et "peuples avancés" est une grande erreur. Aucun ethnologue contemporain pourrait laisser passer ses propos. Aujourd'hui on fait de l'ethnologie une France par exemple.

Le métier d'Ethnologue est un métier à ne pas prendre à la légère. Les ethnologues sont très mal payés, très peu publient et réalisent des enquêtes de terrains. Il ne s'agit pas d'expéditions. Les expéditions c'est avec les tour opérator!!!

Les questions pratiques: Oui on peut effectuer un cursus en Sociologie et ensuite se spécialiser en Ethnologie. Souvent les cursus en Ethnologie commencent dès la L3 mais il existe des parcours bi-disciplinaires en socio/ethno (ce que j'ai fait) , ou ethno/histoire. En revanche, seule le Doctorat atteste que l'on est réellement Ethnologue. La question qui se pose est si vous souhaitez vous engager dans des études de Doctorat en Ethnologie qui sont très difficiles car il y que très peu de moyens accordés par l'Etat aux doctorants en sciences humaines en général. Peu de bourses d'études pour réaliser ses enquêtes. L'enseignement est donc la voie royale des doctorants en Ethnologie, c'est l'unique moyen pour eux d'avoir des revenus fixes ce qui leur permet d'une part de vivre (loyer, nourriture etc...) et d'autre part de pouvoir financer leurs enquêtes de terrain . Le métier d'Ethnologue c'est pas des expéditions, des voyages mais plutôt le parcours du combattant pour faire ce que l'on aime le plus: faire avancer la discipline.

Ceci dit, ce que moi je perçois dans votre message, c'est que vous avez besoin de prendre du recul par rapport à vos études pour réfléchir sur ce que vous voulez réellement faire. Le conseil que je vous donnerai serait de prendre une année sabbatique. Je sais qu'en France, on est assez frileux et que les parents ont du mal à comprendre la démarche mais je vous assure pour l'avoir prise que c'est très enrichissant. Après cette année sabbatiqe pendant laquelle on est "hors norme", on se rend compte réellement de ce que l'on veut et lorsque l'on reprend ses études (parfois l'année sabbatique nous apprend que l'on veut plus faire des études aussi), on est deux fois plus déterminés car on sait réellement ce que l'on veut faire et surtout ce que l'on ne veut pas faire. Si vous êtes fascinés par les Inuits, pourquoi ne pas partir à leur rencontre dans le cadre d'un voyage de 3, 6 ou 9 mois. Peu importe, mais je pense que celà pourrait vous ouvrir les yeux sur certaines choses.

Enfin, ne croyez pas qu'il faut aller à l'étranger pour sortir du moule dans lequel on nous enferme. C'est à nous de dire "STOP" quand on se sent pris au piège. C'est à nous de gérer notre vie comme on le souhaite , parfois ça choque les personnes qui nous entoure (surtout la famille et les amis) mais ce n'est pas notre problème c'est le leur ! A vous de jouer et de sortir du moule dans lequel on essaie de vous faire entrer.

Bon courage !
"Une suite de petites volontés fait un gros résultat." Charles Beaudelaire
MA Mathews Globetrotter ·
Je m'intéresse énormément aux peuples les plus reculés du monde, notamment les Inuits et les Murunahuas ; leurs us et coutumes me fascinent. Je suis entre autre un fervent lecteur de Jean Malaurie.

Quels sont les débouchés et y a-t-il "de la place" ? Embauché au CNRS ? Humanitaire ? "Consultant" pour l'état voire l'Europe ? Enseignement ?

salut pour se faire recruter par le CNRS TRES peu de débouchés et comme je l'ai lu précédemment ils recrutent à niveau élevé après le bac. En plus comme les caisses de l'état sont vides les chances sont extrêmements faibles de se faire recruter voir proche du zéro absolu par le CNRS. Le CNRS il crie littéralement misére un chargé de recherche au CNRS ça doit gagner à tout casser 2000 euros à peine. Jean Malaurie il a eu de la chance ( ou comme Levis Strauss ) c'était à une époque où on ne calculait pas le moindre centime de dépense. Ceci dit je sais qu'il y a des entreprises de "consulting" qui font des études sur des peuplades par exemple pour aider à la rédaction de guides de voyages ou pour les documentaires télés genre Ushuaïa. C'est peut-être une voie à prendre. Faut contacter des boites de productions ou des éditeurs pour rentrer en contact avec ces boites de consultants.

L'autre possibilité c'est de passer un an chez les Yanomamis en Amazonie ou les Inuits au Groenland écrire des livres dessus ou faire des films documentaires; avec tes propres économies. Si tu fais un film sur les Inuits ça peut peut-être intéresser des boites de productions spécialisées. Mais faut pas espérer percer là-dedans un docu sur les Inuits , à moins de s'appeler Nicolas Hulot sur Tf1, va dans le meilleur des cas passer sur Arte et attirer 10000 pélerins tout haut plus.

Pour ce qui est d'écrire un livre d'étude sur les Masaï ou les Yashigüengä ( groupe ethnique d'amazonie péruvienne ) tu vas vendre 300 exemplaires de ton livre à tout casser, fasse au rouleau compresseur de Marc Levy ou Houellebecq 😉
MA Mathews Globetrotter ·
Oui dans la vie il ne faut jamais baisser les bras même si par moment tout à l'air difficile ou impossible.

c'est pas la question de baisser les bras ou pas ; le problème c'est qu'on vit dans un monde de plus eu plus stéréotypé ou formaté , le moindre emploi doit être rentable économiquement. Si tu ne parles pas de Return On Investment, de chiffre d'affaire et de bénéfices , eh bien tu n'est pas dans la norme.
TA Tatra Globetrotter ·
Bonjour,

Si tu ne parles pas de Return On Investment, de chiffre d'affaire et de bénéfices , eh bien tu n'est pas dans la norme.

Je crois quand même que ça reste un propos un peu isolé, l'immense majorité des gens essaient juste de vivre simplement, sans ce genre de plan affairistes. Il est certain que pour être ethnologue il faut de défier de cela, et en assumer les conséquences dans la vie ; mais il n'y a rien là d'impossible.

Michel
MA Mareva91 Regular ·
Je suis tout à fait d'accord avec vous. Ceci dit la phrase que vous citez est sortie de son contexte. Ce que je voulais dire par là, c'est que si l'on veut réaliser un projet qui nous est cher, il ne fallait pas baisser les bras ou plutôt il fallait laisser de côté tout ceux ou celles qui vous font croire que ce que l'on souhaite réaliser n'est pas "dans la norme". J'avais sorti cette phrase par rapport à ma propre expérience. Ne jamais baisser les bras, ça voulait dire, "toujours croire en soi". C'est ça qui nous fait avancer surtout quand on nous fais croire que l'on est "hors norme". La difficulté c'est de sortir de sa situation de "mouton insconcient" et de devenir un "mouton conscient". C'est ce qui nous permet de faire comprendre aux gens que nos choix de vie sont légitimes. J'ai plein d'amis qui sont dans la finance (c'est là que ma famille voulait me voir aussi), ils détestent ça mais ça rapporte des sous. Des sous pour faire quoi? Ba rien, ils travaillent tout le temps, ils ne profitent de rien, je les vois presque jamais, ils n'ont pas d'activités en dehors du travail. Chacun voit sa vie comme il veut mais c'est pas comme ça que je vois la mienne. Moi je pourrais pas exercer un métier qui ne me plaise pas et qui me stresse à un point où je ne peux même pas profiter de mes amis d'enfance, de ma famille et surtout qui me laisse pas le temps de danser la salsa (ma passion). Vivre pour travailler c'est pas mon truc mais malheuresement la plupart des français ne vivent que pour travailler dans un secteur qui ne leur plait pas forcément. Et donc le lien avec le métier d'ethnologue il est justement là. Est ethnologue que celui qui travaille pour vivre et non l'inverse. Les études en ethnologie ont tellement peu de débouchés qu'il faut être vraiment passionné pour se lancer dans un doctorat. Seuls les passionnés peuvent faire abstraction de la rentabilité économique (excepté les économistes fans du Return On Investment)
"Une suite de petites volontés fait un gros résultat." Charles Beaudelaire
MA Mathews Globetrotter ·
J'ai plein d'amis qui sont dans la finance (c'est là que ma famille voulait me voir aussi), ils détestent ça mais ça rapporte des sous.

ok c'est un autre sujet 🙂

Vivre pour travailler c'est pas mon truc mais malheuresement la plupart des français ne vivent que pour travailler dans un secteur qui ne leur plait pas forcément

ne pas oublier le slogan de notre bon président "travailler plus pour gagner plus" 😉 je suis d'accord.
CA Calisitara ·
Bonjour à tous !

Je suis dans un graaand questionnement pour mon orientation mais une seule chose est claire et nette dans mon esprit c'est que je choisis de suivre la voie ô combien enrichissante et intéressante qu'est l'ethnologie, je souhaite poursuivre jusqu'en doctorat. je m'explique : je suis depuis toujours passionnée par les voyages, les coutumes, les légendes, les rites et les us que chaque culture peut posséder. je me suis donc mis comme objectif de suivre une orientation en ethnologie apres le bac mais le probleme était que la où j'étais : rennes , je ne pouvais pas suivre dès la licence 1 cette discipline. J'ai donc validé une licence en archéologie. Je compte suivre l'année prochaine une licence 3 à distance avec l'univ de strasbourg. après cela c'est plus compliqué. étant donné que je n'ai pas encore eu la chance d'étudier cette discipline et que je commence tout juste à déblayer le terrain afin de choisir au mieux une fac me proposant un master me convenant au mieux je suis un peu perdue. je ne souhaite pas rester en France je veux bouger et profiter du fait de voyager, découvrir la richesse humaine du pays tout en faisant mes études. j'ai plusieurs choix dont deux ressortent le plus : j'aimerai intégrer le master anthropologie et sociologie des sociétés de l'océan indien à la Réunion (certes on reste dans le territoire français mais rien à voir avec notre culture de métropole) et je me demandais si cela était pertinent . J'aime assez l'idée d'étudier ces sociétés mais je ne les connais pas encore véritablement aussi j'ai encore un an pour me familiariser avec.

d'un autre côté la culture amérindienne (toutes les amériques) me fascine et me passionne au plus haut point et j'aimerai savoir si vous connaissiez une fac à l'étranger ou à la limite en France qui propose une spécialisation, des cours, des échanges en lien avec ces cultures. On est bien d'accord dans ce genre d'étude il ne faut pas se disperser et donc choisir la bonne voie, la bonne fac, la bonne spécialisation est cruciale, il ne faut pas que je me plante.

et enfin une tte dernière question : pensez vous qu'il est important de faire des stages durant les années d'études en ethnologie et si oui quels types de stages exactement.

Merci beaucoup pour vos réponses.

Bonne journée à vous.
IL Ilivic Veteran ·
d'un autre côté la culture amérindienne (toutes les amériques) me fascine et me passionne au plus haut point et j'aimerai savoir si vous connaissiez une fac à l'étranger ou à la limite en France qui propose une spécialisation, des cours, des échanges en lien avec ces cultures. On est bien d'accord dans ce genre d'étude il ne faut pas se disperser et donc choisir la bonne voie, la bonne fac, la bonne spécialisation est cruciale, il ne faut pas que je me plante.

Vois l'Institut des Hautes Etudes d'Amérique Latine (IHEAL) de Paris-III
MA Mareva91 Regular ·
Bonjour !

Toute université qui propose un enseignement en ethnologie et/ou en anthropologie est bonne ! La seule chose qu'il te reste à vérifier est la possibilité de réaliser un échange universitaire avec une fac conventionnée afin de vérifier que tu pourrais réaliser un terrain dans le pays qui t'intéresse ! Ainsi tu pourrais passer un semestre ou une année entière à étudier à l'étranger, découvrir comment on fait de l'ethnologie ailleurs mais surtout réaliser un stage ou du bénévolat qui pourrait alimenter ton mémoire et donc te donner de l'expérience dans le domaine.

Tu pourrais aussi, comme je l'ai fait, préparer un voyage soit entre ta licence et ton master soit après en proposant tes services dans une association dans le pays et la communauté qui t'intéresse. Tu vivrais une riche expérience et pourra apprendre à vivre "à leur façon"...Moi c'est que j'ai fait et j'ai d'ailleurs pu me servir de cette expérience pour mon mémoire qui au départ devait être à 100% anthropologique mais qui a pris une dimension pluridisciplinaire ! :-)

Si les cultures amérindiennes te fascinent et que tu as déjà voyagé en Amérique latine et que tu te débrouille en langue espagnole, tu pourrais comme on te l'as suggéré regarder du côté de l'Institut des Hautes Etudes de l'Amérique Latine IHEAL Paris 3, j'y ait étudié, dans le domaine de l'anthropologie, il y avait assez peu d'étudiants du coup nous sommes davantages plus encadré et les professeurs sont passionnants ! On étudie là bas dans de véritables bonnes conditions avec des camarades passionnés de l'Amérique Latine et avec des latino-américains !! Pour la recherche de stage, on a un petit réseau bien organisé qui nous permet de toucher à tout et de s'épanouir !

Voila pour ces petites précisions !

PS: ne t'inquiète pas pour ton parcours en archéologie, ce n'est pas rédhibitoire pour étudier l'ethnologie d'ailleurs à l'IHEAL, ^ça consituerais même un atout !!
"Une suite de petites volontés fait un gros résultat." Charles Beaudelaire
CA Calisitara ·
super ! merci beaucoup pour ta reponse, ca m'aide a y voir plus clair :)

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