Quel livre emporteriez-vous sur une île déserte?
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BU Burnaby Regular ·
Il n'y a pas un parler parisien et un parler provincial

C'est un gag ? À Paris, dans un magasin, on ne demande pas une poche, on demande un sac.

les ouvrages qui référencés par Ngram Viewer comprennent aussi des ouvrages publiés au XXI° siècle

Je faisais allusion aux dates de ton graphique, enfin celui de NV...

Les dates du graphique commencent dans les années 20 et se poursuivent jusqu'en 2013. Et dans toute cette période, "wagon de métro" est plus utilisé que "voiture de métro" (sauf dans les années 30 pour un tout petit moment, j'imagine que tu viens de cette période pour persister à croire qu'on en dit pas "wagon de métro").

"Poche" est une différence régionale, et de telles différences, tu en trouves tout simplement DANS Paris. Tout les Parisiens ne parlent pas de la même façon ! Question d'âge, d'origine sociale ou géographique, d'influence de l'environnement immédiat, du travail, du niveau d'études, de la personnalité du locuteur...). Les différences ne sont pas si grandes que ça entre Parisiens et provinciaux, sans doute mis à part l'accent (et encore !). Toi tu vois les différences, moi je vois les point communs. Par ailleurs, tout le monde ne dit pas "poche" dans le sud.

Tu es censé être un voyageur, bouge un peu et oublie tes a priori.
J.K.A. BURNABY

Peregrinor, ergo sum
BU Burnaby Regular ·
Je conserve cet a priori.

J'ai eu la même réaction que toi. Eh bien, non, y a les deux (ce qui est une hérésie pour une locution latine, nous sommes bien d'accord)... À quand le latin obligatoire à l'école ?

La langue évolue et beaucoup de locutions étrangères se francisent et prennent la graphie des mots français courants. Il existe même le terme "apriorité".
J.K.A. BURNABY

Peregrinor, ergo sum
MA Masterpo Globetrotter ·
Les dates du graphique commencent dans les années 20 et se poursuivent jusqu'en 2013.

2008. Y a plus rien après.
CA CatherineGil Globetrotter ·
😇 Ehhhh On dit chocolatine ou pain au chocolat ? Google a-t-il une statistique sur cet épineux problème linguistique ?
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
MA Masterpo Globetrotter ·
Il existe même le terme "apriorité".

Ça, c'est pas gênant. Il y a apriorisme aussi.
MA Masterpo Globetrotter ·
On dit chocolatine ou pain au chocolat ? Google a-t-il une statistique sur cet épineux problème linguistique ?

Dans les livres, y a pas tof :
UN UnaMilanese Veteran ·
Bonjour,

Ehhhh On dit chocolatine ou pain au chocolat ? Google a-t-il une statistique sur cet épineux problème linguistique ?

Anecdote : Accoudée au comptoir de la voiture bar du TGV Milan Paris, je demande une chocolatine pour accompagner mon soi disant expresso (caffè ultra lungo!). Le bariste, avec son bel accent du nord de la Loire, me rétorque : "Vous voulez dire un pain au chocolat ? - Non, monsieur. Je VEUX dire une chocolatine, mais rien ne vous empêche de la nommer pain au chocolat."

Catherine 😉
By this, and this only, we have existed. Which is not to be found in our obituaries. (T.S. Eliot)
MA Masterpo Globetrotter ·
Ciao UM,

son bel accent du nord de la Loire

La langue d'oil...

Non, monsieur. Je VEUX dire une chocolatine

Rassure-nous, tu l'as eu(e) ?

https://www.youtube.com/watch?v=aaS0sBllsrk
BU Burnaby Regular ·
Les dates du graphique commencent dans les années 20 et se poursuivent jusqu'en 2013.

2008. Y a plus rien après.

2013 avec une petite manipulation ! Mais ça tu peux pas savoir... ! 😉
J.K.A. BURNABY

Peregrinor, ergo sum
BU Burnaby Regular ·
On dit chocolatine ou pain au chocolat ? Google a-t-il une statistique sur cet épineux problème linguistique ?

Dans les livres, y a pas tof :

C'est bien, tu apprends vite.
J.K.A. BURNABY

Peregrinor, ergo sum
MA Masterpo Globetrotter ·
2013 avec une petite manipulation

La manipulation, c'est plus ton truc que le mien 😛
BU Burnaby Regular ·
Bonjour,

Ehhhh On dit chocolatine ou pain au chocolat ? Google a-t-il une statistique sur cet épineux problème linguistique ?

Anecdote : Accoudée au comptoir de la voiture bar du TGV Milan Paris, je demande une chocolatine pour accompagner mon soi disant expresso (caffè ultra lungo!). Le bariste, avec son bel accent du nord de la Loire, me rétorque : "Vous voulez dire un pain au chocolat ? - Non, monsieur. Je VEUX dire une chocolatine, mais rien ne vous empêche de la nommer pain au chocolat."

Catherine 😉

Et ça ? On dit (ou on écrit) comment ?

J.K.A. BURNABY

Peregrinor, ergo sum
BU Burnaby Regular ·
2013 avec une petite manipulation

La manipulation, c'est plus ton truc que le mien 😛

C'est ce qui t'arrange de croire, j'imagine, mais ce ne sont pas les faits. 😛
J.K.A. BURNABY

Peregrinor, ergo sum
GG GGaillard Veteran ·
Ce Ngram Viewer est un vieil outil pas mis à jour depuis 2013 et il n’analyse que les ivres numérisés et ses analyses ne marchent pas réellement sur les ouvrages en langue française d’avant 1800 (orthographe variante de l’actuelle). Donc très limité comme tout portage d’applis initailement créées pour la langue anglaise américanisée.
Georges G. (Mes commentaires et mes photos sont issus de mon vécu réel, mes peintures, elles, de mes souvenirs fantasmés)
LU LuluMae Veteran ·
Sous ce lien, vous trouverez encore plein d'autres sujets pour couper les cheveux en quatre :

https://francaisdenosregions.com

Blog tenu de mémoire par un linguiste universitaire.

Et pour ma part, dans ma banlieue parisienne, je n'ai jamais entendu parler de "wagon de métro" ou de "voiture du métro". On descend du métro, on s'y trouve en tête, milieu ou queue de rame. Mais c'est peut-être un régionalisme du sud de la petite couronne.
BU Burnaby Regular ·
Ce Ngram Viewer est un vieil outil pas mis à jour depuis 2013 et il n’analyse que les ivres numérisés et ses analyses ne marchent pas réellement sur les ouvrages en langue française d’avant 1800 (orthographe variante de l’actuelle). Donc très limité comme tout portage d’applis initailement créées pour la langue anglaise américanisée.

Ce que tu dis n'est pas l'idée partagée par la communauté des linguistes qui analysent la langue française et qui utilisent cet outil. Et les résultats donnés sur une période récente donnent de bons aperçus des usages, comme en témoigne ce tableau :

Cela étant, cet outil est loin d'être parfait, mais il est facile d'utilisation, gratuit, repose sur une grosse base de de données et mérite d'être relancé. Il existe d'autres outils plus performants mais qui sont accessibles surtout aux chercheurs.

Cela étant, pour la question qui nous occupe, celle de savoir SI "wagon de métro" ou "voiture de métro" est plus employé, que proposes-tu comme outil ?
J.K.A. BURNABY

Peregrinor, ergo sum
BU Burnaby Regular ·
Sous ce lien, vous trouverez encore plein d'autres sujets pour couper les cheveux en quatre :

francaisdenosregions.com

Blog tenu de mémoire par un linguiste universitaire.

Et pour ma part, dans ma banlieue parisienne, je n'ai jamais entendu parler de "wagon de métro" ou de "voiture du métro". On descend du métro, on s'y trouve en tête, milieu ou queue de rame. Mais c'est peut-être un régionalisme du sud de la petite couronne.

😉 C'est vrai que quand je prends le métro, j'utilise aussi plutôt ces termes.
J.K.A. BURNABY

Peregrinor, ergo sum
GG GGaillard Veteran ·
Je veux bien que Google nous manipule. Mais sur l'utilisation du mot "wagon", j'avoue que je n'ai pas les clefs pour comprendre.

wagon ou autre il s’en fiche, son propos est de prouver la validité du big data, qu’il est utile de le consolider et de piller nos habitus.
Georges G. (Mes commentaires et mes photos sont issus de mon vécu réel, mes peintures, elles, de mes souvenirs fantasmés)
GG GGaillard Veteran ·
Cela étant, pour la question qui nous occupe, celle de savoir SI "wagon de métro" ou "voiture de métro" est plus employé, que proposes-tu comme outil ?

Un micro-trottoir sur les doubles quais des 302 stations du métro parisien. Pour les lyonnais on attendra.
Georges G. (Mes commentaires et mes photos sont issus de mon vécu réel, mes peintures, elles, de mes souvenirs fantasmés)
MA Masterpo Globetrotter ·
Et pour ma part, dans ma banlieue parisienne, je n'ai jamais entendu parler de "wagon de métro" ou de "voiture du métro".

Je te rassure, on ne l'entend pas plus à Paris.

Je parlais au départ de voiture et de wagon, puis ça a dérivé sur wagon de métro et voiture de métro, expressions lourdes, que personne n'utilise dans la langue parlée.

On descend du métro, on s'y trouve en tête, milieu ou queue de rame.

Ben voilà. Les érudits disent une rame de voitures de métro. Nan, j'rigole.
BU Burnaby Regular ·
Cela étant, pour la question qui nous occupe, celle de savoir SI "wagon de métro" ou "voiture de métro" est plus employé, que proposes-tu comme outil ?

Un micro-trottoir sur les doubles quais des 302 stations du métro parisien. Pour les lyonnais on attendra.

Un micro-trottoir n'est pas une méthode scientifique. Il faudrait une enquête approfondie auprès du plus grand nombre possible de locuteurs, et qu'ils soient représentatifs de la population parisienne/française/francophone (tout dépendrait de ce que l'on voudrait démontrer).
J.K.A. BURNABY

Peregrinor, ergo sum
BU Burnaby Regular ·
Et pour ma part, dans ma banlieue parisienne, je n'ai jamais entendu parler de "wagon de métro" ou de "voiture du métro".

Je te rassure, on ne l'entend pas plus à Paris.

Je parlais au départ de voiture et de wagon, puis ça a dérivé sur wagon de métro et voiture de métro, expressions lourdes, que personne n'utilise dans la langue parlée.

N'assène pas de vérités que tu n'as aucune possibilité de confirmer ! Et pour preuve, elles sont fausses. Ce n'est pas parce que tu n'entends pas l'expression "wagon de métro" autour de toi qu'elle n'existe pas. Tu n'avais pas entendu parler de la graphie "vagon" et pourtant elle est attestée ! J'imagine qu'il y a des tas d'expressions ou de mots moins rares que tu ne connais pas (ou que je ne connais pas) mais cela ne signifie pas pour autant qu'ils n'existent pas ! C'est absurde. Tu ne connais pas tout de la langue française ! Personne ne connaît tout de sa langue. On est surpris tous les jours. Ce que je dis, c'est que "wagon de métro" se dit, et pas uniquement par les Belges comme tu le croyais (tu disais même qu'on les reconnaissait à ça !), je l'ai entendu, je l'ai utilisé, donc, ça se dit ! Et c'est confirmé en analysant les corpus écrits sur Ngram Viewer ! Quelle est la preuve que tu peux apporter pour contester ces faits ?

Quand à la lourdeur de cette expression, ce n'est que ton opinion, tu n'es pas juge. Peux-tu me dire en quoi cette phrase est lourde ? "Je suis dans le dernier wagon du métro". J'attends ton analyse stylistique.
J.K.A. BURNABY

Peregrinor, ergo sum
BU Burnaby Regular ·
Il existe même le terme "apriorité".

Ça, c'est pas gênant. Il y a apriorisme aussi.

Je n'ai pas dit que c'était gênant, je constate, je ne juge pas.
J.K.A. BURNABY

Peregrinor, ergo sum
CA CatherineGil Globetrotter ·
Bien.... l'heure est me semble-t-il au dodo, à la méridienne, ronflette; roupillette, dormette, bref, à la sieste quoi 🙂
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
TO Tomoka Regular ·
Je ne voudrais surtout pas ouvrir une nouvelle polémique, mais pour le linguiste que tu prétends être, juste une remarque, on écrit près du feu, et non rester bien au chaud prêt du feu, comme indiqué sur ton profil ^^

Bonne continuation !
Aimer est le grand point, qu'importe la destination. Qu'importe le voyage, pourvu qu'on ait l'exaltation. À la manière de...
CA CatherineGil Globetrotter ·
🙂 Oui....il me semble me souvenir que nous sommes originaires des mêmes parages...

@ Masterpo; sans être une experte en langue doc, je suis à peu près certaine que le terme n'existe pas.
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
CA CatherineGil Globetrotter ·
Ah mais en plus d'être linguiste peut être a-t-il été boy scout ( toujours prêt ) 😉
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
BU Burnaby Regular ·
Je ne voudrais surtout pas ouvrir une nouvelle polémique, mais pour le linguiste que tu prétends être, juste une remarque, on écrit près du feu, et non rester bien au chaud prêt du feu, comme indiqué sur ton profil ^^

Bonne continuation !

Je ne suis pas linguiste, mais comme on écrit sur la langue, je préfère employer les termes appropriés. Merci d'avoir relevé la coquille, je vais faire le changement asap.
J.K.A. BURNABY

Peregrinor, ergo sum
BU Burnaby Regular ·
Ah mais en plus d'être linguiste peut être a-t-il été boy scout ( toujours prêt ) 😉

Encore une fois, je ne suis pas linguiste, un linguiste se serait étranglé en lisant certains propos tenus ici. C'est amusant ce rapprochement que tu fais entre "prêt" et "près", c'est peut-être la raison pour laquelle j'ai tapé le premier au lieu du second, ou alors c'est le correcteur automatique. Dans tous les cas, j'aurais dû vérifier, on n'est jamais trop prudent. Et tu as bien imaginé : j'ai effectivement été scout ! 😛
J.K.A. BURNABY

Peregrinor, ergo sum
VO Voyajou Globetrotter ·
Avant de se frotter à la face désenchantée de l'humanité déroulée dans ces brèves nouvelles (...) peut-être commencer par une histoire qui offre d'autres couleurs que le noir et ses déclinaisons féroces.

Retenu dans des encombrements, j'avais manqué ce message de 10h19 (même retardé à 11h45) Il est depuis passé quelques rames sous les ponts et notre élégant Burnaby, alpagué par quelque gaillard et autre amateur de manga martial, semble avoir perdu de son flegme, et jusqu'à son île. Tu fais bien de préciser que les livres que j'emportais ne sont pas à mettre entre les mains d'une jeune apprentie en lecture.

Une histoire simple, un roman profond, un récit dense, un livre léger, un bouquin palpitant...

Une histoire légère, un roman dense, un récit profond, un livre palpitant … un simple bouquin ?

@CatherineGil

sans être une experte en langue doc,

Mais d'où est donc cette langue? Pourrais-tu nous documenter?
UN UnaMilanese Veteran ·
Bonjour,

Et ça ? On dit (ou on écrit) comment ?



Il ne me vient à l'esprit que "écoeurante bouchée en chocolat", mais je doute que ce soit ainsi que la désignent ses amateurs.😛

Catherine
By this, and this only, we have existed. Which is not to be found in our obituaries. (T.S. Eliot)
BU Burnaby Regular ·
LA CHINE EN FOLIE par Albert LONDRES (1884-1932) Albin Michel, Paris, 1925, 254 pages.

Incipit

Jean-Pierre d'Aigues-Mortes n'avait pas de profession : il était envoyé spécial de journaux. Depuis des années il arpentait la terre d'un point cardinal à un autre. Aussi pouvait-il jurer que la géographie se trompe en n'avouant que quatre points cardinaux. Certainement il y en a davantage... (...) Repassant une fois par Paris, la seule vue de son appartement le plongea dans une inguérissable mélancolie. Il vendit ses meubles qui jusqu'ici lui avaient été si fidèles. Il donna congé et, pour tromper l'attente, il élut domicile à Terminus Saint-Lazare, d'où il pouvait, de sa fenêtre, voir des taxis chargés de bagages, tandis que, par la lucarne de son cabinet de toilette, entraient les chers appels des sifflets de locomotives. Ce fut plus tard, six mois après, qu'il reçut la révélation de la détresse des retours. En général, les gens pleurent et s'effondrent aux départs. Ce sont de faux voyageurs. Ils font partie de cette catégorie de malheureux qui mettent une semaine à boucler une malle ! C'est quand on rentre que la lèvre est amère et le coeur dans le brouillard ! (...) Le voyageur de grand chemin prend rapidement l'habitude de circuler tout à son aise parmi des millions d'individus qui lui resteront parfaitement inconnus. Il va parmi ces foules sans plus s'occuper d'elles que le poisson de l'immensité de la mer. Quel étonnement, en revoyant sa Patrie, d'entendre les passants parler tous votre langue ! Ce sont vos frères, vos soeurs. On se promène en famille ! Mais l'horizon se rétrécit bientôt. On dirait que les frontières bornent votre vue. Votre jugement, si libre sur les routes du monde, revêt comme un uniforme national. On a la sensation que, derrière vous, une main vous a doucement replié les ailes. Ce soir, dans Paris retrouvé, Jean-Pierre marchait sur les boulevards extérieurs. En passant près de la bouche du métro Pigalle, il entendit crier près de lui : «l'Intran ! la Presse ! Paris-Soir ! » Il connaissait cette voix, elle parlait à ses souvenirs. Il se retourna. Il vit la même petite marchande de journaux, avec les mêmes cheveux roux, qui, à la même place, lançait les mêmes mots ! Ainsi, pendant dix-sept mois, il avait traîné son incertaine carcasse de Suez à Panama et de la polaire à la croix du sud, pourquoi ? Pour se heurter ce soir à cette créature qui, elle, n'avait pas bougé ! (...) Le lendemain après-midi, on pouvait voir Jean-Pierre d'Aigues-Mortes, absorbé, sur l'un des trottoirs de la rue Vignon. Il regardait dans la vitrine des Messageries Maritimes la carte d'Extrême-Orient. Il parlait tout seul : — Port-Saïd, Suez, Djibouti, Colombo. Bon ! disait-il. Pénang, Singapour, Saigon. Parfait ! Haïphong, Hong-Kong, Shanghaï, Yokohama, voilà mon affaire ! Il avait passé sa nuit à chercher vers quelles terres il pourrait s'en aller. (...) La Chine ? La Chine et son anarchie ? La Chine, enjeu de la partie de canons qui se prépare entre le Japon et l'Amérique ? Va pour la Chine ! Et, donnant un grand coup de pied dans sa chère valise en peau de cochon : — Réjouis-toi, ma vieille, nous allons repartir sur les grands chemins. Donc ce lendemain après-midi, ayant tenu son petit monologue rue Vignon, Jean-Pierre pénétra dans le Hall des Messageries. Seuls les vrais chrétiens, ceux qui tressaillent sous le porche d'une église, sont capables de comprendre l'émotion qui secoue Aigues-Mortes chaque fois qu'il franchit le seuil de Thomas Cook ou d'une Compagnie quelconque de navigation. — Quelle est la date du prochain départ pour Shanghaï et Yokohama ? — Plus de place avant cinq mois ! Tout loué ! Jean-Pierre sourit. S'il ignore beaucoup de choses, il sait qu'un correspondant trouve toujours une cabine à bord. Il sait qu'il n'est jamais resté sur un quai. Il sait, la foudre tomberait-elle tous les cinq mètres devant sa personne, un jour d'embarquement, qu'il arriverait quand même à temps et tout entier, pour gravir la coupée, ou profiter de l'échelle de corde. Il demanda de nouveau : — Quel jour le prochain départ ? — Samedi, — Salut ! On était jeudi. (...) * Marseille. Jean-Pierre gagna le cap Pinède. Il monta sur le bateau. Il avait trouvé une cabine, évidemment ! — Parfait, dit-il, après avoir serré la main du barman, ami d'autres traversées, on va toujours vivre quarante-cinq jours là-dessus qui ne devront rien à personne. Et Jean-Pierre huma le large, passionnément. S'il voyageait, c'était comme d'autres fument l'opium ou prisent la coco. C'était son vice, à lui. Il était l'intoxiqué des sleepings et des paquebots. Et après des années de courses inutiles à travers le monde, il pouvait affirmer que, ni le regard d'une femme intelligente, et malgré cela proprement faite, ni l'attrait d'un coffre-fort, n'avaient pour lui le charme diabolique d'un simple et rectangulaire petit billet de chemin de fer. (...)

Source : http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=la%20chine%20en%20folie%20gratuit&source=web&cd=4&ved=0CE0QFjAD&url=http%3a%2f%2fwww.chineancienne.fr%2fapp%2fdownload%2f4982701062%2flondres_folie.pdf%3ft%3d1305449868&ei=SJozU7jrKYTmiAeL5YHACA&usg=AFQjCNGtmTec-fQMcyR_TJMJT4ENaQlWlQ&bvm=bv.63808443, d.aGc&cad=rjt
J.K.A. BURNABY

Peregrinor, ergo sum
LI LillieoneFE Veteran ·
" ce ne peut être que la fin du monde en avançant " A.Rimbaud
MA Mariecurry Globetrotter ·
Aujourd'hui, alors que je trainassais dans une librairie, une vendeuse préparait un stand pour l"opération printemps" des éditions Libretto. Une belle collection prisée des amateurs de récits de voyage. Un titre m'a immédiatemment fait de l'oeil : Khiva. Son auteur m'était inconnu : Frederick Gustavus Burnaby, un officier de renseignement britannique visiblement casse-cou. Curieuse, je suis repartie avec Khiva dans mon sac. Je ne le lirai pas sur une île déserte mais au bord de la mer la semaine prochaine.

Ton pseudo est-il en lien avec ce Burnaby ?
BU Burnaby Regular ·
Joli texte ... cette magnifique époque , celle des vrais grands voyageurs aventuriers ...selon moi ! Lillie

Oui, j'aime beaucoup Albert Londres et d'autres écrivains voyageurs journalistes, comme Joseph Kessel, Lucien Bodard ou Dominique Lapierre. Leur écriture est rythmée, vivante et toujours bien documentée.
J.K.A. BURNABY

Peregrinor, ergo sum
BU Burnaby Regular ·
Aujourd'hui, alors que je trainassais dans une librairie, une vendeuse préparait un stand pour l"opération printemps" des éditions Libretto. Une belle collection prisée des amateurs de récits de voyage. Un titre m'a immédiatemment fait de l'oeil : Khiva. Son auteur m'était inconnu : Frederick Gustavus Burnaby, un officier de renseignement britannique visiblement casse-cou. Curieuse, je suis repartie avec Khiva dans mon sac. Je ne le lirai pas sur une île déserte mais au bord de la mer la semaine prochaine.

Ton pseudo est-il en lien avec ce Burnaby ?

Je suis Burnaby ! Depuis les limbes où le wifi est excellent... 😉 Oui, en effet, mon pseudo est en lien direct... Si l'époque de Burnaby et ses aventures t'intéressent, je te conseille de lire Peter Hopkirk (si tu ne l'as pas déjà lu), qui a écrit sur Burnaby et d'autres voyageurs de l'Asie du 19ème et du début 20ème siècle. Ce sont des essais mais qui se lisent comme des romans, avec tout un tas de petites anecdotes savoureuses. Quand la petite histoire éclaire la grande. Il a notamment écrit (livres traduits en français) : Bouddhas et rôdeurs sur la route de la soie ; Sur le toit du monde : Hors-la-loi et aventuriers au Tibet ; Le Grand Jeu : Officiers et espions en Asie Centrale. Et je t'envie de pouvoir lire sur la plage la semaine prochaine... 🙂
J.K.A. BURNABY

Peregrinor, ergo sum
TA Taamaden Veteran ·
Amadou Hampâté Ba ?... un grand homme, une précieuse mémoire du continent Africain ! j'ai lu à peu prés tout de lui

Me too.

je l'ai même croisé une fois dans ma vie parisienne ! juste avant qu'il ne quitte ce Monde !

Ne veux-tu nous en raconter ?! Je suis tout ouïe ...

Hery
TA Taamaden Veteran ·
Au fait, ton livre choisi ici " Un soir au club " (surtout quand on aime le jazz !) ne m'a pas du tout plu à moi, tu vois! du tout... je n'aime ni l'histoire (tellement banale) ni surtout le style ! je suis très sensible au style!

Bonsoir Lillie,

je t’approuve complètement. Une histoire assez banale. Comment recommander un tel livre, je sais pas… Possiblement, on ne peut considérer un livre sur le jazz qu’avec méfiance. Beaucoup trop évidente est la présomption de rencontrer des séquences de noms, de dates et de faits historiques, une analyse qui cherche à expliquer ce qui peut être si mal expliqué par des mots et des chiffres : l’expérience empathique et enivrante, l’euphorie, le jazz comme moment épiphanique. Un projet voué à l’échec, on aimerait penser, comme la plupart des livres sur le jazz, qui peuvent au mieux servir d’archives, comme des ouvrages de référence pour une information marginale. Et pourtant, il y en a, peu, assez peu, mais il y en a, ceux où l’on semble "voir" le jazz : d’abord, je pense à l’écrivain argentin, Julio Cortázar, un vrai connaisseur du jazz. Son "Homme à l’affût" est le portrait littéraire d’un saxophoniste alto nommé Johnny Carter, raconté du point de vue d’un critique de jazz. Cette nouvelle est un hommage indéniable au grand Charlie Parker, un plaisir à lire, de plus, il faut lire aussi son "Tour du jour en quatre-vingt mondes", avec des textes sur Clifford Brown, Thelonious Monk (son concert à Génève, 1966) et Louis Armstrong (son concert à Paris, 1952)… A ne pas oublier son roman éblouissant "Rayuela", qui, lui aussi, ne s’entend pas non plus sans le jazz (et un des meilleurs romans jamais lus !) : dans "Rayuela", il s’agit aussi d’enregistrements de Bix Beiderbecke, Coleman Hawkins et Duke Ellington. Et la cerise sur le gâteau : ce roman contient peut-être le plus bel éloge jamais consacré au jazz. Il le célèbre comme un message universel qui a rapproché les gens "mieux et plus vite que l’espéranto, l’Unesco ou les compagnies aériennes", une musique humaine, qui possède du visage et de la conscience, qui a créé des styles et des attitudes, des dogmes et des schismes qui font partie intégrante de l’histoire des idées humaine… Pas mal, non ?!

En plus de Julio Cortázar, je pense aussi à "L’Hiver à Lisbonne" de Antonio Muñoz Molina, un mélange effréné de policier, histoire d’amour et extases sentimentales à propos des nuits imbibées d’alcool dans les caves de jazz. Le pianiste Biralbo a tué un homme à Lisbonne, l’ex-mari de son amante. Fuyant ses complices et la police, il disparaît à Madrid et y apparaît sous un faux nom dans un restaurant de seconde zone. C’est là qu’il rencontre le narrateur à la première personne du roman, un copain de beuverie des temps anciens qui apprend progressivement les détails de l’histoire… Une prose dans laquelle le jazz aussi se ressentit… A recommander !

Je pense bien sûr aussi à Geoff Dyer et son "But beautiful : a book about jazz" (malgré les quelques fausses affirmations dans le livre > Adorno / Martin Luther King). Dyer écrit quasiment avec les musiciens. Il utilise de vrais musiciens dont Lester Young et les pianistes Thelonious Monk et Bud Powell comme modèles pour ses personnages et touche à des évènements réels (p.ex. l’incident dans lequel les dents du trompettiste Chet Baker ont été arrachées). Pour Dyer, ces histoires réelles ne sont que des standards à travers lesquels il improvise, invente ses propres nouvelles histoires et solos… Intéressant à lire !

Finalement, est-il faux d'y ajouter "L’Autobiographie" de Miles Davis (Miles Davis/Quincy Troupe) et celle de mon Seigneur Jazz, Charles Mingus : "Beneath the Underdog" ?! Je pense que non. Mingus donne un aperçu du cosmos intérieur et extérieur de sa vie : frimeur, sans retenue et dionysiaque… Brachial et un peu bukowski-like au style, on ne devrait pas trop s’en faire pour ses aventures sexuelles, pour toutes ses inconvenances, ensuite, le livre est bien d’un bon rapport.

Bonne nuit.
RH Rhume Veteran ·
C'est peut-être trop con pour vous, mais il s'agissait de conseiller un roman pour quelqu'un qui n'en a jamais lu un. Pas une oeuvre sur le jazz à une docteure en musicologie. Ce petit roman de 140 pages pose bien d'autres questions intéressantes sur la vie que le sujet du jazz. Et puis il est d'une écriture simple, ça peut-être bien pour quelqu'un qui ne lit jamais, mais qui peut se savourer à plusieurs niveaux (peut-être n'y êtes vous pas sensibles)...c'est pour cela que je le suppose intéressant aussi pour quelqu'un qui veut se mettre à la lecture, pas pour le jazz lui même qui n'est ici qu'un décor. Enfin bref...vu de votre nuage vous n'avez pas lu que j'évoquais le jazz parce que quelqu'un qui déteste ce style de musique pour les clichés (élitistes) qu'on peut en avoir risquerait d' être dégouté du roman aux premières pages (il y a beaucoup de gens vraiment allergiques à la simple évocation du jazz), mais pas parce que ce serait une "oeuvre majeure" qui allait lui en apprendre sur cette musique. D'ailleurs je vais retourner lire votre long message pour essayer de déceler comment vous même vous aimez le jazz. Musique "intello" ou pas, pour moi non, je n'ai pas envie de l'intellectualiser.
RH Rhume Veteran ·
Au fait, je ne comprend pas pourquoi une histoire "banale" doit forcément être inintéressante (pour moi c'est plutôt en général le contraire).
KU Kujila Globetrotter ·
Au fait, je ne comprend pas pourquoi une histoire "banale" doit forcément être inintéressante (pour moi c'est plutôt en général le contraire).

Ce n'est en effet pas un critère si, derrière, il y a un style. Mais si en plus c'est mal écrit, évidemment, ça n'aide pas...

Il y a des livres formidables et des films formidables dont l'histoire, banale, se résument en une phrase.
BU Burnaby Regular ·
Merci pour votre longue réponse. Pour en revenir à la question du fil : prendriez-vous l'un de ces livres sur une île déserte, s'il était le seul livre que vous emporteriez avec vous ? Et lequel ? Où en prendriez-vous un autre (pas nécessairement sur le jazz) ? Quant à conseiller un livre à quelqu'un n'aimant pas lire, quel livre conseilleriez-vous parmi ceux que vous citez ? Au plaisir de vous relire.🙂
J.K.A. BURNABY

Peregrinor, ergo sum
BU Burnaby Regular ·
Au fait, je ne comprend pas pourquoi une histoire "banale" doit forcément être inintéressante (pour moi c'est plutôt en général le contraire).

Effectivement, il y a de banales histoires magnifiquement écrites. 🙂
J.K.A. BURNABY

Peregrinor, ergo sum
LI LillieoneFE Veteran ·
" ce ne peut être que la fin du monde en avançant " A.Rimbaud
LI LillieoneFE Veteran ·
" ce ne peut être que la fin du monde en avançant " A.Rimbaud
BU Burnaby Regular ·
un restaurant Africain ( 18eme , je crois , mais c'est loin déjà ! ) où j'allais souvent manger avec des amis Maliens et Guinéens , on s'y retrouvait souvent on y passait des soirées formidables et les Peuls parisiens entre autres y allaient manger leurs plats préférés , parler leur langue donner des nouvelles du Pays etc ...!

Saurais-tu retrouver l'adresse de ce lieu magique s'il existe encore ? Et me la communiquer en message privé si tu le souhaites...
J.K.A. BURNABY

Peregrinor, ergo sum
LI LillieoneFE Veteran ·
" ce ne peut être que la fin du monde en avançant " A.Rimbaud
RH Rhume Veteran ·
@Rhume, faut savoir que Taamaden, qui vient rarement sur le forum est un passionné, et un vrai connaisseur...passionné ! moi, je suis souvent d'accord avec lui car j'ai les mêmes passions...et exigences c'est vrai !

Bonjour Lilileone, Ca fait toujours plaisir à voir les gens passionnés, ceux qui connaissent tout sur un sujet, j'en suis admiratif et j'aime aussi les lire ou les écouter. Et moi qui ai pensé te demander un moment ce qu'il y avait comme bouquins intéressants sur le jazz de ces années historiques (mais j'ai laissé tomber car je n'ai pas le temps de lire), me voilà servi.

Mais parfois, au delà de ses passions, il y a d'autres univers. Tous les livres ou films où on voit des musiciens de jazz ne traitent pas forcément de ce sujet, et on peut les conseiller pour d'autres raisons.... les gens passionnés parfois planent un peu 😉
MA Mathews Globetrotter ·
Au fait, je ne comprend pas pourquoi une histoire "banale" doit forcément être inintéressante (pour moi c'est plutôt en général le contraire).

c'est exact cependant tout dépend de ce que l'on entend par histoire "banale" ( terme qui est mis entre guillemets d'ailleurs). Le principal c'est que l'auteur d'un livre rende une histoire la plus attrayante possible avec son style c'est ça le principe de la littérature
VO Voyajou Globetrotter ·
Le principal c'est que l'auteur d'un livre rende une histoire la plus attrayante possible avec son style c'est ça le principe de la littérature

.. de gare, la littérature. Le train-train, quoi. Pas certain qu'égaré sur une île déserte ça m'étreigne. Mais je m'égare (j'ai une boussole hémisphère sud).

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