Beaucoup de réponses, car les situations varient énormément d'un pays à l'autre. Je ne vois pas de méfiance vis à vis des grandes OING au Maroc, par exemple, leur action est efficace, et appréciée. Et sans elles beaucoup d'intiatives locales n'existeraient même pas....
L'action - quelle qu'elle soit - ne peut se faire que dans le respect de l'autre et de sa culture. On peut penser qu'il faut faire évoluer certaines pratiques, mais pour être efficace, il faut être accepté, et pour être accepté, il faut comprendre et accepter en retour que l'autre ne pense pas toujours comme vous et qu'il n'y a pas de vérité unique.
Pour cela, il faut un état d'esprit, et la volonté, véritablement, d'aider. Je suis souvent choquée de voir les messages sur VF où on demande "de l'humanitaire" comme "du club med", une façon autre de voyager, une attraction sympa et qui fait du bien à l'ego. Et si beaucoup n'en sont pas là, croire quand même qu'on peut, sans formation, sans support, sans préparation, partir 15 jours et servir à autre chose qu'à emmerder les gens sur place est au mieux une douce illusion, au pire de l'arrogance.
En temps "normal", sans urgence, l'humanitaire sur place doit être assumé par des pros, par des associations suffisamment larges pour pouvoir prendre en charge leurs bénévoles, les former, les orienter, les soutenir. Ou, quand il s'agit de petites initiatives privées, qui sont aussi très très utiles, être fait main dans la main avec les gens du pays, en concertation.
En temps d'urgence, c'est différent.
Parfois.
Dans les grandes catastrophes, on a effectivement besoin de beaucoup de monde. Mais dans un cadre, dans une organisation.
Pour l'affaire de l'Arche de Zoé, je reste dubitative. Je ne peux pas m'empêcher d'y voir un agenda politique de la part du Tchad, une réponse au discours de Dakar, une volonté d'affaiblir la France qui devait intervenir militairement dans la région, et peut être aussi un calcul après le prix incroyable payé pour les infirmières bulgares.
Que les gens de l'Arche soient seulement de doux rêveurs inconscients, ou qu'ils aient effectivement un peu maquignoné des enfants, ils sont à mon avis tombés dans un piège. Et le résultat, à long terme, est plus négatif pour beaucoup de programmes et d'intervenants, que le bien qui aurait pu être fait à quelques centaines d'enfants.
Si c'était un bien....
Est sorti récemment une étude sur les troubles psychologiques des enfants de la DASS réunionnaise envoyés en métropole faute de structure adéquate sur place, leur acculturation, leurs difficultés.
Bref ce n'est jamais simple, et c'est pour cela qu'il faut éviter de jouer les Zorros.