salut
ci dessous un article publié par Aujourd'hui l'Inde excellent site d'info sur l'Inde. ça vous éclairera sur la situation confuse qui règne sur la scène politique. En effet, à peine instaurée la constitution de cette jeune démocratie vient d'être violée ce qui aurait motivé la démission du premier ministre.
Le Népal en pleine crise politique, l’Inde pointée du doigt
le 5/5/2009 à 16h36 par Amanda Winguis Le Premier ministre népalais, Pushpa Kamal Dahal dit Prachanda, a donné hier sa démission, ébranlant le pays. Sa décision ouvre la voie à une grave crise politique qui menace le fragile processus de paix entamé depuis 2006. Si l’Inde s’inquiète de la situation, New Delhi est surtout pointée du doigt pour son rôle dans le déclenchement de la crise.

Près de 19 000 ex-rebelles attendent d'être intégrés dans l'armée "Dans la tentative de sauver la démocratie et le processus de paix en danger, j'annonce ma démission du poste de Premier ministre", déclarait Pushpa Kamal Dahal, Premier ministre népalais, hier, dans un communiqué télévisé. Loin d'apaiser la situation au Népal, la décision de Pushpa Kamal Dahal, plus connu sous le nom de Prachanda, semble porter un coup décisif au fragile équilibre politique maintenu jusqu'ici entre les ex-rebelles maoïstes et le reste de l'échiquier politique.
À l'origine de cette crise, le général Rookmangud Katawal, chef des armées, qui refuse depuis plusieurs semaines d'intégrer dans le corps militaire népalais les 19 000 ex-soldats de la guérilla maoïste. Ces derniers ont déposé les armes depuis trois ans et attendent depuis, dans des camps des Nations Unies, que soient appliqués les accords de paix de 2006, prévoyant leur réhabilitation dans l'armée.
Appuyé par les maoïstes, qui détiennent la majorité relative au Parlement, Prachanda décide le 3 mai de congédier le général, malgré l'opposition des partis avec lesquels il gouverne. Révoltés contre cette "décision unilatérale", ces derniers se retirent de la coalition gouvernementale. Quelques heures plus tard, Rookmangud Katawal est finalement maintenu à son poste, sur ordre du Président.
Dernier coup de théâtre en date, la démission de Prachanda ne fait qu'envenimer la situation. Dans son communiqué télévisé, l'ancien révolutionnaire n'hésite pas à désigner des coupables, à commencer par le Président de la jeune République, Ram Baran Yadav. "Le geste du Président est une atteinte à cette jeune démocratie et au processus de paix", déclare-t-il d'après la BBC. "La Constitution provisoire ne lui donne pas le droit d'agir comme un pouvoir parallèle", ajoute-t-il.
L'ex-Premier ministre blâme également les "puissances étrangères" pour les difficultés rencontrées par le gouvernement ces huit derniers mois. S'il ne nomme pas directement l'Inde, le ministre des finances Baburam Bhattarai ne prend pas tant de précautions lorsque, dans une interview télévisée, il accuse le sous-continent d'avoir incité le Président à "aller à l'encontre de la Constitution", selon l'Indian Express.
En 2006, l'Inde avait pourtant joué un rôle de médiateur clef dans la signature des accords de paix. Mais depuis la victoire des maoïstes aux élections de 2008, New Delhi s'est montré des plus réticente à l'idée de voir les anciens rebelles étendre leur influence et surtout prendre le contrôle de l'armée.
La sensibilité exacerbée du Népal aux interventions de son voisin est bien connue. Quel que soit le rôle joué par l'Inde dans cette crise, cet épisode est loin de favoriser les bonnes relations avec le sous-continent. Celui-ci pourrait d'ailleurs rapidement faire les frais du bouleversement en cours. Les maoïstes appellent à des manifestations musclées, faisant craindre à terme la reprise de la guérilla au Népal et la recrudescence de conflits semblables en Inde.