Un mois en Ethiopie (compte-rendu)
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DO
3 mois de Voyage en 4x4 entre France et Kenya durant l'hiver 2010-2011. Entrée en Ethiopie par Metema en venant du Soudan. Fascinés par ce pays, nous y sommes restés un mois. Le temps du visa. Voici la partie du compte rendu concernant l'Ethiopie. Doc

Entrée en Ethiopie. Brutale césure. Les dieux ne sont pas les mêmes. Les femmes sont nombreuses, sans voiles. Crucifix sur les poitrines, églises aux couleurs vives, psaumes et processions. De la bière dans les boutiques ! Rues, routes et pistes encombrées d’hommes, femmes et enfants marchant, marchant, marchant. Accompagnés de leurs troupeaux de bovins, biquettes et ânes. Tous circulent en maîtres de la route, le véhicule n’étant que toléré. Priorité au bourricot ! Du lever au coucher du soleil, sur toutes les routes et chemins c’est un continuel va et vient. On se demande où ils vont de leur pas rapide, souvent pieds nus, plus ou moins chargés. Pourquoi mènent ils ainsi leurs troupeaux dans ce qui semble être une quête perpétuelle. Car ils marchent la main tendue. Souvent le premier mot est « give me ». Pas facile d’être harcelé de « give me » au milieu de la misère. Pauvreté, dénuement, enfants en haillons, habitat rudimentaire. « Give me ». On vend dans de misérables échoppes des bouteilles d’eau en plastique vides pour emporter l’eau de la journée. « Give me ». Et tous se retrouvent pour un pèlerinage, une prière, la messe. Noël à Lalibella. Foule autour des églises monolithiques. Voile blanc des femmes pour la messe, chasuble jaune des prêtres, ombrelles pour le soleil, bâtons de prière. Un petit feu pour chauffer la soupe, une couverture sur le sol pour dormir, les pèlerins affluent. Ferveur dans les églises décorées de fresques où les personnages ont le visage mangé par de grands yeux. Paysages époustouflants de montagnes, de lacs, de cultures et de villages de cases. Falaises abruptes et collines douces, les îles du lac Tana et leurs monastères, les églises perchées sur des pitons, pistes vertigineuses et vallées encaissées. Une caravane de 1000 chameaux chargés de plaques de sel remonte de la dépression du désert Danakil. Là où entre les lacs de sel les volcans actifs offrent le spectacle grandiose de geysers et fumerolles sur un sol de soufre aux couleurs étonnantes. Les militaires en tenue de combat sont répartis dans les voitures. L’Erythrée n’est pas loin et le touriste a une bonne valeur d’échange… De pauvres bougres taillent les plaques de sel et chargent les chameaux sous un soleil de plomb. Panne d’embrayage au milieu de tout cela. Rapatriement aventureux de la voiture chargée sur un camion pas plus grand qu’elle. Attente à Berhale, Bagdad Café du désert envahi de mouches, de gosses « give me » et de chaleur. La nuit sur une mauvaise piste avec notre camion sur un camion. Addis Abeba sur les collines à 2600m d’altitude. Beauté des ethiopiens du nord, concentration exceptionnelle de filles splendides, minces et élancées. La gare du chemin de fer djiboutoethiopien qui ne fonctionne plus. Le palais d’Haïlé Sélassié. Voitures hors d’age et 4x4 rutilants des ONG. Les tribus de l’Omo. Des siècles de traditions pour la peinture des visages et des corps. Femmes à plateau, oreilles percées, scarifications. Mursis, hammers, surmas, dassanetchs. Mais le tourisme a dévoyé ces peuples qui maintenant montrent leur visage exclusivement contre de l’argent. « Give me ». Fond d’agressivité, main tendue, kalachnikov sur l’épaule. Zoo humain, prostituées et voyeurs. Ambiance de peep show. La fuite. Plus d’authenticité dans les marchés colorés et vivants. Marchandage, achat, sourire. Plus sain comme rapport et contact. Souvenir ému du petit garçon hammer très beau qui dansait prés de la voiture en écoutant Bob Marley. Il était superbe avec ses peintures. Pas de photo. Trois jours à Omorate au bord de l’Omo. Remise en ordre de la pharmacie du dispensaire. Hébergé chez les policiers qui punissent par le fouet le voyou du village. Une femme surprise en se découvrant dans le miroir du rétroviseur. Un ragoût de biquette au bistro sous la surveillance d’un ouistiti.

Un bac improbable pour traverser le fleuve. Piste de fechfech vers le Kenya. Bergers à kalachnikov. Parait il pour régler les conflits de voisinage… Chaleur de four sur les rives désertiques du lac Turkana. Une source, des palmiers, trois jours de repos. Baignade et farniente.

Blog complet: http://tangolive.over-blog.com/
US Usmaruna Regular ·
Bien Merci de votre compte rendu à la fois sympha, enthousiaste et réaliste ... c'est très rare donc précieux
VI Vigounir Veteran ·
Merci, j'ai beaucoup apprécié, c'est tout à fait cela, loin des clichés angélques de certains...
virginie
AN Anasara Regular ·
Merci pour ce compte-rendu très parlant. On sent que vous avez aimé. Moi aussi, beaucoup.

Africalement, de beaux voyages à vous.

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