Bonsoir, et merci de vos éloges... [;)]
Mon intervention n'était que l'expression de ma pensée. Et cette pensée m'a fait insister sur certains mots que j'avais mis en gras dans mon précédent message, notamment dans ce passage "C'est aux Marocains, du haut de l'échelle jusqu'en bas...".
Ce caractère gras pour exprimer les difficultés souvent rencontrés pour trouver des réponses précises et la capacité à développer le tourisme efficacement face à des interlocuteurs laxistes ou intéressés par leurs propres intérêts en priorité.
Je m'explique au travers de deux exemples.
Le premier, c'est celui d'un petit restaurant, plutôt sympa, ouvert récemment en médina d'Essaouira, par un couple de jeunes Français qui connaissent le Maroc, leur famille étant installée depuis de nombreuses années à Meknès, souhaitant associer les saveurs Marocaines et Européennes, des tajines, ris de veau braisés et autres mets préparés avec goût et passion, disposant des autorisations d'exploiter l'établissement, après les passages successifs de toutes les commissions de contrôle et d'approbation de cette exploitation.
Ce restaurant a ouvert en début d'année, espérant obtenir rapidement une licence pour commercialiser des boissons alcoolisées au sein de l'établissement, ceci aux fins de recevoir une clientèle européenne ou mondiale qui consomme du vin pendant les repas.
Les jours, les mois sont passés, et d'autres commissions se sont réunies, les unes après les autres, y compris celle réunissant des pompiers (il faudra m'expliquer ce que viennent faire les pompiers dans la capacité de servir du vin dans un restaurant) et ce restaurant était toujours dans l'attente de son autorisation...
Il a fermé la semaine dernière.
Le deuxième, c'est celui d'un couple d'amis à Marrakech, installés là bas depuis une douzaine d'années, souhaitant reconstruire un riad en médina. L'achat a eu lieu il y a deux ans et demi. Là aussi, demande de permis de démolir, puis présentation d'un permis de construire dans les règles, puis passage de commissions diverses et variées, arrêt et reprise de la démolition pour des raisons inexplicables ou inexpliquées mais qui finissent toujours par trouver "leur solution" qui rentre généralement dans une enveloppe, surveillance du moqqadem (info sommaire pour les lecteurs : délégué de quartier qui s'apparenterait à un conseiller municipal, avec un rôle hiérarchique établi de contrôle et d'information sur son secteur) à tout bout de champ, etc, etc...
Deux ans et demi après l'achat, les premiers travaux ont repris depuis le 10 juin.
Questions :
1 - Combien de temps faudra t'il pour que les autorités, au delà de la démarche personnelle de certains responsables visant à améliorer leur seul quotidien, puissent se rendre compte que le développement du tourisme passe par une ouverture d'esprit, une organisation, une autorisation, et un cadre de possibilités dépassant la réunion de diverses commissions qui finissent par faire perdre du temps et sont néfastes au bon fonctionnement des établissements, aussi petits soient ils ?
2 - Comment peut on expliquer que pendant que ces petits établissements se voient réduits à la fermeture par défaut de licence d'alcool, ou la possibilité de construire due aux lenteurs et procédures administratives (ou zélées) afin d'assurer l'accueil touristique, de grands hôtels proposent des séjours tout-inclus, où bien évidemment il est facile de se lever le matin, et de s'accouder au bar jusqu'au soir sans sortir un billet de sa poche afin de boire autant que l'on veut ?
3 - La politique touristique du Royaume, par la voix de Sa Majesté et du Ministre du Tourisme, vise à accueillir et développer les petites structures, dans le cadre de projets écotouristiques et du plan Horizon 2020, afin de proposer une découverte différente du Pays et réduire le "tourisme de masse". Faudra t'il que les porteurs de tels projets prévoient des mallettes de billets afin d'obtenir leurs autorisations, devront ils informer leur clientèle que l'on ne peut boire que du Coco-Colo ou du Funtu orange, seront ils contraints de "patienter" en attendant l'étude en bonne et due forme de leurs dossiers ?
Le Maroc doit se réveiller. Du haut de l'échelle, jusqu'en bas.
S'il souhaite accueillir des touristes, ou des résidents, le Maroc doit tenir compte de ces changements et des mesures nouvelles à prendre pour se développer face à cet engouement et ce désir d'accroître ses chances de faire apprécier sa terre.
Bien sûr, tout cela engendre une profonde réflexion, mais permettra de développer les tissus locaux, le travail, la sauvegarde de secteurs moins peuplés, les contacts avec les vrais commerçants, artisans, cuisiniers, maraîchers, acteurs divers d'une vie locale, pour le plus grand souhait des familles Marocaines qui auront le plaisir de recevoir le juste retour de leur labeur.
Si certains décideurs régionaux ou locaux ne s'en tiennent qu'à leurs indélicatesses afin d'en tirer un profit personnel, le Maroc finira par devenir un pays touristique de seconde zone. Ce serait dommage.
JC
Tout Pays, organisme, ou tribune appliquant la répression, l'exclusion ou la censure est voué à sa propre perte.