Crète... un parcours en zigzags dans l'ouest de l'île

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Joli mois de mai en Crète entre plages et lagons, gorges et arrière-pays mais aussi chapelles et monastères, sites antiques, villages typiques, routes panoramiques et partout à cette saison... des fleurs ! Circuit en voiture + randonnées quotidiennes.

Le récit complet avec toutes les photos et cartes se trouve ici :

sites.google.com/...abuleuxvoyagescrete/

Ci-dessous le texte accompagné d'une sélection de photos.

Bonne découverte ! [:)]



Présentation

De la Crète je m'étais fait jusqu'à présent une idée fausse, imaginant ses côtes bétonnées et urbanisées comme celles des îles Baléares ou Canaries. J'avais par conséquent toujours écarté la destination.

Ce n'est que très récemment, sur la recommandation de deux couples d'amis (notamment Kashtin), que je me suis véritablement intéressée aux attraits de cette île grecque.

J'ai alors découvert des paysages insoupçonnés, depuis les plages du Nord baignées de soleil aux canyons déchiquetés s'ouvrant sur la côte sud tout en criques et falaises. Dans l'arrière-pays, des villages lovés au creux de belles vallées, entre collines arrondies et sommets enneigés culminant à plus de 2000 mètres. Bref de quoi contenter les amateurs de mer et de montagne que nous sommes !

C'est décidé, la Crète sera au programme de nos vacances de mai 2019.

Encore fallait-il déterminer si en quinze jours notre circuit devait englober toute l'île ou seulement une partie. De façon générale, notre philosophie étant d'en voir moins mais mieux, le choix s'est rapidement imposé, nous n'en parcourrons qu'une partie.

Oui mais… l'Est ou l'Ouest ?

C'est le blog de Viinz qui m'a définitivement convaincue, ce sera l'Ouest !

M'inspirant très largement du récit susmentionné à la fois pour le choix des étapes, des lieux d'hébergement et des activités, j'établis le planning suivant, nous permettant de rayonner depuis cinq bases en faisant la part belle aux randonnées sur le littoral et dans l'arrière-pays. 4 nuits près de Kissamos 4 nuits près de Sougia 3 nuits près de Chania 3 nuits près de Chora Sfakion 2 nuits au sud de Rethymnon

Au final, un parcours tout en zigzags dont on se rend encore mieux compte sur une carte.

Le vol est réservé auprès de la compagnie Transavia par l'intermédiaire de laquelle nous retenons également une petite voiture auprès d'un loueur local, Sur Price, en espérant néanmoins de ne pas avoir de mauvaise surprise. [;)]

Voilà tout est prêt ! Il ne reste plus qu'à vérifier sur le terrain la pertinence de nos choix.

Départ le 9 mai, retour le 25 mai 2019.

Lauriers roses

Arrivée en Crète et route vers l'Ouest J1 : Jeudi 9 mai 2019

Après un départ matinal de Paris-Orly (6 heures du mat'), Transavia nous offre le luxe d'atterrir à 10 h 10 à Héraklion, avec trente minutes d'avance sur l'horaire prévu. Des minutes précieuses qui vont nous permettre de récupérer dans la foulée bagages et voiture.

Comme craint, le loueur Sur Price veut d'abord nous refourguer un véhicule sale aux phares complètement dépolis et jaunis. Nous refusons fermement et finissons par avoir une Skoda un peu moins pourrie que la précédente mais pas de première jeunesse non plus (73000 kilomètres au compteur). Elle s'avérera néanmoins très agréable à conduire.

A peine cinquante minutes après notre atterrissage, nous voilà déjà prêts à prendre la route. 180 kilomètres nous séparent de notre destination du soir dans la région de Kissamos.

Attendus sur place vers 16 heures, nous avons tout le temps de flâner et prévoyons de ce fait une halte à mi-distance, à Rethymnon.

Par conséquent cap à l'ouest par la E75 sur un parcours tout en couleurs entre les bas-côtés fleuris de lauriers roses et de genêts, le flanc des collines recouvertes d'oliviers, le bleu de la mer quand la route s'en rapproche et, sur le toit de l'île, les sommets encore enneigés des Montagnes blanches.

Côté conduite, il faut immédiatement se faire au mode local qui consiste, sur les routes à double sens, à se rabattre sur la voie d'arrêt d'urgence quand un véhicule plus rapide souhaite doubler.

Les nombreux petits oratoires sur le bord des routes ont-ils un lien avec cette conduite fantaisiste ?

Après une heure et quart de trajet, la pause à Réthymnon est bienvenue, avec une assiette de calamars frits dégustés en bord de mer suivie d'une petite balade dans le port vénitien jusqu'au phare construit par les Turcs au XVIe siècle.

Ainsi requinqués, c'est reparti pour une heure trente de plus. Arrivés à 15 h 30, nous nous accordons une demi-heure pour faire quelques courses avant de donner rendez-vous à la propriétaire qui doit nous conduire à notre "Cretan Home".

Dans l'arrière-pays de Kissamos, à Lousakies, au bout d'un chemin de terre, au milieu de champs d'oliviers, voici notre pied-à-terre pour les quatre prochaines nuits. On ne peut trouver plus perdu comme endroit !

L'intérieur est rustique, un peu humide en ce début de saison, mais le cadre est superbe et nous sommes les seuls occupants.

Un environnement dont on va quand même s'arracher en fin d'après-midi, histoire d'aller voir la mer. En passant par Kissamos, on découvre sa situation privilégiée, étagée sur plusieurs niveaux jusqu'à l'océan.

En revanche, petite déception à Falassarna où un vent fort et une mer agitée ne nous permettent pas d'apprécier à sa juste valeur la longue plage sablonneuse, réputée pour être l'une des plus belles de l'Ouest crétois.

Bah, on va se rattraper dans les deux jours à venir avec les magnifiques lagons d'Elafonissi et de Balos !

Distance parcourue dans la journée : 210 kilomètres

Petit oratoire

Plages d'Elafonissi et Kedrodasos J2 : Vendredi 10 mai 2019

Parmi les points d'intérêt de cette région de l'Ouest figure l'incontournable plage d'Elafonissi qui se trouve à 44 kilomètres de notre camp de base, soit une heure par l'itinéraire le plus rapide. Pour y arriver, deux possibilités, soit par la route de l'intérieur, soit par celle de la côte. Nous décidons d'emprunter la première à l'aller et la seconde au retour.

Censé être le trajet le plus direct, sur un axe principal indiqué en rouge sur notre carte, il ne s'avérera pas aussi rapide que prévu. Nous l'expérimenterons à de nombreuses reprises en Crète, les chaussées sont souvent abîmées, avec des travaux en cours suite à des affaissements ou des éboulements.

Si l'on y ajoute les arrêts pour profiter de quelques points d'intérêt, toute (ou presque) la matinée y passe.

Avec l'entrée dans les gorges de Topolia, la route, grimpant jusqu'à 561 mètres d'altitude entre parois orangées et canyon verdoyant, devient panoramique, offrant mille occasions de s'arrêter pour le cadre et la vue.

Plus loin, quand notre itinéraire rejoint le bord de mer, c'est un monastère haut perché qui retient notre attention. C'est au terme de 98 marches que nous accédons à Moni Chrysoskalitissas, vieux de mille ans, dont le nom signifie "escalier d'or".

Nous n'avons pas trouvé la marche en or (elle ne serait visible qu'aux croyants à l'âme pure !) mais en revanche une magnifique mosaïque composée de deux paons réunis autour d'un calice.

Depuis l'esplanade au sommet du monastère, nous avons surtout apprécié la vue sur une belle crique rocheuse aux eaux turquoise qui donnent très envie d'y faire immédiatement un plongeon. Alors quand est-ce qu'on se baigne ?

Pour l'instant poursuivons cinq kilomètres de plus jusqu'au rivage d'Elafonissi au bout duquel l'île du même nom forme un étroit isthme de sable blanc créant une double plage de toute beauté.

L'endroit attire en saison une foule de visiteurs friands de transats et de parasols. Aujourd'hui la pression est toute relative, d'autant qu'un vent froid balaie les dunes, nous obligeant à enfiler pulls et coupe-vents et à repousser aux calendes grecques nos envies de baignade.

Alors ce n'est pas tant pour fuir les touristes que pour nous réchauffer que nous prenons la direction de l'est pour une petite marche de cinq kilomètres aller/retour vers la plage de Kedrodasos.

Nous suivons le sentier E4, une sorte de GR traversant l'île d'ouest en est que nous aurons l'occasion de croiser maintes fois par la suite, entre rocailles et garrigue fleurie.

Kedro signifie "cèdre" en grec ou plus justement genévrier. Quelques spécimens tortueux jalonnent le parcours.

Ici ni transat ni parasol, mais un croissant de sable blanc rose ourlé de genévriers auquel des dalles rocheuses lisses offrent un accès facile à l'eau.

Nous n'y tremperons pourtant pas plus que les orteils.

C'est sur la route du retour, non loin du monastère visité ce matin, que nous trouvons enfin les conditions idéales pour nous immerger.

Voulolimni, un ancien cratère ceinturé de rochers formant un petit lac salé, n'est pas à proprement parler une plage mais une sorte de piscine naturelle pour les habitants du coin. C'est le moment ou jamais : l'endroit est à nous tout seuls, abrité du vent, l'eau calme, le bain frais mais revigorant. Un bon coup de fouet pour la fin de l'après-midi !

Car pour le retour, une variante plus longue qu'à l'aller, à la fois en durée et en distance, nous attend. A Kefali, nous optons pour un itinéraire entre mer et montagne passant par des villages parmi les plus pittoresques et les moins visités de l'ouest de la Crète. Réputée pour ses oliviers et ses châtaigniers, la région est l'une des plus verdoyantes et des plus fertiles de l'île.

Un parcours magnifique, quand soudain au détour d'un virage, peu avant Keramoti, la route est coupée suite à un gigantesque éboulement, nous obligeant à rebrousser chemin jusqu'à Kefali pour reprendre le trajet classique via Topolia comme à l'aller.

Malgré ce léger contretemps, la journée a été une réussite. Coup d'œil sur une gorge, visite d'un monastère, balade sur une plage de rêve, passage par des villages pittoresques et sur des routes panoramiques : voilà un concentré de Crète dont il ne nous reste plus qu'à dérouler le programme en détail dans la suite de notre séjour.

Nous espérons finir la journée en beauté par un bon dîner au restaurant. Mauvaise pioche, repas sans intérêt dans l'une des tavernes du centre-ville de Kissamos.

Distance parcourue dans la journée : 160 kilomètres

Elafonissi

Péninsules de Gramvoussa et Rodopos, du lagon de Balos au sentier côtier de Nopigia J3 : Samedi 11 mai 2019

Encore une plage d'exception à notre programme, à 20 kilomètres seulement de notre hébergement. Mais pas la porte à côté quand même car il faut compter une bonne heure de trajet.

En effet, le lagon de Balos, situé sur la péninsule de Gramvoussa, à la pointe nord-ouest de la Crète, n'est accessible que par un chemin carrossable très accidenté de 12 kilomètres débutant après le village de Kalyviani où l'on s'acquitte d'un petit droit de passage.

La piste peu roulante traverse sur son flanc Est la presqu'île inhabitée, couverte d'une garrigue clairsemée, qui s'étire dans la mer Egée tel un doigt tendu.

Cahin caha, elle mène à un parking garni de trois ou quatre véhicules seulement à cette heure pourtant pas si matinale, il est 10 heures.

Pour l'instant, c'est le mont Geroskinos qui retient notre attention. Le lagon n'est pas encore visible à ce stade. Il reste à parcourir à pied un peu plus d'un kilomètre sur 155 mètres de dénivelé pour atteindre le bord de mer.

Mais un quart d'heure plus tard, arrivés à un point de vue, c'est déjà le choc ! En face de nous, le cap Tigani recouvert d'une falaise tabulaire aux allures de poêle à frire (tigani = poêle) relié à la péninsule par un isthme (le manche de la poêle) délimitant une lagune aux cinquante nuances de turquoise bordée de deux magnifiques croissants de plage.

Le spectacle est continu tout au long du sentier maintenant en escalier descendant jusqu'aux dunes et au rivage.

Arrivés au bord de l'eau, avec à peine une dizaine de personnes sur le site, ce n'est pas encore la foule. L'eau cristalline nous invite à la baignade, même si elle est plus fraîche que la veille à Voulolimni. Les transats et les parasols nous tendent aussi les bras pour un petit moment de farniente, néanmoins payant même en ce début de saison.

Mais plus l'heure tourne plus les touristes se font nombreux.

11 h 30, il est temps pour nous de lever le camp. La file des visiteurs est maintenant continue sur le sentier, l'aire de stationnement pleine à craquer et les voitures à la queue leu leu sur la piste.

Les seules à apprécier tout ce monde, ce sont les chèvres qui ont pris leurs quartiers sur, sous et près des voitures sur le parking.

Nous mettons alors le cap vers la péninsule voisine de Rodopos, beaucoup moins prisée. C'est là que j'ai retenu la randonnée n°3 du guide Rother, reliant le camping de Nopigia à la plage de Ravdoucha.

Le sentier côtier rocailleux va rapidement prendre de la hauteur, nous livrant de très belles vues de la baie de Kissamos jusqu'à la péninsule de Gramvoussa (où nous étions ce matin) juste en face.

Si les pentes sont majoritairement recouvertes de xérophytes épineux en coussinets, nous y trouvons aussi des cistes de Crète (Cistus creticus), reconnaissables à leur air un peu froissé, ainsi que de majestueuses serpentaires, des plantes de la famille des aracées pouvant atteindre un mètre de haut.

Au bout d'une heure et demie, on finit par apercevoir en contrebas le but de notre randonnée, le long embarcadère de Ravdoucha auprès duquel sont regroupées quelques maisons.

Maintenant à nos pieds la plage de galets de Ravdoucha où se trouve aussi la taverne Wave on the Rocks, but ultime de notre balade.

Des promeneurs nous ayant prévenus que l'établissement était fermé, inutile de pousser aussi loin, la tonnelle ombragée de cette autre adresse fera tout autant l'affaire pour nous désaltérer avant le retour par le même itinéraire.

En cours de route, nous ramassons quelques tiges de roseaux pour faire office de bâtons de marche, ayant oublié les nôtres en France.

Retour à Lousakies au terme d'une journée encore bien remplie.

Distance parcourue dans la journée : 60 kilomètres.

Lagon de Balos

Des gorges de Sirikari au site antique de Polyrinia J4 : Dimanche 12 mai 2019

En dehors du littoral, les paysages caractérisant le mieux l'arrière-pays crétois sont les gorges, dont les plus célèbres, les gorges de Samaria, figurent bien sûr à notre programme par la suite.

Aujourd'hui, pour nous mettre en jambe, nous avons retenu un objectif plus modeste et moins couru, la gorge de Tsichliana, dont le point de départ se situe à proximité de Sirikari, à une vingtaine de kilomètres de "notre maison crétoise".

Il s'agit de la randonnée n°5 du guide Rother, indiquée en bleu, donc facile, avec 300 mètres de dénivelé pour 7 kilomètres et 2 h 45 AR que nous prévoyons de "muscler" un peu en lui ajoutant une extension jusqu'au site antique de Polyrinia.

Mais avant de rallier Sirikari, petit détour jusqu'à Potamida afin de découvrir ces étonnantes cheminées de fée plantées au beau milieu des champs. Avec leurs robes évasées et pelées, elles détonnent dans ce paysage par ailleurs très vert.

Poursuite donc vers les gorges de Sirikari noyées elles aussi dans la verdure !

A partir de la chapelle Agios Constantinos où nous avons garé notre voiture, nous descendons dans une pente d'abord escarpée puis plus douce en prenant soin de refermer derrière nous le portail de plusieurs enclos.

Nous ne tardons pas à arriver à un torrent dont on entend le grondement bien avant d'apercevoir le cours d'eau.

Nous suivons alors la rivière, à l'ombre d'une grande variété d'arbres (platanes, érables, figuiers, arbousiers et oliviers), sur un ancien sentier muletier bien tracé. A défaut de mules [:P] ce sont une chèvre et son petit qui nous ouvrent la voie.

Moins d'une heure après notre départ apparaissent les premières falaises orangées au-dessus desquelles tournoie une armada de vautours.

Peu après, nous atteignons le point le plus étroit des gorges, juste avant une aire de pique-nique récemment restaurée grâce aux fonds de l'Union européenne.

Le plus beau passage de la gorge de Tsichliana est à présent derrière nous. La randonnée initiale se termine quelques centaines de mètres plus loin, sur un ancien pont à arches.

A partir de là, nous prolongeons notre balade d'une heure supplémentaire jusqu'à Polyrinia, tantôt par un chemin carrossable, tantôt par la route

Sur les coups de midi, nous atteignons le village fortifié au sommet duquel se trouvent de modestes vestiges d'une acropole antique.

Mais plus que les ruines, c'est la vue, à la fois sur la montagne, sur la vallée et jusqu'à la mer, qui vaut principalement le détour, sans oublier les ombrelles jaunes des férules qui illuminent le tableau.

Après deux jus d'orange pressée chacun (il faut bien ça pour recharger les batteries), un pique-nique à l'ombre d'une chapelle, une trempette de pieds dans le torrent, nous espérons être d'attaque pour juguler la remontée sportive entre la rivière Tsichliana et le parking sous le soleil accablant de ce début d'après-midi.

Les cent derniers mètres de dénivelé sont harassants, mais heureusement à l'ombre. Des clémentines bien juteuses nous attendent dans la glacière de la voiture, j'en salive d'avance ! Nous pouvons enfin les déguster peu après 15 heures.

Fin d'une randonnée de 14 km AR avec 450 mètres de dénivelé en 4 heures (sans les pauses), dans un site moins prestigieux que les jours précédents, dans des gorges de taille modeste (par rapport à d'autres à découvrir plus tard) mais grâce à la présence de nombreuses fleurs sauvages, un très beau parcours tout de même et surtout un bel entraînement pour les randonnées à venir.

Pour finir la journée, j'aurais aimé explorer la portion de route au nord de Keramoti, là où nous avions trouvé la voie coupée il y a quelques jours. Mais pour y arriver, le GPS nous a fait errer dans des routes sans issue ou se transformant en piste, ce qui est très fréquent en Crète. De guerre lasse, nous décidons de retourner à Kissamos par le même itinéraire que ce matin pour finir la journée sur notre terrasse.

Demain nous partons vers d'autres horizons !

Distance parcourue dans la journée : 70 kilomètres.

Vue depuis l'acropole de Polyrinia

Autour de Sougia, de l'antique Lissos à la grotte de Polifimos J5 & J6 : Lundi 13 et mardi 14 mai 2019

Ça y est, notre séjour près de Kissamos s'achève, avec des souvenirs déjà plein la tête.

Dès 9 heures, nous faisons route vers notre étape suivante, située sur la côte sud, près de Sougia. Passage par Kissamos et Topolia que nous commençons à bien connaître. Après Mili, la route s'élève jusqu'à 850 mètres, toisant de haut les champs d'éoliennes qui tournent à plein régime, un étage plus bas.

Le vent est aussi au rendez-vous sur la côte, ce qui empêche les températures de dépasser la vingtaine de degrés malgré un soleil généreux.

Sur les coups de 11 heures, au terme d'une soixantaine de kilomètres, nous voici arrivés à Moni (qui signifie "monastère"), à 4 petits kilomètres de Sougia et du bord de mer.

Et c'est justement dans la Monastery Guesthouse que nous avons réservé les quatre nuits suivantes. Construit en pierre et en bois, l'établissement comprend des chambres d'hôtel flambant neuves très récemment ouvertes et, dans la partie plus ancienne, des appartements alliant matériaux traditionnels (parquets, poutres apparentes) et éléments de décoration modernes. Un style rustique chic qui nous séduit immédiatement !

Depuis notre terrasse, la vue donne sur le massif des Lefka Ori au cœur duquel se trouve le plateau d'Omalos, point de départ des gorges de Samaria, que nous avons bien l'intention de parcourir prochainement. Notre hôtesse nous prévient que le canyon est encore fermé, mais que son ouverture devrait intervenir d'un jour à l'autre. A suivre donc !

En attendant, c'est le bord de mer que nous souhaitons découvrir, en randonnant de Sougia à Lissos, une baie uniquement accessible à pied ou avec un petit bateau. La randonnée correspond à l'itinéraire 16 du guide Rother.

Il est 13 h 45 quand nous commençons notre balade dans le port de Sougia alors que la plupart des promeneurs sont déjà sur le chemin du retour.

Après contournement de quelques gros rochers et de plusieurs passages étroits, nous arrivons rapidement dans la gorge de Lissos, sauvage et romantique, avec ses jolis massifs de lauriers roses en guise de haie d'honneur.

C'est par un ancien chemin muletier que nous accédons ensuite à un large plateau couvert d'une garrigue très odorante. Au loin, quelques névés font de la résistance sur les bien nommées montagnes Blanches.

Bientôt, la petite baie de Lissos est à portée de vue.

Mais qu'on ne s'y trompe pas, il y a 120 mètres de dénivelé entre le haut du plateau et la plage. Le début de la descente est marqué d'un drapeau grec peint sur la falaise en guise de repère.

Une fois arrivés, la plage de galets est moins accueillante qu'elle n'y paraissait d'en haut. En tout cas, il n'est pas question de se baigner, la mer est beaucoup trop agitée.

Cela nous laisse le temps d'explorer les alentours, notamment le site archéologique de l'antique Lissos mis à jour dans les années 1950. En effet, dans cette vallée, loin de tout, se trouvait jadis, à la basse époque hellénistique, une station thermale. Des mosaïques à formes géométriques et motifs d'oiseaux témoignent de ce passé révolu.

Il reste à nous coltiner la remontée, moins pénible qu'escomptée. Quand on aperçoit le drapeau grec peint sur la paroi, la partie est gagnée. Il ne reste alors qu'à retraverser le plateau et la gorge.

Pour les plus endurants qui souhaiteraient faire une boucle, il est possible de combiner les itinéraires 16 et 17 du Rother, c'est-à-dire qu'une fois de retour au niveau de la gorge il faut remonter sur un autre plateau pour arriver à Sougia par le haut.

Nous, on se contente des 7,4 kilomètres effectués en 3 heures, pauses comprises, avec 310 mètres de dénivelé. Il faut garder des forces pour les prochains jours !

Demain, justement, nous avons réservé une dépose en bateau au cap Tripiti pour un retour à pied de 8 kilomètres et un dénivelé de 850 mètres entre le cap et Sougia… si Dieu le veut !

En attendant, dîner sur notre terrasse dans ce magnifique cadre des montagnes Blanches. Petite pluie en soirée.

Distance parcourue dans la journée : 80 kilomètres

Le lendemain…

Un ciel couvert, quelques gouttes de pluie et surtout une mer agitée conduisent le Captain George à annuler la sortie en bateau, alors que nous sommes sur le point de quitter notre hôtel à 8 heures.

Zut, il faut trouver une alternative au pied levé !

L'aller-retour entre Sougia et le cap Tripiti, représentant plus de 15 kilomètres en 6 heures et demie de marche avec 850 mètres de dénivelé à la montée et à la descente, nous semble inenvisageable.

Notre hôtesse nous suggère d'en parcourir une partie et de faire demi-tour dès qu'il nous plaira.

Nous suivons partiellement sa recommandation. Néanmoins, après avoir consulté notre documentation et afin de nous fixer un but, nous décidons de nous inspirer de l'itinéraire 19 du guide Rother en le limitant à un aller-retour entre Sougia et la grotte de Polifimos.

8 h 20, ça y est, c'est parti en direction du cap Tripiti sur un parterre fleuri en surplomb de la mer.

Au bout d'une heure et quart environ, nous quittons l'itinéraire menant au cap pour grimper dans les hauteurs tout en profitant de larges vues sur toute la côte Sud.

A l'approche de la cavité, gare au cheval de mer géant qui en défend l'entrée [;)] Ouf, totalement inoffensif, il nous laisse investir les lieux. L'intérieur est très vaste et garni de nombreuses concrétions.

C'est là, selon la légende, que vivait le cyclope Polyphème, un berger qui aurait capturé Ulysse et ses compagnons et aurait dévoré plusieurs hommes. Ulysse a fini par enfoncer un pieu en bois dans l'œil du cyclope pendant son sommeil et est parvenu à s'enfuir.

Après une petite pause, nous laissons la grotte mythique derrière nous pour être de retour à Sougia sur les coups de midi, à l'issue d'un parcours d'une douzaine de kilomètres en 3 heures 45 et 280 mètres de dénivelé.

Au final, une chouette balade alliant panorama, géologie et mythologie, une alternative intéressante pour qui ne veut pas aller jusqu'au cap Tripiti.

Le ciel de plus en plus bas n'incite guère à sortir dans l'après-midi, sauf pour explorer brièvement les alentours et le village de Moni.

En soirée, dîner à la taverne Rebetika à Sougia… bof, pas terrible !

Distance parcourue dans la journée : 23 kilomètres.

Vers Lissos

Autour de Sougia, des gorges de Figou à la ville de Paleochora J7 : Mercredi 15 mai 2019

Initialement, nous avions prévu de prendre le bus à 7 heures du matin jusqu'au village de Agia Irini. De là, nous voulions combiner les itinéraires 20 et 21 du guide Rother, à savoir parcourir les gorges de Figou puis enchaîner avec celles d'Agia Irini pour arriver à Moni (4 à 5 heures de marche en aller simple).

Mais une météo incertaine va une nouvelle fois contrarier nos plans et limiter nos ambitions.

Nous finissons par prendre la direction du village d'Agia Irini, mais en voiture et à 10 heures du matin seulement, après moult hésitations. Il fait 17 degrés à Sougia mais seulement 9 à Agia Irini avec de petites averses. Brr !

Dans ces conditions, nous faisons une croix sur les gorges d'Agia Irini, nous contentant de la petite boucle de 2 heures à travers la gorge de Figou.

Figou signifie "fuite" et fait référence à un événement survenu en 1821, date à laquelle un grand nombre de femmes et d'enfants ont trouvé refuge ici pour être à l'abri des Turcs.

Tout comme l'ont sans doute fait les réfugiés de l'époque, nous suivons un ancien kalderimi (sentier muletier) qui monte en douceur vers un col à 842 mètres.

Mais contrairement aux fugitifs de l'époque, nous prenons tout le temps d'admirer la vue très dégagée sur les pentes environnantes couvertes d'anciennes terrasses.

C'est en nous retournant pour évaluer la distance parcourue que nous réalisons le travail titanesque des Anciens pour soutenir et empierrer cette voie.

Changement de décor après le col alors que nous amorçons la descente dans une cuvette qui se rétrécit petit à petit, comme un entonnoir. Le sentier parfois accidenté se faufile alors au milieu de gros rochers rendus glissants par une petite pluie fine.

Près des ruines d'un ancien poste de garde des résistants crétois, nous débouchons à l'entrée des gorges d'Agia Irini. S'il avait fait beau, nous aurions poursuivi dans ces dernières, mais vu la météo, nous préférons en rester là et fermer la boucle en revenant à notre point de départ.

Comme prévu, nous avons mis deux heures pour effectuer ces 5,1 kilomètres avec 300 mètres de dénivelé, dans des gorges très jolies et très peu fréquentées.

La météo se dégrade encore un peu plus dans l'après-midi. Qu'en est-il 15 kilomètres plus à l'est ? Pas mieux ! C'est sous une petite pluie persistante que nous visitons Paleochora.

Le soleil fait néanmoins son retour en soirée, ce qui est de bon augure pour demain. Notre hôtesse nous annonce que les gorges de Samaria viennent d'ouvrir. Parfait !

Distance parcourue dans la journée : 92 kilomètres.

Gorges de Figou

Des gorges de Samaria au fort turc d'Agia Roumeli J8 : Jeudi 16 mai 2019

Les gorges de Samaria constituent un incontournable de la Crète, mais de par leur situation au centre de l'île il n'est pas facile de les intégrer à un circuit. En effet, il s'agit d'un parcours linéaire de 16 kilomètres de long avec 1200 mètres de dénivelé entre le plateau d'Omalos au cœur des Montagnes blanches et la petite localité d'Agia Roumeli sur la côte sud qui, elle, n'est pas reliée au réseau routier.

Il faut par conséquent prévoir des liaisons en bus et/ou en ferry pour atteindre l'une ou l'autre des extrémités du parcours.

Depuis Sougia par exemple, il est possible de prendre un bus à 7 heures du matin qui arrive vers 9 heures à Xyloskalo, l'entrée du parc national de Samaria. La descente à pied jusqu'au bord de mer prend 5 à 7 heures. Pour le retour, il faut prendre en fin de journée le ferry entre Agia Roumeli et Sougia.

On pourrait aussi rejoindre Xyloskalo en voiture, mais dans ce cas c'est pour le retour qu'il faut enchaîner ferry (entre Agia Roumeli et Sougia) et bus (de Sougia à Xyloskalo).

Ces solutions sont valables si l'on veut faire l'intégralité des 16 kilomètres de descente.

Car il existe aussi une version "allégée" des gorges de Samaria qui consiste à les remonter depuis la mer entre Agia Roumeli et les Portes de Fer, soit la partie la plus belle, en deux heures environ l'aller-retour. Dans ce cas, pour rejoindre Agia Roumeli, inutile de partir très tôt, un ferry au départ de Sougia à 9 h 15 atteint Agia Roumeli une heure plu tard.

C'est l'option que nous avons retenue. Nous la complèterons avec une extension vers les ruines d'une forteresse turque dominant la baie d'Agia Roumeli. Cela correspond à la combinaison des parcours 22 et 23 du guide Rother.

La journée commence par conséquent par une merveilleuse promenade en bateau le long de la côte, entre Sougia et Agia Roumeli via le cap Tripiti, l'occasion pour nous de revoir depuis la mer les paysages de falaises que nous avons arpentées hier.

Arrivés à Agia Roumeli, nous nous dirigeons rapidement vers un torrent mugissant que nous suivrons jusqu'à l'entrée du parc national. A cette heure, la plupart des randonneurs en provenance de Xyloskalo sont encore dans les hauteurs. Nous profitons donc de ce calme relatif avant leur arrivée en nombre, en général à partir de midi.

Une fois dans le parc, nous franchissons à plusieurs reprises le cours d'eau bordé de lauriers roses, de pins de Calabre et de cyprès sur des passerelles rudimentaires. Le débit et la hauteur de l'eau à peine inférieure à celle des passerelles expliquent sans doute pourquoi l'accès n'est possible que depuis un jour ou deux.

Au fil de notre progression, les parois du canyon se rapprochent.

C'est sur un chemin de planches que nous franchissons les Portes de Fer, ce passage où le lit de la rivière ne fait plus que trois mètres de large entre des parois verticales s'élevant jusqu'à 300 mètres de haut. Impressionnant !

Néanmoins, il est un peu tôt pour profiter de l'éclairage optimal de la gorge. En attendant que le soleil arrive au zénith, nous poursuivons vers l'amont jusqu'à l'aire de repos de Christos et encore un peu plus loin.

Là, devant les eaux turquoise de la rivière, tout en dégustant nos sandwichs, nous observons avec amusement le profil des randonneurs qui commencent à arriver à la queue leu leu depuis les hauteurs de Xyloskalo. Nous leur emboîtons le pas pour revenir aux Portes de Fer et assister maintenant à l'entrée progressive du soleil dans le canyon.

Pour le moment, ce sont deux mules qui jouent les vedettes, remontant le cours d'eau afin d'offrir leur assistance à quelque marcheur épuisé.

Ça y est, il est presque 13 heures, la lumière inonde à présent la gorge. Nous tournons alors le dos aux Portes de Fer pour quitter le canyon, mais contrairement à la quasi-totalité des randonneurs impatients de rallier l'embarcadère au plus vite après 16 kilomètres dans les jambes et dans les genoux, nous profitons de notre relative fraîcheur pour amorcer une extension dans les hauteurs.

Pour ce faire, nous grimpons à flanc de montagne en direction d'un fort en ruines, 220 mètres au-dessus de la mer.

Plus on monte, plus la vue sur la zone de l'embouchure des gorges de Samaria est belle. Elle devient encore plus spectaculaire un étage plus haut quand nous atteignons la crête rocheuse d'où quelques pas nous séparent de la forteresse du Kastro.

Depuis les vestiges du fort, on contemple Agia Roumeli et sa longue plage de galets à nos pieds.

En revanche, la descente sur le versant opposé dans un éboulis rocheux est raide et délicate. Pas le temps de lever le nez sous peine de se tordre une cheville !

Les ferrys sont déjà ancrés dans le port, même si leur départ n'est prévu qu'à 17 h 30. De retour à l'embarcadère vers 15 h 30, nous avons tout loisir de flâner dans le village, de passer du café au glacier, de la plage au port, sans oublier baignade et bain de soleil.

Une magnifique journée qui se termine par une ultime promenade en bateau.

Notre séjour dans la région de Sougia s'achève avec un bilan toujours très enthousiaste.

Distance parcourue dans la journée : 12 kilomètres.

Portes de Fer

La suite se trouve dans le post 2 !
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Suite de notre récit...

Vers la péninsule de Drapanos via Xyloskalo et le refuge de Kallergi J9 & 10 : Vendredi 17 et samedi 18 mai 2019

Notre voyage se poursuit, toujours en zigzags. Par conséquent et logiquement après le Sud, c'est à nouveau le Nord qui a notre faveur, plus précisément la région de La Canée.

Initialement c'est là qu'Hervé souhaitait plonger. Il avait notamment repéré une plongée incontournable sur la côte nord, Elephant Cave, à proximité du cap de Drapanos. C'est pourquoi nous avons choisi de nous poser trois nuits à Douliana, au centre de cette péninsule à l'est de La Canée.

A la réflexion, notre plongeur, pas au top de sa forme, préfère renoncer à plonger, ce qui ne change rien à nos plans. La région de La Canée dispose de suffisamment d'atouts pour satisfaire toutes nos envies.

Première envie : ne pas nous précipiter à la mer mais profiter de la montagne que nous allons traverser pour y faire un arrêt de quelques heures, d'autant que notre maison à Douliana n'est disponible qu'en début d'après-midi.

Le trajet vers La Canée passe par le plateau d'Omalos d'où un très court détour conduit à Xyloskalo qui est à la fois la porte d'entrée des gorges de Samaria mais aussi le point de départ vers le Gingilos (2080 mètres) et le Melindaou (2133 mètres) dans les Montagnes blanches.

Depuis le temps qu'on contemple ce massif de loin, autant s'en approcher un peu !

Le guide Rother, dans sa description de la randonnée 13 vers le sommet du Melindaou, précise que "la montée tranquille jusqu'au refuge de Kallergi est déjà belle à elle seule, 2 h 20 pour l'aller et le retour". Voilà exactement ce qu'il nous faut !

Depuis Moni nous mettons une bonne heure pour atteindre le plateau où paissent de nombreux troupeaux.

A notre arrivée à 9 h 30, le ciel partagé entre nuages et éclaircies se couvre plus largement, nous faisant d'abord hésiter sur la pertinence d'une telle expédition.

Altitude du point de départ : 1230 mètres, du point d'arrivée : 1592 mètres. La température n'a ici rien à voir avec celle de la côte, il faut immédiatement se couvrir en conséquence.

La beauté des cimes l'emporte néanmoins sur nos craintes. Avec un peu de chance, nous devrions disposer d'une fenêtre météo suffisante de 2 à 3 heures. Au pire, on fera demi-tour si le temps se gâte.

Au bout d'une petite demi-heure, on a déjà une très belle vue sur l'imposant sommet du Gingilos, 2080 m, flanqué à gauche par le Volakias qui le domine de quelques mètres et à sa droite par le Psilafi, 1984 m. Entre les deux, le col d'Afchenas est le point de départ de l'ascension finale du Gingilos.

Comme le laissait entendre notre documentation, la montée sur une large piste carrossable ne présente aucune difficulté. Néanmoins, quand le chemin prend de l'altitude, des paquets de neige persistent sur les bas-côtés. Un dernier névé plus résistant empêche d'ailleurs la voiture du gardien d'arriver jusqu'au refuge.

Cherchez la voiture bloquée par le névé et profitez-en pour admirer la vue fantastique sur les sommets environnants, sous un ciel à présent bien bleu !

Dernier lacet avant le col, ça y est, le refuge est en vue ! Le parcours vers le sommet du Melindaou se poursuit au delà du chalet, mais il est réservé à des randonneurs endurants plus tard dans la saison car impraticable pour le moment en raison de la hauteur de neige.

En ce qui nous concerne, c'est ici que nous faisons demi-tour mais pas avant d'avoir contemplé la vue panoramique sur le massif, exploré les zones humides qui entourent les lieux, nous rappelant les bodefales boliviens ou les pozzis corses, et craqué pour un broownie au chocolat plus gros que notre appétit.

Nous avons juste le temps de descendre de la montagne. La pluie nous cueille à notre arrivée à la voiture alors qu'au loin résonnent les premiers coups de tonnerre.

En tout, nous avons mis 2 heures pour faire l'aller-retour, agrémentées d'un arrêt de 45 minutes au refuge, une petite incursion dans le centre de l'île pour nous confirmer qu'au delà de l'arrière-pays c'est toute la montagne crétoise qui mérite d'être explorée.

Depuis les hauteurs du plateau d'Omalos, notre documentation nous promettait un parcours panoramique. Hélas, dès 500 mètres d'altitude, les nuages bas nous obligent à naviguer sans vue jusque sur la côte.

En bord de mer, le soleil refait son apparition entre deux averses, mais la taille des flaques d'eau sur les routes ne fait pas de doute sur l'intensité de l'orage.

Dans ces conditions, autant rejoindre directement la presqu'île de Drapanos, où autour de Vamos un groupe de villageois travaille depuis 1995 à préserver le mode de vie traditionnel , l'artisanat et les produits de la région, avec le soutien de l'Union européenne. Ainsi ont été converties en pensions de vieilles bâtisses de pierre restaurées avec des matériaux et des techniques traditionnels.

C'est le cas de la maison de Manolis, menuisier à l'entrée du village de Douliana, dont nous avons loué le rez-de-jardin à défaut de celui du premier niveau déjà occupé à nos dates.

Bilan : il est un peu sombre et humide et contrairement à nos hébergements précédents n'offre aucune vue dégagée. En revanche, il possède un poulailler qui nous prodiguera des œufs frais tous les matins et une piscine dans laquelle nous ne manquons pas de plonger immédiatement pour oublier notre petite déconvenue.

Distance parcourue dans la journée : 109 kilomètres

Le lendemain…

Pas besoin d'aller bien loin ce matin. Notre guide préféré décrit dans son chapitre 10 une randonnée en boucle autour de Douliana. Nous n'allions pas rater ça !

Sur la petite place du bourg commence un charmant sentier qui descend dans une vallée verdoyante puis revient à travers oliveraies et maquis. Partout des fleurs dont on retiendra les couleurs éclatantes, les formes étonnantes et les senteurs délicates.

Egalement des arbres fruitiers et un drôle d'arbre-cerf [;)]

Bref une promenade bucolique agréable, mais pas incontournable, dans la campagne toute proche où la vue fait malheureusement défaut.

Changement de décor dans l'après-midi, quand nous arrivons à proximité de Ombros Gialos, où ces bouquets d'arbustes aux teintes cuivrées donnent ponctuellement à ce versant une touche automnale.

Pourtant, quand surgit la crique du même nom avec ses eaux turquoise sous une température ambiante de 28 degrés, c'est indéniablement l'été qui s'annonce.

Voilà par conséquent l'endroit idéal pour étrenner palmes, masque et tuba (que nous trimballons depuis le début du voyage) pour voir ce que cette baie cache sous ses flots.

A part quelques petits poissons et de gros rochers dans une eau encore trop fraîche (rappelons que nous sommes en mai), rien d'exceptionnel !

Alors rien de mieux que de lézarder au soleil tout en profitant de ce cadre exceptionnel pour le reste de l'après-midi ! Un agréable moment de farniente juste interrompu pour Hervé afin de seconder un touriste suédois dont l'appareil photo a glissé du bord pendant qu'il s'équipait. Malgré les recherches inlassables des deux plongeurs, rien n'y fait, l'appareil a dû sombrer dans les profondeurs de l'océan. Nous compatissons !

Avant le retour à Douliana, nous passons par la station balnéaire d'Almyrida qui, avec ses alignements de chaises longues et de parasols ainsi que sa musique internationale à plein tube tranche radicalement avec le calme et le caractère sauvage de notre crique précédente. Par conséquent, nous ne pouvons que nous féliciter de notre choix.

Des félicitations que nous réitérons en soirée pour l'établissement retenu pour le dîner, le Kyma Restaurant à Kalyves, pour sa situation face à la mer et ses bons plats de seiche et fritures grillées.

Distance parcourue dans la journée : 50 kilomètres.

Dans les Montagnes blanches

La Canée et la presqu'île d'Akrotiri J11 : Dimanche 19 mai 2019

Cette deuxième journée dans la région sera consacrée à la visite de la ville de La Canée (encore appelée Chania ou Hania) ainsi qu'à la péninsule d'Akrotiri, au nord-est de l'agglomération, qui outre un aéroport et une base de l'OTAN, renferme quelques pépites que nous sommes impatients de découvrir.

Première "perle" sélectionnée : le monastère de Moni Gouverneto qui est le point de départ d'une belle randonnée (n°9 Rother) vers un deuxième monastère, Moni Katholiko uniquement accessible par ce moyen. En chemin, deux grottes (lampes frontales utiles) et au bout du parcours… la mer (maillots de bain à prévoir) ! Nous avons hâte !

Nous arrivons sur place à l'entrée du premier monastère à 10 heures. Après avoir traversé le jardin planté de cyprès et de mûriers puis jeté au passage un coup d'œil à l'intérieur de l'édifice (avec interdiction de le photographier), nous accédons à l'extérieur de la propriété à un col d'où l'on peut déjà contempler un premier panorama jusqu'à la mer Egée sous un ciel uniformément bleu. Température dans la journée : 24 degrés.

Au bout d'une quinzaine de minutes, nous accédons à l'entrée de la première grotte, celle d'Arkoudiotissa, au milieu de laquelle se dresse une stalagmite d'environ 5 mètres de haut sous un plafond noirci.

Avec un peu d'imagination, elle peut faire penser à un ours. C'est pourquoi on appelle aussi ce lieu la grotte de l'ours.

Une fois sortis de la caverne, on continue à profiter du magnifique panorama sur le paysage côtier alors qu'une gorge s'ouvre à nos pieds

Après une petite demi-heure de descente supplémentaire apparaît Moni Katholiko, un monastère abandonné dès le XVIe siècle, dont l'ancienne église conventuelle a été aménagée directement dans une grotte.

Un peu plus loin, le pittoresque clocher-mur… sans cloche !

Entre les deux, l'entrée basse d'une deuxième grotte, celle de Saint-Jean-l'Ermite, contenant deux élégantes stalagmites dont l'une fait presque dix mètres de haut.

En contrebas du monastère abandonné, la porte d'accès au canyon de Gouverneto dont j'avais lu que l'entrée était murée depuis peu, ce qui ne permettait plus de poursuivre jusqu'à la mer.

Or il n'y a ni mur ni panneau mentionnant une quelconque interdiction. Par conséquent, tout comme le couple de randonneurs nous devançant, nous passons le proche et continuons dans la gorge… impressionnante de beauté !

A son issue, nous tombons en arrêt devant cette crique idyllique. Impossible de résister à une baignade dans ses eaux cristallines, les yeux rivés sur le cirque rocheux qui l'encadre.

Il faut bien ça pour mieux pouvoir encaisser les 250 mètres de dénivelé de la remontée en plein midi. Pour éviter le coup de chaleur, Hervé n'hésite pas se coiffer de son maillot de bain humide tout en prenant soin de se découvrir à chaque croisement de randonneurs. Hi, hi, hi !

Nous arrivons ainsi à bout de cette très belle randonnée en 2 heures et demie pauses comprises. Avec ses édifices remarquables et ses paysages tout aussi somptueux, elle figure d'ores et déjà parmi les plus marquantes de notre séjour.

Mais le voyage n'est pas fini, la journée d'ailleurs non plus ! En effet, à quelques lieues d'ici, un autre bijou nous attend.

Sur la façade Est de la péninsule, au bout d'une étroite route en lacets… une plage de sable blanc dans une crique rocheuse isolée, au pied de hautes falaises… …Seitan Limania !

Ses eaux laiteuses (est-ce la couleur habituelle ou est-elle liée à des sédiments charriés par les pluies de ces derniers jours ?) nous dissuadent néanmoins de descendre jusqu'au bord de l'eau, surtout dans la chaleur de ce début d'après-midi.

A cette heure, nous préférerions nous mettre à l'ombre, ce qui devrait être possible dans le centre historique de La Canée. Alors, après avoir profité de la vue depuis les hauteurs du parking, cap sur la vieille ville.

Avec son quartier vénitien plein de caractère, son dédale de ruelles étroites et son superbe port, la deuxième ville de Crète par la taille est charmante.

Petite pause gourmande dans l'un des nombreux cafés entourant le port d'où notre regard s'attarde d'est en ouest sur la coupole de la mosquée des Janissaires puis sur chacune des vénérables maisons aux couleurs pastel bordant le quai.

En nous retournant nous ne manquons pas de remarquer l'indétrônable chaîne des Montagnes blanches que nous contournerons encore demain sur le trajet vers notre destination suivante.

Pour l'heure, nous finissons la journée sur la plage de sable de Kalyves avant de boucler nos valises, car demain on migre, après le nord, vers le sud… of course. Ah ! Ces fameux zigzags !

Distance parcourue dans la journée : 100 kilomètres.

Gorges de Gouverneto (cherchez-moi !)

Entre Chora Sfakion et Loutro J12 : Lundi 20 mai 2019

J'avais gardé pour aujourd'hui une journée de marge devant nous permettre de compléter éventuellement notre exploration de la région de La Canée avant de rejoindre notre destination suivante, Chora Sfakion, située à nouveau sur la côte sud . Mais Hervé ayant renoncé à la plongée, nous avons largement pu réaliser en deux jours tout le programme prévu. Nous pouvons donc poursuivre dès ce matin vers Chora Sfakion et entamer avec 24 heures d'avance notre plan de visites et de randonnées dans le secteur.

Nous quittons par conséquent Douliana pour un trajet d'une petite cinquantaine de kilomètres à travers la montagne. A mi-parcours, la route devient de plus en plus spectaculaire, surtout quand elle pénètre dans la gorge d'Imbros puis finit sa course au niveau de la mer après une série impressionnante de lacets.

Vite une petite photo au passage, nous aurons l'occasion d'y revenir ultérieurement.

Car nous sommes à la bourre. Nous souhaitons en effet prendre le bateau à destination de Loutro. De là, nous reviendrons à pied à Chora Sfakion en longeant la côte, ce qui correspond à la randonnée n°27 du guide Rother.

Nous avons tout juste le temps de nous garer à Chora Sfakion (il est 10 h 25), le bateau est déjà prêt à lever l'ancre.

Une vingtaine de minutes plus tard, nous débarquons à Loutro, village typique, avec un petit air d'île grecque, uniquement accessible par la mer.

Seul port naturel de la côte Sud, ce tout petit village de pêcheurs s'étire en un croissant de maisons bleu et blanc autour d'une étroite plage de galets.

Notre randonnée démarre à l'est de la plage, mais nous décidons de faire d'abord un petit détour vers l'ouest, histoire de mettre dans la boîte la chapelle perchée sur la falaise et la vue du village depuis ce belvédère.

Puis, après avoir été obligés de traverser les terrasses de tous les restaurants, nous voilà engagés sur un tronçon du sentier E4 (ce GR crétois) que l'on distingue à peine à flanc de paroi. Il est 11 h 30.

En nous retournant, le village commence à disparaître progressivement derrière plusieurs caps.

Même si le ciel est très légèrement voilé, la chaleur est intense à cette heure de la journée, surtout qu'il n'y a pas d'ombre sur le parcours. Alors, en arrivant à proximité de la baie de Timios Stavros, nous trouvons le lieu propice à une baignade.

Bien rafraîchis, nous crapahutons de plus belle, n'hésitant à nous écarter très légèrement du chemin pour aller sonner la cloche de cette jolie chapelle.

A ce stade de l'itinéraire, nous commençons à apercevoir au loin… le but de notre randonnée, la petite ville de Chora Sfakion et ses maisons étagées sur le flanc d'une falaise.

Nous ne tardons pas à dominer le point d'intérêt principal du trajet, à savoir la plage de Glyka Nera (ou plage d'eau douce). Elle tient en effet son nom des sources d'eau douce qui jaillissent directement sur la plage, une aubaine pour les amateurs de camping sauvage nombreux sur ce tracé de grande randonnée.

Les amateurs de boissons fraîches ne sont pas en reste non plus. Quand le sentier rejoint le bord de mer, on peut ici se désaltérer au Mermaid Island Bar, construit sur un rocher dans l'eau.

Jusqu'à présent le cheminement s'est effectué sur un sentier certes étroit mais bien tracé. Très rocailleux et par endroit carrément taillé dans le rocher, il devient maintenant plus confus et plus exposé.

Dernier petit coup d'œil sur le versant exposé que nous venons de traverser avant de finir le parcours sur le bitume jusqu'à Chora Sfakion.

Une magnifique randonnée côtière de 7 kilomètres faite en 3 heures, arrêts compris, avec un dénivelé de 230 mètres, qui laisse à penser que nous devrions nous plaire dans la région.

Une impression immédiatement confirmée quand nous prenons la direction de notre hébergement. Une impressionnante route en lacet part de Chora Sfakion et grimpe sur un plateau à 600 mètres d'altitude, couvert d'oliviers et de cultures et dominé au nord par le massif du Mont-Pachnes, point culminant des Montagnes blanches (2453 m).

C'est là, à Anapoli, que nous avons prévu de nous établir pour quatre nuits dans l'un des Madares Apartments.

En un coup d'œil, nous sommes conquis : par l'accueil souriant d'Antonia, l'intérieur moderne et clair du logis, la grande terrasse, la belle vue à la fois sur la montagne et sur la mer.

Pourquoi avons-nous choisi Anapoli plutôt que Chora Sfakion pour l'hébergement ? D'abord parce que nous avons été séduits par les appartements de Madares, encensés par Viinz dans son blog, et parce qu'à 2 kilomètres à l'ouest d'Anapoli se trouvent les gorges d'Aradena dont la beauté n'a rien à envier, paraît-il, à celles de Samaria.

Alors quand est-ce qu'on va les voir ? Il faut d'abord que j'arrive à convaincre Hervé plutôt frileux à l'idée d'entreprendre cette longue randonnée classée noire dans notre guide, avec des passages exposés qu'il craint vertigineux d'après les descriptions qui en sont faites.

Pour l'instant, nous comptons profiter, sur la terrasse, de l'environnement dépaysant qui nous entoure jusqu'à ce qu'une "pluie" de taches jaunes ne vienne interrompre ce doux intermède. Des déjections qui proviendraient du vol de propreté des abeilles au printemps.

Dans ces conditions, c'est depuis l'intérieur douillet de l'appartement que nous continuons à apprécier la vue.

Distance parcourue dans la journée : 62 kilomètres.

Entre Loutro et Chora Sfakion (cherchez-moi!)

Des gorges d'Imbros au village abandonné d'Aradena J13 : Mardi 21 mai 2019

Je n'ai pas réussi à convaincre Hervé, alors ce ne sont pas vers les gorges d'Aradena que nous nous dirigeons ce matin mais vers celles d'Imbros réputées beaucoup plus faciles.

Il s'agit d'une randonnée en aller simple de 6,7 kilomètres, indiquée en bleu et correspondant à l'itinéraire 31 du guide Rother. Le parcours linéaire impose de trouver un moyen de transport pour rallier l'une ou l'autre des deux extrémités si l'on veut éviter d'avoir à faire l'aller-retour.

En ce qui nous concerne, nous choisissons de nous rendre à Komitades, terminus du parcours dans les gorges (sens nord-sud) où nous laisserons la voiture devant la taverne de Giorgios. C'est son épouse Annette, une Munichoise, qui nous conduit ensuite jusqu'au point de départ, de façon assez sportive d'ailleurs, en coupant les virages à la crétoise ;-) Coût du transfert : 25 €. On peut, bien sûr, aussi faire le contraire : aller au point d'accès nord en voiture et demander un taxi à l'extrémité sud. Enfin, il doit y avoir possibilité de rallier l'un ou l'autre point en bus, mais c'est un peu plus compliqué et moins fiable.

Revenons par conséquent à notre solution ! Annette nous dépose à la taverne Porofarango sur la route reliant Vrysess à Chora Sfakion, celle-là même que nous avions empruntée la veille pour atteindre la côte sud.

Il est 10 h 15. Sur le parking, un groupe de randonneurs français est prêt à s'élancer, nous nous dépêchons de partir avant eux. Mais très vite et avant même de d'arriver au check point (2,5€ par pers.), nous rattrapons un autre groupe, de Français eux aussi, manifestement pas très habitués à marcher. Par comparaison, nous pouvons nous enorgueillir d'avoir un rythme soutenu, une façon de prendre notre revanche sur les nombreuses fois où nous nous faisons dépasser par des marcheurs plus jeunes et/ou plus entraînés.

Après avoir dépassé au pas de course toute la file de randonneurs du dimanche, nous voilà enfin tranquilles pour apprécier les particularités de cette gorge.

D'abord assez large, le canyon se resserre progressivement jusqu'à mesurer 1,60 mètre seulement au passage le plus étroit. Signalons que les parois sont ici plus resserrées que dans le passage des Portes de Fer des gorges de Samaria, mais elles ne sont pas aussi spectaculaires car moins hautes

Comme prévu, la progression est facile, majoritairement sur un kalderimi pavé, et en pente descendante douce, ce qui explique notre cadence rapide.

Dans ces conditions, on peut apprécier le paysage à loisir sans craindre l'entorse de cheville.

Nous sommes si bien lancés que nous ignorons totalement l'aire de repos installée dans un petit élargissement de la gorge, mais consacrons un instant à cette imposante arche aux tons ocre à terre de Sienne.

Après avoir dépassé le check point sud, il n'y a plus qu'à nous diriger à droite vers le village (de Komitades) où l'on nous alpague devant chaque taverne pour nous proposer un taxi. Non, merci, nous avons déjà tout prévu et retrouvons notre voiture devant l'établissement de Georgios et Annette.

Retour vers midi soit 1 h 45 en tout, moins que la durée estimée par le guide Rother qui prévoit 2 heures. C'est vrai que nous avons eu une cadence d'enfer !

Ce rythme soutenu s'explique peut-être aussi par la météo, le ciel étant resté voilé toute la matinée.

Malgré cela, la chaleur est bien présente alors que nous nous installons pour le pique-nique sur la plage de Llingas à Chora Sfakion, une plage de sable gris où le ressenti est largement supérieur aux 30 degrés ambiants. Alors nous ne faisons pas long feu en bord de mer, préférant pour le moment la fraîcheur des murs de notre appartement.

Quand on se décide à ressortir vers 16 heures, il se met à pleuvioter. Dans ces conditions, si une nouvelle randonnée semble compromise, une excursion en voiture reste possible. Objectif : explorer la route entre Anapoli et son terminus d'Agios Ioannis

Entre les deux, on trouve le hameau abandonné d'Aradena dominant les parois impressionnantes des gorges du même nom reliées par un pont de 138 mètres de hauteur où certains jours on peut apercevoir quelques fous d'adrénaline y pratiquer le saut à l'élastique.

Pour nous, c'est l'occasion de repérer les lieux et les différents accès aux gorges d'Aradena, randonnée que nous espérons réaliser sous peu. Demain peut-être ?

En attendant, dîner à Anapoli Tavern, excellentissime aussi bien pour le contenu des assiettes que pour l'accueil, le service et le prix défiant toute concurrence. Une telle adresse mérite qu'on y revienne !

Distance parcourue dans la journée : 63 kilomètres.

Dans les gorges d'Imbros

De Loutro à Finix J14 : Mercredi 22 mai 2019

Hervé se réveille avec une grosse migraine, ce qui veut dire que pour les gorges d'Aradena, c'est mort ! Or aujourd'hui c'est notre dernière journée pleine dans le coin. Par conséquent toute occasion de nous rendre dans les gorges d'Aradena est en principe fichue. Je suis un peu déçue !

Quand à 10 heures Hervé commence à aller mieux, il me demande de trouver une alternative aux gorges d'Aradena. Je sèche un peu dans un premier temps, j'avais préparé trois randonnées pour trois jours dans la région dont Aradena.

Après avoir consulté le guide Rother, je propose, puisque nous avions beaucoup apprécié notre passage précédent, de retourner à Loutro en bateau et de faire la randonnée n°30 du guide. Il s'agit d'une petite boucle de Loutro à Finix : 1 h 50, bleue, facile, convenant aux enfants. Ça devrait le faire !

Nous avons juste le temps d'être au port de Chora Sfakion pour 10 h 30, heureux de faire une deuxième fois la petite croisière jusqu'à Loutro.

Depuis le bateau, vue sur la côte, la plage de Llingas et la façade blanche de l'hôtel du même nom ainsi que sur les lacets de la route menant à Anapoli.

Dans la réalité, la randonnée sélectionnée n'est pas tout à fait une balade tranquille dans la mesure où il faut d'abord commencer par grimper jusqu'à 175 mètres d'altitude, sous 30 degrés à l'ombre… sans beaucoup d'ombre !

Alors avec une migraine encore sous-jacente, Hervé grimace un peu dans la montée.

Une fois en haut, il se sent mieux d'autant que maintenant le sentier, quoique non balisé, se poursuit à altitude égale en longeant le flanc de la colline.

C'est aussi à ce moment-là qu'il se rend compte que nous aurions pu tout simplement emprunter le sentier E4, quasi parallèle, ce qui nous aurait évité cette montée fastidieuse et nous aurait fait passer à côté des ruines d'une forteresse vénitienne.

Cela dit, il me pardonne aussitôt, car la vue sur le village de Loutro et plus largement sur la péninsule toute entière est fabuleuse.

Une fois la baie de Loutro hors de vue, c'est celle de Finix qui s'étale maintenant à nos pieds.

Il ne nous reste plus qu'à rejoindre le bord de mer, impatients de profiter d'une baignade réparatrice.

Finix, c'est une poignée de maisons et un hôtel-restaurant, Old Phoenix, au bord d'une petite plage de galets bordée de tamaris. Dans l'Antiquité, la baie abritée servait de port au gros village d'Anapoli dans les montagnes.

Devant l'établissement d'Old Phoenix, nous louons deux transats pour trois heures de farniente, partagées entre baignade, lecture et bain de soleil. Calme garanti ! De quoi remettre notre migraineux complètement sur pied !

Retour à Loutro, toujours par l'itinéraire préconisé par le Rother (en 1,2 kilomètres au lieu des 700 mètres au plus direct). C'est l'occasion de contempler une dernière fois Finix de loin avant de découvrir devant nous la pointe sud de la péninsule qui sépare Finix de Loutro.

En arrivant dans le port de Loutro, la boucle est bouclée. Le bateau Neptune nous ramène à Chora Sfakion à 16 h 30.

Après cette belle journée de découverte et de repos, Hervé m'annonce qu'il est OK pour les gorges d'Aradena. Pour cela, nous allons devoir chambouler notre programme de demain. Avant de prendre la route vers notre destination suivante, nous allons consacrer une partie de la journée aux fameuses gorges.

Alors, pour fêter ça, retour à la taverne d'Anapoli pour un dîner aussi apprécié que la veille !

Distance parcourue dans la journée : 24 kilomètres.

Vue sur la baie de Loutro

Boucle dans les gorges d'Aradena via Livaniana et la plage de Marmara J15 : Jeudi 23 mai 2019

Tout vient à point pour qui sait attendre ! Voilà enfin venu le moment de nous mesurer aux gorges d'Aradena. Il était temps car immédiatement après cette randonnée nous prendrons la route vers Armeni, 10 kilomètres au sud de Réthymnon, pour notre dernière étape de deux nuits. Ça sent la fin !

Pour réaliser notre boucle à pied aujourd'hui, nous nous inspirons une nouvelle fois du guide Rother, plus particulièrement de la variante 1 de l'itinéraire 28 : Aradena – Livaniana – Marmara – Aradena soit 4 h 30 de temps de marche.

Dans ce cas, le départ se fait au niveau du pont d'Aradena qui se trouve à moins de dix minutes de notre appartement à Anapoli. Il est 8 h 30 quand nous commençons notre randonnée.

Depuis Aradena, le parcours se déroule dans le sens des aiguilles d'une montre, d'abord en direction de Livaniana, sous un ciel légèrement couvert et même sous quelques gouttes de pluie, ce qui nous évite de souffrir de la chaleur sur cette première partie sans ombre qui s'effectue sur un chemin carrossable.

L'objectif premier est de rallier la plage de Marmara d'où nous remonterons les gorges d'Aradena. Dénivelé : 600 mètres.

Nous avons effectivement lu que "la traversée est plus facile en montant à partir de la plage de Marmara en direction du village abandonné d'Aradena. Il y a plusieurs passages un peu délicats et ceux-ci nécessitent moins d'expérience et de concentration en montant qu'en descendant. Le dénivelé n'est pas trop perceptible car la montée s'étend sur toute la longueur de la gorge".

Nous espérons avoir fait le bon choix !

Pour le moment, nous profitons tout au long de la descente d'une magnifique vue dégagée sur les mamelons pelés qui bordent la côte, depuis la presqu'île séparant Loutro et Finix jusqu'à la baie de Marmara à l'opposé.

L'avantage de bénéficier de la vue en permanence est une autre des raisons qui nous ont poussés à choisir ce sens-là.

A nos pieds, la baie de Finix où nous avons passé notre journée d'hier.

Quand le chemin se rapproche de la mer, il devient plus rocailleux et plus casse-pattes.

L'arrivée à la plage de Marmara est accompagnée du retour du soleil et d'une augmentation immédiate de la température. Par conséquent, une baignade s'impose, histoire de nous mettre dans les meilleures conditions possibles pour affronter la suite.

Jusqu'à présent, l'itinéraire n'a pas posé pas de difficulté particulière, nous avons mis 2 heures pour cette partie. Mais le plus dur reste à faire. Derrière la plage et son alignement de tamaris, la profonde faille laisse entrevoir le fascinant canyon.

Ça y est, après ¾ d'heure de pause en bord de mer, nous pénétrons dans le canyon, et sommes immédiatement éblouis par ses parois rougeoyantes de 300 mètres de haut bordées d'innombrables haies de lauriers roses !

Commence alors une longue montée, régulière et par paliers avec une alternance de parties quasi plates dans le lit de la gorge suivies de montées courtes et raides dans de gros éboulis rocheux qu'il faut escalader, parfois en s'aidant des mains.

Il y a sept parties raides sur le parcours entrecoupées de parties "plates".

Quand des randonneurs en descente nous souhaitent bon courage, nous restons persuadés que notre sens est moins difficile que le leur.

Cela dit, il fait chaud dans le canyon en plein midi, un facteur de difficulté supplémentaire plus pénalisant peut-être dans la montée.

Alors qu'Hervé égrène les dénivelés sur son GPS comme les Crétois les grains de leur chapelet : 65 m, 120m, 180 m, 200 m, j'ai l'impression de ne pas avancer ! On est encore loin des 600 mètres à atteindre.

Un arrêt, une banane, quelques gorgées d'eau à l'ombre d'un pin ne suffisent pas vraiment à me remettre d'aplomb.

Alors quand il s'agit d'enchaîner avec une énième grosse montée (en fait, la dernière grosse montée), je panique un peu en voyant se présenter deux séries d'échelles.

Heureusement un sentier permet de contourner la difficulté. Certes il n'est pas très bien entretenu et le gravier qui le recouvre est glissant. Par endroits les balustrades sont manquantes ou instables, mais cette variante me semble personnellement moins effrayante que les échelles.

Ce passage nous fait surtout gagner d'un seul coup beaucoup de dénivelé. Déjà le fameux pont d'Aradena est en vue et avant même de l'apercevoir, il se fait entendre ! [;)]

Nous sommes à présent à 480 mètres d'altitude mais pas encore arrivés pour autant.

Allez, courage, encore un peu plus de 100 mètres de dénivelé sur un sentier en lacet pour nous hisser hors des gorges et nous amener près de la buvette installée à côté du pont pour une bière et un coca désaltérants. Il est 14 heures… Tchin, tchin !

Conclusion : une randonnée fantastique, mais nettement plus difficile que toutes les autres balades que nous avons faites jusque là. En tout, 14 kilomètres en 4 heures et 45 minutes de marche, hors pauses, (pour un parcours estimé à 4 heures 30) avec 600 mètres de dénivelé à la montée comme à la descente. Finalement, nous sommes plutôt satisfaits de notre performance ! C'était dur mais ça valait vraiment le coup !

Pas de temps à perdre ! Une demi-heure plus tard, nous partons en direction d'Armeni, un trajet de 72 kilomètres entre mer et montagne.

Au loin, par delà la plaine qui nous sépare du bord de mer, nous entrevoyons, tout en roulant, la silhouette massive de la forteresse de Frangokastello.

Dans la petite ville de Sellia, nous prenons le temps d'arrêter notre carrosse afin de contempler la baie de Plakias que nous aurions dû explorer aujourd'hui si nous n'avions changé de programme au profit des gorges d'Aradena. Nous espérons y revenir demain.

A partir de ce point, nous tournons le dos à la mer puis, après avoir traversé le spectaculaire canyon de Kotsifou, nous progressons dans une campagne verdoyante jusqu'à destination.

Au beau milieu des champs, notre villa ! Une grande maison de 120 m2 sur deux niveaux, comprenant deux chambres, deux salles de bain, un grand salon/salle à manger, entourée d'un jardin avec jeux pour enfants, d'une piscine privée et d'une cuisine extérieure entièrement équipée (en plus de celle à l'intérieur)… le tout uniquement pour nous deux ! Waouh !

Nous restons sans voix, d'autant que c'est aussi notre hébergement le moins cher ! Dommage qu'on n'y passe que deux nuits, on y resterait bien quelques jours de plus.

En attendant, nous profitons +++

Distance parcourue dans la journée : 80 kilomètres.

Dans les gorges d'Aradena

Du cap de Kako Mouri à la plage de Preveli J16 : Vendredi 24 mai 2019

Pour nos excursions d'aujourd'hui, nous avons décidé de revenir sur nos pas d'une vingtaine de kilomètres afin d'honorer le programme initialement prévu hier. Et celui prévu aujourd'hui alors ? Bah, celui-là, il faut malheureusement le sacrifier. Juste pour info, il s'agissait des gorges de Platania qui étaient bien tentantes, mais à ce stade, il faut bien faire des choix !

Notre choix se porte par conséquent sur la petite station balnéaire de Plakias où le guide Rother indique comme "top" la randonnée n°34.

Avant d'atteindre la côte, deux arrêts méritent notre attention. D'abord la petite chapelle de Agios Nicolaos, fichée dans la roche du canyon de Kotsifou que nous avons déjà traversé hier.

Un peu plus loin, depuis les hauteurs de Myrthios, la vue nous permet de visualiser virtuellement notre balade à venir. Depuis l'extrémité sud de la longue plage sablonneuse de Plakias, nous ferons le tour de cet imposant cap de Kako Mouri.

Et toc, d'un coup de baguette magique (en réalité après une montée raide de 150 mètres de dénivelé [;)])... nous voilà hissés au sommet de la péninsule, jouissant d'un merveilleux panorama sur la baie de Plakias avec, en contre-haut, le village de Myrthios et la formidable brèche de la gorge de Kotsifou (que nous venons de traverser en provenance d'Armeni).

A cette altitude, le sentier contourne le sommet dans un parterre pierreux très fleuri.

A nos pieds, le littoral rocheux qui plonge dans les eaux aux cinquante nuances de bleu de la mer Egée.

Au fil de la descente, le paysage devient encore plus sec et les rochers plus tourmentés.

Peu après, l'itinéraire traverse le Kalypso Village, un complexe hôtelier tout inclus, qui en privatisant la baie, jouit d'un emplacement exceptionnel.

On s'extrait de ce cul-de-sac face à la mer de façon très originale également, en empruntant cet escalier en béton bien sécurisé à fleur de falaise.

Au sommet, dernier coup d'œil sur la plage du club de vacances avant de descendre vers le côté sud du cap.

Une voie carrossable nous conduit ensuite vers la baie de Damnoni, où le guide Rother propose de faire un petit détour pour une baignade sur la plage du même nom.

Nous ignorons sa recommandation, préférant tracer directement jusqu'à Plakias Bay, où nous comptons nous baigner après avoir retrouvé la voiture.

En tout, nous avons effectué 5 kilomètres en 2 heures pile comme prévu par notre guide, avec 170 mètres de dénivelé, autour d'un cap étonnamment sauvage et vierge alors que partout aux alentours fleurissent complexes hôteliers et clubs de vacances. Une balade qui mérite bien le "top" attribué par le Rother !

Au moment d'aller nous baigner, nous réalisons que l'extrémité sud de cette longue plage de sable est nudiste. Peu importe, au moins n'avons-nous pas besoin de faire de chichis pour nous mettre en maillot de bain.

Palmes, masque et tuba sont à nouveau de sortie pour une exploration pas plus transcendante que la fois précédente mais la température de l'eau est bien meilleure qu'il y a quelques jours, ce qui nous permet de barboter un peu plus longtemps. Preuve en est qu'en cette fin mai l'été s'installe et que la mer se réchauffe.

La température de l'air, elle aussi, augmente de jour en jour, régulièrement proche des 30 degrés au bord de mer.

Dans ces conditions, nous choisissons l'arrière-pays pour le déjeuner en faisant confiance au guide Lonely Planet pour nous trouver une bonne adresse. Plateia Taverna à Myrthios répond à tous nos critères : au calme et au frais dans un village à distance de la côte, avec une belle vue et de bons petits plats grecs ! Parfait !

Après le repas, pas le temps de faire une sieste, du moins pas avant d'avoir rejoint, une dizaine de kilomètres plus à l'est, la petite plage de Preveli bordée d'une forêt de palmiers.

Bien que le guide Rother y décrive une belle boucle de 3 heures permettant d'arpenter la vallée de la rivière Mégalopotamos depuis le pont à 3,5 kilomètres en amont de la plage (n°35), cet après-midi, nous préférons nous la jouer "touristes fainéants" en regagnant directement le parking le plus proche du lieu. Celui-ci se situant 115 mètres au-dessus du niveau de la mer, il vaut mieux ne pas être trop fainéant !

Arrivés au ras de l'eau, nous décidons avant tout d'explorer la Mini Palm Forest, une étonnante plantation de palmiers dattiers, que nous parcourons sur la rive occidentale de la rivière, en arrière-plan de la plage.

Avec ses chaos rocheux créant de petites cascades au milieu du cours d'eau, avec ses jolies haies de lauriers roses égayant les rives, l'endroit est romantique à souhait.

Nous trempons nos pieds dans la rivière, puis de retour sur la plage, je m'amuse avec quelques vagues pendant qu'Hervé se repose sur le sable, histoire de nous mettre en condition pour la remontée.

En fin d'après-midi, nous craignions l'ascension éreintante, mais finalement, en s'amusant à compter les marches (il y en a 500) elle se révèle plutôt ludique, d'autant que la vue sur la palmeraie est fabuleuse en cours de montée.

Bref, une journée riche en images et en émotions qui clôture en beauté notre séjour en Crète. L'avion du retour est prévu demain soir.

En attendant, sur le trajet, le canyon de Kourtalotikio nous livre une dernière surprise. Les jolies piscines naturelles au milieu de la rivière donnent très envie de se baigner. Mais nous, c'est dans la piscine de notre villa que nous irons nous tremper avant un dernier dîner dans "notre" salon.

Distance parcourue dans la journée : 78 kilomètres.

Vue sur la plage et la palmeraie de Preveli

Dernière journée en Crète J17 : Samedi 25 mai 2019

Ça y est, les bonnes choses ayant une fin, nous quittons notre villa d'Armeni après avoir fait nos adieux à notre fidèle bâton de marche à tête de bélier !

Notre vol n'étant prévu qu'à 17 h 30 cet après-midi, nous avons suffisamment de temps devant nous pour marquer un arrêt à Rethymnon, troisième ville la plus importante après Heraklion et La Canée, dont le centre historique turco vénitien est entouré d'une large forteresse datant du XVe siècle,

... que nous contemplons de loin, depuis la terrasse du Prima Plora Organic Restaurant, une excellente adresse à la fois pour la vue et pour la qualité de nos assiettes,

... et d'où nous faisons nos adieux à la chaîne des Montagnes blanches qui a été un repère permanent tout au long de notre voyage.

Puis c'est l'heure d'aborder la dernière ligne droite entre Réthymnon et Héraklion, un trajet dont nous retiendrons les couleurs et les mouvements, couleurs rose et blanc des lauriers ou jaune des genêts, agitation des roseaux et balancements des eucalyptus sous le souffle de la brise printanière.

Distance parcourue dans la journée : 104 kilomètres. Distance totale parcourue : 1377 kilomètres.

Baie de Réthymnon

Le mot de la fin

Impressions générales

C'est simple, nous avons adoré notre voyage et les fabuleux paysages de la Crète !

En programmant un circuit relativement cool (seulement 80 kilomètres en voiture en moyenne par jour) et plusieurs nuits au même endroit, nous avons bien pu profiter à la fois pour randonner tous les jours et pour nous reposer.

L'avantage de séjourner en Crète au mois de mai, c'est aussi d'y trouver les paysages très verts, couverts de nombreuses fleurs et de bénéficier de températures adaptées à la randonnée. C'est aussi à ce moment de l'année que se fait l'ouverture des gorges de Samaria. Plus tôt dans la saison, elles sont rarement accessibles. En fin de saison, elles restent en général ouvertes jusqu'en octobre.

En revanche, si l'on compte privilégier la baignade, on a tout intérêt à attendre davantage. Dans ce cas, les mois les plus chauds se prêtent moins bien à la randonnée, surtout celles en bord de mer, ou alors il faut randonner très tôt le matin.

Septembre peut être un mois assez consensuel. Il n'y fait pas trop chaud, mais la température de la mer est encore très agréable. En revanche, les paysages sont brûlés par le soleil.

Bref, à chaque saison son charme !

Qu'en est-il de l'affluence ? Si la fréquentation est déjà forte dans les sites les plus touristiques mis en avant par les tours opérateurs comme Samaria, Elafonissi ou Balos, elle reste très limitée dans tous les autres lieux.

Parmi nos coups de cœur, voici ceux qui nous laisseront sans conteste un souvenir impérissable ! - dans la catégorie "plage", le prestigieux lagon de Balos nous a subjugués par sa beauté. - dans la catégorie "gorges", les fameuses gorges de Samaria resteront dans nos mémoires, mais celles d'Aradena, beaucoup plus sauvages et plus confidentielles, nous ont encore fait plus d'effet. - parmi les villages côtiers, Loutro uniquement accessible par la mer nous a tellement plu que nous n'avons pas hésité à nous y rendre deux fois. - hors catégorie, la randonnée de Moni Gouvernato à Moni Katholiko coche toutes les cases, remarquable à la fois pour ses édifices religieux, mais aussi ses deux grottes et surtout la magnifique gorge qui débouche en bord de mer sur une crique de rêve. - enfin, n'oublions pas notre petite incursion dans les Montagnes blanches pour approcher les impressionnants sommets de l'île que nous n'avons jamais perdus de vue au cours de nos différentes étapes.

Un mot sur nos hébergements

Nous avons fait nos réservations par l'intermédiaire d'Abritel ou de Booking ou même en direct pour l'un d'eux. Nous recherchions avant tout des petites unités (maison, bungalow ou appartement dans une petite structure), de préférence dans l'arrière-pays plutôt qu'au bord de mer où nous avions peur de souffrir de la chaleur. Cet argument n'était en réalité pas vraiment pertinent vu la saison, puisque nous avons presque eu froid à certains endroits.

En dehors du rez-de-jardin de Douliana qui péchait par son absence de vue, nous avons partout bénéficié d'un emplacement idéal, au calme, face à la montagne ou dans la campagne. Si nos logements nous ont globalement satisfaits, la dernière villa louée à Armeni restera dans les annales de par sa surface et la qualité de ses équipements. Elle figure sans conteste en bonne place parmi les meilleurs hébergements, tous voyages confondus.

Si on devait refaire le voyage, on privilégierait, pour la région de La Canée, un hébergement muni d'une vue et on n'y passerait que deux nuits (au lieu de trois). Cette nuit gagnée pourrait être reportée sur le séjour à Armeni, ce qui permettrait de rester une nuit de plus dans cette belle villa et par la même occasion visiter les gorges de Platania (que nous avons dû sacrifier). Pour le reste, tout était parfait et on le referait à l'identique !

Bibliographie/webographie

* Les ouvrages-papier suivants : Pour les généralités, le guide Lonely Planet Crète Pour trouver les meilleurs itinéraires panoramiques, la carte IGN Crète au 1:50000. Pour faire mon choix de randonnées, l'indispensable petit guide rouge Rother Crète, décrivant 65 itinéraires entre mer et montagne. Les numéros d'itinéraires que je cite dans mon récit correspondent à la 2ème édition, datant de 2017. Si vous utilisez une autre édition, sachez que les numéros peuvent ne pas correspondre.

* les sites Internet suivants : Le blog de Viinz, une de mes principales sources d'inspiration. cretanbeaches.com, un site qui ne décrit pas uniquement les plages mais un large panel de points d'intérêt crétois (en anglais) west-crete.com, qui comporte notamment une partie sur la flore crétoise qui m'a été très utile. crete.decouverte.com, un guide touristique complet, une mine d'informations dans tous les domaines, y compris de la botanique.

Enfin pour le plaisir de lire… le roman bouleversant de Victoria Hislop, l'île des oubliés, qui fait référence à l'île de Spinalonga, à l'est d'Héraklion, qui a été, de 1903 à 1957 une colonie de lépreux.

Un dernier mot ?

Vivement qu'on y retourne ! Le guide Rother contient 65 itinéraires, nous en avons parcouru 16, il reste donc de quoi faire et notamment toute la partie Est de l'île à explorer ! En attendant, d'autres îles sont déjà au programme : dans les Canaries, Ténérife et La Gomera, deux semaines en septembre 2019. Récit à suivre… prochainement !

Dauphinelle staphisagre

FIN
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
KR Krikri6792 Globetrotter ·
En attendant, d'autres îles sont déjà au programme : dans les Canaries, Ténérife et La Gomera, deux semaines en septembre 2019. Récit à suivre… prochainement !

Le récit canarien est déjà en ligne sur notre site (même s'il n'est pas encore complètement achevé)... pour ceux qui s'intéresseraient davantage aux Canaries qu'à la Crète ! [:P][;)]

https://sites.google.com/site/fabuleuxvoyagescanaries/

Bonne lecture ! [:)]
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
MA Max68 Globetrotter ·
Hello Christine [:)],

Quel plaisir de te revoir ... voilà, maintenant je sais ce que je vais faire ce week-end [:P]

A +

JF
https://apprentisvoyageurs.com
MU Muriel18 Globetrotter ·
Bonjour Christine

J'ai juste survolé ton carnet mais les photos m'ont rappelé d'excellents souvenirs (qui datent malgré tout de presque 15 ans ). Ça n'a pas l'air d'avoir beaucoup changé. Nous y étions en avril, c'était un peu juste question météo et les gorges de Samaria n'étaient pas ouvertes. Je vais faire une lecture plus attentive de ton carnet (dommage que je ne l'aie pas vu hier!) ....et aussi aller voir ce qu'il en est des Canaries qui sont à mon programme....un jour. Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Bonjour JF et Muriel et merci pour vos messages. [:)]

Nous y étions en avril, c'était un peu juste question météo et les gorges de Samaria n'étaient pas ouvertes.

Effectivement, les gorges de Samaria ouvrent plutôt vers début mai, cette année c'était même assez tardif (autour du 10 mai).

En mai, côté météo, c'était parfait pour la randonnée et en bonus à cette saison on bénéficie de paysages très verdoyants avec beaucoup de fleurs.

La température de la mer est en revanche encore un peu fraîche.

En tout cas, ça nous a donné envie d'explorer davantage la Grèce (j'ai lu ton CR de Grèce centrale et découvert grâce à ton site l'île de Zakynthos qui m'était complètement inconnue).

aller voir ce qu'il en est des Canaries qui sont à mon programme....un jour.

Cet archipel correspond plutôt bien à ta technique qui consiste à"trouver un vol pas cher pour une destination sympa et pas trop éloignée" [;)] Bonne continuation et bons voyages ! [:)]
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
TR Trois14 Globetrotter ·
Bonjour Christine

Je viens de passer pas mal d'heures à étudier dans les moindres détails (carte à l'appui) ton magnifique carnet de Crète, région que je pensais pourtant connaitre assez bien. J'avais prévu d'y retourner en juin dernier avec mon épouse. Mais ce satané virus en a décidé autrement. Voyage annulé donc, et en fait reporté sur juin 2021 (si le corona nous lâche un peu d'ici là). Je viens tout juste d'acheter à nouveau les billets d'avion, sans surcout par rapport à ce que j'avais réservé puis annulé en juin dernier, pour un séjour de 2 semaines. Je pensais reprendre le même programme, mais .... .... entre temps j'ai lu ton carnet, et il m'a fait rêver.

Finalement, j'ai tout modifier en m'inspirant fortement de votre voyage (rando, hébergements, tavernes, plages, ....). Et je vais insister principalement sur la cote Sud Ouest de l'île. De Elafonisi, à Paleachora, Sougia, Agios Roumeli (que je connais bien et aime beaucoup), et Sfakion/Anopolis.

Merci encore pour ton fabuleux carnet, belle source d'inspiration.

Jean-Pierre 3.14
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Bonjour Jean-Pierre,

Je viens de passer pas mal d'heures à étudier dans les moindres détails (carte à l'appui) ton magnifique carnet de Crète, région que je pensais pourtant connaitre assez bien.

Merci de ton intérêt pour notre carnet. C'est toujours un grand plaisir d'apprendre que nos récits sont lus, appréciés et utiles à d'autres voyageurs.

Je viens tout juste d'acheter à nouveau les billets d'avion

Chapeau pour ton optimisme. En ce qui nous concerne, nous restons plus prudents et ne prévoyons rien de "lointain" plusieurs mois à l'avance, même si nous aimerions bien retourner en Crète, qui nous a beaucoup plu.

Finalement, j'ai tout modifier en m'inspirant fortement de votre voyage (rando, hébergements, tavernes, plages, ....)

As-tu également exploré le blog de Viinz (dont je m'étais d'ailleurs fortement inspirée) ?

Et je vais insister principalement sur la cote Sud Ouest de l'île. De Elafonisi, à Paleachora, Sougia, Agios Roumeli (que je connais bien et aime beaucoup), et Sfakion/Anopolis.

Excellent choix ! [:)]

En tout cas, je suis ravie d'avoir eu de tes nouvelles et reste à ta disposition si tu as besoin de renseignements supplémentaires.

Bonne préparation et bon futur voyage ! [:)]
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/

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