Comme j'ai un peu de temps, je vous livre le récit d'un voyage de 2018 qui traînait sur mon ordinateur :
Il était une fois, par delà les pandémies et les crises économiques, un temps où nous pouvions voyager : 2018. En cette année béni(t)e, il n’y eut pour nous point de virée nord-atlantique dans la chaleur estivale au programme, point de douches gratuites rafraîchissantes, point de températures vivifiantes, point de gastronomie douteuse et point de prix déments. En passant, félicitations à l’Islande et ses pizzas caoutchouteuse à 30 euros. En 2018, non, on va dans un vrai pays où l’on sait ce que signifie avoir chaud, manger et glander à une terrasse : la Grèce. Et comme nous ne sommes quand même pas des stakhanovistes du 40° à l’ombre, nous avons choisi le printemps, avril plus précisément. Pour le terrain de jeu, il s'agira d'Athènes et du Péloponnèse sur un peu plus de deux semaines. A nous, les petites églises, les ruines romantiques et les oliviers scintillants !
Bien choisir sa photo d'appel pour attirer le chaland. Un bon point et toute mon estime pour celui qui devine où c'est.
Avec la Grèce - pour ceux qui ont lu mes autres carnets qui sont tellement merveilleux qu’il faut les lire immédiatement et que votre vie s’en trouvera changée et éblouie - tout est chamboulé : fini les campings, les dortoirs et les piques-niques miteux de nos voyages dans le nord, place aux hôtels, aux b&b et aux restos. Et en plus, les Grecs ont le bon goût d’être accueillants.
Laissons la parole à du Ballay, parrainé par Alain Deloin et Jean-Michel Apeupré :
Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage (en Grèce),
Ou comme celui-là qui vit le Parthénon,
Et puis est retourné, plein d'image et pâmoison,
Vivre exubérant le reste de son âge
Et avant d'attaquer le vif du sujet, quelques annonces pour le public innocent :
Avertissement : vous lisez ce compte-rendu à vos risques et périls. Toute indignation n’est pas de ma responsabilité.
Avertissement bis : non je ne suis pas raciste non je n’ai rien contre les Néerlandais, j’ai d’ailleurs un ami néerlandais non les Grecs ne sont pas des feignants oui les Allemands ont pour passe-temps l’invasion… Ah mince une rechute.
Jour 1
Ayé, c’est parti pour une journée de transport translation Lyon-Athènes via Munich en empruntant la Lufthansa. Le vol est sans encombre, une conversation s’engage avec un voisin grec sympathique autour de la qualité douteuse de la bouffe allemande. J'en profite pour avoir une illumination : la nourriture, voilà ce qui unit les Européens (enfin ceux du sud) ! Eclair de génie, j’ai trouvé comment sauver l’Union européenne « tous unis contre la vie beurk ». Malheureusement, ça risque d’exclure les riches du nord. D’ailleurs c’est peut-être un signe : faut-il mal manger pour être riche ? Faudrait exclure les Japonais de l’équation mais sinon ça marche (pays germaniques, scandinaves et anglo-saxons même combat).
Revenons au voisin grec, je tente de donner un tour sportif à la conversation mais malheureusement il n’aime pas le foot « football is shit »… Arrgghh, de quoi vais-je bien pouvoir parler alors ?! Du coup, je parle plus. Alors qu’un petit débat sur le scandale du moment, le président du PAOK Salonique et son flingue, ça, ça aurait été fun .
L’atterrissage se passe sans encombre dans cet aéroport d’Athènes qui a changé de place depuis mon unique passage dans le coin et s’est éloigné du centre-ville. Première prise de contact avec l’alphabet grec, on avait essayé pour le fun de potasser les équivalences mais c’est loin d’être évident ! Combien d'équivalents du O ont-ils dans cet alphabet ?!
Le trajet jusqu’au centre d’Athènes est long, très long et le métro/train se remplit progressivement jusqu’à être bondé à ras bord. Nous sommes tassés, compressés et pour sortir de cette fournaise, c’est la lutte finale, poussons-nous et demain, l’air sera le sauveur du genre humain (note à moi-même : éviter la prochaine fois d’arriver au moment de la sortie du travail)
La chambre chez l’habitant est bien placée, en plein centre sans être très bruyante. On profite de notre premier soir pour une approche de la cuisine grecque et un mauvais choix de commande (que de la friture…).
On enchaîne sur une petite balade nocturne pour revenir sur l’impression née du voyage précédent (ie dans les années 90 la voiture reine, une ville bruyante et désagréable). Eh bien en fait, une partie du centre-ville s’est piétonnisé, il y a de la vie, des restos et des cafés avec des terrasses partout, c’est très agréable finalement.
Par Tou ristikis, Cette ouverture d' carnet m'appâte ! 😉
Etapes Athénienne et Péloponnésienne qui furent avec d'autres à notre programme Grec en sept-oct 20..11....
Je me réjouis d'avance du menu annoncé ( ), mais pisque vous semblez être soucieux de satisfaire votre lecteur 😄, je me permets deux requêtes perso pour la suite de votre récit illustré: des bourricots et des statues d'Apollon 😊 Efcharisto d'avance!!
La première photo a fait son job et a bien attiré le chaland (la chalande? 🤪) et le début du carnet donne envie de lire la suite.
J'embarque donc immédiatement, du moins virtuellement.
L'embarquement réel pour le Péloponnèse est prévu début juillet. Je n'ai encore rien annulé...mais je ne me fais plus beaucoup d'illusions 🏴☠️.
Bah, ce n'est que partie remise (j'espère) et je vais peut-être trouver des idées pour améliorer le circuit que j'ai prévu 😎.
Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
Aïe, je suis désolé de vous décevoir par avance. Bien que nous avons vu maints ânes, mules et mulets, je n'ai pas eu l'à propos de photographier ces lestes animaux. Par contre, pour les Apollon, ça doit se trouver. Un Hermès flou, ça marche aussi ?
Aïe, je suis désolé de vous décevoir par avance. Bien que nous avons vu maints ânes, mules et mulets, je n'ai pas eu l'à propos de photographier ces lestes animaux.
Ouïe, j'préfère mieux l'savoir d'avance, pour m'en faire une raison...
Par contre, pour les Apollon, ça doit se trouver. Un Hermès flou, ça marche aussi ?
Mdr Pardine, même flou un Hermès reste quand même notre dieu à tous, voyageurs et/ou esthètes 😊 Je le prendrai!
Yallah! je sens que vous allez m'régaler, alors vous laisse pour l'heure à votre rédac'.
Ah, nous, on a renoncé à l'Ecosse en juillet-août...
Bon je continue avec Athènes :
Jour 2 : Athènes
Nous avons décidé de faire original pour commencer notre visite d’Athènes : le matin, nous avons privilégié les quartiers au nord de Monastiriki, autour du marché couvert et de Psiri, pour voir un peu plus que l’hyper centre touristique. Bon Psiri, à ma surprise, est quand même assez fréquenté par les touristes. Il faut dire que j’avais oublié à quel point le centre-ville d’Athènes est réduit pour une ville de cette taille. C’est donc parti pour une déambulation dans des rues bardées de tags, très vivantes, surtout autour du marché, et remplies de deux-roues pétaradants. Et rien n’arrête un deux-roues grec que ce soit un feu rouge, un sens interdit, des trottoirs ou un magasin (oui j’ai vu un scooter carrément garé dans une boulangerie, effort minimal garanti !) à part les voitures. Et là, le choc est déséquilibré…
Quoi, il n'y a pas que des ruines antiques à Athènes ?!
Retour ensuite aux fondamentaux . Et les fondamentaux c’est quoi en Grèce ? Les ruines pardi. Halte aux bruits, aux vrais gens et c’est parti pour de la poussière, des touristes suants, des petits tas de pierre et des combats de tortues. C’est ça la Grèce éternelle. Le programme commence mollo mollo avec le cimetière du Céramique à l’entrée de l’Athènes classique et dont le nom vient du quartier de céramistes installés à proximité. On déambule entre des oliviers, des tombes et des cénotaphes. Le coin est comme dans mon souvenir, agréable sans être spectaculaire. Anecdote amusante qui explique que l'endroit a une statuaire très développée : les riches Athéniens se lancèrent, au 4ème siècle avant J-C, pour la frime et le statut social, dans une compète de mausolées tellement imposants et décorés que leur construction et les sculptures funéraires finirent par être interdites et une réglementation édictée. Halte à la surconsommation et vive la sobriété !
George Foreturtle vs Mohammed Franklin
Un fier taureau de la Mancha prêt à affronter les moulins industriels de la modernité
Nous visons ensuite l’agora grecque, son petit musée survolé pour admirer plus longuement le temple d’Héphaïstos, un peu gauche du haut de son archaïsme mais bien conservé. Ces premières visites nous font humer le doux parfum des ruines antiques en Grèce : oliviers, prairies fleuries, tortues, plantes aromatiques et chênes verts.
Table Mountain au Cap
Servir la Grèce sur un plateau, allégorie
Pour l’après-midi, le menu contient le musée national d’archéologie. Comme il est toujours intéressant de se déplacer à pied sur de longues distances en ville, on y va avec nos petits petons pour prendre le pouls de la ville hors lieux archéologiques. Et le résultat dans les grands boulevards athéniens, c’est un nombre impressionnant de magasins fermés (à vue de nez, un magasin sur cinq est ouvert), une circulation frénétique et kamikaze de scooters et mobylettes (on sera témoin d’un accident violent suite à un grillage de feu rouge d’une mobylette) et, quand on s’approche du musée, les stigmates de la contestation avec l’école polytechnique d’Athènes occupée/abandonnée.
Il est écrit dans l'affiche à gauche : "Nous sommes focus à 110 % afin d'être des forces de proposition, à travers des efforts positifs, concrets et challenging, pour construire la Grèce qui traverse la rue"
La balade est harassante, avec ce bruit incessant, et nos espoirs de voir le sein des saints (on verra ensuite qu’il n’y a pas tant de seins dans ce musée mais plutôt des fesses bien rondes et fermes et des petits zizis. Et de toute façon, il y a pas de saints non plus...) sont douchés à notre arrivée. Ben oui, nous arrivons vers 14h15-14h30 et le musée ferme à 15h. Raaahhhh . Vous vous imaginez que je vais faire un discours sur ces feignasses de grecs qui ne savent pas accueillir les touristes alors que nous daignons gaspiller notre divin pognon dans leur pays pourri blablabla que c’est leur source principal de devises blablabla qu’on a jamais vu ça blablabla. Mais non.
Pas question de faire une visite expresse, nous reviendrons le lendemain.
La France lance, avec succès, de nouveaux produits à l'exportation
Retour encore à pied vers Plaka après une petite pause à notre lieu de villégiature. Nous nous abattons, comme des hyènes en furie face à un bébé antilope innocent et esseulé, sur Plaka et son annexe Anafiotika. Les deux quartiers s’étagent au pied de l’Acropole et font office de vieille ville même s’ils ressemblent à un gros bourg. Athènes, pendant les périodes byzantines et ottomanes, devient et reste une modeste bourgade de province sans rôle politique ou religieux proéminent, la ville ne comptant plus que 4000 habitants au début du 19ème siècle.
Pour revenir à Plaka, le tout est un peu touristique mais étonnamment vivable, à l’exception de la proximité de l’Agora et des rues Adrianou/Kidathineon (monument Lysicrate). Le plus agréable et le moins fréquenté – il y a plein d’escaliers qui doivent rebuter – reste le quartier Anafiotika, ses petites églises, ses graffiti, sa tranquillité, ses jardins et ses petites maisons à toit plat fondés par des immigrés cycladiques. On monte, on descend, il y a des jolies vues, des chats qui errent et quelques ruines romaines de ci de là : la tour des vents sur le forum romain, la bibliothèque d’Hadrien, le monument de Lysicrate et tout au bout au-delà du boulevard Siggrou, le temple de Zeus olympien.
Laurel et Hardy (la petite Métropole et la grande)
La tranquillité plafkaienne
De manière plutôt surprenante, le centre d’Athènes est en effet constellé de ruines de l’époque romaine alors que la ville voit son importance politique et militaire réduite à néant. Reste la renommée passée, intellectuelle et culturelle qui fait de la ville un lieu à visiter et à investir pour Romains un peu snobinards sur les bords, se déclarant philhellènes et philanthropes, comme l’empereur Hadrien ou Hérode Atticus. Et hop, une petite bibliothèque ou un ch’ti théâtre pour se faire mousser et adopter une posture d’intellectuel… Ca me rappelle quelque chose, ça ; il y aurait pas de nos jours des milliardaires et des entreprises en mal de publicité qui créent des petites fondations pour sauver le monde, le patrimoine et accessoirement leur image.
Bon j'aurais bien choisi une photo pour illustrer le paragraphe mais on est limité à 10 images maintenant (aahhhh).
Le soir, on fait tout péter, et surtout la carte bleue, direction l’hôtel Grande-Bretagne et son restaurant-terrasse avec vue sur le Parthénon. L’accueil et le service sont des plus guindés – le balai est coincé dans un endroit douloureux – les prix chérots pour la Grèce, l’entrée délicieuse (un truc à base de crabe, ça ne peut qu'être bon) et le plat bof bof. Mais on est là pour la vue qui poutre sur le Parthénon. Et c’est vrai qu’elle poutre.
Un exemple du mécénat romain, l'odéon de Hérode Atticus
Nous nous sommes levés tôt pour arriver à l’ouverture de l’Acropole et éviter les foules. Et c’est réussi, quand nous traversons les Propylées, nous sommes relativement seuls, nous pouvons profiter du site en toute quiétude pendant quelques instants : grosso modo, une heure après l’ouverture, ça commence à être désagréable et quand nous redescendons 2 heures plus tard, il y a la queue pour passer sous les propylées.
Elle est où la distanciation sociale ? Que fait la police ?
Le Parthénon et plus largement l’Acropole, ce sont des colonnes, des murs, des ruines, des pierres jaunes, des touristes et un panorama sur les immeubles à perte de vue, provoquant un sentiment d’écrasement de la ville anarchique face au faible individu perdu sur son fier vaisseau amiral. A noter que le Parthénon fut la victime collatérale du conflit vénitio-ottoman au 17ème siècle, un Trinitro vénitien ayant la bonne idée de bombarder le Parthénon, qui servait accessoirement d'entrepôt pour la poudre .
Un temple de vainqueur
Parthénon, Nashville
Athens, Géorgie (la Grèce c'est l'Amérique !)
Le Parthénon fait (cocher la case correspondante du petit touriste illustré ou du bouquin « les milles lieux qu’il faut avoir vu avant de mourir écrasé par tous les touristes qui font pareil »), nous retentons, plus tôt cette fois-ci, le musée archéologique.
Le dialogue des arts à travers les siècles
Alléluia, c’est ouvert. La section mycénienne est toujours fantastique, la partie sur les Cyclades étonnante. Si vous voulez faire une journée thématique « regarde des poteries passer », c’est également l’endroit fait pour vous avec une collection sans fin de céramiques.
Remarquez le sens du détail du potier : oui le Monsieur à l'envers est circoncis, car il représente un Egyptien, se faisant incidemment fracasser par Héraclès sur un autel. Et comme tout bon Egyptien de l'époque, il se doit d'être circoncis.
L’apothéose se trouve quand même dans l’innombrable collection de sculptures : parmi mes préférés, le jeune cavalier hellénistique, des korê et kouroi et un Poséidon en bronze. Cette section est plein de messieurs et de madames tout nus, qui montrent tout et n’importe quoi à des enfants blasés.
Une korè à la cueillette aux morilles
Pour Arsouille30, c'est ce qui s'approche le plus d'un bourricot dans mon stock de photos. Bon un bourricot sous anabolisants et stéroïdes mais un bourricot quand même.
Il ne faut pas oublier de faire un tour à l’étage dans une petite section réservée à Théra, période minoenne, issue des fouille d'Akrotiri, sorte de Pompéi de 1500 avant J-C, détruite elle aussi par une éruption volcanique. Elle dispose de quelques peintures chouettes et de poteries chouettes aussi.
Par contre, l’idée de séparer sculptures, céramiques et objets en métal n’est pas des plus heureuses. Où qu’il est le dialogue des œuvres au sein d’une même époque ? Ce n’est pas top pour comprendre les évolutions artistiques, culturelles et sociales des Grecs anciens.
Après s’être repu jusqu’à plus soif d’antiquités en tout genre, la pause dans la cour du café de l’entresol est salvatrice. Ma foi, ce n’est pas mauvais et très tranquille.
La fin d’après-midi est consacrée à l’extirpation de nos corps de la ville tentaculaire (oh hisse tentacule comme dirait un supporter de foot bas du front) qu’est Athènes. Le moyen, une Nissan Note louée chez Europcar. Et au vu d’une expérience canadienne précédente désagréable, nous sommes très vigilants sur la voiture (état et respect du modèle réservé). Mais cette fois-ci, aucun problème, bonne catégorie, voiture en bonne état malgré des pneus un peu usés. Le stress est bien monté progressivement avant de prendre la route face à la perspective de conduire dans Athènes. Mais en fait, ce sont des agneaux, les Athéniens, ça s’est fait tranquillou, pas tant de trafic que ça – c’était dimanche – et les vieux réflexes roumains (ah la conduite à Bucarest !) sont revenus à la surface. Oui depuis un moment, nous partons dans des pays civilisés conducatoirement parlant (Europe du nord, Amérique du nord grosso modo) et on perd l’habitude du code de la route très optionnel.
Bref, nous allons en direction de l’Ancienne Corinthe et l’autoroute, très pittoresque, permet de croiser de l’industrie chimique fleuri, des banlieues très chics, des petites villes mignonnes et de tuer les clichés sur la Grèce. L’olivier, il a un petit goût de kérosène. Le sirtaki il prend un son métallique et poisseux. La colonne grecque, elle crache une fumée noire. En passant, remercions les contrecoups de la crise qui permettent de profiter d’autoroutes vides. Hurra for the EU ! Et doublement, elle les a payées, elle les a vidées (si tant est qu’elles aient jamais été pleines).
On passe enfin le canal de Corinthe dans un endroit un peu glauque et Péloponnèse nous voilà !
Arrivés à l’Ancienne Corinthe, l’accueil est des plus chaleureux et le logement des plus confortables, avec vue sur le golfe de Corinthe. Le temps n’est par contre pas au rendez-vous et cela continuera les deux-trois jours suivants : une espèce de brume alliée à des pluies de sable venant du Sahara rend les paysages ternes. Encore un coup des Africains ! Font tout pour nous pourrir la vie.
Après des adieux assez tardifs (quoi partir à 10h le matin, ça ne va pas du tout, on se ramollit) et fort de notre premier cadeau du voyage, des raisins de Corinthe – oui c’est un concept grec, on va dormir chez des gens et ils nous offrent des cadeaux – notre premier arrêt de la journée se trouve juste à côté de notre logement : les ruines de l’Ancienne Corinthe. La ville dans l'Antiquité a connu deux périodes fastes, la première à la période archaïque avec un commerce florissant de céramiques noires à fond rouge qui fera sa richesse. Malheureusement, il ne résistera pas à l’innovation technologique des Athéniens qui sortirent de derrière les fagots des céramiques rouges à fond noir au 5ème siècle avant JC. Et bim, le moment disruptif de l’entrepreneur intrépide. Macron, prends-en de la graine. Il faut rajouter que le contrôle de l’isthme voisin aidait à la puissance de la ville qui ne survivra pas à la croissance de Sparte. Le deuxième moment d'opulence se trouve pendant la période romaine où la ville fonde sa prospérité toujours sur son emplacement stratégique mais également sur son sanctuaire d'Aphrodite se trouvant sur l'Acrocorinthe. Le lieu, entre autres (la ville était aussi un lieu de passage et de métissage, ce qui amène forcément des remarques de "bah caca"), lui donne la réputation d'être habitée par des dépravés, surtout aux yeux d'un Paul qui passait par là. Il reste du culte d'Aphrodite pleins d'ex votos rigolos, seins et pénis en tout genre déposés dans le temple dans l’espoir de retrouver sa fertilité et que l'on peut voir dans le musée du site. Le musée est d'ailleurs assez riche et intéressant, d’une muséographie pour partie vieillote (on entasse le maximum dans le minimum d’espace) à un espace moderne, tout noir forcément.
En ce qui concerne les ruines, elles sont principalement romaines mais tout de même assez foutraques, mélangeant les époques et les styles : un temple archaïque d’Apollon, la fontaine romaine de Pirène, une agora bordélique, un temple d'Octave, etc. Les coquelicots et autres fleurs des champs apportent une touche cézanienne au tout.
L'agora pas phobe
Des ruines garanties 100% sans pesticides (au fond, le temple d'Apollon)
Nous poursuivons la découverte du coin avec l’Acrocorinthe, la citadelle byzantino-ottomane qui domine Corinthe. L’arrivée est impressionnante, l’entrée de la forteresse vertigineuse. On s’est décidé à monter jusqu’au sommet, sorte de plateau avec vue panoramique. Ca grimpe sec pour y parvenir mais il y a de l’entertainement en cours, des ruines partout, une mosquée qui se balade dans le coin, une citerne, une église période ottomane et des fleurs, des tonnes de fleurs. Ah c’est vraiment cool de voyager en Grèce au printemps pour ça : la nature est rayonnante. Bon, pour la vue du sommet, c’est pas ça, nuageux et brumeux à la fois.
Le golfe de Corinthe après un passage du Sahara dans le coin
Retour à la voiture pour un petit pique-nique où nous nous familiarisons avec une coutume locale : où que vous soyez, dès que vous sortez de la nourriture, il y aura un chat pour apparaître d’un buisson. Celui-là est un maître de la torture sadique, sorte de Richard Stamper (pour ceux qui ont des références cinématographiques intellectuelles et ont vu Demain ne meurt jamais) avec plus de poil et moins d’accent allemand. Oui car il miaule, il miaule et il miaule, il nous suit partout et essaie de prendre un air de martyr afin d’avoir de la bouffe. Et une fois qu’on lui en donne et que la nourriture disparaît, aucune reconnaissance, il se barre chez le voisin. Bref, les chats, on va en bouffer dans notre voyage et pas littéralement, ce qui est fort dommage (suis sûr que c’est pas mauvais un chat et puis faut bien que ça serve à quelque chose). Je vous ai déjà dit que j’aimais pas les chats ?
Nous reprenons le fil de notre voyage pour nous enfoncer dans les montagnes par des petites routes à l’état variable. On s’éloigne des classiques touristiques du coin pour un premier arrêt à une nécropole mycénienne, Aidonia, pas très loin de Némée. Forcément, les Grecs la mettent au milieu d’une oliveraie et ça rend les choses plus attractives. Ils trichent ! La colline est constellée de trous qui forment une sorte de petit village troglodyte. Les tombes sont à chambre, l’intérieur reproduisant la forme d’une maison (autres types de tombe mycénienne : à fosse et à tholos).
Un coin pour hobbit mort
Mi casa es su casa
Après cet interlude court mais sympa, nous nous dirigeons vers le lac de Stymphale, lieu d’un massacre écologique impitoyable : une espèce rarissime décimée par une grosse brute du nom d’Héraclès, sous prétexte qu’une déesse lui a lancé un pari. Un mythomane qui prétend parler à des dieux, se croit immortel, sorte d’ancêtre de nos bouchers-chasseurs du Bouchonnois. Ah les Grecs anciens et la protection de la nature… Fort heureusement il a épargné quelques oiseaux que l’on aura du mal à voir étant donné l’heure – milieu d’après-midi – à laquelle nous faisons notre petite balade jusqu’à un lookout. Il y a là quelques canards, foulques et un rapace qui passe dans le coin (balbuzard pêcheur ?). Le lac est en voie de disparition et de marécagisation. Pour ne pas être en reste (et puis on est en Grèce enfin !), nous découvrons quelques ruines de l’antique Stymphale qui ajoutent du charme à l’ensemble dominé par les sommets pelées du mont Cyllène. Apaisant.
Nous faisons route ensuite vers Dimitsana à travers quelques cols et des paysages changeants : vallées fertiles, adrets secs et méditerranéens, ubac de grandes forêts de pins et de feuillus par endroit. Tout est très vert, cela tue un peu les clichés sur la Grèce.
Un arrêt en cours de route est nécessaire pour se familiariser avec une coutume locale : le monastère/ermitage planté dans un endroit impossible (falaise de préférence) propre à la contemplation de l’immensité de dame nature. Celui-là, plutôt récent mais à l’abandon, offre une vue sympa sur les alentours.
Une pensée pour les ouvriers qui ont construit tous ces monastères dans des lieux impossibles, martyrisés par les moines et sans église à leur nom à la fin.
Quelques dizaines de kilomètres, c’est Dimitsana, petite ville/village composé de maisons en belles pierres de taille disposées sur une colline dominant les gorges du Lousios et accessoirement un haut lieu de la guerre d’indépendance de la Grèce moderne. Eh oui, le coin servit de lieu de production massive de poudre à canon et de base arrière aux révoltés des années 1820, des klephtes (ou haïdouks en Roumanie et ailleurs dans les Balkans) principalement, sorte d’hybride mythique de brigand, de robins des bois et de révoltés contre le pouvoir ottoman. Sur le sujet, certes en Roumanie, je vous conseille la lecture de Panaït Istrati, Les Récits d'Adrien Zograffi : Présentation des Haïdoucs.
La rue principale de Dimitsana est touristique mais manifestement, ce n’est pas du tout la haute saison en avril. Les vendeurs, hôteliers et serveurs font peine à voir, à attendre le rare chaland sur le pas de la porte de magasins/restaurants/hôtels désespérément vides. J’ai donc pensé à un concept qui a de l'avenir, je le sens : lancer un site internet adopteungrec.com pour les aider. Ca sera sur le modèle des sites de parrainage d’enfants de pays plus désavantagés où vous pouvez choisir 1) l’origine (astuce technique : choisir la bonne couleur, hein. On sait jamais avec les autres) 2) ce à quoi l’argent est destiné (ie des toilettes, un nouveau cartable, une poule, des habits, un vaccin au cas où ils décideraient de dépenser l’argent n’importe comment…). Bref, ça permet de jouer aux Sims grandeur nature en se donnant bonne conscience. J’adore l'idée et on l’adaptera avec bonheur aux Grecs tout au long de leur vie. Bon par contre, pas d’argent gratos, des prêts, la possibilité de faire appel au fisc allemand en guise de contrainte/fouet et s’ils fainéantisent comme les bons méditerranéens qu’ils sont, camp de redressement en Scandinavie : ils apprendront à avoir froid et à se remuer les fesses au lieu de se la couler douce au soleil et de magouiller.
Bonsoir voyageur, merci pour cette chronique inédite pleine de charme des vieux cailloux oubliés. Si je me manifeste, ce que je fais rarement, c’est en découvrant que vous connaissez Panaït Istrati et les Haidouks. J’avais un bon chien que j’avais appelé Haiduc (l’orthographe roumaine), je l’aimais beaucoup. Et vous me rappelez mon arrivée au Parthénon, après un long voyage en voiture ( la mienne) à travers l’Europe, une aventure pleine d’obstacles, digne de l’odyssée d’Ulysse. C’était en 1981. J’étais alors tout imprégnée de culture classique et émue aux larmes. À Delphes, une de mes filles est tombée amoureuse de l’aurige ( elle s’est consolée depuis). Continuez votre récit, je vous suis avec un immense plaisir.
La journée consiste en aller-retour à Olympie via Langada à l’aller et par Raftis et Zatouna au retour. Elle débute, dans notre hôtel à nous qu’on a rien que pour nous, par un petit déjeuner particulièrement copieux avec pâtisseries fraîches et locales pour notre plus grand plaisir.
La question fondamentale quand vous visitez Olympie est celle de la floraison des arbres de Judée qui parsèment le site. Si vous êtes là à une période toute autre qu’avril ou mai, c’est mort, vous pouvez passer votre chemin, aucun intérêt, Olympie. Pour notre visite, le trajet aller est passé à scruter les arbres de Judée qui parsèment la campagne péloponnésienne : en fleur, fanés voire avec de juvéniles bourgeons verts, ça dépend des endroits, le suspense est à son comble. Dieu étant grand dans sa miséricorde – un conseil en passant, si vous êtes footballeur en Italie, faites attention à ne pas accoler porco au nom de dieu – les arbres de Judée sont globalement en fleur. Et même si ce n’est pas l’apothéose de leur floraison, nous pouvons visiter le site, heureux et épanouis.
Les stars du site
Le temple de Zeus (je ne raconte pas toujours des âneries dans les légendes)
Le temple d'Héra qui côtoie jalousement le temple de Zeus
Olympie, ce n’est pas le site le plus impressionnant mais il y a une atmosphère et des arbres de Judée (je ne sais si je vous l’ai déjà dit) qui embellissent les ruines du palestre. C’est aussi le moment de célébrer l’esprit de l’olympisme gningnin, fraternité, gningnin, esprit de compétition dans le respect de l’autre, gningningnin, paix entre les peuples, gningningnin. Faut demander aux Grecs anciens comment ils s’y connaissaient en valeurs d’olymbécisme. Et que je te contrôle la cité parce que c’est un commerce juteux (Elie) et que je t’envahis le tout parce qu’il faut que je montre que j’en ai (Sparte) et que je te joue le rôle de protecteur du sanctuaire pour mieux contrôler les cités grecques (Macédoine)… Poutine, Reagan ou Hitler n’ont rien inventé.
Le site en lui-même est très riche vu que toutes les cités grecques faisaient assaut de diligence pour filer du fric et construire une ch’tite bicoque dit trésor. Là encore, les époques s’entremêlent du paléochrétien à l’archaïque. Arrivé dans l'atelier de Phidias, un touriste inconnu d’origine au premier abord incertaine m’interpelle en un anglais véhément et enthousiaste pour me clamer son bonheur d’être dans cet endroit historique, lieu d’exercice d’un des plus grands sculpteurs de l’Antiquité et de création d’une des sept merveilles du monde. Ca y est, l'Américain béat a encore frappé : régulièrement dans vos voyages, je suis sûr que vous avez croisé ces individus bienheureux, apostrophant le premier venu et l'assénant de leur félicité...
Pour revenir au sujet du jour, Olympie, nous avons le plaisir, à notre arrivée dans le stade de le voir se vider. Ne restent plus que deux corneilles grises en plein entraînement.
Vainqueur, la corneille grise !
Après un site archéologique, rien de mieux que de savourer un musée archéologique, pas hyper grand mais très riche. Dommage qu’il y ait du monde au moment de notre visite mais le musée vaut le coup, de l’Hermès de Praxitèle aux sculptures du fronton du temple de Zeus. Et encore et toujours du nu dans tous les sens, de quoi offusquer un Américain ou un salafiste pudibond. Moi, j’ai une petite faiblesse pour les métopes du temple de Zeus bien conservées, qui représentent les douze travaux de ce gros bourrin d’Héraclès (pour rappel, dans un moment d’oisiveté, il massacre ses enfants).
Un pédophile en action (Zeus enlevant Ganymède)
Atlas se fait avoir comme un bleu
Le harcèlement sexuel version Grèce antique. Que fait le mouvement metoukis ?
Hermès aux milles ruses
C’est également mon moment typologie et classement du compte-rendu. Pour ce faire, nous ferons ici une étude épidémiologique du groupe scolaire en voyage selon sa nationalité, la Grèce semblant être une destination privilégiée. Le premier cas est celui des petits Grecs : à la suite d’observations pointues et totalement objectives fondées sur un panel très large et sans aucun préjugé, nous pouvons déterminer que le groupe grec visite bien les monuments de son pays mais ne sait pas bien pourquoi il est en général pléthorique, pas encadré, bruyant et ne suit pas son professeur qui de toute façon ne propose aucune activité ou visite guidée. On vient à se demander l’intérêt éducatif de la chose. Le deuxième cas, celui des petits Italiens, est tout à fait édifiant : pour coller aux clichés, il faut quelques individus gominés et des lunettes de soleil à portée de main en toute circonstance (y compris dans un musée où la lumière éclatante est insoutenable). Une ou deux jeunes fille entourée de sa cour de machomen se désintéresse de la visite faite par le professeur qui, au contraire des spécimens grecs, essaie tant bien que mal de proposer quelque chose de constructif culturellement. Le cas néerlandais est également bien représentatif: adeptes de la crème solaire (véridique, on les a vus soigneusement se tartiner de crème), disciplinés, polis et attentifs, les jeunes sont réunis par petit groupe avec à chaque fois un animateur ou un petit travail à faire, bref la classe et l’organisation parfaite. Entre ces modèles, les Français, tiraillés entre latinisme et nordisme… Où ça, des clichés ?
Le retour se fait par une toute petite route en principe panoramique mais brume sur brume ça gâche le paysage. On ne voit rien ou presque, l’Afrique c’est pas greek. Nous faisons quand même un petit arrêt après Raftis au-dessus d’un petit canyon impromptu et en face d’un ermitage abandonné. Comme il y a de la falaise, il y a du rapace à foison, des faucons crécerelles et des circaètes Jean-le-blanc. Chouette ! Mais non, c'est un circaète qu'on te dit !
Après Jean sans terre et Jean le bon, Jean le blanc.
Merci pour les encouragements et votre message qui donne envie d'être nostalgique. Et en général, se remémorer des souvenirs grecs est une source inépuisable de nostalgie...
Je continue le carnet qui, en le relisant en diagonale, me donne l'impression d'être un vieil aigri légèrement obsédé (de statues antiques bien sûr) sur les bords. La suite, hormis un ou deux détails, sera un poil plus calme en sarcasmes et ironie en tout genre.
Jour 6 Dimitsana – Kalo Nero 127 km
Deuxième petit déjeuner monstrueux assez efficace pour ne pas avoir trop faim dans la journée surtout que nous avons prévu une petite rando dans les gorges du Lousios (6-7 km). Après un petit arrêt point de vue sur le monastère Emialon – les moines ont eu une capacité à planter leurs piaules dans des endroits impossibles – la route se fait vertigineuse pour descendre à notre point de départ, l’Ancienne Gortys. Bon c’est la Grèce, donc il faut quelques ruines pour égayer le coin, c’est l’équivalent des icebergs à Terre-Neuve sauf que c’est moins froid et plus solide.
La randonnée est agrémentée de jolies orchidées, d’un torrent à l’eau turquoise et de monastères dans des endroits à la c**. J'adore les orchis sauvages, vous avez donc deux photos pour le prix d'une :
Au programme, une trilogie de monastères dont le premier, Saint Jean Prodromou, est accroché à flanc de falaise dans un site splendide. La visite est assez originale, l’intérieur épousant les rochers avec une église peinte minuscule coincée dans une cour intérieure fermée. On retrouve – avec plaisir ou intoxication suivant les goûts – cette odeur entêtante d’encens propre aux églises orthodoxes, saturant complètement l’atmosphère. Les peintures doivent être, à vue de nez (ahah), du 18ème siècle.
A droite, San Goku avant de passer en mode super sayan
Le deuxième, l’ancien monastère de la Panagia Filosofou, est particulièrement ruiné, un peu vandalisé mais dans un endroit encore plus impressionnant que le précédent, sur une étroite corniche à flanc de falaise.
Véritable caméléon des campagnes grecques, le monastère sait adopter une attitude mimétique et se tapir parmi les rochers des falaises pour mieux échapper à ses prédateurs ottomans ou croisés.
Pour le dernier, le nouveau monastère de la Panagia Filosofou, nous y sommes accueillis, en compagnie d’Américaines, par le moine barbu du coin qui nous offre à boire et nous fait un petit discours dans un anglais chuchoté et incertain sur l’histoire du lieu. Moment étrange et surréaliste. Sinon que dire d’autre à part que le coin est envahi de chats, et l’église locale pas mal du tout.
Où est Panagia Charlie ?
Le géranium local
Allez, retour à la voiture par le même chemin où le drame surgit au détour d’un virage anonyme : nous croisons des gens et comme je suis intrinsèquement poli, je leur dis kali mera la personne en face semble ne pas répondre et s’adresse en néerlandais (ou en borborygmes incompréhensibles ressemblant vaguement à de l'allemand) à ses collègues. Je peste intérieurement contre l’impolitesse innée des Néerlandais (sûrement des fans de camping en Ardèche qui se sont égarés et qui souhaitent avoir le moins de contact possible – encore moins pécuniaire – avec des vrais gens, c’est-à-dire des Français) mais ils semblent commencer à dire plus de trucs dans leur sabir et même à s’adresser à moi pour finir par un sonore « Hey YOU ! ». Euh ça je comprends plus mais qu’est-ce donc à dire ? Après un bref interlude en anglais, nous comprenons qu’ils m’ont pris pour l’un des leurs et mon bonjour grec pour un chuintement hollandais. Ah la flétrissure à ma dignité de latin ! Est-ce que je me mets de la crème solaire tout le temps et je suis quand même tout rouge ?! Est-ce que je me déplace en caravane et vélo en toute circonstance ?! Est-ce que j’ai une tête blonde délavée qui fait croire que j’ai javellisé mes cheveux ?! Non.
Sous le choc d’une telle méprise et les coups d’une telle infamie, nous fuyons cet endroit vers des cieux plus cléments, Karytaina, petit village situé quelques kilomètres plus loin. Le coin est plutôt joli avec sa forteresse franque et ses maisons de pierre. Et oui des Francs sont venus se perdre dans le coin. Figurez-vous, mon petit Jeanmimi, que sur le trajet Europe de l’Ouest – Jérusalem (trajet préférentiel des croisés dû aux promos imbattable des charters de l’époque), il y avait un empire Byzantin bien appétissant, riche, ensoleillé et faible politiquement. Ni une ni deux, on décide de faire une escale dans le coin c’est la quatrième croisade et on commence à se lasser de l’unique destination touristique prévue, Jérusalem, où les autochtones sont d’un naturel ombrageux. Et puis, dans le coin, les filles sont jolies, il y a des plages sympas, il y a moyen de faire des affaires et les locaux ne sont pas très farouches. Et voilà les Francs qui s’installent et se construisent des petits nids douillets, au diable les convictions religieuses et à eux le Malvoisie ! Par contre, eux, ils sont méfiants et ils plantent des forteresses partout (Karytaina, Mystra, Monemvasie, Geraki pour en citer quelques-unes), ce qui ne les empêchera pas de se faire bouter quelques décennies plus tard comme de vulgaires Anglois par Thierry la Fronde.
Karytaina vue de la forteresse
Une église orthodoxe qui passait dans le coin
Après Karitaina, nous prenons une jolie route passant par Andritséna – il fait moche, pas d’arrêt – puis le temple de Vassae dont nous ne verrons que la tente protectrice, 15h a déjà sonné… Donc nous continuons notre chemin vers Phigalie dotée de ruines éparses et peu impressionnantes mais bucoliques au-dessus des gorges de la Neda. Pas le temps de faire la balade des gorges, direction vers Kalo Nero, notre lieu de séjour pour la nuit et accessoirement petite station balnéaire tristounette hors saison. Logement gras et minimaliste mais nous avons vue sur la plage qui semble en voie de disparition.
Merci pour ce carnet de voyages qui se lit avec beaucoup de plaisir , et qui fait un bien fou par les temps un peu dérangés que nous vivons . Un peu d’optimisme et un regard décalé sont toujours bons à prendre . Surtout pour nous , les habitués des printemps fleuris sous les cieux grecs , privés de voyage pour cause d’annulation de vol et confinés sous des trombes d’eau dans notre SO d’origine . Vos photos sont remarquables . Cordialement . Ann
Le monde est un livre large ceux qui ne sortent pas de leur pays n'en lisent qu'une page ( St Augustin )
Après un départ précoce de cet endroit poisseux, nous visons un premier arrêt à Peristeria, pas très loin dans l’arrière-pays, comptant quelques tombes mycéniennes de belle facture. Le lieu s’avère payant et comme nous sommes arrivés tôt, il n’y a que deux bergers pour nous accueillir – ils ont un mouton coincé dans le site archéologique grillagé et fermé. On finit par voir débouler un gardien au style improbable, cheveux gominés en arrière, grosse lunette de soleil, grosse bedaine et grosse mercos d’un âge respectable – s’est perdu dans son choix de voie professionnelle celui-là ! Ou il est en couverture dans le trafic d’olives et de lait de chèvre… Bref, la tombe mycénienne principale, à tholos celle-ci, est dans un magnifique état de conservation et le site entouré d’oliviers très sympa.
Une tombe suggestive
Petite musique de flûte de pan et interlude culturel : la civilisation mycénienne allant grosso merdo de 1800 à 1200 avant Jissé s’est fortement concentrée en Argolide, Mycènes tout ça, à tel point que les historiens se demandent comment qu’ils faisaient pour s’épanouir sur un territoire plutôt réduit. Toutefois, si les cités-palais étant rares hors Argolide (Mycènes, Tyrinthe, Midea, Asinè) on découvre régulièrement des témoignages archéologiques en dehors de cette zone, témoignage dont fait partie Peristeria, . Le palais de Pylos, cité plus bas dans cette journée, est également une des exceptions inexpliquées.
Sur les conseils des bergers, nous faisons un petit détour aventurier de l’extrême mais pas trop par de petites gorges situées sous la colline de Peristeria. Et comme le canyon est en eau, tel un Indiana Jones mâtiné de touriste allemand, je chausse mes tatanes-claquettes – sans chaussette quand même, faut pas exagérer – en l’honneur d’un des peuples amérindiens les plus connus de la planète et dont les membres quand ils se baladent en Europe doivent s’émerveiller de voir leur célébrité – et sûrement des dividendes qu’ils en retirent. Quoi ! Ils n’ont pas déposé leur nom comme marque ! Arf grossière erreur. Sinon le canyon, il est sablonneux et étroit, c’est rigolo, ça va jusqu’à une cascade et je me suis fait mon bain de boue, très bon pour la peau.
L'aventure, c'est l'aventure partout dans le monde
Reprise de nos tribulations et moment d’hallucination quelques kilomètres plus loin à Filiatra, il y a une tour Eiffel de taille respectable au bord de la route. Quel esprit dérangé a-t-il eu l’idée de construire un truc pareil là? Le résultat est douteux mais cela permet à une ville anonyme dans un coin anonyme d’atteindre la célébrité en se voyant citer dans ce carnet de voyage !
Suivant cet intermède WTF comme disent les « journalistes » qui veulent faire jeunes (c’est à dire l’Equipe), nous faisons un arrêt au Palais de Pylos, le plus grand édifice mycénien de ce type. Le site a été réaménagé et doté d’une infrastructure de protection style Vassae en moins moche. Même s’il ne reste pas beaucoup plus que les fondations, le système de passerelles permet d’avoir un bon aperçu du plan de construction (mégaron, salle du trône, entrepôts, etc). Et il y a quelques détails pittoresques : une véritable baignoire peinte antique avec spa et bain moussant intégrés, des salles avec des tessons fossilisés résultat d’un incendie qui a incrusté le tout dans le sol. A noter, il y a une tombe à tholos (remontée celle-là) à côté dans un champ d’oliviers.
3500 ans plus tard et on n'a toujours pas dépassé le stade de la baignoire
Bon la culture ça va un temps mais ça manque de poésie et de nature cette journée. Donc direction la lagune de Gialova. Les gens normaux seraient allés se prélasser – il fait chaud aujourd’hui – sur la plage fort jolie de Gialova mais nous non. Car il y a quoi dans le coin ? Un marais et qui dit marais dit ZOZIOS. On a beau être en pleine journée, on se dit qu’on aura peut-être de la chance… Nous trouvons un lookout fort à propos et c’est parti. Contrairement à nos prévisions, il y a du zozio, ce qui satisfait l’ornithologue amateur qui sommeille en nous : aigrettes garzettes, flamands roses, ibis falcinelle, échasses blanches, canards variés, un rapace qui stresse le tout en survolant.
Zozios faits, il nous reste juste le thème randonnée à cocher pour notre journée. Oui car chaque journée a ses OOP (objectifs opérationnels de programme) qui nous donnent des billes pour évaluer ensuite notre performance dans un RQP (rapport quotidien de performance), entraînant un chaînage vertueux permettant de fixer les nouveaux OOP du lendemain. Tout est prévu, tout est sous contrôle depuis la LOVE (loi organique relative aux voyages évalués) de 2009, il n’y a jamais eu de déficit d’orientation dans un tunnel de lave islandais. Il n’y a encore moins eu de perte de contrôle de la trajectoire d’ajustement d’une voiture sur une route d’Alpes de Haute Provence. Et pas du tout de surchauffe inflationniste pédestre sur un sentier de Terre-Neuve.
Le Navarin sans agneau
Je reviens à cette randonnounette qui offre de très belles vues sur la baie de Navarin.
Parenthèse histoire, vous pouvez cesser votre lecture : cette anse fut le lieu de la bataille de Navarin en 1827 qui scella l’avenir de la révolte grecque contre l’empire Ottoman. Elle opposa flottes ottomano-égyptienne et franco-anglo-russe de manière plus ou moins fortuite, un navire ottoman aurait malencontreusement ouvert le feu (oups j’ai par hasard allumé la mèche) ou un officier anglais aurait été descendu suite à une fâcheuse erreur entraînant dans tous les cas l’affrontement qui, tout à fait fortuitement, arrangeait très bien les puissances dites européennes. Le tout se transforma en ball trap géant de navires ottomans plus lourds et moins modernes, coincés dans la baie par les bâtiments russo-anglo-français. La boucherie fit réfléchir l’empire ottoman quant à l’opportunité de poursuivre la guerre contre les révoltés grecs, guerre ayant débuté en 1822 et aboutissant à l’indépendance en 1830. Fin de la parenthèse, vous pouvez reprendre une lecture normale.
Donc la randonnée nous emmène à un joli château d’origine franque avant une descente abrupte vers la plage de Voidokilia. Bon, le début de la descente n’est pas évident à trouver, à l’extrémité nord du château. Et un conseil : faites gaffe aux citernes, mauvais à la santé les citernes médiévales… Quoiqu’il en soit, la descente offre des vues magnifiques sur la très jolie et malheureusement pas très propre plage. Le retour s’effectue à travers un réseau de dunes pittoresques et le long de l’étang Divariou. Attention, attaques virulentes de moustiques à prévoir.
Dans mon cerveau, ça se passe comme ça : forme de champignon -> bombe atomique -> Enola Gay -> Gialova Bay. Bingo !
Petit détail, le coin semble prisé par les voleurs. Gros coup de stress à la fin de notre marche, du verre pété à côté de notre voiture, le cœur qui fait boum boum mais non, soulagement, Sarah Connor, c’est à côté. Oui des fois, on est égoïstement individualiste et puis ils l’avaient mérité, ils avaient laissé plein de bazar dans leur voiture, et puis c’étaient des Néerlandais.
Après cette petite frayeur, nous nous dirigeons vers Methoni, lieu de résidence pour cette nuit. Notre hôtel, le Ulysses, est déclaré, unanimement par moi-même, le plus meilleur hôtel de tout le séjour de la planète. Au-delà du bâtiment plutôt agréable avec une terrasse chouette et une chambre assez spacieuse, plutôt moderne et tranquille, c’est surtout l’accueil qui est formidable. Le gérant est aux petits soins et d’une gentillesse à toute épreuve, nous offrant une limonade maison à notre arrivée et une bouteille d’huile d’olive (fameuse la bouteille) à notre départ, faisant la discut’ et donnant un excellent conseil pour le resto du soir. Et le petit déjeuner est gargantuesque, composé pour une bonne part de produits frais (fraises, jus d’orange et pâtisseries maison). Raaahhhhh .
Le bonheur c'est aussi simple qu'une limonade en Grèce
Sinon, il y a accessoirement une forteresse vénitienno-ottomane à Methoni, qui s’avère très impressionnante. Elle est le témoin de la lutte d’influence que se sont livrés jusqu’au 18ème siècle, empire Ottoman et république vénitienne en mer Méditerranée. D’ailleurs cette lutte, qui se fait principalement via la construction de forteresses par les Vénitiens et la prise par les Ottomans des dites forteresses patiemment construites, dure des siècles et a lieu alors que la Méditerranée n’est plus un enjeu géostratégique et économique pour les pays européens… Pour en revenir au château de Methoni, nous n’en avons pas visité l’intérieur mais l'extérieur et les îles Oinousai en imposent.
Emotionnant
Je ne désespère toujours pas de partir...
Par contre, on avait prévu 3 jours à Cythère et si ça ne peut pas se faire, je cherche une éventuelle solution de remplacement.
Je n'avais pas prévu d'aller à l'ouest (dernière partie de ton récit actuel) qui ne m'attirait pas plus que ça mais finalement, tes photos donnent plutôt envie. Ma question est donc la suivante: par rapport au reste du Péloponnèse (en gros: Nauplies-Monemvasia-Porto Kagio-Mystra-Dimitsana) est-ce que ça vaut la peine?
Merci d'avance pur ton avis (qui sera forcément subjectif).
Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
Je ne désespère toujours pas de partir...
Par contre, on avait prévu 3 jours à Cythère et si ça ne peut pas se faire, je cherche une éventuelle solution de remplacement.
Je n'avais pas prévu d'aller à l'ouest (dernière partie de ton récit actuel) qui ne m'attirait pas plus que ça mais finalement, tes photos donnent plutôt envie. Ma question est donc la suivante: par rapport au reste du Péloponnèse (en gros: Nauplies-Monemvasia-Porto Kagio-Mystra-Dimitsana) est-ce que ça vaut la peine?
Merci d'avance pur ton avis (qui sera forcément subjectif).
Muriel
Quand tu parles de l'ouest, je suppose que tu parles du premier doigt du Péloponnèse : Methoni et environs. Moi j'ai bien aimé, en contrepoint du Magne et du coin de Monemvasie : de jolies plages de sable, des vergers et moins de spectaculaire et d'aride. Mais j'ai commencé par cette péninsule, ce qui peut expliquer mon a priori positif. Au contraire, je n'ai pas trop, trop apprécié l'Argolide (autour d'Ermioni et Porto Heli) à la fin du voyage, peut-être parce que j'avais déjà vu toute la côte sud du Péloponnèse. Quoiqu'il en soit, la baie de Navarin est un excellent souvenir, Methoni également. Et dans le coin, comme tu vas le voir par la suite, il y a Polylimnio qui mérite bien un détour.
J'aurais tendance à conseiller un tour du Péloponnèse dans le sens contraire des aiguilles d'une montre, pour la raison exposée ci-dessus. Et vous serez toujours du côté mer sur les routes également.
Par contre, le reste de la côte entre Patras et la baie de Navarin n'est pas très intéressant et ponctué de stations balnéaires anonymes sans intérêt.
Nous repartons direction Koroni, pendant de Methoni sur le golfe de Kalamata. La ville est dotée de sa citadelle d’origine vénitienne, moins impressionnante mais le port respire la vie et le poisson, à la différence de sa voisine assoupie.
L’arrêt est de courte durée pour se diriger vers une randonnée dans la riante vallée de Polylimnio, sorte de Krka en intimiste (pour les amateurs de plaisirs croates). Le coin, un ensemble de cascades et de bassins d’un bleu turquoiso-laiteux, vaut vraiment le coup. Le chemin, si l’on veut faire le tour et aller au bout de la gorge peut être impressionnant. Cerise sur la cascade, on y voit des zolis lézards (européens entre autres), des serpents et des crabes d’eau douce. Et le moment aventurier de la journée – car il en faut un par jour comme la BAGARRE dans le rugby – nous sommes au printemps et donc le torrent est en eau, il y a donc tout au bout de la balade un passage à gué avec chaussures de marche sur les épaules. L’aventure c’est l’aventure, elle est pareille à l’amour, elle est en moi pour toujours.
Le crabe aux pinces d'or est un marin d'eau douce
Malheureusement le temps presse si l’on veut avoir le temps de visiter l’un des clous du Péloponnèse, that is to say l’Ancienne Messène. Eh oui avec les horaires grecs, le site ferme à 16h et comme il est immense et passionnant, il demande du temps. On y arrive vers 14h30. Aaarrgghhh, je vais devoir me dépêcher dans les ruines les plus hypes de Grèce dans un site merveilleux (le mont Ithome qui domine et des oliveraies de partout). Un conseil, la petite route arrivant par le monastère Voulkanou permet d’avoir une jolie vue sur le site et de voir quelques ruines de l’enceinte, certes peu impressionnante, au niveau de la porte laconienne.
La cité a été fondée à la chute de Sparte au 4ème siècle avant JC sur l’impulsion d’Epaminondas, le général thébain victorieux des Laconiens. Le but avec cette fondation, au même titre que celle de Megalopouli plus au nord, est de former un glacis de places fortes pour empêcher tout expansionnisme spartiate. Donc ici, point de ruines des périodes archaïques et classiques mais des vestiges hellénistiques et romains. Et quels vestiges ! Depuis mon premier passage il y a plus de vingt ans, le site a été mieux fouillé à l’époque on piétinait des bouts de céramiques grecques en marchant, toute une aventure archéologique ! Ca a pas mal été reconstruit/restauré aussi mais plutôt de manière harmonieuse (c’est-à-dire pas comme à Epidaure). Le site est immense avec pléthore de choses à voir malheureusement au pas de course : théâtre, agora avec stoas et fontaine d’Arsinoé, Asclépion et son odéon, une villa romaine dotée de quelques mosaïques et revêtements et le clou du spectacle : l’ensemble stade, palestre, heroon et portiques avec une vue ravissante sur la campagne grecque. Bon, nous n’avons pas le temps de visiter le musée mais cerise sur le gâteau nous profitons de la porte arcadienne, monumentale, entre les murs de laquelle passent encore les voitures, et de la bonne conservation des murs et tours des fortifications qui l’entourent.
En avant pour la palanquée de photos :
Et dire qu'il y a vingt ans, il n'y avait rien à cet endroit
Alouette, gentille alouette,
Alouette, je te disparaîtrai
Suite à cet instant ruines grecques, une conclusion s’impose à nous : il manque à notre voyage des monuments byzantins. Et cette pensée tombe tout à fait à propos puisque c’est le programme qui suit : nous faisons une première tentative au monastère d’Andromonastiro, fermé et on ne voit rien de l’extérieur, puis à la petite et mignonette église de Samarinas. Caramba encore raté se serait exclamé Ramon Bada à cette occasion. Eh oui, elle est fermée mais pour le coup, l’extérieur et les environs se révèlent enchanteurs.
Et au milieu coule une chapelle
Après ce bref interlude religieux, direction Thouria à côté de Kalamata où nous attend notre compétition de l’accueil grec le plus chaleureux : on appellera ça un accueil presque parfait, c’est notre petite émission de télé-réalité qu’on a rien qu’à nous. Là rien à dire, petites sucreries en cadeau de bienvenue, une salade grecque offerte pour améliorer notre dîner quotidien et de la volubilité et de la chaleur. Le logement, assez rigolo, est une initiation à l’art de la construction grecque moderne. Un toit plat, un immeuble fini sans être fini et hop on pose un petit appart’ au milieu du toit en attendant l’étage supplémentaire. Le tout pose la question des fondations et de la stabilité du truc quand les étages se sont empilés. Quoiqu’il en soit, le résultat est sympa, un petit nid au plus près des oiseaux (et des avions de l’aéroport voisin…).
Merci pour ton carnet qui ravive mon envie de retourner encore et encore dans ce pays enchanteur; je découvre de nouveaux endroits avec toi, des petites pépites qu'on découvre au bout d'un chemin chaotique qui mène à la mer ou en haut d'une colline.
J'avais une petite idée de l'endroit de ta photo "mystère" mais je n'y suis jamais allée, avec un peu de recherche sur Maps, je pense que c'est l'Ekklisia Odigitria dans le Magne ?
La Grèce est une de mes destinations préférées pour l'accueil des grecs, les sites à visiter, la cuisine, les paysages "cramés" par le soleil.
Depuis 1980, je m'y suis rendue une petite dizaine de fois, et à chaque fois, je découvre de nouveaux endroits, des petits monastères perdus dans la montagne, des villages hors du temps.
En 2014, j'ai découvert Vergina tout au nord, avec ses tombeaux de Philippe II de Macédoine, une merveille trop méconnue; il y eu aussi Dimitsana, au charme particulier, les monastères accrochés à la montagne, celui de Prodomou, un peu comme celui de Sumela en Turquie... et à Athènes un bar, lieu d’échange et d’expo le Matamatic Taf installé dans une ancienne prison, on prend un verre dans la cour intérieure …
Aujourd’hui vous visitez Méssène, un lieu magique que j’ai visité en 1988 et redécouvert en 2014 avec toujours autant de bonheur, merci pour la visite.
J'attends la suite avec impatience, l'impatience de reconnaître des lieux visités et l'impatience de découvrir d'autres lieux.
Merci pour ton avis.
Je note tout ça ...même si en juillet la plage risque d'être beaucoup moins déserte et que je ne sais pas si les waterfalls seront encore en eau 🤪.
Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
J'avais une petite idée de l'endroit de ta photo "mystère" mais je n'y suis jamais allée, avec un peu de recherche sur Maps, je pense que c'est l'Ekklisia Odigitria dans le Magne ?
Bravo, vous avez tout à fait raison. D'ailleurs, on y arrive bientôt dans le récit.
La Grèce est une de mes destinations préférées pour l'accueil des grecs, les sites à visiter, la cuisine, les paysages "cramés" par le soleil.
L'accueil des Grecs est souvent exceptionnel, surtout hors zones et périodes très touristiques. Il y a une forme de chaleur et de convivialité qui met à l'aise l'hôte de passage.
Merci pour ton avis.
Je note tout ça ...même si en juillet la plage risque d'être beaucoup moins déserte et que je ne sais pas si les waterfalls seront encore en eau 🤪.
Muriel
Oui, c'est sûr que, vu les parkings du coin, vous risquez de ne pas être toute seule sur la baie de Navarin... Par contre, il me semble qu'il y a de l'eau tout l'été à Polylimnio, certes moins qu'en avril mais quand même. Là aussi, je crois que c'est assez fréquenté en juillet-août.
Après des adieux à notre hôte si attentionnée (elle nous fait nos courses dans la supérette du coin avant qu’on parte…), nous voilà partis pour le Magne, messénien ou extérieur dans un premier temps. Et pour voir quoi ? Des tonnes d’églises, byzantines ou plus récentes, pardi ! Et accessoirement des trucs comme les fameuses maisons-tours et de la côte spectaculaire. Nous attaquons le vif du sujet par un petit détour au château de Zarnata où l’on profite d’une jolie vue sur les gorges de Rindomo et, grande originalité, les océans d’oliviers. C’est également l’occasion de continuer avec cette coutume locale, brillamment commencée la veille, qu’est l’église fermée.
Taygète barbu
On ne s’attarde pas trop parce que samedi, c’est rando (comment ça, ça ne rime pas ?!). Rando dans le Rindomo ! Là c’est mieux en termes de rimes. Le départ de la rando (8 km je crois) se trouve derrière Vorio le long d’une piste de moyenne facture. Elle commence par une descente dans la vallée, toujours agréable comme entame mais à effet retro, il y a forcément une montée quelque part… Et donc au fond du canyon, il y a bien une montée qui commence mollo mollo avant de tourner au jeu de piste et à la grimpette dans les rochers. Assez fatigant avec quelques passages très physiques. Les gorges se rétrécissent et le chemin se termine en apothéose par un canyon des plus étroits assez impressionnant.
Sûrement ces petits farceurs de traceurs norvégiens qui sont passés par là et qui trouvaient que les chemins grecs étaient trop plats. Je ne vous remercie pas !
Le retour en balcon réserve quelques jolies vues et nous permet de voir l’intégration de migrants dans la société grecque : berger avec la même pratique de la sieste sous oliviers, et je suppose le même salaire de misère…
Les gorges de Rindomo comme vous l'aurez astucieusement deviné
"C'est fin, c'est très fin, ça se mange sans faim" Anémone
- Eh bien, je vais vous dire, ma bonne dame, ça reste entre nous mais je préfère le Magne messénien au Magne laconien
- C'est pas vrai ?! Comment vous pouvez annoncer des choses aussi terribles, sans avertissement , au détour d'une photo anonyme !? Vous voulez provoquer des crises cardiaques chez vos lecteurs ?!
- J'ai honte mais il fallait que ça sorte. C'est riant, verdoyant, vivant alors que du côté d'Areopoli ou de Vathia, ça sent l'aridité et l'olivier cramé.
- Sortez ou je ne réponds plus de rien !
Pause buvette à Stoupa en bord de mer après tant d’émotions. Les petites stations balnéaires en début de saison sont toujours agréables, c’est le moment de profiter d’une certaine tranquillité et de voir la vie des locaux avant la frénésie estivale : des gamins du coin qui se baignent, les commerçants encore paisibles, des travaux un peu partout, des locaux qui n’ont pas encore disparu dans la masse et le service aux touristes.
Avant de monter à notre hôtel à Exochori, j’ai repéré une petite route côtière fort sympathique jusqu’à Trachila, un petit port endormi voire mort. Le soleil de fin d’après-midi fait rougeoyer les rochers et les espèces d’euphorbes, le paysage est serein et invite à une pause glandouille paysage au soleil. La pause glandouille paysage c’est tout un concept : dans un environnement pas vilain, tu fais un arrêt de préférence à côté d’un banc où tu te poses 5, 10, 30 minutes ou plus si affinités pour t’imprégner du paysage et atteindre la plénitude dans un état de méditation zen en faisant hhhhhhhhheeeeeeeeeeeuuuuuuuummmmmmmm (reproduire les onomatopées des moines bouddhistes de Tintin au Tibet). Le nirvana s’ouvre alors à vous. Mais pas trop longtemps car c’est le moment que choisit une bande de jeunes malotrus grecs pour passer avec leurs pétrolettes pétaradantes et des enceintes crachant de la musique régressivo-techno-autuno-danceo-navrante à fond.
Le calme avant la tempête auditive
L’hôtel choisi, un peu vieillot par certains côtés, jouit d’une situation magnifique au-dessus des gorges de Vyros, la vue depuis la chambre étant impressionnante. L’accueil est chaleureux bien qu’un peu surjoué. Bon, on aura quand même droit à des bouteilles d’ouzo offertes mais dans notre télé-réalité impitoyable « Un accueil presque parfait », il ne passerait pas le premier tour. Faustine Bollaert aurait dit – après un petit jingle gnangnan et crispant bien entendu – « on veut de l’émotion, on veut de la sincérité, le compte n’y est pas. Mais vous ferez mieux la prochaine fois ! ».
Exochori, le village autour, regorge d’églises et de jolies maisons maniotes avec en prime des vues sympas sur la côte au coin des rues.
Un petit entraînement en vue de la suite parce que vous allez en manger, des photos d'église dans les posts à venir
Aujourd’hui nous continuons l’exploration du Magne avec un premier arrêt à Kastania. Ce village perché dans la montagne connaît une densité d’églises des plus impressionnantes pour la taille du bled, qui a certes dû connaître une chute démographique vertigineuse avec l’exode rural qu’a subi le Magne au 20ème siècle. Mais quand même une quinzaine d’édifices religieux pour ce village, ça dénote une capacité pour l’église orthodoxe à travers les siècles à drainer les richesses locales. Nous pouvons remercier chaleureusement l’exploitation économique qui nous offre tant de patrimoine à la démesure des exploitants, ici une église qui a su garder et contrôler ses ouailles, plus loin dans le Magne des familles contrôlant les trafics locaux et se construisant des maisons tours grotesquement prétentieuses.
Le début du concours de quiqui a la plus grosse
Plus prosaïquement, Kastania est vraiment un village à découvrir, très riche culturellement, avec une maison tour de belle facture et des églises de toute époque (byzantine, période ottomane et 19ème siècle). De manière surprenante, le coin a manifestement reçu pas mal de subsides européennes et grecques et le tout a été restauré, mis en valeur avec petits panneaux explicatifs. Bref, cool même s’il s’agit souvent du premier pas vers la muséification… Vous me répondrez que le village est déjà très largement vide, donc ça ne change pas grand chose et que mon carnet participe, très modestement certes, à la touristification en cours et à venir. Oui, bon… Arrêtez d’être impertinent ! Et puis c’est impoli de remettre en cause le narrateur.
La promenade est, quoiqu’il en soit, sympa avec des édifices religieux pour une fois ouverts, permettant de découvrir des iconostases et de très belles fresques byzantines et modernes (où l’on peut voir que les artistes locaux à partir d’une certaine époque ont fait preuve d’une naïveté dans les représentations et d’un manque de talent tournant parfois au rigolo).
Une iconostase pas méta
Des peintures byzantines qui discutent du sexe des anges
Deuxième visite en passant : l’église de Miléa qui, comme un certain nombre d’églises du Magne – les Taxiarques à Areopoli en particulier –, a une caractéristique originale : un clocher ! Car, figurez-vous mon cher Jean-Mimi (décidément un passionné de Grèce, ce Jean-Mimi), pendant la période ottomane, les clochers et autres élévations d’église étaient interdits. Mais dans le Magne, comme on était des gros lourds à la gâchette facile, prompts à s’enflammer pour des vétilles, la règle ne s’est pas appliquée. D’où Milea (18ème siècle je crois pour le clocher).
Ah dans le temps, on savait se battre pour des causes essentielles. Alors que maintenant, on manifeste pour un oui ou pour non dès qu'on a un pet de traviole !
S’en suit la traversée de petits villages avec son lot d’églisettes byzantines plus ou moins le long de la route (Platsa, Nomitsi, Lagkada) et un détour au monastère de Dekoulou à côté de Oitilo, dans un site splendide dominant la baie de Kelefa. Malheureusement, celle-ci commence à se hérisser d’immeubles/résidences/maisons dans un style pseudo-maniote tristounet, plantés au milieu de nulle part. Le résultat, type forteresse peu chaleureuse, n’est pas très heureux mais le nombre est encore acceptable, jusqu’à quand ? L’endroit est prisé par les riches Athéniens qui préfèrent le confort du neuf à la reprise des vieilles bâtisses…
Le monastère est généralement fermé mais aujourd’hui nous sommes chanceux car trois petits vieux qui gèrent l’encens, les bougies et le ménage de l’église font leur inspection. Et comme ils sont très chaleureux, eux, et particulièrement rigolards, ils nous font une visite improvisée menée par l’homme, forcément un ancien marin – les Grecs font tout leur possible pour renforcer les clichés – qui parle un embryon d’anglais. Bref, s’enchaînent éclats de rire, gentille taquinerie envers le maître des clefs très maladroit et explications du site dans un galimatias mélangeant grec, anglais, français et grands sourires. On a bien ri et l’église révèle un côté spectacularo-naïf dans ses peintures. Les signes du zodiaque dans la coupole sont particulièrement savoureux.
Shura, Saga, Dohko et ses potes (je viens de perdre les non 30-40 ans avec ma blague)
Le monastère est toujours possession de la puissante famille qui l’a construit et qui, comme tout le Magne, s’est dispersé à travers la planète et se retrouve une fois l’an sur le lieu des origines. Le Magne, ce sont des racines mais il n’y a qu’un vieil arbre rabougri desséché en train de mourir au-dessus.
D’ailleurs en parlant de racines étranges, le village voisin d’Oitilo a vu, au 17ème siècle, sa population fuir la répression ottomane et émigrer vers une destination originale : la Corse, Paomia puis Cargèse avec la bénédiction des autorités génoises. Il y a d’ailleurs encore, de ce que j’en ai lu, quelques églises de rite grec à Cargèse. Un trait d’union entre ces peuples amateurs de vendetta !
Après s’être repus de nourriture céleste, nous retournons à nos basses œuvres terrestres par une randonnée (6km) au-dessus de la baie de Kelefa. Le menu consiste en une montée très fleurie et nous offrant de très belles vues sur la baie jusqu’à la forteresse puis au village de Kelefa, en une balade jusqu’au monastère de Spiliotissis et en un retour via des gorges assez décevantes, permettant une étude approfondie des mœurs locales en termes de consommation de produits et de jets d’ordures, plastiques à tout va, carcasses vieillissantes d’électroménager, mobilier en petit morceau, pas de quoi remplir une brocante .
Une affaire épineuse
Sous les pavés, la garrigue
Sous la garrigue, les ordures
Pour se remettre de cette balade assez décevante dans sa deuxième partie, nous décidons de faire un détour vers la plage et le port de Mezapos, idéal pour une pause glandouille, de jolies falaises calcaires, une plage de gros galet blanc, une eau splendide et le joli privilège de cramer (soleil+eau+blanc des pierres=chaud) à côté d’ordures. Oui c’est sale dans le coin, il semblerait que les courants marins ramènent les déchets des alentours.
Sous les ordures, la plage. Cqfd.
Nous nous résignons donc à rejoindre Aréopoli, où nous avons réservé dans le centre du village un appart’ pour deux nuits. L’accueil des proprios, encore un ancien marin et sa femme, est très amical avec vin de noix intégré. On se croirait dans le Dauphinoix, le vin de noix venant du nord de la Grèce dont est originaire notre marin virtuose de la marche arrière (virage à angle droit et chicanes effectués avec une maestria qui dénote d’années d’entraînement dans les ruelles tortillards qui font office d’artère aux villages grecs). Le petit logement est tout mimi avec cour ombragée et barbecue.
C’est reparti pour une journée de valse d’églises byzantines et de maisons fortifiées avec un tour de la péninsule qu’est le Magne laconien ou intérieur (mais qui n’est pas à l’intérieur puisque c’est le deuxième doigt du Péloponnèse qui pointe vers l’extérieur, la Libye). On rentre dans sa partie la plus desséchée, la plus caillouteuse et la plus dépeuplée. Un signe ne trompe pas : les oliviers ne sont plus entretenus dans le coin. On ne peut pas jeter la(es) pierre(s) aux habitants qui ont émigré tant la région est inhospitalière : chaleur, vent, terre peu fertile et caillasse.
Par contre, ce qui est resté dans la région, ce sont les églises byzantines. Dans le Magne, c’est un peu comme les baleines à Terre-Neuve mais en plus petit et moins mobile (bizarrement parce qu’on aurait pu penser qu’une église c’est plus gros qu’une baleine mais celles du Magne, elles sont miniaturisées) : tu te promènes tranquillement et bam, en vlà une et une autre et une autre ad vitam nauseam. A noter qu’à Terre-Neuve, il suffit de prononcer trois fois le nom de baleine, un peu comme Beetlejuice ; et hop elles apparaissent. Et aucun risque de finir dans le monde des baleines. Cette astuce ne marche malheureusement pas avec les églises maniotes.
Donc on s’est promené et on s’est arrêté dans quelques chapelles de ci de là, à Dryalos, Vamvaka, Fimalotos. Et il y a toutes celles devant lesquelles on est passé avec juste un regard de jeté (Gardenitsa, Paleochora, Kipoula, Episkopi, la liste est interminable). J'espère qu'elles nous pardonneront.
J'en profite pour faire la pub pour un site vieillot et plus vraiment entretenu mais qui est une mine d'informations (en anglais) extraordinaire pour visiter le Magne : maniguide.info
Saint Théodore à Vamvaka
Eglise des Vlachernes
Nous en avons également profité pour faire une petite balade (4km) vers quoi ? Une église pardi, la Odigitria. La promenade offre de très jolies vues sur les falaises découpées et une péninsule plate et inhabitée qui s’avance dans la mer.
Se fondre dans le décor, allégorie
La pomme de la discorde version contemporaine : Aphrodite se barre avec tandis que Héra et Athéna continuent à se chamailler
La suite du tour est remplie de villages hérissés de tours construites pour asseoir son statut social. Il faut bien se rendre compte qu'elles datent seulement du 18ème et du 19ème siècle... Pendant que dans le reste de l'Europe, on construit des chemins de fer, dans le Magne, on est resté au stade château fort ! Elles sont aujourd'hui très souvent à l'abandon pour faire plus ancien que leurs cousins médiévaux.
Coquille vide, allégorie
Le plus bel exemple en est Vathia, icône de la communication touristique locale. Une visite dans ses ruelles révèle que les photographies sont des images creuses, très esthétiques : le village est quasiment complètement abandonné, pas de locaux ou presque et même pas de résidences secondaires. Les maisons sont vides et ruinées, les murs et terrasses tombent mais le lieu est magnifique et donne des vues très belles sur les alentours
Vous l'attendiez tous, celle-là. Et je ne voulais pas vous décevoir.
A la suite de Vathia, le paysage se fait rude et spectaculaire en direction du cap Matapan, la chaîne de montagne tombant dans la mer dans une ambiance dénudée et sévère.
Notre but est le cap, au bout d’une balade de 4 km passant par les ruines du temple de Poséidon. A noter une jolie mosaïque laissée sur place en train de se faire défoncer par une plantouse qui n’a rien trouvé de mieux que de pousser dessus. La rando passe par une jolie crique, accompagnée par les cuicuissements des nombreux passereaux du coin et offre de jolies vues sur la côte et le trafic intense de tankers.
Le punk a de l'avenir mais pas de futur
Titanic à la grecque : au lieu de se prendre un iceberg, il se prend un phare
Le retour vers Aréopoli s’effectue par la côte est, plus accueillante, plus boisée, plus escarpée et dotée de jolis villages-tours.
Et voilà maintenant, on se fait plagier avant même d'avoir eu l'idée. Où va le monde ?
Sinon, il y a un carnet à poursuivre :
Jour 12 : Areopoli – Sparte 88 km
Ca y est, nous quittons le Magne, terre de contraste et de renouveau architectural, avec la certitude que l’architecture folklorico-traditionnelle (vive les chalets en montagne ! Comment ça les vieilles constructions sont en pierre en Auvergne ?! On s’en fout, montagne = bois = chalet = tradition = raclette. Yiha) a de beaux jours devant elle, malheureusement. Bon, vous me direz, vaut-il mieux des bons « petits » immeubles bien moches façon la Grande Motte ou du pseudo Maniote avec tour en toc et revêtement fausse pierre ? Eh bien vous m’embêtez avec vos questions à la c**, c’est pas ma guerre mon général comme dirait un célèbre penseur américain.
Pour aujourd’hui, c’est direction Mystra en passant par Gythion. L’arrêt est de courte durée, le bord de mer plutôt agréable mais il ne faut pas traîner avec les heures d’ouverture grecques (à 15h, eh bien le mac mystring, c’est fini).
Gythion sur mer
Donc Mystra nous voilà mais par Sparte, ce qui me permet de beugler « this is SPARTA » dans la voiture à chaque fois que je vois un panneau de la ville. Seuls les vrais me comprennent, les amateurs décomplexés de ce chef d’œuvre légèrement xénophobe et misogyne qu’est 300. Ah ces gonzesses perverses et sournoises de Perses basanés !
Mystra, ce sont des ruines d’un des avatars de l’empire byzantin brillant de ses derniers mais intenses feux avant la disparition dans le néant des Turcs qui en ont après le jambon. Ils ne savent pas d’ailleurs ce qu’ils manquent, entre san daniele et patanegra de Jabugo. Bon, à Mystra, il n’y avait pas de jambons mais des Francs qui ont fondé la ville avant de l’abandonner aux Byzantins. Elle survivra quelque temps à la chute de Constantinople. Son développement artistique, culturel et politique à partir du 13ème siècle est également le symbole de l’affaiblissement d’un empire byzantin jusqu’alors très centralisateur tant économiquement que culturellement. Jusque vers les derniers siècles de son existence, sa capitale, Constantinople, concentre et aspire les richesses et les expressions artistiques. Le reste de l’empire reste très largement rural et les monastères fondés grâce aux donations des nobles byzantins sont souvent les seules expressions de l’art byzantin hors capitale. Le déclin de l’empire sous les coups des croisés et des Turcs provoque le développement de centres économiques, politiques et culturels alternatifs comme Mystra (despotat de Morée), Thessalonique, la Cappadoce ou Trébizonde qui aura même son propre empire au 15ème siècle.
On se fait mystrifier par le site
Vous en déduisez donc que, même si la ville a été rasée au 19ème, elle conserve de très nombreuses églises et monastères ainsi que des restes d’un château et d’un palais. Le palais est d’ailleurs l’objet d’une restauration dont les Grecs ont le secret (cf Epidaure pour mon énervement) et le résultat n’est pas fameux. Bon, vous me direz que les Français n’ont pas de leçons à donner vu le massacre de certaines ruines romaines (théâtre de Vienne ou restes de Fourvière) et vous aurez bien raison.
On prend les églises les unes après les autres sans se poser de questions théologiques (couvent de la Pantanassa)
Un papillon vu de près, c'est aussi moche qu'un autre insecte mais comme il a trop brandé ses ailes, il a une hype de folie.
Ca mystraille des églises dans tous les sens (Saint Nicolas)
La visite de Mystra est donc l’occasion de visiter pléthores d’églises et d’admirer différents styles byzantins. Il semblerait de ce que j'ai lu que de nombreuses peintures du site sont des exemples de l'influence occidentale sur l'art byzantin (suite aux croisades qui partent en sucette). Mais j'avoue que j’ai du mal à distinguer quoi que ce soit. Un saint ça ressemble toujours à un autre saint. Et puis, l'obsession byzantine de la reproduction de l'image telle quelle car considérée comme divine, ça n'aide pas.
Comme d'hab', ça martyrise tranquillement.
Et hop, une dernière pour la route (Sainte Sophie)
C'est également le moment de se taper une bonne petite montée jusqu’au château de Villehardouin pour une vue maousse costaud sur le Taygète et la plaine de Laconie. Mon église préféré, surtout pour l’intérieur, c’est la Métropole, pas forcément les peintures les mieux conservées mais plein de détails insolites.
Les vagues des océans d'oliviers viennent s'échouer sur la grève mystréenne. L'air s'emplit des embruns d'huile d'olive (Auk, poète raté).
Pour finir la journée en beauté, j’ai repéré une balade dans des gorges à côté de Parorio. Nous ne la faisons pas en entier mais le chemin est sympa (5 km aller-retour), taillé dans la falaise, doté de jolies vues sur le canyon et croise un ermitage planté sous une falaise pour respecter la tradition.
Pour le logement du soir, nous retrouvons un appart’ sur le toit à SPARTA mais ce coup-ci avec un accueil minimaliste et une plongée dans les années 80 de la propriétaire, tignasses délirantes incluses, quant à la déco inchangée depuis des décennies de l’appartement.
Tout de suite, c'est moins joli, joli, les villes grecques. Heureusement qu'il y a le décor autour, ici le Taygète.
Les randos, vous les avez trouvées sur une appli ou vous aviez des cartes?
En tout cas, la météo était avec vous pour cette suite de voyage.
Muriel
Bonjour
J'ai acheté un guide Rother en allemand que je baragouine un peu. J'ai dû me faire un lexique parce que le vocabulaire du chemin, de la forêt et de la montagne en allemand, ce n'était pas simple. Sinon, wikiloc doit proposer des idées de rando.
Pour le temps, on a été chanceux à l'exception du dernier jour.
Merci pour la réponse.
Je suis allée voir sur le site, version allemande: effectivement, il y a beaucoup plus de titres disponibles en allemand qu'en français (ou même en anglais; c'est un peu logique...mais ça ne m'était pas venu à l'esprit 😇).
Même si les guides Rother sont très bien faits, mes souvenirs de vocabulaire allemand sont beaucoup trop limités.... je me contenterai d'une appli 😉.
Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
Aujourd’hui, la journée est consacrée à la randonnée dans le Parnion, massif montagneux dominant le golfe de Nauplie à l’Est et culminant à 1950 mètres au Megali Tourla, notre objectif (il y a aussi le Riquiqui Tourla mais comme on en a, on va au Megali). La routourne tourne pour y aller, aurait pu s’exclamer un certain Franck R., elle est très jolie, traverse de petites gorges et quelques villages massivement désertés comme tous les villages de montagne que l’on a pu voir. L’exode rural, c’est triste mais il faut dire que les ressources pour y vivre manquent : des chèvres, quelques plantations d’olivier et parfois des moutons ou encore des chèvres et de l’agriculture quasi-vivrière et des chèvres.
Objectif lune
Nous finissons bon an mal an par arriver à notre point de départ qui change radicalement de l’olivier et de la végétation méditerranéenne typiques. Il y a de belles forêts de résineux et la montée est ombragée (13km aller-retour très bien balisés). Arrivés à un petit col à 1600 mètres, les choses sérieuses commencent puisqu’il n’y a plus vraiment de chemin (on verra en descendant qu’il y a un balisage mais que cela ne change pas grand-chose sur le côté casse-gueule et pentu de la chose) et qu’il faut se taper une montée sèche et très raide dans un mélange de talus herbeux et de pierriers. Effort violent garanti mais le résultat est à la hauteur de notre performance physique : une vue somptueuse sur une bonne partie du Péloponnèse qui nous permet de voir des lieux traversés et les objectifs à venir. Il y a bien le Taygète qui bloque la vue à l’Ouest mais on lui pardonnera volontiers son outrecuidance tant ce massif est impressionnant de tout côté. Le retour, à part les glissades sur les pierres roulantes du début, se passe sans problème par le même chemin.
Vous n'en avez rien à faire des photos de fleurs mais comme ça me fait plaisir...
North and South, the Clash
Musique crispante, suspense et drame au retour à la voiture : le voyant pneu dégonflé de la voiture est allumé. Et là toute notre vie et surtout nos mésaventures canadiennes de l’année précédente repassent devant nos yeux. Kékonfè ? Paniquer et courir en rond ? Faire une pause et manger un kitk un truc tellement sucrée que cela annihile tout goût ? Il faut dire qu’on doit être dans l’un des endroits les plus isolés du Péloponnèse les garages ne courent pas les rues,
les villages non plus. Donc nous faisons comme si de rien n’était, nous prenons la direction de Monemvasie à travers les montagnes en priant pour que ce ne soit qu’un pneu dégonflé. Le parcours est fort joli mais à partir de Polidroso, ça se gâte : tout a brûlé sur des kilomètres et ce n’est pas beau à voir.
Des Grecs fans de Johnny
Nous retrouvons enfin la civilisation sans encombre, une route de taille décente et une station-service avec pompe à air. En fait, il s’agit d’une fausse alerte puisque le pneu est très, très, très légèrement sous-gonflé. Merci Nissan pour ce coup de stress inutile. Au moins sur ma voiture, il y a pas ce voyant : on ne sait pas qu’on roule avec un pneu dégonflé mais on est tranquille (dit la tactique de l’autruche) !
Gibraltar sans Anglais (rêve d'un Espagnol nationaliste)
Le soir, nous logeons non pas sur la presqu’île de Monemvasie mais sur son appendice moderne Gefira. L’hôtel est une bonne surprise, peu cher, propre, avec une terrasse avec vue sur la mer et un bon petit déjeuner copieux (c’est pour satisfaire les Anglo-saxons dixit un hôtelier nous expliquant que les Grecs ne prennent quasiment pas de petit déj’). Le clou du spectacle est pour la soirée, Monemvasie (vous vous attendiez à quoi ?). Déjà le rocher est spectaculaire mais la situation et l’état de préservation du village et de ses fortifications rendent le tout plus attractif. Pour le côté histoire, vous mélangez les classiques (Empire Byzantin, Francs, Vénitiens, Empire Ottoman) et vous secouez. L’heure tardive permet de se déambuler tranquillement en évitant les flots de touristes, c'est propret, mignonnet, fleurisset.
Le but, ce matin, est de faire dans l’original puisque nous allons à Velanidia au bout du troisième doigt du Péloponnèse (ce qui fait que le Péloponnèse ressemble à une main d’ET, l’Argolide étant son pouce. De là à dire que les Grecs ont des têtes d’extraterrestre… Coïncidence, je ne crois pas). Nous y allons pour faire une randonnée jusqu’au cap Maléas. La route pour Neapoli réserve des vues magnifiques sur Monemvasie par le sud. D’ailleurs je conseillerais d’arriver par là, même si ce n’est pas très logique, pour découvrir la cité blottie contre son rocher, dominée par ses falaises et ceinte de remparts au bout de son île. Bref c’est chouette, d’autant qu’on repassera par là au retour et qu’une nouvelle route toute neuve (absente des cartes pour l’instant) a été créée pour rejoindre rapidement Neapoli depuis Kastella elle réserve de très belles vues sur la côte.
Enivrement des sens sans malvoisie
Une fois passé Neapoli, la route pour Velanidia est carrément impressionnante avec des vues imprenables sur Elafonissos et Cythère dans un premier temps puis sur la côte autour de Velanidia. Le coin est sauvage et Velanidia se révèle être un village tout blanc un poil incongru par rapport à l’architecture rencontré ailleurs au Péloponnèse. Des immigrés des Cyclades ? Mais les maisons n’ont pas les toits plats propres aux Cyclades, mystère. Le site est quoiqu’il en soit magnifique mais nous poursuivons notre route ou plutôt notre piste pourrie (pouvait prévenir, le guide Rother !) vers le point de départ de notre randonnée.
Naples, Ischia, le Vésuve et hors champ à gauche, Capri
L'Andalousie est venue se perdre en Grèce
Au bout de la piste caillouteuse, on sent qu’on va souffrir du soleil. Pas d’ombrage et ça tape dur pour une rando de 11 km aller-retour jusqu’au cap Maléas. Outre une jolie côte, la balade va voir la naissance d’un nouveau super-héros qui remplacera (écrasera) Spiderman dans les cœurs des plus jeunes : Spider killer doté de son spiderbroom et d’un courage à toute épreuve. Et ça a été un véritable massacre, j’ai jamais vu autant d’araignées de toute ma vie avec un plaisir certain à faire c**** le randonneur en plantant leur toile pile au milieu du chemin (et pas des petites toiles de gnognote). La progression est ralentie et le spiderbroom se transforme en barbe à papa goût araignée. Il fait chaud, la côte est jolie, assez sèche et décharnée et nous sommes enfin en vue du phare. La circulation est intense dans le coin (de bateaux bien sûr parce que d’êtres humains il n’y en a point), le pique-nique se fait à la seule ombre disponible, celle du phare.
C'est un roc, c'est un cap, c'est une péninsule, c'est le Péloponnèse !
Bon c’est pas tout mais il y a un retour et les araignées particulièrement rapides dans le tricotage de toiles nous attendent : incroyable le peu de temps qu’il faut à une araignée pour tisser son truc gluant. Nous arrivons pas très fringants à la voiture – je vous ai déjà dit qu’il faisait chaud ? – et nous devons avoir une sale tête parce que les deux petits vieux tranquillement attablés sous leur treille – quelle idée de marcher par cette chaleur – nous crient « Nero ! Nero » (Rome brûle-t-elle ?) en pointant la direction de la source. Arf je crois que celle-là elle va faire plaisir.
Retour à Velanidia et plus précisément son petit port pour boire un coup à côté d’Allemands qui entament leur copieux repas à 15h30. Normal.
Nous faisons ensuite route vers Kyparissi en repassant une dernière fois par Monemvasie. On ne se lasse pas des vues sur ce site splendide mais show must go on. Et le show du moment c’est l’arrivée spectaculaire sur la côte peu avant le village de Kyparissi : bim on passe un col anonyme et bam on trouve une côte déchiquetée et vertigineuses dans laquelle se terre au fond la petite baie de Kyparissi, havre de tranquillité et de douceur dans cet environnement de brute.
Et voilà, la Grèce sait récompenser l’aventurier de pacotille qui s’éloigne des sentiers battus par la plèbe touristique, inculte et bruyante. Malheureusement, l’aventurier de pacotille est très imbu de lui-même et finit par vouloir montrer l’étendue de ses découvertes, son exceptionnalité et sa capacité à ne pas faire comme les autres, accélérant le processus de touristification de lieux non touristiques. Que ceux qui ont parlé de l’Islande aux pécores irrespectueux se dénoncent !
Bref, pour Kyparissi, n’y allez pas, ça ne vaut pas le coup. Et puis c’est rempli d’adeptes de la varappe aux mœurs étranges et aux combis cradingues.
Ceci n'est pas Kyparissi
Cerise sur la baklava, notre logement local est impeccable et le repas du soir est bon, gargantuesque et frais pour un prix très raisonnable. Les gens sont sympas et la vie est belle. Voilà, j’ai un accès d’optimisme béat et dégoulinant y a pas à dire, le Péloponnèse, c’est fort.
Nous démarrons la journée par une courte balade côtière très agréable jusqu’à la chapelle Agios Georgios et sa jolie vue sur la baie. Le coin est somptueux et l’eau turquoise des environs a raison de ma réticence à me baigner au vue des multiples oursins. La baignade est néanmoins sous tension le piège subaquatique rode dès que je pose les pieds au sol mais les épineux terroristes ne me gâcheront pas la Grèce.
Des originaux qui n'ont pas compris que les chapelles, ça poussait dans les falaises
Dicton du jour : Kyparissi repassera par là
Pour notre trajet vers le nord et Nauplie, grande nouvelle, les routes poussent plus vite en Grèce que la mise à jour des cartes routières. Il y a donc une route côtière toute neuve, toute belle pour rejoindre Leonidion, le trajet est particulièrement spectaculaire avec quelques criques qui invitent à une pause salvatrice. Mais bon, on a pas mal de route donc non… Par contre, les Grecs ne s’embarrassent pas des déblais massifs dus à la construction de leurs routes. Non, ils les mettent directement dans la mer et pourrissent leur littoral.
Le berger des temps modernes sur son fier destrier
Vient le moment un peu surréaliste du voyage. Au détour d’un virage, un petit vieux au bord de la route nous fait signe de la main, moi un peu surpris, je m’arrête. Il a le visage buriné par le soleil, sent le vin et l’huile d’olive et se trimballe un gros sac (seule concession à la modernité, le sac est en plastique) au milieu de nulle part. Ni une, ni deux, il monte directement dans la voiture, manifestement pour aller quelque part et nous baragouine en grec (quelle idée !). Là, je suis interloqué mais je me rappelle soudainement que tous les pays ne font pas du stop de la même façon. Et il semblerait que les Grecs, tels des Roumains méditerranéens ne parlant pas la même langue et n’ayant pas une obsession profonde par rapport aux Roms, font du stop en agitant la main à l’horizontal du haut vers le bas. On finit donc par comprendre où il va, ça tombe bien, nous y passons aussi. Le temps de nous prendre pour des Allemands (rien ne va plus après le coup des Néerlandais. Je précise à tout hasard que j’ai plutôt une tête de Méditerranéen qui, dans une île scandinave à la mode, a déclenché quelques réactions de recul et de racisme primaire), s’en suit un grand moment de non communication. On le dépose avant de redescendre sur Léonidion par des gorges ma foi tout à fait charmantes.
Léonidion
Comme je n’ai pas mon quota de gorges, nous remontons celles de Dafnon vers le monastère d’Eloni, encore planté dans un endroit impossible.
Les gorges de Dafnon
Eux au moins, ils respectent la tradition
Aller-retour avant de prendre la route côtière pour Nauplie. Route plutôt jolie mais qui fait pâle figure par rapport aux précédentes. Au final, le coin est assez urbanisé (Astros Georgos beurk) et cela de plus en plus en allant vers le nord. Nous faisons un petit détour vers un monastère fermé, les ruines d’un aqueduc romain en voie de fossilisation et les maigres et déprimants restes de la villa de Hérode Atticus.
Arrivés en Argolide, nous faisons un détour à Elliniko pour voir une curiosité qui montre que les Grecs pouvaient concurrencer les Egyptiens : une pyramide-tombeau qui daterait de la période hellénistique. Ca fait un peu penser également à la pyramide de Cestius à Rome. Il semblerait qu'à un moment donné, c'était du dernier chic pour le Helleno-romain de se construire son petit tombeau orientalisant, un peu à la manière de l'orientalisme du 19ème siècle.
Les pyramides de Gizeh n'ont qu'à bien se tenir !
Dernier arrêt : Volos pour jeter un rapide coup d’œil sur le théâtre (fermé après 15h) avant de monter à la citadelle de Larissa.
Le coin offre de sacrées vues sur toute l’Argolide et le château d’origine byzantine (entrée gratuite) est en très bon état de conservation. L’endroit est désert et arrivés dans la dernière cour, nous tombons sur une cérémonie, tendance confrérie louche, kukluxklan et cie : un groupe d’hommes se tient en cercle avec un mec au centre qui déclame un texte et fait jurer en tendant la main, je ne sais quoi à ses petits camarades. Mmmmmmmmmhhhhh, à première odeur, ça ne sent pas bon : une sorte de rituel scandé virilement dans un ancien lieu de lutte d’une structure politique chrétienne contre un envahisseur turc… Mmmmmhhhh, courage fuyons mais discrètement. Chhhuuuttt.
Larissa, je te veux si tu veux de moi
Un lieu qui ne manque pas de piment (explication de texte : Larissa -> la harissa -> piment -> rires enregistrés)
Nauplie, nous voilà. Nauplie, sorte de Saint Trop’ sur Grèce en plus grand, fait une drôle d’impression après deux semaines dans le Péloponnèse c’est très touristique et très chic. Y a du yacht de luxe, du rabatteur de touristes pour restaurant et de jolies magasins élégants et nous nous sentons hors sujet, comme toujours dans ce genre d’endroit. Il reste que la ville, lieu de lutte entre Venise et empire ottoman et donc à ce titre très fortifié, dispose d’un site attrayant rehaussé d’un chapelet de fortifications et d’une vieille ville agréable avec églises et même quelques témoins du passage des Turcs (c’est très rare, l’état/la société grec/que ayant fait tout son possible pour oblitérer les souvenirs de la domination).
C’est également la très brève première capitale de l’état grec balbutiant, lieu d'une expérimentation plutôt libérale politiquement par le gouvernement provisoire de Ioánnis Kapodístrias au tournant des années 1830. Très mauvaise idée que v’là en cette période post-congrès de Vienne. Et l'idée est d’autant plus mauvaise que le bonhomme est ombrageux et a le don de se mettre à dos quelques gros bonnets comme les dirigeants des klephtes maniotes (astuce technique : ne jamais fâcher un maniote à la gâchette facile) et le haut clergé de l’église orthodoxe. En tout cas, les bookies de l’époque n’ont pas parié un clou sur sa longévité à la tête de la Grèce. Et ils ont eu raison car arrive 1831 et un petit assassinat de derrière les fagots de Kapodístrias à Nauplie. L’élimination arrange un peu tout le monde et en particulier les puissances de l’époque : elle permet tranquillou l’installation d’un roi bavarois et d’un régime on ne peut plus autoritaire, plus raccord avec les envies des empires austro-hongrois, russe, du Royaume-Uni et de la monarchie de Juillet. Tout est bien qui finit bien !
Jour 16 Episode 1 L'anthropomycènes
Nauplie 103 km
Grosse journée que le jour n°16 . Je suis chaud comme la braise car aujourd’hui c’est retour en enfance : il y a MYCENES. Oui j’avais de drôles de goûts enfant mais MYCENES, c’est les Atrées, Agamemnon, la tragédie, la guerre de Troie, tout ça, tout ça sans oublier ce bon vieux trafiquant d’Heinrich Schliemann qui savait marketter son produit en te mettant du nom ronflant partout pour vendre son butin. Et que je te trouve un masque d’Agamemnon, et que je te découvre la tombe de Clytemnestre, et que je te dégote la ville de Troie… Il reste que j’ai des souvenirs émus de ma visite il y a un petit moment.
Et pour ne pas rater les choses, on s’est dépêché pour arriver les premiers à l’ouverture et enjoyer tranquillement l’entrée dans la citadelle antique. Pour me refroidir l’enthousiasme, il faut se rappeler ces paroles d’un grand penseur tripadvisorien : « Cannot understand the fuzz. I found Mycene very modest place. The view is nice but the ruins are just ruins, there is nothing special in this place. » Merci à toi, anonyme éclairé. Moi, je passe et repasse sous la porte des Lionnes, profitant d’être seul ou presque, avec Agamemnon, Cassandre casse-délire et Clytemnestre nous observant depuis les murailles. Je sens qu’il y a du meurtre dans l’air. Et pourtant il n’y a pas de chats dans le coin.
Le problème du matin, c'est qu'on est à contre-jour
Le cercle des tombes disparues
Deux trucs intéressants dans la civilisation mycénienne. Le premier, c’est la densité étrange de ruines trouvées dans un espace restreint, la plaine d’Argos et ses environs, qui amène à s’interroger sur l’organisation politique et économique locale. Le deuxième c’est la disparition, énigmatique, de la civilisation que suit une période avec peu de traces archéologiques. Et comme les causes uniques ont souvent du plomb dans l’aile, des facteurs différents se seraient combinés entre eux : infiltration de populations étrangères doriennes et instabilité civile et politique interne. Et comme l’archéologie progresse, de nombreuses trouvailles remettent en cause la thèse du vide qui aurait suivi la disparition de la civilisation mycénienne (palais, écriture).
Sortir de ses gonds, allégorie
Pour Mycènes, il ne faut pas manquer la poterne nord avec son escalier s’enfonçant dans les ténèbres d’une citerne antique. Le musée est pas mal non plus et les tombes à tholos parfaites comme dans mon souvenir. Et comme dans mon souvenir, les flots de touristes ne se détournent pas de leur programme chargé pour les voir (à l’exception du trésor d’Atrée), nous y sommes donc tranquilles.
Après cet interlude touristes mycéniens, nous retrouvons d’autres ruines grecques plus paisibles : le sanctuaire de Némée qui s’est fait avoir en termes de marketing par Olympie. Ben, il y avait des jeux néméens (et aussi isthmiens et delphiques), également sous la tutelle de Zeus et qui faisaient concurrence à Olympie. Seulement, par la grâce d’Astérix, seuls ces derniers ont traversé l’histoire en faisant la nique à ses concurrents. Némée, il reste de jolies ruines du temple de Zeus, assez bien restauré et dont les énormes colonnes effondrées donnent un aspect mélancolique, allégorie de la mortalité de l’humain et de sa vanité à vouloir laisser une trace à tout prix. De toute façon, il n’y a rien de plus mélancolique que des colonnes effondrées. Et pour renforcer la métaphore de l’éphémérité humaine, les Grecs modernes ont eu l’idée de laisser sur site un tombeau avec squelette mis sous verre mais envahi par une plante grasse : de la mort naît la vie ! Sont des poètes, ces Grecs. Dernier bâtiment digne de mon intérêt mais sous un vilain hangar : les bains spécialement aménagés pour les athlètes avec canalisations, éviers, bassins, etc. Le tout est éloquent sans être forcément dans un état de conservation génial. A côté du site, nous visitons également le musée petit, vieillot mais intéressant : pleins d’objets de la vie quotidienne (des startings blocks avant l’heure) et avec une section assez fournie sur les trésors mycéniens des environs (Aidonia en particulier, la boucle est bouclée).
Sans mentir, si votre ramage se rapporte à votre plumage, vous êtes le caméléon des hôtes de ces ruines
Le starting-block du passé
Bon qui dit jeux, dit stade, plutôt mieux conservé que celui d’Olympie. Il est situé à l’écart du sanctuaire proprement dit, paisible avec des détails croquignolets : couloir d’arrivée, lignes de départ, rigoles d’évacuation des eaux, plots pour accrocher la corde de départ, bancs pour les juges. Le nec plus ultra du stade grec !
L'entrée des dieux du stade
L’étape suivant, la citadelle de Tirynthe, j’en avais des souvenirs émus, un site délaissé, pas vraiment entretenu mais diablement émouvant malgré la route passante à proximité. Du mycénien romantique, il ne reste rien, les ruines sont en pleine phase de revalorisation, la main est lourde et le résultat décevant. Je passe la visite à râler contre cette mode de confondre conservation et reconstruction. Elle ne date pas d’hier mais j’ai l’impression d’assister à une intensification du mouvement en vue d’attirer le plus grand nombre de touristes. Bon tout n’est pas noir : les murailles de la forteresse restent impressionnantes et j’ai réussi à photographier une satanée de %*@!§ de huppe fasciée ! L’un des oiseaux européens les plus élégants et il y en a partout en Grèce (beaucoup de vergers, oliveraies qui restent leur habitat favori). Mais c’est tellement vif que c’en est dur à observer tranquillement.
Passer par un trou de souris, allégorie
Cyclopéen, réalité
I did it !
Pour me remettre de ma déception, j’ai aussi visé une chtite église byzantine, Agia Triada, dans la plaine, dans un endroit pas glop. Mais l’église, malheureusement fermée, est glop, elle, avec du réemploi de pierres et de frises antiques.
Retour pour la fin d’après-midi à Nauplie où le temps de la glace et de sa balade corrélative a sonné. Des glaces italiennes de fort bon goût et de fort belle facture nous permettent de faire le tour de l’Acronauplie et d’admirer l’îlot Bourzi et la forteresse Palmipède euh pardon Palamide surplombant la ville sur son ergot rocheux.
Déclaré le jour le plus nase de nos vacances. Ouaip c'est bientôt la fin du voyage et Epidaure c'est nase. Bon, j'exagère un tout petit peu car le théâtre, surtout découvert le matin avant les foules et les groupes, est exceptionnel. Mais nom d’un petit bonhomme de bois, qu’est-ce que c’est que ces « restaurations » du sanctuaire d’Asclépios ! Je sais bien qu’il y a une tendance à la main lourde en termes de restauration/reconstruction d’édifices historiques ruinés en vue d’une exploitation touristique. Mais là, en plus d’avoir un objectif que je trouve inapproprié, les promoteurs l’ont mal fait et avec manifestement des fonds qui se sont évaporés au cours du temps. Donc il y a de l’échafaudage qui rouille sur le stade, de la bâtisse en tôle, du temple qu’on dirait sorti d’une « reconstitution » las vegasienne, c'est à dire qui lave plus blanc que blanc grâce à Gandalf le blanc.
Avec ta gueule de caprice de cheikh
de truc tout blanc, de faux temple grec
Pour oublier ce carnage, il vaut mieux parler du théâtre, à apprécier avant la foule des groupes de touristes. Ou ne pas en parler, puisque tout le monde en a entendu parler. Donc silence, je serai muet comme une tombe. Enfin, je veux bien briser l’omerta et dire qu’il est fabuleux : les Romains ils ont qu’à se rhabiller avec leurs murs de scène, leurs briques et leurs sites pas terribles. Et pour faire bonne mesure, je me dois de rajouter un hashtag #onnenousditpastout.
Théâtre en trois façons :
Comme le voyage est bientôt fini, qu’on a pas eu notre dose de ruines antiques et qu’il faut qu’on fasse des stocks de drogue avant le retour en France, on va voir le faux théâtre d’Epidaure à Palea Epidavros. Comme toute copie chinoise , elle ne vaut pas l’original mais bon, ça remplira le manque en attendant des jours meilleurs.
Farce de Grec ancien pour tromper le touriste tête en l'air
Notre quota de ruines étant épuisé pour la journée, nous ne ferons plus que quelques arrêts nature. Le premier est une petite balade à côté de Didima pour visiter des cratères de météorite dont l’un avec chapelles intégrées et l’autre des faucons crécerellettes intégrés. Bon, réellement, il s’agit d’effondrement de zones karstiques.
Ce à quoi aurait ressemblé l'impact de météorite si Bruce Willis n'avait pas sauvé la terre
Les chapelles sont timides en Grèce, elles se cachent dans les jupes de leur mère, Gê
Le deuxième est une sortie le long de la côte vers la grotte de Franchti, avec habitations préhistoriques reconstituées. Bref pas de quoi fouetter un chat. Et dieu sait qu’il y en a des chats ! Et que l’envie ne manque pas !
Franchti
Nous finissons la journée sur une plage de galet, anonyme, propre et déserte. Le moment d’une baignade apaisante. Bref, une journée tranquille par rapport aux précédentes.
Pour la nuit, c’est Ermioni. Le site de la petite ville, sur une presqu’ile, est pas vilain mais la proximité d’Athènes (et des îles du golfe de Saronique sûrement) se fait sentir dans le coin, plus touristique, plus habité, plus huppé, moins moi-compatible. L’hôtel Zoe Pension est par contre tout à fait convenable, avec accueil anglais en prime (« darling »).
Puisque toutes les bonnes choses ont une fin, voici le dernier chapitre du carnet, qui a soulevé les foules et fait chavirer les cœurs.
Jour 18 : Ermioni – quelque part à côté de l’aéroport d’Athènes 295 km
Dernier jour de voyage en Grèce et nous avions prévu d’aller sur l’île d’Hydra mais les kilomètres à faire ensuite jusqu’à Athènes, le temps maussade, couvert, venteux et des températures basses nous en dissuadent. Donc nous révisons sagement nos plans, préférons faire le tour de la péninsule d’Argolide et aller sur la presqu’île de Methana. Le trajet réserve de belles vues sur les îles environnantes qui rodent en nombre autour des côtes locales. Il permet également quelques arrêts au bord d'étangs avec des zozios sur échasse.
A fleur de Poros
Goodbye blue sky - Pink Floyd
Et puis, arrivés côté golfe de Saronique, la météo s’améliore grandement. On vise quand même quelques ruines pour la tradition, celle de l’Ancienne Trézène. Les environs ont l’air prometteur en termes de randonnée (gorges en particulier) mais nous nous contenterons de la visite du petit site paisible dans son champ d’olivier et doté d’une basilique paléochrétienne en bon état. Le coin nous permet un dernier instant nostalgie oliviers+ruines avant de quitter le Péloponnèse. Ca y est, nos regards ne nous portent plus vers un futur radieux, vers des lendemains qui chantent. Noir c’est noir, y a plus d’espoir.
Mais le réel nous rattrape et le réel c’est la presqu’île de Methana, la malotrue qui nous fait sortir de notre torpeur touristico-mélancolique. Une belle surprise comme ils disent dans les blogs hypes de voyage. La route qui en fait le tour est très belle en particulier dans sa partie ouest qui grimpe dans les montagnes de l’île. La cerise sur le gâteau, c’est la coulée de lave à Kameini Chora, assez récente et finissant les pieds dans l’eau, donnant un côté Auvergne sur mer. Et cela mérite bien une petite balade dans les formes hallucinées de la lave en folie puis un arrêt dans le mignonnet port de Vathi pour un dernier moment d’indolence grecque au bord de la mer.
Quand l'Auvergne rencontre la Méditerranée, ça ne peut qu'être beau
De toute façon, tout ce qui rappelle l'Auvergne ne peut qu'être beau
Vahti vite !
Quelques heures et kilomètres plus tard, fin en apothéose pour votre émission, Un accueil presque parfait : notre hôte, ayant une maison pas très loin de l’aéroport d’Athènes, est encore une ardente mama grecque qui décide de nous offrir un petit alcool, des fraises marinées, un thé des montagnes, nous fait la discut’ et nous cuisine du ragoût pour accompagner nos pâtes. Verdict final : égalité entre Corinthe, Thouria et ici.
Jour 19 : retour à la maison 22 km
Ca y est, c’est fini. Levés très tôt, on croise la fille de notre hôte revenant de boîte (6h du mat’). Et accessoirement, notre hôte qui voulait à tout prix nous dire au revoir. Eclairs dans les yeux et petite phrase cassante en grec du genre « attends qu’ils partent et tu vas passer un sale quardheuris »… La jeune fille doit encore nous maudire.
Pour le reste, le retour est sans histoire, un petit coup de stress quand on ne trouve pas le stand europcar à l’aéroport et qu’on se rend compte qu’il est dans la pampa, et un vol Lufthansa, de la deutsche Qualität pour finir comme cela a commencé. Comme ça, on peut comparer la Grèce et l’Allemagne et comprendre pourquoi il y a les dominants et les dominés. Ben ouais, il y en a qui ont bossé pour exploiter les autres. Tout est une question de volonté. D’ailleurs à ce sujet, en guise de conclusion, véridique, je veux vous raconter une histoire édifiante qu’un père utilisa comme métaphore pour expliquer la vie à son fils de 8 ans sur une place de Mirepoix : « Tu vois, fils, il y avait un immigrant illégal – c’est quoi un immigrant illégal – une personne qui n’a pas de papier . Bon, il était monté dans la remorque d’un camion réfrigéré mais la réfrigération, elle marchait pas. Et ben le migrant, malgré tout, il est mort de froid parce qu’il croyait qu’il faisait froid. Morale de l’histoire tout est une question de volonté. Alors, fils, tu vas arrêter de m’emm euh de te plaindre que tu as froid. »
Une dernière pour la route pour retarder le manque et les crises de paranoïa aiguë (oui la photo n'a rien à voir avec les deux dernières journées)
Mon tour du Péloponnèse est devenu plus qu'improbable depuis que les grecs ont décrété qu'ils ne voulaient pas de nous, français, cet été 🏴☠️.
Cela peut encore changer mais bon, j'envisage plutôt de reporter tout ça en juillet prochain....ou aux vacances de printemps, fin avril/début mai...d'où quelques questions: j'ai lu que vous aviez eu chaud lors de certaines randos mais en montagne (du côté de Dimitsana), il ne faisait pas froid non plus?
Les hôtels, restos étaient globalement ouverts?
Cordialement
Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
Snif c'est fini 😘
Merci pour ce magnifique carnet . Le Péloponèse est vraiment une très belle région qui me donne envie d'y retourner .
J'y suis allée une fois mais jen'ai pas découvert grand chose en te lisant.
J'espère qu'ils nous donneront rapidement l'autorisation d'y repartir.
Les photos sont également très belles .
Bonne journée.
Marie Jo
Qui a l'habitude de voyager sait qu'il vient toujours un moment où il faut partir...
Paulo Coelho
J'aurais tendance à dire que le printemps, c'est le top pour visiter la Grèce. Il ne fait jamais trop chaud, tout est en fleur et la campagne n'est pas encore cramée. Pour deux semaines et demi fin avril, nous avons eu entre 20 et 30° en journée pendant tout le voyage. Seul moment où on a dû sortir des doublures, c'est le soir à Dimitsana. Mais même pour la rando en montagne sur le Megali Tourla, nous n'avons pas eu froid. Je suppose que nous avons eu un peu de chance sur la météo mais mon premier voyage dans le Péloponnèse à la même période était déjà dans ce cas-là.
Pour les hôtels et restos, c'était très largement ouvert mais peu fréquenté assez souvent.
Merci pour la réponse.
Effectivement, si la météo est favorable , le printemps est idéal : peu de monde, du vert, des fleurs...si la météo est favorable...
Je crois que je vais sérieusement me pencher sur cette option, surtout si tu dis que par 2 fois, vous avez eu du beau temps.
Merci encore pour ce carnet très agréable à suivre.
Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
Hi everyone, we're back from a DIY USA road trip we organized from July 31, 2026, to August 26, 2026.
The destination: The Southwest USA, including Texas, Arizona, and New Mexico. Roughly 7,000 kilometers covered.
The car: A Chevrolet Equinox for two, rented through BSP Auto and Avis. Inside, we had 2 suitcases, a travel bag, two carry-on bags, a Walmart cooler, photo gear, and water bottles (a 40-pack).
The route: Dallas DFW, Fort Worth, Houston, Austin, San Antonio, Alpine, El Paso, Tucson, Sedona, Albuquerque, Amarillo, and back to Dallas to finish with a departure from DFW.
The travelers: Two seniors well advanced in years (73 and 75) but still active (nothing too physically demanding—to stay alive and fund our trips), fully independent physically, though a bit less so mentally. Big USA fans, a country where anything is possible. More walkers than hikers, preferring 3-star hotels over roadside motels, Italian restaurants over US food, frequent stops for photos, museums over nothing, naps over forced marches. Not too whiny, just enough to stay French in the land of the "great Satan," as they say.
Not great with languages—street English (but handy), and my Spanish is non-existent except for: "Hola! Una cerveza por favor!" That’s about it. My wife understands everything but refuses to speak.
The cost of the road trip: Around 12,000 €, including AF flights, the car, gas, gifts, visits, and everything else. Well managed, since we’d budgeted 13,500 € initially.
The positive side: A delight, with those endless open roads. Museums to discover. The realization of the Hispanic presence and its important history in this part of America. Lovely locals. Tourists who were more or less friendly. A terrible Texan accent that was hard to understand. Gas stations that were like real stores, with prepared food, alcohol sold in Arizona and New Mexico, and employees who were always up for a laugh!
The negative side: The heat throughout the trip... 43°C in Dallas at the end. Impossible to walk the streets. Lots of homeless people in downtown Dallas. Hotel breakfasts that were always the same. You get used to it.
So, it was positive overall, but the concept is starting to wear us out. We might rethink the DIY road trip model for next time. If the man upstairs grants us more time.
Next up, we’ll wait for the first batch of sorted photos to go through the wringer.
The latest travel journal about Turkmenistan dates back to 2019. Here’s a quick update on this vast desert country, which is now a bit easier to visit than before.
This is my first travel journal. If you have any questions, don’t hesitate to ask. The country is slowly opening up, but it’s still possible to visit sites where you’ll be completely alone. In five days, I saw two Hongkongers, a few Germans, and a Chilean at the crater, ten Chinese people in a capital bazaar, and that’s it!
It’s possible to visit Turkmenistan from Uzbekistan. The easiest and most economical way is to take a taxi to the border from Bukhara. The trip takes a little over an hour.
Crossing the border takes quite a while because many Turkmen bring back items bought in Uzbekistan to resell in Turkmenistan. For example, diapers, baby products, or beauty products.
It took me over 2.5 hours to cross the border. To visit Turkmenistan, it’s mandatory to have a guide and go through a travel agency. British agencies often offer three-, five-, or seven-day trips for over 1,500 or 2,000 €.
But if your budget is more limited, you can contact a few Turkmen agencies directly by email, and they’ll make you an offer between 700 and 1,300 € for three to seven days. I took a five-day trip from Turkmenabat in the northeast of the country to Dashoguz in the north. The goal was to visit the main UNESCO-listed sites, including Merv, and archaeological sites like Nisa or Gonur Tepe.
Your guide will also be your driver. They’ll pick you up at the border. The formalities are very long because customs officers have to stamp multiple documents, and obtaining the visa you previously requested from your travel agency requires several checks. But the process goes relatively smoothly, even if each step takes a while.
Once on the other side, the first surprise is the brand-new highway all the way to Turkmenabat. A very long line of trucks stretches for several kilometers on the Turkmen side to cross the border into Uzbekistan. According to my guide, Turkmen trucks transport gas and cotton (though not this season, since the harvest is in September), but they mainly fill up their tanks because fuel is much cheaper in Turkmenistan. A full tank for a car costs about 3 €, which is unbeatable.
From the Farap border post, the goal is to reach the city of Mary, which is home to the UNESCO-listed site of Merv in its suburbs, about thirty kilometers away. This city is known as a foundation by Alexander the Great in the 4th century BC under the name Alexandria of Margiana. Several fortresses are visible.
After more than three hours on the road, we have lunch at a Turkish restaurant called Aladdin. Several quotes from the president are visible along the highway, but the road is in good condition, and we move along easily. This will be by far the best road in the country—things will get much worse later.
Roundabouts are particularly interesting because they feature emblems of Turkmen culture, like the dog, a carpet, the Ahal Teke horse, or Muslim symbols, even though the presence of Islamic artifacts is quite limited.
If I close my eyes and think of the Sultanate of Oman, I first smell a light scent of incense, feel the warmth of a sunbeam on my skin, before sand slips through my fingers. I taste the sweetness of a date, a real candy, then the flavor of coffee with a hint of cardamom and rosewater... I hear the desert wind whistling in my ears, the distant call of a muezzin, then the murmur of water. I open my eyes to see smiles, welcoming gestures, a turquoise sea, rocks ranging from ochre to purple, deep wadis where torrents burst forth, orange dunes, white sandy beaches where tiny crabs scurry at full speed. I see incredible oases emerging between arid mountains. I see abandoned villages that I’d dream were full of life, imposing fortresses overlooking valleys, and lively souks where offers are delicate and negotiation is a mutual courtesy.
All that, and so much more.
This is what I tried to capture in my illustrated travel journal, which I’ll fill in here and there with photos.
I drew this journal “cold,” after my return (actually, I made it this summer, while our trip was last winter). It’s a pretty special format—I bought it in Japan without really knowing what I’d do with it. Well, it found its purpose! Below is a photo of this accordion-style journal: here, it’s only partially open, because when fully unfolded, it’s 5 meters long!
For drawing enthusiasts: The accordion format is both a constraint (each sheet is 9 cm x 27 cm) and a freedom (you can create a fresco). The paper is also a bit special: it doesn’t allow for fine lines, but it takes ink well (liner pen). However, everything has to be done almost in one go (with a very light pencil sketch) because it erases poorly. It absorbs too much water for coloring with markers or watercolors (unless you avoid soaking it), but it works well with oil pastels and their use with a brush and solvent. Since it’s yellowish, it allowed me to create contrasts even with white pastel.
On the right, the "welcome marker"—those dates offered everywhere as a sign of hospitality. On the left, a tribute to those stunning doors worn by time, admired all over the old quarters, including the abandoned ones.
Oman is one of the world’s largest producers of frankincense resin. Incense burners are everywhere, from the simplest clay ones to the most precious handcrafted silver ones...
Hospitality will often lead you to accept a small coffee, an "Omani coffee," very light, subtly flavored with cardamom, maybe a touch of saffron, and occasionally rosewater.
Here, I’ve depicted a man in the common everyday attire of Omanis: the dishdasha, mostly white (during the week and daytime; colors are more common in the evening or on Fridays and Saturdays). While you’ll see some men dressed in Western clothes, they’re very few. The white dishdasha is truly the shared attire of all men. The dishdasha, which has no hood, is distinguished by a small pom-pom attached to the collar, the furakha, which is soaked in perfume. And believe me, Omanis go overboard with it! "It smells like the pom-pom" is an expression that’s now part of our shared language, my husband and I.
Another must of men’s attire is the kuma, a small round head covering, usually white with brightly colored patterns. The keffiyeh is also worn (but without the cord called an agal in Arab countries), and it’s mostly worn by those with roots in the desert, from what I understood.
And what about the women, you might ask? Some are veiled, some in full black (but not a burka—more like a chador + abaya), due to the influence of Saudi Arabia and the United Arab Emirates, whereas the traditional outfit used to be a layering of very colorful dresses. Most of the women we saw wore neutral clothing, a plain veil over their hair, but with their faces uncovered. We also saw many saris and colorful veils—don’t forget that 40% of the population consists of Indian, Nepalese, and Bangladeshi immigrants, who work a lot in tourism, hospitality, restaurants, services, and construction.
Just to clarify, as a tourist, there’s no pressure to wear a veil, and never any disapproving looks. Of course, you’ll save the mini shorts, plunging necklines, bare shoulders, and midriffs for the hotel terrace—but I’d say that’s the same for men and women, and with the sun being strong, it’s better for your skin too.
Here’s the introduction! In the next post, I’ll tell you about my itinerary, and we can dive in!
"So, my little wanderers, back at the decks? What’s this mystery destination you’ve got in store for us at the start of the year?"
Yes, the schoolyard bell’s ringing again! We’re hitting the road... or rather, the skies! At first glance, our destination might surprise more than a few. First off, simply because I was here exactly twenty years ago, and I don’t usually like retracing my own footsteps. Secondly, because the name of this place screams mass tourism—basically the opposite of what Flo and I look for.
Despite that, in this land of backsheesh, I’d promised myself I’d come back one day to experience it my way. And since Flo told me, during our wanderer chats, that this destination straddling Africa and the Middle East was in her top 2 travel dreams, the stars aligned for this roots-style trip to quickly make it onto our pharaonic festivities program! Unless you’re totally clueless in general knowledge, you’ve probably guessed by now—we’re off to Egypt! Of course, a few classics will be on our itinerary, but above all, we want to soak up a culture that can’t be appreciated in four-star resorts or on a Nile cruise boat. And let’s be clear, these next two weeks won’t be a walk in the park—neither for our two daughters who are joining us, nor for our bodies!
And that’s clear from the get-go: after our first flight, eight hours of trying (and failing) to sleep on Milan airport’s metal seats, our second flight, landing, passport stamps, our Uber ride, and our first Cairo kilometers, we finally drop our exhaustion at the little guesthouse we booked in Giza. Doesn’t all that energy deserve a little reward?
Oh, absolutely! And here it is: a full-on slap in the face for everyone! But just look at this view from our hotel terrace? For 20 € a night for four, even with this incredible view, I figured the room must be pretty shabby, right? Nope... Is the staff rude, then? Nope... Okay, so what’s the catch? You’re gonna tell me breakfast is included too? Well, yes! Honestly, this Egypt trip is off to a great start.
And the rest of the afternoon, spent rubbing shoulders with locals, only confirmed this vibe. After digesting our pyramid view, we dove into the hustle and bustle of our neighborhood with the goal of exchanging money, eating at street stalls, and testing the hospitality of the locals. Ten out of ten!
Eight little sun breads with baba ganoush and falafel? 80 pounds, or 1.5 €. A dozen Middle Eastern pastries? Same! 80 pounds! Two hawawshis, those little pita breads stuffed with meat and spices? 10 pounds each, or about twenty cents! Not to mention all those smiles and free "welcomes" left and right!!!
What a welcome! We end this first day with a sunset over the three sisters of Giza—where we’ll obviously be gawking tomorrow...
My buddy Christian and I (Patrick) are off for 28 days in Argentina in March.
We’ve already shared several trips as a duo (Bolivia Peru, Namibia, Laos, Costa Rica).
Since we’re starting from the idea that at our age (65) we won’t be coming back here—there are just too many other corners of the world to discover—we did the "grand tour" of Argentina, with 6 domestic flights to make the most of our 28 days.
Here are our stops:
1) Departure from Brussels to Buenos Aires via Madrid
2) Arrival and first contact with Buenos Aires
3) Early morning flight to Ushuaia. Boat trip on the Beagle Channel
4) Ushuaia: hikes in Tierra del Fuego National Park
5) Ushuaia: last hike and flight to El Calafate
6) El Calafate to El Chaltén by bus. First hike
7) El Chaltén: hike
8) El Chaltén: hike
9) El Chaltén: hike and bus back to El Calafate
10) El Calafate: Perito Moreno Glacier
11) Flight to Bariloche. Car rental and surrounding areas
12) Seven Lakes Region
13) Nahuel Huapi National Park region
14) Flight to Salta. Car rental
15) To Tilcara
16) To Humahuaca
17) To Purmamarca
18) To Jujuy via the salt flats
19) To Cafayate
20) Around Cafayate
21) To Cachi
22) Back to Salta
23) Flight to Iguazu
24) Waterfalls on the Argentine side
25) Waterfalls on the Brazilian side and flight to Buenos Aires
26) Buenos Aires
27) Return flight
28) Morning arrival
Happy reading!..
After as many weeks as I have fingers on my right hand, we're hitting the road again, fully recovered from our pharaonic adventure. Back in France to drop off our daughters (sorry, girls!), this time it's just the two of us, ready to be welcomed by a new destination. They say it offers one of the richest cultural heritages in the world for those willing to put in the effort. It's the land of the ancient Silk Road, where we'll follow a journey steeped in history and discoveries straight out of *One Thousand and One Nights*. A former Soviet bloc region independent only since 1991, we'll be walking in the footsteps of Genghis Khan, Tamerlane, Alexander the Great, Marco Polo...
Another fun fact about this country: it's strictly forbidden to import porn on your phone. True story. The same goes for painkillers! Unless it's about sodomy—though the two don’t seem connected, that’s just how it is. Don’t ask me why! Anyway, I’m getting off track. Here’s the big question: Where do you think we’ve just landed?... To give you a hint, the locals are known for being incredibly welcoming. No sooner said than done—our first taxi driver, proud to transport French travelers, refused to let us pay for the ride. Great vibes for these two weeks ahead. So, any guesses?
Uzbekistan!!!
"How about a Christmas market this year, huh? A little romantic weekend getaway...
- Yes! That’d be cool! Strasbourg? Colmar?
- Feels a bit déjà vu, doesn’t it? Plus, slim chance of snow there... And I’d love something a bit more exotic with a touch of originality..."
"Okay, Google, give me the list of the five most beautiful Christmas markets in Europe.
- In fifth place, the Christmas market in Vilnius, the capital of Lithuania.
- Save your breath! Lithuania, here we come!"
We wanted cold, and cold is exactly what we got the moment we set foot in this new, unknown land. As for landscapes, forests and lakes stretch as far as the eye can see across this vast plain, its vegetation scorched by the frost of a winter that’s clearly already well underway here.
Lakes, in fact, set the scene for our first visit to Trakai Castle, whose brick-red towers and walls rise proudly against the azure sky of our first day. Lakes, because this castle was built on an island and is only accessible on foot via a series of walkways spanning half-frozen lake offshoots. I couldn’t have picked a better spot to build my castle! Translation: We’re totally sold! Proof is we spend two hours hiking around the area, alternating between forests, reeds, and cozy houses tastefully decorated for Christmas.
I’m sharing a little recap of this new 4-week trip to China—nothing fancy, just my experience.
We’re taking advantage of the extended visa exemption to return to China for the 4th time. I loved last summer’s trip so much that I’m a bit worried about being disappointed this year. Plus, I’ve had a few hiccups before this departure: my WeChat account got blocked, and I couldn’t recover it (luckily, Alipay still works fine); I couldn’t verify my 12306 account for weeks; Trip.com failed to book our second train; and I’ve got an injury that’ll slow me down during the trip... Ugh, I hate starting a trip with these kinds of issues. Then, oh surprise! Just before leaving, my 12306 account got verified! Super easy to use from that point on—I could book a few train tickets without fees.
We’re sticking with Free’s e-SIMs, which work great in China.
August 2–3
Anyway, on the morning of August 2nd, we took the RER to CDG. As usual, we couldn’t check in online. It’s always a bit frustrating, especially since we didn’t have any checked luggage. We flew with Air China. We arrived at the check-in counter at 9:50 AM, 2 hours and 40 minutes before the flight. The line for our check-in stretched 300 meters across the airport in both directions. What a joke!! We spent 1 hour and 45 minutes in that line just to reach the counter and get our boarding passes. By then, it was 11:35 AM, and boarding had already started at 11:20 AM. The screens showed a 25-minute walk to our gate—on the other side of the airport, of course—plus we had to go through passport control and security... Long story short, the plane didn’t leave without us 🙂 We boarded among the last passengers, and we took off at 12:30 PM. We’d flown Air China four times before, but this time, it felt *really* low-cost. The check-in chaos, the cramped seats (12 seats per row), no music by artists known outside China, mediocre food, and a boarding area at Beijing Airport with only 10 seats—worthy of Ryanair or EasyJet. And yet, the price was sky-high. Again, D.’s vacation requests were denied outside of July and August, so we’re traveling from August 2nd to 30th. We couldn’t have picked a worse time for inflated prices, and with the situation in Iran, we got hit with a 390 € fuel surcharge. I’ve never paid so much for flights—I felt like I’d bought business class, but nope, far from it!!
We landed in Beijing around 4:15 AM. It was 28°C with thick fog. We drove and drove and drove for 20 minutes, as usual in Beijing. Then we went through a first check, a second check, a third check, and waited for our connecting flight at 6:40 AM. A small Airbus A320, but way more space than in the Boeing 777 from the first flight. We landed in Kunming, Yunnan, around 10:15 AM in the rain.
We headed to the subway. You can’t pay at the machines with Alipay here either, so we set up the transport QR code directly in Alipay to scan at the subway gates. The process is a bit long the first time if you haven’t entered your info before, but once it’s done, it’s *so* much easier! We took Line 6 to the terminus for 6 yuan each.
We’d booked a hotel nearby, on the 16th floor. It’s actually studios on different floors of a huge residential building. The view’s pretty nice from here. We settled in quickly—back to those wooden beds, or rather, mattresses as hard as wood, which we *hadn’t* missed...
Then we went out for our first bowl of noodles of the trip and wandered through the shopping streets of the old town.
It was crowded, and the weather was cool—around 19–20°C. We tried a local specialty: milk skin, thick, dried, then grilled with rose jam. Yeah... we won’t be having that again. The taste and texture of the milk skin... no thanks.
We saw a lot of wild mushroom hotpot too. It’s on our list for later. We also passed through the Jinma and Biji gates, where I played with reflections in puddles. I *love* doing that 🙂
At the end of the day, we headed to a temple advertised as open 24/7 on Amap. Of course, when we got there, it was closed. We’ll go back tomorrow. That was the first of many disappointments with Amap this trip—I hadn’t had that issue on previous visits.
We were exhausted after that sleepless flight. Night was falling, and we decided to grab a quick bite without much appetite. We shared a delicious vegetable fried rice for 12 yuan—we even left half of it. The portions are *huge*.
After a couple of small purchases, we headed back at 9 PM, wiped out, after walking 17 km between the airports and these first steps in Kunming. I expected to see quite a few Western travelers here, but we didn’t spot a single one. Instead, we met lots of curious Chinese people, many of them super friendly and helpful—almost *too* eager, like when they’d run to serve us as fast as possible. It’s a bit much, but it’s great to be back!
Hi everyone, I’m Patrick, 67 years old, a seasoned traveler (already 22 trips outside Europe).
In autumn 2025, I took my first 3-week trip to Japan, with stops in Tokyo, Kamakura, Matsumoto, Kamikochi, Takayama, Kanazawa, Kyoto, Nara, Osaka, Koyasan, Tokyo again, and Nikko.
I wanted to go back in May 2026 and explore some lesser-known places to complement my first trip.
Last year, there were four of us traveling together to discover Japan (a fairly classic itinerary). This time, I’ll be traveling solo for part of the trip and with a couple of French friends for the rest.
The weather was gorgeous in May, averaging around 25°C, with two very hot days in Kyoto and only two rainy days.
As usual, I organized everything myself, gathering plenty of information from various sites, including this one.
Transportation:
An ICOCA card is essential.
I got a 5-day Kansai-Hiroshima pass because I took the shinkansen between Hiroshima and Osaka three times, and it paid for itself quickly.
Accommodations:
Mostly through Booking. No issues at all. Average cost was 46 € per night.
Meals:
For breakfast, I alternated between buying food at a konbini to eat in my room or on the train and grabbing something at local cafés.
For lunch and dinner, I tried to vary my meals as much as possible—lots of sashimi, sushi, and ramen.
Okonomiyaki in Osaka and Hiroshima.
Oysters in every form (raw, grilled, fried) in Onomichi and Hiroshima.
A variety of seafood (shrimp, shellfish) in Hiroshima and Matsumoto.
Fish whose names often escaped me, but notably mackerel and eel (unagi).
Tempura and gyoza.
Chicken skewers (yakitori) and one teppanyaki meal.
One omakase meal (9 different dishes).
In the end, not much meat aside from a few yakitori skewers. No splurges on super expensive wagyu or Kobe beef.
Average dinner cost: 4,800 yen, drinks included.
The Itinerary:
Day 1: Departure from Brussels
Day 2: Arrival in Osaka
Day 3: To Himeji, then Kurashiki
Day 4: To Fukuyama, then Tomo no Ura, then Onomichi
Day 5: Cycling the Shimanami Kaido
Day 6: To Takahara, then Hiroshima
Day 7: To Kyoto to attend the Aoi Matsuri parade
Day 8: To Miyajima
Day 9: Hiroshima, then Kyoto
Day 10: Southern Kyoto
Day 11: Northern Kyoto
Day 12: Final day in Kyoto, then to Nagatsugawa
Day 13: Start of the Nakasendo Trail (Magome to Tsumago)
Day 14: Second day of the trail (Kiso Fukushima)
Day 15: Third day of the trail (Narai), then Matsumoto
Day 16: To Mt. Fuji (Kawaguchiko)
Day 17: To Tokyo
Day 18: Excursion to Enoshima and Kamakura
Day 19: Flight home, with a 10-hour layover in Hong Kong
Day 20: Arrival in Brussels
This time, I landed in Monastir on a direct flight from Nice, again with Tunisair. We left about ten minutes late, and the flight lasted around 1 hour 30 minutes. A meal was served on board (cucumber salad with Edam-like cheese, carrots, and two small portions of dishes I couldn’t identify—semolina with peppers, olives, and parsley, two small rolls, a square of processed cheese, and a chocolate cake). It’s worth noting because it’s not common on flights this short.
In February, France and Tunisia were in the same time zone, but now Tunisia is one hour behind. This time difference and the flight duration work perfectly for a short 15-day trip since it takes me a few days to adjust to jet lag.
Luckily, I’d asked my hotel about the taxi fare from the airport because the drivers (there were several around me) didn’t hesitate to quote outrageous prices. The actual fare is 20 dinars, but one asked for 120 dinars. I refused, and another offered 60 dinars. I replied, "That’s too expensive—I’ll take the metro!" (Having tried the Tunis metro, I had no desire to repeat the experience in Monastir with a suitcase!). I started walking toward the metro, and one of the drivers caught up with me, saying, "20 dinars is fine!" I’ll skip the details, but the negotiation took a little while.
When I arrived at the hotel, I told the receptionist someone had asked for 120 dinars. He put his hands to his head and said, "They’re awful!" He remembered our phone call two days earlier when I’d booked (he’s the one who told me I could take the metro).
The Mezri Hotel isn’t expensive. I got a sea-view room for 75 dinars (22 €). (I’d booked a balcony room for 90 dinars but wouldn’t have had time to enjoy it.) It’s well-located but noisy because there’s no double glazing.
The receptionist is a very kind older gentleman. He called a friend whose wife is from Tozeur to find out if I should take a bus or a *louage* tomorrow and what time.
I arrived at the hotel around 7:00 PM and had time to stroll along the corniche to the ribat. Despite some run-down buildings, the seaside seemed livelier and cheerier than Sousse’s.
Monastir is the hometown of former president Bourguiba. I passed his mausoleum by taxi. There are Tunisian flags along the avenue by the sea because every year on April 6—the anniversary of Habib Bourguiba’s death—the president of the Republic visits the Bourguiba Mausoleum in Monastir to pay respects.
The taxi driver mentioned other Tunisian presidents. He complained about rising prices and insecurity, blaming President Kaïs Saïed (I’d already heard that security was better under Ben Ali).
At the end of my stay, I’ll take time to explore Monastir, but tomorrow morning, I’m off to Tozeur—a long bus ride awaits me.
With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo.
But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip.
And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays:
- 3 nights in St Lucia
- 1 night in Hluhluwe
- 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini)
- 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini)
- 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti)
- 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve
- 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.
Here we go!!!
I left home at 4 AM on October 31st and headed to Barcelona. Driving through Barcelona on the ring road stresses me out a bit, but at 6 AM the traffic is smooth, and I arrive at the airport without any issues. I call the valet, who quickly comes to pick up my car. He takes photos of it from all angles before letting me go.
Baggage check-in hasn’t started yet, and there are already several of us waiting.
Once free, everything happens very quickly. The flight to Abu Dhabi is on time and goes smoothly. I’ve never had any problems with this airline, which I’ve been using for several years.
The flight to Bangkok arrives at 7 AM as scheduled. This is my first time in Thailand and Bangkok. I’m used to traveling in India, and I notice that everything here is well organized—the customs process is quick, and the luggage is already on the carousel.
I booked a taxi on Booking. All I have to do is find the right exit and door based on the agency’s instructions. A large sign with the names of people who booked is posted on a wall. A hostess greets me and calls the taxi, which arrives 5 minutes later. I booked one night at the Lost Inn BKK hotel in the Phra Nakhon district, and we arrive at 9 AM. The welcome isn’t warm, and I have to wait until noon, sitting on a chair, before I can check into my room. I’m exhausted, and sleeping sitting up isn’t ideal. Noon finally arrives—the room is small but clean, which is fine for one night. I quickly take a shower to wake up because I plan to spend the afternoon visiting the Grand Palace. First, I need to exchange some money, and the banks are all close together on the same street, which is very convenient. When I enter one, a hostess gives me a ticket and invites me to sit down. There are about twenty counters, and I wait quietly until my number is called. The exchange is quick, so I can head out to find the Royal Palace. It’s actually very easy, and the walk is pleasant.
Entry to the Royal Palace (500 baht).
It’s magnificent and grand, and there are quite a few of us visiting. The sky is gray, it’s very humid, and a shower interrupts the visit. It’s a vast complex of temples and palaces. The buildings are colorful and sparkling, with a great sense of serenity (without the tourists, of course). I quietly enjoy the place and try to take photos without tourists, which isn’t easy.
Very close to the Grand Palace is Wat Pho, one of the oldest Buddhist temples in the capital.
It’s very famous for its 46-meter-long reclining Buddha statue.
Walking around the temple, you can see different representations of Buddha, all covered in gold leaf.
Inside the temple, on one side, monks recite their prayers, while the other side is reserved for tourists who come to meditate in silence.
Before returning to the hotel, I have dinner at an Indian restaurant. I go to bed early because tomorrow’s wake-up call will be very early again.
Saturday, November 2nd
Wake-up at 4 AM, departure from the hotel at 4:30 AM. The taxi I booked via Booking is waiting for me and takes me to the airport. The trip is fairly quick—he takes small roads, and at this hour, there’s no traffic.
The flight to Phnom Penh is on time. Before boarding, I realize I left my fleece jacket on the carousel, but it’s too late to go back for it.
The flight goes well, and customs is quick.
At the exit, I take a tuk-tuk to Julieka’s GH near the museum. The welcome is friendly. I won’t be able to check into my room until noon, so I take the opportunity to exchange some euros on the market street. The street is lined with restaurants, and I’ll have my first meal there.
The museum is right across the street, so I don’t waste any time visiting it.
The representations of Hindu deities are very different from those in India, and I don’t recognize them. Many beautiful Buddhas are on display.
The museum is very pleasant, and there aren’t too many people, which is a plus.
At the exit, I return to the GH, settle into my room—which is decent and clean.
The Royal Palace is 1 km away. I walk along a garden, and at the end of the street is the Tonlé Sap, but I turn right. I arrive at a large esplanade and see the buildings with tiered roofs and glazed tiles. The entrance to the palace is a little further away.
At the entrance, I notice there isn’t the same crowd as at the one in BKK.
Khmer architecture is magnificent. The complex consists of gardens, palaces, pagodas with golden roofs, and slender spires.
The Silver Pagoda houses the small Emerald Buddha, which is actually made of jade. The silver flooring is covered with carpets. Photos are not allowed.
The walls surrounding the pagoda are covered with frescoes depicting scenes from the Ramayana.
My partner and I traveled from Sunday, July 5, 2026, to Wednesday, July 22, 2026.
We spent a long time debating whether to rent a car or use public transportation. In the end, after reading so many posts about travelers getting scammed by police or rental companies—even those recommended by blogs and reviews—we decided to stick with public transport. It worked out really well. Sure, we had a little less freedom to go where we wanted, but it was way less stressful for us.
Sunday, July 5:
Arrived at Cancun Airport. Withdrew cash from the ATM in the terminal just before exiting. The ADO bus counter (they pronounce it "A-Jee-O") is right behind you when you're facing the ATM. Bus to downtown Cancun cost 145 pesos per person.
Stayed at "Rose 5," booked on Booking. The studio was super clean and perfect for one night. The owner’s instructions for accessing the place were very precise, with photos included. Check-in was self-service with a code. The ADO bus terminal isn’t far, and there are shops and restaurants nearby. We really appreciated that the AC was already on when we arrived. By the way, I’d recommend always booking places with AC—it’s *really* hot in Mexico.
Monday, July 6:
Bought a SIM card with data from a TELCEL store. My partner, who’s on Free Mobile, was able to use her regular plan. Just so you know, I found the network pretty unstable. As soon as we left the cities, neither of us—me with TELCEL or her with Free—had any signal.
Another thing to watch out for: roaming charges. I had to turn my SIM back on for less than 30 seconds to get a bank SMS code, and my phone apparently connected to the internet—resulting in an 8-euro roaming fee.
Left on an ADO bus to Chiquila for 278 pesos per person. During our trip, ADO buses were always on time, comfortable, and clean. The AC is *cranked* though, so bring something to cover up with—it gets cold. Some routes were fully booked even in the low season, so try to reserve 1 or 2 days in advance either via the app (when it works) or at the counter.
When we arrived at the ADO terminal in Chiquila, the ferry company counters were right next to it. Ferries leave every 30 minutes, alternating between companies, so no need to book ahead. Just take whichever one is leaving next (330 pesos per person).
When we got to Holbox (pronounced "Hol-bosh"), we’d booked a place via Booking called "Casa de Nana." It was a huge studio with a fridge, cooking plate, and utensils. The best part? The *location*. It was 100 meters from the beach and 200 meters from a Chedraui supermarket. They provided bath towels and beach towels, and the AC worked perfectly. There’s a key box so you can leave your keys inside when you go out. The only downside was that no one was there to let us in when we arrived, so we had to wait a while. The Wi-Fi was good, which was lucky because during our 4-day stay in Holbox, the phone network *never* worked. According to locals, that’s pretty common in Holbox, along with water outages.
Luckily, I’d had the good idea to download an offline map, which helped us find our way back to the place more easily. You can walk there from the dock.
The restaurant next to our place (La Barracuda) was great if you like seafood—I’d recommend their octopus dishes.
Tuesday, July 7:
We did a kayak tour in Holbox’s mangroves at 6 AM. We were looking for a sunrise kayak tour with a French-speaking guide. That’s exactly what we got with "Kayaking Holbox," where Diego, the owner, speaks English and French. He was joined by Gustavo, another guide.
We’d booked for a group tour, but we were the only ones. Diego still went ahead with it instead of canceling due to lack of participants, so we got a private tour at the group rate—really professional of him. They showed us this amazing ecosystem for over 3 hours. We saw all kinds of birds: pink flamingos, pelicans, egrets, frigatebirds... rays, a horseshoe crab, and a little crocodile that was *so* well hidden. Diego and Gustavo have a real eye for spotting animals—I could’ve passed by the crocodile 100 times and never seen it, it blended in so well. Their explanations about the flora and fauna were super interesting. We also got a little break where we tasted mangoes and bananas that taste *nothing* like the ones in France. A real treat—those little Mexican yellow mangoes! I’d definitely recommend Diego and his agency for a French-language kayak tour (1000 pesos per person).
In the evening, we walked to Punta Coco to see the bioluminescence. No need for a guided tour—if you really don’t want to walk, you can take a taxi. At Punta Coco, you have to pass the beach bar/restaurant and then go left into a kind of inlet that forms a lagoon. You have to wiggle your feet or move your hands in the water to create movement, which makes the light appear. Just don’t expect the kind of photos you’ve seen online—they’re all edited! It’s fun to see, but you won’t be dazzled by the light...
Wednesday, July 8:
Whale shark tour with "My Holbox Tours." Why recommend this agency over others for swimming with whale sharks? Simply because Valérie surrounds herself with top professionals to make your experience unforgettable. We were with Captain Fernando, who does everything to position the boat perfectly and make your swim easier. In the water, we were with Humberto, who also goes above and beyond to make sure you have an incredible time. He doesn’t just "supervise" like some guides from other companies who leave you on your own. No, Humberto reads the whale shark’s trajectory and guides you—all you have to do is follow him. He really puts in the effort, even holding your hand to guide you through this quick but intense encounter. Humberto also films the moment and will offer to show you the videos and sell them to you. His footage is really high quality.
Fernando and Humberto also prepared food for us. Special mention for their guacamole! Valérie is there to make sure everything goes smoothly on the boat and to answer your questions in French, English, or Spanish about these animals. If you choose My Holbox Tours, you can be sure you’ll get a top-notch experience.
About the tour itself: before you go, you should know that the sharks can be *really* far away. The day we went, it took 3.5 hours by boat to reach them. The boats are small, and let me tell you—on the way there, when we weren’t going with the waves, it was *rough*. Out of 9 passengers, 4 got seasick. But once you’re face-to-face with the shark, you forget all about that. Even if swimming with a whale shark isn’t exactly a walk in the park—they swim pretty fast, so you need some endurance to keep up. You’ll usually get 2 turns. Our first swim lasted a little over 4 minutes, and the second about 2 minutes because the shark was moving fast and we were still tired from the first swim. It might seem short, but when you’re swimming, it feels *long*. Either way, it’s an experience you *have* to do—but choose your company wisely. On the way back, there’s a stop at Cabo Catoche. Honestly, the snorkeling is pretty disappointing if you’ve done it elsewhere in the world. But the lunch stop at Cabo Catoche is really nice for relaxing (white sand and hammocks).
Thursday, July 9:
Short morning walk to Punta Mosquito at 6 AM. Really nice.
Ferry to Chiquila (330 pesos per person) + ADO bus to Valladolid (300 pesos per person).
In Valladolid, we booked "Casa Lucia" via Booking. The hotel is gorgeous, with a colonial style, and very close to the ADO bus terminal and downtown. It’s super quiet and clean. There’s a shared kitchen you can use with a fridge, microwave, and water dispenser, plus a big table by the pool and a nice indoor terrace. Breakfast was simple but included. The only small downsides were the tiny room and bathroom, no mirror in the room, and a noisy fan.
Friday, July 10:
Not far from the ADO bus terminal is the colectivo station for Chichen Itza. They offer a round-trip to Chichen Itza with an option to stop at Ik Kil cenote on the way back and then drop you off in Valladolid for 370 pesos per person (Ik Kil entrance included).
For the Chichen Itza visit, we’d booked a tour with a guide often mentioned in groups—his name is Juan Pat. He’s a Maya who lives near the site and speaks excellent French. He reserves spots in advance for you and queues up to be the first on-site. It cost 500 pesos per person + entrance fees. His tour lasts 2 hours and focuses mainly on the main pyramid and the ball court. He’s passionate and fascinating, even if some of his claims, as a Maya, might be a little biased. I think it’s *really* important to have a guide—otherwise, you’ll miss so much. You can contact Juan Pat on WhatsApp at +52 985 121 2381.
Afterward, we went to Ik Kil cenote (showers and life jackets mandatory, lockers available). It’s *very* crowded, but still really beautiful with its lush vegetation.
Saturday, July 11:
Since we didn’t have a car but still wanted to visit other cenotes that seemed hard to reach by public transport, we decided to book a taxi for the day. We agreed on 1200 pesos to take us to 3 different cenotes and wait for us at each one. (To find taxis, just look where they park near the ADO bus station.)
He picked us up at Zaci cenote, which we’d walked to. We got there at opening time and were the first ones there—had the place to ourselves for a while! 150 pesos per person. A pretty cenote in the city center with lush vegetation. It’s a bit like Ik Kil but without the deep cylindrical effect.
Cenote Xcanahaltun: the most beautiful cenote we visited. Entry 250 pesos per person. It’s a closed cenote with a hole that lets light in—a cave-like setting. You can kayak inside. There are little fish at the edge that nibble dead skin off your feet. Since it’s closed, the water is *freezing*!
Cenote Palomitas: entry 250 pesos per person. Another stunning closed cenote, even more enclosed than Xcanahaltun. The hole in the ceiling is smaller, so it was pretty dark when we arrived—kind of an eerie vibe. But when the staff turned on the lights, it looked like a "Gothic cathedral" full of bright stalactites.
Cenote Sac Aua: entry 290 pesos per person. The ticket includes a guided cave tour (tip-based). This cenote is really unique with its central island and way less crowded than Suytun. Just so you know, the water is *really* cold in cenotes. In these three, in July, we had the place to ourselves for a while and never saw more than 2 families at once—so peaceful!
Sunday, July 12:
ADO bus to Bacalar (536 pesos per person).
In Bacalar, we stayed via Airbnb with a host named Luli, who offers several rooms with shared bathroom and kitchen.
The room is nicely decorated in a pleasant setting. It’s ideally located near the lagoon and downtown. The shared kitchen is handy. The mosquito net over the bed is useful because there are *a lot* of mosquitoes in Bacalar. Luli provides a water jug, which is really nice. The only big downside is the lack of water pressure in the shower—we had to rinse off by filling a bucket. Also, there’s no real door separating the room from the bathroom. We never met Luli in person, but she was very responsive via messages. The terrace in the middle of the vegetation is lovely.
From the ADO terminal to the place, we took a taxi for 40 pesos. Since this driver was honest about the price (we’d checked beforehand), we decided to use him every time we needed a taxi in Bacalar. Here’s his WhatsApp: +52 983 184 3585.
Monday, July 13:
We did a boat tour on the lagoon with "Bacalar Francophone Activities." Since we were just the two of us, it cost 3500 pesos. If we’d managed to be 4 people, it would’ve been 1000 pesos per person.
We had a private 4-hour tour on the lagoon with Steeve and his very comfortable boat. He’s from Quebec, so his French is perfect. During those 4 hours, Steeve showed us the lagoon’s iconic spots *and* places other boats don’t go. He told us about the lagoon’s history and gave great tips on where to go and where to eat. As a little bonus, he gave us a video taken with his drone during our swimming break.
Tuesday, July 14:
We went to Los Rapidos by taxi (400 pesos round trip) and entry was 225 pesos per person. It’s *very* touristy but really beautiful. You can eat there (expensive), relax, and go down the "rapids" as many times as you want. It’s worth it if you spend a few hours there. You can’t bring in food or drinks—you leave them at the entrance and pick them up on the way out.
Wednesday, July 15:
On Wednesdays, navigation is banned on Bacalar Lagoon, so we’d planned another excursion.
Visit to Calakmul from Bacalar with ABCtours (WhatsApp +52 983 319 8359).
This agency organized a trip from Bacalar to Calakmul with a French-speaking guide. Communication beforehand via WhatsApp was smooth. Mr. Checo, the driver, and Fernando, the guide (who spoke great French), picked us up on the day. Mr. Checo drove very carefully on the long road and always made sure we were comfortable. Fernando is passionate about flora and fauna—he’s a biologist with a degree in ornithology, so he knows *everything* about animals. The slightest sound or song, and he knows what it is. He’s got an eye for spotting them, from the biggest to the smallest.
During the trip, we stopped at km 27 for a short forest walk, then went to see the two main pyramids on the site. On the way back, we stopped at the bat cave for the magical spectacle of millions of bats flying out at dusk. In the end, we saw or glimpsed (some briefly) spider monkeys, howler monkeys, a toucan, 2 tapirs, turkeys, 2 deer, and lots of birds. If, like us, you’re more into flora and fauna than archaeology, I’d *highly* recommend this agency and tour with Fernando.
It’s not cheap, but the road between Bacalar and the site is *long* (3.5 hours). Price: 3900 pesos per person for 2 (3500 for 3, 3200 for 4).
Thursday, July 16:
ADO bus to Playa del Carmen (614 pesos per person).
In Playa del Carmen, we stayed in an Airbnb. The building is on the town hall square, next to the casino.
The best thing about this place is the *location*—super close to Fifth Avenue (La Quinta). The kitchen is pretty basic, but the fridge works well. There are supermarkets nearby. The rooftop pool is really nice. The two big downsides, though, are the soundproofing (you can *hear* the neighbor’s alarm and all the events on the square) and the *total* lack of water pressure in the shower. We had to fill a trash can with water to pour over ourselves. When we told the owner, he said it wasn’t normal and someone would come fix it, but we never heard back. Based on previous reviews, this seems to be a known issue that never gets resolved.
Playa del Carmen is *very* touristy on Fifth Avenue, but in a fun, musical vibe—we never felt unsafe. There are *tons* of little souvenir shops for tourists on this street. There’s a beautiful monumental sculpture on the beach (the two figures meeting in the air), next to which you can see the Voladores show (men climbing a pole, tying themselves with ropes, and descending headfirst while "flying" around the pole). The show is tip-based and happens several times a day. In our opinion, Calle 38 is prettier than Fifth Avenue—it’s lush, green, and quieter, with the sea at the end. Great for an early evening stroll. We had really good meals at great prices at "El Tio Noy" tacos, just a few meters from Fifth Avenue in a side street.
For souvenirs, we’d recommend going to Walmart instead of Fifth Avenue—you’ll find skulls, tequila, mezcal, keychains, mugs, glasses... at good, fixed prices.
Friday, July 17:
We did the excursion to Isla Contoy. Isla Contoy is an uninhabited, highly protected island. Only 200 people are allowed to land per day on a rotating basis, so only a few companies have permission to dock there. Most agencies subcontract the day to a third-party company.
We booked through VRM (Viviendo Riviera Maya), but it was Ocean Tours Mexico that handled the tour. Contoy is a little paradise. We were accompanied by multilingual guides, including French speakers, throughout the day. Steffy gave us info about the island during a short walk on the marked trails, and Leño Tlatemoa kept the mood up on the boat rides with music and dancing. Isla Contoy is *truly* stunning, and the lunch was delicious: grilled fish and chicken, guacamole and tortilla chips, rice, fruit, drinks (everything is brought and taken back by the guides). The snorkeling part was pretty disappointing if you’ve done it in Cozumel, though. The stop at Isla Mujeres isn’t very interesting either—it’s too short to explore, and the island is *extremely* touristy. Still, the excursion was very well organized, and we had a great day (2970 pesos per person).
Saturday, July 18:
We wanted to go snorkeling in Cozumel but thought the prices from French-speaking agencies were too high. Plus, for snorkeling, we figured we didn’t *need* a French-speaking guide.
So we found a much cheaper solution by taking the ferry from Playa del Carmen ourselves and choosing an agency in Playa. The round-trip ferry cost 663.50 pesos per person. Then we took a taxi to the snorkeling boat (100 pesos). The agency we chose is called Mystic Snorkel—they don’t have a physical office. The tour cost 1400 pesos per person. It was a small boat, but that day we were the only ones, so we got a private tour at the group rate. We stopped at 4 different sites, all very different and beautiful. We saw all kinds of fish, corals, a nurse shark, and turtles. El Cielo, with its huge starfish, is *exceptional*. If you’re going snorkeling in the Yucatan Peninsula, this is *the* tour to do—the other sites are pretty "poor" in comparison.
Sunday, July 19:
Morning dive with Triton Diving. I chose the Cozumel dive option. Great experience.
Booking via WhatsApp was easy. On the day of the dive, Selene, who speaks French, was our guide. She’s *very* attentive to the group’s safety. The briefings are clear and precise. In Cozumel, we did 2 very different sites: the first was a drift dive with lots of life—beautiful corals and fish. The second was a wreck, the C53, a 56-meter boat you can enter. Not much marine life, but a beautiful wreck intentionally sunk for divers—still in great condition. An unforgettable moment. Selene even took videos during the dive, which the club sends you for free afterward. I’d *highly* recommend this club.
Just so you know, in Playa del Carmen, the beaches were full of sargassum during our stay, despite barriers and daily cleanup. Locals told us the problem is getting worse and the sargassum is arriving earlier in the season. Tourism has taken a *big* hit this summer, and they’re wondering if tourism can even survive the sargassum season anymore. A lot of tourists are heading to the islands—Isla Mujeres and Cozumel—to enjoy the beaches, as the west side of those islands is sargassum-free.
Monday, July 20:
Colectivo to Puerto Morelos. First, a colectivo toward Cancun that drops you off between Puerto Morelos town and Puerto Morelos beach (40 pesos per person), then another from that junction to the beach (10 pesos per person).
In Puerto Morelos, we’d booked a room via Airbnb at "Piedra del Caribe." *Best* place we stayed in Mexico. It’s an aparthotel. Our room was ready before check-in, so they let us in early. The place matched the description—spacious, with a comfortable king-size bed. The shower had *great* pressure, which isn’t a given in Mexico. The staff was super friendly and welcoming. They let us use the pool, restrooms, and rooftop shower after check-out while we waited for our ride to Cancun Airport. They even kept our luggage. I *highly* recommend this place.
In Puerto Morelos, there was *way* less sargassum than in Playa del Carmen—it was actually swimmable.
We did the snorkeling tour with the fishermen’s cooperative for 450 pesos per person for 2 hours. The reef is close to the beach (you’re not allowed to swim there), so the boat ride is short. It’s not as pretty as Cozumel, but it’s nice and affordable. On Puerto Morelos’s page, you can also access a small, not-very-well-preserved reef. There’s also a cenote in the sea where fresh water mixes with saltwater—the water is murky there. We had a great dinner and excellent cocktails at "La Choza del Puerto."
Tuesday, July 21:
Wandered around Puerto Morelos (check out the church and read everything—it’s entertaining!), relaxed by the hotel pool, and left for Cancun Airport by taxi (400 pesos) booked via InDrive to head back to France.
Our highlights:
- Holbox
- The whale shark tour
- The cenotes
- The local flora and fauna (so present!)
- Isla Contoy
- Cabo Catoche (except for the snorkeling)
What we liked least:
- The bioluminescence (barely visible despite good conditions)
- The food—we found it not very diverse in taquerias
- The constant tipping
- The lack of water pressure in showers (fixed, wall-mounted, no hose or showerhead)
Don’t hesitate to ask if you have any questions while it’s still fresh in our minds.
Traveling with just one spare pair of underwear, considering a hot shower a miracle, never staying in the same place too long by sleeping wherever night catches us, taking whatever local, improbable, and rickety transport we can find—this is the DNA of us wanderers. Except this time, the script for our movie is going to be a whole different genre. On paper, the destination doesn’t exactly scream epic adventure: Réunion! And what’s more... we won’t be two, or four, or even ten. We’ll be a solid thirty. All from the same family. Yes, thirty. At this point, it’s not just a trip—it’s a summer camp on the move! Why inflict this on such a peaceful island? Because my brother decided to get married there with his lovely bride. A great idea, you might say... especially when it involves relocating the equivalent of a small Ardennes village 10,000 kilometers from home for three weeks! So who’s stepping up to be the guide and wave the little flag?
So, for an exceptional trip, exceptional stories! Don’t worry, the debates at the supermarket over whether to choose plain chips or roast chicken chips, the beach picnics washed down with ti’ punch, and other rougail sausages to digest by the pool will only make it into the family archives. Here, I’ll stick to the tales of our beautiful escapes, the ones where we explore the wild corners of this little volcanic rock planted in the middle of the Indian Ocean. So where exactly are we headed?
For the first week—the subject of this first installment—we’re taking it easy. We’ll start by rediscovering the coastline, from the Souffleur in Saint-Leu to the Hermitage lagoon, before a little trip to the Cirque de Cilaos and its legendary road with 400 turns, just to get our legs warmed up.
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style.
All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of three years at most in Thailand, and I’m not a big expert on the country.
However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to piece together a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who miss it.
I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.
I suspect many Thais have dogs because they make excellent guards for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course.
Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious.
Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big property, be careful at night, and be careful when they’re in packs.
It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t really made for walking around, and dogs are one of the reasons.
That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though, are much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been broken for years.
You’ll often see dogs sleeping on the side of the road, sometimes right on the road. When you arrive, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, which reminds visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. Seeing a small pack roaming freely in the countryside, you might think it’s best not to cross paths with them at the edge of a field.
A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at temples on the brink of death, enduring terrible suffering. No one did anything about it. The image (and the smell) of one of them, dying and emitting the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The well-fed animal quickly became a happy, enormous beast with its own garden. Yet, it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water in them for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not a gimmick—it’s just that these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
It was winter, a winter with beautiful weather,
A season that only exists in the southwest of America,
I remember very well what I told you that morning
A month ago... A century ago, an eternity ago...
We’ll go... wherever you want, whenever you want...
Well, yeah, back from our adventure in our enchanting American West just a month ago, we’re already taking a bite out of one of its lesser-known competitors. "Flo, if you had to pick just one reason to justify your love for the U.S., what would it be?" The greasy, dripping burgers? No, I don’t think I’m going out on a limb by saying it’d be the wide-open spaces... And that’s exactly what our new quest is taking us to—a land on the other side of the globe where the horizon also seems endless, where silence tastes like salty wind and sand, where freedom is measured in kilometers of desert tracks, where the GPS is mostly there to confirm you’re lost in the middle of nowhere... Add to that magic formula the fact that you’ll see more zebras, giraffes, wildebeest, and elephants than people per square kilometer, and you can imagine us setting foot in Southern Africa for the first time, more precisely at the small airport in Windhoek, capital of... of...? Brush up on your geography, damn it! We’re landing in Namibia!!!
To be honest, Namibian landscapes have been flirting with me for ages. So how did I resist this island of temptation for so long? First, the budget. Let’s just say that for the same amount of effort (and kidneys), the bank lets you choose two other adventures almost anywhere else on the planet. Then there were my girls. Yeah, back then, they were too little to dose up on Malarone, the only malaria remedy at the time... Long story short, ten years later, all the planets have aligned. First, I won the Euromillions! Well, almost... Let’s just say my girls are now old enough... not to take Malarone, but to stop following me on all my adventures! Jackpot! "Flo, how about a little two-person caprice, just the two of us, tackling the Namibian tracks?"
As we landed on the runway, first wow effect: The horizon is immense. It’s flat as can be, incredibly flat... So much flat space! Did I mention it was flat?... Looking into the distance, it feels like your gaze could circle the Earth without hitting a single obstacle—until you end up staring at your own backside. "Oh, what a nice view!" Well, it’s the first time I’ve seen my butt from this angle! Touching moment... Sorry, I’m rambling—must be the exhaustion from the three-flight marathon we just powered through via Ethiopia and South Africa... And yet, no time to philosophize about my anatomy. As usual, we want to rack up our first kilometers to be front and center at dawn tomorrow. After wrapping up the tedious Namibian immigration formalities and meeting the 4x4 that’ll be our companion day and night for the next fifteen days, we’re off! We’re not exactly fresh, but we’re ready to tackle the next five hundred kilometers in night mode, cruise control set due south! Just outside Windhoek, the local wildlife—a jackal—welcomes us with a smile: "Welcome to Namibia!" That’s what it said! Honest... Okay, first endless straight road, first flaming sunset, first corrugated dirt track, first Milky Way with zero light pollution... You get it—it’s definitely the day of firsts... First night camping, too, in the big trunk of our Toyota Fortuner parked by the side of the track... The real adventure, the kind that smells under the arms, can finally begin...
Here we go—finally, the big day has arrived! A trip the whole family (my two kids, my husband, and me) had been looking forward to for so long.
To keep it short, we left from Nice, arrived in Namibia on June 25, 2025, and left again on the 21st—four weeks later.
We used an agency for all the camping reservations, activities, and the car rental. At least that side of things was taken care of. Michaël was our contact throughout the planning and the trip itself.
We spent our first night at Londiningi BB. A bit out of the city center but very quiet. The rooms were spacious and clean, and we could eat on-site that evening. Perfect for recovering from the flight.
This travel journal is our second on VoyageForum, following last year’s where we recounted our four weeks in Vietnam.
The goal remains the same: since some members on this site share tips, experiences, and great deals that help us prepare for our trips, we do the same after returning—both to give back a little and in the hope that our experiences might be useful to others in some way.
Our route was as follows: Bangkok, Siem Reap, Krabi, Suratthani, Koh Phangan, Koh Tao, Chumphon, Bang Saphan, Prachuab Khiri Khan, Sam Roi Yod, Hua Hin, Phetchaburi, Bangkok.
Beyond rediscovering Bangkok, our objectives were the long-held dream of seeing Angkor and exploring southern Thailand, much of which isn’t overly touristy.
A quick big thank-you to Barbot, who took the time to answer several of our questions.
12/07/2013
The cheapest flight we found earlier this year was a Paris-Bangkok route with a layover in Moscow for 1440 €, total for two people.
So, this time we tried Aeroflot. Airbus A318 for the first leg, A330 for the second. Nothing particularly annoying to report—the passengers were very calm, the cabin temperature was comfortable, and we had enough legroom.
That said, the quality of the meal trays was pretty mediocre, and the flight attendants weren’t exactly comedians.
We’d like to remind everyone that it’s best to exchange as little money as possible at the airport upon arrival, since the rate is about 5% worse than at city banks.
Of course, we made sure to take the airport exit where you can catch official taxis to avoid getting scammed. So, we queued up, a little lady gave us the ticket, and off we went with the driver.
Generally, this system works well because these drivers are registered, know their duties, and the risks they face if they break the rules. Except that day, right off the bat, we got the scammer of the day. His first move was to snatch the ticket from my wife’s hands—the one you’re supposed to keep in case of a complaint. My husband saw it, but after a full day of travel, we were a bit out of it, and honestly, there was no reason to be suspicious. But once we started driving, the guy refused to turn on the meter. We insisted more and more firmly, but nothing. So, I used the famous method of opening the door and starting to step out of the car. At 40 km/h, that scares the driver more than the passenger. He finally turned on the meter, but that didn’t calm him down—quite the opposite. For the next half-hour, he ruined the ride by demanding extra fees here and there. Having dealt with several scam attempts last year in Vietnam, this wasn’t exactly new, and we were proud of ourselves for staying pretty zen. Still, this guy was a little scary—he was completely wired and aggressive. Honestly, it was hard not to think he was on something. He’d be perfect for a *Scarface* remake. When we finally arrived at the hotel, he followed us to the entrance. We paid the two tolls (25 and 45 baht), gave him the usual 100 baht extra for the ride, and stayed polite but firm. So, meter: 245 baht + 100 baht + 25 and 45 baht for tolls—we paid the exact amount, no way we were tipping this guy. He left furious, but he was already like that before picking us up... Anyway, avoid Mr. Chartree Chidchen, number 089 826 7308, car E2663!
We were so relieved to finally settle in at Feung Nakorn Balcony hotel in the temple district. 42 € per night, great reception, all the staff is friendly. The AC works fine, the bed seemed hard at first but turned out to be comfortable. The hotel is quiet, away from the nightlife, but at this time of year, many places are less crowded than in high season. Even with a nice fish pond and outdoor breakfast area, it’s a decent hotel, though we felt we could’ve found something better.
After a night on the plane, the first afternoon is always a bit of a slog. We napped for a few hours, and when we woke up—guess what—we were starving. We visited a temple across from the hotel (nothing special) and then decided to take the Chao Phraya Express, the river shuttle that serves many piers along the river. It was a really enjoyable experience. The steel gangway wobbles when you board and disembark, the boat sits low in the water, and sometimes you get splashed. During peak times, you’re packed in like sardines, but most of all, there’s that exotic urban landscape passing by, especially the temple rooftops.
At that exact moment, the boat was packed. We didn’t see a ticket booth at the pier, and we tried in vain to pay the few baht for the ride. The cashier on the boat was too busy, and another employee we called didn’t have time to help us. Oh well, we weren’t going to force the issue. Still, this mode of transport is super practical for avoiding traffic, and at the piers, the lines with station names are clearly marked, with colors matching the flags on the boats. Combined with a map like the *Routard* guide, it’s easy to navigate.
We easily made it to the restaurant *Harmonique*, located near one of these piers. It’s a unanimous favorite on this forum, and let us tell you—it’s well-deserved. What a wonderful experience that evening! We only saw the outdoor gazebo because there was no way we were dining inside. It’s not flashy, so those looking for a luxurious setting should look elsewhere.
That night, the staff was a bit slow, and we had to track them down several times to move things along. But oh, my friends—what a feast on the plate! Start with the appetizer platter for two at 250 baht, featuring four specialties, each more tempting than the last, followed by their famous crab curry for 200 baht. There’s *so much* crab in there! The dish is so delicious and rich that when you finish, you feel—how to put it—like it was almost *too* good, to the point where you’re almost put off eating for days. And also, oh yes, we *will* be back. Their satay chicken is just as amazing, and it would be a crime not to mention their generous dessert with ice cream, warm banana, and chocolate, plus their *excellent* almond milkshake.
Later, we took a taxi to Kao San Road, mainly to book a Ko Tao-Chumphon trip for 600 baht per person at the Lomprayah counter. In hindsight, we should’ve booked all three of our trips there right away.
Kao San Road is *ultra*-touristy—better for younger crowds, but it’s still worth seeing. There’s rock ‘n’ roll, hippies, and crowds everywhere.
We walked back to the hotel, and when we got a little lost near a canal, a really nice older Thai man spontaneously appeared out of the night to kindly point us in the right direction.
Finally, a real long night of sleep ahead—we cranked up the AC. Sweet, the vacation has begun!
Hi there,
I just got back from a trip to Sri Lanka from December 18th to January 1st with 2 adults and 2 kids (12 years old).
If it helps, here’s my itinerary.
We left on December 18th from Madrid with Qatar Airways. No complaints. I booked my tickets back in March for 800 € per person. (I flew from Madrid because I live near the Spanish border and was too worried about strikes in France.)
We arrived on December 19th at 4 PM (local time). Before leaving France, I’d booked a taxi through MyTransfer for 59 € to Sigiriya. A van was waiting for us at the airport exit.
A never-ending 3-hour drive to Sigiriya. We stayed at Samana Guesthouse—very simple, clean, with a pool and an excellent Sri Lankan breakfast. Shower and straight to bed.
Friday, December 20th: Beautiful weather, but very humid and hot. We visited Lion Rock (36 € for adults) and then Pidurangala.
I loved both sites—they’re a must-do in my opinion.
Spent the late afternoon by the pool.
Saturday, December 21st: Another gorgeous day. The guesthouse manager offered us a free 2-hour tuk-tuk tour. We first visited a lake, rice fields, the temple, and the Sigiriya market, plus the usual tourist trap—the botanical garden (no pressure to buy anything at the end).
Then we took a tuk-tuk to Dambulla Temple, the Golden Buddha, and the wholesale market.
Sunday, December 22nd: Still beautiful weather. I’d booked a taxi for 8 AM. We did all the long trips by taxi to save time. I’d ask for prices from 2 or 3 WhatsApp taxi agencies 2 days or the day before—super responsive, always got replies within 5 minutes. We headed to Ella (4-hour drive) for 22,000 LKR.
Arrived in the afternoon at Rest Full Homestay—a small, family-run guesthouse. Clean, cozy, and an amazing Sri Lankan breakfast.
In the afternoon, we went to Nine Arches Bridge. It was a Sunday, a Sri Lankan holiday, so it was *packed*—mostly locals and very few white tourists! Even though it was crowded, it was cool because it was all Sri Lankans. We waited an hour for the train. It’s worth seeing, but honestly, I didn’t think it was that amazing.
Then we headed to the station to check if we needed to book tickets for the train to Haputale—turns out, no.
Monday, December 23rd: Beautiful weather. We hiked Ella Rock—a gorgeous trek. The final stretch is steep but shaded, so it wasn’t as tough as I’d read. The whole hike is stunning from start to finish. We saw the train pass twice (one blue, one red) and lots of women picking tea.
After that, we did Little Adam’s Peak. It’s not hard, but it was *packed* with tourists—meh. Luckily, at the top, you can walk a bit farther (down one side and back up) to get some space to yourself.
What I *didn’t* like was the commercial vibe at the big café/restaurant with a pool at the entrance of Little Adam’s Peak. Loud music, all that money being made right next to little souvenir stands run by Sri Lankans or tea-picking women. Felt off.
Ended the day buying souvenirs at one of the few shops we found during the trip.
Tuesday, December 24th: Beautiful weather. Took the train to Haputale. We got to the station 30 minutes before the 9:30 AM train. We could’ve taken 2nd or 3rd class—I went with 2nd (160 LKR per person).
It was crowded, but we managed to get seats—first 2, then 3. Only a 1-hour ride, but I *loved* it—windows and doors open the whole time.
Arrived in Haputale around 11 AM, and the mist was already rolling in.
We walked to our guesthouse, The Mist Holiday Bungalow. Simple but clean, with a great view of the tea plantations. The owner’s wife is Vietnamese and used to work for French tour operators, so her French is still pretty good—helpful for us since our English is terrible. They booked us a tuk-tuk for 4:45 AM the next day (2,000 LKR) to Lipton’s Seat.
Spent the afternoon wandering around Haputale. Not much charm, but there’s a nice fruit and veggie market and a short walk through the tea plantations.
Wednesday, December 25th: Beautiful weather. The tuk-tuk was on time to take us to Lipton’s Seat. We were the first ones there—the sky was just starting to turn pink. In the end, only about ten of us watched the sunrise. The guesthouse had packed us breakfast, and we walked back down (half on the road, half through the plantations). Didn’t see any tea picking since it was Christmas, but the walk was still incredible. We took detours through villages full of kids.
After that, we visited the tea factory. The tour was really interesting, and we took the bus back down to Haputale. Such a great moment—whole families were heading to mass, dressed up and made up. All so beautiful.
At noon, we left for Udawalawe National Park. Taxi for 14,000 LKR. Stayed at River Inn Safari Cottage. *Warning*: It’s the same place as Eagle Safari Cottage. I don’t recommend it. We’d always stayed with families before, but here it was just staff—totally different vibe. The pool was nice but not very clean (water was murky). The bungalow was big and fine, but it was brand new—so new the asphalt floor wasn’t fully dry. It’s in the middle of nowhere, so we had to eat on-site. Couldn’t leave a review on Booking because they never confirmed we’d stayed, and they canceled our reservation the next day.
Thursday, December 26th: Beautiful weather. I’d booked a safari through the hotel for 5:30–10 AM for 54 USD. Honestly, yes, there are a lot of jeeps, but it was great. The kids loved it—we saw everything there was to see.
Left by taxi at 11:30 AM for Welligama (12,000 LKR).
We didn’t stay in Welligama city but at Coconut Beach, between Welligama and Midigama. *Total crush* on the guesthouse: Sky Mountain Café with View. Such a lovely family. The mom makes amazing meals at reasonable prices. The view from the hill over the sea is unreal.
Spent the afternoon walking along the beach.
Friday, December 27th: Beautiful weather. My kids are surfers. Unfortunately, there weren’t any boards their size to rent at Coconut, so we took a tuk-tuk to Welligama Bay (1,000 LKR). They surfed from 8 AM to 5 PM—rental was 5,000 LKR for the day. Meanwhile, we walked the beach and swam. Water was 29°C.
Saturday, December 28th: Beautiful weather, rain from 4 PM until midnight. Same surf day. They were so well-behaved the whole trip, so this was their reward.
Sunday, December 29th: Beautiful weather. Beach day at Coconut. *Warning*: It’s a reef break. For surfers, there are three spots (Coconut Left, Middle, and Right). The boys bodysurfed (with fins) all morning, and at 1 PM, we took the bus to Hikkaduwa.
Stayed at Hotel Universal Beach. Nothing special—right on the water, but the rooms were dark even though they were clean. The manager was super nice, but the rest was meh, and breakfast was mediocre compared to what we’d had before (2 eggs and 3 slices of toast). Plus, it was late—8 AM.
First impression of Hikkaduwa wasn’t great—way too many Russians for our taste.
Monday, December 30th: Beautiful weather. Spent the whole day exploring. Turtle Beach, then the other side of the beach (toward Galle) near the fishing port. The beach there is much wider, with scattered hotels and super quiet. It’s beautiful—I should’ve booked somewhere in that area. Ended up having a great day away from the crowds.
Tuesday, December 31st: Overcast, then beautiful, rain at 4 PM. Had to end the year (and the trip) with some surf. Rented boards for the kids (3,000 LKR per board for the day). Bad luck—the waves were on a reef break but small. Not great for them, but no big deal. They still got out of the water by 2 PM. Walked the beach (which is gorgeous), had a juice, and went for a swim. Then back to surfing in the rain at 4 PM.
Wednesday, January 1st: Left by taxi at 5 AM (18,000 LKR). Flight at 10 AM. Arrived in Madrid at 8 PM.
I could have titled my travel journal like Carmen: "Some trips are born twice." Indeed, we had considered this destination back in February 2020. However, an honest tour operator advised us against traveling at that time due to the climate. So, we gave up and opted for Guatemala instead (see "On the Mayan Lands" on this site).
So, why this title? When I was in primary school, over 65 years ago, the illustrations in my history books (Machu Picchu) and geography books (Lake Titicaca) made me dream, and those images stayed in my mind. It took until 2026 to finally make this dream come true!
We prepared our trip with Tout Pérou, a French-speaking "agency." Everything was handled via email and WhatsApp exchanges with our contact: Laurent, who was both competent, friendly, and full of good advice.
For 200 €, Tout Pérou provided us with drivers and guides whenever we wanted, helped us buy our domestic flights (cheaper when purchased in Peru), booked shuttles between airports and hotels, and got us a discount on the train ride to Aguas Calientes, as well as on the buses between Chivay and Puno and between Puno and Cusco. In short, Laurent took care of all the logistics and the Machu Picchu tickets. It was up to us to book our hotels. Tout Pérou provided a list, but we weren’t obliged to follow it. Another advantage of the package: we didn’t have to pay in advance; we paid the service providers directly day by day.
We didn’t meet Laurent in person because he was on vacation in Europe. Before his departure, he gave us a briefing, provided a summary table with the entire program, the service providers, their phone numbers, their fees, the schedules, and gave us plenty of advice (money, exchange, safety, etc.). After returning at the end of our stay, he kept checking in on us.
Lastly, we had also gathered information from Arnaud Lagadec, who runs a hotel in Cusco and offers tours of the region. He gave us a lot of useful information. Another contact: Thomas Montaigne, very friendly, who runs an agency in Arequipa (Agence Pérou Exclusif).
Day 1 – Paris to Lima
Foreword
I’ll share our trip without any pretension—I don’t have the talent of some contributors on this forum—and I’ll illustrate it with a few photos (taken with an ordinary smartphone). My comments are personal and only reflect my own views. So, please be kind! Feel free to comment on my story as you like, but let’s avoid pointless debates.
Even though we live in the south of the Paris region, true to our habits when the flight is in the morning, we chose to spend the night before our departure in a hotel near CDG and parked our car in a parking lot in Garches. This way, we avoid the stress that often comes with traveling around Paris (accidents, roadworks, traffic jams, etc.).
Check-in and border control went smoothly on that Sunday morning. Our Air France flight was uneventful. In Lima, border control took a particularly long time, and for the first time, we didn’t get an entry visa stamped in our passports.
As planned, a driver took us to the Miraflores district, where our hotel was located. We were surprised by the numerous signs about possible tsunamis, having forgotten that Peru is prone to such events and regularly experiences earthquakes. We’d see the consequences of these during our journey.
Exhausted from the early wake-up, the 13-hour flight, and the 7-hour time difference, we had dinner at the hotel before a restful night.
Note that this day was Peru’s presidential election day. As a result, we weren’t served beer—the sale of alcohol was banned that Sunday.
We did the Langtang trek (hike) from September 10th to 17th, with the first and last days being the trip from Kathmandu and back—so 6 days of actual walking. It’s a fairly well-known trek but certainly not as famous or crowded as those in the Annapurna or Everest regions, which is why we chose it.
In theory, it’s mandatory to have a guide for this trek. In reality, it seems there are ways to bypass the regulations: we met at least two people hiking without a guide—a South Korean, a New Zealander, and possibly also a couple of English women and an American couple, though we’re not sure if they had a guide.
The agency we booked with had told us it was an affordable trek for relatively older people in good shape—which is our case (I’m 72 myself). I have to say upfront that we found it quite challenging, maybe because we didn’t have good weather—it was the end of the monsoon season. To be clear, no matter your fitness level, I’d say doing this trek in the middle of the monsoon season would be suicidal.
Day 1 – Journey from Kathmandu to Syapru Besi
On Monday, September 8th, there had been violent protests in Kathmandu against the government, which had, among other things, blocked access to social media and been accused of nepotism and corruption. There were 19 deaths. The situation was very tense on the day of our departure, Wednesday the 10th. The agency warned us that public transport was very unreliable. So, we decided to take a jeep, at an additional cost of $100 ($160 minus what was already budgeted for the bus).
We left a little before 7 a.m. and it took us a good hour just to reach the outskirts of Kathmandu. Along the way, we saw several houses and vehicles set on fire by protesters.
The road to Syapru Besi is only 120 km, but it’s frankly awful. It’s always narrow, winds through endless mountains, and the shoulders range from bad to confusing to nonexistent. Several sections are just dirt tracks. We didn’t regret opting for the jeep, as we could stop several times at our convenience—if only to let Y (my Thai partner) throw up everything she had. She’d taken her usual motion sickness medication, but the constant turns, accelerations, and braking eventually made her terribly carsick.
In Nuwakot, we stopped for breakfast at a nice little restaurant, Jimbu. It was around 8:30 a.m., and we’d barely covered 60 km. The restaurant has a lovely garden overlooking the Trishuli Ganga, the river flowing down from Syapru Besi. First photo: the river in the bottom right corner, mist and clouds over the mountain on the other side.
An hour later, my second photo: the hills along the Trishuli Ganga. You can see the different crops—lush green rice paddies in the lower right and corn, already yellowed and likely harvested, in the foreground on the left. And of course, the mist and clouds through which you can glimpse the mountain on the other side of the river.
When we started looking for a summer destination a few months ago, our first criterion was to avoid extreme heat and heatwaves. We had already been to Norway two years ago and are considering going back in the future for other occasions. So, we had some fun asking ChatGPT which destinations enjoyed a mild climate during the summer without going too far. Among the list provided by the AI were the Canary Islands... The idea of a place we wouldn’t have thought of first, both not too far away and exotic enough, appealed to us: “Hmm, why not?”
This destination had never really attracted me, though Magali was a bit more interested. Five years earlier, COVID had caused a short break in my professional activity, and I had planned a trip because the flight price was attractive, and I was looking for a destination different from what usually appeals to me, more than out of deep interest. From a distance and with a social judgment I acknowledge (it’s not great, but it’s not completely wrong), I had the image of a destination for party-goers enjoying the sun without the slightest interest in local culture, with concrete coastlines and denatured landscapes—everything I detest the most. Still, I had done some quick research on the different islands and spotted Lanzarote for its beautiful volcanic landscapes, hiking trails, beaches, and the impression of a good balance between activity and fewer crowds than Tenerife or Gran Canaria. Then I dropped the idea of going, without ever reconsidering traveling to the Canaries...
Until now! Because we started researching the different islands of the archipelago to see which ones might appeal to us the most. It was La Gomera, the third smallest island of the archipelago, more praised for its hiking trails and preserved nature than for its beaches, away from mass tourism (fifty times fewer tourists than Tenerife) but still a bit more developed than its wild neighbor El Hierro, that caught our attention. Contrary to what might be suggested later, I’m not at all addicted to AI, but I use it from time to time to synthesize quick research or simply for experimentation. Since ChatGPT had started anticipating my tastes lately as if it had become my buddy (often successfully, sometimes off the mark), I asked which Canary Island would suit me best for a trip with my family. The tool answered first with... La Gomera. So, I tested it and teased it a bit to see if this suggestion was well-founded, as the method sometimes makes it contradict itself. But no luck: “You’d appreciate the wild nature of El Hierro, but with family, you’ll find little activity for the kids. You won’t like the touristy vibe of the big islands like Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote, and Fuerteventura. You could consider La Palma, but it’s really La Gomera that will suit you best, based on your interests and the criteria given.” So, we dug deeper into our research and were convinced without a shadow of a doubt that this island was the one waiting for us.
Without knowing it, we had Canarians in our circle who revealed their origins when they heard about our travel plans. One from Tenerife insisted we’d be better off choosing Tenerife (obviously...) because it also has preserved spots and that La Gomera, “you can explore it in two or three days, you’ll get bored quickly...” The other, a colleague from Gran Canaria who had never visited La Gomera, still recommended it without hesitation because it turned out her parents had just gone there on vacation: they loved it and had encountered few tourists. She also tended to think this destination was usually the subject of short stays, but according to what her parents told her, taking your time there was also a great idea. However, in our research, the idea that La Gomera is an island you can explore in three or four days max kept coming up. So, we considered combining its visit with La Palma or El Hierro, the other two that caught our eye. But hopping between islands by ferry represents a significant budget for non-Canarians, even more so for a family of four. Then, scrutinizing Google Maps, it seemed obvious that two weeks were too short to discover two islands as they deserve, and that there seemed to be plenty to see in La Gomera, given its very unique culture. After all, we read that some people spend several months a year there, others never even leave... Finally, these landscapes and this atmosphere, which seemed to us a mix of Europe, North Africa, and Latin America, tempted us. So, it would be two weeks in La Gomera, deal!
La Gomera is therefore the second... well, the third smallest island of the Canaries since La Graciosa was recently recognized as a fully inhabited island. It has the shape of a rough circle about 20 to 25 kilometers in diameter and has just over 20,000 inhabitants, half of them in its capital, San Sebastián de la Gomera, the only real town. Like its Canarian sisters, La Gomera is a volcanic formation that rose about 10 million years ago. The island is very mountainous and rugged, covered with red and black rocky landscapes. Geological activity has shaped, between the sprawling massifs that end in steep cliffs in the ocean, six coastal valleys with tropical vegetation that have favored human settlement. They divide the island like slices of a cake; from the north clockwise: the agricultural Vallehermoso, the rustic Agulo, the green, humid, and fertile Hermigua, the sunny capital San Sebastián de la Gomera, the southern and isolated Alajeró-Santiago, and the seaside Valle Gran Rey. They constitute the six municipalities (more like cantons to our French understanding) of the territory.
The large solidified magma massifs that shape the heart of the island have created a large depression more protected from the sun at its center, allowing the growth of a vast laurel forest, today grouped within the Garajonay National Park, La Gomera’s green lung, which has earned it the status of a World Biosphere Reserve. Its completely European appearance contrasts sharply with the rocky and tropical landscapes of the rest of the island. Thus, the climate varies greatly from one point to another on the island: in summer, you can quickly go from a dry and sunny valley at 35°C to a humid forest area at altitude at 18°C.
La Gomera was populated late. As with the rest of the Canaries, human presence is thought to have begun about 2,000 years ago. Groups of animist Berbers, probably fleeing persecution, gradually populated the archipelago, especially the western islands and La Gomera, becoming its small aboriginal population: the Guanches (or later Gomeros). The animist and pastoral civilization of the Guanches thrived until the Spanish takeover in the 15th century, which, after a short period of harmony and mixing with the indigenous people, suddenly ended in bloodshed... La Gomera later became the “Columbus Island” after Christopher Columbus’s stopover, increasing the blending of populations. In the 20th century, many Gomeros emigrated to Cuba and other Latin American countries in search of a better life, bringing back a mix of cultures and traits quite palpable in today’s Gomeran culture. It is, however, in La Gomera that the vestiges of Guanche culture seem to have left the most traces, in the language, gastronomy, social practices... Moreover, most Gomeros, especially in remote villages, have a particular identifiable type and proudly claim their ancestral roots, even making La Gomera a bit exotic in the eyes of other Canarians.
Perhaps that’s why it has never really wanted to develop its tourist infrastructure too much. If we set aside the tourists who visit for the day by bus or boat from Tenerife on a marked itinerary (and whom we ultimately rarely encounter), La Gomera has remained a hidden gem, a destination focused on nature discovery that attracts hikers, nature-loving divers, and scientists for its fauna and flora, and to a lesser extent, beachgoers who don’t seek overly developed coastlines. Tourist activity is therefore limited. Roughly speaking, you’ll find a majority of Spaniards, including a substantial number of residents from other Canary Islands, many Germans who have a particular fondness for La Gomera and spend long stays there or own second homes, to the point that the German cultural footprint is clearly noticeable in some places (it’s said to be Angela Merkel’s favorite holiday spot), and still quite a few French. The presence of other nationalities seemed negligible to us. Most travelers come mainly for hiking, but it’s also a prime spot for whale watching. Additionally, the seaside resorts of La Gomera—San Sebastián, Santiago, and especially Valle Gran Rey—are well-known destinations for hippies, especially German ones, ranging from chic boho hippies to old-school hippies who’ve been there for decades, quite similar to those you’d meet in India in Goa, Rishikesh, or Paharganj. Thus, practices like naturism, vegetarianism, and local organic production are quite well established in some areas.
Some practical info:
- The round-trip flight from Paris to Tenerife cost us 365 € per person (outbound with Transavia, return with EasyJet), including checked luggage and three seats reserved side by side.
- We chose two bases to explore the island: one week in Valle Gran Rey, reputed to be the most pleasant of the three seaside resorts, and one week in Hermigua, more mountainous and close to the natural park. We booked two houses with balconies and views: the first at 120 € per night, the second at 99 €.
- The round-trip ferry between Tenerife and La Gomera cost us 270 € with the company Baleària Canarias, including discounts for children aged 4 and 12, but I don’t have the exact details. It was a bit cheaper than with the other company, Fred Olsen.
- Finally, we rented a car through the agency Cicar for 360 € for 16 days, which comes to 22.50 € per day.
- Apart from that, we didn’t plan anything and decided the day before or even the morning of what we wanted to do. We didn’t invest in any paper guide on the Canaries, as information on La Gomera was scarce, but we used the very comprehensive site La Gomera Travel, a travel guide published by the Canary Islands Tourism Council, a real goldmine of almost exhaustive information on the island.
Alright, off we go for 16 days of adventure discovering La Gomera!
Last October, we landed in Marrakech to spend a few days with family exploring Morocco’s roads.
Transport: a rented Dacia.
Accommodations: small guesthouses.
Our first stop was just a few kilometers from Marrakech, at a lovely house perfect for relaxing and recharging before continuing. It’s called Bleu House, a little paradise on the outskirts of Marrakech. The welcome was very warm, with a beautiful pool and a lovely garden.
Next, we headed toward the Tichka Pass. The road has really improved in recent years—it’s much easier to drive now. No more getting stuck behind trucks, and today, the construction is practically finished.
Morocco has turned green after the recent rains. It’s a joy for the herds and shepherds.
I hesitated about writing this travel journal...
This summer, we only did the classics (the 3 northern parks and Zanzibar) and let a local agency take care of everything from start to finish.
No craziness, no risks, no sleeping under the stars, no self-drive, no venturing off the beaten path, no incidents, and not even any delays in the pre-planned itinerary...
But don’t think we were disappointed!
The whole family (there were 6 of us) came back with smiles and memories of great moments spent together.
So, if you're looking for a "classic" way to discover Tanzania, this is the place to be.
Our 2-week itinerary:
- Arusha (1 night upon arrival)
- Tarangire (1 night)
- Ngorongoro (2 nights in Karatu then Irmisigiyo)
- Serengeti (3 nights in Robanda, Togoro Plains, and Seronera)
- Zanzibar Stone Town (1 night)
- Zanzibar Matemwe (3 nights)
- Zanzibar Jambiani (3 nights)
Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...
This trip was in 2023, but when I wanted to write my travel journal, VF was still closed to contributions...
So, now that I've just finished my Japan travel journal here, I figured it was high time to honor this destination we came back from so enchanted.
Disclaimer 1: This is a written travel journal. There’ll be text! Too much, for some!
Disclaimer 2: This is an illustrated travel journal. There’ll be photos! Too many, for some!
I have to say, every time I try to discipline myself, to keep it shorter, to include fewer photos... I end up adding more. It feels like my dear Aunt Nicole, who exhausted us with her slide-show evenings in the 70s/80s, decided to take her revenge. The upside for you, readers, is that you can slip away anytime without offending Aunt Nicole. I won’t even notice!
Anyway, since I love maps, here’s one to give you an idea of where I’m taking you. As you can see, we only saw a tiny part of Laos (the areas circled in red); we only had 3 weeks for ourselves (my husband’s newly retired, I still work), and we prefer taking our time over rushing around like crazy.
In broad strokes, it was very classic:
First, we “settled in” at Luang Prabang (8 days), because we wanted and needed to.
From there, we took three days to venture a little further north—not far in kilometers, but as we know, distances aren’t just about km!
Then we flew south to Paksé, letting ourselves drift down to the 4,000 Islands while stopping by the pre-Angkorian archaeological sites.
We wrapped up with the Bolaven Plateau.
A few practical notes: We arrived via Bangkok, then took a Bangkok-Luang Prabang flight, having picked up our luggage in Bangkok to check it in for Luang Prabang. No issues—the Bangkok airport, which many of you know, is very well organized.
We got our visas on arrival in Luang Prabang. Quick, but to be fair, we were on a “small” plane, and the big flights had arrived earlier, so we weren’t too crowded in line!
At the end of our trip, we didn’t fly out of Paksé but from the nearby airport in Thailand, Ubon Ratchathani (a 2.5-hour drive from Paksé), then Bangkok and Paris.
You’ll notice we skipped Vientiane to stay longer in Luang Prabang. That said, there’s now a high-speed train between Vientiane and Luang Prabang—good to know—and soon the (Chinese) train will go all the way to Bangkok and even Kuala Lumpur!
With that intro out of the way, let’s dive into the heart of the matter.
To be continued: Slowing down the pace... in Luang Prabang
It’s an ancient city that breathes, a living spring.
Here, no kitschy signs like “I miss you in Fengyu,” nor mass-produced fake antiques.
The century-old houses still bear the marks of wind and rain; in the morning, you hear roosters crowing, and at dusk, smoke gently rises from the kitchens.
This city doesn’t try to please anyone—like the spring water flowing through it, it simply keeps living at its own pace.
Located in Eryuan County, in the Dali Prefecture of Yunnan, the ancient town of Fengyu is a nationally designated historical and cultural city. It’s nicknamed the “land of scholars and ink”—during the Qing Dynasty, the Fengxiang Academy produced four *jinshi* and eleven *juren* in the imperial examinations. The Bai families made studying and farming a true legacy. Even on market days, you’ll find stalls of calligraphy and paintings, while lintels and screen walls are covered with family mottos.
Fengyu was also an important stop on the ancient Tea Horse Road. It preserves the second-largest Bai architectural complex in China, just after Xizhou. The famous traveler Xu Xiake spent seven days here and compared it to the “peach blossom paradise.”
I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far from exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
Let’s start with the shotengai...
Our first "wow" moment came as we stepped out of the subway in Asakusa, the Tokyo neighborhood where we’d booked our hotel for our first five nights. Exhausted after our long flight, we finally arrived and took an exit that led straight into a shotengai—one of those covered shopping streets that pop up in city centers and flourished between the 1950s and 1980s.
It was an instant aesthetic shock, like a close encounter of the third kind between the modern city, a typical Asian market with its street stalls, the vintage vibe of the arcade, the sheer abundance of goods, and the bustling crowd—a mix of tourists, pilgrims (thanks to nearby Senso-ji Temple), and locals (it’s a very working-class area).
In the end, it set the tone for a feeling we’d experience throughout the trip. Wherever we went, shotengai turned out to be fantastic spots for finding little restaurants, shops, or even fresh produce. Some are like real mazes, like in Kyoto, where we spent ages trying to relocate a restaurant we’d loved ;-)
In Kanazawa, the Omicho Market:
And in Kyoto, Nishiki Market:
Preamble:
Africa was calling to me, so a year ago, with our usual travel companions, we decided to return to the continent we love so much.
Where to go?
Uganda quickly caught our attention—wildlife we’re used to seeing, plus gorillas and the shoebill we missed in Zambia.
We got in touch with Paul, who’s been mentioned several times on the forum back in September, booked our flight tickets, secured the gorilla permits, and by early October, the most important things were done.
We still had plenty of time to hold our "prep meetings" for the final itinerary.
Three days before departure, I sprained my ankle (my weak spot, as you’ll recall from our Colombia trip).
I wasn’t in great spirits, but after a year of waiting, nothing was going to stop me.
We’d see how it goes!
Off we went for our new adventures
If you're looking for great tips and offbeat spots, if you love exploring uncharted parts of a country, if the exotic is your adrenaline, then move along!
Our 15 days in early May in this part of Turkey (a country I first discovered during a city trip to Istanbul in 2017) will only tread well-worn paths and revisit popular routes. Simply because I kept hoping until the very end that our flight to Jordan wouldn’t be canceled. Events in the Gulf proved me wrong, so we left with:
Zero preparation.
Not a single hotel booked (well, except the first one), no visits planned, just a flight ticket bought three weeks earlier. No guidebook, no app—just the desire to explore southern Turkey and Cappadocia, whose images and the chance to stretch our legs had caught my eye.
Oh, wait—I did bring along a new guide: Gemini! Yes, my friends, generative AI was my chief advisor throughout the trip for sites to visit, accommodations, routes, and even restaurants! An experiment I wanted to try to form my own opinion on using this new technology. And what better way to test it than a Turkish getaway?
The verdict? You’ll have to wait for the trip recap to find out!
The main idea of the trip is also relaxation.
So, the plan is Antalya for a few days, the Turkish Riviera for a few more, Cappadocia as the highlight, and a return via Antalya to wrap up the trip. And it was all planned by AI!
So, if you're ready, fasten your seatbelts—cabin crew, doors to automatic and cross check—boarding for Turkey now!
It often happens that we're asked what to visit in Belgium.
And the answers usually point to Bruges, Ghent, Antwerp, and Brussels—and rightly so, as these cities are well worth visiting ;).
However, Belgium, though small, isn’t just limited to these four cities.
I live in one of them (Brussels), enjoy spending time in the other three, but I’d like to highlight some lesser-known spots that could add to the trip for those who want to see a bit more or something different.
Between trips, I like exploring one or two corners of the country where I live.
Hence the idea for a travel journal of walks.
Most of the places I’ll talk about can be visited as a day trip from Brussels, whether by public transport or car.
In chronological order of the topics covered:
- The Gileppe Dam (Liège province) - message 2, page 1
- The Domaine de La Hulpe (Walloon Brabant) - message 3, page 1
- Mechelen (Antwerp province) - message 4, page 1
- The coast - message 5, page 1
- The Westhoek, from De Panne - message 6, page 1
- The Zwin, from Knokke - message 7, page 1
- Lier (between Mechelen and Antwerp) - message 8, page 1
- Mons (Hainaut) - message 9, page 1
- The Florenville region - message 12, page 1
- The East Cantons - message 13, page 1
- Dinant - message 18, page 1
- The Japanese garden in Hasselt - message 24, page 2
- Leuven - message 29, page 2
- Louvain-la-Neuve - message 32, page 2
- Ostend - message 42 (page 3) and message 166 (page 9)
- The floralies of Groot-Bijgaarden - message 43, page 3
- Halle Forest - message 44, page 3
- Pralines - message 54, page 3
- Charleroi - message 68, page 4
- Namur - message 92, page 5
- Le Bois du Cazier (Marcinelle) - message 95, page 5
- Couques and gosettes - message 96, page 5
- Liège - message 99, page 5
- Tournai - message 115, page 6
- Oudenaarde - message 121, page 7
- Meise Botanical Garden - message 124, page 7
- Tongeren - message 125, page 7
- Beersel Castle (Flemish Brabant) - message 126, page 7
- Brussels in lockdown (messages 150 and 154, page 8)
- Notre-Dame à la Rose Hospital in Lessines (messages 161 and 162, page 9)
- Westende (message 167, page 9)
I’ll keep updating this list as the journal progresses...