J'ai planifié de marcher sur Compostelle le plus tôt possible en Avril 2010.
Le départ de St-Jean -Pied-de-Port pour se terminer à St-Jacques-de-Compostelle.
Est ce qu'on pourrait me dire s'il y a encore risque de neige au début d'avril ?
Merci de m'informer sur ce point.
Gicoul du Québec , Canada..........On connaît bien ça la neige ici.!!!!!
demat à tou(te)s
Après une expérience du camino (le Puy-Cap Fisterra-mars et avril 2005)en pédibus, Je prépare un Bretagne-Cap Fisterra en mars-avril 2009 en pédalus, contrairement à l'autoroute à pélerins qu'est devenu le camino francès, le camino del norte (les cotes cantabriques) est assez mal renseigné Le chemin dit historique pratiqué par les pérégrinos-pédibus est difficilement exploitable par les pérégrinos-pédalus. Je cherche des retours d'expériences de "compostellé(e)s en vélos" sur ce parcours cotier. "puédase ayodarme en mi busqueda de informationes, gracias"
http://danydarminichi.over-blog.com
Après une expérience du camino (le Puy-Cap Fisterra-mars et avril 2005)en pédibus, Je prépare un Bretagne-Cap Fisterra en mars-avril 2009 en pédalus, contrairement à l'autoroute à pélerins qu'est devenu le camino francès, le camino del norte (les cotes cantabriques) est assez mal renseigné Le chemin dit historique pratiqué par les pérégrinos-pédibus est difficilement exploitable par les pérégrinos-pédalus. Je cherche des retours d'expériences de "compostellé(e)s en vélos" sur ce parcours cotier. "puédase ayodarme en mi busqueda de informationes, gracias"
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Comme le poste à suscité pas mal d'attention (700 lectures en une semaine), je vous propose un second extrait de mon aventure sur le chemin de Compostelle depuis la Suisse. A lire plus bas !
Salut à tous !
Au début du printemps de l'année passé (avril 2013) je suis parti à pied sur le chemin de St-Jacques de Compostelle depuis Lausanne en Suisse. A ce moment, j'ai 23 ans, je viens de terminer mes études en tourisme et suis en ce que l'on appelle "année sabbatique" (année de congé que l'on prend à la fin de ses études pour voyager et prendre du recule). Je décide de façon toute à fait irrationnelle en l'espace de 3-4 semaines de partir sur le chemin de St-Jacques de Compostelle et d'y expérimenter le détachement matériel et monétaire.
Je pars sans montre, sans téléphone portable, sans rasoir à barbe (oui ça me fera une sacrée barbe au final !), sans carte bancaire et avec un montant de ~500€ pour un voyage estimé à 100 jours de marche sur ~2'000 kilomètres. Je n'ai évidemment pas de billet de retour depuis Compostelle car je ne sais pas à quel moment j'atteindrai le kilomètre 0 du chemin. Et j'embarque un pote dans l'aventure qui m'accompagnera jusqu'au Puy-en-Velay (à 18 jours de marche, 430 kilomètres).
J'arrive à Compostelle après 90 jours de marche, 2'200 kilomètres parcourus (j'ai fait un petit détour en chemin) et 350€ en poche (oui le chemin est magique, je peux très bien vivre sans argent durant des périodes d'une semaine/dix jours)...
Aujourd'hui, 16 mois après mon retour en Suisse, je suis en train de rédiger un livre sur cette aventure à la fois humaine et spirituelle, difficile à vivre et magique, vallonnée et régulière. Je vous en propose ici un extrait. Nous en sommes à notre troisième jour de marche. Nous avons passé la nuit au bord du lac Léman en Suisse, entre Lausanne et Genève, et n'avons plus de provisions de nourriture...
Le lendemain matin je suis réveillé par les rayons du soleil et le clapotis des vagues contre le bord du lac. C’est plutôt agréable comme sensation. Je me sens étonnement bien malgré les vingt-cinq kilomètres de marche que nous avons parcours la veille presque contre notre gré. J’ai aussi passé une bonne nuit de sommeil. Je pense que l’air frais sur mon visage – même si initialement je craignais de dormir dehors – à fait énormément de bien à mon corps. Je pensais me lever courbaturé de douleur pour avoir dormi par terre après la journée intense de la veille, mais il n’en est rien. Ce que je considérais à priori comme un échec (le fait de se retrouver dehors pour notre deuxième nuit de voyage) s’est révélé plutôt bénéfique au final. Je rédige mes « pages du matin » dans mon cahier de voyage alors qu’Oscar prépare un feu sauvage pour faire chauffer de l’eau dans une casserole qu’il a emportée dans son sac. Ce matin notre petit-déjeuner est composé exclusivement d’un thé servi dans une bouteille en plastique avec un peu de sucre. Nous avons les deux faims et sommes d’accord sur le fait qu’il faudra être plus efficace que la veille pour trouver de quoi se nourrir aujourd’hui. Nous prévoyons de faire un tour à travers Nyon et de nous présenter dans les boulangeries ou autre commerces d’alimentation pour demander du pain de la veille ou autres invendus. Nos sacs sont prêt et nous amorçons la monté depuis le bord du lac en direction du bourg. Nous arrivons sur une place d’où nous apercevons un apéritif en plein air avec tables, boissons, pâtisseries, fruits… Ni une ni deux je propose à Oscar que l’on essaie de s’y incruster. En arrivant nous sommes tout de suite remarqués par les personnes présentes, normal avec nos dégaines de pèlerins tout juste sorti du lit ! Je lance sur un ton amusé à un homme qui s’est tourné vers nous : - Vous acceptez aussi les pèlerins à votre apéro ? Il me répond en souriant que je dois m’adresser à leur maire – organisateur de l’événement – qui se situe à quelques mètres de lui. Je m’approche et reformule ma question. L’homme me répond un brin agacé que cet apéritif est organisé pour les collaborateurs de la mairie. Puis il ajoute, voyant que la question bien que posé sur le ton du rire est sérieuse (on doit quand même avoir l’air d’avoir faim j’imagine) : - Vous pouvez peut-être repasser à la fin de l’apéro, s’il reste quelque chose… Je lui réponds que ce serait avec plaisir et lui demande à quelle heure. - Vers les midis… Nous répond-t-il. Bien. Nous avons déjà au moins une option si nos recherches de nourriture à travers la petite ville devaient restées vaines jusque-là. Nous continuons notre chemin à travers Nyon et apercevons une boulangerie. Nous décidons de nous y rendre en expliquant que nous sommes des pèlerins sur le chemin de St-Jacques de Compostelle et en demandant s’ils seraient d’accord de nous céder du pain de la veille ou autres invendus. Premier essai, première réponse négative : - Non, ce n’est pas quelque chose que nous faisons. Mince ! Bon continuons. Deuxième boulangerie : - Non, le pain de la veille ils viennent le chercher chaque soir à la fermeture. Un peu plus loin, nous tentons un troisième essai : même réponse que la deuxième… Un peu démoralisés nous nous décidons à attendre midi pour aller voir si le maire tiendra parole en nous donnant quelques restes de son apéro. En Suisse lors d’un apéro – qui plus est, organisé par l’Etat – normalement il y a toujours quelques restes.
A midi, nous sommes de retour sur la place de la mairie où nous retrouvons notre maire. Nous l’abordons en disant : - Re-bonjour, on est venu voir s’il y a quelques restes pour nous comme convenu… Le maire nous informe qu’il attend encore quelques collaborateurs mais nous propose une pomme et un jus de fruit. Ce n’est pas grand-chose, mais déjà de quoi mettre en route notre estomac. Nous nous mettons à discuter. Notre interlocuteur nous demande des détails de notre voyage. Depuis quand sommes-nous déjà en route ? Combien de kilomètres y a-t-il jusqu’à St-Jacques de Compostelle depuis ici, etc. Je réponds à ses questions et explique la dimension non-monétaire dans laquelle nous souhaitons réaliser notre voyage - d’où le fait que nous soyons venu quémander de quoi manger à cet apéritif. Oscar rajoute que nous avons passé la nuit au bord du lac avec comme seul petit-déjeuner un thé préparé sur un petit feu improvisé. Le maire étonné nous demande alors : - Et vous n’avez pas été inquiété sur la plage pour dormir ? Nous répondons naïvement : - Non, non. Il y avait bien quelques personnes sur la place jusqu’à minuit, mais nous n’avons pas été dérangés. - Quand je vais ai demandé si vous n’avez pas été inquiété je pensais à la police, parce que faire du camping sauvage sur la commune de Nyon c’est interdit normalement. Oups, nous avions un peu oublié que nous étions en face du maire en personne ! Mais il ne nous en veut pas. Il nous demande où nous allons passer la nuit suivante. Nous l’informons que nous allons reprendre la route en direction de Genève et que nous dormirons à plusieurs kilomètres d’ici… Au final, nous aurons encore droit à une pomme, mais rien de plus. Nous n’insistons pas et reprenons notre route à travers Nyon. Deux fruits et un jus ça n’est pas suffisant pour que nous quittions tout de suite la ville, surtout que nous ne savons pas si nous passerons par d’autres magasins d’alimentation prochainement. Je propose la solution d’urgence à Oscar : aller au restaurant Migros qui est en libre-service et nous servir à manger dans les assiettes de restes que les gens déposent dans les charriots de débarrassage à la fin de leur repas. Oscar valide ma proposition et nous voici sur place. Les restaurants Migros en Suisse sont des lieux peu compliqués. On peut s’y rendre pour boire un thé ou manger quelque chose en se servant soi-même au buffet et en passant à la caisse où l’on reçoit un ticket qui certifie que l’on a bien payé les éléments que l’on est en train de consommer. A la fin du repas, on prend son plateau et on l’amène sur des charriots que le personnel vient régulièrement changer lorsque ceux-ci sont pleins. Avec Oscar nous prenons place à une table et nous nous servons de deux verres d’eau du robinet dans des verres en plastiques qui sont à disposition gratuitement. Nous nous équipons également de deux fourchettes disponibles à la sortie des caisses pour la suite. Le plan est simple : nous sommes assis face-à-face, chacun guettant ce qui se passe dans une moitié du restaurant. Lorsqu’un client se lève pour débarrasser son plateau-repas, il s’agit d’identifier s’il y a des restes intéressants dans son assiette. Bien que l’idée vienne de moi, c’est Oscar qui passe à l’action en premier : il nous ramène une salade à peine touchée. C’est un bon début. Il me faut un peu de temps pour me mettre dans le bain, au début je suis encore trop freiné par le regard de gens. Mais au final nous prenons goût au jeu et enchaînons les restes laissés par les clients du self-service : assiette à frites à moitié mangée, carcasse de poulet encore bien garnie, légumes, encore des frites et du poulet… Nous passons plus ou moins inaperçu. En fait, je ne regarde pas autour de nous et je m’en fous de ce que pensent les gens. J’ai faim et il y a de bonnes choses à manger gratuitement. Ces aliments ont été payés donc il n’y a pas de raison de s’en priver. Nous restons une quinzaine de minutes sur place avant de nous éclipser…
En début d’après-midi nous quittons finalement Nyon en rigolant de vive voix en repesant à la manière dont nous nous y sommes pris pour assouvir notre faim. D’abord l’épisode avec le maire à qui nous avons raconté comme nous avons fait du camping sauvage sans autorisation sur sa commune, et puis ensuite la scène du restaurant Migros où nous avons joué aux piques assiettes. Aujourd’hui il faut beau pour la troisième journée consécutive mais la pluie est annoncé pour la soirée. Nous marcherons très probablement moins que la veille pour éviter de nous surmener, et commencerons nos recherches d’hébergement suffisamment tôt pour ne pas être surpris par la pluie.
Après quelques kilomètres, le chemin nous amène au travers d’un petit village dans lequel un magasin d’alimentation se présente. Quelques réserves de nourritures seraient bonnes à prendre, nous décidons donc d’y adresser notre demande malgré les nombreux refus que nous avons récemment essuyés en ville de Nyon. Oscar formule notre sollicitation à la caissière qui nous demande de patienter le temps d’appeler la propriétaire du magasin. Cette dernière se rapproche et je reformule notre demande. Après un bref instant, le temps de saisir notre demande apparemment inhabituelle, je vois les traits du visage de notre interlocutrice s’adoucir pour devenir un sourire. Elle nous répond par la positive et se dirige vers l’étagère de boulangerie. Elle emballe quatre croissants dans un petit sachet en papier, avant de continuer vers les rayons des fruits où elle emballe cette fois deux oranges, deux pommes, deux bananes. - Voilà et bonne route. Nous la remercions chaleureusement avant de nous diriger vers la sortie. Dans le magasin, des clients nous jettent des regards mêlés de curiosité et d’étonnement. C’est un étrange sentiment pour moi, je suis un peu gêné mais ça va. Je suis surtout très touché par la générosité dont a fait preuve inconditionnellement cette dame. Son geste me va droit au cœur. Arrivé dehors, nous nous exclamons : - Purée comment ça fait trop plaisir ! - T’as vu comment ça s’est passé ? Au début je pensais qu’on allait se prendre un refus dans la tronche, mais la proprio était trop sympa ! - On a quatre croissants et six fruits mec. C’est la fête ! Toutefois, avant de nous mettre à manger, nous décidons de marcher une certaine distance pour ne pas que l’on nous voit nous goinfrer directement à côté du magasin. Nous ne voulons pas avoir une attitude qui pourrait paraître irrespectueuse. Nous passons la suite de l’après-midi sans nous presser, faisant une pause pour profiter de ce que nous avons reçu à manger et prévoyant de guetter les occasions où nous pourrions nous mettre à chercher un endroit où passer la nuit. Nous voulons éviter à tout prix le scénario d’hier qui nous a poussés à dépasser largement les 20 kilomètres de marche, sans savoir réellement où nous voulions nous arrêter pour la nuit.
Aux alentours des 17 heures, nous arrivons à Commugny, un petit village du canton de Vaud peu avant de passer sur le sol genevois. Nous passons à côté d’une église devant laquelle se trouve un sceau pour les pèlerins. Nous tamponnons notre carnet et nous arrêtons pour réfléchir. Est-ce que nous commençons nos recherches d’hébergement ici ? C’est qu’il n’y a pas grand monde dans les parages et nous ne nous voyons pas aller sonner chez des gens pour leurs demander l’hospitalité… Nous décidons de faire un tour dans le coin pour voir si nous trouvons un endroit du village plus fréquenté où nous pourrions éventuellement aborder des gens afin de les solliciter comme hospitaliers spontanés.
Après avoir un peu marché nous arrivons dans ce qui semble être le centre du village. Le bâtiment communal s’y situe ainsi que la déchetterie qui crée beaucoup d’aller et venue de gens qui viennent amener leurs déchets. Nous abordons une dame. Nous nous présentons en expliquant que nous sommes à la recherche d’un endroit où passer la nuit. Elle nous informe qu’il existe un accueil jacquaire dans le village. Il s’agit de gens qui accueillent bénévolement les pèlerins chez eux en offrant un repas, une place où dormir ainsi qu’un petit-déjeuner. Avant de partir, le pèlerin paie un montant qu’il détermine lui-même en fonction de sa bonne-volonté. J’ai beaucoup de respect pour les gens qui pratique l’accueil jacquaires chez eux. Néanmoins, vu la manière dont nous avons décidé de voyager, c'est-à-dire sans dépenser d’argent en dehors des cas d’urgence, il ne serait pas honnête de nous rendre dans un accueil jacquaire sans laisser d’argent derrière nous après notre séjour. Nous remercions donc la dame de nous avoir donné ces informations, mais nous allons poursuivre nos recherches en comptant plutôt sur l’envie spontanée de quelqu’un de nous accueillir chez lui ou de nous offrir un endroit où passer la nuit, même s’il ne porte pas l’étiquette « accueil jacquaire » écrit sur son front. L’hospitalité ne devrait selon moi pas être détenu par certaines personnes en particuliers, même si celle-ci sont des habitués des pèlerins. Au contraire, je constaterai même plus tard lors de mon voyage, que l’on a souvent les meilleures échanges et discutions avec des personnes qui ne sont justement pas des habituées des pèlerins et qui sont beaucoup plus curieux et attentifs aux anecdotes de voyage que l’on a à leurs raconter. Plutôt que d’aborder chaque passant, et de risquer de nous voir indiquer l’accueil jacquaire dont nous connaissons déjà l’existence à chaque fois, nous optons une nouvelle fois pour un écriteau. Je décide d’en créer un nouveau, plus grand cette fois sur lequel j’inscrirai la même phrase que la première fois : « pèlerins aimables cherchent hébergement pour la nuit ». Pour le support, je déniche un morceau de carton de la déchetterie à côté de laquelle nous nous trouvons, et je m’applique pour présenter une belle écriture, qui donnera envie à n’importe qui de nous ouvrir la porte pour la nuit ! Nous sommes assis là avec nos sacs à dos de pèlerins et la coquille St-Jacques d’Oscar bien visible à nos côtés. Je tiens notre écriteau de recherche d’hébergement dans les mains et affiche un sourire plutôt naturel. Je me suis déjà souvent retrouvé dans des situations où je m’affiche avec un panneau pour faire du stop sur de longues distances, et je trouve ça à chaque fois assez drôle. Le sourire me vient assez facilement face à l’inhabituel de la situation et à la réaction des passants. Beaucoup de gens se parquent à côté de la déchetterie, amènent leurs poubelles ou différents déchets recyclés, puis repartent. Un homme de retour à se voiture, n’ayant visiblement pas pris le temps de lire notre écriteau, nous conseils de nous rendre à la route principale : nous y aurons plus de chance pour trouver une voiture pour nous prendre en stop. Je lui lance : - C’est pas une voiture qu’on cherche, mais un hébergement pour la nuit ! - Ah d’accord, carrément ! Bonne chance. Vient un moment où une dame apparait à vélo dans notre champ de vision depuis la droite. Elle ne roule pas vite car elle est accompagnée de sa petite fille qui n’est pas encore très rapide sur deux roues. Elle passe à quelques mètres devant nous en nous regardant d’un air intrigué. Elle a vu que nous avions un panneau sur lequel est un inscrit une demande, mais elle ne le lit pas. Je la salue toujours souriant et elle nous répond avant de poursuivre sur quelques mètres. Je la suis du regard un instant puis redirige mon attention sur le parking de la déchetterie. Trouverons-nous des gens spontanément ouvert à nous accueillir chez eux ce soir ? Puis mon attention se replace sur la dame à vélo qui s’est arrêté à quelques mètres. Je n’ose pas encore croire à ce que je pense. Après tout, elle s’est peut-être arrêtée pour n’importe quelle raison que nous ne connaissons pas. Elle se retourne et nous demande : - Qu’est-ce qui est écrit sur votre panneau ? Je lui explique qui nous sommes et le voyage que nous avons amorcé vers Compostelle en Espagne. Je continue en disant que nous sommes à la recherche d’un endroit où passer la nuit. Il est d’autant plus important que nous soyons à couvert car de la pluie est annoncée pour la soirée. Nous discutons quelques instants puis notre interlocutrice nous informe que leur maison est actuellement en travaux, notamment au salon. Si elle nous accueille ce serait dans une maison en chantier. Nous lui expliquons que nous sommes tout sauf exigeants et que nous serions tout à fait enchantés de pouvoir être reçu chez elle. Entre-temps sa fille qui avait pris de l’avance à vélo a fait demi-tour et nous à rejoint. Elle écoute notre conversation d’un air concentré. La dame conclus en disant qu’elle va rejoindre sa maison à vélo avec sa fille et se concerter avec son mari avant de venir nous rechercher. Très bien, nous attendrons. Youpi ! On dirait que la chance nous sourit. Après une deuxième journée un peu mitigée en termes de rencontres généreuses, nous nous rattrapons aujourd’hui. Très peu de temps après, une autre dame avec deux petits garçons vient nous aborder. Elle nous a vus discuter avec la dame à vélo, et nous pose également des questions sur notre voyage. Nous lui disons que nous allons probablement être accueillis chez cette dernière qui est allé en parler à son mari avant de revenir. Notre nouvelle interlocutrice d’origine italienne est sympathique. Elle nous dit qu’elle habite dans un petit appartement avec son mari et ses deux fils. Malgré le peu de place nous pourrions éventuellement trouver accueil chez eux ce soir si notre hôte devait se désister. Waouh, quel enchainement de rencontres positives d’un seul coup ! Merci beaucoup. Si nous sommes encore là ce soir parce que notre hôte se serait désistée, ce serait avec plaisir !
Une voiture se gare à quelques mètres de nous dans le parking de la déchetterie communale. A son volant, la dame que nous avons croisée à vélo quelques minutes plus tôt. Elle nous informe que nous pouvons passer la nuit chez elle, mais que comme annoncé précédemment, le rez-de-chaussée est en travaux et qu’il ne faudra pas trop être étonné. Nous la remercions d’avance et chargeons nos sac à dos dans la voiture et nous mettons en route. Nous arrivons peu de temps après dans un petit quartier de villas. Nous nous arrêtons devant sa maison et sortons nos affaires. Son mari nous accueille d’un ton jovial. Au fait, nous sommes Oscar et Stephan, nous ne nous étions encore que présentés comme « des pèlerins sur le chemin de Compostelle » sans préciser notre nom. Nos hôtes s’appellent Gil et Angela. Merci pour l’accueil ! Nous retrouvons également la petite fille à vélo que nous avons déjà rencontrée tout à l’heure, ainsi que sa grande sœur. La plus jeune explique que nous entreprenons un long voyage à pied et que nous cherchons chaque jour un endroit où passer la nuit. Elle a un sourire de petite gamine dont il manque quelques dents de lait récemment tombées. Les deux sœurs ont sept et treize ans, elles s’appellent respectivement Lya et Tehora. Nous posons nos affaires dans un salon vide, dont les meubles et la décoration ont été entreposés sur la terrasse couverte durant les travaux de peinture. Le lendemain, il nous faudra libérer l’espace avant 7h30 du matin pour laisser la place aux travailleurs. Pas de problème, nous sommes tellement reconnaissant de pouvoir dormir à l’intérieur que nous n’allons bien évidemment pas être exigent en quoi que ce soit ! Nos hôtes nous proposent un jus de pomme frais, qui est tout simplement délicieux. Il s’écoule à travers ma gorge en me revitalisant de l’intérieur. Je crois que je n’ai encore jamais autant apprécié un jus de pomme qu’après une journée de marche comme celle-là. Nous discutons autour du petit bar qui avoisine la cuisine où Angela qui n’était qu’une passante anonyme il y a quelques minutes commence à préparer le repas du soir. Nous résumons notre début d’aventure, et je me rends compte que nous marchons depuis déjà trois jours. Cela peut paraître court mais avec notre recherche d’hébergement non-concluante d’hier soir et notre chasse à la nourriture à travers Nyon ce matin, je n’avais pas réalisé que ce laps de temps s’était déjà écoulé depuis notre départ depuis la cathédrale de Lausanne. J’ai souvent entendu que ce sont les trois premiers jours de suite de pratique d’un sport qui sont difficile pour le corps (par exemple pour le ski). Au-delà de cette période, le corps s’habitue à cet effort régulier. Il nous reste environ 97 jours ou moins de 1’900 km de marche jusqu’à Compostelle selon mon estimation, et nous commençons à être rodé ! Nos hôtes nous proposent d’utiliser la douche qui se trouve au premier étage, chose que nous acceptons avec plaisir. Plus tard nous pourrons même mettre notre linge sale à la machine et au séchoir pour pouvoir le remporter comme neuf le lendemain. Après la douche, et toujours en papotant autour du bar, Gil nous demande si notre pèlerinage nous devait nous empêcher de boire un petit coup de vin. Pas du tout, nous commençons même à être des habitués ! Une bouteille de vin blanc est ouverte et des cacahuètes viennent accompagner l’apéritif. Nous nous sommes tellement contentés de peu ces deux derniers jours, que le jus de pomme suivi du vin et des cacahuètes aurait presque suffit à nous remplir le ventre pour aller dormir. Mais nous nous réjouissons quand même au moment de passer à table. Nous avons droit à une généreuse salade mêlée suivi de pâtes à la sauce tomate et au thon, tout cela accompagné de vin rouge. Miam, quel délice ! Au moment où je rédige ces lignes, j’en ai encore l’eau à la bouche… Durant le repas, nous entendons le bruit d’un orage qui éclate et se rapproche avant de laisser place à la pluie. Nous nous rappelons de la chance que nous avons en étant reçu chez cette famille pour la nuit. Oscar raconte comment nous nous y sommes pris au restaurant Migros de Nyon pour nous nourrir à midi. Je suis un peu gêné lorsque je l’entends raconter la scène mais je ne peux me retenir de lâcher un rire, d’abord un peu nerveux puis ensuite plus décontracté. L’anecdote ne manque pas de faire rire les deux sœurs et apporte une atmosphère détendue au repas. Cela nous mène à discuter de la manière dont fonctionne la société où tout s’achète et se vend. J’explique que c’est avec l’idée d’échapper au système monétaire et ses règles durant un certain temps que j’ai voulu initier ce voyage. C’est osé, mais je ne pense pas, en voyageant ainsi, abuser de la bonté des gens que je rencontre en sollicitant leur aide spontanément. Bien que je ne donne pas d’argent en échange de ce qu’ils m’offrent, je pense leur apporter en échange ma bonne humeur, ma présence et mes récits et anecdotes de voyage. Cela deviendra particulièrement vrai plus j’approcherai de la ville de Santiago de Compostela en traversant la France puis l’Espagne, où je me présenterai ensuite comme « un peregrino venido a pied desde Suiza.... ».
Plus tard, nos hôtes nous proposent de prendre le petit-déjeuner avec eux le lendemain matin avant que n’arrivent les travailleurs et que nous ne reprenions la route. Nous acceptons volontiers, je suis presque même gêné lorsqu’il nous est demandé ce que nous mangeons habituellement le matin… En fin de soirée, nous installons nos tapis de sol et sacs de couchage sur le sol du salon pour y passer la nuit. Nos hôtes nous informent qu’ils s’absentent quelques minutes pour aller faire leurs adieux à des voisins qui vont partir en voyage le lendemain. Je suis étonné de la confiance que l’on nous témoigne en nous laissant seul dans leur maison. Une fois couché, je pense à la chance que nous avons eue en rencontrant Angela sur le parking de la déchetterie, et à l’agréable soirée que nous avons passée ensemble avec son mari et ses deux filles. Je remercie l’Univers pour cette « coïncidence » et souhaite que le voyage se poursuive sur cette lancée.
Durant la nuit je ne dors pas très bien. Je fais des rêves étranges. J’essaie de bouger et de me réveiller pour que cela s’arrête. Une fois réveillé je n’ose pas faire de mouvement sur mon petit tapis de sol. Les cauchemars que je viens d’avoir sont encore dans l’air et il me faut un certain temps avant d’oser refermer les yeux et me rendormir.
Si vous avez pris le temps de lire cet extrait qui constitue un des chapitres de mon livre qui est en cours de rédaction, je vous invite à me donner un petit feedback. Que ce soit au niveau du style d'écriture, de l'accroche, etc. Je n'ai jamais écris de livre et suis ouvert à vos critiques positives ou négatives.
Amicalement.
Stephan Pèlerin venu à pied depuis la Suisse Peregrino venido a pie desde Suiza
Salut à tous !
Au début du printemps de l'année passé (avril 2013) je suis parti à pied sur le chemin de St-Jacques de Compostelle depuis Lausanne en Suisse. A ce moment, j'ai 23 ans, je viens de terminer mes études en tourisme et suis en ce que l'on appelle "année sabbatique" (année de congé que l'on prend à la fin de ses études pour voyager et prendre du recule). Je décide de façon toute à fait irrationnelle en l'espace de 3-4 semaines de partir sur le chemin de St-Jacques de Compostelle et d'y expérimenter le détachement matériel et monétaire.
Je pars sans montre, sans téléphone portable, sans rasoir à barbe (oui ça me fera une sacrée barbe au final !), sans carte bancaire et avec un montant de ~500€ pour un voyage estimé à 100 jours de marche sur ~2'000 kilomètres. Je n'ai évidemment pas de billet de retour depuis Compostelle car je ne sais pas à quel moment j'atteindrai le kilomètre 0 du chemin. Et j'embarque un pote dans l'aventure qui m'accompagnera jusqu'au Puy-en-Velay (à 18 jours de marche, 430 kilomètres).
J'arrive à Compostelle après 90 jours de marche, 2'200 kilomètres parcourus (j'ai fait un petit détour en chemin) et 350€ en poche (oui le chemin est magique, je peux très bien vivre sans argent durant des périodes d'une semaine/dix jours)...
Aujourd'hui, 16 mois après mon retour en Suisse, je suis en train de rédiger un livre sur cette aventure à la fois humaine et spirituelle, difficile à vivre et magique, vallonnée et régulière. Je vous en propose ici un extrait. Nous en sommes à notre troisième jour de marche. Nous avons passé la nuit au bord du lac Léman en Suisse, entre Lausanne et Genève, et n'avons plus de provisions de nourriture...
Le lendemain matin je suis réveillé par les rayons du soleil et le clapotis des vagues contre le bord du lac. C’est plutôt agréable comme sensation. Je me sens étonnement bien malgré les vingt-cinq kilomètres de marche que nous avons parcours la veille presque contre notre gré. J’ai aussi passé une bonne nuit de sommeil. Je pense que l’air frais sur mon visage – même si initialement je craignais de dormir dehors – à fait énormément de bien à mon corps. Je pensais me lever courbaturé de douleur pour avoir dormi par terre après la journée intense de la veille, mais il n’en est rien. Ce que je considérais à priori comme un échec (le fait de se retrouver dehors pour notre deuxième nuit de voyage) s’est révélé plutôt bénéfique au final. Je rédige mes « pages du matin » dans mon cahier de voyage alors qu’Oscar prépare un feu sauvage pour faire chauffer de l’eau dans une casserole qu’il a emportée dans son sac. Ce matin notre petit-déjeuner est composé exclusivement d’un thé servi dans une bouteille en plastique avec un peu de sucre. Nous avons les deux faims et sommes d’accord sur le fait qu’il faudra être plus efficace que la veille pour trouver de quoi se nourrir aujourd’hui. Nous prévoyons de faire un tour à travers Nyon et de nous présenter dans les boulangeries ou autre commerces d’alimentation pour demander du pain de la veille ou autres invendus. Nos sacs sont prêt et nous amorçons la monté depuis le bord du lac en direction du bourg. Nous arrivons sur une place d’où nous apercevons un apéritif en plein air avec tables, boissons, pâtisseries, fruits… Ni une ni deux je propose à Oscar que l’on essaie de s’y incruster. En arrivant nous sommes tout de suite remarqués par les personnes présentes, normal avec nos dégaines de pèlerins tout juste sorti du lit ! Je lance sur un ton amusé à un homme qui s’est tourné vers nous : - Vous acceptez aussi les pèlerins à votre apéro ? Il me répond en souriant que je dois m’adresser à leur maire – organisateur de l’événement – qui se situe à quelques mètres de lui. Je m’approche et reformule ma question. L’homme me répond un brin agacé que cet apéritif est organisé pour les collaborateurs de la mairie. Puis il ajoute, voyant que la question bien que posé sur le ton du rire est sérieuse (on doit quand même avoir l’air d’avoir faim j’imagine) : - Vous pouvez peut-être repasser à la fin de l’apéro, s’il reste quelque chose… Je lui réponds que ce serait avec plaisir et lui demande à quelle heure. - Vers les midis… Nous répond-t-il. Bien. Nous avons déjà au moins une option si nos recherches de nourriture à travers la petite ville devaient restées vaines jusque-là. Nous continuons notre chemin à travers Nyon et apercevons une boulangerie. Nous décidons de nous y rendre en expliquant que nous sommes des pèlerins sur le chemin de St-Jacques de Compostelle et en demandant s’ils seraient d’accord de nous céder du pain de la veille ou autres invendus. Premier essai, première réponse négative : - Non, ce n’est pas quelque chose que nous faisons. Mince ! Bon continuons. Deuxième boulangerie : - Non, le pain de la veille ils viennent le chercher chaque soir à la fermeture. Un peu plus loin, nous tentons un troisième essai : même réponse que la deuxième… Un peu démoralisés nous nous décidons à attendre midi pour aller voir si le maire tiendra parole en nous donnant quelques restes de son apéro. En Suisse lors d’un apéro – qui plus est, organisé par l’Etat – normalement il y a toujours quelques restes.
A midi, nous sommes de retour sur la place de la mairie où nous retrouvons notre maire. Nous l’abordons en disant : - Re-bonjour, on est venu voir s’il y a quelques restes pour nous comme convenu… Le maire nous informe qu’il attend encore quelques collaborateurs mais nous propose une pomme et un jus de fruit. Ce n’est pas grand-chose, mais déjà de quoi mettre en route notre estomac. Nous nous mettons à discuter. Notre interlocuteur nous demande des détails de notre voyage. Depuis quand sommes-nous déjà en route ? Combien de kilomètres y a-t-il jusqu’à St-Jacques de Compostelle depuis ici, etc. Je réponds à ses questions et explique la dimension non-monétaire dans laquelle nous souhaitons réaliser notre voyage - d’où le fait que nous soyons venu quémander de quoi manger à cet apéritif. Oscar rajoute que nous avons passé la nuit au bord du lac avec comme seul petit-déjeuner un thé préparé sur un petit feu improvisé. Le maire étonné nous demande alors : - Et vous n’avez pas été inquiété sur la plage pour dormir ? Nous répondons naïvement : - Non, non. Il y avait bien quelques personnes sur la place jusqu’à minuit, mais nous n’avons pas été dérangés. - Quand je vais ai demandé si vous n’avez pas été inquiété je pensais à la police, parce que faire du camping sauvage sur la commune de Nyon c’est interdit normalement. Oups, nous avions un peu oublié que nous étions en face du maire en personne ! Mais il ne nous en veut pas. Il nous demande où nous allons passer la nuit suivante. Nous l’informons que nous allons reprendre la route en direction de Genève et que nous dormirons à plusieurs kilomètres d’ici… Au final, nous aurons encore droit à une pomme, mais rien de plus. Nous n’insistons pas et reprenons notre route à travers Nyon. Deux fruits et un jus ça n’est pas suffisant pour que nous quittions tout de suite la ville, surtout que nous ne savons pas si nous passerons par d’autres magasins d’alimentation prochainement. Je propose la solution d’urgence à Oscar : aller au restaurant Migros qui est en libre-service et nous servir à manger dans les assiettes de restes que les gens déposent dans les charriots de débarrassage à la fin de leur repas. Oscar valide ma proposition et nous voici sur place. Les restaurants Migros en Suisse sont des lieux peu compliqués. On peut s’y rendre pour boire un thé ou manger quelque chose en se servant soi-même au buffet et en passant à la caisse où l’on reçoit un ticket qui certifie que l’on a bien payé les éléments que l’on est en train de consommer. A la fin du repas, on prend son plateau et on l’amène sur des charriots que le personnel vient régulièrement changer lorsque ceux-ci sont pleins. Avec Oscar nous prenons place à une table et nous nous servons de deux verres d’eau du robinet dans des verres en plastiques qui sont à disposition gratuitement. Nous nous équipons également de deux fourchettes disponibles à la sortie des caisses pour la suite. Le plan est simple : nous sommes assis face-à-face, chacun guettant ce qui se passe dans une moitié du restaurant. Lorsqu’un client se lève pour débarrasser son plateau-repas, il s’agit d’identifier s’il y a des restes intéressants dans son assiette. Bien que l’idée vienne de moi, c’est Oscar qui passe à l’action en premier : il nous ramène une salade à peine touchée. C’est un bon début. Il me faut un peu de temps pour me mettre dans le bain, au début je suis encore trop freiné par le regard de gens. Mais au final nous prenons goût au jeu et enchaînons les restes laissés par les clients du self-service : assiette à frites à moitié mangée, carcasse de poulet encore bien garnie, légumes, encore des frites et du poulet… Nous passons plus ou moins inaperçu. En fait, je ne regarde pas autour de nous et je m’en fous de ce que pensent les gens. J’ai faim et il y a de bonnes choses à manger gratuitement. Ces aliments ont été payés donc il n’y a pas de raison de s’en priver. Nous restons une quinzaine de minutes sur place avant de nous éclipser…
En début d’après-midi nous quittons finalement Nyon en rigolant de vive voix en repesant à la manière dont nous nous y sommes pris pour assouvir notre faim. D’abord l’épisode avec le maire à qui nous avons raconté comme nous avons fait du camping sauvage sans autorisation sur sa commune, et puis ensuite la scène du restaurant Migros où nous avons joué aux piques assiettes. Aujourd’hui il faut beau pour la troisième journée consécutive mais la pluie est annoncé pour la soirée. Nous marcherons très probablement moins que la veille pour éviter de nous surmener, et commencerons nos recherches d’hébergement suffisamment tôt pour ne pas être surpris par la pluie.
Après quelques kilomètres, le chemin nous amène au travers d’un petit village dans lequel un magasin d’alimentation se présente. Quelques réserves de nourritures seraient bonnes à prendre, nous décidons donc d’y adresser notre demande malgré les nombreux refus que nous avons récemment essuyés en ville de Nyon. Oscar formule notre sollicitation à la caissière qui nous demande de patienter le temps d’appeler la propriétaire du magasin. Cette dernière se rapproche et je reformule notre demande. Après un bref instant, le temps de saisir notre demande apparemment inhabituelle, je vois les traits du visage de notre interlocutrice s’adoucir pour devenir un sourire. Elle nous répond par la positive et se dirige vers l’étagère de boulangerie. Elle emballe quatre croissants dans un petit sachet en papier, avant de continuer vers les rayons des fruits où elle emballe cette fois deux oranges, deux pommes, deux bananes. - Voilà et bonne route. Nous la remercions chaleureusement avant de nous diriger vers la sortie. Dans le magasin, des clients nous jettent des regards mêlés de curiosité et d’étonnement. C’est un étrange sentiment pour moi, je suis un peu gêné mais ça va. Je suis surtout très touché par la générosité dont a fait preuve inconditionnellement cette dame. Son geste me va droit au cœur. Arrivé dehors, nous nous exclamons : - Purée comment ça fait trop plaisir ! - T’as vu comment ça s’est passé ? Au début je pensais qu’on allait se prendre un refus dans la tronche, mais la proprio était trop sympa ! - On a quatre croissants et six fruits mec. C’est la fête ! Toutefois, avant de nous mettre à manger, nous décidons de marcher une certaine distance pour ne pas que l’on nous voit nous goinfrer directement à côté du magasin. Nous ne voulons pas avoir une attitude qui pourrait paraître irrespectueuse. Nous passons la suite de l’après-midi sans nous presser, faisant une pause pour profiter de ce que nous avons reçu à manger et prévoyant de guetter les occasions où nous pourrions nous mettre à chercher un endroit où passer la nuit. Nous voulons éviter à tout prix le scénario d’hier qui nous a poussés à dépasser largement les 20 kilomètres de marche, sans savoir réellement où nous voulions nous arrêter pour la nuit.
Aux alentours des 17 heures, nous arrivons à Commugny, un petit village du canton de Vaud peu avant de passer sur le sol genevois. Nous passons à côté d’une église devant laquelle se trouve un sceau pour les pèlerins. Nous tamponnons notre carnet et nous arrêtons pour réfléchir. Est-ce que nous commençons nos recherches d’hébergement ici ? C’est qu’il n’y a pas grand monde dans les parages et nous ne nous voyons pas aller sonner chez des gens pour leurs demander l’hospitalité… Nous décidons de faire un tour dans le coin pour voir si nous trouvons un endroit du village plus fréquenté où nous pourrions éventuellement aborder des gens afin de les solliciter comme hospitaliers spontanés.
Après avoir un peu marché nous arrivons dans ce qui semble être le centre du village. Le bâtiment communal s’y situe ainsi que la déchetterie qui crée beaucoup d’aller et venue de gens qui viennent amener leurs déchets. Nous abordons une dame. Nous nous présentons en expliquant que nous sommes à la recherche d’un endroit où passer la nuit. Elle nous informe qu’il existe un accueil jacquaire dans le village. Il s’agit de gens qui accueillent bénévolement les pèlerins chez eux en offrant un repas, une place où dormir ainsi qu’un petit-déjeuner. Avant de partir, le pèlerin paie un montant qu’il détermine lui-même en fonction de sa bonne-volonté. J’ai beaucoup de respect pour les gens qui pratique l’accueil jacquaires chez eux. Néanmoins, vu la manière dont nous avons décidé de voyager, c'est-à-dire sans dépenser d’argent en dehors des cas d’urgence, il ne serait pas honnête de nous rendre dans un accueil jacquaire sans laisser d’argent derrière nous après notre séjour. Nous remercions donc la dame de nous avoir donné ces informations, mais nous allons poursuivre nos recherches en comptant plutôt sur l’envie spontanée de quelqu’un de nous accueillir chez lui ou de nous offrir un endroit où passer la nuit, même s’il ne porte pas l’étiquette « accueil jacquaire » écrit sur son front. L’hospitalité ne devrait selon moi pas être détenu par certaines personnes en particuliers, même si celle-ci sont des habitués des pèlerins. Au contraire, je constaterai même plus tard lors de mon voyage, que l’on a souvent les meilleures échanges et discutions avec des personnes qui ne sont justement pas des habituées des pèlerins et qui sont beaucoup plus curieux et attentifs aux anecdotes de voyage que l’on a à leurs raconter. Plutôt que d’aborder chaque passant, et de risquer de nous voir indiquer l’accueil jacquaire dont nous connaissons déjà l’existence à chaque fois, nous optons une nouvelle fois pour un écriteau. Je décide d’en créer un nouveau, plus grand cette fois sur lequel j’inscrirai la même phrase que la première fois : « pèlerins aimables cherchent hébergement pour la nuit ». Pour le support, je déniche un morceau de carton de la déchetterie à côté de laquelle nous nous trouvons, et je m’applique pour présenter une belle écriture, qui donnera envie à n’importe qui de nous ouvrir la porte pour la nuit ! Nous sommes assis là avec nos sacs à dos de pèlerins et la coquille St-Jacques d’Oscar bien visible à nos côtés. Je tiens notre écriteau de recherche d’hébergement dans les mains et affiche un sourire plutôt naturel. Je me suis déjà souvent retrouvé dans des situations où je m’affiche avec un panneau pour faire du stop sur de longues distances, et je trouve ça à chaque fois assez drôle. Le sourire me vient assez facilement face à l’inhabituel de la situation et à la réaction des passants. Beaucoup de gens se parquent à côté de la déchetterie, amènent leurs poubelles ou différents déchets recyclés, puis repartent. Un homme de retour à se voiture, n’ayant visiblement pas pris le temps de lire notre écriteau, nous conseils de nous rendre à la route principale : nous y aurons plus de chance pour trouver une voiture pour nous prendre en stop. Je lui lance : - C’est pas une voiture qu’on cherche, mais un hébergement pour la nuit ! - Ah d’accord, carrément ! Bonne chance. Vient un moment où une dame apparait à vélo dans notre champ de vision depuis la droite. Elle ne roule pas vite car elle est accompagnée de sa petite fille qui n’est pas encore très rapide sur deux roues. Elle passe à quelques mètres devant nous en nous regardant d’un air intrigué. Elle a vu que nous avions un panneau sur lequel est un inscrit une demande, mais elle ne le lit pas. Je la salue toujours souriant et elle nous répond avant de poursuivre sur quelques mètres. Je la suis du regard un instant puis redirige mon attention sur le parking de la déchetterie. Trouverons-nous des gens spontanément ouvert à nous accueillir chez eux ce soir ? Puis mon attention se replace sur la dame à vélo qui s’est arrêté à quelques mètres. Je n’ose pas encore croire à ce que je pense. Après tout, elle s’est peut-être arrêtée pour n’importe quelle raison que nous ne connaissons pas. Elle se retourne et nous demande : - Qu’est-ce qui est écrit sur votre panneau ? Je lui explique qui nous sommes et le voyage que nous avons amorcé vers Compostelle en Espagne. Je continue en disant que nous sommes à la recherche d’un endroit où passer la nuit. Il est d’autant plus important que nous soyons à couvert car de la pluie est annoncée pour la soirée. Nous discutons quelques instants puis notre interlocutrice nous informe que leur maison est actuellement en travaux, notamment au salon. Si elle nous accueille ce serait dans une maison en chantier. Nous lui expliquons que nous sommes tout sauf exigeants et que nous serions tout à fait enchantés de pouvoir être reçu chez elle. Entre-temps sa fille qui avait pris de l’avance à vélo a fait demi-tour et nous à rejoint. Elle écoute notre conversation d’un air concentré. La dame conclus en disant qu’elle va rejoindre sa maison à vélo avec sa fille et se concerter avec son mari avant de venir nous rechercher. Très bien, nous attendrons. Youpi ! On dirait que la chance nous sourit. Après une deuxième journée un peu mitigée en termes de rencontres généreuses, nous nous rattrapons aujourd’hui. Très peu de temps après, une autre dame avec deux petits garçons vient nous aborder. Elle nous a vus discuter avec la dame à vélo, et nous pose également des questions sur notre voyage. Nous lui disons que nous allons probablement être accueillis chez cette dernière qui est allé en parler à son mari avant de revenir. Notre nouvelle interlocutrice d’origine italienne est sympathique. Elle nous dit qu’elle habite dans un petit appartement avec son mari et ses deux fils. Malgré le peu de place nous pourrions éventuellement trouver accueil chez eux ce soir si notre hôte devait se désister. Waouh, quel enchainement de rencontres positives d’un seul coup ! Merci beaucoup. Si nous sommes encore là ce soir parce que notre hôte se serait désistée, ce serait avec plaisir !
Une voiture se gare à quelques mètres de nous dans le parking de la déchetterie communale. A son volant, la dame que nous avons croisée à vélo quelques minutes plus tôt. Elle nous informe que nous pouvons passer la nuit chez elle, mais que comme annoncé précédemment, le rez-de-chaussée est en travaux et qu’il ne faudra pas trop être étonné. Nous la remercions d’avance et chargeons nos sac à dos dans la voiture et nous mettons en route. Nous arrivons peu de temps après dans un petit quartier de villas. Nous nous arrêtons devant sa maison et sortons nos affaires. Son mari nous accueille d’un ton jovial. Au fait, nous sommes Oscar et Stephan, nous ne nous étions encore que présentés comme « des pèlerins sur le chemin de Compostelle » sans préciser notre nom. Nos hôtes s’appellent Gil et Angela. Merci pour l’accueil ! Nous retrouvons également la petite fille à vélo que nous avons déjà rencontrée tout à l’heure, ainsi que sa grande sœur. La plus jeune explique que nous entreprenons un long voyage à pied et que nous cherchons chaque jour un endroit où passer la nuit. Elle a un sourire de petite gamine dont il manque quelques dents de lait récemment tombées. Les deux sœurs ont sept et treize ans, elles s’appellent respectivement Lya et Tehora. Nous posons nos affaires dans un salon vide, dont les meubles et la décoration ont été entreposés sur la terrasse couverte durant les travaux de peinture. Le lendemain, il nous faudra libérer l’espace avant 7h30 du matin pour laisser la place aux travailleurs. Pas de problème, nous sommes tellement reconnaissant de pouvoir dormir à l’intérieur que nous n’allons bien évidemment pas être exigent en quoi que ce soit ! Nos hôtes nous proposent un jus de pomme frais, qui est tout simplement délicieux. Il s’écoule à travers ma gorge en me revitalisant de l’intérieur. Je crois que je n’ai encore jamais autant apprécié un jus de pomme qu’après une journée de marche comme celle-là. Nous discutons autour du petit bar qui avoisine la cuisine où Angela qui n’était qu’une passante anonyme il y a quelques minutes commence à préparer le repas du soir. Nous résumons notre début d’aventure, et je me rends compte que nous marchons depuis déjà trois jours. Cela peut paraître court mais avec notre recherche d’hébergement non-concluante d’hier soir et notre chasse à la nourriture à travers Nyon ce matin, je n’avais pas réalisé que ce laps de temps s’était déjà écoulé depuis notre départ depuis la cathédrale de Lausanne. J’ai souvent entendu que ce sont les trois premiers jours de suite de pratique d’un sport qui sont difficile pour le corps (par exemple pour le ski). Au-delà de cette période, le corps s’habitue à cet effort régulier. Il nous reste environ 97 jours ou moins de 1’900 km de marche jusqu’à Compostelle selon mon estimation, et nous commençons à être rodé ! Nos hôtes nous proposent d’utiliser la douche qui se trouve au premier étage, chose que nous acceptons avec plaisir. Plus tard nous pourrons même mettre notre linge sale à la machine et au séchoir pour pouvoir le remporter comme neuf le lendemain. Après la douche, et toujours en papotant autour du bar, Gil nous demande si notre pèlerinage nous devait nous empêcher de boire un petit coup de vin. Pas du tout, nous commençons même à être des habitués ! Une bouteille de vin blanc est ouverte et des cacahuètes viennent accompagner l’apéritif. Nous nous sommes tellement contentés de peu ces deux derniers jours, que le jus de pomme suivi du vin et des cacahuètes aurait presque suffit à nous remplir le ventre pour aller dormir. Mais nous nous réjouissons quand même au moment de passer à table. Nous avons droit à une généreuse salade mêlée suivi de pâtes à la sauce tomate et au thon, tout cela accompagné de vin rouge. Miam, quel délice ! Au moment où je rédige ces lignes, j’en ai encore l’eau à la bouche… Durant le repas, nous entendons le bruit d’un orage qui éclate et se rapproche avant de laisser place à la pluie. Nous nous rappelons de la chance que nous avons en étant reçu chez cette famille pour la nuit. Oscar raconte comment nous nous y sommes pris au restaurant Migros de Nyon pour nous nourrir à midi. Je suis un peu gêné lorsque je l’entends raconter la scène mais je ne peux me retenir de lâcher un rire, d’abord un peu nerveux puis ensuite plus décontracté. L’anecdote ne manque pas de faire rire les deux sœurs et apporte une atmosphère détendue au repas. Cela nous mène à discuter de la manière dont fonctionne la société où tout s’achète et se vend. J’explique que c’est avec l’idée d’échapper au système monétaire et ses règles durant un certain temps que j’ai voulu initier ce voyage. C’est osé, mais je ne pense pas, en voyageant ainsi, abuser de la bonté des gens que je rencontre en sollicitant leur aide spontanément. Bien que je ne donne pas d’argent en échange de ce qu’ils m’offrent, je pense leur apporter en échange ma bonne humeur, ma présence et mes récits et anecdotes de voyage. Cela deviendra particulièrement vrai plus j’approcherai de la ville de Santiago de Compostela en traversant la France puis l’Espagne, où je me présenterai ensuite comme « un peregrino venido a pied desde Suiza.... ».
Plus tard, nos hôtes nous proposent de prendre le petit-déjeuner avec eux le lendemain matin avant que n’arrivent les travailleurs et que nous ne reprenions la route. Nous acceptons volontiers, je suis presque même gêné lorsqu’il nous est demandé ce que nous mangeons habituellement le matin… En fin de soirée, nous installons nos tapis de sol et sacs de couchage sur le sol du salon pour y passer la nuit. Nos hôtes nous informent qu’ils s’absentent quelques minutes pour aller faire leurs adieux à des voisins qui vont partir en voyage le lendemain. Je suis étonné de la confiance que l’on nous témoigne en nous laissant seul dans leur maison. Une fois couché, je pense à la chance que nous avons eue en rencontrant Angela sur le parking de la déchetterie, et à l’agréable soirée que nous avons passée ensemble avec son mari et ses deux filles. Je remercie l’Univers pour cette « coïncidence » et souhaite que le voyage se poursuive sur cette lancée.
Durant la nuit je ne dors pas très bien. Je fais des rêves étranges. J’essaie de bouger et de me réveiller pour que cela s’arrête. Une fois réveillé je n’ose pas faire de mouvement sur mon petit tapis de sol. Les cauchemars que je viens d’avoir sont encore dans l’air et il me faut un certain temps avant d’oser refermer les yeux et me rendormir.
Si vous avez pris le temps de lire cet extrait qui constitue un des chapitres de mon livre qui est en cours de rédaction, je vous invite à me donner un petit feedback. Que ce soit au niveau du style d'écriture, de l'accroche, etc. Je n'ai jamais écris de livre et suis ouvert à vos critiques positives ou négatives.
Amicalement.
Stephan Pèlerin venu à pied depuis la Suisse Peregrino venido a pie desde Suiza
La « magie » du chemin ! Compostelle = le chemin de l’étoile.
Ce récit de voyage n’est ni religieux, ni historique, ni géographique et, encore moins, un exploit sportif ! Et je n’ai pas voulu écrire un descriptif du voyage, jour après jour, mais plutôt écrire des réflexions personnelles (qui n’engagent que moi !) et d’autres réflexions (qui n’engagent que leurs auteurs…)
Réflexions avant de partir. Au départ, pas besoin d’être croyant pour faire le chemin. A chacun sa croyance, à chacun ses convictions. Jacques Brel a écrit : « Dieu est en chaque homme. Malheureusement, ils ne le savent pas ! » Je pense que le jour où les 6 milliards d’individus de la planète auront chacun leur secte, tout ira pour le mieux… Nous sommes tous des « créateurs » ; en chacun de nous vit une âme d’artiste. Le tout est de trouver sa voie… Chacun doit avoir SA liberté, SON droit d’agir et de penser. Finis les « on-dit » (des voisins, familles, …) Bienvenue aux « non-dit » (dites « je t’aime »). (réflexions personnelles) Je veux, chaque jour de mon voyage, apprendre quelque chose de moi et sur moi que j’ignorais la veille. Collecter les perles, les pensées, les paroles, les rencontres, les actes… Sur « quoi » j’ai buté ? Fatigue, doute, solitude, pensées négatives, … Etre sur le chemin comme dans une méditation. Etre dans une attention à ce que je vis « ici et maintenant ». (Framboise de Toulouse) Eveiller les cinq sens, regarder tout ce qui se passe, écrire des mots… (le soir : écrire un texte). (stage d’écriture à Nismes) Le chemin t’attend, Saint-Jacques t’attend, Tu prendras ta part de soleil et de poussière, Tes pas seront tes mots, Et le chemin deviendra ta chanson, La fatigue sera ta prière, Mais alors, alors seulement, le silence pourra enfin te parler. (Association belge des amis de Saint-Jacques) Le pèlerin est un être libre « irradié » par une joie intérieure insoupsonnée ; c’est l’ivresse du bonheur, il est habité par « l’essentiel »… il redécouvre son antique condition nomade et la joie qui accompagne cette nouvelle liberté. La route travaille l’humain en profondeur ; ce bonheur est difficilement descriptible, il est possible si l’on accepte d’être heureux avec peu de choses. Le pèlerin redevient lui-même et vit des joies simples qu’il avait oublié dans sa vie d’ « installé » ; il le prend avec joie et philosophie ; il s’en accomode car « trop de confort aliène l’être humain » ! C’est dans le dénuement de tous les encombrants qu’il a le cœur léger, l’esprit libre et l’âme ouverte à la transparence. La solitude lui est nécessaire : enfin, il se retrouve après s’être trop longtemps perdu ! C’est le prix du bonheur ! (Pierre de l’association belge des amis de Saint-Jacques) Cadencer son pas ; pas trop d’arrêts. S’arrêter avant d’être fatigué. (Gilles, un pèlerin de l’association belge des amis de Saint-Jacques) Prends bien soin de toi. (Eric, mon filleul) Ma sœur, Christine, a parcouru le chemin de Stevenson (Cévennes), il y a plusieurs années, et elle aurait souhaité faire le chemin de Compostelle en ma compagnie, mais elle ne pouvait se permettre de s’absenter si longtemps…
J’ai écrit sur le chemin. Faire le chemin, c’est se couper de son propre monde, pour s’ouvrir sur un nouveau monde. On n’est jamais seul sur le chemin ! J’ai inventé un nouveau mot : BEAUJOUR ! Ben oui, pourquoi toujours « Bonjour » ? Personnellement, je préfère que la journée soit plutôt belle que bonne… Sur le livre d’or du refuge de Saint-Roch, j’ai écrit : « Il faut que tu saches que : tu es responsable de TON bonheur, et le seul responsable ; tu ne dois juger personne (les juges sont là pour ça) ; tu es libre de ta vie, de décider, de choisir. On t’a imposé des limites, tu PEUX les dépasser ; le soleil brille TOUJOURS derrière les nuages (ne désespère pas) ; tu es le meilleur, quoi qu’il arrive… Mais n’oublie pas que la perfection n’est pas de ce monde ; l’amour est la plus belle chose au monde ; l’amour de qui tu veux, mais, d’abord, de toi-même. Si tu assimiles ces quelques réflexions, ton chemin n’en sera que meilleur ! Au bout du chemin, tu seras une autre personne : TOI !!! Ultreïa… (expression espagnole signifiant : « plus loin »)
Par après, j’ai ajouté dans mon journal : il n’y a pas de hasard !!! chaque jour est une naissance ; chaque jour est un commencement ; chaque jour est une vie (Louis Chedid) ; aujourd’hui est un jour très important car c’est le premier jour du reste de ta vie ( ?) ; vis chaque jour comme si c’était le dernier ; rêve tant que tu veux, tant que tu peux ; tous les rêves sont permis. Mais surtout VIS tes rêves ; ne te trouve pas d’excuse. Sinon, à la fin de ta vie, tu regretteras et tu partiras l’âme en peine… reste enfant dans ta tête. La vie est un jeu ; joue toute ta vie ; ne te prends pas trop au sérieux. Quand on sait ce qu’on sait, qu’on voit ce qu’on voit, qu’on entend ce qu’on entend, … On peut penser ce qu’on pense ! Sur le chemin, il n’y a pas de nationalités, pas de frontières. Dépendant ou indépendant ? Sur le chemin, vous êtes tout à fait indépendant… vous faites ce que vous voulez ! Mais, en même temps, vous êtes dépendant de vous-mêmes !!! Pour l’eau, la nourriture, le logement, la fatigue… S’il vous manque de l’eau, la soif devient vite un problème. Idem pour la nourriture (vous faites parfois 15 km sans trouver eau et/ou nourriture !) Pour la fatigue, il vous arrivera des moments d’anéantissement ! Parfois, plusieurs dans la journée… (et ici, pas de voiture-balai !!!). Le sens de la marche et de la démarche. En faisant le chemin, on se rend compte que nous marchons à contresens de la société actuelle ; En fait, nous reprenons la direction de l’ »authentique » (cfr Jean de Florette), des vraies valeurs de la vie terrestre, alors que la société va de plus en plus dans le sens de la consommation, et surtout de la consommation débile, du genre « télé-réalité » !!! Sur le chemin, on prend son temps… alors que dans la société, on est toujours pressé ! On marche, on marche… alors que les autres prennent la voiture pour aller chercher le pain à 200 mètres… Sur le chemin, on vit dans le « réel », alors que la société va de plus en plus vers le virtuel (internet, chat…) Sur le chemin, on n’est pas « bouffé » par la publicité… Le plus atypique des tableaux se situe quand nous passons au-dessus d’une autoroute et que l’on s’arrête quelques minutes pour regarder passer les véhicules…
Lui, en voiture Moi, à pied Il roule à 130 km/h à 4, 5 ou 6 km/h Il peut faire 1000 km/jour 25 – 30, c’est bien ! Il connaît les infos moi, rien ! Il veut « gagner du temps » je regarde le temps passer Etc, etc… Pélerin, marcheur ou randonneur ? Moi : « cheminant » Le mot « pélerin » fait trop penser à la religion ; Marcheur et randonneur font penser à un loisir, ce qui n’est pas le cas ici (en tout cas pour moi !). Et ça peut faire penser aussi à « performance »… (encore moins mon cas !). Il est vrai que, chaque jour, en moyenne, nous faisons 30.000 pas ! Ce qui fait plus de 2 millions de pas sur les deux mois !!! «Cheminant », car je fais le chemin ! Je chemine tout au long des jours… Bon courage, Bonne route ? Moi : « Bon chemin » La moitié des personnes vous souhaitent « Bon courage ». Or, il n’est pas du tout question de courage, selon moi ! Je préfère « Bonne route » et encore mieux « Bon chemin » ou « Buen camino » (en Espagne). Le courage, je dirais que c’est juste la « volonté » d’avoir décidé de « faire le chemin ». Mais, uns fois qu’on est parti, on n’a pas besoin de courage, le matin, pour démarrer. On a « envie » d’avancer, sans savoir pourquoi, la plupart du temps ! On avance, on avance, jusqu’au bout de ses forces, de ses capacités. Rares sont les jours où l’on n’est pas allé plus loin que ses propres limites ! « Bon chemin » signifie pour moi : que tout se passe bien sur ton chemin ; que tu ne rencontres aucun problème particulier. Plus beau encore comme expression que j’ai entendue, c’est « Vaya con Dios » (que Dieu te garde)… Sécurité, protection, confiance… Le premier jour : messe des pélerins à la cathédrale puis bénédiction par l’évèque. Suite à cela, on se sent « protégé » tout au long du chemin, comme si rien de mauvais ou désagréable ne pouvait vous arriver ! Par exemple, on laisse toujours trainer son sac n’importe où ! On se sent « en sécurité » sur le chemin et dans les villages ou villes de haltes. Et, tout au long du chemin, on « sent » une totale confiance réciproque entre les « cheminants » et ceux qui les accueuillent !!! Expérience, pas performance ! Faire le chemin ne doit jamais être considéré comme une performance. C’est une expérience, tout simplement. On a envie, ou pas, de faire le chemin… On ne le fait pas pour prouver quoi que ce soit aux autres, ni même pour se prouver quelque chose à soi-même. On le fait pour « se » découvrir, au fil des jours, grâce au vécu, au ressenti, aux rencontres, aux découvertes, aux idées qui germent dans la tête. On fait le vide en soi, on pense autrement et plus loin que dans la vie de tous les jours. On « sent » ce que l’on veut, d’abord pour soi et aussi pour les autres… On envisage la vie et l’avenir autrement, on sait surtout, ce que l’on ne veut plus !… La vie prend un autre sens, une autre direction ; on choisit sa « voie ». On est plus « serein », « conscient », « vivant », « à l’écoute » des autres et de soi-même… Le plus beau jour de mon chemin. C’est l’étape des Pyrénées (bien que j’ai compris que je ne serai jamais un grimpeur !) Il faut préciser que le chemin du Puy est le plus escarpé des chemins français. En effet, jusque Compostelle, le dénivellé total dépasse les 21.000 mètres, ce qui représente plus de deux fois le plus haut sommet du monde, l’Everest ! Un pèlerin français m’a fait la remarque : « oui, mais on les descend !!! » Heureusement ! Autrement, on serait carrément au-dessus des avions… Ca a commencé par le « p’tit dèj extra » au gîte d’Orisson (quelques km après Saint-Jean-Pied-de-port). Puis, j’ai discuté avec le patron (Jean-Jacques, un pur basque !) et il m’a gonflé le moral à bloc ! Il m’a dit que je viendrais m’installer dans cette région… Pourquoi pas ? J’ai grimpé les Pyrénées sans effort aucun, comme si j’étais « soulevé » du sol ! J’ai « touché » le ciel et les nuages, j’ai attrapé l’inaccessible étoile (si chère à Jacques Brel) et je suis resté sur mon nuage jusque Roncevaux ! La vie me paraît légère, comme le nuage sur lequel je me suis installé !!! J’ai placé l’étoile dans mon cœur, j’avais l’impression d’avoir des ailes !…
Différences France Espagne Nbre pélerins/jour (moy.) 10 + de 100 Nationnalité toutes 90% espagnols Et italiens Repas: En terrasse souvent rarement PrixTTC 10 à 12 6 à 10 Prix nuitée 8 à 12 3 à 6 Chemin: Indication bien très bien Goudron 30 à 40 % 20 à 25 % Propreté impec affreux Souvent… calme bruyant On entend… bon courage buen camino Nombre de vélos (moy.) 1/jour 40 – 50 On marche… le jour le matin Internet 1/30 jours 1/jour Chaussures + bottines + sandales Réservation gîte possible impossible Eglises 90 % ouvertes 90 % fermées Chiens 90 % liberté 90 % attachés ( non, non, pas de rapport entre les deux derniers !!!) Ce que je n’ai pas apprécié sur le chemin… (Plus de 90 % de ces considérations concernent l’Espagne, bien que je n’ai aucun à priori vis-à-vis de ce pays, mais c’est une réalité « vécue » !) D’abord, les vélos: la plupart des cyclistes ne disent pas bonjour ; on n’est pas prévenu de leur arrivée, d’où sursaut dans la méditation, les rêveries, les idées, … Ensuite, le bruit: les marcheurs (espagnols, italiens, allemands) et le long des routes nationales. Je n’ajouterai pas l’inconfort ; pour moi, il fait partie du chemin ! Ainsi que l’hygiène qui laisse à désirer ! Le non-respect du sommeil des autres: ils se lèvent à 5 heures et estiment que tu peux être éveillé ! La course aux gîtes, du fait que les réservations sont impossibles. Le soir (uniquement en Espagne), on rencontre rarement des personnes parlant français ; mon espagnol est très limité et mon anglais ne me permet pas d’entreprendre une discussion « profonde » ! On se sent donc assez « seul » ; de la journée, c’est normal, mais les soirées semblent longues… Pourquoi faire le chemin « seul » ? pour une raison physique : si un marche à 4 km/h et l’autre, à 5 km/h ; si un désire marcher 4 heures et l’autre 8 heures, si un lève-tôt et un lève-tard. Pas évident d’avoir le même rythme… On « croit » connaître la personne avec qui on compte faire le chemin, mais, au bout de 8 jours de discussion 16 h sur 24, on se rend vite compte que l’on est très différent ! Pour mieux savoir se « centrer » sur soi-même, sur ses pensées, sur la vie, sur « sa » vie, … Par ailleurs (et c’est toujours un avis personnel), sur le chemin, on n’a pas besoin de portable ! Vu que l’on se coupe du monde ! On trouve régulièrement des cabines téléphoniques. Et aussi : pour moi, pas de réservation de gîte ; on n’est pas au « Club Med » !!! De toute façon, le matin, vous ne savez pas le nombre de kilomètres que vous serez capables de faire… Alors, si vous avez réservé, soit vous arrivez au gîte et constatez que vous auriez pu encore faire plusieurs kilomètres, soit le gîte est vraiment trop loin et vous peinez pour y arriver ! Corps + esprit = 1. Pour faire le chemin, il faut que le corps et l’esprit ne fassent « qu’un » ! Si l’esprit commande au corps plus qu’il ne peut en faire, il va « réagir » par des ampoules, des crampes, une tendinite, … D’où, un repos forcé ! Le corps doit connaître ses limites « naturellement ». Quand tu puises dans tes réserves, tu le « paies » par après ! Le corps n’est pas une machine… Marcher ou courir ? A partir du 1er juillet, j’ai « appris » à marcher, jour après jour… Les 15 premiers jours ont été un peu « souffrance »… La 6ème semaine, je faisais 30 km en moyenne, puis 2 jours à 40 km. Mon corps était capable de les faire. Puis, j’ai dit « stop » ! J’arrivais tard, fatigué, juste le temps de la douche et de manger… Puis au lit à 22 heures (obligé !) et éveillé à 05 heures par les premiers partis. Faire le chemin, ce n’est pas courir, mais prendre son temps. Personne n’arrivera le premier à Santiago !!! Ce n’est pas une course ! Grain de folie ? Faut-il un grain de folie pour faire le chemin ? (surtout 1600 km d’une seule traite). Peut-être… Moi, je dirais plutôt un grain de folie de la vie… Un grain de vie… Pour moi, le chemin, c’est la vie… On voit les choses différemment, on se détache de sa vie de tous les jours, même si on y pense souvent, surtout pour faire des comparaisons. On comprend que la vie, en fait, ce n’est pas « avoir », mais « être », ce n’est pas « paraître », mais « être », ce n’est pas « prendre », mais « donner », ce n’est pas « survivre », mais « vivre », ce n’est pas « garder pour soi », mais « partager », ce n’est pas « s’isoler », mais « rencontrer », ce n’est pas « se taire », mais « dialoguer », ce n’est pas « suspecter », mais « faire confiance »,
(remarque « post-chemin » : Ingrid d’Anvers m’a fait remarquer que ces réflexions ne concernent que le moment où l’on fait le chemin. Effectivement ! Elle précise : « Personnellement, je ne ressens pas les choses de la même façon quand tu écris "La vie c'est: pas prendre mais donner ; pas s'isoler mais rencontrer... etc. " Je comprends ce que tu veux dire bien sûr, à savoir qu'il ne faut pas trop s'isoler dans la vie, ce qui est vrai ou ne pas "prendre" sans cesse égoïstement sans "donner", je comprends. Mais la vie c'est les DEUX, je pense - toujours les 2 polarités: donner + prendre (puisque accepter, donc prendre, un cadeau ou quoi que ce soit = également une forme de don à l'autre). Les 2 polarités sont toujours là, c'est comme inspirer- expirer, jour, nuit, soleil, lune, yin, yang, etc. Il y a des moments pour s'isoler (pour rentrer en soi) et d'autres pour rencontrer, les deux sont nécessaires et inévitables pour une vie harmonieuse, il me semble. Je comprends que ce sont des conclusions que tu as tirées ce jour-là ou ce que tu as compris à ce stade de ton chemin, mais tel que c'est écrit là, cela fait un peu catégorique pour moi ». A Saint-Jacques de Compostelle, j’ai acheté un T-shirt orné d’une grande flèche jaune sur fond bleu ; c’est très symbolique pour moi : mes deux couleurs préférées ; mon étoile en direction de la flèche ; flèches jaunes tout au long du chemin ; flèche = symbole du sagitaire que je suis ; symbole de l’arrivée à Compostelle. Livres à emporter Le topo-guide « Le chemin du Puy vers Saint-Jacques-de-Compostelle : Du Velay aux Pyrénées » (Rando Editions) est le plus utile. Il existe en un ou trois guides pour le même parcours ; j’avais pris l’édition regroupée, mais, à refaire, je prendrais les 3 guides (un rien plus lourds, mais mieux détaillés). Pour l’Espagne, le « condensé » seul existe. J’avais pris également le « Miam-Miam Dodo » (je suppose que vous comprenez de quoi il s’agit !!!). Je ne l’ai pas trouvé très utile, sauf pour ceux qui veulent s’écarter du chemin.
J’ai lu sur le chemin. « Ma santé à moi, c’est le sport : jamais de sport !!! » (Winston Churchill) Ce n’est pas le bout du chemin qui compte ; Ce qui compte, c’est le chemin. (proverbe gitan) « Je marcherai sous le soleil trop lourd, Sous la pluie à verse et dans la tourmente, En marchant, le soleil réchauffera mon cœur de pierre, La pluie fera de mes déserts un jardin, A force d’ user mes chaussures, j’userai mes habitudes, Je marcherai, et ma marche sera démarche, J’irai moins au bout de la route qu’au bout de moi-même, Je serai pèlerin, je ne partirai pas seulement en voyage, Je deviendrai moi-même un voyage, un pèlerinage. » (Jean Debruyne) Bienheureux les félés, Car ils laissent passer la lumière ! (au gîte chez Régine) Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple… (idem) Le chemin de Saint-Jacques mène au paradis. A quoi sert de voyager si tu t’enmènes avec toi ? C’est d’âme qu’il faut changer, non de climat ! (Sénèque) Le voyageur est encore ce qui compte le plus dans un voyage. (Suarec) Les pélerins de Compostelle ont le regard qui irradie ; comme si brillaient dans leurs yeux quelques rayons de l’Etoile qu’ils ont trouvée ou qu’ils sont en train de chercher. Tel est sans doute le plus grand piège du chemin. Il redonne l’espérance lorsqu’on est au fond du trou. La foi du Christ entre par les pieds… Chaque homme doit inventer son chemin. (J-P Sartre) Les vrais voyageurs sont ceux qui partent pour partir… (Baudelaire) Le voyage est un retour vers l’essentiel. (proverbe thibétain) En haut, il n’y a pas de Dieu ; Dieu, c’est le bien que l’on fait l’un pour l’autre… (Dorothé Solle) Et l’on fait le chemin pour découvrir ce « bon » ou ce « bien »… (Hugo – Anvers) Le petit endroit Vous qui venez ici dans une humble posture, De vos flancs alourdis décharger le fardeau, Veuillez quand vous aurez soulagé la nature Et déposé dans l’urne un modeste cadeau, Epancher dans l’amphore, un courant d’onde pure Et sur l’autel fumant, placer le chapiteau. Le couvercle arrondi dont l’auguste pointure, Aux parfums indiscrets, doit servir de tombeau. (Alfred de Musset pour George Sand) « De même qu’il est parfois nécessaire de se taire pour entendre ce que les autres ont à dire, la pensée, elle-même, doit faire silence pour pouvoir penser à autre chose qu’à elle-même. Le mystère de la vie n’est pas un problème à résoudre, c’est une réalité à éprouver. » (Alan Watts) (envoyé par Framboise de Toulouse) Pèlerin, ne cours pas… L’arrivée que tu rencontreras C’est « toi-même » !
- SI (Rudyard KIPLING) Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie Et sans dire un seul mot te remettre à rebâtir, Ou perdre d’un seul coup le gain de cent parties Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d’amour, Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour, Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d’entendre tes paroles Travesties par des gueux pour exciter des sots, Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles Sans mentir toi-même d’un seul mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire, Si tu peux rester peuple en conseillant les rois Et si tu peux aimer tous tes amis en frère sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ; Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître, Penser sans n’être qu’un penseur;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage, Si tu peux être brave et jamais imprudent, Si tu sais être bon, si tu sais être sage Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite Et recevoir ces deux menteurs d’un même front, Si tu peux conserver ton courage et ta tête Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire Seront à tout jamais tes esclaves soumis Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire, Tu seras un homme, mon fils. - Pèlerin, qui t’appelle ? (Eugène GARABAY) Poussière, boue, soleil et pluie C'est le Chemin de Saint-Jacques Des millions de pèlerins Et plus d'un millier d'années. Pèlerin, qui t'appelle ? Quelle est cette force obscure qui t'attire ? Ni le champ des étoiles, Ni les grandes cathédrales.
Ce n'est pas la bravoure navarraise, Ni le vin de ceux de la Rioja, Ni les fruits de mer des Galiciens, Ni les champs castillans.
Pèlerin, qui t'appelle ? Quelle est cette force obscure qui t'attire ? Ni les gens du Chemin, Ni les coutumes rurales.
Ce n'est pas l'histoire et sa culture, Ni le coq de la Calzada, Ni le palais de Gaudi, Ni le château de Ponferrada. Tout cela, je le vois au passage Et ce m'est une joie de tout voir, Mais la voix qui, moi, m'appelle, Je la ressens au plus profond.
La force qui, moi, me pousse, La force qui, moi, m'attire, Je ne sais même pas l'expliquer. Seul Celui d'en-haut le sait. Marcher, c’est perdre peu à peu tout ce que l’on a acquis de superflu, y compris les superlatifs. C’est se mettre en doute et en question dans un monde mécanisé. C’est ressentir et entendre preque aussitôt les réponses de son propre corps, confronté à une nouvelle expérience. Marcher, c’est se mettre à l’écoute du corps qui n’en revient pas d’être ainsi sollicité et libéré. (Jacques Lanzmann)
J’ai entendu sur le chemin. Les traits de caractère ressortent sur le chemin. (Léonie, allemande). (mon sac étant trop lourd) Ce n’est pas le sac qu’il faut savoir faire ; c’est l’homme qu’il faut faire… (un pèlerin français). (après avoir dit à une pélerine que j’irais jusque Compostelle si mes pieds me portaient et si je me « supportais » jusque là, elle m’a répondu…) Les pieds sont dans la tête !!! L’avenir de l’humain, c’est de sortir de la société de consommation. (un VRP dans un resto). Sur le chemin, le mur des conneries tombe… On n’est plus « coincé » ! (Paolo, suisse) Thérèse de Miradoux (un « personnage » du chemin, ) a dit : On n’est jamais totalement guéri d’une dépression ; Il est important de se créer une bulle ; Quand tu as un coup dur dans la vie, tu changes. Les noirs disent : « You have the watch ; we have the time » càd : Vous avez la montre ; nous avons le temps ! (Hugo – Anvers) « Partir, marcher, me libérer, respirer, faire une coupure dans ma vie, aller au bout de mes moyens, me prouver que je peux relever un défi, réfléchir à ce qui compte pour moi dans la vie, méditer, … (voilà ce que disent ceux qui décident de prendre le chemin) Rien à voir… Rien à dire… Rien à sentir… Tout à « ressentir » Ce que disent les français : La plus belle partie du chemin se trouve entre Le Puy et Conques. Personnellement, j’ai trouvé tous les paysages très beaux jusqu’aux Pyrénées… Mais, en Espagne, j’ai été déçu, sauf les 200 derniers km en Galice. A le refaire, je préfèrerais deux fois les 800 km de France… Les gîtes espagnols sont toujours complets car des espagnols se font amener au gîte pour s’offrir des vacances pas chères. Faux ! Avec les portes fermées à 22 heures et éveillés à 05 heures, je ne trouve pas que ce sont des vacances ! Sauf, éventuellement, à la fin du parcours où, ayant effectué les 100 derniers km, ils inscrivent le chemin sur leur C.V. ! Ce n’est pas toi qui fais le chemin… C’est le chemin qui te fait ! On fait le chemin pour « se donner du sens »… (Louis de Montpellier) Il n’y a rien de bien… rien de mal… C’est ! (proverbe thibétain) (dit par Louis) Deux sortes de personnes sur le chemin : ceux qui savent qu’ils vont rentrer ; ceux qui découvrent qu’ils n’ont pas de racines et prêts à s’installer n’importe où… (Richard de Grenoble) L’avenir m’intéresse, Car c’est là que j’ai l’intention de passer mes prochaines années… On ne peut s’empêcher de vieillir, mais on peut s’empêcher de devenir vieux. Ce qui compte avec l’âge, c’est de donner de la vie aux années et non des années à la vie ! Le chemin est la comtemplation de la création. (Roberta, italienne de 35 ans, qui est venue « combattre » son cancer sur le chemin…) Jusque Compostelle, le chemin représente la mort. De Compostelle à Finistère, c’est la renaissance ! (Roberta)
Le chemin.
En avril 2005, Barbara, une amie de longue date habitant à Chimay, m’a conseillé de faire le chemin de Saint-Jacques de Compostelle… (du fait que je vivais dans la « mélancolie » depuis plus de quatre longues années !). J’en avais entendu parler, mais jamais l’idée de le faire ne m’était passée par la tête…
Le vendredi 13 mai : je me suis retrouvé à Castres (près de Toulouse), en face d’une librairie qui présentait à la vente toutes sortes d’ouvrages sur le chemin de Compostelle. J’en ai acheté deux, et, le soir même, je décidais de commencer le chemin le 1er juillet. Je dis bien « commencer », car je ne savais pas jusqu’où je pourrais aller, étant donné que je n’ai jamais fait de sport de ma vie !
Le 06 juin, je me suis rendu à la réunion mensuelle des amis de Compostelle à Bruxelles ; j’ai acquis la crédenciale (ce document est cacheté à chaque étape, dans les gîtes, églises ou mairies, et est surtout obligatoire en Espagne pour être accepté dans les gîtes ; cela sert également pour recevoir le « diplôme » à Compostelle) et j’ai discuté avec des pélerins, notamment Gilles qui a fait le chemin d’Arles…
Le 30 juin 2005, je me trouvais au Puy-en-Velay, ville de départ choisie. Je me suis rendu à l’accueil des pélerins et j’ai appris que cette année était exceptionnelle, car c’était l’année du jubilé (année où le vendredi saint tombe le 25 mars ; cela arrvive 2 à 3 fois par siècle !). Après la messe, nous sommes allés au baptistère où nous avons été baptisés « symboliquement » (cfr jubilé) et nous avons reçu notre écharpe de baptème… Sur le livre d’or, j’ai écrit : « Je m’appelle Antoine, je viens d’être baptisé ; merci Marie ». Ensuite, visite de la cathédrale où nous avons reçu une médaille de la vierge noire. Vu le poids de mon sac à dos (18 Kgs), il m’a été conseillé d’enlever un maximum de choses… J’ai pu enlever 4 Kgs. Un reporter a pris une photo pour sa chronique hebdomadaire dans un journal local. Le soir : pot du pèlerin avec une suisse, une canadienne, un américain, un couple d’allemands et… une française ! (ceci afin de démontrer le côté cosmopolite du chemin…)
Le lendemain, vendredi 1er juillet, je suis allé à la messe dite par l’évèque qui a béni les pélerins présents. Pendant l’office, une sœur a lu ma phrase du livre d’or…
Résumé du chemin : 1er juillet : départ du Puy. 1er août : Saint-Jean-Pied-de-Port. 1er septembre : Saint-Jacques de Compostelle. 4 septembre : Finistère. Donc : 1600 km en 2 mois ; une moyenne de 26 km/jour. Sur les 2 mois : 8 heures de pluie (sans compter les orages de nuit). 5 septembre : retour en car jusque Nîmes. En 24 heures, j’ai parcouru le même nombre de kilomètres et j’ai vu plus de pluie (inondations dans le midi) qu’en 2 mois !!!
Chansons fredonnées sur le chemin. (j’ai repris les phrases les plus « parlantes » pour le chemin…)
Jean-Jacques Goldman : au bout de mes rêves. Et même s'il faut partir Changer de terre et de trace S'il faut chercher dans l'exil L'empreinte de mon espace Et même si les tempêtes Les dieux mauvais les courants Nous feront courber la tête Plier les genoux sous le vent J'irai au bout de mes rêves Tout au bout de mes rêves Où la raison s'achève Tout au bout de mes rêves Jean-Jacques Goldman : Là-bas. Faut du cœur et faut du courage Mais tout est possible à mon âge Si tu as la force et la foi L'or est à portée de tes doigts C'est pour ça que j'irai là-bas Jean-Jacques Goldman : Puisque tu pars. Que la vie t'apprenne Mais que tu restes le même Si tu te trahissais nous t'aurions tout à fait perdu Garde cette chance Que nous t'envions en silence Cette force de penser que le plus beau reste à venir Et loin de nos villes Comme octobre l'est d'avril Sache qu'ici reste de toi comme une empreinte indélébile Sans drame, sans larme Pauvres et dérisoires armes Parce qu'il est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieur Puisque ta maison Aujourd'hui c'est l'horizon Dans ton exil essaie d'apprendre à revenir Mais pas trop tard Dans ton histoire Garde en mémoire Notre au revoir Puisque tu pars
KOD : Chacun sa route. Chacun sa route Chacun son chemin Passe le message à ton voisin...
Chacun sa route Chacun son chemin Chacun son rêve Chacun son destin
Les chemins où tu ris sont-les-mêmes que ceux où tu pleures La vie est une aventure il ne faut pas avoir peur
Angelo Branduardi : Vas où le vent te mène.
Danse la, la vie qui t'aime au rythme du monde qui va Oublie les mots qui t'enchaînent Va où le vent te mène, va Sacha Distel : Toute la pluie tombe sur moi. Toute la pluie tombe sur moi Et comme pour quelqu'un dont les souliers Sont trop étroits, Tout va de guingois Toute la pluie tombe sur moi De tous les toits A chaque instant, je me demande vraiment Ce qui m'arrive et ce que j'ai fait au Bon Dieu Ou à mes aïeux pour Qu'autant de pluie tombe, soudain comme ça... sur moi Mais je me dis qu'au fond J'en ai reçu bien d'autres dans ma vie Que je m'en suis toujours sorti avec le sourire Toute la pluie tombe sur moi Oui mais... moi je fais comme si je ne la sentais pas Je ne bronche pas, car J'ai le moral et je me dis qu'après la pluie... Vient le beau temps et moi j'ai tout mon temps Oui, je sais bien qu'après la pluie Vient le beau temps Et moi j'ai tout mon temps Aznavour : Le temps. Le temps qui va Le temps qui sommeille Le temps sans joie Le temps des merveilles Le temps d'un jour Temps d'une seconde Le temps qui court Et celui qui gronde
Le temps, le temps Le temps et rien d'autre Le tien, le mien Celui qu'on veut nôtre
Le temps passé Celui qui va naître Le temps d'aimer Et de disparaître Le temps des pleurs Le temps de la chance Le temps qui meurt Le temps des vacances Le temps glorieux Le temps d'avant-guerre Le temps des jeux Le temps des affaires Le temps joyeux Le temps des mensonges Le temps frileux Et le temps des songes Le temps des crues Le temps des folies Le temps perdu Le temps de la vie Le temps qui vient Jamais ne s'arrête Et je sais bien Que la vie est faite
Du temps des uns Et du temps des autres Le tien, le mien Peut devenir nôtre
Le temps, le temps, le temps Michel Fugain : Je n’aurai pas le temps. Même en courant Plus vite que le vent Plus vite que le temps Même en volant Je n'aurai pas le temps Pas le temps De visiter Toute l'immensité D'un si grand univers Même en cent ans Je n'aurai pas le temps De tout faire
J'ouvre tout grand mon cœur J'aime de tous mes yeux C'est trop peu Pour tant de cœurs Et tant de fleurs Des milliers de jours C'est bien trop court
Et pour aimer Comme l'on doit aimer Quand on aime vraiment Même en cent ans Je n'aurai pas le temps Pas le temps
Serge Lama : Seul tout seul. Un peu plus tard, un peu plus tôt Par l'avion ou par le métro Ou simplement En prenant tout son temps. Les gens comme nous, ne savent pas Ce qui fait avancer leurs pas, Mais on s'en va, on s'en va, Pour Paris ou pour Tombouctou Pour Compostelle (changé !) ou pour n'importe où Quand on a le coeur à genoux La destination, on s'en fout On dit qu'on s'en fout, mais mon oeil Les gens comme nous, ils sont tout seuls.
Seul tout seul pas plus que ceux qui, le ciel plein les yeux Meurent d'une indigestion d'étoiles.
EN CONCLUSION… Ce que j’ai vu sur le chemin… Ce qui m’a le plus surpris, c’est la totale confiance et sécurité sur le chemin ! Une femme seule peut faire le chemin sans aucun préjugé, sans aucune arrière pensée, sans aucune peur… J’ai vu la nature d’une façon différente (paysages, animaux, …). J’ai vu la vie sous un autre angle ; on ne peut apprécier une région qu’en marchant ; en voiture, on ne voit rien, je trouve ! J’ai été frappé par la différence entre ceux qui prennent le temps de vivre et ceux qui courent. Etonnant, 80 % des personnes avec qui j’ai discuté sont non-croyantes… Ce que j’ai constaté, c’est que l’intimité et la pudeur sont bafouées sur le chemin, principalement en Espagne (douches communes, WC qui ne ferment pas, matelas un contre l’autre, …) Souvent, une pancarte disant : « Le touriste exige, le pèlerin dit « merci » ». Et c’est certainement vrai ; nous ne sommes pas exigeants, mais contents de ce que l’on nous sert ! Beaucoup de personnes nous disent « Bonjour » ; comme quand j’étais gamin et que l’on nous avait appris à dire bonjour à tous les habitants du village… Ou on te fait signe d’une voiture… Sur le chemin, principalement en France, des personnes mettent à votre disposition de l’eau fraîche, des biscuits, ou des fruits.! Je trouvais ce petit geste « génial » !!! Ce que le chemin m’a appris… Je dirai, en premier lieu, la sérénité, le calme intérieur. Avant le chemin, j’étais très anxieux intérieurement ; maintenant, je suis serein, je suis un « sage », et content de l’être ! J’ai pu percevoir les personnes qui étaient « bien dans leurs baskets » et les différencier des personnes qui font le chemin comme s’ils prenaient des vacances… J’ai appris – d’une façon automatique – la fusion du corps et de l’esprit. L’esprit ne doit pas commander le corps, sinon, des problèmes apparaissent inévitablement. Pour moi, cela s’est « produit » après 15 jours de marche ; je disais toujours : « je ne marche pas, c’est mon corps qui avance ! C’est tout naturel… ». J’ai appris qu’il fallait tout voir, tout entendre… et ne rien dire ! Mais j’ai dit aussi ce que je pensais pour faire réagir l’autre, dans le bon sens… Et ça a marché ! J’ai appris que l’on vit « chacun son chemin » ! Toutes les personnes avec qui j’ai dialogué avaient une vision différente du chemin ; le chemin que l’on vit en déambulant, le chemin vers l’intérieur de soi-même et… le chemin de la vie ! Après chaque discussion, je leur chantais : « chacun sa route, chacun son chemin ; passe le message à ton voisin ! ». Je n’ai peut-être pas appris ce que je voulais vivre après le chemin, mais j’ai surtout appris ce que je ne voulais plus vivre !!! La mesquinerie, l’hypocrisie, la méchanceté gratuite, éviter les personnes négatives, … Je dirais que le chemin est une « renaissance » du fait que l’on prend le temps de voir les choses essentielles de la vie : boire, manger, partager, rencontrer, dialoguer, … Parfois, jai eu soif, j’ai eu faim, j’ai mal dormi… (j’ai passé 20 nuits à la belle étoile). J’ai eu aussi très, très chaud… (8 jours de canicule dans le Gers et un peu plus en Espagne, dans la meseta). J’ai appris à respecter davantage la nature. Enfin, j’ai appris à voir la vie autrement, d’un œil différent, d’un regard un peu distant, en retrait par rapport à ce qui se passe. Analyser les choses et la façon dont réagissent les autres face à un imprévu, une remarque, une situation, un fait anodin, … Le chemin aide à trouver (ou retrouver) ses « bases » de vie : ses marques, ses repères, ses valeurs, ses motivations, … Bref : son « livre de vie » ! Savoir comment, on veut vivre ! Conscientiser sa vie ! En étant « acteur », plutôt que « spectateur ». Lui donner un sens, différent de la routine quotidienne…
La fin du chemin, c’est le début de la vie, d’une autre vie… le camino donne un sens à notre existence. (à ajouter : les personnages du chemin et les rencontres sur le chemin)
Réflexions avant de partir. Au départ, pas besoin d’être croyant pour faire le chemin. A chacun sa croyance, à chacun ses convictions. Jacques Brel a écrit : « Dieu est en chaque homme. Malheureusement, ils ne le savent pas ! » Je pense que le jour où les 6 milliards d’individus de la planète auront chacun leur secte, tout ira pour le mieux… Nous sommes tous des « créateurs » ; en chacun de nous vit une âme d’artiste. Le tout est de trouver sa voie… Chacun doit avoir SA liberté, SON droit d’agir et de penser. Finis les « on-dit » (des voisins, familles, …) Bienvenue aux « non-dit » (dites « je t’aime »). (réflexions personnelles) Je veux, chaque jour de mon voyage, apprendre quelque chose de moi et sur moi que j’ignorais la veille. Collecter les perles, les pensées, les paroles, les rencontres, les actes… Sur « quoi » j’ai buté ? Fatigue, doute, solitude, pensées négatives, … Etre sur le chemin comme dans une méditation. Etre dans une attention à ce que je vis « ici et maintenant ». (Framboise de Toulouse) Eveiller les cinq sens, regarder tout ce qui se passe, écrire des mots… (le soir : écrire un texte). (stage d’écriture à Nismes) Le chemin t’attend, Saint-Jacques t’attend, Tu prendras ta part de soleil et de poussière, Tes pas seront tes mots, Et le chemin deviendra ta chanson, La fatigue sera ta prière, Mais alors, alors seulement, le silence pourra enfin te parler. (Association belge des amis de Saint-Jacques) Le pèlerin est un être libre « irradié » par une joie intérieure insoupsonnée ; c’est l’ivresse du bonheur, il est habité par « l’essentiel »… il redécouvre son antique condition nomade et la joie qui accompagne cette nouvelle liberté. La route travaille l’humain en profondeur ; ce bonheur est difficilement descriptible, il est possible si l’on accepte d’être heureux avec peu de choses. Le pèlerin redevient lui-même et vit des joies simples qu’il avait oublié dans sa vie d’ « installé » ; il le prend avec joie et philosophie ; il s’en accomode car « trop de confort aliène l’être humain » ! C’est dans le dénuement de tous les encombrants qu’il a le cœur léger, l’esprit libre et l’âme ouverte à la transparence. La solitude lui est nécessaire : enfin, il se retrouve après s’être trop longtemps perdu ! C’est le prix du bonheur ! (Pierre de l’association belge des amis de Saint-Jacques) Cadencer son pas ; pas trop d’arrêts. S’arrêter avant d’être fatigué. (Gilles, un pèlerin de l’association belge des amis de Saint-Jacques) Prends bien soin de toi. (Eric, mon filleul) Ma sœur, Christine, a parcouru le chemin de Stevenson (Cévennes), il y a plusieurs années, et elle aurait souhaité faire le chemin de Compostelle en ma compagnie, mais elle ne pouvait se permettre de s’absenter si longtemps…
J’ai écrit sur le chemin. Faire le chemin, c’est se couper de son propre monde, pour s’ouvrir sur un nouveau monde. On n’est jamais seul sur le chemin ! J’ai inventé un nouveau mot : BEAUJOUR ! Ben oui, pourquoi toujours « Bonjour » ? Personnellement, je préfère que la journée soit plutôt belle que bonne… Sur le livre d’or du refuge de Saint-Roch, j’ai écrit : « Il faut que tu saches que : tu es responsable de TON bonheur, et le seul responsable ; tu ne dois juger personne (les juges sont là pour ça) ; tu es libre de ta vie, de décider, de choisir. On t’a imposé des limites, tu PEUX les dépasser ; le soleil brille TOUJOURS derrière les nuages (ne désespère pas) ; tu es le meilleur, quoi qu’il arrive… Mais n’oublie pas que la perfection n’est pas de ce monde ; l’amour est la plus belle chose au monde ; l’amour de qui tu veux, mais, d’abord, de toi-même. Si tu assimiles ces quelques réflexions, ton chemin n’en sera que meilleur ! Au bout du chemin, tu seras une autre personne : TOI !!! Ultreïa… (expression espagnole signifiant : « plus loin »)
Par après, j’ai ajouté dans mon journal : il n’y a pas de hasard !!! chaque jour est une naissance ; chaque jour est un commencement ; chaque jour est une vie (Louis Chedid) ; aujourd’hui est un jour très important car c’est le premier jour du reste de ta vie ( ?) ; vis chaque jour comme si c’était le dernier ; rêve tant que tu veux, tant que tu peux ; tous les rêves sont permis. Mais surtout VIS tes rêves ; ne te trouve pas d’excuse. Sinon, à la fin de ta vie, tu regretteras et tu partiras l’âme en peine… reste enfant dans ta tête. La vie est un jeu ; joue toute ta vie ; ne te prends pas trop au sérieux. Quand on sait ce qu’on sait, qu’on voit ce qu’on voit, qu’on entend ce qu’on entend, … On peut penser ce qu’on pense ! Sur le chemin, il n’y a pas de nationalités, pas de frontières. Dépendant ou indépendant ? Sur le chemin, vous êtes tout à fait indépendant… vous faites ce que vous voulez ! Mais, en même temps, vous êtes dépendant de vous-mêmes !!! Pour l’eau, la nourriture, le logement, la fatigue… S’il vous manque de l’eau, la soif devient vite un problème. Idem pour la nourriture (vous faites parfois 15 km sans trouver eau et/ou nourriture !) Pour la fatigue, il vous arrivera des moments d’anéantissement ! Parfois, plusieurs dans la journée… (et ici, pas de voiture-balai !!!). Le sens de la marche et de la démarche. En faisant le chemin, on se rend compte que nous marchons à contresens de la société actuelle ; En fait, nous reprenons la direction de l’ »authentique » (cfr Jean de Florette), des vraies valeurs de la vie terrestre, alors que la société va de plus en plus dans le sens de la consommation, et surtout de la consommation débile, du genre « télé-réalité » !!! Sur le chemin, on prend son temps… alors que dans la société, on est toujours pressé ! On marche, on marche… alors que les autres prennent la voiture pour aller chercher le pain à 200 mètres… Sur le chemin, on vit dans le « réel », alors que la société va de plus en plus vers le virtuel (internet, chat…) Sur le chemin, on n’est pas « bouffé » par la publicité… Le plus atypique des tableaux se situe quand nous passons au-dessus d’une autoroute et que l’on s’arrête quelques minutes pour regarder passer les véhicules…
Lui, en voiture Moi, à pied Il roule à 130 km/h à 4, 5 ou 6 km/h Il peut faire 1000 km/jour 25 – 30, c’est bien ! Il connaît les infos moi, rien ! Il veut « gagner du temps » je regarde le temps passer Etc, etc… Pélerin, marcheur ou randonneur ? Moi : « cheminant » Le mot « pélerin » fait trop penser à la religion ; Marcheur et randonneur font penser à un loisir, ce qui n’est pas le cas ici (en tout cas pour moi !). Et ça peut faire penser aussi à « performance »… (encore moins mon cas !). Il est vrai que, chaque jour, en moyenne, nous faisons 30.000 pas ! Ce qui fait plus de 2 millions de pas sur les deux mois !!! «Cheminant », car je fais le chemin ! Je chemine tout au long des jours… Bon courage, Bonne route ? Moi : « Bon chemin » La moitié des personnes vous souhaitent « Bon courage ». Or, il n’est pas du tout question de courage, selon moi ! Je préfère « Bonne route » et encore mieux « Bon chemin » ou « Buen camino » (en Espagne). Le courage, je dirais que c’est juste la « volonté » d’avoir décidé de « faire le chemin ». Mais, uns fois qu’on est parti, on n’a pas besoin de courage, le matin, pour démarrer. On a « envie » d’avancer, sans savoir pourquoi, la plupart du temps ! On avance, on avance, jusqu’au bout de ses forces, de ses capacités. Rares sont les jours où l’on n’est pas allé plus loin que ses propres limites ! « Bon chemin » signifie pour moi : que tout se passe bien sur ton chemin ; que tu ne rencontres aucun problème particulier. Plus beau encore comme expression que j’ai entendue, c’est « Vaya con Dios » (que Dieu te garde)… Sécurité, protection, confiance… Le premier jour : messe des pélerins à la cathédrale puis bénédiction par l’évèque. Suite à cela, on se sent « protégé » tout au long du chemin, comme si rien de mauvais ou désagréable ne pouvait vous arriver ! Par exemple, on laisse toujours trainer son sac n’importe où ! On se sent « en sécurité » sur le chemin et dans les villages ou villes de haltes. Et, tout au long du chemin, on « sent » une totale confiance réciproque entre les « cheminants » et ceux qui les accueuillent !!! Expérience, pas performance ! Faire le chemin ne doit jamais être considéré comme une performance. C’est une expérience, tout simplement. On a envie, ou pas, de faire le chemin… On ne le fait pas pour prouver quoi que ce soit aux autres, ni même pour se prouver quelque chose à soi-même. On le fait pour « se » découvrir, au fil des jours, grâce au vécu, au ressenti, aux rencontres, aux découvertes, aux idées qui germent dans la tête. On fait le vide en soi, on pense autrement et plus loin que dans la vie de tous les jours. On « sent » ce que l’on veut, d’abord pour soi et aussi pour les autres… On envisage la vie et l’avenir autrement, on sait surtout, ce que l’on ne veut plus !… La vie prend un autre sens, une autre direction ; on choisit sa « voie ». On est plus « serein », « conscient », « vivant », « à l’écoute » des autres et de soi-même… Le plus beau jour de mon chemin. C’est l’étape des Pyrénées (bien que j’ai compris que je ne serai jamais un grimpeur !) Il faut préciser que le chemin du Puy est le plus escarpé des chemins français. En effet, jusque Compostelle, le dénivellé total dépasse les 21.000 mètres, ce qui représente plus de deux fois le plus haut sommet du monde, l’Everest ! Un pèlerin français m’a fait la remarque : « oui, mais on les descend !!! » Heureusement ! Autrement, on serait carrément au-dessus des avions… Ca a commencé par le « p’tit dèj extra » au gîte d’Orisson (quelques km après Saint-Jean-Pied-de-port). Puis, j’ai discuté avec le patron (Jean-Jacques, un pur basque !) et il m’a gonflé le moral à bloc ! Il m’a dit que je viendrais m’installer dans cette région… Pourquoi pas ? J’ai grimpé les Pyrénées sans effort aucun, comme si j’étais « soulevé » du sol ! J’ai « touché » le ciel et les nuages, j’ai attrapé l’inaccessible étoile (si chère à Jacques Brel) et je suis resté sur mon nuage jusque Roncevaux ! La vie me paraît légère, comme le nuage sur lequel je me suis installé !!! J’ai placé l’étoile dans mon cœur, j’avais l’impression d’avoir des ailes !…
Différences France Espagne Nbre pélerins/jour (moy.) 10 + de 100 Nationnalité toutes 90% espagnols Et italiens Repas: En terrasse souvent rarement PrixTTC 10 à 12 6 à 10 Prix nuitée 8 à 12 3 à 6 Chemin: Indication bien très bien Goudron 30 à 40 % 20 à 25 % Propreté impec affreux Souvent… calme bruyant On entend… bon courage buen camino Nombre de vélos (moy.) 1/jour 40 – 50 On marche… le jour le matin Internet 1/30 jours 1/jour Chaussures + bottines + sandales Réservation gîte possible impossible Eglises 90 % ouvertes 90 % fermées Chiens 90 % liberté 90 % attachés ( non, non, pas de rapport entre les deux derniers !!!) Ce que je n’ai pas apprécié sur le chemin… (Plus de 90 % de ces considérations concernent l’Espagne, bien que je n’ai aucun à priori vis-à-vis de ce pays, mais c’est une réalité « vécue » !) D’abord, les vélos: la plupart des cyclistes ne disent pas bonjour ; on n’est pas prévenu de leur arrivée, d’où sursaut dans la méditation, les rêveries, les idées, … Ensuite, le bruit: les marcheurs (espagnols, italiens, allemands) et le long des routes nationales. Je n’ajouterai pas l’inconfort ; pour moi, il fait partie du chemin ! Ainsi que l’hygiène qui laisse à désirer ! Le non-respect du sommeil des autres: ils se lèvent à 5 heures et estiment que tu peux être éveillé ! La course aux gîtes, du fait que les réservations sont impossibles. Le soir (uniquement en Espagne), on rencontre rarement des personnes parlant français ; mon espagnol est très limité et mon anglais ne me permet pas d’entreprendre une discussion « profonde » ! On se sent donc assez « seul » ; de la journée, c’est normal, mais les soirées semblent longues… Pourquoi faire le chemin « seul » ? pour une raison physique : si un marche à 4 km/h et l’autre, à 5 km/h ; si un désire marcher 4 heures et l’autre 8 heures, si un lève-tôt et un lève-tard. Pas évident d’avoir le même rythme… On « croit » connaître la personne avec qui on compte faire le chemin, mais, au bout de 8 jours de discussion 16 h sur 24, on se rend vite compte que l’on est très différent ! Pour mieux savoir se « centrer » sur soi-même, sur ses pensées, sur la vie, sur « sa » vie, … Par ailleurs (et c’est toujours un avis personnel), sur le chemin, on n’a pas besoin de portable ! Vu que l’on se coupe du monde ! On trouve régulièrement des cabines téléphoniques. Et aussi : pour moi, pas de réservation de gîte ; on n’est pas au « Club Med » !!! De toute façon, le matin, vous ne savez pas le nombre de kilomètres que vous serez capables de faire… Alors, si vous avez réservé, soit vous arrivez au gîte et constatez que vous auriez pu encore faire plusieurs kilomètres, soit le gîte est vraiment trop loin et vous peinez pour y arriver ! Corps + esprit = 1. Pour faire le chemin, il faut que le corps et l’esprit ne fassent « qu’un » ! Si l’esprit commande au corps plus qu’il ne peut en faire, il va « réagir » par des ampoules, des crampes, une tendinite, … D’où, un repos forcé ! Le corps doit connaître ses limites « naturellement ». Quand tu puises dans tes réserves, tu le « paies » par après ! Le corps n’est pas une machine… Marcher ou courir ? A partir du 1er juillet, j’ai « appris » à marcher, jour après jour… Les 15 premiers jours ont été un peu « souffrance »… La 6ème semaine, je faisais 30 km en moyenne, puis 2 jours à 40 km. Mon corps était capable de les faire. Puis, j’ai dit « stop » ! J’arrivais tard, fatigué, juste le temps de la douche et de manger… Puis au lit à 22 heures (obligé !) et éveillé à 05 heures par les premiers partis. Faire le chemin, ce n’est pas courir, mais prendre son temps. Personne n’arrivera le premier à Santiago !!! Ce n’est pas une course ! Grain de folie ? Faut-il un grain de folie pour faire le chemin ? (surtout 1600 km d’une seule traite). Peut-être… Moi, je dirais plutôt un grain de folie de la vie… Un grain de vie… Pour moi, le chemin, c’est la vie… On voit les choses différemment, on se détache de sa vie de tous les jours, même si on y pense souvent, surtout pour faire des comparaisons. On comprend que la vie, en fait, ce n’est pas « avoir », mais « être », ce n’est pas « paraître », mais « être », ce n’est pas « prendre », mais « donner », ce n’est pas « survivre », mais « vivre », ce n’est pas « garder pour soi », mais « partager », ce n’est pas « s’isoler », mais « rencontrer », ce n’est pas « se taire », mais « dialoguer », ce n’est pas « suspecter », mais « faire confiance »,
(remarque « post-chemin » : Ingrid d’Anvers m’a fait remarquer que ces réflexions ne concernent que le moment où l’on fait le chemin. Effectivement ! Elle précise : « Personnellement, je ne ressens pas les choses de la même façon quand tu écris "La vie c'est: pas prendre mais donner ; pas s'isoler mais rencontrer... etc. " Je comprends ce que tu veux dire bien sûr, à savoir qu'il ne faut pas trop s'isoler dans la vie, ce qui est vrai ou ne pas "prendre" sans cesse égoïstement sans "donner", je comprends. Mais la vie c'est les DEUX, je pense - toujours les 2 polarités: donner + prendre (puisque accepter, donc prendre, un cadeau ou quoi que ce soit = également une forme de don à l'autre). Les 2 polarités sont toujours là, c'est comme inspirer- expirer, jour, nuit, soleil, lune, yin, yang, etc. Il y a des moments pour s'isoler (pour rentrer en soi) et d'autres pour rencontrer, les deux sont nécessaires et inévitables pour une vie harmonieuse, il me semble. Je comprends que ce sont des conclusions que tu as tirées ce jour-là ou ce que tu as compris à ce stade de ton chemin, mais tel que c'est écrit là, cela fait un peu catégorique pour moi ». A Saint-Jacques de Compostelle, j’ai acheté un T-shirt orné d’une grande flèche jaune sur fond bleu ; c’est très symbolique pour moi : mes deux couleurs préférées ; mon étoile en direction de la flèche ; flèches jaunes tout au long du chemin ; flèche = symbole du sagitaire que je suis ; symbole de l’arrivée à Compostelle. Livres à emporter Le topo-guide « Le chemin du Puy vers Saint-Jacques-de-Compostelle : Du Velay aux Pyrénées » (Rando Editions) est le plus utile. Il existe en un ou trois guides pour le même parcours ; j’avais pris l’édition regroupée, mais, à refaire, je prendrais les 3 guides (un rien plus lourds, mais mieux détaillés). Pour l’Espagne, le « condensé » seul existe. J’avais pris également le « Miam-Miam Dodo » (je suppose que vous comprenez de quoi il s’agit !!!). Je ne l’ai pas trouvé très utile, sauf pour ceux qui veulent s’écarter du chemin.
J’ai lu sur le chemin. « Ma santé à moi, c’est le sport : jamais de sport !!! » (Winston Churchill) Ce n’est pas le bout du chemin qui compte ; Ce qui compte, c’est le chemin. (proverbe gitan) « Je marcherai sous le soleil trop lourd, Sous la pluie à verse et dans la tourmente, En marchant, le soleil réchauffera mon cœur de pierre, La pluie fera de mes déserts un jardin, A force d’ user mes chaussures, j’userai mes habitudes, Je marcherai, et ma marche sera démarche, J’irai moins au bout de la route qu’au bout de moi-même, Je serai pèlerin, je ne partirai pas seulement en voyage, Je deviendrai moi-même un voyage, un pèlerinage. » (Jean Debruyne) Bienheureux les félés, Car ils laissent passer la lumière ! (au gîte chez Régine) Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple… (idem) Le chemin de Saint-Jacques mène au paradis. A quoi sert de voyager si tu t’enmènes avec toi ? C’est d’âme qu’il faut changer, non de climat ! (Sénèque) Le voyageur est encore ce qui compte le plus dans un voyage. (Suarec) Les pélerins de Compostelle ont le regard qui irradie ; comme si brillaient dans leurs yeux quelques rayons de l’Etoile qu’ils ont trouvée ou qu’ils sont en train de chercher. Tel est sans doute le plus grand piège du chemin. Il redonne l’espérance lorsqu’on est au fond du trou. La foi du Christ entre par les pieds… Chaque homme doit inventer son chemin. (J-P Sartre) Les vrais voyageurs sont ceux qui partent pour partir… (Baudelaire) Le voyage est un retour vers l’essentiel. (proverbe thibétain) En haut, il n’y a pas de Dieu ; Dieu, c’est le bien que l’on fait l’un pour l’autre… (Dorothé Solle) Et l’on fait le chemin pour découvrir ce « bon » ou ce « bien »… (Hugo – Anvers) Le petit endroit Vous qui venez ici dans une humble posture, De vos flancs alourdis décharger le fardeau, Veuillez quand vous aurez soulagé la nature Et déposé dans l’urne un modeste cadeau, Epancher dans l’amphore, un courant d’onde pure Et sur l’autel fumant, placer le chapiteau. Le couvercle arrondi dont l’auguste pointure, Aux parfums indiscrets, doit servir de tombeau. (Alfred de Musset pour George Sand) « De même qu’il est parfois nécessaire de se taire pour entendre ce que les autres ont à dire, la pensée, elle-même, doit faire silence pour pouvoir penser à autre chose qu’à elle-même. Le mystère de la vie n’est pas un problème à résoudre, c’est une réalité à éprouver. » (Alan Watts) (envoyé par Framboise de Toulouse) Pèlerin, ne cours pas… L’arrivée que tu rencontreras C’est « toi-même » !
- SI (Rudyard KIPLING) Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie Et sans dire un seul mot te remettre à rebâtir, Ou perdre d’un seul coup le gain de cent parties Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d’amour, Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour, Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d’entendre tes paroles Travesties par des gueux pour exciter des sots, Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles Sans mentir toi-même d’un seul mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire, Si tu peux rester peuple en conseillant les rois Et si tu peux aimer tous tes amis en frère sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ; Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître, Penser sans n’être qu’un penseur;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage, Si tu peux être brave et jamais imprudent, Si tu sais être bon, si tu sais être sage Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite Et recevoir ces deux menteurs d’un même front, Si tu peux conserver ton courage et ta tête Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire Seront à tout jamais tes esclaves soumis Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire, Tu seras un homme, mon fils. - Pèlerin, qui t’appelle ? (Eugène GARABAY) Poussière, boue, soleil et pluie C'est le Chemin de Saint-Jacques Des millions de pèlerins Et plus d'un millier d'années. Pèlerin, qui t'appelle ? Quelle est cette force obscure qui t'attire ? Ni le champ des étoiles, Ni les grandes cathédrales.
Ce n'est pas la bravoure navarraise, Ni le vin de ceux de la Rioja, Ni les fruits de mer des Galiciens, Ni les champs castillans.
Pèlerin, qui t'appelle ? Quelle est cette force obscure qui t'attire ? Ni les gens du Chemin, Ni les coutumes rurales.
Ce n'est pas l'histoire et sa culture, Ni le coq de la Calzada, Ni le palais de Gaudi, Ni le château de Ponferrada. Tout cela, je le vois au passage Et ce m'est une joie de tout voir, Mais la voix qui, moi, m'appelle, Je la ressens au plus profond.
La force qui, moi, me pousse, La force qui, moi, m'attire, Je ne sais même pas l'expliquer. Seul Celui d'en-haut le sait. Marcher, c’est perdre peu à peu tout ce que l’on a acquis de superflu, y compris les superlatifs. C’est se mettre en doute et en question dans un monde mécanisé. C’est ressentir et entendre preque aussitôt les réponses de son propre corps, confronté à une nouvelle expérience. Marcher, c’est se mettre à l’écoute du corps qui n’en revient pas d’être ainsi sollicité et libéré. (Jacques Lanzmann)
J’ai entendu sur le chemin. Les traits de caractère ressortent sur le chemin. (Léonie, allemande). (mon sac étant trop lourd) Ce n’est pas le sac qu’il faut savoir faire ; c’est l’homme qu’il faut faire… (un pèlerin français). (après avoir dit à une pélerine que j’irais jusque Compostelle si mes pieds me portaient et si je me « supportais » jusque là, elle m’a répondu…) Les pieds sont dans la tête !!! L’avenir de l’humain, c’est de sortir de la société de consommation. (un VRP dans un resto). Sur le chemin, le mur des conneries tombe… On n’est plus « coincé » ! (Paolo, suisse) Thérèse de Miradoux (un « personnage » du chemin, ) a dit : On n’est jamais totalement guéri d’une dépression ; Il est important de se créer une bulle ; Quand tu as un coup dur dans la vie, tu changes. Les noirs disent : « You have the watch ; we have the time » càd : Vous avez la montre ; nous avons le temps ! (Hugo – Anvers) « Partir, marcher, me libérer, respirer, faire une coupure dans ma vie, aller au bout de mes moyens, me prouver que je peux relever un défi, réfléchir à ce qui compte pour moi dans la vie, méditer, … (voilà ce que disent ceux qui décident de prendre le chemin) Rien à voir… Rien à dire… Rien à sentir… Tout à « ressentir » Ce que disent les français : La plus belle partie du chemin se trouve entre Le Puy et Conques. Personnellement, j’ai trouvé tous les paysages très beaux jusqu’aux Pyrénées… Mais, en Espagne, j’ai été déçu, sauf les 200 derniers km en Galice. A le refaire, je préfèrerais deux fois les 800 km de France… Les gîtes espagnols sont toujours complets car des espagnols se font amener au gîte pour s’offrir des vacances pas chères. Faux ! Avec les portes fermées à 22 heures et éveillés à 05 heures, je ne trouve pas que ce sont des vacances ! Sauf, éventuellement, à la fin du parcours où, ayant effectué les 100 derniers km, ils inscrivent le chemin sur leur C.V. ! Ce n’est pas toi qui fais le chemin… C’est le chemin qui te fait ! On fait le chemin pour « se donner du sens »… (Louis de Montpellier) Il n’y a rien de bien… rien de mal… C’est ! (proverbe thibétain) (dit par Louis) Deux sortes de personnes sur le chemin : ceux qui savent qu’ils vont rentrer ; ceux qui découvrent qu’ils n’ont pas de racines et prêts à s’installer n’importe où… (Richard de Grenoble) L’avenir m’intéresse, Car c’est là que j’ai l’intention de passer mes prochaines années… On ne peut s’empêcher de vieillir, mais on peut s’empêcher de devenir vieux. Ce qui compte avec l’âge, c’est de donner de la vie aux années et non des années à la vie ! Le chemin est la comtemplation de la création. (Roberta, italienne de 35 ans, qui est venue « combattre » son cancer sur le chemin…) Jusque Compostelle, le chemin représente la mort. De Compostelle à Finistère, c’est la renaissance ! (Roberta)
Le chemin.
En avril 2005, Barbara, une amie de longue date habitant à Chimay, m’a conseillé de faire le chemin de Saint-Jacques de Compostelle… (du fait que je vivais dans la « mélancolie » depuis plus de quatre longues années !). J’en avais entendu parler, mais jamais l’idée de le faire ne m’était passée par la tête…
Le vendredi 13 mai : je me suis retrouvé à Castres (près de Toulouse), en face d’une librairie qui présentait à la vente toutes sortes d’ouvrages sur le chemin de Compostelle. J’en ai acheté deux, et, le soir même, je décidais de commencer le chemin le 1er juillet. Je dis bien « commencer », car je ne savais pas jusqu’où je pourrais aller, étant donné que je n’ai jamais fait de sport de ma vie !
Le 06 juin, je me suis rendu à la réunion mensuelle des amis de Compostelle à Bruxelles ; j’ai acquis la crédenciale (ce document est cacheté à chaque étape, dans les gîtes, églises ou mairies, et est surtout obligatoire en Espagne pour être accepté dans les gîtes ; cela sert également pour recevoir le « diplôme » à Compostelle) et j’ai discuté avec des pélerins, notamment Gilles qui a fait le chemin d’Arles…
Le 30 juin 2005, je me trouvais au Puy-en-Velay, ville de départ choisie. Je me suis rendu à l’accueil des pélerins et j’ai appris que cette année était exceptionnelle, car c’était l’année du jubilé (année où le vendredi saint tombe le 25 mars ; cela arrvive 2 à 3 fois par siècle !). Après la messe, nous sommes allés au baptistère où nous avons été baptisés « symboliquement » (cfr jubilé) et nous avons reçu notre écharpe de baptème… Sur le livre d’or, j’ai écrit : « Je m’appelle Antoine, je viens d’être baptisé ; merci Marie ». Ensuite, visite de la cathédrale où nous avons reçu une médaille de la vierge noire. Vu le poids de mon sac à dos (18 Kgs), il m’a été conseillé d’enlever un maximum de choses… J’ai pu enlever 4 Kgs. Un reporter a pris une photo pour sa chronique hebdomadaire dans un journal local. Le soir : pot du pèlerin avec une suisse, une canadienne, un américain, un couple d’allemands et… une française ! (ceci afin de démontrer le côté cosmopolite du chemin…)
Le lendemain, vendredi 1er juillet, je suis allé à la messe dite par l’évèque qui a béni les pélerins présents. Pendant l’office, une sœur a lu ma phrase du livre d’or…
Résumé du chemin : 1er juillet : départ du Puy. 1er août : Saint-Jean-Pied-de-Port. 1er septembre : Saint-Jacques de Compostelle. 4 septembre : Finistère. Donc : 1600 km en 2 mois ; une moyenne de 26 km/jour. Sur les 2 mois : 8 heures de pluie (sans compter les orages de nuit). 5 septembre : retour en car jusque Nîmes. En 24 heures, j’ai parcouru le même nombre de kilomètres et j’ai vu plus de pluie (inondations dans le midi) qu’en 2 mois !!!
Chansons fredonnées sur le chemin. (j’ai repris les phrases les plus « parlantes » pour le chemin…)
Jean-Jacques Goldman : au bout de mes rêves. Et même s'il faut partir Changer de terre et de trace S'il faut chercher dans l'exil L'empreinte de mon espace Et même si les tempêtes Les dieux mauvais les courants Nous feront courber la tête Plier les genoux sous le vent J'irai au bout de mes rêves Tout au bout de mes rêves Où la raison s'achève Tout au bout de mes rêves Jean-Jacques Goldman : Là-bas. Faut du cœur et faut du courage Mais tout est possible à mon âge Si tu as la force et la foi L'or est à portée de tes doigts C'est pour ça que j'irai là-bas Jean-Jacques Goldman : Puisque tu pars. Que la vie t'apprenne Mais que tu restes le même Si tu te trahissais nous t'aurions tout à fait perdu Garde cette chance Que nous t'envions en silence Cette force de penser que le plus beau reste à venir Et loin de nos villes Comme octobre l'est d'avril Sache qu'ici reste de toi comme une empreinte indélébile Sans drame, sans larme Pauvres et dérisoires armes Parce qu'il est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieur Puisque ta maison Aujourd'hui c'est l'horizon Dans ton exil essaie d'apprendre à revenir Mais pas trop tard Dans ton histoire Garde en mémoire Notre au revoir Puisque tu pars
KOD : Chacun sa route. Chacun sa route Chacun son chemin Passe le message à ton voisin...
Chacun sa route Chacun son chemin Chacun son rêve Chacun son destin
Les chemins où tu ris sont-les-mêmes que ceux où tu pleures La vie est une aventure il ne faut pas avoir peur
Angelo Branduardi : Vas où le vent te mène.
Danse la, la vie qui t'aime au rythme du monde qui va Oublie les mots qui t'enchaînent Va où le vent te mène, va Sacha Distel : Toute la pluie tombe sur moi. Toute la pluie tombe sur moi Et comme pour quelqu'un dont les souliers Sont trop étroits, Tout va de guingois Toute la pluie tombe sur moi De tous les toits A chaque instant, je me demande vraiment Ce qui m'arrive et ce que j'ai fait au Bon Dieu Ou à mes aïeux pour Qu'autant de pluie tombe, soudain comme ça... sur moi Mais je me dis qu'au fond J'en ai reçu bien d'autres dans ma vie Que je m'en suis toujours sorti avec le sourire Toute la pluie tombe sur moi Oui mais... moi je fais comme si je ne la sentais pas Je ne bronche pas, car J'ai le moral et je me dis qu'après la pluie... Vient le beau temps et moi j'ai tout mon temps Oui, je sais bien qu'après la pluie Vient le beau temps Et moi j'ai tout mon temps Aznavour : Le temps. Le temps qui va Le temps qui sommeille Le temps sans joie Le temps des merveilles Le temps d'un jour Temps d'une seconde Le temps qui court Et celui qui gronde
Le temps, le temps Le temps et rien d'autre Le tien, le mien Celui qu'on veut nôtre
Le temps passé Celui qui va naître Le temps d'aimer Et de disparaître Le temps des pleurs Le temps de la chance Le temps qui meurt Le temps des vacances Le temps glorieux Le temps d'avant-guerre Le temps des jeux Le temps des affaires Le temps joyeux Le temps des mensonges Le temps frileux Et le temps des songes Le temps des crues Le temps des folies Le temps perdu Le temps de la vie Le temps qui vient Jamais ne s'arrête Et je sais bien Que la vie est faite
Du temps des uns Et du temps des autres Le tien, le mien Peut devenir nôtre
Le temps, le temps, le temps Michel Fugain : Je n’aurai pas le temps. Même en courant Plus vite que le vent Plus vite que le temps Même en volant Je n'aurai pas le temps Pas le temps De visiter Toute l'immensité D'un si grand univers Même en cent ans Je n'aurai pas le temps De tout faire
J'ouvre tout grand mon cœur J'aime de tous mes yeux C'est trop peu Pour tant de cœurs Et tant de fleurs Des milliers de jours C'est bien trop court
Et pour aimer Comme l'on doit aimer Quand on aime vraiment Même en cent ans Je n'aurai pas le temps Pas le temps
Serge Lama : Seul tout seul. Un peu plus tard, un peu plus tôt Par l'avion ou par le métro Ou simplement En prenant tout son temps. Les gens comme nous, ne savent pas Ce qui fait avancer leurs pas, Mais on s'en va, on s'en va, Pour Paris ou pour Tombouctou Pour Compostelle (changé !) ou pour n'importe où Quand on a le coeur à genoux La destination, on s'en fout On dit qu'on s'en fout, mais mon oeil Les gens comme nous, ils sont tout seuls.
Seul tout seul pas plus que ceux qui, le ciel plein les yeux Meurent d'une indigestion d'étoiles.
EN CONCLUSION… Ce que j’ai vu sur le chemin… Ce qui m’a le plus surpris, c’est la totale confiance et sécurité sur le chemin ! Une femme seule peut faire le chemin sans aucun préjugé, sans aucune arrière pensée, sans aucune peur… J’ai vu la nature d’une façon différente (paysages, animaux, …). J’ai vu la vie sous un autre angle ; on ne peut apprécier une région qu’en marchant ; en voiture, on ne voit rien, je trouve ! J’ai été frappé par la différence entre ceux qui prennent le temps de vivre et ceux qui courent. Etonnant, 80 % des personnes avec qui j’ai discuté sont non-croyantes… Ce que j’ai constaté, c’est que l’intimité et la pudeur sont bafouées sur le chemin, principalement en Espagne (douches communes, WC qui ne ferment pas, matelas un contre l’autre, …) Souvent, une pancarte disant : « Le touriste exige, le pèlerin dit « merci » ». Et c’est certainement vrai ; nous ne sommes pas exigeants, mais contents de ce que l’on nous sert ! Beaucoup de personnes nous disent « Bonjour » ; comme quand j’étais gamin et que l’on nous avait appris à dire bonjour à tous les habitants du village… Ou on te fait signe d’une voiture… Sur le chemin, principalement en France, des personnes mettent à votre disposition de l’eau fraîche, des biscuits, ou des fruits.! Je trouvais ce petit geste « génial » !!! Ce que le chemin m’a appris… Je dirai, en premier lieu, la sérénité, le calme intérieur. Avant le chemin, j’étais très anxieux intérieurement ; maintenant, je suis serein, je suis un « sage », et content de l’être ! J’ai pu percevoir les personnes qui étaient « bien dans leurs baskets » et les différencier des personnes qui font le chemin comme s’ils prenaient des vacances… J’ai appris – d’une façon automatique – la fusion du corps et de l’esprit. L’esprit ne doit pas commander le corps, sinon, des problèmes apparaissent inévitablement. Pour moi, cela s’est « produit » après 15 jours de marche ; je disais toujours : « je ne marche pas, c’est mon corps qui avance ! C’est tout naturel… ». J’ai appris qu’il fallait tout voir, tout entendre… et ne rien dire ! Mais j’ai dit aussi ce que je pensais pour faire réagir l’autre, dans le bon sens… Et ça a marché ! J’ai appris que l’on vit « chacun son chemin » ! Toutes les personnes avec qui j’ai dialogué avaient une vision différente du chemin ; le chemin que l’on vit en déambulant, le chemin vers l’intérieur de soi-même et… le chemin de la vie ! Après chaque discussion, je leur chantais : « chacun sa route, chacun son chemin ; passe le message à ton voisin ! ». Je n’ai peut-être pas appris ce que je voulais vivre après le chemin, mais j’ai surtout appris ce que je ne voulais plus vivre !!! La mesquinerie, l’hypocrisie, la méchanceté gratuite, éviter les personnes négatives, … Je dirais que le chemin est une « renaissance » du fait que l’on prend le temps de voir les choses essentielles de la vie : boire, manger, partager, rencontrer, dialoguer, … Parfois, jai eu soif, j’ai eu faim, j’ai mal dormi… (j’ai passé 20 nuits à la belle étoile). J’ai eu aussi très, très chaud… (8 jours de canicule dans le Gers et un peu plus en Espagne, dans la meseta). J’ai appris à respecter davantage la nature. Enfin, j’ai appris à voir la vie autrement, d’un œil différent, d’un regard un peu distant, en retrait par rapport à ce qui se passe. Analyser les choses et la façon dont réagissent les autres face à un imprévu, une remarque, une situation, un fait anodin, … Le chemin aide à trouver (ou retrouver) ses « bases » de vie : ses marques, ses repères, ses valeurs, ses motivations, … Bref : son « livre de vie » ! Savoir comment, on veut vivre ! Conscientiser sa vie ! En étant « acteur », plutôt que « spectateur ». Lui donner un sens, différent de la routine quotidienne…
La fin du chemin, c’est le début de la vie, d’une autre vie… le camino donne un sens à notre existence. (à ajouter : les personnages du chemin et les rencontres sur le chemin)
Bonjour!!
Cet été, j'ai prévu de partir de st jacque de compostelle pour arriver aux pyrénées. J ai entendu dire qu il existe 2 chemins principaux pour les vélos, quelqu un pourrait il m en dire plus? Lequel est le plus beau, sauvage, où on peut rencontrer du monde... merci!
Désolé si ce sujet a déjà été raconté (ce que je suis sur) mais bon...
Et où peut on trouver les fameux passes pour faire baisser le prix? à st jacque meme si c est la fin du chemin? merci!
/nico/
Cet été, j'ai prévu de partir de st jacque de compostelle pour arriver aux pyrénées. J ai entendu dire qu il existe 2 chemins principaux pour les vélos, quelqu un pourrait il m en dire plus? Lequel est le plus beau, sauvage, où on peut rencontrer du monde... merci!
Désolé si ce sujet a déjà été raconté (ce que je suis sur) mais bon...
Et où peut on trouver les fameux passes pour faire baisser le prix? à st jacque meme si c est la fin du chemin? merci!
/nico/
Bjr. J'ai tout préparé pour faire le Chemin de Saint Jacques au mois d'Août, à partir de Saint Jean Pied de Port. Mais je viens de voir les infos sur les punaises de lit qui infestent les hébergement collectifs, notamment sur le Chemin de Compostelle. En avez-vous rencontré? C'est un phénomène répandu? dangereux? juste désagréable?
Bonjour, j'aimerais avoir des renseignements sur le parcours, le matérielle nécessaire, sur les soirées-étapes, ...
Merci d'avance.
salut
est ce que quelqu'un a deja fait le chemin de compostelle (800 klm de l'espagne a la france) a pied.
est ce que ca en vaut la peine et quel son les herbergements disponible.
quel son les point d'interet (sauf le cote spirituel)
merci
phil
est ce que quelqu'un a deja fait le chemin de compostelle (800 klm de l'espagne a la france) a pied.
est ce que ca en vaut la peine et quel son les herbergements disponible.
quel son les point d'interet (sauf le cote spirituel)
merci
phil
Bonjour à tous,
je vous écris afin d'avoir des informations/conseils concernant le pèlerinage de St Jacques de Compostelle que je compte faire en partant de Paris le 1er avril prochain. Je compte le faire en bivouac c'est-à-dire en dormant sous une tente et en mangeant à l'aide d'un réchaud/feu de camp. Ce que je recherche sur ce forum c'est des témoignages d'anciens pèlerins qui ont effectué le chemin de Tours et/ou celui du "Nord" en Espagne (qui longe la côte) car c'est ceux que je compte faire. Si vous avez effectué le chemin en tente c'est encore mieux :) Je voudrais des conseils concernant le départ de Paris : quelle association me conseillez-vous et connaissez-vous une église dans laquelle je pourrais recevoir la Bénédiction avant le départ comme cela se fait par exemple au départ du Puy-en-Velay ? Je voudrais également des conseils concernant l'orientation : est-ce qu'un seul guide est suffisant ou bien faut-il également une carte (je n'ai jamais ouvert de guides sur Compostelle c'est pour ça que je demande) ? Enfin je voudrais savoir, puisque je compte faire un pèlerinage dans une pensée plutôt religieuse, où est-ce que je peux me renseigner pour connaitre les lieux de culte chrétien présents sur le chemin ainsi que les personnes pouvant accueillir les pèlerins chez eux. Je compte en effet faire tamponner ma credencial non pas dans les gîtes mais dans des lieux religieux.
Voilà, ça fait beaucoup de questions sans doute, mais vous n'êtes pas obligé(e) de répondre à toutes )) Je vous remercie grandement d'avance !
je vous écris afin d'avoir des informations/conseils concernant le pèlerinage de St Jacques de Compostelle que je compte faire en partant de Paris le 1er avril prochain. Je compte le faire en bivouac c'est-à-dire en dormant sous une tente et en mangeant à l'aide d'un réchaud/feu de camp. Ce que je recherche sur ce forum c'est des témoignages d'anciens pèlerins qui ont effectué le chemin de Tours et/ou celui du "Nord" en Espagne (qui longe la côte) car c'est ceux que je compte faire. Si vous avez effectué le chemin en tente c'est encore mieux :) Je voudrais des conseils concernant le départ de Paris : quelle association me conseillez-vous et connaissez-vous une église dans laquelle je pourrais recevoir la Bénédiction avant le départ comme cela se fait par exemple au départ du Puy-en-Velay ? Je voudrais également des conseils concernant l'orientation : est-ce qu'un seul guide est suffisant ou bien faut-il également une carte (je n'ai jamais ouvert de guides sur Compostelle c'est pour ça que je demande) ? Enfin je voudrais savoir, puisque je compte faire un pèlerinage dans une pensée plutôt religieuse, où est-ce que je peux me renseigner pour connaitre les lieux de culte chrétien présents sur le chemin ainsi que les personnes pouvant accueillir les pèlerins chez eux. Je compte en effet faire tamponner ma credencial non pas dans les gîtes mais dans des lieux religieux.
Voilà, ça fait beaucoup de questions sans doute, mais vous n'êtes pas obligé(e) de répondre à toutes )) Je vous remercie grandement d'avance !
bonjour tout le monde,
voila j'ai en tête de faire cette big-randonnée et j'ai aucune expérience, c'est ma toute première fois, j'ai survolé quelque discussion en guise d'appéritif mais sans plus, je n'est pas encore compris le sens des "GR" ???. ceci dit, je ne sais méme pas par ou commencer, le cout de ma virée et mon trajet. si il y'auras des gens ici qui peuvent m'aider, je leur serais trés reconnaissant. peut étre qu'un gars perdus comme moi, trouveras se message et me contacteras pour mettre cette folie sur le chemin.vaux mieu se perdre a deux que seul. expliquez moi les "GR", les sites ou dormir, l'équipment necessaire et éventuellement le cout approximatif et le temps que çela peut prendre. bon, merci d'avance pour vos réponses. révo.
voila j'ai en tête de faire cette big-randonnée et j'ai aucune expérience, c'est ma toute première fois, j'ai survolé quelque discussion en guise d'appéritif mais sans plus, je n'est pas encore compris le sens des "GR" ???. ceci dit, je ne sais méme pas par ou commencer, le cout de ma virée et mon trajet. si il y'auras des gens ici qui peuvent m'aider, je leur serais trés reconnaissant. peut étre qu'un gars perdus comme moi, trouveras se message et me contacteras pour mettre cette folie sur le chemin.vaux mieu se perdre a deux que seul. expliquez moi les "GR", les sites ou dormir, l'équipment necessaire et éventuellement le cout approximatif et le temps que çela peut prendre. bon, merci d'avance pour vos réponses. révo.
Bonjour
Je suis un adolescent de 16 ans (que j'aurais cette année) et je suis depuis peu accro de VTT cross country. Mon cousin a un an de moins que moi, et est aussi fan de VTT.
Mes parents sont partis marcher plusieurs fois sur les chemins de Compestelle, en Espagne, et mon rêve et celui de mon cousin est de rallier Saint Jean Pied de Port à Saint Jacques de Compostelle, peut être aller et retour, selon notre entrainement, durant les vacances d'été 2009, ou 2010.
Mais j'aurais besoin de conseils et de réponses!
Pouvez vous me proposer les meilleurs chemins pour des VTT ? Comment emmener de l'argant ? (carte bancaire jeune, argent en liquide...) Que faut il absolument pour etre accueilli dans les auberges ? (on m'a parlé de Credantial...) Comment emporter nos VTT jusqu'au point de départ ? Comment nous rendre au point de départ ? (nous habitons dans l'est de la france, vers lyon) Les VTTtiste sont-ils bien vu des pélerins ?
Merci de vos réponses
Corentin D.
Je suis un adolescent de 16 ans (que j'aurais cette année) et je suis depuis peu accro de VTT cross country. Mon cousin a un an de moins que moi, et est aussi fan de VTT.
Mes parents sont partis marcher plusieurs fois sur les chemins de Compestelle, en Espagne, et mon rêve et celui de mon cousin est de rallier Saint Jean Pied de Port à Saint Jacques de Compostelle, peut être aller et retour, selon notre entrainement, durant les vacances d'été 2009, ou 2010.
Mais j'aurais besoin de conseils et de réponses!
Pouvez vous me proposer les meilleurs chemins pour des VTT ? Comment emmener de l'argant ? (carte bancaire jeune, argent en liquide...) Que faut il absolument pour etre accueilli dans les auberges ? (on m'a parlé de Credantial...) Comment emporter nos VTT jusqu'au point de départ ? Comment nous rendre au point de départ ? (nous habitons dans l'est de la france, vers lyon) Les VTTtiste sont-ils bien vu des pélerins ?
Merci de vos réponses
Corentin D.
Coucou à tous,
je ne sais pas trop si je suis dans la bonne rubrique mais bon, j'me lance quand même. Alors voilà, je projette de faire un bout du pélerinage de saint Jacques de Compostelle quand j'aurai mis assez d'argent de côté pour ça. (AIE le compte en banque étudiant!!!🏴☠️). J'aimerais juste que des pélerins me racontent leur périple, histoire de bien me donner envie, de me motiver encore plus... ou de me dégoûter complètement (ça m'étonnerait)😉.
J'attends avec impatience votre avis sur cette expérience
😛 carole 😛
je ne sais pas trop si je suis dans la bonne rubrique mais bon, j'me lance quand même. Alors voilà, je projette de faire un bout du pélerinage de saint Jacques de Compostelle quand j'aurai mis assez d'argent de côté pour ça. (AIE le compte en banque étudiant!!!🏴☠️). J'aimerais juste que des pélerins me racontent leur périple, histoire de bien me donner envie, de me motiver encore plus... ou de me dégoûter complètement (ça m'étonnerait)😉.
J'attends avec impatience votre avis sur cette expérience
😛 carole 😛
je pense pouvoir aider tous ceux qui veulent faire ce beau voyage (en autonomie) à cheval. je l'ai fait en 2010 du 17 avril au 28 octobre--6mois et 10 jours-- sans aucune assistance..... partant de Baho (Perpignan) aller retour saint Jacques de Compostelle avec mes 2 chevaux dont un cheval bâté....... campement presque tous les soir sous la tente car il n'y à pratiquement pas de structure organisée pour accueillir une cavalière et deux chevaux qui doivent se nourrir après avoir marché tout le jour...je répondrai à toutes les questions qui me seront posées sur le site ou mon n° privé.....
j'envisage de partir vers le 20 avril à Fatima au Portugal 🤪.......j'accepte avec plaisir et reconnaissance tous ceux qui ont des conseils à me donner pour le circuit
j'aurai 62 ans cette année alors..... bon vent à ceux qui se croient trop vieux 😏
j'envisage de partir vers le 20 avril à Fatima au Portugal 🤪.......j'accepte avec plaisir et reconnaissance tous ceux qui ont des conseils à me donner pour le circuit
j'aurai 62 ans cette année alors..... bon vent à ceux qui se croient trop vieux 😏
🙂 BONJOUR A TOUS
Ma reconnaissance éternelle sera acquise de droit à celle, celui, ceux qui pourraient me renseigner sur les chemins de la côte atlantique entre la frontière française et St Jacques.
Existe-t-il des chemins, sentiers... ?
Les possiblilités d'hébergement ?
Les moyens de fuite : transports en communs ( on n'est jamais assez prudent )
Les cartes, topoguides... ( bonnes cartes au 1/50 000 ?)
Si jamais l'un d'entre vous a paarcouru cette côte et peut me résumer son expérience...
GRAND MERCI
Existe-t-il des chemins, sentiers... ?
Les possiblilités d'hébergement ?
Les moyens de fuite : transports en communs ( on n'est jamais assez prudent )
Les cartes, topoguides... ( bonnes cartes au 1/50 000 ?)
Si jamais l'un d'entre vous a paarcouru cette côte et peut me résumer son expérience...
GRAND MERCI
Bonjour,
Après le Camino Francès, depuis chez nous (1800 kms), le Norte depuis San Sebastian jusqu'à Santiago et enfin la promenade Eze (Nice)- Rome, nous avons arrêté l'idée de re-partir pour Santiago depuis Séville (Camino de la Plata). Nous pensons n'en faire que la partie Séville-Salamanca en septembre prochain et le reste en mai 2010;
Avez vous quelque expérience ou lien à nous proposer décrivant ce parcours effectué à pied par des randonneurs/pèlerins ?
Merci
Après le Camino Francès, depuis chez nous (1800 kms), le Norte depuis San Sebastian jusqu'à Santiago et enfin la promenade Eze (Nice)- Rome, nous avons arrêté l'idée de re-partir pour Santiago depuis Séville (Camino de la Plata). Nous pensons n'en faire que la partie Séville-Salamanca en septembre prochain et le reste en mai 2010;
Avez vous quelque expérience ou lien à nous proposer décrivant ce parcours effectué à pied par des randonneurs/pèlerins ?
Merci
Bonjour à tous les cyclo !
Nouveau sur ce forum, je me présente brièvement.
Je m'appelle Nicolas, j'ai 22 ans, j'habite en banlieue Est-parisienne vers Disneyland paris, je viens de finir mes études dans la conception mécanique et je dispose enfin d'un peu temps pour réaliser un projet qui me trotte dans la tête depuis quelques temps : voyager à Vélo.
Après quelques lectures sur ce forum j'ai esquisser un parcours qui correspondrait à mes envies géographiques, mon temps disponible et à l'envie de suivre le maximum de chemins balisés afin d'éviter de chercher sa route.
De loin le parcours ressemblerai à sa (départ Collégien puis sens inverse des aiguille d'une montre ) :

Les question que je me pose sont pour le moment :
1 - 3800 km à vol d'oiseau tout de même ... est ce bien réaliste pour un premier voyage à vélo, peut-on dire que cela fait du 5500 km réél ? 2 - Peut on bivouaquer "facilement" sur Les Camino del Norte, Camino Frances, Via Podiensis et Chemin de Cluny ? (notamment sur la partie espagnole ou j'ai du mal à avoir des infos) 3 - Ces mêmes chemins sont il praticables en VTT ? ( ils sont avant tout destinés au randonneurs, ont il placé des obstacles pour les vélo?) 4 - Que pensez vous du parcours en Général... par ce que c'est bien jolie vu d'en haut mais par expérience.. lieu a ne pas manquer ... ?
Aussi je recherche un ou plusieurs partenaires pour cette aventure car j'ai envie de partager cette expérience ! (je sais qu'il faut poster dans la section recherche de compagnon mais l'on sait jamais si quelqu'un passe par là... :)) La date prévue de départ serait vers le 1 er mai et mon rythme serait assez tranquille ... je pense entre 75 et 100 / jour et jours de repos quand on en a envie :) Le but est avant tout de se faire plaisir en conjuguant voyage et vélo, ce n'est en aucun cas un exploit sportif, je veut prendre mon temps. Je suis aussi ouvert à d'autres proposition de parcours ! J 'oubliais, le but est aussi de profiter au maximum de la nature et des paysage et de l'aventure, les nuits seront principalement en bivouac.
Nouveau sur ce forum, je me présente brièvement.
Je m'appelle Nicolas, j'ai 22 ans, j'habite en banlieue Est-parisienne vers Disneyland paris, je viens de finir mes études dans la conception mécanique et je dispose enfin d'un peu temps pour réaliser un projet qui me trotte dans la tête depuis quelques temps : voyager à Vélo.
Après quelques lectures sur ce forum j'ai esquisser un parcours qui correspondrait à mes envies géographiques, mon temps disponible et à l'envie de suivre le maximum de chemins balisés afin d'éviter de chercher sa route.
De loin le parcours ressemblerai à sa (départ Collégien puis sens inverse des aiguille d'une montre ) :

Les question que je me pose sont pour le moment :
1 - 3800 km à vol d'oiseau tout de même ... est ce bien réaliste pour un premier voyage à vélo, peut-on dire que cela fait du 5500 km réél ? 2 - Peut on bivouaquer "facilement" sur Les Camino del Norte, Camino Frances, Via Podiensis et Chemin de Cluny ? (notamment sur la partie espagnole ou j'ai du mal à avoir des infos) 3 - Ces mêmes chemins sont il praticables en VTT ? ( ils sont avant tout destinés au randonneurs, ont il placé des obstacles pour les vélo?) 4 - Que pensez vous du parcours en Général... par ce que c'est bien jolie vu d'en haut mais par expérience.. lieu a ne pas manquer ... ?
Aussi je recherche un ou plusieurs partenaires pour cette aventure car j'ai envie de partager cette expérience ! (je sais qu'il faut poster dans la section recherche de compagnon mais l'on sait jamais si quelqu'un passe par là... :)) La date prévue de départ serait vers le 1 er mai et mon rythme serait assez tranquille ... je pense entre 75 et 100 / jour et jours de repos quand on en a envie :) Le but est avant tout de se faire plaisir en conjuguant voyage et vélo, ce n'est en aucun cas un exploit sportif, je veut prendre mon temps. Je suis aussi ouvert à d'autres proposition de parcours ! J 'oubliais, le but est aussi de profiter au maximum de la nature et des paysage et de l'aventure, les nuits seront principalement en bivouac.
Bonjour,
je prends une chance car mes recherches précédentes sur le forum ne m'ont guère éclairées.
J'aimerais savoir si des gens ont déjè fait Compostelle avec des enfants.
Mon fils a 8 ans et je me demande, même s'il est habitué à marcher de bonne distance de façon régulière, si le projet est réalisable ou utopique.
Merci à l'avance pour vos commentaires et témoignages
Mélissa
Mélissa
Bonjour aux amis cyclo-voyageurs
J'envisage un périple sur les voies jacquaires : * Tours jusqu'à Soulac * La voie littorale - Soulac - Bayonne * Le Camino del Norte jusqu'à - Cabo Fisterra * Retour sur le Camino frances de Cabo Fisterra jusqu'à St-Jean-Pied de-Port * La Voie du Piémont pyrénéen de St-Jean-Pied-de-Port jusqu'à Narbonne Soit environ 3400 kms - Mon départ vers le 15 juin Ma question : Quel temps vais-je trouvé à cette période? Y aura-t'il beaucoup de pluie et de vent ? Merci pour vos réponses 😉
J'envisage un périple sur les voies jacquaires : * Tours jusqu'à Soulac * La voie littorale - Soulac - Bayonne * Le Camino del Norte jusqu'à - Cabo Fisterra * Retour sur le Camino frances de Cabo Fisterra jusqu'à St-Jean-Pied de-Port * La Voie du Piémont pyrénéen de St-Jean-Pied-de-Port jusqu'à Narbonne Soit environ 3400 kms - Mon départ vers le 15 juin Ma question : Quel temps vais-je trouvé à cette période? Y aura-t'il beaucoup de pluie et de vent ? Merci pour vos réponses 😉
Je désire faire les chemins de compostelle du puy à aumont-aubrac.
quelles sont les principales difficultés
Merci
Bonjour à tous
Un revenant suite à quelques soucis de santé tous mes projets vélo et autres sont tombés à l'eau. Voilà ceci fait partie de la vie. Je reprends la marche et dans un deuxième temps le vélo.
Pendant ce temps j'aide un couple d'amis dans la préparation de leur cheminement vers Saint Jacques de Compostelle en partant de St Jean Pieds de port.
Pour faciliter le cheminement dans les villes pour trouver leurs gîtes quelqu'un pourrait-il m'aider à imprimer une vingtaine de cartes de villes.
Je possède les coordonnée GPS des gîtes et je souhaiterai imprimer la localisation du lieu.
Par quel système je peux imprimer ces différentes cartes.
Merci d'avance et à bientôt
François
Les semelles ça s'use et certains partent suffisamment longtemps pour devoir en changer en cours de route.
Je propose de recueillir dans cette trame les adresses de cordonniers que vous connaitriez situés sur un des principaux chemins jacquaires (France, Espagne, Portugal, ...) capables de réparer, voir remplacer, une semelle de rando de type Vibram.
Bonjour à tous et à toues !
Je vais paritr sur les chemins de compostelle cet été et j'aurias besoin de vos conseils avisés 😛
J'ai pas mal parcouru le forum, j'ai vu tellement de choses différentes quau final, ca ne m'a pas aidé dans mes choix...
Je compte partir de St Jean Pied de Port, et dormir le plus possible (voir toujours) en exterieur. Je vais investir dans des chaussures, une tente et un sac de couchage.
En ce qui concerne les chaussures, je veux qu'elle soient assez polyvalentes (càd que je ne veux pas des chaussures 'grandes randonnées' qui me parraissent bien trop "grosses").Est-ce que je peux faire confiance aux chaussures de grandes marques car j'ai des doutes ..?😐 Quel type de chaussure me conseilez-vous (quel marque ... le gore-tex est-il vraiment nécessaire ?) sachant que je suis sur la région lilloise dc les magasins spécialisés, même à Paris, je ne pourrais pas y aller
Pour la tente, je penche plutot sur le type "mini tente" juste deux petites place, elles sont très petites et beaucoup plus légères qu'une tente normale. Est-ce que je pourais avoir des soucis en utilisant ce type de materiel ?
Enfin, le sac de couchage : sachant que je pars l'été, pour quel type dois-je opter ? un sac tout de même assez chaud pour la nuit ?
L'achat de ce materiel est assez conséquent pour mon budget et me sera util pour longtemps j'éspère, donc il doit être costaud...
Enfin, dernière question : la tente est-elle réellement obligatoire ou y a-t-il d'autres alternatives. En effet, je souhaite partir lel plus léger possible et les compromis ou un manque de confort ne me ont pas peur...
J'éspère ne pas avoir été trop long pour le post. C'est mon premier départ pour une rando de ce type et je veux être sur de mes choix.
Merci et a bientot !
Je compte partir de St Jean Pied de Port, et dormir le plus possible (voir toujours) en exterieur. Je vais investir dans des chaussures, une tente et un sac de couchage.
En ce qui concerne les chaussures, je veux qu'elle soient assez polyvalentes (càd que je ne veux pas des chaussures 'grandes randonnées' qui me parraissent bien trop "grosses").Est-ce que je peux faire confiance aux chaussures de grandes marques car j'ai des doutes ..?😐 Quel type de chaussure me conseilez-vous (quel marque ... le gore-tex est-il vraiment nécessaire ?) sachant que je suis sur la région lilloise dc les magasins spécialisés, même à Paris, je ne pourrais pas y aller
Pour la tente, je penche plutot sur le type "mini tente" juste deux petites place, elles sont très petites et beaucoup plus légères qu'une tente normale. Est-ce que je pourais avoir des soucis en utilisant ce type de materiel ?
Enfin, le sac de couchage : sachant que je pars l'été, pour quel type dois-je opter ? un sac tout de même assez chaud pour la nuit ?
L'achat de ce materiel est assez conséquent pour mon budget et me sera util pour longtemps j'éspère, donc il doit être costaud...
Enfin, dernière question : la tente est-elle réellement obligatoire ou y a-t-il d'autres alternatives. En effet, je souhaite partir lel plus léger possible et les compromis ou un manque de confort ne me ont pas peur...
J'éspère ne pas avoir été trop long pour le post. C'est mon premier départ pour une rando de ce type et je veux être sur de mes choix.
Merci et a bientot !
Bonjour a tous,
Je voulais vous raconter le voyage duquel je viens de rentrer car j'ai lu dans plusieurs post sur ce site qu'il était impossible de suivre la totalité des chemins de Compostelle en VTT et que très souvent l'on devait quitter les sentiers balisés pour prendre la route. Ceci est bien evidemment faux pour un VTTiste entrainé, le chemin en lui même étant pour une grande partie facile. Le secret étant bien sur d'être léger et donc organisé.

Je me présente je m'appelle Renaud j'ai 26 ans et pratique beaucoups le vélo que ce soit en route ou en VTT. J'ai effectué l'année dernière comme 1ère experience de voyage a VTT en autonomie complète les chemins du soleil, pour ceux qui ne connaissent pas il s'agit de la grande traversée des pré-alpes a VTT, de Grenoble à Nice le tout en 11 jours. L'experience m'ayant beaucoups plus malgrés sa grande difficulté, je souhaitais passer a l'etape supérieur. J'ai donc opté pour les chemins de Compostelle en partant directement de la maison de ma mère située en Savoie car la branche des chemins de Compostelle reliant Genéve au Puy en velay y passe tout près.

Etant donné le nombre de kilomètres a parcourir et en lisant les retours d'experience de pèlerins, j'oublie directement l'autonomie complète. Le but va ètre la légereté j'oublie donc la tente et le duvet. Je ne dormirais que dans des gites, puis les fameuses albergues en Espagne. Afin d'avoir une bonne répartition du poids pour pouvoir passé partout dans les chemins j'opte pour un simple sac a dos de 30l et 0 sacoche. Le VTT dont j'ai fais l'acquisition cette année et un lapierre XR529, tout suspendu, a la fois léger et confortable pour ces longues journées, un vrai régal.
Sa y est les congés sont posés ( tout le mois de Septembre ) et le 31 aout, le velo le sac a dos l'itineraire et le VTTiste sont fin près. Le sac est réduit a paux de chagrin, il ne pèse que 6 kilos. Top départ pour un mois de VTT !
Les 4 premiers jours consisiterons a relier La bridoire au Puy en velay. Les 2 premiers jours ont un parcours assez facile, la seul difficulté étant qu'il se passe sous un temps excecrable. Après une première soirée passé chez un ami, je découvre le 2ème soir un accueil jacquaire sur la commune de St romain de surieu ou je suis superbement accueilli. Pour ceux qui ne connaissent pas un accueil jacquaire et une personne qui accueil chez elle les pèlerins. Ceux-ci fonctionnent au donativo, c'est a dire que pour le gite et le couvert on donne la somme que l'on souhaite dans une boite. Suite a ces 2 étapes tranquilles a travers les plaines du dauphiné, le chemin traverse le Rhône et s'attaque au massif du Pillat, 1er maillon du massif central. Ces 2 jours s'avèrent eprouvant de pas leur dénivelé mais très jolie. L'arrivée au Puy ce fait par une grande descente puis environ 10km tranquil bord de la Loire. Ces 4 premiers jours étaient calme sur les chemins, car je n'y est pas croisé de velos et que je doublais une dizaine de pèlerins a pied par jour. On est encore loin de la grande foule.

Le Puy en velay est une très belle ville que je n'aurais pas assez le temps de découvrir car il faut repartir le lendemain de mon arrivée à la 1ère heure. C'est le départ de la Via Podiensis, qui relie le Puy a St Jean pied de port. A la sortie du Puy, sa monte directement et je suis tout de suite surpris par la foule de pèlerins qu'il me faut doubler. J'en double désormais une bonne centaine par jour. Juste après la belle ville de Sauge, je croise le 1er collègue VTTiste du séjour. Il se prénomme Stephan, Autrichien. Il est partit voila une vingtaine de jours d'Insbruck par relier Compostelle puis Lisbonne en redescendant par la voie Portugaise des chemins. Sa petite particularité et déja d'être énormément trop chargé (il promenait même derrière son sac une grille de barbecue...) et surtout il effectue la totalité de cet énorme trajet avec un VTT de ... DH. On prend un repas ensemble et faisons connaissance. Il repart bien avant moi car je devais faire des courses. Je le rattrape une demi heure plus tard sur une piste en très léger faux plat montant en train de pousser son vélo en transpirant comme un phoque mais tout sourire aux lèvre. Je me dit que je suis vraiment un enfant comparé a lui ^^.

Le parcours traverse ensuite le magnifique plateau de l'aubrac. Ces paysages sont iréels et bien casse patte en vélo. Il faut surtout bien s'organiser niveau eau et nourriture car les distances entre deux ravitaillements sont très longues. C'est malgrés tout je pense les 2 jours que j'ai préferé de tout le parcours au niveau VTT. Les pèlerins sont très etonnés de voir un VTT grimper a pareil endroit.


Après l'Aubrac le chemin passe dans la magnifique ville de Conques qui vaut vraiment le coup d'oeil.

Après Conques pendant plusieurs jours le chemin suit plus ou moins le Lot. On ne fait que de monter et descendre les collines du bord de celui-ci ce qui donne de superbes vues mais a VTT on est forcé de pousser sur de court passages. Certains pèlerins préfèrent couper en marchant sur le bord de la route qui longe le Lot.

Les jours suivant nous font traverser les très beaux villages et villes d'Estaing, de Cajarc, de Cahors, de Montcuq, d'Auvillard et de Navarrenx.


Les 3 derniers jours sur le chemin Français n'ont en revanche d'interet que ces très jolies villages car le paysage lui y est redondant. Plus aucun relief des champs de maîs et de tournesol fanés a perte de vue, tel est la traversée du Gers. Quand soudain lors de la dernière étape avant St jean pied de port, on voie surgir les 1er petits relief et au loin les Pyrénnées, magnifiques, sortant de terre sans réel petites montagnes avant a l'inverse de ce que l'on peut trouver dans les Alpes. Puis enfin l'arrivée a St jean pied de port, vraiment magnifique mais blindé de monde. Appareamment en ce mois de Septembre, 600 pèlerins décollent de là chaques jours direction Roncevaux. Les pèlerins y sont beaucoups plus cosmopolite a partir d'ici et beaucoups plus jeune aussi.

Je voulais vous raconter le voyage duquel je viens de rentrer car j'ai lu dans plusieurs post sur ce site qu'il était impossible de suivre la totalité des chemins de Compostelle en VTT et que très souvent l'on devait quitter les sentiers balisés pour prendre la route. Ceci est bien evidemment faux pour un VTTiste entrainé, le chemin en lui même étant pour une grande partie facile. Le secret étant bien sur d'être léger et donc organisé.

Je me présente je m'appelle Renaud j'ai 26 ans et pratique beaucoups le vélo que ce soit en route ou en VTT. J'ai effectué l'année dernière comme 1ère experience de voyage a VTT en autonomie complète les chemins du soleil, pour ceux qui ne connaissent pas il s'agit de la grande traversée des pré-alpes a VTT, de Grenoble à Nice le tout en 11 jours. L'experience m'ayant beaucoups plus malgrés sa grande difficulté, je souhaitais passer a l'etape supérieur. J'ai donc opté pour les chemins de Compostelle en partant directement de la maison de ma mère située en Savoie car la branche des chemins de Compostelle reliant Genéve au Puy en velay y passe tout près.

Etant donné le nombre de kilomètres a parcourir et en lisant les retours d'experience de pèlerins, j'oublie directement l'autonomie complète. Le but va ètre la légereté j'oublie donc la tente et le duvet. Je ne dormirais que dans des gites, puis les fameuses albergues en Espagne. Afin d'avoir une bonne répartition du poids pour pouvoir passé partout dans les chemins j'opte pour un simple sac a dos de 30l et 0 sacoche. Le VTT dont j'ai fais l'acquisition cette année et un lapierre XR529, tout suspendu, a la fois léger et confortable pour ces longues journées, un vrai régal.
Sa y est les congés sont posés ( tout le mois de Septembre ) et le 31 aout, le velo le sac a dos l'itineraire et le VTTiste sont fin près. Le sac est réduit a paux de chagrin, il ne pèse que 6 kilos. Top départ pour un mois de VTT !
Les 4 premiers jours consisiterons a relier La bridoire au Puy en velay. Les 2 premiers jours ont un parcours assez facile, la seul difficulté étant qu'il se passe sous un temps excecrable. Après une première soirée passé chez un ami, je découvre le 2ème soir un accueil jacquaire sur la commune de St romain de surieu ou je suis superbement accueilli. Pour ceux qui ne connaissent pas un accueil jacquaire et une personne qui accueil chez elle les pèlerins. Ceux-ci fonctionnent au donativo, c'est a dire que pour le gite et le couvert on donne la somme que l'on souhaite dans une boite. Suite a ces 2 étapes tranquilles a travers les plaines du dauphiné, le chemin traverse le Rhône et s'attaque au massif du Pillat, 1er maillon du massif central. Ces 2 jours s'avèrent eprouvant de pas leur dénivelé mais très jolie. L'arrivée au Puy ce fait par une grande descente puis environ 10km tranquil bord de la Loire. Ces 4 premiers jours étaient calme sur les chemins, car je n'y est pas croisé de velos et que je doublais une dizaine de pèlerins a pied par jour. On est encore loin de la grande foule.

Le Puy en velay est une très belle ville que je n'aurais pas assez le temps de découvrir car il faut repartir le lendemain de mon arrivée à la 1ère heure. C'est le départ de la Via Podiensis, qui relie le Puy a St Jean pied de port. A la sortie du Puy, sa monte directement et je suis tout de suite surpris par la foule de pèlerins qu'il me faut doubler. J'en double désormais une bonne centaine par jour. Juste après la belle ville de Sauge, je croise le 1er collègue VTTiste du séjour. Il se prénomme Stephan, Autrichien. Il est partit voila une vingtaine de jours d'Insbruck par relier Compostelle puis Lisbonne en redescendant par la voie Portugaise des chemins. Sa petite particularité et déja d'être énormément trop chargé (il promenait même derrière son sac une grille de barbecue...) et surtout il effectue la totalité de cet énorme trajet avec un VTT de ... DH. On prend un repas ensemble et faisons connaissance. Il repart bien avant moi car je devais faire des courses. Je le rattrape une demi heure plus tard sur une piste en très léger faux plat montant en train de pousser son vélo en transpirant comme un phoque mais tout sourire aux lèvre. Je me dit que je suis vraiment un enfant comparé a lui ^^.

Le parcours traverse ensuite le magnifique plateau de l'aubrac. Ces paysages sont iréels et bien casse patte en vélo. Il faut surtout bien s'organiser niveau eau et nourriture car les distances entre deux ravitaillements sont très longues. C'est malgrés tout je pense les 2 jours que j'ai préferé de tout le parcours au niveau VTT. Les pèlerins sont très etonnés de voir un VTT grimper a pareil endroit.


Après l'Aubrac le chemin passe dans la magnifique ville de Conques qui vaut vraiment le coup d'oeil.

Après Conques pendant plusieurs jours le chemin suit plus ou moins le Lot. On ne fait que de monter et descendre les collines du bord de celui-ci ce qui donne de superbes vues mais a VTT on est forcé de pousser sur de court passages. Certains pèlerins préfèrent couper en marchant sur le bord de la route qui longe le Lot.

Les jours suivant nous font traverser les très beaux villages et villes d'Estaing, de Cajarc, de Cahors, de Montcuq, d'Auvillard et de Navarrenx.


Les 3 derniers jours sur le chemin Français n'ont en revanche d'interet que ces très jolies villages car le paysage lui y est redondant. Plus aucun relief des champs de maîs et de tournesol fanés a perte de vue, tel est la traversée du Gers. Quand soudain lors de la dernière étape avant St jean pied de port, on voie surgir les 1er petits relief et au loin les Pyrénnées, magnifiques, sortant de terre sans réel petites montagnes avant a l'inverse de ce que l'on peut trouver dans les Alpes. Puis enfin l'arrivée a St jean pied de port, vraiment magnifique mais blindé de monde. Appareamment en ce mois de Septembre, 600 pèlerins décollent de là chaques jours direction Roncevaux. Les pèlerins y sont beaucoups plus cosmopolite a partir d'ici et beaucoups plus jeune aussi.

Bonjour à tous,
J'ai réservé un billet d'avion et arrive à Pau le 16 avril pour en repartir le 2 mai. Mon objectif est d'aller à St Jacques mais je reste indécise sur le chemin à prendre, même si j'ai une petite préférence pour celui "del norte". Toute précision de la part de ceux qui en ont tenté plusieurs m'intéresse. ( panorama, difficulté, flèchage, type de chemin, fréquentation en avril, lieux d'hébergement etc.)
De même quel chemin privilégier pour traverser les Pyrénées? A ma connaissance, deux sont principalement pratiqués.
J'imagine pouvoir faire à peu près 300-350 km alors il est évident qu'il me faudra faire une partie du trajet en bus ou en train si je veux atteindre St Jacques... ( à moins que j'y prenne goût et y revienne, ce qui semble fréquent! 🙂) Auriez-vous des conseils ou des suggestions à ce sujet?
J'ai cru comprendre qu'un sac de couchage est nécessaire en Espagne... J'en ai un petit que je compte compléter d'un sac à viande en soie, mais je suis frileuse. Y a-t-il moyen d'obtenir une couverture supplémentaire dans les gîtes ou auberges?
Combien faut-il compter pour dormir chez l'habitant? (pour une personne)
Quelle quantité d'eau transporter avec soi? Est-il utile d'acheter une gourde améliorée avec un tuyau?
La "Credential" (document laïque) est-elle nécessaire?
Enfin, pour retourner à Pau, quel est le moyen de transport le plus efficace? Bus ou train? (Le train pour la frontière du côté de la côte prend la journée: départ vers 9h00 et arrivée vers 20h00...)
Bon, désolée, ça fait beaucoup de questions tout ça! Et j'en ai encore un rayon en stock 😕 Si vous n'avez ne serait-ce qu'un petit élément de réponse, cela me sera bien utile!
Merci d'avance et à bientôt, Céline.
Bon, désolée, ça fait beaucoup de questions tout ça! Et j'en ai encore un rayon en stock 😕 Si vous n'avez ne serait-ce qu'un petit élément de réponse, cela me sera bien utile!
Merci d'avance et à bientôt, Céline.
Bonjour, je serai sur le chemin de Compostelle à partir de Puy-en-Velay du 9 mai au 7 juin.
J'aimerais savoir si le chandail de laine polaire et le sac de couchage sont nécessaires à ce temps de l'année?
Également, je n'ai acheté qu'un seul bâton de marche...devrais-je plutôt en apporter deux?
Merci à l'avance pour vos conseils!🙂
Bonjour,
J'aimerais faire ce chemin en janvier depuis St Jean pied de port. Je me demandais si en janvier les heures de jours etaient suffisantes pour terminer les etapes... sans marcher la nuit...
merci
J'aimerais faire ce chemin en janvier depuis St Jean pied de port. Je me demandais si en janvier les heures de jours etaient suffisantes pour terminer les etapes... sans marcher la nuit...
merci
J'aimerais beaucoup avoir des renseignements sur des questions que l'on se pose sur Compostelle.
Si vous l'avez déjà fait, j'aimerais bien échanger avec vous
Bonjour.
Je lis actuellement un ouvrage contant le récit d'un marcheur solitaire sur un itinéraire assez long en France.
L'auteur fait ressortir un point assez intéressant (et auquel je ne m'attendais pas): dès lors qu'il rencontre quelqu'un et explique qu'il fait une marche de long cours, on lui demande s'il est sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. (Cela l'agace d'ailleurs pour le moins...).
Aussi j'en suis venu à m'interroger: ces chemins de Saint-Jacques seraient-ils devenus aujourd'hui un "objet d'apparat" que bon nombre de marcheurs voudraient "avoir en portefeuille" pour le présenter autour d'eux? Et si c'est le cas je ne comprends pas pourquoi... Suivre ces chemins serait plus valorisant que suivre un itinéraire "lambda"? Est-ce pour leur dimension religieuse? Ou pour d'autres raisons? Cela signerait-il le caractère "pédant" dudit marcheur? Si vous avez une ébauche de réponse, je suis preneur!
Bonne réflexion et bonne marche...(!)😉
Bonjour,
Je cherche des informations concernant le crédencial à faire tamponner sur les chemins de compostelle. Je voudrais partir en 2015. J'ai lu plusieurs guides. Mais les tampons restent une énigme.
Peut-on le faire tamponner dans n'importe quel/le village/ville ? Ou faut-il suivre quand même un chemin précis ? Ils parlent de le faire tamponner dans une gendarmerie, office du tourisme, mairie ....
Merci
Je cherche des informations concernant le crédencial à faire tamponner sur les chemins de compostelle. Je voudrais partir en 2015. J'ai lu plusieurs guides. Mais les tampons restent une énigme.
Peut-on le faire tamponner dans n'importe quel/le village/ville ? Ou faut-il suivre quand même un chemin précis ? Ils parlent de le faire tamponner dans une gendarmerie, office du tourisme, mairie ....
Merci









