Comme le poste à suscité pas mal d'attention (700 lectures en une semaine), je vous propose un second extrait de mon aventure sur le chemin de Compostelle depuis la Suisse. A lire plus bas !
Salut à tous !
Au début du printemps de l'année passé (avril 2013) je suis parti à pied sur le chemin de St-Jacques de Compostelle depuis Lausanne en Suisse. A ce moment, j'ai 23 ans, je viens de terminer mes études en tourisme et suis en ce que l'on appelle "année sabbatique" (année de congé que l'on prend à la fin de ses études pour voyager et prendre du recule). Je décide de façon toute à fait irrationnelle en l'espace de 3-4 semaines de partir sur le chemin de St-Jacques de Compostelle et d'y expérimenter le détachement matériel et monétaire.
Je pars sans montre, sans téléphone portable, sans rasoir à barbe (oui ça me fera une sacrée barbe au final !), sans carte bancaire et avec un montant de ~500€ pour un voyage estimé à 100 jours de marche sur ~2'000 kilomètres. Je n'ai évidemment pas de billet de retour depuis Compostelle car je ne sais pas à quel moment j'atteindrai le kilomètre 0 du chemin. Et j'embarque un pote dans l'aventure qui m'accompagnera jusqu'au Puy-en-Velay (à 18 jours de marche, 430 kilomètres).
J'arrive à Compostelle après 90 jours de marche, 2'200 kilomètres parcourus (j'ai fait un petit détour en chemin) et 350€ en poche (oui le chemin est magique, je peux très bien vivre sans argent durant des périodes d'une semaine/dix jours)...
Aujourd'hui, 16 mois après mon retour en Suisse, je suis en train de rédiger un livre sur cette aventure à la fois humaine et spirituelle, difficile à vivre et magique, vallonnée et régulière. Je vous en propose ici un extrait. Nous en sommes à notre troisième jour de marche. Nous avons passé la nuit au bord du lac Léman en Suisse, entre Lausanne et Genève, et n'avons plus de provisions de nourriture...
Le lendemain matin je suis réveillé par les rayons du soleil et le clapotis des vagues contre le bord du lac. C’est plutôt agréable comme sensation. Je me sens étonnement bien malgré les vingt-cinq kilomètres de marche que nous avons parcours la veille presque contre notre gré. J’ai aussi passé une bonne nuit de sommeil. Je pense que l’air frais sur mon visage – même si initialement je craignais de dormir dehors – à fait énormément de bien à mon corps. Je pensais me lever courbaturé de douleur pour avoir dormi par terre après la journée intense de la veille, mais il n’en est rien. Ce que je considérais à priori comme un échec (le fait de se retrouver dehors pour notre deuxième nuit de voyage) s’est révélé plutôt bénéfique au final.
Je rédige mes « pages du matin » dans mon cahier de voyage alors qu’Oscar prépare un feu sauvage pour faire chauffer de l’eau dans une casserole qu’il a emportée dans son sac. Ce matin notre petit-déjeuner est composé exclusivement d’un thé servi dans une bouteille en plastique avec un peu de sucre. Nous avons les deux faims et sommes d’accord sur le fait qu’il faudra être plus efficace que la veille pour trouver de quoi se nourrir aujourd’hui. Nous prévoyons de faire un tour à travers Nyon et de nous présenter dans les boulangeries ou autre commerces d’alimentation pour demander du pain de la veille ou autres invendus.
Nos sacs sont prêt et nous amorçons la monté depuis le bord du lac en direction du bourg. Nous arrivons sur une place d’où nous apercevons un apéritif en plein air avec tables, boissons, pâtisseries, fruits… Ni une ni deux je propose à Oscar que l’on essaie de s’y incruster. En arrivant nous sommes tout de suite remarqués par les personnes présentes, normal avec nos dégaines de pèlerins tout juste sorti du lit !
Je lance sur un ton amusé à un homme qui s’est tourné vers nous :
- Vous acceptez aussi les pèlerins à votre apéro ?
Il me répond en souriant que je dois m’adresser à leur maire – organisateur de l’événement – qui se situe à quelques mètres de lui. Je m’approche et reformule ma question. L’homme me répond un brin agacé que cet apéritif est organisé pour les collaborateurs de la mairie. Puis il ajoute, voyant que la question bien que posé sur le ton du rire est sérieuse (on doit quand même avoir l’air d’avoir faim j’imagine) :
- Vous pouvez peut-être repasser à la fin de l’apéro, s’il reste quelque chose…
Je lui réponds que ce serait avec plaisir et lui demande à quelle heure.
- Vers les midis… Nous répond-t-il.
Bien. Nous avons déjà au moins une option si nos recherches de nourriture à travers la petite ville devaient restées vaines jusque-là.
Nous continuons notre chemin à travers Nyon et apercevons une boulangerie. Nous décidons de nous y rendre en expliquant que nous sommes des pèlerins sur le chemin de St-Jacques de Compostelle et en demandant s’ils seraient d’accord de nous céder du pain de la veille ou autres invendus. Premier essai, première réponse négative :
- Non, ce n’est pas quelque chose que nous faisons.
Mince ! Bon continuons. Deuxième boulangerie :
- Non, le pain de la veille ils viennent le chercher chaque soir à la fermeture.
Un peu plus loin, nous tentons un troisième essai : même réponse que la deuxième…
Un peu démoralisés nous nous décidons à attendre midi pour aller voir si le maire tiendra parole en nous donnant quelques restes de son apéro. En Suisse lors d’un apéro – qui plus est, organisé par l’Etat – normalement il y a toujours quelques restes.
A midi, nous sommes de retour sur la place de la mairie où nous retrouvons notre maire. Nous l’abordons en disant :
- Re-bonjour, on est venu voir s’il y a quelques restes pour nous comme convenu…
Le maire nous informe qu’il attend encore quelques collaborateurs mais nous propose une pomme et un jus de fruit. Ce n’est pas grand-chose, mais déjà de quoi mettre en route notre estomac.
Nous nous mettons à discuter. Notre interlocuteur nous demande des détails de notre voyage. Depuis quand sommes-nous déjà en route ? Combien de kilomètres y a-t-il jusqu’à St-Jacques de Compostelle depuis ici, etc. Je réponds à ses questions et explique la dimension non-monétaire dans laquelle nous souhaitons réaliser notre voyage - d’où le fait que nous soyons venu quémander de quoi manger à cet apéritif. Oscar rajoute que nous avons passé la nuit au bord du lac avec comme seul petit-déjeuner un thé préparé sur un petit feu improvisé. Le maire étonné nous demande alors :
- Et vous n’avez pas été inquiété sur la plage pour dormir ?
Nous répondons naïvement :
- Non, non. Il y avait bien quelques personnes sur la place jusqu’à minuit, mais nous n’avons pas été dérangés.
- Quand je vais ai demandé si vous n’avez pas été inquiété je pensais à la police, parce que faire du camping sauvage sur la commune de Nyon c’est interdit normalement.
Oups, nous avions un peu oublié que nous étions en face du maire en personne ! Mais il ne nous en veut pas. Il nous demande où nous allons passer la nuit suivante. Nous l’informons que nous allons reprendre la route en direction de Genève et que nous dormirons à plusieurs kilomètres d’ici…
Au final, nous aurons encore droit à une pomme, mais rien de plus. Nous n’insistons pas et reprenons notre route à travers Nyon. Deux fruits et un jus ça n’est pas suffisant pour que nous quittions tout de suite la ville, surtout que nous ne savons pas si nous passerons par d’autres magasins d’alimentation prochainement. Je propose la solution d’urgence à Oscar : aller au restaurant Migros qui est en libre-service et nous servir à manger dans les assiettes de restes que les gens déposent dans les charriots de débarrassage à la fin de leur repas.
Oscar valide ma proposition et nous voici sur place. Les restaurants Migros en Suisse sont des lieux peu compliqués. On peut s’y rendre pour boire un thé ou manger quelque chose en se servant soi-même au buffet et en passant à la caisse où l’on reçoit un ticket qui certifie que l’on a bien payé les éléments que l’on est en train de consommer. A la fin du repas, on prend son plateau et on l’amène sur des charriots que le personnel vient régulièrement changer lorsque ceux-ci sont pleins.
Avec Oscar nous prenons place à une table et nous nous servons de deux verres d’eau du robinet dans des verres en plastiques qui sont à disposition gratuitement. Nous nous équipons également de deux fourchettes disponibles à la sortie des caisses pour la suite.
Le plan est simple : nous sommes assis face-à-face, chacun guettant ce qui se passe dans une moitié du restaurant. Lorsqu’un client se lève pour débarrasser son plateau-repas, il s’agit d’identifier s’il y a des restes intéressants dans son assiette.
Bien que l’idée vienne de moi, c’est Oscar qui passe à l’action en premier : il nous ramène une salade à peine touchée. C’est un bon début. Il me faut un peu de temps pour me mettre dans le bain, au début je suis encore trop freiné par le regard de gens. Mais au final nous prenons goût au jeu et enchaînons les restes laissés par les clients du self-service : assiette à frites à moitié mangée, carcasse de poulet encore bien garnie, légumes, encore des frites et du poulet… Nous passons plus ou moins inaperçu. En fait, je ne regarde pas autour de nous et je m’en fous de ce que pensent les gens. J’ai faim et il y a de bonnes choses à manger gratuitement. Ces aliments ont été payés donc il n’y a pas de raison de s’en priver. Nous restons une quinzaine de minutes sur place avant de nous éclipser…
En début d’après-midi nous quittons finalement Nyon en rigolant de vive voix en repesant à la manière dont nous nous y sommes pris pour assouvir notre faim. D’abord l’épisode avec le maire à qui nous avons raconté comme nous avons fait du camping sauvage sans autorisation sur sa commune, et puis ensuite la scène du restaurant Migros où nous avons joué aux piques assiettes.
Aujourd’hui il faut beau pour la troisième journée consécutive mais la pluie est annoncé pour la soirée. Nous marcherons très probablement moins que la veille pour éviter de nous surmener, et commencerons nos recherches d’hébergement suffisamment tôt pour ne pas être surpris par la pluie.
Après quelques kilomètres, le chemin nous amène au travers d’un petit village dans lequel un magasin d’alimentation se présente. Quelques réserves de nourritures seraient bonnes à prendre, nous décidons donc d’y adresser notre demande malgré les nombreux refus que nous avons récemment essuyés en ville de Nyon. Oscar formule notre sollicitation à la caissière qui nous demande de patienter le temps d’appeler la propriétaire du magasin. Cette dernière se rapproche et je reformule notre demande. Après un bref instant, le temps de saisir notre demande apparemment inhabituelle, je vois les traits du visage de notre interlocutrice s’adoucir pour devenir un sourire. Elle nous répond par la positive et se dirige vers l’étagère de boulangerie. Elle emballe quatre croissants dans un petit sachet en papier, avant de continuer vers les rayons des fruits où elle emballe cette fois deux oranges, deux pommes, deux bananes.
- Voilà et bonne route.
Nous la remercions chaleureusement avant de nous diriger vers la sortie. Dans le magasin, des clients nous jettent des regards mêlés de curiosité et d’étonnement. C’est un étrange sentiment pour moi, je suis un peu gêné mais ça va. Je suis surtout très touché par la générosité dont a fait preuve inconditionnellement cette dame. Son geste me va droit au cœur.
Arrivé dehors, nous nous exclamons :
- Purée comment ça fait trop plaisir !
- T’as vu comment ça s’est passé ? Au début je pensais qu’on allait se prendre un refus dans la tronche, mais la proprio était trop sympa !
- On a quatre croissants et six fruits mec. C’est la fête !
Toutefois, avant de nous mettre à manger, nous décidons de marcher une certaine distance pour ne pas que l’on nous voit nous goinfrer directement à côté du magasin. Nous ne voulons pas avoir une attitude qui pourrait paraître irrespectueuse.
Nous passons la suite de l’après-midi sans nous presser, faisant une pause pour profiter de ce que nous avons reçu à manger et prévoyant de guetter les occasions où nous pourrions nous mettre à chercher un endroit où passer la nuit. Nous voulons éviter à tout prix le scénario d’hier qui nous a poussés à dépasser largement les 20 kilomètres de marche, sans savoir réellement où nous voulions nous arrêter pour la nuit.
Aux alentours des 17 heures, nous arrivons à Commugny, un petit village du canton de Vaud peu avant de passer sur le sol genevois. Nous passons à côté d’une église devant laquelle se trouve un sceau pour les pèlerins. Nous tamponnons notre carnet et nous arrêtons pour réfléchir. Est-ce que nous commençons nos recherches d’hébergement ici ?
C’est qu’il n’y a pas grand monde dans les parages et nous ne nous voyons pas aller sonner chez des gens pour leurs demander l’hospitalité… Nous décidons de faire un tour dans le coin pour voir si nous trouvons un endroit du village plus fréquenté où nous pourrions éventuellement aborder des gens afin de les solliciter comme hospitaliers spontanés.
Après avoir un peu marché nous arrivons dans ce qui semble être le centre du village. Le bâtiment communal s’y situe ainsi que la déchetterie qui crée beaucoup d’aller et venue de gens qui viennent amener leurs déchets. Nous abordons une dame. Nous nous présentons en expliquant que nous sommes à la recherche d’un endroit où passer la nuit. Elle nous informe qu’il existe un accueil jacquaire dans le village. Il s’agit de gens qui accueillent bénévolement les pèlerins chez eux en offrant un repas, une place où dormir ainsi qu’un petit-déjeuner. Avant de partir, le pèlerin paie un montant qu’il détermine lui-même en fonction de sa bonne-volonté.
J’ai beaucoup de respect pour les gens qui pratique l’accueil jacquaires chez eux. Néanmoins, vu la manière dont nous avons décidé de voyager, c'est-à-dire sans dépenser d’argent en dehors des cas d’urgence, il ne serait pas honnête de nous rendre dans un accueil jacquaire sans laisser d’argent derrière nous après notre séjour.
Nous remercions donc la dame de nous avoir donné ces informations, mais nous allons poursuivre nos recherches en comptant plutôt sur l’envie spontanée de quelqu’un de nous accueillir chez lui ou de nous offrir un endroit où passer la nuit, même s’il ne porte pas l’étiquette « accueil jacquaire » écrit sur son front. L’hospitalité ne devrait selon moi pas être détenu par certaines personnes en particuliers, même si celle-ci sont des habitués des pèlerins. Au contraire, je constaterai même plus tard lors de mon voyage, que l’on a souvent les meilleures échanges et discutions avec des personnes qui ne sont justement pas des habituées des pèlerins et qui sont beaucoup plus curieux et attentifs aux anecdotes de voyage que l’on a à leurs raconter.
Plutôt que d’aborder chaque passant, et de risquer de nous voir indiquer l’accueil jacquaire dont nous connaissons déjà l’existence à chaque fois, nous optons une nouvelle fois pour un écriteau. Je décide d’en créer un nouveau, plus grand cette fois sur lequel j’inscrirai la même phrase que la première fois : « pèlerins aimables cherchent hébergement pour la nuit ». Pour le support, je déniche un morceau de carton de la déchetterie à côté de laquelle nous nous trouvons, et je m’applique pour présenter une belle écriture, qui donnera envie à n’importe qui de nous ouvrir la porte pour la nuit !
Nous sommes assis là avec nos sacs à dos de pèlerins et la coquille St-Jacques d’Oscar bien visible à nos côtés. Je tiens notre écriteau de recherche d’hébergement dans les mains et affiche un sourire plutôt naturel. Je me suis déjà souvent retrouvé dans des situations où je m’affiche avec un panneau pour faire du stop sur de longues distances, et je trouve ça à chaque fois assez drôle. Le sourire me vient assez facilement face à l’inhabituel de la situation et à la réaction des passants.
Beaucoup de gens se parquent à côté de la déchetterie, amènent leurs poubelles ou différents déchets recyclés, puis repartent. Un homme de retour à se voiture, n’ayant visiblement pas pris le temps de lire notre écriteau, nous conseils de nous rendre à la route principale : nous y aurons plus de chance pour trouver une voiture pour nous prendre en stop. Je lui lance :
- C’est pas une voiture qu’on cherche, mais un hébergement pour la nuit !
- Ah d’accord, carrément ! Bonne chance.
Vient un moment où une dame apparait à vélo dans notre champ de vision depuis la droite. Elle ne roule pas vite car elle est accompagnée de sa petite fille qui n’est pas encore très rapide sur deux roues. Elle passe à quelques mètres devant nous en nous regardant d’un air intrigué. Elle a vu que nous avions un panneau sur lequel est un inscrit une demande, mais elle ne le lit pas. Je la salue toujours souriant et elle nous répond avant de poursuivre sur quelques mètres. Je la suis du regard un instant puis redirige mon attention sur le parking de la déchetterie. Trouverons-nous des gens spontanément ouvert à nous accueillir chez eux ce soir ?
Puis mon attention se replace sur la dame à vélo qui s’est arrêté à quelques mètres. Je n’ose pas encore croire à ce que je pense. Après tout, elle s’est peut-être arrêtée pour n’importe quelle raison que nous ne connaissons pas. Elle se retourne et nous demande :
- Qu’est-ce qui est écrit sur votre panneau ?
Je lui explique qui nous sommes et le voyage que nous avons amorcé vers Compostelle en Espagne. Je continue en disant que nous sommes à la recherche d’un endroit où passer la nuit. Il est d’autant plus important que nous soyons à couvert car de la pluie est annoncée pour la soirée. Nous discutons quelques instants puis notre interlocutrice nous informe que leur maison est actuellement en travaux, notamment au salon. Si elle nous accueille ce serait dans une maison en chantier. Nous lui expliquons que nous sommes tout sauf exigeants et que nous serions tout à fait enchantés de pouvoir être reçu chez elle. Entre-temps sa fille qui avait pris de l’avance à vélo a fait demi-tour et nous à rejoint. Elle écoute notre conversation d’un air concentré.
La dame conclus en disant qu’elle va rejoindre sa maison à vélo avec sa fille et se concerter avec son mari avant de venir nous rechercher. Très bien, nous attendrons.
Youpi ! On dirait que la chance nous sourit. Après une deuxième journée un peu mitigée en termes de rencontres généreuses, nous nous rattrapons aujourd’hui.
Très peu de temps après, une autre dame avec deux petits garçons vient nous aborder. Elle nous a vus discuter avec la dame à vélo, et nous pose également des questions sur notre voyage. Nous lui disons que nous allons probablement être accueillis chez cette dernière qui est allé en parler à son mari avant de revenir.
Notre nouvelle interlocutrice d’origine italienne est sympathique. Elle nous dit qu’elle habite dans un petit appartement avec son mari et ses deux fils. Malgré le peu de place nous pourrions éventuellement trouver accueil chez eux ce soir si notre hôte devait se désister. Waouh, quel enchainement de rencontres positives d’un seul coup ! Merci beaucoup. Si nous sommes encore là ce soir parce que notre hôte se serait désistée, ce serait avec plaisir !
Une voiture se gare à quelques mètres de nous dans le parking de la déchetterie communale. A son volant, la dame que nous avons croisée à vélo quelques minutes plus tôt. Elle nous informe que nous pouvons passer la nuit chez elle, mais que comme annoncé précédemment, le rez-de-chaussée est en travaux et qu’il ne faudra pas trop être étonné.
Nous la remercions d’avance et chargeons nos sac à dos dans la voiture et nous mettons en route. Nous arrivons peu de temps après dans un petit quartier de villas. Nous nous arrêtons devant sa maison et sortons nos affaires. Son mari nous accueille d’un ton jovial. Au fait, nous sommes Oscar et Stephan, nous ne nous étions encore que présentés comme « des pèlerins sur le chemin de Compostelle » sans préciser notre nom. Nos hôtes s’appellent Gil et Angela. Merci pour l’accueil !
Nous retrouvons également la petite fille à vélo que nous avons déjà rencontrée tout à l’heure, ainsi que sa grande sœur. La plus jeune explique que nous entreprenons un long voyage à pied et que nous cherchons chaque jour un endroit où passer la nuit. Elle a un sourire de petite gamine dont il manque quelques dents de lait récemment tombées. Les deux sœurs ont sept et treize ans, elles s’appellent respectivement Lya et Tehora.
Nous posons nos affaires dans un salon vide, dont les meubles et la décoration ont été entreposés sur la terrasse couverte durant les travaux de peinture. Le lendemain, il nous faudra libérer l’espace avant 7h30 du matin pour laisser la place aux travailleurs. Pas de problème, nous sommes tellement reconnaissant de pouvoir dormir à l’intérieur que nous n’allons bien évidemment pas être exigent en quoi que ce soit !
Nos hôtes nous proposent un jus de pomme frais, qui est tout simplement délicieux. Il s’écoule à travers ma gorge en me revitalisant de l’intérieur. Je crois que je n’ai encore jamais autant apprécié un jus de pomme qu’après une journée de marche comme celle-là. Nous discutons autour du petit bar qui avoisine la cuisine où Angela qui n’était qu’une passante anonyme il y a quelques minutes commence à préparer le repas du soir. Nous résumons notre début d’aventure, et je me rends compte que nous marchons depuis déjà trois jours. Cela peut paraître court mais avec notre recherche d’hébergement non-concluante d’hier soir et notre chasse à la nourriture à travers Nyon ce matin, je n’avais pas réalisé que ce laps de temps s’était déjà écoulé depuis notre départ depuis la cathédrale de Lausanne. J’ai souvent entendu que ce sont les trois premiers jours de suite de pratique d’un sport qui sont difficile pour le corps (par exemple pour le ski). Au-delà de cette période, le corps s’habitue à cet effort régulier. Il nous reste environ 97 jours ou moins de 1’900 km de marche jusqu’à Compostelle selon mon estimation, et nous commençons à être rodé !
Nos hôtes nous proposent d’utiliser la douche qui se trouve au premier étage, chose que nous acceptons avec plaisir. Plus tard nous pourrons même mettre notre linge sale à la machine et au séchoir pour pouvoir le remporter comme neuf le lendemain.
Après la douche, et toujours en papotant autour du bar, Gil nous demande si notre pèlerinage nous devait nous empêcher de boire un petit coup de vin. Pas du tout, nous commençons même à être des habitués ! Une bouteille de vin blanc est ouverte et des cacahuètes viennent accompagner l’apéritif. Nous nous sommes tellement contentés de peu ces deux derniers jours, que le jus de pomme suivi du vin et des cacahuètes aurait presque suffit à nous remplir le ventre pour aller dormir. Mais nous nous réjouissons quand même au moment de passer à table. Nous avons droit à une généreuse salade mêlée suivi de pâtes à la sauce tomate et au thon, tout cela accompagné de vin rouge. Miam, quel délice ! Au moment où je rédige ces lignes, j’en ai encore l’eau à la bouche…
Durant le repas, nous entendons le bruit d’un orage qui éclate et se rapproche avant de laisser place à la pluie. Nous nous rappelons de la chance que nous avons en étant reçu chez cette famille pour la nuit.
Oscar raconte comment nous nous y sommes pris au restaurant Migros de Nyon pour nous nourrir à midi. Je suis un peu gêné lorsque je l’entends raconter la scène mais je ne peux me retenir de lâcher un rire, d’abord un peu nerveux puis ensuite plus décontracté. L’anecdote ne manque pas de faire rire les deux sœurs et apporte une atmosphère détendue au repas. Cela nous mène à discuter de la manière dont fonctionne la société où tout s’achète et se vend. J’explique que c’est avec l’idée d’échapper au système monétaire et ses règles durant un certain temps que j’ai voulu initier ce voyage. C’est osé, mais je ne pense pas, en voyageant ainsi, abuser de la bonté des gens que je rencontre en sollicitant leur aide spontanément. Bien que je ne donne pas d’argent en échange de ce qu’ils m’offrent, je pense leur apporter en échange ma bonne humeur, ma présence et mes récits et anecdotes de voyage. Cela deviendra particulièrement vrai plus j’approcherai de la ville de Santiago de Compostela en traversant la France puis l’Espagne, où je me présenterai ensuite comme « un peregrino venido a pied desde Suiza.... ».
Plus tard, nos hôtes nous proposent de prendre le petit-déjeuner avec eux le lendemain matin avant que n’arrivent les travailleurs et que nous ne reprenions la route. Nous acceptons volontiers, je suis presque même gêné lorsqu’il nous est demandé ce que nous mangeons habituellement le matin…
En fin de soirée, nous installons nos tapis de sol et sacs de couchage sur le sol du salon pour y passer la nuit. Nos hôtes nous informent qu’ils s’absentent quelques minutes pour aller faire leurs adieux à des voisins qui vont partir en voyage le lendemain. Je suis étonné de la confiance que l’on nous témoigne en nous laissant seul dans leur maison.
Une fois couché, je pense à la chance que nous avons eue en rencontrant Angela sur le parking de la déchetterie, et à l’agréable soirée que nous avons passée ensemble avec son mari et ses deux filles. Je remercie l’Univers pour cette « coïncidence » et souhaite que le voyage se poursuive sur cette lancée.
Durant la nuit je ne dors pas très bien. Je fais des rêves étranges. J’essaie de bouger et de me réveiller pour que cela s’arrête. Une fois réveillé je n’ose pas faire de mouvement sur mon petit tapis de sol. Les cauchemars que je viens d’avoir sont encore dans l’air et il me faut un certain temps avant d’oser refermer les yeux et me rendormir.
Si vous avez pris le temps de lire cet extrait qui constitue un des chapitres de mon livre qui est en cours de rédaction, je vous invite à me donner un petit feedback. Que ce soit au niveau du style d'écriture, de l'accroche, etc. Je n'ai jamais écris de livre et suis ouvert à vos critiques positives ou négatives.
Amicalement.
Stephan
Pèlerin venu à pied depuis la Suisse
Peregrino venido a pie desde Suiza
Venu à pied depuis la Suisse... j'ai dormi où j'ai pu!
je vous invite à me donner un petit feedback. Que ce soit au niveau du style d'écriture, de l'accroche, etc. Je n'ai jamais écris de livre et suis ouvert à vos critiques positives ou négatives.
très agréable à lire, cela donne envie de lire la suite 😉
Je suis toujours étonné de la réaction de refus d'aider son prochain et en même temps je ne peux m’empêcher de me poser la question "et toi qu'aurais-tu fait dans cette situation?" car je n'ai jamais eu à héberger une personne qui le demande, le plus que j'ai pu faire c'est de prendre des stoppeurs ou de donner la fin mon sandwich à un clochard qui me le demandait. Et à l'inverse cela procure toujours une émotion vraiment positive les récits ou images( docu genre "nus et culottés") de générosité spontanée, j'adore !
A + au plaisir de te lire
Raf
Carnets : Namibie en camping car, l'Est de l'Afrique du Sud, du KTP au Kaokoland en 4x4, la Norvège en hiver 2x, l'Ecosse en hiver, la Namibie avec remorque, l'Islande en camping car en juin, le tout avec 4 enfants, dans le profil https://voyageforum.com/v.f?membre=Caperam;
J'ai déjà une centaine de pages écrites, et encore quelques centaines à écrire. Pour le moment je suis plus dans le quantitatif que dans le qualitatif, j'ai envie d'écrire beaucoup, et je verrais bien si je réduis le texte au final. Ce passage me plait bien aussi, mais j'ai des anecdotes pour chaque jour de marche !
Probablement le livre s'appèlera Venido a pied desde Suiza (en fait je voulais même l'appeler Hola, soy un peregrino venido a pie desde Suiza mais ça fait un peu long). C'est avec cette phrase que je me présentais quotidiennement au gens que je rencontrais auxquels je demandais un morceau de pain, des invendus, un endroit où passer la nuit. Quand je suis arrivé en Espagne avec ma grosse barbe après presque deux mois de marche, je me sentais comme un poisson dans l'eau !
Stephan
Venido a pie desde Suiza
Venu à pied depuis la Suisse... j'ai dormi où j'ai pu!
bonsoir!!!!! je tombe sur votre message ou plutôt votre témoignage....euh!!!!!!!!!!!!! je me prépare pour Compostelle avec un groupe dans le cadre d'un projet d'insertion.
seriez vous disponible pour répondre à ce qui s'imposera comme questions?
bonsoir!!!!! je tombe sur votre message ou plutôt votre témoignage....euh!!!!!!!!!!!!! je me prépare pour Compostelle avec un groupe dans le cadre d'un projet d'insertion.
seriez vous disponible pour répondre à ce qui s'imposera comme questions?
Bonsoir,
Oui, vous pouvez m'envoyer vos questions en message privé et je tâcherai d'y répondre !
Salutations
Venu à pied depuis la Suisse... j'ai dormi où j'ai pu!
Pour un coup d'essai, ce n'est pas mal (à faire relire pour l'orthographe). Cela donne envie, en tout cas, de lire la suite. Et je suis impatiente de découvrir comment les jours suivants se sont déroulés... Mon interrogation que suscite ton aventure est : "sait-on encore rendre service à son prochain dans nos pays ? " Ton récit me le dira.
Bonjour !
Désolé pour vous, mais autant je comprends l'idée de prendre une année sabatique et de faire Compostelle, autant je trouve que "jouer au pauvre" est un caprice de jeune bourgeois !
Vous me faire penser aux 2 jeunes qui se filment "on the road" en commençant tout nus au milieu d'un champ de maïs !
Une téléréalité trash !!!
Si cette "expérience" vous a fait murir, tant mieux !
🤪
J'en ai fait des kilomètres à pied sur divers chemins de Compostelle. Mis à part certains rares cas particuliers rencontrés en route, cas de dénuement (non choisi) quasi total, le plus grand nombre avait de quoi, a minima, s'alimenter, ce à une époque où les auberges de pèlerins ne demandaient pas d'argent.
Ce voyage "à la roots" me préoccupe, non pas pour celui qui l'a fait mais parce qu'il risque conforter ceux qui pensent que "tout est gratuit" et que la providence pourvoira...
S'il s'agissait d'une expérience "sociologique", je ne vois pas l'intérêt de publier un livre sur cela, un blog pourra(i)t suffire.
Ne te décourage pas Stephan, à la lecture de ces qq commentaires.
Je vois ton voyage un peu comme un challenge de potache (au long cours certes)
Ce qu'on te donne n'est pas perçu comme un dû mais reçu comme un échange sur une base de 'séduction réciproque", libre à chacun de participer à ton aventure ou non.
Quitte à parcourir ce chemin à pied alors qu'il serait plus simple, facile, rapide de le faire de façon motorisée, pourquoi ne pas sublimer l'expérience par ce choix du dénuement et de la simplicité.
Je trouve que ça apporte une dimension intéressante à ton parcours car je ne connais pas les chemins de Compostelle mais je pense que pour la rando pure il y a beaucoup plus intéressant.
Tu as sans doute choisi ce parcours pour sa dimension spirituelle et ce choix du détachement matériel me semble cohérent.
De mon côté je cherche les endroits vierges de toute trace d'humanité (pas facile!) alors ton récit m'intéresse, d'autant que j'aime son ton léger, joyeux et naturel.
Bon courage pour la suite!
Marie
Ne soyons pas trop méchants quand même , je trouve que c'est bien écrit et que ça peut intéresser certains sur le forum .
Moi je pense surtout à tous ces jeunes espagnols que je vois arriver dans ma région (les vignes) , cherchant tous les boulots possibles , vivant dans des camions sans confort , l'été ça va, mais l'hiver arrive . Les moins jeunes aussi qui arrivent en famille comme au bon vieux temps de la dictature 😕 et je suis peu être un peu trop près de ce qui se passe là bas pour être totalement objective .
Bonsoir Steph,
intriguée par le titre, j'ai lu pensant que quelque chose se passerait dans ma région. J'habite Commugny...à quelques minutes de la déchetterie....je suis ravie de voir que des personnes de mon village soient si accueillantes.
Tu as eu tort de ne pas aller dans la famille qui accueille les pèlerins (ils habitent à 2 minutes de l'église) et ils s'appellent Marie-Claire et Bernard NICOLET. Je ne suis pas sûre, mais je crois aussi qu'il y a une autre famille.
Quant à vos "exploits" à Nyon nous avons bien rigolé. Le Maire......c'est le grand chef de Paléo......et le coup du resto de la Migros, fallait y penser...bravo. Quant à l'épicerie, je crois savoir dans quel village elle était située.
Je lirais avec plaisir la suite du pèlerinage.
Jacqueline
Bonjour !
Désolé pour vous, mais autant je comprends l'idée de prendre une année sabatique et de faire Compostelle, autant je trouve que "jouer au pauvre" est un caprice de jeune bourgeois !
Vous me faire penser aux 2 jeunes qui se filment "on the road" en commençant tout nus au milieu d'un champ de maïs !
Une téléréalité trash !!!
Si cette "expérience" vous a fait murir, tant mieux !
🤪
Bonjour,
Ce que vous dites m'a été dit une fois sur la route, et c'est évident que j'ai eu a y réfléchir (d'ailleurs j'ai eu le temps pour ça). C'est vrai qu'en étant suisse on passe vite pour un riche lorsque l'on est à l'étranger... Mais je vous laisse faire un petit calcule : 100 jours de marche sur le chemin multiplié par 30 euros par jours en faisant attention à ses dépenses cela donne 3'000 euros. Ajoutez à cela le billet du retour depuis Compostelle (peu importe le moyen utilisé) et vous aurez la somme qu'il vous faut pour faire le pèlerinage depuis notre petit pays.
En sortant de mes études, je n'avais pas cette somme à disposition et je ne pense pas avoir "joué au pauvre" comme vous le dites. J'ai emporté avec moi une somme d'argent certes insuffisante pour couvrir mes dépenses quotidiennes en hébergement et en nourriture mais suffisantes pour me sortir du pétrin en cas d'urgence. Je n'ai jamais prétendu sur le chemin lorsque je demandais un morceau de pain ou un endroit où dormir que je n'avais pas d'argent. Plutôt que cela j'ai expliqué aux gens que je faisais le chemin en tentant de sortir du circuit commercial et monétaire établi. Je pense que si certaine personnes peuvent se permettre l'auberge et le repas chaud tout les jours parce qu'ils ne font le pèlerinage que par tranche d'une a deux semaines par année, d'autres - comme ça a été mon cas - ont du temps à disposition mais pas d'argent. Personnellement, l'idée de partir sur Compostelle a été très spontanée, j'ai suivi mon inspiration on va dire. Je ne me voyais pas attendre de pouvoir mettre de petits sous de côté avant de partir. J'ai pris l'argent que j'avais sous la main et suis parti. Pour moi c'est cela le chemin, quelque chose de spontané et irrationnel (dont on n'a pas d'explications A+B).
Pour ce qui est de la téléréalité trash ce n'est pas du tout mon style je vous rassure ! Je n'ai pas vu le documentaire dont vous parlez mais je peux m'imaginer le genre. Sachez que je n'ai pas fais ce voyage en me mettant en scène de manière hollywoodienne ou autre. J'ai toujours été respectueux et non insistant vis-à-vis des personnes que j'ai sollicitées sur ma route et j'ai fais de magnifiques rencontres que je n'aurais pas faites en faisant le parcours avec la carte de crédit sous la main ! Je pense également, en toute modestie, avoir pu apporter - même sans argent - quelque chose en échange aux personnes qui m'ont aidées sur la route.
Est-ce que cette "expérience" m'a fait murir ? Je ne sais pas. En tout cas je ne pense pas avoir mentionner cela dans mon récit pour le moment... En tout cas je n'ai pas cette prétention.
Pour terminer, je peux comprendre votre raisonnement premier. Je pense qu'il y a effectivement une tendance à se lancer des défis absurdes en voyageant pour faire parler de soi, faire le buzz, faire des vues sur Youtube... Personnellement je ne pense pas l'avoir fait dans cette esprit là, et je regrette que cela soit interprété ainsi. Peut-être qu'en lisant le livre (qui n'est pas encore terminé ;-)) vous constaterez la sincérité de mes propos.
Merci pour votre message qui m'a donné a réfléchir !
Amicalement
Stephan
Pèlerin venu à pied depuis la Suisse
Peregrino venido a pie desde Suiza
Venu à pied depuis la Suisse... j'ai dormi où j'ai pu!
Bonsoir Steph,
intriguée par le titre, j'ai lu pensant que quelque chose se passerait dans ma région. J'habite Commugny...à quelques minutes de la déchetterie....je suis ravie de voir que des personnes de mon village soient si accueillantes.
Tu as eu tort de ne pas aller dans la famille qui accueille les pèlerins (ils habitent à 2 minutes de l'église) et ils s'appellent Marie-Claire et Bernard NICOLET. Je ne suis pas sûre, mais je crois aussi qu'il y a une autre famille.
Quant à vos "exploits" à Nyon nous avons bien rigolé. Le Maire......c'est le grand chef de Paléo......et le coup du resto de la Migros, fallait y penser...bravo. Quant à l'épicerie, je crois savoir dans quel village elle était située.
Je lirais avec plaisir la suite du pèlerinage.
Jacqueline
Bonjour !
Que le monde est petit ! Oui, l'expérience à Commugny était définitivement une belle expérience ! Je m'en rappellerai encore longtemps de la place de la déchèterie et de la rencontre qui en découle !
Pour information, je ne l'ai pas expliqué plus haut, mais j'ai changé tous les noms des gens que j'ai rencontré par des noms d'emprunts, par simple respect de leur vie privée. Donc si vous cherchez un couple s'appellant Gil et Angela à Commugny... vous ne trouverez pas !
Cordialement
Venu à pied depuis la Suisse... j'ai dormi où j'ai pu!
Une semaine après vous avoir proposé le premier extrait de mon aventure sur le chemin de St-Jacques de Compostelle depuis la Suisse, je vous livre ici le second extrait.
Il s'agit du neuvième jour de voyage, nous sommes à Yenne et avons passé une nuit pour la moins agitée chez un hôte insomniaque et pour le moins picoleur....
Je suis bien évidemment toujours ouvert à vos commentaires positifs ou négatifs, vos remarques, conseils, suggestions, etc.
Bonne lecture !
Vers les six heures, André est de retour, frais comme un oiseau sorti du nid.
- Hé les copains, vous avez bien dormi ? Je vous ai mis de la bonne musique avant de partir prendre le café au PMU ! S’exclame-t-il tout sourire en rentrant dans l’appartement.
Tu parles si on a bien dormi ! On n’a pas dormi du tout ouais !
Bon je crois qu’il ne sera plus possible de dormir de toute façon. Nous nous levons et dégonflons le matelas sur lequel nous avons passé la nuit, avant de l’enrouler et de le ranger dans la poussière d’où nous l’avons sorti quelques heures plus tôt. Je ne sais pas comment nous allons faire pour marcher après n’avoir presque pas pu nous reposer de la veille.
André a ramené du pain frais et nous invite à prendre le petit-déjeuner sur la table qui est encore jonchée de verres de rosé à moitié vides de la veille… Ou est-ce qu’il y a parmi ces verres, un verre qu’André viendrait de se servir pour le petit-déjeuner ? Je ne sais pas. Quoiqu’il en soit nous avons droit à des tartines et du café pour nous remettre d’aplomb.
Je suis à moitié hystérique après cette nuit d’insomnie. Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer. Je me dis qu’il vaut mieux en rire après tout. Je me lève et dis à André de nous remettre un peu de cette musique qui nous a cassée les oreilles toutes la nuit. Est-ce qu’il aurait le fameux tube « Aux Champs-Elysées » ? Oui, il l’a dans son répertoire, parfais. Après une tasse de café, me voilà en train de danser et de faire le singe dans son minuscule appartement. J’ai envie de me défouler et d’oublier cette nuit franchement désagréable. André ne comprend pas trop ce qu’il me prend mais il est quand même mort de rire. Moi qui étais plutôt réservé la veille, me voilà tout fou aux premières lueurs du jour. Oscar aussi ça le fait rire de me voir enfin me décontracter.
Nous prenons le petit-déjeuner dans cette ambiance festive. Et je suis obligé de penser à la voisine du dessus qui doit vraiment se demander ce qui se passe chez André en ce mercredi matin… Mais soit, nous ne serons bientôt plus là de toute façon. Je pense encore à sortir mon appareil photo pour capturer une image de cette rencontre pour la moins anecdotique avant que nous ne pliions bagages et ne reprenions le chemin en direction de Compostelle pour notre neuvième journée de marche consécutive….
Le chemin quitte Yenne (230 mètres d’altitude) et amorce une belle montée vers le Mont Tournier (plus de 800 mètres d’altitude). Il fait beau et nous avons une belle vue sur la vallée. Il règne une belle atmosphère matinale, c’est la première fois que nous nous mettons en route si tôt.
Nous sommes obligés de blaguer en repensant à la soirée et à la nuit que nous venons de passer. Ah, sacré André, nous exclamons-nous !
Mais nous sommes étonnement frais malgré le peu de sommeil auquel nous avons eu droit. C’est peut-être cela-même qui nous rend si excités et presque hystériques. Nous nous mettons à chanter « Aux Champs-Elysées », à rigoler à tue-tête, à inventer des chants dans des langues inconnues, etc. Quel défouloir ! Je crois que je me suis rarement autant défoulé à haute voix en pleine nature. Si nous avions croisé des gens à ce moment-là, ils nous auraient très certainement pris pour des fous. En tout cas, cela nous donne de l’énergie et nous marchons à une cadence bien plus élevée que d’habitude, malgré le dénivelé que nous gravissons.
Nous marchons ainsi pendant près de 15 kilomètres sans nous arrêter, sauf pour remplir nos gourdes à une fontaine alors que nous évoluons dans une belle forêt déjà bien verte. Nous arrivons dans un petit hameau de montagne où nous posons nos sacs pour faire une pause et réfléchir. Mise à part les quelques pâtisseries qui constituerons notre repas et dont nous sommes bientôt dégoutés, nous n’avons pour ainsi dire plus rien à manger pour la suite de la journée… Nous avons aperçu une flèche qui indique un restaurant à quelques centaines de mètres du hameau en dehors du balisage du chemin. Nous réfléchissons à nous y rendre pour y demander des invendus. Mais nous faisons une croix sur cette idée. D’une part, si ce restaurant est bel et bien ouvert, nous arriverions en plein service de midi et je ne pense pas que ce soit un bon moment pour y faire notre demande. D’autre part, nous ne sommes même pas sûrs qu’il soit ouvert vu il s’agit d’un restaurant de montagne et que nous sommes hors-saison. Nous ferions donc un détour inutile pour nous y rendre…
Après avoir fait quelques pas dans ce hameau - pour aller voir l’église et y timbrer notre credencial qui n’a plus été datée depuis trois jours notamment – nous reprenons la route en direction de Saint-Genix-sur-Guiers qui nous est indiqué par le fléchage. C’est à moins de dix kilomètres. Peut-être que nous pourrions atteindre ce village qui semble disposer de commerces en courant d’après-midi et y demander des invendus et pourquoi pas y trouver l’hospitalité…
Durant l’après-midi, nous marchons à un rythme plus lent que le matin, nous rendant compte que nous avons un peu forcé la marche en début de journée. Nous pensons aussi beaucoup à la nourriture.
A un moment, juste à côté de la route sur laquelle nous évoluons, je reconnais une herbe des près que je mangeais lorsque j’étais gamin. Il s’agit du chénopode rouge dont les feuilles sont juteuses et acidulées. J’en parle à Oscar qui ne semble pas particulièrement emballé par l’idée, et je me mets à en cueillir et à en manger tout en marchant. J’ai là les souvenirs des vacances qui nous passions enfants au chalet de mes grands-parents qui remontent en moi. Ces feuilles mâchées sont excellentes. Elles ne sont pas particulièrement nourrissantes mais me donnent quand même de l’énergie.
Nous arrivons finalement à Saint-Genix-sur-Guiers en cours d’après-midi. Aujourd’hui nous avons déjà bien dépassé les 20 kilomètres de marche que nous nous étions fixés quotidiennement. Maintenant, il s’agit de trouver de quoi casser la croûte !
Nous entrons dans la première boucherie que nous croisons pour y formuler notre demande. L’homme à qui nous nous adressons – probablement le chef – répond simplement par « oui », se retourne, coupe un saucisson de taille moyenne pendu au mur à l’aide d’un couteau et nous le tend. Nous le remercions chaleureusement pour son geste et quittons l’établissement. Quelle belle récompense ! Nous avons déjà une bonne base pour le repas du soir.
Par la suite, nous réitérons notre demande dans un ou deux magasins d’alimentation en espérant recevoir du pain, ou autre, mais ne recevons que des refus. Nous décidons de ne pas insister. Nous préférons maintenant nous mettre à la recherche d’hospitaliers spontanés pour la nuit.
Nous marchons à travers le village et réfléchissons au meilleur endroit où nous pourrions nous asseoir pour afficher notre écriteau. Nous optons pour un trottoir en face d’une place où se trouvent un mini-supermarché et un bistro. Nous restons assis là quelques minutes avant qu’une dame d’un certain âge ne vienne nous aborder. Elle nous pose des questions sur notre voyage puis nous raconte ses problèmes, son frère qui est malade et dont elle doit s’occuper, etc.
J’ai un peu de peine avec les gens qui ne font que de se plaindre. Cela me prend de l’énergie et je n’arrive pas à me distancer de la situation dans laquelle les gens se trouvent. J’essaie la plupart du temps d’abréger la discussion et de fuir. Et si je n’y arrive pas, je me tais et essaie de ne pas entretenir la discussion pour que la personne remarque que cela ne m’intéresse pas et cesse de se plaindre. Oscar par contre dispose d’une bonne capacité d’écoute lorsqu’il est confronté à des personnes racontant leurs problèmes. Il les écoute patiemment, pose des questions cohérentes de temps à autres, se montre compréhensif mais ne tombe pas dans un discours plaintif à son tour.
Cette dame dirige donc naturellement sa discussion vers Oscar qui l’écoute sans broncher. Moi pendant ce temps, je fixe mon attention sur les passants, observant s’il n’y a pas des gens ouverts qui seraient intéressés à nous accueillir chez eux pour la nuit qui vient. A un moment, un homme s’arrête et nous parle d’un couvent à proximité qui accueille les pèlerins dans un esprit non-commercial. Je trouve cela intéressant, mais je pense qu’il s’agira probablement d’un donativo où le pèlerin qui a reçu l’hospitalité sera amené à laisser un montant de son choix derrière lui. Et nous sommes plutôt à la recherche d’hospitaliers spontanés qui ne font pas ça d’habitudes et qui n’attendent pas de dédommagement financiers en échange de leur accueil.
J’entends Oscar, qui est encore en discussion avec cette dame âgée, lui demander si elle ne serait pas prête à nous accueillir chez elle pour la nuit. Surprise par sa question (elle n’a pas due voir notre panneau), elle répond qu’elle n’a pas suffisamment de place chez elle pour nous accueillir. Elle habite dans un petit HLM avec son frère malade.
Après être restés assis là un certain temps, nous avons l’impression de commencer à faire partie du décor. Nous avons l’impression que notre recherche ne portera pas ses fruits ici. Nous nous décidons à reprendre la route en suivant la balise du GR65 en étant attentif à voir si nous croisons des fermes, granges ou autres abris où nous pourrions passer la nuit.
Nous nous retrouvons à nouveau le long d’un fleuve sur un chemin droit à perte de vue. Nous sommes fatigués mais il fait beau et nous marchons tranquillement sans nous presser. Nous avons notre saucisson qui nous assure au moins un petit quelque chose dans l’estomac pour la soirée.
Soudainement, je dois penser à ma famille. Cela fait neuf jours que je suis parti et je me dis qu’il serait bon de pouvoir leur donner quelques brèves nouvelles pour les rassurer. Je demande à Oscar s’il pourrait me prêter son natel pour que je puisse effectuer un appel de quelques secondes. Je décide de téléphoner à mon frère. Je sais que je pourrais lui donner des nouvelles sans avoir à développer. Si je téléphonais à la maison à ma mère ou mon père, je craindrais de les bousculer en ne leur laissant que quelques informations. Et je n’ai pas envie de faire long et de m’étaler.
Je saisi le numéro de mon frère que je connais par cœur. Après quelques sonneries, le voilà qui répond. Je le salue et lui résume en quelques phrases le déroulement de notre voyage. En fait, je lui dis simplement que tout se passe bien. Qu’avec Oscar nous trouvons quotidiennement à manger et un endroit où passer la nuit. Et qu’il transmette à p’pa et m’ma que tout va bien, qu’il n’y a pas de soucis à se faire. Je demande au passage bien évidemment si tout se passe bien de leur côté, ce qui est le cas. Voilà c’est tout. Merci, ciao !
Je remercie Oscar d’avoir pu faire cet appel. Je ne sais pas pourquoi, mais cela m’a pris d’un coup. Je ressentais le besoin fort de donner et de prendre des nouvelles à ma famille pour être sûr qu’ils ne se fassent pas de soucis pour moi.
Nous apercevons une sorte de petit lac entouré d’un grillage sur notre droite. On dirait une réserve naturelle, mais il y a des gens à l’intérieur. Un chemin longe le lac. Il y a des promeneurs, des gens faisant un footing, etc. Nous décidons d’escalader le grillage pour y accéder plutôt que de faire le tour pour atteindre l’entrée qui semble éloignée. Nous marchons quelque peu au bord de ce lac et décidons d’y faire une pause.
Comme il fait beau et plutôt doux, nous décidons même de faire un petit brin de baignade. L’eau est fraiche mais c’est agréable de pouvoir se baigner après une longue journée de marche comme celle que nous venons de faire. Nous pouvons même utiliser les douches qui sont déjà en fonction. C’est presque du luxe pour les deux pèlerins sauvages que nous sommes.
Nous songeons même à passer la nuit ici au bord du lac. Le sol est en petit pierres comme c’était le cas lorsque nous avons dormi à la belle étoile au bord du lac Léman à l’entrée de Nyon en Suisse.
Nous abordons un jeune qui passe à quelques mètres de nous. Il a l’air d’être du coin. Nous lui demandons s’il sait si l’accès au lac est fermé durant la nuit ou si l’on pourrait éventuellement y passer la nuit à la belle étoile. Il nous répond qu’avant la fermeture en soirée, un gardien de sécurité fait le tour du lac pour vérifier que tous les visiteurs aient quitté les lieux. Dommage, nous ne prendrons pas le risque de rester ici jusqu’à la tombée de la nuit et de nous voir ensuite expulser…
Nous nous rhabillons après notre baignade et rechaussons nos chaussures.
Le chemin se poursuit toujours tout droit en suivant le même fleuve que précédemment. Finalement, nous apercevons une ancienne ferme rénovée entourée d’une clôture. Je prends l’initiative d’interpeller les propriétaires que j’aperçois dans le jardin. Je leur explique que nous sommes des pèlerins venus à pied depuis la Suisse et que nous sommes à la recherche d’un toit où nous pourrions passer la nuit, par exemple une grange sur la paille.
Le couple d’une cinquantaine d’années à qui je m’adresse m’informe qu’ils ne disposent pas de dépendances sur leur propriété mais qu’il y a une grange non loin d’ici dont ils connaissent le propriétaire et où nous pourrions passer la nuit. L’homme nous propose même de nous y accompagner en voiture car c’est un peu compliqué à trouver. Nous nous demandons si notre statut de pèlerin nous autorise à monter dans une voiture. Mais nous nous disons que pour ce cas-ci oui. La grange dont l’homme nous parle se situe en dehors de la balise du chemin de Compostelle. Le lendemain, nous feront de toute façon le chemin inverse à pied pour retrouver le chemin. Il ne s’agit donc pas d’une distance en direction de St-Jacques que nous aurions parcours en voiture comme des « tricheurs ». Nous montons donc dans son véhicule après avoir déposé nos sacs dans le coffre.
La grange n’est vraiment pas loin. Elle se situe dans un champ quelques centaines de mètres d’une autoroute. L’homme nous montre les lieux. Le hangar renferme des machines agricole mais ne dispose pas de paille. Il nous demande si nous souhaitons qu’il nous amène une couverture à poser au sol qui est très poussiéreux avant que nous ne nous installions. Nous acceptons volontiers.
Quelques minutes plus tard, le voici de retour avec la couverture. Nous nous assurons que le propriétaire du hangar sera averti de notre présence pour ne pas que nous ayons une mauvaise surprise durant la nuit. Ce sera chose faite. L’homme qui nous a proposé cet abri nous informe qu’il passera nous apporter un petit-déjeuner le lendemain matin avant de partir travailler. Nous pourrons laisser la couverture et le thermos du café sur place avant de partir. Nous le remercions vivement pour sa générosité, je suis vraiment ému. Il répond simplement par un « Pas de problème, on n’est pas des sauvages quand même ! » avant de nous souhaiter une bonne soirée et de partir.
Ouf ! Quel soulagement quand même, après une longue journée comme celle-là, de pouvoir enfin poser nos sacs pour la soirée et la nuit ! Et de savoir que nous recevrons un petit-déjeuner le lendemain matin alors que nous n’avions plus aucune réserve de nourriture !
Nous nous installons sur la grande couverture que nous a mise à disposition cet homme. Depuis la porte du hangar nous avons une belle vue sur le coucher du soleil. « Le ciel est rouge, le ciel est rouge. Il fera beau, il fera beau ! ». A une centaine de mètres passe un axe autoroutier. Nous avons ce bruit presque étranger des voitures qui passent à vive allure en arrière-fond. Ce n’est pas dérangeant, simplement irréel. Nous qui marchons depuis plus d’une semaine sur des chemins tantôt de campagne, de forêt et de montagne, nous ne somme guère plus habitués à ce genre de bruit de la vie moderne.
Nous ne tardons pas très longtemps avant d’aller nous coucher. Nous avons une longue journée derrière nous et surtout des heures de sommeil à rattraper après l’épisode de la nuit précédente chez André… Nous fermons la grande porte d’accès au hangar avant de nous réfugier dans nos sacs de couchage respectifs.
Venu à pied depuis la Suisse... j'ai dormi où j'ai pu!
j'ai lu vos messages témoignant de votre pèlerinage et je suis vraiment enthousiasmé par votre courage et par votre leitmotiv d'alors. J'avais d'ailleurs lu auparavant vos messages disant que vous comptiez effectuer ce périple et j'en avais ressenti les mêmes sensations. Je vous dis bravo, et quoi qu'en disent certains, je considère votre pèlerinage comme relevant d'un mouvement humaniste et sincère. Je rappellerais d'ailleurs à ces gens-là que le pèlerinage de St Jacques de Compostelle est à la base le chemin parcouru par un pauvre d'argent qui demandait tout comme vous l'avez fait, l'aumône aux âmes charitables.
Je compte pour ma part effectuer prochainement le chemin en partant de Paris. Je compte le faire avec peu d'argent et en dormant sous une tente, en cuisinant avec un réchaud ou feu de camp. J'aimerais cependant trouver des gens qui accueillent les pèlerins chez eux, afin de partager des choses sensiblement identiques à celles que vous avez vous-même pu partager.
Par ailleurs je voudrais vous poser des questions concernant l'écriture. En effet, voulant moi-même écrire un livre sur mon prochain pèlerinage, je me demande s'il est mieux de tenir un carnet de bord (qui servira alors d'outil de synthèse) ou s'il est préférable d'entamer l'écriture au retour ? Comment avez-vous vous-même procédé ? (à ce propos, où en est l'avancement du livre ? Je suis avide de l'acheter/le lire :) ).
Enfin, étant possible que je connaisse des heures où la nourriture pourrait manquer sur le chemin, je voudrais savoir si ce manque d'alimentation vous a affaibli et a eu un impact sur votre rendement, sur votre physique ?
Pour répondre à ta première question concernant la façon dont je mis suis pris pour la rédaction de mon récit. Premièrement, j'ai effectivement tenu un journal quotidiennement durant mon voyage, mais qui est le même que je tiens quotidiennement dans ma vie "normale". C'est un journal de bord dans lequel j'écris trois page chaque matin, et dans lequel je vide simplement mon sac - peu importe que je sois en voyage ou non... Donc en relisant les pages concernant mon voyage par après, je les ai trouvées intéressantes, mais je ne m'en suis pas forcément servis pour la rédaction du livre.
Ensuite, j'ai également pris des petites notes sur les guides de voyage et/ou cartes que j'avais avec moi. Par exemple en entourant le village où j'ai passé la nuit et y inscrivant le lieu/les gens où j'ai dormi. Exemples : St-Genix, grange au bord de l'autoroute ; Ostabat-Asme, cabane pour pèlerin sans le sou ; Nogaro, maison en travaux, etc.
Finalement, je me suis fixé comme règle de prendre au minimum une photo par jour - peu importe de quoi, mais simplement pour avoir un trace. Ca pouvait être par exemple les lieux insolite où j'ai dormi (cf. voir photos ci-dessous) ou alors des casse-croûtes reçus, etc. Je me suis fixé cette règle au début parce que je ne suis pas particulièrement le genre de personne qui prend toujours des photos de tout. Mais pour le coup, je me suis habitué à prendre régulièrement des photos, et cela m'a permis de pouvoir suivre de manière assez cohérente mon périple.
Cela-dit, pour la rédaction du récit de voyage, 90% de l'aventure est gravée en moi. Je pourrais me remémorer chaque jour de mon périple passée avec plus ou moins de précision sans problème, tellement ils étaient tous uniques et nouveaux. C'est comme si des morceaux de mon âme sont restés ci et là sur le chemin de Compostelle. D'ailleurs, en partant sur le chemin, je n'avais pas prévu d'en écrire le récit...
En ce qui concerne l'avancement de mon livre. Je me suis retrouvé face à un petit dilemme après trois mois de rédaction. J'ai trop de pages, pour pas assez de jours de voyage. Je m'explique : j'ai écris environ 150 pages pour seulement une dizaine de jours... Et j'en ai au total une centaine à raconter ! Donc à ce rythme cela donnerait 1500 pages de récit... !!!
Du coup, en ce moment je suis en stand-by. Je me demande si je vais poursuivre la rédaction, ou alors si je vais complètement changer de format, par exemple en ne sélectionnant que tel ou tel jour particulièrement anecdotique pour livrer un récit qui représente peut-être 25 jours de voyages ou autre... Evidemment je me pose aussi la question de quel genre d'objectif je me fixe pour ce récit. Est-ce qu'il s'agira d'un récit avec l'ambition de le publier publiquement, ou plutôt pour le cercle privé, etc.
Enfin voilà... Pleins de questions. Je me laisse le temps, je me laisse guider, et puis on verra bien !
Pour terminer : est-ce que le fait de ne pas toujours avoir un bon repas chaud dans la gamelle m'a affaibli ? Non, je pense que cela m'a plutôt endurcis. La plus longue période de temps que j'ai passée sans nourriture représente 1 jour et demi. Soit un petit-déj' au matin du jour X puis le prochain casse-croûte en jour X+1 durant l'après-midi... Et je crois que c'est durant ces deux jours que j'ai le plus marché : 40 km et 30 km. Le fait de manger du costaud durant la journée est plutôt quelque chose qui ralenti en fait. Mais de là à te conseiller marcher de régulièrement à jeun, je n'irai pas jusque là. C'est simplement un constat que j'ai eu durant le chemin : ventre très plein = marche lente. Ventre vide = marche légère. Par contre, quoi qu'il arrive, BOIS BEAUCOUP D'EAU !! Arrivé à un moment du chemin, je ne pouvais pas passer une journée sans boire mes 3 à 4-5 litres d'eau par jour (sans plaisanter!). Le fait de boire est un excellent "coupe-faim" et il t'évitera la tendinite. Tu trouveras à boire le long du chemin (dans les cimetières il y a toujours ou presque un point d'eau, sinon il y a des fontaines, etc.).
J'espère que ma réponse aura pu t'aider ! Si tu en as d'autres n'hésite pas.
Salutations depuis la Suisse.
Ultreïa
PS : je me suis permis de te tutoyer, sur le chemin tu verras : pas de frontière entre les catégories d'âges, d'appartenances, de classes sociales, etc.
Près de Saugue avec les moutons.
A Labastide-Marnhac, dans une grange par une nuit d'orage.
Première étape en Espagne sur le chemin du Nord, dans une forêt de pin à quelques kilomètres de San Sebastian.
Venu à pied depuis la Suisse... j'ai dormi où j'ai pu!
Votre récit est passionnant : on attend la suite !
En ce qui concerne la longueur du récit, en vue d'en faire un livre : il faut faire des choix, prendre les moments les plus intéressants ou significatifs, et résumer le reste. C'est ce que font les bons écrivains.
Voici un troisième extrait de mon voyage (après trois ans de pause...). Il s'agit de mon 19ème jour sur le chemin de Compostelle, au départ du Puy-en-Velay. Enjoy!
Départ du Puy
Il fait encore nuit quand le dortoir s’agite. C’est que beaucoup de pèlerins ont prévu de se rendre à la cathédrale pour la messe de 7h. Le petit-déjeuner est servi à l’auberge de 6h30 à 7h30. Je n’ai pas prévu d’aller à la messe, mais je profite du remue-ménage pour me lever tôt et écrire dans mon carnet de voyage.
Je sors de mon sac de couchage, allume la lampe de chevet, attrape mon cahier et m’assied en tailleur sur le lit de ma petite couchette. Après quelques minutes, j’entends Oscar m’appeler derrière le rideau qui sépare mon lit du couloir. Je l’invite à entrer. Ses affaires sont prêtes et il vient me faire ses adieux. Nous nous serrons une bonne poignée de main. Il me souhaite tout de bon pour la suite de mon périple. Je lui souhaite bon retour en Suisse et le laisse filer prendre son train pour Genève, puis le Valais.
D’une part, je me sens triste. Nous venons de passer près de trois semaines d’aventure incroyablement intenses ensemble, en nous dépassant quotidiennement autant physiquement que psychologiquement. Nous sommes sortis de notre zone de confort comme jamais il m’a été donné de le faire auparavant dans ma vie. Nous nous sommes encouragés mutuellement, chacun prenant la relève lorsque l��un de nous deux avait le moral dans les chaussettes. Nous avons ris dans des situations de fatigue et de désespoir, crié de bonheur dans des retournements de situations inattendues… Maintenant, je vais poursuivre mon voyage seul.
D’un autre côté, je me sens soulagé. Depuis plusieurs jours, j’avais l’impression de perdre Oscar. Je le sentais de plus en plus pessimiste et démotivé. Alors que je me sentais en forme physiquement et que j’arrivais à me contenter de ce que nous recevions, je sentais qu’Oscar était proche de ses limites, et me le faisait sentir. Le fait de poursuivre ma route seul me permettra d’évoluer sur le chemin à mon rythme, et dans ma philosophie de détachement.
Je descends prendre mon petit-déjeuner. La salle à manger est relativement peu occupée, la plupart des pèlerins étant partis à la messe. Un des hospitaliers de l’auberge me demande :
- C’est ton copain qui est parti ce matin?
Je réponds par l’affirmative en indiquant qu’il avait son train à prendre pour Genève.
- Oui, et ben on l’a vu partir en courant devant la fenêtre de la cuisine. Il avait l’air pressé !
Je me demande s’il aura réussi à arriver à prendre son train…
Je prends le petit-déjeuner tranquillement et profite de pouvoir manger à ma faim - thé, café, pain avec beurre et confiture – car je ne sais pas quand j’aurais l’occasion de prendre mon prochain repas. A table je papote avec l’un ou l’autre des pèlerins arrivés fraichement la veille et au tout début de leur aventure sur le chemin de Compostelle.
Je profite également de me doucher, même si je l’ai déjà fait la veille au soir. Pareil que pour le petit-déj’, je ne sais pas quand la prochaine occasion de me laver se présentera.
Je remercie les hospitaliers pour leur accueil et laisse une participation aux frais de cinq euros. L’hospitalier qui a suivi les quelques récits d’aventure racontées la veille me demande d’un air préoccupé:
- Ca va pour toi de laisser cette somme ?
Je réponds par l’affirmative, me disant que si je joue le jeu de me reposer dans une auberge – même donativo – il me semble normal de participer aux frais, même avec peu de moyens.
J’arrive en ville après avoir déambulé dans les petites ruelles pavées qui descendent du gîte vers le centre. Aujourd’hui c’est jour de marché au Puy-en-Velay. Je me dis que ce serait l’occasion de demander du pain de la veille ou autres rabs de nourriture avant de quitter l’agglomération et de me retrouver en campagne. Je fais ma première tentative dans une boulangerie plutôt classe en me disant que je verrai bien. Je trouve ça plutôt excitant d’y formuler ma demande. Et j’essuie un premier refus. Mince ! Et ce coup-ci pas de Oscar pour me remonter le moral et prendre la relève. Je réitère deux ou trois fois ma demande dans une boulangerie et sur des stands du marché, et essuie refus sur refus. Je perds toute ma confiance et me sens frustré. J’ai l’impression que le coin est plutôt bobo et folklorique et que ma demande n’aura pas de succès ici. Je tourne encore en rond entre les stands quelques minutes puis décide de quitter la ville en suivant les coquilles de St-Jacques. C’est ce que je fais depuis plus de 400 kilomètres après tout : marcher en suivant les flèches sans savoir ce qu’il adviendra... Les balises du chemin de Compostelle m’indiquent St-jean-pied-de-port - dernière étape française avant la frontière espagnole - à plus de 700 kilomètres, alors que j’en ai déjà 430 derrière moi.
Je quitte la ville relativement tard dans la matinée par rapport au départ de la majorité des pèlerins qui quittent la ville après la messe de 7h. Le chemin amorce une montée en directement du Vals-près-le-Puy m’obligeant à ôter mon sac à dos pour enlever une couche de vêtement Je rencontre rapidement l’un ou l’autre pèlerin avec qui j’échange un brin de causette - notamment un homme de la cinquantaine qui m’explique vouloir faire le tronçon du chemin depuis le Puy-en-Velay jusqu’à Saint-Jean-Pied-de-Port en un mois, puis la partie suivante en un autre mois – mais ces premières rencontres ne m’enthousiasment pas plus que tant. Je suis un peu frustré et fermé sur moi-même.
Aujourd’hui il fait frais et humide, mais heureusement il ne pleut pas. Je me retrouve rapidement en pleine campagne sur un chemin franchement inondé et impraticable à moins d’avoir des bottes de pêcheur. Des indications pour une déviation sont indiquées, me faisant passer par-dessus une clôture et jouer les funambules sur un mur en pierre sèche afin d’éviter d’avoir de la boue jusqu’au mollet. Je me sens un peu seul à ce moment-là. Avec Oscar c’est sûr, on en aurait rigolé ou pleuré ensemble.
Durant la journée, je croise des pèlerins çà et là, un couple que je salue de loin. Je ne sais pas trop comment me comporter vis-à-vis des autres pèlerins, moi qui suis venu à pied depuis la Suisse en mangeant ce que l’on nous donnait à Oscar et à moi, et en dormant ou nous pouvions, la plupart du temps sur de la paille. Je me sens différent.
A plusieurs reprises je passe devant des haltes pour pèlerins avec possibilité de petites restauration/soupes, ou alors des épiceries pour pèlerins, etc. Ce genre d’infrastructure destinée presqu’exclusivement aux pèlerins n’était pas habituel sur le chemin que j’ai parcouru jusqu’au Puy-en-Velay. Je me sens de plus en plus dans un circuit touristique ou les touristes sont les pèlerins, et cela me met mal à l’aise. Je n’ai rien à manger, mais je n’ai pas envie de quémander de la nourriture dans ces lieux spécialement dédiés au pèlerin-touriste que l’on voudrait que je sois… Donc je trace ma route, me ferme sur moi-même. Je m’arrêt de temps en temps, mais jamais bien longtemps car j’ai vite froid sans bouger…
J’atteins Monistrol-d’Allier en fin d’après-midi. Je l’aperçois en contre-bas avant de l’atteindre. Ce petit hameau se trouve dans une petite vallée dans laquelle passe une ligne de train. Il y a quelques petits commerces et des gîtes pour pèlerin. J’envisage de m’arrêter ici pour la nuit. Je fais le calcule : j’ai déjà parcourus près de 30 km dans la journée – probablement ma plus grande distance en une journée de marche depuis le début de mon voyage, et il serait temps de trouver un endroit où me reposer et éventuellement recevoir à manger.... Je me dirige vers le gîte communal en me disant que je pourrais peut-être y proposer un coup de main au ménage ou à la cuisine en échange de l’hospitalité. En arrivant devant le lieu en question, je me rends compte qu’il n’y a pas de réception comme je l’aurais pensé. Il s’agit d’un gîte autogéré. Chaque pèlerin s’inscrit sur une feuille en arrivant, et une personne de la commune passe encaisser le prix de la nuitée en début de soirée. Il y a une cuisine à disposition où chacun peut se faire à manger avec les courses qu’il aura apporté avec soi. Du coup, je ne sais pas comment et à qui adresser ma demande. Je reste devant le gîte un instant d’où j’aperçois des pèlerins dans les dortoirs, suspendre leur linge et ordonner leurs affaires. Ceux-là ont déjà eu leur douche et leur journée de marche est terminée. Ce serait tentant, mais je ne peux pas me permettre une nuitée à 10-15 euros régulièrement, sans compter de quoi acheter un casse-croûte pour le soir et le petit-déjeuner…
Je reprends la route à contrecœur. Je passe devant une boulangerie du pèlerin, mais n’ose pas y adresser de demande d’invendus malgré ma faim et mon désespoir. Je quitte le village en suivant des escaliers raides, me faisant passer de 600 mètres d’altitudes à plus de 1000 mètres en l’espace de quelques kilomètres. Je passe devant une petite chapelle taillée dans la roche que j’envisage presque comme abri pour la nuit. Vu l’heure qu’il est, je suis maintenant seul sur le chemin, plus de pèlerins à l’horizon. Mais il fait trop frais pour dormi dehors ce soir… J’arrive sur un petit plateau où sont regroupées quelques vieilles maisons et fermes. Je sonne à quelques portes pour demander l’hospitalité, mais n’obtiens pas de réponse favorable. Je continue donc ma route me demandant de plus en plus où et quand je pourrais enfin m’arrêter pour dormir.
Il doit être autour des 19h. Je marche sur un chemin de campagne et croise un tracteur. Je me sens dévisagé par son conducteur qui ne doit pas être habitué à voir des pèlerins en route à cette heure-ci de la journée. Un soleil très bas dans le ciel m’éclaire le visage et m’indique que la nuit approche. Je poursuis ma route d’un pas pressé, presque hystérique. Je me rends compte que j’approche des 40 kilomètres de marche depuis mon départ du Puy-en-Velay ce matin, et qu’il va devenir urgent de m’arrêter pour de bon pour aujourd’hui. J’arrive à nouveau dans un petit hameau très rural, et envisage chaque grange, toit, grenier, comme un éventuel abri pour la nuit. Je sonne à une porte de ferme. Un homme m’ouvre. Il a l’air solitaire et marginal. Je lui demande s’il ne connaitrait pas un endroit sur la paille dans le village où je pourrais passer la nuit. Il me répond ne pas être au courant de « cette affaire de Compostelle ». Me rendant compte que je ne trouverai peut-être pas d’accueil alternatif ici, je lui demande si je ne pourrais pas passer un coup de fil à la prochaine auberge sur le chemin, située à Saugues à environ cinq kilomètres de marche. Il répond par l’affirmative, m’indiquant de la suivre jusqu’à son téléphone fixe. Je compose le numéro de l’auberge que je pense pouvoir atteindre vers les 21h… Une femme décroche. Je lui demande s’il ne resterait pas un lit pour ce soir. Elle m’indique être complet pour la nuit. Mince ! Je remercie ce monsieur de m’avoir laissé utiliser son téléphone et prends congé. Je me retrouve sur la route de ce petit hameau. Soudain, je vois passer un fermier en salopette et bottes de travail. Il est relativement jeune et marche d’un pas rapide. Je l’interpelle, lui explique en deux mots ma façon de voyager sur le chemin de Compostelle, et lui adresse ma demande d’abri pour la nuit.
- Vous pourriez dormir sous le tunnel avec le mouton, me répond-il.
- Parfait ! lui dis-je soulagé.
Je suis cet homme sur quelques mètres jusqu’à l’endroit en question. Il s’agit d’un tunnel agricole qui abrite un troupeau d’une centaine de moutons. A l’entrée du tunnel, se présente un petit enclos avec un chien attaché à une chaîne. Ce dernier aboie à notre arrivée, puis se calme en voyant son maitre et nous laisse passer.
Le tunnel est séparé en deux dans le sens de la longueur par un couloir de botte de paille. Nous le traversons jusqu’à l’extrémité opposé de l’enclos du chien. Le fermier ouvre une botte de paille à l’aide de couteau, et voici mon lit pour la nuit. Je remercie mon hôte, lui expliquant que j’ai déjà dormi à plusieurs reprises dans des conditions similaires depuis mon départ de Lausanne en Suisse. Il a l’air quelque peu surpris, l’air de dire « pourquoi pas ma foi… » et me souhaite une bonne nuit avant de repartir. Je le remercie et pose mes affaires sur le sol. J’espère secrètement le voir réapparaitre plus tard pour m’inviter à manger ou m’apporter de quoi casser la croûte, mais en vain, je ne le reverrai pas avant le lendemain matin à la première heure. Ce soir mon repas ne sera rien de plus qu’un ou deux verre d’eau sortis de ma gourde.
Je suis fatigué, très fatigué. Je repense à ma journée de marche et me dis que c’est de la folie ! Je déballe mon sac de couchage et mon tapis de sol pour la nuit. Je sors du tunnel pour aller pisser, puis reviens à mon dortoir. A ma gauche et à ma droite, des dizaines de moutons me dévisagent l’air curieux et méfiant à la fois. J’essaie de sympathiser en m’approchant pour les caresser. Mais rien à faire : chacun de mes mouvements déclenche un mouvement de panique chez eux, les faisant courir dans la direction opposée du tunnel où j’entends le chien de garde aboyer à son tour. Un élan de panique me traverse, j’espère que tout ce bruit ne va pas alerter le fermier et le faire revenir sur sa décision d’abriter un pèlerin sous son tunnel. Je tâche de me calmer et de faire le moins de mouvements brusques possible pour ne pas faire peur aux moutons qui continuent de suivre chacun de mes déplacements avec curiosité.
Je ne tarde pas trop avant d’aller me coucher. Je n’ai pas grand-chose d’autre à faire de toute façon. Pas de compagnie pour discuter, rien à me mettre sous la dent, pas de bouquin non-plus, et il se fait tard…
Durant la nuit, j’attends régulièrement des moutons tousser. Je n’arrive pas à trouver le sommeil. A chacun de me mouvement pour trouver une meilleure position dans mon sac de couchage, les moutons s’alertent et cours dans tous les sens… Je passe une franchement mauvaise nuit de sommeil !
Venu à pied depuis la Suisse... j'ai dormi où j'ai pu!
J'ai découvert ton aventure en cherchant des informations sur le chemin. Je suis d'abord tombée sur la conversation où tu disais vouloir réaliser le chemin en essayant de te détacher des biens matériels...puis sur cette conversation où tu nous raconte ton aventure.
Je suis admirative et rêve de vivre la même aventure que toi, en partant de Nord-Pas-de-Calais... J'ai envie de te poser des tas de questions 🙂
Je trouve que ton écriture a évolué, dans le sens positif du terme. Plus fluide, elle nous transporte et l'on ressent tes émotions comme si c'est nous qui avions vécu l'aventure. On sent que tu as plus de recul sur ce que tu as vécu, je ne peux que t'encourager à continuer...
Je te remercie pour ce partage, qui permet à des gens comme moi de s'évader, de continuer à rêver.
D'accord, je vais organiser un peu les questions qui me passent par l'esprit alors avant de t'écrire en MP sinon tu vas te sauver.. Merci pour ta dispo !
Oui c'est bien moi... déguisement pour courir les 20kms de Maroilles comme chaque année 😉
J'ai l'impression à parcourir tes écrits, de revivre certaines expériences personnelles. 🙂
Quel plaisir de te lire. Ce témoignage est très positif, j'aime bien la façon dont tu décris les hauts et les bas et l'incertitude permanente où tu te trouves sans que cela ne semble entamer ta sérénité. C'est ça le vrai voyage à mes yeux.
Je croise souvent - à pied ou à vélo - des pélerins, j'aime bien échanger avec eux, nous nous sommes peut-être croisés en Gironde ou dans les Landes ou au Pays Basque "nord"/"sud".
Bonjour Stephan.
5 ans après ton retour, ton voyage passionne encore des gens. J'ai pour projet de partir jusqu'à saint-jacques prochainement, et j'ai été très emballé par ton récit. Serait-il possible d'accéder au livre entier aujourd'hui ? En attendant, merci pour ton partage et bravo pour ton courage 😜
Il arrive souvent qu'on nous demande quoi visiter en Belgique. Et les réponses ramènent le plus souvent à Bruges, Gand, Anvers et Bruxelles, avec raison, ces…
Préambule... Juin 2024. En randonnant avec mon frère sur le GR 36 Tour du Morvan, j’aperçois de loin en loin d’étranges balises rectangulaires fixées au tronc…
Carnets de voyage › Espagne / France › Massif Central · 2 replies
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With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo.
But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip.
And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays:
- 3 nights in St Lucia
- 1 night in Hluhluwe
- 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini)
- 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini)
- 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti)
- 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve
- 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.
Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...
This trip was in 2023, but when I wanted to write my travel journal, VF was still closed to contributions...
So, now that I've just finished my Japan travel journal here, I figured it was high time to honor this destination we came back from so enchanted.
Disclaimer 1: This is a written travel journal. There’ll be text! Too much, for some!
Disclaimer 2: This is an illustrated travel journal. There’ll be photos! Too many, for some!
I have to say, every time I try to discipline myself, to keep it shorter, to include fewer photos... I end up adding more. It feels like my dear Aunt Nicole, who exhausted us with her slide-show evenings in the 70s/80s, decided to take her revenge. The upside for you, readers, is that you can slip away anytime without offending Aunt Nicole. I won’t even notice!
Anyway, since I love maps, here’s one to give you an idea of where I’m taking you. As you can see, we only saw a tiny part of Laos (the areas circled in red); we only had 3 weeks for ourselves (my husband’s newly retired, I still work), and we prefer taking our time over rushing around like crazy.
In broad strokes, it was very classic:
First, we “settled in” at Luang Prabang (8 days), because we wanted and needed to.
From there, we took three days to venture a little further north—not far in kilometers, but as we know, distances aren’t just about km!
Then we flew south to Paksé, letting ourselves drift down to the 4,000 Islands while stopping by the pre-Angkorian archaeological sites.
We wrapped up with the Bolaven Plateau.
A few practical notes: We arrived via Bangkok, then took a Bangkok-Luang Prabang flight, having picked up our luggage in Bangkok to check it in for Luang Prabang. No issues—the Bangkok airport, which many of you know, is very well organized.
We got our visas on arrival in Luang Prabang. Quick, but to be fair, we were on a “small” plane, and the big flights had arrived earlier, so we weren’t too crowded in line!
At the end of our trip, we didn’t fly out of Paksé but from the nearby airport in Thailand, Ubon Ratchathani (a 2.5-hour drive from Paksé), then Bangkok and Paris.
You’ll notice we skipped Vientiane to stay longer in Luang Prabang. That said, there’s now a high-speed train between Vientiane and Luang Prabang—good to know—and soon the (Chinese) train will go all the way to Bangkok and even Kuala Lumpur!
With that intro out of the way, let’s dive into the heart of the matter.
To be continued: Slowing down the pace... in Luang Prabang
Si je ferme les yeux et pense au sultanat d’Oman, je sens d’abord un léger parfum d’encens, la chaleur d'un rayon de soleil sur ma peau, avant de sentir le sable couler dans ma main… J’ai sur la langue le goût et le moelleux d’une datte, véritable bonbon, puis celui du café avec une pointe de cardamome et d’eau de rose.... J’entends le vent du désert siffler à mes oreilles, au loin l’appel d’un muezzin, puis le murmure de l’eau. J’ouvre les yeux, je vois des sourires, des signes de bienvenue, je vois une mer turquoise, des roches allant de l’ocre au pourpre, des wadis profonds d’où jaillissent des torrents, des dunes oranges, des plages de sable blanc où de petits crabes filent à toute allure. Je vois des oasis incroyables qui surgissent entre les montagnes arides. Je vois des villages abandonnés que l’on rêverait pleins de vie, des forteresses imposantes dominant des vallées, et des souks animés où la proposition est délicate et la négociation une politesse mutuelle…
Tout cela, et bien plus encore.
C’est ce que j’ai essayé de traduire dans mon carnet de voyage dessiné, que je complèterai çà et là de photos.
Ce carnet, je l’ai dessiné « à froid », après mon retour (en fait je l’ai réalisé cet été alors que notre voyage date de cet hiver). Il est d’un format assez spécial je l’avais acheté au japon, sans trop savoir ce que j’allais en faire. Et bien il a trouvé son usage ! Voici ci-dessous une photo de ce carnet, en mode accordéon : là, il n’est que partiellement ouvert, car tout déplié cela fait 5 mètres de long !
Pour les amateurs de dessin : Le format en accordéon est à la fois une contrainte (chaque feuillet fait un format 9 cm X 27 cm), et une liberté (on peut faire une fresque). Le papier est aussi un peu spécial : il n’offre pas une grande finesse de trait, mais il prend bien l’encre (feutre liner). En revanche, tout doit être fait presque d’un jet (avec une esquisse très légère au crayon) car il se gomme très mal. Il boit trop l’eau pour colorer au feutre ou à l’aquarelle (ou alors sans utiliser la détrempe), en revanche il porte bien le pastel à l’huile et son utilisation au pinceau avec de l’essence. Tirant sur le jaune, il m’a permis de créer des contrastes y compris avec le pastel blanc.
A droite, le "marqueur" de l'accueil, ces dattes qu'on vous offre partout en signe d'hospitalité. A gauche, un hommage à ces sublimes portes usées par les temps, qu'on admire un peu partout dans les quartiers anciens, y compris ceux qui sont abandonnés.
Oman est un des grands producteurs de résine d'encens. Les brûleurs d'encens sont partout, du plus simple en terre au plus précieux en argent ciselé...
L'hospitalité vous conduira à accepter aussi souvent un petit café, un "omani café", très léger, parfumé subtilement avec de la cardamome, pourquoi pas un peu de safran, et éventuellement un peu d'eau de rose.
J'ai ici représenté un homme dans l'habit commun usuel de tous les omanais : la dishdasha, majoritairement blanche (en semaine, en journée, la couleur est davantage pour le soir ou le vendredi et le samedi). Même si l'on voit des hommes habillés à l'occidentale, ils sont très peu nombreux. La dishdasha blanche est vraiment l'habit commun partagé par tous les hommes. La dishdasha, qui n'a pas de capuche, se distingue par un petit pompon accroché au col, la furakha, qu'on imbibe de parfum. Et croyez moi, les omanais en abusent! "ça sent le pompon" est une expression qui est maintenant passée dans notre langage commun, à mon mari et moi.
Autre incontournable de la tenue masculine, la kuma, ce petit couvre-chef rond, la plupart du temps blanc rehaussé de motifs aux couleurs vives. Le keffieh est aussi porté (mais sans le cordon appelé agal dans les pays arabes), et il est plutôt arboré par ceux dont les racines sont dans le désert, de ce que j'en ai compris.
Et les femmes, me direz vous? Voilées, pour certaines en noir intégral (mais pas la burka, plutôt le chador + Abaya), du fait de l'influence de l'Arabie et des émirats arabes unis, alors que le vêtement traditionnel était auparavant plutôt une superposition de robes très colorées. La plupart des femmes que nous avons vues portaient plutôt une tenue neutre, un voile uni sur les cheveux, mais le visage découvert. Nous avons vu aussi beaucoup de saris et de voiles colorés, il ne faut pas oublier que 40% de la population est constituée d'immigrants indiens, népalais, bengalais, qui travaillent beaucoup dans le tourisme, l'hôtellerie et la restauration, les services, mais aussi tous les travaux ouvriers.
Je précise qu'en tant que touriste il n'y a aucune pression pour porter un voile, jamais de regards désapprobateurs d'aucune sorte. Bien sûr, on gardera pour la terrasse de l'hôtel les mini shorts, les décolletés plongeants, les épaules et ventres dénudés, mais j'ai envie de dire que c'est pareil pour les hommes et les femmes et que le soleil étant vif c'est aussi meilleur pour la peau.
Voici pour cette introduction ! Au prochain post, je vous parlerai de mon itinéraire et on pourra se lancer!
I could have titled my travel journal like Carmen: "Some trips are born twice." Indeed, we had considered this destination back in February 2020. However, an honest tour operator advised us against traveling at that time due to the climate. So, we gave up and opted for Guatemala instead (see "On the Mayan Lands" on this site).
So, why this title? When I was in primary school, over 65 years ago, the illustrations in my history books (Machu Picchu) and geography books (Lake Titicaca) made me dream, and those images stayed in my mind. It took until 2026 to finally make this dream come true!
We prepared our trip with Tout Pérou, a French-speaking "agency." Everything was handled via email and WhatsApp exchanges with our contact: Laurent, who was both competent, friendly, and full of good advice.
For 200 €, Tout Pérou provided us with drivers and guides whenever we wanted, helped us buy our domestic flights (cheaper when purchased in Peru), booked shuttles between airports and hotels, and got us a discount on the train ride to Aguas Calientes, as well as on the buses between Chivay and Puno and between Puno and Cusco. In short, Laurent took care of all the logistics and the Machu Picchu tickets. It was up to us to book our hotels. Tout Pérou provided a list, but we weren’t obliged to follow it. Another advantage of the package: we didn’t have to pay in advance; we paid the service providers directly day by day.
We didn’t meet Laurent in person because he was on vacation in Europe. Before his departure, he gave us a briefing, provided a summary table with the entire program, the service providers, their phone numbers, their fees, the schedules, and gave us plenty of advice (money, exchange, safety, etc.). After returning at the end of our stay, he kept checking in on us.
Lastly, we had also gathered information from Arnaud Lagadec, who runs a hotel in Cusco and offers tours of the region. He gave us a lot of useful information. Another contact: Thomas Montaigne, very friendly, who runs an agency in Arequipa (Agence Pérou Exclusif).
Day 1 – Paris to Lima
Foreword
I’ll share our trip without any pretension—I don’t have the talent of some contributors on this forum—and I’ll illustrate it with a few photos (taken with an ordinary smartphone). My comments are personal and only reflect my own views. So, please be kind! Feel free to comment on my story as you like, but let’s avoid pointless debates.
Even though we live in the south of the Paris region, true to our habits when the flight is in the morning, we chose to spend the night before our departure in a hotel near CDG and parked our car in a parking lot in Garches. This way, we avoid the stress that often comes with traveling around Paris (accidents, roadworks, traffic jams, etc.).
Check-in and border control went smoothly on that Sunday morning. Our Air France flight was uneventful. In Lima, border control took a particularly long time, and for the first time, we didn’t get an entry visa stamped in our passports.
As planned, a driver took us to the Miraflores district, where our hotel was located. We were surprised by the numerous signs about possible tsunamis, having forgotten that Peru is prone to such events and regularly experiences earthquakes. We’d see the consequences of these during our journey.
Exhausted from the early wake-up, the 13-hour flight, and the 7-hour time difference, we had dinner at the hotel before a restful night.
Note that this day was Peru’s presidential election day. As a result, we weren’t served beer—the sale of alcohol was banned that Sunday.
Bonjour tout le monde, nous voici rentrés d'un RT USA organisé par nos soins du 31/07/2026 au 26/08/2026.
La destination : Le Sud-Ouest USA avec le Texas, l'Arizona et le Nouveau-Mexique. 7000 kilomètres effectués à la louche.
L'Auto : Une Chevrolet Equinoxe pour deux en passant par BSP Auto et Avis. Et dedans 2 valises, un sac de voyage, deux valises cabines, la glacière de chez Walmart, le matos photos et les bouteilles d'eau (pack de 40).
Le trajet : Dallas DFW, Fort Worth, Houston, Austin, San Antonio, Alpine, El Paso, Tucson, Sedona, Albuquerque, Amarillo et Dallas pour finir avec départ sur DFW.
Les voyageurs : Deux séniors bien avancés dans l'âge (73 et 75) mais toujours en activité (pas épuisante physiquement) (pour rester vivants et financer les voyages), autonomes physiquement à 100%, intellectuellement beaucoup moins, passionnés des USA, pays où tout est possible, plus marcheurs que randonneurs, plutôt hôtels à partir de 3 étoiles que motels de bord de route, plutôt restos Italiens que nourriture US, adeptes des arrêts fréquents pour les photos, plutôt musées que rien, Plutôt sieste que marches forcées. Pas trop râleurs, juste ce qu'il faut pour rester français au pays du grand Satan qu'ils disent.
Pas trés doués pour les langues, Anglais des rues (mais bien pratique), Espagnol nul pour moi hormis : " Hola ! Una Cerveza por Favor ! " Cela fait court. Madame comprend tout mais refuse de parler.
Le coût du RT : Environ 12 000 euros avec les vols AF, Auto, Essence, cadeaux, visites et tutti quanti. Bien maitrisé puisque 13500 euros prévus au départ.
Le bilan positif : Un régal avec les longues routes à perte de vue. Des Musées à découvrir. Le constat de la présence Hispanique et de son Histoire importante dans ce secteur de l'Amérique. Des locaux adorables. Des touristes plus ou moins sympas. Un accent Texan abominable et difficile à comprendre. Des stations Gas qui sont de véritables magasins avec nourriture préparée et autre alcools vendus en Arizona et Nouveau-Mexique et des employés au top ! Toujours prêts à rigoler !
Le bilan négatif : La chaleur tout au long du séjour...43° sur Dallas en fin de séjour. Impossible de sortir dans les rues. Beaucoup de "Homeless" dans les rues de l'Hyper Centre de Dallas. Les breakfasts Hôtel toujours les mêmes. On s'y fait.
Donc, positif certes mais le concept commence à fatiguer. Il se pourrait que le modèle RT autonome soit repensé pour le prochain. SI celui qui est en haut nous prête vie.
Pour la suite, attendons les premières photos triées et passées à la moulinette.
C’est une ville ancienne qui respire, c’est une source qui vit.
Ici, pas de pancartes kitsch du genre « Tu me manques à Fengyu », ni de faux objets anciens fabriqués à la chaîne.
Les maisons centenaires portent encore les traces du vent et de la pluie;le matin, on entend les coqs chanter,et au crépuscule, la fumée s’élève doucement des cuisines.
Cette ville n’essaie de plaire à personne:comme l’eau de source qui la traverse, elle continue simplement de vivre, à son propre rythme.
Située dans le comté d’Eryuan, dans la préfecture de Dali au Yunnan, la ville ancienne de Fengyu est classée ville historique et culturelle nationale. On la surnomme la « terre des lettrés et de l’encre »:sous la dynastie Qing, l’académie Fengxiang a formé quatre jinshi et onze juren aux examens impériaux. Les familles bai y ont fait de l’étude et du travail de la terre un véritable héritage. Même les jours de marché, on y trouve des étals de calligraphies et de peintures, tandis que les linteaux et les murs-écrans sont couverts de maximes familiales.
Fengyu était aussi une étape importante de l’ancienne route du thé et des chevaux. Elle conserve le deuxième plus grand ensemble architectural bai de Chine, juste après Xizhou. Le célèbre voyageur Xu Xiake y a passé sept jours et l’a comparée au « paradis des fleurs de pêcher ».
After as many weeks as I have fingers on my right hand, we're hitting the road again, fully recovered from our pharaonic adventure. Back in France to drop off our daughters (sorry, girls!), this time it's just the two of us, ready to be welcomed by a new destination. They say it offers one of the richest cultural heritages in the world for those willing to put in the effort. It's the land of the ancient Silk Road, where we'll follow a journey steeped in history and discoveries straight out of *One Thousand and One Nights*. A former Soviet bloc region independent only since 1991, we'll be walking in the footsteps of Genghis Khan, Tamerlane, Alexander the Great, Marco Polo...
Another fun fact about this country: it's strictly forbidden to import porn on your phone. True story. The same goes for painkillers! Unless it's about sodomy—though the two don’t seem connected, that’s just how it is. Don’t ask me why! Anyway, I’m getting off track. Here’s the big question: Where do you think we’ve just landed?... To give you a hint, the locals are known for being incredibly welcoming. No sooner said than done—our first taxi driver, proud to transport French travelers, refused to let us pay for the ride. Great vibes for these two weeks ahead. So, any guesses?
Uzbekistan!!!
I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far from exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
Let’s start with the shotengai...
Our first "wow" moment came as we stepped out of the subway in Asakusa, the Tokyo neighborhood where we’d booked our hotel for our first five nights. Exhausted after our long flight, we finally arrived and took an exit that led straight into a shotengai—one of those covered shopping streets that pop up in city centers and flourished between the 1950s and 1980s.
It was an instant aesthetic shock, like a close encounter of the third kind between the modern city, a typical Asian market with its street stalls, the vintage vibe of the arcade, the sheer abundance of goods, and the bustling crowd—a mix of tourists, pilgrims (thanks to nearby Senso-ji Temple), and locals (it’s a very working-class area).
In the end, it set the tone for a feeling we’d experience throughout the trip. Wherever we went, shotengai turned out to be fantastic spots for finding little restaurants, shops, or even fresh produce. Some are like real mazes, like in Kyoto, where we spent ages trying to relocate a restaurant we’d loved ;-)
In Kanazawa, the Omicho Market:
And in Kyoto, Nishiki Market:
Le dernier carnet sur le Turkménistan date de 2019. Voici donc un court retour sur ce vaste pays désertique qui se visite un peu plus facilement qu'auparavant.
C'est mon premier carnet. Si vous avez des questions, n'hésitez pas. Le pays s'ouvre lentement mais il est possible de visiter des sites où vous serez tout seul. En 5 jours, j'ai vu 2 hongkongais, quelques allemands et un chilien au cratère, 10 chinois dans un bazar de la capitale, et c'est tout !
Il est possible de visiter le Turkménistan depuis l'Ouzbékistan. Le plus simple et le plus économique est de se rendre en taxi jusqu'à la frontière depuis Boukhara. Le trajet prend un peu plus d'une heure.
Le passage de la frontière est assez long puisque de nombreux Turkmènes ramènent des objets achetés en Ouzbékistan afin de pouvoir les revendre au Turkménistan. Par exemple des couches, des produits pour bébés ou des produits de beauté.
Il m'a fallu plus de 2h30 pour franchir la frontière. Il est obligatoire pour visiter le Turkménistan d'avoir un guide et de passer par une agence de voyage. Les agences britanniques proposent souvent des séjours de trois, cinq ou sept jours à plus de 1 500 ou 2 000 euros.
Mais si votre budget est plus limité, il vous suffit de contacter quelques agences turkmènes directement par mail qui vous feront une proposition entre 700 et 1 300 euros pour trois à sept jours. J'ai pris un séjour de 5 jours de Turkmenabat dans le Nord-Est du pays jusqu'à Dashoguz dans le Nord. L'objectif est de visiter les principaux sites classés à l'Unesco, dont Merv, et les sites archéologiques comme Nisa ou Gonur Tepe.
Votre guide sera également le chauffeur. Il viendra vous chercher à la frontière. Les formalités sont très longues car les douaniers doivent multiplier les tampons et l'obtention du visa que vous avez préalablement demandé à votre agence de voyage nécessite plusieurs contrôles. Mais le passage se fait relativement aisément même si chaque étape est assez longue.
Une fois de l'autre côté, première surprise, l'autoroute est très récente jusqu'à Turkmenabat. Une très longue file de camions s'étend sur plusieurs kilomètres du côté turkmène afin de pouvoir passer la frontière et aller en Ouzbékistan. En effet, selon mon guide, les camions turkmènes transportent du gaz, du coton (pas à cette saison puisque la récolte a lieu en septembre), mais ont surtout un réservoir plein car le prix du carburant est beaucoup moins cher au Turkménistan. Un plein pour une voiture vaut à peu près 3 euros, ce qui est défiant toute concurrence.
Depuis le poste frontière de Farap, l'objectif est d'atteindre la ville de Mary qui abrite dans sa banlieue, à une trentaine de kilomètres, le site classé à l'UNESCO de Merv. Cette cité est connue comme étant une fondation d'Alexandre le Grand au IVe siècle avant Jésus-Christ sous le nom d'Alexandrie de Margiane. Plusieurs forteresses sont visibles.
Après plus de trois heures de route, nous déjeunons dans un restaurant turc qui s'appelle Aladdin. Plusieurs citations du président sont visibles sur l'autoroute, mais la route est de qualité et on avance aisément. Ce sera de loin la meilleure route du pays. ça se gâtera largement par la suite.
Les ronds-points sont particulièrement intéressants puisqu'on y retrouve des emblèmes de la culture turkmène, soit le chien, soit un tapis, soit le cheval Ahal Teke soit des symboles musulmans, même si la présence d'artefacts islamiques est assez réduite.
Preamble:
Africa was calling to me, so a year ago, with our usual travel companions, we decided to return to the continent we love so much.
Where to go?
Uganda quickly caught our attention—wildlife we’re used to seeing, plus gorillas and the shoebill we missed in Zambia.
We got in touch with Paul, who’s been mentioned several times on the forum back in September, booked our flight tickets, secured the gorilla permits, and by early October, the most important things were done.
We still had plenty of time to hold our "prep meetings" for the final itinerary.
Three days before departure, I sprained my ankle (my weak spot, as you’ll recall from our Colombia trip).
I wasn’t in great spirits, but after a year of waiting, nothing was going to stop me.
We’d see how it goes!
Off we went for our new adventures
It was winter, a winter with beautiful weather,
A season that only exists in the southwest of America,
I remember very well what I told you that morning
A month ago... A century ago, an eternity ago...
We’ll go... wherever you want, whenever you want...
Well, yeah, back from our adventure in our enchanting American West just a month ago, we’re already taking a bite out of one of its lesser-known competitors. "Flo, if you had to pick just one reason to justify your love for the U.S., what would it be?" The greasy, dripping burgers? No, I don’t think I’m going out on a limb by saying it’d be the wide-open spaces... And that’s exactly what our new quest is taking us to—a land on the other side of the globe where the horizon also seems endless, where silence tastes like salty wind and sand, where freedom is measured in kilometers of desert tracks, where the GPS is mostly there to confirm you’re lost in the middle of nowhere... Add to that magic formula the fact that you’ll see more zebras, giraffes, wildebeest, and elephants than people per square kilometer, and you can imagine us setting foot in Southern Africa for the first time, more precisely at the small airport in Windhoek, capital of... of...? Brush up on your geography, damn it! We’re landing in Namibia!!!
To be honest, Namibian landscapes have been flirting with me for ages. So how did I resist this island of temptation for so long? First, the budget. Let’s just say that for the same amount of effort (and kidneys), the bank lets you choose two other adventures almost anywhere else on the planet. Then there were my girls. Yeah, back then, they were too little to dose up on Malarone, the only malaria remedy at the time... Long story short, ten years later, all the planets have aligned. First, I won the Euromillions! Well, almost... Let’s just say my girls are now old enough... not to take Malarone, but to stop following me on all my adventures! Jackpot! "Flo, how about a little two-person caprice, just the two of us, tackling the Namibian tracks?"
As we landed on the runway, first wow effect: The horizon is immense. It’s flat as can be, incredibly flat... So much flat space! Did I mention it was flat?... Looking into the distance, it feels like your gaze could circle the Earth without hitting a single obstacle—until you end up staring at your own backside. "Oh, what a nice view!" Well, it’s the first time I’ve seen my butt from this angle! Touching moment... Sorry, I’m rambling—must be the exhaustion from the three-flight marathon we just powered through via Ethiopia and South Africa... And yet, no time to philosophize about my anatomy. As usual, we want to rack up our first kilometers to be front and center at dawn tomorrow. After wrapping up the tedious Namibian immigration formalities and meeting the 4x4 that’ll be our companion day and night for the next fifteen days, we’re off! We’re not exactly fresh, but we’re ready to tackle the next five hundred kilometers in night mode, cruise control set due south! Just outside Windhoek, the local wildlife—a jackal—welcomes us with a smile: "Welcome to Namibia!" That’s what it said! Honest... Okay, first endless straight road, first flaming sunset, first corrugated dirt track, first Milky Way with zero light pollution... You get it—it’s definitely the day of firsts... First night camping, too, in the big trunk of our Toyota Fortuner parked by the side of the track... The real adventure, the kind that smells under the arms, can finally begin...
Last October, we landed in Marrakech to spend a few days with family exploring Morocco’s roads.
Transport: a rented Dacia.
Accommodations: small guesthouses.
Our first stop was just a few kilometers from Marrakech, at a lovely house perfect for relaxing and recharging before continuing. It’s called Bleu House, a little paradise on the outskirts of Marrakech. The welcome was very warm, with a beautiful pool and a lovely garden.
Next, we headed toward the Tichka Pass. The road has really improved in recent years—it’s much easier to drive now. No more getting stuck behind trucks, and today, the construction is practically finished.
Morocco has turned green after the recent rains. It’s a joy for the herds and shepherds.
When we started looking for a summer destination a few months ago, our first criterion was to avoid extreme heat and heatwaves. We had already been to Norway two years ago and are considering going back in the future for other occasions. So, we had some fun asking ChatGPT which destinations enjoyed a mild climate during the summer without going too far. Among the list provided by the AI were the Canary Islands... The idea of a place we wouldn’t have thought of first, both not too far away and exotic enough, appealed to us: “Hmm, why not?”
This destination had never really attracted me, though Magali was a bit more interested. Five years earlier, COVID had caused a short break in my professional activity, and I had planned a trip because the flight price was attractive, and I was looking for a destination different from what usually appeals to me, more than out of deep interest. From a distance and with a social judgment I acknowledge (it’s not great, but it’s not completely wrong), I had the image of a destination for party-goers enjoying the sun without the slightest interest in local culture, with concrete coastlines and denatured landscapes—everything I detest the most. Still, I had done some quick research on the different islands and spotted Lanzarote for its beautiful volcanic landscapes, hiking trails, beaches, and the impression of a good balance between activity and fewer crowds than Tenerife or Gran Canaria. Then I dropped the idea of going, without ever reconsidering traveling to the Canaries...
Until now! Because we started researching the different islands of the archipelago to see which ones might appeal to us the most. It was La Gomera, the third smallest island of the archipelago, more praised for its hiking trails and preserved nature than for its beaches, away from mass tourism (fifty times fewer tourists than Tenerife) but still a bit more developed than its wild neighbor El Hierro, that caught our attention. Contrary to what might be suggested later, I’m not at all addicted to AI, but I use it from time to time to synthesize quick research or simply for experimentation. Since ChatGPT had started anticipating my tastes lately as if it had become my buddy (often successfully, sometimes off the mark), I asked which Canary Island would suit me best for a trip with my family. The tool answered first with... La Gomera. So, I tested it and teased it a bit to see if this suggestion was well-founded, as the method sometimes makes it contradict itself. But no luck: “You’d appreciate the wild nature of El Hierro, but with family, you’ll find little activity for the kids. You won’t like the touristy vibe of the big islands like Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote, and Fuerteventura. You could consider La Palma, but it’s really La Gomera that will suit you best, based on your interests and the criteria given.” So, we dug deeper into our research and were convinced without a shadow of a doubt that this island was the one waiting for us.
Without knowing it, we had Canarians in our circle who revealed their origins when they heard about our travel plans. One from Tenerife insisted we’d be better off choosing Tenerife (obviously...) because it also has preserved spots and that La Gomera, “you can explore it in two or three days, you’ll get bored quickly...” The other, a colleague from Gran Canaria who had never visited La Gomera, still recommended it without hesitation because it turned out her parents had just gone there on vacation: they loved it and had encountered few tourists. She also tended to think this destination was usually the subject of short stays, but according to what her parents told her, taking your time there was also a great idea. However, in our research, the idea that La Gomera is an island you can explore in three or four days max kept coming up. So, we considered combining its visit with La Palma or El Hierro, the other two that caught our eye. But hopping between islands by ferry represents a significant budget for non-Canarians, even more so for a family of four. Then, scrutinizing Google Maps, it seemed obvious that two weeks were too short to discover two islands as they deserve, and that there seemed to be plenty to see in La Gomera, given its very unique culture. After all, we read that some people spend several months a year there, others never even leave... Finally, these landscapes and this atmosphere, which seemed to us a mix of Europe, North Africa, and Latin America, tempted us. So, it would be two weeks in La Gomera, deal!
La Gomera is therefore the second... well, the third smallest island of the Canaries since La Graciosa was recently recognized as a fully inhabited island. It has the shape of a rough circle about 20 to 25 kilometers in diameter and has just over 20,000 inhabitants, half of them in its capital, San Sebastián de la Gomera, the only real town. Like its Canarian sisters, La Gomera is a volcanic formation that rose about 10 million years ago. The island is very mountainous and rugged, covered with red and black rocky landscapes. Geological activity has shaped, between the sprawling massifs that end in steep cliffs in the ocean, six coastal valleys with tropical vegetation that have favored human settlement. They divide the island like slices of a cake; from the north clockwise: the agricultural Vallehermoso, the rustic Agulo, the green, humid, and fertile Hermigua, the sunny capital San Sebastián de la Gomera, the southern and isolated Alajeró-Santiago, and the seaside Valle Gran Rey. They constitute the six municipalities (more like cantons to our French understanding) of the territory.
The large solidified magma massifs that shape the heart of the island have created a large depression more protected from the sun at its center, allowing the growth of a vast laurel forest, today grouped within the Garajonay National Park, La Gomera’s green lung, which has earned it the status of a World Biosphere Reserve. Its completely European appearance contrasts sharply with the rocky and tropical landscapes of the rest of the island. Thus, the climate varies greatly from one point to another on the island: in summer, you can quickly go from a dry and sunny valley at 35°C to a humid forest area at altitude at 18°C.
La Gomera was populated late. As with the rest of the Canaries, human presence is thought to have begun about 2,000 years ago. Groups of animist Berbers, probably fleeing persecution, gradually populated the archipelago, especially the western islands and La Gomera, becoming its small aboriginal population: the Guanches (or later Gomeros). The animist and pastoral civilization of the Guanches thrived until the Spanish takeover in the 15th century, which, after a short period of harmony and mixing with the indigenous people, suddenly ended in bloodshed... La Gomera later became the “Columbus Island” after Christopher Columbus’s stopover, increasing the blending of populations. In the 20th century, many Gomeros emigrated to Cuba and other Latin American countries in search of a better life, bringing back a mix of cultures and traits quite palpable in today’s Gomeran culture. It is, however, in La Gomera that the vestiges of Guanche culture seem to have left the most traces, in the language, gastronomy, social practices... Moreover, most Gomeros, especially in remote villages, have a particular identifiable type and proudly claim their ancestral roots, even making La Gomera a bit exotic in the eyes of other Canarians.
Perhaps that’s why it has never really wanted to develop its tourist infrastructure too much. If we set aside the tourists who visit for the day by bus or boat from Tenerife on a marked itinerary (and whom we ultimately rarely encounter), La Gomera has remained a hidden gem, a destination focused on nature discovery that attracts hikers, nature-loving divers, and scientists for its fauna and flora, and to a lesser extent, beachgoers who don’t seek overly developed coastlines. Tourist activity is therefore limited. Roughly speaking, you’ll find a majority of Spaniards, including a substantial number of residents from other Canary Islands, many Germans who have a particular fondness for La Gomera and spend long stays there or own second homes, to the point that the German cultural footprint is clearly noticeable in some places (it’s said to be Angela Merkel’s favorite holiday spot), and still quite a few French. The presence of other nationalities seemed negligible to us. Most travelers come mainly for hiking, but it’s also a prime spot for whale watching. Additionally, the seaside resorts of La Gomera—San Sebastián, Santiago, and especially Valle Gran Rey—are well-known destinations for hippies, especially German ones, ranging from chic boho hippies to old-school hippies who’ve been there for decades, quite similar to those you’d meet in India in Goa, Rishikesh, or Paharganj. Thus, practices like naturism, vegetarianism, and local organic production are quite well established in some areas.
Some practical info:
- The round-trip flight from Paris to Tenerife cost us 365 € per person (outbound with Transavia, return with EasyJet), including checked luggage and three seats reserved side by side.
- We chose two bases to explore the island: one week in Valle Gran Rey, reputed to be the most pleasant of the three seaside resorts, and one week in Hermigua, more mountainous and close to the natural park. We booked two houses with balconies and views: the first at 120 € per night, the second at 99 €.
- The round-trip ferry between Tenerife and La Gomera cost us 270 € with the company Baleària Canarias, including discounts for children aged 4 and 12, but I don’t have the exact details. It was a bit cheaper than with the other company, Fred Olsen.
- Finally, we rented a car through the agency Cicar for 360 € for 16 days, which comes to 22.50 € per day.
- Apart from that, we didn’t plan anything and decided the day before or even the morning of what we wanted to do. We didn’t invest in any paper guide on the Canaries, as information on La Gomera was scarce, but we used the very comprehensive site La Gomera Travel, a travel guide published by the Canary Islands Tourism Council, a real goldmine of almost exhaustive information on the island.
Alright, off we go for 16 days of adventure discovering La Gomera!
If you're looking for great tips and offbeat spots, if you love exploring uncharted parts of a country, if the exotic is your adrenaline, then move along!
Our 15 days in early May in this part of Turkey (a country I first discovered during a city trip to Istanbul in 2017) will only tread well-worn paths and revisit popular routes. Simply because I kept hoping until the very end that our flight to Jordan wouldn’t be canceled. Events in the Gulf proved me wrong, so we left with:
Zero preparation.
Not a single hotel booked (well, except the first one), no visits planned, just a flight ticket bought three weeks earlier. No guidebook, no app—just the desire to explore southern Turkey and Cappadocia, whose images and the chance to stretch our legs had caught my eye.
Oh, wait—I did bring along a new guide: Gemini! Yes, my friends, generative AI was my chief advisor throughout the trip for sites to visit, accommodations, routes, and even restaurants! An experiment I wanted to try to form my own opinion on using this new technology. And what better way to test it than a Turkish getaway?
The verdict? You’ll have to wait for the trip recap to find out!
The main idea of the trip is also relaxation.
So, the plan is Antalya for a few days, the Turkish Riviera for a few more, Cappadocia as the highlight, and a return via Antalya to wrap up the trip. And it was all planned by AI!
So, if you're ready, fasten your seatbelts—cabin crew, doors to automatic and cross check—boarding for Turkey now!
Hi everyone, I’m Patrick, 67 years old, a seasoned traveler (already 22 trips outside Europe).
In autumn 2025, I took my first 3-week trip to Japan, with stops in Tokyo, Kamakura, Matsumoto, Kamikochi, Takayama, Kanazawa, Kyoto, Nara, Osaka, Koyasan, Tokyo again, and Nikko.
I wanted to go back in May 2026 and explore some lesser-known places to complement my first trip.
Last year, there were four of us traveling together to discover Japan (a fairly classic itinerary). This time, I’ll be traveling solo for part of the trip and with a couple of French friends for the rest.
The weather was gorgeous in May, averaging around 25°C, with two very hot days in Kyoto and only two rainy days.
As usual, I organized everything myself, gathering plenty of information from various sites, including this one.
Transportation:
An ICOCA card is essential.
I got a 5-day Kansai-Hiroshima pass because I took the shinkansen between Hiroshima and Osaka three times, and it paid for itself quickly.
Accommodations:
Mostly through Booking. No issues at all. Average cost was 46 € per night.
Meals:
For breakfast, I alternated between buying food at a konbini to eat in my room or on the train and grabbing something at local cafés.
For lunch and dinner, I tried to vary my meals as much as possible—lots of sashimi, sushi, and ramen.
Okonomiyaki in Osaka and Hiroshima.
Oysters in every form (raw, grilled, fried) in Onomichi and Hiroshima.
A variety of seafood (shrimp, shellfish) in Hiroshima and Matsumoto.
Fish whose names often escaped me, but notably mackerel and eel (unagi).
Tempura and gyoza.
Chicken skewers (yakitori) and one teppanyaki meal.
One omakase meal (9 different dishes).
In the end, not much meat aside from a few yakitori skewers. No splurges on super expensive wagyu or Kobe beef.
Average dinner cost: 4,800 yen, drinks included.
The Itinerary:
Day 1: Departure from Brussels
Day 2: Arrival in Osaka
Day 3: To Himeji, then Kurashiki
Day 4: To Fukuyama, then Tomo no Ura, then Onomichi
Day 5: Cycling the Shimanami Kaido
Day 6: To Takahara, then Hiroshima
Day 7: To Kyoto to attend the Aoi Matsuri parade
Day 8: To Miyajima
Day 9: Hiroshima, then Kyoto
Day 10: Southern Kyoto
Day 11: Northern Kyoto
Day 12: Final day in Kyoto, then to Nagatsugawa
Day 13: Start of the Nakasendo Trail (Magome to Tsumago)
Day 14: Second day of the trail (Kiso Fukushima)
Day 15: Third day of the trail (Narai), then Matsumoto
Day 16: To Mt. Fuji (Kawaguchiko)
Day 17: To Tokyo
Day 18: Excursion to Enoshima and Kamakura
Day 19: Flight home, with a 10-hour layover in Hong Kong
Day 20: Arrival in Brussels
Il arrive souvent qu'on nous demande quoi visiter en Belgique .
Et les réponses ramènent le plus souvent à Bruges , Gand, Anvers et Bruxelles , avec raison , ces villes valant la peine d'être visitées 😉 .
Toutefois, la Belgique, bien que petite , ne se limite pas à ces 4 villes .
J'habite l'une d'entre elles ( Bruxelles) , passe avec plaisir du temps dans les trois autres , mais j'ai envie d'aborder d'autres coins moins connus , qui pourront compléter le séjour de ceux qui ont envie d'en voir un peu plus , ou de voir autre chose .
C'est qu'entre deux voyages , j'aime bien visiter l'un ou l'autre coin du pays où j'habite .
D'où l'idée d'un carnet de balades .
La plupart des endroits dont je vais parler peuvent être visités en faisant l'aller-retour le même jour , au départ de Bruxelles , que ce soit en transports en commun ou en voiture .
Dans l'ordre chronologique des sujets abordés :
- Le barrage de la Gileppe ( province de Liège) -message 2 , page 1
- Le domaine de La Hulpe ( Brabant wallon ) - message 3 , page 1
- Malines ( province d'Anvers ) message 4 , page 1
- La côte - message 5 , page 1
- Le Westhoek , au départ de La Panne - message 6 , page 1
- Le Zwin, au départ de Knokke - message 7 , page 1
- Lier ( entre Malines et Anvers ) - message 8 , page 1
- Mons (Hainaut) - message 9 , page 1
- La région de Florenville . - message 12 , page 1
- Les Cantons de l'Est - message 13 , page 1
- Dinant - message 18 , page 1
- Le jardin japonais d'Hasselt - message 24 , page 2
- Louvain message 29 , page 2
- Louvain-la-neuve - message 32 , page 2
- Ostende - message 42 (page 3) et message 166 (page 9)
- Les floralies de Grand-Bigard . - message 43 , page 3
- Le bois de Halle -message 44 , page 3
- Les pralines - message 54 , page 3
- Charleroi - message 68 , page 4
- Namur - message 92 , page 5
- Le Bois du Cazier ( Marcinelle) - message 95 , page 5
- Les couques et les gozettes - message 96 , page 5
- Liège - message 99 , page 5
- Tournai - message 115 , page 6 .
- Audenarde ( Oudenaarde ) - message 121, page 7
- Jardin botanique de Meise - message 124, page 7 .
- Tongres ( Tongeren ) - message 125 , page 7 .
- Château de Beersel ( Brabant flamand) - message 126, page 7 .
- Bruxelles confinée ( messages 150 et 154 , page 8 )
- L'hôpital Notre Dame à la Rose , à Lessines ( messages 161 et 162 , page 9 ) .
- Westende ( message 167, page 9)
je complète cette liste au fur et à mesure de l'avancement du carnet ...
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style.
All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of a year at most in Thailand, and I’m no great expert.
However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to deliver a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who feel nostalgic about it.
I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.
I suspect many Thais have dogs because they make excellent guardians for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course.
Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious.
Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big yard. Be careful at night, and be careful when they’re in packs.
It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t all that made for walking around, and dogs are one of the reasons.
That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though? Much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been full of holes for years.
You’ll often see dogs sleeping on the roadside, sometimes right on the road. When you approach, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, reminding visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. When you see a small pack roaming freely in the countryside, you think twice about running into them at the edge of a field.
A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at death’s door in temples, enduring terrible suffering with no one to help. The image (and the smell) of one of them, agonizing and exuding the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The animal, well-fed, quickly became a happy and enormous beast with its own garden. Yet it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water there for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not just for fun—these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
This trip had been on my mind for about fifteen years.
But the discomfort of overnight stays, the difficulty of communication, and the prices of the few car rental options kept making me postpone the project.
And then, everything suddenly fell into place—I told myself, it’s time!
The preparations took longer than usual; the destination is still far from mainstream.
A bit of Kazakhstan?
Not in the end.
The south or not the south?
Yes, in the end.
Pre-book or go with the flow?
Only two stops were a leap into the unknown.
To help me find the ideal route, I made great use of this forum (thanks to everyone for patiently answering my questions!), pored over travel journals and blogs (Christian, Jeff), zoomed in on Google Maps and Yandex, and bought the guide published by OunTravela about this destination (the guide has been updated since).
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You’ve got your passport, international driver’s license, bank cards, and euros?
Off we go to Lyon—just one night left before our early morning flight.
Tomorrow night, we’ll be sleeping in Bishkek!
(Steak for my partner’s mischievous nephews...)
You’ll find here a post with some practical information.
And here, the version of the travel journal without comments.
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As a supplement, the route track.
Not necessarily ultra-accurate since Google has serious gaps for this destination...
January 2026
Here we go again for new adventures and the pleasure of sharing them with you here! First of all, I’d like to thank everyone who helped me with the preparations, even with some last-minute improvisations just days before departure. Thanks to Montagnard74, Jojoone1, Songsam, Attila, Dennis2, NadegerFERM, and the authors whose travel journals about Laos inspired me (Montagnard74, Muriel18, Mavietongs...).
In this story, written by Richard and illustrated by me, we’ll tell you about the journey of four friends: Catherine, Richard, Nathalie, and Bruno. A reinvented but overall successful trip, filled with discoveries and surprises, the scents of spices and frangipani flowers, (too) spicy food, sunsets, and... one big mess.
I’d been wanting to discover Sulawesi for years. But then life happened—COVID, the cost of flight tickets, you name it. Long story short, years went by, but we finally set off as a family for a three-week trip in southern Sulawesi: Rammang Rammang, Rantepao, Sengkang, Bira, and Selayar.
I like to spend a good amount of time in the places I visit, giving myself the chance to really get to know the area and meet locals. So no island-hopping this time—just the south. But when I say "just," it’s not restrictive at all, given how rich this island is in landscapes, little encounters, and magical moments.
Wednesday 07/08 - Thursday 07/09:
We left Montpellier for what was supposed to be five flights, though we only took four to start, landing in Jakarta.
We picked up our luggage there to catch a flight to Makassar the next day. That’s the only way we could get an affordable ticket (702 €).
I won’t bore you with the flight details—there’s not much to say. We arrived at 7 PM and considered heading straight to Makassar that evening. But we opted for a recovery night before taking off again. Good thing we did, because my son’s suitcase was missing...
First contact with the locals was a bit stressful—a trip without your luggage isn’t exactly fun. But right away, a woman reassured us: the suitcase was just enjoying some extra time in Singapore. Maybe it was doing some last-minute shopping. Anyway, nothing serious—it was supposed to arrive at 9 AM the next day. That gave us some breathing room since our flight wasn’t until noon.
So off we went to our hotel (Days Hotel & Suites) near the airport. It was cheap (40 € for three rooms—my kids are older and need their space), but it wasn’t worth much more. The place had definitely seen better days. But no big deal—we were only there for the night, and... we got to watch France beat Morocco in the World Cup live at 3 AM. That’s what really mattered!
Friday 07/10: In search of the lost suitcase
First challenge of the morning: finding our missing suitcase. They sent us to the airport basement, to the staff entrance. We were greeted with smiles, and an airport employee led me through the underground corridors back to the baggage claim. Right on time at 9 AM, the suitcase arrived, just like they’d promised. We were finally complete!
Off we went to change terminals, grab a well-deserved meal, and board our fifth flight to Makassar.
Little side note: I struggled for a while trying to book domestic flights directly on the airlines’ websites with no luck. Without meaning to advertise (though I guess I am a little), I realized it’d be easier to use sites like tiket.com or Traveloka. That turned out to be a great choice—I even ended up booking hotels through them later in the trip.
12:40 PM: We were on our way to Makassar. First good news: we were the only tourists. Well, the only European tourists on the flight, anyway.
No, you’re not dreaming—the bag is full of... potato chip packets.
To each their own souvenirs, I guess...
When we arrived in Makassar, a driver was waiting to take us straight to Rammang Rammang: 250,000 IDR (12 €) to our guesthouse (Rammang Rammang House). Forget about meeting people on the bus—we were headed straight to the first stop of our trip, and it was already stunning.
My kids’ guesthouse:
Ours:
View of the little lake:
But not everything is straightforward around here.
I wanted to get a local SIM card for internet and calls. I found them expensive at Jakarta’s airport (20 € for 20 GB), so I decided to wait. Well, no luck in Rammang Rammang either. You can’t just buy one from the local shop—you need a Telkomsat store (they have the best coverage). So we’d have to wait for Rantepao to get Wi-Fi... When I say "local shop," I mean the little shack around the corner. No big deal—we’d find one easily in Rantepao for 5 € and 25 GB. So there we were, offline, just the four of us enjoying the amazing view.
Saturday 07/11: Rammang Rammang
We woke up early to the sound of wedding music blasting through the village (everyone’s invited!). Off we went to explore the area.
A little walking, a little boat ride (shared with a French tourist and a Polish one—yes, there *are* tourists here, just not many; 750,000 IDR for up to 8 people) through a lovely canal, and we discovered the karst site. It was peaceful and beautiful.
The river:
The karst site:
I hesitated about writing this travel journal...
This summer, we only did the classics (the 3 northern parks and Zanzibar) and let a local agency take care of everything from start to finish.
No craziness, no risks, no sleeping under the stars, no self-drive, no venturing off the beaten path, no incidents, and not even any delays in the pre-planned itinerary...
But don’t think we were disappointed!
The whole family (there were 6 of us) came back with smiles and memories of great moments spent together.
So, if you're looking for a "classic" way to discover Tanzania, this is the place to be.
Our 2-week itinerary:
- Arusha (1 night upon arrival)
- Tarangire (1 night)
- Ngorongoro (2 nights in Karatu then Irmisigiyo)
- Serengeti (3 nights in Robanda, Togoro Plains, and Seronera)
- Zanzibar Stone Town (1 night)
- Zanzibar Matemwe (3 nights)
- Zanzibar Jambiani (3 nights)
Okay, Palermo—we know it. We go there to marvel at the architectural wonders born from the Arab-Norman-Byzantine-Gothic mix. And rightly so. We also go to treat our taste buds to all kinds of delights, both savory and sweet. Again, rightly so. We go to succumb to the charms of Palermo’s women, their sun-kissed skin glowing with golden highlights. Still, rightly so. And all while fantasizing about a mafia we’ll never actually see. Anyway.
But you’ll also find street art everywhere, even in the historic center. Sometimes, you just need to step a few meters away from the main tourist highways like Cassaro, Via Maqueda, or the main arteries of the Ballarò, Capo, or Vucciria markets to stumble upon some amazing murals. Duck into one or two slightly grimy alleys, weaving past trash and crumbling walls, and you’ll find real gems.
For example, just 50 meters south of the main artery of the Mercato del Capo, there’s a great spot with dozens of murals in a tiny neighborhood of run-down mini-houses. You’ll find plenty more south of the Mercato di Ballarò, in the Albergheria (the grittier side, not the one near Cassaro). There’s some in Ballarò itself too, but it’s hard to spot when the market’s in full swing with stalls everywhere. La Kalsa isn’t left out either, nor is Vucciria—just step away from the restaurant-packed streets.
Here are a few examples that really caught my eye.
(In the heart of Albergheria, on a street every visitor walks down—lovely message from an unidentified artist)
We landed in Victoria Falls, Zimbabwe, and headed straight to Kasane in Botswana to pick up our car.
Our vehicle is a 4x4 because in Zambia, it's practically impossible to use anything else, especially in the national parks. I’ve already had the pleasure of visiting South Luangwa National Park—it’s one of the reasons for this trip, the main one being to travel in Africa with one of my sons.
First stop: Livingstone on the banks of the Zambezi River. Along the way, we discovered a lovely restaurant at Socrates with a super-friendly owner (we’ll actually stop there again on our way back). We spent our first night in the rooftop tent after a stunning sunset, accompanied by the grunting of hippos in the river.
The next day, we set off early, heading to Kafue NP. In fact, we’ll always leave early—waking up between 5:00 and 5:30 AM and hitting the road an hour later. Kafue is a lesser-known park, mostly forested, and the animals are skittish because they’re not used to human presence. We crossed the park from south to north and came across various antelopes. Near Lake Itezhi-Tezhi, there are plains where wildlife is easier to spot.
After Kafue, we headed to South Luangwa. This journey requires stops in Mumbwa and Petauke. Two pleasant stops where we found lodges (a nice change from the rooftop tent) at affordable prices and met welcoming people.
For me, South Luangwa is Zambia’s most beautiful park—the river is stunning, the landscapes are gorgeous, and there’s a wide variety of wildlife, including, of course, big cats. A tip for those, like us, who aren’t with a guide: if you’re staying near the park for several days, don’t hesitate to do a "game drive" to scout out where the animals are so you can return the next day with your own vehicle. Of course, in the dry season, you’ll want to focus on waterholes to see the animals—and you’ll need a bit of luck too. The elephant population is growing, and we were lucky enough to see around sixty elephants crossing the Luangwa at dawn, spread across several groups. South Luangwa is the westernmost point of our trip, and we’re now heading east to Lower Zambezi.
Lower Zambezi is Zambia’s side of Mana Pools on the Zimbabwe side. We took a boat ride on the Zambezi to see elephants, hippos, crocodiles, and a multitude of birds living along the water and on the river’s islands. The sunset there is also magnificent.
To explore the park, we followed the waterways parallel to the Zambezi, mostly on the western side (see our route). Lower Zambezi is the last park we visit, and the final leg of our trip will be Victoria Falls.
Victoria Falls—or Mosi-Oa-Tunya ("The Smoke That Thunders")—are truly impressive, even during the dry season. We saw the falls from both countries: in Zambia for the overall view and the bridge that serves as the border, and in Zimbabwe to get as close as possible to the most spectacular parts of the falls.
This marks the end of our trip, which, despite a blown tire on the road, went off without any major issues. Zambia is a beautiful country that immerses you in wild, still-preserved nature.
From Southern Shikoku, between land and sea, to the blue waters of Miyakojima and finally Tokyo’s megacity
Hi everyone,
I have to admit, I really hesitated before deciding to write this travel journal... Writing one takes a lot of time and energy, and since this is my 4th trip, I wondered if it would actually interest anyone other than myself (both for the discovery and the writing). But after a few "Are you going to write a journal?" requests and especially the renewed pleasure from reading other travelers’ travel journals about Japan or elsewhere on this forum or elsewhere, I’ve decided to share this 4th installment in the Land of the Rising Sun here.
The itinerary:
27 full days, from late May to late June 2025, right in the middle of the rainy season, including:
-->13 days in Shikoku, from Kochi (Kochi Prefecture) to Matsuyama (Ehime Prefecture)
-->7 days in Miyakojima (Okinawa Prefecture)
-->7 days in Tokyo
The trip was decided on fairly last-minute this year, as usual.
I regularly check flight prices to track fluctuations for this destination, even without concrete plans. Finding a slightly cheaper direct flight (900 €) than what I’d seen in previous months (around 1,200–1,400 € on average) for a Paris-Tokyo route with Japanese airline ANA was too tempting to resist the urge to return to this enchanting country. After long hesitations between exploring the San’in region (Matsue, Tottori, Yamaguchi) and southern Shikoku, the decision was made—I took the plunge! The tickets are booked: Paris to Kochi with a layover in Tokyo, all with ANA, the airline I’d been dreaming of... for 1,120 € per person. Okay, it’s not cheap, but it’s still better than in 2023.
We leave in 2 weeks!! Now it’s just a matter of getting everything ready!
Intense work ahead in these 2 weeks to:
finalize a more precise itinerary and reach an agreement—yep, because even though we both love Japan, our preferences differ slightly, and we have to choose between exploring new places or taking time to revisit beloved spots...
decide how much time to spend in each selected area without rushing while still exploring
research places that might interest us and watch videos about Japan
book accommodations: yes, it’s possible to do this on the spot as we go, but last year, we noticed that last-minute options were pretty expensive, so we’re booking ahead—even if it means keeping a few options open while we decide or see if better deals pop up later
reserve rental cars
order yen
check the weather regularly and wonder if choosing the *tsuyu* (rainy season) was really a good idea—and whether we’ll be stuck in non-stop rain???
What a tough job, right? Traveling to Japan for a month—such a hard life!
Despite this being my 4th trip, the excitement is just as intense as the first time.
The only small downside is that when we booked the flight tickets, there were only a few seats left, so we’re only sitting together on the international return flight. Plus, on the outbound flight, we’ve got the middle seats.
Another lingering question: what French-language films will be available? According to the internet, the selection seems limited.
Oh well, these are just minor details—it’s almost time to fly!
PS: I’ll be posting slowly and irregularly... so for those interested, be patient or maybe set an alert...
Before Our Departure
Preparing for this trip started 9 months before our departure in June. For those planning a similar itinerary, it’s important to book accommodations well in advance, especially in the Okavango and Savuti campsites—otherwise, you might not find any availability.
Introduction
After visiting Zambia three years ago and Namibia and western Botswana a year and a half ago, this year we chose Zimbabwe (Hwange NP) and the northern half of Botswana.
Our flight from Paris was to Victoria Falls with Ethiopian Airlines, with a layover in Addis Ababa. We rented a 4x4 from Bushlore in Kasane, complete with two rooftop tents since there are four of us on this adventure. Bushlore picked us up from our guesthouse to collect our 4x4 and, most importantly, gave us a rundown of the vehicle and its equipment. Pay close attention to what they tell you—it could be crucial if something goes wrong, as it did for us during the trip.
Our Itinerary
We arrived on June 12th at noon. At Victoria Falls Airport, we got our double-entry visa right away—I’d already pre-booked it online on the site https://www.evisa.gov.zw/.
Since our vehicle was in Botswana, we had to cross the border from Victoria Falls into Botswana for the first time.
The next morning, Bushlore picked us up from our guesthouse to collect our 4x4. After completing the formalities, we headed toward Zimbabwe and the town of Victoria Falls.
We woke up early the next morning to be at Victoria Falls at sunrise. The scenery was stunning, but since it was the start of the dry season, the Zambezi was still high, so the falls had a strong flow. This made it hard to fully appreciate their beauty.
In the early afternoon, we left for Hwange NP, where we stayed for 4 days. Two days at Gwango campsite near Dete, followed by two days at Robins Camp. We expected to see more animals at Robins, but that wasn’t the case. In Hwange, we didn’t spot any predators, but we did see plenty of mammals (buffalo, elephants, giraffes, zebras, and antelopes).
After a few days in Zimbabwe, we crossed back into Botswana at Pandamatenga. We stopped at Nata Lodge for a good night’s rest—driving on the dirt roads is exhausting.
We left Nata and headed toward Nxai Pan. The road was sandy but manageable. We made a small detour to admire some beautiful baobabs at "Baines Baobabs." Then we continued to our campsite, Nxai Pan South Camp. Keep in mind that many campsites in Botswana aren’t fenced (except for the shower/toilet areas), so animals can roam freely within the camp. Take precautions, especially after dark.
After our stop in Nxai Pan, we headed to Maun. We decided to break our journey in Maun before heading to Moremi and the Okavango Delta for three reasons: first, we needed to stock up on supplies and fuel for the next 5 days; second, our fridge had broken (luckily, Bushlore has a branch in Maun); and third, the drive from Nxai to our camp in Xakanaxa in the delta would’ve taken too long. I always avoid driving after dark.
We arrived at our Xakanaxa camp on June 21st in the early afternoon. Not wanting to waste time, we booked a boat ride on the Okavango Delta, leaving at 4:00 PM for a 2-hour sunset cruise. For those interested, to the right of the Xakanaxa X1 site, there’s a sign for boat rides. The organizer is very professional and offers prices that are nothing like those of the lodges.
It was a beautiful ride through the delta with a stunning sunset. Being on a boat is much more relaxing than driving on the dirt roads. That didn’t stop us from doing self-drive safaris the next morning and late afternoon, though.
Then came the time to leave the delta and head toward Savuti, a much drier region. And that’s when the toughest part of our trip began. First, we decided to go up via Khwai. The rainy season was over, but the area was still marshy. We had to cross a few small water patches, testing the depth to make sure we could get through. Luckily, a sign on the road pointed us toward a drier route. We reached Khwai without any issues, but then we made a major mistake. Instead of taking the main track toward Mababe Gate to reach Savuti Camp, we took a straight path north and then a right turn to get to our camp. Bad call—we got stuck in the sand, with one rear wheel buried halfway and a front wheel off the ground. We were genuinely scared we wouldn’t get out, especially since we were on a deserted track, 20 kilometers from our destination, with night falling in two hours. This is where paying attention to the vehicle instructions really paid off—we had to use the jack to get out of the mess. The result: we arrived at Savuti campsite just before dark (Distance: 146.3 km, Duration: 9 hours, 56 minutes, and 3 seconds, Average speed: 14.7 km/h, tracked with Osmand). At reception, the staff couldn’t understand how we’d gotten there—we hadn’t passed through any of Savuti’s reserve entry gates.
The next morning, no one felt like driving, so we did a game drive with a guide. I don’t know if it was some kind of reward, but the outing was amazing. We saw three lions and, best of all, a pack of African wild dogs that we had time to admire and photograph. The next day, we did a short self-drive and found one of the lions from the day before drinking at a waterhole. That was the end of our Savuti adventure.
Now we’re heading to Kasane. We returned our vehicle and settled in for our last two nights there. The next morning, since we no longer had a car, we decided to do one last early-morning game drive in Chobe NP. It turned out great—we followed two brother lions and saw plenty of other mammals. The only downside of Chobe is the number of tourists, which was a change from the other parks we’d visited. That said, we’re tourists too, so...
In the evening, we took one last boat ride on the Chobe River to end on a high note with a beautiful sunset.
After a good night’s sleep and plenty of wonderful memories, landscapes, animals, and emotions, it was time to leave. We left early in the morning with the same taxi company as before to cross the border into Zimbabwe one last time and head to the airport, where we took off to return to France.
We all have two lives. And the second one kicks off the day you realize you only have one, with the determination to spend the time you have left on what truly adds sparkle to your life, Kevin! I like to elegantly introduce a trip with a philosophical quote. First, it gives you the illusion that I’m some kind of deep thinker, and second, it lets me fill up the first few lines of my blank page when I don’t know how to tell you I’m diving back into what really lights up my life: another adventure beyond the horizon! And nearly every other year, like a toxic relationship, my horizon tends to take shape in Uncle Sam’s backyard. And this, despite his cousin Donald calling the shots. Speaking of which, it was partly that impulsive guy who pushed us to be just as impulsive and snag our four flight tickets at a ridiculously low price—a direct result of foreign tourism taking a hit from BetaMax’s repeated antics... Four tickets? Who are the other lucky ones? In this case, our lucky ones are actually lucky ladies: My Flo, always up for exploring the world with me on foot, camelback, or scooter, is obviously in on the fun. The other two seats went to our daughters, Sasha and Luna, both thrilled to be part of this new American adventure...
But what’s the American West like in February?... A gamble. Let’s call it Russian roulette since we’re not landing during peak weather season. That’s why we encouraged our transportation and accommodation to get cozy and produce a little camper van, so we can stay ultra-flexible in the face of any weather tantrums. We’ll be roaming in Kara the van with the motto "Follow the sun!" Bad weather? We bolt. Snow? We speed up. Sunny? We act like it was the plan all along and soak it up.
"Okay, but why keep coming back to the same corner of the globe? After ten American adventures, you must be tired of seeing the same things, right?" But I’m not crazy, you know!... The American West is like making love to your gorgeous wife over and over, always enjoying it just as much. And contrary to what you might think, the American West isn’t just the Grand Canyon, Monument Valley, Las Vegas, and Bryce Canyon. Proof is, after ten trips to the U.S., my retinas are still untouched by three-quarters of the places I scribbled on a napkin for this adventure... Oh, and add to that my wife, who I’ve easily converted to my religion, and boom... relapse is even easier! Because yes, we’ve landed in Los Angeles after a sunny flight over Greenland, still under Danish flag for now. And we’re already heading east through the XXL traffic of L.A.’s eight-lane highways, eager to dive into our first discoveries. But first, night is taking over the sky, and second, we’ve been officially awake for 24 hours, so I suggest wrapping up this intro. I’ll tell you more tomorrow morning. Sound good?
This travel journal aims to help future travelers (well, I hope so!), since there’s so little information available about this remote archipelago. Big thanks to Lolodesiles and Ayis for answering my questions while I planned this trip!
Context
This is our fourth trip to Indonesia as a couple—after Java-Bali in 2011, Flores-Komodo in 2013, and Sulawesi in 2016—each time for three weeks. It’s also our tenth trip to Southeast Asia overall.
We’re traveling like we have in previous years: with a rough itinerary that often changes based on who we meet, tips from other travelers, how tired we are, or what we’re feeling in the moment. In the Moluccas, it’ll change constantly, mostly depending on transportation.
Our only accommodation booking: the first few nights in Ambon when we arrive.
Planned route (to be refined on the spot): Ambon - Banda Islands - Lease Islands - Ternate - Tidore - Halmahera (between Sofifi and Tobelo) - Morotai and the neighboring unnamed archipelago.
Flights: Lyon-Paris-Singapore on Air France (428 € round-trip), with good meals, champagne, and wine (we like our little comforts when going on vacation 😏). Then Singapore-Jakarta-Ambon on Air Asia and Garuda.
Return flight: Ternate-Jakarta-Singapore on Lion Air, with a 3-day stopover in Singapore before heading home.
Episode 1: Ambon to Banda
Our guesthouse, booked two days before departure, is 45 minutes from Ambon Airport, near Natsepa Beach (northeast of Leihitu). It’s a pretty average beach—quiet on weekdays but packed on Sundays (we saw the difference). It’s lined with warungs.
This rainy day helps us readjust to the atmosphere of this country we love so much.
Our “Solim Guesthouse” is a lovely house with a living/dining room and garden, costing 15 € per night for two, including a hearty breakfast.
Dinner is at Gaba Gaba, a great restaurant just a short walk away, right by the water, recommended by our host. Fun fact: it’s in the Lonely Planet, and it might be the only LP-listed spot in the Moluccas that actually matches the description (the others either don’t exist or have nothing to do with what’s advertised 😠).
For the next two days, the super-friendly owner lends us his scooter. We set off to explore the coastal villages in northern Leihitu (the western part of Ambon Island, which has a weird shape).
Laundry and trucks washed in the same stream.
Liang Beach, described as the island’s most beautiful, is almost gone (climate change or something else?), but the colors are magical.
We continue 25 km toward a snorkeling spot our host recommended, taking a gorgeous, deserted little road through tiny villages in clove plantations (oh, those unforgettable scents!), stunning coves, and dense forest.
We’re greeted dozens of times with “Hello Mister”—a daily routine in the Moluccas. Every time we stop, we pose for photos to be saved on locals’ smartphones. They don’t see tourists often.
We ask for directions to the snorkeling spot (not easy—we only know basic Indonesian like *Selamat pagi*, *siang*, *sore*, and other polite phrases). Not many people know where it is (especially since we never know which village we’re in), but we eventually reach a small village that seems to be the right place. 🙂
We ask a local to take us there by boat (it’s not reachable by land).
The spot is at most 100 meters long, but the coral is in good condition (apparently not dynamited by fishermen, unlike in other parts of this beautiful country where fishing methods are destructive and nature pays the price 😠). The fish are plentiful and diverse. It’s a great start before heading to Banda. We’re happy to have the place to ourselves… though we don’t yet realize we won’t see a single tourist for the rest of the trip!
After two days of rest, we head to Tulehu Port in the morning, aiming for the Banda Islands. We know the journey is often tricky: the Pelni ferry runs twice a month but doesn’t match our dates, the 10-seat Suzi Air plane is always full (you can’t book—you have to show up on Mondays and Fridays), and it’s often canceled due to weather. So we opt for the Tuesday speedboat (which also gets canceled if there are waves or wind), with the next one on Saturday.
We’re used to Indonesian ports—crowded, rusty boats, no English speakers—but we still feel lost. When I ask about the speedboat to Bandaneira, people gesture wildly, someone takes me to the “harbor office,” then tells me there’s no boat, others try to sell me tickets, and some just say, “No boat.”
Luckily, an English-speaking local approaches us and confirms the speedboat is broken. The next one will be Saturday *if* it’s fixed—otherwise, even later. 🤪 😠
We’re crushed. We came here for the Banda Islands… 🙁
We decide waiting five days for a maybe-boat isn’t an option, so we decide to head straight to North Moluccas, which was planned for later. We’re so disappointed we don’t even want to stay in the area. The Lease Islands don’t appeal to us despite what we’ve read, and Seram would deserve its own trip with its remote mountain tribes.
Huge disappointment—we’d been dreaming of Banda for months, with its incredible drop-offs like Bunaken, its islands covered in nutmeg trees, etc. I’d read that Banda is in the world’s top 5, alongside Bunaken (amazing—we went in 2016), Komodo (incredible—we went in 2013), Sipadan, and another spot I’ve forgotten.
We take a taxi back to Ambon (45 minutes) to a travel agency to buy plane tickets to Ternate. There’s a daily ATR72 flight at noon—perfect timing.
Ambon is the capital of South Moluccas (or Central, depending on who you ask!) with 300,000 people. The city doesn’t seem unpleasant, but we don’t stop.
On the plane, there are only about ten passengers for 72 seats. The flight attendants are stunning, as always with Wings Air—clearly, they’re hired for their looks. 😊
Stopover in Bacan—a runway in the middle of coconut trees serving a tiny town—then we fly over countless volcanoes, the last one towering over Ternate.
Bonjour,
De retour sur le forum - et première rédaction d'un espèce de carnet de retour de notre 4ème voyage en Indo.
Contexte : une trentaine de jours, en scooter et en duo, sur Florès (et une petite incursion dans l'archipel de Solor, plus précisément à Lembata (chut, faut pas trop en parler !!!), qui donne envie d'en faire beaucoup plus là bas malgré les infrastructures sporadiques), en partie dans des destinations déjà bien connues du forum (la classique Ruteng / Bajawa / Riung / Moni voir baie de Maumere) ... et qui ne parlera pas du PN de Komodo ou de Wae Rebo, puisque nous n'y sommes pas allés 🏴☠️.
Texte en anglais (issu d'une autre plateforme). Sans nul doute, des traducteurs intelligents ou pas marcheront à merveille en cas d'anglophobie 🤪.
Disponible à toute fin utile pour des détails ou infos.
Equippement : Yam' Nmax 155 ; 2x saccoches cavalières (25L) + sac de selle (30L) + saccoche tunnel (15L pour le matos photo) ; casques et vêtements d'enduro amenés depuis la France.
Itinéraire : boucle depuis Labuan bajo jusqu'à Pulau Lembata ; juillet-août 2026
Road conditions graded from A (excellent) to D (very bad, at least for a Scooter… a CRF/KLX or even honda ADV would do better on that)
D1 : Labuan Bajo – Reok via Ranggoe, Rego & Tagol (130km ; 5hrs). Section LBajo – Rego (90 km ; B) is quite good tarmac, despite a lot of elevation with many small valleys and passes. Rego – Tagol (10km ; D) is a stone road (not gravel), some ascents & very poor condition ; necessary to lower tyre pressure. Tagol – Reok port (22km, quality depends considerably from D to B). Reok port – Towncenter : B. Night @Iffah Homestay (100k for fan room, mandi attached, no breakfast), simple but clean. Notes : path to danau Sano Limbung was closed ; access to Tiwu Pai & Wae Kuli (waterfalls) not permitted in july 2026.
D2 : Reok – Riung via Pota (105km ; 3h-3h30). The road is very narrow in some part, thanks to the uncut bushes (lowering visibility hence extra caution as animals/people can suddenly appear in a turn…) but generally good condition except many eroded sections and some unpaved ones. Grade C/B. 2 nights @Mentos (285k for AC room)
D3 : Boat tour in Riung (booked directly with a captain, 800k for two for private boat incl. lunch and NP fees) + sunset from Watu Mitong Riung (should not be missed).
D4 : Riung – Muku Saki via Mbay (around 100km ; 3h30). Quality varies from A in the vicinity of Mbay to eroded sections (C) in secluded places. Night @Sao Paolo Homestay (250k for fan room with mandi, maybe overpriced but nice house and great food). Note : if you happen to pass by Mbay on Saturday, the market is well worth a stop (cheapest Ikat on the trip : you’ll be asked normal prices providing you’re OK in Bahasa…)
D5 : Muku Saki – Tanjung Kajuwulu (near Ndete) (90km, 3h). Many patholes, eroded (C). Night at Déjà Vu Homestay (220k for a matress on the floor & outside mandi/toilets ; I woud define this as a tourist trap – the quote we had for food was double priced too…)
D6 : Tanjung Kajuwulu – Waiterang (east of Maumere, 55km , 1h30). Pathholes till maumere, then All good (TransFlores), C/A. Night at Sunset Cottage (new concrete room, very serene place ; 270k for AC with bathroom ; much prefered Sunset over Lena House (more customers, more built up).
D7 : Waiterang – Larantuka via Boru and Eputobi (TransFlores ; grade A ; 115km / 2h40). Particularly liked the drink stalls (marked as Rest Area Eputobi) and the out of order aquatic park just before Larantuka (obyej wisata waiplatin). Night @ Dewy Onong Homestay, which is not advertising itself as Larantuka Beach Homestay as some contributor signals here and on goole maps review. Best breakfast of the trip (Cumi Cumi !!!) ; 275k for AC room with bathroom.
D8 : Local Boat (Kapal Kayu) from the main port to Lembata (Lewoleba). Departure 8am ; price 60k/head + 50k for the bike. Stop enroute on Adonara (where we did not stop due to fights between communities). Night @Elmany Homestay (275k for AC room with bathroom, fan room with shared bathroom also available). Whole afternoon at Pantai Hadakewa, fantastic place (good snorkeling, great views of Ile Api aka Gn Lewotolo). Road condition : A (did not expect the TransLembata to be that good…).
D9 : Loop around Ile Api (50km, 2hrs), anticlockwise. Stops enroute at Situs Tulang Paus (whale squeletton), pantai Jotona, pantai Wena (we expected to snorkel from there, but wind was very strong that day), situs Watu Nale, Selat Sonia. The western coast is far less interesting. Road conditions : bad (C) on the eastern side (up to Riangbeda), good (B/A) afterwards. Night @Elmany Homestay.
D10 : Lewoleba – Lamalera via the western and south coast (70km, 2h30). Good road (B) for roughly the first 55km (up to Tapobali), then eroded track for the last 15km (in some parts steep and dangerous) up to Lamalera (D/C). Notes : 1/ Kuma resort denied us the entry for some drink ; 2/Pantai Waijarang « complex » is abandonned but closed with fences ; you can still sneak in ; 3/ some reports advise to skip Bukit Cinta (foreigner entry fee) for Bukit Doa Watomiten (stations of the cross) ; well Bukit Cinta has also been abandonned (well spent money…sic) but remains opened with structures falling (quickly) appart. Night @Lamalera Inn (200k per head including meals ; very basic fan room + attached mandi). Planned 2 nights, spent only one, as it’s the only tenant I had difficulties with (only interested in money, initially stated crazy prices, starts loud music at 6am … and drinking moke at 8am…)
D11 : Trip to Wulandoni for the Barter Market (Saturday only). Bad road (C) along the coast. Had to report at the Kantor upon arrival, which quite surprisingly asked 100k per person (foreigner) to go inside the (outside) market. Other « local » tourists (a group from Jakarta) were not asked to pay. Well, since a market is a public space and not a zoo, we refused payment and enjoyed the activity from the kopi stall next to it. Returned then to Lamalera for the catches of the day, then to Lewoleba via the mountain road (45km, 2 hours). First 10km to Puor is in very bad condition and uphill (D/C). The remaining is on a newly constructed road (A). Note : Air Panas Sabutobo is abandonned and falling apart (again…) but there are still some water pipes along the river that you can enjoy (depending how lucky you are, just with the forest sounds as companion). Night @Elmany Homestay
D12 : Chill day alond the northern coast (Batu Payung, Pantai Hadakewa with lot of snorkeling, drove till Wailolong and backtracked to Pantai Lewolein for more snorkeling (nice canyons there !) and another fantastic sunset over Ile Api (see GMaps pictures)). Night @Elmany Homestay
D13 : Monday weekly market at Pada, southwest of Lewoleba. Renowned but honnestly dont plan any itinerary specifically for it, just an ordinary Kampung weekly market. Returned to Larantuka and Flores with the 12pm local boat (the same boat that leaves from Larantuka at 8am). Same prices as the first leg. Night @ Dewy Onong Homestay
D14 : Larantuka – Waiterang along the northern coast (100km, 3h) via Pantai Kawaliwu, Tewuk Lewokluok (trail is easy to find, very nice snorkelling in a lagoon), Pantai Lato (to my opinion the most beautiful beach on Flores and you’ll be the only visitor, as opposed to Pantai Koka) and Pantai Hia, until rejoining the TransFlores near Nebe. Grade C on the costal eroded road / track. 3 nights @Lena Guesthouse (booked ahead as it fills up quickly, but we prefered its neighbour Sunset Beach Guesthouse)
D15 : Snorkeling trip organised by Lena Guesthouse (200k per head excluding NP fees and lunch)). The drop-off near Pulau Babi is a very nice spot.
D16 : scooter day trip around the Egon Range (too lazy to hike it…), through nice Sikka villages (route : Watublapi, Umauta, Bola, pantai Doreng, Nakatoli, foot of Gn Egon, Air panas Blidit). The track from Natakoli to the foot of Gn Egon is very steep, damaged and wet (with moss) ; I would recommend not to attempt that in case of bad weather.
D17 : Waiterang – Moni (130km, 3h30, transflores grade A/B) via Pantai Koka (refused to pay the mafia entry fee…) and Jopu (some rumah Adat Lio). Stopped at Museum Bikon Blewut, south of Maumere. Very nice artefacts (especially wooden statues from Papuan, great ikat collection) although very disorganized and sadly non-visited (hence masterpieces fall into oblivion). 2 Nights @Liahz Lodge (150k for fan room, basic bathroom… but right next to Air Panas Liasembe (free, no closing time) !!!).
D18 : Sunrise from Kelimutu with a nice weather (stayed until 8.30am). I don’t know if the sunrise is really worth it (lot of people ascending and watching the sunrise – a lot but nothing compared to e.g. Gn Bromo), nearly everyone going down around 7am, then there is virtually nobody. Trip (20km one way, good road B) to Kampung Adat Nggela (Lio). Although the village is habited and mostly out of the beaten path, I have mixed fillings due to the fact that most ladies (some are pushy) try to sell you (bad) pieces of ikat.
D19 : Moni – Ende via Detusoko paddy fields, Kampung Adat Saga (Lio) and Puncak Ndona ; 75km 2h30. We really liked Saga (nice setting on the mountain, friendly villagers, no selling, mix between traditional and more modern houses in that lively village). Sunset from Bukit Raja, on the peninsula with a 360 view on Gn Iya, Gn Meja Kota Ende and the mountains behind. Note : at the end of the road (search for Gunung Meja Tourist Info Center), there is a (sand) track leading to the path. 1/ only intend the track if you have off road driving experience ; 2/ dont trust the walking time stated by Maps.me. Took us 45mins on a steady pace to reach the summit. Night @Hoja Homestay, 300k for a comfortable AC room with bathroom.
D20 : Ende – Bajawa, via Air Panas Mengeruda ; grade A, 120km, 3 hours. Note : don’t plan to short in Mengeruda (Soa), very easy to spend a half day there, especially if playing with local kids. Stay @Cinnamon GH, 250k for double with fan and hot shower (cheaper options with shared hot shower availlable).
D21 : First day in Bajawa : Watu Nari Wowo (Avatar Hill, sic…), Kampung Adat Ngada Tololela & Gurusina (very very friendly people, complementary views of Gn Inerie & Wolo Deru). Sunset from Puncak Manulalu (well… Heaven’s door Bar & Restaurant)
D22 : Second day in Bajawa : Kampung Adat Ngio (hardly visited, best view on Gn Inerie), Air Panas Malanage, Kampung Adat Bena (the most visited Ngada village (after Bela ?) in the area, we went there at the end of the afternoon to avoid tours, early morning would be fine too), and Gunung Wolobobo for a terrific sunset
D23 : returned to Gunung Wolobobo for sunrise with Gn Ebulobo in the distance (search for a track on the eastern slope, near the communication antenna). You can circuit the rim to the usual viewpoint (westside, sunset spot), the path is easy to find. Then took again the road to Aimere, visiting Kampung Adat Belaraghi enroute (the setting is maybe less rewarding than all the previous villages). 56km ; 1h30. The road to Belaraghi is fine, except the final part.
D24 : Aimere – Ruteng (105km, 3h30). Nice detour by the paddy fields of Wodo (southwest of Golo Loni) of Sunset from Golo Curu (nice encounters with locals). Night @Tange GH, 130k for room with outside (private) bathroom, no breakfast.
D25 : Surroundings of Ruteng (paddy fields north and east of ruteng ; Maps.me has funny tracks starting from Kenda), and the rather pleasant city itself (pasar, churches, lapangan). We finally skipped Liang Bua.
D26 : Ruteng - Labuan Bajo (130km, 3h30). No visits of the waterfalls close to the TransFlores (entry fee (with bule prices) + mandatory guide etc…). Sunset from Bukit Hercadi with very few locals (Bukit Sylvia & Bukit Amelia, just south, were packed). 2 nights @Wellamas Homestay, away from the harbour and its advantages/disadvantages. 230k for comfortable AC room with hot shower.
D27 : New road to Golo Mori Convention Center (another big money well spent…), with nice views on the strait separating Flores from Pulau Rinca. Some empty beaches (e.g. Pantai Pasir Pajang ; we were there on a weekday perhaps frequented by people from LBajo only). 30km (40 mins) one way, perhaps the fastest road of Flores…
D28 : Morning on the peninsula north of Labuan Bajo before taking a flight to Jakarta in the afternoon. On Google maps, the asphalt road only goes to Teras Langit ; it now (august 2026) continues to Puncak Basok and is still in progress towards the eastern part of the peninsula. On the way back, two other nice Bukit where you can enjoy nice views on the bay (and the resorts…) : Bukit Lontar & Bukit Beta. Note : we only found one public (and nice and quiet) beach in the area ; tagged as Sunset Point Beach on Gmaps. All the rest was closed by fences ; they are privately owned (although the Indonesian consitution grants the coastline as public space).
We're a family of five: one dad, one mom, and three kids aged 10, 15, and 18.
Before diving into each stop in more detail, here are a few general thoughts:
We wanted to sample a bit of everything Japan has to offer in terms of landscapes, accommodation, and transport. We were after walks, temples, restaurants, shopping, and some downtime—but no "all-inclusive experiences" or museums for this first visit.
Three medium-sized (60x42x25) canvas suitcases, plus a duffel bag and a few small backpacks. 23 kg in the hold on the way out, 60 kg on the way back. 36 kg of shopping, without even trying. I think this is the maximum suitcase size if you don’t want to stress on the Shinkansen: they fit easily in the overhead racks.
Round-trip with Cathay Pacific, layover in Hong Kong: no need to collect luggage in Hong Kong—we checked it in at departure and picked it up in Tokyo, and the same on the way back (checked in Osaka, picked up at our final destination). This let us explore Hong Kong without worrying about our bags. Food and entertainment were pretty good—meals included a little Häagen-Dazs on each flight, and the entertainment had way more Asian cinema than you’d find on a Western airline, which was a nice way to see how much weight Western culture carries in Asia.
The original plan was to fly directly from Ishigaki to Hong Kong, but due to Typhoon Dolphin, we had to cancel the Ishigaki leg. Cathay didn’t bat an eye about swapping the Ishigaki-HK flight for an Osaka-HK one, even though it was twice as long.
We were a bit too attached to the idea of ending the trip with some beach time and replaced Ishigaki with Shirahama. It was a mistake—we should’ve visited Hiroshima or spent a little more time in Tokyo instead.
Last February, I made a trip using "public transport" from France to southern Senegal via Spain, Morocco, Western Sahara, and Mauritania.
It’s a journey of about 5,000 km, where I took trains (as far as Marrakech), ferries (to cross Gibraltar and then to reach Casamance from Dakar), and mostly buses on the long desert straightaways. I hadn’t planned any stops in advance or booked any hotels, except for the very first train to Spain, which left plenty of room for the unexpected.
Why travel by land and sea? In recent years, flight-free travel has been gaining popularity. On social media, posts explaining how to cross Europe by train as quickly as possible go viral. Traveling without flying—and making sure people know about it—has become a great way to earn a badge of eco-responsibility: an essential totem for anyone wanting to prove both their dedication to the ecological cause and the wisdom of slow travel.
I haven’t flown in years, and this journey to West Africa could easily be filed under "responsible travel." But it wouldn’t be honest to say that: in reality, it wasn’t really my aversion to flying that motivated this long trek. I see overland travel primarily as a way to experience the world’s geography at a grounded, earthly pace—the pace of the locals. Besides, I’ll be flying back, which disqualifies any claim to being a model of sustainability.
So no eco-badge, and no adventurer’s badge either: you won’t find any heroic tales of camel rides in lost lands or mineral train wagons in this account (popular with influencers, the Mauritania iron ore train now attracts tourists from all over the world, turning "the experience" into something you "have to do at least once in your life"). This five-part story, written on the road, has no other ambition than to recount a journey through places and people, and to share the thoughts they inspire in me. As simply and, I hope, as humbly as possible.
I’m posting the episodes here, which you can also find on my blog (with more photos) at the following links:
Episode 1: Spain, from Avignon to Algeciras
Episode 2: Morocco, from Tangier to Tarfaya
Episode 3: Western Sahara, from Tarfaya to Guerguerat
Episode 4: Mauritania, from Guerguerat to Nouakchott
Episode 5: Senegal, from Rosso to Saloulou
To help those who might want to make the same trip, I’ve also put together a summary of the route with recommendations—you can read it at the end of the story and on the blog:
From France to Senegal Without Flying: Route and Itinerary Recommendations