Bonjour,
Je pars dans 15 jours pour une semaine au Sénégal, et je souhaiterai savoir quel est le budget minimum pour partir là bas, sachant que je suis hébergé.
Je compte faire les environs de Dakar et Saint Louis.
Pour ceux qui auront la gentillesse de m'aider, merci
« Tu vois, si on avait une ambulance … ».
Les petites histoires en général commencent toutes par des petites phrases. Celle-ci ne déroge pas à la règle, ce ne sont que quelques mots aussi simple que bonjour ou que As-Salamu Alaykum. Je suis désolé, j’essaye pourtant de donner un sourire à mes textes mais ces lettres s’alignent, s’entêtent, se répètent et résonnent dans ma tête. Sur la feuille blanche muette je ne vais pas vous raconter l’éternité de mon mal-être, juste vous conter le monde et ses formes imparfaites.
C’était un lundi matin, peut-être un mardi. Ce qui est sur et certain c’est que ça aurait pu être n’importe quel jour de la semaine tant les jours se ressemblent au Fouta[1]. Benoît, l’infirmier de Gawdé Bofé, travaille au dispensaire et fait les consultations avec Rugy, la matrone. Une matrone, c’est une femme que l’on forme au village pour pallier au manque de sages-femme au Sénégal. A l’issue de ces 6 mois de formation, elle peut faire les accouchements et assister l’infirmier dans les soins de base. En vérité, elle sait presque tout faire car les urgences ne laissent pas le choix que de se former « sur le tas ».
Abù, le président de l’association des jeunes du village, et moi, sommes chez Benoît. Le matin on se retrouve souvent tous les deux, on discute des projets pour le village, on débat sur l’actualité, bref, on refait le monde comme on peut et surtout avec le peu qu’on a … et ce qu’on a le plus, c’est la parole.
Aujourd’hui, Benoît a beaucoup de patients, surtout des femmes et des enfants. En général, les débuts de semaine sont difficiles. Benoît prend son jour de congé le dimanche, alors dès le lundi, les malades sont nombreux à attendre devant les vieilles portes en ferraille du dispensaire et à s’asseoir sur les bancs en bois. Ceux qui n’ont plus de place restent debout ou reviendront plus tard, peut-être en soirée ou le lendemain.
Mais des cris et des pleurs interrompent notre reconstruction du monde. Une charrette tirée par deux ânes arrive à toute vitesse. Dessus, une femme qui souffre et crie en se tenant le ventre, avec deux hommes, son mari et son frère. De chez Benoît, on entend du bruit. Abù et moi sortons de nos illusions et nous précipitons au dispensaire. De l’agitation, les autres patients s’affolent, car ici, tout le monde se connaît. D’ailleurs même nous on les connaît ces gens-là. La charrette vient de Niarwal, un village à 10 km de Gawdé Bofé, plus loin dans la brousse. Je me souviens qu’avec Abù on était parti là-bas la semaine dernière pour rendre visite au chef du village, Demba BA. Et la femme enceinte qui était chez lui, que j’avais salué et félicité, c’est elle qui vient juste d���arriver.
Je me revois la piste entre les deux villages, et ce jour là avec Abù, on avait crevé une roue à cause des nids de poule et des épines. Obligé de téléphoner à un villageois pour nous en amener une autre et continuer notre chemin. Heureusement ce jour là, on avait pas une femme enceinte avec nous …
On aide Benoît à porter la femme dans la petite salle d’accouchement du dispensaire. Les deux lits sont heureusement vides aujourd’hui, il n’y a pas eu d’autre accouchement les jours passés, parfois ce n’est pas le cas, il faut alors improviser, mettre des matelas dehors …
C’est dommage parce qu’une ONG française avait construit une maternité il y a quelques années mais ils avaient oublié d’amener l’équipement qui va avec. Ce n’est qu’un bâtiment qui, aujourd’hui prend l’eau et sert à stocker le matériel de construction : pelles, ciment, truelles et quelques fils de fer. Au moins, ça sert à quelque chose.
Avec Abù on sort de la salle, et on laisse Benoît et Rugy faire leur travail. On attend tous anxieux sur les bancs du dispensaire. On était en train de refaire le monde et voilà que la réalité nous remet les pieds sur terre … Pourtant ça arrive souvent ici, et on commence à s’habituer, on était même en train de parier sur le prénom du petit : Benoît, David, Abù si c’est un garçon, peut-être Rugy ou Panda si c’est une fille.
Mais alors que l’on s’attendait à entendre les cris du nouveau né, toujours rien. Au bout d’un moment, je me lève et calmement je vais à l’intérieur voir comment ça se passe. Benoît ouvre la porte et se rue dehors presque en me bousculant. Il regarde Abù et lui dit : « Va chercher ta charrette vite ! ». L’infirmier n’avait pas besoin de rajouter quelques mots inutiles, tout le monde sait ce que sa sous-entend : « accouchement compliqué, évacuation vers l’hôpital de Bakel ». Le seul problème, c’est qu’au village il n’y a pas de véhicule, et que la route goudronnée est à 4 km, le seul moyen est d’emmener la femme sur la charrette jusqu’à la route et de prier pour qu’une voiture passe par là et accepte de l’évacuer vers Bakel, à 30 km d’ici,
InchaAllaH.
Abù connaît le métier, il sait ce qu’il doit faire. A défaut d’un véhicule au village, c’est lui qui fait office d’ambulancier, et il en a déjà vu de toutes les couleurs. Un matin justement, il me racontait que parfois les femmes accouchaient sur la charrette pendant le trajet, la faute aux secousses. Mais moins drôle, certaines décèdent aussi sur la charrette avant d’atteindre la route et l’hôpital. Abù me raconte ça comme une banale routine, et en fait ça l’est bien une routine.
On place la femme délicatement sur la charrette. Abù avait mis deux matelas en mousse pour amortir les chocs sur la piste. Rugy et moi nous partons avec lui. Benoît reste au dispensaire s’occuper des autres patients mais je sais qu’il appellera dans quelques minutes pour prendre des nouvelles.
Et c’est parti pour 4 km de piste parsemée de bosses, de nids de poule, de sable, et tout son lot de souffrances pour la femme enceinte. En tant normal, même nous on souffre de ce petit voyage entre le village et le goudron, alors avec une malade à nos côtés ..
Tout le long du chemin, elle s’en remettra à Dieu « AllaH Ouakbar, AllaH Ouakbar … », et nous aussi c’est à Lui que nous pensons à ce moment là.
Le pire c’est que l’on ne sait pas ce qui nous attends une fois arrivé à la route. Parfois, quand on veut voyager, on peut attendre 2 heures ici le temps qu’une voiture arrive, d’autres fois 5 minutes, il n’ y a pas de règle. D’habitude, on s’en fiche, mais aujourd’hui c’est le moment d’avoir un peu de chance. On arrive à la route : rien. Même pas l’ombre d’une vache, c’est pour dire.
Abù décide de remonter la route vers Thianiaf, une petite ville à encore 3 km, il y a un garage, on trouvera forcément une voiture là-bas. Au bout d’1 km, j’entends un bruit, je dis à Abù qu’une voiture arrive, il gare la charrette sur le côté et se met au milieu de la route, malheureusement c’est un 4x4. Je dis malheureusement car avec Abù, quand on voyage tous les deux, les 4x4 sont les seuls à ne jamais s’arrêter. On avait coutume de dire en Pulaar, la langue locale, « Auto mawdo, bernde toccocel » qui signifie en français « grosse voiture, petit cœur ». Autant pour moi, avec notre ambulancier en plein milieu de la route, le chauffeur n’avait pas d’autre choix que de s’arrêter. C’est notre jour de chance, à l’intérieur du véhicule, le préfet de Bakel qui était en déplacement et rentre à sa préfecture. Il accepte d’emmener la femme à l’hôpital.
Ca ne se passe pas toujours comme ça. C’est déjà arrivé qu’Abù arrête une voiture et que le conducteur refuse moyennant finance. Alors il négocie le prix du transport et sort quelques billets de sa poche, c’est triste mais le temps presse. On a pas le temps de se mettre en colère dans ces moments là.
La voiture démarre et tous les trois on reste planter là à regarder le véhicule jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon. La tension redescend et on a comme l’impression de respirer à nouveau.
On se regarde sans savoir quoi se dire, puis Abù me lance : « Tu vois, si on avait une ambulance … ». A mon tour, je regarde Abù et Rugy puis leur dit : « On aura cette ambulance, InchaAllaH ». Et tout le monde de répéter :
« InchaAllaH »
Plus tard, on apprendra par Benoît que la femme est arrivée juste à temps à l’hôpital de Bakel, elle est en bonne santé et elle a accouché d’une petite fille, elle s’appelle Rugy et se porte bien. Finalement, on avait quand même gagner notre pari. Elle rentrera au village dans quelques jours quand elle retrouvera ses forces. Pour elle, c’est bon, la pièce est tombée du bon côté, mais pour d’autres …
On pense d’ailleurs à la femme de notre ami Toussé qui, une fois évacuée à Bakel, a du être ré évacué à l’hôpital d’Ourrossogui à plus de 150 km car les médecins ne pouvaient rien faire. Elle est décédée dans une ambulance entre les deux hôpitaux à Dundé, un petit village sur la route. Et on pourrait en citer beaucoup d’autres, Mariam, Maïmouna, Djeynaba, Kadia …
Après cette histoire, avec Abù on a décidé d’arrêter de refaire le monde avec notre bouche, et on est parti avec sa charrette sillonner les 12 villages que prend en charge le dispensaire pour recenser les femmes décédées en évacuation et discuter avec les chefs de village du projet de l’ambulance. Plus tard, on rencontrera le médecin chef de Kanel et on se rendra même à Dakar commencer à négocier les véhicules.
Cette ambulance, on ne l’a pas encore mais aujourd’hui, avec Abù, quand on se parle au téléphone on a toujours en tête cette petite phrase « On aura cette ambulance,
InchaAllaH … ».
Par David DUPUY
[1] Fouta Toro (ou Fuuta Tooro) : Nom d’un grand royaume édifié au XVIème siècle et situé au Nord du Sénégal dans la Vallée du Fleuve.
Les petites histoires en général commencent toutes par des petites phrases. Celle-ci ne déroge pas à la règle, ce ne sont que quelques mots aussi simple que bonjour ou que As-Salamu Alaykum. Je suis désolé, j’essaye pourtant de donner un sourire à mes textes mais ces lettres s’alignent, s’entêtent, se répètent et résonnent dans ma tête. Sur la feuille blanche muette je ne vais pas vous raconter l’éternité de mon mal-être, juste vous conter le monde et ses formes imparfaites.
C’était un lundi matin, peut-être un mardi. Ce qui est sur et certain c’est que ça aurait pu être n’importe quel jour de la semaine tant les jours se ressemblent au Fouta[1]. Benoît, l’infirmier de Gawdé Bofé, travaille au dispensaire et fait les consultations avec Rugy, la matrone. Une matrone, c’est une femme que l’on forme au village pour pallier au manque de sages-femme au Sénégal. A l’issue de ces 6 mois de formation, elle peut faire les accouchements et assister l’infirmier dans les soins de base. En vérité, elle sait presque tout faire car les urgences ne laissent pas le choix que de se former « sur le tas ».
Abù, le président de l’association des jeunes du village, et moi, sommes chez Benoît. Le matin on se retrouve souvent tous les deux, on discute des projets pour le village, on débat sur l’actualité, bref, on refait le monde comme on peut et surtout avec le peu qu’on a … et ce qu’on a le plus, c’est la parole.
Aujourd’hui, Benoît a beaucoup de patients, surtout des femmes et des enfants. En général, les débuts de semaine sont difficiles. Benoît prend son jour de congé le dimanche, alors dès le lundi, les malades sont nombreux à attendre devant les vieilles portes en ferraille du dispensaire et à s’asseoir sur les bancs en bois. Ceux qui n’ont plus de place restent debout ou reviendront plus tard, peut-être en soirée ou le lendemain.
Mais des cris et des pleurs interrompent notre reconstruction du monde. Une charrette tirée par deux ânes arrive à toute vitesse. Dessus, une femme qui souffre et crie en se tenant le ventre, avec deux hommes, son mari et son frère. De chez Benoît, on entend du bruit. Abù et moi sortons de nos illusions et nous précipitons au dispensaire. De l’agitation, les autres patients s’affolent, car ici, tout le monde se connaît. D’ailleurs même nous on les connaît ces gens-là. La charrette vient de Niarwal, un village à 10 km de Gawdé Bofé, plus loin dans la brousse. Je me souviens qu’avec Abù on était parti là-bas la semaine dernière pour rendre visite au chef du village, Demba BA. Et la femme enceinte qui était chez lui, que j’avais salué et félicité, c’est elle qui vient juste d���arriver.
Je me revois la piste entre les deux villages, et ce jour là avec Abù, on avait crevé une roue à cause des nids de poule et des épines. Obligé de téléphoner à un villageois pour nous en amener une autre et continuer notre chemin. Heureusement ce jour là, on avait pas une femme enceinte avec nous …
On aide Benoît à porter la femme dans la petite salle d’accouchement du dispensaire. Les deux lits sont heureusement vides aujourd’hui, il n’y a pas eu d’autre accouchement les jours passés, parfois ce n’est pas le cas, il faut alors improviser, mettre des matelas dehors …
C’est dommage parce qu’une ONG française avait construit une maternité il y a quelques années mais ils avaient oublié d’amener l’équipement qui va avec. Ce n’est qu’un bâtiment qui, aujourd’hui prend l’eau et sert à stocker le matériel de construction : pelles, ciment, truelles et quelques fils de fer. Au moins, ça sert à quelque chose.
Avec Abù on sort de la salle, et on laisse Benoît et Rugy faire leur travail. On attend tous anxieux sur les bancs du dispensaire. On était en train de refaire le monde et voilà que la réalité nous remet les pieds sur terre … Pourtant ça arrive souvent ici, et on commence à s’habituer, on était même en train de parier sur le prénom du petit : Benoît, David, Abù si c’est un garçon, peut-être Rugy ou Panda si c’est une fille.
Mais alors que l’on s’attendait à entendre les cris du nouveau né, toujours rien. Au bout d’un moment, je me lève et calmement je vais à l’intérieur voir comment ça se passe. Benoît ouvre la porte et se rue dehors presque en me bousculant. Il regarde Abù et lui dit : « Va chercher ta charrette vite ! ». L’infirmier n’avait pas besoin de rajouter quelques mots inutiles, tout le monde sait ce que sa sous-entend : « accouchement compliqué, évacuation vers l’hôpital de Bakel ». Le seul problème, c’est qu’au village il n’y a pas de véhicule, et que la route goudronnée est à 4 km, le seul moyen est d’emmener la femme sur la charrette jusqu’à la route et de prier pour qu’une voiture passe par là et accepte de l’évacuer vers Bakel, à 30 km d’ici,
InchaAllaH.
Abù connaît le métier, il sait ce qu’il doit faire. A défaut d’un véhicule au village, c’est lui qui fait office d’ambulancier, et il en a déjà vu de toutes les couleurs. Un matin justement, il me racontait que parfois les femmes accouchaient sur la charrette pendant le trajet, la faute aux secousses. Mais moins drôle, certaines décèdent aussi sur la charrette avant d’atteindre la route et l’hôpital. Abù me raconte ça comme une banale routine, et en fait ça l’est bien une routine.
On place la femme délicatement sur la charrette. Abù avait mis deux matelas en mousse pour amortir les chocs sur la piste. Rugy et moi nous partons avec lui. Benoît reste au dispensaire s’occuper des autres patients mais je sais qu’il appellera dans quelques minutes pour prendre des nouvelles.
Et c’est parti pour 4 km de piste parsemée de bosses, de nids de poule, de sable, et tout son lot de souffrances pour la femme enceinte. En tant normal, même nous on souffre de ce petit voyage entre le village et le goudron, alors avec une malade à nos côtés ..
Tout le long du chemin, elle s’en remettra à Dieu « AllaH Ouakbar, AllaH Ouakbar … », et nous aussi c’est à Lui que nous pensons à ce moment là.
Le pire c’est que l’on ne sait pas ce qui nous attends une fois arrivé à la route. Parfois, quand on veut voyager, on peut attendre 2 heures ici le temps qu’une voiture arrive, d’autres fois 5 minutes, il n’ y a pas de règle. D’habitude, on s’en fiche, mais aujourd’hui c’est le moment d’avoir un peu de chance. On arrive à la route : rien. Même pas l’ombre d’une vache, c’est pour dire.
Abù décide de remonter la route vers Thianiaf, une petite ville à encore 3 km, il y a un garage, on trouvera forcément une voiture là-bas. Au bout d’1 km, j’entends un bruit, je dis à Abù qu’une voiture arrive, il gare la charrette sur le côté et se met au milieu de la route, malheureusement c’est un 4x4. Je dis malheureusement car avec Abù, quand on voyage tous les deux, les 4x4 sont les seuls à ne jamais s’arrêter. On avait coutume de dire en Pulaar, la langue locale, « Auto mawdo, bernde toccocel » qui signifie en français « grosse voiture, petit cœur ». Autant pour moi, avec notre ambulancier en plein milieu de la route, le chauffeur n’avait pas d’autre choix que de s’arrêter. C’est notre jour de chance, à l’intérieur du véhicule, le préfet de Bakel qui était en déplacement et rentre à sa préfecture. Il accepte d’emmener la femme à l’hôpital.
Ca ne se passe pas toujours comme ça. C’est déjà arrivé qu’Abù arrête une voiture et que le conducteur refuse moyennant finance. Alors il négocie le prix du transport et sort quelques billets de sa poche, c’est triste mais le temps presse. On a pas le temps de se mettre en colère dans ces moments là.
La voiture démarre et tous les trois on reste planter là à regarder le véhicule jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon. La tension redescend et on a comme l’impression de respirer à nouveau.
On se regarde sans savoir quoi se dire, puis Abù me lance : « Tu vois, si on avait une ambulance … ». A mon tour, je regarde Abù et Rugy puis leur dit : « On aura cette ambulance, InchaAllaH ». Et tout le monde de répéter :
« InchaAllaH »
Plus tard, on apprendra par Benoît que la femme est arrivée juste à temps à l’hôpital de Bakel, elle est en bonne santé et elle a accouché d’une petite fille, elle s’appelle Rugy et se porte bien. Finalement, on avait quand même gagner notre pari. Elle rentrera au village dans quelques jours quand elle retrouvera ses forces. Pour elle, c’est bon, la pièce est tombée du bon côté, mais pour d’autres …
On pense d’ailleurs à la femme de notre ami Toussé qui, une fois évacuée à Bakel, a du être ré évacué à l’hôpital d’Ourrossogui à plus de 150 km car les médecins ne pouvaient rien faire. Elle est décédée dans une ambulance entre les deux hôpitaux à Dundé, un petit village sur la route. Et on pourrait en citer beaucoup d’autres, Mariam, Maïmouna, Djeynaba, Kadia …
Après cette histoire, avec Abù on a décidé d’arrêter de refaire le monde avec notre bouche, et on est parti avec sa charrette sillonner les 12 villages que prend en charge le dispensaire pour recenser les femmes décédées en évacuation et discuter avec les chefs de village du projet de l’ambulance. Plus tard, on rencontrera le médecin chef de Kanel et on se rendra même à Dakar commencer à négocier les véhicules.
Cette ambulance, on ne l’a pas encore mais aujourd’hui, avec Abù, quand on se parle au téléphone on a toujours en tête cette petite phrase « On aura cette ambulance,
InchaAllaH … ».
Par David DUPUY
[1] Fouta Toro (ou Fuuta Tooro) : Nom d’un grand royaume édifié au XVIème siècle et situé au Nord du Sénégal dans la Vallée du Fleuve.
Je recherche une mission de volontariat de un mois ou deux au Senegal a compter de decembre 2009.
je souhaiterais de preference travailler avec des enfants, les aider en soutien scolaire, alphabetisation, enseignement du francais ou de l'anglais.
Merci pour vos reponses !
je souhaiterais de preference travailler avec des enfants, les aider en soutien scolaire, alphabetisation, enseignement du francais ou de l'anglais.
Merci pour vos reponses !
Le Lendemain qui Vient
" Dans les larmes d’une femme, le fleuve ne voit que de l’eau "
Là où je suis, la vie est un long récit qui d’habitude ne s’écrit pas. Je déroge à la règle et ma main emprunte un stylo pour habiller mes mots, les phrases décousues se couvrent d’un simple pan de tissu pour qu’elles puissent rester humbles à moitié nue, comme Adam et Eve après avoir mangé le fruit défendu. Ma bouche aimerait se faire porte-parole d’une ancienne tradition orale, mais ma voix rebelle s’installe aujourd’hui sur les bords du fleuve Sénégal, non loin de Podor, de Matam ou de Bakel. Elle prend cette pirogue, fait ses bagages, et s’éloigne petit à petit du rivage, en promettant qu’un jour peut-être, elle reviendra visiter son poète.
C’est la voix qui s’en va devant l’appel du lointain.
Ces paroles ne sont maintenant plus de moi, je ne suis qu’un simple messager comme le facteur anonyme qui chaque matin délivre son courrier, sans savoir si ce qu’il met dans la boite va nous faire rire ou pleurer. Alors je reste là à regarder le rien qui passe, repasse, parfois s’efface pour laisser place au bruit sourd des cœurs qui battent. Aux cœurs des hommes, des femmes, des enfants, de tous ces gens des bords du fleuve qui, tels des caméléons, ont pris la couleur de ses eaux, la nonchalance de ses vagues. Pêcheurs, cultivateurs, piroguiers, bijoutiers, potiers, tous se côtoient, se respectent et finalement se ressemblent dans leur crainte et leur espérance.
Ce fleuve, parfois sédentaire, immobile comme le poisson pris dans les filets du pêcheur, se fond dans le décor, se mêle aux peuples qu’il a enfanté et bercé de son amour. Depuis la nuit des temps, la mère couve ses enfants et les regarde grandir avec douceur et inquiétude face à l’avenir poussiéreux qui recouvre la misère. Alors pour donner ne serait-ce qu’un peu d’espoir, il blanchit le linge sale des femmes transpirant sous un soleil de terre, il lave les moutons, nourrit des familles qui ne compte que sur sa générosité, il abreuve le Peul et ses vaches, il cultive le Sorgho, le maïs, le mil ou le Niébé, il abrite l’ombre qui attend la nuit pour faire vivre sa magie, il cache la vie qui par honte s’embellit au contact de sa poésie.
D’autre fois nomade, il s’approche, il vient, part et ne revient pas à un rythme lent que seul le musicien peut comprendre. La mère poule s’en va laissant les oisillons dans le poulailler de la détresse. On essaye de le saisir mais il se faufile entre désespoir et impertinence. Il salit plus qu’il ne blanchit, le Sorgho s’impatiente tandis que le maïs se fait la belle, la vie s’enlaidit, la nuit est partie, la magie aussi. Les prières s’intensifient, c’est l’exil du fleuve fatigué d’attendre un lendemain incertain.
Au loin, sur l’autre rive, j’aperçois des hommes qui, eux aussi, attendent le lendemain, à l’ombre d’un arbre, le verre de thé à la main. Les langues se délient et l’on entend la voix grave des anciens. Certains disent : « Le lendemain, seul les Baobabs en seront les témoins ». Alors que d’autres se posent la question « Viendra t’il le soir ou bien au petit matin ? ». Le débat s’installe, les plus jeunes arrivent et prennent leur place. Chacun ajoute sa parole à la suivante, même si celle-ci n’a que peu d’importance, on hausse le ton, on dérange le repos du silence histoire d’y laisser sa trace, faire acte de présence. Souvent ça déborde, les sujets changent comme les boubous un jour de mariage. Un match de foot à commenter, une anecdote à raconter, des idées politiques à exprimer, et au fait est-ce que notre vote dans l’urne sera enfin comptabilisé ? Les vieux insistent et persistent sur le seul sujet qui à leurs yeux mérite d’user la salive. Le poste de radio est allumé mais rien, pas une nouvelle sur le lendemain qui vient ou qui ne viendrait pas. Finalement, les langues fatiguées, le troisième thé achevé et la mosquée qui ne cesse d’appeler, les paroles s’envolent dans la brise comme un vulgaire bout de papier. Tout ce petit monde reste sur sa faim, mais une chose est sur, il est grand temps que vienne le lendemain, qu’il change notre quotidien, c’est lui dont aujourd’hui nous avons tous besoin.
Au loin, j’entends les rires des femmes qui contrastent avec la dure réalité. Le coq vient tout juste de chanter et c’est déjà l’heure de la corvée. L’eau ne tombe pas d’en haut, des nuages comme dans tous les autres villages, elle vient d’en bas, d’un puits dont personne ne connaît l’âge. Vêtu de leurs plus beaux habits, chacune rivalisant avec l’autre pour se distinguer, c’est un véritable défilé qui ferait rougir de jalousie les plus grands couturiers. Les pagnes noués autour des hanches et dans leur dos le dernier-né danse, bercé par l’élégance. Les sourires sur les visages, les larmes qui se cachent, le bruit et le silence, se côtoient avec dignité. Les rumeurs circulent comme les charrettes un jour de marché. On échange quelques recettes de cuisine, on parle des hommes, on donne les dernières nouvelles du village, et on refait le monde qui d’un coup prend un air efféminé, un peu moins bête et un peu plus coloré. Une petite fille les écoute avec admiration en attendant son tour, elle puise ces paroles dont elle abreuvera ses camarades lorsque le moment du repos viendra. Plus qu’à l’école, c’était près du puits qu’elle avait appris à respecter les grandes personnes, qu’elle avait aussi appris des chants si vieux que personne n’en connaissait l’origine. L’Harmattan qui s’ennuyait se mit à souffler pour montrer qu’il existait, il me portait à l’oreille la voix de la petite qui fredonnait :
Connais- tu mon Beau Village Qui se mire au clair ruisseau Encadré dans le feuillage On dirait un nid d’Oiseau Ma Maison parmi l’ombrage Me Sourit comme un Berceau
La corvée terminée, les femmes, armées de leurs bassines vissées sur la tête, se taisent et le regard baissé rentrent dans leur foyer. J’aimerais les suivre des yeux, savoir ce qu’il se passe une fois que la bassine vide son eau dans le canari. Est-ce qu’on leur dit merci ? Est-ce que l’on se souvient que c’est dans le ventre de cette femme que pendant neuf mois tout commença ? Que c’est peut-être dans cette bassine qu’elle nous lavait et nous choyait quand nous ne pouvions pas encore marcher ? Le monde redevient celui des hommes, un peu plus violent, un peu moins souriant. Dans les larmes d’une femme, le fleuve ne voit que de l’eau.
Non loin de moi, je vois des dos courbés et des fronts dans la poussière, des voix plaintives qui s’élèvent dans le ciel et s’évaporent dans les airs. Mon soleil indique cinq heures, les paysans font leur prière. « Seigneur, quel temps fera t’il demain ? », « La pluie va t’elle tomber et nos larmes cesser de couler ? ». Pourvu que notre Dieu nous entende, que l’eau inonde nos plantations, qu’elle fasse reverdir nos champs, comme du temps du Prophète, séparer l’ivraie du bon grain, juste un peu de pain, de quoi nourrir nos femmes et nos bambins. Les nuages s’écartent, le ciel leur répond « Qui se contente de peu ne manque de rien ». Alors les paysans, à l’ombre d’un arbre s’assoient calmement. Un verre de thé à la main, ils attendent inlassablement le lendemain qui ne vient pas.
Puis au loin, là où l’on ne peut toucher l’horizon de ses propres mains, j’aperçois marcher le lendemain, les pas incertains comme l’aveugle qui parfois se trompe de chemin. Envahit par la peur de ne pas être à la hauteur, il sait qu’on le scrute, qu’on l’attend avec ferveur et que peut-être déjà, la rumeur a parcouru les villages sur les bords des deux rives. « Il arrive, il arrive, je le reconnais, c’est le lendemain qui vient ». Alors c’est une question d’honneur, c’est à lui maintenant de rentrer sur la scène, de distribuer l’espoir à ceux qui ont dans leur cœur la peine des jours passés, de rendre hommage à la vieille sagesse Africaine.
Le fleuve en exil, demandeur d’asile, traînant sa veille pirogue, vient lui aussi, tranquille, insolent. Allez savoir pourquoi, il avait choisi pour patrie le Sénégal, et non la Mauritanie.
Et ma voix qui revient. Je t’avais promis qu’un jour peut-être, je reviendrais visiter mon poète.
Au loin, ma voix qui revient Au loin, ma voix qui revient Un verre de thé à la main, un verre de thé à la main
Par Maalik David DUPUY - SIDIBE
" Dans les larmes d’une femme, le fleuve ne voit que de l’eau "
Là où je suis, la vie est un long récit qui d’habitude ne s’écrit pas. Je déroge à la règle et ma main emprunte un stylo pour habiller mes mots, les phrases décousues se couvrent d’un simple pan de tissu pour qu’elles puissent rester humbles à moitié nue, comme Adam et Eve après avoir mangé le fruit défendu. Ma bouche aimerait se faire porte-parole d’une ancienne tradition orale, mais ma voix rebelle s’installe aujourd’hui sur les bords du fleuve Sénégal, non loin de Podor, de Matam ou de Bakel. Elle prend cette pirogue, fait ses bagages, et s’éloigne petit à petit du rivage, en promettant qu’un jour peut-être, elle reviendra visiter son poète.
C’est la voix qui s’en va devant l’appel du lointain.
Ces paroles ne sont maintenant plus de moi, je ne suis qu’un simple messager comme le facteur anonyme qui chaque matin délivre son courrier, sans savoir si ce qu’il met dans la boite va nous faire rire ou pleurer. Alors je reste là à regarder le rien qui passe, repasse, parfois s’efface pour laisser place au bruit sourd des cœurs qui battent. Aux cœurs des hommes, des femmes, des enfants, de tous ces gens des bords du fleuve qui, tels des caméléons, ont pris la couleur de ses eaux, la nonchalance de ses vagues. Pêcheurs, cultivateurs, piroguiers, bijoutiers, potiers, tous se côtoient, se respectent et finalement se ressemblent dans leur crainte et leur espérance.
Ce fleuve, parfois sédentaire, immobile comme le poisson pris dans les filets du pêcheur, se fond dans le décor, se mêle aux peuples qu’il a enfanté et bercé de son amour. Depuis la nuit des temps, la mère couve ses enfants et les regarde grandir avec douceur et inquiétude face à l’avenir poussiéreux qui recouvre la misère. Alors pour donner ne serait-ce qu’un peu d’espoir, il blanchit le linge sale des femmes transpirant sous un soleil de terre, il lave les moutons, nourrit des familles qui ne compte que sur sa générosité, il abreuve le Peul et ses vaches, il cultive le Sorgho, le maïs, le mil ou le Niébé, il abrite l’ombre qui attend la nuit pour faire vivre sa magie, il cache la vie qui par honte s’embellit au contact de sa poésie.
D’autre fois nomade, il s’approche, il vient, part et ne revient pas à un rythme lent que seul le musicien peut comprendre. La mère poule s’en va laissant les oisillons dans le poulailler de la détresse. On essaye de le saisir mais il se faufile entre désespoir et impertinence. Il salit plus qu’il ne blanchit, le Sorgho s’impatiente tandis que le maïs se fait la belle, la vie s’enlaidit, la nuit est partie, la magie aussi. Les prières s’intensifient, c’est l’exil du fleuve fatigué d’attendre un lendemain incertain.
Au loin, sur l’autre rive, j’aperçois des hommes qui, eux aussi, attendent le lendemain, à l’ombre d’un arbre, le verre de thé à la main. Les langues se délient et l’on entend la voix grave des anciens. Certains disent : « Le lendemain, seul les Baobabs en seront les témoins ». Alors que d’autres se posent la question « Viendra t’il le soir ou bien au petit matin ? ». Le débat s’installe, les plus jeunes arrivent et prennent leur place. Chacun ajoute sa parole à la suivante, même si celle-ci n’a que peu d’importance, on hausse le ton, on dérange le repos du silence histoire d’y laisser sa trace, faire acte de présence. Souvent ça déborde, les sujets changent comme les boubous un jour de mariage. Un match de foot à commenter, une anecdote à raconter, des idées politiques à exprimer, et au fait est-ce que notre vote dans l’urne sera enfin comptabilisé ? Les vieux insistent et persistent sur le seul sujet qui à leurs yeux mérite d’user la salive. Le poste de radio est allumé mais rien, pas une nouvelle sur le lendemain qui vient ou qui ne viendrait pas. Finalement, les langues fatiguées, le troisième thé achevé et la mosquée qui ne cesse d’appeler, les paroles s’envolent dans la brise comme un vulgaire bout de papier. Tout ce petit monde reste sur sa faim, mais une chose est sur, il est grand temps que vienne le lendemain, qu’il change notre quotidien, c’est lui dont aujourd’hui nous avons tous besoin.
Au loin, j’entends les rires des femmes qui contrastent avec la dure réalité. Le coq vient tout juste de chanter et c’est déjà l’heure de la corvée. L’eau ne tombe pas d’en haut, des nuages comme dans tous les autres villages, elle vient d’en bas, d’un puits dont personne ne connaît l’âge. Vêtu de leurs plus beaux habits, chacune rivalisant avec l’autre pour se distinguer, c’est un véritable défilé qui ferait rougir de jalousie les plus grands couturiers. Les pagnes noués autour des hanches et dans leur dos le dernier-né danse, bercé par l’élégance. Les sourires sur les visages, les larmes qui se cachent, le bruit et le silence, se côtoient avec dignité. Les rumeurs circulent comme les charrettes un jour de marché. On échange quelques recettes de cuisine, on parle des hommes, on donne les dernières nouvelles du village, et on refait le monde qui d’un coup prend un air efféminé, un peu moins bête et un peu plus coloré. Une petite fille les écoute avec admiration en attendant son tour, elle puise ces paroles dont elle abreuvera ses camarades lorsque le moment du repos viendra. Plus qu’à l’école, c’était près du puits qu’elle avait appris à respecter les grandes personnes, qu’elle avait aussi appris des chants si vieux que personne n’en connaissait l’origine. L’Harmattan qui s’ennuyait se mit à souffler pour montrer qu’il existait, il me portait à l’oreille la voix de la petite qui fredonnait :
Connais- tu mon Beau Village Qui se mire au clair ruisseau Encadré dans le feuillage On dirait un nid d’Oiseau Ma Maison parmi l’ombrage Me Sourit comme un Berceau
La corvée terminée, les femmes, armées de leurs bassines vissées sur la tête, se taisent et le regard baissé rentrent dans leur foyer. J’aimerais les suivre des yeux, savoir ce qu’il se passe une fois que la bassine vide son eau dans le canari. Est-ce qu’on leur dit merci ? Est-ce que l’on se souvient que c’est dans le ventre de cette femme que pendant neuf mois tout commença ? Que c’est peut-être dans cette bassine qu’elle nous lavait et nous choyait quand nous ne pouvions pas encore marcher ? Le monde redevient celui des hommes, un peu plus violent, un peu moins souriant. Dans les larmes d’une femme, le fleuve ne voit que de l’eau.
Non loin de moi, je vois des dos courbés et des fronts dans la poussière, des voix plaintives qui s’élèvent dans le ciel et s’évaporent dans les airs. Mon soleil indique cinq heures, les paysans font leur prière. « Seigneur, quel temps fera t’il demain ? », « La pluie va t’elle tomber et nos larmes cesser de couler ? ». Pourvu que notre Dieu nous entende, que l’eau inonde nos plantations, qu’elle fasse reverdir nos champs, comme du temps du Prophète, séparer l’ivraie du bon grain, juste un peu de pain, de quoi nourrir nos femmes et nos bambins. Les nuages s’écartent, le ciel leur répond « Qui se contente de peu ne manque de rien ». Alors les paysans, à l’ombre d’un arbre s’assoient calmement. Un verre de thé à la main, ils attendent inlassablement le lendemain qui ne vient pas.
Puis au loin, là où l’on ne peut toucher l’horizon de ses propres mains, j’aperçois marcher le lendemain, les pas incertains comme l’aveugle qui parfois se trompe de chemin. Envahit par la peur de ne pas être à la hauteur, il sait qu’on le scrute, qu’on l’attend avec ferveur et que peut-être déjà, la rumeur a parcouru les villages sur les bords des deux rives. « Il arrive, il arrive, je le reconnais, c’est le lendemain qui vient ». Alors c’est une question d’honneur, c’est à lui maintenant de rentrer sur la scène, de distribuer l’espoir à ceux qui ont dans leur cœur la peine des jours passés, de rendre hommage à la vieille sagesse Africaine.
Le fleuve en exil, demandeur d’asile, traînant sa veille pirogue, vient lui aussi, tranquille, insolent. Allez savoir pourquoi, il avait choisi pour patrie le Sénégal, et non la Mauritanie.
Et ma voix qui revient. Je t’avais promis qu’un jour peut-être, je reviendrais visiter mon poète.
Au loin, ma voix qui revient Au loin, ma voix qui revient Un verre de thé à la main, un verre de thé à la main
Par Maalik David DUPUY - SIDIBE
Au Sénégal, qui sont les talibés?
Au départ, ce sont des enfants confiés à un maître d’école coranique (Marabout) en vue de leur apprentissage du Coran.
Depuis trente à trente-cinq ans, une grande partie de ces enfants (mais une partie seulement) est victime du fonctionnement des daaras (écoles coraniques). Mal logés, mal nourris, maltraités, ils sont contraints d’aller mendier au bénéfice du maître d’école coranique.
Un récent documentaire télévisé et diffusé par Thalassa a provoqué une prise de conscience d’un certain nombre de téléspectateurs et suscité un nombre important de messages d’indignation sur le forum de Thalassa. Cette « vague » d’indignation a été peu perçue au Sénégal. Elle a toutefois suscitée une réaction irritée du Président Wade. Des commentaires très émotionnellement agressifs ont été postés suite à ce documentaire. Celui-ci, diffusé par Thalassa, n’a montré qu’un aspect d’un phénomène très compliqué en méconnaissant les dispositions prises par l’État et les efforts des dizaines d’associations œuvrant dans le domaine. Cependant, quelques internautes très motivés ont fait un travail de recherche et de documentation sur le sujet.
Le 20 avril est au Sénégal la journée nationale des talibés. Ce jour là, une marche est prévue du commissariat de Mbour à la préfecture en soutien aux textes prévus en faveur des talibés (loi du 29 avril 2005 et Convention internationale des droits de l’enfant) pour réclamer leur application.
Un débat est également prévu le 21 avril à Saly, à 21 heures à l’Espace Jappoo afin de présenter le problème sous un angle un peu moins sommaire.
D’autres actions sur cette journée sont prévues dans tout le Sénégal et nous vous serions reconnaissants de vous joindre à cette action en la médiatisant et en donnant la parole à tous les acteurs connus de vous dans ce domaine.
Vous pourrez retrouver de la documentation (films, livres, articles) traitant le sujet sur http://talibe.net http://talibes.blog4ever.com
Depuis trente à trente-cinq ans, une grande partie de ces enfants (mais une partie seulement) est victime du fonctionnement des daaras (écoles coraniques). Mal logés, mal nourris, maltraités, ils sont contraints d’aller mendier au bénéfice du maître d’école coranique.
Un récent documentaire télévisé et diffusé par Thalassa a provoqué une prise de conscience d’un certain nombre de téléspectateurs et suscité un nombre important de messages d’indignation sur le forum de Thalassa. Cette « vague » d’indignation a été peu perçue au Sénégal. Elle a toutefois suscitée une réaction irritée du Président Wade. Des commentaires très émotionnellement agressifs ont été postés suite à ce documentaire. Celui-ci, diffusé par Thalassa, n’a montré qu’un aspect d’un phénomène très compliqué en méconnaissant les dispositions prises par l’État et les efforts des dizaines d’associations œuvrant dans le domaine. Cependant, quelques internautes très motivés ont fait un travail de recherche et de documentation sur le sujet.
Le 20 avril est au Sénégal la journée nationale des talibés. Ce jour là, une marche est prévue du commissariat de Mbour à la préfecture en soutien aux textes prévus en faveur des talibés (loi du 29 avril 2005 et Convention internationale des droits de l’enfant) pour réclamer leur application.
Un débat est également prévu le 21 avril à Saly, à 21 heures à l’Espace Jappoo afin de présenter le problème sous un angle un peu moins sommaire.
D’autres actions sur cette journée sont prévues dans tout le Sénégal et nous vous serions reconnaissants de vous joindre à cette action en la médiatisant et en donnant la parole à tous les acteurs connus de vous dans ce domaine.
Vous pourrez retrouver de la documentation (films, livres, articles) traitant le sujet sur http://talibe.net http://talibes.blog4ever.com
Bonjour,
avec mon mari on souhaite partir au sénégal pour les fêtes de fin d'année j'ai trouvé des vols directs avec la compagnie air sénégal (est une compagnie serieuse) et ensuite on souhaite louer une maison au bord de l'eau
c'est notre premier sejour, nous souhaitons faire connaissance avec la population et les enfants (merci de me dire ce que je peux porter aux enfants) merci pour vos conseil et vos idées de visites j'aimerai aussi avoir des renseignements sur les médicaments à prendre avant le depart
merci d'avance pour vos réponse
sabrina et luc
c'est notre premier sejour, nous souhaitons faire connaissance avec la population et les enfants (merci de me dire ce que je peux porter aux enfants) merci pour vos conseil et vos idées de visites j'aimerai aussi avoir des renseignements sur les médicaments à prendre avant le depart
merci d'avance pour vos réponse
sabrina et luc
Bonjour,
J'aimerai échanger avec des personnes qui sont partis en voyage avec de jeunes enfants. Notre fille a 3 ans et on y part 3 semaines en juillet.
Merci Mélanie
J'aimerai échanger avec des personnes qui sont partis en voyage avec de jeunes enfants. Notre fille a 3 ans et on y part 3 semaines en juillet.
Merci Mélanie
Bonjour,
Je recherche des infos, des conseils pour acheter au Senegal : il vaut mieux acheter un terrain et construire ou acheter neuf ? quelle est la fourchette de prix pour un achat d'appartement 2 a 3 pieces dans Dakar, ou aux Mamelles ou aux Almadies ou à la Somone, Saly, Mbour ? les démarches administratives sont elles compliquées ? y a t'il des "arnaques" à éviter ?
Merci pour tous vos tuyaux
Je recherche des infos, des conseils pour acheter au Senegal : il vaut mieux acheter un terrain et construire ou acheter neuf ? quelle est la fourchette de prix pour un achat d'appartement 2 a 3 pieces dans Dakar, ou aux Mamelles ou aux Almadies ou à la Somone, Saly, Mbour ? les démarches administratives sont elles compliquées ? y a t'il des "arnaques" à éviter ?
Merci pour tous vos tuyaux
ça y est, le gouvernement français a réussi à leur faire peur!!!!!!!!!
ces histoires de sécurité me font toujours ricaner...Je sais que je ne suis pas la seule.
Mais bon, cette année pas d'enfants écrasés et économies de carburant:tant mieux pour l'interdiction de ce cirque!!! On a même des doutes sur la suite de cette épreuve.Marrant:tant de bonnes âmes ont protesté contre sans succès qu'arriver à le faire annuler par la trouille....... En fin pour moi c'est tant mieux, sauf pour les raisons invoquées
Mais bon, cette année pas d'enfants écrasés et économies de carburant:tant mieux pour l'interdiction de ce cirque!!! On a même des doutes sur la suite de cette épreuve.Marrant:tant de bonnes âmes ont protesté contre sans succès qu'arriver à le faire annuler par la trouille....... En fin pour moi c'est tant mieux, sauf pour les raisons invoquées
quels sont les golfs a proximite de Dakar?
Je recherche des infos sur la qualite et specificites des parcours, les prix, etc....
d'avance merci
Bonjour,
Je suis allée au Sénégal, en juillet 2013, pour 2 semaines , à la Somone, avec mon mari et notre fils, qui a maintenant 14 ans. Pour notre fils, nous étions en hôtel club, mais nous sommes sortis tous les jours en excursions, avec un guide local. Nous avons adoré notre séjour. Nous avions créé un lien avec un jeune homme, devant l'hôtel, qui reste à la somone pour s'occuper de son petit magasin artisanal. On se retrouvait sur la plage de la lagune, on mangeait des huîtres avec lui, il nous préparait le thé... Quand nous sommes repartis, nous avons pleuré, lui comme nous. Par la suite, je lui ai envoyé des photos. Et de temps en temps, un peu d'argent, notamment pour la grande fête de fin septembre, pour l'aider à acheter le mouton... Nous nous donnons des nouvelles régulièrement, il nous appelle papa / maman...
En décembre, nous y allons pour une semaine. Nous ne lui avons rien dit, pour faire la surprise. Je suis très heureuse d'y retourner, et en même temps j'ai des craintes. Au téléphone, il m'avait dit, que si un jour on pouvait se revoir, il nous emmènerait rencontrer sa famille. Son village est assez loin de la somone, près du désert de lompoul.
Avec notre guide, nous nous sentions en sécurité, et avons apprécié toutes nos sorties.
Ce que je crains, c'est que "notre fils", pense que nous arrivons pour donner de l'argent (j'ai bien sûr prévu d'apporter des petits cadeaux), alors que je ne voudrais pas que notre relation soit basée sur cela. Je pense que je lui expliquerai, quand on se reverra, et je pense qu'il comprendra. Mais si nous allons dans son village, qu'est-ce que les membres de sa famille vont penser trouver dans nos petits cadeaux ?
Je me demande maintenant si j'ai bien fait de lui avoir envoyé quelque fois de l'argent.
Dans l'attente de vous lire,
Je suis allée au Sénégal, en juillet 2013, pour 2 semaines , à la Somone, avec mon mari et notre fils, qui a maintenant 14 ans. Pour notre fils, nous étions en hôtel club, mais nous sommes sortis tous les jours en excursions, avec un guide local. Nous avons adoré notre séjour. Nous avions créé un lien avec un jeune homme, devant l'hôtel, qui reste à la somone pour s'occuper de son petit magasin artisanal. On se retrouvait sur la plage de la lagune, on mangeait des huîtres avec lui, il nous préparait le thé... Quand nous sommes repartis, nous avons pleuré, lui comme nous. Par la suite, je lui ai envoyé des photos. Et de temps en temps, un peu d'argent, notamment pour la grande fête de fin septembre, pour l'aider à acheter le mouton... Nous nous donnons des nouvelles régulièrement, il nous appelle papa / maman...
En décembre, nous y allons pour une semaine. Nous ne lui avons rien dit, pour faire la surprise. Je suis très heureuse d'y retourner, et en même temps j'ai des craintes. Au téléphone, il m'avait dit, que si un jour on pouvait se revoir, il nous emmènerait rencontrer sa famille. Son village est assez loin de la somone, près du désert de lompoul.
Avec notre guide, nous nous sentions en sécurité, et avons apprécié toutes nos sorties.
Ce que je crains, c'est que "notre fils", pense que nous arrivons pour donner de l'argent (j'ai bien sûr prévu d'apporter des petits cadeaux), alors que je ne voudrais pas que notre relation soit basée sur cela. Je pense que je lui expliquerai, quand on se reverra, et je pense qu'il comprendra. Mais si nous allons dans son village, qu'est-ce que les membres de sa famille vont penser trouver dans nos petits cadeaux ?
Je me demande maintenant si j'ai bien fait de lui avoir envoyé quelque fois de l'argent.
Dans l'attente de vous lire,
Bonjour à tous,
Je souhaitais diffuser auprès de la communauté des trekkeurs notre initiative pour réclamer l'annulation du Dakar 2009. Merci de relayer cette information si vous la jugez pertinente. (Peut-être pourrait-elle être diffusée sur d'autres rubriques du forum, j'attends vos suggestions).
Merci par avance pour votre soutien, Cordialement, Anthony Nicolazzi Administrateur http://www.trekmag.com Non au Dakar 2009
Le Dakar, c’est ringard. 30 ans, ça suffit ! Annulé à la suite des événements dramatiques de fin 2007 sur le territoire mauritanien, le Dakar 2008 aurait dû célébrer la trentième édition du plus grand rallye au monde. Confronté à une situation géopolitique africaine qui avait progressivement rogné l’espace vital de l’épreuve, l’organisateur Amaury Sport Organisation (ASO) a décidé de déplacer l’édition 2009 sur le territoire sud-américain. Le départ et l’arrivée s’effectueront sur Buenos Aires, et le parcours de 9000 km comptera 6000 km de spéciales à travers l’Argentine et le Chili, via le désert d’Atacama.
Sauvons l’Atacama Situé à plus de 4000 m d’altitude, le désert Atacama est très vulnérable. Avec moins de 100 mm de pluie par an, c’est un désert hyper aride, où la croissance des plantes est extrêmement lente et où l’existence même de la vie est un défi permanent. Dans ce contexte, la subsistance des populations locales est rendue particulièrement difficile et faire courir une telle épreuve dans l’Atacama serait simplement inapproprié. Sans même parler des risques de destruction inéluctable de nombreux sites archéologiques, dont certains datent de 12 000 ans.
Pourquoi il faut arrêter le Dakar ! À l’heure où tous les pays du monde tentent de s’entendre sur les accords de Kyoto, les pays industrialisés se doivent de transmettre un autre message que celui d’une débauche de moyens, qui s’apparente de plus en plus à un gâchis inadmissible. Refuser le Dakar 2009, c’est crier haut et fort que le rallye ne correspond plus aux réalités du XXIe siècle et à l’image que nous souhaitons transmettre des sociétés occidentales. Refuser le Dakar, c’est défendre des valeurs humaines et environnementales dans lesquelles doivent désormais s’inscrire nos modes de vie.
Pour signer la pétition, c'est par ici : http://www.trekmag.com/News/273-non-au-dakar-2009.html
Les rédactions de Trek magazine et de Montagnes magazine
Merci par avance pour votre soutien, Cordialement, Anthony Nicolazzi Administrateur http://www.trekmag.com Non au Dakar 2009
Le Dakar, c’est ringard. 30 ans, ça suffit ! Annulé à la suite des événements dramatiques de fin 2007 sur le territoire mauritanien, le Dakar 2008 aurait dû célébrer la trentième édition du plus grand rallye au monde. Confronté à une situation géopolitique africaine qui avait progressivement rogné l’espace vital de l’épreuve, l’organisateur Amaury Sport Organisation (ASO) a décidé de déplacer l’édition 2009 sur le territoire sud-américain. Le départ et l’arrivée s’effectueront sur Buenos Aires, et le parcours de 9000 km comptera 6000 km de spéciales à travers l’Argentine et le Chili, via le désert d’Atacama.
Sauvons l’Atacama Situé à plus de 4000 m d’altitude, le désert Atacama est très vulnérable. Avec moins de 100 mm de pluie par an, c’est un désert hyper aride, où la croissance des plantes est extrêmement lente et où l’existence même de la vie est un défi permanent. Dans ce contexte, la subsistance des populations locales est rendue particulièrement difficile et faire courir une telle épreuve dans l’Atacama serait simplement inapproprié. Sans même parler des risques de destruction inéluctable de nombreux sites archéologiques, dont certains datent de 12 000 ans.
Pourquoi il faut arrêter le Dakar ! À l’heure où tous les pays du monde tentent de s’entendre sur les accords de Kyoto, les pays industrialisés se doivent de transmettre un autre message que celui d’une débauche de moyens, qui s’apparente de plus en plus à un gâchis inadmissible. Refuser le Dakar 2009, c’est crier haut et fort que le rallye ne correspond plus aux réalités du XXIe siècle et à l’image que nous souhaitons transmettre des sociétés occidentales. Refuser le Dakar, c’est défendre des valeurs humaines et environnementales dans lesquelles doivent désormais s’inscrire nos modes de vie.
Pour signer la pétition, c'est par ici : http://www.trekmag.com/News/273-non-au-dakar-2009.html
Les rédactions de Trek magazine et de Montagnes magazine
" Se taire et écouter la voix de l'Afrique "
" Choisis la bonne piste ! Si tu choisis la brousse, ne te plains pas des épines "...
Ce proverbe Peul, teinté de réalisme, prend tout son sens dans le contexte de la région dont je vais vous parler maintenant. Après quelques voyages sur le Continent Noir, la découverte des villes et des villages, j’ai rencontré le sourire des enfants, la beauté des femmes et la noblesse des hommes, la vie m'a emmené sur une piste (serait-ce la bonne ?) que je ne me lasse pas de parcourir malgré les épines qui la parsème. Mes pieds ont foulé le sol d'une Terre emprunt de mystères et de secrets, une Terre où dit-on, les sorcières, les génies, les maîtres des eaux et de la brousse, après avoir tant parcouru le monde à la recherche d'un lieu paisible, se sont finalement arrêtés. Et c'est parmi les Haal Pulaar "ceux qui parlent Pulaar" qu'ils décidèrent de faire Vivre leur magie. Cette Terre, c'est le Foûta Tôro, appelée aussi Fouta Sénégalais. S'étendant de Dagana au Nord jusqu'à Bakel à l'Est, en passant par Podor et Matam, c'est toute l'Histoire et la Culture d'un Peuple fascinant qui nous fait face. Les yeux rivés vers l'horizon en direction du fleuve, et c'est la Mauritanie. Un peu plus bas, ce sera le Mali. Le Foûta est un carrefour, un "carrefour des cultures" pour reprendre l'expression d'Oumar Bâ (c.f. Le Foûta Torô, au carrefour des cultures, éditions l'Harmattan) où cohabite une multitude de Peuples et de croyances. Mais attention, que l'on vienne empiéter sur son territoire, dénigrer sa culture et ses croyances, et ce Fouta noble et fière se lèvera tel un seul homme pour défendre ses valeurs.
Descendant de la haute noblesse Egyptienne, ces pasteurs Peuls, les Fulbés comme ils s'appellent eux-mêmes, ont migré à travers toute l'Afrique Subsaharienne au gré des vents et des pâturages, toujours fidèle à leurs troupeaux de vaches. Et c'est au Fouta Toro que leurs vaches trouvèrent les meilleurs pâturages. Bien plus tard, ils repartiront vers l'Est et cette fois ils n'oublieront pas de disséminer leur culture et leur langue à travers une 20aine de pays sur toute la bande Sahélienne. Ainsi, il n'y a pas que le Fouta Toro qui porte cet étrange nom de "Fouta", on trouve ses frères: le Fouta Jallon en Guinée et le Fouta Macina au Mali. Une origine mystérieuse donc, qui selon les traditions orales des Peuls nous renvoie au fabuleux pays de Heli et Yoyo où il y a très, très longtemps, avant leur dispersion à travers l'Afrique, les Peuls auraient vécu heureux, comblés de toutes les richesses et protégés de tout mal, même de la mort. Par la suite, leur mauvaise conduite et leur ingratitude auraient provoqué le courroux divin. Guéno (le Dieu suprême, l'Eternel) décida de les châtier et suscita à cet effet une terrible et maléfique créature, Njeddo Dewal la grande sorcière, dont les sortilèges feront tomber sur les malheureux habitants de Heli et Yoyo des calamités si épouvantables que, pour y échapper, ils devront fuir à travers le monde.
Mais revenons au territoire qui nous intéresse. Le Sénégal est l'un des premiers pays en Afrique à s'être ouvert au tourisme, les plages de la Petite Côte, la Casamance, le Siné-Saloum ou plus au Nord la tranquillité de la ville de Saint-Louis, sont connus de la plupart des toubabs (blancs). Mais celui qui s'aventure sur la route de la Vallée du Fleuve Sénégal après Saint-Louis risque de découvrir un Sénégal dont il n'a jamais entendu parler. Même les Sénégalais vous diront, l'air surpris et à la fois admiratif, " mais que vas-tu faire là-bas ? ". Le Fouta, c'est le règne de l'authenticité, de la simplicité et de la spiritualité. De petits villages qui bordent le goudron ou des hameaux que vous apercevez au loin en vous demandant qui peut encore vivre là-bas. De magnifiques "Tibas" (habitations traditionnelles Peuls en banco et toit de paille) flirtant discrètement avec les maisons en ciment. Les bergers conduisant leurs immenses troupeaux de vaches et de moutons avec plus de facilité que vous ne conduisez votre voiture. Les enfants qui vous regardent l'air surpris, se demandant eux aussi qui peut venir leur rendre visite jusqu'ici. C'est le quotidien d'un voyage sur la route du fleuve dans cette région aride et désertique durant la saison sèche mais dont la verdure renaît durant la saison des pluies, comme pour vous signifier que la vie n'est qu'un éternel recommencement.
Souvenez-vous, " ne te plains pas des épines ". Ici, ce n'est pas les maladies qui vous arrêteront, ni le manque d'eau ou de nourriture, non ! Les épines du Fouta ce sont ces routes à peine goudronnées si bien qu'il est préférable de rouler sur le bas-côté, ce sont aussi ces vaches, ces ânes et ces moutons qui traversent et s'immobilisent au milieu de la route vous obligeant à utiliser votre klaxon, que dire encore de la monotonie de son paysage qui vous donnera l'envie de faire un petit somme en attendant d'arriver à destination. Mais, c'est aussi et surtout son soleil écrasant. Un soleil si Puissant que vous ne remercierez jamais assez les quelques vendeurs de glaces venant du Mali pour amener la fraîcheur dans les petits villages du Fouta. Tout le monde est le bienvenu au Fouta, sauf celui qui ne supporte pas la chaleur... et ce soleil saura vous rendre le voyage difficile histoire de tester vos facultés d'adaptation. Lorsque vous rencontrerez tous ces éléments au Sénégal, c'est signe que vous êtes allés plus loin que le simple touriste et que vous êtes arrivés au Fouta.
Ne vous attendez pas à voir une Afrique que les clichés ont dénaturé. Ici, c'est bel et bien la brousse, mais ce sont les Baobabs qui en sont les propriétaires et qui vous transmettront leur savoir ancestral à l'occasion. Enracinés dans une terre qu'ils connaissent depuis des millénaires, ces arbres courageux sont les rois de la brousse. Qu'il pleuve ou qu'il vente, que le soleil les étouffe ou qu'une tempête s'abatte sur eux, ils ne cillent point et affrontent la vie avec sérénité, de grandes leçons pour les hommes que nous sommes. Le véritable maître de la brousse (JomLadde en Pulaar), le lion, est parti vers d'autres contrées laissant place à quelques rares hyènes et chacals, même si les anciens du Fouta se souviennent dans leur jeunesse en avoir vu quelques spécimens...
Ne vous attendez pas non plus à voir l'Afrique télévisée. Ici, pas de tam-tams, ni de masques, ni de danses euphoriques à la limite de la transe. C'est la Vie dans sa plus pure simplicité qui a pris possession de la région.
Ne vous attendez pas.... d'ailleurs, ne vous attendez à rien de particulier, vous pourrez passer dans cette région et ne rien voir du tout car en vérité, et il faut le dire, il n'y a rien à voir ni à faire. A l'image de ce que Martin Luther King disait " Tout ce que nous voyons n'est qu'une ombre projetée par les choses que nous ne voyons pas ". Ce Fouta recèle des mystères insondables aux Hommes, aussi bien que les voies de Dieu sont impénétrables. C'est au Fouta que des questions ne trouvent pas de réponses, et que des réponses n'ont pas de questions. Les Foutankés (habitants du Fouta) vous le disent , des forces invisibles existent et agissent, des forces que même l'oeil ne peut nommer mais que l'Homme peut découvrir et s'approprier s'il est attentif. Le vent, les tempêtes de sable, la pluie, le soleil, un arbre, un animal, un enfant. Tout est signes et langages et communiquent à chaque instant. " Se taire et écouter la voix de l'Afrique " me répétait un Griot Haal Pulaar, " Ramène ça chez toi, l'occident en a besoin" ... " Se taire et écouter la voix de l'Afrique ".
Le Fouta, terre des marabouts, est un haut lieu spirituel et ses habitants de fervents religieux. En longeant la route du fleuve, vous serez surpris par le nombre incalculable de mosquées, parfois deux par villages, les anciennes en banco côtoyant les plus modernes aux couleurs de l'Arabie Saoudite. Ceux qui connaissent le Mali sont peut-être déjà allés à Djenné visiter sa grande mosquée en banco, la plus ancienne d'Afrique de l'Ouest. Mais qui sait que c'est au Fouta, dans le petit village de Séno Palel, que se trouve la deuxième plus ancienne mosquée, fièrement gardée par la noble famille DAFF ? En effet, c'est au Fouta Toro que l'Islam Noir est né. Les Peuls et les Toucouleurs sont les premiers à se convertir à l'Islam à partir du XIème siècle et à propager la Foi Musulmane dans toute l'Afrique de l'Ouest. C'est un Islam pur et saint. Ici, on ne connait pas les Mourides ni les Baye Fall, et on ne boit pas le célèbre café Touba cher aux Mourides. Non, ici, c'est la confrérie Tidjane qui a déposé ses marques, représentée par le grand chef religieux et conquérant El Hadj Omar Tall.
Ndioum, Podor, Matam, Kanel, Bakel. Tant de villes qui ne laissent pas leurs visiteurs indifférents. Vestiges de grands royaumes Peuls, témoins de l'arrivée des troupes coloniales et fomenteuses de révoltes contre les envahisseurs étrangers, ces villes résistent inlassablement aux aléas du temps. Serait-ce cette histoire d'Amour avec ce fleuve qui les a vu naître qui les fait rester immobile et indifférente face à la conquête de la modernité ? Possible.. Tiraillée entre deux rives, deux pays, c'est finalement vers le Sénégal, dont il a pris le nom, que son Coeur a chaviré. Les thioubalos (les pêcheurs) l'affirment, le maître des eaux (JomMayo) est ici chez lui, et personne n'a jamais réussi à le dompter. Il donne la boisson et la nourriture et à la nuit tombée, lors des veillées, on le remercie en chantant le Pekan à sa gloire.
Mais c'est au fin fond du Fouta, pratiquement à sa frontière la plus au Sud, à une 20aine de kilomètres de Bakel, qu'un petit village a conquis mon Coeur. Un village comme il en existe des milliers, voire même des dizaines de milliers sur le continent Noir. Une école, un puits, une mosquée, des poules, des vaches et des moutons, des enfants toujours aussi souriants, des femmes sublimes dans leur grand boubou, les hommes occupés à jouer aux cartes à l'ombre du baobab... bref, un village somme toute assez banal. Mais " Ne juge pas un arbre à son écorce " dit l'adage. Un village vieux de 400 ans disent les documents de la région, 6000 ans leur répondent les villageois ! Quoi qu'il en soit, de nombreuses pages d'Histoire sont à écrire sur le village de Gaoudé Boffé. Oui, Gaoudé Boffé, c'est bien son nom ! Le Gawdi est un arbre épineux de la famille des acacias que l'on trouve dans les zones désertiques et qui produit des petits fruits utilisés dans les teintures. Boffé, on traduirait cela par "quelqu'un qui ne peut pas marcher" mais quel est le lien ? Mystère. Ce village, c'est 650 habitants, tous éleveurs et cultivateurs. Les Daff, les Bocoum, les Niane, les Ndiandé, les Kam, les Njine sont leur Yettode (Nom de famille, patronyme), celui des Diawando, la classe des Nobles. Mais en réalité, du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest, c'est la même famille. Qu'un évènement se passe dans le village, et tout le monde est au courant dans les minutes qui suivent, et les nouvelles s'étendent rapidement dans les villages alentours. D'ailleurs, il y a une place dans le village, le domaine réservé des hommes, que l'on appelle la BBC, et pour cause ! Le village n'a pas de facteurs pour recevoir les nouvelles, juste quelques télévisions et radios fonctionnant à "temps partiel", pour être au courant des dernières nouvelles c'est donc à la BBC qu'il faut se rendre. On apprendra qu'un tel est sorti discrètement la nuit dernière pour rejoindre une telle, qu'une demande en mariage s'est soldée par un refus des parents ou que telle personne n'a pas fait ses prières le jour du vendredi.
C'est la vie d'un petit village Africain qui défile devant nous. Au petit matin, réveillé par le soleil toujours aussi éclatant, le chant du coq et les bruits lointains des femmes déjà affairées à puiser l'eau du puits, c'est le signe d'une nouvelle journée qui démarre. D'ailleurs ce puits, parlons-en. Un peu à l'écart du village, c'est pourtant la place centrale et le domaine privilégié des femmes et même des petites filles. Un mélange de couleurs et d'odeurs nous envahit lorsque l'on s'approche. Les "gardiennes du puits" se retrouvent ici, vêtues de leurs plus beaux accoutrements, chacune rivalisant avec l'autre pour se distinguer. Ce sont de véritables joutes de paroles auxquelles les femmes s'adonnent de bon coeur. On échange des recettes de cuisine, on parle des hommes, on donne les dernières nouvelles du village, et on refait le monde au féminin. Mais un intrus se glisse discrètement dans ce monde féminin, le puiseur d'eau qui se charge de porter et vendre les bidons d'eau dans les familles, non seulement c'est un homme et en plus il est Malien ! c'est sûrement pour ça qu'on l'accepte, avec lui pas de soucis, les ragots peuvent rester au fond du puits. On peut aussi entendre fredonner des chants si vieux que personne n'en connait l'origine:
Connais- tu mon Beau Village Qui se mire au clair ruisseau Encadré dans le feuillage On dirait un nid d’Oiseau Ma Maison parmi l’ombrage Me Sourit comme un Berceau
Mais nous sommes Alarba (Jeudi) et c'est un jour spécial pour tout le village. Un jour que tout le monde attend avec impatience et que personne ne louperait, le jour du marché. Jamais ce lieu n'a mérité aussi son nom qu'ici, "marché". 5 Kms pour certains, 10 pour d'autres, bien souvent plus, c'est à pied ou en charrette que l'on s'y rend avec l'impatience d'humer de nouvelles odeurs. Bissap, gingembre, menthe, poissons séchés, mangues, le tout mélangés avec quelques cubes maggi, c'est le nez et le panier bien rempli que l'on rentre chez soi. Le marché de Boundy, c'est là que l'on rencontre toute l'Afrique de l'ouest et son panel de langues. Un véritable défilé ! La Mauritanie, la Guinée et le Mali défilent en tête côtoyant jalousement le pays d'accueil, le Sénégal. On parle Pulaar, Bambara, Maure, Soninké, teinté d'un peu d'Arabe. Alors on tente, on essaye "No'mbada?", "Igakéné?", et on attend les réactions pour savoir en quelle langue s'adresser. Mais le soleil frappe fort maintenant et la chaleur nous demande de rentrer, parti à 9h il est déjà 15h et on nous attend pour le repas, peut-être même pour le thé...
Il n'y a pas grand chose à faire en cette période, les travaux des champs ne sont pas encore commencés. Et que quelqu'un s'aventure à partir couper du bois en brousse et le soleil le rappellera bien vite à l'ordre. Discuter et boire le thé fait partie du quotidien en cette saison sèche. Malgré tout, les journées sont toujours ponctuées de quelques animations comme pour briser la routine. Un concert à quelques kilomètres là où l'électricité ne fait pas défaut, un tournoi de luttes traditionnelles, les fêtes religieuses, les baptêmes, les mariages, la circoncision, l'accueil des étrangers, l'inauguration d'un bâtiment, et c'est l'occasion pour tous les villageois de se retrouver en laissant de côté leurs éternelles querelles de familles.
Le village de Gaoudé Boffé a un frère jumeau 1 km plus loin, c'est Gaoudé Wambabé, si proche et pourtant si différent. Les Wambabé (bambado au singulier) sont la classe des Griots. A l'origine, une vache. Les Peuls surveillaient la vache avec leur fameux bâton de berger, et les forgerons sculptèrent une calebasse pour en récolter le lait. Le Bambado eu l'idée de récupérer la calebasse et la peau de la vache puis l'a ajouté au bâton de berger et c'est une guitare qu'ils ont fabriquée. Cette guitare, c'est leur fierté et leur honneur, et rien ne pourrait les en séparer. A peine mettez-vous le pied chez une famille Bambado, et c'est la guitare qu'il vous joue avec cette mélodie envoûtante propre à l'Afrique traditionnelle. Les enfants du village prennent plaisir à vous raconter des contes et des légendes qu'ils connaissent sur le bout des doigts et qu'ils ont appris de leurs parents, qui eux-mêmes ont appris de leurs parents, et ainsi de suite. Les Wambabe sont un peuple curieux qui conservent intact la tradition orale Africaine et les généalogies des grandes familles du Fouta. Conscient de leur culture ancestrale et de leur place au sein de celle-ci, l'apprentissage fait partie de leur quotidien, chaque phrase prononcée fait l'objet de la plus grande attention, surtout chez les plus petits. On dit même qu'à l'école de Gaoudé Boffé qui regroupe les enfants des deux villages, les enfants des Wambabe seraient plus attentifs et auraient des meilleures notes...
A Gaoudé Boffé, on m'avait parlé d'une femme, une vieille femme qui vit à Gaoudé Wambabé et que je devais impérativement aller voir. Dans la région, tout le monde la considère comme sa Maman avec un mélange de crainte et de respect pour ses pouvoirs magiques. A peine entré dans sa petite bâtisse et l'on comprend tout l'intérêt de venir la visiter. Ce petit bout de femme, une vraie Mama à l'Africaine, est une guérisseuse traditionnelle. Quelques poudres et des fétiches pour amener des Bénédictions sur son hôte de passage, et c'est avec la protection de Dieu que l'on repart. Son véritable Pouvoir, c'est le Savoir. Cette femme est éduquée et connait beaucoup de choses de par ses voyages, et son Coeur est tout simplement bon. Je rends hommage à ma Grand-mère Wambabé dont je porte jusqu'à aujourd'hui ce fétiche qu'elle m'a transmis et qui me guide dans le labyrinthe de la Vie.
Il y aurait tant de choses à dire et à décrire sur ces deux villages, mais il est temps d'achever ces quelques lignes au risque de vous en dévoiler trop. Carnet de notes, récit de voyages, fresques poétiques, peu importe le terme employé, le Fouta fait appel à de nouveaux sens, à l'imagination de chacun. L'imagination de ceux qui osent pénétrer sur son territoire et l'imagination de ceux qui l'habitent. C'est ainsi que cette région a su préserver son Peuple et ses traditions à travers le temps.
Alors si au détour d'une route ou plutôt d'un sentier, vous apercevez un Homme blanc au Coeur noir, vêtu d'un Boubou aux couleurs Sénégalaises et armé du bâton des bergers Peuls, venez le saluer, et peut-être tomberez-vous sur moi.
Pour terminer, je laisserais la Parole à un Ancien, au hasard d'une rencontre, qui me laissa ce Message " Celui qui peut Vivre au Fouta, parmi les Haal Pulaar, peut Vivre partout dans le monde."
Par David - Daouda - Juillet 2009
" Choisis la bonne piste ! Si tu choisis la brousse, ne te plains pas des épines "...
Ce proverbe Peul, teinté de réalisme, prend tout son sens dans le contexte de la région dont je vais vous parler maintenant. Après quelques voyages sur le Continent Noir, la découverte des villes et des villages, j’ai rencontré le sourire des enfants, la beauté des femmes et la noblesse des hommes, la vie m'a emmené sur une piste (serait-ce la bonne ?) que je ne me lasse pas de parcourir malgré les épines qui la parsème. Mes pieds ont foulé le sol d'une Terre emprunt de mystères et de secrets, une Terre où dit-on, les sorcières, les génies, les maîtres des eaux et de la brousse, après avoir tant parcouru le monde à la recherche d'un lieu paisible, se sont finalement arrêtés. Et c'est parmi les Haal Pulaar "ceux qui parlent Pulaar" qu'ils décidèrent de faire Vivre leur magie. Cette Terre, c'est le Foûta Tôro, appelée aussi Fouta Sénégalais. S'étendant de Dagana au Nord jusqu'à Bakel à l'Est, en passant par Podor et Matam, c'est toute l'Histoire et la Culture d'un Peuple fascinant qui nous fait face. Les yeux rivés vers l'horizon en direction du fleuve, et c'est la Mauritanie. Un peu plus bas, ce sera le Mali. Le Foûta est un carrefour, un "carrefour des cultures" pour reprendre l'expression d'Oumar Bâ (c.f. Le Foûta Torô, au carrefour des cultures, éditions l'Harmattan) où cohabite une multitude de Peuples et de croyances. Mais attention, que l'on vienne empiéter sur son territoire, dénigrer sa culture et ses croyances, et ce Fouta noble et fière se lèvera tel un seul homme pour défendre ses valeurs.
Descendant de la haute noblesse Egyptienne, ces pasteurs Peuls, les Fulbés comme ils s'appellent eux-mêmes, ont migré à travers toute l'Afrique Subsaharienne au gré des vents et des pâturages, toujours fidèle à leurs troupeaux de vaches. Et c'est au Fouta Toro que leurs vaches trouvèrent les meilleurs pâturages. Bien plus tard, ils repartiront vers l'Est et cette fois ils n'oublieront pas de disséminer leur culture et leur langue à travers une 20aine de pays sur toute la bande Sahélienne. Ainsi, il n'y a pas que le Fouta Toro qui porte cet étrange nom de "Fouta", on trouve ses frères: le Fouta Jallon en Guinée et le Fouta Macina au Mali. Une origine mystérieuse donc, qui selon les traditions orales des Peuls nous renvoie au fabuleux pays de Heli et Yoyo où il y a très, très longtemps, avant leur dispersion à travers l'Afrique, les Peuls auraient vécu heureux, comblés de toutes les richesses et protégés de tout mal, même de la mort. Par la suite, leur mauvaise conduite et leur ingratitude auraient provoqué le courroux divin. Guéno (le Dieu suprême, l'Eternel) décida de les châtier et suscita à cet effet une terrible et maléfique créature, Njeddo Dewal la grande sorcière, dont les sortilèges feront tomber sur les malheureux habitants de Heli et Yoyo des calamités si épouvantables que, pour y échapper, ils devront fuir à travers le monde.
Mais revenons au territoire qui nous intéresse. Le Sénégal est l'un des premiers pays en Afrique à s'être ouvert au tourisme, les plages de la Petite Côte, la Casamance, le Siné-Saloum ou plus au Nord la tranquillité de la ville de Saint-Louis, sont connus de la plupart des toubabs (blancs). Mais celui qui s'aventure sur la route de la Vallée du Fleuve Sénégal après Saint-Louis risque de découvrir un Sénégal dont il n'a jamais entendu parler. Même les Sénégalais vous diront, l'air surpris et à la fois admiratif, " mais que vas-tu faire là-bas ? ". Le Fouta, c'est le règne de l'authenticité, de la simplicité et de la spiritualité. De petits villages qui bordent le goudron ou des hameaux que vous apercevez au loin en vous demandant qui peut encore vivre là-bas. De magnifiques "Tibas" (habitations traditionnelles Peuls en banco et toit de paille) flirtant discrètement avec les maisons en ciment. Les bergers conduisant leurs immenses troupeaux de vaches et de moutons avec plus de facilité que vous ne conduisez votre voiture. Les enfants qui vous regardent l'air surpris, se demandant eux aussi qui peut venir leur rendre visite jusqu'ici. C'est le quotidien d'un voyage sur la route du fleuve dans cette région aride et désertique durant la saison sèche mais dont la verdure renaît durant la saison des pluies, comme pour vous signifier que la vie n'est qu'un éternel recommencement.
Souvenez-vous, " ne te plains pas des épines ". Ici, ce n'est pas les maladies qui vous arrêteront, ni le manque d'eau ou de nourriture, non ! Les épines du Fouta ce sont ces routes à peine goudronnées si bien qu'il est préférable de rouler sur le bas-côté, ce sont aussi ces vaches, ces ânes et ces moutons qui traversent et s'immobilisent au milieu de la route vous obligeant à utiliser votre klaxon, que dire encore de la monotonie de son paysage qui vous donnera l'envie de faire un petit somme en attendant d'arriver à destination. Mais, c'est aussi et surtout son soleil écrasant. Un soleil si Puissant que vous ne remercierez jamais assez les quelques vendeurs de glaces venant du Mali pour amener la fraîcheur dans les petits villages du Fouta. Tout le monde est le bienvenu au Fouta, sauf celui qui ne supporte pas la chaleur... et ce soleil saura vous rendre le voyage difficile histoire de tester vos facultés d'adaptation. Lorsque vous rencontrerez tous ces éléments au Sénégal, c'est signe que vous êtes allés plus loin que le simple touriste et que vous êtes arrivés au Fouta.
Ne vous attendez pas à voir une Afrique que les clichés ont dénaturé. Ici, c'est bel et bien la brousse, mais ce sont les Baobabs qui en sont les propriétaires et qui vous transmettront leur savoir ancestral à l'occasion. Enracinés dans une terre qu'ils connaissent depuis des millénaires, ces arbres courageux sont les rois de la brousse. Qu'il pleuve ou qu'il vente, que le soleil les étouffe ou qu'une tempête s'abatte sur eux, ils ne cillent point et affrontent la vie avec sérénité, de grandes leçons pour les hommes que nous sommes. Le véritable maître de la brousse (JomLadde en Pulaar), le lion, est parti vers d'autres contrées laissant place à quelques rares hyènes et chacals, même si les anciens du Fouta se souviennent dans leur jeunesse en avoir vu quelques spécimens...
Ne vous attendez pas non plus à voir l'Afrique télévisée. Ici, pas de tam-tams, ni de masques, ni de danses euphoriques à la limite de la transe. C'est la Vie dans sa plus pure simplicité qui a pris possession de la région.
Ne vous attendez pas.... d'ailleurs, ne vous attendez à rien de particulier, vous pourrez passer dans cette région et ne rien voir du tout car en vérité, et il faut le dire, il n'y a rien à voir ni à faire. A l'image de ce que Martin Luther King disait " Tout ce que nous voyons n'est qu'une ombre projetée par les choses que nous ne voyons pas ". Ce Fouta recèle des mystères insondables aux Hommes, aussi bien que les voies de Dieu sont impénétrables. C'est au Fouta que des questions ne trouvent pas de réponses, et que des réponses n'ont pas de questions. Les Foutankés (habitants du Fouta) vous le disent , des forces invisibles existent et agissent, des forces que même l'oeil ne peut nommer mais que l'Homme peut découvrir et s'approprier s'il est attentif. Le vent, les tempêtes de sable, la pluie, le soleil, un arbre, un animal, un enfant. Tout est signes et langages et communiquent à chaque instant. " Se taire et écouter la voix de l'Afrique " me répétait un Griot Haal Pulaar, " Ramène ça chez toi, l'occident en a besoin" ... " Se taire et écouter la voix de l'Afrique ".
Le Fouta, terre des marabouts, est un haut lieu spirituel et ses habitants de fervents religieux. En longeant la route du fleuve, vous serez surpris par le nombre incalculable de mosquées, parfois deux par villages, les anciennes en banco côtoyant les plus modernes aux couleurs de l'Arabie Saoudite. Ceux qui connaissent le Mali sont peut-être déjà allés à Djenné visiter sa grande mosquée en banco, la plus ancienne d'Afrique de l'Ouest. Mais qui sait que c'est au Fouta, dans le petit village de Séno Palel, que se trouve la deuxième plus ancienne mosquée, fièrement gardée par la noble famille DAFF ? En effet, c'est au Fouta Toro que l'Islam Noir est né. Les Peuls et les Toucouleurs sont les premiers à se convertir à l'Islam à partir du XIème siècle et à propager la Foi Musulmane dans toute l'Afrique de l'Ouest. C'est un Islam pur et saint. Ici, on ne connait pas les Mourides ni les Baye Fall, et on ne boit pas le célèbre café Touba cher aux Mourides. Non, ici, c'est la confrérie Tidjane qui a déposé ses marques, représentée par le grand chef religieux et conquérant El Hadj Omar Tall.
Ndioum, Podor, Matam, Kanel, Bakel. Tant de villes qui ne laissent pas leurs visiteurs indifférents. Vestiges de grands royaumes Peuls, témoins de l'arrivée des troupes coloniales et fomenteuses de révoltes contre les envahisseurs étrangers, ces villes résistent inlassablement aux aléas du temps. Serait-ce cette histoire d'Amour avec ce fleuve qui les a vu naître qui les fait rester immobile et indifférente face à la conquête de la modernité ? Possible.. Tiraillée entre deux rives, deux pays, c'est finalement vers le Sénégal, dont il a pris le nom, que son Coeur a chaviré. Les thioubalos (les pêcheurs) l'affirment, le maître des eaux (JomMayo) est ici chez lui, et personne n'a jamais réussi à le dompter. Il donne la boisson et la nourriture et à la nuit tombée, lors des veillées, on le remercie en chantant le Pekan à sa gloire.
Mais c'est au fin fond du Fouta, pratiquement à sa frontière la plus au Sud, à une 20aine de kilomètres de Bakel, qu'un petit village a conquis mon Coeur. Un village comme il en existe des milliers, voire même des dizaines de milliers sur le continent Noir. Une école, un puits, une mosquée, des poules, des vaches et des moutons, des enfants toujours aussi souriants, des femmes sublimes dans leur grand boubou, les hommes occupés à jouer aux cartes à l'ombre du baobab... bref, un village somme toute assez banal. Mais " Ne juge pas un arbre à son écorce " dit l'adage. Un village vieux de 400 ans disent les documents de la région, 6000 ans leur répondent les villageois ! Quoi qu'il en soit, de nombreuses pages d'Histoire sont à écrire sur le village de Gaoudé Boffé. Oui, Gaoudé Boffé, c'est bien son nom ! Le Gawdi est un arbre épineux de la famille des acacias que l'on trouve dans les zones désertiques et qui produit des petits fruits utilisés dans les teintures. Boffé, on traduirait cela par "quelqu'un qui ne peut pas marcher" mais quel est le lien ? Mystère. Ce village, c'est 650 habitants, tous éleveurs et cultivateurs. Les Daff, les Bocoum, les Niane, les Ndiandé, les Kam, les Njine sont leur Yettode (Nom de famille, patronyme), celui des Diawando, la classe des Nobles. Mais en réalité, du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest, c'est la même famille. Qu'un évènement se passe dans le village, et tout le monde est au courant dans les minutes qui suivent, et les nouvelles s'étendent rapidement dans les villages alentours. D'ailleurs, il y a une place dans le village, le domaine réservé des hommes, que l'on appelle la BBC, et pour cause ! Le village n'a pas de facteurs pour recevoir les nouvelles, juste quelques télévisions et radios fonctionnant à "temps partiel", pour être au courant des dernières nouvelles c'est donc à la BBC qu'il faut se rendre. On apprendra qu'un tel est sorti discrètement la nuit dernière pour rejoindre une telle, qu'une demande en mariage s'est soldée par un refus des parents ou que telle personne n'a pas fait ses prières le jour du vendredi.
C'est la vie d'un petit village Africain qui défile devant nous. Au petit matin, réveillé par le soleil toujours aussi éclatant, le chant du coq et les bruits lointains des femmes déjà affairées à puiser l'eau du puits, c'est le signe d'une nouvelle journée qui démarre. D'ailleurs ce puits, parlons-en. Un peu à l'écart du village, c'est pourtant la place centrale et le domaine privilégié des femmes et même des petites filles. Un mélange de couleurs et d'odeurs nous envahit lorsque l'on s'approche. Les "gardiennes du puits" se retrouvent ici, vêtues de leurs plus beaux accoutrements, chacune rivalisant avec l'autre pour se distinguer. Ce sont de véritables joutes de paroles auxquelles les femmes s'adonnent de bon coeur. On échange des recettes de cuisine, on parle des hommes, on donne les dernières nouvelles du village, et on refait le monde au féminin. Mais un intrus se glisse discrètement dans ce monde féminin, le puiseur d'eau qui se charge de porter et vendre les bidons d'eau dans les familles, non seulement c'est un homme et en plus il est Malien ! c'est sûrement pour ça qu'on l'accepte, avec lui pas de soucis, les ragots peuvent rester au fond du puits. On peut aussi entendre fredonner des chants si vieux que personne n'en connait l'origine:
Connais- tu mon Beau Village Qui se mire au clair ruisseau Encadré dans le feuillage On dirait un nid d’Oiseau Ma Maison parmi l’ombrage Me Sourit comme un Berceau
Mais nous sommes Alarba (Jeudi) et c'est un jour spécial pour tout le village. Un jour que tout le monde attend avec impatience et que personne ne louperait, le jour du marché. Jamais ce lieu n'a mérité aussi son nom qu'ici, "marché". 5 Kms pour certains, 10 pour d'autres, bien souvent plus, c'est à pied ou en charrette que l'on s'y rend avec l'impatience d'humer de nouvelles odeurs. Bissap, gingembre, menthe, poissons séchés, mangues, le tout mélangés avec quelques cubes maggi, c'est le nez et le panier bien rempli que l'on rentre chez soi. Le marché de Boundy, c'est là que l'on rencontre toute l'Afrique de l'ouest et son panel de langues. Un véritable défilé ! La Mauritanie, la Guinée et le Mali défilent en tête côtoyant jalousement le pays d'accueil, le Sénégal. On parle Pulaar, Bambara, Maure, Soninké, teinté d'un peu d'Arabe. Alors on tente, on essaye "No'mbada?", "Igakéné?", et on attend les réactions pour savoir en quelle langue s'adresser. Mais le soleil frappe fort maintenant et la chaleur nous demande de rentrer, parti à 9h il est déjà 15h et on nous attend pour le repas, peut-être même pour le thé...
Il n'y a pas grand chose à faire en cette période, les travaux des champs ne sont pas encore commencés. Et que quelqu'un s'aventure à partir couper du bois en brousse et le soleil le rappellera bien vite à l'ordre. Discuter et boire le thé fait partie du quotidien en cette saison sèche. Malgré tout, les journées sont toujours ponctuées de quelques animations comme pour briser la routine. Un concert à quelques kilomètres là où l'électricité ne fait pas défaut, un tournoi de luttes traditionnelles, les fêtes religieuses, les baptêmes, les mariages, la circoncision, l'accueil des étrangers, l'inauguration d'un bâtiment, et c'est l'occasion pour tous les villageois de se retrouver en laissant de côté leurs éternelles querelles de familles.
Le village de Gaoudé Boffé a un frère jumeau 1 km plus loin, c'est Gaoudé Wambabé, si proche et pourtant si différent. Les Wambabé (bambado au singulier) sont la classe des Griots. A l'origine, une vache. Les Peuls surveillaient la vache avec leur fameux bâton de berger, et les forgerons sculptèrent une calebasse pour en récolter le lait. Le Bambado eu l'idée de récupérer la calebasse et la peau de la vache puis l'a ajouté au bâton de berger et c'est une guitare qu'ils ont fabriquée. Cette guitare, c'est leur fierté et leur honneur, et rien ne pourrait les en séparer. A peine mettez-vous le pied chez une famille Bambado, et c'est la guitare qu'il vous joue avec cette mélodie envoûtante propre à l'Afrique traditionnelle. Les enfants du village prennent plaisir à vous raconter des contes et des légendes qu'ils connaissent sur le bout des doigts et qu'ils ont appris de leurs parents, qui eux-mêmes ont appris de leurs parents, et ainsi de suite. Les Wambabe sont un peuple curieux qui conservent intact la tradition orale Africaine et les généalogies des grandes familles du Fouta. Conscient de leur culture ancestrale et de leur place au sein de celle-ci, l'apprentissage fait partie de leur quotidien, chaque phrase prononcée fait l'objet de la plus grande attention, surtout chez les plus petits. On dit même qu'à l'école de Gaoudé Boffé qui regroupe les enfants des deux villages, les enfants des Wambabe seraient plus attentifs et auraient des meilleures notes...
A Gaoudé Boffé, on m'avait parlé d'une femme, une vieille femme qui vit à Gaoudé Wambabé et que je devais impérativement aller voir. Dans la région, tout le monde la considère comme sa Maman avec un mélange de crainte et de respect pour ses pouvoirs magiques. A peine entré dans sa petite bâtisse et l'on comprend tout l'intérêt de venir la visiter. Ce petit bout de femme, une vraie Mama à l'Africaine, est une guérisseuse traditionnelle. Quelques poudres et des fétiches pour amener des Bénédictions sur son hôte de passage, et c'est avec la protection de Dieu que l'on repart. Son véritable Pouvoir, c'est le Savoir. Cette femme est éduquée et connait beaucoup de choses de par ses voyages, et son Coeur est tout simplement bon. Je rends hommage à ma Grand-mère Wambabé dont je porte jusqu'à aujourd'hui ce fétiche qu'elle m'a transmis et qui me guide dans le labyrinthe de la Vie.
Il y aurait tant de choses à dire et à décrire sur ces deux villages, mais il est temps d'achever ces quelques lignes au risque de vous en dévoiler trop. Carnet de notes, récit de voyages, fresques poétiques, peu importe le terme employé, le Fouta fait appel à de nouveaux sens, à l'imagination de chacun. L'imagination de ceux qui osent pénétrer sur son territoire et l'imagination de ceux qui l'habitent. C'est ainsi que cette région a su préserver son Peuple et ses traditions à travers le temps.
Alors si au détour d'une route ou plutôt d'un sentier, vous apercevez un Homme blanc au Coeur noir, vêtu d'un Boubou aux couleurs Sénégalaises et armé du bâton des bergers Peuls, venez le saluer, et peut-être tomberez-vous sur moi.
Pour terminer, je laisserais la Parole à un Ancien, au hasard d'une rencontre, qui me laissa ce Message " Celui qui peut Vivre au Fouta, parmi les Haal Pulaar, peut Vivre partout dans le monde."
Par David - Daouda - Juillet 2009
Bonjour,
Je souhaite mettre en garde LES TOURISTES sur la visite du Sénégal et en particuler DAKAR. Dakar est la capitale du Sénégal, une grande ville où la sécurité n'existe pas pour les touristes et aussi les Dakaroises et Dakarois. Les agressions sont nombreuses même en pleine journée dans les rues bondées de gens. Je conseil vivement aux TOURISTES de visiter le reste du Sénégal. Lorsqu'on arrive à L'aéroport de Dakar les ennuis commencent. Ne pas confier ses bagages au premier venu qui va se faire passer pour un employé. Il arrive qu'un individu vous prend les bagages quasi de force !!! Je vous conseille d'aller prendre un taxi officiel (noir et jaune) et surtout pas de taxi clandestin. Aller de suite à votre hôtel pour y mettre vos bagages. Ne sortir à Dakar qu'avec un peu d'argent, sans les bijous, portable ... Ne pas faire confiance aux gens qui vous abordent dans la rue, certains étant agressif dans leurs paroles. En conclusion partir le plus vite possible de cette ville pour découvrir le vrai Sénégal de la TERANGA.
PS : Ce message n'est pas dirigé contre le Sénégal que j'adore pour y vivre, il est là pour conseiller les TOURISTES qui ne connaissent pas DAKAR
Je souhaite mettre en garde LES TOURISTES sur la visite du Sénégal et en particuler DAKAR. Dakar est la capitale du Sénégal, une grande ville où la sécurité n'existe pas pour les touristes et aussi les Dakaroises et Dakarois. Les agressions sont nombreuses même en pleine journée dans les rues bondées de gens. Je conseil vivement aux TOURISTES de visiter le reste du Sénégal. Lorsqu'on arrive à L'aéroport de Dakar les ennuis commencent. Ne pas confier ses bagages au premier venu qui va se faire passer pour un employé. Il arrive qu'un individu vous prend les bagages quasi de force !!! Je vous conseille d'aller prendre un taxi officiel (noir et jaune) et surtout pas de taxi clandestin. Aller de suite à votre hôtel pour y mettre vos bagages. Ne sortir à Dakar qu'avec un peu d'argent, sans les bijous, portable ... Ne pas faire confiance aux gens qui vous abordent dans la rue, certains étant agressif dans leurs paroles. En conclusion partir le plus vite possible de cette ville pour découvrir le vrai Sénégal de la TERANGA.
PS : Ce message n'est pas dirigé contre le Sénégal que j'adore pour y vivre, il est là pour conseiller les TOURISTES qui ne connaissent pas DAKAR
SALY-PORTUDAL- RECIPROCITE DU VISA D’ENTREE
Les hôteliers disent «non au sacrifice»
Les acteurs du tourisme n’ont pas suspendu leur marche organisée au cours du week-end contre la réciprocité du visa malgré le bémol des autorités gouvernementales mettant en veilleuse la mesure. Ils ont, toute catégorie confondue, grands comme petits réceptifs, agences de voyages, bagagistes, et commerçants, battu le macadam du rond point au centre de Saly à l’entrée de la station balnéaire. Ils disent « non au sacrifice sur l’autel de cette mesure ».
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Les acteurs du tourisme n’ont pas suspendu leur marche organisée au cours du week-end contre la réciprocité du visa malgré le bémol des autorités gouvernementales mettant en veilleuse la mesure. Ils ont, toute catégorie confondue, grands comme petits réceptifs, agences de voyages, bagagistes, et commerçants, battu le macadam du rond point au centre de Saly à l’entrée de la station balnéaire. Ils disent « non au sacrifice sur l’autel de cette mesure ».
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Pour info:
Le Sénégal va appliquer la réciprocité sur les visas d'entrée
La réciprocité des visas va notamment s’appliquer aux ressortissants européens dont les Français.
Getty Images
Par RFI
Le Sénégal compte mettre en place en 2013 un système de réciprocité sur les visas d'entrée dans le pays. A partir du mois de juillet, les pays qui exigent des visas aux Sénégalais, seront soumis au même régime de la part de Dakar.
Avec notre correspondante à Dakar, Carine Frenk Cela faisait longtemps que le Sénégal menaçait. La décision est donc prise au nom de la souveraineté et de la réciprocité. A compter du 1er janvier, les ressortissants des pays qui demandent un visa aux Sénégalais, devront se procurer eux aussi un visa avant d’entrer au Sénégal. La mesure ne sera effective qu’en juillet, a expliqué le ministre des Affaires étrangères Mankeur Ndiaye qui s'exprimait à l'Assemblée nationale lors du vote du budget de son ministère, le temps de prendre les dispositions nécessaires. Cette mesure va notamment s’appliquer aux ressortissants français, belges, hollandais, allemands, italiens, anglais ou américains qui étaient dispensés de visa d’entrée au Sénégal. Malgré le risque de rendre la destination Sénégal moins attrayante pour les touristes occidentaux, ce qui n’est pas prouvé selon le gouvernement, la décision a un double intérêt : renflouer les caisses de l’Etat et surtout répondre aux frustrations d’une partie de l’opinion qui ne cesse de dénoncer les conditions draconiennes imposées par les dispositions Schengen à commencer par la France pour ne pas la nommer.
La réciprocité des visas va notamment s’appliquer aux ressortissants européens dont les Français.
Getty Images
Par RFI
Le Sénégal compte mettre en place en 2013 un système de réciprocité sur les visas d'entrée dans le pays. A partir du mois de juillet, les pays qui exigent des visas aux Sénégalais, seront soumis au même régime de la part de Dakar.Avec notre correspondante à Dakar, Carine Frenk Cela faisait longtemps que le Sénégal menaçait. La décision est donc prise au nom de la souveraineté et de la réciprocité. A compter du 1er janvier, les ressortissants des pays qui demandent un visa aux Sénégalais, devront se procurer eux aussi un visa avant d’entrer au Sénégal. La mesure ne sera effective qu’en juillet, a expliqué le ministre des Affaires étrangères Mankeur Ndiaye qui s'exprimait à l'Assemblée nationale lors du vote du budget de son ministère, le temps de prendre les dispositions nécessaires. Cette mesure va notamment s’appliquer aux ressortissants français, belges, hollandais, allemands, italiens, anglais ou américains qui étaient dispensés de visa d’entrée au Sénégal. Malgré le risque de rendre la destination Sénégal moins attrayante pour les touristes occidentaux, ce qui n’est pas prouvé selon le gouvernement, la décision a un double intérêt : renflouer les caisses de l’Etat et surtout répondre aux frustrations d’une partie de l’opinion qui ne cesse de dénoncer les conditions draconiennes imposées par les dispositions Schengen à commencer par la France pour ne pas la nommer.
Bonjour à tous. Je cherche des partenaires pour aider les enfants talibés de Thiès, au Sénégal; pour leur apporter soins, nourriture, alphabétisation, etc. Je suis en contact avec un jeune sénégalais qui aide déjà les talibés de son quartier, et qui aimerais faire plus pour eux. Toutes vos propositions, idées, remarques, etc, seront les bienvenues. A bientôt de vous lire, et merci à tous..
Bonsoir,
J'ai découvert à Saly au restaurant "La Pirogue" le groupe Kambain (Kora, guitare, bongo, voix) et j'ai acheté le CD. La musique est absolument magnifique. Cependant est-ce que quelqu'un les connaît réellement? J'aimerais connaître le sens des paroles des chansons.
Voici les titres de l'album : 1- Casamance 2- Hati mama 3 - Pouvoir 4 - Gagnako 5- Sida 6- Debo
Voici les titres de l'album : 1- Casamance 2- Hati mama 3 - Pouvoir 4 - Gagnako 5- Sida 6- Debo
L'arnaque est bien connu mais de mieux en mieux organisée et plus musclée.
A l'entrée de la route de Keur Macème, au poste de gendarmerie, il y a un panneau "stop". Nous avons été informé par un "gendarme" en djellaba qu'un camion était renversé et la route coupée. J'ai insisté que la piste parallèle pouvait contourner l'obstacle jusqu'à ce qu'il nous interdise d'aller plus loin et de passer par Rosso. Jamais un gendarme en uniforme ne s'est montré, un pickup bleu "gendarmerie" était bien stationné à côté du poste, ce qui prouve bien la complicité.
Arrivés à l'entrée de Rosso, nous nous sommes engagés sur la piste et un coup de sifflet m'a fait apercevoir un gendarme qui m'a reproché de ne pas avoir respecté le panneau stop que je n'ai pas vu. Y était il ? Là, outre le contrôle complet de nos papiers, un gamin insistait pour que nous prenions l'assurance CDAO sans laquelle nous ne pouvions continuer vers Diama. En aucun cas les gendarmes complices n'ont exigé cette assurance, ils connaissent leur limite. Ce cirque a duré pas mal de temps, les gendarmes ayant nos papiers, nous devions faire attention à nos paroles envers le gamin mais nous sommes restés fermes. Pour finir, les gendarmes en sont revenus à l'infraction de non respect de l'arrêt obligatoire tout en tenant nos papiers. J'ai fini par tendre la main au gendarme qui l'a serrée en rendant les documents et arraché des mains du gamin la carte grise de mon équipier. Au contrôle de Keur Macène, sur la digue, le gendarme en poste nous a assuré que la route était libre et que le gendarme en djellaba n'en était pas un. L'affaire est bien organisée et il faut une certaine expérience pour ne pas céder au chantage et payer une assurance, sans doute valable mais 2 à 3 fois plus chère qu'à la frontière ou même demandée par internet.
Amis voyageurs, diplomatie et fermeté, il y a toujours quelqu'un pour faire une assurance à Diama, pour le Sénégal ou la Mauritanie.
Bonjour à tous,
Un ami sénégalais n'arrête pas de me parler de l'importance du mouvement hiphop au Sénégal et du nombre de groupes qui existent là-bas... Il m'a donné quelques noms, mais j'en appelle à tous pour nous faire partager de la bonne musique ! Si vous avez des noms, n'hésitez pas à les donner.
En lisant des articles comme celui sur la radio Oxy-Jeunes (http://www.youphil.com/fr/article/01952-des-ondes-solidaires-au-senegal), on a forcément envie d'en entendre un peu plus...
Un ami sénégalais n'arrête pas de me parler de l'importance du mouvement hiphop au Sénégal et du nombre de groupes qui existent là-bas... Il m'a donné quelques noms, mais j'en appelle à tous pour nous faire partager de la bonne musique ! Si vous avez des noms, n'hésitez pas à les donner.
En lisant des articles comme celui sur la radio Oxy-Jeunes (http://www.youphil.com/fr/article/01952-des-ondes-solidaires-au-senegal), on a forcément envie d'en entendre un peu plus...
Bonjour,
avec mon fiancè, on part une semaine au senegal en decembre. on n'a prit que l'avion car l'idée de sejour formule tout compris ne nous plait pas. pour ceux qui connaissent le senegal, que nous conseilliez vous ? combien de temps faut t'il prévoir entre chaque principales villes ? peux ton prendre les bus pour s'y rendre ? que faut t'il éviter ? et surtout est ce que ce voyage en sac à dos n'est pas dangereux ? merçi pour vos conseils. helene
avec mon fiancè, on part une semaine au senegal en decembre. on n'a prit que l'avion car l'idée de sejour formule tout compris ne nous plait pas. pour ceux qui connaissent le senegal, que nous conseilliez vous ? combien de temps faut t'il prévoir entre chaque principales villes ? peux ton prendre les bus pour s'y rendre ? que faut t'il éviter ? et surtout est ce que ce voyage en sac à dos n'est pas dangereux ? merçi pour vos conseils. helene
bonjour
je recherche une auto a louer pour la periode du 15 septembre au 15 octobre 2014 a dakar!merci de repondre
Bonjour à tous,
Etant en parti déjà engagé, notamment pour le transport jusqu'à Dakar, pour un séjour d'une dizaine de jours en Casamance, j'aurais bien voulu savoir, avant de poursuivre mes réservations, si ce séjour n'était pas un peu trop risqué au vu de ce qui se passe en ce moment au Mali et par voie de conséquence les dangers qui débordent sur tous les payes environnants tel que le Sénégal, si des forumistes, ayant séjournés ces derniers temps en Casamance ou qui ont pu avoir des nouvelles "crédibles" de personnes qui y résident ou qui y sont actuellement en vacances dans la région ont pu remarquer une insécurité ou une tension particulière dans cette région.
Vous remercie d'avance.
Liesel
Liesel
Bonjour,
nous allons bientôt au Sénégal, et souhaiterions entre autre visiter le parc des oiseaux du Djoudj.
J'aimerai avoir quelques conseils : nous hésitons entre loger à Saint Louis et faire une visite à partir de là depuis l'hôtel, ou passer une nuit dans le parc.
J'ai lu qu'il faut compter 25000 CFA pour se rendre au parc en taxi privé, ce qui est assez cher pour parcourir 60km.
Je vois également que les tarifs des excursions organisées, pour une demi journée, approchent les 50 euros par personne, ce qui est très cher aussi.
Merci pour vos conseils.
(nous avons repéré l'hôtel Mermoz à Saint Louis notamment, mais aussi l'hôtel du Djoudj).
nous allons bientôt au Sénégal, et souhaiterions entre autre visiter le parc des oiseaux du Djoudj.
J'aimerai avoir quelques conseils : nous hésitons entre loger à Saint Louis et faire une visite à partir de là depuis l'hôtel, ou passer une nuit dans le parc.
J'ai lu qu'il faut compter 25000 CFA pour se rendre au parc en taxi privé, ce qui est assez cher pour parcourir 60km.
Je vois également que les tarifs des excursions organisées, pour une demi journée, approchent les 50 euros par personne, ce qui est très cher aussi.
Merci pour vos conseils.
(nous avons repéré l'hôtel Mermoz à Saint Louis notamment, mais aussi l'hôtel du Djoudj).
Salut à tous, je m'adresse ici aux spécialistes du Sénégal.
Je n'ai pas vraiment trouvé la réponse adéquate à la question qui va suivre dans mes recherches, si toutefois elle existe.
Connaîtriez vous un endroit sympa pour des vacances (week-end ou quelques jours hors de Dakar), surtout au bord de la mer, pourquoi pas en Casamance, bref pour du farniente, qui soit et c'est là le sens de ma question, Totalement et Intégralement dénué de tous les parasites "colle touriste" (vendeurs, arnaqueurs, guides, etc.), pour être réellement à l'aise, pour un séjour détente à deux?
Un certain nombre d'endroits que j'ai fréquenté me sont, pour cette raison, personnellement insupportables.
Un lieu qui par ailleurs ne serait pas trop, si possible, "brousse", avec des infrastructures de qualité, ce serait le top.
Allez vous m'indiquer cet endroit miracle, ou me confirmer comme j'en ai le pressentiment, qu'il n'existe pas dans le pays?
Amicalement, merci à tous
Connaîtriez vous un endroit sympa pour des vacances (week-end ou quelques jours hors de Dakar), surtout au bord de la mer, pourquoi pas en Casamance, bref pour du farniente, qui soit et c'est là le sens de ma question, Totalement et Intégralement dénué de tous les parasites "colle touriste" (vendeurs, arnaqueurs, guides, etc.), pour être réellement à l'aise, pour un séjour détente à deux?
Un certain nombre d'endroits que j'ai fréquenté me sont, pour cette raison, personnellement insupportables.
Un lieu qui par ailleurs ne serait pas trop, si possible, "brousse", avec des infrastructures de qualité, ce serait le top.
Allez vous m'indiquer cet endroit miracle, ou me confirmer comme j'en ai le pressentiment, qu'il n'existe pas dans le pays?
Amicalement, merci à tous
Bonjour,
Nous souhaitons nous rendre en Casamance de M´Bour de préférence en contournant la Gambie. Quelqu´un a-t-il fait ce trajet, les routes sont-elles pratiquable ?, peux-t-on predre le bac sans problème? Quid de la sécurité en Casamance actuellement ?
D´avance merci
JP
Je réalise ce carnet de manière un peu différente de ceux que j’ai posté précédemment. Je ne suis restée qu’une semaine (bien trop court j’avoue) mais il y a tant de choses à dire que je le scinderais par journée, au risque de me et de vous étourdir avec un texte continu. Je le ponctuerais de photos également …L’apprentissage du numérique ayant ravivé nos (à JP et moi) ardeurs pour cette autre passion qui est la photo.
Depuis mon enfance jusqu’à ce jour j’ai eu la chance de vivre en Afrique centrale, de flâner dans les plaines herbeuses de l’Afrique de l’Est, d’effleurer l’Afrique Australe avec la péninsule africaine (South Africa) avant de plonger mon regard sur la terre Ocre de l’Afrique de l’Ouest …
Mon « Out of Africa à moi » se décline donc de manière transversale et le Sénégal est bien la terre de la Teranga (l’accueil en Wolof)
Je ne reprendrais pas ici les péripéties « made in Sénégal Airways » 😉 …Le départ chaotique et le retour épique sont déjà plus qu’illustrés dans le Forum sur les Compagnies aériennes …
L’essentiel pour moi était de partir …et rien que poser mes pieds sur le tarmac de Dakar à suffit à effacer ces longues heures d’attente …
Acte 1,
Une première paupière s’ouvre après 4 heures de sommeil …il est 8h00 du mat (heure locale, 2 h de moins qu’en Europe), je sens déjà le soleil percer au travers de la moustiquaire, j’entends le chant des oiseaux … j’ouvre la seconde, pressée de sortir du bungalow, ne fut ce que pour palper de plus près le bleu du ciel, sentir ce 1er contact qui se caractérise par une chaleur oppressante … la multiplicité des couleurs revêt les plus beaux atours des fleurs exotiques (hibiscus, bougainvilliers …), quelques agames grimpent sur le mur, j’entends le fracassement des vagues de l’océan Atlantique …
Salamaleikum … Aleikum Salam, j’y suis ! 😊
Cette journée se déclinera sous les signes du farniente (c’est que le voyage de la veille fut plus long qu’un Cape Town-Paris, alors que le Sénégal n’est qu’à 5h30 de vol de la France ) et de la découverte des premiers alentours …
Au dehors, première rencontre avec une villageoise de Saly : Jacqueline. Les gens ici sont d’une gentillesse incroyable, se saluer est tout naturel (Mon Dieu qu’on est bien loin de l’Europe et du pincement aux lèvres 🤪 de ceux qui ont peur de louper leur métro dans la course au temps. Nous autre occidentaux avons une montre dans le ventre, mais ici le temps n’a pas de prise … Et c’est pour cela que je l’aime tant ce continent de latérite), bras dessus, bras dessous elle m’entraîne à l’entrée du village, sort de ses vieux sachets, son artisanat local qu’elle étale à grands coups de rire à même le sol 😏 Elle déplie son boubou et on prend place pour la première tractation de la bonne vieille technique du marchandage ….J’ai, un peu perdu la main (moi qui connaît pourtant ces petits rouages) .Je me retrouve donc rapidement avec une multitude de bracelets et colliers en mains (aux couleurs du pays (vert, jaune, rouge) ou arborant le Kori (coquillage, première monnaie du Sénégal et super Gri-gri), sans pouvoir m’en défaire. De bonne grâce et toujours avec le sourire, je lui prends plus de choses que ce dont j’ai réellement besoin mais finalement qu’importe, puisque cela servira à une bonne cause : l’achat du riz pour le repas familial de ce soir. C’est qu’une majeure partie de la population Sénégalaise est musulmane et que le Ramadan a débuté le 15 de ce mois.
Deuxième et fabuleuse rencontre : Andala 😊😊 (originaire de Dakar, il vit actuellement à Saly). Grand et d’une élégance rare … Cet homme deviendra notre ami tant il est plaisant d’être en sa compagnie. Il dégage une telle simplicité et générosité.
Absorber ses paroles c’est comme boire un bon jus de Bissap (boisson à base de fleurs d’hibiscus).😛 Humble et bien aux fait des réalités du terrain, c’est lui qui le premier nous fera découvrir son pays sous un regard différent (il nous parlera des conditions sanitaires (il est le représentant local de l’Association humanitaire ANTA (qui porte le nom de sa fille), de la vie du village, des travers de la station trop touristique de Saly Portugal …).
Comme bien des habitants de la petite côte, il vit principalement du tourisme (sacré guide local et vente d’artisanat).
Il nous entraîne au cœur du village, la nuit est tombée et chaussée de mes éternelles tongs, je sens la terre ocre (qui a pris toute la chaleur du soleil de la journée), pénétrer entre mes orteils … Je n’y vois pas grand chose, le village est à peine éclairé mais cette sensation physique du contact avec le sol m’apaise.
Andala s’arrête près d’un Baobab (véritable symbole du Sénégal) et nous explique qu’avant la construction du dispensaire, les femmes accouchaient entre les énormes racines de ce géant, un pagne recouvrant le corps pour permettre un minimum d’intimité, le ventre couvert de beurre de Karité pour atténuer les douleurs afin de mettre au monde une petite frimousse couleur ébène.
Après avoir déambulé dans les diverses ruelles du village, on s’assied sur "le banc du bonheur" (comme ils l’appellent ici) au cœur de sa petite boutique. Au dessus de la porte moult Gri-gri (quoiqu’il en porte autant sur lui 😉 : aux doigts, au cou, au bras, à la ceinture … Véritable empreintes locales pour se protéger des mauvais sorts et pour rencontrer la chance et l’amour). C’est que les Marabouts (appelés aussi Serigne) sont légion au Sénégal. Il ne s’agit pas ici, comme vous vous en doutez du grand oiseau des marais d’Afrique, mais de ces hommes que les villageois consultent régulièrement pour se protéger des influences maléfiques ! A ne pas confondre avec les « Mara – bout – de ficelle » 😛, pseudo sorciers et petits escros !
Pour ma part, je suis parée, j’ai un Kori autour du cou !🙂
On rencontre, plein de gens qui voyant « de nouveaux toubabs » (les tout blancs !) arrivent en masse pour faire connaissance. Bien que nous ne soyons pas français, la France est un sujet régulièrement évoqué lors des discussions (histoire oblige). "Quand la France à un rhume, c’est le Sénégal qui tousse !" nous dit un homme … A méditer !
L’artisanat d’Andala est magnifique et je craque complètement pour les 7 masques de la semaine (hé Phil ! Y aura même des croquis si si !!! 😄), il nous en explique les significations qui caractérisent bien la vie, comme elle se déroule au cœur de ses villages. Les masques Passeports sont superbes aussi (mais la bourse n’est pas extensible 😐).Ils permettaient jadis de passer d’un pays à l’autre (Gambie, Sénégal, Mali etc …). De l’achat que l’on fera, une partie de la somme sera reversée directement dans la caisse de la communauté du village et servira à la scolarité des enfants et à l’équipement du dispensaire (bel exemple de solidarité !).
Le retour se fera par l’autre bord du village qui donne sur la plage, les pirogues des pêcheurs sont là, elles dorment paisiblement sous les lueurs de la pleine lune.
Un bon repas pour terminer cette première journée et surtout la découverte du Groupe musical de Xalaat (la pensée en Wolof – voir le post dans le Forum Musique du Monde)
Aaahhhh la reprise de Dibi Dibi Rek d’ Ismaël Lô quel régal …😊😊😊 Je peux refermer mes paupières et rêver déjà à demain ...
Depuis mon enfance jusqu’à ce jour j’ai eu la chance de vivre en Afrique centrale, de flâner dans les plaines herbeuses de l’Afrique de l’Est, d’effleurer l’Afrique Australe avec la péninsule africaine (South Africa) avant de plonger mon regard sur la terre Ocre de l’Afrique de l’Ouest …
Mon « Out of Africa à moi » se décline donc de manière transversale et le Sénégal est bien la terre de la Teranga (l’accueil en Wolof)
Je ne reprendrais pas ici les péripéties « made in Sénégal Airways » 😉 …Le départ chaotique et le retour épique sont déjà plus qu’illustrés dans le Forum sur les Compagnies aériennes …
L’essentiel pour moi était de partir …et rien que poser mes pieds sur le tarmac de Dakar à suffit à effacer ces longues heures d’attente …
Acte 1,
Une première paupière s’ouvre après 4 heures de sommeil …il est 8h00 du mat (heure locale, 2 h de moins qu’en Europe), je sens déjà le soleil percer au travers de la moustiquaire, j’entends le chant des oiseaux … j’ouvre la seconde, pressée de sortir du bungalow, ne fut ce que pour palper de plus près le bleu du ciel, sentir ce 1er contact qui se caractérise par une chaleur oppressante … la multiplicité des couleurs revêt les plus beaux atours des fleurs exotiques (hibiscus, bougainvilliers …), quelques agames grimpent sur le mur, j’entends le fracassement des vagues de l’océan Atlantique …
Salamaleikum … Aleikum Salam, j’y suis ! 😊
Cette journée se déclinera sous les signes du farniente (c’est que le voyage de la veille fut plus long qu’un Cape Town-Paris, alors que le Sénégal n’est qu’à 5h30 de vol de la France ) et de la découverte des premiers alentours …
Au dehors, première rencontre avec une villageoise de Saly : Jacqueline. Les gens ici sont d’une gentillesse incroyable, se saluer est tout naturel (Mon Dieu qu’on est bien loin de l’Europe et du pincement aux lèvres 🤪 de ceux qui ont peur de louper leur métro dans la course au temps. Nous autre occidentaux avons une montre dans le ventre, mais ici le temps n’a pas de prise … Et c’est pour cela que je l’aime tant ce continent de latérite), bras dessus, bras dessous elle m’entraîne à l’entrée du village, sort de ses vieux sachets, son artisanat local qu’elle étale à grands coups de rire à même le sol 😏 Elle déplie son boubou et on prend place pour la première tractation de la bonne vieille technique du marchandage ….J’ai, un peu perdu la main (moi qui connaît pourtant ces petits rouages) .Je me retrouve donc rapidement avec une multitude de bracelets et colliers en mains (aux couleurs du pays (vert, jaune, rouge) ou arborant le Kori (coquillage, première monnaie du Sénégal et super Gri-gri), sans pouvoir m’en défaire. De bonne grâce et toujours avec le sourire, je lui prends plus de choses que ce dont j’ai réellement besoin mais finalement qu’importe, puisque cela servira à une bonne cause : l’achat du riz pour le repas familial de ce soir. C’est qu’une majeure partie de la population Sénégalaise est musulmane et que le Ramadan a débuté le 15 de ce mois.
Deuxième et fabuleuse rencontre : Andala 😊😊 (originaire de Dakar, il vit actuellement à Saly). Grand et d’une élégance rare … Cet homme deviendra notre ami tant il est plaisant d’être en sa compagnie. Il dégage une telle simplicité et générosité.
Absorber ses paroles c’est comme boire un bon jus de Bissap (boisson à base de fleurs d’hibiscus).😛 Humble et bien aux fait des réalités du terrain, c’est lui qui le premier nous fera découvrir son pays sous un regard différent (il nous parlera des conditions sanitaires (il est le représentant local de l’Association humanitaire ANTA (qui porte le nom de sa fille), de la vie du village, des travers de la station trop touristique de Saly Portugal …).
Comme bien des habitants de la petite côte, il vit principalement du tourisme (sacré guide local et vente d’artisanat).
Il nous entraîne au cœur du village, la nuit est tombée et chaussée de mes éternelles tongs, je sens la terre ocre (qui a pris toute la chaleur du soleil de la journée), pénétrer entre mes orteils … Je n’y vois pas grand chose, le village est à peine éclairé mais cette sensation physique du contact avec le sol m’apaise.
Andala s’arrête près d’un Baobab (véritable symbole du Sénégal) et nous explique qu’avant la construction du dispensaire, les femmes accouchaient entre les énormes racines de ce géant, un pagne recouvrant le corps pour permettre un minimum d’intimité, le ventre couvert de beurre de Karité pour atténuer les douleurs afin de mettre au monde une petite frimousse couleur ébène.
Après avoir déambulé dans les diverses ruelles du village, on s’assied sur "le banc du bonheur" (comme ils l’appellent ici) au cœur de sa petite boutique. Au dessus de la porte moult Gri-gri (quoiqu’il en porte autant sur lui 😉 : aux doigts, au cou, au bras, à la ceinture … Véritable empreintes locales pour se protéger des mauvais sorts et pour rencontrer la chance et l’amour). C’est que les Marabouts (appelés aussi Serigne) sont légion au Sénégal. Il ne s’agit pas ici, comme vous vous en doutez du grand oiseau des marais d’Afrique, mais de ces hommes que les villageois consultent régulièrement pour se protéger des influences maléfiques ! A ne pas confondre avec les « Mara – bout – de ficelle » 😛, pseudo sorciers et petits escros !
Pour ma part, je suis parée, j’ai un Kori autour du cou !🙂
On rencontre, plein de gens qui voyant « de nouveaux toubabs » (les tout blancs !) arrivent en masse pour faire connaissance. Bien que nous ne soyons pas français, la France est un sujet régulièrement évoqué lors des discussions (histoire oblige). "Quand la France à un rhume, c’est le Sénégal qui tousse !" nous dit un homme … A méditer !
L’artisanat d’Andala est magnifique et je craque complètement pour les 7 masques de la semaine (hé Phil ! Y aura même des croquis si si !!! 😄), il nous en explique les significations qui caractérisent bien la vie, comme elle se déroule au cœur de ses villages. Les masques Passeports sont superbes aussi (mais la bourse n’est pas extensible 😐).Ils permettaient jadis de passer d’un pays à l’autre (Gambie, Sénégal, Mali etc …). De l’achat que l’on fera, une partie de la somme sera reversée directement dans la caisse de la communauté du village et servira à la scolarité des enfants et à l’équipement du dispensaire (bel exemple de solidarité !).
Le retour se fera par l’autre bord du village qui donne sur la plage, les pirogues des pêcheurs sont là, elles dorment paisiblement sous les lueurs de la pleine lune.
Un bon repas pour terminer cette première journée et surtout la découverte du Groupe musical de Xalaat (la pensée en Wolof – voir le post dans le Forum Musique du Monde)
Aaahhhh la reprise de Dibi Dibi Rek d’ Ismaël Lô quel régal …😊😊😊 Je peux refermer mes paupières et rêver déjà à demain ...
Lors de mon (trop court) séjour au Sénégal, j'ai eu l'immense bonheur de découvrir le groupe Xalaat (la pensée en Wolof). Il est originaire de Thiès, mais est actuellement basé à Saly (Sénégal).
Composé de 6 personnes : Zidane (Bass) - Idy (Clavier) - Xooné (Batterie) - Sayo (Guitare et chant) - MaïMouna (Chant) et Benjamin (Technique) ... il envoûte par le Mbalax avec un mélange de rythmes et d'instruments tarditionnels et modernes. (quelques photos annexées ci-dessous)
1er album : Yool - Second : Nakalé.
Leur répertoire musical, reprend aussi certains titres d'autres artistes africains ...
J'ai d'ailleurs, complètement craqué
sur leur adaptation du célèbre "Brigadier Sabary" (Alpha Blondy) ainsi que sur celle de la chanson "Antillais et Africains" (dont j'ignore malheureusement le nom de l'artiste initial, malgré mes recherches ...Si quelqu'un peut me rencarder 😉)
Voici quelques unes des paroles, et avec la mélodie ça fout réellement la chaire de poule!
"Antillais et Africains
Ont séparés leurs chemins
Depuis trop longtemps
Communication coupée
Y a plus de tonalités
Jusqu'en Europe
Africains et Antillais
Si proches et si éloignés
C'est une folie
D'avoir perdu la mémoire
Au point de ne plus savoir
Ce qu'il exile
Antillais et Africains
Cherchant toujours sans comprendre
Même la musique, même couleur
Même soleil et même la pluie
D'Afrique aux Antilles
Africains et Antillais
Café noir, café au lait
C'est toujours café
100% même origine
Entre cousins et cousines
Pour s'avoir s'aimer
Antillais et Africains
Musicien à 4 mains
D'une chanson d'amour
Une mélodie oubliée
Sur des enfants séparés
Par un long parcours
Antillais et Africains
Chantez, Dansez
Une musique à retrouver
Inspiration mélangée
Afriqueeeee - Antileeeeees"
Composé de 6 personnes : Zidane (Bass) - Idy (Clavier) - Xooné (Batterie) - Sayo (Guitare et chant) - MaïMouna (Chant) et Benjamin (Technique) ... il envoûte par le Mbalax avec un mélange de rythmes et d'instruments tarditionnels et modernes. (quelques photos annexées ci-dessous)
1er album : Yool - Second : Nakalé.
Leur répertoire musical, reprend aussi certains titres d'autres artistes africains ...
J'ai d'ailleurs, complètement craqué
sur leur adaptation du célèbre "Brigadier Sabary" (Alpha Blondy) ainsi que sur celle de la chanson "Antillais et Africains" (dont j'ignore malheureusement le nom de l'artiste initial, malgré mes recherches ...Si quelqu'un peut me rencarder 😉)Voici quelques unes des paroles, et avec la mélodie ça fout réellement la chaire de poule!

"Antillais et Africains
Ont séparés leurs chemins
Depuis trop longtemps
Communication coupée
Y a plus de tonalités
Jusqu'en Europe
Africains et Antillais
Si proches et si éloignés
C'est une folie
D'avoir perdu la mémoire
Au point de ne plus savoir
Ce qu'il exile
Antillais et Africains
Cherchant toujours sans comprendre
Même la musique, même couleur
Même soleil et même la pluie
D'Afrique aux Antilles
Africains et Antillais
Café noir, café au lait
C'est toujours café
100% même origine
Entre cousins et cousines
Pour s'avoir s'aimer
Antillais et Africains
Musicien à 4 mains
D'une chanson d'amour
Une mélodie oubliée
Sur des enfants séparés
Par un long parcours
Antillais et Africains
Chantez, Dansez
Une musique à retrouver
Inspiration mélangée
Afriqueeeee - Antileeeeees"
Bonjour,
Je cherche des renseignements pour un projet de voyage 4x4 depuis Marrakech jusqu'au Sénégal A/R. J'ai lu des infos intéressantes sur des courriers de 2017, je voudrais savoir si elles sont toujours d'actualité du point de vue des documents indispensables, de la sécurité et de toutes autres informations susceptibles de nous aider à bien se préparer. Nous sommes trois ou quatre véhicules et des habitués depuis de nombreuses années de ce genre de raid. Nous sommes basés, pour certains, la moitié de l'année à Marrakech de novembre à avril/mai. Quelle est à votre avis la meilleur période dans cette fourchette pour faire ce voyage ? Nous pensions prévoir 3 semaines A/R, est-ce suffisant ? Merci pour vos infos et à bientôt
Je cherche des renseignements pour un projet de voyage 4x4 depuis Marrakech jusqu'au Sénégal A/R. J'ai lu des infos intéressantes sur des courriers de 2017, je voudrais savoir si elles sont toujours d'actualité du point de vue des documents indispensables, de la sécurité et de toutes autres informations susceptibles de nous aider à bien se préparer. Nous sommes trois ou quatre véhicules et des habitués depuis de nombreuses années de ce genre de raid. Nous sommes basés, pour certains, la moitié de l'année à Marrakech de novembre à avril/mai. Quelle est à votre avis la meilleur période dans cette fourchette pour faire ce voyage ? Nous pensions prévoir 3 semaines A/R, est-ce suffisant ? Merci pour vos infos et à bientôt








