Discussions similar to: avenir Socotra
FR
Retour du Yemen, femme solo
Bonjour à tous,

Juste pour faire un petit retour sur la situation récente au Yemen. Je suis partie deux semaines en solo fin décembre/ début janvier. Comme vous l'aurez sans doute déjà lu sur d'autres post, c'est un pays merveilleux, qui mele à la fois paysages grandioses, une population ultra accueillante (sans etre oppressante comme ca peut être le cas au Maghreb), des modes de vie tres traditionnels, une architecture remarquable, etc...

Comme je m'y attendais, malgré la carte toute rouge de la MAEE, je me suis sentie au Yemen bien plus en sécurité que dans de nombreux autres pays (comme le Mexique par exemple, où l'on risque sans doute beaucoup plus pour ses biens et sa personne, mais ce n'est pas le fait de terroristes islamistes... et la carte est toute verte sur le site de la MAEE).

Il y a une réelle incompréhension des yemenites face à la désertion touristique, et effectivement tous les etablissements et infrastructures qui avaient commencé à fleurir avant les années 2000, sont aujourd'hui pour la plupart à l'abandon et font peine à voir. Les Yemenites accusent les medias d'avoir desservi leur cause, et les inevitables amalgames islam/terrorisme/danger. Je ne cherche pas à minimiser les problemes qui existent sans doute au Yemen. Certaines zones sont bien sur à éviter et de toute façon prohibées, notamment au Nord du pays, en raison d'affrontements locaux. Mais dans toutes les zones ou on vous laissera aller, on se sent particulièrement en sécurité.

Et puis la grande surprise, c'est la facilité surprenante avec laquelle on obtient son visa. Aucune remarque sur le fait d'y aller en tant que femme seule. Pas de demande de contacts sur place, d'agences. Ni meme de réservation d'hotel... Juste déposer la demande à l'ambassade où une yemenite souriante a pris mon dossier (qui etait déposé en plus par une tierce personne) et quatre jours plus tard c'etait bon.

En ce qui concerne les permis pour les différentes zones que vous voulez visiter, il s'agit d'une simple formalité qui prend 30mn aupres d'un fonctionnaire aimable au beau milieu de la veille ville de sanaa. Rien de bien contraignant. Il faut juste avoir une idée assez précise de son parcours. Si ce n'est pas le cas, faire un panning provisoire qu'il sera toujours possible de modifier aupres des polices touristiques locales. Aucun probleme pour voyager en tant que femme seule. Aucune remarque ou quoi. Pas de probleme pour utiliser les taxis partagés. Il faut montrer patte blanche aux check points sur la route (qui sont assez nombreux), parfois 5 à 10 mn d'attente, et c'est tout. Les yemenites sont très tolérants au niveau du foulard. Pas besoin d'en porter un dans Sanaa. J'ai l'impression que ça n'aurait pas choquer non plus les gens dans les autres villes, mais personnellement je me sentais plus a l'aise avec en dehors de sanaa.

Mon parcours: sana'a, shibam/kawkaban (au nord de sanaa), Hadramout (seyyun, shibam, Sif), Manakha (et autres villages des Haraz moutains). Je n'ai donc pas d'infos sur Aden, ou Socotra. Si vous avez peu de temps, je conseillerai en priorité les Haraz mountains qui pour moi offrent les paysages les plus extraordinaires. Il n'est toujours pas possible de rejoindre l'hadramout par la route. Une fois sur place je n'ai pas réussi à échapper à la police locale qui m'attendait à la descente de l'avion et qui m'a flanqué un garde du corps armé pour deux jours. Je n'ai pas réussi à leur faire comprendre que je voulais voyager en taxi partagé, et comme à ce moment là je ne savais pas s'il y avait de toute façon des taxis partagés pour Sif, apres une heure de negociation j'ai fini par accepté un chauffeur que la police me proposait pour un prix somme toute raisonnable. Je pense qu'en insistant un peu plus ils m'auraient laisser y aller en taxis partagés (qui existent bien pour se rendre à Sif). De facon générale, la plupart des gens de la police touristique que j'ai croisé se sont montrés tres sympathiques. A Seyyun le chef a meme fini par me laisser vadrouiller seule (sans garde du corps) jusqu'à Shibam le deuxieme jour. En comparaison des Haraz, j'ai été un petit peu déçue par Shibam/kawkaban (au nord de Sanaa, pas le shibam de l'hadramout qui lui vaut bien le détour). Si vous passer par là néenmoins, ca vaut le coups de faire un arret chez l'innénarable Yahyah à Kawkaban, que plusieurs membres de ce forum connaissent (j'y ai retrouvé la trace de Phil64 dans les beaux portraits à l'aquarelle de Yahyah et sa fille Fatima!).

Alors rapport au qat, la plante qui lobotomise une bonne moitié de la gente masculine du pays, il sera difficile d'y échapper. Personnellement, a part m'avoir permis l'expérience sensorielle du ruminant, ça ne m'a fait aucun effet, et je dois peut-etre m'en estimer heureuse car pour certains autres voyageurs, ça s'est fini au petit coin. Apres enquete, il faut persévérer sur plusieurs heures de machouillage pour atteindre un etat correspondant à un join... si tout se passe bien!

Au final, j'ai envie de dire qu'on peut difficilement trouver un pays plus propice au voyage: démarches faciles, population accueillante, dépenses très limitées sur place, très riche culturellement, paysagement, architecturalement, suffisemment de gens qui baragouine en anglais, dépaysement garanti...

Quelques petites images attachées pour conclure sur la beauté de l'Arabie Heureuse...

Bon voyage!
Open
Yémen: suppression du visa à l'arrivée
La nouvelle vient de tomber. Voici une copie de la dépêche:

Cette décision affectera d'abord les touristes occidentaux, dont ceux venant des Etats-Unis, où un rapport parlementaire faisait état mercredi de la menace posée par des dizaines de citoyens américains soupçonnés de s'entraîner dans des camps d'Al Qaïda au Yémen. "Dans le cadre des efforts de notre pays pour combattre le terrorisme et renforcer les mesures de sécurité pour empêcher l'infiltration d'éléments terroristes dans le pays, la délivrance de visas aux étrangers dans les aéroports sera supprimée", écrit le quotidien 26-Septembre, organe officiel du ministère de la Défense. Sous la pression de l'Arabie saoudite voisine et des Occidentaux, l'armée yéménite a accentué récemment ses actions contre les militants d'Al Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), groupe qui a revendiqué la responsabilité de l'attentat manqué du 25 décembre sur un vol entre Amsterdam et Detroit. Ryad et les puissances occidentales redoutent que le Yémen devienne un refuge et un bastion pour les militants islamistes. Les ressortissants du Canada, d'Europe, d'Australie et du Japon, qui obtiennent généralement leurs visas à l'aéroport et non avant leur départ, seront également concernés par la mesure, a ajouté le responsable gouvernemental. Les étrangers devront désormais se procurer un visa avant d'entamer leur voyage. "La délivrance de visas aux étrangers se fera seulement dans les ambassades yéménites à l'étranger et après contrôle de l'administration responsable de la sécurité afin d'enquêter sur l'identité des voyageurs pour éviter l'infiltration d'éléments terroristes présumés", souligne le journal, citant une source au sein des services de sécurité. De même source, il est précisé que les ressortissants de pays liés au Yémen par un accord bilatéral de circulation ne seront pas touchés. Cela concerne entre autres l'Egypte, la Syrie, le Soudan ou la Jordanie.

Mohammed Ghobari et Mohamed Sudam, version française Grégory Blachier

Une decision qui devrait peser lourd sur le tourisme, déjà très en déclin.
Open
Yémen: six semaines en Arabie heureuse en direct
Desole pour les fautes mais c'est du brut, en direct et le temps ici est precieux entre deux powercut !!! donc comme d'hab remplacer si besoin les a par les q et inversement...

Salam Alecoum,

et bien ca y est me voila a Sanaa... le voyage fut bien crevant, pour ce aui est du diabete, nickel. j'ai eu droit aux repas diabetic comme j, avais demande en prenant le billet sur internet, super bien equilibre, aucun probleme a la securite, je n'ai meme pas eu a montrer mes bagages ni mes certificats medicaux. Tout aurait pu etre nickel si j'avais pu recupere mon sac a l'aeroport de Sanaa ! et oui me voila pour la 1ere fois a experimenter la perte de bagage !! Paul me dit que ce n'est pas tres surprenant ici... et je devrais l'avoir d'ici une semaine peut etre... j'avais heureusement tout ce aui est insuline et matos est avec moi, dan sle gros il n'y avait que du bonus au cas ou... par contre pas evident de se retrouver sans aucun medicament, la trouse a pharmacie est dans le gros sac ! de meme aue tious les fingues, chargeur de batterie, rete des cahiers... j'espere vraiment le recuperer vite. l'avantage c'est aue jai le temps, ce n'est pas comme si prevu de quitter la capitale de suite, alors il faut le prendre zen et avec Paul ca passe mieux. belle rencontre, Paul m'attendait donc a l'aeroport, deja que le vol avait du retard plus le temps perdu a attendre le sac puis au bureau pour declarer la perte....il etait presque 3h quand on a rejoint sa maison. Je ne realise pas encore tout a fait de me retrouver a Sanaa, tout cela parait tellement irreel. premiere vision de cette ville incroyable hier sans lumiere, le 4x4 circulaient dans le wadi sec et de part d'autre et les facades des maisons tours se laissaient deviner dans l'obscurite, avec ca et la quelques minarets qui s'elancent dans le ciel.... whaouhhhh Paul loue un etage d'une maison traditionnelle, porte en bois bien typique et une clef immense magnifique qui ouvre son appart, un matelas avec draps m'attends dans une belle piece ornee de qamareya, ces vitraux bien typiques... un peu de mal a m'endormir car je repense a mon sac... je raconterai plus tard car Paul a besoin de son ordi... ou bien je vais trouver un cyber cafe

enfin a part le sac tout va pour le ;ieux, je suis trop content d'etre dans un decor pareil, c'est hallucinant et bien loin de ce que j'avais vu en image
Open
Retour de Socotra au Yémen
Voyage en solo du 28 mars au 15 avril 2013

Si vous êtes prêts à oublier votre confort et à respecter le lieu et ses habitants, je vous donner quelques clefs pour une découverte de cette île incroyable...

- prise de contact avec une agence locale qui ne travaillent qu' avec des socotris..Pour 100$ par jour on a un 4x4, chauffeur, guide tente, repas, visites - je trouve un vol paris-sanaa avec emirates (7h15 d'attente à dubai à l'aller et stop de 4 jours au retour) pour 463 euros - pour le vol sanaa-socotra a-r avec felix airways j 'envoi par western union 370$ à l'agence locale et dès le lendemain j'ai le billet sur mon mail ! - pour le visa je constitue un dossier avec : billet international, billet national, passeport valable 6 mois aprés retour sans tampon israélien, 70 euros, mail de l'hotel arabia felix à sanaa (30$ avec petit déj)qui confirme nuit + transfert a-r aéroport-hôtel, lettre de l'agence socotri qui confirme ma prise en charge dès l'arrivée + programme de 7 nuits et une lettre de motivation où je m' engage à ne pas me balader hors de sanaa ! Aprés dépôt à l'ambassade yéménite de paris j'obtiens le visa en 8 jours !

*Le voyage : 2nts au Taj à Hadibo(20$) pour s'imprégner de l ambiance, voir l'architecture, les gens, marché au poisson, et 3nts au retour au Delisha Beach : des huttes de palmes avec lit et douche-sanitaire commun mais nikel au bord d'une plage de rêve : 15$ la nuit,5$ le petit déj et 8$ par repas (déj et diner) *felix airways : bonne compagnie : bien se mettre à droite de l'appareil pour l'arrivée à socotra la vue est spectaculaire..ne pas tenir compte de ce qui est indiqué sur le billet : vous avez droit à plus de 10kg de bagages en soute : j'avais 25kg+5kg à la main ! * le circuit : 4x4 pas propre, chauffeur qui fume dedans et laisse trainer la nourriture et 4 jours pour qu'on me donne enfin un guide et des couvertures ! si c'était à refaire je prendrais l'agence concurrente car les quelques touristes (y compris solo) qui voyageait avec étaient enchantés....oui j'aurai pu être plus ferme mais le guide les 3 derniers jours était remarquable (c'est Ahmed le fils du proprio de Adeeb camp et botaniste qui supervise la "nurserie" de plantes endémiques)et je considère que notre niveau d'exigence doit aussi être tolérant...je ne voyage pas pour engager des bras de fer... le chauffeur était au petit soin et bien que pas anglophone il conduisait bien et ne lésinait pas à s'arrêter où je voulais quand je voulais..un bon chauffeur quoi ! *nouriture : poisson riz/riz poisson..si vous croisez un pêcheur avec ses langoustes ne vous privez pas : 8euros la bête de 2kg et la deuxième offerte si vous avez de la chance ! petit déj : pain local(chaud..mmmm) avec miel du yémen (pour le miel local vous en trouvez en ville pour 40 euros le kilo), fromage vache qui r..., confiture, thé à la cardamome ou café - plage : de rêve, pas de soucis pour le bikini on s'arrête loin des villages autochtones - nature : incroyable..une route principale et chemin plus ou moins difficile impossible sans 4x4..paysages à tomber : faune, flore, villages, point de vue, routes, pffff -villages, habitants : on croise des gens qui saluent, les enfants aiment vous prendre la main..pas mal d'émotions dans les rencontres car en dépit du language, un sourire, un regard...une complicité d'un instant mais que vous n'oubliez pas... Belles rencontres à Hadibo avec des anglophones qui luttent pour la survie de leur culture et déplorent le manque d'intêret du gouvernement pour leur île qu 'ils savent être une richesse à préserver.... * nuits : superbement étoilées mais je vous déconseille de dormir à la belle étoile sur les plages : des centaines de crabes vous passeront dessus en quête de nourriture ! Tente bien hermétique avec matelas fin, prévoyiez un sac de lit perso c'est mieux...

Bilan : je ne retiens que ce que j ai vu, partagé, ressenti : tant pis pour la logistique.... ...on laisse un peu de soi à socotra...on en deviens nostalgique... bon vent, Laurence
Open
Socotra: une base militaire pour l'armée américaine? (Yémen)
J'en suis toute retournée: Il semble que suite aux tractations entre les autorités américaines et yéménites qui ont eu lieu en janvier 2010; il ait été entendu que les Etats Unis seraient autorisés à implanter une base militaire à Socotra! Voir liens ci-joint: http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=17460 http://www.iraq-war.ru/article/215146

En anglais, car je n'ai rien trouvé en français à ce sujet.
Open
Mission humanitaire au Yémen
Salut à tous, J'ai en projet de me rendre au Yémen dans les mois à venir incha allah, je suis ouverte à toutes propositions que se soit ONG internationales ou locales. Je suis diplômée en comptabilité et prend des cours en alternance sur l'initiation à la spychologie adulte et enfants en espèrant que cela me serve comme baggage!!! Si vous avez des infos à me donner je suis preneuse... Merci pour vos renseignements
Open
L'or vert du Yemen
Il était une fois un berger Ethiopien ses moutons broutaient une plante, et ne dormirent pas la nuit. Le berger étonné, finit par goûter la plante dont il savoura les effets positifs : insomnie, forme, énergie, concentration. C’est ainsi que le kat arriva au Yémen, il y a 400 ans. Aujourd’hui 19 pays cultivent le kat, 130 millions de personnes le consomment, le kat pousse partout, vallées, plateaux, montagnes, et on peut le planter toute l’année…. Pourvu qu’il y ait de l’eau, beaucoup d’eau. Grâce aux techniques modernes de l’agriculture (engrais chimique, pesticide) le kat s’est développé et plus de 40% du peuple Yéménite vivent de son commerce On trouve plusieurs qualités de kat, la meilleure, le Shami étant consommé par les notables et les chefs de tribus. 96% des hommes Yéménites en consomment et 70% des femmes. Les conséquences sur la société yéménites sont catastrophiques : dépendance du peuple, disparition de la diversité agricole (café, riz, blé, légumes). Or le kat est nocif, il entraîne des problèmes cardiaques et dentaires. En outre, le kat coupe l’appétit avec toutes les carences alimentaires qui en découlent. … En moyenne on commence à le consommer à 11 ans. Toutes les denrées sont exportées de l’étranger, puisque seul le kat est cultivé au Yémen. L’eau, déjà rare dans ce pays désertique devient un grave problème. Les ressources en eau s’épuisent. A ces conséquences humaines, écologiques, économiques, s’ajoutent des conséquences politiques : corruption, mendicité. Un Yéménite consomme en moyenne 500 à 800 Rials par jour de kat or le salaire moyen est de 15000 Rials par mois. Les bases sont posées pour le développement de la corruption. Celle-ci a atteint un degré tel, que l’état n’à plus de moyen d’action. 80% du budget de l’état proviennent des recettes du kat. Aussi la minorité intellectuelle non consommatrice a très peu de chance de se faire entendre. Dans ce pays, ou l’un préfère s’acheter du kat que des chaussures, ou seulement 3% des hommes ne prend pas de kat, on peut se demander quel sera l’avenir. La solution viendra peut être des 30% de femmes qu’en consomme pas.
Open
Vos impressions sur le Yémen
Pourriez-vous me parler un peu du Yemen...Les faits marquants quand on y débarque pour la première fois, la bouffe, les gens...et surtout les incidents qui peuvent nous arriver.

Merci

Fatima
Open
Le Yémen par monts et par vaux
Ce récit a été rédigé en 1992 à la suite d'un voyage effectué durant trois semaines. je n'ai pas modifié ce que j'avais écrit à l'époque du ressenti de ce circuit réalisé en petit groupe . "Du haut de la terrasse de l'hôtel Golden Dar, nous dominons l'ensemble de la vieille ville de Sanaa parsemée de dizaines de minarets de mosquées datant quelquefois de treize siècles. Des décorations polychromes entourent les fenêtres et précisent le haut des maisons-tours pour dessiner une fine crénelure.A l'intérieur même de la cité, des jardins potagers aérent cet enchevêtrement de gratte-ciels du moyen age. Des femmes fantomatiques sous leur voile multicolore dans la rue, travaillent nu tête la terre de ces arpents derrière de hauts murs de briques, à l'abri des regards indiscrets des hommes.Ces premières impressions d'une vie héritée d'un passé bimillénaire se transforment à peine lors d'une promenade à l'intérieur des souks. On pense rencontrer l'un des rois mages monté sur un âne, remplissant les sacs d'encens et de myrrhe avant de rejoindre la Judée . Au hasard de nos pérégrinations entre les étals d'épices, de fruits tropicaux, d'écorces de grains de café qui servent à concocter le Qishr, la boisson populaire yéménite, nulle femme ne se promène mais une foule d'hommes enturbannés, vêtus de la fouta- la jupe traditionnelle, armés de la Jambia-poignard recourbé, discute le moindre achat. Chaque rue du souk al Milh (le souk principal de Sanaa) a sa spécialité. A l'une des petites boutiques à la devanture bleue, où des dizaines de bijoux d'or scintillent, nous rêvons de rencontrer sous son voile noir de Bédouins, la reine de Saba de passage à Sanaa. Son royaume de Mare est l'oasis oriental du Yémen irrigué par un gigantesque barrage qui lui survivra quinze siècles . Dans ces ruelles où le tintamarre de la foule est supplanté aux haures de prière par le chant de muezzins qui se renvoient en écho les versets du Coran, les ânes se partagent les détritus avec les chèvres et les poules. Les dromadaires tournent , en sous sol, les meules des moulins à olive ou à grains.

Lorsque nous avons franchi Bab El Yemen, la dernière porte subsistant des remparts ottomans, nous faisons un bond de vingt siècles sans l'Histoire. Les klaxons, les 4X4 remplacent les cris des animaux, les épices font place aux montres à quartz. Aux lueurs de l'aube, la ville s'active, mais dès midi elle semble se dissiper dans les brumes qui descendent des montagnes environnantes. Depuis quatre siècles, le Yémen est sous l'emprise d'un phénomène quotidien qui agit sur la vie sociale et économique : le QAT. Cette plante, dont on mâche les feuilles méthodiquement, l'après midi entre amis, absorbe l'énergie des consommateurs dans le but symptomatique de développer leurs qualités intellectuelles et relationnelles. Les agriculteurs ont abandonné la culture du café au profit de celle du qat plus rentable. Les échoppes du souk, les magasins des quartiers modernes, les bureaux se vident le temps de se façonner, dans la jouegauche, une boule verdâtre de la taille d'une balle de golf. Même les toursites sont victimes de la feuille verte, les guides et chauffeurs abandonnent tout afin d'assouvir leur rituel journalier. Cela remplace notre sieste qui reste moins coûteuse que la consommation de qat qui peut absorber jusqu'à 30 % des revenus.
Open
Emissions sur le Yémen
Pour les aficionados, fanas et autres fondus du YEMEN, 🙂, passés, présents et à venir, je vous signale que la chaine (satellite) TV5 consacre 24 heures d'émissions sur le Yémen, et en direct de là bas pour certaines à partir de 17 heures ce samedi 12 mars et jusqu'à 17 heures le dimanche...😎. VOus croyez que ce sera encore nécessaire d'aller là bas ?😉 😉

A+ Fadièse
Open
Les déplacements et les check-points au Yémen
Bien qu’arabophone, très couleur locale et un peu désorganisé (…), il n’y strictement rien de sorcier à voyager au Yémen avec les transports collectifs.

Du debad (minibus) au bus, du taxi partagé (les vielles Peugeot 404, 504 et 505 break) au Hilux (pick-up Toyota), il y a moyen d’aller presque partout bien que pour certains coins, il faille de la patience…

Hormis le car (des autocars type Eurolines) que je n’ai jamais pris (pour un apriori un peu stupide de devoir me lever à une heure « antisociale » alors que je connais même pas leurs horaires !), j’ai pratiqué toutes les formes de transport y compris la moto, le véhicule de flics et la carriole tirée par un âne.

Il n’est absolument pas vrai que l’on « perds du temps » (notion déjà en soi stupide quand on voyage en indépendant. Si on sait que les troupeaux sont déjà en retard avant même d’être parti, l’indépendant considère les trajets comme étant partie intégrante du voyage) en pratiquant de la sorte et comme de très nombreux yéménites ne possèdent pas de véhicules, il y a de très nombreux transports collectifs.

Le temps d’attente pouvant varier de zéro (vous êtes le dernier passager que l’on attendait avant de partir ou le véhicule arrive juste à l’instant) à grand maximum une heure (pour un peu que vous soyez le premier à monter dans le debab ou dans la « pijou » et qu’il faille attendre les autres passagers (à moins que l’on paie les places des « manquants »)

Pour un peu que vous connaissiez l’endroit de départ des véhicules (en demandant « furzat » + le nom de la localité où vous allez) ou en vous rendant aux différents points de départ, il est aisé de circuler.

D’une manière générale, vous payez (sauf rares exceptions) le prix normal et vous pouvez toujours demander à vos voisins combien coûte la course.

Avec quelques gestes, un ou deux mots en arabe, le tour est joué !

La conduite des chauffeurs de debabs et des « pijoux » est particulière. Si vous avez déjà expérimenté la conduite dans la plaine de la Bekaa, en Algérie, dans la péninsule d’Absheron ou encore à Téhéran, les yéménites sont dans la droite ligne des chauffeurs moyen-orientaux.

Ils ne sont pas suicidaires mais ils sont lunatiques. Très calmes, posés et prudents par moments, ils peuvent passer du tout au tout dans l’instant qui suit. Tourner le volant avec les jambes alors que l’on se contemple les doigts des mains, avoir la jambe gauche sur le siège ou être affalé comme vous pouvez l’être le dimanche après-midi dans le fauteuil du salon (mais eux c’est au volant), dépasser dans les côtes, rouler à gauche, sortir très très large des virages et autres joyeusetés sont possibles. Il me semble bien qu’au Yémen, en ce qui concerne la conduite, tout est possible…

Dites vous qu’Allah est tout puissant, grand et miséricordieux. Il n’y a plus qu’à espérer qu’il le reste pendant tout le temps pendant lequel vous êtes sur la route…

Les Peugeot (même les vieilles) ont une très bonne tenue de route et il n’y a quand même pas que des tournants en épingle…

Heureusement… car ils ne sont pas que calmes, posés et prudents…

Si vous avez été retiré le permis à la police touristique, c’est parce que vous allez passer de nombreux check-points qui quadrillent le pays. De ce que je sais et ai vu, les check-points sont fixes. Pour la plupart, ils sont constitués d’un toit en tôle (protection contre le soleil) et d’un ou l’autre « cabanon » en dur. Un peu à l’image des péages autoroutiers mais version yéménite…

Ils sont tenus par les militaires et quelque fois par des policiers.

L’énergie mise à contrôler et à « chasser » le « blanc-bec » est très variable.

Dans la Tihama, sans abri, les militaires sont peu motivés (…) et ne regardent pas grand-chose…

Ailleurs, ils donnent parfois l’impression d’avoir découvert l’ennemi public numéro 1 alors que vous-même tendez la copie du permis car vous êtes visible…

Il va de soi que faire sans le permis n’est pas du tout pertinent !

Il n’est jamais demandé l’original de votre permis (car à force de faire des copies de copies…) ni le document « mère » (le document qui reprend les villes et dates de vos visites que vous avez du remplir à la police touristique)

J’ai seulement du présenter une seule fois mon passeport et n’ai jamais été sorti du véhicule ou importuné (hormis que certains sont pointilleux et plus que tatillons)

Les check-points vers Rada et celui vers Shibam-Kawkaban sont les plus tatillons de tous (du moins de tous ceux que j’ai passé)

N’étant pas allé dans l’Hadramwat (à cause des conséquences des intempéries), je ne sais rien dire des contrôles à l’est d’Aden, en direction de Sayun ni d’un éventuel retour via Marib (confer intervention d’eversmile)

Par sécurité, faites plusieurs copies du permis. Photocopies que vous referez au fur et à mesure que vous les distribuez aux check-points (tjs un permis par check-point)

Pour info :

Sana’a-Manakah : 2 check-points Manakah-Al Hudayda : 2 Al Hudayda – Bayt El Faqih: 1 Pas de check-points entre Bayt El Faqih et Zabid Zabid-Ta’izz : 4 (2 entre Zabid et la route pour Mokha et 2 après) Ta’izz-Aden : 3 Aden - Lahij : 1 Ta’izz - Ibb : 2 Ibb-Yarim: 1 Yarim – Hammam Damt : il me semble qu’il y en a peut-être un ! C’est tout aussi flou à l’aller qu’au retour ! Yarim-Dhamar : 1 Dhamar-Rada : 3 Dhamar-Sana’a : 1 Sana’a-Shibam : 2 Shibam-Thilla : 1 (par la route), O si de pied via Hababa At Tawila-Shibam : 0 Sana’a-Wadi Dhahr : 0

Je n’ai subi qu’un seul contrôle hors check-point, sur le pont de …Jibla ! Un militaire zélé s’est empressé de me demander mon permis lorsque je franchissais le pont (pédestre) qui mène à Jibla !

Un seul chauffeur de « pijou » a exigé de voir mon permis avant de m’autoriser à prendre place dans son véhicule C’était à Matbah pour me rendre à Shibam-Kawkaban. Les militaires du premier check-point sont réellement pointilleux et très « pénibles »

En me rendant à Rada, j’ai eu droit à un flic armé et imposé au second check-point ainsi qu’à un retour sur Dhamar (55 bornes de Rada) dans un véhicule de flics avec AK47 et qat… Ils roulent encore plus mal que les civils mais … Inch’Allah… Ah oui, ils aiment les sirènes et les haut-parleurs… Je n’ai pas très bien compris le pourquoi de tout ce toutim mais Rada est très sympa et la vieille mosquée est « à tomber par terre »… Par contre, j’imagine que vouloir y loger va « crisper » nos amis en uniformes…

Ils sont tous corrects, courtois et agréables et ne réclament pas de billets… Ils ne sont pas agressifs mais font leur boulot, parfois avec beaucoup de zèle…

Michel
Open
Yémen: itinéraire, climat et immersion arabe
Bonjour, j'aimerai aller au Yemen au printemps prochain. Je me pose la question pour Sanaa, mon époux sort de chimiothérapies, est-ce que les conditions climatiques vont lui convenir ? J'aimerai bien l'emmener mais il n'est pas très chaud pour y aller. Sinon le sultanat d'Oman serait peut être plus judicieux comme itinéraire ? J'apprends l'arabe et j'aimerai bien faire une immersion.

Merçi des conseils à venir
Open

You might also like