Bonjour à tous,
J'ai snas doute la possibilité de ramener des paires de lunettes de vue (une cinquantaine) récupérées par un ami opticien.
j'ai cru comprendre que ca pouvait être utile. Mais je ne sais pas trop à qui les donner: auriez vous des adresses d'association ou de spécialiste au Sénégal qui seraient intéressé pour que je puisse les contacter. Merci
pS: je serai au Sénégal durant le mois de juillet
Foulbé (Pullo), les Peuls sont un peuple qui me fascine. Et quel bonheur de partir à leur rencontre et de partager leur quotidien ; une expérience incroyable !
Leur origine est encore très contre-versée : on les a imaginé descendre de tribus proches-orientales israélites, d'une légion romaine perdue dans les sables du désert, héritiers de la civilisation pharaonique ou de pasteurs venus de l'Inde...La question est loin d'être tranchée !
Les Peuls, environ 3000 000, sont principalement dans le Fouta, cette vaste steppe qui occupe le nord du pays, et dans la région de Kédougou. Ils sont majoritairement islamisés.
Eleveurs par tradition, ils se sont pour la plupart sédentarisés. Les peuls vivent en osmose avec leur bétail. La richesse des Peuls se mesure à leur cheptel : des troupeaux de plus de cinquante têtes ne sont pas rares, chaque membre de la famille, adulte comme enfant, possédant une partie des bêtes. Ainsi, pour célébrer la naissance d'un garçon, le grand-père du nouveau-né offre un zébu à son gendre.
Ils élèvent essentiellement des vaches laitières, les taureaux sont consommés lors des grandes fêtes. Ils élèvent aussi des ovins, pour leur laine et leur lait.
Ils vivent dans des villages de cases rondes.
Les Peuls s'expriment beaucoup à travers une littérature orale, des contes et des légendes se transmettent de génération en génération. La beauté, la sagesse figurent parmi les règles à suivre du "pulaaku" ces règles régissant la "pulanité".
Chez les Peuls tout commence en beauté, et finit en beauté !
Pour voir plus de photos:
http://paysdelaterenga.over-blog.com/...-chez-le...De l'enfer au Paradis, l'île de Gorée
« Bismillah »[1] dit-on d’une seule et même voix lorsque le bateau largue les amarres. Nous voici partis pour une trentaine de minutes le temps de rejoindre ce petit coin de paradis, ce caillou chargé d’Histoire qu’est l’île de Gorée.
Sur le bateau, Abù regarde la mer et ses vagues, l’horizon et son infini. Quant à moi, c’est lui que je regarde. Je le sens impressionné par cette immensité bleue qu’il a rarement, voir jamais, l’occasion de voir lorsqu’il se trouve dans son village natal au fin fond du Sénégal, dans la région du Fouta[2] où la pluie est incertaine et où le vent balaye la poussière. Calé à l’arrière du navire, il observe l’océan qui vomit ses énormes cargos conteneurs dans le port de Dakar. Puis il prend mon appareil photo pour immortaliser l’instant, il sait que je lui ramènerai tous ces bons moments sur papier à mon prochain voyage. Aujourd’hui, je suis heureux, c’est une petite sortie que l’on s’était promise il y’ a trois mois lorsque l’on se trouvait tous les deux au village un après-midi de forte chaleur …
Ce jour-là, le moindre mouvement pouvait remplir tout un canari de notre transpiration, même nos langues étaient fatiguées de raconter leurs banales histoires. Alors, nous nous retrouvons chez Benoît, l’infirmier du village, qui est mon ami et avec qui je vis au village.
Il y’a là Benoît, Sékou l’instituteur des petits, Adama le puiseur d’eau, Fundé le tailleur, Abù et moi.
Toujours les mêmes, toujours la même routine qui chaque jour se répète. Mais cette routine, nous l’apprécions, on la partage en communauté et chacun apporte sa petite différence pour ne pas qu’on puisse s’en lasser. Souvent, on se retrouve ici entre 14h et 17h en attendant que le soleil s’épuise et que l’on reprenne tranquillement nos activités.
Je branche la télévision, les autres installent les nattes et les matelas, puis on amène la glacière au fond de laquelle 2 glaces dans un sachet plastique attendent leur tour. Adama allume le gaz et commence à laver deux petits verres, c’est bientôt l’heure du thé !
On tombe sur la RTS (Radio Télévision Sénégalaise) qui projette un documentaire sur l’Histoire de l’île de Gorée durant la période esclavagiste. Je revois certains lieux où j’étais allé l’année précédente, notamment la célèbre maison des esclaves, mondialement connue. Dans le petit écran, c’est Joseph Ndiaye, le charismatique conservateur de la maison, qui montre les chaînes que les esclaves portaient aux pieds et aux mains. J’aurais aimé le rencontrer mais malheureusement il est décédé quelques mois avant que je visite l’île.
C’était l’Histoire douloureuse du Sénégal, de toute l’Afrique et de l’Occident qui était là sous nos yeux. Au Sénégal, on enseigne cette Histoire à l’école primaire puis ensuite au collège et au lycée. Le problème est que de nombreux Sénégalais ne connaissent pas leur propre Histoire, surtout cette période qui dura plus de 400 ans et qui encore aujourd’hui a laissé des marques indélébiles dans la conscience collective. Ici, en France, le monde est à notre disposition. L’accès aux moyens d’information et de communication est relativement facile et permet de faire des recherches sur n’importe quel sujet. Aujourd’hui, un Sénégalais m’en apprendra plus que je connais sur la prise de la Bastille et l’appel du Général de Gaule, et dans la même discussion je lui apprendrais la découverte de l’Amérique par l’empire Mandingue au XIVème siècle et l’épopée d’El Hadj Oumar Tall d’Alwar jusqu’à Bandiagara.
C’est vrai que l’époque change. Maintenant, on ne peut pas voir un village, même en pleine brousse, dont les habitants n’écoutent pas la radio. Mais avoir la radio ou la télé n’est pas suffisant, encore faut-il savoir décrypter ce que l’on écoute et décoder les informations, difficile pour quelqu’un qui n’a jamais été à l’école.
C’est le cas d’Abù. Il n’a jamais fait les bancs. Contrairement à ses enfants, il ne connaît pas ce que l’école enseigne dans les manuels scolaires, mais ce que la vie dévoile à travers les expériences du quotidien, il pourrait en écrire des pages et des pages, s’il savait écrire … Oui, Abù ne sait ni lire ni écrire, mais il parle parfaitement le français ainsi que de nombreuses langues Africaines grâces à ces innombrables voyages au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Congo et j’en passe. Cela lui a donné une grande curiosité sur tout ce qui l’entoure et une ouverture d’esprit que j’ai rarement vu. Il s’intéresse à l’actualité et à l’histoire, et le documentaire de la RTS tombait à point.
Pendant le reportage, il était choqué par les images des hommes, des femmes et des enfants enchaînés, les fers aux pieds, aux cous et aux mains, et jetés comme du bétail dans la cale d’un navire négrier. « Ah, ça c’est grave ! » répète Abù. Monsieur Touré, l’instituteur, commence à expliquer l’Histoire de l’esclavage et ce qu’il s’est passé à Gorée. Lorsqu’il est à Dakar, il s’y rend souvent avec ses amis pour prendre un peu de repos et profiter de la tranquillité. Ma parole court après la sienne, et j’enchaîne sur ce que j’ai pu voir là-bas pendant qu’Abù continue ses exclamations « Vraiment, ça c’est très grave ! ».
« Abù, quand nous serons tous les deux à Dakar, on ira visiter la maison des esclaves, tu verras ça de tes propres yeux ».
3 mois après, on s’était rejoint à la capitale, Dakar, et un dimanche nous décidons de nous rendre à Gorée et d’y passer la journée. Abù était content de pouvoir enfin découvrir cette île dont je lui avais tant parlé, et moi heureux de prendre une journée de repos, nous avions passé deux semaines épuisantes à vadrouiller dans la ville pour les projets du village. On s’habille avec nos boubous, on prend l’appareil photo et nous quittons Ouakam, direction le port.
A l’embarquement, il n’y a personne, tout le monde est déjà dans le bateau, le départ est dans quelques minutes seulement. Pour se rendre sur l’île, plusieurs tarifs sont appliqués : il y a un tarif pour les habitants de l’île, un tarif pour les Sénégalais, un tarif pour les Africains, et encore un autre pour les étrangers. Et bien sur, celui pour les étrangers est nettement supérieur, le triple de celui d’un résident Sénégalais pour tout dire. J’avais expliqué à Abù les différences de prix avant de venir, et il n’avait pas trouvé ça normal « on est tous pareil, pourquoi tu devrais payer plus cher .. ». Arrivé devant la dame qui vend les tickets, il lui pose la question « lui, il reste la moitié de l’année au Sénégal, il n’est plus blanc, ce n’est plus un étranger, il est avec nous maintenant ». Elle ne veut rien savoir, et c’est normal, ce n’est pas elle qui décide. On prend les tickets, on monte dans le bateau …
On pose déjà le pied sur l’île, la traversée était trop courte, on aurait aimé avoir plus de temps pour observer la mer et sentir son vent frais sur nos boubous. De toute façon, nous aurons droit à une seconde chance au retour, maintenant on va profiter un peu de ce minuscule caillou qu’est Gorée.
J’ai un bon ami sur l’île, Abdou Diallo. Il est d’origine Peul et tient une boutique de souvenirs près de l’embarcadère, juste en face des restaurants qui dressent leur auvent pour accueillir les touristes. Ca fait deux ans que je ne l’ai pas vu, deux ans que je ne suis pas retourné sur l’île aussi. La dernière fois, j’y avais passé deux nuits, et c’est dans la boutique d’Abdou que j’étais resté dormir, sur une simple natte, éclairé par des bougies, au milieu des tableaux, des jembés, des statuettes, et bien sûr avec une grande photo du Cheikh Ahmadou Bamba[3] qui gardait la boutique et veillait sur moi. Avant de se coucher, Abdou m’avait emmené chez un ami à lui, un artiste qui vivait sur les hauteurs de l’île dans les anciens bunkers souterrains des colons français. C’est comme ça que j’avais découvert que pour véritablement connaître Gorée, il fallait au moins y rester le soir et la nuit. Après la navette de 20h, la quasi-totalité des touristes ont quitté l’île, laissant place à la vie paisible des îliens et aux chants des Baye-Fall qui entourent le caillou d’une spiritualité envoûtante. Justement, ce soir-là, c’était celui où les cérémonies religieuses des Baye-Fall avaient lieu. Il y en avait une en bas de l’île, et une en haut. Nous avons fait les deux. C’était fort, la lune était pleine, et on entendait la mer aiguiser les rochers et s’abattre avec puissance sur la falaise. Au milieu des bruits de la terre s’élevait la voix des Hommes comme un orchestre qui jouerait à l’unisson une symphonie et dont chacun maîtriserait à la perfection son instrument. Nous avons chanté, dansé, puis sommes rentrés à la boutique à une heure où seule les ombres peuplent l’île.
J’avais vraiment envie de revoir Abdou et de le présenter à Abù. Je reconnais la boutique, toujours au même endroit, toujours les mêmes souvenirs. On entre et Abdou me reconnaît, un large sourire se dégage de son visage. On se donne les dernières nouvelles, il me demande si mon père se porte bien et à mon tour je demande des nouvelles de la famille, de son commerce. Il répond que ça va en ce moment, il y a un peu de monde qui arrive et les affaires fonctionnent. Ce que j’aime avec Abdou, c’est qu’il n’a pas le tempérament du commerçant agressif qui souhaite à tout prix vendre quelque chose. Il est calme, posé, prend le temps de discuter, la stratégie est sûrement meilleure car finalement on y revient !
Il discute avec Abù, bien évidemment du Fouta, et tous les deux commencent une série de questions propres aux Pulaar des villages, qui pourraient durer une éternité « Comment va la famille ? et ta femme ? et les enfants ? et la santé ? et le travail ? et l’argent ? et la chaleur ? » … Au bout de dix minutes de points d’interrogations, les présentations sont faites.
Nous expliquons à Abdou que nous ne restons pas longtemps chez lui, on veut se promener, visiter l’île et repartir le soir sur la terre ferme. Il demande si nous passerons à la maison des esclaves, et lui répondons que oui, dans l’après-midi nous nous rendrons là-bas. « Alors venez ! » nous dit-il. La maison est à 200 mètres de sa boutique. On emprunte une petite ruelle sur la droite, j’aperçois déjà un peu plus loin la statuette de l’esclave affranchi qui brise ses chaînes et sa femme qui, heureuse de le retrouver, le serre bien fort dans ses bras, j’ai toujours beaucoup d’émotion en la voyant. Nous arrivons tous les trois devant la porte de la maison des esclaves « Le Peuple Sénégalais a su garder l’actuelle maison des esclaves afin de rappeler à tout Africain qu’une partie de lui même a transité par ce sanctuaire », signé Joseph Ndiaye, Tonton Jo comme on le nomme avec affection.
Abdou frappe et le gardien nous ouvre. Il lui explique en Wolof que nous sommes ses amis, que nous reviendrons visiter la maison cet après-midi et qu’il faudra nous appliquer le « tarif spécial ». Abdou se retourne et nous dit « c’est bon, allez vous promener, repasser me saluer ce soir avant votre départ ».
On continue la ruelle, ça commence sérieusement à monter. Nous finissons par arriver tout en haut de l’île, c’est un beau jour aujourd’hui il n’y a pas beaucoup de monde, juste quelques touristes qui se baladent, se prennent en photo avec la mer en arrière plan, ou qui se font quelque peu chahuter par les commerçants. Nous avec Abù, nous passons inaperçu, enfin .. avec nos boubous, notre grand foulard blanc, les gens nous regardent, les blancs comme les noirs, mais les vendeurs nous laissent tranquilles ne sachant pas véritablement à qui ils ont affaire. Parfois même, nous entendant communiquer en Pulaar, on vient nous demander qui nous sommes et ce que nous faisons là, juste pour satisfaire la curiosité Sénégalaise et histoire de passer le temps en bavardant quelques minutes.
Il faut savoir que sur l’île, la majorité des commerçants sont des Dakarois, ils tiennent des petites boutiques ou des cabanes en bois un peu partout, avec des souvenirs, et à l’affût du moindre touriste qui s’en approcheraient. Ils arrivent le matin et reprennent la navette du soir pour retourner chez eux à la capitale. Les îliens, qui sont pour la plupart des artistes, se plaignent de leur présence car les Dakarois ne sont pas originaires de Gorée, ou du moins n’y vivent pas en permanence et, selon eux, ils dénaturent l’île en agressant les touristes et en faisant du forcing dans la vente. Ce qui est vrai, d’où l’intérêt de rester sur l’île une fois la nuit tombée. Comme on dit, la nuit, tous les chats sont gris. Et tous les hommes sont noirs.
Abù se dirige vers un énorme canon en fer rouillé positionné face à la mer, je le suis. Comme à son habitude, il me dit une phrase que j’ai souvent l’occasion d’entendre dans sa bouche « Ca, ce n’est pas petit hein ? ». C’est sur, il ne fallait pas se trouver en face. En fait, ce canon n’aura servi qu’à couler un navire Anglais dont l’épave doit encore se trouver sous les eaux aujourd’hui. Les Français en quittant l’île ont saboté le canon de façon à ce que personne ne puisse s’en resservir par la suite. J’admire l’océan, et profite d’une rafale de vent qui s’abat sur mon visage. Je me rappelle un verset du Coran que j’ai lu la veille avant de m’endormir :
« Il envoie les vents comme précurseurs de ses grâces nous faisant descendre du ciel l'eau pure, qui fait revivre une contrée mourante et désaltère un nombre infini d'hommes et d'animaux. » (Sourate 25, Verset 50-51)
Je me retourne, Abù n’est plus là. Puis j’entends sa voix « Prends une photo, je suis là ! ». Il était monté tout en haut du canon, comme le font tous les touristes de passage. « C’est toi qui à l’appareil ! ». Il me le lance et on fait une petite séance photo. Les photos d’Abù, c’est comme les titres des livres pour enfants : Abù à Gorée, Abù dans son champ, Abù sur la charrette, Abù se promène, Abù prépare le thé, Abù joue aux cartes … j’ai toute la collection.
Sur la place, une femme solitaire nous regarde, elle n’a pas l’air d’être de l’île, elle est habillée en pagne, en tissu traditionnel avec un foulard autour du cou. Sur sa tempe, je reconnais les marques des Peuls, deux petits traits parallèles qui forment le chiffre 11. Je vais la saluer « No’Mbaada ? Ada Seli ? »[4]. Surprise, elle me répond dans sa langue, en Pulaar. C’est gagné ! Elle se nomme Sala. Abù redescend puis on discute avec elle. Elle explique qu’elle est originaire de la région de Matam et vit maintenant sur Dakar, son mari, lui, est parti travailler en Italie, et donc, elle profite de son temps libre pour visiter Gorée. Elle nous pose des tas de questions sur ce qui nous amène ici, et moi où est-ce que j’ai appris le Pulaar, et comment j’ai connu Abù. C’est une bonne rencontre, elle restera avec nous presque toute la journée et fatiguée, repartira à Dakar un peu plus tôt que nous. Nous sommes trois maintenant à découvrir ou re-découvrir l’île.
On s’approche de la falaise et en contrebas nous apercevons une femme étendre le linge, un fil tendu entre deux arbres, d’un côté la pierre et de l’autre la mer, l’espace n’est pas très large mais on suppose qu’il y a une famille qui vit là tout en bas. C’est déstabilisant, on ne sait même pas par quel chemin y accéder, comme si les habitants s’étaient appropriés cette toute petite île en cultivant une parcelle de vie dans ses moindres recoins. Les anciens blockaus, les souterrains, la falaise, tout a été réquisitionné pour y vivre en paix. L’île de Gorée, c’est comme un iceberg, il y a une partie émergée, celle que l’on veut bien nous montrer aux premiers abords, la partie que les touristes connaissent sur le bout de leur doigt, puis la partie immergée, celle, plus intime, où les îliens font leur vie paisible en harmonie avec la mer et le soleil, dans la tranquillité et à l’écart du chahut des touristes.
On finit par redescendre, la faim commence à se faire sentir. On décide tous les trois de manger dans les gargotes en face de la boutique de chez Abdou, on ne sera pas loin de la maison des esclaves pour la visite de 14h. Nous passons à la boutique inviter notre ami mais il est occupé avec des Toubabs, alors nous le laissons à ses affaires et filons manger. Nous qui avions l’habitude de manger un plat pour 500 cfa[5], ici le prix est multiplié par 4 ! mais on l’accepte, après tout, c’est comme partout, dès qu’il y a des touristes et de l’argent, les prix enflent, c’est la marche du monde même si la direction est mauvaise. On s’enfile un mafé sans le déguster, pourtant on sait qu’après un mafé, logiquement c’est sieste obligatoire, mais gourmandise quand tu nous tiens …
On repart, et comme prévu c’est difficile, le ventre est lourd, mais on se presse tout de même de se rendre devant la maison des esclaves. Nous ne sommes pas les premiers devant la porte, il n’est pas encore tout à fait l’heure et des visiteurs attendent déjà. Ca parle Anglais, Chinois, Français, Wolof, malgré le peu de monde aujourd’hui, de nombreuses nationalités sont représentées démontrant l’intérêt des étrangers pour ce lieu historique de l’île.
On s’assoit, on attend, le mafé nous pèse sur l’estomac ! J’en profite pour raconter à Abù la dernière fois que j’ai visité la maison il y a deux ans. J’attendais au même endroit, adossé contre le mur d’un côté de la ruelle, j’étais seul et en avance. A côté de moi, il y avait le gardien de la maison qui était assis sur sa chaise juste en face de la porte et attendait les visiteurs. On ne pouvait pas s’y méprendre, cet homme était bien la personne chargée de faire entrer les touristes et de leur vendre les tickets. Mais un couple de français s’approche rapidement, ils s’adressent à moi sans me saluer et surtout sans regarder le gardien. « A quelle heure ouvre la maison ? ». Je leur dis bonjour pour leur signifier qu’ici nous ne sommes pas en France, on salue les gens avant de s’adresser à eux, puis leur réponds qu’elle ouvre à 14h, qu’il faut patienter un peu. « Mais, c’est une visite guidée ? ». Là je regarde le gardien qui ne bouge toujours pas, puis je dis au couple « Vous savez, l’homme qui est là sur sa chaise, peut-être vous ne l’avez pas remarqué mais c’est lui qui doit vous renseigner. Regardez-moi, j’ai l’air de travailler à la maison des esclaves ? ». Puis l’homme leur répond « la visite guidée est à 15h ». Le couple repart, sans nous saluer, en se plaignant qu’ils n’aient pas le temps pour faire la visite et que c’est inadmissible qu’ils ne fassent pas de visite guidée à 14h. Je souris me disant que ces gens-là ne doivent pas être heureux, ça m’a toujours fait rire ce type de comportement, mais ça me renvoie aussi à la vie occidentale que j’avais laissé de côté depuis 5 mois, et je me dis que bientôt je dois y retourner. Je regarde le gardien et lui lance « c’est toujours comme ça ? ». « Pas toujours, mais en tout cas, c’est très souvent comme ça ». « Parfois, j’ai honte de voir mon peuple se comporter de cette façon ». « Et oui » dit-il, n’ayant pas l’air de trop s’en préoccuper, la situation étant plutôt banale et quasi habituelle pour lui.
14h ! Les portes s’ouvrent, le gardien nous reconnaît. Avec Sala à nos côtés, nous sommes une personne de plus que ce matin mais ça ne pose pas de problème. « Allez-y entrez, pour vous c’est bon ». On le remercie chaudement, et Abù me dit « Alors c’était ça le tarif spécial ! ». Et dire que j’entends souvent les voyageurs se plaindre qu’au Sénégal les blancs sont des portefeuilles sur patte. Dernière touche d’humour avant d’entrer dans l’une des pages les plus terribles de l’Histoire de l’humanité dont un célèbre artiste disait que la moitié de cette histoire n’avait pas encore été écrite. C’est vrai, on pourrait aussi ajouter que l’autre moitié a bien été écrite, mais par les vainqueurs. Ca me rappelle un proverbe Sénégalais « Tant que les lions n'auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse ne peuvent que chanter la gloire du chasseur ». Mais la maison des esclaves est la preuve que les lions ont trouvé leurs historiens. Joseph Ndiaye n’était pas historien mais le conservateur de la maison durant plus de trente ans jusqu’à son décès en 1999 à l’âge de 87 ans. Il s’est battu sans relâche pour faire connaître le patrimoine historique de Gorée, et surtout l’épisode de la traite négrière. Il racontait avec passion les douleurs de l’esclavage et l’enfer des noirs détenus dans les cellules de la maison. Grâce à son combat pour la préservation de la mémoire, l’UNESCO décide en 1990 de restaurer la maison, pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui, un véritable lieu de mémoire et de pèlerinage pour les descendants d’esclaves et les millions de visiteurs à travers le monde.
Nous avons décidé de ne pas faire la visite guidée, Sala qui nous accompagne depuis notre arrivée ne parle que le Pulaar, alors j’improvise, je lui explique brièvement les différents lieux que l’on voit en essayant de me souvenir de ma dernière visite, puis traduit ce qui est écrit sur les panneaux des cellules. « Cellule homme », « Cellule femme », « Cellule enfant ». Il pouvait y avoir jusqu’à 200 esclaves en même temps dans la maison, et les familles étaient séparées avant de partir pour les Amériques. L’attente était parfois de trois mois avant d’embarquer sur les voiliers.
On rejoint Abù devant un renfoncement dans un mur. Celui-ci s’enfonce sur quelques mètres mais on ne voit pas le bout, il y fait tout noir. Au-dessus, un petit panneau indique « Cellule des récalcitrants ». J’explique à Abù ce qui est écrit sur le panneau et lui dis « Nelson Mandela est venu ici, il est entré dans ce trou, ses gardes du corps voulaient l’en empêcher mais il y est tout de même allé. Il est resté 5 minutes tout au fond, puis lorsqu’il est sorti, ses yeux étaient pleins de larmes ». Abù y va lui aussi, je ne le vois plus, ne l’entends plus, puis quand il sort, ses yeux aussi sont rouges, de tristesse, peut-être de colère.
Nous nous trouvons maintenant entre deux murs étroits. Au bout, une porte que l’on ne peut pas franchir, la mer nous barrant le chemin. « C’est la porte du voyage sans retour, si tu passais par-là, tu n’y revenais jamais ».
« Ca c’est grave ». C’est le moment le plus intense de la visite. Nous sommes face à la dure réalité de l’esclavage et de la condition d’esclave. On tente d’imaginer mais l’inhumanité est inimaginable. Les esclaves embarquaient d’ici sous un numéro de matricule, ils perdaient à tout jamais leurs noms Africains. Nous restons là quelques minutes, et Abù s’isole une fois de plus face à la mer. Je le laisse.
En sortant de ces murs, nous respirons enfin. C’est comme un sentiment d’étouffement, comme si la respiration s’était arrêtée l’espace de quelques minutes. On monte l’escalier et en haut nous découvrons une salle d’exposition dans laquelle sont mis en évidence des documents d’archives, des panneaux explicatifs, des objets témoignant de la vie d’esclave, des chaînes, des fers, des masques en ferrailles, les fusils des colons. Avec Sala on fait le tour de la salle, on regarde les images d’époque puis elle montre du doigt un dessin sûrement réalisé par un colon : un esclave pendu et à côté de lui un esclavagiste qui le fouette.
Nous avons visité la maison des esclaves, et nous la quittons comme on quitterait un cimetière, en silence et le regard baissé. Je me souviens alors d’une parole que le guide avait prononcé à la fin de la visite guidée la dernière fois que j’étais venu « La visite s’achève maintenant, cette maison est un lieu de mémoire, mais surtout n’oublions pas que, jusqu’à aujourd’hui, l’esclavage continue et n’a pas encore été aboli ». C’était vrai, les formes avaient changé, mais c’était toujours les mêmes qui mangeaient à leur faim, et toujours les mêmes qui se contentaient des miettes tombées de leur table.
En sortant de la maison, une sonnerie retentit, c’est mon téléphone. Je réponds « Salamou Alaykum ». C’est Simon, l’Italien que j’avais rencontré sur Dakar il y a quelques jours, j’avais oublié que lui aussi venait sur l’île ce jour-là. Il me dit qu’il est arrivé, qu’il est tout en haut, dans la maison de Maha, un habitant de Gorée qui a ouvert quelques chambres d’hôtes. « On arrive ».
Abù me dit qu’avant de rejoindre Simon, il veut voir la mosquée et y faire quelques prières. Très bonne idée, j’y étais allé la dernière fois mais je ne me souviens plus du tout où elle se trouve. On remonte la ruelle et nous passons devant l’église. En plaisantant je dis à Abù « c’est ici, tu peux aller prier », puis il me répond « ah ! ça c’est la mosquée des Chrétiens ».On finit par demander à la première personne qui passe où est-ce qu’ils l’ont mis, l’île n’est pourtant pas très grande. On nous indique une direction, celle de la mer, je me dis que Dieu ne doit pas être très loin, et je commence à me souvenir maintenant.
Sala me taquine en me disant « Tu as vu ce que tes blancs ont fait, ils ont mis l’église bien en évidence au milieu de l’île alors que la mosquée est cachée ».
Je souris, c’était bien vu de sa part « C’est vrai, mais regarde, qui a la plus belle vue ? ».
« La mosquée, a haali gonga ! »[6], Sala rigole.
En effet, la mosquée de l’île de Gorée vaut le détour. C’est la plus ancienne mosquée en pierre du pays. Un peu à l’écart du reste de l’île, elle surplombe et domine la mer, l’endroit est vraiment magnifique et préservé des touristes, AllaH n’intéresse personne. C’est la partie de l’île qui pourtant me touche le plus, où l’on ressent cette présence que pas même le plus grand des marabouts pourraient expliquer, comme cette brise que l’on sent sur notre peau mais que l’on ne voit jamais.
A l’intérieur, quelques personnes sont assises en train de lire le Coran. Un homme nous aperçoit, se lève et s’approche de nous. Il nous salue et se présente, c’est l’Imam. Il dit que nous sommes les bienvenus ici et nous parle bien évidemment de religion. « En ce moment, nous avons la visite de Frères Américains, ils sont venus se ressourcer ici et apprendre la religion avec nous ». En effet, un monsieur assez âgé avec une longue barbe blanche vient à son tour nous saluer sur le seuil de la mosquée. Il me fait penser à un vieil ermite, un enfant dans un corps de vieillard. Son regard est rieur et son sourire modeste est accroché à ses lèvres, comme s’il avait atteint la plénitude de Dieu et qu’il goûtait aux prémices du Paradis. Malheureusement, j’ai perdu mon Anglais et je ne pourrais pas très bien communiquer avec lui, mais nous restons à discuter un peu avec l’Imam, remercions tout le monde de l’accueil puis finissons par les quitter.
Sala commence à être fatiguée, elle dit qu’elle veut rentrer sur Dakar. Nous la raccompagnons au port, mais il faut attendre un peu, la navette est dans 30 minutes. Elle part avec Abù sur la plage, et se mettent les pieds dans l’eau au milieu des jeunes qui se baignent ou regardent passer les demoiselles. Le bateau approche, on salue Sala, on échange les numéros de téléphone. C’était vraiment une bonne rencontre, et maintenant on va se sentir seul sans une présence féminine à nos côtés. « Yo AllaH adu Jaam Sala »[7].
Je commence à avoir mal aux jambes, l’île est petite mais tout de même ça monte et ça descend ! Nous remontons l’île pour rejoindre Simon, notre ami Italien. Il est là avec une Anglaise qui est en stage dans une ONG sur Dakar, et un jeune Français qui a parcouru une bonne partie de l’Afrique à pied, de l’Ethiopie jusqu’au Sénégal. L’échange risque d’être intéressant, et ça fait longtemps que je n’ai pas discuté avec des occidentaux, pour le peu que j’en vois lorsque je suis au Fouta …
Maha est très cultivé, il nous parle en français et parfois traduit en Anglais pour la jeune fille. On refait le monde avec lui, on discute du Sénégal, de l’Afrique, de l’Occident, du monde et ses problèmes, de la vie et sa beauté. On se sent bien ici, à l’ombre avec un peu d’air frais. La femme de Maha nous apporte quelques gâteaux qu’elle vient de préparer et sa Maman vient s’asseoir à nos côtés pour nous écouter et sûrement passer son temps. Maha a ouvert des chambres d’hôtes il y a quelques années pour les visiteurs de passage sur l’île, il me dit que ça marche plutôt bien. C’est évident, l’endroit est charmant, les chambres sont parfaites, et puis Maha connaît beaucoup de choses sur son île et sa culture.
Un peu plus haut, juste au-dessus de l’endroit où nous nous trouvons, Maha possède un jardin potager et botanique où ils cultivent des plantes qu’il garde et revend. Son jardin est superbe et on voit qu’il l’entretient à la sueur de son front. Il a une collection impressionnante qu’il cultive dans des fonds de bouteilles plastiques. C’est un passionné, il commence à nous faire une visite de son jardin et en passant devant chaque plante, explique ses propriétés médicinales. Abù reconnaît certaines plantes de son enfance, il faut dire qu’il a baigné dedans, sa mère a un don pour guérir les maux par les plantes. Beaucoup de ces herbes ont disparu de la région du Fouta à cause du réchauffement climatique, du désert qui gagne chaque jour du terrain. Mais Maha affirme que toutes ces plantes peuvent encore pousser au Fouta si on en prend soin. Il récolte quelques graines d’un arbre que l’on appelle dans son langage populaire le « Neverdie » (de l’Anglais, le « ne meurt jamais ») et en donne à Abù, « Tu essaieras ça quand tu rentreras chez toi ». C’est un arbre dont nous avions déjà eu l’occasion de discuter à Bakel lorsque nous avions rencontré notre ami Idrissa, président d’une ONG Sénégalaise Eden Bakel. « Depuis que j’ai cet arbre chez moi, les femmes font la queue pour avoir ses fruits, c’est impressionnant les qualités qu’il possède ». Selon la tradition, les feuilles du Neverdie soigneraient plus de 300 maladies, mais Idrissa en parle surtout pour ses propriétés en faveur des diabétiques. Elles contiendraient deux fois plus de vitamine qu’une orange, des protéines et du calcium, ainsi que du fer .. bref, un produit particulièrement utilisé dans les programmes de malnutrition.
Il est 19h, on s’est un peu attardé, nous sommes les derniers chez Maha, Simon et le jeune français sont déjà partis. Nous remercions Maha et lui souhaitons beaucoup de bonheur à lui et sa famille en promettant que l’année prochaine nous reviendrons le saluer. Une fois de plus, nous redescendons l’île en passant dire au revoir à Abdou et en lui faisant la même promesse. Sur le quai d’embarquement, il commence à faire frais. En face de nous, il reste toute une partie de l’île que nous n’avons pas faite. On voit le fort d’Estrées aménagé par les français au XIXème siècle. D’abord construit pour se protéger, ce fut ensuite une prison, puis aujourd’hui le musée Historique du Sénégal à Gorée.
« Abù, on a même pas eu le temps d’aller là-bas ».
Mais il n’est plus à côté de moi, il regarde les pêcheurs Italiens assis à l’entrée du quai. L’espace d’un instant, j’ai l’impression d’être sur une île de Bretagne, surtout que le vent commence à souffler et qu’avec mon boubou j’ai froid. Le bateau approche, nous montons tous les deux en silence, la fatigue se ressent. Puis quand tous les passagers sont à bord, nous quittons l’île de Gorée pour retrouver le monde bruyant de la capitale.
« Bismillah » dit-on d’une seule et même voix lorsque le bateau largue les amarres
Par Dawud David DUPUY
[1] « Au Nom de Dieu »
[2] Fouta-Toro ou Fuuta Tooro: région du Nord du Sénégal située entre Dagana et Bakel, autrefois royaume du Tékrour. C’est la région la plus anciennement peuplée du Sénégal d’où partira l’ensemble des Peuples du pays. Aujourd’hui, ses habitants sont pour la majorité des Peuls et des Toucouleurs (Haal Pulaar).
[3] Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké est un théologien Musulman né en 1853 et décédé en 1927. Il deviendra l’une des figures les plus importantes de l’Islam au Sénégal et en Afrique de l’Ouest, et fondera la confrérie des Mourides. Partout au Sénégal, on peut voir des peintures le représentant et le glorifiant en tant que Khadimou Rassoul « Serviteur du Prophète ».
[4] « Comment ça va ? » - « Tu es en bonne santé ? », traduit du Pulaar.
[5] Moins d’1 euro.
[6] « La mosquée, tu as dis la Vérité ! », traduit du Pulaar.
[7] « Que Dieu te donne la Paix Sala », traduit du Pulaar.
« Bismillah »[1] dit-on d’une seule et même voix lorsque le bateau largue les amarres. Nous voici partis pour une trentaine de minutes le temps de rejoindre ce petit coin de paradis, ce caillou chargé d’Histoire qu’est l’île de Gorée.
Sur le bateau, Abù regarde la mer et ses vagues, l’horizon et son infini. Quant à moi, c’est lui que je regarde. Je le sens impressionné par cette immensité bleue qu’il a rarement, voir jamais, l’occasion de voir lorsqu’il se trouve dans son village natal au fin fond du Sénégal, dans la région du Fouta[2] où la pluie est incertaine et où le vent balaye la poussière. Calé à l’arrière du navire, il observe l’océan qui vomit ses énormes cargos conteneurs dans le port de Dakar. Puis il prend mon appareil photo pour immortaliser l’instant, il sait que je lui ramènerai tous ces bons moments sur papier à mon prochain voyage. Aujourd’hui, je suis heureux, c’est une petite sortie que l’on s’était promise il y’ a trois mois lorsque l’on se trouvait tous les deux au village un après-midi de forte chaleur …
Ce jour-là, le moindre mouvement pouvait remplir tout un canari de notre transpiration, même nos langues étaient fatiguées de raconter leurs banales histoires. Alors, nous nous retrouvons chez Benoît, l’infirmier du village, qui est mon ami et avec qui je vis au village.
Il y’a là Benoît, Sékou l’instituteur des petits, Adama le puiseur d’eau, Fundé le tailleur, Abù et moi.
Toujours les mêmes, toujours la même routine qui chaque jour se répète. Mais cette routine, nous l’apprécions, on la partage en communauté et chacun apporte sa petite différence pour ne pas qu’on puisse s’en lasser. Souvent, on se retrouve ici entre 14h et 17h en attendant que le soleil s’épuise et que l’on reprenne tranquillement nos activités.
Je branche la télévision, les autres installent les nattes et les matelas, puis on amène la glacière au fond de laquelle 2 glaces dans un sachet plastique attendent leur tour. Adama allume le gaz et commence à laver deux petits verres, c’est bientôt l’heure du thé !
On tombe sur la RTS (Radio Télévision Sénégalaise) qui projette un documentaire sur l’Histoire de l’île de Gorée durant la période esclavagiste. Je revois certains lieux où j’étais allé l’année précédente, notamment la célèbre maison des esclaves, mondialement connue. Dans le petit écran, c’est Joseph Ndiaye, le charismatique conservateur de la maison, qui montre les chaînes que les esclaves portaient aux pieds et aux mains. J’aurais aimé le rencontrer mais malheureusement il est décédé quelques mois avant que je visite l’île.
C’était l’Histoire douloureuse du Sénégal, de toute l’Afrique et de l’Occident qui était là sous nos yeux. Au Sénégal, on enseigne cette Histoire à l’école primaire puis ensuite au collège et au lycée. Le problème est que de nombreux Sénégalais ne connaissent pas leur propre Histoire, surtout cette période qui dura plus de 400 ans et qui encore aujourd’hui a laissé des marques indélébiles dans la conscience collective. Ici, en France, le monde est à notre disposition. L’accès aux moyens d’information et de communication est relativement facile et permet de faire des recherches sur n’importe quel sujet. Aujourd’hui, un Sénégalais m’en apprendra plus que je connais sur la prise de la Bastille et l’appel du Général de Gaule, et dans la même discussion je lui apprendrais la découverte de l’Amérique par l’empire Mandingue au XIVème siècle et l’épopée d’El Hadj Oumar Tall d’Alwar jusqu’à Bandiagara.
C’est vrai que l’époque change. Maintenant, on ne peut pas voir un village, même en pleine brousse, dont les habitants n’écoutent pas la radio. Mais avoir la radio ou la télé n’est pas suffisant, encore faut-il savoir décrypter ce que l’on écoute et décoder les informations, difficile pour quelqu’un qui n’a jamais été à l’école.
C’est le cas d’Abù. Il n’a jamais fait les bancs. Contrairement à ses enfants, il ne connaît pas ce que l’école enseigne dans les manuels scolaires, mais ce que la vie dévoile à travers les expériences du quotidien, il pourrait en écrire des pages et des pages, s’il savait écrire … Oui, Abù ne sait ni lire ni écrire, mais il parle parfaitement le français ainsi que de nombreuses langues Africaines grâces à ces innombrables voyages au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Congo et j’en passe. Cela lui a donné une grande curiosité sur tout ce qui l’entoure et une ouverture d’esprit que j’ai rarement vu. Il s’intéresse à l’actualité et à l’histoire, et le documentaire de la RTS tombait à point.
Pendant le reportage, il était choqué par les images des hommes, des femmes et des enfants enchaînés, les fers aux pieds, aux cous et aux mains, et jetés comme du bétail dans la cale d’un navire négrier. « Ah, ça c’est grave ! » répète Abù. Monsieur Touré, l’instituteur, commence à expliquer l’Histoire de l’esclavage et ce qu’il s’est passé à Gorée. Lorsqu’il est à Dakar, il s’y rend souvent avec ses amis pour prendre un peu de repos et profiter de la tranquillité. Ma parole court après la sienne, et j’enchaîne sur ce que j’ai pu voir là-bas pendant qu’Abù continue ses exclamations « Vraiment, ça c’est très grave ! ».
« Abù, quand nous serons tous les deux à Dakar, on ira visiter la maison des esclaves, tu verras ça de tes propres yeux ».
3 mois après, on s’était rejoint à la capitale, Dakar, et un dimanche nous décidons de nous rendre à Gorée et d’y passer la journée. Abù était content de pouvoir enfin découvrir cette île dont je lui avais tant parlé, et moi heureux de prendre une journée de repos, nous avions passé deux semaines épuisantes à vadrouiller dans la ville pour les projets du village. On s’habille avec nos boubous, on prend l’appareil photo et nous quittons Ouakam, direction le port.
A l’embarquement, il n’y a personne, tout le monde est déjà dans le bateau, le départ est dans quelques minutes seulement. Pour se rendre sur l’île, plusieurs tarifs sont appliqués : il y a un tarif pour les habitants de l’île, un tarif pour les Sénégalais, un tarif pour les Africains, et encore un autre pour les étrangers. Et bien sur, celui pour les étrangers est nettement supérieur, le triple de celui d’un résident Sénégalais pour tout dire. J’avais expliqué à Abù les différences de prix avant de venir, et il n’avait pas trouvé ça normal « on est tous pareil, pourquoi tu devrais payer plus cher .. ». Arrivé devant la dame qui vend les tickets, il lui pose la question « lui, il reste la moitié de l’année au Sénégal, il n’est plus blanc, ce n’est plus un étranger, il est avec nous maintenant ». Elle ne veut rien savoir, et c’est normal, ce n’est pas elle qui décide. On prend les tickets, on monte dans le bateau …
On pose déjà le pied sur l’île, la traversée était trop courte, on aurait aimé avoir plus de temps pour observer la mer et sentir son vent frais sur nos boubous. De toute façon, nous aurons droit à une seconde chance au retour, maintenant on va profiter un peu de ce minuscule caillou qu’est Gorée.
J’ai un bon ami sur l’île, Abdou Diallo. Il est d’origine Peul et tient une boutique de souvenirs près de l’embarcadère, juste en face des restaurants qui dressent leur auvent pour accueillir les touristes. Ca fait deux ans que je ne l’ai pas vu, deux ans que je ne suis pas retourné sur l’île aussi. La dernière fois, j’y avais passé deux nuits, et c’est dans la boutique d’Abdou que j’étais resté dormir, sur une simple natte, éclairé par des bougies, au milieu des tableaux, des jembés, des statuettes, et bien sûr avec une grande photo du Cheikh Ahmadou Bamba[3] qui gardait la boutique et veillait sur moi. Avant de se coucher, Abdou m’avait emmené chez un ami à lui, un artiste qui vivait sur les hauteurs de l’île dans les anciens bunkers souterrains des colons français. C’est comme ça que j’avais découvert que pour véritablement connaître Gorée, il fallait au moins y rester le soir et la nuit. Après la navette de 20h, la quasi-totalité des touristes ont quitté l’île, laissant place à la vie paisible des îliens et aux chants des Baye-Fall qui entourent le caillou d’une spiritualité envoûtante. Justement, ce soir-là, c’était celui où les cérémonies religieuses des Baye-Fall avaient lieu. Il y en avait une en bas de l’île, et une en haut. Nous avons fait les deux. C’était fort, la lune était pleine, et on entendait la mer aiguiser les rochers et s’abattre avec puissance sur la falaise. Au milieu des bruits de la terre s’élevait la voix des Hommes comme un orchestre qui jouerait à l’unisson une symphonie et dont chacun maîtriserait à la perfection son instrument. Nous avons chanté, dansé, puis sommes rentrés à la boutique à une heure où seule les ombres peuplent l’île.
J’avais vraiment envie de revoir Abdou et de le présenter à Abù. Je reconnais la boutique, toujours au même endroit, toujours les mêmes souvenirs. On entre et Abdou me reconnaît, un large sourire se dégage de son visage. On se donne les dernières nouvelles, il me demande si mon père se porte bien et à mon tour je demande des nouvelles de la famille, de son commerce. Il répond que ça va en ce moment, il y a un peu de monde qui arrive et les affaires fonctionnent. Ce que j’aime avec Abdou, c’est qu’il n’a pas le tempérament du commerçant agressif qui souhaite à tout prix vendre quelque chose. Il est calme, posé, prend le temps de discuter, la stratégie est sûrement meilleure car finalement on y revient !
Il discute avec Abù, bien évidemment du Fouta, et tous les deux commencent une série de questions propres aux Pulaar des villages, qui pourraient durer une éternité « Comment va la famille ? et ta femme ? et les enfants ? et la santé ? et le travail ? et l’argent ? et la chaleur ? » … Au bout de dix minutes de points d’interrogations, les présentations sont faites.
Nous expliquons à Abdou que nous ne restons pas longtemps chez lui, on veut se promener, visiter l’île et repartir le soir sur la terre ferme. Il demande si nous passerons à la maison des esclaves, et lui répondons que oui, dans l’après-midi nous nous rendrons là-bas. « Alors venez ! » nous dit-il. La maison est à 200 mètres de sa boutique. On emprunte une petite ruelle sur la droite, j’aperçois déjà un peu plus loin la statuette de l’esclave affranchi qui brise ses chaînes et sa femme qui, heureuse de le retrouver, le serre bien fort dans ses bras, j’ai toujours beaucoup d’émotion en la voyant. Nous arrivons tous les trois devant la porte de la maison des esclaves « Le Peuple Sénégalais a su garder l’actuelle maison des esclaves afin de rappeler à tout Africain qu’une partie de lui même a transité par ce sanctuaire », signé Joseph Ndiaye, Tonton Jo comme on le nomme avec affection.
Abdou frappe et le gardien nous ouvre. Il lui explique en Wolof que nous sommes ses amis, que nous reviendrons visiter la maison cet après-midi et qu’il faudra nous appliquer le « tarif spécial ». Abdou se retourne et nous dit « c’est bon, allez vous promener, repasser me saluer ce soir avant votre départ ».
On continue la ruelle, ça commence sérieusement à monter. Nous finissons par arriver tout en haut de l’île, c’est un beau jour aujourd’hui il n’y a pas beaucoup de monde, juste quelques touristes qui se baladent, se prennent en photo avec la mer en arrière plan, ou qui se font quelque peu chahuter par les commerçants. Nous avec Abù, nous passons inaperçu, enfin .. avec nos boubous, notre grand foulard blanc, les gens nous regardent, les blancs comme les noirs, mais les vendeurs nous laissent tranquilles ne sachant pas véritablement à qui ils ont affaire. Parfois même, nous entendant communiquer en Pulaar, on vient nous demander qui nous sommes et ce que nous faisons là, juste pour satisfaire la curiosité Sénégalaise et histoire de passer le temps en bavardant quelques minutes.
Il faut savoir que sur l’île, la majorité des commerçants sont des Dakarois, ils tiennent des petites boutiques ou des cabanes en bois un peu partout, avec des souvenirs, et à l’affût du moindre touriste qui s’en approcheraient. Ils arrivent le matin et reprennent la navette du soir pour retourner chez eux à la capitale. Les îliens, qui sont pour la plupart des artistes, se plaignent de leur présence car les Dakarois ne sont pas originaires de Gorée, ou du moins n’y vivent pas en permanence et, selon eux, ils dénaturent l’île en agressant les touristes et en faisant du forcing dans la vente. Ce qui est vrai, d’où l’intérêt de rester sur l’île une fois la nuit tombée. Comme on dit, la nuit, tous les chats sont gris. Et tous les hommes sont noirs.
Abù se dirige vers un énorme canon en fer rouillé positionné face à la mer, je le suis. Comme à son habitude, il me dit une phrase que j’ai souvent l’occasion d’entendre dans sa bouche « Ca, ce n’est pas petit hein ? ». C’est sur, il ne fallait pas se trouver en face. En fait, ce canon n’aura servi qu’à couler un navire Anglais dont l’épave doit encore se trouver sous les eaux aujourd’hui. Les Français en quittant l’île ont saboté le canon de façon à ce que personne ne puisse s’en resservir par la suite. J’admire l’océan, et profite d’une rafale de vent qui s’abat sur mon visage. Je me rappelle un verset du Coran que j’ai lu la veille avant de m’endormir :
« Il envoie les vents comme précurseurs de ses grâces nous faisant descendre du ciel l'eau pure, qui fait revivre une contrée mourante et désaltère un nombre infini d'hommes et d'animaux. » (Sourate 25, Verset 50-51)
Je me retourne, Abù n’est plus là. Puis j’entends sa voix « Prends une photo, je suis là ! ». Il était monté tout en haut du canon, comme le font tous les touristes de passage. « C’est toi qui à l’appareil ! ». Il me le lance et on fait une petite séance photo. Les photos d’Abù, c’est comme les titres des livres pour enfants : Abù à Gorée, Abù dans son champ, Abù sur la charrette, Abù se promène, Abù prépare le thé, Abù joue aux cartes … j’ai toute la collection.
Sur la place, une femme solitaire nous regarde, elle n’a pas l’air d’être de l’île, elle est habillée en pagne, en tissu traditionnel avec un foulard autour du cou. Sur sa tempe, je reconnais les marques des Peuls, deux petits traits parallèles qui forment le chiffre 11. Je vais la saluer « No’Mbaada ? Ada Seli ? »[4]. Surprise, elle me répond dans sa langue, en Pulaar. C’est gagné ! Elle se nomme Sala. Abù redescend puis on discute avec elle. Elle explique qu’elle est originaire de la région de Matam et vit maintenant sur Dakar, son mari, lui, est parti travailler en Italie, et donc, elle profite de son temps libre pour visiter Gorée. Elle nous pose des tas de questions sur ce qui nous amène ici, et moi où est-ce que j’ai appris le Pulaar, et comment j’ai connu Abù. C’est une bonne rencontre, elle restera avec nous presque toute la journée et fatiguée, repartira à Dakar un peu plus tôt que nous. Nous sommes trois maintenant à découvrir ou re-découvrir l’île.
On s’approche de la falaise et en contrebas nous apercevons une femme étendre le linge, un fil tendu entre deux arbres, d’un côté la pierre et de l’autre la mer, l’espace n’est pas très large mais on suppose qu’il y a une famille qui vit là tout en bas. C’est déstabilisant, on ne sait même pas par quel chemin y accéder, comme si les habitants s’étaient appropriés cette toute petite île en cultivant une parcelle de vie dans ses moindres recoins. Les anciens blockaus, les souterrains, la falaise, tout a été réquisitionné pour y vivre en paix. L’île de Gorée, c’est comme un iceberg, il y a une partie émergée, celle que l’on veut bien nous montrer aux premiers abords, la partie que les touristes connaissent sur le bout de leur doigt, puis la partie immergée, celle, plus intime, où les îliens font leur vie paisible en harmonie avec la mer et le soleil, dans la tranquillité et à l’écart du chahut des touristes.
On finit par redescendre, la faim commence à se faire sentir. On décide tous les trois de manger dans les gargotes en face de la boutique de chez Abdou, on ne sera pas loin de la maison des esclaves pour la visite de 14h. Nous passons à la boutique inviter notre ami mais il est occupé avec des Toubabs, alors nous le laissons à ses affaires et filons manger. Nous qui avions l’habitude de manger un plat pour 500 cfa[5], ici le prix est multiplié par 4 ! mais on l’accepte, après tout, c’est comme partout, dès qu’il y a des touristes et de l’argent, les prix enflent, c’est la marche du monde même si la direction est mauvaise. On s’enfile un mafé sans le déguster, pourtant on sait qu’après un mafé, logiquement c’est sieste obligatoire, mais gourmandise quand tu nous tiens …
On repart, et comme prévu c’est difficile, le ventre est lourd, mais on se presse tout de même de se rendre devant la maison des esclaves. Nous ne sommes pas les premiers devant la porte, il n’est pas encore tout à fait l’heure et des visiteurs attendent déjà. Ca parle Anglais, Chinois, Français, Wolof, malgré le peu de monde aujourd’hui, de nombreuses nationalités sont représentées démontrant l’intérêt des étrangers pour ce lieu historique de l’île.
On s’assoit, on attend, le mafé nous pèse sur l’estomac ! J’en profite pour raconter à Abù la dernière fois que j’ai visité la maison il y a deux ans. J’attendais au même endroit, adossé contre le mur d’un côté de la ruelle, j’étais seul et en avance. A côté de moi, il y avait le gardien de la maison qui était assis sur sa chaise juste en face de la porte et attendait les visiteurs. On ne pouvait pas s’y méprendre, cet homme était bien la personne chargée de faire entrer les touristes et de leur vendre les tickets. Mais un couple de français s’approche rapidement, ils s’adressent à moi sans me saluer et surtout sans regarder le gardien. « A quelle heure ouvre la maison ? ». Je leur dis bonjour pour leur signifier qu’ici nous ne sommes pas en France, on salue les gens avant de s’adresser à eux, puis leur réponds qu’elle ouvre à 14h, qu’il faut patienter un peu. « Mais, c’est une visite guidée ? ». Là je regarde le gardien qui ne bouge toujours pas, puis je dis au couple « Vous savez, l’homme qui est là sur sa chaise, peut-être vous ne l’avez pas remarqué mais c’est lui qui doit vous renseigner. Regardez-moi, j’ai l’air de travailler à la maison des esclaves ? ». Puis l’homme leur répond « la visite guidée est à 15h ». Le couple repart, sans nous saluer, en se plaignant qu’ils n’aient pas le temps pour faire la visite et que c’est inadmissible qu’ils ne fassent pas de visite guidée à 14h. Je souris me disant que ces gens-là ne doivent pas être heureux, ça m’a toujours fait rire ce type de comportement, mais ça me renvoie aussi à la vie occidentale que j’avais laissé de côté depuis 5 mois, et je me dis que bientôt je dois y retourner. Je regarde le gardien et lui lance « c’est toujours comme ça ? ». « Pas toujours, mais en tout cas, c’est très souvent comme ça ». « Parfois, j’ai honte de voir mon peuple se comporter de cette façon ». « Et oui » dit-il, n’ayant pas l’air de trop s’en préoccuper, la situation étant plutôt banale et quasi habituelle pour lui.
14h ! Les portes s’ouvrent, le gardien nous reconnaît. Avec Sala à nos côtés, nous sommes une personne de plus que ce matin mais ça ne pose pas de problème. « Allez-y entrez, pour vous c’est bon ». On le remercie chaudement, et Abù me dit « Alors c’était ça le tarif spécial ! ». Et dire que j’entends souvent les voyageurs se plaindre qu’au Sénégal les blancs sont des portefeuilles sur patte. Dernière touche d’humour avant d’entrer dans l’une des pages les plus terribles de l’Histoire de l’humanité dont un célèbre artiste disait que la moitié de cette histoire n’avait pas encore été écrite. C’est vrai, on pourrait aussi ajouter que l’autre moitié a bien été écrite, mais par les vainqueurs. Ca me rappelle un proverbe Sénégalais « Tant que les lions n'auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse ne peuvent que chanter la gloire du chasseur ». Mais la maison des esclaves est la preuve que les lions ont trouvé leurs historiens. Joseph Ndiaye n’était pas historien mais le conservateur de la maison durant plus de trente ans jusqu’à son décès en 1999 à l’âge de 87 ans. Il s’est battu sans relâche pour faire connaître le patrimoine historique de Gorée, et surtout l’épisode de la traite négrière. Il racontait avec passion les douleurs de l’esclavage et l’enfer des noirs détenus dans les cellules de la maison. Grâce à son combat pour la préservation de la mémoire, l’UNESCO décide en 1990 de restaurer la maison, pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui, un véritable lieu de mémoire et de pèlerinage pour les descendants d’esclaves et les millions de visiteurs à travers le monde.
Nous avons décidé de ne pas faire la visite guidée, Sala qui nous accompagne depuis notre arrivée ne parle que le Pulaar, alors j’improvise, je lui explique brièvement les différents lieux que l’on voit en essayant de me souvenir de ma dernière visite, puis traduit ce qui est écrit sur les panneaux des cellules. « Cellule homme », « Cellule femme », « Cellule enfant ». Il pouvait y avoir jusqu’à 200 esclaves en même temps dans la maison, et les familles étaient séparées avant de partir pour les Amériques. L’attente était parfois de trois mois avant d’embarquer sur les voiliers.
On rejoint Abù devant un renfoncement dans un mur. Celui-ci s’enfonce sur quelques mètres mais on ne voit pas le bout, il y fait tout noir. Au-dessus, un petit panneau indique « Cellule des récalcitrants ». J’explique à Abù ce qui est écrit sur le panneau et lui dis « Nelson Mandela est venu ici, il est entré dans ce trou, ses gardes du corps voulaient l’en empêcher mais il y est tout de même allé. Il est resté 5 minutes tout au fond, puis lorsqu’il est sorti, ses yeux étaient pleins de larmes ». Abù y va lui aussi, je ne le vois plus, ne l’entends plus, puis quand il sort, ses yeux aussi sont rouges, de tristesse, peut-être de colère.
Nous nous trouvons maintenant entre deux murs étroits. Au bout, une porte que l’on ne peut pas franchir, la mer nous barrant le chemin. « C’est la porte du voyage sans retour, si tu passais par-là, tu n’y revenais jamais ».
« Ca c’est grave ». C’est le moment le plus intense de la visite. Nous sommes face à la dure réalité de l’esclavage et de la condition d’esclave. On tente d’imaginer mais l’inhumanité est inimaginable. Les esclaves embarquaient d’ici sous un numéro de matricule, ils perdaient à tout jamais leurs noms Africains. Nous restons là quelques minutes, et Abù s’isole une fois de plus face à la mer. Je le laisse.
En sortant de ces murs, nous respirons enfin. C’est comme un sentiment d’étouffement, comme si la respiration s’était arrêtée l’espace de quelques minutes. On monte l’escalier et en haut nous découvrons une salle d’exposition dans laquelle sont mis en évidence des documents d’archives, des panneaux explicatifs, des objets témoignant de la vie d’esclave, des chaînes, des fers, des masques en ferrailles, les fusils des colons. Avec Sala on fait le tour de la salle, on regarde les images d’époque puis elle montre du doigt un dessin sûrement réalisé par un colon : un esclave pendu et à côté de lui un esclavagiste qui le fouette.
Nous avons visité la maison des esclaves, et nous la quittons comme on quitterait un cimetière, en silence et le regard baissé. Je me souviens alors d’une parole que le guide avait prononcé à la fin de la visite guidée la dernière fois que j’étais venu « La visite s’achève maintenant, cette maison est un lieu de mémoire, mais surtout n’oublions pas que, jusqu’à aujourd’hui, l’esclavage continue et n’a pas encore été aboli ». C’était vrai, les formes avaient changé, mais c’était toujours les mêmes qui mangeaient à leur faim, et toujours les mêmes qui se contentaient des miettes tombées de leur table.
En sortant de la maison, une sonnerie retentit, c’est mon téléphone. Je réponds « Salamou Alaykum ». C’est Simon, l’Italien que j’avais rencontré sur Dakar il y a quelques jours, j’avais oublié que lui aussi venait sur l’île ce jour-là. Il me dit qu’il est arrivé, qu’il est tout en haut, dans la maison de Maha, un habitant de Gorée qui a ouvert quelques chambres d’hôtes. « On arrive ».
Abù me dit qu’avant de rejoindre Simon, il veut voir la mosquée et y faire quelques prières. Très bonne idée, j’y étais allé la dernière fois mais je ne me souviens plus du tout où elle se trouve. On remonte la ruelle et nous passons devant l’église. En plaisantant je dis à Abù « c’est ici, tu peux aller prier », puis il me répond « ah ! ça c’est la mosquée des Chrétiens ».On finit par demander à la première personne qui passe où est-ce qu’ils l’ont mis, l’île n’est pourtant pas très grande. On nous indique une direction, celle de la mer, je me dis que Dieu ne doit pas être très loin, et je commence à me souvenir maintenant.
Sala me taquine en me disant « Tu as vu ce que tes blancs ont fait, ils ont mis l’église bien en évidence au milieu de l’île alors que la mosquée est cachée ».
Je souris, c’était bien vu de sa part « C’est vrai, mais regarde, qui a la plus belle vue ? ».
« La mosquée, a haali gonga ! »[6], Sala rigole.
En effet, la mosquée de l’île de Gorée vaut le détour. C’est la plus ancienne mosquée en pierre du pays. Un peu à l’écart du reste de l’île, elle surplombe et domine la mer, l’endroit est vraiment magnifique et préservé des touristes, AllaH n’intéresse personne. C’est la partie de l’île qui pourtant me touche le plus, où l’on ressent cette présence que pas même le plus grand des marabouts pourraient expliquer, comme cette brise que l’on sent sur notre peau mais que l’on ne voit jamais.
A l’intérieur, quelques personnes sont assises en train de lire le Coran. Un homme nous aperçoit, se lève et s’approche de nous. Il nous salue et se présente, c’est l’Imam. Il dit que nous sommes les bienvenus ici et nous parle bien évidemment de religion. « En ce moment, nous avons la visite de Frères Américains, ils sont venus se ressourcer ici et apprendre la religion avec nous ». En effet, un monsieur assez âgé avec une longue barbe blanche vient à son tour nous saluer sur le seuil de la mosquée. Il me fait penser à un vieil ermite, un enfant dans un corps de vieillard. Son regard est rieur et son sourire modeste est accroché à ses lèvres, comme s’il avait atteint la plénitude de Dieu et qu’il goûtait aux prémices du Paradis. Malheureusement, j’ai perdu mon Anglais et je ne pourrais pas très bien communiquer avec lui, mais nous restons à discuter un peu avec l’Imam, remercions tout le monde de l’accueil puis finissons par les quitter.
Sala commence à être fatiguée, elle dit qu’elle veut rentrer sur Dakar. Nous la raccompagnons au port, mais il faut attendre un peu, la navette est dans 30 minutes. Elle part avec Abù sur la plage, et se mettent les pieds dans l’eau au milieu des jeunes qui se baignent ou regardent passer les demoiselles. Le bateau approche, on salue Sala, on échange les numéros de téléphone. C’était vraiment une bonne rencontre, et maintenant on va se sentir seul sans une présence féminine à nos côtés. « Yo AllaH adu Jaam Sala »[7].
Je commence à avoir mal aux jambes, l’île est petite mais tout de même ça monte et ça descend ! Nous remontons l’île pour rejoindre Simon, notre ami Italien. Il est là avec une Anglaise qui est en stage dans une ONG sur Dakar, et un jeune Français qui a parcouru une bonne partie de l’Afrique à pied, de l’Ethiopie jusqu’au Sénégal. L’échange risque d’être intéressant, et ça fait longtemps que je n’ai pas discuté avec des occidentaux, pour le peu que j’en vois lorsque je suis au Fouta …
Maha est très cultivé, il nous parle en français et parfois traduit en Anglais pour la jeune fille. On refait le monde avec lui, on discute du Sénégal, de l’Afrique, de l’Occident, du monde et ses problèmes, de la vie et sa beauté. On se sent bien ici, à l’ombre avec un peu d’air frais. La femme de Maha nous apporte quelques gâteaux qu’elle vient de préparer et sa Maman vient s’asseoir à nos côtés pour nous écouter et sûrement passer son temps. Maha a ouvert des chambres d’hôtes il y a quelques années pour les visiteurs de passage sur l’île, il me dit que ça marche plutôt bien. C’est évident, l’endroit est charmant, les chambres sont parfaites, et puis Maha connaît beaucoup de choses sur son île et sa culture.
Un peu plus haut, juste au-dessus de l’endroit où nous nous trouvons, Maha possède un jardin potager et botanique où ils cultivent des plantes qu’il garde et revend. Son jardin est superbe et on voit qu’il l’entretient à la sueur de son front. Il a une collection impressionnante qu’il cultive dans des fonds de bouteilles plastiques. C’est un passionné, il commence à nous faire une visite de son jardin et en passant devant chaque plante, explique ses propriétés médicinales. Abù reconnaît certaines plantes de son enfance, il faut dire qu’il a baigné dedans, sa mère a un don pour guérir les maux par les plantes. Beaucoup de ces herbes ont disparu de la région du Fouta à cause du réchauffement climatique, du désert qui gagne chaque jour du terrain. Mais Maha affirme que toutes ces plantes peuvent encore pousser au Fouta si on en prend soin. Il récolte quelques graines d’un arbre que l’on appelle dans son langage populaire le « Neverdie » (de l’Anglais, le « ne meurt jamais ») et en donne à Abù, « Tu essaieras ça quand tu rentreras chez toi ». C’est un arbre dont nous avions déjà eu l’occasion de discuter à Bakel lorsque nous avions rencontré notre ami Idrissa, président d’une ONG Sénégalaise Eden Bakel. « Depuis que j’ai cet arbre chez moi, les femmes font la queue pour avoir ses fruits, c’est impressionnant les qualités qu’il possède ». Selon la tradition, les feuilles du Neverdie soigneraient plus de 300 maladies, mais Idrissa en parle surtout pour ses propriétés en faveur des diabétiques. Elles contiendraient deux fois plus de vitamine qu’une orange, des protéines et du calcium, ainsi que du fer .. bref, un produit particulièrement utilisé dans les programmes de malnutrition.
Il est 19h, on s’est un peu attardé, nous sommes les derniers chez Maha, Simon et le jeune français sont déjà partis. Nous remercions Maha et lui souhaitons beaucoup de bonheur à lui et sa famille en promettant que l’année prochaine nous reviendrons le saluer. Une fois de plus, nous redescendons l’île en passant dire au revoir à Abdou et en lui faisant la même promesse. Sur le quai d’embarquement, il commence à faire frais. En face de nous, il reste toute une partie de l’île que nous n’avons pas faite. On voit le fort d’Estrées aménagé par les français au XIXème siècle. D’abord construit pour se protéger, ce fut ensuite une prison, puis aujourd’hui le musée Historique du Sénégal à Gorée.
« Abù, on a même pas eu le temps d’aller là-bas ».
Mais il n’est plus à côté de moi, il regarde les pêcheurs Italiens assis à l’entrée du quai. L’espace d’un instant, j’ai l’impression d’être sur une île de Bretagne, surtout que le vent commence à souffler et qu’avec mon boubou j’ai froid. Le bateau approche, nous montons tous les deux en silence, la fatigue se ressent. Puis quand tous les passagers sont à bord, nous quittons l’île de Gorée pour retrouver le monde bruyant de la capitale.
« Bismillah » dit-on d’une seule et même voix lorsque le bateau largue les amarres
Par Dawud David DUPUY
[1] « Au Nom de Dieu »
[2] Fouta-Toro ou Fuuta Tooro: région du Nord du Sénégal située entre Dagana et Bakel, autrefois royaume du Tékrour. C’est la région la plus anciennement peuplée du Sénégal d’où partira l’ensemble des Peuples du pays. Aujourd’hui, ses habitants sont pour la majorité des Peuls et des Toucouleurs (Haal Pulaar).
[3] Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké est un théologien Musulman né en 1853 et décédé en 1927. Il deviendra l’une des figures les plus importantes de l’Islam au Sénégal et en Afrique de l’Ouest, et fondera la confrérie des Mourides. Partout au Sénégal, on peut voir des peintures le représentant et le glorifiant en tant que Khadimou Rassoul « Serviteur du Prophète ».
[4] « Comment ça va ? » - « Tu es en bonne santé ? », traduit du Pulaar.
[5] Moins d’1 euro.
[6] « La mosquée, tu as dis la Vérité ! », traduit du Pulaar.
[7] « Que Dieu te donne la Paix Sala », traduit du Pulaar.
Les Peuls sont un peuple qui me fascine. Et quel bonheur de partir à leur rencontre et de partager leur quotidien; une expérience incroyable !
Bonjour,
Je serai en Casamance la semaine du 20 décembre pour un itinéraire Ziguinchor, Oussouye, Elikine et Carabane.
Quelle ville me conseilleriez vous pour passer les fêtes de Noël les 24 et 25 décembre ? Cap Skirring, Djembering ?
Et pour faire une pause d'environ 2-3 jours, faut-il préférer Cap Skirring ou une autre ville de la côte ?
Merci pour vos conseils !!
Bonjour,
Je compte faire un petit circuit au Sénégal. J’etais parti en 2015 avec l’aide d’une association bretonne mais il semble qu’elle n’exsite plus...Elle s’app La Case a Voyage. Est ce que cela vous dit quelque chose ? En tout cas, je souhaite partir en résident chez l’habritant. Une nuitée me coûtait 2500 fcfa.
Cordialement
bonjour
je veux visiter la casamance . Je recherche un guide sérieux qui pourrait me proposer des circuits sympas et éventuellement des hébergements chez les habitants. merci
je veux visiter la casamance . Je recherche un guide sérieux qui pourrait me proposer des circuits sympas et éventuellement des hébergements chez les habitants. merci
Bonjour,
Nous devons partir en expatriation à Dakar avec nos deux enfants 1 an et 3 ans.
Sachant que nous allons tous les deux travailler là-bas, je voudrais avoir des renseignements sur la vie pour les enfants. Est ce que l’on trouve facilement une nounou de confiance pour les journées ? Y ‘a t’il des parcs ou des endroits où la nounou pourrait les promener ? Quelles activités pour les enfants ? Quels sont les meilleurs quartiers pour s’installer ?
Merci de vos réponses.
bonjour,
Je resterai 5 mois à Dakar cet hiver.
J'ai appris que dans la religion musulmane, les filles doivent se cacher les jambes... Est ce que ca veut dire que je devrai toujours être en jupe longue? Habituellement quand il fait treè chaud ici (Québec) jhésite pas à m'habiller en très court.. J'aimerais savoir si c'est mal vu là bas d'être en jupe courte et camisole...
Merci!
Je resterai 5 mois à Dakar cet hiver.
J'ai appris que dans la religion musulmane, les filles doivent se cacher les jambes... Est ce que ca veut dire que je devrai toujours être en jupe longue? Habituellement quand il fait treè chaud ici (Québec) jhésite pas à m'habiller en très court.. J'aimerais savoir si c'est mal vu là bas d'être en jupe courte et camisole...
Merci!
salut les routards
nous voulons ralier paris a dakar en 125, et nous aimerions savoir quelle est l autonomie minimun en essence pour ce trajet car il n y as pas une station tout les 10 bornes .
nous passerons par le maroc, la mauritanie et le senegal le longs de la cote atlantique
au plaisir de lire vos reponses
salutations motocyclistes
seb
salutations motocyclistes
seb
bonjour a tous les connaisseurs de la casamance
je dois faire une mission humanitaire en casamance 15jours fin novembre.
Apres 8jours au cap j aimerais finalement rester pour visiter la casamance, pouvez vous me dire
les endroits a voir, a part zig, soutou et mlomb que j aurais vu en mission.
les formules les meilleures etant donné que je n ai pas de voiture , ni chauffeur!!
Pour tous les passionnés de randonnées et de contactes humains 😎
A la découverte du Sénégal avec l'agence Zig Zag : Pays Bassari
Ce fut un voyage mémorable. Quelques aléas mais inutile de détailler, c’est l'Afrique, c'est l'aventure et il faut laisser du suspens ! Le plus important ça a été les rencontres, qui furent extraordinaires !
Samedi 24: Paris-Dakar. Accueil à l'aéroport par Mady. Transfert à l'auberge.
Dimanche 25: Dakar-Dialacoto en taxi-brousse (60 km environ). Nuit en campement
Lundi 26: Randonnées (18 km environ) chez les Mandringues et Bassaris à travers la forêt de M'Diambour. Visite des villages de Bantancoling et Teinthoto (chants-danses-déguisements). Nuit en bivouac.
Mardi 27: Teinthoto-Dialacoto (11 km). En fin de matinée, départ en 4X4 pour la bananeraie de Wassadongon. Pique-nique en bordure de la Gambie et bain dans ce fleuve. Retour au campement de Dialacoto en fin d'après-midi, puis à pied nous allons dire bonjour aux gendarmes, avant d'aller voir le jardin des femmes.
Mercredi 28: En 4X4, départ pour un safari dans le parc de Niokolo. A la recherche d'animaux sauvages (phacochères, hippopotames, crocodiles, babouins, singes verts, pintades, merles métalliques, sies de Gambie, vautours, grand kalso d'absini, antilopes, élans, ...). Par contre les lions se sont cachés. Nuit au campement du lion (rugissements sans danger).
Jeudi 29: Poursuite du safari jusqu'à Simenti. Pirogue sur la Gambie (1h30): crocodiles, hippopotames, oiseaux. Après-midi relax au campement, les babouins sont tout près et les singes verts viennent nous rendre visite. Bain dans la Gambie. Nuit au campement.
Vendredi 30: En 4X4, traversée du parc. Passage de la Gambie en direction du pays Bassari à Etiolo. Escale à Salamenta. Visite du village d'Etiolo (place du casino). Nuit en campement.
Samedi 31: Information sur l'initiation. Balade au centre d'initiation. Rencontre avec le chef du village et des villageois. Retour au campement de la Vallée Heureuse. En 4X4, route pour Dindefello. Nuit au campement.
Dimanche 1er: Balade en forêt jusqu'à la cascade de Dindefello: bain, lessive, fraîcheur très appréciée. Retour au village pour un tour de marché. Après la sieste, en 4X4 nous rejoignons les Bediks à Bandafassi. Nuit au campement.
Lundi 2: Un peu de 4X4 et à pied recherche d'un village Bedik: Andief. Découverte de leurs us et coutumes. Retour au campement et par une belle route nous gagnons Kedougou. Visite de cette ville. Nuit à l'hôtel (en cases).

Mardi 3: Toujours en 4X4, longue route à travers le parc pour Dialacoh. En chemin, rencontre des vipailleurs (travail très dur). Arrêt à Mako pour voir les hippopotames, après une petite marche. Arrivée au campement en fin d'après-midi.
Mercredi 4: Fête nationale, nous sommes les invités d'honneur du conseil rural et du GIE. Défilé très coloré et festif (enfants, femmes, hommes, sportifs). Journée très chaude (+45°). Dans la soirée, cueillette de mangues en vue du départ. Nuit au campement.
Jeudi 5: Nous avons troqué le 4X4 contre le taxi-brousse avec lequel nous partons tôt pour M'Bour. Adieu le Sénégal Oriental, longue route pour le Sénégal touristique: M'Bour, grand port de pêche. Visite du marché au poisson et de la ville. Nuit en hôtel.
Vendredi 6: Temps libre jusqu'à 10h. Promenade sur la plage. Ramassage de superbes coquillages. Le taxi-brousse nous emmène jusqu'à Dakar (peu de km, mais beaucoup de circulation). Arrivée au port, à la course nous avons la chaloupe pour l'île de Gorée (à ne pas faire un Vendredi Saint). Visite très émouvante de l'île. Retour à Dakar avec ses embouteillages. Dernier repas avec Mady dans un restaurant très bien (le Goréen). Nuit à l'auberge.
Samedi 7: Départ en taxi pour l'aéroport et retour à Paris.
En résumé une expérience géniale et une envie de repartir à l'aventure intacte si ce n'est encore plus forte! 😉
A la découverte du Sénégal avec l'agence Zig Zag : Pays Bassari
Ce fut un voyage mémorable. Quelques aléas mais inutile de détailler, c’est l'Afrique, c'est l'aventure et il faut laisser du suspens ! Le plus important ça a été les rencontres, qui furent extraordinaires !
Samedi 24: Paris-Dakar. Accueil à l'aéroport par Mady. Transfert à l'auberge.Dimanche 25: Dakar-Dialacoto en taxi-brousse (60 km environ). Nuit en campement
Lundi 26: Randonnées (18 km environ) chez les Mandringues et Bassaris à travers la forêt de M'Diambour. Visite des villages de Bantancoling et Teinthoto (chants-danses-déguisements). Nuit en bivouac.

Mardi 27: Teinthoto-Dialacoto (11 km). En fin de matinée, départ en 4X4 pour la bananeraie de Wassadongon. Pique-nique en bordure de la Gambie et bain dans ce fleuve. Retour au campement de Dialacoto en fin d'après-midi, puis à pied nous allons dire bonjour aux gendarmes, avant d'aller voir le jardin des femmes.
Mercredi 28: En 4X4, départ pour un safari dans le parc de Niokolo. A la recherche d'animaux sauvages (phacochères, hippopotames, crocodiles, babouins, singes verts, pintades, merles métalliques, sies de Gambie, vautours, grand kalso d'absini, antilopes, élans, ...). Par contre les lions se sont cachés. Nuit au campement du lion (rugissements sans danger).

Jeudi 29: Poursuite du safari jusqu'à Simenti. Pirogue sur la Gambie (1h30): crocodiles, hippopotames, oiseaux. Après-midi relax au campement, les babouins sont tout près et les singes verts viennent nous rendre visite. Bain dans la Gambie. Nuit au campement.

Vendredi 30: En 4X4, traversée du parc. Passage de la Gambie en direction du pays Bassari à Etiolo. Escale à Salamenta. Visite du village d'Etiolo (place du casino). Nuit en campement.
Samedi 31: Information sur l'initiation. Balade au centre d'initiation. Rencontre avec le chef du village et des villageois. Retour au campement de la Vallée Heureuse. En 4X4, route pour Dindefello. Nuit au campement.
Dimanche 1er: Balade en forêt jusqu'à la cascade de Dindefello: bain, lessive, fraîcheur très appréciée. Retour au village pour un tour de marché. Après la sieste, en 4X4 nous rejoignons les Bediks à Bandafassi. Nuit au campement.

Lundi 2: Un peu de 4X4 et à pied recherche d'un village Bedik: Andief. Découverte de leurs us et coutumes. Retour au campement et par une belle route nous gagnons Kedougou. Visite de cette ville. Nuit à l'hôtel (en cases).

Mardi 3: Toujours en 4X4, longue route à travers le parc pour Dialacoh. En chemin, rencontre des vipailleurs (travail très dur). Arrêt à Mako pour voir les hippopotames, après une petite marche. Arrivée au campement en fin d'après-midi.
Mercredi 4: Fête nationale, nous sommes les invités d'honneur du conseil rural et du GIE. Défilé très coloré et festif (enfants, femmes, hommes, sportifs). Journée très chaude (+45°). Dans la soirée, cueillette de mangues en vue du départ. Nuit au campement.
Jeudi 5: Nous avons troqué le 4X4 contre le taxi-brousse avec lequel nous partons tôt pour M'Bour. Adieu le Sénégal Oriental, longue route pour le Sénégal touristique: M'Bour, grand port de pêche. Visite du marché au poisson et de la ville. Nuit en hôtel.
Vendredi 6: Temps libre jusqu'à 10h. Promenade sur la plage. Ramassage de superbes coquillages. Le taxi-brousse nous emmène jusqu'à Dakar (peu de km, mais beaucoup de circulation). Arrivée au port, à la course nous avons la chaloupe pour l'île de Gorée (à ne pas faire un Vendredi Saint). Visite très émouvante de l'île. Retour à Dakar avec ses embouteillages. Dernier repas avec Mady dans un restaurant très bien (le Goréen). Nuit à l'auberge.
Samedi 7: Départ en taxi pour l'aéroport et retour à Paris.
En résumé une expérience géniale et une envie de repartir à l'aventure intacte si ce n'est encore plus forte! 😉Hello fellow travelers,
I've made the France-Benin trip several times via the Mali "Route de l'Espoir," and the last journey was pretty tense—2013, 🥵🔥 military convoys and all the chaos in Mali from the border to Bamako. 😅
So, I’m planning to take the route again but this time via Senegal and Côte d'Ivoire, with a good old J9 (the mayor’s vehicles I used to travel in… 😎. Though the Mercedes 308 wasn’t bad either).
Has anyone done this recently?
A friend of mine did it 4 years ago, but things can change pretty quickly.
If you’d like to share your latest experiences, I’m all ears! 😊 Have a great weekend! 👋
Bjr à tous les voyageurs,
Qqn est deja parti au Sénégal sans avoir pris un traitement aniti-paludéen ?😛 Est ce bien raisonnable même si je nai pas une peau qui attire habituellment les moustiques zzzzzzzzzz
Merci
Qqn est deja parti au Sénégal sans avoir pris un traitement aniti-paludéen ?😛 Est ce bien raisonnable même si je nai pas une peau qui attire habituellment les moustiques zzzzzzzzzz
Merci
Au Sénégal, qui sont les talibés?
Au départ, ce sont des enfants confiés à un maître d’école coranique (Marabout) en vue de leur apprentissage du Coran.
Depuis trente à trente-cinq ans, une grande partie de ces enfants (mais une partie seulement) est victime du fonctionnement des daaras (écoles coraniques). Mal logés, mal nourris, maltraités, ils sont contraints d’aller mendier au bénéfice du maître d’école coranique.
Un récent documentaire télévisé et diffusé par Thalassa a provoqué une prise de conscience d’un certain nombre de téléspectateurs et suscité un nombre important de messages d’indignation sur le forum de Thalassa. Cette « vague » d’indignation a été peu perçue au Sénégal. Elle a toutefois suscitée une réaction irritée du Président Wade. Des commentaires très émotionnellement agressifs ont été postés suite à ce documentaire. Celui-ci, diffusé par Thalassa, n’a montré qu’un aspect d’un phénomène très compliqué en méconnaissant les dispositions prises par l’État et les efforts des dizaines d’associations œuvrant dans le domaine. Cependant, quelques internautes très motivés ont fait un travail de recherche et de documentation sur le sujet.
Le 20 avril est au Sénégal la journée nationale des talibés. Ce jour là, une marche est prévue du commissariat de Mbour à la préfecture en soutien aux textes prévus en faveur des talibés (loi du 29 avril 2005 et Convention internationale des droits de l’enfant) pour réclamer leur application.
Un débat est également prévu le 21 avril à Saly, à 21 heures à l’Espace Jappoo afin de présenter le problème sous un angle un peu moins sommaire.
D’autres actions sur cette journée sont prévues dans tout le Sénégal et nous vous serions reconnaissants de vous joindre à cette action en la médiatisant et en donnant la parole à tous les acteurs connus de vous dans ce domaine.
Vous pourrez retrouver de la documentation (films, livres, articles) traitant le sujet sur http://talibe.net http://talibes.blog4ever.com
Depuis trente à trente-cinq ans, une grande partie de ces enfants (mais une partie seulement) est victime du fonctionnement des daaras (écoles coraniques). Mal logés, mal nourris, maltraités, ils sont contraints d’aller mendier au bénéfice du maître d’école coranique.
Un récent documentaire télévisé et diffusé par Thalassa a provoqué une prise de conscience d’un certain nombre de téléspectateurs et suscité un nombre important de messages d’indignation sur le forum de Thalassa. Cette « vague » d’indignation a été peu perçue au Sénégal. Elle a toutefois suscitée une réaction irritée du Président Wade. Des commentaires très émotionnellement agressifs ont été postés suite à ce documentaire. Celui-ci, diffusé par Thalassa, n’a montré qu’un aspect d’un phénomène très compliqué en méconnaissant les dispositions prises par l’État et les efforts des dizaines d’associations œuvrant dans le domaine. Cependant, quelques internautes très motivés ont fait un travail de recherche et de documentation sur le sujet.
Le 20 avril est au Sénégal la journée nationale des talibés. Ce jour là, une marche est prévue du commissariat de Mbour à la préfecture en soutien aux textes prévus en faveur des talibés (loi du 29 avril 2005 et Convention internationale des droits de l’enfant) pour réclamer leur application.
Un débat est également prévu le 21 avril à Saly, à 21 heures à l’Espace Jappoo afin de présenter le problème sous un angle un peu moins sommaire.
D’autres actions sur cette journée sont prévues dans tout le Sénégal et nous vous serions reconnaissants de vous joindre à cette action en la médiatisant et en donnant la parole à tous les acteurs connus de vous dans ce domaine.
Vous pourrez retrouver de la documentation (films, livres, articles) traitant le sujet sur http://talibe.net http://talibes.blog4ever.com
Lorsque je me renseigne sur les postes au niveau des pneus je n'arrive pas à me retrouver car je ne trouve que des cyclos qui roulent dans des pays ou il y à trés peu de crevaison par épines.
nous avons fait le vietnam ( routes et pistes défoncées) zero crevaisons à 2
le paraguay, bout de bresil (routes et pistes ) zero crevaisons à 2
moi seul : france, espagne, maroc, mauritanie 1 seule crevaison
tout ceci avec des pneus bon marchés
par contre dés que j'ai fait le senegal et le mali et que je rejoignais des petits villages, malgres des chambres avec un liquide anticrevaisons à l'interieur, c'etait souvent plusieurs crevaisons par jour, la seule solution que j'ai trouvée sur place a ete de doubler le pneu avec une vielle chambre a air à l'interieur.
la cause: des épines trés fines mais dures comme de l'acier qui se ballade dans le sable
l'année derniere, en turquie, nous avons trouvés les même épines dés que nous allions camper en pleine nature.
le comble c'est que j'avais mis des swalbbes marathon simple que j'avais payé 25 euros piece, ce que je trouvais deja cher : resultat 9 crevaisons par epines en 1800 kms + une en france avec une epine qui restait dans le pneu.
ma moitié elle, etait équipée en hutchison pris chez go sport pour 9 euros piece :resultat des courses une seule crevaison.
elle s'est bien moquée de moi 🙁
alors s'ils vous plait, qui a deja fait l'afrique ou la turquie et qui à eu les même problêmes que moi
ou, mieux, qui à deja fait ces pays et qui à trouvé la bonne solution
swalbbe ou pas swalbbe
quand je vois les prix ca me fait tiquer 😊
pour infos nous sommes en 26 pouces moi j'ai 2 jantes mavic x 618
ma moitié une mavic x 238 et une mavic x 517
dans 2 mois le CAMEROUN nous attend avec toutes ses épines, alors pitié aidés nous
merki😉
Bonjour,
Je vais au Sénégal, à Saly pendant les vacances de noël.
Je voudrais aller visiter le pays Bassari, des villages Bédiks et les chutes de Dindéfélo.
Avez-vous une idée sur le coût du trajet de Saly vers Tambacounda, en taxi-brousse ou bus. (suivant la durée de trajet). Dans quels endroits peut-on dormir, dans les villages de préférence (Pas à Tambacounda), comment joindre de Tambacounda le premier village ou je logerais. Et le coût de la location d'un 4X4 avec guide pendant 2 ou 3 jours.
Voila amis routards si vous aviez quelques infos à me transmettre ! Merci d'avance, Michael.
Je vais au Sénégal, à Saly pendant les vacances de noël.
Je voudrais aller visiter le pays Bassari, des villages Bédiks et les chutes de Dindéfélo.
Avez-vous une idée sur le coût du trajet de Saly vers Tambacounda, en taxi-brousse ou bus. (suivant la durée de trajet). Dans quels endroits peut-on dormir, dans les villages de préférence (Pas à Tambacounda), comment joindre de Tambacounda le premier village ou je logerais. Et le coût de la location d'un 4X4 avec guide pendant 2 ou 3 jours.
Voila amis routards si vous aviez quelques infos à me transmettre ! Merci d'avance, Michael.
Après plusieurs séjours au Sénégal (2 fois chez des amis, 2 fois avec une association), je veut vraiment tenter l'aventure et m'installer à Dakar ou ses environs, voire à Mbour, d'ici quelques mois.
J'ai fait un mois au Fouta, un mois à Pikine, et puis je connais Dakar bien sûr et un peu Saint Louis, Tivaouane, Mbour...
Je ne me fais pas trop de soucis au niveau du logement au niveau de Dakar ou Mbour, j'ai pas mal d'amis sur place et puis on m'a proposé (et je connais des amis français qui l'ont fait) des chambres à très bas prix. Confort local évidemment, je ne cherche pas plus.
Mon seul problème se situe évidemment au niveau du travail. A vrai dire je ne sais plus quoi vraiment penser. Est-ce que je dois pouvoir compter sur l'offre "présente" sur place, ou économiser un peu pour monter ma propre affaire (sachant que je suis à peu près fauché et que je ne pourrai pas mettre de côté énormément de sous avant de partir).
Diplômé d'un Bac Gestion, je suis actuellement vendeur pour un magasin spécialisé dans la photographie professionnelle. J'y exerce en réalité également le travail d'un commercial en promouvant nos marques importées et la communication de l'entreprise. Je m'occupe aussi de notre participation à des salons, de la formation d'étudiants dans les grandes écoles d'art, etc...
Parallèlement Je travaille comme photographe indépendant (mode, books, reportage), et j'ai une grosse expérience des "petits" boulots (manutention, vente en magasin, caisse, etc...)
Je pense que certaines personnes du forum sont bien renseignées sur le marché du travail au Sénégal. Mon activité est-elle compatible avec celui-ci ? Je travaille dans le domaine du matériel photographique mais je suis capable de vendre autre chose ! Mes diverses recherches sur Internet n'ont pas donné grand chose : on me renvoie souvent chez le voisin ! Au pays on me promet beaucoup de chose, mais aucune place "sûre".
Faut-il que je parte avec de quoi vivre quelque temps afin de faire mes démarches sur place?
Enfin, puis-je compter sur les ONG ? A vrai dire ce serait l'idéal pour moi, mais je pense qu'ils ne recrutent que des spécialistes...? Je peux faire une croix sur l'expatriation je pense 🙂 ? Et est-il utile de faire une demande à l'ambassade ?
Je suis preneur de toute expérience, de tout conseil, de toute bonne idée, de tous encouragements mais je suis aussi prêt à me faire remettre les pieds sur terre !
Je sais que cela représente beaucoup de questions, peut-être certaines réponses m'aideront à me faire une idée de ce qui m'attend réellement ! Je ne pourrai pas rester aussi longtemps que je le souhaite si je ne peux travailler sur place.
Merci d'avance !
Clément
Je ne me fais pas trop de soucis au niveau du logement au niveau de Dakar ou Mbour, j'ai pas mal d'amis sur place et puis on m'a proposé (et je connais des amis français qui l'ont fait) des chambres à très bas prix. Confort local évidemment, je ne cherche pas plus.
Mon seul problème se situe évidemment au niveau du travail. A vrai dire je ne sais plus quoi vraiment penser. Est-ce que je dois pouvoir compter sur l'offre "présente" sur place, ou économiser un peu pour monter ma propre affaire (sachant que je suis à peu près fauché et que je ne pourrai pas mettre de côté énormément de sous avant de partir).
Diplômé d'un Bac Gestion, je suis actuellement vendeur pour un magasin spécialisé dans la photographie professionnelle. J'y exerce en réalité également le travail d'un commercial en promouvant nos marques importées et la communication de l'entreprise. Je m'occupe aussi de notre participation à des salons, de la formation d'étudiants dans les grandes écoles d'art, etc...
Parallèlement Je travaille comme photographe indépendant (mode, books, reportage), et j'ai une grosse expérience des "petits" boulots (manutention, vente en magasin, caisse, etc...)
Je pense que certaines personnes du forum sont bien renseignées sur le marché du travail au Sénégal. Mon activité est-elle compatible avec celui-ci ? Je travaille dans le domaine du matériel photographique mais je suis capable de vendre autre chose ! Mes diverses recherches sur Internet n'ont pas donné grand chose : on me renvoie souvent chez le voisin ! Au pays on me promet beaucoup de chose, mais aucune place "sûre".
Faut-il que je parte avec de quoi vivre quelque temps afin de faire mes démarches sur place?
Enfin, puis-je compter sur les ONG ? A vrai dire ce serait l'idéal pour moi, mais je pense qu'ils ne recrutent que des spécialistes...? Je peux faire une croix sur l'expatriation je pense 🙂 ? Et est-il utile de faire une demande à l'ambassade ?
Je suis preneur de toute expérience, de tout conseil, de toute bonne idée, de tous encouragements mais je suis aussi prêt à me faire remettre les pieds sur terre !
Je sais que cela représente beaucoup de questions, peut-être certaines réponses m'aideront à me faire une idée de ce qui m'attend réellement ! Je ne pourrai pas rester aussi longtemps que je le souhaite si je ne peux travailler sur place.
Merci d'avance !
Clément
Est-ce que ça vaut la peine de les visiter au mois d'août ? J'ai un peu peur de ne pas voir d'animaux à cause de la saison.
Merci de me renseigner si vous y êtes allé à cette période !
A j-1, je me demande si on peut facilement retirer avec un carte visa
dans les grandes villes je suppose que oui... mais ailleurs?
Bonjour
je demande si quelqu'un connait un lieu ou une institution qui dispensent des cours de chinois a Dakar pendant les grandes vacances ?
merci d'avance
merci d'avance
Salut voici deux articles qui palrlent dommages collatéraux de l'annulation du Dakar pour le Sénégal :
1
L’annulation du rallye Paris-Dakar ne fait pas des heureux dans certains milieux de plaisir et chez les filles de joie. Un tour dans certains coins de la capitale nous a permis de constater que ce faux-bond des fous du désert s’est fait sentir chez les gérants des boîtes de nuit et les filles de joie. Mardi 08 Janvier 2007. Il est 01 heure passée de trente-cinq minutes sur la route de l’aéroport. Un vent frais caresse les visages. Le froid qu’il fait à Dakar a fini de chasser les habitants de ce secteur. Toutes les maisons sont fermées. Seuls quelques gardiens et noctambules sont visibles sur les lieux. Arrivé à hauteur du « Virage », le calme plat de Yoff et environs fait place à une ambiance plus grouillante. Un ballet de taxis et autres voitures de luxe campe le décor. La lumière des restaurants et discothèques éclaire les lieux. A bord de notre taxi, nous avons pu nous rendre compte de la meute de belles de nuit qui prennent d’assaut l’axe Ngor-Almadies à la recherche de clients pour une partie de plaisir. Il y en a de tous les calibres et pour toutes les bourses.Des « disquettes » aux «Driankés» en passant les «jeek» les clients ont l’embarras du choix.A quelques mètres d’une boîte de nuit qui a pignon sur rue vers Ngor, une jeune fille de taille fine attire l’attention. Le taxi ralentit. Puis fait marche arrière. «Salut, la belle !», lui lance-t-on. « Ca va !». « Alors "na ka guddi gi ?"»( et la soirée). « Neexa gul ! » (ce n’est pas encore ça !) « Alors le Rallye Paris-Dakar ça se prépare ? » lui demande-t-on. « Quel rallye ? c’est annulé», rétorque-t-elle. Cette année, la fête ne sera pas belle. Parce que les années précédentes, avec le Rallye, on pouvait gagner plus de 200 000 francs la nuit avec les Toubabs. «Mais renn daal moy lolu» (cette année, c’est la poisse …). Plus loin deux autres filles accrochées à la sortie d’une boîte de nuit ne cachent pas leur déception: «C’est une perte. Certaines d’entre-nous avaient bien préparé le rallye. Des filles ont même fait des prêts juste pour cela. Il y en a qui ont pris à crédit des greffages à 200 000 Francs. Elles espéraient rembourser avec l’argent qu’elles allaient gagner avec les Blancs lors du rallye. Maintenant que c’est annulé, elles vont devoir se taper beaucoup de clients pour s’en sortir». Un peu plus loin sur la route qui mène vers le Méridien, une autre fille, dans une tenue d’une légèreté tellement extravagante qu’on a l’impression qu’elle se promène toute nue. Elle confie : «Nous sommes deux à avoir loué un appartement dans les environs rien que pour le rallye. Parce qu’on espérait gagner beaucoup d’argent avec les Toubabs. Mais puisque c’est annulé, il faut qu’on voie ce qu’il y a lieu de faire». Sur le chemin du retour, on croise une autre nymphe aux formes généreuses et a la poitrine assez commode. Contrairement aux autres, elle explique : « Le rallye ne m’intéresse pas. Parce que les Toubabs n’aiment pas les grosses femmes. Il faut aller demander aux filles qui sont de taille fine. Vous voyez mon ventre comme c’est gros !(Ndlr : elle soulève sa veste)».
« Pendant le rallye, il y a des filles qui venaient de Thiès, de Saint-Louis » Un tour dans une célèbre boîte de nuit sur la route de Ngor nous a permis d’avoir une idée sur le manque à gagner entraîné par l’annulation du rallye. Un des responsables qui a bien voulu nous recevoir explique : « C’est sûr qu’il y a un manque à gagner énorme avec cette annulation. D’habitude, bien avant l’arrivée des concurrents, les sponsors viennent en premier. Chaque soir, c’est la fête. La boîte est pleine à craquer. Quand les fous du désert sont à Dakar, alors là, c’est autre chose ici le soir. Ils font la fête. Ils cassent la baraque. Ils vident tout ». Et les filles ? « C’est normal qu’après avoir passé des semaines dans le désert, ils se rincent les yeux quand ils voient les belles filles qui fréquentent cet endroit. Il y a même des filles qui viennent de Thiès, de Saint-Louis uniquement pour venir chercher des Toubabs. Elles gagnent des sous et retournent chez elles». A l’en croire, pendant cette période, il leur arrivait de renforcer la sécurité à l’entrée et à l’intérieur de la boîte de la nuit. Mieux, laisse-t-il entendre : «Il nous arrive même de renvoyer certaines filles qui viennent on ne sait d’où. L’entrée est filtrée». C’est sur ces mots et sur des notes de décibels qu’on a quitté ce temple du plaisir. Mais des filles à la beauté féerique et aux déhanchements qui donnent le vertige aux non-initiés attendent impatiemment de potentiels candidats pour un voyage au septième ciel.
soucrce : http://www.lobservateur.sn/articles/showit.php?id=15842&cat=actualite
Si l’arrivée du « Dakar» est l’occasion d’une grande liesse populaire pour les nombreux spectateurs et une délivrance pour les concurrents, elle demeure également une grande occasion de retombées économiques, financières et touristiques pour les opérateurs économiques sénégalais, hôteliers, restaurateurs, taximen, etc. Cette année, la pilule risque d’être amère pour ces derniers. En effet, depuis Lisbonne point de départ du Rallye, une annulation est tombée comme un couperet sur la tête de ces opérateurs économiques. Un manque à gagner inestimable. Beaucoup de projections tombent à l’eau. Les complaintes fusent de partout. A Saly, l’ambiance est morose et la déception perceptible. Selon plusieurs propriétaires de commerces établis à Saly, l’annulation du Rallye Lisbonne-Dakar constitue un véritable manque à gagner. Chez le cambiste Abdou Euros, qui avait l’habitude en cette période, de faire des affaires, la déception est grande. De même que chez les chauffeurs de taxis clandos qui faisaient le plein à destination du lac rose. Le propriétaire de la bijouterie Galass située dans la station, ne cache pas son amertume et pense que quelque part il y a un sabotage. Un autre bijoutier du centre commercial estime que l’annulation du Rallye lui porte un grand préjudice, car en cette période, il vendait beaucoup de bijoux, surtout des spécimen du Rallye, faits en or et en argent qu’il confectionnait pour l’occasion. Toujours au centre commercial, les commerçants ruminent leur déception. Ils ne feront pas d’affaires sur les tee shirts qui faisaient la promotion du Rallye. Et même les handicapés regroupés au sein d’une association et spécialisés en fabrique de motos en miniature, ont vu leur rêve s’envoler. Cette situation semble n’épargner personne dans la zone. Pour le gérant M. Laurent, c’est une mauvaise image pour le Sénégal . Au « SAPOTI » et au « Soleil » sis dans la station balnéaire, les gérants assimilent cette annulation à une catastrophe économique, surtout pour les petits bars et restaurants. A l’hôtel « FRAM » qui affiche selon le réceptionniste 80% de remplissage, la situation va influer sur leurs activités. Mais il ne dramatise pas pour autant, car pour le moment, il n’a pas encore d’informations sur l’annulation des réservations. A l’«Espadon», c’est la période où l’on travaille beaucoup, bien que l’hôtel soit à 60% de remplissage. Et ils sont obligés d’annuler des réservations, selon le réceptionniste. Qui pense que les répercussions vont même toucher les populations de Saly qui vivent en grande partie du tourisme. Une travailleuse du sexe qui a voulu garder l’anonymat, considère cette annulation comme un manque à gagner pour beaucoup de filles qui s’activent dans ce secteur. Source : http://www.lobservateur.sn/articles/showit.php?id=15843&cat=actualite
dexxa
Si l’arrivée du « Dakar» est l’occasion d’une grande liesse populaire pour les nombreux spectateurs et une délivrance pour les concurrents, elle demeure également une grande occasion de retombées économiques, financières et touristiques pour les opérateurs économiques sénégalais, hôteliers, restaurateurs, taximen, etc. Cette année, la pilule risque d’être amère pour ces derniers. En effet, depuis Lisbonne point de départ du Rallye, une annulation est tombée comme un couperet sur la tête de ces opérateurs économiques. Un manque à gagner inestimable. Beaucoup de projections tombent à l’eau. Les complaintes fusent de partout. A Saly, l’ambiance est morose et la déception perceptible. Selon plusieurs propriétaires de commerces établis à Saly, l’annulation du Rallye Lisbonne-Dakar constitue un véritable manque à gagner. Chez le cambiste Abdou Euros, qui avait l’habitude en cette période, de faire des affaires, la déception est grande. De même que chez les chauffeurs de taxis clandos qui faisaient le plein à destination du lac rose. Le propriétaire de la bijouterie Galass située dans la station, ne cache pas son amertume et pense que quelque part il y a un sabotage. Un autre bijoutier du centre commercial estime que l’annulation du Rallye lui porte un grand préjudice, car en cette période, il vendait beaucoup de bijoux, surtout des spécimen du Rallye, faits en or et en argent qu’il confectionnait pour l’occasion. Toujours au centre commercial, les commerçants ruminent leur déception. Ils ne feront pas d’affaires sur les tee shirts qui faisaient la promotion du Rallye. Et même les handicapés regroupés au sein d’une association et spécialisés en fabrique de motos en miniature, ont vu leur rêve s’envoler. Cette situation semble n’épargner personne dans la zone. Pour le gérant M. Laurent, c’est une mauvaise image pour le Sénégal . Au « SAPOTI » et au « Soleil » sis dans la station balnéaire, les gérants assimilent cette annulation à une catastrophe économique, surtout pour les petits bars et restaurants. A l’hôtel « FRAM » qui affiche selon le réceptionniste 80% de remplissage, la situation va influer sur leurs activités. Mais il ne dramatise pas pour autant, car pour le moment, il n’a pas encore d’informations sur l’annulation des réservations. A l’«Espadon», c’est la période où l’on travaille beaucoup, bien que l’hôtel soit à 60% de remplissage. Et ils sont obligés d’annuler des réservations, selon le réceptionniste. Qui pense que les répercussions vont même toucher les populations de Saly qui vivent en grande partie du tourisme. Une travailleuse du sexe qui a voulu garder l’anonymat, considère cette annulation comme un manque à gagner pour beaucoup de filles qui s’activent dans ce secteur. Source : http://www.lobservateur.sn/articles/showit.php?id=15843&cat=actualite
dexxa
Bonjour à tous,
Je compte remonter du Sénégal en moto de mi-juillet à fin Aout. J'ai regardé sur plusieurs site les itinéraires mais aussi le matériel. En réponse me manque encore, je ne sais pas si la traversée de la Mauritanie est sûr. Ce que j'aimerais faire, c'est de traverser ce pays en compagnie d'une voiture. s'il y a des personnes partantes, n'hésitez pas. Et pour des conseil, non plus.
Je compte remonter du Sénégal en moto de mi-juillet à fin Aout. J'ai regardé sur plusieurs site les itinéraires mais aussi le matériel. En réponse me manque encore, je ne sais pas si la traversée de la Mauritanie est sûr. Ce que j'aimerais faire, c'est de traverser ce pays en compagnie d'une voiture. s'il y a des personnes partantes, n'hésitez pas. Et pour des conseil, non plus.
Ola ola, encore une question. Quid de la sécurité actuellement en Casamance ? Est-ce qu’on peut y aller partout ? Genre en taxi brousse etc… ou est ce qu’il y a des coins à éviter ?
Aussi, comment se rendre chez les bassaris svp, c’est vrai qu’on ne sait y aller que en 4x4 et en groupe ? Merci merci pour toutes vos tites réponses ! 😇
Bonjour a tous,
Je parts la 10 décemebre en Casamance ou je dois etre acceuiliepar les habitiants d'un petit village a coté de Bignona.puis j'irai du coté de Kafoutine... A force de lire qu'il y a du danger en Casamance je commence a paniquer!!! SI QUELQU UN Y EST ALLE IL Y A PEU DE TEMPS J AI BESOINS D INFOS!!!! infos, conseils, expériences, tt est bienvenue!!!
merci, magalie
A signaler mise en service du nouveau ( et magnifique !) pont sur la Gambie à Farafenni qui remplace bien avantageusement le bac : depuis Saly ou Dakar on rejoint le Cap dans la journée avec un départ tôt le matin . En effet le pont se passe en 3 minutes mais les formalités font perdre bcp de temps : sortie du territoire Sénégalais avec formalités police ( reconnaissance faciale) + 1000 fcfa ) formalité douane pou la voiture avec tamponnage d'un triptyque ( a acheter dans un bicoque avant les formalités sénégalaises(500 Fcfa )et passage en Gambie avec délivrance d'un visa à 5000 F CFA + douane . Passage du pont (3000) et, derechef, après 20 km en Gambie , on recommence :police gambienne pour sortie du pays, douane et idem chez les sénégalais ( sans reco. faciale cette fois ! ) .
Bref ils se sont fait plaisir à compliquer les choses comme d'hab. mais quel gain de temps par rapport au passage par bac que nous avions attendu 05h00 l'année derniére.
Attention! prévoir votre ravito car aucune solution de cassecroute possible entre Kaolack et Ziguinchor sauf le RELAIS FLEURI à Bignona , trés agréable .
Bien sur, même combat au retour, quand on "remonte".
Mais la Casamance comme c'est beau ! Essayez de prévoir au moins 04 jours sur place pour "amortir" la fatigue du déplacement.
Hotel trés sympa à CSK : le Balafon. plusieurs resto ;
Avis aux voyageurs qui arrivent pour la 1ere fois à Dakar...
je suis allé plusieurs fois à Dakar, les derniers temps, le coup pratiqué à l’aéroport est le suivant, des rabatteurs vous proposent d'échanger de l'argent, vous demander le taux et si ça vous convient, vous lui dite combien vous voulez échanger... il vous rapporte l'argent, vous contrôlez tous les billets (la monnaie ne vaut pas grand chose) et la vous sortez votre billet en euro. Attention, à ce moment là, votre rabatteur vous demandera une petite commission pour cette superbe transaction... il faut bien qu'il vive.... 1000CFA correspondent à 1,5€, vous lui donnez 500cfa, c'est déjà bien pour le Sénégal. Si vous lui donnez rien, il aura rien gagné sur cette affaire, car l'affaire, c'est celui qui garde l'argent qui la fait, car il revend aux Africains qui ont besoin d'Euro, avec une marge de 10% . Conseil aux touristes, Si vous avez rien pour payer le taxi, échangez 20€ (13 000CFA), vous donnez 500 à l’intermédiaire, et vous lui dite "gentiment que c'est tout", parfois il faut le dire moins gentiment, car il insiste, parfois... Le lendemain, vous allez dans l'un des nombreux "Changes" qui se trouvent dans tous les coins de rue, et vous échangez 100€. Si le taux vous parez correct, pas d'hésitation, vous pouvez échanger sans problème.
je suis allé plusieurs fois à Dakar, les derniers temps, le coup pratiqué à l’aéroport est le suivant, des rabatteurs vous proposent d'échanger de l'argent, vous demander le taux et si ça vous convient, vous lui dite combien vous voulez échanger... il vous rapporte l'argent, vous contrôlez tous les billets (la monnaie ne vaut pas grand chose) et la vous sortez votre billet en euro. Attention, à ce moment là, votre rabatteur vous demandera une petite commission pour cette superbe transaction... il faut bien qu'il vive.... 1000CFA correspondent à 1,5€, vous lui donnez 500cfa, c'est déjà bien pour le Sénégal. Si vous lui donnez rien, il aura rien gagné sur cette affaire, car l'affaire, c'est celui qui garde l'argent qui la fait, car il revend aux Africains qui ont besoin d'Euro, avec une marge de 10% . Conseil aux touristes, Si vous avez rien pour payer le taxi, échangez 20€ (13 000CFA), vous donnez 500 à l’intermédiaire, et vous lui dite "gentiment que c'est tout", parfois il faut le dire moins gentiment, car il insiste, parfois... Le lendemain, vous allez dans l'un des nombreux "Changes" qui se trouvent dans tous les coins de rue, et vous échangez 100€. Si le taux vous parez correct, pas d'hésitation, vous pouvez échanger sans problème.
Bonjour à tous, je me suis inscrit sur ce site afin de collecter des infos sur un projet déjà bien avancé. Je fais construire une villa au Sénégal, livraison prévu novembre 2010. Je voudrais acheter un 4x4, mais quand je vois les prix pratiqués !!!!!!!!
connaissez vous éventuellement les ficelles afin de réaliser un achat intéressant.
Merci des renseignements que vous allez me fournir.
Amicalement Jérôme
je souhaite aller a Saly fin août 2010 et j'aimerais des infos sur le climat et surtout des infos plus récente sur les pluies
j'aimerais savoir si ce voyage est bien a faire e cette époque de l'année merci
j'aimerais savoir si ce voyage est bien a faire e cette époque de l'année merci








