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El Salvador ou Honduras?
by Principito · 2004-06-27 · 1 reply
Bonjour Juliensim,

J'ai réalisé avec une équipe de 6 étudiants un projet humanitaire au Salvador où nous avons aidé à la réalisation d'un réseau d'eau ptable pour un quartier de Puerto La Libertad (au Sud du pays). Aussi bien l'ambassade de France que des amis que nous avions au Salvador nous ont bien prévenu avant qu'il fallait prendre des précautions de sécurité particulières, comme ne jamais prendre les transports en commun, toujours fermer ses vitres et ses portières à clé lorsqu'on roule en ville, ne pas se promener seul, ne pas laisser un groupe de filles se promener seules.

Nous avons respecté ces règles pendant environ une semaine, puis n'ayant subi ou été témoin d'aucun geste agressif de la part de quiconque, nous avons peu à peu pris des libertés puis nous sommes complètement affranchis de cette camisole. Durant les 6 semaines que nous avons passé à Puerto La Libertad, nous avons reçu un accueil inoubliable de la part du quartier pour qui nous avons travaillé, les habitants de Puerto qui semblaient être en majorité au courant des raisons de notre présence ont été très bienveillant. Et nous n'avons aucune fois été regardés de travers en prenant le bus qui mène vers la capitale ou en nous promenant dans les rues de San Salvador. J'illustrerais cette ambiance en par l'anecdote suivante : Dans un bus bondé de la ligne 104 (San Salvador-Puerto) un passagère qui avait pu s'assoir a même gentiment gardé nos affaires sur ses genoux durant le trajet jusqu'à l'arrivée à Puerto. Je retiens cependant le souvenir d'un léger sentiment d'insécurité dans les rues du centre historique de San Salvador et dans les bus urbains de la capitale, mais sans pouvoir dire s'il venait de la réalité de la situation ou de la "paranoïa" sécuritaire qui avait entouré la préparation de notre projet.

J'ai gardé du Salvador l'image d'un pays qui porte encore des traces de la guerre civile qui l'a déchiré jusqu'en 1992, l'image d'un pays divisé entre différentes classes sociales (habitants des bidons-villes, petits ouvriers et artisans, classe moyenne, grands propriétaires terriens) qui ne se mélangent pas, ne se cottoient dans la vie de tous les jours, ce qui entretient une tension. Mais cette tension m'a semblé se cantoner aux relations Salvadorienno-salvadoriennes et non être dirigées contre les étrangers.

Ce ne doit donc pas être la situation sécuritaire qui doit te décider à ne pas mettre les pieds au Salvador.

Pour ce qui est de l'intérêt historique et culturel, le Salvador a une petite superficie et ne possède pas de sites véritablement remarquables. La pyramide de Tazumal a malheureusement été recouverte de béton pour la préserver des outrages du temps. La dure répression de la révolte des ouvriers agricoles du café, principalement Indiens, menée par Farabundo Marti en 1932 a conduit la population Indienne survivante à se fondre dans la population métisse. Elle y a abandonné ses habits traditionnels et beaucoup de ses coutumes.

L'influence des Etats-Unis est très importante au Salvador. Les Salvadoriens ont d'ailleurs une relation d'amour-haine avec ce pays assez intéressante. Les mêmes fustigent l'imposant bâtiment de l'Ambassade des Etats-Unis qui n'aurait d'autre but que d'imposer aux Salvadorien la puissance Etats-Unienne et téléphonent au tout nouveau pizza-hut pour se faire livrer une pizza qui leur coûte plusieurs jours de salaire.

A ne pas rater, les spécialités culinaires du Salvador : Les tamales (feuilles de bananier fourrées au maïs), les torillas (galettes de maïs), et les pupusas (tortillas fourrées au fromage ou aux haricots rouges). J'ai moins apprécié le Casamiento (haricots rouges accompagnés de riz).

Bon voyage, ramène tout plein de souvenirs,

Principito

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