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Sécurité au Bénin, en routard et avec une adolescente?
Nous devons partir au Benin mi-fevrier pour des vacances , j'aimerai avoir des infos par rapport a la securité , en effet cle ministere des affaires etrangeres met des reserves sur ce pays , qu'en pensez vous en sachant que nous partons routard avec une ado
merci pour vos avis et votre objectivité
Traduction en français de cet écrit en amazigh/tifinagh
Bonjour,
Je cherche la traduction (en français) de cet écrit en Amazigh/Tifinagh ?
Merci d'avance pour votre aide.
Retour d'une petite semaine dans l'Adrar (Mauritanie)
Quelques infos en vrac à destination de ceux qui envisagent de s'y rendre. J'ai voyagé en solo un mois de Marrakech à Dakar via la Gambie en utilisant les transports publics et avec un budget limité. Le rythme était plus soutenu que celui que j'adopte généralement en voyage mais ne pensant pas avoir l'occasion de revenir dans le coin, j'ai voulu voir le plus de lieux possibles à défaut de les découvrir en profondeur. Je ne suis resté que 10 jours en Mauritanie en passant par Nouadhibou, Atar, Chinguetti et Nouakchott.
Sécurité : Je n'ai jamais ressenti de sentiment d'insécurité. Les checkpoints de la gendarmerie sont très nombreux (8-9 sur la route entre Nouakchott et Atar). La dernière chose que les mauritaniens souhaitent est qu'il arrive un incident grave à un touriste. En transports publics mieux vaut se munir d'une bonne pile de photocopies de son passeport pour ne pas faire attendre les autres passagers et inciter le chauffeur à rouler trop vite pour rattraper le retard. Il n'est jusqu'à présent jamais rien arrivé à un touriste voyageant dans l'Adrar. Atar abrite une base de l'armée mauritanienne. Et les sanctuaires d'Aqmi et autres groupes islamistes sont assez éloignés dans les zones montagneuses entre Niger, Mali et Algérie. Pour ces raisons, ça n'engage que moi, je pense que l'Adrar est une région sûre. Pas plus dangereuse en tout cas que de nombreuses grandes villes à travers le monde ou chaque années des touristes disparaissent sans qu'il soit pour autant question de les classer en "zone rouge".
Climat : Fin Octobre-début Novembre, j'ai eu 35° en journée sur la côté et environ 40° dans l'Adrar. Il fait chaud mais c'est supportable. La nuit est agréable à Atar. A Chinguetti il peut faire un peu frais au milieu de la nuit (j'ai dormi en pull).
Les Mauritaniens et les touristes : Les mauritaniens sont des gens de prime abord plutôt réservés mais très accueillants. Les invitations à boire le thé sont nombreuses. Les derniers vendeurs de souvenirs ne sont pas pressant mais un peu insistants. Difficile de leur en vouloir quant on sait que la fréquentation touristique n'est plus que de 10% de ce qu'elle était avant (j'ai croisé une demi douzaine de touristes en 6 jours dans l'Adrar). La région qui avait tout misé sur le tourisme est désormais économiquement sinistrée et nombreux sont ses habitants, désabusés, qui la quittent pour Nouakchott ou Zouerat ou leur vie ne sera pas beaucoup plus facile.
Train minéralier Nouadhibou-Choum-Zouerat : Juste après la fête de l'Aid, le train était moins rempli que d'habitude mais tout le monde n'a pas eu de place. En tant normal il parait qu'il est impossible de bouger tellement c'est plein. A Nouadhibou certains attendent le train de l'autre côté de la voie. Je les ai imité ce qui ma permis de rentrer plus rapidement dans le wagon et d'avoir une place près de la fenêtre (en fait une planche en bois posée sur l'armature des défuntes banquettes). La partie basse des vitres est recouverte d'une couche permanente de poussière mais en m'asseyant sur mon sac j'ai pu voir le paysage défiler. A posteriori je ne vois pas l’intérêt de faire le trajet dans les wagons à minerais et le nuage de poussière qui va avec. La majeure partie du voyage se fait de nuit et il est intéressant de discuter avec les voyageurs se rendant à Zouerat. On arrive à Choum au milieu de la nuit. Des pick-up attendent les passagers pour les emmener à Atar. Je me suis retrouvé à l'arrière de l'un d'eux assis sur la montagne de bagages ce qui ne m'a pas trop rassuré au départ. Mais heureusement les chauffeurs connaissaient parfaitement bien la route et il n'y a pas d'à coup. En approchant d'Atar, grâce à la pleine lune, j'ai pu entrevoir des paysages à couper le souffle. En sortant rapidement du train, il y a sûrement moyen de s'approprier une place à l'intérieur des pick-up.
Hébergement : A Atar, j'ai logé à l'Auberge Bab-Sahara tenu par un couple Hollandais-Allemand présent dans la région depuis 13 ans et qui la connaissent sur le bout des doigts. Sous une grande tente la nuit est à 5 euros. Repas du soir bien plus cher que celui du midi mais on mange bien. Il y a des hamac et un bassin dont l'eau est régulièrement changée ce qui est bien agréable pour se rafraichir. Bonne adresse pour recharger les batteries.
Sur les conseils de Just du Bab-Sahara, je suis allé à l'Auberge Menara dans la vieille ville de Chinguetti (demandez chez Limame puisqu'il n'y plus de pancarte). 4 euros pour un matelas que j'ai posé sur le toit. Repas du soir également bien plus cher que ceux du midi. Nourriture passable (pas beaucoup de légume dans le coin) mais Limame est un hôte très sympathique et avec qui on peut avoir des discussions intéressantes. Les ruelles de Chinguetti bordées par les dunes donnent vraiment une impression de bout du monde assez saisissante.
Escapade dans le Désert : A Chinguetti, je me suis adressé à Abdou de l'Auberge Zarga. Pour 27 euros tout compris, il m'a trouvé un chamelier qui ne connaissait que quelques mot de français pour une escapade vers l'oasis de Legueila ou on a passé les heures les plus chaudes de la journée avant de camper sur les dunes et de rentrer en fin de matinée suivante à Chinguetti. S'il avait fait un peu plus frais, il aurait été possible de faire l'excursion en une seule journée. Mais se réveiller dans le désert est vraiment magique. Limame connait un chamelier censé parler un peu le français mais il n'était pas dispo ce jour là.
Pour conclure l'Adrar est vraiment une région dépaysante avec des paysages magnifiques et pas mal de possibilités d'excursions. En 10 jours au départ de Paris, il y a vraiment de quoi faire pour se changer les idées et de se couper de la grisaille hivernale. C'est aussi le moyen d'apporter une aide, aussi minime soit elle, à une région qui en a bien besoin.
Sécurité : Je n'ai jamais ressenti de sentiment d'insécurité. Les checkpoints de la gendarmerie sont très nombreux (8-9 sur la route entre Nouakchott et Atar). La dernière chose que les mauritaniens souhaitent est qu'il arrive un incident grave à un touriste. En transports publics mieux vaut se munir d'une bonne pile de photocopies de son passeport pour ne pas faire attendre les autres passagers et inciter le chauffeur à rouler trop vite pour rattraper le retard. Il n'est jusqu'à présent jamais rien arrivé à un touriste voyageant dans l'Adrar. Atar abrite une base de l'armée mauritanienne. Et les sanctuaires d'Aqmi et autres groupes islamistes sont assez éloignés dans les zones montagneuses entre Niger, Mali et Algérie. Pour ces raisons, ça n'engage que moi, je pense que l'Adrar est une région sûre. Pas plus dangereuse en tout cas que de nombreuses grandes villes à travers le monde ou chaque années des touristes disparaissent sans qu'il soit pour autant question de les classer en "zone rouge".
Climat : Fin Octobre-début Novembre, j'ai eu 35° en journée sur la côté et environ 40° dans l'Adrar. Il fait chaud mais c'est supportable. La nuit est agréable à Atar. A Chinguetti il peut faire un peu frais au milieu de la nuit (j'ai dormi en pull).
Les Mauritaniens et les touristes : Les mauritaniens sont des gens de prime abord plutôt réservés mais très accueillants. Les invitations à boire le thé sont nombreuses. Les derniers vendeurs de souvenirs ne sont pas pressant mais un peu insistants. Difficile de leur en vouloir quant on sait que la fréquentation touristique n'est plus que de 10% de ce qu'elle était avant (j'ai croisé une demi douzaine de touristes en 6 jours dans l'Adrar). La région qui avait tout misé sur le tourisme est désormais économiquement sinistrée et nombreux sont ses habitants, désabusés, qui la quittent pour Nouakchott ou Zouerat ou leur vie ne sera pas beaucoup plus facile.
Train minéralier Nouadhibou-Choum-Zouerat : Juste après la fête de l'Aid, le train était moins rempli que d'habitude mais tout le monde n'a pas eu de place. En tant normal il parait qu'il est impossible de bouger tellement c'est plein. A Nouadhibou certains attendent le train de l'autre côté de la voie. Je les ai imité ce qui ma permis de rentrer plus rapidement dans le wagon et d'avoir une place près de la fenêtre (en fait une planche en bois posée sur l'armature des défuntes banquettes). La partie basse des vitres est recouverte d'une couche permanente de poussière mais en m'asseyant sur mon sac j'ai pu voir le paysage défiler. A posteriori je ne vois pas l’intérêt de faire le trajet dans les wagons à minerais et le nuage de poussière qui va avec. La majeure partie du voyage se fait de nuit et il est intéressant de discuter avec les voyageurs se rendant à Zouerat. On arrive à Choum au milieu de la nuit. Des pick-up attendent les passagers pour les emmener à Atar. Je me suis retrouvé à l'arrière de l'un d'eux assis sur la montagne de bagages ce qui ne m'a pas trop rassuré au départ. Mais heureusement les chauffeurs connaissaient parfaitement bien la route et il n'y a pas d'à coup. En approchant d'Atar, grâce à la pleine lune, j'ai pu entrevoir des paysages à couper le souffle. En sortant rapidement du train, il y a sûrement moyen de s'approprier une place à l'intérieur des pick-up.
Hébergement : A Atar, j'ai logé à l'Auberge Bab-Sahara tenu par un couple Hollandais-Allemand présent dans la région depuis 13 ans et qui la connaissent sur le bout des doigts. Sous une grande tente la nuit est à 5 euros. Repas du soir bien plus cher que celui du midi mais on mange bien. Il y a des hamac et un bassin dont l'eau est régulièrement changée ce qui est bien agréable pour se rafraichir. Bonne adresse pour recharger les batteries.
Sur les conseils de Just du Bab-Sahara, je suis allé à l'Auberge Menara dans la vieille ville de Chinguetti (demandez chez Limame puisqu'il n'y plus de pancarte). 4 euros pour un matelas que j'ai posé sur le toit. Repas du soir également bien plus cher que ceux du midi. Nourriture passable (pas beaucoup de légume dans le coin) mais Limame est un hôte très sympathique et avec qui on peut avoir des discussions intéressantes. Les ruelles de Chinguetti bordées par les dunes donnent vraiment une impression de bout du monde assez saisissante.
Escapade dans le Désert : A Chinguetti, je me suis adressé à Abdou de l'Auberge Zarga. Pour 27 euros tout compris, il m'a trouvé un chamelier qui ne connaissait que quelques mot de français pour une escapade vers l'oasis de Legueila ou on a passé les heures les plus chaudes de la journée avant de camper sur les dunes et de rentrer en fin de matinée suivante à Chinguetti. S'il avait fait un peu plus frais, il aurait été possible de faire l'excursion en une seule journée. Mais se réveiller dans le désert est vraiment magique. Limame connait un chamelier censé parler un peu le français mais il n'était pas dispo ce jour là.
Pour conclure l'Adrar est vraiment une région dépaysante avec des paysages magnifiques et pas mal de possibilités d'excursions. En 10 jours au départ de Paris, il y a vraiment de quoi faire pour se changer les idées et de se couper de la grisaille hivernale. C'est aussi le moyen d'apporter une aide, aussi minime soit elle, à une région qui en a bien besoin.
Afrique du Nord au Sud
Bonjour,
ayant la ferme intention de faire le tour du monde, je travail depuis plusieurs semaine sur les destination que je veut visiter. Et comme tout bon globe trotter l’Afrique est une destination que je rêve de visiter, donc me voila pencher sur la question........ Mais la!! je m’aperçois que je ne connais pas beaucoup de site a visiter sur ce continent. Pour moi l’Afrique est avant tout une terre d'aventure humaine que j'ai bien l'intention de vivre a fond, mais je veut également profiter des sites magnifique qu'il contient et pour cela j'aurais besoin d'un petit coup de pouce. Donc je suis ouvert a toutes suggestions
Merci d'avance.
Pour info lors de mon voyage je ne serais pas limité dans le temps😎
ayant la ferme intention de faire le tour du monde, je travail depuis plusieurs semaine sur les destination que je veut visiter. Et comme tout bon globe trotter l’Afrique est une destination que je rêve de visiter, donc me voila pencher sur la question........ Mais la!! je m’aperçois que je ne connais pas beaucoup de site a visiter sur ce continent. Pour moi l’Afrique est avant tout une terre d'aventure humaine que j'ai bien l'intention de vivre a fond, mais je veut également profiter des sites magnifique qu'il contient et pour cela j'aurais besoin d'un petit coup de pouce. Donc je suis ouvert a toutes suggestions
Merci d'avance.
Pour info lors de mon voyage je ne serais pas limité dans le temps😎
Voyage au Burkina Ouest et Nord, hébergements et transports?
bonjour,
je prévois un periple au Burkina, arrivée à Ouaga, puis ce sera Yako, Ouahigouya, Djibo, Gorom gorom, Bani, Dori, Bogande, Fada N'gourma, puis descente vers la frontière béninoise par Pama.
Est-ce que ça parait réalisable à ceux qui connaissent la région ?
j'au vu en gros pour les hébergements et les transports , mais c'est sur ce dernier point que j'aurais besoin aussi de conseils. Je connais les déplacements au bénin, mais pas au Burkina.
Vos avis ? vos idées ?
merci beaucoup :-)
je prévois un periple au Burkina, arrivée à Ouaga, puis ce sera Yako, Ouahigouya, Djibo, Gorom gorom, Bani, Dori, Bogande, Fada N'gourma, puis descente vers la frontière béninoise par Pama.
Est-ce que ça parait réalisable à ceux qui connaissent la région ?
j'au vu en gros pour les hébergements et les transports , mais c'est sur ce dernier point que j'aurais besoin aussi de conseils. Je connais les déplacements au bénin, mais pas au Burkina.
Vos avis ? vos idées ?
merci beaucoup :-)
Les visas pour l'Afrique de l'Ouest, espace Uemoa?
Bonjour à tous,
Nous partons en camion au Sénegal début Octobre et pour ma part je continue la route pour le Burkina Faso. Deux options s’offre à moi c'est à dire traversé le Mali ( a voir selon l'évolution des conflits??d'ailleurs si vous avez des infos je suis preneuse) et sinon je pourrai contourner le Mali par la Guinée et la Cote d'Ivoire afin d'arriver au Burkina Faso. J'ai entendu parlé du visa commun pour l'espace UEMOA, avez vous des infos sur ce visa? Comment dois je m'y prendre pour la Guinée, est ce que je peux prendre le visa à la frontière?
D'avance merci pour les réponses!
Noémie
Nous partons en camion au Sénegal début Octobre et pour ma part je continue la route pour le Burkina Faso. Deux options s’offre à moi c'est à dire traversé le Mali ( a voir selon l'évolution des conflits??d'ailleurs si vous avez des infos je suis preneuse) et sinon je pourrai contourner le Mali par la Guinée et la Cote d'Ivoire afin d'arriver au Burkina Faso. J'ai entendu parlé du visa commun pour l'espace UEMOA, avez vous des infos sur ce visa? Comment dois je m'y prendre pour la Guinée, est ce que je peux prendre le visa à la frontière?
D'avance merci pour les réponses!
Noémie
Sécurité dans le nord du Burkina Faso?
Salut a tous!
Nous envisageons un voyage a deux en Decembre et desirons visiter (entre autres) Gorom Gorom et les alentours. Il semblerait toutefois que la region du Nord n' est plus tellement recommandee suite a la situation difficile au Mali.
Nous ne faisons vraiment pas d' hysterie en matiere de securite (tout peut arriver partout et a tout moment), et nous avons deja voyage dans des coins "a risques" (relatifs) en Afrique et ailleurs, mais bon, disons que nous ne cherchons quand meme pas a provoquer notre chance. Nous nous retournons donc vers vous pour vos bonnes informations et conseils.
Merci d' avance pour vos suggestions
Nous envisageons un voyage a deux en Decembre et desirons visiter (entre autres) Gorom Gorom et les alentours. Il semblerait toutefois que la region du Nord n' est plus tellement recommandee suite a la situation difficile au Mali.
Nous ne faisons vraiment pas d' hysterie en matiere de securite (tout peut arriver partout et a tout moment), et nous avons deja voyage dans des coins "a risques" (relatifs) en Afrique et ailleurs, mais bon, disons que nous ne cherchons quand meme pas a provoquer notre chance. Nous nous retournons donc vers vous pour vos bonnes informations et conseils.
Merci d' avance pour vos suggestions
Mon podcast sur le voyage
Bonjour !
J'ai lancé voilà quelques temps un blog et un podcast sur le voyage. Dans le podcast audio bimensuel j'interroge chaque fois un voyageur différent sur son aventure et le pays dans lequel il a voyagé. On donne envie de voyager tout en donnant des conseils pratiques comme les endroits à visiter, les choses à faire ou ne pas faire...
Les thèmes abordés sont variés, on a parlé de l'Espagne, de l'Afrique avec le Togo, le Bénin, le Niger et le Nigeria, du Panama, de surfeurs en Indonésie, du métier de reporter-voyageur... Le prochain parlera de l'Inde !
Je profite pour vous dire que si vous voulez témoigner sur votre voyage il n'y a aucun problème, ça peut se faire !
Je vous laisse découvrir tout ça sur mon blog, n'hésitez pas à partager et à me donner vos avis !
J'ai lancé voilà quelques temps un blog et un podcast sur le voyage. Dans le podcast audio bimensuel j'interroge chaque fois un voyageur différent sur son aventure et le pays dans lequel il a voyagé. On donne envie de voyager tout en donnant des conseils pratiques comme les endroits à visiter, les choses à faire ou ne pas faire...
Les thèmes abordés sont variés, on a parlé de l'Espagne, de l'Afrique avec le Togo, le Bénin, le Niger et le Nigeria, du Panama, de surfeurs en Indonésie, du métier de reporter-voyageur... Le prochain parlera de l'Inde !
Je profite pour vous dire que si vous voulez témoigner sur votre voyage il n'y a aucun problème, ça peut se faire !
Je vous laisse découvrir tout ça sur mon blog, n'hésitez pas à partager et à me donner vos avis !
Meilleur parc au Bénin: W ou Pendjari?
Bonjour à tous,
Quelqu'un pourrait-il me dire quel est, selon vous, le meilleur parc entre le W et Pendjari ? ou du moins, la différence entre les 2 ?
Merci de votre aide précieuse !!! 😎
Quelqu'un pourrait-il me dire quel est, selon vous, le meilleur parc entre le W et Pendjari ? ou du moins, la différence entre les 2 ?
Merci de votre aide précieuse !!! 😎
Adresses pas chères chez l'habitant à Malanville, taxi-brousse? (Bénin)
Qui est allé dans cette ville au nord du Bénin, qui me semble mythique mais ou personne ne semble aller
Est-ce facile en taxi brousse de Tanguiéta ou Natitingou ? possible en aout ? Intéressant ? Avez vous des adresses pas chères, chez l'habitant ?
Merci pour vos réponses
Merci pour vos réponses
Séjourner à Conakry en août 2012 avec des enfants
bonjour,
Je dois me rendre à Conakry à partir du 19 aout de cette année. J'y serai avec deux enfants '2 et 5 ans), pourriez vous m'indiquer ce qu'il est possible de faire, visiter sur conakry ou pas trop loin ? Merci. Yolande
Je dois me rendre à Conakry à partir du 19 aout de cette année. J'y serai avec deux enfants '2 et 5 ans), pourriez vous m'indiquer ce qu'il est possible de faire, visiter sur conakry ou pas trop loin ? Merci. Yolande
Traduction d'un mot de langue africaine
Bonjour, je souhaiterai savoir ce que veux dire sedjango svp
Sécurité de la Tunisie au Cameroun par la côte?
Salut à tous,
je suis un jeune voyageur, je prépare un voyage (durée indéterminée) pour l'année prochaine, une fois mes études terminées.
Mon idée est de partir en passant par la Tunisie, Algérie, Maroc, Mauritanie... en direction du Cameroun, en espérant l'atteindre ;-)
Je voyagerai façon routard, avec peu de moyens, en stop.
Mes proches me mettent en garde sur la sécurité. Ma question est donc, si j'évite les zones à risques indiqués sur le site du ministère des affaires étrangères et que j'emprunte principalement les routes de la côte. Est-ce que c'est inconscient de partir dans ces pays ?
Merci d'avance pour vos réponses. Etienne
je suis un jeune voyageur, je prépare un voyage (durée indéterminée) pour l'année prochaine, une fois mes études terminées.
Mon idée est de partir en passant par la Tunisie, Algérie, Maroc, Mauritanie... en direction du Cameroun, en espérant l'atteindre ;-)
Je voyagerai façon routard, avec peu de moyens, en stop.
Mes proches me mettent en garde sur la sécurité. Ma question est donc, si j'évite les zones à risques indiqués sur le site du ministère des affaires étrangères et que j'emprunte principalement les routes de la côte. Est-ce que c'est inconscient de partir dans ces pays ?
Merci d'avance pour vos réponses. Etienne
Langue bambara: ouvrage monumental (Mali)
Nouveau dictionnaire bambara-français
Le bambara (bamanankan) – la langue la plus parlée au Mali – fait partie des parlers manding. L’ensemble des parlers manding appartient au groupe mandé. A l’intérieur du groupe mandé, les parlers manding sont classés pami les langues mandé de souche mandé-ouest. En ce qui est la classification externe des langues mandé, elles appartiennent à la famille Niger-Congo. Sous ses variantes proches, le bambara est aussi parlé au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et en Guinée. Comme langue maternelle, et aussi, et de très loin, comme langue seconde, les trois quarts environ de la population malienne l’utilisent aujourd’hui, et on peut sans doute compter actuellent entre 15 et 20 millions de locuteurs. Plusieurs facteurs ont joué et continuent de jouer en sa faveur : le développement de l’administration, des communications et des voyages, et particulièrement les migrations saisonnières, l’expansion de la religion musulmane, l’essor du commerce, et enfin l’utilisation du bambara croissante sur les marchés ou dans les cours d’écoles. Le bambara constitue, avec le français, la seule langue qui couvre l’ensemble du territoire national. Si le français est la langue de la modernité et de l’écrit, le bambara, par rapport aux langues locales liées à l’oral et à la tradition, figure comme une autre langue d’accès à la modernité. La langue de l’ancien colonisateur, seule langue officielle de l’Etat malien à ce jour, mais très peu maîtrisée par et à peine intégrée dans la population malienne, et le bambara occupent une position privilégiée et progressent en se complétant plus qu’en se concurrençant : l’administration est en français, mais le fonctionnaire est l’ambassadeur et le cheval de Troie du bambara, en s’exprimant en bambara et non en français pour se faire comprendre. Ainsi, le bambara est, en quelque sorte, la seconde langue du pouvoir. Et n’oublions pas que les Maliens et Maliennes attachent beaucoup d’importance à leur histoire : le bambara est l’emblème d’un empire très connu encore aujourd’h ui, à savoir l’empire de Sunjata Keïta au XIIe siècle que la tradition orale manding – à travers ses griots – ne cesse de raconter et transmettre de génération en génération. Le bambara est ainsi le représentant direct de la grandeur du passé, et en garde le prestige incontestée. Il est donc à la fois une langue véhiculaire (lingua franca) et une langue de prestige et de culture. Ces deux fonctions lui attribuent un statut particulier, de plus, le bambara permet la promotion sociale ou individuelle, la langue de la ville, la langue de la radio (depuis 1991, le développement des radios privées s’est aussi beaucoup fait en faveur du bambara) et de la télévision.
Ce nouveau dictionnaire bambara-français est fondé sur le bambara standard, donc celui des villes (surtout Bamako et Ségou). Il est très complet, de presque 1.200 pages. Son introduction, très précise (60 pages), indique de manière claire comment utiliser le dictionnaire et donne la liste des sources utilisées (33o sources différentes en total) : écrites et orales, anciennes et actuelles, en bambara standard et en bambara local, publiées et inédites, telles que lexiques et dictionnaires, manuels et grammaires du bambara en français et en bambara, travaux de description linguistiques, textes littéraires de griots et de conteurs, récits cynégétiques, recueils de proverbes, romans et nouvelles, pièces de théâtre, émissions de radio, informations recueillies auprès de locuteurs ailleurs qu’à Dougoukouna, textes enregistrés auprès de personnes âgées du village de Dougoukouna (village situé à 10 kms de Ségou, en plein milieu de l’ancien Royaume bambara de Ségou), littératures ethnologique et historique, journaux et revues, brochures de post-alphabétisation, brochures religieuses musulmanes et chrétiennes, documents pédagogiques pour les écoles en bambara, ouvrages et articles scientifiques, etc. etc. etc. Précisément, les sources les plus utilisées sont les suivantes : les enquêtes de longue haleine à Dougoukouna, les dictionnaires du Père Charles Bailleul ("Dictionnaire bambara-français", 3e édition corrigée ; voir la note 1 en bas de page), le recueil de proverbes du même auteur ("Sagesse bambara, proverbes et sentences" ; voir la note 2 en bas de page) et le "Kibaru", premier et principal journal en bambara, qui, depuis 1972, fournit une documentation abondante : à ce jour près de 500 numéros, soit environ 5.000 pages de texte.
Donc, la quasi-totalité de cet ouvrage est consacrée à la partie principale, les entrées présentées dans l’alphabet officiel (1.000 pages). A la fin de l’ouvrage, on trouve un index abrégé français-bambara (120 pages). En ce qui est l’entrée bambara dans le détail, sa présentation suit selon plusieurs différentes rubriques : 1. d’abord, l’entrée lexicale est présentée en gras et en notation des tons, suivie éventuellement d’indications phonétiques entre crochets sur la prononciation du terme ; 2. l’appartenance grammaticale (indiquée en italiques) ; 3. l’origine empruntée ; 4. l’étymologie (entre barres obliques) ; 5. la glose ; 6. les exemples (phrase ou expression, suivie de deux lettres majuscules ou d’un nombre indiquant la source de référence, puis la traduction) ; et 7. les remarques diverses.
Quant à la notation des tons (qui n’apparaissent pas dans l’écriture officielle), il faut dire que si l’entrée est de schème H(aut), c.à.d. comportant une succession ininterrompue de tons hauts (notés par l’accent aigu), seul le premier ton est indiqué : súruku "hyène" (= tous les trois voyelles portent le ton haut) ; si l’entrée est de schème A(scendant), c.à.d. comportant un ou plusieurs tons bas (notés par l’accent grave) suivis d’un ou plusieurs tons hauts, seules les syllabes basses qui précèdent la ou les syllabes hautes sont notées : mùso "femme" (= la voyelle o porte aussi le ton bas), làtàràsàji "parfum liquide utilisé par les marabouts" (= tous les voyelles a portent le ton bas mais la voyelle finale i porte le ton haut), fèlèfala "balancer, faire balancer, osciller" (= les voyelles e portent le ton bas, les voyelles a portent le ton haut). Ces deux configurations tonales H et A (nommées schèmes majeurs) regroupent une large majorité des entrées, qu’il s’agisse de mots simples ou de mots complexes. Au cas où une entrée n’appartiendrait pas à l’un de ces deux schèmes majeurs, c.à.d. dans tous les autres cas, les tons sont indiqués sur chacune des voyelles : kólókòtó "qui ne recule devant rien, malfrat", tàrétàré "félicitations, hourrah, enthousiasme", dàmájìrá "faire le maximum, faire tout son possible ; maximum" ...
Au fond, cet ouvrage volumineux excelle par l’immense nombre de ses entrées et des exemples fournis et fera sans doute date dans l’histoire de la langue bambara.
Si on veut adresser une petite critique, une toute petite seulement, c’est donc la suivante : chez Bailleul, les morphèmes des mots dérivés et composés sont séparés par un point (et leur traduction en dessous du mot bambara) pendant que la césure entre ces morphèmes n’est pas indiquée par Dumestre (et leur traduction, à droite du mot bambara, succède à l’appartenance grammaticale, se trouvant entre barres obliques, les termes correspondant aux composants reliés entre eux par des tirets). Exemple :
Bailleul (p.153) : gàlò.mà.jira : n. "signe de malheur" (malheur.qui a.montrer)
Dumestre (p.361) : gàlòmàjira : n.compl. /malheur-qual.-montrer/ • "signe de mauvais augure, porte-malheur"
Chez Bailleul, même un débutant dans l’apprentissage de la langue bambara reconnaît à première vue que le mot gàlòmàjira consiste en trois éléments différents qui sont sans aucun doute : le nom gàlò "malheur", le suffixe de dérivation nominale -ma "qui a" et le verbe jira "montrer". En comparaison, chez Dumestre, c’est la rubrique ‘étymologie’ (entre barres obliques) seulement qui indique que le mot gàlòmàjira consiste en trois éléments dont le sens est "malheur", "qualif." (c.à.d. suffixe nominale de valeur qualificative) et "montrer". De plus, on peut certes reconnaître que ce mot composé figure sous l’entrée gàlò, mais on ne peut reconnaître la césure de ce qui reste, et ce, majira. Est-ce ma + jira ou plutôt maji + ra ou ... ? Bien sûr, c’est évident pour moi ou toute personne qui est familière avec le bambara, mais pour un débutant, ce n’est pas forcément évident. Dans ce cas, Bailleul est à mon avis plus clair dans l’information fournie.
Autre petit regret : chez Bailleul, on est informé sur la valence de tout verbe, c.à.d. si le verbe est transitif, intransitif ou réfléchi (par les sigles v.i, v.t et v.réf), chez Dumestre, on est informé qu’il s’agit d’un verbo-nominal (noté par v-n.) correspondant au fait que les verbes bambara ont, à un degré plus ou moins fort, l’aptitude à être employés comme des noms. Exemple :
Bailleul (p.27) : bàna n. "maladie" bàna v.i "tomber malade" bàna v.t "rendre malade"
Dumestre (p.83) : bàna v-n. • "être malade, rendre malade ; blesser, faire mal ; maladie"
Chez Bailleul, il apparaît clairement que le mot bàna peut être employé comme nom (bana juguyara "la maladie a empiré"), verbe transitif (sabara in bè n sen bana "ces chaussures me font mal aux pieds") ainsi que verbe intransitif (a banana kosèbè "il est tombé gravement malade"), par contre, chez Dumestre, le mot bàna est un verbo-nominal (v-n.), c.à.d. il peut être employé comme nom et comme verbe, mais si le verbe est transitif et/ou intransitif, on ne l’apprend pas. Cependant, pour un débutant et autres aussi, juste une telle information est très serviable.
Ce ne sont que détails. Toutefois, les mêmes ne diminuent en aucune manière la très bonne qualité de cet ouvrage qui est à recommander chaudement à tous ceux et celles qui veulent apprendre le bambara. Donc, je conseille à tout débutant de se procurer non seulement ce Dumestre mais aussi les deux Bailleul (1). Les deux ouvrages sont ainsi complémentaires ... et le fin du fin en ce qui est la langue bambara, sans aucun doute ! Un graaaaaand merci à toi, Gérard !
Dumestre, Gérard. 2011. Dictionnaire bambara-français, suivi d’un indexe abrégé français-bambara. Paris : Editions Karthala. (disponible aussi en format ebook)
http://www.karthala.com/2466-dictionnaire-bambara-francais-suivi-d-un-index-abrege-francais-bambara-9782811105426.html
Le prix : 54 euros (en France), 67 euros (en Allemagne).
Gérard Dumestre, professeur émérite, a consacré ses recherches à la langue et à la littérature orale bambara, ainsi qu’à la société malienne contemporaine. De 1976 à 2010, Dumestre a enseigné le bambara à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO) à Paris. Il a publié Le bambara du Mali : Essais de description linguistique (1994) et une Grammaire fondamentale du bambara (2003), descriptions les plus détaillées et les plus complètes de cette langue, et deux volumes de chroniques (Chroniques amoureuses au Mali, 1998 ; Maléfices et manigances, chroniques maliennes, 2007). Il est aussi l’auteur, dans la série des "Classiques Africains", de plusieurs volumes de textes littéraires bilingues (La prise de Dionkoloni, épisode de l’épopée bambara, 1975 ; La geste de Ségou racontée par des griots bambara, 1979 ; Des bêtes et des hommes, chants des chasseurs mandingues, 2000). Un grand nombre de ses articles sur le bambara ont été publiés dans la revue Mandenkan.
VIVE LE BAMBARA !!!
Herbert
(1) Bailleul, Charles. Dictionnaire bambara-français. Troisième édition corrigée. Bamako, Editions Donniya, 2007, 476pp. Charles Bailleul. Dictionnaire français-bambara. Réimpression en août 2006. Bamako, Editions Donniya, 2006, 377pp. (2) Bailleul, Charles. Sagesse bambara, proverbes et sentences. Bamako, Editions Donniya, 2005, 463pp.

Le bambara (bamanankan) – la langue la plus parlée au Mali – fait partie des parlers manding. L’ensemble des parlers manding appartient au groupe mandé. A l’intérieur du groupe mandé, les parlers manding sont classés pami les langues mandé de souche mandé-ouest. En ce qui est la classification externe des langues mandé, elles appartiennent à la famille Niger-Congo. Sous ses variantes proches, le bambara est aussi parlé au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et en Guinée. Comme langue maternelle, et aussi, et de très loin, comme langue seconde, les trois quarts environ de la population malienne l’utilisent aujourd’hui, et on peut sans doute compter actuellent entre 15 et 20 millions de locuteurs. Plusieurs facteurs ont joué et continuent de jouer en sa faveur : le développement de l’administration, des communications et des voyages, et particulièrement les migrations saisonnières, l’expansion de la religion musulmane, l’essor du commerce, et enfin l’utilisation du bambara croissante sur les marchés ou dans les cours d’écoles. Le bambara constitue, avec le français, la seule langue qui couvre l’ensemble du territoire national. Si le français est la langue de la modernité et de l’écrit, le bambara, par rapport aux langues locales liées à l’oral et à la tradition, figure comme une autre langue d’accès à la modernité. La langue de l’ancien colonisateur, seule langue officielle de l’Etat malien à ce jour, mais très peu maîtrisée par et à peine intégrée dans la population malienne, et le bambara occupent une position privilégiée et progressent en se complétant plus qu’en se concurrençant : l’administration est en français, mais le fonctionnaire est l’ambassadeur et le cheval de Troie du bambara, en s’exprimant en bambara et non en français pour se faire comprendre. Ainsi, le bambara est, en quelque sorte, la seconde langue du pouvoir. Et n’oublions pas que les Maliens et Maliennes attachent beaucoup d’importance à leur histoire : le bambara est l’emblème d’un empire très connu encore aujourd’h ui, à savoir l’empire de Sunjata Keïta au XIIe siècle que la tradition orale manding – à travers ses griots – ne cesse de raconter et transmettre de génération en génération. Le bambara est ainsi le représentant direct de la grandeur du passé, et en garde le prestige incontestée. Il est donc à la fois une langue véhiculaire (lingua franca) et une langue de prestige et de culture. Ces deux fonctions lui attribuent un statut particulier, de plus, le bambara permet la promotion sociale ou individuelle, la langue de la ville, la langue de la radio (depuis 1991, le développement des radios privées s’est aussi beaucoup fait en faveur du bambara) et de la télévision.
Ce nouveau dictionnaire bambara-français est fondé sur le bambara standard, donc celui des villes (surtout Bamako et Ségou). Il est très complet, de presque 1.200 pages. Son introduction, très précise (60 pages), indique de manière claire comment utiliser le dictionnaire et donne la liste des sources utilisées (33o sources différentes en total) : écrites et orales, anciennes et actuelles, en bambara standard et en bambara local, publiées et inédites, telles que lexiques et dictionnaires, manuels et grammaires du bambara en français et en bambara, travaux de description linguistiques, textes littéraires de griots et de conteurs, récits cynégétiques, recueils de proverbes, romans et nouvelles, pièces de théâtre, émissions de radio, informations recueillies auprès de locuteurs ailleurs qu’à Dougoukouna, textes enregistrés auprès de personnes âgées du village de Dougoukouna (village situé à 10 kms de Ségou, en plein milieu de l’ancien Royaume bambara de Ségou), littératures ethnologique et historique, journaux et revues, brochures de post-alphabétisation, brochures religieuses musulmanes et chrétiennes, documents pédagogiques pour les écoles en bambara, ouvrages et articles scientifiques, etc. etc. etc. Précisément, les sources les plus utilisées sont les suivantes : les enquêtes de longue haleine à Dougoukouna, les dictionnaires du Père Charles Bailleul ("Dictionnaire bambara-français", 3e édition corrigée ; voir la note 1 en bas de page), le recueil de proverbes du même auteur ("Sagesse bambara, proverbes et sentences" ; voir la note 2 en bas de page) et le "Kibaru", premier et principal journal en bambara, qui, depuis 1972, fournit une documentation abondante : à ce jour près de 500 numéros, soit environ 5.000 pages de texte.
Donc, la quasi-totalité de cet ouvrage est consacrée à la partie principale, les entrées présentées dans l’alphabet officiel (1.000 pages). A la fin de l’ouvrage, on trouve un index abrégé français-bambara (120 pages). En ce qui est l’entrée bambara dans le détail, sa présentation suit selon plusieurs différentes rubriques : 1. d’abord, l’entrée lexicale est présentée en gras et en notation des tons, suivie éventuellement d’indications phonétiques entre crochets sur la prononciation du terme ; 2. l’appartenance grammaticale (indiquée en italiques) ; 3. l’origine empruntée ; 4. l’étymologie (entre barres obliques) ; 5. la glose ; 6. les exemples (phrase ou expression, suivie de deux lettres majuscules ou d’un nombre indiquant la source de référence, puis la traduction) ; et 7. les remarques diverses.
Quant à la notation des tons (qui n’apparaissent pas dans l’écriture officielle), il faut dire que si l’entrée est de schème H(aut), c.à.d. comportant une succession ininterrompue de tons hauts (notés par l’accent aigu), seul le premier ton est indiqué : súruku "hyène" (= tous les trois voyelles portent le ton haut) ; si l’entrée est de schème A(scendant), c.à.d. comportant un ou plusieurs tons bas (notés par l’accent grave) suivis d’un ou plusieurs tons hauts, seules les syllabes basses qui précèdent la ou les syllabes hautes sont notées : mùso "femme" (= la voyelle o porte aussi le ton bas), làtàràsàji "parfum liquide utilisé par les marabouts" (= tous les voyelles a portent le ton bas mais la voyelle finale i porte le ton haut), fèlèfala "balancer, faire balancer, osciller" (= les voyelles e portent le ton bas, les voyelles a portent le ton haut). Ces deux configurations tonales H et A (nommées schèmes majeurs) regroupent une large majorité des entrées, qu’il s’agisse de mots simples ou de mots complexes. Au cas où une entrée n’appartiendrait pas à l’un de ces deux schèmes majeurs, c.à.d. dans tous les autres cas, les tons sont indiqués sur chacune des voyelles : kólókòtó "qui ne recule devant rien, malfrat", tàrétàré "félicitations, hourrah, enthousiasme", dàmájìrá "faire le maximum, faire tout son possible ; maximum" ...
Au fond, cet ouvrage volumineux excelle par l’immense nombre de ses entrées et des exemples fournis et fera sans doute date dans l’histoire de la langue bambara.
Si on veut adresser une petite critique, une toute petite seulement, c’est donc la suivante : chez Bailleul, les morphèmes des mots dérivés et composés sont séparés par un point (et leur traduction en dessous du mot bambara) pendant que la césure entre ces morphèmes n’est pas indiquée par Dumestre (et leur traduction, à droite du mot bambara, succède à l’appartenance grammaticale, se trouvant entre barres obliques, les termes correspondant aux composants reliés entre eux par des tirets). Exemple :
Bailleul (p.153) : gàlò.mà.jira : n. "signe de malheur" (malheur.qui a.montrer)
Dumestre (p.361) : gàlòmàjira : n.compl. /malheur-qual.-montrer/ • "signe de mauvais augure, porte-malheur"
Chez Bailleul, même un débutant dans l’apprentissage de la langue bambara reconnaît à première vue que le mot gàlòmàjira consiste en trois éléments différents qui sont sans aucun doute : le nom gàlò "malheur", le suffixe de dérivation nominale -ma "qui a" et le verbe jira "montrer". En comparaison, chez Dumestre, c’est la rubrique ‘étymologie’ (entre barres obliques) seulement qui indique que le mot gàlòmàjira consiste en trois éléments dont le sens est "malheur", "qualif." (c.à.d. suffixe nominale de valeur qualificative) et "montrer". De plus, on peut certes reconnaître que ce mot composé figure sous l’entrée gàlò, mais on ne peut reconnaître la césure de ce qui reste, et ce, majira. Est-ce ma + jira ou plutôt maji + ra ou ... ? Bien sûr, c’est évident pour moi ou toute personne qui est familière avec le bambara, mais pour un débutant, ce n’est pas forcément évident. Dans ce cas, Bailleul est à mon avis plus clair dans l’information fournie.
Autre petit regret : chez Bailleul, on est informé sur la valence de tout verbe, c.à.d. si le verbe est transitif, intransitif ou réfléchi (par les sigles v.i, v.t et v.réf), chez Dumestre, on est informé qu’il s’agit d’un verbo-nominal (noté par v-n.) correspondant au fait que les verbes bambara ont, à un degré plus ou moins fort, l’aptitude à être employés comme des noms. Exemple :
Bailleul (p.27) : bàna n. "maladie" bàna v.i "tomber malade" bàna v.t "rendre malade"
Dumestre (p.83) : bàna v-n. • "être malade, rendre malade ; blesser, faire mal ; maladie"
Chez Bailleul, il apparaît clairement que le mot bàna peut être employé comme nom (bana juguyara "la maladie a empiré"), verbe transitif (sabara in bè n sen bana "ces chaussures me font mal aux pieds") ainsi que verbe intransitif (a banana kosèbè "il est tombé gravement malade"), par contre, chez Dumestre, le mot bàna est un verbo-nominal (v-n.), c.à.d. il peut être employé comme nom et comme verbe, mais si le verbe est transitif et/ou intransitif, on ne l’apprend pas. Cependant, pour un débutant et autres aussi, juste une telle information est très serviable.
Ce ne sont que détails. Toutefois, les mêmes ne diminuent en aucune manière la très bonne qualité de cet ouvrage qui est à recommander chaudement à tous ceux et celles qui veulent apprendre le bambara. Donc, je conseille à tout débutant de se procurer non seulement ce Dumestre mais aussi les deux Bailleul (1). Les deux ouvrages sont ainsi complémentaires ... et le fin du fin en ce qui est la langue bambara, sans aucun doute ! Un graaaaaand merci à toi, Gérard !
Dumestre, Gérard. 2011. Dictionnaire bambara-français, suivi d’un indexe abrégé français-bambara. Paris : Editions Karthala. (disponible aussi en format ebook)
http://www.karthala.com/2466-dictionnaire-bambara-francais-suivi-d-un-index-abrege-francais-bambara-9782811105426.html
Le prix : 54 euros (en France), 67 euros (en Allemagne).
Gérard Dumestre, professeur émérite, a consacré ses recherches à la langue et à la littérature orale bambara, ainsi qu’à la société malienne contemporaine. De 1976 à 2010, Dumestre a enseigné le bambara à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO) à Paris. Il a publié Le bambara du Mali : Essais de description linguistique (1994) et une Grammaire fondamentale du bambara (2003), descriptions les plus détaillées et les plus complètes de cette langue, et deux volumes de chroniques (Chroniques amoureuses au Mali, 1998 ; Maléfices et manigances, chroniques maliennes, 2007). Il est aussi l’auteur, dans la série des "Classiques Africains", de plusieurs volumes de textes littéraires bilingues (La prise de Dionkoloni, épisode de l’épopée bambara, 1975 ; La geste de Ségou racontée par des griots bambara, 1979 ; Des bêtes et des hommes, chants des chasseurs mandingues, 2000). Un grand nombre de ses articles sur le bambara ont été publiés dans la revue Mandenkan.
VIVE LE BAMBARA !!!
Herbert
(1) Bailleul, Charles. Dictionnaire bambara-français. Troisième édition corrigée. Bamako, Editions Donniya, 2007, 476pp. Charles Bailleul. Dictionnaire français-bambara. Réimpression en août 2006. Bamako, Editions Donniya, 2006, 377pp. (2) Bailleul, Charles. Sagesse bambara, proverbes et sentences. Bamako, Editions Donniya, 2005, 463pp.

Voyage Cameroun - Alger par transport terrestre
salut à tous
je suis camerounaise, je réside à Yaoundé, j'aimerais me rendre à Alger par voiture pour rendre visite a ma soeur qui est très malade depuis son accouchement et profiter aussi de passer les grandes vacances auprès d'elle, mais j'ai opté pour le voyage terrestre, et j'aimerais avoir conseil concernant ce voyage, j'ai rencontré une personne ici sur place qui m'a conseillé de prendre le bateau à Limbé pour Calabar, Calabar-Lagos, Lagos-Cotonou, Cotonou-Bamako en passant par Ouagadougou, et en fin Bamako-Algerie.
Soit par le Nord du Cameroun-Nigeria, Nigeria-Niger et Niger-Algerie.
Le problème par le Nord il n'a pas été précis, j'aimerais savoir mes chers amis: - si en passant par le Nord, quel itineraire prendre, comment marcher d'une ville à une autre afin d'arriver en Algérie? - quels sont les risques par le Nord? - une fois au Niger comment obtenir le visa algerien? aurais-je besoin d'un passeport nigérien? est ce possible d'obtenir le visa avec le passeport camerounais? aurais-je besoin d'un guide pour traverser?
- dites moi mes chers amis, quel point de depart? par le nord Cameroun-Nigeria ou bien par le Sud Cameroun-Nigeria - si par le sud, aurais je obligatoirement besoin d'un passeport malien pour avoir le visa algerien?
Le problème par le Nord il n'a pas été précis, j'aimerais savoir mes chers amis: - si en passant par le Nord, quel itineraire prendre, comment marcher d'une ville à une autre afin d'arriver en Algérie? - quels sont les risques par le Nord? - une fois au Niger comment obtenir le visa algerien? aurais-je besoin d'un passeport nigérien? est ce possible d'obtenir le visa avec le passeport camerounais? aurais-je besoin d'un guide pour traverser?
- dites moi mes chers amis, quel point de depart? par le nord Cameroun-Nigeria ou bien par le Sud Cameroun-Nigeria - si par le sud, aurais je obligatoirement besoin d'un passeport malien pour avoir le visa algerien?
Dunes et moto 125 cm²?
Bonsoir,
Je prévois l'achat d'une moto trail yamaha ou suzuki de cylindrée 125 cm², Je n'ai jamais roulé en moto sur les dunes, j'aimerais donc savoir si l'on peut grimper les hautes dunes du Sahara central avec ce genre de cylindrée ou il faudrait plus puissant ? Toute experience ou avis est le bienvenue.🙂
Je prévois l'achat d'une moto trail yamaha ou suzuki de cylindrée 125 cm², Je n'ai jamais roulé en moto sur les dunes, j'aimerais donc savoir si l'on peut grimper les hautes dunes du Sahara central avec ce genre de cylindrée ou il faudrait plus puissant ? Toute experience ou avis est le bienvenue.🙂
Conversation en maasinankoore (Mali)
CONVERSATION
YEWTERE
Voici un petit assortiment en salutations informelles (familières) en maasinankoore, le fulfulde comme on le parle dans la partie du Mali central connue sous le nom Maasina (1). Cette zone est le cœur du Mali et espace vital des Peuls, ou Ful'be comme ils s’appellent en fulfulde même. Le maasinankoore est la langue la plus importante au Delta Central du Niger au Mali.
Les salutations sont adressées généralement aux personnes moins âgées que le locuteur, les amis et les personnes familières. Chez les Peuls, les salutations sont très importantes, elles peuvent être longues et incluent une série de questions posées alternativement par chaque locuteur. Enfin, elles sont la clé de toute interaction ...
- A -
Salutations (Jowtaangol)
Jam fini ! Bonjour ! (le bon matin)
Jam weeti ! Bonjour ! (pendant la matinée)
Jam nyalli ! Bonjour ! (pendant la journée)
Jam hiiri ! Bonsoir !
On hiirii e jam ! Bonsoir à vous !
Jam waali ! Bonne nuit ! / Bonjour !
Réponse aux salutations (sous A) :
Jam tan ! Merci ! (litt. "La paix seulement !")
Note : le mot jam est un mot-clé au vocabulaire fulfulde qui veut dire "paix ; bonheur". Ce mot correspond à hèrè du bambara.
- B -
Kori a waalii e jam. Bien dormi ? (litt. "As-tu passé la nuit en paix ?")
Kori a finii e jam. As-tu passé la matinée en paix ?
Kori a weetii e jam. As-tu passé la matinée en paix ?
Kori a nyallii e jam. As-tu passé une bonne journée ?
Kori a hiirii e jam. As-tu passé une bonne soirée ?
- C -
Kori jam waalii e maa. Espérons que tu t’es bien réveillé.
Kori jam finii e maa. Espérons que tu as passé la matinée en paix.
…
Réponses aux salutations (sous B et C) :
Jam tan ! Oui, merci !
Basi fuu walaa ! Au mieux, merci !
Sago men tan ! Tout marche à souhait ! / Tout va bien !
- D -
Ça boume ?
No nga’dtaa ? Comment vas-tu ?
Kori a’da selli. J’espère que tu es en bonne santé.
Kori a’da reenii. J’espère que tu vas bien.
Possibles réponses aux salutations (sous D) :
Jam tan ! Oui, merci !
Basi fuu walaa ! Au mieux, merci !
Sago men tan ! Tout marche à souhait !
- E -
Kori gorko maa e jam. J’espère que ton homme va bien.
Kori debbo maa e jam. J’espère que ta femme va bien.
Sukaa’be maa mbatta ? Et tes enfants, ils vont bien ?
Gorko maa wa’dii ? Et ton homme va comment ?
Réponses aux salutations (sous E) :
Omo e jam. Merci, bien ! (litt. "Il est en paix.")
E’be e jam. Merci, bien ! (litt. "Ils (enfants) sont en paix.")
- E -
Salut !
Sa’di ! (litt. "C’est difficile !") Salut !
Bisimillah ! (litt. "Au nom du Dieu !") Bienvenu !
Possibles réponses aux salutations (sous E) :
A hisii ! (> Sa’di !) (litt. "Tu as échappé au danger !") Salut !
Sai ! (> Bisimillah !) Merci !
Note : A hisii ! et Sai ! (ou Sah !) sont des réponses définitives à Sa’di ! resp. Bisimillah !
- F -
En guise d’adieu :
Mi’da yaha. Je pars maintenant !
Alla hokku jam ! Que Dieu te protège !
Aamina ! Merci !
Albarka ! Merci ! (après le repas)
- G -
Tawaa e jam ! Au revoir ! (litt. "Que tu arrives à la paix !")
Jam tan ! Trouve la paix !
- H -
Conversation (Yewtere)
L’après-midi, Samba et Demba se rencontrent dans la rue ...
Sammba : Sa’di ! Samba : Salut !
Demmba : A hisii ! Demba : Salut !
S : Kori jam weeti e maa ? S : J’espère que le matin s’est bien passé pour toi.
D : Jam tan. D : Oui, très bien.
S : Kori a warii e jam ? S : Tout va bien ?
D : Sago men tan. D : Au mieux.
S : Kori a’da reenii. S : J’espère que tu vas bien.
D : Basi fuu walaa. D : Pas de problèmes.
S : Bisimillah e maa ! S : Sois bienvenu !
D : Sai ! D : Merci !
S : Aan e tiyaabu. S : Merci, sois béni !
D : Aan e baraaji. D : Que tu sois béni, aies de la grâce !
Note : Aan e baraaji ! est une réponse définitive à Aan e tiyaabu !
- I -
Comment t’appelles-tu ? (Hono mbiyete’daa ?)
Hono mbiyete’daa ? Comment t’appelles-tu ?
Hono woni innde maa ? Quel est ton nom ?
Hono njettete’daa ? Quel est ton nom de famille ?
Tu viens d’où ? (Hoto njeya’daa ?)
Hoto njeya’daa ? Tu viens d’où ? (c.à.d. de quelle ville ou de quel village ?)
Hoto woni leydi maa ? Tu es de quel pays ? (litt. "Où est ton pays ?")
Hoto iw’daa ? Tu es de quel pays ?
A’da anndi Sammba ? Connais-tu Samba ?
Réponses aux questions (sous I) :
Innde am yo Hawa. Je m’appelle Hawa.
Yettoore am woni Jallo. Mon nom de famille est Diallo.
Wuro am yo Jafaraa‘be. Je viens de Diafarabé. (litt. "Mon village est Diafarabé.")
Leydi am woni Gine. Je viens de la Guinée. (litt. "Mon pays est la Guinée.")
O’oo, mi anndaali Sammba. Non, je ne connais pas Samba.
- K -
Encore : Comment t’appelles-tu ? (Hono mbiyete’daa ?)
Innde am yo Ummu. Yettoore am woni Jallo. Mali woni leydi am. Innde gorko am yo Mammadu. Omo iwi Niono. Innde ’bi’b’be men yo Aysata e Siidi. Je m’appelle Oumou. Mon nom de famille est Diallo. Je viens du Mali. Mon mari s’appelle Mamadou. Il vient de Niono. Nos enfants s’appellent Aïssata et Sidi.
- L -
Tu parles ... ? (A nanii ... naa ?)
A nanii fulfulde naa ? Tu parles fulfulde ?
A nanii faransi naa ? Tu parles français ?
A nanii almankoore naa ? Tu parles allemand ?
Réponses aux questions (sous L) :
Eyyo, mi nanii fulfulde. Oui, je parle fulfulde.
O’oo, mi nanii see’da tan. Non, je ne comprends que peu.
Walaa fey ! Pas du tout !
Kaa sago am woni janngude. Mais j’aime l’apprendre.
++++++++++++++++++++++++++++++++++
Apprenez le fulfulde, souvent surnommé l'"italien d'Afrique" et langue magnifique mais très complexe (surtout la variante du Maasina), promis !!! Après, vous êtes plus riche ...
Bonne lecture !
Herbert
(1) Le nom de Maasina (écrit en fulfulde) dans son application la plus étendue comprend le delta intérieur du Niger et d’autres régions dans les environs. Moi, je préfère depuis longtemps l’écriture fulfulde auprès de Mâssina ou Macina (écriture française).
Voici un petit assortiment en salutations informelles (familières) en maasinankoore, le fulfulde comme on le parle dans la partie du Mali central connue sous le nom Maasina (1). Cette zone est le cœur du Mali et espace vital des Peuls, ou Ful'be comme ils s’appellent en fulfulde même. Le maasinankoore est la langue la plus importante au Delta Central du Niger au Mali.
Les salutations sont adressées généralement aux personnes moins âgées que le locuteur, les amis et les personnes familières. Chez les Peuls, les salutations sont très importantes, elles peuvent être longues et incluent une série de questions posées alternativement par chaque locuteur. Enfin, elles sont la clé de toute interaction ...
- A -
Salutations (Jowtaangol)
Jam fini ! Bonjour ! (le bon matin)
Jam weeti ! Bonjour ! (pendant la matinée)
Jam nyalli ! Bonjour ! (pendant la journée)
Jam hiiri ! Bonsoir !
On hiirii e jam ! Bonsoir à vous !
Jam waali ! Bonne nuit ! / Bonjour !
Réponse aux salutations (sous A) :
Jam tan ! Merci ! (litt. "La paix seulement !")
Note : le mot jam est un mot-clé au vocabulaire fulfulde qui veut dire "paix ; bonheur". Ce mot correspond à hèrè du bambara.
- B -
Kori a waalii e jam. Bien dormi ? (litt. "As-tu passé la nuit en paix ?")
Kori a finii e jam. As-tu passé la matinée en paix ?
Kori a weetii e jam. As-tu passé la matinée en paix ?
Kori a nyallii e jam. As-tu passé une bonne journée ?
Kori a hiirii e jam. As-tu passé une bonne soirée ?
- C -
Kori jam waalii e maa. Espérons que tu t’es bien réveillé.
Kori jam finii e maa. Espérons que tu as passé la matinée en paix.
…
Réponses aux salutations (sous B et C) :
Jam tan ! Oui, merci !
Basi fuu walaa ! Au mieux, merci !
Sago men tan ! Tout marche à souhait ! / Tout va bien !
- D -
Ça boume ?
No nga’dtaa ? Comment vas-tu ?
Kori a’da selli. J’espère que tu es en bonne santé.
Kori a’da reenii. J’espère que tu vas bien.
Possibles réponses aux salutations (sous D) :
Jam tan ! Oui, merci !
Basi fuu walaa ! Au mieux, merci !
Sago men tan ! Tout marche à souhait !
- E -
Kori gorko maa e jam. J’espère que ton homme va bien.
Kori debbo maa e jam. J’espère que ta femme va bien.
Sukaa’be maa mbatta ? Et tes enfants, ils vont bien ?
Gorko maa wa’dii ? Et ton homme va comment ?
Réponses aux salutations (sous E) :
Omo e jam. Merci, bien ! (litt. "Il est en paix.")
E’be e jam. Merci, bien ! (litt. "Ils (enfants) sont en paix.")
- E -
Salut !
Sa’di ! (litt. "C’est difficile !") Salut !
Bisimillah ! (litt. "Au nom du Dieu !") Bienvenu !
Possibles réponses aux salutations (sous E) :
A hisii ! (> Sa’di !) (litt. "Tu as échappé au danger !") Salut !
Sai ! (> Bisimillah !) Merci !
Note : A hisii ! et Sai ! (ou Sah !) sont des réponses définitives à Sa’di ! resp. Bisimillah !
- F -
En guise d’adieu :
Mi’da yaha. Je pars maintenant !
Alla hokku jam ! Que Dieu te protège !
Aamina ! Merci !
Albarka ! Merci ! (après le repas)
- G -
Tawaa e jam ! Au revoir ! (litt. "Que tu arrives à la paix !")
Jam tan ! Trouve la paix !
- H -
Conversation (Yewtere)
L’après-midi, Samba et Demba se rencontrent dans la rue ...
Sammba : Sa’di ! Samba : Salut !
Demmba : A hisii ! Demba : Salut !
S : Kori jam weeti e maa ? S : J’espère que le matin s’est bien passé pour toi.
D : Jam tan. D : Oui, très bien.
S : Kori a warii e jam ? S : Tout va bien ?
D : Sago men tan. D : Au mieux.
S : Kori a’da reenii. S : J’espère que tu vas bien.
D : Basi fuu walaa. D : Pas de problèmes.
S : Bisimillah e maa ! S : Sois bienvenu !
D : Sai ! D : Merci !
S : Aan e tiyaabu. S : Merci, sois béni !
D : Aan e baraaji. D : Que tu sois béni, aies de la grâce !
Note : Aan e baraaji ! est une réponse définitive à Aan e tiyaabu !
- I -
Comment t’appelles-tu ? (Hono mbiyete’daa ?)
Hono mbiyete’daa ? Comment t’appelles-tu ?
Hono woni innde maa ? Quel est ton nom ?
Hono njettete’daa ? Quel est ton nom de famille ?
Tu viens d’où ? (Hoto njeya’daa ?)
Hoto njeya’daa ? Tu viens d’où ? (c.à.d. de quelle ville ou de quel village ?)
Hoto woni leydi maa ? Tu es de quel pays ? (litt. "Où est ton pays ?")
Hoto iw’daa ? Tu es de quel pays ?
A’da anndi Sammba ? Connais-tu Samba ?
Réponses aux questions (sous I) :
Innde am yo Hawa. Je m’appelle Hawa.
Yettoore am woni Jallo. Mon nom de famille est Diallo.
Wuro am yo Jafaraa‘be. Je viens de Diafarabé. (litt. "Mon village est Diafarabé.")
Leydi am woni Gine. Je viens de la Guinée. (litt. "Mon pays est la Guinée.")
O’oo, mi anndaali Sammba. Non, je ne connais pas Samba.
- K -
Encore : Comment t’appelles-tu ? (Hono mbiyete’daa ?)
Innde am yo Ummu. Yettoore am woni Jallo. Mali woni leydi am. Innde gorko am yo Mammadu. Omo iwi Niono. Innde ’bi’b’be men yo Aysata e Siidi. Je m’appelle Oumou. Mon nom de famille est Diallo. Je viens du Mali. Mon mari s’appelle Mamadou. Il vient de Niono. Nos enfants s’appellent Aïssata et Sidi.
- L -
Tu parles ... ? (A nanii ... naa ?)
A nanii fulfulde naa ? Tu parles fulfulde ?
A nanii faransi naa ? Tu parles français ?
A nanii almankoore naa ? Tu parles allemand ?
Réponses aux questions (sous L) :
Eyyo, mi nanii fulfulde. Oui, je parle fulfulde.
O’oo, mi nanii see’da tan. Non, je ne comprends que peu.
Walaa fey ! Pas du tout !
Kaa sago am woni janngude. Mais j’aime l’apprendre.
++++++++++++++++++++++++++++++++++
Apprenez le fulfulde, souvent surnommé l'"italien d'Afrique" et langue magnifique mais très complexe (surtout la variante du Maasina), promis !!! Après, vous êtes plus riche ...
Bonne lecture !
Herbert
(1) Le nom de Maasina (écrit en fulfulde) dans son application la plus étendue comprend le delta intérieur du Niger et d’autres régions dans les environs. Moi, je préfère depuis longtemps l’écriture fulfulde auprès de Mâssina ou Macina (écriture française).
Visa unique de l'UEMOA (Afrique de l'Ouest)
Bonjour!
Je voulais savoir ce qu'il en est de ce visa!?
Je sais que sa "sortie" avait été repoussée et je suis tombée sur un article qui dit qu'il serait disponible actuellement, voir ici : http://www.burkinapmepmi.com/spip.php?article6472
Pour ceux à qui ça ne dit rien, c'est un visa unique pour les pays suivants : Sénégal, Mali, Burkina, Togo, Benin, Niger, Côte d'Ivoire, et Guinée B. D'après l'article, 55000 CFA pour une validité de 3 mois.
Ca me simplifierait franchement mon voyage! Alors, quelqu'un en a-t-il déjà bénéficié?
Je voulais savoir ce qu'il en est de ce visa!?
Je sais que sa "sortie" avait été repoussée et je suis tombée sur un article qui dit qu'il serait disponible actuellement, voir ici : http://www.burkinapmepmi.com/spip.php?article6472
Pour ceux à qui ça ne dit rien, c'est un visa unique pour les pays suivants : Sénégal, Mali, Burkina, Togo, Benin, Niger, Côte d'Ivoire, et Guinée B. D'après l'article, 55000 CFA pour une validité de 3 mois.
Ca me simplifierait franchement mon voyage! Alors, quelqu'un en a-t-il déjà bénéficié?
Voyager de Yaoundé (Cameroun) à Cotonou (Bénin) par la route et visa?
Bonjour a tous. je suis Camerounais, j'aimerais voyager de Yaoundé (Cameroun) pour Cotonou (Bénin) pas la route mais l'ennui es que je ne sais quel agence prendre ni combien de temps on ferrais en route et encore combien ça va me couter. j'aimerais aussi savoir si il faut un visa pour ou un laisser passer pour la route.
Vos reponse vont certainement etre d'une grande utilité, Merci.
Les énoncés "canoniques" du bambara (Mali)
Les types d’énoncés simples en bambara
Dédié à Agathe
1 - La langue bambara
Le bambara, langue la plus parlée au Mali, fait partie des parlers manding. L’ensemble des parlers manding appartient au groupe mandé. A l’intérieur du groupe mandé, les parlers manding sont classés parmi les langues mandé de souche mandé-ouest (sur la classification interne du groupe mandé-ouest, cf. Kastenholz 1997 : 70ff). En ce qui concerne la classification externe des langues mandé, elles constituent un des six sous-groupes principaux de la meta-famille Niger-Congo.
2 - Traits typologiques
Le bambara est une langue tonale (opposition de deux tons lexicaux, haut et bas, et phénomènes de downstep et downdrift). Sur le plan phonologique, il comporte un système de 19 consonnes et 7 voyelles orales, auxquelles correspondent 7 voyelles nasales et 7 voyelles longues. Sur le plan morphologique, le bambara est une langue à caractère isolant : il ne dispose ni de classes nominales ni d’opposition de genre. Comparée aux langues mandé de souche nord-ouest (p.ex. les parlers bozo, le soninké), la morphologie verbale du bambara et des autres parlers manding est simple par suite d’un processus d’érosion des paradigmes verbaux. Dans le syntagme génitival, l’ordre est déterminant-déterminé, alors que dans les autres syntagmes de détermination, l’ordre est déterminé-déterminant (nom + adjectif, nom + numéral, nom + participe, nom + défini). La prédication verbale a comme ordre de base : S–Mp–Od–V–X (S = sujet, Mp = marque prédicative, Od = objet direct, V = verbe, X = nominal qui n’a le statut ni de sujet, ni d’objet direct). Les marques prédicatives forment un paradigme de morphèmes morphologiquement libres, qui servent à la constitution de l’énoncé : ces morphèmes "portemanteau" indiquent les valeurs des catégories temps/aspect/mode (TAM) et l’affirmation/négation et peuvent donc être considérés comme éléments de conjugaison. Ils ont la particularité de fonctionner par couples et suivent immédiatement le nominal en fonction de sujet. En plus, il existe un seul suffixe flexionnel (-ra) qui se comporte comme les autres marques prédicatives. L’association d’un auxiliaire avec une base lexicale modèle un constituant syntaxique, c.à.d. soit un constituant nominal, soit un constituant verbal. Donc, l’indistinction du nom et du verbe qui existe au niveau lexical est alors résolue au niveau syntaxique, autrement dit, la fonction syntaxique des participants d’un énoncé s’explique uniquement par leur position ; le cas, au sens strict du terme, et le genre ne sont pas exprimés avec des moyens grammaticaux. La dérivation et la composition sont en bambara des procédés très évolués et pour la majeure partie productifs.
3 - Enoncés simples
En bambara, il existe six types d’énoncés simples. Tous ces six modèles ont en commun au moins deux éléments : un groupe nominal (nom simple, ou nom complexe, ou pronom) ou construction nominale complexe (syntagme, séquence) en fonction du sujet grammatical de l’énoncé, et une marque d’énoncé (copule ou marque prédicative).
3.1 - Enoncé présentatif : N + don / tè
Ce type d’énoncé, le plus simple en bambara, consiste en une marque d’énoncé, don à l’affirmatif ou tè à la négation, précédée d’un groupe nominal simple ou complexe qui fonctionne en sujet :
Muso don. C’est une femme.
Muso tè. Ce n’est pas une femme.
Mògò nyuman don. C’est un homme gentil.
Mògò nyuman tè. Ce n’est pas un homme gentil.
Nbuuru ni ji don. C’est du pain et de l’eau.
Saga wala ba don. C’est un mouton ou une chèvre.
Jakuma tè, wulu don. Ce n’est pas un chat, c’est un chien.
Au cas où le pronom de la première personne du singulier est le sujet de l’énoncé, on utilise la forme emphatique (ne) :
Ne don. C’est moi.
Ne tè. Ce n’est pas moi.
3.2 - Enoncé équatif : N1 + ye / tè + N2 + ye
Ce type d’énoncé exprime une identité (affirmative : X est Y, négative : X n’est pas Y). Il se compose de deux groupes nominaux (N1 = sujet, N2 = complément) et d’une marque d’énoncé discontinue : ye ... ye à l’affirmatif, tè ... ye au négatif.
Hawa ye muso ye. Hawa est une femme.
Fali tè jègè ye. Un âne n’est pas un poisson.
Hawa fa ye karamògò ye. Le père de Hawa est enseignant.
Bamakò ye Mali faamadugu ye. Bamako est la capitale du Mali.
Hawa ni Fanta ye kalandenmusow ye. Hawa et Fanta sont des écolières.
Au cas où N1 est représenté par le pronom de la première personne du singulier, on utilise la forme emphatique, donc ne au lieu de n :
Ne ye alimanika ye. Je suis Allemand.
Au cas où le premier N serait tògò "(pré)nom" ou jamu "nom de famille, patronyme", la marque d’énoncé se simplifie en ye à l’affirmatif (et peut même être supprimée), et se réduit à tè à la négation :
A tògò ye Fanta. Elle s’appelle Fanta.
E tògò di ? Comment t’appelles-tu ?
E tògò ? Comment t’appelles-tu ?
U jamu ye Ture. Leur nom de famille est Touré.
U jamu Ture. Leur nom de famille est Touré.
A jamu tè Jalo. Son nom de famille n’est pas Diallo.
3.3 - Enoncé situatif : N1 + bè / tè + N2 (+ postposition)
L’énoncé situatif a la structure suivante : N1, le sujet, est relié au complément (N2 ou N2 + postposition) par une marque d’énoncé, bè à l’affirmatif, et tè au négatif. En règle, le complément est formé de N et d’une postposition mais au cas où un nom propre de lieu forme le sujet, le complément se réduit souvent au N :
Denw bè so kònò. Les enfants sont dans la maison.
A ka liwuru tè tabali kan. Son livre n’est pas sur la table.
N fa bè Tumutu. Mon père est à Tombouctou.
Hawa ni Fanta tè yan. Hawa et Fanta ne sont pas ici.
A bè di ? Il est comment ?
Un énoncé situatif n’exprime pas uniquement une localisation mais sert aussi à signifier la possession, l’appartenance, l’association :
Muso fila bè Madu fè. Madu a deux femmes.
So naani bè n fa bolo. Mon père possède quatre chevaux.
Mobili tè n bolo. Je n’ai pas de voiture.
A cè tè ku fè. Son homme n’aime pas l’igname.
N bè kini fè. J’aime du riz.
Se bè Musa ye. Musa a du pouvoir.
L’énoncé situatif se réduit à un nominal sujet suivi uniquement de la marque d’énoncé dans les cas, limités en nombre, des énoncés qui expriment le temps ou une existence spécifique :
Funteni bè. Il fait chaud.
Nènè tè. Il ne fait pas froid.
Dibi bè. Il fait sombre.
Bugun tè. Il ne fait pas de brouillard.
Ngomi bè. Il y a de la rosée.
Hèrè bè. Il y a de la paix.
3.4 - Enoncé descriptif : N + ka / man + Adjectif (= 'Verbe statif' pour Creissels)
Ce type d’énoncé a une valeur descriptive : le sujet de l’énoncé et l’adjectif sont reliés par la marque d’énoncé, ka à l’affirmatif, et man à la négation.
Donso ka farin. Le chasseur est courageux.
A man di. Ce n’est pas bon.
Liwuru sòngò ka gèlèn. Le livre coûte cher.
Ji man suma. L’eau n’est pas fraîche.
Dans l’énoncé descriptif, un complément (N ou N + postposition) peut succéder à l’adjectif :
Feerefèn ka ca sugu la. Il y a beaucoup de marchandises au marché.
Wari man ca Madu bolo. Madu n’a pas beaucoup d’argent.
3.5 - Enoncé processif intransitif : N + Mp + V (+ complément)
Ce type d’énoncé est constitué au moins d’un N, le sujet, d’une marque d’énoncé (Mp) et d’un verbe intransitif. Il peut être élargi d’un complément (N ou N + postposition). La marque d’énoncé est placée devant le verbe dans tous les cas, sauf celui de l’accompli affirmatif (-ra) qui est suffixé au verbe. Pour ce type d’énoncé, l’ensemble des marques d’énoncé consiste en : bè / tè, -ra / ma, ka / kana, bèna / tèna, na, ye ...
An bè taa sugu la. Nous partons au marché. An tè taa sugu la. Nous ne partons pas au marché. An taara sugu la. Nous sommes partis au marché. An ma taa sugu la. Nous ne sommes pas partis au marché. An ka taa sugu la. Que nous partions au marché ! An kana taa sugu la. Que nous ne partions pas au marché ! An bèna taa sugu la. Nous allons partir au marché. An tèna taa sugu la. Nous n’allons pas partir au marché. An na taa sugu la. Nous partirons au marché. A ye taa sugu la ! Partez au marché !
Tous les énoncés (en haut) sont généralement constitués de deux termes syntaxiques nécessaires, le sujet et le prédicat verbal (marque prédicative + verbe). En bambara, il y a un petit nombre de verbes intransitifs qui demandent obligatoirement un complément consisté en un N et une postposition, p.ex. les verbes fama ... ma "être longtemps sans voir qn" ou fò ... kò "venir en l’absence de qn", c.à.d. les compléments sont indispensables, les verbes ne foctionnent pas sans complément :
An famana nyògòn ma. Il y a longtemps qu’on ne s’est pas vu.
Ne fòra i kò kunun. Hier, je suis venu en ton absence.
La marque d’énoncé ye de l’énoncé A ye taa sugu la ! est celle de l’impératif à la seconde personne du pluriel. Il peut être combiné exclusivement avec les pronoms de la seconde personne du pluriel a "vous" resp. aw (forme emphatique de a) qui forment pour chaque le sujet de l’énoncé.
Quant aux verbes intransitifs, l’impératif à la seconde personne du singulier, à l’affirmatif, représente un cas particulier, dans la mesure où ni sujet, ni marque d’énoncé n’apparaissent :
Taa ! Pars ! Na yan ! Viens ici ! Sunògò sisan ! Dors maintenant ! Kuma ! Parle ! Yèlè ! Ris !
Par contre, on retrouve bien à la forme négative du singulier la marque d’énoncé, à savoir kana :
Kana taa ! Ne pars pas ! Kana na yan ! Ne viens pas ici ! Kana sunògò sisan ! Ne dors pas maintenant ! Kana kuma ! Ne parle pas ! Kana yèlè ! Ne ris pas !
Aux formes du pluriel, affirmative et négative, on a bien encore un énoncé qui consiste en sujet (morphologique), en marque d’énoncé et en verbe :
A ye taa ! Partez ! A kana taa ! Ne partez pas !
A ye na yan ! Venez ici ! A kana na yan ! Ne venez pas ici !
3.6 - Enoncé processif transitif : N1 + Mp + N2 + V (+ complément)
Dans ce type d’énoncé, le sujet nominal précède la marque d’énoncé, puis le nominal (N2) en fonction d’objet direct, et enfin le verbe transitif à qui peut être rattaché un complément. La marque et le verbe constituent ensemble le groupe verbal, en fonction de prédicat. L’ensemble des marques d’énoncé consiste en : bè / tè, ye / ma, ka / kana, bèna / tèna, na, ye ...
An bè u fo sugu la. Nous les saluons au marché. An tè u fo sugu la. Nous ne les saluons pas au marché. An ye u fo sugu la. Nous les avons salués au marché. An ma u fo sugu la. Nous ne les avons pas salués au marché. An ka u fo sugu la ! Que nous les saluions au marché ! An kana u fo sugu la ! Que nous ne les saluions pas au marché ! An bèna u fo sugu la. Nous allons les saluer au marché. An tèna u fo sugu la. Nous n’allons pas les saluer au marché. An na u fo sugu la. Nous les saluerons au marché. A ye u fo sugu la ! Saluez-les au marché !
Comme pour le type 3.5, il existe en bambara des verbes transitifs qui demandent obligatoirement un complèment post-verbal (N + postposition), p.ex. les verbes di ... ma "donner qqch à qqn" ou singa ... ma "prêter qqch à qqn":
A ye liwuru fila singa n ma. Elle m’a prêté deux livres.
Madu tè wari di a muso ma. Madu ne donne pas de l’argent à sa femme.
Ces deux énoncés-ci ne sont pas grammaticalement corrects sans les compléments n ma et muso ma. Ils sont obligatoires !
En ce qui est l’impératif, il représente un cas particulier également : à la seconde personne du singulier, à l’affirmatif, l’énoncé ne consiste qu’en objet direct et en verbe, ni un sujet ni une marque d’énoncé n’apparaissent :
U fo ! Salue-les ! Mobili san ! Achète une voiture ! Baara kè ! Travaille ! Nin nbuuru dun ! Mange ce pain ! A di n ma ! Dis-le à moi !
Par contre, on retrouve la marque d’énoncé à la forme négative du singulier et la construction complète de ce type d’énoncé, c.à.d. avec sujet, marque d’énoncé, objet direct et verbe, à la fois à l’affirmatif et au négatif :
A ye u fo ! Saluez-les ! A ye mobili san ! Achetez une voiture ! A ye baara kè ! Travaillez ! A ye nin nbuuru dun ! Mangez ce pain ! A ye a di n ma ! Dites-le à moi !
A kana u fo ! Ne les saluez pas ! A kana mobili san ! N’achetez pas de voiture ! A kana baara kè ! Ne travaillez pas ! A kana nin nbuuru dun ! Ne mangez pas ce pain ! A kana a di n ma ! Ne le dites pas à moi !
4 - Remarques générales
En résumé, l’ inventaire des marques d’énoncé est distinct relativement aux six énoncé-types ...
Type 3.1 : don / tè Type 3.2 : ye ... ye / tè ... ye Type 3.3 : bè / tè Type 3.4 : ka / man Type 3.5 : bè / tè, -ra / ma, ka / kana, bèna / tèna, na, ye Type 3.6 : bè / tè, ye / ma, ka / kana, bèna / tèna, na, ye
Ces six énoncé-types ont en commun un ordre fixe de leurs éléments ; une modification de cet ordre a pour conséquence que l’énoncé soit n’est pas correct, soit en change le sens, p.ex. concernant le type 3.2 :
Ne ye a terikè ye. Je suis son ami.
A terikè ye ne ye. Son ami, c’est moi.
Dans tous les types d’énoncés simples, la structure place hiérarchiquement le premier terme, le sujet (N ou N1 dans les six types d’énoncés ; en haut, c’est ne) comme étant le plus important (et non a terikè), ce qui est justifié par le fait que l’inversion de ne et a terikè permet la mise en relief de a terikè dans l’énoncé A terikè ye ne ye, donc "Son ami, c’est moi", c.à.d. "Je suis, plus que toute autre personne, son ami". Vous voyez, les deux énoncés n’expriment pas du tout le même : le premier exprime simplement l’amitié de deux personnes, pendant que le second exprime le fait qu’une personne (ne) est le meilleur ami d’une autre personne.
Autre point commun des énoncés "canoniques" est l’aptitude à être transformé, par simple substitution de la marque d’énoncé affirmative par son pendant opposé, en un énoncé négatif. Les couples de marques d’énoncés sont partiellement identiques : on retrouve bè dans trois énoncés-types, tè dans même cinq énoncé-types. Pourtant, il faut bien les distinguer, p.ex. le ka (des types 3.5 et 3.6) de ka (du type 3.4), mis à part qu’il existe bien d’autres ka en bambara, et de plus, il faut bien distinguer le ye de l’impératif du pluriel de ye, marque prédicative de l’accompli affirmatif (type 3.6) et de ye (du type 3.2). Il faut les considérer partiellement comme homonymes.
Les six types décrits en haut rendent compte d’une seule proposition, du bambara. Il est cependant possible de formuler des propos sans recourir à l’un de ces six modèles. Par exemple, pour de nombreuses salutations, le bambara connait un schème comportant trois éléments, dont le dernier peut varier à l’infini ...
I ni sògòma ! Bonjour ! I ni wula ! Bonsoir ! I ni su ! Bonne nuit ! I ni baara ! Bonne continuation ! I ni sugu ! Bonne chance (au marché) ! ...
Cependant, ces phrases, bien grammaticalement correctes, sont inaptes à être mises à la forme négative ou à être incluses dans des énoncés comme N y’a dòn ko... "je sais que" ou N ko ko... "je dis que ..." :
N y’a dòn ko Fanta don. Je sais que c’est Fanta.
A y’a dòn ko Madu bè Tumutu. Il sait que Madu est à Tombouctou.
A ko ko Hawa ye a denmuso ye. Il dit que Hawa est sa fille.
On ne peut pas du tout dire :
* N y’a dòn ko i ni sògòma. * A y’a dòn ko i ni su. * A ko ko i ni baara.
5 - Références :
Creissels, Denis 1985. "Les verbes statifs dans les parlers manding", Mandenkan 10: 1-32. Diallo, Mohammed L. 1991. Lehrmaterial Bambara. Ms. Universität Bayreuth. 45pp. Dumestre, Gérard 2003. Grammaire fondamentale du bambara. Paris : Karthala. Kastenholz, Raimund 1996. Sprachgeschichte im West-Mande. Methoden und Rekonstruktionen. Köln : Köppe.
Herbert
Dédié à Agathe
1 - La langue bambara
Le bambara, langue la plus parlée au Mali, fait partie des parlers manding. L’ensemble des parlers manding appartient au groupe mandé. A l’intérieur du groupe mandé, les parlers manding sont classés parmi les langues mandé de souche mandé-ouest (sur la classification interne du groupe mandé-ouest, cf. Kastenholz 1997 : 70ff). En ce qui concerne la classification externe des langues mandé, elles constituent un des six sous-groupes principaux de la meta-famille Niger-Congo.
2 - Traits typologiques
Le bambara est une langue tonale (opposition de deux tons lexicaux, haut et bas, et phénomènes de downstep et downdrift). Sur le plan phonologique, il comporte un système de 19 consonnes et 7 voyelles orales, auxquelles correspondent 7 voyelles nasales et 7 voyelles longues. Sur le plan morphologique, le bambara est une langue à caractère isolant : il ne dispose ni de classes nominales ni d’opposition de genre. Comparée aux langues mandé de souche nord-ouest (p.ex. les parlers bozo, le soninké), la morphologie verbale du bambara et des autres parlers manding est simple par suite d’un processus d’érosion des paradigmes verbaux. Dans le syntagme génitival, l’ordre est déterminant-déterminé, alors que dans les autres syntagmes de détermination, l’ordre est déterminé-déterminant (nom + adjectif, nom + numéral, nom + participe, nom + défini). La prédication verbale a comme ordre de base : S–Mp–Od–V–X (S = sujet, Mp = marque prédicative, Od = objet direct, V = verbe, X = nominal qui n’a le statut ni de sujet, ni d’objet direct). Les marques prédicatives forment un paradigme de morphèmes morphologiquement libres, qui servent à la constitution de l’énoncé : ces morphèmes "portemanteau" indiquent les valeurs des catégories temps/aspect/mode (TAM) et l’affirmation/négation et peuvent donc être considérés comme éléments de conjugaison. Ils ont la particularité de fonctionner par couples et suivent immédiatement le nominal en fonction de sujet. En plus, il existe un seul suffixe flexionnel (-ra) qui se comporte comme les autres marques prédicatives. L’association d’un auxiliaire avec une base lexicale modèle un constituant syntaxique, c.à.d. soit un constituant nominal, soit un constituant verbal. Donc, l’indistinction du nom et du verbe qui existe au niveau lexical est alors résolue au niveau syntaxique, autrement dit, la fonction syntaxique des participants d’un énoncé s’explique uniquement par leur position ; le cas, au sens strict du terme, et le genre ne sont pas exprimés avec des moyens grammaticaux. La dérivation et la composition sont en bambara des procédés très évolués et pour la majeure partie productifs.
3 - Enoncés simples
En bambara, il existe six types d’énoncés simples. Tous ces six modèles ont en commun au moins deux éléments : un groupe nominal (nom simple, ou nom complexe, ou pronom) ou construction nominale complexe (syntagme, séquence) en fonction du sujet grammatical de l’énoncé, et une marque d’énoncé (copule ou marque prédicative).
3.1 - Enoncé présentatif : N + don / tè
Ce type d’énoncé, le plus simple en bambara, consiste en une marque d’énoncé, don à l’affirmatif ou tè à la négation, précédée d’un groupe nominal simple ou complexe qui fonctionne en sujet :
Muso don. C’est une femme.
Muso tè. Ce n’est pas une femme.
Mògò nyuman don. C’est un homme gentil.
Mògò nyuman tè. Ce n’est pas un homme gentil.
Nbuuru ni ji don. C’est du pain et de l’eau.
Saga wala ba don. C’est un mouton ou une chèvre.
Jakuma tè, wulu don. Ce n’est pas un chat, c’est un chien.
Au cas où le pronom de la première personne du singulier est le sujet de l’énoncé, on utilise la forme emphatique (ne) :
Ne don. C’est moi.
Ne tè. Ce n’est pas moi.
3.2 - Enoncé équatif : N1 + ye / tè + N2 + ye
Ce type d’énoncé exprime une identité (affirmative : X est Y, négative : X n’est pas Y). Il se compose de deux groupes nominaux (N1 = sujet, N2 = complément) et d’une marque d’énoncé discontinue : ye ... ye à l’affirmatif, tè ... ye au négatif.
Hawa ye muso ye. Hawa est une femme.
Fali tè jègè ye. Un âne n’est pas un poisson.
Hawa fa ye karamògò ye. Le père de Hawa est enseignant.
Bamakò ye Mali faamadugu ye. Bamako est la capitale du Mali.
Hawa ni Fanta ye kalandenmusow ye. Hawa et Fanta sont des écolières.
Au cas où N1 est représenté par le pronom de la première personne du singulier, on utilise la forme emphatique, donc ne au lieu de n :
Ne ye alimanika ye. Je suis Allemand.
Au cas où le premier N serait tògò "(pré)nom" ou jamu "nom de famille, patronyme", la marque d’énoncé se simplifie en ye à l’affirmatif (et peut même être supprimée), et se réduit à tè à la négation :
A tògò ye Fanta. Elle s’appelle Fanta.
E tògò di ? Comment t’appelles-tu ?
E tògò ? Comment t’appelles-tu ?
U jamu ye Ture. Leur nom de famille est Touré.
U jamu Ture. Leur nom de famille est Touré.
A jamu tè Jalo. Son nom de famille n’est pas Diallo.
3.3 - Enoncé situatif : N1 + bè / tè + N2 (+ postposition)
L’énoncé situatif a la structure suivante : N1, le sujet, est relié au complément (N2 ou N2 + postposition) par une marque d’énoncé, bè à l’affirmatif, et tè au négatif. En règle, le complément est formé de N et d’une postposition mais au cas où un nom propre de lieu forme le sujet, le complément se réduit souvent au N :
Denw bè so kònò. Les enfants sont dans la maison.
A ka liwuru tè tabali kan. Son livre n’est pas sur la table.
N fa bè Tumutu. Mon père est à Tombouctou.
Hawa ni Fanta tè yan. Hawa et Fanta ne sont pas ici.
A bè di ? Il est comment ?
Un énoncé situatif n’exprime pas uniquement une localisation mais sert aussi à signifier la possession, l’appartenance, l’association :
Muso fila bè Madu fè. Madu a deux femmes.
So naani bè n fa bolo. Mon père possède quatre chevaux.
Mobili tè n bolo. Je n’ai pas de voiture.
A cè tè ku fè. Son homme n’aime pas l’igname.
N bè kini fè. J’aime du riz.
Se bè Musa ye. Musa a du pouvoir.
L’énoncé situatif se réduit à un nominal sujet suivi uniquement de la marque d’énoncé dans les cas, limités en nombre, des énoncés qui expriment le temps ou une existence spécifique :
Funteni bè. Il fait chaud.
Nènè tè. Il ne fait pas froid.
Dibi bè. Il fait sombre.
Bugun tè. Il ne fait pas de brouillard.
Ngomi bè. Il y a de la rosée.
Hèrè bè. Il y a de la paix.
3.4 - Enoncé descriptif : N + ka / man + Adjectif (= 'Verbe statif' pour Creissels)
Ce type d’énoncé a une valeur descriptive : le sujet de l’énoncé et l’adjectif sont reliés par la marque d’énoncé, ka à l’affirmatif, et man à la négation.
Donso ka farin. Le chasseur est courageux.
A man di. Ce n’est pas bon.
Liwuru sòngò ka gèlèn. Le livre coûte cher.
Ji man suma. L’eau n’est pas fraîche.
Dans l’énoncé descriptif, un complément (N ou N + postposition) peut succéder à l’adjectif :
Feerefèn ka ca sugu la. Il y a beaucoup de marchandises au marché.
Wari man ca Madu bolo. Madu n’a pas beaucoup d’argent.
3.5 - Enoncé processif intransitif : N + Mp + V (+ complément)
Ce type d’énoncé est constitué au moins d’un N, le sujet, d’une marque d’énoncé (Mp) et d’un verbe intransitif. Il peut être élargi d’un complément (N ou N + postposition). La marque d’énoncé est placée devant le verbe dans tous les cas, sauf celui de l’accompli affirmatif (-ra) qui est suffixé au verbe. Pour ce type d’énoncé, l’ensemble des marques d’énoncé consiste en : bè / tè, -ra / ma, ka / kana, bèna / tèna, na, ye ...
An bè taa sugu la. Nous partons au marché. An tè taa sugu la. Nous ne partons pas au marché. An taara sugu la. Nous sommes partis au marché. An ma taa sugu la. Nous ne sommes pas partis au marché. An ka taa sugu la. Que nous partions au marché ! An kana taa sugu la. Que nous ne partions pas au marché ! An bèna taa sugu la. Nous allons partir au marché. An tèna taa sugu la. Nous n’allons pas partir au marché. An na taa sugu la. Nous partirons au marché. A ye taa sugu la ! Partez au marché !
Tous les énoncés (en haut) sont généralement constitués de deux termes syntaxiques nécessaires, le sujet et le prédicat verbal (marque prédicative + verbe). En bambara, il y a un petit nombre de verbes intransitifs qui demandent obligatoirement un complément consisté en un N et une postposition, p.ex. les verbes fama ... ma "être longtemps sans voir qn" ou fò ... kò "venir en l’absence de qn", c.à.d. les compléments sont indispensables, les verbes ne foctionnent pas sans complément :
An famana nyògòn ma. Il y a longtemps qu’on ne s’est pas vu.
Ne fòra i kò kunun. Hier, je suis venu en ton absence.
La marque d’énoncé ye de l’énoncé A ye taa sugu la ! est celle de l’impératif à la seconde personne du pluriel. Il peut être combiné exclusivement avec les pronoms de la seconde personne du pluriel a "vous" resp. aw (forme emphatique de a) qui forment pour chaque le sujet de l’énoncé.
Quant aux verbes intransitifs, l’impératif à la seconde personne du singulier, à l’affirmatif, représente un cas particulier, dans la mesure où ni sujet, ni marque d’énoncé n’apparaissent :
Taa ! Pars ! Na yan ! Viens ici ! Sunògò sisan ! Dors maintenant ! Kuma ! Parle ! Yèlè ! Ris !
Par contre, on retrouve bien à la forme négative du singulier la marque d’énoncé, à savoir kana :
Kana taa ! Ne pars pas ! Kana na yan ! Ne viens pas ici ! Kana sunògò sisan ! Ne dors pas maintenant ! Kana kuma ! Ne parle pas ! Kana yèlè ! Ne ris pas !
Aux formes du pluriel, affirmative et négative, on a bien encore un énoncé qui consiste en sujet (morphologique), en marque d’énoncé et en verbe :
A ye taa ! Partez ! A kana taa ! Ne partez pas !
A ye na yan ! Venez ici ! A kana na yan ! Ne venez pas ici !
3.6 - Enoncé processif transitif : N1 + Mp + N2 + V (+ complément)
Dans ce type d’énoncé, le sujet nominal précède la marque d’énoncé, puis le nominal (N2) en fonction d’objet direct, et enfin le verbe transitif à qui peut être rattaché un complément. La marque et le verbe constituent ensemble le groupe verbal, en fonction de prédicat. L’ensemble des marques d’énoncé consiste en : bè / tè, ye / ma, ka / kana, bèna / tèna, na, ye ...
An bè u fo sugu la. Nous les saluons au marché. An tè u fo sugu la. Nous ne les saluons pas au marché. An ye u fo sugu la. Nous les avons salués au marché. An ma u fo sugu la. Nous ne les avons pas salués au marché. An ka u fo sugu la ! Que nous les saluions au marché ! An kana u fo sugu la ! Que nous ne les saluions pas au marché ! An bèna u fo sugu la. Nous allons les saluer au marché. An tèna u fo sugu la. Nous n’allons pas les saluer au marché. An na u fo sugu la. Nous les saluerons au marché. A ye u fo sugu la ! Saluez-les au marché !
Comme pour le type 3.5, il existe en bambara des verbes transitifs qui demandent obligatoirement un complèment post-verbal (N + postposition), p.ex. les verbes di ... ma "donner qqch à qqn" ou singa ... ma "prêter qqch à qqn":
A ye liwuru fila singa n ma. Elle m’a prêté deux livres.
Madu tè wari di a muso ma. Madu ne donne pas de l’argent à sa femme.
Ces deux énoncés-ci ne sont pas grammaticalement corrects sans les compléments n ma et muso ma. Ils sont obligatoires !
En ce qui est l’impératif, il représente un cas particulier également : à la seconde personne du singulier, à l’affirmatif, l’énoncé ne consiste qu’en objet direct et en verbe, ni un sujet ni une marque d’énoncé n’apparaissent :
U fo ! Salue-les ! Mobili san ! Achète une voiture ! Baara kè ! Travaille ! Nin nbuuru dun ! Mange ce pain ! A di n ma ! Dis-le à moi !
Par contre, on retrouve la marque d’énoncé à la forme négative du singulier et la construction complète de ce type d’énoncé, c.à.d. avec sujet, marque d’énoncé, objet direct et verbe, à la fois à l’affirmatif et au négatif :
A ye u fo ! Saluez-les ! A ye mobili san ! Achetez une voiture ! A ye baara kè ! Travaillez ! A ye nin nbuuru dun ! Mangez ce pain ! A ye a di n ma ! Dites-le à moi !
A kana u fo ! Ne les saluez pas ! A kana mobili san ! N’achetez pas de voiture ! A kana baara kè ! Ne travaillez pas ! A kana nin nbuuru dun ! Ne mangez pas ce pain ! A kana a di n ma ! Ne le dites pas à moi !
4 - Remarques générales
En résumé, l’ inventaire des marques d’énoncé est distinct relativement aux six énoncé-types ...
Type 3.1 : don / tè Type 3.2 : ye ... ye / tè ... ye Type 3.3 : bè / tè Type 3.4 : ka / man Type 3.5 : bè / tè, -ra / ma, ka / kana, bèna / tèna, na, ye Type 3.6 : bè / tè, ye / ma, ka / kana, bèna / tèna, na, ye
Ces six énoncé-types ont en commun un ordre fixe de leurs éléments ; une modification de cet ordre a pour conséquence que l’énoncé soit n’est pas correct, soit en change le sens, p.ex. concernant le type 3.2 :
Ne ye a terikè ye. Je suis son ami.
A terikè ye ne ye. Son ami, c’est moi.
Dans tous les types d’énoncés simples, la structure place hiérarchiquement le premier terme, le sujet (N ou N1 dans les six types d’énoncés ; en haut, c’est ne) comme étant le plus important (et non a terikè), ce qui est justifié par le fait que l’inversion de ne et a terikè permet la mise en relief de a terikè dans l’énoncé A terikè ye ne ye, donc "Son ami, c’est moi", c.à.d. "Je suis, plus que toute autre personne, son ami". Vous voyez, les deux énoncés n’expriment pas du tout le même : le premier exprime simplement l’amitié de deux personnes, pendant que le second exprime le fait qu’une personne (ne) est le meilleur ami d’une autre personne.
Autre point commun des énoncés "canoniques" est l’aptitude à être transformé, par simple substitution de la marque d’énoncé affirmative par son pendant opposé, en un énoncé négatif. Les couples de marques d’énoncés sont partiellement identiques : on retrouve bè dans trois énoncés-types, tè dans même cinq énoncé-types. Pourtant, il faut bien les distinguer, p.ex. le ka (des types 3.5 et 3.6) de ka (du type 3.4), mis à part qu’il existe bien d’autres ka en bambara, et de plus, il faut bien distinguer le ye de l’impératif du pluriel de ye, marque prédicative de l’accompli affirmatif (type 3.6) et de ye (du type 3.2). Il faut les considérer partiellement comme homonymes.
Les six types décrits en haut rendent compte d’une seule proposition, du bambara. Il est cependant possible de formuler des propos sans recourir à l’un de ces six modèles. Par exemple, pour de nombreuses salutations, le bambara connait un schème comportant trois éléments, dont le dernier peut varier à l’infini ...
I ni sògòma ! Bonjour ! I ni wula ! Bonsoir ! I ni su ! Bonne nuit ! I ni baara ! Bonne continuation ! I ni sugu ! Bonne chance (au marché) ! ...
Cependant, ces phrases, bien grammaticalement correctes, sont inaptes à être mises à la forme négative ou à être incluses dans des énoncés comme N y’a dòn ko... "je sais que" ou N ko ko... "je dis que ..." :
N y’a dòn ko Fanta don. Je sais que c’est Fanta.
A y’a dòn ko Madu bè Tumutu. Il sait que Madu est à Tombouctou.
A ko ko Hawa ye a denmuso ye. Il dit que Hawa est sa fille.
On ne peut pas du tout dire :
* N y’a dòn ko i ni sògòma. * A y’a dòn ko i ni su. * A ko ko i ni baara.
5 - Références :
Creissels, Denis 1985. "Les verbes statifs dans les parlers manding", Mandenkan 10: 1-32. Diallo, Mohammed L. 1991. Lehrmaterial Bambara. Ms. Universität Bayreuth. 45pp. Dumestre, Gérard 2003. Grammaire fondamentale du bambara. Paris : Karthala. Kastenholz, Raimund 1996. Sprachgeschichte im West-Mande. Methoden und Rekonstruktionen. Köln : Köppe.
Herbert







