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Préparer au mieux son voyage pour l'Australie English translation pending
Bonjour,
Voilà, je lis de nombreux posts sur l'Australie car je prépare mon voyage pour l'été 2011 pendant les vacances scolaires d'été.
Mais je ne trouve que des personnes qui partent assez, voir très longtemps.
Moi, je partirais 1 mois, voir 1 mois et 1 semaine au grand maxi.😕
Le budget vacances n'est pas figé.
Aussi, j'ai mes 2 enfants qui ont 12 & 7 ans (et ma femme bien sur) 😎.
J'habite en Polynésie à Tahiti.
Est ce que cette durée de 1 mois convient pour visiter de long en large le pays ?
Dans quel sens me conseillez vous de commencer ma visite ?
Et que me conseillez vous de visiter ?
Est ce qu'avec mes 2 enfants, cela ne sera pas trop ennuyeux pour eux ?
Merci à vous tous pour vos réponses.
Laurent
Timides signes d'ouverture à Pyongyang (Corée du Nord) English translation pending
Bonjour à tous,
Je viens de tomber sur un article assez intéressant dans VSD. L'article intitulé "Pyongyang, vitrine de l'ouverture" faisait état d'une légère ouverture, en mentionnant des signes qui ne trompent pas. Autorisation des téléphones portables, de la publicité, des voitures de marques étrangères, etc... Enfin bref, le régime inciterait le peuple à la dépense. Le journaliste s'était rendu à cette évidence après plusieurs séjours dans la capitale nord coréenne au cours de ces deux dernières années.
Je serai très intéressé de lire l'avis d'internautes ayant un intérêt particulier pour ce dernier pays à la dictature très stricte. Je serai encore plus intéressé par des témoignages d'internautes ayant séjourné à Pyongyang récemment. Est-ce que cette "amélioration" est-telle vraiment notable ? Est-ce que Pyongyang est une ville agréable à vivre (je parle maintenant en tant que touriste ou expatrié). Enfin bref, je suis preneur de toutes informations pratiques, ayant peut être la possibilité de m'y rendre bientôt pour une certaine période.
Merci d'avance à tous, Jack
Je viens de tomber sur un article assez intéressant dans VSD. L'article intitulé "Pyongyang, vitrine de l'ouverture" faisait état d'une légère ouverture, en mentionnant des signes qui ne trompent pas. Autorisation des téléphones portables, de la publicité, des voitures de marques étrangères, etc... Enfin bref, le régime inciterait le peuple à la dépense. Le journaliste s'était rendu à cette évidence après plusieurs séjours dans la capitale nord coréenne au cours de ces deux dernières années.
Je serai très intéressé de lire l'avis d'internautes ayant un intérêt particulier pour ce dernier pays à la dictature très stricte. Je serai encore plus intéressé par des témoignages d'internautes ayant séjourné à Pyongyang récemment. Est-ce que cette "amélioration" est-telle vraiment notable ? Est-ce que Pyongyang est une ville agréable à vivre (je parle maintenant en tant que touriste ou expatrié). Enfin bref, je suis preneur de toutes informations pratiques, ayant peut être la possibilité de m'y rendre bientôt pour une certaine période.
Merci d'avance à tous, Jack
Cherche à partir en mission humanitaire en Haïti English translation pending
BONJOUR A TOUS,
JE DEMARRE UNE NOUVELLE DISUCSSION VU LA SITUATION PRESENTE EN HAITI .
JE SUIS UNE FEMME DE 38 ANS QUI AIMERAIS PARTIR POUR HAITI EN MISSION HUMANITAIRE DES FEVRIER 2010 ..ET A CE QUE JE CONSTATE SUR CE SITE JE NE SUIS PAS LA SEULE .
ALORS SI VOUS CONNAISSEZ DES ORGANISMES QUI ON BESOIN DE BENEVOLE INSCRIVEZ LES ICI SVP !
MERCI D AVANCE DE MA PART ET DE CEUX ET CELLES QUI DESIRE PLUS QUE TOUT S IMPLIQUER A AIDER HAITI.
MICHELLE
JE DEMARRE UNE NOUVELLE DISUCSSION VU LA SITUATION PRESENTE EN HAITI .
JE SUIS UNE FEMME DE 38 ANS QUI AIMERAIS PARTIR POUR HAITI EN MISSION HUMANITAIRE DES FEVRIER 2010 ..ET A CE QUE JE CONSTATE SUR CE SITE JE NE SUIS PAS LA SEULE .
ALORS SI VOUS CONNAISSEZ DES ORGANISMES QUI ON BESOIN DE BENEVOLE INSCRIVEZ LES ICI SVP !
MERCI D AVANCE DE MA PART ET DE CEUX ET CELLES QUI DESIRE PLUS QUE TOUT S IMPLIQUER A AIDER HAITI.
MICHELLE
Jineterismo industriel à Playas del Este (Cuba) English translation pending
prenez un hotel inclusive bon marché, une plage proche de la Havane fréquentée en week end (mais pas seulement) par les touristes et la jeunesse de la ville et vous arrivez à une situtation surprenante (nouvelle depuis l'ouverture aux cubains des hotels touristiques...) de rencontre imprévue avec le tourisme sexuel devenu une industrie !!! et je vous jure que madame et moi ne l'avions absolument pas cherché !!
on vous raconte :
afin de passer le week end à la plage aves les enfants de notre famille à la Havane nous avions réservé pour deux nuits au Tropicoco de Santa Maria del Mar, plus facile d'accès pour eux que Varadero ( seulement 30 km de la Havane, bus direct, etc... )
nous avons eu la surprise (cela faisait quasiment 20 ans que cette situation avait disparu ...) de nous retrouver au milieu d'un business très actif, de jeunes et jolies cubaines.... - probablement de moins de vingt ans - et des touristes hommes, probablement proches -eux - des soixante ans, venus de nombreux pays, passant leur temps dans la joie.....entouré de l'affection demonstrative de ces demoiselles
d'une longue discussion avec la fille de la réception, qui semblait ne pas apprécier du tout ce genre de situation, c'est devenu une règle depuis l'ouverture aux cubains... et cet hotel, sur la plage favorite de notre amie Mariecris est ce qui se fait de plus proche de la capitale et de moins cher ! l'hotel est propre, proche de la plage, la nourriture correct e en rapport avec le prix payé, rien à dire à ce sujet...
par contre soyons honnêtes nous n'avons pas vu de filles occidentales avec des jineteros cubains ....
une bonne chose dans tout cela : nous avons pu visiter à proximité le petit village de Cojimar, lieu de pèche historique d' Ernest Hemingway, ainsi que sa ferme, la finca Vigia, pas bien loin au sud...
on vous raconte :
afin de passer le week end à la plage aves les enfants de notre famille à la Havane nous avions réservé pour deux nuits au Tropicoco de Santa Maria del Mar, plus facile d'accès pour eux que Varadero ( seulement 30 km de la Havane, bus direct, etc... )
nous avons eu la surprise (cela faisait quasiment 20 ans que cette situation avait disparu ...) de nous retrouver au milieu d'un business très actif, de jeunes et jolies cubaines.... - probablement de moins de vingt ans - et des touristes hommes, probablement proches -eux - des soixante ans, venus de nombreux pays, passant leur temps dans la joie.....entouré de l'affection demonstrative de ces demoiselles
d'une longue discussion avec la fille de la réception, qui semblait ne pas apprécier du tout ce genre de situation, c'est devenu une règle depuis l'ouverture aux cubains... et cet hotel, sur la plage favorite de notre amie Mariecris est ce qui se fait de plus proche de la capitale et de moins cher ! l'hotel est propre, proche de la plage, la nourriture correct e en rapport avec le prix payé, rien à dire à ce sujet...
par contre soyons honnêtes nous n'avons pas vu de filles occidentales avec des jineteros cubains ....
une bonne chose dans tout cela : nous avons pu visiter à proximité le petit village de Cojimar, lieu de pèche historique d' Ernest Hemingway, ainsi que sa ferme, la finca Vigia, pas bien loin au sud...
Endroits où aller pour trois semaines au Pérou? English translation pending
Bonjour.
je n ai jamais voyage de ma vie et j ai decider de partir au perou, seul, avec un minimum de moyens pendant 3 semaines. Les endroits touristiques ne m interessent pas.
je suis donc a la recherche d infos sur des endroits où aller (j aime la hauteur et le vide), les precautions à prendre pour etre un minimum en securite, s il y a possibilite de distribuer des biens pour aider les gens, mais surtout les enfants.......
Bref, je cherche un maximum d info.
Je vous remercie à l avance pour vos precieux conseils.
Joel
Thaïlande: aéroport de Suvarnabhumi fermé (25 novembre 22h00) English translation pending
juste l'info passer au journal Suvarnabhumi est fermer, ils exagerent vraiment la
http://nationmultimedia.com/...adlines_30089423.php
http://nationmultimedia.com/...adlines_30089423.php
Voyage d'un mois sur la côte est de l'Australie English translation pending
Bonjour à tous,
Après avoir passé des mois à chercher la "meilleure" façon de partir en Australie (Au pair?, sejour linguistique?, WHV?...) je me suis finalement décidée à effectuer un sejour d'un mois à la carte en faisant mon propre itinéraire.
Je pense préparer ce voyage sur le site "australie à la carte". quelqu'un l'a déjà fait?
Je vais sans doute prendre un pass Greyhound mini traveller Sidney-Cairns. Mon souhait en fait n'est pas forcément de découvrir tout le pays mais de passer du temps à découvrir certains endroits et ses habitants, pensez vous que mon choix est judicieux sachant que je compte faire: 5 ou 6 nuits à Sidney 3 nuits à surfers paradise avec une journée a Byron bay et une visite des parcs d'attraction 5 nuits à Noosa parce que j'ai vraiment envie de passer du temps dans cette petite ville 1 nuit à Hervey Bay avec visite de fraser island 4 nuits à Brisbane 5 nuits à Cairns et 1 nuit à port douglas pour finir le séjour.
Ou j'hésite à prendre un pass greyhound + 25 nuits YHA pour m'arreter vraiment où je veux mais j'ai un peu peur que rien ne soit organisé à l'avance (réservation des chambres...) étant une fille toutes seule et pas fan de trop d'improvisation lol!
Et quel mois me conseilleriez vous pour cet itinéraire? J'aurais bien aimé partir midecembre à mi janvier mais il paraît que ce n'est pas l'idéal vers Cairns
Merci de me donner des conseils et d'avoir lu ce long roman lol!
Après avoir passé des mois à chercher la "meilleure" façon de partir en Australie (Au pair?, sejour linguistique?, WHV?...) je me suis finalement décidée à effectuer un sejour d'un mois à la carte en faisant mon propre itinéraire.
Je pense préparer ce voyage sur le site "australie à la carte". quelqu'un l'a déjà fait?
Je vais sans doute prendre un pass Greyhound mini traveller Sidney-Cairns. Mon souhait en fait n'est pas forcément de découvrir tout le pays mais de passer du temps à découvrir certains endroits et ses habitants, pensez vous que mon choix est judicieux sachant que je compte faire: 5 ou 6 nuits à Sidney 3 nuits à surfers paradise avec une journée a Byron bay et une visite des parcs d'attraction 5 nuits à Noosa parce que j'ai vraiment envie de passer du temps dans cette petite ville 1 nuit à Hervey Bay avec visite de fraser island 4 nuits à Brisbane 5 nuits à Cairns et 1 nuit à port douglas pour finir le séjour.
Ou j'hésite à prendre un pass greyhound + 25 nuits YHA pour m'arreter vraiment où je veux mais j'ai un peu peur que rien ne soit organisé à l'avance (réservation des chambres...) étant une fille toutes seule et pas fan de trop d'improvisation lol!
Et quel mois me conseilleriez vous pour cet itinéraire? J'aurais bien aimé partir midecembre à mi janvier mais il paraît que ce n'est pas l'idéal vers Cairns
Merci de me donner des conseils et d'avoir lu ce long roman lol!
Birmanie: quelques nouvelles de l'intérieur English translation pending
pour les moderateurs;
je sais que j ai aussi mis ce message dans la rubrique "asie du sud est" et que ca fait un doublon, mais je me suis dit que ca toucherait plus de monde ainsi, donc si ca ne vous embete pas, merci de le laisser dans les deux rubriques...
Comme le savaient déjà certains je suis arrivé en Birmanie il y a quelques jours. J avais au préalable pris contact avec le directeur d une petite ONG appelée « Partenaires » dont un ami m avait dit le plus grand bien quant à son honnêteté et son efficacité pour avoir travaillé avec lui au moment du cyclone qui a touché le Bangladesh il y a quelques mois. Une ONG dont apparemment les frais de fonctionnement sont réduits au minimum et dont les collaborateurs étrangers sont bénévoles, ça me plaisait bien tout ca… J avais peur qu on me dise que ma présence n était ni souhaitable ni souhaitée mais non, le directeur était d accord pour que je vienne. Un visa arraché de haute lutte à Bangkok et un billet d avion plus tard j arrivai à Yangon. Même si la ville n est pas dans la zone la plus sévèrement touchée n empêche qu on voit qu il y a eu du dégât, partout des arbres arrachés, certains sont tombés sur des maisons, d autres gisent ca et là… J arrive au QG et une fois le tour du propriétaire fait je constate que j ai frappé à la bonne porte: pas de locaux luxueux, juste un appartement/bureau, au 5eme sans ascenseur, loué pour les besoins de l ONG (qui était en fait déjà présente dans le pays depuis 10 ans), pas un trou à rat parce qu il faut pas exagérer quand même, mais loin d être classieux ca c est sur. Il n y a pas de clim ni de télé, rien que le strict nécessaire, c est a dire quatre vieux ordis, une imprimante, une petite photocopieuse, un téléphone, basta. Tout de suite j accroche avec le directeur, un barbu au regard tranquille et au verbe ciblé, le genre de gars qui ne l ouvre pas pour ne rien dire, qui ne manie pas la langue de bois et appelle un chat un chat. Il m explique certains des projets qu il a déjà menés à bien dans plusieurs pays avec des budgets plus que réduits, ça force le respect et si vous ne me croyez pas allez donc voir sur le site : www.partenaires-association.org ou regardez a la fin de ce message, j ai mis un copier coller en anglais qui vous intéressera surement… Christian(car tel est son nom, NDLR)est un boulimique de travail: il se lève très tôt le matin et se couche à regrets le soir, ses journées sont trop courtes quand bien même il travaille jusqu à une heure avancée de la nuit. Et quand je dis avancée, c est avancée, il ne consent à s abandonner au bras de Morphée que quand ses yeux commencent à se fermer et qu il tombe de fatigue, c est à dire sur le coup des 1 h-2 h du mat(hier soir 4 h!)… Il s arrête bien pour manger un peu, par obligation, mais la bouffe ne semble pas être au centre de ses préoccupations, ça tombe bien car moi non plus, Et c est à la bonne franquette: il y a une cuisine et on se fait à manger nous mêmes, vu nos talents respectifs en la matière ca se résume à quelques pates instantanées ou un peu de riz avec genre quelques légumes et œufs, pas les repas des grands soirs!!! Et je sens bien que Christian est le genre de gars à oublier souvent de manger ou à se contenter d un mauvais sandwich pour économiser du temps. Oui, ce gars est une vraie machine, une machine au service des déshérités… Vous me direz, pourquoi je ne parle que de lui ? Quid des autres ? Ben c est que les autres, y en a pas beaucoup. Il y a votre serviteur et deux birmans sympas qui aident pour tout ce qui est relatif aux traductions, démarches administratives, études sur le terrain etc… et c est tout, vous connaissez maintenant toute l équipe… Aux niveaux frais de fonctionnement je comprends vite comment il réussit à les maintenir a seulement 2 % des dons(ce qui me semble être un record). Je vous ai déjà décrit en gros le genre de la maison au niveau hébergement et repas, le reste est à l avenant: voiture ? Y a pas, mais l ONG s enorgueillit d une mobylette achetée d occaz. Taxis? Pas dans la chaine alimentaire du Christian, on prend les bus locaux pour nos déplacements en ville ou ailleurs(et il a bien raison, même si les taxis sont bon marché ca revient cher sur le long terme et l argent ainsi économisé pourra servir à vous savez quoi). Sa paye ? Très simple, il n en a pas… En ce qui concerne les employés, il m a expliqué que les occidentaux qui viennent de temps en temps donner un coup de main sont souvent bénévoles, ou grassement payés 300 E/mois s ils restent au moins 6 mois; par contre il paye les locaux. Car eux évidemment ne sont pas des privilégiés comme nous et ont besoin d un salaire pour faire vivre leur famille(il les paye très correctement par rapport au niveau de vie du pays et les gars sont contents, mais on est bien loin des payes faramineuses de certains « humanitaires »). Si je vous décris tout ca c est pour que vous compreniez bien que Christian est un gars totalement dévoué à sa cause, que son ONG est fiable et que si vous décidez d envoyer des dons ils seront bien utilisés sur le terrain et pas gaspillés en frais de fonctionnement iniques. Alors maintenant, les projets proprement dits... La zone du delta de l Ayerwady est toujours strictement interdite aux étrangers et les dons doivent transiter par la croix rouge birmane qui les distribue sur place, avec les interrogations que cela suscite évidemment, mais elles n ont pas lieu d être discutées ici… Ca ne veut pas dire pour autant qu il n y a rien à faire ailleurs, la zone autour de Yangon a dégusté elle aussi et comme d habitude en pareil cas ce sont les plus pauvres qui ont été les plus touchés car leurs malheureuses maisons en bambou n étaient pas vraiment à l épreuve d un tel déchainement de la nature. Certaines infrastructures ont été détruites, ce qui n arrange pas les choses vu que même avant la catastrophe elles étaient déjà assez limitées. Christian s est associé pour l occasion avec l ONG Solidarités, qui est une structure plus importante que la sienne et qui fait elle aussi du bon boulot, pour des projets pas toujours en rapport avec le cyclone(comme creuser des puits ou des bassins, garantir l accès a l eau potable, construire des latrines etc…)mais qui n en demeurent pas moins, à mon sens, importants. Ils ont donc différents projets en cours et vont embaucher du personnel dans les jours qui viennent. Bon ok, mais toi naps, qu est ce que tu fais là dedans, à part écrire des longs textes sur internet? Patience, j y viens… Avec Christian on a pas mal discuté et on a monté un projet assez ambitieux(je dis ambitieux car notre budget est plutôt limité en regard des besoins), un projet dont j aurai la charge et serai responsable et qui d après lui n aurait jamais été pris en compte par quelque ONG que ce soit car il n est ni flashant ni clinquant, et pour le moins pas photogénique. En deux mots, il s agirait de garantir une rentrée des classes et une année scolaire aussi normales que faire se peut aux gamins des familles les plus défavorisées d un faubourg situé a une trentaine de kilomètres de Yangon. Une mosaïque de petits villages qui au fil du temps est devenue une ville. Enfin une ville c est beaucoup dire, au niveau administratif c en est une mais il n y aucun centre ville et les différents bleds, parfois assez éloignés les uns des autres, sont toujours reliés entre eux par des mauvais chemins en terre. Pourquoi on ne s occupe pas de distributions de nourriture vu que jusqu à présent, et d après un tableau dont je viens d avoir connaissance et d autres informations déjà en notre possession, très peu a été fait à ce niveau la ? Tout simplement parce qu il s agit d une tache titanesque et que Partenaires est loin de disposer d un budget suffisant… Pensez donc, même une ONG de renommée internationale et qui dispose de fonds conséquents comme Save The Children n a distribué, en tout et pour tout, que l équivalent d un ou deux jours de vivres dans cette zone, nourrir des dizaines de milliers de gens durant au moins plusieurs semaines serait effroyablement couteux … Enfin bon, en tout cas c est une région que Christian connaît bien pour y avoir déjà mené à bien pas mal de projets(puits, sanitaires, eau potable etc…), elle répond au doux nom de Shwe Phi Tha (ça se traduit par « pays doré et paisible », on dirait une blague…) et il en parle sur son site. J en entends dire que tout ca c est bien gentil ces histoires d écoles, mais que ça n a rien à voir avec le cyclone!! Et bien si, je vous explique(et j ajoute que de toute façon un malheureux est un malheureux, toutes les causes se valent): comme je l ai dit plus haut, ce sont les familles les plus pauvres qui ont payé le plus lourd tribut a Nargis, toits de feuilles tressées arrachés, maisons en bambou écroulées… A ça s ajoute une paralysie d une partie de l industrie locale (il y a beaucoup d usines à Shwe Phi Tha) à cause des dégâts, ce qui signifie moins de boulot et donc moins de sous alors même qu ils en ont cruellement besoin en ce moment pour réparer leur toit, sous la mousson… Là dessus vient se greffer la rentrée scolaire qui aura lieu la semaine prochaine. La Birmanie, c est pas la France, et vous pensez bien qu il n y a pas d allocation de rentrée financée par les caisses de l état. Au contraire, il y a pour chaque élève des frais d inscription obligatoires, auxquels il faut ajouter l achat des fournitures et probablement celui d un nouvel uniforme, voire de deux, pour remplacer celui ou ceux de l année précédente qui seraient devenus trop loqueteux. On peut comprendre aisément que pour les familles les plus démunies ca tombe plus que mal, mais ce n est pas tout. Beaucoup d écoles ont subi des dégradations plus ou moins importantes à cause du cyclone, notamment au niveau des toitures. Et sur qui comptent elles pour financer les réparations? Sur les familles bien sur, le gouvernement c est même pas la peine d espérer… Et donc cette année, aux frais d inscription vont s ajouter des frais supplémentaires pour les réparations (dont le montant variera d une école à l autre en fonction des besoins) et si tu payes pas, ton gamin n ira pas à l école … Prenez tous les facteurs cités plus haut, mettez les dans une boite, mélangez bien et qu est ce qui ressort ? Ben que, vu que déjà d habitude beaucoup d enfants des familles les plus défavorisées ne vont pas en classe faute de thunes, il faut s attendre cette année à une véritable chute dans la scolarisation. Déjà que l’éducation est pas terrible… Pire, dans la majorité des cas leur scolarité risque de s arrêter là car une fois qu ils auront loupé une année il y a de grandes chances qu’ils ne retournent plus jamais a l école et qu ils entrent trop jeunes dans le marchée du travail. Et même s ils y retournaient ils auraient de toute façon tellement pris de retard et auraient tellement oublié du peu qu ils avaient acquis les années précédentes qu ils garderaient un sérieux handicap… Et ça fait combien d enfants tout ça ? Pour l instant on ne sait pas exactement. Pourquoi ? Parce que, l air de rien, on n est pas si bêtes avec le Christian: les inscriptions ont démarré et se poursuivront jusqu à dimanche et imaginez ce qui se passerait si on débarquait avec nos gros sabots made in France en claironnant à la cantonade qu on va prendre en charge les frais scolaires? Traduit du birman : Ah ben tiens, je vais faire des économies cette année, y a des occidentaux qui vont payer pour moi, faciiiiiile… Oui mais non, ca va pas se passer comme ca les gars!! On va attendre tranquillement que les inscriptions soient closes ce dimanche et de là on saura, après quelques jours, quels gamins manquent à l appel(d après nos estimations il devrait y en avoir au moins 5000). Lundi on va aller voir les directeurs d école un par un et leur dire qu on peut financer une partie de leurs rénovations si en contrepartie ils abandonnent la surprime a l inscription pour les plus pauvres (le budget qui sera alloué a ces travaux est l objet d un autre projet dont Christian s occupera au niveau évaluation des besoins, financement et organisation, mais il se peut même, aux dernières nouvelles, qu une grande ONG s en occupe). Et de là ne nous restera plus qu à contacter les familles des non inscrits une par une et de leur dire que: on paye l inscription; on paye un uniforme mais que si plus tard dans l année il en faut un autre ca sera a leur charge (histoire que les parents participent un peu quand même, et aussi pour économiser car Partenaires, vous l aviez compris, n est pas un mastodonte onusien, ce qui, soit dit en passant, est bien dommage, mais passons…); on paye une partie des fournitures(en gros ce qui est nécessaire pour la rentrée) mais pas tout, et si dans la suite de l année il faut racheter un stylo et quelques cahiers on estime que les parents pourront s en charger car d ici là ils auront eu le temps de se retourner et puis ça ne coûte pas très cher(sauf que pour nous, multiplié par le nombre de gamins, ca alourdirait les dépenses d un budget déjà loin d être suffisant). Ce projet nous semble être de 1 ère importance car autant Christian que moi nous pensons que l éducation est la clé de tout, c est par l éducation des jeunes générations que les choses finissent par bouger et c est bien pour ca d ailleurs qu elle n est jamais une priorité pour certains gouvernements … Me voilà donc arrivé au but de mon propos et à la raison pour laquelle j ai risqué une tendinite des index à taper ce texte: les sous !!!!!! (vous vous doutiez bien qu à un moment ou à un autre j allais y venir, pas vrai ?:-))) Notre estimation est que pour chaque enfant seront dépensés entre 7 et 9 euros, multiplié par bien 5000 gamins. Christian peut mettre une partie de ses crédits sur l affaire, une autre ONG, à qui il restait des sous du tsunami, nous a fait un chèque de 6500 euros, j ai investi moi-même une somme assez conséquente et on attend d autres contributions de donateurs individuels grâce au site de Partenaires. Mais pour l instant nous n avons qu entre un tiers et la moitie du coût total approximatif de l opération et c est là que je me tourne vers vous. Beaucoup de gens sur le forum semblent compatir aux souffrances du peuple birman mais la question qui ressort est toujours la même: à qui donner? Les grosses ONG sont assez discréditées à cause de leur train de vie éhonté(je viens encore d en voir de belles depuis que je suis arrivé, passons), il y a des rumeurs sur l armée birmane rackettant les donateurs etc… Chez Partenaires, 98 % de vos dons arriveront à bon port, et personne ne volera quoi que ce soit vu le type de mission dont il s agit. Christian m a confié la gestion et l organisation du projet et croyez moi, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour le mener à bien, aider ces pauvres petits et me montrer digne de la confiance qu il m accorde, c est pour moi une question d honneur… Vous pouvez bien sur dire que je suis un menteur, un affabulateur, un escroc et un rigolo incapable de mener à bien ce genre de projet, mais ceux qui me connaissent sur ce forum savent bien que ce n est pas le cas, et j espère qu ils sauront me défendre face aux esprits chagrins qui pourraient s inviter dans la discussion car je n aurai guère le temps de le faire moi-même. Je suis par contre à votre disposition pour toutes informations complémentaires (dans cette discussion bien sur et pas en message privé car elles ne seraient pas accessibles à tous) mais s’il vous plait, essayez d éviter les polémiques et la politique, je ne suis pas là pour ça et je n ai pas le temps en ce moment de m embarquer dans des débats interminables, la situation est grave et requiert une réaction rapide… Excusez moi d ailleurs si je ne répondrai pas toujours à la minute près, j ai beaucoup de choses à faire(entres autres retourner l une ou l autre fois sur le terrain)et à partir de lundi commencer la tournée des écoles et organiser la suite des évènements, il va y avoir du sport !!! Merci d avance à tous, et désolé d avoir ete aussi long…
Et maintenant, pour ceux qui se sentent encore un peu de lecture, voici, en anglais, un compte rendu de certaines des activités passées de Partenaires, Christian, c est à toi, envoie le franglais :-)))
PRESENTATION of PARTNERS NGO
PARTNERS is an international solidarity organisation established in France in 1991 by Christian Raymond, an engineer and former diplomat. Chart PARTNERS is a non-profit, non-religious, non-political and non-governmental humanitarian organisation, devoted to development, mainly by improving health and vocational training for needy people. Methods PARTNERS workswith qualified volunteers who conduct development projects in poor areas which get little assistance from large international organisations. They work in close conjunction with the local population, whose involvement in designing and implementing the programmes is of paramount importance. All projects take environmental concerns as well as local culture into account. PARTNERS ’ main objective is sustainability, so as to leave the communities concerned in charge in the long term. Particular emphasis is placed on health, education and training, especially to the benefit of women and children. Finances The organisation has received subsidies and donations from private and corporate donors and from various French and Foreign government agencies, among which the European Union, the French Ministry of Foreign Affairs, the Embassies of the UK, Switzerland, Japan, Australia, New Zealand, Canada, the Netherlands, Ireland and Belgium, UNICEF, UNAIDS, Alcatel, Vivendi, Michelin, TOTAL, Air France-KLM, Swissair, the Raoul Follereau Foundation, Enfance et Partage, the Tulsi-Chanrai Foundation, Montpellier Hospitals… PARTNERS' WORLDWIDE PROGRAMMES PARTNERS ’ first project was launched in Nigeria in 1991 and has already been taken over by a local NGO. Since, the organisation has set up several projects in India and Bangladesh, and developed its activities in Myanmar, Brazil, Bolivia and Moldova. Programmes completed Nigeria (1991-1998)Between 1991 and 1998 PARTNERS has conducted an integrated health and development project in Ogun Waterside. The project included rehabilitation of the 60-bed country hospital, creation of the first pathology laboratory in the area and an outreach immunisation campaign in 60 villages. An extensive health and hygiene education programme was run, especially to promote consumption of safe water. The sanitation programme has now been taken over by PARTNERS’ ‘ local counterpart, PARTNERS NIGERIA. § India (1995-2001) PARTNERS conducted a comprehensive educational project in three Bombay small slums from 1995 to 2001. The programme included a nursery class, study classes for primary school children, as well as vocational training, literacy classes and health / hygiene education for women. In Calcutta, PARTNERS provided support for a local NGO working with street children. Bangladesh (1996-1998)From 1996 to 1998, PARTNERS ran a project for the advancement of women in northern Bangladesh (Dhunot), which included a micro-credit scheme and vocational training. PARTNERS also set up a library for the children attending the outreach classes conducted by its Bangladeshi associate, the IIRD (Institute of Integrated Rural Development). The IIRD has now integrated these components into its large-scale projects in four underprivileged areas of the country – one of the most densely populated and poorest in the world. Brazil / Bolivia (since1999)In Petropolis (Brazil), thanks to a subsidy from the European Union, Partners has joined forces with SEOP, a local organisation, to improve housing conditions, conduct hygiene and domestic science classes and build six bio-digesters for the environment-friendly processing of liquid waste. Other projects in a poor Nordeste rural area and then in the Andes (Bolivia) provide rain water storage facilities and help to diversify crops and cattle, as well as to trade them better. Western EuropeIn 1999-2000, PARTNERS, jointly with a group of NGOs in the Lyon’s area in France, has participated in providing accommodation and basic necessities for several hundred refugees from Kosovo. It has also helped organise schooling for their children. In France, Italy and England, PARTNERS has conducted campaigns to develop public awareness of developing countries’ problems, especially among young people, through conferences in schools, participation in numerous forums, publication of a newsletter and training of volunteers.
Incumbent programmes Bangladesh (since September 2001)In September 2001, PARTNERS opened a day and night centre for street children in Dhaka. The shelter welcomes daily 160 slum, street and working children. The project is providing non-formal education, recreational activities, nutrition, health and hygiene facilities and shelter for the most vulnerable children, plus vocational training. Twelve local staff and social workers have been recruited and trained, and one expatriate is coordinating the various programmes. Moldova (since 2002)PARTNERS is supporting orphans and disabled teenagers living in several governmental institutions through rehabilitation of the infrastructures and adapted vocational training, such as pilot farm-school projects, which both feed the children better and train them to a real job. PARTNERS' ACTIVITIES IN MYANMAR
Introduction Starting operations : 1998 Work fields : Water and Sanitation, Health Education, HIV/AIDS prevention, Child Protection Staff : 1 expatriate, 22 locals Locations : Yangon Division (Shwe Pyi Tha Township), Magway Division (Yenanchaung Township) MoU : signed in 2002 with the Ministry of Health and extended in March 2006 for three years
From 1996 to 1998, two volunteers started to implement the mission in Yangon : gathering as much information as possible about the country, its social, economic and health situation, negotiating with the authorities and applying for the necessary Memorandum of Understanding (MoU) with the Ministry of Health, contacting the UN agencies and the other INGOs, visiting the different suburban townships of Yangon, identifying needs in various underprivileged areas, etc. Partners selected Shwe Pyi Tha Township, 34 km North of downtown Yangon. It seemed necessary to focus onrehabilitation of water supply systems, construction of good quality latrines, and basic hygiene education - mainly in the schools since children are the most vulnerable and condition the future of the communities.
Previous PARTNERS’ Projects in Myanmar 1) Since it has been present in the country, PARTNERS’ focus has been to provide safe water and proper latrines, as well as health education to primary schools' students and teachers in Shwe Pyi Tha township. Since 2000, 30 schools of Shwe Pyi Tha were provided with pumps, over head water tanks, drinking points, washing points, sanitary latrines and urinals, rubbish pits. They were also given a maintenance training. Moreover, 25, 000 children in 50 schools have participated in health education sessions and a theatre performance disseminating hygiene knowledge has been organised in 43 schools in the township. Details follow : PARTNERS’ achievements in Shwe Pyi Tha Township
In 2000, Partners carried out a pilot project in water supply and sanitation in basic education schools. It covered 6 primary schools in different areas of Shwe Pyi Tha. In 2001, PARTNERS started implementing a wider programme of water supply and sanitation in primary schools (4000 children beneficiaries), funded by Japanese Embassy in the early 2002, which provided 11 schools with proper water and sanitation facilities. In 2003, New Zealand funded a project that supplied adequate facilities to one village and school. Also In 2003, PARTNERS has given health talks in all the primary schools of the township with a grant from British Embassy, and also organised theater performances including health messages in 43 schools of Shwe Pyi Tha Township. In 2004, we provided water and sanitation facilities to two other schools thanks to Australian Embassy's funds. In 2005, Swiss Agency for Development and Cooperation gave a grant to PARTNERS to cover the watsan needs in 11 other schools. At the same time we kept running a wide HIV/AIDS Awareness campaign in Shwe PYi Tha Township (‘FHAM’ project funded by UNAIDS). In 2006, the British Embassy financed the provision of 8 latrines to one of the 7 monastic schools settled there (West Okkyin). Hygiene sessions were also organised in every class. And under FHAM project again we performed a 2nd Round of HIV/AIDS Awareness campaign in Shwe PYi Tha Township, reaching 90 000 people on total.
2) Since 2004, PARTNERS has extended its water and sanitation activities to the Dry Zone in Yenanchaung (Magwe division). Jointly with Terre des Hommes Italy, the project aims at improving community water supply and reducing public health risk factors in 32 villages. Ponds, dams, ground and rain water collection tanks and latrines have been provided; hygiene awareness campaigns have been conducted. Achieved outcomes are following : * Rural Health Centres : 4 brand-new health centres + rehabilitation of 4 health centres + expansion of 2 health centres * Water supply : building 2 dams and digging 11 rainwater ponds * Rural WatSan development : 32 villages in dry zone were assisted with : 38 school latrines and 1367 household latrines 27 hand-washing points and 2650 water containers 2750 hygiene kits
3) Due to the fast-growing rate of HIV/AIDS infection in Myanmar, PARTNERS has taken part in the reduction of HIV/AIDS transmission and in the enhancement of the quality of life of people with the virus. This project targeted workers, youths and general population of Shwe PYi Tha, gathered on their workplaces, in markets, karaoke bars.. and carried out collective awareness sessions to diffuse messages, give and promote condoms and train peer educators.
4) Child Protection
In 2002-03, PARTNERS has achieved an extensive survey in 4 urban and semi-urban areas in Yangon and Mandalay divisions. This was the sound basis for our team to write a report for UNICEF about Vulnerability of Children in Need of Special Protection. One of the outcomes was the difficulty for many families to satisfy their basic needs, among which sending their children to school regularly. Following this study, PARTNERS has implemented in 2004 a project in three official institutions in Yangon, supported by UNICEF. Child rights and protection messages have been spread to both vulnerable children and the staff, through the means of theatre performances and creative activities included in the workshops.
On-going programme
We are near to completion of a programme at three Monastic schools for Water and Sanitation Facilities’ improvement, funded by Australian Embassy. These monastic schools have some monks amidst their teachers but don’t train monks, instead they are the only ones that give totally free education to poor children. Duration of the programme is only three months : March, April and May 2008. The works include a shallow tube-well and two concrete OverHead Water Tanks ( gallon 400), two filtration systems, three hand-washing points and two drinking -water points, one hand-pump, two pump houses with air compressors, six latrines with septic tanks, two concrete access ways to WatSan facilities, and also Operation & Maintenance Training plus Personal Hygiene Training. Number of beneficiaries : 2674 students and about 50 teachers.
Comme le savaient déjà certains je suis arrivé en Birmanie il y a quelques jours. J avais au préalable pris contact avec le directeur d une petite ONG appelée « Partenaires » dont un ami m avait dit le plus grand bien quant à son honnêteté et son efficacité pour avoir travaillé avec lui au moment du cyclone qui a touché le Bangladesh il y a quelques mois. Une ONG dont apparemment les frais de fonctionnement sont réduits au minimum et dont les collaborateurs étrangers sont bénévoles, ça me plaisait bien tout ca… J avais peur qu on me dise que ma présence n était ni souhaitable ni souhaitée mais non, le directeur était d accord pour que je vienne. Un visa arraché de haute lutte à Bangkok et un billet d avion plus tard j arrivai à Yangon. Même si la ville n est pas dans la zone la plus sévèrement touchée n empêche qu on voit qu il y a eu du dégât, partout des arbres arrachés, certains sont tombés sur des maisons, d autres gisent ca et là… J arrive au QG et une fois le tour du propriétaire fait je constate que j ai frappé à la bonne porte: pas de locaux luxueux, juste un appartement/bureau, au 5eme sans ascenseur, loué pour les besoins de l ONG (qui était en fait déjà présente dans le pays depuis 10 ans), pas un trou à rat parce qu il faut pas exagérer quand même, mais loin d être classieux ca c est sur. Il n y a pas de clim ni de télé, rien que le strict nécessaire, c est a dire quatre vieux ordis, une imprimante, une petite photocopieuse, un téléphone, basta. Tout de suite j accroche avec le directeur, un barbu au regard tranquille et au verbe ciblé, le genre de gars qui ne l ouvre pas pour ne rien dire, qui ne manie pas la langue de bois et appelle un chat un chat. Il m explique certains des projets qu il a déjà menés à bien dans plusieurs pays avec des budgets plus que réduits, ça force le respect et si vous ne me croyez pas allez donc voir sur le site : www.partenaires-association.org ou regardez a la fin de ce message, j ai mis un copier coller en anglais qui vous intéressera surement… Christian(car tel est son nom, NDLR)est un boulimique de travail: il se lève très tôt le matin et se couche à regrets le soir, ses journées sont trop courtes quand bien même il travaille jusqu à une heure avancée de la nuit. Et quand je dis avancée, c est avancée, il ne consent à s abandonner au bras de Morphée que quand ses yeux commencent à se fermer et qu il tombe de fatigue, c est à dire sur le coup des 1 h-2 h du mat(hier soir 4 h!)… Il s arrête bien pour manger un peu, par obligation, mais la bouffe ne semble pas être au centre de ses préoccupations, ça tombe bien car moi non plus, Et c est à la bonne franquette: il y a une cuisine et on se fait à manger nous mêmes, vu nos talents respectifs en la matière ca se résume à quelques pates instantanées ou un peu de riz avec genre quelques légumes et œufs, pas les repas des grands soirs!!! Et je sens bien que Christian est le genre de gars à oublier souvent de manger ou à se contenter d un mauvais sandwich pour économiser du temps. Oui, ce gars est une vraie machine, une machine au service des déshérités… Vous me direz, pourquoi je ne parle que de lui ? Quid des autres ? Ben c est que les autres, y en a pas beaucoup. Il y a votre serviteur et deux birmans sympas qui aident pour tout ce qui est relatif aux traductions, démarches administratives, études sur le terrain etc… et c est tout, vous connaissez maintenant toute l équipe… Aux niveaux frais de fonctionnement je comprends vite comment il réussit à les maintenir a seulement 2 % des dons(ce qui me semble être un record). Je vous ai déjà décrit en gros le genre de la maison au niveau hébergement et repas, le reste est à l avenant: voiture ? Y a pas, mais l ONG s enorgueillit d une mobylette achetée d occaz. Taxis? Pas dans la chaine alimentaire du Christian, on prend les bus locaux pour nos déplacements en ville ou ailleurs(et il a bien raison, même si les taxis sont bon marché ca revient cher sur le long terme et l argent ainsi économisé pourra servir à vous savez quoi). Sa paye ? Très simple, il n en a pas… En ce qui concerne les employés, il m a expliqué que les occidentaux qui viennent de temps en temps donner un coup de main sont souvent bénévoles, ou grassement payés 300 E/mois s ils restent au moins 6 mois; par contre il paye les locaux. Car eux évidemment ne sont pas des privilégiés comme nous et ont besoin d un salaire pour faire vivre leur famille(il les paye très correctement par rapport au niveau de vie du pays et les gars sont contents, mais on est bien loin des payes faramineuses de certains « humanitaires »). Si je vous décris tout ca c est pour que vous compreniez bien que Christian est un gars totalement dévoué à sa cause, que son ONG est fiable et que si vous décidez d envoyer des dons ils seront bien utilisés sur le terrain et pas gaspillés en frais de fonctionnement iniques. Alors maintenant, les projets proprement dits... La zone du delta de l Ayerwady est toujours strictement interdite aux étrangers et les dons doivent transiter par la croix rouge birmane qui les distribue sur place, avec les interrogations que cela suscite évidemment, mais elles n ont pas lieu d être discutées ici… Ca ne veut pas dire pour autant qu il n y a rien à faire ailleurs, la zone autour de Yangon a dégusté elle aussi et comme d habitude en pareil cas ce sont les plus pauvres qui ont été les plus touchés car leurs malheureuses maisons en bambou n étaient pas vraiment à l épreuve d un tel déchainement de la nature. Certaines infrastructures ont été détruites, ce qui n arrange pas les choses vu que même avant la catastrophe elles étaient déjà assez limitées. Christian s est associé pour l occasion avec l ONG Solidarités, qui est une structure plus importante que la sienne et qui fait elle aussi du bon boulot, pour des projets pas toujours en rapport avec le cyclone(comme creuser des puits ou des bassins, garantir l accès a l eau potable, construire des latrines etc…)mais qui n en demeurent pas moins, à mon sens, importants. Ils ont donc différents projets en cours et vont embaucher du personnel dans les jours qui viennent. Bon ok, mais toi naps, qu est ce que tu fais là dedans, à part écrire des longs textes sur internet? Patience, j y viens… Avec Christian on a pas mal discuté et on a monté un projet assez ambitieux(je dis ambitieux car notre budget est plutôt limité en regard des besoins), un projet dont j aurai la charge et serai responsable et qui d après lui n aurait jamais été pris en compte par quelque ONG que ce soit car il n est ni flashant ni clinquant, et pour le moins pas photogénique. En deux mots, il s agirait de garantir une rentrée des classes et une année scolaire aussi normales que faire se peut aux gamins des familles les plus défavorisées d un faubourg situé a une trentaine de kilomètres de Yangon. Une mosaïque de petits villages qui au fil du temps est devenue une ville. Enfin une ville c est beaucoup dire, au niveau administratif c en est une mais il n y aucun centre ville et les différents bleds, parfois assez éloignés les uns des autres, sont toujours reliés entre eux par des mauvais chemins en terre. Pourquoi on ne s occupe pas de distributions de nourriture vu que jusqu à présent, et d après un tableau dont je viens d avoir connaissance et d autres informations déjà en notre possession, très peu a été fait à ce niveau la ? Tout simplement parce qu il s agit d une tache titanesque et que Partenaires est loin de disposer d un budget suffisant… Pensez donc, même une ONG de renommée internationale et qui dispose de fonds conséquents comme Save The Children n a distribué, en tout et pour tout, que l équivalent d un ou deux jours de vivres dans cette zone, nourrir des dizaines de milliers de gens durant au moins plusieurs semaines serait effroyablement couteux … Enfin bon, en tout cas c est une région que Christian connaît bien pour y avoir déjà mené à bien pas mal de projets(puits, sanitaires, eau potable etc…), elle répond au doux nom de Shwe Phi Tha (ça se traduit par « pays doré et paisible », on dirait une blague…) et il en parle sur son site. J en entends dire que tout ca c est bien gentil ces histoires d écoles, mais que ça n a rien à voir avec le cyclone!! Et bien si, je vous explique(et j ajoute que de toute façon un malheureux est un malheureux, toutes les causes se valent): comme je l ai dit plus haut, ce sont les familles les plus pauvres qui ont payé le plus lourd tribut a Nargis, toits de feuilles tressées arrachés, maisons en bambou écroulées… A ça s ajoute une paralysie d une partie de l industrie locale (il y a beaucoup d usines à Shwe Phi Tha) à cause des dégâts, ce qui signifie moins de boulot et donc moins de sous alors même qu ils en ont cruellement besoin en ce moment pour réparer leur toit, sous la mousson… Là dessus vient se greffer la rentrée scolaire qui aura lieu la semaine prochaine. La Birmanie, c est pas la France, et vous pensez bien qu il n y a pas d allocation de rentrée financée par les caisses de l état. Au contraire, il y a pour chaque élève des frais d inscription obligatoires, auxquels il faut ajouter l achat des fournitures et probablement celui d un nouvel uniforme, voire de deux, pour remplacer celui ou ceux de l année précédente qui seraient devenus trop loqueteux. On peut comprendre aisément que pour les familles les plus démunies ca tombe plus que mal, mais ce n est pas tout. Beaucoup d écoles ont subi des dégradations plus ou moins importantes à cause du cyclone, notamment au niveau des toitures. Et sur qui comptent elles pour financer les réparations? Sur les familles bien sur, le gouvernement c est même pas la peine d espérer… Et donc cette année, aux frais d inscription vont s ajouter des frais supplémentaires pour les réparations (dont le montant variera d une école à l autre en fonction des besoins) et si tu payes pas, ton gamin n ira pas à l école … Prenez tous les facteurs cités plus haut, mettez les dans une boite, mélangez bien et qu est ce qui ressort ? Ben que, vu que déjà d habitude beaucoup d enfants des familles les plus défavorisées ne vont pas en classe faute de thunes, il faut s attendre cette année à une véritable chute dans la scolarisation. Déjà que l’éducation est pas terrible… Pire, dans la majorité des cas leur scolarité risque de s arrêter là car une fois qu ils auront loupé une année il y a de grandes chances qu’ils ne retournent plus jamais a l école et qu ils entrent trop jeunes dans le marchée du travail. Et même s ils y retournaient ils auraient de toute façon tellement pris de retard et auraient tellement oublié du peu qu ils avaient acquis les années précédentes qu ils garderaient un sérieux handicap… Et ça fait combien d enfants tout ça ? Pour l instant on ne sait pas exactement. Pourquoi ? Parce que, l air de rien, on n est pas si bêtes avec le Christian: les inscriptions ont démarré et se poursuivront jusqu à dimanche et imaginez ce qui se passerait si on débarquait avec nos gros sabots made in France en claironnant à la cantonade qu on va prendre en charge les frais scolaires? Traduit du birman : Ah ben tiens, je vais faire des économies cette année, y a des occidentaux qui vont payer pour moi, faciiiiiile… Oui mais non, ca va pas se passer comme ca les gars!! On va attendre tranquillement que les inscriptions soient closes ce dimanche et de là on saura, après quelques jours, quels gamins manquent à l appel(d après nos estimations il devrait y en avoir au moins 5000). Lundi on va aller voir les directeurs d école un par un et leur dire qu on peut financer une partie de leurs rénovations si en contrepartie ils abandonnent la surprime a l inscription pour les plus pauvres (le budget qui sera alloué a ces travaux est l objet d un autre projet dont Christian s occupera au niveau évaluation des besoins, financement et organisation, mais il se peut même, aux dernières nouvelles, qu une grande ONG s en occupe). Et de là ne nous restera plus qu à contacter les familles des non inscrits une par une et de leur dire que: on paye l inscription; on paye un uniforme mais que si plus tard dans l année il en faut un autre ca sera a leur charge (histoire que les parents participent un peu quand même, et aussi pour économiser car Partenaires, vous l aviez compris, n est pas un mastodonte onusien, ce qui, soit dit en passant, est bien dommage, mais passons…); on paye une partie des fournitures(en gros ce qui est nécessaire pour la rentrée) mais pas tout, et si dans la suite de l année il faut racheter un stylo et quelques cahiers on estime que les parents pourront s en charger car d ici là ils auront eu le temps de se retourner et puis ça ne coûte pas très cher(sauf que pour nous, multiplié par le nombre de gamins, ca alourdirait les dépenses d un budget déjà loin d être suffisant). Ce projet nous semble être de 1 ère importance car autant Christian que moi nous pensons que l éducation est la clé de tout, c est par l éducation des jeunes générations que les choses finissent par bouger et c est bien pour ca d ailleurs qu elle n est jamais une priorité pour certains gouvernements … Me voilà donc arrivé au but de mon propos et à la raison pour laquelle j ai risqué une tendinite des index à taper ce texte: les sous !!!!!! (vous vous doutiez bien qu à un moment ou à un autre j allais y venir, pas vrai ?:-))) Notre estimation est que pour chaque enfant seront dépensés entre 7 et 9 euros, multiplié par bien 5000 gamins. Christian peut mettre une partie de ses crédits sur l affaire, une autre ONG, à qui il restait des sous du tsunami, nous a fait un chèque de 6500 euros, j ai investi moi-même une somme assez conséquente et on attend d autres contributions de donateurs individuels grâce au site de Partenaires. Mais pour l instant nous n avons qu entre un tiers et la moitie du coût total approximatif de l opération et c est là que je me tourne vers vous. Beaucoup de gens sur le forum semblent compatir aux souffrances du peuple birman mais la question qui ressort est toujours la même: à qui donner? Les grosses ONG sont assez discréditées à cause de leur train de vie éhonté(je viens encore d en voir de belles depuis que je suis arrivé, passons), il y a des rumeurs sur l armée birmane rackettant les donateurs etc… Chez Partenaires, 98 % de vos dons arriveront à bon port, et personne ne volera quoi que ce soit vu le type de mission dont il s agit. Christian m a confié la gestion et l organisation du projet et croyez moi, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour le mener à bien, aider ces pauvres petits et me montrer digne de la confiance qu il m accorde, c est pour moi une question d honneur… Vous pouvez bien sur dire que je suis un menteur, un affabulateur, un escroc et un rigolo incapable de mener à bien ce genre de projet, mais ceux qui me connaissent sur ce forum savent bien que ce n est pas le cas, et j espère qu ils sauront me défendre face aux esprits chagrins qui pourraient s inviter dans la discussion car je n aurai guère le temps de le faire moi-même. Je suis par contre à votre disposition pour toutes informations complémentaires (dans cette discussion bien sur et pas en message privé car elles ne seraient pas accessibles à tous) mais s’il vous plait, essayez d éviter les polémiques et la politique, je ne suis pas là pour ça et je n ai pas le temps en ce moment de m embarquer dans des débats interminables, la situation est grave et requiert une réaction rapide… Excusez moi d ailleurs si je ne répondrai pas toujours à la minute près, j ai beaucoup de choses à faire(entres autres retourner l une ou l autre fois sur le terrain)et à partir de lundi commencer la tournée des écoles et organiser la suite des évènements, il va y avoir du sport !!! Merci d avance à tous, et désolé d avoir ete aussi long…
Et maintenant, pour ceux qui se sentent encore un peu de lecture, voici, en anglais, un compte rendu de certaines des activités passées de Partenaires, Christian, c est à toi, envoie le franglais :-)))
PRESENTATION of PARTNERS NGO
PARTNERS is an international solidarity organisation established in France in 1991 by Christian Raymond, an engineer and former diplomat. Chart PARTNERS is a non-profit, non-religious, non-political and non-governmental humanitarian organisation, devoted to development, mainly by improving health and vocational training for needy people. Methods PARTNERS workswith qualified volunteers who conduct development projects in poor areas which get little assistance from large international organisations. They work in close conjunction with the local population, whose involvement in designing and implementing the programmes is of paramount importance. All projects take environmental concerns as well as local culture into account. PARTNERS ’ main objective is sustainability, so as to leave the communities concerned in charge in the long term. Particular emphasis is placed on health, education and training, especially to the benefit of women and children. Finances The organisation has received subsidies and donations from private and corporate donors and from various French and Foreign government agencies, among which the European Union, the French Ministry of Foreign Affairs, the Embassies of the UK, Switzerland, Japan, Australia, New Zealand, Canada, the Netherlands, Ireland and Belgium, UNICEF, UNAIDS, Alcatel, Vivendi, Michelin, TOTAL, Air France-KLM, Swissair, the Raoul Follereau Foundation, Enfance et Partage, the Tulsi-Chanrai Foundation, Montpellier Hospitals… PARTNERS' WORLDWIDE PROGRAMMES PARTNERS ’ first project was launched in Nigeria in 1991 and has already been taken over by a local NGO. Since, the organisation has set up several projects in India and Bangladesh, and developed its activities in Myanmar, Brazil, Bolivia and Moldova. Programmes completed Nigeria (1991-1998)Between 1991 and 1998 PARTNERS has conducted an integrated health and development project in Ogun Waterside. The project included rehabilitation of the 60-bed country hospital, creation of the first pathology laboratory in the area and an outreach immunisation campaign in 60 villages. An extensive health and hygiene education programme was run, especially to promote consumption of safe water. The sanitation programme has now been taken over by PARTNERS’ ‘ local counterpart, PARTNERS NIGERIA. § India (1995-2001) PARTNERS conducted a comprehensive educational project in three Bombay small slums from 1995 to 2001. The programme included a nursery class, study classes for primary school children, as well as vocational training, literacy classes and health / hygiene education for women. In Calcutta, PARTNERS provided support for a local NGO working with street children. Bangladesh (1996-1998)From 1996 to 1998, PARTNERS ran a project for the advancement of women in northern Bangladesh (Dhunot), which included a micro-credit scheme and vocational training. PARTNERS also set up a library for the children attending the outreach classes conducted by its Bangladeshi associate, the IIRD (Institute of Integrated Rural Development). The IIRD has now integrated these components into its large-scale projects in four underprivileged areas of the country – one of the most densely populated and poorest in the world. Brazil / Bolivia (since1999)In Petropolis (Brazil), thanks to a subsidy from the European Union, Partners has joined forces with SEOP, a local organisation, to improve housing conditions, conduct hygiene and domestic science classes and build six bio-digesters for the environment-friendly processing of liquid waste. Other projects in a poor Nordeste rural area and then in the Andes (Bolivia) provide rain water storage facilities and help to diversify crops and cattle, as well as to trade them better. Western EuropeIn 1999-2000, PARTNERS, jointly with a group of NGOs in the Lyon’s area in France, has participated in providing accommodation and basic necessities for several hundred refugees from Kosovo. It has also helped organise schooling for their children. In France, Italy and England, PARTNERS has conducted campaigns to develop public awareness of developing countries’ problems, especially among young people, through conferences in schools, participation in numerous forums, publication of a newsletter and training of volunteers.
Incumbent programmes Bangladesh (since September 2001)In September 2001, PARTNERS opened a day and night centre for street children in Dhaka. The shelter welcomes daily 160 slum, street and working children. The project is providing non-formal education, recreational activities, nutrition, health and hygiene facilities and shelter for the most vulnerable children, plus vocational training. Twelve local staff and social workers have been recruited and trained, and one expatriate is coordinating the various programmes. Moldova (since 2002)PARTNERS is supporting orphans and disabled teenagers living in several governmental institutions through rehabilitation of the infrastructures and adapted vocational training, such as pilot farm-school projects, which both feed the children better and train them to a real job. PARTNERS' ACTIVITIES IN MYANMAR
Introduction Starting operations : 1998 Work fields : Water and Sanitation, Health Education, HIV/AIDS prevention, Child Protection Staff : 1 expatriate, 22 locals Locations : Yangon Division (Shwe Pyi Tha Township), Magway Division (Yenanchaung Township) MoU : signed in 2002 with the Ministry of Health and extended in March 2006 for three years
From 1996 to 1998, two volunteers started to implement the mission in Yangon : gathering as much information as possible about the country, its social, economic and health situation, negotiating with the authorities and applying for the necessary Memorandum of Understanding (MoU) with the Ministry of Health, contacting the UN agencies and the other INGOs, visiting the different suburban townships of Yangon, identifying needs in various underprivileged areas, etc. Partners selected Shwe Pyi Tha Township, 34 km North of downtown Yangon. It seemed necessary to focus onrehabilitation of water supply systems, construction of good quality latrines, and basic hygiene education - mainly in the schools since children are the most vulnerable and condition the future of the communities.
Previous PARTNERS’ Projects in Myanmar 1) Since it has been present in the country, PARTNERS’ focus has been to provide safe water and proper latrines, as well as health education to primary schools' students and teachers in Shwe Pyi Tha township. Since 2000, 30 schools of Shwe Pyi Tha were provided with pumps, over head water tanks, drinking points, washing points, sanitary latrines and urinals, rubbish pits. They were also given a maintenance training. Moreover, 25, 000 children in 50 schools have participated in health education sessions and a theatre performance disseminating hygiene knowledge has been organised in 43 schools in the township. Details follow : PARTNERS’ achievements in Shwe Pyi Tha Township
In 2000, Partners carried out a pilot project in water supply and sanitation in basic education schools. It covered 6 primary schools in different areas of Shwe Pyi Tha. In 2001, PARTNERS started implementing a wider programme of water supply and sanitation in primary schools (4000 children beneficiaries), funded by Japanese Embassy in the early 2002, which provided 11 schools with proper water and sanitation facilities. In 2003, New Zealand funded a project that supplied adequate facilities to one village and school. Also In 2003, PARTNERS has given health talks in all the primary schools of the township with a grant from British Embassy, and also organised theater performances including health messages in 43 schools of Shwe Pyi Tha Township. In 2004, we provided water and sanitation facilities to two other schools thanks to Australian Embassy's funds. In 2005, Swiss Agency for Development and Cooperation gave a grant to PARTNERS to cover the watsan needs in 11 other schools. At the same time we kept running a wide HIV/AIDS Awareness campaign in Shwe PYi Tha Township (‘FHAM’ project funded by UNAIDS). In 2006, the British Embassy financed the provision of 8 latrines to one of the 7 monastic schools settled there (West Okkyin). Hygiene sessions were also organised in every class. And under FHAM project again we performed a 2nd Round of HIV/AIDS Awareness campaign in Shwe PYi Tha Township, reaching 90 000 people on total.
2) Since 2004, PARTNERS has extended its water and sanitation activities to the Dry Zone in Yenanchaung (Magwe division). Jointly with Terre des Hommes Italy, the project aims at improving community water supply and reducing public health risk factors in 32 villages. Ponds, dams, ground and rain water collection tanks and latrines have been provided; hygiene awareness campaigns have been conducted. Achieved outcomes are following : * Rural Health Centres : 4 brand-new health centres + rehabilitation of 4 health centres + expansion of 2 health centres * Water supply : building 2 dams and digging 11 rainwater ponds * Rural WatSan development : 32 villages in dry zone were assisted with : 38 school latrines and 1367 household latrines 27 hand-washing points and 2650 water containers 2750 hygiene kits
3) Due to the fast-growing rate of HIV/AIDS infection in Myanmar, PARTNERS has taken part in the reduction of HIV/AIDS transmission and in the enhancement of the quality of life of people with the virus. This project targeted workers, youths and general population of Shwe PYi Tha, gathered on their workplaces, in markets, karaoke bars.. and carried out collective awareness sessions to diffuse messages, give and promote condoms and train peer educators.
4) Child Protection
In 2002-03, PARTNERS has achieved an extensive survey in 4 urban and semi-urban areas in Yangon and Mandalay divisions. This was the sound basis for our team to write a report for UNICEF about Vulnerability of Children in Need of Special Protection. One of the outcomes was the difficulty for many families to satisfy their basic needs, among which sending their children to school regularly. Following this study, PARTNERS has implemented in 2004 a project in three official institutions in Yangon, supported by UNICEF. Child rights and protection messages have been spread to both vulnerable children and the staff, through the means of theatre performances and creative activities included in the workshops.
On-going programme
We are near to completion of a programme at three Monastic schools for Water and Sanitation Facilities’ improvement, funded by Australian Embassy. These monastic schools have some monks amidst their teachers but don’t train monks, instead they are the only ones that give totally free education to poor children. Duration of the programme is only three months : March, April and May 2008. The works include a shallow tube-well and two concrete OverHead Water Tanks ( gallon 400), two filtration systems, three hand-washing points and two drinking -water points, one hand-pump, two pump houses with air compressors, six latrines with septic tanks, two concrete access ways to WatSan facilities, and also Operation & Maintenance Training plus Personal Hygiene Training. Number of beneficiaries : 2674 students and about 50 teachers.
Birmanie: quelques nouvelles de l'intérieur English translation pending
pour les moderateurs;
je sais que j ai aussi mis ce message dans la rubrique "pensees de voyageurs" et que ca fait un doublon, mais je me suis dit que ca toucherait plus de monde ainsi, donc si ca ne vous embete pas, merci de le laisser dans les deux rubriques...
Comme le savaient déjà certains je suis arrivé en Birmanie il y a quelques jours. J avais au préalable pris contact avec le directeur d une petite ONG appelée « Partenaires » dont un ami m avait dit le plus grand bien quant à son honnêteté et son efficacité pour avoir travaillé avec lui au moment du cyclone qui a touché le Bangladesh il y a quelques mois. Une ONG dont apparemment les frais de fonctionnement sont réduits au minimum et dont les collaborateurs étrangers sont bénévoles, ça me plaisait bien tout ca… J avais peur qu on me dise que ma présence n était ni souhaitable ni souhaitée mais non, le directeur était d accord pour que je vienne. Un visa arraché de haute lutte à Bangkok et un billet d avion plus tard j arrivai à Yangon. Même si la ville n est pas dans la zone la plus sévèrement touchée n empêche qu on voit qu il y a eu du dégât, partout des arbres arrachés, certains sont tombés sur des maisons, d autres gisent ca et là… J arrive au QG et une fois le tour du propriétaire fait je constate que j ai frappé à la bonne porte: pas de locaux luxueux, juste un appartement/bureau, au 5eme sans ascenseur, loué pour les besoins de l ONG (qui était en fait déjà présente dans le pays depuis 10 ans), pas un trou à rat parce qu il faut pas exagérer quand même, mais loin d être classieux ca c est sur. Il n y a pas de clim ni de télé, rien que le strict nécessaire, c est a dire quatre vieux ordis, une imprimante, une petite photocopieuse, un téléphone, basta. Tout de suite j accroche avec le directeur, un barbu au regard tranquille et au verbe ciblé, le genre de gars qui ne l ouvre pas pour ne rien dire, qui ne manie pas la langue de bois et appelle un chat un chat. Il m explique certains des projets qu il a déjà menés à bien dans plusieurs pays avec des budgets plus que réduits, ça force le respect et si vous ne me croyez pas allez donc voir sur le site : www.partenaires-association.org ou regardez a la fin de ce message, j ai mis un copier coller en anglais qui vous intéressera surement… Christian(car tel est son nom, NDLR)est un boulimique de travail: il se lève très tôt le matin et se couche à regrets le soir, ses journées sont trop courtes quand bien même il travaille jusqu à une heure avancée de la nuit. Et quand je dis avancée, c est avancée, il ne consent à s abandonner au bras de Morphée que quand ses yeux commencent à se fermer et qu il tombe de fatigue, c est à dire sur le coup des 1 h-2 h du mat(hier soir 4 h!)… Il s arrête bien pour manger un peu, par obligation, mais la bouffe ne semble pas être au centre de ses préoccupations, ça tombe bien car moi non plus, Et c est à la bonne franquette: il y a une cuisine et on se fait à manger nous mêmes, vu nos talents respectifs en la matière ca se résume à quelques pates instantanées ou un peu de riz avec genre quelques légumes et œufs, pas les repas des grands soirs!!! Et je sens bien que Christian est le genre de gars à oublier souvent de manger ou à se contenter d un mauvais sandwich pour économiser du temps. Oui, ce gars est une vraie machine, une machine au service des déshérités… Vous me direz, pourquoi je ne parle que de lui ? Quid des autres ? Ben c est que les autres, y en a pas beaucoup. Il y a votre serviteur et deux birmans sympas qui aident pour tout ce qui est relatif aux traductions, démarches administratives, études sur le terrain etc… et c est tout, vous connaissez maintenant toute l équipe… Aux niveaux frais de fonctionnement je comprends vite comment il réussit à les maintenir a seulement 2 % des dons(ce qui me semble être un record). Je vous ai déjà décrit en gros le genre de la maison au niveau hébergement et repas, le reste est à l avenant: voiture ? Y a pas, mais l ONG s enorgueillit d une mobylette achetée d occaz. Taxis? Pas dans la chaine alimentaire du Christian, on prend les bus locaux pour nos déplacements en ville ou ailleurs(et il a bien raison, même si les taxis sont bon marché ca revient cher sur le long terme et l argent ainsi économisé pourra servir à vous savez quoi). Sa paye ? Très simple, il n en a pas… En ce qui concerne les employés, il m a expliqué que les occidentaux qui viennent de temps en temps donner un coup de main sont souvent bénévoles, ou grassement payés 300 E/mois s ils restent au moins 6 mois; par contre il paye les locaux. Car eux évidemment ne sont pas des privilégiés comme nous et ont besoin d un salaire pour faire vivre leur famille(il les paye très correctement par rapport au niveau de vie du pays et les gars sont contents, mais on est bien loin des payes faramineuses de certains « humanitaires »). Si je vous décris tout ca c est pour que vous compreniez bien que Christian est un gars totalement dévoué à sa cause, que son ONG est fiable et que si vous décidez d envoyer des dons ils seront bien utilisés sur le terrain et pas gaspillés en frais de fonctionnement iniques. Alors maintenant, les projets proprement dits... La zone du delta de l Ayerwady est toujours strictement interdite aux étrangers et les dons doivent transiter par la croix rouge birmane qui les distribue sur place, avec les interrogations que cela suscite évidemment, mais elles n ont pas lieu d être discutées ici… Ca ne veut pas dire pour autant qu il n y a rien à faire ailleurs, la zone autour de Yangon a dégusté elle aussi et comme d habitude en pareil cas ce sont les plus pauvres qui ont été les plus touchés car leurs malheureuses maisons en bambou n étaient pas vraiment à l épreuve d un tel déchainement de la nature. Certaines infrastructures ont été détruites, ce qui n arrange pas les choses vu que même avant la catastrophe elles étaient déjà assez limitées. Christian s est associé pour l occasion avec l ONG Solidarités, qui est une structure plus importante que la sienne et qui fait elle aussi du bon boulot, pour des projets pas toujours en rapport avec le cyclone(comme creuser des puits ou des bassins, garantir l accès a l eau potable, construire des latrines etc…)mais qui n en demeurent pas moins, à mon sens, importants. Ils ont donc différents projets en cours et vont embaucher du personnel dans les jours qui viennent. Bon ok, mais toi naps, qu est ce que tu fais là dedans, à part écrire des longs textes sur internet? Patience, j y viens… Avec Christian on a pas mal discuté et on a monté un projet assez ambitieux(je dis ambitieux car notre budget est plutôt limité en regard des besoins), un projet dont j aurai la charge et serai responsable et qui d après lui n aurait jamais été pris en compte par quelque ONG que ce soit car il n est ni flashant ni clinquant, et pour le moins pas photogénique. En deux mots, il s agirait de garantir une rentrée des classes et une année scolaire aussi normales que faire se peut aux gamins des familles les plus défavorisées d un faubourg situé a une trentaine de kilomètres de Yangon. Une mosaïque de petits villages qui au fil du temps est devenue une ville. Enfin une ville c est beaucoup dire, au niveau administratif c en est une mais il n y aucun centre ville et les différents bleds, parfois assez éloignés les uns des autres, sont toujours reliés entre eux par des mauvais chemins en terre. Pourquoi on ne s occupe pas de distributions de nourriture vu que jusqu à présent, et d après un tableau dont je viens d avoir connaissance et d autres informations déjà en notre possession, très peu a été fait à ce niveau la ? Tout simplement parce qu il s agit d une tache titanesque et que Partenaires est loin de disposer d un budget suffisant… Pensez donc, même une ONG de renommée internationale et qui dispose de fonds conséquents comme Save The Children n a distribué, en tout et pour tout, que l équivalent d un ou deux jours de vivres dans cette zone, nourrir des dizaines de milliers de gens durant au moins plusieurs semaines serait effroyablement couteux … Enfin bon, en tout cas c est une région que Christian connaît bien pour y avoir déjà mené à bien pas mal de projets(puits, sanitaires, eau potable etc…), elle répond au doux nom de Shwe Phi Tha (ça se traduit par « pays doré et paisible », on dirait une blague…) et il en parle sur son site. J en entends dire que tout ca c est bien gentil ces histoires d écoles, mais que ça n a rien à voir avec le cyclone!! Et bien si, je vous explique(et j ajoute que de toute façon un malheureux est un malheureux, toutes les causes se valent): comme je l ai dit plus haut, ce sont les familles les plus pauvres qui ont payé le plus lourd tribut a Nargis, toits de feuilles tressées arrachés, maisons en bambou écroulées… A ça s ajoute une paralysie d une partie de l industrie locale (il y a beaucoup d usines à Shwe Phi Tha) à cause des dégâts, ce qui signifie moins de boulot et donc moins de sous alors même qu ils en ont cruellement besoin en ce moment pour réparer leur toit, sous la mousson… Là dessus vient se greffer la rentrée scolaire qui aura lieu la semaine prochaine. La Birmanie, c est pas la France, et vous pensez bien qu il n y a pas d allocation de rentrée financée par les caisses de l état. Au contraire, il y a pour chaque élève des frais d inscription obligatoires, auxquels il faut ajouter l achat des fournitures et probablement celui d un nouvel uniforme, voire de deux, pour remplacer celui ou ceux de l année précédente qui seraient devenus trop loqueteux. On peut comprendre aisément que pour les familles les plus démunies ca tombe plus que mal, mais ce n est pas tout. Beaucoup d écoles ont subi des dégradations plus ou moins importantes à cause du cyclone, notamment au niveau des toitures. Et sur qui comptent elles pour financer les réparations? Sur les familles bien sur, le gouvernement c est même pas la peine d espérer… Et donc cette année, aux frais d inscription vont s ajouter des frais supplémentaires pour les réparations (dont le montant variera d une école à l autre en fonction des besoins) et si tu payes pas, ton gamin n ira pas à l école … Prenez tous les facteurs cités plus haut, mettez les dans une boite, mélangez bien et qu est ce qui ressort ? Ben que, vu que déjà d habitude beaucoup d enfants des familles les plus défavorisées ne vont pas en classe faute de thunes, il faut s attendre cette année à une véritable chute dans la scolarisation. Déjà que l’éducation est pas terrible… Pire, dans la majorité des cas leur scolarité risque de s arrêter là car une fois qu ils auront loupé une année il y a de grandes chances qu’ils ne retournent plus jamais a l école et qu ils entrent trop jeunes dans le marchée du travail. Et même s ils y retournaient ils auraient de toute façon tellement pris de retard et auraient tellement oublié du peu qu ils avaient acquis les années précédentes qu ils garderaient un sérieux handicap… Et ça fait combien d enfants tout ça ? Pour l instant on ne sait pas exactement. Pourquoi ? Parce que, l air de rien, on n est pas si bêtes avec le Christian: les inscriptions ont démarré et se poursuivront jusqu à dimanche et imaginez ce qui se passerait si on débarquait avec nos gros sabots made in France en claironnant à la cantonade qu on va prendre en charge les frais scolaires? Traduit du birman : Ah ben tiens, je vais faire des économies cette année, y a des occidentaux qui vont payer pour moi, faciiiiiile… Oui mais non, ca va pas se passer comme ca les gars!! On va attendre tranquillement que les inscriptions soient closes ce dimanche et de là on saura, après quelques jours, quels gamins manquent à l appel(d après nos estimations il devrait y en avoir au moins 5000). Lundi on va aller voir les directeurs d école un par un et leur dire qu on peut financer une partie de leurs rénovations si en contrepartie ils abandonnent la surprime a l inscription pour les plus pauvres (le budget qui sera alloué a ces travaux est l objet d un autre projet dont Christian s occupera au niveau évaluation des besoins, financement et organisation, mais il se peut même, aux dernières nouvelles, qu une grande ONG s en occupe). Et de là ne nous restera plus qu à contacter les familles des non inscrits une par une et de leur dire que: on paye l inscription; on paye un uniforme mais que si plus tard dans l année il en faut un autre ca sera a leur charge (histoire que les parents participent un peu quand même, et aussi pour économiser car Partenaires, vous l aviez compris, n est pas un mastodonte onusien, ce qui, soit dit en passant, est bien dommage, mais passons…); on paye une partie des fournitures(en gros ce qui est nécessaire pour la rentrée) mais pas tout, et si dans la suite de l année il faut racheter un stylo et quelques cahiers on estime que les parents pourront s en charger car d ici là ils auront eu le temps de se retourner et puis ça ne coûte pas très cher(sauf que pour nous, multiplié par le nombre de gamins, ca alourdirait les dépenses d un budget déjà loin d être suffisant). Ce projet nous semble être de 1 ère importance car autant Christian que moi nous pensons que l éducation est la clé de tout, c est par l éducation des jeunes générations que les choses finissent par bouger et c est bien pour ca d ailleurs qu elle n est jamais une priorité pour certains gouvernements … Me voilà donc arrivé au but de mon propos et à la raison pour laquelle j ai risqué une tendinite des index à taper ce texte: les sous !!!!!! (vous vous doutiez bien qu à un moment ou à un autre j allais y venir, pas vrai ?:-))) Notre estimation est que pour chaque enfant seront dépensés entre 7 et 9 euros, multiplié par bien 5000 gamins. Christian peut mettre une partie de ses crédits sur l affaire, une autre ONG, à qui il restait des sous du tsunami, nous a fait un chèque de 6500 euros, j ai investi moi-même une somme assez conséquente et on attend d autres contributions de donateurs individuels grâce au site de Partenaires. Mais pour l instant nous n avons qu entre un tiers et la moitie du coût total approximatif de l opération et c est là que je me tourne vers vous. Beaucoup de gens sur le forum semblent compatir aux souffrances du peuple birman mais la question qui ressort est toujours la même: à qui donner? Les grosses ONG sont assez discréditées à cause de leur train de vie éhonté(je viens encore d en voir de belles depuis que je suis arrivé, passons), il y a des rumeurs sur l armée birmane rackettant les donateurs etc… Chez Partenaires, 98 % de vos dons arriveront à bon port, et personne ne volera quoi que ce soit vu le type de mission dont il s agit. Christian m a confié la gestion et l organisation du projet et croyez moi, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour le mener à bien, aider ces pauvres petits et me montrer digne de la confiance qu il m accorde, c est pour moi une question d honneur… Vous pouvez bien sur dire que je suis un menteur, un affabulateur, un escroc et un rigolo incapable de mener à bien ce genre de projet, mais ceux qui me connaissent sur ce forum savent bien que ce n est pas le cas, et j espère qu ils sauront me défendre face aux esprits chagrins qui pourraient s inviter dans la discussion car je n aurai guère le temps de le faire moi-même. Je suis par contre à votre disposition pour toutes informations complémentaires (dans cette discussion bien sur et pas en message privé car elles ne seraient pas accessibles à tous) mais s’il vous plait, essayez d éviter les polémiques et la politique, je ne suis pas là pour ça et je n ai pas le temps en ce moment de m embarquer dans des débats interminables, la situation est grave et requiert une réaction rapide… Excusez moi d ailleurs si je ne répondrai pas toujours à la minute près, j ai beaucoup de choses à faire(entres autres retourner l une ou l autre fois sur le terrain)et à partir de lundi commencer la tournée des écoles et organiser la suite des évènements, il va y avoir du sport !!! Merci d avance à tous, et désolé d avoir ete aussi long…
Et maintenant, pour ceux qui se sentent encore un peu de lecture, voici, en anglais, un compte rendu de certaines des activités passées de Partenaires, Christian, c est à toi, envoie le franglais :-)))
PRESENTATION of PARTNERS NGO
PARTNERS is an international solidarity organisation established in France in 1991 by Christian Raymond, an engineer and former diplomat. Chart PARTNERS is a non-profit, non-religious, non-political and non-governmental humanitarian organisation, devoted to development, mainly by improving health and vocational training for needy people. Methods PARTNERS workswith qualified volunteers who conduct development projects in poor areas which get little assistance from large international organisations. They work in close conjunction with the local population, whose involvement in designing and implementing the programmes is of paramount importance. All projects take environmental concerns as well as local culture into account. PARTNERS ’ main objective is sustainability, so as to leave the communities concerned in charge in the long term. Particular emphasis is placed on health, education and training, especially to the benefit of women and children. Finances The organisation has received subsidies and donations from private and corporate donors and from various French and Foreign government agencies, among which the European Union, the French Ministry of Foreign Affairs, the Embassies of the UK, Switzerland, Japan, Australia, New Zealand, Canada, the Netherlands, Ireland and Belgium, UNICEF, UNAIDS, Alcatel, Vivendi, Michelin, TOTAL, Air France-KLM, Swissair, the Raoul Follereau Foundation, Enfance et Partage, the Tulsi-Chanrai Foundation, Montpellier Hospitals… PARTNERS' WORLDWIDE PROGRAMMES PARTNERS ’ first project was launched in Nigeria in 1991 and has already been taken over by a local NGO. Since, the organisation has set up several projects in India and Bangladesh, and developed its activities in Myanmar, Brazil, Bolivia and Moldova. Programmes completed Nigeria (1991-1998)Between 1991 and 1998 PARTNERS has conducted an integrated health and development project in Ogun Waterside. The project included rehabilitation of the 60-bed country hospital, creation of the first pathology laboratory in the area and an outreach immunisation campaign in 60 villages. An extensive health and hygiene education programme was run, especially to promote consumption of safe water. The sanitation programme has now been taken over by PARTNERS’ ‘ local counterpart, PARTNERS NIGERIA. § India (1995-2001) PARTNERS conducted a comprehensive educational project in three Bombay small slums from 1995 to 2001. The programme included a nursery class, study classes for primary school children, as well as vocational training, literacy classes and health / hygiene education for women. In Calcutta, PARTNERS provided support for a local NGO working with street children. Bangladesh (1996-1998)From 1996 to 1998, PARTNERS ran a project for the advancement of women in northern Bangladesh (Dhunot), which included a micro-credit scheme and vocational training. PARTNERS also set up a library for the children attending the outreach classes conducted by its Bangladeshi associate, the IIRD (Institute of Integrated Rural Development). The IIRD has now integrated these components into its large-scale projects in four underprivileged areas of the country – one of the most densely populated and poorest in the world. Brazil / Bolivia (since1999)In Petropolis (Brazil), thanks to a subsidy from the European Union, Partners has joined forces with SEOP, a local organisation, to improve housing conditions, conduct hygiene and domestic science classes and build six bio-digesters for the environment-friendly processing of liquid waste. Other projects in a poor Nordeste rural area and then in the Andes (Bolivia) provide rain water storage facilities and help to diversify crops and cattle, as well as to trade them better. Western EuropeIn 1999-2000, PARTNERS, jointly with a group of NGOs in the Lyon’s area in France, has participated in providing accommodation and basic necessities for several hundred refugees from Kosovo. It has also helped organise schooling for their children. In France, Italy and England, PARTNERS has conducted campaigns to develop public awareness of developing countries’ problems, especially among young people, through conferences in schools, participation in numerous forums, publication of a newsletter and training of volunteers.
Incumbent programmes Bangladesh (since September 2001)In September 2001, PARTNERS opened a day and night centre for street children in Dhaka. The shelter welcomes daily 160 slum, street and working children. The project is providing non-formal education, recreational activities, nutrition, health and hygiene facilities and shelter for the most vulnerable children, plus vocational training. Twelve local staff and social workers have been recruited and trained, and one expatriate is coordinating the various programmes. Moldova (since 2002)PARTNERS is supporting orphans and disabled teenagers living in several governmental institutions through rehabilitation of the infrastructures and adapted vocational training, such as pilot farm-school projects, which both feed the children better and train them to a real job. PARTNERS' ACTIVITIES IN MYANMAR
Introduction Starting operations : 1998 Work fields : Water and Sanitation, Health Education, HIV/AIDS prevention, Child Protection Staff : 1 expatriate, 22 locals Locations : Yangon Division (Shwe Pyi Tha Township), Magway Division (Yenanchaung Township) MoU : signed in 2002 with the Ministry of Health and extended in March 2006 for three years
From 1996 to 1998, two volunteers started to implement the mission in Yangon : gathering as much information as possible about the country, its social, economic and health situation, negotiating with the authorities and applying for the necessary Memorandum of Understanding (MoU) with the Ministry of Health, contacting the UN agencies and the other INGOs, visiting the different suburban townships of Yangon, identifying needs in various underprivileged areas, etc. Partners selected Shwe Pyi Tha Township, 34 km North of downtown Yangon. It seemed necessary to focus onrehabilitation of water supply systems, construction of good quality latrines, and basic hygiene education - mainly in the schools since children are the most vulnerable and condition the future of the communities.
Previous PARTNERS’ Projects in Myanmar 1) Since it has been present in the country, PARTNERS’ focus has been to provide safe water and proper latrines, as well as health education to primary schools' students and teachers in Shwe Pyi Tha township. Since 2000, 30 schools of Shwe Pyi Tha were provided with pumps, over head water tanks, drinking points, washing points, sanitary latrines and urinals, rubbish pits. They were also given a maintenance training. Moreover, 25, 000 children in 50 schools have participated in health education sessions and a theatre performance disseminating hygiene knowledge has been organised in 43 schools in the township. Details follow : PARTNERS’ achievements in Shwe Pyi Tha Township
In 2000, Partners carried out a pilot project in water supply and sanitation in basic education schools. It covered 6 primary schools in different areas of Shwe Pyi Tha. In 2001, PARTNERS started implementing a wider programme of water supply and sanitation in primary schools (4000 children beneficiaries), funded by Japanese Embassy in the early 2002, which provided 11 schools with proper water and sanitation facilities. In 2003, New Zealand funded a project that supplied adequate facilities to one village and school. Also In 2003, PARTNERS has given health talks in all the primary schools of the township with a grant from British Embassy, and also organised theater performances including health messages in 43 schools of Shwe Pyi Tha Township. In 2004, we provided water and sanitation facilities to two other schools thanks to Australian Embassy's funds. In 2005, Swiss Agency for Development and Cooperation gave a grant to PARTNERS to cover the watsan needs in 11 other schools. At the same time we kept running a wide HIV/AIDS Awareness campaign in Shwe PYi Tha Township (‘FHAM’ project funded by UNAIDS). In 2006, the British Embassy financed the provision of 8 latrines to one of the 7 monastic schools settled there (West Okkyin). Hygiene sessions were also organised in every class. And under FHAM project again we performed a 2nd Round of HIV/AIDS Awareness campaign in Shwe PYi Tha Township, reaching 90 000 people on total.
2) Since 2004, PARTNERS has extended its water and sanitation activities to the Dry Zone in Yenanchaung (Magwe division). Jointly with Terre des Hommes Italy, the project aims at improving community water supply and reducing public health risk factors in 32 villages. Ponds, dams, ground and rain water collection tanks and latrines have been provided; hygiene awareness campaigns have been conducted. Achieved outcomes are following : * Rural Health Centres : 4 brand-new health centres + rehabilitation of 4 health centres + expansion of 2 health centres * Water supply : building 2 dams and digging 11 rainwater ponds * Rural WatSan development : 32 villages in dry zone were assisted with : 38 school latrines and 1367 household latrines 27 hand-washing points and 2650 water containers 2750 hygiene kits
3) Due to the fast-growing rate of HIV/AIDS infection in Myanmar, PARTNERS has taken part in the reduction of HIV/AIDS transmission and in the enhancement of the quality of life of people with the virus. This project targeted workers, youths and general population of Shwe PYi Tha, gathered on their workplaces, in markets, karaoke bars.. and carried out collective awareness sessions to diffuse messages, give and promote condoms and train peer educators.
4) Child Protection
In 2002-03, PARTNERS has achieved an extensive survey in 4 urban and semi-urban areas in Yangon and Mandalay divisions. This was the sound basis for our team to write a report for UNICEF about Vulnerability of Children in Need of Special Protection. One of the outcomes was the difficulty for many families to satisfy their basic needs, among which sending their children to school regularly. Following this study, PARTNERS has implemented in 2004 a project in three official institutions in Yangon, supported by UNICEF. Child rights and protection messages have been spread to both vulnerable children and the staff, through the means of theatre performances and creative activities included in the workshops.
On-going programme
We are near to completion of a programme at three Monastic schools for Water and Sanitation Facilities’ improvement, funded by Australian Embassy. These monastic schools have some monks amidst their teachers but don’t train monks, instead they are the only ones that give totally free education to poor children. Duration of the programme is only three months : March, April and May 2008. The works include a shallow tube-well and two concrete OverHead Water Tanks ( gallon 400), two filtration systems, three hand-washing points and two drinking -water points, one hand-pump, two pump houses with air compressors, six latrines with septic tanks, two concrete access ways to WatSan facilities, and also Operation & Maintenance Training plus Personal Hygiene Training. Number of beneficiaries : 2674 students and about 50 teachers.
Comme le savaient déjà certains je suis arrivé en Birmanie il y a quelques jours. J avais au préalable pris contact avec le directeur d une petite ONG appelée « Partenaires » dont un ami m avait dit le plus grand bien quant à son honnêteté et son efficacité pour avoir travaillé avec lui au moment du cyclone qui a touché le Bangladesh il y a quelques mois. Une ONG dont apparemment les frais de fonctionnement sont réduits au minimum et dont les collaborateurs étrangers sont bénévoles, ça me plaisait bien tout ca… J avais peur qu on me dise que ma présence n était ni souhaitable ni souhaitée mais non, le directeur était d accord pour que je vienne. Un visa arraché de haute lutte à Bangkok et un billet d avion plus tard j arrivai à Yangon. Même si la ville n est pas dans la zone la plus sévèrement touchée n empêche qu on voit qu il y a eu du dégât, partout des arbres arrachés, certains sont tombés sur des maisons, d autres gisent ca et là… J arrive au QG et une fois le tour du propriétaire fait je constate que j ai frappé à la bonne porte: pas de locaux luxueux, juste un appartement/bureau, au 5eme sans ascenseur, loué pour les besoins de l ONG (qui était en fait déjà présente dans le pays depuis 10 ans), pas un trou à rat parce qu il faut pas exagérer quand même, mais loin d être classieux ca c est sur. Il n y a pas de clim ni de télé, rien que le strict nécessaire, c est a dire quatre vieux ordis, une imprimante, une petite photocopieuse, un téléphone, basta. Tout de suite j accroche avec le directeur, un barbu au regard tranquille et au verbe ciblé, le genre de gars qui ne l ouvre pas pour ne rien dire, qui ne manie pas la langue de bois et appelle un chat un chat. Il m explique certains des projets qu il a déjà menés à bien dans plusieurs pays avec des budgets plus que réduits, ça force le respect et si vous ne me croyez pas allez donc voir sur le site : www.partenaires-association.org ou regardez a la fin de ce message, j ai mis un copier coller en anglais qui vous intéressera surement… Christian(car tel est son nom, NDLR)est un boulimique de travail: il se lève très tôt le matin et se couche à regrets le soir, ses journées sont trop courtes quand bien même il travaille jusqu à une heure avancée de la nuit. Et quand je dis avancée, c est avancée, il ne consent à s abandonner au bras de Morphée que quand ses yeux commencent à se fermer et qu il tombe de fatigue, c est à dire sur le coup des 1 h-2 h du mat(hier soir 4 h!)… Il s arrête bien pour manger un peu, par obligation, mais la bouffe ne semble pas être au centre de ses préoccupations, ça tombe bien car moi non plus, Et c est à la bonne franquette: il y a une cuisine et on se fait à manger nous mêmes, vu nos talents respectifs en la matière ca se résume à quelques pates instantanées ou un peu de riz avec genre quelques légumes et œufs, pas les repas des grands soirs!!! Et je sens bien que Christian est le genre de gars à oublier souvent de manger ou à se contenter d un mauvais sandwich pour économiser du temps. Oui, ce gars est une vraie machine, une machine au service des déshérités… Vous me direz, pourquoi je ne parle que de lui ? Quid des autres ? Ben c est que les autres, y en a pas beaucoup. Il y a votre serviteur et deux birmans sympas qui aident pour tout ce qui est relatif aux traductions, démarches administratives, études sur le terrain etc… et c est tout, vous connaissez maintenant toute l équipe… Aux niveaux frais de fonctionnement je comprends vite comment il réussit à les maintenir a seulement 2 % des dons(ce qui me semble être un record). Je vous ai déjà décrit en gros le genre de la maison au niveau hébergement et repas, le reste est à l avenant: voiture ? Y a pas, mais l ONG s enorgueillit d une mobylette achetée d occaz. Taxis? Pas dans la chaine alimentaire du Christian, on prend les bus locaux pour nos déplacements en ville ou ailleurs(et il a bien raison, même si les taxis sont bon marché ca revient cher sur le long terme et l argent ainsi économisé pourra servir à vous savez quoi). Sa paye ? Très simple, il n en a pas… En ce qui concerne les employés, il m a expliqué que les occidentaux qui viennent de temps en temps donner un coup de main sont souvent bénévoles, ou grassement payés 300 E/mois s ils restent au moins 6 mois; par contre il paye les locaux. Car eux évidemment ne sont pas des privilégiés comme nous et ont besoin d un salaire pour faire vivre leur famille(il les paye très correctement par rapport au niveau de vie du pays et les gars sont contents, mais on est bien loin des payes faramineuses de certains « humanitaires »). Si je vous décris tout ca c est pour que vous compreniez bien que Christian est un gars totalement dévoué à sa cause, que son ONG est fiable et que si vous décidez d envoyer des dons ils seront bien utilisés sur le terrain et pas gaspillés en frais de fonctionnement iniques. Alors maintenant, les projets proprement dits... La zone du delta de l Ayerwady est toujours strictement interdite aux étrangers et les dons doivent transiter par la croix rouge birmane qui les distribue sur place, avec les interrogations que cela suscite évidemment, mais elles n ont pas lieu d être discutées ici… Ca ne veut pas dire pour autant qu il n y a rien à faire ailleurs, la zone autour de Yangon a dégusté elle aussi et comme d habitude en pareil cas ce sont les plus pauvres qui ont été les plus touchés car leurs malheureuses maisons en bambou n étaient pas vraiment à l épreuve d un tel déchainement de la nature. Certaines infrastructures ont été détruites, ce qui n arrange pas les choses vu que même avant la catastrophe elles étaient déjà assez limitées. Christian s est associé pour l occasion avec l ONG Solidarités, qui est une structure plus importante que la sienne et qui fait elle aussi du bon boulot, pour des projets pas toujours en rapport avec le cyclone(comme creuser des puits ou des bassins, garantir l accès a l eau potable, construire des latrines etc…)mais qui n en demeurent pas moins, à mon sens, importants. Ils ont donc différents projets en cours et vont embaucher du personnel dans les jours qui viennent. Bon ok, mais toi naps, qu est ce que tu fais là dedans, à part écrire des longs textes sur internet? Patience, j y viens… Avec Christian on a pas mal discuté et on a monté un projet assez ambitieux(je dis ambitieux car notre budget est plutôt limité en regard des besoins), un projet dont j aurai la charge et serai responsable et qui d après lui n aurait jamais été pris en compte par quelque ONG que ce soit car il n est ni flashant ni clinquant, et pour le moins pas photogénique. En deux mots, il s agirait de garantir une rentrée des classes et une année scolaire aussi normales que faire se peut aux gamins des familles les plus défavorisées d un faubourg situé a une trentaine de kilomètres de Yangon. Une mosaïque de petits villages qui au fil du temps est devenue une ville. Enfin une ville c est beaucoup dire, au niveau administratif c en est une mais il n y aucun centre ville et les différents bleds, parfois assez éloignés les uns des autres, sont toujours reliés entre eux par des mauvais chemins en terre. Pourquoi on ne s occupe pas de distributions de nourriture vu que jusqu à présent, et d après un tableau dont je viens d avoir connaissance et d autres informations déjà en notre possession, très peu a été fait à ce niveau la ? Tout simplement parce qu il s agit d une tache titanesque et que Partenaires est loin de disposer d un budget suffisant… Pensez donc, même une ONG de renommée internationale et qui dispose de fonds conséquents comme Save The Children n a distribué, en tout et pour tout, que l équivalent d un ou deux jours de vivres dans cette zone, nourrir des dizaines de milliers de gens durant au moins plusieurs semaines serait effroyablement couteux … Enfin bon, en tout cas c est une région que Christian connaît bien pour y avoir déjà mené à bien pas mal de projets(puits, sanitaires, eau potable etc…), elle répond au doux nom de Shwe Phi Tha (ça se traduit par « pays doré et paisible », on dirait une blague…) et il en parle sur son site. J en entends dire que tout ca c est bien gentil ces histoires d écoles, mais que ça n a rien à voir avec le cyclone!! Et bien si, je vous explique(et j ajoute que de toute façon un malheureux est un malheureux, toutes les causes se valent): comme je l ai dit plus haut, ce sont les familles les plus pauvres qui ont payé le plus lourd tribut a Nargis, toits de feuilles tressées arrachés, maisons en bambou écroulées… A ça s ajoute une paralysie d une partie de l industrie locale (il y a beaucoup d usines à Shwe Phi Tha) à cause des dégâts, ce qui signifie moins de boulot et donc moins de sous alors même qu ils en ont cruellement besoin en ce moment pour réparer leur toit, sous la mousson… Là dessus vient se greffer la rentrée scolaire qui aura lieu la semaine prochaine. La Birmanie, c est pas la France, et vous pensez bien qu il n y a pas d allocation de rentrée financée par les caisses de l état. Au contraire, il y a pour chaque élève des frais d inscription obligatoires, auxquels il faut ajouter l achat des fournitures et probablement celui d un nouvel uniforme, voire de deux, pour remplacer celui ou ceux de l année précédente qui seraient devenus trop loqueteux. On peut comprendre aisément que pour les familles les plus démunies ca tombe plus que mal, mais ce n est pas tout. Beaucoup d écoles ont subi des dégradations plus ou moins importantes à cause du cyclone, notamment au niveau des toitures. Et sur qui comptent elles pour financer les réparations? Sur les familles bien sur, le gouvernement c est même pas la peine d espérer… Et donc cette année, aux frais d inscription vont s ajouter des frais supplémentaires pour les réparations (dont le montant variera d une école à l autre en fonction des besoins) et si tu payes pas, ton gamin n ira pas à l école … Prenez tous les facteurs cités plus haut, mettez les dans une boite, mélangez bien et qu est ce qui ressort ? Ben que, vu que déjà d habitude beaucoup d enfants des familles les plus défavorisées ne vont pas en classe faute de thunes, il faut s attendre cette année à une véritable chute dans la scolarisation. Déjà que l’éducation est pas terrible… Pire, dans la majorité des cas leur scolarité risque de s arrêter là car une fois qu ils auront loupé une année il y a de grandes chances qu’ils ne retournent plus jamais a l école et qu ils entrent trop jeunes dans le marchée du travail. Et même s ils y retournaient ils auraient de toute façon tellement pris de retard et auraient tellement oublié du peu qu ils avaient acquis les années précédentes qu ils garderaient un sérieux handicap… Et ça fait combien d enfants tout ça ? Pour l instant on ne sait pas exactement. Pourquoi ? Parce que, l air de rien, on n est pas si bêtes avec le Christian: les inscriptions ont démarré et se poursuivront jusqu à dimanche et imaginez ce qui se passerait si on débarquait avec nos gros sabots made in France en claironnant à la cantonade qu on va prendre en charge les frais scolaires? Traduit du birman : Ah ben tiens, je vais faire des économies cette année, y a des occidentaux qui vont payer pour moi, faciiiiiile… Oui mais non, ca va pas se passer comme ca les gars!! On va attendre tranquillement que les inscriptions soient closes ce dimanche et de là on saura, après quelques jours, quels gamins manquent à l appel(d après nos estimations il devrait y en avoir au moins 5000). Lundi on va aller voir les directeurs d école un par un et leur dire qu on peut financer une partie de leurs rénovations si en contrepartie ils abandonnent la surprime a l inscription pour les plus pauvres (le budget qui sera alloué a ces travaux est l objet d un autre projet dont Christian s occupera au niveau évaluation des besoins, financement et organisation, mais il se peut même, aux dernières nouvelles, qu une grande ONG s en occupe). Et de là ne nous restera plus qu à contacter les familles des non inscrits une par une et de leur dire que: on paye l inscription; on paye un uniforme mais que si plus tard dans l année il en faut un autre ca sera a leur charge (histoire que les parents participent un peu quand même, et aussi pour économiser car Partenaires, vous l aviez compris, n est pas un mastodonte onusien, ce qui, soit dit en passant, est bien dommage, mais passons…); on paye une partie des fournitures(en gros ce qui est nécessaire pour la rentrée) mais pas tout, et si dans la suite de l année il faut racheter un stylo et quelques cahiers on estime que les parents pourront s en charger car d ici là ils auront eu le temps de se retourner et puis ça ne coûte pas très cher(sauf que pour nous, multiplié par le nombre de gamins, ca alourdirait les dépenses d un budget déjà loin d être suffisant). Ce projet nous semble être de 1 ère importance car autant Christian que moi nous pensons que l éducation est la clé de tout, c est par l éducation des jeunes générations que les choses finissent par bouger et c est bien pour ca d ailleurs qu elle n est jamais une priorité pour certains gouvernements … Me voilà donc arrivé au but de mon propos et à la raison pour laquelle j ai risqué une tendinite des index à taper ce texte: les sous !!!!!! (vous vous doutiez bien qu à un moment ou à un autre j allais y venir, pas vrai ?:-))) Notre estimation est que pour chaque enfant seront dépensés entre 7 et 9 euros, multiplié par bien 5000 gamins. Christian peut mettre une partie de ses crédits sur l affaire, une autre ONG, à qui il restait des sous du tsunami, nous a fait un chèque de 6500 euros, j ai investi moi-même une somme assez conséquente et on attend d autres contributions de donateurs individuels grâce au site de Partenaires. Mais pour l instant nous n avons qu entre un tiers et la moitie du coût total approximatif de l opération et c est là que je me tourne vers vous. Beaucoup de gens sur le forum semblent compatir aux souffrances du peuple birman mais la question qui ressort est toujours la même: à qui donner? Les grosses ONG sont assez discréditées à cause de leur train de vie éhonté(je viens encore d en voir de belles depuis que je suis arrivé, passons), il y a des rumeurs sur l armée birmane rackettant les donateurs etc… Chez Partenaires, 98 % de vos dons arriveront à bon port, et personne ne volera quoi que ce soit vu le type de mission dont il s agit. Christian m a confié la gestion et l organisation du projet et croyez moi, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour le mener à bien, aider ces pauvres petits et me montrer digne de la confiance qu il m accorde, c est pour moi une question d honneur… Vous pouvez bien sur dire que je suis un menteur, un affabulateur, un escroc et un rigolo incapable de mener à bien ce genre de projet, mais ceux qui me connaissent sur ce forum savent bien que ce n est pas le cas, et j espère qu ils sauront me défendre face aux esprits chagrins qui pourraient s inviter dans la discussion car je n aurai guère le temps de le faire moi-même. Je suis par contre à votre disposition pour toutes informations complémentaires (dans cette discussion bien sur et pas en message privé car elles ne seraient pas accessibles à tous) mais s’il vous plait, essayez d éviter les polémiques et la politique, je ne suis pas là pour ça et je n ai pas le temps en ce moment de m embarquer dans des débats interminables, la situation est grave et requiert une réaction rapide… Excusez moi d ailleurs si je ne répondrai pas toujours à la minute près, j ai beaucoup de choses à faire(entres autres retourner l une ou l autre fois sur le terrain)et à partir de lundi commencer la tournée des écoles et organiser la suite des évènements, il va y avoir du sport !!! Merci d avance à tous, et désolé d avoir ete aussi long…
Et maintenant, pour ceux qui se sentent encore un peu de lecture, voici, en anglais, un compte rendu de certaines des activités passées de Partenaires, Christian, c est à toi, envoie le franglais :-)))
PRESENTATION of PARTNERS NGO
PARTNERS is an international solidarity organisation established in France in 1991 by Christian Raymond, an engineer and former diplomat. Chart PARTNERS is a non-profit, non-religious, non-political and non-governmental humanitarian organisation, devoted to development, mainly by improving health and vocational training for needy people. Methods PARTNERS workswith qualified volunteers who conduct development projects in poor areas which get little assistance from large international organisations. They work in close conjunction with the local population, whose involvement in designing and implementing the programmes is of paramount importance. All projects take environmental concerns as well as local culture into account. PARTNERS ’ main objective is sustainability, so as to leave the communities concerned in charge in the long term. Particular emphasis is placed on health, education and training, especially to the benefit of women and children. Finances The organisation has received subsidies and donations from private and corporate donors and from various French and Foreign government agencies, among which the European Union, the French Ministry of Foreign Affairs, the Embassies of the UK, Switzerland, Japan, Australia, New Zealand, Canada, the Netherlands, Ireland and Belgium, UNICEF, UNAIDS, Alcatel, Vivendi, Michelin, TOTAL, Air France-KLM, Swissair, the Raoul Follereau Foundation, Enfance et Partage, the Tulsi-Chanrai Foundation, Montpellier Hospitals… PARTNERS' WORLDWIDE PROGRAMMES PARTNERS ’ first project was launched in Nigeria in 1991 and has already been taken over by a local NGO. Since, the organisation has set up several projects in India and Bangladesh, and developed its activities in Myanmar, Brazil, Bolivia and Moldova. Programmes completed Nigeria (1991-1998)Between 1991 and 1998 PARTNERS has conducted an integrated health and development project in Ogun Waterside. The project included rehabilitation of the 60-bed country hospital, creation of the first pathology laboratory in the area and an outreach immunisation campaign in 60 villages. An extensive health and hygiene education programme was run, especially to promote consumption of safe water. The sanitation programme has now been taken over by PARTNERS’ ‘ local counterpart, PARTNERS NIGERIA. § India (1995-2001) PARTNERS conducted a comprehensive educational project in three Bombay small slums from 1995 to 2001. The programme included a nursery class, study classes for primary school children, as well as vocational training, literacy classes and health / hygiene education for women. In Calcutta, PARTNERS provided support for a local NGO working with street children. Bangladesh (1996-1998)From 1996 to 1998, PARTNERS ran a project for the advancement of women in northern Bangladesh (Dhunot), which included a micro-credit scheme and vocational training. PARTNERS also set up a library for the children attending the outreach classes conducted by its Bangladeshi associate, the IIRD (Institute of Integrated Rural Development). The IIRD has now integrated these components into its large-scale projects in four underprivileged areas of the country – one of the most densely populated and poorest in the world. Brazil / Bolivia (since1999)In Petropolis (Brazil), thanks to a subsidy from the European Union, Partners has joined forces with SEOP, a local organisation, to improve housing conditions, conduct hygiene and domestic science classes and build six bio-digesters for the environment-friendly processing of liquid waste. Other projects in a poor Nordeste rural area and then in the Andes (Bolivia) provide rain water storage facilities and help to diversify crops and cattle, as well as to trade them better. Western EuropeIn 1999-2000, PARTNERS, jointly with a group of NGOs in the Lyon’s area in France, has participated in providing accommodation and basic necessities for several hundred refugees from Kosovo. It has also helped organise schooling for their children. In France, Italy and England, PARTNERS has conducted campaigns to develop public awareness of developing countries’ problems, especially among young people, through conferences in schools, participation in numerous forums, publication of a newsletter and training of volunteers.
Incumbent programmes Bangladesh (since September 2001)In September 2001, PARTNERS opened a day and night centre for street children in Dhaka. The shelter welcomes daily 160 slum, street and working children. The project is providing non-formal education, recreational activities, nutrition, health and hygiene facilities and shelter for the most vulnerable children, plus vocational training. Twelve local staff and social workers have been recruited and trained, and one expatriate is coordinating the various programmes. Moldova (since 2002)PARTNERS is supporting orphans and disabled teenagers living in several governmental institutions through rehabilitation of the infrastructures and adapted vocational training, such as pilot farm-school projects, which both feed the children better and train them to a real job. PARTNERS' ACTIVITIES IN MYANMAR
Introduction Starting operations : 1998 Work fields : Water and Sanitation, Health Education, HIV/AIDS prevention, Child Protection Staff : 1 expatriate, 22 locals Locations : Yangon Division (Shwe Pyi Tha Township), Magway Division (Yenanchaung Township) MoU : signed in 2002 with the Ministry of Health and extended in March 2006 for three years
From 1996 to 1998, two volunteers started to implement the mission in Yangon : gathering as much information as possible about the country, its social, economic and health situation, negotiating with the authorities and applying for the necessary Memorandum of Understanding (MoU) with the Ministry of Health, contacting the UN agencies and the other INGOs, visiting the different suburban townships of Yangon, identifying needs in various underprivileged areas, etc. Partners selected Shwe Pyi Tha Township, 34 km North of downtown Yangon. It seemed necessary to focus onrehabilitation of water supply systems, construction of good quality latrines, and basic hygiene education - mainly in the schools since children are the most vulnerable and condition the future of the communities.
Previous PARTNERS’ Projects in Myanmar 1) Since it has been present in the country, PARTNERS’ focus has been to provide safe water and proper latrines, as well as health education to primary schools' students and teachers in Shwe Pyi Tha township. Since 2000, 30 schools of Shwe Pyi Tha were provided with pumps, over head water tanks, drinking points, washing points, sanitary latrines and urinals, rubbish pits. They were also given a maintenance training. Moreover, 25, 000 children in 50 schools have participated in health education sessions and a theatre performance disseminating hygiene knowledge has been organised in 43 schools in the township. Details follow : PARTNERS’ achievements in Shwe Pyi Tha Township
In 2000, Partners carried out a pilot project in water supply and sanitation in basic education schools. It covered 6 primary schools in different areas of Shwe Pyi Tha. In 2001, PARTNERS started implementing a wider programme of water supply and sanitation in primary schools (4000 children beneficiaries), funded by Japanese Embassy in the early 2002, which provided 11 schools with proper water and sanitation facilities. In 2003, New Zealand funded a project that supplied adequate facilities to one village and school. Also In 2003, PARTNERS has given health talks in all the primary schools of the township with a grant from British Embassy, and also organised theater performances including health messages in 43 schools of Shwe Pyi Tha Township. In 2004, we provided water and sanitation facilities to two other schools thanks to Australian Embassy's funds. In 2005, Swiss Agency for Development and Cooperation gave a grant to PARTNERS to cover the watsan needs in 11 other schools. At the same time we kept running a wide HIV/AIDS Awareness campaign in Shwe PYi Tha Township (‘FHAM’ project funded by UNAIDS). In 2006, the British Embassy financed the provision of 8 latrines to one of the 7 monastic schools settled there (West Okkyin). Hygiene sessions were also organised in every class. And under FHAM project again we performed a 2nd Round of HIV/AIDS Awareness campaign in Shwe PYi Tha Township, reaching 90 000 people on total.
2) Since 2004, PARTNERS has extended its water and sanitation activities to the Dry Zone in Yenanchaung (Magwe division). Jointly with Terre des Hommes Italy, the project aims at improving community water supply and reducing public health risk factors in 32 villages. Ponds, dams, ground and rain water collection tanks and latrines have been provided; hygiene awareness campaigns have been conducted. Achieved outcomes are following : * Rural Health Centres : 4 brand-new health centres + rehabilitation of 4 health centres + expansion of 2 health centres * Water supply : building 2 dams and digging 11 rainwater ponds * Rural WatSan development : 32 villages in dry zone were assisted with : 38 school latrines and 1367 household latrines 27 hand-washing points and 2650 water containers 2750 hygiene kits
3) Due to the fast-growing rate of HIV/AIDS infection in Myanmar, PARTNERS has taken part in the reduction of HIV/AIDS transmission and in the enhancement of the quality of life of people with the virus. This project targeted workers, youths and general population of Shwe PYi Tha, gathered on their workplaces, in markets, karaoke bars.. and carried out collective awareness sessions to diffuse messages, give and promote condoms and train peer educators.
4) Child Protection
In 2002-03, PARTNERS has achieved an extensive survey in 4 urban and semi-urban areas in Yangon and Mandalay divisions. This was the sound basis for our team to write a report for UNICEF about Vulnerability of Children in Need of Special Protection. One of the outcomes was the difficulty for many families to satisfy their basic needs, among which sending their children to school regularly. Following this study, PARTNERS has implemented in 2004 a project in three official institutions in Yangon, supported by UNICEF. Child rights and protection messages have been spread to both vulnerable children and the staff, through the means of theatre performances and creative activities included in the workshops.
On-going programme
We are near to completion of a programme at three Monastic schools for Water and Sanitation Facilities’ improvement, funded by Australian Embassy. These monastic schools have some monks amidst their teachers but don’t train monks, instead they are the only ones that give totally free education to poor children. Duration of the programme is only three months : March, April and May 2008. The works include a shallow tube-well and two concrete OverHead Water Tanks ( gallon 400), two filtration systems, three hand-washing points and two drinking -water points, one hand-pump, two pump houses with air compressors, six latrines with septic tanks, two concrete access ways to WatSan facilities, and also Operation & Maintenance Training plus Personal Hygiene Training. Number of beneficiaries : 2674 students and about 50 teachers.
Prendre des photos? English translation pending
salut à tous
Une réflexion légère sans se prendre la tête (hé ho je reviens de vacances!!). J'ai rencontré il y a peu en hongrie une fille qui voyageait autour du monde sans prendre une seule photo: "elles sont dans ma tête". Et j'ai aimé sa façon de voir. Il est vrai que moi non plus je n'en prends pas beaucoup en fait, plutôt des images insolites ou des plans qui me plaisent pour leur incongruité ou leur humour - je trouve que les monuments et autres superbes plans on les retrouve un peu partout... J'ai demandé à une amie de me montrer ses photos de ses 2 mois au sénégal, elle me détaille avec amour une centaine de photos de visages en gros plans, personnes croisées ou connues, et j'ai adoré son album d'un sénégal vivant. Il y a tant de manières de faire un album d'un voyage, que prenez-vous en photo? et qu'en faites-vous ensuite? Les miennes sont éparpillées au gré de mes humeurs au mileu de carnets de voyages remplis d'écrits, de tikets de bus et autres, de plantes ou de croquis..que je ressors certains soirs d'hiver pour me faire rêver. Que sont vos photos pour vous? surt aujourd'hui à l'heure du numérique où des milliers de photos se classent sur l'ordinateur... (ne suis pas du tout une adepte..je sais je sais tjs en retard sur la technologie..😛)
Wara
Mission humanitaire au Pakistan English translation pending
17 novembre 05
L’histoire me poursuit, je poursuis l’histoire…J’étais tombée amoureuse de l’Inde, voila que je découvre aujourd’hui son frère ennemi (tel Remus et Romulus). Deux pays qui se déchirent depuis des années pour un bout de terre se sont retrouvés unis face à l’horreur. Les combats ont cessés un instant. La hache de guerre a été enfouie sous les décombres des maisons et les cadavres des victimes.
Me voici donc en mission au Pakistan avec la Croix Rouge suite à un tremblement de terre d’une magnitude de 7, 5 sur l’escabeau de notre cher Richter (comme les tisanes, si, si !).
Ça fait bien deux mois que nos équipes se relaient sur la petite ville de Batagram (station balnéaire perchée à 1000m d’altitude). Un hôpital de tentes a rapidement été monté, on a même ajouté des consultations dans les collines environnantes et roule la galère !
Ça c’était pour situer un chouya la situation. Il est 6h00 du matin et la nouvelle équipe (NOUS quoi) atterris à Islamabad après un vol relativement calme (j’ai été surclassé et j’avoue que j’ai eu du mal à quitter mon super fauteuil inclinable avec TV intégrée et steward à mes pieds !). Petit comité d’accueil. On grimpe vite dans les 4x4 direction Batagram.
La route m’est rapidement familière. Je retrouve la même conduite tellement caractéristique de cette région, à savoir qu’il est tout à fait possible de doubler une voiture qui est elle-même en train d’en doubler une troisième ! Il en résulte parfois des gros plans intéressants sur le camion qui arrive en face. Nous avons ainsi tout le loisir d’observer en détail le tuning particulièrement local de ces engins (vu que nos yeux sont exorbités par la panique, on n’en loupe pas une miette). Des couleurs à donner des bouffées d’angoisse à un caméléon, des guirlandes, des petites hélices parfois, un véritable sapin de Noël sur roulettes. Après tant de prouesses digne des plus grands chauffards, je soupçonne notre chauffeur de se prendre pour un kamikaze dopé au Yoba depuis sa plus tendre enfance.
On croise beaucoup d’hommes, les femmes se font rares (elles restent à la maison et sont considérées comme inférieures aux chiens. Une fois de plus je ronge mon sous-tif !! Promis, je ne vais pas jouer les Simone Weil version pakistanaise). Elles ne portent pas le sari mais une tunique sur un pantalon (punjabi) de couleur sombre, je ne retrouve pas la sensualité indienne qui m’avait tellement charmée. Nous sommes d’ailleurs rapidement contaminées et adoptons le foulard-sur-la-tête-à-haut-pouvoir-couvrant (Je ressemble à la vierge Marie, j’adôôôôre !). Pour compléter le tableau, après six heures assise dans un tape cul motorisé, je suis en mesure d’affirmer qu’une transformation inédite s’est opérée sur ma personne : J’ai maintenant un séant encastrable ! (Des fesses carrées quoi !).
On arrive enfin sur notre camp quatre étoiles: tentes, douches chauffées, une cuisinière, une machine à laver (un peu poussive mais on ne va pas se plaindre). L’équipe sur place nous accueille avec un bon thé indien.
17h30 La nuit tombe vite. Il y a une grosse amplitude thermique: 20° à 25° dans la journée et on atteint les 0° la nuit.
On va prendre nos quartiers. Je vous embrasse tous
18 novembre
Si il y a bien UNE règle de survie à suivre à la lettre dans ce bled c’est de ne SURTOUT pas boire de thé après 18h00 !!!!
Le vessie comme un ballon de football, j’ai du m’extirper de mon douillet duvet au beau milieu de la nuit pour me geler le derrière aux toilettes. Pourtant j’ai tout essayé: auto hypnose, yoga, j’ai même envisagé un instant de réquisitionner un récipient quelconque pour m’épancher mais la raison et la douleur furent plus fortes que moi. J’ai capitulé. Grelottant sous une montagne de pulls enfilés à la va vite j’ai sautillé jusqu’au lieu-dit, sous l’œil étonné de notre gardien. Et bien je vous assure que les nuits pakistanaises sont loin d’être des plus torrides ! On ne m’y reprendra plus.
Lever à 8h 30, avec petit dej en compagnie de l’équipe précédente. Ils partent demain alors on va profiter de cette journée pour faire un tuilage (ils nous filent le mode d’emploi du camp quoi). Au menu; café, thé (pas de Nesquick, ça c’est rude !!) et tartines sur des galettes genre naan indien (je sens que je vais me démancher la mâchoire un de ces quatre, ça ne me fait pas du tout rigoler). Le personnel local a le cœur déchiré par le départ de l’équipe précédente. Promis on essayera de faire aussi bien.
En périphérie de notre zone vie (les tentes où on dort, le stock de matériel, la cuisine et les douches) il y a deux tentes où on donne les consultations (une pour les hommes, une pour les femmes). Me voici assignée à la tente femmes. Les clients ne se font pas attendre. Je suis d’abord doublée avec Anna, infirmière de l’équipe précédente puis je me retrouve seule avec Nayla, jeune interprète qui me donne un sacré coup de main. Elle est grande malgré ses seize ans, drapée dans une étole bleue brodée. Elle sait cependant se faire respecter. Ses yeux brillent quand elle me parle de son pays. Entre deux pansements, elle me raconte l’histoire d’un prince qui s’est jeté dans la rivière qui coule un peu plus loin pour sauver son peuple d’un sortilège. On dit que la nuit, on peut voir son habit de lumière se refléter à la surface. Je suis sous le charme. Première rencontre avec nos chers patients: C’est pas aussi haut en couleurs qu’à l’arrivée de l’équipe numéro un (crânes fracturés, plaies super infectées, j’en passe et des meilleurs) mais on doit faire le suivit des pansements, les affections respiratoires arrivent et les bestioles en tous genres sont toujours aussi fidèles au rendez vous ! (les insectes sont nos amis..)
Petit regard sur le décor: Le camps est situé dans une vallée au milieu de montagnes dont certaines ont le sommet enneigé. Les flancs sont un peu pelés, avec ça et là des petites touches bleutées apportées par les tentes de fortune qui se marient d’une façon remarquable avec le ciel azur. On pourrait presque monter une station balnéaire maintenant qu’on a monté un super Hôpital….. On devrait en toucher deux mots à nos voisins logisticiens allemands, je suis certaine que ça les motiverait. Le log (abréviation usuelle pour logisticiens) doit être en mesure de trouver n’importe quoi, n’importe où non ? A quand le jacuzzi ?
Les filles se sont rapidement mises à la mode locale (foulards pour cacher le moindre cm² de féminité) pendant que nos hommes, ayant subit un sommeil glacial, se sont mis en charge de mettre un chauffage dans la tente vie.
Ben voila, voila, la nuit se casse la gueule rapidement (boum), il est a peine 17h00 ! Vu l’amplitude thermique locale on rajoute au moins deux couches supplémentaires à nos tenues (on n’est pas gros ! c’est une beauté couches par couche). Nous verrons donc cette nuit si les efforts de nos logs de chocs saurons nous porter au pays des rêves a bord de nos douillets duvets.
19 novembre
Avant d’entamer le description de la présente journée, je me dois de vous avouer que le camp a été immobilisé tout hier soir pour une activité des plus prolifiques et hautement diplomatique: La cuisine à été envahie par les filles pour une séance de tatouage au henné par nos chères traductrices pakistanaises. Maintenant nous sommes des tatouées, des vraies !! Pendant ce temps, nos mâles collègues se gelaient dehors et s’auto digéraient en hurlant à la mort et en nous traitant de noms d’oiseau des plus poétiques. N’empêche que, une fois qu’ils ont vu ce que ça donnait sur nos petits bras charmants, ils se sont prêtés au jeu sans se faire prier ! Ben voyons ! Nos talentueuses tatoueuses locales s’étant éclipsées il a fallu prendre le relais….. Le résultat fut des plus intéressant. Les arabesques fleuries laissèrent la place à des têtes de mort, des ancres de marine ou des tableaux pour le moins abstraits.
Bon, revenons à aujourd’hui. Apres une journée passée seule dans mon petit hôpital pour nanas (je tiens la consultation pour femmes) je dois arriver à la conclusion qu’il vaut mieux être inspecteur gadget qu’infirmier ou médecin pour bosser ici. Comment vous faites vous, pour décapsuler un plâtre qui va jusqu’en haut du mollet (renforcé, bien évidemment par deux bandes de résine, sinon ce ne serait pas rigolo) alors que vous n’avez aucun matériel adéquat ? Pas la moindre scie, ni bite, ni couteau. Enfin, le Dieu LEATHERMAN nous touche de sa grâce. Nous voici donc en train de nous acharner sur son @*§ »<£ de plâtre avec la mini scie du couteau de poche, un abaisse langue glissé entre la peau de notre victime et son plâtre. Nous vainquîmes !!!
Les personnel infirmier s’est d’ailleurs découvert de nouveaux pouvoirs magiques: Je vous présente donc Orianne, reine du point de croix sur plaie suturable, Mozart du point col roulé et votre serviteuse (Emilie), pourfendeuse d’abcès surinfecté sur derrière poupin.
Olivier s’est déjà fait remarquer en renvoyant la cuisinière (il n’avait pas de nom de code en Louisiane, voici donc Exterminator), la soupe était trop froide ! Il a même poussé le vice jusqu'à ne la congédier qu’une fois le dîner prêt. Trop fort le p’tit gars ! Toute l’équipe locale tremble dans leur bourca, qui sera le prochain ?
Merci à nos logs de choc qui ont permis à l’équipe des filles d’avoir une tente chauffée avec petite lampe perso pour bouquiner le soir. On est aux petits oignons !
20 Novembre
Première réplique! On a swingué trois secondes même pas, juste le temps de sentir la terre faire le gros dos. Ca fait tout drôle. On était en pleine consultation, on s’est tous regardés, puis on a continué comme si de rien n’était. De toute façon vu qu’on est dimanche, on n’a pas eu beaucoup de patients.
Depuis hier soir donc c’est la dèche on doit cuisiner nous-même vu qu’Exterminator est passé par là. Pas la moindre âme charitable pour nous faire chauffer le petit dej ! Qu’a cela ne tienne, on fait honneur aux rations de survie (comment résister au navarin printanier ou encore à la salade du gondolier ??). La cuisinière précédente cumulait deux emplois et nous négligeait de façon particulièrement difficile à supporter pour nos omnivores de coéquipiers. Il nous semble donc plus équitable d’en embaucher une nouvelle (blonde et à forte poitrine aux dires de ces mêmes coéquipiers…. On verra ce qu’on peut faire, on n’en est pourtant qu’à une semaine de mission).
Cet après-midi les médecins sont sortis du camp pour magasiner un brin, pendant que les logs peaufinaient notre confort. Exterminator a trouvé des tongs (on verra de tout sur cette planète!), pour soigner le Toubib on a également ramené une cargaison de PEPSI (ça commence mal Doc, ça commence mal !!). La ville est encore étonnamment sur pieds. Par contre certains murs portent des fissures de très mauvaise augure. Pas de femme dans les rues, rien que des hommes portant leur longue chemise beige sur un pantalon et le chapeau dans le plus pure style omelette ramollie (mais si comme en Afghanistan !). Les hommes dévisagent peu les filles de l’équipe, il faut dire qu’elles sont camouflées par leurs vêtements à haut pouvoir couvrant et encadrées par trois hommes.
Demain matin, départ d’une première équipe mobile, avec deux heures et demie de route puis un hélico pour rejoindre un village paumé en altitude qui n’a encore reçu aucune visite de médicaux. Deux, peut-être trois jours de confort tout à fait rudimentaire malgré un soutien logistique basique militaire (les cantines sont pleines à craquer de rations de survie vu que Greg est en train de développer une dépendance quasi maladive pour ces étouffe chrétiens). Bon courage à ces trois-là, en attendant que vienne notre tour de nous envoyer en l’air
21 novembre
Deuxième matin sans la moindre cookerine ! On ne peut pas dire qu’Exterminator soit meilleur dans l’expulsion plutôt que le recrutement mais les coutumes locales ne lui facilitent pas les choses. Hier soir, il a tenté de recruter une jeune donzelle. La pauvre est arrivée escortée par une de ses amies et avait tellement peur de notre mâle blindé de testostérone qu’elle s’est mise à l’autre bout de la table et lui tournait le dos. Pas facile pour parler ! Vu qu’elle n’est pas mariée, elle a très peur des hommes et devra demander l’accord de son frère avant de pouvoir venir travailler dans cette horde de débauchés (« et voici que je vous envoie, seul au milieu des loups »).
Hier, pendant notre balade, nous avons croisé la boulangerie du coin d’où sortait un fumet des plus alléchants. On s’est alors pris à rêver de petites brioches toutes rondes et toutes chaudes qui nous attendraient, sur la table du petit dej, alors que nous nous extirperions de nos douillets duvets, l’œil encore embué par la nuit passée. Cruelle réalité que celle-ci: pas le moindre petit bout de pain, pas de sensuelle cookerine ! De rage et par dépit notre Exterminator s’est rabattu sur le café atomisé (si, si, on ne sait pas bien ce que ça veut dire mais c’est écrit sur le sachet).
Les consultations continuent même sans notre cher docteur. On a pas mal de personnes qui viennent pour des brûlures. Les familles vivent à vingt sous une tente de fortune et les autres courent autour pour se réchauffer. Certains s’endorment trop près du feu, d’autres se renversent du thé bouillant (trop de promiscuité), enfin on commence à voir des gelures sur les orteils et les mains. Allez leur expliquer qu’il faut porter des chaussures plus chaudes!
Une réplique de belle envergure (5, 5 sur l’escabeau de Richter, épicentre à 120 km d’Islamabad donc pas loin de Battagram) nous secoue pendant le déjeuner. La cookerine paniquée a failli s’enfuir de la tente, je l’ai rattrapée de justesse par le bas de son pantalon. Elle avait les larmes aux yeux.
En règle générale, lors d’un tremblement terre la secousse initiale ne dure pas plus longtemps que quelques secondes mais ça suffit pour entraîner des dégâts monstrueux. Cette fois ça a bien duré cinq secondes. On a entendu un grondement, la terre a tremblé fort puis vibré encore quelques instants. Suite à cette réplique, on a eu quelques plaies au dispensaire (chutes de leur hauteur, rien de bien grave).
En se baladant dans les collines Guy, notre arching (architecte ingénieur) s’est rendu compte que les anciens connaissaient des techniques de constructions anti-sismiques mais que la génération suivante, qui est allée travailler au moyen orient a tout oublié au profit des techniques modernes.
22 Novembre
Ce matin, ô joie, notre petit déjeuner fut un peu plus fourni qu’hier. Ne pas désespérer, nous avons une des cuisinières qui s’appelle Pari, alors si elle est aussi bien fournie en neurones que son homonyme version US ( ben si, Paris Hilton !), on devrait avoir un truc à peu près correct d’ici la fin de la mission. Donc nos deux copines Pari et Parvine sont dans un bateau… si y'en a une qui tombe à l’eau, ben il ne reste plus grand-chose vu qu’il semble qu’il faille leur deux cerveaux pour une action ! Pas gagné !
Notre amie infirmière Brigitte a tenté l’ascension de l’Himalaya local (petites collines environnantes) en compagnie de Dada (Jean Paul, Watsan) histoire de voir un peu le point de vue. On ne peut pas dire qu’ils aient atteint leur objectif, j’irais même jusqu'à dire qu’elle a perdu le sien dans un ravin sans fond (en gros elle a bêtement fait tomber son objectif photo dans la vallée quoi !!). On essaie de faire des super jeux de mots, voyez à quoi on est réduit pour rigoler! On a déjà épuisé toutes nos blagues Carambar… Mayday
Au cours de son expédition sur la colline, Guy, notre Arching a pris des cours d’herboristerie auprès du chef indigène d’un village voisin. Résultat des courses : Pour des problèmes sanguins, il suffit de faire une infusion de feuilles de microtrèfle, et pour les filles du team il a ramené une herbe ramassée près du réservoir d’eau. Elle permettrait de déclencher des règles paresseuses (On voit bien que ce sont des conseils de mecs, pour notre part, si elles nous oublient on ne s’en portera pas plus mal !!). Il ne désespère pas de tomber sur des plantes permettant de lutter contre le sida et le cancer sachant que le mélange pour guérir aussi bien de la connerie que de la cruauté humaine n’est pas encore au point.
Dur retour à la réalité, cet après midi, on s’est fait dépouiller de tablettes de paracétamol et d’antibiotiques pendant qu’on faisait honneur aux envolées culinaires de nos deux créatures de choc. On attend notre première tentative de suicide locale avec impatience. Bande de ploucs ! On sait bien que les médicaments seront revendus sur le marché. C'est toujours rageant de se faire utiliser comme ça, mais c'est partout pareil. On prendra les mesures qui s'imposent en commandant aux compagnons du coin des armoires fermées à clef pour les deux tentes de consultations
23 novembre
Après quelques jours dans mon petit hôpital pour nana, j’en viens à peu près à voir les mêmes pathologies. Beaucoup de personnes blessées lors de la secousse initiale reviennent pour qu’on continue de s’occuper de leur plaie. Les pansements sont relativement simples mais les plaies mettrons du temps à bien cicatrise (mauvaise hygiène, froid, macération). La promiscuité et la saleté favorisent aussi les maladies de peau comme la gale, les poux, l’impétigo. Certains enfants ont le crâne recouvert de croûtes assez volumineuses, parfois suintantes. Pas de problème ! Ils ressortent de la consultation tout violet (merci le violet de gentiane). Les brûlures sévissent toujours régulièrement sur petits et grands (je n’arrête pas de dire qu’ils devraient se mettre à la limonade). Enfin, les ouvriers d’en face qui sont en train de bâtir un hôpital en préfa, ne manquent pas de s’empaler les objets les plus divers dans toutes les extrémités possibles et imaginables (n’imaginez pas trop cependant, nous sommes en pays musulman !!).
Ce soir nos deux cuisinières ont établi un nouveau record : liquider un bidon d’huile de cuisine de cinq litres en deux jours! On prépare notre hibernation avec application. Vous n’allez pas nous reconnaître au retour. C’est soit tout soit rien dans ce pays. Certains jours on est neuf à loucher sur trois malheureuses rondelles de radis qui flottent dans le fond d’une assiette en plastic, le lendemain c’est l’orgie romaine sponsorisée par Flodor.
Notre équipe de nomades est enfin redescendue de la montagne. Le teint hâlé, on dirait presque qu’ils reviennent de vacances. Demain, je prends le relais avec notre bon docteur et Dada. On part en 4X4 pour la ville de Besham. Ce sera nettement moins roots vu qu’on loge dans un hôtel (le « Continental » s’il vous plait). De là on ira sur deux villages identifiés comme n’ayant pas été vu par quel que médical que ce soit. On revient sur Battagram samedi ou dimanche. Je vous donne des nouvelles des mon retour (d’ici là vous pouvez retourner regarder la TV, je serais dans l’incapacité de vous raconter mes états d’âme).
26 Novembre
Retour, ce soir, de l’équipe médicale qui était partie faire le kakou sur de nouvelles collines pendant trois jours, j’ai nommé : Imli (votre serviteuse), Abou (Docteur Jean Pierre) et Dada (Log Jean Paul). Je me dois ici de développer le concept particulièrement controversé de ces « cliniques mobiles » histoire que vous perceviez toute la dimension amusante de la chose (si, si, je vous assure que c’est particulièrement poilant!).
Il y a d’un coté la Fédération, notre représentation de Dieu sur terre, quoi. Tout plein de fonctionnaires dans l’âme qui sont chargés de diriger notre boulot, à nous pauvres petits manouvriers du médical, après avoir fait des missions d’évaluation dans divers camps de réfugiés. Il faut savoir qu’il n’y a pas que les Français sur place mais aussi des Thaï, des Suédois, un Béninois etc.… Dans la théorie, ça a l’air simple et plutôt bien pensé mais, comme d’hab, sur le terrain c’est beaucoup plus folklorique !
Nous dirons donc qu’on nous a envoyé bosser sur deux camps de réfugiés pelotonnés au creux des reins de la montagne d’où descend l’Indus, fleuve fougueux d’un blanc laiteux. Les bancs de sable, zébrés par le vent, se prennent pour des jardins zen. Alentours, certains pans de la falaise sont mis a nu par de récents glissements de terrain tandis que le reste est recouvert d’une végétation de type méditerranéenne (lauriers, oliviers) avec quelques bananiers, des eucalyptus et des palmiers. Paradisiaque ! Par contre pour ce qui est d’un réel besoin, je crois que nos amis de la Fédé se sont fourrés leur doigt manucuré dans l’œil jusqu'à l’omoplate.
Les deux camps (Batera et Kund) sont gérés par les militaires pakistanais. Il y a à peu près six à huit cent personnes dans chaque. Chaque jour de nouvelles familles descendent de la montagne pour se réfugier avant l’arrivée de l’hiver repoussant ainsi les limites du provisoire. Au départ, ils refuaient de quitter leurs bêtes mais l’armée a construit des étables, alors seulement ils ont accepté de les laisser derrière eux.
Pour arriver au camp de Batera, nous devons emprunter le « col de hamburger » (soit on se fait écraser par des rochers qui tombent soit on tombe dans le ravin vu que la route est à peine plus large que la voiture !). Séance tape cul pendant une heure et demie. Si nous croisons des femmes, elles se tournent et se cachent le visage avec leur voile. On a d’ailleurs eu beaucoup de mal a voir des femmes lors des consultations même si j’étais là pour les accueillir avec toute ma féminité.
Apres trois jours à faire la navette entre les deux camps, d’un tea time à l’autre (ah oui! les militaires sont des pros pour ce qui est de faire des pauses thé toutes le cinq minutes, de vraies petites femmes d’intérieur) on peut dire que les besoins n’étaient pas à la hauteur de ce que nous avait décri nos petits amis de la Fédé. On a soigné beaucoup de diarrhée, des « mal partout » à profusion, et quelques infections urinaires. Notre bon médecin a fait la promotion de ses potions miracle. La malle ouverte à l’arrière du pick-up, tel un parfait charlatan de western.
Retour ce soir sur notre camp, sweet camp de Battagram ! Accueillis par une pluie diluvienne et les hourras de la foule en délire (Greg et Brigitte). Les surchauffes à répétition du système électrique eurent raison de nous : coucouche panier papattes en rond pour tout le monde à partir de vingt et une heures.
27 Novembre
Il a plu cette nuit, il a plu toute la journée, que voulez vous faire dans des conditions pareilles ? On aurait pu aller dévaler les pentes nouvellement enneigées de la montagne qui nous fait face en chantant des polyphonies tyroliennes, mais nous avons choisi de réchauffer nos douillets duvets et jouer au tarot jusqu' à plus soif. Nos logs de choc sont en train de transformer la cuisine en sauna. Deux canons a chaleur pour une seule pièce. Il va falloir penser à commander des gants de crin et du savon noir ! C’est dimanche que diable et l’équipe avait bien besoin de recharger les batteries !
Par contre, dans la soirée, on a eu quelques répliques. Vu toute l’eau qui est tombée depuis hier soir, les glissements de terrain ont dû se lâcher un peu partout. On part demain en évaluation sur de nouveaux sites, on verra bien si il y a des besoins supplémentaires. Mon appendice nasal se prend pour une fontaine mais le moral est toujours au beau fixe, surtout quand j'apprend à quel point vous devez avoir froid en France! Je crois, finalement qu'il fait meilleur sous le soleil pakistanais (le confort en moins tout de même), il ne me manque plus qu'un guitariste pour adoucir tout cela et ce serait le paradis!
28 Novembre
Que dire de plus si ce n’est qu’il a encore plut toute la matinée et que ça commence à sacrément peser sur l’entrain des troupes. Dur de s’extirper du douillet duvet quand on sait qu’il fait froid et humides dehors et qu’on va se retrouver, non pas face au visage enamouré de l’être cher mais face à des brûlés, des panaris et des cascades de pus!. Il est vrai que notre cher Exterminator est le seul à jouir des risettes des deux petites « cuisinières ingénues ». Notre mâle bourré de testostérone n’en fera qu’une bouchée !
Nos logs ont amélioré une fois de plus les installations qui avaient un peu pris l’eau cette nuit. On approfondit les tranchées autours des tentes, on rajoute des chauffages quitte à faire exploser le groupe électrogène. Une ribambelle de gamins se masse autour du désormais célèbre Dada. Quelle star !
Du coté des meds, le BHC reste ouvert mais les clients se font rares, refroidis par les conditions météo. Notre traducteur a eu beaucoup de mal a venir ce matin étant donné l’état des routes (souvenez vous : Pluie + tremblement de terre = routes impraticables).
On a eu quelques pansements d’habitués et un type qui est arrivé alors qu’on n’espérait plus. Le pauvre homme avait le visage à vif, les bras croûtés, purulent jusqu’au coude et de dos dans un état semblable. Hier, sa tente a pris feu alors que lui et sa famille préparait le repas sur un réchaud. Deux de ses enfants sont morts brûles et lui s’en est sortit mais dans quel état ! Le jour même, il n’a pu recevoir des soins vu qu’il habite dans les collines loin du centre médical. Je n’ai même pas pris le temps de l’examiner a fond, on l’a renvoyé vers l’hôpital de Battagram.
Le tremblement de terre continue à faire des victimes et des morts. Le froid, la pluie, la promiscuité ne font que ralentir le processus de guérison. Comment leur expliquer qu’il ne faut pas cuisiner dans les tentes alors que toute l’eau du ciel s’abat sur leurs têtes et que c’est le seul moyen de chauffage ?
Dans l’après midi, nous (Brigitte et Imli) nous sommes enfermées dans la tente pharmacie pour terminer l’inventaire. Peine perdue, on aura encore un autre épisode demain (hourra !).
Ce soir, Nathalie (team leader) et Orianne sont revenues de leur périple de fin de semaine. Faisant fi de la neige, du ciel embrumé et de la pluie, elles ont bravé les éléments déchaînés pour revenir se peler le jonc avec nous ! Nous pensons dédier un hôtel aux logs germano-français qui se décarcassent chaque jour pour que nous puissions prendre une douche chaude (40° à la sortie) quand nos dents claquent trop fort. Merci Ô magiciens de l’électricité !!
29 Novembre
Eh bien non! Exterminator n’est pas mort dans son sommeil d’une intox au monoxyde de carbone (zut!). Hier soir, le chauffage de sa tente fumait d’une façon dangereuse. Ras le bol des brûlés, on n’a pas besoin de boulot supplémentaire !
Quelle plus belle façon de clôturer une mission que de finir lyophilisé dans son douillet duvet ? Les petites ingénues pleureront à chaudes larmes la perte de leur maître….
En fait nous le soupçonnons de vouloir se liquider et de faire passer ça pour un accident du travail. Ce matin il s’est renversé la moitié du bidon de gasoil dessus. Il ronchonnait c’est sûr mais je le voyais bien moi, lorgner du coté des allumettes d’un œil lubrique !
D’un autre coté nous avons la belle au bois tremblant (Brigitte) qui ne se réveille plus qu’au son des secousses sismiques. Prise d’un sommeil de plomb, il ne lui en faut pas moins pour s’ouvrir à la journée qui commence. Avec une équipe pareille on ne risque pas de sauver le monde, moi j’vous l’dit !!
Une partie de l’équipe médicale est allée, une fois de plus, batifoler dans les collines alentours histoire de voir si il n’y avait pas quelques âmes pécheresses à repêcher. Leur malle bourrée de potions magiques ils sont allés sur le camp de Shumlaï. C’est plutôt le genre génération spontanée. Un grand camping plein de tentes partout avec des maisons détruites autour. Cinquante consultations en trois heures ! Ca fumait dans la tente médicale, je ne vous dit que ça ! Manque de bol, le coin est tellement chouette qu’une équipe médicale humanitaire Afghane nous pique la place pour les jours suivants (non mais, est ce qu’on va faire de l’humanitaire chez eux, nous ?!). Je me demande si l’humanitaire ne se résume pas parfois à la recherche de la meilleure place au soleil. Laissez tomber les copains, il n’y a plus un poil d’ UVA depuis belle lurette !
Ce soir Guégoyi s’est enfin démasqué !! Le rustre tente depuis le début de la mission de nous intoxiquer par tous les moyens possibles. Apres avoir éteint le chauffage des tentes un par un sous le frauduleux prétexte que nous n’avons pas de « trifazé » (c’est quoi ça d’abord, un nouveau médicament ?), le voila qui nous enfume le bureau et la cuisine en un même temps. Une fumée noire à soudain envahi notre petit espace vital, nous forçant à lâcher tout travail en cours (et Dieu sait si on bosse comme des malades) pour nous réfugier dans la nuit noire et obscure. Je le soupçonne d’être payé par nos petits amis de la Fédé qui sont jaloux de nos installations de choc.
L’équipe part en vrille, la cuisine devient un tripot à peine les assiettes débarrassées. La belotte fait rage. Sortez les cigares, l’alcool et les petites pépées !
30 Novembre
On rigole, on rigole!! Une fois de plus, nos petits amis de la Fédé nous aident à coups de pied dans le derrière. On a eu la soudaine envie de recruter du personnel local. C’est vrai, quoi, ce serait pas mal d’étoffer nos équipes avec quelques autochtones histoire de pouvoir passer la main un jour. L’urgence semble loin, le vivier français est essoré comme une chaussette, bref le calcul est vite fait !
Nous tournons donc nos yeux pleins d’espoir vers notre père spirituel pour recevoir une quelconque manne divine. Peine perdue, la réponse fut sans appel : « On a bien des personnes mais on se les garde sous le coude ». Message reçu.
Vu que l’hôpital tourne sans interruption depuis notre arrivée, nous observons un phénomène physique assez intéressant : le niveau des médicaments baisse proportionnellement au temps passé ici ! Là encore, faisant fi de nos mauvaises expériences précédentes, nous courrons vers Fédé pour avoir quelques tubes de crème, voire quelques compresses. Pour le coup, ils l’ont joué plus stratégique, en nous aiguillant vers WHO (l’organisation mondiale pour la santé). Avec un titre pareil, ils devaient bien avoir quelques abaisse-langues au fond de leurs tiroirs….. Gentiment, ces messieurs nous ont répondu qu’ils avaient d’autres Pakistanais à fouetter !
Enfin, nous nous retrouvons devant un autre problème digne de ces histoires de baignoire qui nous ont tant fait suer il y a quelques années : Sachant que nous avons identifié un camp de quatre cent quatre-vingt douze familles pas loin de Battagram. Sachant que nous avons croisé LE médecin du camp qui fait dans le plus pure style minimaliste (pas de matériel, pas de chauffage, pas de personnel). Sachant que Fédé nous a assuré qu’il pouvait faire apparaître une tente toute équipée où on voulait, quand on voulait. La conclusion attendue serait que nous allons bosser là bas….. ben non, vu qu’il y a des militaires, Fédé a peur que les militaires en fassent plus tard une zone d’entraînement pour talibans sponsorisée par Croix rouge. Il va donc falloir ruser diplomatiquement. Fédéféchier ! (nouveau juron pakistanais)
Depuis le début des opérations, il est impossible d’avoir une idée claire des villages touchés par l’aide médicale. Les responsables des districts disent à tout va qu’ils ont été oubliés, pleurent dans les jupons des autorités pakistanaises, qui vont rapporter tout ça aux Nations Unies. Impossible de faire une réelle évaluation vu l’étendue (géographique) des dégâts.
Ce matin on a vu débarquer une équipe chirurgicale Cubaine. Ils sont huit cent sept médicaux dont trois cent quatre-vingt douze médecins à avoir déserté leur île pour s’implanter en pays capitalo-musulman (c’est compatible ça ?). Mes amis ce n’est pas le moment de se casser une jambe à Cuba, y’a plus personne pour vous soigner. Toujours est-il qu’ils trouvent nos tentes tellement chouettes qu’ils ont décidé d’en squatter une pour en faire un bloc (orthopédie à gogo). Et vu qu’on est les rois du pansement, ils veulent qu’on fasse leurs suites opératoires.
Bon, j’arrête ici ma diatribe défoulatoire. Demain est un autre jour et les patients nous appellent.
1er Décembre
Après presque trois semaines passées dans ce camp notre féminité en a pris un sacré coup dans l’aile ! Je vous le donne en mille : la couche supérieure épithéliale du visage de nos chères expats commence à être sacrement attaquée. En effet, la chaleur sèche diffusée par les canons de chauffage des tentes provoque un dangereux resserrement des micropores faciaux suivant le schéma classique du « pantalon -taille 36 alors qu’on fait du 40 ».
J’ai bien demandé à nos logs de choc de placer régulièrement une coupelle d’eau fraîche devant les sorties de chauffage histoire d’humidifier l’air ambiant mais ceux-ci m’ont répliqué, avec raison, qu’ils ne voulaient pas briser le peu de reins qui fonctionnait encore sur leur personne en faisant des courbettes non ergonomiques. Ils suggèrent donc que Fédé les équipât de petites cannes avec une pince au bout afin de pouvoir s’acquitter de cette tâche sans abîmer leur dos. L’affaire est en cours, j’ai la foi.
L’équipe médicale qui était partie hier sur Besham est revenue dans la soirée (Abou Docteur, Brigitte-la-belle-au-bois-tremblant et Exterminator). Visiblement, depuis notre dernier passage, le super hôtel s’est transformé en nid à puces assaisonné de douches à l’eau froide (la magie Pakistanaise !). Pas le même standing tout d’un coup! Peine perdue, il en fallait plus pour ébranler le moral de notre agence tout risque. C’est donc pétrifiés de froid que nos joyeux lurons sont retournés sur le camp de Batera (souvenez vous, le « col du hamburger ») pour accomplir leur mission salvatrice. Même pas cinq minutes de répit pour qu’Exterminator puisse aller se repoudrer le nez!
Pendant ce temps sur Battagram, je suis restée la tête dans le guidon, inventoriant chaque micro organisme de cette satanée pharmacie et Orianne a tenu les consultations à flot, secondée par notre fidèle traducteur Goulhamine toujours aussi impeccable avec sa veste d’étudiant anglais par-dessus son chalwar kamiz (grande chemise sur pantalon).
On soupçonne le sonotone de Dada de ne plus fonctionner. Les générateurs hurlent dans la cuisine pour éclairer un malheureux néon, on braille pour couvrir le bruit. Il n’y a que lui qui gardât le sourire. Mais où est ce « Trifazé » qui, aux dires des personnes de la profession, pourraient régler nos problèmes d’énergie et pourquoi pas celui de la faim dans le monde ??
Le réveil de notre belle au boit tremblant est complètement détraqué !! On a eu une secousse ce soir. Ma chère il va falloir revoir tout ça, ça ne va pas du tout !! La nuit c’est fait pour dormir !
2 décembre
Lever aux aurores pour partir en clinique mobile sur Shamlaï. On ne change pas une équipe qui gagne. Voici donc Docteur Abou, super Dada et présentement moi-même, la miss Imli, entassés dans un pick-up givré. La route est magnifique. De tous les cotés, la montagne est rayée de cultures en escalier. On dirait qu’un géant a décoré son château de sable en passant un immense peigne sur ses flancs. La lumière se reflète dans toutes ces petites parcelles irriguées créant un jeu de lumière à chaque détour de la route. En fond les montagnes enneigées font rêver nos skieurs dans l’âme.
On arrive sur Shamlai. La ville est presque totalement détruite. Beaucoup de maisons ne sont plus délimitées que par un amas de gravats. Les tentes poussent comme des champignons. Une distribution de tôles ondulées par les militaires pakistanais créée un attroupement. Les hommes repartent chargés comme des mules. Ils ont parfois des distances impressionnantes à parcourir avant de regagner leur maison.
Enfin nous arrivons à la tente de consultation. On est déjà attendu. Il n’y a qu’une seule tente, on recevra donc les hommes et les femmes dans le même espace. On récupère un traducteur sur le tas, il est d’ailleurs assez approximatif. Tant pis, on n’a pas mieux, entre le pire et le plus pire… Pas facile de communiquer. En plus, comme de nombreux autochtones, il a beaucoup de mal à réaliser qu’il y a des femmes sur cette terre. En gros il n’en a rien à foutre de moi et mes petites patientes ! Je suis sans cesse obligée de le tirer par la manche pour qu’il m’aide à questionner mes minettes.
On a de la chance, vu qu’on était déjà passé il y a quelques jours, le mot a dû se passer et elles sont beaucoup à être sorties de leur cuisine pour venir consulter. C’est rare d’en voir autant ! Elles sont généralement recouvertes de la tête aux pieds d’une grande bourca noire, il n’y a qu’un voile un peu plus transparent au niveau du visage pour qu’elles arrivent à voir ou elles mettent les pieds. Pourtant, les rares fois ou j’ai pu glisser un œil sous leurs épaisseurs, j’ai découvert des colliers de perles de couleurs, des bracelets d’argent, des mains peintes au henné. Les pakistanaises sont belles mais personne ne doit le savoir. J’ai du mal à me sentir bien dans ce pays. En Inde, les femmes sont des joyaux, elles se parent les cheveux de jasmin, leurs saris sont éclatants de couleur, elles sortent dans la rue au grand jour. Il n’y a pas si longtemps le Pakistan faisait partie de l’Inde, pourtant aujourd’hui on se croirait à mille miles de là bas. Ici, la femme vaut moins qu’un chien !
Sur le camp de Battagram, notre hôpital ajoute une corde à son ar : on ouvre des bains douche ! Vu que l’essentiel des consultations s’est ramené à décroûter des galeux, Orianne et Guégoyi se sont transformés en gratteurs de couenne professionnels. Soirée mousse avec passage obligatoire dans une poubelle d’eau chaude (les scatos nous envient déjà cette pratique !!), tandis que notre belle au bois tremblant se recevait une rafale odorante émanant du derrière d’un jeune patient.
La soirée fut clôturée par un dîner de crêpes (merci encore les filles).
3 décembre
Aujourd’hui c’était Scabie folies à l’hôpital !! (Scabie= gale). Tout le Pakistan se grattait en chœur et venait frapper à notre porte pour recevoir des kits d’hygiène, sorte de petit colis bourré de savonnette, dentifrice et autres produits décapants, initialement distribués par notre colloc’ adorée Charity (une nénette de la Fédé qu’on héberge et qui est en charge de la promotion de l’hygiène sur la région).
Je dois vous avouer qu’armée de ma patience légendaire, j’ai eu du mal à rester zen. La salle d’attente ressemblait à un poulailler en goguette Des familles entières débarquaient dans la salle de consultation pour nous faire compatir sur des vielles lésions de grattage, espérant recevoir le colis magique. Les pauvres mères se grattaient comme des folles pour nous apitoyer mais nous restâmes intraitables (comme le traiteur). Nous avons ainsi développé le concept du « super magic-soap » : Tu as la gratouille ? Va te laver avec le super magic-soap ! ». Je ne suis pas certaine qu’ils aient tous bien adhéré au concept mais ça valait la peine d’essayer !
Orianne et Guégoyi sont allé recruter des médecins locaux à Mansera. Finalement ils ont fait un détour par le bazar pour faire les soldes et récupérer des vêtements à donner aux familles qui en auraient vraiment besoin lors des consultations (si ça se sait, ça promet un nouveau rush !!). Ils ont également sauvé la vie d’un délégué Fédé qui faisait une crise de colite néphrétique. Moi je dis, vu ce qu’ils nous ont aidé, ils auraient du le laisser sur le bord de la route (voire lui lancer des pierres) mais, bon, j’dis ça, j’dis rien….
Pour ce qui est du recrutement (c’était quand même le but initial de leur ballade), ils ont dégotté un médecin frileux pas sûr de lui et un autre un peu plus motivé et motivant. Les affaires avancent.
Exterminator, tournait comme un lion en cage. Désoeuvré, pas le moindre petit personnel à licencier. Pire, une des cuisinières ingénues lui a fait des avances. Il les fait toutes craques ces locales, bourreau des cœurs va ! Il va peut être finir par s’humaniser. La belle et la bête version pakistanaise.
ENFIN, l’équipe de relève vient de passer les portes (du pénitencier ?). YOUPIII ! Notre bon Docteur Abou est en transes ; l’équipe de relève a apporté un otoscope bionique, un tensiomètre supersonique et trois thermomètres à propulsion nucléaire. Je pense qu’il va signer pour trois semaines de plus.
Bienvenue donc à l’équipe qui va récupérer nos matelas crevés et nos couvertures pleines de puces. Ca fait du bien de vous voir !
4 décembre
Aujourd’hui c’est journée repos!
La nouvelle équipe ronge son frein pendant que nous bullons avec application, profitant d’un rayon de soleil pour parfaire notre bronzage (vous allez tous être verts de jalousie à notre retour devant notre peau tannée par le soleil local).
Marlène (log) s’est déjà trouvée toute une bande de nouvelles copines. Elle fait un tabac auprès de nos petites voisines en tentant de les initier à la marelle.
Le déjeuner nous a été offert par nos cookerines ingénues. Vu qu’un poulet doit coûter à peu près une journée de travail, nous avons été très touchés de l’attention.
Notre chauffeur Raza khan s’est joint à nous et a donc été initié aux fromages français avec l’échantillon le plus représentatif que nous ayons sous le main : du Mont d’or.
Pour ceux qui ne connaissent pas ce doit être un croisement entre du fromage corse et de la cancoillotte ! Explosif. On a vu son sourire se figer, sa bouche s’arrondir sous les suppliques de ses papilles. Son visage est resté très poli mais je crois qu’il a dû rayer à tout jamais la gastronomie française de ses priorités sur cette terre.
L’après midi a été consacrée à des expéditions de reconnaissance dans les alentours circonvoisins. Nous nous sommes entassés dans le 4X4 pour gravir les cols escarpés qui nous narguaient depuis si longtemps et faire un brin de tourisme. Notre chauffeur a fait des prouesses, accrochant le véhicule à des pentes qui, aux dires de notre marseillais de Guégoyi devaient au moins faire 90%. Chahutés, cahotés, nous avons valsés au rythme des routes impraticables même pour une chèvre kamikaze ! Mais ça valait le coup, le panorama était à couper le souffle. Au bout de nos pieds se déroulait la vallée avec ses formes généreuses et toujours le toit des montagnes recouvert de blanc.
Je sèche un peu, cher lecteur. Même si les conditions climatiques semblent plus clémentes en ce lieu mon esprit est déjà à Paris. Me pardonneras tu cette infidélité?
Je vais donc passer la main à nos joyeux lurons de l’équipe quatre qui s’accommoderont de cette lourde tache avec brio, j’en suis certaine.
Que la force soit avec vous !
C’était donc Imli, en direct pour vous du fin fond du Pakistan ; pays ô combien magnifique et bordélique.
L’histoire me poursuit, je poursuis l’histoire…J’étais tombée amoureuse de l’Inde, voila que je découvre aujourd’hui son frère ennemi (tel Remus et Romulus). Deux pays qui se déchirent depuis des années pour un bout de terre se sont retrouvés unis face à l’horreur. Les combats ont cessés un instant. La hache de guerre a été enfouie sous les décombres des maisons et les cadavres des victimes.
Me voici donc en mission au Pakistan avec la Croix Rouge suite à un tremblement de terre d’une magnitude de 7, 5 sur l’escabeau de notre cher Richter (comme les tisanes, si, si !).
Ça fait bien deux mois que nos équipes se relaient sur la petite ville de Batagram (station balnéaire perchée à 1000m d’altitude). Un hôpital de tentes a rapidement été monté, on a même ajouté des consultations dans les collines environnantes et roule la galère !
Ça c’était pour situer un chouya la situation. Il est 6h00 du matin et la nouvelle équipe (NOUS quoi) atterris à Islamabad après un vol relativement calme (j’ai été surclassé et j’avoue que j’ai eu du mal à quitter mon super fauteuil inclinable avec TV intégrée et steward à mes pieds !). Petit comité d’accueil. On grimpe vite dans les 4x4 direction Batagram.
La route m’est rapidement familière. Je retrouve la même conduite tellement caractéristique de cette région, à savoir qu’il est tout à fait possible de doubler une voiture qui est elle-même en train d’en doubler une troisième ! Il en résulte parfois des gros plans intéressants sur le camion qui arrive en face. Nous avons ainsi tout le loisir d’observer en détail le tuning particulièrement local de ces engins (vu que nos yeux sont exorbités par la panique, on n’en loupe pas une miette). Des couleurs à donner des bouffées d’angoisse à un caméléon, des guirlandes, des petites hélices parfois, un véritable sapin de Noël sur roulettes. Après tant de prouesses digne des plus grands chauffards, je soupçonne notre chauffeur de se prendre pour un kamikaze dopé au Yoba depuis sa plus tendre enfance.
On croise beaucoup d’hommes, les femmes se font rares (elles restent à la maison et sont considérées comme inférieures aux chiens. Une fois de plus je ronge mon sous-tif !! Promis, je ne vais pas jouer les Simone Weil version pakistanaise). Elles ne portent pas le sari mais une tunique sur un pantalon (punjabi) de couleur sombre, je ne retrouve pas la sensualité indienne qui m’avait tellement charmée. Nous sommes d’ailleurs rapidement contaminées et adoptons le foulard-sur-la-tête-à-haut-pouvoir-couvrant (Je ressemble à la vierge Marie, j’adôôôôre !). Pour compléter le tableau, après six heures assise dans un tape cul motorisé, je suis en mesure d’affirmer qu’une transformation inédite s’est opérée sur ma personne : J’ai maintenant un séant encastrable ! (Des fesses carrées quoi !).
On arrive enfin sur notre camp quatre étoiles: tentes, douches chauffées, une cuisinière, une machine à laver (un peu poussive mais on ne va pas se plaindre). L’équipe sur place nous accueille avec un bon thé indien.
17h30 La nuit tombe vite. Il y a une grosse amplitude thermique: 20° à 25° dans la journée et on atteint les 0° la nuit.
On va prendre nos quartiers. Je vous embrasse tous
18 novembre
Si il y a bien UNE règle de survie à suivre à la lettre dans ce bled c’est de ne SURTOUT pas boire de thé après 18h00 !!!!
Le vessie comme un ballon de football, j’ai du m’extirper de mon douillet duvet au beau milieu de la nuit pour me geler le derrière aux toilettes. Pourtant j’ai tout essayé: auto hypnose, yoga, j’ai même envisagé un instant de réquisitionner un récipient quelconque pour m’épancher mais la raison et la douleur furent plus fortes que moi. J’ai capitulé. Grelottant sous une montagne de pulls enfilés à la va vite j’ai sautillé jusqu’au lieu-dit, sous l’œil étonné de notre gardien. Et bien je vous assure que les nuits pakistanaises sont loin d’être des plus torrides ! On ne m’y reprendra plus.
Lever à 8h 30, avec petit dej en compagnie de l’équipe précédente. Ils partent demain alors on va profiter de cette journée pour faire un tuilage (ils nous filent le mode d’emploi du camp quoi). Au menu; café, thé (pas de Nesquick, ça c’est rude !!) et tartines sur des galettes genre naan indien (je sens que je vais me démancher la mâchoire un de ces quatre, ça ne me fait pas du tout rigoler). Le personnel local a le cœur déchiré par le départ de l’équipe précédente. Promis on essayera de faire aussi bien.
En périphérie de notre zone vie (les tentes où on dort, le stock de matériel, la cuisine et les douches) il y a deux tentes où on donne les consultations (une pour les hommes, une pour les femmes). Me voici assignée à la tente femmes. Les clients ne se font pas attendre. Je suis d’abord doublée avec Anna, infirmière de l’équipe précédente puis je me retrouve seule avec Nayla, jeune interprète qui me donne un sacré coup de main. Elle est grande malgré ses seize ans, drapée dans une étole bleue brodée. Elle sait cependant se faire respecter. Ses yeux brillent quand elle me parle de son pays. Entre deux pansements, elle me raconte l’histoire d’un prince qui s’est jeté dans la rivière qui coule un peu plus loin pour sauver son peuple d’un sortilège. On dit que la nuit, on peut voir son habit de lumière se refléter à la surface. Je suis sous le charme. Première rencontre avec nos chers patients: C’est pas aussi haut en couleurs qu’à l’arrivée de l’équipe numéro un (crânes fracturés, plaies super infectées, j’en passe et des meilleurs) mais on doit faire le suivit des pansements, les affections respiratoires arrivent et les bestioles en tous genres sont toujours aussi fidèles au rendez vous ! (les insectes sont nos amis..)
Petit regard sur le décor: Le camps est situé dans une vallée au milieu de montagnes dont certaines ont le sommet enneigé. Les flancs sont un peu pelés, avec ça et là des petites touches bleutées apportées par les tentes de fortune qui se marient d’une façon remarquable avec le ciel azur. On pourrait presque monter une station balnéaire maintenant qu’on a monté un super Hôpital….. On devrait en toucher deux mots à nos voisins logisticiens allemands, je suis certaine que ça les motiverait. Le log (abréviation usuelle pour logisticiens) doit être en mesure de trouver n’importe quoi, n’importe où non ? A quand le jacuzzi ?
Les filles se sont rapidement mises à la mode locale (foulards pour cacher le moindre cm² de féminité) pendant que nos hommes, ayant subit un sommeil glacial, se sont mis en charge de mettre un chauffage dans la tente vie.
Ben voila, voila, la nuit se casse la gueule rapidement (boum), il est a peine 17h00 ! Vu l’amplitude thermique locale on rajoute au moins deux couches supplémentaires à nos tenues (on n’est pas gros ! c’est une beauté couches par couche). Nous verrons donc cette nuit si les efforts de nos logs de chocs saurons nous porter au pays des rêves a bord de nos douillets duvets.
19 novembre
Avant d’entamer le description de la présente journée, je me dois de vous avouer que le camp a été immobilisé tout hier soir pour une activité des plus prolifiques et hautement diplomatique: La cuisine à été envahie par les filles pour une séance de tatouage au henné par nos chères traductrices pakistanaises. Maintenant nous sommes des tatouées, des vraies !! Pendant ce temps, nos mâles collègues se gelaient dehors et s’auto digéraient en hurlant à la mort et en nous traitant de noms d’oiseau des plus poétiques. N’empêche que, une fois qu’ils ont vu ce que ça donnait sur nos petits bras charmants, ils se sont prêtés au jeu sans se faire prier ! Ben voyons ! Nos talentueuses tatoueuses locales s’étant éclipsées il a fallu prendre le relais….. Le résultat fut des plus intéressant. Les arabesques fleuries laissèrent la place à des têtes de mort, des ancres de marine ou des tableaux pour le moins abstraits.
Bon, revenons à aujourd’hui. Apres une journée passée seule dans mon petit hôpital pour nanas (je tiens la consultation pour femmes) je dois arriver à la conclusion qu’il vaut mieux être inspecteur gadget qu’infirmier ou médecin pour bosser ici. Comment vous faites vous, pour décapsuler un plâtre qui va jusqu’en haut du mollet (renforcé, bien évidemment par deux bandes de résine, sinon ce ne serait pas rigolo) alors que vous n’avez aucun matériel adéquat ? Pas la moindre scie, ni bite, ni couteau. Enfin, le Dieu LEATHERMAN nous touche de sa grâce. Nous voici donc en train de nous acharner sur son @*§ »<£ de plâtre avec la mini scie du couteau de poche, un abaisse langue glissé entre la peau de notre victime et son plâtre. Nous vainquîmes !!!
Les personnel infirmier s’est d’ailleurs découvert de nouveaux pouvoirs magiques: Je vous présente donc Orianne, reine du point de croix sur plaie suturable, Mozart du point col roulé et votre serviteuse (Emilie), pourfendeuse d’abcès surinfecté sur derrière poupin.
Olivier s’est déjà fait remarquer en renvoyant la cuisinière (il n’avait pas de nom de code en Louisiane, voici donc Exterminator), la soupe était trop froide ! Il a même poussé le vice jusqu'à ne la congédier qu’une fois le dîner prêt. Trop fort le p’tit gars ! Toute l’équipe locale tremble dans leur bourca, qui sera le prochain ?
Merci à nos logs de choc qui ont permis à l’équipe des filles d’avoir une tente chauffée avec petite lampe perso pour bouquiner le soir. On est aux petits oignons !
20 Novembre
Première réplique! On a swingué trois secondes même pas, juste le temps de sentir la terre faire le gros dos. Ca fait tout drôle. On était en pleine consultation, on s’est tous regardés, puis on a continué comme si de rien n’était. De toute façon vu qu’on est dimanche, on n’a pas eu beaucoup de patients.
Depuis hier soir donc c’est la dèche on doit cuisiner nous-même vu qu’Exterminator est passé par là. Pas la moindre âme charitable pour nous faire chauffer le petit dej ! Qu’a cela ne tienne, on fait honneur aux rations de survie (comment résister au navarin printanier ou encore à la salade du gondolier ??). La cuisinière précédente cumulait deux emplois et nous négligeait de façon particulièrement difficile à supporter pour nos omnivores de coéquipiers. Il nous semble donc plus équitable d’en embaucher une nouvelle (blonde et à forte poitrine aux dires de ces mêmes coéquipiers…. On verra ce qu’on peut faire, on n’en est pourtant qu’à une semaine de mission).
Cet après-midi les médecins sont sortis du camp pour magasiner un brin, pendant que les logs peaufinaient notre confort. Exterminator a trouvé des tongs (on verra de tout sur cette planète!), pour soigner le Toubib on a également ramené une cargaison de PEPSI (ça commence mal Doc, ça commence mal !!). La ville est encore étonnamment sur pieds. Par contre certains murs portent des fissures de très mauvaise augure. Pas de femme dans les rues, rien que des hommes portant leur longue chemise beige sur un pantalon et le chapeau dans le plus pure style omelette ramollie (mais si comme en Afghanistan !). Les hommes dévisagent peu les filles de l’équipe, il faut dire qu’elles sont camouflées par leurs vêtements à haut pouvoir couvrant et encadrées par trois hommes.
Demain matin, départ d’une première équipe mobile, avec deux heures et demie de route puis un hélico pour rejoindre un village paumé en altitude qui n’a encore reçu aucune visite de médicaux. Deux, peut-être trois jours de confort tout à fait rudimentaire malgré un soutien logistique basique militaire (les cantines sont pleines à craquer de rations de survie vu que Greg est en train de développer une dépendance quasi maladive pour ces étouffe chrétiens). Bon courage à ces trois-là, en attendant que vienne notre tour de nous envoyer en l’air
21 novembre
Deuxième matin sans la moindre cookerine ! On ne peut pas dire qu’Exterminator soit meilleur dans l’expulsion plutôt que le recrutement mais les coutumes locales ne lui facilitent pas les choses. Hier soir, il a tenté de recruter une jeune donzelle. La pauvre est arrivée escortée par une de ses amies et avait tellement peur de notre mâle blindé de testostérone qu’elle s’est mise à l’autre bout de la table et lui tournait le dos. Pas facile pour parler ! Vu qu’elle n’est pas mariée, elle a très peur des hommes et devra demander l’accord de son frère avant de pouvoir venir travailler dans cette horde de débauchés (« et voici que je vous envoie, seul au milieu des loups »).
Hier, pendant notre balade, nous avons croisé la boulangerie du coin d’où sortait un fumet des plus alléchants. On s’est alors pris à rêver de petites brioches toutes rondes et toutes chaudes qui nous attendraient, sur la table du petit dej, alors que nous nous extirperions de nos douillets duvets, l’œil encore embué par la nuit passée. Cruelle réalité que celle-ci: pas le moindre petit bout de pain, pas de sensuelle cookerine ! De rage et par dépit notre Exterminator s’est rabattu sur le café atomisé (si, si, on ne sait pas bien ce que ça veut dire mais c’est écrit sur le sachet).
Les consultations continuent même sans notre cher docteur. On a pas mal de personnes qui viennent pour des brûlures. Les familles vivent à vingt sous une tente de fortune et les autres courent autour pour se réchauffer. Certains s’endorment trop près du feu, d’autres se renversent du thé bouillant (trop de promiscuité), enfin on commence à voir des gelures sur les orteils et les mains. Allez leur expliquer qu’il faut porter des chaussures plus chaudes!
Une réplique de belle envergure (5, 5 sur l’escabeau de Richter, épicentre à 120 km d’Islamabad donc pas loin de Battagram) nous secoue pendant le déjeuner. La cookerine paniquée a failli s’enfuir de la tente, je l’ai rattrapée de justesse par le bas de son pantalon. Elle avait les larmes aux yeux.
En règle générale, lors d’un tremblement terre la secousse initiale ne dure pas plus longtemps que quelques secondes mais ça suffit pour entraîner des dégâts monstrueux. Cette fois ça a bien duré cinq secondes. On a entendu un grondement, la terre a tremblé fort puis vibré encore quelques instants. Suite à cette réplique, on a eu quelques plaies au dispensaire (chutes de leur hauteur, rien de bien grave).
En se baladant dans les collines Guy, notre arching (architecte ingénieur) s’est rendu compte que les anciens connaissaient des techniques de constructions anti-sismiques mais que la génération suivante, qui est allée travailler au moyen orient a tout oublié au profit des techniques modernes.
22 Novembre
Ce matin, ô joie, notre petit déjeuner fut un peu plus fourni qu’hier. Ne pas désespérer, nous avons une des cuisinières qui s’appelle Pari, alors si elle est aussi bien fournie en neurones que son homonyme version US ( ben si, Paris Hilton !), on devrait avoir un truc à peu près correct d’ici la fin de la mission. Donc nos deux copines Pari et Parvine sont dans un bateau… si y'en a une qui tombe à l’eau, ben il ne reste plus grand-chose vu qu’il semble qu’il faille leur deux cerveaux pour une action ! Pas gagné !
Notre amie infirmière Brigitte a tenté l’ascension de l’Himalaya local (petites collines environnantes) en compagnie de Dada (Jean Paul, Watsan) histoire de voir un peu le point de vue. On ne peut pas dire qu’ils aient atteint leur objectif, j’irais même jusqu'à dire qu’elle a perdu le sien dans un ravin sans fond (en gros elle a bêtement fait tomber son objectif photo dans la vallée quoi !!). On essaie de faire des super jeux de mots, voyez à quoi on est réduit pour rigoler! On a déjà épuisé toutes nos blagues Carambar… Mayday
Au cours de son expédition sur la colline, Guy, notre Arching a pris des cours d’herboristerie auprès du chef indigène d’un village voisin. Résultat des courses : Pour des problèmes sanguins, il suffit de faire une infusion de feuilles de microtrèfle, et pour les filles du team il a ramené une herbe ramassée près du réservoir d’eau. Elle permettrait de déclencher des règles paresseuses (On voit bien que ce sont des conseils de mecs, pour notre part, si elles nous oublient on ne s’en portera pas plus mal !!). Il ne désespère pas de tomber sur des plantes permettant de lutter contre le sida et le cancer sachant que le mélange pour guérir aussi bien de la connerie que de la cruauté humaine n’est pas encore au point.
Dur retour à la réalité, cet après midi, on s’est fait dépouiller de tablettes de paracétamol et d’antibiotiques pendant qu’on faisait honneur aux envolées culinaires de nos deux créatures de choc. On attend notre première tentative de suicide locale avec impatience. Bande de ploucs ! On sait bien que les médicaments seront revendus sur le marché. C'est toujours rageant de se faire utiliser comme ça, mais c'est partout pareil. On prendra les mesures qui s'imposent en commandant aux compagnons du coin des armoires fermées à clef pour les deux tentes de consultations
23 novembre
Après quelques jours dans mon petit hôpital pour nana, j’en viens à peu près à voir les mêmes pathologies. Beaucoup de personnes blessées lors de la secousse initiale reviennent pour qu’on continue de s’occuper de leur plaie. Les pansements sont relativement simples mais les plaies mettrons du temps à bien cicatrise (mauvaise hygiène, froid, macération). La promiscuité et la saleté favorisent aussi les maladies de peau comme la gale, les poux, l’impétigo. Certains enfants ont le crâne recouvert de croûtes assez volumineuses, parfois suintantes. Pas de problème ! Ils ressortent de la consultation tout violet (merci le violet de gentiane). Les brûlures sévissent toujours régulièrement sur petits et grands (je n’arrête pas de dire qu’ils devraient se mettre à la limonade). Enfin, les ouvriers d’en face qui sont en train de bâtir un hôpital en préfa, ne manquent pas de s’empaler les objets les plus divers dans toutes les extrémités possibles et imaginables (n’imaginez pas trop cependant, nous sommes en pays musulman !!).
Ce soir nos deux cuisinières ont établi un nouveau record : liquider un bidon d’huile de cuisine de cinq litres en deux jours! On prépare notre hibernation avec application. Vous n’allez pas nous reconnaître au retour. C’est soit tout soit rien dans ce pays. Certains jours on est neuf à loucher sur trois malheureuses rondelles de radis qui flottent dans le fond d’une assiette en plastic, le lendemain c’est l’orgie romaine sponsorisée par Flodor.
Notre équipe de nomades est enfin redescendue de la montagne. Le teint hâlé, on dirait presque qu’ils reviennent de vacances. Demain, je prends le relais avec notre bon docteur et Dada. On part en 4X4 pour la ville de Besham. Ce sera nettement moins roots vu qu’on loge dans un hôtel (le « Continental » s’il vous plait). De là on ira sur deux villages identifiés comme n’ayant pas été vu par quel que médical que ce soit. On revient sur Battagram samedi ou dimanche. Je vous donne des nouvelles des mon retour (d’ici là vous pouvez retourner regarder la TV, je serais dans l’incapacité de vous raconter mes états d’âme).
26 Novembre
Retour, ce soir, de l’équipe médicale qui était partie faire le kakou sur de nouvelles collines pendant trois jours, j’ai nommé : Imli (votre serviteuse), Abou (Docteur Jean Pierre) et Dada (Log Jean Paul). Je me dois ici de développer le concept particulièrement controversé de ces « cliniques mobiles » histoire que vous perceviez toute la dimension amusante de la chose (si, si, je vous assure que c’est particulièrement poilant!).
Il y a d’un coté la Fédération, notre représentation de Dieu sur terre, quoi. Tout plein de fonctionnaires dans l’âme qui sont chargés de diriger notre boulot, à nous pauvres petits manouvriers du médical, après avoir fait des missions d’évaluation dans divers camps de réfugiés. Il faut savoir qu’il n’y a pas que les Français sur place mais aussi des Thaï, des Suédois, un Béninois etc.… Dans la théorie, ça a l’air simple et plutôt bien pensé mais, comme d’hab, sur le terrain c’est beaucoup plus folklorique !
Nous dirons donc qu’on nous a envoyé bosser sur deux camps de réfugiés pelotonnés au creux des reins de la montagne d’où descend l’Indus, fleuve fougueux d’un blanc laiteux. Les bancs de sable, zébrés par le vent, se prennent pour des jardins zen. Alentours, certains pans de la falaise sont mis a nu par de récents glissements de terrain tandis que le reste est recouvert d’une végétation de type méditerranéenne (lauriers, oliviers) avec quelques bananiers, des eucalyptus et des palmiers. Paradisiaque ! Par contre pour ce qui est d’un réel besoin, je crois que nos amis de la Fédé se sont fourrés leur doigt manucuré dans l’œil jusqu'à l’omoplate.
Les deux camps (Batera et Kund) sont gérés par les militaires pakistanais. Il y a à peu près six à huit cent personnes dans chaque. Chaque jour de nouvelles familles descendent de la montagne pour se réfugier avant l’arrivée de l’hiver repoussant ainsi les limites du provisoire. Au départ, ils refuaient de quitter leurs bêtes mais l’armée a construit des étables, alors seulement ils ont accepté de les laisser derrière eux.
Pour arriver au camp de Batera, nous devons emprunter le « col de hamburger » (soit on se fait écraser par des rochers qui tombent soit on tombe dans le ravin vu que la route est à peine plus large que la voiture !). Séance tape cul pendant une heure et demie. Si nous croisons des femmes, elles se tournent et se cachent le visage avec leur voile. On a d’ailleurs eu beaucoup de mal a voir des femmes lors des consultations même si j’étais là pour les accueillir avec toute ma féminité.
Apres trois jours à faire la navette entre les deux camps, d’un tea time à l’autre (ah oui! les militaires sont des pros pour ce qui est de faire des pauses thé toutes le cinq minutes, de vraies petites femmes d’intérieur) on peut dire que les besoins n’étaient pas à la hauteur de ce que nous avait décri nos petits amis de la Fédé. On a soigné beaucoup de diarrhée, des « mal partout » à profusion, et quelques infections urinaires. Notre bon médecin a fait la promotion de ses potions miracle. La malle ouverte à l’arrière du pick-up, tel un parfait charlatan de western.
Retour ce soir sur notre camp, sweet camp de Battagram ! Accueillis par une pluie diluvienne et les hourras de la foule en délire (Greg et Brigitte). Les surchauffes à répétition du système électrique eurent raison de nous : coucouche panier papattes en rond pour tout le monde à partir de vingt et une heures.
27 Novembre
Il a plu cette nuit, il a plu toute la journée, que voulez vous faire dans des conditions pareilles ? On aurait pu aller dévaler les pentes nouvellement enneigées de la montagne qui nous fait face en chantant des polyphonies tyroliennes, mais nous avons choisi de réchauffer nos douillets duvets et jouer au tarot jusqu' à plus soif. Nos logs de choc sont en train de transformer la cuisine en sauna. Deux canons a chaleur pour une seule pièce. Il va falloir penser à commander des gants de crin et du savon noir ! C’est dimanche que diable et l’équipe avait bien besoin de recharger les batteries !
Par contre, dans la soirée, on a eu quelques répliques. Vu toute l’eau qui est tombée depuis hier soir, les glissements de terrain ont dû se lâcher un peu partout. On part demain en évaluation sur de nouveaux sites, on verra bien si il y a des besoins supplémentaires. Mon appendice nasal se prend pour une fontaine mais le moral est toujours au beau fixe, surtout quand j'apprend à quel point vous devez avoir froid en France! Je crois, finalement qu'il fait meilleur sous le soleil pakistanais (le confort en moins tout de même), il ne me manque plus qu'un guitariste pour adoucir tout cela et ce serait le paradis!
28 Novembre
Que dire de plus si ce n’est qu’il a encore plut toute la matinée et que ça commence à sacrément peser sur l’entrain des troupes. Dur de s’extirper du douillet duvet quand on sait qu’il fait froid et humides dehors et qu’on va se retrouver, non pas face au visage enamouré de l’être cher mais face à des brûlés, des panaris et des cascades de pus!. Il est vrai que notre cher Exterminator est le seul à jouir des risettes des deux petites « cuisinières ingénues ». Notre mâle bourré de testostérone n’en fera qu’une bouchée !
Nos logs ont amélioré une fois de plus les installations qui avaient un peu pris l’eau cette nuit. On approfondit les tranchées autours des tentes, on rajoute des chauffages quitte à faire exploser le groupe électrogène. Une ribambelle de gamins se masse autour du désormais célèbre Dada. Quelle star !
Du coté des meds, le BHC reste ouvert mais les clients se font rares, refroidis par les conditions météo. Notre traducteur a eu beaucoup de mal a venir ce matin étant donné l’état des routes (souvenez vous : Pluie + tremblement de terre = routes impraticables).
On a eu quelques pansements d’habitués et un type qui est arrivé alors qu’on n’espérait plus. Le pauvre homme avait le visage à vif, les bras croûtés, purulent jusqu’au coude et de dos dans un état semblable. Hier, sa tente a pris feu alors que lui et sa famille préparait le repas sur un réchaud. Deux de ses enfants sont morts brûles et lui s’en est sortit mais dans quel état ! Le jour même, il n’a pu recevoir des soins vu qu’il habite dans les collines loin du centre médical. Je n’ai même pas pris le temps de l’examiner a fond, on l’a renvoyé vers l’hôpital de Battagram.
Le tremblement de terre continue à faire des victimes et des morts. Le froid, la pluie, la promiscuité ne font que ralentir le processus de guérison. Comment leur expliquer qu’il ne faut pas cuisiner dans les tentes alors que toute l’eau du ciel s’abat sur leurs têtes et que c’est le seul moyen de chauffage ?
Dans l’après midi, nous (Brigitte et Imli) nous sommes enfermées dans la tente pharmacie pour terminer l’inventaire. Peine perdue, on aura encore un autre épisode demain (hourra !).
Ce soir, Nathalie (team leader) et Orianne sont revenues de leur périple de fin de semaine. Faisant fi de la neige, du ciel embrumé et de la pluie, elles ont bravé les éléments déchaînés pour revenir se peler le jonc avec nous ! Nous pensons dédier un hôtel aux logs germano-français qui se décarcassent chaque jour pour que nous puissions prendre une douche chaude (40° à la sortie) quand nos dents claquent trop fort. Merci Ô magiciens de l’électricité !!
29 Novembre
Eh bien non! Exterminator n’est pas mort dans son sommeil d’une intox au monoxyde de carbone (zut!). Hier soir, le chauffage de sa tente fumait d’une façon dangereuse. Ras le bol des brûlés, on n’a pas besoin de boulot supplémentaire !
Quelle plus belle façon de clôturer une mission que de finir lyophilisé dans son douillet duvet ? Les petites ingénues pleureront à chaudes larmes la perte de leur maître….
En fait nous le soupçonnons de vouloir se liquider et de faire passer ça pour un accident du travail. Ce matin il s’est renversé la moitié du bidon de gasoil dessus. Il ronchonnait c’est sûr mais je le voyais bien moi, lorgner du coté des allumettes d’un œil lubrique !
D’un autre coté nous avons la belle au bois tremblant (Brigitte) qui ne se réveille plus qu’au son des secousses sismiques. Prise d’un sommeil de plomb, il ne lui en faut pas moins pour s’ouvrir à la journée qui commence. Avec une équipe pareille on ne risque pas de sauver le monde, moi j’vous l’dit !!
Une partie de l’équipe médicale est allée, une fois de plus, batifoler dans les collines alentours histoire de voir si il n’y avait pas quelques âmes pécheresses à repêcher. Leur malle bourrée de potions magiques ils sont allés sur le camp de Shumlaï. C’est plutôt le genre génération spontanée. Un grand camping plein de tentes partout avec des maisons détruites autour. Cinquante consultations en trois heures ! Ca fumait dans la tente médicale, je ne vous dit que ça ! Manque de bol, le coin est tellement chouette qu’une équipe médicale humanitaire Afghane nous pique la place pour les jours suivants (non mais, est ce qu’on va faire de l’humanitaire chez eux, nous ?!). Je me demande si l’humanitaire ne se résume pas parfois à la recherche de la meilleure place au soleil. Laissez tomber les copains, il n’y a plus un poil d’ UVA depuis belle lurette !
Ce soir Guégoyi s’est enfin démasqué !! Le rustre tente depuis le début de la mission de nous intoxiquer par tous les moyens possibles. Apres avoir éteint le chauffage des tentes un par un sous le frauduleux prétexte que nous n’avons pas de « trifazé » (c’est quoi ça d’abord, un nouveau médicament ?), le voila qui nous enfume le bureau et la cuisine en un même temps. Une fumée noire à soudain envahi notre petit espace vital, nous forçant à lâcher tout travail en cours (et Dieu sait si on bosse comme des malades) pour nous réfugier dans la nuit noire et obscure. Je le soupçonne d’être payé par nos petits amis de la Fédé qui sont jaloux de nos installations de choc.
L’équipe part en vrille, la cuisine devient un tripot à peine les assiettes débarrassées. La belotte fait rage. Sortez les cigares, l’alcool et les petites pépées !
30 Novembre
On rigole, on rigole!! Une fois de plus, nos petits amis de la Fédé nous aident à coups de pied dans le derrière. On a eu la soudaine envie de recruter du personnel local. C’est vrai, quoi, ce serait pas mal d’étoffer nos équipes avec quelques autochtones histoire de pouvoir passer la main un jour. L’urgence semble loin, le vivier français est essoré comme une chaussette, bref le calcul est vite fait !
Nous tournons donc nos yeux pleins d’espoir vers notre père spirituel pour recevoir une quelconque manne divine. Peine perdue, la réponse fut sans appel : « On a bien des personnes mais on se les garde sous le coude ». Message reçu.
Vu que l’hôpital tourne sans interruption depuis notre arrivée, nous observons un phénomène physique assez intéressant : le niveau des médicaments baisse proportionnellement au temps passé ici ! Là encore, faisant fi de nos mauvaises expériences précédentes, nous courrons vers Fédé pour avoir quelques tubes de crème, voire quelques compresses. Pour le coup, ils l’ont joué plus stratégique, en nous aiguillant vers WHO (l’organisation mondiale pour la santé). Avec un titre pareil, ils devaient bien avoir quelques abaisse-langues au fond de leurs tiroirs….. Gentiment, ces messieurs nous ont répondu qu’ils avaient d’autres Pakistanais à fouetter !
Enfin, nous nous retrouvons devant un autre problème digne de ces histoires de baignoire qui nous ont tant fait suer il y a quelques années : Sachant que nous avons identifié un camp de quatre cent quatre-vingt douze familles pas loin de Battagram. Sachant que nous avons croisé LE médecin du camp qui fait dans le plus pure style minimaliste (pas de matériel, pas de chauffage, pas de personnel). Sachant que Fédé nous a assuré qu’il pouvait faire apparaître une tente toute équipée où on voulait, quand on voulait. La conclusion attendue serait que nous allons bosser là bas….. ben non, vu qu’il y a des militaires, Fédé a peur que les militaires en fassent plus tard une zone d’entraînement pour talibans sponsorisée par Croix rouge. Il va donc falloir ruser diplomatiquement. Fédéféchier ! (nouveau juron pakistanais)
Depuis le début des opérations, il est impossible d’avoir une idée claire des villages touchés par l’aide médicale. Les responsables des districts disent à tout va qu’ils ont été oubliés, pleurent dans les jupons des autorités pakistanaises, qui vont rapporter tout ça aux Nations Unies. Impossible de faire une réelle évaluation vu l’étendue (géographique) des dégâts.
Ce matin on a vu débarquer une équipe chirurgicale Cubaine. Ils sont huit cent sept médicaux dont trois cent quatre-vingt douze médecins à avoir déserté leur île pour s’implanter en pays capitalo-musulman (c’est compatible ça ?). Mes amis ce n’est pas le moment de se casser une jambe à Cuba, y’a plus personne pour vous soigner. Toujours est-il qu’ils trouvent nos tentes tellement chouettes qu’ils ont décidé d’en squatter une pour en faire un bloc (orthopédie à gogo). Et vu qu’on est les rois du pansement, ils veulent qu’on fasse leurs suites opératoires.
Bon, j’arrête ici ma diatribe défoulatoire. Demain est un autre jour et les patients nous appellent.
1er Décembre
Après presque trois semaines passées dans ce camp notre féminité en a pris un sacré coup dans l’aile ! Je vous le donne en mille : la couche supérieure épithéliale du visage de nos chères expats commence à être sacrement attaquée. En effet, la chaleur sèche diffusée par les canons de chauffage des tentes provoque un dangereux resserrement des micropores faciaux suivant le schéma classique du « pantalon -taille 36 alors qu’on fait du 40 ».
J’ai bien demandé à nos logs de choc de placer régulièrement une coupelle d’eau fraîche devant les sorties de chauffage histoire d’humidifier l’air ambiant mais ceux-ci m’ont répliqué, avec raison, qu’ils ne voulaient pas briser le peu de reins qui fonctionnait encore sur leur personne en faisant des courbettes non ergonomiques. Ils suggèrent donc que Fédé les équipât de petites cannes avec une pince au bout afin de pouvoir s’acquitter de cette tâche sans abîmer leur dos. L’affaire est en cours, j’ai la foi.
L’équipe médicale qui était partie hier sur Besham est revenue dans la soirée (Abou Docteur, Brigitte-la-belle-au-bois-tremblant et Exterminator). Visiblement, depuis notre dernier passage, le super hôtel s’est transformé en nid à puces assaisonné de douches à l’eau froide (la magie Pakistanaise !). Pas le même standing tout d’un coup! Peine perdue, il en fallait plus pour ébranler le moral de notre agence tout risque. C’est donc pétrifiés de froid que nos joyeux lurons sont retournés sur le camp de Batera (souvenez vous, le « col du hamburger ») pour accomplir leur mission salvatrice. Même pas cinq minutes de répit pour qu’Exterminator puisse aller se repoudrer le nez!
Pendant ce temps sur Battagram, je suis restée la tête dans le guidon, inventoriant chaque micro organisme de cette satanée pharmacie et Orianne a tenu les consultations à flot, secondée par notre fidèle traducteur Goulhamine toujours aussi impeccable avec sa veste d’étudiant anglais par-dessus son chalwar kamiz (grande chemise sur pantalon).
On soupçonne le sonotone de Dada de ne plus fonctionner. Les générateurs hurlent dans la cuisine pour éclairer un malheureux néon, on braille pour couvrir le bruit. Il n’y a que lui qui gardât le sourire. Mais où est ce « Trifazé » qui, aux dires des personnes de la profession, pourraient régler nos problèmes d’énergie et pourquoi pas celui de la faim dans le monde ??
Le réveil de notre belle au boit tremblant est complètement détraqué !! On a eu une secousse ce soir. Ma chère il va falloir revoir tout ça, ça ne va pas du tout !! La nuit c’est fait pour dormir !
2 décembre
Lever aux aurores pour partir en clinique mobile sur Shamlaï. On ne change pas une équipe qui gagne. Voici donc Docteur Abou, super Dada et présentement moi-même, la miss Imli, entassés dans un pick-up givré. La route est magnifique. De tous les cotés, la montagne est rayée de cultures en escalier. On dirait qu’un géant a décoré son château de sable en passant un immense peigne sur ses flancs. La lumière se reflète dans toutes ces petites parcelles irriguées créant un jeu de lumière à chaque détour de la route. En fond les montagnes enneigées font rêver nos skieurs dans l’âme.
On arrive sur Shamlai. La ville est presque totalement détruite. Beaucoup de maisons ne sont plus délimitées que par un amas de gravats. Les tentes poussent comme des champignons. Une distribution de tôles ondulées par les militaires pakistanais créée un attroupement. Les hommes repartent chargés comme des mules. Ils ont parfois des distances impressionnantes à parcourir avant de regagner leur maison.
Enfin nous arrivons à la tente de consultation. On est déjà attendu. Il n’y a qu’une seule tente, on recevra donc les hommes et les femmes dans le même espace. On récupère un traducteur sur le tas, il est d’ailleurs assez approximatif. Tant pis, on n’a pas mieux, entre le pire et le plus pire… Pas facile de communiquer. En plus, comme de nombreux autochtones, il a beaucoup de mal à réaliser qu’il y a des femmes sur cette terre. En gros il n’en a rien à foutre de moi et mes petites patientes ! Je suis sans cesse obligée de le tirer par la manche pour qu’il m’aide à questionner mes minettes.
On a de la chance, vu qu’on était déjà passé il y a quelques jours, le mot a dû se passer et elles sont beaucoup à être sorties de leur cuisine pour venir consulter. C’est rare d’en voir autant ! Elles sont généralement recouvertes de la tête aux pieds d’une grande bourca noire, il n’y a qu’un voile un peu plus transparent au niveau du visage pour qu’elles arrivent à voir ou elles mettent les pieds. Pourtant, les rares fois ou j’ai pu glisser un œil sous leurs épaisseurs, j’ai découvert des colliers de perles de couleurs, des bracelets d’argent, des mains peintes au henné. Les pakistanaises sont belles mais personne ne doit le savoir. J’ai du mal à me sentir bien dans ce pays. En Inde, les femmes sont des joyaux, elles se parent les cheveux de jasmin, leurs saris sont éclatants de couleur, elles sortent dans la rue au grand jour. Il n’y a pas si longtemps le Pakistan faisait partie de l’Inde, pourtant aujourd’hui on se croirait à mille miles de là bas. Ici, la femme vaut moins qu’un chien !
Sur le camp de Battagram, notre hôpital ajoute une corde à son ar : on ouvre des bains douche ! Vu que l’essentiel des consultations s’est ramené à décroûter des galeux, Orianne et Guégoyi se sont transformés en gratteurs de couenne professionnels. Soirée mousse avec passage obligatoire dans une poubelle d’eau chaude (les scatos nous envient déjà cette pratique !!), tandis que notre belle au bois tremblant se recevait une rafale odorante émanant du derrière d’un jeune patient.
La soirée fut clôturée par un dîner de crêpes (merci encore les filles).
3 décembre
Aujourd’hui c’était Scabie folies à l’hôpital !! (Scabie= gale). Tout le Pakistan se grattait en chœur et venait frapper à notre porte pour recevoir des kits d’hygiène, sorte de petit colis bourré de savonnette, dentifrice et autres produits décapants, initialement distribués par notre colloc’ adorée Charity (une nénette de la Fédé qu’on héberge et qui est en charge de la promotion de l’hygiène sur la région).
Je dois vous avouer qu’armée de ma patience légendaire, j’ai eu du mal à rester zen. La salle d’attente ressemblait à un poulailler en goguette Des familles entières débarquaient dans la salle de consultation pour nous faire compatir sur des vielles lésions de grattage, espérant recevoir le colis magique. Les pauvres mères se grattaient comme des folles pour nous apitoyer mais nous restâmes intraitables (comme le traiteur). Nous avons ainsi développé le concept du « super magic-soap » : Tu as la gratouille ? Va te laver avec le super magic-soap ! ». Je ne suis pas certaine qu’ils aient tous bien adhéré au concept mais ça valait la peine d’essayer !
Orianne et Guégoyi sont allé recruter des médecins locaux à Mansera. Finalement ils ont fait un détour par le bazar pour faire les soldes et récupérer des vêtements à donner aux familles qui en auraient vraiment besoin lors des consultations (si ça se sait, ça promet un nouveau rush !!). Ils ont également sauvé la vie d’un délégué Fédé qui faisait une crise de colite néphrétique. Moi je dis, vu ce qu’ils nous ont aidé, ils auraient du le laisser sur le bord de la route (voire lui lancer des pierres) mais, bon, j’dis ça, j’dis rien….
Pour ce qui est du recrutement (c’était quand même le but initial de leur ballade), ils ont dégotté un médecin frileux pas sûr de lui et un autre un peu plus motivé et motivant. Les affaires avancent.
Exterminator, tournait comme un lion en cage. Désoeuvré, pas le moindre petit personnel à licencier. Pire, une des cuisinières ingénues lui a fait des avances. Il les fait toutes craques ces locales, bourreau des cœurs va ! Il va peut être finir par s’humaniser. La belle et la bête version pakistanaise.
ENFIN, l’équipe de relève vient de passer les portes (du pénitencier ?). YOUPIII ! Notre bon Docteur Abou est en transes ; l’équipe de relève a apporté un otoscope bionique, un tensiomètre supersonique et trois thermomètres à propulsion nucléaire. Je pense qu’il va signer pour trois semaines de plus.
Bienvenue donc à l’équipe qui va récupérer nos matelas crevés et nos couvertures pleines de puces. Ca fait du bien de vous voir !
4 décembre
Aujourd’hui c’est journée repos!
La nouvelle équipe ronge son frein pendant que nous bullons avec application, profitant d’un rayon de soleil pour parfaire notre bronzage (vous allez tous être verts de jalousie à notre retour devant notre peau tannée par le soleil local).
Marlène (log) s’est déjà trouvée toute une bande de nouvelles copines. Elle fait un tabac auprès de nos petites voisines en tentant de les initier à la marelle.
Le déjeuner nous a été offert par nos cookerines ingénues. Vu qu’un poulet doit coûter à peu près une journée de travail, nous avons été très touchés de l’attention.
Notre chauffeur Raza khan s’est joint à nous et a donc été initié aux fromages français avec l’échantillon le plus représentatif que nous ayons sous le main : du Mont d’or.
Pour ceux qui ne connaissent pas ce doit être un croisement entre du fromage corse et de la cancoillotte ! Explosif. On a vu son sourire se figer, sa bouche s’arrondir sous les suppliques de ses papilles. Son visage est resté très poli mais je crois qu’il a dû rayer à tout jamais la gastronomie française de ses priorités sur cette terre.
L’après midi a été consacrée à des expéditions de reconnaissance dans les alentours circonvoisins. Nous nous sommes entassés dans le 4X4 pour gravir les cols escarpés qui nous narguaient depuis si longtemps et faire un brin de tourisme. Notre chauffeur a fait des prouesses, accrochant le véhicule à des pentes qui, aux dires de notre marseillais de Guégoyi devaient au moins faire 90%. Chahutés, cahotés, nous avons valsés au rythme des routes impraticables même pour une chèvre kamikaze ! Mais ça valait le coup, le panorama était à couper le souffle. Au bout de nos pieds se déroulait la vallée avec ses formes généreuses et toujours le toit des montagnes recouvert de blanc.
Je sèche un peu, cher lecteur. Même si les conditions climatiques semblent plus clémentes en ce lieu mon esprit est déjà à Paris. Me pardonneras tu cette infidélité?
Je vais donc passer la main à nos joyeux lurons de l’équipe quatre qui s’accommoderont de cette lourde tache avec brio, j’en suis certaine.
Que la force soit avec vous !
C’était donc Imli, en direct pour vous du fin fond du Pakistan ; pays ô combien magnifique et bordélique.