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Changement de croisière pour "Mer des Caraïbes" sur le Costa Luminosa English translation pending
by Virginie1978 · 2011-08-09 · 252 replies
Bonjour à tous,

Et ben voilà, après avoir appris hier, l'annulation de l'escale en Egypte 😕 pour notre croisière du 30 avril 2012 nous avons décidé de changer d'itinéraire de peur que, comme cette année, l'Israël aussi soit annulé et que l'on se retrouve avec plus grand chose en commun avec l'itinéraire initial 🤪

Ce sera donc, en principe (rien n'est encore signé) : Mer des Caraïbes à bord du Costa Luminosa. Départ le 27 avril 2012.

Cette croisière va nous permettre de voir la soeur de Mr Virginie qui vit en Guadeloupe 🙂🙂.

Me voilà donc avec de nouvelles escales à "préparer".... Moi qui avait posé tellement de questions sur le Costa Pacifica et les escales de la croisière Terre Sainte 🤪😊

Je vais de ce pas voir la discussion d'Alcati 😉 sur les bateaux afin de découvrir le Luminosa.

Si quelqu'un a déjà fait cette croisière, merci de me donner vos impressions et bons conseils 🙂😉
Avis sur notre programme de tour du monde en 2012? English translation pending
by Madmatisback · 2011-08-06 · 22 replies
Bonjour à tous !

Voici notre programme de Tour du monde sur 2012. Parmi nos choix : Pas d'Europe, d'Afrique du nord et de Moyen Orient, pas d'Argentine et Chili, pas d'Australie (nous "connaissons" déjà ou nous irons plus tard). Nous cherchons des avis et conseils de personnes ayant déjà vécu ce type d'expérience, sur une ou plusieurs des zones prévues :

Brésil - 6 Semaines Bolivie - 2 semaines Pérou - 3 semaines Guatemala- Belize - 3 semaines Mexique - 4 semaines Mongolie - 2 semaines Chine - 5 semaines Indnesie - 4 semaines Inde - 7 semaines Birmanie - 2 semaines Thailand - Laos - Cambodge - 8 semaines Afrique du Sud - 3 semaines Namibie - 3 semaines Tanzanie - 3 semaines

Voici nos questions : - votre avis sur le nombre de pays prévus sur 54 semaines ? - votre avis sur la durée par pays ? - Y a-t-il un pays proche de ceux qu'on a choisi qui vous semble incontournable ? - Si il y a un pays que vous connaissez très bien, avez vous un parcours "type" à nous conseiller (thèmes "nature" et "partage avec la population locale"...) ?

Evidemment, chacun a "son" tour du monde en tête, mais nous restons preneurs de tous vos conseils éclaires...

Merci à vous tous !

Matthieu.
Jeu des photos (épisode 63) English translation pending
by Chinois · 2011-08-02 · 1001 replies
bonjour à tous. on vient d'essayer de ressusciter le jeu. j'ai proposé un sujet birman et Mengwan à bien trouvé la réponse. ; le jeu est bien relancé.

par contre Il ne peut prendre la main . .. donc : la place est libre Qui propose une image ??? l qui prend la main ?? B 🙂

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Itinéraire Pérou-Bolivie en six semaines English translation pending
by Maggalli · 2011-07-29 · 6 replies
Hola, Allé... Je me lance! Je demande votre avis sur l'itinéraire Pérou-Bolivie que j'ai prévu pour 6 semaines, nous partons dans ... 12 jours!! (hihihihihi)

J1: Arrivée à Lima (très très tôt) J2: Départ pour HUANCAYO par le train des Andes (déjà réservé) J3/4: Visite HUANCAYO, marché J5: Trajet pour HUANCAVELICA avec le Tren Macho, nuit sur place J6/7/8: Départ pour AYACUCHO, visites ville et alentours J9/10/11: Départ pour ANDAHUAYLAS, visites ville et alentours J12: Départ pour CUZCO J13 à 16: Visites CUZCO et vallée sacrée J17 à 21: Trek du Salkantay et Macchu Pichu (déjà réservé) J22: Départ pour Puno J23 à 25 : Lac TITICACA et ses îles (avec une nuit sur une des îles...) J26/27: Départ pour LA PAZ, nuit et une journée de visite J28: Départ pour ORURO en bus, nuit sur place J29: Départ pour TUPIZA par le train J30: TUPIZA J31 à 34: Sud Lipez et Salar d'Uyuni, nuit à Uyuni J35 à 38: POTOSI, SUCRE (ou pas?) J39: Départ pour LA PAZ J40 à 42 : LA PAZ et environs et Avion pour Santiago du Chili puis île de Pâques

Bon j'espère être claire...

Mes questions: - Itinéraire faisable? Pas trop speed? - Les déplacements entre HUANCAVELICA et CUZCO me parraissent longs et difficiles... Est-ce vrai? Est-ce que mon itinéraire le prend assez en compte? Est-ce facile de trouver des bus tous les jours sur ce parcours, des endroits ou dormir? Est-ce dangereux (sentier lumineux)?

Voilà... Si vous avez des conseils et des retours d'expériences je suis preneuse... Merci beaucoup

Magali
Which tour agencies in Playa del Carmen?
by Vinciane3 · 2011-07-17 · 16 replies
Hello, We’re heading to Playa del Carmen for two weeks in August with our 4-year-old child. We’ve seen that you can visit places like Tulum or Cozumel on your own using colectivos. For Coba, we’re hesitant to go alone because we’d like to see the cenotes and the Mayan village. But we’d prefer to find a French-speaking agency that guarantees small-group tours, especially for Sian Ka’an. We’d rather avoid the "mimi tours" even though they’re recommended by a lot of people and the *Guide du Routard*, based on the reviews we’ve read. I’m interested in the agency Muuch Ximbal, which seems to offer slightly different outings. There’s also H and L Tours or Delphine Fautré’s agency (though the last two don’t list excursion prices). We also found Promomaya, but apparently, they don’t have an on-site agency. Do you have any tips or other agencies to recommend? We’d also like to swim with dolphins but outside of the Xcaret and Xel-Há parks. Do you know of other ways to swim with them, maybe even in the open sea??? I’ve also seen that it’s possible to swim with whale sharks—is this doable with a 4-year-old who doesn’t like putting her head underwater yet? Have any of you done it? This excursion is quite expensive, and I’d be okay with swimming with them, but just sailing on a boat without being able to see them would be disappointing. PS: Our Spanish isn’t very good. Thanks in advance for your replies.
Dangers au Mexique? English translation pending
by Jess009 · 2011-07-06 · 25 replies
Bonjour a tous!!! Voilà ma question Je part au Mexique au mois de novembre pour 3 semaines avec mon ami, on part juste avec notre sac a l'aventure sans guide.Un ami ma dit que c'était trés dangereux qu'il fallait pas partir que sa craigné énormément j'aurais aimé avoir l'avis des gens qui y sont allez!!! Je vous remercie d'avance.
Intérêt de s'arrêter trois-quatre jours dans le parc de Sajama? (Bolivie) English translation pending
by Mélymélodie · 2011-06-29 · 14 replies
Hola à tous

En pleins préparatifs de notre voyage d'un mois au Pérou et en Bolivie cet été 😎, on envisage de s'arreter au parc de Sajama avant de rejoindre Arica au Chili. Est-ce que ce parc mérite que l'on s'y attarde 3-4 jours? On a repéré un trek geysers-lagunes sorapata et lagunes chiar khota, est ce que certains d'entre vous l'on fait? on peut le faire facilement sans agence? On se demandait si dans ce coin, on pouvait louer une tente?

Toutes vos idées de randos et d'excursions dans ce coin sont les bienvenues!

Une dernière question concernant une idée trek du côté de la paz, on hésite entre le choro et le condoriri, lequel est le plus facile à réaliser en autonome? et le plus beau à faire?

Merci de vos réponses
Itinéraire de six semaines Pérou-Bolivie: votre avis? English translation pending
by Audrey198376 · 2011-06-20 · 13 replies
Bonjour à tous 🙂

Voilà, avec une copine, nous partons 6 semaines (juillet/août) visiter le Pérou et la Bolivie. Nous voyagerons plutôt en mode sac à dos, budget réduit, couchsurfing de temps en temps et petits hôtels. Nous effectuons ce voyage pour les paysages, la découverte d'autres cultures, la balade, les rencontres, échanges avec la population, visites de sites merveilleux etc... :-) J'ai prévu un petit itinéraire, non pas que j'adore ça mais sans ça difficile d'évaluer ce qu'on aura le temps de voir ou pas et donc de se décider sur les endroits où l'on préfère aller... De plus, comme cela sera notre premier "grand voyage" hors Europe, on est pas vraiment habituées à certaines choses et je suis donc un peu plus "perdue" dans l'organisation de ce voyage. Bref, j'arrête (pour le moment) mon blabla, je vous laisse mon itinéraire, merci de laisser vos commentaires (positifs ou négatifs), je me doute qu'il "manque" pas mal de sites mais bon, il faut bien faire des choix.

J1 : Arrivée à Lima à 21h. Nuit à Lima. J2 : Départ vers 17h en avion direction Pucallpa. Nuit à Pucallpa. J3 : Journée à Pucallpa. Nuit à Pucallpa. J4 : Direction Tingo Maria (8h de bus). Nuit à Tingo Maria. J5 : Visite de Tingo Maria puis bus vers Juanjui. J6 : Départ de Juanjui vers des communautés le long du fleuve dans la "selva". Nuit. J7 : Selva J8 : Selva J9 : Retour de la selva vers Juanjui. Nuit à Juanjui. J10 : Départ de Juanjui vers Huanuco. Nuit à Huanuco ou dans bus. J11 : Trajet Huanaco/Huancayo en bus. Nuit à Huancayo ou dans bus. J12 : Trajet Huancayo/Ayacucho (10/12h en bus). J13 : Visite de Ayacucho. Nuit à Ayacucho. J14 : Trajet Ayacucho/Cuzco (22h de bus). J15 : Visite de Cuzco. Nuit à Cuzco. (Petit tout à Pisac si on a le temps). J16 : Visite de Cuzco. Départ en train fin de journée vers Agua Calientes. Nuit là bas. J17 : Machu Pichu. Nuit à Agua Calientes. J18 : Retour vers Cuzco par un autre chemin et départ vers Puno. (7h de bus). J19 : Visite de Puno. Nuit à Puno. J20 : Lac Titicaca, visite de l'île d'Amantani. Nuit chez l'habitant? J21 : Retour sur Puno et trajet Puno/La Paz (6h30 de bus). J22 : Visite de La Paz. J23 : Visite de La Paz. (Si du temps, Tiwanaku, temple du soleil). J24 : Trajet de La Paz vers Potosi (10h de bus). J25 : Mines de Potosi et visite de Potosi. Nuit sur place. J26 : Trajet de Potosi vers Uyuni (5h de bus). J27 : Excursion Salar Uyuni-Sud Lipez. J28 : Salar J29 : Salar J30 : Salar J31 : Trajet Uyuni/La Paz (11h de bus). J32 : Trajet La Paz/Arequipa (12h de bus). J33 : Visite Arequipa. J34 : Visite Arequipa. J35 : Canon de Colca J36 : Canon de Colca (excursion). J37 : Trajet Arequipa/Nazca (9h de bus). J38 : Lignes de Nazca. Nuit à Nazca. J39 : Trajet Nazca/Lima (7h de bus). J40 : Visite de Lima. J41 : Visite de Lima + ....retour en France !

Voilà, n'hésitez pas à y aller de vos commentaires, c'est parfois difficile de se rendre compte de ce qui est "faisable" ou pas. Sinon, pour ceux qui y sont déjà allés ou qui possèdent des infos, je suis preneuse car je me pose pas mal de questions.

- Concernant d'abord tous les trajets en bus, j'ai eu beau chercher (hormis Cruz del sur) impossible de trouver les horaires en ligne des différentes compagnies, j'ai mal cherché ou c'est introuvable? C'était surtout pr savoir si bus de nuit ou pas il y avait. Autre question peut-être un peu bête mais les billets pour les bus s'achètent-ils directement dans les bus ou via agences, gares? Si vous avez notamment des tuyaux sur les bus qui partent de Tingo Maria vers Juanjui...car ce n'est pas dans les guides...des compagnies à éviter etc...

- J'ai entendu dire que la région Huanuco/Huancayo/Ayacucho était dangereuse, est-ce le cas ou finalement pas plus qu'ailleurs?

- Alors là, mon autre gros soucis : Le Macchu picchu! :-) J'ai regardé sur le site pour réserver en ligne le train vers et en retour d'Agua Calientes, il reste des allés mais plus de retours!!! Savez-vous si des billets en plus sont vendus sur place ou si c'est juste sur le site Internet?Enfin, du coup, je pensais rentrer sur Cuzco par l'autre trajet indiqué par le guide du routard, si certains l'ont déjà fait je veux bien plus d'infos (Hydroelectrica etc.. d'ailleurs c'est quoi une petite ville???:-). Ainsi que sur le trajet à pied d'Agua vers le Macchu (sans prendre le bus) car on pense faire ça. Ah et puis, faut-il réserver en avance le billet d'entrée au Macchu, c'est faisable sur Internet?

- Un peu inquiète pour la situation à Puno mais on verra ce que ca donne...

- Concernant les îles du Lac Titicaca, que me conseillez-vous. A priori, on peut passer une nuit sur une île mais on a pas besoin de passer par une agence.

- Quelle(s) agence(s) nous recommandez-vous pour une excursion de 3/4 jours dans le Salar Uyuni sachant qu'on ne peut pas mettre trop trop cher mais on veut tout de même voyager sans faire "la course" et avec un minimum de fiabilité. D'ailleurs à ce propos, faut-il réserver à La Paz ou en arrivant à Uyuni?

- Dernière question, aussi peut-être un peu idiote mais bon, lors des excursions, il faut prendre un sac de couchage donc a priori son gros sac à dos avec toutes ses affaires?Pas très pratique.

Merci à tous ceux qui répondront ne serait-ce qu'à une de mes interrogations et m'aideront à avancer pour ce qui va être mon premier et j'espère merveilleux voyage :-)))

Muchas graciiias!
Patagonie australe: El Fin del Mundo ou le Pays du vent English translation pending
by Kashtin · 2011-06-19 · 160 replies
Voyage en Patagonie australe, du 22 novembre 2010 au 31 décembre 2011.

La version définitive avec photos (il faut patienter un peu pendant le téléchargement, comme toujours 😊) et un texte plus complet se trouvent ici (carnet optimisé pour Google Chrome):

www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_90.html



Lundi 22 novembre

Décollage 23 h 20 sur Air France. Vol de nuit long, très long : treize heures ponctuées de turbulences plus ou moins fortes, plutôt plus que moins, d'ailleurs.

Mardi 23

Arrivée à Buenos Aires à 8 h 50, Herge est là, ce qui est bien agréable. Nous voyons défiler la campagne, verte, si verte après Paris, les arbres sont en fleurs et il fait 25°. Trois quarts d'heure plus tard nous entrons dans son appartement, sur Ayacucho, au croisement de Corrientes. Quatrième étage, baies vitrées, long balcon, salon, chambre et lit excellent, cuisine, salle de bains, c'est parfait. Au-dessous, le bruit est constant mais dans la chambre, sur la cour, nous n'entendons rien. Une douche, et une heure plus tard nous voici dehors, à crapahuter sur Corrientes jusqu'à l'obélisque et au-delà, pour prendre le pouls de la ville... qui bat très vite. La pollution est extrême, nous pique les yeux et nous prend à la gorge. A côté, l'air de Paris semble bien pur. Le soir, dans une pizzeria sur Corrientes, tout près, nous mangeons une tortilla et des lasagnes obtenues après une heure d'attente alors qu'il y a très peu de monde, puis nous rentrons nous coucher. Je n'ai pris aucune photo car Herge m'a déconseillé de me balader avec le Canon, trop voyant.

Mercredi 24

La journée a mal commencé: plus de batterie pour le netbook et les prises de l'appartement ne voulaient pas de la nôtre pour le recharger. Ensuite nous nous apercevons que le taxi commandé par le gardien de l'immeuble (via Herge qui est parti pour une semaine en Uruguay) pour vendredi matin est pour l'aéroport international (Ezeiza), à 35 km et non pour l'aéroport national (AEP), dans BsAs. Nous prévenons donc le gardien, il décommande le taxi pour EZE et le recommande pour AEP. Je passe un mail à Herge en lui disant qu'il s'est trompé et là il nous répond, heureusement rapidement, "AEP est fermé du 23 novembre au 1er décembre". Panique à bord, nous retournons voir le gardien qui redécommande et rerecommande... On le trouve vraiment très relax, il dit que une heure quarante avant c'est largement suffisant et n'en démord pas: quarante minutes de trajet + une heure avant le décollage. Oui, mais s'il y a un problème sur l'autoroute?

Peu après, je m'aperçois que le Canon est HS!!! Impossible de prendre des photos, erreur 99. Je farfouille comme à mon habitude sur Internet pour me dépanner et je finis par trouver. Je teste le boîtier, ce n'est pas lui, puis l'objectif (le 17-85mm) et c'est là que se trouve le problème. Je nettoie les contacts, rien à faire. Puis j'ai une idée; je fais un essai avec le Sigma 10-22 et ça fonctionne! Ensuite je fais un nouvel essai avec le 17-85 à 17 mm, rien, à 24, rien, à 35 et là, bingo, c'est bon! Bruit, bruit, bruit, circulation intense, foule, chaleur humide... On a été à la plaza de Mayo (ici, prononcé Majo) et ce ne sont pas les mères des disparus que nous avons trouvées mais des vétérans des Malouines! Quelques musiciens aux dreads jusqu'à la taille jouent du reggae, nous restons un moment à écouter le chanteur, vraiment très beau...

En repartant par l'avenida de Mayo, un arrêt pour goûter les glaces de Buenos Aires (au pomelo, moyennes, ce ne sont pas celles de Berthillon...), puis un autre au Café Tortoni, qui vaut vraiment le coup d'œil. Borges est partout, en photo, en mannequin grandeur nature... Beaux vitraux au plafond, hautes colonnes marron foncé, lithographies et photos alignées sur les murs, plus une flopée de serveurs. J'ai bu un très bon chocolat au goût fumé et mangé trois churros plus que moyens. Toujours pas de photos mais demain je prendrai quand même l'appareil, ne serait-ce que pour photographier ces arbres à floraison mauve magnifique qui tranche sur le noir de leur tronc: des jacarandas, ou flamboyants bleus.

Jeudi 25

J'ai été boulottée par un moustique invisible, durant la nuit, mais haut de gamme... J'ai l'avant-bras droit tout enflé...

Normalement, aujourd'hui on devait aller à Colonia, en Uruguay. Mais le prix de la traversée aller-retour du Rio de la Plata (170 euros), ajouté au nombre d'heures passées sur l'eau (plus de six heures) pour le peu de temps sur place (quatre heures), nous a découragés. Une autre fois, peut-être.

En face de l'appartement il y a un magasin de fruits et légumes. Entre les dragueurs (les Argentins ont l'air très dragueurs) et les pas aimables, on est servis... On est (je suis) accueillis par des clins d'œil appuyés ou par une mine de dix pieds de long. Les fruits eux non plus ne sont pas avenants mais hier on a quand même acheté quelques mandarines sucrées et bourrées de pépins. Ce matin, j'ai observé depuis le balcon des vendeurs entasser des dizaines et des dizaines de cagettes, la moitié vides et l'autre pleines de tomates, oignons, salades, et de tas d'autre légumes ou fruits. Et depuis une vingtaine de minutes, j'entendais un bruit incessant sous les fenêtres, je regarde et je vois que ce sont les éboueurs qui jettent dans le broyeur le contenu de toutes les cagettes. Quel gâchis! Il n'y a aucune récupération (et apparemment non plus aucun tri de poubelles dans les immeubles). Je n'ai vu personne venir récupérer ce qui était bon à manger... J'ai mis le Canon dans mon petit sac et nous sommes partis comme des voleurs faire des photos des flamboyants devant le Museo del Patrimonio de aguas argentinas, sur l'avenida Cordoba. Au retour nous avons croisé Gorge, le gardien de l'immeuble, qui nous a présentés au chauffeur de taxi qui nous amènera demain matin à l'aéroport. Un petit pépé bien sympa qui a “toute sa confiance”. C'est une sécurité parce que apparemment, chez les chauffeurs de taxi, on trouve de tout. Herge, sur son site, fait le rappel des réjouissances:

www.petitherge.com/...n-taxi-38132291.html

Par la même occasion, on lui a dit qu'on comptait aller au parque Lezama, au sud de Telmo et il a proposé de nous appeler un radio-taxi “Premium” (écrit sur la porte arrière), totalement sûrs d'après lui. Je lui ai demandé ce qu'il pensait d'emporter le Canon et il n'a pas hésité une seconde, il a ri et s'est écrié: No! No! NOOO!!! Vingt minutes plus tard on était arrivés, pour environ 6 euros. Le parc est petit mais avec de nombreuses essences d'arbres inconnues de moi, étranges et belles, l'une avec des racines comme celles des fromagers, une autre à pied d'éléphant géant, certaines, de drôles de conifères mi-séquoias mi-araucarias, le tout plutôt du genre pleureur, bourrées de perruches vertes (conures de Patagonie) en train de faire leur nid. De ses hauteurs on a une vue sur l'église orthodoxe russe et ses dômes bleu et or... qui sentent son Las Vegas. Puis nous avons déambulé dans les petites rues de San Telmo, ancien quartier des marins, ainsi nommé à cause du dominicain Pedro González Telmo, bordées d'anciennes demeures coloniales qui ont vécu leurs plus belles heures il y a bien longtemps. En 1871, les riches familles qui les habitaient les ont laissées derrière elles avec l'épidémie de fièvre jaune. Décrépitude, oui, mais avec un reste d'élégance. Aujourd'hui tous les établissements de tango se concentrent dans son périmètre. Un détail renseigne sur la sécurité du quartier qui n'est pas loin de la Boca, ce sont les épaisses barres de fer et grilles en tout genre qui protègent absolument toutes les ouvertures au moins jusqu'au premier étage!

Dans la rue en pente, trois antiques bus de la ligne 213 se suivent... N'étant apparemment même plus bons pour la casse, ils ont rempilé! Un tour à la Galeria de la Defensa, qui date des années 1880 et était la résidence de la famille Ezeiza, désormais remplie de vieilles choses à vendre, vêtements, gants, vaisselle, bric-à-brac..., un autre au Mercado San Telmo pour trouver un maillot de foot argentin à Loïc (bredouilles) et nous empruntons, à pied et toujours au pas de charge, le chemin du retour. L'envie nous prend soudain de faire un stop avant de mourir asphyxiés, aussi nous entrons manger une bricole dans un café-resto. Le serveur qui s'occupe de nous, la soixantaine tr��s militaire, est absolument odieux! Bonjour l'hospitalité et la gentillesse argentines! Pour l'instant nous ne l'avons rencontrée que chez le portier du Café Tortoni et chez le gardien de l'immeuble d'Herge. Au moment de partir, je me lève et je sens un doigt qui s'enfonce dans mes côtes, c'est lui qui me pousse pour se précipiter devant nous et nous ouvrir la porte. Je n'en reviens pas et le gratifie d'un “Gracias!” étonné mais poli. Oui, sauf qu'Alain, qui me suivait et a tout vu, me fait remarquer que ces ronds-de-jambe étaient destinés au gros personnage suant et soufflant qui sortait derrière nous et que le serveur avait même l'air mécontent que nous soyons sortis les premiers. Mince, alors!! Et dire que je l'ai remercié!!

16 heures. Ouf, nous voilà “chez nous”, un nombre certain de kilomètres dans les jambes et quelques kilos d'oxyde de carbone en plus dans les poumons! Une bonne douche, quatre thés et des orangettes de la Maison du chocolat (achetées à prix d'or à Roissy, mais je ne résiste jamais devant mon chocolatier préféré) plus tard, je me sens mieux. Alain, lui, est reparti faire les librairies qu'il n'a pas encore visitées.

Vendredi 26

A 7 heures moins dix, tandis qu'on attendait l'ascenseur, le gardien nous appela sur l'interphone pour nous dire que le taxi était déjà là. Quelle ne fut pas notre surprise de voir que le petit pépé sympa de la veille n'était pas du tout un chauffeur de taxi mais un particulier avec une voiture qui avait apparemment son âge... Le pare-brise portait huit estafilades, autrement dit il s'était pris un sacré gnon et était près de rendre l'âme. A l'arrière, les ceintures de sécurité devaient être là pour la décoration car elles ne fonctionnaient pas.... Bon, il n'était plus temps de dire quoi que ce soit et nous avions toute confiance dans le gardien d'Herge. En avant, donc, pour Ezeiza. Le pépé faisait des écarts à droite, à gauche, mais dans l'ensemble ça se passait bien jusqu'au moment où il entreprit de tirer un billet pour le péage d'une pochette posée à côté de lui. Il lâcha alors le volant et se battit d'abord avec la fermeture Eclair qui ne voulait pas s'ouvrir, puis avec le billet qui, lui, ne voulait pas sortir. Pendant ce temps je pensais qu'il ne devait pas avoir d'assurance, sinon il aurait fait réparer son pare-brise. Une fois le péage passé, rebelote, volant lâché pour rouvrir la pochette et y glisser la monnaie... Bref, j'avais hâte d'arriver. Je me disais qu'au moins on paierait moins cher qu'un taxi appartenant à une compagnie. Eh bien non, c'était encore plus cher, 150 pesos au lieu de 130.

Après avoir patienté dans une queue de un kilomètre de long, nous avons finalement embarqué pour Ushuaia via El Calafate sur un A 320, durée du vol : près de trois heures. Je n'ai pas dérogé à la règle et ai vu ma dernière heure arriver au moment du décollage, mains moites et respiration bloquée. Je ne sais pourquoi, le commandant de bord ne cessait de passer des messages – c'était apparemment un grand communicateur - et à chaque fois je me demandais ce qui allait arriver. Jusqu'à ce qu'il annonce qu'il y avait “un petit problème technique”. Là, je me suis décomposée... Le problème en question concernait la télévision mais il n'y avait pas de télévision. Vu que tout le monde était d'un calme olympien, ça m'a un peu rassurée. El Calafate, presque tout le monde descend mais peu après toutes les places sont à nouveau prises par les gens qui vont soit à Ushuaia, une minorité, soit sur BsAs.

Tierra del Fuego, Terre de Feu. Ainsi nommée à cause des feux que maintenaient allumés les Indiens Yaghans et Alakalufes, qui vivaient presque nus sur ces terres fouettées par le vent et la pluie. Nous prenons un taxi privé conduit par une femme (22 pesos) et nous voilà sur Gobernador Deloqui, au 271, à la Casa Familia de Zaprucki. Vraie petite maison en dur dans le jardin, à gauche cuisine salle à manger, au milieu salle de bains, à droite belle chambre, le tout nickel (60 euros). Nous sommes accueillis par une Mamie très aimable et qui a l'air d'adorer Paris. Peu après c'est sa fille ou sa belle-fille qui frappe à la porte. Elle nous apporte une bouteille de deux litres d'eau, un pain complet entier, un litre de lait, un paquet de fromage et un autre de jambon plus du beurre et un pot de dulce de leche. Ça fait très panier du Petit Chaperon rouge. Le tout pour le petit déjeuner. En fait on goûtera avec, et on en mangera aussi le soir...

Ushuaia, dans un autre genre, rappelle San Francisco : on monte ou on descend en permanence. Les photos que nous avions vues de la ville, qui compte quand même 60 000 habitants, étaient trompeuses, car elles ne donnent qu'un minuscule aperçu. C'est le centre-ville qui est constamment photographié, mais les constructions s'étendent loin de part et d'autre. Dès l'arrivée on a eu droit à une tempête de neige, au soleil, à la pluie, au grésil. Ici, au moins, c'est varié et à vitesse grand V. On a passé trois heures à arpenter San Martin et les rues adjacentes. Les numéros n'ont aucune logique; on passe de 238 à 270 par exemple. Ce qui fait que pour repérer l'agence de location de voitures, on a le plus grand mal à trouver le 245... Bon, on verra demain. Pour l'instant on est crevés, il fait grand jour (à 21 heures). Mais on va ressortir sur le canal de Beagle, dans le froid glacial. Quelle transition avec Buenos Aires!! Un ferry de croisière est à l'ancre, tous feux allumés, au milieu de la baie aux couleurs de mercure...

Samedi 27

Nuit glaciale, j'ai à peine fermé l'oeil... Ce matin après quelques allers-retours sur San Martin, à cause de ces sauts de numéros, nous allons chez Hertz récupérer la Chevrolet Sedan. Le coffre est grand et nous pouvons charger tous les bagages dedans.

Peu après être partis, sur la route n° 3 qui est donc bitumée, nous avons reçu une caillasse en plein pare-brise, ça commençait bien, suivi illico presto au croisement d'un camion, d'un appel d'air monumental qui a projeté avec une violence incroyable sur le haut du pare-brise un énorme truc noir. On a cru notre dernière heure arrivée, et tout ça en une fraction de seconde. C'était l'avant du capot qui avait été éjecté sous le choc. Un morceau de plastique/caoutchouc, pour faire joli sous le logo Chevrolet. Enfin on suppose vu qu'il ne reste que les rivets...

A San Sebastian, trois maisons et la douane argentine, nous passons un certain temps car nous arrivons en même temps qu'un car de passagers. Puis quelques kilomètres plus loin, rebelote, cette fois avec la douane chilienne. A chaque fois, nous avons droit au match de foot diffusé sur un écran de télévision au cas où policiers et douaniers s'ennuieraient...

145 kilomètres nous séparent maintenant de Porvenir, capitale de la Terre de Feu chilienne, 6000 habitants, par une piste de caillasse. La pampa fuégienne est gris-bronze sous le ciel chargé, éclairée çà et là par quelques touffes de fleurs jaune pâle et poussiéreuses. Nous espérons que nos enquiquinements vont s'arrêter là et que nous n'allons pas crever. Heureusement, il ne pleut pas et le vent a un peu faibli.

Tout à coup, on aperçoit au loin, devant nous, une silhouette. En arrivant sur elle, on voit que c'est un énorme malabar, avec une carrure de rugbyman, le bonnet enfoncé jusqu'aux yeux et la mine plutôt patibulaire, qui nous fait de grands gestes. A peine une seconde d'hésitation et nous passons sans nous arrêter, malgré un sentiment de culpabilité... Je dois dire que ni l'un ni l'autre n'avons voulu prendre de risque. On ne comprenait pas ce qu'il faisait là, à 65 kilomètres de Porvenir, alors qu' il n'y avait aucune voiture arrêtée nulle part. Et les 4X4 chiliens que nous avions croisés peu avant ne s'étaient donc pas arrêtés non plus. Moi j'ai repensé au couple de Français assassinés en Bolivie...

Une maison de tôles sur la gauche, un étang et, dessus, une centaine de flamants très très roses. Etrange, en un tel endroit... Depuis un moment ça sent fortement le brûlé et on se demande si ce n'est pas la voiture, de même que depuis longtemps on aperçoit la pluie qui tombe au loin, en avant de la piste et on ne la rattrape jamais. En fait, les deux sont liés puisqu'il s'agit d'un incendie apparemment important, dégageant une épaisse fumée qu'on prenait pour un nuage de pluie.. Bien sûr, le problème se pose de savoir s'il coupe la piste ou si on va y échapper... Le soleil fait maintenant quelques apparitions et colore l'herbe grise en vert acidulé. Je regrette d'autant plus que l'objectif soit esquinté car le 10-20 ne me sert pas à grand-chose ici. Nous longeons l'immense Bahia Inutil et ses eaux gris sombre, crêtées d'écume blanche. Le long de la côte de galets, les cabanons de tôle rouillée se font plus présents... 
 Porvenir et ses maisons de toutes les couleurs, vertes et rose, jaunes, orange, bleues et mauves, aux toits de tôle rouillés pour la plupart. Beaucoup sont en fin de règne... Nous allons directement à l'hôtel Rosas (bien, 26 000 pesos la chambre double) et le temps de nous installer, le soleil a disparu, laissant place à une température glaciale. Bien au chaud dans la chambre, nous n'avons plus envie de ressortir et attendons en lisant et en écrivant le repas du soir, qui sera hors de prix et franchement pas bon.

Dimanche 28

Bonne nuit sous les épaisses couvertures. Dire qu'on est presque en été... A 16 heures on prend le bateau, j'espère du moins qu'on aura une place pour Punta Arenas car on n'a pas réservé (deux heures et demie de traversée). Mais en attendant, que faire? Nous projetions d'aller sur les pistes environnantes mais le risque de crevaison juste avant de prendre le ferry nous fait reculer. Un Coréen du Sud, “businessman” de centollas ou King Crabe comme il se décrit lui-même, habitué des lieux, négocie avec Alberto, l'hôtelier, de pouvoir rester dans la salle de restaurant et nous dit de faire de même, ce qui nous arrange bien.

Il est maintenant plus d'une heure et demie et nous allons “visiter” Porvenir en attendant l'ouverture de la compagnie maritime. Nos pas nous mènent droit au cimetière... Porvenir est une ville, curieusement dans cette partie du monde, à fort pourcentage croate. Ils se sont installés dans les années 1880, lorsqu'on a découvert de l'or dans la région. Sont venus ensuite des habitants de l'île de Chiloe et, même s'ils n'ont pas fait fortune, ils ont trouvé du travail dans les estancias. Aujourd'hui, la plupart des habitants sont des descendants de ces pionniers. Cette colonisation a malheureusement en peu de temps anéanti les premiers habitants des lieux, chasseurs cueilleurs ou pêcheurs. Le cimetière est extraordinaire, toutes les formes d'architecture sont représentées. Il y a même de curieuses petites cases vitrées entassées les unes sur les autres, avec photos, fleurs, etc., prolongées par les tombes.

16 heures, nous sommes à l'embarcadère. Pas de problème pour prendre les billets. A 17 heures, nous partons pour deux heures vingt de traversée du mythique détroit de Magellan. Le ferry se remplit très vite, essentiellement de jeunes qui rentrent à Punta Arenas pour le lycée. Un Chilien vient s'asseoir à côté de nous, très sympa. C'est un réfugié politique qui a fait ses études en France puis qui s'est installé en Suède. Thérapeute familial.

19 h 20. Le ferry est à l'heure. Nous sortons dans les premiers et trouvons assez rapidement l'hôtel Joshiken que nous avions repéré sur Internet mais où nous n'avions pas réservé car il fallait payer à l'avance. Jolie maison tout en bois clair, très propre, belles chambre ensoleillée (du moins par moments...) et salle de bains. Et en plus très bien placée, près de la plaza de Armas. Punta Arenas est une ville étendue, aux maisons colorées, avec beaucoup d'arbres torturés par le vent, magnifiques, et très plaisante malgré ce que nous avions lu. Le propriétaire nous indique plusieurs restaurants “tous très bons”, où l'on sert du poisson frais. Nous allons à “Jekus” et nous nous régalons d'une cuisine très fine et d'une excellente bouteille de vin rouge chilien, dans un cadre superbe, tout en bois. Avec de nombreuses références de toute sorte aux Indiens disparus...

Lundi 29

Ce matin, grand soleil. Ici, en cette saison, les nuits sont courtes, le soleil se couchant vers 22 heures et se levant vers 5 heures. C'est d'ailleurs lui qui nous a réveillés. Après un bon petit déjeuner qui fera aussi repas de midi, nous partons nous balader du côté de la plaza de Armas. Dans le parc qui en occupe le centre, un bel office du tourisme et de nombreuses roulottes, qui sont des stands où l'on vend beaucoup de vêtements de laine et d'alpaga, très colorés. Tandis que l'on se balade tranquillement, et que cinq minutes plus tôt il faisait chaud, une averse de neige se met à tomber. Et ce sera comme ça tout au long de la journée, une alternance de ciel bleu, de neige, voire de ciel tout bleu et de gouttes d'eau dont on se demande à chaque fois d'où elles viennent et si ce ne sont pas des “pipis d'oiseaux” ;-). Nous devions normalement aller à l'Isla Magdalena voir la colonie de manchots, mais le passage sur le ferry du détroit de Magellan a sérieusement refroidi Alain qui a généralement le mal de mer. Il faut dire que, par moments, on aurait pu croire que le ferry allait se briser en deux lorsqu'il prenait les vagues par le travers. Et la conversation avec le Chilien avait bien arrangé les choses, pour détourner son attention des bonds que faisait le bateau. Donc nous décidons d'aller au Seno Otway voir une autre petite colonie, à une heure de route dont une quarantaine de kilomètres de piste. A douze kilomètres de l'arrivée, nous devons payer d'abord 3000 pesos, une espèce de droit de passage, puis 10 000 pesos pour l'entrée de la pingüinera (ce qui fait au toatl une vingtaine d'euros). Il pleut par intermittence. Nous prenons le sentier de bois de 1500 mètres de long à la recherche des manchots (les pingouins, eux, sont en Arctique). Je n'arrête pas de pester après l'objectif 17-85 mm qui a définitivement rendu l'âme, je ne peux même pas m'en servir en automatique et suis cantonnée au grand angulaire. Tout ce qu'il faut, en effet, pour photographier des manchots seulement visibles des miradors, ou presque. Lorsque je mets l'œil au viseur, on dirait des crottes de mouche. Nous en voyons quelques-uns se dandiner à la queue leu leu, vraiment trop mignons, ce qui me fait pester encore une fois. Le pire, c'est que j'ai emporté les jumelles de Paris spécialement pour eux et que nous les avons oubliées à Punta Arenas!! Nous mettons cela sur le compte de l'extrême fatigue dans laquelle nous étions avant de partir. Et le voyage n'a rien arrangé... Finalement, nous trouvons que c'est bien cher payé pour un si long chemin et seulement quelques manchots de-ci de-là, faisant une bronzette sur la plage ou jouant à cache-cache avec nous.

Retour à Punta Arenas. La plaza de Armas, cet après-midi, a complètement changé d'atmosphère. On dirait le parc Montsouris (à Paris) après la sortie de l'école. Punta Arenas est une ville très jeune, bourrée de lycéens et d'étudiants.

Ce soir, nous retournons manger chez Jekus, pour fêter mon anniversaire le 1er décembre (à ce moment-là nous serons en refuge à Torres del Paine). Je n'ai jamais mangé d'agneau aussi bon... En sortant, il fait un froid glacial malgré toutes nos couches de Damart, laine et polaires, pas loin de celui de Sept-Iles (dans le nord du Québec) au mois de février...

Mardi 30

En partant pour Puerto Natales, nous retournons au bureau de change. L'argent file ici à vitesse grand V.

Nous quittons la province de l'Ultima Esperanza pour entrer dans celle des Magallanes.

La route est déserte, le ciel gris, le vent omniprésent. Nous dépassons soudain un Cristo del Camino à l'abri d'un bosquet, insolite dans ces espaces désolés. Le grand angle lui fait faire un bond en arrière, et le fait de le rapprocher sous Photoshop lui confère un flou... très peu artistique... Régulièrement, sur le bord de la route ou des pistes, on retrouve de ces petits hôtels mortuaires, avec photos, fleurs et souvenirs, et drapeau rouge claquant au vent, dont nous ignorons la signification. Mais en arrivant dans l'après-midi à Puerto Natales, au bord du Pacifique, après 250 km de steppe aride et hyper ventée (quel sport de conduire comme ça, accrochée au volant!!), la surprise est de taille! Là ce sont des centaines de bouteilles en plastique – remplies en partie d'eau à cause du vent – qui veillent les morts... La petite ville (ou le gros village, au choix) est très différente, toutes proportions gardées, de Punta Arenas. Les maisons sont basses et d'aspect plutôt délabré, toujours très colorées. Nous remarquons que les Chiliens, du moins dans le Sud, ne se préoccupent pas de l'aspect extérieur de leurs habitations. Tôles disjointes, peinture écaillée, le tout a souvent un aspect branlant et peu engageant, alors que l'intérieur est particulièrement pimpant et soigné. Les gens sont en général de petite taille, si l'on excepte certains Croates de Porvenir. Au Pléistocène (- 2000 000 d'années à - 10 000 ans), un animal fantastique arpentait ces terres du bout du monde, une espèce de grizzly herbivore à queue de kangourou, deux fois plus haut qu'un homme, appelé Milodon ou, plus simplement, Glossotherium robustus. La Cueva del Milodón en abrite un spécimen, mais en carton-pâte, c'est la raison pour laquelle nous n'avons pas fait le détour lorsque nous avons quitté Puerto Natales pour rejoindre le parc Torres del Paine. Le milodón qui trône en bord de mer, à Puerto Natales... L'hôtel Chorrillos est basique mais très agréable, très bien tenu et la propriétaire est extrêmement aimable. Nous discutons avec un Français installé à l'ordinateur de l'accueil, barbe et cheveux blancs, parti avec sa compagne le 10 juillet en vélo du Pérou (c'est exactement le genre de voyage qui ne m'attire pas, pédaler comme un forcené en se battant constamment contre un vent déchaîné, mais je suis très admirative). Ils s'y sont fait attaquer et voler une première fois, puis une seconde fois on leur a dérobé appareil photo, caméra et argent. Ils avaient été repérés sur le marché, puis suivis en dehors de la ville en... taxi!! L'un des quatre agresseurs (quel courage!! à quatre contre deux!) a cassé une bouteille, jeté sa compagne à terre et lui a mis le tesson sur la gorge... Courses au supermarché – Unimarc, comme à Punta Arenas – où l'on finit par trouver un camping-gaz et les cartouches qui vont avec, puis retour à l'hôtel afin de préparer les sacs à dos pour les quatre jours à venir. La chambre est dans un état! On croirait qu'on part en expédition en autonomie pour six mois ;-)): nourriture d'un côté, vêtements de rechange, appareil photo, jumelles, GPS de l'autre. Le 17-85 mm est définitivement HS, ce qui fait que je n'ai plus que le grand angulaire. Plutôt catastrophique pour un voyage pareil... Adieu tous les gros plans, comme celui de notre premier nandou croisé aujourd'hui, ou de cet adorable renard argenté aux grands yeux noirs en amande qui s'est couché dans l'herbe quand il a vu qu'on s’arrêtait pour le regarder. Il est resté là, à nous surveiller du coin de l'œil, jusqu'à ce que la voiture redémarre. Puis il est reparti de son côté et nous du nôtre. Je l'ai quand même casé dans un petit coin de la carte-mémoire. Le voici, démesurément grossi sous Photoshop, disons... dans un flou gaussien... Dehors, une multitude de chiens se font la conversation d'une rue à l'autre.

Mercredi 1er décembre

Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. La nuit a été courte mais je me suis endormie tout de suite, bercée par le plus doux bruit qui soit, celui de la pluie qui tambourinait sur le toit de tôle de l'hostal... Le problème, c'est que ce matin il tombe une pluie torrentielle, fouettée par un vent qui doit avoisiner les 120 km/h. Autrement dit des conditions idéales pour entamer une randonnée de huit heures. Excellent petit déjeuner avec du cake maison et des yaourts aux fruits, entre autres. Cet hostal est une excellente adresse, pas chère (20 000 pesos), et la propriétaire est très aimable. Nous discutons avec un jeune couple de Français qui nous annonce que la piste la plus longue, celle de Laguna Amarga, c'est-à-dire l'entrée Nord, est désormais bitumée. Plutôt que de prendre la nouvelle piste plus courte de moitié qui mène à l'entrée Sud, nous choisissons la facilité, puisque du ripio, nous en aurons à revendre dans les semaines à venir. Nous partons donc, seuls sur la route. Mais à Cerro Castillo, surprise, la route devient piste, et mauvaise piste puisqu'il s'agit d'une (très mauvaise) déviation. Quelques kilomètres plus loin, passé un gaucho plus vrai que nature sur son cheval, béret vissé sur la tête qui le protège mal de la neige qui tombe en abondance, et poussant son petit troupeau de vaches, nous retombons sur la route mais pour peu de temps. Les derniers 90 kilomètres seront de nouveau de la piste. Nous voyons encore une fois des guanacos, et encore une fois je peste de n'avoir que le grand angulaire. Une fois à l'entrée du parc, nous allons payer dans une minuscule cabane où les taches sont très compartimentées: trois personnes, dont une qui prend les passeports, une deuxième dans une cahute en verre qui nous déleste de 30 000 pesos de droits d'entrée, et enfin une troisième qui vérifie les billets d'entrée et nous donne le plan du parc. Les refuges des Torres se trouvent au bout d'une mauvaise piste de sept kilomètres, coupée en son milieu par un pont-surprise. Il ne peut supporter plus de 1500 kilos. Avec la Chevrolet Corsa pas de problème, mais les véhicules genre Renault Espace sont vraiment limites...

Arrivés au refuge des Torres, nouvelle surprise: nous ne sommes pas au Central mais au Norte, autrement pas dit pas au nouveau, paraît-il très bien, mais à l'ancien de mauvaise réputation. Il fait vraiment à l'abandon. Les chambres ne sont pas chauffées, sans lumière, il n'y a des lampes à gaz (dont une seule à chaque extrémité du couloir) que jusqu'à 23 heures, le lino du sol se décolle, les « banos » sentent horriblement mauvais, un mélange de désinfectant et d'urinoirs publiques. Sinon, la chambre est petite mais banale. En fait, nous n'adorons pas les dortoirs...

Nous montons aux Torres avec un temps complètement bouché, et en en plus il fait un froid sibérien, pas loin du Québec en hiver. Nous sommes pourtant extrêmement couverts, mais la neige qui passe à l'horizontal fou ettée par un vent violent nous glace le visage. Nous traversons d'abord des terres complètement désertes, couvertes d'une petite herbe rase, puis des massifs entiers d'arbustes à floraison rouge vif, des notros (Embothrium coccineum), comme ceux que nous avions vus à Venice, à Los Angeles. Passé le refuge Chileno, à mi-chemin, nous entrons dans un bois et le chemin devient complètement boueux. Le temps est toujours totalement bouché, les Torres enfouies dans une épaisse couche de nuages et de neige et nous ne pouvons espérer les apercevoir. Nous décidons alors de faire demi-tour. Au détour du sentier, un magnifique renard, un zorro colorado aux allures de coyote, croise notre route. Il hésite. Je crois qu'il va nous emboîter le pas mais, dommage, il change d'avis puis disparaît sous les arbres. Sept heures et demie après le début de la randonnée, nous voici à nouveau au refuge. Rien ne s'arrange: impossible de se faire à manger, d'une part parce qu'à Puerto Natales nous avons acheté un camping gaz et les cartouches vendues avec (camping gaz également), malheureusement une fois ici on se rend compte qu'elles ne sont pas adaptées; d'autre part parce qu'il n'y a même pas une cuisine pour se faire chauffer de l'eau. Nous « pouvons manger au restaurant » (à 20 euros par personne en plus des 96 euros par nuit pour nos deux lits superposés...), ou nous faire de la cuisine dehors (où? en plein vent et par terre puisqu'il n'y a ni table ni bancs?) et « rentrer la manger à l'intérieur « (merci de tant de générosité!). Nous sommes furieux, d'autant qu'à l'intérieur, justement, il n'y a que trois malheureuses tables et même pas suffisamment de chaises pour aller avec. Ca promet pour les deux nuits suivantes. Nous partons nous coucher avant que toute la chambrée ne fasse de même. Ah, zut, toute la chambrée est déjà au lit...

Jeudi 2

Nous avons eu froid toute la nuit, car en plus du fait que ça ne soit pas chauffé, la fenêtre était restée légèrement ouverte. Nous n'y avions pas touché, pensant que c'était une des personnes présentes qui l'avait fait pour éviter de la condensation. Sauf que nos deux lits étaient collés sur l'air glacial, et ce n'est pas la petite couverture qui nous a protégés. En plus du reste, le double rideau avait perdu trois de ses anneaux, que personne n'avait jugé utile de remplacer. Heureusement, Géo Trouvetout (autrement dit moi, comme je suis assez souvent surnommée) a trouvé une solution en coinçant le bout du rideau de gauche dans le premier anneau du rideau de droite. A peine réveillés, nous n'avons qu'une hâte : fuir ce refuge qui est un vrai scandale étant donné son prix. Nous remballons nos affaires et filons à la voiture. Une gorgée d'eau froide, une bouchée de cake “con frutas”, et nous voilà partis pour l'embarcadère, d'où le catamaran nous amènera à Paine Grande. En chemin, des guanacos peu craintifs broutent au bord de la piste.

9 h 30. Premier départ du bateau (il y en a un autre à 10 heures, puis à midi pour ce qui est du matin). Les billets s'achètent à bord, 38 000 pesos pour deux allers-retours (en fait c'est 36 000, on s'est fait rouler de 2000 pesos..., ce qu'on aurait jamais imaginé sur une navette, dans un parc national), soit environ une soixantaine d'euros. Café, thé ou chocolat et petits gâteaux sont offerts. Le lac est venté, ça remue pas mal et les eaux sont vert sombre. Impossible d'aller à l'arrière à cause du froid glacial et des paquets d'eau projetés sur le pont. De l'intérieur, impossible aussi de faire des photos à travers les vitres complètement trempées. Une demi-heure plus tard, tout le monde descend. Au premier abord, le gite de Paine Grande est pimpant, seul au bord du lac, dominé par les montagnes (du moins on le suppose car elles sont perdues dans les brumes). Au deuxième abord, il l'est encore plus. Des tons orangés aux murs auxquels sont accrochés masques, dessins et photos concernant les Indiens disparus; plusieurs petits salons ici ou là, avec un gros poêle à bois qui ronronne et d'épais canapés ou fauteuils en cuir. Ca monte et ça descend, ça tourne et ça retourne et c'est très chaleureux. Pour l'instant, par contre, nos lits ne sont pas prêts. Nous laissons une partie de nos affaires dans une eptite pièce en face du Mini Market, dont seuls les deux vendeurs ont la clef, et nous voilà partis à 11 heures pour le glacier Grey sous un temps à ne pas mettre un chien dehors (drôle d'expression, d'ailleurs... pourquoi mettrait-on un chien dehors?). Le sentier suit une étroite vallée dans laquelle le vent s'engouffre avec rage! Il faisait 2°, mais maintenant, avec le facteur vent, je n'ose imaginer la température ressentie... La pluie est de la partie, les nuages cherchent à toucher terre et nous n'arrivons même pas à avancer. J'ai l'impression que quelqu'un me pousse constamment avec force vers l'arrière. Nous faisons des embardées à droite, à gauche, à droite, à gauche et progressons avec peine. Il faut vraiment vouloir voir ce glacier! D'ailleurs nous ne croisons absolument personne pendant plusieurs heures. La vallée n'en finit pas, alors que d'après la carte je croyais longer le lac tout du long. La notion de ce qui est difficile ou modéré n'est pas la même chez les rangers américains et les employés des parcs chiliens. Celui-ci est classé en modéré alors qu'on dirait qu'on suit le lit d'un cours d'eau. Il est encombré de roches et de pierres presque tout du long, entrecoupé de passages bourbeux, inondés, etc. Le dénivelé est faible mais il monte et descend constamment. Bref, progresser dans ces conditions est particulièrement pénible...

Nous n'arrivons pas à nous poser pour manger un morceau, la pluie et maintenant la neige ne cessent de tomber, tout est trempé ou boueux et il n'y a pas un endroit où s'asseoir. Nous finissons par nous arrêter sous un arbre aux grosses racines apparentes. J'attrape l'onglée en moins de deux, nous sommes trempés de transpiration qui gèle quasi instantanément... Quel plaisir! Comme le dit un non-anglophone qui passe près de nous: “Bad time to lunch!” Enfin, nos efforts sont récompensés et nous apercevons, là devant nous, le glacier, géant bleu figé sur toute la largeur du lac. Nous ne pouvons distinguer son épaisseur, dissimulée dans les nuages. De petits icebergs bleutés dérivent vers l'aval sur les eaux grises du lac qui aujourd'hui porte bien son nom (Lago Grey). Nous ne savons toujours pas si nous sommes entourés ou non de montagnes, comme hier tout est bouché, gris, glacial et mouillé... Nous continuons sur le chemin mais le temps décidément empire et nous faisons demi-tour. Partis à 11 heures nous rentrons à 17 heures. Notre chambre, baptisée “Puma”, est pour six personnes. En cherchant la salle de bains, je vois par les portes ouvertes que certaines chambres sont pour quatre et d'autres..., que vois-je?? pour deux ! Nous redescendons illico presto à l'accueil et demandons si l'on peut changer pour une chambre à deux lits... En deux minutes, c'est chose faite et nous déménageons de “Puma” pour “El Calafate”. C'est royal et ça change tout!! Dans la grande salle de restaurants aux tables en bois ciré nous prenons Alain un thé et moi un chocolat avec un grand cooky aux amandes et chocolat (le tout pour 3000 pesos, soit 6 euros). Par la fenêtre, nous apercevons de splendides oiseaux noir et feu. Nous sommes vraiment contents d'avoir une chambre pour nous tout seuls! La promiscuité ne nous plaît décidément pas, nous sommes trop indépendants pour ça (et mes années de colonies de vacances, trois fois par an de sept à dix-huit ans, m'ont vaccinée à vie). D'autant que personne ne se parle. On pensait pouvoir échanger deux trois mots avec nos voisins de lit mais non, ils font comme s'ils étaient seuls... La chambre donne sur la montagne derrière et on aperçoit un bout du lac Paine Grande. Il y a l'électricité et le chauffage, le rêve, en somme. Seul hic mais qui cette fois passe comme une lettre à la poste, le radiateur ne sera allumé qu'à 22 heures... En attendant, on renfile pulls et polaires pour pique-niquer, assis sur le lit... A 22 heures, on entend les premières dilatations du métal qui chauffe mais je m'aperçois assez vite que c'est uniquement une petite moitié du radiateur qui est allumée. Par ailleurs, le vent à l'assaut de la fenêtre fait un bruit de 777 et soulève le double rideau. Nous nous fourrons au lit, mais moi, qui ne suis pourtant pas frileuse, je suis frigorifiée! Il n'y a sur le lit qu'une petite couette fine, d'été je suppose, puisque nous n'en sommes qu'à même pas trois semaines. Vers 4 heures, n'ayant toujours pas fermé l'oeil, je cherche à tâtons dans le noir mon gros Damart et les deux polaires que j'étale sur le lit et m'endors illico. La nuit, toutes les lumières du couloir sont éteintes...

Vendredi 3

Je me rends compte ce matin, en examinant la fenêtre de plus près, qu'elle n'est pas hermétiquement fermée. C'est une histoire de un centimètre maximum, mais ça a suffi, étant donné le temps qu'il fait dehors, à réfrigérer complètement la chambre et moi avec. Pourtant je ne suis pas frileuse... Alain, qui dort sur le lit supérieur, l'a moins senti. Une fois fermée, le bruit passe du 777 à l'avion de tourisme et le double rideau s'est calmé... Le vent est toujours aussi violent ce matin, et il pleut... Nous ne pouvons prendre un thé dans la salle du petit déjeuner car elle est déjà fermée et nous nous contentons encore une fois d'un peu d'eau glacée et de quelques tranches de Budin, autrement dit de cake aux fruits. Ensuite, départ à 10 h 30 pour la Vallée française. Les bourrasques, chaque jour plus violentes que la veille, si c'est possible, nous jettent sur les bas-côtés chacun à notre tour. Heureusement, le sentier est plus facile aujourd'hui, puisque de terre, et plus joli également car il suit le lac Sarmiento, du moins au début. Ce lac, contrairement au lago Paine sur la berge duquel est construit le lodge, est gris sombre, ce qui signifie donc qu'il n'est pas glaciaire. Les bosquets de fleurs rouge sang sont omniprésents; on trouve aussi une multitude de petites orchidées blanches, et toujours les pois mauves et blancs. Les couleurs sont un peu les mêmes que dans l'Ouest américain au printemps, rouge et mauve: Indian paintbrush et lupin bleus. Nous croisons des oiseaux magnifiques, jaune vif et vert fluo, d'autres aux yeux de rubis et aux pattes jaune safran. Les animaux, ici, ne sont absolument pas craintifs, et nous pouvons les approcher de très près. Les oiseaux, par exemple, ne s'envolent qu'au dernier moment. Au-dessus de nous, les montagnes acérées comme des lances percent quelquefois la couche nuageuse, laissant apparaître un glacier suspendu, d'où s'écoule une eau claire et potable. Toutes les eaux de ce parc sont bonnes à boire. Je l'avais lu mais j'ai profité du passage d'un garde du parc pour me le faire confirmer. A propos de garde, d'ailleurs, le seul qu'on ait vu, alors qu'il faisait un froid de canard, pluie, vent, etc., se baladait en casquette (sans doute avec dessous un tube de glu pour la faire tenir) et en T-shirt... Mais les Indiens Alakalufs étaient bien nus en été (et ne pas oublier que nous en sommes proches) et ne portaient leurs peaux de guanacos qu'en hiver... Nous voulons arriver au campamento italiano pour pique-niquer, espérant qu'il y aura une cahute où au moins se mettre à l'abri. It's a long way pour y arriver, et je doute un peu que les distances soient fiables. Sept kilomètres et demie ce n'est pas grand-chose, or nous marchons d'un bon pas malgré le vent et toujours rien en vue. Nous passons dans un bois, puis dans un autre, et un autre encore, le sentier devient roches et caillasse, boue et racines, voire ruisseau... Les Torres sont toujours invisibles, je vois venir le moment où nous partirons et où nous ne les aurons même pas aperçues. De temps en temps, un rayon de soleil perce tous ces nuages et donne à ces sommets glacés une atmosphère fantastique. Nous nous rapprochons de la jonction avec la Vallée française, mais nous avons un peu plus tôt croisé deux Français, entre cinquante et soixante ans, du genre guide de haute montagne avec l'accent savoyard, qui nous ont dit que tout était bouché au-dessus, et qu'ils renonçaient “à monter là-haut aujourd'hui”. Soudain, nous entendons un grondement de chutes d'eau qui ont l'air gigantesques. Nous longeons le lit d'un torrent furieux et apercevons enfin un premier panneau: pont à 500 mètres (chiliens). Le temps est sombre, la pluie glaciale, le vent devrait être débaptisé, il est trop violent, trop constant, trop rageur... Voici le pont de bois, donc, puis un second, suspendu celui-là, qui ne permet de passer qu'à deux personnes à la fois. De l'autre côté, le campamento Italiano. Nous passons au-dessus du torrent rugissant, ça se balance pas mal, et prenons pied sur l'autre rive. Eh bien on peut dire que les campings chiliens n'ont rien à voir avec les campings des parcs américains! Quelques tentes sous des arbres hauts et déplumés, du genre peupliers, une terre sableuse et grisâtre, des racines absolument partout, et surtout pas les moindres cahute, table ou bancs, rien. Rien de prévu pour les campeurs installés dans ces solitudes glacées. Aucun emplacement pour faire du feu. Une cabane couverte de tôle et un panneau avertissant que c'est “privado”, entrée interdite, pour le garde que nous avons croisé, certainement. Nous faisons le tour, trouvons une cabane de trois murs de planches dans laquelle il fait carrément nuit et devinons deux silhouettes dans la pénombre. L'une se fait cuire quelque chose sur son réchaud, posé sur une planche; l'autre a l'air morose et dubitative, mais surtout transie. Une autre cabane misérable pour les w-c, et c'est tout. Nous nous asseyons sur un tronc de dix centimètres de diamètre posé sur deux petits piquets et trouvons vraiment lamentable une si piètre installation. Dans ces conditions nous ne déballons ni pain ni poulet rôti pour moi (celui acheté à Puerto Natales pour 3 000 pesos et qui est inusable) et avalons vite fait une banane et moi un délicieux cooky acheté hier en fin d'après-midi. Il faut bien sûr emporter ses poubelles... Redescente au pas de charge sur le lodge, où nous arrivons à 16 h 30 pour prendre un chocolat et un thé. Par les grandes baies vitrées, nous observons quelque chose d'étrange: comme un vent de sable à la surface du lac, de longues écharpes d'embruns qui s'effilochent et se reforment. Par endroits des mini-tornades s'élèvent tout droit vers le ciel, tandis que de grosses vagues s'écrasent sur la rive en face qui est pourtant éloignée.

Samedi 4

Le temps aujourd'hui, puisqu'on s'en va, est nettement plus beau, bien que les sommets soient toujours encapuchonnés. A 9 h 30, nous prenons le catamaran en compagnie d'un jeune Français très sympa, Loïc, avec qui nous avons échangé quelques mots en attendant. Lui est parti pour un tour du monde; arrivé en Equateur il y a trois mois, il prend l'avion après-demain à Punta Arenas pour la Nouvelle-Zélande. Comme il va aussi à Puerto Natales, nous lui proposons de l'y conduire. Et il se trouve qu'il va dans le même hostal que nous chercher ses affaires qu'il avait laissées le temps d'aller aux Torres del Paine. Dernière coïncidence, il connaît voyageforum et y a même un pseudo: karasamba. Nous prenons la nouvelle piste, celle de 85 kilomètres, qui démarre vraiment très bien, on la croirait bitumée. Mais, très vite, elle se transforme en un vrai poulailler! C'est une succession de nids-de-poules remplis d'eau boueuse qui éclaboussent la voiture. Vu deux huitriers-pie. Dans un des bureaux de change de Puerto Natales où nous changeons deux cents euros, la caissière, qui ne se prend pas pour rien, comme tous ceux à qui nous avons eu affaire jusqu'à présent dans ces endroits-là, commence à lorgner d'un oeil suspicieux le premier billet de cent euros, en direct de la Banque postale, essaie de voir à travers et le pose sur le coin de sa table avec un air à moitié dégoûté. Elle prend le second, l'examine, et repère une petite pliure plus prononcée d'environ un millimètre sur une des tranches au milieu du billet. Ca y est! Elle a ce qu'elle cherchait et nous le rend d'un air triomphant. Nous ne comprenons pas (ou faisons mine de ne pas comprendre). Je sors mes lunettes, fais comme elle, observe le billet et lui demande ce qu'il a de spécial. Je lui fais remarquer qu'en France un tel billet ne poserait pas de problème. D'un ton cassant elle nous réplique qu'ici, elle n'en veut pas!! Excédé, Alain lui demande de lui rendre le premier billet et nous ressortons furieux. Dans le deuxième bureau, tout se passe comme sur des roulettes... Le soir, dans une pizzeria (Mesita Grande), le serveur essaie de nous rouler avec une impudence incroyable! Il s'était carrément pris 100 % de pourboire! (Au Chili, le pourboire dans les restaurants est en principe de 10 %.) Nous voulions en fait dîner à Afrigonia, le meilleur restaurant de Puerto Natales, mais la salle, toute petite, était bondée et de toute façon il aurait fallu réserver.

Dimanche 5

Lit excellent mais l'isolation extérieure est déplorable (partout jusqu'à maintenant) et bien qu'à l'écart du centre, les voitures nous ont dérangés. L'adresse reste très bonne. Après le petit déjeuner composé cette fois-ci de jus d'orange, de quatre crêpes, de pains chauds, beurre et deux confitures, plus fromage, nous partons pour El Calafate en passant par le côté chilien, soit Cerro Castillo, sur la route des Torres del Paine. Ni la douane chilienne ni la douane argentine ne nous ont embêtés, et les Argentins ne nous ont même pas fouillés, ce qui fait que nous aurions pu garder tomates, beurre, œufs, poires, etc., au lieu de tout laisser à l'hostal Chorrillos. Nous prenons la piste d'une trentaine de kilomètres qui rejoint la route d'El Calafate. L'essence, ici en Argentine, est bien meilleur marché qu'au Chili (environ 0,60 euro contre plus de un euro) et nous regrettons d'avoir fait le plein à Puerto Natales. J'avais lu que plutôt que de faire le détour par La Esperanza, on pouvait couper par une piste très belle et très bonne. Nous n'hésitons donc pas une seconde sans avoir idée du kilométrage... C'est morne plaine... Pampa à droite, pampa à gauche, herbe rase et grise, horizon rectiligne. Mais la piste, assez bonne au commencement, se gâte vite et sérieusement. Ce n'est maintenant plus que de la caillasse, et il faut constamment faire attention où l'on met les roues, éviter les cailloux trop pointus et les zones trop dérapantes. Dans le ciel encombré de beaux nuages, le soleil brille et la température au thermomètre de la voiture grimpe jusqu'à 30°! Du jamais-vu depuis qu'on est arrivés en Patagonie. Le désert grisâtre s'étend à l'infini, de temps en temps on aperçoit le ruban de la piste comme un serpent qui filerait devant nous, dans l'infini de la pampa. Une heure passe, puis une deuxième... on n'en voit pas le bout... Les fortes pluies ont laissé par endroits sur des parcelles de sol probablement calcaires des mares plus ou moins étendues, immédiatement colonisées par tous les oiseaux de passage: flamants, cygnes à col noir, oies, canards, etc. En se rapprochant de la jonction avec la route 40, asphaltée sur cette portion, le sol se soulève en moutonnements de velours plus ou moins prononcés, dans des tons qui tirent maintenant sur le vert. Une quinzaine de kilomètres avant El Calafate, le paysage devient soudain magnifique, surplombant le lago Argentino, turquoise comme tous les lacs glaciaires sous les rayons du soleil. Le rio Santa Cruz serpente dans la vallée en une multitude de boucles serrées...

El Calafate. Albergue Lago Argentino. D'un côté de la route, le n° 1050 et l'albergue; de l'autre le 1061 et l'hostal. Nous avions réservé une petite maison dans le jardin. Il y en a deux rangées de trois, mitoyennes, de couleurs vives - carmin et beu – séparées par un gazon vert et dru. Tout est en fleurs, genêts, lupins, chèvrefeuille, arbustes de toute sorte, ça sent le printemps même si les chambres sont par là même un peu sombres. La nôtre est parfaite, la salle de bains aussi.

Le soir, nous allons manger des gnocchis de pommes de terre au safran et du gratin de potiron et maïs, arrosés d'une bonne bouteille de vin argentin dans un excellent restaurant, Pura Vida, avenida del Libertador, avec 10 % de réduction parce qu'on vient de l'albergue Lago Argentino. Le ciel est d'un bleu clair très pur, très lumineux, et la lumière transparente et rosée en cette fin de journée, comme on n'en a jamais vue ailleurs. Les Argentins, de même que les Chiliens, surchauffent leurs intérieurs et la chambre ne fait pas exception.

Lundi 6

Nous voulions être au Perito Moreno avant l'ouverture mais ça ne sera certainement pas possible. Aussi nous choisissons de prendre le petit déjeuner sur place et de partir ensuite. A 7 h 30 nous montons dans la voiture et en route pour les 70 km qui nous séparent du glacier géant. Nous doublons une flopée de cars de touristes vides, étrange..., et arrivons une demi-heure plus tard à l'entrée du parc. Les 40 pesos par personne annoncés par le Routard se sont transformés en 75 pesos... Il reste encore 28 km avant d'arriver. La route, relativement étroite et sinueuse, longe le lago Argentino, couleur menthe à l'eau, traverse des bois de résineux accrochés au pied des montagnes pelées. Le vent est toujours extrêmement violent et le sol jonché de petites branches entre lesquelles je dois zigzaguer en permanence. Jusqu'à 10 heures du matin il est possible de se garer au sommet (nous ne l'apprendrons que plus tard car rien ne l'indique), mais nous ne pourrons y retourner ensuite et il faudra rester sur l'immense parking un peu plus bas. Il y a toute une série de passerelles, à cette heure-ci totalement désertes, dont les plus proches sont celles dites « de la rupture ». D'autres s'enfoncent dans les bois, montent et descendent...Vu d'en face, le Perito Moreno, un des derniers glaciers à ne pas régresser et qui fait partie de la troisième calotte glaciaire au monde (après l'Antarctique et le Groenland, 360 km de long sue 40 km de large), ne donne pas l'ampleur de ses cinq kilomètres de large et de ses soixante mètres de hauteur... Lorsqu'il est bien disposé, il peut avancer de deux mètres par jour, aussi nous guettons ses plongées vertigineuses accompagnées de fracas de coups de canon (comme j'en entends tous les jours, je peux faire la comparaison ;-)), qui laissent derrière elles des cicatrices bleu intense. A l'avant, ce ne sont que flèches, lances et pieux prêts à faire le grand saut, à l'arrière des milliers de crêtes meringuées parcourues d'un réseau infini de crevasses. Nous décidons de prendre le bateau qui se trouve sous le restaurant - celui du dessous - pour aller voir de plus près de quoi il retourne. Cent pesos de moins dans les poches, nous montons sur le pont en compagnie d'une trentaine de personnes, très peu de monde, donc, puisque nous pourrions être trois cents! Le bateau reste à distance respectable des éventuels icebergs, tourne et vire, se rapproche de la zone de fracture, s'arrête lorsqu'une détonation se fait entendre, longe le glacier vers l'est, fait demi-tour, et trois quarts d'heure plus tard, rentre au bercail. Tout le monde descend. A cette heure-ci, midi, lorsque nous rejoignons les passerelles, c'est la cohue. Plus rien à voir avec l'atmosphère de début de matinée, où nous avions le glacier pour nous tout seuls. Deux heures plus tard nous sommes sur la très belle route d'El Calafate. Le ciel est bleu et le vent a encore forci. Pendant ces quelques heures, j'ai bien sûr eu tout loisir de pester (intérieurement ;-)) puisque je ne pouvais faire de photos qu'au grand angle. Les trois magasins de photos de la ville vendent uniquement des pellicules Kodak, ici ils n'ont pas encore fait faillite, et ma tentative de commande d'un 50 mm Canon sur Amazon.com n'a rien donné puisqu'ils ne livrent pas dans ces contrées lointaines. Il faut me faire une raison, mais c'est dur... Au supermercado nous achetons une salade de pommes de terre, carottes et petits pois, plus des œufs que je fais cuire discrètement dans la salle du petit déjeuner où « l'on ne doit pas cuisiner ». Lessive dans le lavabo miniature dont la bonde a été supprimée puisque l'hostal lave du linge contre 25 pesos, mais c'est sans compter sur Géo (Trouvetout). J'utilise une mousseline de notre propre thé que nous venons de faire infuser, la rince bien et bouche le lavabo avec. Très efficace! Eventuellement, on peut aussi d'une main appuyer sur la mousseline et de l'autre malaxer... A la guerre comme à la guerre!...

Mardi 7

Le soleil a disparu mais, par extraordinaire, il n'y a pas de vent! Nous commençons la journée, après le petit déjeuner avec des voisins de table allemands détestables et prétentieux, par le locutorio (petit local où l'on peut téléphoner). J'ai deux cartes de téléphone à 10 pesos, chacune permettant d'appeler une demi-heure en France (merci Herge pour l'info!). Ça marchait très bien de Buenos Aires avec la carte Hable Mas. A Ushuaia j'ai dû en acheter une d'une autre marque - en fait de carte, c'était un ticket de caisse avec les indications en caractères minuscules. Mais ici, plus rien ne va. « Les ondes », paraît-il, « c'est trop perdu » (celui qui nous dit ça se fiche carrément de nous, vu que toutes les cabines internationales avec paiement à la caisse sont occupées pour des coups de fil vers l'Europe!), il veut bien sûr qu'on range notre carte et qu’on lui paye directement la communication. Deuxième locutorio, même son de cloche... Ensuite passage par un supermarché pour acheter du jambon cru Lomsicar (?) en promotion. La caissière en profite pour essayer de nous rouler d'un billet de 2 pesos. Ce n'est pourtant pas compliqué: elle doit nous rendre 74,25 pesos et elle nous en rend 72,25, en se dépêchant de quitter sa caisse juste après. On récupère donc les deux pesos manquants en pestant, et on comprend pourquoi ce supermercado n’était pas indiqué sur le plan que l’on nous a donné à l'albergo Lago Argentino... A propos de monnaie, l'Argentine et apparemment avec elle le Chili manquent cruellement de pièces métalliques. Il est surprenant de voir comme les caisses sont vides et comme, à chaque fois, cela pose un problème. En général, les gens arrondissent au-dessous pour que le client ne soit pas perdant (c’est toujours le cas dans les stations-service), mais parfois c'est le contraire. Les plus généreux vous jettent une sucette sur la caisse et au suivant ! Le jambon Lomsicar est incroyablement acide, j'arrive à peine à le manger. Il va falloir que je me renseigne sur cette appellation: Lomsicar. Est-ce une recette au vinaigre, ou bien prendrais-je le Pirée pour un homme? Aujourd'hui, on avait prévu (sur la carte) de monter au cerro Calafate, 800 m de dénivelé, mais surprise on s'est aperçus que c'était une montagne complètement pelée, caillasse et poussière grise, ce qui nous a douchés d'un coup... On est restés écrire des cartes postales, faire quelques courses, laver du linge, lire et rédiger le carnet... Une journée de transition, quoi. Lomsicar, d'après Internet, ne renvoie à aucune recette, c’est une marque comme une autre. Ce jambon acide ne m'inspire plus du tout et je vais le donner à un des nombreux chiens qui, ici, comme dans chaque agglomération traversée, arpentent les rues poussiéreuses. Le conseil est de ne jamais les caresser, ils trimballent je ne sais plus quelle maladie et la rage est très courante. Mais c'est difficile, ils sont très sympa et ont tous de bonnes têtes. On se rabat sur les chats angoras et couverts de poussière de l'hostal, qui se prélassent dans le jardin et ont tout de suite senti à qui ils avaient affaire : ils nous font mille et un câlins (mais ils ne ronronnent pas... Est-ce que les chats argentins ne savent pas ronronner??).

Mercredi 8

J'ai passé une bonne nuit, heureusement car j'étais vraiment fatiguée. C'est Alain, cette fois, qui n'a pas fermé l'oeil et qui a eu droit : aux pétards et aux fusées que deux gamins lancent nuit et jour près du locutorio d'à côté (il ne manquait que Doisneau pour les photographier); au 4 x 4 au pot d'échappement percé que le voisin, assis derrière le volant au milieu de son jardin, fait rugir, lui aussi nuit et jour selon son humeur; à la musique de l'auto-radio...; et au chien de ce même voisin qui est insomniaque et s'en donne à coeur joie. Nous partons pour El Chalten après avoir fait quelques courses au supermercado La Anonima. Le ciel s'est couvert et nous craignons le pire pour la suite de la journée.

Le paysage est toujours aussi désertique, mais la proximité des Andes lui donne un peu de relief. A l'est, du côté de la pampa, longue traînée de cumulus blancs comme neige dans le ciel bleu, à l'ouest tout se mêle dans un horizon gris et cotonneux. Puis voici nos premières badlands, ressemblant fort à leurs cousines américaines de l'Utah, mais en moins colorées. Le dôme d'un ancien observatoire, fermé depuis 1943, émerge soudain dans une furtive vision. Nous longeons un temps le rio Santa Cruz aux eaux laiteuses, tout droit descendues de l'immense champ de glace qui couvre toute cette région de l'Amérique du Sud. Croisons quelques cyclistes chargés comme des baudets, le nez dans leur guidon, qui n'ont même pas l'air de nous voir passer. Je n'aimerais pas être à leur place... Le long de la ruta 23 qui laisse derrière elle la Ruta 40 pour filer plein ouest vers El Chaltén, village né en 1985 seulement, le paysage devient plus printanier, roche sombre et petite herbe rase vert tendre, désormais noyé de pluie. Une famille de condors fait la route avec nous, immenses ailes noires barrées de blanc pour les adultes, de marron pour les juvéniles, longues rémiges redressées dans le vent, tête rouge et cou rentré dans les épaules. Ils sont magnifiques!

Tout d'un coup, El Chaltén est là en contrebas, à un kilomètre environ, niché entre deux montagnes. La route serpente, bordée de touffes de fleurs jaunes et d'autres que je n'ai jamais vues, orange, ressemblant à de petits lys. Plus on se rapproche, plus le village s'étire dans la vallée en de multiples constructions inachevées, brique, aggloméré ou béton armé, tiges de métal rouillé dressées vers le ciel comme autant de doigts. Le tout a des allures de Canaries et est très inesthétique. Nous finissons par dénicher Infinito Sur dont nous avions vu la photo sur Internet et que nous croyions accroché à une pente. En fait l'hosteria est coincée sur trois côtés par de petites bâtisses toutes plus horribles les unes que les autres, béton brut laissant pointer l'armature alors que le rez-de-chaussée est déjà habité, abritant dans leur « jardin » carcasses de voiture et tout un bric-à-brac destiné, on peut le supposer, à construire un étage supplémentaire, voire le toit. Sinon, tout est très beau dans cet hôtel, bois et pierre mêlés. La chambre est grande et superbe, la salle de bains aussi, mais encore une fois surchauffées. Il fait au moins 30°!! Grand salon commun avec vue, paraît-il, sur le Fitz Roy (son nom tehuelche d'origine est El Chaltén, « la montagne qui fume »). Pour aujourd'hui, c'est vue sur les nuages, aucune montagne à l'horizon... L'Internet indiqué sur le site est « highspeed » mais en fait en download il y a 0,01 Mo, un record, et en upload... 0,00, avec un ping de 1414s!!! Nous déambulons dans les rues arpentées par une flopée de randonneurs de toute nationalité, sous une pluie persistante et un vent toujours aussi violent. Il fait un froid de canard, le vent rugit de plus belle, et je n'ai qu'une hâte: rentrer à l'abri et au chaud.

Jeudi 9

5 h 30. Est-ce que je rêve encore ou est-ce qu'il n'y a pas de vent? Je regarde derrière le rideau de la fenêtre, rien ne bouge, et la maison biscornue, sur la gauche, est rose bonbon, éclairée par le soleil levant!!

7 heures. Le vent s'est levé, en pleine forme après une bonne nuit de repos, et maintenant... il neige! On voit effectivement que dans douze jours c'est l'été. Au petit déjeuner – très bon: marbré au chocolat maison, plus deux autres gâteaux-pain tout juste sortis du four, dulce de leche, etc. -, on peut apercevoir à travers les baies vitrées le temps empirer de minute en minute. C'est une véritable tempête de neige qui à présent se déchaîne, de gros flocons serrés qui passent à cent à l'heure. Les premières montagnes, visibles il y a encore quelques heures, ont totalement disparu dans une blancheur cotonneuse. Quant à ce qu'il y a derrière elles, le Fitz Roy et ses voisins, je ne sais pas si on le verra avant de partir, après-demain matin. En tout cas, pour le moment, il est impensable de partir randonner dans ces conditions.

12 h 30. Il neige toujours mais moins abondamment et le vent est tombé, aussi nous décidons de sortir et d'aller au moins jusqu'au second mirador sur le chemin de la laguna Torre. Avenida Antonio Rojo, au bout un escalier qui escalade la colline, et là, c'est le côté cour d'El Chaltén. Des maisons posées sur la terre battue et boueuse, pour la plupart minuscules, les unes sur les autres et dans n'importe quel sens, construites de bric et de broc, la plupart en aggloméré avec des joints de goudron, de la tôle, de la brique, beaucoup de courants d'air. Tout au bout, une petite montée raide, et nous voici dans des « prairies d'herbe courte », des bois de langas (la feuille ressemble à celle du hêtre en miniature, mais pas l'écorce, qui se rapproche plus de celle d'un résineux, surtout lorsqu'ils sont âgés), puis au-dessus du rio fitz Roy. Un premier mirador, en face une chute qui dévale la montagne en ne prenant pas la voie la plus directe, puis le second mirador d'où l'on pourrait admirer, d'après la table d'orientation, une enfilade de cerros invisibles. Nous continuons, bien que la neige soit très mouillée et que ma veste soi-disant imperméable achetée à Moab ne me protège plus de grand-chose. Une mare, sur la droite, de très jolies orchidées jaunes, capachito ou topa-topa (Calceolaria uniflora), des anémones blanches (Anemona multifida). Le chemin n'est qu'un bourbier, il devient très difficile d'avancer et nous commençons à avoir froid, l'humidité s'insinuant partout. Nous faisons demi-tour et trois heures plus tard nous voici revenus à notre point de départ, à savoir la voiture qui nous attend au début du chemin, ce qui est bien agréable. Le soir nous allons dîner à El Muro, recommandée par la jeune fille de l'accueil, qui se trouve au départ du sentier du Fitz Roy. Excellent « bifteck argentin » - je prends la demi-part, sinon c'était cinq cents grammes -, mais servi seul. Je commande une purée de papas (pommes de terre) et Alain des espèces de petits pavés de pâtes fourrés au saumon, délicieux. La serveuse ressemble étonnamment, en châtain, à Brigitte Bardot. Je le lui dis, elle est confuse, « ne peut le croire », etc., mais à mon avis elle le savait parfaitement ;-).

(L'électricité, à El Chaltén, est toujours allumée: lampadaires dans les rues et lampes à l'intérieur. On ne voit aucune éolienne et on se demande d'où provient la source d'énergie.)

Vendredi 10

5 h 40. Je vais dans la salle de bains et quelque chose attire mon oeil, au-dehors. Le Fitz Roy est éclairé d'une lumière rose par le soleil levant!! C'est un vrai choc! La voici donc, cette mystérieuse aiguille de granit qui se fait tant désirer et que je désespérais d'apercevoir! Je m'habille en vitesse, prends la clef de la voiture et ouvre la porte qui ne veut pas bouger d'un millimètre, même avec la clef magnétique. Je me rabats sur le balcon du salon mais déjà la lumière n'est plus là, la « Montagne qui fume » (El Chaltén en langue indienne) est déjà grise, mais je la capture malgré tout, par-delà les toits.
Comme le temps annoncé pour la journée est neige et pluie, je me recouche, persuadée qu'à mon réveil, c'est la grisaille qui nous attendra. 8 h 40. On ne s'est jamais réveillés si tard!! Et, chose extraordinaire, il fait toujours beau et il n'y a toujours pas un souffle de vent!! Le temps de nous préparer, douches, petit déjeuner, sacs à dos avec entre autres deux bananes, quelques barres et un demi-litre d'eau - inutile de nous charger, à Los Glaciares comme à Torres del Paine les eaux descendent en droite ligne des glaciers et sont potables (et délicieuses) -, et de rejoindre le départ du sentier du Fitz Roy, il est un peu plus de 10 h 15. Nous trouvons tous les deux qu'ici c'est plus beau qu'aux Torres del Paine, malgré les lacs glaciaires (moins turquoise néanmoins que dans les Rocheuses canadiennes). Si l'on compare par exemple au sentier du glacier Grey, ou à celui des Torres, celui d'aaujourd'hui est beaucoup plus varié, on a constamment une vue superbe, soit sur le rio Fitz Roy au-dessous qui se fraie un chemin dans un large lit de galets, soit sur les pics enneigés au-dessus. Même le sentier du cerro Torre caché dans les nuages laissait deviner des merveilles... Le chemin démarre raide par des marches de terre et de bois et grimpe pendant une heure et demie, jusqu'au mirador d'où l'on a une vue superbe sur toute la chaîne des pics. Fitz roy est entouré de Saint-Exupéry, Mermoz et Guillaumet entre autres. C'est le lieu de la photo souvenir, apparemment. Passé le premier émerveillement et de nombreux clics du grand angulaire, nous continuons en direction du campamento Poincenot. Nous avons remarqué que 80 % des gens croisés sur les sentiers ne disent pas bonjour, voire ne jettent pas un regard à la personne qu'ils frôlent. Cest insupportable, surtout pour moi qui dis facilement bonjour à tout le monde avec un sourire. Et dans ces coins complètement perdus c'est encore plus difficilement acceptable.

Le chemin, qu'on dirait taillé à la bêche, pas plus de quarante centimètres de largeur, est maintenant un vrai bourbier. Soit la neige commence à fondre, soit elle a fondu depuis longtemps, formant des mares d'eau et/ou de boue épaisse et grasse. Il faut sans cesse faire de l'acrobatie pour éviter de s'enfoncer jusqu'à la cheville. Les bois de langas (on dirait que c'est le seul arbre ou presque sous ces latitudes) succèdent aux prairies qui succèdent aux bois de langas. Avec toujours, en arrière-plan, le sublime massif du Fitz Roy. Les Chiliens ne soignent pas leurs campings. Et le campamento Poincenot ne fait pas exception. Seul un panneau avertit qu'il s'agit bien d'un camping car il n'y a absolument rien de prévu pour les campeurs. Le sous-bois est d'un binz incroyable! Branches cassées, troncs pourris jonchent le sol dans un enchevêtrement incroyable. Aucun emplacement particulier n'est prévu, aucune table ni bancs, aucun abri. Je me demande s'il y a même des toilettes et Alain me montre un petit machin en métal qui doit effectivement en faire office. Le détail qui tue est cet avertissement : Interdiction de se construire un abri. Lorsqu'on sait que les conditions atmosphériques y sont très difficiles, le vent par exemple s'y déchaîne avec violence, c'est à la limite du refus d'assistance à personne en danger. Le tout est en plus pourri d'humidité...

Nous hésitons à bifurquer sur les Piedras blancas, mais le temps se couvre et les espaces découverts où passe le sentier pourraient vite devenir invisibles. En redescendant, nous apercevons, perché sur une branche d'arbre mort, un magnifique aigle au bec jaune et à la poitrine cloutée d'argent. Au-dessus de lui, un couple de rapaces plus petits font des manoeuvres d'intimidation en poussant des cris stridents.

Sur le chemin du retour, je me tords trois fois la cheville gauche. Ce n'est pourtant absolument pas le moment d'être immobilisée si loin d'El Chaltén. Heureusement, avec un peu de Synthol, tout rentre dans l'ordre. A 17 h 30, nous sommes à la voiture.

Samedi 11

A 9 heures nous sommes prêts à partir pour la Ruta 40 et Bajo Caracoles, à 460 kilomètres de là, où nous comptons faire une étape. Nous passons d'abord par le distributeur... qui est vide (il ne nous reste que 350 pesos, soit 70 euros) puis par la poste car nous avons deux cartes à envoyer, mais elle n'est pas encore ouverte, bien qu'affichant 9 heures. Hier, nous avons demandé à quelqu'un où se trouvaient « los correos ». Visiblement, il ne voyait pas du tout de quoi on parlait, jusqu'à ce que je lui montre les cartes. « Ah! Los corre! » La prononciation argentine (et chilienne) nous surprendra toujours. Entre le « pocho » (pollo), la « cache » (calle), la « jave » (llave), et tous les s finaux manquants, il faut comprendre.... Le temps est encore magnifique et nous redécouvrons la route que nous avons faite à l'aller avec tout le massif derrière nous, étincelant de neige. Nous avalons les 140 kilomètres bitumés qui nous séparent de Tres Lagos où nous faisons le plein d'essence. Nous sommes par erreur d'abord passés par le village en faisant un détour de 4 kilomètres sur la droite sur une très mauvaise piste, alors que la pompe à essence est un grand bâtiment blanc en retrait à une centaine de mètres sur la gauche. A partir de là, c'est le ripio qui nous attend. La piste est mauvaise pendant cinq ou si kilomètres, puis dans l'ensemble bien roulante, avec des passages plus délicats. Il faut quand même faire attention aux éventuels trous ou aux pierres qui pointent parfois en plein milieu, et aux amas de graviers qui la transforment en planche savonnée. Le pompiste de Tres Lagos nous a annoncé six à sept heures jusqu'à Bajo Caracoles, ce qui nous mène à 18 heures. Le sol de la pampa est marron-gris et on se demande ce que peuvent bien brouter les quelques rares moutons ou chevaux étiques que nous croisons de-ci de-là. Soudain, un 4 x 4 nous double en trombe, pojetant une cascade de pierres sur la carrosserie et le pare-brise, décoré de deux nouveaux impacts! C'est un comportement particulièrement inqualifiable que nous ne retrouverons heureusement plus, bien au contraire. Les camions, en particulier, sont extrêmement prévenants, ralentissent, s'écartent ou font signe de dépasser. Les collines se font plus présentes et sont parfois marbrées comme un gâteau. La piste tourne, monte et descend, des chevaux broutent çà et là. A la jonction de la route de Gobernador Gregores nous avons l'heureuse surprise de retrouver le bitume pour une cinquantaine de kilomètres. Puis c'est à nouveau le ripio, parfois bon, parfois mauvais, presque toujours dérapant. Je suis agrippée au volant, mes yeux cherchent continuellement à l'avant de la piste les cailloux à éviter, je ralentis dans chaque virage car ce serait les tonneaux assurés (prévus au contrat et pour lesquels nous ne sommes pas assurés). Un arrêt pour manger une banane et quelques chips près d'une estancia, le long d'un cours d'eau. La piste est bordée d'une multitude de petites fleurs crème qui embaument à la fois la rose et la violette. Peu après, nous apercevons sur notre droite un troupeau de guanacos en train d'observer un cheval couché dans l'herbe, de l'autre côté de la route. Ils se regardent en chien de faïence, c'est très drôle. Plus loin, une baby-sitter nandou et sa marmaille de vingt-deux petits qui s'égaillent avec élégance à notre passage. L'arrivée sur Bajo Caracoles est meilleure que prévue. Mais il est rageant de voir que nous longeons la toute nouvelle route bitumée pendant des kilomètres alors que nous sommes dans la caillasse.

16 h 30. Arrivée à Bajo Caracoles avec une heure trente d'avance. Il faut dire que j'ai bien roulé. Ah, Bajo Caracoles... tout un poème... Au milieu de la plaine infinie dans laquelle le vent se rue avec délices, fermée à l'ouest par les lointains sommets enneigés des Andes, battue par les vents, poussiéreuse, une poignée de maisons difficilement abritées derrière quelques peupliers chétifs, des chiens qui vont et viennent d'un pas alerte, une pompe à essence, une gomeria (endroit où l'on répare les pneus), la « policia », un poste de secours, deux campings et... un tribunal administratif et « juge de paix », un ministère de l'Education culturelle... Tout cela paraît totalement incongru au premier abord - nous sommes à de nombreuses heures de piste du moindre village -, mais c'est sans compter avec les estancias parsemées sur ces millions d'hectares. La pompe à essence fait aussi hôtel. Une bâtisse plus jolie que les autres, en grosses pierres ocre-rose, de plain-pied. Les vitres des fenêtres en façade sont obscurcies d'autocollants publicitaires, un long comptoir en L, derrière lequel s'alignent, sur des étagères murales, des bouteilles, des canettes, un peu d'épicerie. Dans un coin, un home s'égosille au téléphone...

Nous prenons une chambre avec salle de bains partagée pour 140 pesos (environ 27 euros, mais nous n'avons plus que 138 pesos et de l'argent chilien. Ca fera l'affaire, seulement nous n'aurons plus un seul peso argentin lorsque nous repasserons la frontière). Nous demandons à la voir. L'hôtelier-pompiste - très aimable - nous précède dans un long couloir au sol recouvert d'une matière étrange : c'est à celui de nous trois qui fera en marchant les schlouks-schlouks les plus sonores. Il ouvre la porte n° 1 : minuscule, nous n'apercevons d'abord qu'un lit de 90 cm, puis le second. Une table de nuit entre les deux et un porte-manteau. Le bas des murs est tout cloqué, et des dégoulinures marron descendent du plafond. Il va maintenant nous montrer les salles de bains: une pour les femmes, l'autre pour les hommes. Nous repartons derrière lui, d'un pas toujours aussi discret. Les portes sont grandes ouvertes. « Aqui, damas! »... cra-cra au possible, la chasse d'eau pas tirée (et pourtant nous sommes les seuls à dormir ici ce soir), une serpillière sale en plein milieu, une odeur nauséabonde, un grand rideau de douche bien raide et collé de toute part... Pouah! « Aqui, caballeros! » Ce n'est pas mieux, la cuvette des w-c fuit par le bas et la douche est pleine d'une mousse grisâtre... Retour à la chambre. Affichée derrière la porte, une longue liste d'interdictions et d'avertissements:

si l'on quitte la chambre après 10 heures, on paie double tarif; il est interdit de cuisiner et/ou de manger dans la chambre; les animaux familiers sont interdits; il est interdit de laver du linge ou de la vaisselle dans la salle de bains; il est interdit de rentrer dans la chambre avec des vêtements et des chaussures sales (probablement pour les ouvriers du chantier de la Ruta 40); les éléments de la chambre volés ou dégradés seront facturés; la clef doit être laissée en sortant à la réception; consulter la réception pour de plus amples informations.

Nous voilà frais! 5 heures de l'après-midi, coincés ici, avec une seule envie, fuir au plus vite. Nous nous regardons et piquons un fou rire! Puis l'idée me vient de vérifier l'état des draps. Visiblement, un des lits a déjà servi puisque le drap du dessous est tout froissé et taché. Les oreillers, eux, sont très spéciaux : longs et un peu dur, genre traversin aplati entre deux portes ou récupération de canapés, d'une couleur indéfinissable, avec une taie trop courte de chaque côté. Si j'ajoute à cela qu'il n'y a pas de chauffage et qu'on se gèle, c'est complet. Au plafond, une unique ampoule diffuse une lumière de veilleuse... De mieux en mieux. Mais à quoi sert donc ce grand néon au-dessus de la fenêtre, sans interrupteur, branché à une prise près du plafond? Nous aurons l'explication plus tard: c'est une lampe de secours qui s'allumera automatiquement en cas de panne de courant. Nous décidons de faire un tour dehors, et trouvons en ouvrant la porte un chauffage électrique au fil bizarrement rafistolé avec du chatterton que l'hôtelier a apporté et que nous nous empressons d'allumer. Vent et poussière, poussière et vent, et toujours les chiens, de grands chiens aux longs poils, qui passent et repassent d'un air affairé. Nous avons réussi à avoir une lampe de chevet, le moral remonte un peu...

Dimanche 12

Nous avons bien dormi, malgré le bruit du vent. Dans le couloir, Alain rencontre la fille de la maison qui lui demande à quelle heure on veut déjeuner. Bonne nouvelle, car nous nous attendions à boire un peu d'eau froide et à avaler une tranche de Budin con frutas. Mais tout n'est pas si simple... Alors que je suis dans la salle de bains depuis deux minutes, on frappe à la porte. J'ouvre et me trouve nez à nez avec une jeune femme, hagarde, en survêtement noir, l'air de sortir de son lit. Je lui souris et lui dis que je lui laisse la place. Mais elle est déjà repartie, titubante, et a disparu dans une chambre. Peu après on entend des cris, d'homme d'abord, puis une femme – certainement la femme de l'hôtelier - passe en courant dans le couloir en criant : « Maria Elena!! Maria Elena!! » Branle-bas de combat, tout le monde s'engouffre dans la même pièce, y compris les clients du bar. Nous attendons dans notre chambre, dubitatifs, que se passe-t-il au juste?, est-ce quelqu'un de la famille, une cliente de l'hôtel? (mais nous étions les seuls hier soir). Dix minutes plus tard, nous faisons une tentative de sortie pour le déjeuner et nous rendons dans le bar... qui est fermé! Nous passons par l'extérieur, là aussi la porte est fermée. Bon... Le temps passe, puis la fille de la maison nous invite à passer dans une pièce attenante et nous apporte une panière de rondelles de pain décongelé et grillé, une portion de beurre et une autre de confiture. On n'entend plus rien, mais peu après l'ambulance du centre de secours arrive et la jeune femme repart entre deux infirmiers. Au moment de payer, l'hôtelier, toujours très aimable mais qui ne perd pas le nord pour autant, est surpris de nous voir sortir nos derniers 138 pesos argentins complétés de 225 pesos chiliens, si nous le désirons, nous pouvons tout payer en pesos chiliens, pas de problème! D'accord mais combien cela ferait-il? Et là il nous montre sa calculette: 20 000 tout ronds. Ah, eh bien non, plus d'accord, car le prix de la chambre passerait de 27 euros à plus de 33.

Nous quittons sous le ciel bleu Bajo Caracoles et sa colline pelée à la grande inscription blanche : « Dios te amo », et retrouvons la Ruta 40 en direction de Perito Moreno (le village du même nom que le glacier). La piste démarre assez bien mais devient vite mauvaise, puis très mauvaise. On a nettement l'impression de rouler dans un champ de pierres, et on ne peut dépasser 25 km/h. En compensation, elle est très belle, avec les Andes à l'horizon et la plaine que nous surplombons de virage en virage. Une quarantaine de kilomètres, plus loin, ô surprise, nous retrouvons enfin le bitume. Le paysage, entre Bajo Caracoles et Chile Chico, via Perito Moreno et Los Antiguos, est constamment superbe, et le devient encore plus lorsqu'on longe les rives de l'immense lago Buenos Aires (côté argentin) qui s'appelle General Carrera côté chilien, deuxième plus grand lac d'Amérique du Sud après le lac Titicaca, nous avait dit le Chilien rencontré sur le ferry Porvenir - Punta Arenas. C'est une véritable mer intérieure bleu intense lacérée d'écume blanche, aux creux de plusieurs mètres. Autant Perito Moreno (dont les deux cajeteros - distributeurs - étaient à sec) que Los Antiguos sont de jolis villages, très verdoyants en cette fin de printemps, aux maisons basses et colorées. Douane argentine, puis douane chilienne avec fouille en règle des bagages pour voir si nous ne passons pas fruits et légumes frais, charcuteries et laitages; les douaniers confisqueront un petit rameau et une herbe séchés...

A Chile Chico, nous prenons une chambre à la Hospederia de la Patagonia, conseillée par le Lonely Planet, juste en face de l'hospederia No me olvides, avec laquelle nous avions hésité. Les deux se trouvent dans la très longue allée de peupliers d'Italie, avant l'entrée du village quand on vient de l'Argentine. (Les Patagons adorent les peupliers, qui se plient avec grâce dans le vent violent, ils sautent apparemment sur la moindre occasion pour en planter.) L'hospederia est une belle maison basse des années cinquante au toit de tôle jaune d'or, croulant sous la végétation, appartenant, toujours selon le Lonely Planet, à des descendants de colons belges. A l'entrée, sous les arbres, un très grand bateau, dans lequel jouent des enfants. Nous ne voyons personne excepté une jeune Indienne assise sur une chaise devant la porte, qui ne nous prête absolument pas attention. Nous lui demandons s'il y a des chambres à louer, visiblement elle n'a pas l'air très claire mais nous répond quand même que « la signora est sur l'arrière ». Effectivement, elle est là (puisqu'elle se lève aussitôt en nous voyant), mais en compagnie d'une tablée de bien trente personnes, plus une vingtaine d'enfants qui jouent par petits groupes sur la pelouse et sous les arbres. On est tombé en pleine fête d'anniversaire. Par contre, de descendants de colons belges, point... Elle est avenante et nous conduit à notre chambre que nous choisissons « avec salle de bains partagée », donc moins chère (25 000 pesos, soit plus de 40 euros), mais très vite nous nous apercevons qu'elle est pressée et souhaite nous laisser au plus vite . La chambre est en partie en bois, comme toute la maison, il y a une atmosphère particulière, tout est fait à la main, chaque étagère est garnie de crânes d'animaux (pumas, cerfs, renards), ou de peaux, de nids d'oiseaux, d'outils anciens de métal, de frondes pour chasser le guanaco. Des selles de cheval sont rangées dans l'entrée. La « signora » allume vite fait un feu dans le poêle à quelques mètres de notre chambre. Mais je déchante assez vite en voyant la salle de bains, plus que limite. La douche a bien soixante ans, comme la maison, et la pomme de douche a autant de trous dessus que dessous. Le lavabo a un unique robinet d'eau froide et il n'y a pas de savon. Si le prix était deux fois moins élevé, pas de problème. Mais là, il y a de l'abus. Petit déjeuner prévu à 8 h 30 demain matin, dans la belle salle à manger, remplie, elle aussi de souvenirs.

Lundi 13

Temps superbe aujourd'hui encore. Le « desayuno », comme je m'y attendais, est limite lui aussi. Nous l'avalons vite fait, je feuillette avant de partir les livres de photos de la très grande famille nombreuse des colons belges (mais où sont donc les descendants? La maison aurait-elle été rachetée par des Chiliens?), puis nous plions bagage, direction le départ du ferry afin de réserver notre passage au départ de Puerto Ingeniero Ibanez, sur l'autre rive. Or nous apprenons que le ferry circule bien tous les jours, sauf par grand vent. Hier, par exemple, il est resté à quai. Voilà qui remet en cause tout notre programme, car nous prévoyons de redescendre sur Ushuaia en trois jours pour y être le 23. Or si le ferry reste à quai un jour, voire deux, nous raterons Noël avec Françoise et Gérard ainsi que deux jours réservés à l'avance aux cabanas del Beagle. De plus, le bureau des réservations est fermé. Nous repartons donc pour Cochrane à 188 kilomètres de là, par une piste secondaire. Le départ est royal puisque la piste, bien qu'étroite, est tellement damée qu'on la dirait bitumée sur une quarantaine de kilomètres. La suite est moins réjouissante, mais le paysage est constamment époustouflant de beauté et fait passer les difficultés au sol. La conduite reste néanmoins éprouvante, d'autant que virages serrés, montées et descentes « peligrosas » se succèdent, la plupart au-dessus de ravins sans protection aucune, ainsi que nids-de-poule (comme dit Alain il vaut mieux ne pas porter de dentiers...) et trous de toute sorte. C'est une version chilienne de la Moky Dugway, en Utah, en bien plus longue et dangereuse. Mais si l'on conduit prudemment, ce que je fais, on ne risque pas grand-chose. Il nous faudra quand même six heures pour faire les 188 kilomètres, arrêts photos - nombreux - compris.

Le lac General Carrera, d'un bleu outremer profond aussi beau que le plus turquoise des lacs glaciaires, est surplombé par les Andes enneigées et bordé d'une multitude d'églantiers en fleurs qui dégagent un parfum délicieux. Chaque kilomètre parcouru est une pure merveille et je suis tentée constamment de prendre des photos, malheureusement toujours cantonnée au 10-22 mm... Chevaux, moutons ou guanacos broutent le long de la piste. On aperçoit dans une étendue herbeuse une dizaine de gros oiseaux sombres à la tête jaune et au très long bec recourbé, des « bandurias ». Fechudal, puis Puerto Guadal où nous faisons le plein à prix d'or, 885 pesos (mais avec un pompiste extrêmement sympathique), soit le même prix qu'en France, enfin Cochrane, bourgade toute de verdure et de fleurs, notamment des rosiers. Là comme ailleurs les peupliers sont présents en nombre, mais la grande plaza, elle, est plantée de pins. Le long des rues aux maisons basses protégées souvent par des barrières de bois on retrouve les mêmes arbres taillés bas et peints en blanc jusqu'à un mètre du sol.

Toujours le Lonely Planet sous le bras, nous passons d'abord devant l'hosteria Rubio, puis devant l'hosteria Cerro al Cerro que nous choisissons, tout en bois et en plein soleil. 20 000 pesos pour une chambre avec salle de bains privée et même, pour la première fois, la télévision (que nous ne regardons jamais). Le plancher craque à chaque pas à réveiller un mort mais elle est bien agréable, au premier étage, avec une vue sur la montagne enneigée et les gouttières les plus originales qu'on ait jamais vues: un chapelet vertical de bouteilles d'eau en plastique. En bas, de même qu'à Chile Chico, un bégonia gigantea comme celui que nous avons à Paris (en bien meilleure santé que ses frères chiliens...). Ici non plus, ni savon ni serviette, on commence à se dire que pour le savon ça doit être normal, mais on demande des serviettes. Il n'y a pas d'eau chaude mais il y en aura demain matin). Le chauffage n'est pas allumé - c'est l'été - même si les soirées sont fraîches, mais nous avons quatre épaisses couvertures sur le lit plus une couette! Nous regardons le soir tomber sur la montagne qui domine Cochrane, et monter un croissant de lune dans le ciel.

Mardi 14

On est soignés aux petits oignons dans cette hosteria. Après un délicieux petit déjeuner, entre autres gâteau et confitures maison – même le lait est « maison » puisqu'il provient de vaches élevées à deux kilomètres de là - et une adresse dans la poche chez une amie de la « signora » à Caleta Tortel, nous voici repartis sur la Carreterra australe. La piste est complètement différente de celle que nous avons faite hier, d'autant que le ciel ce matin est très encombré. Le lac est gris sombre, et plus nous avançons, plus les pentes se couvrent de forêts. Nous ne comptons plus les panneaux « peligroso », à 300 mètres, à 200 mètres, à 100 mètres, etc. En fait ce sont soit des montées ou descentes vertigineuses au-dessus des ravins, or la piste est très étroite et sans parapet, soit des virages serrés, soit des travaux avec engins qui prennent la largeur du passage. Nous longeons le rio Baker, qui ne dévoile sa couleur désormais vert céladon que sous les rayons du soleil. Mais alors, quel enchantement!! Nous passons de nombreux rios, plus ou moins importants, plus ou moins furieux, entendons ici ou là chanter un coq, signe d'une présence humaine invisible, les cèdres remplacent peu à peu les langas, les églantiers ont cédé la place aux notros d'El Chaltén et la végétation commence étonnamment (du moins pour nous) à avoir des airs de végétation tropicale, y compris sur les rives du rio Baker, qui s'élargit jusqu'à ressembler au rio Usumacinto, fleuve frontière entre le Guatemala et le Mexique: même courant, même largeur, mêmes rives... Il y a des descentes et des virages qui ne doivent pas être mieux que la Shafer Trail en Utah, d'autant que les gravillons amassés ici ou là sont extrêmement dérapants. Nous croisons un peu plus de 4 x 4 qu'hier, et rares sont ceux qui freinent à notre passage. A nous de faire attention au pare-brise qui, ne l'oublions pas, a déjà trois impacts! Deux heures et demie plus tard et encore une fois de nombreux arrêts photos, nous prenons la déviation pour le village de Tortel, vingt kilomètres plus loin, ouverte seulement en 2005, dernière limite nord-sud du Chili par la route! Auparavant, tout se passait par la mer. La végétation est devenue carrément luxuriante, bambous à profusion, cascades de fuchsias à petites fleurs comme en Bretagne, immenses feuilles ressemblant mais en plus joli aux feuilles de rhubarbe et qui poussent là où il y a de l'eau. La piste est plutôt meilleure que la Carreterra australe, avec par moments de longues lignes droites qui traversent des champs de lances dressées vers le ciel.

Caleta Tortel, 512 habitants, au bout du bout, dernier poste avancé sur la mer, et le royaume du cèdre. Les voitures ne rentrent pas dans le village puisqu'il n'y a pas de route, seulement des passerelles de bois comme à Harrington Harbour, sur la Basse Côte Nord du Québec, mais ici il faut une bonne heure pour se rendre du secteur nord au secteur sud, en prenant le chemin le plus direct. Nous garons donc la voiture au milieu des nombreux 4 x 4 de toute sorte, prenons le nécessaire pour vingt-quatre heures, et passons par le petit bureau de l'office de tourisme pour savoir où se trouve la Residencia Estilo. Elle est à vingt-cinq minutes à pied. Tortel est un vrai labyrinthe, les passerelles sont doubles, voire triples, avec de multiples embranchements, et s'accrochent aux pentes abruptes qui plongent dans la mer. Au-dessous poussent de délicates petites orchidées blanches, sur de longues tiges frêles. Les oiseaux se chamaillent dans les arbres, les enfants courent d'un bout à l'autre du village et les petits bateaux rentrent de la pêche. Les maisons, souvent minuscules, sont toutes sur pilotis, nombreuses sont celles qui ont des façades et des toits en bardeaux, et sont entièrement couvertes de grosses écailles de cèdre. Un bateau-taxi fait le va-et-vient, les chiens ici encore vont et viennent, toujours sympa et câlins, et en se baladant on aperçoit même... un petit veau devant une maison! Ca alors! Mais qu'est-ce qu'il fait donc ici, où il n'y a pas d'herbe pour le nourrir??? Alain se demande s'il n'est là pour être boulotté... (En fait, nous aurons l'explication plus tard: les propriétaires de la maison l'ont ramené du « campo » parce que sa mère est morte, et le nourrissent au lait avant de la ramener au « campo ».) Tout au bout des passerelles on arrive sur une plage, déserte et froide, plutôt du genre marécageuse, qui n'engage pas à mettre le pied dans l'eau. D'ailleurs un écriteau précise bien qu'il n'est pas conseillé de se baigner. Tiens donc, on aurait cru le contraire! Le temps se couvre de plus en plus et se découvre de moins en moins souvent... Trois heures plus tard nous rentrons nous chauffer mais la maison est maintenant vide et le poêle éteint. Nous nous installons à une petite table de la salle à manger, avec vue sur la mer, en contrebas, du même beau vert céladon que le rio Baker. Des oiseaux volent d'arbre en arbre, des espèces de gros merles bruns à bec jaune, aux grands yeux ronds étonnés. Tortel n'a pas le téléphone mais la radio. Régulièrement on entend des messages passés depuis l'autre bout du village. L'électricité, elle, est capricieuse; il n'y en avait pas depuis ce matin paraît-il, mais elle est revenue vers les 18 heures. La « signora » est rentrée de la bibliothèque où elle avait été consulter Internet et a mis un premier chauffage au gaz en route, puis s'est occupée de rallumer le poêle à bois. Elle s'occupe maintenant de faire le repas (6 000 pesos par personne): salade de coquillages et saumon puisque Alain ne mange pas de viande. Il y a deux Chiliens arrivés en fin d'après-midi qui dîneront aussi ici.

20 heures. Le repas est prêt. La salade de coquillages (grosses moules et churros) me degoûte pas mal; pas les moules, mais les churros, qui sont de gros machins tarabiscotés hyper caoutchouteux, avec une grosse poche marron... Je rajoute de l'huile, du citron, du sel, je mâche et remâche ça comme du chewing_gum. Un passe, puis deux, puis trois et Alain me sauve du désastre en finissant mon assiette! Les Chiliens, eux, plus prudents, n'en ont pas pris. Le saumon est bien meilleur, accompagné d'un peu de purée et d'une salade.

Mercredi 15

Apparemment, les Chiliens ont changé de chambre en cours de nuit. Il faut dire que les matelas ne sont pas de la première jeunesse. Mais Javier Pinella est tellement gentille que pour nous, ça passe. Dans la salle de bains une fermeture originale pour la fenêtre: un petit tube de métal récupéré sur un ancien verrou et un gros clou rouillé et tordu. Si on enlève le clou du tube, la fenêtre se relève toute seule. Ensuite on se débrouille comme on peut pour réenfiler le clou... Petit déjeuner avec vue sur le fjord ensoleillé et les passerelles au-dessous. Nous n'avons pas eu de chance les quinze premiers jours, mais depuis El Calafate c'est vraiment l'inverse, car nous traversons des régions où il pleut normalement tout le temps. Je me posais la question de savoir où les jeunes allaient au lycée et comment ils faisaient avant l'ouverture de la piste (pardon, de la Carreterra! Javier Pinella ne comprenait pas de quoi on parlait en disant « la piste »). En fait, contrairement à ce qu'écrit le Lonely Planet, elle a été ouverte en 2002. Il y a à deux kilomètres du village un centre d'école primaire, mais les jeunes lycéens vont à Cochrane (à 122 km) ou plus au nord. Auparavant, un bateau faisait la navette entre Vagabundo, à de nombreux kilomètres au nord, et Tortel. Tout devait être terriblement compliqué.

En une demi-heure nous sommes au parking (il faut une bonne heure pour parcourir le village d'un bout à l'autre) où nous rangeons à nouveau les sacs et quittons Tortel vers les 10 heures.

Cochrane. Il fait beau et carrément chaud. Nous changeons des euros, faisons quelques courses et prenons de l'essence, puis repartons pour Puerto Tranquillo. Les rios succèdent aux arroyos, le rio en contrebas est d'un bleu extraordinaire, une couleur que nous n'avons jamais vue, même au Canada. A la jonction sud du lac General Carrera, nous prenons cette fois à gauche en direction de Coiyaque. Les paysages sont tout aussi époustouflants que sur l'autre rive, une pure merveille! Nous croisons, comme chaque jour, un ou deux gauchos, béret rouge sur la tête et deux ou trois petits chiens aux trousses du cheval, voire une gauchotte. Le lac bleu indigo est bordé de montagnes enneigées, parsemé d'îlots plus ou moins grands, les massifs de lupins jaunes ont remplacés les églantiers et recouvrent la moindre parcelle de terre, dégageant un parfum entêtant. Nous ne regrettons pas les nids-de-poule, les trous et la caillasse qui pourtant nous secouent comme des noix. Au loin, du côté de Puerto Tranquillo, le temps se gâte, il pleut. Nous avons beaucoup hésité à faire une halte dans ce village, à cause de ce qu'en disait le Lonely Planet, mais la distance supplémentaire pour atteindre Villa Cerro Castillo était beaucoup trop importante. Des heures de piste supplémentaire, aussi mauvaise, était pour moi insurmontable. En fait, Puerto Tranquillo s'étend le long de la berge, envahie lui aussi par les grands lupins jaunes odorants. Le cadre est magnifique!! Et l'hôtel, qui était si mal décrit dans le Lonely Planet, se révèle pas du tout vieillot et idéalement situé. Notre chambre est grande et belle, en rotonde, avec une avancée, et donne de tous les côtés sur le lac agité et les montagnes. Mais malgré le prix (30 000 pesos, soit 50 euros la nuit), ici comme ailleurs, il faut réclamer les « toallas » (serviettes) et, vu le prix, nous réclamons aussi le « jabon » (savon). Quelle n'est pas notre surprise, tout à coup, de voir par les baies vitrées le pompiste de Puerto Guadal servir l'essence aux pompes au-dessous! Et ça ne désemplit pas, on ne dirait pas qu'on est si isolés. En attendant, il fait celui qui ne nous reconnaît pas...

Jeudi 16

Nous qui croyions bien dormir, dans le lit moelleux à souhait et bercés par le bruit de la pluie sur la tôle, c'était sans compter avec les multiples gouttières qui tombaient de pan de toit en pan de toit. On aurait dit vingt personnes tapant avec de petits marteaux sur le métal. J'ai été réveillée au moins dix fois. Dommage, parce qu'on était vraiment bien en s'endormant, sous la couette si douce et avec la vue sur le lac... Bon petit déjeuner très attentionné, avec entre autres du pain de Pâques que l'on voit partout depuis qu'on est au Chili mais que nous n'avons jamais goûté. C'est un gros pain-gâteau sucré avec de nombreux fruits secs et confits. Avant de partir, nous refaisons le plein, je dis au pompiste qu'on l'a vu à Puerto Guadal et il me répond laconiquement: « Oui, et aujourd'hui c'est ici. » Bon...

Il pleut, donc. Au revoir ciel bleu et soleil, montagnes étincelantes et eaux bleu pétrole. Un voile blanc recouvre l'horizon proche, on ne sait où sont les sommets ni même s'il y en a. La Carreterra australe est mauvaise et glissante à souhait, une vraie planche savonnée, et ça ne fait qu'empirer au fil des kilomètres. Il est impossible d'éviter les innombrables trous, de plus en plus gros, de plus en plus profonds, la pluie qui redouble transforme certains passages en vrai bourbier. Quelquefois, on se croirait sur les pistes de bentonite de l'Ouest américain lorsqu'elles sont détrempées. Je conduis lentement, et ne dépasse pas les 40 km/h. Mais cela ne nous empêche pas d'admirer les lupins qui de jaunes sont passés au bleu profond. De grands lupins magnifiques, qu'encore une fois on croirait semés, mêlés par endroits de rose et de blanc, qui tapissent les bas-côtés ou envahissent des prairies entières et les berges des rios. Les bambous sont de retour, un arbuste aux fleurs orange vif a fait son apparition, on retrouve les arbres immenses de la piste de Tortel, des descendants de la forêt primaire et d'autres aux moignons noircis qui pointent au milieu de l'herbe vert tendre. Un petit air de végétation tropicale alors qu'à quelques jours de l'été il ne fait que 10°, et que la neige est là, tout près.

Nous faisons le détour par Puerto Ingeniero Ibanez afin de réserver notre passage sur le bateau pour le 18. Le village de 3 000 habitants a été rayé de la carte en 1991 suite à l'éruption du volcan Hudson, mais s'est reconstruit depuis. Les réservations se font à la Residencial Marcial, qui rouvre à 15 heures. Et là, tuile des tuiles, nous apprenons qu'il n'y a aucune place disponible pour la voiture avant le 23 décembre, jour de notre arrivée à Ushuaia à 1800 kilomètres d'ici! Nous voilà coincés au Chili! Nous demandons à l'homme qui fait les réservations si la piste d'une centaine de kilomètres qui passe par la montagne, marquée d'un seul trait vert (donc moins bonne que la Carreterra australe, verte doublée de blanc) avec à son sommet un passage en jaune, donc franchement pas bon, est passable avec une Corsa. Il nous répond d'aller demander l'avis des carabinieros. Eux font la grimace et nous déconseillent fortement de passer le col avec une petite voiture, un 4 x 4 d'après eux étant indispensable. Ils ont une solution: faire tout le tour du lac General Carrera, ce que nous venons justement de faire depuis plusieurs jours... Le moral est en berne. Mais lorsqu'ils apprennent par où nous sommes passés et que nous avons derrière nous 1500 kilomètres de ripio dont une grande partie mauvaise, voire très mauvaise, ils changent d'avis et pensent que c'est jouable. Quant à l'idée d'Alain, passer par les pistes du nord à partir de la ville de Coyhaique, ce serait des centaines de kilomètres supplémentaires... Nous décidons de tenter la montagne samedi et en attendant filons sur Coyhaique, à 116 kilomètres au nord. Le paysage a changé du tout au tout. Il est maintenant volcanique, avec de longs cônes basaltiques qui accrochent les nuages, luisants et noirs sous la pluie ininterrompue. Tout est très vert et a un petit air de pays Basque, il y a même des moutons dodus, tout ronds avec leur épaisse toison laineuse sur le dos. Plus on se rapproche de Coyhaique (45 000 habitants), plus la circulation augmente, et pour nous qui n'avons croisé depuis plus de trois semaines que quelques rares voitures, c'est l'overdose. Nous faisons confiance au Lonely Planet et prenons une chambre à la residencial Monica. L'accueil est aimable, la maison pleine de coins et de recoins pas vraiment enthousiasmants, et la chambre sent le renfermé à tomber. Nous nous empressons d'ouvrir les fenêtres même si le fond de l'air est plus que frais. Toujours pas de serviette dans la salle de bains, ni de savon bien sûr. Je me demande pourquoi est toujours accroché dans la douche des residenciales le même antique porte-savons pour famille nombreuse, d'au moins trente centimètres de haut et rouillé de la tête aux pieds. La chambre est triste à souhait, bleu foncé et marron, avec tout un tas de vieilleries, une ampoule de 10 watts au plafond et une lampe de chevet de 5. Alain prend un morceau de Sopalin, grimpe sur le lit et enlève les fils d'araignée qui pendent ici et là. D'ailleurs, ça sent son araignée à plein nez, ici... En attendant je vais chercher des serviettes que s'empressent de me fournir le propriétaire, très aimable lui aussi. Je remonte avec deux grandes serviettes blanches trouées et déchirées, mais elles feront l'affaire. Un tour au supermercado Unimarc, où je retrouve enfin mes pralines aux amandes (appelées « Garrapinadas almendras » dans le sud du Chili et « Almendras confitas » ici, ce qui explique que personne ne connaisse depuis un moment le mot « Garrapinadas »). Nos repas du soir ne sont pas variés (quant à ceux du midi ils sont inexistants): avocats, tomates, maïs, coeur de palmiers, thon, olives noires, citron, mayonnaise Lesieur rapportée de Paris. Je commence à sérieusement saturer...

Vendredi 17

Nuit blanche ou quasi. A 4 heures je ne dormais toujours pas, tournant et retournant dans ce mauvais lit. Le matelas devait avoir l'âge des propriétaires qui, eux, étaient à la retraite. En plus le sommier était trop court, j'avais les doigts de pied recroquevillés dans le fond. Les couvertures m'arrivaient sous les bras, mais dès que je tirais dessus pour les remonter, mes orteils se pliaient en huit. On avait vingt kilos sur le dos – trois grosses couvertures plus une couette – et moi qui n'aime pas ça... Mais le froid dans la chambre était vif. Bref, si on ajoute l'odeur entêtante de moisi et de renfermé, le cocktail était prêt pour une nuit totalement blanche. Un chien s'est égosillé toute la nuit et a fini par réveillé le coq juste au-dessous de nos fenêtres, à 4 heures tapantes, qui lui-même a réveillé ses potes du voisinage! C'était complet!!

A 8 heures, j'ouvre un œil... Je prends une douche dans la salle de bains glaciale, puis nous descendons pour le petit déjeuner qu'au moins nous espérons bon. Eh bien c'est complètement raté! La salle à manger est encore plus triste que le reste, si c 'est possible, sans fenêtre, avec toujours la collection de vieilleries. Un homme seul est en train de boire son café. C'est sinistre... Trois petits pains infects, un peu de beurre, jambon et fromage mais pas de confiture ni de lait. Moi j'ai toujours du mal à démarrer la journée avec des sandwichs... et la confiture (que je ne mange qu'en voyage) me manque. Nous expédions notre thé en moins de deux et nous précipitons à la voiture.

La situation risquant de se reproduire à Puerto Ingeniero Ibáñez où il n'y a rien, nous décidons de rester à Coihaique et d'aller à l'hôtel Espagnol, hors de pris (plus de 60 euros), mais où il y a chauffage, bon lit, WiFi et le reste. Si les residenciales étaient à 10 euros, pas de problème, mais à 33, ça ne passe pas.

Nous retenons la chambre, montons nos bagages et repartons pour Puerto Aysén. La route est, là encore, superbe. Les grands lupins bleus ont tout envahi: les prairies, les berges du río, les pans de montagne. L'espèce, comme la jaune, est invasive, mais quel bonheur pour les yeux, et les rayons d'un soleil capricieux en avivent encore les couleurs!! Nous traversons un véritable jardin. L'herbe vert tendre est rase. De chaque côté de la route, d'immenses parois verticales noires recouvertes en partie de feuillus, d'énormes cônes cylindriques qui sont autant d'anciennes cheminées de volcans. On se croirait à Zion.

Retour à Coihaique et à la plaza des Armas (les zocalos mexicains). Depuis Porvenir, on sent au Chili l'omniprésence de l'armée y compris dans le moindre petit village. Les rues sont toutes dédiées au sergent Untel ou au colonel Machin, il y a toujours la statue d'un général qui trône en bonne place, les casernes occupent le terrain, les militaires vont et viennent d'un air affairé. L'hôtel Espagnol change du tout au tout par rapport à hier soir, même si la fenêtre donne sur le couloir, que le tissu de la chaise de style est complètement déchiré et qu'il y a une grosse tache d'humidité noirâtre à l'aplomb de la tête de lit. Mais le reste est parfait, notamment le lit qui est excellent. Il y a des salons partout avec de profonds et beaux canapés et tout ce qui va avec. Je prends une douche, lave un peu de linge dans le lavabo dont le bruit de la tuyauterie alerte tout le monde de la cave au grenier et poursuis le carnet. Demain matin il faudra partir de bonne heure pour avaler les 116 km qui nous séparent de Puerto Ingeniero Ibáñez et emprunter la piste de montagne de 100 km pour passer la frontière.

Samedi 18

Enfin une bonne nuit, veillés par le petit Père Noël... En ouvrant l'œil, je vois par un fenestrou près du plafond que le ciel est gris et qu'il pleuviote. Déjeuner avec œufs brouillés, miel, yaourts, jus de fruits, etc., dans un décor cent pour cent décoration de Noël. Nous réglons la chambre (dont le prix est assez original en plus d'être élevé: 42 650 pesos...) et chargeons les bagages dans la Corsa recouverte de terre marron-rouge, qui est restée en exposition devant l’hôtel… Nous n’avions pas vu qu’il y avait un parking sur l’arrière, encombré de 4 x 4 rutilants.

Route de Puerto Ingeniero Ibáñez. Les couleurs sont devenues ternes sous le ciel chargé et les sommets se cachent dans les nuages, mais nous pouvons encore admirer les longues aiguilles de lave qui dominent Coihaique. La route suit longtemps un río et se glisse entre des flancs escarpés sur lesquels s'accrochent des forêts de langas. Un gaucho chevauche tranquillement, emmitouflé dans son poncho de laine, accompagné de ses chiens. Plus on descend vers le sud plus la végétation se fait rare, et les reliefs se couvrent d'éboulis qui descendent jusqu'au milieu de la chaussée. Heureusement qu'il y a peu de circulation car il faut naviguer d'un côté à l'autre pour les éviter. La pluie maintenant se transforme en neige, il fait 4,5 °. Régulièrement aussi le bitume est remplacé par des pavés autobloquants, dans les endroits où les déformations sont trop importantes et continuelles.

Puerto Ingeniero Ibáñez, casa des carabineros. Les formalités sont vite expédiées. Le douanier/carabinero rit quand je lui demande si la piste est bonne... Effectivement, pendant une bonne vingtaine de kilomètres, soit jusqu'à la frontière, ce ne sont que caillasse, trous, rochers affleurants, pentes raides avec virages serrés, piste étroite et dérapante. Mais il y a aussi des portions de pavés autobloquants, bien agréables pour reposer les mandibules! Et puis on aperçoit le lac en contrebas, turquoise lorsqu’un fugitif rayon de soleil se pose à la surface, et les Andes enneigées en arrière-plan. La piste continue de dominer le lac… Les montagnes chiliennes faisant barrage à la pluie, on se retrouve peu à peu en plein désert. Les collines arides moutonnent à l'infini, de temps en temps, le long d'un arroyo, des peupliers d'Italie signalent la présence d'une estancia. A la fin d'une longue descente sablonneuse, nous arrivons enfin à la douane argentine qui a des allures de désert des Tartares. Perdue au milieu de nulle part, les douaniers attendent la prise qui les sortira de l'ennui. Nous avons droit à une fouille en règle de la voiture, tout y passe: la batterie du Canon et le second objectif sont secoués consciencieusement, la carte-mémoire est sortie de son étui et regardée sous toutes les coutures, les jumelles et le petit disque dur nomade également. La lessive est reniflée avec application, et tout à l'avenant. Le Canon semble intéresser grandement un des deux douaniers qui n'arrête pas de répéter « Canon, Canon », et finit par retourner à l'intérieur - où se trouve Alain - pour signaler à ses collègues la présence d' « un appareil photo Canon ». Mais ils s'en fichent royalement et lui disent de laisser tomber. Tout est OK, la prise du siècle ne sera pas encore pour cette fois. Un douanier lève la barrière: à une de ses extrémités, une grosse pierre, à l'autre une corde. Le douanier décroche la corde, la pierre touche le sol, la barrière est verticale. Lorsqu'on est passés, il tire sur la corde, la barrière revient à l'horizontale, il raccroche la corde et le tour est joué. En attendant ils ne cherchaient pas de fruits et de légumes, car j'avais oublié de finir le lait, ils l'ont vu, j'ai fait l'innocente et leur ai demandé si c'était « prohibido », et ils m'ont répondu que je n'avais qu'à le terminer en route. Ça alors! A un précedent passage de frontière un douanier avait hésité à confisquer le lait en boîte! Heureusement que sa collègue était un peu moins stupide! Côté argentin la piste a des allures de Ruta 40. Toujours le désert, toujours les rares estancias. Depuis très longtemps, la voiture a perdu sa couleur blanche, elle est marron foncé jusqu'en haut des vitres. Comme on ne voit jamais de station de lavage, on a acheté deux éponges en prévision du cours d'eau providentiellement accessible. Eh bien il est là, juste au-dessous du remblai, sur la gauche de la piste. Nous sortons les deux Tupperware, achetés en arrivant (toujours très utiles en voyage), qui vont nous servir de bassine et lavons la voiture. On se dit que le premier qui passera nous prendra pour des fous, et tiens, quand on parle du loup..., voilà un camion qui arrive! Deux petits coups de klaxon pour nous dire bonjour et il s'éloigne dans un panache de poussière. Vingt minutes plus tard, on ne reconnaît plus la Corsa!!

Perito Moreno. A l'aller, un dimanche matin sous le soleil, le gros village était animé et pimpant. Aujourd'hui, samedi en fin d'après-midi sous le ciel gris, il est mortissime. Nous allons à l'office du tourisme chercher une liste de l'alojamiento (des logements) et partons pour l'Americano puisqu'il y a apparemment une chambre de libre. Curieusement, lorsque nous arrivons, un jeune a l'air un peu débile, sans même nous rendre notre bonjour nous dit d'un air désagréable que tout est complet... Bon... retour à l'office de tourisme; nous voilà ensuite repartis pour le Belgrano, cette fois; la chambre y coûte 240 pesos, soit 50 euros, pour un hôtel très très moyen. Le village compte un nombre certain d'hôtels restaurants dus à la proximité de la « Cueva de las Manos », la grotte des mains. Il nous aurait fallu un jour supplémentaire ici - seize kilomètres d'une mauvaise piste plus deux heures de marche aller - et nous n'avons plus le temps. C'est un peu dommage car les peintures datent pour le premier groupe dit « Stylistique A » de treize mille ans – elles se distinguent par la chasse aux guanacos – alors que le second groupe date de neuf mille cinq cents ans et comporte un très grand nombre de mains, au milieu desquelles se sont égarées des empreintes de pattes de nandus. Nous prenons un chocolat et un thé dans la salle de restaurant. Tout est calme et tranquille lorsque du fond de la salle arrive une espèce d'énorme type qui allume la télévision, le son au maximum, puis s'affale sur une chaise. Il fallait s'y attendre, il regarde une émission de variétés de la pire espèce. C'est le mari de l'hôtelière, pas étonnant qu'elle ait l'air si triste avec un gus pareil...

Nous pensions manger une pizza dans un petit restaurant mais il est fermé ce soir. Je me contenterai d'une boîte de thon et de maïs et Alain de chips et de mandarines...

Dimanche 19

La salle de bains est très particulière: elle est tellement petite qu'il faut s'asseoir en travers sur les w-c, qui s'avancent dans la douche. Le problème, c'est que la douche fait exactement quarante-cinq centimètres de côté, que le rideau est trop court et que se laver là-dedans relève de l'exploit. Le rideau se colle au corps et l'eau inonde le sol. Mais c'est apparemment prévu pour, puisqu'il y a un écoulement. Ajouté à cela que les robinets du lavabo fuient et que la minuscule fenêtre, de métal peint en gris, est rouillée... La moquette est sale dans le renfoncement de la fenêtre qui laisse passer tout le vent d'Ouest, et le papier déchiré. On n'avait rien vu, hier...

Pain rassis et grillé au petit déjeuner et le th�� au lait est à l'espagnol, c'est-à-dire du lait au thé. Nous ne nous éternisons pas, prenons nos sacs et allons payer. Au comptoir, le gros tas d'hier est en train de feuilleter un magazine en léchant consciencieusement son gros doigt à chaque page. Nous lui disons bonjour, il ne nous regarde pas et ne nous répond pas. Sourd et muet, probablement. A côté de lui, sa belle-mère, cent ans minimum et totalement handicapée, ne nous voit pas non plus. Une minute passe, puis deux. Alain me dit : « Apparemment, la chambre est gratuite. » On est sur le point de partir quand la vieille dame a l'air de se réveiller. Elle a toutes les peines du monde à se mouvoir, mais son gendre se contente de lui jeter un regard de travers, excédé et méprisant, de temps en temps, tout en continuant à lécher son doigt. C'est un véritable rustre!!!

Quatre cent cinquante kilomètres avant destination, sur l'Atlantique, à Puerto Deseado. Passer du Chili verdoyant et splendide à la steppe grise et poussiéreuse de l'Argentine est ardu. Nous nous retrouvons au point de départ: steppe à droite, steppe à gauche, horizon rectiligne. Entre Las Heras et Pico Truncado, des puits de pétrole – les gros criquets de métal qui, ici, comme au Nouveau-Mexique, picorent le sol poussiéreux –, des forêts de poteaux électriques et piquets en tout genre, et surtout, autour de ces deux villes, des dizaines de milliers de sac en plastique qui se sont accrochés au moindre brin d'herbe de la steppe, à perte de vue, recouvrant absolument tout, du moins pour ceux qui ont réussi à sauter les clôtures. C'est inimaginable! Nous faisons un tour dans Las Heras, « histoire de voir ». Des graphs, beaucoup de graphs qui courent sur les murs, sautent d'une maison à l'autre... Pas de merveilles, mais une explosion de couleurs dans cet environnement désolé que le vent fouille dans ses moindres recoins. Du soleil et du ciel bleu sur le béton.

Un quadrillage, comme toujours, des rues larges, et une alternance de maisons misérables, véritables taudis pour certaines, et de maisons pimpantes et colorées, avec de gros bergers allemands, pas vraiment sympathiques, derrière de hauts grillages. Ici ou là une « carniceria » (boucherie), un minimercado, une « gomeria » (endroit où l’on répare les pneus), une ancienne (?) « panificadora » (une boulangerie)…

Un dinosaure très kitsch à l’entrée de Pico Truncado, la jumelle pétrolière de Las Heras que nous éviterons cette fois, puis ensuite tout disparaît, et les choses reprennent leur aspect normal à Fitz Roy (ciudad), où nous prenons de l'essence. Je ne sais pas pourquoi, je sens qu'ici encore, on va essayer de nous rouler. Et ça ne manque pas. A peine le pompiste a-t-il la clef du réservoir en main qu'il y a déjà enfourné la pompe du « podium XXL » (l'essence la plus chère, bien sûr), qui est à 3,90 pesos au lieu de 3,26, tandis qu'un gros type qui a l'air d'être le patron se colle devant la pompe pour qu'on ne puisse rien voir. En une fraction de seconde je suis dehors et lui dis que nous voulons du super. « Mais pourquoi? Ca c'est bien meilleur! » Le temps que je m'énerve et que je lui dise que non, pour cette voiture le super est très bien, qu'il fasse celui qui ne comprend pas pourquoi je n'en veux pas, etc., le pompiste, lui, a rempli le réservoir... Il faut toujours faire très attention quand on prend de l'essence, car apparemment le touriste est un mets de choix!

Puerto Deseado. Je croyais que la route qui y mène, de 126 km, était bordée de falaises rouges, du moins c'est ce que j'avais lu sur un carnet de voyage trouvé sur Internet. En fait c'est une ligne droite de 120 km, qui traverse un paysage aussi plat que la main. Le plus beau, dans la steppe, ce n'est pas le sol, mais le ciel. Un ciel immense, avec des nuages moins variés qu'au-dessus des Andes, mais tout de même fascinants. Les derniers kilomètres escaladent de petites collines, tournent et virent. Un peu avant d’arriver, sur la hauteur, l'armée, encore et toujours, omniprésente au Chili et en Argentine. Un régiment et tous les baraquements – très pimpants – pour l'abriter. Puis, en descendant vers la mer, le bourg et le port, où se serrent les uns contre les autres cinq gros bateaux rouges. Il y a la fête foraine, manège et karaoké, et une foule incroyable de jeunes, dont beaucoup d'Indiens, qui déambulent dans les rues par petits groupes. Certains partagent du maté à la paille dans leur timbale, assis sur le trottoir. Ici et là, des affiches rappellent qu'il y a trois ans un jeune boxeur, Jesús López, a été assassiné et que ce meurtre est à ce jour resté impuni. www.youtube.com/watch?v=IDhsQ-S34Nk

Nous finissons par atterrir à Los Acantalidos, avec balcon et vue sur la mer. Nous sommes les seuls clients de l'hôtel, à deux jours de l'été. Et nous avons fait le tour de tous les autres, pas de clients non plus. Mais ici c'est très bien, des gens très aimables, et dans la chambre (pour trois personnes) téléphone (pour la première fois), télévision, Internet; dans la salle de bains, serviette, savon, shampooing et sèche-cheveux. Plus chauffage, chose rarissime!

A la confiteria de l'hôtel, je mange de l'excellente viande. Coucher de soleil magnifique, orangé, avec, sur fond de nuage noir, des draperies de pluie rose qui ne touchaient pas terre, balayées par la force du vent.

Lundi 20

Impossible d'enrouler le store, Alain a apparemment mis trop d'entrain hier soir à le dérouler, mais nous devinons qu'il fait beau. Le petit déjeuner buffet est royal, avec de délicieux gâteaux maison et la vue sur la mer en prime. Apparemment, la confiteria est le matin le rendez-vous de tous les notables du coin, des « Don » ceci et cela, dans les soixante-dix ans. C'est à celui qui aura le plus gros 4 x 4, avec le plus gros pare-chocs... Comme nous avons décidé de rester une nuit supplémentaire et que la chambre que nous occupons était réservée, on nous propose à la place une chambre de deux, juste à côté. Nous passons à la banque de Patagonie changer des euros (à 5,17). Un vigile armé le long d'un mur et à côté de lui une espèce de haute guérite blindée en métal gris mais extrêmement étroite, à laquelle on accède par deux hautes marches, avec une minuscule vitre, certainement blindée. A l'intérieur, un homme est assis et rit au téléphone. Il a l'air parfaitement à l'aise, prisonnier de ce coffre-fort de trois mètres de haut qui ferait tourner de l'œil rien qu'en le regardant n'importe quel claustrophobe...

Nous allons au port nous renseigner pour une sortie en zodiac l'après-midi, de deux heures et demie, afin de voir une pingüinera, aux « Darwin expediciones », installées dans un chalet de bois. Nous n’avons pas pris la sortie en mer d’une journée (350 pesos par personne) pour aller chez ces très étonnants manchots punks aux sourcils jaunes et à la huppe noire, les gorfous sauteurs (Eudyptes chrysocome), car la mer est très agitée et passer trois heures aller-retour à faire du trempoline en zodiac, éclaboussés par les vagues, ne nous a pas tentés plus que ça…

Aux « Darwin expediciones », nous rencontrons un couple italo-argentin qui vit à Paris, avec leur fiston de neuf ans. Tout le monde est très sympa. Le prix de la sortie est passé en vingt-quatre heures de 150 pesos à 180... Il faut être six pour partir et nous ne sommes que cinq, donc ils ont trouvé l'astuce pour rentrer dans leurs frais. En attendant 15 heures, nous suivons le TrailBlazer des gens que nous venons de rencontrer sur une piste qui mène au « cañon » de Costa Negra. Petite balade d'une heure, chacun de son côté, dans un décor aride malgré la proximité de la mer, mosaïque de terre ocre sur laquelle blanchissent les os de quelques animaux malchanceux, lagune bleu-vert, soleil de plomb.

14 h 30, retour à l’embarcadère pour le départ à 15 heures. A 15 h 30, on est toujours à quai. Nous apprenons que désormais nous ne serons plus cinq mais onze, un groupe ayant téléphoné pour réserver. 15 h 45, ils arrivent, en short, tongues et T-shirt, alors que le vent est toujours violent et que sur l’eau la température ressentie est souvent glaciale. Mais alors, quid de l’augmentation de 30 € qui nous a été demandée pour compenser la personne manquante ? Eh bien ça ne change rien. Empochés c’est gagné ! Bienvenue au pigeon étranger, espèce fort répandue en Argentine et au Chili.

Par chance il fait étonnamment chaud aujourd'hui, que se passe-t-il? Près de 30 °C! Le temps idéal pour passer quelques heures sur l’eau. Le pilote guide est très sympa, il n’en fait pas des tonnes comme cela arrive malheureusement souvent (j’ai le souvenir d’une sortie en zodiac dans le magnifique archipel de Mingan, au Québec, complètement gâchée par des commentaires stupides et ininterrompus). Nous longeons la côte et allons d'île en île: celle des cormorans gris aux grands yeux orange vif (cormoran de Gaimard – Phalacrocorax gaimardi), qui voisinent avec les cormorans noirs (cormoran impérial – Phalacrocorax atriceps). Il va sans dire combien je suis to-ta-le-ment frustrée de n'avoir que le grand angulaire!!! Le zodiac bouge dans tous les sens et les embruns éclaboussent les objectifs…

Nous laissons les falaises cuivrées aux longs stalactites de guano et continuons à remonter le bras de mer à l’abri du gros des vagues, vers les lions de mer, de tous les âges et de toutes les couleurs. Deux dauphins, joueurs et surtout farceurs, s’amusent avec le zodiac. Ils arrivent droit sous le bateau, tout le monde se précipitent sur le bord opposé pour les voir passer, et il n'y a jamais personne..., ils ont fait demi-tour ! Mais je finis par les prendre dans les filets de l’objectif.

Le clou de cette sortie en mer est le débarquement à la pingüinera, une petite île où nidifient une foule de manchots de Magellan (en espagnol on dit pingüino, mais ce sont en réalité des manchots, les pingouins étant en Arctique). Ils sont vraiment trop mignons! Dans les quarante centimètres de haut, là encore il y a beaucoup de juvéniles, voire de gros bébés de six mois, petites boules de peluche grise. Ils sont très drôles lorsqu'ils marchent d'un air pressé en file indienne, en se dandinant, droits comme des « i ». Je réussis à les approcher à deux mètres, très lentement, avec des ruses de sioux, assise par terre ou à genoux. La lumière est très belle à cette heure de la journée, l'air est tiède et le silence troublé simplement par un appel de loin en loin. Les algues vert intense recouvrent la grève par endroits et contrastent avec l'eau turquoise. Au bout d'une heure tout le monde remonte dans le zodiac. Le vent qui s'est levé nous jette à plusieurs reprises des paquets d'embruns au visage et n'épargne pas les appareils. C'est la catastrophe, le mien est couvert de sel!

Les sternes, ces si gracieuses hirondelles de mer, nous accompagnent un temps, sans perdre de vue que le garde-manger se trouve au-dessous d'elles. Elles ont presque toutes un petit poisson dans le bec. Lorsque nous rejoignons le quai, le temps a complètement changé, on ne distingue plus la ligne d'horizon, tout est mêlé, ciel et terre, dans une même brume gris orangé, très spectaculaire, mi-vent de sable mi-fumée rugeoyante d’incendie. Le temps de faire un tour en « ville » acheter des garapinadas (pralines aux amandes), les rafales ont encore forci et se sont chargées de sable. Nous nous engouffrons dans l'hôtel, enfin à l'abri, la peau brûlée et desséchée. Repas comme hier soir à la confiteria. Pendant ce temps le ciel reprend peu à peu des couleurs, et plus tard nous assistons encore une fois à un coucher de soleil somptueux sous les altocumulus.

Nous sommes en contact quotidiennement avec Françoise et Gérard depuis qu'ils ont débarqué (au sens propre) à Buenos Aires, il y a seulement quelques jours, après plus d'un mois en mer. Ce soir, ils nous disent que les rafales de vent les ont empêchés de rouler normalement et qu'ils ont failli se renverser. La semaine dernière, un Allemand s'est retourné avec sa cellule par une rafale à 200 kilomètre/heure! On espère quand même les voir demain sur la route, car on se rapproche de plus en plus. J'ai l'impression que la baie vitrée va être arrachée, quant au circuit d'aération de la salle de bains et de la chambre, le vent qui s'engouffre à l'intérieur fait un bruit de réacteur de 747! Il paraît que la spécialité de Puerto Deseado est le très très grand vent... Mardi 21

Le vent s'est déchaîné toute la nuit et a chassé les nuages. Grand beau temps donc, et température très douce. Avant de partir, je n’oublie pas de photographier le Père Noël ! Autant au Chili qu’en Argentine, ils sont souvent beaucoup plus beaux que celui qu’on connaît en France, avec sa robe de chambre rouge… Aujourd'hui, nous espérons bien voir sur la route Françoise et Gérard. D'après nos calculs nous devrions arriver à peu près en même temps à la jonction de la Ruta 3. Nous prenons de l'essence à Petrobras, qui comprend un locutorio, où je tente une énième fois de téléphoner en France avec la carte Hable Mas achetée à Buenos Aires et... qui ne fonctionne apparemment que là-bas. La route de 126 km est toujours aussi rectiligne que l'horizon. Pas une herbe dans la steppe, pas un animal non plus. Dans le ciel, de beaux nuages de type Ouest américain. Le vent chahute la voiture et je suis cramponnée au volant comme depuis le début du voyage. Arrivés à la Ruta 3, personne en provenance de Comodoro Rivadavia. Nous tournons à gauche pour Puerto San Julián à environ 260 km plus au sud. Pendant longtemps, alors qu'aucun virage ne vient briser la monotonie de la ligne droite (et sur toute une partie en ligne continue, ce qui est un comble!), le paysage est plat et gris au plus loin que porte le regard, balayé par un vent d'ouest qui souffle en violentes rafales, très déstabilisantes pour la voiture. Puis peu à peu, à une centaine de kilomètres de Puerto San Julián, les couleurs apparaissent sous la toison de petites touffes épineuses que broutent des guanacos de plus en plus nombreux. Une harde traverse la route dans un virage et s'envole par-dessus la clôture au passage de la voiture. (Ces clôtures qui, depuis notre arrivée, nous surprennent par leur longueur. Un piquet tous les dix mètres, un plus fin tous les mètres sur quatre rangées de fil de fer. Et cela sur des millions d'hectares... Un ennui mortel nous assaille rien que de penser au travail que cela représente.) Mais ces guanacos imprudents, voire casse-cou, ne passent pas tous entre les mailles du filet, car c'est le quatrième que nous voyons en peu de temps, couché sur le bas-côté. Mortellement touché. Subitement, nous apercevons tout une tripotée de nandous, un adulte avec une quinzaine d’adolescents. Nous avons appris que les mœurs de ce très gros oiseau – qui ne vole pas mais court comme tous les membres de la même famille, autruche, émeus, casoars etc. –, étaient très particulières. Au moment de la reproduction, le mâle séduit jusqu’à une quinzaine de femelles, les fait pondre à la queue-leu-leu dans le même nid, puis s’installe à leur place pour couver tous ces gros œufs. Une fois éclos, il ne se défile pas, non, il prend au contraire leur éducation complète en charge ! Et voilà comment on avait confondu un « nouveau père » avec une baby-sitter !

Les petites collines se font plus nombreuses, les ocres pâles et les roses carmin aussi. Je ne peux pas m'arrêter pour photographier sur cette route où les voitures, néanmoins peu nombreuses, passent en trombe, et de toute façon c'est le type même de paysage qui ne donne rien au grand angulaire.

Puerto San Julián. Nous retrouvons ici encore les topes mexicains, ces dos-d'âne mortels pour les voitures qui s'aviseraient de passer autrement qu'au pas. Je desserre enfin les mains du volant et m'aperçois que j'ai de nouveau attrapé une ampoule!! Passage obligé par l'Information touristique pour avoir la liste des hôtels, puis nous jetons notre dévolu sur le petit hôtel Miramar. Tout neuf, en front de mer (je devrais dire de baie), une très jolie chambre décorée avec goût, personnalisée, une grande et belle salle de bains, du chauffage, un accueil très aimable (240 pesos avec vue sur la mer, au premier étage). Le bourg, lui, est totalement impersonnel, traversé par une avenue à l'américaine, c'est-à-dire de cent mètres de large. La côte est elle aussi quelconque, rien pour accrocher le regard, du gravier gris, des algues vertes, du sable noir... Le gallion de Magellan, ou du moins sa réplique, trône en bord de mer, tout près de l’hôtel. C'est un musée que peuvent visiter pour 8 pesos les nationaux, mais pour 12 les étrangers. Décidément, en Argentine comme au Chili, le voyageur étranger est une espèce que l'on adore plumer, mais il se trouve que nous tenons à nos plumes!

En allant jusqu’au bout de la route de bord de mer, nous passons devant un mirage français rescapé de la guerre des Malouines, dont le pilote a paraît-il coulé trois navires. Beaucoup de jeunes du village ne sont jamais revenus...

Mercredi 22

Toujours aucune nouvelle de Françoise et Gérard. Nous n’avons aucune idée de l'endroit où ils ont passé la nuit, en tout cas ils n'avaient pas d'Internet (et à Puerto San Julián, les coupures ont été nombreuses jusqu'à la panne finale). La première pompe à essence est à sec, la seconde aussi. La journée débute bien. Il nous faut faire 120 kilomètres jusqu'à la pompe suivante, à Commandante Luis Piedrabuena, avec ce qu'il reste dans le réservoir. Je conduis pépère, à 90 km/h, en surveillant le compte-tours. Pendant un moment je suis de près un camion pour faire tirer la voiture. Les camionneurs argentins (et chiliens), je l’ai déjà dit, sont toujours extrêmement aimables! Ils disent bonjour quand ils nous croisent, font signe lorsqu'on peut les doubler sans risque, c'est un vrai plaisir. Les routiers français feraient bien d'en prendre de la graine. La route est terriblement monotone, le ciel triste, la steppe terne et plate. Des moutons broutent avec application les petites touffes grisâtres. De temps en temps, çà et là, une piscine pour oiseaux de passage…

Piedrabuena. Nous craignions que la pompe ne soit aussi à sec, mais l'agitation qui y règne et le monde nous rassurent tout de suite. Nous faisons le plein dans une ambiance de fête foraine, les haut-parleurs diffusant de la musique à pleine puissance.

Les kilomètres défilent en direction de Río Gallegos, grande ville rurale qui « ne présente aucun intérêt » d'après le Routard, « mais où le voyageur échoue parfois ». Les voyageurs que nous sommes comptent pourtant y passer la nuit et partir tôt demain matin pour prendre le ferry, 68 kilomètres plus au sud, si possible à 8 h 30. Il faut compter qu'avec l'heure d'été chilienne nous perdons une heure. De plus il nous faudra passer une première fois la frontière à environ 35 kilomètres, puis une seconde fois en Terre de Feu, à San Sebastián. La pluie s'est maintenant mise à tomber. Les guanacos se font de plus en plus nombreux de chaque côté de la route, ils sautent les clôtures pour améliorer leur ordinaire avec les grandes herbes aux fleurs jaune pâle qui poussent consciencieusement sur les bords... et le payent très cher. C'est même une véritable hécatombe. Nous ne comptons plus leurs dépouilles et leurs squelettes.

Enfin des virages, enfin des collines. Puis tout retombe comme un soufflé, et la banlieue de Río Gallegos se profile à l'horizon. Plus nous approchons plus je me dis que le Routard est bien au-dessous de la réalité. Sous le ciel gris, les abords de la ville sont tristes à mourir, mais probablement aussi sous le ciel bleu. Cabanes de tôle clairsemées, grillages, détritus, amas de tout ce qu'on veut un peu partout... Nous prenons la direction du centre qui n'en finit pas, encore 7 km, apercevons un Carrefour sur la droite, et hop, virage à quatre-vingt-dix degrés. Il est immense mais nous ne trouvons rien, d'autant que fruits et légumes, laitages et charcuteries sont interdits à l'entrée au Chili. Tandis que nous déambulons dans les allées, Alain a une excellente idée: partir de là illico et filer sur le terminal pour être sûrs, demain matin, d'être à l'heure pour le premier ferry. Il reste 578 kilomètres jusqu'à Ushuaia, deux frontières et un ferry où l'on peut parfois attendre paraît-il jusqu'à une demi-journée. Nous dormirons dans la Corsa, les sièges s'inclinent, et après tout nous serons plus à l’aise que dans l’avion. Adjugé! Nous sommes subitement plus légers et filons sous la pluie qui redouble, en oubliant de faire le plein d'essence en Argentine, moins chère qu'au Chili, alors qu'il ne nous reste en pesos chiliens que de quoi payer la traversée.

Le passage à la frontière est un peu laborieux car il y a beaucoup de monde, des cars, surtout. C'est la plus importante de toutes celles que nous avons vues depuis un mois. Encore une trentaine de kilomètres jusqu'à Punta Delgada, l'embarcadère et la pompe à essence. En cours de route nous vient une autre idée. Pourquoi attendre le lendemain pour passer le détroit de Magellan? Nous allons plutôt essayer de prendre le bateau aujourd’hui et nous dormirons à Bahia Azul, sur l'autre rive, au terminal de la Terre de Feu.

Punta Delgada. Nous demandons où est la station-service et on nous répond qu'il n'y en a pas..., il faut aller jusqu'à Cerro Sombrero, de l'autre côté du détroit, au bout de la route goudronnée de quarante kilomètres. Notre carte est donc erronée! Il n'y a pour l'instant qu'un camion et un 4 x 4 brésilien. Nous prenons la file, d'autres camions arrivent peu à peu, quelques pick-up également, mais ce n'est pas la foule des grands jours. Il y a deux ferrys qui font la traversée en alternance, tous les trois quarts d'heure jusqu'à minuit 15.

Les dauphins nous accompagnent pendant le passage du détroit de Magellan qui est à cet endroit bien plus resserré qu'entre Porvenir et Punta Arenas. Le ciel s'est dégagé derrière nous et s'est chargé de plus en plus devant... Il est maintenant 19 h 30, nous nous sommes évité trois heures et demie sur la journée de demain, et alors que nous sommes au milieu du détroit, il nous vient la troisième idée de la journée: pourquoi ne pas poursuivre jusqu'à la pompe à essence de Cerro Sombrero? En débarquant en Terre de Feu, nous nous apercevons qu'il n'y aurait pas eu le moindre endroit pour garer la voiture au terminal. De Bahia Azul, totalement différent de celui de Punta Delgada. Ici, seule une rampe bétonnée bordée de deux murs mène de la sortie du ferry à la steppe au-dessus.

Les quarante kilomètres sous la pluie battante sont vite avalés. Il faut faire un détour de dix kilomètres pour Cerro Sombrero par rapport à la piste que nous comptons prendre demain, et qui passe par Onaisin. En arrivant dans le village, nous avons la très bonne surprise de voir qu'il y a une hosteria à l'entrée – l’hosteria Tunkelen –, qui n'est indiquée nulle part et que nous n'avons pas vue non plus sur Internet. Elle est pimpante et n'a aucune concurrente, ce qui n'augure rien de bon pour les prix. Effectivement, la chambre double est à plus de 80 euros! Nous décidons alors de prendre une chambre dans l'annexe, qui a dû connaître des jours meilleurs, à deux lits jumeaux avec salle de bains partagée, type refuge, pour l'équivalent d'une trentaine d'euros, petit déjeuner inclus, que nous payons en dollars. Puisque nous devions normalement dormir dans la Corsa, ce sera toujours beaucoup mieux. C’est très calme, ici, à l’écart de la piste et loin de tout . Les petits moutons frisés de la steppe patagonne broutent infatigablement dans la lumière dorée du soir qui tombe. La journée est terminée, nous nous sommes bien avancés sur notre route pour Ushuaia, et nous dormons finalement au chaud et dans un vrai lit, ce qui était inespéré...

Jeudi 23

Après le petit déjeuner dans l’annexe salle de restaurant de l’hôtel, sur l’arrière, en compagnie de Brésiliens qui avaient pris le ferry avec nous à Punta Delagada, nous nous dépêchons de partir avant que le premier ferry ne débarque àBahía Azul et que les camions n'envahissent la piste. Tout le long des 400 km qui nous séparent d'Ushuaia, nous constaterons pour la énième fois combien tous les routiers sans exception sont courtois, attentifs et prévenants. Quelle différence avec les particuliers qui nous croisent sur la piste à toute allure, sans ralentir ni se pousser d'un poil, en sachant qu'ils risquent de faire éclater notre pare-brise... Et certains me font même des appels de phare répétés parce que je ne mets pas les codes, comme la loi l'exige, quel excès de zèle! Je me demande bien à quoi ils peuvent servir sur des routes rectilignes à l'infini, alors que la voiture est blanche, sinon à dépenser un peu plus d'essence. La Terre de Feu est incomparablement plus belle que toute la route que nous venons de faire depuis Perito Moreno (ciudad). C’est un archipel dont l'île la plus grande, la isla Grande, est assimilée à toute la Terre de Feu. Le sol se soulève en collines sur le dos desquelles on dirait qu'est jetée une épaisse toison végétale qui ne descend pas tout à fait jusqu'en bas. Moutons ou petites vaches broutent un peu partout l'herbe blonde, souvent accompagnés de toute sorte d'oiseaux pourvu qu'il y ait un peu d'eau: flamants, canards, cygnes à col noir, poules d'eau, oies. La longue chevelure gris clair des lichens envahit de nouveau des bosquets entiers. Puis les collines laissent la place aux montagnes couvertes de forêts de langas et aux sommets encore enneigés, aux lacs et aux rivières.

Ushuaia, plus de 60 000 habitants. La ville est étendue le long de la baie mais ses maisons basses et ses jardins donnent l'impression d'une petite agglomération. D'après nos calculs, Françoise et Gérard doivent déjà être là. Nous allons directement aux cabañas del Beagle, sur les hauteurs, et faisons la connaissance d'Alejandro, le jeune propriétaire qui les a entièrement construites de ses mains. Elles sont grandes (50 m2) et magnifiques, avec d'immenses baies vitrées en angle jusqu'au plafond, très haut, ce qui donne l'impression d'être à la fois dehors et dedans. Au-dessous, par-delà les toits, on aperçoit la baie.

La suite (la semaine à Ushuaia) arrive très bientôt. Et grâce à Gérard (Vilcanota) qui m'a prêté son objectif Canon 70-200 f/2,8 et que je remercie encore une fois ici, les photos seront enfin de bien meilleure qualité!
Pérou: trois semanes en mai 2011 English translation pending
by Kaikouargi · 2011-06-10 · 3 replies
Nous avons choisis les dates du voyage un peu en fonction du prix des billets donc on est partis du 11 mai au 3 juin avec Ibéria via Madrid pour 780 euros (compris vol Saint sébastien - Madrid)

J1 Le réveil sonne à 5h30 et dirction Fontarrabie pour prendre l'avion direction Madrid.Là bas petite attente et 12h45 embarquement avec Ibéria.Nous arrivons à Lima à 17h35 heure locale et nous sommes attendu à l'aéroport par un taxi qui agite une pancarte avec mon nom dessus😉 .Avant de partir j'avais pris contact avec Mabel qui tient un hotel Dragonfly à Miraflores et elle s'est gentillement occupée de notre rapatriement jusqu'à l'hotel. J'avoue que c'était trés agréable d'être pris en charge aprés 11h30 de vol😏.

J2 Recherche active pour trouver un vol pour Aréquipa, on voulais éviter les 12, 13 ou 14h de bus des les premiers jours donc on a opté pour l'avion au-moins pour l'aller.Grace à l'aide de Mabel (encore) on trouve un billet à 98$ avec Péruvian airline (presque moitié prix qu'avec Lan) pour le lendemain midi. Il y en avait le jour même mais plus chers , du coup on a profité de l'aprés-midi pour visiter Lima et prendre nos premiers collectivos (premiers d'une longue série😉)On a rien visiter de particulier à par la place des armes, on a surtout arpenté les rues.

J3: Aréquipa Nous prenons l'avion vers midi comme prévu direction Aréquipa.Nous prenons un taxi et direction l'agence Crumbes Andina (adresse donné par Mabel , et oui encore !!!! une vrai maman) pour pouvoir faire le canyon du Colca.Nous optons pour le treck de 2jours (en fait en 3j ils font à peu prés la même chose).Nous nous rendons ensuite à Casa la Reyna ou nous posons nos sacs, 48soles la nuit en chambre double avec sdb.Petite visite de la ville, diner avec musique péruvienne et dodo. Et oui , on aurait bien pris quelques verres dans les nombreux bars se trouvant au pied de l'hotel mais on s'est abstenu étant donné que le réveil devait sonné à.......2h30🏴‍☠️

J4 et 5: Canyon du colca Le réveil sonne bien à 2h30 comme prévu et on monte dans un bus qui est venus nous chercher devant l'hotel et c'est partis pour 3h de route. je ne me rappelle plus trop des décors mais je sais que ça tournait, je me suis permis de finir ma nuit😏.Petit arret à un point de vue à 4900m, ça pique un peu les poumons à peine réveillé mais sacré coup d'oeil sur le Misti (5822m) et Chachani (6075m).il fait un peu frisquet à cette altitude d'ailleur du coup , on est bien réveillé.Petite halte à Chivay pour un petit déjeunépas trés copieux, je dirais même qui nous a ouvert l'apétit🙂 Arret aussi à cruz del condor pour admirer.........les condors (qui ont répondus présent).Nous voilà rendu au depart du treck, on est un groupe de 9, tous trés sympas et c'est partis pour 3h de descente, on traverse 2 petits villages et arret à l'oasis pour passer la nuit, repas concocté par notre guide à base de riz et de patate, là aussi debut d'une longue serie😉.Lendemain matin depart à 5h avec la frontale et c'est partis pour 2h30 de montée , on a pris un coup au moral quand on s'est fait dépasser par des mules qui on démarré 1h aprés nous!!! Par contre je déconseille la monté à dos de mules, enfin c'est juste un conseil !! il n'y a pas trop de suspensions en fait😏.Arrivé vers 10h au village de Cabanaconde on l'on a droit à un bon petit déjeuné.Petit village trés sympathique.On se rend de nouveau à Chivay pour se baigner dans les eaux chaudes; eaux un peu trop chaude pour moi (39°c) mais bon on a pas fait les difficiles on y est resté 1h dedans quand même !!! Repas buffet ds un resto touristique et retour à Arequipa. Pendant 2j on a vu de sublimes paysages

J6: Puno Direction terminal de bus d'Arequipa pour prendre un bus pour Puno; 15 soles avec Romeliza (1 euro= 3.80 soles ) et c'est partis pour 7 ou 8h de bus je ne sais plus trop, par contre il est partis avec 1h de retard ça je m'en souvient😉.Arrivé à Puno à 18h30 et Hotel Monterrey.Bon acceuil, bien tenu, mais un vrai congélateur (digne de ce nom).A peine arrivé on nous propose une virée de 2j sur les iles Uros, Amantani et Taquile que l'on accepte car les prix étaent honêtes.

J7 et 8: Lac Titicaca On vient nous chercher à l'hotel à 7h45 et nous nous rendons au port où nous embarquons sur un bâteau. On a failli ne pas partir parce qu'il manquait........non pas le chauffeur mais la trousse de secour.Problème réglé et nous voilà partis vers les iles Uros. C'est la seule fois en 3 semaines au Pérou que l'on est si pointilleux sur la sécurité.Sinon je pense qu'il n'y a plus un seul bus qui roule dans tous le pays😏😏. J'ai trouvé ça assez marrant. Donc Uros ça vaut le coup de voir mais c'est un peu du folklore bien rodé étant donné que plus personne n'y vit (enfin je crois).Aller 3h de bateu et nous voilà à Amantani où on est attendu par la famille qui nous offrira le repas du midi ainsi que son toit pour la nuit.Normalement dans le prix payé une partie (30 soles ) est reversée à la famille mais on a aucun moyen de le savoir.Il y a une dizaine de communauté sur l'ile qui ont des tenues vestimentaires différentes. Nous étions dans la communauté des Occopampa, enfin un truc comme ça , je ne sais pas si j'ai tous bien compris, et non je ne parle pas Quechua. C'est vraiment une ile trés belle où le calme reigne, forcément pas de voiture, pas de routes....On sent bien durant la promenade que l'on est à 4000m, dès qu'on accélère le pas, on le paie cash, enfin mon pote en chie, moi ça va😉😏.Le lendemain matin depart pour l'ile de Taquile.Tres beua point de vue sur le sommet avec en point de mire les sommet boliviens, l'isla del sol.....magnifique!!!!
Planifier les déplacements/ordre des visites en Équateur English translation pending
by Woodyvill · 2011-06-05 · 16 replies
Bonjour! Je vais partir deux semaines en Équateur (peut-être seule) et j'ai déjà noté plusieurs choses que je ne veux pas manquer. Par contre je ne sais pas par quel bout commencer (ordre des choses) et comment rejoindre efficacement les deux endroits les plus éloignés.

Je vais arriver à Quito et repartir de Quito (moins cher et meilleurs horaires). Impératif: Je dois visiter une amie près d'Esmeraldas. J'aime les montagnes et la randonnée, donc je veux aussi faire la lignée de volcan (Quilotoa, Cotopaxi), au moins jusqu'à Banos, mais j'ai lu également beaucoup de bien de Cuenca alors dilemme... Comment rejoindre Esmeraldas et Cuenca (ou Banos/Riobamba)

Pour l'instant, j'envisage ce qui suit, mais je n'ai rien vérifié encore. J'espère que vous me ferez des commentaires pour ne pas que je perdre trop temps à un endroit et pas assez à un autre! N'hésitez pas à me suggérer des alternatives. Je ne suis jamais allée en Amérique du Sud donc tout me sera nouveau en quelque sorte.

- Quito - Mitad del mundo - esmeraldas - same - aller jusqu'à Cojimes et Pedernales pour reprendre la route vers les volcans ou retourner sur Esmeraldas? - santo domingo de los colorados? (intéressant ou non? je le note surtout parce que ca serait en chemin si c'est la route à prendre?) - Cotopaxi - Quilotoa - Banos - Cuenca? si ce n'est pas trop loin...

Merci de vos conseils! J'ai déjà lu les périples des autres, mais les trajets et durées n'étaient pas identiques!

PS: je viens de vérifier et il me serait apparemment possible de repartir de Guayaquil sans trop de supplément, donc à considérer je suppose!
Itinéraire Pérou-Bolivie du 20 juillet au 10 août: Salar d'Uyuni? English translation pending
by Elwenn1er · 2011-05-15 · 10 replies
Salut à tous !

Nous partons au Pérou et Bolivie du 20 juillet au 10 août. On est en train de travailler notre itinéraire, et on aurait besoin de quelques précisions :

Pour le Salar d'Uyuni, on voit dans le routard qu'apparement il est plus pratique de retourner au Pérou par le Chili (San Pedro de Ataquama) plutot que de reprendre la route par la Bolivie.Mais on n'a pas bien compris pourquoi? est-ce plus rapide / direct par le Chili ?

Autre chose concernant le Salar : êtes vous allés jusqu'à Uyuni pour réserver l'excursion ? ou avez-vous réserver à La Paz et vous avez été jusqu'à Uyuni avec les 4X4 réservés pour l'excursion? Avez-vous des bons contacts d'agences ?

Merci pour vos réponses
Itinéraire au Pérou fin mai (urgent) English translation pending
by Ysma15 · 2011-05-12 · 15 replies
bonjour à tous

nous partons dans 2 semaines au pérou et nous sommes hyper à la bourre sur l'itinéraire, j aurais qq questions à vous poser pour finalisation. un grand merci pour votre aide

dans notre itineraire nous comptons zapper iles ballestas et les dunes d'ica nous allons concenant nazcafaire la vue des lignes du mirador (voit on qq chose de là??) + planetarium(interessant ?), et pas le cimetiere car je ne suis pas tres interessé par les squelettes🤪 y a t il d'autres choses à voir?

concernant les excursions canon del colca ça a l'air de couter tres tres cher .notre budget sur place est de 600€ pourras t on le faire? doit on faire l autre canon cotahuasi aussi ou pas le budget?vraiment à 20h de arequipa??

concenrnnat les iles sur le lac titicaca ca a l'air magnifique combien de tps max pouvons nous rester avant de s'ennuyer car fait le tour? car vivre chez l'habitant et me promener au bord de l'eau me donne trop envie. d ou l idee de zapper ica , ballestas et peut etre nazca pour rester + lgtps dans ces iles quelles iles me conseilleriez vous ?nous ne passerions pas par une agence

pour le machu pichu je vois bcp de randonnée de possible j ai l impression que tour le monde est sportif y a t il une alternative

un grand merci pour votre aide
Mexique en juillet 2011: sécurité? English translation pending
by AdL84 · 2011-05-02 · 22 replies
Bonjour,

Nous planifions de partir au Mexique 3 semaines entre fin juin / début juillet. Nous irions en gros de Mexico (qq jours pour visiter la ville) à Cancun. La lecture du site de la diplomatie française ferait fuir le + téméraire des voyageurs d'où ma question: est ce que le voyage que nous programmons présente un risque particulier (une fois les précautions d'usage pris: poche ventrale pour papier et argent/taxis privés/déplacements de jours)?

Je vous remercie pour ces informations
Attention: arnaque à Varadero! English translation pending
by Stefauger · 2011-04-25 · 88 replies
Je suis allé au moins 12 fois à Varadero et voici de nouveaux changements que j'ai pu constaté:

VARADERO BUS TOUR:La préposée ramasse votre billet lors de votre sorti de l'autobus, pour le revendre au prochain client qui rentrera dans l'autobus!

Se faisant du même coup un 5 pesos cash dans ses poches car le billets avait déjà été acheté!Me rendant compte de l, arnaque alors que j'embarquait dans le bus, J'ai pu négocier mon passage pour 2 pesos!

BAR DE L'AÉROPORT:L'arnaque du barman est de jouer avec les prix.Alors que LA CERVEZA NACIONAL est affiché à 1.80.J'en commande 5 crystal, il me charge 2.50 par crystal me faisant croire que la CEVEZA NACIONAL était la BUCCANNERO!, j'Y dit mon os...ça fait 12 fois que je viens a Varadero et je sais que la biere national est la Crystal,

Il a ajusté son prix à 1.80 pesos , le ....!

TAUX DE CHANGE: Étudiez bien le taux de change lorsque vous changez vos dollars à l'hôtel.Vous seriez surpris de voir à quel point on se fait four....avoir !

pour finir

LES MAGASINS DE L'HOTEL: certain n'affiche plus leurs prix , et il change à chaque jour.

Vous avez vécu pareille expérience???? alors partagez avec -nous
Retraite à Cuba: conseils pour un jubilado ambulant? English translation pending
by Alinsu · 2011-04-23 · 15 replies
J'ai quitté la France en 1997. J'ai vécu en Inde (4 ans), Thailande (4 ans) et Vietnam depuis 5 ans. Je n'aime pas les voyages rapides, et voyeurs, ni ceux avec encadrement. Ce qui m'intéresse c'est comprendre un pays par ses habitants et vivre avec eux un bout de temps (tout en sachant que je serai toujours l'étranger). J'ai 73 ans et envie maintenant de changer d'air et de continent. Cuba est dans ma tête depuis longtemps. J'ai juste besoin de petits conseils amicaux et pratiques pour me faciliter la vie et eviter les pieges tels que : comment louer une maison, comment se faire virer de l'argent de France, qualité des soins médicaux et ressources hospitalieres, budget pour solo vivant simplement . Pour le reste je me debrouille et j'ai l'habitude de visiter tous les endroits avant de me fixer (oh le vilain mot) quelque part...pour un temps. Merci de vos avis et conseils.
Découverte de Malte en une semaine: visites? English translation pending
by Elsoune · 2011-04-16 · 25 replies
Bonjour!

Je part 1 semaine a malte avec une amie en mai, Nous avons réservé nos 3 premières nuit d'hotel a sliema, les 2 suivante a buggiba, une nuit a Mgarr (sur lîle gozo) et enfin la derniere nuit a sliema avant de reprendre l'avion.

nous avons volontairement réservé des hôtels a différents endroits afin de faire le tour de l'île, il nous manque juste les conseils de visites, les lieus a voir, et les endroits a eviter! nous pensions tous faire en taxi ou bus sur place, qu'en pensez vous?

merci a tous!
Retour de 19 jours dans le nord du Chili (mars/avril 2011) English translation pending
by Derf69 · 2011-04-16 · 26 replies
Bonjour à tous,

ayant eu le loisir de bénéficier de vos commentaires et de vos bonnes suggestions sur ce forum, à mon tour de vous faire part des étapes de notre magnifique périple de 19 jours dans le Nord du Chili ! Ceci également pour montrer ce qu’il est possible de faire durant ce court laps de temps sans trop se presser (mais on a quand même pas lambiné !) ; la plupart des voyageurs rencontrés à cette période voyageaient tous pendant plus de 2 mois…

Si vous avez besoin de plus d’éléments sur un sujet particulier, n’hésitez pas à me demander !

J1 : Santiago Arrivée à Santiago à 8h, un dimanche. Réservation du bus (Pullman Bus car Turbus complet) pour Arica le soir même à 23h. Visite de la ville, tant décriée avant notre départ, que cette petite balade d’un jour nous a finalement plu. Cerro Santa Lucia, Musée des Arts Précolombiens ont été les points forts de ce petit tour, les rues étant relativement désertes le dimanche ! La venue d’Obama quelques jours après avait fait boucler les alentours du palais Présidentiel. Restaurant « Patagonia » décrit dans le Lonely Planet cher et peu efficace, mais bon repas. Bus à la gare routière à 23h, on part pour 30h de bus vers Arica (avion un peu trop cher pour notre budget, tant pis, on sacrifie une journée). On n’a pas pu prendre le « Salon Cama », mais finalement le « Semi Cama » est bien suffisant (27 000 CH$ pax)

J2 : Bus ! Bonne première nuit dans le bus, peut-être un peu due au décalage horaire et à la longue marche dans Santiago. On se réveille aux alentours de Vallenar, désert à perte de vue et durant toute la journée ! Certaines parties sont monotones. Arrêt dans quelques villes intermédiaires – Copiapo, Chanaral, Antofagasta de jour, Mejillones, Tocopilla, Iquique de nuit.

J3 : Arica – Putre Arrivée à 6h30 à Arica, départ du tour prévu avec l’agence locale Mayuru Tours, très ponctuelle (198 000 CH$ pax)! Le chauffeur-guide Sergio est très sympa, avenant et loquace ! Un vrai plaisir…Vue depuis le Morro sur l’étendue de la ville, Sergio nous conte l’histoire de la région puis marché d’Arica, départ pour la vallée d’Azapa, géoglyphes de Lluta, village de Poconchile, Musée des momies Chinchorros (en partie fermé pour restauration), Pukara de Copaquilla, Socoroma puis arrivée à Putre au soir. Les paysages le long de la route 11CH sont impressionnants (vallées verdoyantes au milieu du désert, volcans enneigés…). Petit village de Putre très agréable. Pas trop d’appétit, mais la nourriture est bonne ! Hébergement au Terrace Lodge, un peu à l’écart du centre, très bien ! Première nuit à 3500 m d’altitude !

J4 : Putre – Putre Départ pour le Parque Nacional Lauca, secteur las Cuevas avec ses bofedales. Petite marche agréable, on ne souffre pas vraiment de l’altitude. Superbes paysages. Faune et flore présentes en nombre à cette altitude (4200 m !). On suit la route 11CH (plusieurs arrêts dont les jolies lagunes Cotacotani) jusqu’au Lago Chungara magnifique au pied du volcan Parinacota de forme presque parfaite. Beaucoup de lamas / vigognes / alpacas et autres vizcachas. Joli petit village de Parinacota avec son église caractéristique des villages alentours. Déjeuner à Chucuyo (peu d’intérêt). Retour tranquille vers Putre en passant par les thermes de Jurasi, bassins naturels d’eau chaude. Sympa, mais pas très propre. Dîner puis balade dans Putre, où il n’y a vraiment pas grand monde (on voit qu’on est hors saison !)

J5 : Putre – Colchane Après une petite crevaison, on quitte le Lauca pour aller vers le Parque Nacional Las Vicuñas (effectivement, il y a des vigognes partout !), puis le Monumento Nacional Salar de Surire (dommage qu’il soit exploité pour son borax). Tout au long du trajet, les paysages sont vraiment beaux. On croise aussi des cactus de tous poils. Rencontre des premiers flamants qui dorment sur le Salar non loin des vigognes qui broutent. Pique-nique aux thermes de Polloquere, bassin naturel d’eau turquoise (soufrée ! certains vêtements ont bien senti jusqu’à la fin du séjour…) chaude bien sûr, où l’on s’empresse de se baigner une fois terminé. Un vrai régal car on est vraiment tout seul et on n’a croisé (presque) personne ! Un moment fort du séjour à coup sûr ! On quitte ensuite, un peu déçus, le superbe Salar et ses couleurs multiples pour le Parque Volcan Isluga. On croise plusieurs petits villages, des paysages encore superbes, des plantations colorées de quinoa, des volcans encore actifs, avant de rejoindre Colchane, ville-frontière (avec la Bolivie), sans grand intérêt à 4200 m d’altitude, où l’on croise surtout des ouvriers qui travaillent sur les routes en rénovation. Hébergement à l’hôtel Camino del Inka, sommaire, mais finalement très satisfaisant !

J6 : Colchane – Iquique Départ pour les cactus géants, vue sur quelques beaux canyons, puis on rejoint (malheureusement !) l’asphalte pour redescendre vers Iquique. Les paysages deviennent moins beaux et le désert plus monotone. On passe par le Géant d’Atacama, qui nous déçoit un peu, déjeuner à Huara, croisement avec la Panaméricaine. On visite ensuite l’ancien village minier d’Humberstone, très intéressant et impressionnant, mais ayant crevé, on a perdu pas mal de temps sur la route et on n’a pas tout le loisir de visiter comme on l’aurait voulu ce village. Arrivée à Iquique, un peu oppressés par l’atmosphère de la ville, alors qu’on était seul au monde pendant 4 jours ! Un peu émus de quitter Sergio auquel on s’était bien attaché. On ne peut que recommander cette agence familiale (Mayuru Tours) qui a fourni une prestation très sérieuse…Le centre-ville d’Iquique, avec sa Plaza Prat, est joli mais désert à cette époque de l’année. Hébergement au Cai Ti, un peu décevant mais tout proche du centre !

J7 : Iquique Visite du centre-ville (avenue Baquedano toujours aussi déserte ! les maisons de style géorgien qui bordent l’avenue donnent une étrange impression de ville de western…), joli théâtre. Ensuite, visite de l’ancienne douane où on apprend une des phases clés de l’histoire du Chili avec la Guerre du Pacifique et la bataille de l’Esmeralda. Très intéressant. Tour du port d’une heure en bateau pour se rendre compte de l’enfermement d’Iquique entre la montagne et la mer, au nord comme au sud, et donc pas d’autre choix que de construire au sommet de la montagne (Alto Hospicio) ! Moment fort à l’endroit où l’Esmeralda aurait coulé, au son de l’hymne national chilien. C’est également un port industriel important. Déjeuner puis direction le sud d’Iquique et la Playa Cavancha et ses sauveteurs vert fluo. Les rouleaux sont impressionnants et l’eau…froide ! Le soleil tape fort. On marche alors dans la Punta Cavancha, qui semble être le lieu de résidence des riches Iquiqueños. Vue sur la plage de l’autre côté de la Punta, impressionnante dune qui la surplombe et qui bloque Iquique le long de l’océan ! Balade le long du front de mer, joli et bien aménagé. Bus tard le soir vers San Pedro de Atacama.

J8 : Iquique – San Pedro de Atacama Pour quitter la zone franche d’Iquique, réveil par les douanes à 3h du matin, sortie du bus et ouverture des sacs…dur ! Arrivée matinale à Calama pour transfert 1h plus tard vers San Pedro. On rencontre déjà plus de touristes à San Pedro. On choisit, bon gré mal gré, l’hôtel Portal Andino, bien mais un peu cher (la plupart des autres hôtels ne disposent plus de lits doubles). L’ambiance nous déplait un peu au début, puis par la suite, on la trouvera bien agréable. Traditionnelle tournée des agences, on tombe bien par hasard, en cherchant une agence qui propose une tournée à cheval (merci Peter Pan !), sur la Rose d’Atacama, que j’avais vu suggérée par d’autres personnes sur ce forum. Santiago nous y convainc d’aller faire un tour le lendemain avec lui vers le Salar de Tara, qu’on n’avait pas forcément prévu de voir au début ! On loue ensuite des vélos pour aller visiter la Pukara de Quitor et le mirador voisin, ainsi que le début de la vallée de Catarpe, finalement pas jusqu’au bout parce qu’il commençait à faire nuit et que la piste n’était pas si évidente ! Dîner dans un petit restaurant dans la calle Tocopilla, finalement SPA n’est pas si cher que ce que j’avais cru comprendre !

J9 : Salar de Tara Départ matinal avec le guide Max pour contourner le volcan Licancabur aux formes presque parfaites (moins rond que le Parinacota, mais presque conique!). Petit déjeuner au bord d’une lagune très colorée (rouge, bleu, vert, blanc, gris…). Vue en surplomb du salar de Pujsa. On croise ensuite le Guardian de Tara, drôle de rocher au milieu de nulle part, déjeuner non loin de là, bien loin par contre de toutes les routes et pistes officielles ! Il n’y a en effet aucune piste tracée. Ensuite viennent les cathédrales de Tara avant d’arriver au salar de Tara, non loin de la frontière argentine. Là aussi, nous sommes complètement seuls et bien contents de l’être. On croise seulement 2 cyclistes partis de Cordoba pour aller vers Lima…en 4 mois. Une sacrée expérience, mais trop douloureuse pour moi ! L’excursion vaut vraiment la peine, même si elle est un peu plus coûteuse que les autres (35000 CH$ pax)…Par contre, on ne croise que des Français avec la Rose d’Atacama ! Le retour est un peu long (2h30 de route).

J10 : SPA – Laguna Colorada Départ matinal avec l’agence Cordillera Traveller (98000 CH$ pax) vers le Salar d’Uyuni. L’agence nous transporte en mini-bus vers la frontière bolivienne où on est ensuite redistribué vers des 4X4 après le passage obligé de la douane. Notre groupe est constitué de 18 personnes, pour la plupart anglophones. Le contraste est assez marqué entre les caractères des US / Australiens / NZ très exubérants et « friendly » et les Européens plus « réservés » ! On a de la chance d’avoir comme chauffeur le plus expérimenté des 3 guides, qui roule vite mais bien, et qui surtout nous permet d’être les premiers sur les sites pour pouvoir profiter quelques temps du site désert ! Arrêts aux magnifiques Laguna Blanca et Verde, les couleurs et les reflets sont somptueux. Les Aguas Calientes nous déplaisent un peu plus, à cause du monde qui se baigne en même temps dans le bassin prévu à cet effet. Le paysage reste néanmoins superbe ! Moment fort et symbolique pour nous Européens avec passage à un col situé à 4900 m d’altitude, soit au-dessus du Mont Blanc ! Arrivée à des geysers fumants et autres bains de boue grise bouillonnante. Les couleurs sont assez surprenantes ! On arrive en fin d’après-midi au refuge de la Laguna Colorada, un peu isolé des refuges des autres agences. Le guide nous préconise de ne voir la Laguna Colorada que le lendemain à cause du vent qui risque de rendre moins beau le paysage et à cause de la fatigue. Les cuisinières ne sont vraiment pas sympathiques, et nous jettent presque les assiettes à la tête ! Là encore, la nuit est magnifique, certes fraiche (2°C), mais avec une vue sur les étoiles et la Voie lactée qui traverse le ciel de part en part exceptionnelle. Un très bon moment…Sac de couchage important car la nuit est froide.

J11 : Laguna Colorada – Culpina K Départ au matin pour l’exceptionnelle Laguna Colorada, qui, comme son nom l’indique, brille de toutes les couleurs. Beaucoup de flamants volent sur cette eau rouge et bleue, fumante à cause de la fraîcheur extérieure. Une vraie merveille, peut-être notre moment préféré du voyage ! Ensuite, nous nous dirigeons dans le désert vers l’Arbol de Piedra et la montagne aux 7 couleurs, les 4X4 roulent au milieu de nulle part et soulèvent beaucoup de poussière! Les couleurs sont ici très différentes et tournent autour du marron, rouge, beige…c’est tout aussi sublime ! Déjeuner au bord d’une des lagunes altipaniques (Honda – Chiarkota et Hedionda), l’eau est toujours turquoise, les flamants toujours présents et le ciel bleu et le soleil omniprésents. On traverse de jolis gués avant d’arriver au désert de pierre et le célèbre condor, la forme des rochers est très étonnante. Avant d’arriver à Culpina K, traversée de plantations de quinoa très colorées. Dans le village où l’on dort, les guides boliviens nous proposent de faire un match de basket…un très bon moment, mais assez difficile de respirer correctement à 3700 m d’altitude ! L’hôtel est amplement suffisant, bon repas et chambre confortable.

J12 : Culpina K – Villamar Réveil matinal par un groupe d’Allemands qui partait plus tôt que nous vers San Pedro…Bon petit déjeuner avant départ pour le cimetière des trains d’Uyuni, sans intérêt, car c’est devenu le dépotoir de la ville d’Uyuni. Le guide rend service à une amie pour convoyer sa voiture, nous nous séparons donc des autres membres du groupe. Nous avons donc la chance d’être les premiers à rentrer dans le salar, en eau (50 cm par endroits) à cette époque car il avait fortement plu 3 semaines auparavant (le fameux hiver bolivien). On attend les autres pendant 15 mn, pendant lesquelles on se rend compte qu’on ne distingue plus l’horizon, tellement le ciel et son reflet ne font qu’un dans le Salar. Exceptionnel ! Il fait néanmoins un peu frisquet à cause du vent qui se lève. Notre peau en prend un coup avec tout ce sel qui nous fait bien blanchir (de sel), puis rougir (de soleil) ! Arrivée des autres groupes puis départ vers l’hôtel de Sel où tout le monde s’en donne à cœur joie avec les photos des reflets…dommage que l’Isla Pescadores ne soit pas accessible à cette période ! Retour vers l’entrée du Salar où l’on déjeune et faisons quelques emplettes. Départ pour la ville d’Uyuni où l’on abandonne 15 de nos compères – nous ne sommes en effet que 3 à revenir vers SPA. On sent une vraie différence de vie en Bolivie, on sent que les moyens ne sont pas les mêmes…visite du petit marché, puis on rejoint une 4ème personne d’une autre agence qui fait le retour avec nous. Le soir même, 3h de route, très joli coucher de soleil et orage au loin en Argentine. Le guide ne s’arrête pas car sa seule « mission » est de revenir à SPA. Arrivée dans le petit village de Villamar où la nuit est bien fraîche et la chambre sommaire, mais qu’importe ! Repas correct dans le refuge familial (traditionnel soupe + viande en sauce + riz + légumes)

J13 : Villamar – SPA Départ très matinal (5h + 1h de retard !) pour croiser les mêmes sites qu’à l’aller, mais avec un point de vue différent ! Le plus frappant aura été les Aguas Calientes, sans personne, et avec l’eau encore fumante…bien mieux qu’à l’aller ! Les couleurs ne sont pas les mêmes le matin. Le chauffeur a finalement fait vite, malgré son retard (problème mécanique sur le 4X4 + crevaison ?), puisqu’on arrive au poste-frontière relativement tôt, en tout cas avant le minibus qui est censé nous redescendre à SPA. Petit déjeuner avec les « bleus » qui arrivent de SPA, puis descente vers la ville, contrôle poussé au poste-frontière où on perd nos fruits (oubli dans le sac et ils sont jetés à la douane!). On change d’hôtel pour le Vilacoyo, bien mieux et bien moins cher, avec son patio central bien agréable. Après-midi de repos (enfin !) dans San Pedro.

J14 : SPA Départ pour la Valle de la Luna … le matin (comme peu de tours ont l’occasion de le faire). Observation du lever du soleil depuis le Rocher du Coyote. Santiago nous conte l’histoire des Atacamenos et l’histoire géologique de la région. Très intéressant. Balades dans la Valle de la Muerte et dans la Valle de la Luna, vue sur la superbe Duna Mayor et l’ « Amphithéâtre », marche sur le « Dos du Dinosaure » (que de noms !) pour avoir un point de vue sur l’immensité du désert. Tres Marias puis petite Mine de Sel où on écoute attentivement notre guide. Enfin, retour sur San Pedro pour déjeuner. En fin d’après-midi, départ pour un tour à cheval avec le guide et une amie à lui vers les Cuevas de Chilcoyo, à travers le désert, avec pour seule sécurité…un casque de vélo ! Un souvenir inoubliable que cette chance de pouvoir galoper dans l’immensité désertique…Le guide nous emmène dans des grottes, spéléo improvisée avec les lampes frontales, à plat ventre, sympa ! Sur le retour, au coucher du soleil avec vue sur le beau volcan Licancabur, mon cheval s’emballe et part au triple galop pendant une période qui m’a paru bien longue ! J’ai bien eu peur, mais je m’en souviendrai toujours ! Dîner dans un petit restaurant familial, sans chichis mais très correct.

J15 : SPA Départ matinal (encore !) à 4h pour les Geysers d’El Tatio. Tout le monde somnole dans le mini-van. Petit déjeuner un peu à l’écart des autres groupes, café chauffé dans l’eau bouillante. Très beau spectacle des geysers fumants au lever du soleil et changement des couleurs. Un peu de monde tout de même ! Max nous emmène un peu à l’écart pour nous baigner dans une petite rivière en contrebas où nous sommes tout seuls. Un peu difficile de se déshabiller avec cette fraîcheur ambiante, mais une fois dans l’eau, un vrai régal (attention aux petites bulles d’eau brûlante) ! On part ensuite pour le village de Machuca où le ratio nombre de touristes / habitants est exceptionnel étant donné que tous les tours revenant d’El Tatio passent par ce petit village, où un petit vendeur s’enrichit en proposant des brochettes de lama – bon filon ! Enfin, petit canyon au milieu duquel coule une petite rivière, avec au fond le « grand-père des cactus », un géant de plus de 10 mètres. Petite balade agréable, avec en fond des volcans enneigés et de nombreuses « plantes à plume » ! En début d’après-midi, après retour à SPA, bus pour La Serena.

J16 : La Serena – Vicuña Arrivée matinale à La Serena sous la grisaille, la première depuis le début du voyage. Un peu déçus de prime abord par la ville, même si quelques jolis bâtiments et églises. On quitte vite la ville pour partir dans la vallée de l’Elqui, petit bus local allant de La Serena à Vicuña. Le soleil revient très vite ! 1 heure de route, on trouve un petit residencial qui est certainement le meilleur qu’on ait vu depuis le début du séjour : La Elquina. Dégustation de glaces artisanales (un des rares endroits dans le nord du Chili a priori !), visite de la distillerie Pisco Capel, bus pour aller dans le fond de la vallée (jusqu’à Pisco Elqui) tapissée de vignes destinées au Pisco. Petit village bien agréable, un peu désert toutefois. Retour sur Vicuña, départ pour l’Observatorio Mamalluca, visite très intéressante et vue unique sur Saturne !

J17 : Vicuña – Valparaiso Matinée tranquille reposante, on devait aller visiter le Parque Nacional Fray Jorge ou la Reserva Nacional Pinguino de Humboldt, mais l’un comme l’autre ne disposaient pas de suffisamment de monde à cette période. Bus en début d’après-midi vers La Serena, visite du petit zoo à l’ouest de la ville, parc japonais fermé. Petite balade dans le centre-ville, on se sent vraiment seuls touristes dans la ville et on est honnêtement un peu déçu. Restau au-dessus du marché où on est tout seuls. Bus pour Valparaiso à 0h30.

J18 : Valparaiso Arrivée de nouveau matinale, on recherche un hôtel, au début près de la Plaza Victoria puis finalement dans le Cerro Concepcion. On tombe complètement par hasard sur une Residencial agréable tenue par 2 Chiliens (désolé, je ne me souviens plus du nom !). Marche dans la ville, comme à Santiago, les locaux nous disent de faire attention à nos affaires…ce que nous faisons ! On profite des quelques ascensores encore en activité, visite du musée naval, de la Sebastiana (très belle maison de Pablo Neruda) et déambulation dans les rues colorées de la ville. On regrette de ne pas avoir plus de temps…dégustation de completos au residencial puis dodo difficile, car il se révèle en fait bruyant et les US qui étaient là ont souvent tendance à veiller tard !

J19 : Valparaiso – Santiago Beaucoup de bus vont à Santiago, aucun problème…arrivée à l’aéroport (pas besoin d’aller jusqu’au centre-ville pour le transfert vers l’aéroport, on peut descendre au 1er arrêt du bus !). Retour vers la France !

Voilà, un superbe voyage qui s’achève, je ne peux que recommander de profiter de cette belle destination ! Bientôt le sud 😛 !

Bon voyage!
Itinéraire pour deux semaines au Costa Rica English translation pending
by Cheyennedu92 · 2011-04-14 · 13 replies
Bonjour mes amis voyageurs!

Voilà, je vous expose mon petit soucis qui n'en est pas réellement un mais qui nécessite quelques infos fraîches de votre part afin de m'aider pour mon petit trip avec une copine, deux semaines, au Costa Rica, du 20 avril au 4 Mars. Je ne sais pas très bien comment formuler ma demande, mais en résumé, est ce que certains entre vous auriez la gentillesse de me conseiller un itineraire faisable en deux semaines, sachant que nous ne voulons pas tout voir, en deux semaines c'est impossible, et préferons prendre notre temps quitte à zapper quelques coins. Par contre, nous souhaitons commencer par Cahuitas trois quatre jours environ histoire de voir la côte caraibenne. Pensez-vous que ce soit trop? Ensuite, c'est là que j'ai du mal à voir où nous pourrions aller, Tortuegas (je crois?) me dit pas trop (j'au vu des photos de mon père qui y est allé et ça ne m'a pas emballé je dois dire). Nous voyageons à la roots, budget routard et pouvons nous permettre quelques sorties mais pas de grosses excursions à 100 dollars.

Alors voilà, si vous avez des coins que vous avez aimé, n'hésitez pas!! 🙂

Nous sommes deux filles, cool, nous ne recherchons absolument pas le confort ni les gros complexes hôteliers (on m'a déconseillé Jaco?), et aimons les treks pas trop durs hihi, la nature, les volcans, mais lequel? la côte pacifique aussi (mais quelle plage??), un parc national peut être pour voir des animaux et faire un tour à la hauteur des arbres (parc manuel antonio?) et aussi nous voyagerons exclusivement en bus public.

Et si vous avez des hôtels pas trop cher à recommandés, je suis preneuse.

Merci beaucoup d'avance!
Itinéraire de trois semaines au Pérou et/ou Bolivie cet été English translation pending
by Leablue · 2011-04-11 · 31 replies
Bonjour,

Je pars au Pérou pour 3 semaines à partir du 17/06. Au niveau itinéraire j'hésite entre un itinéraire "classique", uniquement au Pérou, et un itinéraire mix entre le Pérou et la Bolivie.

Itinéraire 1) Pérou : Lima - Pisco - Nazca - Arequipa - Canon del Colca - Lac Titicaca - Cuzco - Machu Picchu - Lima

Itinéraire 2) Pérou / Bolivie : Lima - Cuzco - Machu Picchu - Lac Titicaca - Salar d'Uyuni - La Paz - Juliaca - Lima

Je ne souhaite pas faire trop de rando, surtout de la découverte du pays, des visites culturelles.

Que pensez-vous de ces 2 itinéraires ?

Pour l'itinéraire 1, j'hésite à le faire dans l'autre sens et profiter de la fête du soleil le 24/06 à Cuzco.

Pour l'itinéraire 2, c'est peut-être trop court en 3 semaines, trop de distance ? Mais j'avoue que le salar d'Uyuni m'attire bien...

Merci pour vos avis.
Pérou: partir seule ou accompagnée? English translation pending
by Omega3 · 2011-04-10 · 17 replies
Bonjour,

Je suis toujours aussi indécise quant à ma destination de cet été. Je vais partir seule, pour la première fois ( mais dans l'absolu, cela ne me dérange pas) mais je souhaiterais aller au Pérou et pas forcément dans des endroits archi-touristiques et c'est là le hic.

J'ai par ailleurs pensé m'arrêter bien une semaine à CUZCO, prendre un cours d'espagnol, ce qui me permettra de rencontrer plein de gens seuls comme moi et ainsi de partager des balades avec eux.

A force de tergiversations, j'avais opté pour un voyage de randonneurs style Nomade, Terdav, ... mais 18 jours à 3600 €, ça coince pour moi, je me dis que c'est hors de prix même si le circuit jusqu'au Sud Lipez en Bolivie me séduit!

Je pense aussi que je peux faire un bout de chemin avec quelqu'un/quelqu'une ...

Bref, beaucoup d'interrogations et pour l'instant, à part beaucoup réfléchir, pas de décision!

J'écoute toutes vos remarques, offres et suggestions! 😏

@micalement et bon dimanche ensoleillé! 😎
Croisière transatlantique vers les Caraïbes sur le Costa Luminosa English translation pending
by Joce06 · 2011-03-15 · 347 replies
Bonjour à tous,

Voilà, nous avons réservé une croisière sur le LUMINOSA COSTA départ le 26 novembre 11 de SAVONE pour les caraïbes.

L'itinéraire est : SAVONE - BARCELONE - 2 jours en mer - SANTA CRUZ DE TENERIF - 5 jours en mer - BARBADOS (antilles) - GRENADE (antilles) - ST LUCIA (antilles) - GUADELOUPE (antilles) - MARTINIQUE (antilles) - ST MARTIN (antilles néerlandaises) - LA ROMANA (rép. dominicaine) retour en avion.

Merci de me donner des renseignements sur ces escales sauf pour BARCELONE et SANTA CRUZ que nous connaissons... que nous conseillez vous ? que voir ? merci à tous

Avis sur itinéraire de dix jours au Pérou? English translation pending
by Mouna2009 · 2011-03-15 · 20 replies
Bonjour! Après beaucoup de contretemps et de changements de dernière minute, mon ticket pour le Pérou est enfin réservé. Voilà l'itinéraire que j'envisage: 18 avr: Arrivee a Lima à Midi- Visite de Brizas et Lima downtown 19 avr: Lima-Ica, départ pour Arequipa en bus de nuit. 20 avr: Journée à Arequipa 21 avr: Colca canon, départ vers Cuzco (en bus de nuit ou avion?) 22 avr: Journée à Cuzco 23 avr: Ruines sacsayhuaman 24 avr: Ruines sacsayhuaman 25 avr: ollantaytambo, le soir bus pour Aguas Calientes (part à 18h), dormir sur place. 26 avr: MP, et retour a Cuzco, train de 16h. 27 avr: rester â Cuzco ou prendre l'avion pour Lima 28 avr: Départ du Perou via Lima en matinée.

Qu'est ce que vous en pensez? Des conseils, des suggestions? Quelque chose que j'aurais raté. Tout commentaire est le bienvenu. Merci!!
Voyage en Bolivie (trois semaines), plus un bout d'Argentine (une semaine) English translation pending
by Nerak30 · 2011-02-28 · 13 replies
bonjour à tous

je vais partir un mois en Bolivie mais j'atterris à Buenos Aires (pour des questions de prix) et du coup avant d'arriver en Bolivie, je passerai une semaine en Argentine et 3 semaines en Bolivie.

j'ai lu pas mal de discutions ici et là mais la plupart sont anciennes (2007, 2008, 2009)... les guides 2010 et 2011 annoncent des prix de bus tellement peu chers qu'en lisant certains topics je me suis aperçue que c'était presque le triple à chaque fois...

ma plus grosse excursion sera forcément le salar d'Uyuni, Sud Lipez et Lagunas Colorades lesquels je crois, d'après lecture ci et là, sont combinables dans un long trek de 4 jours... ma question s'adresse à ceux qui éventuellement vivent sur place ou en reviennent (fin 2010 - début 2011) : à combien exactement est fixée cette excursion sachant que le minium que j'ai vu est à 100€ ?

ensuite, je pars du 18 mars au 20 avril donc pour la période, aurais-je besoin nécessairement d'un duvet ? et qu'est-ce des vêtements termiques ou ss-vêtements thermiques ??? (s'agit-il de polaires ?)

est-il facile de faire su stop, est-ce dangereux ? nous serons deux ou trois filles ?

ensuite concernant le lac titicaca... ? y'a t-il des endroits à éviter et d'autres conseillés ?? copacabana ? est-ce une bonne idée ou y'a t-il mieux à faire sur ce lac comme coin ??

ensuite, avez-vous des prix de bus de liaison entre villes boliviennes récentes ??? car parfois j'ai lu que certains qui en revenaient n'avaient dépenser que 80 bol pour uyuni - la paz ?? ce qui reviendrait à peine à 8-10€ !!!?? je trouve ça pas cher et pourtant plus fiable de quelqu'un qui en revient que des guides dont les prix sont totalement fantaisistes !

la paz - titicaca , distance 3 heures ne serait qu'à 15 bol ?? soit à peine 2 à 3 € !!???

au niveau de l'hébergement, avez-vous des bonnes adresses pas cher (car je ne ferais jamais du haut standing, les prix des guuides annoncent souvent des chambres à 100 € etc. ça va pas la tête) donc les hotels petite catégorie, sont-ils agréables, confortables etc.

Comment se passe le passage à la frontière entre Argentine et Bolivie (villazon) ? est-ce payant ? est-ce long ?

les bus sont-ils sécurisés ??? pas de vols de bagages en soute ?

bref, voilà quelques questions avant départ dans moins de trois semaines...

merci à tous,

K.
Circuit et budget en Bolivie pour deux semaines en mai-juin? English translation pending
by Ysma15 · 2011-02-19 · 9 replies
bonjour

je me permets de vous demander de l'aide car mon mari et moi avons decidé de partir deux semaines en bolivie en mai-juin 2011 notre budget max est de 1500€ par personne vol compris, est ce faisable? quelle serait le circuit à faire? j'aime marcher mais à cause de mes problemes de dos je me limiterais a qq heures par jour. est ce un pays adapter?

merci infiniment pour votre aide
Itinéraire d'environ trois semaines pour découvrir le Pérou en mai? English translation pending
by Alencya · 2011-02-17 · 6 replies
Bonjour,

J'habite en Argentine à Tucuman et je souhaite partir en Mai à la découverte du Pérou, pays que je connais très mal. J'ai peu de temps (environ 3 semaines) et un budget plutôt serré. Je dois donc faire un tri entre les destinations. Pouvez-vous me conseiller pour mon itinéraire ? J'arriverai au Pérou par la frontière chilienne et repartirai par la frontière bolivienne (Puno). Dans l'idée, mon voyage serait un mélange de Nature, sites archéologiques, trecks et plage ! J'avais dans l'idée d'aller visiter les alentours de Arequipa et faire un peu de rando (il me semble qu'il y a des canyons intéressants). Puis, je souhaiterai bien sûr voir le Machu Picchu. J'aimerai également avoir un aperçu de l'Amazonie. J'ai lu plusieurs discussions mais je suis un peu perdue avec toutes les coins proposés : Iquitos, Puerto Maldonado, Loreto, San Martin avec Moyobamba, Tarapoto, Yurimaguas.... Dans l'idéal, j'aimerai un endroit pas trop trop touristique où je peux rencontrer la population (je parle espagnol), découvrir la jungle en pirogue...

J'ai également lu des topics sur Chan Chan - Trujillo qui faut apparemment pas manquer. SI possible, j'aimerai aller à la plage. Est-il nécessaire d'aller jusqu'en Equateur pour avoir de belles plages pas trop touristiques ?

En prennant en compte le peu de temps que j'ai et un budget assez limité, que pouvez vous me conseiller ? Quels sont les endroits à privilégier ?

Merci beaucoup pour vos réponses :)
Retour de croisière aux Caraïbes sur le Costa Atlantica du 28 janvier au 12 février 2011 English translation pending
by Zizou13700 · 2011-02-14 · 29 replies
Nous venons de rentrer de notre croisière "Magiques Caraïbes" sur le Costa Atlantica. Je vais tenter de vous raconter notre fabuleux voyage, jour par jour...

Avant le départ

Nous avions réservé cette croisière plus de 6 mois avant le départ, l’attente fut trèèès longue.

Costa ne vous donnera pas de nouvelles avant J-15, donc ne paniquez pas ! Cependant, vous pouvez toujours les appeler, il y’aura toujours quelqu’un à votre écoute pour répondre à toutes vos questions.

A J-15 donc, vous recevrez un e-mail comportant tout plein d’infos importantes : vos heures et n° de vol, compagnie aérienne, étiquettes pour bagages ; informations sur la cabine, placement, n° ; réservation des excursions ; formulaire d’embarquement à remplir….

Une fois cet e-mail reçu n’oubliez pas de remplir le formulaire d’autorisation d’entrée sur le territoire américain : (
https://esta.cbp.dhs.gov). Vous ne pourrez pas le faire avant car on vous demande votre n° vol. Ce document est obligatoire pour entrer aux USA. Il vous sera demandé à l’aéroport de départ en France, et des questions vous seront posées du style : qui a fait votre bagage, y’a-t-il des objets qui ne vous appartiennent pas à l’intérieur, ect… Ça peut sembler « too much » mais répondez à tout calmement, sinon ils ne vont pas vous lâcher !

Départ

Notre vol était à 12h15 départ de Paris Orly, arrivée à Miami à 16h heure locale avec la compagnie Corsair Fly. Dans l’avion on va vous distribuer une petite carte où les mêmes informations que dans l’esta vous seront demandées. Arrivés à Miami, vous devez vous présenter à la douane avec ce papier et c’est reparti pour l’avalanche de questions…

Ensuite vous devez aller récupérer votre bagage (attention Costa ne les prend en charge qu’à la sortie de l’aéroport). Suivez ensuite les panneaux Costa. Un bus vous emmène au port, à partir de là, c’est les vacances !!!

Jour 1 : Arrivée à Miami, Floride

Arrivés au port : re-fouille! Attention, vous ne pourrez pas faire entrer de nourriture ou de boisson sur le bateau (tout est fait pour que vous consommiez chez Costa, logique) et vos appareils photos seront également vérifiés : et oui il est interdit de prendre des photos du port ! Nous avons été rapidement dirigés vers notre cabine, et nous avons pu découvrir le bateau. Pour manger, vous aurez un petit papier avec le nom d’un des resto et un n° de table. Pour notre part, nous étions au Tiziano à une table de 8, tous français et tous de la même tranche d’âge. Rien n’est laissé au hasard chez Costa (en plus il y’a 90% de retraités). En tout cas nous nous sommes fait des amis en 5 minutes.

Jour 2 : Key West, Floride

Nous avions choisi l’excursion « la serre aux papillons et l’aquarium », que je recommande. C’était très beau, et vous aurez suffisamment de temps libre pour visiter la petite île par vous-même. A ne pas rater : le southernmost point (le point le + au sud des Etats-Unis), les maisons coloniales. Vous pouvez louer des vélos ou des petites voitures électriques pour vous déplacer. Mais nous avons tout fait à pied et c’est largement faisable. Le retour sur la bateau était prévu pour 13h30. Sur le coup cela nous a semblé tôt, mais vous verrez que c’est suffisant pour découvrir Key West.

PS : A midi nous avons déjeuné chez « Amigos tacos » un petit resto mexicain qui se trouve dans la rue principale en sortant du bateau. Je vous conseille vivement cet endroit : convivial, pas cher et excellent !!!

Jour 3 : En mer

Jour 4 : Ochos Rios, Jamaique

Un conseil pour la Jamaïque : choisissez une excursion Costa!!! Nous n’en avions pas pris et nous avons regretté : les Jamaïcains vous attendent à la sortie du port et ne vous lâchent plus ! Ils vous proposent de vous emmener en taxi ou en bus, mais insistent beaucoup ! Nous voulions aller voir le musée de Bob Marley qui se trouve a 65 km d’Ochos Rios mais le chauffeur voulait 300$ par personne ! Du coup nous avons marché jusqu’à la ville, et avons trouvé un centre commercial a ciel ouvert : island village. C’est endroit plus « clean » où vous ne vous ferez pas alpaguer toutes les 30 secondes. Il y’a plein de boutiques de souvenirs, une plage privée et un super resto que je vous recommande : Margarita ville.

En gros nous avons été un peu déçu du comportement des Jamaïquains même si on les comprends, c’est un pays pauvre, ils veulent tirer le maximum d’argent aux touristes…. Donc à vous de voir!

Jour 5 : Grand Cayman, Iles Cayman

Le bateau n’accoste pas à quai, nous avons pris une chaloupe pour atteindre les côtes. Nous n’avions pas choisi d’excursions car nous avions prévu de nager avec des dauphins par nous-même (toujours moins qu’en passant par Costa). Nous avons pris un bus local pour aller jusqu’au Dolphins Discovery Center. Demandez au port quel bus prendre. C’est moins cher que le taxi (16$ contre 2.50 $ en bus !) L’acitivité était excellente. Il faut compter 120 $ en moyenne mais croyez moi vous en aurez pour votre argent. La baignade dure ¾ d’heures, vous ferez plusieurs jeux avec les dauphins, vous pourrez les toucher à volonté…. En bref nous avons été enchantés ! Les photos coutent 20$ mais si vous en prenez plusieurs le prix baisse. Nous avons aussi nagé avec les raies et visité la ferme aux tortues qui se trouve tout à côté (cela était compris dans le prix). Les bus passent régulièrement pour retourner au port. Les iles Caymans sont connues pour être un paradis fiscal. C’est très classe là-bas, très propre. La veille nous étions en Jamaïque, on passe du tout au tout.

Jour 6 : Cozumel, Mexique

Port de Cozumel très sympa avec des milliers de boutiques de souvenirs. J’ai fais la plus part de mes achats là bas. Articles de contre façons pour celles que ça intéresse également… Les vendeurs solicitent beacoup les touristes mais c’est tout de même moins pesant qu’en Jamaique. Nous avons fait l’excursion Costa « Sous marin Atlantis » et nous n’avons pas été déçu. Un bateau vous emmène au milieu de la mer pour prendre un sous marin. La barriere de corail est superbe, nous avons aperçu toutes sortes de poissons, des tortues… il parait qu’il y’a même un requin dans le coin.

Jour 7 : En mer

Jour 8 : Miami, Floride

Nous avions choisi l’excursion « Everglades », et c’était super. Un bus vous prend directement au port et vous emmène aux Everglades (45 minutes). La visite se fait en bateau hydraulique, attention aux moustiques … et aux alligators ! Le guide parlait français. Le pilote du bateau fait plusieurs arrêt photos dès qu’il y’a un alligator. La visite se termine par un show avec 4 ou 5 crocodiles. Le dresseur n’avait pas l’air rassuré… mais c’est à voir. Le même bus vous rammene ensuite au port de Miami. Là nous avons pris un taxi pour Bayside Shopping (grand centre commercial à ciel ouvert), très sympas pour ses boutiques et souvenirs. Nous avons terminé la journée à Miami Beach, toujours en taxi. La plage est immense ! Et les boutiques de souvenirs et restos sont nombreux dans ce coin là. Conseil pour les taxis : demander le prix avant. Et si possible le prendre à plusieurs, c’est plus économique.

Jour 9 : Freeport, Bahamas

Déçus. Pas grand-chose autour du port à part 2 ou 3 boutiques de souvenirs. Nous avons pris un taxi pour aller à Lucayan, « the place to be » apparemment. Superbe plage et grand marché avec tout plein de boutique duty free et de souvenirs.

Jour 10 : En mer

Jour 11 : Tortola, Ile Vierges Britanniques

Mon endroit préféré sur toute la croisière!!!! Nous avions choisi l’excursion « Virgin Gorda » sur les conseils des hôtesses d’accueil Costa. C’était vraiment magnifique, un paysage digne d’une carte postale. Mais le prix (84$) reste élevé pour ce que c’est. Un transfert de 45 min en bateau jusqu’à l’île de Virgin Gorda, puis une ballade en mini bus sur les hauteurs de l’île. Puis on est lâchés dans la nature. A nous de descendre un sentier qui arrive à une plage. Paysages de cartes postales!! N'oubliez pas les appareils photo!!

Jour 12 : Isla Catalina, Rep. Dominicaine

Nous avions choisi l’excursion Costa « Hors-piste en Rep. Dominicaine ». Rapport qualité-prix excellent ! Nous avons fait plein de choses : visite d’une fabrique de cigares, ballade en 4x4 dans les cultures de canne à sucre et dégustation. Shopping à la Romana… Du coup nous n’avons pas eu le temps de voir la plage privée Costa de Catalina, ni de profiter du barbeuc (payant…)

Jour 13 : En mer

Jour 14 : Princess Cays, Bahamas

C’est pas compliqué : c’est une plage…et c’est tout !!!

Jour 15 : Miami

Nous avions choisi l'excursion Costa "L'esprit de Miami", l'idéal pour une vue d'ensemble de la ville. Passage en bus dans les différents quartiers à ne pas rater, et ballade en bateau autour du centre ville et maisons des stars. Nous avons été ravis de terminer notre croisiere ainsi, avec une belle journée complete dans Miami. Le repas du midi est compris dans le prix et le bus vous ammene directement à l'aéroport.
Itinéraire et budget pour trois semaines au Pérou en mai 2011: vos avis? English translation pending
by Pro1982 · 2011-02-07 · 33 replies
Bonjour, Nous prévoyons de partir à 2 au Pérou au mois de Mai 2001 pendant 3 semaines. On partira sac au dos, seulement avec le billet d'avion et on se restreindra au Sud Pérou. Nous voulons faire une boucle sans trop dépenser, donc privilégier le bus et le train, l'hébergement chez l'habitant. Voici en gros ce que je prévois, je ne veux pas non plus nous fixer un planning trop précis pour pouvoir nous laisser la possibilité de profiter un peu plus longtemps d'un site si on s'y sent bien ; néanmoins j'aimerais vos conseils : quels sites sont à privilégier par rapport à d'autres? J1-J2 : visite de Lima J3-J4-J5-J6-J7-J8-J9: Lima-Punto en bus en faisant des escales régulières d'une journée ou 2 (Pisco pour la réserve de Paracas, Nasca pour les lignes, Arequipa pour la ville et le canyon del colca) J10-J11-J12 : Lac Titicaca J13-J14-J15-J16-J17-J18 : Cuzco et Vallée sacrée (1 journée pour le MacchuPicchu, autres sites moins touristiques qui valent le détour dans la vallée sacrée ???) J19-J20-J21 : Descente vers Lima par Ayacucho et Huancayo en bus et/ou train (?) avec des escales en fonction de nos envies. J22 : retour en France Nous n'avons pas encore acheter de guide type GDR, ça pourra peut-être répondre à certaines de nos questions. Pour une question de budget nous ne prévoyons pas de faire de treck organisé, cependant les balades et visites seuls valent-elles le coup dans tous les sites ? Ou faut il prévoir un treck particulier qui vaut vraiment le détour dans la vallée sacrée par exemple ? Quels sont les prix des guides au Pérou ? Avez-vous une idée du budget pour logement/repas pour une journée au Pérou ? Faut-il réserver les différents hébergements et la visite du Macchu Picchu à l'avance à cette période de l'année ? Merci de votre aide :)
Concours photo du mois de février 2011 "Expressions et regards aux quatre coins du monde" English translation pending
by Williama · 2011-02-02 · 243 replies
Ami(e)s de la photo voyageuse bonjour,

Le 8ème concours international de photo VF est lancé par le comité d'organisation composé par Williama et Gevehi, sur le thème : “Expressions et regards aux 4 coins du monde”. Mettez en ligne vos portraits de voyage les plus expressifs : regards complices, naïfs ou hautains, de Joconde ou de braise... , expressions interrogatives, pleine de colère, de joie, de douleur, bouffonneries etc ... que ces images soient volées suivant le souhait de Gérard07 ou non ...

Une seule règle : le protagoniste sur l’image doit regarder l’objectif. S’il s’agit d’un groupe de personnes au moins l’une d’entre elles doit regarder vers l’objectif.

Règlement :

- 3 photos maximum par personne à poster jusqu'au 22 février minuit. - Pour la bonne lisibilité du fil des images du concours, merci de poster 1 seule image par post. - On vote du 23 au 28 février. Tout le monde peut voter, participant ou non, avec un petit commentaire pour expliciter le pourquoi du comment du vote. - Le 1er mars proclamation des résultats, hymne, lâcher de ballons, champagne... - Le vainqueur gagne l'immense privilège d'organiser le concours du mois de mars. - En cas d'égalité les vainqueurs s'arrangeront entre eux pour le concours suivant. - Pour mémoire, les thèmes précédemment abordés sont : transports collectifs et publics du monde, métiers du monde, bleu, prières, scènes de rues du monde, on vous mène en bateau, le monde en musique.

Afin de ne pas encombrer ce topic de palabres et autres discussions vous avez l'espace voisin suivant
http://voyageforum.com/voyage/discussion_relative_au_concours_photo_fevrier_2011_expressions_regards_D4047829/
Voyage de deux semaines au Costa Rica: auto ou autobus? English translation pending
by Reggie53 · 2011-01-31 · 72 replies
Bonjour,

nous partons au costa-rica fin mars en couples(2) pour deux semaines, quelle est le meilleure moyen de transport pour visiter ce pays? auto ou autobus. location sur place a San josé ou jaco-beach? réservation avant de partir?

Merci 😉

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