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Retour de croisière sur le MSC Sinfonia du 3 au 10 juillet 2011 English translation pending
bonsoir a tous et a toutes 🙂
voila notre petit periple est terminé 😕 nous avons passé une bonne semaine avec dans l'ensemble plus de points positifs que de negatifs. je vais essayé de vous faire revivre ma merveilleuse semaine a travers ce compte rendu qui commencera tres bientot. je telecharge les photos et y en a de bien 😎
a tres bientot 😉
voila notre petit periple est terminé 😕 nous avons passé une bonne semaine avec dans l'ensemble plus de points positifs que de negatifs. je vais essayé de vous faire revivre ma merveilleuse semaine a travers ce compte rendu qui commencera tres bientot. je telecharge les photos et y en a de bien 😎
a tres bientot 😉
Patagonie australe: El Fin del Mundo ou le Pays du vent English translation pending
Voyage en Patagonie australe, du 22 novembre 2010 au 31 décembre 2011.
La version définitive avec photos (il faut patienter un peu pendant le téléchargement, comme toujours 😊) et un texte plus complet se trouvent ici (carnet optimisé pour Google Chrome):
www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_90.html

Lundi 22 novembre
Décollage 23 h 20 sur Air France. Vol de nuit long, très long : treize heures ponctuées de turbulences plus ou moins fortes, plutôt plus que moins, d'ailleurs.
Mardi 23
Arrivée à Buenos Aires à 8 h 50, Herge est là, ce qui est bien agréable. Nous voyons défiler la campagne, verte, si verte après Paris, les arbres sont en fleurs et il fait 25°. Trois quarts d'heure plus tard nous entrons dans son appartement, sur Ayacucho, au croisement de Corrientes. Quatrième étage, baies vitrées, long balcon, salon, chambre et lit excellent, cuisine, salle de bains, c'est parfait. Au-dessous, le bruit est constant mais dans la chambre, sur la cour, nous n'entendons rien. Une douche, et une heure plus tard nous voici dehors, à crapahuter sur Corrientes jusqu'à l'obélisque et au-delà, pour prendre le pouls de la ville... qui bat très vite. La pollution est extrême, nous pique les yeux et nous prend à la gorge. A côté, l'air de Paris semble bien pur. Le soir, dans une pizzeria sur Corrientes, tout près, nous mangeons une tortilla et des lasagnes obtenues après une heure d'attente alors qu'il y a très peu de monde, puis nous rentrons nous coucher. Je n'ai pris aucune photo car Herge m'a déconseillé de me balader avec le Canon, trop voyant.
Mercredi 24
La journée a mal commencé: plus de batterie pour le netbook et les prises de l'appartement ne voulaient pas de la nôtre pour le recharger. Ensuite nous nous apercevons que le taxi commandé par le gardien de l'immeuble (via Herge qui est parti pour une semaine en Uruguay) pour vendredi matin est pour l'aéroport international (Ezeiza), à 35 km et non pour l'aéroport national (AEP), dans BsAs. Nous prévenons donc le gardien, il décommande le taxi pour EZE et le recommande pour AEP. Je passe un mail à Herge en lui disant qu'il s'est trompé et là il nous répond, heureusement rapidement, "AEP est fermé du 23 novembre au 1er décembre". Panique à bord, nous retournons voir le gardien qui redécommande et rerecommande... On le trouve vraiment très relax, il dit que une heure quarante avant c'est largement suffisant et n'en démord pas: quarante minutes de trajet + une heure avant le décollage. Oui, mais s'il y a un problème sur l'autoroute?
Peu après, je m'aperçois que le Canon est HS!!! Impossible de prendre des photos, erreur 99. Je farfouille comme à mon habitude sur Internet pour me dépanner et je finis par trouver. Je teste le boîtier, ce n'est pas lui, puis l'objectif (le 17-85mm) et c'est là que se trouve le problème. Je nettoie les contacts, rien à faire. Puis j'ai une idée; je fais un essai avec le Sigma 10-22 et ça fonctionne! Ensuite je fais un nouvel essai avec le 17-85 à 17 mm, rien, à 24, rien, à 35 et là, bingo, c'est bon! Bruit, bruit, bruit, circulation intense, foule, chaleur humide... On a été à la plaza de Mayo (ici, prononcé Majo) et ce ne sont pas les mères des disparus que nous avons trouvées mais des vétérans des Malouines! Quelques musiciens aux dreads jusqu'à la taille jouent du reggae, nous restons un moment à écouter le chanteur, vraiment très beau...
En repartant par l'avenida de Mayo, un arrêt pour goûter les glaces de Buenos Aires (au pomelo, moyennes, ce ne sont pas celles de Berthillon...), puis un autre au Café Tortoni, qui vaut vraiment le coup d'œil. Borges est partout, en photo, en mannequin grandeur nature... Beaux vitraux au plafond, hautes colonnes marron foncé, lithographies et photos alignées sur les murs, plus une flopée de serveurs. J'ai bu un très bon chocolat au goût fumé et mangé trois churros plus que moyens. Toujours pas de photos mais demain je prendrai quand même l'appareil, ne serait-ce que pour photographier ces arbres à floraison mauve magnifique qui tranche sur le noir de leur tronc: des jacarandas, ou flamboyants bleus.
Jeudi 25
J'ai été boulottée par un moustique invisible, durant la nuit, mais haut de gamme... J'ai l'avant-bras droit tout enflé...
Normalement, aujourd'hui on devait aller à Colonia, en Uruguay. Mais le prix de la traversée aller-retour du Rio de la Plata (170 euros), ajouté au nombre d'heures passées sur l'eau (plus de six heures) pour le peu de temps sur place (quatre heures), nous a découragés. Une autre fois, peut-être.
En face de l'appartement il y a un magasin de fruits et légumes. Entre les dragueurs (les Argentins ont l'air très dragueurs) et les pas aimables, on est servis... On est (je suis) accueillis par des clins d'œil appuyés ou par une mine de dix pieds de long. Les fruits eux non plus ne sont pas avenants mais hier on a quand même acheté quelques mandarines sucrées et bourrées de pépins. Ce matin, j'ai observé depuis le balcon des vendeurs entasser des dizaines et des dizaines de cagettes, la moitié vides et l'autre pleines de tomates, oignons, salades, et de tas d'autre légumes ou fruits. Et depuis une vingtaine de minutes, j'entendais un bruit incessant sous les fenêtres, je regarde et je vois que ce sont les éboueurs qui jettent dans le broyeur le contenu de toutes les cagettes. Quel gâchis! Il n'y a aucune récupération (et apparemment non plus aucun tri de poubelles dans les immeubles). Je n'ai vu personne venir récupérer ce qui était bon à manger... J'ai mis le Canon dans mon petit sac et nous sommes partis comme des voleurs faire des photos des flamboyants devant le Museo del Patrimonio de aguas argentinas, sur l'avenida Cordoba. Au retour nous avons croisé Gorge, le gardien de l'immeuble, qui nous a présentés au chauffeur de taxi qui nous amènera demain matin à l'aéroport. Un petit pépé bien sympa qui a “toute sa confiance”. C'est une sécurité parce que apparemment, chez les chauffeurs de taxi, on trouve de tout. Herge, sur son site, fait le rappel des réjouissances:
www.petitherge.com/...n-taxi-38132291.html
Par la même occasion, on lui a dit qu'on comptait aller au parque Lezama, au sud de Telmo et il a proposé de nous appeler un radio-taxi “Premium” (écrit sur la porte arrière), totalement sûrs d'après lui. Je lui ai demandé ce qu'il pensait d'emporter le Canon et il n'a pas hésité une seconde, il a ri et s'est écrié: No! No! NOOO!!! Vingt minutes plus tard on était arrivés, pour environ 6 euros. Le parc est petit mais avec de nombreuses essences d'arbres inconnues de moi, étranges et belles, l'une avec des racines comme celles des fromagers, une autre à pied d'éléphant géant, certaines, de drôles de conifères mi-séquoias mi-araucarias, le tout plutôt du genre pleureur, bourrées de perruches vertes (conures de Patagonie) en train de faire leur nid. De ses hauteurs on a une vue sur l'église orthodoxe russe et ses dômes bleu et or... qui sentent son Las Vegas. Puis nous avons déambulé dans les petites rues de San Telmo, ancien quartier des marins, ainsi nommé à cause du dominicain Pedro González Telmo, bordées d'anciennes demeures coloniales qui ont vécu leurs plus belles heures il y a bien longtemps. En 1871, les riches familles qui les habitaient les ont laissées derrière elles avec l'épidémie de fièvre jaune. Décrépitude, oui, mais avec un reste d'élégance. Aujourd'hui tous les établissements de tango se concentrent dans son périmètre. Un détail renseigne sur la sécurité du quartier qui n'est pas loin de la Boca, ce sont les épaisses barres de fer et grilles en tout genre qui protègent absolument toutes les ouvertures au moins jusqu'au premier étage!
Dans la rue en pente, trois antiques bus de la ligne 213 se suivent... N'étant apparemment même plus bons pour la casse, ils ont rempilé! Un tour à la Galeria de la Defensa, qui date des années 1880 et était la résidence de la famille Ezeiza, désormais remplie de vieilles choses à vendre, vêtements, gants, vaisselle, bric-à-brac..., un autre au Mercado San Telmo pour trouver un maillot de foot argentin à Loïc (bredouilles) et nous empruntons, à pied et toujours au pas de charge, le chemin du retour. L'envie nous prend soudain de faire un stop avant de mourir asphyxiés, aussi nous entrons manger une bricole dans un café-resto. Le serveur qui s'occupe de nous, la soixantaine très militaire, est absolument odieux! Bonjour l'hospitalité et la gentillesse argentines! Pour l'instant nous ne l'avons rencontrée que chez le portier du Café Tortoni et chez le gardien de l'immeuble d'Herge. Au moment de partir, je me lève et je sens un doigt qui s'enfonce dans mes côtes, c'est lui qui me pousse pour se précipiter devant nous et nous ouvrir la porte. Je n'en reviens pas et le gratifie d'un “Gracias!” étonné mais poli. Oui, sauf qu'Alain, qui me suivait et a tout vu, me fait remarquer que ces ronds-de-jambe étaient destinés au gros personnage suant et soufflant qui sortait derrière nous et que le serveur avait même l'air mécontent que nous soyons sortis les premiers. Mince, alors!! Et dire que je l'ai remercié!!
16 heures. Ouf, nous voilà “chez nous”, un nombre certain de kilomètres dans les jambes et quelques kilos d'oxyde de carbone en plus dans les poumons! Une bonne douche, quatre thés et des orangettes de la Maison du chocolat (achetées à prix d'or à Roissy, mais je ne résiste jamais devant mon chocolatier préféré) plus tard, je me sens mieux. Alain, lui, est reparti faire les librairies qu'il n'a pas encore visitées.
Vendredi 26
A 7 heures moins dix, tandis qu'on attendait l'ascenseur, le gardien nous appela sur l'interphone pour nous dire que le taxi était déjà là. Quelle ne fut pas notre surprise de voir que le petit pépé sympa de la veille n'était pas du tout un chauffeur de taxi mais un particulier avec une voiture qui avait apparemment son âge... Le pare-brise portait huit estafilades, autrement dit il s'était pris un sacré gnon et était près de rendre l'âme. A l'arrière, les ceintures de sécurité devaient être là pour la décoration car elles ne fonctionnaient pas.... Bon, il n'était plus temps de dire quoi que ce soit et nous avions toute confiance dans le gardien d'Herge. En avant, donc, pour Ezeiza. Le pépé faisait des écarts à droite, à gauche, mais dans l'ensemble ça se passait bien jusqu'au moment où il entreprit de tirer un billet pour le péage d'une pochette posée à côté de lui. Il lâcha alors le volant et se battit d'abord avec la fermeture Eclair qui ne voulait pas s'ouvrir, puis avec le billet qui, lui, ne voulait pas sortir. Pendant ce temps je pensais qu'il ne devait pas avoir d'assurance, sinon il aurait fait réparer son pare-brise. Une fois le péage passé, rebelote, volant lâché pour rouvrir la pochette et y glisser la monnaie... Bref, j'avais hâte d'arriver. Je me disais qu'au moins on paierait moins cher qu'un taxi appartenant à une compagnie. Eh bien non, c'était encore plus cher, 150 pesos au lieu de 130.
Après avoir patienté dans une queue de un kilomètre de long, nous avons finalement embarqué pour Ushuaia via El Calafate sur un A 320, durée du vol : près de trois heures. Je n'ai pas dérogé à la règle et ai vu ma dernière heure arriver au moment du décollage, mains moites et respiration bloquée. Je ne sais pourquoi, le commandant de bord ne cessait de passer des messages – c'était apparemment un grand communicateur - et à chaque fois je me demandais ce qui allait arriver. Jusqu'à ce qu'il annonce qu'il y avait “un petit problème technique”. Là, je me suis décomposée... Le problème en question concernait la télévision mais il n'y avait pas de télévision. Vu que tout le monde était d'un calme olympien, ça m'a un peu rassurée. El Calafate, presque tout le monde descend mais peu après toutes les places sont à nouveau prises par les gens qui vont soit à Ushuaia, une minorité, soit sur BsAs.
Tierra del Fuego, Terre de Feu. Ainsi nommée à cause des feux que maintenaient allumés les Indiens Yaghans et Alakalufes, qui vivaient presque nus sur ces terres fouettées par le vent et la pluie. Nous prenons un taxi privé conduit par une femme (22 pesos) et nous voilà sur Gobernador Deloqui, au 271, à la Casa Familia de Zaprucki. Vraie petite maison en dur dans le jardin, à gauche cuisine salle à manger, au milieu salle de bains, à droite belle chambre, le tout nickel (60 euros). Nous sommes accueillis par une Mamie très aimable et qui a l'air d'adorer Paris. Peu après c'est sa fille ou sa belle-fille qui frappe à la porte. Elle nous apporte une bouteille de deux litres d'eau, un pain complet entier, un litre de lait, un paquet de fromage et un autre de jambon plus du beurre et un pot de dulce de leche. Ça fait très panier du Petit Chaperon rouge. Le tout pour le petit déjeuner. En fait on goûtera avec, et on en mangera aussi le soir...
Ushuaia, dans un autre genre, rappelle San Francisco : on monte ou on descend en permanence. Les photos que nous avions vues de la ville, qui compte quand même 60 000 habitants, étaient trompeuses, car elles ne donnent qu'un minuscule aperçu. C'est le centre-ville qui est constamment photographié, mais les constructions s'étendent loin de part et d'autre. Dès l'arrivée on a eu droit à une tempête de neige, au soleil, à la pluie, au grésil. Ici, au moins, c'est varié et à vitesse grand V. On a passé trois heures à arpenter San Martin et les rues adjacentes. Les numéros n'ont aucune logique; on passe de 238 à 270 par exemple. Ce qui fait que pour repérer l'agence de location de voitures, on a le plus grand mal à trouver le 245... Bon, on verra demain. Pour l'instant on est crevés, il fait grand jour (à 21 heures). Mais on va ressortir sur le canal de Beagle, dans le froid glacial. Quelle transition avec Buenos Aires!! Un ferry de croisière est à l'ancre, tous feux allumés, au milieu de la baie aux couleurs de mercure...
Samedi 27
Nuit glaciale, j'ai à peine fermé l'oeil... Ce matin après quelques allers-retours sur San Martin, à cause de ces sauts de numéros, nous allons chez Hertz récupérer la Chevrolet Sedan. Le coffre est grand et nous pouvons charger tous les bagages dedans.
Peu après être partis, sur la route n° 3 qui est donc bitumée, nous avons reçu une caillasse en plein pare-brise, ça commençait bien, suivi illico presto au croisement d'un camion, d'un appel d'air monumental qui a projeté avec une violence incroyable sur le haut du pare-brise un énorme truc noir. On a cru notre dernière heure arrivée, et tout ça en une fraction de seconde. C'était l'avant du capot qui avait été éjecté sous le choc. Un morceau de plastique/caoutchouc, pour faire joli sous le logo Chevrolet. Enfin on suppose vu qu'il ne reste que les rivets...
A San Sebastian, trois maisons et la douane argentine, nous passons un certain temps car nous arrivons en même temps qu'un car de passagers. Puis quelques kilomètres plus loin, rebelote, cette fois avec la douane chilienne. A chaque fois, nous avons droit au match de foot diffusé sur un écran de télévision au cas où policiers et douaniers s'ennuieraient...
145 kilomètres nous séparent maintenant de Porvenir, capitale de la Terre de Feu chilienne, 6000 habitants, par une piste de caillasse. La pampa fuégienne est gris-bronze sous le ciel chargé, éclairée çà et là par quelques touffes de fleurs jaune pâle et poussiéreuses. Nous espérons que nos enquiquinements vont s'arrêter là et que nous n'allons pas crever. Heureusement, il ne pleut pas et le vent a un peu faibli.
Tout à coup, on aperçoit au loin, devant nous, une silhouette. En arrivant sur elle, on voit que c'est un énorme malabar, avec une carrure de rugbyman, le bonnet enfoncé jusqu'aux yeux et la mine plutôt patibulaire, qui nous fait de grands gestes. A peine une seconde d'hésitation et nous passons sans nous arrêter, malgré un sentiment de culpabilité... Je dois dire que ni l'un ni l'autre n'avons voulu prendre de risque. On ne comprenait pas ce qu'il faisait là, à 65 kilomètres de Porvenir, alors qu' il n'y avait aucune voiture arrêtée nulle part. Et les 4X4 chiliens que nous avions croisés peu avant ne s'étaient donc pas arrêtés non plus. Moi j'ai repensé au couple de Français assassinés en Bolivie...
Une maison de tôles sur la gauche, un étang et, dessus, une centaine de flamants très très roses. Etrange, en un tel endroit... Depuis un moment ça sent fortement le brûlé et on se demande si ce n'est pas la voiture, de même que depuis longtemps on aperçoit la pluie qui tombe au loin, en avant de la piste et on ne la rattrape jamais. En fait, les deux sont liés puisqu'il s'agit d'un incendie apparemment important, dégageant une épaisse fumée qu'on prenait pour un nuage de pluie.. Bien sûr, le problème se pose de savoir s'il coupe la piste ou si on va y échapper... Le soleil fait maintenant quelques apparitions et colore l'herbe grise en vert acidulé. Je regrette d'autant plus que l'objectif soit esquinté car le 10-20 ne me sert pas à grand-chose ici. Nous longeons l'immense Bahia Inutil et ses eaux gris sombre, crêtées d'écume blanche. Le long de la côte de galets, les cabanons de tôle rouillée se font plus présents... Porvenir et ses maisons de toutes les couleurs, vertes et rose, jaunes, orange, bleues et mauves, aux toits de tôle rouillés pour la plupart. Beaucoup sont en fin de règne... Nous allons directement à l'hôtel Rosas (bien, 26 000 pesos la chambre double) et le temps de nous installer, le soleil a disparu, laissant place à une température glaciale. Bien au chaud dans la chambre, nous n'avons plus envie de ressortir et attendons en lisant et en écrivant le repas du soir, qui sera hors de prix et franchement pas bon.
Dimanche 28
Bonne nuit sous les épaisses couvertures. Dire qu'on est presque en été... A 16 heures on prend le bateau, j'espère du moins qu'on aura une place pour Punta Arenas car on n'a pas réservé (deux heures et demie de traversée). Mais en attendant, que faire? Nous projetions d'aller sur les pistes environnantes mais le risque de crevaison juste avant de prendre le ferry nous fait reculer. Un Coréen du Sud, “businessman” de centollas ou King Crabe comme il se décrit lui-même, habitué des lieux, négocie avec Alberto, l'hôtelier, de pouvoir rester dans la salle de restaurant et nous dit de faire de même, ce qui nous arrange bien.
Il est maintenant plus d'une heure et demie et nous allons “visiter” Porvenir en attendant l'ouverture de la compagnie maritime. Nos pas nous mènent droit au cimetière... Porvenir est une ville, curieusement dans cette partie du monde, à fort pourcentage croate. Ils se sont installés dans les années 1880, lorsqu'on a découvert de l'or dans la région. Sont venus ensuite des habitants de l'île de Chiloe et, même s'ils n'ont pas fait fortune, ils ont trouvé du travail dans les estancias. Aujourd'hui, la plupart des habitants sont des descendants de ces pionniers. Cette colonisation a malheureusement en peu de temps anéanti les premiers habitants des lieux, chasseurs cueilleurs ou pêcheurs. Le cimetière est extraordinaire, toutes les formes d'architecture sont représentées. Il y a même de curieuses petites cases vitrées entassées les unes sur les autres, avec photos, fleurs, etc., prolongées par les tombes.
16 heures, nous sommes à l'embarcadère. Pas de problème pour prendre les billets. A 17 heures, nous partons pour deux heures vingt de traversée du mythique détroit de Magellan. Le ferry se remplit très vite, essentiellement de jeunes qui rentrent à Punta Arenas pour le lycée. Un Chilien vient s'asseoir à côté de nous, très sympa. C'est un réfugié politique qui a fait ses études en France puis qui s'est installé en Suède. Thérapeute familial.
19 h 20. Le ferry est à l'heure. Nous sortons dans les premiers et trouvons assez rapidement l'hôtel Joshiken que nous avions repéré sur Internet mais où nous n'avions pas réservé car il fallait payer à l'avance. Jolie maison tout en bois clair, très propre, belles chambre ensoleillée (du moins par moments...) et salle de bains. Et en plus très bien placée, près de la plaza de Armas. Punta Arenas est une ville étendue, aux maisons colorées, avec beaucoup d'arbres torturés par le vent, magnifiques, et très plaisante malgré ce que nous avions lu. Le propriétaire nous indique plusieurs restaurants “tous très bons”, où l'on sert du poisson frais. Nous allons à “Jekus” et nous nous régalons d'une cuisine très fine et d'une excellente bouteille de vin rouge chilien, dans un cadre superbe, tout en bois. Avec de nombreuses références de toute sorte aux Indiens disparus...
Lundi 29
Ce matin, grand soleil. Ici, en cette saison, les nuits sont courtes, le soleil se couchant vers 22 heures et se levant vers 5 heures. C'est d'ailleurs lui qui nous a réveillés. Après un bon petit déjeuner qui fera aussi repas de midi, nous partons nous balader du côté de la plaza de Armas. Dans le parc qui en occupe le centre, un bel office du tourisme et de nombreuses roulottes, qui sont des stands où l'on vend beaucoup de vêtements de laine et d'alpaga, très colorés. Tandis que l'on se balade tranquillement, et que cinq minutes plus tôt il faisait chaud, une averse de neige se met à tomber. Et ce sera comme ça tout au long de la journée, une alternance de ciel bleu, de neige, voire de ciel tout bleu et de gouttes d'eau dont on se demande à chaque fois d'où elles viennent et si ce ne sont pas des “pipis d'oiseaux” ;-). Nous devions normalement aller à l'Isla Magdalena voir la colonie de manchots, mais le passage sur le ferry du détroit de Magellan a sérieusement refroidi Alain qui a généralement le mal de mer. Il faut dire que, par moments, on aurait pu croire que le ferry allait se briser en deux lorsqu'il prenait les vagues par le travers. Et la conversation avec le Chilien avait bien arrangé les choses, pour détourner son attention des bonds que faisait le bateau. Donc nous décidons d'aller au Seno Otway voir une autre petite colonie, à une heure de route dont une quarantaine de kilomètres de piste. A douze kilomètres de l'arrivée, nous devons payer d'abord 3000 pesos, une espèce de droit de passage, puis 10 000 pesos pour l'entrée de la pingüinera (ce qui fait au toatl une vingtaine d'euros). Il pleut par intermittence. Nous prenons le sentier de bois de 1500 mètres de long à la recherche des manchots (les pingouins, eux, sont en Arctique). Je n'arrête pas de pester après l'objectif 17-85 mm qui a définitivement rendu l'âme, je ne peux même pas m'en servir en automatique et suis cantonnée au grand angulaire. Tout ce qu'il faut, en effet, pour photographier des manchots seulement visibles des miradors, ou presque. Lorsque je mets l'œil au viseur, on dirait des crottes de mouche. Nous en voyons quelques-uns se dandiner à la queue leu leu, vraiment trop mignons, ce qui me fait pester encore une fois. Le pire, c'est que j'ai emporté les jumelles de Paris spécialement pour eux et que nous les avons oubliées à Punta Arenas!! Nous mettons cela sur le compte de l'extrême fatigue dans laquelle nous étions avant de partir. Et le voyage n'a rien arrangé... Finalement, nous trouvons que c'est bien cher payé pour un si long chemin et seulement quelques manchots de-ci de-là, faisant une bronzette sur la plage ou jouant à cache-cache avec nous.
Retour à Punta Arenas. La plaza de Armas, cet après-midi, a complètement changé d'atmosphère. On dirait le parc Montsouris (à Paris) après la sortie de l'école. Punta Arenas est une ville très jeune, bourrée de lycéens et d'étudiants.
Ce soir, nous retournons manger chez Jekus, pour fêter mon anniversaire le 1er décembre (à ce moment-là nous serons en refuge à Torres del Paine). Je n'ai jamais mangé d'agneau aussi bon... En sortant, il fait un froid glacial malgré toutes nos couches de Damart, laine et polaires, pas loin de celui de Sept-Iles (dans le nord du Québec) au mois de février...
Mardi 30
En partant pour Puerto Natales, nous retournons au bureau de change. L'argent file ici à vitesse grand V.
Nous quittons la province de l'Ultima Esperanza pour entrer dans celle des Magallanes.
La route est déserte, le ciel gris, le vent omniprésent. Nous dépassons soudain un Cristo del Camino à l'abri d'un bosquet, insolite dans ces espaces désolés. Le grand angle lui fait faire un bond en arrière, et le fait de le rapprocher sous Photoshop lui confère un flou... très peu artistique... Régulièrement, sur le bord de la route ou des pistes, on retrouve de ces petits hôtels mortuaires, avec photos, fleurs et souvenirs, et drapeau rouge claquant au vent, dont nous ignorons la signification. Mais en arrivant dans l'après-midi à Puerto Natales, au bord du Pacifique, après 250 km de steppe aride et hyper ventée (quel sport de conduire comme ça, accrochée au volant!!), la surprise est de taille! Là ce sont des centaines de bouteilles en plastique – remplies en partie d'eau à cause du vent – qui veillent les morts... La petite ville (ou le gros village, au choix) est très différente, toutes proportions gardées, de Punta Arenas. Les maisons sont basses et d'aspect plutôt délabré, toujours très colorées. Nous remarquons que les Chiliens, du moins dans le Sud, ne se préoccupent pas de l'aspect extérieur de leurs habitations. Tôles disjointes, peinture écaillée, le tout a souvent un aspect branlant et peu engageant, alors que l'intérieur est particulièrement pimpant et soigné. Les gens sont en général de petite taille, si l'on excepte certains Croates de Porvenir. Au Pléistocène (- 2000 000 d'années à - 10 000 ans), un animal fantastique arpentait ces terres du bout du monde, une espèce de grizzly herbivore à queue de kangourou, deux fois plus haut qu'un homme, appelé Milodon ou, plus simplement, Glossotherium robustus. La Cueva del Milodón en abrite un spécimen, mais en carton-pâte, c'est la raison pour laquelle nous n'avons pas fait le détour lorsque nous avons quitté Puerto Natales pour rejoindre le parc Torres del Paine. Le milodón qui trône en bord de mer, à Puerto Natales... L'hôtel Chorrillos est basique mais très agréable, très bien tenu et la propriétaire est extrêmement aimable. Nous discutons avec un Fran��ais installé à l'ordinateur de l'accueil, barbe et cheveux blancs, parti avec sa compagne le 10 juillet en vélo du Pérou (c'est exactement le genre de voyage qui ne m'attire pas, pédaler comme un forcené en se battant constamment contre un vent déchaîné, mais je suis très admirative). Ils s'y sont fait attaquer et voler une première fois, puis une seconde fois on leur a dérobé appareil photo, caméra et argent. Ils avaient été repérés sur le marché, puis suivis en dehors de la ville en... taxi!! L'un des quatre agresseurs (quel courage!! à quatre contre deux!) a cassé une bouteille, jeté sa compagne à terre et lui a mis le tesson sur la gorge... Courses au supermarché – Unimarc, comme à Punta Arenas – où l'on finit par trouver un camping-gaz et les cartouches qui vont avec, puis retour à l'hôtel afin de préparer les sacs à dos pour les quatre jours à venir. La chambre est dans un état! On croirait qu'on part en expédition en autonomie pour six mois ;-)): nourriture d'un côté, vêtements de rechange, appareil photo, jumelles, GPS de l'autre. Le 17-85 mm est définitivement HS, ce qui fait que je n'ai plus que le grand angulaire. Plutôt catastrophique pour un voyage pareil... Adieu tous les gros plans, comme celui de notre premier nandou croisé aujourd'hui, ou de cet adorable renard argenté aux grands yeux noirs en amande qui s'est couché dans l'herbe quand il a vu qu'on s’arrêtait pour le regarder. Il est resté là, à nous surveiller du coin de l'œil, jusqu'à ce que la voiture redémarre. Puis il est reparti de son côté et nous du nôtre. Je l'ai quand même casé dans un petit coin de la carte-mémoire. Le voici, démesurément grossi sous Photoshop, disons... dans un flou gaussien... Dehors, une multitude de chiens se font la conversation d'une rue à l'autre.
Mercredi 1er décembre
Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. La nuit a été courte mais je me suis endormie tout de suite, bercée par le plus doux bruit qui soit, celui de la pluie qui tambourinait sur le toit de tôle de l'hostal... Le problème, c'est que ce matin il tombe une pluie torrentielle, fouettée par un vent qui doit avoisiner les 120 km/h. Autrement dit des conditions idéales pour entamer une randonnée de huit heures. Excellent petit déjeuner avec du cake maison et des yaourts aux fruits, entre autres. Cet hostal est une excellente adresse, pas chère (20 000 pesos), et la propriétaire est très aimable. Nous discutons avec un jeune couple de Français qui nous annonce que la piste la plus longue, celle de Laguna Amarga, c'est-à-dire l'entrée Nord, est désormais bitumée. Plutôt que de prendre la nouvelle piste plus courte de moitié qui mène à l'entrée Sud, nous choisissons la facilité, puisque du ripio, nous en aurons à revendre dans les semaines à venir. Nous partons donc, seuls sur la route. Mais à Cerro Castillo, surprise, la route devient piste, et mauvaise piste puisqu'il s'agit d'une (très mauvaise) déviation. Quelques kilomètres plus loin, passé un gaucho plus vrai que nature sur son cheval, béret vissé sur la tête qui le protège mal de la neige qui tombe en abondance, et poussant son petit troupeau de vaches, nous retombons sur la route mais pour peu de temps. Les derniers 90 kilomètres seront de nouveau de la piste. Nous voyons encore une fois des guanacos, et encore une fois je peste de n'avoir que le grand angulaire. Une fois à l'entrée du parc, nous allons payer dans une minuscule cabane où les taches sont très compartimentées: trois personnes, dont une qui prend les passeports, une deuxième dans une cahute en verre qui nous déleste de 30 000 pesos de droits d'entrée, et enfin une troisième qui vérifie les billets d'entrée et nous donne le plan du parc. Les refuges des Torres se trouvent au bout d'une mauvaise piste de sept kilomètres, coupée en son milieu par un pont-surprise. Il ne peut supporter plus de 1500 kilos. Avec la Chevrolet Corsa pas de problème, mais les véhicules genre Renault Espace sont vraiment limites...
Arrivés au refuge des Torres, nouvelle surprise: nous ne sommes pas au Central mais au Norte, autrement pas dit pas au nouveau, paraît-il très bien, mais à l'ancien de mauvaise réputation. Il fait vraiment à l'abandon. Les chambres ne sont pas chauffées, sans lumière, il n'y a des lampes à gaz (dont une seule à chaque extrémité du couloir) que jusqu'à 23 heures, le lino du sol se décolle, les « banos » sentent horriblement mauvais, un mélange de désinfectant et d'urinoirs publiques. Sinon, la chambre est petite mais banale. En fait, nous n'adorons pas les dortoirs...
Nous montons aux Torres avec un temps complètement bouché, et en en plus il fait un froid sibérien, pas loin du Québec en hiver. Nous sommes pourtant extrêmement couverts, mais la neige qui passe à l'horizontal fou ettée par un vent violent nous glace le visage. Nous traversons d'abord des terres complètement désertes, couvertes d'une petite herbe rase, puis des massifs entiers d'arbustes à floraison rouge vif, des notros (Embothrium coccineum), comme ceux que nous avions vus à Venice, à Los Angeles. Passé le refuge Chileno, à mi-chemin, nous entrons dans un bois et le chemin devient complètement boueux. Le temps est toujours totalement bouché, les Torres enfouies dans une épaisse couche de nuages et de neige et nous ne pouvons espérer les apercevoir. Nous décidons alors de faire demi-tour. Au détour du sentier, un magnifique renard, un zorro colorado aux allures de coyote, croise notre route. Il hésite. Je crois qu'il va nous emboîter le pas mais, dommage, il change d'avis puis disparaît sous les arbres. Sept heures et demie après le début de la randonnée, nous voici à nouveau au refuge. Rien ne s'arrange: impossible de se faire à manger, d'une part parce qu'à Puerto Natales nous avons acheté un camping gaz et les cartouches vendues avec (camping gaz également), malheureusement une fois ici on se rend compte qu'elles ne sont pas adaptées; d'autre part parce qu'il n'y a même pas une cuisine pour se faire chauffer de l'eau. Nous « pouvons manger au restaurant » (à 20 euros par personne en plus des 96 euros par nuit pour nos deux lits superposés...), ou nous faire de la cuisine dehors (où? en plein vent et par terre puisqu'il n'y a ni table ni bancs?) et « rentrer la manger à l'intérieur « (merci de tant de générosité!). Nous sommes furieux, d'autant qu'à l'intérieur, justement, il n'y a que trois malheureuses tables et même pas suffisamment de chaises pour aller avec. Ca promet pour les deux nuits suivantes. Nous partons nous coucher avant que toute la chambrée ne fasse de même. Ah, zut, toute la chambrée est déjà au lit...
Jeudi 2
Nous avons eu froid toute la nuit, car en plus du fait que ça ne soit pas chauffé, la fenêtre était restée légèrement ouverte. Nous n'y avions pas touché, pensant que c'était une des personnes présentes qui l'avait fait pour éviter de la condensation. Sauf que nos deux lits étaient collés sur l'air glacial, et ce n'est pas la petite couverture qui nous a protégés. En plus du reste, le double rideau avait perdu trois de ses anneaux, que personne n'avait jugé utile de remplacer. Heureusement, Géo Trouvetout (autrement dit moi, comme je suis assez souvent surnommée) a trouvé une solution en coinçant le bout du rideau de gauche dans le premier anneau du rideau de droite. A peine réveillés, nous n'avons qu'une hâte : fuir ce refuge qui est un vrai scandale étant donné son prix. Nous remballons nos affaires et filons à la voiture. Une gorgée d'eau froide, une bouchée de cake “con frutas”, et nous voilà partis pour l'embarcadère, d'où le catamaran nous amènera à Paine Grande. En chemin, des guanacos peu craintifs broutent au bord de la piste.
9 h 30. Premier départ du bateau (il y en a un autre à 10 heures, puis à midi pour ce qui est du matin). Les billets s'achètent à bord, 38 000 pesos pour deux allers-retours (en fait c'est 36 000, on s'est fait rouler de 2000 pesos..., ce qu'on aurait jamais imaginé sur une navette, dans un parc national), soit environ une soixantaine d'euros. Café, thé ou chocolat et petits gâteaux sont offerts. Le lac est venté, ça remue pas mal et les eaux sont vert sombre. Impossible d'aller à l'arrière à cause du froid glacial et des paquets d'eau projetés sur le pont. De l'intérieur, impossible aussi de faire des photos à travers les vitres complètement trempées. Une demi-heure plus tard, tout le monde descend. Au premier abord, le gite de Paine Grande est pimpant, seul au bord du lac, dominé par les montagnes (du moins on le suppose car elles sont perdues dans les brumes). Au deuxième abord, il l'est encore plus. Des tons orangés aux murs auxquels sont accrochés masques, dessins et photos concernant les Indiens disparus; plusieurs petits salons ici ou là, avec un gros poêle à bois qui ronronne et d'épais canapés ou fauteuils en cuir. Ca monte et ça descend, ça tourne et ça retourne et c'est très chaleureux. Pour l'instant, par contre, nos lits ne sont pas prêts. Nous laissons une partie de nos affaires dans une eptite pièce en face du Mini Market, dont seuls les deux vendeurs ont la clef, et nous voilà partis à 11 heures pour le glacier Grey sous un temps à ne pas mettre un chien dehors (drôle d'expression, d'ailleurs... pourquoi mettrait-on un chien dehors?). Le sentier suit une étroite vallée dans laquelle le vent s'engouffre avec rage! Il faisait 2°, mais maintenant, avec le facteur vent, je n'ose imaginer la température ressentie... La pluie est de la partie, les nuages cherchent à toucher terre et nous n'arrivons même pas à avancer. J'ai l'impression que quelqu'un me pousse constamment avec force vers l'arrière. Nous faisons des embardées à droite, à gauche, à droite, à gauche et progressons avec peine. Il faut vraiment vouloir voir ce glacier! D'ailleurs nous ne croisons absolument personne pendant plusieurs heures. La vallée n'en finit pas, alors que d'après la carte je croyais longer le lac tout du long. La notion de ce qui est difficile ou modéré n'est pas la même chez les rangers américains et les employés des parcs chiliens. Celui-ci est classé en modéré alors qu'on dirait qu'on suit le lit d'un cours d'eau. Il est encombré de roches et de pierres presque tout du long, entrecoupé de passages bourbeux, inondés, etc. Le dénivelé est faible mais il monte et descend constamment. Bref, progresser dans ces conditions est particulièrement pénible...
Nous n'arrivons pas à nous poser pour manger un morceau, la pluie et maintenant la neige ne cessent de tomber, tout est trempé ou boueux et il n'y a pas un endroit où s'asseoir. Nous finissons par nous arrêter sous un arbre aux grosses racines apparentes. J'attrape l'onglée en moins de deux, nous sommes trempés de transpiration qui gèle quasi instantanément... Quel plaisir! Comme le dit un non-anglophone qui passe près de nous: “Bad time to lunch!” Enfin, nos efforts sont récompensés et nous apercevons, là devant nous, le glacier, géant bleu figé sur toute la largeur du lac. Nous ne pouvons distinguer son épaisseur, dissimulée dans les nuages. De petits icebergs bleutés dérivent vers l'aval sur les eaux grises du lac qui aujourd'hui porte bien son nom (Lago Grey). Nous ne savons toujours pas si nous sommes entourés ou non de montagnes, comme hier tout est bouché, gris, glacial et mouillé... Nous continuons sur le chemin mais le temps décidément empire et nous faisons demi-tour. Partis à 11 heures nous rentrons à 17 heures. Notre chambre, baptisée “Puma”, est pour six personnes. En cherchant la salle de bains, je vois par les portes ouvertes que certaines chambres sont pour quatre et d'autres..., que vois-je?? pour deux ! Nous redescendons illico presto à l'accueil et demandons si l'on peut changer pour une chambre à deux lits... En deux minutes, c'est chose faite et nous déménageons de “Puma” pour “El Calafate”. C'est royal et ça change tout!! Dans la grande salle de restaurants aux tables en bois ciré nous prenons Alain un thé et moi un chocolat avec un grand cooky aux amandes et chocolat (le tout pour 3000 pesos, soit 6 euros). Par la fenêtre, nous apercevons de splendides oiseaux noir et feu. Nous sommes vraiment contents d'avoir une chambre pour nous tout seuls! La promiscuité ne nous plaît décidément pas, nous sommes trop indépendants pour ça (et mes années de colonies de vacances, trois fois par an de sept à dix-huit ans, m'ont vaccinée à vie). D'autant que personne ne se parle. On pensait pouvoir échanger deux trois mots avec nos voisins de lit mais non, ils font comme s'ils étaient seuls... La chambre donne sur la montagne derrière et on aperçoit un bout du lac Paine Grande. Il y a l'électricité et le chauffage, le rêve, en somme. Seul hic mais qui cette fois passe comme une lettre à la poste, le radiateur ne sera allumé qu'à 22 heures... En attendant, on renfile pulls et polaires pour pique-niquer, assis sur le lit... A 22 heures, on entend les premières dilatations du métal qui chauffe mais je m'aperçois assez vite que c'est uniquement une petite moitié du radiateur qui est allumée. Par ailleurs, le vent à l'assaut de la fenêtre fait un bruit de 777 et soulève le double rideau. Nous nous fourrons au lit, mais moi, qui ne suis pourtant pas frileuse, je suis frigorifiée! Il n'y a sur le lit qu'une petite couette fine, d'été je suppose, puisque nous n'en sommes qu'à même pas trois semaines. Vers 4 heures, n'ayant toujours pas fermé l'oeil, je cherche à tâtons dans le noir mon gros Damart et les deux polaires que j'étale sur le lit et m'endors illico. La nuit, toutes les lumières du couloir sont éteintes...
Vendredi 3
Je me rends compte ce matin, en examinant la fenêtre de plus près, qu'elle n'est pas hermétiquement fermée. C'est une histoire de un centimètre maximum, mais ça a suffi, étant donné le temps qu'il fait dehors, à réfrigérer complètement la chambre et moi avec. Pourtant je ne suis pas frileuse... Alain, qui dort sur le lit supérieur, l'a moins senti. Une fois fermée, le bruit passe du 777 à l'avion de tourisme et le double rideau s'est calmé... Le vent est toujours aussi violent ce matin, et il pleut... Nous ne pouvons prendre un thé dans la salle du petit déjeuner car elle est déjà fermée et nous nous contentons encore une fois d'un peu d'eau glacée et de quelques tranches de Budin, autrement dit de cake aux fruits. Ensuite, départ à 10 h 30 pour la Vallée française. Les bourrasques, chaque jour plus violentes que la veille, si c'est possible, nous jettent sur les bas-côtés chacun à notre tour. Heureusement, le sentier est plus facile aujourd'hui, puisque de terre, et plus joli également car il suit le lac Sarmiento, du moins au début. Ce lac, contrairement au lago Paine sur la berge duquel est construit le lodge, est gris sombre, ce qui signifie donc qu'il n'est pas glaciaire. Les bosquets de fleurs rouge sang sont omniprésents; on trouve aussi une multitude de petites orchidées blanches, et toujours les pois mauves et blancs. Les couleurs sont un peu les mêmes que dans l'Ouest américain au printemps, rouge et mauve: Indian paintbrush et lupin bleus. Nous croisons des oiseaux magnifiques, jaune vif et vert fluo, d'autres aux yeux de rubis et aux pattes jaune safran. Les animaux, ici, ne sont absolument pas craintifs, et nous pouvons les approcher de très près. Les oiseaux, par exemple, ne s'envolent qu'au dernier moment. Au-dessus de nous, les montagnes acérées comme des lances percent quelquefois la couche nuageuse, laissant apparaître un glacier suspendu, d'où s'écoule une eau claire et potable. Toutes les eaux de ce parc sont bonnes à boire. Je l'avais lu mais j'ai profité du passage d'un garde du parc pour me le faire confirmer. A propos de garde, d'ailleurs, le seul qu'on ait vu, alors qu'il faisait un froid de canard, pluie, vent, etc., se baladait en casquette (sans doute avec dessous un tube de glu pour la faire tenir) et en T-shirt... Mais les Indiens Alakalufs étaient bien nus en été (et ne pas oublier que nous en sommes proches) et ne portaient leurs peaux de guanacos qu'en hiver... Nous voulons arriver au campamento italiano pour pique-niquer, espérant qu'il y aura une cahute où au moins se mettre à l'abri. It's a long way pour y arriver, et je doute un peu que les distances soient fiables. Sept kilomètres et demie ce n'est pas grand-chose, or nous marchons d'un bon pas malgré le vent et toujours rien en vue. Nous passons dans un bois, puis dans un autre, et un autre encore, le sentier devient roches et caillasse, boue et racines, voire ruisseau... Les Torres sont toujours invisibles, je vois venir le moment où nous partirons et où nous ne les aurons même pas aperçues. De temps en temps, un rayon de soleil perce tous ces nuages et donne à ces sommets glacés une atmosphère fantastique. Nous nous rapprochons de la jonction avec la Vallée française, mais nous avons un peu plus tôt croisé deux Français, entre cinquante et soixante ans, du genre guide de haute montagne avec l'accent savoyard, qui nous ont dit que tout était bouché au-dessus, et qu'ils renonçaient “à monter là-haut aujourd'hui”. Soudain, nous entendons un grondement de chutes d'eau qui ont l'air gigantesques. Nous longeons le lit d'un torrent furieux et apercevons enfin un premier panneau: pont à 500 mètres (chiliens). Le temps est sombre, la pluie glaciale, le vent devrait être débaptisé, il est trop violent, trop constant, trop rageur... Voici le pont de bois, donc, puis un second, suspendu celui-là, qui ne permet de passer qu'à deux personnes à la fois. De l'autre côté, le campamento Italiano. Nous passons au-dessus du torrent rugissant, ça se balance pas mal, et prenons pied sur l'autre rive. Eh bien on peut dire que les campings chiliens n'ont rien à voir avec les campings des parcs américains! Quelques tentes sous des arbres hauts et déplumés, du genre peupliers, une terre sableuse et grisâtre, des racines absolument partout, et surtout pas les moindres cahute, table ou bancs, rien. Rien de prévu pour les campeurs installés dans ces solitudes glacées. Aucun emplacement pour faire du feu. Une cabane couverte de tôle et un panneau avertissant que c'est “privado”, entrée interdite, pour le garde que nous avons croisé, certainement. Nous faisons le tour, trouvons une cabane de trois murs de planches dans laquelle il fait carrément nuit et devinons deux silhouettes dans la pénombre. L'une se fait cuire quelque chose sur son réchaud, posé sur une planche; l'autre a l'air morose et dubitative, mais surtout transie. Une autre cabane misérable pour les w-c, et c'est tout. Nous nous asseyons sur un tronc de dix centimètres de diamètre posé sur deux petits piquets et trouvons vraiment lamentable une si piètre installation. Dans ces conditions nous ne déballons ni pain ni poulet rôti pour moi (celui acheté à Puerto Natales pour 3 000 pesos et qui est inusable) et avalons vite fait une banane et moi un délicieux cooky acheté hier en fin d'après-midi. Il faut bien sûr emporter ses poubelles... Redescente au pas de charge sur le lodge, où nous arrivons à 16 h 30 pour prendre un chocolat et un thé. Par les grandes baies vitrées, nous observons quelque chose d'étrange: comme un vent de sable à la surface du lac, de longues écharpes d'embruns qui s'effilochent et se reforment. Par endroits des mini-tornades s'élèvent tout droit vers le ciel, tandis que de grosses vagues s'écrasent sur la rive en face qui est pourtant éloignée.
Samedi 4
Le temps aujourd'hui, puisqu'on s'en va, est nettement plus beau, bien que les sommets soient toujours encapuchonnés. A 9 h 30, nous prenons le catamaran en compagnie d'un jeune Français très sympa, Loïc, avec qui nous avons échangé quelques mots en attendant. Lui est parti pour un tour du monde; arrivé en Equateur il y a trois mois, il prend l'avion après-demain à Punta Arenas pour la Nouvelle-Zélande. Comme il va aussi à Puerto Natales, nous lui proposons de l'y conduire. Et il se trouve qu'il va dans le même hostal que nous chercher ses affaires qu'il avait laissées le temps d'aller aux Torres del Paine. Dernière coïncidence, il connaît voyageforum et y a même un pseudo: karasamba. Nous prenons la nouvelle piste, celle de 85 kilomètres, qui démarre vraiment très bien, on la croirait bitumée. Mais, très vite, elle se transforme en un vrai poulailler! C'est une succession de nids-de-poules remplis d'eau boueuse qui éclaboussent la voiture. Vu deux huitriers-pie. Dans un des bureaux de change de Puerto Natales où nous changeons deux cents euros, la caissière, qui ne se prend pas pour rien, comme tous ceux à qui nous avons eu affaire jusqu'à présent dans ces endroits-là, commence à lorgner d'un oeil suspicieux le premier billet de cent euros, en direct de la Banque postale, essaie de voir à travers et le pose sur le coin de sa table avec un air à moitié dégoûté. Elle prend le second, l'examine, et repère une petite pliure plus prononcée d'environ un millimètre sur une des tranches au milieu du billet. Ca y est! Elle a ce qu'elle cherchait et nous le rend d'un air triomphant. Nous ne comprenons pas (ou faisons mine de ne pas comprendre). Je sors mes lunettes, fais comme elle, observe le billet et lui demande ce qu'il a de spécial. Je lui fais remarquer qu'en France un tel billet ne poserait pas de problème. D'un ton cassant elle nous réplique qu'ici, elle n'en veut pas!! Excédé, Alain lui demande de lui rendre le premier billet et nous ressortons furieux. Dans le deuxième bureau, tout se passe comme sur des roulettes... Le soir, dans une pizzeria (Mesita Grande), le serveur essaie de nous rouler avec une impudence incroyable! Il s'était carrément pris 100 % de pourboire! (Au Chili, le pourboire dans les restaurants est en principe de 10 %.) Nous voulions en fait dîner à Afrigonia, le meilleur restaurant de Puerto Natales, mais la salle, toute petite, était bondée et de toute façon il aurait fallu réserver.
Dimanche 5
Lit excellent mais l'isolation extérieure est déplorable (partout jusqu'à maintenant) et bien qu'à l'écart du centre, les voitures nous ont dérangés. L'adresse reste très bonne. Après le petit déjeuner composé cette fois-ci de jus d'orange, de quatre crêpes, de pains chauds, beurre et deux confitures, plus fromage, nous partons pour El Calafate en passant par le côté chilien, soit Cerro Castillo, sur la route des Torres del Paine. Ni la douane chilienne ni la douane argentine ne nous ont embêtés, et les Argentins ne nous ont même pas fouillés, ce qui fait que nous aurions pu garder tomates, beurre, œufs, poires, etc., au lieu de tout laisser à l'hostal Chorrillos. Nous prenons la piste d'une trentaine de kilomètres qui rejoint la route d'El Calafate. L'essence, ici en Argentine, est bien meilleur marché qu'au Chili (environ 0,60 euro contre plus de un euro) et nous regrettons d'avoir fait le plein à Puerto Natales. J'avais lu que plutôt que de faire le détour par La Esperanza, on pouvait couper par une piste très belle et très bonne. Nous n'hésitons donc pas une seconde sans avoir idée du kilométrage... C'est morne plaine... Pampa à droite, pampa à gauche, herbe rase et grise, horizon rectiligne. Mais la piste, assez bonne au commencement, se gâte vite et sérieusement. Ce n'est maintenant plus que de la caillasse, et il faut constamment faire attention où l'on met les roues, éviter les cailloux trop pointus et les zones trop dérapantes. Dans le ciel encombré de beaux nuages, le soleil brille et la température au thermomètre de la voiture grimpe jusqu'à 30°! Du jamais-vu depuis qu'on est arrivés en Patagonie. Le désert grisâtre s'étend à l'infini, de temps en temps on aperçoit le ruban de la piste comme un serpent qui filerait devant nous, dans l'infini de la pampa. Une heure passe, puis une deuxième... on n'en voit pas le bout... Les fortes pluies ont laissé par endroits sur des parcelles de sol probablement calcaires des mares plus ou moins étendues, immédiatement colonisées par tous les oiseaux de passage: flamants, cygnes à col noir, oies, canards, etc. En se rapprochant de la jonction avec la route 40, asphaltée sur cette portion, le sol se soulève en moutonnements de velours plus ou moins prononcés, dans des tons qui tirent maintenant sur le vert. Une quinzaine de kilomètres avant El Calafate, le paysage devient soudain magnifique, surplombant le lago Argentino, turquoise comme tous les lacs glaciaires sous les rayons du soleil. Le rio Santa Cruz serpente dans la vallée en une multitude de boucles serrées...
El Calafate. Albergue Lago Argentino. D'un côté de la route, le n° 1050 et l'albergue; de l'autre le 1061 et l'hostal. Nous avions réservé une petite maison dans le jardin. Il y en a deux rangées de trois, mitoyennes, de couleurs vives - carmin et beu – séparées par un gazon vert et dru. Tout est en fleurs, genêts, lupins, chèvrefeuille, arbustes de toute sorte, ça sent le printemps même si les chambres sont par là même un peu sombres. La nôtre est parfaite, la salle de bains aussi.
Le soir, nous allons manger des gnocchis de pommes de terre au safran et du gratin de potiron et maïs, arrosés d'une bonne bouteille de vin argentin dans un excellent restaurant, Pura Vida, avenida del Libertador, avec 10 % de réduction parce qu'on vient de l'albergue Lago Argentino. Le ciel est d'un bleu clair très pur, très lumineux, et la lumière transparente et rosée en cette fin de journée, comme on n'en a jamais vue ailleurs. Les Argentins, de même que les Chiliens, surchauffent leurs intérieurs et la chambre ne fait pas exception.
Lundi 6
Nous voulions être au Perito Moreno avant l'ouverture mais ça ne sera certainement pas possible. Aussi nous choisissons de prendre le petit déjeuner sur place et de partir ensuite. A 7 h 30 nous montons dans la voiture et en route pour les 70 km qui nous séparent du glacier géant. Nous doublons une flopée de cars de touristes vides, étrange..., et arrivons une demi-heure plus tard à l'entrée du parc. Les 40 pesos par personne annoncés par le Routard se sont transformés en 75 pesos... Il reste encore 28 km avant d'arriver. La route, relativement étroite et sinueuse, longe le lago Argentino, couleur menthe à l'eau, traverse des bois de résineux accrochés au pied des montagnes pelées. Le vent est toujours extrêmement violent et le sol jonché de petites branches entre lesquelles je dois zigzaguer en permanence. Jusqu'à 10 heures du matin il est possible de se garer au sommet (nous ne l'apprendrons que plus tard car rien ne l'indique), mais nous ne pourrons y retourner ensuite et il faudra rester sur l'immense parking un peu plus bas. Il y a toute une série de passerelles, à cette heure-ci totalement désertes, dont les plus proches sont celles dites « de la rupture ». D'autres s'enfoncent dans les bois, montent et descendent...Vu d'en face, le Perito Moreno, un des derniers glaciers à ne pas régresser et qui fait partie de la troisième calotte glaciaire au monde (après l'Antarctique et le Groenland, 360 km de long sue 40 km de large), ne donne pas l'ampleur de ses cinq kilomètres de large et de ses soixante mètres de hauteur... Lorsqu'il est bien disposé, il peut avancer de deux mètres par jour, aussi nous guettons ses plongées vertigineuses accompagnées de fracas de coups de canon (comme j'en entends tous les jours, je peux faire la comparaison ;-)), qui laissent derrière elles des cicatrices bleu intense. A l'avant, ce ne sont que flèches, lances et pieux prêts à faire le grand saut, à l'arrière des milliers de crêtes meringuées parcourues d'un réseau infini de crevasses. Nous décidons de prendre le bateau qui se trouve sous le restaurant - celui du dessous - pour aller voir de plus près de quoi il retourne. Cent pesos de moins dans les poches, nous montons sur le pont en compagnie d'une trentaine de personnes, très peu de monde, donc, puisque nous pourrions être trois cents! Le bateau reste à distance respectable des éventuels icebergs, tourne et vire, se rapproche de la zone de fracture, s'arr��te lorsqu'une détonation se fait entendre, longe le glacier vers l'est, fait demi-tour, et trois quarts d'heure plus tard, rentre au bercail. Tout le monde descend. A cette heure-ci, midi, lorsque nous rejoignons les passerelles, c'est la cohue. Plus rien à voir avec l'atmosphère de début de matinée, où nous avions le glacier pour nous tout seuls. Deux heures plus tard nous sommes sur la très belle route d'El Calafate. Le ciel est bleu et le vent a encore forci. Pendant ces quelques heures, j'ai bien sûr eu tout loisir de pester (intérieurement ;-)) puisque je ne pouvais faire de photos qu'au grand angle. Les trois magasins de photos de la ville vendent uniquement des pellicules Kodak, ici ils n'ont pas encore fait faillite, et ma tentative de commande d'un 50 mm Canon sur Amazon.com n'a rien donné puisqu'ils ne livrent pas dans ces contrées lointaines. Il faut me faire une raison, mais c'est dur... Au supermercado nous achetons une salade de pommes de terre, carottes et petits pois, plus des œufs que je fais cuire discrètement dans la salle du petit déjeuner où « l'on ne doit pas cuisiner ». Lessive dans le lavabo miniature dont la bonde a été supprimée puisque l'hostal lave du linge contre 25 pesos, mais c'est sans compter sur Géo (Trouvetout). J'utilise une mousseline de notre propre thé que nous venons de faire infuser, la rince bien et bouche le lavabo avec. Très efficace! Eventuellement, on peut aussi d'une main appuyer sur la mousseline et de l'autre malaxer... A la guerre comme à la guerre!...
Mardi 7
Le soleil a disparu mais, par extraordinaire, il n'y a pas de vent! Nous commençons la journée, après le petit déjeuner avec des voisins de table allemands détestables et prétentieux, par le locutorio (petit local où l'on peut téléphoner). J'ai deux cartes de téléphone à 10 pesos, chacune permettant d'appeler une demi-heure en France (merci Herge pour l'info!). Ça marchait très bien de Buenos Aires avec la carte Hable Mas. A Ushuaia j'ai dû en acheter une d'une autre marque - en fait de carte, c'était un ticket de caisse avec les indications en caractères minuscules. Mais ici, plus rien ne va. « Les ondes », paraît-il, « c'est trop perdu » (celui qui nous dit ça se fiche carrément de nous, vu que toutes les cabines internationales avec paiement à la caisse sont occupées pour des coups de fil vers l'Europe!), il veut bien sûr qu'on range notre carte et qu’on lui paye directement la communication. Deuxième locutorio, même son de cloche... Ensuite passage par un supermarché pour acheter du jambon cru Lomsicar (?) en promotion. La caissière en profite pour essayer de nous rouler d'un billet de 2 pesos. Ce n'est pourtant pas compliqué: elle doit nous rendre 74,25 pesos et elle nous en rend 72,25, en se dépêchant de quitter sa caisse juste après. On récupère donc les deux pesos manquants en pestant, et on comprend pourquoi ce supermercado n’était pas indiqué sur le plan que l’on nous a donné à l'albergo Lago Argentino... A propos de monnaie, l'Argentine et apparemment avec elle le Chili manquent cruellement de pièces métalliques. Il est surprenant de voir comme les caisses sont vides et comme, à chaque fois, cela pose un problème. En général, les gens arrondissent au-dessous pour que le client ne soit pas perdant (c’est toujours le cas dans les stations-service), mais parfois c'est le contraire. Les plus généreux vous jettent une sucette sur la caisse et au suivant ! Le jambon Lomsicar est incroyablement acide, j'arrive à peine à le manger. Il va falloir que je me renseigne sur cette appellation: Lomsicar. Est-ce une recette au vinaigre, ou bien prendrais-je le Pirée pour un homme? Aujourd'hui, on avait prévu (sur la carte) de monter au cerro Calafate, 800 m de dénivelé, mais surprise on s'est aperçus que c'était une montagne complètement pelée, caillasse et poussière grise, ce qui nous a douchés d'un coup... On est restés écrire des cartes postales, faire quelques courses, laver du linge, lire et rédiger le carnet... Une journée de transition, quoi. Lomsicar, d'après Internet, ne renvoie à aucune recette, c’est une marque comme une autre. Ce jambon acide ne m'inspire plus du tout et je vais le donner à un des nombreux chiens qui, ici, comme dans chaque agglomération traversée, arpentent les rues poussiéreuses. Le conseil est de ne jamais les caresser, ils trimballent je ne sais plus quelle maladie et la rage est très courante. Mais c'est difficile, ils sont très sympa et ont tous de bonnes têtes. On se rabat sur les chats angoras et couverts de poussière de l'hostal, qui se prélassent dans le jardin et ont tout de suite senti à qui ils avaient affaire : ils nous font mille et un câlins (mais ils ne ronronnent pas... Est-ce que les chats argentins ne savent pas ronronner??).
Mercredi 8
J'ai passé une bonne nuit, heureusement car j'étais vraiment fatiguée. C'est Alain, cette fois, qui n'a pas fermé l'oeil et qui a eu droit : aux pétards et aux fusées que deux gamins lancent nuit et jour près du locutorio d'à côté (il ne manquait que Doisneau pour les photographier); au 4 x 4 au pot d'échappement percé que le voisin, assis derrière le volant au milieu de son jardin, fait rugir, lui aussi nuit et jour selon son humeur; à la musique de l'auto-radio...; et au chien de ce même voisin qui est insomniaque et s'en donne à coeur joie. Nous partons pour El Chalten après avoir fait quelques courses au supermercado La Anonima. Le ciel s'est couvert et nous craignons le pire pour la suite de la journée.
Le paysage est toujours aussi désertique, mais la proximité des Andes lui donne un peu de relief. A l'est, du côté de la pampa, longue traînée de cumulus blancs comme neige dans le ciel bleu, à l'ouest tout se mêle dans un horizon gris et cotonneux. Puis voici nos premières badlands, ressemblant fort à leurs cousines américaines de l'Utah, mais en moins colorées. Le dôme d'un ancien observatoire, fermé depuis 1943, émerge soudain dans une furtive vision. Nous longeons un temps le rio Santa Cruz aux eaux laiteuses, tout droit descendues de l'immense champ de glace qui couvre toute cette région de l'Amérique du Sud. Croisons quelques cyclistes chargés comme des baudets, le nez dans leur guidon, qui n'ont même pas l'air de nous voir passer. Je n'aimerais pas être à leur place... Le long de la ruta 23 qui laisse derrière elle la Ruta 40 pour filer plein ouest vers El Chaltén, village né en 1985 seulement, le paysage devient plus printanier, roche sombre et petite herbe rase vert tendre, désormais noyé de pluie. Une famille de condors fait la route avec nous, immenses ailes noires barrées de blanc pour les adultes, de marron pour les juvéniles, longues rémiges redressées dans le vent, tête rouge et cou rentré dans les épaules. Ils sont magnifiques!
Tout d'un coup, El Chaltén est là en contrebas, à un kilomètre environ, niché entre deux montagnes. La route serpente, bordée de touffes de fleurs jaunes et d'autres que je n'ai jamais vues, orange, ressemblant à de petits lys. Plus on se rapproche, plus le village s'étire dans la vallée en de multiples constructions inachevées, brique, aggloméré ou béton armé, tiges de métal rouillé dressées vers le ciel comme autant de doigts. Le tout a des allures de Canaries et est très inesthétique. Nous finissons par dénicher Infinito Sur dont nous avions vu la photo sur Internet et que nous croyions accroché à une pente. En fait l'hosteria est coincée sur trois côtés par de petites bâtisses toutes plus horribles les unes que les autres, béton brut laissant pointer l'armature alors que le rez-de-chaussée est déjà habité, abritant dans leur « jardin » carcasses de voiture et tout un bric-à-brac destiné, on peut le supposer, à construire un étage supplémentaire, voire le toit. Sinon, tout est très beau dans cet hôtel, bois et pierre mêlés. La chambre est grande et superbe, la salle de bains aussi, mais encore une fois surchauffées. Il fait au moins 30°!! Grand salon commun avec vue, paraît-il, sur le Fitz Roy (son nom tehuelche d'origine est El Chaltén, « la montagne qui fume »). Pour aujourd'hui, c'est vue sur les nuages, aucune montagne à l'horizon... L'Internet indiqué sur le site est « highspeed » mais en fait en download il y a 0,01 Mo, un record, et en upload... 0,00, avec un ping de 1414s!!! Nous déambulons dans les rues arpentées par une flopée de randonneurs de toute nationalité, sous une pluie persistante et un vent toujours aussi violent. Il fait un froid de canard, le vent rugit de plus belle, et je n'ai qu'une hâte: rentrer à l'abri et au chaud.
Jeudi 9
5 h 30. Est-ce que je rêve encore ou est-ce qu'il n'y a pas de vent? Je regarde derrière le rideau de la fenêtre, rien ne bouge, et la maison biscornue, sur la gauche, est rose bonbon, éclairée par le soleil levant!!
7 heures. Le vent s'est levé, en pleine forme après une bonne nuit de repos, et maintenant... il neige! On voit effectivement que dans douze jours c'est l'été. Au petit déjeuner – très bon: marbré au chocolat maison, plus deux autres gâteaux-pain tout juste sortis du four, dulce de leche, etc. -, on peut apercevoir à travers les baies vitrées le temps empirer de minute en minute. C'est une véritable tempête de neige qui à présent se déchaîne, de gros flocons serrés qui passent à cent à l'heure. Les premières montagnes, visibles il y a encore quelques heures, ont totalement disparu dans une blancheur cotonneuse. Quant à ce qu'il y a derrière elles, le Fitz Roy et ses voisins, je ne sais pas si on le verra avant de partir, après-demain matin. En tout cas, pour le moment, il est impensable de partir randonner dans ces conditions.
12 h 30. Il neige toujours mais moins abondamment et le vent est tombé, aussi nous décidons de sortir et d'aller au moins jusqu'au second mirador sur le chemin de la laguna Torre. Avenida Antonio Rojo, au bout un escalier qui escalade la colline, et là, c'est le côté cour d'El Chaltén. Des maisons posées sur la terre battue et boueuse, pour la plupart minuscules, les unes sur les autres et dans n'importe quel sens, construites de bric et de broc, la plupart en aggloméré avec des joints de goudron, de la tôle, de la brique, beaucoup de courants d'air. Tout au bout, une petite montée raide, et nous voici dans des « prairies d'herbe courte », des bois de langas (la feuille ressemble à celle du hêtre en miniature, mais pas l'écorce, qui se rapproche plus de celle d'un résineux, surtout lorsqu'ils sont âgés), puis au-dessus du rio fitz Roy. Un premier mirador, en face une chute qui dévale la montagne en ne prenant pas la voie la plus directe, puis le second mirador d'où l'on pourrait admirer, d'après la table d'orientation, une enfilade de cerros invisibles. Nous continuons, bien que la neige soit très mouillée et que ma veste soi-disant imperméable achetée à Moab ne me protège plus de grand-chose. Une mare, sur la droite, de très jolies orchidées jaunes, capachito ou topa-topa (Calceolaria uniflora), des anémones blanches (Anemona multifida). Le chemin n'est qu'un bourbier, il devient très difficile d'avancer et nous commençons à avoir froid, l'humidité s'insinuant partout. Nous faisons demi-tour et trois heures plus tard nous voici revenus à notre point de départ, à savoir la voiture qui nous attend au début du chemin, ce qui est bien agréable. Le soir nous allons dîner à El Muro, recommandée par la jeune fille de l'accueil, qui se trouve au départ du sentier du Fitz Roy. Excellent « bifteck argentin » - je prends la demi-part, sinon c'était cinq cents grammes -, mais servi seul. Je commande une purée de papas (pommes de terre) et Alain des espèces de petits pavés de pâtes fourrés au saumon, délicieux. La serveuse ressemble étonnamment, en châtain, à Brigitte Bardot. Je le lui dis, elle est confuse, « ne peut le croire », etc., mais à mon avis elle le savait parfaitement ;-).
(L'électricité, à El Chaltén, est toujours allumée: lampadaires dans les rues et lampes à l'intérieur. On ne voit aucune éolienne et on se demande d'où provient la source d'énergie.)
Vendredi 10
5 h 40. Je vais dans la salle de bains et quelque chose attire mon oeil, au-dehors. Le Fitz Roy est éclairé d'une lumière rose par le soleil levant!! C'est un vrai choc! La voici donc, cette mystérieuse aiguille de granit qui se fait tant désirer et que je désespérais d'apercevoir! Je m'habille en vitesse, prends la clef de la voiture et ouvre la porte qui ne veut pas bouger d'un millimètre, même avec la clef magnétique. Je me rabats sur le balcon du salon mais déjà la lumière n'est plus là, la « Montagne qui fume » (El Chaltén en langue indienne) est déjà grise, mais je la capture malgré tout, par-delà les toits. Comme le temps annoncé pour la journée est neige et pluie, je me recouche, persuadée qu'à mon réveil, c'est la grisaille qui nous attendra. 8 h 40. On ne s'est jamais réveillés si tard!! Et, chose extraordinaire, il fait toujours beau et il n'y a toujours pas un souffle de vent!! Le temps de nous préparer, douches, petit déjeuner, sacs à dos avec entre autres deux bananes, quelques barres et un demi-litre d'eau - inutile de nous charger, à Los Glaciares comme à Torres del Paine les eaux descendent en droite ligne des glaciers et sont potables (et délicieuses) -, et de rejoindre le départ du sentier du Fitz Roy, il est un peu plus de 10 h 15. Nous trouvons tous les deux qu'ici c'est plus beau qu'aux Torres del Paine, malgré les lacs glaciaires (moins turquoise néanmoins que dans les Rocheuses canadiennes). Si l'on compare par exemple au sentier du glacier Grey, ou à celui des Torres, celui d'aaujourd'hui est beaucoup plus varié, on a constamment une vue superbe, soit sur le rio Fitz Roy au-dessous qui se fraie un chemin dans un large lit de galets, soit sur les pics enneigés au-dessus. Même le sentier du cerro Torre caché dans les nuages laissait deviner des merveilles... Le chemin démarre raide par des marches de terre et de bois et grimpe pendant une heure et demie, jusqu'au mirador d'où l'on a une vue superbe sur toute la chaîne des pics. Fitz roy est entouré de Saint-Exupéry, Mermoz et Guillaumet entre autres. C'est le lieu de la photo souvenir, apparemment. Passé le premier émerveillement et de nombreux clics du grand angulaire, nous continuons en direction du campamento Poincenot. Nous avons remarqué que 80 % des gens croisés sur les sentiers ne disent pas bonjour, voire ne jettent pas un regard à la personne qu'ils frôlent. Cest insupportable, surtout pour moi qui dis facilement bonjour à tout le monde avec un sourire. Et dans ces coins complètement perdus c'est encore plus difficilement acceptable.
Le chemin, qu'on dirait taillé à la bêche, pas plus de quarante centimètres de largeur, est maintenant un vrai bourbier. Soit la neige commence à fondre, soit elle a fondu depuis longtemps, formant des mares d'eau et/ou de boue épaisse et grasse. Il faut sans cesse faire de l'acrobatie pour éviter de s'enfoncer jusqu'à la cheville. Les bois de langas (on dirait que c'est le seul arbre ou presque sous ces latitudes) succèdent aux prairies qui succèdent aux bois de langas. Avec toujours, en arrière-plan, le sublime massif du Fitz Roy. Les Chiliens ne soignent pas leurs campings. Et le campamento Poincenot ne fait pas exception. Seul un panneau avertit qu'il s'agit bien d'un camping car il n'y a absolument rien de prévu pour les campeurs. Le sous-bois est d'un binz incroyable! Branches cassées, troncs pourris jonchent le sol dans un enchevêtrement incroyable. Aucun emplacement particulier n'est prévu, aucune table ni bancs, aucun abri. Je me demande s'il y a même des toilettes et Alain me montre un petit machin en métal qui doit effectivement en faire office. Le détail qui tue est cet avertissement : Interdiction de se construire un abri. Lorsqu'on sait que les conditions atmosphériques y sont très difficiles, le vent par exemple s'y déchaîne avec violence, c'est à la limite du refus d'assistance à personne en danger. Le tout est en plus pourri d'humidité...
Nous hésitons à bifurquer sur les Piedras blancas, mais le temps se couvre et les espaces découverts où passe le sentier pourraient vite devenir invisibles. En redescendant, nous apercevons, perché sur une branche d'arbre mort, un magnifique aigle au bec jaune et à la poitrine cloutée d'argent. Au-dessus de lui, un couple de rapaces plus petits font des manoeuvres d'intimidation en poussant des cris stridents.
Sur le chemin du retour, je me tords trois fois la cheville gauche. Ce n'est pourtant absolument pas le moment d'être immobilisée si loin d'El Chaltén. Heureusement, avec un peu de Synthol, tout rentre dans l'ordre. A 17 h 30, nous sommes à la voiture.
Samedi 11
A 9 heures nous sommes prêts à partir pour la Ruta 40 et Bajo Caracoles, à 460 kilomètres de là, où nous comptons faire une étape. Nous passons d'abord par le distributeur... qui est vide (il ne nous reste que 350 pesos, soit 70 euros) puis par la poste car nous avons deux cartes à envoyer, mais elle n'est pas encore ouverte, bien qu'affichant 9 heures. Hier, nous avons demandé à quelqu'un où se trouvaient « los correos ». Visiblement, il ne voyait pas du tout de quoi on parlait, jusqu'à ce que je lui montre les cartes. « Ah! Los corre! » La prononciation argentine (et chilienne) nous surprendra toujours. Entre le « pocho » (pollo), la « cache » (calle), la « jave » (llave), et tous les s finaux manquants, il faut comprendre.... Le temps est encore magnifique et nous redécouvrons la route que nous avons faite à l'aller avec tout le massif derrière nous, étincelant de neige. Nous avalons les 140 kilomètres bitumés qui nous séparent de Tres Lagos où nous faisons le plein d'essence. Nous sommes par erreur d'abord passés par le village en faisant un détour de 4 kilomètres sur la droite sur une très mauvaise piste, alors que la pompe à essence est un grand bâtiment blanc en retrait à une centaine de mètres sur la gauche. A partir de là, c'est le ripio qui nous attend. La piste est mauvaise pendant cinq ou si kilomètres, puis dans l'ensemble bien roulante, avec des passages plus délicats. Il faut quand même faire attention aux éventuels trous ou aux pierres qui pointent parfois en plein milieu, et aux amas de graviers qui la transforment en planche savonnée. Le pompiste de Tres Lagos nous a annoncé six à sept heures jusqu'à Bajo Caracoles, ce qui nous mène à 18 heures. Le sol de la pampa est marron-gris et on se demande ce que peuvent bien brouter les quelques rares moutons ou chevaux étiques que nous croisons de-ci de-là. Soudain, un 4 x 4 nous double en trombe, pojetant une cascade de pierres sur la carrosserie et le pare-brise, décoré de deux nouveaux impacts! C'est un comportement particulièrement inqualifiable que nous ne retrouverons heureusement plus, bien au contraire. Les camions, en particulier, sont extrêmement prévenants, ralentissent, s'écartent ou font signe de dépasser. Les collines se font plus présentes et sont parfois marbrées comme un gâteau. La piste tourne, monte et descend, des chevaux broutent çà et là. A la jonction de la route de Gobernador Gregores nous avons l'heureuse surprise de retrouver le bitume pour une cinquantaine de kilomètres. Puis c'est à nouveau le ripio, parfois bon, parfois mauvais, presque toujours dérapant. Je suis agrippée au volant, mes yeux cherchent continuellement à l'avant de la piste les cailloux à éviter, je ralentis dans chaque virage car ce serait les tonneaux assurés (prévus au contrat et pour lesquels nous ne sommes pas assurés). Un arrêt pour manger une banane et quelques chips près d'une estancia, le long d'un cours d'eau. La piste est bordée d'une multitude de petites fleurs crème qui embaument à la fois la rose et la violette. Peu après, nous apercevons sur notre droite un troupeau de guanacos en train d'observer un cheval couché dans l'herbe, de l'autre côté de la route. Ils se regardent en chien de faïence, c'est très drôle. Plus loin, une baby-sitter nandou et sa marmaille de vingt-deux petits qui s'égaillent avec élégance à notre passage. L'arrivée sur Bajo Caracoles est meilleure que prévue. Mais il est rageant de voir que nous longeons la toute nouvelle route bitumée pendant des kilomètres alors que nous sommes dans la caillasse.
16 h 30. Arrivée à Bajo Caracoles avec une heure trente d'avance. Il faut dire que j'ai bien roulé. Ah, Bajo Caracoles... tout un poème... Au milieu de la plaine infinie dans laquelle le vent se rue avec délices, fermée à l'ouest par les lointains sommets enneigés des Andes, battue par les vents, poussiéreuse, une poignée de maisons difficilement abritées derrière quelques peupliers chétifs, des chiens qui vont et viennent d'un pas alerte, une pompe à essence, une gomeria (endroit où l'on répare les pneus), la « policia », un poste de secours, deux campings et... un tribunal administratif et « juge de paix », un ministère de l'Education culturelle... Tout cela paraît totalement incongru au premier abord - nous sommes à de nombreuses heures de piste du moindre village -, mais c'est sans compter avec les estancias parsemées sur ces millions d'hectares. La pompe à essence fait aussi hôtel. Une bâtisse plus jolie que les autres, en grosses pierres ocre-rose, de plain-pied. Les vitres des fenêtres en façade sont obscurcies d'autocollants publicitaires, un long comptoir en L, derrière lequel s'alignent, sur des étagères murales, des bouteilles, des canettes, un peu d'épicerie. Dans un coin, un home s'égosille au téléphone...
Nous prenons une chambre avec salle de bains partagée pour 140 pesos (environ 27 euros, mais nous n'avons plus que 138 pesos et de l'argent chilien. Ca fera l'affaire, seulement nous n'aurons plus un seul peso argentin lorsque nous repasserons la frontière). Nous demandons à la voir. L'hôtelier-pompiste - très aimable - nous précède dans un long couloir au sol recouvert d'une matière étrange : c'est à celui de nous trois qui fera en marchant les schlouks-schlouks les plus sonores. Il ouvre la porte n° 1 : minuscule, nous n'apercevons d'abord qu'un lit de 90 cm, puis le second. Une table de nuit entre les deux et un porte-manteau. Le bas des murs est tout cloqué, et des dégoulinures marron descendent du plafond. Il va maintenant nous montrer les salles de bains: une pour les femmes, l'autre pour les hommes. Nous repartons derrière lui, d'un pas toujours aussi discret. Les portes sont grandes ouvertes. « Aqui, damas! »... cra-cra au possible, la chasse d'eau pas tirée (et pourtant nous sommes les seuls à dormir ici ce soir), une serpillière sale en plein milieu, une odeur nauséabonde, un grand rideau de douche bien raide et collé de toute part... Pouah! « Aqui, caballeros! » Ce n'est pas mieux, la cuvette des w-c fuit par le bas et la douche est pleine d'une mousse grisâtre... Retour à la chambre. Affichée derrière la porte, une longue liste d'interdictions et d'avertissements:
si l'on quitte la chambre après 10 heures, on paie double tarif; il est interdit de cuisiner et/ou de manger dans la chambre; les animaux familiers sont interdits; il est interdit de laver du linge ou de la vaisselle dans la salle de bains; il est interdit de rentrer dans la chambre avec des vêtements et des chaussures sales (probablement pour les ouvriers du chantier de la Ruta 40); les éléments de la chambre volés ou dégradés seront facturés; la clef doit être laissée en sortant à la réception; consulter la réception pour de plus amples informations.
Nous voilà frais! 5 heures de l'après-midi, coincés ici, avec une seule envie, fuir au plus vite. Nous nous regardons et piquons un fou rire! Puis l'idée me vient de vérifier l'état des draps. Visiblement, un des lits a déjà servi puisque le drap du dessous est tout froissé et taché. Les oreillers, eux, sont très spéciaux : longs et un peu dur, genre traversin aplati entre deux portes ou récupération de canapés, d'une couleur indéfinissable, avec une taie trop courte de chaque côté. Si j'ajoute à cela qu'il n'y a pas de chauffage et qu'on se gèle, c'est complet. Au plafond, une unique ampoule diffuse une lumière de veilleuse... De mieux en mieux. Mais à quoi sert donc ce grand néon au-dessus de la fenêtre, sans interrupteur, branché à une prise près du plafond? Nous aurons l'explication plus tard: c'est une lampe de secours qui s'allumera automatiquement en cas de panne de courant. Nous décidons de faire un tour dehors, et trouvons en ouvrant la porte un chauffage électrique au fil bizarrement rafistolé avec du chatterton que l'hôtelier a apporté et que nous nous empressons d'allumer. Vent et poussière, poussière et vent, et toujours les chiens, de grands chiens aux longs poils, qui passent et repassent d'un air affairé. Nous avons réussi à avoir une lampe de chevet, le moral remonte un peu...
Dimanche 12
Nous avons bien dormi, malgré le bruit du vent. Dans le couloir, Alain rencontre la fille de la maison qui lui demande à quelle heure on veut déjeuner. Bonne nouvelle, car nous nous attendions à boire un peu d'eau froide et à avaler une tranche de Budin con frutas. Mais tout n'est pas si simple... Alors que je suis dans la salle de bains depuis deux minutes, on frappe à la porte. J'ouvre et me trouve nez à nez avec une jeune femme, hagarde, en survêtement noir, l'air de sortir de son lit. Je lui souris et lui dis que je lui laisse la place. Mais elle est déjà repartie, titubante, et a disparu dans une chambre. Peu après on entend des cris, d'homme d'abord, puis une femme – certainement la femme de l'hôtelier - passe en courant dans le couloir en criant : « Maria Elena!! Maria Elena!! » Branle-bas de combat, tout le monde s'engouffre dans la même pièce, y compris les clients du bar. Nous attendons dans notre chambre, dubitatifs, que se passe-t-il au juste?, est-ce quelqu'un de la famille, une cliente de l'hôtel? (mais nous étions les seuls hier soir). Dix minutes plus tard, nous faisons une tentative de sortie pour le déjeuner et nous rendons dans le bar... qui est fermé! Nous passons par l'extérieur, là aussi la porte est fermée. Bon... Le temps passe, puis la fille de la maison nous invite à passer dans une pièce attenante et nous apporte une panière de rondelles de pain décongelé et grillé, une portion de beurre et une autre de confiture. On n'entend plus rien, mais peu après l'ambulance du centre de secours arrive et la jeune femme repart entre deux infirmiers. Au moment de payer, l'hôtelier, toujours très aimable mais qui ne perd pas le nord pour autant, est surpris de nous voir sortir nos derniers 138 pesos argentins complétés de 225 pesos chiliens, si nous le désirons, nous pouvons tout payer en pesos chiliens, pas de problème! D'accord mais combien cela ferait-il? Et là il nous montre sa calculette: 20 000 tout ronds. Ah, eh bien non, plus d'accord, car le prix de la chambre passerait de 27 euros à plus de 33.
Nous quittons sous le ciel bleu Bajo Caracoles et sa colline pelée à la grande inscription blanche : « Dios te amo », et retrouvons la Ruta 40 en direction de Perito Moreno (le village du même nom que le glacier). La piste démarre assez bien mais devient vite mauvaise, puis très mauvaise. On a nettement l'impression de rouler dans un champ de pierres, et on ne peut dépasser 25 km/h. En compensation, elle est très belle, avec les Andes à l'horizon et la plaine que nous surplombons de virage en virage. Une quarantaine de kilomètres, plus loin, ô surprise, nous retrouvons enfin le bitume. Le paysage, entre Bajo Caracoles et Chile Chico, via Perito Moreno et Los Antiguos, est constamment superbe, et le devient encore plus lorsqu'on longe les rives de l'immense lago Buenos Aires (côté argentin) qui s'appelle General Carrera côté chilien, deuxième plus grand lac d'Amérique du Sud après le lac Titicaca, nous avait dit le Chilien rencontré sur le ferry Porvenir - Punta Arenas. C'est une véritable mer intérieure bleu intense lacérée d'écume blanche, aux creux de plusieurs mètres. Autant Perito Moreno (dont les deux cajeteros - distributeurs - étaient à sec) que Los Antiguos sont de jolis villages, très verdoyants en cette fin de printemps, aux maisons basses et colorées. Douane argentine, puis douane chilienne avec fouille en règle des bagages pour voir si nous ne passons pas fruits et légumes frais, charcuteries et laitages; les douaniers confisqueront un petit rameau et une herbe séchés...
A Chile Chico, nous prenons une chambre à la Hospederia de la Patagonia, conseillée par le Lonely Planet, juste en face de l'hospederia No me olvides, avec laquelle nous avions hésité. Les deux se trouvent dans la très longue allée de peupliers d'Italie, avant l'entrée du village quand on vient de l'Argentine. (Les Patagons adorent les peupliers, qui se plient avec grâce dans le vent violent, ils sautent apparemment sur la moindre occasion pour en planter.) L'hospederia est une belle maison basse des années cinquante au toit de tôle jaune d'or, croulant sous la végétation, appartenant, toujours selon le Lonely Planet, à des descendants de colons belges. A l'entrée, sous les arbres, un très grand bateau, dans lequel jouent des enfants. Nous ne voyons personne excepté une jeune Indienne assise sur une chaise devant la porte, qui ne nous prête absolument pas attention. Nous lui demandons s'il y a des chambres à louer, visiblement elle n'a pas l'air très claire mais nous répond quand même que « la signora est sur l'arrière ». Effectivement, elle est là (puisqu'elle se lève aussitôt en nous voyant), mais en compagnie d'une tablée de bien trente personnes, plus une vingtaine d'enfants qui jouent par petits groupes sur la pelouse et sous les arbres. On est tombé en pleine fête d'anniversaire. Par contre, de descendants de colons belges, point... Elle est avenante et nous conduit à notre chambre que nous choisissons « avec salle de bains partagée », donc moins chère (25 000 pesos, soit plus de 40 euros), mais très vite nous nous apercevons qu'elle est pressée et souhaite nous laisser au plus vite . La chambre est en partie en bois, comme toute la maison, il y a une atmosphère particulière, tout est fait à la main, chaque étagère est garnie de crânes d'animaux (pumas, cerfs, renards), ou de peaux, de nids d'oiseaux, d'outils anciens de métal, de frondes pour chasser le guanaco. Des selles de cheval sont rangées dans l'entrée. La « signora » allume vite fait un feu dans le poêle à quelques mètres de notre chambre. Mais je déchante assez vite en voyant la salle de bains, plus que limite. La douche a bien soixante ans, comme la maison, et la pomme de douche a autant de trous dessus que dessous. Le lavabo a un unique robinet d'eau froide et il n'y a pas de savon. Si le prix était deux fois moins élevé, pas de problème. Mais là, il y a de l'abus. Petit déjeuner prévu à 8 h 30 demain matin, dans la belle salle à manger, remplie, elle aussi de souvenirs.
Lundi 13
Temps superbe aujourd'hui encore. Le « desayuno », comme je m'y attendais, est limite lui aussi. Nous l'avalons vite fait, je feuillette avant de partir les livres de photos de la très grande famille nombreuse des colons belges (mais où sont donc les descendants? La maison aurait-elle été rachetée par des Chiliens?), puis nous plions bagage, direction le départ du ferry afin de réserver notre passage au départ de Puerto Ingeniero Ibanez, sur l'autre rive. Or nous apprenons que le ferry circule bien tous les jours, sauf par grand vent. Hier, par exemple, il est resté à quai. Voilà qui remet en cause tout notre programme, car nous prévoyons de redescendre sur Ushuaia en trois jours pour y être le 23. Or si le ferry reste à quai un jour, voire deux, nous raterons Noël avec Françoise et Gérard ainsi que deux jours réservés à l'avance aux cabanas del Beagle. De plus, le bureau des réservations est fermé. Nous repartons donc pour Cochrane à 188 kilomètres de là, par une piste secondaire. Le départ est royal puisque la piste, bien qu'étroite, est tellement damée qu'on la dirait bitumée sur une quarantaine de kilomètres. La suite est moins réjouissante, mais le paysage est constamment époustouflant de beauté et fait passer les difficultés au sol. La conduite reste néanmoins éprouvante, d'autant que virages serrés, montées et descentes « peligrosas » se succèdent, la plupart au-dessus de ravins sans protection aucune, ainsi que nids-de-poule (comme dit Alain il vaut mieux ne pas porter de dentiers...) et trous de toute sorte. C'est une version chilienne de la Moky Dugway, en Utah, en bien plus longue et dangereuse. Mais si l'on conduit prudemment, ce que je fais, on ne risque pas grand-chose. Il nous faudra quand même six heures pour faire les 188 kilomètres, arrêts photos - nombreux - compris.
Le lac General Carrera, d'un bleu outremer profond aussi beau que le plus turquoise des lacs glaciaires, est surplombé par les Andes enneigées et bordé d'une multitude d'églantiers en fleurs qui dégagent un parfum délicieux. Chaque kilomètre parcouru est une pure merveille et je suis tentée constamment de prendre des photos, malheureusement toujours cantonnée au 10-22 mm... Chevaux, moutons ou guanacos broutent le long de la piste. On aperçoit dans une étendue herbeuse une dizaine de gros oiseaux sombres à la tête jaune et au très long bec recourbé, des « bandurias ». Fechudal, puis Puerto Guadal où nous faisons le plein à prix d'or, 885 pesos (mais avec un pompiste extrêmement sympathique), soit le même prix qu'en France, enfin Cochrane, bourgade toute de verdure et de fleurs, notamment des rosiers. Là comme ailleurs les peupliers sont présents en nombre, mais la grande plaza, elle, est plantée de pins. Le long des rues aux maisons basses protégées souvent par des barrières de bois on retrouve les mêmes arbres taillés bas et peints en blanc jusqu'à un mètre du sol.
Toujours le Lonely Planet sous le bras, nous passons d'abord devant l'hosteria Rubio, puis devant l'hosteria Cerro al Cerro que nous choisissons, tout en bois et en plein soleil. 20 000 pesos pour une chambre avec salle de bains privée et même, pour la première fois, la télévision (que nous ne regardons jamais). Le plancher craque à chaque pas à réveiller un mort mais elle est bien agréable, au premier étage, avec une vue sur la montagne enneigée et les gouttières les plus originales qu'on ait jamais vues: un chapelet vertical de bouteilles d'eau en plastique. En bas, de même qu'à Chile Chico, un bégonia gigantea comme celui que nous avons à Paris (en bien meilleure santé que ses frères chiliens...). Ici non plus, ni savon ni serviette, on commence à se dire que pour le savon ça doit être normal, mais on demande des serviettes. Il n'y a pas d'eau chaude mais il y en aura demain matin). Le chauffage n'est pas allumé - c'est l'été - même si les soirées sont fraîches, mais nous avons quatre épaisses couvertures sur le lit plus une couette! Nous regardons le soir tomber sur la montagne qui domine Cochrane, et monter un croissant de lune dans le ciel.
Mardi 14
On est soignés aux petits oignons dans cette hosteria. Après un délicieux petit déjeuner, entre autres gâteau et confitures maison – même le lait est « maison » puisqu'il provient de vaches élevées à deux kilomètres de là - et une adresse dans la poche chez une amie de la « signora » à Caleta Tortel, nous voici repartis sur la Carreterra australe. La piste est complètement différente de celle que nous avons faite hier, d'autant que le ciel ce matin est très encombré. Le lac est gris sombre, et plus nous avançons, plus les pentes se couvrent de forêts. Nous ne comptons plus les panneaux « peligroso », à 300 mètres, à 200 mètres, à 100 mètres, etc. En fait ce sont soit des montées ou descentes vertigineuses au-dessus des ravins, or la piste est très étroite et sans parapet, soit des virages serrés, soit des travaux avec engins qui prennent la largeur du passage. Nous longeons le rio Baker, qui ne dévoile sa couleur désormais vert céladon que sous les rayons du soleil. Mais alors, quel enchantement!! Nous passons de nombreux rios, plus ou moins importants, plus ou moins furieux, entendons ici ou là chanter un coq, signe d'une présence humaine invisible, les cèdres remplacent peu à peu les langas, les églantiers ont cédé la place aux notros d'El Chaltén et la végétation commence étonnamment (du moins pour nous) à avoir des airs de végétation tropicale, y compris sur les rives du rio Baker, qui s'élargit jusqu'à ressembler au rio Usumacinto, fleuve frontière entre le Guatemala et le Mexique: même courant, même largeur, mêmes rives... Il y a des descentes et des virages qui ne doivent pas être mieux que la Shafer Trail en Utah, d'autant que les gravillons amassés ici ou là sont extrêmement dérapants. Nous croisons un peu plus de 4 x 4 qu'hier, et rares sont ceux qui freinent à notre passage. A nous de faire attention au pare-brise qui, ne l'oublions pas, a déjà trois impacts! Deux heures et demie plus tard et encore une fois de nombreux arrêts photos, nous prenons la déviation pour le village de Tortel, vingt kilomètres plus loin, ouverte seulement en 2005, dernière limite nord-sud du Chili par la route! Auparavant, tout se passait par la mer. La végétation est devenue carrément luxuriante, bambous à profusion, cascades de fuchsias à petites fleurs comme en Bretagne, immenses feuilles ressemblant mais en plus joli aux feuilles de rhubarbe et qui poussent là où il y a de l'eau. La piste est plutôt meilleure que la Carreterra australe, avec par moments de longues lignes droites qui traversent des champs de lances dressées vers le ciel.
Caleta Tortel, 512 habitants, au bout du bout, dernier poste avancé sur la mer, et le royaume du cèdre. Les voitures ne rentrent pas dans le village puisqu'il n'y a pas de route, seulement des passerelles de bois comme à Harrington Harbour, sur la Basse Côte Nord du Québec, mais ici il faut une bonne heure pour se rendre du secteur nord au secteur sud, en prenant le chemin le plus direct. Nous garons donc la voiture au milieu des nombreux 4 x 4 de toute sorte, prenons le nécessaire pour vingt-quatre heures, et passons par le petit bureau de l'office de tourisme pour savoir où se trouve la Residencia Estilo. Elle est à vingt-cinq minutes à pied. Tortel est un vrai labyrinthe, les passerelles sont doubles, voire triples, avec de multiples embranchements, et s'accrochent aux pentes abruptes qui plongent dans la mer. Au-dessous poussent de délicates petites orchidées blanches, sur de longues tiges frêles. Les oiseaux se chamaillent dans les arbres, les enfants courent d'un bout à l'autre du village et les petits bateaux rentrent de la pêche. Les maisons, souvent minuscules, sont toutes sur pilotis, nombreuses sont celles qui ont des façades et des toits en bardeaux, et sont entièrement couvertes de grosses écailles de cèdre. Un bateau-taxi fait le va-et-vient, les chiens ici encore vont et viennent, toujours sympa et câlins, et en se baladant on aperçoit même... un petit veau devant une maison! Ca alors! Mais qu'est-ce qu'il fait donc ici, où il n'y a pas d'herbe pour le nourrir??? Alain se demande s'il n'est là pour être boulotté... (En fait, nous aurons l'explication plus tard: les propriétaires de la maison l'ont ramené du « campo » parce que sa mère est morte, et le nourrissent au lait avant de la ramener au « campo ».) Tout au bout des passerelles on arrive sur une plage, déserte et froide, plutôt du genre marécageuse, qui n'engage pas à mettre le pied dans l'eau. D'ailleurs un écriteau précise bien qu'il n'est pas conseillé de se baigner. Tiens donc, on aurait cru le contraire! Le temps se couvre de plus en plus et se découvre de moins en moins souvent... Trois heures plus tard nous rentrons nous chauffer mais la maison est maintenant vide et le poêle éteint. Nous nous installons à une petite table de la salle à manger, avec vue sur la mer, en contrebas, du même beau vert céladon que le rio Baker. Des oiseaux volent d'arbre en arbre, des espèces de gros merles bruns à bec jaune, aux grands yeux ronds étonnés. Tortel n'a pas le téléphone mais la radio. Régulièrement on entend des messages passés depuis l'autre bout du village. L'électricité, elle, est capricieuse; il n'y en avait pas depuis ce matin paraît-il, mais elle est revenue vers les 18 heures. La « signora » est rentrée de la bibliothèque où elle avait été consulter Internet et a mis un premier chauffage au gaz en route, puis s'est occupée de rallumer le poêle à bois. Elle s'occupe maintenant de faire le repas (6 000 pesos par personne): salade de coquillages et saumon puisque Alain ne mange pas de viande. Il y a deux Chiliens arrivés en fin d'après-midi qui dîneront aussi ici.
20 heures. Le repas est prêt. La salade de coquillages (grosses moules et churros) me degoûte pas mal; pas les moules, mais les churros, qui sont de gros machins tarabiscotés hyper caoutchouteux, avec une grosse poche marron... Je rajoute de l'huile, du citron, du sel, je mâche et remâche ça comme du chewing_gum. Un passe, puis deux, puis trois et Alain me sauve du désastre en finissant mon assiette! Les Chiliens, eux, plus prudents, n'en ont pas pris. Le saumon est bien meilleur, accompagné d'un peu de purée et d'une salade.
Mercredi 15
Apparemment, les Chiliens ont changé de chambre en cours de nuit. Il faut dire que les matelas ne sont pas de la première jeunesse. Mais Javier Pinella est tellement gentille que pour nous, ça passe. Dans la salle de bains une fermeture originale pour la fenêtre: un petit tube de métal récupéré sur un ancien verrou et un gros clou rouillé et tordu. Si on enlève le clou du tube, la fenêtre se relève toute seule. Ensuite on se débrouille comme on peut pour réenfiler le clou... Petit déjeuner avec vue sur le fjord ensoleillé et les passerelles au-dessous. Nous n'avons pas eu de chance les quinze premiers jours, mais depuis El Calafate c'est vraiment l'inverse, car nous traversons des régions où il pleut normalement tout le temps. Je me posais la question de savoir où les jeunes allaient au lycée et comment ils faisaient avant l'ouverture de la piste (pardon, de la Carreterra! Javier Pinella ne comprenait pas de quoi on parlait en disant « la piste »). En fait, contrairement à ce qu'écrit le Lonely Planet, elle a été ouverte en 2002. Il y a à deux kilomètres du village un centre d'école primaire, mais les jeunes lycéens vont à Cochrane (à 122 km) ou plus au nord. Auparavant, un bateau faisait la navette entre Vagabundo, à de nombreux kilomètres au nord, et Tortel. Tout devait être terriblement compliqué.
En une demi-heure nous sommes au parking (il faut une bonne heure pour parcourir le village d'un bout à l'autre) où nous rangeons à nouveau les sacs et quittons Tortel vers les 10 heures.
Cochrane. Il fait beau et carrément chaud. Nous changeons des euros, faisons quelques courses et prenons de l'essence, puis repartons pour Puerto Tranquillo. Les rios succèdent aux arroyos, le rio en contrebas est d'un bleu extraordinaire, une couleur que nous n'avons jamais vue, même au Canada. A la jonction sud du lac General Carrera, nous prenons cette fois à gauche en direction de Coiyaque. Les paysages sont tout aussi époustouflants que sur l'autre rive, une pure merveille! Nous croisons, comme chaque jour, un ou deux gauchos, béret rouge sur la tête et deux ou trois petits chiens aux trousses du cheval, voire une gauchotte. Le lac bleu indigo est bordé de montagnes enneigées, parsemé d'îlots plus ou moins grands, les massifs de lupins jaunes ont remplacés les églantiers et recouvrent la moindre parcelle de terre, dégageant un parfum entêtant. Nous ne regrettons pas les nids-de-poule, les trous et la caillasse qui pourtant nous secouent comme des noix. Au loin, du côté de Puerto Tranquillo, le temps se gâte, il pleut. Nous avons beaucoup hésité à faire une halte dans ce village, à cause de ce qu'en disait le Lonely Planet, mais la distance supplémentaire pour atteindre Villa Cerro Castillo était beaucoup trop importante. Des heures de piste supplémentaire, aussi mauvaise, était pour moi insurmontable. En fait, Puerto Tranquillo s'étend le long de la berge, envahie lui aussi par les grands lupins jaunes odorants. Le cadre est magnifique!! Et l'hôtel, qui était si mal décrit dans le Lonely Planet, se révèle pas du tout vieillot et idéalement situé. Notre chambre est grande et belle, en rotonde, avec une avancée, et donne de tous les côtés sur le lac agité et les montagnes. Mais malgré le prix (30 000 pesos, soit 50 euros la nuit), ici comme ailleurs, il faut réclamer les « toallas » (serviettes) et, vu le prix, nous réclamons aussi le « jabon » (savon). Quelle n'est pas notre surprise, tout à coup, de voir par les baies vitrées le pompiste de Puerto Guadal servir l'essence aux pompes au-dessous! Et ça ne désemplit pas, on ne dirait pas qu'on est si isolés. En attendant, il fait celui qui ne nous reconnaît pas...
Jeudi 16
Nous qui croyions bien dormir, dans le lit moelleux à souhait et bercés par le bruit de la pluie sur la tôle, c'était sans compter avec les multiples gouttières qui tombaient de pan de toit en pan de toit. On aurait dit vingt personnes tapant avec de petits marteaux sur le métal. J'ai été réveillée au moins dix fois. Dommage, parce qu'on était vraiment bien en s'endormant, sous la couette si douce et avec la vue sur le lac... Bon petit déjeuner très attentionné, avec entre autres du pain de Pâques que l'on voit partout depuis qu'on est au Chili mais que nous n'avons jamais goûté. C'est un gros pain-gâteau sucré avec de nombreux fruits secs et confits. Avant de partir, nous refaisons le plein, je dis au pompiste qu'on l'a vu à Puerto Guadal et il me répond laconiquement: « Oui, et aujourd'hui c'est ici. » Bon...
Il pleut, donc. Au revoir ciel bleu et soleil, montagnes étincelantes et eaux bleu pétrole. Un voile blanc recouvre l'horizon proche, on ne sait où sont les sommets ni même s'il y en a. La Carreterra australe est mauvaise et glissante à souhait, une vraie planche savonnée, et ça ne fait qu'empirer au fil des kilomètres. Il est impossible d'éviter les innombrables trous, de plus en plus gros, de plus en plus profonds, la pluie qui redouble transforme certains passages en vrai bourbier. Quelquefois, on se croirait sur les pistes de bentonite de l'Ouest américain lorsqu'elles sont détrempées. Je conduis lentement, et ne dépasse pas les 40 km/h. Mais cela ne nous empêche pas d'admirer les lupins qui de jaunes sont passés au bleu profond. De grands lupins magnifiques, qu'encore une fois on croirait semés, mêlés par endroits de rose et de blanc, qui tapissent les bas-côtés ou envahissent des prairies entières et les berges des rios. Les bambous sont de retour, un arbuste aux fleurs orange vif a fait son apparition, on retrouve les arbres immenses de la piste de Tortel, des descendants de la forêt primaire et d'autres aux moignons noircis qui pointent au milieu de l'herbe vert tendre. Un petit air de végétation tropicale alors qu'à quelques jours de l'été il ne fait que 10°, et que la neige est là, tout près.
Nous faisons le détour par Puerto Ingeniero Ibanez afin de réserver notre passage sur le bateau pour le 18. Le village de 3 000 habitants a été rayé de la carte en 1991 suite à l'éruption du volcan Hudson, mais s'est reconstruit depuis. Les réservations se font à la Residencial Marcial, qui rouvre à 15 heures. Et là, tuile des tuiles, nous apprenons qu'il n'y a aucune place disponible pour la voiture avant le 23 décembre, jour de notre arrivée à Ushuaia à 1800 kilomètres d'ici! Nous voilà coincés au Chili! Nous demandons à l'homme qui fait les réservations si la piste d'une centaine de kilomètres qui passe par la montagne, marquée d'un seul trait vert (donc moins bonne que la Carreterra australe, verte doublée de blanc) avec à son sommet un passage en jaune, donc franchement pas bon, est passable avec une Corsa. Il nous répond d'aller demander l'avis des carabinieros. Eux font la grimace et nous déconseillent fortement de passer le col avec une petite voiture, un 4 x 4 d'après eux étant indispensable. Ils ont une solution: faire tout le tour du lac General Carrera, ce que nous venons justement de faire depuis plusieurs jours... Le moral est en berne. Mais lorsqu'ils apprennent par où nous sommes passés et que nous avons derrière nous 1500 kilomètres de ripio dont une grande partie mauvaise, voire très mauvaise, ils changent d'avis et pensent que c'est jouable. Quant à l'idée d'Alain, passer par les pistes du nord à partir de la ville de Coyhaique, ce serait des centaines de kilomètres supplémentaires... Nous décidons de tenter la montagne samedi et en attendant filons sur Coyhaique, à 116 kilomètres au nord. Le paysage a changé du tout au tout. Il est maintenant volcanique, avec de longs cônes basaltiques qui accrochent les nuages, luisants et noirs sous la pluie ininterrompue. Tout est très vert et a un petit air de pays Basque, il y a même des moutons dodus, tout ronds avec leur épaisse toison laineuse sur le dos. Plus on se rapproche de Coyhaique (45 000 habitants), plus la circulation augmente, et pour nous qui n'avons croisé depuis plus de trois semaines que quelques rares voitures, c'est l'overdose. Nous faisons confiance au Lonely Planet et prenons une chambre à la residencial Monica. L'accueil est aimable, la maison pleine de coins et de recoins pas vraiment enthousiasmants, et la chambre sent le renfermé à tomber. Nous nous empressons d'ouvrir les fenêtres même si le fond de l'air est plus que frais. Toujours pas de serviette dans la salle de bains, ni de savon bien sûr. Je me demande pourquoi est toujours accroché dans la douche des residenciales le même antique porte-savons pour famille nombreuse, d'au moins trente centimètres de haut et rouillé de la tête aux pieds. La chambre est triste à souhait, bleu foncé et marron, avec tout un tas de vieilleries, une ampoule de 10 watts au plafond et une lampe de chevet de 5. Alain prend un morceau de Sopalin, grimpe sur le lit et enlève les fils d'araignée qui pendent ici et là. D'ailleurs, ça sent son araignée à plein nez, ici... En attendant je vais chercher des serviettes que s'empressent de me fournir le propriétaire, très aimable lui aussi. Je remonte avec deux grandes serviettes blanches trouées et déchirées, mais elles feront l'affaire. Un tour au supermercado Unimarc, où je retrouve enfin mes pralines aux amandes (appelées « Garrapinadas almendras » dans le sud du Chili et « Almendras confitas » ici, ce qui explique que personne ne connaisse depuis un moment le mot « Garrapinadas »). Nos repas du soir ne sont pas variés (quant à ceux du midi ils sont inexistants): avocats, tomates, maïs, coeur de palmiers, thon, olives noires, citron, mayonnaise Lesieur rapportée de Paris. Je commence à sérieusement saturer...
Vendredi 17
Nuit blanche ou quasi. A 4 heures je ne dormais toujours pas, tournant et retournant dans ce mauvais lit. Le matelas devait avoir l'âge des propriétaires qui, eux, étaient à la retraite. En plus le sommier était trop court, j'avais les doigts de pied recroquevillés dans le fond. Les couvertures m'arrivaient sous les bras, mais dès que je tirais dessus pour les remonter, mes orteils se pliaient en huit. On avait vingt kilos sur le dos – trois grosses couvertures plus une couette – et moi qui n'aime pas ça... Mais le froid dans la chambre était vif. Bref, si on ajoute l'odeur entêtante de moisi et de renfermé, le cocktail était prêt pour une nuit totalement blanche. Un chien s'est égosillé toute la nuit et a fini par réveillé le coq juste au-dessous de nos fenêtres, à 4 heures tapantes, qui lui-même a réveillé ses potes du voisinage! C'était complet!!
A 8 heures, j'ouvre un œil... Je prends une douche dans la salle de bains glaciale, puis nous descendons pour le petit déjeuner qu'au moins nous espérons bon. Eh bien c'est complètement raté! La salle à manger est encore plus triste que le reste, si c 'est possible, sans fenêtre, avec toujours la collection de vieilleries. Un homme seul est en train de boire son café. C'est sinistre... Trois petits pains infects, un peu de beurre, jambon et fromage mais pas de confiture ni de lait. Moi j'ai toujours du mal à démarrer la journée avec des sandwichs... et la confiture (que je ne mange qu'en voyage) me manque. Nous expédions notre thé en moins de deux et nous précipitons à la voiture.
La situation risquant de se reproduire à Puerto Ingeniero Ibáñez où il n'y a rien, nous décidons de rester à Coihaique et d'aller à l'hôtel Espagnol, hors de pris (plus de 60 euros), mais où il y a chauffage, bon lit, WiFi et le reste. Si les residenciales étaient à 10 euros, pas de problème, mais à 33, ça ne passe pas.
Nous retenons la chambre, montons nos bagages et repartons pour Puerto Aysén. La route est, là encore, superbe. Les grands lupins bleus ont tout envahi: les prairies, les berges du río, les pans de montagne. L'espèce, comme la jaune, est invasive, mais quel bonheur pour les yeux, et les rayons d'un soleil capricieux en avivent encore les couleurs!! Nous traversons un véritable jardin. L'herbe vert tendre est rase. De chaque côté de la route, d'immenses parois verticales noires recouvertes en partie de feuillus, d'énormes cônes cylindriques qui sont autant d'anciennes cheminées de volcans. On se croirait à Zion.
Retour à Coihaique et à la plaza des Armas (les zocalos mexicains). Depuis Porvenir, on sent au Chili l'omniprésence de l'armée y compris dans le moindre petit village. Les rues sont toutes dédiées au sergent Untel ou au colonel Machin, il y a toujours la statue d'un général qui trône en bonne place, les casernes occupent le terrain, les militaires vont et viennent d'un air affairé. L'hôtel Espagnol change du tout au tout par rapport à hier soir, même si la fenêtre donne sur le couloir, que le tissu de la chaise de style est complètement déchiré et qu'il y a une grosse tache d'humidité noirâtre à l'aplomb de la tête de lit. Mais le reste est parfait, notamment le lit qui est excellent. Il y a des salons partout avec de profonds et beaux canapés et tout ce qui va avec. Je prends une douche, lave un peu de linge dans le lavabo dont le bruit de la tuyauterie alerte tout le monde de la cave au grenier et poursuis le carnet. Demain matin il faudra partir de bonne heure pour avaler les 116 km qui nous séparent de Puerto Ingeniero Ibáñez et emprunter la piste de montagne de 100 km pour passer la frontière.
Samedi 18
Enfin une bonne nuit, veillés par le petit Père Noël... En ouvrant l'œil, je vois par un fenestrou près du plafond que le ciel est gris et qu'il pleuviote. Déjeuner avec œufs brouillés, miel, yaourts, jus de fruits, etc., dans un décor cent pour cent décoration de Noël. Nous réglons la chambre (dont le prix est assez original en plus d'être élevé: 42 650 pesos...) et chargeons les bagages dans la Corsa recouverte de terre marron-rouge, qui est restée en exposition devant l’hôtel… Nous n’avions pas vu qu’il y avait un parking sur l’arrière, encombré de 4 x 4 rutilants.
Route de Puerto Ingeniero Ibáñez. Les couleurs sont devenues ternes sous le ciel chargé et les sommets se cachent dans les nuages, mais nous pouvons encore admirer les longues aiguilles de lave qui dominent Coihaique. La route suit longtemps un río et se glisse entre des flancs escarpés sur lesquels s'accrochent des forêts de langas. Un gaucho chevauche tranquillement, emmitouflé dans son poncho de laine, accompagné de ses chiens. Plus on descend vers le sud plus la végétation se fait rare, et les reliefs se couvrent d'éboulis qui descendent jusqu'au milieu de la chaussée. Heureusement qu'il y a peu de circulation car il faut naviguer d'un côté à l'autre pour les éviter. La pluie maintenant se transforme en neige, il fait 4,5 °. Régulièrement aussi le bitume est remplacé par des pavés autobloquants, dans les endroits où les déformations sont trop importantes et continuelles.
Puerto Ingeniero Ibáñez, casa des carabineros. Les formalités sont vite expédiées. Le douanier/carabinero rit quand je lui demande si la piste est bonne... Effectivement, pendant une bonne vingtaine de kilomètres, soit jusqu'à la frontière, ce ne sont que caillasse, trous, rochers affleurants, pentes raides avec virages serrés, piste étroite et dérapante. Mais il y a aussi des portions de pavés autobloquants, bien agréables pour reposer les mandibules! Et puis on aperçoit le lac en contrebas, turquoise lorsqu’un fugitif rayon de soleil se pose à la surface, et les Andes enneigées en arrière-plan. La piste continue de dominer le lac… Les montagnes chiliennes faisant barrage à la pluie, on se retrouve peu à peu en plein désert. Les collines arides moutonnent à l'infini, de temps en temps, le long d'un arroyo, des peupliers d'Italie signalent la présence d'une estancia. A la fin d'une longue descente sablonneuse, nous arrivons enfin à la douane argentine qui a des allures de désert des Tartares. Perdue au milieu de nulle part, les douaniers attendent la prise qui les sortira de l'ennui. Nous avons droit à une fouille en règle de la voiture, tout y passe: la batterie du Canon et le second objectif sont secoués consciencieusement, la carte-mémoire est sortie de son étui et regardée sous toutes les coutures, les jumelles et le petit disque dur nomade également. La lessive est reniflée avec application, et tout à l'avenant. Le Canon semble intéresser grandement un des deux douaniers qui n'arrête pas de répéter « Canon, Canon », et finit par retourner à l'intérieur - où se trouve Alain - pour signaler à ses collègues la présence d' « un appareil photo Canon ». Mais ils s'en fichent royalement et lui disent de laisser tomber. Tout est OK, la prise du siècle ne sera pas encore pour cette fois. Un douanier lève la barrière: à une de ses extrémités, une grosse pierre, à l'autre une corde. Le douanier décroche la corde, la pierre touche le sol, la barrière est verticale. Lorsqu'on est passés, il tire sur la corde, la barrière revient à l'horizontale, il raccroche la corde et le tour est joué. En attendant ils ne cherchaient pas de fruits et de légumes, car j'avais oublié de finir le lait, ils l'ont vu, j'ai fait l'innocente et leur ai demandé si c'était « prohibido », et ils m'ont répondu que je n'avais qu'à le terminer en route. Ça alors! A un précedent passage de frontière un douanier avait hésité à confisquer le lait en boîte! Heureusement que sa collègue était un peu moins stupide! Côté argentin la piste a des allures de Ruta 40. Toujours le désert, toujours les rares estancias. Depuis très longtemps, la voiture a perdu sa couleur blanche, elle est marron foncé jusqu'en haut des vitres. Comme on ne voit jamais de station de lavage, on a acheté deux éponges en prévision du cours d'eau providentiellement accessible. Eh bien il est là, juste au-dessous du remblai, sur la gauche de la piste. Nous sortons les deux Tupperware, achetés en arrivant (toujours très utiles en voyage), qui vont nous servir de bassine et lavons la voiture. On se dit que le premier qui passera nous prendra pour des fous, et tiens, quand on parle du loup..., voilà un camion qui arrive! Deux petits coups de klaxon pour nous dire bonjour et il s'éloigne dans un panache de poussière. Vingt minutes plus tard, on ne reconnaît plus la Corsa!!
Perito Moreno. A l'aller, un dimanche matin sous le soleil, le gros village était animé et pimpant. Aujourd'hui, samedi en fin d'après-midi sous le ciel gris, il est mortissime. Nous allons à l'office du tourisme chercher une liste de l'alojamiento (des logements) et partons pour l'Americano puisqu'il y a apparemment une chambre de libre. Curieusement, lorsque nous arrivons, un jeune a l'air un peu débile, sans même nous rendre notre bonjour nous dit d'un air désagréable que tout est complet... Bon... retour à l'office de tourisme; nous voilà ensuite repartis pour le Belgrano, cette fois; la chambre y coûte 240 pesos, soit 50 euros, pour un hôtel très très moyen. Le village compte un nombre certain d'hôtels restaurants dus à la proximité de la « Cueva de las Manos », la grotte des mains. Il nous aurait fallu un jour supplémentaire ici - seize kilomètres d'une mauvaise piste plus deux heures de marche aller - et nous n'avons plus le temps. C'est un peu dommage car les peintures datent pour le premier groupe dit « Stylistique A » de treize mille ans – elles se distinguent par la chasse aux guanacos – alors que le second groupe date de neuf mille cinq cents ans et comporte un très grand nombre de mains, au milieu desquelles se sont égarées des empreintes de pattes de nandus. Nous prenons un chocolat et un thé dans la salle de restaurant. Tout est calme et tranquille lorsque du fond de la salle arrive une espèce d'énorme type qui allume la télévision, le son au maximum, puis s'affale sur une chaise. Il fallait s'y attendre, il regarde une émission de variétés de la pire espèce. C'est le mari de l'hôtelière, pas étonnant qu'elle ait l'air si triste avec un gus pareil...
Nous pensions manger une pizza dans un petit restaurant mais il est fermé ce soir. Je me contenterai d'une boîte de thon et de maïs et Alain de chips et de mandarines...
Dimanche 19
La salle de bains est très particulière: elle est tellement petite qu'il faut s'asseoir en travers sur les w-c, qui s'avancent dans la douche. Le problème, c'est que la douche fait exactement quarante-cinq centimètres de côté, que le rideau est trop court et que se laver là-dedans relève de l'exploit. Le rideau se colle au corps et l'eau inonde le sol. Mais c'est apparemment prévu pour, puisqu'il y a un écoulement. Ajouté à cela que les robinets du lavabo fuient et que la minuscule fenêtre, de métal peint en gris, est rouillée... La moquette est sale dans le renfoncement de la fenêtre qui laisse passer tout le vent d'Ouest, et le papier déchiré. On n'avait rien vu, hier...
Pain rassis et grillé au petit déjeuner et le thé au lait est à l'espagnol, c'est-à-dire du lait au thé. Nous ne nous éternisons pas, prenons nos sacs et allons payer. Au comptoir, le gros tas d'hier est en train de feuilleter un magazine en léchant consciencieusement son gros doigt à chaque page. Nous lui disons bonjour, il ne nous regarde pas et ne nous répond pas. Sourd et muet, probablement. A côté de lui, sa belle-mère, cent ans minimum et totalement handicapée, ne nous voit pas non plus. Une minute passe, puis deux. Alain me dit : « Apparemment, la chambre est gratuite. » On est sur le point de partir quand la vieille dame a l'air de se réveiller. Elle a toutes les peines du monde à se mouvoir, mais son gendre se contente de lui jeter un regard de travers, excédé et méprisant, de temps en temps, tout en continuant à lécher son doigt. C'est un véritable rustre!!!
Quatre cent cinquante kilomètres avant destination, sur l'Atlantique, à Puerto Deseado. Passer du Chili verdoyant et splendide à la steppe grise et poussiéreuse de l'Argentine est ardu. Nous nous retrouvons au point de départ: steppe à droite, steppe à gauche, horizon rectiligne. Entre Las Heras et Pico Truncado, des puits de pétrole – les gros criquets de métal qui, ici, comme au Nouveau-Mexique, picorent le sol poussiéreux –, des forêts de poteaux électriques et piquets en tout genre, et surtout, autour de ces deux villes, des dizaines de milliers de sac en plastique qui se sont accrochés au moindre brin d'herbe de la steppe, à perte de vue, recouvrant absolument tout, du moins pour ceux qui ont réussi à sauter les clôtures. C'est inimaginable! Nous faisons un tour dans Las Heras, « histoire de voir ». Des graphs, beaucoup de graphs qui courent sur les murs, sautent d'une maison à l'autre... Pas de merveilles, mais une explosion de couleurs dans cet environnement désolé que le vent fouille dans ses moindres recoins. Du soleil et du ciel bleu sur le béton.
Un quadrillage, comme toujours, des rues larges, et une alternance de maisons misérables, véritables taudis pour certaines, et de maisons pimpantes et colorées, avec de gros bergers allemands, pas vraiment sympathiques, derrière de hauts grillages. Ici ou là une « carniceria » (boucherie), un minimercado, une « gomeria » (endroit où l’on répare les pneus), une ancienne (?) « panificadora » (une boulangerie)…
Un dinosaure très kitsch à l’entrée de Pico Truncado, la jumelle pétrolière de Las Heras que nous éviterons cette fois, puis ensuite tout disparaît, et les choses reprennent leur aspect normal à Fitz Roy (ciudad), où nous prenons de l'essence. Je ne sais pas pourquoi, je sens qu'ici encore, on va essayer de nous rouler. Et ça ne manque pas. A peine le pompiste a-t-il la clef du réservoir en main qu'il y a déjà enfourné la pompe du « podium XXL » (l'essence la plus chère, bien sûr), qui est à 3,90 pesos au lieu de 3,26, tandis qu'un gros type qui a l'air d'être le patron se colle devant la pompe pour qu'on ne puisse rien voir. En une fraction de seconde je suis dehors et lui dis que nous voulons du super. « Mais pourquoi? Ca c'est bien meilleur! » Le temps que je m'énerve et que je lui dise que non, pour cette voiture le super est très bien, qu'il fasse celui qui ne comprend pas pourquoi je n'en veux pas, etc., le pompiste, lui, a rempli le réservoir... Il faut toujours faire très attention quand on prend de l'essence, car apparemment le touriste est un mets de choix!
Puerto Deseado. Je croyais que la route qui y mène, de 126 km, était bordée de falaises rouges, du moins c'est ce que j'avais lu sur un carnet de voyage trouvé sur Internet. En fait c'est une ligne droite de 120 km, qui traverse un paysage aussi plat que la main. Le plus beau, dans la steppe, ce n'est pas le sol, mais le ciel. Un ciel immense, avec des nuages moins variés qu'au-dessus des Andes, mais tout de même fascinants. Les derniers kilomètres escaladent de petites collines, tournent et virent. Un peu avant d’arriver, sur la hauteur, l'armée, encore et toujours, omniprésente au Chili et en Argentine. Un régiment et tous les baraquements – très pimpants – pour l'abriter. Puis, en descendant vers la mer, le bourg et le port, où se serrent les uns contre les autres cinq gros bateaux rouges. Il y a la fête foraine, manège et karaoké, et une foule incroyable de jeunes, dont beaucoup d'Indiens, qui déambulent dans les rues par petits groupes. Certains partagent du maté à la paille dans leur timbale, assis sur le trottoir. Ici et là, des affiches rappellent qu'il y a trois ans un jeune boxeur, Jesús López, a été assassiné et que ce meurtre est à ce jour resté impuni. www.youtube.com/watch?v=IDhsQ-S34Nk
Nous finissons par atterrir à Los Acantalidos, avec balcon et vue sur la mer. Nous sommes les seuls clients de l'hôtel, à deux jours de l'été. Et nous avons fait le tour de tous les autres, pas de clients non plus. Mais ici c'est très bien, des gens très aimables, et dans la chambre (pour trois personnes) téléphone (pour la première fois), télévision, Internet; dans la salle de bains, serviette, savon, shampooing et sèche-cheveux. Plus chauffage, chose rarissime!
A la confiteria de l'hôtel, je mange de l'excellente viande. Coucher de soleil magnifique, orangé, avec, sur fond de nuage noir, des draperies de pluie rose qui ne touchaient pas terre, balayées par la force du vent.
Lundi 20
Impossible d'enrouler le store, Alain a apparemment mis trop d'entrain hier soir à le dérouler, mais nous devinons qu'il fait beau. Le petit déjeuner buffet est royal, avec de délicieux gâteaux maison et la vue sur la mer en prime. Apparemment, la confiteria est le matin le rendez-vous de tous les notables du coin, des « Don » ceci et cela, dans les soixante-dix ans. C'est à celui qui aura le plus gros 4 x 4, avec le plus gros pare-chocs... Comme nous avons décidé de rester une nuit supplémentaire et que la chambre que nous occupons était réservée, on nous propose à la place une chambre de deux, juste à côté. Nous passons à la banque de Patagonie changer des euros (à 5,17). Un vigile armé le long d'un mur et à côté de lui une espèce de haute guérite blindée en métal gris mais extrêmement étroite, à laquelle on accède par deux hautes marches, avec une minuscule vitre, certainement blindée. A l'intérieur, un homme est assis et rit au téléphone. Il a l'air parfaitement à l'aise, prisonnier de ce coffre-fort de trois mètres de haut qui ferait tourner de l'œil rien qu'en le regardant n'importe quel claustrophobe...
Nous allons au port nous renseigner pour une sortie en zodiac l'après-midi, de deux heures et demie, afin de voir une pingüinera, aux « Darwin expediciones », installées dans un chalet de bois. Nous n’avons pas pris la sortie en mer d’une journée (350 pesos par personne) pour aller chez ces très étonnants manchots punks aux sourcils jaunes et à la huppe noire, les gorfous sauteurs (Eudyptes chrysocome), car la mer est très agitée et passer trois heures aller-retour à faire du trempoline en zodiac, éclaboussés par les vagues, ne nous a pas tentés plus que ça…
Aux « Darwin expediciones », nous rencontrons un couple italo-argentin qui vit à Paris, avec leur fiston de neuf ans. Tout le monde est très sympa. Le prix de la sortie est passé en vingt-quatre heures de 150 pesos à 180... Il faut être six pour partir et nous ne sommes que cinq, donc ils ont trouvé l'astuce pour rentrer dans leurs frais. En attendant 15 heures, nous suivons le TrailBlazer des gens que nous venons de rencontrer sur une piste qui mène au « cañon » de Costa Negra. Petite balade d'une heure, chacun de son côté, dans un décor aride malgré la proximité de la mer, mosaïque de terre ocre sur laquelle blanchissent les os de quelques animaux malchanceux, lagune bleu-vert, soleil de plomb.
14 h 30, retour à l’embarcadère pour le départ à 15 heures. A 15 h 30, on est toujours à quai. Nous apprenons que désormais nous ne serons plus cinq mais onze, un groupe ayant téléphoné pour réserver. 15 h 45, ils arrivent, en short, tongues et T-shirt, alors que le vent est toujours violent et que sur l’eau la température ressentie est souvent glaciale. Mais alors, quid de l’augmentation de 30 € qui nous a été demandée pour compenser la personne manquante ? Eh bien ça ne change rien. Empochés c’est gagné ! Bienvenue au pigeon étranger, espèce fort répandue en Argentine et au Chili.
Par chance il fait étonnamment chaud aujourd'hui, que se passe-t-il? Près de 30 °C! Le temps idéal pour passer quelques heures sur l’eau. Le pilote guide est très sympa, il n’en fait pas des tonnes comme cela arrive malheureusement souvent (j’ai le souvenir d’une sortie en zodiac dans le magnifique archipel de Mingan, au Québec, complètement gâchée par des commentaires stupides et ininterrompus). Nous longeons la côte et allons d'île en île: celle des cormorans gris aux grands yeux orange vif (cormoran de Gaimard – Phalacrocorax gaimardi), qui voisinent avec les cormorans noirs (cormoran impérial – Phalacrocorax atriceps). Il va sans dire combien je suis to-ta-le-ment frustrée de n'avoir que le grand angulaire!!! Le zodiac bouge dans tous les sens et les embruns éclaboussent les objectifs…
Nous laissons les falaises cuivrées aux longs stalactites de guano et continuons à remonter le bras de mer à l’abri du gros des vagues, vers les lions de mer, de tous les âges et de toutes les couleurs. Deux dauphins, joueurs et surtout farceurs, s’amusent avec le zodiac. Ils arrivent droit sous le bateau, tout le monde se précipitent sur le bord opposé pour les voir passer, et il n'y a jamais personne..., ils ont fait demi-tour ! Mais je finis par les prendre dans les filets de l’objectif.
Le clou de cette sortie en mer est le débarquement à la pingüinera, une petite île où nidifient une foule de manchots de Magellan (en espagnol on dit pingüino, mais ce sont en réalité des manchots, les pingouins étant en Arctique). Ils sont vraiment trop mignons! Dans les quarante centimètres de haut, là encore il y a beaucoup de juvéniles, voire de gros bébés de six mois, petites boules de peluche grise. Ils sont très drôles lorsqu'ils marchent d'un air pressé en file indienne, en se dandinant, droits comme des « i ». Je réussis à les approcher à deux mètres, très lentement, avec des ruses de sioux, assise par terre ou à genoux. La lumière est très belle à cette heure de la journée, l'air est tiède et le silence troublé simplement par un appel de loin en loin. Les algues vert intense recouvrent la grève par endroits et contrastent avec l'eau turquoise. Au bout d'une heure tout le monde remonte dans le zodiac. Le vent qui s'est levé nous jette à plusieurs reprises des paquets d'embruns au visage et n'épargne pas les appareils. C'est la catastrophe, le mien est couvert de sel!
Les sternes, ces si gracieuses hirondelles de mer, nous accompagnent un temps, sans perdre de vue que le garde-manger se trouve au-dessous d'elles. Elles ont presque toutes un petit poisson dans le bec. Lorsque nous rejoignons le quai, le temps a complètement changé, on ne distingue plus la ligne d'horizon, tout est mêlé, ciel et terre, dans une même brume gris orangé, très spectaculaire, mi-vent de sable mi-fumée rugeoyante d’incendie. Le temps de faire un tour en « ville » acheter des garapinadas (pralines aux amandes), les rafales ont encore forci et se sont chargées de sable. Nous nous engouffrons dans l'hôtel, enfin à l'abri, la peau brûlée et desséchée. Repas comme hier soir à la confiteria. Pendant ce temps le ciel reprend peu à peu des couleurs, et plus tard nous assistons encore une fois à un coucher de soleil somptueux sous les altocumulus.
Nous sommes en contact quotidiennement avec Françoise et Gérard depuis qu'ils ont débarqué (au sens propre) à Buenos Aires, il y a seulement quelques jours, après plus d'un mois en mer. Ce soir, ils nous disent que les rafales de vent les ont empêchés de rouler normalement et qu'ils ont failli se renverser. La semaine dernière, un Allemand s'est retourné avec sa cellule par une rafale à 200 kilomètre/heure! On espère quand même les voir demain sur la route, car on se rapproche de plus en plus. J'ai l'impression que la baie vitrée va être arrachée, quant au circuit d'aération de la salle de bains et de la chambre, le vent qui s'engouffre à l'intérieur fait un bruit de réacteur de 747! Il paraît que la spécialité de Puerto Deseado est le très très grand vent... Mardi 21
Le vent s'est déchaîné toute la nuit et a chassé les nuages. Grand beau temps donc, et température très douce. Avant de partir, je n’oublie pas de photographier le Père Noël ! Autant au Chili qu’en Argentine, ils sont souvent beaucoup plus beaux que celui qu’on connaît en France, avec sa robe de chambre rouge… Aujourd'hui, nous espérons bien voir sur la route Françoise et Gérard. D'après nos calculs nous devrions arriver à peu près en même temps à la jonction de la Ruta 3. Nous prenons de l'essence à Petrobras, qui comprend un locutorio, où je tente une énième fois de téléphoner en France avec la carte Hable Mas achetée à Buenos Aires et... qui ne fonctionne apparemment que là-bas. La route de 126 km est toujours aussi rectiligne que l'horizon. Pas une herbe dans la steppe, pas un animal non plus. Dans le ciel, de beaux nuages de type Ouest américain. Le vent chahute la voiture et je suis cramponnée au volant comme depuis le début du voyage. Arrivés à la Ruta 3, personne en provenance de Comodoro Rivadavia. Nous tournons à gauche pour Puerto San Julián à environ 260 km plus au sud. Pendant longtemps, alors qu'aucun virage ne vient briser la monotonie de la ligne droite (et sur toute une partie en ligne continue, ce qui est un comble!), le paysage est plat et gris au plus loin que porte le regard, balayé par un vent d'ouest qui souffle en violentes rafales, très déstabilisantes pour la voiture. Puis peu à peu, à une centaine de kilomètres de Puerto San Julián, les couleurs apparaissent sous la toison de petites touffes épineuses que broutent des guanacos de plus en plus nombreux. Une harde traverse la route dans un virage et s'envole par-dessus la clôture au passage de la voiture. (Ces clôtures qui, depuis notre arrivée, nous surprennent par leur longueur. Un piquet tous les dix mètres, un plus fin tous les mètres sur quatre rangées de fil de fer. Et cela sur des millions d'hectares... Un ennui mortel nous assaille rien que de penser au travail que cela représente.) Mais ces guanacos imprudents, voire casse-cou, ne passent pas tous entre les mailles du filet, car c'est le quatrième que nous voyons en peu de temps, couché sur le bas-côté. Mortellement touché. Subitement, nous apercevons tout une tripotée de nandous, un adulte avec une quinzaine d’adolescents. Nous avons appris que les mœurs de ce très gros oiseau – qui ne vole pas mais court comme tous les membres de la même famille, autruche, émeus, casoars etc. –, étaient très particulières. Au moment de la reproduction, le mâle séduit jusqu’à une quinzaine de femelles, les fait pondre à la queue-leu-leu dans le même nid, puis s’installe à leur place pour couver tous ces gros œufs. Une fois éclos, il ne se défile pas, non, il prend au contraire leur éducation complète en charge ! Et voilà comment on avait confondu un « nouveau père » avec une baby-sitter !
Les petites collines se font plus nombreuses, les ocres pâles et les roses carmin aussi. Je ne peux pas m'arrêter pour photographier sur cette route où les voitures, néanmoins peu nombreuses, passent en trombe, et de toute façon c'est le type même de paysage qui ne donne rien au grand angulaire.
Puerto San Julián. Nous retrouvons ici encore les topes mexicains, ces dos-d'âne mortels pour les voitures qui s'aviseraient de passer autrement qu'au pas. Je desserre enfin les mains du volant et m'aperçois que j'ai de nouveau attrapé une ampoule!! Passage obligé par l'Information touristique pour avoir la liste des hôtels, puis nous jetons notre dévolu sur le petit hôtel Miramar. Tout neuf, en front de mer (je devrais dire de baie), une très jolie chambre décorée avec goût, personnalisée, une grande et belle salle de bains, du chauffage, un accueil très aimable (240 pesos avec vue sur la mer, au premier étage). Le bourg, lui, est totalement impersonnel, traversé par une avenue à l'américaine, c'est-à-dire de cent mètres de large. La côte est elle aussi quelconque, rien pour accrocher le regard, du gravier gris, des algues vertes, du sable noir... Le gallion de Magellan, ou du moins sa réplique, trône en bord de mer, tout près de l’hôtel. C'est un musée que peuvent visiter pour 8 pesos les nationaux, mais pour 12 les étrangers. Décidément, en Argentine comme au Chili, le voyageur étranger est une espèce que l'on adore plumer, mais il se trouve que nous tenons à nos plumes!
En allant jusqu’au bout de la route de bord de mer, nous passons devant un mirage français rescapé de la guerre des Malouines, dont le pilote a paraît-il coulé trois navires. Beaucoup de jeunes du village ne sont jamais revenus...
Mercredi 22
Toujours aucune nouvelle de Françoise et Gérard. Nous n’avons aucune idée de l'endroit où ils ont passé la nuit, en tout cas ils n'avaient pas d'Internet (et à Puerto San Julián, les coupures ont été nombreuses jusqu'à la panne finale). La première pompe à essence est à sec, la seconde aussi. La journée débute bien. Il nous faut faire 120 kilomètres jusqu'à la pompe suivante, à Commandante Luis Piedrabuena, avec ce qu'il reste dans le réservoir. Je conduis pépère, à 90 km/h, en surveillant le compte-tours. Pendant un moment je suis de près un camion pour faire tirer la voiture. Les camionneurs argentins (et chiliens), je l’ai déjà dit, sont toujours extrêmement aimables! Ils disent bonjour quand ils nous croisent, font signe lorsqu'on peut les doubler sans risque, c'est un vrai plaisir. Les routiers français feraient bien d'en prendre de la graine. La route est terriblement monotone, le ciel triste, la steppe terne et plate. Des moutons broutent avec application les petites touffes grisâtres. De temps en temps, çà et là, une piscine pour oiseaux de passage…
Piedrabuena. Nous craignions que la pompe ne soit aussi à sec, mais l'agitation qui y règne et le monde nous rassurent tout de suite. Nous faisons le plein dans une ambiance de fête foraine, les haut-parleurs diffusant de la musique à pleine puissance.
Les kilomètres défilent en direction de Río Gallegos, grande ville rurale qui « ne présente aucun intérêt » d'après le Routard, « mais où le voyageur échoue parfois ». Les voyageurs que nous sommes comptent pourtant y passer la nuit et partir tôt demain matin pour prendre le ferry, 68 kilomètres plus au sud, si possible à 8 h 30. Il faut compter qu'avec l'heure d'été chilienne nous perdons une heure. De plus il nous faudra passer une première fois la frontière à environ 35 kilomètres, puis une seconde fois en Terre de Feu, à San Sebastián. La pluie s'est maintenant mise à tomber. Les guanacos se font de plus en plus nombreux de chaque côté de la route, ils sautent les clôtures pour améliorer leur ordinaire avec les grandes herbes aux fleurs jaune pâle qui poussent consciencieusement sur les bords... et le payent très cher. C'est même une véritable hécatombe. Nous ne comptons plus leurs dépouilles et leurs squelettes.
Enfin des virages, enfin des collines. Puis tout retombe comme un soufflé, et la banlieue de Río Gallegos se profile à l'horizon. Plus nous approchons plus je me dis que le Routard est bien au-dessous de la réalité. Sous le ciel gris, les abords de la ville sont tristes à mourir, mais probablement aussi sous le ciel bleu. Cabanes de tôle clairsemées, grillages, détritus, amas de tout ce qu'on veut un peu partout... Nous prenons la direction du centre qui n'en finit pas, encore 7 km, apercevons un Carrefour sur la droite, et hop, virage à quatre-vingt-dix degrés. Il est immense mais nous ne trouvons rien, d'autant que fruits et légumes, laitages et charcuteries sont interdits à l'entrée au Chili. Tandis que nous déambulons dans les allées, Alain a une excellente idée: partir de là illico et filer sur le terminal pour être sûrs, demain matin, d'être à l'heure pour le premier ferry. Il reste 578 kilomètres jusqu'à Ushuaia, deux frontières et un ferry où l'on peut parfois attendre paraît-il jusqu'à une demi-journée. Nous dormirons dans la Corsa, les sièges s'inclinent, et après tout nous serons plus à l’aise que dans l’avion. Adjugé! Nous sommes subitement plus légers et filons sous la pluie qui redouble, en oubliant de faire le plein d'essence en Argentine, moins chère qu'au Chili, alors qu'il ne nous reste en pesos chiliens que de quoi payer la traversée.
Le passage à la frontière est un peu laborieux car il y a beaucoup de monde, des cars, surtout. C'est la plus importante de toutes celles que nous avons vues depuis un mois. Encore une trentaine de kilomètres jusqu'à Punta Delgada, l'embarcadère et la pompe à essence. En cours de route nous vient une autre idée. Pourquoi attendre le lendemain pour passer le détroit de Magellan? Nous allons plutôt essayer de prendre le bateau aujourd’hui et nous dormirons à Bahia Azul, sur l'autre rive, au terminal de la Terre de Feu.
Punta Delgada. Nous demandons où est la station-service et on nous répond qu'il n'y en a pas..., il faut aller jusqu'à Cerro Sombrero, de l'autre côté du détroit, au bout de la route goudronnée de quarante kilomètres. Notre carte est donc erronée! Il n'y a pour l'instant qu'un camion et un 4 x 4 brésilien. Nous prenons la file, d'autres camions arrivent peu à peu, quelques pick-up également, mais ce n'est pas la foule des grands jours. Il y a deux ferrys qui font la traversée en alternance, tous les trois quarts d'heure jusqu'à minuit 15.
Les dauphins nous accompagnent pendant le passage du détroit de Magellan qui est à cet endroit bien plus resserré qu'entre Porvenir et Punta Arenas. Le ciel s'est dégagé derrière nous et s'est chargé de plus en plus devant... Il est maintenant 19 h 30, nous nous sommes évité trois heures et demie sur la journée de demain, et alors que nous sommes au milieu du détroit, il nous vient la troisième idée de la journée: pourquoi ne pas poursuivre jusqu'à la pompe à essence de Cerro Sombrero? En débarquant en Terre de Feu, nous nous apercevons qu'il n'y aurait pas eu le moindre endroit pour garer la voiture au terminal. De Bahia Azul, totalement différent de celui de Punta Delgada. Ici, seule une rampe bétonnée bordée de deux murs mène de la sortie du ferry à la steppe au-dessus.
Les quarante kilomètres sous la pluie battante sont vite avalés. Il faut faire un détour de dix kilomètres pour Cerro Sombrero par rapport à la piste que nous comptons prendre demain, et qui passe par Onaisin. En arrivant dans le village, nous avons la très bonne surprise de voir qu'il y a une hosteria à l'entrée – l’hosteria Tunkelen –, qui n'est indiquée nulle part et que nous n'avons pas vue non plus sur Internet. Elle est pimpante et n'a aucune concurrente, ce qui n'augure rien de bon pour les prix. Effectivement, la chambre double est à plus de 80 euros! Nous décidons alors de prendre une chambre dans l'annexe, qui a dû connaître des jours meilleurs, à deux lits jumeaux avec salle de bains partagée, type refuge, pour l'équivalent d'une trentaine d'euros, petit déjeuner inclus, que nous payons en dollars. Puisque nous devions normalement dormir dans la Corsa, ce sera toujours beaucoup mieux. C’est très calme, ici, à l’écart de la piste et loin de tout . Les petits moutons frisés de la steppe patagonne broutent infatigablement dans la lumière dorée du soir qui tombe. La journée est terminée, nous nous sommes bien avancés sur notre route pour Ushuaia, et nous dormons finalement au chaud et dans un vrai lit, ce qui était inespéré...
Jeudi 23
Après le petit déjeuner dans l’annexe salle de restaurant de l’hôtel, sur l’arrière, en compagnie de Brésiliens qui avaient pris le ferry avec nous à Punta Delagada, nous nous dépêchons de partir avant que le premier ferry ne débarque àBahía Azul et que les camions n'envahissent la piste. Tout le long des 400 km qui nous séparent d'Ushuaia, nous constaterons pour la énième fois combien tous les routiers sans exception sont courtois, attentifs et prévenants. Quelle différence avec les particuliers qui nous croisent sur la piste à toute allure, sans ralentir ni se pousser d'un poil, en sachant qu'ils risquent de faire éclater notre pare-brise... Et certains me font même des appels de phare répétés parce que je ne mets pas les codes, comme la loi l'exige, quel excès de zèle! Je me demande bien à quoi ils peuvent servir sur des routes rectilignes à l'infini, alors que la voiture est blanche, sinon à dépenser un peu plus d'essence. La Terre de Feu est incomparablement plus belle que toute la route que nous venons de faire depuis Perito Moreno (ciudad). C’est un archipel dont l'île la plus grande, la isla Grande, est assimilée à toute la Terre de Feu. Le sol se soulève en collines sur le dos desquelles on dirait qu'est jetée une épaisse toison végétale qui ne descend pas tout à fait jusqu'en bas. Moutons ou petites vaches broutent un peu partout l'herbe blonde, souvent accompagnés de toute sorte d'oiseaux pourvu qu'il y ait un peu d'eau: flamants, canards, cygnes à col noir, poules d'eau, oies. La longue chevelure gris clair des lichens envahit de nouveau des bosquets entiers. Puis les collines laissent la place aux montagnes couvertes de forêts de langas et aux sommets encore enneigés, aux lacs et aux rivières.
Ushuaia, plus de 60 000 habitants. La ville est étendue le long de la baie mais ses maisons basses et ses jardins donnent l'impression d'une petite agglomération. D'après nos calculs, Françoise et Gérard doivent déjà être là. Nous allons directement aux cabañas del Beagle, sur les hauteurs, et faisons la connaissance d'Alejandro, le jeune propriétaire qui les a entièrement construites de ses mains. Elles sont grandes (50 m2) et magnifiques, avec d'immenses baies vitrées en angle jusqu'au plafond, très haut, ce qui donne l'impression d'être à la fois dehors et dedans. Au-dessous, par-delà les toits, on aperçoit la baie.
La suite (la semaine à Ushuaia) arrive très bientôt. Et grâce à Gérard (Vilcanota) qui m'a prêté son objectif Canon 70-200 f/2,8 et que je remercie encore une fois ici, les photos seront enfin de bien meilleure qualité!
La version définitive avec photos (il faut patienter un peu pendant le téléchargement, comme toujours 😊) et un texte plus complet se trouvent ici (carnet optimisé pour Google Chrome):
www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_90.html

Lundi 22 novembre
Décollage 23 h 20 sur Air France. Vol de nuit long, très long : treize heures ponctuées de turbulences plus ou moins fortes, plutôt plus que moins, d'ailleurs.
Mardi 23
Arrivée à Buenos Aires à 8 h 50, Herge est là, ce qui est bien agréable. Nous voyons défiler la campagne, verte, si verte après Paris, les arbres sont en fleurs et il fait 25°. Trois quarts d'heure plus tard nous entrons dans son appartement, sur Ayacucho, au croisement de Corrientes. Quatrième étage, baies vitrées, long balcon, salon, chambre et lit excellent, cuisine, salle de bains, c'est parfait. Au-dessous, le bruit est constant mais dans la chambre, sur la cour, nous n'entendons rien. Une douche, et une heure plus tard nous voici dehors, à crapahuter sur Corrientes jusqu'à l'obélisque et au-delà, pour prendre le pouls de la ville... qui bat très vite. La pollution est extrême, nous pique les yeux et nous prend à la gorge. A côté, l'air de Paris semble bien pur. Le soir, dans une pizzeria sur Corrientes, tout près, nous mangeons une tortilla et des lasagnes obtenues après une heure d'attente alors qu'il y a très peu de monde, puis nous rentrons nous coucher. Je n'ai pris aucune photo car Herge m'a déconseillé de me balader avec le Canon, trop voyant.
Mercredi 24
La journée a mal commencé: plus de batterie pour le netbook et les prises de l'appartement ne voulaient pas de la nôtre pour le recharger. Ensuite nous nous apercevons que le taxi commandé par le gardien de l'immeuble (via Herge qui est parti pour une semaine en Uruguay) pour vendredi matin est pour l'aéroport international (Ezeiza), à 35 km et non pour l'aéroport national (AEP), dans BsAs. Nous prévenons donc le gardien, il décommande le taxi pour EZE et le recommande pour AEP. Je passe un mail à Herge en lui disant qu'il s'est trompé et là il nous répond, heureusement rapidement, "AEP est fermé du 23 novembre au 1er décembre". Panique à bord, nous retournons voir le gardien qui redécommande et rerecommande... On le trouve vraiment très relax, il dit que une heure quarante avant c'est largement suffisant et n'en démord pas: quarante minutes de trajet + une heure avant le décollage. Oui, mais s'il y a un problème sur l'autoroute?
Peu après, je m'aperçois que le Canon est HS!!! Impossible de prendre des photos, erreur 99. Je farfouille comme à mon habitude sur Internet pour me dépanner et je finis par trouver. Je teste le boîtier, ce n'est pas lui, puis l'objectif (le 17-85mm) et c'est là que se trouve le problème. Je nettoie les contacts, rien à faire. Puis j'ai une idée; je fais un essai avec le Sigma 10-22 et ça fonctionne! Ensuite je fais un nouvel essai avec le 17-85 à 17 mm, rien, à 24, rien, à 35 et là, bingo, c'est bon! Bruit, bruit, bruit, circulation intense, foule, chaleur humide... On a été à la plaza de Mayo (ici, prononcé Majo) et ce ne sont pas les mères des disparus que nous avons trouvées mais des vétérans des Malouines! Quelques musiciens aux dreads jusqu'à la taille jouent du reggae, nous restons un moment à écouter le chanteur, vraiment très beau...
En repartant par l'avenida de Mayo, un arrêt pour goûter les glaces de Buenos Aires (au pomelo, moyennes, ce ne sont pas celles de Berthillon...), puis un autre au Café Tortoni, qui vaut vraiment le coup d'œil. Borges est partout, en photo, en mannequin grandeur nature... Beaux vitraux au plafond, hautes colonnes marron foncé, lithographies et photos alignées sur les murs, plus une flopée de serveurs. J'ai bu un très bon chocolat au goût fumé et mangé trois churros plus que moyens. Toujours pas de photos mais demain je prendrai quand même l'appareil, ne serait-ce que pour photographier ces arbres à floraison mauve magnifique qui tranche sur le noir de leur tronc: des jacarandas, ou flamboyants bleus.
Jeudi 25
J'ai été boulottée par un moustique invisible, durant la nuit, mais haut de gamme... J'ai l'avant-bras droit tout enflé...
Normalement, aujourd'hui on devait aller à Colonia, en Uruguay. Mais le prix de la traversée aller-retour du Rio de la Plata (170 euros), ajouté au nombre d'heures passées sur l'eau (plus de six heures) pour le peu de temps sur place (quatre heures), nous a découragés. Une autre fois, peut-être.
En face de l'appartement il y a un magasin de fruits et légumes. Entre les dragueurs (les Argentins ont l'air très dragueurs) et les pas aimables, on est servis... On est (je suis) accueillis par des clins d'œil appuyés ou par une mine de dix pieds de long. Les fruits eux non plus ne sont pas avenants mais hier on a quand même acheté quelques mandarines sucrées et bourrées de pépins. Ce matin, j'ai observé depuis le balcon des vendeurs entasser des dizaines et des dizaines de cagettes, la moitié vides et l'autre pleines de tomates, oignons, salades, et de tas d'autre légumes ou fruits. Et depuis une vingtaine de minutes, j'entendais un bruit incessant sous les fenêtres, je regarde et je vois que ce sont les éboueurs qui jettent dans le broyeur le contenu de toutes les cagettes. Quel gâchis! Il n'y a aucune récupération (et apparemment non plus aucun tri de poubelles dans les immeubles). Je n'ai vu personne venir récupérer ce qui était bon à manger... J'ai mis le Canon dans mon petit sac et nous sommes partis comme des voleurs faire des photos des flamboyants devant le Museo del Patrimonio de aguas argentinas, sur l'avenida Cordoba. Au retour nous avons croisé Gorge, le gardien de l'immeuble, qui nous a présentés au chauffeur de taxi qui nous amènera demain matin à l'aéroport. Un petit pépé bien sympa qui a “toute sa confiance”. C'est une sécurité parce que apparemment, chez les chauffeurs de taxi, on trouve de tout. Herge, sur son site, fait le rappel des réjouissances:
www.petitherge.com/...n-taxi-38132291.html
Par la même occasion, on lui a dit qu'on comptait aller au parque Lezama, au sud de Telmo et il a proposé de nous appeler un radio-taxi “Premium” (écrit sur la porte arrière), totalement sûrs d'après lui. Je lui ai demandé ce qu'il pensait d'emporter le Canon et il n'a pas hésité une seconde, il a ri et s'est écrié: No! No! NOOO!!! Vingt minutes plus tard on était arrivés, pour environ 6 euros. Le parc est petit mais avec de nombreuses essences d'arbres inconnues de moi, étranges et belles, l'une avec des racines comme celles des fromagers, une autre à pied d'éléphant géant, certaines, de drôles de conifères mi-séquoias mi-araucarias, le tout plutôt du genre pleureur, bourrées de perruches vertes (conures de Patagonie) en train de faire leur nid. De ses hauteurs on a une vue sur l'église orthodoxe russe et ses dômes bleu et or... qui sentent son Las Vegas. Puis nous avons déambulé dans les petites rues de San Telmo, ancien quartier des marins, ainsi nommé à cause du dominicain Pedro González Telmo, bordées d'anciennes demeures coloniales qui ont vécu leurs plus belles heures il y a bien longtemps. En 1871, les riches familles qui les habitaient les ont laissées derrière elles avec l'épidémie de fièvre jaune. Décrépitude, oui, mais avec un reste d'élégance. Aujourd'hui tous les établissements de tango se concentrent dans son périmètre. Un détail renseigne sur la sécurité du quartier qui n'est pas loin de la Boca, ce sont les épaisses barres de fer et grilles en tout genre qui protègent absolument toutes les ouvertures au moins jusqu'au premier étage!
Dans la rue en pente, trois antiques bus de la ligne 213 se suivent... N'étant apparemment même plus bons pour la casse, ils ont rempilé! Un tour à la Galeria de la Defensa, qui date des années 1880 et était la résidence de la famille Ezeiza, désormais remplie de vieilles choses à vendre, vêtements, gants, vaisselle, bric-à-brac..., un autre au Mercado San Telmo pour trouver un maillot de foot argentin à Loïc (bredouilles) et nous empruntons, à pied et toujours au pas de charge, le chemin du retour. L'envie nous prend soudain de faire un stop avant de mourir asphyxiés, aussi nous entrons manger une bricole dans un café-resto. Le serveur qui s'occupe de nous, la soixantaine très militaire, est absolument odieux! Bonjour l'hospitalité et la gentillesse argentines! Pour l'instant nous ne l'avons rencontrée que chez le portier du Café Tortoni et chez le gardien de l'immeuble d'Herge. Au moment de partir, je me lève et je sens un doigt qui s'enfonce dans mes côtes, c'est lui qui me pousse pour se précipiter devant nous et nous ouvrir la porte. Je n'en reviens pas et le gratifie d'un “Gracias!” étonné mais poli. Oui, sauf qu'Alain, qui me suivait et a tout vu, me fait remarquer que ces ronds-de-jambe étaient destinés au gros personnage suant et soufflant qui sortait derrière nous et que le serveur avait même l'air mécontent que nous soyons sortis les premiers. Mince, alors!! Et dire que je l'ai remercié!!
16 heures. Ouf, nous voilà “chez nous”, un nombre certain de kilomètres dans les jambes et quelques kilos d'oxyde de carbone en plus dans les poumons! Une bonne douche, quatre thés et des orangettes de la Maison du chocolat (achetées à prix d'or à Roissy, mais je ne résiste jamais devant mon chocolatier préféré) plus tard, je me sens mieux. Alain, lui, est reparti faire les librairies qu'il n'a pas encore visitées.
Vendredi 26
A 7 heures moins dix, tandis qu'on attendait l'ascenseur, le gardien nous appela sur l'interphone pour nous dire que le taxi était déjà là. Quelle ne fut pas notre surprise de voir que le petit pépé sympa de la veille n'était pas du tout un chauffeur de taxi mais un particulier avec une voiture qui avait apparemment son âge... Le pare-brise portait huit estafilades, autrement dit il s'était pris un sacré gnon et était près de rendre l'âme. A l'arrière, les ceintures de sécurité devaient être là pour la décoration car elles ne fonctionnaient pas.... Bon, il n'était plus temps de dire quoi que ce soit et nous avions toute confiance dans le gardien d'Herge. En avant, donc, pour Ezeiza. Le pépé faisait des écarts à droite, à gauche, mais dans l'ensemble ça se passait bien jusqu'au moment où il entreprit de tirer un billet pour le péage d'une pochette posée à côté de lui. Il lâcha alors le volant et se battit d'abord avec la fermeture Eclair qui ne voulait pas s'ouvrir, puis avec le billet qui, lui, ne voulait pas sortir. Pendant ce temps je pensais qu'il ne devait pas avoir d'assurance, sinon il aurait fait réparer son pare-brise. Une fois le péage passé, rebelote, volant lâché pour rouvrir la pochette et y glisser la monnaie... Bref, j'avais hâte d'arriver. Je me disais qu'au moins on paierait moins cher qu'un taxi appartenant à une compagnie. Eh bien non, c'était encore plus cher, 150 pesos au lieu de 130.
Après avoir patienté dans une queue de un kilomètre de long, nous avons finalement embarqué pour Ushuaia via El Calafate sur un A 320, durée du vol : près de trois heures. Je n'ai pas dérogé à la règle et ai vu ma dernière heure arriver au moment du décollage, mains moites et respiration bloquée. Je ne sais pourquoi, le commandant de bord ne cessait de passer des messages – c'était apparemment un grand communicateur - et à chaque fois je me demandais ce qui allait arriver. Jusqu'à ce qu'il annonce qu'il y avait “un petit problème technique”. Là, je me suis décomposée... Le problème en question concernait la télévision mais il n'y avait pas de télévision. Vu que tout le monde était d'un calme olympien, ça m'a un peu rassurée. El Calafate, presque tout le monde descend mais peu après toutes les places sont à nouveau prises par les gens qui vont soit à Ushuaia, une minorité, soit sur BsAs.
Tierra del Fuego, Terre de Feu. Ainsi nommée à cause des feux que maintenaient allumés les Indiens Yaghans et Alakalufes, qui vivaient presque nus sur ces terres fouettées par le vent et la pluie. Nous prenons un taxi privé conduit par une femme (22 pesos) et nous voilà sur Gobernador Deloqui, au 271, à la Casa Familia de Zaprucki. Vraie petite maison en dur dans le jardin, à gauche cuisine salle à manger, au milieu salle de bains, à droite belle chambre, le tout nickel (60 euros). Nous sommes accueillis par une Mamie très aimable et qui a l'air d'adorer Paris. Peu après c'est sa fille ou sa belle-fille qui frappe à la porte. Elle nous apporte une bouteille de deux litres d'eau, un pain complet entier, un litre de lait, un paquet de fromage et un autre de jambon plus du beurre et un pot de dulce de leche. Ça fait très panier du Petit Chaperon rouge. Le tout pour le petit déjeuner. En fait on goûtera avec, et on en mangera aussi le soir...
Ushuaia, dans un autre genre, rappelle San Francisco : on monte ou on descend en permanence. Les photos que nous avions vues de la ville, qui compte quand même 60 000 habitants, étaient trompeuses, car elles ne donnent qu'un minuscule aperçu. C'est le centre-ville qui est constamment photographié, mais les constructions s'étendent loin de part et d'autre. Dès l'arrivée on a eu droit à une tempête de neige, au soleil, à la pluie, au grésil. Ici, au moins, c'est varié et à vitesse grand V. On a passé trois heures à arpenter San Martin et les rues adjacentes. Les numéros n'ont aucune logique; on passe de 238 à 270 par exemple. Ce qui fait que pour repérer l'agence de location de voitures, on a le plus grand mal à trouver le 245... Bon, on verra demain. Pour l'instant on est crevés, il fait grand jour (à 21 heures). Mais on va ressortir sur le canal de Beagle, dans le froid glacial. Quelle transition avec Buenos Aires!! Un ferry de croisière est à l'ancre, tous feux allumés, au milieu de la baie aux couleurs de mercure...
Samedi 27
Nuit glaciale, j'ai à peine fermé l'oeil... Ce matin après quelques allers-retours sur San Martin, à cause de ces sauts de numéros, nous allons chez Hertz récupérer la Chevrolet Sedan. Le coffre est grand et nous pouvons charger tous les bagages dedans.
Peu après être partis, sur la route n° 3 qui est donc bitumée, nous avons reçu une caillasse en plein pare-brise, ça commençait bien, suivi illico presto au croisement d'un camion, d'un appel d'air monumental qui a projeté avec une violence incroyable sur le haut du pare-brise un énorme truc noir. On a cru notre dernière heure arrivée, et tout ça en une fraction de seconde. C'était l'avant du capot qui avait été éjecté sous le choc. Un morceau de plastique/caoutchouc, pour faire joli sous le logo Chevrolet. Enfin on suppose vu qu'il ne reste que les rivets...
A San Sebastian, trois maisons et la douane argentine, nous passons un certain temps car nous arrivons en même temps qu'un car de passagers. Puis quelques kilomètres plus loin, rebelote, cette fois avec la douane chilienne. A chaque fois, nous avons droit au match de foot diffusé sur un écran de télévision au cas où policiers et douaniers s'ennuieraient...
145 kilomètres nous séparent maintenant de Porvenir, capitale de la Terre de Feu chilienne, 6000 habitants, par une piste de caillasse. La pampa fuégienne est gris-bronze sous le ciel chargé, éclairée çà et là par quelques touffes de fleurs jaune pâle et poussiéreuses. Nous espérons que nos enquiquinements vont s'arrêter là et que nous n'allons pas crever. Heureusement, il ne pleut pas et le vent a un peu faibli.
Tout à coup, on aperçoit au loin, devant nous, une silhouette. En arrivant sur elle, on voit que c'est un énorme malabar, avec une carrure de rugbyman, le bonnet enfoncé jusqu'aux yeux et la mine plutôt patibulaire, qui nous fait de grands gestes. A peine une seconde d'hésitation et nous passons sans nous arrêter, malgré un sentiment de culpabilité... Je dois dire que ni l'un ni l'autre n'avons voulu prendre de risque. On ne comprenait pas ce qu'il faisait là, à 65 kilomètres de Porvenir, alors qu' il n'y avait aucune voiture arrêtée nulle part. Et les 4X4 chiliens que nous avions croisés peu avant ne s'étaient donc pas arrêtés non plus. Moi j'ai repensé au couple de Français assassinés en Bolivie...
Une maison de tôles sur la gauche, un étang et, dessus, une centaine de flamants très très roses. Etrange, en un tel endroit... Depuis un moment ça sent fortement le brûlé et on se demande si ce n'est pas la voiture, de même que depuis longtemps on aperçoit la pluie qui tombe au loin, en avant de la piste et on ne la rattrape jamais. En fait, les deux sont liés puisqu'il s'agit d'un incendie apparemment important, dégageant une épaisse fumée qu'on prenait pour un nuage de pluie.. Bien sûr, le problème se pose de savoir s'il coupe la piste ou si on va y échapper... Le soleil fait maintenant quelques apparitions et colore l'herbe grise en vert acidulé. Je regrette d'autant plus que l'objectif soit esquinté car le 10-20 ne me sert pas à grand-chose ici. Nous longeons l'immense Bahia Inutil et ses eaux gris sombre, crêtées d'écume blanche. Le long de la côte de galets, les cabanons de tôle rouillée se font plus présents... Porvenir et ses maisons de toutes les couleurs, vertes et rose, jaunes, orange, bleues et mauves, aux toits de tôle rouillés pour la plupart. Beaucoup sont en fin de règne... Nous allons directement à l'hôtel Rosas (bien, 26 000 pesos la chambre double) et le temps de nous installer, le soleil a disparu, laissant place à une température glaciale. Bien au chaud dans la chambre, nous n'avons plus envie de ressortir et attendons en lisant et en écrivant le repas du soir, qui sera hors de prix et franchement pas bon.
Dimanche 28
Bonne nuit sous les épaisses couvertures. Dire qu'on est presque en été... A 16 heures on prend le bateau, j'espère du moins qu'on aura une place pour Punta Arenas car on n'a pas réservé (deux heures et demie de traversée). Mais en attendant, que faire? Nous projetions d'aller sur les pistes environnantes mais le risque de crevaison juste avant de prendre le ferry nous fait reculer. Un Coréen du Sud, “businessman” de centollas ou King Crabe comme il se décrit lui-même, habitué des lieux, négocie avec Alberto, l'hôtelier, de pouvoir rester dans la salle de restaurant et nous dit de faire de même, ce qui nous arrange bien.
Il est maintenant plus d'une heure et demie et nous allons “visiter” Porvenir en attendant l'ouverture de la compagnie maritime. Nos pas nous mènent droit au cimetière... Porvenir est une ville, curieusement dans cette partie du monde, à fort pourcentage croate. Ils se sont installés dans les années 1880, lorsqu'on a découvert de l'or dans la région. Sont venus ensuite des habitants de l'île de Chiloe et, même s'ils n'ont pas fait fortune, ils ont trouvé du travail dans les estancias. Aujourd'hui, la plupart des habitants sont des descendants de ces pionniers. Cette colonisation a malheureusement en peu de temps anéanti les premiers habitants des lieux, chasseurs cueilleurs ou pêcheurs. Le cimetière est extraordinaire, toutes les formes d'architecture sont représentées. Il y a même de curieuses petites cases vitrées entassées les unes sur les autres, avec photos, fleurs, etc., prolongées par les tombes.
16 heures, nous sommes à l'embarcadère. Pas de problème pour prendre les billets. A 17 heures, nous partons pour deux heures vingt de traversée du mythique détroit de Magellan. Le ferry se remplit très vite, essentiellement de jeunes qui rentrent à Punta Arenas pour le lycée. Un Chilien vient s'asseoir à côté de nous, très sympa. C'est un réfugié politique qui a fait ses études en France puis qui s'est installé en Suède. Thérapeute familial.
19 h 20. Le ferry est à l'heure. Nous sortons dans les premiers et trouvons assez rapidement l'hôtel Joshiken que nous avions repéré sur Internet mais où nous n'avions pas réservé car il fallait payer à l'avance. Jolie maison tout en bois clair, très propre, belles chambre ensoleillée (du moins par moments...) et salle de bains. Et en plus très bien placée, près de la plaza de Armas. Punta Arenas est une ville étendue, aux maisons colorées, avec beaucoup d'arbres torturés par le vent, magnifiques, et très plaisante malgré ce que nous avions lu. Le propriétaire nous indique plusieurs restaurants “tous très bons”, où l'on sert du poisson frais. Nous allons à “Jekus” et nous nous régalons d'une cuisine très fine et d'une excellente bouteille de vin rouge chilien, dans un cadre superbe, tout en bois. Avec de nombreuses références de toute sorte aux Indiens disparus...
Lundi 29
Ce matin, grand soleil. Ici, en cette saison, les nuits sont courtes, le soleil se couchant vers 22 heures et se levant vers 5 heures. C'est d'ailleurs lui qui nous a réveillés. Après un bon petit déjeuner qui fera aussi repas de midi, nous partons nous balader du côté de la plaza de Armas. Dans le parc qui en occupe le centre, un bel office du tourisme et de nombreuses roulottes, qui sont des stands où l'on vend beaucoup de vêtements de laine et d'alpaga, très colorés. Tandis que l'on se balade tranquillement, et que cinq minutes plus tôt il faisait chaud, une averse de neige se met à tomber. Et ce sera comme ça tout au long de la journée, une alternance de ciel bleu, de neige, voire de ciel tout bleu et de gouttes d'eau dont on se demande à chaque fois d'où elles viennent et si ce ne sont pas des “pipis d'oiseaux” ;-). Nous devions normalement aller à l'Isla Magdalena voir la colonie de manchots, mais le passage sur le ferry du détroit de Magellan a sérieusement refroidi Alain qui a généralement le mal de mer. Il faut dire que, par moments, on aurait pu croire que le ferry allait se briser en deux lorsqu'il prenait les vagues par le travers. Et la conversation avec le Chilien avait bien arrangé les choses, pour détourner son attention des bonds que faisait le bateau. Donc nous décidons d'aller au Seno Otway voir une autre petite colonie, à une heure de route dont une quarantaine de kilomètres de piste. A douze kilomètres de l'arrivée, nous devons payer d'abord 3000 pesos, une espèce de droit de passage, puis 10 000 pesos pour l'entrée de la pingüinera (ce qui fait au toatl une vingtaine d'euros). Il pleut par intermittence. Nous prenons le sentier de bois de 1500 mètres de long à la recherche des manchots (les pingouins, eux, sont en Arctique). Je n'arrête pas de pester après l'objectif 17-85 mm qui a définitivement rendu l'âme, je ne peux même pas m'en servir en automatique et suis cantonnée au grand angulaire. Tout ce qu'il faut, en effet, pour photographier des manchots seulement visibles des miradors, ou presque. Lorsque je mets l'œil au viseur, on dirait des crottes de mouche. Nous en voyons quelques-uns se dandiner à la queue leu leu, vraiment trop mignons, ce qui me fait pester encore une fois. Le pire, c'est que j'ai emporté les jumelles de Paris spécialement pour eux et que nous les avons oubliées à Punta Arenas!! Nous mettons cela sur le compte de l'extrême fatigue dans laquelle nous étions avant de partir. Et le voyage n'a rien arrangé... Finalement, nous trouvons que c'est bien cher payé pour un si long chemin et seulement quelques manchots de-ci de-là, faisant une bronzette sur la plage ou jouant à cache-cache avec nous.
Retour à Punta Arenas. La plaza de Armas, cet après-midi, a complètement changé d'atmosphère. On dirait le parc Montsouris (à Paris) après la sortie de l'école. Punta Arenas est une ville très jeune, bourrée de lycéens et d'étudiants.
Ce soir, nous retournons manger chez Jekus, pour fêter mon anniversaire le 1er décembre (à ce moment-là nous serons en refuge à Torres del Paine). Je n'ai jamais mangé d'agneau aussi bon... En sortant, il fait un froid glacial malgré toutes nos couches de Damart, laine et polaires, pas loin de celui de Sept-Iles (dans le nord du Québec) au mois de février...
Mardi 30
En partant pour Puerto Natales, nous retournons au bureau de change. L'argent file ici à vitesse grand V.
Nous quittons la province de l'Ultima Esperanza pour entrer dans celle des Magallanes.
La route est déserte, le ciel gris, le vent omniprésent. Nous dépassons soudain un Cristo del Camino à l'abri d'un bosquet, insolite dans ces espaces désolés. Le grand angle lui fait faire un bond en arrière, et le fait de le rapprocher sous Photoshop lui confère un flou... très peu artistique... Régulièrement, sur le bord de la route ou des pistes, on retrouve de ces petits hôtels mortuaires, avec photos, fleurs et souvenirs, et drapeau rouge claquant au vent, dont nous ignorons la signification. Mais en arrivant dans l'après-midi à Puerto Natales, au bord du Pacifique, après 250 km de steppe aride et hyper ventée (quel sport de conduire comme ça, accrochée au volant!!), la surprise est de taille! Là ce sont des centaines de bouteilles en plastique – remplies en partie d'eau à cause du vent – qui veillent les morts... La petite ville (ou le gros village, au choix) est très différente, toutes proportions gardées, de Punta Arenas. Les maisons sont basses et d'aspect plutôt délabré, toujours très colorées. Nous remarquons que les Chiliens, du moins dans le Sud, ne se préoccupent pas de l'aspect extérieur de leurs habitations. Tôles disjointes, peinture écaillée, le tout a souvent un aspect branlant et peu engageant, alors que l'intérieur est particulièrement pimpant et soigné. Les gens sont en général de petite taille, si l'on excepte certains Croates de Porvenir. Au Pléistocène (- 2000 000 d'années à - 10 000 ans), un animal fantastique arpentait ces terres du bout du monde, une espèce de grizzly herbivore à queue de kangourou, deux fois plus haut qu'un homme, appelé Milodon ou, plus simplement, Glossotherium robustus. La Cueva del Milodón en abrite un spécimen, mais en carton-pâte, c'est la raison pour laquelle nous n'avons pas fait le détour lorsque nous avons quitté Puerto Natales pour rejoindre le parc Torres del Paine. Le milodón qui trône en bord de mer, à Puerto Natales... L'hôtel Chorrillos est basique mais très agréable, très bien tenu et la propriétaire est extrêmement aimable. Nous discutons avec un Fran��ais installé à l'ordinateur de l'accueil, barbe et cheveux blancs, parti avec sa compagne le 10 juillet en vélo du Pérou (c'est exactement le genre de voyage qui ne m'attire pas, pédaler comme un forcené en se battant constamment contre un vent déchaîné, mais je suis très admirative). Ils s'y sont fait attaquer et voler une première fois, puis une seconde fois on leur a dérobé appareil photo, caméra et argent. Ils avaient été repérés sur le marché, puis suivis en dehors de la ville en... taxi!! L'un des quatre agresseurs (quel courage!! à quatre contre deux!) a cassé une bouteille, jeté sa compagne à terre et lui a mis le tesson sur la gorge... Courses au supermarché – Unimarc, comme à Punta Arenas – où l'on finit par trouver un camping-gaz et les cartouches qui vont avec, puis retour à l'hôtel afin de préparer les sacs à dos pour les quatre jours à venir. La chambre est dans un état! On croirait qu'on part en expédition en autonomie pour six mois ;-)): nourriture d'un côté, vêtements de rechange, appareil photo, jumelles, GPS de l'autre. Le 17-85 mm est définitivement HS, ce qui fait que je n'ai plus que le grand angulaire. Plutôt catastrophique pour un voyage pareil... Adieu tous les gros plans, comme celui de notre premier nandou croisé aujourd'hui, ou de cet adorable renard argenté aux grands yeux noirs en amande qui s'est couché dans l'herbe quand il a vu qu'on s’arrêtait pour le regarder. Il est resté là, à nous surveiller du coin de l'œil, jusqu'à ce que la voiture redémarre. Puis il est reparti de son côté et nous du nôtre. Je l'ai quand même casé dans un petit coin de la carte-mémoire. Le voici, démesurément grossi sous Photoshop, disons... dans un flou gaussien... Dehors, une multitude de chiens se font la conversation d'une rue à l'autre.
Mercredi 1er décembre
Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. La nuit a été courte mais je me suis endormie tout de suite, bercée par le plus doux bruit qui soit, celui de la pluie qui tambourinait sur le toit de tôle de l'hostal... Le problème, c'est que ce matin il tombe une pluie torrentielle, fouettée par un vent qui doit avoisiner les 120 km/h. Autrement dit des conditions idéales pour entamer une randonnée de huit heures. Excellent petit déjeuner avec du cake maison et des yaourts aux fruits, entre autres. Cet hostal est une excellente adresse, pas chère (20 000 pesos), et la propriétaire est très aimable. Nous discutons avec un jeune couple de Français qui nous annonce que la piste la plus longue, celle de Laguna Amarga, c'est-à-dire l'entrée Nord, est désormais bitumée. Plutôt que de prendre la nouvelle piste plus courte de moitié qui mène à l'entrée Sud, nous choisissons la facilité, puisque du ripio, nous en aurons à revendre dans les semaines à venir. Nous partons donc, seuls sur la route. Mais à Cerro Castillo, surprise, la route devient piste, et mauvaise piste puisqu'il s'agit d'une (très mauvaise) déviation. Quelques kilomètres plus loin, passé un gaucho plus vrai que nature sur son cheval, béret vissé sur la tête qui le protège mal de la neige qui tombe en abondance, et poussant son petit troupeau de vaches, nous retombons sur la route mais pour peu de temps. Les derniers 90 kilomètres seront de nouveau de la piste. Nous voyons encore une fois des guanacos, et encore une fois je peste de n'avoir que le grand angulaire. Une fois à l'entrée du parc, nous allons payer dans une minuscule cabane où les taches sont très compartimentées: trois personnes, dont une qui prend les passeports, une deuxième dans une cahute en verre qui nous déleste de 30 000 pesos de droits d'entrée, et enfin une troisième qui vérifie les billets d'entrée et nous donne le plan du parc. Les refuges des Torres se trouvent au bout d'une mauvaise piste de sept kilomètres, coupée en son milieu par un pont-surprise. Il ne peut supporter plus de 1500 kilos. Avec la Chevrolet Corsa pas de problème, mais les véhicules genre Renault Espace sont vraiment limites...
Arrivés au refuge des Torres, nouvelle surprise: nous ne sommes pas au Central mais au Norte, autrement pas dit pas au nouveau, paraît-il très bien, mais à l'ancien de mauvaise réputation. Il fait vraiment à l'abandon. Les chambres ne sont pas chauffées, sans lumière, il n'y a des lampes à gaz (dont une seule à chaque extrémité du couloir) que jusqu'à 23 heures, le lino du sol se décolle, les « banos » sentent horriblement mauvais, un mélange de désinfectant et d'urinoirs publiques. Sinon, la chambre est petite mais banale. En fait, nous n'adorons pas les dortoirs...
Nous montons aux Torres avec un temps complètement bouché, et en en plus il fait un froid sibérien, pas loin du Québec en hiver. Nous sommes pourtant extrêmement couverts, mais la neige qui passe à l'horizontal fou ettée par un vent violent nous glace le visage. Nous traversons d'abord des terres complètement désertes, couvertes d'une petite herbe rase, puis des massifs entiers d'arbustes à floraison rouge vif, des notros (Embothrium coccineum), comme ceux que nous avions vus à Venice, à Los Angeles. Passé le refuge Chileno, à mi-chemin, nous entrons dans un bois et le chemin devient complètement boueux. Le temps est toujours totalement bouché, les Torres enfouies dans une épaisse couche de nuages et de neige et nous ne pouvons espérer les apercevoir. Nous décidons alors de faire demi-tour. Au détour du sentier, un magnifique renard, un zorro colorado aux allures de coyote, croise notre route. Il hésite. Je crois qu'il va nous emboîter le pas mais, dommage, il change d'avis puis disparaît sous les arbres. Sept heures et demie après le début de la randonnée, nous voici à nouveau au refuge. Rien ne s'arrange: impossible de se faire à manger, d'une part parce qu'à Puerto Natales nous avons acheté un camping gaz et les cartouches vendues avec (camping gaz également), malheureusement une fois ici on se rend compte qu'elles ne sont pas adaptées; d'autre part parce qu'il n'y a même pas une cuisine pour se faire chauffer de l'eau. Nous « pouvons manger au restaurant » (à 20 euros par personne en plus des 96 euros par nuit pour nos deux lits superposés...), ou nous faire de la cuisine dehors (où? en plein vent et par terre puisqu'il n'y a ni table ni bancs?) et « rentrer la manger à l'intérieur « (merci de tant de générosité!). Nous sommes furieux, d'autant qu'à l'intérieur, justement, il n'y a que trois malheureuses tables et même pas suffisamment de chaises pour aller avec. Ca promet pour les deux nuits suivantes. Nous partons nous coucher avant que toute la chambrée ne fasse de même. Ah, zut, toute la chambrée est déjà au lit...
Jeudi 2
Nous avons eu froid toute la nuit, car en plus du fait que ça ne soit pas chauffé, la fenêtre était restée légèrement ouverte. Nous n'y avions pas touché, pensant que c'était une des personnes présentes qui l'avait fait pour éviter de la condensation. Sauf que nos deux lits étaient collés sur l'air glacial, et ce n'est pas la petite couverture qui nous a protégés. En plus du reste, le double rideau avait perdu trois de ses anneaux, que personne n'avait jugé utile de remplacer. Heureusement, Géo Trouvetout (autrement dit moi, comme je suis assez souvent surnommée) a trouvé une solution en coinçant le bout du rideau de gauche dans le premier anneau du rideau de droite. A peine réveillés, nous n'avons qu'une hâte : fuir ce refuge qui est un vrai scandale étant donné son prix. Nous remballons nos affaires et filons à la voiture. Une gorgée d'eau froide, une bouchée de cake “con frutas”, et nous voilà partis pour l'embarcadère, d'où le catamaran nous amènera à Paine Grande. En chemin, des guanacos peu craintifs broutent au bord de la piste.
9 h 30. Premier départ du bateau (il y en a un autre à 10 heures, puis à midi pour ce qui est du matin). Les billets s'achètent à bord, 38 000 pesos pour deux allers-retours (en fait c'est 36 000, on s'est fait rouler de 2000 pesos..., ce qu'on aurait jamais imaginé sur une navette, dans un parc national), soit environ une soixantaine d'euros. Café, thé ou chocolat et petits gâteaux sont offerts. Le lac est venté, ça remue pas mal et les eaux sont vert sombre. Impossible d'aller à l'arrière à cause du froid glacial et des paquets d'eau projetés sur le pont. De l'intérieur, impossible aussi de faire des photos à travers les vitres complètement trempées. Une demi-heure plus tard, tout le monde descend. Au premier abord, le gite de Paine Grande est pimpant, seul au bord du lac, dominé par les montagnes (du moins on le suppose car elles sont perdues dans les brumes). Au deuxième abord, il l'est encore plus. Des tons orangés aux murs auxquels sont accrochés masques, dessins et photos concernant les Indiens disparus; plusieurs petits salons ici ou là, avec un gros poêle à bois qui ronronne et d'épais canapés ou fauteuils en cuir. Ca monte et ça descend, ça tourne et ça retourne et c'est très chaleureux. Pour l'instant, par contre, nos lits ne sont pas prêts. Nous laissons une partie de nos affaires dans une eptite pièce en face du Mini Market, dont seuls les deux vendeurs ont la clef, et nous voilà partis à 11 heures pour le glacier Grey sous un temps à ne pas mettre un chien dehors (drôle d'expression, d'ailleurs... pourquoi mettrait-on un chien dehors?). Le sentier suit une étroite vallée dans laquelle le vent s'engouffre avec rage! Il faisait 2°, mais maintenant, avec le facteur vent, je n'ose imaginer la température ressentie... La pluie est de la partie, les nuages cherchent à toucher terre et nous n'arrivons même pas à avancer. J'ai l'impression que quelqu'un me pousse constamment avec force vers l'arrière. Nous faisons des embardées à droite, à gauche, à droite, à gauche et progressons avec peine. Il faut vraiment vouloir voir ce glacier! D'ailleurs nous ne croisons absolument personne pendant plusieurs heures. La vallée n'en finit pas, alors que d'après la carte je croyais longer le lac tout du long. La notion de ce qui est difficile ou modéré n'est pas la même chez les rangers américains et les employés des parcs chiliens. Celui-ci est classé en modéré alors qu'on dirait qu'on suit le lit d'un cours d'eau. Il est encombré de roches et de pierres presque tout du long, entrecoupé de passages bourbeux, inondés, etc. Le dénivelé est faible mais il monte et descend constamment. Bref, progresser dans ces conditions est particulièrement pénible...
Nous n'arrivons pas à nous poser pour manger un morceau, la pluie et maintenant la neige ne cessent de tomber, tout est trempé ou boueux et il n'y a pas un endroit où s'asseoir. Nous finissons par nous arrêter sous un arbre aux grosses racines apparentes. J'attrape l'onglée en moins de deux, nous sommes trempés de transpiration qui gèle quasi instantanément... Quel plaisir! Comme le dit un non-anglophone qui passe près de nous: “Bad time to lunch!” Enfin, nos efforts sont récompensés et nous apercevons, là devant nous, le glacier, géant bleu figé sur toute la largeur du lac. Nous ne pouvons distinguer son épaisseur, dissimulée dans les nuages. De petits icebergs bleutés dérivent vers l'aval sur les eaux grises du lac qui aujourd'hui porte bien son nom (Lago Grey). Nous ne savons toujours pas si nous sommes entourés ou non de montagnes, comme hier tout est bouché, gris, glacial et mouillé... Nous continuons sur le chemin mais le temps décidément empire et nous faisons demi-tour. Partis à 11 heures nous rentrons à 17 heures. Notre chambre, baptisée “Puma”, est pour six personnes. En cherchant la salle de bains, je vois par les portes ouvertes que certaines chambres sont pour quatre et d'autres..., que vois-je?? pour deux ! Nous redescendons illico presto à l'accueil et demandons si l'on peut changer pour une chambre à deux lits... En deux minutes, c'est chose faite et nous déménageons de “Puma” pour “El Calafate”. C'est royal et ça change tout!! Dans la grande salle de restaurants aux tables en bois ciré nous prenons Alain un thé et moi un chocolat avec un grand cooky aux amandes et chocolat (le tout pour 3000 pesos, soit 6 euros). Par la fenêtre, nous apercevons de splendides oiseaux noir et feu. Nous sommes vraiment contents d'avoir une chambre pour nous tout seuls! La promiscuité ne nous plaît décidément pas, nous sommes trop indépendants pour ça (et mes années de colonies de vacances, trois fois par an de sept à dix-huit ans, m'ont vaccinée à vie). D'autant que personne ne se parle. On pensait pouvoir échanger deux trois mots avec nos voisins de lit mais non, ils font comme s'ils étaient seuls... La chambre donne sur la montagne derrière et on aperçoit un bout du lac Paine Grande. Il y a l'électricité et le chauffage, le rêve, en somme. Seul hic mais qui cette fois passe comme une lettre à la poste, le radiateur ne sera allumé qu'à 22 heures... En attendant, on renfile pulls et polaires pour pique-niquer, assis sur le lit... A 22 heures, on entend les premières dilatations du métal qui chauffe mais je m'aperçois assez vite que c'est uniquement une petite moitié du radiateur qui est allumée. Par ailleurs, le vent à l'assaut de la fenêtre fait un bruit de 777 et soulève le double rideau. Nous nous fourrons au lit, mais moi, qui ne suis pourtant pas frileuse, je suis frigorifiée! Il n'y a sur le lit qu'une petite couette fine, d'été je suppose, puisque nous n'en sommes qu'à même pas trois semaines. Vers 4 heures, n'ayant toujours pas fermé l'oeil, je cherche à tâtons dans le noir mon gros Damart et les deux polaires que j'étale sur le lit et m'endors illico. La nuit, toutes les lumières du couloir sont éteintes...
Vendredi 3
Je me rends compte ce matin, en examinant la fenêtre de plus près, qu'elle n'est pas hermétiquement fermée. C'est une histoire de un centimètre maximum, mais ça a suffi, étant donné le temps qu'il fait dehors, à réfrigérer complètement la chambre et moi avec. Pourtant je ne suis pas frileuse... Alain, qui dort sur le lit supérieur, l'a moins senti. Une fois fermée, le bruit passe du 777 à l'avion de tourisme et le double rideau s'est calmé... Le vent est toujours aussi violent ce matin, et il pleut... Nous ne pouvons prendre un thé dans la salle du petit déjeuner car elle est déjà fermée et nous nous contentons encore une fois d'un peu d'eau glacée et de quelques tranches de Budin, autrement dit de cake aux fruits. Ensuite, départ à 10 h 30 pour la Vallée française. Les bourrasques, chaque jour plus violentes que la veille, si c'est possible, nous jettent sur les bas-côtés chacun à notre tour. Heureusement, le sentier est plus facile aujourd'hui, puisque de terre, et plus joli également car il suit le lac Sarmiento, du moins au début. Ce lac, contrairement au lago Paine sur la berge duquel est construit le lodge, est gris sombre, ce qui signifie donc qu'il n'est pas glaciaire. Les bosquets de fleurs rouge sang sont omniprésents; on trouve aussi une multitude de petites orchidées blanches, et toujours les pois mauves et blancs. Les couleurs sont un peu les mêmes que dans l'Ouest américain au printemps, rouge et mauve: Indian paintbrush et lupin bleus. Nous croisons des oiseaux magnifiques, jaune vif et vert fluo, d'autres aux yeux de rubis et aux pattes jaune safran. Les animaux, ici, ne sont absolument pas craintifs, et nous pouvons les approcher de très près. Les oiseaux, par exemple, ne s'envolent qu'au dernier moment. Au-dessus de nous, les montagnes acérées comme des lances percent quelquefois la couche nuageuse, laissant apparaître un glacier suspendu, d'où s'écoule une eau claire et potable. Toutes les eaux de ce parc sont bonnes à boire. Je l'avais lu mais j'ai profité du passage d'un garde du parc pour me le faire confirmer. A propos de garde, d'ailleurs, le seul qu'on ait vu, alors qu'il faisait un froid de canard, pluie, vent, etc., se baladait en casquette (sans doute avec dessous un tube de glu pour la faire tenir) et en T-shirt... Mais les Indiens Alakalufs étaient bien nus en été (et ne pas oublier que nous en sommes proches) et ne portaient leurs peaux de guanacos qu'en hiver... Nous voulons arriver au campamento italiano pour pique-niquer, espérant qu'il y aura une cahute où au moins se mettre à l'abri. It's a long way pour y arriver, et je doute un peu que les distances soient fiables. Sept kilomètres et demie ce n'est pas grand-chose, or nous marchons d'un bon pas malgré le vent et toujours rien en vue. Nous passons dans un bois, puis dans un autre, et un autre encore, le sentier devient roches et caillasse, boue et racines, voire ruisseau... Les Torres sont toujours invisibles, je vois venir le moment où nous partirons et où nous ne les aurons même pas aperçues. De temps en temps, un rayon de soleil perce tous ces nuages et donne à ces sommets glacés une atmosphère fantastique. Nous nous rapprochons de la jonction avec la Vallée française, mais nous avons un peu plus tôt croisé deux Français, entre cinquante et soixante ans, du genre guide de haute montagne avec l'accent savoyard, qui nous ont dit que tout était bouché au-dessus, et qu'ils renonçaient “à monter là-haut aujourd'hui”. Soudain, nous entendons un grondement de chutes d'eau qui ont l'air gigantesques. Nous longeons le lit d'un torrent furieux et apercevons enfin un premier panneau: pont à 500 mètres (chiliens). Le temps est sombre, la pluie glaciale, le vent devrait être débaptisé, il est trop violent, trop constant, trop rageur... Voici le pont de bois, donc, puis un second, suspendu celui-là, qui ne permet de passer qu'à deux personnes à la fois. De l'autre côté, le campamento Italiano. Nous passons au-dessus du torrent rugissant, ça se balance pas mal, et prenons pied sur l'autre rive. Eh bien on peut dire que les campings chiliens n'ont rien à voir avec les campings des parcs américains! Quelques tentes sous des arbres hauts et déplumés, du genre peupliers, une terre sableuse et grisâtre, des racines absolument partout, et surtout pas les moindres cahute, table ou bancs, rien. Rien de prévu pour les campeurs installés dans ces solitudes glacées. Aucun emplacement pour faire du feu. Une cabane couverte de tôle et un panneau avertissant que c'est “privado”, entrée interdite, pour le garde que nous avons croisé, certainement. Nous faisons le tour, trouvons une cabane de trois murs de planches dans laquelle il fait carrément nuit et devinons deux silhouettes dans la pénombre. L'une se fait cuire quelque chose sur son réchaud, posé sur une planche; l'autre a l'air morose et dubitative, mais surtout transie. Une autre cabane misérable pour les w-c, et c'est tout. Nous nous asseyons sur un tronc de dix centimètres de diamètre posé sur deux petits piquets et trouvons vraiment lamentable une si piètre installation. Dans ces conditions nous ne déballons ni pain ni poulet rôti pour moi (celui acheté à Puerto Natales pour 3 000 pesos et qui est inusable) et avalons vite fait une banane et moi un délicieux cooky acheté hier en fin d'après-midi. Il faut bien sûr emporter ses poubelles... Redescente au pas de charge sur le lodge, où nous arrivons à 16 h 30 pour prendre un chocolat et un thé. Par les grandes baies vitrées, nous observons quelque chose d'étrange: comme un vent de sable à la surface du lac, de longues écharpes d'embruns qui s'effilochent et se reforment. Par endroits des mini-tornades s'élèvent tout droit vers le ciel, tandis que de grosses vagues s'écrasent sur la rive en face qui est pourtant éloignée.
Samedi 4
Le temps aujourd'hui, puisqu'on s'en va, est nettement plus beau, bien que les sommets soient toujours encapuchonnés. A 9 h 30, nous prenons le catamaran en compagnie d'un jeune Français très sympa, Loïc, avec qui nous avons échangé quelques mots en attendant. Lui est parti pour un tour du monde; arrivé en Equateur il y a trois mois, il prend l'avion après-demain à Punta Arenas pour la Nouvelle-Zélande. Comme il va aussi à Puerto Natales, nous lui proposons de l'y conduire. Et il se trouve qu'il va dans le même hostal que nous chercher ses affaires qu'il avait laissées le temps d'aller aux Torres del Paine. Dernière coïncidence, il connaît voyageforum et y a même un pseudo: karasamba. Nous prenons la nouvelle piste, celle de 85 kilomètres, qui démarre vraiment très bien, on la croirait bitumée. Mais, très vite, elle se transforme en un vrai poulailler! C'est une succession de nids-de-poules remplis d'eau boueuse qui éclaboussent la voiture. Vu deux huitriers-pie. Dans un des bureaux de change de Puerto Natales où nous changeons deux cents euros, la caissière, qui ne se prend pas pour rien, comme tous ceux à qui nous avons eu affaire jusqu'à présent dans ces endroits-là, commence à lorgner d'un oeil suspicieux le premier billet de cent euros, en direct de la Banque postale, essaie de voir à travers et le pose sur le coin de sa table avec un air à moitié dégoûté. Elle prend le second, l'examine, et repère une petite pliure plus prononcée d'environ un millimètre sur une des tranches au milieu du billet. Ca y est! Elle a ce qu'elle cherchait et nous le rend d'un air triomphant. Nous ne comprenons pas (ou faisons mine de ne pas comprendre). Je sors mes lunettes, fais comme elle, observe le billet et lui demande ce qu'il a de spécial. Je lui fais remarquer qu'en France un tel billet ne poserait pas de problème. D'un ton cassant elle nous réplique qu'ici, elle n'en veut pas!! Excédé, Alain lui demande de lui rendre le premier billet et nous ressortons furieux. Dans le deuxième bureau, tout se passe comme sur des roulettes... Le soir, dans une pizzeria (Mesita Grande), le serveur essaie de nous rouler avec une impudence incroyable! Il s'était carrément pris 100 % de pourboire! (Au Chili, le pourboire dans les restaurants est en principe de 10 %.) Nous voulions en fait dîner à Afrigonia, le meilleur restaurant de Puerto Natales, mais la salle, toute petite, était bondée et de toute façon il aurait fallu réserver.
Dimanche 5
Lit excellent mais l'isolation extérieure est déplorable (partout jusqu'à maintenant) et bien qu'à l'écart du centre, les voitures nous ont dérangés. L'adresse reste très bonne. Après le petit déjeuner composé cette fois-ci de jus d'orange, de quatre crêpes, de pains chauds, beurre et deux confitures, plus fromage, nous partons pour El Calafate en passant par le côté chilien, soit Cerro Castillo, sur la route des Torres del Paine. Ni la douane chilienne ni la douane argentine ne nous ont embêtés, et les Argentins ne nous ont même pas fouillés, ce qui fait que nous aurions pu garder tomates, beurre, œufs, poires, etc., au lieu de tout laisser à l'hostal Chorrillos. Nous prenons la piste d'une trentaine de kilomètres qui rejoint la route d'El Calafate. L'essence, ici en Argentine, est bien meilleur marché qu'au Chili (environ 0,60 euro contre plus de un euro) et nous regrettons d'avoir fait le plein à Puerto Natales. J'avais lu que plutôt que de faire le détour par La Esperanza, on pouvait couper par une piste très belle et très bonne. Nous n'hésitons donc pas une seconde sans avoir idée du kilométrage... C'est morne plaine... Pampa à droite, pampa à gauche, herbe rase et grise, horizon rectiligne. Mais la piste, assez bonne au commencement, se gâte vite et sérieusement. Ce n'est maintenant plus que de la caillasse, et il faut constamment faire attention où l'on met les roues, éviter les cailloux trop pointus et les zones trop dérapantes. Dans le ciel encombré de beaux nuages, le soleil brille et la température au thermomètre de la voiture grimpe jusqu'à 30°! Du jamais-vu depuis qu'on est arrivés en Patagonie. Le désert grisâtre s'étend à l'infini, de temps en temps on aperçoit le ruban de la piste comme un serpent qui filerait devant nous, dans l'infini de la pampa. Une heure passe, puis une deuxième... on n'en voit pas le bout... Les fortes pluies ont laissé par endroits sur des parcelles de sol probablement calcaires des mares plus ou moins étendues, immédiatement colonisées par tous les oiseaux de passage: flamants, cygnes à col noir, oies, canards, etc. En se rapprochant de la jonction avec la route 40, asphaltée sur cette portion, le sol se soulève en moutonnements de velours plus ou moins prononcés, dans des tons qui tirent maintenant sur le vert. Une quinzaine de kilomètres avant El Calafate, le paysage devient soudain magnifique, surplombant le lago Argentino, turquoise comme tous les lacs glaciaires sous les rayons du soleil. Le rio Santa Cruz serpente dans la vallée en une multitude de boucles serrées...
El Calafate. Albergue Lago Argentino. D'un côté de la route, le n° 1050 et l'albergue; de l'autre le 1061 et l'hostal. Nous avions réservé une petite maison dans le jardin. Il y en a deux rangées de trois, mitoyennes, de couleurs vives - carmin et beu – séparées par un gazon vert et dru. Tout est en fleurs, genêts, lupins, chèvrefeuille, arbustes de toute sorte, ça sent le printemps même si les chambres sont par là même un peu sombres. La nôtre est parfaite, la salle de bains aussi.
Le soir, nous allons manger des gnocchis de pommes de terre au safran et du gratin de potiron et maïs, arrosés d'une bonne bouteille de vin argentin dans un excellent restaurant, Pura Vida, avenida del Libertador, avec 10 % de réduction parce qu'on vient de l'albergue Lago Argentino. Le ciel est d'un bleu clair très pur, très lumineux, et la lumière transparente et rosée en cette fin de journée, comme on n'en a jamais vue ailleurs. Les Argentins, de même que les Chiliens, surchauffent leurs intérieurs et la chambre ne fait pas exception.
Lundi 6
Nous voulions être au Perito Moreno avant l'ouverture mais ça ne sera certainement pas possible. Aussi nous choisissons de prendre le petit déjeuner sur place et de partir ensuite. A 7 h 30 nous montons dans la voiture et en route pour les 70 km qui nous séparent du glacier géant. Nous doublons une flopée de cars de touristes vides, étrange..., et arrivons une demi-heure plus tard à l'entrée du parc. Les 40 pesos par personne annoncés par le Routard se sont transformés en 75 pesos... Il reste encore 28 km avant d'arriver. La route, relativement étroite et sinueuse, longe le lago Argentino, couleur menthe à l'eau, traverse des bois de résineux accrochés au pied des montagnes pelées. Le vent est toujours extrêmement violent et le sol jonché de petites branches entre lesquelles je dois zigzaguer en permanence. Jusqu'à 10 heures du matin il est possible de se garer au sommet (nous ne l'apprendrons que plus tard car rien ne l'indique), mais nous ne pourrons y retourner ensuite et il faudra rester sur l'immense parking un peu plus bas. Il y a toute une série de passerelles, à cette heure-ci totalement désertes, dont les plus proches sont celles dites « de la rupture ». D'autres s'enfoncent dans les bois, montent et descendent...Vu d'en face, le Perito Moreno, un des derniers glaciers à ne pas régresser et qui fait partie de la troisième calotte glaciaire au monde (après l'Antarctique et le Groenland, 360 km de long sue 40 km de large), ne donne pas l'ampleur de ses cinq kilomètres de large et de ses soixante mètres de hauteur... Lorsqu'il est bien disposé, il peut avancer de deux mètres par jour, aussi nous guettons ses plongées vertigineuses accompagnées de fracas de coups de canon (comme j'en entends tous les jours, je peux faire la comparaison ;-)), qui laissent derrière elles des cicatrices bleu intense. A l'avant, ce ne sont que flèches, lances et pieux prêts à faire le grand saut, à l'arrière des milliers de crêtes meringuées parcourues d'un réseau infini de crevasses. Nous décidons de prendre le bateau qui se trouve sous le restaurant - celui du dessous - pour aller voir de plus près de quoi il retourne. Cent pesos de moins dans les poches, nous montons sur le pont en compagnie d'une trentaine de personnes, très peu de monde, donc, puisque nous pourrions être trois cents! Le bateau reste à distance respectable des éventuels icebergs, tourne et vire, se rapproche de la zone de fracture, s'arr��te lorsqu'une détonation se fait entendre, longe le glacier vers l'est, fait demi-tour, et trois quarts d'heure plus tard, rentre au bercail. Tout le monde descend. A cette heure-ci, midi, lorsque nous rejoignons les passerelles, c'est la cohue. Plus rien à voir avec l'atmosphère de début de matinée, où nous avions le glacier pour nous tout seuls. Deux heures plus tard nous sommes sur la très belle route d'El Calafate. Le ciel est bleu et le vent a encore forci. Pendant ces quelques heures, j'ai bien sûr eu tout loisir de pester (intérieurement ;-)) puisque je ne pouvais faire de photos qu'au grand angle. Les trois magasins de photos de la ville vendent uniquement des pellicules Kodak, ici ils n'ont pas encore fait faillite, et ma tentative de commande d'un 50 mm Canon sur Amazon.com n'a rien donné puisqu'ils ne livrent pas dans ces contrées lointaines. Il faut me faire une raison, mais c'est dur... Au supermercado nous achetons une salade de pommes de terre, carottes et petits pois, plus des œufs que je fais cuire discrètement dans la salle du petit déjeuner où « l'on ne doit pas cuisiner ». Lessive dans le lavabo miniature dont la bonde a été supprimée puisque l'hostal lave du linge contre 25 pesos, mais c'est sans compter sur Géo (Trouvetout). J'utilise une mousseline de notre propre thé que nous venons de faire infuser, la rince bien et bouche le lavabo avec. Très efficace! Eventuellement, on peut aussi d'une main appuyer sur la mousseline et de l'autre malaxer... A la guerre comme à la guerre!...
Mardi 7
Le soleil a disparu mais, par extraordinaire, il n'y a pas de vent! Nous commençons la journée, après le petit déjeuner avec des voisins de table allemands détestables et prétentieux, par le locutorio (petit local où l'on peut téléphoner). J'ai deux cartes de téléphone à 10 pesos, chacune permettant d'appeler une demi-heure en France (merci Herge pour l'info!). Ça marchait très bien de Buenos Aires avec la carte Hable Mas. A Ushuaia j'ai dû en acheter une d'une autre marque - en fait de carte, c'était un ticket de caisse avec les indications en caractères minuscules. Mais ici, plus rien ne va. « Les ondes », paraît-il, « c'est trop perdu » (celui qui nous dit ça se fiche carrément de nous, vu que toutes les cabines internationales avec paiement à la caisse sont occupées pour des coups de fil vers l'Europe!), il veut bien sûr qu'on range notre carte et qu’on lui paye directement la communication. Deuxième locutorio, même son de cloche... Ensuite passage par un supermarché pour acheter du jambon cru Lomsicar (?) en promotion. La caissière en profite pour essayer de nous rouler d'un billet de 2 pesos. Ce n'est pourtant pas compliqué: elle doit nous rendre 74,25 pesos et elle nous en rend 72,25, en se dépêchant de quitter sa caisse juste après. On récupère donc les deux pesos manquants en pestant, et on comprend pourquoi ce supermercado n’était pas indiqué sur le plan que l’on nous a donné à l'albergo Lago Argentino... A propos de monnaie, l'Argentine et apparemment avec elle le Chili manquent cruellement de pièces métalliques. Il est surprenant de voir comme les caisses sont vides et comme, à chaque fois, cela pose un problème. En général, les gens arrondissent au-dessous pour que le client ne soit pas perdant (c’est toujours le cas dans les stations-service), mais parfois c'est le contraire. Les plus généreux vous jettent une sucette sur la caisse et au suivant ! Le jambon Lomsicar est incroyablement acide, j'arrive à peine à le manger. Il va falloir que je me renseigne sur cette appellation: Lomsicar. Est-ce une recette au vinaigre, ou bien prendrais-je le Pirée pour un homme? Aujourd'hui, on avait prévu (sur la carte) de monter au cerro Calafate, 800 m de dénivelé, mais surprise on s'est aperçus que c'était une montagne complètement pelée, caillasse et poussière grise, ce qui nous a douchés d'un coup... On est restés écrire des cartes postales, faire quelques courses, laver du linge, lire et rédiger le carnet... Une journée de transition, quoi. Lomsicar, d'après Internet, ne renvoie à aucune recette, c’est une marque comme une autre. Ce jambon acide ne m'inspire plus du tout et je vais le donner à un des nombreux chiens qui, ici, comme dans chaque agglomération traversée, arpentent les rues poussiéreuses. Le conseil est de ne jamais les caresser, ils trimballent je ne sais plus quelle maladie et la rage est très courante. Mais c'est difficile, ils sont très sympa et ont tous de bonnes têtes. On se rabat sur les chats angoras et couverts de poussière de l'hostal, qui se prélassent dans le jardin et ont tout de suite senti à qui ils avaient affaire : ils nous font mille et un câlins (mais ils ne ronronnent pas... Est-ce que les chats argentins ne savent pas ronronner??).
Mercredi 8
J'ai passé une bonne nuit, heureusement car j'étais vraiment fatiguée. C'est Alain, cette fois, qui n'a pas fermé l'oeil et qui a eu droit : aux pétards et aux fusées que deux gamins lancent nuit et jour près du locutorio d'à côté (il ne manquait que Doisneau pour les photographier); au 4 x 4 au pot d'échappement percé que le voisin, assis derrière le volant au milieu de son jardin, fait rugir, lui aussi nuit et jour selon son humeur; à la musique de l'auto-radio...; et au chien de ce même voisin qui est insomniaque et s'en donne à coeur joie. Nous partons pour El Chalten après avoir fait quelques courses au supermercado La Anonima. Le ciel s'est couvert et nous craignons le pire pour la suite de la journée.
Le paysage est toujours aussi désertique, mais la proximité des Andes lui donne un peu de relief. A l'est, du côté de la pampa, longue traînée de cumulus blancs comme neige dans le ciel bleu, à l'ouest tout se mêle dans un horizon gris et cotonneux. Puis voici nos premières badlands, ressemblant fort à leurs cousines américaines de l'Utah, mais en moins colorées. Le dôme d'un ancien observatoire, fermé depuis 1943, émerge soudain dans une furtive vision. Nous longeons un temps le rio Santa Cruz aux eaux laiteuses, tout droit descendues de l'immense champ de glace qui couvre toute cette région de l'Amérique du Sud. Croisons quelques cyclistes chargés comme des baudets, le nez dans leur guidon, qui n'ont même pas l'air de nous voir passer. Je n'aimerais pas être à leur place... Le long de la ruta 23 qui laisse derrière elle la Ruta 40 pour filer plein ouest vers El Chaltén, village né en 1985 seulement, le paysage devient plus printanier, roche sombre et petite herbe rase vert tendre, désormais noyé de pluie. Une famille de condors fait la route avec nous, immenses ailes noires barrées de blanc pour les adultes, de marron pour les juvéniles, longues rémiges redressées dans le vent, tête rouge et cou rentré dans les épaules. Ils sont magnifiques!
Tout d'un coup, El Chaltén est là en contrebas, à un kilomètre environ, niché entre deux montagnes. La route serpente, bordée de touffes de fleurs jaunes et d'autres que je n'ai jamais vues, orange, ressemblant à de petits lys. Plus on se rapproche, plus le village s'étire dans la vallée en de multiples constructions inachevées, brique, aggloméré ou béton armé, tiges de métal rouillé dressées vers le ciel comme autant de doigts. Le tout a des allures de Canaries et est très inesthétique. Nous finissons par dénicher Infinito Sur dont nous avions vu la photo sur Internet et que nous croyions accroché à une pente. En fait l'hosteria est coincée sur trois côtés par de petites bâtisses toutes plus horribles les unes que les autres, béton brut laissant pointer l'armature alors que le rez-de-chaussée est déjà habité, abritant dans leur « jardin » carcasses de voiture et tout un bric-à-brac destiné, on peut le supposer, à construire un étage supplémentaire, voire le toit. Sinon, tout est très beau dans cet hôtel, bois et pierre mêlés. La chambre est grande et superbe, la salle de bains aussi, mais encore une fois surchauffées. Il fait au moins 30°!! Grand salon commun avec vue, paraît-il, sur le Fitz Roy (son nom tehuelche d'origine est El Chaltén, « la montagne qui fume »). Pour aujourd'hui, c'est vue sur les nuages, aucune montagne à l'horizon... L'Internet indiqué sur le site est « highspeed » mais en fait en download il y a 0,01 Mo, un record, et en upload... 0,00, avec un ping de 1414s!!! Nous déambulons dans les rues arpentées par une flopée de randonneurs de toute nationalité, sous une pluie persistante et un vent toujours aussi violent. Il fait un froid de canard, le vent rugit de plus belle, et je n'ai qu'une hâte: rentrer à l'abri et au chaud.
Jeudi 9
5 h 30. Est-ce que je rêve encore ou est-ce qu'il n'y a pas de vent? Je regarde derrière le rideau de la fenêtre, rien ne bouge, et la maison biscornue, sur la gauche, est rose bonbon, éclairée par le soleil levant!!
7 heures. Le vent s'est levé, en pleine forme après une bonne nuit de repos, et maintenant... il neige! On voit effectivement que dans douze jours c'est l'été. Au petit déjeuner – très bon: marbré au chocolat maison, plus deux autres gâteaux-pain tout juste sortis du four, dulce de leche, etc. -, on peut apercevoir à travers les baies vitrées le temps empirer de minute en minute. C'est une véritable tempête de neige qui à présent se déchaîne, de gros flocons serrés qui passent à cent à l'heure. Les premières montagnes, visibles il y a encore quelques heures, ont totalement disparu dans une blancheur cotonneuse. Quant à ce qu'il y a derrière elles, le Fitz Roy et ses voisins, je ne sais pas si on le verra avant de partir, après-demain matin. En tout cas, pour le moment, il est impensable de partir randonner dans ces conditions.
12 h 30. Il neige toujours mais moins abondamment et le vent est tombé, aussi nous décidons de sortir et d'aller au moins jusqu'au second mirador sur le chemin de la laguna Torre. Avenida Antonio Rojo, au bout un escalier qui escalade la colline, et là, c'est le côté cour d'El Chaltén. Des maisons posées sur la terre battue et boueuse, pour la plupart minuscules, les unes sur les autres et dans n'importe quel sens, construites de bric et de broc, la plupart en aggloméré avec des joints de goudron, de la tôle, de la brique, beaucoup de courants d'air. Tout au bout, une petite montée raide, et nous voici dans des « prairies d'herbe courte », des bois de langas (la feuille ressemble à celle du hêtre en miniature, mais pas l'écorce, qui se rapproche plus de celle d'un résineux, surtout lorsqu'ils sont âgés), puis au-dessus du rio fitz Roy. Un premier mirador, en face une chute qui dévale la montagne en ne prenant pas la voie la plus directe, puis le second mirador d'où l'on pourrait admirer, d'après la table d'orientation, une enfilade de cerros invisibles. Nous continuons, bien que la neige soit très mouillée et que ma veste soi-disant imperméable achetée à Moab ne me protège plus de grand-chose. Une mare, sur la droite, de très jolies orchidées jaunes, capachito ou topa-topa (Calceolaria uniflora), des anémones blanches (Anemona multifida). Le chemin n'est qu'un bourbier, il devient très difficile d'avancer et nous commençons à avoir froid, l'humidité s'insinuant partout. Nous faisons demi-tour et trois heures plus tard nous voici revenus à notre point de départ, à savoir la voiture qui nous attend au début du chemin, ce qui est bien agréable. Le soir nous allons dîner à El Muro, recommandée par la jeune fille de l'accueil, qui se trouve au départ du sentier du Fitz Roy. Excellent « bifteck argentin » - je prends la demi-part, sinon c'était cinq cents grammes -, mais servi seul. Je commande une purée de papas (pommes de terre) et Alain des espèces de petits pavés de pâtes fourrés au saumon, délicieux. La serveuse ressemble étonnamment, en châtain, à Brigitte Bardot. Je le lui dis, elle est confuse, « ne peut le croire », etc., mais à mon avis elle le savait parfaitement ;-).
(L'électricité, à El Chaltén, est toujours allumée: lampadaires dans les rues et lampes à l'intérieur. On ne voit aucune éolienne et on se demande d'où provient la source d'énergie.)
Vendredi 10
5 h 40. Je vais dans la salle de bains et quelque chose attire mon oeil, au-dehors. Le Fitz Roy est éclairé d'une lumière rose par le soleil levant!! C'est un vrai choc! La voici donc, cette mystérieuse aiguille de granit qui se fait tant désirer et que je désespérais d'apercevoir! Je m'habille en vitesse, prends la clef de la voiture et ouvre la porte qui ne veut pas bouger d'un millimètre, même avec la clef magnétique. Je me rabats sur le balcon du salon mais déjà la lumière n'est plus là, la « Montagne qui fume » (El Chaltén en langue indienne) est déjà grise, mais je la capture malgré tout, par-delà les toits. Comme le temps annoncé pour la journée est neige et pluie, je me recouche, persuadée qu'à mon réveil, c'est la grisaille qui nous attendra. 8 h 40. On ne s'est jamais réveillés si tard!! Et, chose extraordinaire, il fait toujours beau et il n'y a toujours pas un souffle de vent!! Le temps de nous préparer, douches, petit déjeuner, sacs à dos avec entre autres deux bananes, quelques barres et un demi-litre d'eau - inutile de nous charger, à Los Glaciares comme à Torres del Paine les eaux descendent en droite ligne des glaciers et sont potables (et délicieuses) -, et de rejoindre le départ du sentier du Fitz Roy, il est un peu plus de 10 h 15. Nous trouvons tous les deux qu'ici c'est plus beau qu'aux Torres del Paine, malgré les lacs glaciaires (moins turquoise néanmoins que dans les Rocheuses canadiennes). Si l'on compare par exemple au sentier du glacier Grey, ou à celui des Torres, celui d'aaujourd'hui est beaucoup plus varié, on a constamment une vue superbe, soit sur le rio Fitz Roy au-dessous qui se fraie un chemin dans un large lit de galets, soit sur les pics enneigés au-dessus. Même le sentier du cerro Torre caché dans les nuages laissait deviner des merveilles... Le chemin démarre raide par des marches de terre et de bois et grimpe pendant une heure et demie, jusqu'au mirador d'où l'on a une vue superbe sur toute la chaîne des pics. Fitz roy est entouré de Saint-Exupéry, Mermoz et Guillaumet entre autres. C'est le lieu de la photo souvenir, apparemment. Passé le premier émerveillement et de nombreux clics du grand angulaire, nous continuons en direction du campamento Poincenot. Nous avons remarqué que 80 % des gens croisés sur les sentiers ne disent pas bonjour, voire ne jettent pas un regard à la personne qu'ils frôlent. Cest insupportable, surtout pour moi qui dis facilement bonjour à tout le monde avec un sourire. Et dans ces coins complètement perdus c'est encore plus difficilement acceptable.
Le chemin, qu'on dirait taillé à la bêche, pas plus de quarante centimètres de largeur, est maintenant un vrai bourbier. Soit la neige commence à fondre, soit elle a fondu depuis longtemps, formant des mares d'eau et/ou de boue épaisse et grasse. Il faut sans cesse faire de l'acrobatie pour éviter de s'enfoncer jusqu'à la cheville. Les bois de langas (on dirait que c'est le seul arbre ou presque sous ces latitudes) succèdent aux prairies qui succèdent aux bois de langas. Avec toujours, en arrière-plan, le sublime massif du Fitz Roy. Les Chiliens ne soignent pas leurs campings. Et le campamento Poincenot ne fait pas exception. Seul un panneau avertit qu'il s'agit bien d'un camping car il n'y a absolument rien de prévu pour les campeurs. Le sous-bois est d'un binz incroyable! Branches cassées, troncs pourris jonchent le sol dans un enchevêtrement incroyable. Aucun emplacement particulier n'est prévu, aucune table ni bancs, aucun abri. Je me demande s'il y a même des toilettes et Alain me montre un petit machin en métal qui doit effectivement en faire office. Le détail qui tue est cet avertissement : Interdiction de se construire un abri. Lorsqu'on sait que les conditions atmosphériques y sont très difficiles, le vent par exemple s'y déchaîne avec violence, c'est à la limite du refus d'assistance à personne en danger. Le tout est en plus pourri d'humidité...
Nous hésitons à bifurquer sur les Piedras blancas, mais le temps se couvre et les espaces découverts où passe le sentier pourraient vite devenir invisibles. En redescendant, nous apercevons, perché sur une branche d'arbre mort, un magnifique aigle au bec jaune et à la poitrine cloutée d'argent. Au-dessus de lui, un couple de rapaces plus petits font des manoeuvres d'intimidation en poussant des cris stridents.
Sur le chemin du retour, je me tords trois fois la cheville gauche. Ce n'est pourtant absolument pas le moment d'être immobilisée si loin d'El Chaltén. Heureusement, avec un peu de Synthol, tout rentre dans l'ordre. A 17 h 30, nous sommes à la voiture.
Samedi 11
A 9 heures nous sommes prêts à partir pour la Ruta 40 et Bajo Caracoles, à 460 kilomètres de là, où nous comptons faire une étape. Nous passons d'abord par le distributeur... qui est vide (il ne nous reste que 350 pesos, soit 70 euros) puis par la poste car nous avons deux cartes à envoyer, mais elle n'est pas encore ouverte, bien qu'affichant 9 heures. Hier, nous avons demandé à quelqu'un où se trouvaient « los correos ». Visiblement, il ne voyait pas du tout de quoi on parlait, jusqu'à ce que je lui montre les cartes. « Ah! Los corre! » La prononciation argentine (et chilienne) nous surprendra toujours. Entre le « pocho » (pollo), la « cache » (calle), la « jave » (llave), et tous les s finaux manquants, il faut comprendre.... Le temps est encore magnifique et nous redécouvrons la route que nous avons faite à l'aller avec tout le massif derrière nous, étincelant de neige. Nous avalons les 140 kilomètres bitumés qui nous séparent de Tres Lagos où nous faisons le plein d'essence. Nous sommes par erreur d'abord passés par le village en faisant un détour de 4 kilomètres sur la droite sur une très mauvaise piste, alors que la pompe à essence est un grand bâtiment blanc en retrait à une centaine de mètres sur la gauche. A partir de là, c'est le ripio qui nous attend. La piste est mauvaise pendant cinq ou si kilomètres, puis dans l'ensemble bien roulante, avec des passages plus délicats. Il faut quand même faire attention aux éventuels trous ou aux pierres qui pointent parfois en plein milieu, et aux amas de graviers qui la transforment en planche savonnée. Le pompiste de Tres Lagos nous a annoncé six à sept heures jusqu'à Bajo Caracoles, ce qui nous mène à 18 heures. Le sol de la pampa est marron-gris et on se demande ce que peuvent bien brouter les quelques rares moutons ou chevaux étiques que nous croisons de-ci de-là. Soudain, un 4 x 4 nous double en trombe, pojetant une cascade de pierres sur la carrosserie et le pare-brise, décoré de deux nouveaux impacts! C'est un comportement particulièrement inqualifiable que nous ne retrouverons heureusement plus, bien au contraire. Les camions, en particulier, sont extrêmement prévenants, ralentissent, s'écartent ou font signe de dépasser. Les collines se font plus présentes et sont parfois marbrées comme un gâteau. La piste tourne, monte et descend, des chevaux broutent çà et là. A la jonction de la route de Gobernador Gregores nous avons l'heureuse surprise de retrouver le bitume pour une cinquantaine de kilomètres. Puis c'est à nouveau le ripio, parfois bon, parfois mauvais, presque toujours dérapant. Je suis agrippée au volant, mes yeux cherchent continuellement à l'avant de la piste les cailloux à éviter, je ralentis dans chaque virage car ce serait les tonneaux assurés (prévus au contrat et pour lesquels nous ne sommes pas assurés). Un arrêt pour manger une banane et quelques chips près d'une estancia, le long d'un cours d'eau. La piste est bordée d'une multitude de petites fleurs crème qui embaument à la fois la rose et la violette. Peu après, nous apercevons sur notre droite un troupeau de guanacos en train d'observer un cheval couché dans l'herbe, de l'autre côté de la route. Ils se regardent en chien de faïence, c'est très drôle. Plus loin, une baby-sitter nandou et sa marmaille de vingt-deux petits qui s'égaillent avec élégance à notre passage. L'arrivée sur Bajo Caracoles est meilleure que prévue. Mais il est rageant de voir que nous longeons la toute nouvelle route bitumée pendant des kilomètres alors que nous sommes dans la caillasse.
16 h 30. Arrivée à Bajo Caracoles avec une heure trente d'avance. Il faut dire que j'ai bien roulé. Ah, Bajo Caracoles... tout un poème... Au milieu de la plaine infinie dans laquelle le vent se rue avec délices, fermée à l'ouest par les lointains sommets enneigés des Andes, battue par les vents, poussiéreuse, une poignée de maisons difficilement abritées derrière quelques peupliers chétifs, des chiens qui vont et viennent d'un pas alerte, une pompe à essence, une gomeria (endroit où l'on répare les pneus), la « policia », un poste de secours, deux campings et... un tribunal administratif et « juge de paix », un ministère de l'Education culturelle... Tout cela paraît totalement incongru au premier abord - nous sommes à de nombreuses heures de piste du moindre village -, mais c'est sans compter avec les estancias parsemées sur ces millions d'hectares. La pompe à essence fait aussi hôtel. Une bâtisse plus jolie que les autres, en grosses pierres ocre-rose, de plain-pied. Les vitres des fenêtres en façade sont obscurcies d'autocollants publicitaires, un long comptoir en L, derrière lequel s'alignent, sur des étagères murales, des bouteilles, des canettes, un peu d'épicerie. Dans un coin, un home s'égosille au téléphone...
Nous prenons une chambre avec salle de bains partagée pour 140 pesos (environ 27 euros, mais nous n'avons plus que 138 pesos et de l'argent chilien. Ca fera l'affaire, seulement nous n'aurons plus un seul peso argentin lorsque nous repasserons la frontière). Nous demandons à la voir. L'hôtelier-pompiste - très aimable - nous précède dans un long couloir au sol recouvert d'une matière étrange : c'est à celui de nous trois qui fera en marchant les schlouks-schlouks les plus sonores. Il ouvre la porte n° 1 : minuscule, nous n'apercevons d'abord qu'un lit de 90 cm, puis le second. Une table de nuit entre les deux et un porte-manteau. Le bas des murs est tout cloqué, et des dégoulinures marron descendent du plafond. Il va maintenant nous montrer les salles de bains: une pour les femmes, l'autre pour les hommes. Nous repartons derrière lui, d'un pas toujours aussi discret. Les portes sont grandes ouvertes. « Aqui, damas! »... cra-cra au possible, la chasse d'eau pas tirée (et pourtant nous sommes les seuls à dormir ici ce soir), une serpillière sale en plein milieu, une odeur nauséabonde, un grand rideau de douche bien raide et collé de toute part... Pouah! « Aqui, caballeros! » Ce n'est pas mieux, la cuvette des w-c fuit par le bas et la douche est pleine d'une mousse grisâtre... Retour à la chambre. Affichée derrière la porte, une longue liste d'interdictions et d'avertissements:
si l'on quitte la chambre après 10 heures, on paie double tarif; il est interdit de cuisiner et/ou de manger dans la chambre; les animaux familiers sont interdits; il est interdit de laver du linge ou de la vaisselle dans la salle de bains; il est interdit de rentrer dans la chambre avec des vêtements et des chaussures sales (probablement pour les ouvriers du chantier de la Ruta 40); les éléments de la chambre volés ou dégradés seront facturés; la clef doit être laissée en sortant à la réception; consulter la réception pour de plus amples informations.
Nous voilà frais! 5 heures de l'après-midi, coincés ici, avec une seule envie, fuir au plus vite. Nous nous regardons et piquons un fou rire! Puis l'idée me vient de vérifier l'état des draps. Visiblement, un des lits a déjà servi puisque le drap du dessous est tout froissé et taché. Les oreillers, eux, sont très spéciaux : longs et un peu dur, genre traversin aplati entre deux portes ou récupération de canapés, d'une couleur indéfinissable, avec une taie trop courte de chaque côté. Si j'ajoute à cela qu'il n'y a pas de chauffage et qu'on se gèle, c'est complet. Au plafond, une unique ampoule diffuse une lumière de veilleuse... De mieux en mieux. Mais à quoi sert donc ce grand néon au-dessus de la fenêtre, sans interrupteur, branché à une prise près du plafond? Nous aurons l'explication plus tard: c'est une lampe de secours qui s'allumera automatiquement en cas de panne de courant. Nous décidons de faire un tour dehors, et trouvons en ouvrant la porte un chauffage électrique au fil bizarrement rafistolé avec du chatterton que l'hôtelier a apporté et que nous nous empressons d'allumer. Vent et poussière, poussière et vent, et toujours les chiens, de grands chiens aux longs poils, qui passent et repassent d'un air affairé. Nous avons réussi à avoir une lampe de chevet, le moral remonte un peu...
Dimanche 12
Nous avons bien dormi, malgré le bruit du vent. Dans le couloir, Alain rencontre la fille de la maison qui lui demande à quelle heure on veut déjeuner. Bonne nouvelle, car nous nous attendions à boire un peu d'eau froide et à avaler une tranche de Budin con frutas. Mais tout n'est pas si simple... Alors que je suis dans la salle de bains depuis deux minutes, on frappe à la porte. J'ouvre et me trouve nez à nez avec une jeune femme, hagarde, en survêtement noir, l'air de sortir de son lit. Je lui souris et lui dis que je lui laisse la place. Mais elle est déjà repartie, titubante, et a disparu dans une chambre. Peu après on entend des cris, d'homme d'abord, puis une femme – certainement la femme de l'hôtelier - passe en courant dans le couloir en criant : « Maria Elena!! Maria Elena!! » Branle-bas de combat, tout le monde s'engouffre dans la même pièce, y compris les clients du bar. Nous attendons dans notre chambre, dubitatifs, que se passe-t-il au juste?, est-ce quelqu'un de la famille, une cliente de l'hôtel? (mais nous étions les seuls hier soir). Dix minutes plus tard, nous faisons une tentative de sortie pour le déjeuner et nous rendons dans le bar... qui est fermé! Nous passons par l'extérieur, là aussi la porte est fermée. Bon... Le temps passe, puis la fille de la maison nous invite à passer dans une pièce attenante et nous apporte une panière de rondelles de pain décongelé et grillé, une portion de beurre et une autre de confiture. On n'entend plus rien, mais peu après l'ambulance du centre de secours arrive et la jeune femme repart entre deux infirmiers. Au moment de payer, l'hôtelier, toujours très aimable mais qui ne perd pas le nord pour autant, est surpris de nous voir sortir nos derniers 138 pesos argentins complétés de 225 pesos chiliens, si nous le désirons, nous pouvons tout payer en pesos chiliens, pas de problème! D'accord mais combien cela ferait-il? Et là il nous montre sa calculette: 20 000 tout ronds. Ah, eh bien non, plus d'accord, car le prix de la chambre passerait de 27 euros à plus de 33.
Nous quittons sous le ciel bleu Bajo Caracoles et sa colline pelée à la grande inscription blanche : « Dios te amo », et retrouvons la Ruta 40 en direction de Perito Moreno (le village du même nom que le glacier). La piste démarre assez bien mais devient vite mauvaise, puis très mauvaise. On a nettement l'impression de rouler dans un champ de pierres, et on ne peut dépasser 25 km/h. En compensation, elle est très belle, avec les Andes à l'horizon et la plaine que nous surplombons de virage en virage. Une quarantaine de kilomètres, plus loin, ô surprise, nous retrouvons enfin le bitume. Le paysage, entre Bajo Caracoles et Chile Chico, via Perito Moreno et Los Antiguos, est constamment superbe, et le devient encore plus lorsqu'on longe les rives de l'immense lago Buenos Aires (côté argentin) qui s'appelle General Carrera côté chilien, deuxième plus grand lac d'Amérique du Sud après le lac Titicaca, nous avait dit le Chilien rencontré sur le ferry Porvenir - Punta Arenas. C'est une véritable mer intérieure bleu intense lacérée d'écume blanche, aux creux de plusieurs mètres. Autant Perito Moreno (dont les deux cajeteros - distributeurs - étaient à sec) que Los Antiguos sont de jolis villages, très verdoyants en cette fin de printemps, aux maisons basses et colorées. Douane argentine, puis douane chilienne avec fouille en règle des bagages pour voir si nous ne passons pas fruits et légumes frais, charcuteries et laitages; les douaniers confisqueront un petit rameau et une herbe séchés...
A Chile Chico, nous prenons une chambre à la Hospederia de la Patagonia, conseillée par le Lonely Planet, juste en face de l'hospederia No me olvides, avec laquelle nous avions hésité. Les deux se trouvent dans la très longue allée de peupliers d'Italie, avant l'entrée du village quand on vient de l'Argentine. (Les Patagons adorent les peupliers, qui se plient avec grâce dans le vent violent, ils sautent apparemment sur la moindre occasion pour en planter.) L'hospederia est une belle maison basse des années cinquante au toit de tôle jaune d'or, croulant sous la végétation, appartenant, toujours selon le Lonely Planet, à des descendants de colons belges. A l'entrée, sous les arbres, un très grand bateau, dans lequel jouent des enfants. Nous ne voyons personne excepté une jeune Indienne assise sur une chaise devant la porte, qui ne nous prête absolument pas attention. Nous lui demandons s'il y a des chambres à louer, visiblement elle n'a pas l'air très claire mais nous répond quand même que « la signora est sur l'arrière ». Effectivement, elle est là (puisqu'elle se lève aussitôt en nous voyant), mais en compagnie d'une tablée de bien trente personnes, plus une vingtaine d'enfants qui jouent par petits groupes sur la pelouse et sous les arbres. On est tombé en pleine fête d'anniversaire. Par contre, de descendants de colons belges, point... Elle est avenante et nous conduit à notre chambre que nous choisissons « avec salle de bains partagée », donc moins chère (25 000 pesos, soit plus de 40 euros), mais très vite nous nous apercevons qu'elle est pressée et souhaite nous laisser au plus vite . La chambre est en partie en bois, comme toute la maison, il y a une atmosphère particulière, tout est fait à la main, chaque étagère est garnie de crânes d'animaux (pumas, cerfs, renards), ou de peaux, de nids d'oiseaux, d'outils anciens de métal, de frondes pour chasser le guanaco. Des selles de cheval sont rangées dans l'entrée. La « signora » allume vite fait un feu dans le poêle à quelques mètres de notre chambre. Mais je déchante assez vite en voyant la salle de bains, plus que limite. La douche a bien soixante ans, comme la maison, et la pomme de douche a autant de trous dessus que dessous. Le lavabo a un unique robinet d'eau froide et il n'y a pas de savon. Si le prix était deux fois moins élevé, pas de problème. Mais là, il y a de l'abus. Petit déjeuner prévu à 8 h 30 demain matin, dans la belle salle à manger, remplie, elle aussi de souvenirs.
Lundi 13
Temps superbe aujourd'hui encore. Le « desayuno », comme je m'y attendais, est limite lui aussi. Nous l'avalons vite fait, je feuillette avant de partir les livres de photos de la très grande famille nombreuse des colons belges (mais où sont donc les descendants? La maison aurait-elle été rachetée par des Chiliens?), puis nous plions bagage, direction le départ du ferry afin de réserver notre passage au départ de Puerto Ingeniero Ibanez, sur l'autre rive. Or nous apprenons que le ferry circule bien tous les jours, sauf par grand vent. Hier, par exemple, il est resté à quai. Voilà qui remet en cause tout notre programme, car nous prévoyons de redescendre sur Ushuaia en trois jours pour y être le 23. Or si le ferry reste à quai un jour, voire deux, nous raterons Noël avec Françoise et Gérard ainsi que deux jours réservés à l'avance aux cabanas del Beagle. De plus, le bureau des réservations est fermé. Nous repartons donc pour Cochrane à 188 kilomètres de là, par une piste secondaire. Le départ est royal puisque la piste, bien qu'étroite, est tellement damée qu'on la dirait bitumée sur une quarantaine de kilomètres. La suite est moins réjouissante, mais le paysage est constamment époustouflant de beauté et fait passer les difficultés au sol. La conduite reste néanmoins éprouvante, d'autant que virages serrés, montées et descentes « peligrosas » se succèdent, la plupart au-dessus de ravins sans protection aucune, ainsi que nids-de-poule (comme dit Alain il vaut mieux ne pas porter de dentiers...) et trous de toute sorte. C'est une version chilienne de la Moky Dugway, en Utah, en bien plus longue et dangereuse. Mais si l'on conduit prudemment, ce que je fais, on ne risque pas grand-chose. Il nous faudra quand même six heures pour faire les 188 kilomètres, arrêts photos - nombreux - compris.
Le lac General Carrera, d'un bleu outremer profond aussi beau que le plus turquoise des lacs glaciaires, est surplombé par les Andes enneigées et bordé d'une multitude d'églantiers en fleurs qui dégagent un parfum délicieux. Chaque kilomètre parcouru est une pure merveille et je suis tentée constamment de prendre des photos, malheureusement toujours cantonnée au 10-22 mm... Chevaux, moutons ou guanacos broutent le long de la piste. On aperçoit dans une étendue herbeuse une dizaine de gros oiseaux sombres à la tête jaune et au très long bec recourbé, des « bandurias ». Fechudal, puis Puerto Guadal où nous faisons le plein à prix d'or, 885 pesos (mais avec un pompiste extrêmement sympathique), soit le même prix qu'en France, enfin Cochrane, bourgade toute de verdure et de fleurs, notamment des rosiers. Là comme ailleurs les peupliers sont présents en nombre, mais la grande plaza, elle, est plantée de pins. Le long des rues aux maisons basses protégées souvent par des barrières de bois on retrouve les mêmes arbres taillés bas et peints en blanc jusqu'à un mètre du sol.
Toujours le Lonely Planet sous le bras, nous passons d'abord devant l'hosteria Rubio, puis devant l'hosteria Cerro al Cerro que nous choisissons, tout en bois et en plein soleil. 20 000 pesos pour une chambre avec salle de bains privée et même, pour la première fois, la télévision (que nous ne regardons jamais). Le plancher craque à chaque pas à réveiller un mort mais elle est bien agréable, au premier étage, avec une vue sur la montagne enneigée et les gouttières les plus originales qu'on ait jamais vues: un chapelet vertical de bouteilles d'eau en plastique. En bas, de même qu'à Chile Chico, un bégonia gigantea comme celui que nous avons à Paris (en bien meilleure santé que ses frères chiliens...). Ici non plus, ni savon ni serviette, on commence à se dire que pour le savon ça doit être normal, mais on demande des serviettes. Il n'y a pas d'eau chaude mais il y en aura demain matin). Le chauffage n'est pas allumé - c'est l'été - même si les soirées sont fraîches, mais nous avons quatre épaisses couvertures sur le lit plus une couette! Nous regardons le soir tomber sur la montagne qui domine Cochrane, et monter un croissant de lune dans le ciel.
Mardi 14
On est soignés aux petits oignons dans cette hosteria. Après un délicieux petit déjeuner, entre autres gâteau et confitures maison – même le lait est « maison » puisqu'il provient de vaches élevées à deux kilomètres de là - et une adresse dans la poche chez une amie de la « signora » à Caleta Tortel, nous voici repartis sur la Carreterra australe. La piste est complètement différente de celle que nous avons faite hier, d'autant que le ciel ce matin est très encombré. Le lac est gris sombre, et plus nous avançons, plus les pentes se couvrent de forêts. Nous ne comptons plus les panneaux « peligroso », à 300 mètres, à 200 mètres, à 100 mètres, etc. En fait ce sont soit des montées ou descentes vertigineuses au-dessus des ravins, or la piste est très étroite et sans parapet, soit des virages serrés, soit des travaux avec engins qui prennent la largeur du passage. Nous longeons le rio Baker, qui ne dévoile sa couleur désormais vert céladon que sous les rayons du soleil. Mais alors, quel enchantement!! Nous passons de nombreux rios, plus ou moins importants, plus ou moins furieux, entendons ici ou là chanter un coq, signe d'une présence humaine invisible, les cèdres remplacent peu à peu les langas, les églantiers ont cédé la place aux notros d'El Chaltén et la végétation commence étonnamment (du moins pour nous) à avoir des airs de végétation tropicale, y compris sur les rives du rio Baker, qui s'élargit jusqu'à ressembler au rio Usumacinto, fleuve frontière entre le Guatemala et le Mexique: même courant, même largeur, mêmes rives... Il y a des descentes et des virages qui ne doivent pas être mieux que la Shafer Trail en Utah, d'autant que les gravillons amassés ici ou là sont extrêmement dérapants. Nous croisons un peu plus de 4 x 4 qu'hier, et rares sont ceux qui freinent à notre passage. A nous de faire attention au pare-brise qui, ne l'oublions pas, a déjà trois impacts! Deux heures et demie plus tard et encore une fois de nombreux arrêts photos, nous prenons la déviation pour le village de Tortel, vingt kilomètres plus loin, ouverte seulement en 2005, dernière limite nord-sud du Chili par la route! Auparavant, tout se passait par la mer. La végétation est devenue carrément luxuriante, bambous à profusion, cascades de fuchsias à petites fleurs comme en Bretagne, immenses feuilles ressemblant mais en plus joli aux feuilles de rhubarbe et qui poussent là où il y a de l'eau. La piste est plutôt meilleure que la Carreterra australe, avec par moments de longues lignes droites qui traversent des champs de lances dressées vers le ciel.
Caleta Tortel, 512 habitants, au bout du bout, dernier poste avancé sur la mer, et le royaume du cèdre. Les voitures ne rentrent pas dans le village puisqu'il n'y a pas de route, seulement des passerelles de bois comme à Harrington Harbour, sur la Basse Côte Nord du Québec, mais ici il faut une bonne heure pour se rendre du secteur nord au secteur sud, en prenant le chemin le plus direct. Nous garons donc la voiture au milieu des nombreux 4 x 4 de toute sorte, prenons le nécessaire pour vingt-quatre heures, et passons par le petit bureau de l'office de tourisme pour savoir où se trouve la Residencia Estilo. Elle est à vingt-cinq minutes à pied. Tortel est un vrai labyrinthe, les passerelles sont doubles, voire triples, avec de multiples embranchements, et s'accrochent aux pentes abruptes qui plongent dans la mer. Au-dessous poussent de délicates petites orchidées blanches, sur de longues tiges frêles. Les oiseaux se chamaillent dans les arbres, les enfants courent d'un bout à l'autre du village et les petits bateaux rentrent de la pêche. Les maisons, souvent minuscules, sont toutes sur pilotis, nombreuses sont celles qui ont des façades et des toits en bardeaux, et sont entièrement couvertes de grosses écailles de cèdre. Un bateau-taxi fait le va-et-vient, les chiens ici encore vont et viennent, toujours sympa et câlins, et en se baladant on aperçoit même... un petit veau devant une maison! Ca alors! Mais qu'est-ce qu'il fait donc ici, où il n'y a pas d'herbe pour le nourrir??? Alain se demande s'il n'est là pour être boulotté... (En fait, nous aurons l'explication plus tard: les propriétaires de la maison l'ont ramené du « campo » parce que sa mère est morte, et le nourrissent au lait avant de la ramener au « campo ».) Tout au bout des passerelles on arrive sur une plage, déserte et froide, plutôt du genre marécageuse, qui n'engage pas à mettre le pied dans l'eau. D'ailleurs un écriteau précise bien qu'il n'est pas conseillé de se baigner. Tiens donc, on aurait cru le contraire! Le temps se couvre de plus en plus et se découvre de moins en moins souvent... Trois heures plus tard nous rentrons nous chauffer mais la maison est maintenant vide et le poêle éteint. Nous nous installons à une petite table de la salle à manger, avec vue sur la mer, en contrebas, du même beau vert céladon que le rio Baker. Des oiseaux volent d'arbre en arbre, des espèces de gros merles bruns à bec jaune, aux grands yeux ronds étonnés. Tortel n'a pas le téléphone mais la radio. Régulièrement on entend des messages passés depuis l'autre bout du village. L'électricité, elle, est capricieuse; il n'y en avait pas depuis ce matin paraît-il, mais elle est revenue vers les 18 heures. La « signora » est rentrée de la bibliothèque où elle avait été consulter Internet et a mis un premier chauffage au gaz en route, puis s'est occupée de rallumer le poêle à bois. Elle s'occupe maintenant de faire le repas (6 000 pesos par personne): salade de coquillages et saumon puisque Alain ne mange pas de viande. Il y a deux Chiliens arrivés en fin d'après-midi qui dîneront aussi ici.
20 heures. Le repas est prêt. La salade de coquillages (grosses moules et churros) me degoûte pas mal; pas les moules, mais les churros, qui sont de gros machins tarabiscotés hyper caoutchouteux, avec une grosse poche marron... Je rajoute de l'huile, du citron, du sel, je mâche et remâche ça comme du chewing_gum. Un passe, puis deux, puis trois et Alain me sauve du désastre en finissant mon assiette! Les Chiliens, eux, plus prudents, n'en ont pas pris. Le saumon est bien meilleur, accompagné d'un peu de purée et d'une salade.
Mercredi 15
Apparemment, les Chiliens ont changé de chambre en cours de nuit. Il faut dire que les matelas ne sont pas de la première jeunesse. Mais Javier Pinella est tellement gentille que pour nous, ça passe. Dans la salle de bains une fermeture originale pour la fenêtre: un petit tube de métal récupéré sur un ancien verrou et un gros clou rouillé et tordu. Si on enlève le clou du tube, la fenêtre se relève toute seule. Ensuite on se débrouille comme on peut pour réenfiler le clou... Petit déjeuner avec vue sur le fjord ensoleillé et les passerelles au-dessous. Nous n'avons pas eu de chance les quinze premiers jours, mais depuis El Calafate c'est vraiment l'inverse, car nous traversons des régions où il pleut normalement tout le temps. Je me posais la question de savoir où les jeunes allaient au lycée et comment ils faisaient avant l'ouverture de la piste (pardon, de la Carreterra! Javier Pinella ne comprenait pas de quoi on parlait en disant « la piste »). En fait, contrairement à ce qu'écrit le Lonely Planet, elle a été ouverte en 2002. Il y a à deux kilomètres du village un centre d'école primaire, mais les jeunes lycéens vont à Cochrane (à 122 km) ou plus au nord. Auparavant, un bateau faisait la navette entre Vagabundo, à de nombreux kilomètres au nord, et Tortel. Tout devait être terriblement compliqué.
En une demi-heure nous sommes au parking (il faut une bonne heure pour parcourir le village d'un bout à l'autre) où nous rangeons à nouveau les sacs et quittons Tortel vers les 10 heures.
Cochrane. Il fait beau et carrément chaud. Nous changeons des euros, faisons quelques courses et prenons de l'essence, puis repartons pour Puerto Tranquillo. Les rios succèdent aux arroyos, le rio en contrebas est d'un bleu extraordinaire, une couleur que nous n'avons jamais vue, même au Canada. A la jonction sud du lac General Carrera, nous prenons cette fois à gauche en direction de Coiyaque. Les paysages sont tout aussi époustouflants que sur l'autre rive, une pure merveille! Nous croisons, comme chaque jour, un ou deux gauchos, béret rouge sur la tête et deux ou trois petits chiens aux trousses du cheval, voire une gauchotte. Le lac bleu indigo est bordé de montagnes enneigées, parsemé d'îlots plus ou moins grands, les massifs de lupins jaunes ont remplacés les églantiers et recouvrent la moindre parcelle de terre, dégageant un parfum entêtant. Nous ne regrettons pas les nids-de-poule, les trous et la caillasse qui pourtant nous secouent comme des noix. Au loin, du côté de Puerto Tranquillo, le temps se gâte, il pleut. Nous avons beaucoup hésité à faire une halte dans ce village, à cause de ce qu'en disait le Lonely Planet, mais la distance supplémentaire pour atteindre Villa Cerro Castillo était beaucoup trop importante. Des heures de piste supplémentaire, aussi mauvaise, était pour moi insurmontable. En fait, Puerto Tranquillo s'étend le long de la berge, envahie lui aussi par les grands lupins jaunes odorants. Le cadre est magnifique!! Et l'hôtel, qui était si mal décrit dans le Lonely Planet, se révèle pas du tout vieillot et idéalement situé. Notre chambre est grande et belle, en rotonde, avec une avancée, et donne de tous les côtés sur le lac agité et les montagnes. Mais malgré le prix (30 000 pesos, soit 50 euros la nuit), ici comme ailleurs, il faut réclamer les « toallas » (serviettes) et, vu le prix, nous réclamons aussi le « jabon » (savon). Quelle n'est pas notre surprise, tout à coup, de voir par les baies vitrées le pompiste de Puerto Guadal servir l'essence aux pompes au-dessous! Et ça ne désemplit pas, on ne dirait pas qu'on est si isolés. En attendant, il fait celui qui ne nous reconnaît pas...
Jeudi 16
Nous qui croyions bien dormir, dans le lit moelleux à souhait et bercés par le bruit de la pluie sur la tôle, c'était sans compter avec les multiples gouttières qui tombaient de pan de toit en pan de toit. On aurait dit vingt personnes tapant avec de petits marteaux sur le métal. J'ai été réveillée au moins dix fois. Dommage, parce qu'on était vraiment bien en s'endormant, sous la couette si douce et avec la vue sur le lac... Bon petit déjeuner très attentionné, avec entre autres du pain de Pâques que l'on voit partout depuis qu'on est au Chili mais que nous n'avons jamais goûté. C'est un gros pain-gâteau sucré avec de nombreux fruits secs et confits. Avant de partir, nous refaisons le plein, je dis au pompiste qu'on l'a vu à Puerto Guadal et il me répond laconiquement: « Oui, et aujourd'hui c'est ici. » Bon...
Il pleut, donc. Au revoir ciel bleu et soleil, montagnes étincelantes et eaux bleu pétrole. Un voile blanc recouvre l'horizon proche, on ne sait où sont les sommets ni même s'il y en a. La Carreterra australe est mauvaise et glissante à souhait, une vraie planche savonnée, et ça ne fait qu'empirer au fil des kilomètres. Il est impossible d'éviter les innombrables trous, de plus en plus gros, de plus en plus profonds, la pluie qui redouble transforme certains passages en vrai bourbier. Quelquefois, on se croirait sur les pistes de bentonite de l'Ouest américain lorsqu'elles sont détrempées. Je conduis lentement, et ne dépasse pas les 40 km/h. Mais cela ne nous empêche pas d'admirer les lupins qui de jaunes sont passés au bleu profond. De grands lupins magnifiques, qu'encore une fois on croirait semés, mêlés par endroits de rose et de blanc, qui tapissent les bas-côtés ou envahissent des prairies entières et les berges des rios. Les bambous sont de retour, un arbuste aux fleurs orange vif a fait son apparition, on retrouve les arbres immenses de la piste de Tortel, des descendants de la forêt primaire et d'autres aux moignons noircis qui pointent au milieu de l'herbe vert tendre. Un petit air de végétation tropicale alors qu'à quelques jours de l'été il ne fait que 10°, et que la neige est là, tout près.
Nous faisons le détour par Puerto Ingeniero Ibanez afin de réserver notre passage sur le bateau pour le 18. Le village de 3 000 habitants a été rayé de la carte en 1991 suite à l'éruption du volcan Hudson, mais s'est reconstruit depuis. Les réservations se font à la Residencial Marcial, qui rouvre à 15 heures. Et là, tuile des tuiles, nous apprenons qu'il n'y a aucune place disponible pour la voiture avant le 23 décembre, jour de notre arrivée à Ushuaia à 1800 kilomètres d'ici! Nous voilà coincés au Chili! Nous demandons à l'homme qui fait les réservations si la piste d'une centaine de kilomètres qui passe par la montagne, marquée d'un seul trait vert (donc moins bonne que la Carreterra australe, verte doublée de blanc) avec à son sommet un passage en jaune, donc franchement pas bon, est passable avec une Corsa. Il nous répond d'aller demander l'avis des carabinieros. Eux font la grimace et nous déconseillent fortement de passer le col avec une petite voiture, un 4 x 4 d'après eux étant indispensable. Ils ont une solution: faire tout le tour du lac General Carrera, ce que nous venons justement de faire depuis plusieurs jours... Le moral est en berne. Mais lorsqu'ils apprennent par où nous sommes passés et que nous avons derrière nous 1500 kilomètres de ripio dont une grande partie mauvaise, voire très mauvaise, ils changent d'avis et pensent que c'est jouable. Quant à l'idée d'Alain, passer par les pistes du nord à partir de la ville de Coyhaique, ce serait des centaines de kilomètres supplémentaires... Nous décidons de tenter la montagne samedi et en attendant filons sur Coyhaique, à 116 kilomètres au nord. Le paysage a changé du tout au tout. Il est maintenant volcanique, avec de longs cônes basaltiques qui accrochent les nuages, luisants et noirs sous la pluie ininterrompue. Tout est très vert et a un petit air de pays Basque, il y a même des moutons dodus, tout ronds avec leur épaisse toison laineuse sur le dos. Plus on se rapproche de Coyhaique (45 000 habitants), plus la circulation augmente, et pour nous qui n'avons croisé depuis plus de trois semaines que quelques rares voitures, c'est l'overdose. Nous faisons confiance au Lonely Planet et prenons une chambre à la residencial Monica. L'accueil est aimable, la maison pleine de coins et de recoins pas vraiment enthousiasmants, et la chambre sent le renfermé à tomber. Nous nous empressons d'ouvrir les fenêtres même si le fond de l'air est plus que frais. Toujours pas de serviette dans la salle de bains, ni de savon bien sûr. Je me demande pourquoi est toujours accroché dans la douche des residenciales le même antique porte-savons pour famille nombreuse, d'au moins trente centimètres de haut et rouillé de la tête aux pieds. La chambre est triste à souhait, bleu foncé et marron, avec tout un tas de vieilleries, une ampoule de 10 watts au plafond et une lampe de chevet de 5. Alain prend un morceau de Sopalin, grimpe sur le lit et enlève les fils d'araignée qui pendent ici et là. D'ailleurs, ça sent son araignée à plein nez, ici... En attendant je vais chercher des serviettes que s'empressent de me fournir le propriétaire, très aimable lui aussi. Je remonte avec deux grandes serviettes blanches trouées et déchirées, mais elles feront l'affaire. Un tour au supermercado Unimarc, où je retrouve enfin mes pralines aux amandes (appelées « Garrapinadas almendras » dans le sud du Chili et « Almendras confitas » ici, ce qui explique que personne ne connaisse depuis un moment le mot « Garrapinadas »). Nos repas du soir ne sont pas variés (quant à ceux du midi ils sont inexistants): avocats, tomates, maïs, coeur de palmiers, thon, olives noires, citron, mayonnaise Lesieur rapportée de Paris. Je commence à sérieusement saturer...
Vendredi 17
Nuit blanche ou quasi. A 4 heures je ne dormais toujours pas, tournant et retournant dans ce mauvais lit. Le matelas devait avoir l'âge des propriétaires qui, eux, étaient à la retraite. En plus le sommier était trop court, j'avais les doigts de pied recroquevillés dans le fond. Les couvertures m'arrivaient sous les bras, mais dès que je tirais dessus pour les remonter, mes orteils se pliaient en huit. On avait vingt kilos sur le dos – trois grosses couvertures plus une couette – et moi qui n'aime pas ça... Mais le froid dans la chambre était vif. Bref, si on ajoute l'odeur entêtante de moisi et de renfermé, le cocktail était prêt pour une nuit totalement blanche. Un chien s'est égosillé toute la nuit et a fini par réveillé le coq juste au-dessous de nos fenêtres, à 4 heures tapantes, qui lui-même a réveillé ses potes du voisinage! C'était complet!!
A 8 heures, j'ouvre un œil... Je prends une douche dans la salle de bains glaciale, puis nous descendons pour le petit déjeuner qu'au moins nous espérons bon. Eh bien c'est complètement raté! La salle à manger est encore plus triste que le reste, si c 'est possible, sans fenêtre, avec toujours la collection de vieilleries. Un homme seul est en train de boire son café. C'est sinistre... Trois petits pains infects, un peu de beurre, jambon et fromage mais pas de confiture ni de lait. Moi j'ai toujours du mal à démarrer la journée avec des sandwichs... et la confiture (que je ne mange qu'en voyage) me manque. Nous expédions notre thé en moins de deux et nous précipitons à la voiture.
La situation risquant de se reproduire à Puerto Ingeniero Ibáñez où il n'y a rien, nous décidons de rester à Coihaique et d'aller à l'hôtel Espagnol, hors de pris (plus de 60 euros), mais où il y a chauffage, bon lit, WiFi et le reste. Si les residenciales étaient à 10 euros, pas de problème, mais à 33, ça ne passe pas.
Nous retenons la chambre, montons nos bagages et repartons pour Puerto Aysén. La route est, là encore, superbe. Les grands lupins bleus ont tout envahi: les prairies, les berges du río, les pans de montagne. L'espèce, comme la jaune, est invasive, mais quel bonheur pour les yeux, et les rayons d'un soleil capricieux en avivent encore les couleurs!! Nous traversons un véritable jardin. L'herbe vert tendre est rase. De chaque côté de la route, d'immenses parois verticales noires recouvertes en partie de feuillus, d'énormes cônes cylindriques qui sont autant d'anciennes cheminées de volcans. On se croirait à Zion.
Retour à Coihaique et à la plaza des Armas (les zocalos mexicains). Depuis Porvenir, on sent au Chili l'omniprésence de l'armée y compris dans le moindre petit village. Les rues sont toutes dédiées au sergent Untel ou au colonel Machin, il y a toujours la statue d'un général qui trône en bonne place, les casernes occupent le terrain, les militaires vont et viennent d'un air affairé. L'hôtel Espagnol change du tout au tout par rapport à hier soir, même si la fenêtre donne sur le couloir, que le tissu de la chaise de style est complètement déchiré et qu'il y a une grosse tache d'humidité noirâtre à l'aplomb de la tête de lit. Mais le reste est parfait, notamment le lit qui est excellent. Il y a des salons partout avec de profonds et beaux canapés et tout ce qui va avec. Je prends une douche, lave un peu de linge dans le lavabo dont le bruit de la tuyauterie alerte tout le monde de la cave au grenier et poursuis le carnet. Demain matin il faudra partir de bonne heure pour avaler les 116 km qui nous séparent de Puerto Ingeniero Ibáñez et emprunter la piste de montagne de 100 km pour passer la frontière.
Samedi 18
Enfin une bonne nuit, veillés par le petit Père Noël... En ouvrant l'œil, je vois par un fenestrou près du plafond que le ciel est gris et qu'il pleuviote. Déjeuner avec œufs brouillés, miel, yaourts, jus de fruits, etc., dans un décor cent pour cent décoration de Noël. Nous réglons la chambre (dont le prix est assez original en plus d'être élevé: 42 650 pesos...) et chargeons les bagages dans la Corsa recouverte de terre marron-rouge, qui est restée en exposition devant l’hôtel… Nous n’avions pas vu qu’il y avait un parking sur l’arrière, encombré de 4 x 4 rutilants.
Route de Puerto Ingeniero Ibáñez. Les couleurs sont devenues ternes sous le ciel chargé et les sommets se cachent dans les nuages, mais nous pouvons encore admirer les longues aiguilles de lave qui dominent Coihaique. La route suit longtemps un río et se glisse entre des flancs escarpés sur lesquels s'accrochent des forêts de langas. Un gaucho chevauche tranquillement, emmitouflé dans son poncho de laine, accompagné de ses chiens. Plus on descend vers le sud plus la végétation se fait rare, et les reliefs se couvrent d'éboulis qui descendent jusqu'au milieu de la chaussée. Heureusement qu'il y a peu de circulation car il faut naviguer d'un côté à l'autre pour les éviter. La pluie maintenant se transforme en neige, il fait 4,5 °. Régulièrement aussi le bitume est remplacé par des pavés autobloquants, dans les endroits où les déformations sont trop importantes et continuelles.
Puerto Ingeniero Ibáñez, casa des carabineros. Les formalités sont vite expédiées. Le douanier/carabinero rit quand je lui demande si la piste est bonne... Effectivement, pendant une bonne vingtaine de kilomètres, soit jusqu'à la frontière, ce ne sont que caillasse, trous, rochers affleurants, pentes raides avec virages serrés, piste étroite et dérapante. Mais il y a aussi des portions de pavés autobloquants, bien agréables pour reposer les mandibules! Et puis on aperçoit le lac en contrebas, turquoise lorsqu’un fugitif rayon de soleil se pose à la surface, et les Andes enneigées en arrière-plan. La piste continue de dominer le lac… Les montagnes chiliennes faisant barrage à la pluie, on se retrouve peu à peu en plein désert. Les collines arides moutonnent à l'infini, de temps en temps, le long d'un arroyo, des peupliers d'Italie signalent la présence d'une estancia. A la fin d'une longue descente sablonneuse, nous arrivons enfin à la douane argentine qui a des allures de désert des Tartares. Perdue au milieu de nulle part, les douaniers attendent la prise qui les sortira de l'ennui. Nous avons droit à une fouille en règle de la voiture, tout y passe: la batterie du Canon et le second objectif sont secoués consciencieusement, la carte-mémoire est sortie de son étui et regardée sous toutes les coutures, les jumelles et le petit disque dur nomade également. La lessive est reniflée avec application, et tout à l'avenant. Le Canon semble intéresser grandement un des deux douaniers qui n'arrête pas de répéter « Canon, Canon », et finit par retourner à l'intérieur - où se trouve Alain - pour signaler à ses collègues la présence d' « un appareil photo Canon ». Mais ils s'en fichent royalement et lui disent de laisser tomber. Tout est OK, la prise du siècle ne sera pas encore pour cette fois. Un douanier lève la barrière: à une de ses extrémités, une grosse pierre, à l'autre une corde. Le douanier décroche la corde, la pierre touche le sol, la barrière est verticale. Lorsqu'on est passés, il tire sur la corde, la barrière revient à l'horizontale, il raccroche la corde et le tour est joué. En attendant ils ne cherchaient pas de fruits et de légumes, car j'avais oublié de finir le lait, ils l'ont vu, j'ai fait l'innocente et leur ai demandé si c'était « prohibido », et ils m'ont répondu que je n'avais qu'à le terminer en route. Ça alors! A un précedent passage de frontière un douanier avait hésité à confisquer le lait en boîte! Heureusement que sa collègue était un peu moins stupide! Côté argentin la piste a des allures de Ruta 40. Toujours le désert, toujours les rares estancias. Depuis très longtemps, la voiture a perdu sa couleur blanche, elle est marron foncé jusqu'en haut des vitres. Comme on ne voit jamais de station de lavage, on a acheté deux éponges en prévision du cours d'eau providentiellement accessible. Eh bien il est là, juste au-dessous du remblai, sur la gauche de la piste. Nous sortons les deux Tupperware, achetés en arrivant (toujours très utiles en voyage), qui vont nous servir de bassine et lavons la voiture. On se dit que le premier qui passera nous prendra pour des fous, et tiens, quand on parle du loup..., voilà un camion qui arrive! Deux petits coups de klaxon pour nous dire bonjour et il s'éloigne dans un panache de poussière. Vingt minutes plus tard, on ne reconnaît plus la Corsa!!
Perito Moreno. A l'aller, un dimanche matin sous le soleil, le gros village était animé et pimpant. Aujourd'hui, samedi en fin d'après-midi sous le ciel gris, il est mortissime. Nous allons à l'office du tourisme chercher une liste de l'alojamiento (des logements) et partons pour l'Americano puisqu'il y a apparemment une chambre de libre. Curieusement, lorsque nous arrivons, un jeune a l'air un peu débile, sans même nous rendre notre bonjour nous dit d'un air désagréable que tout est complet... Bon... retour à l'office de tourisme; nous voilà ensuite repartis pour le Belgrano, cette fois; la chambre y coûte 240 pesos, soit 50 euros, pour un hôtel très très moyen. Le village compte un nombre certain d'hôtels restaurants dus à la proximité de la « Cueva de las Manos », la grotte des mains. Il nous aurait fallu un jour supplémentaire ici - seize kilomètres d'une mauvaise piste plus deux heures de marche aller - et nous n'avons plus le temps. C'est un peu dommage car les peintures datent pour le premier groupe dit « Stylistique A » de treize mille ans – elles se distinguent par la chasse aux guanacos – alors que le second groupe date de neuf mille cinq cents ans et comporte un très grand nombre de mains, au milieu desquelles se sont égarées des empreintes de pattes de nandus. Nous prenons un chocolat et un thé dans la salle de restaurant. Tout est calme et tranquille lorsque du fond de la salle arrive une espèce d'énorme type qui allume la télévision, le son au maximum, puis s'affale sur une chaise. Il fallait s'y attendre, il regarde une émission de variétés de la pire espèce. C'est le mari de l'hôtelière, pas étonnant qu'elle ait l'air si triste avec un gus pareil...
Nous pensions manger une pizza dans un petit restaurant mais il est fermé ce soir. Je me contenterai d'une boîte de thon et de maïs et Alain de chips et de mandarines...
Dimanche 19
La salle de bains est très particulière: elle est tellement petite qu'il faut s'asseoir en travers sur les w-c, qui s'avancent dans la douche. Le problème, c'est que la douche fait exactement quarante-cinq centimètres de côté, que le rideau est trop court et que se laver là-dedans relève de l'exploit. Le rideau se colle au corps et l'eau inonde le sol. Mais c'est apparemment prévu pour, puisqu'il y a un écoulement. Ajouté à cela que les robinets du lavabo fuient et que la minuscule fenêtre, de métal peint en gris, est rouillée... La moquette est sale dans le renfoncement de la fenêtre qui laisse passer tout le vent d'Ouest, et le papier déchiré. On n'avait rien vu, hier...
Pain rassis et grillé au petit déjeuner et le thé au lait est à l'espagnol, c'est-à-dire du lait au thé. Nous ne nous éternisons pas, prenons nos sacs et allons payer. Au comptoir, le gros tas d'hier est en train de feuilleter un magazine en léchant consciencieusement son gros doigt à chaque page. Nous lui disons bonjour, il ne nous regarde pas et ne nous répond pas. Sourd et muet, probablement. A côté de lui, sa belle-mère, cent ans minimum et totalement handicapée, ne nous voit pas non plus. Une minute passe, puis deux. Alain me dit : « Apparemment, la chambre est gratuite. » On est sur le point de partir quand la vieille dame a l'air de se réveiller. Elle a toutes les peines du monde à se mouvoir, mais son gendre se contente de lui jeter un regard de travers, excédé et méprisant, de temps en temps, tout en continuant à lécher son doigt. C'est un véritable rustre!!!
Quatre cent cinquante kilomètres avant destination, sur l'Atlantique, à Puerto Deseado. Passer du Chili verdoyant et splendide à la steppe grise et poussiéreuse de l'Argentine est ardu. Nous nous retrouvons au point de départ: steppe à droite, steppe à gauche, horizon rectiligne. Entre Las Heras et Pico Truncado, des puits de pétrole – les gros criquets de métal qui, ici, comme au Nouveau-Mexique, picorent le sol poussiéreux –, des forêts de poteaux électriques et piquets en tout genre, et surtout, autour de ces deux villes, des dizaines de milliers de sac en plastique qui se sont accrochés au moindre brin d'herbe de la steppe, à perte de vue, recouvrant absolument tout, du moins pour ceux qui ont réussi à sauter les clôtures. C'est inimaginable! Nous faisons un tour dans Las Heras, « histoire de voir ». Des graphs, beaucoup de graphs qui courent sur les murs, sautent d'une maison à l'autre... Pas de merveilles, mais une explosion de couleurs dans cet environnement désolé que le vent fouille dans ses moindres recoins. Du soleil et du ciel bleu sur le béton.
Un quadrillage, comme toujours, des rues larges, et une alternance de maisons misérables, véritables taudis pour certaines, et de maisons pimpantes et colorées, avec de gros bergers allemands, pas vraiment sympathiques, derrière de hauts grillages. Ici ou là une « carniceria » (boucherie), un minimercado, une « gomeria » (endroit où l’on répare les pneus), une ancienne (?) « panificadora » (une boulangerie)…
Un dinosaure très kitsch à l’entrée de Pico Truncado, la jumelle pétrolière de Las Heras que nous éviterons cette fois, puis ensuite tout disparaît, et les choses reprennent leur aspect normal à Fitz Roy (ciudad), où nous prenons de l'essence. Je ne sais pas pourquoi, je sens qu'ici encore, on va essayer de nous rouler. Et ça ne manque pas. A peine le pompiste a-t-il la clef du réservoir en main qu'il y a déjà enfourné la pompe du « podium XXL » (l'essence la plus chère, bien sûr), qui est à 3,90 pesos au lieu de 3,26, tandis qu'un gros type qui a l'air d'être le patron se colle devant la pompe pour qu'on ne puisse rien voir. En une fraction de seconde je suis dehors et lui dis que nous voulons du super. « Mais pourquoi? Ca c'est bien meilleur! » Le temps que je m'énerve et que je lui dise que non, pour cette voiture le super est très bien, qu'il fasse celui qui ne comprend pas pourquoi je n'en veux pas, etc., le pompiste, lui, a rempli le réservoir... Il faut toujours faire très attention quand on prend de l'essence, car apparemment le touriste est un mets de choix!
Puerto Deseado. Je croyais que la route qui y mène, de 126 km, était bordée de falaises rouges, du moins c'est ce que j'avais lu sur un carnet de voyage trouvé sur Internet. En fait c'est une ligne droite de 120 km, qui traverse un paysage aussi plat que la main. Le plus beau, dans la steppe, ce n'est pas le sol, mais le ciel. Un ciel immense, avec des nuages moins variés qu'au-dessus des Andes, mais tout de même fascinants. Les derniers kilomètres escaladent de petites collines, tournent et virent. Un peu avant d’arriver, sur la hauteur, l'armée, encore et toujours, omniprésente au Chili et en Argentine. Un régiment et tous les baraquements – très pimpants – pour l'abriter. Puis, en descendant vers la mer, le bourg et le port, où se serrent les uns contre les autres cinq gros bateaux rouges. Il y a la fête foraine, manège et karaoké, et une foule incroyable de jeunes, dont beaucoup d'Indiens, qui déambulent dans les rues par petits groupes. Certains partagent du maté à la paille dans leur timbale, assis sur le trottoir. Ici et là, des affiches rappellent qu'il y a trois ans un jeune boxeur, Jesús López, a été assassiné et que ce meurtre est à ce jour resté impuni. www.youtube.com/watch?v=IDhsQ-S34Nk
Nous finissons par atterrir à Los Acantalidos, avec balcon et vue sur la mer. Nous sommes les seuls clients de l'hôtel, à deux jours de l'été. Et nous avons fait le tour de tous les autres, pas de clients non plus. Mais ici c'est très bien, des gens très aimables, et dans la chambre (pour trois personnes) téléphone (pour la première fois), télévision, Internet; dans la salle de bains, serviette, savon, shampooing et sèche-cheveux. Plus chauffage, chose rarissime!
A la confiteria de l'hôtel, je mange de l'excellente viande. Coucher de soleil magnifique, orangé, avec, sur fond de nuage noir, des draperies de pluie rose qui ne touchaient pas terre, balayées par la force du vent.
Lundi 20
Impossible d'enrouler le store, Alain a apparemment mis trop d'entrain hier soir à le dérouler, mais nous devinons qu'il fait beau. Le petit déjeuner buffet est royal, avec de délicieux gâteaux maison et la vue sur la mer en prime. Apparemment, la confiteria est le matin le rendez-vous de tous les notables du coin, des « Don » ceci et cela, dans les soixante-dix ans. C'est à celui qui aura le plus gros 4 x 4, avec le plus gros pare-chocs... Comme nous avons décidé de rester une nuit supplémentaire et que la chambre que nous occupons était réservée, on nous propose à la place une chambre de deux, juste à côté. Nous passons à la banque de Patagonie changer des euros (à 5,17). Un vigile armé le long d'un mur et à côté de lui une espèce de haute guérite blindée en métal gris mais extrêmement étroite, à laquelle on accède par deux hautes marches, avec une minuscule vitre, certainement blindée. A l'intérieur, un homme est assis et rit au téléphone. Il a l'air parfaitement à l'aise, prisonnier de ce coffre-fort de trois mètres de haut qui ferait tourner de l'œil rien qu'en le regardant n'importe quel claustrophobe...
Nous allons au port nous renseigner pour une sortie en zodiac l'après-midi, de deux heures et demie, afin de voir une pingüinera, aux « Darwin expediciones », installées dans un chalet de bois. Nous n’avons pas pris la sortie en mer d’une journée (350 pesos par personne) pour aller chez ces très étonnants manchots punks aux sourcils jaunes et à la huppe noire, les gorfous sauteurs (Eudyptes chrysocome), car la mer est très agitée et passer trois heures aller-retour à faire du trempoline en zodiac, éclaboussés par les vagues, ne nous a pas tentés plus que ça…
Aux « Darwin expediciones », nous rencontrons un couple italo-argentin qui vit à Paris, avec leur fiston de neuf ans. Tout le monde est très sympa. Le prix de la sortie est passé en vingt-quatre heures de 150 pesos à 180... Il faut être six pour partir et nous ne sommes que cinq, donc ils ont trouvé l'astuce pour rentrer dans leurs frais. En attendant 15 heures, nous suivons le TrailBlazer des gens que nous venons de rencontrer sur une piste qui mène au « cañon » de Costa Negra. Petite balade d'une heure, chacun de son côté, dans un décor aride malgré la proximité de la mer, mosaïque de terre ocre sur laquelle blanchissent les os de quelques animaux malchanceux, lagune bleu-vert, soleil de plomb.
14 h 30, retour à l’embarcadère pour le départ à 15 heures. A 15 h 30, on est toujours à quai. Nous apprenons que désormais nous ne serons plus cinq mais onze, un groupe ayant téléphoné pour réserver. 15 h 45, ils arrivent, en short, tongues et T-shirt, alors que le vent est toujours violent et que sur l’eau la température ressentie est souvent glaciale. Mais alors, quid de l’augmentation de 30 € qui nous a été demandée pour compenser la personne manquante ? Eh bien ça ne change rien. Empochés c’est gagné ! Bienvenue au pigeon étranger, espèce fort répandue en Argentine et au Chili.
Par chance il fait étonnamment chaud aujourd'hui, que se passe-t-il? Près de 30 °C! Le temps idéal pour passer quelques heures sur l’eau. Le pilote guide est très sympa, il n’en fait pas des tonnes comme cela arrive malheureusement souvent (j’ai le souvenir d’une sortie en zodiac dans le magnifique archipel de Mingan, au Québec, complètement gâchée par des commentaires stupides et ininterrompus). Nous longeons la côte et allons d'île en île: celle des cormorans gris aux grands yeux orange vif (cormoran de Gaimard – Phalacrocorax gaimardi), qui voisinent avec les cormorans noirs (cormoran impérial – Phalacrocorax atriceps). Il va sans dire combien je suis to-ta-le-ment frustrée de n'avoir que le grand angulaire!!! Le zodiac bouge dans tous les sens et les embruns éclaboussent les objectifs…
Nous laissons les falaises cuivrées aux longs stalactites de guano et continuons à remonter le bras de mer à l’abri du gros des vagues, vers les lions de mer, de tous les âges et de toutes les couleurs. Deux dauphins, joueurs et surtout farceurs, s’amusent avec le zodiac. Ils arrivent droit sous le bateau, tout le monde se précipitent sur le bord opposé pour les voir passer, et il n'y a jamais personne..., ils ont fait demi-tour ! Mais je finis par les prendre dans les filets de l’objectif.
Le clou de cette sortie en mer est le débarquement à la pingüinera, une petite île où nidifient une foule de manchots de Magellan (en espagnol on dit pingüino, mais ce sont en réalité des manchots, les pingouins étant en Arctique). Ils sont vraiment trop mignons! Dans les quarante centimètres de haut, là encore il y a beaucoup de juvéniles, voire de gros bébés de six mois, petites boules de peluche grise. Ils sont très drôles lorsqu'ils marchent d'un air pressé en file indienne, en se dandinant, droits comme des « i ». Je réussis à les approcher à deux mètres, très lentement, avec des ruses de sioux, assise par terre ou à genoux. La lumière est très belle à cette heure de la journée, l'air est tiède et le silence troublé simplement par un appel de loin en loin. Les algues vert intense recouvrent la grève par endroits et contrastent avec l'eau turquoise. Au bout d'une heure tout le monde remonte dans le zodiac. Le vent qui s'est levé nous jette à plusieurs reprises des paquets d'embruns au visage et n'épargne pas les appareils. C'est la catastrophe, le mien est couvert de sel!
Les sternes, ces si gracieuses hirondelles de mer, nous accompagnent un temps, sans perdre de vue que le garde-manger se trouve au-dessous d'elles. Elles ont presque toutes un petit poisson dans le bec. Lorsque nous rejoignons le quai, le temps a complètement changé, on ne distingue plus la ligne d'horizon, tout est mêlé, ciel et terre, dans une même brume gris orangé, très spectaculaire, mi-vent de sable mi-fumée rugeoyante d’incendie. Le temps de faire un tour en « ville » acheter des garapinadas (pralines aux amandes), les rafales ont encore forci et se sont chargées de sable. Nous nous engouffrons dans l'hôtel, enfin à l'abri, la peau brûlée et desséchée. Repas comme hier soir à la confiteria. Pendant ce temps le ciel reprend peu à peu des couleurs, et plus tard nous assistons encore une fois à un coucher de soleil somptueux sous les altocumulus.
Nous sommes en contact quotidiennement avec Françoise et Gérard depuis qu'ils ont débarqué (au sens propre) à Buenos Aires, il y a seulement quelques jours, après plus d'un mois en mer. Ce soir, ils nous disent que les rafales de vent les ont empêchés de rouler normalement et qu'ils ont failli se renverser. La semaine dernière, un Allemand s'est retourné avec sa cellule par une rafale à 200 kilomètre/heure! On espère quand même les voir demain sur la route, car on se rapproche de plus en plus. J'ai l'impression que la baie vitrée va être arrachée, quant au circuit d'aération de la salle de bains et de la chambre, le vent qui s'engouffre à l'intérieur fait un bruit de réacteur de 747! Il paraît que la spécialité de Puerto Deseado est le très très grand vent... Mardi 21
Le vent s'est déchaîné toute la nuit et a chassé les nuages. Grand beau temps donc, et température très douce. Avant de partir, je n’oublie pas de photographier le Père Noël ! Autant au Chili qu’en Argentine, ils sont souvent beaucoup plus beaux que celui qu’on connaît en France, avec sa robe de chambre rouge… Aujourd'hui, nous espérons bien voir sur la route Françoise et Gérard. D'après nos calculs nous devrions arriver à peu près en même temps à la jonction de la Ruta 3. Nous prenons de l'essence à Petrobras, qui comprend un locutorio, où je tente une énième fois de téléphoner en France avec la carte Hable Mas achetée à Buenos Aires et... qui ne fonctionne apparemment que là-bas. La route de 126 km est toujours aussi rectiligne que l'horizon. Pas une herbe dans la steppe, pas un animal non plus. Dans le ciel, de beaux nuages de type Ouest américain. Le vent chahute la voiture et je suis cramponnée au volant comme depuis le début du voyage. Arrivés à la Ruta 3, personne en provenance de Comodoro Rivadavia. Nous tournons à gauche pour Puerto San Julián à environ 260 km plus au sud. Pendant longtemps, alors qu'aucun virage ne vient briser la monotonie de la ligne droite (et sur toute une partie en ligne continue, ce qui est un comble!), le paysage est plat et gris au plus loin que porte le regard, balayé par un vent d'ouest qui souffle en violentes rafales, très déstabilisantes pour la voiture. Puis peu à peu, à une centaine de kilomètres de Puerto San Julián, les couleurs apparaissent sous la toison de petites touffes épineuses que broutent des guanacos de plus en plus nombreux. Une harde traverse la route dans un virage et s'envole par-dessus la clôture au passage de la voiture. (Ces clôtures qui, depuis notre arrivée, nous surprennent par leur longueur. Un piquet tous les dix mètres, un plus fin tous les mètres sur quatre rangées de fil de fer. Et cela sur des millions d'hectares... Un ennui mortel nous assaille rien que de penser au travail que cela représente.) Mais ces guanacos imprudents, voire casse-cou, ne passent pas tous entre les mailles du filet, car c'est le quatrième que nous voyons en peu de temps, couché sur le bas-côté. Mortellement touché. Subitement, nous apercevons tout une tripotée de nandous, un adulte avec une quinzaine d’adolescents. Nous avons appris que les mœurs de ce très gros oiseau – qui ne vole pas mais court comme tous les membres de la même famille, autruche, émeus, casoars etc. –, étaient très particulières. Au moment de la reproduction, le mâle séduit jusqu’à une quinzaine de femelles, les fait pondre à la queue-leu-leu dans le même nid, puis s’installe à leur place pour couver tous ces gros œufs. Une fois éclos, il ne se défile pas, non, il prend au contraire leur éducation complète en charge ! Et voilà comment on avait confondu un « nouveau père » avec une baby-sitter !
Les petites collines se font plus nombreuses, les ocres pâles et les roses carmin aussi. Je ne peux pas m'arrêter pour photographier sur cette route où les voitures, néanmoins peu nombreuses, passent en trombe, et de toute façon c'est le type même de paysage qui ne donne rien au grand angulaire.
Puerto San Julián. Nous retrouvons ici encore les topes mexicains, ces dos-d'âne mortels pour les voitures qui s'aviseraient de passer autrement qu'au pas. Je desserre enfin les mains du volant et m'aperçois que j'ai de nouveau attrapé une ampoule!! Passage obligé par l'Information touristique pour avoir la liste des hôtels, puis nous jetons notre dévolu sur le petit hôtel Miramar. Tout neuf, en front de mer (je devrais dire de baie), une très jolie chambre décorée avec goût, personnalisée, une grande et belle salle de bains, du chauffage, un accueil très aimable (240 pesos avec vue sur la mer, au premier étage). Le bourg, lui, est totalement impersonnel, traversé par une avenue à l'américaine, c'est-à-dire de cent mètres de large. La côte est elle aussi quelconque, rien pour accrocher le regard, du gravier gris, des algues vertes, du sable noir... Le gallion de Magellan, ou du moins sa réplique, trône en bord de mer, tout près de l’hôtel. C'est un musée que peuvent visiter pour 8 pesos les nationaux, mais pour 12 les étrangers. Décidément, en Argentine comme au Chili, le voyageur étranger est une espèce que l'on adore plumer, mais il se trouve que nous tenons à nos plumes!
En allant jusqu’au bout de la route de bord de mer, nous passons devant un mirage français rescapé de la guerre des Malouines, dont le pilote a paraît-il coulé trois navires. Beaucoup de jeunes du village ne sont jamais revenus...
Mercredi 22
Toujours aucune nouvelle de Françoise et Gérard. Nous n’avons aucune idée de l'endroit où ils ont passé la nuit, en tout cas ils n'avaient pas d'Internet (et à Puerto San Julián, les coupures ont été nombreuses jusqu'à la panne finale). La première pompe à essence est à sec, la seconde aussi. La journée débute bien. Il nous faut faire 120 kilomètres jusqu'à la pompe suivante, à Commandante Luis Piedrabuena, avec ce qu'il reste dans le réservoir. Je conduis pépère, à 90 km/h, en surveillant le compte-tours. Pendant un moment je suis de près un camion pour faire tirer la voiture. Les camionneurs argentins (et chiliens), je l’ai déjà dit, sont toujours extrêmement aimables! Ils disent bonjour quand ils nous croisent, font signe lorsqu'on peut les doubler sans risque, c'est un vrai plaisir. Les routiers français feraient bien d'en prendre de la graine. La route est terriblement monotone, le ciel triste, la steppe terne et plate. Des moutons broutent avec application les petites touffes grisâtres. De temps en temps, çà et là, une piscine pour oiseaux de passage…
Piedrabuena. Nous craignions que la pompe ne soit aussi à sec, mais l'agitation qui y règne et le monde nous rassurent tout de suite. Nous faisons le plein dans une ambiance de fête foraine, les haut-parleurs diffusant de la musique à pleine puissance.
Les kilomètres défilent en direction de Río Gallegos, grande ville rurale qui « ne présente aucun intérêt » d'après le Routard, « mais où le voyageur échoue parfois ». Les voyageurs que nous sommes comptent pourtant y passer la nuit et partir tôt demain matin pour prendre le ferry, 68 kilomètres plus au sud, si possible à 8 h 30. Il faut compter qu'avec l'heure d'été chilienne nous perdons une heure. De plus il nous faudra passer une première fois la frontière à environ 35 kilomètres, puis une seconde fois en Terre de Feu, à San Sebastián. La pluie s'est maintenant mise à tomber. Les guanacos se font de plus en plus nombreux de chaque côté de la route, ils sautent les clôtures pour améliorer leur ordinaire avec les grandes herbes aux fleurs jaune pâle qui poussent consciencieusement sur les bords... et le payent très cher. C'est même une véritable hécatombe. Nous ne comptons plus leurs dépouilles et leurs squelettes.
Enfin des virages, enfin des collines. Puis tout retombe comme un soufflé, et la banlieue de Río Gallegos se profile à l'horizon. Plus nous approchons plus je me dis que le Routard est bien au-dessous de la réalité. Sous le ciel gris, les abords de la ville sont tristes à mourir, mais probablement aussi sous le ciel bleu. Cabanes de tôle clairsemées, grillages, détritus, amas de tout ce qu'on veut un peu partout... Nous prenons la direction du centre qui n'en finit pas, encore 7 km, apercevons un Carrefour sur la droite, et hop, virage à quatre-vingt-dix degrés. Il est immense mais nous ne trouvons rien, d'autant que fruits et légumes, laitages et charcuteries sont interdits à l'entrée au Chili. Tandis que nous déambulons dans les allées, Alain a une excellente idée: partir de là illico et filer sur le terminal pour être sûrs, demain matin, d'être à l'heure pour le premier ferry. Il reste 578 kilomètres jusqu'à Ushuaia, deux frontières et un ferry où l'on peut parfois attendre paraît-il jusqu'à une demi-journée. Nous dormirons dans la Corsa, les sièges s'inclinent, et après tout nous serons plus à l’aise que dans l’avion. Adjugé! Nous sommes subitement plus légers et filons sous la pluie qui redouble, en oubliant de faire le plein d'essence en Argentine, moins chère qu'au Chili, alors qu'il ne nous reste en pesos chiliens que de quoi payer la traversée.
Le passage à la frontière est un peu laborieux car il y a beaucoup de monde, des cars, surtout. C'est la plus importante de toutes celles que nous avons vues depuis un mois. Encore une trentaine de kilomètres jusqu'à Punta Delgada, l'embarcadère et la pompe à essence. En cours de route nous vient une autre idée. Pourquoi attendre le lendemain pour passer le détroit de Magellan? Nous allons plutôt essayer de prendre le bateau aujourd’hui et nous dormirons à Bahia Azul, sur l'autre rive, au terminal de la Terre de Feu.
Punta Delgada. Nous demandons où est la station-service et on nous répond qu'il n'y en a pas..., il faut aller jusqu'à Cerro Sombrero, de l'autre côté du détroit, au bout de la route goudronnée de quarante kilomètres. Notre carte est donc erronée! Il n'y a pour l'instant qu'un camion et un 4 x 4 brésilien. Nous prenons la file, d'autres camions arrivent peu à peu, quelques pick-up également, mais ce n'est pas la foule des grands jours. Il y a deux ferrys qui font la traversée en alternance, tous les trois quarts d'heure jusqu'à minuit 15.
Les dauphins nous accompagnent pendant le passage du détroit de Magellan qui est à cet endroit bien plus resserré qu'entre Porvenir et Punta Arenas. Le ciel s'est dégagé derrière nous et s'est chargé de plus en plus devant... Il est maintenant 19 h 30, nous nous sommes évité trois heures et demie sur la journée de demain, et alors que nous sommes au milieu du détroit, il nous vient la troisième idée de la journée: pourquoi ne pas poursuivre jusqu'à la pompe à essence de Cerro Sombrero? En débarquant en Terre de Feu, nous nous apercevons qu'il n'y aurait pas eu le moindre endroit pour garer la voiture au terminal. De Bahia Azul, totalement différent de celui de Punta Delgada. Ici, seule une rampe bétonnée bordée de deux murs mène de la sortie du ferry à la steppe au-dessus.
Les quarante kilomètres sous la pluie battante sont vite avalés. Il faut faire un détour de dix kilomètres pour Cerro Sombrero par rapport à la piste que nous comptons prendre demain, et qui passe par Onaisin. En arrivant dans le village, nous avons la très bonne surprise de voir qu'il y a une hosteria à l'entrée – l’hosteria Tunkelen –, qui n'est indiquée nulle part et que nous n'avons pas vue non plus sur Internet. Elle est pimpante et n'a aucune concurrente, ce qui n'augure rien de bon pour les prix. Effectivement, la chambre double est à plus de 80 euros! Nous décidons alors de prendre une chambre dans l'annexe, qui a dû connaître des jours meilleurs, à deux lits jumeaux avec salle de bains partagée, type refuge, pour l'équivalent d'une trentaine d'euros, petit déjeuner inclus, que nous payons en dollars. Puisque nous devions normalement dormir dans la Corsa, ce sera toujours beaucoup mieux. C’est très calme, ici, à l’écart de la piste et loin de tout . Les petits moutons frisés de la steppe patagonne broutent infatigablement dans la lumière dorée du soir qui tombe. La journée est terminée, nous nous sommes bien avancés sur notre route pour Ushuaia, et nous dormons finalement au chaud et dans un vrai lit, ce qui était inespéré...
Jeudi 23
Après le petit déjeuner dans l’annexe salle de restaurant de l’hôtel, sur l’arrière, en compagnie de Brésiliens qui avaient pris le ferry avec nous à Punta Delagada, nous nous dépêchons de partir avant que le premier ferry ne débarque àBahía Azul et que les camions n'envahissent la piste. Tout le long des 400 km qui nous séparent d'Ushuaia, nous constaterons pour la énième fois combien tous les routiers sans exception sont courtois, attentifs et prévenants. Quelle différence avec les particuliers qui nous croisent sur la piste à toute allure, sans ralentir ni se pousser d'un poil, en sachant qu'ils risquent de faire éclater notre pare-brise... Et certains me font même des appels de phare répétés parce que je ne mets pas les codes, comme la loi l'exige, quel excès de zèle! Je me demande bien à quoi ils peuvent servir sur des routes rectilignes à l'infini, alors que la voiture est blanche, sinon à dépenser un peu plus d'essence. La Terre de Feu est incomparablement plus belle que toute la route que nous venons de faire depuis Perito Moreno (ciudad). C’est un archipel dont l'île la plus grande, la isla Grande, est assimilée à toute la Terre de Feu. Le sol se soulève en collines sur le dos desquelles on dirait qu'est jetée une épaisse toison végétale qui ne descend pas tout à fait jusqu'en bas. Moutons ou petites vaches broutent un peu partout l'herbe blonde, souvent accompagnés de toute sorte d'oiseaux pourvu qu'il y ait un peu d'eau: flamants, canards, cygnes à col noir, poules d'eau, oies. La longue chevelure gris clair des lichens envahit de nouveau des bosquets entiers. Puis les collines laissent la place aux montagnes couvertes de forêts de langas et aux sommets encore enneigés, aux lacs et aux rivières.
Ushuaia, plus de 60 000 habitants. La ville est étendue le long de la baie mais ses maisons basses et ses jardins donnent l'impression d'une petite agglomération. D'après nos calculs, Françoise et Gérard doivent déjà être là. Nous allons directement aux cabañas del Beagle, sur les hauteurs, et faisons la connaissance d'Alejandro, le jeune propriétaire qui les a entièrement construites de ses mains. Elles sont grandes (50 m2) et magnifiques, avec d'immenses baies vitrées en angle jusqu'au plafond, très haut, ce qui donne l'impression d'être à la fois dehors et dedans. Au-dessous, par-delà les toits, on aperçoit la baie.
La suite (la semaine à Ushuaia) arrive très bientôt. Et grâce à Gérard (Vilcanota) qui m'a prêté son objectif Canon 70-200 f/2,8 et que je remercie encore une fois ici, les photos seront enfin de bien meilleure qualité!
Jordanie - Récit de nos quatorze jours en octobre 2010 English translation pending
Bonjour,
voici notre récit de voyage après 14 jours en Jordanie en octobre 2010.
Je profite d'avoir publié celui de notre récent voyage pour mettre celui-là et apporter notre contribution à ce forum de voyageurs! Les prix sont pour 2 adultes. N’hésitez pas pour plus de précisions !
jour 1 : arrivée 2h du matin Amman. Changeons juste le nécessaire à un taux très faible avant les visas (10 JD / pers). Taxi (15JD) réservé par l’hôtel black iris à Madaba nous attend. Nuit à l’hôtel (30 JD). Le black iris est super bien ! chambres agréables, spacieuses et propres. Odeh le patron est super sympa et de bons conseils pour la suite du voyage ! petit déjeuner copieux et délicieux ! on y est allé 5 nuits dans notre séjour et c’était toujours avec plaisir ! chambre double 30-35JD avec les meilleurs prix en ligne sur leur site internet. Visite Amman / Nuit madaba: bus depuis la gare routière de Madaba à 15 min à pied (1 JD). 45 min pour rejoindre la gare middle east, un peu excentrée ! du coup taxi (2.5JD) pour downtown. attention à vous mesdames il faut vraiment bien se couvrir le regard des hommes est pesant et omniprésent ! déjeuner chez Hashim, simple, local et très bon, à l’ombre, locaux et touristes, super bien (5 JD) . visite du théâtre (2 JD, très beau), citadelle (4 JD, superbe), et balade dans les rues de la capitale. Prix bouteilles d’eau 1.5L entre 0.25 et 0.35 JD. Changeons des euros à la Arab Bank (le meilleur taux qu’on ait eu). Retour en bus pour Madaba puis taxi pour l’hôtel car on a du mal à se repérer de nuit (1 JD).
jour 2: Madaba – Mont Nébo – vallée du Jourdain – Ajloun / Nuit Jérash Rdv avec notre loueur de voiture devant l’hôtel. Rent a reliable car (273 JD pour 7 jours assurance tout risque (CDW et TP)). Gérant ponctuel, voiture conforme propre et récente (moins de 25000 km). A madaba excellente boulangerie ouverte 7j/7 H24 en face du Mosaik hôtel ! Idéale pour acheter biscuits, brioche ou pain pour trois fois rien avant de prendre la route ! Prix au kilo et c’est très bon ! Départ pour le Mont nébo à 15 min de Madaba (2 JD). Pas de chance c’est brumeux on ne voit pas grand-chose mais c’est quand même joli. Tampis on y retournera dans quelques jours lorsque nous reviendrons à Madaba, c’est l’avantage de la voiture de loc !! Le mieux : y être à l’ouverture 8h, lorsque les cars de touristes ne sont pas encore là ! route magnifique vers la vallée du jourdain (14 JD) visite d’une heure en anglais incluse et encadrée compte tenu de la proximité de la frontière. Puis route vers Ajloun, visite du château (2 JD). Route vers l'olive branch resort, entre Ajloun et Jerash. Dîner à l’hôtel (7JD) et nuit sous une de leur tente (13.5 JD) accès piscine, WC et douche (pas très propres mais des touristes peu respectueux avaient tout bouché avec le papier. Donc rappel : le papier dans la poubelle ! Très beau cadre !
Jour 3 : Jérash réveil matinal pour être sur le site à l’ouverture (8 JD). 15 min de voiture pour s’y rendre. Très beau site, vraiment à faire ! visite guidée en français 20 JD vraiment pas super: prix fixe, 1h de visite au pas de course et rien de bien intéressant…. Pensée à faire le petit musée pas mal ! Repas dans le restaurant du site Jérash rest house (10 JD). Un buffet fréquenté par les agences de voyages mais très bon. Dîner (8JD) et nuit àl’olive branch resort. Pour info nous avons vu le hadrien gate hôtel qui se trouve devant l’entrée du site mais ça donne sur la rue, ça a l’air très bruyant et bien moins sympathique que le olive branch resort. Attention l’eau est vendue très cher dans le site (1 JD le litre…) on vous conseille de faire le plein juste avant à la station service devant (0.30 pour 1.5L) et d’emmener un protège bouteille isotherme pour garder la fraîcheur ! idéal !! Idem pour acheter une petite collation si vous souhaitez pique niquer dans le site. On a aussi testé une petite échoppe très locale, vendant des sandwichs falafel (100m après la station service en sortant à droite) c’était bon !
Jour 4 : châteaux du désert / Nuit madaba Départ pour les châteaux du désert. On achète de l’eau et une collation pour midi à la station service (2 JD) et nous voilà partis ! cette route et ces châteaux nous ont bien plu ! certes on croise des camions, mais rien de bien méchant, c’est une route très dépaysante! Azraq, le qsar Amra à ne pas louper pour ses superbes fresques, et le qsar el kharana. Route vers madaba ensuite, on contournera Amman et c’est déjà bien dense on est bien contents de filer sur Madaba et de retrouver le black iris ! Allons diner au Bawabit Madaba (16JD), où il y a principalement des touristes mais c’est bon, et très aimable !
Jour 5 : mont nébo – wadi mujib – mer morte / Nuit madaba Mont Nébo deuxième ! et c’est super car la vue est dégagée on voit Jéricho et la mer morte ! superbe ! et le site est désert à l’ouverture formidable ! puis route panoramique vers la mer morte ! magnifique ! on prendra notre temps pour admirer et c’est bien l’avantage de la voiture de loc une fois de plus !! Route peu fréquentée et superbes paysages ! Arrivons au Wadi Mujib ! un petit pique nique improvisé avec nos provisions du matin et direction le canyon : un de nos meilleurs souvenirs on vous le conseille vraiment (28JD). Attention prévoyez un sac étanche (en vente chez Décath) ou possibilité d’en louer un sur place sous réserve de dispo pour 7 JD. 2h pour faire le canyon tranquillement. C’est magnifique, on en garde un super souvenir ! Prévoir des chaussures qui tiennent le pied, pas de scratch…beaucoup les ont perdu.. sans faire de pub on avait prévu les chaussures d’eau de Decath à 7 euros, vraiment idéales et sèchent vite! Puis bain dans la mer morte juste en face (on peut y aller à pied). On y accède par les châlets du Mujib moyennant 12 Jd/ pers. Pas de plage mais de petits galets finalement suffisant, grande serviette prêtée, douche et WC propres. Sensation très marrante mais on y reste peu car ça pique ! Sinon il faut se payer un hôtel de luxe, le dead sea spa étant le moins cher à 20 JD/pers. On nous a fortement déconseillé la plage publique. Coucher de soleil sur la mer morte superbe puis remontée à madaba. Diner au bowabit 14 JD, dessert d’excellentes pâtisseries chez Al-baraka sweets (1JD) et nuit aublack iris (32 JD)!
jour 6 : mukavir – kérak / Nuit nawatef camp départ pour Mukavir (2 JD), après le plein de bouteilles d’eau (1 JD), de biscuits et pain à la bonne boulangerie (2JD)et quelques courses à l’épicerie (2,50 JD)! encore une route superbe ! ruines sur une montagne sans grand intérêt, mais accès facile et rien que pour la vue ça vaut le coup de monter ! route vers Kérak par la route du roi, un très beau panoramique en chemin ! Pique nique dans Kérak (2JD) puis visite. Beaucoup de vendeurs de boissons à l’entrée... si vous marchez une minute de plus en sortant du château à droite vous tombez sur l’épicerie Al-schubba, les prix sont divisés par deux ou trois ! Ensuite route vers le nawatef camp (30 JD diner inclus) 1 km après le village de Qadsiyya. Fléché dans le village. Arrivée un peu tard pour le coucher du soleil mais on sent le charme du camp éclairé à la lampe à gaz. Super accueil avec un thé absolument délicieux, le meilleur de notre voyage ! excellent dîner et super nuit sur de bons lits ! perso on avait nos duvets mais il y a des couvertures. Un gros coup de cœur pour ce camp on recommande !! deux WC à la turque et une douche froide mais c’est propre on se sent tellement bien dans ce lieu que ce n’est pas grave ! Ali le proprio a un générateur pour éventuellement chauffer l’eau.
Jour 7 : dana / Nuit nawatef camp Ali nous a conseillé une marche de 6h (40 JD). C’est à 45min de voiture, et c’est en fait le point de départ de la rando qui relie Dana à Pétra. Il nous fournit un pique nique et c’est parti ! superbe ballade en effet dans un siq ! 3h aller puis 3h retour ! retour en milieu d’aprem, ali est revenu nous chercher, on profite de la superbe vue du camp et du coucher de soleil ! excellent diner ! on aura du mal à partir demain !
Jour 8 : dana / Nuit Pétra réveil tranquille, bon petit déjeuner en face de Dana, la journée commence bien ! Déjeuner au camp (10 JD) puis route vers Pétra, à peine 45 min de route. Allons à la billetterie mais il n’est pas possible d’acheter ses billets pour le lendemain. Direction le sunset hôtel (30 JD), super bien ! tout proche du site, propre, super accueil. Internet gratuit et possibilité de diner (7JD/pers) ou de demander un pack lunch (4JD/pers). Rendons la voiture de loc. Aucun souci ! changeons quelques euros dans un bureau de change puis allons diner (17 JD) au Oriental restaurant. Assez décevant, pas forcément très bon et pas donné. A conseiller le jus de citron frais à la menthe servi un peu partout pour 3 JD quand même mais très bon ! Achat de bouteilles d’eau pour le lendemain vendues 1 JD mais négociez à 0,5 JD le 1,5 L. Achetez si possible en dehors du site où les prix sont excessifs. Si vraiment besoin, la buvette juste avant la ville basse en direction des grands restos est trois moins chère que ces restos !
jour 9 : Pétra Bon petit dèj puis direction le site à 6h ! nous sommes seuls, achat des billets pour 3 jours (43/pers mais 60 dès le 1 er novembre) au programme dans l’ordre: siq / le trésor / rue des façades / haut lieu des sacrifices / descente vers la ville basse (rando du lonely planète super !) / colonne du pharaon / ruines du village édomites / retour ville basse : qsar al bint, grand temple, voie à colonnades / théâtre / siq prévoir chaussures de marche, crème solaire et chapeau ! on en a croisé en tong voire pieds nus !! perso on a croisé 2 serpents, et la balade s’apparente plus à une rando ! dîner au dream land : attention demandez bien si c’est TTC. Nous on nous a dit oui puis sur l’addition on a nous a mis 10% de taxes en plus. Le serveur a rectifié mais en gros si vous ne pensez pas à demander vous y aurez droit ! nourriture libanaise plutôt pas mal et accueil sympa. Hammam en fin de journée ! ça on recommande surtout pour avoir des jambes légère le lendemain !! bain de vapeur, gommage, massage énergique thé et plaque de marbre chaude waou trop bien (15-20 JD/pers)
Jour 10 : Pétra programme : siq / trésor / tombes royales / églises byzantine de pétra / temple aux lions ailés / monastère puis montée au point de vue / musée nabatéen/ retour par la ville basse et le wadi muthlim pour changer du siq ! super !! pique nique à midi et dîner au dream land (17JD) et nuit au sunset hôtel (30 JD). Un resto dans Pétra coûte environ 17 JD/ pers… Nous, on a opté pour un pique nique !
Jour 11: Pétra programme : montée sur un belvédère pour contempler le Trésor via le siq et les tombes royales. Superbes vue en chemin et sur le trésor on recommande !! puis direction le Al habis, et montons jusqu’au fort croisé d’où on a une super vue ! un endroit idéal pour pique niquer : juste après le musée Al habis, un petite terrasse naturelle en pierre qui domine pétra ! remontons ensuite au lieu des sacrifices pour y voir le coucher du soleil ! retour par le siq, la nuit est bien tombée et Pétra by night est en train d’être installée ! on ne l’a pas fait car on aurait jamais eu le courage de ressortir après ces trois grosses journées !! dîner au sunset hôtel et c’est assez bon ! pas le choix : mezze en entrée, plat du jour (poisson, riz légumes) et une orange en dessert (14 JD) c’était bon ! nuit au sunset
jour 12 wadi rum / Nuit wadi rum Départ pour le wadi rum en voiture avec un couple rencontré à l’hôtel mais sinon bus à 6h30 passe devant l’hôtel. Arrivée 9h au wadi Rum où Atayek Hamad nous attend devant le centre des visiteurs! nous avons réservé 2 jours 2 nuits avec lui. (55 JD / pers /jour ou 70 JD si vous souhaitez qu’il marche avec vous) il nous invite à prendre un thé chez lui avant le départ ! accès au wadi rum non inclus (5 JD /pers) Super bon cuisinier ! sachez que vous ferez la sieste pendant 1h30 après le déjeuner et c’est à priori avec tous les guides comme ça ! et finalement c’est pas mal !
Jour 13 wadi rum / Nuit wadi rum super journée dans le désert ! nous avons été ravis de notre séjour organisé par Atayek. Son camp est charmant et propre. Des douches sont en constructions. Nous avons mangé un mensaf le plat typiquement bédouin et c’était un régal ! on vous conseille de monter au burdah bridge : super vue ! par contre on a trouvé ça un peu plus dur que ce que disait le guide !
jour 14 retour madaba moins drôle que prévu ! notre plan : rejoindre l’autoroute pour y arrêter un bus allant vers Amman ! Hmmhmm déjà le bus qui emmène jusqu’à la route est le bus de Pétra qui ne vous prend que si le bus n’est pas plein.. ensuite aucun bus ne s’est arrêté... au bout d’1h30 on se résigne à faire du stop (4 JD) dans l’autre sens pour Aquaba. Puis bus JETT à 13h (14 JD) pour Amman qui n’effectue aucun arrêt. Bus fumeur….bonjour l’ambiance ! à Amman bus pour Madaba (1 JD). Comme il n’y en pas pas ici, direction le poste de police pour nous aider. Un policier nous arrête un bus qui nous déposera au bon endroit. Bref arrivée 19h à Madaba qu’on aura donc pas visité dommage! nuit au black iris (32 JD)
Jour 15 : départ 8h Paris Taxi (15JD) réservé par l’hôtel. Attention avant de pouvoir enregistrer il faut passer vos bagages aux rayons X et s’il y a du monde ça peut être long ! ne pas arriver trop juste à l’aéroport !
en vrac: pensez à emporter : - quelques portes bouteilles isothermes souples! ne prend pas de place, léger et vraiment utile !! - un couteau suisse, un cadenas, petits sac congélation - carte routière si voiture de loc ! - petit duvet notamment pour le désert ou camping - toujours faire confirmer si les prix sont TTC ou pas ! ça évite les surprises !! - ne pas hésiter à négocier surtout pour les taxis ! dans les bus pas de prix touristes. - prix timbre 0,8 JD (vendu 1 JD dans les lieux touristiques! allez dans une poste)
et voilà en résumé super voyage!!!!
voici notre récit de voyage après 14 jours en Jordanie en octobre 2010.
Je profite d'avoir publié celui de notre récent voyage pour mettre celui-là et apporter notre contribution à ce forum de voyageurs! Les prix sont pour 2 adultes. N’hésitez pas pour plus de précisions !
jour 1 : arrivée 2h du matin Amman. Changeons juste le nécessaire à un taux très faible avant les visas (10 JD / pers). Taxi (15JD) réservé par l’hôtel black iris à Madaba nous attend. Nuit à l’hôtel (30 JD). Le black iris est super bien ! chambres agréables, spacieuses et propres. Odeh le patron est super sympa et de bons conseils pour la suite du voyage ! petit déjeuner copieux et délicieux ! on y est allé 5 nuits dans notre séjour et c’était toujours avec plaisir ! chambre double 30-35JD avec les meilleurs prix en ligne sur leur site internet. Visite Amman / Nuit madaba: bus depuis la gare routière de Madaba à 15 min à pied (1 JD). 45 min pour rejoindre la gare middle east, un peu excentrée ! du coup taxi (2.5JD) pour downtown. attention à vous mesdames il faut vraiment bien se couvrir le regard des hommes est pesant et omniprésent ! déjeuner chez Hashim, simple, local et très bon, à l’ombre, locaux et touristes, super bien (5 JD) . visite du théâtre (2 JD, très beau), citadelle (4 JD, superbe), et balade dans les rues de la capitale. Prix bouteilles d’eau 1.5L entre 0.25 et 0.35 JD. Changeons des euros à la Arab Bank (le meilleur taux qu’on ait eu). Retour en bus pour Madaba puis taxi pour l’hôtel car on a du mal à se repérer de nuit (1 JD).
jour 2: Madaba – Mont Nébo – vallée du Jourdain – Ajloun / Nuit Jérash Rdv avec notre loueur de voiture devant l’hôtel. Rent a reliable car (273 JD pour 7 jours assurance tout risque (CDW et TP)). Gérant ponctuel, voiture conforme propre et récente (moins de 25000 km). A madaba excellente boulangerie ouverte 7j/7 H24 en face du Mosaik hôtel ! Idéale pour acheter biscuits, brioche ou pain pour trois fois rien avant de prendre la route ! Prix au kilo et c’est très bon ! Départ pour le Mont nébo à 15 min de Madaba (2 JD). Pas de chance c’est brumeux on ne voit pas grand-chose mais c’est quand même joli. Tampis on y retournera dans quelques jours lorsque nous reviendrons à Madaba, c’est l’avantage de la voiture de loc !! Le mieux : y être à l’ouverture 8h, lorsque les cars de touristes ne sont pas encore là ! route magnifique vers la vallée du jourdain (14 JD) visite d’une heure en anglais incluse et encadrée compte tenu de la proximité de la frontière. Puis route vers Ajloun, visite du château (2 JD). Route vers l'olive branch resort, entre Ajloun et Jerash. Dîner à l’hôtel (7JD) et nuit sous une de leur tente (13.5 JD) accès piscine, WC et douche (pas très propres mais des touristes peu respectueux avaient tout bouché avec le papier. Donc rappel : le papier dans la poubelle ! Très beau cadre !
Jour 3 : Jérash réveil matinal pour être sur le site à l’ouverture (8 JD). 15 min de voiture pour s’y rendre. Très beau site, vraiment à faire ! visite guidée en français 20 JD vraiment pas super: prix fixe, 1h de visite au pas de course et rien de bien intéressant…. Pensée à faire le petit musée pas mal ! Repas dans le restaurant du site Jérash rest house (10 JD). Un buffet fréquenté par les agences de voyages mais très bon. Dîner (8JD) et nuit àl’olive branch resort. Pour info nous avons vu le hadrien gate hôtel qui se trouve devant l’entrée du site mais ça donne sur la rue, ça a l’air très bruyant et bien moins sympathique que le olive branch resort. Attention l’eau est vendue très cher dans le site (1 JD le litre…) on vous conseille de faire le plein juste avant à la station service devant (0.30 pour 1.5L) et d’emmener un protège bouteille isotherme pour garder la fraîcheur ! idéal !! Idem pour acheter une petite collation si vous souhaitez pique niquer dans le site. On a aussi testé une petite échoppe très locale, vendant des sandwichs falafel (100m après la station service en sortant à droite) c’était bon !
Jour 4 : châteaux du désert / Nuit madaba Départ pour les châteaux du désert. On achète de l’eau et une collation pour midi à la station service (2 JD) et nous voilà partis ! cette route et ces châteaux nous ont bien plu ! certes on croise des camions, mais rien de bien méchant, c’est une route très dépaysante! Azraq, le qsar Amra à ne pas louper pour ses superbes fresques, et le qsar el kharana. Route vers madaba ensuite, on contournera Amman et c’est déjà bien dense on est bien contents de filer sur Madaba et de retrouver le black iris ! Allons diner au Bawabit Madaba (16JD), où il y a principalement des touristes mais c’est bon, et très aimable !
Jour 5 : mont nébo – wadi mujib – mer morte / Nuit madaba Mont Nébo deuxième ! et c’est super car la vue est dégagée on voit Jéricho et la mer morte ! superbe ! et le site est désert à l’ouverture formidable ! puis route panoramique vers la mer morte ! magnifique ! on prendra notre temps pour admirer et c’est bien l’avantage de la voiture de loc une fois de plus !! Route peu fréquentée et superbes paysages ! Arrivons au Wadi Mujib ! un petit pique nique improvisé avec nos provisions du matin et direction le canyon : un de nos meilleurs souvenirs on vous le conseille vraiment (28JD). Attention prévoyez un sac étanche (en vente chez Décath) ou possibilité d’en louer un sur place sous réserve de dispo pour 7 JD. 2h pour faire le canyon tranquillement. C’est magnifique, on en garde un super souvenir ! Prévoir des chaussures qui tiennent le pied, pas de scratch…beaucoup les ont perdu.. sans faire de pub on avait prévu les chaussures d’eau de Decath à 7 euros, vraiment idéales et sèchent vite! Puis bain dans la mer morte juste en face (on peut y aller à pied). On y accède par les châlets du Mujib moyennant 12 Jd/ pers. Pas de plage mais de petits galets finalement suffisant, grande serviette prêtée, douche et WC propres. Sensation très marrante mais on y reste peu car ça pique ! Sinon il faut se payer un hôtel de luxe, le dead sea spa étant le moins cher à 20 JD/pers. On nous a fortement déconseillé la plage publique. Coucher de soleil sur la mer morte superbe puis remontée à madaba. Diner au bowabit 14 JD, dessert d’excellentes pâtisseries chez Al-baraka sweets (1JD) et nuit aublack iris (32 JD)!
jour 6 : mukavir – kérak / Nuit nawatef camp départ pour Mukavir (2 JD), après le plein de bouteilles d’eau (1 JD), de biscuits et pain à la bonne boulangerie (2JD)et quelques courses à l’épicerie (2,50 JD)! encore une route superbe ! ruines sur une montagne sans grand intérêt, mais accès facile et rien que pour la vue ça vaut le coup de monter ! route vers Kérak par la route du roi, un très beau panoramique en chemin ! Pique nique dans Kérak (2JD) puis visite. Beaucoup de vendeurs de boissons à l’entrée... si vous marchez une minute de plus en sortant du château à droite vous tombez sur l’épicerie Al-schubba, les prix sont divisés par deux ou trois ! Ensuite route vers le nawatef camp (30 JD diner inclus) 1 km après le village de Qadsiyya. Fléché dans le village. Arrivée un peu tard pour le coucher du soleil mais on sent le charme du camp éclairé à la lampe à gaz. Super accueil avec un thé absolument délicieux, le meilleur de notre voyage ! excellent dîner et super nuit sur de bons lits ! perso on avait nos duvets mais il y a des couvertures. Un gros coup de cœur pour ce camp on recommande !! deux WC à la turque et une douche froide mais c’est propre on se sent tellement bien dans ce lieu que ce n’est pas grave ! Ali le proprio a un générateur pour éventuellement chauffer l’eau.
Jour 7 : dana / Nuit nawatef camp Ali nous a conseillé une marche de 6h (40 JD). C’est à 45min de voiture, et c’est en fait le point de départ de la rando qui relie Dana à Pétra. Il nous fournit un pique nique et c’est parti ! superbe ballade en effet dans un siq ! 3h aller puis 3h retour ! retour en milieu d’aprem, ali est revenu nous chercher, on profite de la superbe vue du camp et du coucher de soleil ! excellent diner ! on aura du mal à partir demain !
Jour 8 : dana / Nuit Pétra réveil tranquille, bon petit déjeuner en face de Dana, la journée commence bien ! Déjeuner au camp (10 JD) puis route vers Pétra, à peine 45 min de route. Allons à la billetterie mais il n’est pas possible d’acheter ses billets pour le lendemain. Direction le sunset hôtel (30 JD), super bien ! tout proche du site, propre, super accueil. Internet gratuit et possibilité de diner (7JD/pers) ou de demander un pack lunch (4JD/pers). Rendons la voiture de loc. Aucun souci ! changeons quelques euros dans un bureau de change puis allons diner (17 JD) au Oriental restaurant. Assez décevant, pas forcément très bon et pas donné. A conseiller le jus de citron frais à la menthe servi un peu partout pour 3 JD quand même mais très bon ! Achat de bouteilles d’eau pour le lendemain vendues 1 JD mais négociez à 0,5 JD le 1,5 L. Achetez si possible en dehors du site où les prix sont excessifs. Si vraiment besoin, la buvette juste avant la ville basse en direction des grands restos est trois moins chère que ces restos !
jour 9 : Pétra Bon petit dèj puis direction le site à 6h ! nous sommes seuls, achat des billets pour 3 jours (43/pers mais 60 dès le 1 er novembre) au programme dans l’ordre: siq / le trésor / rue des façades / haut lieu des sacrifices / descente vers la ville basse (rando du lonely planète super !) / colonne du pharaon / ruines du village édomites / retour ville basse : qsar al bint, grand temple, voie à colonnades / théâtre / siq prévoir chaussures de marche, crème solaire et chapeau ! on en a croisé en tong voire pieds nus !! perso on a croisé 2 serpents, et la balade s’apparente plus à une rando ! dîner au dream land : attention demandez bien si c’est TTC. Nous on nous a dit oui puis sur l’addition on a nous a mis 10% de taxes en plus. Le serveur a rectifié mais en gros si vous ne pensez pas à demander vous y aurez droit ! nourriture libanaise plutôt pas mal et accueil sympa. Hammam en fin de journée ! ça on recommande surtout pour avoir des jambes légère le lendemain !! bain de vapeur, gommage, massage énergique thé et plaque de marbre chaude waou trop bien (15-20 JD/pers)
Jour 10 : Pétra programme : siq / trésor / tombes royales / églises byzantine de pétra / temple aux lions ailés / monastère puis montée au point de vue / musée nabatéen/ retour par la ville basse et le wadi muthlim pour changer du siq ! super !! pique nique à midi et dîner au dream land (17JD) et nuit au sunset hôtel (30 JD). Un resto dans Pétra coûte environ 17 JD/ pers… Nous, on a opté pour un pique nique !
Jour 11: Pétra programme : montée sur un belvédère pour contempler le Trésor via le siq et les tombes royales. Superbes vue en chemin et sur le trésor on recommande !! puis direction le Al habis, et montons jusqu’au fort croisé d’où on a une super vue ! un endroit idéal pour pique niquer : juste après le musée Al habis, un petite terrasse naturelle en pierre qui domine pétra ! remontons ensuite au lieu des sacrifices pour y voir le coucher du soleil ! retour par le siq, la nuit est bien tombée et Pétra by night est en train d’être installée ! on ne l’a pas fait car on aurait jamais eu le courage de ressortir après ces trois grosses journées !! dîner au sunset hôtel et c’est assez bon ! pas le choix : mezze en entrée, plat du jour (poisson, riz légumes) et une orange en dessert (14 JD) c’était bon ! nuit au sunset
jour 12 wadi rum / Nuit wadi rum Départ pour le wadi rum en voiture avec un couple rencontré à l’hôtel mais sinon bus à 6h30 passe devant l’hôtel. Arrivée 9h au wadi Rum où Atayek Hamad nous attend devant le centre des visiteurs! nous avons réservé 2 jours 2 nuits avec lui. (55 JD / pers /jour ou 70 JD si vous souhaitez qu’il marche avec vous) il nous invite à prendre un thé chez lui avant le départ ! accès au wadi rum non inclus (5 JD /pers) Super bon cuisinier ! sachez que vous ferez la sieste pendant 1h30 après le déjeuner et c’est à priori avec tous les guides comme ça ! et finalement c’est pas mal !
Jour 13 wadi rum / Nuit wadi rum super journée dans le désert ! nous avons été ravis de notre séjour organisé par Atayek. Son camp est charmant et propre. Des douches sont en constructions. Nous avons mangé un mensaf le plat typiquement bédouin et c’était un régal ! on vous conseille de monter au burdah bridge : super vue ! par contre on a trouvé ça un peu plus dur que ce que disait le guide !
jour 14 retour madaba moins drôle que prévu ! notre plan : rejoindre l’autoroute pour y arrêter un bus allant vers Amman ! Hmmhmm déjà le bus qui emmène jusqu’à la route est le bus de Pétra qui ne vous prend que si le bus n’est pas plein.. ensuite aucun bus ne s’est arrêté... au bout d’1h30 on se résigne à faire du stop (4 JD) dans l’autre sens pour Aquaba. Puis bus JETT à 13h (14 JD) pour Amman qui n’effectue aucun arrêt. Bus fumeur….bonjour l’ambiance ! à Amman bus pour Madaba (1 JD). Comme il n’y en pas pas ici, direction le poste de police pour nous aider. Un policier nous arrête un bus qui nous déposera au bon endroit. Bref arrivée 19h à Madaba qu’on aura donc pas visité dommage! nuit au black iris (32 JD)
Jour 15 : départ 8h Paris Taxi (15JD) réservé par l’hôtel. Attention avant de pouvoir enregistrer il faut passer vos bagages aux rayons X et s’il y a du monde ça peut être long ! ne pas arriver trop juste à l’aéroport !
en vrac: pensez à emporter : - quelques portes bouteilles isothermes souples! ne prend pas de place, léger et vraiment utile !! - un couteau suisse, un cadenas, petits sac congélation - carte routière si voiture de loc ! - petit duvet notamment pour le désert ou camping - toujours faire confirmer si les prix sont TTC ou pas ! ça évite les surprises !! - ne pas hésiter à négocier surtout pour les taxis ! dans les bus pas de prix touristes. - prix timbre 0,8 JD (vendu 1 JD dans les lieux touristiques! allez dans une poste)
et voilà en résumé super voyage!!!!
Visite du bateau de croisières MSC Fantasia le 5 juin English translation pending
bonsoir amis du forum, 🙂🙂🙂
Après la visite du NCL Epic, une certaine amitié s est formé, la passion de la croisière nous a réuni; mais pas que çà ... nous avons passer une superbe journée, voila pourquoi j ai fais le forcing auprès d alpilles voyages pour avoir le max d invitation pour la visite du fantasia le 5 juin donc (normalement) nous serons 27:Alcati /4cricri 83390/2bruno06220/ 2dacy/ 4virginie1978/ 4jeroviane /2rct/ 3vero34/2chris13130/ 4je remercie valérie d alpilles voyages car au début il ne devait pas y avoir bcq de places (elle devait les donner qu aux personnes habituées de chez alpilles )
donc si vous avez des infos ou autre pour cette visite, ce poste est fait pour vous😉😉😉
Après la visite du NCL Epic, une certaine amitié s est formé, la passion de la croisière nous a réuni; mais pas que çà ... nous avons passer une superbe journée, voila pourquoi j ai fais le forcing auprès d alpilles voyages pour avoir le max d invitation pour la visite du fantasia le 5 juin donc (normalement) nous serons 27:Alcati /4cricri 83390/2bruno06220/ 2dacy/ 4virginie1978/ 4jeroviane /2rct/ 3vero34/2chris13130/ 4je remercie valérie d alpilles voyages car au début il ne devait pas y avoir bcq de places (elle devait les donner qu aux personnes habituées de chez alpilles )
donc si vous avez des infos ou autre pour cette visite, ce poste est fait pour vous😉😉😉
Récit de voyage de trois semaines en Chine (Pékin, Chengde, Pingyao, Xi'An, Shanghai, Huangshan) English translation pending
Coté trajets :
Nous sommes un couple de trentenaires habitant Marseille. Florent, parisien au cœur breton et moi Audrey, marseillaise. Nous voyageons sac au dos, en "routard". Nous avions décidé d'aller passer 3 semaines en Chine en automne 2010. Les prix des billets d'avion ont déterminé les dates de voyage, de fin septembre à mi-octobre. Ce n'est qu'après avoir acheté notre guide touristique que nous nous rendons compte que nous allons voyager pendant une période pas trop recommandée : la fête nationale du 1er octobre et la semaine de vacances scolaires qui suit. Maintenant nous étions prévenus. Nous voulions d'abord aller sur la muraille de Chine et voir l'armée des soldats de terre cuite. Les deux sites sont classés au patrimoine mondial de l'Unesco. En feuilletant quelques brochures touristiques, nous choississons d'autres sites, eux aussi classés. Finalement, sans le vouloir, nous suivrons la route de l'Unesco. Après quelques recherches sur VoyageForum, nous arrêtons notre trajet :
Jour 1 : Arrivée Pékin Jour 2 : Rencontre avec Pékin. Place Tianmen. (Pékin) Jour 3 : La muraille de Chine (Mutianyu), Tour de la Cloche et Tour du Tambour (Pékin) Jour 4 : Cité interdite et Temple des lamas (Pékin) Jour 5 : Train pour Chengde. Temple de l'école du Potala et Temple de la paix universelle (Chengde) Jour 6 : Parc impérial et Palais d'été (Chengde). Train pour Pékin Jour 7 : Palais d'été et Maison du Prince Dong (Pékin) Jour 8 : Temple du Ciel, Qianmen, rue Dazhalan (Pékin) Jour 9 : Train pour Taiyuan, Résidence des Qiao, Pingyao Jour 10 : Maisons traditionnelles (Pingyao) Jour 11 : Balade dans Pingyao et train de nuit pour Xi'an Jour 12 : Arrivée à Xi'an, jour de la Fête nationale (1er octobre), quartier hui Jour 13 : Armée des soldats en terre-cuite de l'Empereur Qin, les remparts (Xi'an) Jour 14 : Quartier de Shuyanmen, remparts et train de nuit pour Shanghai Jour 15 : le Bund, ballade en bateau sur la rivière Huangpu, jardin Yu (Shanghai) Jour 16 : Temple du Bouddha de Jade, place du Peuple, quartier de la concession française, (Shanghai) Jour 17 : excursion à Suzhou Jour 18 : Train pour Hangzhou puis bus pour Tangkou Jour 19 : le Huangshan (les montagnes jaunes) Jour 20 : le Huangshan, transfert à Tunxi et train de nuit pour Shanghai Jour 21 : quartier de Pudong, Nanjing Donglu (Shanghai) Jour 22 : Nanjing Lu et Bund coté intérieur (Shanghai) Jour 23 : Shanghai
Le fait de devoir passer une partie des vacances scolaires en Chine, période très touristique et même déconseillée, a conditionné notre façon de prévoir notre route. De plus, le pays étant vaste, il a fallut choisir certaines régions, et en éliminer d'autres. Nous avons établi un plan jour après jour, que nous avons affiné mais que nous avons respecté à la lettre sur place. La grande inconnue étant l'affluence, nous avons préféré réserver tous nos hotels à l'avance, sur internet, depuis la France. Tant pis pour le coté spontané du trajet, mais là, nous ne voulions pas trop prendre de risques. Nous savions que nous allions vivre de toute façon une grande aventure. Le gros point noir du voyage était la réservation de trains, qui n'est possible que de la gare de départ, et moins de 10 jours à l'avance. Comment allions-nous pouvoir gérer nos déplacements pendant la fête nationale ? Nous risquions d'être bloqués plusieurs jours si tous les trains étaient pleins… Et 3 semaines en Chine, c'est court.
Coté Budget :
Avion (compagnie Emirates) + transferts Marseille/Nice = 800 eur / personne Assurance annulation, visa, vaccins, pharmacie = 150 eur environ/personne Cash retiré en Chine = 700-800 eur/personne Dont Train = 180 eur/p et au total 200 eur avec les bus et taxi Dont Hotels = 430 eur à deux pour une chambre double et 19 nuits puisque nous avons pris 3 trains de nuit Dont visites = 160 eur/p Repas moyen = 2-3 eur/pers. En moyenne 10 eur/p par jour nous ont suffit
Coût total = environ 1700 eur/pers
Pour la lisibilité du texte, le récit de quelques "aventures" est en italique et peut être sauté. Il n'apporte pas de coté pratique, mais fait partie de notre "carnet de voyage".
Jour 0 - Départ de Marseille en train pour Nice puis vol Nice-Dubaï-Pekin
Jour 1 : Arrivée à Pékin
Pékin nous voilà ! Nous arrivons à Pékin en milieu d’après midi. Après avoir récupéré nos sacs, passé la douane et retiré des yuan au distributeur de l’aéroport, nous achetons au guichet nos tickets de métro pour le centre-ville. Nous découvrons le ticket de métro pékinois, une carte magnétique. Il suffit de la poser sur le lecteur et "magie magie" le tourniquet s’ouvre. Les stations sont indiquées en chinois et en anglais, nous nous dirigeons facilement pour les changements. Nous y sommes ! A la sortie, un agent indique aux gens où insérer leur ticket de métro, qui est conservé et réutilisé… Le premier contact avec les Chinois se fait à la sortie du métro. Il nous faut maintenant trouver notre hôtel, la nuit commence à tomber et il n'est pas 18h… Nous approchons un Chinois notre plan et notre adresse à la main. Gagné, il parle anglais et nous indique la route. Nous rentrons dans une ruelle qui se rétrécit petit à petit, nous croisons des vélos, quelques échoppes. L'Asie est à portée de la main ! 10 minutes plus tard, nous arrivons à l'auberge de jeunesse, choisie sur internet. L'entrée est sympa, avec des lanternes rouges. On nous demande nos passeports pour nous enregistrer, nous visitons la chambre. Crevés par le voyage, nous sortons quand même prendre notre premier repas en Chine. Nous nous laissons tenter par un délicieux poulet aux cacahuètes et des nouilles. Le tout est très bon, mais plutôt épicé. Nous découvrons la vraie cuisine chinoise !
Beijing Saga International Youth Hostel. 240 yuan avec 2 lits simples (ou twin, le standard en Chine) et salle de bain privée.
Jour 2 : Rencontre avec Pékin
Premiers repérages à hôtel, qui organise des excursions à la muraille de Chine et peut acheter des billets de train. Nous demandons les horaires pour Chengde, où nous voulons aller d'ici 2 jours, et surtout pour Pingyao-Xi'an, problématique car nous nous y rendrons le jour de la Fête Nationale (1er octobre) et nous ne savons pas à quoi nous attendre, hormis beaucoup de monde. De plus, Pingyao ne fait pas partie de la même région et normalement un billet ne peut être acheté que de la gare de départ. Apparemment, les trains fonctionnent mais risquent d'être bondés. Pour réserver les billets, il faut téléphoner à la gare. La ligne étant occupée, on nous conseille de revenir le soir. Mais les billets risquent de se vendre, nous avons choisi un train de nuit et il n'y en a pas beaucoup. Nous sommes le 21 septembre et nous savons que les billets sont vendus 10 jours à l'avance. Il est temps de les acheter !... Achat des billets de train pour tout le voyage dans une agence du CITS*. Nous y restons 5 heures (!), mais nous avons réservé nos billets pour les 3 semaines de voyage et même pour les trajets en dehors de la région de Pékin. Nous payons une grosse commission (sur 180 eur de billets par personne, il y avait 50 eur de frais…) mais nous sommes soulagés, les trains en période de vacances scolaires étant pris d'assaut. En même temps, nous avons l'impression désagréable d'avoir perdu une journée. Nous reprenons le métro et nous dirigeons alors vers la place Tianmen. La photo de Mao trône. L'endroit est bondé. Nous prenons quelques photos et le temps de traverser la route par un passage souterrain, la nuit tombe sur Pékin. Nous repérons aussi l'entrée de la Cité Interdite pour le surlendemain. Nous rentrons à hôtel où nous rencontrons 3 retraités Français avec lesquels nous échangeons nos premières impressions.
* L'achat des billets de trains ou comment passer 5 heures dans une agence chinoise (CITS) Nous décidons de nous rendre dans une agence du CITS (agence touristique d'état, conseillée par une amie). Nous prenons donc le métro, achetons un ticket à 2 yuan, passons nos sacs au contrôle et nous dirigeons aisément dans le métro. Les rames sont ultramodernes, avec des écrans diffusant une chaîne d'information et des publicités. Dans les wagons, les Chinois ont les yeux rivés à leur téléphone portable et envoient des sms à tout va ou jouent. On se croirait à Paris ! A la sortie du métro, nous demandons notre chemin à quelqu'un. Très serviable le jeune homme passe un coup de fil au CITS pour confirmer l'endroit et nous l indique. Nous sommes agréablement surpris. Nous tournons malgré tout une bonne demi-heure avant de trouver l'agence par hasard. Nous entrons, il est 11h. Une jeune femme parlant anglais nous accueille. Nous souhaitons réserver les billets Pékin-Taiyuan et surtout Pingyao-Xi'an qui nous causent souci. N'étant pas sûre de comprendre notre trajet, la jeune femme téléphone donc à une de ses collègues et me la passe. Me voilà conversant en anglais au téléphone ! Avec 6 heures de décalage horaire… Nous avons le projet de faire une visite (la Résidence des Qiao) entre Taiyuan et Pingyao, en prenant un taxi ou un bus. Nous avions trouvé quelques éléments de réponse sur les forums mais je pose la question. On me dit qu'il faut se renseigner à l'agence locale et que l'on me rappelle. 5 minutes plus tard, on me propose une excursion en taxi de Taiyuan à Pingyao via la Résidence des Qiao pour 60 euro. Connaissant le prix du bus (moins de 10 euro), nous déclinons, nous étant assurés que le trajet est bien réalisable en bus. On nous propose aussi un hôtel au passage. Mais nous l'avons déjà réservé par internet. Reste à réserver le fameux train. Nous précisons que nous voulons prendre les billets Pékin-Taiyuan le 28 septembre uniquement si le train de nuit Pingyao-Xi'an du 30 est disponible (sinon il faut revoir tout le programme). Ayant déjà repéré les trains que nous souhaitions prendre sur internet (merci qui ???), nous donnons carrément les numéros. Bingo ! Il reste quelques places en couchettes de 2e classe pour le Pingyao-Xi'an et nous choisissons la 1ère classe assise pour le Pékin-Taiyuan. Nous sommes soulagés. Nous découvrons amusés la façon de travailler des Chinois. On fait un bon en arrière d'une cinquantaine d'années. Tout se fait par écrit et par téléphone, malgré les deux ordinateurs présents. Nous pensons que les billets doivent être achetés physiquement à la gare et que nous aurons une petite commission à payer. Arrive alors une dame (celle que j'avais eu au téléphone) qui prend le relais. Effectivement elle est plus à l'aise en anglais. Elle nous demande si nous avons besoin d'autre chose. Du coup, nous prenons nos billets Pékin-Chengde (nous l'écrivons, car notre prononciation s'avère incompréhensible pour les Chinois, d'autant qu'il existe une autre ville, Chengdu). Le train le plus rapide met 4h alors que les autres prennent 7h. Nous choisissons la classe supérieure (qui coûte seulement 2 euro de plus) et réservons le billet. Tout se passe par téléphone. Pourtant, les billets sont émis directement au guichet de l'agence… Pour 60 yuan (6 eur), nous avons un ticket pour parcourir 230 km ! Place au retour maintenant. Là les choses se compliquent, le retour 2 jours plus tard est complet. Il faut voyager debout (pendant 4 heures…!) ou modifier nos dates. Qu'à cela ne tienne, nous sommes flexibles puisque notre excursion de 2 jours à Chengde se fait à partir de Pékin et que nous avons prévu d'y rester 5 jours au total. Nous devons donc annuler nos billets aller. Nous avons la surprise de constater que l'annulation est payante (17 yuan par billet). Re-coups de téléphone, écritures, re-émission de billet. On nous demande si nous avons un hôtel sur place (nous sommes quand même dans une agence de voyage). De nombreux hôtels sont complets (pourtant ce n'est pas le week-end) et finalement, nous nos retrouvons dans un hôtel 4 étoiles avec petit déjeuner-buffet pour environ 45 eur. C'est un peu plus cher que toutes les chambres que nous avons réservées, mais comme ça reste raisonnable, nous acceptons. Nous paierons hôtel sur place. Nous tentons alors de réserver un billet pour un départ dans plus de 10 jours et, surprise, cela ne semble pas poser de problème. Allons-y gaiement ! Nous prenons alors le billet Xi'an-Shanghai en train de nuit le 3 octobre. Il y a de la place en couchettes molles (1ère classe). Re-téléphone, etc… Devons-nous réserver la suite du voyage ? Je m'étais laissé au moins une semaine en Chine pour prendre des informations supplémentaires sur la montagne jaune (Huangshan). En effet, malgré la lecture de forums et du guide, ce point me semblait plutôt flou. En même temps, je savais que notre excursion tombait en plein pendant les vacances scolaires et qui plus est le week-end, d'où le risque que les trains soient bondés là encore. Nous préférons "assurer" notre programme et prenons un train Shanghai-Hangzhou tôt le matin du 7 octobre pour pouvoir prendre un bus (ou un autre train) pour le Huangshan et le train de nuit Hungshan-Shanghai pour un retour le 9. Vient l'heure de la facture, très détaillée. Les prix sont bien ceux que j'avais relevés sur internet. On nous explique les commissions ajoutées, les réservations. Total : 3652 yuan (soit environ 360 eur de billets de train pour 2 personnes et des milliers de kilomètres). Cela ne nous paraît vraiment pas cher. Mais il est plus de 14 heures et nous commençons à en avoir marre et un peu faim. Nous demandons si nous pouvons régler par carte bleue mais il ce n'est pas possible. Nous allons devoir retirer de l'argent car nous ne pensions pas régler tous nos billets de train d'un coup ! Nous les prévenons que nous en profiterons pour déjeuner (des fois qu'ils effacent les réservations !). Nous repérons un distributeur, et allons manger. Nous entrons dans un petit restaurant où la cuisine semble fermée mais la serveuse nous fait signe d'entrer. Elle nous emmène au fond de la salle où son mari regarde la télévision en attendant les clients. Branle-bas de combat ! Des européens dans le restau… Nous tentons de demander le menu, puis le menu en anglais… Peine perdue ! Heureusement qu'il y a des photos. Nous prenons deux plats un peu au hasard. Nous nous régalons. En sortant, nous passons devant un institut de "foot massage". Les prix attirent notre regard : seulement une quinzaine d'euro pour une heure. Impensable ! Nous entrons et demandons quelques renseignements, plus la carte de visite ! Retour au CITS. Tous les documents ne sont pas prêts. Nous ne comprenons plus rien. Les agents sont encore en train d'écrire des papiers. Nous prenons les billets de train pour Chengde et Taiyuan. On nous explique ensuite comment récupérer les billets de train au départ des autres régions. On nous donne des "bons pour échange" que nous donnerons dans des hôtels ou des agences locales du CITS. Le problème, c'est que nous n'avions pas toutes les adresses de nos hôtels sur nous et du coup, l'agence ne savait pas trop où nous envoyer dans certaines villes. Nous avons prié pour que ce ne soit pas trop contraignant au final ! Nous réglons enfin. Il est 16 heures… Nous commençons à comprendre que nous ne sommes pas au bout de nos surprises dans ce pays, qu'il faut s'armer de patience et accepter la différence de culture.
Jour 3 : La muraille de Chine (Mutianyu), Tour de la Cloche et Tour du Tambour (Pékin)
Nous avons choisi l'excursion organisée par notre hôtel (meilleur rapport temps passé sur la muraille – prix). Nous sommes un petit groupe de 7 personnes dans lequel nous retrouvons les Français vus la veille. Nous prenons un minibus et nous découvrons la conduite chinoise durant environ 1h30. Le klaxon est de rigueur et la bande d'arrêt d'urgence sert régulièrement de 2e voie ! Bref, nous avons failli mourir dix fois sur le trajet… En arrivant sur place, nous trouvons une armée de magasins pour touristes, les commerçants prêtes à dégainer leurs souvenirs sur nous ! Montée à pied (45 min). Ballade de 3 h sur la muraille, coté opposé aux téléphériques pour être plus tranquilles. Des centaines de marches ! Impressionnant. La forme de la montagne est parfaitement épousée par la muraille et à certains endroits, les marches sont très verticales. Déjeuner (inclus) dans un restaurant au pied de la muraille. Retour à hôtel en début d'après midi. Tour de la Cloche et tour du Tambour où nous assistons à un spectacle de tambours. Petit tour à pied dans les hutongs. Nous repérons aussi notre futur hôtel après notre étape à Chengde. Le Red Lantern retient notre attention pour sa cour carrée traditionnelle.
Jour 4 : Cité interdite et Temple des lamas (Pékin)
Nous commençons tôt par la place Tianmen (coté Mausolée), pour arriver à la Cité Interdite (entrée sud). Majestueuse ! Gigantesque ! Il faut dire qu'elle fait un carré de un kilomètre par un kilomètre. Elle me rappelle Hué au Vietnam. Énormément de petits "palais", aux frontons reluisants. Des dragons, des phœnix, du rouge, du vert, du bleu et du doré. Ainsi que les toits jaunes, couleur impériale. Souvent les palais ne se visitent pas ou alors ils sont transformés en salles de musée. Mais beaucoup de monde. Nous en ressortons 5 h plus tard, par la porte nord, crevés et encore, nous n'avons pas tout fait ! Nous rentrons déjeuner dans un petit restaurant qui ne paye pas de mine. Des hauts parleurs à fond pour attirer le client. Nous goûtons à de sublimes raviolis au porc. Du coup, nous en redemandons aux champignons. Il se révèleront être les meilleurs raviolis de tout le voyage ! Nous tentons ensuite de prendre un taxi (le premier) pour aller au Temple des Lamas. Nous demandons le tarif mais cela nous semble trop cher. Nous décidons ensuite de prendre une sorte de triporteur-taxi qui roule à deux à l'heure. On aurait mieux fait de prendre un taxi ! Nous apprendrons plus tard que le compteur existe, que la prise en charge coûte 10 Y pour 4 km puis 2 Y par km. En fait la course nous aurait coûté 1 eur… Nous découvrons le Temple des Lamas. Nous entrons par un magnifique portique. L'endroit est reposant, il y a beaucoup de gens qui viennent prier… et beaucoup d'encens ! Gigantesque statue de Bouddha en bronze. Pour profiter des bienfaits de la culture chinoise, nous choisissons ensuite de nous offrir un massage des pieds pour récupérer, mais le massage chinois s'avère très douloureux pour moi !
Auberge en face de la gare centrale (stratégique) 160 yuan, chambre twin, salle de bain/WC en commun
Jour 5 : Train pour Chengde. Temple de l'école du Potala et Temple de la paix universelle (Chengde)
Départ de la gare centrale de Pékin pour aller à Chengde. C'est l'aventure : se diriger dans notre première gare, trouver la salle d'attente spécifique à notre train, trouver le quai, le wagon… En effet, il faut trouver les quelques mots d'anglais dans toutes les inscriptions en chinois. Finalement c'est moins sportif que ce que nous pensions. On dirait un vieux train Corail. Nous découvrons qu'il y a de l'eau au chaude à disposition dans le train, tout le monde se fait un thé ou des nouilles. Cela nous donne des idées pour la suite du voyage… Beaucoup de champs de maïs coté paysages mais rien d'exceptionnel. Arrivés à la gare de Chengde, nous prenons un taxi pour 10 Y. En fait, hôtel est assez proche de la gare mais nous préférons gagner du temps, nous avons 2 visites pour l'après-midi. Nous rencontrons à l'accueil de hôtel Loïc, un Français qui voyage en solo. Comme il a le même programme que nous, nous partageons un taxi ensemble pour aller au Temple de l'école du Potala. On se croirait au Tibet. C'est la réplique du Potala de Lhassa. Tout en haut sur la terrasse, un mat tibétain avec les drapeaux de prières. Nous croisons aussi la route d'un car de touristes français. Sympathisant avec eux, nous nous rendons compte que nous sommes dans le même hôtel Comme ils vont aussi au Temple de la paix universelle situé à 1 ou 2 km, Florent leur demande s'ils peuvent nous y déposer avec leur car, ce qu'ils acceptent avec plaisir. Nous les perdons ensuite car ils ont un 3e temple à visiter. Nous prenons notre temps car nous voulons profiter du temple, d'inspiration chinoise et tibétaine lui aussi. Il contient une énorme statue du Bouddha de la Compassion, en bois et qui possède 40 paires de bras. Nous montons le plus haut possible et trouvons des chaînes entourées de milliers de cadenas. Il paraît que les inscriptions sont des mots d'amour… Nous rentrons à hôtel en bus pour profiter de notre chambre 4 étoiles. La nuit est tombée et nous avons une jolie vue sur un pont éclairé.
Hotel Yunshan : 450 Y chambre twin avec petit déjeuner buffet
Jour 6 : Parc impérial et Palais d'été (Chengde). Retour à Pékin en train.
Après un petit déjeuner-buffet royal, nous allons visiter le Parc impérial. Nous nous y rendons en taxi. Comme nous y sommes relativement tôt, nous pouvons voir des Chinois pratiquer le Taï-Chi. C'est très beau. Il y a des petits lacs, de petits palais et nous nous y baladons 2 bonnes heures. Ca change de tout ce que nous avons vu jusqu'à présent. Il nous reste à voir le Palais d'été, qui est une sorte de petite Cité Interdite. Nous nous laissons 2 heures pour la visite car notre train part à 13h. Nous passons récupérer nos sacs à hôtel et allons à la gare. Nous en profitons pour acheter un thermos à thé ainsi que du thé. La gare de Chengde s'avère plus houleuse qu'à Pékin. Nous sommes parqués devant des tourniquets fermés. Quand ils s'ouvrent pour laisser l'accès au quai, nous nous frottons aux Chinois et à leur façon si "délicate" de pousser leurs semblables. Nous découvrons le sport national : le coude à coude. Nous prenons le train pour Pékin et arrivons en début de soirée à notre nouvelle auberge, le Red Lantern, que nous avions réservé avant le départ à Chengde. Situé dans des "hutongs", c'est une maison chinoise typique avec une cour carrée, une "Siheyuan". Nous tentons un petit restaurant de nouilles qui a attiré notre regard. On nous regarde beaucoup, surtout par curiosité. Nous commandons notre plat en montrant les assiettes des autres clients. Mais nous ne sommes pas très doués pour manger des nouilles avec des baguettes. Nous voyant un peu embarrassés, le serveur vole à notre aide en nous montrant comment retourner les nouilles avec la sauce, et les enrouler autour des baguettes à l'aide de la cuillère. Tout le monde rit et nous aussi. Terrible !
Hotel Red Lantern. 260 yuan avec 2 lits simples et salle de bain privée
Jour 7 : Palais d'été et Maison du Prince Dong (Pékin)
Départ très tôt pour un dimanche mais maintenant nous savons qu'il faut partir de bonne heure pour éviter (un peu) les cars de touristes chinois. Le Palais d'Eté n'est pas tout près du centre et à ¼ d'heure de la sortie du métro Beigongmen (ligne 4). Une fois sur place, c'est l'enchantement. Encore plus diversifié qu'à Chengde, le parc est magnifique, s'étend sur les hauteurs et près d'un lac. Les Chinois viennent en famille ou retrouvent des amis pour jouer aux cartes, aux dominos, danser, chanter… Là encore des dizaines de petits "pavillons" égayent le parc. Nous prenons le bateau pour rejoindre l'autre rive. Nous passons la matinée entière à nous promener au soleil. Nous montons tout en haut pour avoir la vue sur le lac et on aperçoit Pékin au fond. C'est immense ! Ensuite, nous allons voir la Maison du Prince Dong que l'on nous a conseillé. Effectivement, ça change encore de tout ce que l'on a pu voir auparavant. En sortant, nous prenons un pousse-pousse pour une petite balade dans les hutongs. La négociation est difficile et croyons obtenir un bon prix. Mais il est tellement bas que notre homme pédale au ralenti et nous laisse même finir à pied ! Sur le chemin, je visite seule une "sihueyan" (maison traditionnelle) moyennant 20 Y, ce que nous trouvons relativement cher mais nous sommes là pour ça aussi… Effectivement, la maison est mignonne. Nous nous retrouvons sur les bords du Lac Houhai. La nuit tombe, les lanternes s'éclairent. L'endroit est très romantique. Nous décidons de boire un verre dans un bar qui est en fait un club d'aviron. Nous sommes seuls au bord du lac. Sur le chemin du retour, mon attention est attirée par la devanture d'un luxueux restaurant. On dirait une sihueyan. Prétextant de voir la carte, nous en profitons pour jeter un œil à l'intérieur. Magnifique. La maison est restaurée, la cour carrée est toute pavée et de petites salles permettent de prendre un repas en privé. Malheureusement, n'ayant pas très faim, nous partons à la recherche d'un repas moins copieux.
Jour 8 : Temple du Ciel, Qianmen, rue Dazhalan (Pékin)
Le Temple du Ciel, très prisé par les Chinois et en photo dans tous les guides, en impose lui aussi par sa splendeur. Comme tous les monuments à Pékin, il est repeint régulièrement et les frontons colorés de bleu, vert, rouge et or sont resplendissants. C'est une alternance de ronds et de carrés dans tout le parc, symbolisant le Ciel et la Terre. Ensuite nous allons faire un tour dans le marché Hi fi de Hongqiao, par curiosité. Nous trouvons des copies de lecteurs de MP3 et d'appareils photos pour quelques euro. N'étant pas intéressés, nous déclinons les offres des vendeurs et nous constatons alors que les prix diminuent alors vertigineusement. Ils sont divisés par 10 quand nous nous éloignons un peu trop de leurs stands… Nous le saurons pour nos futurs achats !!! Puis nous allons vers Qianmen Dajie, rue bourgeoise restaurée à l'ancienne, avec des boutiques que nous connaissons bien au milieu… Nous avions déjà vu les enseignes Dia, Séphora et Starbuck Coffee mais là, c'est une rue européenne qui s'offre à nous ! En remontant vers le nord, nous bifurquons ensuite à gauche dans la rue Dazhalan, plus "commerces pour touristes" et nous nous y perdons avec délices. Nous achetons du thé après l'avoir goûté. En passant devant un institut de "foot massage", nous nous laissons tenter par un autre massage, après avoir négocié le tarif, comme il se doit.
Jour 9 : Train pour Taiyuan, Résidence des Qiao, Pingyao
Nous partons en taxi cette fois pour rejoindre la gare de l'ouest. Toujours un peu de stress en arrivant à la gare car presque toutes les indications sont en chinois. Nous nous retrouvons dans un train ultramoderne et super luxueux. Nous sommes épatés. En 4 heures, nous arrivons à Taiyuan. Maintenant le plus dur reste à faire : aller à la gare routière et prendre un billet pour Pingyao. En sortant de la gare, nous abordons un couple qui parle anglais. Chance ! Mais il n'est pas du coin. Un petit attroupement de curieux se forme et du coup, le jeune homme demande aux locaux les précieux renseignements, comme le numéro du bus pour aller à la gare routière. Je lui pose les questions en anglais et il fait de même en chinois. Que du bonheur ! Nous notons tout sur une feuille et lui demandons de l'écrire en chinois. Ca peut toujours servir ! On nous conseille de prendre le train, plus simple. Nous retournons dans la gare. Mais devant l'affluence au guichet, nous renonçons. Le temps de faire la queue et d'attraper un train, il fera nuit… Nous revenons à nos plans initiaux : nous abandonnons l'idée du bus et nous prenons une moto-taxi pour aller à la gare routière. Après tout, nous sommes riches ici, autant en profiter ! Nous prenons donc le premier car pour Pingyao et sommes tout fiers d'avoir acheté nous même nos billets. Niveau timing, nous n'avons pas perdu de temps, et devrions arriver vers 14h30 à Pingyao. Nous demandons au chauffeur, guide de conversation en main, si le car passe devant la Résidence des Qiao. Bingo ! En plus il y a des bus toutes les heures. Nous allons pouvoir effectuer notre visite en cours de trajet, comme nous le souhaitions… Arrivés au village de Qiao Jiada Yuan, nous descendons. Il nous suffit de suivre un car de touristes pour arriver facilement à la Résidence. Nous laissons nos sacs à dos à la consigne pour visiter tranquillement. Il s'agit de 4 maisons traditionnelles, dont l'intérieur est transformé en petits musées. La visite se termine par un petit jardin puis à la sortie, nous tombons sur des dizaines de marchands qui se sont installés là. Un peu lassés, nous filons attraper le car pour Pingyao. Après quelques déboires avec le chauffeur, nous arrivons à Pingyao. Il fait nuit et il faut rentrer dans la ville fortifiée. Nous prenons un cyclo-pousse (tarif négocié bien sûr) pour aller à hôtel Nous arrivons alors dans une splendide demeure. Nous avions pris une chambre traditionnelle "de luxe" et nous ne sommes pas déçus. Il s'agit d'un lit en bois surélevé avec du mobilier chinois. Nous "négocions" le petit déjeuner gratuit avec le gérant de hôtel, Bob, et partons à la découverte de la "ville des lanternes" de nuit.
Zhengjia Hotel, 350 yuan, chambre "de luxe" typique, salle de bain privée
Jour 10 : Maisons traditionnelles (Pingyao)
Après notre petit-déjeuner, nous achetons notre "pass" qui permet de visiter toutes les maisons traditionnelles et quelques temples. Valable 2 jours, il faut absolument le faire tamponner le soir même à un autre guichet pour avoir le droit de s'en servir le lendemain. Nous commençons donc par la banque Rishengchang puis la maison du banquier Lei Lütai. Mais après la Résidence des Qiao, tout semble bien fade et surtout répétitif. La pierre grise et le ciel nuageux y sont peut être pour quelque chose. La porte d'entrée ou la façade sont souvent plus impressionnantes que l'intérieur. Mais chacun ses goûts. Nous devons aussi penser à récupérer nos billets de train Pingyao-Xi'an. Nous devons les prendre dans un hôtel situé dans une des rues principales. Nous nous y rendons et prenons nos billets en échange du petit papier bleu. Nous vérifions bien la date et partons satisfaits. Nous préférons ensuite nous balader dans les rues animées et restaurées pour les touristes, à la recherche d'un petit restaurant pour le soir. Pingyao est le paradis des nouilles et autres raviolis vapeur : oreilles de chats, mountain noddles, nouilles coupées au couteau, etc… Ensuite, nous quittons les rues commerçantes pour nous diriger vers les remparts et les cotés peu (ou pas) mis en valeur de Pingyao. Nous faisons tamponner notre pass à l'extérieur de la porte Sud. Florent s'achète une veste en lin pour 3 eur ! Le jour tombe et les lampions s'allument peu à peu. La ville est vraiment magnifique, même si elle fait un peu "musée". Nous dînons dans la cour intérieure d'un restaurant, loin du bruit de la salle. De retour à hôtel, nous nous rendons compte que le prix inscrit sur nos billets de train n'est pas celui qui est mentionné sur notre facture, il est beaucoup moins cher ! Nous réalisons alors que nous nous sommes pris une double commission : l'une pour le CITS et l'autre pour l'agence locale. Nous avons l'impression désagréable de nous être faits un peu "avoir".
Jour 11 : Balade dans Pingyao et train de nuit pour Xi'an
Nous visitons encore deux maisons, admirons la vue sur la rue du sommet d'une tour et partons nous balader dans les rues si sympathiques de Pingyao. A midi cette fois-ci, nous mangeons "dans la rue", à la grande joie du cuisinier. Il y a tant de sortes de nouilles à tester ici ! Un peu de shopping pour finir, je m'achète une écharpe en Pachmina que je ne quitterai plus. Nous passons l'après midi à regarder les gens, les marchands de bonbons, de raviolis. Nous retournons à hôtel pour envoyer quelques mails, boire une bière et prendre nos sacs. Bob nous fait accompagner à la gare où nous allons prendre notre premier train de nuit. Arrivés en avance à la gare, nous observons les Chinois ainsi que d'autres touristes. Le train a du retard. Nous nous y attendions, c'est la veille de la Fête Nationale, le premier jour des vacances scolaires. Tout doit être plein. Bizarrement, il y a peu de monde à la gare de Pingyao. Nous pensons que beaucoup de gens sont montés à Taiyuan. Les gens commencent à se lever les uns après les autres pour se poster près des portes. Nous entamons la discussion avec un couple d'anglais qui vont dans le même wagon que nous. Le train est à l'approche, les portes donnant accès au quai s'ouvrent. Nous sommes dirigés en fonction de notre wagon pour attendre au bon endroit. La brume donne une atmosphère surnaturelle. On se croirait dans un film. Le train arrive enfin et nous avons 3 minutes pour grimper dedans. Ouf ! Nous sommes accueillis par le responsable du wagon qui contrôle nos billets et nous indique nos couchettes respectives. Le wagon est à moitié plein, il y a déjà des gens qui dorment. Il est minuit passé. Nous découvrons les couchettes "dures". 6 couchettes par compartiment, chacune munie d'un oreiller et d'une couette. Grand confort ! Je prends la couchette supérieure et Florent la médiane. Nous plaçons les sacs en hauteur. Mais il n'y a pas de porte ! Donc pas mal de bruit avec les allées et venues durant la nuit. Il y a un contrôleur par wagon qui surveille que le voyage se passe bien. Nous sommes rassurés.
Jour 12 : Arrivée à Xi'an, jour de la Fête nationale, quartier hui
Le premier jour des vacances scolaires ou comment apprendre la zen attitude Nous arrivons à la gare de Xi'an vers 10 heures. Une personne de notre hôtel doit venir nous chercher mais le train a 2 heures de retard. Nous a-t-on attendus ? Nous comprenons rapidement que ce jour de Fête Nationale n'est pas comme les autres. Une immense cohue dès la descente du train nous emmène à la sortie de la gare. Il vaut mieux ne pas résister et suivre le flot. Malheureusement, nous ne voyons aucun panneau d'accueil. Nous comprenons ensuite que nous avons pris la mauvaise sortie et que nous ne sommes pas passés devant les panneaux. Il faudrait rentrer à nouveau dans la gare pour prendre l'autre sortie mais c'est peine perdue. D'autant que la police veille au grain et ils n'ont pas l'air tendres avec ceux qui s'écartent de la route. Je laisse Florent avec les sacs et pars à la recherche d'un panneau indiquant nos noms ou celui de hôtel Nous nous rendons à l'évidence, personne ne nous attend. L'esplanade est noire de monde. Comme hôtel où nous devrons récupérer nos billets Xi'an-Shanghai est situé face à la gare, nous partons à sa recherche. Nous le trouvons facilement. Nous présentons notre bon "bleu" puis on nous demande d'attendre. Prenant notre mal en patience, nous demandons à téléphoner à notre hôtel pour qu'ils viennent nous chercher. Mais il n'y a pas de téléphone à la réception (nous sommes pourtant dans un hôtel 4 ou 5 étoiles !). Sympa l'homme à l'accueil nous prête son téléphone portable. Après un grand moment de solitude où l'on me répond que hôtel est complet, j'explique (toujours en anglais bien sûr) que nous avons échangé des mails, que j'ai réservé une chambre pour 180 Y il y a deux mois et qu'on devait venir me chercher à la gare. Finalement, on retrouve mon nom et on me dit que la personne s'est bien déplacée mais que nous n'étions pas là et qu'il faut maintenant prendre le bus n° 306… dans la rue noire de monde… Un peu déçus, nous commençons à nous impatienter pour les billets. Peut être qu'ils ne sont pas prêts, peut être qu'ils ne sont pas encore allés les chercher, peut être que ça va prendre des heures, peut être qu'il vaut mieux revenir demain ?! Impossible toutefois de poser ces questions, on nous répond qu'on ne sait pas et que le responsable est quelque part dans hôtel et qu'il va arriver… responsable de quoi, nous ne saurons jamais ! Ah le choc des cultures… Nous nous renseignons pour savoir où est situé le fameux arrêt de bus. Il se trouve "en face, à coté du KFC". Entre temps, un monsieur arrive et nous tend les billets. Vérification de la date, mais l'heure est décalée, nous partons 2 h plus tôt que prévu. A bout de nerf, nous disons merci et au-revoir… Ils ont du nous prendre pour des touristes-tarés ! Maintenant, à la recherche de ce fichu bus ! Nous nous dirigeons vers l'endroit indiqué, mais au final, nous voyons 2 KFC… Le numéro du bus inscrit sur un papier, nous demandons aux gens dans la rue. Nous atterrissons, non sans avoir joué des coudes à notre tour, devant un semblant d'arrêt de bus mais la rue est en travaux, et les voitures passent avec difficulté car tout le monde est sur la chaussée. La Fête Nationale, que du bonheur !!! Prenant notre mal en patience, nous attendons… Des bus passent, mais jamais le notre. Puis nous décidons de prendre un taxi… Peine perdue, quand ils arrivent à se frayer un chemin dans la foule, ils sont déjà pleins. Nous décidons alors de nous éloigner de l'arrêt de bus pour en trouver un autre qui sera moins bondé ou un taxi vide, l'espoir fait vivre. Nous marchons 5 minutes dans la foule, en jouant des coudes (!). Et soudain, nous voyons notre bus arriver au loin. Nous commençons à courir pour l'attraper mais avec les sacs ce n'est pas évident…Florent bouscule tout le monde et grimpe dans le bus. Je le suis de près, m'étant agrippée à son sac, dès fois que le bus parte sans moi…
Nous arrivons à l'auberge de jeunesse et posons nos sacs. Nous décidons de nous balader dans la ville l'après-midi. Nous n'avons pas envie de visiter des temples alors nous errons au peu au hasard. Nous nous retrouvons dans le quartier Hui, ethnie musulmane chinoise. C'est un amoncellement de vendeurs ça et là, principalement de nourriture. Des sucreries au miel, des nouilles, des légumes et même de la viande posée là sur les étals !!! Un peu écœurés par le mélange des odeurs et la pluie, nous rentrons. De retour à hôtel, une "dumpling party" est prévue le soir. Il s'agit d'un cours de cuisine de raviolis chinois (Jiaozi) offerte par hôtel Nous sommes environ 15 personnes et une jeune chinoise, Micky, nous montre comment préparer la farce et la pâte. Ensuite, travaux pratiques, c'est à notre tour. Pendant 1h30, nous façonnons les petits raviolis. A 15, le volume produit est assez important. Micky nous propose ensuite de les faire cuire et de les manger tous ensemble, ce que nous acceptons. L'ambiance est très sympa, cosmopolite et pendant la cuisson, nous attaquons l'apéro… in english of course ! Nous passons une agréable soirée en compagnie d'Anglais, Australien, Mexicain, Français, que sais-je… Ils souhaitent finir leur soirée dans la boite de nuit de l'hôtel Ayant une grosse journée prévue le lendemain, nous les laissons, non sans regrets… Mais demain les soldats de terre cuite nous attendent et, avec la Muraille de Chine, ils sont notre deuxième passage "obligé" de notre voyage. Finalement, notre chambre se trouve située juste au dessus de la boite de nuit en question… Dur dur d'être un touriste ! Au final nous n'aurons pas vu la fête nationale fêtée par les Chinois, seulement des milliers de petits drapeaux rouges accrochés absolument partout.
Shuyuan International Youth Hostel, 180 yuan, chambre twin, salle de bain privée
Jour 13 : Armée des soldats en terre-cuite de l'Empereur Qin, les remparts (Xi'an)
Lever relativement tôt pour attraper plus facilement un bus allant vers le site de l'armée des soldats en terre cuite, à 40 km de Xi'An. Il faut d'abord prendre un bus pour aller à la gare et un autre bus pour aller à Bingmayong. L'expérience de la veille nous hante un peu et nous ne savons pas ce que nous allons trouver à la gare routière. Finalement, plus de peur que de mal, on arrive même à renseigner une Française, qui va au même endroit que nous. Nous nous insérons dans la file d'attente du bus, et nous attendons notre tour, qui viendra rapidement. Tout le monde a une place assise. Durant le trajet, nous discutons avec des étudiants chinois. On fait un peu "attraction". Un peu timides, ils nous posent des questions en anglais. C'est sympa. Après environ 1h de trajet, nous arrivons sur les lieux vers 10 h. Les jeunes nous indiquent la direction du site et où reprendre le bus pour le retour. Nous sommes contents car le monde est largement supportable en comparaison de l'épisode de la veille "gare de Xi'An". Le site est très grand en fait, composé de 3 fosses avec des milliers de soldats et 2 musées. Nous commençons par les plus petites pour finir par la plus impressionnante. Les soldats en terre cuite sont magnifiques de réalisme et tous différents. Les coiffures, les mains, les statures, la position des pieds sont unique pour chaque statue. Nous prenons notre temps pour nous poser et admirer chaque soldat. Les chevaux sont représentés aussi. Ensuite quelques spécimen sont exposés dans de petites salles pour les admirer de plus près. Car on ne peut pas approcher les soldats dans les fosses. On est souvent en hauteur. Nous terminons par les salles musées, rapidement car nous commençons à fatiguer, ça fait 3 heures que nous sommes là, et les touristes commencent à arriver. Et quand les touristes chinois débarquent, il vaut mieux s'en aller, c'est une vague humaine ! Nous nous reposons dans la verdure environnante puis sortons du site, non sans passer devant plusieurs marchands, idéalement placés. Certains proposent à manger et la faim se fait sentir. Nous nous laissons tenter par du tofu, puis diverses petites brochettes. Nous nous dirigeons ensuite innocemment vers l'arrêt de bus. Et là, nous nous rappelons que ce sont les vacances et que nous sommes sur l'un des sites chinois les plus fréquentés…
Le deuxième jour des vacances scolaires ou comment apprendre la zen attitude (2) Des voitures et des bus sur 3 files, dans les deux sens, alors qu'il n'y a qu'une seule route pour accéder au site de l'armée des soldats en terre cuite. Un embouteillage monstrueux ! Et nous commençons à chercher notre arrêt, un peu moins sereins…. Il y a beaucoup de monde à pied et nous comprenons que tous ces gens veulent la même chose que nous : attraper un bus pour rentrer chez eux. Tout en marchant, nous observons le lent ballet des bus et des voitures, qui se croisent, qui font des demi-tours osés, mais au ralenti et sans trop d'excitation finalement. Ils sont plutôt calmes, même. Déjà les bus ne desservent plus l'arrêt final et font demi-tour avant car sinon, ils ne pourront plus passer, ou alors ils vont rester coincés tellement longtemps pour faire 100 mètres que ça ne vaut pas la peine. Dois-je préciser que ce sont les mêmes bus qui font le retour…? Quand les bus arrivent à faire leur demi-tour parmi les trois files de voitures, ils sont ensuite pris en chasse par les gens qui veulent grimper dedans. Xi'An la gare, épisode 2, le retour !!! Nous laissons passer quelques bus et nous en repérons un à l'avance… qui finalement ne s'arrête pas devant arrêt prévu mais là où il y a le plus de monde. Loupé. Le suivant, lui, s'arrête beaucoup plus tôt, se charge à bloc et encore loupé pour nous. Nous changeons de position en riant (un peu jaune quand même, sans mauvais jeu de mots). Nous voyageons léger mais il nous faut courir dès qu'un bus s'approche pour tenter de grimper dedans. Enfin, l'un s'arrête près de nous. Nous hésitons entre la porte de devant ou celle du milieu (et oui, tout devient alors stratégique), et là tout le monde pousse… Je m'aggripe tant bien que mal à Florent, et finalement nous montons. En m'asseyant, je m'aperçois alors, malheur, que la sacoche de mon appareil photo est vide !!!! Mon dieu, j'ai du le perdre dans la bataille ! J'avertis Florent, je me précipite dehors pour voir si par miracle il ne serait pas tombé au pied du bus. Hélas, trois fois hélas. Je remonte car j'ai peur que le bus ne parte. A son tour Florent descend et je le vois se mettre à courir sur la route. Non seulement j'ai perdu mon appareil photo, mes souvenirs, mais en plus mon homme replonge dans la foule et le bus qui va bientôt repartir !!!! Argh, tant pis pour mon foutu appareil, faites que mon homme revienne !!! Florent remonte alors, bredouille, et le bus ferme ses portes… Quelle déception alors ! Toutes ces photos, prises avec tant d'attention parfois, pour quelqu'un en particulier, pour nous seuls, ou pour montrer à tout le monde comme c'est beau la Chine… J'accuse le coup et relativise, j'ai encore mes papiers et mon argent, ça aurait pu être plus grave mais c'est tellement dommage. Une petite faute d'inattention si basique… Moi qui remettais systématiquement mon appareil dans mon sac à dos en sortant d'une visite, j'ai tout simplement oublié de le ranger cette fois-là. Et il est tombé, ce qui me parait quand même peu probable, ou a été volé durant la course après le bus. La sacoche a pu être projetée derrière moi et il était facile de se servir. Les Chinois ne sont pourtant pas voleurs, mais la tentation a peut être été trop forte. Ou alors il s'agit d'un autre touriste, et là, malheur à lui !
Nous observons quand même la circulation énorme à ce moment là. C'est un embouteillage géant. Il doit être 14 heures et des touristes arrivent encore sur de multiples files. Je n'ose imaginer le temps qu'ils vont mettre à arriver jusqu'au site. Pour le retour, nous roulons pendant une bonne demi-heure au pas, pareil pour les gens en face. Nous hallucinons encore de ce que nous voyons, les voitures se doublant et se croisant n'importe comment. Nous arrivons enfin à Xi'An et partons nous balader sur les remparts. Nous voulons voir le coucher de soleil. Nous nous promenons pendant un long moment, des gens peuvent louer des vélos sur les remparts. Ca semble irréel. De là haut, on a un bon aperçu de la ville. On peut voir des immeubles ultra modernes comme de vieux bâtiments. Quand le soleil se couche, tout prend une teinte rosée. Les premiers lampions s'allument. Sans appareil photo, volé dans l'après-midi, je me retrouve un peu les mains vides. A quoi bon continuer si je ne peux pas capturer ces images ? J'essaie de mémoriser ce que je vois et heureusement il reste le téléphone de Florent, qui a déjà fait ses preuves. Le soleil se couche peu à peu et les lampions sur les remparts apparaissent nettement. Nous restons là, à admirer la vue, jusqu'à la pénombre. De retour à hôtel, nous rencontrons quelques touristes croisés la veille et nous allons boire un verre avec eux, au sous-sol de hôtel, dans la fameuse boite de nuit. Certains sont là pour plusieurs mois et ont un travail. En remontant, nous croisons nos retraités français, qui sont exténués. Ils viennent manger dans notre hôtel car on le leur a recommandé. Ils sont allés aux aussi voir les soldats de terre cuite, mais sont partis beaucoup plus tard que nous avec un tour organisé par leur hôtel Du coup, ils sont arrivés tard sur le site, avec tous les autres touristes et c'était beaucoup plus fatiguant. Ils ont du mettre le double de temps de transport par rapport à nous… Mais ont toujours leur appareil !!! Nous prenons congé, un peu fatigués aussi. Nous ne les recroiserons plus, ils s'en vont dans le Yunnan, mais sont coincés par leur billet. Nous commençons à nous rendre compte que nos 5 heures passées dans l'agence du CITS ainsi que notre surcoût nous ont servi à anticiper ce genre de choses. D'un autre coté, notre temps est compté, le leur beaucoup moins car ils sont en chine pour 6 semaines.
Jour 14 : quartier de Shuyuanmen, remparts (Xi'An) et train de nuit pour Shanghai
Aujourd'hui, nous voulons aller voir le quartier de Shuyuanmen dit "des calligraphes" situé près de notre hôtel Nous trouvons de gros pinceaux de calligraphie, des baguettes et de magnifiques sinogrammes (écritures chinoises). Nous prenons quelques photos et commençons à regarder ce que nous voudrions ramer chez nous. Mais pour l'instant il est un peu tôt pour se charger de "souvenirs". Nous retournons sur les remparts, car la veille, notre billet n'a pas été déchiré. Du coup nous refaisons un tour gratis. Nous voulons aussi faire quelques petits achats pour le train de nuit, et notamment, des soupes de nouilles que nous voulons essayer. Nous avons observé les Chinois et ça n'a pas l'air très compliqué. Nous savons que nous voyageons en première classe (soft sleepers), donc nous devrions être à l'aise pour "cuisiner", et eau chaude garantie… Notre train est à 17h. Nous passons récupérer nos sacs à hôtel, notre caution et allons prendre le bus que nous connaissons bien maintenant. Dans le bus, une jeune fille nous aborde et nous dit qu'elle est à notre hôtel Elle nous demande où nous allons. Arrivés en centre ville, elle nous conseille de descendre avec elle car le bus va être bloqué par les embouteillages (et oui, vive les vacances !). Comme elle marche près de nous, nous en profitons pour acheter des fruits qu'elle "négocie" pour nous. Du coup, nous lui demandons de nous trouver des soupes non épicées puisque le magasin en vend aussi. Elle est très contente de nous aider et nous aussi du coup ! Après l'avoir bien remerciée, nous nous dirigeons vers la gare. D'abord trouver le "salon d'attente". Selon les gares, certains salons d'attente sont réservés spécifiquement aux voyageurs en soft sleepers. Nous sommes plus sereins que pour notre premier train. Quand les portes s'ouvrent, nous nous dirigeons "tranquillement" mais activement vers notre wagon. Nous prenons place dans notre compartiment. Les couchettes sont effectivement plus luxueuses, dans le sens où le compartiment se ferme par une porte (d'où moins de bruit), on n'est que 4 au lieu de 6. Il y a aussi une couette et un oreiller, comme dans les "hard sleepers". Les toilettes ont l'air plus propres et il y a même un coin lavabo qui ferme à clé. Nous rencontrons nos voisins pour la nuit : un jeune couple chinois avec une petite fille. Nous sommes chanceux, ils parlent un peu anglais. Nous nous présentons. Ils sont très curieux et nous aussi. La communication n'est pas facile, par manque de vocabulaire des deux cotés, mas il y a de la bonne volonté. Quand les mots manquent, nous dessinons sur un calepin. Ils nous proposent des fruits et nous prenons le thé ensemble. C'est plutôt convivial et nous les trouvons sympathiques. Nous leur demandons à quelle heure ils comptent éteindre, car nous avons compris que les Chinois se couchent tôt et il va falloir manger. Le jeune homme se lève et sort deux bols de nouilles qu'il commence à préparer devant nous. Nous le regardons avec attention et lui expliquons qu nous en avons aussi et que c'est notre première fois. Alors, magie du voyage, il nous montre comment faire avec nos propres soupes après avoir préparé les siennes. Il faut ouvrir un peu le carton, mettre une partie des épices, mais pas tout sinon c'est trop fort, ensuite mettre l'eau chaude, remuer un peu et refermer le couvercle avec quelque chose. Nous prenons des bananes pour faire un poids stable. Après quelques minutes, regarder si les pâtes ont gonflé, remuer et c'est prêt !!! Remarquant qu'ils ont mangé dans le couloir, nous faisons de même pour ne pas embaumer le compartiment d'odeurs de nourriture. Nous sortons donc avec nos bols de nouilles et nous mettons sur de petits strapontins. C'est divin, nous nous régalons et nous nous sentons vraiment bien dans ce pays maintenant. Nos continuons à discuter un peu avec nos voisins, puis ils se couchent et éteignent leurs lampes. Nous faisons de même peu de temps après car le train arrive vers 7h à Shanghai.
Jour 15 : le Bund, balade en bateau sur la rivière Huangpu, jardin Yu (Shanghai)
Nous nous réveillons bien reposés, on dort mieux dans ce train que dans les trains français nous semble-t-il. Nous reprenons notre discussion avec le couple chinois mais le train arrive déjà. Tout le monde descend. J'espère que nous aurons autant de chance lors de notre prochain voyage… La gare donne directement sur le métro. Après un rapide coup d'œil sur nos plans, nous prenons un ticket (qui coûte 3 Y pour 2 Y à Pékin) et nous engouffrons dans une rame. Cette fois-ci, forts de nos quinze jours en Chine, nous avons l'air beaucoup plus à l'aise que certains touristes chinois. Passage des sacs au détecteur à rayons X, repérage des terminus, sens de circulation, passage du ticket dans la borne, c'est un peu comme à Paris finalement… Le plus dur est de trouver l'hôtel à la sortie du métro. Ca n'a pas l'air trop loin. Nous longeons un fleuve, et nous y sommes. L'endroit paraît sympathique, c'est une auberge de jeunesse. Après le check-in, la caution, nous devons attendre un peu car notre chambre n'est pas prête. Il faut dire qu'il n'est pas 9 h… Nous achetons un plan à l'accueil, car nous devons aller récupérer des billets de train du CITS, et ça n'a pas l'air facile de trouver hôtel (décidément !). Personne ne semble vraiment savoir où il est malgré l'adresse. Nous nous renseignons sur les possibilités d'acheter des billets pour aller à Suzhou dans la journée, ainsi que des billets de bus pour aller de Hangzhou à Tangkou. Nous posons beaucoup de questions au réceptionniste et il est plutôt patient. Nous en profitons aussi pour finir de boucler notre escapade dans le Huangshan, la Montagne Jaune, que nous avons prévue dans 3 jours. En effet, nous sommes en contact depuis une semaine avec un certain Monsieur Cheng de Tangkou. Nous avons trouvé ses coordonnées sur le site Voyage.forum et nous pensons qu'il peut nous aider pour notre excursion dans le Huangshan. A travers nos échanges de mails, nous réalisons que nous avons fait une erreur stratégique. Au tout début du voyage, nous avions réservé un billet de train Shanghai-Hangzhou en pensant prendre ensuite un bus Hangzhou-Tunxi, croyant que la liaison directe n'existait pas. Nous avions prévu de passer la nuit à Tunxi pour rejoindre Tangkou par un bus le matin afin de gagner la montagne jaune le plus tôt possible. En fait je n'avais pas encore étudié avec attention le trajet, et ayant peur des vacances scolaires, nous avions sauté sur les billets de train. Nous nous rendons compte alors qu'il existe un bus reliant Shanghai à Tunxi et même Tangkou (plus proche du Huangshan) en seulement 6h. Nous tentons d'annuler le billet avec l'agence du CITS mais l'annulation coûte quasiment aussi cher que le prix du billet. Tant pis. Nous décidons finalement de rester sur notre itinéraire alliant train et bus, mais de passer la nuit chez Monsieur Cheng, directement à Tangkou, pour être déjà sur place. Nous annulons la nuit hôtel prévue à Tunxi. Et nous commandons les billets pour Suzhou. Comme notre chambre n'est pas prête, nous laissons tout simplement nos sacs à la réception. Ceci étant fait, nous partons récupérer en bus nos fameux billets de train pour Hangzhou. Et là, nous tentons d'aborder des Chinois afin de trouver l'arrêt de bus. Et surprise, ils ont l'air beaucoup plus craintifs qu'à Pékin de nous entendre parler anglais. En tout cas, pas facile de se faire comprendre malgré le dictionnaire et le plan. Finalement, nous arrivons à trouver l'arrêt, le bus arrive et nous sautons dedans. A l'intérieur, je regarde mon plan en parlant à Florent, et là une jeune Chinoise qui a du lire sur mon épaule me dit qu'il faut descendre à l'arrêt d'après… sans que je lui ai rien demandé… Je trouve ça vraiment gentil. Nous arrivons près de la rivière Huangpu et des gratte-ciel. C'est fantastique, on se croirait à New York ! Ca n'a plus rien à voir avec Pingyao… Nous trouvons hôtel qui est un 4 étoiles. Nous grimpons dans les étages à la recherche du bureau du CITS sans que personne ne nous demande rien. Nous récupérons nos billets et en profitons pour passer aux toilettes… A priori, l'endroit doit être "sûr" et propre. C'est d'ailleurs une stratégie que nous allons adopter pour Shanghai !!! Nous nous retrouvons alors sur les quais de la rivière Huangpu et nous arrivons sur le haut du Bund, boulevard très connu de Shanghai, qui longe la rivière. Nous nous laissons tenter par une petite croisière d'une heure sur la rivière, histoire d'observer la ville à partir de son "cœur". Les gratte-ciel sont tous plus grands les uns que les autres, avec des formes variées et assez osées. Toujours plus haut, plus loin, plus fort ! Ensuite nous allons vers le jardin Lu, qui semble très prometteur. Mais il y a énormément de monde. En cherchant l'entrée, nous passons dans un dédale de petites maisonnettes qui sont en fait des magasins fraîchement repeints en rouge et blanc, mais tellement de monde. Nous déambulons emportés par la marée humaine qui se presse sur les ponts au dessus de l'eau. Nous espérons retrouver un peu de calme dans le jardin… mais avant cela, il faut faire la queue ! Une fois entrés, l'endroit est en effet magnifique. Mariage des plantes, de la pierre, de l'eau, de petites maisons. Un vrai jardin zen. Sublime, mais finalement un peu trop "peuplé" à notre goût. Il est vrai que le monde perpétuel nous fatigue beaucoup plus que ce que pensions. Nous dînons "en ville" et profitons de la nuit tombée sur Shanghai pour retourner sur le Bund afin d'admirer la vue de nuit. Là encore, c'est un monde fou, une marée humaine qui se presse, se colle, pour voir les gratte-ciels illuminés. Il faut dire que le spectacle est époustouflant. C'est une mégapole, il ne faut pas l'oublier. Des écrans publicitaires s'affichent sur certains gratte-ciels, et changent régulièrement. Les bateaux sont eux aussi illuminés et leurs couleurs varient très souvent. C'est un régal pour les yeux. Nous rentrons épuisés à hôtel.
Shanghai Soho International Youth Hotel, 260 yuan, chambre twin, salle de bain privée
Jour 16 : Temple du Bouddha de Jade, la place du Peuple, quartier de la Concession française (Shanghai)
Nous décidons d'aller en taxi au Temple du Bouddha de Jade ("le temple bouddhiste le plus célèbre de la ville" d'après le Routard), car il n'est pas desservi par les bus. Il est encore habité par une centaine de moines et surtout en activité intense. L'encens est bien présent. Le clou du temple est bien entendu le Bouddha, tout en jade. Il est splendide. Pour l'apercevoir, il faut payer, bien sûr, un petit supplément. Une fois arrivés devant, une surveillante interdit les photos car c'est un lieu de culte. Une barrière empêche de l'approcher et on doit se tenir à une dizaine de mètres de la statue. Certains font des prières, mais il y a aussi quelques touristes curieux. Nous restons là un bon moment, saisis par la sérénité qui se dégage de ce Bouddha. Il a l'air tellement bienheureux ! Et tellement beau et apaisant. En sortant, nous regardons quelques échoppes. Florent veut trouver un bol tibétain. Depuis Chengde, nous n'en avons pas revu et il craint de ne plus en trouver ensuite. Première étape, se faire comprendre. Florent adepte du mime, montre le geste et joint le son qui va avec. C'est une méthode marche plutôt bien. Le vendeur comprend aussitôt. Nous apprenons qu'il faut dire "tsing" pour parler de ce bol. Après avoir fait toute la rue pour en trouver à un bon prix, puis une longue négociation, nous l'achetons. Nous avons plus l'habitude de négocier qu'au début mais parfois, il nous faut céder bien plus que ce que nous croyons au départ. Les Chinois sont bons commerçants…. Quand nous ne sommes pas intéressés, ils nous vendraient tout le magasin pour quelques yuans, et dès que nos yeux brillent, ils flairent la bonne affaire et nous font plier. Heureux de notre achat, nous prenons un taxi pour aller en centre ville, place du Peuple. Maintenant nous n'avons plus peur de prendre un taxi, nous savons qu'une course coûte environ 5-10 yuans pour quelques kilomètres et nous vérifions simplement que le compteur est remis à zéro. Quels progrès depuis Pékin ! Nous découvrons la fameuse place du Peuple, immense. C'est le cœur de Shanghai. Nous marchons aux alentours, passons devant l'opéra de Shanghai et nous dirigeons vers le Musée de Shanghai, gratuit. Malheureusement, devant le monde amassé devant, nous reculons et décidons d'aller profiter du beau temps et nous balader dans le quartier de la concession française. C'est une autre ambiance que nous découvrons, beaucoup plus calme qu'en centre ville. Quelques vélos ça et là, des boutiques de mode où je ne peux m'empêcher de regarder les robes chinoises de forme traditionnelle mais revisitées et remises au goût du jour. Splendide ! Nous retournons ensuite près de la place du peuple pour faire un grand marché couvert sur Nanjing Donglu. En fait c'est un magasin géant sur 5 étages où nous repérons nos futurs cadeaux et souvenirs à ramener. Baguettes, Tshirts, et même appareils photos ! J'hésite à en acheter un pas cher (20 euro) pour le Huangshan mais j'ai peur être déçue par les photos. Nous dirons ensuite dans un restaurant japonais qui s'avère être une chaîne, Ramen. Les cuisines sont visibles depuis l'extérieur, ça a l'air propre et bon. Nous nous régalons avec une soupe, très copieuse et délicieuse, le tout pour quelques yuans.
Jour 17 : jardin de la Politique des Simples, jardin Liu (Suzhou)
L'avantage c'est que Suzhou (ou Tongli par exemple) ne sont pas loin (1-2h) et qu'il y a beaucoup de trains pour y aller. Et en plus ils sont super modernes. Nous arrivons donc vers 10 heures à Suzhou, la ville des jardins. 8 sont inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco… La difficulté première est de trouver un taxi pour rejoindre le centre ville. Nous sommes les seuls européens, comme souvent. Ca donne une impression de liberté, d'aventure et de conquête aussi. Mais nous nous sentons en sécurité. Il ne semble pas y avoir de station de taxi en sortant de la gare. Nous marchons un peu au hasard sur la route. Bizarrement, tous les taxis que nous approchons ne veulent pas nous charger. Nous trouvons un genre de poste de police. Ce qui est toujours drôle dans ces situations, c'est que quelqu'un doit toujours être "désigné" pour nous parler chaque fois que nous sortons trois mots d'anglais… Très soucieux de nous renseigner, les Chinois font beaucoup d'efforts quand ils parlent anglais. Quand ce n'est pas le cas, on dirait qu'ils ont peur de nous, certains font non de la tête, d'autres s'en vont carrément ! Nous pensons qu'ils sont timides. Un policier nous renseigne donc tant bien que mal. Il faut aller plus loin sur la route… Finalement, nous trouvons un taxi, il nous emmène au centre ville, qui n'est pas si proche que ça de la gare. A retenir pour le retour…. Il nous dépose pas loin du premier jardin que nous souhaitons visiter : le jardin de la Politique des Simples, qui fait près de 5 hectares. C'est le plus grand jardin de Suzhou. Suivant les conseils de notre guide, nous y allons en premier car nous savons que les hordes de touriste chinois vont déferler ensuite. Le jardin est magnifique. Un mélange zen d'eau, de terre, de verdure, de pierre et de petits pavillons. Nous sommes sensibles aux différents bambous, ayant visité une bambouseraie avant notre départ. Nous admirons les différentes variétés que nous croisons. Au fond, une grande jardinerie contient plusieurs centaines de bonsaï. Sublimes. Nous apprécions la galerie couverte, et sa toiture qui représente un dragon. Nous nous amusons aussi dans les portes, carrées ou rondes. Mais les touristes sont nombreux et, comble de malchance, leurs guides ont des mégaphones pour bien se faire entendre. C'est très difficile à vivre pour nous, car venus chercher le calme et la quiétude, c'est tout le contraire que nous trouvons au final. Nous décidons de ne faire que deux jardins au total, car après, tout se ressemble. Nous voulons aussi profiter de la ville en elle-même. On la présente comme une ville-musée ou une cité-jardin. On la surnommait jadis la Venise de l'orient pour ses canaux. Nous partons donc à la recherche de ses fameux canaux. Nous arrivons sur des berges, mais pas dans l'état que nous espérions. Tout est délabré. Suivant toujours notre guide, nous nous enfonçons un peu plus dans la ville. Nous voulons aussi voir un marché aux plantes et aux oiseaux. En cherchant un restaurant pour manger, nous tombons sur le fameux marché. Nous entrons à l'intérieur. On y vend de toutes sortes d'animaux : des chiens, des oiseaux, des poissons, des crustacés, des appâts… Mais aussi des pierres, des plantes, des bonsaïs. Le marché est à l'air libre, mais il est très dense. Ensuite, nous allons manger dans un petit restaurant. N'ayant pas encore mangé de canard, nous nous arrêtons sur un "duck pot" et des légumes. Quelle n'est pas notre surprise de voir arriver une marmite… pleine d'une sorte de soupe. Florent tente de remuer le liquide, et là, deuxième surprise, une demi-tête de canard surgit de la "soupe", puis une patte, avec les griffes… C'en est trop pour moi. Finalement, peu inspirée, je préfère manger les légumes. Florent tente tout de même l'expérience, avec ses baguettes !!! Nous apprendrons plus tard que c'est un classique. Nous nous dirigeons ensuite vers le deuxième jardin que nous avons choisi, le jardin Liu, car il est réputé pour sa centaine de fenêtres ouvragées. Effectivement, les fenêtres, en pierre, sont toutes différentes et uniques. Nous retrouvons là aussi un toit-dragon. On se perd avec délices. Là encore, bambous, bonsaïs, verdure, petits pavillons, mélange terre et eau. Nous nous reposons ensuite dans une maison de thé au fond du jardin. La lumière commence à baisser. En sortant du jardin, nous sommes abordés par des rabatteurs qui nous proposent une ballade en bateau dans les canaux pour une somme vraiment modique. En plus, nous ne sommes pas à coté… Comme nous avons peur d'un malentendu, Florent se met à mimer la ballade en bateau et tout le monde nous dit OK. Nous partons donc avec une sorte de triporteur en direction des canaux. Puis le "taxi" s'arrête et nous demande de le suivre. Et là, il nous montre le départ des bateaux, à un tarif qui n'a rien à voir avec ce qu'il nous a dit. Un peu déçus, nous lui disons non. Il part en maugréant. Du coup, nous avançons dans les ruelles et nous découvrons une partie de la ville très mignonne que nous n'avions pas vue. Là, la ville est restaurée et nous apprécions son charme pleinement. Ayant déjà fait notre "mini-croisière" à Shanghai, nous décidons de voir les canaux à pied. Nous croisons des photographes professionnels qui prennent une jolie chinoise en photo, vêtue d'une magnifique robe de soie. Nous entrons dans quelques boutiques touristiques, notre voyage tirant à sa fin, il nous faut penser aux souvenirs et aux cadeaux. Je craque pour une ombrelle en papier, mauve. Nous trouvons des articles bien moins chers qu'au marché de Shanghai où nous voulons retourner. Nous bénissons les rabatteurs qui nous ont permis de découvrir Suzhou. La nuit tombe et les lampions et lumières s'éclairent petit à petit. La cité a beaucoup de charme. Mais il nous faut la quitter, notre train de retour étant dans moins d'une heure. Petit coup de stress quand nous tardons à trouver un taxi. Puis arrivés à la gare, nous grimpons dans notre train facilement. En une heure, nous sommes à Shanghai la mégapole. Quelle journée !
Jour 18 : transfert Hangzhou puis Tangkou
Départ du Shanghai Soho International Youth hôtel. Comme nous en sommes satisfaits malgré le bruit, nous réservons une chambre "calme" pour notre retour à Shanghai. Choix stratégique car près du métro et pas cher. Ce qui nous permet aussi de ne prendre qu'un sac pour deux pou le Huangshan et laisser l'autre sac à la réception. Nous ne savons pas si nous allons devoir marcher avec le sac en haut de la montagne, alors nous préférons assurer. Une journée à passer dans les transports. D'abord le train Shanghai-Hangzhou, digne du TGV. Là encore, nous sommes impressionnés par la modernité et le confort du train. Ensuite, ça se corse. Arrivés à Hangzhou, il nous faut rejoindre la gare routière. Nous avons demandé au réceptionniste de notre hôtel de nous inscrire sur mon calepin "la gare de l'ouest pour Tangkou" (ou du moins c'est ce que je croyais). Nous abordons un taxi, qui ne nous regarde pas, puis un autre, et encore un qui nous refuse sans avoir lu notre papier. Ca ne doit pas être le bon endroit pour charger des clients (comme à Suzhou). Un peu plus loin, les taxis semblent prendre des Chinois. Nous nous approchons avec notre calepin. Une fois, deux fois, trois fois, les taxis font non de la tête ou du bras. Nous montrons Tangkou sur la carte. Nous pensons que c'est trop près (ou trop loin ?). Heureusement, une Chinoise nous accoste en parlant anglais. Nous lui expliquons que nous voulons aller à la gare routière pour prendre le bus pour Tangkou. Un petit attroupement se forme, comme d'autres fois. Elle griffonne deux sinogrammes et le premier taxi venu nous prend en charge immédiatement. Ouf, nous la remercions. Nous voilà enfin en route. Nous avons perdu du temps, presque une heure pour prendre le taxi, et le trajet entre la gare ferroviaire et la gare routière de l'ouest est finalement très long. Mauvais calcul décidément, mais bon. Nous en profitons pour admirer le paysage. Il y a un grand lac et c'est très boisé aux alentours. Nous arrivons à la gare. Il va falloir demander un bus direct pour Tangkou qui part dès que possible… Et là, nous savons que personne au guichet ne parlera anglais… Nous abordons un jeune homme, qui parle anglais heureusement. Il faut dire que Florent a "un truc" pour repérer les Chinois anglophones au premier coup d'œil, et sur tout le voyage il s'est rarement trompé. Nous lui expliquons notre souhait et il a la gentillesse de commander le billet pour nous. Nous le remercions. Le bus part dans moins d'une heure. Il nous indique l'endroit où attendre. Nous ressortons faire quelques achats pour le trajet : fruits et biscuits, nous sommes rodés. Il s'ensuit un trajet en bus qui nous paraît long, parce que le temps est à la pluie et les provinces traversées sont rurales et pauvres. Nous sommes toujours surpris de voir que tous les travaux, que ce soit les champs ou une construction, sont faits à main d'homme quasiment sans machine-outil. Nous en déduisons qu'ainsi, il y a un travail pour chacun, la technologie n'étant pas inconnue des Chinois, loin de là ! Ayant réussi à joindre Monsieur Cheng par téléphone (in english of course) pour lui communiquer notre heure de départ, nous pensons qu'il nous attend à la gare. Nous passons Tunxi, où nous devrons prendre le train de retour, et nous arrivons à Tangkou. Le trajet a pris deux bonnes heures.
Le fameux Monsieur Cheng de Tangkou… et son business Nous voyons un homme adossé à une grosse voiture qui scrute les passagers du bus. En descendant, il nous fait signe immédiatement. Là encore, nous sommes les seuls européens, il est facile de nous repérer ! Très cordial, il nous accueille comme de bonnes connaissances. Il est assez vif. Nous comprenons qu'il veut boucler ses affaires. Il nous propose un hôtel à Tangkou, vraiment pas cher par rapport à tous ce que nous avions payé jusque là. Il nous emmène d'abord à son restaurant, qu'il tient avec sa femme. Malheureusement pour lui, nous n'avons pas faim. Nous rencontrons des touristes mexicains sur le départ. Ils ont fait le Huangshan, sont enchantés. Nous leur posons quelques questions pratiques puis ils prennent le bus de retour qui s'arrête juste devant le restaurant. Ensuite Monsieur Cheng revient vers nous, et nous discutons de l'organisation du séjour. Nous lui confirmons d'abord que nous sommes d'accord pour dormir en dortoir en haut de la montagne, le tarif étant vraiment modique. De plus, nous espérons faire le lever du soleil, vers 5 h, donc nous dormirons peu. C'est bouclé pour 260 yuans à deux, quand on avait vu des prix de l'ordre de 600 yuan. Ensuite j'avais lu sur un forum qu'une jolie balade aux alentours permettait de se rendre sur les lieux du tournage de Tigres et Dragons. Il s'agit de la Vallée d'émeraude. Mais il n'est pas possible de la faire si tard et par ce temps brumeux. Il nous propose de la faire plus tard. Comme nous repartons le surlendemain soir, notre "hôte" est un peu surpris, mais comprend. Sachant qu'il fait preuve de bonne volonté, nous lui expliquons aussi que nous avons notre billet de train à récupérer au CITS à Tunxi, ce qui ne nous arrange pas. Pas de problème, il passe un coup de fil et nous annonce que nos billets seront disponibles dans un hôtel en haut de la montagne ! Magie magie ! Merci Monsieur Cheng et son sens de l'organisation. Ensuite il nous indique notre hôtel, dans lequel nous ne serions peut être pas rentrés sans lui. Les chambres sont flambant neuves. Il nous donne rendez-vous le soir à son restaurant (évidemment) pas trop tard (et oui, il travaille toute la journée). Comme il est tôt (16 h tout au plus), nous partons à la découverte du village. En fait c'est un village de montagne, il n'y a rien. Quelques restaurants quand même, quelques magasins et c'est tout. Comment font ces gens pour vivre ? Il y a très peu de touristes alors que c'est la dernière étape avant la montagne. Nous croisons une vieille dame qui porte des épis de maïs, un autre temps… Nous faisons quelques achats pour le lendemain, car nous avons lu qu'il n'y avait pas grand chose en haut de la montagne, ou à un prix exorbitant. Comme "d'habitude", des biscuits, des fruits et des nouilles. Nous trouvons des soupes qui n'ont pas l'air épicées (il n'y a pas de petit logo avec un piment comme sur d'autres). Nous sommes contents de nous. Sur le trajet, nous nous laissons tenter par des marchands de thé, mais rien ne nous plait vraiment. Nous rentrons à hôtel ou nous nous reposons un peu avant d'aller chez Monsieur Cheng. Grand sourire quand nous arrivons. Ensuite, un homme rentre dans le restaurant et commence à présenter des calligraphies et s'assoit. Il s'agit de l'oncle de Monsieur Cheng. Nous commandons notre repas et commençons à regarder les peintures. Elles sont magnifiques et très peu chères. Nous avons un coup de cœur pour un cerisier, avec des fleurs rouges et roses. Le problème du cerisier est qu'il est peint sur une simple feuille de riz, et donc très fragile. Normalement, il faut coller la feuille de riz sur un papier plus épais, et ensuite le tout est posé sur un tissu et tendu entre deux rouleaux de bois. Notre choix se porte aussi sur une belle peinture de bambou. Nous tentons de négocier un rabais, mais les Chinois sont parfois durs en affaire ! Notre calcul est simple, les dessins sont très beaux, le prix modique (une vingtaine d'euro pour les deux), mais il va falloir les faire "monter" comme des calligraphies. Le pourrons-nous en France à un prix raisonnable ? L'avenir nous le dira. Si nous ne les prenons pas maintenant, nous le regretterons de toute façon. Nous délaissons les problèmes de souvenirs pour nous concentrer sur les plats qui sont arrivés. On se lâche un peu d'ailleurs, mais demain la journée sera rude. Et tout est très bon. Nous achetons finalement les calligraphies, et elles sont bien protégées dans un étui en carton. Nous réservons aussi le petit déjeuner et partons nous coucher. Demain notre Monsieur Cheng nous expliquera comment gagner les Montagnes Jaunes. Malheureusement l'inconnue est la météo. Nous dormons d'un sommeil de plomb.
Hotel Tangkou, 120 yuan, chambre double, salle de bain privée
Jour 19 : le Huangshan (les Montagnes Jaunes)
Nous prenons un solide petit déjeuner chez Monsieur Cheng et sa femme. Nous nous apercevons d'ailleurs que c'est comme ça qu'il gagne sa vie, puisque le petit déjeuner nous coûte plus cher qu'un repas habituel au restaurant. La veille nous avions remarqué que les tarifs étaient plus élevés que dans les autres restaurants de Tangkou. En même temps, il faut bien que chacun soit gagnant. Monsieur Cheng, déjà affairé au téléphone avec d'autres touristes, nous indique l'arrêt de bus, à l'autre bout du village. Arrivés à la "station" nous sommes interpellés par un Chinois qui veut partager un taxi avec nous. Le prix divisé par trois se trouve le même que celui du bus. Nous acquiesçons et chargeons nos sacs. Le trajet dure une vingtaine de minutes. Nous arrivons ensuite au départ du téléphérique. Le jeune Chinois avec qui nous avons discuté pendant le trajet nous aide à prendre nos billets d'entrée et de téléphérique et nous laisse son mail pour correspondre. Nous sommes partis pour les marches de l'Est, en téléphérique (heureusement, car il y en a des milliers). Et le beau temps est avec nous !!! Arrivés en haut, à 1650 m, le chemin est facile car tout est aménagé (béton et marches). Nous faisons une balade de 2h, en passant par des endroits magnifiques, aux noms exotiques : Mushroom Pavillon, Beginnig to beleave Peak, Refreshing terrasse, avant d'arriver sur l'imposante place de hôtel Behai. Nous savions à quoi nous attendre et nous ne sommes pas surpris par le béton. Nous continuons pour rejoindre hôtel Xihai (hôtel de l'ouest). Nous remarquons alors une grosse zone en travaux près de notre hôtel Nous laissons le sac à la réception, et reballade plus légers tout l'après midi. Il y a du monde, mais c'est largement moins que ce que nous croyions au départ. Nous sommes pourtant le week end, pendant les vacances scolaires. Certains points de vue sont plus encombré par les touristes, mais en patientant un peu, on se retrouve facilement seuls. Ayant récupéré une carte sur internet, nous savons à peu près quel tour nous voulons faire. Cloud dispelling pavillon, Echo wall, Flying over Rock, Top of Peaks (1730 m). Nous ne montons pas jusqu'au sommet, le "Bright Top" à 1800 m, car nous avons peur de perdre trop de temps. Nous voulons voir le coucher de soleil depuis "Purple cloud peak" et nous craignons être mal placés… Nous profitons de la vue majestueuse. Le coucher de soleil est magnifique. Nous sommes surpris de voir que beaucoup de Chinois partent quand le soleil est encore là… Décidément, un monde nous sépare ! Nous restons là jusqu'à ce que les couleurs rouges disparaissent. Ensuite, nous rentrons à hôtel Nous remarquons alors que malgré la nuit tombée, les engins ne se sont pas arrêtés… Ca nous laisse présager une bonne nuit ! Ce soir, ce sera chambre à part, Florent chez les hommes et moi chez les femmes. Je fais connaissance avec mes voisines de chambre, mais elle ne parlent pas anglais. Nous mangeons notre soupe de nouille et allons nous coucher. Tellement fatigués par cette journée, nous avons failli oublier d'aller chercher nos billets de train de retour ! Florent se dévoue pour aller les chercher. Mais les travaux continuent et les dortoirs donnent juste à coté… La nuit est très mauvaise. Merci Monsieur Cheng ! Nous ne saurons jamais pas s'il était au courant…
Hotel Xihai, 180 yuan en dortoir, salle de bain commune mais dans la chambre
Jour 20 : Huangshan, transfert à Tunxi et train de nuit pour Shanghai
Lever 4h30, nous ne voulons rien manquer. Mais à 1600 m, la nuit, il fait froid. Nous mettons tous nos vêtements les uns sur les autres et prenons le thermos de thé. Nous partons main dans la main, avec la lampe de poche, un peu endormis. Nous retournons à Purple cloud peak à environ 1/2 heure du Xihai hôtel Il y a déjà du monde, mais nous réussissons à trouver un coin isolé. Une petite gorgée de thé pour réchauffer l'atmosphère et le bonnet est n'est pas de trop. Nous attendons l'aurore patiemment, puis le jour se lève. Le top ! En fait nous n'avons jamais eu de brume. Pour le coucher de soleil, il y avait beaucoup de nuages au fond (qui ont caché le soleil sur la fin) et le ciel était limpide pour le lever. Un très bon souvenir ! Nous profitons du soleil encore une heure et rentrons à hôtel Nous décidons d'emporter le sac pour ne pas avoir à revenir. Ensuite nous nous baladons toute la matinée. Cette fois-ci, plus motivés, nous voulons monter jusqu'au "Bright Top summit". Nous laissons le sac à un hôtel sur le trajet afin de profiter au maximum ; on le récupèrera facilement au retour. Au sommet, bizarrement, il y a beaucoup plus de monde parce que l'endroit est étendu et vaste. Petite pause pique-nique en haut. Nous sommes les rois du monde ! Nous entamons la descente à 13h, il nous faut 1 heure jusqu'au téléphérique, puis 2-3 heures pour descendre les milliers de marches de l'est. Le plus impressionnant, ce sont ces porteurs, que nous avions croisés partout sur le site, chargés de blocs de marbre, linge, nourriture, barres de fer… Nous pensions qu'ils portaient les charges du téléphérique jusqu'aux hôtels (d'où le coût exorbitant), mais nous nous rendons compte qu'ils partent du bas de la vallée et ne profitent pas du téléphérique. Ah la Chine et ses contradictions ! La descente est laborieuse sur la fin, nous n'en pouvons plus de ces marches…. Ensuite nous attrapons le bus de retour vers Tangkou puis Tunxi, où nous prenons le train de nuit qui nous ramène à Shanghai. Encore en soft sleepers. Moins de chance avec nos voisins cette fois-ci, ils sont beaucoup plus âgés et ne parlent pas du tout anglais. Ils se couchent d'ailleurs très tôt. Nous rencontrons des Français et nous échangeons nos impressions de voyage. Comme ils ont faim, nous leur conseillons d'acheter les fameuses soupes de nouilles, aussi vendues dans le train. Comme le jeune couple chinois l'avait fait pour nous, nous leur montrons, non sans rire, comment préparer les leurs.
Jour 21 : quartier de Pudong, Nanjing Donglu (Shanghai)
Nous arrivons à Shanghai vers 9 h, en terre connue, nous prenons le métro et allons à notre hôtel Nous retrouvons un couple de Canadiens que nous avions croisés avant de partir dans le Huangshan. Long échange de nos péripéties et aventures. Nous sommes fatigués. Nous allons vers la nouvelle ville de Pudong, pour découvrir Shanghai de l'autre coté de la rivière. Nous passons près de grands magasins et de gratte-ciels que nous avions vus le premier jour, notamment la tour Perle d'Orient (en forme de boule, c'est la tour de la télévision de Shanghai). Nous décidons ensuite de retourner au grand magasin sur Nanjing Donglu pour faire nos achats. Quand nous en sortons, les bras chargés, il fait nuit. Nous admirons encore les lumières de la ville. Nous pensons soudain que nos calligraphies pourraient être "montées" en Chine, ce serait sûrement moins onéreux qu'en France, plus "typique" et mieux fait. Il ne nous reste que deux journées à Shanghai mais nous décidons de tenter notre chance le lendemain.
Shuyuan International Youth Hostel, 180 yuan, chambre twin, salle de bain privée
Jour 22 : Nanjing Lu et Bund coté intérieur (Shanghai)
Levés plus tard que d'habitude, c'est la fin des vacances et nous n'avons plus envie de visiter de site touristique en particulier. Sauf l'exposition universelle que nous voulons faire en nocturne, si le temps et la forme physique le permettent. Nous avons entendu tout et son contraire à son sujet et nous sommes moins motivés à présent. Notre mission de la journée : les calligraphies, que nous emportons comme un trésor. Nous demandons à notre sympathique réceptionniste où nous pouvons aller. Il ne sait pas trop quoi répondre mais nous envoie dans le quartier le plus approprié à son avis. Non loin de la place du Peuple, nous nous engouffrons dans la rue qu'il nous a indiquée. En peu de temps nous tombons sur un encadreur. Nous prenons notre courage à deux main et entrons sans aller plus loin. Chance, l'homme parle anglais. Il nous comprend parfaitement et nous propose tout de suite des tissus qui vont pouvoir aller avec nos dessins. Nous prenons conseil auprès de lui et arrêtons notre choix. Nous lui demandons son tarif, très raisonnable. Incroyable, pour ce prix il monte le cerisier sur du papier plus solide et le bambou, sali, sera nettoyé. Les deux seront montés sur du tissu tendu entre deux bâtons laqués. Il nous propose de les récupérer dans une semaine… mais nous partons le lendemain soir ! Nous le lui avouons. Pas de problème, ils seront prêts pour 15 h le lendemain… Le cœur léger, nous continuons le long de la rue. Nos tombons sur un marchand de baozi (petits pains farcis à la viande)… Sûrement l'un des derniers que nous pourrons déguster. Nous nous offrons ce petit plaisir du palais. Nous arrivons ensuite dans un quartier un peu plus pauvres, où nous trouvons des fruits et légumes, toujours bien disposés, en ordre, des vendeurs en tous genres (ferraille, plastiques). Mais le monde nous fatigue vraiment. Allées et venues, bousculade, coude à coude, gens qui parlent fort… Shanghai nous paraît beaucoup plus peuplée que Pékin. L'appel de la maison se fait sentir. Nous renonçons à l'exposition universelle sans regret. Nous continuons à déambuler autour de People Square puis remontons une rue qui mène au Bund. Cette fois-ci, nous arrivons par l'intérieur de la ville. Nous passons devant les façades des immeubles années 30. Nous rentrons dans la Shanghai Pudong & Developpement Bank, qui date de 1923, toujours en activité, mais a conservé les guichets de l'époque. Nous poussons ensuite jusqu'à la rivière et rentrons à notre hôtel, après un restaurant vietnamien pour une fois.
Jour 23 : Shanghai
Journée "off". Nous allons récupérer nos calligraphies, sublimées par les tissus soyeux. Nous baladons encore un peu dans le quartier de la place du peuple. A rajouter, j'aurais visité le musée de Shanghai (gratuit) mais nous avions renoncé devant l'affluence, et nous sommes lassés par la foule si bruyante. Dernier repas chinois… Derniers achats pour liquider nos yuans. Nous passons dans un supermarché et achetons des cacahuètes épicées, des nouilles et des épices. Ensuite, retour à hôtel pour prendre nos bagages. Nous prenons le métro jusqu'à l'aéroport mais nous avons prévu un peu "juste" : il s'agit du dernier, la ligne de l'aéroport s'arrêtant vers 20 h ! Nous quittons Shanghai et la Chine heureux de notre voyage, des souvenirs plein la tête. Un jour peut-tre que nous le complèterons par le Yunnan et le Tibet.
J'espère avoir apporté ma modeste contribution à Voyageforum, qui m'a été très utile pour ma préparation.
Voir aussi mon blog : http://voyages.deesse.grecque.over-blog.fr/
Avis et commentaires bienvenus.
Nous sommes un couple de trentenaires habitant Marseille. Florent, parisien au cœur breton et moi Audrey, marseillaise. Nous voyageons sac au dos, en "routard". Nous avions décidé d'aller passer 3 semaines en Chine en automne 2010. Les prix des billets d'avion ont déterminé les dates de voyage, de fin septembre à mi-octobre. Ce n'est qu'après avoir acheté notre guide touristique que nous nous rendons compte que nous allons voyager pendant une période pas trop recommandée : la fête nationale du 1er octobre et la semaine de vacances scolaires qui suit. Maintenant nous étions prévenus. Nous voulions d'abord aller sur la muraille de Chine et voir l'armée des soldats de terre cuite. Les deux sites sont classés au patrimoine mondial de l'Unesco. En feuilletant quelques brochures touristiques, nous choississons d'autres sites, eux aussi classés. Finalement, sans le vouloir, nous suivrons la route de l'Unesco. Après quelques recherches sur VoyageForum, nous arrêtons notre trajet :
Jour 1 : Arrivée Pékin Jour 2 : Rencontre avec Pékin. Place Tianmen. (Pékin) Jour 3 : La muraille de Chine (Mutianyu), Tour de la Cloche et Tour du Tambour (Pékin) Jour 4 : Cité interdite et Temple des lamas (Pékin) Jour 5 : Train pour Chengde. Temple de l'école du Potala et Temple de la paix universelle (Chengde) Jour 6 : Parc impérial et Palais d'été (Chengde). Train pour Pékin Jour 7 : Palais d'été et Maison du Prince Dong (Pékin) Jour 8 : Temple du Ciel, Qianmen, rue Dazhalan (Pékin) Jour 9 : Train pour Taiyuan, Résidence des Qiao, Pingyao Jour 10 : Maisons traditionnelles (Pingyao) Jour 11 : Balade dans Pingyao et train de nuit pour Xi'an Jour 12 : Arrivée à Xi'an, jour de la Fête nationale (1er octobre), quartier hui Jour 13 : Armée des soldats en terre-cuite de l'Empereur Qin, les remparts (Xi'an) Jour 14 : Quartier de Shuyanmen, remparts et train de nuit pour Shanghai Jour 15 : le Bund, ballade en bateau sur la rivière Huangpu, jardin Yu (Shanghai) Jour 16 : Temple du Bouddha de Jade, place du Peuple, quartier de la concession française, (Shanghai) Jour 17 : excursion à Suzhou Jour 18 : Train pour Hangzhou puis bus pour Tangkou Jour 19 : le Huangshan (les montagnes jaunes) Jour 20 : le Huangshan, transfert à Tunxi et train de nuit pour Shanghai Jour 21 : quartier de Pudong, Nanjing Donglu (Shanghai) Jour 22 : Nanjing Lu et Bund coté intérieur (Shanghai) Jour 23 : Shanghai
Le fait de devoir passer une partie des vacances scolaires en Chine, période très touristique et même déconseillée, a conditionné notre façon de prévoir notre route. De plus, le pays étant vaste, il a fallut choisir certaines régions, et en éliminer d'autres. Nous avons établi un plan jour après jour, que nous avons affiné mais que nous avons respecté à la lettre sur place. La grande inconnue étant l'affluence, nous avons préféré réserver tous nos hotels à l'avance, sur internet, depuis la France. Tant pis pour le coté spontané du trajet, mais là, nous ne voulions pas trop prendre de risques. Nous savions que nous allions vivre de toute façon une grande aventure. Le gros point noir du voyage était la réservation de trains, qui n'est possible que de la gare de départ, et moins de 10 jours à l'avance. Comment allions-nous pouvoir gérer nos déplacements pendant la fête nationale ? Nous risquions d'être bloqués plusieurs jours si tous les trains étaient pleins… Et 3 semaines en Chine, c'est court.
Coté Budget :
Avion (compagnie Emirates) + transferts Marseille/Nice = 800 eur / personne Assurance annulation, visa, vaccins, pharmacie = 150 eur environ/personne Cash retiré en Chine = 700-800 eur/personne Dont Train = 180 eur/p et au total 200 eur avec les bus et taxi Dont Hotels = 430 eur à deux pour une chambre double et 19 nuits puisque nous avons pris 3 trains de nuit Dont visites = 160 eur/p Repas moyen = 2-3 eur/pers. En moyenne 10 eur/p par jour nous ont suffit
Coût total = environ 1700 eur/pers
Pour la lisibilité du texte, le récit de quelques "aventures" est en italique et peut être sauté. Il n'apporte pas de coté pratique, mais fait partie de notre "carnet de voyage".
Jour 0 - Départ de Marseille en train pour Nice puis vol Nice-Dubaï-Pekin
Jour 1 : Arrivée à Pékin
Pékin nous voilà ! Nous arrivons à Pékin en milieu d’après midi. Après avoir récupéré nos sacs, passé la douane et retiré des yuan au distributeur de l’aéroport, nous achetons au guichet nos tickets de métro pour le centre-ville. Nous découvrons le ticket de métro pékinois, une carte magnétique. Il suffit de la poser sur le lecteur et "magie magie" le tourniquet s’ouvre. Les stations sont indiquées en chinois et en anglais, nous nous dirigeons facilement pour les changements. Nous y sommes ! A la sortie, un agent indique aux gens où insérer leur ticket de métro, qui est conservé et réutilisé… Le premier contact avec les Chinois se fait à la sortie du métro. Il nous faut maintenant trouver notre hôtel, la nuit commence à tomber et il n'est pas 18h… Nous approchons un Chinois notre plan et notre adresse à la main. Gagné, il parle anglais et nous indique la route. Nous rentrons dans une ruelle qui se rétrécit petit à petit, nous croisons des vélos, quelques échoppes. L'Asie est à portée de la main ! 10 minutes plus tard, nous arrivons à l'auberge de jeunesse, choisie sur internet. L'entrée est sympa, avec des lanternes rouges. On nous demande nos passeports pour nous enregistrer, nous visitons la chambre. Crevés par le voyage, nous sortons quand même prendre notre premier repas en Chine. Nous nous laissons tenter par un délicieux poulet aux cacahuètes et des nouilles. Le tout est très bon, mais plutôt épicé. Nous découvrons la vraie cuisine chinoise !
Beijing Saga International Youth Hostel. 240 yuan avec 2 lits simples (ou twin, le standard en Chine) et salle de bain privée.
Jour 2 : Rencontre avec Pékin
Premiers repérages à hôtel, qui organise des excursions à la muraille de Chine et peut acheter des billets de train. Nous demandons les horaires pour Chengde, où nous voulons aller d'ici 2 jours, et surtout pour Pingyao-Xi'an, problématique car nous nous y rendrons le jour de la Fête Nationale (1er octobre) et nous ne savons pas à quoi nous attendre, hormis beaucoup de monde. De plus, Pingyao ne fait pas partie de la même région et normalement un billet ne peut être acheté que de la gare de départ. Apparemment, les trains fonctionnent mais risquent d'être bondés. Pour réserver les billets, il faut téléphoner à la gare. La ligne étant occupée, on nous conseille de revenir le soir. Mais les billets risquent de se vendre, nous avons choisi un train de nuit et il n'y en a pas beaucoup. Nous sommes le 21 septembre et nous savons que les billets sont vendus 10 jours à l'avance. Il est temps de les acheter !... Achat des billets de train pour tout le voyage dans une agence du CITS*. Nous y restons 5 heures (!), mais nous avons réservé nos billets pour les 3 semaines de voyage et même pour les trajets en dehors de la région de Pékin. Nous payons une grosse commission (sur 180 eur de billets par personne, il y avait 50 eur de frais…) mais nous sommes soulagés, les trains en période de vacances scolaires étant pris d'assaut. En même temps, nous avons l'impression désagréable d'avoir perdu une journée. Nous reprenons le métro et nous dirigeons alors vers la place Tianmen. La photo de Mao trône. L'endroit est bondé. Nous prenons quelques photos et le temps de traverser la route par un passage souterrain, la nuit tombe sur Pékin. Nous repérons aussi l'entrée de la Cité Interdite pour le surlendemain. Nous rentrons à hôtel où nous rencontrons 3 retraités Français avec lesquels nous échangeons nos premières impressions.
* L'achat des billets de trains ou comment passer 5 heures dans une agence chinoise (CITS) Nous décidons de nous rendre dans une agence du CITS (agence touristique d'état, conseillée par une amie). Nous prenons donc le métro, achetons un ticket à 2 yuan, passons nos sacs au contrôle et nous dirigeons aisément dans le métro. Les rames sont ultramodernes, avec des écrans diffusant une chaîne d'information et des publicités. Dans les wagons, les Chinois ont les yeux rivés à leur téléphone portable et envoient des sms à tout va ou jouent. On se croirait à Paris ! A la sortie du métro, nous demandons notre chemin à quelqu'un. Très serviable le jeune homme passe un coup de fil au CITS pour confirmer l'endroit et nous l indique. Nous sommes agréablement surpris. Nous tournons malgré tout une bonne demi-heure avant de trouver l'agence par hasard. Nous entrons, il est 11h. Une jeune femme parlant anglais nous accueille. Nous souhaitons réserver les billets Pékin-Taiyuan et surtout Pingyao-Xi'an qui nous causent souci. N'étant pas sûre de comprendre notre trajet, la jeune femme téléphone donc à une de ses collègues et me la passe. Me voilà conversant en anglais au téléphone ! Avec 6 heures de décalage horaire… Nous avons le projet de faire une visite (la Résidence des Qiao) entre Taiyuan et Pingyao, en prenant un taxi ou un bus. Nous avions trouvé quelques éléments de réponse sur les forums mais je pose la question. On me dit qu'il faut se renseigner à l'agence locale et que l'on me rappelle. 5 minutes plus tard, on me propose une excursion en taxi de Taiyuan à Pingyao via la Résidence des Qiao pour 60 euro. Connaissant le prix du bus (moins de 10 euro), nous déclinons, nous étant assurés que le trajet est bien réalisable en bus. On nous propose aussi un hôtel au passage. Mais nous l'avons déjà réservé par internet. Reste à réserver le fameux train. Nous précisons que nous voulons prendre les billets Pékin-Taiyuan le 28 septembre uniquement si le train de nuit Pingyao-Xi'an du 30 est disponible (sinon il faut revoir tout le programme). Ayant déjà repéré les trains que nous souhaitions prendre sur internet (merci qui ???), nous donnons carrément les numéros. Bingo ! Il reste quelques places en couchettes de 2e classe pour le Pingyao-Xi'an et nous choisissons la 1ère classe assise pour le Pékin-Taiyuan. Nous sommes soulagés. Nous découvrons amusés la façon de travailler des Chinois. On fait un bon en arrière d'une cinquantaine d'années. Tout se fait par écrit et par téléphone, malgré les deux ordinateurs présents. Nous pensons que les billets doivent être achetés physiquement à la gare et que nous aurons une petite commission à payer. Arrive alors une dame (celle que j'avais eu au téléphone) qui prend le relais. Effectivement elle est plus à l'aise en anglais. Elle nous demande si nous avons besoin d'autre chose. Du coup, nous prenons nos billets Pékin-Chengde (nous l'écrivons, car notre prononciation s'avère incompréhensible pour les Chinois, d'autant qu'il existe une autre ville, Chengdu). Le train le plus rapide met 4h alors que les autres prennent 7h. Nous choisissons la classe supérieure (qui coûte seulement 2 euro de plus) et réservons le billet. Tout se passe par téléphone. Pourtant, les billets sont émis directement au guichet de l'agence… Pour 60 yuan (6 eur), nous avons un ticket pour parcourir 230 km ! Place au retour maintenant. Là les choses se compliquent, le retour 2 jours plus tard est complet. Il faut voyager debout (pendant 4 heures…!) ou modifier nos dates. Qu'à cela ne tienne, nous sommes flexibles puisque notre excursion de 2 jours à Chengde se fait à partir de Pékin et que nous avons prévu d'y rester 5 jours au total. Nous devons donc annuler nos billets aller. Nous avons la surprise de constater que l'annulation est payante (17 yuan par billet). Re-coups de téléphone, écritures, re-émission de billet. On nous demande si nous avons un hôtel sur place (nous sommes quand même dans une agence de voyage). De nombreux hôtels sont complets (pourtant ce n'est pas le week-end) et finalement, nous nos retrouvons dans un hôtel 4 étoiles avec petit déjeuner-buffet pour environ 45 eur. C'est un peu plus cher que toutes les chambres que nous avons réservées, mais comme ça reste raisonnable, nous acceptons. Nous paierons hôtel sur place. Nous tentons alors de réserver un billet pour un départ dans plus de 10 jours et, surprise, cela ne semble pas poser de problème. Allons-y gaiement ! Nous prenons alors le billet Xi'an-Shanghai en train de nuit le 3 octobre. Il y a de la place en couchettes molles (1ère classe). Re-téléphone, etc… Devons-nous réserver la suite du voyage ? Je m'étais laissé au moins une semaine en Chine pour prendre des informations supplémentaires sur la montagne jaune (Huangshan). En effet, malgré la lecture de forums et du guide, ce point me semblait plutôt flou. En même temps, je savais que notre excursion tombait en plein pendant les vacances scolaires et qui plus est le week-end, d'où le risque que les trains soient bondés là encore. Nous préférons "assurer" notre programme et prenons un train Shanghai-Hangzhou tôt le matin du 7 octobre pour pouvoir prendre un bus (ou un autre train) pour le Huangshan et le train de nuit Hungshan-Shanghai pour un retour le 9. Vient l'heure de la facture, très détaillée. Les prix sont bien ceux que j'avais relevés sur internet. On nous explique les commissions ajoutées, les réservations. Total : 3652 yuan (soit environ 360 eur de billets de train pour 2 personnes et des milliers de kilomètres). Cela ne nous paraît vraiment pas cher. Mais il est plus de 14 heures et nous commençons à en avoir marre et un peu faim. Nous demandons si nous pouvons régler par carte bleue mais il ce n'est pas possible. Nous allons devoir retirer de l'argent car nous ne pensions pas régler tous nos billets de train d'un coup ! Nous les prévenons que nous en profiterons pour déjeuner (des fois qu'ils effacent les réservations !). Nous repérons un distributeur, et allons manger. Nous entrons dans un petit restaurant où la cuisine semble fermée mais la serveuse nous fait signe d'entrer. Elle nous emmène au fond de la salle où son mari regarde la télévision en attendant les clients. Branle-bas de combat ! Des européens dans le restau… Nous tentons de demander le menu, puis le menu en anglais… Peine perdue ! Heureusement qu'il y a des photos. Nous prenons deux plats un peu au hasard. Nous nous régalons. En sortant, nous passons devant un institut de "foot massage". Les prix attirent notre regard : seulement une quinzaine d'euro pour une heure. Impensable ! Nous entrons et demandons quelques renseignements, plus la carte de visite ! Retour au CITS. Tous les documents ne sont pas prêts. Nous ne comprenons plus rien. Les agents sont encore en train d'écrire des papiers. Nous prenons les billets de train pour Chengde et Taiyuan. On nous explique ensuite comment récupérer les billets de train au départ des autres régions. On nous donne des "bons pour échange" que nous donnerons dans des hôtels ou des agences locales du CITS. Le problème, c'est que nous n'avions pas toutes les adresses de nos hôtels sur nous et du coup, l'agence ne savait pas trop où nous envoyer dans certaines villes. Nous avons prié pour que ce ne soit pas trop contraignant au final ! Nous réglons enfin. Il est 16 heures… Nous commençons à comprendre que nous ne sommes pas au bout de nos surprises dans ce pays, qu'il faut s'armer de patience et accepter la différence de culture.
Jour 3 : La muraille de Chine (Mutianyu), Tour de la Cloche et Tour du Tambour (Pékin)
Nous avons choisi l'excursion organisée par notre hôtel (meilleur rapport temps passé sur la muraille – prix). Nous sommes un petit groupe de 7 personnes dans lequel nous retrouvons les Français vus la veille. Nous prenons un minibus et nous découvrons la conduite chinoise durant environ 1h30. Le klaxon est de rigueur et la bande d'arrêt d'urgence sert régulièrement de 2e voie ! Bref, nous avons failli mourir dix fois sur le trajet… En arrivant sur place, nous trouvons une armée de magasins pour touristes, les commerçants prêtes à dégainer leurs souvenirs sur nous ! Montée à pied (45 min). Ballade de 3 h sur la muraille, coté opposé aux téléphériques pour être plus tranquilles. Des centaines de marches ! Impressionnant. La forme de la montagne est parfaitement épousée par la muraille et à certains endroits, les marches sont très verticales. Déjeuner (inclus) dans un restaurant au pied de la muraille. Retour à hôtel en début d'après midi. Tour de la Cloche et tour du Tambour où nous assistons à un spectacle de tambours. Petit tour à pied dans les hutongs. Nous repérons aussi notre futur hôtel après notre étape à Chengde. Le Red Lantern retient notre attention pour sa cour carrée traditionnelle.
Jour 4 : Cité interdite et Temple des lamas (Pékin)
Nous commençons tôt par la place Tianmen (coté Mausolée), pour arriver à la Cité Interdite (entrée sud). Majestueuse ! Gigantesque ! Il faut dire qu'elle fait un carré de un kilomètre par un kilomètre. Elle me rappelle Hué au Vietnam. Énormément de petits "palais", aux frontons reluisants. Des dragons, des phœnix, du rouge, du vert, du bleu et du doré. Ainsi que les toits jaunes, couleur impériale. Souvent les palais ne se visitent pas ou alors ils sont transformés en salles de musée. Mais beaucoup de monde. Nous en ressortons 5 h plus tard, par la porte nord, crevés et encore, nous n'avons pas tout fait ! Nous rentrons déjeuner dans un petit restaurant qui ne paye pas de mine. Des hauts parleurs à fond pour attirer le client. Nous goûtons à de sublimes raviolis au porc. Du coup, nous en redemandons aux champignons. Il se révèleront être les meilleurs raviolis de tout le voyage ! Nous tentons ensuite de prendre un taxi (le premier) pour aller au Temple des Lamas. Nous demandons le tarif mais cela nous semble trop cher. Nous décidons ensuite de prendre une sorte de triporteur-taxi qui roule à deux à l'heure. On aurait mieux fait de prendre un taxi ! Nous apprendrons plus tard que le compteur existe, que la prise en charge coûte 10 Y pour 4 km puis 2 Y par km. En fait la course nous aurait coûté 1 eur… Nous découvrons le Temple des Lamas. Nous entrons par un magnifique portique. L'endroit est reposant, il y a beaucoup de gens qui viennent prier… et beaucoup d'encens ! Gigantesque statue de Bouddha en bronze. Pour profiter des bienfaits de la culture chinoise, nous choisissons ensuite de nous offrir un massage des pieds pour récupérer, mais le massage chinois s'avère très douloureux pour moi !
Auberge en face de la gare centrale (stratégique) 160 yuan, chambre twin, salle de bain/WC en commun
Jour 5 : Train pour Chengde. Temple de l'école du Potala et Temple de la paix universelle (Chengde)
Départ de la gare centrale de Pékin pour aller à Chengde. C'est l'aventure : se diriger dans notre première gare, trouver la salle d'attente spécifique à notre train, trouver le quai, le wagon… En effet, il faut trouver les quelques mots d'anglais dans toutes les inscriptions en chinois. Finalement c'est moins sportif que ce que nous pensions. On dirait un vieux train Corail. Nous découvrons qu'il y a de l'eau au chaude à disposition dans le train, tout le monde se fait un thé ou des nouilles. Cela nous donne des idées pour la suite du voyage… Beaucoup de champs de maïs coté paysages mais rien d'exceptionnel. Arrivés à la gare de Chengde, nous prenons un taxi pour 10 Y. En fait, hôtel est assez proche de la gare mais nous préférons gagner du temps, nous avons 2 visites pour l'après-midi. Nous rencontrons à l'accueil de hôtel Loïc, un Français qui voyage en solo. Comme il a le même programme que nous, nous partageons un taxi ensemble pour aller au Temple de l'école du Potala. On se croirait au Tibet. C'est la réplique du Potala de Lhassa. Tout en haut sur la terrasse, un mat tibétain avec les drapeaux de prières. Nous croisons aussi la route d'un car de touristes français. Sympathisant avec eux, nous nous rendons compte que nous sommes dans le même hôtel Comme ils vont aussi au Temple de la paix universelle situé à 1 ou 2 km, Florent leur demande s'ils peuvent nous y déposer avec leur car, ce qu'ils acceptent avec plaisir. Nous les perdons ensuite car ils ont un 3e temple à visiter. Nous prenons notre temps car nous voulons profiter du temple, d'inspiration chinoise et tibétaine lui aussi. Il contient une énorme statue du Bouddha de la Compassion, en bois et qui possède 40 paires de bras. Nous montons le plus haut possible et trouvons des chaînes entourées de milliers de cadenas. Il paraît que les inscriptions sont des mots d'amour… Nous rentrons à hôtel en bus pour profiter de notre chambre 4 étoiles. La nuit est tombée et nous avons une jolie vue sur un pont éclairé.
Hotel Yunshan : 450 Y chambre twin avec petit déjeuner buffet
Jour 6 : Parc impérial et Palais d'été (Chengde). Retour à Pékin en train.
Après un petit déjeuner-buffet royal, nous allons visiter le Parc impérial. Nous nous y rendons en taxi. Comme nous y sommes relativement tôt, nous pouvons voir des Chinois pratiquer le Taï-Chi. C'est très beau. Il y a des petits lacs, de petits palais et nous nous y baladons 2 bonnes heures. Ca change de tout ce que nous avons vu jusqu'à présent. Il nous reste à voir le Palais d'été, qui est une sorte de petite Cité Interdite. Nous nous laissons 2 heures pour la visite car notre train part à 13h. Nous passons récupérer nos sacs à hôtel et allons à la gare. Nous en profitons pour acheter un thermos à thé ainsi que du thé. La gare de Chengde s'avère plus houleuse qu'à Pékin. Nous sommes parqués devant des tourniquets fermés. Quand ils s'ouvrent pour laisser l'accès au quai, nous nous frottons aux Chinois et à leur façon si "délicate" de pousser leurs semblables. Nous découvrons le sport national : le coude à coude. Nous prenons le train pour Pékin et arrivons en début de soirée à notre nouvelle auberge, le Red Lantern, que nous avions réservé avant le départ à Chengde. Situé dans des "hutongs", c'est une maison chinoise typique avec une cour carrée, une "Siheyuan". Nous tentons un petit restaurant de nouilles qui a attiré notre regard. On nous regarde beaucoup, surtout par curiosité. Nous commandons notre plat en montrant les assiettes des autres clients. Mais nous ne sommes pas très doués pour manger des nouilles avec des baguettes. Nous voyant un peu embarrassés, le serveur vole à notre aide en nous montrant comment retourner les nouilles avec la sauce, et les enrouler autour des baguettes à l'aide de la cuillère. Tout le monde rit et nous aussi. Terrible !
Hotel Red Lantern. 260 yuan avec 2 lits simples et salle de bain privée
Jour 7 : Palais d'été et Maison du Prince Dong (Pékin)
Départ très tôt pour un dimanche mais maintenant nous savons qu'il faut partir de bonne heure pour éviter (un peu) les cars de touristes chinois. Le Palais d'Eté n'est pas tout près du centre et à ¼ d'heure de la sortie du métro Beigongmen (ligne 4). Une fois sur place, c'est l'enchantement. Encore plus diversifié qu'à Chengde, le parc est magnifique, s'étend sur les hauteurs et près d'un lac. Les Chinois viennent en famille ou retrouvent des amis pour jouer aux cartes, aux dominos, danser, chanter… Là encore des dizaines de petits "pavillons" égayent le parc. Nous prenons le bateau pour rejoindre l'autre rive. Nous passons la matinée entière à nous promener au soleil. Nous montons tout en haut pour avoir la vue sur le lac et on aperçoit Pékin au fond. C'est immense ! Ensuite, nous allons voir la Maison du Prince Dong que l'on nous a conseillé. Effectivement, ça change encore de tout ce que l'on a pu voir auparavant. En sortant, nous prenons un pousse-pousse pour une petite balade dans les hutongs. La négociation est difficile et croyons obtenir un bon prix. Mais il est tellement bas que notre homme pédale au ralenti et nous laisse même finir à pied ! Sur le chemin, je visite seule une "sihueyan" (maison traditionnelle) moyennant 20 Y, ce que nous trouvons relativement cher mais nous sommes là pour ça aussi… Effectivement, la maison est mignonne. Nous nous retrouvons sur les bords du Lac Houhai. La nuit tombe, les lanternes s'éclairent. L'endroit est très romantique. Nous décidons de boire un verre dans un bar qui est en fait un club d'aviron. Nous sommes seuls au bord du lac. Sur le chemin du retour, mon attention est attirée par la devanture d'un luxueux restaurant. On dirait une sihueyan. Prétextant de voir la carte, nous en profitons pour jeter un œil à l'intérieur. Magnifique. La maison est restaurée, la cour carrée est toute pavée et de petites salles permettent de prendre un repas en privé. Malheureusement, n'ayant pas très faim, nous partons à la recherche d'un repas moins copieux.
Jour 8 : Temple du Ciel, Qianmen, rue Dazhalan (Pékin)
Le Temple du Ciel, très prisé par les Chinois et en photo dans tous les guides, en impose lui aussi par sa splendeur. Comme tous les monuments à Pékin, il est repeint régulièrement et les frontons colorés de bleu, vert, rouge et or sont resplendissants. C'est une alternance de ronds et de carrés dans tout le parc, symbolisant le Ciel et la Terre. Ensuite nous allons faire un tour dans le marché Hi fi de Hongqiao, par curiosité. Nous trouvons des copies de lecteurs de MP3 et d'appareils photos pour quelques euro. N'étant pas intéressés, nous déclinons les offres des vendeurs et nous constatons alors que les prix diminuent alors vertigineusement. Ils sont divisés par 10 quand nous nous éloignons un peu trop de leurs stands… Nous le saurons pour nos futurs achats !!! Puis nous allons vers Qianmen Dajie, rue bourgeoise restaurée à l'ancienne, avec des boutiques que nous connaissons bien au milieu… Nous avions déjà vu les enseignes Dia, Séphora et Starbuck Coffee mais là, c'est une rue européenne qui s'offre à nous ! En remontant vers le nord, nous bifurquons ensuite à gauche dans la rue Dazhalan, plus "commerces pour touristes" et nous nous y perdons avec délices. Nous achetons du thé après l'avoir goûté. En passant devant un institut de "foot massage", nous nous laissons tenter par un autre massage, après avoir négocié le tarif, comme il se doit.
Jour 9 : Train pour Taiyuan, Résidence des Qiao, Pingyao
Nous partons en taxi cette fois pour rejoindre la gare de l'ouest. Toujours un peu de stress en arrivant à la gare car presque toutes les indications sont en chinois. Nous nous retrouvons dans un train ultramoderne et super luxueux. Nous sommes épatés. En 4 heures, nous arrivons à Taiyuan. Maintenant le plus dur reste à faire : aller à la gare routière et prendre un billet pour Pingyao. En sortant de la gare, nous abordons un couple qui parle anglais. Chance ! Mais il n'est pas du coin. Un petit attroupement de curieux se forme et du coup, le jeune homme demande aux locaux les précieux renseignements, comme le numéro du bus pour aller à la gare routière. Je lui pose les questions en anglais et il fait de même en chinois. Que du bonheur ! Nous notons tout sur une feuille et lui demandons de l'écrire en chinois. Ca peut toujours servir ! On nous conseille de prendre le train, plus simple. Nous retournons dans la gare. Mais devant l'affluence au guichet, nous renonçons. Le temps de faire la queue et d'attraper un train, il fera nuit… Nous revenons à nos plans initiaux : nous abandonnons l'idée du bus et nous prenons une moto-taxi pour aller à la gare routière. Après tout, nous sommes riches ici, autant en profiter ! Nous prenons donc le premier car pour Pingyao et sommes tout fiers d'avoir acheté nous même nos billets. Niveau timing, nous n'avons pas perdu de temps, et devrions arriver vers 14h30 à Pingyao. Nous demandons au chauffeur, guide de conversation en main, si le car passe devant la Résidence des Qiao. Bingo ! En plus il y a des bus toutes les heures. Nous allons pouvoir effectuer notre visite en cours de trajet, comme nous le souhaitions… Arrivés au village de Qiao Jiada Yuan, nous descendons. Il nous suffit de suivre un car de touristes pour arriver facilement à la Résidence. Nous laissons nos sacs à dos à la consigne pour visiter tranquillement. Il s'agit de 4 maisons traditionnelles, dont l'intérieur est transformé en petits musées. La visite se termine par un petit jardin puis à la sortie, nous tombons sur des dizaines de marchands qui se sont installés là. Un peu lassés, nous filons attraper le car pour Pingyao. Après quelques déboires avec le chauffeur, nous arrivons à Pingyao. Il fait nuit et il faut rentrer dans la ville fortifiée. Nous prenons un cyclo-pousse (tarif négocié bien sûr) pour aller à hôtel Nous arrivons alors dans une splendide demeure. Nous avions pris une chambre traditionnelle "de luxe" et nous ne sommes pas déçus. Il s'agit d'un lit en bois surélevé avec du mobilier chinois. Nous "négocions" le petit déjeuner gratuit avec le gérant de hôtel, Bob, et partons à la découverte de la "ville des lanternes" de nuit.
Zhengjia Hotel, 350 yuan, chambre "de luxe" typique, salle de bain privée
Jour 10 : Maisons traditionnelles (Pingyao)
Après notre petit-déjeuner, nous achetons notre "pass" qui permet de visiter toutes les maisons traditionnelles et quelques temples. Valable 2 jours, il faut absolument le faire tamponner le soir même à un autre guichet pour avoir le droit de s'en servir le lendemain. Nous commençons donc par la banque Rishengchang puis la maison du banquier Lei Lütai. Mais après la Résidence des Qiao, tout semble bien fade et surtout répétitif. La pierre grise et le ciel nuageux y sont peut être pour quelque chose. La porte d'entrée ou la façade sont souvent plus impressionnantes que l'intérieur. Mais chacun ses goûts. Nous devons aussi penser à récupérer nos billets de train Pingyao-Xi'an. Nous devons les prendre dans un hôtel situé dans une des rues principales. Nous nous y rendons et prenons nos billets en échange du petit papier bleu. Nous vérifions bien la date et partons satisfaits. Nous préférons ensuite nous balader dans les rues animées et restaurées pour les touristes, à la recherche d'un petit restaurant pour le soir. Pingyao est le paradis des nouilles et autres raviolis vapeur : oreilles de chats, mountain noddles, nouilles coupées au couteau, etc… Ensuite, nous quittons les rues commerçantes pour nous diriger vers les remparts et les cotés peu (ou pas) mis en valeur de Pingyao. Nous faisons tamponner notre pass à l'extérieur de la porte Sud. Florent s'achète une veste en lin pour 3 eur ! Le jour tombe et les lampions s'allument peu à peu. La ville est vraiment magnifique, même si elle fait un peu "musée". Nous dînons dans la cour intérieure d'un restaurant, loin du bruit de la salle. De retour à hôtel, nous nous rendons compte que le prix inscrit sur nos billets de train n'est pas celui qui est mentionné sur notre facture, il est beaucoup moins cher ! Nous réalisons alors que nous nous sommes pris une double commission : l'une pour le CITS et l'autre pour l'agence locale. Nous avons l'impression désagréable de nous être faits un peu "avoir".
Jour 11 : Balade dans Pingyao et train de nuit pour Xi'an
Nous visitons encore deux maisons, admirons la vue sur la rue du sommet d'une tour et partons nous balader dans les rues si sympathiques de Pingyao. A midi cette fois-ci, nous mangeons "dans la rue", à la grande joie du cuisinier. Il y a tant de sortes de nouilles à tester ici ! Un peu de shopping pour finir, je m'achète une écharpe en Pachmina que je ne quitterai plus. Nous passons l'après midi à regarder les gens, les marchands de bonbons, de raviolis. Nous retournons à hôtel pour envoyer quelques mails, boire une bière et prendre nos sacs. Bob nous fait accompagner à la gare où nous allons prendre notre premier train de nuit. Arrivés en avance à la gare, nous observons les Chinois ainsi que d'autres touristes. Le train a du retard. Nous nous y attendions, c'est la veille de la Fête Nationale, le premier jour des vacances scolaires. Tout doit être plein. Bizarrement, il y a peu de monde à la gare de Pingyao. Nous pensons que beaucoup de gens sont montés à Taiyuan. Les gens commencent à se lever les uns après les autres pour se poster près des portes. Nous entamons la discussion avec un couple d'anglais qui vont dans le même wagon que nous. Le train est à l'approche, les portes donnant accès au quai s'ouvrent. Nous sommes dirigés en fonction de notre wagon pour attendre au bon endroit. La brume donne une atmosphère surnaturelle. On se croirait dans un film. Le train arrive enfin et nous avons 3 minutes pour grimper dedans. Ouf ! Nous sommes accueillis par le responsable du wagon qui contrôle nos billets et nous indique nos couchettes respectives. Le wagon est à moitié plein, il y a déjà des gens qui dorment. Il est minuit passé. Nous découvrons les couchettes "dures". 6 couchettes par compartiment, chacune munie d'un oreiller et d'une couette. Grand confort ! Je prends la couchette supérieure et Florent la médiane. Nous plaçons les sacs en hauteur. Mais il n'y a pas de porte ! Donc pas mal de bruit avec les allées et venues durant la nuit. Il y a un contrôleur par wagon qui surveille que le voyage se passe bien. Nous sommes rassurés.
Jour 12 : Arrivée à Xi'an, jour de la Fête nationale, quartier hui
Le premier jour des vacances scolaires ou comment apprendre la zen attitude Nous arrivons à la gare de Xi'an vers 10 heures. Une personne de notre hôtel doit venir nous chercher mais le train a 2 heures de retard. Nous a-t-on attendus ? Nous comprenons rapidement que ce jour de Fête Nationale n'est pas comme les autres. Une immense cohue dès la descente du train nous emmène à la sortie de la gare. Il vaut mieux ne pas résister et suivre le flot. Malheureusement, nous ne voyons aucun panneau d'accueil. Nous comprenons ensuite que nous avons pris la mauvaise sortie et que nous ne sommes pas passés devant les panneaux. Il faudrait rentrer à nouveau dans la gare pour prendre l'autre sortie mais c'est peine perdue. D'autant que la police veille au grain et ils n'ont pas l'air tendres avec ceux qui s'écartent de la route. Je laisse Florent avec les sacs et pars à la recherche d'un panneau indiquant nos noms ou celui de hôtel Nous nous rendons à l'évidence, personne ne nous attend. L'esplanade est noire de monde. Comme hôtel où nous devrons récupérer nos billets Xi'an-Shanghai est situé face à la gare, nous partons à sa recherche. Nous le trouvons facilement. Nous présentons notre bon "bleu" puis on nous demande d'attendre. Prenant notre mal en patience, nous demandons à téléphoner à notre hôtel pour qu'ils viennent nous chercher. Mais il n'y a pas de téléphone à la réception (nous sommes pourtant dans un hôtel 4 ou 5 étoiles !). Sympa l'homme à l'accueil nous prête son téléphone portable. Après un grand moment de solitude où l'on me répond que hôtel est complet, j'explique (toujours en anglais bien sûr) que nous avons échangé des mails, que j'ai réservé une chambre pour 180 Y il y a deux mois et qu'on devait venir me chercher à la gare. Finalement, on retrouve mon nom et on me dit que la personne s'est bien déplacée mais que nous n'étions pas là et qu'il faut maintenant prendre le bus n° 306… dans la rue noire de monde… Un peu déçus, nous commençons à nous impatienter pour les billets. Peut être qu'ils ne sont pas prêts, peut être qu'ils ne sont pas encore allés les chercher, peut être que ça va prendre des heures, peut être qu'il vaut mieux revenir demain ?! Impossible toutefois de poser ces questions, on nous répond qu'on ne sait pas et que le responsable est quelque part dans hôtel et qu'il va arriver… responsable de quoi, nous ne saurons jamais ! Ah le choc des cultures… Nous nous renseignons pour savoir où est situé le fameux arrêt de bus. Il se trouve "en face, à coté du KFC". Entre temps, un monsieur arrive et nous tend les billets. Vérification de la date, mais l'heure est décalée, nous partons 2 h plus tôt que prévu. A bout de nerf, nous disons merci et au-revoir… Ils ont du nous prendre pour des touristes-tarés ! Maintenant, à la recherche de ce fichu bus ! Nous nous dirigeons vers l'endroit indiqué, mais au final, nous voyons 2 KFC… Le numéro du bus inscrit sur un papier, nous demandons aux gens dans la rue. Nous atterrissons, non sans avoir joué des coudes à notre tour, devant un semblant d'arrêt de bus mais la rue est en travaux, et les voitures passent avec difficulté car tout le monde est sur la chaussée. La Fête Nationale, que du bonheur !!! Prenant notre mal en patience, nous attendons… Des bus passent, mais jamais le notre. Puis nous décidons de prendre un taxi… Peine perdue, quand ils arrivent à se frayer un chemin dans la foule, ils sont déjà pleins. Nous décidons alors de nous éloigner de l'arrêt de bus pour en trouver un autre qui sera moins bondé ou un taxi vide, l'espoir fait vivre. Nous marchons 5 minutes dans la foule, en jouant des coudes (!). Et soudain, nous voyons notre bus arriver au loin. Nous commençons à courir pour l'attraper mais avec les sacs ce n'est pas évident…Florent bouscule tout le monde et grimpe dans le bus. Je le suis de près, m'étant agrippée à son sac, dès fois que le bus parte sans moi…
Nous arrivons à l'auberge de jeunesse et posons nos sacs. Nous décidons de nous balader dans la ville l'après-midi. Nous n'avons pas envie de visiter des temples alors nous errons au peu au hasard. Nous nous retrouvons dans le quartier Hui, ethnie musulmane chinoise. C'est un amoncellement de vendeurs ça et là, principalement de nourriture. Des sucreries au miel, des nouilles, des légumes et même de la viande posée là sur les étals !!! Un peu écœurés par le mélange des odeurs et la pluie, nous rentrons. De retour à hôtel, une "dumpling party" est prévue le soir. Il s'agit d'un cours de cuisine de raviolis chinois (Jiaozi) offerte par hôtel Nous sommes environ 15 personnes et une jeune chinoise, Micky, nous montre comment préparer la farce et la pâte. Ensuite, travaux pratiques, c'est à notre tour. Pendant 1h30, nous façonnons les petits raviolis. A 15, le volume produit est assez important. Micky nous propose ensuite de les faire cuire et de les manger tous ensemble, ce que nous acceptons. L'ambiance est très sympa, cosmopolite et pendant la cuisson, nous attaquons l'apéro… in english of course ! Nous passons une agréable soirée en compagnie d'Anglais, Australien, Mexicain, Français, que sais-je… Ils souhaitent finir leur soirée dans la boite de nuit de l'hôtel Ayant une grosse journée prévue le lendemain, nous les laissons, non sans regrets… Mais demain les soldats de terre cuite nous attendent et, avec la Muraille de Chine, ils sont notre deuxième passage "obligé" de notre voyage. Finalement, notre chambre se trouve située juste au dessus de la boite de nuit en question… Dur dur d'être un touriste ! Au final nous n'aurons pas vu la fête nationale fêtée par les Chinois, seulement des milliers de petits drapeaux rouges accrochés absolument partout.
Shuyuan International Youth Hostel, 180 yuan, chambre twin, salle de bain privée
Jour 13 : Armée des soldats en terre-cuite de l'Empereur Qin, les remparts (Xi'an)
Lever relativement tôt pour attraper plus facilement un bus allant vers le site de l'armée des soldats en terre cuite, à 40 km de Xi'An. Il faut d'abord prendre un bus pour aller à la gare et un autre bus pour aller à Bingmayong. L'expérience de la veille nous hante un peu et nous ne savons pas ce que nous allons trouver à la gare routière. Finalement, plus de peur que de mal, on arrive même à renseigner une Française, qui va au même endroit que nous. Nous nous insérons dans la file d'attente du bus, et nous attendons notre tour, qui viendra rapidement. Tout le monde a une place assise. Durant le trajet, nous discutons avec des étudiants chinois. On fait un peu "attraction". Un peu timides, ils nous posent des questions en anglais. C'est sympa. Après environ 1h de trajet, nous arrivons sur les lieux vers 10 h. Les jeunes nous indiquent la direction du site et où reprendre le bus pour le retour. Nous sommes contents car le monde est largement supportable en comparaison de l'épisode de la veille "gare de Xi'An". Le site est très grand en fait, composé de 3 fosses avec des milliers de soldats et 2 musées. Nous commençons par les plus petites pour finir par la plus impressionnante. Les soldats en terre cuite sont magnifiques de réalisme et tous différents. Les coiffures, les mains, les statures, la position des pieds sont unique pour chaque statue. Nous prenons notre temps pour nous poser et admirer chaque soldat. Les chevaux sont représentés aussi. Ensuite quelques spécimen sont exposés dans de petites salles pour les admirer de plus près. Car on ne peut pas approcher les soldats dans les fosses. On est souvent en hauteur. Nous terminons par les salles musées, rapidement car nous commençons à fatiguer, ça fait 3 heures que nous sommes là, et les touristes commencent à arriver. Et quand les touristes chinois débarquent, il vaut mieux s'en aller, c'est une vague humaine ! Nous nous reposons dans la verdure environnante puis sortons du site, non sans passer devant plusieurs marchands, idéalement placés. Certains proposent à manger et la faim se fait sentir. Nous nous laissons tenter par du tofu, puis diverses petites brochettes. Nous nous dirigeons ensuite innocemment vers l'arrêt de bus. Et là, nous nous rappelons que ce sont les vacances et que nous sommes sur l'un des sites chinois les plus fréquentés…
Le deuxième jour des vacances scolaires ou comment apprendre la zen attitude (2) Des voitures et des bus sur 3 files, dans les deux sens, alors qu'il n'y a qu'une seule route pour accéder au site de l'armée des soldats en terre cuite. Un embouteillage monstrueux ! Et nous commençons à chercher notre arrêt, un peu moins sereins…. Il y a beaucoup de monde à pied et nous comprenons que tous ces gens veulent la même chose que nous : attraper un bus pour rentrer chez eux. Tout en marchant, nous observons le lent ballet des bus et des voitures, qui se croisent, qui font des demi-tours osés, mais au ralenti et sans trop d'excitation finalement. Ils sont plutôt calmes, même. Déjà les bus ne desservent plus l'arrêt final et font demi-tour avant car sinon, ils ne pourront plus passer, ou alors ils vont rester coincés tellement longtemps pour faire 100 mètres que ça ne vaut pas la peine. Dois-je préciser que ce sont les mêmes bus qui font le retour…? Quand les bus arrivent à faire leur demi-tour parmi les trois files de voitures, ils sont ensuite pris en chasse par les gens qui veulent grimper dedans. Xi'An la gare, épisode 2, le retour !!! Nous laissons passer quelques bus et nous en repérons un à l'avance… qui finalement ne s'arrête pas devant arrêt prévu mais là où il y a le plus de monde. Loupé. Le suivant, lui, s'arrête beaucoup plus tôt, se charge à bloc et encore loupé pour nous. Nous changeons de position en riant (un peu jaune quand même, sans mauvais jeu de mots). Nous voyageons léger mais il nous faut courir dès qu'un bus s'approche pour tenter de grimper dedans. Enfin, l'un s'arrête près de nous. Nous hésitons entre la porte de devant ou celle du milieu (et oui, tout devient alors stratégique), et là tout le monde pousse… Je m'aggripe tant bien que mal à Florent, et finalement nous montons. En m'asseyant, je m'aperçois alors, malheur, que la sacoche de mon appareil photo est vide !!!! Mon dieu, j'ai du le perdre dans la bataille ! J'avertis Florent, je me précipite dehors pour voir si par miracle il ne serait pas tombé au pied du bus. Hélas, trois fois hélas. Je remonte car j'ai peur que le bus ne parte. A son tour Florent descend et je le vois se mettre à courir sur la route. Non seulement j'ai perdu mon appareil photo, mes souvenirs, mais en plus mon homme replonge dans la foule et le bus qui va bientôt repartir !!!! Argh, tant pis pour mon foutu appareil, faites que mon homme revienne !!! Florent remonte alors, bredouille, et le bus ferme ses portes… Quelle déception alors ! Toutes ces photos, prises avec tant d'attention parfois, pour quelqu'un en particulier, pour nous seuls, ou pour montrer à tout le monde comme c'est beau la Chine… J'accuse le coup et relativise, j'ai encore mes papiers et mon argent, ça aurait pu être plus grave mais c'est tellement dommage. Une petite faute d'inattention si basique… Moi qui remettais systématiquement mon appareil dans mon sac à dos en sortant d'une visite, j'ai tout simplement oublié de le ranger cette fois-là. Et il est tombé, ce qui me parait quand même peu probable, ou a été volé durant la course après le bus. La sacoche a pu être projetée derrière moi et il était facile de se servir. Les Chinois ne sont pourtant pas voleurs, mais la tentation a peut être été trop forte. Ou alors il s'agit d'un autre touriste, et là, malheur à lui !
Nous observons quand même la circulation énorme à ce moment là. C'est un embouteillage géant. Il doit être 14 heures et des touristes arrivent encore sur de multiples files. Je n'ose imaginer le temps qu'ils vont mettre à arriver jusqu'au site. Pour le retour, nous roulons pendant une bonne demi-heure au pas, pareil pour les gens en face. Nous hallucinons encore de ce que nous voyons, les voitures se doublant et se croisant n'importe comment. Nous arrivons enfin à Xi'An et partons nous balader sur les remparts. Nous voulons voir le coucher de soleil. Nous nous promenons pendant un long moment, des gens peuvent louer des vélos sur les remparts. Ca semble irréel. De là haut, on a un bon aperçu de la ville. On peut voir des immeubles ultra modernes comme de vieux bâtiments. Quand le soleil se couche, tout prend une teinte rosée. Les premiers lampions s'allument. Sans appareil photo, volé dans l'après-midi, je me retrouve un peu les mains vides. A quoi bon continuer si je ne peux pas capturer ces images ? J'essaie de mémoriser ce que je vois et heureusement il reste le téléphone de Florent, qui a déjà fait ses preuves. Le soleil se couche peu à peu et les lampions sur les remparts apparaissent nettement. Nous restons là, à admirer la vue, jusqu'à la pénombre. De retour à hôtel, nous rencontrons quelques touristes croisés la veille et nous allons boire un verre avec eux, au sous-sol de hôtel, dans la fameuse boite de nuit. Certains sont là pour plusieurs mois et ont un travail. En remontant, nous croisons nos retraités français, qui sont exténués. Ils viennent manger dans notre hôtel car on le leur a recommandé. Ils sont allés aux aussi voir les soldats de terre cuite, mais sont partis beaucoup plus tard que nous avec un tour organisé par leur hôtel Du coup, ils sont arrivés tard sur le site, avec tous les autres touristes et c'était beaucoup plus fatiguant. Ils ont du mettre le double de temps de transport par rapport à nous… Mais ont toujours leur appareil !!! Nous prenons congé, un peu fatigués aussi. Nous ne les recroiserons plus, ils s'en vont dans le Yunnan, mais sont coincés par leur billet. Nous commençons à nous rendre compte que nos 5 heures passées dans l'agence du CITS ainsi que notre surcoût nous ont servi à anticiper ce genre de choses. D'un autre coté, notre temps est compté, le leur beaucoup moins car ils sont en chine pour 6 semaines.
Jour 14 : quartier de Shuyuanmen, remparts (Xi'An) et train de nuit pour Shanghai
Aujourd'hui, nous voulons aller voir le quartier de Shuyuanmen dit "des calligraphes" situé près de notre hôtel Nous trouvons de gros pinceaux de calligraphie, des baguettes et de magnifiques sinogrammes (écritures chinoises). Nous prenons quelques photos et commençons à regarder ce que nous voudrions ramer chez nous. Mais pour l'instant il est un peu tôt pour se charger de "souvenirs". Nous retournons sur les remparts, car la veille, notre billet n'a pas été déchiré. Du coup nous refaisons un tour gratis. Nous voulons aussi faire quelques petits achats pour le train de nuit, et notamment, des soupes de nouilles que nous voulons essayer. Nous avons observé les Chinois et ça n'a pas l'air très compliqué. Nous savons que nous voyageons en première classe (soft sleepers), donc nous devrions être à l'aise pour "cuisiner", et eau chaude garantie… Notre train est à 17h. Nous passons récupérer nos sacs à hôtel, notre caution et allons prendre le bus que nous connaissons bien maintenant. Dans le bus, une jeune fille nous aborde et nous dit qu'elle est à notre hôtel Elle nous demande où nous allons. Arrivés en centre ville, elle nous conseille de descendre avec elle car le bus va être bloqué par les embouteillages (et oui, vive les vacances !). Comme elle marche près de nous, nous en profitons pour acheter des fruits qu'elle "négocie" pour nous. Du coup, nous lui demandons de nous trouver des soupes non épicées puisque le magasin en vend aussi. Elle est très contente de nous aider et nous aussi du coup ! Après l'avoir bien remerciée, nous nous dirigeons vers la gare. D'abord trouver le "salon d'attente". Selon les gares, certains salons d'attente sont réservés spécifiquement aux voyageurs en soft sleepers. Nous sommes plus sereins que pour notre premier train. Quand les portes s'ouvrent, nous nous dirigeons "tranquillement" mais activement vers notre wagon. Nous prenons place dans notre compartiment. Les couchettes sont effectivement plus luxueuses, dans le sens où le compartiment se ferme par une porte (d'où moins de bruit), on n'est que 4 au lieu de 6. Il y a aussi une couette et un oreiller, comme dans les "hard sleepers". Les toilettes ont l'air plus propres et il y a même un coin lavabo qui ferme à clé. Nous rencontrons nos voisins pour la nuit : un jeune couple chinois avec une petite fille. Nous sommes chanceux, ils parlent un peu anglais. Nous nous présentons. Ils sont très curieux et nous aussi. La communication n'est pas facile, par manque de vocabulaire des deux cotés, mas il y a de la bonne volonté. Quand les mots manquent, nous dessinons sur un calepin. Ils nous proposent des fruits et nous prenons le thé ensemble. C'est plutôt convivial et nous les trouvons sympathiques. Nous leur demandons à quelle heure ils comptent éteindre, car nous avons compris que les Chinois se couchent tôt et il va falloir manger. Le jeune homme se lève et sort deux bols de nouilles qu'il commence à préparer devant nous. Nous le regardons avec attention et lui expliquons qu nous en avons aussi et que c'est notre première fois. Alors, magie du voyage, il nous montre comment faire avec nos propres soupes après avoir préparé les siennes. Il faut ouvrir un peu le carton, mettre une partie des épices, mais pas tout sinon c'est trop fort, ensuite mettre l'eau chaude, remuer un peu et refermer le couvercle avec quelque chose. Nous prenons des bananes pour faire un poids stable. Après quelques minutes, regarder si les pâtes ont gonflé, remuer et c'est prêt !!! Remarquant qu'ils ont mangé dans le couloir, nous faisons de même pour ne pas embaumer le compartiment d'odeurs de nourriture. Nous sortons donc avec nos bols de nouilles et nous mettons sur de petits strapontins. C'est divin, nous nous régalons et nous nous sentons vraiment bien dans ce pays maintenant. Nos continuons à discuter un peu avec nos voisins, puis ils se couchent et éteignent leurs lampes. Nous faisons de même peu de temps après car le train arrive vers 7h à Shanghai.
Jour 15 : le Bund, balade en bateau sur la rivière Huangpu, jardin Yu (Shanghai)
Nous nous réveillons bien reposés, on dort mieux dans ce train que dans les trains français nous semble-t-il. Nous reprenons notre discussion avec le couple chinois mais le train arrive déjà. Tout le monde descend. J'espère que nous aurons autant de chance lors de notre prochain voyage… La gare donne directement sur le métro. Après un rapide coup d'œil sur nos plans, nous prenons un ticket (qui coûte 3 Y pour 2 Y à Pékin) et nous engouffrons dans une rame. Cette fois-ci, forts de nos quinze jours en Chine, nous avons l'air beaucoup plus à l'aise que certains touristes chinois. Passage des sacs au détecteur à rayons X, repérage des terminus, sens de circulation, passage du ticket dans la borne, c'est un peu comme à Paris finalement… Le plus dur est de trouver l'hôtel à la sortie du métro. Ca n'a pas l'air trop loin. Nous longeons un fleuve, et nous y sommes. L'endroit paraît sympathique, c'est une auberge de jeunesse. Après le check-in, la caution, nous devons attendre un peu car notre chambre n'est pas prête. Il faut dire qu'il n'est pas 9 h… Nous achetons un plan à l'accueil, car nous devons aller récupérer des billets de train du CITS, et ça n'a pas l'air facile de trouver hôtel (décidément !). Personne ne semble vraiment savoir où il est malgré l'adresse. Nous nous renseignons sur les possibilités d'acheter des billets pour aller à Suzhou dans la journée, ainsi que des billets de bus pour aller de Hangzhou à Tangkou. Nous posons beaucoup de questions au réceptionniste et il est plutôt patient. Nous en profitons aussi pour finir de boucler notre escapade dans le Huangshan, la Montagne Jaune, que nous avons prévue dans 3 jours. En effet, nous sommes en contact depuis une semaine avec un certain Monsieur Cheng de Tangkou. Nous avons trouvé ses coordonnées sur le site Voyage.forum et nous pensons qu'il peut nous aider pour notre excursion dans le Huangshan. A travers nos échanges de mails, nous réalisons que nous avons fait une erreur stratégique. Au tout début du voyage, nous avions réservé un billet de train Shanghai-Hangzhou en pensant prendre ensuite un bus Hangzhou-Tunxi, croyant que la liaison directe n'existait pas. Nous avions prévu de passer la nuit à Tunxi pour rejoindre Tangkou par un bus le matin afin de gagner la montagne jaune le plus tôt possible. En fait je n'avais pas encore étudié avec attention le trajet, et ayant peur des vacances scolaires, nous avions sauté sur les billets de train. Nous nous rendons compte alors qu'il existe un bus reliant Shanghai à Tunxi et même Tangkou (plus proche du Huangshan) en seulement 6h. Nous tentons d'annuler le billet avec l'agence du CITS mais l'annulation coûte quasiment aussi cher que le prix du billet. Tant pis. Nous décidons finalement de rester sur notre itinéraire alliant train et bus, mais de passer la nuit chez Monsieur Cheng, directement à Tangkou, pour être déjà sur place. Nous annulons la nuit hôtel prévue à Tunxi. Et nous commandons les billets pour Suzhou. Comme notre chambre n'est pas prête, nous laissons tout simplement nos sacs à la réception. Ceci étant fait, nous partons récupérer en bus nos fameux billets de train pour Hangzhou. Et là, nous tentons d'aborder des Chinois afin de trouver l'arrêt de bus. Et surprise, ils ont l'air beaucoup plus craintifs qu'à Pékin de nous entendre parler anglais. En tout cas, pas facile de se faire comprendre malgré le dictionnaire et le plan. Finalement, nous arrivons à trouver l'arrêt, le bus arrive et nous sautons dedans. A l'intérieur, je regarde mon plan en parlant à Florent, et là une jeune Chinoise qui a du lire sur mon épaule me dit qu'il faut descendre à l'arrêt d'après… sans que je lui ai rien demandé… Je trouve ça vraiment gentil. Nous arrivons près de la rivière Huangpu et des gratte-ciel. C'est fantastique, on se croirait à New York ! Ca n'a plus rien à voir avec Pingyao… Nous trouvons hôtel qui est un 4 étoiles. Nous grimpons dans les étages à la recherche du bureau du CITS sans que personne ne nous demande rien. Nous récupérons nos billets et en profitons pour passer aux toilettes… A priori, l'endroit doit être "sûr" et propre. C'est d'ailleurs une stratégie que nous allons adopter pour Shanghai !!! Nous nous retrouvons alors sur les quais de la rivière Huangpu et nous arrivons sur le haut du Bund, boulevard très connu de Shanghai, qui longe la rivière. Nous nous laissons tenter par une petite croisière d'une heure sur la rivière, histoire d'observer la ville à partir de son "cœur". Les gratte-ciel sont tous plus grands les uns que les autres, avec des formes variées et assez osées. Toujours plus haut, plus loin, plus fort ! Ensuite nous allons vers le jardin Lu, qui semble très prometteur. Mais il y a énormément de monde. En cherchant l'entrée, nous passons dans un dédale de petites maisonnettes qui sont en fait des magasins fraîchement repeints en rouge et blanc, mais tellement de monde. Nous déambulons emportés par la marée humaine qui se presse sur les ponts au dessus de l'eau. Nous espérons retrouver un peu de calme dans le jardin… mais avant cela, il faut faire la queue ! Une fois entrés, l'endroit est en effet magnifique. Mariage des plantes, de la pierre, de l'eau, de petites maisons. Un vrai jardin zen. Sublime, mais finalement un peu trop "peuplé" à notre goût. Il est vrai que le monde perpétuel nous fatigue beaucoup plus que ce que pensions. Nous dînons "en ville" et profitons de la nuit tombée sur Shanghai pour retourner sur le Bund afin d'admirer la vue de nuit. Là encore, c'est un monde fou, une marée humaine qui se presse, se colle, pour voir les gratte-ciels illuminés. Il faut dire que le spectacle est époustouflant. C'est une mégapole, il ne faut pas l'oublier. Des écrans publicitaires s'affichent sur certains gratte-ciels, et changent régulièrement. Les bateaux sont eux aussi illuminés et leurs couleurs varient très souvent. C'est un régal pour les yeux. Nous rentrons épuisés à hôtel.
Shanghai Soho International Youth Hotel, 260 yuan, chambre twin, salle de bain privée
Jour 16 : Temple du Bouddha de Jade, la place du Peuple, quartier de la Concession française (Shanghai)
Nous décidons d'aller en taxi au Temple du Bouddha de Jade ("le temple bouddhiste le plus célèbre de la ville" d'après le Routard), car il n'est pas desservi par les bus. Il est encore habité par une centaine de moines et surtout en activité intense. L'encens est bien présent. Le clou du temple est bien entendu le Bouddha, tout en jade. Il est splendide. Pour l'apercevoir, il faut payer, bien sûr, un petit supplément. Une fois arrivés devant, une surveillante interdit les photos car c'est un lieu de culte. Une barrière empêche de l'approcher et on doit se tenir à une dizaine de mètres de la statue. Certains font des prières, mais il y a aussi quelques touristes curieux. Nous restons là un bon moment, saisis par la sérénité qui se dégage de ce Bouddha. Il a l'air tellement bienheureux ! Et tellement beau et apaisant. En sortant, nous regardons quelques échoppes. Florent veut trouver un bol tibétain. Depuis Chengde, nous n'en avons pas revu et il craint de ne plus en trouver ensuite. Première étape, se faire comprendre. Florent adepte du mime, montre le geste et joint le son qui va avec. C'est une méthode marche plutôt bien. Le vendeur comprend aussitôt. Nous apprenons qu'il faut dire "tsing" pour parler de ce bol. Après avoir fait toute la rue pour en trouver à un bon prix, puis une longue négociation, nous l'achetons. Nous avons plus l'habitude de négocier qu'au début mais parfois, il nous faut céder bien plus que ce que nous croyons au départ. Les Chinois sont bons commerçants…. Quand nous ne sommes pas intéressés, ils nous vendraient tout le magasin pour quelques yuans, et dès que nos yeux brillent, ils flairent la bonne affaire et nous font plier. Heureux de notre achat, nous prenons un taxi pour aller en centre ville, place du Peuple. Maintenant nous n'avons plus peur de prendre un taxi, nous savons qu'une course coûte environ 5-10 yuans pour quelques kilomètres et nous vérifions simplement que le compteur est remis à zéro. Quels progrès depuis Pékin ! Nous découvrons la fameuse place du Peuple, immense. C'est le cœur de Shanghai. Nous marchons aux alentours, passons devant l'opéra de Shanghai et nous dirigeons vers le Musée de Shanghai, gratuit. Malheureusement, devant le monde amassé devant, nous reculons et décidons d'aller profiter du beau temps et nous balader dans le quartier de la concession française. C'est une autre ambiance que nous découvrons, beaucoup plus calme qu'en centre ville. Quelques vélos ça et là, des boutiques de mode où je ne peux m'empêcher de regarder les robes chinoises de forme traditionnelle mais revisitées et remises au goût du jour. Splendide ! Nous retournons ensuite près de la place du peuple pour faire un grand marché couvert sur Nanjing Donglu. En fait c'est un magasin géant sur 5 étages où nous repérons nos futurs cadeaux et souvenirs à ramener. Baguettes, Tshirts, et même appareils photos ! J'hésite à en acheter un pas cher (20 euro) pour le Huangshan mais j'ai peur être déçue par les photos. Nous dirons ensuite dans un restaurant japonais qui s'avère être une chaîne, Ramen. Les cuisines sont visibles depuis l'extérieur, ça a l'air propre et bon. Nous nous régalons avec une soupe, très copieuse et délicieuse, le tout pour quelques yuans.
Jour 17 : jardin de la Politique des Simples, jardin Liu (Suzhou)
L'avantage c'est que Suzhou (ou Tongli par exemple) ne sont pas loin (1-2h) et qu'il y a beaucoup de trains pour y aller. Et en plus ils sont super modernes. Nous arrivons donc vers 10 heures à Suzhou, la ville des jardins. 8 sont inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco… La difficulté première est de trouver un taxi pour rejoindre le centre ville. Nous sommes les seuls européens, comme souvent. Ca donne une impression de liberté, d'aventure et de conquête aussi. Mais nous nous sentons en sécurité. Il ne semble pas y avoir de station de taxi en sortant de la gare. Nous marchons un peu au hasard sur la route. Bizarrement, tous les taxis que nous approchons ne veulent pas nous charger. Nous trouvons un genre de poste de police. Ce qui est toujours drôle dans ces situations, c'est que quelqu'un doit toujours être "désigné" pour nous parler chaque fois que nous sortons trois mots d'anglais… Très soucieux de nous renseigner, les Chinois font beaucoup d'efforts quand ils parlent anglais. Quand ce n'est pas le cas, on dirait qu'ils ont peur de nous, certains font non de la tête, d'autres s'en vont carrément ! Nous pensons qu'ils sont timides. Un policier nous renseigne donc tant bien que mal. Il faut aller plus loin sur la route… Finalement, nous trouvons un taxi, il nous emmène au centre ville, qui n'est pas si proche que ça de la gare. A retenir pour le retour…. Il nous dépose pas loin du premier jardin que nous souhaitons visiter : le jardin de la Politique des Simples, qui fait près de 5 hectares. C'est le plus grand jardin de Suzhou. Suivant les conseils de notre guide, nous y allons en premier car nous savons que les hordes de touriste chinois vont déferler ensuite. Le jardin est magnifique. Un mélange zen d'eau, de terre, de verdure, de pierre et de petits pavillons. Nous sommes sensibles aux différents bambous, ayant visité une bambouseraie avant notre départ. Nous admirons les différentes variétés que nous croisons. Au fond, une grande jardinerie contient plusieurs centaines de bonsaï. Sublimes. Nous apprécions la galerie couverte, et sa toiture qui représente un dragon. Nous nous amusons aussi dans les portes, carrées ou rondes. Mais les touristes sont nombreux et, comble de malchance, leurs guides ont des mégaphones pour bien se faire entendre. C'est très difficile à vivre pour nous, car venus chercher le calme et la quiétude, c'est tout le contraire que nous trouvons au final. Nous décidons de ne faire que deux jardins au total, car après, tout se ressemble. Nous voulons aussi profiter de la ville en elle-même. On la présente comme une ville-musée ou une cité-jardin. On la surnommait jadis la Venise de l'orient pour ses canaux. Nous partons donc à la recherche de ses fameux canaux. Nous arrivons sur des berges, mais pas dans l'état que nous espérions. Tout est délabré. Suivant toujours notre guide, nous nous enfonçons un peu plus dans la ville. Nous voulons aussi voir un marché aux plantes et aux oiseaux. En cherchant un restaurant pour manger, nous tombons sur le fameux marché. Nous entrons à l'intérieur. On y vend de toutes sortes d'animaux : des chiens, des oiseaux, des poissons, des crustacés, des appâts… Mais aussi des pierres, des plantes, des bonsaïs. Le marché est à l'air libre, mais il est très dense. Ensuite, nous allons manger dans un petit restaurant. N'ayant pas encore mangé de canard, nous nous arrêtons sur un "duck pot" et des légumes. Quelle n'est pas notre surprise de voir arriver une marmite… pleine d'une sorte de soupe. Florent tente de remuer le liquide, et là, deuxième surprise, une demi-tête de canard surgit de la "soupe", puis une patte, avec les griffes… C'en est trop pour moi. Finalement, peu inspirée, je préfère manger les légumes. Florent tente tout de même l'expérience, avec ses baguettes !!! Nous apprendrons plus tard que c'est un classique. Nous nous dirigeons ensuite vers le deuxième jardin que nous avons choisi, le jardin Liu, car il est réputé pour sa centaine de fenêtres ouvragées. Effectivement, les fenêtres, en pierre, sont toutes différentes et uniques. Nous retrouvons là aussi un toit-dragon. On se perd avec délices. Là encore, bambous, bonsaïs, verdure, petits pavillons, mélange terre et eau. Nous nous reposons ensuite dans une maison de thé au fond du jardin. La lumière commence à baisser. En sortant du jardin, nous sommes abordés par des rabatteurs qui nous proposent une ballade en bateau dans les canaux pour une somme vraiment modique. En plus, nous ne sommes pas à coté… Comme nous avons peur d'un malentendu, Florent se met à mimer la ballade en bateau et tout le monde nous dit OK. Nous partons donc avec une sorte de triporteur en direction des canaux. Puis le "taxi" s'arrête et nous demande de le suivre. Et là, il nous montre le départ des bateaux, à un tarif qui n'a rien à voir avec ce qu'il nous a dit. Un peu déçus, nous lui disons non. Il part en maugréant. Du coup, nous avançons dans les ruelles et nous découvrons une partie de la ville très mignonne que nous n'avions pas vue. Là, la ville est restaurée et nous apprécions son charme pleinement. Ayant déjà fait notre "mini-croisière" à Shanghai, nous décidons de voir les canaux à pied. Nous croisons des photographes professionnels qui prennent une jolie chinoise en photo, vêtue d'une magnifique robe de soie. Nous entrons dans quelques boutiques touristiques, notre voyage tirant à sa fin, il nous faut penser aux souvenirs et aux cadeaux. Je craque pour une ombrelle en papier, mauve. Nous trouvons des articles bien moins chers qu'au marché de Shanghai où nous voulons retourner. Nous bénissons les rabatteurs qui nous ont permis de découvrir Suzhou. La nuit tombe et les lampions et lumières s'éclairent petit à petit. La cité a beaucoup de charme. Mais il nous faut la quitter, notre train de retour étant dans moins d'une heure. Petit coup de stress quand nous tardons à trouver un taxi. Puis arrivés à la gare, nous grimpons dans notre train facilement. En une heure, nous sommes à Shanghai la mégapole. Quelle journée !
Jour 18 : transfert Hangzhou puis Tangkou
Départ du Shanghai Soho International Youth hôtel. Comme nous en sommes satisfaits malgré le bruit, nous réservons une chambre "calme" pour notre retour à Shanghai. Choix stratégique car près du métro et pas cher. Ce qui nous permet aussi de ne prendre qu'un sac pour deux pou le Huangshan et laisser l'autre sac à la réception. Nous ne savons pas si nous allons devoir marcher avec le sac en haut de la montagne, alors nous préférons assurer. Une journée à passer dans les transports. D'abord le train Shanghai-Hangzhou, digne du TGV. Là encore, nous sommes impressionnés par la modernité et le confort du train. Ensuite, ça se corse. Arrivés à Hangzhou, il nous faut rejoindre la gare routière. Nous avons demandé au réceptionniste de notre hôtel de nous inscrire sur mon calepin "la gare de l'ouest pour Tangkou" (ou du moins c'est ce que je croyais). Nous abordons un taxi, qui ne nous regarde pas, puis un autre, et encore un qui nous refuse sans avoir lu notre papier. Ca ne doit pas être le bon endroit pour charger des clients (comme à Suzhou). Un peu plus loin, les taxis semblent prendre des Chinois. Nous nous approchons avec notre calepin. Une fois, deux fois, trois fois, les taxis font non de la tête ou du bras. Nous montrons Tangkou sur la carte. Nous pensons que c'est trop près (ou trop loin ?). Heureusement, une Chinoise nous accoste en parlant anglais. Nous lui expliquons que nous voulons aller à la gare routière pour prendre le bus pour Tangkou. Un petit attroupement se forme, comme d'autres fois. Elle griffonne deux sinogrammes et le premier taxi venu nous prend en charge immédiatement. Ouf, nous la remercions. Nous voilà enfin en route. Nous avons perdu du temps, presque une heure pour prendre le taxi, et le trajet entre la gare ferroviaire et la gare routière de l'ouest est finalement très long. Mauvais calcul décidément, mais bon. Nous en profitons pour admirer le paysage. Il y a un grand lac et c'est très boisé aux alentours. Nous arrivons à la gare. Il va falloir demander un bus direct pour Tangkou qui part dès que possible… Et là, nous savons que personne au guichet ne parlera anglais… Nous abordons un jeune homme, qui parle anglais heureusement. Il faut dire que Florent a "un truc" pour repérer les Chinois anglophones au premier coup d'œil, et sur tout le voyage il s'est rarement trompé. Nous lui expliquons notre souhait et il a la gentillesse de commander le billet pour nous. Nous le remercions. Le bus part dans moins d'une heure. Il nous indique l'endroit où attendre. Nous ressortons faire quelques achats pour le trajet : fruits et biscuits, nous sommes rodés. Il s'ensuit un trajet en bus qui nous paraît long, parce que le temps est à la pluie et les provinces traversées sont rurales et pauvres. Nous sommes toujours surpris de voir que tous les travaux, que ce soit les champs ou une construction, sont faits à main d'homme quasiment sans machine-outil. Nous en déduisons qu'ainsi, il y a un travail pour chacun, la technologie n'étant pas inconnue des Chinois, loin de là ! Ayant réussi à joindre Monsieur Cheng par téléphone (in english of course) pour lui communiquer notre heure de départ, nous pensons qu'il nous attend à la gare. Nous passons Tunxi, où nous devrons prendre le train de retour, et nous arrivons à Tangkou. Le trajet a pris deux bonnes heures.
Le fameux Monsieur Cheng de Tangkou… et son business Nous voyons un homme adossé à une grosse voiture qui scrute les passagers du bus. En descendant, il nous fait signe immédiatement. Là encore, nous sommes les seuls européens, il est facile de nous repérer ! Très cordial, il nous accueille comme de bonnes connaissances. Il est assez vif. Nous comprenons qu'il veut boucler ses affaires. Il nous propose un hôtel à Tangkou, vraiment pas cher par rapport à tous ce que nous avions payé jusque là. Il nous emmène d'abord à son restaurant, qu'il tient avec sa femme. Malheureusement pour lui, nous n'avons pas faim. Nous rencontrons des touristes mexicains sur le départ. Ils ont fait le Huangshan, sont enchantés. Nous leur posons quelques questions pratiques puis ils prennent le bus de retour qui s'arrête juste devant le restaurant. Ensuite Monsieur Cheng revient vers nous, et nous discutons de l'organisation du séjour. Nous lui confirmons d'abord que nous sommes d'accord pour dormir en dortoir en haut de la montagne, le tarif étant vraiment modique. De plus, nous espérons faire le lever du soleil, vers 5 h, donc nous dormirons peu. C'est bouclé pour 260 yuans à deux, quand on avait vu des prix de l'ordre de 600 yuan. Ensuite j'avais lu sur un forum qu'une jolie balade aux alentours permettait de se rendre sur les lieux du tournage de Tigres et Dragons. Il s'agit de la Vallée d'émeraude. Mais il n'est pas possible de la faire si tard et par ce temps brumeux. Il nous propose de la faire plus tard. Comme nous repartons le surlendemain soir, notre "hôte" est un peu surpris, mais comprend. Sachant qu'il fait preuve de bonne volonté, nous lui expliquons aussi que nous avons notre billet de train à récupérer au CITS à Tunxi, ce qui ne nous arrange pas. Pas de problème, il passe un coup de fil et nous annonce que nos billets seront disponibles dans un hôtel en haut de la montagne ! Magie magie ! Merci Monsieur Cheng et son sens de l'organisation. Ensuite il nous indique notre hôtel, dans lequel nous ne serions peut être pas rentrés sans lui. Les chambres sont flambant neuves. Il nous donne rendez-vous le soir à son restaurant (évidemment) pas trop tard (et oui, il travaille toute la journée). Comme il est tôt (16 h tout au plus), nous partons à la découverte du village. En fait c'est un village de montagne, il n'y a rien. Quelques restaurants quand même, quelques magasins et c'est tout. Comment font ces gens pour vivre ? Il y a très peu de touristes alors que c'est la dernière étape avant la montagne. Nous croisons une vieille dame qui porte des épis de maïs, un autre temps… Nous faisons quelques achats pour le lendemain, car nous avons lu qu'il n'y avait pas grand chose en haut de la montagne, ou à un prix exorbitant. Comme "d'habitude", des biscuits, des fruits et des nouilles. Nous trouvons des soupes qui n'ont pas l'air épicées (il n'y a pas de petit logo avec un piment comme sur d'autres). Nous sommes contents de nous. Sur le trajet, nous nous laissons tenter par des marchands de thé, mais rien ne nous plait vraiment. Nous rentrons à hôtel ou nous nous reposons un peu avant d'aller chez Monsieur Cheng. Grand sourire quand nous arrivons. Ensuite, un homme rentre dans le restaurant et commence à présenter des calligraphies et s'assoit. Il s'agit de l'oncle de Monsieur Cheng. Nous commandons notre repas et commençons à regarder les peintures. Elles sont magnifiques et très peu chères. Nous avons un coup de cœur pour un cerisier, avec des fleurs rouges et roses. Le problème du cerisier est qu'il est peint sur une simple feuille de riz, et donc très fragile. Normalement, il faut coller la feuille de riz sur un papier plus épais, et ensuite le tout est posé sur un tissu et tendu entre deux rouleaux de bois. Notre choix se porte aussi sur une belle peinture de bambou. Nous tentons de négocier un rabais, mais les Chinois sont parfois durs en affaire ! Notre calcul est simple, les dessins sont très beaux, le prix modique (une vingtaine d'euro pour les deux), mais il va falloir les faire "monter" comme des calligraphies. Le pourrons-nous en France à un prix raisonnable ? L'avenir nous le dira. Si nous ne les prenons pas maintenant, nous le regretterons de toute façon. Nous délaissons les problèmes de souvenirs pour nous concentrer sur les plats qui sont arrivés. On se lâche un peu d'ailleurs, mais demain la journée sera rude. Et tout est très bon. Nous achetons finalement les calligraphies, et elles sont bien protégées dans un étui en carton. Nous réservons aussi le petit déjeuner et partons nous coucher. Demain notre Monsieur Cheng nous expliquera comment gagner les Montagnes Jaunes. Malheureusement l'inconnue est la météo. Nous dormons d'un sommeil de plomb.
Hotel Tangkou, 120 yuan, chambre double, salle de bain privée
Jour 19 : le Huangshan (les Montagnes Jaunes)
Nous prenons un solide petit déjeuner chez Monsieur Cheng et sa femme. Nous nous apercevons d'ailleurs que c'est comme ça qu'il gagne sa vie, puisque le petit déjeuner nous coûte plus cher qu'un repas habituel au restaurant. La veille nous avions remarqué que les tarifs étaient plus élevés que dans les autres restaurants de Tangkou. En même temps, il faut bien que chacun soit gagnant. Monsieur Cheng, déjà affairé au téléphone avec d'autres touristes, nous indique l'arrêt de bus, à l'autre bout du village. Arrivés à la "station" nous sommes interpellés par un Chinois qui veut partager un taxi avec nous. Le prix divisé par trois se trouve le même que celui du bus. Nous acquiesçons et chargeons nos sacs. Le trajet dure une vingtaine de minutes. Nous arrivons ensuite au départ du téléphérique. Le jeune Chinois avec qui nous avons discuté pendant le trajet nous aide à prendre nos billets d'entrée et de téléphérique et nous laisse son mail pour correspondre. Nous sommes partis pour les marches de l'Est, en téléphérique (heureusement, car il y en a des milliers). Et le beau temps est avec nous !!! Arrivés en haut, à 1650 m, le chemin est facile car tout est aménagé (béton et marches). Nous faisons une balade de 2h, en passant par des endroits magnifiques, aux noms exotiques : Mushroom Pavillon, Beginnig to beleave Peak, Refreshing terrasse, avant d'arriver sur l'imposante place de hôtel Behai. Nous savions à quoi nous attendre et nous ne sommes pas surpris par le béton. Nous continuons pour rejoindre hôtel Xihai (hôtel de l'ouest). Nous remarquons alors une grosse zone en travaux près de notre hôtel Nous laissons le sac à la réception, et reballade plus légers tout l'après midi. Il y a du monde, mais c'est largement moins que ce que nous croyions au départ. Nous sommes pourtant le week end, pendant les vacances scolaires. Certains points de vue sont plus encombré par les touristes, mais en patientant un peu, on se retrouve facilement seuls. Ayant récupéré une carte sur internet, nous savons à peu près quel tour nous voulons faire. Cloud dispelling pavillon, Echo wall, Flying over Rock, Top of Peaks (1730 m). Nous ne montons pas jusqu'au sommet, le "Bright Top" à 1800 m, car nous avons peur de perdre trop de temps. Nous voulons voir le coucher de soleil depuis "Purple cloud peak" et nous craignons être mal placés… Nous profitons de la vue majestueuse. Le coucher de soleil est magnifique. Nous sommes surpris de voir que beaucoup de Chinois partent quand le soleil est encore là… Décidément, un monde nous sépare ! Nous restons là jusqu'à ce que les couleurs rouges disparaissent. Ensuite, nous rentrons à hôtel Nous remarquons alors que malgré la nuit tombée, les engins ne se sont pas arrêtés… Ca nous laisse présager une bonne nuit ! Ce soir, ce sera chambre à part, Florent chez les hommes et moi chez les femmes. Je fais connaissance avec mes voisines de chambre, mais elle ne parlent pas anglais. Nous mangeons notre soupe de nouille et allons nous coucher. Tellement fatigués par cette journée, nous avons failli oublier d'aller chercher nos billets de train de retour ! Florent se dévoue pour aller les chercher. Mais les travaux continuent et les dortoirs donnent juste à coté… La nuit est très mauvaise. Merci Monsieur Cheng ! Nous ne saurons jamais pas s'il était au courant…
Hotel Xihai, 180 yuan en dortoir, salle de bain commune mais dans la chambre
Jour 20 : Huangshan, transfert à Tunxi et train de nuit pour Shanghai
Lever 4h30, nous ne voulons rien manquer. Mais à 1600 m, la nuit, il fait froid. Nous mettons tous nos vêtements les uns sur les autres et prenons le thermos de thé. Nous partons main dans la main, avec la lampe de poche, un peu endormis. Nous retournons à Purple cloud peak à environ 1/2 heure du Xihai hôtel Il y a déjà du monde, mais nous réussissons à trouver un coin isolé. Une petite gorgée de thé pour réchauffer l'atmosphère et le bonnet est n'est pas de trop. Nous attendons l'aurore patiemment, puis le jour se lève. Le top ! En fait nous n'avons jamais eu de brume. Pour le coucher de soleil, il y avait beaucoup de nuages au fond (qui ont caché le soleil sur la fin) et le ciel était limpide pour le lever. Un très bon souvenir ! Nous profitons du soleil encore une heure et rentrons à hôtel Nous décidons d'emporter le sac pour ne pas avoir à revenir. Ensuite nous nous baladons toute la matinée. Cette fois-ci, plus motivés, nous voulons monter jusqu'au "Bright Top summit". Nous laissons le sac à un hôtel sur le trajet afin de profiter au maximum ; on le récupèrera facilement au retour. Au sommet, bizarrement, il y a beaucoup plus de monde parce que l'endroit est étendu et vaste. Petite pause pique-nique en haut. Nous sommes les rois du monde ! Nous entamons la descente à 13h, il nous faut 1 heure jusqu'au téléphérique, puis 2-3 heures pour descendre les milliers de marches de l'est. Le plus impressionnant, ce sont ces porteurs, que nous avions croisés partout sur le site, chargés de blocs de marbre, linge, nourriture, barres de fer… Nous pensions qu'ils portaient les charges du téléphérique jusqu'aux hôtels (d'où le coût exorbitant), mais nous nous rendons compte qu'ils partent du bas de la vallée et ne profitent pas du téléphérique. Ah la Chine et ses contradictions ! La descente est laborieuse sur la fin, nous n'en pouvons plus de ces marches…. Ensuite nous attrapons le bus de retour vers Tangkou puis Tunxi, où nous prenons le train de nuit qui nous ramène à Shanghai. Encore en soft sleepers. Moins de chance avec nos voisins cette fois-ci, ils sont beaucoup plus âgés et ne parlent pas du tout anglais. Ils se couchent d'ailleurs très tôt. Nous rencontrons des Français et nous échangeons nos impressions de voyage. Comme ils ont faim, nous leur conseillons d'acheter les fameuses soupes de nouilles, aussi vendues dans le train. Comme le jeune couple chinois l'avait fait pour nous, nous leur montrons, non sans rire, comment préparer les leurs.
Jour 21 : quartier de Pudong, Nanjing Donglu (Shanghai)
Nous arrivons à Shanghai vers 9 h, en terre connue, nous prenons le métro et allons à notre hôtel Nous retrouvons un couple de Canadiens que nous avions croisés avant de partir dans le Huangshan. Long échange de nos péripéties et aventures. Nous sommes fatigués. Nous allons vers la nouvelle ville de Pudong, pour découvrir Shanghai de l'autre coté de la rivière. Nous passons près de grands magasins et de gratte-ciels que nous avions vus le premier jour, notamment la tour Perle d'Orient (en forme de boule, c'est la tour de la télévision de Shanghai). Nous décidons ensuite de retourner au grand magasin sur Nanjing Donglu pour faire nos achats. Quand nous en sortons, les bras chargés, il fait nuit. Nous admirons encore les lumières de la ville. Nous pensons soudain que nos calligraphies pourraient être "montées" en Chine, ce serait sûrement moins onéreux qu'en France, plus "typique" et mieux fait. Il ne nous reste que deux journées à Shanghai mais nous décidons de tenter notre chance le lendemain.
Shuyuan International Youth Hostel, 180 yuan, chambre twin, salle de bain privée
Jour 22 : Nanjing Lu et Bund coté intérieur (Shanghai)
Levés plus tard que d'habitude, c'est la fin des vacances et nous n'avons plus envie de visiter de site touristique en particulier. Sauf l'exposition universelle que nous voulons faire en nocturne, si le temps et la forme physique le permettent. Nous avons entendu tout et son contraire à son sujet et nous sommes moins motivés à présent. Notre mission de la journée : les calligraphies, que nous emportons comme un trésor. Nous demandons à notre sympathique réceptionniste où nous pouvons aller. Il ne sait pas trop quoi répondre mais nous envoie dans le quartier le plus approprié à son avis. Non loin de la place du Peuple, nous nous engouffrons dans la rue qu'il nous a indiquée. En peu de temps nous tombons sur un encadreur. Nous prenons notre courage à deux main et entrons sans aller plus loin. Chance, l'homme parle anglais. Il nous comprend parfaitement et nous propose tout de suite des tissus qui vont pouvoir aller avec nos dessins. Nous prenons conseil auprès de lui et arrêtons notre choix. Nous lui demandons son tarif, très raisonnable. Incroyable, pour ce prix il monte le cerisier sur du papier plus solide et le bambou, sali, sera nettoyé. Les deux seront montés sur du tissu tendu entre deux bâtons laqués. Il nous propose de les récupérer dans une semaine… mais nous partons le lendemain soir ! Nous le lui avouons. Pas de problème, ils seront prêts pour 15 h le lendemain… Le cœur léger, nous continuons le long de la rue. Nos tombons sur un marchand de baozi (petits pains farcis à la viande)… Sûrement l'un des derniers que nous pourrons déguster. Nous nous offrons ce petit plaisir du palais. Nous arrivons ensuite dans un quartier un peu plus pauvres, où nous trouvons des fruits et légumes, toujours bien disposés, en ordre, des vendeurs en tous genres (ferraille, plastiques). Mais le monde nous fatigue vraiment. Allées et venues, bousculade, coude à coude, gens qui parlent fort… Shanghai nous paraît beaucoup plus peuplée que Pékin. L'appel de la maison se fait sentir. Nous renonçons à l'exposition universelle sans regret. Nous continuons à déambuler autour de People Square puis remontons une rue qui mène au Bund. Cette fois-ci, nous arrivons par l'intérieur de la ville. Nous passons devant les façades des immeubles années 30. Nous rentrons dans la Shanghai Pudong & Developpement Bank, qui date de 1923, toujours en activité, mais a conservé les guichets de l'époque. Nous poussons ensuite jusqu'à la rivière et rentrons à notre hôtel, après un restaurant vietnamien pour une fois.
Jour 23 : Shanghai
Journée "off". Nous allons récupérer nos calligraphies, sublimées par les tissus soyeux. Nous baladons encore un peu dans le quartier de la place du peuple. A rajouter, j'aurais visité le musée de Shanghai (gratuit) mais nous avions renoncé devant l'affluence, et nous sommes lassés par la foule si bruyante. Dernier repas chinois… Derniers achats pour liquider nos yuans. Nous passons dans un supermarché et achetons des cacahuètes épicées, des nouilles et des épices. Ensuite, retour à hôtel pour prendre nos bagages. Nous prenons le métro jusqu'à l'aéroport mais nous avons prévu un peu "juste" : il s'agit du dernier, la ligne de l'aéroport s'arrêtant vers 20 h ! Nous quittons Shanghai et la Chine heureux de notre voyage, des souvenirs plein la tête. Un jour peut-tre que nous le complèterons par le Yunnan et le Tibet.
J'espère avoir apporté ma modeste contribution à Voyageforum, qui m'a été très utile pour ma préparation.
Voir aussi mon blog : http://voyages.deesse.grecque.over-blog.fr/
Avis et commentaires bienvenus.
De l'Ouest armoricain à l'Ouest américain English translation pending
Bonjour à tous et bienvenue sur la page de notre récit de voyage.Nous sommes Liliane et Théo, fans de l'Ouest américain, de sa roche rouge, son gigantisme et la gentillesse de ses habitants.
Ce texte a pour seul but de faire partager au plus grand nombre notre vécu dans cette partie du monde, et pourquoi pas, de donner l'envie d'y aller...
Nous tenons également à remercier très chaleureusement tous les membres de ce forum pour nous avoir permis de préparer notre séjour et en particulier:
aquilegia, bastinj, berenberg, cendryon, charlene1818, fabienneCA, frisoulette, Isap29, ITAT, JPEG13, krikri6792, lanfeust77, laurence49b, leSpartiate, le tigre, madikera,
Max68, Panisse, Papj59, pitimerguez, PSI31, roadtrippin, Sedonax, USAfan, Vazyvite, Virginath, Vnoa, Wavemaster, ...
Mille mercis pour leurs infos incontournables à Laurence et Dominique pour le site roadtrippin ainsi bien sûr qu'à Philippe et Thierry pour OuestUSA.fr.
NOTRE ROAD TRIP AU PAYS DE L'ONCLE SAM EN JUIN 2010:DE L'OUEST ARMORICAIN A L'OUEST AMERICAIN, SAN FRANCISCO ET LE GRAND CIRCLE
Dimanche 20 juin 2010:3 H15 le matin:Le réveil sonne mais nous sommes déjà éveillés, car ce matin nous repartons vers une destination fantastique:l'Ouest américain!!L'impatience liée au départ nous fait avaler très vite notre petit-déjeuner léger, nous sourions à l'idée de dîner ce soir à San Francisco.Pour nous, le début du voyage c'est déjà le moment où nous fermons la porte de la maison derrière nous.4H30:notre fidèle ami Bernard est pile à l'heure avec son dynamisme habituel pour nous amener à l'aéroport de Brest, première étape de notre périple, nous lui donnons une carte annotée qui lui permettra de nous situer jour après jour sur notre circuit.Nous traversons la campagne bretonne endormie, puis, 40 mn plus tard, se dessine dans l'aube naissante la silhouette caractéristique du très récent aéroport de la cité du Ponant, vision magique car presque toujours synonyme, pour nous, de porte d'entrée vers la découverte.Après avoir pris congé de notre ami, (surtout de l'avoir remercié de s'être levé si tôt pour nous!!), nous voici dans l'avion qui nous mène, d'un saut de puce de 55 mn, à Roissy où, 1H30 plus tard, nous nous asseyons dans le puissant Boeing 747 pour 11 H de vol vers San Francisco.Le vol se déroule tranquillement, nous discutons avec notre voisine, une Californienne de Sunny Valley très dynamique et sympathique (sa plus grande crainte est de ne pas réussir à faire passer à la douane américaine le camembert Le Rustique, qu'elle adore, acheté �� Paris et caché dans son sac, ce qui nous fait bien rire!!).Enfin voici le sol américain, il est 13 h, le temps est radieux, l'avion se pose doucement, vite, l'Amérique nous attend!!Le passage devant un officier d'immigration plutôt zélé nous fait un peu stresser, car nous arrivons à la même date que l'an dernier, chose que son ordinateur a du mal à accepter!Après un certain nombre de vérifications et questions précises (Où travaillez-vous?En quoi consiste votre travail?...), nous poussons un ouf de soulagement lorsqu'il nous autorise à passer.Nous récupérons nos bagages sans encombre puis nous dirigeons vers la station de BART(le RER local) afin de nous rendre au centre ville, où nous attend notre chambre d'hôtel dans Sutter Street, à la limite du Financial district.Lorsque nous sortons à Montgomery Station, nous sommes si heureux de retrouver Market Street que nous en oublions la fatigue.
La Transamerica Pyramid veille sur le Financial District
10 mn à pied et nous voici au Galleria Park, un joli hotel de centre ville:personnel accueillant, chambre très propre et bien décorée..Mais nous ne sommes pas là pour rester à l'hôtel, nous posons nos bagages et filons prendre le bus pour nous rendre à Alamo Square, toute première visite de notre voyage.C'est un coin de verdure qui tire son intérêt de sa situation, en hauteur, et surtout des maisons victoriennes très célèbres qui le bordent:les Painted Ladies.Nous y restons une demi heure, le temps d'y flaner un peu au milieu des étudiants et promeneurs du dimanche profitant d'un air printanier, puis nous décidons de descendre dans les rues adjacentes avant de reprendre le bus qui nous ramène à l'hôtel.Diner frugal, nous n'avons pas faim, la fatigue se fait sentir, petite pensée pour la Bretagne où nous étions ce matin, magie du transport aérien, nous nous endormons enchantés de retrouver cette ville que nous aimons tant.
Les très célèbres "Painted Ladies" devant Alamo Square
Lundi 21 juin 2010 : Le bruit de la circulation du centre ville, l'effet du décalage horaire et l'excitation liée à l'arrivée aux USA, font que nous sommes levés à 6 H en ce lundi matin.Petit coup d'oeil à travers la fenêtre vers le coin de ciel aperçu entre les bâtiments du Financial District autour:le soleil est levé, il fait très beau.Nous décidons très vite de notre programme:ce matin ce sera la visite de la Coit Tower, puis la traversée du Golden Gate à vélo vers Sausalito et retour en ferry, il nous fallait du soleil pour cela, alors c'est aujourd'hui.Nous avalons une tasse de café dans la chambre, grâce à l'habituelle bouilloire et les sachets de café présents dans la chambre, comme dans tous les hôtels, puis nous sortons et nous dirigeons d'un bon pas vers le restaurant Lorie's Dinner dans Powell Street où nous pourrons prendre le petit déjeuner.Nous croisons une foule d'employés se rendant au travail, un gobelet de café Starbucks à la main.Nous aimons chez Lorie's pour son décor années 50, juke box, distributeur de cigarettes, larges banquettes de moleskine rouge, pompe à essence, le tout d'époque bien entendu, et une armée de serveurs et cuisiniers en tenue rétro avec le calot réglementaire.Bien sûr, nous aimons aussi Lorie' pour ses scrambled eggs and sausages, ses pancakes doubles ou triples et ses hash browns potatoes que nous nous empressons de commander et de dévorer sur fond de musique des fifties, of course!
Lorie's Dinner au matin dans Powell Street
Le petit-déjeuner avalé, nous repartons vers Grant Street pour attraper le bus qui va nous conduire à Washington Square à travers Chinatown, le quartier chinois, (la plus grande ville chinoise hors d'Asie), grâce au Muni pass acheté la veille à l'aéroport qui nous donne accès à tous les transports en commun de la ville (cable car compris).La traversée de Chinatown se fait rapidement dans une succession de petits commerces et restaurants innombrables le long de Grant Avenue pour aboutir à Washington Square où un spectacle insolite mais habituel nous attend:on dirait que toute la communauté chinoise s'est donné rendez-vous pour pratiquer le Taï Chi.
Washington Square, à la limite de Chinatown
Nous traversons le square et passons devant l'église St Peter and Paul, et nous attaquons la montée vers la Coit Tower.Quelques minutes au pied de la tour pour admirer la vue sur le Pacifique, puis nous achetons nos tickets pour l'ascenseur qui nous mène au sommet, et là, la vue est à couper le souffle sur le Financial District, Lombard Street, Nob Hill, le Fisherman's Wharf.Nous y restons un moment, pour contempler et photographier probablement l'un des plus beaux points de vue sur le centre ville.

Ensuite, nous faisons le tour des fresques du rez-de-chaussée, puis nous commençons la descente vers les célèbres Filbert's steps jusqu'à Levi's Plaza, le siège mondial du fabricant de jeans.Nous nous asseyons quelques instants parmi quelques employés de la firme, l'endroit est très agréable et frais grâce à ses fontaines, ses petits coins de verdure.Nous longeons alors le port vers Fisherman's Wharf, haut lieu (trop!) touristique et passage obligé, car c'est là où nous allons louer les vélos pour traverser le Golden Gate.Nous trouvons sans mal le loueur, car les employés crient sans arrêt « bike the bridge, bike the bridge, d'you wanna bike the bridge??!! »Yes we want!
So let's go!Après un court briefing sur le parcours et les réglages du vélo par les employés, nous voilà partis.Nos premiers coups de pédales nous font passer devant Ghirardelli Square, puis une petite montée au niveau de Fort Mason pour redescendre sur Marina Boulevard qui nous conduit tranquillement à Fort Point via Mason Street.Là nous faisons une petite pause sous le Golden Gate, en compagnie du tacot de Mr Toad's, de quelques Go Cars(ça, c'est pour demain!) et d'une poignée de surfeurs qui profitent de la vague d'entrée de la baie.Nous repartons après quelques minutes, et là, c'est moins drôle, la route se met à monter sérieusement pour se mettre au niveau du pont, alors faut y aller!Nous arrivons bien essouflés à l'entrée du pont, quelques photos sur un petit parking puis nous nous engageons sur le trottoir côté baie puisqu'il est moins de 15 h, au milieu des piétons et des autres vélos.La traversée du Golden Gate est un très bon moment, nous sommes particulièrement réjouis de rouler sur ce si célèbre ouvrage d'art.A la sortie, nous prenons Alexander Avenue pour nous laisser descendre très facilement vers Sausalito que nous connaissons déjà.Nous flanons un peu au bord de l'eau, puis nous décidons d'aller attendre le ferry, et là, surprise, il y a déjà une file impressionnante de cyclistes pied à terre à l'embarcadère.Heureusement, nous n'avons pas trop tardé!

Le ferry quitte Sausalito puis passe derrière l'île d'Alcatraz, en ralentissant, s'il vous plaît, pour nous laisser le temps de filmer le pénitencier, et c'est l'arrivée au Ferry Building.De là, nous longeons pendant quelques minutes le Fisherman's Wharf pour nous retrouver chez Blazzing Saddles, le loueur, où nous rendons les vélos ainsi que les tickets de ferry que nous n'avons pas utilisés car plus cher que sur le bateau (les petits malins!).Nous renonçons à prendre le cable car pour revenir à l'hôtel, car il y a foule comme d'habitude au terminus de Hyde Street, alors tant pis, ce sera retour en bus, c'est moins pittoresque mais plus rapide.Nous passons un peu de temps à flâner dans Market Street, puis nous dînons d'un morceau de pizza avant de rentrer nous coucher fatigués, mais heureux de cette autre journée à San Francisco.

Mardi 22 juin 2010 : Lever à 6h45, puis, comme d'habitude, petit café dans la chambre avant de sortir.Ce matin nous avons décidé de prendre le petit-déjeuner chez Sear's Fine Food dans Powell Street.Quelques minutes à pied et nous y sommes, le restaurant se trouve un peu au delà de Union Square.Nous y entrons et découvrons une immense salle dont toutes les tables semblent occupées, les serveurs courent partout, on entend un brouhaha intense.Une serveuse nous indique notre table et nous tend le menu à la volée avant de courir servir le café à la table d'à côté.La carte des omelettes est impressionnante, comme le reste d'ailleurs!Nous prenons un succulent et copieux petit-déjeuner, avec café à volonté bien sûr, nous sommes aux Etats-Unis!Nous prenons notre temps mais la serveuse vient voir souvent si nous avons fini, c'est un peu l'usine, les tables s'emplissent et sont desservies sans arrêt.Lorsque nous sortons après avoir passé un très bon moment, nous longeons la file impressionnante de clients attendant sur le trottoir une table chez Sear's, contents d'être arrivés à la bonne heure!
Bien maintenant, il est temps d'attaquer le programme de la journée:un coup d'oeil au plan de bus et nous voilà partis à pied vers le Civic Center pour attraper le bus qui va nous mener au coeur du quartier hispanique:Mission.L'hôtel de ville de San Francisco est massif, immense et possède, nous trouvons, quelque chose de parisien avec sa grande coupole grise et dorée.
L'imposant City Hall de San Francisco au Civic Center
Quelques vendeurs de tacos, Mexicains sans doute, discutent entre eux du match Uruguay-Mexique, nous passons tête basse car la France a piteusement perdu le match contre le Mexique plusieurs jours auparavant!!A deux pas du City Hall, voici notre arrêt de bus, nous embarquons dans le 49 jusqu'à la station de la 24ème rue.Nous descendons alors au milieu des petites maisons très colorées et nous engageons dans la 24th Street jusqu'à notre destination:Balmy Alley.C'est une toute petite rue dont toutes les façades, garages, murs sont recouverts de fresques très colorées, la plupart sur le thème de l'immigration.Nous admirons plus particulièrement celle qui s'appelle « la lettre » de par le dessin et surtout son texte en Espagnol bien sûr.En revenant à l'arrêt de bus, nous passons devant d'autres peintures tout aussi belles mais plus espacées.

La lettre:elle travaille dur en Californie, il est resté au pays, elle espère qu'il pourra la rejoindre...


Nous reprenons la ligne 49 encore une fois jusqu'à Fisherman's Wharf, là nous nous dirigeons vers Blazzing's saddles, où nous entendons « d' you wanna bike the bridge? », alors nous répondons « no, we wanna rent a Go Car!! »
Le Go Car c'est cet espèce de petit véhicule à 2 places mû par un moteur de scooter, et qui va nous permettre de découvrir San francisco grâce à son GPS parlant (en Français s'il vous plaît!!) intégré.Après une courte formation, nous voilà partis dans les rues, pas très fiers vu la taille de notre engin à côté des grosses berlines américaines, mais nous rions sans cesse en conduisant car ces véhicules jaunes font le spectacle partout où ils passent.Nous longeons le port vers Fort Point, nous peinons en côte et là nous entendons le GPS: »vous n'auriez jamais pensé que nous y serions arrivés n'est-ce pas ??!! ».Ensuite, direction le Golden Gate, où nous sommes à 2 doigts de prendre la bretelle (le pont est strictement interdit aux Go Car), le GPS s'affole «you're going the wrong way, you're going the wrong way », il ne sait plus s'il doit parler Français ou Anglais alors que nous faisons demi-tour en plein virage!!Encore une crise de rire!!

2 minutes plus tard, nous nous égarons en cherchant Lincoln Boulevard, nous nous arrêtons pour regarder le plan de la ville.Une voiture s'arrête alors à notre hauteur, nous pensons lui demander le chemin, pas de chance il est perdu aussi et nous demande le chemin du Golden Gate, que nous savons lui indiquer!Nous repartons, et enfin, le GPS trouve la route, sauvés!Plus loin, nous passons devant le monument de la Légion d'Honneur, c'est alors qu'un groupe d'officiers de l'US Navy en grand uniforme blanc immaculé, sort d'un bus, les militaires s'empressent tous de sortir leur appareil photo et nous voilà mitraillés, faisant des coucous dans notre petit engin, chose qu'ils n'avaient sans doute jamais vu!!Une crise de rire de plus!!
Le temps change, il fait très frais maintenant, et nos polaires ne sont pas de trop alors que nous traversons le Golden Gate Park.Au croisement avec l'autoroute 101, nous ne savons pas trop où aller, nous démarrons et nous apercevons trop tard que nous nous engageons sur la 101, alors que le GPS nous avait bien dit de faire attention aux files, les filles derrière nous aussi en Go Car font une manoeuvre in extremis pour ne pas nous suivre, tandis que nous nous garons sur le trottoir.Un passant avec son chien nous aperçoit, attache son chien à un arbre et vient aider Liliane à pousser le Go Car, il n'y a pas de marche arrière.Liliane saute dans la voiture, nous remercions le passant et prenons à contresens( bien sûr!!), la bretelle de l'autre côté, alors qu'aucune voiture ne vient.Ouf, nous voilà sauvés, heureusement qu'il n'y avait pas de policeman à l'horizon, car j'ai encore besoin de mon permis pour la suite de notre voyage!Nous traversons alors le quartier branché de Haight Ashbury avec ses boutiques extravagantes, dommage, nous n'avons pas trop le temps de nous y arrêter, ça a l'air très sympa.Le GPS nous propose d'agrandir notre boucle par un passage aux célèbres Twin Peaks pour une magnifique vue sur la ville, mais, au vu du brouillard autour de nous, nous décidons de ne pas y aller.Nous continuons par le Presidio, ex base militaire qui sert aujourd'hui entre autres, de siège à Lucasfilm, la société de production de George Lucas.Le GPS nous accompagne fidèlement en nous racontant l'histoire des différentes parties de la ville.Nous voici arrivés au nord, prêts à descendre, debout sur les freins, la plus connue des rues en pente du pays:Lombard Street.Nous attaquons dare-dare l'enfilade des 8 virages de la pente à 26°, tout en filmant et toujours mitraillés par les touristes présents au milieu des parterres d'hortensias en fleurs, que nous faisons, encore une fois, bien rire!!Il est alors temps de prendre le chemin du retour vers Blazzing's Saddles, où nous quittons à regrets notre petit engin jaune, après 3 heures de circulation à 35 mph maximum dans toute la ville.
Un petit goûter au Starbucks du coin, nous reprenons le bus vers les Yerba Buena Gardens pas loin du Civic Center, très beaux jardins modernes de centre ville, alliance réussie entre les matériaux urbains et les végétaux.Liliane en pince pour le joli manège à chevaux de bois installé là.



Le soir arrive, nous allons diner tôt au Mason Café, un petit restaurant très sympa dans Mason street, où l'on mange de délicieuses salades et où le patron est fan de Paris, on y voit des aquarelles de la ville partout accrochées au mur.Le retour à l'hôtel se fait à pied, nous nous couchons tôt, un peu fatigués encore, et le lendemain matin, pas de temps à perdre, nous avons un avion à prendre!
Mercredi 23 juin 2010 :Lever à 6h:ce matin, il faut faire vite, nous partons pour...Las Vegas!!Nous prenons un rapide petit-déjeuner au Starbucks du coin de la rue (eh oui, nous adorons Starbucks!!), puis nous nous pressons vers la station de BART de Montgomery à 10 mn à pied.Là, nous ne trouvons pas l'escalator pour y descendre, c'est alors que 3 personnes nous proposent successivement leur aide, le dernier quittera même spontanément la file de son petit-déjeuner pour nous aider à descendre 3 volées de marches jusqu'au quai du BART avec nos bagages, ce dont nous le remercions chaleureusement!!Encore une fois, vive l'attention aux autres des Américains!!

Arrivés à l'aéroport, nous nous dépêchons d'attraper l'Airtrain qui nous conduit au terminal 1, où nous apprenons que notre vol aura 2 h de retard!
Bon, c'est les vacances alors nous restons philosophes, ce n'est pas grave!Nous décollons donc à 12H40 sur Southwest, nous survolons la Sierra Nevada, puis le désert brûlant du Nevada, enfin nous apercevons les premiers quartiers de Las Vegas.Nous atterrissons à l'aéroport MacCarran à 14h20, nous voyons déjà les silhouettes familières du Mandala Bay, du Luxor, du MGM à travers le hublot.
Le « baggage claim » de MacCarran donne le ton:il y a des machines à sous partout et nous nous en amusons.Nous sortons du terminal climatisé et là, la chaleur nous tombe dessus, il fait 103°F(39,5°C) le vent brûlant nous déssèche instantanément, quel contraste, il faisait 18°C à San Francisco.La navette nous conduit au Car Rental Center, distant de 3 km du terminal, nous passons très vite chez Alamo car il n'y a personne à attendre et nous avions réservé depuis la France.

Nous choisissons un Ford Escape blanc parmi la douzaine de véhicules prêts à la location, il est très récent, a une bonne garde au sol (pour les pistes!) et est très bien équipé.Nous sortons notre fidèle ami TomTom (merci Elodie!) qui a fait aussi le voyage depuis la France, et c'est parti, direction le Premium Outlet par l'I15 North pour une petite après-midi shopping.Nous passons trois bonnes heures à déambuler dans cet immense centre commercial, faire quelques achats, un petit goûter au Starbucks évidemment, puis nous reprenons l'I15 vers le sud pour rejoindre notre hôtel au coeur du Strip:l'Imperial Palace.Nous garons la voiture dans le parking à étages, nous dirigeons vers la réception en traversant bien sûr tout le casino, enfin entrons dans notre chambre au 13ème étage dont la vue donne sur la piscine et sur le Flamingo voisin.
Le (difficile!) choix de la voiture au car rental center

Il est 19h mais pas le temps de se reposer, nous sommes à Vegas et nous voulons en profiter, alors on repart tout de suite!Nous marchons vers le sud du Strip nous frayant un passage parmi la foule qui commence à grandir sur les trottoirs, eh oui, Las Vegas vit essentiellement le soir.Nous commençons par le Harley Davidson Café, plutôt ringard, ou alors pour les fans, et nous sommes contents de retrouver les 4 étages de la boutique M&M's, un magasin délirant où il y a foule pour admirer ou acheter tous les objets à l'effigie de la marque, du distributeur de M&M's au pyjama en passant par la cravate et la déco de Noël!Géniale cette boutique!



Il fait faim alors où allons-nous manger?!Il n'y a que l'embarras du choix, nous décidons d'essayer le restaurant mexicain du Planet Hollywood.L'endroit est assez branché, un groupe d'américains, la trentaine, fait la fête sur la table à côté de nous, à grand renfort de Corona.Le repas est excellent, nous ne sommes pas déçus, nous quittons assez vite le restaurant alors que nos voisins de table commencent à ne plus savoir où ils sont!
La fatigue se fait sentir mais notre envie de parcourir le Strip est la plus forte alors nous continuons par la boutique Coca-Cola, dans le même esprit que M&M's mais sur deux étages seulement.Petit achat de teeshirts au Hard Rock Café à côté, nous remontons tranquillement vers l'Imperial Palace dans la chaleur plus supportable du soir, maintenant le Strip est tout illuminé (c'est peu de le dire!), nous atteignons notre chambre à 23h30, très fatigués, nous tombons aussitôt dans un profond sommeil.
Jeudi 24 juin 2010 :Lever difficile à 7h.Nous avions prévu d'aller visiter Red Rock Canyon à une demi heure de Vegas, mais nous abandonnons l'idée et décidons de rester en ville pour nous reposer un petit peu, les vacances ne font que commencer!
Petit-déjeuner rapide au fast food de l'hôtel, nous voici dehors, nous passons voir les flamands roses au Flamingo, traversons le Strip pour nous rendre au Bellagio, où nous sommes soufflés par la beauté des très fleuris jardins saisonniers.

Un saut à l'imposant et célébrissime Caesar's Palace avec son atrium, ses statues, son aquarium, son Apple Store(!) et bien sûr, comme toujours, le casino démesuré avec ses machines, tables de poker, roulettes...Nous descendons, il commence à faire chaud encore du shopping dans le Miracle Mile Shop, immense galerie commerciale dans le Planet Hollywood.Nous déjeunons chez Earl of Sandwich et retournons à l'hôtel pour une petite sieste réparatrice d'une heure.

Allez, on repart, direction le Nord du Strip nous allons visiter le très luxueux Wynn.

Nous ne sommes pas déçus, la galerie est grandiose et très élégante, le couloir longe les boutiques de luxe et débouche dans un superbe espace végétalisé.


Un petit passage à l'Encore, le jumeau du Wynn et nous continuons vers Bonanza « le plus grand magasin de souvenirs du monde », pour y acheter une dizaine de jeux de cartes des différents casinos de Vegas.En sortant, nous attendons le Deuce qui nous amène tout au nord du Strip, dans le vieux Vegas, à Fremont Street, alors que la nuit tombe.

Le bus nous dépose, nous courons vers l'écran géant au dessus de la rue car le Fremont Street Experience a commencé:une foule dense a les yeux tournés vers l'écran géant qui recouvre entièrement la rue de bout en bout alors que « Light my fire » des Doors arrive à nos oreilles.Extraordinaire!


La projection est finie, nous nous dirigeons vers les 4 casinos qui ont fait connaître Las Vegas:le Binion's, le 4 Queens, le Fremont et le Golden Nuggets qui renferme la plus grosse pépite d'or connue au monde.


C'est dans ce dernier casino que nous décidons de dîner au buffet, excellent, et pas très cher, puis nous déambulons dans la salle de casino qui connaît maintenant (il est 22h) une intense activité, nous nous amusons à observer les joueurs et badauds parmi lesquels on peut croiser des hommes et des femmes à l'apparence hypersophistiquée, tenue de soirée impeccable, maquillage et coiffure soignés, comme des personnes tout droit sorties de l'Amérique profonde en running shoes et maillot de basket, c'est ça Las Vegas!!
A 23 h nous décidons de rentrer en bus, le problème c'est que tout le monde a décidé de descendre vers le sud du strip à cette heure-là, le Deuce est archi bondé, nous mettons presque une heure à regagner notre hôtel à 4,5 miles, il est grand temps de se coucher à plus de minuit, nous sommes épuisés une fois de plus, et il y a de la route le lendemain!
Vendredi 25 juin : Lever à 7h encore difficile!!Bon anniversaire Liliane!Au revoir Las Vegas, nous partons ver l'Est, direction Grand Canyon!Nous aimons bien Sin City, la ville de tous les délires, nous la prenons au second degré, comme un immense parc d'attraction malgré certains aspects pas très reluisants, c'était notre 2ème séjour et nous y retournerons probablement.Pour l'heure, il est temps de monter à bord de notre Ford Escape au garage de l'Imperial Palace et de prendre la route.Après une heure, nous arrivons à l'impressionnant Hoover Dam, le barrage sur le lac Mead, que nous traversons, nous faisons un bref arrêt sur le parking de l'autre côté pour la photo et le film, il fait déjà très chaud, 103°F(39,5°C) il est 10h.
Le niveau d'eau descend toujours dans le lac Mead...

Nous reprenons la route, des ouvriers construisent une autoroute parallèle à notre voie, nous nous demandons comment ils peuvent supporter la chaleur du désert tout en travaillant!
C'est alors que le GPS nous induit en erreur, au lieu de prendre la fameuse route 66 à Kingman, nous tournons sur l'interstate 40 jusqu' à Seligman où nous nous arrêtons pour déjeuner au Canyon Café.Bon, pas grave pour la 66, ce n'était pas non plus un temps fort du voyage!Seligman nous déçoit aussi un peu, tout ce décor authentique avec ses motels, ses vieilles voitures, ..., fait désuet, voire, allez j'ose, ringard, le mythe en prend un coup!Les commerces en bois façons western et la profondeur du paysage alentour en font quand même un lieu particulier.



Nous continuons vers Grand Canyon, le temps change, nous essuyons quelques gouttes de pluie et nous perdons 15°C au passage, ce qui nous rend un peu inquiets pour le coucher de soleil.Arrivée vers 16h30 au Maswik Lodge, nous prenons possession de notre petite cabine sous les arbres, puis nous rendons au bord de la rim, contempler cet abîme sublime dont la beauté nous a fait revenir cette année encore...
Nous ne nous attardons pas trop longtemps car nous avons prévu d'aller admirer le coucher de soleil plus loin.Nous allons en voiture jusqu'au petit parking, puis nous engageons d'un bon pas dans un large chemin forestier pour une marche de 3/4 d'heure jusqu'à un endroit unique sur la rim:Shoshone Point.



C'est un promontoire naturel qui s'avance tel une proue de navire dans le Canyon, à l'extrémité duquel se dresse un monolithe qui semble veiller, sentinelle immobile, sur cette splendeur de la nature.Le point de vue dépasse toutes nos espérances, nous sommes absolument seuls, le spectacle du soleil qui descend lentement sur les roches, les fait passer par toutes les couleurs chaudes, pour finalement les embraser de rouge flamboyant, nous chavire et nous procure un grand sentiment de plénitude et d'émerveillement(encore un grand merci à Ouestusa.fr, Philippe et Thierry qui nous ont indiqué ce lieu)...
Nous y restons un long moment, puis dès que le soleil s'est couché, il faut repartir très vite vers la voiture, car le chemin du retour s'effectue dans la pénombre et nous ne voulons pas tomber nez à nez avec un puma!
Le dîner à la cafétéria du Maswik est rapide, nous sommes encore absorbés par le coucher de soleil sur le canyon et nous allons dormir dans la foulée.
Samedi 26 juin : Lever à...4h45:Oui, pour le lever de soleil!

Nous sortons silencieusement de notre cabane dans les bois, quelques minutes de marche et nous voilà à nouveau au bord de la rim avec quelques autres lève-tôt, tous transis de froid.Le lever de soleil est très beau, mais nous ne sommes pas au meilleur endroit, nous apercevons 2 elks qui grimpent, presque à la verticale la pente devant nous, alors que les premiers randonneurs descendent dans le canyon par le Bright Angel Trail.
Retour à la caféteria pour un petit-déjeuner rapide, et nous voici dans la navette qui nous dépose à Hopi Point pour une petite randonnée au matin sur la rim vers Mohave Point.Le chemin d'Hermit Rest Road tutoie l'abîme et serpente de point de vue en point de vue pour une ballade tranquille.
Nous quittons un peu vite et à regret le site de Grand Canyon, la faute à un programme chargé!On reprend la route vers l'Est par le Desert Drive, nous descendons doucement et la végétation change à mesure que la température augmente!Nous pique niquons à Cameron, un trading post au milieu du désert, nous avons retrouvé la chaleur il fait 98°F(36,5°C).Un petit arrêt photo à Navajo Bridge, un double pont métallique au dessus du Colorado puis c'est l'arrivée à Lee's Ferry, l'endroit d'où partent les rafts sur le Colorado.



Il y en a un en préparation, il est démesuré et suréquipé.La chaleur est difficilement supportable alors nous voulons nous rafraîchir dans la rivière, mauvaise idée, l'eau est glacée, nous sortons aussitôt tandis que les préparateurs du raft, eux, s'y baignent facilement!
Nous repartons, quelques photos aux mushrooms et nous laissons la voiture sur le bord de la route, au départ d'une randonnée un peu hors des sentiers battus:Cathedral Wash.

Petite hésitation au départ, nous en avons pour trois heures de marche et il fait très chaud.Allez, on est courageux et là pour ça, alors on part!La ballade commence tranquillement dans un wash très facile à suivre, le sol est sableux.



Le chemin se fait plus étroit, les parois s'élèvent, nous comprenons vite qu'il faut quitter le fond pour grimper sur les parois pour pouvoir continuer.C'est l'intérêt de la rando:le jeu consiste à chercher son chemin sur les roches en réfléchissant bien aux endroits où monter et descendre, et à utiliser une technique de sioux (pardon, de Navajo!) pour trouver les empreintes de pas de nos prédécesseurs!
A environ une heure du départ, nous sommes à présent bien engagés dans le canyon et donc, à l'ombre, c'est important!La fatigue se fait sentir et Liliane décide de ne pas continuer et de m'attendre, la ballade est un aller-retour et non pas une boucle.Je continue seul, donc, à passer d'un rocher à l'autre, puis, au bout d'une demi heure un murmure s'élève, le vent? non, je crois savoir de quoi il s'agit, à ce moment les parois du canyon s'abaissent puis disparaissent, un large chemin sableux apparaît, le murmure se fait plus fort, encore quelques centaines de mètres et, oui , c'est le fleuve Colorado qui coule là devant moi, large et puissant.Comme Philippe et Thierry dans OuestUSA.fr l'ont écrit, je ressens un sentiment de joie et d'accomplissement à la vue de l'eau, quelle récompense au bout du chemin!

Enfin, le Colorado!!!
Je reste là quelques minutes espérant voir passer un raft, puis je repars, Liliane doit m'attendre.Je la rejoins au bout de ¾ d'heure de marche et je lui raconte la superbe fin de la rando, elle regrette alors de n'avoir pas continué car la dernière partie était, je pense, tout à sa portée.Nous retournons tranquillement au petit parking, il fait toujours très chaud (104°F/40°C à 17h15), nous remontons dans la voiture direction Page, petite ville dortoir au bord du lac Powell en plein désert.Nous dînons au Dam Bar Grill, très bon et service très sympathique et agréable, puis nous retournons au Quality Inn pour une nuit bien méritée!
Dimanche 27 juin : Lever à 7h, nous prenons un solide et succulent petit-déjeuner à l'hôtel, puis nous sortons de Page passant devant la quinzaine d'églises différentes de la ville, pour nous rendre pas très loin, pour un autre temps fort du voyage:Lower Antelope Canyon.
Arrivés à la cahutte au bord de la route, nous nous inscrivons pour le tour de 10h, puis nous patientons sous l'abri en tôles, il fait déjà 84°F(29°C), le temps est superbe.
Notre guide arrive, il s'appelle Brad, c'est un jeune Navajo d'une vingtaine d'années, il appelle le groupe de 10h, nous sommes à peine 10, et c'est parti!
Nous marchons dans le sable jusqu'à la plaque installée à la mémoire des 11 personnes (dont 7 Français) victimes d' un flash flood en 1997:un orage s'est déclenché en amont du slot canyon, l'eau est montée très vite et a piégé le groupe au fond, qui n'a pu remonter en raison de l'étroitesse de l'endroit et du nombre insuffisant d'échelles.Brad nous rassure en nous indiquant que, depuis, l'entrée et la sortie ont été inversées et le nombre d'échelles, adapté.
Nous continuons jusqu'à la faille d'entrée en nous demandant comment nous allons pouvoir y pénétrer tant c'est étroit.

Nous nous glissons pas après pas et découvrons une première échelle métallique qui nous conduit d'une volée de marches, au fond du canyon.Nous progressons lentement, encadré par les parois, subjugués par la beauté de la roche ocre sculptée patiemment par l'eau, découvrant, grâce à Brad, les formes inscrites autour de nous.Nous croisons un ou deux autres groupes, et Brad nous propose naturellement de prendre des photos ou de nous indiquer les meilleurs endroits pour le faire.



La visite s'achève au bout d'une heure de déambulation, nous remontons par une dernière grande échelle qui nous fait quitter la fraîcheur relative du canyon pour arriver dans la fournaise du désert.

Quelques dizaines de mètres dans le sable, et nous voici à notre point de départ.Nous remercions chaleureusement Brad grâce à qui nous avons fait une visite mémorable du canyon, puis nous reprenons la 98, vers l'Est.
Nous déjeunons rapidement dans la voiture après nous être arrêté dans une supérette au bord de la route, enfin, nous arrivons dans un autre endroit mythique de l'Ouest:Monument Valley
Il est 15h mais à cause du jeu subtil des différences d'heures entre l'Arizona et la réserve Navajo, nous devons avancer nos montres d'une heure lorsque nous arrivons au coeur du parc.Nous allons prendre notre chambre au View, l'hôtel qui fait face au site et nous ne sommes vraiment pas déçus, nous avons rarement vu un hôtel implanté dans un lieu si exceptionnel tout en y étant parfaitement intégré.Nous reprenons alors la voiture pour emprunter la piste de 17 miles qui passe au pied des différentes Buttes, heureusement nous avons un SUV avec une garde au sol importante, car la piste est en mauvais état, les voitures type berline paraîssent avoir quelques difficultés à passer dans les trous et dans le sable mou, il y a même un camping-car et nous ne l'envions pas du tout!





Nous parcourons la piste à vitesse réduite, dépassés souvent dans un nuage de poussière par les 4X4 des Navajos auxquels on peut acheter un parcours.Monument Valley se dévoile à nous majestueusement à mesure que nous avançons, John Ford's Point, Artist's Point, les Buttes, nous touchons du doigt le symbole de l'Ouest américain, on a l'impression qu'on va croiser à tout moment une diligence poursuivie par des Indiens!
2H plus tard nous finissons la boucle, avec un goût de trop peu, notre SUV blanc est couvert de sable rouge, c'était un super moment!!
Nous dinons au restaurant du View, très bon, le service avec le sourire et pas cher contrairement à ce que l'on peut penser, la vue en plus et quelle vue!Nous profitons de la douceur du soir pour contempler une fois de plus les Buttes depuis la terrasse du visitor center, on ne s'en lasse pas, une musique planante s'élève dans la quiétude du crépuscule, on est loin de tout c'est le bonheur!


La nuit est maintenant tombée, pour bien finir la journée un vieux western en noir et blanc avec John Wayne (le titre?Ne sais plus, pas grave!!) est projeté sur le mur de l'hôtel avec en guest star bien sûr, le fabuleux paysage là, en bas, qui a servi de décor maintes et maintes fois dans des films.Encore un moment unique!
Lundi 28 juin : Lever à... 4h30, eh oui, pour les photos des Buttes à l'aurore!C'est vraiment pas compliqué au View, on sort du lit, on fait trois pas pour atteindre le balcon, le paysage s'offre à nous, moins impressionnant, c'est vrai, qu'au sunset mais quand même magique.Le temps de faire la photo, hop, trois pas dans l'autre sens, je retourne au lit pour un moment, pas fou quand même!!

Nous nous levons réellement à 7h pour retrouver ce paysage de carte postale alors que le soleil est déjà haut, nous allons avaler un copieux et délicieux petit-déjeuner, toujours servi avec le sourire.Pas à dire l'hospitalité Navajo n'est pas un vain mot quoiqu'on en dise.Un petit tour au visitor center pour en apprendre plus sur la nation Navajo, intéressant mais dirigé presqu'exclusivement vers le rôle qu'ont tenu les Navajos pendant la seconde guerre mondiale (voir le film Windtalkers) pour assurer les communications de l'US Army dans le Pacifique, donc un exposé pour le moins incomplet.La boutique de l'hôtel présente de beaux objets, mais hors de prix, nous ne nous y attardons pas.John Wayne y est omniprésent, il y a un portrait géant de lui sur le mur avec sa fameuse devise: »A man has got to do what a man has got to do », trop fort John, quel philosophe!
Nous quittons vraiment à regrets le parc, c'est l'un des endroits qui nous a marqués le plus dans notre voyage, mais nous avons encore plein de choses à découvrir.Après quelques kilomètres, nous nous arrêtons pour prendre la célèbre photo, en pleine ligne droite, la route qui rejoint l'horizon près des silhouettes lointaines de Monument Valley, donnant au tableau une formidable impression de profondeur et d'espace.Mythique!

Un peu plus loin nous bifurquons pour aller jeter un coup d'oeil aux lacets de la San Juan River, c'est Gooseneck Overlook où nous restons peu de temps car une autre piste nous attend:Valley of the Gods.Semblable à la piste de Monument Valley, elle mesure aussi 17 miles, mais nous ne sommes vraiment pas nombreux à la parcourir à allure assez soutenue dans un nuage de poussière, cette fois notre valeureux Ford Escape est complètement rouge!


1h30 de virages, de creux et de bosses plus tard, le tout dans un environnement grandiose, nous sortons pour nous attaquer quasiment tout de suite, à une fameuse route en lacet, non goudronnée bien sûr:Moky Dugway.Cette étroite piste à flanc de montagne grimpe vertigineusement en lacets, la plaine que nous venons de quitter se fait toute petite au fur et à mesure, et...non, il vaut mieux ne pas trop regarder en bas!
Une petite frayeur, nous croisons un énorme camion benne en charge, il roule comme sur le périph' à Paris, seulement il descend, lui, il est donc du bon côté de la montagne, pas nous, petit instant de tension, on garde bien la ligne et ça passe plutôt bien alors que nous traversons tant bien que mal le nuage de poussière qu'il a soulevé.Nous atteignons le sommet sans encombre, sans croiser personne d'autre, regrettant presque d'y être déjà!
Petit arrêt à Monticello, nous galérons un peu pour trouver notre déjeuner, nous nous rabattons sur des sandwichs de station service vite avalés, car nous ne sommes pas en avance sur le timing, nous prenons la route de Canyonlands, The Needles, où nous avons prévu une petite randonnée.
La route est un peu monotone, nous traversons de grandes étendues « open range », mais sans apercevoir aucun animal.Nous arrivons au visitor center de The Needles à 16h45, nous y passons un peu de temps, nous reprenons la voiture pour atteindre le départ de notre rando, c'est tout au fond du parc:Slickrock Trail.Il fait encore très chaud (96°F/35,5°C) lorsque nous attaquons la marche sur le slickrock.Nous progressons rapidement, le chemin est très bien balisé par les nombreux cairns présents, nous nous permettons même d'indiquer le chemin de retour à un groupe d'Américains qui a trouvé le moyen de se perdre!


La rando est superbe, dans un environnement très minéral, la progression est très facile car ce n'est que du rocher sans dénivelé important.Nous apercevons au loin les aiguilles rocheuses qui donnent leur nom au parc, nous passons une succession de points de vue dégagés sans croiser personne.
Nous terminons la boucle à 18h10, ravis, mais nous regrettons de n'avoir pas eu plus de temps pour parcourir la rando reine de The Needles:Chesler Park.Il faudra revenir!
Retour en voiture, nous avons encore quelques miles à avaler jusqu'à notre hôtel à Moab.Nous mettons plus d'une heure et demie à rallier la mecque du VTT, et nous ne sommes pas fâchés lorsque nous arrivons devant la réception de l'Inca inn, bien fatigués de la journée et des kilométres parcourus.L'accueil du réceptionniste nous remet d'aplomb, il est très jovial et sympathique, nous explique plein de choses sur Moab et nous indique last but not least, le restaurant d'à côté, où, paraît-il, on sert d'énormes assiettes de spécialités américaines et mexicaines, c'est le restaurant où aiment se retrouver les locaux.Ni une ni deux, nous avons faim et décidons de le tester, nous ne sommes pas déçus, c'est excellent et vraiment pas cher.Enfin nous allons nous coucher, nous sommes vannés et nous devons être en forme pour le lendemain, car il y a de la rando au menu!
Mardi 29 juin 2010 : Lever à 6h30.Petit-déjeuner vite pris à la réception de l'hôtel, nous nous mettons en route pour le parc d'Arches, tout à côté de Moab.Comme d'habitude, nous nous arrêtons au visitor center pour en apprendre le plus possible sur l'endroit où nous nous trouvons, même si nous savons déjà quelle rando nous allons faire.Celui d'Arches ne nous déçoit pas, tout est bien expliqué, voire bien approfondi, notamment sur la géologie, les rangers sont disponibles et très accueillants.Nous parcourons ensuite les 18 miles qui nous séparent du fond du parc car nous avons choisi d'explorer Devil's Garden avant que la chaleur ne nous écrase.
Nous sommes au départ du trail à 9h25, ce n'est pas tôt, mais tant pis, il y a déjà beaucoup de voitures sur le parking.Sacs au dos, crème solaire, vérification de l'eau (très important) et nous voilà partis.
A l'entrée de Devil's Garden, le matin
Les premiers yards, jusqu'à Pine tree Arch, nous sommes relativement nombreux, puis à mesure que nous avançons, nous nous retrouvons presque seuls, alors que le soleil monte dans le bleu azur du ciel de l'Utah et que la chaleur se fait déjà bien sentir.

Le trail est magnifique, mais pas des plus faciles, c'est une alternance de montée sur le slickrock, de passages dans le sable très fin, puis sur un sentier caillouteux.Nous marchons parfois sur une crête arrondie avec du vide de chaque côté, j'adore!!

Les arches naturelles se succèdent, plus élégantes les unes que les autres:Landscape Arch, Partition Arch, Navajo Arch, encore une fois, la nature a fait un sans-faute.

Au bout d'1h30 de marche nous arrivons au bout du trail, c'est Double O Arch, qui nous attend pour nous offrir son ombre protectrice et bienvenue.Cette arche est en fait une superposition de deux petites arches, d'où son nom.Le propre de l'humain étant la curiosité, nous ne résistons pas à l'envie de passer à travers l'arche inférieure pour aller voir derrière:outre la fraîcheur, nous rencontrons deux autres randonneurs qui ont eu la même idée que nous, et nous sommes rejoints par d'autres personnes encore.Nous prenons quelques minutes pour manger quelques biscuits, nous réhydrater et surtout, profiter de l'endroit superbe, entourés de roche ocre parsemée d'une pauvre végétation.



Nous repartons non sans avoir jeté un coup d'oeil à travers Double O à un monolithe à l'allure un peu inquiétante (et qui porte bien son nom!):Dark Angel, un rocher de couleur noire qui semble planté là depuis toujours.

Nous décidons de repartir par le même chemin et de ne pas faire la boucle par Primitive Trail car elle est réputée ardue.
Le retour nous semble rapide, le paysage en sens inverse est toujours grandiose et nous croisons beaucoup plus de monde, lorsque nous arrivons au parking celui-ci est bondé, il n'y a plus une place, et pas question de se garer sur le bas-côté, les rangers veillent!

Il est 12h30, il fait 87°(30,5°C) nous reprenons la voiture pour revenir vers l'entrée du parc et nous nous arrêtons au parking des Windows.Nous partons pour une courte marche vers ces deux arches juxtaposées que nous atteignons non sans mal, la fatigue de la précédente rando ainsi que la chaleur se font bien sentir.Nous restons sous les Windows un petit moment, il y a beaucoup de monde avec nous, mais nous nous avouons vaincus, incapables de continuer, nous décidons de redescendre à Moab.
Quelques courses au City Market, puis nous regagnons l'hôtel pour une petite sieste réparatrice pendant les heures les plus chaudes, il fait 98°F(36,5°C).
Nous nous réveillons au bout d'une heure, trop tard pour nous rafraîchir dans la piscine, bon, ce n'est pas grave, nous allons acheter des sandwichs pour le soir et nous flânons un peu dans les rues de la ville.A 17h45 nous remontons en voiture, direction le parc d'Arches pour la 2ème fois aujourd'hui, car nous avons rendez-vous avec le joyau d'Arches, le symbole de l'Utah:Delicate Arch, la bien-nommée.
Nous nous garons à 19h00 sur le (trop!) petit parking du départ de la randonnée.L'intérêt de la promenade est de contempler Delicate Arch au sunset, c'est pourquoi il faut partir assez tôt pour être sûr d'y être juste au couchant et aussi... pour trouver une place sur le parking (merci encore OuestUSA.fr)!Nous empruntons le sentier bien balisé, loin d'être seuls, cependant sans entendre une parole.En levant la tête on aperçoit plus loin les randonneurs qui nous précèdent gravir lentement le slickrock comme en procession.

Le chemin est facile, nous avançons d'un bon pas jusqu'au slickrock, et là, ça se corse, il faut grimper une pente assez raide sur une distance importante.

Nous soufflons arrivés au sommet, mais il faut continuer, nous retrouvons le sentier qui serpente entre les rochers, tantôt dans du sable mou, tantôt sur le rocher.

Nous approchons maintenant une corniche, extraordinaire chemin à flanc de montagne, le soleil est bien bas maintenant, il illumine la roche rouge qui irradie, nous sentons que nous touchons au but.

Au bout de la corniche, nous sommes saisis par le panorama qui s'offre à nous:Delicate Arch est là, devant nous, élégamment posée au bord de l'abîme, un sentiment d'accomplissement s'empare de nous, nous l'avions rêvé et maintenant réalisé, moment magique de notre voyage.


La nature prévoyante a poussé le raffinement jusqu'à laisser un amphithéâtre naturel creusé dans la roche pour nous permettre de jouir de ce spectacle à couper le souffle.

Il faut dire que nous ne sommes pas seuls, il y a bien autour de nous une centaine de personnes appareil photo en main, trépied installé pour prendre le cliché ultime, lorsque les derniers rayons de l'astre du jour éclaireront la perle de l'Utah.

Nous profitons au maximum nous aussi, au milieu de ces gens de toutes nationalités venus admirer Delicate Arch.Certains se font photographier sous l'arche, déclenchant assez vite une vive protestation de la part des amateurs de la photo parfaite.Nous y restons un bon moment, personne n'a envie de redescendre, il faut quand même s'y résoudre lorsque le soleil s'est couché.

Nous reprenons alors le chemin du retour et nous croisons des randonneurs qui montent alors que la nuit est toute proche, et qu'il n'est pas possible de retrouver son chemin dans l'obscurité.Bon, normalement ils savent ce qu'ils font, alors...
La descente s'avère beaucoup plus facile, en 45 minutes nous sommes de retour au parking alors qu'il fait quasiment nuit.Nous jetons un dernier regard derrière nous, puis nous quittons le parc à la lumière des phares, l'obscurité est maintenant totale alors que nous retournons à Moab.
Mercredi 30 juin : Lever à 6h!!Petit déjeuner rapide à l'Inca inn, de toutes façons la salle est petite, il faut y arriver tôt, car bien sûr, tout le monde arrive à la même heure pour partir en randonnée.Nous nous promettons de mieux nous organiser le matin car il est déjà 8h lorsque nous quittons l'hôtel, nous ne sommes pas tôt!
Nous prenons la 191 vers le nord puis nous bifurquons à gauche direction le parc de Canyonlands, Island in the Sky(j'adore ce nom!).Encore une fois le temps est superbe, il fait 76°(24,5°C) lorsque nous arrivons à 8h45 sur le parking de départ de la toute petite randonnée de Mesa Arch.Nous empruntons le petit sentier qui monte légèrement puis contourne une petite butte et enfin nous amène à Mesa Arch, une jolie arche posée au bord de l'abîme qui a la particularité d'accrocher la lumière du soleil levant, et...oui! il est encore temps, nous courons jusqu'à elle, juste à temps pour admirer le dessous de l'arche éclairé.


Bon, c'est sûr, une heure plus tôt aurait été certainement mieux, mais le spectacle est encore au rendez-vous, c'est magnifique et en plus nous sommes seuls!L'arche est un vrai entonnoir pour le vent qui remonte la pente et se renforce en passant à travers à tel point qu'il est difficile de tenir à côté.Une famille américaine arrive, et comme souvent, le père nous propose spontanément de nous prendre en photo devant Mesa Arch, ce que nous acceptons avec plaisir!Nous discutons quelques minutes avec eux, puis nous les laissons à leur contemplation, car pour nous, la journée ne fait que commencer.
Retour au parking, un petit parcours en voiture nous amène au parking de White Rim, c'est une randonnée qui longe sur sa plus grande partie une falaise abrupte laissant le regard accrocher plus bas le fameux « white rim », la rive blanche, qui suit le fleuve Colorado creusant un chemin tortueux dans le plateau rocheux.Le chemin débouche au bout d'une demi heure sur un cul-de-sac au bord de la falaise, où nous apercevons au loin le fleuve apportant une note de fraîcheur dans le désert environnant.

Nous faisons demi-tour alors que la chaleur commence à se faire sentir et nous apprécions les endroits où le vent arrive jusqu'à nous.Sur le parking, un ranger a disposé un panneau indiquant l'heure de sa prochaine « conférence en plein air », dommage c'est un peu tard pour nous, mais ça aurait pu être très intéressant.Nous décidons alors d'aller au point de départ de notre prochaine rando:Grand View Trail.Petit pique nique sur les tables mises à disposition, et bonne surprise, les yaourts que nous avons apportés dans notre sac à dos isotherme sont restés très frais malgré la chaleur.Quel luxe de pouvoir les déguster ainsi dans un tel endroit!Nous ne traînons pas au pique nique car nous sommes attaqués par des insectes volants, genre moustiques, qui ne veulent pas nous lâcher!
Alors nous partons pour Grandview Point sur un chemin caillouteux un peu accidenté.Partout dans l'Ouest, mais en particulier ici car le terrain nous paraît favorable, nous faisons attention où nous mettons les pieds, car il peut y avoir des rattlesnakes, et nous n'avons pas envie de marcher sur la queue d'un specimen, même si c'est assez rare et que ce sont des animaux timides avant tout!Nous arrivons à Grandview Point un peu fatigués, le soleil est maintenant au plus haut, la chaleur est écrasante.Le site est grandiose, c'est un promontoire avec une vue exceptionnelle sur le plateau en dessous et nous allons au point le plus loin en sautant de rocher en rocher.

Nous nous mettons ensuite à l'ombre pour une petite pause bien méritée, encore une fois nous sommes seuls, c'est ce que nous apprécions dans Canyonlands, ce n'est jamais la foule!

Le retour se fait agréablement au milieu d'une végétation très clairsemée de type méditerranéenne, sans croiser beaucoup de monde.Nous quittons le parking pour nous rendre un peu plus loin, nous avons choisi de faire une petite balade sur le dos de la baleine:Whale Rock.
C'est en fait un énorme rocher de couleur ocre, d'une quinzaine de mètres de hauteur aux formes arrondies sur lequel nous allons grimper.La première partie se fait sans problème sur du slickrock et un sentier classique, jusqu'à une pente rocheuse très abrupte devant laquelle nous hésitons.Bon, pas le choix, il faut l'escalader...à quatre pattes, impossible de faire autrement!
Arrivés au sommet, nous retrouvons un vent à décorner les bisons(!) qui nous fait progresser prudemment, car ce n'est pas facile de garder son équilibre, et le bord n'est jamais loin!Le point de vue est très beau, nous embrassons d'un regard une grande partie d'Island in the Sky, une famille pique-nique au sommet tout en profitant du paysage, alors que nous marchons sur tout le pourtour du « dos de la baleine ».

A présent il faut redescendre, oui mais par où?!La seule voie possible semble être celle que nous avons emprunté pour l'aller, mais la pente est trop raide?!C'est alors qu'un groupe de rangers arrive au sommet, nous les avions vus, car au parking ils avaient garé leur énorme Chevrolet Suburban à côté de notre petit Ford Escape.Je décide d'aller leur demander quel est le chemin le moins risqué, et ils nous indiquent, le geste accompagnant la parole, un endroit de la pente un tout petit peu moins abrupt que nous pouvons descendre en faisant de petits lacets.Merci encore les rangers!

Nous rions encore de cette petite balade un peu insolite en arrivant à la voiture vingt minutes plus tard!
L'après midi est bien entamée lorsque nous quittons le parc, non sans s'être arrêté au visitor center, toujours très intéressant.Au lieu de retourner de suite à Moab, nous tournons vers le petit parc de Dead Horse Point.Comme d'habitude, un petit arrêt au visitor center, qui nous apprend que, durant la conquête de l'Ouest, les cowboys utilisaient les anfractuosités au bas des falaises pour créer des enclos naturels pour capturer et parquer des chevaux sauvages.C'est ainsi que fit un jour un cowboy, puis, il oublia le troupeau dans son enclos, les animaux abandonnés sans ressources moururent les uns après les autres.Véridique ou pas?Toujours est-il que cette légende a créé le nom de ce state park:Dead Horse Point.
Nous nous garons plus loin, puis nous cheminons tranquillement le long de la rim, c'est très facile, le large chemin est goudronné pour permettre le passage des fauteuils roulants.Encore une fois c'est un endroit d'une grande beauté, le Colorado passe presque au pied de la falaise, la roche rouge est éclatante et contraste fortement avec le bleu azur des bassins de potasse sur la gauche.nous regrettons de n'avoir pas réservé plus de temps pour ce parc car il est plus grand qu'il n'y paraît.Tant pis!Il est temps de prendre le chemin du retour car nous avons encore une heure de route jusqu'à Moab.Pour la petite histoire, c'est ici qu'a été tournée la scène d'ouverture du film Mission impossible 2, lorsque Ethan Hunt alias Tom Cruise, reçoit son ordre de mission alors qu'il escalade la spectaculaire falaise.


Une fois rentrés, bien fatigués, il faut le dire, nous décidons d'aller dîner à La Hacienda, le restau mexicain juste à côté de l'Inca Inn là où nous avons mangé deux jours plus tôt.Le patron, un colosse très très sympathique nous reconnaît et se met à discuter avec nous.A côté de nous, quatre jeunes locaux commandent puis mettent moins de 10 minutes à manger, emportent ce qui reste dans le même « doggy bag » et s'en vont!Etonnant!
Nous nous régalons encore une fois des salades mexicaines servies dans des galettes de maïs légères et croustillantes, un délice!Nous sortons lorsque le patron nous demande si nous revenons le lendemain, hélas, nous partons alors non, mais peut-être l'année prochaine!!Nous l'assurons également de faire de la pub pour son restaurant, excellent et pas cher, (voilà c'est fait!) il est ravi et nous souhaite une bonne fin de séjour aux US!

Jeudi 1er juillet 2010 :Lever à 6h30, puis départ de Moab à 8h par la belle route 128 qui longe le Colorado dévoilant au passage quelques plages de sable fin sur le bord et toujours entourée de roche rouge.Le changement de décor est radical lorsque nous tournons sur l'I70, l'Interstate qui vient de Denver est très monotone, son seul intérêt est de nous faire filer vers l'Ouest à la vitesse très honorable de 75mph(120km/h)!
Enfin nous laissons cette Interstate pour nous engager sur la petite UT 24 qui nous conduit doucement à notre destination juste à côté de Goblin Valley, c'est Little Wild Horse Canyon où nous arrivons en fin de matinée.Ce canyon est un « slot » comme nous les aimons, c'est même une référence en la matière, par contre, j'aurais souhaité connaître l'origine de ce nom, mais je n'ai trouvé personne pour me la communiquer, on va alors s'arrêter au fait qu'il porte un joli nom!
Après avoir signé le classique registre, nous voilà partis pour un aller retour de 3h normalement dans le canyon.La première partie nous fait emprunter un wash, très facile jusqu'à l'entrée proprement dite du canyon que nous atteignons en 10 minutes, et là, premier problème:nous sommes face à une roche de plus de 2m de hauteur, lisse comme les parois autour, pas question d'escalader.Nous doutons, l'entrée est-elle par ici?Il n'y a pas d'indication ni de cairn pour nous aider.Nous décidons de revenir sur nos pas, c'est alors que nous trouvons la solution (bon sang mais c'est bien sûr!!), il suffit de monter sur la pente rocheuse à la sortie du wash, puis de redescendre dans le canyon en contournant la roche abrupte et le tour est joué!C'est ce que nous faisons et 3 minutes plus tard nous retrouvons le fond sablonneux canalisé par les parois.
C'est par là l'entrée de Little Wild Horse Canyon
La suite de la progression se fait sans aucun problème, nous marchons même plutôt vite, nous rencontrons des passages très larges suivis de long passages très étroits, où parfois, nous devons nous mettre de côté ou bien marcher avec le corps incliné à gauche ou à droite, grimper sur des rochers en s'aidant des parois, c'est très fun et nous sommes vraiment ravis de la balade!


Nous rejoignons trois américains dont l'un observe les oiseaux qui nichent sur les hautes parois à l'aide d'une lunette sur trépied, puis nous dépassons une famille suisse-allemande avec laquelle nous discutons quelques instants, c'est ça aussi (et surtout!) les voyages.
Plus loin, alors que le canyon s'est élargi, nous marchons depuis environ 1h30 lorsque nous faisons notre pause pique-nique assis sur des rochers.Nous remarquons alors que le ciel s'est assombri, ce qui nous inquiète un peu, car nous craignons l'orage.C'est alors que nos trois américains amateurs d'oiseaux arrivent, nous leur demandons s'ils sont de l'Utah et s'ils savent s'il y a une menace d'orage ou pas:oui, il habitent l'Utah, mais non ils ne savent pas plus que nous s'il va pleuvoir ou pas!Bon, nous voilà plus avancés!Le plus jeune d'entre eux ajoute quand même qu'il n'est pas tranquille et qu'ils vont rebrousser chemin, ce qu'ils font tout de suite après nous avoir salués chaleureusement.Le problème c'est que nous n'avons pas envie de faire demi-tour maintenant, nous voulons toujours voir ce qu'il y a derrière le prochain virage, la roche suivante à grimper, ...alors... nous continuons un bon quart d'heure!Nous ne savons pas si nous sommes au bout du canyon, il est très large maintenant, il n'y a aucune indication, mais le ciel est très sombre et le vent se lève.Le fait d'être complètement seuls dans cet endroit si isolé à presque deux heures de marche de notre voiture avec un temps qui se dégrade, nous fait retourner sur nos pas, à regrets, nous aurions souhaité continuer, mais bon, il faut être raisonnable.Le retour est tout aussi intéressant, nous découvrons Little Wild Horse dans l'autre sens, c'est comme si c'était un nouveau canyon.Nous prenons plus le temps d'observer le travail de l'eau sur la roche et de faire des photos.

Nous ne croisons personne, excepté une famille américaine dont nous aidons les ados à passer un enchevêtrement de rochers, nous restons alors échanger un moment avec eux, les parents s'expriment en Français sans aucun accent, à tel point que nous leur demandons s'ils sont Américains:oui nous répondent-ils, ils habitent Provo près de Salt Lake City, mais ils ont vécu plusieurs années à Paris et Bordeaux, ceci explique celà!Nous repartons d'un bon pas après ce moment très sympa, mais nous sommes moins inquiets par rapport au temps car le soleil est revenu, nous le voyons lorsque le canyon s'élargit, mais la chaleur est lourde et suffocante.Nous arrivons à la voiture à 16h30, enchantés de cette superbe rando, car oui, on adore les « slots », définitivement!
Nous prenons la voiture, il fait 96°(35,5°C) et nous quittons la piste pour reprendre l'US 24 vers le sud, sans visiter Goblin Valley qui est juste à côté, mais bon, il faut faire des choix!La route est assez monotone jusqu'à l'approche de notre prochaine étape, c'est Fruita une petite oasis de verdure nichée au coeur d'un massif de roche rouge et ocre, traversée par une petite rivière dans le parc de Capitol Reef.Un petit arrêt d'abord pour observer les pétroglyphes inscrits dans la roche par d'anciens habitants du lieu, puis nous arrivons à la charmante et toute petite école bâtie par les Mormons pour les enfants de Fruita.Un enregistrement sonore nous permet d'écouter la dernière institutrice raconter sa vie de tous les jours, car l'école est fermée, nous ne pourrons pas la visiter, seulement regarder par les vitres l'intérieur sobre avec les pupitres en bois, le bureau surélevé, le tableau noir et le poêle au milieu de la pièce, qui est là pour nous rappeler que l'hiver est très froid ici, bien qu'aujourd'hui il fasse très chaud.

En repartant, nous laissons passer un petit bambi qui semble perdu.Ici, les animaux sont en liberté complète, il y a des elks, des chiens de prairie, des marmottes et nous sommes sur leur territoire!Nous le prenons en photo mais nous ne pouvons rien pour lui, mais sa mère va sans doute le retrouver très vite.Nous allons voir le camping abrité par des grands arbres et nous retrouvons là les elks tranquilles au milieu des tentes et des camping-cars, nous pouvons les approcher, ils sont habitués à la présence humaine...


19h arrive, nous sommes un peu loin de tout dans cette oasis paisible, mais il nous faut rejoindre notre hôtel à quelques miles de là.Peu de temps après nous nous garons sur le parking de notre hôtel, le Rim Rock Inn, et là, nous sommes subjugués par la beauté du lieu.Le Rim Rock est un petit hôtel en longueur, construit en bois au beau milieu de nulle part:il faut voir les reliefs rocheux derrière, majestueux, les badlands autour balayés par le vent qui fait se lever la poussière, c'est un vrai décor de western comme on les imagine, et on y est!Nous nous enregistrons et la réceptionniste nous indique le restaurant de l'hôtel pour dîner.Nous nous y rendons à 19h30 (les Américains mangent tôt!), il n'y a pas beaucoup de monde, la salle à manger est complètement vitrée et donne à contempler ce paysage fabuleux.Comme partout aux US, la jeune serveuse est très souriante et très attentionnée, nous commandons la spécialité maison, le Rim Rock chicken, un poulet rôti avec du miel, délicieux, nous nous régalons autant du repas que de la vue.Nous passons un très bon moment, puis nous sortons alors que la nuit tombe, il fait encore chaud, c'est le silence, on a l'impression d'être un peu seuls au monde, il n'y a que l'impersonnel Best Western de l'autre côté de la route qui joue l'intrus, dommage!!

Le restaurant du Rim Rock Inn
Vendredi 2 juillet 2010 :Lever à 6h30, nous mangeons le petit-déjeuner continental de l'hôtel pour ne pas perdre du temps en allant à Torrey, puis nous repartons vers Fruita pour une randonnée.Nous quittons à regret le Rim Rock qui restera le gros coup de coeur de toutes les nuitées de notre séjour, de par son charme qui sentait si bon le wild wild West.De retour à Fruita sous un soleil radieux, nous attaquons la rando de Cohab Canyon à 8h45 dans une fraîcheur toute relative, il fait 74°F(23°C).La première partie grimpe dur, en lacet à flanc de colline pour rejoindre ce fameux Cohab Canyon.En se retournant, on a une vue globale de l'oasis, avec la ferme, l'école, la maison d'habitation et le camping.

Le contraste entre la verdure des pâturages et des vergers touffus et l'aridité de la roche alentour est saisissant, les Mormons ont bien choisi et bien valorisé cet endroit...Arrivés sur le plateau, nous nous enfonçons dans le canyon, qui est très large.La progression est facile, le sentier est plat et le sol est sablonneux.


Il est joli ce canyon, mais à côté de ce que nous avons vu les derniers jours, il fait figure de « petit ».Nous arrivons à l'embranchement de Frying Pan, une fois de plus la légende raconte que c'est par ce chemin que Butch Cassidy le célèbre hors-la-loi, a fui jusqu'à une arche naturelle qui lui servait d'abri:personne ne l'a jamais retrouvé.Nous n'avons pas le temps d'y aller, alors nous continuons vers la sortie de Cohab Canyon.Nous en atteignons l'extrémité après un peu plus d'une heure de marche, c'est la route UT 24 par laquelle nous sommes arrivés hier.Le point de vue est quelconque, alors nous ne mettons pas longtemps à repartir.Le chemin inverse est, bien sûr, tout aussi facile et nous sommes à la voiture à 10h30.De là nous prend l'envie de visiter la maison-musée d'une famille de Mormons dans les années 1920 (je crois!), juste à côté.Nous la visitons pièce par pièce, c'est assez intéressant à voir, car tout le mobilier occupe encore la maison avec les vêtements, la vaisselle, les ustensiles de tous les jours...Dans la cuisine se tient une dame, et surprise, dans tous les meubles autour d'elle sont posés des gâteaux et autres confiseries, des pots de confiture, de miel...c'est en fait la boutique du musée!!Nous ne résistons pas à l'envie et nous lui achetons des scones à la myrtille qui ont l'air délicieux, ce sera pour plus tard dans la journée.En sortant de la maison nous décidons d'aller jeter un oeil aux vergers pas loin.Il suffit de pousser le portail, de prendre une échelle, de se servir en fruits dans les arbres puis de les peser et enfin de verser dans une boîte l'argent correspondant à la quantité de fruits, le tout sans que personne ne soit là, nous savons juste le nom du propriétaire grâce au panneau à l'entrée.La confiance n'est pas un vain mot aux USA!!

Un petit aller-retour sur la scenic road (qui ne nous laisse pas un souvenir impérissable) et nous reprenons l'UT 24 vers le sud, cette fois nous quittons Capitol Reef.

De l'environnement désertique nous passons rapidement à un paysage de montagne au fur et à mesure que la route s'élève.Les sapins et autres arbres d'altitude deviennent alors nos compagnons, nous traversons de grandes étendues boisées et très faiblement habitées.Nous nous arrêtons pour pique- niquer alors que nous avons bien entamé l'interminable descente sur Boulder.Arrivés là nous tournons à gauche pour nous engager dans l'une des plus belles pistes de l'Ouest:la Burr Trail.Bitumée au départ, elle serpente doucement dans un paysage à nouveau aride, à la végétation éparse.Nous arrivons assez vite à Long Canyon, la piste se retrouve alors canalisée entre deux hautes parois de roche ocre pour déboucher plus loin sur des badlands colorés qui portent vraiment bien leur nom!A présent, le bitume a disparu, nous roulons dans la poussière mais le paysage qui s'offre à nous est toujours fabuleux.

Nous avons prévu de réaliser la rando de Strike Valley Overlook, mais nous passons devant l'accès sans nous en rendre compte.Nous voilà à un col avec devant nous les fameux switchbacks (lacets) qui vont nous faire descendre au fond de la vallée, non sans stress!De là, nous décidons de prendre la Nottom Road vers le nord, puis après quelques minutes, il faut se rendre à l'évidence, on s'est planté!Allez, demi-tour sur la Nottom, puis ascension des switchbacks, une voiture descend à tombeau ouvert, nous nous rangeons prêts à protester lorsque nous lisons « Sherif » sur sa portière, il nous recouvre de poussière en passant, bon, on ne va rien dire mais on en pense pas moins!!
Peu de temps après, nous trouvons enfin la route du parking, c'est indiqué Upper Muley Twist Canyon, c'est ce qui nous a induit en erreur.Ce n'est pas grave, nous commençons quand même la rando après avoir émargé sur le cahier au parking.Nous tenons à la faire car la vue sur le Waterpocket Fold est simplement magnifique et à ne pas rater, nous sommes prévenus(n'est-ce pas Alain-Pierre?!).Nous pressons le pas, la marche est très facile car c'est une piste empruntable par des 4*4.


En chemin nous nous souvenons des scones de Fruita et nous nous offrons un petit goûter bien sympa sur les rochers.Nous continuons et malheureusement le temps se gâte très vite, des nuages d'orage approchent et le vent se lève.Lorsque les premières gouttes arrivent nous décidons à contrecoeur de rebrousser chemin, sans être allé jusqu'au bout ce ne serait pas prudent, mais nous sommes quand même déçus, quel dommage!Bon, on ne va pas se plaindre, le paysage est toujours superbe, alors...
A cause de notre erreur nous ne sommes pas en avance lorsque nous quittons le parking d'Upper Muley Twist Canyon.Le chemin du retour sur la Burr Trail se passe très bien et les nuages ont disparu, c'est rageant!!Nous rejoignons la fameuse UT 12 qui doit nous mener à Cannonville, notre étape de ce soir.Cette route est grandiose, elle traverse d'immenses espaces en se jouant des reliefs, on dirait qu'elle surfe sur la roche:par moments nous roulons sur une crête à 2 mètres du précipice d'un côté et de l'autre, puis nous e ntamons une descente prononcée à flanc de massif avant de remonter tout aussi vite alors que le soleil couchant nous accompagne.La route se termine tranquillement en traversant quelques forêts paisibles en plaine.Nous arrivons à Cannonville, une toute petite bourgade, vers 19h nous y avons réservé une chambre au Grand Staircase Inn qui fait hôtel, restaurant, épicerie, station service!Fatigués de notre journée, nous décidons de laisser la voiture et de pique-niquer dans la chambre avec ce que nous trouverons à l'épicerie.Nous avons envie de déguster une bière bien fraîche mais nous avons beau chercher partout dans l'immense mur de vitrines remplies de boissons, il n'y a pas l'ombre d'une cannette.C'est alors que nous comprenons:nous sommes en Utah et la consommation d'alcool est très réglementée, les abus fortement punis, nous ne trouverons pas la Bud que nous cherchions.Bon, eh bien on va se contenter d'un Pepsi alors!!
Samedi 03 juillet 2010 :Lever à 6h30 pour notre dernier jour de visite...Nous attendons l'employée de l'hôtel qui est en retard pour ouvrir la petite salle attenante à l'épicerie où sont servis les petit-déjeuners...Nous en profitons pour discuter avec un couple de Français qui viennent de parcourir la Cottonwood Road la veille.Enfin elle arrive, pas de très bonne humeur, nous avalons vite nos quelques tartines, puis nous prenons la route direction Bryce Canyon à ½ heure de là, le soleil est avec nous mais il fait assez frais:58°F(14,5°C).
Nous avons déjà visité Bryce mais ce parc est si fabuleux que nous avons décidé d'y repasser cette année.Nous nous garons sur le parking de Sunset point, puis nous descendons dans l'amphithéâtre par le début du trail de Navajo Loop que nous allons prolonger par Queens Garden Trail, la partie Wall Street étant fermée.La magie du plus beau parc de l'Ouest (à notre avis!) opére tout de suite:le sentier louvoie entre les hoodoos, ces fameuses cheminées de fées, vient cotoyer des parois abruptes de roches d'une couleur orange pastel très douce, enfin, se déroule franchement arrivé au fond du canyon où il nous fait découvrir la maigre végétation établie là.

De petits écureuils très curieux nous accompagnent en bondissant d'arbuste en arbuste, assurant le spectacle en grignotant aidés de leurs deux pattes avant.

Nous levons la tête tout en cheminant, l'amphithéâtre de Bryce se découvre maintenant dans toute sa splendeur, ses formes délicatement dentelées se découpent sur le bleu azur profond du ciel de l'Utah.Fabuleux, je vous dis!!



Nous sommes en milieu de matinée, la température est parfaite pour randonner et, bien que nous soyons samedi nous rencontrons peu de gens.Deux heures après notre départ de Sunset Point, le sentier commence à remonter, signe que nous approchons de Sunrise Point et de la fin de la ballade.Au fur et à mesure de l'ascension, nous croisons de plus en plus de monde et de plus en plus bruyant.Nous sommes toujours sidérés de constater qu'énormément de gens s'aventurent dans le canyon chaussés de simples tongs qui font trébucher au moindre caillou, et surtout sans une bouteille d'eau.
Nous restons un moment au bord de la rim à contempler le paysage qui s'offre à nous.Plus bas, on aperçoit des touristes à dos de mule s'apprêtant à descendre accompagnés d'un guide.

Nous rejoignons alors Sunset Point où nous retrouvons la voiture.N'étant pas décidés à quitter Bryce maintenant, nous décidons de pousser jusqu'à Inspiration Point pour encore profiter du parc.Sur la rim un touriste asiatique déchire un emballage plastique, c'est alors qu'un écureuil vif comme l'éclair lui saute dessus, grimpe le long de son pantalon, pour s'apercevoir, déception totale, qu'il s'agissait d'un emballage de piles et non de nourriture!Décidément pas farouches ces petites bêtes!
Inspiration Point porte bien son nom, très fréquenté, il reste sans doute le plus beau point de vue de Bryce.Nous retournons à regrets à la voiture où un Américain nous demande si nous avons traversé tout le pays en voiture au vu de l'état de notre calandre pleine d'insectes écrasés!

En quittant Bryce nous nous arrêtons brièvement au visitor center, il y a beaucoup de monde maintenant car il est presque midi.C'est alors que nous découvrons toutes les affiches collées un peu partout jusque sur la porte des toilettes indiquant que des serpents à sonnettes ont été aperçus près des sentiers, appelant à la plus grande prudence et recommandant de ne pas s'éloigner du trail!Nous éprouvons un petit sentiment de crainte rétrospective, en même temps qu'une petite pensée pour tous les gens qui se promenaient en tongs!!
Cette fois il faut partir, nous reviendrons peut-être randonner sur Fairyland Loop Trail, mais ce sera une autre fois.
Sortant de Bryce, la roche ocre ne veut pas non plus nous quitter, la jolie route de Red Canyon se charge de nous dire au revoir, avant de laisser place brutalement à un paysage verdoyant de prairie à l'horizon lointain...
La route de Zion étant en travaux, pour ne risquer de perdre du temps nous bifurquons vers l'Ouest en direction de Cedar City par une petite route de montagne assez tortueuse.Ce doit être le pays du quad car nous en apercevons des dizaines sur des pistes qui leur semblent dédiées au beau milieu d'un très grand massif de conifères.
A Cedar City nous trouvons par hasard une station de lavage de voiture qui nous permet de laver notre Ford Escape car nous devons le rendre ce soir à Las Vegas.Nous empruntons maintenant le long et monotone ruban goudronné de l'I-15, l'interstate qui file droit vers le sud sur Sin City.A St George nous achetons un petit pique-nique au Walmart, pas de table en vue nous nous mettons alors à manger à l'ombre de notre voiture sur le parking car nous avons récupéré à nouveau la terrible chaleur du désert, il fait 100°F(38°C)!

A une heure de route de Las Vegas, nous tournons à gauche pour l'ultime visite de notre séjour:Valley of Fire.Ce parc porte très bien son nom car en effet, c'est une fournaise qui nous attend lorsque nous arrivons au visitor center, il fait 106°F(41°C).L'environnement est exclusivement minéral, presqu'aucune plante ne peut survivre ici, mais encore une fois les formations rocheuses y sont magnifiques, mêlant le rouge, l'ocre, le chocolat et même le crème en une superbe palette comme seule la nature sait le faire.



Nous avions prévu de parcourir la petite rando de White Domes mais au vu des conditions extrêmes rencontrées, nous pensons qu'il est plus prudent de visiter le parc en voiture!
Après une petite heure à rouler à vitesse réduite pour admirer le paysage, nous reprenons la route de Vegas, accompagnés par un vent puissant et brûlant.
Nous arrivons sans encombre à notre hôtel à côté de l'aéroport Mc Carran malgré la circulation, très dense car nous sommes samedi soir.Nous déposons notre voiture chez Alamo où, comme d'habitude c'est très rapide et on ne nous demande absolument rien.Un petit regard à notre vaillant Ford Escape qui nous a transporté durant les 2700 miles de notre parcours sur toutes sortes de routes, puis nous allons attendre la navette de courtoisie de l'hôtel.Un petit malentendu nous fait perdre quand même une heure nous n'avions pas bien compris l'endroit exact où elle nous attendait, quand nous la rejoignons, le chauffeur nous dit qu'il est venu 3 fois nous chercher!Oups!!
A cause de ce contretemps il fait nuit lorsque nous arrivons à l'hôtel La Quinta et nous n'avons pas mangé.Le Starbucks de l'autre côté de la route nous tend les bras, c'est là où nous irons dîner, assez rapidement car nous sommes très fatigués.Le reste de la soirée se passe à se battre avec les bagages pour essayer de tout caser, nous avons fait quelques achats quand même, et demain c'est le retour.
Dimanche 4 juillet 2010:Lever à 5h, la nuit a été très courte!Aujourd'hui c'est la fête nationale, mais pour nous c'est le départ.La navette nous amène à Mc Carran à 6h30 où nous embarquons pour notre vol sur Southwest à 8h30 pour San Francisco.Au revoir Las Vegas!Quelques mails expédiés vite fait depuis la salle d'embarquement, nous montons à bord très vite et l'avion décolle aussi sec, low cost oblige!Un dernier regard au Mandalay Bay, Sin City s'éloigne dans la belle lumière du matin, puis c'est le désert, la montagne, enneigée parfois et enfin l'atterrissage presque dans la mer à San Francisco.
Nous avons 5 h à passer dans le terminal, c'est long, nous en profitons pour manger une dernière fois chez Lorie's Dinner (dans le terminal international) un hamburger frites avec un grand coca glacé, of course!!

Enfin, nous montons dans le grand 747 qui nous ramène à Roissy après un vol sans histoire, encore 5 h d'attente dans l'indigent terminal 2G et c'est le retour à Brest où nous attend notre ami Bernard, toujours avec son grand sourire, pour nous ramener dans le Sud-Finistère où l'été commence...Au revoir les USA, à l'année prochaine peut-être!
Epilogue:A la suite de ce périple, nous avons resigné pour un troisième voyage dans l'Ouest américain en juin 2011 au départ et à l'arrivée de Denver, CO, en passant par le Yellowstone et, encore et toujours, la roche rouge de l'Arizona et de l'Utah.Pas eu le temps de réaliser un carnet que nous sommes déjà repartis aux US en juin 2012 pour une première visite à New York, puis le Southwest à nouveau, carnet à venir courant octobre ou novembre 2012...
Ce texte a pour seul but de faire partager au plus grand nombre notre vécu dans cette partie du monde, et pourquoi pas, de donner l'envie d'y aller...
Nous tenons également à remercier très chaleureusement tous les membres de ce forum pour nous avoir permis de préparer notre séjour et en particulier:
aquilegia, bastinj, berenberg, cendryon, charlene1818, fabienneCA, frisoulette, Isap29, ITAT, JPEG13, krikri6792, lanfeust77, laurence49b, leSpartiate, le tigre, madikera,
Max68, Panisse, Papj59, pitimerguez, PSI31, roadtrippin, Sedonax, USAfan, Vazyvite, Virginath, Vnoa, Wavemaster, ...
Mille mercis pour leurs infos incontournables à Laurence et Dominique pour le site roadtrippin ainsi bien sûr qu'à Philippe et Thierry pour OuestUSA.fr.
NOTRE ROAD TRIP AU PAYS DE L'ONCLE SAM EN JUIN 2010:DE L'OUEST ARMORICAIN A L'OUEST AMERICAIN, SAN FRANCISCO ET LE GRAND CIRCLE
Dimanche 20 juin 2010:3 H15 le matin:Le réveil sonne mais nous sommes déjà éveillés, car ce matin nous repartons vers une destination fantastique:l'Ouest américain!!L'impatience liée au départ nous fait avaler très vite notre petit-déjeuner léger, nous sourions à l'idée de dîner ce soir à San Francisco.Pour nous, le début du voyage c'est déjà le moment où nous fermons la porte de la maison derrière nous.4H30:notre fidèle ami Bernard est pile à l'heure avec son dynamisme habituel pour nous amener à l'aéroport de Brest, première étape de notre périple, nous lui donnons une carte annotée qui lui permettra de nous situer jour après jour sur notre circuit.Nous traversons la campagne bretonne endormie, puis, 40 mn plus tard, se dessine dans l'aube naissante la silhouette caractéristique du très récent aéroport de la cité du Ponant, vision magique car presque toujours synonyme, pour nous, de porte d'entrée vers la découverte.Après avoir pris congé de notre ami, (surtout de l'avoir remercié de s'être levé si tôt pour nous!!), nous voici dans l'avion qui nous mène, d'un saut de puce de 55 mn, à Roissy où, 1H30 plus tard, nous nous asseyons dans le puissant Boeing 747 pour 11 H de vol vers San Francisco.Le vol se déroule tranquillement, nous discutons avec notre voisine, une Californienne de Sunny Valley très dynamique et sympathique (sa plus grande crainte est de ne pas réussir à faire passer à la douane américaine le camembert Le Rustique, qu'elle adore, acheté �� Paris et caché dans son sac, ce qui nous fait bien rire!!).Enfin voici le sol américain, il est 13 h, le temps est radieux, l'avion se pose doucement, vite, l'Amérique nous attend!!Le passage devant un officier d'immigration plutôt zélé nous fait un peu stresser, car nous arrivons à la même date que l'an dernier, chose que son ordinateur a du mal à accepter!Après un certain nombre de vérifications et questions précises (Où travaillez-vous?En quoi consiste votre travail?...), nous poussons un ouf de soulagement lorsqu'il nous autorise à passer.Nous récupérons nos bagages sans encombre puis nous dirigeons vers la station de BART(le RER local) afin de nous rendre au centre ville, où nous attend notre chambre d'hôtel dans Sutter Street, à la limite du Financial district.Lorsque nous sortons à Montgomery Station, nous sommes si heureux de retrouver Market Street que nous en oublions la fatigue.
La Transamerica Pyramid veille sur le Financial District 10 mn à pied et nous voici au Galleria Park, un joli hotel de centre ville:personnel accueillant, chambre très propre et bien décorée..Mais nous ne sommes pas là pour rester à l'hôtel, nous posons nos bagages et filons prendre le bus pour nous rendre à Alamo Square, toute première visite de notre voyage.C'est un coin de verdure qui tire son intérêt de sa situation, en hauteur, et surtout des maisons victoriennes très célèbres qui le bordent:les Painted Ladies.Nous y restons une demi heure, le temps d'y flaner un peu au milieu des étudiants et promeneurs du dimanche profitant d'un air printanier, puis nous décidons de descendre dans les rues adjacentes avant de reprendre le bus qui nous ramène à l'hôtel.Diner frugal, nous n'avons pas faim, la fatigue se fait sentir, petite pensée pour la Bretagne où nous étions ce matin, magie du transport aérien, nous nous endormons enchantés de retrouver cette ville que nous aimons tant.
Les très célèbres "Painted Ladies" devant Alamo SquareLundi 21 juin 2010 : Le bruit de la circulation du centre ville, l'effet du décalage horaire et l'excitation liée à l'arrivée aux USA, font que nous sommes levés à 6 H en ce lundi matin.Petit coup d'oeil à travers la fenêtre vers le coin de ciel aperçu entre les bâtiments du Financial District autour:le soleil est levé, il fait très beau.Nous décidons très vite de notre programme:ce matin ce sera la visite de la Coit Tower, puis la traversée du Golden Gate à vélo vers Sausalito et retour en ferry, il nous fallait du soleil pour cela, alors c'est aujourd'hui.Nous avalons une tasse de café dans la chambre, grâce à l'habituelle bouilloire et les sachets de café présents dans la chambre, comme dans tous les hôtels, puis nous sortons et nous dirigeons d'un bon pas vers le restaurant Lorie's Dinner dans Powell Street où nous pourrons prendre le petit déjeuner.Nous croisons une foule d'employés se rendant au travail, un gobelet de café Starbucks à la main.Nous aimons chez Lorie's pour son décor années 50, juke box, distributeur de cigarettes, larges banquettes de moleskine rouge, pompe à essence, le tout d'époque bien entendu, et une armée de serveurs et cuisiniers en tenue rétro avec le calot réglementaire.Bien sûr, nous aimons aussi Lorie' pour ses scrambled eggs and sausages, ses pancakes doubles ou triples et ses hash browns potatoes que nous nous empressons de commander et de dévorer sur fond de musique des fifties, of course!
Lorie's Dinner au matin dans Powell StreetLe petit-déjeuner avalé, nous repartons vers Grant Street pour attraper le bus qui va nous conduire à Washington Square à travers Chinatown, le quartier chinois, (la plus grande ville chinoise hors d'Asie), grâce au Muni pass acheté la veille à l'aéroport qui nous donne accès à tous les transports en commun de la ville (cable car compris).La traversée de Chinatown se fait rapidement dans une succession de petits commerces et restaurants innombrables le long de Grant Avenue pour aboutir à Washington Square où un spectacle insolite mais habituel nous attend:on dirait que toute la communauté chinoise s'est donné rendez-vous pour pratiquer le Taï Chi.
Washington Square, à la limite de ChinatownNous traversons le square et passons devant l'église St Peter and Paul, et nous attaquons la montée vers la Coit Tower.Quelques minutes au pied de la tour pour admirer la vue sur le Pacifique, puis nous achetons nos tickets pour l'ascenseur qui nous mène au sommet, et là, la vue est à couper le souffle sur le Financial District, Lombard Street, Nob Hill, le Fisherman's Wharf.Nous y restons un moment, pour contempler et photographier probablement l'un des plus beaux points de vue sur le centre ville.

Ensuite, nous faisons le tour des fresques du rez-de-chaussée, puis nous commençons la descente vers les célèbres Filbert's steps jusqu'à Levi's Plaza, le siège mondial du fabricant de jeans.Nous nous asseyons quelques instants parmi quelques employés de la firme, l'endroit est très agréable et frais grâce à ses fontaines, ses petits coins de verdure.Nous longeons alors le port vers Fisherman's Wharf, haut lieu (trop!) touristique et passage obligé, car c'est là où nous allons louer les vélos pour traverser le Golden Gate.Nous trouvons sans mal le loueur, car les employés crient sans arrêt « bike the bridge, bike the bridge, d'you wanna bike the bridge??!! »Yes we want!
So let's go!Après un court briefing sur le parcours et les réglages du vélo par les employés, nous voilà partis.Nos premiers coups de pédales nous font passer devant Ghirardelli Square, puis une petite montée au niveau de Fort Mason pour redescendre sur Marina Boulevard qui nous conduit tranquillement à Fort Point via Mason Street.Là nous faisons une petite pause sous le Golden Gate, en compagnie du tacot de Mr Toad's, de quelques Go Cars(ça, c'est pour demain!) et d'une poignée de surfeurs qui profitent de la vague d'entrée de la baie.Nous repartons après quelques minutes, et là, c'est moins drôle, la route se met à monter sérieusement pour se mettre au niveau du pont, alors faut y aller!Nous arrivons bien essouflés à l'entrée du pont, quelques photos sur un petit parking puis nous nous engageons sur le trottoir côté baie puisqu'il est moins de 15 h, au milieu des piétons et des autres vélos.La traversée du Golden Gate est un très bon moment, nous sommes particulièrement réjouis de rouler sur ce si célèbre ouvrage d'art.A la sortie, nous prenons Alexander Avenue pour nous laisser descendre très facilement vers Sausalito que nous connaissons déjà.Nous flanons un peu au bord de l'eau, puis nous décidons d'aller attendre le ferry, et là, surprise, il y a déjà une file impressionnante de cyclistes pied à terre à l'embarcadère.Heureusement, nous n'avons pas trop tardé!

Le ferry quitte Sausalito puis passe derrière l'île d'Alcatraz, en ralentissant, s'il vous plaît, pour nous laisser le temps de filmer le pénitencier, et c'est l'arrivée au Ferry Building.De là, nous longeons pendant quelques minutes le Fisherman's Wharf pour nous retrouver chez Blazzing Saddles, le loueur, où nous rendons les vélos ainsi que les tickets de ferry que nous n'avons pas utilisés car plus cher que sur le bateau (les petits malins!).Nous renonçons à prendre le cable car pour revenir à l'hôtel, car il y a foule comme d'habitude au terminus de Hyde Street, alors tant pis, ce sera retour en bus, c'est moins pittoresque mais plus rapide.Nous passons un peu de temps à flâner dans Market Street, puis nous dînons d'un morceau de pizza avant de rentrer nous coucher fatigués, mais heureux de cette autre journée à San Francisco.

Mardi 22 juin 2010 : Lever à 6h45, puis, comme d'habitude, petit café dans la chambre avant de sortir.Ce matin nous avons décidé de prendre le petit-déjeuner chez Sear's Fine Food dans Powell Street.Quelques minutes à pied et nous y sommes, le restaurant se trouve un peu au delà de Union Square.Nous y entrons et découvrons une immense salle dont toutes les tables semblent occupées, les serveurs courent partout, on entend un brouhaha intense.Une serveuse nous indique notre table et nous tend le menu à la volée avant de courir servir le café à la table d'à côté.La carte des omelettes est impressionnante, comme le reste d'ailleurs!Nous prenons un succulent et copieux petit-déjeuner, avec café à volonté bien sûr, nous sommes aux Etats-Unis!Nous prenons notre temps mais la serveuse vient voir souvent si nous avons fini, c'est un peu l'usine, les tables s'emplissent et sont desservies sans arrêt.Lorsque nous sortons après avoir passé un très bon moment, nous longeons la file impressionnante de clients attendant sur le trottoir une table chez Sear's, contents d'être arrivés à la bonne heure!
Bien maintenant, il est temps d'attaquer le programme de la journée:un coup d'oeil au plan de bus et nous voilà partis à pied vers le Civic Center pour attraper le bus qui va nous mener au coeur du quartier hispanique:Mission.L'hôtel de ville de San Francisco est massif, immense et possède, nous trouvons, quelque chose de parisien avec sa grande coupole grise et dorée.
L'imposant City Hall de San Francisco au Civic CenterQuelques vendeurs de tacos, Mexicains sans doute, discutent entre eux du match Uruguay-Mexique, nous passons tête basse car la France a piteusement perdu le match contre le Mexique plusieurs jours auparavant!!A deux pas du City Hall, voici notre arrêt de bus, nous embarquons dans le 49 jusqu'à la station de la 24ème rue.Nous descendons alors au milieu des petites maisons très colorées et nous engageons dans la 24th Street jusqu'à notre destination:Balmy Alley.C'est une toute petite rue dont toutes les façades, garages, murs sont recouverts de fresques très colorées, la plupart sur le thème de l'immigration.Nous admirons plus particulièrement celle qui s'appelle « la lettre » de par le dessin et surtout son texte en Espagnol bien sûr.En revenant à l'arrêt de bus, nous passons devant d'autres peintures tout aussi belles mais plus espacées.

La lettre:elle travaille dur en Californie, il est resté au pays, elle espère qu'il pourra la rejoindre...

Nous reprenons la ligne 49 encore une fois jusqu'à Fisherman's Wharf, là nous nous dirigeons vers Blazzing's saddles, où nous entendons « d' you wanna bike the bridge? », alors nous répondons « no, we wanna rent a Go Car!! »
Le Go Car c'est cet espèce de petit véhicule à 2 places mû par un moteur de scooter, et qui va nous permettre de découvrir San francisco grâce à son GPS parlant (en Français s'il vous plaît!!) intégré.Après une courte formation, nous voilà partis dans les rues, pas très fiers vu la taille de notre engin à côté des grosses berlines américaines, mais nous rions sans cesse en conduisant car ces véhicules jaunes font le spectacle partout où ils passent.Nous longeons le port vers Fort Point, nous peinons en côte et là nous entendons le GPS: »vous n'auriez jamais pensé que nous y serions arrivés n'est-ce pas ??!! ».Ensuite, direction le Golden Gate, où nous sommes à 2 doigts de prendre la bretelle (le pont est strictement interdit aux Go Car), le GPS s'affole «you're going the wrong way, you're going the wrong way », il ne sait plus s'il doit parler Français ou Anglais alors que nous faisons demi-tour en plein virage!!Encore une crise de rire!!

2 minutes plus tard, nous nous égarons en cherchant Lincoln Boulevard, nous nous arrêtons pour regarder le plan de la ville.Une voiture s'arrête alors à notre hauteur, nous pensons lui demander le chemin, pas de chance il est perdu aussi et nous demande le chemin du Golden Gate, que nous savons lui indiquer!Nous repartons, et enfin, le GPS trouve la route, sauvés!Plus loin, nous passons devant le monument de la Légion d'Honneur, c'est alors qu'un groupe d'officiers de l'US Navy en grand uniforme blanc immaculé, sort d'un bus, les militaires s'empressent tous de sortir leur appareil photo et nous voilà mitraillés, faisant des coucous dans notre petit engin, chose qu'ils n'avaient sans doute jamais vu!!Une crise de rire de plus!!
Le temps change, il fait très frais maintenant, et nos polaires ne sont pas de trop alors que nous traversons le Golden Gate Park.Au croisement avec l'autoroute 101, nous ne savons pas trop où aller, nous démarrons et nous apercevons trop tard que nous nous engageons sur la 101, alors que le GPS nous avait bien dit de faire attention aux files, les filles derrière nous aussi en Go Car font une manoeuvre in extremis pour ne pas nous suivre, tandis que nous nous garons sur le trottoir.Un passant avec son chien nous aperçoit, attache son chien à un arbre et vient aider Liliane à pousser le Go Car, il n'y a pas de marche arrière.Liliane saute dans la voiture, nous remercions le passant et prenons à contresens( bien sûr!!), la bretelle de l'autre côté, alors qu'aucune voiture ne vient.Ouf, nous voilà sauvés, heureusement qu'il n'y avait pas de policeman à l'horizon, car j'ai encore besoin de mon permis pour la suite de notre voyage!Nous traversons alors le quartier branché de Haight Ashbury avec ses boutiques extravagantes, dommage, nous n'avons pas trop le temps de nous y arrêter, ça a l'air très sympa.Le GPS nous propose d'agrandir notre boucle par un passage aux célèbres Twin Peaks pour une magnifique vue sur la ville, mais, au vu du brouillard autour de nous, nous décidons de ne pas y aller.Nous continuons par le Presidio, ex base militaire qui sert aujourd'hui entre autres, de siège à Lucasfilm, la société de production de George Lucas.Le GPS nous accompagne fidèlement en nous racontant l'histoire des différentes parties de la ville.Nous voici arrivés au nord, prêts à descendre, debout sur les freins, la plus connue des rues en pente du pays:Lombard Street.Nous attaquons dare-dare l'enfilade des 8 virages de la pente à 26°, tout en filmant et toujours mitraillés par les touristes présents au milieu des parterres d'hortensias en fleurs, que nous faisons, encore une fois, bien rire!!Il est alors temps de prendre le chemin du retour vers Blazzing's Saddles, où nous quittons à regrets notre petit engin jaune, après 3 heures de circulation à 35 mph maximum dans toute la ville.
Un petit goûter au Starbucks du coin, nous reprenons le bus vers les Yerba Buena Gardens pas loin du Civic Center, très beaux jardins modernes de centre ville, alliance réussie entre les matériaux urbains et les végétaux.Liliane en pince pour le joli manège à chevaux de bois installé là.



Le soir arrive, nous allons diner tôt au Mason Café, un petit restaurant très sympa dans Mason street, où l'on mange de délicieuses salades et où le patron est fan de Paris, on y voit des aquarelles de la ville partout accrochées au mur.Le retour à l'hôtel se fait à pied, nous nous couchons tôt, un peu fatigués encore, et le lendemain matin, pas de temps à perdre, nous avons un avion à prendre!
Mercredi 23 juin 2010 :Lever à 6h:ce matin, il faut faire vite, nous partons pour...Las Vegas!!Nous prenons un rapide petit-déjeuner au Starbucks du coin de la rue (eh oui, nous adorons Starbucks!!), puis nous nous pressons vers la station de BART de Montgomery à 10 mn à pied.Là, nous ne trouvons pas l'escalator pour y descendre, c'est alors que 3 personnes nous proposent successivement leur aide, le dernier quittera même spontanément la file de son petit-déjeuner pour nous aider à descendre 3 volées de marches jusqu'au quai du BART avec nos bagages, ce dont nous le remercions chaleureusement!!Encore une fois, vive l'attention aux autres des Américains!!

Arrivés à l'aéroport, nous nous dépêchons d'attraper l'Airtrain qui nous conduit au terminal 1, où nous apprenons que notre vol aura 2 h de retard!
Bon, c'est les vacances alors nous restons philosophes, ce n'est pas grave!Nous décollons donc à 12H40 sur Southwest, nous survolons la Sierra Nevada, puis le désert brûlant du Nevada, enfin nous apercevons les premiers quartiers de Las Vegas.Nous atterrissons à l'aéroport MacCarran à 14h20, nous voyons déjà les silhouettes familières du Mandala Bay, du Luxor, du MGM à travers le hublot.
Le « baggage claim » de MacCarran donne le ton:il y a des machines à sous partout et nous nous en amusons.Nous sortons du terminal climatisé et là, la chaleur nous tombe dessus, il fait 103°F(39,5°C) le vent brûlant nous déssèche instantanément, quel contraste, il faisait 18°C à San Francisco.La navette nous conduit au Car Rental Center, distant de 3 km du terminal, nous passons très vite chez Alamo car il n'y a personne à attendre et nous avions réservé depuis la France.

Nous choisissons un Ford Escape blanc parmi la douzaine de véhicules prêts à la location, il est très récent, a une bonne garde au sol (pour les pistes!) et est très bien équipé.Nous sortons notre fidèle ami TomTom (merci Elodie!) qui a fait aussi le voyage depuis la France, et c'est parti, direction le Premium Outlet par l'I15 North pour une petite après-midi shopping.Nous passons trois bonnes heures à déambuler dans cet immense centre commercial, faire quelques achats, un petit goûter au Starbucks évidemment, puis nous reprenons l'I15 vers le sud pour rejoindre notre hôtel au coeur du Strip:l'Imperial Palace.Nous garons la voiture dans le parking à étages, nous dirigeons vers la réception en traversant bien sûr tout le casino, enfin entrons dans notre chambre au 13ème étage dont la vue donne sur la piscine et sur le Flamingo voisin.
Le (difficile!) choix de la voiture au car rental center
Il est 19h mais pas le temps de se reposer, nous sommes à Vegas et nous voulons en profiter, alors on repart tout de suite!Nous marchons vers le sud du Strip nous frayant un passage parmi la foule qui commence à grandir sur les trottoirs, eh oui, Las Vegas vit essentiellement le soir.Nous commençons par le Harley Davidson Café, plutôt ringard, ou alors pour les fans, et nous sommes contents de retrouver les 4 étages de la boutique M&M's, un magasin délirant où il y a foule pour admirer ou acheter tous les objets à l'effigie de la marque, du distributeur de M&M's au pyjama en passant par la cravate et la déco de Noël!Géniale cette boutique!



Il fait faim alors où allons-nous manger?!Il n'y a que l'embarras du choix, nous décidons d'essayer le restaurant mexicain du Planet Hollywood.L'endroit est assez branché, un groupe d'américains, la trentaine, fait la fête sur la table à côté de nous, à grand renfort de Corona.Le repas est excellent, nous ne sommes pas déçus, nous quittons assez vite le restaurant alors que nos voisins de table commencent à ne plus savoir où ils sont!
La fatigue se fait sentir mais notre envie de parcourir le Strip est la plus forte alors nous continuons par la boutique Coca-Cola, dans le même esprit que M&M's mais sur deux étages seulement.Petit achat de teeshirts au Hard Rock Café à côté, nous remontons tranquillement vers l'Imperial Palace dans la chaleur plus supportable du soir, maintenant le Strip est tout illuminé (c'est peu de le dire!), nous atteignons notre chambre à 23h30, très fatigués, nous tombons aussitôt dans un profond sommeil.
Jeudi 24 juin 2010 :Lever difficile à 7h.Nous avions prévu d'aller visiter Red Rock Canyon à une demi heure de Vegas, mais nous abandonnons l'idée et décidons de rester en ville pour nous reposer un petit peu, les vacances ne font que commencer!
Petit-déjeuner rapide au fast food de l'hôtel, nous voici dehors, nous passons voir les flamands roses au Flamingo, traversons le Strip pour nous rendre au Bellagio, où nous sommes soufflés par la beauté des très fleuris jardins saisonniers.

Un saut à l'imposant et célébrissime Caesar's Palace avec son atrium, ses statues, son aquarium, son Apple Store(!) et bien sûr, comme toujours, le casino démesuré avec ses machines, tables de poker, roulettes...Nous descendons, il commence à faire chaud encore du shopping dans le Miracle Mile Shop, immense galerie commerciale dans le Planet Hollywood.Nous déjeunons chez Earl of Sandwich et retournons à l'hôtel pour une petite sieste réparatrice d'une heure.

Allez, on repart, direction le Nord du Strip nous allons visiter le très luxueux Wynn.

Nous ne sommes pas déçus, la galerie est grandiose et très élégante, le couloir longe les boutiques de luxe et débouche dans un superbe espace végétalisé.


Un petit passage à l'Encore, le jumeau du Wynn et nous continuons vers Bonanza « le plus grand magasin de souvenirs du monde », pour y acheter une dizaine de jeux de cartes des différents casinos de Vegas.En sortant, nous attendons le Deuce qui nous amène tout au nord du Strip, dans le vieux Vegas, à Fremont Street, alors que la nuit tombe.

Le bus nous dépose, nous courons vers l'écran géant au dessus de la rue car le Fremont Street Experience a commencé:une foule dense a les yeux tournés vers l'écran géant qui recouvre entièrement la rue de bout en bout alors que « Light my fire » des Doors arrive à nos oreilles.Extraordinaire!


La projection est finie, nous nous dirigeons vers les 4 casinos qui ont fait connaître Las Vegas:le Binion's, le 4 Queens, le Fremont et le Golden Nuggets qui renferme la plus grosse pépite d'or connue au monde.


C'est dans ce dernier casino que nous décidons de dîner au buffet, excellent, et pas très cher, puis nous déambulons dans la salle de casino qui connaît maintenant (il est 22h) une intense activité, nous nous amusons à observer les joueurs et badauds parmi lesquels on peut croiser des hommes et des femmes à l'apparence hypersophistiquée, tenue de soirée impeccable, maquillage et coiffure soignés, comme des personnes tout droit sorties de l'Amérique profonde en running shoes et maillot de basket, c'est ça Las Vegas!!
A 23 h nous décidons de rentrer en bus, le problème c'est que tout le monde a décidé de descendre vers le sud du strip à cette heure-là, le Deuce est archi bondé, nous mettons presque une heure à regagner notre hôtel à 4,5 miles, il est grand temps de se coucher à plus de minuit, nous sommes épuisés une fois de plus, et il y a de la route le lendemain!
Vendredi 25 juin : Lever à 7h encore difficile!!Bon anniversaire Liliane!Au revoir Las Vegas, nous partons ver l'Est, direction Grand Canyon!Nous aimons bien Sin City, la ville de tous les délires, nous la prenons au second degré, comme un immense parc d'attraction malgré certains aspects pas très reluisants, c'était notre 2ème séjour et nous y retournerons probablement.Pour l'heure, il est temps de monter à bord de notre Ford Escape au garage de l'Imperial Palace et de prendre la route.Après une heure, nous arrivons à l'impressionnant Hoover Dam, le barrage sur le lac Mead, que nous traversons, nous faisons un bref arrêt sur le parking de l'autre côté pour la photo et le film, il fait déjà très chaud, 103°F(39,5°C) il est 10h.
Le niveau d'eau descend toujours dans le lac Mead...
Nous reprenons la route, des ouvriers construisent une autoroute parallèle à notre voie, nous nous demandons comment ils peuvent supporter la chaleur du désert tout en travaillant!
C'est alors que le GPS nous induit en erreur, au lieu de prendre la fameuse route 66 à Kingman, nous tournons sur l'interstate 40 jusqu' à Seligman où nous nous arrêtons pour déjeuner au Canyon Café.Bon, pas grave pour la 66, ce n'était pas non plus un temps fort du voyage!Seligman nous déçoit aussi un peu, tout ce décor authentique avec ses motels, ses vieilles voitures, ..., fait désuet, voire, allez j'ose, ringard, le mythe en prend un coup!Les commerces en bois façons western et la profondeur du paysage alentour en font quand même un lieu particulier.



Nous continuons vers Grand Canyon, le temps change, nous essuyons quelques gouttes de pluie et nous perdons 15°C au passage, ce qui nous rend un peu inquiets pour le coucher de soleil.Arrivée vers 16h30 au Maswik Lodge, nous prenons possession de notre petite cabine sous les arbres, puis nous rendons au bord de la rim, contempler cet abîme sublime dont la beauté nous a fait revenir cette année encore...
Nous ne nous attardons pas trop longtemps car nous avons prévu d'aller admirer le coucher de soleil plus loin.Nous allons en voiture jusqu'au petit parking, puis nous engageons d'un bon pas dans un large chemin forestier pour une marche de 3/4 d'heure jusqu'à un endroit unique sur la rim:Shoshone Point.



C'est un promontoire naturel qui s'avance tel une proue de navire dans le Canyon, à l'extrémité duquel se dresse un monolithe qui semble veiller, sentinelle immobile, sur cette splendeur de la nature.Le point de vue dépasse toutes nos espérances, nous sommes absolument seuls, le spectacle du soleil qui descend lentement sur les roches, les fait passer par toutes les couleurs chaudes, pour finalement les embraser de rouge flamboyant, nous chavire et nous procure un grand sentiment de plénitude et d'émerveillement(encore un grand merci à Ouestusa.fr, Philippe et Thierry qui nous ont indiqué ce lieu)...
Nous y restons un long moment, puis dès que le soleil s'est couché, il faut repartir très vite vers la voiture, car le chemin du retour s'effectue dans la pénombre et nous ne voulons pas tomber nez à nez avec un puma!
Le dîner à la cafétéria du Maswik est rapide, nous sommes encore absorbés par le coucher de soleil sur le canyon et nous allons dormir dans la foulée.
Samedi 26 juin : Lever à...4h45:Oui, pour le lever de soleil!

Nous sortons silencieusement de notre cabane dans les bois, quelques minutes de marche et nous voilà à nouveau au bord de la rim avec quelques autres lève-tôt, tous transis de froid.Le lever de soleil est très beau, mais nous ne sommes pas au meilleur endroit, nous apercevons 2 elks qui grimpent, presque à la verticale la pente devant nous, alors que les premiers randonneurs descendent dans le canyon par le Bright Angel Trail.
Retour à la caféteria pour un petit-déjeuner rapide, et nous voici dans la navette qui nous dépose à Hopi Point pour une petite randonnée au matin sur la rim vers Mohave Point.Le chemin d'Hermit Rest Road tutoie l'abîme et serpente de point de vue en point de vue pour une ballade tranquille.
Nous quittons un peu vite et à regret le site de Grand Canyon, la faute à un programme chargé!On reprend la route vers l'Est par le Desert Drive, nous descendons doucement et la végétation change à mesure que la température augmente!Nous pique niquons à Cameron, un trading post au milieu du désert, nous avons retrouvé la chaleur il fait 98°F(36,5°C).Un petit arrêt photo à Navajo Bridge, un double pont métallique au dessus du Colorado puis c'est l'arrivée à Lee's Ferry, l'endroit d'où partent les rafts sur le Colorado.



Il y en a un en préparation, il est démesuré et suréquipé.La chaleur est difficilement supportable alors nous voulons nous rafraîchir dans la rivière, mauvaise idée, l'eau est glacée, nous sortons aussitôt tandis que les préparateurs du raft, eux, s'y baignent facilement!
Nous repartons, quelques photos aux mushrooms et nous laissons la voiture sur le bord de la route, au départ d'une randonnée un peu hors des sentiers battus:Cathedral Wash.

Petite hésitation au départ, nous en avons pour trois heures de marche et il fait très chaud.Allez, on est courageux et là pour ça, alors on part!La ballade commence tranquillement dans un wash très facile à suivre, le sol est sableux.



Le chemin se fait plus étroit, les parois s'élèvent, nous comprenons vite qu'il faut quitter le fond pour grimper sur les parois pour pouvoir continuer.C'est l'intérêt de la rando:le jeu consiste à chercher son chemin sur les roches en réfléchissant bien aux endroits où monter et descendre, et à utiliser une technique de sioux (pardon, de Navajo!) pour trouver les empreintes de pas de nos prédécesseurs!
A environ une heure du départ, nous sommes à présent bien engagés dans le canyon et donc, à l'ombre, c'est important!La fatigue se fait sentir et Liliane décide de ne pas continuer et de m'attendre, la ballade est un aller-retour et non pas une boucle.Je continue seul, donc, à passer d'un rocher à l'autre, puis, au bout d'une demi heure un murmure s'élève, le vent? non, je crois savoir de quoi il s'agit, à ce moment les parois du canyon s'abaissent puis disparaissent, un large chemin sableux apparaît, le murmure se fait plus fort, encore quelques centaines de mètres et, oui , c'est le fleuve Colorado qui coule là devant moi, large et puissant.Comme Philippe et Thierry dans OuestUSA.fr l'ont écrit, je ressens un sentiment de joie et d'accomplissement à la vue de l'eau, quelle récompense au bout du chemin!

Enfin, le Colorado!!!Je reste là quelques minutes espérant voir passer un raft, puis je repars, Liliane doit m'attendre.Je la rejoins au bout de ¾ d'heure de marche et je lui raconte la superbe fin de la rando, elle regrette alors de n'avoir pas continué car la dernière partie était, je pense, tout à sa portée.Nous retournons tranquillement au petit parking, il fait toujours très chaud (104°F/40°C à 17h15), nous remontons dans la voiture direction Page, petite ville dortoir au bord du lac Powell en plein désert.Nous dînons au Dam Bar Grill, très bon et service très sympathique et agréable, puis nous retournons au Quality Inn pour une nuit bien méritée!
Dimanche 27 juin : Lever à 7h, nous prenons un solide et succulent petit-déjeuner à l'hôtel, puis nous sortons de Page passant devant la quinzaine d'églises différentes de la ville, pour nous rendre pas très loin, pour un autre temps fort du voyage:Lower Antelope Canyon.
Arrivés à la cahutte au bord de la route, nous nous inscrivons pour le tour de 10h, puis nous patientons sous l'abri en tôles, il fait déjà 84°F(29°C), le temps est superbe.
Notre guide arrive, il s'appelle Brad, c'est un jeune Navajo d'une vingtaine d'années, il appelle le groupe de 10h, nous sommes à peine 10, et c'est parti!
Nous marchons dans le sable jusqu'à la plaque installée à la mémoire des 11 personnes (dont 7 Français) victimes d' un flash flood en 1997:un orage s'est déclenché en amont du slot canyon, l'eau est montée très vite et a piégé le groupe au fond, qui n'a pu remonter en raison de l'étroitesse de l'endroit et du nombre insuffisant d'échelles.Brad nous rassure en nous indiquant que, depuis, l'entrée et la sortie ont été inversées et le nombre d'échelles, adapté.
Nous continuons jusqu'à la faille d'entrée en nous demandant comment nous allons pouvoir y pénétrer tant c'est étroit.

Nous nous glissons pas après pas et découvrons une première échelle métallique qui nous conduit d'une volée de marches, au fond du canyon.Nous progressons lentement, encadré par les parois, subjugués par la beauté de la roche ocre sculptée patiemment par l'eau, découvrant, grâce à Brad, les formes inscrites autour de nous.Nous croisons un ou deux autres groupes, et Brad nous propose naturellement de prendre des photos ou de nous indiquer les meilleurs endroits pour le faire.



La visite s'achève au bout d'une heure de déambulation, nous remontons par une dernière grande échelle qui nous fait quitter la fraîcheur relative du canyon pour arriver dans la fournaise du désert.

Quelques dizaines de mètres dans le sable, et nous voici à notre point de départ.Nous remercions chaleureusement Brad grâce à qui nous avons fait une visite mémorable du canyon, puis nous reprenons la 98, vers l'Est.
Nous déjeunons rapidement dans la voiture après nous être arrêté dans une supérette au bord de la route, enfin, nous arrivons dans un autre endroit mythique de l'Ouest:Monument Valley
Il est 15h mais à cause du jeu subtil des différences d'heures entre l'Arizona et la réserve Navajo, nous devons avancer nos montres d'une heure lorsque nous arrivons au coeur du parc.Nous allons prendre notre chambre au View, l'hôtel qui fait face au site et nous ne sommes vraiment pas déçus, nous avons rarement vu un hôtel implanté dans un lieu si exceptionnel tout en y étant parfaitement intégré.Nous reprenons alors la voiture pour emprunter la piste de 17 miles qui passe au pied des différentes Buttes, heureusement nous avons un SUV avec une garde au sol importante, car la piste est en mauvais état, les voitures type berline paraîssent avoir quelques difficultés à passer dans les trous et dans le sable mou, il y a même un camping-car et nous ne l'envions pas du tout!





Nous parcourons la piste à vitesse réduite, dépassés souvent dans un nuage de poussière par les 4X4 des Navajos auxquels on peut acheter un parcours.Monument Valley se dévoile à nous majestueusement à mesure que nous avançons, John Ford's Point, Artist's Point, les Buttes, nous touchons du doigt le symbole de l'Ouest américain, on a l'impression qu'on va croiser à tout moment une diligence poursuivie par des Indiens!
2H plus tard nous finissons la boucle, avec un goût de trop peu, notre SUV blanc est couvert de sable rouge, c'était un super moment!!
Nous dinons au restaurant du View, très bon, le service avec le sourire et pas cher contrairement à ce que l'on peut penser, la vue en plus et quelle vue!Nous profitons de la douceur du soir pour contempler une fois de plus les Buttes depuis la terrasse du visitor center, on ne s'en lasse pas, une musique planante s'élève dans la quiétude du crépuscule, on est loin de tout c'est le bonheur!


La nuit est maintenant tombée, pour bien finir la journée un vieux western en noir et blanc avec John Wayne (le titre?Ne sais plus, pas grave!!) est projeté sur le mur de l'hôtel avec en guest star bien sûr, le fabuleux paysage là, en bas, qui a servi de décor maintes et maintes fois dans des films.Encore un moment unique!
Lundi 28 juin : Lever à... 4h30, eh oui, pour les photos des Buttes à l'aurore!C'est vraiment pas compliqué au View, on sort du lit, on fait trois pas pour atteindre le balcon, le paysage s'offre à nous, moins impressionnant, c'est vrai, qu'au sunset mais quand même magique.Le temps de faire la photo, hop, trois pas dans l'autre sens, je retourne au lit pour un moment, pas fou quand même!!

Nous nous levons réellement à 7h pour retrouver ce paysage de carte postale alors que le soleil est déjà haut, nous allons avaler un copieux et délicieux petit-déjeuner, toujours servi avec le sourire.Pas à dire l'hospitalité Navajo n'est pas un vain mot quoiqu'on en dise.Un petit tour au visitor center pour en apprendre plus sur la nation Navajo, intéressant mais dirigé presqu'exclusivement vers le rôle qu'ont tenu les Navajos pendant la seconde guerre mondiale (voir le film Windtalkers) pour assurer les communications de l'US Army dans le Pacifique, donc un exposé pour le moins incomplet.La boutique de l'hôtel présente de beaux objets, mais hors de prix, nous ne nous y attardons pas.John Wayne y est omniprésent, il y a un portrait géant de lui sur le mur avec sa fameuse devise: »A man has got to do what a man has got to do », trop fort John, quel philosophe!
Nous quittons vraiment à regrets le parc, c'est l'un des endroits qui nous a marqués le plus dans notre voyage, mais nous avons encore plein de choses à découvrir.Après quelques kilomètres, nous nous arrêtons pour prendre la célèbre photo, en pleine ligne droite, la route qui rejoint l'horizon près des silhouettes lointaines de Monument Valley, donnant au tableau une formidable impression de profondeur et d'espace.Mythique!

Un peu plus loin nous bifurquons pour aller jeter un coup d'oeil aux lacets de la San Juan River, c'est Gooseneck Overlook où nous restons peu de temps car une autre piste nous attend:Valley of the Gods.Semblable à la piste de Monument Valley, elle mesure aussi 17 miles, mais nous ne sommes vraiment pas nombreux à la parcourir à allure assez soutenue dans un nuage de poussière, cette fois notre valeureux Ford Escape est complètement rouge!


1h30 de virages, de creux et de bosses plus tard, le tout dans un environnement grandiose, nous sortons pour nous attaquer quasiment tout de suite, à une fameuse route en lacet, non goudronnée bien sûr:Moky Dugway.Cette étroite piste à flanc de montagne grimpe vertigineusement en lacets, la plaine que nous venons de quitter se fait toute petite au fur et à mesure, et...non, il vaut mieux ne pas trop regarder en bas!
Une petite frayeur, nous croisons un énorme camion benne en charge, il roule comme sur le périph' à Paris, seulement il descend, lui, il est donc du bon côté de la montagne, pas nous, petit instant de tension, on garde bien la ligne et ça passe plutôt bien alors que nous traversons tant bien que mal le nuage de poussière qu'il a soulevé.Nous atteignons le sommet sans encombre, sans croiser personne d'autre, regrettant presque d'y être déjà!
Petit arrêt à Monticello, nous galérons un peu pour trouver notre déjeuner, nous nous rabattons sur des sandwichs de station service vite avalés, car nous ne sommes pas en avance sur le timing, nous prenons la route de Canyonlands, The Needles, où nous avons prévu une petite randonnée.
La route est un peu monotone, nous traversons de grandes étendues « open range », mais sans apercevoir aucun animal.Nous arrivons au visitor center de The Needles à 16h45, nous y passons un peu de temps, nous reprenons la voiture pour atteindre le départ de notre rando, c'est tout au fond du parc:Slickrock Trail.Il fait encore très chaud (96°F/35,5°C) lorsque nous attaquons la marche sur le slickrock.Nous progressons rapidement, le chemin est très bien balisé par les nombreux cairns présents, nous nous permettons même d'indiquer le chemin de retour à un groupe d'Américains qui a trouvé le moyen de se perdre!


La rando est superbe, dans un environnement très minéral, la progression est très facile car ce n'est que du rocher sans dénivelé important.Nous apercevons au loin les aiguilles rocheuses qui donnent leur nom au parc, nous passons une succession de points de vue dégagés sans croiser personne.
Nous terminons la boucle à 18h10, ravis, mais nous regrettons de n'avoir pas eu plus de temps pour parcourir la rando reine de The Needles:Chesler Park.Il faudra revenir!
Retour en voiture, nous avons encore quelques miles à avaler jusqu'à notre hôtel à Moab.Nous mettons plus d'une heure et demie à rallier la mecque du VTT, et nous ne sommes pas fâchés lorsque nous arrivons devant la réception de l'Inca inn, bien fatigués de la journée et des kilométres parcourus.L'accueil du réceptionniste nous remet d'aplomb, il est très jovial et sympathique, nous explique plein de choses sur Moab et nous indique last but not least, le restaurant d'à côté, où, paraît-il, on sert d'énormes assiettes de spécialités américaines et mexicaines, c'est le restaurant où aiment se retrouver les locaux.Ni une ni deux, nous avons faim et décidons de le tester, nous ne sommes pas déçus, c'est excellent et vraiment pas cher.Enfin nous allons nous coucher, nous sommes vannés et nous devons être en forme pour le lendemain, car il y a de la rando au menu!
Mardi 29 juin 2010 : Lever à 6h30.Petit-déjeuner vite pris à la réception de l'hôtel, nous nous mettons en route pour le parc d'Arches, tout à côté de Moab.Comme d'habitude, nous nous arrêtons au visitor center pour en apprendre le plus possible sur l'endroit où nous nous trouvons, même si nous savons déjà quelle rando nous allons faire.Celui d'Arches ne nous déçoit pas, tout est bien expliqué, voire bien approfondi, notamment sur la géologie, les rangers sont disponibles et très accueillants.Nous parcourons ensuite les 18 miles qui nous séparent du fond du parc car nous avons choisi d'explorer Devil's Garden avant que la chaleur ne nous écrase.
Nous sommes au départ du trail à 9h25, ce n'est pas tôt, mais tant pis, il y a déjà beaucoup de voitures sur le parking.Sacs au dos, crème solaire, vérification de l'eau (très important) et nous voilà partis.
A l'entrée de Devil's Garden, le matinLes premiers yards, jusqu'à Pine tree Arch, nous sommes relativement nombreux, puis à mesure que nous avançons, nous nous retrouvons presque seuls, alors que le soleil monte dans le bleu azur du ciel de l'Utah et que la chaleur se fait déjà bien sentir.

Le trail est magnifique, mais pas des plus faciles, c'est une alternance de montée sur le slickrock, de passages dans le sable très fin, puis sur un sentier caillouteux.Nous marchons parfois sur une crête arrondie avec du vide de chaque côté, j'adore!!

Les arches naturelles se succèdent, plus élégantes les unes que les autres:Landscape Arch, Partition Arch, Navajo Arch, encore une fois, la nature a fait un sans-faute.

Au bout d'1h30 de marche nous arrivons au bout du trail, c'est Double O Arch, qui nous attend pour nous offrir son ombre protectrice et bienvenue.Cette arche est en fait une superposition de deux petites arches, d'où son nom.Le propre de l'humain étant la curiosité, nous ne résistons pas à l'envie de passer à travers l'arche inférieure pour aller voir derrière:outre la fraîcheur, nous rencontrons deux autres randonneurs qui ont eu la même idée que nous, et nous sommes rejoints par d'autres personnes encore.Nous prenons quelques minutes pour manger quelques biscuits, nous réhydrater et surtout, profiter de l'endroit superbe, entourés de roche ocre parsemée d'une pauvre végétation.



Nous repartons non sans avoir jeté un coup d'oeil à travers Double O à un monolithe à l'allure un peu inquiétante (et qui porte bien son nom!):Dark Angel, un rocher de couleur noire qui semble planté là depuis toujours.

Nous décidons de repartir par le même chemin et de ne pas faire la boucle par Primitive Trail car elle est réputée ardue.
Le retour nous semble rapide, le paysage en sens inverse est toujours grandiose et nous croisons beaucoup plus de monde, lorsque nous arrivons au parking celui-ci est bondé, il n'y a plus une place, et pas question de se garer sur le bas-côté, les rangers veillent!

Il est 12h30, il fait 87°(30,5°C) nous reprenons la voiture pour revenir vers l'entrée du parc et nous nous arrêtons au parking des Windows.Nous partons pour une courte marche vers ces deux arches juxtaposées que nous atteignons non sans mal, la fatigue de la précédente rando ainsi que la chaleur se font bien sentir.Nous restons sous les Windows un petit moment, il y a beaucoup de monde avec nous, mais nous nous avouons vaincus, incapables de continuer, nous décidons de redescendre à Moab.
Quelques courses au City Market, puis nous regagnons l'hôtel pour une petite sieste réparatrice pendant les heures les plus chaudes, il fait 98°F(36,5°C).
Nous nous réveillons au bout d'une heure, trop tard pour nous rafraîchir dans la piscine, bon, ce n'est pas grave, nous allons acheter des sandwichs pour le soir et nous flânons un peu dans les rues de la ville.A 17h45 nous remontons en voiture, direction le parc d'Arches pour la 2ème fois aujourd'hui, car nous avons rendez-vous avec le joyau d'Arches, le symbole de l'Utah:Delicate Arch, la bien-nommée.
Nous nous garons à 19h00 sur le (trop!) petit parking du départ de la randonnée.L'intérêt de la promenade est de contempler Delicate Arch au sunset, c'est pourquoi il faut partir assez tôt pour être sûr d'y être juste au couchant et aussi... pour trouver une place sur le parking (merci encore OuestUSA.fr)!Nous empruntons le sentier bien balisé, loin d'être seuls, cependant sans entendre une parole.En levant la tête on aperçoit plus loin les randonneurs qui nous précèdent gravir lentement le slickrock comme en procession.

Le chemin est facile, nous avançons d'un bon pas jusqu'au slickrock, et là, ça se corse, il faut grimper une pente assez raide sur une distance importante.

Nous soufflons arrivés au sommet, mais il faut continuer, nous retrouvons le sentier qui serpente entre les rochers, tantôt dans du sable mou, tantôt sur le rocher.

Nous approchons maintenant une corniche, extraordinaire chemin à flanc de montagne, le soleil est bien bas maintenant, il illumine la roche rouge qui irradie, nous sentons que nous touchons au but.

Au bout de la corniche, nous sommes saisis par le panorama qui s'offre à nous:Delicate Arch est là, devant nous, élégamment posée au bord de l'abîme, un sentiment d'accomplissement s'empare de nous, nous l'avions rêvé et maintenant réalisé, moment magique de notre voyage.


La nature prévoyante a poussé le raffinement jusqu'à laisser un amphithéâtre naturel creusé dans la roche pour nous permettre de jouir de ce spectacle à couper le souffle.

Il faut dire que nous ne sommes pas seuls, il y a bien autour de nous une centaine de personnes appareil photo en main, trépied installé pour prendre le cliché ultime, lorsque les derniers rayons de l'astre du jour éclaireront la perle de l'Utah.

Nous profitons au maximum nous aussi, au milieu de ces gens de toutes nationalités venus admirer Delicate Arch.Certains se font photographier sous l'arche, déclenchant assez vite une vive protestation de la part des amateurs de la photo parfaite.Nous y restons un bon moment, personne n'a envie de redescendre, il faut quand même s'y résoudre lorsque le soleil s'est couché.

Nous reprenons alors le chemin du retour et nous croisons des randonneurs qui montent alors que la nuit est toute proche, et qu'il n'est pas possible de retrouver son chemin dans l'obscurité.Bon, normalement ils savent ce qu'ils font, alors...
La descente s'avère beaucoup plus facile, en 45 minutes nous sommes de retour au parking alors qu'il fait quasiment nuit.Nous jetons un dernier regard derrière nous, puis nous quittons le parc à la lumière des phares, l'obscurité est maintenant totale alors que nous retournons à Moab.
Mercredi 30 juin : Lever à 6h!!Petit déjeuner rapide à l'Inca inn, de toutes façons la salle est petite, il faut y arriver tôt, car bien sûr, tout le monde arrive à la même heure pour partir en randonnée.Nous nous promettons de mieux nous organiser le matin car il est déjà 8h lorsque nous quittons l'hôtel, nous ne sommes pas tôt!
Nous prenons la 191 vers le nord puis nous bifurquons à gauche direction le parc de Canyonlands, Island in the Sky(j'adore ce nom!).Encore une fois le temps est superbe, il fait 76°(24,5°C) lorsque nous arrivons à 8h45 sur le parking de départ de la toute petite randonnée de Mesa Arch.Nous empruntons le petit sentier qui monte légèrement puis contourne une petite butte et enfin nous amène à Mesa Arch, une jolie arche posée au bord de l'abîme qui a la particularité d'accrocher la lumière du soleil levant, et...oui! il est encore temps, nous courons jusqu'à elle, juste à temps pour admirer le dessous de l'arche éclairé.


Bon, c'est sûr, une heure plus tôt aurait été certainement mieux, mais le spectacle est encore au rendez-vous, c'est magnifique et en plus nous sommes seuls!L'arche est un vrai entonnoir pour le vent qui remonte la pente et se renforce en passant à travers à tel point qu'il est difficile de tenir à côté.Une famille américaine arrive, et comme souvent, le père nous propose spontanément de nous prendre en photo devant Mesa Arch, ce que nous acceptons avec plaisir!Nous discutons quelques minutes avec eux, puis nous les laissons à leur contemplation, car pour nous, la journée ne fait que commencer.
Retour au parking, un petit parcours en voiture nous amène au parking de White Rim, c'est une randonnée qui longe sur sa plus grande partie une falaise abrupte laissant le regard accrocher plus bas le fameux « white rim », la rive blanche, qui suit le fleuve Colorado creusant un chemin tortueux dans le plateau rocheux.Le chemin débouche au bout d'une demi heure sur un cul-de-sac au bord de la falaise, où nous apercevons au loin le fleuve apportant une note de fraîcheur dans le désert environnant.

Nous faisons demi-tour alors que la chaleur commence à se faire sentir et nous apprécions les endroits où le vent arrive jusqu'à nous.Sur le parking, un ranger a disposé un panneau indiquant l'heure de sa prochaine « conférence en plein air », dommage c'est un peu tard pour nous, mais ça aurait pu être très intéressant.Nous décidons alors d'aller au point de départ de notre prochaine rando:Grand View Trail.Petit pique nique sur les tables mises à disposition, et bonne surprise, les yaourts que nous avons apportés dans notre sac à dos isotherme sont restés très frais malgré la chaleur.Quel luxe de pouvoir les déguster ainsi dans un tel endroit!Nous ne traînons pas au pique nique car nous sommes attaqués par des insectes volants, genre moustiques, qui ne veulent pas nous lâcher!
Alors nous partons pour Grandview Point sur un chemin caillouteux un peu accidenté.Partout dans l'Ouest, mais en particulier ici car le terrain nous paraît favorable, nous faisons attention où nous mettons les pieds, car il peut y avoir des rattlesnakes, et nous n'avons pas envie de marcher sur la queue d'un specimen, même si c'est assez rare et que ce sont des animaux timides avant tout!Nous arrivons à Grandview Point un peu fatigués, le soleil est maintenant au plus haut, la chaleur est écrasante.Le site est grandiose, c'est un promontoire avec une vue exceptionnelle sur le plateau en dessous et nous allons au point le plus loin en sautant de rocher en rocher.

Nous nous mettons ensuite à l'ombre pour une petite pause bien méritée, encore une fois nous sommes seuls, c'est ce que nous apprécions dans Canyonlands, ce n'est jamais la foule!

Le retour se fait agréablement au milieu d'une végétation très clairsemée de type méditerranéenne, sans croiser beaucoup de monde.Nous quittons le parking pour nous rendre un peu plus loin, nous avons choisi de faire une petite balade sur le dos de la baleine:Whale Rock.
C'est en fait un énorme rocher de couleur ocre, d'une quinzaine de mètres de hauteur aux formes arrondies sur lequel nous allons grimper.La première partie se fait sans problème sur du slickrock et un sentier classique, jusqu'à une pente rocheuse très abrupte devant laquelle nous hésitons.Bon, pas le choix, il faut l'escalader...à quatre pattes, impossible de faire autrement!
Arrivés au sommet, nous retrouvons un vent à décorner les bisons(!) qui nous fait progresser prudemment, car ce n'est pas facile de garder son équilibre, et le bord n'est jamais loin!Le point de vue est très beau, nous embrassons d'un regard une grande partie d'Island in the Sky, une famille pique-nique au sommet tout en profitant du paysage, alors que nous marchons sur tout le pourtour du « dos de la baleine ».

A présent il faut redescendre, oui mais par où?!La seule voie possible semble être celle que nous avons emprunté pour l'aller, mais la pente est trop raide?!C'est alors qu'un groupe de rangers arrive au sommet, nous les avions vus, car au parking ils avaient garé leur énorme Chevrolet Suburban à côté de notre petit Ford Escape.Je décide d'aller leur demander quel est le chemin le moins risqué, et ils nous indiquent, le geste accompagnant la parole, un endroit de la pente un tout petit peu moins abrupt que nous pouvons descendre en faisant de petits lacets.Merci encore les rangers!

Nous rions encore de cette petite balade un peu insolite en arrivant à la voiture vingt minutes plus tard!
L'après midi est bien entamée lorsque nous quittons le parc, non sans s'être arrêté au visitor center, toujours très intéressant.Au lieu de retourner de suite à Moab, nous tournons vers le petit parc de Dead Horse Point.Comme d'habitude, un petit arrêt au visitor center, qui nous apprend que, durant la conquête de l'Ouest, les cowboys utilisaient les anfractuosités au bas des falaises pour créer des enclos naturels pour capturer et parquer des chevaux sauvages.C'est ainsi que fit un jour un cowboy, puis, il oublia le troupeau dans son enclos, les animaux abandonnés sans ressources moururent les uns après les autres.Véridique ou pas?Toujours est-il que cette légende a créé le nom de ce state park:Dead Horse Point.
Nous nous garons plus loin, puis nous cheminons tranquillement le long de la rim, c'est très facile, le large chemin est goudronné pour permettre le passage des fauteuils roulants.Encore une fois c'est un endroit d'une grande beauté, le Colorado passe presque au pied de la falaise, la roche rouge est éclatante et contraste fortement avec le bleu azur des bassins de potasse sur la gauche.nous regrettons de n'avoir pas réservé plus de temps pour ce parc car il est plus grand qu'il n'y paraît.Tant pis!Il est temps de prendre le chemin du retour car nous avons encore une heure de route jusqu'à Moab.Pour la petite histoire, c'est ici qu'a été tournée la scène d'ouverture du film Mission impossible 2, lorsque Ethan Hunt alias Tom Cruise, reçoit son ordre de mission alors qu'il escalade la spectaculaire falaise.


Une fois rentrés, bien fatigués, il faut le dire, nous décidons d'aller dîner à La Hacienda, le restau mexicain juste à côté de l'Inca Inn là où nous avons mangé deux jours plus tôt.Le patron, un colosse très très sympathique nous reconnaît et se met à discuter avec nous.A côté de nous, quatre jeunes locaux commandent puis mettent moins de 10 minutes à manger, emportent ce qui reste dans le même « doggy bag » et s'en vont!Etonnant!
Nous nous régalons encore une fois des salades mexicaines servies dans des galettes de maïs légères et croustillantes, un délice!Nous sortons lorsque le patron nous demande si nous revenons le lendemain, hélas, nous partons alors non, mais peut-être l'année prochaine!!Nous l'assurons également de faire de la pub pour son restaurant, excellent et pas cher, (voilà c'est fait!) il est ravi et nous souhaite une bonne fin de séjour aux US!

Jeudi 1er juillet 2010 :Lever à 6h30, puis départ de Moab à 8h par la belle route 128 qui longe le Colorado dévoilant au passage quelques plages de sable fin sur le bord et toujours entourée de roche rouge.Le changement de décor est radical lorsque nous tournons sur l'I70, l'Interstate qui vient de Denver est très monotone, son seul intérêt est de nous faire filer vers l'Ouest à la vitesse très honorable de 75mph(120km/h)!
Enfin nous laissons cette Interstate pour nous engager sur la petite UT 24 qui nous conduit doucement à notre destination juste à côté de Goblin Valley, c'est Little Wild Horse Canyon où nous arrivons en fin de matinée.Ce canyon est un « slot » comme nous les aimons, c'est même une référence en la matière, par contre, j'aurais souhaité connaître l'origine de ce nom, mais je n'ai trouvé personne pour me la communiquer, on va alors s'arrêter au fait qu'il porte un joli nom!
Après avoir signé le classique registre, nous voilà partis pour un aller retour de 3h normalement dans le canyon.La première partie nous fait emprunter un wash, très facile jusqu'à l'entrée proprement dite du canyon que nous atteignons en 10 minutes, et là, premier problème:nous sommes face à une roche de plus de 2m de hauteur, lisse comme les parois autour, pas question d'escalader.Nous doutons, l'entrée est-elle par ici?Il n'y a pas d'indication ni de cairn pour nous aider.Nous décidons de revenir sur nos pas, c'est alors que nous trouvons la solution (bon sang mais c'est bien sûr!!), il suffit de monter sur la pente rocheuse à la sortie du wash, puis de redescendre dans le canyon en contournant la roche abrupte et le tour est joué!C'est ce que nous faisons et 3 minutes plus tard nous retrouvons le fond sablonneux canalisé par les parois.
C'est par là l'entrée de Little Wild Horse CanyonLa suite de la progression se fait sans aucun problème, nous marchons même plutôt vite, nous rencontrons des passages très larges suivis de long passages très étroits, où parfois, nous devons nous mettre de côté ou bien marcher avec le corps incliné à gauche ou à droite, grimper sur des rochers en s'aidant des parois, c'est très fun et nous sommes vraiment ravis de la balade!


Nous rejoignons trois américains dont l'un observe les oiseaux qui nichent sur les hautes parois à l'aide d'une lunette sur trépied, puis nous dépassons une famille suisse-allemande avec laquelle nous discutons quelques instants, c'est ça aussi (et surtout!) les voyages.
Plus loin, alors que le canyon s'est élargi, nous marchons depuis environ 1h30 lorsque nous faisons notre pause pique-nique assis sur des rochers.Nous remarquons alors que le ciel s'est assombri, ce qui nous inquiète un peu, car nous craignons l'orage.C'est alors que nos trois américains amateurs d'oiseaux arrivent, nous leur demandons s'ils sont de l'Utah et s'ils savent s'il y a une menace d'orage ou pas:oui, il habitent l'Utah, mais non ils ne savent pas plus que nous s'il va pleuvoir ou pas!Bon, nous voilà plus avancés!Le plus jeune d'entre eux ajoute quand même qu'il n'est pas tranquille et qu'ils vont rebrousser chemin, ce qu'ils font tout de suite après nous avoir salués chaleureusement.Le problème c'est que nous n'avons pas envie de faire demi-tour maintenant, nous voulons toujours voir ce qu'il y a derrière le prochain virage, la roche suivante à grimper, ...alors... nous continuons un bon quart d'heure!Nous ne savons pas si nous sommes au bout du canyon, il est très large maintenant, il n'y a aucune indication, mais le ciel est très sombre et le vent se lève.Le fait d'être complètement seuls dans cet endroit si isolé à presque deux heures de marche de notre voiture avec un temps qui se dégrade, nous fait retourner sur nos pas, à regrets, nous aurions souhaité continuer, mais bon, il faut être raisonnable.Le retour est tout aussi intéressant, nous découvrons Little Wild Horse dans l'autre sens, c'est comme si c'était un nouveau canyon.Nous prenons plus le temps d'observer le travail de l'eau sur la roche et de faire des photos.

Nous ne croisons personne, excepté une famille américaine dont nous aidons les ados à passer un enchevêtrement de rochers, nous restons alors échanger un moment avec eux, les parents s'expriment en Français sans aucun accent, à tel point que nous leur demandons s'ils sont Américains:oui nous répondent-ils, ils habitent Provo près de Salt Lake City, mais ils ont vécu plusieurs années à Paris et Bordeaux, ceci explique celà!Nous repartons d'un bon pas après ce moment très sympa, mais nous sommes moins inquiets par rapport au temps car le soleil est revenu, nous le voyons lorsque le canyon s'élargit, mais la chaleur est lourde et suffocante.Nous arrivons à la voiture à 16h30, enchantés de cette superbe rando, car oui, on adore les « slots », définitivement!
Nous prenons la voiture, il fait 96°(35,5°C) et nous quittons la piste pour reprendre l'US 24 vers le sud, sans visiter Goblin Valley qui est juste à côté, mais bon, il faut faire des choix!La route est assez monotone jusqu'à l'approche de notre prochaine étape, c'est Fruita une petite oasis de verdure nichée au coeur d'un massif de roche rouge et ocre, traversée par une petite rivière dans le parc de Capitol Reef.Un petit arrêt d'abord pour observer les pétroglyphes inscrits dans la roche par d'anciens habitants du lieu, puis nous arrivons à la charmante et toute petite école bâtie par les Mormons pour les enfants de Fruita.Un enregistrement sonore nous permet d'écouter la dernière institutrice raconter sa vie de tous les jours, car l'école est fermée, nous ne pourrons pas la visiter, seulement regarder par les vitres l'intérieur sobre avec les pupitres en bois, le bureau surélevé, le tableau noir et le poêle au milieu de la pièce, qui est là pour nous rappeler que l'hiver est très froid ici, bien qu'aujourd'hui il fasse très chaud.

En repartant, nous laissons passer un petit bambi qui semble perdu.Ici, les animaux sont en liberté complète, il y a des elks, des chiens de prairie, des marmottes et nous sommes sur leur territoire!Nous le prenons en photo mais nous ne pouvons rien pour lui, mais sa mère va sans doute le retrouver très vite.Nous allons voir le camping abrité par des grands arbres et nous retrouvons là les elks tranquilles au milieu des tentes et des camping-cars, nous pouvons les approcher, ils sont habitués à la présence humaine...


19h arrive, nous sommes un peu loin de tout dans cette oasis paisible, mais il nous faut rejoindre notre hôtel à quelques miles de là.Peu de temps après nous nous garons sur le parking de notre hôtel, le Rim Rock Inn, et là, nous sommes subjugués par la beauté du lieu.Le Rim Rock est un petit hôtel en longueur, construit en bois au beau milieu de nulle part:il faut voir les reliefs rocheux derrière, majestueux, les badlands autour balayés par le vent qui fait se lever la poussière, c'est un vrai décor de western comme on les imagine, et on y est!Nous nous enregistrons et la réceptionniste nous indique le restaurant de l'hôtel pour dîner.Nous nous y rendons à 19h30 (les Américains mangent tôt!), il n'y a pas beaucoup de monde, la salle à manger est complètement vitrée et donne à contempler ce paysage fabuleux.Comme partout aux US, la jeune serveuse est très souriante et très attentionnée, nous commandons la spécialité maison, le Rim Rock chicken, un poulet rôti avec du miel, délicieux, nous nous régalons autant du repas que de la vue.Nous passons un très bon moment, puis nous sortons alors que la nuit tombe, il fait encore chaud, c'est le silence, on a l'impression d'être un peu seuls au monde, il n'y a que l'impersonnel Best Western de l'autre côté de la route qui joue l'intrus, dommage!!

Le restaurant du Rim Rock InnVendredi 2 juillet 2010 :Lever à 6h30, nous mangeons le petit-déjeuner continental de l'hôtel pour ne pas perdre du temps en allant à Torrey, puis nous repartons vers Fruita pour une randonnée.Nous quittons à regret le Rim Rock qui restera le gros coup de coeur de toutes les nuitées de notre séjour, de par son charme qui sentait si bon le wild wild West.De retour à Fruita sous un soleil radieux, nous attaquons la rando de Cohab Canyon à 8h45 dans une fraîcheur toute relative, il fait 74°F(23°C).La première partie grimpe dur, en lacet à flanc de colline pour rejoindre ce fameux Cohab Canyon.En se retournant, on a une vue globale de l'oasis, avec la ferme, l'école, la maison d'habitation et le camping.

Le contraste entre la verdure des pâturages et des vergers touffus et l'aridité de la roche alentour est saisissant, les Mormons ont bien choisi et bien valorisé cet endroit...Arrivés sur le plateau, nous nous enfonçons dans le canyon, qui est très large.La progression est facile, le sentier est plat et le sol est sablonneux.


Il est joli ce canyon, mais à côté de ce que nous avons vu les derniers jours, il fait figure de « petit ».Nous arrivons à l'embranchement de Frying Pan, une fois de plus la légende raconte que c'est par ce chemin que Butch Cassidy le célèbre hors-la-loi, a fui jusqu'à une arche naturelle qui lui servait d'abri:personne ne l'a jamais retrouvé.Nous n'avons pas le temps d'y aller, alors nous continuons vers la sortie de Cohab Canyon.Nous en atteignons l'extrémité après un peu plus d'une heure de marche, c'est la route UT 24 par laquelle nous sommes arrivés hier.Le point de vue est quelconque, alors nous ne mettons pas longtemps à repartir.Le chemin inverse est, bien sûr, tout aussi facile et nous sommes à la voiture à 10h30.De là nous prend l'envie de visiter la maison-musée d'une famille de Mormons dans les années 1920 (je crois!), juste à côté.Nous la visitons pièce par pièce, c'est assez intéressant à voir, car tout le mobilier occupe encore la maison avec les vêtements, la vaisselle, les ustensiles de tous les jours...Dans la cuisine se tient une dame, et surprise, dans tous les meubles autour d'elle sont posés des gâteaux et autres confiseries, des pots de confiture, de miel...c'est en fait la boutique du musée!!Nous ne résistons pas à l'envie et nous lui achetons des scones à la myrtille qui ont l'air délicieux, ce sera pour plus tard dans la journée.En sortant de la maison nous décidons d'aller jeter un oeil aux vergers pas loin.Il suffit de pousser le portail, de prendre une échelle, de se servir en fruits dans les arbres puis de les peser et enfin de verser dans une boîte l'argent correspondant à la quantité de fruits, le tout sans que personne ne soit là, nous savons juste le nom du propriétaire grâce au panneau à l'entrée.La confiance n'est pas un vain mot aux USA!!

Un petit aller-retour sur la scenic road (qui ne nous laisse pas un souvenir impérissable) et nous reprenons l'UT 24 vers le sud, cette fois nous quittons Capitol Reef.

De l'environnement désertique nous passons rapidement à un paysage de montagne au fur et à mesure que la route s'élève.Les sapins et autres arbres d'altitude deviennent alors nos compagnons, nous traversons de grandes étendues boisées et très faiblement habitées.Nous nous arrêtons pour pique- niquer alors que nous avons bien entamé l'interminable descente sur Boulder.Arrivés là nous tournons à gauche pour nous engager dans l'une des plus belles pistes de l'Ouest:la Burr Trail.Bitumée au départ, elle serpente doucement dans un paysage à nouveau aride, à la végétation éparse.Nous arrivons assez vite à Long Canyon, la piste se retrouve alors canalisée entre deux hautes parois de roche ocre pour déboucher plus loin sur des badlands colorés qui portent vraiment bien leur nom!A présent, le bitume a disparu, nous roulons dans la poussière mais le paysage qui s'offre à nous est toujours fabuleux.

Nous avons prévu de réaliser la rando de Strike Valley Overlook, mais nous passons devant l'accès sans nous en rendre compte.Nous voilà à un col avec devant nous les fameux switchbacks (lacets) qui vont nous faire descendre au fond de la vallée, non sans stress!De là, nous décidons de prendre la Nottom Road vers le nord, puis après quelques minutes, il faut se rendre à l'évidence, on s'est planté!Allez, demi-tour sur la Nottom, puis ascension des switchbacks, une voiture descend à tombeau ouvert, nous nous rangeons prêts à protester lorsque nous lisons « Sherif » sur sa portière, il nous recouvre de poussière en passant, bon, on ne va rien dire mais on en pense pas moins!!
Peu de temps après, nous trouvons enfin la route du parking, c'est indiqué Upper Muley Twist Canyon, c'est ce qui nous a induit en erreur.Ce n'est pas grave, nous commençons quand même la rando après avoir émargé sur le cahier au parking.Nous tenons à la faire car la vue sur le Waterpocket Fold est simplement magnifique et à ne pas rater, nous sommes prévenus(n'est-ce pas Alain-Pierre?!).Nous pressons le pas, la marche est très facile car c'est une piste empruntable par des 4*4.


En chemin nous nous souvenons des scones de Fruita et nous nous offrons un petit goûter bien sympa sur les rochers.Nous continuons et malheureusement le temps se gâte très vite, des nuages d'orage approchent et le vent se lève.Lorsque les premières gouttes arrivent nous décidons à contrecoeur de rebrousser chemin, sans être allé jusqu'au bout ce ne serait pas prudent, mais nous sommes quand même déçus, quel dommage!Bon, on ne va pas se plaindre, le paysage est toujours superbe, alors...
A cause de notre erreur nous ne sommes pas en avance lorsque nous quittons le parking d'Upper Muley Twist Canyon.Le chemin du retour sur la Burr Trail se passe très bien et les nuages ont disparu, c'est rageant!!Nous rejoignons la fameuse UT 12 qui doit nous mener à Cannonville, notre étape de ce soir.Cette route est grandiose, elle traverse d'immenses espaces en se jouant des reliefs, on dirait qu'elle surfe sur la roche:par moments nous roulons sur une crête à 2 mètres du précipice d'un côté et de l'autre, puis nous e ntamons une descente prononcée à flanc de massif avant de remonter tout aussi vite alors que le soleil couchant nous accompagne.La route se termine tranquillement en traversant quelques forêts paisibles en plaine.Nous arrivons à Cannonville, une toute petite bourgade, vers 19h nous y avons réservé une chambre au Grand Staircase Inn qui fait hôtel, restaurant, épicerie, station service!Fatigués de notre journée, nous décidons de laisser la voiture et de pique-niquer dans la chambre avec ce que nous trouverons à l'épicerie.Nous avons envie de déguster une bière bien fraîche mais nous avons beau chercher partout dans l'immense mur de vitrines remplies de boissons, il n'y a pas l'ombre d'une cannette.C'est alors que nous comprenons:nous sommes en Utah et la consommation d'alcool est très réglementée, les abus fortement punis, nous ne trouverons pas la Bud que nous cherchions.Bon, eh bien on va se contenter d'un Pepsi alors!!
Samedi 03 juillet 2010 :Lever à 6h30 pour notre dernier jour de visite...Nous attendons l'employée de l'hôtel qui est en retard pour ouvrir la petite salle attenante à l'épicerie où sont servis les petit-déjeuners...Nous en profitons pour discuter avec un couple de Français qui viennent de parcourir la Cottonwood Road la veille.Enfin elle arrive, pas de très bonne humeur, nous avalons vite nos quelques tartines, puis nous prenons la route direction Bryce Canyon à ½ heure de là, le soleil est avec nous mais il fait assez frais:58°F(14,5°C).
Nous avons déjà visité Bryce mais ce parc est si fabuleux que nous avons décidé d'y repasser cette année.Nous nous garons sur le parking de Sunset point, puis nous descendons dans l'amphithéâtre par le début du trail de Navajo Loop que nous allons prolonger par Queens Garden Trail, la partie Wall Street étant fermée.La magie du plus beau parc de l'Ouest (à notre avis!) opére tout de suite:le sentier louvoie entre les hoodoos, ces fameuses cheminées de fées, vient cotoyer des parois abruptes de roches d'une couleur orange pastel très douce, enfin, se déroule franchement arrivé au fond du canyon où il nous fait découvrir la maigre végétation établie là.

De petits écureuils très curieux nous accompagnent en bondissant d'arbuste en arbuste, assurant le spectacle en grignotant aidés de leurs deux pattes avant.

Nous levons la tête tout en cheminant, l'amphithéâtre de Bryce se découvre maintenant dans toute sa splendeur, ses formes délicatement dentelées se découpent sur le bleu azur profond du ciel de l'Utah.Fabuleux, je vous dis!!



Nous sommes en milieu de matinée, la température est parfaite pour randonner et, bien que nous soyons samedi nous rencontrons peu de gens.Deux heures après notre départ de Sunset Point, le sentier commence à remonter, signe que nous approchons de Sunrise Point et de la fin de la ballade.Au fur et à mesure de l'ascension, nous croisons de plus en plus de monde et de plus en plus bruyant.Nous sommes toujours sidérés de constater qu'énormément de gens s'aventurent dans le canyon chaussés de simples tongs qui font trébucher au moindre caillou, et surtout sans une bouteille d'eau.
Nous restons un moment au bord de la rim à contempler le paysage qui s'offre à nous.Plus bas, on aperçoit des touristes à dos de mule s'apprêtant à descendre accompagnés d'un guide.

Nous rejoignons alors Sunset Point où nous retrouvons la voiture.N'étant pas décidés à quitter Bryce maintenant, nous décidons de pousser jusqu'à Inspiration Point pour encore profiter du parc.Sur la rim un touriste asiatique déchire un emballage plastique, c'est alors qu'un écureuil vif comme l'éclair lui saute dessus, grimpe le long de son pantalon, pour s'apercevoir, déception totale, qu'il s'agissait d'un emballage de piles et non de nourriture!Décidément pas farouches ces petites bêtes!
Inspiration Point porte bien son nom, très fréquenté, il reste sans doute le plus beau point de vue de Bryce.Nous retournons à regrets à la voiture où un Américain nous demande si nous avons traversé tout le pays en voiture au vu de l'état de notre calandre pleine d'insectes écrasés!

En quittant Bryce nous nous arrêtons brièvement au visitor center, il y a beaucoup de monde maintenant car il est presque midi.C'est alors que nous découvrons toutes les affiches collées un peu partout jusque sur la porte des toilettes indiquant que des serpents à sonnettes ont été aperçus près des sentiers, appelant à la plus grande prudence et recommandant de ne pas s'éloigner du trail!Nous éprouvons un petit sentiment de crainte rétrospective, en même temps qu'une petite pensée pour tous les gens qui se promenaient en tongs!!
Cette fois il faut partir, nous reviendrons peut-être randonner sur Fairyland Loop Trail, mais ce sera une autre fois.
Sortant de Bryce, la roche ocre ne veut pas non plus nous quitter, la jolie route de Red Canyon se charge de nous dire au revoir, avant de laisser place brutalement à un paysage verdoyant de prairie à l'horizon lointain...
La route de Zion étant en travaux, pour ne risquer de perdre du temps nous bifurquons vers l'Ouest en direction de Cedar City par une petite route de montagne assez tortueuse.Ce doit être le pays du quad car nous en apercevons des dizaines sur des pistes qui leur semblent dédiées au beau milieu d'un très grand massif de conifères.
A Cedar City nous trouvons par hasard une station de lavage de voiture qui nous permet de laver notre Ford Escape car nous devons le rendre ce soir à Las Vegas.Nous empruntons maintenant le long et monotone ruban goudronné de l'I-15, l'interstate qui file droit vers le sud sur Sin City.A St George nous achetons un petit pique-nique au Walmart, pas de table en vue nous nous mettons alors à manger à l'ombre de notre voiture sur le parking car nous avons récupéré à nouveau la terrible chaleur du désert, il fait 100°F(38°C)!

A une heure de route de Las Vegas, nous tournons à gauche pour l'ultime visite de notre séjour:Valley of Fire.Ce parc porte très bien son nom car en effet, c'est une fournaise qui nous attend lorsque nous arrivons au visitor center, il fait 106°F(41°C).L'environnement est exclusivement minéral, presqu'aucune plante ne peut survivre ici, mais encore une fois les formations rocheuses y sont magnifiques, mêlant le rouge, l'ocre, le chocolat et même le crème en une superbe palette comme seule la nature sait le faire.



Nous avions prévu de parcourir la petite rando de White Domes mais au vu des conditions extrêmes rencontrées, nous pensons qu'il est plus prudent de visiter le parc en voiture!
Après une petite heure à rouler à vitesse réduite pour admirer le paysage, nous reprenons la route de Vegas, accompagnés par un vent puissant et brûlant.
Nous arrivons sans encombre à notre hôtel à côté de l'aéroport Mc Carran malgré la circulation, très dense car nous sommes samedi soir.Nous déposons notre voiture chez Alamo où, comme d'habitude c'est très rapide et on ne nous demande absolument rien.Un petit regard à notre vaillant Ford Escape qui nous a transporté durant les 2700 miles de notre parcours sur toutes sortes de routes, puis nous allons attendre la navette de courtoisie de l'hôtel.Un petit malentendu nous fait perdre quand même une heure nous n'avions pas bien compris l'endroit exact où elle nous attendait, quand nous la rejoignons, le chauffeur nous dit qu'il est venu 3 fois nous chercher!Oups!!
A cause de ce contretemps il fait nuit lorsque nous arrivons à l'hôtel La Quinta et nous n'avons pas mangé.Le Starbucks de l'autre côté de la route nous tend les bras, c'est là où nous irons dîner, assez rapidement car nous sommes très fatigués.Le reste de la soirée se passe à se battre avec les bagages pour essayer de tout caser, nous avons fait quelques achats quand même, et demain c'est le retour.
Dimanche 4 juillet 2010:Lever à 5h, la nuit a été très courte!Aujourd'hui c'est la fête nationale, mais pour nous c'est le départ.La navette nous amène à Mc Carran à 6h30 où nous embarquons pour notre vol sur Southwest à 8h30 pour San Francisco.Au revoir Las Vegas!Quelques mails expédiés vite fait depuis la salle d'embarquement, nous montons à bord très vite et l'avion décolle aussi sec, low cost oblige!Un dernier regard au Mandalay Bay, Sin City s'éloigne dans la belle lumière du matin, puis c'est le désert, la montagne, enneigée parfois et enfin l'atterrissage presque dans la mer à San Francisco.
Nous avons 5 h à passer dans le terminal, c'est long, nous en profitons pour manger une dernière fois chez Lorie's Dinner (dans le terminal international) un hamburger frites avec un grand coca glacé, of course!!

Enfin, nous montons dans le grand 747 qui nous ramène à Roissy après un vol sans histoire, encore 5 h d'attente dans l'indigent terminal 2G et c'est le retour à Brest où nous attend notre ami Bernard, toujours avec son grand sourire, pour nous ramener dans le Sud-Finistère où l'été commence...Au revoir les USA, à l'année prochaine peut-être!
Epilogue:A la suite de ce périple, nous avons resigné pour un troisième voyage dans l'Ouest américain en juin 2011 au départ et à l'arrivée de Denver, CO, en passant par le Yellowstone et, encore et toujours, la roche rouge de l'Arizona et de l'Utah.Pas eu le temps de réaliser un carnet que nous sommes déjà repartis aux US en juin 2012 pour une première visite à New York, puis le Southwest à nouveau, carnet à venir courant octobre ou novembre 2012...
Quel permis de conduire pour la Thaïlande? English translation pending
Bonjour à tous,
Désolé si ma question est un petit peu idiote mais je prèfère demander au cas ou.
Je possède un permis de conduire international mais j'ai récemment perdu mon permis de conduire francais. Je dois partir en Thailande dans 2 semaines, je me demandais si le permis de conduire international suffisait ou s'il fallait impérativement que je ramène les deux permis.
Merci d'avance.
Désolé si ma question est un petit peu idiote mais je prèfère demander au cas ou.
Je possède un permis de conduire international mais j'ai récemment perdu mon permis de conduire francais. Je dois partir en Thailande dans 2 semaines, je me demandais si le permis de conduire international suffisait ou s'il fallait impérativement que je ramène les deux permis.
Merci d'avance.
Sourires du Cambodge de novembre et décembre 2009 English translation pending
Début du Carnet de Voyage Partie 1
Voici notre circuit : Arrivée Phnom -Penh (2 jours) Battambang (2 jours) Siem Reap, site d'Angkor, Roluos, Phnom Khulen (6 jours) Kompong-Cham (2 jours) Kratie, dauphins, ile Cham (2 jours) retour par Phnom Penh puis Kep, ile aux Lapins (3 jours) Phnom Penh, visite école (2 jours)
Le 22 novembre 2009 Pau - Paris
Premier départ raté en gare de Pau où le TGV nous recrache sur le quai pour cause «de problèmes sur la voie»… nous prenons le train suivant dans la soirée, nous passons la nuit tant bien que mal allongés sur des banquettes, heureusement nous avons prévu large et nous serons à l’heure pour l’avion…. Nous avons même le temps de nous plonger dans l’art khmer au Musée Guimet avant de partir Paris est sous la pluie, dans ses couleurs automnales, il fait bien frisquet mais dans nos sacs se trouvent nos tee-shirts d’été auprès du maillot de bain ! Quelle chance d’aller au chaud et au soleil !
Trois semaines au Cambodge… voilà quelques années que nous ne sommes pas partis aussi longtemps, la maison est bouclée, les RTT posées auprès des petits-enfants et nos compagnons de voyage aussi pressés que nous de partir… Nous avons une fois de plus reconstitué notre petit groupe de 4, c'est une affaire qui marche, pourquoi s'en priver !!!! Les billets d’avion ont été pris depuis plusieurs mois sur Internet, via le comparateur de VF, nous voyageons avec la Korean Airlines (750 euros) bon OK, nous allons jusqu’à Séoul pour revenir ensuite sur Phnom Penh, c’est un peu long ! Plusieurs heures de transit en Corée, ah ! si j’avais su avant que des visites étaient organisées pour les gens en escale, dommage !
Lundi 23 Novembre - dans l'avion
Nous arrivons à 23 h à Phnom Penh, le taxi réservé en même temps que l’hôtel est bien là, nous avions pris nos visas à Paris, nous sommes très vite hors de l’aéroport dans la chaleur moite du Cambodge. Le « Frangipani Villas »(40 $ pt-déj + eau + laverie) est très chouette, les chambres spacieuses, beaucoup de charme, une maison ancienne au milieu d’un jardin, dans une petite rue bien calme, pratiquement à l’angle du Bd Sihanouk et du Monivong, mais nous verrons tout cela demain, pour l’instant pas besoin de berceuses !

Mardi 24 Novembre Phnom Penh
Il est finalement près de 10 heures quand nous nous mettons en route à la découverte de Phnom Penh, nous avons laborieusement commandé nos tickets de bus vers Battambang pour le lendemain matin (toujours mon anglais très approximatif !) pas toujours d’accord avec la compagnie, l’heure ou le prix annoncés, réservés aussi les tuk-tuk qui nous amèneront à la station et même choisi nos plats sur la carte du restaurant de l’hôtel pour ce soir !… bon, on peut y aller, la journée est à nous !
Il fait 32 ou 33 °, l’air est très humide, ce sont les températures que nous aurons pendant tout le voyage, heureusement les nuits sont fraiches et en quelques jours nous nous sommes habitués…
Nous découvrons d’abord un quartier bien populaire avec petits restos sur le trottoir, stands de fruits, de boissons, beaucoup de petits commerçants puis en rejoignant le Bd Sihanouk avec le monument de l’Indépendance dans notre visée, les trottoirs s’élargissent, de belles villas font place aux immeubles décrépis, c’est nickel… belles pelouses, énormes pots de fleurs, peu de circulation et peu de monde… c’est le quartier des Ministères…

Nous avons beaucoup de propositions de chauffeurs de tuk-tuk mais nous voulons marcher, flâner, regarder tout autour de nous… nous remontons une grande esplanade vers le Palais Royal, un vendeur de cerfs-volants un peu esseulé tente d’attirer les enfants, de grands immeubles modernes entourent la place, leurs façades vitrées reflètent les toits rouges et biscornus des bâtiments royaux. Une pagode entourée d’immenses stupas attire notre curiosité, allons voir… C’est le Vat Batum, notre première approche de la religion bouddhiste, nous observons l’organisation autour de la Pagode sans pouvoir nous empêcher de la comparer à nos édifices religieux… Un grand mur d’enceinte protège les lieux, les stupas recueillent les restes de la crémation des défunts (l’équivalent de nos tombes), les bonzes et les nones vivent autour de la Pagode (un peu comme un monastère) donc salles de prières, de repas, dortoirs etc… c’est toute une communauté qui vit ici. Nous nous asseyons un peu à l’ombre, des bonzes viennent discuter, ils préparent leur repas à côté.
Nous repartons vers le Palais Royal et la Pagode d’Argent… les grilles ferment sous notre nez ! il faudra attendre 14 h, nous nous préparons à aller jusqu’au Musée un peu plus haut mais le Lonely nous l’annonce aussi fermé à l’heure de midi… un chauffeur de tuk-tuk, profitant de l’aubaine et voyant notre embarras se propose de nous conduire jusqu’au Musée du Génocide, le seul ouvert à cette heure… on se met vite d’accord sur le prix (nous sommes 4, il nous attendra pendant la visite, ce sera 6 $) et voilà notre première balade en tuk-tuk…. C’est super agréable, enfin un peu de fraicheur, il va lentement, nous avons le temps de regarder, d’admirer, le chauffeur est prudent et d’ailleurs la circulation est raisonnable.
Ce Musée se situe dans un ancien lycée, les bâtiments ont servi de prison et de salles de torture pendant la période de Pol Pot de 1975 à 1979. C’est un endroit chargé de terreur, des milliers de Cambodgien ont été exterminés à cette époque toute proche… nous avons senti combien ce peuple avait été touché, presque chaque famille a perdu des proches, beaucoup « d’anciens », pratiquant encore un peu le français, nous en ont parlé… L’histoire du Cambodge est compliquée, période Angkorienne faste, riche et prospère jusqu’au 14 ième siècle, déclin de l’Empire khmer puis partage du pays entre Thaïlandais et Vietnamiens, protectorat français pendant 100 ans , puis Norodom Sihanouk qui tente l’indépendance à partir de 1953, ensuite Pol Pot et ses khmers rouges dévastent le pays qui devient un immense camp de concentration, le Vietnam envahit le pays et installe un régime à sa solde jusqu’en 1993 (période de boycott de la communauté internationale et période des terrains minés) puis tentatives d’élections démocratiques, les derniers Khmers rouges rendent les armes en 1998 ! Ce n’est que depuis cette période que le Cambodge se reconstruit vraiment avec l’aide de nombreux pays.
La visite du S-21 (quartier de sécurité 21) se fait en silence, difficile de soutenir les regards des centaines de portraits d’hommes, de femmes et surtout d’enfants affichés dans les salles… Nous ne nous attardons pas…

Nous demandons à notre chauffeur de nous déposer sur le quai Sisowath au bord du fleuve, il doit penser que nous avons faim car il s’arrête juste devant un restaurant ami... tiens, tiens… et pourquoi pas ! Nous ne cherchons pas plus loin et goutons pour la première fois à la cuisine cambodgienne.
Nous aurons généralement, tout le long du trajet d’agréables surprises et nous nous régalerons souvent… parfois la cuisine sera moins savoureuse ou la cuisinière moins expérimentée ? nous sommes 4 et la plupart du temps nous commanderons 4 plats différents dans lesquels nous piochons tous ; ceci nous a permis de gouter à plein de bonnes choses, toujours accompagnés de riz ou de nouilles quand nous en avions assez ! mais de nouilles à la farine de riz bien sûr !!
Aujourd’hui sur une terrasse face au Tonlé Sap nous laissons le serveur choisir pour nous et devant le poisson grillé, les légumes frits, les rouleaux de printemps et le porc à l’ananas nous sommes gâtés ! Premières bières locales aussi, l’Angkor, en grandes bouteilles comme il se doit ! le repas se termine avec le thé et une grande assiette de fruits savamment découpés, du riz gluant et une compotée de pastèque en petits paquets de feuilles de bananiers tressés… hum ! Une petite marche sur le quai avant de nous diriger vers le Musée National, passage par le Vat Ounalom où nous guide la jolie musique de violons… deux européens ont choisi cet endroit tout calme au milieu de l’agitation de la ville pour s’entrainer… nous faisons donc le tour de la Pagode accompagnés de sonates. Par curiosité Yolande et moi entrons dans un petit temple où un bonze nous tend de l’encens et nous asperge copieusement d’eau sacrée à l’aide de fleurs de lotus, il récite quelques incantations… Et voilà ! Nous sommes parées pour le voyage, Bouddha va veiller sur nous !

Nous prenons notre temps au Musée, le bâtiment est superbe, tout rouge dans un splendide jardin. Après avoir arpenté les salles et admiré les magnifiques pièces, mais nous manquons un peu d’explications, nous apprécions un long moment le jardin intérieur ; la chaleur, le voyage, le décalage horaire, le repas ont eu raison de nous et nous avons du mal à décoller de notre banc, à l’ombre, devant les bassins plein de lotus… Allez, un peu de courage si nous voulons voir le Palais Royal et la Pagode d’Argent avant ce soir !

Le Palais Royal est comme il se doit la résidence du Roi, il est possible de visiter la Salle du Trône, les jardins, la salle des Cérémonies, le Pavillon des Danses, le Pavillon de Fer (genre Baltard) offert par Napoléon III et dans la même enceinte se trouve la fameuse Pagode dite d’Argent car son sol est recouvert de 5 000 plaques d’argent, s’y trouvent aussi des Bouddhas couverts de pierres précieuses, en or ou en argent. Aujourd’hui c’est mardi, tous les guides officiels sont habillés en couleur fushia, chaque jour a sa couleur comme dans les anciennes cours royales. Nous n’avons guère qu’une heure pour tout voir, dès 17 h il commence à faire sombre, à 18 h c’est la nuit…
Nous profitons bien de cette fin d’après-midi, la couleur est très belle, je trouve les fresques intérieures de l’enceinte de la Pagode retraçant le récit du Ramayana particulièrement superbes, le jardin est très soigné, bonzaïs, buissons finement taillés, les stupas renfermant les restes des rois dressent leurs flèches vers le ciel, l’endroit est calme, très peu de monde, je crois que nous sommes les derniers à quitter les lieux… nous venons de passer un très bon moment.


C’est toujours à pied que nous rejoignons l’hôtel et nous faisons bien car l’ambiance du matin n’est plus du tout la même… les rues, les trottoirs, la grande esplanade grouillent de monde ! à croire que tous les habitants sont de sortie… la musique est à fond, des centaines de personnes bougent et dansent sur des rythmes d’aérobic, jeunes, vieux, tous s’y mettent ! et moi qui espérais surprendre quelques personnes âgées faisant tôt le matin leurs exercices de Qi Cong ou de Thaï Chi comme au Vietnam…. Les temps ont changé !!
Les familles sont installées à même le sol et prennent le repas du soir acheté à un marchand ambulant, des groupes de jeunes jouent au foot, des amoureux seuls au monde, des enfants tiennent fortement leurs cerfs-volants, c’est joyeux, bon enfant, souriant…

Une bonne douche pour enlever la poussière, la sueur et la fatigue de la journée… le repas du soir commandé le matin à l’hôtel est bien apprécié et nous permet de ne pas ressortir, nous sommes crevés, quelques kms déjà dans les jambes ; nous éteignons à 21 h 30 (hé oui !) mais nous sommes réveillés à 3 h (décalage !) Impossible de se rendormir
Mercredi 25 Novembre Battambang
Pas de problème donc pour se lever aux aurores, le bus est à 7 h, longue attente pour le petit déj. Les tuk-tuk sont là à l’heure, nous voyageons avec la Cie Paramount (5 $), la station est dans une petite rue près de la Poste, du coup nous avons un aperçu de ce quartier, plus au Nord de celui que nous avions arpenté hier. Petit à petit les voyageurs arrivent et, avant le notre, les bus pour Siem Reap ou Sihanoukville. Nous nous amusons à regarder une bande de macaques qui se faufilent sous les toits, qui font de l’équilibre sur les fils électriques quand soudain, je me rends compte que je suis juste devant la maison d’enfance de Claudie, une copine internaute… hé oui ! je reconnais les fenêtres à petits carreaux rouges... vite, des photos !
Nous assistons au chargement de mobylettes dans les soutes des bus, des marchands ambulants viennent nous proposer de quoi nous sustenter pendant le voyage, tout cela nous occupe jusqu’au départ qui n’a finalement lieu qu’à 8 h ! Nous en avons pour 5 h, autant prendre notre mal en patience ! le bus est plein mais pas surchargé, rapidement nous avons droit à des clips vidéos : soit des sketchs comiques avec le Coluche local soit des clips musicaux d’une mièvrerie déconcertante (on s’aime mais le père ne veut pas ou le fiancé part à la guerre etc…) Seul avantage : c’est à notre niveau de compréhension !!!!
Premier arrêt pipi, y’a une série de toilettes, basiques (un trou et de l’eau) mais propres, rien à dire d’ailleurs tout le long du voyage, c’est généralement bien plus propre qu’en Afrique ! Deuxième arrêt presque à midi devant une série de gargotes, il y a déjà deux ou trois bus arrêtés, les gens sont attablés devant des bols de soupe. Le temps que nous comprenions comment et quoi commander, un quart d’heure est passé, nous nous installons devant nos bols de soupe aux nouilles (2 pour 4) et nous nous apprêtons à partager une espèce de gâteau frit quand nous nous rendons compte que nous sommes seuls à table ! Tout le monde est déjà remonté dans les bus…. Le notre nous attend patiemment !

Arrivée à Battambang vers 13 h, nous ne sommes même pas sortis du bus que les chauffeurs de tuk-tuk nous assaillent déjà, notre hôtel n’est pas bien loin mais avec les bagages nous sommes ravis de nous laisser transporter… L’hôtel Royal n’a rien de typique, l’accueil est chaleureux, les chambres propres et spacieuses quant au restaurant sur la terrasse il est à recommander pour sa très bonne cuisine. C’est ici que nous devons retrouver notre guide car à partir de maintenant nous avons demandé à "Terre Cambodge" de Siem-Reap de nous organiser notre séjour. A aucun moment nous n’avons regretté ce choix car nous avons, grâce à eux, fait un voyage particulièrement varié et original. Au niveau du coût nous avons payé pour les 18 j ce qu'une agence en France nous aurait demandé pour 12 j et tout était compris : transport, hébergement, repas, visites, musées etc... sans que nous ayons à nous en soucier. Ceci nous a permis de manger dans des restaurants locaux et très typiques, parfois chez l'habitant ou de se faire plaisir dans un bon restaurant, même chose pour les nuits, parfois du très basique, parfois de jolis hôtels de charme Channara nous propose d’emblée de louer des vélos pour nous promener dans la campagne environnante, j’avoue ne pas me sentir en forme du tout pour affronter la chaleur, la circulation et les quelques 20 kms qu’il se propose de nous faire faire… ce sera une autre fois !
Nous partons donc en tuk-tuk vers le Vat Ek, un temple du XI iè siècle en grande partie effondré. Nous traversons plein de petits villages avec chacun sa spécialité. Les tuktuk s’arrêtent, nous laissent au bord de la route pour nous reprendre 2 ou 3 kms plus loin et cela nous permet, en plus de bien nous dégourdir les jambes, d’admirer tout le savoir-faire des familles car c’est toujours un travail en famille. Ici c’est la cuisson de galettes en farine de riz, elles cuisent sur un four chauffé avec l’enveloppe du riz (rien ne se perd), puis posées sur une grille en bambou et elles sèchent au soleil devant la porte. Tout est manuel. Un peu plus loin c’est justement à la fabrication de la farine de riz que nous assistons. Une dame nous dépasse avec son vélo chargé de kralan. Ce sont des tubes de bambou dans lesquels elle a fait cuire du riz gluant avec du lait de coco, on ouvre ce tube comme une peau de banane et on mange le riz légèrement caramélisé… c’est très bon et nous nous régalons d’autant plus que le bol de soupe du midi est resté sur la table !!! nous en mangerons à d’autres moments, parfois c’est un peu salé, ceux-là nous ont semblé particulièrement succulents.

Nous arrivons au Temple, proche d’une pagode et d’un immense Bouddha debout. C’est ici que nous entendons pour la première fois le récit du « Barattage de la mer de lait ». Cette scène d’un mythe hindouiste est très joliment représentée sur un linteau d’une des tours ; sur le montant des portes en grès est gravée en sanscrit toute la symbolique des sculptures du temple. La religion cambodgienne est un mélange de religions hindouiste et bouddhiste, et il faut sans cesse faire référence aux trois divinités hindoues ainsi qu’à Bouddha dans toutes ses représentations… je ne suis pas sûre d’avoir encore tout saisi ! Nouvel arrêt au retour pour regarder le séchage des lamelles de bananes., un papillon se régale du suc des fruits.

A l’hôtel un couple de Suisses fait sensation en arrivant à vélo, un tandem sur lequel Madame est couchée à l’avant ! avec leurs sacoches, ils doivent faire avancer près de 260 kgs ! quel courage de se lancer dans un tel périple, ils ont une bonne soixantaine d’années et ils comptent faire plus de 6 000 kms à travers la Thaïlande, le Laos, le Cambodge et le Vietnam ! Demain matin, avec une bonne vingtaine de supporters cambodgiens nous assisterons à leur départ.

Avant le repas nous faisons un tour au marché tout proche à la recherche de petits citrons verts que nous pressons dans nos bouteilles d’eau – c’est notre élixir en voyage – , c’est un excellent antiseptique et c’est très efficace pour prévenir les problèmes de tourista !
Les marchés ici sont très colorés, ils débordent de fruits et de légumes vendus directement par les producteurs. Les femmes sont soit assises sur de petits tabourets derrière leur marchandise soit en tailleur sur la table qui présente leurs produits. Il est possible de tout acheter, des poissons encore vivants ou séchés, des brochettes de crevettes juste grillées, du canard laqué encore tout chaud, des épices, et surtout de délicieux fruits que pour l’instant nous ne connaissons pas mais qui nous tentent et que nous gouterons avant de repartir…. Nous continuons notre promenade le long de la rivière Stung Sangker, les rives sont aménagées, les gens font comme nous, ils prennent l’air, font une balade ou leur jogging, certains pêchent en contrebas des ponts ce qui nous vaut de belles images de pêcheurs lançant leurs filets à la volée… nous marchons une petite heure… Au repas nous nous régalons de notre premier « amok fish » poisson cuit dans du lait de coco, c’est le plat cambodgien que nous avons préféré.
Nous nous couchons avec de la musique plein pot sur la ville… c’est la période des mariages, ça dure trois jours, jusqu’à 22 h et à partir de 5 h du matin !!!

Jeudi 26 Novembre Battambang
Les Suisses sont bien partis à 8 h tapantes sous les applaudissements de la rue et nous les suivons jusqu’à la sortie de la ville confortablement installés dans un minibus.
Nous allons jusqu’à Phnom Sampeau, un ensemble de pagodes et de temples en haut d’une colline en forme de bateau. Nous rejoignons le village du bas par une piste de latérite rouge dont la poussière recouvre les habitations et tous les arbres aux alentours… dans quelques mois, en saison sèche ce doit être intenable !
Nous laissons l’escalier bien raide qui part au pied d’un immense Bouddha que des ouvriers finissent de sculpter dans le rocher pour gravir doucement la colline par un chemin ombragé. Il fait toujours aussi chaud, aussi humide mais on survit !!
Des stèles sur les cotés énumèrent les noms des généreux donateurs, ces temples sont récents, tous plus kitsch les uns que les autres mais la présence des bonzes et des nonnes qui vivent eux dans des maisons en bois, leurs réfectoires et leurs cuisines, les bandes de petits drapeaux qui flottent au vent, la jolie vue sur les rizières font que le lieu est bien agréable… moins agréables sont les grottes et les charniers qui contiennent des ossements laissés derrière les Khmers rouges.


Nous continuons sur la crête de la colline, ça monte, ça descend, des escaliers, encore des escaliers vers une autre pagode qui brille de toute sa peinture or. Là nous passons un bon moment avec un gamin d’une douzaine d’années qui veut nous énumérer toutes les phrases qu’il connaît en français ! pour l’instant il apprend l’anglais avec un bonze, il est dégourdi comme tout, il a un sourire adorable - comme je lui souhaite un bel avenir !! Nous redescendons par l’escalier et après cette belle balade nous restons manger dans un des petits restaurants sur place. Nous avons chacun une belle assiette de nouilles aux légumes surmontée d’une omelette, de l’ananas en dessert, quoi demander de plus ?
Un peu plus tard nous voici à Phnom Banan, entre deux lions de pierre qui gardent un immmmmense escalier dont on ne voit pas la fin ! 358 marches sont annoncées d’emblée ! marches de pierre très irrégulières et plutôt hautes ! bon, courage, c’est parti… tranquillement jusqu’en haut ! yes ! et comme toujours la récompense est au bout ! là-haut c’est un ensemble de cinq tours assez abimées du XI iè siècle, des linteaux superbement sculptés surmontent les portes de grès, les sculptures des gardiennes des temples sont à peu près intactes, l’endroit est très apaisant et serein…

Nous rentrons vers Battambang en traversant à nouveau des villages, les femmes s’affairent à couper des bottes de riz, nous visitons une ancienne maison khmère, nous avons la surprise de découvrir de la vigne et un viticulteur qui propose des dégustations de vins… des français investissent déjà les lieux et nous ne nous incitent pas à les gouter !! Près d’une pagode des centaines de roussettes (chauve-souris) font l’attraction du coin ; devant une maison dont la famille tisse des kramas, une fillette file des bobines de coton avec une roue de vélo, sur les bords de la rivière, dont le niveau a déjà bien baissé, les paysans se sont empressés de planter quelques cultures qu’ils arrosent méticuleusement dans le soleil couchant… les images sont belles, elles sont fixées dans l’appareil photo mais surtout dans notre mémoire avec les bruits, les odeurs, la chaleur, les regards, les sourires…

Nous mangeons à nouveau à l’hôtel et nous éteignons à 21 h 30 après une sacrée belle journée !
Vendredi 27 Novembre sur la rivière - village flottant
Ce matin départ à 7 h en bateau vers le lac Tonlé Sap en navigant d’abord sur la rivière Stung Sangker. (en début de post vous avez la carte pour nous suivre…)
Ici je me dois d’une petite digression géographique concernant l’eau au Cambodge… le Cambodge est un pays extrêmement plat en son centre et qui subit une longue saison des pluies, de plus ce lac d’eau douce d’une superficie de 2 500 km2 est relié au Mékong par le Tonlé Bati ; il y a entre ces deux réservoirs d’eau un système de vases communicants qui fait que le trop plein du Mékong, lors de la fonte des neiges de l’Himalaya et des pluies, se déverse dans le lac –celui-ci passe alors à 13 000 km2- et en novembre, avec le retour de la saison sèche, le niveau du lac redescend, le cours de l’eau se renverse et le lac revient à sa surface initiale. C’est d’ailleurs l’occasion de grandes fêtes à Phnom Penh avec courses de pirogues « la fête des Eaux ».
L’eau s’étant retirée, les paysans s’empressent de planter le riz (alors que dans d’autres régions on en est à la récolte !) et beaucoup de légumes (souvent deux récoltes)
Les villages en bord du fleuve et du lac sont donc soit sur pilotis, soit des villages flottants pour accompagner le niveau de l’eau. En cette fin novembre, l’eau a tout juste commencé à descendre et la surface du lac est encore imposante.
Le bateau n’est pas surchargé, en fait nous sommes une trentaine de touristes au milieu des cambodgiens qui se rendent à Siem Reap. Le départ se fait dans la brume du petit matin, les villages se réveillent mais les pêcheurs sont déjà en pleine activité…

Au début, je déplore toutes ces bouteilles en plastique qui flottent à la surface de l’eau jusqu’à ce que je me rende compte qu’elles servent justement de flotteurs aux filets ! La pêche fait vivre une grande partie de la population du Cambodge, sur les marchés nous avons vu des tonnes et des tonnes de crustacés, de poissons petits et grands, souvent vendus vivants… c’est avec le riz une des plus grandes ressources du pays.
Les images sont belles, d’autant plus que le soleil s’est mis de la partie… Les maisons colorées qui se reflètent dans l’eau, les barques plates où les pêcheurs tiennent en équilibre, les filets que l’on jette ou que l’on remonte plein de friture brillant dans la lumière, le passage du bateau sur les routes encore inondées, à hauteur des branches d’arbres pour couper les méandres de la rivière, les carrelets qui montent et descendent régulièrement à contre-jour, les bateaux que l’on croise régulièrement et que l’on pourrait toucher et surtout les sourires, les « hello », les coucous des enfants… cette journée a été un de mes plus beaux moments du voyage…

Un arrêt-pipi épique dans une épicerie-bar flottante (deux planches sur l’eau, s’agit de bien poser les pieds ! des tôles à mi-hauteur et les petits poissons qui attendent l’offrande !) à côté des toilettes un radeau qui sert de potager et une cage pour élever un cochon…

Nous continuons le trajet, les pagodes et les écoles sont sur pilotis, ici c’est une région de musulmans et nous voyons les premières mosquées. Toujours plein de pêcheurs partout et le pilote du bateau doit souvent slalomer pour éviter les filets…
Channara nous demande de préparer nos bagages, nous descendons au prochain arrêt à Kaoh Chireang.
Nos compagnons de voyage nous envient de rester passer la nuit dans la maison flottante toute bleue où on vient de nous déposer ! Nous voici tous les 4 sur la terrasse au bord du fleuve à regarder le bateau continuer sa route…

La table est mise sur le côté, un grand lit dans la pièce principale, un cabinet de toilette avec WC et jarre d’eau à l’arrière, parés pour rester ici jusqu’à la fin des vacances !
Le repas est bien agréable, poisson grillé tout frais, légumes frits dont des racines de jacinthes d’eau qui poussent ici à profusion.
Il fait chaud, nous nous sommes levés tôt et nous apprécions une bonne sieste comme tous les habitants des lieux… Je vais quand même assez rapidement avec mon appareil photo à la recherche de quelques clichés mais l’espace de promenade est assez limité !
A l’arrière de la maison une dame est déjà occupée à éplucher et tailler les légumes pour ce soir, elle vient de finir la vaisselle directement dans l’eau du fleuve qui sert maintenant à laver les légumes… ce soir nous verrons la famille y faire sa toilette et nous-mêmes nous y cracherons notre eau (en bouteille) de brossage des dents, de toutes façons, les crocodiles y trempent déjà… alors !
Je passe un petit moment avec elle, la communication passe avec des gestes et des sourires…

Un peu plus tard un petit bateau vient nous chercher et nous partons pour une balade dans les rues du village…Il y a ici certainement près de 1000 habitants, tous sur des maisons flottantes, la spécialité c’est l’élevage des crocodiles et presque tous, y compris là où nous logeons, ont d’immenses cages dans l’eau avec des centaines de ces bestioles ! Sinon, comme partout nous passons devant l’épicerie, le tailleur, la station-service, le pressing… et nous croisons plein de marchandes ambulantes sur leurs pirogues qui vendent en porte à porte de l’épicerie, des légumes, voire des plats tout faits… nous profitons pleinement de cette promenade sur l’eau, nous ne savons plus où regarder tellement chaque image est pleine de vie, de couleur, de beauté… ici c’est le coucou des enfants, là c’est une marchande qui nous aborde, là encore deux pitchouns traversent seuls le fleuve, ici les enfants rentrent de l’école, là encore le linge en ribambelle sur un fil… tout nous émerveille !


Nous abordons un centre d’artisanat où les femmes tressent les tiges de jacinthes d’eau séchées, elles en font des nattes, des dessous de plats, de jolies boites… Nous y faisons nos premiers petits achats. Un responsable local est justement en train de motiver un groupe pour s’impliquer dans le tourisme… ce village a tous les atouts pour attirer quelques voyageurs et d’ici peu de temps il y aura certainement d’autres maisons d’hôtes dans le coin ! sa formation porte sur la propreté des lieux, sur l’accueil, sur la nourriture… ce peut être une façon de résoudre certains problèmes d’hygiène pour les habitants eux-mêmes mais en même temps il ne faudrait pas que ce village se dénature !
Samedi 28 Novembre village flottant - Siem Reap
Quelle nuit ! comme d’habitude, quand nous sommes dans un village, nous avons eu droit à tous les bruits : les coqs, les chiens… pas d’ânes comme en Afrique mais les margouillats qui sifflent sur les cloisons en bois, les crocodiles qui se battent et agitent la maison, les chats qui profitent de l’absence de portes et de fenêtres pour rôder autour de nous… heureusement, nous sommes bien à l’abri sous les moustiquaires et ça rassure les courageuses que nous sommes !!
Sommeil entrecoupé, du coup aucun problème pour se lever aux aurores avec la famille, dès 5 h les femmes sont en cuisine (c’est qu’elles n’ont rien de moderne ni pour faire chauffer l’eau ni pour cuire le repas – une grande partie de la journée est consacrée à la préparation des plats-) puis les hommes partent à la pêche et les enfants se préparent pour l’école. Les filles, comme partout, sont coquettes et agrémentent leur coiffure avec moult pinces, chouchous et bandeaux, les garçons ajustent leurs uniformes qui leur donnent l’air de petits communiants et dès qu’ils sont prêts ils attendent les copains qui passent les prendre en barque ! ils sont ainsi quatre ou cinq à partir vers l’école sans un adulte pour les encadrer !

D’ailleurs nous ferions bien nous aussi de nous occuper de nos affaires mais il y a tant à regarder ! Petit déjeuner au lever du soleil, c’est chouette aussi… A 7 h nous sommes tous les 4 sur un bateau qui nous emmène vers Siem Reap, nous allons vers l’embouchure de la rivière, près de nous la mangrove, quelques oiseaux ci et là, puis nous traversons les plaines encore inondées au milieu de la cime des arbres, ensuite le lac et nous arrivons à l’embarcadère de Chong Knies. Un minibus nous attend, nous faisons la connaissance de Taèm qui sera notre chauffeur jusqu’au départ.


Nous nous arrêtons au milieu des rizières, dans certaines parcelles les paysans labourent, dans d’autres ils plantent et ailleurs c’est la récolte ! A l’entrée de la ville nous visitons un endroit incontournable pour les touristes « Les Artisans d’Angkor » une association qui forme des jeunes aux métiers divers de l’artisanat : peinture sur soie, laque, travail de l’argent, sculpture sur bois ou sur pierre, tressage, couture… ces jeunes reçoivent un salaire décent, sont nourris et logés ; ils sont nombreux parait-il à vouloir intégrer ce centre professionnel. La visite est bien organisée, en français pour nous ; elle se termine par un passage dans les boutiques de vente. Il y a là de très jolies choses, de bonne qualité… nous venons d’arriver, nous n’avons pas encore envie de nous lancer dans de gros achats… et je le regrette car c’est là que nous avons vu les plus jolies choses ! (il y a un stand à l’aéroport de Phnom Penh au départ mais moins fourni)

Nous passons ensuite un bon moment avec Laurent le responsable de « Terre Cambodge » ; j’avais eu beaucoup d’échanges Internet pour organiser le séjour… heureux de se connaître. Je lui fais part de mon souci de ne pas passer assez de temps à l’école, du coup changement, nous n’irons pas à Koh Dach, un détour trop long, nous privilégions l’école (pour rien finalement puisque Théa, le directeur, a changé le rendez-vous au dernier moment ! on ne pouvait pas savoir !) Avant de nous rendre à l’hôtel nous passons par une très ancienne pagode de Siem Reap, le Vat Bô. Elle est effectivement très belle, déjà de l’extérieur, avec beaucoup d’éléments en bois ; un petit vieux nous ouvre les portes et à l’intérieur nous admirons les plus jolies peintures que nous avons vues dans une pagode, en particulier de beaux détails de « l’armée des singes ».

Très bon repas avec des plats dont la présentation est particulièrement raffinée et nous nous installons aux « Mystères d’Angkor » très joli petit hôtel plein de charme, jardin luxuriant, piscine, jolies chambres…
le tour du coeur est en lamelles de concombre
Après-midi libre… Nous terminons tranquillement la journée en allant jusqu’au vieux marché le long de la rivière, passage à la Poste pour les premières cartes et les timbres. Le vieux marché est couvert, il y fait chaud, étouffant, rapidement Pierre nous attend dehors ! je ne m’y attarde pas non plus, c’est la réplique asiatique des souks de Marrakech ou d’Istanbul, beaucoup de choses « made in China » mais c’est typique, l’ambiance y est sympathique, pas trop de pression commerçante, avec le sourire, pas de problème !! Nous nous promenons dans les rues aux alentours. Beaucoup de cafés pour européens, quelques boutiques sympas, sur le trottoir deux australiens, assis au bord d’un bassin, se font « masser » les pieds par des petits poissons… manifestement ça chatouille !

Retour par le même chemin, balade très agréable, les chauffeurs de tuk-tuk ne comprennent pas qu’on préfère marcher !
Nous cherchons une « Laundry » il est temps de penser lessive… nous trouvons cela chez une petite coiffeuse adorable !
Une nouvelle fois nous ne trainons pas pour nous coucher ! Les journées sont longues et bien remplies ! Ce n’est pas au Cambodge que nous jouerons aux oiseaux de nuit ! Dimanche 29 Novembre Siem Reap - Roluos
Nous sommes tout près des temples d’Angkor mais si nous voulons suivre un ordre chronologique dans la construction de ces temples et en comprendre l’évolution il faudra attendre encore quelques jours pour aller sur le site.
Ce matin, dès 8 h nous sommes devant les guichets pour obtenir le sésame qui va, pendant 6 jours, nous ouvrir les portes d’une des merveilles du monde ! un petit sourire devant l’objectif et 5 minutes après nous avons notre photo sur le pass, pas question de le perdre ni de l’oublier, dans les jours qui viennent nous le sortirons plus d’une fois !
Départ vers Roluos par la RN 6 au Sud de Siem Reap mais très rapidement nous nous perdons (volontairement) dans la campagne environnante... 2 heures de marche sur une piste, en fait c'est l'ancienne route royale qui reliait Angkor de Roluos, tantôt au milieu des rizières, tantôt au milieu des villages…. Heureusement peu de circulation sinon des vélos et quelques mobylettes accompagnées à chaque fois d’un nuage de poussière rouge.

Ce sont des villages de paysans et dans presque chaque cour de maison on s’affaire soit au décorticage du riz, soit à la fabrication d’un alcool de riz (genre de saké), soit une moissonneuse-batteuse fait son tri, la même que chez mes grands-parents il y a 50 ans ! à chaque fois on nous accueille avec de grands sourires, on nous propose de boire, de gouter…
Nous sommes curieux de tout : l’architecture des maisons, très hautes pour permettre une bonne ventilation du bas, à l’ombre où sont installés les hamacs, les cultures dans les jardins, les arbres, ici un jacquier, ici des noix d’arec, là un frangipanier, un champ de papayes, partout des bananiers, devant nous un troupeau de buffles, plus loin une dame qui pose devant sa maison, une petite mare couverte de nénuphars encore ouverts avant que le soleil ne tape trop fort…

Et c’est ainsi que nous arrivons au temple de Preah Kô (le sanctuaire du bœuf sacré) édifié à la fin du IX ièm siècle, six tours alignées en deux rangées et comportant des ornements en stucs bien conservés. Nous cherchons les pierres à l’ombre qui nous permettent de nous asseoir pendant que Channara fait son cours magistral !
En sortant nous passons par un atelier de découpage du cuir, très rapidement.
Puis nous nous dirigeons vers le Bakong, c’est le premier temple montagne en grès gris que nous voyons, il est imposant avec ses cinq terrasses superposées, à chaque angle des sculptures d’éléphants en plus ou moins bon état. Nous le gravissons, nous en faisons le tour, des lions gardent fièrement l’accès aux escaliers de pierre. Quelques stupas (tombes) tiennent encore debout et donnent de la couleur à l’ensemble. Le Lolei est le plus petit des temples du groupe de Roluos, 4 tours vite visitées….


Nous mangeons un plat de nouilles frites dans une gargote en bord de route et il fait sacrément chaud quand nous repartons. Nous sommes toujours sur une jolie piste rouge dans la campagne et nous prenons plaisir à marcher surtout quand il y a de l’ombre.

A nouveau nous faisons plein de rencontres : une dame vient de remonter de sa mare quelques centaines de grammes de minuscules poissons qu’elle va rajouter à sa soupe, quelques bonzes nous croisent à l’abri de leur parapluie, un groupe de femmes, les lèvres et les dents noires de mâchouiller du bétel nous interpelle, elles nous montrent la fabrication de leur « drogue », une feuille de bétel + une pâte à base de chaux + de la noix d’arec pilée … elles rient beaucoup devant notre refus d’y gouter et tiennent à se faire prendre en photo, un peu plus loin un marchand de cochons qui veut nous doubler nous oblige presque à descendre dans les rizières, il lui reste 3 cochonnets sur les vingt qu’il a essayé de vendre dans les villages tout au long de la journée…scènes de la vie quotidienne…


Nous remontons dans le minibus pour arriver au temple Chau Strei Vibol. Il est en haut d’une colline et c’est à nouveau l’occasion de marcher un peu. C’est un très joli endroit, au milieu d’une forêt, ce temple est en partie envahi par les arbres. Nous y voyons pour la première fois des déambulatoires effondrés ce qui nous vaut un « cours » d’architecture sur les encorbellements et les clés de voute ! ça fait du bien quelques rappels scolaires et se cultiver sous les frangipaniers ce n’est pas le plus désagréable ! Nous reprenons le bus après avoir fait le tour du mur d’enceinte.

Nous traversons un village dont la spécialité est la fabrication des fameux kralans, on en vend partout ! Il est à peu près 5 h quand nous arrivons chez Mr Pô au village de Dam Daek, nous dormons chez lui ce soir. Sa maison est magnifique, tout en bois, une belle terrasse dont les cloisons sont décorées de toutes ses photos de famille (dont il est très fier !), une grande salle où nous dormirons, quelques alcôves où se répartit la famille, la cuisine à l’arrière où Mme s’active et un cabinet de toilette (réserve d’eau, casserole, WC) C’est une famille très sympathique, très accueillante, le fils, la belle-fille et les petits-enfants vivent avec eux. Un enfant reste toujours dans la maison paternelle pour s’occuper des parents. Mr Pô est ravi d’avoir beaucoup de filles car dit-il « quand je suis malade elles me font de bons massages » ! Ce qu’il ne dit pas c’est qu’au Cambodge on préfère avoir des filles car elles coûtent moins cher et elles rapportent une dot. C’est le mari qui paye toute la noce. Mr Pô a connu l’époque de Pol Pot mais, hormis la famine dont il a souffert, il a pu rester dans son village, en famille, car étant un paysan il n’a pas fait partie des gens déplacés.
Nous passons un très agréable moment en leur compagnie, grâce aussi à Channara qui fait le traducteur, cela nous permet de communiquer ! Après un très bon repas, très copieux, et avant de nous coucher nous prenons une douche « au bol » car c’est indispensable d’enlever la poussière et la sueur de la journée !


Ce soir nous dormirons bien car la police veille !!! Hé oui, incidemment nous demandons au chauffeur où il dort, il nous répond « en bas avec la police ! » quoi la police ? qu’est-ce-qu’elle vient faire dans l’histoire ? Hé bien tout simplement, le gouverneur de Siem Reap (équivalent de notre préfet de région) n’a donné l’autorisation à Terre Cambodge de faire dormir les touristes en dehors des hôtels qu’à condition que des mesures de sécurité soient prises pour nous protéger d’une éventuelle incursion des thaïlandais au Cambodge –nous sommes à 40 kms à peu près de la frontière mais effectivement il y a régulièrement des échauffourées entre les deux pays- donc, dès que nous sommes chez l’habitant et plus tard dans une pagode, trois policiers viennent installer leur hamac à proximité ! manquait plus que ça !!!!
En plus ce n’est qu’une histoire de gros sous ( corruption) car ils ont un gros bakchich !
Fou-rire en nous couchant en imaginant un enlèvement ! surtout qu'on a déjà donné !!!
Lundi 30 Novembre Phnom Kulen et pagode
Bonne nuit, nous nous levons avec la famille vers 5 h30 Petit déjeuner, rangement et nous voilà prêts dès 7 h Devant la maison qui jouxte une école la belle-fille a installé une boutique de bonbons et avant de partir, nous voyons les écoliers qui viennent y dépenser 4 sous. Petite photo-souvenir avec nos hôtes qui ont été charmants !

Nous nous dirigeons vers le temple de Beng Mealea au nord de Dam Daek. Il y a peu de circulation sur ces pistes éloignées des routes principales. Parfois quelques centaines de mètres sont goudronnées puis très vite on retrouve cette terre rouge. Peu de voiture plutôt des mobylettes , dont nous observons avec étonnement le lourd chargement, encombrent la chaussée ! Ici ce sont des noix de cocos ou des bananes, là des poulets ou des cochons, ensuite des meubles ou des matelas et fréquemment nous voyons une famille de 4 voire 5 personnes chevaucher une pétoire ! C’est vraiment un spectacle de tous les moments que de croiser ou de dépasser toutes sortes de chargements en équilibre instable !
A l’heure des écoliers ce sont aussi des dizaines de vélos qui roulent sur les bas-côtés, les plus jeunes avec souvent un vélo trois fois trop grand et un copain, ou deux, sur la selle, les plus grands, surtout les filles, avec une allure très digne, bien droite, l’uniforme impeccable, un joli chapeau sur la tête les protégeant du soleil, les cheveux noués en queue de cheval, sont plus prudents. C’est l’heure aussi où les bonzes passent de maison en maison quêter leur repas de la journée et nous les avons vus souvent attendre l’obole sur le bord du chemin, belle image ! Les villages sont installés le long de tous ces axes de circulation et cela génère une grande activité.

Le temple Beng Mealea est perdu dans la jungle, il date du XII ièm siècle, après le groupe de Roluos. La forêt autour n’a pas été dégagée, le temple est envahi par les ficus étrangleurs, beaucoup de déambulatoires sont effondrés mais subsistent encore de belles balustrades aux fausses fenêtres. Dans le site, le circuit est largement facilité depuis le passage de J.J Annaud qui a fait construire une passerelle en bois pour le tournage du film « Deux frères ». Il n’est plus nécessaire de franchir de gros blocs de pierres et ce n’est que pour le plaisir qu’il est possible de se perdre dans les décombres et la végétation. Nous avons beaucoup aimé cet endroit serein, calme et en même temps plein de présences…

Nous voici au pied de la montagne sacrée de Phnom Kulen « la montagne aux litchis » dommage, ce n’est pas la saison ! Ce soir nous allons dormir là-haut dans une pagode, en attendant il faut monter les 350 m de dénivelée sous forme d’escaliers et sous 33°… nous empruntons le chemin des pèlerins, nous atteindrons notre Nirvana ! En y allant doucement, ça doit le faire ! à mi-pente une pagode avec une source où l’on vient de loin récupérer l’eau sacrée (tiens ça me rappelle quelque chose !), nous nous reposons un peu, puis les escaliers sont plus raides mais à l’ombre et au bout d’une heure et demie nous sommes sur un chemin de crête dans la forêt, encore une petite heure de marche pendant laquelle Channara nous fait découvrir toutes les espèces d'arbres sur le passage : gommier, fromager, rotin....
Nous traversons une première rivière aux lingas, en fait il y a deux sites. Ici, les lingas (symbole phallique) ne sont sculptés que dans le fond de la rivière, il y en a sur des centaines de m2, la trentaine de cm d’eau limpide permet de bien les voir. Des enfants s’amusent dans le courant.
Plus loin deux belles cascades avec une aire de pique-nique… beaucoup de cambodgiens sont là en ce dimanche, facile d’y accéder, il y a une belle route ! Ils sont en famille, c’est à la fois un lieu de détente mais aussi de baignade car la rivière est sacrée. Quelques petits restaurants de l’autre coté d’une passerelle suspendue, des boutiques qui vendent des brochettes, des bananes grillées, du kralan… nous mangeons ici et une bonne sieste sur des nattes au bord de l’eau est la bienvenue !
Channara, qui accompagne souvent des groupes, nous fait un beau compliment en nous disant que c’est la première fois que des gens de notre âge (!) viennent à pied jusqu’ici !



Nous marchons encore un peu pour atteindre un temple (encore des escaliers !) avec un immense Bouddha couché. Des familles sont là en pèlerinage, l’une d’entre elles veut absolument que nous posions sur leurs photos souvenirs, nous devons le mériter car nous y sommes montés !

Le minibus nous a rejoints et nous nous dirigeons vers le Vat Preah Kral où nous devons dormir. Channara, un peu ennuyé, nous annonce qu’il y a là-bas un rassemblement pour la fête de la pleine lune, ce n’était pas prévu, il y a beaucoup de monde, est-ce-que nous acceptons quand même d’y dormir, normalement nous devons poser les matelas dans le réfectoire des bonzes… Ben, allons-y, tentons l’expérience, on verra bien !
Il y a en effet un monde fou ! des tentes un peu partout, de la musique à fond, le son strident des criquets… ce devait être une nuit au calme ! ça nous fait plutôt rire… un peu moins quand nous arrivons au réfectoire… une cinquantaine de nonnes, d’hommes et de femmes, au milieu de montagnes de feuilles de palmier et de noix de cocos fabriquent des offrandes pour la grande cérémonie du lendemain… on se met où ??? En moins de deux les matelas et les moustiquaires sont installés sur une estrade à côté d’un autel à Bouddha (Pierre aura une vingtaine d’yeux qui vont l’observer toute la nuit !) au milieu de l’encens, des bougies… nous sommes à la fois gênés de notre intrusion et du manque d’intimité !
Pourtant ils nous ont tous accueillis avec plein de sourires et de gestes amicaux, nous nous mélangeons à eux pour essayer de transformer avec autant de dextérité en jolis bouquets les lamelles de feuilles… bien sûr notre maladresse les fait bien rire ! les offrandes sont surprenantes : des cigarettes (des fois que dans l’au-delà les ancêtres veuillent fumer) des noix d’arec, des fleurs, de l’encens, le tout en magnifiques compositions.
Nous montons au-dessus du temple, au milieu de bouddhas et de stupas tous plus dorés ou peinturlurés les uns que les autres pour essayer de voir le coucher de soleil sur le Tonlé Sap à l’horizon… malheureusement ce soir il y a de la brume, le spectacle est beau quand même dans cette ambiance surréaliste !

Des gens viennent nous parler en anglais, en fait ce rassemblement c’est pour célébrer les ancêtres de la famille des donateurs qui a construit ce lieu. Ils ont immigrés en Californie, ils font des dons importants et reviennent ici chaque année.
Il fait juste nuit quand nous pique-niquons rapidement, nos policiers sont là !!! oui, oui !!! ils ont installés leur hamac entre les arbres devant le réfectoire !
Nous voyons tous les gens se diriger vers la pagode, c’est l’heure des prières. Nous restons un moment écouter ces mélopées, les bonzes devant, les nonnes et les civils à l’arrière, les chiens couchés un peu partout. « Nos » américains nous proposent d’y participer au milieu du groupe. Yolande et moi les rejoignons.
Ce ne sont pas les mêmes prières mais ne serait-ce pas le même Dieu ?
Difficile pour nous de rester longtemps assises en tailleur, après un quart d’heure nous nous échappons… les prières dureront encore longtemps !
Dans un coin du site une série de wc et de douches (au bol) communes. Les cambodgiennes se lavent avec leur sarong, bien pratique dans ces circonstances ! Nous arrivons malgré tout à nous rafraichir, après une journée de marche ça fait du bien !
Il n’est même pas huit heures quand nous sommes allongés sous la moustiquaire ! jamais aussi tôt ! un grand néon au-dessus de nous, les générateurs juste à l’arrière, la prière est terminée, les gens sont revenus dans la salle et terminent les offrandes…
Et c’est dans le brouhaha des discussions, dans le cri strident des criquets, dans le ronronnement des générateurs, dans l’odeur de l’encens, à la lumière des néons et des bougies que nous nous endormons malgré tout !
Il est près de minuit quand tout se calme et le silence nous réveille, plein de gens sont installés sur des nattes autour de nous et entament leur nuit…
Nous vivons un moment unique, exceptionnel…
Bouddha veille sur nous !
Mardi l ier Décembre Siem Reap
La première nonne est venue ce matin dès 4 h et demie faire des offrandes d’encens pratiquement au pied de nos moustiquaires… à 5 h tout le monde est debout, il ne nous reste plus qu’à faire pareil !
Tout est vite bouclé, petit déjeuner rapidement pris et il est tout juste 7 h quand nous partons à pied vers une clairière, le site de Sra Damrei daté au XI ièm siècle. C’est un endroit magique ! après pas loin de deux heures de marche, d’abord sur un plateau schisteux puis sur d’agréables sentiers dans la forêt, nous débouchons face à un énorme éléphant, grandeur nature, sculpté dans la roche. A côté de lui deux lions et une grenouille et un peu plus bas un bœuf bien abimé lui. C’est vraiment impressionnant, inattendu ! Quelques religieux entretiennent cet ancien site qui ne doit pas avoir beaucoup de visiteurs.
Nous rentrons à travers une autre clairière dont les parois abruptes sont couvertes de lianes et de racines vertigineuses.

Quant nous arrivons à la pagode, la cérémonie a commencé. Tous les gens sont assis devant un autel couvert d’offrandes. Un religieux psalmodie des prières dans un haut parleur, des musiciens nous font entendre des instruments que nous ne connaissons pas, la musique est cristalline, entrecoupée du tambour retentissant, les femmes sont en blanc, certaines avec le krama en travers du corps, d’autres plus coquettes et parées de bijoux. Les bonzes ne sont pas présents, c’est essentiellement la famille qui rend hommage à ses morts.

Nous restons un moment à regarder la scène mais il nous faut partir de cet endroit que nous ne sommes pas prêts d’oublier !
Passage par la cascade d’hier pour y prendre le repas –nous goutons des bananes au riz gluant cuites dans des feuilles de bananiers, c’est bon !- et descente de la montagne vers Siem Reap en minibus.
Assez vite nous nous arrêtons au site de Kbal Spean – la rivière aux 1000 lingas- la plus connue des deux. Ici c’est bien touristique, le chemin est bien tracé, bien entretenu, il monte en pente légère mais encore 2 h de marche aller/retour… j’en ai plein les pattes !!! Pas trop de monde cependant… Il fait toujours aussi chaud et nous buvons des litres et des litres d’eau.
La balade est agréable, nombreuses pierres sculptées le long du lit des la rivière et dans le fond du cours d’eau toujours ces fameux lingas, des lianes surprenantes, de drôles de rochers…

Dernier arrêt à l’adorable petit temple de Bantey Srei commencé au X ièm siècle. C’est comme une miniature, tout en grès rose, posé au milieu de ses douves, tout de guingois, d’une finesse extrême…. Chaque sculpture est une découverte, chaque encadrement de porte ouvre une nouvelle perspective, c’est un véritable bonheur d’être dans cet endroit….. mais nous ne sommes pas seuls ! Et puis nous avons vu et fait tellement de choses ces derniers jours que je suis un peu assommée, je mélange tout, je suis fatiguée aussi certainement ! J’ai l’impression de ne pas avoir assez apprécié le moment…
Nous faisons tranquillement, au calme, le tour du fossé d’enceinte pour prendre quelques photos au soleil couchant. J’essaye de savourer ces instants, je sais que je n’y reviendrais jamais et je voudrais tout imprimer, les couleurs, les odeurs, l’atmosphère… C'est tellement beau !




Nous retrouvons notre chouette hôtel, un bon restaurant, un petit tour dans un cyber-café pour donner des nouvelles, à côté se prépare une soirée de mariage, nous admirons l’élégance des cambodgiennes, elles sont adorables dans des robes-bustiers de couleur vive brodées de mille paillettes !
Nous rentrons à pied un peu dans le noir, un peu dans les trous et les flaques !
Hop ! Au lit !
Le 22 novembre 2009 Pau - Paris
Premier départ raté en gare de Pau où le TGV nous recrache sur le quai pour cause «de problèmes sur la voie»… nous prenons le train suivant dans la soirée, nous passons la nuit tant bien que mal allongés sur des banquettes, heureusement nous avons prévu large et nous serons à l’heure pour l’avion…. Nous avons même le temps de nous plonger dans l’art khmer au Musée Guimet avant de partir Paris est sous la pluie, dans ses couleurs automnales, il fait bien frisquet mais dans nos sacs se trouvent nos tee-shirts d’été auprès du maillot de bain ! Quelle chance d’aller au chaud et au soleil !
Trois semaines au Cambodge… voilà quelques années que nous ne sommes pas partis aussi longtemps, la maison est bouclée, les RTT posées auprès des petits-enfants et nos compagnons de voyage aussi pressés que nous de partir… Nous avons une fois de plus reconstitué notre petit groupe de 4, c'est une affaire qui marche, pourquoi s'en priver !!!! Les billets d’avion ont été pris depuis plusieurs mois sur Internet, via le comparateur de VF, nous voyageons avec la Korean Airlines (750 euros) bon OK, nous allons jusqu’à Séoul pour revenir ensuite sur Phnom Penh, c’est un peu long ! Plusieurs heures de transit en Corée, ah ! si j’avais su avant que des visites étaient organisées pour les gens en escale, dommage !
Lundi 23 Novembre - dans l'avion
Nous arrivons à 23 h à Phnom Penh, le taxi réservé en même temps que l’hôtel est bien là, nous avions pris nos visas à Paris, nous sommes très vite hors de l’aéroport dans la chaleur moite du Cambodge. Le « Frangipani Villas »(40 $ pt-déj + eau + laverie) est très chouette, les chambres spacieuses, beaucoup de charme, une maison ancienne au milieu d’un jardin, dans une petite rue bien calme, pratiquement à l’angle du Bd Sihanouk et du Monivong, mais nous verrons tout cela demain, pour l’instant pas besoin de berceuses !

Mardi 24 Novembre Phnom Penh
Il est finalement près de 10 heures quand nous nous mettons en route à la découverte de Phnom Penh, nous avons laborieusement commandé nos tickets de bus vers Battambang pour le lendemain matin (toujours mon anglais très approximatif !) pas toujours d’accord avec la compagnie, l’heure ou le prix annoncés, réservés aussi les tuk-tuk qui nous amèneront à la station et même choisi nos plats sur la carte du restaurant de l’hôtel pour ce soir !… bon, on peut y aller, la journée est à nous !
Il fait 32 ou 33 °, l’air est très humide, ce sont les températures que nous aurons pendant tout le voyage, heureusement les nuits sont fraiches et en quelques jours nous nous sommes habitués…
Nous découvrons d’abord un quartier bien populaire avec petits restos sur le trottoir, stands de fruits, de boissons, beaucoup de petits commerçants puis en rejoignant le Bd Sihanouk avec le monument de l’Indépendance dans notre visée, les trottoirs s’élargissent, de belles villas font place aux immeubles décrépis, c’est nickel… belles pelouses, énormes pots de fleurs, peu de circulation et peu de monde… c’est le quartier des Ministères…

Nous avons beaucoup de propositions de chauffeurs de tuk-tuk mais nous voulons marcher, flâner, regarder tout autour de nous… nous remontons une grande esplanade vers le Palais Royal, un vendeur de cerfs-volants un peu esseulé tente d’attirer les enfants, de grands immeubles modernes entourent la place, leurs façades vitrées reflètent les toits rouges et biscornus des bâtiments royaux. Une pagode entourée d’immenses stupas attire notre curiosité, allons voir… C’est le Vat Batum, notre première approche de la religion bouddhiste, nous observons l’organisation autour de la Pagode sans pouvoir nous empêcher de la comparer à nos édifices religieux… Un grand mur d’enceinte protège les lieux, les stupas recueillent les restes de la crémation des défunts (l’équivalent de nos tombes), les bonzes et les nones vivent autour de la Pagode (un peu comme un monastère) donc salles de prières, de repas, dortoirs etc… c’est toute une communauté qui vit ici. Nous nous asseyons un peu à l’ombre, des bonzes viennent discuter, ils préparent leur repas à côté.
Nous repartons vers le Palais Royal et la Pagode d’Argent… les grilles ferment sous notre nez ! il faudra attendre 14 h, nous nous préparons à aller jusqu’au Musée un peu plus haut mais le Lonely nous l’annonce aussi fermé à l’heure de midi… un chauffeur de tuk-tuk, profitant de l’aubaine et voyant notre embarras se propose de nous conduire jusqu’au Musée du Génocide, le seul ouvert à cette heure… on se met vite d’accord sur le prix (nous sommes 4, il nous attendra pendant la visite, ce sera 6 $) et voilà notre première balade en tuk-tuk…. C’est super agréable, enfin un peu de fraicheur, il va lentement, nous avons le temps de regarder, d’admirer, le chauffeur est prudent et d’ailleurs la circulation est raisonnable.
Ce Musée se situe dans un ancien lycée, les bâtiments ont servi de prison et de salles de torture pendant la période de Pol Pot de 1975 à 1979. C’est un endroit chargé de terreur, des milliers de Cambodgien ont été exterminés à cette époque toute proche… nous avons senti combien ce peuple avait été touché, presque chaque famille a perdu des proches, beaucoup « d’anciens », pratiquant encore un peu le français, nous en ont parlé… L’histoire du Cambodge est compliquée, période Angkorienne faste, riche et prospère jusqu’au 14 ième siècle, déclin de l’Empire khmer puis partage du pays entre Thaïlandais et Vietnamiens, protectorat français pendant 100 ans , puis Norodom Sihanouk qui tente l’indépendance à partir de 1953, ensuite Pol Pot et ses khmers rouges dévastent le pays qui devient un immense camp de concentration, le Vietnam envahit le pays et installe un régime à sa solde jusqu’en 1993 (période de boycott de la communauté internationale et période des terrains minés) puis tentatives d’élections démocratiques, les derniers Khmers rouges rendent les armes en 1998 ! Ce n’est que depuis cette période que le Cambodge se reconstruit vraiment avec l’aide de nombreux pays.
La visite du S-21 (quartier de sécurité 21) se fait en silence, difficile de soutenir les regards des centaines de portraits d’hommes, de femmes et surtout d’enfants affichés dans les salles… Nous ne nous attardons pas…

Nous demandons à notre chauffeur de nous déposer sur le quai Sisowath au bord du fleuve, il doit penser que nous avons faim car il s’arrête juste devant un restaurant ami... tiens, tiens… et pourquoi pas ! Nous ne cherchons pas plus loin et goutons pour la première fois à la cuisine cambodgienne.
Nous aurons généralement, tout le long du trajet d’agréables surprises et nous nous régalerons souvent… parfois la cuisine sera moins savoureuse ou la cuisinière moins expérimentée ? nous sommes 4 et la plupart du temps nous commanderons 4 plats différents dans lesquels nous piochons tous ; ceci nous a permis de gouter à plein de bonnes choses, toujours accompagnés de riz ou de nouilles quand nous en avions assez ! mais de nouilles à la farine de riz bien sûr !!
Aujourd’hui sur une terrasse face au Tonlé Sap nous laissons le serveur choisir pour nous et devant le poisson grillé, les légumes frits, les rouleaux de printemps et le porc à l’ananas nous sommes gâtés ! Premières bières locales aussi, l’Angkor, en grandes bouteilles comme il se doit ! le repas se termine avec le thé et une grande assiette de fruits savamment découpés, du riz gluant et une compotée de pastèque en petits paquets de feuilles de bananiers tressés… hum ! Une petite marche sur le quai avant de nous diriger vers le Musée National, passage par le Vat Ounalom où nous guide la jolie musique de violons… deux européens ont choisi cet endroit tout calme au milieu de l’agitation de la ville pour s’entrainer… nous faisons donc le tour de la Pagode accompagnés de sonates. Par curiosité Yolande et moi entrons dans un petit temple où un bonze nous tend de l’encens et nous asperge copieusement d’eau sacrée à l’aide de fleurs de lotus, il récite quelques incantations… Et voilà ! Nous sommes parées pour le voyage, Bouddha va veiller sur nous !

Nous prenons notre temps au Musée, le bâtiment est superbe, tout rouge dans un splendide jardin. Après avoir arpenté les salles et admiré les magnifiques pièces, mais nous manquons un peu d’explications, nous apprécions un long moment le jardin intérieur ; la chaleur, le voyage, le décalage horaire, le repas ont eu raison de nous et nous avons du mal à décoller de notre banc, à l’ombre, devant les bassins plein de lotus… Allez, un peu de courage si nous voulons voir le Palais Royal et la Pagode d’Argent avant ce soir !

Le Palais Royal est comme il se doit la résidence du Roi, il est possible de visiter la Salle du Trône, les jardins, la salle des Cérémonies, le Pavillon des Danses, le Pavillon de Fer (genre Baltard) offert par Napoléon III et dans la même enceinte se trouve la fameuse Pagode dite d’Argent car son sol est recouvert de 5 000 plaques d’argent, s’y trouvent aussi des Bouddhas couverts de pierres précieuses, en or ou en argent. Aujourd’hui c’est mardi, tous les guides officiels sont habillés en couleur fushia, chaque jour a sa couleur comme dans les anciennes cours royales. Nous n’avons guère qu’une heure pour tout voir, dès 17 h il commence à faire sombre, à 18 h c’est la nuit…
Nous profitons bien de cette fin d’après-midi, la couleur est très belle, je trouve les fresques intérieures de l’enceinte de la Pagode retraçant le récit du Ramayana particulièrement superbes, le jardin est très soigné, bonzaïs, buissons finement taillés, les stupas renfermant les restes des rois dressent leurs flèches vers le ciel, l’endroit est calme, très peu de monde, je crois que nous sommes les derniers à quitter les lieux… nous venons de passer un très bon moment.


C’est toujours à pied que nous rejoignons l’hôtel et nous faisons bien car l’ambiance du matin n’est plus du tout la même… les rues, les trottoirs, la grande esplanade grouillent de monde ! à croire que tous les habitants sont de sortie… la musique est à fond, des centaines de personnes bougent et dansent sur des rythmes d’aérobic, jeunes, vieux, tous s’y mettent ! et moi qui espérais surprendre quelques personnes âgées faisant tôt le matin leurs exercices de Qi Cong ou de Thaï Chi comme au Vietnam…. Les temps ont changé !!
Les familles sont installées à même le sol et prennent le repas du soir acheté à un marchand ambulant, des groupes de jeunes jouent au foot, des amoureux seuls au monde, des enfants tiennent fortement leurs cerfs-volants, c’est joyeux, bon enfant, souriant…

Une bonne douche pour enlever la poussière, la sueur et la fatigue de la journée… le repas du soir commandé le matin à l’hôtel est bien apprécié et nous permet de ne pas ressortir, nous sommes crevés, quelques kms déjà dans les jambes ; nous éteignons à 21 h 30 (hé oui !) mais nous sommes réveillés à 3 h (décalage !) Impossible de se rendormir
Mercredi 25 Novembre Battambang
Pas de problème donc pour se lever aux aurores, le bus est à 7 h, longue attente pour le petit déj. Les tuk-tuk sont là à l’heure, nous voyageons avec la Cie Paramount (5 $), la station est dans une petite rue près de la Poste, du coup nous avons un aperçu de ce quartier, plus au Nord de celui que nous avions arpenté hier. Petit à petit les voyageurs arrivent et, avant le notre, les bus pour Siem Reap ou Sihanoukville. Nous nous amusons à regarder une bande de macaques qui se faufilent sous les toits, qui font de l’équilibre sur les fils électriques quand soudain, je me rends compte que je suis juste devant la maison d’enfance de Claudie, une copine internaute… hé oui ! je reconnais les fenêtres à petits carreaux rouges... vite, des photos !
Nous assistons au chargement de mobylettes dans les soutes des bus, des marchands ambulants viennent nous proposer de quoi nous sustenter pendant le voyage, tout cela nous occupe jusqu’au départ qui n’a finalement lieu qu’à 8 h ! Nous en avons pour 5 h, autant prendre notre mal en patience ! le bus est plein mais pas surchargé, rapidement nous avons droit à des clips vidéos : soit des sketchs comiques avec le Coluche local soit des clips musicaux d’une mièvrerie déconcertante (on s’aime mais le père ne veut pas ou le fiancé part à la guerre etc…) Seul avantage : c’est à notre niveau de compréhension !!!!
Premier arrêt pipi, y’a une série de toilettes, basiques (un trou et de l’eau) mais propres, rien à dire d’ailleurs tout le long du voyage, c’est généralement bien plus propre qu’en Afrique ! Deuxième arrêt presque à midi devant une série de gargotes, il y a déjà deux ou trois bus arrêtés, les gens sont attablés devant des bols de soupe. Le temps que nous comprenions comment et quoi commander, un quart d’heure est passé, nous nous installons devant nos bols de soupe aux nouilles (2 pour 4) et nous nous apprêtons à partager une espèce de gâteau frit quand nous nous rendons compte que nous sommes seuls à table ! Tout le monde est déjà remonté dans les bus…. Le notre nous attend patiemment !

Arrivée à Battambang vers 13 h, nous ne sommes même pas sortis du bus que les chauffeurs de tuk-tuk nous assaillent déjà, notre hôtel n’est pas bien loin mais avec les bagages nous sommes ravis de nous laisser transporter… L’hôtel Royal n’a rien de typique, l’accueil est chaleureux, les chambres propres et spacieuses quant au restaurant sur la terrasse il est à recommander pour sa très bonne cuisine. C’est ici que nous devons retrouver notre guide car à partir de maintenant nous avons demandé à "Terre Cambodge" de Siem-Reap de nous organiser notre séjour. A aucun moment nous n’avons regretté ce choix car nous avons, grâce à eux, fait un voyage particulièrement varié et original. Au niveau du coût nous avons payé pour les 18 j ce qu'une agence en France nous aurait demandé pour 12 j et tout était compris : transport, hébergement, repas, visites, musées etc... sans que nous ayons à nous en soucier. Ceci nous a permis de manger dans des restaurants locaux et très typiques, parfois chez l'habitant ou de se faire plaisir dans un bon restaurant, même chose pour les nuits, parfois du très basique, parfois de jolis hôtels de charme Channara nous propose d’emblée de louer des vélos pour nous promener dans la campagne environnante, j’avoue ne pas me sentir en forme du tout pour affronter la chaleur, la circulation et les quelques 20 kms qu’il se propose de nous faire faire… ce sera une autre fois !
Nous partons donc en tuk-tuk vers le Vat Ek, un temple du XI iè siècle en grande partie effondré. Nous traversons plein de petits villages avec chacun sa spécialité. Les tuktuk s’arrêtent, nous laissent au bord de la route pour nous reprendre 2 ou 3 kms plus loin et cela nous permet, en plus de bien nous dégourdir les jambes, d’admirer tout le savoir-faire des familles car c’est toujours un travail en famille. Ici c’est la cuisson de galettes en farine de riz, elles cuisent sur un four chauffé avec l’enveloppe du riz (rien ne se perd), puis posées sur une grille en bambou et elles sèchent au soleil devant la porte. Tout est manuel. Un peu plus loin c’est justement à la fabrication de la farine de riz que nous assistons. Une dame nous dépasse avec son vélo chargé de kralan. Ce sont des tubes de bambou dans lesquels elle a fait cuire du riz gluant avec du lait de coco, on ouvre ce tube comme une peau de banane et on mange le riz légèrement caramélisé… c’est très bon et nous nous régalons d’autant plus que le bol de soupe du midi est resté sur la table !!! nous en mangerons à d’autres moments, parfois c’est un peu salé, ceux-là nous ont semblé particulièrement succulents.

Nous arrivons au Temple, proche d’une pagode et d’un immense Bouddha debout. C’est ici que nous entendons pour la première fois le récit du « Barattage de la mer de lait ». Cette scène d’un mythe hindouiste est très joliment représentée sur un linteau d’une des tours ; sur le montant des portes en grès est gravée en sanscrit toute la symbolique des sculptures du temple. La religion cambodgienne est un mélange de religions hindouiste et bouddhiste, et il faut sans cesse faire référence aux trois divinités hindoues ainsi qu’à Bouddha dans toutes ses représentations… je ne suis pas sûre d’avoir encore tout saisi ! Nouvel arrêt au retour pour regarder le séchage des lamelles de bananes., un papillon se régale du suc des fruits.

A l’hôtel un couple de Suisses fait sensation en arrivant à vélo, un tandem sur lequel Madame est couchée à l’avant ! avec leurs sacoches, ils doivent faire avancer près de 260 kgs ! quel courage de se lancer dans un tel périple, ils ont une bonne soixantaine d’années et ils comptent faire plus de 6 000 kms à travers la Thaïlande, le Laos, le Cambodge et le Vietnam ! Demain matin, avec une bonne vingtaine de supporters cambodgiens nous assisterons à leur départ.

Avant le repas nous faisons un tour au marché tout proche à la recherche de petits citrons verts que nous pressons dans nos bouteilles d’eau – c’est notre élixir en voyage – , c’est un excellent antiseptique et c’est très efficace pour prévenir les problèmes de tourista !
Les marchés ici sont très colorés, ils débordent de fruits et de légumes vendus directement par les producteurs. Les femmes sont soit assises sur de petits tabourets derrière leur marchandise soit en tailleur sur la table qui présente leurs produits. Il est possible de tout acheter, des poissons encore vivants ou séchés, des brochettes de crevettes juste grillées, du canard laqué encore tout chaud, des épices, et surtout de délicieux fruits que pour l’instant nous ne connaissons pas mais qui nous tentent et que nous gouterons avant de repartir…. Nous continuons notre promenade le long de la rivière Stung Sangker, les rives sont aménagées, les gens font comme nous, ils prennent l’air, font une balade ou leur jogging, certains pêchent en contrebas des ponts ce qui nous vaut de belles images de pêcheurs lançant leurs filets à la volée… nous marchons une petite heure… Au repas nous nous régalons de notre premier « amok fish » poisson cuit dans du lait de coco, c’est le plat cambodgien que nous avons préféré.
Nous nous couchons avec de la musique plein pot sur la ville… c’est la période des mariages, ça dure trois jours, jusqu’à 22 h et à partir de 5 h du matin !!!

Jeudi 26 Novembre Battambang
Les Suisses sont bien partis à 8 h tapantes sous les applaudissements de la rue et nous les suivons jusqu’à la sortie de la ville confortablement installés dans un minibus.
Nous allons jusqu’à Phnom Sampeau, un ensemble de pagodes et de temples en haut d’une colline en forme de bateau. Nous rejoignons le village du bas par une piste de latérite rouge dont la poussière recouvre les habitations et tous les arbres aux alentours… dans quelques mois, en saison sèche ce doit être intenable !
Nous laissons l’escalier bien raide qui part au pied d’un immense Bouddha que des ouvriers finissent de sculpter dans le rocher pour gravir doucement la colline par un chemin ombragé. Il fait toujours aussi chaud, aussi humide mais on survit !!
Des stèles sur les cotés énumèrent les noms des généreux donateurs, ces temples sont récents, tous plus kitsch les uns que les autres mais la présence des bonzes et des nonnes qui vivent eux dans des maisons en bois, leurs réfectoires et leurs cuisines, les bandes de petits drapeaux qui flottent au vent, la jolie vue sur les rizières font que le lieu est bien agréable… moins agréables sont les grottes et les charniers qui contiennent des ossements laissés derrière les Khmers rouges.


Nous continuons sur la crête de la colline, ça monte, ça descend, des escaliers, encore des escaliers vers une autre pagode qui brille de toute sa peinture or. Là nous passons un bon moment avec un gamin d’une douzaine d’années qui veut nous énumérer toutes les phrases qu’il connaît en français ! pour l’instant il apprend l’anglais avec un bonze, il est dégourdi comme tout, il a un sourire adorable - comme je lui souhaite un bel avenir !! Nous redescendons par l’escalier et après cette belle balade nous restons manger dans un des petits restaurants sur place. Nous avons chacun une belle assiette de nouilles aux légumes surmontée d’une omelette, de l’ananas en dessert, quoi demander de plus ?
Un peu plus tard nous voici à Phnom Banan, entre deux lions de pierre qui gardent un immmmmense escalier dont on ne voit pas la fin ! 358 marches sont annoncées d’emblée ! marches de pierre très irrégulières et plutôt hautes ! bon, courage, c’est parti… tranquillement jusqu’en haut ! yes ! et comme toujours la récompense est au bout ! là-haut c’est un ensemble de cinq tours assez abimées du XI iè siècle, des linteaux superbement sculptés surmontent les portes de grès, les sculptures des gardiennes des temples sont à peu près intactes, l’endroit est très apaisant et serein…

Nous rentrons vers Battambang en traversant à nouveau des villages, les femmes s’affairent à couper des bottes de riz, nous visitons une ancienne maison khmère, nous avons la surprise de découvrir de la vigne et un viticulteur qui propose des dégustations de vins… des français investissent déjà les lieux et nous ne nous incitent pas à les gouter !! Près d’une pagode des centaines de roussettes (chauve-souris) font l’attraction du coin ; devant une maison dont la famille tisse des kramas, une fillette file des bobines de coton avec une roue de vélo, sur les bords de la rivière, dont le niveau a déjà bien baissé, les paysans se sont empressés de planter quelques cultures qu’ils arrosent méticuleusement dans le soleil couchant… les images sont belles, elles sont fixées dans l’appareil photo mais surtout dans notre mémoire avec les bruits, les odeurs, la chaleur, les regards, les sourires…

Nous mangeons à nouveau à l’hôtel et nous éteignons à 21 h 30 après une sacrée belle journée !
Vendredi 27 Novembre sur la rivière - village flottant
Ce matin départ à 7 h en bateau vers le lac Tonlé Sap en navigant d’abord sur la rivière Stung Sangker. (en début de post vous avez la carte pour nous suivre…)
Ici je me dois d’une petite digression géographique concernant l’eau au Cambodge… le Cambodge est un pays extrêmement plat en son centre et qui subit une longue saison des pluies, de plus ce lac d’eau douce d’une superficie de 2 500 km2 est relié au Mékong par le Tonlé Bati ; il y a entre ces deux réservoirs d’eau un système de vases communicants qui fait que le trop plein du Mékong, lors de la fonte des neiges de l’Himalaya et des pluies, se déverse dans le lac –celui-ci passe alors à 13 000 km2- et en novembre, avec le retour de la saison sèche, le niveau du lac redescend, le cours de l’eau se renverse et le lac revient à sa surface initiale. C’est d’ailleurs l’occasion de grandes fêtes à Phnom Penh avec courses de pirogues « la fête des Eaux ».
L’eau s’étant retirée, les paysans s’empressent de planter le riz (alors que dans d’autres régions on en est à la récolte !) et beaucoup de légumes (souvent deux récoltes)
Les villages en bord du fleuve et du lac sont donc soit sur pilotis, soit des villages flottants pour accompagner le niveau de l’eau. En cette fin novembre, l’eau a tout juste commencé à descendre et la surface du lac est encore imposante.
Le bateau n’est pas surchargé, en fait nous sommes une trentaine de touristes au milieu des cambodgiens qui se rendent à Siem Reap. Le départ se fait dans la brume du petit matin, les villages se réveillent mais les pêcheurs sont déjà en pleine activité…

Au début, je déplore toutes ces bouteilles en plastique qui flottent à la surface de l’eau jusqu’à ce que je me rende compte qu’elles servent justement de flotteurs aux filets ! La pêche fait vivre une grande partie de la population du Cambodge, sur les marchés nous avons vu des tonnes et des tonnes de crustacés, de poissons petits et grands, souvent vendus vivants… c’est avec le riz une des plus grandes ressources du pays.
Les images sont belles, d’autant plus que le soleil s’est mis de la partie… Les maisons colorées qui se reflètent dans l’eau, les barques plates où les pêcheurs tiennent en équilibre, les filets que l’on jette ou que l’on remonte plein de friture brillant dans la lumière, le passage du bateau sur les routes encore inondées, à hauteur des branches d’arbres pour couper les méandres de la rivière, les carrelets qui montent et descendent régulièrement à contre-jour, les bateaux que l’on croise régulièrement et que l’on pourrait toucher et surtout les sourires, les « hello », les coucous des enfants… cette journée a été un de mes plus beaux moments du voyage…

Un arrêt-pipi épique dans une épicerie-bar flottante (deux planches sur l’eau, s’agit de bien poser les pieds ! des tôles à mi-hauteur et les petits poissons qui attendent l’offrande !) à côté des toilettes un radeau qui sert de potager et une cage pour élever un cochon…

Nous continuons le trajet, les pagodes et les écoles sont sur pilotis, ici c’est une région de musulmans et nous voyons les premières mosquées. Toujours plein de pêcheurs partout et le pilote du bateau doit souvent slalomer pour éviter les filets…
Channara nous demande de préparer nos bagages, nous descendons au prochain arrêt à Kaoh Chireang.
Nos compagnons de voyage nous envient de rester passer la nuit dans la maison flottante toute bleue où on vient de nous déposer ! Nous voici tous les 4 sur la terrasse au bord du fleuve à regarder le bateau continuer sa route…

La table est mise sur le côté, un grand lit dans la pièce principale, un cabinet de toilette avec WC et jarre d’eau à l’arrière, parés pour rester ici jusqu’à la fin des vacances !
Le repas est bien agréable, poisson grillé tout frais, légumes frits dont des racines de jacinthes d’eau qui poussent ici à profusion.
Il fait chaud, nous nous sommes levés tôt et nous apprécions une bonne sieste comme tous les habitants des lieux… Je vais quand même assez rapidement avec mon appareil photo à la recherche de quelques clichés mais l’espace de promenade est assez limité !
A l’arrière de la maison une dame est déjà occupée à éplucher et tailler les légumes pour ce soir, elle vient de finir la vaisselle directement dans l’eau du fleuve qui sert maintenant à laver les légumes… ce soir nous verrons la famille y faire sa toilette et nous-mêmes nous y cracherons notre eau (en bouteille) de brossage des dents, de toutes façons, les crocodiles y trempent déjà… alors !
Je passe un petit moment avec elle, la communication passe avec des gestes et des sourires…

Un peu plus tard un petit bateau vient nous chercher et nous partons pour une balade dans les rues du village…Il y a ici certainement près de 1000 habitants, tous sur des maisons flottantes, la spécialité c’est l’élevage des crocodiles et presque tous, y compris là où nous logeons, ont d’immenses cages dans l’eau avec des centaines de ces bestioles ! Sinon, comme partout nous passons devant l’épicerie, le tailleur, la station-service, le pressing… et nous croisons plein de marchandes ambulantes sur leurs pirogues qui vendent en porte à porte de l’épicerie, des légumes, voire des plats tout faits… nous profitons pleinement de cette promenade sur l’eau, nous ne savons plus où regarder tellement chaque image est pleine de vie, de couleur, de beauté… ici c’est le coucou des enfants, là c’est une marchande qui nous aborde, là encore deux pitchouns traversent seuls le fleuve, ici les enfants rentrent de l’école, là encore le linge en ribambelle sur un fil… tout nous émerveille !


Nous abordons un centre d’artisanat où les femmes tressent les tiges de jacinthes d’eau séchées, elles en font des nattes, des dessous de plats, de jolies boites… Nous y faisons nos premiers petits achats. Un responsable local est justement en train de motiver un groupe pour s’impliquer dans le tourisme… ce village a tous les atouts pour attirer quelques voyageurs et d’ici peu de temps il y aura certainement d’autres maisons d’hôtes dans le coin ! sa formation porte sur la propreté des lieux, sur l’accueil, sur la nourriture… ce peut être une façon de résoudre certains problèmes d’hygiène pour les habitants eux-mêmes mais en même temps il ne faudrait pas que ce village se dénature !
Samedi 28 Novembre village flottant - Siem Reap
Quelle nuit ! comme d’habitude, quand nous sommes dans un village, nous avons eu droit à tous les bruits : les coqs, les chiens… pas d’ânes comme en Afrique mais les margouillats qui sifflent sur les cloisons en bois, les crocodiles qui se battent et agitent la maison, les chats qui profitent de l’absence de portes et de fenêtres pour rôder autour de nous… heureusement, nous sommes bien à l’abri sous les moustiquaires et ça rassure les courageuses que nous sommes !!
Sommeil entrecoupé, du coup aucun problème pour se lever aux aurores avec la famille, dès 5 h les femmes sont en cuisine (c’est qu’elles n’ont rien de moderne ni pour faire chauffer l’eau ni pour cuire le repas – une grande partie de la journée est consacrée à la préparation des plats-) puis les hommes partent à la pêche et les enfants se préparent pour l’école. Les filles, comme partout, sont coquettes et agrémentent leur coiffure avec moult pinces, chouchous et bandeaux, les garçons ajustent leurs uniformes qui leur donnent l’air de petits communiants et dès qu’ils sont prêts ils attendent les copains qui passent les prendre en barque ! ils sont ainsi quatre ou cinq à partir vers l’école sans un adulte pour les encadrer !

D’ailleurs nous ferions bien nous aussi de nous occuper de nos affaires mais il y a tant à regarder ! Petit déjeuner au lever du soleil, c’est chouette aussi… A 7 h nous sommes tous les 4 sur un bateau qui nous emmène vers Siem Reap, nous allons vers l’embouchure de la rivière, près de nous la mangrove, quelques oiseaux ci et là, puis nous traversons les plaines encore inondées au milieu de la cime des arbres, ensuite le lac et nous arrivons à l’embarcadère de Chong Knies. Un minibus nous attend, nous faisons la connaissance de Taèm qui sera notre chauffeur jusqu’au départ.


Nous nous arrêtons au milieu des rizières, dans certaines parcelles les paysans labourent, dans d’autres ils plantent et ailleurs c’est la récolte ! A l’entrée de la ville nous visitons un endroit incontournable pour les touristes « Les Artisans d’Angkor » une association qui forme des jeunes aux métiers divers de l’artisanat : peinture sur soie, laque, travail de l’argent, sculpture sur bois ou sur pierre, tressage, couture… ces jeunes reçoivent un salaire décent, sont nourris et logés ; ils sont nombreux parait-il à vouloir intégrer ce centre professionnel. La visite est bien organisée, en français pour nous ; elle se termine par un passage dans les boutiques de vente. Il y a là de très jolies choses, de bonne qualité… nous venons d’arriver, nous n’avons pas encore envie de nous lancer dans de gros achats… et je le regrette car c’est là que nous avons vu les plus jolies choses ! (il y a un stand à l’aéroport de Phnom Penh au départ mais moins fourni)

Nous passons ensuite un bon moment avec Laurent le responsable de « Terre Cambodge » ; j’avais eu beaucoup d’échanges Internet pour organiser le séjour… heureux de se connaître. Je lui fais part de mon souci de ne pas passer assez de temps à l’école, du coup changement, nous n’irons pas à Koh Dach, un détour trop long, nous privilégions l’école (pour rien finalement puisque Théa, le directeur, a changé le rendez-vous au dernier moment ! on ne pouvait pas savoir !) Avant de nous rendre à l’hôtel nous passons par une très ancienne pagode de Siem Reap, le Vat Bô. Elle est effectivement très belle, déjà de l’extérieur, avec beaucoup d’éléments en bois ; un petit vieux nous ouvre les portes et à l’intérieur nous admirons les plus jolies peintures que nous avons vues dans une pagode, en particulier de beaux détails de « l’armée des singes ».

Très bon repas avec des plats dont la présentation est particulièrement raffinée et nous nous installons aux « Mystères d’Angkor » très joli petit hôtel plein de charme, jardin luxuriant, piscine, jolies chambres…
le tour du coeur est en lamelles de concombre

Après-midi libre… Nous terminons tranquillement la journée en allant jusqu’au vieux marché le long de la rivière, passage à la Poste pour les premières cartes et les timbres. Le vieux marché est couvert, il y fait chaud, étouffant, rapidement Pierre nous attend dehors ! je ne m’y attarde pas non plus, c’est la réplique asiatique des souks de Marrakech ou d’Istanbul, beaucoup de choses « made in China » mais c’est typique, l’ambiance y est sympathique, pas trop de pression commerçante, avec le sourire, pas de problème !! Nous nous promenons dans les rues aux alentours. Beaucoup de cafés pour européens, quelques boutiques sympas, sur le trottoir deux australiens, assis au bord d’un bassin, se font « masser » les pieds par des petits poissons… manifestement ça chatouille !

Retour par le même chemin, balade très agréable, les chauffeurs de tuk-tuk ne comprennent pas qu’on préfère marcher !
Nous cherchons une « Laundry » il est temps de penser lessive… nous trouvons cela chez une petite coiffeuse adorable !
Une nouvelle fois nous ne trainons pas pour nous coucher ! Les journées sont longues et bien remplies ! Ce n’est pas au Cambodge que nous jouerons aux oiseaux de nuit ! Dimanche 29 Novembre Siem Reap - Roluos
Nous sommes tout près des temples d’Angkor mais si nous voulons suivre un ordre chronologique dans la construction de ces temples et en comprendre l’évolution il faudra attendre encore quelques jours pour aller sur le site.
Ce matin, dès 8 h nous sommes devant les guichets pour obtenir le sésame qui va, pendant 6 jours, nous ouvrir les portes d’une des merveilles du monde ! un petit sourire devant l’objectif et 5 minutes après nous avons notre photo sur le pass, pas question de le perdre ni de l’oublier, dans les jours qui viennent nous le sortirons plus d’une fois !
Départ vers Roluos par la RN 6 au Sud de Siem Reap mais très rapidement nous nous perdons (volontairement) dans la campagne environnante... 2 heures de marche sur une piste, en fait c'est l'ancienne route royale qui reliait Angkor de Roluos, tantôt au milieu des rizières, tantôt au milieu des villages…. Heureusement peu de circulation sinon des vélos et quelques mobylettes accompagnées à chaque fois d’un nuage de poussière rouge.

Ce sont des villages de paysans et dans presque chaque cour de maison on s’affaire soit au décorticage du riz, soit à la fabrication d’un alcool de riz (genre de saké), soit une moissonneuse-batteuse fait son tri, la même que chez mes grands-parents il y a 50 ans ! à chaque fois on nous accueille avec de grands sourires, on nous propose de boire, de gouter…
Nous sommes curieux de tout : l’architecture des maisons, très hautes pour permettre une bonne ventilation du bas, à l’ombre où sont installés les hamacs, les cultures dans les jardins, les arbres, ici un jacquier, ici des noix d’arec, là un frangipanier, un champ de papayes, partout des bananiers, devant nous un troupeau de buffles, plus loin une dame qui pose devant sa maison, une petite mare couverte de nénuphars encore ouverts avant que le soleil ne tape trop fort…

Et c’est ainsi que nous arrivons au temple de Preah Kô (le sanctuaire du bœuf sacré) édifié à la fin du IX ièm siècle, six tours alignées en deux rangées et comportant des ornements en stucs bien conservés. Nous cherchons les pierres à l’ombre qui nous permettent de nous asseoir pendant que Channara fait son cours magistral !
En sortant nous passons par un atelier de découpage du cuir, très rapidement.
Puis nous nous dirigeons vers le Bakong, c’est le premier temple montagne en grès gris que nous voyons, il est imposant avec ses cinq terrasses superposées, à chaque angle des sculptures d’éléphants en plus ou moins bon état. Nous le gravissons, nous en faisons le tour, des lions gardent fièrement l’accès aux escaliers de pierre. Quelques stupas (tombes) tiennent encore debout et donnent de la couleur à l’ensemble. Le Lolei est le plus petit des temples du groupe de Roluos, 4 tours vite visitées….


Nous mangeons un plat de nouilles frites dans une gargote en bord de route et il fait sacrément chaud quand nous repartons. Nous sommes toujours sur une jolie piste rouge dans la campagne et nous prenons plaisir à marcher surtout quand il y a de l’ombre.

A nouveau nous faisons plein de rencontres : une dame vient de remonter de sa mare quelques centaines de grammes de minuscules poissons qu’elle va rajouter à sa soupe, quelques bonzes nous croisent à l’abri de leur parapluie, un groupe de femmes, les lèvres et les dents noires de mâchouiller du bétel nous interpelle, elles nous montrent la fabrication de leur « drogue », une feuille de bétel + une pâte à base de chaux + de la noix d’arec pilée … elles rient beaucoup devant notre refus d’y gouter et tiennent à se faire prendre en photo, un peu plus loin un marchand de cochons qui veut nous doubler nous oblige presque à descendre dans les rizières, il lui reste 3 cochonnets sur les vingt qu’il a essayé de vendre dans les villages tout au long de la journée…scènes de la vie quotidienne…


Nous remontons dans le minibus pour arriver au temple Chau Strei Vibol. Il est en haut d’une colline et c’est à nouveau l’occasion de marcher un peu. C’est un très joli endroit, au milieu d’une forêt, ce temple est en partie envahi par les arbres. Nous y voyons pour la première fois des déambulatoires effondrés ce qui nous vaut un « cours » d’architecture sur les encorbellements et les clés de voute ! ça fait du bien quelques rappels scolaires et se cultiver sous les frangipaniers ce n’est pas le plus désagréable ! Nous reprenons le bus après avoir fait le tour du mur d’enceinte.

Nous traversons un village dont la spécialité est la fabrication des fameux kralans, on en vend partout ! Il est à peu près 5 h quand nous arrivons chez Mr Pô au village de Dam Daek, nous dormons chez lui ce soir. Sa maison est magnifique, tout en bois, une belle terrasse dont les cloisons sont décorées de toutes ses photos de famille (dont il est très fier !), une grande salle où nous dormirons, quelques alcôves où se répartit la famille, la cuisine à l’arrière où Mme s’active et un cabinet de toilette (réserve d’eau, casserole, WC) C’est une famille très sympathique, très accueillante, le fils, la belle-fille et les petits-enfants vivent avec eux. Un enfant reste toujours dans la maison paternelle pour s’occuper des parents. Mr Pô est ravi d’avoir beaucoup de filles car dit-il « quand je suis malade elles me font de bons massages » ! Ce qu’il ne dit pas c’est qu’au Cambodge on préfère avoir des filles car elles coûtent moins cher et elles rapportent une dot. C’est le mari qui paye toute la noce. Mr Pô a connu l’époque de Pol Pot mais, hormis la famine dont il a souffert, il a pu rester dans son village, en famille, car étant un paysan il n’a pas fait partie des gens déplacés.
Nous passons un très agréable moment en leur compagnie, grâce aussi à Channara qui fait le traducteur, cela nous permet de communiquer ! Après un très bon repas, très copieux, et avant de nous coucher nous prenons une douche « au bol » car c’est indispensable d’enlever la poussière et la sueur de la journée !


Ce soir nous dormirons bien car la police veille !!! Hé oui, incidemment nous demandons au chauffeur où il dort, il nous répond « en bas avec la police ! » quoi la police ? qu’est-ce-qu’elle vient faire dans l’histoire ? Hé bien tout simplement, le gouverneur de Siem Reap (équivalent de notre préfet de région) n’a donné l’autorisation à Terre Cambodge de faire dormir les touristes en dehors des hôtels qu’à condition que des mesures de sécurité soient prises pour nous protéger d’une éventuelle incursion des thaïlandais au Cambodge –nous sommes à 40 kms à peu près de la frontière mais effectivement il y a régulièrement des échauffourées entre les deux pays- donc, dès que nous sommes chez l’habitant et plus tard dans une pagode, trois policiers viennent installer leur hamac à proximité ! manquait plus que ça !!!!
En plus ce n’est qu’une histoire de gros sous ( corruption) car ils ont un gros bakchich !
Fou-rire en nous couchant en imaginant un enlèvement ! surtout qu'on a déjà donné !!!
Lundi 30 Novembre Phnom Kulen et pagode
Bonne nuit, nous nous levons avec la famille vers 5 h30 Petit déjeuner, rangement et nous voilà prêts dès 7 h Devant la maison qui jouxte une école la belle-fille a installé une boutique de bonbons et avant de partir, nous voyons les écoliers qui viennent y dépenser 4 sous. Petite photo-souvenir avec nos hôtes qui ont été charmants !

Nous nous dirigeons vers le temple de Beng Mealea au nord de Dam Daek. Il y a peu de circulation sur ces pistes éloignées des routes principales. Parfois quelques centaines de mètres sont goudronnées puis très vite on retrouve cette terre rouge. Peu de voiture plutôt des mobylettes , dont nous observons avec étonnement le lourd chargement, encombrent la chaussée ! Ici ce sont des noix de cocos ou des bananes, là des poulets ou des cochons, ensuite des meubles ou des matelas et fréquemment nous voyons une famille de 4 voire 5 personnes chevaucher une pétoire ! C’est vraiment un spectacle de tous les moments que de croiser ou de dépasser toutes sortes de chargements en équilibre instable !
A l’heure des écoliers ce sont aussi des dizaines de vélos qui roulent sur les bas-côtés, les plus jeunes avec souvent un vélo trois fois trop grand et un copain, ou deux, sur la selle, les plus grands, surtout les filles, avec une allure très digne, bien droite, l’uniforme impeccable, un joli chapeau sur la tête les protégeant du soleil, les cheveux noués en queue de cheval, sont plus prudents. C’est l’heure aussi où les bonzes passent de maison en maison quêter leur repas de la journée et nous les avons vus souvent attendre l’obole sur le bord du chemin, belle image ! Les villages sont installés le long de tous ces axes de circulation et cela génère une grande activité.

Le temple Beng Mealea est perdu dans la jungle, il date du XII ièm siècle, après le groupe de Roluos. La forêt autour n’a pas été dégagée, le temple est envahi par les ficus étrangleurs, beaucoup de déambulatoires sont effondrés mais subsistent encore de belles balustrades aux fausses fenêtres. Dans le site, le circuit est largement facilité depuis le passage de J.J Annaud qui a fait construire une passerelle en bois pour le tournage du film « Deux frères ». Il n’est plus nécessaire de franchir de gros blocs de pierres et ce n’est que pour le plaisir qu’il est possible de se perdre dans les décombres et la végétation. Nous avons beaucoup aimé cet endroit serein, calme et en même temps plein de présences…

Nous voici au pied de la montagne sacrée de Phnom Kulen « la montagne aux litchis » dommage, ce n’est pas la saison ! Ce soir nous allons dormir là-haut dans une pagode, en attendant il faut monter les 350 m de dénivelée sous forme d’escaliers et sous 33°… nous empruntons le chemin des pèlerins, nous atteindrons notre Nirvana ! En y allant doucement, ça doit le faire ! à mi-pente une pagode avec une source où l’on vient de loin récupérer l’eau sacrée (tiens ça me rappelle quelque chose !), nous nous reposons un peu, puis les escaliers sont plus raides mais à l’ombre et au bout d’une heure et demie nous sommes sur un chemin de crête dans la forêt, encore une petite heure de marche pendant laquelle Channara nous fait découvrir toutes les espèces d'arbres sur le passage : gommier, fromager, rotin....
Nous traversons une première rivière aux lingas, en fait il y a deux sites. Ici, les lingas (symbole phallique) ne sont sculptés que dans le fond de la rivière, il y en a sur des centaines de m2, la trentaine de cm d’eau limpide permet de bien les voir. Des enfants s’amusent dans le courant.
Plus loin deux belles cascades avec une aire de pique-nique… beaucoup de cambodgiens sont là en ce dimanche, facile d’y accéder, il y a une belle route ! Ils sont en famille, c’est à la fois un lieu de détente mais aussi de baignade car la rivière est sacrée. Quelques petits restaurants de l’autre coté d’une passerelle suspendue, des boutiques qui vendent des brochettes, des bananes grillées, du kralan… nous mangeons ici et une bonne sieste sur des nattes au bord de l’eau est la bienvenue !
Channara, qui accompagne souvent des groupes, nous fait un beau compliment en nous disant que c’est la première fois que des gens de notre âge (!) viennent à pied jusqu’ici !



Nous marchons encore un peu pour atteindre un temple (encore des escaliers !) avec un immense Bouddha couché. Des familles sont là en pèlerinage, l’une d’entre elles veut absolument que nous posions sur leurs photos souvenirs, nous devons le mériter car nous y sommes montés !

Le minibus nous a rejoints et nous nous dirigeons vers le Vat Preah Kral où nous devons dormir. Channara, un peu ennuyé, nous annonce qu’il y a là-bas un rassemblement pour la fête de la pleine lune, ce n’était pas prévu, il y a beaucoup de monde, est-ce-que nous acceptons quand même d’y dormir, normalement nous devons poser les matelas dans le réfectoire des bonzes… Ben, allons-y, tentons l’expérience, on verra bien !
Il y a en effet un monde fou ! des tentes un peu partout, de la musique à fond, le son strident des criquets… ce devait être une nuit au calme ! ça nous fait plutôt rire… un peu moins quand nous arrivons au réfectoire… une cinquantaine de nonnes, d’hommes et de femmes, au milieu de montagnes de feuilles de palmier et de noix de cocos fabriquent des offrandes pour la grande cérémonie du lendemain… on se met où ??? En moins de deux les matelas et les moustiquaires sont installés sur une estrade à côté d’un autel à Bouddha (Pierre aura une vingtaine d’yeux qui vont l’observer toute la nuit !) au milieu de l’encens, des bougies… nous sommes à la fois gênés de notre intrusion et du manque d’intimité !
Pourtant ils nous ont tous accueillis avec plein de sourires et de gestes amicaux, nous nous mélangeons à eux pour essayer de transformer avec autant de dextérité en jolis bouquets les lamelles de feuilles… bien sûr notre maladresse les fait bien rire ! les offrandes sont surprenantes : des cigarettes (des fois que dans l’au-delà les ancêtres veuillent fumer) des noix d’arec, des fleurs, de l’encens, le tout en magnifiques compositions.
Nous montons au-dessus du temple, au milieu de bouddhas et de stupas tous plus dorés ou peinturlurés les uns que les autres pour essayer de voir le coucher de soleil sur le Tonlé Sap à l’horizon… malheureusement ce soir il y a de la brume, le spectacle est beau quand même dans cette ambiance surréaliste !

Des gens viennent nous parler en anglais, en fait ce rassemblement c’est pour célébrer les ancêtres de la famille des donateurs qui a construit ce lieu. Ils ont immigrés en Californie, ils font des dons importants et reviennent ici chaque année.
Il fait juste nuit quand nous pique-niquons rapidement, nos policiers sont là !!! oui, oui !!! ils ont installés leur hamac entre les arbres devant le réfectoire !
Nous voyons tous les gens se diriger vers la pagode, c’est l’heure des prières. Nous restons un moment écouter ces mélopées, les bonzes devant, les nonnes et les civils à l’arrière, les chiens couchés un peu partout. « Nos » américains nous proposent d’y participer au milieu du groupe. Yolande et moi les rejoignons.
Ce ne sont pas les mêmes prières mais ne serait-ce pas le même Dieu ?
Difficile pour nous de rester longtemps assises en tailleur, après un quart d’heure nous nous échappons… les prières dureront encore longtemps !
Dans un coin du site une série de wc et de douches (au bol) communes. Les cambodgiennes se lavent avec leur sarong, bien pratique dans ces circonstances ! Nous arrivons malgré tout à nous rafraichir, après une journée de marche ça fait du bien !
Il n’est même pas huit heures quand nous sommes allongés sous la moustiquaire ! jamais aussi tôt ! un grand néon au-dessus de nous, les générateurs juste à l’arrière, la prière est terminée, les gens sont revenus dans la salle et terminent les offrandes…
Et c’est dans le brouhaha des discussions, dans le cri strident des criquets, dans le ronronnement des générateurs, dans l’odeur de l’encens, à la lumière des néons et des bougies que nous nous endormons malgré tout !
Il est près de minuit quand tout se calme et le silence nous réveille, plein de gens sont installés sur des nattes autour de nous et entament leur nuit…
Nous vivons un moment unique, exceptionnel…
Bouddha veille sur nous !Mardi l ier Décembre Siem Reap
La première nonne est venue ce matin dès 4 h et demie faire des offrandes d’encens pratiquement au pied de nos moustiquaires… à 5 h tout le monde est debout, il ne nous reste plus qu’à faire pareil !
Tout est vite bouclé, petit déjeuner rapidement pris et il est tout juste 7 h quand nous partons à pied vers une clairière, le site de Sra Damrei daté au XI ièm siècle. C’est un endroit magique ! après pas loin de deux heures de marche, d’abord sur un plateau schisteux puis sur d’agréables sentiers dans la forêt, nous débouchons face à un énorme éléphant, grandeur nature, sculpté dans la roche. A côté de lui deux lions et une grenouille et un peu plus bas un bœuf bien abimé lui. C’est vraiment impressionnant, inattendu ! Quelques religieux entretiennent cet ancien site qui ne doit pas avoir beaucoup de visiteurs.
Nous rentrons à travers une autre clairière dont les parois abruptes sont couvertes de lianes et de racines vertigineuses.

Quant nous arrivons à la pagode, la cérémonie a commencé. Tous les gens sont assis devant un autel couvert d’offrandes. Un religieux psalmodie des prières dans un haut parleur, des musiciens nous font entendre des instruments que nous ne connaissons pas, la musique est cristalline, entrecoupée du tambour retentissant, les femmes sont en blanc, certaines avec le krama en travers du corps, d’autres plus coquettes et parées de bijoux. Les bonzes ne sont pas présents, c’est essentiellement la famille qui rend hommage à ses morts.

Nous restons un moment à regarder la scène mais il nous faut partir de cet endroit que nous ne sommes pas prêts d’oublier !
Passage par la cascade d’hier pour y prendre le repas –nous goutons des bananes au riz gluant cuites dans des feuilles de bananiers, c’est bon !- et descente de la montagne vers Siem Reap en minibus.
Assez vite nous nous arrêtons au site de Kbal Spean – la rivière aux 1000 lingas- la plus connue des deux. Ici c’est bien touristique, le chemin est bien tracé, bien entretenu, il monte en pente légère mais encore 2 h de marche aller/retour… j’en ai plein les pattes !!! Pas trop de monde cependant… Il fait toujours aussi chaud et nous buvons des litres et des litres d’eau.
La balade est agréable, nombreuses pierres sculptées le long du lit des la rivière et dans le fond du cours d’eau toujours ces fameux lingas, des lianes surprenantes, de drôles de rochers…

Dernier arrêt à l’adorable petit temple de Bantey Srei commencé au X ièm siècle. C’est comme une miniature, tout en grès rose, posé au milieu de ses douves, tout de guingois, d’une finesse extrême…. Chaque sculpture est une découverte, chaque encadrement de porte ouvre une nouvelle perspective, c’est un véritable bonheur d’être dans cet endroit….. mais nous ne sommes pas seuls ! Et puis nous avons vu et fait tellement de choses ces derniers jours que je suis un peu assommée, je mélange tout, je suis fatiguée aussi certainement ! J’ai l’impression de ne pas avoir assez apprécié le moment…
Nous faisons tranquillement, au calme, le tour du fossé d’enceinte pour prendre quelques photos au soleil couchant. J’essaye de savourer ces instants, je sais que je n’y reviendrais jamais et je voudrais tout imprimer, les couleurs, les odeurs, l’atmosphère… C'est tellement beau !




Nous retrouvons notre chouette hôtel, un bon restaurant, un petit tour dans un cyber-café pour donner des nouvelles, à côté se prépare une soirée de mariage, nous admirons l’élégance des cambodgiennes, elles sont adorables dans des robes-bustiers de couleur vive brodées de mille paillettes !
Nous rentrons à pied un peu dans le noir, un peu dans les trous et les flaques !
Hop ! Au lit !
Passage dans le parc national américain Black Canyon of the Gunnison (Colorado) English translation pending
Bonjour à vous tous,
Nous envisageons un passage dans le NP de Black Canyon of the Gunnison COLORADO vers le 8 et 9 juin 2011 l'ayant "évité", loupé de justesse cette année
La nuit aura été passée au campground de Squaw Flat en prévision d'une rando dans les Needles (Canyonlands) pas encore déterminée ( là, aucun souci nous trouverons de quoi se mettre sous le pied 😉😛) puis nous filerons vers le parc en question avec une arrivée 4 H environ après (la journée débutera très tôt puisque nous dormirons dans le 4X4 et le réveil, en général est très matinal) en traversant par l'UT 46 puis la CO 90 et nous surplomberons les panoramiques de la Scenic Drive de la South Rim pour le Sunset ( pas sûr, à voir selon l'heure d'arrivée)
Nuit prévue selon météo au campground de la South Rim...le 9 juin sera en principe consacré à la découverte en profondeur et à l'intérieur du Canyon Les infos de ce parc étant très pauvres😕🙁, je m'en refère à vos expériences de randos intéressantes surtout côté paysages et sentiers.
Je suis restée interloquée par une rando présentée par le NPS.gov "Red Rock Canyon" car elle requiert et nécessite un permis et de par ma petite expérience, je devine peut-être un bijou mais rien de moins sûr 😕 !!!car plus loin dans les écrits il est spécifé que toute descente dans le Canyon requiert un permis ( système de loterie sur papier) ????? Le Red Rock Canyon se situe à l'ouest de la South Rim et débouche sur la Gunnison River après 3,4 miles Aucune documentation sur le Web à part le NPS selon mes recherches donc pour le petit bijou c'est nettement moins sûr🏴☠️😇!!!
De votre côté, avez-vous entendu parler de ce trail et quels en sont vos appréciations? Et si vous avez d'autres suggestions de trails dans ce canyon nous étudierons avec minutie et plaisir , les efforts et les miles ne nous apeurent pas spécialement ; seuls le vertige et l'escalade pointue peuvent nous contraindre à rebrousser chemin Une journée entière est prévue pour approfondir ce parc
Merci de votre attention devant cette demande... @ très bientôt, Laurence
Nous envisageons un passage dans le NP de Black Canyon of the Gunnison COLORADO vers le 8 et 9 juin 2011 l'ayant "évité", loupé de justesse cette année
La nuit aura été passée au campground de Squaw Flat en prévision d'une rando dans les Needles (Canyonlands) pas encore déterminée ( là, aucun souci nous trouverons de quoi se mettre sous le pied 😉😛) puis nous filerons vers le parc en question avec une arrivée 4 H environ après (la journée débutera très tôt puisque nous dormirons dans le 4X4 et le réveil, en général est très matinal) en traversant par l'UT 46 puis la CO 90 et nous surplomberons les panoramiques de la Scenic Drive de la South Rim pour le Sunset ( pas sûr, à voir selon l'heure d'arrivée)
Nuit prévue selon météo au campground de la South Rim...le 9 juin sera en principe consacré à la découverte en profondeur et à l'intérieur du Canyon Les infos de ce parc étant très pauvres😕🙁, je m'en refère à vos expériences de randos intéressantes surtout côté paysages et sentiers.
Je suis restée interloquée par une rando présentée par le NPS.gov "Red Rock Canyon" car elle requiert et nécessite un permis et de par ma petite expérience, je devine peut-être un bijou mais rien de moins sûr 😕 !!!car plus loin dans les écrits il est spécifé que toute descente dans le Canyon requiert un permis ( système de loterie sur papier) ????? Le Red Rock Canyon se situe à l'ouest de la South Rim et débouche sur la Gunnison River après 3,4 miles Aucune documentation sur le Web à part le NPS selon mes recherches donc pour le petit bijou c'est nettement moins sûr🏴☠️😇!!!
De votre côté, avez-vous entendu parler de ce trail et quels en sont vos appréciations? Et si vous avez d'autres suggestions de trails dans ce canyon nous étudierons avec minutie et plaisir , les efforts et les miles ne nous apeurent pas spécialement ; seuls le vertige et l'escalade pointue peuvent nous contraindre à rebrousser chemin Une journée entière est prévue pour approfondir ce parc
Merci de votre attention devant cette demande... @ très bientôt, Laurence
America the beautiful (partie 2) English translation pending
J'ai finalement décidé de faire un nouveau post mon précédent étant déjà arrivé à la page 5.
Nous sommes toujours en plein Yellowstone quand notre aventure reprend ici...
Jeudi 27 Mai:
Nous avons finalement pas mal dormi, le sommeil nous ayant gagné en dépit des bruits de cuisine. Debout à 06h30, nous sommes prêts à 08h45 après un petit déjeuner à l'hôtel un peu longuet... Mais notre première étape du jour n'est pas si loin, à quelques pas...il s'agit de Upper Geyser. Après une nouvelle éruption "programmée" du vieux fidèle, nous filons à la cabane des rangers pour voir les prévisions du jour, non météo car nous voyons déjà que le ciel semble bien bouché, mais les prévisions des éruptions locales...
Le "Grand" est une de nos cibles de la journée car son éruption est proche (contrairement à celle du Castle déjà passée) et le spectacle risque d'être au rendez vous avec une "montée des eaux" à pas moins de 50-60 mètres...toutes les 8 heures.
Nous commençons tranquillement à déambuler...et première petite mais surprenante première éruption, celle du Aurum (latin de Or) Geyser appelé ainsi du fait de la couleur des dépôts d'oxyde de fer tapissant le bord de l'orifice. Durant les éruptions qui se produisent toutes les 2,5-5 heures, l'eau et la vapeur sont projetées à des hauteurs pouvant atteindre près de 7 mètres... C'est un geyser de type conique, à savoir que son ouverture est étroite, si bien que lors d'éruption cette orifice fait jaillir une colonne régulière d'eau, à la différence des Geysers "en fontaine".

On pense que ce geyser est connecté d'une certaine façon aux dépôts d'eau des prairies situées derrière.
Nous passons devant les glougloutis de Pump Geyser, puis de Beach Spring...

Puis le calme à nouveau...mais le spectacle lui continue...

Des côtes imaginaires se dessinent dans le miniature...

Et nous poursuivons la découverte de ces nouveaux rivages...
Puis un peu de leçon d'anatomie avec Ear Spring, la source en forme d'oreille...

Connues ou moins connues, chacune de ces rencontres nous émerveille...

Jusqu'aux plus simples bassins...

Chaque pas nous mène vers une autre trouvaille, d'autres couleurs...

Economic Geyser...

Il semble reconnaitre Beauty Pool...mais avec toute cette vapeur...

En fait nous entendons les grondements de Giant Geyser, mais nous avons sous estimé le chemin pour s'y rendre si bien que nous arrivons à la fin de l'éruption...sic...
Nous nous rabattons pas loin sur Grotto Geyser, en activité continue...enfin presque car il entre en éruption toutes les 8 heures pour plus de 10 heures...La forme bizarre du cône est due aux arbres qui ont été enfermés dans la geyserite (dépôts de silice). Comme communication il y a ici, une augmentation de l'activité de ce geyser signifie une diminution de celle du Giant...et comme nous venons de manquer le show du Giant...
Nous nous contenterons de celui ci...

Partout la renaissance de la nature, perpétuelle, côtoie la mort d'une autre part, et parfois cette vie est si proche d'univers hostiles...

Voici un nouveau compagnon de route...

Avant d'arriver à l'un des bijoux du coin, la Morning Glory pool. Malheureusement cette piscine naturelle change doucement de température et donc de couleur...et ceci est directement dû aux tonnes de déchets jetés par les touristes dans le passé...Les déchets diminuent en effet la circulation et accélèrent par là même la perte de chaleur. Comme la piscine se refroidit, les bactéries oranges se propagent depuis les extrémités remplaçant le magnifique bleu d'origine...Heureusement pour nous, tout n'est pas encore orange...et nous "immortalisons" l'endroit...juste au cas où...😕


Mais encore cette maudite vapeur!!! 🏴☠️

En 1950, une éruption avait été volontairement provoquée par les rangers afin de vider et de nettoyer le bassin...mettant à jour 86.27$ en pennies, 76 foulards, des serviettes, des chaussetes, des chemises et mêmes des sous-vêtements féminins!!
Le temps semble se stabiliser...Nous poursuivons donc...

Sur le chemin du retour, ou plutôt sur la partie ouest de cette grande boucle, nous stoppons pour un brunch rapide face au Daisy Geyser. Nous sommes seuls ou presque: un couple de jeunes québécois très sympa nous tient compagnie alors que le geyser se réveille brusquement. Ce geyser laisse échapper à peu près toutes les 3 heures un jet d'environ 25 mètres de haut. Il peut être prédit dans les 45 minutes, exception faite quand le Splendid Geyser à coté se met à rugir à son tour... Les deux geysers communiquent entre eux mais aussi avec le troisième des lieux, le Comet Geyser.
En repartant nous faisons un petit détour pour voir le très sympa Punch Bowl Spring.
La chaleur, l'eau et les minéraux se sont associés pour former l'ornement délicat qui entoure ce bassin. Un autre élément important reste le comportement de cette formation thermale: la circulation de l'eau, la quantité d'eau ruisselant ou bien déferlant et le style des éruptions (quand elles se produisent), tout détermine où les minéraux sont déposés et sous quelle forme particulière. Pour sa part le Punch Bowl est resté relativement constant durant les 100 dernières années.
Après, c'est l'histoire d'un chemin jamais trouvé...d'une route manquée, d'un tournant dissimulé...bref oui nous les avons vu...les minutes perdues à nous enfoncer toujours plus profond...pour finir par aboutir...sur la route avec en face de nous...Black Sand Bassin!!!! Quelle galère, nous décidons de longer la route jusqu'à retrouver notre chemin au niveau d'un très beau bassin...

...et voici surgir Castle Geyser...

Ce geyser porte bien son nom comme les autres, son énorme cône ressemblant fort à un château de sable blanchi à la javel, attestant de son ancienneté (il reste l'un des plus anciens geyser de la région, sa formation remontant entre 5000 et 15000 ans). Il offre son spectacle toutes les 13 heures et son éruption est suivie d'une phase vapeur sonore de 30 minutes due à l'énergie dégagée par le surplus de chaleur et de vapeur. Nous décidons de ne pas attendre la prochaine éruption programmée vers 22h, nous avons encore du pain sur la planche...
Nous passons Shield Spring (la source du bouclier)

Pour mieux admirer à nouveau le Castle...


Et voici la magnifique Crested Pool, profonde de plus de 14 mètres et pratiquement tout le temps en train de bouillir...


Les couleurs sont là encore somptueuses...
Notre premier tour du jour se termine et nous passons par l'obligé détour dans le Old Faithful Inn. Cet endroit a été réalisé par l'architecte Robert C Reamer en 1904 et est l'un des plus large bâtiment en rondins au monde. Question record la cheminée centrale n'est pas mal non plus car elle contient à elle seule plus de 500 tonnes de roches et huit foyers combinés...

Dans les boutiques on peut aussi se parer pour des reconstitutions plus que parfaites...


Au vu des prix, ce doit être une fabrication locale...😕
Il est déjà 14h25. Prochain arrêt à suivre...Black Sand Basin.
Nous sommes toujours en plein Yellowstone quand notre aventure reprend ici...
Jeudi 27 Mai:
Nous avons finalement pas mal dormi, le sommeil nous ayant gagné en dépit des bruits de cuisine. Debout à 06h30, nous sommes prêts à 08h45 après un petit déjeuner à l'hôtel un peu longuet... Mais notre première étape du jour n'est pas si loin, à quelques pas...il s'agit de Upper Geyser. Après une nouvelle éruption "programmée" du vieux fidèle, nous filons à la cabane des rangers pour voir les prévisions du jour, non météo car nous voyons déjà que le ciel semble bien bouché, mais les prévisions des éruptions locales...
Le "Grand" est une de nos cibles de la journée car son éruption est proche (contrairement à celle du Castle déjà passée) et le spectacle risque d'être au rendez vous avec une "montée des eaux" à pas moins de 50-60 mètres...toutes les 8 heures.Nous commençons tranquillement à déambuler...et première petite mais surprenante première éruption, celle du Aurum (latin de Or) Geyser appelé ainsi du fait de la couleur des dépôts d'oxyde de fer tapissant le bord de l'orifice. Durant les éruptions qui se produisent toutes les 2,5-5 heures, l'eau et la vapeur sont projetées à des hauteurs pouvant atteindre près de 7 mètres... C'est un geyser de type conique, à savoir que son ouverture est étroite, si bien que lors d'éruption cette orifice fait jaillir une colonne régulière d'eau, à la différence des Geysers "en fontaine".

On pense que ce geyser est connecté d'une certaine façon aux dépôts d'eau des prairies situées derrière.
Nous passons devant les glougloutis de Pump Geyser, puis de Beach Spring...

Puis le calme à nouveau...mais le spectacle lui continue...

Des côtes imaginaires se dessinent dans le miniature...

Et nous poursuivons la découverte de ces nouveaux rivages...
Puis un peu de leçon d'anatomie avec Ear Spring, la source en forme d'oreille...

Connues ou moins connues, chacune de ces rencontres nous émerveille...

Jusqu'aux plus simples bassins...

Chaque pas nous mène vers une autre trouvaille, d'autres couleurs...

Economic Geyser...

Il semble reconnaitre Beauty Pool...mais avec toute cette vapeur...

En fait nous entendons les grondements de Giant Geyser, mais nous avons sous estimé le chemin pour s'y rendre si bien que nous arrivons à la fin de l'éruption...sic...
Nous nous rabattons pas loin sur Grotto Geyser, en activité continue...enfin presque car il entre en éruption toutes les 8 heures pour plus de 10 heures...La forme bizarre du cône est due aux arbres qui ont été enfermés dans la geyserite (dépôts de silice). Comme communication il y a ici, une augmentation de l'activité de ce geyser signifie une diminution de celle du Giant...et comme nous venons de manquer le show du Giant...
Nous nous contenterons de celui ci...
Partout la renaissance de la nature, perpétuelle, côtoie la mort d'une autre part, et parfois cette vie est si proche d'univers hostiles...

Voici un nouveau compagnon de route...

Avant d'arriver à l'un des bijoux du coin, la Morning Glory pool. Malheureusement cette piscine naturelle change doucement de température et donc de couleur...et ceci est directement dû aux tonnes de déchets jetés par les touristes dans le passé...Les déchets diminuent en effet la circulation et accélèrent par là même la perte de chaleur. Comme la piscine se refroidit, les bactéries oranges se propagent depuis les extrémités remplaçant le magnifique bleu d'origine...Heureusement pour nous, tout n'est pas encore orange...et nous "immortalisons" l'endroit...juste au cas où...😕


Mais encore cette maudite vapeur!!! 🏴☠️

En 1950, une éruption avait été volontairement provoquée par les rangers afin de vider et de nettoyer le bassin...mettant à jour 86.27$ en pennies, 76 foulards, des serviettes, des chaussetes, des chemises et mêmes des sous-vêtements féminins!!
Le temps semble se stabiliser...Nous poursuivons donc...

Sur le chemin du retour, ou plutôt sur la partie ouest de cette grande boucle, nous stoppons pour un brunch rapide face au Daisy Geyser. Nous sommes seuls ou presque: un couple de jeunes québécois très sympa nous tient compagnie alors que le geyser se réveille brusquement. Ce geyser laisse échapper à peu près toutes les 3 heures un jet d'environ 25 mètres de haut. Il peut être prédit dans les 45 minutes, exception faite quand le Splendid Geyser à coté se met à rugir à son tour... Les deux geysers communiquent entre eux mais aussi avec le troisième des lieux, le Comet Geyser.
En repartant nous faisons un petit détour pour voir le très sympa Punch Bowl Spring.
La chaleur, l'eau et les minéraux se sont associés pour former l'ornement délicat qui entoure ce bassin. Un autre élément important reste le comportement de cette formation thermale: la circulation de l'eau, la quantité d'eau ruisselant ou bien déferlant et le style des éruptions (quand elles se produisent), tout détermine où les minéraux sont déposés et sous quelle forme particulière. Pour sa part le Punch Bowl est resté relativement constant durant les 100 dernières années.Après, c'est l'histoire d'un chemin jamais trouvé...d'une route manquée, d'un tournant dissimulé...bref oui nous les avons vu...les minutes perdues à nous enfoncer toujours plus profond...pour finir par aboutir...sur la route avec en face de nous...Black Sand Bassin!!!! Quelle galère, nous décidons de longer la route jusqu'à retrouver notre chemin au niveau d'un très beau bassin...

...et voici surgir Castle Geyser...

Ce geyser porte bien son nom comme les autres, son énorme cône ressemblant fort à un château de sable blanchi à la javel, attestant de son ancienneté (il reste l'un des plus anciens geyser de la région, sa formation remontant entre 5000 et 15000 ans). Il offre son spectacle toutes les 13 heures et son éruption est suivie d'une phase vapeur sonore de 30 minutes due à l'énergie dégagée par le surplus de chaleur et de vapeur. Nous décidons de ne pas attendre la prochaine éruption programmée vers 22h, nous avons encore du pain sur la planche...
Nous passons Shield Spring (la source du bouclier)

Pour mieux admirer à nouveau le Castle...


Et voici la magnifique Crested Pool, profonde de plus de 14 mètres et pratiquement tout le temps en train de bouillir...


Les couleurs sont là encore somptueuses...
Notre premier tour du jour se termine et nous passons par l'obligé détour dans le Old Faithful Inn. Cet endroit a été réalisé par l'architecte Robert C Reamer en 1904 et est l'un des plus large bâtiment en rondins au monde. Question record la cheminée centrale n'est pas mal non plus car elle contient à elle seule plus de 500 tonnes de roches et huit foyers combinés...

Dans les boutiques on peut aussi se parer pour des reconstitutions plus que parfaites...

Au vu des prix, ce doit être une fabrication locale...😕
Il est déjà 14h25. Prochain arrêt à suivre...Black Sand Basin.
Hôtel Marea del Portillo section Farallo à Manzanillo English translation pending
bonjour, en janvier 2011 je part pour l'hotel marea del portillo section farallon.Est ce qu'ils y a des gens qui ont été dernièrement a cette hotel, car je ne sais pas si cela est vrai, on ma dit qu'il n'y avait plus de restaurant buffet a cette hotel(section farallon)et qu'il fallait descendre en bas a l'hotel marea portillo pour souper???.Je sais qu'il y a un restaurant terrasse dans le jour a l'extérieur.J'espère bien que cela n'est pas vrai.merci pour les réponses.
Hôtel Grand Palladium Palace à Punta Cana: vol dans les chambres? English translation pending
Bonjour tou'l monde,
En mars 2011, nous irons au Grand Palladium Palace à Punta Cana. Nous serons à notre 1er voyage en RD. Un 30e anniversaire "d'accotage", ça se fête, non? 😏
J'entends beaucoup de personnes de mon entourage me dire que, contrairement à Cuba (notre lieu de prédilection), il faut se méfier beaucoup des gens en raison des vols commis dans les chambres. On me dit que même une valise barrée n'est pas sécuritaire...
Je ne veux surtout pas sonner l'alarme, je voudrais juste avoir les avis des voyageurs chevronnés qui y vont souvent en RD. Donnez-moi l'heure juste, quequ'un!😕 Mythe ou réalité? Est-ce qu'on se sent en sécurité ou bien il faut stocker nos Pringles dans le coffre-fort avec nos bijoux de chez Walmarde? 😛
J'entends beaucoup de personnes de mon entourage me dire que, contrairement à Cuba (notre lieu de prédilection), il faut se méfier beaucoup des gens en raison des vols commis dans les chambres. On me dit que même une valise barrée n'est pas sécuritaire...
Je ne veux surtout pas sonner l'alarme, je voudrais juste avoir les avis des voyageurs chevronnés qui y vont souvent en RD. Donnez-moi l'heure juste, quequ'un!😕 Mythe ou réalité? Est-ce qu'on se sent en sécurité ou bien il faut stocker nos Pringles dans le coffre-fort avec nos bijoux de chez Walmarde? 😛
Cuba: obtenir la Carta Blanca pour 550 CUC? English translation pending
Mon chum est sur le point de sortir de Cuba. Il me dit qu'il doit verser 400 CUC + 150 CUC pour la carta blanca, même si il sort avec le PVE!! Nous voulons faire les procédures de PRE au consulat cubain à Montréal.
Je savais que Santi Spirictus faisait payer le 400 CUC, mais pour la province d'Holguin, à mon avis, c'est nouveau.
Est-ce qu'une personne, qui a récemment fait sortir son conjoint cubain avec un PVE (et non le PRE) a dû payer 400 CUC en plus du 150 CUC de la carta blanca? Ils disent qu'il sont obligés de payer cela pour l'examen médical, c'est du mensonge à mon avis pour soutirer encore de l'argent...
J'aimerais ne pas avoir de commentaires négatifs ou du jugement de la part des gens qui me répondront. Pour les personnes qui me repondront dans le but de m'aider à comprendre, je vous en remercie à l'avance.
Conchacha
Je savais que Santi Spirictus faisait payer le 400 CUC, mais pour la province d'Holguin, à mon avis, c'est nouveau.
Est-ce qu'une personne, qui a récemment fait sortir son conjoint cubain avec un PVE (et non le PRE) a dû payer 400 CUC en plus du 150 CUC de la carta blanca? Ils disent qu'il sont obligés de payer cela pour l'examen médical, c'est du mensonge à mon avis pour soutirer encore de l'argent...
J'aimerais ne pas avoir de commentaires négatifs ou du jugement de la part des gens qui me répondront. Pour les personnes qui me repondront dans le but de m'aider à comprendre, je vous en remercie à l'avance.
Conchacha
Carnet de voyage - périple d'un mois en Namibie-Botswana English translation pending
Bonjour
D’habitude, je ne fais pas de compte rendu des voyages que j’ai pu réalisés dans le passé mais pour ce circuit en Namibie et au Botswana, je me suis inspiré de bon nombre de posts sur VoyageForum et suivi beaucoup de conseils personnes ayant voyagé dans ces 2 pays (Ericarole, VinnyLove, Pierre77N, Voyageur08, Grisemote pour citer les principaux). J’ai donc pensé que ce serait un juste retour des choses que de décrire ce que j’ai pu voir et vivre pendant ces 4 semaines dans ces deux magnifiques pays et y apporter des conseils, points de vue et astuces qui pourraient être utiles j’espère pour d’autres voyageurs désirant découvrir ces pays. (En relisant, je me rend compte que c’est très long…)
Le circuit était donc le suivant :
01-août Windhoek
02-août Sesriem
03-août Naukluft
04-août Swakopmund
05-août Swakopmund
06-août Spitzkoppe
07-août Twyfelfontein
08-août Palmwag
09-août Opuwo
10-août Epupa Falls
11-août Kamanjab - Hobatere
12-août Etosha - Okaukuejo
13-août Etosha - Halali
14-août Etosha - Namutoni
15-août Mahango
16-août Shakawe - Botswana
17-août Caprivi - Kongola
18-août Victoria Falls - Zimbabwe
19-août Kasane
20-août Chobe - Ihaha
21-août Kasane
22-août Nxai Pan - Planet Baobab
23-août Moremi – North Gate camp
24-août Moremi – North Gate camp
25-août Moremi - Xakanaxa
26-août Maun
27-août Gobabis
28-août Windhoek
Circuit préparé aux petits oignons depuis le mois de Janvier, renseignements et contacts pris sur internet, ainsi que les réservations. Après une longue attente et l’excitation de la préparation du voyage, nous étions donc fin prêts pour le départ…
Samedi 31 Juillet
Voyage en avion depuis Marseille jusqu’à Johannesburg avec KLM via Amsterdam, sans souci. Nuit passée à l’Emerald Guesthouse (www.emeraldguesthouse.net), petite pension sympa et située à 2 pas de l’aéroport Tambo que nous avions testé il y a 2 ans quand nous avions visité l’Afrique de Sud et qui est bien pratique quand on arrive tard et repart tôt de Joburg (navette gratuite), ce qui était notre cas.
Dimanche 1 Août
On prend des Rands avec notre VISA à Joburg, ce que je conseille car les retraits sont limités à 2000N$ en Namibie, ce qui augmente les frais.
Départ à 7h15 pour Windhoek avec Air Namibia, là encore sans souci. Déjà les paysages vus depuis les hublots à l’atterrissage en Namibie font envie ! La navette de notre loueur de 4x4 nous attend comme prévu et direction Windhoek chez African Tracks (www.africantracks.com) récupérer notre véhicule. C’est un Toyota Ilux 2.7i essence Single Cab équipé camping avec tente dépliable sur le toit. Accueil très chaleureux. On fait le tour : bon état apparent, roues neuves, moteur qui semble impeccable malgré les 130000km au compteur ! Il y a 2 roues de secours, tout le matériel de camping, kit de dépannage classique et un frigo sur la batterie de la voiture. Après un mois d’utilisation et notre circuit parcouru (7750km), ce véhicule s’est avéré sans faille (à part un souci à Moremi dont je parlerai plus loin) et le moteur robuste. Tente ok mais fermeture de la moustiquaire défectueuse. Le seul problème ayant été en fait une odeur de poisson dans le frigo qu’on s’est trainée tout le trajet sans pouvoir l’enlever. Pas top. Le matériel camping était complet (en tout cas pour nos besoins) mais bien vétuste il faut le dire. Nous avions pris l’assurance pneu crevé et vitre brisée qui ne nous aura pas été utile mais bon, prudence, prudence…
Bref, dans l’ensemble nous avons eu une bonne expérience avec ce loueur.
Une fois le véhicule récupéré, direction Londiningi Guest House (www.londiningi.com), notre lodge à Windhoek, tenu par une française et son compagnon namibien. Belle chambre bien confortable et je recommande le diner du soir qu’ils proposent : leur cuisine est excellente. Nous profitons du temps que nous avons pour faire le plein de provisions dans les grands supermarchés de Windhoek qui ont le grand avantage d’être ouverts le Dimanche après midi, ce qui nous permet d’être fin prêt aux aurores pour notre première étape du Lundi. Il nous reste encore un peu de temps pour visiter Windhoek, capitale africaine qui nous fait bonne impression, propre avec maisons cossues dans certains quartiers (certes il y a des bidonvilles au Nord) mais peu de choses à offrir aux touristes : le palais présidentiel avec un jardin agréable où déambuler, la vieille église du centre et la gare pittoresque avec quelques vieilles locos exposées au dehors. A part ça, bof…et le musée était en rénovation.
Lundi 2 Août :
Nous nous levons aux aurores. Ce sera une constante pendant tout ce voyage : lever très tôt afin de partir vers 6h30-7h et profiter pleinement de nos journées car il fait nuit tôt là-bas.
Ca y est ! L’aventure commence enfin ! Dès la sortie de Windhoek, nous décidons de prendre les pistes pour descendre sur Sesriem via les C26, C24, D1275 et le SpreetsHoogte Pass qui est présenté comme le plus impressionnant.
Premier arrêt sur la piste afin de dégonfler les pneus. Sur les conseils de notre loueur et des personnes rencontrées à Londiningi, on utilisera 2.2b pour les routes goudronnées, 2b sur les pistes et 1.6-1.8b sur sable profond.
Les paysages sur ces pistes sont magnifiques, les pistes en très bon état (ce sera le cas pour toutes les pistes en Namibie en fait) et déjà nous voyons nos premiers animaux: oryx (de loin), springboks, de nombreux rapaces et des nids impressionnants de tisserins sociables. L’arrivée au SpreetsHoogte pass nous donne droit à une vue splendide sur le Namib. Le passage en 4x4 du col lui-même est vraiment sans aucune difficulté, les portions les plus pentues étant même goudronnées. Direction Solitaire, sorte de Bagdad Café Namibien, très animé où nous nous arrêtons pour midi. Lodge, petits commerces et station d’essence, tout y est ainsi que de vieilles carcasses de voitures. On retrouve les images qu’on a pu voir sur VoyageForum !
Nous continuons notre descente dans le Sud et arrivons au camping de Sesriem (www.nwr.com.na). Une fois notre emplacement trouvé et les droits d’entrée au parc payés, nous filons au Sesriem canyon. Nous visitons uniquement le canyon pour profiter de l’ombre et nous n’avons pas le temps de faire la boucle de toute façon. Balada sympa, sans plus. Nous retrouvons le même buisson rempli de papillons blancs dont VinnyLove parle cette année dans son CR. Pour la fin de la journée, nous décidons de gravir la Dune Eilim proche du camp. Nous montons le long de la crête, ce qui s’avère être une erreur car la montée est bien plus difficile que prévu mais arrivés au dessus : magique ! paysages et couleurs splendides sur les montagnes du Naukluft au couché du soleil. On redescend pour arriver à notre camp à la tombée de la nuit. Premier dépliage de tente et premier braai. Super. Notre site est sympa, les douches/toilettes propres mais le camping est plein et assez bruyant.
Mardi 3 Août
Pour cette première nuit dans la tente, nous aurons eu chaud. En fait, contrairement à ce que nous avions pu lire dans les anciens CR de voyage en Namibie, cette année il n’a pas du tout fait froid les nuits sous la tente (enfin j’ai trouvé) à part 2 jours à Etosha où les matins étaient frisquets. Donc les bonnets, polaires et gants mis dans nos bagages nous ont très peu servi. Comme quoi, cela change d’une année sur l’autre…
Nuit douce mais bruyante avec un groupe électrogène proche et en marche toute la nuit…
Nous nous levons à l’aube pour tenter de voir le lever de soleil depuis le sommet des dunes. Franchement, étant donné l’heure à laquelle les portes du parc ouvrent et la distance à parcourir pour arriver à la dune 45 par exemple, je ne vois pas comment on peut y voir le lever du soleil… La route qui plonge dans les dunes en direction de Sossuvlei permet des vues et des photos avec des effets d’ombre et de lumière incroyables ; et les animaux (oryx, autruches) devant les dunes oranges, quel régal ! On essai de gravir une autre dune que la fameuse dune 45 afin d’être un peu seul. On en trouve une qui nous plait mais à peine arrivé au pied avec notre 4x4, un ranger arrive vers nous à grands signes et nous explique que c’est interdit. On ne peut pas gravir le long de la route une autre dune que la dune 45 : préservation du site. Bigre ! Bon…direction la dune 45 et bien évidemment, on est loin d’être seuls : on la monte avec d’autres en file indienne. Le paysage au sommet reste tout de même grandiose et la descente en courant sur la pente est bien rigolote (on n’arrivera pas à faire « chanter » le sable).
Ensuite, direction Sossusvlei / Deadvlei. A la fin de la route goudronnée, la question se pose : continuons-nous avec notre 4x4 dans le sable mou pour les 5 derniers km ? Je n’ai pas de gonfleur sur batterie et pas d’expérience de 4x4. Comme nous devons être le soir au camping de Naukluft et qu’il y a encore plein de choses à voir, nous jouons la carte de la prudence pour ne pas perdre de temps et décidons de prendre les navettes du parc…ce qui nous coûte 100N$/p ! Au retour de notre voyage, je me dis que c’était une idiotie et que j’aurais dû tenter étant donné ce que j’ai réussi à faire à Chobe et Moremi. Enfin bon…
Arrivés à destination, nous choisissons de gravir les dunes qui longent le Deadvlei en direction de Big Daddy. Montée facile et vue superbe sur le Deadvlei : un des paysages les plus beaux que j’ai pu voir en Namibie. Cette cuvette avec ces arbres morts est tout simplement stupéfiante. On reste assis à contempler ce paysage pendant de longues minutes puis on se balade entre les arbres morts : un régal pour les photos… Le soleil commence à bien taper. Pour midi, on trace sur Sossuslvei pour manger à l’ombre d’un grand arbre où un grand duc nous attend. Chouette (c’est le cas de le dire) ! Bon, après Deadvlei, j’ai trouvé Sossusvlei nettement moins intéressant.
Retour navette, puis 4x4 pour rouler jusqu’au camp NWR de Naukluft (www.nwr.com.na), notre prochaine étape. Nous prenons les pistes C36 (bonne) puis D854 (pas terrible) et nous arrivons au camping en fin d’après midi accueilli par les damans et plusieurs oréotragues ! Superbe site, bien sauvage près d’une petite rivière. Sanitaires moyennement propres.
Mercredi 4 Août
Nous nous levons dans la nuit car nous avons une grosse journée, la plus chargée de notre périple en fait. En effet, nous avons prévu de faire l’Olive Trail (www.namibweb.com/nauklufttrails.htm) puis d’arriver à Swakopmund le soir même. Nous avions repéré où était le départ la veille à notre arrivé au camping. C’est bien indiqué par des panneaux donc on ne peut pas louper. A 6h30, nous sommes donc prêts pour attaquer l’Olive Trail à la fraiche. Le début est en pente assez raide jusqu’à un plateau d’où on a une vue magnifique sur les montagnes du Naukfult avec la lumière du matin. Puis, redescente le long du lit d’une rivière à sec, chemin de plus en plus chaotique au fur et à mesure qu’on s’approche des piscines naturelles équipées des chaines. J’ai trouvé que c’était un passage délicat, puis fin du circuit interminable sur un sentier sous un soleil de plomb. Nous avons fait le circuit en 4h30 mais heureusement, en profitant de la fraicheur du matin. Le guide indique 4h : faut pas trainer et pas à midi alors !! C’est une ballade sympa avec pas mal de faune rencontrée (oréotragues, rapaces, mangouste fauve, damans avec leurs petits et plein de piafs) mais si c’était à refaire…pas sûr que je le referais. Nous mangeons dans le parc puis nous repartons à midi pile pour Swakopmund.
Belle piste jusqu’à solitaire (C14) puis un passage un peu pourri jusqu’au Gaub pass, très joli à voir, et ensuite le désert plat à perte de vue sur des pistes très larges et toute droites, que c’est long…On n’a qu’une seule envie, c’est d’écraser la pédale d’accélérateur pour foncer à 150 km/h ! Les pistes sont belles, pourquoi pas ? Nous avions eu beaucoup de mises en garde encore à notre arrivée à Windhoek: la cause première de mortalité pour les touristes en Namibie, ce sont les pistes. Ne JAMAIS dépasser les 80 km/h. ok, mais là, c’est tout droit ! Le temps d’y penser en on tombe sur un accident qui vient de se produire : un 4x4 de location est renversé sur le coté de la piste. Ambulance, police, tout le monde y est. Vu l’état de la voiture, je me demande dans quel état sont les occupants. Cela refroidi nos ardeurs d’un coup. On reste donc bien tranquille à 80 km/h max et je ne me poserai plus la question pour le reste du voyage. On arrive à Swakopmund de jour et…dans le brouillard !
A la question peut-on faire l’Olive Trail et arriver à Walvis Bay dans la journée, je réponds oui mais il faut se lever très, très tôt et ne pas trop trainer pendant la balade.
Nous logerons 2 nuits à Swakopmund au Brigadoon Guest House (www.brigadoonswakopmund.com), charmante petite pension où il fait bon dormir au chaud quand le brouillard humide et froid sévi (ça change du désert intérieur). Nous mangerons au LightHouse Pub & Cafe, tout près du Brigadoon (pas envi de chercher): super resto avec des steaks d’oryx déments à des prix tout doux.
Jeudi 5 Août
Pour cette journée, nous avions réservé à l’avance auprès de Mola Mola Safaris (www.mola-namibia.com) le Marine Dune Day. C’est une excursion à la journée combinant la visite en bateau de la baie de Walvis Bay puis on nous dépose vers midi sur le sable pour un circuit 4x4 dans les dunes jusqu’à Sandwich Harbour. C’est cher (1200N$/p) mais on ne regrette pas une seconde, quelle expérience inoubliable !
Cela commence mal : au matin, le brouillard épais est toujours présent. La veille, VinnyLove qu’on suit à la trace, aura eu un grand soleil ! La visite de la baie en bateau se fait donc avec une visibilité plus que moyenne et on se les gèle (la seule fois pendant tout le séjour et cette fois, on est content d’avoir pris les polaires). Clou de la visite en bateau : on suivra pendant de longues minutes une baleine franche avec son petit et des dauphins qui tournent autour. Nous verrons bien d’autres dauphins ainsi que des otaries (avec les chacals qui rôdent autour) et des pélicans. Nous n’aurons pas droit à l’otarie venant manger du poisson sur notre bateau mais à l’apéro (à 10h !) avec du vin moelleux Sud Africain. Ensuite, on nous dépose à Pelican Point vers le phare pour récupérer les 4x4 qui vont nous emmener à Sandwich Harbour et là miracle, le brouillard se lève ! Heureusement car les paysages sont superbes avec ces dunes qui se jettent directement dans la mer. Gymkhana impressionnant en 4x4 dans les dunes, quelles sensations : nos chauffeurs s’y donnent à cœur joie ! Le repas au champagne et huitres au milieu des dunes est tout simplement un régal. Et que dire de la vue sur la baie de Sandwich Harbour depuis le haut des dunes ? Bref, vous l’aurez compris : la visite de Sandwich Harbour est pour moi un must à ne pas manquer.
Retour à Walvis Bay vers 17h en passant par les salines qui permettent de prendre quelques dernières photos très colorées. On a juste le temps de faire le plein de provisions dans un des nombreux supermarchés bien achalandés de la ville avant de gagner le Damaraland pour la suite de notre voyage. Nous remangeons le soir au LightHouse Pub & Café.
Vendredi 6 Aout
Aujourd'hui on ne part pas très tôt car nous désirons prendre un permis auprès du bureau NWR de Swakopmund pour faire le Welwitschia drive qui n’est pas loin et voir de près ces plantes si bizarres. Zut, il fait encore et toujours du brouillard. On prend quand même quelques photos des maisons joliment décorées de Swakopmund mais avec ce ciel gris et chargé cela ne rend pas bien. Une fois les permis en poche, direction l’intérieur du pays pour les C28 et D1991. Après quelques km, le brouillard (entrées maritimes en fait) disparait d’un coup et c’est de nouveau le ciel bleu. Le long du drive, nous découvrons Moon Landscape : très scénique et qui porte bien son nom et plus loin, plusieurs de ces fameuses welwitschias dont certaines de bonne taille. Intéressant. Nous retournons sur Swakopmund direction Cape Cross pour voir la plus grande colonie au monde d’otaries… toujours sous le brouillard. La route pour arriver à Cape Cross est une ligne droite très monotone. Elle est faite de sel, ce qui rend la conduite très agréable mais attention à la vitesse car sel et humidité rendent le revêtement très glissant. La colonie est vraiment très impressionnante : bruyante et très odorante ! On cherche à se mettre dans le bon sens du vent pour éviter les effluves. On ne reste pas très longtemps car avec ce brouillard et le vent qui s’est levé, il fait vraiment froid. On retourne sur nos pas pour prendre la piste D1918 en direction de Spitzkoppe où nous avons prévu de passer la nuit au camping communautaire (www.nacobta.com.na). Comme le matin, dès que nous quittons la côte, le ciel se dégage subitement. Le Spitzkoppe se voit alors de très loin et les paysages à son approche sont une fois encore superbes. Après avoir traversé quelques fermes, nous arrivons au camping au pied de la montagne de granite. Ce camping est tout simplement un de mes coup de cœur : sauvage à souhait, des emplacements gigantesques (on n’est pas gêné par les voisins), très sommaire (il n’y a rien, juste un trou avec un WC dessus pour les toilettes) mais quelle vue sur le Spitzkoppe et quel silence ! J’adore ce coin. De plus, sans lumière à des km à la ronde, la nuit est magnifique avec une voie lactée et des milliers d’étoiles comme on n’en voit plus en France.
Samedi 7 Août
On se lève à l’aube. Petite visite à l’arche de pierre qu’il y a au Spitzkoppe pas très loin de notre emplacement, histoire de faire quelques photos sympas. On prend ensuite les pistes D1930 et D2359 pour aller au Brandberg et voir les peintures rupestres de la Dame Blanche. Arrivée au parking de l’entrée du parc, on constate qu’il est maintenant obligatoire d’utiliser les services d’un guide pour observer les peintures (on ne peut pas les louper du coup). Une fois payé le droit d’entrée, nous suivons notre guide…au pas de course ! Mince, elle marche vraiment vite ! Il est dit sur les guides qu’il faut environ 3h A/R pour voir la Dame Blanche et on mettra en fait un peu moins de 2 heures. C’est trempé de sueur qu’on arrive donc sur le site même des peintures mais comme on ne peut pas être plus de 8 personnes à la fois à les regarder sur la plateforme installée à cet effet, cela nous permet de souffler en attendant que le groupe précédent parte. Les peintures sont très intéressantes et encore bien colorées pour certaines malgré la dégradation due au temps et aux précédents visiteurs indélicats.
Après cette visite, on se dirige sur la région de Twyfelfontein via les pistes C35 et C39 (besoin de refaire le plein d’essence à Khorixas). Du coup, on passe devant le site de la « forêt pétrifiée ». On en profite pour visiter. Erreur !: droit d’entrée aussi élevé que le site de Twyfelfontein pour une visite d’une quinzaine de minutes tout au plus pour voir quelques petits bouts d’arbres pétrifiés ici et là. Nous avions vu Petrified Forest aux USA en Arizona et la comparaison est sans commune mesure. Ce site en Namibie est ce que j’ai trouvé de plus « anarque » à touristes pendant notre voyage. On continue sur la D3254 vers les Organ Pipes. Bof : il y a largement aussi bien en France mais c’est gratuit alors pas de quoi se plaindre. Même commentaire pour Burnt Mountain. Restent les paysages toujours aussi splendides dans ce coin de la Namibie et il y a pas mal d’animaux : autruches, mangoustes, springboks et oryx. Nous arrivons vers 17h au camping du Mowani lodge (www.mowani.com): emplacements très grands, très nature (douches extérieures mais eau chaude) et dans un paysage de roches granitiques superbe. Seul petit bémol, les clients du camping n’ont pas droit aux commodités du lodge (piscine, restaurant…). Tant pis, notre braai sous les étoiles sera tout aussi bien.
Dimanche 8 Août
Nous partons sur le site de Twyfelfontein pour visiter les peintures et gravures rupestres. Le site ouvre à 8h. Notre guide nous fera une visite intéressante, en prenant le temps et avec beaucoup d’explications. De plus, il est plein d’humour. La ballade en boucle qui se fait le long de la colline où sont disséminées les peintures offre des vues sur des paysages ici encore grandioses. La roche est très découpée à cet endroit.
Après la visite, nous partons au Nord vers Palmwag, notre prochaine étape. Nous croisons notre première barrière vétérinaire.
Un mot sur ces barrières vétérinaires en Namibie et au Botswana. Si on comprend bien leur utilité pour limiter la propagation des virus et des maladies entre faune sauvage et troupeaux de bovins, on comprend nettement moins le choix des produits qui sont confisqués d’un barrage à l’autre : c’est vraiment la loterie ! Certes, il y a toujours la viande fraiche et les produits laitiers mais parfois le biltong y passe aussi ; une autre fois c’est le bois ; une autre fois encore la volaille est ok…Difficile de prévoir. Attention donc à ne pas trop faire de provisions à l’avance pour certains produits si vous devez passez ces barrières. Bien regarder sur les cartes ou votre GPS où elles sont, ou alors cacher la nourriture dans les sacs hors du frigo, ce qu’on avait fini par faire pour le biltong : denrée chère et pas si facile que cela à trouver, alors quand on vous le confisque (sans le brûler), cela ne fait pas plaisir (enfin ce n’est pas perdu pour tout le monde).
Nous arrivons au Palmwag lodge (www.palmwag.com) en début d’après midi. Le logde est superbe, véritable oasis au milieu d’un paysage aride ; l’accueil est prévenant et le camping pas mal. On se relaxe un peu près de la piscine. Les oiseaux sont légions près du lodge et offrent de belles opportunités pour les photos. Nous partons pour un game drive à 15h dans l’espoir de voir les fameux éléphants du désert et pourquoi pas un rhinocéros noir si la chance nous sourie. A voir le tableau à l’entrée du lodge qui indique les rencontres des précédents game drives, on se dit que ce n’est pas gagné. Le game drive se fait dans la concession de Palmwag. On verra pas mal d’animaux (oréotragues, oryx, zèbres de Hartmann, rapaces) mais pas d’éléphant. Le game drive dure jusqu’au coucher du soleil qu’on observe depuis une plateforme naturelle en sirotant un vin rouge et du biltong compris dans la prestation. Un bon souvenir !
Lundi 9 Août
Nous repartons le matin pour un second game drive dans la concession de Palmwag. Celui-ci se fera sur un autre parcours plus long que la veille vers la rivière asséchée Uniab. Nous verrons encore pas mal de faune (girafes, oryx, springboks, chacals, serpentaires, babouins etc…) mais rien d’exceptionnel et toujours pas d’éléphant. Mince, pas de chance !
De retour au lodge, nous ne trainons pas car nous avons beaucoup de route jusqu’à Opuwo. Le long de la piste D3706, nous croiserons pas mal d’animaux (dont de nombreuses girafes) mais…toujours pas d’éléphant à l’horizon malgré tous les panneaux de mise en garde. Ce sera une petite déception pour moi dans ce voyage : ne pas avoir vu les éléphants du désert. Outre les animaux, les paysages montagneux sont encore et toujours splendides. Nous nous arrêtons pour manger à Sesfontein près de l’ancien fort allemand, maintenant devenu hôtels. Nous continuons ensuite plein Nord sur la piste D3704 et le Joubert Pass qui sera en fait le seul endroit en Namibie où j’aurai été bien content d’avoir un 4x4 (très pentu et piste bien déglinguée sur quelques km au pied du col). Les paysages sont toujours magnifiques et la végétation très changeante au fur et à mesure qu’on s’approche d’Opuwo. Une portion de route assez sinueuse est bordée de jolis Baobabs, nos premiers dans ce périple. On restera par ailleurs longtemps à observer un couple de rapaces se livrer à des combats acrobatiques en plein vol. Nous commençons également à voir des Himbas sur le bord de la route. Plusieurs jeunes filles Himbas nous arrêteront d’ailleurs à une quinzaine de km d’Opuwo en se jetant littéralement au milieu de la route à l’approche de notre 4x4. Elles n’ont vraiment pas peur de l’accident ! Elles rigolent, encerclent la voiture et nous demandent à manger puis de les prendre en photos pour quelques N$. On n’ose pas mais je regrette car elles étaient bien jolies avec leurs cheveux coiffés de différentes façons selon leur âge.
Nous arrivons en fin d’après midi à Opuwo : ville moche et sale, et il fait un vent de folie. Le camping de l’Opuwo Country Hotel (www.namibialodges.com/opuwo.html) est superbement situé sur la colline avec une belle vue sur les alentours. Une fois la tente dépliée et une bonne douche, on décide de se faire plaisir et on prend le repas du soir au buffet du lodge: très bon et pas si cher que cela.
Mardi 10 Août
On profite d’Opuwo pour faire le plein de provisions, d’essence et d’argent liquide (plusieurs ATM disponibles) puis nous prenons la piste D3700 pour Epupa Falls. Cette piste est nickel est semble avoir été refaite il n’y a pas très longtemps. Du coup, elle est très roulante et on arrive sur les rives du Kunene à peine 3h après avoir quitté Opuwo, bien moins que ce qui est indiqué sur les guides. La partie après Okongwati est particulièrement scénique avec une végétation bien particulière. Nous croiserons beaucoup de Himbas le long de cette piste, normal me direz vous puisque nous sommes en plein dans leur territoire. L’arrivée à Epupa Falls est étonnante avec cette concentration importante de campings et de lodges le long de la rivière sur quelques centaines de mètres au milieu de…rien.
Je m’étais longtemps demandé pendant la préparation de ce voyage si l’A/R sur Epupa Falls en valait la peine. Eh bien, j’ai bien fait ! J’ai trouvé cet endroit magnifique : un autre de mes coups de cœur de ce voyage. Les chutes sont splendides (il y a avait beaucoup d’eau cette année en Août) avec tous ces baobabs au pied de l’eau : une merveille pour les photos. De plus, le camping communautaire où nous étions (www.nacobta.com.na) était idéalement situé. Nous avons pu avoir un emplacement au bord de l’eau à quelques dizaines de mètres seulement des chutes. C’est bruyant, certes, mais comme c’est un bruit régulier, pas de problème pour dormir la nuit. Possibilité de faire des baignades dans les vasques non loin des cataractes. Nous profitons de notre arrivée plus tôt que prévu pour faire une visite d’un village Himbas avec un guide pris auprès du camping communautaire. C’est assez cher mais la visite vaut le coup. C’est très intéressant culturellement mais on se sent gêné de prendre ces gens en photos même si notre guide insiste pour nous dire qu’on peut photographier tout ce qu’on veut. On achètera un peu de l’artisanat proposé par les Himbas lors de cette visite même s’il n’y a rien de très joli et à notre goût mais on a l’impression de les aider ainsi. En plus du village, nous visiterons également un cimetière Himbas. Le soir, nous profitons de la plateforme d’observation du camping construite en hauteur du Kenene pour observer les oiseaux et profiter du couché de soleil.
Mercredi 11 Août
La nuit sous la tente aura été encore bien chaude pour la saison. Après le dépliage de la tente et le rangement des affaires dans le 4x4, nous repartons pour les chutes afin de les voir avec le soleil dans l’autre direction par rapport à la veille : cela permet de prendre des photos avec des effets d’ombres différents.
Nous laissons cet endroit magnifique derrière nous et redescendons dans le Sud via Opuwo et les pistes C41 et C35. Celles-ci sont en fait goudronnées d’Opuwo jusqu’à Kamanjab et de ce fait, nous mettrons bien moins de temps que prévu pour faire le trajet jusqu’à notre prochaine étape : le camping d’Hobatere Lodge (www.namibweb.com/hl.htm). A l’approche de la concession du même nom, nous longeons de très près la frontière Ouest du parc d’Etosha, ce qui nous permet de faire quelques belles rencontres avec la faune sauvage (oréotragues, rapaces, girafes) et nous retraversons une barrière vétérinaire. Cette fois-ci, rien ne nous sera confisqué. Nous arrivons au camping en milieu d’après midi : celui-ci se situe juste au bord de la concession à 2km de la route. Cet endroit aura été un autre coup de cœur du voyage. Les emplacements sont très « nature » et très bien situés à proximité d’un poste d’observation sur une petite colline surplombant un point d’eau très fréquenté. En effet, nous sommes restés tout le restant de l’après midi à observer la faune venant s’abreuver à ce point d’eau et nous avons alors vu voir des damans, des babouins, des troupeaux de kudus, zèbres de Hartmann, girafes et élands du cap. Vraiment très beau ! Le soir, nous ne traînons pas trop pour prendre notre repas et tout ranger pour la tombée de la nuit car le gardien du camping nous indique que des lions rôdent depuis plusieurs jours dans les parages. Quelques jours auparavant, nous avions effectivement rencontré un couple de français qui nous avaient confirmé les avoir vus dans ce camping mais pour nous, pas de chance : nous ne les verrons pas, juste leurs traces.
Jeudi 12 Août
Nous partons à l’aube afin d’entrer dans le parc d’Etosha au plus tôt pour en profiter au maximum pendant cette journée. En suivant les conseils obtenus sur VoyageForum, nous décidons de « couper » par les pistes D3248 et D2695 qui longent la frontière sud du parc après Kamanjab. Ces pistes sont en assez bon état et les paysages intéressants mais la route reste assez longue (compter 3 bonnes heures pour arriver à Anderson Gate). Les pistes nous font traverser de nombreuses fermes et nous devons ouvrir et refermer derrière nous plusieurs fois les barrières délimitant les concessions. Arrivés vers 10h, nous allons directement au camp d’Okaukuejo pour payer les permis pour les 3 jours que nous avons prévu de passer à Etosha et prendre possession de notre emplacement de camping (www.nwr.com.na). L’hôtesse à l’accueil est d’une lenteur incroyable ! Nous étions heureusement en 2eme position dans la file d’attente mais le temps qu’elle s’occupe de nous, celle-ci grandie à vue d’œil. Nous aurons l’emplacement C28 (c’est donc numéroté !). Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce ne sera pas le plus beau camping du voyage. Beaucoup de monde, pas d’ombre, poussiéreux et pour ne rien arranger, il fait beaucoup de vent ce jour là. On pose notre matériel de camping, on mange et on repart donc pour toute l’après midi à visiter la partie Ouest du parc accessible aux touristes voyageant en individuel, c’est-à-dire jusqu’à Ozonjuitji M’Bari. Nous n’irons pas plus loin que Grünewald et la Ghost tree forest. Les paysages sont surprenants dans ce parc : très plat, très peu d’arbres et l’approche du grand pan asséché dévoile de bien jolies couleurs. La densité de faune n’est pas extraordinaire mais c’est quand même riche en espèces. Dans cette partie du parc (Grünewald-Okondeka-Gemsbokvlakte), nous verrons beaucoup de mangoustes fauves, d’outardes de Kori, d’écureuils terrestres, de rapaces ainsi que d’autres espèces « classiques » comme les oryx, girafes, autruches, gnous, springboks et autres zèbres (de Burchell cette fois-ci). Nous voyons également pas mal d’impalas et nous ne remarquons pas tout de suite que l’espèce présente à Etosha est différente de celle qu’on peut voir en Afrique du Sud ou au Kenya par exemple. En effet, il s’agit d’une sous espèce à front noir qui était apparemment en voie de disparition et qu’ils ont réussi à maintenir dans le parc. Nous ne verrons pas d’éléphants ni de gros chats mais en fin d’après midi, nous croiserons un couple d’otocyons. C’est toujours un réel plaisir que d’observer ces animaux si mignons. Nous rentrons au camp en fin de journée pour prendre une bonne douche après avoir manger pas mal de poussière avec tout ce vent qui heureusement tombe le soir, ce qui est bien agréable pour le repas auprès du feu. Après le diner, nous allons au point d’eau du camp dont nous avons lu beaucoup de bien sur VoyageForum. Effectivement, il est très bien aménagé avec éclairage puissant et barrière au plus près du point d’eau permettant d’observer au mieux la faune. Nous ne sommes pas seuls à contempler la scène, loin de là, et il faut jouer un peu des coudes pour prendre des photos. Dès notre arrivée, deux éléphants profitent du point d’eau et plusieurs chacals tournent autour. Ils seront rejoint un peu plus tard par des rhinocéros noirs : nous en verrons 4 en tout dans la soirée. Ce point d’eau est vraiment une réussite !
Vendredi 13 Août
Pendant la journée entière, nous visiterons la partie centrale du parc d’Etosha entre Okaukuejo et Halali. Cette partie se révèlera la zone la plus riche et la plus intéressante du parc lors de notre visite. Le matin, vers Gaseb, nous retrouvons le couple d’otocyons vu la veille. A Ondongab, nous verrons 2 hyènes qui se cachent dans l’entrée d’un terrier. Au plan d’eau d’Aus, nous assisterons à de belles interactions entre des girafes, autruches et un troupeau de bubales. Ce coin est très joli avec beaucoup de végétation. En continuant plus à l’Est vers Homob et Salvadora nous aurons droit à de splendides vues sur le pan et nous verrons encore beaucoup d’oryx et de zèbres. Au plan d’eau de Rietfontein, enfin un félin: un beau lion mâle qui se dore la pilule au soleil. Il est très près de la piste dans l’herbe rase, ce qui rend la prise de photos très aisée. Amusant de voir les springboks qui, pour aller s’abreuver, passent avec le regard inquiet devant le lion endormi. Nous nous arrêtons vers midi au camp d’Halali pour prendre possession de notre emplacement de camping. Cette fois-ci, pas de numéro : on se met où on veut. Nous irons manger sur la plateforme d’observation du plan d’eau d’Halali : à cette heure de la journée, pas grand chose à voir si ce n’est des Kudus et de nombreux oiseaux. On repart l’après midi toujours vers l’Est. Au plan d’eau de Goas, il y a des éléphants. Chouette ! Il y a également pas mal de voitures, ce qui nous intrigue, et un des conducteurs nous indique qu’il y a 2 lionnes à voir. Effectivement…mais très loin et couchées dans les herbes hautes. Impossible de prendre une photo. On ne reste pas trop longtemps et on repart en direction d’Okerfontein. Sur le chemin, on décide d’aller à Batia. Erreur : cette partie est assez inondée (on se demande pourquoi) et la piste passe plusieurs fois dans de l’eau stagnante, ce qui couvre de boue notre 4x4…pour ne rien voir finalement. Nous prenons ensuite la piste qui longe le pan jusqu’à Okerfontein. Cette piste est très scénique et riche en faune (oryx, zèbres, impalas, springboks etc…) et nous croisons 2 éléphants, dont un qui s’approche très près de la voiture (frisson). Arrivé à Okerfontein, une lionne est couchée dans l’herbe. Elle est très bien positionnée et on peut l’observer très facilement. Il se fait déjà tard et nous retournons sur Halali via le plan d’eau de Goas. Il y a encore plus de monde, voitures et animaux : éléphants, oiseaux, zèbres, les lions sont toujours au loin presqu’impossible à voir et il y a deux girafes qui sont en pleine parade amoureuse. Nous n’avons jamais vu d’accouplement de girafe et nous attendrons longtemps qu’elles passent à l’acte mais c’est déjà presque l’heure de la fermeture des camps et nous devons partir. Dommage ! Du fait de notre arrivée tardive au camp, nous mangeons de nuit, rapidement accompagnés de plusieurs ratels qui visitent tous les emplacements pour fouiller les poubelles en quête de restes de nourriture. Ces bestioles sont incroyables, sans aucune peur de nous et chipent tout ce qui reste à porter de leur mâchoire. Après le repas, nous allons au plan d’eau du camp. Il est plus petit que celui d’Okaukuejo mais tout aussi bien aménagé. On attend un petit quart d’heure et rapidement le spectacle commence, et quel spectacle !! Tout d’abord, plusieurs rhinocéros noirs dont une mère avec son petit. Ils sont très craintifs. Puis, sans aucun bruit, arrive un troupeau d’éléphants de tous âges. On en comptera 26, splendide ! Pendant que les éléphants boivent, se projettent de la boue ou jouent pour les plus jeunes, un rhinocéros arrive également puis peu après…un léopard ! C’est tout simplement incroyable : pendant quelques minutes nous aurons donc en même temps autour du plan d’eau éléphants, rhinos et léopard. Ce dernier reste toutefois un peu à l’écart et repart assez rapidement dans les bois. Quelle soirée ! Nous retournons dans la tente les yeux et la tête plein d’images.
Samedi 14 Août
Pour cette journée, nous avons prévu de visiter la partie Est du parc autour de Namutoni où nous passerons notre dernière nuit à Etosha. De bon matin nous nous dirigeons vers Goas où nous avions fait de belles rencontres la veille. Il y a beaucoup moins de voitures mais toujours autant d’animaux : des éléphants et une hyène qui déambule autour de l’eau puis se dirige droit sur nous (super pour les photos) pour disparaitre dans la forêt. Ensuite, nous continuons sur Okerfontein où nous verrons notre premier (et dernier) rhinocéros noir de jour. Il est assez loin mais avec une très bonne visibilité. Puis nous allons au point d’eau de Ngobib : rien, à part quelques autruches. Sur la piste du retour, de nombreux véhicules sont stationnés : c’est sûr, il doit y avoir quelque chose à voir ! Effectivement, une lionne avec ses 2 petits sont couchés dans l’herbe à l’ombre d’un arbuste. Cependant, l’herbe est haute à cet endroit et impossible de prendre une photo montrant autre chose que le dessus de leur tête. On reste longuement à les observer en espérant qu’ils se découvrent mais ils resteront immobiles tout le temps. Nous continuons alors notre route sur Namutoni et en chemin, nous nous arrêtons au point d’eau de Chudob où ici encore beaucoup d’animaux sont présents : girafes, gnous, springboks, zèbres…et élands du cap. Un immense essaim d’oiseaux virevolte au dessus du plan d’eau, ce qui est magnifique à regarder. On prend la dik-dik loop juste à coté de Namutoni, réputé pour y abriter des léopards mais nous ne verrons rien. Pour midi, nous prenons possession de notre emplacement qui est bien agréable avec du gazon (surprenant dans cette région plutôt aride) et ombragé. Après le repas, nous repartons vers le nord du parc : Twee Palms, Tsumcor jusqu’à Andoni Plain. Nous ne verrons pas grand-chose. Nous rebroussons chemin en prenant les pistes qui longent le pan. C’est un peu plus animé : zèbres, oryx, girafes, phacochères et...une hyène morte. Nous repassons au plan d’eau de Tsumcor et là, fantastique, on croise un impressionnant troupeau d’éléphants (peut-être une cinquantaine). Il y en a partout : devant, derrière, sur les cotés du 4x4. On n’en mène pas large. On coupe le moteur et attendons que toute la troupe passe son chemin pour regagner le camp à la fin de l’après midi. Des mangoustes rayées jouent sur le gazon à l’entrée du camping. Le soir après le repas nous allons au plan d’eau de Namutoni qui a l’inconvénient d’être assez loin des plateformes d’observation et en partie bouché par de hauts roseaux. Nous verrons 2 éléphants s’y désaltérer ainsi que des milliers de passereaux qui forment de véritables nuages en mouvement, ce qui est du plus bel effet avec le soleil couchant. Une fois la nuit tombée, tout s’arrête et nous ne verrons rien d’autre d’exceptionnel. Les jours passent mais ne se ressemblent pas...
Dimanche 15 Août
Nous nous levons très tôt dès le lever du jour car nous avons beaucoup de route jusqu’à Bagani dans la bande de Caprivi. Au cas où, on décide tout de même de refaire la dik-dik loop qui est juste à coté du camp. On ne voit rien au plan d’eau, ni sur la piste mais en retournant vers le camp, bingo, on tombe sur 4 lions : deux adultes et deux jeunes qui se reposent à deux pas de la route. Superbe rencontre pour cette fin de visite à Etosha. Il est déjà 7h30 et il est vraiment temps de quitter le parc pour la Bande de Caprivi.
Ces trois jours à Etosha auront été un bon souvenir. Les paysages sont très différents de ce qu’on avait pu voir dans les parcs Sud-Africains et si la densité de faune n’égale pas celle du Kruger ou d’Umfolozi, nous aurons vu toutefois de nombreuses espèces et de belles interactions aux différents points d’eau. Pas de léopard (de jour) ou de chasse mais n’en demandons pas trop. Nous n’aurons pas vu également de dik-dik Damara alors qu’ils sont normalement assez communs dans ce parc.
On quitte Etosha par la route C38 qui mène à la B1. On croisera plusieurs steenboks, kudus et…un couple de dik-dik Damara ! Evidemment, nos appareils photos sont rangés. Nous sommes maudits. Arrivés sur la route B1, nous coupons par les pistes D3001 et D3016 via Tsintsabis pour gagner en distance. Ces pistes sont toutes droites et en très bon état. Nous croisons ici encore de nombreux animaux : kudus, phacochères, autruches... Nous nous perdons un peu en arrivant sur Tsintsabis car il y a d’importants travaux de construction d’une route goudronnée jusqu’à Tsumeb et qui perturbent l’entrée du village. Arrivés sur la route B8 goudronnée, c’est de nouveau tout droit jusqu’à Rundu, sans trafic et monotone. Nous profitons de Rundu pour faire le plein d’essence et de nourriture puis nous continuons en direction de Divundu où la route reste désespérément rectiligne. Par contre, on s’ennui moins dans cette partie de la Namibie qui est beaucoup plus peuplée avec de nombreux villages tout en huttes de bois ainsi que des étals d’artisanat sur le bord de la route. Rien de bien folichon toutefois. A Divundu, on quitte la route goudronnée pour la piste en direction du Botswana et de la petite réserve de Mahango. Juste avant, nous bifurquons pour le Mahangu Safari Lodge en bordure de l’Okavango (www.mahangu.com.na) où nous passerons la nuit.
En se levant tôt il est tout à fait possible de faire Etosha-Bande de Caprivi dans la journée sans imprudence et en prenant son temps. Par contre, ne pas oublier que dans cette partie de la Namibie, on est à l’heure du Bostwana, soit une heure d’avance sur le reste du pays.
Le lodge est superbe et les emplacements de camping très bien situés en bordure de la rivière. Les blocs sanitaires sont nickel avec eau chaude. Il y a une petite piscine et plusieurs plateformes d’observation en hauteur pour les oiseaux. Par ailleurs, quelle vue sur la rivière ! On arrive à temps pour le boat cruise du soir. Je le recommande fortement. Pas cher (150N$/p) et on longe pendant 2h la partie Ouest du parc de Bwabwata bordant l’Okavango et qui s’avère très riche en faune. Lors de cette croisière, nous verrons des guibs harnachés, des crocodiles, beaucoup d’oiseaux dont les rares becs-en-ciseau d’Afrique (et de très près pour les photos) et des buffles. Le compte y est : nous aurons donc vu les big 5 en Namibie ! Au retour au lodge, nous décidons de prendre le repas dans leur restaurant. Très bon. La nuit dans la tente sera un peu fraiche avec l’humidité de la rivière toute proche et nous constaterons le lendemain qu’un hippopotame est passé à deux pas de notre tente sans rien entendre.
Lundi 16 Août
Le lever du jour nous révèle un beau spectacle depuis notre tente avec les volutes de vapeur de qui se dégagent de l’Okavango à la fraicheur du matin. Superbe. Comme à notre habitude, nous quittons le lodge très tôt le matin pour profiter au mieux de la petite réserve de Mahango. Une fois payé de le permis d’entrée (90N$ pour 2 personne) nous prenons la piste qui longe l’Okavango. Cette piste est très agréable avec de beaux paysages et de nombreuses avancées sur les rives de l’Okavango. Question animaux, c’est le festival d’oiseaux de toute sorte : rapaces, spatules, oies, ibis, bec-ouverts, calaos, blue waxbill, guêpiers etc…impossible de les citer tous. Pour les animaux plus gros, ce n’est pas le Pérou en ce début de matinée : on voit quelques zèbres, des impalas et des babouins et des cobes lechwe au loin mais rien de plus. Cette réserve est réputée pour abriter une grande population d’antilopes rouannes et d’hyppotragues : où sont-ils ? Nous continuons vers le site de picnic au pied d’un baobab immense. Nous arrivons déjà sur la piste principale qui mène au Botswana ; il est encore tôt et on décide de refaire la boucle. De nouveau à l’entrée on choisit finalement de prendre l’autre piste qui part vers l’intérieur de la réserve. Tout le monde nous déconseillait de la faire car très boisée et difficile d’y voir des animaux. Tant pis, on a du temps et on y va quand même. Après quelques centaines de mètres seulement, bingo, nous croisons un petit troupeau d’antilopes rouannes suivi par des zèbres. Ils doivent se diriger vers la rivière. Ces antilopes sont très belles : un cou énorme et de très grandes oreilles mais ils sont très farouches et disparaissent vite à l’approche de notre 4x4. Nous continuons vers le point d’eau qui se situe 10km plus loin. La piste n’est pas en très bon état mais nous croiserons zèbres, autruches (avec des petits), un cob des roseaux (il me semble) et des phacochères. Nous avons de la chance au point d’eau : plusieurs antilopes rouannes et un magnifique hyppotrague mâle à la belle robe noire foncée s’y désaltèrent. Quel spectacle ! Eh bien, nous avons bien fait de ne pas écouter les conseils. Après les avoir observé longuement jusqu’à ce qu’ils disparaissent dans la forêt, nous décidons de continuer sur la piste qui rejoint la route principale après 20km au lieu de rebrousser chemin. Le panneau indique pour 4x4 uniquement : pas de problème, on en a un…Ce sera notre baptême du feu, sable très profond + végétation très dense sur les 20km : horrible pour la conduite et rien à voir. Heureusement, on ne croise qu’un véhicule à la fin de la piste. Je ne sais pas comment on aurait fait si on s’était croisé avant. C’est une portion que je déconseille mais finalement très formateur pour nous pour Moremi et Chobe. Nous reprenons une nouvelle fois la piste qui borde l’Okavango : nous verrons 2 éléphants au loin, quelques damalisques sassaby et toujours autant d’oiseaux. Nous prenons le déjeuner sur le bord de la rivière puis nous quittons la Namibie pour le Botswana et la région du Panhandle.
Le passage de frontière à Mohembo est très facile et expéditif. Pour l’entrée au Botswana avec un 4x4 loué, nous prenons un double entry permit (160 Pula), ce qui nous permettra de gagner un peu d’argent pour nos prochaines entrées au Botswana. Nous nous arrêtons à Shakawe pour prendre des Pulas à l’ATM de la Barclays Bank. Très pratique. Puis nous poursuivons jusqu’au Drotsky’s Cabins, notre prochaine étape (www.drotskycabins.com).
Ce lodge et très bien fait : emplacements de camping spacieux et en bordure de l’Okavango, blocs sanitaires très propres et ils ont une magnifique plateforme d’observation sur l’Okavango. Nous nous renseignons sur les boat tours qu’ils organisent pour observer l’avifaune, n’étant pas fans de pêche : l’autre activité principale proposée par le lodge. Nous réservons un tour de 2h pour le soir en espérant voir la rare chouette pêcheuse de Pel car ils connaissent un lieu où elle chasse régulièrement. La ballade est riche en observations : hippopotames, crocodiles, varans et des milliers d’oiseaux (martins pêcheurs de diverses espèces, colonies de guêpiers écarlates ou à front blanc nichant sur les berges de la rivière, balbuzard pêcheurs, hérons, aigrettes, cigognes etc, etc…) mais nous ne verrons pas la fameuse chouette de Pel. C’est vraiment un superbe endroit et je remercie chaudement les internautes (Ericarole, Vinnylove…) de m’avoir fortement incité lors de la préparation du voyage de visiter cette partie du Botswana plutôt que de rester 2 nuits sur Mahango. Ce fut vraiment un bon conseil. Repas du soir pris autour du feu au bord de la rivière.
Mardi 17 Août
Nous repartons le lendemain matin pour une seconde ballade en bateau de 3h. Nous verrons toujours autant d’oiseaux que la veille dont des jabirus et des jeunes aigles pêcheurs au plumage bien moins caractéristique que les adultes. Au détour d’un méandre de la rivière, nous surprenons un hippopotame qui fera volteface violement pour plonger dans l’eau sous notre bateau. Petite frayeur et notre guide de mettre à fond les gaz pour échapper à l’animal. Quel souvenir ! Nous aurons également la chance de voir des loutres pendant cette balade. Tout d’abord, 2 individus nageant au milieu de l’Okavango puis au retour vers le lodge, une loutre peu timide se prélassant sur la berge de la rivière, ce qui nous a permis de bien l’observer. Encore de belles images pendant cette matinée dans le Panhandle.
Vers 11h, nous reprenons la route pour la bande de Caprivi. Passage de la frontière à Mohembo toujours aussi facile. Arrêt technique à Divundu pour prendre de l’essence et pour la première fois, problème : il n’y en a plus ! Nous sommes loin d’être à sec alors nous ne sommes pas inquiets et on se dit qu’il y en aura bien à Katima Mulilo. La traversée de l’Okavango se fait sur un pont bien étroit puis la route B8 traverse en ligne droite le parc Bwabwata sur 200km. Les nombreux panneaux indiquant la présence possible d’éléphants nous font ralentir l’allure mais nous n’en verrons aucun. Arrivés à Kongola, nous allons directement à la première station pour prendre de l’essence et se rassurer. Nous retournons un peu sur nos pas pour prendre la piste qui mène au Mazambala Island Lodge (www.mazambala.com) situé sur les rives de la rivière Kwando (qui devient Linyanti plus au sud et enfin Chobe vers Kasane). Le lodge est situé sur une presqu’île que nous ne pouvons atteindre en voiture cette année car le niveau du Kwando est trop haut mais le camping, lui, reste accessible. Le camping est très basique (mais il y a quand même de l’eau chaude dans les douches) et les emplacements sont idéalement situés en bordure de rivière : encore un site magnifique. Nous y sommes en fin d’après midi et après renseignement, il y a un boat tour qui est prévu de 17h jusqu’au coucher du soleil pour observer la faune dans cette partie du Kwando. C’est assez cher (250N$/p) et ma femme n’est pas très emballée, ayant déjà fait un boat tour le matin même. J’insiste et on y va. Finalement, nous ne serons que deux sur le bateau et très rapidement, on ne regrette pas notre décision. En effet, notre guide est très sympa et pas avare d’explication sur la flore et la faune que l’on rencontre, et quelle faune ! C’est très riche dans cette zone qui fait frontière avec la partie Est du parc de Bwabwata. Nous verrons de très près de nombreux cobes lechwe, crocodiles et hippopotames, des guibs harnachés, des babouins, kudus et impalas ainsi qu’un troupeau d’éléphants s’abreuvant et jouant sur les rives du Kwando. Vraiment très chouette à regarder.
Le repas du soir au bord de l’eau avec tous les oiseaux sera également mémorable malgré les nombreux moustiques. Heureusement nous avions commencé notre traitement anti paludéen – Lariam - à l’approche de la bande de Caprivi. Nous ne trainons pas trop dehors le soir car nous entendons des hippopotames qui ne semblent pas être loin. Effectivement, une fois dans la tente, nous les apercevons passer tranquillement juste devant notre emplacement. Le son de milliers de grenouilles et autres insectes nous bercera pendant toute la nuit.
Mercredi 18 Août
Ce matin, on ne traine pas pour replier la tente car nous avons beaucoup de route et deux passages de frontière pour rejoindre notre prochaine étape : Victoria Falls pour visiter les chutes coté Zimbabwe. Nous avions longuement hésité entre Zambie et Zimbabwe pour réserver l’hébergement et visiter les chutes. Le trajet semblait beaucoup plus simple coté Zambie (un seul passage de douane à Katima Mulilo) ; de plus, nous avions des infos contradictoires et peu encourageantes pour le passage de la frontière au Zimbabwe avec une voiture de location. Mais plusieurs personnes, Ericarole en tête, avaient bien insisté : « il faut absolument voir les chutes coté Zimbabwe ». Nous avons donc suivi ces conseils et on a bien fait, même si cela a été un peu rock-n-roll.
Comme pour Mohembo, le passage de la frontière Namibie-Bostwana à Ngoma fut une simple formalité. Avec le double entry permit, nous n’avons rien eu à payer cette fois-ci. Le pont sur la rivière Chobe offre par ailleurs de superbes vues et un premier aperçu de la richesse de la faune. Par contre, il y a une barrière vétérinaire où on nous demande d’ouvrir le frigo. Pas de problème, on avait prévu le coup et nous n’avions pas de viande fraiche mais à Ngoma, le biltong ne passe pas ! Et pourquoi donc ? Les autres fois, c’était ok mais là rien à faire, on nous embarque tout notre biltong. Grrr…ce ne sera pas perdu pour tout le monde ! Dès que l’on entre dans la réserve de Chobe par la route principale qui va jusqu’à Kasane, on est mis dans l’ambiance avec les nombreux animaux qu’on croise : buffles, kudus et éléphants !
Nous arrivons à Kasane puis avec un peu d’appréhension nous nous dirigeons vers le poste de frontière de Kazungula pour le Zimbabwe. Finalement, cela se passera très bien : pas du tout folklore africain. A la douance, un premier guichet pour payer les VISA (30US$/p) puis un second guichet pour les taxes véhicule. Pour notre Toyota Ilux 2.7i essence: 55US$ de taxe carbone et autres + 50US$ pour une assurance obligatoire valable 1 mois. Pour chaque paiement (en cash et US$ uniquement), nous recevons un imprimé officiel avec tampons etc... En 30 minutes, le passage de la frontière est réglé. Cela nous est revenu en tout à 165US$, donc moins cher qu'en passant par un TO local à Kasane (50US$/p/trajet soit 200US$ pour nous deux). En discutant avec les locaux, il semble que les autorités du Zimbabwe cherchent à améliorer les choses pour faire revenir les touristes dans le pays. Enfin, pas tant que cela tout de même. Voyez plutôt : 5km après la frontière, il y a un barrage de police où ils arrêtent tous les véhicules. Nos papiers de douane étaient bien en règle (ouf) mais un policier nous fait remarquer que nous n’avons pas de déflecteur blanc à l’avant du notre 4x4, ce qui est apparemment contre la loi au Zimbabwe. Ah bon ? Cela fera 10US$ d’amende et on devra en acheter à Victoria Falls (1US$). Je peste contre le loueur ! Ensuite, il faut faire très attention aux limitations de vitesse. On l’apprendra plus tard mais il faut savoir qu’un contrôle radar est régulièrement mis en place à l’entrée de la ville. Ce jour là, il était là et on tombe dans le panneau : nous étions à 90km/h pour une limite à 80km/h. Re-police et re-amende : 50US$ ! Je peste contre moi-même cette fois-ci. Nous arrivons à destination vers 13h, passablement énervés et amputés de 226US$. Un guide sud africain nous indiquera l’astuce : si possible, toujours suivre un autre véhicule (surtout les bus des TO) quand on roule au Zimbabwe.
Nous prenons possession de notre bungalow au Victoria Falls Rest Camp (www.vicfallsrestcamp.com). Celui-ci s’avère bien défraichi et moyennement propre. Les blocs sanitaires sont par ailleurs très sales. Ce sera notre plus mauvais hébergement pendant tout ce voyage.
On se requinque pendant le repas de midi puis nous allons visiter les chutes…à pied car je ne veux plus prendre la voiture pour éviter une autre amende ! L’entrée du parc n’est d’ailleurs qu’à 2km. Sur le chemin, de nombreux vendeurs insistent pour nous vendre pour des sommes dérisoires de l’artisanat (assez joli d’ailleurs par rapport à ce qu’on a pu voir en Namibie) ou des anciens billets de 25 milliards ou 10 trillions de dollars zimbabwéens : sombre souvenir de la période d’inflation exponentielle qu’a connu le pays avant d’abandonner leur monnaie pour les US$. On sent la pauvreté qui existe encore dans ce pays.
Il faut maintenant débourser 30US$/p pour la visite des chutes. La végétation est de type forêt humide, bien différente de ce qu’on a pu voir jusqu’alors. Les différents points de vue aménagés sur les chutes sont splendides, tous aussi impressionnant les uns que les autres. Cette année en Août, les chutes sont encore grosses en on s’en prend plein la figure. Difficile de filmer ou prendre une photo sans une goutte d’eau sur l’objectif. Danger point est particulièrement glissant mais la vue est à couper le souffle. Devil’s cataract est également impressionnante. Tous ces embruns créent des effets d’arcs-en-ciel superbes. Nous avons dépensé beaucoup de dollars aujourd’hui mais la visite des chutes est vraiment un moment fort du voyage.
Nous n'avons pas visité les chutes coté Zambie mais nous sommes allés sur le pont qui enjambe les gorges (impressionnant, je recommande). C'est gratuit : on vous donne à la douane un coupon "laisser passer" pour la visite du pont qui est une sorte de zone franche entre Zambie et Zimbabwe. Par contre, pour visiter les chutes coté Zambie, il faut passer le poste de douane et donc payer le VISA d'entrée en Zambie. Il faut surtout demander qu'ils ne vous mettent pas de tampon car au retour à la douane du Zimbabwe, ils vérifient les passeports et s’ils voient que vous êtes allés en Zambie ils vous demandent de payer un VISA double entrée qui est plus cher que celui payé à Kazungula. Apparemment le truc marche pour ne pas payer de supplément mais on n'a pas essayé.
Après le pont, il nous reste encore du temps pour aller voir les gorges et le point de vue situé non loin du renommé Victoria Falls Hotel. Un policier nous accompagne pour y aller (c’est rassurant !) dixit pour nous éviter le harcèlement des vendeurs. Le point de vue est magnifique mais il y a des câbles partout (pour les tyroliennes et autres activités fortes en adrénaline), ce qui n’est pas terrible pour faire des photos « nature ». Nous traversons le Victoria Falls Hotel, majestueux et luxueux. C’est à la fois impressionnant mais gênant toute cette richesse dans un pays aussi pauvre.
Pour le soir, nous décidons de manger au restaurant du camp qui est très bon et autre bonne nouvelle : très bon marché. Cela fait du bien au porte monnaie après tout ce qu’on a dépensé cette journée.
Jeudi 19 Août
Nous nous renseignons pour un survol des chutes en avion mais les prix proposés sont trop élevés pour nous. Nous repartons donc pour le Botswana et cette fois-ci, on reste bien en dessous des 80km/h ! Le passage à la frontière se fait sans soucis mais comme nous entrons déjà pour la 3eme fois au Botswana, le double entry permit n’est plus valable dans sa totalité et nous devons payer la partie Road Permit pour 45Pulas de plus. De retour à Kasane, nous allons directement à notre lodge (www.kubulodge.net) pour s’installer à notre emplacement de camping (bien équipé avec prises électriques et lumière, les sanitaires sont très propres et il y a même une petite piscine réservée pour les campeurs). Nous réservons avec eux un boat cruise sur la rivière Chobe pour l’après midi (départ à 15h). Nous profitons du temps qu’il nous reste pour faire le plein de provisions aux supermarchés très bien achalandés de Kasane (le Spar est particulièrement bien fourni). Nous voulons également faire le plein d’essence mais aucune station sur Kasane n’a de sans plomb ce jour-là ! Notre niveau d’essence est encore bon et on espère que cela ira pour les 2 jours prochains que nous devons passer dans le parc national de Chobe. Nous attendons 15h dans les jardins du Kubu Lodge près de la rivière où de nombreuses mangoustes rayées déambulent. A l’heure prévue, un 4x4 nous emmène à l’embarcadère où nous attend le bateau qui travaille avec le lodge et là bonne surprise : nous ne serons que les deux avec le guide. Super ! Cette croisière est un must : aussitôt passé le poste de contrôle « fluvial » pour entrer dans le parc, on est frappé par la richesse de la faune sauvage qui règne dans cette partie du Botswana. Outre de très nombreux oiseaux (martins pêcheurs de toute sorte, bec-ouverts, hérons, becs en ciseau d’Afrique, aigles pêcheurs etc…), nous verrons de très près et avec un autre perspective que depuis notre 4x4, de nombreux crocodiles, varans, hippopotames (dont des petits tout rigolo) mais également de grands troupeaux de buffles ainsi que des impalas et cobes de lechwe. Nous aurons la chance de voir plusieurs pukus (d’assez loin tout de même) : cela sera la seule fois pendant notre séjour dans la région. Le plus impressionnant pendant cette croisière restera le nombre d’éléphants. Il y en a des centaines, à chaque méandre de la rivière, qui viennent s’abreuver et se couvrir de boue. Je n’en ai jamais vu autant de ma vie. Voir les éléphanteaux jouer et s’ébrouer dans la boue épaisse puis avoir toutes les difficultés à s’en sortir sans l’aide des plus grands est particulièrement amusant. Le boat cruise durera jusqu’au coucher du soleil et avec de telles observations, on ne voit vraiment pas le temps passer. C’est une excursion ne manquer sous aucun prétexte ! Seul bémol : on est loin d’être seul et quelques fois, c’est presque l’embouteillage sur la rivière. Notre bateau était petit, ce qui nous a permis de s’isoler et voir en toute tranquillité certains animaux dans les petits méandres peu profonds de la rivière où les plus gros bateaux ne pouvaient pas aller. Essayez de vous renseigner avant de réserver sur le type de bateau proposé dans la prestation. Le soir, nous prendrons notre repas sur le qui vive en nous assurant que les babouins ne s’approchent pas trop près. Il y a également des gardiens qui resteront toute la nuit dans le camping car on nous explique que les vols dans les zones touristiques du Botswana sont en pleine recrudescence. Nous aurons droit à ces gardiens dans tous les autres campings fait par la suite au Botswana. Ce n’est guère rassurant pour l’avenir.
Vendredi 20 Août
Nous partons du lodge au plus tôt pour profiter au mieux de notre journée dans le parc national de Chobe (partie river front). Au passage, on s’arrête à nouveau dans une station d’essence mais toujours pas de sans plomb. Gloups ! On espère qu’ils en auront dans 2 jours qu’on on sortira du parc.
Nous arrivons à Sedudu Gate vers 7h30 où nous allons payer nos permis d’entrée et montrer notre réservation au camp d’Ihaha pour le soir. Nous avions entendu que depuis peu les permis ne pouvaient plus être pris aux entrées des parcs au Botswana mais seulement dans les bureaux du DWNP. A Kasane, les bureaux sont en fait à la porte de Sedudu. Nous prenons alors en même temps les permis pour Moremi que nous visiterons plus tard. Cela fait en tout une belle petite somme.
Un mot sur la gestion des parcs au Botswana (permis et réservations des campings public) car c’est assez compliqué depuis 2009 quand le Département des Parcs Nationaux (DWNP) a changé les règles et commencé à privatiser les campings. Quand nous avions fait nos réservations, les camps d’Ihaha à Chobe et Xakanaxa à Moremi étaient encore gérés par le DWNP mais maintenant il faut contacter Kwalate Safaris (pour les camps South Gate, Xakanaxa, Ihaha, Khumaga, Njuca Hills) : P.O Box 2280, Gaborone, Botswana, Tel: +267 686 1448 ; Fax: +267 686 1448; Cell: +267 71308283 / 71307435, kwalatesafari@gmail.com.
Pour le camp de North Gate à Moremi, il faut contacter Mapula Lodge (pour les camps North Gate, Savuti, Linyanti), Tel : +267 6865366 / 6865365, Fax: +267 6865367, sklcamps@botsnet.bw ou mapulalodge@info.bw (www.mapulalodge.com). Pour 3rd bridge (que nous n’avons pas réussi à avoir), il faut contacter Xomae Group (pour les camps 3rd Bridge, Nxai Pan, Baines Baobabs ) ; Tel/Fax + 267 6862221, Cell +267 73862221 ; xomaesites@botsnet.bw (www.xomaesites.com). En conclusion, vous réservez et payez les campings directement avec ces prestataires et les permis sont à payer aux bureaux DWNP à Maun, Gaborone ou Kasane (Sedudu Gate) (dwnp.parrogabs@gov.bw).
Nous dégonflons les pneus à 1.7bars. Une fois la gate passée, la piste rejoint à travers bois les rives de la rivière Chobe. Il y a de nombreuses pistes mais c’est assez facile pour se repérer. Typiquement, il y a celles qui bordent la rivière de près, la piste principale un peu plus en hauteur et plusieurs pistes qui s’enfoncent à l’intérieur du parc dans de petites vallées. Pendant les 2 jours passés au Chobe river front, nous avons pris plusieurs fois les pistes intérieures et à chaque fois on n’a rien vu du tout (hormis des éléphants) : la végétation est en fait assez dense, la visibilité pas terrible et de toute façon, il y a tellement de choses à voir au bord de la rivière que j’ai trouvé ces pistes assez décevantes.
L’état des pistes est très aléatoire au river front : cela va de la belle piste bien dure aux pistes défoncées quand on cherche à passer dans les zones non inondées aux abords de la rivière et aux pistes avec du sable bien mou et très profond. En voulant laisser passer un 4x4 venant vers nous sur la piste principale, je me suis bien ensablé comme un débutant en essayant de changer d’ornières. Sans même avoir eu le temps de se faire du souci que 5 minutes plus tard un camion (en fait un bus scolaire avec des dizaines d’enfants sur la benne arrière !) venait nous désensabler en tirant notre 4x4 avec notre corde (qui cassera pendant l’opération). La honte quand même ! Avec la corde cassée, nous ne nous sommes plus trop aventurés sur les petites pistes secondaires et isolées pour le reste de notre séjour dans le parc.
Pour cette première journée, nous avons vu quelques hyppotragues noirs, un guib harnaché, des antilopes rouannes, de nombreux buffles avec quelques beaux troupeaux, des zèbres, des impalas, des hippopotames, une curie de vautours sur une carcasse, de nombreux oiseaux et 4 lionnes. Celles-ci étaient allongées sous un arbre près de la rivière, bien à l’ombre et on a presque failli les louper car nous regardions surtout coté rivière où il y a toujours quelque chose à voir. Toujours aussi impressionnant, c’est le nombre incroyable d’éléphants qui viennent se désaltérer en fin d’après midi. Nous en aurons vu des centaines. C’est très impressionnant et même assez flippant quand ils passent devant la voiture ou bloquent les pistes. Il n’y alors qu’à attendre qu’ils libèrent le chemin n’ayant jamais osé forcer le passage (comme on a vu d’autres le faire). Nous verrons même un jeune éléphant mort sur le bord d’une piste secondaire. Si la diversité des oiseaux est indéniable dans ce parc, j’ai trouvé que c’était moins marquant pour les mammifères.
Pour le soir, nous avons dormis dans le camp d’Ihaha. C’est un site vraiment génial, un de mes coups de cœur, au milieu de la nature sauvage auprès de la rivière où les hippopotames et les éléphants n’étaient jamais bien loin. Le coucher de soleil avec les pêcheurs en toile de fond était splendide. Les blocs sanitaires étaient refaits à neuf et d’une propreté irréprochable. Pour le repas du soir, nous n’avons pas trop trainé et nous étions dans la tente dès la nuit tombée. Nous avions laissé les fenêtres ouvertes au cas où des animaux seraient passés devant notre tente mais nous n’avons rien vu. Par contre, une famille de babouins est restée dans un arbre derrière notre tente et nous avons eu droit à un concert de grognements et de cris pendant toute la nuit.
Samedi 21 Août
Le réveil avec la tente ouverte sur la rivière est un grand moment : déjà les hippopotames sont là. Le drive du matin sera assez calme. Nous verrons tout de même un petit groupe d’antilopes rouannes ainsi que des cobes à croissant : les premiers qu’on voit au Botswana. Comme la veille, nous observons un autre attroupement de vautours autour d’une carcasse : c’est assez impressionnant de voir comme ils se battent pour manger ce qu’il en reste. Par contre, toujours pas de prédateurs dans les parages. Nous essayons diverses pistes sans trop de succès et en début d’après midi, les passagers d’un 4x4 nous indiquent où un léopard fait la sieste dans le bush. Super ! Belle observation, cela sera le seul félin que nous verrons de la journée. Pas de lions ce jour là en effet. Nous croiserons plus tard dans l’après midi de nombreux hyppotragues noirs ainsi que quelques chacals mais d’assez loin. Comme d’habitude, des éléphants en très grand nombre traversent le parc en fin de journée en direction de la rivière où ils se regroupent par centaines pour boire ou se couvrir de boue contre les parasites. De belles opportunités de photos et à force d’en voir, je gère un peu mieux mon stress quand ils s’approchent de près de notre véhicule.
La fin de journée approche et on se dirige vers la sortie coté Sedudu Gate. Ces 2 jours passés au Chobe river front auront été riches en observations de la faune sauvage, très variée et avec un nombre vraiment impressionnant d’éléphants (c’est ce qui m’aura marqué le plus). Les paysages et les vues sur la rivière sont magnifiques et le camp d’Ihaha est vraiment idéalement situé. Un très bon souvenir.
De retour à Kasane, on file droit vers une station d’essence car le niveau commence à être vraiment bas et bonne nouvelle, ils ont de nouveau de l’essence sans plomb ! On fait donc le plein et on regonfle les pneus. On cherche également une nouvelle corde puisque la nôtre est inutilisable mais il est trop tard et les garages sont déjà fermés. Nous dormirons à nouveau au camping du Kubu Lodge pour la nuit (www.kubulodge.net).
Dimanche 22 Août
Nous quittons le camping dès 6h30 car nous avons beaucoup de route à faire. En effet, il nous a été impossible d’avoir une place de disponible dans le camp de Savuti pour la fin Août et comme nous avions lu sur divers sites qu’il était très long et assez périlleux de faire dans la journée la piste entre Kasane et North Gate Camp à Moremi alors l’autre option était de rejoindre Moremi par la route goudronnée via Nata, Gweta et Maun mais cela rallonge considérablement (environ 600km). Quand je vois ce qu’ont vécu Pierre77N et Ericarole cette année sur Savuti/Linyanti (casse et routes inondées), je me dis qu’on a bien fait d’être prudent étant donné qu’on voyageait seul. Par ailleurs, nous avions lu que la route entre Kasane et Nata, bien que goudronnée, était en très mauvais état avec d’innombrables nids de poule qui limitaient fortement la vitesse maxi. Nous avions donc prévu une halte vers Gweta au Planet Baobab (www.unchartedafrica.com).
En fait, il s’est avéré que la route entre Kasane et Mpandametanga (100km) est en très bon état, large et très roulante. Elle passe par ailleurs près des limites du parc Chobe et nous avons vu de nombreux animaux en début de matinée : steenboks, kudus, autruches et éléphants. C’est très sympa de conduire et observer en même temps tous ces animaux. Il y a également une barrière vétérinaire qu’on n’avait pas vu sur la carte et avec les provisions faites à Kasane on craint le pire mais cette fois-ci, le biltong et le poulet passe mais pas les saucisses…que je dois jeter au feu sur place. Ensuite, la route qui continue jusqu’à Nata (200km) a été réparée : tous les nids de poule ont été bouchés. De plus, ils sont en train de l’agrandir et de belles portions toutes neuves sont déjà en service. Les travaux devraient être finis pour toute la section Kasane-Nata d’ici 2 ans apparemment. Du coup, nous étions à Gweta vers 11h !
Nous avons alors décidé de pousser jusqu’au Nxai Pan National Park pour visiter la partie de Baines Baobab. Arrivés à l’entrée du parc, bonne nouvelle, nous pouvons prendre les permis sur place. La piste jusqu’à Baines Baobab est en tôle ondulée sur une bonne partie du trajet mais pas trop difficile. Nous arrivons sur site pile poil pour le déjeuner. Quel site : ces énormes Baobabs au pied d’un grand pan asséché sont magnifiques ! Nous profitons de l’ombre de ces géants pour manger à l’abri du soleil qui cogne fort et nous nous baladons un peu sur le pan pour profiter de la vue. C’est très étonnant comme paysage.
Finalement, comme nous sommes déjà à plus de 80km de Gweta et seulement à 130km de Maun, on décide de ne pas dormir au Planet Baobab (tant pis pour la réservation déjà payée) et d’aller directement à Maun afin d’avoir plus de temps pour Moremi le lendemain.
Nous arrivons à Maun en fin d’après midi avec suffisamment de temps pour se préparer pour nos 4 prochains jours dans le parc de Moremi et faire le plein de provisions et d’essence. Mais c’est Dimanche et comme les garages sont tous fermés, nous devrons attendre le lendemain matin pour acheter cette maudite corde qui nous manque. Pas question de conduire dans Moremi sans elle.
Nous dormirons au camping du Sedia Riverside Hotel à 10km au Nord de Maun (www.sediahotel.com). Les emplacements et les sanitaires sont corrects mais ce n’est clairement pas le camping le plus beau du Botwsana. Par contre, les prix sont bas : 30Pulas par personne.
Lundi 23 Août (journée noire)
Après avoir trouvé (enfin !) une corde dans un garage de Maun, nous nous dirigeons vers Moremi. La route est d’abord goudronnée jusqu’au village de Shorobe puis se transforme en piste assez roulante jusqu’à une barrière vétérinaire (Buffalo Gate). Dans ce sens, on peut tout passer en nourriture mais pour le retour sur Maun il faut que toute la viande et les produits laitiers soient mangés sinon ils les confisquent. Juste après la barrière, la piste se divise en deux : une en direction de Savuti, l’autre pour Moremi. C’est très bien indiqué avec un grand panneau. On passe ensuite devant le camping de Kaziikini réputé auprès des self-drivers et qui lui aussi est très bien indiqué. On est déjà en pleine région sauvage avec pas mal d’animaux : girafes, impalas, zèbres et nous tombons sur 2 lions qui mangent une proie. Quelle chance ! et tout cela avant même d’atteindre l’entrée Sud de Moremi (Maqwee Gate). On se dit alors que ça va être le festival à l’intérieur. A South Gate, on montre nos réservations de camping ainsi que les permis payés à l’avance. Les rangers nous indiquent les régions du parc visitables et les pistes à éviter car Moremi est encore bien inondé et de grandes portions ne sont pas franchissables. Voyageant seuls avec notre 4x4 Toyota Ilux, ils nous expliquent par exemple que nous ne pourrons pas rejoindre Xakanaxa depuis Kwai par la piste du nord car celle-ci est trop inondée et que nous devrons faire le détour par South Gate. Mince ! Comme nous avons 2 nuits de prévu au camp de North Gate/Kwai avant Xakanaxa cela ne va pas être pratique.
Nous prenons la piste qui part plein Nord vers North Gate. Elle est large mais avec du sable assez profond. Après seulement quelques km parcourus, un gros bruit sous la voiture et on s’arrête immédiatement. Panique ! Quel est le problème ? En fait, une plaque de protection du différentiel du pont avant du 4x4 s’est cassé et en se déformant, se met à frotter le sol violemment. On sort les outils, élève la voiture autant que possible avec le cric et allongé sous la voiture, j’essais d’enlever cette plaque pour la remettre d’aplomb mais impossible. Après 2h de tentative, j’abandonne et on se rend à l’évidence : on doit retourner à Maun pour réparer car il est impossible de continuer comme cela dans Moremi. Quelle frustration, j’en aurais pleuré ! Retour donc à Maun mais au pas pour éviter de tout abimer même si j’ai pu redresser un peu la plaque. Comme on doit repasser la barrière vétérinaire on cache toute la nourriture dans nos sacs pour éviter la confiscation : on ne va pas en plus racheter de la viande !
Au garage Toyota de Maun, ils n’ont évidemment pas cette pièce en rechange mais ils me disent qu’ils devraient pouvoir réparer. Effectivement, après 1h30 de découpe, redressage et soudage, tout est remis en place. Bon boulot mais il est déjà 16h : trop tard pour rejoindre le camping de North Gate avant la fermeture. Bilan de la journée : 450Pulas de réparation, une journée et une nuit perdues à Moremi…mais on est dépanné. Nous repassons une nuit au camping du Sedia Hotel (www.sediahotel.com).
Mardi 24 Août
Nous repartons pour Moremi. Va-t-on enfin réussir à visiter ce parc ?
Contrairement à la veille, nous ne verrons rien d’exceptionnel sur le chemin jusqu’à Maqwee Gate. Une fois dans le parc, nous consacrerons toute la journée à visiter la région Nord du Moremi le long de la rivière Kwai. C’est effectivement bien inondé et de nombreuses pistes longeant la rivière sont impraticables. Toutefois, nous ne tentons pas le diable étant donné que nous sommes seuls et qu’on ne croise pas beaucoup de véhicule alors on fait vite demi tour dès que nous ne sommes pas sûr de ce qu’il y a à traverser. La piste Nord en direction de Xakanaxa est par contre entièrement recouverte d’eau peu après Dombo Hippo Pools. Les paysages sont superbes et les nombreuses pistes offrent de magnifique vues sur la rivière. Nous voyons beaucoup d’oiseaux mais curieusement et contrairement à ce que nous avions pu lire dans divers carnets de voyage, la densité de faune est très faible. Pendant toute cette journée, nous verrons très peu d’animaux hormis des cobes de lechwe et vers la fin de l’après midi quelques éléphants de taille assez impressionnante. Un éléphant viendra se planter littéralement devant notre 4x4 pendant de longues minutes en nous regardant bien fixement avant de repartir tranquillement dans la forêt. On n’en mène pas large et on n’a même pas la présence d’esprit de prendre des photos. Malgré cette rencontre inoubliable, la journée reste au final assez décevante par le peu d’animaux et d’espèces rencontrés.
Nous rentrons au camp de North Gate (www.mapulalodge.com) vers 16h30. Les emplacements sont bien situés en lisière de forêt et les douches sont impeccables. Un des aspects positifs de la privatisation des camps aura été au moins de remettre à neuf les blocs sanitaires. Les anciens sont encore debout et il n’y a pas photo. Pendant le repas du soir, on fait attention aux nombreux babouins qui ne trainent pas très loin. Juste après avoir fini de manger, on remarque 3 éléphants qui passent le long des blocs sanitaires…et se dirigent droit vers notre emplacement ! Ils vont rester ainsi un bon moment à manger à 5m de la voiture. C’est vraiment impressionnant ! Nous essayons de prendre quelques photos mais la nuit tombe vite à cette heure tardive. On ne tarde pas trop à monter dans la tente pour ne pas se retrouver nez à nez avec les pachydermes. Dans la nuit, comme nous avions laissé les fenêtres ouvertes avec les moustiquaires, nous verrons 2 hyènes passer sans s’arrêter au pied de notre tente puis un autre éléphant manger les feuilles de l’arbre sous lequel nous étions. Difficile de faire plus près ! Incroyable, on en verra plus cette nuit que pendant toute la journée !
Mercredi 25 Août
Pour cette journée, nous visitons la région de Xakanaxa. Comme la piste Nord est bloquée, le long détour par South Gate nous fait perdre pas mal de temps le matin. Les paysages aux alentours de Xakanaxa sont très différents de ceux de Kwai mais c’est toujours aussi beau…et inondé. Impossible d’aller sur Dead Tree Island par exemple. La piste au niveau de 4th Bridge est également sous les eaux mais franchissable d’après les rangers. Sur place, on attend quand même que les experts passent (Sud Africains et TO) pour bien repérer les pièges à éviter et ne pas s’embourber. Une fois qu’on a compris comment faire, c’est en fait assez facile. La région vers Third Bridge camp est plus sèche et la végétation plus proche de la savane que de la forêt.
En ce qui concerne les animaux, c’est toujours assez pauvre mais tout de même mieux que la veille. Il y a toujours autant de cobes lechwe et nous verrons également quelques girafes, zèbres, impalas, hippopotames, vervets et éléphants mais rien de bien extraordinaire. Pas un seul buffle à l’horizon malgré toute cette eau ! Nous verrons tout de même un couple de lions à deux pas de Third Bridge camp. Cette journée encore, s’il n’y avait pas la diversité des paysages et les nombreuses espèces d’oiseaux observées, cela resterait bien décevant. Devenons-nous trop difficile ?
Le camp de Xakanaxa où nous passerons la nuit (kwalatesafari@gmail.com) est magnifique. Idéalement situé sur une sorte de presqu’île entourée par les eaux. De nombreux écureuils se baladent dans les emplacements et le coucher de soleil sur les roseaux qui entourent le camp est superbe. Un autre coup de cœur. Et comme à North Gate, les blocs sanitaires sont très propres. Nous ne verrons rien de spécial la nuit mais n’en demandons pas trop.
Jeudi 26 Aôut
Pour la dernière journée à Moremi, nous consacrons les visites à Mboma Island et la région de Bodumatau. En passant Third Bridge camp, on cherche les lions aperçus la veille mais ils n’y sont plus. La longue piste qui fait la boucle autour de Mboma Island est très belle mais le sable profond et certaines portions sont assez difficiles à négocier mais on ne s’enlisera aucune fois. Cette partie est un peu plus riche en animaux : encore et toujours des cobes de lechwe, zèbres, bubales, phacochères, girafes, mangoustes, divers oiseaux, 2 chacals surpris au détour d’un virage et de nombreux éléphants. Deux scènes resteront dans ma mémoire. Pour la première: un bébé éléphant dormait aux pieds de sa mère au beau milieu de la piste très étroite et entourée d’arbres à cet endroit. Impossible de passer ailleurs et pas question de forcer le passage car la mère nous fait comprendre qu’il ne faut pas s’approcher. On coupe le moteur et on attend alors que le petit se réveille et se lève, ce qui fait bouger la mère et libère la piste. Deuxième scène un peu plus loin : alors que je « jaugeais » un éléphant qui mangeait au bord de la piste pour savoir si je pouvais passer, je ne remarque pas un autre qui avance à grand pas et s’arrête au pied d’un palmier devant la voiture. Il reste immobile quelques secondes et tout à coup, donne 2 violents coups de tête dans le tronc pour tenter de le casser puis repart comme si de rien n’était. Je ne m’y attendais pas et trouve la scène particulièrement drôle. Nous continuons la piste et passons 2nd et 1st bridges, plus faciles à franchir et nous allons explorer la région de Bodumatau. C’est de nouveau très inondé mais nous y verrons de grands troupeaux de gnous, impalas, zèbres, damalisques sassaby et éléphants. Les zones o�� sont passés les troupeaux d’éléphants sont bien ravagés, c’est assez impressionnant à voir et inquiétant à la fois. On se demande ce qu’il se passerait si on se retrouvait au beau milieu du passage d’un de ces troupeaux. Les hippopotames sont également en nombre et nous verrons quelques bucorves. Ce sera la partie de Moremi où nous verrons le plus d’animaux…mais toujours aucun gros chat !
En fin d’après midi, il est grand temps de retourner vers South Gate puis Maun que nous atteindrons seulement la nuit tombée. Nous dormirons à Audi Camp (www.okavangocamp.com). La déco des blocs sanitaires est particulièrement réussie mais les emplacements ne sont pas très jolis et assez petits. On est un peu entassés d’autant plus qu’il est bien complet.
Vendredi 27 Août
Notre voyage au Botswana touche bientôt à sa fin et c’est un peu triste que nous quittons la région du delta de l’Okavango pour rejoindre la Namibie et notre dernière étape avant le retour en France. La route de Maun jusqu’au poste de frontière de Mamuno est goudronnée sur tout le trajet, très roulante mais particulièrement longue et monotone même si les paysages changent une fois de plus à l’approche du Kalahari. La ville de Ghanzi à l’air bien propre et moderne mais nous ne ferons que la traverser. Le passage de la douane se fait très facilement et peu après, nous quittons la route principale pour nous arrêter au Zelda Game & Guestfarm où nous passerons la nuit (www.zeldaguestfarm.com). Pour la dernière nuit, nous avions réservé une chambre pour nous relaxer et préparer toutes nos affaires pour le grand départ le lendemain. Nous avons droit à un magnifique bungalow très spacieux. L’accueil est très chaleureux avec petit cocktail de bienvenue.
Il y a beaucoup d’oiseaux autour du petit point d’eau aménagé et la ferme contient de nombreux enclos avec animaux d’élevage et divers animaux sauvages dont des porcs-épic, guépards et 1 léopard. Ils ont également une réserve privée où nous comptions bien faire un game drive pour notre dernier étant donné que nous étions arrivé en début d’après-midi mais nous apprenons qu’elle est fermée aux visiteurs…car il y a des chasseurs. Déception! Nous n’avions pas bien lu mais cette ferme fait également réserve de chasse et dans l’hôtel et les chambres, les livres d’or et magazines sont consacrés à la chasse et aux trophées ! En tant qu’amoureux de la vie sauvage et après avoir visité tous ces parcs animaliers, cela fait mal au cœur. Attention donc si vous réservez à cet endroit, autant être prévenu.
Nous patientons donc une bonne partie de l’après midi dans l’affut aménagé non loin des bungalows en bordure de la réserve. Nous y verrons quelques kudus, élands et nyalas mais les grillages empêchent de prendre des photos « nature ». Au point d’eau, nous observons de nombreux crapauds chanteurs et des oiseaux dont quelques pics. Le soir, nous assistons au repas des guépards et du léopard. Cela fait très zoo mais ce seront les seuls guépards vus pendant ce voyage.
Nous dinons au restaurant qui propose un buffet très copieux et savoureux.
Samedi 28 Aôut
Pour une fois, nous ne nous levons pas très tôt : on a du temps. 3 heures de route suffisent en roulant tranquillement pour rejoindre Windhoek via Gobabis sur la route B6. Nous prenons notre dernier piquenique aux portes du Daan Viljoen Game Park, histoire de profiter une dernière fois des jolis paysages montagneux, puis nous retournons chez African Tracks pour rendre notre 4x4. Le compteur indique que nous avons parcouru 7750km pendant ce voyage ! Le contrôle de l’état du véhicule se fera très rapidement, tant mieux : ils ne sont pas trop tatillons sur les éraflures faites pendant le voyage. Nous leur expliquons par ailleurs nos déboires survenus au Zimbabwe et à Moremi et ce qu’on a dû payer pour le véhicule. Ils nous rembourserons le tout en recréditant notre carte bleue. Au global, nous n’avons donc pas à nous plaindre de la prestation de ce loueur.
Leur navette nous remmène à l’aéroport où nous prenons l’avion pour rentrer en France via Cape Town et Amsterdam. Aucun problème de retard, connexion manquée ou bagage perdu pour le retour.
Mes coups de cœur
- Les paysages grandioses de Namibie
- Sites : Dead Vlei ; Sandwich Harbour ; Epupa Falls ; Halali water hole; Okavango (région de Mahango/Panhandle) ; les chutes Victoria ; Chobe River Front
- Camping: Spitzkoppe; Epupa Falls; Hobatere; Ihaha, Xakanaxa
Mes déceptions
- Ne pas avoir vu les éléphants du désert
- La faible densité de la faune à Moremi (bien inondé cette année)
A éviter (d’après moi)
- Petrified Forest Parc près de Twyfelfontein
- Victoria Falls restcamp
Quelques conseils qui nous auront été très utiles
- prendre des sacs poubelles pour envelopper les sacs de voyage et les protéger de la poussière extra-fine qui s’infiltre dans le coffre. Un truc : ouvrir les fenêtres latérales du coffre, ce qui permet de rééquilibrer la pression entre intérieur et extérieur et empêche une bonne part de la poussière d’entrer
- crème hydratante pour visage et stick à lèvres
- adaptateur permettant de recharger les batteries sur l’allume-cigare, voire un doubleur ou un tripleur
- lampe frontale pour le camping, indispensable
- GPS équipé des cartes T4A très complètes et faciles à télécharger (www.tracks4africa.com). C’est très utile pour les parcs au Botswana, un peu moins pour la Namibie.
- prendre des rands aux distributeurs de cash aux aéroports SudAf si vous y faites escale
- penser à regarder où vous avez des barrières vétérinaires à traverser quand vous faites vos provisions afin de ne pas vous faire confisquer vos denrées fraiches (viande, lait…)
Budget (28 jours pour 2 personnes) :
- Trajet avion (KLM et Air Namibia): 2200€
- Location du 4x4 (rachat de franchise à 4000N$ + assurance pneu / bris de glace) : 26300 N$
- Hébergement : ~1300€
- Nourriture : ~700€
- Divers (excursions, essence, entrées parcs) : ~2100€
D’habitude, je ne fais pas de compte rendu des voyages que j’ai pu réalisés dans le passé mais pour ce circuit en Namibie et au Botswana, je me suis inspiré de bon nombre de posts sur VoyageForum et suivi beaucoup de conseils personnes ayant voyagé dans ces 2 pays (Ericarole, VinnyLove, Pierre77N, Voyageur08, Grisemote pour citer les principaux). J’ai donc pensé que ce serait un juste retour des choses que de décrire ce que j’ai pu voir et vivre pendant ces 4 semaines dans ces deux magnifiques pays et y apporter des conseils, points de vue et astuces qui pourraient être utiles j’espère pour d’autres voyageurs désirant découvrir ces pays. (En relisant, je me rend compte que c’est très long…)
Le circuit était donc le suivant :
01-août Windhoek
02-août Sesriem
03-août Naukluft
04-août Swakopmund
05-août Swakopmund
06-août Spitzkoppe
07-août Twyfelfontein
08-août Palmwag
09-août Opuwo
10-août Epupa Falls
11-août Kamanjab - Hobatere
12-août Etosha - Okaukuejo
13-août Etosha - Halali
14-août Etosha - Namutoni
15-août Mahango
16-août Shakawe - Botswana
17-août Caprivi - Kongola
18-août Victoria Falls - Zimbabwe
19-août Kasane
20-août Chobe - Ihaha
21-août Kasane
22-août Nxai Pan - Planet Baobab
23-août Moremi – North Gate camp
24-août Moremi – North Gate camp
25-août Moremi - Xakanaxa
26-août Maun
27-août Gobabis
28-août Windhoek
Circuit préparé aux petits oignons depuis le mois de Janvier, renseignements et contacts pris sur internet, ainsi que les réservations. Après une longue attente et l’excitation de la préparation du voyage, nous étions donc fin prêts pour le départ…
Samedi 31 Juillet
Voyage en avion depuis Marseille jusqu’à Johannesburg avec KLM via Amsterdam, sans souci. Nuit passée à l’Emerald Guesthouse (www.emeraldguesthouse.net), petite pension sympa et située à 2 pas de l’aéroport Tambo que nous avions testé il y a 2 ans quand nous avions visité l’Afrique de Sud et qui est bien pratique quand on arrive tard et repart tôt de Joburg (navette gratuite), ce qui était notre cas.
Dimanche 1 Août
On prend des Rands avec notre VISA à Joburg, ce que je conseille car les retraits sont limités à 2000N$ en Namibie, ce qui augmente les frais.
Départ à 7h15 pour Windhoek avec Air Namibia, là encore sans souci. Déjà les paysages vus depuis les hublots à l’atterrissage en Namibie font envie ! La navette de notre loueur de 4x4 nous attend comme prévu et direction Windhoek chez African Tracks (www.africantracks.com) récupérer notre véhicule. C’est un Toyota Ilux 2.7i essence Single Cab équipé camping avec tente dépliable sur le toit. Accueil très chaleureux. On fait le tour : bon état apparent, roues neuves, moteur qui semble impeccable malgré les 130000km au compteur ! Il y a 2 roues de secours, tout le matériel de camping, kit de dépannage classique et un frigo sur la batterie de la voiture. Après un mois d’utilisation et notre circuit parcouru (7750km), ce véhicule s’est avéré sans faille (à part un souci à Moremi dont je parlerai plus loin) et le moteur robuste. Tente ok mais fermeture de la moustiquaire défectueuse. Le seul problème ayant été en fait une odeur de poisson dans le frigo qu’on s’est trainée tout le trajet sans pouvoir l’enlever. Pas top. Le matériel camping était complet (en tout cas pour nos besoins) mais bien vétuste il faut le dire. Nous avions pris l’assurance pneu crevé et vitre brisée qui ne nous aura pas été utile mais bon, prudence, prudence…
Bref, dans l’ensemble nous avons eu une bonne expérience avec ce loueur.
Une fois le véhicule récupéré, direction Londiningi Guest House (www.londiningi.com), notre lodge à Windhoek, tenu par une française et son compagnon namibien. Belle chambre bien confortable et je recommande le diner du soir qu’ils proposent : leur cuisine est excellente. Nous profitons du temps que nous avons pour faire le plein de provisions dans les grands supermarchés de Windhoek qui ont le grand avantage d’être ouverts le Dimanche après midi, ce qui nous permet d’être fin prêt aux aurores pour notre première étape du Lundi. Il nous reste encore un peu de temps pour visiter Windhoek, capitale africaine qui nous fait bonne impression, propre avec maisons cossues dans certains quartiers (certes il y a des bidonvilles au Nord) mais peu de choses à offrir aux touristes : le palais présidentiel avec un jardin agréable où déambuler, la vieille église du centre et la gare pittoresque avec quelques vieilles locos exposées au dehors. A part ça, bof…et le musée était en rénovation.
Lundi 2 Août :
Nous nous levons aux aurores. Ce sera une constante pendant tout ce voyage : lever très tôt afin de partir vers 6h30-7h et profiter pleinement de nos journées car il fait nuit tôt là-bas.
Ca y est ! L’aventure commence enfin ! Dès la sortie de Windhoek, nous décidons de prendre les pistes pour descendre sur Sesriem via les C26, C24, D1275 et le SpreetsHoogte Pass qui est présenté comme le plus impressionnant.
Premier arrêt sur la piste afin de dégonfler les pneus. Sur les conseils de notre loueur et des personnes rencontrées à Londiningi, on utilisera 2.2b pour les routes goudronnées, 2b sur les pistes et 1.6-1.8b sur sable profond.
Les paysages sur ces pistes sont magnifiques, les pistes en très bon état (ce sera le cas pour toutes les pistes en Namibie en fait) et déjà nous voyons nos premiers animaux: oryx (de loin), springboks, de nombreux rapaces et des nids impressionnants de tisserins sociables. L’arrivée au SpreetsHoogte pass nous donne droit à une vue splendide sur le Namib. Le passage en 4x4 du col lui-même est vraiment sans aucune difficulté, les portions les plus pentues étant même goudronnées. Direction Solitaire, sorte de Bagdad Café Namibien, très animé où nous nous arrêtons pour midi. Lodge, petits commerces et station d’essence, tout y est ainsi que de vieilles carcasses de voitures. On retrouve les images qu’on a pu voir sur VoyageForum !
Nous continuons notre descente dans le Sud et arrivons au camping de Sesriem (www.nwr.com.na). Une fois notre emplacement trouvé et les droits d’entrée au parc payés, nous filons au Sesriem canyon. Nous visitons uniquement le canyon pour profiter de l’ombre et nous n’avons pas le temps de faire la boucle de toute façon. Balada sympa, sans plus. Nous retrouvons le même buisson rempli de papillons blancs dont VinnyLove parle cette année dans son CR. Pour la fin de la journée, nous décidons de gravir la Dune Eilim proche du camp. Nous montons le long de la crête, ce qui s’avère être une erreur car la montée est bien plus difficile que prévu mais arrivés au dessus : magique ! paysages et couleurs splendides sur les montagnes du Naukluft au couché du soleil. On redescend pour arriver à notre camp à la tombée de la nuit. Premier dépliage de tente et premier braai. Super. Notre site est sympa, les douches/toilettes propres mais le camping est plein et assez bruyant.
Mardi 3 Août
Pour cette première nuit dans la tente, nous aurons eu chaud. En fait, contrairement à ce que nous avions pu lire dans les anciens CR de voyage en Namibie, cette année il n’a pas du tout fait froid les nuits sous la tente (enfin j’ai trouvé) à part 2 jours à Etosha où les matins étaient frisquets. Donc les bonnets, polaires et gants mis dans nos bagages nous ont très peu servi. Comme quoi, cela change d’une année sur l’autre…
Nuit douce mais bruyante avec un groupe électrogène proche et en marche toute la nuit…
Nous nous levons à l’aube pour tenter de voir le lever de soleil depuis le sommet des dunes. Franchement, étant donné l’heure à laquelle les portes du parc ouvrent et la distance à parcourir pour arriver à la dune 45 par exemple, je ne vois pas comment on peut y voir le lever du soleil… La route qui plonge dans les dunes en direction de Sossuvlei permet des vues et des photos avec des effets d’ombre et de lumière incroyables ; et les animaux (oryx, autruches) devant les dunes oranges, quel régal ! On essai de gravir une autre dune que la fameuse dune 45 afin d’être un peu seul. On en trouve une qui nous plait mais à peine arrivé au pied avec notre 4x4, un ranger arrive vers nous à grands signes et nous explique que c’est interdit. On ne peut pas gravir le long de la route une autre dune que la dune 45 : préservation du site. Bigre ! Bon…direction la dune 45 et bien évidemment, on est loin d’être seuls : on la monte avec d’autres en file indienne. Le paysage au sommet reste tout de même grandiose et la descente en courant sur la pente est bien rigolote (on n’arrivera pas à faire « chanter » le sable).
Ensuite, direction Sossusvlei / Deadvlei. A la fin de la route goudronnée, la question se pose : continuons-nous avec notre 4x4 dans le sable mou pour les 5 derniers km ? Je n’ai pas de gonfleur sur batterie et pas d’expérience de 4x4. Comme nous devons être le soir au camping de Naukluft et qu’il y a encore plein de choses à voir, nous jouons la carte de la prudence pour ne pas perdre de temps et décidons de prendre les navettes du parc…ce qui nous coûte 100N$/p ! Au retour de notre voyage, je me dis que c’était une idiotie et que j’aurais dû tenter étant donné ce que j’ai réussi à faire à Chobe et Moremi. Enfin bon…
Arrivés à destination, nous choisissons de gravir les dunes qui longent le Deadvlei en direction de Big Daddy. Montée facile et vue superbe sur le Deadvlei : un des paysages les plus beaux que j’ai pu voir en Namibie. Cette cuvette avec ces arbres morts est tout simplement stupéfiante. On reste assis à contempler ce paysage pendant de longues minutes puis on se balade entre les arbres morts : un régal pour les photos… Le soleil commence à bien taper. Pour midi, on trace sur Sossuslvei pour manger à l’ombre d’un grand arbre où un grand duc nous attend. Chouette (c’est le cas de le dire) ! Bon, après Deadvlei, j’ai trouvé Sossusvlei nettement moins intéressant.
Retour navette, puis 4x4 pour rouler jusqu’au camp NWR de Naukluft (www.nwr.com.na), notre prochaine étape. Nous prenons les pistes C36 (bonne) puis D854 (pas terrible) et nous arrivons au camping en fin d’après midi accueilli par les damans et plusieurs oréotragues ! Superbe site, bien sauvage près d’une petite rivière. Sanitaires moyennement propres.
Mercredi 4 Août
Nous nous levons dans la nuit car nous avons une grosse journée, la plus chargée de notre périple en fait. En effet, nous avons prévu de faire l’Olive Trail (www.namibweb.com/nauklufttrails.htm) puis d’arriver à Swakopmund le soir même. Nous avions repéré où était le départ la veille à notre arrivé au camping. C’est bien indiqué par des panneaux donc on ne peut pas louper. A 6h30, nous sommes donc prêts pour attaquer l’Olive Trail à la fraiche. Le début est en pente assez raide jusqu’à un plateau d’où on a une vue magnifique sur les montagnes du Naukfult avec la lumière du matin. Puis, redescente le long du lit d’une rivière à sec, chemin de plus en plus chaotique au fur et à mesure qu’on s’approche des piscines naturelles équipées des chaines. J’ai trouvé que c’était un passage délicat, puis fin du circuit interminable sur un sentier sous un soleil de plomb. Nous avons fait le circuit en 4h30 mais heureusement, en profitant de la fraicheur du matin. Le guide indique 4h : faut pas trainer et pas à midi alors !! C’est une ballade sympa avec pas mal de faune rencontrée (oréotragues, rapaces, mangouste fauve, damans avec leurs petits et plein de piafs) mais si c’était à refaire…pas sûr que je le referais. Nous mangeons dans le parc puis nous repartons à midi pile pour Swakopmund.
Belle piste jusqu’à solitaire (C14) puis un passage un peu pourri jusqu’au Gaub pass, très joli à voir, et ensuite le désert plat à perte de vue sur des pistes très larges et toute droites, que c’est long…On n’a qu’une seule envie, c’est d’écraser la pédale d’accélérateur pour foncer à 150 km/h ! Les pistes sont belles, pourquoi pas ? Nous avions eu beaucoup de mises en garde encore à notre arrivée à Windhoek: la cause première de mortalité pour les touristes en Namibie, ce sont les pistes. Ne JAMAIS dépasser les 80 km/h. ok, mais là, c’est tout droit ! Le temps d’y penser en on tombe sur un accident qui vient de se produire : un 4x4 de location est renversé sur le coté de la piste. Ambulance, police, tout le monde y est. Vu l’état de la voiture, je me demande dans quel état sont les occupants. Cela refroidi nos ardeurs d’un coup. On reste donc bien tranquille à 80 km/h max et je ne me poserai plus la question pour le reste du voyage. On arrive à Swakopmund de jour et…dans le brouillard !
A la question peut-on faire l’Olive Trail et arriver à Walvis Bay dans la journée, je réponds oui mais il faut se lever très, très tôt et ne pas trop trainer pendant la balade.
Nous logerons 2 nuits à Swakopmund au Brigadoon Guest House (www.brigadoonswakopmund.com), charmante petite pension où il fait bon dormir au chaud quand le brouillard humide et froid sévi (ça change du désert intérieur). Nous mangerons au LightHouse Pub & Cafe, tout près du Brigadoon (pas envi de chercher): super resto avec des steaks d’oryx déments à des prix tout doux.
Jeudi 5 Août
Pour cette journée, nous avions réservé à l’avance auprès de Mola Mola Safaris (www.mola-namibia.com) le Marine Dune Day. C’est une excursion à la journée combinant la visite en bateau de la baie de Walvis Bay puis on nous dépose vers midi sur le sable pour un circuit 4x4 dans les dunes jusqu’à Sandwich Harbour. C’est cher (1200N$/p) mais on ne regrette pas une seconde, quelle expérience inoubliable !
Cela commence mal : au matin, le brouillard épais est toujours présent. La veille, VinnyLove qu’on suit à la trace, aura eu un grand soleil ! La visite de la baie en bateau se fait donc avec une visibilité plus que moyenne et on se les gèle (la seule fois pendant tout le séjour et cette fois, on est content d’avoir pris les polaires). Clou de la visite en bateau : on suivra pendant de longues minutes une baleine franche avec son petit et des dauphins qui tournent autour. Nous verrons bien d’autres dauphins ainsi que des otaries (avec les chacals qui rôdent autour) et des pélicans. Nous n’aurons pas droit à l’otarie venant manger du poisson sur notre bateau mais à l’apéro (à 10h !) avec du vin moelleux Sud Africain. Ensuite, on nous dépose à Pelican Point vers le phare pour récupérer les 4x4 qui vont nous emmener à Sandwich Harbour et là miracle, le brouillard se lève ! Heureusement car les paysages sont superbes avec ces dunes qui se jettent directement dans la mer. Gymkhana impressionnant en 4x4 dans les dunes, quelles sensations : nos chauffeurs s’y donnent à cœur joie ! Le repas au champagne et huitres au milieu des dunes est tout simplement un régal. Et que dire de la vue sur la baie de Sandwich Harbour depuis le haut des dunes ? Bref, vous l’aurez compris : la visite de Sandwich Harbour est pour moi un must à ne pas manquer.
Retour à Walvis Bay vers 17h en passant par les salines qui permettent de prendre quelques dernières photos très colorées. On a juste le temps de faire le plein de provisions dans un des nombreux supermarchés bien achalandés de la ville avant de gagner le Damaraland pour la suite de notre voyage. Nous remangeons le soir au LightHouse Pub & Café.
Vendredi 6 Aout
Aujourd'hui on ne part pas très tôt car nous désirons prendre un permis auprès du bureau NWR de Swakopmund pour faire le Welwitschia drive qui n’est pas loin et voir de près ces plantes si bizarres. Zut, il fait encore et toujours du brouillard. On prend quand même quelques photos des maisons joliment décorées de Swakopmund mais avec ce ciel gris et chargé cela ne rend pas bien. Une fois les permis en poche, direction l’intérieur du pays pour les C28 et D1991. Après quelques km, le brouillard (entrées maritimes en fait) disparait d’un coup et c’est de nouveau le ciel bleu. Le long du drive, nous découvrons Moon Landscape : très scénique et qui porte bien son nom et plus loin, plusieurs de ces fameuses welwitschias dont certaines de bonne taille. Intéressant. Nous retournons sur Swakopmund direction Cape Cross pour voir la plus grande colonie au monde d’otaries… toujours sous le brouillard. La route pour arriver à Cape Cross est une ligne droite très monotone. Elle est faite de sel, ce qui rend la conduite très agréable mais attention à la vitesse car sel et humidité rendent le revêtement très glissant. La colonie est vraiment très impressionnante : bruyante et très odorante ! On cherche à se mettre dans le bon sens du vent pour éviter les effluves. On ne reste pas très longtemps car avec ce brouillard et le vent qui s’est levé, il fait vraiment froid. On retourne sur nos pas pour prendre la piste D1918 en direction de Spitzkoppe où nous avons prévu de passer la nuit au camping communautaire (www.nacobta.com.na). Comme le matin, dès que nous quittons la côte, le ciel se dégage subitement. Le Spitzkoppe se voit alors de très loin et les paysages à son approche sont une fois encore superbes. Après avoir traversé quelques fermes, nous arrivons au camping au pied de la montagne de granite. Ce camping est tout simplement un de mes coup de cœur : sauvage à souhait, des emplacements gigantesques (on n’est pas gêné par les voisins), très sommaire (il n’y a rien, juste un trou avec un WC dessus pour les toilettes) mais quelle vue sur le Spitzkoppe et quel silence ! J’adore ce coin. De plus, sans lumière à des km à la ronde, la nuit est magnifique avec une voie lactée et des milliers d’étoiles comme on n’en voit plus en France.
Samedi 7 Août
On se lève à l’aube. Petite visite à l’arche de pierre qu’il y a au Spitzkoppe pas très loin de notre emplacement, histoire de faire quelques photos sympas. On prend ensuite les pistes D1930 et D2359 pour aller au Brandberg et voir les peintures rupestres de la Dame Blanche. Arrivée au parking de l’entrée du parc, on constate qu’il est maintenant obligatoire d’utiliser les services d’un guide pour observer les peintures (on ne peut pas les louper du coup). Une fois payé le droit d’entrée, nous suivons notre guide…au pas de course ! Mince, elle marche vraiment vite ! Il est dit sur les guides qu’il faut environ 3h A/R pour voir la Dame Blanche et on mettra en fait un peu moins de 2 heures. C’est trempé de sueur qu’on arrive donc sur le site même des peintures mais comme on ne peut pas être plus de 8 personnes à la fois à les regarder sur la plateforme installée à cet effet, cela nous permet de souffler en attendant que le groupe précédent parte. Les peintures sont très intéressantes et encore bien colorées pour certaines malgré la dégradation due au temps et aux précédents visiteurs indélicats.
Après cette visite, on se dirige sur la région de Twyfelfontein via les pistes C35 et C39 (besoin de refaire le plein d’essence à Khorixas). Du coup, on passe devant le site de la « forêt pétrifiée ». On en profite pour visiter. Erreur !: droit d’entrée aussi élevé que le site de Twyfelfontein pour une visite d’une quinzaine de minutes tout au plus pour voir quelques petits bouts d’arbres pétrifiés ici et là. Nous avions vu Petrified Forest aux USA en Arizona et la comparaison est sans commune mesure. Ce site en Namibie est ce que j’ai trouvé de plus « anarque » à touristes pendant notre voyage. On continue sur la D3254 vers les Organ Pipes. Bof : il y a largement aussi bien en France mais c’est gratuit alors pas de quoi se plaindre. Même commentaire pour Burnt Mountain. Restent les paysages toujours aussi splendides dans ce coin de la Namibie et il y a pas mal d’animaux : autruches, mangoustes, springboks et oryx. Nous arrivons vers 17h au camping du Mowani lodge (www.mowani.com): emplacements très grands, très nature (douches extérieures mais eau chaude) et dans un paysage de roches granitiques superbe. Seul petit bémol, les clients du camping n’ont pas droit aux commodités du lodge (piscine, restaurant…). Tant pis, notre braai sous les étoiles sera tout aussi bien.
Dimanche 8 Août
Nous partons sur le site de Twyfelfontein pour visiter les peintures et gravures rupestres. Le site ouvre à 8h. Notre guide nous fera une visite intéressante, en prenant le temps et avec beaucoup d’explications. De plus, il est plein d’humour. La ballade en boucle qui se fait le long de la colline où sont disséminées les peintures offre des vues sur des paysages ici encore grandioses. La roche est très découpée à cet endroit.
Après la visite, nous partons au Nord vers Palmwag, notre prochaine étape. Nous croisons notre première barrière vétérinaire.
Un mot sur ces barrières vétérinaires en Namibie et au Botswana. Si on comprend bien leur utilité pour limiter la propagation des virus et des maladies entre faune sauvage et troupeaux de bovins, on comprend nettement moins le choix des produits qui sont confisqués d’un barrage à l’autre : c’est vraiment la loterie ! Certes, il y a toujours la viande fraiche et les produits laitiers mais parfois le biltong y passe aussi ; une autre fois c’est le bois ; une autre fois encore la volaille est ok…Difficile de prévoir. Attention donc à ne pas trop faire de provisions à l’avance pour certains produits si vous devez passez ces barrières. Bien regarder sur les cartes ou votre GPS où elles sont, ou alors cacher la nourriture dans les sacs hors du frigo, ce qu’on avait fini par faire pour le biltong : denrée chère et pas si facile que cela à trouver, alors quand on vous le confisque (sans le brûler), cela ne fait pas plaisir (enfin ce n’est pas perdu pour tout le monde).
Nous arrivons au Palmwag lodge (www.palmwag.com) en début d’après midi. Le logde est superbe, véritable oasis au milieu d’un paysage aride ; l’accueil est prévenant et le camping pas mal. On se relaxe un peu près de la piscine. Les oiseaux sont légions près du lodge et offrent de belles opportunités pour les photos. Nous partons pour un game drive à 15h dans l’espoir de voir les fameux éléphants du désert et pourquoi pas un rhinocéros noir si la chance nous sourie. A voir le tableau à l’entrée du lodge qui indique les rencontres des précédents game drives, on se dit que ce n’est pas gagné. Le game drive se fait dans la concession de Palmwag. On verra pas mal d’animaux (oréotragues, oryx, zèbres de Hartmann, rapaces) mais pas d’éléphant. Le game drive dure jusqu’au coucher du soleil qu’on observe depuis une plateforme naturelle en sirotant un vin rouge et du biltong compris dans la prestation. Un bon souvenir !
Lundi 9 Août
Nous repartons le matin pour un second game drive dans la concession de Palmwag. Celui-ci se fera sur un autre parcours plus long que la veille vers la rivière asséchée Uniab. Nous verrons encore pas mal de faune (girafes, oryx, springboks, chacals, serpentaires, babouins etc…) mais rien d’exceptionnel et toujours pas d’éléphant. Mince, pas de chance !
De retour au lodge, nous ne trainons pas car nous avons beaucoup de route jusqu’à Opuwo. Le long de la piste D3706, nous croiserons pas mal d’animaux (dont de nombreuses girafes) mais…toujours pas d’éléphant à l’horizon malgré tous les panneaux de mise en garde. Ce sera une petite déception pour moi dans ce voyage : ne pas avoir vu les éléphants du désert. Outre les animaux, les paysages montagneux sont encore et toujours splendides. Nous nous arrêtons pour manger à Sesfontein près de l’ancien fort allemand, maintenant devenu hôtels. Nous continuons ensuite plein Nord sur la piste D3704 et le Joubert Pass qui sera en fait le seul endroit en Namibie où j’aurai été bien content d’avoir un 4x4 (très pentu et piste bien déglinguée sur quelques km au pied du col). Les paysages sont toujours magnifiques et la végétation très changeante au fur et à mesure qu’on s’approche d’Opuwo. Une portion de route assez sinueuse est bordée de jolis Baobabs, nos premiers dans ce périple. On restera par ailleurs longtemps à observer un couple de rapaces se livrer à des combats acrobatiques en plein vol. Nous commençons également à voir des Himbas sur le bord de la route. Plusieurs jeunes filles Himbas nous arrêteront d’ailleurs à une quinzaine de km d’Opuwo en se jetant littéralement au milieu de la route à l’approche de notre 4x4. Elles n’ont vraiment pas peur de l’accident ! Elles rigolent, encerclent la voiture et nous demandent à manger puis de les prendre en photos pour quelques N$. On n’ose pas mais je regrette car elles étaient bien jolies avec leurs cheveux coiffés de différentes façons selon leur âge.
Nous arrivons en fin d’après midi à Opuwo : ville moche et sale, et il fait un vent de folie. Le camping de l’Opuwo Country Hotel (www.namibialodges.com/opuwo.html) est superbement situé sur la colline avec une belle vue sur les alentours. Une fois la tente dépliée et une bonne douche, on décide de se faire plaisir et on prend le repas du soir au buffet du lodge: très bon et pas si cher que cela.
Mardi 10 Août
On profite d’Opuwo pour faire le plein de provisions, d’essence et d’argent liquide (plusieurs ATM disponibles) puis nous prenons la piste D3700 pour Epupa Falls. Cette piste est nickel est semble avoir été refaite il n’y a pas très longtemps. Du coup, elle est très roulante et on arrive sur les rives du Kunene à peine 3h après avoir quitté Opuwo, bien moins que ce qui est indiqué sur les guides. La partie après Okongwati est particulièrement scénique avec une végétation bien particulière. Nous croiserons beaucoup de Himbas le long de cette piste, normal me direz vous puisque nous sommes en plein dans leur territoire. L’arrivée à Epupa Falls est étonnante avec cette concentration importante de campings et de lodges le long de la rivière sur quelques centaines de mètres au milieu de…rien.
Je m’étais longtemps demandé pendant la préparation de ce voyage si l’A/R sur Epupa Falls en valait la peine. Eh bien, j’ai bien fait ! J’ai trouvé cet endroit magnifique : un autre de mes coups de cœur de ce voyage. Les chutes sont splendides (il y a avait beaucoup d’eau cette année en Août) avec tous ces baobabs au pied de l’eau : une merveille pour les photos. De plus, le camping communautaire où nous étions (www.nacobta.com.na) était idéalement situé. Nous avons pu avoir un emplacement au bord de l’eau à quelques dizaines de mètres seulement des chutes. C’est bruyant, certes, mais comme c’est un bruit régulier, pas de problème pour dormir la nuit. Possibilité de faire des baignades dans les vasques non loin des cataractes. Nous profitons de notre arrivée plus tôt que prévu pour faire une visite d’un village Himbas avec un guide pris auprès du camping communautaire. C’est assez cher mais la visite vaut le coup. C’est très intéressant culturellement mais on se sent gêné de prendre ces gens en photos même si notre guide insiste pour nous dire qu’on peut photographier tout ce qu’on veut. On achètera un peu de l’artisanat proposé par les Himbas lors de cette visite même s’il n’y a rien de très joli et à notre goût mais on a l’impression de les aider ainsi. En plus du village, nous visiterons également un cimetière Himbas. Le soir, nous profitons de la plateforme d’observation du camping construite en hauteur du Kenene pour observer les oiseaux et profiter du couché de soleil.
Mercredi 11 Août
La nuit sous la tente aura été encore bien chaude pour la saison. Après le dépliage de la tente et le rangement des affaires dans le 4x4, nous repartons pour les chutes afin de les voir avec le soleil dans l’autre direction par rapport à la veille : cela permet de prendre des photos avec des effets d’ombres différents.
Nous laissons cet endroit magnifique derrière nous et redescendons dans le Sud via Opuwo et les pistes C41 et C35. Celles-ci sont en fait goudronnées d’Opuwo jusqu’à Kamanjab et de ce fait, nous mettrons bien moins de temps que prévu pour faire le trajet jusqu’à notre prochaine étape : le camping d’Hobatere Lodge (www.namibweb.com/hl.htm). A l’approche de la concession du même nom, nous longeons de très près la frontière Ouest du parc d’Etosha, ce qui nous permet de faire quelques belles rencontres avec la faune sauvage (oréotragues, rapaces, girafes) et nous retraversons une barrière vétérinaire. Cette fois-ci, rien ne nous sera confisqué. Nous arrivons au camping en milieu d’après midi : celui-ci se situe juste au bord de la concession à 2km de la route. Cet endroit aura été un autre coup de cœur du voyage. Les emplacements sont très « nature » et très bien situés à proximité d’un poste d’observation sur une petite colline surplombant un point d’eau très fréquenté. En effet, nous sommes restés tout le restant de l’après midi à observer la faune venant s’abreuver à ce point d’eau et nous avons alors vu voir des damans, des babouins, des troupeaux de kudus, zèbres de Hartmann, girafes et élands du cap. Vraiment très beau ! Le soir, nous ne traînons pas trop pour prendre notre repas et tout ranger pour la tombée de la nuit car le gardien du camping nous indique que des lions rôdent depuis plusieurs jours dans les parages. Quelques jours auparavant, nous avions effectivement rencontré un couple de français qui nous avaient confirmé les avoir vus dans ce camping mais pour nous, pas de chance : nous ne les verrons pas, juste leurs traces.
Jeudi 12 Août
Nous partons à l’aube afin d’entrer dans le parc d’Etosha au plus tôt pour en profiter au maximum pendant cette journée. En suivant les conseils obtenus sur VoyageForum, nous décidons de « couper » par les pistes D3248 et D2695 qui longent la frontière sud du parc après Kamanjab. Ces pistes sont en assez bon état et les paysages intéressants mais la route reste assez longue (compter 3 bonnes heures pour arriver à Anderson Gate). Les pistes nous font traverser de nombreuses fermes et nous devons ouvrir et refermer derrière nous plusieurs fois les barrières délimitant les concessions. Arrivés vers 10h, nous allons directement au camp d’Okaukuejo pour payer les permis pour les 3 jours que nous avons prévu de passer à Etosha et prendre possession de notre emplacement de camping (www.nwr.com.na). L’hôtesse à l’accueil est d’une lenteur incroyable ! Nous étions heureusement en 2eme position dans la file d’attente mais le temps qu’elle s’occupe de nous, celle-ci grandie à vue d’œil. Nous aurons l’emplacement C28 (c’est donc numéroté !). Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce ne sera pas le plus beau camping du voyage. Beaucoup de monde, pas d’ombre, poussiéreux et pour ne rien arranger, il fait beaucoup de vent ce jour là. On pose notre matériel de camping, on mange et on repart donc pour toute l’après midi à visiter la partie Ouest du parc accessible aux touristes voyageant en individuel, c’est-à-dire jusqu’à Ozonjuitji M’Bari. Nous n’irons pas plus loin que Grünewald et la Ghost tree forest. Les paysages sont surprenants dans ce parc : très plat, très peu d’arbres et l’approche du grand pan asséché dévoile de bien jolies couleurs. La densité de faune n’est pas extraordinaire mais c’est quand même riche en espèces. Dans cette partie du parc (Grünewald-Okondeka-Gemsbokvlakte), nous verrons beaucoup de mangoustes fauves, d’outardes de Kori, d’écureuils terrestres, de rapaces ainsi que d’autres espèces « classiques » comme les oryx, girafes, autruches, gnous, springboks et autres zèbres (de Burchell cette fois-ci). Nous voyons également pas mal d’impalas et nous ne remarquons pas tout de suite que l’espèce présente à Etosha est différente de celle qu’on peut voir en Afrique du Sud ou au Kenya par exemple. En effet, il s’agit d’une sous espèce à front noir qui était apparemment en voie de disparition et qu’ils ont réussi à maintenir dans le parc. Nous ne verrons pas d’éléphants ni de gros chats mais en fin d’après midi, nous croiserons un couple d’otocyons. C’est toujours un réel plaisir que d’observer ces animaux si mignons. Nous rentrons au camp en fin de journée pour prendre une bonne douche après avoir manger pas mal de poussière avec tout ce vent qui heureusement tombe le soir, ce qui est bien agréable pour le repas auprès du feu. Après le diner, nous allons au point d’eau du camp dont nous avons lu beaucoup de bien sur VoyageForum. Effectivement, il est très bien aménagé avec éclairage puissant et barrière au plus près du point d’eau permettant d’observer au mieux la faune. Nous ne sommes pas seuls à contempler la scène, loin de là, et il faut jouer un peu des coudes pour prendre des photos. Dès notre arrivée, deux éléphants profitent du point d’eau et plusieurs chacals tournent autour. Ils seront rejoint un peu plus tard par des rhinocéros noirs : nous en verrons 4 en tout dans la soirée. Ce point d’eau est vraiment une réussite !
Vendredi 13 Août
Pendant la journée entière, nous visiterons la partie centrale du parc d’Etosha entre Okaukuejo et Halali. Cette partie se révèlera la zone la plus riche et la plus intéressante du parc lors de notre visite. Le matin, vers Gaseb, nous retrouvons le couple d’otocyons vu la veille. A Ondongab, nous verrons 2 hyènes qui se cachent dans l’entrée d’un terrier. Au plan d’eau d’Aus, nous assisterons à de belles interactions entre des girafes, autruches et un troupeau de bubales. Ce coin est très joli avec beaucoup de végétation. En continuant plus à l’Est vers Homob et Salvadora nous aurons droit à de splendides vues sur le pan et nous verrons encore beaucoup d’oryx et de zèbres. Au plan d’eau de Rietfontein, enfin un félin: un beau lion mâle qui se dore la pilule au soleil. Il est très près de la piste dans l’herbe rase, ce qui rend la prise de photos très aisée. Amusant de voir les springboks qui, pour aller s’abreuver, passent avec le regard inquiet devant le lion endormi. Nous nous arrêtons vers midi au camp d’Halali pour prendre possession de notre emplacement de camping. Cette fois-ci, pas de numéro : on se met où on veut. Nous irons manger sur la plateforme d’observation du plan d’eau d’Halali : à cette heure de la journée, pas grand chose à voir si ce n’est des Kudus et de nombreux oiseaux. On repart l’après midi toujours vers l’Est. Au plan d’eau de Goas, il y a des éléphants. Chouette ! Il y a également pas mal de voitures, ce qui nous intrigue, et un des conducteurs nous indique qu’il y a 2 lionnes à voir. Effectivement…mais très loin et couchées dans les herbes hautes. Impossible de prendre une photo. On ne reste pas trop longtemps et on repart en direction d’Okerfontein. Sur le chemin, on décide d’aller à Batia. Erreur : cette partie est assez inondée (on se demande pourquoi) et la piste passe plusieurs fois dans de l’eau stagnante, ce qui couvre de boue notre 4x4…pour ne rien voir finalement. Nous prenons ensuite la piste qui longe le pan jusqu’à Okerfontein. Cette piste est très scénique et riche en faune (oryx, zèbres, impalas, springboks etc…) et nous croisons 2 éléphants, dont un qui s’approche très près de la voiture (frisson). Arrivé à Okerfontein, une lionne est couchée dans l’herbe. Elle est très bien positionnée et on peut l’observer très facilement. Il se fait déjà tard et nous retournons sur Halali via le plan d’eau de Goas. Il y a encore plus de monde, voitures et animaux : éléphants, oiseaux, zèbres, les lions sont toujours au loin presqu’impossible à voir et il y a deux girafes qui sont en pleine parade amoureuse. Nous n’avons jamais vu d’accouplement de girafe et nous attendrons longtemps qu’elles passent à l’acte mais c’est déjà presque l’heure de la fermeture des camps et nous devons partir. Dommage ! Du fait de notre arrivée tardive au camp, nous mangeons de nuit, rapidement accompagnés de plusieurs ratels qui visitent tous les emplacements pour fouiller les poubelles en quête de restes de nourriture. Ces bestioles sont incroyables, sans aucune peur de nous et chipent tout ce qui reste à porter de leur mâchoire. Après le repas, nous allons au plan d’eau du camp. Il est plus petit que celui d’Okaukuejo mais tout aussi bien aménagé. On attend un petit quart d’heure et rapidement le spectacle commence, et quel spectacle !! Tout d’abord, plusieurs rhinocéros noirs dont une mère avec son petit. Ils sont très craintifs. Puis, sans aucun bruit, arrive un troupeau d’éléphants de tous âges. On en comptera 26, splendide ! Pendant que les éléphants boivent, se projettent de la boue ou jouent pour les plus jeunes, un rhinocéros arrive également puis peu après…un léopard ! C’est tout simplement incroyable : pendant quelques minutes nous aurons donc en même temps autour du plan d’eau éléphants, rhinos et léopard. Ce dernier reste toutefois un peu à l’écart et repart assez rapidement dans les bois. Quelle soirée ! Nous retournons dans la tente les yeux et la tête plein d’images.
Samedi 14 Août
Pour cette journée, nous avons prévu de visiter la partie Est du parc autour de Namutoni où nous passerons notre dernière nuit à Etosha. De bon matin nous nous dirigeons vers Goas où nous avions fait de belles rencontres la veille. Il y a beaucoup moins de voitures mais toujours autant d’animaux : des éléphants et une hyène qui déambule autour de l’eau puis se dirige droit sur nous (super pour les photos) pour disparaitre dans la forêt. Ensuite, nous continuons sur Okerfontein où nous verrons notre premier (et dernier) rhinocéros noir de jour. Il est assez loin mais avec une très bonne visibilité. Puis nous allons au point d’eau de Ngobib : rien, à part quelques autruches. Sur la piste du retour, de nombreux véhicules sont stationnés : c’est sûr, il doit y avoir quelque chose à voir ! Effectivement, une lionne avec ses 2 petits sont couchés dans l’herbe à l’ombre d’un arbuste. Cependant, l’herbe est haute à cet endroit et impossible de prendre une photo montrant autre chose que le dessus de leur tête. On reste longuement à les observer en espérant qu’ils se découvrent mais ils resteront immobiles tout le temps. Nous continuons alors notre route sur Namutoni et en chemin, nous nous arrêtons au point d’eau de Chudob où ici encore beaucoup d’animaux sont présents : girafes, gnous, springboks, zèbres…et élands du cap. Un immense essaim d’oiseaux virevolte au dessus du plan d’eau, ce qui est magnifique à regarder. On prend la dik-dik loop juste à coté de Namutoni, réputé pour y abriter des léopards mais nous ne verrons rien. Pour midi, nous prenons possession de notre emplacement qui est bien agréable avec du gazon (surprenant dans cette région plutôt aride) et ombragé. Après le repas, nous repartons vers le nord du parc : Twee Palms, Tsumcor jusqu’à Andoni Plain. Nous ne verrons pas grand-chose. Nous rebroussons chemin en prenant les pistes qui longent le pan. C’est un peu plus animé : zèbres, oryx, girafes, phacochères et...une hyène morte. Nous repassons au plan d’eau de Tsumcor et là, fantastique, on croise un impressionnant troupeau d’éléphants (peut-être une cinquantaine). Il y en a partout : devant, derrière, sur les cotés du 4x4. On n’en mène pas large. On coupe le moteur et attendons que toute la troupe passe son chemin pour regagner le camp à la fin de l’après midi. Des mangoustes rayées jouent sur le gazon à l’entrée du camping. Le soir après le repas nous allons au plan d’eau de Namutoni qui a l’inconvénient d’être assez loin des plateformes d’observation et en partie bouché par de hauts roseaux. Nous verrons 2 éléphants s’y désaltérer ainsi que des milliers de passereaux qui forment de véritables nuages en mouvement, ce qui est du plus bel effet avec le soleil couchant. Une fois la nuit tombée, tout s’arrête et nous ne verrons rien d’autre d’exceptionnel. Les jours passent mais ne se ressemblent pas...
Dimanche 15 Août
Nous nous levons très tôt dès le lever du jour car nous avons beaucoup de route jusqu’à Bagani dans la bande de Caprivi. Au cas où, on décide tout de même de refaire la dik-dik loop qui est juste à coté du camp. On ne voit rien au plan d’eau, ni sur la piste mais en retournant vers le camp, bingo, on tombe sur 4 lions : deux adultes et deux jeunes qui se reposent à deux pas de la route. Superbe rencontre pour cette fin de visite à Etosha. Il est déjà 7h30 et il est vraiment temps de quitter le parc pour la Bande de Caprivi.
Ces trois jours à Etosha auront été un bon souvenir. Les paysages sont très différents de ce qu’on avait pu voir dans les parcs Sud-Africains et si la densité de faune n’égale pas celle du Kruger ou d’Umfolozi, nous aurons vu toutefois de nombreuses espèces et de belles interactions aux différents points d’eau. Pas de léopard (de jour) ou de chasse mais n’en demandons pas trop. Nous n’aurons pas vu également de dik-dik Damara alors qu’ils sont normalement assez communs dans ce parc.
On quitte Etosha par la route C38 qui mène à la B1. On croisera plusieurs steenboks, kudus et…un couple de dik-dik Damara ! Evidemment, nos appareils photos sont rangés. Nous sommes maudits. Arrivés sur la route B1, nous coupons par les pistes D3001 et D3016 via Tsintsabis pour gagner en distance. Ces pistes sont toutes droites et en très bon état. Nous croisons ici encore de nombreux animaux : kudus, phacochères, autruches... Nous nous perdons un peu en arrivant sur Tsintsabis car il y a d’importants travaux de construction d’une route goudronnée jusqu’à Tsumeb et qui perturbent l’entrée du village. Arrivés sur la route B8 goudronnée, c’est de nouveau tout droit jusqu’à Rundu, sans trafic et monotone. Nous profitons de Rundu pour faire le plein d’essence et de nourriture puis nous continuons en direction de Divundu où la route reste désespérément rectiligne. Par contre, on s’ennui moins dans cette partie de la Namibie qui est beaucoup plus peuplée avec de nombreux villages tout en huttes de bois ainsi que des étals d’artisanat sur le bord de la route. Rien de bien folichon toutefois. A Divundu, on quitte la route goudronnée pour la piste en direction du Botswana et de la petite réserve de Mahango. Juste avant, nous bifurquons pour le Mahangu Safari Lodge en bordure de l’Okavango (www.mahangu.com.na) où nous passerons la nuit.
En se levant tôt il est tout à fait possible de faire Etosha-Bande de Caprivi dans la journée sans imprudence et en prenant son temps. Par contre, ne pas oublier que dans cette partie de la Namibie, on est à l’heure du Bostwana, soit une heure d’avance sur le reste du pays.
Le lodge est superbe et les emplacements de camping très bien situés en bordure de la rivière. Les blocs sanitaires sont nickel avec eau chaude. Il y a une petite piscine et plusieurs plateformes d’observation en hauteur pour les oiseaux. Par ailleurs, quelle vue sur la rivière ! On arrive à temps pour le boat cruise du soir. Je le recommande fortement. Pas cher (150N$/p) et on longe pendant 2h la partie Ouest du parc de Bwabwata bordant l’Okavango et qui s’avère très riche en faune. Lors de cette croisière, nous verrons des guibs harnachés, des crocodiles, beaucoup d’oiseaux dont les rares becs-en-ciseau d’Afrique (et de très près pour les photos) et des buffles. Le compte y est : nous aurons donc vu les big 5 en Namibie ! Au retour au lodge, nous décidons de prendre le repas dans leur restaurant. Très bon. La nuit dans la tente sera un peu fraiche avec l’humidité de la rivière toute proche et nous constaterons le lendemain qu’un hippopotame est passé à deux pas de notre tente sans rien entendre.
Lundi 16 Août
Le lever du jour nous révèle un beau spectacle depuis notre tente avec les volutes de vapeur de qui se dégagent de l’Okavango à la fraicheur du matin. Superbe. Comme à notre habitude, nous quittons le lodge très tôt le matin pour profiter au mieux de la petite réserve de Mahango. Une fois payé de le permis d’entrée (90N$ pour 2 personne) nous prenons la piste qui longe l’Okavango. Cette piste est très agréable avec de beaux paysages et de nombreuses avancées sur les rives de l’Okavango. Question animaux, c’est le festival d’oiseaux de toute sorte : rapaces, spatules, oies, ibis, bec-ouverts, calaos, blue waxbill, guêpiers etc…impossible de les citer tous. Pour les animaux plus gros, ce n’est pas le Pérou en ce début de matinée : on voit quelques zèbres, des impalas et des babouins et des cobes lechwe au loin mais rien de plus. Cette réserve est réputée pour abriter une grande population d’antilopes rouannes et d’hyppotragues : où sont-ils ? Nous continuons vers le site de picnic au pied d’un baobab immense. Nous arrivons déjà sur la piste principale qui mène au Botswana ; il est encore tôt et on décide de refaire la boucle. De nouveau à l’entrée on choisit finalement de prendre l’autre piste qui part vers l’intérieur de la réserve. Tout le monde nous déconseillait de la faire car très boisée et difficile d’y voir des animaux. Tant pis, on a du temps et on y va quand même. Après quelques centaines de mètres seulement, bingo, nous croisons un petit troupeau d’antilopes rouannes suivi par des zèbres. Ils doivent se diriger vers la rivière. Ces antilopes sont très belles : un cou énorme et de très grandes oreilles mais ils sont très farouches et disparaissent vite à l’approche de notre 4x4. Nous continuons vers le point d’eau qui se situe 10km plus loin. La piste n’est pas en très bon état mais nous croiserons zèbres, autruches (avec des petits), un cob des roseaux (il me semble) et des phacochères. Nous avons de la chance au point d’eau : plusieurs antilopes rouannes et un magnifique hyppotrague mâle à la belle robe noire foncée s’y désaltèrent. Quel spectacle ! Eh bien, nous avons bien fait de ne pas écouter les conseils. Après les avoir observé longuement jusqu’à ce qu’ils disparaissent dans la forêt, nous décidons de continuer sur la piste qui rejoint la route principale après 20km au lieu de rebrousser chemin. Le panneau indique pour 4x4 uniquement : pas de problème, on en a un…Ce sera notre baptême du feu, sable très profond + végétation très dense sur les 20km : horrible pour la conduite et rien à voir. Heureusement, on ne croise qu’un véhicule à la fin de la piste. Je ne sais pas comment on aurait fait si on s’était croisé avant. C’est une portion que je déconseille mais finalement très formateur pour nous pour Moremi et Chobe. Nous reprenons une nouvelle fois la piste qui borde l’Okavango : nous verrons 2 éléphants au loin, quelques damalisques sassaby et toujours autant d’oiseaux. Nous prenons le déjeuner sur le bord de la rivière puis nous quittons la Namibie pour le Botswana et la région du Panhandle.
Le passage de frontière à Mohembo est très facile et expéditif. Pour l’entrée au Botswana avec un 4x4 loué, nous prenons un double entry permit (160 Pula), ce qui nous permettra de gagner un peu d’argent pour nos prochaines entrées au Botswana. Nous nous arrêtons à Shakawe pour prendre des Pulas à l’ATM de la Barclays Bank. Très pratique. Puis nous poursuivons jusqu’au Drotsky’s Cabins, notre prochaine étape (www.drotskycabins.com).
Ce lodge et très bien fait : emplacements de camping spacieux et en bordure de l’Okavango, blocs sanitaires très propres et ils ont une magnifique plateforme d’observation sur l’Okavango. Nous nous renseignons sur les boat tours qu’ils organisent pour observer l’avifaune, n’étant pas fans de pêche : l’autre activité principale proposée par le lodge. Nous réservons un tour de 2h pour le soir en espérant voir la rare chouette pêcheuse de Pel car ils connaissent un lieu où elle chasse régulièrement. La ballade est riche en observations : hippopotames, crocodiles, varans et des milliers d’oiseaux (martins pêcheurs de diverses espèces, colonies de guêpiers écarlates ou à front blanc nichant sur les berges de la rivière, balbuzard pêcheurs, hérons, aigrettes, cigognes etc, etc…) mais nous ne verrons pas la fameuse chouette de Pel. C’est vraiment un superbe endroit et je remercie chaudement les internautes (Ericarole, Vinnylove…) de m’avoir fortement incité lors de la préparation du voyage de visiter cette partie du Botswana plutôt que de rester 2 nuits sur Mahango. Ce fut vraiment un bon conseil. Repas du soir pris autour du feu au bord de la rivière.
Mardi 17 Août
Nous repartons le lendemain matin pour une seconde ballade en bateau de 3h. Nous verrons toujours autant d’oiseaux que la veille dont des jabirus et des jeunes aigles pêcheurs au plumage bien moins caractéristique que les adultes. Au détour d’un méandre de la rivière, nous surprenons un hippopotame qui fera volteface violement pour plonger dans l’eau sous notre bateau. Petite frayeur et notre guide de mettre à fond les gaz pour échapper à l’animal. Quel souvenir ! Nous aurons également la chance de voir des loutres pendant cette balade. Tout d’abord, 2 individus nageant au milieu de l’Okavango puis au retour vers le lodge, une loutre peu timide se prélassant sur la berge de la rivière, ce qui nous a permis de bien l’observer. Encore de belles images pendant cette matinée dans le Panhandle.
Vers 11h, nous reprenons la route pour la bande de Caprivi. Passage de la frontière à Mohembo toujours aussi facile. Arrêt technique à Divundu pour prendre de l’essence et pour la première fois, problème : il n’y en a plus ! Nous sommes loin d’être à sec alors nous ne sommes pas inquiets et on se dit qu’il y en aura bien à Katima Mulilo. La traversée de l’Okavango se fait sur un pont bien étroit puis la route B8 traverse en ligne droite le parc Bwabwata sur 200km. Les nombreux panneaux indiquant la présence possible d’éléphants nous font ralentir l’allure mais nous n’en verrons aucun. Arrivés à Kongola, nous allons directement à la première station pour prendre de l’essence et se rassurer. Nous retournons un peu sur nos pas pour prendre la piste qui mène au Mazambala Island Lodge (www.mazambala.com) situé sur les rives de la rivière Kwando (qui devient Linyanti plus au sud et enfin Chobe vers Kasane). Le lodge est situé sur une presqu’île que nous ne pouvons atteindre en voiture cette année car le niveau du Kwando est trop haut mais le camping, lui, reste accessible. Le camping est très basique (mais il y a quand même de l’eau chaude dans les douches) et les emplacements sont idéalement situés en bordure de rivière : encore un site magnifique. Nous y sommes en fin d’après midi et après renseignement, il y a un boat tour qui est prévu de 17h jusqu’au coucher du soleil pour observer la faune dans cette partie du Kwando. C’est assez cher (250N$/p) et ma femme n’est pas très emballée, ayant déjà fait un boat tour le matin même. J’insiste et on y va. Finalement, nous ne serons que deux sur le bateau et très rapidement, on ne regrette pas notre décision. En effet, notre guide est très sympa et pas avare d’explication sur la flore et la faune que l’on rencontre, et quelle faune ! C’est très riche dans cette zone qui fait frontière avec la partie Est du parc de Bwabwata. Nous verrons de très près de nombreux cobes lechwe, crocodiles et hippopotames, des guibs harnachés, des babouins, kudus et impalas ainsi qu’un troupeau d’éléphants s’abreuvant et jouant sur les rives du Kwando. Vraiment très chouette à regarder.
Le repas du soir au bord de l’eau avec tous les oiseaux sera également mémorable malgré les nombreux moustiques. Heureusement nous avions commencé notre traitement anti paludéen – Lariam - à l’approche de la bande de Caprivi. Nous ne trainons pas trop dehors le soir car nous entendons des hippopotames qui ne semblent pas être loin. Effectivement, une fois dans la tente, nous les apercevons passer tranquillement juste devant notre emplacement. Le son de milliers de grenouilles et autres insectes nous bercera pendant toute la nuit.
Mercredi 18 Août
Ce matin, on ne traine pas pour replier la tente car nous avons beaucoup de route et deux passages de frontière pour rejoindre notre prochaine étape : Victoria Falls pour visiter les chutes coté Zimbabwe. Nous avions longuement hésité entre Zambie et Zimbabwe pour réserver l’hébergement et visiter les chutes. Le trajet semblait beaucoup plus simple coté Zambie (un seul passage de douane à Katima Mulilo) ; de plus, nous avions des infos contradictoires et peu encourageantes pour le passage de la frontière au Zimbabwe avec une voiture de location. Mais plusieurs personnes, Ericarole en tête, avaient bien insisté : « il faut absolument voir les chutes coté Zimbabwe ». Nous avons donc suivi ces conseils et on a bien fait, même si cela a été un peu rock-n-roll.
Comme pour Mohembo, le passage de la frontière Namibie-Bostwana à Ngoma fut une simple formalité. Avec le double entry permit, nous n’avons rien eu à payer cette fois-ci. Le pont sur la rivière Chobe offre par ailleurs de superbes vues et un premier aperçu de la richesse de la faune. Par contre, il y a une barrière vétérinaire où on nous demande d’ouvrir le frigo. Pas de problème, on avait prévu le coup et nous n’avions pas de viande fraiche mais à Ngoma, le biltong ne passe pas ! Et pourquoi donc ? Les autres fois, c’était ok mais là rien à faire, on nous embarque tout notre biltong. Grrr…ce ne sera pas perdu pour tout le monde ! Dès que l’on entre dans la réserve de Chobe par la route principale qui va jusqu’à Kasane, on est mis dans l’ambiance avec les nombreux animaux qu’on croise : buffles, kudus et éléphants !
Nous arrivons à Kasane puis avec un peu d’appréhension nous nous dirigeons vers le poste de frontière de Kazungula pour le Zimbabwe. Finalement, cela se passera très bien : pas du tout folklore africain. A la douance, un premier guichet pour payer les VISA (30US$/p) puis un second guichet pour les taxes véhicule. Pour notre Toyota Ilux 2.7i essence: 55US$ de taxe carbone et autres + 50US$ pour une assurance obligatoire valable 1 mois. Pour chaque paiement (en cash et US$ uniquement), nous recevons un imprimé officiel avec tampons etc... En 30 minutes, le passage de la frontière est réglé. Cela nous est revenu en tout à 165US$, donc moins cher qu'en passant par un TO local à Kasane (50US$/p/trajet soit 200US$ pour nous deux). En discutant avec les locaux, il semble que les autorités du Zimbabwe cherchent à améliorer les choses pour faire revenir les touristes dans le pays. Enfin, pas tant que cela tout de même. Voyez plutôt : 5km après la frontière, il y a un barrage de police où ils arrêtent tous les véhicules. Nos papiers de douane étaient bien en règle (ouf) mais un policier nous fait remarquer que nous n’avons pas de déflecteur blanc à l’avant du notre 4x4, ce qui est apparemment contre la loi au Zimbabwe. Ah bon ? Cela fera 10US$ d’amende et on devra en acheter à Victoria Falls (1US$). Je peste contre le loueur ! Ensuite, il faut faire très attention aux limitations de vitesse. On l’apprendra plus tard mais il faut savoir qu’un contrôle radar est régulièrement mis en place à l’entrée de la ville. Ce jour là, il était là et on tombe dans le panneau : nous étions à 90km/h pour une limite à 80km/h. Re-police et re-amende : 50US$ ! Je peste contre moi-même cette fois-ci. Nous arrivons à destination vers 13h, passablement énervés et amputés de 226US$. Un guide sud africain nous indiquera l’astuce : si possible, toujours suivre un autre véhicule (surtout les bus des TO) quand on roule au Zimbabwe.
Nous prenons possession de notre bungalow au Victoria Falls Rest Camp (www.vicfallsrestcamp.com). Celui-ci s’avère bien défraichi et moyennement propre. Les blocs sanitaires sont par ailleurs très sales. Ce sera notre plus mauvais hébergement pendant tout ce voyage.
On se requinque pendant le repas de midi puis nous allons visiter les chutes…à pied car je ne veux plus prendre la voiture pour éviter une autre amende ! L’entrée du parc n’est d’ailleurs qu’à 2km. Sur le chemin, de nombreux vendeurs insistent pour nous vendre pour des sommes dérisoires de l’artisanat (assez joli d’ailleurs par rapport à ce qu’on a pu voir en Namibie) ou des anciens billets de 25 milliards ou 10 trillions de dollars zimbabwéens : sombre souvenir de la période d’inflation exponentielle qu’a connu le pays avant d’abandonner leur monnaie pour les US$. On sent la pauvreté qui existe encore dans ce pays.
Il faut maintenant débourser 30US$/p pour la visite des chutes. La végétation est de type forêt humide, bien différente de ce qu’on a pu voir jusqu’alors. Les différents points de vue aménagés sur les chutes sont splendides, tous aussi impressionnant les uns que les autres. Cette année en Août, les chutes sont encore grosses en on s’en prend plein la figure. Difficile de filmer ou prendre une photo sans une goutte d’eau sur l’objectif. Danger point est particulièrement glissant mais la vue est à couper le souffle. Devil’s cataract est également impressionnante. Tous ces embruns créent des effets d’arcs-en-ciel superbes. Nous avons dépensé beaucoup de dollars aujourd’hui mais la visite des chutes est vraiment un moment fort du voyage.
Nous n'avons pas visité les chutes coté Zambie mais nous sommes allés sur le pont qui enjambe les gorges (impressionnant, je recommande). C'est gratuit : on vous donne à la douane un coupon "laisser passer" pour la visite du pont qui est une sorte de zone franche entre Zambie et Zimbabwe. Par contre, pour visiter les chutes coté Zambie, il faut passer le poste de douane et donc payer le VISA d'entrée en Zambie. Il faut surtout demander qu'ils ne vous mettent pas de tampon car au retour à la douane du Zimbabwe, ils vérifient les passeports et s’ils voient que vous êtes allés en Zambie ils vous demandent de payer un VISA double entrée qui est plus cher que celui payé à Kazungula. Apparemment le truc marche pour ne pas payer de supplément mais on n'a pas essayé.
Après le pont, il nous reste encore du temps pour aller voir les gorges et le point de vue situé non loin du renommé Victoria Falls Hotel. Un policier nous accompagne pour y aller (c’est rassurant !) dixit pour nous éviter le harcèlement des vendeurs. Le point de vue est magnifique mais il y a des câbles partout (pour les tyroliennes et autres activités fortes en adrénaline), ce qui n’est pas terrible pour faire des photos « nature ». Nous traversons le Victoria Falls Hotel, majestueux et luxueux. C’est à la fois impressionnant mais gênant toute cette richesse dans un pays aussi pauvre.
Pour le soir, nous décidons de manger au restaurant du camp qui est très bon et autre bonne nouvelle : très bon marché. Cela fait du bien au porte monnaie après tout ce qu’on a dépensé cette journée.
Jeudi 19 Août
Nous nous renseignons pour un survol des chutes en avion mais les prix proposés sont trop élevés pour nous. Nous repartons donc pour le Botswana et cette fois-ci, on reste bien en dessous des 80km/h ! Le passage à la frontière se fait sans soucis mais comme nous entrons déjà pour la 3eme fois au Botswana, le double entry permit n’est plus valable dans sa totalité et nous devons payer la partie Road Permit pour 45Pulas de plus. De retour à Kasane, nous allons directement à notre lodge (www.kubulodge.net) pour s’installer à notre emplacement de camping (bien équipé avec prises électriques et lumière, les sanitaires sont très propres et il y a même une petite piscine réservée pour les campeurs). Nous réservons avec eux un boat cruise sur la rivière Chobe pour l’après midi (départ à 15h). Nous profitons du temps qu’il nous reste pour faire le plein de provisions aux supermarchés très bien achalandés de Kasane (le Spar est particulièrement bien fourni). Nous voulons également faire le plein d’essence mais aucune station sur Kasane n’a de sans plomb ce jour-là ! Notre niveau d’essence est encore bon et on espère que cela ira pour les 2 jours prochains que nous devons passer dans le parc national de Chobe. Nous attendons 15h dans les jardins du Kubu Lodge près de la rivière où de nombreuses mangoustes rayées déambulent. A l’heure prévue, un 4x4 nous emmène à l’embarcadère où nous attend le bateau qui travaille avec le lodge et là bonne surprise : nous ne serons que les deux avec le guide. Super ! Cette croisière est un must : aussitôt passé le poste de contrôle « fluvial » pour entrer dans le parc, on est frappé par la richesse de la faune sauvage qui règne dans cette partie du Botswana. Outre de très nombreux oiseaux (martins pêcheurs de toute sorte, bec-ouverts, hérons, becs en ciseau d’Afrique, aigles pêcheurs etc…), nous verrons de très près et avec un autre perspective que depuis notre 4x4, de nombreux crocodiles, varans, hippopotames (dont des petits tout rigolo) mais également de grands troupeaux de buffles ainsi que des impalas et cobes de lechwe. Nous aurons la chance de voir plusieurs pukus (d’assez loin tout de même) : cela sera la seule fois pendant notre séjour dans la région. Le plus impressionnant pendant cette croisière restera le nombre d’éléphants. Il y en a des centaines, à chaque méandre de la rivière, qui viennent s’abreuver et se couvrir de boue. Je n’en ai jamais vu autant de ma vie. Voir les éléphanteaux jouer et s’ébrouer dans la boue épaisse puis avoir toutes les difficultés à s’en sortir sans l’aide des plus grands est particulièrement amusant. Le boat cruise durera jusqu’au coucher du soleil et avec de telles observations, on ne voit vraiment pas le temps passer. C’est une excursion ne manquer sous aucun prétexte ! Seul bémol : on est loin d’être seul et quelques fois, c’est presque l’embouteillage sur la rivière. Notre bateau était petit, ce qui nous a permis de s’isoler et voir en toute tranquillité certains animaux dans les petits méandres peu profonds de la rivière où les plus gros bateaux ne pouvaient pas aller. Essayez de vous renseigner avant de réserver sur le type de bateau proposé dans la prestation. Le soir, nous prendrons notre repas sur le qui vive en nous assurant que les babouins ne s’approchent pas trop près. Il y a également des gardiens qui resteront toute la nuit dans le camping car on nous explique que les vols dans les zones touristiques du Botswana sont en pleine recrudescence. Nous aurons droit à ces gardiens dans tous les autres campings fait par la suite au Botswana. Ce n’est guère rassurant pour l’avenir.
Vendredi 20 Août
Nous partons du lodge au plus tôt pour profiter au mieux de notre journée dans le parc national de Chobe (partie river front). Au passage, on s’arrête à nouveau dans une station d’essence mais toujours pas de sans plomb. Gloups ! On espère qu’ils en auront dans 2 jours qu’on on sortira du parc.
Nous arrivons à Sedudu Gate vers 7h30 où nous allons payer nos permis d’entrée et montrer notre réservation au camp d’Ihaha pour le soir. Nous avions entendu que depuis peu les permis ne pouvaient plus être pris aux entrées des parcs au Botswana mais seulement dans les bureaux du DWNP. A Kasane, les bureaux sont en fait à la porte de Sedudu. Nous prenons alors en même temps les permis pour Moremi que nous visiterons plus tard. Cela fait en tout une belle petite somme.
Un mot sur la gestion des parcs au Botswana (permis et réservations des campings public) car c’est assez compliqué depuis 2009 quand le Département des Parcs Nationaux (DWNP) a changé les règles et commencé à privatiser les campings. Quand nous avions fait nos réservations, les camps d’Ihaha à Chobe et Xakanaxa à Moremi étaient encore gérés par le DWNP mais maintenant il faut contacter Kwalate Safaris (pour les camps South Gate, Xakanaxa, Ihaha, Khumaga, Njuca Hills) : P.O Box 2280, Gaborone, Botswana, Tel: +267 686 1448 ; Fax: +267 686 1448; Cell: +267 71308283 / 71307435, kwalatesafari@gmail.com.
Pour le camp de North Gate à Moremi, il faut contacter Mapula Lodge (pour les camps North Gate, Savuti, Linyanti), Tel : +267 6865366 / 6865365, Fax: +267 6865367, sklcamps@botsnet.bw ou mapulalodge@info.bw (www.mapulalodge.com). Pour 3rd bridge (que nous n’avons pas réussi à avoir), il faut contacter Xomae Group (pour les camps 3rd Bridge, Nxai Pan, Baines Baobabs ) ; Tel/Fax + 267 6862221, Cell +267 73862221 ; xomaesites@botsnet.bw (www.xomaesites.com). En conclusion, vous réservez et payez les campings directement avec ces prestataires et les permis sont à payer aux bureaux DWNP à Maun, Gaborone ou Kasane (Sedudu Gate) (dwnp.parrogabs@gov.bw).
Nous dégonflons les pneus à 1.7bars. Une fois la gate passée, la piste rejoint à travers bois les rives de la rivière Chobe. Il y a de nombreuses pistes mais c’est assez facile pour se repérer. Typiquement, il y a celles qui bordent la rivière de près, la piste principale un peu plus en hauteur et plusieurs pistes qui s’enfoncent à l’intérieur du parc dans de petites vallées. Pendant les 2 jours passés au Chobe river front, nous avons pris plusieurs fois les pistes intérieures et à chaque fois on n’a rien vu du tout (hormis des éléphants) : la végétation est en fait assez dense, la visibilité pas terrible et de toute façon, il y a tellement de choses à voir au bord de la rivière que j’ai trouvé ces pistes assez décevantes.
L’état des pistes est très aléatoire au river front : cela va de la belle piste bien dure aux pistes défoncées quand on cherche à passer dans les zones non inondées aux abords de la rivière et aux pistes avec du sable bien mou et très profond. En voulant laisser passer un 4x4 venant vers nous sur la piste principale, je me suis bien ensablé comme un débutant en essayant de changer d’ornières. Sans même avoir eu le temps de se faire du souci que 5 minutes plus tard un camion (en fait un bus scolaire avec des dizaines d’enfants sur la benne arrière !) venait nous désensabler en tirant notre 4x4 avec notre corde (qui cassera pendant l’opération). La honte quand même ! Avec la corde cassée, nous ne nous sommes plus trop aventurés sur les petites pistes secondaires et isolées pour le reste de notre séjour dans le parc.
Pour cette première journée, nous avons vu quelques hyppotragues noirs, un guib harnaché, des antilopes rouannes, de nombreux buffles avec quelques beaux troupeaux, des zèbres, des impalas, des hippopotames, une curie de vautours sur une carcasse, de nombreux oiseaux et 4 lionnes. Celles-ci étaient allongées sous un arbre près de la rivière, bien à l’ombre et on a presque failli les louper car nous regardions surtout coté rivière où il y a toujours quelque chose à voir. Toujours aussi impressionnant, c’est le nombre incroyable d’éléphants qui viennent se désaltérer en fin d’après midi. Nous en aurons vu des centaines. C’est très impressionnant et même assez flippant quand ils passent devant la voiture ou bloquent les pistes. Il n’y alors qu’à attendre qu’ils libèrent le chemin n’ayant jamais osé forcer le passage (comme on a vu d’autres le faire). Nous verrons même un jeune éléphant mort sur le bord d’une piste secondaire. Si la diversité des oiseaux est indéniable dans ce parc, j’ai trouvé que c’était moins marquant pour les mammifères.
Pour le soir, nous avons dormis dans le camp d’Ihaha. C’est un site vraiment génial, un de mes coups de cœur, au milieu de la nature sauvage auprès de la rivière où les hippopotames et les éléphants n’étaient jamais bien loin. Le coucher de soleil avec les pêcheurs en toile de fond était splendide. Les blocs sanitaires étaient refaits à neuf et d’une propreté irréprochable. Pour le repas du soir, nous n’avons pas trop trainé et nous étions dans la tente dès la nuit tombée. Nous avions laissé les fenêtres ouvertes au cas où des animaux seraient passés devant notre tente mais nous n’avons rien vu. Par contre, une famille de babouins est restée dans un arbre derrière notre tente et nous avons eu droit à un concert de grognements et de cris pendant toute la nuit.
Samedi 21 Août
Le réveil avec la tente ouverte sur la rivière est un grand moment : déjà les hippopotames sont là. Le drive du matin sera assez calme. Nous verrons tout de même un petit groupe d’antilopes rouannes ainsi que des cobes à croissant : les premiers qu’on voit au Botswana. Comme la veille, nous observons un autre attroupement de vautours autour d’une carcasse : c’est assez impressionnant de voir comme ils se battent pour manger ce qu’il en reste. Par contre, toujours pas de prédateurs dans les parages. Nous essayons diverses pistes sans trop de succès et en début d’après midi, les passagers d’un 4x4 nous indiquent où un léopard fait la sieste dans le bush. Super ! Belle observation, cela sera le seul félin que nous verrons de la journée. Pas de lions ce jour là en effet. Nous croiserons plus tard dans l’après midi de nombreux hyppotragues noirs ainsi que quelques chacals mais d’assez loin. Comme d’habitude, des éléphants en très grand nombre traversent le parc en fin de journée en direction de la rivière où ils se regroupent par centaines pour boire ou se couvrir de boue contre les parasites. De belles opportunités de photos et à force d’en voir, je gère un peu mieux mon stress quand ils s’approchent de près de notre véhicule.
La fin de journée approche et on se dirige vers la sortie coté Sedudu Gate. Ces 2 jours passés au Chobe river front auront été riches en observations de la faune sauvage, très variée et avec un nombre vraiment impressionnant d’éléphants (c’est ce qui m’aura marqué le plus). Les paysages et les vues sur la rivière sont magnifiques et le camp d’Ihaha est vraiment idéalement situé. Un très bon souvenir.
De retour à Kasane, on file droit vers une station d’essence car le niveau commence à être vraiment bas et bonne nouvelle, ils ont de nouveau de l’essence sans plomb ! On fait donc le plein et on regonfle les pneus. On cherche également une nouvelle corde puisque la nôtre est inutilisable mais il est trop tard et les garages sont déjà fermés. Nous dormirons à nouveau au camping du Kubu Lodge pour la nuit (www.kubulodge.net).
Dimanche 22 Août
Nous quittons le camping dès 6h30 car nous avons beaucoup de route à faire. En effet, il nous a été impossible d’avoir une place de disponible dans le camp de Savuti pour la fin Août et comme nous avions lu sur divers sites qu’il était très long et assez périlleux de faire dans la journée la piste entre Kasane et North Gate Camp à Moremi alors l’autre option était de rejoindre Moremi par la route goudronnée via Nata, Gweta et Maun mais cela rallonge considérablement (environ 600km). Quand je vois ce qu’ont vécu Pierre77N et Ericarole cette année sur Savuti/Linyanti (casse et routes inondées), je me dis qu’on a bien fait d’être prudent étant donné qu’on voyageait seul. Par ailleurs, nous avions lu que la route entre Kasane et Nata, bien que goudronnée, était en très mauvais état avec d’innombrables nids de poule qui limitaient fortement la vitesse maxi. Nous avions donc prévu une halte vers Gweta au Planet Baobab (www.unchartedafrica.com).
En fait, il s’est avéré que la route entre Kasane et Mpandametanga (100km) est en très bon état, large et très roulante. Elle passe par ailleurs près des limites du parc Chobe et nous avons vu de nombreux animaux en début de matinée : steenboks, kudus, autruches et éléphants. C’est très sympa de conduire et observer en même temps tous ces animaux. Il y a également une barrière vétérinaire qu’on n’avait pas vu sur la carte et avec les provisions faites à Kasane on craint le pire mais cette fois-ci, le biltong et le poulet passe mais pas les saucisses…que je dois jeter au feu sur place. Ensuite, la route qui continue jusqu’à Nata (200km) a été réparée : tous les nids de poule ont été bouchés. De plus, ils sont en train de l’agrandir et de belles portions toutes neuves sont déjà en service. Les travaux devraient être finis pour toute la section Kasane-Nata d’ici 2 ans apparemment. Du coup, nous étions à Gweta vers 11h !
Nous avons alors décidé de pousser jusqu’au Nxai Pan National Park pour visiter la partie de Baines Baobab. Arrivés à l’entrée du parc, bonne nouvelle, nous pouvons prendre les permis sur place. La piste jusqu’à Baines Baobab est en tôle ondulée sur une bonne partie du trajet mais pas trop difficile. Nous arrivons sur site pile poil pour le déjeuner. Quel site : ces énormes Baobabs au pied d’un grand pan asséché sont magnifiques ! Nous profitons de l’ombre de ces géants pour manger à l’abri du soleil qui cogne fort et nous nous baladons un peu sur le pan pour profiter de la vue. C’est très étonnant comme paysage.
Finalement, comme nous sommes déjà à plus de 80km de Gweta et seulement à 130km de Maun, on décide de ne pas dormir au Planet Baobab (tant pis pour la réservation déjà payée) et d’aller directement à Maun afin d’avoir plus de temps pour Moremi le lendemain.
Nous arrivons à Maun en fin d’après midi avec suffisamment de temps pour se préparer pour nos 4 prochains jours dans le parc de Moremi et faire le plein de provisions et d’essence. Mais c’est Dimanche et comme les garages sont tous fermés, nous devrons attendre le lendemain matin pour acheter cette maudite corde qui nous manque. Pas question de conduire dans Moremi sans elle.
Nous dormirons au camping du Sedia Riverside Hotel à 10km au Nord de Maun (www.sediahotel.com). Les emplacements et les sanitaires sont corrects mais ce n’est clairement pas le camping le plus beau du Botwsana. Par contre, les prix sont bas : 30Pulas par personne.
Lundi 23 Août (journée noire)
Après avoir trouvé (enfin !) une corde dans un garage de Maun, nous nous dirigeons vers Moremi. La route est d’abord goudronnée jusqu’au village de Shorobe puis se transforme en piste assez roulante jusqu’à une barrière vétérinaire (Buffalo Gate). Dans ce sens, on peut tout passer en nourriture mais pour le retour sur Maun il faut que toute la viande et les produits laitiers soient mangés sinon ils les confisquent. Juste après la barrière, la piste se divise en deux : une en direction de Savuti, l’autre pour Moremi. C’est très bien indiqué avec un grand panneau. On passe ensuite devant le camping de Kaziikini réputé auprès des self-drivers et qui lui aussi est très bien indiqué. On est déjà en pleine région sauvage avec pas mal d’animaux : girafes, impalas, zèbres et nous tombons sur 2 lions qui mangent une proie. Quelle chance ! et tout cela avant même d’atteindre l’entrée Sud de Moremi (Maqwee Gate). On se dit alors que ça va être le festival à l’intérieur. A South Gate, on montre nos réservations de camping ainsi que les permis payés à l’avance. Les rangers nous indiquent les régions du parc visitables et les pistes à éviter car Moremi est encore bien inondé et de grandes portions ne sont pas franchissables. Voyageant seuls avec notre 4x4 Toyota Ilux, ils nous expliquent par exemple que nous ne pourrons pas rejoindre Xakanaxa depuis Kwai par la piste du nord car celle-ci est trop inondée et que nous devrons faire le détour par South Gate. Mince ! Comme nous avons 2 nuits de prévu au camp de North Gate/Kwai avant Xakanaxa cela ne va pas être pratique.
Nous prenons la piste qui part plein Nord vers North Gate. Elle est large mais avec du sable assez profond. Après seulement quelques km parcourus, un gros bruit sous la voiture et on s’arrête immédiatement. Panique ! Quel est le problème ? En fait, une plaque de protection du différentiel du pont avant du 4x4 s’est cassé et en se déformant, se met à frotter le sol violemment. On sort les outils, élève la voiture autant que possible avec le cric et allongé sous la voiture, j’essais d’enlever cette plaque pour la remettre d’aplomb mais impossible. Après 2h de tentative, j’abandonne et on se rend à l’évidence : on doit retourner à Maun pour réparer car il est impossible de continuer comme cela dans Moremi. Quelle frustration, j’en aurais pleuré ! Retour donc à Maun mais au pas pour éviter de tout abimer même si j’ai pu redresser un peu la plaque. Comme on doit repasser la barrière vétérinaire on cache toute la nourriture dans nos sacs pour éviter la confiscation : on ne va pas en plus racheter de la viande !
Au garage Toyota de Maun, ils n’ont évidemment pas cette pièce en rechange mais ils me disent qu’ils devraient pouvoir réparer. Effectivement, après 1h30 de découpe, redressage et soudage, tout est remis en place. Bon boulot mais il est déjà 16h : trop tard pour rejoindre le camping de North Gate avant la fermeture. Bilan de la journée : 450Pulas de réparation, une journée et une nuit perdues à Moremi…mais on est dépanné. Nous repassons une nuit au camping du Sedia Hotel (www.sediahotel.com).
Mardi 24 Août
Nous repartons pour Moremi. Va-t-on enfin réussir à visiter ce parc ?
Contrairement à la veille, nous ne verrons rien d’exceptionnel sur le chemin jusqu’à Maqwee Gate. Une fois dans le parc, nous consacrerons toute la journée à visiter la région Nord du Moremi le long de la rivière Kwai. C’est effectivement bien inondé et de nombreuses pistes longeant la rivière sont impraticables. Toutefois, nous ne tentons pas le diable étant donné que nous sommes seuls et qu’on ne croise pas beaucoup de véhicule alors on fait vite demi tour dès que nous ne sommes pas sûr de ce qu’il y a à traverser. La piste Nord en direction de Xakanaxa est par contre entièrement recouverte d’eau peu après Dombo Hippo Pools. Les paysages sont superbes et les nombreuses pistes offrent de magnifique vues sur la rivière. Nous voyons beaucoup d’oiseaux mais curieusement et contrairement à ce que nous avions pu lire dans divers carnets de voyage, la densité de faune est très faible. Pendant toute cette journée, nous verrons très peu d’animaux hormis des cobes de lechwe et vers la fin de l’après midi quelques éléphants de taille assez impressionnante. Un éléphant viendra se planter littéralement devant notre 4x4 pendant de longues minutes en nous regardant bien fixement avant de repartir tranquillement dans la forêt. On n’en mène pas large et on n’a même pas la présence d’esprit de prendre des photos. Malgré cette rencontre inoubliable, la journée reste au final assez décevante par le peu d’animaux et d’espèces rencontrés.
Nous rentrons au camp de North Gate (www.mapulalodge.com) vers 16h30. Les emplacements sont bien situés en lisière de forêt et les douches sont impeccables. Un des aspects positifs de la privatisation des camps aura été au moins de remettre à neuf les blocs sanitaires. Les anciens sont encore debout et il n’y a pas photo. Pendant le repas du soir, on fait attention aux nombreux babouins qui ne trainent pas très loin. Juste après avoir fini de manger, on remarque 3 éléphants qui passent le long des blocs sanitaires…et se dirigent droit vers notre emplacement ! Ils vont rester ainsi un bon moment à manger à 5m de la voiture. C’est vraiment impressionnant ! Nous essayons de prendre quelques photos mais la nuit tombe vite à cette heure tardive. On ne tarde pas trop à monter dans la tente pour ne pas se retrouver nez à nez avec les pachydermes. Dans la nuit, comme nous avions laissé les fenêtres ouvertes avec les moustiquaires, nous verrons 2 hyènes passer sans s’arrêter au pied de notre tente puis un autre éléphant manger les feuilles de l’arbre sous lequel nous étions. Difficile de faire plus près ! Incroyable, on en verra plus cette nuit que pendant toute la journée !
Mercredi 25 Août
Pour cette journée, nous visitons la région de Xakanaxa. Comme la piste Nord est bloquée, le long détour par South Gate nous fait perdre pas mal de temps le matin. Les paysages aux alentours de Xakanaxa sont très différents de ceux de Kwai mais c’est toujours aussi beau…et inondé. Impossible d’aller sur Dead Tree Island par exemple. La piste au niveau de 4th Bridge est également sous les eaux mais franchissable d’après les rangers. Sur place, on attend quand même que les experts passent (Sud Africains et TO) pour bien repérer les pièges à éviter et ne pas s’embourber. Une fois qu’on a compris comment faire, c’est en fait assez facile. La région vers Third Bridge camp est plus sèche et la végétation plus proche de la savane que de la forêt.
En ce qui concerne les animaux, c’est toujours assez pauvre mais tout de même mieux que la veille. Il y a toujours autant de cobes lechwe et nous verrons également quelques girafes, zèbres, impalas, hippopotames, vervets et éléphants mais rien de bien extraordinaire. Pas un seul buffle à l’horizon malgré toute cette eau ! Nous verrons tout de même un couple de lions à deux pas de Third Bridge camp. Cette journée encore, s’il n’y avait pas la diversité des paysages et les nombreuses espèces d’oiseaux observées, cela resterait bien décevant. Devenons-nous trop difficile ?
Le camp de Xakanaxa où nous passerons la nuit (kwalatesafari@gmail.com) est magnifique. Idéalement situé sur une sorte de presqu’île entourée par les eaux. De nombreux écureuils se baladent dans les emplacements et le coucher de soleil sur les roseaux qui entourent le camp est superbe. Un autre coup de cœur. Et comme à North Gate, les blocs sanitaires sont très propres. Nous ne verrons rien de spécial la nuit mais n’en demandons pas trop.
Jeudi 26 Aôut
Pour la dernière journée à Moremi, nous consacrons les visites à Mboma Island et la région de Bodumatau. En passant Third Bridge camp, on cherche les lions aperçus la veille mais ils n’y sont plus. La longue piste qui fait la boucle autour de Mboma Island est très belle mais le sable profond et certaines portions sont assez difficiles à négocier mais on ne s’enlisera aucune fois. Cette partie est un peu plus riche en animaux : encore et toujours des cobes de lechwe, zèbres, bubales, phacochères, girafes, mangoustes, divers oiseaux, 2 chacals surpris au détour d’un virage et de nombreux éléphants. Deux scènes resteront dans ma mémoire. Pour la première: un bébé éléphant dormait aux pieds de sa mère au beau milieu de la piste très étroite et entourée d’arbres à cet endroit. Impossible de passer ailleurs et pas question de forcer le passage car la mère nous fait comprendre qu’il ne faut pas s’approcher. On coupe le moteur et on attend alors que le petit se réveille et se lève, ce qui fait bouger la mère et libère la piste. Deuxième scène un peu plus loin : alors que je « jaugeais » un éléphant qui mangeait au bord de la piste pour savoir si je pouvais passer, je ne remarque pas un autre qui avance à grand pas et s’arrête au pied d’un palmier devant la voiture. Il reste immobile quelques secondes et tout à coup, donne 2 violents coups de tête dans le tronc pour tenter de le casser puis repart comme si de rien n’était. Je ne m’y attendais pas et trouve la scène particulièrement drôle. Nous continuons la piste et passons 2nd et 1st bridges, plus faciles à franchir et nous allons explorer la région de Bodumatau. C’est de nouveau très inondé mais nous y verrons de grands troupeaux de gnous, impalas, zèbres, damalisques sassaby et éléphants. Les zones o�� sont passés les troupeaux d’éléphants sont bien ravagés, c’est assez impressionnant à voir et inquiétant à la fois. On se demande ce qu’il se passerait si on se retrouvait au beau milieu du passage d’un de ces troupeaux. Les hippopotames sont également en nombre et nous verrons quelques bucorves. Ce sera la partie de Moremi où nous verrons le plus d’animaux…mais toujours aucun gros chat !
En fin d’après midi, il est grand temps de retourner vers South Gate puis Maun que nous atteindrons seulement la nuit tombée. Nous dormirons à Audi Camp (www.okavangocamp.com). La déco des blocs sanitaires est particulièrement réussie mais les emplacements ne sont pas très jolis et assez petits. On est un peu entassés d’autant plus qu’il est bien complet.
Vendredi 27 Août
Notre voyage au Botswana touche bientôt à sa fin et c’est un peu triste que nous quittons la région du delta de l’Okavango pour rejoindre la Namibie et notre dernière étape avant le retour en France. La route de Maun jusqu’au poste de frontière de Mamuno est goudronnée sur tout le trajet, très roulante mais particulièrement longue et monotone même si les paysages changent une fois de plus à l’approche du Kalahari. La ville de Ghanzi à l’air bien propre et moderne mais nous ne ferons que la traverser. Le passage de la douane se fait très facilement et peu après, nous quittons la route principale pour nous arrêter au Zelda Game & Guestfarm où nous passerons la nuit (www.zeldaguestfarm.com). Pour la dernière nuit, nous avions réservé une chambre pour nous relaxer et préparer toutes nos affaires pour le grand départ le lendemain. Nous avons droit à un magnifique bungalow très spacieux. L’accueil est très chaleureux avec petit cocktail de bienvenue.
Il y a beaucoup d’oiseaux autour du petit point d’eau aménagé et la ferme contient de nombreux enclos avec animaux d’élevage et divers animaux sauvages dont des porcs-épic, guépards et 1 léopard. Ils ont également une réserve privée où nous comptions bien faire un game drive pour notre dernier étant donné que nous étions arrivé en début d’après-midi mais nous apprenons qu’elle est fermée aux visiteurs…car il y a des chasseurs. Déception! Nous n’avions pas bien lu mais cette ferme fait également réserve de chasse et dans l’hôtel et les chambres, les livres d’or et magazines sont consacrés à la chasse et aux trophées ! En tant qu’amoureux de la vie sauvage et après avoir visité tous ces parcs animaliers, cela fait mal au cœur. Attention donc si vous réservez à cet endroit, autant être prévenu.
Nous patientons donc une bonne partie de l’après midi dans l’affut aménagé non loin des bungalows en bordure de la réserve. Nous y verrons quelques kudus, élands et nyalas mais les grillages empêchent de prendre des photos « nature ». Au point d’eau, nous observons de nombreux crapauds chanteurs et des oiseaux dont quelques pics. Le soir, nous assistons au repas des guépards et du léopard. Cela fait très zoo mais ce seront les seuls guépards vus pendant ce voyage.
Nous dinons au restaurant qui propose un buffet très copieux et savoureux.
Samedi 28 Aôut
Pour une fois, nous ne nous levons pas très tôt : on a du temps. 3 heures de route suffisent en roulant tranquillement pour rejoindre Windhoek via Gobabis sur la route B6. Nous prenons notre dernier piquenique aux portes du Daan Viljoen Game Park, histoire de profiter une dernière fois des jolis paysages montagneux, puis nous retournons chez African Tracks pour rendre notre 4x4. Le compteur indique que nous avons parcouru 7750km pendant ce voyage ! Le contrôle de l’état du véhicule se fera très rapidement, tant mieux : ils ne sont pas trop tatillons sur les éraflures faites pendant le voyage. Nous leur expliquons par ailleurs nos déboires survenus au Zimbabwe et à Moremi et ce qu’on a dû payer pour le véhicule. Ils nous rembourserons le tout en recréditant notre carte bleue. Au global, nous n’avons donc pas à nous plaindre de la prestation de ce loueur.
Leur navette nous remmène à l’aéroport où nous prenons l’avion pour rentrer en France via Cape Town et Amsterdam. Aucun problème de retard, connexion manquée ou bagage perdu pour le retour.
Mes coups de cœur
- Les paysages grandioses de Namibie
- Sites : Dead Vlei ; Sandwich Harbour ; Epupa Falls ; Halali water hole; Okavango (région de Mahango/Panhandle) ; les chutes Victoria ; Chobe River Front
- Camping: Spitzkoppe; Epupa Falls; Hobatere; Ihaha, Xakanaxa
Mes déceptions
- Ne pas avoir vu les éléphants du désert
- La faible densité de la faune à Moremi (bien inondé cette année)
A éviter (d’après moi)
- Petrified Forest Parc près de Twyfelfontein
- Victoria Falls restcamp
Quelques conseils qui nous auront été très utiles
- prendre des sacs poubelles pour envelopper les sacs de voyage et les protéger de la poussière extra-fine qui s’infiltre dans le coffre. Un truc : ouvrir les fenêtres latérales du coffre, ce qui permet de rééquilibrer la pression entre intérieur et extérieur et empêche une bonne part de la poussière d’entrer
- crème hydratante pour visage et stick à lèvres
- adaptateur permettant de recharger les batteries sur l’allume-cigare, voire un doubleur ou un tripleur
- lampe frontale pour le camping, indispensable
- GPS équipé des cartes T4A très complètes et faciles à télécharger (www.tracks4africa.com). C’est très utile pour les parcs au Botswana, un peu moins pour la Namibie.
- prendre des rands aux distributeurs de cash aux aéroports SudAf si vous y faites escale
- penser à regarder où vous avez des barrières vétérinaires à traverser quand vous faites vos provisions afin de ne pas vous faire confisquer vos denrées fraiches (viande, lait…)
Budget (28 jours pour 2 personnes) :
- Trajet avion (KLM et Air Namibia): 2200€
- Location du 4x4 (rachat de franchise à 4000N$ + assurance pneu / bris de glace) : 26300 N$
- Hébergement : ~1300€
- Nourriture : ~700€
- Divers (excursions, essence, entrées parcs) : ~2100€
Organiser notre voyage de noces au Japon en mai 2011 English translation pending
Bonsoir à tous!
Nous sommes de jeunes mariés qui adorons les mangas animés et la cuisine japonaise. Nous aimerions partir pour notre voyage de noces au Japon en mai 2011 (du 7 au 21).
Je me suis fraîchement procurée le Lonely Planet Japon et ai démarché certaines agences pour des devis billets + hébergements (voyage en liberté sur mesure).
Nous avons un budget de 6 000 Euros tout compris et mon 1er devis est déjà à 5 000 Euros sans repas (sauf pdj Hotels à Tokyo et demi-pension pour 2 nuits dans certains ryokans), entrées aux temples et musées, dépenses perso...
Je me demande donc si nous pourrions tout organiser nous même afin de rester dans le budget... est ce trop tard? aurai je le temps de faire les réservations?
Pour l'anglais je me débrouille mais je ne pratique plus depuis 10 ans même si j'ai de bons restes des études... mon mari est plus immergé dans l'anglais au quotidien, mais c'est moi qui organise le voyage.
Voilà notre ébauche de programme pour les nuits, les visites en journée devant être définies sauf pour certains jours, je n'ai pas eu le temps de regarder en détails les visites recommandées (on sait juste déjà qu'on ira au musée Gibli!) :
07/05/11/sam : vol Genève Tokyo 08/05/11/dim : Tokyo 09/05/11/lun : Tokyo 10/05/11/mar : Tokyo 11/05/11/mer : Nuit à Tokyo mais visite de Nikko pour la journée 12/05/11/jeu : Mont Fuji avec nuit à Hakone dans un ryokan avec onsen 13/05/11/ven : Kyoto 14/05/11/sam : Kyoto 15/05/11/dim : Mont Kyoa avec nuit dans un temple 16/05/11/lun : Nara 17/05/11/mar : Kyoto 18/05/11/mer : Kyoto 19/05/11/jeu : Miyajima 20/05/11/ven : Osaka 21/05/11/sam : VOL Osaka Genève
Nous aimerions dormir le plus possible en ryokan pour être immergés dans la vie japonaise, encore mieux si wc privés et si onsen mixte possible. L'agence m'a conseillé l'hôtel pour Tokyo. Si on peut tout en restant dans le budget, le confort est le bienvenu (petit plus voyage de noces ;-)) Nous pensons prendre le JR pass pour 14 jours.
Je m'inquiète à savoir si seuls on saura se débrouiller et bien visiter? et bien se déplacer sans encombre et sans galèrer? un guide n'est pas nécessaire au moins pour Tokyo et Kyoto (en français pour le coup)? Et pour les transferts aux aéroports? J'ai vu qu'il y avait des transferts de bagages possibles pour voyager léger via l'agence qui m'a fait le premier devis pour certains trajets, est ce organisable par soi même?
Désolée, cela fait beaucoup de questions mais je ne sais pas trop comment faire et surtout si notre budget est réalisable car mon mari ne souhaite pas le dépasser. J'espère vous avoir déjà donné une bonne idée globale.
Merci à tous pour votre aide et vos conseils.
Nous sommes de jeunes mariés qui adorons les mangas animés et la cuisine japonaise. Nous aimerions partir pour notre voyage de noces au Japon en mai 2011 (du 7 au 21).
Je me suis fraîchement procurée le Lonely Planet Japon et ai démarché certaines agences pour des devis billets + hébergements (voyage en liberté sur mesure).
Nous avons un budget de 6 000 Euros tout compris et mon 1er devis est déjà à 5 000 Euros sans repas (sauf pdj Hotels à Tokyo et demi-pension pour 2 nuits dans certains ryokans), entrées aux temples et musées, dépenses perso...
Je me demande donc si nous pourrions tout organiser nous même afin de rester dans le budget... est ce trop tard? aurai je le temps de faire les réservations?
Pour l'anglais je me débrouille mais je ne pratique plus depuis 10 ans même si j'ai de bons restes des études... mon mari est plus immergé dans l'anglais au quotidien, mais c'est moi qui organise le voyage.
Voilà notre ébauche de programme pour les nuits, les visites en journée devant être définies sauf pour certains jours, je n'ai pas eu le temps de regarder en détails les visites recommandées (on sait juste déjà qu'on ira au musée Gibli!) :
07/05/11/sam : vol Genève Tokyo 08/05/11/dim : Tokyo 09/05/11/lun : Tokyo 10/05/11/mar : Tokyo 11/05/11/mer : Nuit à Tokyo mais visite de Nikko pour la journée 12/05/11/jeu : Mont Fuji avec nuit à Hakone dans un ryokan avec onsen 13/05/11/ven : Kyoto 14/05/11/sam : Kyoto 15/05/11/dim : Mont Kyoa avec nuit dans un temple 16/05/11/lun : Nara 17/05/11/mar : Kyoto 18/05/11/mer : Kyoto 19/05/11/jeu : Miyajima 20/05/11/ven : Osaka 21/05/11/sam : VOL Osaka Genève
Nous aimerions dormir le plus possible en ryokan pour être immergés dans la vie japonaise, encore mieux si wc privés et si onsen mixte possible. L'agence m'a conseillé l'hôtel pour Tokyo. Si on peut tout en restant dans le budget, le confort est le bienvenu (petit plus voyage de noces ;-)) Nous pensons prendre le JR pass pour 14 jours.
Je m'inquiète à savoir si seuls on saura se débrouiller et bien visiter? et bien se déplacer sans encombre et sans galèrer? un guide n'est pas nécessaire au moins pour Tokyo et Kyoto (en français pour le coup)? Et pour les transferts aux aéroports? J'ai vu qu'il y avait des transferts de bagages possibles pour voyager léger via l'agence qui m'a fait le premier devis pour certains trajets, est ce organisable par soi même?
Désolée, cela fait beaucoup de questions mais je ne sais pas trop comment faire et surtout si notre budget est réalisable car mon mari ne souhaite pas le dépasser. J'espère vous avoir déjà donné une bonne idée globale.
Merci à tous pour votre aide et vos conseils.
Alaska! English translation pending
Bonsoir à tous,
Voici le récit de notre voyage de cet été 2010 en Alaska.
Ce ne fut pas toujours un long fleuve tranquille!
Pour le récit illustré, cliquez ici
Bonne lecture!
ALASKA ! Enfin ! L’idée d’aller en Alaska nous turlupinait, Fred et moi, depuis longtemps. On n’avait cependant pas envie de survoler superficiellement cet immense état américain (le plus grand, 3X la France) On voulait le découvrir sous son aspect le plus sauvage, loin de la civilisation, loin des routes, au plus près de la nature. Pas facile en 3 semaines de vacances. Pas facile avec 3 enfants. Il nous a donc fallu attendre patiemment qu’ils grandissent, physiquement mais aussi dans leur tête, car nous nous doutions que le wilderness sous ces latitudes est vraiment très « wild ». Bref, nous (Marie, Fred, Caroline 17 ans, Arnaud 15 ans et Marion 14 ans) débarquons enfin à Anchorage ce 01/08/10 et récupérons nos 180 kg de bagages… 180 kg !? Oui, on prévoit de commencer par une semaine de camping itinérant en kayak de mer, suivie de 4 jours de descente en raft : tout ça nécessite un sacré fourbi, d’autant que nous emmenons notre canoë gonflable. Comme je me doute que notre résistance à la rude vie au grand air alaskan risque d’avoir ses limites, je choisis de terminer notre voyage par la location d’un camping car pendant 10 jours. Avec un tel programme nous n’allons découvrir qu’une infime partie de l’Alaska, à notre rythme. Ce sera l’occasion d’y retourner !
Cogitations/préparatifs Pour les prix, voir dans la partie budget à la fin VOL Pour le vol, rien de bien compliqué : Condor Airlines, filiale lowcost de Lufthansa, opère des vols directs pour Anchorage depuis Francfort. 2h30 de route de Nancy, aéroport très pratique. Bien que cher (presque 1000 euro A/R) on n’hésite pas longtemps devant l’attrait d’un vol direct et le prix de toute façon assez élevé aussi des vols avec escale (pb des retards, correspondances ratées, bagages perdus, passage de douane…) passant par les US ou le Canada. KAYAK DE MER On avait adoré notre virée en kayak au Groenland et bien envie de recommencer. Le but était de se balader dans des espaces vierges, sans trop d’humains, sans ferry, bateau de pêche, vedettes à moteur… Bref sans autre bruit que celui des cascades, du vent et de la mer, des animaux et du crépitement des glaçons mêlé aux craquements sinistres des glaciers.. Euh….j’avais oublié celui de…la pluie ! Après avoir comparé les mérites respectifs de Valdez, Seward, Homer et Whittier (dans tous ces endroits on trouve à louer des kayaks de mer), je choisissai finalement cette dernière. Whittier est un endroit absolument glauque, le pot de chambre de l’Alaska avec une pluviométrie record, mais c’est une bonne base de départ vers la partie ouest du PWS (Prince William Sound : gigantesque baie parsemée d’îles, située au SE d’Anchorage) qui est une zone très abritée de la houle océanique du fait de la présence de nombreuses îles. Bien sûr il y a des endroits avec plus de glaciers (Valdez), plus d’animaux (Seward), mais cette zone me parait réunir pas mal d’atouts : protégée de la houle, quelques glaciers, de bonnes chances d’y voir des animaux, pas trop de difficulté pour y bivouaquer (la forêt pluviale, exubérante vient souvent jusqu’à la limite de la haute mer) Après quelques échanges de mail, je retenai Epicchartesr (Brooke le patron n’a pas été avare d’informations sur le coin) pour louer les kayaks : 2 doubles+1 simple. S’éloigner de la civilisation a un coût certain en Alaska car l’absence de route sur la plus grande partie de cet état nécessite le recours à un avion, hydravion ou bateau. En l’occurrence c’est en « watertaxi » (toujours avec Epiccharters) que nous nous ferons déposer à environ 75 km au sud de Whittier (au-delà des zones de pêche), puis récupérer un peu plus loin une semaine plus tard. Pourquoi ne pas prendre un tour guidé ? Ben… parce que quand on ne peut compter que sur soi-même, les sensations sont décuplées !
RAFT C’est précisément pour éviter le coût non négligeable d’une dépose aérienne (à 5+ matos de camping+bateaux il faut 2 rotations car les coucous sont minuscules) que je choisissai finalement de descendre la Chulitna. Après avoir demandé des devis pour accéder à des rivières perdues dans le nord de l’état, je réalisais que, d’une part cela ferait exploser le budget, d’autre part cela nous demanderait d’y consacrer beaucoup de temps (il faut le temps de monter là-haut et d’en redescendre+journée de sécurité pour le vol de dépose, idem pour la reprise) 3 ou 4 jours me semblaient la bonne durée : assez longue pour bien entrer dans l’ambiance du trip, assez courte pour ne pas engendrer de monotonie. Les enfants voulaient que ça bouge un peu (on a été servi…) Je ne voulais pas d’une rivière trop près d’une route. Je ne voulais pas de portage. Je voulais enfin avoir la possibilité de voir des animaux et de beaux paysages. Je jetai donc mon dévolu sur la Chulitna pour laquelle le point de mise à l’eau est accessible par la George Parks Highway et qui après 77 miles passe – comme c’est pratique- dans le village de Talkeetna. La Chulitna passe dans la même vallée que la George Parks Highway, à une distance de plusieurs km si bien qu’on ne perçoit pas sa présence (sauf sur qq km au début où l’on entend un peu la circulation). En cas de problème il ne faut toutefois pas trop compter pouvoir rejoindre la route car le terrain est difficile : forêt impénétrable, marais, ravins… Elle longe sur son flanc est tout le massif du Denali, plus haut sommet d’Amérique du nord qui culmine à 6029m. Elle court ainsi dans une vallée glaciaire du nord vers le sud, recevant plusieurs affluents qui augmentent considérablement son débit (de 1 à 4 entre le début et la fin de notre parcours) Cette rivière étant classée II+ voir III en cas de fort débit, je préférai louer un raft plutôt que des canoës gonflables . (Bien m’en a pris, boudiou !) Craignant que les enfants ne s’ennuient sur le raft, je décidai d’amener notre canoé gonflable (super bonne idée) Je réservai donc un raft Aire de 15’chez Alaska Raft Connection (à Anchorage) dont le patron Brian est très réactif. J’ajoutai dans nos bagages une galerie gonflable Handyrack et des sangles car transporter un raft et ses avirons n’est pas une sinécure.
VOITURE Après plusieurs jours de recherche sur le net, je tombai enfin sur un tarif tout à fait raisonnable (pour l’Alaska hein !) pour la location d’un Dodge Grand Caravan chez Alamo. C’est fou, les prix vont de 1 à 5 ! Bien chercher avant de se décider donc. Pourquoi louer une voiture pour faire du kayak et du raft ?! Ben, pour les transferts pardi ! En fait, les transports en communs pour 5 sont + chers qu’une location et en plus impraticables avec tout notre fourbi. Pas le choix donc, même si ça fait râler de louer une voiture pour la laisser 7+4 jours au parking… Voiture quasi neuve, 12000 miles au compteur, récupérée en 5 minutes en arrivant à l’aéroport.
CAMPING CAR Bien moins cher à partir du 15 août, on a sauté sur l’occasion. On a donc loué pour 10 jours chez Great Alaskan Holidays un camping car de 25’, nécessaire et suffisant pour 5 personnes. On ne voulait pas plus grand afin de pouvoir rester relativement « agile »… Organisation parfaite, camping car étincelant. Il y a PLEIN de camping cars en Alaska et ça se comprend : on peut s’arrêter où on veut, en « pleine nature », en toute légalité (ce qui n’est pas le cas dans beaucoup d’autres états américains). Vu les distances, la rareté et le coût de l’hôtellerie, la qualité de la « restauration » tout-venant, c’est une solution qui serait presqu’idéale si ces bestiaux ne consommaient pas 25 l/100 km minimum (26 en ce qui nous concerne en roulant hypercool)
SECURITE Rassurez-vous je ne parle pas des Américains, en général vraiment sympas mais de la Nature et de ses Habitants. Prévoyant de nous balader dans des coins perdus, en bonne santé mais pas à l’abri d’une gamelle, crise d’appendicite - que sais-je encore - dans une nature réputée pour sa population d’ours (noir et grizzly) je préférai louer (chez Alaska raft Connexion toujours) un téléphone satellite et un bear spray (spray répulsif contre les ours) pour la partie kayak et raft. Je louai aussi (cette fois chez Epiccharters) une VHF (finalement inutile car il n’y avait pas un chat là où nous avons fait du kayak et la portée de cet appareil est très limitée) Enfin je décidai de fabriquer une « bear fence », clôture électrique anti-ours (destinée à entourer la tente), afin de pouvoir dormir un peu plus sereinement. J’ai trouvé tous les ingrédients en Europe (je ne voulais pas commander aux US à cause des frais de douane+dossier éventuels) Evidemment cet attirail ne dispense pas de respecter aussi scrupuleusement que possible les consignes pour éviter des rencontres trop rapprochées avec les ours. La rando en kayak se déroulant dans la Chugach National Forest, Epiccharters avait récupéré pour nous auprès du visitor center cinq boîtes anti-ours destinées à stocker la nourriture et les trucs odoriférants qui pourraient intéresser ces gourmands. Bien pratiques pour s’asseoir mais d’un volume insuffisant pour une semaine d’autonomie. Un peu encombrantes dans les kayaks même si heureusement elles tenaient verticalement entre nos jambes. Pas étanches, dommage.
Le voyage (Dim 01/08/10) Ouf, l’hôtesse de l’enregistrement ne moufte pas quand elle nous voit enregistrer 8 sacs pour 5 personnes. Depuis peu la franchise de bagages en soute est limitée à 1 sac de 23kg/personne mais comme les billets ont été achetés l’année dernière, nous bénéficions encore des 2X23kg. On décolle enfin avec 3h de retard (on s’est donc levé à 4h du mat pour rien…) 8h45 plus tard, après avoir survolé le Groenland puis (chance !) aperçu le Denali émergeant d’une mer de nuages, nous nous posons vers 14h à Anchorage. Il fait gris mais il ne pleut pas, environ 17°C. On récupère la voiture au terminal domestique en un clin d’œil et après nous être trompés d’adresse (j’avais noté l’adresse postale, ne nous énervons pas… une adorable commerçante nous a retrouvé la bonne adresse sur le net), on déniche enfin Alaska Raft Connection, dans un hangar près de Lake Hood juste à côté de l’aéroport pour récupérer le tél satellite et le bear spray. Le dépaysement est immédiat car ce lac sert en fait d’aérodrome pour les hydravions. Il y en a des centaines, garés sur l’eau ou sur les parkings. Si le trafic sur le gros aéroport parait modeste, ici, ça turbine ! Ce spectacle nous occupe bien en attendant que notre téléphone atterrisse ! Enfin, il arrive : une famille de Suédois (avec un garçon de 15 ans et une fille de 18 ans) vient de rentrer en hydravion d’une randonnée de plusieurs jours en raft sur la Talachulitna River. Ils ont attendu leur hydravion pendant plus de 24h à cause du mauvais temps et sont affamés. Ils ont eu de la pluie quasiment en permanence… On compatit… « I wouldn’t do it again » dit sobrement la maman. Bien, bien, bien… Je me rassure en me disant que la météo a l’air tout à fait correcte pour les jours à venir. Ils ont tout de même vu un ours, un lynx, des élans et pas mal de moustiques (ça m’inquiète un peu cette appréciation, surtout venant de Suédois !) Brian nous explique que le mois de juillet a battu tous les records de pluviométrie. Bon…ça ne peut que s’améliorer en août, pas vrai ? Bref, ils avaient 2 tél satellite (on n’est jamais trop prudent mais j’avoue que ça ne m’était pas venu à l’idée. Peut-être avaient-ils des impératifs professionnels ou familiaux nécessitant de fréquents appels) On récupère celui qui n’a pas servi et dont la batterie est pleine. Direction ensuite le Wal Mart pour les courses de bouffe et achat de gaz : on vide le rayon de ses 4 dernières petites cartouches. Enfin nous prenons la route en direction de Girdwood , petit village situé à environ 1h de route d’Anchorage en direction de Whittier, le long du Turnagain Arm, gigantesque bras de mer entre Anchorage et la Péninsule de Kenai. Le temps est bouché, je suis cuite, ça circule énormément, pas de photos. Il y a un monde fou sur cette route mais les chambres que j’ai réservées dans l’AJ de Girdwood : GABI (Girdwood Alaska Backpacker Inn) sont au calme sur l’arrière. A 20h après 26h de route/avion/courses/route, on s’écroule enfin !
En route vers Point Nowell (Prince William Sound PWS) Lu 02/08 Avec 10h de décalage horaire, on est réveillé à l’aube et ça tombe bien car on a RDV à 7h45 avec Epiccharters. Pas le temps de profiter de l’auberge, pourtant bien sympathique. On passe le tunnel (12$, circulation alternée sur une seule voie pour les voitures et le train) sans attente si bien qu’on a le temps de visiter Whittier et ses alentours (il n’y a que qq km de routes) Sous la pluie, dans le brouillard, on aperçoit notre premier aigle pêcheur, ravis. On se rend compte qu’avec la fatigue d’hier on a mal compté le nombre de jours de bouffe à acheter : du coup on rachète à prix d’or un ou deux paquets de nouilles à la petite épicerie du coin et on se laisse tenter par une machette/scie qui plait bien aux garçons. Quelle bonne idée ! Les kayaks nous attendent, parfaitement préparés, disposés sous un auvent (ça tombe bien il pleut toujours) juste en haut de la passerelle qui mène au ponton où est amarré le bateau. Matériel impeccable (2 Seda Tango et un Prijon Seayak ), rien ne manque. On récupère la VHF. Grand déballage de printemps, on retire tous les emballages inutiles, emballe tout ou presque dans des sacs étanches. Pas le temps de vérifier que ça rentre dans les kayaks, faudra bien ! Après avoir signé moult décharges, embarqué les kayaks sur le watertaxi, écouté comme dans l’avion les consignes de sécurité (difficile de ne pas sourire discrètement), c’est parti pour 1h30 de navigation tape-cul à fond avec les 2 moteurs de 200 CV. Le GPS indique 55 km/h. Faites le calcul… Sur le trajet on ne voit pas grand-chose, brouillard… On arrive un peu groggy sur la plage (de galets hein !) de Point Nowell : en un clin d’œil nous voilà débarqués avec armes et bagages. « Enjoy ! » nous lance Brooke puis le bateau disparait très vite dans le brouillard. Bon ben, ‘y a plus qu’à ! Le tour du propriétaire est vite fait : la plage fait 300 m de long, 30 de large (3 à marée haute), au-delà la côte est faire de rochers infranchissables. Sur toute sa longueur elle est bordée d’une épaisse forêt pluviale. Seul 2 ou 3 endroits permettent de planter une tente à sa lisière. On choisit le plus plat, juste suffisant pour notre tente de 6 personnes. On n’y voit pas à 10 m dans cette forêt et moi qui depuis des mois lis tous les jours des histoires d’ours, je n’en mène pas large ! Les autres me prennent pour une parano, à jeter sans arrêt des coups d’oeil dans tous les coins. En plus il y a des crottes d’ours un peu partout ! Très vite, on retrouve nos habitudes de bivouac en famille : Caroline et moi montons la tente tandis qu’Arnaud et Marion ramassent du bois pour faire un feu (heureusement il y a plein de bois flotté, pas besoin d’aller farfouiller dans cette forêt touffue pleine d’ours) et Fred se lance dans la popote. Repus, crevés par le voyage et le décalage horaire, nous décidons à l’unanimité de ne pas bouger aujourd’hui et les enfants et moi filons faire la sieste tandis que Fred, fidèle à son habitude, s’oblige à adopter de suite les bons horaires. Bien lui en a pris car un peu plus tard il nous appelle : 2 ou 3 baleines croisent à quelques centaines de mètres, on entend même leur souffle, chouette ! Après cette digression, on resombre dans le coma et on n’émerge que pour le repas du soir. Il fait très bon, pas de vent, pas de moustique à ma grande surprise, pas vu d’ours non plus pour le moment. Tiens, un lion de mer vient nous rendre une petite visite. Pas fait de photo vu le manque de lumière, persuadée qu’on en verrait d’autres après : mais nan ! J’insiste pour attacher la bouffe en hauteur ; pas facile de trouver un endroit propice. Ce serait ballot de se faire piquer la bouffe dès le 1er jour ! Depuis, j’ai vu des vidéos qui m’ont convaincue qu’un ours noir est capable d’acrobaties auxquelles notre installation n’aurait pas résisté longtemps… Nuit pas vraiment réparatrice du fait du décalage horaire et du sentiment de claustrophobie généré par cette épaisse forêt qui nous entoure. De plus il y a eu un bourdonnement continuel de bateaux à moteur qui ne s’est interrompu qu’au milieu de la nuit. La mer est très calme, bordée de côtes montagneuses et le bruit porte très loin.
Vers Ewan Bay (Ma 03/08) On se lève avec le jour et le soleil nous gratifie d’un magnifique spectacle ! Quel silence, les pêcheurs sont au lit ! On profite de la chaleur du soleil pour faire sécher la tente, la lumière est incroyable. On a bien fait de se lever tôt car à 6h30 le soleil disparait. C’est tout pour aujourd’hui ! J’inaugure le sac étanche Ewa Marine pour l’appareil photo. J’ai comme objectif un 24-105 mais dans ce sac je ne peux que déclencher : impossible de zoomer, toutes les photos sont donc prises au 24 mm, ni de régler quoi que ce soit. De plus il faut de la persévérance pour réussir à appuyer sur le déclencheur à travers cet épais plastique. Enfin il faut plusieurs minutes pour entrer/sortir l’appareil photo du sac. Seule qualité du bazar : c’est vraiment étanche ( a trempé pendant des jours dans l’eau stagnant dans la jupe). Si c’était à refaire j’achèterais plutôt un compact étanche. Je suis très déçue par la qualité des photos, souvent « voilées » par la partie en verre qui recouvre l’objectif qu’on ne peut pas garder propre (embruns, pluie). Le fait de ne pas pouvoir zoomer est évidemment très gênant. Pour le caméscope Fred utilise un caisson étanche qui l’autorise à utiliser toutes les fonctions du cam mais il a de gros problèmes de condensation, malgré l’utilisation de silicagel. On est sur l’eau à 7h15, pas mal ! Après une bonne heure de pagaie nous approchons de Junction Island où Brooke nous a indiqué une colonie de phoques. En effet, jusqu’ici nous avions croisé quelques phoques épars mais sitôt viré un premier caillou, c’est la débandade ! Il y en a partout, des dizaines. Certains disparaissent discrètement sous l’eau sans un frémissement tandis que d’autres manifestent leur mécontentement d’être ainsi dérangés par de violents coups de reins avant de plonger. Ils s’éloignent d’une vingtaine de mètres tout au plus et-curieux- nous observent attentivement. Trop mignons s’exclament les enfants. Oh les bonnes têtes, regarde çui-là ! Et là derrière, il nous suit ! Bref, un régal. On débarque sur « leur plage » jonchée de crottes de phoques (je vous passe les détails mais ça p… autant que des crottes d’oiseaux) Ils sont là tout autour de l’île à nous observer patiemment. Dès que nous réembarquons, ils reprennent possession de leur territoire : bon débarras les perturbateurs ! (à notre décharge, il nous fallait ajuster les cales-pieds…) Nous longeons ensuite la côte ouest de Chenega Island, et c’est un régal. On se faufile entre la côte et une multitude d’îlots touffus qui donnent l’air de déborder de végétation. Malgré le ciel couvert, l’eau vert émeraude contraste avec le jaune des algues et le vert profond des forêts. A cet endroit la côte est particulièrement découpée et c’est une surprise renouvelée au détour de chaque îlot ou de chaque baie. Nous qui sommes plutôt des voileux apprécions vraiment de pouvoir jouer au rase-cailloux sans souci de tirant d’eau. Encore plus mignonnes que les phoques, les loutres égaient notre journée. Plus on va vers le sud, plus elles sont nombreuses. On rencontre plein de mamans qui font la planche avec leur petit sur le ventre. Parfois elles rêvassent ou elles dorment et on peut s’en approcher à quelques mètres puis, surprises, elles s’enfoncent dans les flots après un petit sursaut. Brooke m’a indiqué au fond de Ewan Bay la présence d’une cascade d’eau salée. Lors du gros tremblement de terre de 1964, un décalage est apparu entre une toute petite crique et le reste de la baie si bien qu’à certaines heures de la marée cette crique se vide par une cascade d’eau de mer ce qui crée une mousse identique à celle générée par une tempête. Nous nous dirigeons donc vers le fond d’Ewan Bay quand il se met à pleuvoir. Après cette première matinée de pagayage on en a plein les bras et on décide de se trouver d’abord un endroit pour la nuit car les opportunités sont plutôt rares. Miraculeusement on trouve un endroit que Brooke nous avait indiqué, sur une petite île dans un endroit relativement dégagé qui me plait infiniment plus que notre emplacement d’hier. Ici, ni trace ni crotte d’ours. Comme hier, il n’y a pas de ruisseau à proximité mais nous avons 2 bidons de 15 litres donc une autonomie d’au moins 3 ou 4 jours. Une fois la tente montée, il pleut de plus belle et nous préférons remettre au lendemain la visite de la cascade, située à 2 ou 3 km. Fred s’installe pour faire à manger : rien à faire, le réchaud (Primus Omnifuel ) ne veut pas démarrer ! Lui qui avait fonctionné comme une horloge au Groenland refuse obstinément de s’allumer alors que j’ai choisi cette fois d’utiliser du gaz plutôt que de l’essence car cela pose théoriquement moins de problème. Hier il a marché au poil… Gros coup de stress : nous voilà bien avec nos kilos de pâtes et de riz prévus pour toute la semaine. Bien sûr on a un téléphone satellite et la possibilité de nous faire récupérer par Epiccharters mais ce serait trop la honte, dès le 2ème jour ! Pas question ! « On va faire un feu, histoire de conjurer le sort ! Ca va faire marcher le réchaud ! » Ben voyons… Fred le démonte et le remonte X fois de A à Z, je tente aussi ma chance, des fois que… Niet ! Il pleut toujours : on se dépêche de ramasser bois et brindilles encore pas trop mouillés pour allumer le feu, tandis que Fred autopsie encore le réchaud. Quelle bonne idée on a eu d’acheter cette machette à Whittier ! On envisage la possibilité de cuisiner midi et soir au feu de bois mais s’il continue à pleuvoir ainsi, ça va être impossible sans allume feu. M…. de m… Quelle c… de ne pas avoir pris un 2ème réchaud ! C’est quand même le B.A.BA quand on va dans un coin perdu ! Du coup on n’a même plus faim, sauf les enfants ! Alors que le feu démarre enfin nous percevons soudain un ronflement puissant : ça marche ! Enfin si on peut dire : jouant le tout pour le tout, Fred a élargi le trou de la buse et la flamme ressemble maintenant à celle de la fusée Ariane mais elle se maintient. Ouf, sauvés ! Il consomme certainement plus mais on a prévu large en gaz. Aujourd’hui nous n’avons ni vu ni entendu le moindre bateau !
Vers Gaamak Cove (Me 04/08) Il pleut toute la nuit et au petit matin nous réalisons que nous avons douillettement dormi sur un lit de tourbe à présent totalement imbibée d’eau. Heureusement la tente est bien étanche. Après cogitation nocturne, je réalise que ce matin la marée n’est pas propice pour voir la cascade. Tant pis on laisse tomber d’autant plus que je ne sais pas trop où nous pourrons trouver à bivouaquer pour la prochaine étape. La carte mentionne bien un bivouac au sud de Jackpot Bay mais Brooke a l’air de douter de son existence. Nous replions le camp sous une pluie persistante et c’est reparti ! On se faufile le long de la côte, toujours au plus près des rochers, croisant des dizaines de loutres. On ne se les signale même plus, elles sont devenues banales. Idem pour les aigles pêcheurs, très faciles à repérer avec leur tête blanche. Moins banal cet ours noir que l’on aperçoit s’enfuyant dans une zone herbeuse, pour une fois non envahie par la forêt. Je pense que nous l’avons effrayé, ce qui nous rassure, ainsi que sa petite taille. On dirait un gros chien s’exclament les enfants. Oui, disons un gros terre neuve, c’est vrai. Un peu plus loin, nous remarquons un arbre qui se balance en cadence alors qu’il n’y a pas la moindre brise : un ours noir y est grimpé et ne nous a pas vus, il a l’air de bien s’amuser. Nous l’observons quelques dizaines de secondes puis il disparait dans la forêt. A présent il pleut des cordes et ça dégouline de partout : des cascades éphémères, qui pour certaines ont un débit impressionnant. Elles se succèdent tout au long de la côte alors qu’hier, avant la pluie, nous n’en avons pas vu une seule. Bien que la visibilité soit des plus réduites, nous reconnaissons bientôt nos premiers icebergs. Plus nous avançons vers le sud, plus ils sont nombreux. Ils ont l’air de fondre à toute vitesse. Comme je le craignais le bivouac espéré et indiqué sur la carte au sud de Jackpot Bay n’existe pas. Il y a bien une grande plage de galets mais la forêt occupe tout l’espace jusqu’à la mer. Ca fait déjà quelques heures que l’on pagaie sous la flotte, les garçons sont trempés, on débarque en vain en plusieurs autres endroits sans succès. Pas le moindre recoin pour la tente. Bon, ben, Gaamak Cove est à 8 km, on en a pour 2 heures, allons-y, ça va nous réchauffer. Le vent se lève, de face bien sûr et on utilise au mieux les reliefs de la côte pour s’en abriter, pas toujours possible. Heureusement avec cette pluie (positivons) il reste faible. On arrive enfin en vue du bivouac, situé sur une île reliée au continent par un isthme étroit à marée basse. Les craquements du glacier (situé au-delà) sont de plus en plus intenses. On adore ! Nous sommes accueillis par les cris de centaines de mouettes. Une cascade magnifique tombe de la falaise où se trouve la colonie d’oiseaux. Il pleut des cordes, on ne passe pas tout près (rappelez-vous que je n’ai que mon 24 mm), ça manque de lumière, j’en ai plein les pattes : je ferai une belle photo demain... Ce bivouac est du tonnerre ! Pas étonnant qu’il ait l’air relativement fréquenté : l’herbe est « usée ». Tiens, il y a plein de traces et de crottes d’ours partout, hum ! Du bout du pied, en tâtonnant, on se choisit l’endroit qui fait le moins sploutch quand on prend appui. La vue est dégagée, il y a de l’espace pour se promener un peu et on est au milieu des fleurs et des glaçons. Ne manque que le soleil ou au moins l’absence de pluie (à la longue, on devient moins exigeant) On monte le tarp pour se changer. Alors que nous portons des combinaisons théoriquement étanches et respirantes, Fred et Arnaud sont trempés jusqu’à l’os (Fred a une vieille combin’ Helly Hansen et Arnaud une combin’ Rasdex comme Marion mais moins imperméable, pourquoi ?), Marion a les épaules humides et Caroline et moi sommes sèches (c’est nous 2 qui avons les combin’ les plus simples et les moins chères pourtant, des Typhoon Racer drysuits) Ce serait bien que la pluie cesse un jour afin de pouvoir un peu faire sécher le matériel. A la longue, l’humidité commence à s’infiltrer un peu partout. Heureusement la tente est bien ventilée mais il est pourtant impossible avec cette humidité ambiante d’y faire sécher quoi que ce soit. On verra bien demain. Pas de feu ce soir, tout est absolument détrempé ! Comme on a bien avancé (20 km à vol d’oiseau sous la flotte) on décide de rester là 2 nuits. Il n’y a en ligne directe qu’une trentaine de km entre l’endroit où on s’est fait déposer et celui où nous allons être récupérés. Le but n’est pas d’aligner les km mais de découvrir cette région tranquillement à notre rythme en explorant criques et baies. Les américains ont d’ailleurs pour habitude de se faire déposer avec tout le confort moderne (glacière, bières, barbecue, grande tente moustiquaire, fauteuils…) dans un endroit sympa et de rayonner à partir de là. Compte-tenu des aléas météorologiques, je ne voulais pas d’un parcours trop ambitieux qui nous aurait obligés à forcer ou à prendre des risques pour être au RDV à la fin de la semaine.
Gaamak Cove-Nassau Fjord-Chenega Glacier (Je 05/08) Il a plu toute la nuit, pfff… Enfin, la pluie finit par s’arrêter en début de matinée, il était temps. Le moral remonte avec le baromètre : on va peut-être enfin découvrir les sommets qui nous entourent ? On profite de l’accalmie pour « recharger les batteries » : une grande opération séchage est décrétée mais pour cela, à défaut de soleil, il nous faut un bon feu. Il n’a pas fallu moins de 1h30 à Fred, armé de son réchaud supersonique, pour obtenir enfin un vrai bon feu qui chauffe. Pendant ce temps-là on se disperse tous azimuts en chantant « promenons-nous dans les bois… « (enfin, surtout moi) pour trouver du bois. C’est moins facile qu’ailleurs car l’endroit est régulièrement fréquenté. Inutile de dire que le bois est trempé. C’est alors que je réalise que ma belle cascade au débit si impressionnant est désormais réduite à un mince filet d’eau insignifiant. Flûte ! Je comprends aussi que le ruisseau tout proche repéré hier et auquel je comptais refaire le plein doit lui aussi se réduire de minute en minute : en effet, il n’y coule plus que quelques gouttes d’une eau teintée de tourbe. J’y recueille péniblement quelques décilitres puis abandonne. On a encore quelques litres en réserve. En début d’après-midi le temps se lève et on aperçoit du ciel bleu : en route donc pour explorer Nassau fjord, tout proche, où se jette le Chenega glacier. On n’oublie pas de prendre les bidons, fermement décidé à trouver enfin de l’eau. C’est marée haute et on peut donc prendre le petit raccourci au milieu des glaçons. On profite de l’étale pour remonter le fjord, sans oser s’approcher trop près du glacier. Nous en sommes là à 2 km d’après le GPS et ça nous semble bien suffisant. Nous dérangeons quelques phoques vautrés sur les icebergs. On va faire le plein dans ce petit chenal où on a enfin dégoté une cascade relativement accessible où on peut remplir un bidon sans se faire doucher en même temps. Puis le courant s’inverse et nous nous retrouvons sur un véritable tapis roulant d’icebergs qui nous emmène lentement mais sûrement vers notre bivouac. En plus on a un peu de vent dans le dos. Cool ! D’autant plus que le soleil arrive ENFIN. Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ! Ca fait du bieeeeeeeennnnnnnnn ! Ohhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ! Que c’est bôôôôôôôô ! Non ! Caroline ne s’est pas transformée en Shiva. Elle a simplement récupéré la pagaie perdue par Fred, tout absorbé qu’il était par le maniement du caméscope qui avec la chaleur du soleil se remplit de buée ! Petit arrêt Twix au soleil, mmmmhhhh ! On fait le tour de notre îlot pour aller voir cette colonie d’oiseaux de plus près. Ils sont des centaines à virevolter au-dessus de nos têtes par vagues coordonnées. Curieusement et à notre grande satisfaction, nous ne recevrons aucun « cadeau » On approche les nids de tout près (heureusement, avec l’objectif que j’ai…), il n’y a pas de houle et on est vraiment au pied de la falaise. Je fais plein de photos, espérant en avoir quelques unes qui soient nettes vu que je ne peux pas régler la vitesse. On quitte finalement cette colonie assourdissante pour pagayer vers notre bivouac situé juste au-dessus de la plage sur laquelle j’aperçois soudain… un ours noir, encore un ! Il déambule tranquillement, totalement indifférent à notre présence, pourtant c’est sûr il a du nous voir, nous sommes à 150 m tout au plus. Youpi !! M….. ! Full card !!! Ma carte mémoire est pleine de photos d’oiseaux floues ! Pas trop de regret tout de même car on est trop loin pour le 24 mm et on ne veut pas s’approcher de peur de faire fuir la bestiole. Fred « l’attrape » au caméscope. Il prend son temps, zigzague, renifle, gratouille le sable et parcourt finalement toute la plage d’un bout à l’autre pour traverser le petit chenal avant d’aller longuement inspecter une zone herbeuse sur « le continent » où on l’observe encore un bon moment avant qu’il ne disparaisse. On est tout content de cette apparition mais aussi un peu inquiet car, en gros, vu sa trajectoire, il venait sans doute de notre campement. Dans quel état allons-nous le retrouver ? Intact ! Il faut dire que la bouffe est dans des sacs ou bidons étanches ce qui doit limiter les odeurs. On avait aussi allumé la clôture électrique qui protège la tente, pas envie de se retrouver « à la rue » avec ce climat ! Ouf ! Quelle journée ! Le glacier, les icebergs, les oiseaux et pour finir cet ours et tout ça avec du soleil ! La fin d’après-midi se passe à buller au soleil. Pour une fois il y a quelques mouches et moustiques si peu nombreux que Fred néglige de mettre du produit anti-moustiques. Il le paiera cher avec l’apparition, curieusement quelques jours plus tard, de dizaines de piqûres douloureuses dans le dos, sur les jambes et les bras. On découvre émerveillé le paysage qui nous entoure, c’est grandiose et poétique en même temps. Arnaud et Marion fourbissent leurs armes (des bâtons taillés en pointe) pour les chamallows grillés de ce soir. Avons-nous été repérés à cause de l’épaisse fumée générée par notre feu de bois mouillé ? Vers 20h30, nous voyons arriver 3 kayakistes dans « notre baie », scrogneugneu. Très vite, nous somme rassurés, ils doivent être aussi sauvages que nous car ils vont s’installer sur le continent, précisément là où l’ours avait longuement reniflé l’herbe avant de disparaitre. Faut-il les prévenir ? Bah, de toute façon tout le monde ici sait qu’il y a des ours : le coin est jonché de traces et crottes. Ce sont des grands garçons, laissons les tranquilles. Très bonne nuit sans pluie !
Vers Dual Head (Ve 06/08) Il fait « beau », c’est-à-dire qu’il ne pleut pas mais il n’y a pas de soleil. Au moment où nous chargeons les kayaks, un de nos voisins vient nous dire bonjour (c’est marée basse et le chenal est à sec) Ils ont eu ce matin la visite de l’ours qui heureusement s’est révélé » très timide ». Il nous demande des infos sur la quantité de glace dans le Nassau Fjord où ils comptent aller aujourd’hui. Apparemment l’endroit a l’air assez piégeux : Brooke nous avait d’ailleurs déconseillé d’y bivouaquer car selon le vent et le courant il arrive que l’on puisse y rester bloqué par la glace. Ils se sont fait déposer sur Knight Island et se feront récupérer dans quelques jours à Point Nowell. Aujourd’hui nous avons une courte étape jusqu’à Dual Head, lieu de RDV pour notre « pick-up ». Nous allons y passer 2 nuits ce qui nous permettra d’explorer un peu les environs. Les rencontres avec des baleines y sont parait-il fréquentes… je lève le suspense de suite : on n’en verra pas malgré la fréquentation d’Orca Cove et de Whale Bay. On aurait peut-être du aller jusqu’à Humpback Cove ou Mink Cove ! Faut dire que vu la pluie qui s’est remise à tomber dès midi on n’a pas été très courageux et on a passé l’après-midi au coin du feu. On est si bien sur notre petite presqu’île perso. Pas de place à Dual Head ! La foule du mois d’août sans doute : il y a 3 tentes et plus de place. Heureusement qu’on a trouvé ce petit lopin un peu plus loin. Comme personne ne vient jamais là, il y a plein de bois. Ca tombe bien Arnaud a entrepris de défricher l’Alaska. Il y a du boulot ! Un peu glissantes ces boîtes à ours !
Dual Head. Orca Cove (Sa 07/08) Ce matin il y a dans la tente une luminosité tout-à-fait inhabituelle qui me fait me lever d’un bond! Mais wouihhh il y a du soleil ! Quelques nuages aussi d’ailleurs et c’est tant mieux ! Nan ? C’est marée basse et notre périmètre d’action passe donc de 50 à 500 mètres. La forêt en arrière plan est comme d’habitude absolument impénétrable et on ne peut que longer la mer si le relief le permet. En l’occurrence je repère une belle cascade et en profite pour un récurage complet avant le retour demain à la civilisation ! Ah, ça fait du bien et ça me fait un alibi pour ne pas participer au ramassage des ridicules petites moules (en Amérique tout est grand sauf les moules) avec lesquelles Fred compte améliorer l’ordinaire (rappelez-vous notre erreur de calcul en faisant les courses) Au fil de la matinée, le soleil finit par s’imposer et nous en profitons pour à nouveau jouer les fées du logis. Marion bouquine, Arnaud continue de défricher, tandis que Caroline perd notre 10ème et dernier leurre. J’avais bien dit que le fil était trop fin pour les gros poissons d‘Alaska mais Fred avait décrété qu’on verrait bien. Comme je n’aime ni pêcher, ni tuer, ni nettoyer les poissons, je n’ai pas insisté. On a bien vu ! Il y a maintenant une dizaine de pauvres poissons qui se baladent avec un piercing. Festin de moules à midi, bravo Fred, elles sont petites mais excellentes ! Après ça, nous partons pour un ultime tour en kayak vers Orca Cove. J’adore me faufiler dans ces petites criques où on a l’impression de naviguer dans une prairie. On arrive enfin au fond de la baie d’Orca Cove et on y découvre une belle rivière pleine de saumons. Ca frétille de partout là-dedans. L’herbe des berges est toute aplatie et il y a plein de crottes d’ours partout. A moitié rassuré on remonte un peu la rivière puis la végétation s’épaissit et on préfère faire demi-tour. Un superbe aigle-pêcheur surveille nos allées et venues. L’eau est peu profonde, on n’a plus qu’un maigre paquet de nouilles pour ce soir, c’en est trop, Fred n’y résiste pas ! Sus aux saumons ! On peut réellement parler de pêche sportive, même si elle n’est pas très élégante…. Ames sensibles, abstenez-vous de regarder cette vidéo ! L’aigle d’ailleurs s’est envolé à tire d’aile ! En vue du camp, la pluie se remet à tomber : on devient d’autant plus philosophe que le camp est déjà installé. Dans la soirée on voit passer 2 kayakistes avec lesquels nous échangeons quelques mots : ils nous avertissent de l’arrivée de vents forts pour demain après-midi et nous les rassurons en leur disant que nous rentrons en water taxi demain matin. Eux prévoient de pagayer jusqu’à Whittier en une dizaine de jours. Ils sont venus avec le ferry Kennicott qui dessert Chenega Bay sur Ewans Island. C’est une solution bien plus économique que le water taxi mais les dates du ferry (voir le site de Alaska Ferry Adventures) ne nous convenaient pas. Pas envie non plus de pagayer près de Whittier, au milieu des bateaux à moteur. Nous sommes bien contents d’échapper à cette tempête : au total on n’aura pratiquement jamais eu ni vent ni la moindre houle, des conditions idéales pour le kayak si on fait abstraction de la pluie ! Je profite du téléphone satellite pour prévenir Epiccharter de notre position puisque nous ne sommes pas tout à fait au lieu de RDV prévu. Heureusement l’endroit est tout à fait propice pour beacher le bateau. Nous passons la soirée à alimenter un feu d’enfer avec tout ce qu’Arnaud a coupé. Dernière séance chamallows grillés, sous la pluie.
Retour à la civilisation (Di 08/08) A 9h pile, le bateau d’Epiccharters accoste et nous embarquons – sous la pluie et dans le brouillard. 2h plus tard, nous débarquons, réglons le solde de la location+transferts (ils nous font une remise de 100$ car « tout s’est bien passé ». Je crois qu’ils étaient un peu inquiets. Ils nous ont dit que c’était rare que des européens s’aventurent ainsi sans guide) et renonçons à la randonnée vers Portage Pass, que j’avais envisagée car…il pleut et le ciel est bien bas. Nous repassons par le tunnel pour aller jusqu’à Girdwood et son AJ, dans le jardin de laquelle nous mettons à sécher tente, duvets et combinaisons (mais oui, il ne pleut plus !) puis nous passons une paire d’heures à regarder les pêcheurs de la rivière voisine. On a l’impression que certains attrapent plusieurs fois le même poisson, qu’ils relâchent à chaque fois ! Une sorte de contrat entre le poisson qui gagne un ver ( ?) à chaque fois et le pêcheur qui satisfait son ego ! Bonne douche ramollissante puis grosse lessive à Girdwood, nous sommes fin prêts pour la suite de nos aventures.
Vers Talkeetna (Lun 09/08) Ca souffle très fort ce matin sur le Turnagain Arm, on est bien content de ne pas être dans nos kayaks… Après un ravitaillement au Wal Mart (où nous achetons un 2ème réchaud Coleman et des cartouches Coleman, il n’y a plus de cartouches pour le Primus…), nous arrivons chez Alaska Raft Connection en fin de matinée. Il ne nous faut pas moins de 1h30 pour réussir à charger la voiture : après différents essais, on met les avirons et 3 sacs sur le toit et le raft et les autres sacs à l’intérieur. On laisse 2 sacs pleins d’affaires inutiles chez Brian. La route vers Talkeetna est facile mais monotone, entre deux rangées d’épinettes (faut dire que vu le temps on ne voit rien mais je ne suis pas sûre qu’il y ait grand-chose à voir !) : il nous faut un peu plus de 3h car il y a des travaux. J’ai réservé la Little Cabin in the Back de la Talkeetna Roadhouse. On y arrive en milieu d’après-midi ce qui nous laisse le temps d’aller repérer l’endroit le plus propice pour notre arrivée en raft (facile, il n’y en a qu’un) et de préparer notre matériel. C’est alors que Fred réalise que les cartouches Coleman ne vont pas sur le réchaud Coleman !! Enfer et damnation ! Pas de panique, Talkeetna est la ville qui sert de point de départ pour les ascensions du Denali, on va forcément trouver ce qu’il nous faut… Bah non, le village, pas bien grand et très touristique compte plusieurs mignonnes petites boutiques mais on n’y trouve que des « souvenirs » et rien de vraiment utile. Pas plus de chance à la groceries. Tout le monde est vraiment désolé, farfouille un peu partout, en vain. Grmbl ! Je prends la voiture pour retourner à la jonction avec la Parks Highway (14 miles X2) où se trouve un supermarché : ils explorent leurs stocks de fond en comble, rien, que des cartouches identiques à celles qu’on a et qui ne vont pas ! Impossible de partir sans gaz d’autant que la météo prévoit un temps pourri pour les 3 prochains jours. Je suis d’ailleurs un peu inquiète quant au niveau de la rivière. C’est alors que je me rappelle que Tom Waite de Denali Overland, qui doit nous véhiculer jusqu’au départ de notre parcours en raft m’avait écrit qu’il était un ancien guide de raft. Peut-être a-t-il du matos outdoor ? Je l’appelle et 5 mn plus tard il arrive avec les cartouches tant espérées : on est sauvé ! J’en profite pour lui demander ce qu’il pense de la rivière. Il me dit l’avoir descendue la semaine dernière et que c’était « nice ». Ce qui me chiffonne un peu est qu’il ne semble pas avoir connaissance du logjam (amoncellement d’arbres) qui bloque la rivière au mile 3,1 (J’ai eu cette info sur Alaska Outdoors Forums et elle est toute fraiche -moins de 2 semaines) Bizarre… Peut-être quelqu’un a-t-il récemment dégagé cet obstacle finalement (sur le forum précité quelqu’un avait parlé de dynamiter le tas de bois, un autre voulait l’attaquer à la tronçonneuse !) Très sympa cette Roadhouse, assez dans son jus, avec plein de photos accrochées un peu partout aux murs des différentes expéditions vers le Denali, des revues du National Geographic plus vieilles que moi, un vieux piano désaccordé et une cuisine roborative et bon marché qui attire une clientèle d’habitués assez haute en couleur. La Little Cabin est tout en rondins, très douillette mais il faut faire quelques pas pour les sanitaires qui sont dans la maison principale.
En route vers East Fork of the Chulitna RAFT J1 (Ma 10/08) A 9h00 comme prévu, Bill, le collègue de Tom nous emmène dans son gros van au départ de la descente en raft, 80 miles et 1h20. Il nous faudra 3 ou 4 jours pour redescendre. Je sens qu’il est inquiet, il nous demande si on a déjà fait du raft, si on a un téléphone satellite, des allumettes, quel jour on compte arriver, etc.…. C’est là qu’on comprend qu’on ne part pas pour une balade de santé…. Bref, nous arrivons enfin au bord de la rivière, aux environs du mile 185 de la George Parks Highway et il nous fait ses adieux. Inutile de préciser qu’il pleut toujours : on commence donc par monter le tarp pour casser une petite croûte et mettre nos combinaisons sèches (façon de parler, hum !) On gonfle le raft et le canoë, on met le matériel dans le raft et c’est parti pour 77 miles (123 km) : Arnaud et Caroline dans le canoë, Fred, Marion et moi dans le raft. J’ai lu partout que c’était les 7 premiers miles les plus amusants, ceux que l’ont effectue sur East Fork of the Chulitna, qui n’est pas une rivière glaciaire (donc théoriquement limpide, sans limon) et qu’il faut prendre son temps pour la déguster. En effet, Caroline et Arnaud se sont bien amusés avec le canoë mais en raft, quelle galère ! La rivière est en fait trop étroite par rapport à la largeur du raft et de ses avirons, si bien qu’on est le jouet des flots, gonflés par la pluie qui dure depuis plusieurs jours, ce qui donne le sentiment d’être une bille dans un flipper. On se fait violemment projeter de rocher en tronc d’arbre sans pouvoir y faire grand-chose. On n’en mène pas large d’autant plus que je guette ce fameux barrage de bois. Heureusement je sais qu’en étant attentif on l’aperçoit à temps et qu’il est facile à contourner. En effet, nous le passons facilement en tirant le raft sur les galets ronds pendant une trentaine de mètres. Je réalise alors que Tom n’a pas descendu récemment cette partie de la rivière…. Bon… bah, on verra bien. Après l’obstacle, Marion préfère embarquer sur le canoë tellement on est balloté sur le raft. On parcourt encore quelques miles jusqu’à la jonction avec West Fork of the Chulitna : à partir de là, le débit double et ça devrait aller mieux. On essaie de positiver même si avec la pluie et le ciel bouché, on a un peu de mal !
Chulitna RAFT J2 (Me 11/08) Pluie…. Quel dommage, on passe entre des falaises ocre sur lesquelles un rayon de soleil serait du plus bel effet. Idem pour une partie en canyon…. On se débrouille mieux, la rivière étant plus large, mais on se fait tout de même une belle frayeur en se faisant drosser contre une paroi rocheuse. Le raft prend de la gîte, pas plus de 45°C, ça dure quelques secondes puis nous nous échappons. Le raft est autovideur, heureusement ! Marion est revenue dans le raft car le canoë est plus difficile à manœuvrer à 3. On avance vite car le courant est puissant : le GPS nous indique à un moment 14,8 km/h sans donner un coup d’aviron. Fred, aux avirons, et les grands dans le canoë n’ont pas froid mais Marion et moi, inactives, sommes obligées de faire de grands moulinets avec les bras pour nous réchauffer, ce qui ne manque pas de susciter quelques fous rires et par la suite d’engendrer quelques courbatures ! Il faut dire qu’en plus de la pluie on a maintenant le vent dans le nez. Dire que j’ai choisi cette rivière pour ses paysages ! Le plafond nuageux est à 100m ! A part quelques aigles et canards, pas le moindre animal à l’horizon (bouché il est vrai) Avec ce temps le paysage est absolument lugubre : la rivière s’étale sur plusieurs centaines de mètres et se divise en différents bras qui se faufilent entre des gravières grisâtres. L’eau est chargée de limon si bien qu’il est impossible de détecter la présence de rochers ou de hauts-fonds. Le lit de la rivière est jonché de souches d’arbres immenses que nous avons parfois bien du mal à éviter. Certains dérivent parfois au fil de l’eau. Le niveau de la Chulitna est si haut qu’il faut prendre garde de ne pas se laisser embarquer dans une veine qui passe carrément dans des forêts denses de saules. Vive les vacances ! Je voulais du wild, on est servi ! Après 30 miles parcourus à un train d’enfer, on pose le camp à la jonction avec Fountain River. De mieux en mieux : le brouillard tombe, tout baigne ! Fred, qui en vraiment plein les biscottos (manier un raft est bien plus physique qu’un kayak ou un canoë !) trouve comme d’habitude le courage de nous préparer un bon repas qui a pour vertu de remonter le moral des troupes. Un bon petit feu, quelques chamallows, une tente douillette et ça va mieux !
Chulitna RAFT J3 (JE 12/08) C’est le pompon ! Il y a un brouillard à couper au couteau à tel point qu’on a peur de se perdre de vue d’un bateau à l’autre. A part ça, il pleut mais ça c’est normal… On est à peu près à mi-chemin, il reste une quarantaine de miles… La rivière s’élargit de plus en plus et on a du mal à choisir notre route entre les multiples bras : on fait ça à l’instinct puisqu’on n’y voit pas à 50 m. On reste dans la veine du courant le plus fort et ça marche bien jusqu’au moment où celui-ci nous emmène irrémédiablement vers un arbre sur la souche duquel, pointée vers l’amont, nous venons violemment buter. Une des racines vient se coincer dans la ligne de vie qui entoure le raft, il me faut quelques secondes pour la dégager mais c’est trop tard : le courant plaque le raft à la verticale contre la souche, nous nous cramponnons tous les 3 aux racines pour ne pas passer à l’eau. Arnaud depuis le canoë nous hurle de tout lâcher mais il n’est en pas question ! Pas envie de nous retrouver dans une eau à moins de 5°C, même avec les combinaisons étanches et les gilets. Je réfléchis à 200 à l’heure : pas d’idée là, m…alors ! Je crois bien que c’est la première fois que ça m’arrive et c’est très désagréable ! Au bout de ce qui nous a semblé une éternité (mais sans doute pas plus de 30 secondes), la pression du courant emporte les sacs rangés à l’avant, retenus heureusement par un bout de sécurité assez long : tout ça part à l’eau, le courant pousse dessus et cette force supplémentaire fait pivoter la souche et libère le raft ! Ouah la trouille ! Ne reste plus qu’à récupérer la glacière et les 2 bidons d’eau qui n’étaient pas assurés. On se rendra compte le soir qu’on a perdu nos 2 gourdes, on s’en sort bien ! Quelques centaines de mètres plus loin la rivière retrouve un lit plus étroit : il n’y a qu’un flux unique, on avance bien à tel point qu’on envisage un moment d’aller d’une traite jusqu’à Talkeetna pour en finir au plus vite avec cette rivière ! Mais ça nous ferait naviguer jusqu’à la tombée de la nuit et avec la fatigue accumulée et nos récentes émotions, ça ne nous parait finalement pas prudent. Quelques km après le pont situé à proximité du Denali Princess Lodge (soit après 20 miles de navigation), nous installons le bivouac sur une petite île. L’endroit ne m’emballe pas car nous sommes très près du niveau de l’eau et je me méfie avec toute cette pluie d’une éventuelle montée de la rivière pendant la nuit. On amarre soigneusement les bateaux et on range du mieux qu’on peut les affaires pour un éventuel départ précipité dans la nuit. Je place un repère au bord de l’eau : ça a l’air de plutôt descendre. Ouf, pourvu que ça dure ! Il nous reste une vingtaine de miles jusqu’à Talkeetna, qui devraient ne pas poser de problème, aussi nous festoyons en liquidant nos dernières victuailles. Après ça je vais faire la vaisselle à une trentaine de mètres en amont. Fred et les enfants font griller des chamallows en me tournant le dos pour éviter la fumée car il y a un peu de vent. Je suis là, à 4 pattes au bord de l’eau quand malgré le grondement de la rivière, je perçois un bruit de voix. Alors que nous n’avons vu personne depuis 3 jours, arrive un raft bien chargé dont les occupants me saluent en passant. Je leur réponds d’un signe de la main quand je les vois s’agiter de plus en plus : qu’ils sont chaleureux et conviviaux ces américains tout de même! Le chien aussi, qui se met même à aboyer, sympa ! C’est alors que j’entends la petite voix de Marion : « Maman, il y a un ours derrière toi ! » Bon sang ! Mais à quelle distance ?! Pensé-je le temps de me retourner ! Quelle journée ! Un grizzly avance droit sur moi, il est à 20m. Habillée de gris anthracite, à 4 pattes au bord de l’eau, je comprends qu’il a du me prendre pour un animal. Je m’empresse de lui prouver qu’il se trompe en me redressant de toute ma hauteur et en lui parlant (je ne sais plus ce que je lui ai dit) tout en suggérant aux autres de trouver le bear spray au plus vite ! Ah ben oui, tiens, ils n’y avaient même pas pensé : Fred s’est précipité sur son caméscope, Marion sur l’appareil photo. Nan mais j’vous jure, des vrais touristes ! A défaut de bear spray je me saisis de ma gamelle fraîchement lavée dans la rivière, tend la poêle à Arnaud et nous les frappons énergiquement avec des galets. Caroline déniche enfin le bear spray (dire que les premiers jours je le mettais à la ceinture !) Le raft providentiel (on peut le dire) disparait très vite dans le brouillard : ses occupants nous hurlent sans doute quelques conseils auxquels on ne comprend rien. On les remercie en vitesse avant de nous retourner vers notre ours, qui n’a pas du tout envie de partir. En rang serré on avance vers lui en criant et en frappant nos gamelles : à contrecoeur il finit par faire demi-tour, traverse un petit chenal et quitte très lentement notre île pour disparaitre un peu plus loin dans la forêt. Glups, on est déstabilisé par son sang-froid : il n’a absolument pas peur de nous, c’est clair. On envisage un moment de déplacer le camp mais il est déjà 21h et nous n’aurions pas le temps de nous réinstaller avant la nuit. Fred suggère de monter des tours de garde mais avec ce brouillard, c’est complètement illusoire, on n’y voit rien ! Le temps d’installer la clôture anti-ours autour de la tente (bah oui on avait décidé de ne pas la mettre pour la dernière nuit, déçus de ne pas avoir vu un seul ours pendant toute la descente), le voilà qui revient tranquillement ! M…. !!! Il commence à faire très sombre, il est maintenant vraiment impossible de déménager, il faut jouer le tout pour le tout et lui faire vraiment peur, mais comment ?! C’est Marion qui aura le dernier mot : alors qu’elle l’avait trouvé très mignon la 1ère fois, elle commence à en avoir vraiment marre ce coup-ci et le lui fait savoir de sa voix haut perchée ! Bingo, il n’aime pas les aigus ! On le course en poussant des cris perçants, tout en restant à bonne distance pour ne pas l’acculer et il se précipite en courant dans la rivière dont le courant l’emporte bien loin en aval du camp. Il prend pied (patte) sur la berge opposée et disparaît dans la forêt ! Ouf, cette fois-ci c’est bon, il a compris à qui il avait à faire, non mais ! Enfin, on espère…. On installe tout de même la bouffe à bonne distance de la tente, c’est plus prudent.
4ème et dernier jour de raft sur la Chulitna (Ve 13/08) Pas de pluie cette nuit, tous les espoirs sont permis ! Pas d’ours non plus, la bouffe n’a pas bougé ! En route pour les 20 derniers miles jusqu’à Talkeetna ! Au moment où nous mettons à l’eau arrivent 3 rafts chargés de touristes qui font une descente à la journée. On se dit que ça doit être tranquille dorénavant vu la moyenne d’âge des passagers. Ils viennent du Denali Princess Lodge et sont tout étonnés que l’on vienne de East Fork. Tiens… Le lit de la rivière s’élargit à nouveau mais avec le temps qui se dégage l’impression est toute autre que les jours précédents : une nature vierge, sauvage et préservée. En dehors des agglomérations qui s’apparentent le plus souvent à des casse-autos, la nature en Alaska est absolument indemne de toute cochonnerie, que ce soir dans l’intérieur du pays ou sur les côtes. Bon, ne parlons pas du pétrole et des pipelines !!! C’est une nature puissance 10 par rapport à ce que nous connaissons en Europe. On peut pagayer en mer ou sur les rivières pendant des jours sans croiser ni route, ni ligne électrique, ni barrage, ni maison, ni bouteille en plastique, ni morceau de filet de pêche, ni boite de conserve, ni cannette, ni rien qui vienne nous rappeler qu’il y a des hommes quelque part sur la planète. Et en plus, quand il fait moche, qu’il pleut, que le temps est couvert, on ne voit pas non plus les avions et leurs traces ! Positivons ! Au détour d’un méandre, nous avons soudain une apparition ! Le Mont Denali dans toute sa splendeur, illuminé par le soleil du matin. 6194 mètres (c’est le plus haut sommet d’Amérique du Nord) qui émergent d’un coup de la toundra et c’est ce qui le rend vraiment impressionnant. Quand on le cherche dans le ciel ennuagé, habitué à nos sommets entourés de chaînes secondaires, type Préalpes par exemple, on est à chaque fois surpris de le trouver si haut sur l’horizon. Certes le Denali fait partie de l’Alaska Range, magnifique chaîne de montagnes qui s’étire d’est en ouest sur plus de 600 km mais cette chaîne est très étroite si bien que la montagne semble littéralement jaillir de la plaine. Il faut dire aussi que le 2ème sommet de la chaîne, le Mount Foraker, voisin du Denali est presque 1 km moins haut. Bref l’effet est saisissant ! Ce relief énorme crée un microclimat qui fait qu’on ne peut voir le sommet que moins de 20% du temps ce qui a pour effet de placer son observateur dans un état d’euphorie exaltée ! Et c’est exactement ce qui nous arrive ! On oublie (presque) les épreuves des jours passés et on profite à 200% de ces heures privilégiées. Faut dire qu’on ne les a pas volées ! Je suis sûre que la vue du Denali ne procure pas le même effet à ces touristes des autres rafts qui ont passé une confortable nuit au Denali Princess Lodge ! Nous passons au pied des falaises de sable dont Tom nous a dit qu’elles étaient à une heure de Talkeetna. Il faut maintenant bien tenir notre gauche pour ne pas louper le village. Un dernier effort pour croiser le flux de la Susitna puis de la Talkeetna River et nous voilà déjà arrivés ! Ralalala, si seulement on avait pu avoir une autre journée comme celle-là ! Mais bon, qui ne tente rien… Nous portons le raft et le matériel jusqu’à la voiture, remballons le tout (tout est trempé et plein de sable limoneux gris très fin, mmmhhh) et allons prendre nos quartiers à la Roadhouse. Qui voit-on arriver bientôt ? Bill le chauffeur qui est tout content de nous voir là ! Nous aussi ! Douche, lessive, internet…. Comme c’est bon le confort moderne, même si la nuit a été perturbée par un générateur qui n’a cessé de tourner : au moins ça m’a permis de bien profiter du contact des draps frais et de l’impression de nid douillet dégagée par les murs en rondins.
Retour sur Anchorage (SA 14/08) Il pleut, tiens ! A vrai dire ça m’aurait vraiment fait râler qu’il fasse beau en partant ! On a RDV à 14h30 chez Brian pour rendre le raft donc on a le temps de faire un petit détour par Hatcher Pass (piste d’environ 50 miles entre Willow et Palmer, qui passe dans la montagne, bien plus belle que la route normale par Wassilia)d’autant plus qu’en allant vers le sud, le temps s’arrange. Dès les premiers miles de cette route, nous rencontrons une femelle élan et son petit, chouette ! La piste est facile et les paysages agréables. Il y a plein de campeurs motorisés installés pour le WE avec gros 4X4, grosses remorques pleines de quad, grosses caravanes, gros barbecues, gros chiens, grosses glacières, qui sont là pour pêcher (de gros poissons ?) Ils nous font penser à des pionniers des temps modernes, même si ce n’est que pour un WE. Certains semblent installés plus durablement : je pense que ce sont des chercheurs d’or car on croise régulièrement des pancartes indiquant qu’ici ou là c’est un claim réservé. Finalement nous n’aurons pas de soleil plus haut dans la montagne… Après le col nous hésitons à visiter Independance Mine mais avec ce temps gris, visiter des vestiges miniers ne nous emballe pas. On préfère refaire un tour vers les hydravions : on adore ce spectacle inhabituel pour nous. Après avoir rendu le raft, le téléphone satellite et le bear spray, nous filons déposer les enfants et le matos chez Great Alaskan Holidays (GAH, le loueur de camping car) avant d’aller rendre la voiture à l’aéroport en 2 mn chrono, où la navette de GAH vient nous chercher aussitôt. Le camping car est quasiment neuf, impeccable. On laisse 2 sacs en consigne chez GAH et habitué au camping car, on prend immédiatement nos marques. En route vers le Wal Mart où nous dévalisons les rayons de fruits et légumes ! Ras le bol de la mauvaise bouffe américaine (il doit exister de bons restaurants mais on n’est pas là pour ça !), des pâtes et du riz ! Le camping car est bien équipé (le four n’a jamais servi !), profitons-en ! On prend demain à 16h00 à Whittier le ferry pour Cordova (et son fameux Child’s Glacier. Cordova n’est pas reliée au réseau routier), nous ne devons donc pas trop nous éloigner. J’ai repéré une balade au-dessus de Hope que nous pourrions faire demain. Nous avançons donc jusqu’à Portage Lake où nous trouvons un coin pour dormir près de la rivière. Il pleut mais ça ne nous fait plus le même effet qu’avant !
Hope, Palmer Creek, Cordova (Di 15/08) Surprise ! Il fait beau ! La chance aurait-elle enfin tourné ? On roule jusqu’au lac pour prendre le petit déjeuner puis nous prenons la route vers Hope. On voit enfin le Turnagain Arm avec le soleil ! Au loin les Chugach Mountains. Hope serait un charmant petit hameau si ses habitants n’avaient pas fait le choix de créer un parking/camping pour RV (= camping car) juste en front de mer. Nous prenons la piste qui grimpe sur les hauteurs de Hope au-delà des arbres. C’est splendide ! Ca fait un bien fou de s’affranchir de ces arbres qui si souvent en Alaska ferment l’horizon. Heureusement que compte- tenu de la latitude de cet état, il suffit de monter de quelques centaines de mètres pour qu’ils disparaissent. C’est parti pour 3h d’une superbe balade au milieu des fleurs et des petits ruisseaux jusqu’à 2 mignons lacs glaciaires. On essaie de boucler la boucle mais le ferry ne nous attendra pas : il nous faut redescendre ! Nous voilà tout ragaillardis par cette belle randonnée ensoleillée. Tout ça nous donne bien envie une autre fois de découvrir la péninsule de Kenaï que nous allons zapper cette fois-ci. En quittant Hope, nous croisons 2 ours noirs qui traversent la route ! En arrivant à Whittier, il….. (Quel suspense…)…..pleut ! A 15h, l’embarquement sur le ferry, assez laborieux (on n’est pas en Norvège) commence. J’ai réservé les billets sur le site de Alaska Marine Highway il y a très longtemps. Le ferry est en fait loin d’être plein, sans doute à cause du temps… A 16h, on appareille sous la pluie et ça continue pendant toute la traversée. Le ferry très récent marche à 38 nœuds ! A 19h15, après avoir parcouru les 150 km de large du Prince William Sound, nous arrivons à Cordova avec un timide rayon de soleil. Pas vu le moindre animal marin pendant la traversée… Il y a pourtant à bord du ferrry une rangerette équipée de jumelles qui traque la bestiole mais rien… Nous prenons la route vers le sud qui mène à Hartney Bay (car j’envisage demain si le temps le permet de faire le Heney Ridge Trail et nous serons ainsi à pied d’œuvre) et découvrons la baie sous une lumière divine. Vite, vite, on se gare près du pont pour en profiter. Quelle surprise ! C’est marée haute et il ya quelques phoques qui chassent le saumon dans la baie, passant et repassant sous le pont où nous nous tenons. On voit distinctement un saumon essayer de se cacher dans les anfractuosités de la berge pour échapper à son prédateur. Pour une fois, il y a pas mal de moustiques au point que l’un d’entre nous doit s’arracher à ce spectacle pour aller chercher le répulsif. On se trouve un coin au bord de l’eau juste à côté du pont pour passer la nuit. De nos fenêtres (non équipées de double vitrage, dommage car la buée est très gênante) nous observons les phoques qui chassent.
Cordova, Child’s Glacier (Lu 16/08) C’est râpé pour la rando, tout est dans les nuages et… il pleut. Du coup on prend notre temps avant de filer vers l’est et le Child’s Glacier. On fait quelques courses, un petit tour dans l’Ilanka Cultural center. En route vers Child’s Glacier on fait un petit détour vers Alaganik Slough où la passerelle qui permet d’observer les marais est en travaux… On arrive enfin après un parcours d’environ 50 miles (dont les ¾ de piste facile) au campground de Child’s Glacier. Les craquements du glacier sont très impressionnants, ça résonne dans toute la cage thoracique et en plus ils sont très fréquents. On gare le camping car et on file voir le glacier ! C’est tout juste si on peut en apercevoir un bout ! Le temps est exécrable ! D’ailleurs à part l’host du camping (que nous ne verrons même pas) et une tente, il n’y a que nous ! Les autres ont été plus malins et attendent un meilleur créneau météo, ce qui se conçoit vu le prix du ferry ! Si c’était à refaire je ne prendrais des billets qu’au dernier moment, en fonction de la météo, au risque de ne pas avoir de place… Consolons-nous, à défaut de voir le glacier on l’entend et on le perçoit (je pense que la sensation pour un aveugle doit être terrible !) Allons voir à quoi ressemble ce fameux Million Dollar Bridge ! Il s’agit d’un pont construit vers 1945 sur la Copper River dans le but de relier Chitina et la Richardson Highway à la Copper Highway et Cordova (pour le moment Cordova reste donc inaccessible par la route) Ce pont a été endommagé par le fameux tremblement de terre de 1964 et du coup le projet de route a avorté. En 2005 les autorités ont renforcé le pont, craignant qu’il ne s’abime encore plus en posant 2 piles métalliques de part et d’autre de la zone où le tablier du pont s’est décalé d’environ 70 cm. Bref, on peut passer dessus en toute sécurité (tiens je viens de lire dans le Milepost qu’il est limité à 6600lbs, notre camping car faisait bien 4,5T mais on n’a pas vu de panneau…). On essaie de continuer la piste aussi loin que possible mais au bout de quelques km les bas côtés sont envahis par la végétation qui nous empêche de passer. Soirée crêpes rythmée par les grondements du glacier.
Child’s Glacier, Cordova (Ma 17/08) Le vent dilue un peu le brouillard : on voit mieux le (bas du) glacier ce matin. Sans interruption, des séracs s’écroulent dans la Copper River, c’est fascinant. Ca génère des vagues d’à peine une quarantaine de cm de haut qui sont vite freinées par le courant de la rivière. On a du mal à imaginer la taille des séracs qui ont pu générer les vagues énormes, de véritables tsunamis qui sont indiqués sur ce panneau. On repasse le Million Dollar Bridge, la vue est moins brumeuse qu’hier. On tente une petite balade à droite juste avant le pont mais on trouve d’énormes traces de grizzly toutes fraîches, accompagnées de traces de bébé ours et la végétation est si dense qu’on a vraiment peur de se trouver nez à nez avec leurs propriétaires. Demi-tour donc, de toute façon… il… pleut ! On reprend la piste vers Cordova : un énorme élan mâle s’enfuit dans la forêt clairsemée inondée par la Copper River, magnifique animal, fugace apparition. J’ai repéré quelques randonnées dans le coin mais avec ce temps il est inutile de grimper, on serait dans les nuages. En route donc pour Saddlebag Trail : 10 km A/R dont la première moitié dans une forêt aux arbres couverts de mousse, assez monotone. La 2ème moitié est un peu plus variée, elle chemine dans une vallée encaissée où court un petit ruisseau. Il y a des dizaines de crottes d’ours, on n’en a jamais vu autant. « Promenons-nous dans les bois, tralalalala… !» On arrive finalement à un petit lac où se jette un glacier moribond. Bof… Pas de pluie durant cette rando, mais on a les jambes trempées à cause de la végétation. De retour au camping car, elle reprend…. On va voir à quoi ressemble le coin d’Orca Road, au nord de Cordova, glauque… Demi-tour vers Hartney Bay et comme l’avant-veille, on a droit à un petit rayon de soleil. On aime cet endroit ! On dort là !
Ferry pour Valdez, Denali Highway (Me 18/08) A 8 h30, le ferry appareille : on quitte Cordova sous le soleil. Je suis dégoûtée car il a plu quasiment sans interruption pendant les presque 72 h passées sur la péninsule. Pfff… On découvre des sommets dont seule la carte nous laissait soupçonner l’existence ! Toujours pas d’animaux marins (à part des loutres et des phoques) durant le trajet en ferry (2h45, environ 120 km) vers Valdez, mais de beaux paysages. Valdez se situe au fond d’un fjord qui semble emprisonner les nuages. Le terminal pétrolier (celui où le fameux Exxon Valdez était venu remplir ses soutes avant de faire naufrage, causant cette marée noire historique que tout le monde a encore en mémoire. C’était en 89…) a le bon goût de rester pudiquement caché dans le brouillard. On se gare sur le port pour y faire un petit tour et on tombe aussitôt sur cette adorable loutre qui batifole au fond du port, là où les gens mettent leurs bateaux à l’eau, sans la perturber le moins du monde. Trop mignonne ! Il faut dire que c’est la belle vie ici pour elle (faisons abstraction des résidus d’essence qui flottent à la surface de l’eau) car elle récupère sans effort les restes des saumons qui sont nettoyés sur le quai. Les mouettes aussi en profitent. Valdez nous a bien plu (avec du soleil, c’est plus facile) : on y trouve un mélange sympathique de bateaux de travail, de plaisance (il y a même quelques voiliers) et même quelques kayaks. Le tout au pied des montagnes ! Nous y faisons un gros ravitaillement (c’est bien plus cher qu’à Anchorage) car nous devons être autonomes pour les 5 jours à venir. Le trajet jusqu’au Denali National Park via la Richardson Highway puis la Denali Highway ne passe que dans des hameaux de quelques maisons. On ne trouve pas non plus grand-chose à l’entrée du Denali NP… Les 50 premiers km après Valdez sont agréables, très montagneux et spectaculaires. On redescend ensuite dans une plaine monotone (encore les épinettes qui forment un rideau continu de part et d’autre de la route) pendant une bonne centaine de km avant d’arriver à Paxson, point de départ de la fameuse Denali Highway. Nous y faisons le plein et c’est parti pour 135 miles (216 km) d’une piste superbe qu’on a adorée ! (attention, je crois que certains loueurs de camping cars ne l’autorisent pas) A cette latitude, la limite forêt/toundra n’est pas bien haute, environ 600 m. Nous allons longer toute la chaîne de l’Alaska Range sur son versant sud. La journée est déjà bien avancée, l’été se termine, c’est déjà le début de l’automne et les couleurs sont superbes. Quelle chance d’avoir du beau temps ! On se pose pour la nuit un peu après Tangle Lakes (dont la piste d’accès est fermée pour travaux).
Denali Highway (Je 19/08) On décolle de bonne heure, tout émoustillés par ce qui nous attend. Nous passons devant les trailhead de Landmark Gap Lake (rando en A/R jusqu’à un lac, au fond d’une large vallée) et Glacier Lake (très humide parait-il) pour monter jusqu’à Mac Larren Summit, plus haut point de la piste (1245 m) où nous allons nous balader. Bien pratique le popotin blanc des caribous pour les repérer de loin ! Voici enfin l’occasion de faire sécher la tente que nous transportons mouillée depuis presqu’une semaine. Il est encore tôt et comme nous sommes les premiers aujourd’hui sur ce sentier, nous rencontrons plein de caribous ! Les jeunes sont très curieux, comme celui-ci que je n’avais pas remarqué ! La toundra commence à prendre ses couleurs d’automne et c’est superbe ! On surplombe une vaste plaine qui curieusement me fait penser à une savane africaine. Nous cheminons entre des petits lacs d’origine glaciaire et y remarquons ces étranges tracés semi-circulaires. A la périphérie des cercles, les cailloux les plus gros, au milieu les petits. Bizarre ! J’ai lu que c’est la conséquence du gel et de la neige mais sans bien comprendre le détail de leur formation. Si quelqu’un sait ? Tout est beau ici, jusqu’au moindre détail ! Sur le chemin du retour, nous croisons des américains qui voyagent à 4 ou 5 camping cars (ils sont 20, de New York) avec plein d’enfants. Les montagnes ici sont déjà si impressionnantes qu’ils me demandent si c’est le Denali ! En fait on en est encore à 200 km et les montagnes ici ne font « qu’un peu plus de 4000m » ! Nous reprenons la piste, traversons la Susitna (nous l’avions déjà traversée en raft quelques jours plus tôt mais bien plus en aval, juste avant Talkeetna) et remontons ensuite sur un plateau qui offre une vue absolument époustouflante sur l’Alaska Range. On en reste scotché, à tel point qu’on décide de dormir là ! On est absolument hypnotisé par le spectacle. Bouquet final !
Denali Highway, J1 au Denali NP (Ve 20/08) Après un tel coucher de soleil, pas question de rater le lever! Le thermomètre doit être faux, il indique -3°C mais il n’y a pas de givre. Disons que le fond de l’air est frais. D’ailleurs, ça fume, tout là-bas, au niveau des lacs et rivières. Il doit y en avoir des animaux dans cette vallée (on est à 20 km des montagnes, selon le GPS) D’ailleurs il y a pas mal de chasseurs en quad (la chasse a rouvert le 15/08) mais on n’entend quasiment pas de coups de feu, tant mieux ! On croise puis on longe ensuite pendant un moment la Nenana River, que j’avais un moment envisagé de descendre en partie en canoë mais le temps nous manque car il faut une grande journée (20 miles, classe I. Il faut pagayer mais il parait que c’est très « scenic ») pour aller de son croisement avec la Denali Highway à celui sur la George Parks Highway. La Denali Highway descend finalement dans la plaine pour rejoindre la George Parks Highway. Cette Denali Highway était jusqu’à la construction de la George Parks Highway en 1972, la seule voie d’accès au Denali NP. Un hors d’œuvre magnifique ! 50 km plus au nord, nous entrons dans le Denali National Park. J’ai pas mal hésité à aller dans ce NP un peu particulier. Contrairement aux autres NP américains que l’on peut sillonner librement en voiture, celui-ci est très réglementé. Il y a une unique piste de 89 miles de long qui longe le massif du Denali sur son flanc nord. On peut aller avec son propre véhicule jusqu’au mile 15. Avec une réservation pour 3 nuits minimum au Teklanika River campground (mile 29) on peut y conduire son véhicule mais on n’a plus le droit d’y toucher jusqu’à ce qu’on quitte le parc. C’est le choix que nous avons fait. Au-delà, il faut marcher, pédaler, ou prendre le bus. Vu les distances, on opte pour le bus ! Il s’agit de bus très rustiques, la vitesse est limitée à 30 mph, ils font de nombreux arrêts pour voir les animaux, des arrêts-pipi toutes les 1h30 à 2h00… Bref, pour faire toute la piste aller-retour de l’entrée du parc à Wonder Lake, il faut… 11h ! Passer nos vacances dans un bus ne nous tentait pas vraiment mais s’il fallait en passer par là pour découvrir la faune et les paysages de ce parc, ben, on allait tenter l’expérience. Au pire, si ça nous gave trop, on pourrait toujours quitter le parc avant les 3 nuits. Après les formalités rapidement effectuées au WAC (Wilderness Access Center. NB : en cette fin août, il y avait de la place dans tous les campgrounds sauf Wonder lake, celui qui est au bout de la piste), nous prenons la route et au bout de quelques km, croisons un grizzly qui vient de couper la route à un bus ! Sur la route vers le Teklanika Campground, nous croisons quelques caribous. Camping pas terrible, un parking arboré disons, on est les uns sur les autres (en RV ce n’est pas trop grave mais pour les tentes, pas terrible), aucune vue (normal, le camping est caché dans la forêt, ce qui est louable), des toilettes et un robinet. Point positif, il est au bord du lit de la Teklanika (je précise le lit car la rivière, gringalette, est finalement assez éloignée) : l’hôtesse, très sympa, nous rappelle les consignes de sécurité (il y aurait un ours et un lynx qui rôderaient dans le coin, pas vus en ce qui nous concerne…) On pose le camping car et on saute dans le bus pour notre première balade, pas loin (il est déjà 14h) Après 45 minutes de bus (et un arrêt-pipi au bout de 10 mn, pour ceux qui viennent de l’entrée…), le chauffeur nous débarque à Cathedral Mountain, en même temps d’ailleurs qu’une autre famille avec 3 enfants. Aussitôt, la moyenne d’âge dans le bus remonte en flèche ! Pas beaucoup d’enfants au Denali… Ce sont des habitués et ils nous indiquent le chemin, qui finalement est facile à trouver car assez fréquenté. Il n’y a quasiment pas de sentiers officiels au Denali (sauf à l’entrée du parc) Dans les endroits assez fréquentés, on trouve des sentiers. Ailleurs et le plus souvent, c’est du hors-piste, pas toujours facile du fait de la végétation. Pas de chasse bien sûr dans le parc, si bien que l’on peut facilement approcher les animaux, qui ne nous ont toutefois pas semblé beaucoup plus nombreux qu’ailleurs. On contourne une curieuse montagne de sable ocre pour finalement surplomber une impressionnante vallée glaciaire. Au loin, en contrebas, on entend soudain hurler : bear ! bear ! On ne voit pas l’ours mais on voit bien 2 randonneurs remonter la pente à toute vitesse ! Finalement ils ne planteront pas leur tente près de la rivière mais un peu plus haut au bord d’un lac. On peut bivouaquer partout dans le parc (à au moins 1 mile de la route), à condition d’avoir préalablement demandé un permis au WAC car le nombre maxi de campeurs par zone est contingenté. Pas facile d’improviser donc… Les enfants deviennent experts ès/crottes et baies ! Belle balade, sans soleil, dommage car la couleur de cette montagne est étonnante. En attendant le bus on remarque ce panneau : le vandalisme existe donc aussi chez les animaux ?! On peut monter et descendre à sa guise du bus où l’on veut dans le parc : il suffit de faire signe au chauffeur. En fin de journée, les bus qui retournent vers l’entrée du parc sont bien remplis et seul Arnaud peut grimper dans le 1er bus. On attend donc une vingtaine de minutes le suivant qui nous prend tous les 4. Nuit très calme (les générateurs des camping- cars doivent être arrêtés à 20h. De toute façon, il est indiqué sur le mode d’emploi du nôtre que le générateur n’est pas capable de recharger la batterie. Il ne sert donc que pour avoir ponctuellement du 110V, par exemple pour le micro-ondes. En arrêtant le chauffage durant la nuit, car le ventilateur est bruyant et doit consommer pas mal, nous aurons assez d’électricité pour ces 4 jours au Denali. Heureusement nous avons nos sacs de couchage car nous aurions eu un peu froid en n’utilisant que les couvertures fournies.)
J2 dans le Denali NP ( Sa 21/08) J’ai réservé le bus jusqu’à Wonder Lake, situé presqu’au bout de la piste, mais d’un commun accord nous décidons de ne pas aller jusque là : trop de bus ! A 7h30 on grimpe dans le bus et 1h30 plus tard, après avoir croisé quelques mooses imposants, admiré de belles montagnes derrière la vitre du bus (grrr…), nous demandons au chauffeur de nous laisser à Highway Pass. Les autres occupants du bus nous regardent un peu comme des bêtes curieuses quand nous descendons à ce col, où il n’y a « rien » (ni visitor center ni toilettes !) Enfin, rien d’autre que des montagnes de sable rouge encore un peu enneigées en cette fin d’été qui font face à des vallées sauvages et encaissées. On fait une belle balade au soleil (dommage on ne quitte pas la vue de la piste où les bus se succèdent à intervalles réguliers), il fait très bon, pas un souffle de vent. Fred et Arnaud, devant, aperçoivent des renards, on observe un moment un combat aérien entre un corbeau et un rapace tout en bullant au soleil : toujours pas le moindre moustique, quelle chance ! On a même la chance d’apercevoir le sommet du Denali ! Nous rejoignons enfin la piste et hélons un bus qui nous amène jusqu’au visitor center de Eielson où nous remplissons les gourdes. Au-delà de cet endroit, la piste redescend au fond de la vallée vers Wonder Lake. Il nous a semblé qu’au-delà le paysage devenait moins accidenté donc moins intéressant. Nous rebroussons donc chemin vers l’est et lors de l’arrêt à Toklat River,
demandons au chauffeur de nous déposer vers Polychrome Pass (un peu à l’ouest du mile 47). Il semble sceptique, nous expliquant que ça descend très raide depuis la route vers la rivière qui est en contrebas et que nous voulons longer. En effet ! Ca descend bien raide mais le sol est meuble donc c’est sans problème. En contrebas de la route, on ne soup��onne absolument pas sa présence, on ne voit et n’entend rien d’autre que le bruit du ruisseau et c’est bien agréable ! Les couleurs nous épatent, mélange de rouge, jaune, bleu du ciel (ahhhh !) ponctué de jolis nuages ! Tiens qu’est-ce donc que ce truc gris ?! Une bonne grosse marmotte prête à bientôt affronter les privations de l’hiver. Il y a une multitude d’empreintes le long de la rivière. Des crottes aussi bien sûr… Glou, glou, glou ! On les entend avant de les voir : des lagopèdes… Fred repère plus haut des mouflons de Dall (facile, ils sont d’un blanc immaculé), qui ont l’air de descendre vers la rivière : quelle chance. En effet, nous les retrouvons un peu plus loin au pied de la falaise. Ils se laissent très facilement approcher si bien qu’on va passer 1 ou 2 h en leur compagnie ! Quelle expérience ! Comment avec un tel pelage peuvent-ils échapper à leurs prédateurs ? Toujours plein de traces qui stimulent notre imagination : on essaie de reconstituer la scène du crime… En descendant la vallée on est régulièrement amené à sauter plusieurs petits affluents et on finit par être obligés de se faufiler dans le bush. Pas facile ! Pourvu qu’on ne se trouve pas nez à nez avec un grizzly. « Promenons-nous dans les bois… » Finalement on trouve un endroit pour traverser la rivière et rejoindre la piste. On émerge sur celle-ci en haut d’un raidillon : il n’y a plus qu’à attendre le bus, enfin plutôt les bus car encore une fois nous devons nous diviser en 2 groupes : d’abord les enfants puis Fred et moi. Sur le trajet du retour, la lumière est de toute beauté et ça fait vraiment l’œuf d’être dans ce bus ! Comme nous sommes 5 nous ne prenons pas le risque de prendre le dernier ou l’avant dernier bus pour rentrer car s’ils sont pleins, il faut attendre qu’un véhicule vienne nous chercher depuis l’entrée du parc, ce qui nécessite au bas mot quelques heures ! On retrouve les enfants au camping car : ils ont vu 3 ours sur une colline, les veinards !
J3 dans le Denali NP (Di 22/08) On les revoit ce matin : une maman grizzly et ses 2 petits. Plus loin on retrouve « nos » mouflons d’hier : depuis le bus, l’effet n’est pas le même ! Cette fois on se fait déposer à Stony Dome. Pas de soleil mais il ne pleut pas, c’est déjà ça…. Après avoir traversé une petite rivière, on remonte une petite vallée pleine de marmottes avant d’arriver à un col. Monter jusqu’au sommet ne nous apporterait pas grand-chose de plus car le temps est assez couvert. On préfère chercher un passage pour faire une boucle vers une très belle vallée que nous avons repérée en passant en bus. Hélas, elle est inaccessible ! C’est assez difficile dans le Denali (et en Alaska en général) de se faire une idée précise des reliefs car les cartes sont peu détaillées. Demi-tour donc, c’est plus prudent ! Le temps se couvre de plus en plus. Superbe arc en ciel près de Toklat River ! Malgré le temps, on décide d’aller explorer une vallée colorée que nous avons repérée sur Polychrome Mountain : elle nous a tapé dans l’œil à Caroline et moi. Un signe au chauffeur et hop, on descend ! On essuie quelques gouttes, rien de méchant et on grimpe dans la vallée jusqu’à apercevoir un groupe de « mouflettes » de Dall. Ces dames sont bien plus sauvages que les mâles, impossible de les approcher : elles sont toutes effarouchées et disparaissent finalement derrière un col. Cette fois le ciel s’assombrit de partout : demi-tour ! On se poste au bord de la route : 1er bus : 1 place seulement. Arnaud y monte (le veinard, il va voir un loup qui va trottiner au bord de la route pendant au moins 2 km !) On attend un bon moment le 2ème bus, le fond de l’air est de plus en plus frais mais on ne veut pas marcher le long de la route pour nous réchauffer car il pleut de partout sauf au-dessus de nos têtes ! Drôle d’impression ! Les sommets tout proches seront même blanchis. 2ème bus : 2 places, pfff… Fred et Caro y montent avec pour mission de commencer à faire les lasagnes ! 3ème bus : Marion et moi aurons finalement attendu 1h15 avant de pouvoir monter dans un camper bus : atmosphère d’ailleurs très sympa, il ramène des gens qui ont campé à Wonder Lake. Ce n’est pas le même public que dans les autres bus où on a vu des gens roupiller ou lire sur leur ipad ! Il y a d’autres randonneurs complètement trempés et frigorifiés qui visiblement ont attendu le bus un bon moment sous la flotte. On a eu plus de chance ! En conclusion ce système de bus est tout de même très contraignant : c’est un crève-cœur de perdre matin et soir plusieurs heures dans les transports, juste au moment où la lumière est la plus belle. Le dernier jour entre la fin de la balade, l’attente du bus et l’arrivée au camping de Teklanika, nous avons mis 3 heures (pour une vingtaine de miles )! (Auxquelles il faut ajouter 2h le matin pour aller à Stony Dome) Il est vrai que les paysages du Denali sont vraiment très beaux : c’est un mélange de larges vallées glaciaires austères, gorges profondes, montagnes colorées, glaciers, sommets enneigés mais je trouve l’organisation du parc vraiment trop pesante pour avoir envie d’y retourner. Voilà c’est dit ! Je dois dire aussi que je tenais tout de même à voir ce parc pour me faire mon idée, pas de regrets donc ! Je pense que pour bien profiter du parc (sans avoir une impression de métro/rando/dodo) il faut pouvoir partir camper quelques jours loin de la piste ce qui implique de porter un gros sac. Pas facile non plus pour une première visite dans le parc de bien cerner où s’y balader….et vu qu’il faut dire à l’avance au WAC dans quel secteur on va bivouaquer, impossible de se décider au vu des paysages rencontrés depuis le bus.
Denali NP, Anchorage (Lu 23/08) Il y a un peu plus de 400 km jusqu’à Anchorage, où nous reprenons l’avion demain.Ce matin dans le parc, le ciel est couvert mais les couleurs d’automne commencent tout de même à flambloyer. Plus au sud, ça se dégage et la vue de Denali Viewpoint South est à tomber ! On aperçoit en contrebas la Chulitna où nous sommes passés quelques jours plus tôt dans le brouillard. A Trapper Creek (à la hauteur de Talkeetna) nous prenons la Petersville Road qui file vers l’ouest. Cette route nous permet d’apercevoir le Denali sous un autre angle : elle n’a pas vraiment d’autre intérêt. Comme il fait beau nous décidons de repasser par Hatcher Pass mais comme la dernière fois, le temps se couvre finalement. Ce détour nous permet de rencontrer une nouvelle fois la femelle élan et son petit. Cette piste (non autorisée par le loueur ce qui signifie que l’on n’y est pas assuré) ne présente pas de difficulté ce jour là. La descente est assez raide et le frein moteur bien utile. On passe à Anchorage Downtown : la ville est en fait assez petite. Il y a des quertiers qui semblent très agréables à vivre avec plein de belles maisons en bois. La ville est idéalement située entre mer et montagnes. Nous allons passer la nuit sur les hauteurs de la ville à Glen Alp, dans le Chugach State Park. Il y a un monde fou ici : c’est un départ de randos à quelques minutes de la ville et la vue y est magnifique. On assiste à un coucher de soleil wagnérien sur Anchorage, ponctué de quelques averses bien drues ! Au loin, l’écume des vagues éclairée par le soleil couchant souligne la côte d’un trait presque fluorescent. Derrière nous, un ultime nuage rose avant que la nuit ne tombe définitivement.
Adieu Alaska et Denali ! (Ma24/08) Magnifique cadeau d’adieu ce matin : le Denali se détache parfaitement sur l’horizon ! Il est à plus de 200 km à vol d’oiseau ! On est scotché par ce spectacle mais il nous faut rendre le camping car avant 10h. En 10 mn, c’est chose faite et la navette nous conduit à l’aéroport, duquel d’ailleurs nous apercevons toujours le Denali. On décolle en début d’après-midi et très rapidement on vole « à côté » du Denali : magnifique ! Je constate non sans une pointe de satisfaction égoïste que la piste du Denali NP est sous les nuages, comme tout le flanc nord du massif. Moi qui était déjà en train d’échafauder des plans pour retourner en Alaska à l’automne et dans le nord, je réalise que le beau temps est rare partout en Alaska, pas uniquement sur la côte !
CONCLUSION Avant d’opter finalement pour l’Alaska, j’avais étudié la possibilité d’un voyage au Kamchatka, son voisin de l’est ! J’étais attirée par ses paysages sauvages, ses volcans, ses ours, ses rivières et rêvait d’y randonner ou d’y faire une descente en raft ou canoë. Malheureusement cette région ne s’est ouverte au tourisme qu’en 1992 au moment de la Perestroïka et les infrastructures y sont encore peu développées. Il est très difficile d’y voyager sans guide (et encore plus si on ne parle pas le russe) et les devis demandés auprès des agences locales y étaient absolument exorbitants. Conditions de confort spartiates, nécessité de porter d’énormes sacs pour y trekker (je ne pense pas que les russes soient déjà initiés à la philosophie MUL), impossibilité d’y être autonome, manque de réactivité des agences locales pour répondre à mes mails. Bref, je décidai finalement de me tourner vers l’Alaska et là tout a été ultra-simple : on trouve plein d’infos, cartes, récits, photos sur le net qui permettent de préciser ses attentes. Les américains ont un sens du service qui nous épate à chaque fois ! On avait un timing assez serré et tout a marché comme sur des roulettes, ils sont très pro ! Pas facile cependant vu la taille de l’état de faire des choix : il mérite à coup sûr plusieurs voyages ! On a fait un voyage passionnant même si la météo aurait pu, si elle avait été complice, le rendre absolument époustouflant !
Nos plus forts souvenirs (après sondage familial) seront : La rencontre rapprochée avec le grizzly L’ours noir sur la plage L’adorable loutre à Valdez et les loutres en général, trop mignonnes Les aigles à tous les coins de forêts et les phoques La « pêche au saumon », morts de rire ! Le Denali dans toute sa splendeur Les mouflons de Dall La pluie !!! La (très) grosse trouille en raft contre la souche
BUDGET ALASKA
J'ai profité en décembre 2009 d'un euro avantageux par rapport au dollar (1$ = 1,50 euro à l'époque) pour payer le ferry, la location du camping-car, les accomptes pour le kayak et le raft, le camping/Tek Pass/entrée au Denali, Child's glacier campground. J'avais aussi acheté en décembre des dollars pour payer sur place le solde kayak/raft, les hébergements, restaurants, bouffe. Bref, il n'y a que la location de voiture et le carburant qu'on a payés avec un dollar un peu moins avantageux (1$ = 1,29 euro) Vu le prix des prestations en Alaska, il n'y a pas de petits profits!
Avion pour 5, vol direct Francfort-Anchorage avec Condor4880 euro
Location 2 kayaks doubles+1 simple pour 7 jours1085$ Transferts en watertaxi 1880$ Total kayak :3035$ soit 2154 euro
Location raft 4 jours pleins 400$280 euro Navette pour dépose raft250$175 euro Total raft : 650$455 euro
Location VHF 7jours70$47 euro Location tél satellite 2 semaines150$ 106 euro Location bear spray 2 semaines 50$ 35 euro Clôture anti ours120 euro Total sécurité308 euro
Location minivan 14javec plein assur maxi732$567 euro Essence minivan 40$31 euro Total minivan 14j598 euro
Camping car 25' 10 jours, assurance maxi1592$1114 euro Propane40$28 euro Essence camping car 26l/100 km 1700 km459$355 euro Total 10j camping car 1497 euro
2 nuits 5 pers AJ Girdwood240$168 euro 2 nuits Talkeetna Roadhouse284$200 euro Childs's glacier campground avec résa34$25 euro 3 nuits à Teklanika campground (Denali)73$49 euro Total hébergements 442 euro
Ferry Whittier/Cordova/valdez CC+5P1091$722 euro
TEK Pass pour 3 jours pour 5 (bus dans Denali)92$61 euro
Ravitaillements, gaz, pêche 25j à 51000$670 euro Restos, fast food300$200 euro Total Bouffe, divers sur placeenviron 1000 euro
TOTAL pour 25j à 512117 euro
BIBLIOGRAPHIE ALASKA
Le Milepost est un énorme annuaire contenant une masse d'informations diluées au milieu de publicités. Nécessite un temps d'adaptation avant de s'y retrouver. Très utile pour le voyageur motorisé. Poids rédhibitoire pour les autres.
Lonely Planet Alaska : bien, pas mal d'idées de randonnées, pas mal de cartes.
55 Ways of the Wilderness in South Central Alaska, 5th edition de Helen D. Nienhueser and John Wolfe Jr : plein d'idées de rando, cartes succintes.
The Alaska River Guide de Karen Jettmar : la référence pour choisir sa rivière.
Denali National Park Guide to Hiking, Photography and Camping de Ike Waits. Plein d'idées de randos dans le Denali NP. Topos pas très précis mais difficile de faire mieux vu qu'il n'y a pas de sentiers. Cartes très grossières.
Cartes du National Geographic : Prince William Sound West (utilisée en kayak) 1/110000ème Prince William Sound East (pour la région de Cordova) 1/105600 Denali 1/225000ème On est loin de nos cartes IGN au 1/25000ème mais ces cartes sont agréables à lire et plastifiées. Au moins un bivouac de kayak indiqué qui n'existe pas sur PWS West. Je ne crois pas qu'il existe des cartes papier plus détaillées de toute façon. Il faut donc un peu « d'inspiration » pour lire le terrain plutôt que la carte, pas toujours facile.
Cartes GPS On a téléchargé des cartes topo gratuites pour Garmin. Attention il en existe (au moins) 2 types : pour l'un des 2 impossible de transférer les cartes et les waypoints sur le GPS donc mieux vaut faire un essai avant de rentrer tous les waypoints et de piquer une crise quand ça coince! On a utilisé ça : http://www.gpsfiledepot.com/maps/view/302/ Bien utile pour évaluer la distance parcourue en kayak ou en raft et s'assurer qu'on est bien là où on croit! Amusant aussi pour mesurer la vitesse en raft : record 14,8 km sans donner un coup de pagaie!
Scats and Tracks of Alaska de James C. Halfpenny : crottes et traces d'Alaska, bien fait, léger, les enfants le connaissent par coeur.
Alaska Wild Berries and berry-like fruit de Verna E. Pratt pratique, léger, bien utile vu l'abondance de baies diverses et variées.
On aurait du acheter ces 2 petits livrets au début du voyage mais l'occasion ne s'en est présentée que plus tard. Si vous les trouvez sur le net, n'hésitez pas!
Pour le récit illustré, cliquez ici
Bonne lecture!
ALASKA ! Enfin ! L’idée d’aller en Alaska nous turlupinait, Fred et moi, depuis longtemps. On n’avait cependant pas envie de survoler superficiellement cet immense état américain (le plus grand, 3X la France) On voulait le découvrir sous son aspect le plus sauvage, loin de la civilisation, loin des routes, au plus près de la nature. Pas facile en 3 semaines de vacances. Pas facile avec 3 enfants. Il nous a donc fallu attendre patiemment qu’ils grandissent, physiquement mais aussi dans leur tête, car nous nous doutions que le wilderness sous ces latitudes est vraiment très « wild ». Bref, nous (Marie, Fred, Caroline 17 ans, Arnaud 15 ans et Marion 14 ans) débarquons enfin à Anchorage ce 01/08/10 et récupérons nos 180 kg de bagages… 180 kg !? Oui, on prévoit de commencer par une semaine de camping itinérant en kayak de mer, suivie de 4 jours de descente en raft : tout ça nécessite un sacré fourbi, d’autant que nous emmenons notre canoë gonflable. Comme je me doute que notre résistance à la rude vie au grand air alaskan risque d’avoir ses limites, je choisis de terminer notre voyage par la location d’un camping car pendant 10 jours. Avec un tel programme nous n’allons découvrir qu’une infime partie de l’Alaska, à notre rythme. Ce sera l’occasion d’y retourner !
Cogitations/préparatifs Pour les prix, voir dans la partie budget à la fin VOL Pour le vol, rien de bien compliqué : Condor Airlines, filiale lowcost de Lufthansa, opère des vols directs pour Anchorage depuis Francfort. 2h30 de route de Nancy, aéroport très pratique. Bien que cher (presque 1000 euro A/R) on n’hésite pas longtemps devant l’attrait d’un vol direct et le prix de toute façon assez élevé aussi des vols avec escale (pb des retards, correspondances ratées, bagages perdus, passage de douane…) passant par les US ou le Canada. KAYAK DE MER On avait adoré notre virée en kayak au Groenland et bien envie de recommencer. Le but était de se balader dans des espaces vierges, sans trop d’humains, sans ferry, bateau de pêche, vedettes à moteur… Bref sans autre bruit que celui des cascades, du vent et de la mer, des animaux et du crépitement des glaçons mêlé aux craquements sinistres des glaciers.. Euh….j’avais oublié celui de…la pluie ! Après avoir comparé les mérites respectifs de Valdez, Seward, Homer et Whittier (dans tous ces endroits on trouve à louer des kayaks de mer), je choisissai finalement cette dernière. Whittier est un endroit absolument glauque, le pot de chambre de l’Alaska avec une pluviométrie record, mais c’est une bonne base de départ vers la partie ouest du PWS (Prince William Sound : gigantesque baie parsemée d’îles, située au SE d’Anchorage) qui est une zone très abritée de la houle océanique du fait de la présence de nombreuses îles. Bien sûr il y a des endroits avec plus de glaciers (Valdez), plus d’animaux (Seward), mais cette zone me parait réunir pas mal d’atouts : protégée de la houle, quelques glaciers, de bonnes chances d’y voir des animaux, pas trop de difficulté pour y bivouaquer (la forêt pluviale, exubérante vient souvent jusqu’à la limite de la haute mer) Après quelques échanges de mail, je retenai Epicchartesr (Brooke le patron n’a pas été avare d’informations sur le coin) pour louer les kayaks : 2 doubles+1 simple. S’éloigner de la civilisation a un coût certain en Alaska car l’absence de route sur la plus grande partie de cet état nécessite le recours à un avion, hydravion ou bateau. En l’occurrence c’est en « watertaxi » (toujours avec Epiccharters) que nous nous ferons déposer à environ 75 km au sud de Whittier (au-delà des zones de pêche), puis récupérer un peu plus loin une semaine plus tard. Pourquoi ne pas prendre un tour guidé ? Ben… parce que quand on ne peut compter que sur soi-même, les sensations sont décuplées !
RAFT C’est précisément pour éviter le coût non négligeable d’une dépose aérienne (à 5+ matos de camping+bateaux il faut 2 rotations car les coucous sont minuscules) que je choisissai finalement de descendre la Chulitna. Après avoir demandé des devis pour accéder à des rivières perdues dans le nord de l’état, je réalisais que, d’une part cela ferait exploser le budget, d’autre part cela nous demanderait d’y consacrer beaucoup de temps (il faut le temps de monter là-haut et d’en redescendre+journée de sécurité pour le vol de dépose, idem pour la reprise) 3 ou 4 jours me semblaient la bonne durée : assez longue pour bien entrer dans l’ambiance du trip, assez courte pour ne pas engendrer de monotonie. Les enfants voulaient que ça bouge un peu (on a été servi…) Je ne voulais pas d’une rivière trop près d’une route. Je ne voulais pas de portage. Je voulais enfin avoir la possibilité de voir des animaux et de beaux paysages. Je jetai donc mon dévolu sur la Chulitna pour laquelle le point de mise à l’eau est accessible par la George Parks Highway et qui après 77 miles passe – comme c’est pratique- dans le village de Talkeetna. La Chulitna passe dans la même vallée que la George Parks Highway, à une distance de plusieurs km si bien qu’on ne perçoit pas sa présence (sauf sur qq km au début où l’on entend un peu la circulation). En cas de problème il ne faut toutefois pas trop compter pouvoir rejoindre la route car le terrain est difficile : forêt impénétrable, marais, ravins… Elle longe sur son flanc est tout le massif du Denali, plus haut sommet d’Amérique du nord qui culmine à 6029m. Elle court ainsi dans une vallée glaciaire du nord vers le sud, recevant plusieurs affluents qui augmentent considérablement son débit (de 1 à 4 entre le début et la fin de notre parcours) Cette rivière étant classée II+ voir III en cas de fort débit, je préférai louer un raft plutôt que des canoës gonflables . (Bien m’en a pris, boudiou !) Craignant que les enfants ne s’ennuient sur le raft, je décidai d’amener notre canoé gonflable (super bonne idée) Je réservai donc un raft Aire de 15’chez Alaska Raft Connection (à Anchorage) dont le patron Brian est très réactif. J’ajoutai dans nos bagages une galerie gonflable Handyrack et des sangles car transporter un raft et ses avirons n’est pas une sinécure.
VOITURE Après plusieurs jours de recherche sur le net, je tombai enfin sur un tarif tout à fait raisonnable (pour l’Alaska hein !) pour la location d’un Dodge Grand Caravan chez Alamo. C’est fou, les prix vont de 1 à 5 ! Bien chercher avant de se décider donc. Pourquoi louer une voiture pour faire du kayak et du raft ?! Ben, pour les transferts pardi ! En fait, les transports en communs pour 5 sont + chers qu’une location et en plus impraticables avec tout notre fourbi. Pas le choix donc, même si ça fait râler de louer une voiture pour la laisser 7+4 jours au parking… Voiture quasi neuve, 12000 miles au compteur, récupérée en 5 minutes en arrivant à l’aéroport.
CAMPING CAR Bien moins cher à partir du 15 août, on a sauté sur l’occasion. On a donc loué pour 10 jours chez Great Alaskan Holidays un camping car de 25’, nécessaire et suffisant pour 5 personnes. On ne voulait pas plus grand afin de pouvoir rester relativement « agile »… Organisation parfaite, camping car étincelant. Il y a PLEIN de camping cars en Alaska et ça se comprend : on peut s’arrêter où on veut, en « pleine nature », en toute légalité (ce qui n’est pas le cas dans beaucoup d’autres états américains). Vu les distances, la rareté et le coût de l’hôtellerie, la qualité de la « restauration » tout-venant, c’est une solution qui serait presqu’idéale si ces bestiaux ne consommaient pas 25 l/100 km minimum (26 en ce qui nous concerne en roulant hypercool)
SECURITE Rassurez-vous je ne parle pas des Américains, en général vraiment sympas mais de la Nature et de ses Habitants. Prévoyant de nous balader dans des coins perdus, en bonne santé mais pas à l’abri d’une gamelle, crise d’appendicite - que sais-je encore - dans une nature réputée pour sa population d’ours (noir et grizzly) je préférai louer (chez Alaska raft Connexion toujours) un téléphone satellite et un bear spray (spray répulsif contre les ours) pour la partie kayak et raft. Je louai aussi (cette fois chez Epiccharters) une VHF (finalement inutile car il n’y avait pas un chat là où nous avons fait du kayak et la portée de cet appareil est très limitée) Enfin je décidai de fabriquer une « bear fence », clôture électrique anti-ours (destinée à entourer la tente), afin de pouvoir dormir un peu plus sereinement. J’ai trouvé tous les ingrédients en Europe (je ne voulais pas commander aux US à cause des frais de douane+dossier éventuels) Evidemment cet attirail ne dispense pas de respecter aussi scrupuleusement que possible les consignes pour éviter des rencontres trop rapprochées avec les ours. La rando en kayak se déroulant dans la Chugach National Forest, Epiccharters avait récupéré pour nous auprès du visitor center cinq boîtes anti-ours destinées à stocker la nourriture et les trucs odoriférants qui pourraient intéresser ces gourmands. Bien pratiques pour s’asseoir mais d’un volume insuffisant pour une semaine d’autonomie. Un peu encombrantes dans les kayaks même si heureusement elles tenaient verticalement entre nos jambes. Pas étanches, dommage.
Le voyage (Dim 01/08/10) Ouf, l’hôtesse de l’enregistrement ne moufte pas quand elle nous voit enregistrer 8 sacs pour 5 personnes. Depuis peu la franchise de bagages en soute est limitée à 1 sac de 23kg/personne mais comme les billets ont été achetés l’année dernière, nous bénéficions encore des 2X23kg. On décolle enfin avec 3h de retard (on s’est donc levé à 4h du mat pour rien…) 8h45 plus tard, après avoir survolé le Groenland puis (chance !) aperçu le Denali émergeant d’une mer de nuages, nous nous posons vers 14h à Anchorage. Il fait gris mais il ne pleut pas, environ 17°C. On récupère la voiture au terminal domestique en un clin d’œil et après nous être trompés d’adresse (j’avais noté l’adresse postale, ne nous énervons pas… une adorable commerçante nous a retrouvé la bonne adresse sur le net), on déniche enfin Alaska Raft Connection, dans un hangar près de Lake Hood juste à côté de l’aéroport pour récupérer le tél satellite et le bear spray. Le dépaysement est immédiat car ce lac sert en fait d’aérodrome pour les hydravions. Il y en a des centaines, garés sur l’eau ou sur les parkings. Si le trafic sur le gros aéroport parait modeste, ici, ça turbine ! Ce spectacle nous occupe bien en attendant que notre téléphone atterrisse ! Enfin, il arrive : une famille de Suédois (avec un garçon de 15 ans et une fille de 18 ans) vient de rentrer en hydravion d’une randonnée de plusieurs jours en raft sur la Talachulitna River. Ils ont attendu leur hydravion pendant plus de 24h à cause du mauvais temps et sont affamés. Ils ont eu de la pluie quasiment en permanence… On compatit… « I wouldn’t do it again » dit sobrement la maman. Bien, bien, bien… Je me rassure en me disant que la météo a l’air tout à fait correcte pour les jours à venir. Ils ont tout de même vu un ours, un lynx, des élans et pas mal de moustiques (ça m’inquiète un peu cette appréciation, surtout venant de Suédois !) Brian nous explique que le mois de juillet a battu tous les records de pluviométrie. Bon…ça ne peut que s’améliorer en août, pas vrai ? Bref, ils avaient 2 tél satellite (on n’est jamais trop prudent mais j’avoue que ça ne m’était pas venu à l’idée. Peut-être avaient-ils des impératifs professionnels ou familiaux nécessitant de fréquents appels) On récupère celui qui n’a pas servi et dont la batterie est pleine. Direction ensuite le Wal Mart pour les courses de bouffe et achat de gaz : on vide le rayon de ses 4 dernières petites cartouches. Enfin nous prenons la route en direction de Girdwood , petit village situé à environ 1h de route d’Anchorage en direction de Whittier, le long du Turnagain Arm, gigantesque bras de mer entre Anchorage et la Péninsule de Kenai. Le temps est bouché, je suis cuite, ça circule énormément, pas de photos. Il y a un monde fou sur cette route mais les chambres que j’ai réservées dans l’AJ de Girdwood : GABI (Girdwood Alaska Backpacker Inn) sont au calme sur l’arrière. A 20h après 26h de route/avion/courses/route, on s’écroule enfin !
En route vers Point Nowell (Prince William Sound PWS) Lu 02/08 Avec 10h de décalage horaire, on est réveillé à l’aube et ça tombe bien car on a RDV à 7h45 avec Epiccharters. Pas le temps de profiter de l’auberge, pourtant bien sympathique. On passe le tunnel (12$, circulation alternée sur une seule voie pour les voitures et le train) sans attente si bien qu’on a le temps de visiter Whittier et ses alentours (il n’y a que qq km de routes) Sous la pluie, dans le brouillard, on aperçoit notre premier aigle pêcheur, ravis. On se rend compte qu’avec la fatigue d’hier on a mal compté le nombre de jours de bouffe à acheter : du coup on rachète à prix d’or un ou deux paquets de nouilles à la petite épicerie du coin et on se laisse tenter par une machette/scie qui plait bien aux garçons. Quelle bonne idée ! Les kayaks nous attendent, parfaitement préparés, disposés sous un auvent (ça tombe bien il pleut toujours) juste en haut de la passerelle qui mène au ponton où est amarré le bateau. Matériel impeccable (2 Seda Tango et un Prijon Seayak ), rien ne manque. On récupère la VHF. Grand déballage de printemps, on retire tous les emballages inutiles, emballe tout ou presque dans des sacs étanches. Pas le temps de vérifier que ça rentre dans les kayaks, faudra bien ! Après avoir signé moult décharges, embarqué les kayaks sur le watertaxi, écouté comme dans l’avion les consignes de sécurité (difficile de ne pas sourire discrètement), c’est parti pour 1h30 de navigation tape-cul à fond avec les 2 moteurs de 200 CV. Le GPS indique 55 km/h. Faites le calcul… Sur le trajet on ne voit pas grand-chose, brouillard… On arrive un peu groggy sur la plage (de galets hein !) de Point Nowell : en un clin d’œil nous voilà débarqués avec armes et bagages. « Enjoy ! » nous lance Brooke puis le bateau disparait très vite dans le brouillard. Bon ben, ‘y a plus qu’à ! Le tour du propriétaire est vite fait : la plage fait 300 m de long, 30 de large (3 à marée haute), au-delà la côte est faire de rochers infranchissables. Sur toute sa longueur elle est bordée d’une épaisse forêt pluviale. Seul 2 ou 3 endroits permettent de planter une tente à sa lisière. On choisit le plus plat, juste suffisant pour notre tente de 6 personnes. On n’y voit pas à 10 m dans cette forêt et moi qui depuis des mois lis tous les jours des histoires d’ours, je n’en mène pas large ! Les autres me prennent pour une parano, à jeter sans arrêt des coups d’oeil dans tous les coins. En plus il y a des crottes d’ours un peu partout ! Très vite, on retrouve nos habitudes de bivouac en famille : Caroline et moi montons la tente tandis qu’Arnaud et Marion ramassent du bois pour faire un feu (heureusement il y a plein de bois flotté, pas besoin d’aller farfouiller dans cette forêt touffue pleine d’ours) et Fred se lance dans la popote. Repus, crevés par le voyage et le décalage horaire, nous décidons à l’unanimité de ne pas bouger aujourd’hui et les enfants et moi filons faire la sieste tandis que Fred, fidèle à son habitude, s’oblige à adopter de suite les bons horaires. Bien lui en a pris car un peu plus tard il nous appelle : 2 ou 3 baleines croisent à quelques centaines de mètres, on entend même leur souffle, chouette ! Après cette digression, on resombre dans le coma et on n’émerge que pour le repas du soir. Il fait très bon, pas de vent, pas de moustique à ma grande surprise, pas vu d’ours non plus pour le moment. Tiens, un lion de mer vient nous rendre une petite visite. Pas fait de photo vu le manque de lumière, persuadée qu’on en verrait d’autres après : mais nan ! J’insiste pour attacher la bouffe en hauteur ; pas facile de trouver un endroit propice. Ce serait ballot de se faire piquer la bouffe dès le 1er jour ! Depuis, j’ai vu des vidéos qui m’ont convaincue qu’un ours noir est capable d’acrobaties auxquelles notre installation n’aurait pas résisté longtemps… Nuit pas vraiment réparatrice du fait du décalage horaire et du sentiment de claustrophobie généré par cette épaisse forêt qui nous entoure. De plus il y a eu un bourdonnement continuel de bateaux à moteur qui ne s’est interrompu qu’au milieu de la nuit. La mer est très calme, bordée de côtes montagneuses et le bruit porte très loin.
Vers Ewan Bay (Ma 03/08) On se lève avec le jour et le soleil nous gratifie d’un magnifique spectacle ! Quel silence, les pêcheurs sont au lit ! On profite de la chaleur du soleil pour faire sécher la tente, la lumière est incroyable. On a bien fait de se lever tôt car à 6h30 le soleil disparait. C’est tout pour aujourd’hui ! J’inaugure le sac étanche Ewa Marine pour l’appareil photo. J’ai comme objectif un 24-105 mais dans ce sac je ne peux que déclencher : impossible de zoomer, toutes les photos sont donc prises au 24 mm, ni de régler quoi que ce soit. De plus il faut de la persévérance pour réussir à appuyer sur le déclencheur à travers cet épais plastique. Enfin il faut plusieurs minutes pour entrer/sortir l’appareil photo du sac. Seule qualité du bazar : c’est vraiment étanche ( a trempé pendant des jours dans l’eau stagnant dans la jupe). Si c’était à refaire j’achèterais plutôt un compact étanche. Je suis très déçue par la qualité des photos, souvent « voilées » par la partie en verre qui recouvre l’objectif qu’on ne peut pas garder propre (embruns, pluie). Le fait de ne pas pouvoir zoomer est évidemment très gênant. Pour le caméscope Fred utilise un caisson étanche qui l’autorise à utiliser toutes les fonctions du cam mais il a de gros problèmes de condensation, malgré l’utilisation de silicagel. On est sur l’eau à 7h15, pas mal ! Après une bonne heure de pagaie nous approchons de Junction Island où Brooke nous a indiqué une colonie de phoques. En effet, jusqu’ici nous avions croisé quelques phoques épars mais sitôt viré un premier caillou, c’est la débandade ! Il y en a partout, des dizaines. Certains disparaissent discrètement sous l’eau sans un frémissement tandis que d’autres manifestent leur mécontentement d’être ainsi dérangés par de violents coups de reins avant de plonger. Ils s’éloignent d’une vingtaine de mètres tout au plus et-curieux- nous observent attentivement. Trop mignons s’exclament les enfants. Oh les bonnes têtes, regarde çui-là ! Et là derrière, il nous suit ! Bref, un régal. On débarque sur « leur plage » jonchée de crottes de phoques (je vous passe les détails mais ça p… autant que des crottes d’oiseaux) Ils sont là tout autour de l’île à nous observer patiemment. Dès que nous réembarquons, ils reprennent possession de leur territoire : bon débarras les perturbateurs ! (à notre décharge, il nous fallait ajuster les cales-pieds…) Nous longeons ensuite la côte ouest de Chenega Island, et c’est un régal. On se faufile entre la côte et une multitude d’îlots touffus qui donnent l’air de déborder de végétation. Malgré le ciel couvert, l’eau vert émeraude contraste avec le jaune des algues et le vert profond des forêts. A cet endroit la côte est particulièrement découpée et c’est une surprise renouvelée au détour de chaque îlot ou de chaque baie. Nous qui sommes plutôt des voileux apprécions vraiment de pouvoir jouer au rase-cailloux sans souci de tirant d’eau. Encore plus mignonnes que les phoques, les loutres égaient notre journée. Plus on va vers le sud, plus elles sont nombreuses. On rencontre plein de mamans qui font la planche avec leur petit sur le ventre. Parfois elles rêvassent ou elles dorment et on peut s’en approcher à quelques mètres puis, surprises, elles s’enfoncent dans les flots après un petit sursaut. Brooke m’a indiqué au fond de Ewan Bay la présence d’une cascade d’eau salée. Lors du gros tremblement de terre de 1964, un décalage est apparu entre une toute petite crique et le reste de la baie si bien qu’à certaines heures de la marée cette crique se vide par une cascade d’eau de mer ce qui crée une mousse identique à celle générée par une tempête. Nous nous dirigeons donc vers le fond d’Ewan Bay quand il se met à pleuvoir. Après cette première matinée de pagayage on en a plein les bras et on décide de se trouver d’abord un endroit pour la nuit car les opportunités sont plutôt rares. Miraculeusement on trouve un endroit que Brooke nous avait indiqué, sur une petite île dans un endroit relativement dégagé qui me plait infiniment plus que notre emplacement d’hier. Ici, ni trace ni crotte d’ours. Comme hier, il n’y a pas de ruisseau à proximité mais nous avons 2 bidons de 15 litres donc une autonomie d’au moins 3 ou 4 jours. Une fois la tente montée, il pleut de plus belle et nous préférons remettre au lendemain la visite de la cascade, située à 2 ou 3 km. Fred s’installe pour faire à manger : rien à faire, le réchaud (Primus Omnifuel ) ne veut pas démarrer ! Lui qui avait fonctionné comme une horloge au Groenland refuse obstinément de s’allumer alors que j’ai choisi cette fois d’utiliser du gaz plutôt que de l’essence car cela pose théoriquement moins de problème. Hier il a marché au poil… Gros coup de stress : nous voilà bien avec nos kilos de pâtes et de riz prévus pour toute la semaine. Bien sûr on a un téléphone satellite et la possibilité de nous faire récupérer par Epiccharters mais ce serait trop la honte, dès le 2ème jour ! Pas question ! « On va faire un feu, histoire de conjurer le sort ! Ca va faire marcher le réchaud ! » Ben voyons… Fred le démonte et le remonte X fois de A à Z, je tente aussi ma chance, des fois que… Niet ! Il pleut toujours : on se dépêche de ramasser bois et brindilles encore pas trop mouillés pour allumer le feu, tandis que Fred autopsie encore le réchaud. Quelle bonne idée on a eu d’acheter cette machette à Whittier ! On envisage la possibilité de cuisiner midi et soir au feu de bois mais s’il continue à pleuvoir ainsi, ça va être impossible sans allume feu. M…. de m… Quelle c… de ne pas avoir pris un 2ème réchaud ! C’est quand même le B.A.BA quand on va dans un coin perdu ! Du coup on n’a même plus faim, sauf les enfants ! Alors que le feu démarre enfin nous percevons soudain un ronflement puissant : ça marche ! Enfin si on peut dire : jouant le tout pour le tout, Fred a élargi le trou de la buse et la flamme ressemble maintenant à celle de la fusée Ariane mais elle se maintient. Ouf, sauvés ! Il consomme certainement plus mais on a prévu large en gaz. Aujourd’hui nous n’avons ni vu ni entendu le moindre bateau !
Vers Gaamak Cove (Me 04/08) Il pleut toute la nuit et au petit matin nous réalisons que nous avons douillettement dormi sur un lit de tourbe à présent totalement imbibée d’eau. Heureusement la tente est bien étanche. Après cogitation nocturne, je réalise que ce matin la marée n’est pas propice pour voir la cascade. Tant pis on laisse tomber d’autant plus que je ne sais pas trop où nous pourrons trouver à bivouaquer pour la prochaine étape. La carte mentionne bien un bivouac au sud de Jackpot Bay mais Brooke a l’air de douter de son existence. Nous replions le camp sous une pluie persistante et c’est reparti ! On se faufile le long de la côte, toujours au plus près des rochers, croisant des dizaines de loutres. On ne se les signale même plus, elles sont devenues banales. Idem pour les aigles pêcheurs, très faciles à repérer avec leur tête blanche. Moins banal cet ours noir que l’on aperçoit s’enfuyant dans une zone herbeuse, pour une fois non envahie par la forêt. Je pense que nous l’avons effrayé, ce qui nous rassure, ainsi que sa petite taille. On dirait un gros chien s’exclament les enfants. Oui, disons un gros terre neuve, c’est vrai. Un peu plus loin, nous remarquons un arbre qui se balance en cadence alors qu’il n’y a pas la moindre brise : un ours noir y est grimpé et ne nous a pas vus, il a l’air de bien s’amuser. Nous l’observons quelques dizaines de secondes puis il disparait dans la forêt. A présent il pleut des cordes et ça dégouline de partout : des cascades éphémères, qui pour certaines ont un débit impressionnant. Elles se succèdent tout au long de la côte alors qu’hier, avant la pluie, nous n’en avons pas vu une seule. Bien que la visibilité soit des plus réduites, nous reconnaissons bientôt nos premiers icebergs. Plus nous avançons vers le sud, plus ils sont nombreux. Ils ont l’air de fondre à toute vitesse. Comme je le craignais le bivouac espéré et indiqué sur la carte au sud de Jackpot Bay n’existe pas. Il y a bien une grande plage de galets mais la forêt occupe tout l’espace jusqu’à la mer. Ca fait déjà quelques heures que l’on pagaie sous la flotte, les garçons sont trempés, on débarque en vain en plusieurs autres endroits sans succès. Pas le moindre recoin pour la tente. Bon, ben, Gaamak Cove est à 8 km, on en a pour 2 heures, allons-y, ça va nous réchauffer. Le vent se lève, de face bien sûr et on utilise au mieux les reliefs de la côte pour s’en abriter, pas toujours possible. Heureusement avec cette pluie (positivons) il reste faible. On arrive enfin en vue du bivouac, situé sur une île reliée au continent par un isthme étroit à marée basse. Les craquements du glacier (situé au-delà) sont de plus en plus intenses. On adore ! Nous sommes accueillis par les cris de centaines de mouettes. Une cascade magnifique tombe de la falaise où se trouve la colonie d’oiseaux. Il pleut des cordes, on ne passe pas tout près (rappelez-vous que je n’ai que mon 24 mm), ça manque de lumière, j’en ai plein les pattes : je ferai une belle photo demain... Ce bivouac est du tonnerre ! Pas étonnant qu’il ait l’air relativement fréquenté : l’herbe est « usée ». Tiens, il y a plein de traces et de crottes d’ours partout, hum ! Du bout du pied, en tâtonnant, on se choisit l’endroit qui fait le moins sploutch quand on prend appui. La vue est dégagée, il y a de l’espace pour se promener un peu et on est au milieu des fleurs et des glaçons. Ne manque que le soleil ou au moins l’absence de pluie (à la longue, on devient moins exigeant) On monte le tarp pour se changer. Alors que nous portons des combinaisons théoriquement étanches et respirantes, Fred et Arnaud sont trempés jusqu’à l’os (Fred a une vieille combin’ Helly Hansen et Arnaud une combin’ Rasdex comme Marion mais moins imperméable, pourquoi ?), Marion a les épaules humides et Caroline et moi sommes sèches (c’est nous 2 qui avons les combin’ les plus simples et les moins chères pourtant, des Typhoon Racer drysuits) Ce serait bien que la pluie cesse un jour afin de pouvoir un peu faire sécher le matériel. A la longue, l’humidité commence à s’infiltrer un peu partout. Heureusement la tente est bien ventilée mais il est pourtant impossible avec cette humidité ambiante d’y faire sécher quoi que ce soit. On verra bien demain. Pas de feu ce soir, tout est absolument détrempé ! Comme on a bien avancé (20 km à vol d’oiseau sous la flotte) on décide de rester là 2 nuits. Il n’y a en ligne directe qu’une trentaine de km entre l’endroit où on s’est fait déposer et celui où nous allons être récupérés. Le but n’est pas d’aligner les km mais de découvrir cette région tranquillement à notre rythme en explorant criques et baies. Les américains ont d’ailleurs pour habitude de se faire déposer avec tout le confort moderne (glacière, bières, barbecue, grande tente moustiquaire, fauteuils…) dans un endroit sympa et de rayonner à partir de là. Compte-tenu des aléas météorologiques, je ne voulais pas d’un parcours trop ambitieux qui nous aurait obligés à forcer ou à prendre des risques pour être au RDV à la fin de la semaine.
Gaamak Cove-Nassau Fjord-Chenega Glacier (Je 05/08) Il a plu toute la nuit, pfff… Enfin, la pluie finit par s’arrêter en début de matinée, il était temps. Le moral remonte avec le baromètre : on va peut-être enfin découvrir les sommets qui nous entourent ? On profite de l’accalmie pour « recharger les batteries » : une grande opération séchage est décrétée mais pour cela, à défaut de soleil, il nous faut un bon feu. Il n’a pas fallu moins de 1h30 à Fred, armé de son réchaud supersonique, pour obtenir enfin un vrai bon feu qui chauffe. Pendant ce temps-là on se disperse tous azimuts en chantant « promenons-nous dans les bois… « (enfin, surtout moi) pour trouver du bois. C’est moins facile qu’ailleurs car l’endroit est régulièrement fréquenté. Inutile de dire que le bois est trempé. C’est alors que je réalise que ma belle cascade au débit si impressionnant est désormais réduite à un mince filet d’eau insignifiant. Flûte ! Je comprends aussi que le ruisseau tout proche repéré hier et auquel je comptais refaire le plein doit lui aussi se réduire de minute en minute : en effet, il n’y coule plus que quelques gouttes d’une eau teintée de tourbe. J’y recueille péniblement quelques décilitres puis abandonne. On a encore quelques litres en réserve. En début d’après-midi le temps se lève et on aperçoit du ciel bleu : en route donc pour explorer Nassau fjord, tout proche, où se jette le Chenega glacier. On n’oublie pas de prendre les bidons, fermement décidé à trouver enfin de l’eau. C’est marée haute et on peut donc prendre le petit raccourci au milieu des glaçons. On profite de l’étale pour remonter le fjord, sans oser s’approcher trop près du glacier. Nous en sommes là à 2 km d’après le GPS et ça nous semble bien suffisant. Nous dérangeons quelques phoques vautrés sur les icebergs. On va faire le plein dans ce petit chenal où on a enfin dégoté une cascade relativement accessible où on peut remplir un bidon sans se faire doucher en même temps. Puis le courant s’inverse et nous nous retrouvons sur un véritable tapis roulant d’icebergs qui nous emmène lentement mais sûrement vers notre bivouac. En plus on a un peu de vent dans le dos. Cool ! D’autant plus que le soleil arrive ENFIN. Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ! Ca fait du bieeeeeeeennnnnnnnn ! Ohhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ! Que c’est bôôôôôôôô ! Non ! Caroline ne s’est pas transformée en Shiva. Elle a simplement récupéré la pagaie perdue par Fred, tout absorbé qu’il était par le maniement du caméscope qui avec la chaleur du soleil se remplit de buée ! Petit arrêt Twix au soleil, mmmmhhhh ! On fait le tour de notre îlot pour aller voir cette colonie d’oiseaux de plus près. Ils sont des centaines à virevolter au-dessus de nos têtes par vagues coordonnées. Curieusement et à notre grande satisfaction, nous ne recevrons aucun « cadeau » On approche les nids de tout près (heureusement, avec l’objectif que j’ai…), il n’y a pas de houle et on est vraiment au pied de la falaise. Je fais plein de photos, espérant en avoir quelques unes qui soient nettes vu que je ne peux pas régler la vitesse. On quitte finalement cette colonie assourdissante pour pagayer vers notre bivouac situé juste au-dessus de la plage sur laquelle j’aperçois soudain… un ours noir, encore un ! Il déambule tranquillement, totalement indifférent à notre présence, pourtant c’est sûr il a du nous voir, nous sommes à 150 m tout au plus. Youpi !! M….. ! Full card !!! Ma carte mémoire est pleine de photos d’oiseaux floues ! Pas trop de regret tout de même car on est trop loin pour le 24 mm et on ne veut pas s’approcher de peur de faire fuir la bestiole. Fred « l’attrape » au caméscope. Il prend son temps, zigzague, renifle, gratouille le sable et parcourt finalement toute la plage d’un bout à l’autre pour traverser le petit chenal avant d’aller longuement inspecter une zone herbeuse sur « le continent » où on l’observe encore un bon moment avant qu’il ne disparaisse. On est tout content de cette apparition mais aussi un peu inquiet car, en gros, vu sa trajectoire, il venait sans doute de notre campement. Dans quel état allons-nous le retrouver ? Intact ! Il faut dire que la bouffe est dans des sacs ou bidons étanches ce qui doit limiter les odeurs. On avait aussi allumé la clôture électrique qui protège la tente, pas envie de se retrouver « à la rue » avec ce climat ! Ouf ! Quelle journée ! Le glacier, les icebergs, les oiseaux et pour finir cet ours et tout ça avec du soleil ! La fin d’après-midi se passe à buller au soleil. Pour une fois il y a quelques mouches et moustiques si peu nombreux que Fred néglige de mettre du produit anti-moustiques. Il le paiera cher avec l’apparition, curieusement quelques jours plus tard, de dizaines de piqûres douloureuses dans le dos, sur les jambes et les bras. On découvre émerveillé le paysage qui nous entoure, c’est grandiose et poétique en même temps. Arnaud et Marion fourbissent leurs armes (des bâtons taillés en pointe) pour les chamallows grillés de ce soir. Avons-nous été repérés à cause de l’épaisse fumée générée par notre feu de bois mouillé ? Vers 20h30, nous voyons arriver 3 kayakistes dans « notre baie », scrogneugneu. Très vite, nous somme rassurés, ils doivent être aussi sauvages que nous car ils vont s’installer sur le continent, précisément là où l’ours avait longuement reniflé l’herbe avant de disparaitre. Faut-il les prévenir ? Bah, de toute façon tout le monde ici sait qu’il y a des ours : le coin est jonché de traces et crottes. Ce sont des grands garçons, laissons les tranquilles. Très bonne nuit sans pluie !
Vers Dual Head (Ve 06/08) Il fait « beau », c’est-à-dire qu’il ne pleut pas mais il n’y a pas de soleil. Au moment où nous chargeons les kayaks, un de nos voisins vient nous dire bonjour (c’est marée basse et le chenal est à sec) Ils ont eu ce matin la visite de l’ours qui heureusement s’est révélé » très timide ». Il nous demande des infos sur la quantité de glace dans le Nassau Fjord où ils comptent aller aujourd’hui. Apparemment l’endroit a l’air assez piégeux : Brooke nous avait d’ailleurs déconseillé d’y bivouaquer car selon le vent et le courant il arrive que l’on puisse y rester bloqué par la glace. Ils se sont fait déposer sur Knight Island et se feront récupérer dans quelques jours à Point Nowell. Aujourd’hui nous avons une courte étape jusqu’à Dual Head, lieu de RDV pour notre « pick-up ». Nous allons y passer 2 nuits ce qui nous permettra d’explorer un peu les environs. Les rencontres avec des baleines y sont parait-il fréquentes… je lève le suspense de suite : on n’en verra pas malgré la fréquentation d’Orca Cove et de Whale Bay. On aurait peut-être du aller jusqu’à Humpback Cove ou Mink Cove ! Faut dire que vu la pluie qui s’est remise à tomber dès midi on n’a pas été très courageux et on a passé l’après-midi au coin du feu. On est si bien sur notre petite presqu’île perso. Pas de place à Dual Head ! La foule du mois d’août sans doute : il y a 3 tentes et plus de place. Heureusement qu’on a trouvé ce petit lopin un peu plus loin. Comme personne ne vient jamais là, il y a plein de bois. Ca tombe bien Arnaud a entrepris de défricher l’Alaska. Il y a du boulot ! Un peu glissantes ces boîtes à ours !
Dual Head. Orca Cove (Sa 07/08) Ce matin il y a dans la tente une luminosité tout-à-fait inhabituelle qui me fait me lever d’un bond! Mais wouihhh il y a du soleil ! Quelques nuages aussi d’ailleurs et c’est tant mieux ! Nan ? C’est marée basse et notre périmètre d’action passe donc de 50 à 500 mètres. La forêt en arrière plan est comme d’habitude absolument impénétrable et on ne peut que longer la mer si le relief le permet. En l’occurrence je repère une belle cascade et en profite pour un récurage complet avant le retour demain à la civilisation ! Ah, ça fait du bien et ça me fait un alibi pour ne pas participer au ramassage des ridicules petites moules (en Amérique tout est grand sauf les moules) avec lesquelles Fred compte améliorer l’ordinaire (rappelez-vous notre erreur de calcul en faisant les courses) Au fil de la matinée, le soleil finit par s’imposer et nous en profitons pour à nouveau jouer les fées du logis. Marion bouquine, Arnaud continue de défricher, tandis que Caroline perd notre 10ème et dernier leurre. J’avais bien dit que le fil était trop fin pour les gros poissons d‘Alaska mais Fred avait décrété qu’on verrait bien. Comme je n’aime ni pêcher, ni tuer, ni nettoyer les poissons, je n’ai pas insisté. On a bien vu ! Il y a maintenant une dizaine de pauvres poissons qui se baladent avec un piercing. Festin de moules à midi, bravo Fred, elles sont petites mais excellentes ! Après ça, nous partons pour un ultime tour en kayak vers Orca Cove. J’adore me faufiler dans ces petites criques où on a l’impression de naviguer dans une prairie. On arrive enfin au fond de la baie d’Orca Cove et on y découvre une belle rivière pleine de saumons. Ca frétille de partout là-dedans. L’herbe des berges est toute aplatie et il y a plein de crottes d’ours partout. A moitié rassuré on remonte un peu la rivière puis la végétation s’épaissit et on préfère faire demi-tour. Un superbe aigle-pêcheur surveille nos allées et venues. L’eau est peu profonde, on n’a plus qu’un maigre paquet de nouilles pour ce soir, c’en est trop, Fred n’y résiste pas ! Sus aux saumons ! On peut réellement parler de pêche sportive, même si elle n’est pas très élégante…. Ames sensibles, abstenez-vous de regarder cette vidéo ! L’aigle d’ailleurs s’est envolé à tire d’aile ! En vue du camp, la pluie se remet à tomber : on devient d’autant plus philosophe que le camp est déjà installé. Dans la soirée on voit passer 2 kayakistes avec lesquels nous échangeons quelques mots : ils nous avertissent de l’arrivée de vents forts pour demain après-midi et nous les rassurons en leur disant que nous rentrons en water taxi demain matin. Eux prévoient de pagayer jusqu’à Whittier en une dizaine de jours. Ils sont venus avec le ferry Kennicott qui dessert Chenega Bay sur Ewans Island. C’est une solution bien plus économique que le water taxi mais les dates du ferry (voir le site de Alaska Ferry Adventures) ne nous convenaient pas. Pas envie non plus de pagayer près de Whittier, au milieu des bateaux à moteur. Nous sommes bien contents d’échapper à cette tempête : au total on n’aura pratiquement jamais eu ni vent ni la moindre houle, des conditions idéales pour le kayak si on fait abstraction de la pluie ! Je profite du téléphone satellite pour prévenir Epiccharter de notre position puisque nous ne sommes pas tout à fait au lieu de RDV prévu. Heureusement l’endroit est tout à fait propice pour beacher le bateau. Nous passons la soirée à alimenter un feu d’enfer avec tout ce qu’Arnaud a coupé. Dernière séance chamallows grillés, sous la pluie.
Retour à la civilisation (Di 08/08) A 9h pile, le bateau d’Epiccharters accoste et nous embarquons – sous la pluie et dans le brouillard. 2h plus tard, nous débarquons, réglons le solde de la location+transferts (ils nous font une remise de 100$ car « tout s’est bien passé ». Je crois qu’ils étaient un peu inquiets. Ils nous ont dit que c’était rare que des européens s’aventurent ainsi sans guide) et renonçons à la randonnée vers Portage Pass, que j’avais envisagée car…il pleut et le ciel est bien bas. Nous repassons par le tunnel pour aller jusqu’à Girdwood et son AJ, dans le jardin de laquelle nous mettons à sécher tente, duvets et combinaisons (mais oui, il ne pleut plus !) puis nous passons une paire d’heures à regarder les pêcheurs de la rivière voisine. On a l’impression que certains attrapent plusieurs fois le même poisson, qu’ils relâchent à chaque fois ! Une sorte de contrat entre le poisson qui gagne un ver ( ?) à chaque fois et le pêcheur qui satisfait son ego ! Bonne douche ramollissante puis grosse lessive à Girdwood, nous sommes fin prêts pour la suite de nos aventures.
Vers Talkeetna (Lun 09/08) Ca souffle très fort ce matin sur le Turnagain Arm, on est bien content de ne pas être dans nos kayaks… Après un ravitaillement au Wal Mart (où nous achetons un 2ème réchaud Coleman et des cartouches Coleman, il n’y a plus de cartouches pour le Primus…), nous arrivons chez Alaska Raft Connection en fin de matinée. Il ne nous faut pas moins de 1h30 pour réussir à charger la voiture : après différents essais, on met les avirons et 3 sacs sur le toit et le raft et les autres sacs à l’intérieur. On laisse 2 sacs pleins d’affaires inutiles chez Brian. La route vers Talkeetna est facile mais monotone, entre deux rangées d’épinettes (faut dire que vu le temps on ne voit rien mais je ne suis pas sûre qu’il y ait grand-chose à voir !) : il nous faut un peu plus de 3h car il y a des travaux. J’ai réservé la Little Cabin in the Back de la Talkeetna Roadhouse. On y arrive en milieu d’après-midi ce qui nous laisse le temps d’aller repérer l’endroit le plus propice pour notre arrivée en raft (facile, il n’y en a qu’un) et de préparer notre matériel. C’est alors que Fred réalise que les cartouches Coleman ne vont pas sur le réchaud Coleman !! Enfer et damnation ! Pas de panique, Talkeetna est la ville qui sert de point de départ pour les ascensions du Denali, on va forcément trouver ce qu’il nous faut… Bah non, le village, pas bien grand et très touristique compte plusieurs mignonnes petites boutiques mais on n’y trouve que des « souvenirs » et rien de vraiment utile. Pas plus de chance à la groceries. Tout le monde est vraiment désolé, farfouille un peu partout, en vain. Grmbl ! Je prends la voiture pour retourner à la jonction avec la Parks Highway (14 miles X2) où se trouve un supermarché : ils explorent leurs stocks de fond en comble, rien, que des cartouches identiques à celles qu’on a et qui ne vont pas ! Impossible de partir sans gaz d’autant que la météo prévoit un temps pourri pour les 3 prochains jours. Je suis d’ailleurs un peu inquiète quant au niveau de la rivière. C’est alors que je me rappelle que Tom Waite de Denali Overland, qui doit nous véhiculer jusqu’au départ de notre parcours en raft m’avait écrit qu’il était un ancien guide de raft. Peut-être a-t-il du matos outdoor ? Je l’appelle et 5 mn plus tard il arrive avec les cartouches tant espérées : on est sauvé ! J’en profite pour lui demander ce qu’il pense de la rivière. Il me dit l’avoir descendue la semaine dernière et que c’était « nice ». Ce qui me chiffonne un peu est qu’il ne semble pas avoir connaissance du logjam (amoncellement d’arbres) qui bloque la rivière au mile 3,1 (J’ai eu cette info sur Alaska Outdoors Forums et elle est toute fraiche -moins de 2 semaines) Bizarre… Peut-être quelqu’un a-t-il récemment dégagé cet obstacle finalement (sur le forum précité quelqu’un avait parlé de dynamiter le tas de bois, un autre voulait l’attaquer à la tronçonneuse !) Très sympa cette Roadhouse, assez dans son jus, avec plein de photos accrochées un peu partout aux murs des différentes expéditions vers le Denali, des revues du National Geographic plus vieilles que moi, un vieux piano désaccordé et une cuisine roborative et bon marché qui attire une clientèle d’habitués assez haute en couleur. La Little Cabin est tout en rondins, très douillette mais il faut faire quelques pas pour les sanitaires qui sont dans la maison principale.
En route vers East Fork of the Chulitna RAFT J1 (Ma 10/08) A 9h00 comme prévu, Bill, le collègue de Tom nous emmène dans son gros van au départ de la descente en raft, 80 miles et 1h20. Il nous faudra 3 ou 4 jours pour redescendre. Je sens qu’il est inquiet, il nous demande si on a déjà fait du raft, si on a un téléphone satellite, des allumettes, quel jour on compte arriver, etc.…. C’est là qu’on comprend qu’on ne part pas pour une balade de santé…. Bref, nous arrivons enfin au bord de la rivière, aux environs du mile 185 de la George Parks Highway et il nous fait ses adieux. Inutile de préciser qu’il pleut toujours : on commence donc par monter le tarp pour casser une petite croûte et mettre nos combinaisons sèches (façon de parler, hum !) On gonfle le raft et le canoë, on met le matériel dans le raft et c’est parti pour 77 miles (123 km) : Arnaud et Caroline dans le canoë, Fred, Marion et moi dans le raft. J’ai lu partout que c’était les 7 premiers miles les plus amusants, ceux que l’ont effectue sur East Fork of the Chulitna, qui n’est pas une rivière glaciaire (donc théoriquement limpide, sans limon) et qu’il faut prendre son temps pour la déguster. En effet, Caroline et Arnaud se sont bien amusés avec le canoë mais en raft, quelle galère ! La rivière est en fait trop étroite par rapport à la largeur du raft et de ses avirons, si bien qu’on est le jouet des flots, gonflés par la pluie qui dure depuis plusieurs jours, ce qui donne le sentiment d’être une bille dans un flipper. On se fait violemment projeter de rocher en tronc d’arbre sans pouvoir y faire grand-chose. On n’en mène pas large d’autant plus que je guette ce fameux barrage de bois. Heureusement je sais qu’en étant attentif on l’aperçoit à temps et qu’il est facile à contourner. En effet, nous le passons facilement en tirant le raft sur les galets ronds pendant une trentaine de mètres. Je réalise alors que Tom n’a pas descendu récemment cette partie de la rivière…. Bon… bah, on verra bien. Après l’obstacle, Marion préfère embarquer sur le canoë tellement on est balloté sur le raft. On parcourt encore quelques miles jusqu’à la jonction avec West Fork of the Chulitna : à partir de là, le débit double et ça devrait aller mieux. On essaie de positiver même si avec la pluie et le ciel bouché, on a un peu de mal !
Chulitna RAFT J2 (Me 11/08) Pluie…. Quel dommage, on passe entre des falaises ocre sur lesquelles un rayon de soleil serait du plus bel effet. Idem pour une partie en canyon…. On se débrouille mieux, la rivière étant plus large, mais on se fait tout de même une belle frayeur en se faisant drosser contre une paroi rocheuse. Le raft prend de la gîte, pas plus de 45°C, ça dure quelques secondes puis nous nous échappons. Le raft est autovideur, heureusement ! Marion est revenue dans le raft car le canoë est plus difficile à manœuvrer à 3. On avance vite car le courant est puissant : le GPS nous indique à un moment 14,8 km/h sans donner un coup d’aviron. Fred, aux avirons, et les grands dans le canoë n’ont pas froid mais Marion et moi, inactives, sommes obligées de faire de grands moulinets avec les bras pour nous réchauffer, ce qui ne manque pas de susciter quelques fous rires et par la suite d’engendrer quelques courbatures ! Il faut dire qu’en plus de la pluie on a maintenant le vent dans le nez. Dire que j’ai choisi cette rivière pour ses paysages ! Le plafond nuageux est à 100m ! A part quelques aigles et canards, pas le moindre animal à l’horizon (bouché il est vrai) Avec ce temps le paysage est absolument lugubre : la rivière s’étale sur plusieurs centaines de mètres et se divise en différents bras qui se faufilent entre des gravières grisâtres. L’eau est chargée de limon si bien qu’il est impossible de détecter la présence de rochers ou de hauts-fonds. Le lit de la rivière est jonché de souches d’arbres immenses que nous avons parfois bien du mal à éviter. Certains dérivent parfois au fil de l’eau. Le niveau de la Chulitna est si haut qu’il faut prendre garde de ne pas se laisser embarquer dans une veine qui passe carrément dans des forêts denses de saules. Vive les vacances ! Je voulais du wild, on est servi ! Après 30 miles parcourus à un train d’enfer, on pose le camp à la jonction avec Fountain River. De mieux en mieux : le brouillard tombe, tout baigne ! Fred, qui en vraiment plein les biscottos (manier un raft est bien plus physique qu’un kayak ou un canoë !) trouve comme d’habitude le courage de nous préparer un bon repas qui a pour vertu de remonter le moral des troupes. Un bon petit feu, quelques chamallows, une tente douillette et ça va mieux !
Chulitna RAFT J3 (JE 12/08) C’est le pompon ! Il y a un brouillard à couper au couteau à tel point qu’on a peur de se perdre de vue d’un bateau à l’autre. A part ça, il pleut mais ça c’est normal… On est à peu près à mi-chemin, il reste une quarantaine de miles… La rivière s’élargit de plus en plus et on a du mal à choisir notre route entre les multiples bras : on fait ça à l’instinct puisqu’on n’y voit pas à 50 m. On reste dans la veine du courant le plus fort et ça marche bien jusqu’au moment où celui-ci nous emmène irrémédiablement vers un arbre sur la souche duquel, pointée vers l’amont, nous venons violemment buter. Une des racines vient se coincer dans la ligne de vie qui entoure le raft, il me faut quelques secondes pour la dégager mais c’est trop tard : le courant plaque le raft à la verticale contre la souche, nous nous cramponnons tous les 3 aux racines pour ne pas passer à l’eau. Arnaud depuis le canoë nous hurle de tout lâcher mais il n’est en pas question ! Pas envie de nous retrouver dans une eau à moins de 5°C, même avec les combinaisons étanches et les gilets. Je réfléchis à 200 à l’heure : pas d’idée là, m…alors ! Je crois bien que c’est la première fois que ça m’arrive et c’est très désagréable ! Au bout de ce qui nous a semblé une éternité (mais sans doute pas plus de 30 secondes), la pression du courant emporte les sacs rangés à l’avant, retenus heureusement par un bout de sécurité assez long : tout ça part à l’eau, le courant pousse dessus et cette force supplémentaire fait pivoter la souche et libère le raft ! Ouah la trouille ! Ne reste plus qu’à récupérer la glacière et les 2 bidons d’eau qui n’étaient pas assurés. On se rendra compte le soir qu’on a perdu nos 2 gourdes, on s’en sort bien ! Quelques centaines de mètres plus loin la rivière retrouve un lit plus étroit : il n’y a qu’un flux unique, on avance bien à tel point qu’on envisage un moment d’aller d’une traite jusqu’à Talkeetna pour en finir au plus vite avec cette rivière ! Mais ça nous ferait naviguer jusqu’à la tombée de la nuit et avec la fatigue accumulée et nos récentes émotions, ça ne nous parait finalement pas prudent. Quelques km après le pont situé à proximité du Denali Princess Lodge (soit après 20 miles de navigation), nous installons le bivouac sur une petite île. L’endroit ne m’emballe pas car nous sommes très près du niveau de l’eau et je me méfie avec toute cette pluie d’une éventuelle montée de la rivière pendant la nuit. On amarre soigneusement les bateaux et on range du mieux qu’on peut les affaires pour un éventuel départ précipité dans la nuit. Je place un repère au bord de l’eau : ça a l’air de plutôt descendre. Ouf, pourvu que ça dure ! Il nous reste une vingtaine de miles jusqu’à Talkeetna, qui devraient ne pas poser de problème, aussi nous festoyons en liquidant nos dernières victuailles. Après ça je vais faire la vaisselle à une trentaine de mètres en amont. Fred et les enfants font griller des chamallows en me tournant le dos pour éviter la fumée car il y a un peu de vent. Je suis là, à 4 pattes au bord de l’eau quand malgré le grondement de la rivière, je perçois un bruit de voix. Alors que nous n’avons vu personne depuis 3 jours, arrive un raft bien chargé dont les occupants me saluent en passant. Je leur réponds d’un signe de la main quand je les vois s’agiter de plus en plus : qu’ils sont chaleureux et conviviaux ces américains tout de même! Le chien aussi, qui se met même à aboyer, sympa ! C’est alors que j’entends la petite voix de Marion : « Maman, il y a un ours derrière toi ! » Bon sang ! Mais à quelle distance ?! Pensé-je le temps de me retourner ! Quelle journée ! Un grizzly avance droit sur moi, il est à 20m. Habillée de gris anthracite, à 4 pattes au bord de l’eau, je comprends qu’il a du me prendre pour un animal. Je m’empresse de lui prouver qu’il se trompe en me redressant de toute ma hauteur et en lui parlant (je ne sais plus ce que je lui ai dit) tout en suggérant aux autres de trouver le bear spray au plus vite ! Ah ben oui, tiens, ils n’y avaient même pas pensé : Fred s’est précipité sur son caméscope, Marion sur l’appareil photo. Nan mais j’vous jure, des vrais touristes ! A défaut de bear spray je me saisis de ma gamelle fraîchement lavée dans la rivière, tend la poêle à Arnaud et nous les frappons énergiquement avec des galets. Caroline déniche enfin le bear spray (dire que les premiers jours je le mettais à la ceinture !) Le raft providentiel (on peut le dire) disparait très vite dans le brouillard : ses occupants nous hurlent sans doute quelques conseils auxquels on ne comprend rien. On les remercie en vitesse avant de nous retourner vers notre ours, qui n’a pas du tout envie de partir. En rang serré on avance vers lui en criant et en frappant nos gamelles : à contrecoeur il finit par faire demi-tour, traverse un petit chenal et quitte très lentement notre île pour disparaitre un peu plus loin dans la forêt. Glups, on est déstabilisé par son sang-froid : il n’a absolument pas peur de nous, c’est clair. On envisage un moment de déplacer le camp mais il est déjà 21h et nous n’aurions pas le temps de nous réinstaller avant la nuit. Fred suggère de monter des tours de garde mais avec ce brouillard, c’est complètement illusoire, on n’y voit rien ! Le temps d’installer la clôture anti-ours autour de la tente (bah oui on avait décidé de ne pas la mettre pour la dernière nuit, déçus de ne pas avoir vu un seul ours pendant toute la descente), le voilà qui revient tranquillement ! M…. !!! Il commence à faire très sombre, il est maintenant vraiment impossible de déménager, il faut jouer le tout pour le tout et lui faire vraiment peur, mais comment ?! C’est Marion qui aura le dernier mot : alors qu’elle l’avait trouvé très mignon la 1ère fois, elle commence à en avoir vraiment marre ce coup-ci et le lui fait savoir de sa voix haut perchée ! Bingo, il n’aime pas les aigus ! On le course en poussant des cris perçants, tout en restant à bonne distance pour ne pas l’acculer et il se précipite en courant dans la rivière dont le courant l’emporte bien loin en aval du camp. Il prend pied (patte) sur la berge opposée et disparaît dans la forêt ! Ouf, cette fois-ci c’est bon, il a compris à qui il avait à faire, non mais ! Enfin, on espère…. On installe tout de même la bouffe à bonne distance de la tente, c’est plus prudent.
4ème et dernier jour de raft sur la Chulitna (Ve 13/08) Pas de pluie cette nuit, tous les espoirs sont permis ! Pas d’ours non plus, la bouffe n’a pas bougé ! En route pour les 20 derniers miles jusqu’à Talkeetna ! Au moment où nous mettons à l’eau arrivent 3 rafts chargés de touristes qui font une descente à la journée. On se dit que ça doit être tranquille dorénavant vu la moyenne d’âge des passagers. Ils viennent du Denali Princess Lodge et sont tout étonnés que l’on vienne de East Fork. Tiens… Le lit de la rivière s’élargit à nouveau mais avec le temps qui se dégage l’impression est toute autre que les jours précédents : une nature vierge, sauvage et préservée. En dehors des agglomérations qui s’apparentent le plus souvent à des casse-autos, la nature en Alaska est absolument indemne de toute cochonnerie, que ce soir dans l’intérieur du pays ou sur les côtes. Bon, ne parlons pas du pétrole et des pipelines !!! C’est une nature puissance 10 par rapport à ce que nous connaissons en Europe. On peut pagayer en mer ou sur les rivières pendant des jours sans croiser ni route, ni ligne électrique, ni barrage, ni maison, ni bouteille en plastique, ni morceau de filet de pêche, ni boite de conserve, ni cannette, ni rien qui vienne nous rappeler qu’il y a des hommes quelque part sur la planète. Et en plus, quand il fait moche, qu’il pleut, que le temps est couvert, on ne voit pas non plus les avions et leurs traces ! Positivons ! Au détour d’un méandre, nous avons soudain une apparition ! Le Mont Denali dans toute sa splendeur, illuminé par le soleil du matin. 6194 mètres (c’est le plus haut sommet d’Amérique du Nord) qui émergent d’un coup de la toundra et c’est ce qui le rend vraiment impressionnant. Quand on le cherche dans le ciel ennuagé, habitué à nos sommets entourés de chaînes secondaires, type Préalpes par exemple, on est à chaque fois surpris de le trouver si haut sur l’horizon. Certes le Denali fait partie de l’Alaska Range, magnifique chaîne de montagnes qui s’étire d’est en ouest sur plus de 600 km mais cette chaîne est très étroite si bien que la montagne semble littéralement jaillir de la plaine. Il faut dire aussi que le 2ème sommet de la chaîne, le Mount Foraker, voisin du Denali est presque 1 km moins haut. Bref l’effet est saisissant ! Ce relief énorme crée un microclimat qui fait qu’on ne peut voir le sommet que moins de 20% du temps ce qui a pour effet de placer son observateur dans un état d’euphorie exaltée ! Et c’est exactement ce qui nous arrive ! On oublie (presque) les épreuves des jours passés et on profite à 200% de ces heures privilégiées. Faut dire qu’on ne les a pas volées ! Je suis sûre que la vue du Denali ne procure pas le même effet à ces touristes des autres rafts qui ont passé une confortable nuit au Denali Princess Lodge ! Nous passons au pied des falaises de sable dont Tom nous a dit qu’elles étaient à une heure de Talkeetna. Il faut maintenant bien tenir notre gauche pour ne pas louper le village. Un dernier effort pour croiser le flux de la Susitna puis de la Talkeetna River et nous voilà déjà arrivés ! Ralalala, si seulement on avait pu avoir une autre journée comme celle-là ! Mais bon, qui ne tente rien… Nous portons le raft et le matériel jusqu’à la voiture, remballons le tout (tout est trempé et plein de sable limoneux gris très fin, mmmhhh) et allons prendre nos quartiers à la Roadhouse. Qui voit-on arriver bientôt ? Bill le chauffeur qui est tout content de nous voir là ! Nous aussi ! Douche, lessive, internet…. Comme c’est bon le confort moderne, même si la nuit a été perturbée par un générateur qui n’a cessé de tourner : au moins ça m’a permis de bien profiter du contact des draps frais et de l’impression de nid douillet dégagée par les murs en rondins.
Retour sur Anchorage (SA 14/08) Il pleut, tiens ! A vrai dire ça m’aurait vraiment fait râler qu’il fasse beau en partant ! On a RDV à 14h30 chez Brian pour rendre le raft donc on a le temps de faire un petit détour par Hatcher Pass (piste d’environ 50 miles entre Willow et Palmer, qui passe dans la montagne, bien plus belle que la route normale par Wassilia)d’autant plus qu’en allant vers le sud, le temps s’arrange. Dès les premiers miles de cette route, nous rencontrons une femelle élan et son petit, chouette ! La piste est facile et les paysages agréables. Il y a plein de campeurs motorisés installés pour le WE avec gros 4X4, grosses remorques pleines de quad, grosses caravanes, gros barbecues, gros chiens, grosses glacières, qui sont là pour pêcher (de gros poissons ?) Ils nous font penser à des pionniers des temps modernes, même si ce n’est que pour un WE. Certains semblent installés plus durablement : je pense que ce sont des chercheurs d’or car on croise régulièrement des pancartes indiquant qu’ici ou là c’est un claim réservé. Finalement nous n’aurons pas de soleil plus haut dans la montagne… Après le col nous hésitons à visiter Independance Mine mais avec ce temps gris, visiter des vestiges miniers ne nous emballe pas. On préfère refaire un tour vers les hydravions : on adore ce spectacle inhabituel pour nous. Après avoir rendu le raft, le téléphone satellite et le bear spray, nous filons déposer les enfants et le matos chez Great Alaskan Holidays (GAH, le loueur de camping car) avant d’aller rendre la voiture à l’aéroport en 2 mn chrono, où la navette de GAH vient nous chercher aussitôt. Le camping car est quasiment neuf, impeccable. On laisse 2 sacs en consigne chez GAH et habitué au camping car, on prend immédiatement nos marques. En route vers le Wal Mart où nous dévalisons les rayons de fruits et légumes ! Ras le bol de la mauvaise bouffe américaine (il doit exister de bons restaurants mais on n’est pas là pour ça !), des pâtes et du riz ! Le camping car est bien équipé (le four n’a jamais servi !), profitons-en ! On prend demain à 16h00 à Whittier le ferry pour Cordova (et son fameux Child’s Glacier. Cordova n’est pas reliée au réseau routier), nous ne devons donc pas trop nous éloigner. J’ai repéré une balade au-dessus de Hope que nous pourrions faire demain. Nous avançons donc jusqu’à Portage Lake où nous trouvons un coin pour dormir près de la rivière. Il pleut mais ça ne nous fait plus le même effet qu’avant !
Hope, Palmer Creek, Cordova (Di 15/08) Surprise ! Il fait beau ! La chance aurait-elle enfin tourné ? On roule jusqu’au lac pour prendre le petit déjeuner puis nous prenons la route vers Hope. On voit enfin le Turnagain Arm avec le soleil ! Au loin les Chugach Mountains. Hope serait un charmant petit hameau si ses habitants n’avaient pas fait le choix de créer un parking/camping pour RV (= camping car) juste en front de mer. Nous prenons la piste qui grimpe sur les hauteurs de Hope au-delà des arbres. C’est splendide ! Ca fait un bien fou de s’affranchir de ces arbres qui si souvent en Alaska ferment l’horizon. Heureusement que compte- tenu de la latitude de cet état, il suffit de monter de quelques centaines de mètres pour qu’ils disparaissent. C’est parti pour 3h d’une superbe balade au milieu des fleurs et des petits ruisseaux jusqu’à 2 mignons lacs glaciaires. On essaie de boucler la boucle mais le ferry ne nous attendra pas : il nous faut redescendre ! Nous voilà tout ragaillardis par cette belle randonnée ensoleillée. Tout ça nous donne bien envie une autre fois de découvrir la péninsule de Kenaï que nous allons zapper cette fois-ci. En quittant Hope, nous croisons 2 ours noirs qui traversent la route ! En arrivant à Whittier, il….. (Quel suspense…)…..pleut ! A 15h, l’embarquement sur le ferry, assez laborieux (on n’est pas en Norvège) commence. J’ai réservé les billets sur le site de Alaska Marine Highway il y a très longtemps. Le ferry est en fait loin d’être plein, sans doute à cause du temps… A 16h, on appareille sous la pluie et ça continue pendant toute la traversée. Le ferry très récent marche à 38 nœuds ! A 19h15, après avoir parcouru les 150 km de large du Prince William Sound, nous arrivons à Cordova avec un timide rayon de soleil. Pas vu le moindre animal marin pendant la traversée… Il y a pourtant à bord du ferrry une rangerette équipée de jumelles qui traque la bestiole mais rien… Nous prenons la route vers le sud qui mène à Hartney Bay (car j’envisage demain si le temps le permet de faire le Heney Ridge Trail et nous serons ainsi à pied d’œuvre) et découvrons la baie sous une lumière divine. Vite, vite, on se gare près du pont pour en profiter. Quelle surprise ! C’est marée haute et il ya quelques phoques qui chassent le saumon dans la baie, passant et repassant sous le pont où nous nous tenons. On voit distinctement un saumon essayer de se cacher dans les anfractuosités de la berge pour échapper à son prédateur. Pour une fois, il y a pas mal de moustiques au point que l’un d’entre nous doit s’arracher à ce spectacle pour aller chercher le répulsif. On se trouve un coin au bord de l’eau juste à côté du pont pour passer la nuit. De nos fenêtres (non équipées de double vitrage, dommage car la buée est très gênante) nous observons les phoques qui chassent.
Cordova, Child’s Glacier (Lu 16/08) C’est râpé pour la rando, tout est dans les nuages et… il pleut. Du coup on prend notre temps avant de filer vers l’est et le Child’s Glacier. On fait quelques courses, un petit tour dans l’Ilanka Cultural center. En route vers Child’s Glacier on fait un petit détour vers Alaganik Slough où la passerelle qui permet d’observer les marais est en travaux… On arrive enfin après un parcours d’environ 50 miles (dont les ¾ de piste facile) au campground de Child’s Glacier. Les craquements du glacier sont très impressionnants, ça résonne dans toute la cage thoracique et en plus ils sont très fréquents. On gare le camping car et on file voir le glacier ! C’est tout juste si on peut en apercevoir un bout ! Le temps est exécrable ! D’ailleurs à part l’host du camping (que nous ne verrons même pas) et une tente, il n’y a que nous ! Les autres ont été plus malins et attendent un meilleur créneau météo, ce qui se conçoit vu le prix du ferry ! Si c’était à refaire je ne prendrais des billets qu’au dernier moment, en fonction de la météo, au risque de ne pas avoir de place… Consolons-nous, à défaut de voir le glacier on l’entend et on le perçoit (je pense que la sensation pour un aveugle doit être terrible !) Allons voir à quoi ressemble ce fameux Million Dollar Bridge ! Il s’agit d’un pont construit vers 1945 sur la Copper River dans le but de relier Chitina et la Richardson Highway à la Copper Highway et Cordova (pour le moment Cordova reste donc inaccessible par la route) Ce pont a été endommagé par le fameux tremblement de terre de 1964 et du coup le projet de route a avorté. En 2005 les autorités ont renforcé le pont, craignant qu’il ne s’abime encore plus en posant 2 piles métalliques de part et d’autre de la zone où le tablier du pont s’est décalé d’environ 70 cm. Bref, on peut passer dessus en toute sécurité (tiens je viens de lire dans le Milepost qu’il est limité à 6600lbs, notre camping car faisait bien 4,5T mais on n’a pas vu de panneau…). On essaie de continuer la piste aussi loin que possible mais au bout de quelques km les bas côtés sont envahis par la végétation qui nous empêche de passer. Soirée crêpes rythmée par les grondements du glacier.
Child’s Glacier, Cordova (Ma 17/08) Le vent dilue un peu le brouillard : on voit mieux le (bas du) glacier ce matin. Sans interruption, des séracs s’écroulent dans la Copper River, c’est fascinant. Ca génère des vagues d’à peine une quarantaine de cm de haut qui sont vite freinées par le courant de la rivière. On a du mal à imaginer la taille des séracs qui ont pu générer les vagues énormes, de véritables tsunamis qui sont indiqués sur ce panneau. On repasse le Million Dollar Bridge, la vue est moins brumeuse qu’hier. On tente une petite balade à droite juste avant le pont mais on trouve d’énormes traces de grizzly toutes fraîches, accompagnées de traces de bébé ours et la végétation est si dense qu’on a vraiment peur de se trouver nez à nez avec leurs propriétaires. Demi-tour donc, de toute façon… il… pleut ! On reprend la piste vers Cordova : un énorme élan mâle s’enfuit dans la forêt clairsemée inondée par la Copper River, magnifique animal, fugace apparition. J’ai repéré quelques randonnées dans le coin mais avec ce temps il est inutile de grimper, on serait dans les nuages. En route donc pour Saddlebag Trail : 10 km A/R dont la première moitié dans une forêt aux arbres couverts de mousse, assez monotone. La 2ème moitié est un peu plus variée, elle chemine dans une vallée encaissée où court un petit ruisseau. Il y a des dizaines de crottes d’ours, on n’en a jamais vu autant. « Promenons-nous dans les bois, tralalalala… !» On arrive finalement à un petit lac où se jette un glacier moribond. Bof… Pas de pluie durant cette rando, mais on a les jambes trempées à cause de la végétation. De retour au camping car, elle reprend…. On va voir à quoi ressemble le coin d’Orca Road, au nord de Cordova, glauque… Demi-tour vers Hartney Bay et comme l’avant-veille, on a droit à un petit rayon de soleil. On aime cet endroit ! On dort là !
Ferry pour Valdez, Denali Highway (Me 18/08) A 8 h30, le ferry appareille : on quitte Cordova sous le soleil. Je suis dégoûtée car il a plu quasiment sans interruption pendant les presque 72 h passées sur la péninsule. Pfff… On découvre des sommets dont seule la carte nous laissait soupçonner l’existence ! Toujours pas d’animaux marins (à part des loutres et des phoques) durant le trajet en ferry (2h45, environ 120 km) vers Valdez, mais de beaux paysages. Valdez se situe au fond d’un fjord qui semble emprisonner les nuages. Le terminal pétrolier (celui où le fameux Exxon Valdez était venu remplir ses soutes avant de faire naufrage, causant cette marée noire historique que tout le monde a encore en mémoire. C’était en 89…) a le bon goût de rester pudiquement caché dans le brouillard. On se gare sur le port pour y faire un petit tour et on tombe aussitôt sur cette adorable loutre qui batifole au fond du port, là où les gens mettent leurs bateaux à l’eau, sans la perturber le moins du monde. Trop mignonne ! Il faut dire que c’est la belle vie ici pour elle (faisons abstraction des résidus d’essence qui flottent à la surface de l’eau) car elle récupère sans effort les restes des saumons qui sont nettoyés sur le quai. Les mouettes aussi en profitent. Valdez nous a bien plu (avec du soleil, c’est plus facile) : on y trouve un mélange sympathique de bateaux de travail, de plaisance (il y a même quelques voiliers) et même quelques kayaks. Le tout au pied des montagnes ! Nous y faisons un gros ravitaillement (c’est bien plus cher qu’à Anchorage) car nous devons être autonomes pour les 5 jours à venir. Le trajet jusqu’au Denali National Park via la Richardson Highway puis la Denali Highway ne passe que dans des hameaux de quelques maisons. On ne trouve pas non plus grand-chose à l’entrée du Denali NP… Les 50 premiers km après Valdez sont agréables, très montagneux et spectaculaires. On redescend ensuite dans une plaine monotone (encore les épinettes qui forment un rideau continu de part et d’autre de la route) pendant une bonne centaine de km avant d’arriver à Paxson, point de départ de la fameuse Denali Highway. Nous y faisons le plein et c’est parti pour 135 miles (216 km) d’une piste superbe qu’on a adorée ! (attention, je crois que certains loueurs de camping cars ne l’autorisent pas) A cette latitude, la limite forêt/toundra n’est pas bien haute, environ 600 m. Nous allons longer toute la chaîne de l’Alaska Range sur son versant sud. La journée est déjà bien avancée, l’été se termine, c’est déjà le début de l’automne et les couleurs sont superbes. Quelle chance d’avoir du beau temps ! On se pose pour la nuit un peu après Tangle Lakes (dont la piste d’accès est fermée pour travaux).
Denali Highway (Je 19/08) On décolle de bonne heure, tout émoustillés par ce qui nous attend. Nous passons devant les trailhead de Landmark Gap Lake (rando en A/R jusqu’à un lac, au fond d’une large vallée) et Glacier Lake (très humide parait-il) pour monter jusqu’à Mac Larren Summit, plus haut point de la piste (1245 m) où nous allons nous balader. Bien pratique le popotin blanc des caribous pour les repérer de loin ! Voici enfin l’occasion de faire sécher la tente que nous transportons mouillée depuis presqu’une semaine. Il est encore tôt et comme nous sommes les premiers aujourd’hui sur ce sentier, nous rencontrons plein de caribous ! Les jeunes sont très curieux, comme celui-ci que je n’avais pas remarqué ! La toundra commence à prendre ses couleurs d’automne et c’est superbe ! On surplombe une vaste plaine qui curieusement me fait penser à une savane africaine. Nous cheminons entre des petits lacs d’origine glaciaire et y remarquons ces étranges tracés semi-circulaires. A la périphérie des cercles, les cailloux les plus gros, au milieu les petits. Bizarre ! J’ai lu que c’est la conséquence du gel et de la neige mais sans bien comprendre le détail de leur formation. Si quelqu’un sait ? Tout est beau ici, jusqu’au moindre détail ! Sur le chemin du retour, nous croisons des américains qui voyagent à 4 ou 5 camping cars (ils sont 20, de New York) avec plein d’enfants. Les montagnes ici sont déjà si impressionnantes qu’ils me demandent si c’est le Denali ! En fait on en est encore à 200 km et les montagnes ici ne font « qu’un peu plus de 4000m » ! Nous reprenons la piste, traversons la Susitna (nous l’avions déjà traversée en raft quelques jours plus tôt mais bien plus en aval, juste avant Talkeetna) et remontons ensuite sur un plateau qui offre une vue absolument époustouflante sur l’Alaska Range. On en reste scotché, à tel point qu’on décide de dormir là ! On est absolument hypnotisé par le spectacle. Bouquet final !
Denali Highway, J1 au Denali NP (Ve 20/08) Après un tel coucher de soleil, pas question de rater le lever! Le thermomètre doit être faux, il indique -3°C mais il n’y a pas de givre. Disons que le fond de l’air est frais. D’ailleurs, ça fume, tout là-bas, au niveau des lacs et rivières. Il doit y en avoir des animaux dans cette vallée (on est à 20 km des montagnes, selon le GPS) D’ailleurs il y a pas mal de chasseurs en quad (la chasse a rouvert le 15/08) mais on n’entend quasiment pas de coups de feu, tant mieux ! On croise puis on longe ensuite pendant un moment la Nenana River, que j’avais un moment envisagé de descendre en partie en canoë mais le temps nous manque car il faut une grande journée (20 miles, classe I. Il faut pagayer mais il parait que c’est très « scenic ») pour aller de son croisement avec la Denali Highway à celui sur la George Parks Highway. La Denali Highway descend finalement dans la plaine pour rejoindre la George Parks Highway. Cette Denali Highway était jusqu’à la construction de la George Parks Highway en 1972, la seule voie d’accès au Denali NP. Un hors d’œuvre magnifique ! 50 km plus au nord, nous entrons dans le Denali National Park. J’ai pas mal hésité à aller dans ce NP un peu particulier. Contrairement aux autres NP américains que l’on peut sillonner librement en voiture, celui-ci est très réglementé. Il y a une unique piste de 89 miles de long qui longe le massif du Denali sur son flanc nord. On peut aller avec son propre véhicule jusqu’au mile 15. Avec une réservation pour 3 nuits minimum au Teklanika River campground (mile 29) on peut y conduire son véhicule mais on n’a plus le droit d’y toucher jusqu’à ce qu’on quitte le parc. C’est le choix que nous avons fait. Au-delà, il faut marcher, pédaler, ou prendre le bus. Vu les distances, on opte pour le bus ! Il s’agit de bus très rustiques, la vitesse est limitée à 30 mph, ils font de nombreux arrêts pour voir les animaux, des arrêts-pipi toutes les 1h30 à 2h00… Bref, pour faire toute la piste aller-retour de l’entrée du parc à Wonder Lake, il faut… 11h ! Passer nos vacances dans un bus ne nous tentait pas vraiment mais s’il fallait en passer par là pour découvrir la faune et les paysages de ce parc, ben, on allait tenter l’expérience. Au pire, si ça nous gave trop, on pourrait toujours quitter le parc avant les 3 nuits. Après les formalités rapidement effectuées au WAC (Wilderness Access Center. NB : en cette fin août, il y avait de la place dans tous les campgrounds sauf Wonder lake, celui qui est au bout de la piste), nous prenons la route et au bout de quelques km, croisons un grizzly qui vient de couper la route à un bus ! Sur la route vers le Teklanika Campground, nous croisons quelques caribous. Camping pas terrible, un parking arboré disons, on est les uns sur les autres (en RV ce n’est pas trop grave mais pour les tentes, pas terrible), aucune vue (normal, le camping est caché dans la forêt, ce qui est louable), des toilettes et un robinet. Point positif, il est au bord du lit de la Teklanika (je précise le lit car la rivière, gringalette, est finalement assez éloignée) : l’hôtesse, très sympa, nous rappelle les consignes de sécurité (il y aurait un ours et un lynx qui rôderaient dans le coin, pas vus en ce qui nous concerne…) On pose le camping car et on saute dans le bus pour notre première balade, pas loin (il est déjà 14h) Après 45 minutes de bus (et un arrêt-pipi au bout de 10 mn, pour ceux qui viennent de l’entrée…), le chauffeur nous débarque à Cathedral Mountain, en même temps d’ailleurs qu’une autre famille avec 3 enfants. Aussitôt, la moyenne d’âge dans le bus remonte en flèche ! Pas beaucoup d’enfants au Denali… Ce sont des habitués et ils nous indiquent le chemin, qui finalement est facile à trouver car assez fréquenté. Il n’y a quasiment pas de sentiers officiels au Denali (sauf à l’entrée du parc) Dans les endroits assez fréquentés, on trouve des sentiers. Ailleurs et le plus souvent, c’est du hors-piste, pas toujours facile du fait de la végétation. Pas de chasse bien sûr dans le parc, si bien que l’on peut facilement approcher les animaux, qui ne nous ont toutefois pas semblé beaucoup plus nombreux qu’ailleurs. On contourne une curieuse montagne de sable ocre pour finalement surplomber une impressionnante vallée glaciaire. Au loin, en contrebas, on entend soudain hurler : bear ! bear ! On ne voit pas l’ours mais on voit bien 2 randonneurs remonter la pente à toute vitesse ! Finalement ils ne planteront pas leur tente près de la rivière mais un peu plus haut au bord d’un lac. On peut bivouaquer partout dans le parc (à au moins 1 mile de la route), à condition d’avoir préalablement demandé un permis au WAC car le nombre maxi de campeurs par zone est contingenté. Pas facile d’improviser donc… Les enfants deviennent experts ès/crottes et baies ! Belle balade, sans soleil, dommage car la couleur de cette montagne est étonnante. En attendant le bus on remarque ce panneau : le vandalisme existe donc aussi chez les animaux ?! On peut monter et descendre à sa guise du bus où l’on veut dans le parc : il suffit de faire signe au chauffeur. En fin de journée, les bus qui retournent vers l’entrée du parc sont bien remplis et seul Arnaud peut grimper dans le 1er bus. On attend donc une vingtaine de minutes le suivant qui nous prend tous les 4. Nuit très calme (les générateurs des camping- cars doivent être arrêtés à 20h. De toute façon, il est indiqué sur le mode d’emploi du nôtre que le générateur n’est pas capable de recharger la batterie. Il ne sert donc que pour avoir ponctuellement du 110V, par exemple pour le micro-ondes. En arrêtant le chauffage durant la nuit, car le ventilateur est bruyant et doit consommer pas mal, nous aurons assez d’électricité pour ces 4 jours au Denali. Heureusement nous avons nos sacs de couchage car nous aurions eu un peu froid en n’utilisant que les couvertures fournies.)
J2 dans le Denali NP ( Sa 21/08) J’ai réservé le bus jusqu’à Wonder Lake, situé presqu’au bout de la piste, mais d’un commun accord nous décidons de ne pas aller jusque là : trop de bus ! A 7h30 on grimpe dans le bus et 1h30 plus tard, après avoir croisé quelques mooses imposants, admiré de belles montagnes derrière la vitre du bus (grrr…), nous demandons au chauffeur de nous laisser à Highway Pass. Les autres occupants du bus nous regardent un peu comme des bêtes curieuses quand nous descendons à ce col, où il n’y a « rien » (ni visitor center ni toilettes !) Enfin, rien d’autre que des montagnes de sable rouge encore un peu enneigées en cette fin d’été qui font face à des vallées sauvages et encaissées. On fait une belle balade au soleil (dommage on ne quitte pas la vue de la piste où les bus se succèdent à intervalles réguliers), il fait très bon, pas un souffle de vent. Fred et Arnaud, devant, aperçoivent des renards, on observe un moment un combat aérien entre un corbeau et un rapace tout en bullant au soleil : toujours pas le moindre moustique, quelle chance ! On a même la chance d’apercevoir le sommet du Denali ! Nous rejoignons enfin la piste et hélons un bus qui nous amène jusqu’au visitor center de Eielson où nous remplissons les gourdes. Au-delà de cet endroit, la piste redescend au fond de la vallée vers Wonder Lake. Il nous a semblé qu’au-delà le paysage devenait moins accidenté donc moins intéressant. Nous rebroussons donc chemin vers l’est et lors de l’arrêt à Toklat River,
demandons au chauffeur de nous déposer vers Polychrome Pass (un peu à l’ouest du mile 47). Il semble sceptique, nous expliquant que ça descend très raide depuis la route vers la rivière qui est en contrebas et que nous voulons longer. En effet ! Ca descend bien raide mais le sol est meuble donc c’est sans problème. En contrebas de la route, on ne soup��onne absolument pas sa présence, on ne voit et n’entend rien d’autre que le bruit du ruisseau et c’est bien agréable ! Les couleurs nous épatent, mélange de rouge, jaune, bleu du ciel (ahhhh !) ponctué de jolis nuages ! Tiens qu’est-ce donc que ce truc gris ?! Une bonne grosse marmotte prête à bientôt affronter les privations de l’hiver. Il y a une multitude d’empreintes le long de la rivière. Des crottes aussi bien sûr… Glou, glou, glou ! On les entend avant de les voir : des lagopèdes… Fred repère plus haut des mouflons de Dall (facile, ils sont d’un blanc immaculé), qui ont l’air de descendre vers la rivière : quelle chance. En effet, nous les retrouvons un peu plus loin au pied de la falaise. Ils se laissent très facilement approcher si bien qu’on va passer 1 ou 2 h en leur compagnie ! Quelle expérience ! Comment avec un tel pelage peuvent-ils échapper à leurs prédateurs ? Toujours plein de traces qui stimulent notre imagination : on essaie de reconstituer la scène du crime… En descendant la vallée on est régulièrement amené à sauter plusieurs petits affluents et on finit par être obligés de se faufiler dans le bush. Pas facile ! Pourvu qu’on ne se trouve pas nez à nez avec un grizzly. « Promenons-nous dans les bois… » Finalement on trouve un endroit pour traverser la rivière et rejoindre la piste. On émerge sur celle-ci en haut d’un raidillon : il n’y a plus qu’à attendre le bus, enfin plutôt les bus car encore une fois nous devons nous diviser en 2 groupes : d’abord les enfants puis Fred et moi. Sur le trajet du retour, la lumière est de toute beauté et ça fait vraiment l’œuf d’être dans ce bus ! Comme nous sommes 5 nous ne prenons pas le risque de prendre le dernier ou l’avant dernier bus pour rentrer car s’ils sont pleins, il faut attendre qu’un véhicule vienne nous chercher depuis l’entrée du parc, ce qui nécessite au bas mot quelques heures ! On retrouve les enfants au camping car : ils ont vu 3 ours sur une colline, les veinards !
J3 dans le Denali NP (Di 22/08) On les revoit ce matin : une maman grizzly et ses 2 petits. Plus loin on retrouve « nos » mouflons d’hier : depuis le bus, l’effet n’est pas le même ! Cette fois on se fait déposer à Stony Dome. Pas de soleil mais il ne pleut pas, c’est déjà ça…. Après avoir traversé une petite rivière, on remonte une petite vallée pleine de marmottes avant d’arriver à un col. Monter jusqu’au sommet ne nous apporterait pas grand-chose de plus car le temps est assez couvert. On préfère chercher un passage pour faire une boucle vers une très belle vallée que nous avons repérée en passant en bus. Hélas, elle est inaccessible ! C’est assez difficile dans le Denali (et en Alaska en général) de se faire une idée précise des reliefs car les cartes sont peu détaillées. Demi-tour donc, c’est plus prudent ! Le temps se couvre de plus en plus. Superbe arc en ciel près de Toklat River ! Malgré le temps, on décide d’aller explorer une vallée colorée que nous avons repérée sur Polychrome Mountain : elle nous a tapé dans l’œil à Caroline et moi. Un signe au chauffeur et hop, on descend ! On essuie quelques gouttes, rien de méchant et on grimpe dans la vallée jusqu’à apercevoir un groupe de « mouflettes » de Dall. Ces dames sont bien plus sauvages que les mâles, impossible de les approcher : elles sont toutes effarouchées et disparaissent finalement derrière un col. Cette fois le ciel s’assombrit de partout : demi-tour ! On se poste au bord de la route : 1er bus : 1 place seulement. Arnaud y monte (le veinard, il va voir un loup qui va trottiner au bord de la route pendant au moins 2 km !) On attend un bon moment le 2ème bus, le fond de l’air est de plus en plus frais mais on ne veut pas marcher le long de la route pour nous réchauffer car il pleut de partout sauf au-dessus de nos têtes ! Drôle d’impression ! Les sommets tout proches seront même blanchis. 2ème bus : 2 places, pfff… Fred et Caro y montent avec pour mission de commencer à faire les lasagnes ! 3ème bus : Marion et moi aurons finalement attendu 1h15 avant de pouvoir monter dans un camper bus : atmosphère d’ailleurs très sympa, il ramène des gens qui ont campé à Wonder Lake. Ce n’est pas le même public que dans les autres bus où on a vu des gens roupiller ou lire sur leur ipad ! Il y a d’autres randonneurs complètement trempés et frigorifiés qui visiblement ont attendu le bus un bon moment sous la flotte. On a eu plus de chance ! En conclusion ce système de bus est tout de même très contraignant : c’est un crève-cœur de perdre matin et soir plusieurs heures dans les transports, juste au moment où la lumière est la plus belle. Le dernier jour entre la fin de la balade, l’attente du bus et l’arrivée au camping de Teklanika, nous avons mis 3 heures (pour une vingtaine de miles )! (Auxquelles il faut ajouter 2h le matin pour aller à Stony Dome) Il est vrai que les paysages du Denali sont vraiment très beaux : c’est un mélange de larges vallées glaciaires austères, gorges profondes, montagnes colorées, glaciers, sommets enneigés mais je trouve l’organisation du parc vraiment trop pesante pour avoir envie d’y retourner. Voilà c’est dit ! Je dois dire aussi que je tenais tout de même à voir ce parc pour me faire mon idée, pas de regrets donc ! Je pense que pour bien profiter du parc (sans avoir une impression de métro/rando/dodo) il faut pouvoir partir camper quelques jours loin de la piste ce qui implique de porter un gros sac. Pas facile non plus pour une première visite dans le parc de bien cerner où s’y balader….et vu qu’il faut dire à l’avance au WAC dans quel secteur on va bivouaquer, impossible de se décider au vu des paysages rencontrés depuis le bus.
Denali NP, Anchorage (Lu 23/08) Il y a un peu plus de 400 km jusqu’à Anchorage, où nous reprenons l’avion demain.Ce matin dans le parc, le ciel est couvert mais les couleurs d’automne commencent tout de même à flambloyer. Plus au sud, ça se dégage et la vue de Denali Viewpoint South est à tomber ! On aperçoit en contrebas la Chulitna où nous sommes passés quelques jours plus tôt dans le brouillard. A Trapper Creek (à la hauteur de Talkeetna) nous prenons la Petersville Road qui file vers l’ouest. Cette route nous permet d’apercevoir le Denali sous un autre angle : elle n’a pas vraiment d’autre intérêt. Comme il fait beau nous décidons de repasser par Hatcher Pass mais comme la dernière fois, le temps se couvre finalement. Ce détour nous permet de rencontrer une nouvelle fois la femelle élan et son petit. Cette piste (non autorisée par le loueur ce qui signifie que l’on n’y est pas assuré) ne présente pas de difficulté ce jour là. La descente est assez raide et le frein moteur bien utile. On passe à Anchorage Downtown : la ville est en fait assez petite. Il y a des quertiers qui semblent très agréables à vivre avec plein de belles maisons en bois. La ville est idéalement située entre mer et montagnes. Nous allons passer la nuit sur les hauteurs de la ville à Glen Alp, dans le Chugach State Park. Il y a un monde fou ici : c’est un départ de randos à quelques minutes de la ville et la vue y est magnifique. On assiste à un coucher de soleil wagnérien sur Anchorage, ponctué de quelques averses bien drues ! Au loin, l’écume des vagues éclairée par le soleil couchant souligne la côte d’un trait presque fluorescent. Derrière nous, un ultime nuage rose avant que la nuit ne tombe définitivement.
Adieu Alaska et Denali ! (Ma24/08) Magnifique cadeau d’adieu ce matin : le Denali se détache parfaitement sur l’horizon ! Il est à plus de 200 km à vol d’oiseau ! On est scotché par ce spectacle mais il nous faut rendre le camping car avant 10h. En 10 mn, c’est chose faite et la navette nous conduit à l’aéroport, duquel d’ailleurs nous apercevons toujours le Denali. On décolle en début d’après-midi et très rapidement on vole « à côté » du Denali : magnifique ! Je constate non sans une pointe de satisfaction égoïste que la piste du Denali NP est sous les nuages, comme tout le flanc nord du massif. Moi qui était déjà en train d’échafauder des plans pour retourner en Alaska à l’automne et dans le nord, je réalise que le beau temps est rare partout en Alaska, pas uniquement sur la côte !
CONCLUSION Avant d’opter finalement pour l’Alaska, j’avais étudié la possibilité d’un voyage au Kamchatka, son voisin de l’est ! J’étais attirée par ses paysages sauvages, ses volcans, ses ours, ses rivières et rêvait d’y randonner ou d’y faire une descente en raft ou canoë. Malheureusement cette région ne s’est ouverte au tourisme qu’en 1992 au moment de la Perestroïka et les infrastructures y sont encore peu développées. Il est très difficile d’y voyager sans guide (et encore plus si on ne parle pas le russe) et les devis demandés auprès des agences locales y étaient absolument exorbitants. Conditions de confort spartiates, nécessité de porter d’énormes sacs pour y trekker (je ne pense pas que les russes soient déjà initiés à la philosophie MUL), impossibilité d’y être autonome, manque de réactivité des agences locales pour répondre à mes mails. Bref, je décidai finalement de me tourner vers l’Alaska et là tout a été ultra-simple : on trouve plein d’infos, cartes, récits, photos sur le net qui permettent de préciser ses attentes. Les américains ont un sens du service qui nous épate à chaque fois ! On avait un timing assez serré et tout a marché comme sur des roulettes, ils sont très pro ! Pas facile cependant vu la taille de l’état de faire des choix : il mérite à coup sûr plusieurs voyages ! On a fait un voyage passionnant même si la météo aurait pu, si elle avait été complice, le rendre absolument époustouflant !
Nos plus forts souvenirs (après sondage familial) seront : La rencontre rapprochée avec le grizzly L’ours noir sur la plage L’adorable loutre à Valdez et les loutres en général, trop mignonnes Les aigles à tous les coins de forêts et les phoques La « pêche au saumon », morts de rire ! Le Denali dans toute sa splendeur Les mouflons de Dall La pluie !!! La (très) grosse trouille en raft contre la souche
BUDGET ALASKA
J'ai profité en décembre 2009 d'un euro avantageux par rapport au dollar (1$ = 1,50 euro à l'époque) pour payer le ferry, la location du camping-car, les accomptes pour le kayak et le raft, le camping/Tek Pass/entrée au Denali, Child's glacier campground. J'avais aussi acheté en décembre des dollars pour payer sur place le solde kayak/raft, les hébergements, restaurants, bouffe. Bref, il n'y a que la location de voiture et le carburant qu'on a payés avec un dollar un peu moins avantageux (1$ = 1,29 euro) Vu le prix des prestations en Alaska, il n'y a pas de petits profits!
Avion pour 5, vol direct Francfort-Anchorage avec Condor4880 euro
Location 2 kayaks doubles+1 simple pour 7 jours1085$ Transferts en watertaxi 1880$ Total kayak :3035$ soit 2154 euro
Location raft 4 jours pleins 400$280 euro Navette pour dépose raft250$175 euro Total raft : 650$455 euro
Location VHF 7jours70$47 euro Location tél satellite 2 semaines150$ 106 euro Location bear spray 2 semaines 50$ 35 euro Clôture anti ours120 euro Total sécurité308 euro
Location minivan 14javec plein assur maxi732$567 euro Essence minivan 40$31 euro Total minivan 14j598 euro
Camping car 25' 10 jours, assurance maxi1592$1114 euro Propane40$28 euro Essence camping car 26l/100 km 1700 km459$355 euro Total 10j camping car 1497 euro
2 nuits 5 pers AJ Girdwood240$168 euro 2 nuits Talkeetna Roadhouse284$200 euro Childs's glacier campground avec résa34$25 euro 3 nuits à Teklanika campground (Denali)73$49 euro Total hébergements 442 euro
Ferry Whittier/Cordova/valdez CC+5P1091$722 euro
TEK Pass pour 3 jours pour 5 (bus dans Denali)92$61 euro
Ravitaillements, gaz, pêche 25j à 51000$670 euro Restos, fast food300$200 euro Total Bouffe, divers sur placeenviron 1000 euro
TOTAL pour 25j à 512117 euro
BIBLIOGRAPHIE ALASKA
Le Milepost est un énorme annuaire contenant une masse d'informations diluées au milieu de publicités. Nécessite un temps d'adaptation avant de s'y retrouver. Très utile pour le voyageur motorisé. Poids rédhibitoire pour les autres.
Lonely Planet Alaska : bien, pas mal d'idées de randonnées, pas mal de cartes.
55 Ways of the Wilderness in South Central Alaska, 5th edition de Helen D. Nienhueser and John Wolfe Jr : plein d'idées de rando, cartes succintes.
The Alaska River Guide de Karen Jettmar : la référence pour choisir sa rivière.
Denali National Park Guide to Hiking, Photography and Camping de Ike Waits. Plein d'idées de randos dans le Denali NP. Topos pas très précis mais difficile de faire mieux vu qu'il n'y a pas de sentiers. Cartes très grossières.
Cartes du National Geographic : Prince William Sound West (utilisée en kayak) 1/110000ème Prince William Sound East (pour la région de Cordova) 1/105600 Denali 1/225000ème On est loin de nos cartes IGN au 1/25000ème mais ces cartes sont agréables à lire et plastifiées. Au moins un bivouac de kayak indiqué qui n'existe pas sur PWS West. Je ne crois pas qu'il existe des cartes papier plus détaillées de toute façon. Il faut donc un peu « d'inspiration » pour lire le terrain plutôt que la carte, pas toujours facile.
Cartes GPS On a téléchargé des cartes topo gratuites pour Garmin. Attention il en existe (au moins) 2 types : pour l'un des 2 impossible de transférer les cartes et les waypoints sur le GPS donc mieux vaut faire un essai avant de rentrer tous les waypoints et de piquer une crise quand ça coince! On a utilisé ça : http://www.gpsfiledepot.com/maps/view/302/ Bien utile pour évaluer la distance parcourue en kayak ou en raft et s'assurer qu'on est bien là où on croit! Amusant aussi pour mesurer la vitesse en raft : record 14,8 km sans donner un coup de pagaie!
Scats and Tracks of Alaska de James C. Halfpenny : crottes et traces d'Alaska, bien fait, léger, les enfants le connaissent par coeur.
Alaska Wild Berries and berry-like fruit de Verna E. Pratt pratique, léger, bien utile vu l'abondance de baies diverses et variées.
On aurait du acheter ces 2 petits livrets au début du voyage mais l'occasion ne s'en est présentée que plus tard. Si vous les trouvez sur le net, n'hésitez pas!
Retour de vingt-quatre jours au Sri Lanka en août 2010 English translation pending
En espérant que ces quelques renseignements soient utiles.
Jour 1 et 2 : Negombo Logement : Chambre d'hôtes (homestay) Suriya Arana, adresse aimablement communiquée par un membre du forum. Chambres confortables (AC en supplément), ambiance familiale, wifi, prix variable selon les chambres, bonne cuisine, petits-déjeuners copieux. Située à quelques minutes à pied de la plage.
Arrivés le soir, nous avons profité de la journée de repos du lendemain pour faire une promenade en bateau sur la partie désaffectée du canal hollandais au nord de Negombo. Deux heures à admirer mangrove, varans d'eau, plusieurs espèces de martin-pêcheurs dont une noire et blanche très rare. Démonstration de récolte de sève de fleur de cocotier par un quinquagénaire assez alerte et sobre pour grimper à une vingtaine de mètres de haut sans être assuré et pour passer d'un cocotier à un autre sur des ponts de singe. La sève devient le toddy après fermentation, le toddy distillé donne l'arak, boisson nationale inventée par les colons portugais et dont le nom vient de l'arabe. Ce coin est connu pour être le repaire de bootleggers donc l'alcool illégal fait des ravages au Sri Lanka. Nous en croisons plusieurs qui transportent des fûts sur une embarcation.
Jour 3 : transfert Negombo/Anuradhapura Location d'un van avec chauffeur pendant 15 jours. Bonne route jusqu'à Puttalam, puis route en travaux jusqu'à Anuradhapura, 5 heures pour 170 km. Hôtel Shalini réservé à l'avance (4600 LKR la double avec AC en ½ pension), mais on nous donne les moins bonnes chambres. Gérant peu sympathique, très bon repas dans une salle à manger en haut de l'hôtel. Nous devions y passer deux nuits, nous décidons de n'en passer qu'une.
Jour 4 : Anuradhapura Visite de la cité royale (pass à 25 $/p). Vaste et ancienne, plus de 130 rois en 14 siècles, fin de la dynastie au 11ème siècle !
Puis site de Mihintale où il faut repayer 500 LKR/p. Puis le bouddha Aukana à une soixantaine de km au sud, le plus grand bouddha debout taillé dans la roche. Il faut encore payer 500 LKR/p.
Auparavant, tous était compris dans le pass culturel, mais les moines, estimant leur rémunération trop faible, ont décidé de faire payer leurs sites. A quatre, ça commence à faire beaucoup. Nuit à Habarana, Acme hotel, chambres agréables avec AC au 1er étage d'un petit bâtiment situé au fond du jardin, donc au calme et moins cher que le Shalini.
Jour 5 : Habarana/Trincomalee Ayant le temps, nous en profitons pour aller faire une balade à dos d'éléphant le long d'un lac réservoir (départ à côté de l'hôtel Cinnamon Lodge). Dispensable si on en a déjà fait. Transfert à Trincomalee, 2h 45 pour 80 km, les 40 premiers jusqu'au lac de Kautale sur une route refaite, les 40 derniers sur une mauvaise route avec une présence policière et militaire importante. Hôtel Lotus Park sur la plage de Uppuveli (la plus proche de Trincomalee), réservé à l'avance car l'offre d'hébergement est encore très réduite. Première nuit au 2ème étage d'un collectif, les autres dans un double bungalow en dur, confortable, avec terrasse couverte donnant sur la plage. Petite piscine. Très belle plage de sable fin et blanc, eau limpide, vagues agréables permettant le body-surf, pas de snorkeling. Il fait très chaud à Trinco, donc on ne fait pas grand chose entre 13 et 16h.
Jour 6,7,8 : Uppuveli Plage, visite de Trincomalee et du temple hindouiste de Koneswaram Kovil au fort Frederick où nous avons la chance d'assister à une cérémonie. Belle vue plongeante sur la mer. Balade au sud de Trinco, immenses baies. Excursion aux sources chaude de Kanniya. Excursion snorkeling à l'île aux pigeons en face de la plage de Nilaveli. Déjeuner, piscine à l'hôtel de luxe Nilaveli Beach.
Jour 9 : Transfert Trincomalee/Passikudah via Habarana et Polonnaruwa Etape sur la route de Arugam Bay, Passikudah et Kalkudah sont deux belles plages qui ont souffert du tsunami, l'infrastructure hôtelière est succinte. La GH Eden est bien mais était complète, nous nous sommes rabattus sur une GH sans nom, sale et pas donnée et sommes repartis sans regret le lendemain matin.
Jour 10 : Transfert Passikudah/Arugam Bay A Arugam Bay, tout est complet ou presque du côté plage. Nous prenons deux doubles au Way Bay pour la première nuit et trouvons une chambre de 4 pour les nuits suivantes au Gecko, une GH à l'ancienne située en mileiu de plage, propriété d'un couple anglo/tamoul (Liz/Ramesh), ambiance sympa, bonne cuisine bio hélas un peu chère.
Jour 11, 12, 13, 14 : Arugam Bay Vagues assez fortes, mais on peut se baigner sans danger. Un restaurant à l'excellent rapport qualité prix sur la route : le Green Room. Spectacle des surfeurs superbe, on peut l'observer assis sur une dune. Excursion vers le sud, entre Panama et Okanda, on peut y observer quantité d'oiseaux, des varans terrestres, des mangoustes, des éléphants et des crocodiles. Au bout de la piste, un site fantastique, le temple bouddhiste de Kudimbigala, avec un dagoba perché sur un énorme rocher d'où on a une vue à 360° sur l'océan, la plaine, le parc de Yala est et jusqu'aux montagnes des Knuckles Range. Un des plus beaux sites vus au Sri Lanka, qui plus est gratuit et désert. Balade sur la lagune de Pottuvil sur ce qui est appelé un catamaran, en fait une plateforme de bois accrochée sur deux canoës. Très agréable le matin ou en fin d'après-midi, observation d'oiseaux dont de nombreux aigles pêcheurs et éventuellement de crocodiles (vu un gros spécimen). Rencontre avec Fyodor et Lyudmila, voir ICI.
Jour 15 : transfert Arugam Bay/Ella Paysages traversés magnifiques et variés.
Jour 16 : Ella Ella est le seul endroit où nous avons souhaiter revenir tellement nous avions apprécié cet endroit. Promenade au petit Adam's Peak pour la vue au sommet, la difficulté de la grimpette n'ayant rien à voir avec le véritable pic d'Adam.
Jour 17 : transfert Ella/Mahiyangana Stop à la sortie de Badulla pour aller voir les chutes d'eau de Duhinda (entrée payante), site très fréquenté par les sri lankais mais pas par les touristes. Une ½ heure de marche sur un sentier étroit pour arriver aux chutes qui valent l'effort.
Jour 18 : Mahiyangana Excursion le matin au village des veddahs (aborigènes du Sri Lanka, en voie de disparition). Très (trop) aménagé pour les touristes. Un petit musée au prix exorbitant de 500 LKR (20 pour les locaux) que nous renonçons à voir. Excursion le matin aux chutes de Ratnaella repérées sur la carte et inconnues du chauffeur. Une heure de marche sur un sentier puis le long d'un petit canal d'irrigation non aménagé pour déboucher face à de belles chutes. Aucun humain croisé, seulement des animaux dont un écureuil géant et quantité de caméléons de toutes les couleurs. Super balade.
Jour 19 : transfert Mahiyiangana/Kandy Arrivé en pleine Esala Perahera, objet principal de notre séjour à Kandy.
Jour 20, 21, 22, 23 : Kandy Fabuleux spectacle de la Perahera et des éléphants dans la journée autour du temple de la dent. Une journée de rando ratée, voir ICI.
Jour 24 : transfert Kandy/Negombo Dernière nuit au Star Beach, moins cher que la Suriya Arana et dernier repas dans notre restaurant préféré de Negombo, le King Coconut où nous nous régalons de poisson, gambas, crabe et langouste avec nos dernières roupies. Regrets de ne pas pouvoir voir Noma et son mari, revenus en France pour raisons de santé.
Conclusion : un voyage en famille très réussi. Budget de 2400€ (hors billets d'avion).
Jour 1 et 2 : Negombo Logement : Chambre d'hôtes (homestay) Suriya Arana, adresse aimablement communiquée par un membre du forum. Chambres confortables (AC en supplément), ambiance familiale, wifi, prix variable selon les chambres, bonne cuisine, petits-déjeuners copieux. Située à quelques minutes à pied de la plage.
Arrivés le soir, nous avons profité de la journée de repos du lendemain pour faire une promenade en bateau sur la partie désaffectée du canal hollandais au nord de Negombo. Deux heures à admirer mangrove, varans d'eau, plusieurs espèces de martin-pêcheurs dont une noire et blanche très rare. Démonstration de récolte de sève de fleur de cocotier par un quinquagénaire assez alerte et sobre pour grimper à une vingtaine de mètres de haut sans être assuré et pour passer d'un cocotier à un autre sur des ponts de singe. La sève devient le toddy après fermentation, le toddy distillé donne l'arak, boisson nationale inventée par les colons portugais et dont le nom vient de l'arabe. Ce coin est connu pour être le repaire de bootleggers donc l'alcool illégal fait des ravages au Sri Lanka. Nous en croisons plusieurs qui transportent des fûts sur une embarcation.
Jour 3 : transfert Negombo/Anuradhapura Location d'un van avec chauffeur pendant 15 jours. Bonne route jusqu'à Puttalam, puis route en travaux jusqu'à Anuradhapura, 5 heures pour 170 km. Hôtel Shalini réservé à l'avance (4600 LKR la double avec AC en ½ pension), mais on nous donne les moins bonnes chambres. Gérant peu sympathique, très bon repas dans une salle à manger en haut de l'hôtel. Nous devions y passer deux nuits, nous décidons de n'en passer qu'une.
Jour 4 : Anuradhapura Visite de la cité royale (pass à 25 $/p). Vaste et ancienne, plus de 130 rois en 14 siècles, fin de la dynastie au 11ème siècle !
Puis site de Mihintale où il faut repayer 500 LKR/p. Puis le bouddha Aukana à une soixantaine de km au sud, le plus grand bouddha debout taillé dans la roche. Il faut encore payer 500 LKR/p.
Auparavant, tous était compris dans le pass culturel, mais les moines, estimant leur rémunération trop faible, ont décidé de faire payer leurs sites. A quatre, ça commence à faire beaucoup. Nuit à Habarana, Acme hotel, chambres agréables avec AC au 1er étage d'un petit bâtiment situé au fond du jardin, donc au calme et moins cher que le Shalini.
Jour 5 : Habarana/Trincomalee Ayant le temps, nous en profitons pour aller faire une balade à dos d'éléphant le long d'un lac réservoir (départ à côté de l'hôtel Cinnamon Lodge). Dispensable si on en a déjà fait. Transfert à Trincomalee, 2h 45 pour 80 km, les 40 premiers jusqu'au lac de Kautale sur une route refaite, les 40 derniers sur une mauvaise route avec une présence policière et militaire importante. Hôtel Lotus Park sur la plage de Uppuveli (la plus proche de Trincomalee), réservé à l'avance car l'offre d'hébergement est encore très réduite. Première nuit au 2ème étage d'un collectif, les autres dans un double bungalow en dur, confortable, avec terrasse couverte donnant sur la plage. Petite piscine. Très belle plage de sable fin et blanc, eau limpide, vagues agréables permettant le body-surf, pas de snorkeling. Il fait très chaud à Trinco, donc on ne fait pas grand chose entre 13 et 16h.
Jour 6,7,8 : Uppuveli Plage, visite de Trincomalee et du temple hindouiste de Koneswaram Kovil au fort Frederick où nous avons la chance d'assister à une cérémonie. Belle vue plongeante sur la mer. Balade au sud de Trinco, immenses baies. Excursion aux sources chaude de Kanniya. Excursion snorkeling à l'île aux pigeons en face de la plage de Nilaveli. Déjeuner, piscine à l'hôtel de luxe Nilaveli Beach.
Jour 9 : Transfert Trincomalee/Passikudah via Habarana et Polonnaruwa Etape sur la route de Arugam Bay, Passikudah et Kalkudah sont deux belles plages qui ont souffert du tsunami, l'infrastructure hôtelière est succinte. La GH Eden est bien mais était complète, nous nous sommes rabattus sur une GH sans nom, sale et pas donnée et sommes repartis sans regret le lendemain matin.
Jour 10 : Transfert Passikudah/Arugam Bay A Arugam Bay, tout est complet ou presque du côté plage. Nous prenons deux doubles au Way Bay pour la première nuit et trouvons une chambre de 4 pour les nuits suivantes au Gecko, une GH à l'ancienne située en mileiu de plage, propriété d'un couple anglo/tamoul (Liz/Ramesh), ambiance sympa, bonne cuisine bio hélas un peu chère.
Jour 11, 12, 13, 14 : Arugam Bay Vagues assez fortes, mais on peut se baigner sans danger. Un restaurant à l'excellent rapport qualité prix sur la route : le Green Room. Spectacle des surfeurs superbe, on peut l'observer assis sur une dune. Excursion vers le sud, entre Panama et Okanda, on peut y observer quantité d'oiseaux, des varans terrestres, des mangoustes, des éléphants et des crocodiles. Au bout de la piste, un site fantastique, le temple bouddhiste de Kudimbigala, avec un dagoba perché sur un énorme rocher d'où on a une vue à 360° sur l'océan, la plaine, le parc de Yala est et jusqu'aux montagnes des Knuckles Range. Un des plus beaux sites vus au Sri Lanka, qui plus est gratuit et désert. Balade sur la lagune de Pottuvil sur ce qui est appelé un catamaran, en fait une plateforme de bois accrochée sur deux canoës. Très agréable le matin ou en fin d'après-midi, observation d'oiseaux dont de nombreux aigles pêcheurs et éventuellement de crocodiles (vu un gros spécimen). Rencontre avec Fyodor et Lyudmila, voir ICI.
Jour 15 : transfert Arugam Bay/Ella Paysages traversés magnifiques et variés.
Jour 16 : Ella Ella est le seul endroit où nous avons souhaiter revenir tellement nous avions apprécié cet endroit. Promenade au petit Adam's Peak pour la vue au sommet, la difficulté de la grimpette n'ayant rien à voir avec le véritable pic d'Adam.
Jour 17 : transfert Ella/Mahiyangana Stop à la sortie de Badulla pour aller voir les chutes d'eau de Duhinda (entrée payante), site très fréquenté par les sri lankais mais pas par les touristes. Une ½ heure de marche sur un sentier étroit pour arriver aux chutes qui valent l'effort.
Jour 18 : Mahiyangana Excursion le matin au village des veddahs (aborigènes du Sri Lanka, en voie de disparition). Très (trop) aménagé pour les touristes. Un petit musée au prix exorbitant de 500 LKR (20 pour les locaux) que nous renonçons à voir. Excursion le matin aux chutes de Ratnaella repérées sur la carte et inconnues du chauffeur. Une heure de marche sur un sentier puis le long d'un petit canal d'irrigation non aménagé pour déboucher face à de belles chutes. Aucun humain croisé, seulement des animaux dont un écureuil géant et quantité de caméléons de toutes les couleurs. Super balade.
Jour 19 : transfert Mahiyiangana/Kandy Arrivé en pleine Esala Perahera, objet principal de notre séjour à Kandy.
Jour 20, 21, 22, 23 : Kandy Fabuleux spectacle de la Perahera et des éléphants dans la journée autour du temple de la dent. Une journée de rando ratée, voir ICI.
Jour 24 : transfert Kandy/Negombo Dernière nuit au Star Beach, moins cher que la Suriya Arana et dernier repas dans notre restaurant préféré de Negombo, le King Coconut où nous nous régalons de poisson, gambas, crabe et langouste avec nos dernières roupies. Regrets de ne pas pouvoir voir Noma et son mari, revenus en France pour raisons de santé.
Conclusion : un voyage en famille très réussi. Budget de 2400€ (hors billets d'avion).
Norvège 2009: partie 3 de Kirkenes à Bergen (Hurtigruten) English translation pending
NORVEGE 2009 - DE LA NORMANDIE A LA FRONTIERE RUSSE ET RETOUR
3ème Partie - KIRKENES - BERGEN A BORD DE L'HURTIGRUTEN
Jour 23 - Me 08/07/2009 - Kirkenes - Båtsfjord

07 h 15, réveil une heure trop tôt, à cause du déréglage du réveil du téléphone ; sûrement des séquelles du changement d'heure en Finlande. Température fraîche et ciel bas, cela continue. Petit-déjeuner dans la salle commune avec les mêmes Allemands que la veille au soir.
09 h 00, départ du camping et tour dans Kirkenes pour faire des photos des chalutiers russes à quai, mais la lumière n'est guère favorable. Tour dans un énorme super marché SPAR, démesuré par rapport à la zone de chalandise de la région, à moins qu'il ne soit largement fréquenté par la clientèle russe. Etonnant !
09 h 30, arrivée à l'embarcadère Hurtigruten à l'est de la ville. Au moins, nous ne sommes pas en retard ! Nous sommes les premiers de la file d'attente. Discussion avec un agent de la sécurité, qui comprend un peu le français parce qu'il a été légionnaire à Calvi il y a de nombreuses années. Il nous avoue que la semaine passée la température était montée à 26°C ! Nous en sommes loin ce matin.
Bientôt, au fond du fjord apparaît la silhouette familière d'un bateau Hurtigruten, puis l'on distingue les couleurs noir, rouge et blanc des superstructures
09 h 45, ponctuel, le MS Richard With accoste au quai. La plupart des passagers débarquent, soit pour reprendre l'avion, soit pour partir en excursion le temps de l'escale. Nous avions vécu ce rituel en janvier dernier.
Durant ce temps Nelly, toujours optimiste, croit voir le soleil ! Réalité ou illusion ? Depuis une semaine que nous l'attendons ! Tout juste le voile nuageux est-il moins épais dans quelques endroits du ciel.
Nous savions qu'il y avait des Français à bord, un excursionniste s'approche de nous : "Alors 76, d'où venez- vous ? Le Havre, Rouen, Dieppe ?". Nous discutons quelques instants. Il s'agit d'un couple de havrais qui partent en balade au poste frontière de Storskog, que nous avions vu hier. Quelques instants plus tard : "Ah, des Normands ! Que faites-vous ici ?". Là, il s'agit de parisiens dont le mari est né dans le Pays de Caux. Hasard des rencontres fortuites de voyages.
Il y a beaucoup d'activité sur le quai entre les passagers qui débarquent et qui croisent ceux qui arrivent, beaucoup de manipulation de bagages, et aussi d'incessantes allées et venues de clarks déchargeant de nombreuses palettes de fret ou en ramenant d'autres à bord.
10 h 45, nous nous enregistrons à la réception du bord et faisons la connaissance de L…, l'accompagnateur du groupe de Français.
11 h 00, début de l'embarquement des véhicules, 2 motos et 6 voitures. J-J entre le premier à bord au volant de l'Espace. L'opération se fait au compte-gouttes, véhicule par véhicule au moyen d'un ascenseur qui fait la liaison entre le quai et le garage situé au pont n°2 du bateau. La manœuvre est longue du fait des sécurités devant et derrière la voiture.
Grâce à ce système d'ascenseur, (il en existe un autre pour le fret stocké sur le pont n°1), les bateaux d'Hurtigruten sont autonomes lors de leurs nombreuses escales. Les portes hydrauliques sont manœuvrées par le personnel du bord sans aucune aide extérieure, idem pour la passerelle piétons. Chacune de ces passerelles est évidemment réglable en permanence pour tenir compte des différentes hauteurs de quai et surtout des fluctuations de la marée lors des plus longues escales. Ingénieux.
Le Richard With (que j'écrirai dorénavant, RW), peut embarquer 45 véhicules bien tassés dans un garage aux dimensions réduites. Impossible d'y accéder en cours de croisière.
Nous retrouvons l'accompagnateur français qui fait un briefing pour son groupe et comme nous ne pouvons récupérer notre cabine qu'à 12 h 30, nous faisons le tour du propriétaire. Nous ne sommes pas dépaysés par rapport à notre croisière hivernale. Si le RW est plus ancien, et dispose d'un pont de moins, les aménagements sont à peu près disposés de la même façon.
Nous repérons rapidement tous les endroits stratégiques du bord, la salle à manger, la boutique de souvenirs sur le pont 4, la coursive qui fait tout le tour du bateau sur le pont 5, une plateforme bain de soleil sur le pont 6 équipées de 2 jacuzzis, sur le pont 7 le grand salon panoramique sur l'avant et le sun-deck à l'arrière.
Alors que nous explorons la coursive extérieure, les nuages se déchirent soudainement et alors que nous n'osions plus l'espérer, le soleil apparaît miraculeusement. Les nuages se dispersent en quelques minutes et le soleil luit généreusement. Incroyable ! Nous vivions dans la grisaille et le froid ininterrompus depuis une semaine et nous voila subitement inondés de lumière et enveloppés d'une relative chaleur qui nous fait grand bien, y compris et surtout au moral.
12 h 00, déjeuner, buffet de poisson bien sûr. Nous débutons notre cure de produits de la mer…
Après le repas, nous prenons possession de notre cabine, sur l'avant du pont 3 à tribord. Nous retrouvons la même disposition et les mêmes dimensions que sur le MS Trollfjord l'hiver dernier. Là encore, pas de dépaysement.
12 h 45, appareillage de Kirkenes. Nous sommes montés sur l'avant du pont 5 pour assister à la manœuvre. Lentement le RW se déhale du quai, exécute un demi-tour sur place, et se dirige vers l'embouchure du Bøkfjord. C'est pour nous, le début d'une nouvelle aventure au cœur de notre voyage, un cabotage de 6 jours vers Bergen… Cap au sud !
Le soleil brille généreusement mais la température reste plutôt fraîche. L'eau du fjord a pris une belle teinte bleu soutenu en décalage complet avec la couleur brune des berges. J-J a déjà pris son quart sur la passerelle, à l'avant du pont 5, en parka fourrée et casquette vissée sur la tête.
Le bateau a maintenant atteint sa vitesse de croisière. De part et d'autre, les rives du fjord défilent. C'est un paysage vallonné, très minéral qui sera la constante du cabotage le long des côtes du Finnmark : le paroxysme de la désolation, rien d'autre que cette roche brunâtre sur laquelle visiblement rien ne pousse, rien ne dépasse. Toute la côte paraît scalpée par le vent. L'hiver dernier, la neige nous avait masqué la réalité de cette désolation, tout était blanc bleu, maintenant tout est brun, rien que brun. Caboter l'été le long du Finnmark fait encore mieux comprendre la rudesse du climat de cette région, l'âpreté du paysage et les difficultés qui en découlent pour vivre.
Après avoir doublé le phare de Bøkfjord, Le RW aborde la pleine mer, la mer de Barents et met cap au nord-est vers le port de Vardø. Bien à l'abri à l'arrière du pont 7, face au soleil, Nelly se détend ou s'adonne à la lecture… Aujourd'hui, le sun-deck est encore peu fréquenté mais au fil des jours, il deviendra de plus en plus encombré et les fauteuils de moins en moins accessibles.
Nous arrivons en vue de l'île de Hornøya, à l'extrémité de la péninsule de Varanger. C'est le point le plus oriental de la Norvège, à 31°10' Est, soit à la même longitude que le Caire en Egypte.
Avant de pénétrer dans le port de Vardø, le RW contourne une presqu'île plate où sont groupées plusieurs maisons multicolores serrées les unes contre les autres. Des habitations en arrière plan, s'étagent sur une colline dénudée dominée par deux énormes radômes vert de gris ou blanc, sans doute vestige de la guerre froide entre les pays de l'O.T.A.N. et l'U.R.S.S. Le Finnmark était en première ligne puisqu'à cet endroit 50 km séparent les 2 pays, bon nombre d'antennes devaient à l'époque s'intéresser aux mouvements de navires entre l'U.R.S.S. et l'Atlantique.
16 h 15, escale ensoleillée d'une heure à Vardø. La plupart des passagers débarquent pour visiter une citadelle du XVIIIème siècle à quelques pas du quai, emmenés au son du tambour par deux hommes en costume d'époque. Tous les Allemands du bord suivent sans se poser de questions…
Nous préférons explorer la ville jusqu'à l'église reconstruite en 1958. La nef a une forme triangulaire très dépouillée et le clocher triangulaire minimaliste est très élancé. Toute la ville a été complètement détruite lors de la Seconde Guerre et reconstruite selon un plan orthogonal très aéré, autour d'une large rue centrale déserte laissant une impression de vide et de tristesse, presque inquiétante. L'hôtel de ville est un écrasant cube rouge recouvert d'une toiture noire à 4 pentes. Tout cela visiblement manque de cohérence.
17 h 15, l'escale s'achève et le RW reprend sa route, longeant la presqu'île de Varanger. C'est une région sauvage où les vagues et le vent sculptent le paysage depuis des millénaires. De temps à autre, nous croisons un chalutier russe, le pont arrière encombré d'énormes casiers et de boules multicolores, partant à la pêche au crabe royal. Il y a quelques décennies les soviétiques ont voulu expérimenter l'élevage de ce crabe, originaire de Sibérie, dans la région de Mourmansk. Quelques crabes, plus malins que d'autres se sont échappés des élevages et ont colonisé les côtes du Finnmark, au détriment des espèces endémiques. Désastre écologique, mais manne pour les Norvégiens.
20 h 00, courte escale d'une demi-heure à Båtsfjord, port bien abrité au bout du fjord du même nom. Ce port vit essentiellement du crabe royal. Nous faisons quelques pas sur le quai sous le soleil qui descend de plus en plus. En janvier, le même quai était complètement recouvert de neige et les superstructures des chalutiers russes amarrés dans le port étaient entièrement recouvertes d'une épaisse couche de glace, donnant une idée de ce que doivent être les conditions de travail sur ces bateaux en période hivernale dans ces régions.
20 h 30, repas servi à la table que l'on nous attribue pour toute la croisière. Menu : Potage, filet de saumon, glace. Nous dînons à côté d'une française et sa petite fille. Pas un mot, ni bonjour. Tant pis !
22 h 15, très courte escale d'un quart d'heure à Berlevåg. Nous restons à bord car le port se situe en dehors de l'agglomération. Sous un ciel parfaitement pur, le soleil descend lentement illuminant le paysage de teintes rosées et de jolis contre-jours. Nous sommes au nord de la Norvège, il fait jour, absolument jour. Et ce soir, c'est certain, nous verrons le soleil à minuit au-dessus de l'horizon.
Après cette escale, nous croisons à peu de distance le MS Nordstjernen ("Etoile Polaire"). C'est le plus petit et le plus ancien bateau de la compagnie. Il navigue sans relâche depuis 1956, soit 53 ans, pour le plus grand bonheur des nostalgiques qui se bousculent pour naviguer dans une ambiance et un confort quelque peu surannés. Instants magiques où la vieille coque prend des reflets dorés sous le soleil.
23 h 30, nous sommes sur le pont 5, complètement emmitouflés, sweat polaire, parka fourrée, écharpe, gants en laine. Il n'y a pas un souffle de vent, mais avec la vitesse du bateau, il fait plutôt frisquet ! Pour rien au monde nous ne voudrions rater ce moment. Voir le soleil à minuit en plein nord au-dessus de l'horizon. Minuit ! Il fait grand jour. Le soleil est là à quelques degrés au-dessus de la mer. L'air est si pur, le temps si clair malgré l'heure et la hauteur du soleil ; le ciel rougeoie à peine. Etonnant !
Accoudés au bastingage, nous restons de longs moments à contempler en silence ce spectacle hors normes : voir le soleil la nuit en plein nord. Enfin ! Enfin, nous l'avons ce soleil que l'on attendait tant ! Et nous sommes presque seuls pour en profiter, et c'est tant mieux ! Mais, c'est tout de même surprenant que ce phénomène intéresse si peu de monde.
C'est plutôt le froid qui nous chasse de la passerelle. Le bateau file 15 nœuds (± 28 km/h), et le soleil ne nous réchauffe plus. Satisfaits, nous regagnons la cabine, éclairée comme en pleine journée. Les rideaux tirés devant le hublot ne donneront qu'une vague pénombre pour nous endormir et finir notre nuit.
Minuit à l'extrême nord de la Norvège
Jour 24 - Je 09/07/2009 - Havøysund - Hammerfest -Tromsø

Malgré le jour permanent, il faut bien dormir. Et dans notre sommeil, nous avons raté les courtes escales de Mehamn (le port… le plus septentrional du parcours à 71°02' N), et Kjøllfjord. Il faut préciser que l'état de la mer, le confort et le silence à bord font que l'on ne perçoit pas les arrêts du bateau aux escales. La dextérité de l'équipage y est également pour beaucoup.
06 h 30, nous n'avons pas senti que nous repartions de l'escale de Honningsvåg, au sud de Magerøya, l'île du Cap Nord. Déjà (ou encore, puisqu'il ne s'est pas couché), le soleil brille et éclaire le rivage.
Nous reprenons le chemin de la salle à manger pour le petit-déjeuner. En dehors du café un peu clair, il y en a pour tous les goûts : charcuterie, viande, poisson (eh, oui !), œufs, fruits, plusieurs sortes de pain, etc, etc, etc… Tout à discrétion. C'est un grand moment de la journée et ne nous en privons pas.
08 h 15, en principe courte escale d'un quart d'heure à Havøysund. Grand beau temps durant cette escale. Sous un franc soleil, il fait presque chaud sur la passerelle. Tous les environs sont éclairés par une lumière incomparable. Vu l'heure matinale et la brièveté de l'arrêt, J-J est le seul à descendre et faire quelques pas sur le quai pour refaire les mêmes photos que l'hiver dernier, mais avec beaucoup plus de lumière : une enfilade de maisons multicolores accrochées à la colline face au bateau. Il faut faire vite.
Finalement, il y a un grand nombre de palettes de poisson à embarquer (du colin salé séché, écrit en français sur les caisses), et le RW appareillera avec une demi-heure de retard. Quelques minutes après avoir quitté Havøysund, nous croisons le MS Trollfjord. A chaque rencontre, les bateaux de la compagnie se saluent à grands coups de sirène. En janvier, nous étions à la même heure et au même endroit à bord du Trollfjord dans la nuit polaire. Quel contraste avec les heures lumineuses que nous vivons aujourd'hui !
Bien que cela ne soit pas prévu dans l'organisation du bord, nous nous octroyons un second petit-déjeuner (plus léger que le précédent) : un petit café et un gâteau avant de gagner le sun-deck pour une séance de bronzage et de lecture ou de reprendre son quart de veille à l'avant du pont 5.
11 h 15, escale à Hammerfest après avoir contourné l'île de Melkøya et son gigantesque terminal gazier dont la vision de jour paraît bien moins impressionnante que la nuit. Hammerfest est la ville la plus importante du Finnmark (7 000 habitants !), et doit sa prospérité actuelle à ce terminal.
Quittant le bord, nous marchons jusqu'à l'église reconstruite en haut de la ville. Comme dans tout le Finnmark, la seconde guerre mondiale a fait des ravages considérables et l'église d'Hammerfest ressemble à s'y méprendre à celle que nous avons vu hier à Vardø, une grande nef triangulaire et un clocher également triangulaire très élancé. L'intérieur est très lumineux, un grand vitrail triangulaire surplombe l'autel.
En redescendant vers la ville, nous nous arrêtons dans un square où nous pouvons admirer à flanc de coteau un superbe kiosque à musique en bois bleu électrique. Les Norvégiens se transformeraient-ils en dahus pour danser ? Des motifs en bois représentant des ours blancs ponctuent le décor.
Les rues du centre sont bordées de boutiques et même de grands magasins de mode, et du monde circule dans les rues. Près du port, autour d'un bassin et d'un jet d'eau, des Norvégiens papotent sur des bancs, d'autres consomment sur une terrasse ensoleillée. Scènes plutôt inhabituelle dans les petites villes de Norvège.
12 h 45, appareillage. Nous déjeunons au fond du restaurant à la poupe du bateau et par les larges baies vitrés, et dans le contre-jour, nous voyons Hammerfest s'éloigner doucement.
15 h 45, très courte escale à Øksfjord après avoir navigué dans un long détroit entre plusieurs grandes îles. Nous ne débarquons pas dans ce port situé au milieu d'un fjord. Le quai est au pied du village. Une église avec un clocher massif domine le village.
18 h 00, Nelly s'est trouvé un fauteuil à l'écart dans le salon panoramique et lit tranquillement, levant les yeux de temps à autre vers le paysage qui défile. Un curieux nuage ou un banc de brume flotte au ras de la mer, laissant libre le sommet des montagnes. D'autant plus surprenant que ce nuage se déplace avec nous, malgré la vitesse du bateau, nous ne le rattraperons jamais.
19 h 00, escale de 45 minutes à Skervøy. Cela nous laisse le temps de nous rendre jusqu'à l'église de ce petit port de pêche. C'est un bel édifice en bois blanc construit sur plusieurs niveaux à cause de la pente, au milieu d'une vaste pelouse et entouré de grands bouleaux, dans un cadre verdoyant que nous n'avions plus vu depuis longtemps et qui nous fait oublier la rudesse des paysages du Finnmark.
Du parvis de l'église, nous contemplons le panorama, les toitures du village au premier plan. Brièvement le soleil perce les nuages et éclaire fortement la masse imposante rouge et blanche du RW, ce qui contraste avec les montagnes sombres en arrière-plan restée à l'ombre sous de gros nuages bourgeonnants.
20 h 30, dîner servi à table. Au menu : Emincé de renne, rôti de porc aux ananas et sauce chutney, boule de glace avec nappage de fruits rouges.
Après avoir mis un peu d'ordre dans les films et photos sur le PC, nous montons vers 22 h 30 au bar du pont 7, où un pianiste et une chanteuse mettent un peu d'animation. A travers les baies vitrées, on peut voir le paysage défiler. Il fait grand jour, et J-J culpabilise de ne pas assurer son quart sur la passerelle ! Et pour cause !
23 h 15, Personne sur le pont 5 et pourtant ! Le RW fait route vers Tromsø qui apparaît dans le lointain. La ville construite sur une île au milieu d'un fjord est sombre à cette heure tardive. Le soleil, au nord, émerge à peine des montagnes environnantes. Ses rayons sont justes suffisants pour éclairer le grand pont de Tromsøbrua et la Cathédrale Arctique qui se détachent des sommets avoisinants restés dans l'ombre.
Miracle de l'instant que ce coup de projecteur juste focalisé sur les deux principaux symboles architecturaux de la ville. Pourvu que le soleil ne descende pas trop vite derrière les sommets, pourvu qu'un nuage intempestif ne vienne pas écourter trop tôt cette vision insolite à pareille heure.
23 h 30, escale à Tromsø, la capitale du Nord, point de départ de toutes les anciennes expéditions vers le Pôle. Même si nous connaissons bien maintenant cette ville (c'est notre 3ème passage), nous la parcourons avec plaisir. Le soleil est trop bas pour éclairer les rues et il ne fait pas bien chaud. Et nous sommes surpris par l'animation relative de Storgata à pareille heure. Nous déambulons jusqu'à la petite église catholique peinte en marron foncé. Un kiosque à musique situé à proximité est peint de la même couleur ainsi que l'ancien hôtel de ville.
00 h 30, le 10 Juillet, nous redescendons vers le port. Miraculeusement, le soleil n'illumine que la Cathédrale Arctique et le pont qui enjambe le Tromsesundet. Une douce lumière rose enveloppe la Cathédrale, ordinairement blanche. Le soleil rasant cisèle le tablier et chaque pile du pont qui se détachent de l'arrière-plan de montagne et se reflètent dans l'eau calme et sombre du chenal. Quel spectacle !
Retour à bord et dans la cabine. Nous ne rendrons même pas compte de l'appareillage du RW à 01 h 30.
Minuit à Tromsø - Le pont et la Cathédrale Arctique
Jour 25 - Ve 10/07/2009 - Finnsnes - Svolvær - Stamsund (Lofoten)

En appareillant de Tromsø nous quittons définitivement le Grand Nord, et la route du RW s'oriente nettement vers le Sud.
04 h 30, brève escale à Finnsnes. J-J se lève de bon matin pour tenter de refaire les photos prises l'hiver dernier dans ce petit port.
Le 2 Janvier 2009, la croisière se déroulait sous un ciel maussade. Vers 11 heures, le jour pointait à peine et nous avions bénéficié d'une embellie inattendue lors de cette escale. Il avait abondamment neigé toute la nuit, quelques petits glaçons flottaient même à la surface de l'eau. Une timide lumière éclairait alors le paysage enveloppé d'une épaisse couche de neige fraîche. Le village de Finnsnes prenait des allures de carte de Noël, avec ses petites maisons aux toits blancs disséminées au milieu des sapins givrés.
D'une de ces huttes couverte de neige au bord du fjord, nous avions tiré le sujet de notre carte de vœux pour 2009. La même hutte photographiée un petit matin de Juillet n'a plus la même allure, ni la même poésie. Malgré l'heure matinale, il fait très clair et sous autant de lumière le village a perdu tout le charme que nous lui avions trouvé l'hiver dernier… Néanmoins, vers le nord-est, un joli contre jour sur le grand pont qui relie l'île de Senja au continent et à l'opposé, vers le sud-ouest, le sommet des montagnes encore enneigées est déjà fortement éclairé.
07 h 45, le RW arrive en avance à Harstad, la plus grande ville de l'archipel des Vesterålen et J-J rate l'entrée dans ce port. Le RW accoste derrière le MS Lofoten qui termine de charger du fret. A peine le temps de quitter la couchette et déjà sur le quai ! L'escale est courte, quelques pas seulement aux abords immédiats du port.
08 h 45, appareillage en retard, ce qui sera la constante de la journée au programme bien rempli. A partir de maintenant le RW va louvoyer entre les différentes îles, îlots et récifs des Vesterålen et des Lofoten en empruntant des chenaux étroits, en passant sous de nombreux ponts, mais toujours en traversant des paysages grandioses.
Le RW fait route vers l'escale suivante en empruntant le chenal étroit et tortueux de Risøyrenna, dragué entre les bancs de sable qui relient les îles d'Andøya et Hinnøya. Dragué en permanence depuis 1922, ce chenal a permis de réduire considérablement le trajet de l'Hurtigruten. Paraissant ne pas ralentir, le RW slalome entre les ducs d'Albe qui balisent le chenal. De part et d'autre, sur des fonds sableux peu profonds, la mer prend une teinte turquoise digne des mers caraïbes.
10 h 45, escale à Risøyhamn, un village, un hameau qui permet de ravitailler l'île d'Andøya. La place est mesurée et le bateau se livre à une manœuvre étonnante en faisant d'abord demi-tour sur place, puis en abordant le quai en marche arrière. Déconcertant ! Il faut dire que les accostages se font toujours bâbord à quai et que le capitaine doit tenir compte de cette contrainte dans ses manœuvres de port.
Nous arrivons dans une région très touristique. Il était déjà monté beaucoup de monde à Tromsø et là c'est un important groupe de randonneurs suréquipés qui attendent sur le quai. Sans doute débarqueront-ils ultérieurement dans une île des Lofoten ? La fréquentation du sun deck du pont 7 s'en ressentira fortement, de même que la queue pour débarquer aux principales escales de la journée.
Inhabituel, le retard sur l'horaire s'aggrave, cette fois-ci à cause d'un important chargement de palettes de tourbe (extraite sur Andøya et à destination de Molde), qui prendra beaucoup de temps.
11 h 30, appareillage et manœuvre inverse. Le bateau se déhale d'abord en marche arrière, puis fait demi-tour sur lui-même avant de faire cap au sud. Quelle dextérité de la part de l'équipage !
A peine avons-nous quitté l'appontement que nous passons sous le pont de Risøyhamn que nous avions franchi en voiture le 29 Juin dernier. Tous les passagers lèvent la tête vers le ciel et se demandent avec inquiétude si la cheminée du RW ne va pas toucher le tablier du pont. Mais non, nous passerons sans encombre. Déjà, nous sommes en vue du pont de Sortland que nous avions également franchi avec l'Espace. Nous déjeunons durant l'escale et ne débarquons pas. Puis, le RW poursuit son chemin.
15 h 00, escale à Stokmarknes. Une jeune fille blonde en costume folklorique attend au pied de la coupée et chante sans se lasser durant toute l'escale des airs norvégiens ; hélas, le succès… et l'argent ne sont pas au rendez-vous ! Fait-elle cela tous les jours à chaque passage de bateau ?
Stokmarknes est la mère patrie de l'Hurtigruten. C'est dans ce port que le capitaine Richard Whith créa en 1881 la "Vesteraalen Dampkibsselkab", et jeta les bases d'un service régulier de cabotage le long des côtes de Norvège pour ravitailler les comptoirs les plus isolés du nord du pays. Le développement constant de ce service évoluera des années plus tard vers le concept Hurtigruten, où se mêlent service public et croisière touristique.
Un musée est consacré à l'histoire de la ligne et un ancien bateau de la compagnie au sec sur un terre-plein attirent les visiteurs, mais le temps imparti est bien court pour que nous puissions visiter cela sereinement. D'autant qu'une autre préoccupation soucie J-J : se réserver dès le départ la meilleure place à l'avant du pont 5 pour les deux attractions de la journée à ne manquer sous aucun prétexte, le chenal de Raftsundet et l'entrée dans le Trollfjord.
A peine avons-nous quitté Stokmarknes que le ciel se couvre rapidement de gros nuages menaçants. Le vent se lève et quelques petites gouttes de pluie commencent à tomber par intermittence, et la luminosité du paysage s'en ressent. Dommage !
16 h 30, beaucoup de monde commence à se rassembler sur l'avant de la coursive. Nous sommes rivés au bastingage lorsque commence la navigation dans le Raftsundet. Il s'agit d'un chenal quasi rectiligne de 25 km de long (dont 17 km particulièrement étroits), séparant Hinnøya et Austgåvøya (Vesterålen et Lofoten). Quelques mètres séparent à cet endroit les deux archipels.
A droite, les Lofoten sont une enfilade de sommets vertigineux plongeant brutalement dans les eaux grises du chenal, tandis qu'à gauche, côté Vesterålen, les berges sont moins escarpées puisqu'une route longe ce chenal sur toute sa longueur. Face à nous dans le lointain, un camaïeu de montagnes grises couronnées de neige. Le RW glisse sur l'eau calme du Raftsundet. Silence sur le pont. Chaque spectateur profite de paysage exceptionnel. Les montagnes sont si proches du bateau.
17 h 15, arrive le moment fort de la journée, l'entrée dans leTrollfjord qui est l'attraction de toute croisière estivale des bateaux de l'Hurtigruten. Lentement, le RW pénètre dans ce fjord de l'île d'Austvågøy, long d'à peine 2 km et large seulement d'une petite centaine de mètres. Spontanément, le silence se fait sur la passerelle. Sur la gauche, l'à-pic de la montagne surplombant le fjord est impressionnant, à droite, c'est à peine moins escarpé, et un cirque montagneux ferme l'extrémité du fjord. Comment le bateau peut-il entrer, et surtout ressortir d'une nasse pareille ?
Le silence est tel qu'on entend le chuintement de la coque glissant sur l'eau plate et verte du fjord. Longeant la rive de près, le RW paraît bien frêle en proportion des montagnes qui l'entourent. Le fond du fjord s'élargit quelque peu permettant au bateau de faire demi-tour. A l'évidence, l'espace sera suffisant pour que le bateau effectue sa giration sur place. En avant, lente !
Mais le capitaine peaufine sa manœuvre. Imperceptiblement le bateau pivote et mètre après mètre, l'étrave se rapproche de la paroi rocheuse. Sur la passerelle pourtant bondée de spectateurs, plus un bruit. Le bateau progresse toujours avec d'infinies précautions, ralentit encore, l'étrave semblant effleurer la roche. En tendant le bras, il semble possible de toucher la paroi rocheuse. Incroyable ! Chacun retient son souffle. Cela semble durer une éternité. Presqu'à toucher la montagne, le RW reste absolument immobile quelques minutes. D'ailleurs, le bulbe d'étrave touche-t-il la roche sous la surface de l'eau ? Cela n'est pas impossible ! Dans un silence absolu, les passagers restent médusés par la hardiesse de la manœuvre et la dextérité du capitaine qui a réussi à amener sans le moindre choc, sans le moindre à-coup, son bateau aussi près des rochers.
Le capitaine, surement très fier de nous avoir fait preuve de son talent, remet en route. Peu à peu, l'étrave pivote pour gagner progressivement l'axe du fjord. Le RW reprend son cap et achève ses derniers milles dans le Raftsundet, alors que les passagers, étonnés et satisfaits se dispersent.
19 h 15, très en retard, le RW fait escale à Svolvær, la capitale des Lofoten. Beaucoup de passagers débarquent définitivement, d'autres montent à bord pour regagner le continent. Plusieurs autocars attendent les excursionnistes pour une visite sans doute trop rapide des Lofoten, ils nous rejoindront à l'escale suivante de Stamsund. Nous préférons marcher en ville, Nelly à lécher les vitrines et J-J à chercher à prendre le cliché idéal, mais ce soir, pas de soleil !
20 h 00, à cause du départ des nombreux excursionnistes, service unique pour le dîner. Et ce soir, rien ne va. Nous trouvons difficilement une place à l'arrière du restaurant, le service à table est d'une longueur inhabituelle et le menu en dessous de ce que nous étions habitués : émincé de porc (?), filet de cabillaud, boule de glace et fondant au chocolat. Bof !
21 h 00, nous sommes encore à table lorsque le RW appareille avec une heure et demie de retard. A peine avons-nous quitté le quai, que le MS Midnatsol qui va vers le nord prend notre place. Le ciel s'éclaircit quelque peu, nous permettant d'admirer les sommets des îles.
22 h 30, dernière escale aux Lofoten, à Stamsund. Le port étant éloigné du village, nous ne débarquons pas et restons sur la coursive du pont 5 à regarder l'activité sur le quai : départ ou arrivée de passagers, allées et venues des chariots élévateurs qui manipulent du fret entre la cale du bateau et l'entrepôt du quai où sont stockées les marchandises en transit.
23 h 00, les autocars reviennent et les excursionnistes débarqués à Svolvær regagnent le bord sans précipitation. Le RW appareille avec un retard d'une heure trente, pour rejoindre Bodø après une traversée de quatre heures du Vestfjorden. Fjord est-il le terme qui convient ? Il s'agit d'un large bras de mer entre les Lofoten et le continent. Sans protection vers l'ouest, les coups de vent peuvent y être sévères et la mer bien inconfortable. Cela ne sera pas le cas ce soir !
Demi-tour au fond du Trollfjord... à toucher la roche !
Jour 26 - Sa 11/07/2009 - Ørnes - Brønnøysund - Rorvik

La nuit a été fort paisible puisque nous ne nous sommes pas rendus compte de la longue escale de Bodø où le RW a pu recaler son horaire. Le calme de notre cabine est dû au fait qu'elle est située à tribord, donc à l'opposé du quai. Nous échappons ainsi aux bruits de manutention lors des transferts de fret entre le bateau et les entrepôts.
Un soleil déjà ardent, entré par le hublot de la cabine, nous oblige à nous lever tôt, et à 07 h 00, nous faisons l'ouverture de la salle à manger pour le petit-déjeuner, alors que le RW fait escale à Ørnes. De notre table, nous surplombons un petit port de pêche et fond, nous devinons la silhouette des montagnes dans le contre-jour.
Après le départ, nous restons sur la coursive extérieure. Avec le soleil matinal, la température nous paraît agréablement douce. Nous naviguons vers le sud et cela commence à se sentir. Nous avons abandonné la veste polaire et le blouson fourré, ce matin nous sommes en T-shirt.
Aujourd'hui notre bateau suivra un trajet presque parallèle à la route 17, la route que nous avions emprunté durant 3 jours dans le sens inverse, il ya maintenant 3 semaines. Le RW trace son chemin en contournant une multitude d'îles et d'îlots, le spectacle évoluant après chaque virage. Une lumière étincelante inonde le paysage : sur la gauche, les montagnes enneigées en arrière-plan, des petits hameaux ou des fermes isolées parsèment la côte, au centre l'eau bleue des chenaux, puis à droite, des îles verdoyantes. La côte est magnifique, le paysage varié et nous ne savons plus où donner du regard.
Au débouché d'un chenal, nous croisons le MS Vesterålen. Grand échange de coups de sirènes… Nous croisons également plusieurs ferries ou catamarans rapides qui desservent les ports les plus reculés de cette côte compliquée.
09 h 20, nous approchons du Cercle Polaire. Face à nous, une grande sphère métallique sur un îlot symbolise cette ligne fictive à 66°33' N. Le RW marque l'instant par un long coup de sirène.
10 h 00, les passagers sont conviés à l'extérieur du pont 7 pour le traditionnel baptême du passage de la ligne. Le staff du bateau est déguisé en vikings. Et c'est le commandant, lui même, qui se charge de verser dans le dos des volontaires une copieuse louche de glaçons, et il ne fait pas semblant. Sans hésiter, ni réfléchir, simplement parce que cela est prévu, tous les passagers allemands se feront ainsi baptiser sans discuter. L'ambiance est aux rires, cris d'effroi et hurlements de surprise. Chacun sera récompensé par un verre d'aquavit et un joli diplôme attestant du passage du Cercle Polaire. Pour notre part, nous sommes restés spectateurs de ce cérémonial. Cette petite fête tout juste achevée le ciel se couvre rapidement, le vent se lève sous les nuages et se renforce dans les passes entre les plus hautes îles.
11 h 00, escale de vingt minutes à Nesna. Le temps est moins radieux qu'il y a trois semaines lorsque nous y avions campé, et pêché nos premiers bigorneaux norvégiens. C'est un port d'à peine mille habitants et la "gare maritime" est en proportion, un petit bâtiment en bois de couleur rouge sang flanqué de trois jolies lucarnes.
12 h 30, escale à Sandnessjøen. Le port, tout en longueur, est situé sur une sorte de chenal créé par un alignement d'îles qui font protection contre la houle et le vent du large. L'activité du port est liée aux ferries qui relient ces îles et les expéditions de poisson.
C'est la première longue escale de la journée (1 heure), et la plupart des passagers ont des fourmis dans les jambes, d'autant que le quai se trouve en pleine ville. Tout le monde débarque ensemble et se retrouve en même temps à arpenter l'unique et courte rue commerçante de cette petite ville qui est vite parcourue. Retour à la queue leu leu par les quais…
Le bateau continue vers le sud en longeant la longue chaîne montagneuse de Sept Sœurs, qui culmine à environ 1.000 m en moyenne. Haut lieu de la mythologie norvégienne, l'alignement nord-sud de sept sommets au profil quasi identique est particulièrement impressionnant et il est logique que cette perspective remarquable soit au cœur de nombreuses légendes. Mais au moment de notre passage, un ciel terne ne met pas en valeur ce site.
Toujours sous la grisaille, nous arrivons vers 16 h 15 à Brønnøysund, dans une configuration semblable à celle du port précédent de Sandnessjøen : une agglomération s'étalant le long d'un chenal protégé par des îles basses.
Quelques petits commerces sont établis sur le quai et draine une partie de la clientèle du bateau. Rapide tour dans la ville sans cachet particulier jusqu'à un petit port de plaisance. Sur le quai une plaque indique que la ville est précisément au milieu de la Norvège, à 860 km du Cap Nord et de la Pointe de Lindesnes au sud, à vol d'oiseau bien sûr (parce que par la route ou par la mer, c'est largement plus).
Dès la sortie du port, le RW passe sous un pont complètement en courbe et qui dessert les îles situées de l'autre côté du chenal. Nous avions utilisé ce pont pour nous rendre au camping de Torghatten. Nous naviguons au plus près (quelques dizaines de mètres), de ces îles basses et sommes maintenant en vue du camping que nous avions fréquenté le 23 juin. Ce jour là, à la même heure, c'était le MS Lofoten que l'on apercevait du camping se dirigeant vers le sud.
17 h 30, de la passerelle, nous voyons bien maintenant le rocher de Torghaten avec son profil particulier de "chapeau de gendarme". Ce "rocher" est le seul sommet remarquable (160 m), dominant un vaste semis d'îles basses et de récifs dangereux pour la navigation. Mais le capitaine va modifier la route du RW pour que nous puissions admirer la curiosité naturelle qu'est un trou situé au milieu de ce rocher, à 112 m de hauteur. Dans des temps immémoriaux, la mer dont le niveau était beaucoup plus élevé aurait usé la roche plus tendre à cet endroit et creusé une cavité qui se serait complètement effondrée. Aujourd'hui, nous pouvons voir ce phénomène dans son ensemble, mais le 23 juin nous étions "montés" dans le trou, qui vu de l'intérieur était vraiment très impressionnant.
Difficile de faire des prévisions météo en Norvège tant les conditions changent rapidement. L'épaisse couche nuageuse qui nous suivait depuis la fin de matinée disparaît sans prévenir et laisse place en fin d'après-midi à un ciel limpide. Et c'est tant mieux car le RW se fraie un passage entre le continent et une succession de petites îles. La route est sinueuse et certains passages sont si étroits que sur la coursive, J-J se demande comment le bateau va passer. Depuis la démonstration à l'intérieur du Trollfjord, il n'y a pas de doute à avoir sur la dextérité du capitaine. Et bien sûr, chacun de ces goulets est franchi sans encombre.
Nous longeons des petites îles de très près, avec de modestes fermes isolées. Des enfants font des signes de la main à notre passage auxquels le commandant répond par un léger coup de sirène. Le soleil à l'ouest éclaire les paysages d'une jolie couleur orangée très douce. Un agréable moment passé presque seul sur la passerelle.
Nouvel avatar météo, le soleil se voile de nouveau pour laisser place à un épais banc de brume peu avant l'escale de Rorvik. C'est à n'y rien comprendre tant cela est imprévisible !
C'est dans ce port de Rorvik que nous avions réveillonné le 31 Décembre 2009, à bord du MS Trollfjord. S'il faisait bien plus froid, les quelques flocons de neige épars ne nous avaient guère gênés pour admirer tous les feux d'artifice tirés depuis les jardins à flanc de colline. Ce soir, c'est brouillard !
20 h 30, escale d'une heure où nous n'avons pas pu débarquer à cause du repas du Commandant et du dîner d'adieu. En effet, la majorité des passagers débarque demain matin à Trondheim, et ce repas a été avancé d'une journée pour qu'ils puissent en profiter. Pendant que nous sirotons un verre de crémant offert par la compagnie, le commentateur du bord fait les présentations en portant un toast à l'égard des passagers qui nous quittent. D'abord le Commandant et tout le staff de la passerelle, chaleureusement applaudis et ensuite, au garde à vous, toute l'équipe de la cuisine et du restaurant, ovationnés aussi par les passagers.
La carte est rédigée en quatre langues dont le français : Coquilles Saint-Jacques, tranche de bœuf aux oignons rouges confits, pommes de terre sautées, crème au citron et groseilles. Le repas aura duré tout le temps de l'escale et à 20 h 30, le RW quitte le quai. De sous le pont de Rorvik, la silhouette fantomatique du MS Nordkapp émerge de l'épais banc de brume et vient prendre notre place à quai.
Vu les conditions de visibilité, nous descendons dans la cabine faire les transferts de films et photos sur le PC. Nous regardons pendant un long moment les films pris depuis plusieurs jours. A 23 h 30, en jetant un œil furtif par le hublot, nous réalisons que non seulement le brouillard a complètement disparu, mais qu'un soleil rougeoyant est en train de plonger dans la mer.
Vite, nous repartons sur le pont 5. Plus de brume et le soleil flirte avec l'horizon, il est plus rouge et bientôt il va disparaître, ce que nous n'avions plus vu depuis plusieurs semaines. Et second choc, même si l'heure est tardive, il fait relativement sombre et la pénombre nous entoure. Ca aussi, nous avions oublié.

Jour 27 - Di 12/07/2009 - Tondheim - Kristiansund - Molde

06 h 00, réveil pour ne pas rater l'entrée à Trondheim, située loin dans le Trodheimfjord. Mais le RW accoste avec un quart d'heure d'avance, et du coup l'arrivée est quelque peu escamotée.
06 h 30, soleil éclatant, J-J rend à pied en ville, à une quinzaine de minutes de marche du quai Hurtigruten, pour faire des photos dans les meilleures conditions.
06 h 45, arrivée sur le pont de Bakke Bru qui enjambe la Nidelva. Malgré l'heure, le soleil illumine les façades colorées des entrepôts de la rive ouest. L'air est pur, les couleurs nettes et contrastées. L'ensemble, avec en arrière plan le Gamle Bybru et le clocher de la Cathédrale est absolument photogénique, et J-J mitraille… Quand, arrivé sur l'ancien pont… damned ! Plus de batteries !
Retour quelque peu dépité, en passant par la Cathédrale, la rue principale Munkgata, la place du marché et la gare ferroviaire. Il est tôt, c'est dimanche, il n'y a personne dans les rues. La promenade est agréable. L'urbanisme norvégien est souvent déroutant. De belles façades de style Art Déco, alternent avec des immeubles plus contemporains en verre et alu.
08 h 15, retour sur le quai pour voir MS Finnmarken remonter le fjord, et aborder le quai Hurtigruten après une savante manœuvre. Tout en marche arrière, le Finnmarken pénètre dans l'étroit bassin et va accoster derrière le RW. La distance entre les deux bateaux ne doit pas excéder 10 m, et c'est un véritable créneau que le Finnmarken réalise sans hésitation pour gagner le quai. Décidemment, les commandants de la compagnie sont très forts !
08 h 30, petit-déjeuner bien mérité, bain de soleil, puis visite du Finnmarken. C'est un grand bateau dont l'architecture et l'organisation sont similaire à ce que nous connaissons. Les différences notables sont une piscine à l'arrière du pont supérieur et une vaste plate-forme en gradins à la proue du bateau permettant au plus grand nombre d'admirer confortablement le paysage.
Pendant ce temps, le RW s'est rempli de passagers. Essentiellement des groupes de norvégiens organisés pour des excursions de la journée jusqu'à Molde. Et tous ces gens âgés se sont empressés d'occuper les meilleures places du pont panoramique ou du sun deck et passer tout leur temps à bavarder plutôt qu'à regarder le paysage !
10 h 00, le RW quitte le quai à l'heure prévue et entame la descente du Trondheimfjord. Durant presque deux heures nous naviguons entre les rives en pente douce du fjord. La région est fertile et de nombreuses fermes imposantes se sont installées près des berges verdoyantes pour y pratiquer l'élevage.
A l'embouchure du fjord, nous laissons le phare d'Agdenes à bâbord pour de nouveau faire cap vers le sud-ouest et continuons à naviguer au calme entre îles et continent. Et comme tous les après-midi depuis le début de cette croisière le ciel se voile de nouveau pour notre arrivée à Kristiansund. La ville, importante, est construite sur 3 îles reliées par des ponts. De la coursive, il est difficile de discerner à l'avance où se trouve le quai. Une heure d'escale, c'est suffisant pour que la majorité des passagers veuille débarquer en même temps ! La sortie du bateau est un peu fastidieuse et nous marchons jusqu'au môle situé en centre ville.
Kristiansund a beaucoup vécu de la pêche au cabillaud et de l'exportation de morue salée et séchée en Europe du Sud. Sur le môle, la statue en bronze d'une marchande de poissons confirme la vocation première de ce port. Les temps changent et Kristiansund vit maintenant davantage de la maintenance et du ravitaillement des plates-formes pétrolières implantées au large.
17 h 00, le RW s'éloigne de la ville en empruntant un dédale de chenaux avant de retrouver le large. Quelques rayons de soleil bienvenus réussissent à passer à travers la couche de nuages donnant à tout le paysage une curieuse teinte plombée. Un groupe de passagers est parti en excursion pour parcourir la Route de l'Atlantique, un itinéraire touristique empruntant une multitude de ponts pour passer d'une île à l'autre, et ils nous rejoindrons à l'escale de Molde. C'est pour cette raison que ce soir, le dîner est fixé à 19 h 00 : Potage au potiron, filet de flétan, mousse de fruits.
20 h 45, escale à Molde, petite ville située dans un large fjord, le Romsdalfjorden, fermé au sud par une vaste chaîne de 87 sommets enneigés. La ville s'étage sur une colline en pente douce et vue du bateau, elle paraît bien agréable et aérée. C'est la 3ème fois que nous y passons. Un peu d'animation dans la rue principale : un festival de jazz réputé commence demain, et les préparatifs vont bon train.
Cette ville est aussi connue pour être "la cité des roses". C'est sans doute pour cette raison que nous retrouvons alignées sur le quai toutes les palettes de tourbe que nous avions vues embarquer à Risøyhamn dans les Vesterålen. Le ciel est lumineux et la promenade sur le quai, avec le large fjord et les montagnes enneigées en arrière-plan, est des plus agréables.
21 h 30, alors que le RW commence juste sa manœuvre d'appareillage, le MS Polarlys arrive pour prendre sa place à quai, juste devant le RW qui continue à s'éloigner du quai. Les 2 bateaux, l'un derrière l'autre, manœuvrent ensemble à quelques mètres près, la proue du RW presque à toucher la poupe du Polarlys. Epoustouflant !
Et puis, le RW plutôt que de gagner directement le milieu du fjord, va se déhaler bien parallèlement au Polarlys. Y a-t-il 10 mètres entre les 2 deux bateaux ? Ce sont 122 mètres et 11 000 tonnes dont il faut maîtriser parfaitement la trajectoire, ce n'est pas rien. Au terme de la manœuvre, les deux passerelles de commandement qui débordent de la coque sont presque à se toucher ! Notre capitaine nous a apporté la preuve de son professionnalisme, du grand art !
23 h 10, le soleil tombe dans l'eau. Et cette nuit… il fera nuit !
Le départ de Molde... bord à bord avec le MS Polarlys
Jour 28 - Lu 13/07/2009 - Florø - Bergen

L'obscurité complète a fait que nous avons raté les escales de Ålesund, Torvik et Maløy.
C'est le dernier jour de la croisière et le rythme va être un peu bousculé pour préparer l'arrivée à Bergen. Nous devons libérer rapidement les cabines, donc faire les bagages dès le début de matinée et les sortir dans les couloirs. Cette contrainte va conditionner notre vie à bord jusqu'au débarquement, en gardant à portée de mains vêtements, appareil photo, ordinateur, etc…
07 h 45, dernière escale de la croisière à Florø. Un village à flanc de coteau dominé par une belle église en bois blanc dotée d'un superbe clocher. J-J débarque juste pour faire 2 photos, car le temps est trop limité pour aller au-delà des abords du débarcadère qui ne semblent pas caractéristiques.
Sous le soleil, le RW navigue au large de côtes plus basses ou d'îles plates abritant quelques maisons. En milieu de matinée, le bateau semble se diriger droit vers un groupe d'îles et d'îlots. Peu à peu, un passage semble se dessiner. Pas bien grand ! En décrivant une large courbe le bateau se présente face à l'étroit chenal entre deux îles, large d'une centaine de mètres, et qu'il franchit rapidement. Vu de la passerelle, c'est très impressionnant de voir le bateau passer à aussi vive allure dans un passage aussi étroit. Une fois de plus le Capitaine fait preuve de beaucoup d'assurance pour mener son navire.
Une demi-heure plus tard, bis repetita… Il va falloir passer au milieu de l'archipel de Sula, face à l'embouchure du Sognefjord. De loin le passage paraît encore plus étroit que le précédent. Le bateau ne ralentit pas sa vitesse. Brrr… On peut supposer que le capitaine sait ce qu'il fait et qu'il sait viser juste, car non seulement le Steinsundet est très étroit, mais de plus, il comporte plusieurs courbes.
A droite, un îlot de quelques mètres de hauteur, balisé par un petit phare avec une toiture octogonale rouge, à gauche la pointe basse d'une ile plus importante également balisé par un feu, et après une légère courbe, un troisième phare matérialise la sortie de chenal.
Cette passe est si étroite, qu'en sens inverse, un chalutier attend que nous ayons repris le large pour y entrer à son tour. Avec assurance, notre capitaine navigue sans ralentir à une dizaine de mètres de la roche côté tribord. C'est stupéfiant ! Au second phare, le bateau vire légèrement et continue sa route sans encombre. Ce capitaine est vraiment très, très fort. Il joue véritablement avec son bateau et en fait ce qu'il veut. Quelle maîtrise !
C'est habituel, en fin de matinée le ciel se couvre de gros nuages.
11 h 30, à cause du débarquement qui approche, l'horaire du déjeuner est avancé. Dernier buffet, où nous nous régalons encore une dernière fois de poisson et de fruits de mer. Il y en a une telle variété préparée de multiples façons. Comme l'hiver dernier, nous venons de faire une bonne cure de saumon. Y a pire !
Nous entrons dans le long fjord qui mène à Bergen. Il commence à pleuvoir… Tous les passagers se réunissent dans le salon panoramique du pont 7. A travers les grandes baies vitrées, chacun observe les berges du fjord. Nous quittons les fjords sauvages pour naviguer dans un fjord qui s'urbanise et s'industrialise à mesure que nous progressons. La grande ville approche.
A cause de la pluie, impossible de faire des photos sur la coursive, alors J-J se replie dans un salon plus calme pour rédiger l'un dernier mail du voyage et le charger sur une clé USB pour l'envoyer plus tard depuis une bibliothèque.
14 h 30, les collines qui enserrent Bergen sont largement construites de maisons multicolores, les hangars s'alignent sur les berges, quelques paquebots sont amarrés aux quais. Le RW ralentit, fait demi-tour et s'approche lentement du quai, au pied de l'Hurtigrutenterminalen, un bâtiment ultra-moderne et fonctionnel servant de gare maritime.
Le débarquement des passagers, bien organisé, se fait pont par pont. Depuis le pont 5, une large passerelle (genre aéroport), permet de gagner directement le terminal, retrouver les bagages et rejoindre un moyen de transport.
Pendant ce temps, J-J est descendu au pont 2 pour récupérer l'Espace. Comme prévu, il va falloir attendre que tous les autres véhicules aient quitté le bateau, ce qui est un long exercice de patience. La manutention n'est guère rapide puisqu'elle se fait voiture par voiture à l'aide d'un ascenseur qui permet de retrouver le niveau du quai. Première voiture garée en tête à Kirkenes, l'Espace est forcément la dernière à sortir à Bergen au bout d'1 h 50 d'attente.
Avant que notre voiture retrouve la terre ferme, Nelly s'est morfondue toute seule avec tous les bagages à main dans le terminal vidé de la majorité des passagers.
Sous la pluie battante, nous quittons l'emprise du terminal Hurtigruten et nous retrouvons, un peu désorientés, au cœur de Bergen. Entièrement pris en charge, nous avons vécu à bord du Richard With, six jours d'insouciance, désormais il va falloir vite reprendre nos habitudes de touristes itinérants et précaires !
16 h 10, pour éviter de nous rendre dans un terrain de camping éloigné de la ville, nous faisons d'abord un passage par le "Bobil Senter" (Bobil = camping-car, en norvégien), de Damsgårdsveien, connu de tous les camping-caristes. En réalité, c'est juste une aire asphaltée sans aucun équipement au milieu des entrepôts et des hangars du port. Triste à mourir ! Cet endroit n'est pas fait pour nous. Son seul avantage est qu'il permet de rejoindre le centre ville à pied, résolvant ainsi les problèmes de stationnement. Nous garons la voiture à proximité, sur une place gratuite, nous évitant également de passer plusieurs fois sous le même portique de péage urbain. Que d'économies !
Sous une légère pluie, nous rejoignons le centre en passant sur le grand pont de Puddefjordsbroen, surplombant le port, puis en traversant l'université. Du parvis de l'église catholique Saint-Jean, nous dominons tout le centre ville, qu'il faut ensuite rejoindre en descendant une forte pente. Nous trouvons au fond d'un grand jardin public la bibliothèque, d'où nous pouvons envoyer le mail relatant notre croisière. Cette formalité accomplie, nous nous rendons sur le port de Vågen, au marché au poisson de Torget.
Cette attraction locale est le point de convergence de tout ce que Bergen peut compter comme touristes. Et la réputation n'est pas usurpée. De jeunes poissonniers érudits et multilingues accrochent le client avec un savoir-faire extraordinaire et proposent à la vente et à la dégustation toutes sortes de produits de la mer. (Ces vendeurs semblent sortir tout droit d'une école de commerce, plutôt que du pont d'un chalutier… Et peut-être effectuent-ils un stage de vente ; en tous cas, ils sont très habiles et convaincants… !). Bien sûr, les alignements de saumons frais, de lieus, de flétans, de harengs, steaks de baleine, pattes de crabes royaux et autres attirent l'œil et c'est plutôt agréable à regarder. S'il y a du poisson frais sur les étals, il y a aussi beaucoup de produits transformés en usine. L'authenticité du lieu reste à démontrer, la seule certitude, ce sont les prix… exorbitants. Au milieu de ces étals, il y a aussi des stands qui proposent des sandwiches de saumon ou de crevettes bien appétissants que l'on peut consommer sur place. Le prix de vente est beaucoup moins digeste…
Nous déambulons dans le quartier de Bryggen, à qui Bergen doit sa renommée. Un alignement de bâtiments colorés en bois, séparés par des ruelles étroites, qui du temps de la Hanse servaient d'entrepôts, d'ateliers, d'habitations. Aujourd'hui, la plupart abritent des restaurants ou des boutiques de souvenirs. Nelly est à la recherche de la bonne affaire…
Nous poursuivons dans le quartier de Øvregaten, au-dessus de Bryggen. Des petites rues pavées partent à l'assaut de la colline, bordées de maisons blanches en bois dont les fenêtres sont toujours décorées d'objets divers qui doivent sans doute refléter la personnalité des occupants.
De retour sur le quai de Vågen, nous discutons avec un couple de Choletais très bavards qui circulent dans Bergen en vélo. Ils sont arrivés par la Suède en camping-car et pensent aller aux Lofoten, et bien sûr, sont stationnés au "Bobil Senter".
La pluie menace, et en rejoignant la voiture nous sommes pris sous un violent orage. Déjà bien trempés, nous nous abritons dans le hall d'un bâtiment de l'Université en attendant une accalmie. Nous sommes dans un piteux état en arrivant à la voiture.
20 h 00, arrivée à Nettsun à une vingtaine de kilomètres du centre de Bergen, au camping de Grimen, juste en bordure d'un petit lac. On nous attribue un emplacement plutôt étriqué où il y a juste assez de place pour l'Espace et la table de camping qui se trouve à moins d'un mètre de la berge du lac.
Grandeur et décadence ! Après avoir mené une vie de nantis à bord de l'Hurtigruten, dès ce soir nous retrouvons notre statut de manants. Après le luxe et le confort, c'est la misère. Il va falloir retrouver nos réflexes de campeurs, préparer les repas à l'arrière de l'Espace, dîner en plein air, déplacer tous les sacs et installer notre couchage, etc, etc…
Il y a encore quelques heures, nous avions toute une équipe de blondes pour nous servir ; ce soir, il va falloir tout faire avec une seule brune !
Sous un ciel plutôt bas, nous dinons au bord du lac, et c'est bien aussi.
Le petit matin à Florø
A suivre…
1ère Partie -- 2 ème Partie -- 4ème Partie
3ème Partie - KIRKENES - BERGEN A BORD DE L'HURTIGRUTEN
Jour 23 - Me 08/07/2009 - Kirkenes - Båtsfjord

07 h 15, réveil une heure trop tôt, à cause du déréglage du réveil du téléphone ; sûrement des séquelles du changement d'heure en Finlande. Température fraîche et ciel bas, cela continue. Petit-déjeuner dans la salle commune avec les mêmes Allemands que la veille au soir.
09 h 00, départ du camping et tour dans Kirkenes pour faire des photos des chalutiers russes à quai, mais la lumière n'est guère favorable. Tour dans un énorme super marché SPAR, démesuré par rapport à la zone de chalandise de la région, à moins qu'il ne soit largement fréquenté par la clientèle russe. Etonnant !
09 h 30, arrivée à l'embarcadère Hurtigruten à l'est de la ville. Au moins, nous ne sommes pas en retard ! Nous sommes les premiers de la file d'attente. Discussion avec un agent de la sécurité, qui comprend un peu le français parce qu'il a été légionnaire à Calvi il y a de nombreuses années. Il nous avoue que la semaine passée la température était montée à 26°C ! Nous en sommes loin ce matin.
Bientôt, au fond du fjord apparaît la silhouette familière d'un bateau Hurtigruten, puis l'on distingue les couleurs noir, rouge et blanc des superstructures
09 h 45, ponctuel, le MS Richard With accoste au quai. La plupart des passagers débarquent, soit pour reprendre l'avion, soit pour partir en excursion le temps de l'escale. Nous avions vécu ce rituel en janvier dernier.
Durant ce temps Nelly, toujours optimiste, croit voir le soleil ! Réalité ou illusion ? Depuis une semaine que nous l'attendons ! Tout juste le voile nuageux est-il moins épais dans quelques endroits du ciel.
Nous savions qu'il y avait des Français à bord, un excursionniste s'approche de nous : "Alors 76, d'où venez- vous ? Le Havre, Rouen, Dieppe ?". Nous discutons quelques instants. Il s'agit d'un couple de havrais qui partent en balade au poste frontière de Storskog, que nous avions vu hier. Quelques instants plus tard : "Ah, des Normands ! Que faites-vous ici ?". Là, il s'agit de parisiens dont le mari est né dans le Pays de Caux. Hasard des rencontres fortuites de voyages.
Il y a beaucoup d'activité sur le quai entre les passagers qui débarquent et qui croisent ceux qui arrivent, beaucoup de manipulation de bagages, et aussi d'incessantes allées et venues de clarks déchargeant de nombreuses palettes de fret ou en ramenant d'autres à bord.
10 h 45, nous nous enregistrons à la réception du bord et faisons la connaissance de L…, l'accompagnateur du groupe de Français.
11 h 00, début de l'embarquement des véhicules, 2 motos et 6 voitures. J-J entre le premier à bord au volant de l'Espace. L'opération se fait au compte-gouttes, véhicule par véhicule au moyen d'un ascenseur qui fait la liaison entre le quai et le garage situé au pont n°2 du bateau. La manœuvre est longue du fait des sécurités devant et derrière la voiture.
Grâce à ce système d'ascenseur, (il en existe un autre pour le fret stocké sur le pont n°1), les bateaux d'Hurtigruten sont autonomes lors de leurs nombreuses escales. Les portes hydrauliques sont manœuvrées par le personnel du bord sans aucune aide extérieure, idem pour la passerelle piétons. Chacune de ces passerelles est évidemment réglable en permanence pour tenir compte des différentes hauteurs de quai et surtout des fluctuations de la marée lors des plus longues escales. Ingénieux.
Le Richard With (que j'écrirai dorénavant, RW), peut embarquer 45 véhicules bien tassés dans un garage aux dimensions réduites. Impossible d'y accéder en cours de croisière.
Nous retrouvons l'accompagnateur français qui fait un briefing pour son groupe et comme nous ne pouvons récupérer notre cabine qu'à 12 h 30, nous faisons le tour du propriétaire. Nous ne sommes pas dépaysés par rapport à notre croisière hivernale. Si le RW est plus ancien, et dispose d'un pont de moins, les aménagements sont à peu près disposés de la même façon.
Nous repérons rapidement tous les endroits stratégiques du bord, la salle à manger, la boutique de souvenirs sur le pont 4, la coursive qui fait tout le tour du bateau sur le pont 5, une plateforme bain de soleil sur le pont 6 équipées de 2 jacuzzis, sur le pont 7 le grand salon panoramique sur l'avant et le sun-deck à l'arrière.
Alors que nous explorons la coursive extérieure, les nuages se déchirent soudainement et alors que nous n'osions plus l'espérer, le soleil apparaît miraculeusement. Les nuages se dispersent en quelques minutes et le soleil luit généreusement. Incroyable ! Nous vivions dans la grisaille et le froid ininterrompus depuis une semaine et nous voila subitement inondés de lumière et enveloppés d'une relative chaleur qui nous fait grand bien, y compris et surtout au moral.
12 h 00, déjeuner, buffet de poisson bien sûr. Nous débutons notre cure de produits de la mer…
Après le repas, nous prenons possession de notre cabine, sur l'avant du pont 3 à tribord. Nous retrouvons la même disposition et les mêmes dimensions que sur le MS Trollfjord l'hiver dernier. Là encore, pas de dépaysement.
12 h 45, appareillage de Kirkenes. Nous sommes montés sur l'avant du pont 5 pour assister à la manœuvre. Lentement le RW se déhale du quai, exécute un demi-tour sur place, et se dirige vers l'embouchure du Bøkfjord. C'est pour nous, le début d'une nouvelle aventure au cœur de notre voyage, un cabotage de 6 jours vers Bergen… Cap au sud !
Le soleil brille généreusement mais la température reste plutôt fraîche. L'eau du fjord a pris une belle teinte bleu soutenu en décalage complet avec la couleur brune des berges. J-J a déjà pris son quart sur la passerelle, à l'avant du pont 5, en parka fourrée et casquette vissée sur la tête.
Le bateau a maintenant atteint sa vitesse de croisière. De part et d'autre, les rives du fjord défilent. C'est un paysage vallonné, très minéral qui sera la constante du cabotage le long des côtes du Finnmark : le paroxysme de la désolation, rien d'autre que cette roche brunâtre sur laquelle visiblement rien ne pousse, rien ne dépasse. Toute la côte paraît scalpée par le vent. L'hiver dernier, la neige nous avait masqué la réalité de cette désolation, tout était blanc bleu, maintenant tout est brun, rien que brun. Caboter l'été le long du Finnmark fait encore mieux comprendre la rudesse du climat de cette région, l'âpreté du paysage et les difficultés qui en découlent pour vivre.
Après avoir doublé le phare de Bøkfjord, Le RW aborde la pleine mer, la mer de Barents et met cap au nord-est vers le port de Vardø. Bien à l'abri à l'arrière du pont 7, face au soleil, Nelly se détend ou s'adonne à la lecture… Aujourd'hui, le sun-deck est encore peu fréquenté mais au fil des jours, il deviendra de plus en plus encombré et les fauteuils de moins en moins accessibles.
Nous arrivons en vue de l'île de Hornøya, à l'extrémité de la péninsule de Varanger. C'est le point le plus oriental de la Norvège, à 31°10' Est, soit à la même longitude que le Caire en Egypte.
Avant de pénétrer dans le port de Vardø, le RW contourne une presqu'île plate où sont groupées plusieurs maisons multicolores serrées les unes contre les autres. Des habitations en arrière plan, s'étagent sur une colline dénudée dominée par deux énormes radômes vert de gris ou blanc, sans doute vestige de la guerre froide entre les pays de l'O.T.A.N. et l'U.R.S.S. Le Finnmark était en première ligne puisqu'à cet endroit 50 km séparent les 2 pays, bon nombre d'antennes devaient à l'époque s'intéresser aux mouvements de navires entre l'U.R.S.S. et l'Atlantique.
16 h 15, escale ensoleillée d'une heure à Vardø. La plupart des passagers débarquent pour visiter une citadelle du XVIIIème siècle à quelques pas du quai, emmenés au son du tambour par deux hommes en costume d'époque. Tous les Allemands du bord suivent sans se poser de questions…
Nous préférons explorer la ville jusqu'à l'église reconstruite en 1958. La nef a une forme triangulaire très dépouillée et le clocher triangulaire minimaliste est très élancé. Toute la ville a été complètement détruite lors de la Seconde Guerre et reconstruite selon un plan orthogonal très aéré, autour d'une large rue centrale déserte laissant une impression de vide et de tristesse, presque inquiétante. L'hôtel de ville est un écrasant cube rouge recouvert d'une toiture noire à 4 pentes. Tout cela visiblement manque de cohérence.
17 h 15, l'escale s'achève et le RW reprend sa route, longeant la presqu'île de Varanger. C'est une région sauvage où les vagues et le vent sculptent le paysage depuis des millénaires. De temps à autre, nous croisons un chalutier russe, le pont arrière encombré d'énormes casiers et de boules multicolores, partant à la pêche au crabe royal. Il y a quelques décennies les soviétiques ont voulu expérimenter l'élevage de ce crabe, originaire de Sibérie, dans la région de Mourmansk. Quelques crabes, plus malins que d'autres se sont échappés des élevages et ont colonisé les côtes du Finnmark, au détriment des espèces endémiques. Désastre écologique, mais manne pour les Norvégiens.
20 h 00, courte escale d'une demi-heure à Båtsfjord, port bien abrité au bout du fjord du même nom. Ce port vit essentiellement du crabe royal. Nous faisons quelques pas sur le quai sous le soleil qui descend de plus en plus. En janvier, le même quai était complètement recouvert de neige et les superstructures des chalutiers russes amarrés dans le port étaient entièrement recouvertes d'une épaisse couche de glace, donnant une idée de ce que doivent être les conditions de travail sur ces bateaux en période hivernale dans ces régions.
20 h 30, repas servi à la table que l'on nous attribue pour toute la croisière. Menu : Potage, filet de saumon, glace. Nous dînons à côté d'une française et sa petite fille. Pas un mot, ni bonjour. Tant pis !
22 h 15, très courte escale d'un quart d'heure à Berlevåg. Nous restons à bord car le port se situe en dehors de l'agglomération. Sous un ciel parfaitement pur, le soleil descend lentement illuminant le paysage de teintes rosées et de jolis contre-jours. Nous sommes au nord de la Norvège, il fait jour, absolument jour. Et ce soir, c'est certain, nous verrons le soleil à minuit au-dessus de l'horizon.
Après cette escale, nous croisons à peu de distance le MS Nordstjernen ("Etoile Polaire"). C'est le plus petit et le plus ancien bateau de la compagnie. Il navigue sans relâche depuis 1956, soit 53 ans, pour le plus grand bonheur des nostalgiques qui se bousculent pour naviguer dans une ambiance et un confort quelque peu surannés. Instants magiques où la vieille coque prend des reflets dorés sous le soleil.
23 h 30, nous sommes sur le pont 5, complètement emmitouflés, sweat polaire, parka fourrée, écharpe, gants en laine. Il n'y a pas un souffle de vent, mais avec la vitesse du bateau, il fait plutôt frisquet ! Pour rien au monde nous ne voudrions rater ce moment. Voir le soleil à minuit en plein nord au-dessus de l'horizon. Minuit ! Il fait grand jour. Le soleil est là à quelques degrés au-dessus de la mer. L'air est si pur, le temps si clair malgré l'heure et la hauteur du soleil ; le ciel rougeoie à peine. Etonnant !
Accoudés au bastingage, nous restons de longs moments à contempler en silence ce spectacle hors normes : voir le soleil la nuit en plein nord. Enfin ! Enfin, nous l'avons ce soleil que l'on attendait tant ! Et nous sommes presque seuls pour en profiter, et c'est tant mieux ! Mais, c'est tout de même surprenant que ce phénomène intéresse si peu de monde.
C'est plutôt le froid qui nous chasse de la passerelle. Le bateau file 15 nœuds (± 28 km/h), et le soleil ne nous réchauffe plus. Satisfaits, nous regagnons la cabine, éclairée comme en pleine journée. Les rideaux tirés devant le hublot ne donneront qu'une vague pénombre pour nous endormir et finir notre nuit.
Minuit à l'extrême nord de la NorvègeJour 24 - Je 09/07/2009 - Havøysund - Hammerfest -Tromsø

Malgré le jour permanent, il faut bien dormir. Et dans notre sommeil, nous avons raté les courtes escales de Mehamn (le port… le plus septentrional du parcours à 71°02' N), et Kjøllfjord. Il faut préciser que l'état de la mer, le confort et le silence à bord font que l'on ne perçoit pas les arrêts du bateau aux escales. La dextérité de l'équipage y est également pour beaucoup.
06 h 30, nous n'avons pas senti que nous repartions de l'escale de Honningsvåg, au sud de Magerøya, l'île du Cap Nord. Déjà (ou encore, puisqu'il ne s'est pas couché), le soleil brille et éclaire le rivage.
Nous reprenons le chemin de la salle à manger pour le petit-déjeuner. En dehors du café un peu clair, il y en a pour tous les goûts : charcuterie, viande, poisson (eh, oui !), œufs, fruits, plusieurs sortes de pain, etc, etc, etc… Tout à discrétion. C'est un grand moment de la journée et ne nous en privons pas.
08 h 15, en principe courte escale d'un quart d'heure à Havøysund. Grand beau temps durant cette escale. Sous un franc soleil, il fait presque chaud sur la passerelle. Tous les environs sont éclairés par une lumière incomparable. Vu l'heure matinale et la brièveté de l'arrêt, J-J est le seul à descendre et faire quelques pas sur le quai pour refaire les mêmes photos que l'hiver dernier, mais avec beaucoup plus de lumière : une enfilade de maisons multicolores accrochées à la colline face au bateau. Il faut faire vite.
Finalement, il y a un grand nombre de palettes de poisson à embarquer (du colin salé séché, écrit en français sur les caisses), et le RW appareillera avec une demi-heure de retard. Quelques minutes après avoir quitté Havøysund, nous croisons le MS Trollfjord. A chaque rencontre, les bateaux de la compagnie se saluent à grands coups de sirène. En janvier, nous étions à la même heure et au même endroit à bord du Trollfjord dans la nuit polaire. Quel contraste avec les heures lumineuses que nous vivons aujourd'hui !
Bien que cela ne soit pas prévu dans l'organisation du bord, nous nous octroyons un second petit-déjeuner (plus léger que le précédent) : un petit café et un gâteau avant de gagner le sun-deck pour une séance de bronzage et de lecture ou de reprendre son quart de veille à l'avant du pont 5.
11 h 15, escale à Hammerfest après avoir contourné l'île de Melkøya et son gigantesque terminal gazier dont la vision de jour paraît bien moins impressionnante que la nuit. Hammerfest est la ville la plus importante du Finnmark (7 000 habitants !), et doit sa prospérité actuelle à ce terminal.
Quittant le bord, nous marchons jusqu'à l'église reconstruite en haut de la ville. Comme dans tout le Finnmark, la seconde guerre mondiale a fait des ravages considérables et l'église d'Hammerfest ressemble à s'y méprendre à celle que nous avons vu hier à Vardø, une grande nef triangulaire et un clocher également triangulaire très élancé. L'intérieur est très lumineux, un grand vitrail triangulaire surplombe l'autel.
En redescendant vers la ville, nous nous arrêtons dans un square où nous pouvons admirer à flanc de coteau un superbe kiosque à musique en bois bleu électrique. Les Norvégiens se transformeraient-ils en dahus pour danser ? Des motifs en bois représentant des ours blancs ponctuent le décor.
Les rues du centre sont bordées de boutiques et même de grands magasins de mode, et du monde circule dans les rues. Près du port, autour d'un bassin et d'un jet d'eau, des Norvégiens papotent sur des bancs, d'autres consomment sur une terrasse ensoleillée. Scènes plutôt inhabituelle dans les petites villes de Norvège.
12 h 45, appareillage. Nous déjeunons au fond du restaurant à la poupe du bateau et par les larges baies vitrés, et dans le contre-jour, nous voyons Hammerfest s'éloigner doucement.
15 h 45, très courte escale à Øksfjord après avoir navigué dans un long détroit entre plusieurs grandes îles. Nous ne débarquons pas dans ce port situé au milieu d'un fjord. Le quai est au pied du village. Une église avec un clocher massif domine le village.
18 h 00, Nelly s'est trouvé un fauteuil à l'écart dans le salon panoramique et lit tranquillement, levant les yeux de temps à autre vers le paysage qui défile. Un curieux nuage ou un banc de brume flotte au ras de la mer, laissant libre le sommet des montagnes. D'autant plus surprenant que ce nuage se déplace avec nous, malgré la vitesse du bateau, nous ne le rattraperons jamais.
19 h 00, escale de 45 minutes à Skervøy. Cela nous laisse le temps de nous rendre jusqu'à l'église de ce petit port de pêche. C'est un bel édifice en bois blanc construit sur plusieurs niveaux à cause de la pente, au milieu d'une vaste pelouse et entouré de grands bouleaux, dans un cadre verdoyant que nous n'avions plus vu depuis longtemps et qui nous fait oublier la rudesse des paysages du Finnmark.
Du parvis de l'église, nous contemplons le panorama, les toitures du village au premier plan. Brièvement le soleil perce les nuages et éclaire fortement la masse imposante rouge et blanche du RW, ce qui contraste avec les montagnes sombres en arrière-plan restée à l'ombre sous de gros nuages bourgeonnants.
20 h 30, dîner servi à table. Au menu : Emincé de renne, rôti de porc aux ananas et sauce chutney, boule de glace avec nappage de fruits rouges.
Après avoir mis un peu d'ordre dans les films et photos sur le PC, nous montons vers 22 h 30 au bar du pont 7, où un pianiste et une chanteuse mettent un peu d'animation. A travers les baies vitrées, on peut voir le paysage défiler. Il fait grand jour, et J-J culpabilise de ne pas assurer son quart sur la passerelle ! Et pour cause !
23 h 15, Personne sur le pont 5 et pourtant ! Le RW fait route vers Tromsø qui apparaît dans le lointain. La ville construite sur une île au milieu d'un fjord est sombre à cette heure tardive. Le soleil, au nord, émerge à peine des montagnes environnantes. Ses rayons sont justes suffisants pour éclairer le grand pont de Tromsøbrua et la Cathédrale Arctique qui se détachent des sommets avoisinants restés dans l'ombre.
Miracle de l'instant que ce coup de projecteur juste focalisé sur les deux principaux symboles architecturaux de la ville. Pourvu que le soleil ne descende pas trop vite derrière les sommets, pourvu qu'un nuage intempestif ne vienne pas écourter trop tôt cette vision insolite à pareille heure.
23 h 30, escale à Tromsø, la capitale du Nord, point de départ de toutes les anciennes expéditions vers le Pôle. Même si nous connaissons bien maintenant cette ville (c'est notre 3ème passage), nous la parcourons avec plaisir. Le soleil est trop bas pour éclairer les rues et il ne fait pas bien chaud. Et nous sommes surpris par l'animation relative de Storgata à pareille heure. Nous déambulons jusqu'à la petite église catholique peinte en marron foncé. Un kiosque à musique situé à proximité est peint de la même couleur ainsi que l'ancien hôtel de ville.
00 h 30, le 10 Juillet, nous redescendons vers le port. Miraculeusement, le soleil n'illumine que la Cathédrale Arctique et le pont qui enjambe le Tromsesundet. Une douce lumière rose enveloppe la Cathédrale, ordinairement blanche. Le soleil rasant cisèle le tablier et chaque pile du pont qui se détachent de l'arrière-plan de montagne et se reflètent dans l'eau calme et sombre du chenal. Quel spectacle !
Retour à bord et dans la cabine. Nous ne rendrons même pas compte de l'appareillage du RW à 01 h 30.
Minuit à Tromsø - Le pont et la Cathédrale ArctiqueJour 25 - Ve 10/07/2009 - Finnsnes - Svolvær - Stamsund (Lofoten)

En appareillant de Tromsø nous quittons définitivement le Grand Nord, et la route du RW s'oriente nettement vers le Sud.
04 h 30, brève escale à Finnsnes. J-J se lève de bon matin pour tenter de refaire les photos prises l'hiver dernier dans ce petit port.
Le 2 Janvier 2009, la croisière se déroulait sous un ciel maussade. Vers 11 heures, le jour pointait à peine et nous avions bénéficié d'une embellie inattendue lors de cette escale. Il avait abondamment neigé toute la nuit, quelques petits glaçons flottaient même à la surface de l'eau. Une timide lumière éclairait alors le paysage enveloppé d'une épaisse couche de neige fraîche. Le village de Finnsnes prenait des allures de carte de Noël, avec ses petites maisons aux toits blancs disséminées au milieu des sapins givrés.
D'une de ces huttes couverte de neige au bord du fjord, nous avions tiré le sujet de notre carte de vœux pour 2009. La même hutte photographiée un petit matin de Juillet n'a plus la même allure, ni la même poésie. Malgré l'heure matinale, il fait très clair et sous autant de lumière le village a perdu tout le charme que nous lui avions trouvé l'hiver dernier… Néanmoins, vers le nord-est, un joli contre jour sur le grand pont qui relie l'île de Senja au continent et à l'opposé, vers le sud-ouest, le sommet des montagnes encore enneigées est déjà fortement éclairé.
07 h 45, le RW arrive en avance à Harstad, la plus grande ville de l'archipel des Vesterålen et J-J rate l'entrée dans ce port. Le RW accoste derrière le MS Lofoten qui termine de charger du fret. A peine le temps de quitter la couchette et déjà sur le quai ! L'escale est courte, quelques pas seulement aux abords immédiats du port.
08 h 45, appareillage en retard, ce qui sera la constante de la journée au programme bien rempli. A partir de maintenant le RW va louvoyer entre les différentes îles, îlots et récifs des Vesterålen et des Lofoten en empruntant des chenaux étroits, en passant sous de nombreux ponts, mais toujours en traversant des paysages grandioses.
Le RW fait route vers l'escale suivante en empruntant le chenal étroit et tortueux de Risøyrenna, dragué entre les bancs de sable qui relient les îles d'Andøya et Hinnøya. Dragué en permanence depuis 1922, ce chenal a permis de réduire considérablement le trajet de l'Hurtigruten. Paraissant ne pas ralentir, le RW slalome entre les ducs d'Albe qui balisent le chenal. De part et d'autre, sur des fonds sableux peu profonds, la mer prend une teinte turquoise digne des mers caraïbes.
10 h 45, escale à Risøyhamn, un village, un hameau qui permet de ravitailler l'île d'Andøya. La place est mesurée et le bateau se livre à une manœuvre étonnante en faisant d'abord demi-tour sur place, puis en abordant le quai en marche arrière. Déconcertant ! Il faut dire que les accostages se font toujours bâbord à quai et que le capitaine doit tenir compte de cette contrainte dans ses manœuvres de port.
Nous arrivons dans une région très touristique. Il était déjà monté beaucoup de monde à Tromsø et là c'est un important groupe de randonneurs suréquipés qui attendent sur le quai. Sans doute débarqueront-ils ultérieurement dans une île des Lofoten ? La fréquentation du sun deck du pont 7 s'en ressentira fortement, de même que la queue pour débarquer aux principales escales de la journée.
Inhabituel, le retard sur l'horaire s'aggrave, cette fois-ci à cause d'un important chargement de palettes de tourbe (extraite sur Andøya et à destination de Molde), qui prendra beaucoup de temps.
11 h 30, appareillage et manœuvre inverse. Le bateau se déhale d'abord en marche arrière, puis fait demi-tour sur lui-même avant de faire cap au sud. Quelle dextérité de la part de l'équipage !
A peine avons-nous quitté l'appontement que nous passons sous le pont de Risøyhamn que nous avions franchi en voiture le 29 Juin dernier. Tous les passagers lèvent la tête vers le ciel et se demandent avec inquiétude si la cheminée du RW ne va pas toucher le tablier du pont. Mais non, nous passerons sans encombre. Déjà, nous sommes en vue du pont de Sortland que nous avions également franchi avec l'Espace. Nous déjeunons durant l'escale et ne débarquons pas. Puis, le RW poursuit son chemin.
15 h 00, escale à Stokmarknes. Une jeune fille blonde en costume folklorique attend au pied de la coupée et chante sans se lasser durant toute l'escale des airs norvégiens ; hélas, le succès… et l'argent ne sont pas au rendez-vous ! Fait-elle cela tous les jours à chaque passage de bateau ?
Stokmarknes est la mère patrie de l'Hurtigruten. C'est dans ce port que le capitaine Richard Whith créa en 1881 la "Vesteraalen Dampkibsselkab", et jeta les bases d'un service régulier de cabotage le long des côtes de Norvège pour ravitailler les comptoirs les plus isolés du nord du pays. Le développement constant de ce service évoluera des années plus tard vers le concept Hurtigruten, où se mêlent service public et croisière touristique.
Un musée est consacré à l'histoire de la ligne et un ancien bateau de la compagnie au sec sur un terre-plein attirent les visiteurs, mais le temps imparti est bien court pour que nous puissions visiter cela sereinement. D'autant qu'une autre préoccupation soucie J-J : se réserver dès le départ la meilleure place à l'avant du pont 5 pour les deux attractions de la journée à ne manquer sous aucun prétexte, le chenal de Raftsundet et l'entrée dans le Trollfjord.
A peine avons-nous quitté Stokmarknes que le ciel se couvre rapidement de gros nuages menaçants. Le vent se lève et quelques petites gouttes de pluie commencent à tomber par intermittence, et la luminosité du paysage s'en ressent. Dommage !
16 h 30, beaucoup de monde commence à se rassembler sur l'avant de la coursive. Nous sommes rivés au bastingage lorsque commence la navigation dans le Raftsundet. Il s'agit d'un chenal quasi rectiligne de 25 km de long (dont 17 km particulièrement étroits), séparant Hinnøya et Austgåvøya (Vesterålen et Lofoten). Quelques mètres séparent à cet endroit les deux archipels.
A droite, les Lofoten sont une enfilade de sommets vertigineux plongeant brutalement dans les eaux grises du chenal, tandis qu'à gauche, côté Vesterålen, les berges sont moins escarpées puisqu'une route longe ce chenal sur toute sa longueur. Face à nous dans le lointain, un camaïeu de montagnes grises couronnées de neige. Le RW glisse sur l'eau calme du Raftsundet. Silence sur le pont. Chaque spectateur profite de paysage exceptionnel. Les montagnes sont si proches du bateau.
17 h 15, arrive le moment fort de la journée, l'entrée dans leTrollfjord qui est l'attraction de toute croisière estivale des bateaux de l'Hurtigruten. Lentement, le RW pénètre dans ce fjord de l'île d'Austvågøy, long d'à peine 2 km et large seulement d'une petite centaine de mètres. Spontanément, le silence se fait sur la passerelle. Sur la gauche, l'à-pic de la montagne surplombant le fjord est impressionnant, à droite, c'est à peine moins escarpé, et un cirque montagneux ferme l'extrémité du fjord. Comment le bateau peut-il entrer, et surtout ressortir d'une nasse pareille ?
Le silence est tel qu'on entend le chuintement de la coque glissant sur l'eau plate et verte du fjord. Longeant la rive de près, le RW paraît bien frêle en proportion des montagnes qui l'entourent. Le fond du fjord s'élargit quelque peu permettant au bateau de faire demi-tour. A l'évidence, l'espace sera suffisant pour que le bateau effectue sa giration sur place. En avant, lente !
Mais le capitaine peaufine sa manœuvre. Imperceptiblement le bateau pivote et mètre après mètre, l'étrave se rapproche de la paroi rocheuse. Sur la passerelle pourtant bondée de spectateurs, plus un bruit. Le bateau progresse toujours avec d'infinies précautions, ralentit encore, l'étrave semblant effleurer la roche. En tendant le bras, il semble possible de toucher la paroi rocheuse. Incroyable ! Chacun retient son souffle. Cela semble durer une éternité. Presqu'à toucher la montagne, le RW reste absolument immobile quelques minutes. D'ailleurs, le bulbe d'étrave touche-t-il la roche sous la surface de l'eau ? Cela n'est pas impossible ! Dans un silence absolu, les passagers restent médusés par la hardiesse de la manœuvre et la dextérité du capitaine qui a réussi à amener sans le moindre choc, sans le moindre à-coup, son bateau aussi près des rochers.
Le capitaine, surement très fier de nous avoir fait preuve de son talent, remet en route. Peu à peu, l'étrave pivote pour gagner progressivement l'axe du fjord. Le RW reprend son cap et achève ses derniers milles dans le Raftsundet, alors que les passagers, étonnés et satisfaits se dispersent.
19 h 15, très en retard, le RW fait escale à Svolvær, la capitale des Lofoten. Beaucoup de passagers débarquent définitivement, d'autres montent à bord pour regagner le continent. Plusieurs autocars attendent les excursionnistes pour une visite sans doute trop rapide des Lofoten, ils nous rejoindront à l'escale suivante de Stamsund. Nous préférons marcher en ville, Nelly à lécher les vitrines et J-J à chercher à prendre le cliché idéal, mais ce soir, pas de soleil !
20 h 00, à cause du départ des nombreux excursionnistes, service unique pour le dîner. Et ce soir, rien ne va. Nous trouvons difficilement une place à l'arrière du restaurant, le service à table est d'une longueur inhabituelle et le menu en dessous de ce que nous étions habitués : émincé de porc (?), filet de cabillaud, boule de glace et fondant au chocolat. Bof !
21 h 00, nous sommes encore à table lorsque le RW appareille avec une heure et demie de retard. A peine avons-nous quitté le quai, que le MS Midnatsol qui va vers le nord prend notre place. Le ciel s'éclaircit quelque peu, nous permettant d'admirer les sommets des îles.
22 h 30, dernière escale aux Lofoten, à Stamsund. Le port étant éloigné du village, nous ne débarquons pas et restons sur la coursive du pont 5 à regarder l'activité sur le quai : départ ou arrivée de passagers, allées et venues des chariots élévateurs qui manipulent du fret entre la cale du bateau et l'entrepôt du quai où sont stockées les marchandises en transit.
23 h 00, les autocars reviennent et les excursionnistes débarqués à Svolvær regagnent le bord sans précipitation. Le RW appareille avec un retard d'une heure trente, pour rejoindre Bodø après une traversée de quatre heures du Vestfjorden. Fjord est-il le terme qui convient ? Il s'agit d'un large bras de mer entre les Lofoten et le continent. Sans protection vers l'ouest, les coups de vent peuvent y être sévères et la mer bien inconfortable. Cela ne sera pas le cas ce soir !
Demi-tour au fond du Trollfjord... à toucher la roche ! Jour 26 - Sa 11/07/2009 - Ørnes - Brønnøysund - Rorvik

La nuit a été fort paisible puisque nous ne nous sommes pas rendus compte de la longue escale de Bodø où le RW a pu recaler son horaire. Le calme de notre cabine est dû au fait qu'elle est située à tribord, donc à l'opposé du quai. Nous échappons ainsi aux bruits de manutention lors des transferts de fret entre le bateau et les entrepôts.
Un soleil déjà ardent, entré par le hublot de la cabine, nous oblige à nous lever tôt, et à 07 h 00, nous faisons l'ouverture de la salle à manger pour le petit-déjeuner, alors que le RW fait escale à Ørnes. De notre table, nous surplombons un petit port de pêche et fond, nous devinons la silhouette des montagnes dans le contre-jour.
Après le départ, nous restons sur la coursive extérieure. Avec le soleil matinal, la température nous paraît agréablement douce. Nous naviguons vers le sud et cela commence à se sentir. Nous avons abandonné la veste polaire et le blouson fourré, ce matin nous sommes en T-shirt.
Aujourd'hui notre bateau suivra un trajet presque parallèle à la route 17, la route que nous avions emprunté durant 3 jours dans le sens inverse, il ya maintenant 3 semaines. Le RW trace son chemin en contournant une multitude d'îles et d'îlots, le spectacle évoluant après chaque virage. Une lumière étincelante inonde le paysage : sur la gauche, les montagnes enneigées en arrière-plan, des petits hameaux ou des fermes isolées parsèment la côte, au centre l'eau bleue des chenaux, puis à droite, des îles verdoyantes. La côte est magnifique, le paysage varié et nous ne savons plus où donner du regard.
Au débouché d'un chenal, nous croisons le MS Vesterålen. Grand échange de coups de sirènes… Nous croisons également plusieurs ferries ou catamarans rapides qui desservent les ports les plus reculés de cette côte compliquée.
09 h 20, nous approchons du Cercle Polaire. Face à nous, une grande sphère métallique sur un îlot symbolise cette ligne fictive à 66°33' N. Le RW marque l'instant par un long coup de sirène.
10 h 00, les passagers sont conviés à l'extérieur du pont 7 pour le traditionnel baptême du passage de la ligne. Le staff du bateau est déguisé en vikings. Et c'est le commandant, lui même, qui se charge de verser dans le dos des volontaires une copieuse louche de glaçons, et il ne fait pas semblant. Sans hésiter, ni réfléchir, simplement parce que cela est prévu, tous les passagers allemands se feront ainsi baptiser sans discuter. L'ambiance est aux rires, cris d'effroi et hurlements de surprise. Chacun sera récompensé par un verre d'aquavit et un joli diplôme attestant du passage du Cercle Polaire. Pour notre part, nous sommes restés spectateurs de ce cérémonial. Cette petite fête tout juste achevée le ciel se couvre rapidement, le vent se lève sous les nuages et se renforce dans les passes entre les plus hautes îles.
11 h 00, escale de vingt minutes à Nesna. Le temps est moins radieux qu'il y a trois semaines lorsque nous y avions campé, et pêché nos premiers bigorneaux norvégiens. C'est un port d'à peine mille habitants et la "gare maritime" est en proportion, un petit bâtiment en bois de couleur rouge sang flanqué de trois jolies lucarnes.
12 h 30, escale à Sandnessjøen. Le port, tout en longueur, est situé sur une sorte de chenal créé par un alignement d'îles qui font protection contre la houle et le vent du large. L'activité du port est liée aux ferries qui relient ces îles et les expéditions de poisson.
C'est la première longue escale de la journée (1 heure), et la plupart des passagers ont des fourmis dans les jambes, d'autant que le quai se trouve en pleine ville. Tout le monde débarque ensemble et se retrouve en même temps à arpenter l'unique et courte rue commerçante de cette petite ville qui est vite parcourue. Retour à la queue leu leu par les quais…
Le bateau continue vers le sud en longeant la longue chaîne montagneuse de Sept Sœurs, qui culmine à environ 1.000 m en moyenne. Haut lieu de la mythologie norvégienne, l'alignement nord-sud de sept sommets au profil quasi identique est particulièrement impressionnant et il est logique que cette perspective remarquable soit au cœur de nombreuses légendes. Mais au moment de notre passage, un ciel terne ne met pas en valeur ce site.
Toujours sous la grisaille, nous arrivons vers 16 h 15 à Brønnøysund, dans une configuration semblable à celle du port précédent de Sandnessjøen : une agglomération s'étalant le long d'un chenal protégé par des îles basses.
Quelques petits commerces sont établis sur le quai et draine une partie de la clientèle du bateau. Rapide tour dans la ville sans cachet particulier jusqu'à un petit port de plaisance. Sur le quai une plaque indique que la ville est précisément au milieu de la Norvège, à 860 km du Cap Nord et de la Pointe de Lindesnes au sud, à vol d'oiseau bien sûr (parce que par la route ou par la mer, c'est largement plus).
Dès la sortie du port, le RW passe sous un pont complètement en courbe et qui dessert les îles situées de l'autre côté du chenal. Nous avions utilisé ce pont pour nous rendre au camping de Torghatten. Nous naviguons au plus près (quelques dizaines de mètres), de ces îles basses et sommes maintenant en vue du camping que nous avions fréquenté le 23 juin. Ce jour là, à la même heure, c'était le MS Lofoten que l'on apercevait du camping se dirigeant vers le sud.
17 h 30, de la passerelle, nous voyons bien maintenant le rocher de Torghaten avec son profil particulier de "chapeau de gendarme". Ce "rocher" est le seul sommet remarquable (160 m), dominant un vaste semis d'îles basses et de récifs dangereux pour la navigation. Mais le capitaine va modifier la route du RW pour que nous puissions admirer la curiosité naturelle qu'est un trou situé au milieu de ce rocher, à 112 m de hauteur. Dans des temps immémoriaux, la mer dont le niveau était beaucoup plus élevé aurait usé la roche plus tendre à cet endroit et creusé une cavité qui se serait complètement effondrée. Aujourd'hui, nous pouvons voir ce phénomène dans son ensemble, mais le 23 juin nous étions "montés" dans le trou, qui vu de l'intérieur était vraiment très impressionnant.
Difficile de faire des prévisions météo en Norvège tant les conditions changent rapidement. L'épaisse couche nuageuse qui nous suivait depuis la fin de matinée disparaît sans prévenir et laisse place en fin d'après-midi à un ciel limpide. Et c'est tant mieux car le RW se fraie un passage entre le continent et une succession de petites îles. La route est sinueuse et certains passages sont si étroits que sur la coursive, J-J se demande comment le bateau va passer. Depuis la démonstration à l'intérieur du Trollfjord, il n'y a pas de doute à avoir sur la dextérité du capitaine. Et bien sûr, chacun de ces goulets est franchi sans encombre.
Nous longeons des petites îles de très près, avec de modestes fermes isolées. Des enfants font des signes de la main à notre passage auxquels le commandant répond par un léger coup de sirène. Le soleil à l'ouest éclaire les paysages d'une jolie couleur orangée très douce. Un agréable moment passé presque seul sur la passerelle.
Nouvel avatar météo, le soleil se voile de nouveau pour laisser place à un épais banc de brume peu avant l'escale de Rorvik. C'est à n'y rien comprendre tant cela est imprévisible !
C'est dans ce port de Rorvik que nous avions réveillonné le 31 Décembre 2009, à bord du MS Trollfjord. S'il faisait bien plus froid, les quelques flocons de neige épars ne nous avaient guère gênés pour admirer tous les feux d'artifice tirés depuis les jardins à flanc de colline. Ce soir, c'est brouillard !
20 h 30, escale d'une heure où nous n'avons pas pu débarquer à cause du repas du Commandant et du dîner d'adieu. En effet, la majorité des passagers débarque demain matin à Trondheim, et ce repas a été avancé d'une journée pour qu'ils puissent en profiter. Pendant que nous sirotons un verre de crémant offert par la compagnie, le commentateur du bord fait les présentations en portant un toast à l'égard des passagers qui nous quittent. D'abord le Commandant et tout le staff de la passerelle, chaleureusement applaudis et ensuite, au garde à vous, toute l'équipe de la cuisine et du restaurant, ovationnés aussi par les passagers.
La carte est rédigée en quatre langues dont le français : Coquilles Saint-Jacques, tranche de bœuf aux oignons rouges confits, pommes de terre sautées, crème au citron et groseilles. Le repas aura duré tout le temps de l'escale et à 20 h 30, le RW quitte le quai. De sous le pont de Rorvik, la silhouette fantomatique du MS Nordkapp émerge de l'épais banc de brume et vient prendre notre place à quai.
Vu les conditions de visibilité, nous descendons dans la cabine faire les transferts de films et photos sur le PC. Nous regardons pendant un long moment les films pris depuis plusieurs jours. A 23 h 30, en jetant un œil furtif par le hublot, nous réalisons que non seulement le brouillard a complètement disparu, mais qu'un soleil rougeoyant est en train de plonger dans la mer.
Vite, nous repartons sur le pont 5. Plus de brume et le soleil flirte avec l'horizon, il est plus rouge et bientôt il va disparaître, ce que nous n'avions plus vu depuis plusieurs semaines. Et second choc, même si l'heure est tardive, il fait relativement sombre et la pénombre nous entoure. Ca aussi, nous avions oublié.

Jour 27 - Di 12/07/2009 - Tondheim - Kristiansund - Molde

06 h 00, réveil pour ne pas rater l'entrée à Trondheim, située loin dans le Trodheimfjord. Mais le RW accoste avec un quart d'heure d'avance, et du coup l'arrivée est quelque peu escamotée.
06 h 30, soleil éclatant, J-J rend à pied en ville, à une quinzaine de minutes de marche du quai Hurtigruten, pour faire des photos dans les meilleures conditions.
06 h 45, arrivée sur le pont de Bakke Bru qui enjambe la Nidelva. Malgré l'heure, le soleil illumine les façades colorées des entrepôts de la rive ouest. L'air est pur, les couleurs nettes et contrastées. L'ensemble, avec en arrière plan le Gamle Bybru et le clocher de la Cathédrale est absolument photogénique, et J-J mitraille… Quand, arrivé sur l'ancien pont… damned ! Plus de batteries !
Retour quelque peu dépité, en passant par la Cathédrale, la rue principale Munkgata, la place du marché et la gare ferroviaire. Il est tôt, c'est dimanche, il n'y a personne dans les rues. La promenade est agréable. L'urbanisme norvégien est souvent déroutant. De belles façades de style Art Déco, alternent avec des immeubles plus contemporains en verre et alu.
08 h 15, retour sur le quai pour voir MS Finnmarken remonter le fjord, et aborder le quai Hurtigruten après une savante manœuvre. Tout en marche arrière, le Finnmarken pénètre dans l'étroit bassin et va accoster derrière le RW. La distance entre les deux bateaux ne doit pas excéder 10 m, et c'est un véritable créneau que le Finnmarken réalise sans hésitation pour gagner le quai. Décidemment, les commandants de la compagnie sont très forts !
08 h 30, petit-déjeuner bien mérité, bain de soleil, puis visite du Finnmarken. C'est un grand bateau dont l'architecture et l'organisation sont similaire à ce que nous connaissons. Les différences notables sont une piscine à l'arrière du pont supérieur et une vaste plate-forme en gradins à la proue du bateau permettant au plus grand nombre d'admirer confortablement le paysage.
Pendant ce temps, le RW s'est rempli de passagers. Essentiellement des groupes de norvégiens organisés pour des excursions de la journée jusqu'à Molde. Et tous ces gens âgés se sont empressés d'occuper les meilleures places du pont panoramique ou du sun deck et passer tout leur temps à bavarder plutôt qu'à regarder le paysage !
10 h 00, le RW quitte le quai à l'heure prévue et entame la descente du Trondheimfjord. Durant presque deux heures nous naviguons entre les rives en pente douce du fjord. La région est fertile et de nombreuses fermes imposantes se sont installées près des berges verdoyantes pour y pratiquer l'élevage.
A l'embouchure du fjord, nous laissons le phare d'Agdenes à bâbord pour de nouveau faire cap vers le sud-ouest et continuons à naviguer au calme entre îles et continent. Et comme tous les après-midi depuis le début de cette croisière le ciel se voile de nouveau pour notre arrivée à Kristiansund. La ville, importante, est construite sur 3 îles reliées par des ponts. De la coursive, il est difficile de discerner à l'avance où se trouve le quai. Une heure d'escale, c'est suffisant pour que la majorité des passagers veuille débarquer en même temps ! La sortie du bateau est un peu fastidieuse et nous marchons jusqu'au môle situé en centre ville.
Kristiansund a beaucoup vécu de la pêche au cabillaud et de l'exportation de morue salée et séchée en Europe du Sud. Sur le môle, la statue en bronze d'une marchande de poissons confirme la vocation première de ce port. Les temps changent et Kristiansund vit maintenant davantage de la maintenance et du ravitaillement des plates-formes pétrolières implantées au large.
17 h 00, le RW s'éloigne de la ville en empruntant un dédale de chenaux avant de retrouver le large. Quelques rayons de soleil bienvenus réussissent à passer à travers la couche de nuages donnant à tout le paysage une curieuse teinte plombée. Un groupe de passagers est parti en excursion pour parcourir la Route de l'Atlantique, un itinéraire touristique empruntant une multitude de ponts pour passer d'une île à l'autre, et ils nous rejoindrons à l'escale de Molde. C'est pour cette raison que ce soir, le dîner est fixé à 19 h 00 : Potage au potiron, filet de flétan, mousse de fruits.
20 h 45, escale à Molde, petite ville située dans un large fjord, le Romsdalfjorden, fermé au sud par une vaste chaîne de 87 sommets enneigés. La ville s'étage sur une colline en pente douce et vue du bateau, elle paraît bien agréable et aérée. C'est la 3ème fois que nous y passons. Un peu d'animation dans la rue principale : un festival de jazz réputé commence demain, et les préparatifs vont bon train.
Cette ville est aussi connue pour être "la cité des roses". C'est sans doute pour cette raison que nous retrouvons alignées sur le quai toutes les palettes de tourbe que nous avions vues embarquer à Risøyhamn dans les Vesterålen. Le ciel est lumineux et la promenade sur le quai, avec le large fjord et les montagnes enneigées en arrière-plan, est des plus agréables.
21 h 30, alors que le RW commence juste sa manœuvre d'appareillage, le MS Polarlys arrive pour prendre sa place à quai, juste devant le RW qui continue à s'éloigner du quai. Les 2 bateaux, l'un derrière l'autre, manœuvrent ensemble à quelques mètres près, la proue du RW presque à toucher la poupe du Polarlys. Epoustouflant !
Et puis, le RW plutôt que de gagner directement le milieu du fjord, va se déhaler bien parallèlement au Polarlys. Y a-t-il 10 mètres entre les 2 deux bateaux ? Ce sont 122 mètres et 11 000 tonnes dont il faut maîtriser parfaitement la trajectoire, ce n'est pas rien. Au terme de la manœuvre, les deux passerelles de commandement qui débordent de la coque sont presque à se toucher ! Notre capitaine nous a apporté la preuve de son professionnalisme, du grand art !
23 h 10, le soleil tombe dans l'eau. Et cette nuit… il fera nuit !
Le départ de Molde... bord à bord avec le MS PolarlysJour 28 - Lu 13/07/2009 - Florø - Bergen

L'obscurité complète a fait que nous avons raté les escales de Ålesund, Torvik et Maløy.
C'est le dernier jour de la croisière et le rythme va être un peu bousculé pour préparer l'arrivée à Bergen. Nous devons libérer rapidement les cabines, donc faire les bagages dès le début de matinée et les sortir dans les couloirs. Cette contrainte va conditionner notre vie à bord jusqu'au débarquement, en gardant à portée de mains vêtements, appareil photo, ordinateur, etc…
07 h 45, dernière escale de la croisière à Florø. Un village à flanc de coteau dominé par une belle église en bois blanc dotée d'un superbe clocher. J-J débarque juste pour faire 2 photos, car le temps est trop limité pour aller au-delà des abords du débarcadère qui ne semblent pas caractéristiques.
Sous le soleil, le RW navigue au large de côtes plus basses ou d'îles plates abritant quelques maisons. En milieu de matinée, le bateau semble se diriger droit vers un groupe d'îles et d'îlots. Peu à peu, un passage semble se dessiner. Pas bien grand ! En décrivant une large courbe le bateau se présente face à l'étroit chenal entre deux îles, large d'une centaine de mètres, et qu'il franchit rapidement. Vu de la passerelle, c'est très impressionnant de voir le bateau passer à aussi vive allure dans un passage aussi étroit. Une fois de plus le Capitaine fait preuve de beaucoup d'assurance pour mener son navire.
Une demi-heure plus tard, bis repetita… Il va falloir passer au milieu de l'archipel de Sula, face à l'embouchure du Sognefjord. De loin le passage paraît encore plus étroit que le précédent. Le bateau ne ralentit pas sa vitesse. Brrr… On peut supposer que le capitaine sait ce qu'il fait et qu'il sait viser juste, car non seulement le Steinsundet est très étroit, mais de plus, il comporte plusieurs courbes.
A droite, un îlot de quelques mètres de hauteur, balisé par un petit phare avec une toiture octogonale rouge, à gauche la pointe basse d'une ile plus importante également balisé par un feu, et après une légère courbe, un troisième phare matérialise la sortie de chenal.
Cette passe est si étroite, qu'en sens inverse, un chalutier attend que nous ayons repris le large pour y entrer à son tour. Avec assurance, notre capitaine navigue sans ralentir à une dizaine de mètres de la roche côté tribord. C'est stupéfiant ! Au second phare, le bateau vire légèrement et continue sa route sans encombre. Ce capitaine est vraiment très, très fort. Il joue véritablement avec son bateau et en fait ce qu'il veut. Quelle maîtrise !
C'est habituel, en fin de matinée le ciel se couvre de gros nuages.
11 h 30, à cause du débarquement qui approche, l'horaire du déjeuner est avancé. Dernier buffet, où nous nous régalons encore une dernière fois de poisson et de fruits de mer. Il y en a une telle variété préparée de multiples façons. Comme l'hiver dernier, nous venons de faire une bonne cure de saumon. Y a pire !
Nous entrons dans le long fjord qui mène à Bergen. Il commence à pleuvoir… Tous les passagers se réunissent dans le salon panoramique du pont 7. A travers les grandes baies vitrées, chacun observe les berges du fjord. Nous quittons les fjords sauvages pour naviguer dans un fjord qui s'urbanise et s'industrialise à mesure que nous progressons. La grande ville approche.
A cause de la pluie, impossible de faire des photos sur la coursive, alors J-J se replie dans un salon plus calme pour rédiger l'un dernier mail du voyage et le charger sur une clé USB pour l'envoyer plus tard depuis une bibliothèque.
14 h 30, les collines qui enserrent Bergen sont largement construites de maisons multicolores, les hangars s'alignent sur les berges, quelques paquebots sont amarrés aux quais. Le RW ralentit, fait demi-tour et s'approche lentement du quai, au pied de l'Hurtigrutenterminalen, un bâtiment ultra-moderne et fonctionnel servant de gare maritime.
Le débarquement des passagers, bien organisé, se fait pont par pont. Depuis le pont 5, une large passerelle (genre aéroport), permet de gagner directement le terminal, retrouver les bagages et rejoindre un moyen de transport.
Pendant ce temps, J-J est descendu au pont 2 pour récupérer l'Espace. Comme prévu, il va falloir attendre que tous les autres véhicules aient quitté le bateau, ce qui est un long exercice de patience. La manutention n'est guère rapide puisqu'elle se fait voiture par voiture à l'aide d'un ascenseur qui permet de retrouver le niveau du quai. Première voiture garée en tête à Kirkenes, l'Espace est forcément la dernière à sortir à Bergen au bout d'1 h 50 d'attente.
Avant que notre voiture retrouve la terre ferme, Nelly s'est morfondue toute seule avec tous les bagages à main dans le terminal vidé de la majorité des passagers.
Sous la pluie battante, nous quittons l'emprise du terminal Hurtigruten et nous retrouvons, un peu désorientés, au cœur de Bergen. Entièrement pris en charge, nous avons vécu à bord du Richard With, six jours d'insouciance, désormais il va falloir vite reprendre nos habitudes de touristes itinérants et précaires !
16 h 10, pour éviter de nous rendre dans un terrain de camping éloigné de la ville, nous faisons d'abord un passage par le "Bobil Senter" (Bobil = camping-car, en norvégien), de Damsgårdsveien, connu de tous les camping-caristes. En réalité, c'est juste une aire asphaltée sans aucun équipement au milieu des entrepôts et des hangars du port. Triste à mourir ! Cet endroit n'est pas fait pour nous. Son seul avantage est qu'il permet de rejoindre le centre ville à pied, résolvant ainsi les problèmes de stationnement. Nous garons la voiture à proximité, sur une place gratuite, nous évitant également de passer plusieurs fois sous le même portique de péage urbain. Que d'économies !
Sous une légère pluie, nous rejoignons le centre en passant sur le grand pont de Puddefjordsbroen, surplombant le port, puis en traversant l'université. Du parvis de l'église catholique Saint-Jean, nous dominons tout le centre ville, qu'il faut ensuite rejoindre en descendant une forte pente. Nous trouvons au fond d'un grand jardin public la bibliothèque, d'où nous pouvons envoyer le mail relatant notre croisière. Cette formalité accomplie, nous nous rendons sur le port de Vågen, au marché au poisson de Torget.
Cette attraction locale est le point de convergence de tout ce que Bergen peut compter comme touristes. Et la réputation n'est pas usurpée. De jeunes poissonniers érudits et multilingues accrochent le client avec un savoir-faire extraordinaire et proposent à la vente et à la dégustation toutes sortes de produits de la mer. (Ces vendeurs semblent sortir tout droit d'une école de commerce, plutôt que du pont d'un chalutier… Et peut-être effectuent-ils un stage de vente ; en tous cas, ils sont très habiles et convaincants… !). Bien sûr, les alignements de saumons frais, de lieus, de flétans, de harengs, steaks de baleine, pattes de crabes royaux et autres attirent l'œil et c'est plutôt agréable à regarder. S'il y a du poisson frais sur les étals, il y a aussi beaucoup de produits transformés en usine. L'authenticité du lieu reste à démontrer, la seule certitude, ce sont les prix… exorbitants. Au milieu de ces étals, il y a aussi des stands qui proposent des sandwiches de saumon ou de crevettes bien appétissants que l'on peut consommer sur place. Le prix de vente est beaucoup moins digeste…
Nous déambulons dans le quartier de Bryggen, à qui Bergen doit sa renommée. Un alignement de bâtiments colorés en bois, séparés par des ruelles étroites, qui du temps de la Hanse servaient d'entrepôts, d'ateliers, d'habitations. Aujourd'hui, la plupart abritent des restaurants ou des boutiques de souvenirs. Nelly est à la recherche de la bonne affaire…
Nous poursuivons dans le quartier de Øvregaten, au-dessus de Bryggen. Des petites rues pavées partent à l'assaut de la colline, bordées de maisons blanches en bois dont les fenêtres sont toujours décorées d'objets divers qui doivent sans doute refléter la personnalité des occupants.
De retour sur le quai de Vågen, nous discutons avec un couple de Choletais très bavards qui circulent dans Bergen en vélo. Ils sont arrivés par la Suède en camping-car et pensent aller aux Lofoten, et bien sûr, sont stationnés au "Bobil Senter".
La pluie menace, et en rejoignant la voiture nous sommes pris sous un violent orage. Déjà bien trempés, nous nous abritons dans le hall d'un bâtiment de l'Université en attendant une accalmie. Nous sommes dans un piteux état en arrivant à la voiture.
20 h 00, arrivée à Nettsun à une vingtaine de kilomètres du centre de Bergen, au camping de Grimen, juste en bordure d'un petit lac. On nous attribue un emplacement plutôt étriqué où il y a juste assez de place pour l'Espace et la table de camping qui se trouve à moins d'un mètre de la berge du lac.
Grandeur et décadence ! Après avoir mené une vie de nantis à bord de l'Hurtigruten, dès ce soir nous retrouvons notre statut de manants. Après le luxe et le confort, c'est la misère. Il va falloir retrouver nos réflexes de campeurs, préparer les repas à l'arrière de l'Espace, dîner en plein air, déplacer tous les sacs et installer notre couchage, etc, etc…
Il y a encore quelques heures, nous avions toute une équipe de blondes pour nous servir ; ce soir, il va falloir tout faire avec une seule brune !
Sous un ciel plutôt bas, nous dinons au bord du lac, et c'est bien aussi.
Le petit matin à FlorøA suivre…
1ère Partie -- 2 ème Partie -- 4ème Partie
L'Ouest américain! c'est beau, c'est très beau et c'est possible aussi quand on n'est plus tout jeune English translation pending
Bonsoir,
Nous sommes deux "novices" question voyages. A part quelques voyages professionnels, hyper organisés et quelques courtes échappées, en 18 ans de vie commune, nous ne sommes jamais partis en vacances.
En 2003, mon mari (dit Le Grand) a eu un cancer du pancréas. Il avait 53 ans à ce moment là, moi 48. On croyait notre vie finie. Les années 2003/2004 ont duré longtemps... très longtemps et notre terreur était de voir le cauchemar se terminer, car nous n'avions que peu d'espoir d'un réveil heureux. Pendant qu'il se battait contre cette saloperie, un de nos amis m'a demandé ce qu'il pouvait lui offrir pour lui faire vraiment plaisir. Je lui ai expliqué que le rêve d'enfant du Grand avait été de "voir en vrai les paysages des vrais westerns". Il lui a offert un livre somptueux qui n'a plus quitté sa "table de nuit" d'abord à la clinique, puis à la maison.
En 2005, Il a bénéficié d'une opportunité intéressante pour s'arrêter de travailler en janvier. Le 21 juin 2005 nous nous sommes envolés. Bien entendu, en raison de notre grand âge il n'était pas question de crapahuter en nous mettant dans des situations délicates. Donc le voyage que je vais vous raconter risque fort de décevoir les "aventuriers", quoique...
Nous n'avons rien préparé, nous avons juste réservé une voiture (chez Alamo via Auto Escape) et nos billets d'avion (par Expedia) : Paris-Montréal le 21 juin 2005 Toronto-San Francisco le 11 juillet San Francisco-Montréal le 20 septembre Montréal-Paris le 12 octobre.
Dans nos bagages le Guide vert et le Routard.
Le Grand a été un petit peu scout quand il était gamin, moi je n'ai jamais campé de ma vie et, surtout, je n'ai jamais imaginé que je camperai un jour. Pourtant, la veille du départ nous avons acheté une tente Quechua "On ne sait jamais..."
Après quelques jours au Québec,

le 11 juillet 2005 nous embarquons à Toronto pour San Franscico, c'est la journée des mésaventures. Et ça commence très tôt le matin. Les formalités de police se font directement avant l'embarquement. Nous tombons sur un policier américain qui affiche son nom sur une jolie petite étiquette agrafée sur le revers de sa poche poitrine : A. Di Narco, ça me fait rigoler mais je ne vais rigoler longtemps.
Il épluche nos passeport et la carte sur laquelle on doit tout décrire de nous : "I need an address in San Francisco". Oh, mais nous comprenons bien cher Monsieur, mais nous n'avons pas d'adresse à San Francisco. Nous atterrissons là-bas, nous prenons la voiture de location, dont voici le contrat, et nous partons à l'aventure. "I need an address in San Francisco". On se regarde éberlués. Ben, il ne nous a pas compris. Notre accent peut-être ? On recommence en articulant. "I need an address in San Francisco". Ca a duré au moins 20 minutes. Plus on s'énervait, plus il restait froid comme un zombie. Il a répété de sa voix monocorde "I need an address in San Francisco" une quinzaine de fois, jusqu'à ce que le Grand retourne dans le hall, appelle un hôtel de chaîne et demande à la réception l'adresse de leur hôtel à San Francisco. On écrit avec application l'adresse de cet hôtel où nous ne mettrons jamais les pieds et Monsieur Di Narco toujours aussi "souriant" nous donne le coup de tampon sésame pour nous permettre d'entrer aux Etats-Unis !
Il n'est pas 9 heures du matin, je suis déjà bien énervée par mon pote Di Narco, on a quelques 8 heures à passer dans les aéroports et les avions et je m'aperçois que j'ai oublié d'acheter des cigarettes et de "m'en griller une" avant d'entrer dans l'aéroport. Un paquet de cigarettes dans les boutiques de l'aéroport : 13 $can 😮 et une zone fumeurs infecte. Je sens que la journée va être géniale !
Comme nous n'avons rien préparé, nous choisissons dans l'avion notre première destination. Je propose au Grand de partir vers le nord pour visiter dans un premier temps Redwood National Park, puis nous irons vers Crater Lake.
On atterrit vers 17 heures. On récupère nos sacs de voyage tous sens dessus-dessous, verrous forcés. J'ai pris la précaution de répartir les médocs du Grand dans les trois sacs pour éviter toute catastrophe que ne manquerait pas de provoquer la perte de ses précieux remèdes. Heureusement que j'ai mis avec chaque paquet de gélules une copie de la lettre que son médecin a faite pour ses confrères américains "au cas où", sinon je pense qu'ils nous auraient arrêtés pour nous demander ce que l'on trafiquait LOL ! On va chercher la voiture... je n'ai toujours pas fumé. Sur le parking, pendant que le Grand fait son choix, je m'en allume une avec bonheur. La préposée de l'agence se précipite sur moi, hystérique, ici aussi on n'a pas le droit de fumer 😛. L'heure tourne, le Grand a faim, comme d'hab, j'ai envie de fumer, comme d'hab - enfin... encore plus que d'hab. On file vers le Nord. Objectif : un restau et un p'tit coin où il n'y a pas de panneau "No smoking".
On roule, la circulation est infernale. Je surveille les panneaux de limitation de vitesse et je rappelle à l'ordre Le Grand chaque fois qu'il dépasse le bon niveau sur le compteur. Ce qui l'énerve, puisque tous les autres roulent beaucoup plus vite. Mais je commence une crise de parano qui va me durer deux, trois jours. J'ai une peur bleue que l'on nous arrête pour excès de vitesse et que l'on se retrouve en prison, pour fausse déclaration à notre cher ami Di Narco.
On roule. En consultant la carte, j'ai décidé qu'on allait dormir à Petaluna, parce que le nom me plaît et que pour ce soir c'est bien assez loin. Péage sur le Richmond - San Rafael Bridge. Et qu'est-ce qu'ils ont oublié les deux gros malins ? ... de prendre des dollars à la machine à sous ! Le péage n'accepte ni nos euros, ni les dollars canadiens, ni les cartes Visa. Imaginez le sketch : faire demi tour, à un péage, dans la circulation dense, quand on ne connait pas la voiture et qu'on est passablement énervés, lui parce qu'il a de plus en plus faim, moi parce qu'on n'a toujours pas trouvé, sur cette 🤪 d'autoroute, une aire de repos... Ca commence à me plaire l'Amérique LOL ! On a fini par trouver des sous autochtones, on a eu beaucoup de mal à trouver un restau encore ouvert passé 22 heures et on s'est endormis comme des souches dans le premier motel venu.
Nous n'aurons plus de galère pendant tout notre voyage. On a tout concentré sur le premier jour.
12 juillet
Après quelques achats de première nécessité - glacière, eau, pique-nique - nous passons la première journée à découvrir la cote sur la route 1 entre Salmon Creek et Eureka. Il fait beau, il fait chaud, les paysages sont somptueux. On est heureux.


Notre premier coucher de soleil sur le Pacifique à Humbold bay me met les larmes aux yeux.

On dort à Eureka dans un joli petit motel. On nous avait dit qu'on pouvait "négocier" les prix dans les motels. On n'imaginait pas le faire. Mais quand la charmante réceptioniste nous voit discuter entre nous une fois qu'elle nous a annoncé son prix, d'elle même, elle descend de 65 $ à 40 😏. Le pli est pri. Lorsque que nous arrivons dans un hôtel, Le Grand demande le prix, se tourne vers moi, me dit quelque chose en français, je réponds systématiquement n'importe quoi en faisant "non" de la tête et presque à chaque fois le prix chute de 20 à 30%.
13 juillet
Redwood National Park. Nous découvrons les Visitors centers que nous allons beaucoup fréquenter. Nous prenons notre pass pour les parcs nationaux et pour un tout petit droit de passage le ranger nous explique que nous pouvons aller à Tall Trees Grove. Nous nous acquittons de ce droit et il nous donne la combinaison d'un cadenas. La gentillesse des rangers et des gens en général nous enchante.
Le parc est magique. Un océan vert cotoie le bleu. Les séquoia sont ici, on le découvrira plus tard, moins gros que ceux du Yosemite ou de Sequoia Park mais ils sont immenses. Deux jeunes femmes rangers avec qui nous allons dicuter un bon moment nous expliqueront d'ailleurs que la "bataille des sequoias" entre les parcs est sévère. L'un revendique le plus vieux, l'autre le plus gros, ici, ils ont les plus grands. Avec beaucoup d'humour d'ailleurs, elles nous diront "vous verrez aux USA, c'est toujours "le plus".


La balade à Tall Trees Grove est superbe. Nous marchons tous les deux seuls dans cette immense cathédrale de troncs rouges. La flore est abondante et colorée, en particulier les digitales qui ont du être génétiquement modifiées par les gènes des sequoias. Certaines sont plus grandes que moi - bon ça d'accord, ce n'est pas difficile - mais que le Grand aussi, donc elles font plus de 2 m ! Et je ne parle pas des fougères ! Je crois bien avoir entrevu un ours, mais cela s'est passé si vite... Ai-je rêvé ? Le Grand joue au trappeur et cherche des empreintes d'animaux. Ca marche ! Il repère des traces mais de là à savoir de quel animal il s'agit ? Tout ce qu'il peut dire c'est que ce doit être un gros félin. Un cougar peut être ?
Après un pique nique où de superbes oiseaux bleus tentent de nous piquer nos provisions, nous marchons jusqu'à Lady Bird Johnson Grove. Les séquoias sont un peu moins haut dans cette partie du parc, mais que c'est beau. Ici les sous bois sont envahis de rhododendrons et malgré l'époque tardive, certains sont encore en fleurs. Blanc limpide, jaune citron, rose nacré, rose bonbon, jaune vert. Impossible de choisir "le plus" beau. Ils ont tous un plus.
Nous reprenons notre route vers le nord, toujours en longeant la cote et en nous arrêtant pour admirer certains points. On aperçoit au loin quelques baleines. Direction Crescent City et Point St George. Le ranger, ce matin, nous a dit qu'il fallait voir le coucher du soleil à Point St George. Il avait raison.

Nous sommes deux "novices" question voyages. A part quelques voyages professionnels, hyper organisés et quelques courtes échappées, en 18 ans de vie commune, nous ne sommes jamais partis en vacances.
En 2003, mon mari (dit Le Grand) a eu un cancer du pancréas. Il avait 53 ans à ce moment là, moi 48. On croyait notre vie finie. Les années 2003/2004 ont duré longtemps... très longtemps et notre terreur était de voir le cauchemar se terminer, car nous n'avions que peu d'espoir d'un réveil heureux. Pendant qu'il se battait contre cette saloperie, un de nos amis m'a demandé ce qu'il pouvait lui offrir pour lui faire vraiment plaisir. Je lui ai expliqué que le rêve d'enfant du Grand avait été de "voir en vrai les paysages des vrais westerns". Il lui a offert un livre somptueux qui n'a plus quitté sa "table de nuit" d'abord à la clinique, puis à la maison.
En 2005, Il a bénéficié d'une opportunité intéressante pour s'arrêter de travailler en janvier. Le 21 juin 2005 nous nous sommes envolés. Bien entendu, en raison de notre grand âge il n'était pas question de crapahuter en nous mettant dans des situations délicates. Donc le voyage que je vais vous raconter risque fort de décevoir les "aventuriers", quoique...
Nous n'avons rien préparé, nous avons juste réservé une voiture (chez Alamo via Auto Escape) et nos billets d'avion (par Expedia) : Paris-Montréal le 21 juin 2005 Toronto-San Francisco le 11 juillet San Francisco-Montréal le 20 septembre Montréal-Paris le 12 octobre.
Dans nos bagages le Guide vert et le Routard.
Le Grand a été un petit peu scout quand il était gamin, moi je n'ai jamais campé de ma vie et, surtout, je n'ai jamais imaginé que je camperai un jour. Pourtant, la veille du départ nous avons acheté une tente Quechua "On ne sait jamais..."
Après quelques jours au Québec,

le 11 juillet 2005 nous embarquons à Toronto pour San Franscico, c'est la journée des mésaventures. Et ça commence très tôt le matin. Les formalités de police se font directement avant l'embarquement. Nous tombons sur un policier américain qui affiche son nom sur une jolie petite étiquette agrafée sur le revers de sa poche poitrine : A. Di Narco, ça me fait rigoler mais je ne vais rigoler longtemps.
Il épluche nos passeport et la carte sur laquelle on doit tout décrire de nous : "I need an address in San Francisco". Oh, mais nous comprenons bien cher Monsieur, mais nous n'avons pas d'adresse à San Francisco. Nous atterrissons là-bas, nous prenons la voiture de location, dont voici le contrat, et nous partons à l'aventure. "I need an address in San Francisco". On se regarde éberlués. Ben, il ne nous a pas compris. Notre accent peut-être ? On recommence en articulant. "I need an address in San Francisco". Ca a duré au moins 20 minutes. Plus on s'énervait, plus il restait froid comme un zombie. Il a répété de sa voix monocorde "I need an address in San Francisco" une quinzaine de fois, jusqu'à ce que le Grand retourne dans le hall, appelle un hôtel de chaîne et demande à la réception l'adresse de leur hôtel à San Francisco. On écrit avec application l'adresse de cet hôtel où nous ne mettrons jamais les pieds et Monsieur Di Narco toujours aussi "souriant" nous donne le coup de tampon sésame pour nous permettre d'entrer aux Etats-Unis !
Il n'est pas 9 heures du matin, je suis déjà bien énervée par mon pote Di Narco, on a quelques 8 heures à passer dans les aéroports et les avions et je m'aperçois que j'ai oublié d'acheter des cigarettes et de "m'en griller une" avant d'entrer dans l'aéroport. Un paquet de cigarettes dans les boutiques de l'aéroport : 13 $can 😮 et une zone fumeurs infecte. Je sens que la journée va être géniale !
Comme nous n'avons rien préparé, nous choisissons dans l'avion notre première destination. Je propose au Grand de partir vers le nord pour visiter dans un premier temps Redwood National Park, puis nous irons vers Crater Lake.
On atterrit vers 17 heures. On récupère nos sacs de voyage tous sens dessus-dessous, verrous forcés. J'ai pris la précaution de répartir les médocs du Grand dans les trois sacs pour éviter toute catastrophe que ne manquerait pas de provoquer la perte de ses précieux remèdes. Heureusement que j'ai mis avec chaque paquet de gélules une copie de la lettre que son médecin a faite pour ses confrères américains "au cas où", sinon je pense qu'ils nous auraient arrêtés pour nous demander ce que l'on trafiquait LOL ! On va chercher la voiture... je n'ai toujours pas fumé. Sur le parking, pendant que le Grand fait son choix, je m'en allume une avec bonheur. La préposée de l'agence se précipite sur moi, hystérique, ici aussi on n'a pas le droit de fumer 😛. L'heure tourne, le Grand a faim, comme d'hab, j'ai envie de fumer, comme d'hab - enfin... encore plus que d'hab. On file vers le Nord. Objectif : un restau et un p'tit coin où il n'y a pas de panneau "No smoking".
On roule, la circulation est infernale. Je surveille les panneaux de limitation de vitesse et je rappelle à l'ordre Le Grand chaque fois qu'il dépasse le bon niveau sur le compteur. Ce qui l'énerve, puisque tous les autres roulent beaucoup plus vite. Mais je commence une crise de parano qui va me durer deux, trois jours. J'ai une peur bleue que l'on nous arrête pour excès de vitesse et que l'on se retrouve en prison, pour fausse déclaration à notre cher ami Di Narco.
On roule. En consultant la carte, j'ai décidé qu'on allait dormir à Petaluna, parce que le nom me plaît et que pour ce soir c'est bien assez loin. Péage sur le Richmond - San Rafael Bridge. Et qu'est-ce qu'ils ont oublié les deux gros malins ? ... de prendre des dollars à la machine à sous ! Le péage n'accepte ni nos euros, ni les dollars canadiens, ni les cartes Visa. Imaginez le sketch : faire demi tour, à un péage, dans la circulation dense, quand on ne connait pas la voiture et qu'on est passablement énervés, lui parce qu'il a de plus en plus faim, moi parce qu'on n'a toujours pas trouvé, sur cette 🤪 d'autoroute, une aire de repos... Ca commence à me plaire l'Amérique LOL ! On a fini par trouver des sous autochtones, on a eu beaucoup de mal à trouver un restau encore ouvert passé 22 heures et on s'est endormis comme des souches dans le premier motel venu.
Nous n'aurons plus de galère pendant tout notre voyage. On a tout concentré sur le premier jour.
12 juillet
Après quelques achats de première nécessité - glacière, eau, pique-nique - nous passons la première journée à découvrir la cote sur la route 1 entre Salmon Creek et Eureka. Il fait beau, il fait chaud, les paysages sont somptueux. On est heureux.


Notre premier coucher de soleil sur le Pacifique à Humbold bay me met les larmes aux yeux.

On dort à Eureka dans un joli petit motel. On nous avait dit qu'on pouvait "négocier" les prix dans les motels. On n'imaginait pas le faire. Mais quand la charmante réceptioniste nous voit discuter entre nous une fois qu'elle nous a annoncé son prix, d'elle même, elle descend de 65 $ à 40 😏. Le pli est pri. Lorsque que nous arrivons dans un hôtel, Le Grand demande le prix, se tourne vers moi, me dit quelque chose en français, je réponds systématiquement n'importe quoi en faisant "non" de la tête et presque à chaque fois le prix chute de 20 à 30%.
13 juillet
Redwood National Park. Nous découvrons les Visitors centers que nous allons beaucoup fréquenter. Nous prenons notre pass pour les parcs nationaux et pour un tout petit droit de passage le ranger nous explique que nous pouvons aller à Tall Trees Grove. Nous nous acquittons de ce droit et il nous donne la combinaison d'un cadenas. La gentillesse des rangers et des gens en général nous enchante.
Le parc est magique. Un océan vert cotoie le bleu. Les séquoia sont ici, on le découvrira plus tard, moins gros que ceux du Yosemite ou de Sequoia Park mais ils sont immenses. Deux jeunes femmes rangers avec qui nous allons dicuter un bon moment nous expliqueront d'ailleurs que la "bataille des sequoias" entre les parcs est sévère. L'un revendique le plus vieux, l'autre le plus gros, ici, ils ont les plus grands. Avec beaucoup d'humour d'ailleurs, elles nous diront "vous verrez aux USA, c'est toujours "le plus".


La balade à Tall Trees Grove est superbe. Nous marchons tous les deux seuls dans cette immense cathédrale de troncs rouges. La flore est abondante et colorée, en particulier les digitales qui ont du être génétiquement modifiées par les gènes des sequoias. Certaines sont plus grandes que moi - bon ça d'accord, ce n'est pas difficile - mais que le Grand aussi, donc elles font plus de 2 m ! Et je ne parle pas des fougères ! Je crois bien avoir entrevu un ours, mais cela s'est passé si vite... Ai-je rêvé ? Le Grand joue au trappeur et cherche des empreintes d'animaux. Ca marche ! Il repère des traces mais de là à savoir de quel animal il s'agit ? Tout ce qu'il peut dire c'est que ce doit être un gros félin. Un cougar peut être ?
Après un pique nique où de superbes oiseaux bleus tentent de nous piquer nos provisions, nous marchons jusqu'à Lady Bird Johnson Grove. Les séquoias sont un peu moins haut dans cette partie du parc, mais que c'est beau. Ici les sous bois sont envahis de rhododendrons et malgré l'époque tardive, certains sont encore en fleurs. Blanc limpide, jaune citron, rose nacré, rose bonbon, jaune vert. Impossible de choisir "le plus" beau. Ils ont tous un plus.
Nous reprenons notre route vers le nord, toujours en longeant la cote et en nous arrêtant pour admirer certains points. On aperçoit au loin quelques baleines. Direction Crescent City et Point St George. Le ranger, ce matin, nous a dit qu'il fallait voir le coucher du soleil à Point St George. Il avait raison.

Fin d'un été English translation pending
Voilà qui peut paraitre bien tôt pour certains, et pourtant...
Les parasols fermés, sentinelles multicolores, se jouent du soleil et du vent. Le sable a perdu son éclat et s’étale, fatigué et poussif, sur le seuil des cabines. C’est la fin d’un été. Les enfants, entre bottes et bonnet, tendent les bras vers des ballons qui s’envolent Et les mouettes pas rieuses mais gourmandes picorent de-ci de-là les miettes d’un goûter. C’est la fin d’un été. Un banc. Une petite vieille emmitouflée de pâle feuillette un journal. Un autre banc. Un petit vieux emmitouflé de gris fait semblant de dormir. Et s’ils étaient assis ensemble sur le même banc… Hypothèses. C’est la fin d’un été. Les lunettes de soleil sont encore posées sur le nez Mais on cache ses épaules sous une petite laine On ramasse quelques coquillages au bord des vagues On boit un chocolat à une terrasse presqu’abandonnée. Et puis Quand la lumière du jour se fait plus douce Il est temps de rentrer. C’est la fin d’un été.
Dolma
Les parasols fermés, sentinelles multicolores, se jouent du soleil et du vent. Le sable a perdu son éclat et s’étale, fatigué et poussif, sur le seuil des cabines. C’est la fin d’un été. Les enfants, entre bottes et bonnet, tendent les bras vers des ballons qui s’envolent Et les mouettes pas rieuses mais gourmandes picorent de-ci de-là les miettes d’un goûter. C’est la fin d’un été. Un banc. Une petite vieille emmitouflée de pâle feuillette un journal. Un autre banc. Un petit vieux emmitouflé de gris fait semblant de dormir. Et s’ils étaient assis ensemble sur le même banc… Hypothèses. C’est la fin d’un été. Les lunettes de soleil sont encore posées sur le nez Mais on cache ses épaules sous une petite laine On ramasse quelques coquillages au bord des vagues On boit un chocolat à une terrasse presqu’abandonnée. Et puis Quand la lumière du jour se fait plus douce Il est temps de rentrer. C’est la fin d’un été.
Dolma
Résumé de mon séjour au Sol Luna y Mares (10 au 17 juin 2010) English translation pending
Je reviens du Sol Rio de Luna y Mares situé à Holguin. J'y suis allé du 10 juin au 17 juin avec Nolitours.
Le transporteur était Canjet. Les employés de ce dernier sont très courtois et souriant. Toutefois, les repas sont vraiment pas à la hauteur. Au petit déjeuné à l'aller, nous avons eu droit à un yogourt, une banane et un muffin. Rien de bien soutenant quand on se lève à 4h du matin pour se rendre à l'aéroport. Inutile de vous dire qu'en arrivant à l'hôtel nous sommes accouru au buffet. Quand au diner durant le vol de retour, assez mieux, avec un sandwich (plus de pain que de viande), deux biscuits aux pépites de chocolat (délicieux) et une pomme. Notons qu'ils offrent maintenant le même service que Sunwign pour le champagne à l'aller. Ce qui est quand-même chouette.
Ceci étant dit, passons au vif du sujet: l'hôtel. FANTASTIQUE. Aucun mot ne peut réellement décrire mon engoument. Après avoir effectué le check-in nous nous sommes dirigé vers notre chambre, par l'extérieur, et WOW! À couper le souffle. Nous avons tout de suite ADORÉ!
Avant mon départ, j'ai écrit au service à la clientèle afin de demander une chambre au 3e étage dans le bloc 5000 (côté Luna). À notre arrivé, sans qu'on ne le demande, la dame nous a dit que nous étions bel et bien dans ce bloc, mais au 2e étage, car le 3e était déjà complet. Cela m'est passé 15 pied au dessus de la tête, car, pour moi, ils avaient déjà répondu à mes attentes.
Tel que la majorité des personnes l'ont mentionnée sur le forum, les chambre sont vielles, sans décoration, mais très confortables et propres. Nous avions la chambre 5202, avec lit king, matelas plus que correct. J'ai tendance à avoir des maux de dos fréquemment et je n'en ai eu absolument aucun avec ce matelas.
La nourriture est tout simplement divine. Le buffet du Luna était fermé alors que ne peux que parler de celui du Mares. Le buffet est séparé en plusieurs sections: Salades/crudités, pâtes de votre choix cuisinées par un cuisinier, hamburger/pizzas, viandes et poissons (non cuits... vous faites votre sélection et un cuissinier effectue la cuisson) et enfin les dessert avec les merveilleuses bananes flambées. Il faut absolument essayer les brochettes de poulet et de crevettes. Un vrai délice.
Quant aux restaurants à la carte, deux nous sont assignés lors du chez in, aléatoirement. Il est possible de se rendre par la suite, le matin, à la réception du Luna afin d'obtenir les restaurants désirés. Pour notre part, nous avions choisis le Romantico et le Bistrot Français. De plus, nous nous sommes essayés à l'International vers 20h un soir et il n'y a eu aucun problème. On nous a trouvé une table, toujours avec le sourire.
Le Romantico est un restaurant directement sur la plage, avec vue sur la mer, les deux pieds dans le sable. Il faut il aller pour cela. Pour ce qui est du menu, il n'y a pas de choix, car tout est déjà déterminé d'avance. C'était bon. Sans plus. Encore une fois, j'insiste sur l'expérience de souper sur le bord de la mer. 1ere entrée, du procuito servis avec des ananas. 2e entrée, du poisson. Plat principal, du boeuf aux champignons. Juste avant, un genre de sorbet à la vanille est servit. Enfin le désert est une tarte au chocolat.
Le Bistrot Français vaut le détour pour expérimenter la vie de riche héhé. Lors de notre arrivée, on nous sert une coupe de champagne et on nous amène à notre table. Le menu est riche en choix. Au total, il y a 4 services (1 entrée, 1 soupe, 1 plat principale et 1 dessert). Pour ma part j'ai choisis le pâté de campagne (so so), la soupe à l'oignon (à tomber par terre!), le château briand (la sauce est vraiment succulente) et une banane flambée. Mais c'est le plat principal de mon conjoint qui avait la cote. Une assiète de Crevette Grillées, vraiment délicieuses. Notons aussi que lors du choix de notre breuvage, nous avons été surpris de constater que nous avions la bouteille complète. J'ai pris du vin rouge, mon conjoint du vin blanc. Nous nous sommes donc retrouvé avec deux bouteilles à notre table. Des vraies rois. Le vin était très bon. Un vin du Chili.
Enfin, l'International est celui que nous avons adorée le plus. La nourriture y était tout simplement extraordinaire. 5 services. Le cocktail de crevettes à la noix de coco en entrée est vraiment majestueuse! En plus, comme l'hotel est surélevé par rapport à la mer, on la voit en arrière plan, avec le coucher du soleil. Wow!
Beaucoup d'activités sont possibles de faire. L'équitation est vraiment sécuritaire avec un très bon guide, ultra sympatique. Le Hobby cat (catamarant très rapide) est vraiment MALADE! Demandez Rojer, il est vraiment un as et si vous parlez espagnol il vous fera la conversation. Très gentil! De plus, amenez vos tubas, car il est possible de faire de l'apnée, et pas juste avec de petits poissons, mais vraiments une grande panoplie! Si vous y pensez, amenez une banane pour les nourrir, ils en raffolent. Enfin, si vous êtes plus du genre piscine, allez dans celle du côté Mares et allez dire bonjour à Youla au bar dans l'eau. Ultra méga aimable.
Enfin, les spectacle sont vraiment WOWWWW. Pas de la camelotte. De vrais acrobates. Très doués. Impossible de s'endormir à 21h avec de tels spectacles. Je lève mon chapeau.
Je cesse dès maintenant mon roman. Je tiens à préciser qu'à coup sûr je retournerai à cet hôtel, nous avons eu la piqure. Je vous laisse sur quelques photos. Si vous avez des questions, il me fera plaisir d'y répondre, avec joie même!
Le transporteur était Canjet. Les employés de ce dernier sont très courtois et souriant. Toutefois, les repas sont vraiment pas à la hauteur. Au petit déjeuné à l'aller, nous avons eu droit à un yogourt, une banane et un muffin. Rien de bien soutenant quand on se lève à 4h du matin pour se rendre à l'aéroport. Inutile de vous dire qu'en arrivant à l'hôtel nous sommes accouru au buffet. Quand au diner durant le vol de retour, assez mieux, avec un sandwich (plus de pain que de viande), deux biscuits aux pépites de chocolat (délicieux) et une pomme. Notons qu'ils offrent maintenant le même service que Sunwign pour le champagne à l'aller. Ce qui est quand-même chouette.
Ceci étant dit, passons au vif du sujet: l'hôtel. FANTASTIQUE. Aucun mot ne peut réellement décrire mon engoument. Après avoir effectué le check-in nous nous sommes dirigé vers notre chambre, par l'extérieur, et WOW! À couper le souffle. Nous avons tout de suite ADORÉ!
Avant mon départ, j'ai écrit au service à la clientèle afin de demander une chambre au 3e étage dans le bloc 5000 (côté Luna). À notre arrivé, sans qu'on ne le demande, la dame nous a dit que nous étions bel et bien dans ce bloc, mais au 2e étage, car le 3e était déjà complet. Cela m'est passé 15 pied au dessus de la tête, car, pour moi, ils avaient déjà répondu à mes attentes.
Tel que la majorité des personnes l'ont mentionnée sur le forum, les chambre sont vielles, sans décoration, mais très confortables et propres. Nous avions la chambre 5202, avec lit king, matelas plus que correct. J'ai tendance à avoir des maux de dos fréquemment et je n'en ai eu absolument aucun avec ce matelas.
La nourriture est tout simplement divine. Le buffet du Luna était fermé alors que ne peux que parler de celui du Mares. Le buffet est séparé en plusieurs sections: Salades/crudités, pâtes de votre choix cuisinées par un cuisinier, hamburger/pizzas, viandes et poissons (non cuits... vous faites votre sélection et un cuissinier effectue la cuisson) et enfin les dessert avec les merveilleuses bananes flambées. Il faut absolument essayer les brochettes de poulet et de crevettes. Un vrai délice.
Quant aux restaurants à la carte, deux nous sont assignés lors du chez in, aléatoirement. Il est possible de se rendre par la suite, le matin, à la réception du Luna afin d'obtenir les restaurants désirés. Pour notre part, nous avions choisis le Romantico et le Bistrot Français. De plus, nous nous sommes essayés à l'International vers 20h un soir et il n'y a eu aucun problème. On nous a trouvé une table, toujours avec le sourire.
Le Romantico est un restaurant directement sur la plage, avec vue sur la mer, les deux pieds dans le sable. Il faut il aller pour cela. Pour ce qui est du menu, il n'y a pas de choix, car tout est déjà déterminé d'avance. C'était bon. Sans plus. Encore une fois, j'insiste sur l'expérience de souper sur le bord de la mer. 1ere entrée, du procuito servis avec des ananas. 2e entrée, du poisson. Plat principal, du boeuf aux champignons. Juste avant, un genre de sorbet à la vanille est servit. Enfin le désert est une tarte au chocolat.
Le Bistrot Français vaut le détour pour expérimenter la vie de riche héhé. Lors de notre arrivée, on nous sert une coupe de champagne et on nous amène à notre table. Le menu est riche en choix. Au total, il y a 4 services (1 entrée, 1 soupe, 1 plat principale et 1 dessert). Pour ma part j'ai choisis le pâté de campagne (so so), la soupe à l'oignon (à tomber par terre!), le château briand (la sauce est vraiment succulente) et une banane flambée. Mais c'est le plat principal de mon conjoint qui avait la cote. Une assiète de Crevette Grillées, vraiment délicieuses. Notons aussi que lors du choix de notre breuvage, nous avons été surpris de constater que nous avions la bouteille complète. J'ai pris du vin rouge, mon conjoint du vin blanc. Nous nous sommes donc retrouvé avec deux bouteilles à notre table. Des vraies rois. Le vin était très bon. Un vin du Chili.
Enfin, l'International est celui que nous avons adorée le plus. La nourriture y était tout simplement extraordinaire. 5 services. Le cocktail de crevettes à la noix de coco en entrée est vraiment majestueuse! En plus, comme l'hotel est surélevé par rapport à la mer, on la voit en arrière plan, avec le coucher du soleil. Wow!
Beaucoup d'activités sont possibles de faire. L'équitation est vraiment sécuritaire avec un très bon guide, ultra sympatique. Le Hobby cat (catamarant très rapide) est vraiment MALADE! Demandez Rojer, il est vraiment un as et si vous parlez espagnol il vous fera la conversation. Très gentil! De plus, amenez vos tubas, car il est possible de faire de l'apnée, et pas juste avec de petits poissons, mais vraiments une grande panoplie! Si vous y pensez, amenez une banane pour les nourrir, ils en raffolent. Enfin, si vous êtes plus du genre piscine, allez dans celle du côté Mares et allez dire bonjour à Youla au bar dans l'eau. Ultra méga aimable.
Enfin, les spectacle sont vraiment WOWWWW. Pas de la camelotte. De vrais acrobates. Très doués. Impossible de s'endormir à 21h avec de tels spectacles. Je lève mon chapeau.
Je cesse dès maintenant mon roman. Je tiens à préciser qu'à coup sûr je retournerai à cet hôtel, nous avons eu la piqure. Je vous laisse sur quelques photos. Si vous avez des questions, il me fera plaisir d'y répondre, avec joie même!
Apporter son ordinateur portable à Cuba? English translation pending
J'aimerais savoir si c'est problèmatique d'amener mon laptop dans mon sac à dos, celui que j'aurrai avec moi en cabine ou je devrais le mettre dans ma valise. Le problème de le mettre dans ma valise comme vous le savez c'est le poid. Je m'en vais un moins en casa à Trinidad, cienfuegos et les alentours et si je peux mettre toute les trucs pesants dans mon sac à dos, ce sera mieux.
Japon avec des enfants English translation pending
Bonjour,
J'ai des avis contradictoires sur la visite du Japon avec des enfants. Certains disent que c'est idéal avec des enfants car "secure" et propre et d'autres qui disent qu'au contraire, ce n'est pas fantastique car tout est tellement propre, cadré et calme qu'avec des enfants qui ont envie de jouer, crier, sauter...comme des enfants, cela n'est pas toujours bien vu sur place...Qu'en est il ??
J'ai des avis contradictoires sur la visite du Japon avec des enfants. Certains disent que c'est idéal avec des enfants car "secure" et propre et d'autres qui disent qu'au contraire, ce n'est pas fantastique car tout est tellement propre, cadré et calme qu'avec des enfants qui ont envie de jouer, crier, sauter...comme des enfants, cela n'est pas toujours bien vu sur place...Qu'en est il ??
Sur les traces de Don Quichotte en Espagne: de Valencia à Avila English translation pending
Sur les traces de Don Quichotte en Espagne, de Valencia à Avila (1)
Finalement, le célèbre chemin du Levant (Ruta de Levante) ou chemin de Don Quichotte n'est qu'à neuf heures de Lyon...
A l'heure où tous les vols européens sont bloqués et que 17.000 avions piaffent sous un nuage de poussières volcaniques à 12.000 mètres d'altitude, que les trains français fonctionnent au mode aléatoire, il est plus facile de se jeter sur l'autoroute du Soleil et de se poser 1.000 kms plus au Sud, à Valencia, capitale de la Communidad de Valencia (750.000 h)
Certes, vous aurez payé pas loin de 100 euros de péages en prenant l'autoroute de la Costa del Sol, mais les criques et les sierras qui se jettent directement dans la Grande Bleue valent bien leur pesant d'or et ont quelque chose de saisissant à l'issue du long hiver européen...
Les petits malins qui veulent économiser les péages prendront soin de choisir les nouvelles autoroutes de l'intérieur qui sont encore pour la plupart gratuites...
Comme le diesel est toujours un peu moins cher en Espagne, on n'arrivera pas au prix d'un low-cost à l'aéroport de Valencia, mais le prix du voyage en sera diminué...
Pour les amateurs de vol low-cost, Valencia s'est doté d'un aéroport flambant neuf en plein campagne(à Manises) à l'orée du Ruta de Levante, avec , à son pied, un hotel Accor tout neuf qui repose le voyageur, avant même qu'il ait entrepris son voyage...
Par contre, l'Espagne ayant opté avant la récession pour une économie de type industriel, avec critères d'outre-atlantique(voitures + autoroutes + polygones industriels) il est fortement conseillé au randonneur de reculer son départ de 40 kms, tant le paysage sub-urbain est abîmé dans un rayon de 30 kms autour de Valencia...
Finalement, le célèbre chemin du Levant (Ruta de Levante) ou chemin de Don Quichotte n'est qu'à neuf heures de Lyon...
A l'heure où tous les vols européens sont bloqués et que 17.000 avions piaffent sous un nuage de poussières volcaniques à 12.000 mètres d'altitude, que les trains français fonctionnent au mode aléatoire, il est plus facile de se jeter sur l'autoroute du Soleil et de se poser 1.000 kms plus au Sud, à Valencia, capitale de la Communidad de Valencia (750.000 h)
Certes, vous aurez payé pas loin de 100 euros de péages en prenant l'autoroute de la Costa del Sol, mais les criques et les sierras qui se jettent directement dans la Grande Bleue valent bien leur pesant d'or et ont quelque chose de saisissant à l'issue du long hiver européen...
Les petits malins qui veulent économiser les péages prendront soin de choisir les nouvelles autoroutes de l'intérieur qui sont encore pour la plupart gratuites...
Comme le diesel est toujours un peu moins cher en Espagne, on n'arrivera pas au prix d'un low-cost à l'aéroport de Valencia, mais le prix du voyage en sera diminué...
Pour les amateurs de vol low-cost, Valencia s'est doté d'un aéroport flambant neuf en plein campagne(à Manises) à l'orée du Ruta de Levante, avec , à son pied, un hotel Accor tout neuf qui repose le voyageur, avant même qu'il ait entrepris son voyage...
Par contre, l'Espagne ayant opté avant la récession pour une économie de type industriel, avec critères d'outre-atlantique(voitures + autoroutes + polygones industriels) il est fortement conseillé au randonneur de reculer son départ de 40 kms, tant le paysage sub-urbain est abîmé dans un rayon de 30 kms autour de Valencia...
Visites et activités pour Xi'an en deux jours? (Chine) English translation pending
Bonjour tout le monde,
Tout d'abord je suis nouveau sur le forum. Je viens de remplir ma fiche pour me présenter.
Je vais à Xi'an ce week-end. J'ai donc deux jours pour visiter la ville et ses environs. Que me conseillerez-vous de visiter en deux jours? sachant que je voyage seul, en général je suis efficace mais je peux perdre beaucoup de temps à faire des photos!
Merci pour vos conseils!
Tout d'abord je suis nouveau sur le forum. Je viens de remplir ma fiche pour me présenter.
Je vais à Xi'an ce week-end. J'ai donc deux jours pour visiter la ville et ses environs. Que me conseillerez-vous de visiter en deux jours? sachant que je voyage seul, en général je suis efficace mais je peux perdre beaucoup de temps à faire des photos!
Merci pour vos conseils!
Croatie avec échapées dans d'autres pays d'ex-Yougoslavie English translation pending
Description du sejour :ex pays de la yougoslavie, la croatie presente trois secteurs tres distincts. la peninsule d'istrie, la cote dalmate avec la province de dubrovnik separée par le bras d'acces a la mer de la bosnie, et la partie continentale.
la cote croate se caracterise par la centaine d'iles qui la borde. c'est une cote rocheuse, la montagne arrivant directement dans l'adriatique. ne chercher pas les immenses plages de sable il n'y en a pas, mais la beautee est partout a chaques detour de la route. si vous voulez vous baigner dans les eaux limpides de ce pays n'oubliez pas les sandales platiques.
en croatie il faut de bonnes chaussures partout pour pouvoir profiter de ses parcs superbes de son patrimoine exeptionel (des villes toutes plus belles les unes que les autres, mais pour cela il va vous faloire marcher et le pays n'est pas plat!
des secteurs entiers dans des campagnes reculees portent encore les stigmates du dernier conflit.
les gens de ce pays sont extremement serviables, par deux fois ayant besoin de monnaie pour payer le stationement, il m'a été payé par des croates me disant que tout allait bien. demandant notre chemin , la personne ne sachant pas s'est mis a telephonner un peu partout pour essayer d'avoir notre renseignement. et j'oublie probablement pleins d'autres exemples.
eviter si vous le pouvez l'été il y a enormement de monde et les routes ne sont pas adaptées occasionant d'enormes bouchons., de plus il faisait dejas tres chaud au mois de mai alors l'été...
sur la route n'oubliez pas de respecter le code (meme si les croates ne le font pas vraiment) la police vous demandera de vous acquiter de votre pv immediatement (n'est ce pas jofaro)
la nouriture est delicieuse, fraiche. pas de varieté dans les poissons mais il viennent d'etre pecher.
vous trouverez des chambres a louer un peu partout
nous avions opté pour le camping et mis a part le premier, tous prenaient les camping cheques
http://www.campingcheque.fr/
pour preparer ce voyage j'ai largement utilisé les albums des membres de vacanceo dejas en ligne, et plus particulierement les carnets de vancouver et nicoviet, je les remercie pour le partage.
pour les camping j'ai utilisé ce site
http://www.eurocampings.fr/fr/europe/croatie/
si vous avez un camping car prevoyez un velo ou un scooter vous aurez des dificultees pour vous garer en centre villes ou se trouve les points interessants
le camping sauvage est strictement interdit en croatie
DESCRIPTION DU VOYAGE
jour 1 nous sommes partis avec notre voiture, de gap il nous a fallu 10h pour arrver au camping orsera a vrsar ou nous devions passer les trois premieres nuits
http://www.eurocampings.fr/fr/europe/croatie/istrie/camping-orsera-105181/
jour 2 apres un arret au fjord de lim nous sommes partis pour pula ou nous avons fait une breve visite car beaucoup de dificultees pour le stationement nous avons continué sur la pointe de kamenjack lieux ou vous pouvez faire des ballades a pied ou en velo, un vrai regal; nous y avons mangé au safari bar endroit tres sympa que je vous recommande. puis nous somme revenu sur rovinj que nous avons beaucoup aimé deuxieme nuit a vrsar
jour 3 nous n'avons fait qu'un village de la route des village perchés, celui de groznjan puis retour sur la cote pour la visite de porec en fin d'apres midi visite du village de vrsar en partant a pied du camping troisieme nuit a vrsar
jour 4 route pour rejoindre la cote dalmate. nous avions prevu une etape apres riijeka mais etant encore tot dans la journee nous avons préféré continuer sur zadar afin d'y consacrer plus de temps 2 nuit au camping peros a zaton ou nous avons fait la connaissance de jofaro
http://www.eurocampings.fr/fr/europe/croatie/zadar/autocamp-peros-113270/
jour 5 visite de nin puis nous roulons jusque l'ile de pag, nous n'allons pas plus loin ayant peur de manquer d'essence visite de zadar avant d'aller vagabonder sur la cote deuxieme nuit au camping peros
jour 6 nous rejoignons sibenik ou nous nous installons pour deux nuits au camping solaris
http://www.eurocampings.fr/fr/europe/croatie/%8aibenik/camping-solaris-101020/
l'apres midi nous partons visiter sibenik
jour 7 parc de krka, avant le depart j'avais entendu dire si vous allez a plivic inutile d'aller a krka et bien je ne suis pas d'accord ce parc est superbe diferent de plivic et si vous avez le temps prenez le temps d'aller visiter les parties hautes du parc deuxieme nuit au camping solaris
jour8 split n'est pas loin mais nous choississons tout de meme de changer de camping afin de ne pas faire trop de navettes; larret a primosten charmant petit village puis a trogir trop de monde pour manger a trogir comme nous avions prevu nous allons donc jusqu'au camping storbec a split ou nous avons la plaisir de retrouver jofaro
http://www.eurocampings.fr/fr/europe/croatie/split-dalmatie/camping-stobrec-split-117869/
apres midi, visite de split
jour 9 route pour dubrovnik apres avoir visiter le camping kate qui ne nous plait pas nous nous instalons au camping solitudo pour deux nuits
http://www.eurocampings.fr/fr/europe/croatie/dubrovnik-neretva/camping-camping-solitudo-105275/
apres midi visite de dubrovnik visite des remparts en fin d'apres midi, je vous recomande d'y aller tot la matin ou en fin de journee a cause de la chaleure
jour 10 petit tour au montnegro abolument pas preparé je ne savais meme pas quelle etait la monaie nous sommes alles jusque kotor atention si vous etes en voiture vous devrez vous aquiter d'une taxe ecologique a la frontiere. retour au camping solitudo
jour 11 nous boulversons notre programe; nous demontons la tente avec dans l'iddee de visiter la presqu'ile de peljesac avec ses huitres et son vin reputés pyis continuer jusqu'au plus pres de la frontiere de bosnie; nous decidons de ne pas choisir le camping et de prendre le premier venu; nous le trouverons dans le delta de la meretva, un camping completement a l'abandon mais pleins de charme ou nous avons l'impression de faire du camping sauvage . nous y trouvons la seule plage de sable que nous ayons vu en croatie mais pa tres propre. un petit coin de paradi tout de meme ce camping n'as pas de lien internet et ne prend pas non plus les camping cheques.
jour 12 bosnie herzegovine chute da kravica bagaj mostar un coup de coeur pour ce pays ou du moin la partie herzegovine que nous avons vue. nuit a mostar dans la pension rose (beaucoup de chambres a mostar et je vous recommande 'y passer une soiree ou l'ambiance devient plus intime la journee etant envahie de touristes
http://reservations.bookhostels.com/chambramie.com/hostel.php?HostelNumber=19791
jour 13 retour en croatie et route pour plivic par la montagne instalation pour deux nuits au camping korana
http://www.eurocampings.fr/fr/europe/croatie/karlovac/autocamp-korana-105229/
jour 14 parc de plivic
jour 15 retour
diaporamas en musique
istrie
http://www.vacanceo.com/videos/voir-vid_5082.php
la cote dalmate
http://www.vacanceo.com/videos/voir-vid_5382.php
les parcs de la krka et de plivic
http://www.vacanceo.com/videos/voir-vid_5377.php
bosnie herzegovine
http://www.vacanceo.com/videos/voir-vid_4937.php
la cote croate se caracterise par la centaine d'iles qui la borde. c'est une cote rocheuse, la montagne arrivant directement dans l'adriatique. ne chercher pas les immenses plages de sable il n'y en a pas, mais la beautee est partout a chaques detour de la route. si vous voulez vous baigner dans les eaux limpides de ce pays n'oubliez pas les sandales platiques.
en croatie il faut de bonnes chaussures partout pour pouvoir profiter de ses parcs superbes de son patrimoine exeptionel (des villes toutes plus belles les unes que les autres, mais pour cela il va vous faloire marcher et le pays n'est pas plat!
des secteurs entiers dans des campagnes reculees portent encore les stigmates du dernier conflit.
les gens de ce pays sont extremement serviables, par deux fois ayant besoin de monnaie pour payer le stationement, il m'a été payé par des croates me disant que tout allait bien. demandant notre chemin , la personne ne sachant pas s'est mis a telephonner un peu partout pour essayer d'avoir notre renseignement. et j'oublie probablement pleins d'autres exemples.
eviter si vous le pouvez l'été il y a enormement de monde et les routes ne sont pas adaptées occasionant d'enormes bouchons., de plus il faisait dejas tres chaud au mois de mai alors l'été...
sur la route n'oubliez pas de respecter le code (meme si les croates ne le font pas vraiment) la police vous demandera de vous acquiter de votre pv immediatement (n'est ce pas jofaro)
la nouriture est delicieuse, fraiche. pas de varieté dans les poissons mais il viennent d'etre pecher.
vous trouverez des chambres a louer un peu partout
nous avions opté pour le camping et mis a part le premier, tous prenaient les camping cheques
http://www.campingcheque.fr/
pour preparer ce voyage j'ai largement utilisé les albums des membres de vacanceo dejas en ligne, et plus particulierement les carnets de vancouver et nicoviet, je les remercie pour le partage.
pour les camping j'ai utilisé ce site
http://www.eurocampings.fr/fr/europe/croatie/
si vous avez un camping car prevoyez un velo ou un scooter vous aurez des dificultees pour vous garer en centre villes ou se trouve les points interessants
le camping sauvage est strictement interdit en croatie
DESCRIPTION DU VOYAGE
jour 1 nous sommes partis avec notre voiture, de gap il nous a fallu 10h pour arrver au camping orsera a vrsar ou nous devions passer les trois premieres nuits
http://www.eurocampings.fr/fr/europe/croatie/istrie/camping-orsera-105181/
jour 2 apres un arret au fjord de lim nous sommes partis pour pula ou nous avons fait une breve visite car beaucoup de dificultees pour le stationement nous avons continué sur la pointe de kamenjack lieux ou vous pouvez faire des ballades a pied ou en velo, un vrai regal; nous y avons mangé au safari bar endroit tres sympa que je vous recommande. puis nous somme revenu sur rovinj que nous avons beaucoup aimé deuxieme nuit a vrsar
jour 3 nous n'avons fait qu'un village de la route des village perchés, celui de groznjan puis retour sur la cote pour la visite de porec en fin d'apres midi visite du village de vrsar en partant a pied du camping troisieme nuit a vrsar
jour 4 route pour rejoindre la cote dalmate. nous avions prevu une etape apres riijeka mais etant encore tot dans la journee nous avons préféré continuer sur zadar afin d'y consacrer plus de temps 2 nuit au camping peros a zaton ou nous avons fait la connaissance de jofaro
http://www.eurocampings.fr/fr/europe/croatie/zadar/autocamp-peros-113270/
jour 5 visite de nin puis nous roulons jusque l'ile de pag, nous n'allons pas plus loin ayant peur de manquer d'essence visite de zadar avant d'aller vagabonder sur la cote deuxieme nuit au camping peros
jour 6 nous rejoignons sibenik ou nous nous installons pour deux nuits au camping solaris
http://www.eurocampings.fr/fr/europe/croatie/%8aibenik/camping-solaris-101020/
l'apres midi nous partons visiter sibenik
jour 7 parc de krka, avant le depart j'avais entendu dire si vous allez a plivic inutile d'aller a krka et bien je ne suis pas d'accord ce parc est superbe diferent de plivic et si vous avez le temps prenez le temps d'aller visiter les parties hautes du parc deuxieme nuit au camping solaris
jour8 split n'est pas loin mais nous choississons tout de meme de changer de camping afin de ne pas faire trop de navettes; larret a primosten charmant petit village puis a trogir trop de monde pour manger a trogir comme nous avions prevu nous allons donc jusqu'au camping storbec a split ou nous avons la plaisir de retrouver jofaro
http://www.eurocampings.fr/fr/europe/croatie/split-dalmatie/camping-stobrec-split-117869/
apres midi, visite de split
jour 9 route pour dubrovnik apres avoir visiter le camping kate qui ne nous plait pas nous nous instalons au camping solitudo pour deux nuits
http://www.eurocampings.fr/fr/europe/croatie/dubrovnik-neretva/camping-camping-solitudo-105275/
apres midi visite de dubrovnik visite des remparts en fin d'apres midi, je vous recomande d'y aller tot la matin ou en fin de journee a cause de la chaleure
jour 10 petit tour au montnegro abolument pas preparé je ne savais meme pas quelle etait la monaie nous sommes alles jusque kotor atention si vous etes en voiture vous devrez vous aquiter d'une taxe ecologique a la frontiere. retour au camping solitudo
jour 11 nous boulversons notre programe; nous demontons la tente avec dans l'iddee de visiter la presqu'ile de peljesac avec ses huitres et son vin reputés pyis continuer jusqu'au plus pres de la frontiere de bosnie; nous decidons de ne pas choisir le camping et de prendre le premier venu; nous le trouverons dans le delta de la meretva, un camping completement a l'abandon mais pleins de charme ou nous avons l'impression de faire du camping sauvage . nous y trouvons la seule plage de sable que nous ayons vu en croatie mais pa tres propre. un petit coin de paradi tout de meme ce camping n'as pas de lien internet et ne prend pas non plus les camping cheques.
jour 12 bosnie herzegovine chute da kravica bagaj mostar un coup de coeur pour ce pays ou du moin la partie herzegovine que nous avons vue. nuit a mostar dans la pension rose (beaucoup de chambres a mostar et je vous recommande 'y passer une soiree ou l'ambiance devient plus intime la journee etant envahie de touristes
http://reservations.bookhostels.com/chambramie.com/hostel.php?HostelNumber=19791
jour 13 retour en croatie et route pour plivic par la montagne instalation pour deux nuits au camping korana
http://www.eurocampings.fr/fr/europe/croatie/karlovac/autocamp-korana-105229/
jour 14 parc de plivic
jour 15 retour
diaporamas en musique
istrie
http://www.vacanceo.com/videos/voir-vid_5082.php
la cote dalmate
http://www.vacanceo.com/videos/voir-vid_5382.php
les parcs de la krka et de plivic
http://www.vacanceo.com/videos/voir-vid_5377.php
bosnie herzegovine
http://www.vacanceo.com/videos/voir-vid_4937.php
Au pays de Kandy, le Sri Lanka English translation pending
C’est fou comme certaines expériences inoubliables démarrent.
Octobre 2009, surfant au hasard, certainement plus pour tuer le temps ou s’évader sur des sites de voyages, voilà que mon attention est attirée par une fenêtre qui clignote sur le bas de mon écran. Srilankan Airlines propose des «hot seats» depuis Paris pour 470 Euros TTC. Le Sri Lanka. Voyons ... Ceylan, le thé, les éléphants, le tsunami, je ne connais pas vraiment grand chose de la larme de l’Inde. D’un seul coup, ma curiosité est éveillée et je trouve un but pour passer du temps devant mon écran. Photos, compte-rendus, avis de voyageurs, l’envie me prend. Le Sri Lanka. Oui, pourquoi pas. Petit passage vers la cuisine, où Dominique s’affaire. «Dis voir, si on pensait à nos prochaines vacances, surtout que les gosses ne viendront plus cette année...». «C’est pas un peu tôt, on vient de rentrer de Malaisie». «Oui, mais j’ai trouvé une super occasion à ne pas rater sur le net». «Où ?». «Le Sri Lanka».
Mardi 26 janvier 2010
Le départ pour Colombo n’est prévu que demain matin, mais pour assurer le coup, on décolle pour Paris cet après-midi. On passera la nuit proche de Roissy-CDG, à l’hôtel Comfort au Mesnil-Amelot. Hôtel fonctionnel, buffet le soir comme repas, rien à dire pour une nuit entre deux avions, surtout pour le forfait de 85 Euros TTC, lit et repas.
Mercredi 27 janvier 2010 et jeudi 28 janvier 2010
Re-buffet pour le petit-déjeuner, puis navette gratuite pour l’aéroport et le terminal 1 d’où décolle Srilankan. Vol à l’heure et notre A330 est plein pour une première escale à Milan. L’avion se vide en partie dans la ville italienne, je peux récupérer deux sièges pour un voyage d’une petite dizaine d’heures un peu plus confortable. Il est 4h. 30 du matin, les roues se posent sur la piste de l’aéroport de Colombo. Il y a la queue pour les formalités d’immigration. Les douaniers sont souriants, tampons dans nos passeports. Après avoir récupéré nos sacs à dos, nous voila dans le hall d’arrivée. Nous n’avons encore aucune Roupies (Rps) sur nous et nous cherchons un endroit pour en retirer. Pas d’ATM dans l’aéroport, mais plusieurs agences bancaires qui peuvent changer quelques Euros, toutes au même taux. Les employés de ces guichets attirent le touriste, mais avec le sourire, premiers contacts... Pour ceux qui veulent acheter une carte SIM srilankaise, il y a aussi un guichet de l’opérateur téléphonique local Dialog. Il nous reste du crédit sur notre carte suisse, nous pouvons être atteint, nous reportons cet achat.
Nous avions réservé par le net une chambre à la GH Dephani de Negombo, avec un pick-up à l’aéroport. Nous voyons notre nom sur une pancarte tenue par un homme. «Welcome to Sri Lanka». Encore un de ces sourires éclatants. La Dephani est à 25-30 minutes de trajet. 30 °, l’air est moite. Il fait encore nuit noire, les voitures, camions et tuk-tuk roulent parfois sans phare ou avec un éclairage limité. Sans parler des vélos, qu’on ne voit qu’au tout dernier moment. Malgré l’heure, nous avons une chambre (1800 Rps) où nous pouvons nous poser quelques heures. Un grand et bon lit, une moustiquaire, une douche et WC, ce sera parfait. Vers 10h00, nous émergeons et nous prenons notre premier thé, accompagné d’une assiette de fruits frais sur la terrasse où souffle un air marin bienfaiteur. Le ciel est bleu.
Nous descendons Lewis Road à pied pour partir à la découverte de Negombo. Les rues sont bordées d’échoppes, les vélos, scooters et motos, parfois à 2, 3 ou 4 passagers, sont majoritaires. C’est le dépaysement total et nous remarquons immédiatement que le niveau de vie est bien plus bas qu’en Malaisie ou en Thaïlande. Les filles nous sourient souvent, les chauffeurs de tuk-tuk nous sollicitent, mais sourires encore et toujours. Nous poussons jusqu’à la gare pour voir les horaires de train pour Colombo et nous y trouvons aussi un ATM qui nous permet de retirer de l’argent. Le distributeur nous donne des coupures de 1000 et 2000 Rps, qu’il est parfois difficile d’écouler. Il fait chaud, le Dieu soleil tape dur. Premier achat de fruits et aussi d’une bombe anti-moustique pour vaporiser notre moustiquaire. Notre premier rice and curry nous donnera un exemple du feu qui emporte la bouche. Si les légumes sont facilement mangeables, le curry de poulet ou de poisson brûle... C’est à la couleur qu’il faut se repérer. Plus c’est foncé, plus c’est fort.
Retour en tuk-tuk à la GH pour profiter de l’ombre des palmiers. En fin d’après-midi, alors que le soleil décline, nous sortons sur la plage et partons sur la droite nous balader. Des catamarans à voiles sont posés sur le sable, un couple venant de se marier vient faire des photos. Nous arrivons sur une petite digue, les Srilankais sont là, à profiter de la mer. Nous sommes les seuls occidentaux et les regards se tournent régulièrement vers nous. Sourires... Les jeunes filles cherchent facilement le contact, rires et bonne humeur, joie de vivre. Nous apprendrons par la suite que c’est une caractéristique du peuple srilankais. Nous profitons de ce joyeux spectacle jusqu’au magnifique coucher de soleil. Retour à la GH où notre repas du soir sera un peu décevant. Nous trouvons un cybercafé où nous pourrons nous brancher sur Skype pour appeler nos enfants restés en Suisse. Quasi tous les cybercafés de Negombo sont équipés de casque et de micro pour les utilisateurs de ce fabuleux programme. Un dernier jus de fruit et un lassi, puis ce sera le temps de se coucher.
Vendredi 29 janvier 2010
Lever vers 09h30, on récupère du voyage et du léger décalage horaire (4h. et demi). Petit déj’ à la Dephani et nous partons louer des vélos, à quelques dizaines de mètres sur la gauche en sortant sur Lewis Rd. 200 Rps la monture pour la journée. Vieux vélo, roues voilées, mais bien efficaces pour quadriller Negombo. Première étape : le marché aux poissons. Odeurs et spectacle garantis. Des pêcheurs sortent leurs barques de l’eau, le poisson sèche sur la plage, scènes de vies. Autre coin du marché, autres odeurs. La vente du poisson frais, principalement par des femmes.
Il y a bien un fort à Negombo, mais c’est aujourd’hui la prison du lieu. Des familles viennent y livrer de la nourriture à un proche détenu là. Petit repas en ville et au hasard des rues, je croise un cordonnier qui travaille à même le sol, à réparer de vieilles godasses qui chez nous auraient fini dans un container. Mes vieilles sandales en cuir commence à s’essouffler, mais je ne peux pas me résoudre à m’en séparer. Cela fait des années qu’elles voyagent avec moi, je leur offre donc une petite cure de jeunesse. 2-3 rajouts de bouts de cuir, consolidation des coutures, elles sont reparties pour quelques années. 200 Rps, service compris. Retour à la GH et petit moment de détente dans le jardin de Dephani où nous faisons la connaissance d’un couple de la région de Lille (Bencasto se sera reconnu...). Pas de chance pour eux, ils sont sur le départ. Echange d’impressions, d’expériences, de tuyaux, le courant passe, dommage que n'ayons pas eu le temps de prolonger ce sympathique moment.
Vers la fin de l’après-midi, retour sur les vélos pour retourner vers la digue, mais par la route cette fois. C’est jour de pleine lune et donc de fête au Sri Lanka et l’endroit est bondé. Le coucher de soleil approche, les gens se baignent, jouent au cricket, regardent la mer. Peu ou pas d’occidentaux dans le coin, pourtant quelques grands hôtels sont proches. Depuis notre arrivée, nous sommes frappés par la gentillesse des gens. Les sourires sont permanents, les Srilankais recherchent le contact, nous saluent, viennent voir les photos que nous prenons. Une chaleur d’accueil exceptionnelle. Après le coucher de soleil et quelques photos, nous achetons quelques délicieux beignets dans les stands ambulants sur la plage. Restitution des vélos et retour à la GH pour une bière bien fraîche, une Lion, brassée au Sri Lanka. Nous papotons encore quelques instants avec nos amis lillois. Un peu déçu du repas d’hier, nous changeons d’endroit pour le dîner. Nous avions conclu un arrangement avec le patron d’une gargotte un peu plus loin : 1500 Rps pour 8 crevettes de la taille d’une baleine, avec salade de légumes (chou, carotte, ananas) et pommes de terre à l’ail. Un enfer, tellement c’était bon. Nous testons aussi quelques frites, mais elles sont dorées à l’huile de coco, ce qui leur donne un goût assez bizarre. Petit détour dans un cybercafé, mais personne de nos connaissances n’est connecté sur Skype. Nous appelons néanmoins notre fils sur son portable, toujours via Skype, qualité et coût incroyables. La nuit sera pénible, il fait 31 ° dans la chambre et le ventilo ne nous rafraîchit guère.
Samedi 30 janvier 2010
Le ciel s’est couvert pendant la nuit, il fait quelques degrés en moins. Après le petit-déjeuner, direction la gare routière pour prendre un bus pour Kandy. Nous pensions utiliser le train via Colombo, mais c’est plus rapide et plus simple en bus. Nous sommes en avance, notre bus part à 10h00 et nous regardons le tohu-bohu de l’endroit. C’est un vrai bordel organisé. Le bus arrive, nous montons à l’arrière et c’est parti pour 4 heures de route (110 Rps). Les chauffeurs srilankais ont la réputation de conduire vite, c’est confirmé. Nous rencontrons un jeune couple de l’île de Ré qui voyage aussi sac à dos.
Arrivés sur Kandy, la circulation est intense et cela force dans tous les sens. Nous prenons un tuk-tuk qui va nous conduire à la Shangrila GH que j’avais appelée quelques jours avant notre départ de Suisse. Il n’y a que 4 chambres et je voulais vraiment résider là. La GH est au bout du lac, un peu en surplomb, à env. 20 minutes à pied de la ville. Nous y rencontrons un couple d’Israéliens qui finit un périple commencé en Inde. Et également leur guide, Raja, un garçon très sympathique qui va rapidement devenir un ami comme vous pourrez le lire plus loin. D’ailleurs, ses clients nous en disent le plus grand bien, sur ses compétences et sa gentillesse. Nous le vérifierons immédiatement lorsqu’il va nous proposer de nous emmener au temple de la Dent où il va assister à une cérémonie avec ses clients, puis à un spectacle de danses cinghalaises. Nous pourrons ainsi profiter de ses explications. Il refuse toute forme de paiement. Ce garçon a le contact facile et est d’une honnêteté irréprochable. D’ailleurs, si vous voulez qu’il vous organise un tour du Sri Lanka sur mesure, vous pouvez le joindre au 0094775323903 ou sur son e-mail nithy_raja@yahoo.com.
Bref, la visite du temple était très intéressante, avec plein de bouddhistes venus faire des offrandes. Quant aux danses, très touristiques et pas forcément indispensables, sauf peut-être la cérémonie du feu, lorsque les danseurs marchent sur les braises ou se passent des torches sur le corps ou dans la bouche ! Retour à la Shangrila où nous prendrons le repas en commun. Anoma, la si souriante cuisinière, nous a préparé un curry végétarien succulent, avec pour dessert, le curd, du lait de bufflonne caillé, à manger avec des rondelles de bananes. Un vrai délice. Les patrons, Kush et Nandana, sont absents mais devraient arriver demain. En soirée, la température est d’environ 22 °, plus rien à voir avec la moiteur de Negombo. Il fait bon rester sur la terrasse à boire un thé et lire un bon livre.
Dimanche 31 janvier 2010
Lever vers 08h00 pour dire au revoir à Raja et ses clients israéliens qui partent pour la région montagneuse. Echanges d’adresses, de téléphones. Ils feront un stop au jardin botanique et Raja propose de nous y emmener puisque de toute façon il y va. Nous ne sommes pas prêts et nous ne voulons pas stresser. D’ailleurs, notre refus sera l’occasion de faire une autre magnifique rencontre. Nous voyons donc partir nos amis, non sans que Raja nous ait fait des messages de recommandation pour notre périple à venir.
Le ciel est bleu, il y a de l’air, c’est l’idéal pour partir se balader. Anoma nous recommande un chauffeur de tuk-tuk qu’elle connaît. Chintah arrive avec son véhicule, tout souriant et timide. Nous pensons le garder toute la journée et nous lui demandons son prix. Il peine à nous le dire et il est presque gêné de nous dire 1000 Rps, tout compris toute la journée à notre convenance. Première étape : le jardin botanique. 3 heures de balade dans ce splendide parc où les couples d’amoureux viennent s’isoler au pied des arbres. Pudeur et contacts furtifs. Côte à côte ou enlacés, ils s’embrassent parfois rapidement, comme s’ils ne devaient pas être vus. Drôle et touchant. Une partie du parc est peuplée d’énormes chauves-souris, il y en a des centaines, voire des milliers.
A la sortie du parc, Chintah est là, pile à l’heure convenue. Un petit crochet par la gare routière pour acheter des fruits sur les étals du marché et Chintah nous conduit au grand Buddha qui surplombe la ville et qui offre une belle vue sur les environs. Rien de spécial si ce n’est profiter de la vue et de l’air. Nous partageons nos fruits avec Chintah et parlons de sa vie. Il n’est pas propriétaire de son tuk-tuk, il le loue 500 Rps par jour et doit le rentabiliser par ses transports. Parfois, il n’en fait pas et il perd de l’argent. Notre contact est facile et Chintah nous propose d’aller boire le thé chez lui, ajoutant que ce serait un honneur de nous accueillir dans sa demeure. Nous acceptons bien évidemment et nous voila partis sur les hauteurs de Kandy, là où les Occidentaux ne vont pas. Il vit dans une modeste maison, avec sa femme et ses trois enfants, dont le dernier a moins d’un mois. Il y a aussi d’autres membres de sa famille, car au Sri Lanka, les enfants vivent encore souvent avec leurs parents. Sa femme nous prépare le thé, nous amène des biscuits et nous visionnons les albums photos de son mariage et de ses enfants. On voit sa fierté dans ses yeux que des étrangers comme nous aient accepté de venir chez lui. Nous faisons quelques photos de sa famille et prenons son adresse e-mail pour les lui envoyer une fois de retour en Europe.
Nous repartons en ville et il nous pose devant un cybercafé. Nous allons consulter nos mails et appeler la maison. Nous demandons à Chintah de venir nous reprendre dans une heure. Comme tout à l’heure, il est ponctuel et nous reprend 60 minutes plus tard. Il nous ramène ensuite à la GH. Nous avions profité de son absence pour acheter 5 plaques de chocolat dans une échoppe et nous les lui remettons en cadeau pour sa famille et ses enfants. Il semble touché et nous remercie avec ses grands sourires. Nous le payons. Plus tard Anoma nous dira que 1000 Rps pour toute la journée à notre convenance est un prix très honnête. Au cas où, Chintah est atteignable au 077-782-37-40. Si vous l’utilisez, saluez-le pour nous.
Pour le repas du soir, Anoma nous prépare un curry de tofu frais. Nous participons à la confection des plats et cela semble l’amuser. Au final, curry de tofu, nouilles srilankaises, salade de concombres-oignons-tomates au lait de coco. Tous les pensionnaires sont partis, nous sommes seuls dans la GH. Les patrons sont toujours à Colombo et nous les avons eu au téléphone, ils arrivent en fin de soirée. Nous restons sur la terrasse, les manches longues se supportent. Kush et Nandana arrivent comme prévu en fin de soirée, nous faisons rapidement connaissance, surtout qu’ils parlent chacun un français parfait.
Lundi 1er février 2010
Après le repas du matin, nous descendons en ville avec le bus que l’on peut prendre en bas de la GH (6 Rps). Marchés, balades dans les rues, achats de fruits. Nous allons dans une boutique qui vend du thé et recevons plein d’explications très intéressantes sur les multiples types de thé. Nous revenons à la GH pour faire un sac que nous prendrons pour un petit périple dans le triangle culturel. L’autre sac restera à la Shangrila. Nous nous limiterons à 2 jours, car nous voulons passer plus de temps dans la région des montagnes. 3 semaines de périple, c’est court et il faut s’organiser.
Nous appelons Chintah et il nous conduit à la gare routière, pile devant le bus qui part pour Dambulla, d’où nous prendrons un autre bus pour Sigiriya. Nous prenons un bus climatisé et rapide (270 Rps). Un peu plus cher, mais direct. La conduite est une fois de plus sportive, ça fout parfois la trouille !! Dépassements, vitesse excessive, traversée des villages à fond, tout y passe. A Dambulla, un chauffeur de tuk-tuk très sympathique tente de nous convaincre de l’emprunter pour Sigiriya. Mais désolé, ce sera encore le bus. Pas rancunier, le chauffeur nous indique le bon bus (40 Rps) et nous souhaite un bon séjour dans la région.
Sur conseil de Raja, nous logerons à la Bananaa Rest, près du rocher. En demandant le bon endroit pour s’arrêter, un jeune étudiant nous dit qu’il habite à proximité et nous invite à partager un bout de chemin avec lui. Nous descendons donc avec lui à la bonne intersection et tout en discutant nous nous dirigeons vers notre lieu d’hébergement. Il nous indique la bonne voie et nous souhaite bon séjour. La GH est isolée au bout d’un chemin, en pleine nature. Il y a un long bâtiment avec des chambres simples et fonctionnelles et un nouvelle petite construction avec deux chambres neuves. 1500 Rps les anciennes et 2800 les nouvelles. Les anciennes iront très bien pour nous. Conséquence d’être en pleine nature : les moustiques. Heureusement, notre bombe anti-insectes nous suit partout. Nous vaporisons, inspectons la moustiquaire, deux fois plutôt qu’une. Je ne verrais pas un petit gecko qui passera donc la nuit en ma compagnie, sous la moustiquaire.
Nous mangeons sur place ce soir, avec un magnifique rice and curry et une présentation de plusieurs plats. 8 au total, tous excellents. Si les chambres sont basiques, la cuisine est délicieuse et nous nous régalons. La soirée sera faite de lecture et de parties de carte dans cet endroit bien calme.
Mardi 2 février 2010
Nous prenons le petit-déjeuner assez tôt, car la veille nous avons rencontré un guide qui logeait là avec son client tchèque (et quasi muet). Il nous a proposé de nous emmener au rocher de Sigiriya avec sa voiture, nous évitant l’attente du bus. Sympa. Comme Raja, il refuse toute forme de participation financière.
Arrivés sur le site, nous prenons le pass qui permet de combiner les entrées des différents sites du triangle culturel, vu que nous allons encore à Polonnaruwa (5750 Rps). L’accès au rocher traverse des jardins qui ont une vue imprenable sur le «rock», vue splendide pour des photos réussies, même si le ciel est plutôt gris ce matin. Puis, la montée commence par une série de marches et de terrasses. Nous arrivons au pied d’un escalier en colimaçon, grillagé par sécurité, qui monte une trentaine de mètres à pic dans la paroi. Il y a là de splendides fresques très bien conservées. Le chemin longe ensuite la roche, jusqu’aux pattes du Lion, d’où part l’ascension finale. Selon la légende, il y avait là un énorme lion de pierre avec un escalier en son sein afin d’atteindre le sommet où un palais avait été construit. Il n’en reste que les pattes et c’est un escalier en fer à flanc de rocher, à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du vide, qui nous conduit en haut. Assez impressionnant pour ceux qui ont le vertige, mais jamais dangereux.
La vue sur les environs est splendide, mais malheureusement pour nous, le temps est brumeux et le ciel plutôt gris. Par contre, il y a de l’air qui sèche nos chemises trempées de sueur. Petite mise en garde : si les vendeurs de souvenirs au pied du rocher ne sont pas trop insistants, il n’en va pas de même avec ceux qui sont sur le parcours de la montée. Ils viennent carrément prendre le bras des gens qui empruntent la voie finale, sous prétexte de les aider dans la montée. Impossible de s’en défaire ensuite. A moins de lâcher quelques roupies bien sûr. En restant ferme, mais poli et souriant, nous réussissons à les éviter.
Après la descente, nous attendons sur le bord de la route le bus local qui nous ramène à Dambulla en 45 minutes (20 Rps). Il est presque midi et nous achetons quelques snacks (beignets de poulet, samosas, etc...) pour notre lunch. Direction les grottes de Dambulla, en tuk-tuk. Là aussi, il faut grimper toute une série de marches avant d’arriver à l’entrée du site. Tout au long de la montée, il y a aussi de nombreux vendeurs de souvenirs ou de fruits, plus ou moins collants. Et quelques infirmes qui tendent la main, phénomène assez peu fréquent finalement au Sri Lanka. Les tickets d’accès se prennent en bas, à côté du temple, à ne pas oublier, sinon on est bon pour redescendre...
Nous arrivons sur le site, il faut enlever ses chaussures et on peut les faire garder contre 20 Rps. Nous voyons des gens bourrer leurs sacs de leurs escarpins pour éviter de payer 20 Rps ...Ridicule. Il y a là 5 grottes avec des statues de Buddha, dans plusieurs positions, et des fresques magnifiques aux plafonds. Cette visite vaut vraiment la peine, même si le droit d’entrée n’est pas compris dans le pass pour le triangle culturel. L’endroit est superbement conservé. En redescendant, nous achetons des fruits, mais les singes nous guettent. Ils s‘approchent avec manifestement l’intention de nous piquer nos bouts d’ananas ! Ils essaient de nous sauter dessus et il faut les repousser, soit par des petits cris, soit avec les pieds. Mais attention, ils ont l’esprit rebelle ces macaques. Ils n’auront pas raison, les ananas sont trop bons ici.
Nous rejoignons Dambulla à pied, car non loin, nous avions repéré un cybercafé. Consultation des mails, appels avec Skype. Retour à la Bananaa Rest en bus pour une bonne douche tiède. Peu de GH sont équipées de l’eau chaude, mais franchement nous n’en n’avons pas besoin, vu la température extérieure. Cette adresse en pleine nature est vraiment relaxante avec sa verdure et ses chants d’oiseaux. En rajoutant la gentillesse et les sourires du personnel, nous sommes vraiment bien ici. Au menu du soir, curry de patate, nouilles et salade aux oignons.
Mercredi 3 février 2010
Lever assez tôt, nous partons pour Polonnawura. Après le petit-déjeuner, paiement de la facture, 5850 Rps pour les 2 nuits, tous les repas. On se répète, mais vraiment bonne adresse, excellent rapport qualité-prix, à l’écart du bruit et de la poussière. Nous marchons à peine 5 minutes pour rejoindre la route de Sigiriya et attraper un bus qui va sur Dambulla.
Dès notre arrivée, nous ne savons pas vraiment quel bus prendre. Ce sont les chauffeurs de tuk-tuk qui nous renseignent efficacement, notamment celui qui voulait m’embarquer le premier jour de notre arrivée, et qui vont jusqu’à bloquer un bus qui roulait déjà. Merci messieurs.
Connexion parfaite et 2 heures de trajet (133 Rps). Pendant le trajet, je converse en anglais avec mon voisin, Ranmal, qui m’apprend être révérend dans la région de Negombo. Nous parlons de notre société et il me sort une phrase étonnante au sujet des progrès technologiques : «Rappelez-vous au début de l’ère de la TV, les appareils étaient énormes et les hommes minces. Maintenant, ce sont les écrans qui sont minces et les hommes qui sont énormes. Nous devenons paresseux». A méditer. Echange de coordonnées, d’adresses e-mail, il veut nous inviter chez lui et nous demande de trouver le temps de nous y rendre. On verra. Il ajoute enseigner dans une école et qu’il veut nous présenter à sa classe.
A Polonnawura, le bus nous dépose juste devant l’entrée du site, mais nous avons encore notre sac à dos. Un tuk-tuk est là, devinant nos intentions car il nous demande si nous cherchons à louer un vélo. Mais oui mon brave. Il nous conduit un peu plus loin, chez un marchand de meubles en bois, qui nous louera les montures (400 Rps la journée) et chez qui nous pouvons laisser notre sac. Nous partons sur nos deux roues, les vestiges sont dans une forêt et c’est vraiment le meilleur moyen de les visiter. Le site ravira les passionnés d’archéologie, nous apprécions l’endroit, sans plus que cela.
Nous partons aussi sur la route qui longe le lac, à l’entrée de la ville à droite. Belles scènes de vie, des femmes lavent le linge dans le lac et le font sécher dans des champs, étirés dans l’herbe. Tous les gens que nous croisons nous saluent et nous sourient. Il nous arrive de nous arrêter pour converser un peu. Il fait chaud, plus d’ombre au bord du lac. Vers la Polonnaruwa Rest House, il y a encore quelques vestiges. Des familles srilankaises s’y sont arrêtées pour pique-niquer. Il y a là une importante colonie de singes (à faces noires), des Bear Monkeys, qui sont visiblement attirés par la nourriture. On y voit même des mères qui portent leurs petits sous leur ventre. Contrairement aux macaques, ces singes là ne sont pas agressifs du tout.
A la fin de notre tour, nous rendons nos vélos et évidemment, nous sommes sollicités pour acheter de l’artisanat en bois. Le patron a tout compris, il attire le touriste en louant des vélos et essaient ensuite de lui vendre ses produits, arguant qu’ils sont au moins 2 fois moins chers qu’à Colombo. Désolé, pas cette fois, ils ont l’air un peu contrarié, mais bon...Le même chauffeur de tuk-tuk nous ramène à la gare routière, distante de 4 km. On pourrait prendre le bus devant le magasin, mais avec de grandes chances de devoir rester debout. Nous en profitons pour tirer de l’argent à un ATM.
Notre bus est là et nous voilà partis pour 4 heures de route. Nous faisons un stop de 10 minutes à Dambulla et par la fenêtre du bus, j’aperçois toujours le même chauffeur de tuk-tuk. Décidément. Il court, traverse la route et vient me serrer la main, en me demandant si nous avons apprécié nos visites. Quelle gentillesse, alors que j’avais refusé sa course. On se quitte presque amis et en route pour Kandy. Peu avant d’arriver à la gare routière, j’appelle Chintah et il est là pour nous prendre en charge à notre arrivée. Il nous conduit à la Shangrila et refuse même le petit pourboire que nous voulions lui laisser pour sa disponibilité. Quelle classe cet homme là. Douche, repas toujours aussi succulent préparé par Anoma. Petit thé à l’air frais de la terrasse, on retrouve nos repaires.
Jeudi 4 février 2010
Après le petit-déjeuner sur la terrasse, nous descendons en ville, notamment pour voir le défilé organisé pour la fête nationale srilankaise qui tombe aujourd’hui. Le président fraichement élu est à Kandy pour les festivités et les mesures de sécurité sont impressionnantes. Il y a tellement de monde dans les rues qu’il est impossible d’approcher le cortège.
Achats de fruits et nous retournons à la GH, conduits par Chintah que nous avons appelé sur son portable. Nous suivrons les festivités à la télévision, costumes colorés, danses typiques, un vrai spectacle.
L’après-midi, Nandana nous emmène en voiture dans les montagnes environnantes. Nandana y a ouvert une seconde GH, qui sera un centre de méditation, domaine de prédilection de notre hôte. Il y aura trois chambres et une salle dévolue à la réflexion. La vue est époustouflante, l’air est frais et pur, l’endroit se prête bien à cette discipline. Son jardin est plein de plantes et de fruits : papayes, avocats, poivre... Après un thé, nous repartons sur les petites routes de montagne, dans des paysages grandioses, afin d’aller voir un temple qui se trouve au sommet d’une colline. 800 marches ... mais cet effort est récompensé par une vue extraordinaire à 360 °. Nous ôtons nos chaussures et profitons de l’air frais. Le temple est une petite dagoba blanche splendide. Nous restons un peu au sommet à profiter du panorama, puis nous redescendons les escaliers pour rentrer sur Kandy.
Petit arrêt pour un thé sur le bord de la route dans une petite gargotte locale. Une cahutte en bois où nous ne nous serions jamais arrêtés sans Nandana. Après le repas du soir, nous restons à discuter sur la terrasse de la Shangrila et à profiter de l’air un peu frais (22° env.). Cette étape de Kandy aura été fantastique, par la diversité de ce qu’il y a à voir ici, et surtout par nos rencontres : Chintah le chauffeur de tuk-tuk (atteignable au 077-782-37-40), Raja le guide, Anoma la cuisinière, Kush et Nandana nos hôtes si chaleureux. Merveilleux Sri Lanka...
Vendredi 5 février 2010
Lever tôt, notre train pour les montagnes part à 8h20. Petit-déjeuner. Anoma est déjà toute affairée, puis vient Kush pour la note que nous devons régler. 4 nuits, 4 repas, 4 petit-déjeuner, 7500 Rps ! Non seulement une excellente adresse, mais en plus des prix très doux.
Chintah est pile à l’heure pour nous emmener à la gare avec son tuk-tuk. Nous l’avions recommandé hier à un couple de Français qui logeait aussi à la Shangrila, apparemment ils se sont entendus. Cela lui fera du travail, il le mérite tant. Arrivés à la gare, il refuse une nouvelle fois notre pourboire avec pudeur, alors qu’il en aurait besoin. Nous n‘insistons pas trop pour ne pas le froisser. Il nous remercie pour notre gentillesse. Ne serait-ce pas à nous de le remercier pour cette chaleur humaine, ses sourires et son honnêteté, tant de valeurs qui font souvent défaut chez nous ? C’est le Sri Lanka. Des gens simples, souvent démunis, mais qui ont tant à offrir.
Il nous faut partir, nous prenons nos billets pour Hatton (110 Rps). Le train est à l’heure, mais part en retard ... La voie unique ne devait pas être libre. A peine 15 minutes de trajet et nous devons changer de convoi à Peradeniya Junction. Le train pour les montagnes arrive, il est déjà presque bondé, plus les gens de Kandy qui doivent monter. Visiblement, il se vend plus de tickets qu’il y a de places disponibles. Néanmoins, le hasard fait que nous nous retrouvons dans... le wagon restaurant. Nos 2 sacs posés par terre feront un bon siège et nous sommes moins serrés. Le train branle de partout, craque à chaque bosse. Il faut dire qu’il n’est pas de première jeunesse, loin de là. Rapidement, il commence à monter à travers les plantations de thé, traversant des paysages fantastiques. Pour une belle vue, il faut se tenir sur la droite du train. Des Srilankais engagent la discussion «Where are you from ?». Les échanges sont nombreux, comme les sourires et les regards.
Nous arrivons à Hatton et descendons du train. La plupart des touristes se rendaient à Ella. Notre destination est Dalhousie, au pied du mythique Adam’s Peak. Nous partons en ville en tuk-tuk, car nous voulons envoyer 1-2 mails avant de partir, aucun cybercafé ne se trouvant à Dalhousie. Nous trouvons de quoi informer nos proches et prenons ensuite un repas léger dans un petit resto attenant à la gare routière. Pas facile de trouver notre bus, très peu de gens parlent l’anglais et tous ceux à qui nous demandons notre chemin nous fournissent des infos contradictoires. Finalement, petit coup de chance, nous voyons un vieux bus Tata (la marque locale) avec l’inscription «Dalhousie» sur le pare-brise. Un petit signe de la main et nous voilà à l’intérieur. 60 Rps, la route serpente au milieu des plantations, paysages superbes. Evidemment, le chauffeur se croit dans un grand prix...
Dalhousie est un petit village qui n’offre aucun intérêt si ce n’est un joli point de vue, tout là haut, sur le sommet du pic d’Adam. Nous avons une chambre à la Punsisi GH, où Raja nous avait recommandés. Bon accueil, bonne chambre. La GH offre un package nuit-dinner-breakfast à 3500 Rps. Cher, mais nous sommes dans un haut lieu du tourisme ici. D’ailleurs toutes les GH semblent pleines. Nous partons nous balader dans le village. Des étals vendent une espèce de pâte de fruit, noire, au gingembre, de même que des bonnets, des gants, des polaires, des écharpes. Nous nous dirigeons vers le bas du village, vers le lit de la rivière. Des dizaines de Srilankais, hommes, femmes, enfants, se lavent dans l’eau fraîche de la rivière, à grands coups de savon. Les hommes en bermudas, les femmes le corps entouré d’un tissu léger, les enfants nus. Eclats de rire, sourires, belles photos. Certains se lavent le corps, d’autres les habits, d’autres encore les dents ... Nous y trempons les pieds, attirant les rires des locaux qui nous font signe qu’il faut nous tremper entièrement. Nous n’avons ni habits de rechange, ni serviette, belles excuses. Apparemment, il s’agit d’un rituel. Avant de grimper le pic, il faut se purifier dans l’eau de sa rivière. Nous voyons même une série de cabines-douches, installées sur les berges pour ceux qui ne veulent pas entrer dans la rivière. De là, nous voyons le sommet du pic et son sanctuaire, enfin quand les nuages veulent bien nous les dévoiler.
Nous retournons à la Punsisi où nous avons une grande chambre, une douche avec l’eau chaude, mais pas de moustiquaire. Nous sommes en altitude, les moustiques ne sont pas trop présents. Le repas est gargantuesque et excellent : 7 plats, sans compter le riz. Courge à l’ail, aubergines, curry de poulet, curry de patate, salade oignons-tomates, curry de lentilles (dal), haricots, on se régale. Petite balade digestive, mais pas de folie ce soir. Le réveil est programmé à 02h00 pour la montée à Adam’s Peak, que je ferai seul.
Samedi 6 février 2010
02h00. Le réveil sonne. Le sac est prêt. Un pull à capuche, un coupe-vent, de quoi boire et manger, l’appareil photo. Quelques échoppes sont encore ouvertes, mais il n’y a pas foule. La plupart des pèlerins sont partis plus tôt. La première demi-heure est pour se mettre dans le bain. Un chemin avec des marches, ça monte mais gentiment. Le plat de résistance arrive : les marches, pas toujours régulières, avec une pente parfois raide. Il faut le dire, c’est souvent rude. Mais les Srilankais le font parfois à pieds nus, ou avec des petits enfants dans les bras. Certains sont très âgés. Je rattrape assez vite des gens partis plus tôt et il commence à y avoir du monde sur le chemin. Il y a régulièrement des cahuttes qui vendent de quoi boire et à manger, pas besoin de se charger dans le sac. Le dernier bout est carrément raide, on n’en voit pas la fin. Des rambardes aident à soulager les cuisses, le chemin est éclairé tout du long.
Il est 5 heures, j’arrive au sommet. Il y a du monde autour du temple où il faut enlever ses chaussures. Le vent souffle, ma chemise en coton est trempée de sueur. Près de 3 heures de montée, ça fait transpirer. Je me change avec les effets que j’ai emportés et je mets mon coupe-vent. Vers 06h00, l’aube pointe. Quelle chance, pas un nuage. Le ciel prend des couleurs magnifiques avec les brumes au loin sur les montagnes environnantes. Pour les photos, il ne faut pas rester autour du temple. Des puissants projecteurs sont braqués dessus et il est impossible de les éviter, on les a en pleine face. Je redescends donc en haut de l’escalier d’accès et là, c’est parfait. Il y a plein de gens qui attendent l’arrivée du soleil, surtout des Srilankais, les touristes sont peu nombreux. Le soleil arrive, il illumine des paysages splendides, tout en réchauffant l’atmosphère. Je remonte au temple pour une série de photos et laisser le gros de la foule emprunter le sens de la descente. A l’opposé du soleil, Adam’s Peak projette l’ombre d‘un triangle parfait, impressionnant effet naturel.
La plupart des pèlerins ayant déjà entamé leur descente, la voie est maintenant moins encombrée. Je descends les escaliers en travers pur soulager mes genoux. La montée était rude, mais la descente casse... 09h30, j’arrive à la Punsisi, pour une bonne douche et un petit-déjeuner bien mérité. Dominique fréquente les toilettes depuis 05h00 du matin et souffre de crises et de spasmes intestinaux. Pourtant, nous avions mangé pareil, sauf un petit beignet hier midi à la gare routière de Hatton. Est-ce cela ?
Nous reprenons néanmoins le bus pour Hatton (60 Rps). Le paysage est vraiment exceptionnel, pour en profiter il faut s’asseoir sur la gauche, ce que nous avions fait par hasard. Le bus va directement à la gare, après s’être arrêté en ville. 40 minutes d’attente pour notre train qui va à Haputale (130 Rps). Sera-t-il à l’heure ? Les crises de Dominique s’espacent, l’Imodium lingual a fait son effet. Le train a finalement 35 minutes de retard. La ponctualité n’est pas forcément le fort des chemins de fer srilankais. Pas de wagon-restaurant, nous montons dans un wagon conventionnel, Dominique trouve une place assise, pas moi. Pour avoir de l’air, je m’installe sur le marche-pied. Il faut dire que le train n’avance pas vite, 35-40 km/h maximum. Nous faisons connaissance avec une famille locale dont 2 des 3 enfants nous regardent constamment. Regards, sourires... je leur fais des photos-portraits, ils sont magnifiques et rient de se voir dans l’appareil. Finalement, nous sommes les seuls Occidentaux du wagon. Regards, sourires...
Le paysage traverse d’abord les plantations de thé, puis des cultures maraichères. A mesure que Haputale approche, l’air devient vif. Il fait même froid et nous devons sortir nos pulls. Surprise, Raja est à la gare pour nous accueillir et il nous conduit à la Srilak View GH, dont il est un ancien employé. Nous avons une excellente chambre (la 7), avec une vue exceptionnelle sur la vallée devant nous. La nuit sera réparatrice, bien qu’un peu bruyante avec l’arrivée tardive d’un guide et de ses clients. Nous avons mangé avec Raja et il nous a concocté un petit programme pour les jours à venir. C’est un garçon merveilleux.
Dimanche 7 février 2010
Ce matin, Adam’s Peak se fait sentir dans les mollets qui sont deux blocs de béton... Il fait beau, nous commandons notre petit-déjeuner, mais nous nous le faisons servir sur notre petite terrasse, au soleil et à l’abri du vent. Petit moment de bonheur ...
En matinée, nous prenons un tuk-tuk qui va nous conduire au Lipton Seat, au sommet d’une montagne et au milieu d’une plantation de thé. Adam’s Peak étant bien présent dans mes muscles, nous choisissons l’option de monter en rickshaw et redescendre à pied. La route traverse des paysages fantastiques, comme dans toute cette partie du Sri Lanka. Nous avions déjà vu des plantations de thé l’an dernier en Malaisie, dans les Cameron Highlands, mais là, cela n’a rien à voir. Le tuk-tuk nous pose au pied d’un chemin en terre et repart. Nous marchons une petite demi-heure pour atteindre le sommet, au soleil et rafraichit par une petite brise. Nous sommes à près de 2000 mètres. Une fois en haut, le panorama est grandiose, toute la plaine est devant nous. Sans la brume, nous pourrions voir la mer, 80 km plus au sud, selon un homme qui nous fait causette. Pas un touriste, nous sommes seuls avec 2 ou 3 locaux venus passer du temps ici.
Nous redescendons ensuite à pied jusqu’à la Tea Factory du village, 90 minutes en marchant tranquille. Nous traversons le village, suivis par une horde de petits enfants qui nous guettent de leurs grands yeux noirs. Les plus hardis secouent la main pour nous dire bonjour. Pour revenir à Haputale, nous prenons un minibus qui descend les travailleurs dans la vallée. Un van Isuzu, 314 000 km au compteur, avec 12 places assises. 20 Rps le trajet. C’est dimanche, les villageois descendent dans la vallée. Au total, nous serons 28 dans le bus .... 3 sur le marche-pied, 5 devant (dont le conducteur quand même !), et 20 dans la cabine. Bien entendu, nous sommes les seuls Occidentaux. Je cède ma place assise à une petite mémé, et j’ai droit à un sourire édenté durant tout le voyage. Même ses yeux me disent merci.
Haputale a droit à son marché dominical, le long de la voie ferrée. Nous le parcourons, fruits, légumes, bic à brac, ustensiles, bref, on trouve un peu de tout, les gens nous saluent, nous apostrophent «where are you from ?» «Switzerland» «Ah Switzerland, cool country». Eh oui, vous ne croyez pas si bien dire, l’hiver est rude cette année chez nous. Là aussi, pas l’ombre d’un Blanc. C’est d’ailleurs pour cela que nous avions choisi de prendre quartier à Haputale. Tous les touristes rencontrés dans la région montagneuse allaient sur Ella, nous avions peur d’en voir trop. Ici, nous sommes vraiment plongés dans la vie locale. Il y a aussi beaucoup à faire depuis Haputale, en balades, en visites.
Dans l’après-midi, je m’offre une petite sieste sur le lit de la Srilak, fenêtre ouverte, le soleil réchauffant ma peau, une brise la berçant. Petite séance mails et appels depuis Skype dans un cybercafé. Il y en a deux à Haputale, un à côté de la gare et l’autre à la sortie du village direction Lipton Seat. Accueil très chaleureux des deux côtés. Nous optons pour le second, tenu par deux jeunes, qui ne ferment pas leur échoppe tant que nous sommes là, ce qui est bien pratique pour téléphoner vu le décalage horaire. Petit tour dans le village et les magasins, en attendant l’heure d’aller manger. Le vent souffle à nouveau, il fait frais. Haputale est à 1500 mètres. Plus de Raja, il a rejoint des clients ce matin et nous ne le verrons plus. Par contre, nous nous appellerons régulièrement.
Lundi 8 février 2010
Ce matin, lever à 04h30, le but du jour : Horton’s Plains. Raja connaissait un chauffeur qui nous ferait un bon prix pour nous y emmener (3500 Rps, certains demandent 4000). 05h00, départ munis de sandwichs préparés par la GH. Le site n’est qu’à une petite quarantaine de km, mais il nous faut 90 minutes pour y aller par des routes très sinueuses et mauvaises.
Nous arrivons alors que le soleil commence à pointer ses rayons. Le ciel prend des couleurs magnifiques. Nous payons les droits d’entrée (5100 Rps pour 2 et le taxi) et tout de suite nous apercevons de grosses biches et des cerfs, fiers de leurs grands bois. Ces animaux sont bien plus trapus que ceux que l’on peut voir chez nous. La balade à pied est facile, le chemin est bien tracé. Nous atteignons le point de World’s End, un splendide point de vue sur le bord d’une falaise abrupte, dont aucune barrière ne protège du vide. Les brumes qui dominent les montagnes environnantes nous permettent de faire de belles photos. Nous nous asseyons et mangeons nos sandwichs, profitant de ce spectacle naturel en silence.
C’est fou ce que le Sri Lanka peut être diversifié : sites culturels, montagnes, plantations de thé, réserves naturelles, plages, il y a tant à voir. Dans l’aéroplane, nous avions rencontré des gens qui n’y passaient qu’une semaine avant de filer aux Maldives. Plusieurs mois ne suffiraient pas à tout voir.
Le chemin fait une boucle et traverse aussi de endroits dégagés qui donnent des airs de savane à la balade. Nous voyons encore de petites chutes d’eau avant d’arriver à la fin. 10 km environ, 3 heures à un rythme tranquille, le tout à 2100 mètres d’altitude, un bon moment. Nous aurons vu quelques animaux, les biches et cerfs du débuts, des oiseaux, des singes et un écureuil géant dont le nom nous est inconnu. A notre départ vers 10h30, le parking est plein, le soleil tape et il n’y a plus d’animaux. La fraîcheur de la forêt les a rappelés.
Retour à Haputale et vient maintenant l’épisode Raja-Vijee. Raja nous avait confié connaître une fille depuis longtemps à Haputale, mais qu’il n’osait pas lui déclarer sa flamme, ce qui est apparemment plus compliqué au Sri Lanka qu’en Europe. Il nous avait demandé un coup de main pour essayer d’obtenir son numéro de portable. Nous montons donc tout un stratagème pour aller la voir là où elle travaille, prétextant que Dominique voulait acheter un saree et qu’elle avait besoin d’un conseil. Ne sachant à qui s’adresser, Raja nous avait donc conseiller d’aller la voir. Voici donc la version officielle...Nous la rencontrons sur son lieu de travail (une banque) et lui parlons de Raja comme d’un garçon extraordinaire (il fallait bien le vendre...) mais nul en matière de saree. Elle se dit prête à nous aider et cela tombe bien, son père a un magasin de tissu dans la ville voisine de Bandarawela. Mais pas moyen de lui extirper son numéro de portable, le patron de la banque écoute notre conversation, nous devons choisir nos mots. Nous la remercions, nous repasserons. Nous avions décidé de nous rendre de toute manière à Bandarawela pour trouver un cadeau à offrir à Raja pour tous les services qu’il nous avait rendus, nous rendrons donc visite au père de Vijee.
Bandarawela est une assez grande ville où on trouve de tout. Nous achèterons un livre relié en cuir, avec une belle couverture, que Raja pourra utiliser comme Guest Book pour ses clients, pratique très courante ici. Nous rendons visite au père de Vijee, réussissons à placer des louanges sur Raja et finissons par acheter une petite robe pour nos filles. Mais nous n’avons toujours pas le numéro de portable ! Retour à Haputale, en minibus 20 places, et dans lequel nous serons pas loin de 60... Rien que sur le marche-pied, il y a 4 personnes. Retour à la GH, tri des photos de la journée, petit jus de fruit frais sur la terrasse. La nuit sera bonne, excepté la mosquée voisine qui appelle à la prière à 05h00 du matin. Haputale compte 30 % de musulmans.
Mardi 9 février 2010
Lever vers 08h00, nous partons aujourd’hui direction le Sud et le parc de Yala. Raja connaissait un chauffeur qui peut nous emmener dans le parc. Il l’a appelé et l’a prévenu de notre arrivée. Il nous a aussi donné son nom, Sarath, et son numéro de téléphone à contacter dès notre arrivée à Tissa, la ville voisine du parc. Petit-déjeuner et moment de payer. 11’000 Rps, la chambre pour 3 nuits et tous les repas. Vraiment pas cher pour la qualité des prestations fournies ici.
Nous partons pour la gare, non sans avoir fait un détour par la banque de Vijee pour une dernière tentative. Nous la remercions pour l’adresse de son père et lui disons que nous avons pu y acheter de jolies robes pour nos filles. Nous louons une fois encore les qualités de Raja et tentons au dernier moment d’obtenir son numéro de portable pour un contact futur, qui sait ? Elle voudrait bien, mais elle n’a pas de portable ... Au moins, elle nous aura dit qu’elle n’a pas vu Raja depuis longtemps et que cela lui ferait plaisir de le revoir. Tout n’est pas perdu, nous transmettrons cette information importante à Raja ce soir en l’appelant.
Premier bus direction Wellawaya où nous devrons changer. Au début, le chauffeur semble calme, mais après une heure de route, il se déchaîne sur les petites routes pour une seconde heure sportive. A Wellawaya, petit tour dans le village et repas léger dans un resto local. Encore une fois, pas de Blanc dans le coin, où sont les touristes ? Du coup, le service est attentionné, on fait tout pour nous contenter, les autres clients nous dévisagent et nous sourient.
Deuxième bus, direction Tissa. Là encore, nous sommes les seuls étrangers, regards et sourires... Dominique a une place assise, mais je dois rester debout. Heureusement, la route est droite et le chauffeur roule correctement. Le bus nous dépose à une intersection à 6 km de Tissa et il nous faut prendre un dernier transport rejoindre la ville. Au total, Haputale-Tissa, 150 Rps par personne. En arrivant sur Tissa, alors que nous sommes à l’arrière du bus, nous voyons un homme conduire une vieille Land Rover nous faire des signes en suivant notre véhicule. Racolage d’un guide ? Mais non, c’est Sarath qui guettait notre arrivée. Nous actionnons la sonnette (une corde qui pend au plafond et qui fait sonner un petit carillon vers le chauffeur) pour stopper le bus et descendre.
Nous faisons sa connaissance et c’est un gars vraiment sympa. Il nous emmène à la Vikum Lodge, qui aurait été d’ailleurs notre choix vu les bons commentaires dans le LP. Chambre simple, moustiquaire et ventilo, douche et WC (1800 Rs), cela ira très bien. Nous y laissons nos sacs et partons avec Sarath qui veut nous faire découvrir les bords du lac qui borde Tissa. Vite un petit stop dans un internet café pour vérifier nos mails et appeler la maison. Sur les petites routes, nous voyons encore de ces énormes chauve-souris, des singes et des oiseaux magnifiques, dont des martin-pêcheurs. Sarath insiste pour nous emmener chez lui boire le thé. Bien sûr. Sa maison est très simple, la cuisine se fait au feu de bois. Il fait pousser son riz, quelques légumes. Nous faisons le tour du propriétaire. Apparemment, au Si Lanka, il y a toujours une pièce, à l’entrée de la maison, qui est soignée, carrelages, meubles, souvent télévision, c’est là que les invités doivent rester. On ne va pas dans les autres pièces qui sont juste fonctionnelles. Son épouse nous amène le thé et une succulente pâtisserie faite de sucre, gingembre, noix de coco et cannelle. Le père de Sarath, un vieil homme digne qui part mettre une chemise blanche à notre arrivée, se joint à nous. Séance photos avec toute la famille, nous les enverrons par e-mail via Raja.
Retour ensuite sur les bords du lac pour une balade à pied sur les berges. Le soleil se couche, le paysage est splendide, nous voyons quantité d’oiseaux. Nous revenons à la GH, assassinats de quelques moustiques gros comme des mouches, vaporisation à l’intérieur de notre moustiquaire. Il fait à nouveau bien chaud après la fraîcheur des montagnes. La Vikum Lodge possède un joli jardin pour se tenir à l’extérieur en sirotant une bière fraîche ou un jus de fruit. Puis vient le repas, un rice and curry végétarien magnifique. Nous discutons avec un couple d’Anglais qui ont fait le safari le matin même et qui ont vu 3 léopards à moins de 20 mètres, photos à l’appui ! Une dame suédoise qui est seule nous demande si elle pouvait se joindre à nous pour le safari du lendemain histoire de limiter ses coûts, j’appelle Sarath qui accepte et elle nous paie sa part. Au total 9000 Rps, divisés par 3 plus les droits d’entrée. Coucher assez tôt, le lever est programmé à 05h00. Fini le bon air des montagnes, il fait chaud...
Mercredi 10 février 2010
Encore un lever aux aurores, à 05h00. Sarath est pile à l’heure, nous montons dans la Jeep avec notre partenaire suédoise du jour. Le lever du soleil est magnifique sur les lacs autour de Tissa.
Arrivés à l’entrée du parc de Yala, nous payons nos droit d’entrée (5300 Rps pour 2) et pénétrons dans le parc. Un pisteur, employé du Parc, s’est joint à nous pour débusquer les animaux. Au début, plusieurs Jeep se suivent car il n’y a qu’une piste, mais rapidement les chemins s’écartent et on ne croise plus grand monde. Difficile de tout décrire, les pistes sont souvent défoncées, Sarath a une Jeep avec l’arrière ouvert et une bâche qui protège du soleil. On peut aussi se tenir debout et se tenir aux arceaux. Commencé à 06h00, notre safari se terminera vers 14h00. Nous aurons vu des buffles sauvages, des sangliers, des crocodiles, des biches et des cerfs, des varans, des mangoustes, des paons mâles et femelles, des oiseaux multicolores et bien sûr des éléphants, dont une imposante femelle et son petit, à moins de 10 mètres. Malheureusement, le Dieu du parc, le léopard, s’est fait désirer et ne nous a finalement pas fait honneur de sa présence. Il faut dire qu’ils ne sont qu’une trentaine dans le Parc et qu’il faut une sacrée dose de chance pour les apercevoir.
Pour les repas, nous avions emporté des sandwich depuis la Vikum pour le petit-déjeuner et la femme de Sarath avait préparé durant la nuit un succulent rice and curry que nous avons tous partagé. Nous sommes conscients d’avoir été gâté, l’effet Raja sans doute.
Nous avons mangé les deux fois sur une plage où en décembre 2004, 47 personnes avaient été emportées par une vague géante venue des côtes indonésiennes... Un mémorial rappelant le tsunami est d’ailleurs érigé là. Ce matin là, l’histoire dit que les touristes n’avaient aperçu aucun animal, situation incompréhensible pour les guides.
A la fin de notre périple, Sarath nous pose avec nos sacs à la gare routière, nous devons aller à Tangalle. J’achète un peu de chocolat que j’offre à notre guide pour qu’il le partage avec sa famille. Sarath m’avait expliqué qu’il y a environ 150 chauffeurs-guides qui vont dans le parc avec des touristes, mais que vu la faible fréquentation touristique de ces dernières années, il arrivait qu’il ne faisait aucune sortie pendant plusieurs jours, donc aucun revenu. A ceux qui veulent faire Yala, et cela vaut le coup, vous pouvez contacter Sarath au 077-711-41-72 ou au 047-571-20-46 (Mongoose Safari), c’est un bon gars.
Nous sautons dans notre bus direction Tangalle, nous allons aborder notre partie balnéaire qui va nous reposer un peu. Je l’ai dit, les chauffeurs srilankais sont tous fous, certains plus que d’autres. Celui là est un champion, c’est sûr ! Vitesse excessive, dépassements téméraires, toute la panoplie y passe. Fidèles à nos habitudes, nous avions laissé nos sacs à l’avant, à côté de Fangio, pour nous installer à l’arrière. Bizarrement, malgré tout, nous n’avons jamais vu un seul accident.
2 heures de route et 73 Rps plus tard, nous arrivons à la gare routière de Tangalle. Notre but est les bungalows de Séverine et Daya, mais ceux-ci ne seront libres qu’après-demain. Nous avions alors opté pour le Ganesh Garden, dont l’adresse figure dans le LP. Un tuk-tuk nous y conduit, c’est à 3 km de la ville en bord de plage. Petit ensemble de bungalows à deux étages, nous avons une chambre à 2500 Rps, tout confort, notamment un grand lit bien confortable. Le jardin de palmiers donne un air très tropical à l’endroit.
Avant de manger la baignade s’impose. Un employé nous voit nous diriger vers la plage et vient nous dire que l’endroit n’est pas idéal pour la baignade, en raison des forts courants et du fait qu’il y a dans l’eau des rochers que l’on ne voit pas, mais qui torturent les pieds. Par contre, il nous indique un endroit protégé par une barrière rocheuse, à 15 minutes à pied sur la gauche de la plage, que les locaux appelle la «piscine». Là, c’est sans danger et sableux. Effectivement, même s’il y a vagues et courants, on peut se baigner en toute sécurité à cet endroit. L’eau est bien chaude.
Après cette décontraction balnéaire, retour à la GH pour une bonne douche et départ pour le repas du soir. Le cuistot vient nous exhiber des langoustes, pêchées ce matin. Allez, un petit coup de folie : 2 demi-langoustes, 2 ! Après ce repas de choix, nous allons nous poser dans l’excellent lit de notre chambre, sans le souci de mettre le réveil pour le lendemain.
Jeudi 11 février 2010
Lever tranquillement vers les 09h30. Après un premier repas du matin, retour à la piscine pour une bonne dose de baignade dans l’Océan Indien. Je garde mon t-shirt, le souvenir d’une brûlure malaise est encore en mémoire. C’est vrai que les courants sont forts, il est parfois impossible de résister au retour de la vague qui tire vers le large. Des locaux viennent parler avec nous et nous confirment qu’il faut éviter de se baigner seul ailleurs que dans la piscine. Ils nous expliquent aussi que quand un courant t’emmène à quelques mètres du bord, il ne faut pas résister et essayer de revenir, il faut se laisser aller et prendre une vague suivante pour reprendre le courant dans le bon sens.
Nous prenons notre dose d’iode et de soleil jusqu’à 14h00 où nous revenons à la Ganesh pour une douche fraîche et un peu de farniente à l’ombre. Un tuk-tuk nous emmène à Tangalle faire un peu de shopping, des fruits bien sûr, et vérifier nos mails. Internet est notre seule connexion avec le monde que nous avons laissé derrière nous. Et encore, surtout pour rester en contact avec nos enfants. Notre vie européenne ne nous manque pas, nous avons bien déconnecté ici.
17h00, nous dégustons une magnifique papaye, mure à souhait, avec un filet de jus de lime. Le vent s’est levé, il fait bon aller se poser sur le bord de la plage pour lire. C’est souvent le cas en fin d’après-midi, après le coup d'assommoir du soleil de midi. Repas du soir au Ganesh avec des calamars frais du jour. Depuis hier nous remarquons une tablée de touristes russes qui claquent leur argent sans compter. Langoustes et poissons qu’ils ne finissent pas, bières (qu’ils finissent), même s’ils ont un comportement tout à fait correct, on sent cette différence. D’ailleurs, le personnel est aux petits soins pour eux et nous dédaignent un peu. C’est la première fois depuis le début de notre séjour que nous avons ce sentiment. Le vent est tombé, il fait chaud.
Vendredi 12 février 2010
Pas de stress, plus de stress. Lever tranquille, petit-déjeuner, nous devons libérer la chambre pour 10h30. Nous faisons donc nos sacs, que nous pourrons laisser à la réception le temps d’aller profiter de la piscine où nous rencontrons quelques Srilankais. Discussion sur la catastrophe du tsunami qui a aussi touché Tangalle. Notre interlocuteur nous dit que l’eau est entrée à plus de 1,5 km à l’intérieur des terres. Heureusement que cela ne s’est pas produit de nuit, le bilan aurait été bien plus lourd, toutes les maisons ont été inondées complètement.
Vers 13h00, retour au Ganesh, paiement de notre note, on prend les sacs et on part chez Séverine. Heureux hasard, ses bungalows sont à 10 minutes à pied, à côté de l’Ibis GH ! Nous avions connu Séverine via le site Voyageforum.com et par message privé, elle m’avait expliqué tenir cet endroit. Nous avions donc prévu d’y passer quelques jours. Nous ne savons pas encore si nous pourrons la rencontrer, elle a accouché hier de son premier fils !!!
Sur place, nous sommes accueillis par sa mère qui a fait le déplacement depuis la Suisse pour l’aider avec l’arrivée du nouveau-né. Les bungalows sont neufs et splendides. Grand et bon lit, beaux meubles, belle salle de bains, grande terrasse, nous serons bien là. Le jardin de jeunes palmiers et plantes complète le tableau. Bref, un vrai paradis.
Après une douche, nous partons à pied sur Tangalle acheter des fruits, vérifier nos mails et prendre de l’argent à un ATM. Retour en tuk-tuk, Séverine ne rentrera pas ce soir de l’hôpital de Matara où elle se trouve, son fils pourrait avoir la jaunisse. Nous dégustons une bonne papaye, une habitude maintenant, que nous venons d’acheter au marché aux fruits. Quelle délice. Le soleil se couche, le ciel prend des couleurs orangées, on contemple.
La plage n’est pas non plus idéale pour la baignade juste devant les bungalows, à cause des rochers. Mais en se déplaçant 10 minutes à pied sur la droite, le sable fait son retour. Le repas du soir sera pris à l’Ibis GH voisine, tenue par Ranjit, le frère de Daya, lui-même mari de Séverine. Au menu : un buffet à volonté de rice and curry, toujours aussi bon. Peu d’air, il fait chaud en soirée. Heureusement, les bungalows sont équipés d’un puissant ventilateur, et silencieux en plus.
Samedi 13 février 2010
Départ pour une journée de farniente. Après le petit-déjeuner, nous prenons la route direction Tangalle et nous nous posons devant le King Fisher Restaurant où la plage est sablonneuse. Quelques grosses vagues ce matin, ça secoue pas mal. Si on est pris dans un rouleau, on ne contrôle plus vraiment la situation et on peut se faire mal. Pour nager, il suffit de passer la barre où cassent les vagues et c’est plus tranquille. Assiette de fruits pour le lunch au King Fisher. Vers 16h00, nous avons eu notre dose d’iode et de soleil et retour au bungalow. Incroyable, il n’y a presque personne sur les étendues de plage de Tangalle. Alors qu’il paraît que Mirissa est surpeuplée. Repos à l’ombre des cocotiers, température idéale vu la brise marine. Le soir, grillade de barracuda à l’Ibis et petit tour sur la plage à regarder le ciel étoilé et la voûte céleste... loin du stress européen.
Dimanche 14 février 2010
Encore une journée à ne rien faire, on y prend goût. Seule incartade au programme, un tour au marché dominical de Tangalle. Fruits, légumes, quelques habits, le tout sous des bâches qui assurent une ambiance de sauna ! Encore une fois, pas l’ombre d’un touriste. Du coup, nous sommes la cible des regards et des sourires.
Retour à notre coin de paradis et Séverine est enfin rentrée de l’hôpital. Nous faisons connaissance aussi de son mari Daya, leur offrons un petit présent pour le nouveau-né. Discussion autour de la vie srilankaise vue à travers les yeux d’une Occidentale. Son fils n’a pas encore de prénom, car comme le veut la coutume, il faut d’abord aller voir un astrologue qui suggérera celui à donner. Bien sûr, on peut en changer, mais il est de bon ton de garder les mêmes lettres choisies par l’astrologue et d’en composer un prénom avec.
Baignades, soleil, nous profitons de nos derniers instants à Tangalle, car demain nous partons. Notre ami Ranmal, le révérend rencontré dans un bus, veut absolument nous accueillir chez lui et nous devons le rencontrer demain soir dans la région entre Colombo et Negombo. Nous avons convenu d’un rendez-vous à Kandana, sur la route de Negombo. Dernier repas du soir à l’Ibis, dernière nuit à s’endormir avec le bruit des vagues. Nul doute que Séverine et Daya connaitront du succès avec leur petite GH. Un peu plus chère, 3000 Rps, mais vraiment agréable pour se relaxer et profiter du temps qui passe.
Lundi 15 février 2010
Il nous faut partir ce matin, dur d’abandonner un tel endroit. Ce coin était magique. Après le petit-déjeuner, nous prenons nos sacs et direction la gare routière pour rejoindre Matara en bus (40 Rps).
Nous tombons sur un bus local qui passe par l’arrière-pays et nous traversons des villages où les touristes ne vont pas. Puis, le bus rejoint la côte pour arriver à Matara. La région entre Tangalle et Matara est parsemée de petites plages et criques tranquilles. On peut s’y rendre en bus, puisqu’il suffit de signaler sa volonté de descendre pour que le bus s’arrête.
A Matara, il y a une énorme plage de sable juste devant la gare routière. Nous prenons un tuk-tuk pour nous conduire à la gare ferroviaire où nous prendrons le train pour Colombo (230 Rps en 2ème classe). Avant de monter dans les wagons, nous achetons notre repas de midi. Un gros pot de Curd. Le Curd est du lait caillé de bufflonne, une sorte de fromage frais ou de yaourt nature, au goût un peu plus prononcé, que l’on mange arrosé de miel liquide ou de rondelles de banane. C’est délicieux, mais on n’en trouve pas partout. Présenté dans des plats en terre cuite, ceux ayant une feuille de papier journal qui les recouvre proviennent de fermes artisanales, alors que ceux qui ont une feuille imprimée sont issus de production industrielle. Il paraît que les premiers sont bien meilleurs... En tous les cas aucune hésitation à avoir, c’est délicieux, même si au début cela nous a surpris que cela ne soit pas conservé au frais.
A Matara, le train est quasi vide, mais au fur et à mesure des gares, les wagons se remplissent et à Galle, le train est plein. Peu après Hikkaduwa, nous sentons une forte odeur de plastique brûlé. Nous regardons par la fenêtre, une forte fumée s’échappe de la locomotive. Le train s’arrête sur la voie unique. Le conducteur descend, téléphone avec son portable et après 15 minutes d’arrêt, le convoi se remet en marche ... mais dans l’autre sens ! En direction de Galle et à la vitesse du pas. En fait, nous allons nous stationner sur une voie de garage pour décocher la locomotive défectueuse. Attente d’environ une heure, le temps qu’une nouvelle locomotive arrive. Le seul passager content de cette panne est ce vendeur de noix de coco, qui a écoulé tout son stock pour les gens se désaltèrent du jus des fruits.
Une heure de retard donc à Colombo où il fait nuit lorsque nous arrivons. Nous esquivons les incessantes attaques des chauffeurs de tuk-tuk et nous appelons Ranmal depuis une petite échoppe pour les appels locaux. Il nous dit où descendre et nous demande de le rappeler lorsque nous serons à l’endroit convenu. Nous trouvons facilement la gare routière qui est à 10 minutes à pied de la gare, sur la droite en sortant du bâtiment. Sur place, c’est la ruche, où trouver notre bus pour Negombo ? Un préposé nous renseigne sur le bon bus à prendre, le 240, mais après avoir dû répondre à la sempiternelle question «where are you from ?» !
Nous descendons à Kandana (23 Rps) et appelons Ranmal pour lui dire que nous sommes sur place. Une vingtaine de minutes plus tard, nous voyons une Mini Cooper, version Buggy ras du sol, débouler avec notre Ranmal en soutane au volant ! Nous montons dans le véhicule avec nos sacs et partons vers des petites routes de campagne sans éclairage. Un moment, un doute nous prend, nous partons Dieu sait où, avec une personne que nous ne connaissons pas et personne ne sait où nous sommes. Mauvais réflexe occidental ... vu que ce genre d’hospitalité n’a pas cours chez nous.
Nous arrivons dans le village de Uswetakeiyawa où Ranmal s’occupe de la l’église Ste-Marie. Nous rentrons dans les dépendances de l’église, nous voilà rassurés. Ranmal nous montre sa chambre et nous explique qu’il nous la laisse le temps de notre séjour. Un grand lit, une moustiquaire, une douche et des toilettes, bref une petite GH version catholique. Nous nous douchons, le repas du soir sera pris dans sa famille qui habite à une quinzaine de minutes de là.
Nous prenons la Buggy et partons sur les petites routes. Chez lui, nous retrouvons sa soeur, Nangi, qui l’accompagnait lors de notre rencontre dans le bus, et sa mère qui ne parle que le cinghalais. Au menu ... 3 petites langoustes, du riz, des légumes, du dal, des fruits, il y a à manger pour 10 ! Nous sommes gênés devant tant de générosité. Discussion sur nos sociétés respectives, Ranmal est un homme d’église très cultivé et avec un grand sens de la vie. Nangi est timide et ne dit rien. Après ce festin, retour à l’église pour la nuit.
Mardi 16 février 2010
Lever vers 07h15 et nous allons voir une petite école maternelle adjacente à l’église. C’est une soeur âgée qui fait l’accueil des élèves, mais ce sont 2 maitresses qui font les cours et préparent les bambins à la vraie école. Comme dans tout le Sri Lanka, les enfants portent un uniforme. Séances photos dans la classe, discussions avec les maitresses.
Retour à l’église pour le petit-déjeuner qui nous est servi par des «serviteurs» d’origine tamoule. Nous allons ensuite à l’école où enseigne Ranmal, toujours en buggy. Notre arrivée fait sensation, le père Ranmal en soutane au volant d’une voiture de sport ! Les élèves qui nous voient arriver sont hilares. Nous sommes présentés au père principal, responsable des lieux. L’école est grande et répartie en des classes d’une quarantaine d’élèves, tous les niveaux étant représentés. Nous faisons le tour des lieux, entrant dans certaines classes, notamment chez les petits où nous avons droit à des chants. Le père principal nous explique que ses élèves sont principalement issus de familles de pêcheurs locaux et que certains sont si pauvres qu’ils peinent à acheter des chaussures à leurs enfants ou à leur fournir 3 repas par jour. Le père essaie avec ses maigres moyens de combler à ses manques, mais il ne reçoit aucune aide particulière de l’Etat. Parfois, il achète des chaussures lui-même ou prépare des pique-nique qu’il offre aux plus pauvres.Les revenus de l’école proviennent donc des dons et autres donations faites, notamment à l’église.
Le respect est grand chez les élèves et ceux-ci saluent le père principal et Ranmal lorsqu’ils les croisent. Nous apprenons que l’école obtient de très bons résultats scolaires et que le sport a été instauré comme discipline obligatoire. Cricket, volleyball, basketball, athlétisme, le sport sert aussi d’échappatoire pour oublier les soucis quotidiens chez les plus démunis. Ranmal nous explique qu’avec plus de moyens, ils pourraient faire encore plus notamment pour les plus défavorisés des élèves. Ce soir, nous ferons un modeste don à la hauteur de nos moyens et de la décence pour contribuer à l’action des pères dans cette partie du Sri Lanka.
Un tuk-tuk nous ramène sur l’axe Colombo-Negombo où nous prendrons un bus pour la capitale. Nous nous contentons des quartiers du Fort et de Pettah, autour de la gare. Pire qu’une fourmilière, klaxons, pollution, foule compacte, sollicitations des tuk-tuk et des vendeurs, ajoutés à la chaleur lourde, c’est vite usant.
En fin d’après-midi, le ciel se couvre et nous avons droit à notre seule averse de ces trois dernières semaines. Pour nous dire au revoir ? Retour à l’église en bus et en tuk-tuk pour préparer nos sacs, faire un brin de toilette avant notre dernier repas chez Ranmal et les siens. Et re-festin : toujours des langoustes, nouilles, légumes, dal, saucisses, beignets de crevettes, il y a beaucoup trop. Ranmal s’étonne d’ailleurs que nous ne mangions pas plus.
Vers 22h00, retour à l’église pour les derniers préparatifs. A minuit pile, un ami de la famille qui a un van vient nous chercher pour nous conduire à l’aéroport, sans vouloir être rétribué d’une quelconque manière. En route, nous chargeons la soeur de Ranmal, Nangi, le jeune frère de Ranmal qui a 13 ans, sa mère, tous vont nous accompagner à l’aéroport, malgré l’heure tardive. Accolades, embrassades, nous nous quittons comme des amis. L’attente est longue jusqu’au décollage prévu à 03h30.
11 heures de vol, à se remémorer ce fabuleux périple srilankais. Tant de rencontres, Chintah le conducteur de tuk-tuk, Raja le guide-organisateur, Ranmal le révérend et sa famille, Nandana et Kush tenanciers de la Shangrila, Sarath le safari-man, Séverine et Daya jeunes parents, et tous ces inconnus croisés au hasard d’un train, d’un bus, d’un restaurant ou plus simplement dans la rue. Tous ont étalé leur joie de vivre, par leurs sourires, leur hospitalité, leur confiance et pour certains leur amitié. Mais finalement, une si belle île se devait d’avoir un peuple à la hauteur de sa beauté naturelle. C’est le peuple srilankais.
Merci, tout simplement.
Octobre 2009, surfant au hasard, certainement plus pour tuer le temps ou s’évader sur des sites de voyages, voilà que mon attention est attirée par une fenêtre qui clignote sur le bas de mon écran. Srilankan Airlines propose des «hot seats» depuis Paris pour 470 Euros TTC. Le Sri Lanka. Voyons ... Ceylan, le thé, les éléphants, le tsunami, je ne connais pas vraiment grand chose de la larme de l’Inde. D’un seul coup, ma curiosité est éveillée et je trouve un but pour passer du temps devant mon écran. Photos, compte-rendus, avis de voyageurs, l’envie me prend. Le Sri Lanka. Oui, pourquoi pas. Petit passage vers la cuisine, où Dominique s’affaire. «Dis voir, si on pensait à nos prochaines vacances, surtout que les gosses ne viendront plus cette année...». «C’est pas un peu tôt, on vient de rentrer de Malaisie». «Oui, mais j’ai trouvé une super occasion à ne pas rater sur le net». «Où ?». «Le Sri Lanka».
Mardi 26 janvier 2010
Le départ pour Colombo n’est prévu que demain matin, mais pour assurer le coup, on décolle pour Paris cet après-midi. On passera la nuit proche de Roissy-CDG, à l’hôtel Comfort au Mesnil-Amelot. Hôtel fonctionnel, buffet le soir comme repas, rien à dire pour une nuit entre deux avions, surtout pour le forfait de 85 Euros TTC, lit et repas.
Mercredi 27 janvier 2010 et jeudi 28 janvier 2010
Re-buffet pour le petit-déjeuner, puis navette gratuite pour l’aéroport et le terminal 1 d’où décolle Srilankan. Vol à l’heure et notre A330 est plein pour une première escale à Milan. L’avion se vide en partie dans la ville italienne, je peux récupérer deux sièges pour un voyage d’une petite dizaine d’heures un peu plus confortable. Il est 4h. 30 du matin, les roues se posent sur la piste de l’aéroport de Colombo. Il y a la queue pour les formalités d’immigration. Les douaniers sont souriants, tampons dans nos passeports. Après avoir récupéré nos sacs à dos, nous voila dans le hall d’arrivée. Nous n’avons encore aucune Roupies (Rps) sur nous et nous cherchons un endroit pour en retirer. Pas d’ATM dans l’aéroport, mais plusieurs agences bancaires qui peuvent changer quelques Euros, toutes au même taux. Les employés de ces guichets attirent le touriste, mais avec le sourire, premiers contacts... Pour ceux qui veulent acheter une carte SIM srilankaise, il y a aussi un guichet de l’opérateur téléphonique local Dialog. Il nous reste du crédit sur notre carte suisse, nous pouvons être atteint, nous reportons cet achat.
Nous avions réservé par le net une chambre à la GH Dephani de Negombo, avec un pick-up à l’aéroport. Nous voyons notre nom sur une pancarte tenue par un homme. «Welcome to Sri Lanka». Encore un de ces sourires éclatants. La Dephani est à 25-30 minutes de trajet. 30 °, l’air est moite. Il fait encore nuit noire, les voitures, camions et tuk-tuk roulent parfois sans phare ou avec un éclairage limité. Sans parler des vélos, qu’on ne voit qu’au tout dernier moment. Malgré l’heure, nous avons une chambre (1800 Rps) où nous pouvons nous poser quelques heures. Un grand et bon lit, une moustiquaire, une douche et WC, ce sera parfait. Vers 10h00, nous émergeons et nous prenons notre premier thé, accompagné d’une assiette de fruits frais sur la terrasse où souffle un air marin bienfaiteur. Le ciel est bleu.
Nous descendons Lewis Road à pied pour partir à la découverte de Negombo. Les rues sont bordées d’échoppes, les vélos, scooters et motos, parfois à 2, 3 ou 4 passagers, sont majoritaires. C’est le dépaysement total et nous remarquons immédiatement que le niveau de vie est bien plus bas qu’en Malaisie ou en Thaïlande. Les filles nous sourient souvent, les chauffeurs de tuk-tuk nous sollicitent, mais sourires encore et toujours. Nous poussons jusqu’à la gare pour voir les horaires de train pour Colombo et nous y trouvons aussi un ATM qui nous permet de retirer de l’argent. Le distributeur nous donne des coupures de 1000 et 2000 Rps, qu’il est parfois difficile d’écouler. Il fait chaud, le Dieu soleil tape dur. Premier achat de fruits et aussi d’une bombe anti-moustique pour vaporiser notre moustiquaire. Notre premier rice and curry nous donnera un exemple du feu qui emporte la bouche. Si les légumes sont facilement mangeables, le curry de poulet ou de poisson brûle... C’est à la couleur qu’il faut se repérer. Plus c’est foncé, plus c’est fort.
Retour en tuk-tuk à la GH pour profiter de l’ombre des palmiers. En fin d’après-midi, alors que le soleil décline, nous sortons sur la plage et partons sur la droite nous balader. Des catamarans à voiles sont posés sur le sable, un couple venant de se marier vient faire des photos. Nous arrivons sur une petite digue, les Srilankais sont là, à profiter de la mer. Nous sommes les seuls occidentaux et les regards se tournent régulièrement vers nous. Sourires... Les jeunes filles cherchent facilement le contact, rires et bonne humeur, joie de vivre. Nous apprendrons par la suite que c’est une caractéristique du peuple srilankais. Nous profitons de ce joyeux spectacle jusqu’au magnifique coucher de soleil. Retour à la GH où notre repas du soir sera un peu décevant. Nous trouvons un cybercafé où nous pourrons nous brancher sur Skype pour appeler nos enfants restés en Suisse. Quasi tous les cybercafés de Negombo sont équipés de casque et de micro pour les utilisateurs de ce fabuleux programme. Un dernier jus de fruit et un lassi, puis ce sera le temps de se coucher.
Vendredi 29 janvier 2010
Lever vers 09h30, on récupère du voyage et du léger décalage horaire (4h. et demi). Petit déj’ à la Dephani et nous partons louer des vélos, à quelques dizaines de mètres sur la gauche en sortant sur Lewis Rd. 200 Rps la monture pour la journée. Vieux vélo, roues voilées, mais bien efficaces pour quadriller Negombo. Première étape : le marché aux poissons. Odeurs et spectacle garantis. Des pêcheurs sortent leurs barques de l’eau, le poisson sèche sur la plage, scènes de vies. Autre coin du marché, autres odeurs. La vente du poisson frais, principalement par des femmes.
Il y a bien un fort à Negombo, mais c’est aujourd’hui la prison du lieu. Des familles viennent y livrer de la nourriture à un proche détenu là. Petit repas en ville et au hasard des rues, je croise un cordonnier qui travaille à même le sol, à réparer de vieilles godasses qui chez nous auraient fini dans un container. Mes vieilles sandales en cuir commence à s’essouffler, mais je ne peux pas me résoudre à m’en séparer. Cela fait des années qu’elles voyagent avec moi, je leur offre donc une petite cure de jeunesse. 2-3 rajouts de bouts de cuir, consolidation des coutures, elles sont reparties pour quelques années. 200 Rps, service compris. Retour à la GH et petit moment de détente dans le jardin de Dephani où nous faisons la connaissance d’un couple de la région de Lille (Bencasto se sera reconnu...). Pas de chance pour eux, ils sont sur le départ. Echange d’impressions, d’expériences, de tuyaux, le courant passe, dommage que n'ayons pas eu le temps de prolonger ce sympathique moment.
Vers la fin de l’après-midi, retour sur les vélos pour retourner vers la digue, mais par la route cette fois. C’est jour de pleine lune et donc de fête au Sri Lanka et l’endroit est bondé. Le coucher de soleil approche, les gens se baignent, jouent au cricket, regardent la mer. Peu ou pas d’occidentaux dans le coin, pourtant quelques grands hôtels sont proches. Depuis notre arrivée, nous sommes frappés par la gentillesse des gens. Les sourires sont permanents, les Srilankais recherchent le contact, nous saluent, viennent voir les photos que nous prenons. Une chaleur d’accueil exceptionnelle. Après le coucher de soleil et quelques photos, nous achetons quelques délicieux beignets dans les stands ambulants sur la plage. Restitution des vélos et retour à la GH pour une bière bien fraîche, une Lion, brassée au Sri Lanka. Nous papotons encore quelques instants avec nos amis lillois. Un peu déçu du repas d’hier, nous changeons d’endroit pour le dîner. Nous avions conclu un arrangement avec le patron d’une gargotte un peu plus loin : 1500 Rps pour 8 crevettes de la taille d’une baleine, avec salade de légumes (chou, carotte, ananas) et pommes de terre à l’ail. Un enfer, tellement c’était bon. Nous testons aussi quelques frites, mais elles sont dorées à l’huile de coco, ce qui leur donne un goût assez bizarre. Petit détour dans un cybercafé, mais personne de nos connaissances n’est connecté sur Skype. Nous appelons néanmoins notre fils sur son portable, toujours via Skype, qualité et coût incroyables. La nuit sera pénible, il fait 31 ° dans la chambre et le ventilo ne nous rafraîchit guère.
Samedi 30 janvier 2010
Le ciel s’est couvert pendant la nuit, il fait quelques degrés en moins. Après le petit-déjeuner, direction la gare routière pour prendre un bus pour Kandy. Nous pensions utiliser le train via Colombo, mais c’est plus rapide et plus simple en bus. Nous sommes en avance, notre bus part à 10h00 et nous regardons le tohu-bohu de l’endroit. C’est un vrai bordel organisé. Le bus arrive, nous montons à l’arrière et c’est parti pour 4 heures de route (110 Rps). Les chauffeurs srilankais ont la réputation de conduire vite, c’est confirmé. Nous rencontrons un jeune couple de l’île de Ré qui voyage aussi sac à dos.
Arrivés sur Kandy, la circulation est intense et cela force dans tous les sens. Nous prenons un tuk-tuk qui va nous conduire à la Shangrila GH que j’avais appelée quelques jours avant notre départ de Suisse. Il n’y a que 4 chambres et je voulais vraiment résider là. La GH est au bout du lac, un peu en surplomb, à env. 20 minutes à pied de la ville. Nous y rencontrons un couple d’Israéliens qui finit un périple commencé en Inde. Et également leur guide, Raja, un garçon très sympathique qui va rapidement devenir un ami comme vous pourrez le lire plus loin. D’ailleurs, ses clients nous en disent le plus grand bien, sur ses compétences et sa gentillesse. Nous le vérifierons immédiatement lorsqu’il va nous proposer de nous emmener au temple de la Dent où il va assister à une cérémonie avec ses clients, puis à un spectacle de danses cinghalaises. Nous pourrons ainsi profiter de ses explications. Il refuse toute forme de paiement. Ce garçon a le contact facile et est d’une honnêteté irréprochable. D’ailleurs, si vous voulez qu’il vous organise un tour du Sri Lanka sur mesure, vous pouvez le joindre au 0094775323903 ou sur son e-mail nithy_raja@yahoo.com.
Bref, la visite du temple était très intéressante, avec plein de bouddhistes venus faire des offrandes. Quant aux danses, très touristiques et pas forcément indispensables, sauf peut-être la cérémonie du feu, lorsque les danseurs marchent sur les braises ou se passent des torches sur le corps ou dans la bouche ! Retour à la Shangrila où nous prendrons le repas en commun. Anoma, la si souriante cuisinière, nous a préparé un curry végétarien succulent, avec pour dessert, le curd, du lait de bufflonne caillé, à manger avec des rondelles de bananes. Un vrai délice. Les patrons, Kush et Nandana, sont absents mais devraient arriver demain. En soirée, la température est d’environ 22 °, plus rien à voir avec la moiteur de Negombo. Il fait bon rester sur la terrasse à boire un thé et lire un bon livre.
Dimanche 31 janvier 2010
Lever vers 08h00 pour dire au revoir à Raja et ses clients israéliens qui partent pour la région montagneuse. Echanges d’adresses, de téléphones. Ils feront un stop au jardin botanique et Raja propose de nous y emmener puisque de toute façon il y va. Nous ne sommes pas prêts et nous ne voulons pas stresser. D’ailleurs, notre refus sera l’occasion de faire une autre magnifique rencontre. Nous voyons donc partir nos amis, non sans que Raja nous ait fait des messages de recommandation pour notre périple à venir.
Le ciel est bleu, il y a de l’air, c’est l’idéal pour partir se balader. Anoma nous recommande un chauffeur de tuk-tuk qu’elle connaît. Chintah arrive avec son véhicule, tout souriant et timide. Nous pensons le garder toute la journée et nous lui demandons son prix. Il peine à nous le dire et il est presque gêné de nous dire 1000 Rps, tout compris toute la journée à notre convenance. Première étape : le jardin botanique. 3 heures de balade dans ce splendide parc où les couples d’amoureux viennent s’isoler au pied des arbres. Pudeur et contacts furtifs. Côte à côte ou enlacés, ils s’embrassent parfois rapidement, comme s’ils ne devaient pas être vus. Drôle et touchant. Une partie du parc est peuplée d’énormes chauves-souris, il y en a des centaines, voire des milliers.
A la sortie du parc, Chintah est là, pile à l’heure convenue. Un petit crochet par la gare routière pour acheter des fruits sur les étals du marché et Chintah nous conduit au grand Buddha qui surplombe la ville et qui offre une belle vue sur les environs. Rien de spécial si ce n’est profiter de la vue et de l’air. Nous partageons nos fruits avec Chintah et parlons de sa vie. Il n’est pas propriétaire de son tuk-tuk, il le loue 500 Rps par jour et doit le rentabiliser par ses transports. Parfois, il n’en fait pas et il perd de l’argent. Notre contact est facile et Chintah nous propose d’aller boire le thé chez lui, ajoutant que ce serait un honneur de nous accueillir dans sa demeure. Nous acceptons bien évidemment et nous voila partis sur les hauteurs de Kandy, là où les Occidentaux ne vont pas. Il vit dans une modeste maison, avec sa femme et ses trois enfants, dont le dernier a moins d’un mois. Il y a aussi d’autres membres de sa famille, car au Sri Lanka, les enfants vivent encore souvent avec leurs parents. Sa femme nous prépare le thé, nous amène des biscuits et nous visionnons les albums photos de son mariage et de ses enfants. On voit sa fierté dans ses yeux que des étrangers comme nous aient accepté de venir chez lui. Nous faisons quelques photos de sa famille et prenons son adresse e-mail pour les lui envoyer une fois de retour en Europe.
Nous repartons en ville et il nous pose devant un cybercafé. Nous allons consulter nos mails et appeler la maison. Nous demandons à Chintah de venir nous reprendre dans une heure. Comme tout à l’heure, il est ponctuel et nous reprend 60 minutes plus tard. Il nous ramène ensuite à la GH. Nous avions profité de son absence pour acheter 5 plaques de chocolat dans une échoppe et nous les lui remettons en cadeau pour sa famille et ses enfants. Il semble touché et nous remercie avec ses grands sourires. Nous le payons. Plus tard Anoma nous dira que 1000 Rps pour toute la journée à notre convenance est un prix très honnête. Au cas où, Chintah est atteignable au 077-782-37-40. Si vous l’utilisez, saluez-le pour nous.
Pour le repas du soir, Anoma nous prépare un curry de tofu frais. Nous participons à la confection des plats et cela semble l’amuser. Au final, curry de tofu, nouilles srilankaises, salade de concombres-oignons-tomates au lait de coco. Tous les pensionnaires sont partis, nous sommes seuls dans la GH. Les patrons sont toujours à Colombo et nous les avons eu au téléphone, ils arrivent en fin de soirée. Nous restons sur la terrasse, les manches longues se supportent. Kush et Nandana arrivent comme prévu en fin de soirée, nous faisons rapidement connaissance, surtout qu’ils parlent chacun un français parfait.
Lundi 1er février 2010
Après le repas du matin, nous descendons en ville avec le bus que l’on peut prendre en bas de la GH (6 Rps). Marchés, balades dans les rues, achats de fruits. Nous allons dans une boutique qui vend du thé et recevons plein d’explications très intéressantes sur les multiples types de thé. Nous revenons à la GH pour faire un sac que nous prendrons pour un petit périple dans le triangle culturel. L’autre sac restera à la Shangrila. Nous nous limiterons à 2 jours, car nous voulons passer plus de temps dans la région des montagnes. 3 semaines de périple, c’est court et il faut s’organiser.
Nous appelons Chintah et il nous conduit à la gare routière, pile devant le bus qui part pour Dambulla, d’où nous prendrons un autre bus pour Sigiriya. Nous prenons un bus climatisé et rapide (270 Rps). Un peu plus cher, mais direct. La conduite est une fois de plus sportive, ça fout parfois la trouille !! Dépassements, vitesse excessive, traversée des villages à fond, tout y passe. A Dambulla, un chauffeur de tuk-tuk très sympathique tente de nous convaincre de l’emprunter pour Sigiriya. Mais désolé, ce sera encore le bus. Pas rancunier, le chauffeur nous indique le bon bus (40 Rps) et nous souhaite un bon séjour dans la région.
Sur conseil de Raja, nous logerons à la Bananaa Rest, près du rocher. En demandant le bon endroit pour s’arrêter, un jeune étudiant nous dit qu’il habite à proximité et nous invite à partager un bout de chemin avec lui. Nous descendons donc avec lui à la bonne intersection et tout en discutant nous nous dirigeons vers notre lieu d’hébergement. Il nous indique la bonne voie et nous souhaite bon séjour. La GH est isolée au bout d’un chemin, en pleine nature. Il y a un long bâtiment avec des chambres simples et fonctionnelles et un nouvelle petite construction avec deux chambres neuves. 1500 Rps les anciennes et 2800 les nouvelles. Les anciennes iront très bien pour nous. Conséquence d’être en pleine nature : les moustiques. Heureusement, notre bombe anti-insectes nous suit partout. Nous vaporisons, inspectons la moustiquaire, deux fois plutôt qu’une. Je ne verrais pas un petit gecko qui passera donc la nuit en ma compagnie, sous la moustiquaire.
Nous mangeons sur place ce soir, avec un magnifique rice and curry et une présentation de plusieurs plats. 8 au total, tous excellents. Si les chambres sont basiques, la cuisine est délicieuse et nous nous régalons. La soirée sera faite de lecture et de parties de carte dans cet endroit bien calme.
Mardi 2 février 2010
Nous prenons le petit-déjeuner assez tôt, car la veille nous avons rencontré un guide qui logeait là avec son client tchèque (et quasi muet). Il nous a proposé de nous emmener au rocher de Sigiriya avec sa voiture, nous évitant l’attente du bus. Sympa. Comme Raja, il refuse toute forme de participation financière.
Arrivés sur le site, nous prenons le pass qui permet de combiner les entrées des différents sites du triangle culturel, vu que nous allons encore à Polonnaruwa (5750 Rps). L’accès au rocher traverse des jardins qui ont une vue imprenable sur le «rock», vue splendide pour des photos réussies, même si le ciel est plutôt gris ce matin. Puis, la montée commence par une série de marches et de terrasses. Nous arrivons au pied d’un escalier en colimaçon, grillagé par sécurité, qui monte une trentaine de mètres à pic dans la paroi. Il y a là de splendides fresques très bien conservées. Le chemin longe ensuite la roche, jusqu’aux pattes du Lion, d’où part l’ascension finale. Selon la légende, il y avait là un énorme lion de pierre avec un escalier en son sein afin d’atteindre le sommet où un palais avait été construit. Il n’en reste que les pattes et c’est un escalier en fer à flanc de rocher, à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du vide, qui nous conduit en haut. Assez impressionnant pour ceux qui ont le vertige, mais jamais dangereux.
La vue sur les environs est splendide, mais malheureusement pour nous, le temps est brumeux et le ciel plutôt gris. Par contre, il y a de l’air qui sèche nos chemises trempées de sueur. Petite mise en garde : si les vendeurs de souvenirs au pied du rocher ne sont pas trop insistants, il n’en va pas de même avec ceux qui sont sur le parcours de la montée. Ils viennent carrément prendre le bras des gens qui empruntent la voie finale, sous prétexte de les aider dans la montée. Impossible de s’en défaire ensuite. A moins de lâcher quelques roupies bien sûr. En restant ferme, mais poli et souriant, nous réussissons à les éviter.
Après la descente, nous attendons sur le bord de la route le bus local qui nous ramène à Dambulla en 45 minutes (20 Rps). Il est presque midi et nous achetons quelques snacks (beignets de poulet, samosas, etc...) pour notre lunch. Direction les grottes de Dambulla, en tuk-tuk. Là aussi, il faut grimper toute une série de marches avant d’arriver à l’entrée du site. Tout au long de la montée, il y a aussi de nombreux vendeurs de souvenirs ou de fruits, plus ou moins collants. Et quelques infirmes qui tendent la main, phénomène assez peu fréquent finalement au Sri Lanka. Les tickets d’accès se prennent en bas, à côté du temple, à ne pas oublier, sinon on est bon pour redescendre...
Nous arrivons sur le site, il faut enlever ses chaussures et on peut les faire garder contre 20 Rps. Nous voyons des gens bourrer leurs sacs de leurs escarpins pour éviter de payer 20 Rps ...Ridicule. Il y a là 5 grottes avec des statues de Buddha, dans plusieurs positions, et des fresques magnifiques aux plafonds. Cette visite vaut vraiment la peine, même si le droit d’entrée n’est pas compris dans le pass pour le triangle culturel. L’endroit est superbement conservé. En redescendant, nous achetons des fruits, mais les singes nous guettent. Ils s‘approchent avec manifestement l’intention de nous piquer nos bouts d’ananas ! Ils essaient de nous sauter dessus et il faut les repousser, soit par des petits cris, soit avec les pieds. Mais attention, ils ont l’esprit rebelle ces macaques. Ils n’auront pas raison, les ananas sont trop bons ici.
Nous rejoignons Dambulla à pied, car non loin, nous avions repéré un cybercafé. Consultation des mails, appels avec Skype. Retour à la Bananaa Rest en bus pour une bonne douche tiède. Peu de GH sont équipées de l’eau chaude, mais franchement nous n’en n’avons pas besoin, vu la température extérieure. Cette adresse en pleine nature est vraiment relaxante avec sa verdure et ses chants d’oiseaux. En rajoutant la gentillesse et les sourires du personnel, nous sommes vraiment bien ici. Au menu du soir, curry de patate, nouilles et salade aux oignons.
Mercredi 3 février 2010
Lever assez tôt, nous partons pour Polonnawura. Après le petit-déjeuner, paiement de la facture, 5850 Rps pour les 2 nuits, tous les repas. On se répète, mais vraiment bonne adresse, excellent rapport qualité-prix, à l’écart du bruit et de la poussière. Nous marchons à peine 5 minutes pour rejoindre la route de Sigiriya et attraper un bus qui va sur Dambulla.
Dès notre arrivée, nous ne savons pas vraiment quel bus prendre. Ce sont les chauffeurs de tuk-tuk qui nous renseignent efficacement, notamment celui qui voulait m’embarquer le premier jour de notre arrivée, et qui vont jusqu’à bloquer un bus qui roulait déjà. Merci messieurs.
Connexion parfaite et 2 heures de trajet (133 Rps). Pendant le trajet, je converse en anglais avec mon voisin, Ranmal, qui m’apprend être révérend dans la région de Negombo. Nous parlons de notre société et il me sort une phrase étonnante au sujet des progrès technologiques : «Rappelez-vous au début de l’ère de la TV, les appareils étaient énormes et les hommes minces. Maintenant, ce sont les écrans qui sont minces et les hommes qui sont énormes. Nous devenons paresseux». A méditer. Echange de coordonnées, d’adresses e-mail, il veut nous inviter chez lui et nous demande de trouver le temps de nous y rendre. On verra. Il ajoute enseigner dans une école et qu’il veut nous présenter à sa classe.
A Polonnawura, le bus nous dépose juste devant l’entrée du site, mais nous avons encore notre sac à dos. Un tuk-tuk est là, devinant nos intentions car il nous demande si nous cherchons à louer un vélo. Mais oui mon brave. Il nous conduit un peu plus loin, chez un marchand de meubles en bois, qui nous louera les montures (400 Rps la journée) et chez qui nous pouvons laisser notre sac. Nous partons sur nos deux roues, les vestiges sont dans une forêt et c’est vraiment le meilleur moyen de les visiter. Le site ravira les passionnés d’archéologie, nous apprécions l’endroit, sans plus que cela.
Nous partons aussi sur la route qui longe le lac, à l’entrée de la ville à droite. Belles scènes de vie, des femmes lavent le linge dans le lac et le font sécher dans des champs, étirés dans l’herbe. Tous les gens que nous croisons nous saluent et nous sourient. Il nous arrive de nous arrêter pour converser un peu. Il fait chaud, plus d’ombre au bord du lac. Vers la Polonnaruwa Rest House, il y a encore quelques vestiges. Des familles srilankaises s’y sont arrêtées pour pique-niquer. Il y a là une importante colonie de singes (à faces noires), des Bear Monkeys, qui sont visiblement attirés par la nourriture. On y voit même des mères qui portent leurs petits sous leur ventre. Contrairement aux macaques, ces singes là ne sont pas agressifs du tout.
A la fin de notre tour, nous rendons nos vélos et évidemment, nous sommes sollicités pour acheter de l’artisanat en bois. Le patron a tout compris, il attire le touriste en louant des vélos et essaient ensuite de lui vendre ses produits, arguant qu’ils sont au moins 2 fois moins chers qu’à Colombo. Désolé, pas cette fois, ils ont l’air un peu contrarié, mais bon...Le même chauffeur de tuk-tuk nous ramène à la gare routière, distante de 4 km. On pourrait prendre le bus devant le magasin, mais avec de grandes chances de devoir rester debout. Nous en profitons pour tirer de l’argent à un ATM.
Notre bus est là et nous voilà partis pour 4 heures de route. Nous faisons un stop de 10 minutes à Dambulla et par la fenêtre du bus, j’aperçois toujours le même chauffeur de tuk-tuk. Décidément. Il court, traverse la route et vient me serrer la main, en me demandant si nous avons apprécié nos visites. Quelle gentillesse, alors que j’avais refusé sa course. On se quitte presque amis et en route pour Kandy. Peu avant d’arriver à la gare routière, j’appelle Chintah et il est là pour nous prendre en charge à notre arrivée. Il nous conduit à la Shangrila et refuse même le petit pourboire que nous voulions lui laisser pour sa disponibilité. Quelle classe cet homme là. Douche, repas toujours aussi succulent préparé par Anoma. Petit thé à l’air frais de la terrasse, on retrouve nos repaires.
Jeudi 4 février 2010
Après le petit-déjeuner sur la terrasse, nous descendons en ville, notamment pour voir le défilé organisé pour la fête nationale srilankaise qui tombe aujourd’hui. Le président fraichement élu est à Kandy pour les festivités et les mesures de sécurité sont impressionnantes. Il y a tellement de monde dans les rues qu’il est impossible d’approcher le cortège.
Achats de fruits et nous retournons à la GH, conduits par Chintah que nous avons appelé sur son portable. Nous suivrons les festivités à la télévision, costumes colorés, danses typiques, un vrai spectacle.
L’après-midi, Nandana nous emmène en voiture dans les montagnes environnantes. Nandana y a ouvert une seconde GH, qui sera un centre de méditation, domaine de prédilection de notre hôte. Il y aura trois chambres et une salle dévolue à la réflexion. La vue est époustouflante, l’air est frais et pur, l’endroit se prête bien à cette discipline. Son jardin est plein de plantes et de fruits : papayes, avocats, poivre... Après un thé, nous repartons sur les petites routes de montagne, dans des paysages grandioses, afin d’aller voir un temple qui se trouve au sommet d’une colline. 800 marches ... mais cet effort est récompensé par une vue extraordinaire à 360 °. Nous ôtons nos chaussures et profitons de l’air frais. Le temple est une petite dagoba blanche splendide. Nous restons un peu au sommet à profiter du panorama, puis nous redescendons les escaliers pour rentrer sur Kandy.
Petit arrêt pour un thé sur le bord de la route dans une petite gargotte locale. Une cahutte en bois où nous ne nous serions jamais arrêtés sans Nandana. Après le repas du soir, nous restons à discuter sur la terrasse de la Shangrila et à profiter de l’air un peu frais (22° env.). Cette étape de Kandy aura été fantastique, par la diversité de ce qu’il y a à voir ici, et surtout par nos rencontres : Chintah le chauffeur de tuk-tuk (atteignable au 077-782-37-40), Raja le guide, Anoma la cuisinière, Kush et Nandana nos hôtes si chaleureux. Merveilleux Sri Lanka...
Vendredi 5 février 2010
Lever tôt, notre train pour les montagnes part à 8h20. Petit-déjeuner. Anoma est déjà toute affairée, puis vient Kush pour la note que nous devons régler. 4 nuits, 4 repas, 4 petit-déjeuner, 7500 Rps ! Non seulement une excellente adresse, mais en plus des prix très doux.
Chintah est pile à l’heure pour nous emmener à la gare avec son tuk-tuk. Nous l’avions recommandé hier à un couple de Français qui logeait aussi à la Shangrila, apparemment ils se sont entendus. Cela lui fera du travail, il le mérite tant. Arrivés à la gare, il refuse une nouvelle fois notre pourboire avec pudeur, alors qu’il en aurait besoin. Nous n‘insistons pas trop pour ne pas le froisser. Il nous remercie pour notre gentillesse. Ne serait-ce pas à nous de le remercier pour cette chaleur humaine, ses sourires et son honnêteté, tant de valeurs qui font souvent défaut chez nous ? C’est le Sri Lanka. Des gens simples, souvent démunis, mais qui ont tant à offrir.
Il nous faut partir, nous prenons nos billets pour Hatton (110 Rps). Le train est à l’heure, mais part en retard ... La voie unique ne devait pas être libre. A peine 15 minutes de trajet et nous devons changer de convoi à Peradeniya Junction. Le train pour les montagnes arrive, il est déjà presque bondé, plus les gens de Kandy qui doivent monter. Visiblement, il se vend plus de tickets qu’il y a de places disponibles. Néanmoins, le hasard fait que nous nous retrouvons dans... le wagon restaurant. Nos 2 sacs posés par terre feront un bon siège et nous sommes moins serrés. Le train branle de partout, craque à chaque bosse. Il faut dire qu’il n’est pas de première jeunesse, loin de là. Rapidement, il commence à monter à travers les plantations de thé, traversant des paysages fantastiques. Pour une belle vue, il faut se tenir sur la droite du train. Des Srilankais engagent la discussion «Where are you from ?». Les échanges sont nombreux, comme les sourires et les regards.
Nous arrivons à Hatton et descendons du train. La plupart des touristes se rendaient à Ella. Notre destination est Dalhousie, au pied du mythique Adam’s Peak. Nous partons en ville en tuk-tuk, car nous voulons envoyer 1-2 mails avant de partir, aucun cybercafé ne se trouvant à Dalhousie. Nous trouvons de quoi informer nos proches et prenons ensuite un repas léger dans un petit resto attenant à la gare routière. Pas facile de trouver notre bus, très peu de gens parlent l’anglais et tous ceux à qui nous demandons notre chemin nous fournissent des infos contradictoires. Finalement, petit coup de chance, nous voyons un vieux bus Tata (la marque locale) avec l’inscription «Dalhousie» sur le pare-brise. Un petit signe de la main et nous voilà à l’intérieur. 60 Rps, la route serpente au milieu des plantations, paysages superbes. Evidemment, le chauffeur se croit dans un grand prix...
Dalhousie est un petit village qui n’offre aucun intérêt si ce n’est un joli point de vue, tout là haut, sur le sommet du pic d’Adam. Nous avons une chambre à la Punsisi GH, où Raja nous avait recommandés. Bon accueil, bonne chambre. La GH offre un package nuit-dinner-breakfast à 3500 Rps. Cher, mais nous sommes dans un haut lieu du tourisme ici. D’ailleurs toutes les GH semblent pleines. Nous partons nous balader dans le village. Des étals vendent une espèce de pâte de fruit, noire, au gingembre, de même que des bonnets, des gants, des polaires, des écharpes. Nous nous dirigeons vers le bas du village, vers le lit de la rivière. Des dizaines de Srilankais, hommes, femmes, enfants, se lavent dans l’eau fraîche de la rivière, à grands coups de savon. Les hommes en bermudas, les femmes le corps entouré d’un tissu léger, les enfants nus. Eclats de rire, sourires, belles photos. Certains se lavent le corps, d’autres les habits, d’autres encore les dents ... Nous y trempons les pieds, attirant les rires des locaux qui nous font signe qu’il faut nous tremper entièrement. Nous n’avons ni habits de rechange, ni serviette, belles excuses. Apparemment, il s’agit d’un rituel. Avant de grimper le pic, il faut se purifier dans l’eau de sa rivière. Nous voyons même une série de cabines-douches, installées sur les berges pour ceux qui ne veulent pas entrer dans la rivière. De là, nous voyons le sommet du pic et son sanctuaire, enfin quand les nuages veulent bien nous les dévoiler.
Nous retournons à la Punsisi où nous avons une grande chambre, une douche avec l’eau chaude, mais pas de moustiquaire. Nous sommes en altitude, les moustiques ne sont pas trop présents. Le repas est gargantuesque et excellent : 7 plats, sans compter le riz. Courge à l’ail, aubergines, curry de poulet, curry de patate, salade oignons-tomates, curry de lentilles (dal), haricots, on se régale. Petite balade digestive, mais pas de folie ce soir. Le réveil est programmé à 02h00 pour la montée à Adam’s Peak, que je ferai seul.
Samedi 6 février 2010
02h00. Le réveil sonne. Le sac est prêt. Un pull à capuche, un coupe-vent, de quoi boire et manger, l’appareil photo. Quelques échoppes sont encore ouvertes, mais il n’y a pas foule. La plupart des pèlerins sont partis plus tôt. La première demi-heure est pour se mettre dans le bain. Un chemin avec des marches, ça monte mais gentiment. Le plat de résistance arrive : les marches, pas toujours régulières, avec une pente parfois raide. Il faut le dire, c’est souvent rude. Mais les Srilankais le font parfois à pieds nus, ou avec des petits enfants dans les bras. Certains sont très âgés. Je rattrape assez vite des gens partis plus tôt et il commence à y avoir du monde sur le chemin. Il y a régulièrement des cahuttes qui vendent de quoi boire et à manger, pas besoin de se charger dans le sac. Le dernier bout est carrément raide, on n’en voit pas la fin. Des rambardes aident à soulager les cuisses, le chemin est éclairé tout du long.
Il est 5 heures, j’arrive au sommet. Il y a du monde autour du temple où il faut enlever ses chaussures. Le vent souffle, ma chemise en coton est trempée de sueur. Près de 3 heures de montée, ça fait transpirer. Je me change avec les effets que j’ai emportés et je mets mon coupe-vent. Vers 06h00, l’aube pointe. Quelle chance, pas un nuage. Le ciel prend des couleurs magnifiques avec les brumes au loin sur les montagnes environnantes. Pour les photos, il ne faut pas rester autour du temple. Des puissants projecteurs sont braqués dessus et il est impossible de les éviter, on les a en pleine face. Je redescends donc en haut de l’escalier d’accès et là, c’est parfait. Il y a plein de gens qui attendent l’arrivée du soleil, surtout des Srilankais, les touristes sont peu nombreux. Le soleil arrive, il illumine des paysages splendides, tout en réchauffant l’atmosphère. Je remonte au temple pour une série de photos et laisser le gros de la foule emprunter le sens de la descente. A l’opposé du soleil, Adam’s Peak projette l’ombre d‘un triangle parfait, impressionnant effet naturel.
La plupart des pèlerins ayant déjà entamé leur descente, la voie est maintenant moins encombrée. Je descends les escaliers en travers pur soulager mes genoux. La montée était rude, mais la descente casse... 09h30, j’arrive à la Punsisi, pour une bonne douche et un petit-déjeuner bien mérité. Dominique fréquente les toilettes depuis 05h00 du matin et souffre de crises et de spasmes intestinaux. Pourtant, nous avions mangé pareil, sauf un petit beignet hier midi à la gare routière de Hatton. Est-ce cela ?
Nous reprenons néanmoins le bus pour Hatton (60 Rps). Le paysage est vraiment exceptionnel, pour en profiter il faut s’asseoir sur la gauche, ce que nous avions fait par hasard. Le bus va directement à la gare, après s’être arrêté en ville. 40 minutes d’attente pour notre train qui va à Haputale (130 Rps). Sera-t-il à l’heure ? Les crises de Dominique s’espacent, l’Imodium lingual a fait son effet. Le train a finalement 35 minutes de retard. La ponctualité n’est pas forcément le fort des chemins de fer srilankais. Pas de wagon-restaurant, nous montons dans un wagon conventionnel, Dominique trouve une place assise, pas moi. Pour avoir de l’air, je m’installe sur le marche-pied. Il faut dire que le train n’avance pas vite, 35-40 km/h maximum. Nous faisons connaissance avec une famille locale dont 2 des 3 enfants nous regardent constamment. Regards, sourires... je leur fais des photos-portraits, ils sont magnifiques et rient de se voir dans l’appareil. Finalement, nous sommes les seuls Occidentaux du wagon. Regards, sourires...
Le paysage traverse d’abord les plantations de thé, puis des cultures maraichères. A mesure que Haputale approche, l’air devient vif. Il fait même froid et nous devons sortir nos pulls. Surprise, Raja est à la gare pour nous accueillir et il nous conduit à la Srilak View GH, dont il est un ancien employé. Nous avons une excellente chambre (la 7), avec une vue exceptionnelle sur la vallée devant nous. La nuit sera réparatrice, bien qu’un peu bruyante avec l’arrivée tardive d’un guide et de ses clients. Nous avons mangé avec Raja et il nous a concocté un petit programme pour les jours à venir. C’est un garçon merveilleux.
Dimanche 7 février 2010
Ce matin, Adam’s Peak se fait sentir dans les mollets qui sont deux blocs de béton... Il fait beau, nous commandons notre petit-déjeuner, mais nous nous le faisons servir sur notre petite terrasse, au soleil et à l’abri du vent. Petit moment de bonheur ...
En matinée, nous prenons un tuk-tuk qui va nous conduire au Lipton Seat, au sommet d’une montagne et au milieu d’une plantation de thé. Adam’s Peak étant bien présent dans mes muscles, nous choisissons l’option de monter en rickshaw et redescendre à pied. La route traverse des paysages fantastiques, comme dans toute cette partie du Sri Lanka. Nous avions déjà vu des plantations de thé l’an dernier en Malaisie, dans les Cameron Highlands, mais là, cela n’a rien à voir. Le tuk-tuk nous pose au pied d’un chemin en terre et repart. Nous marchons une petite demi-heure pour atteindre le sommet, au soleil et rafraichit par une petite brise. Nous sommes à près de 2000 mètres. Une fois en haut, le panorama est grandiose, toute la plaine est devant nous. Sans la brume, nous pourrions voir la mer, 80 km plus au sud, selon un homme qui nous fait causette. Pas un touriste, nous sommes seuls avec 2 ou 3 locaux venus passer du temps ici.
Nous redescendons ensuite à pied jusqu’à la Tea Factory du village, 90 minutes en marchant tranquille. Nous traversons le village, suivis par une horde de petits enfants qui nous guettent de leurs grands yeux noirs. Les plus hardis secouent la main pour nous dire bonjour. Pour revenir à Haputale, nous prenons un minibus qui descend les travailleurs dans la vallée. Un van Isuzu, 314 000 km au compteur, avec 12 places assises. 20 Rps le trajet. C’est dimanche, les villageois descendent dans la vallée. Au total, nous serons 28 dans le bus .... 3 sur le marche-pied, 5 devant (dont le conducteur quand même !), et 20 dans la cabine. Bien entendu, nous sommes les seuls Occidentaux. Je cède ma place assise à une petite mémé, et j’ai droit à un sourire édenté durant tout le voyage. Même ses yeux me disent merci.
Haputale a droit à son marché dominical, le long de la voie ferrée. Nous le parcourons, fruits, légumes, bic à brac, ustensiles, bref, on trouve un peu de tout, les gens nous saluent, nous apostrophent «where are you from ?» «Switzerland» «Ah Switzerland, cool country». Eh oui, vous ne croyez pas si bien dire, l’hiver est rude cette année chez nous. Là aussi, pas l’ombre d’un Blanc. C’est d’ailleurs pour cela que nous avions choisi de prendre quartier à Haputale. Tous les touristes rencontrés dans la région montagneuse allaient sur Ella, nous avions peur d’en voir trop. Ici, nous sommes vraiment plongés dans la vie locale. Il y a aussi beaucoup à faire depuis Haputale, en balades, en visites.
Dans l’après-midi, je m’offre une petite sieste sur le lit de la Srilak, fenêtre ouverte, le soleil réchauffant ma peau, une brise la berçant. Petite séance mails et appels depuis Skype dans un cybercafé. Il y en a deux à Haputale, un à côté de la gare et l’autre à la sortie du village direction Lipton Seat. Accueil très chaleureux des deux côtés. Nous optons pour le second, tenu par deux jeunes, qui ne ferment pas leur échoppe tant que nous sommes là, ce qui est bien pratique pour téléphoner vu le décalage horaire. Petit tour dans le village et les magasins, en attendant l’heure d’aller manger. Le vent souffle à nouveau, il fait frais. Haputale est à 1500 mètres. Plus de Raja, il a rejoint des clients ce matin et nous ne le verrons plus. Par contre, nous nous appellerons régulièrement.
Lundi 8 février 2010
Ce matin, lever à 04h30, le but du jour : Horton’s Plains. Raja connaissait un chauffeur qui nous ferait un bon prix pour nous y emmener (3500 Rps, certains demandent 4000). 05h00, départ munis de sandwichs préparés par la GH. Le site n’est qu’à une petite quarantaine de km, mais il nous faut 90 minutes pour y aller par des routes très sinueuses et mauvaises.
Nous arrivons alors que le soleil commence à pointer ses rayons. Le ciel prend des couleurs magnifiques. Nous payons les droits d’entrée (5100 Rps pour 2 et le taxi) et tout de suite nous apercevons de grosses biches et des cerfs, fiers de leurs grands bois. Ces animaux sont bien plus trapus que ceux que l’on peut voir chez nous. La balade à pied est facile, le chemin est bien tracé. Nous atteignons le point de World’s End, un splendide point de vue sur le bord d’une falaise abrupte, dont aucune barrière ne protège du vide. Les brumes qui dominent les montagnes environnantes nous permettent de faire de belles photos. Nous nous asseyons et mangeons nos sandwichs, profitant de ce spectacle naturel en silence.
C’est fou ce que le Sri Lanka peut être diversifié : sites culturels, montagnes, plantations de thé, réserves naturelles, plages, il y a tant à voir. Dans l’aéroplane, nous avions rencontré des gens qui n’y passaient qu’une semaine avant de filer aux Maldives. Plusieurs mois ne suffiraient pas à tout voir.
Le chemin fait une boucle et traverse aussi de endroits dégagés qui donnent des airs de savane à la balade. Nous voyons encore de petites chutes d’eau avant d’arriver à la fin. 10 km environ, 3 heures à un rythme tranquille, le tout à 2100 mètres d’altitude, un bon moment. Nous aurons vu quelques animaux, les biches et cerfs du débuts, des oiseaux, des singes et un écureuil géant dont le nom nous est inconnu. A notre départ vers 10h30, le parking est plein, le soleil tape et il n’y a plus d’animaux. La fraîcheur de la forêt les a rappelés.
Retour à Haputale et vient maintenant l’épisode Raja-Vijee. Raja nous avait confié connaître une fille depuis longtemps à Haputale, mais qu’il n’osait pas lui déclarer sa flamme, ce qui est apparemment plus compliqué au Sri Lanka qu’en Europe. Il nous avait demandé un coup de main pour essayer d’obtenir son numéro de portable. Nous montons donc tout un stratagème pour aller la voir là où elle travaille, prétextant que Dominique voulait acheter un saree et qu’elle avait besoin d’un conseil. Ne sachant à qui s’adresser, Raja nous avait donc conseiller d’aller la voir. Voici donc la version officielle...Nous la rencontrons sur son lieu de travail (une banque) et lui parlons de Raja comme d’un garçon extraordinaire (il fallait bien le vendre...) mais nul en matière de saree. Elle se dit prête à nous aider et cela tombe bien, son père a un magasin de tissu dans la ville voisine de Bandarawela. Mais pas moyen de lui extirper son numéro de portable, le patron de la banque écoute notre conversation, nous devons choisir nos mots. Nous la remercions, nous repasserons. Nous avions décidé de nous rendre de toute manière à Bandarawela pour trouver un cadeau à offrir à Raja pour tous les services qu’il nous avait rendus, nous rendrons donc visite au père de Vijee.
Bandarawela est une assez grande ville où on trouve de tout. Nous achèterons un livre relié en cuir, avec une belle couverture, que Raja pourra utiliser comme Guest Book pour ses clients, pratique très courante ici. Nous rendons visite au père de Vijee, réussissons à placer des louanges sur Raja et finissons par acheter une petite robe pour nos filles. Mais nous n’avons toujours pas le numéro de portable ! Retour à Haputale, en minibus 20 places, et dans lequel nous serons pas loin de 60... Rien que sur le marche-pied, il y a 4 personnes. Retour à la GH, tri des photos de la journée, petit jus de fruit frais sur la terrasse. La nuit sera bonne, excepté la mosquée voisine qui appelle à la prière à 05h00 du matin. Haputale compte 30 % de musulmans.
Mardi 9 février 2010
Lever vers 08h00, nous partons aujourd’hui direction le Sud et le parc de Yala. Raja connaissait un chauffeur qui peut nous emmener dans le parc. Il l’a appelé et l’a prévenu de notre arrivée. Il nous a aussi donné son nom, Sarath, et son numéro de téléphone à contacter dès notre arrivée à Tissa, la ville voisine du parc. Petit-déjeuner et moment de payer. 11’000 Rps, la chambre pour 3 nuits et tous les repas. Vraiment pas cher pour la qualité des prestations fournies ici.
Nous partons pour la gare, non sans avoir fait un détour par la banque de Vijee pour une dernière tentative. Nous la remercions pour l’adresse de son père et lui disons que nous avons pu y acheter de jolies robes pour nos filles. Nous louons une fois encore les qualités de Raja et tentons au dernier moment d’obtenir son numéro de portable pour un contact futur, qui sait ? Elle voudrait bien, mais elle n’a pas de portable ... Au moins, elle nous aura dit qu’elle n’a pas vu Raja depuis longtemps et que cela lui ferait plaisir de le revoir. Tout n’est pas perdu, nous transmettrons cette information importante à Raja ce soir en l’appelant.
Premier bus direction Wellawaya où nous devrons changer. Au début, le chauffeur semble calme, mais après une heure de route, il se déchaîne sur les petites routes pour une seconde heure sportive. A Wellawaya, petit tour dans le village et repas léger dans un resto local. Encore une fois, pas de Blanc dans le coin, où sont les touristes ? Du coup, le service est attentionné, on fait tout pour nous contenter, les autres clients nous dévisagent et nous sourient.
Deuxième bus, direction Tissa. Là encore, nous sommes les seuls étrangers, regards et sourires... Dominique a une place assise, mais je dois rester debout. Heureusement, la route est droite et le chauffeur roule correctement. Le bus nous dépose à une intersection à 6 km de Tissa et il nous faut prendre un dernier transport rejoindre la ville. Au total, Haputale-Tissa, 150 Rps par personne. En arrivant sur Tissa, alors que nous sommes à l’arrière du bus, nous voyons un homme conduire une vieille Land Rover nous faire des signes en suivant notre véhicule. Racolage d’un guide ? Mais non, c’est Sarath qui guettait notre arrivée. Nous actionnons la sonnette (une corde qui pend au plafond et qui fait sonner un petit carillon vers le chauffeur) pour stopper le bus et descendre.
Nous faisons sa connaissance et c’est un gars vraiment sympa. Il nous emmène à la Vikum Lodge, qui aurait été d’ailleurs notre choix vu les bons commentaires dans le LP. Chambre simple, moustiquaire et ventilo, douche et WC (1800 Rs), cela ira très bien. Nous y laissons nos sacs et partons avec Sarath qui veut nous faire découvrir les bords du lac qui borde Tissa. Vite un petit stop dans un internet café pour vérifier nos mails et appeler la maison. Sur les petites routes, nous voyons encore de ces énormes chauve-souris, des singes et des oiseaux magnifiques, dont des martin-pêcheurs. Sarath insiste pour nous emmener chez lui boire le thé. Bien sûr. Sa maison est très simple, la cuisine se fait au feu de bois. Il fait pousser son riz, quelques légumes. Nous faisons le tour du propriétaire. Apparemment, au Si Lanka, il y a toujours une pièce, à l’entrée de la maison, qui est soignée, carrelages, meubles, souvent télévision, c’est là que les invités doivent rester. On ne va pas dans les autres pièces qui sont juste fonctionnelles. Son épouse nous amène le thé et une succulente pâtisserie faite de sucre, gingembre, noix de coco et cannelle. Le père de Sarath, un vieil homme digne qui part mettre une chemise blanche à notre arrivée, se joint à nous. Séance photos avec toute la famille, nous les enverrons par e-mail via Raja.
Retour ensuite sur les bords du lac pour une balade à pied sur les berges. Le soleil se couche, le paysage est splendide, nous voyons quantité d’oiseaux. Nous revenons à la GH, assassinats de quelques moustiques gros comme des mouches, vaporisation à l’intérieur de notre moustiquaire. Il fait à nouveau bien chaud après la fraîcheur des montagnes. La Vikum Lodge possède un joli jardin pour se tenir à l’extérieur en sirotant une bière fraîche ou un jus de fruit. Puis vient le repas, un rice and curry végétarien magnifique. Nous discutons avec un couple d’Anglais qui ont fait le safari le matin même et qui ont vu 3 léopards à moins de 20 mètres, photos à l’appui ! Une dame suédoise qui est seule nous demande si elle pouvait se joindre à nous pour le safari du lendemain histoire de limiter ses coûts, j’appelle Sarath qui accepte et elle nous paie sa part. Au total 9000 Rps, divisés par 3 plus les droits d’entrée. Coucher assez tôt, le lever est programmé à 05h00. Fini le bon air des montagnes, il fait chaud...
Mercredi 10 février 2010
Encore un lever aux aurores, à 05h00. Sarath est pile à l’heure, nous montons dans la Jeep avec notre partenaire suédoise du jour. Le lever du soleil est magnifique sur les lacs autour de Tissa.
Arrivés à l’entrée du parc de Yala, nous payons nos droit d’entrée (5300 Rps pour 2) et pénétrons dans le parc. Un pisteur, employé du Parc, s’est joint à nous pour débusquer les animaux. Au début, plusieurs Jeep se suivent car il n’y a qu’une piste, mais rapidement les chemins s’écartent et on ne croise plus grand monde. Difficile de tout décrire, les pistes sont souvent défoncées, Sarath a une Jeep avec l’arrière ouvert et une bâche qui protège du soleil. On peut aussi se tenir debout et se tenir aux arceaux. Commencé à 06h00, notre safari se terminera vers 14h00. Nous aurons vu des buffles sauvages, des sangliers, des crocodiles, des biches et des cerfs, des varans, des mangoustes, des paons mâles et femelles, des oiseaux multicolores et bien sûr des éléphants, dont une imposante femelle et son petit, à moins de 10 mètres. Malheureusement, le Dieu du parc, le léopard, s’est fait désirer et ne nous a finalement pas fait honneur de sa présence. Il faut dire qu’ils ne sont qu’une trentaine dans le Parc et qu’il faut une sacrée dose de chance pour les apercevoir.
Pour les repas, nous avions emporté des sandwich depuis la Vikum pour le petit-déjeuner et la femme de Sarath avait préparé durant la nuit un succulent rice and curry que nous avons tous partagé. Nous sommes conscients d’avoir été gâté, l’effet Raja sans doute.
Nous avons mangé les deux fois sur une plage où en décembre 2004, 47 personnes avaient été emportées par une vague géante venue des côtes indonésiennes... Un mémorial rappelant le tsunami est d’ailleurs érigé là. Ce matin là, l’histoire dit que les touristes n’avaient aperçu aucun animal, situation incompréhensible pour les guides.
A la fin de notre périple, Sarath nous pose avec nos sacs à la gare routière, nous devons aller à Tangalle. J’achète un peu de chocolat que j’offre à notre guide pour qu’il le partage avec sa famille. Sarath m’avait expliqué qu’il y a environ 150 chauffeurs-guides qui vont dans le parc avec des touristes, mais que vu la faible fréquentation touristique de ces dernières années, il arrivait qu’il ne faisait aucune sortie pendant plusieurs jours, donc aucun revenu. A ceux qui veulent faire Yala, et cela vaut le coup, vous pouvez contacter Sarath au 077-711-41-72 ou au 047-571-20-46 (Mongoose Safari), c’est un bon gars.
Nous sautons dans notre bus direction Tangalle, nous allons aborder notre partie balnéaire qui va nous reposer un peu. Je l’ai dit, les chauffeurs srilankais sont tous fous, certains plus que d’autres. Celui là est un champion, c’est sûr ! Vitesse excessive, dépassements téméraires, toute la panoplie y passe. Fidèles à nos habitudes, nous avions laissé nos sacs à l’avant, à côté de Fangio, pour nous installer à l’arrière. Bizarrement, malgré tout, nous n’avons jamais vu un seul accident.
2 heures de route et 73 Rps plus tard, nous arrivons à la gare routière de Tangalle. Notre but est les bungalows de Séverine et Daya, mais ceux-ci ne seront libres qu’après-demain. Nous avions alors opté pour le Ganesh Garden, dont l’adresse figure dans le LP. Un tuk-tuk nous y conduit, c’est à 3 km de la ville en bord de plage. Petit ensemble de bungalows à deux étages, nous avons une chambre à 2500 Rps, tout confort, notamment un grand lit bien confortable. Le jardin de palmiers donne un air très tropical à l’endroit.
Avant de manger la baignade s’impose. Un employé nous voit nous diriger vers la plage et vient nous dire que l’endroit n’est pas idéal pour la baignade, en raison des forts courants et du fait qu’il y a dans l’eau des rochers que l’on ne voit pas, mais qui torturent les pieds. Par contre, il nous indique un endroit protégé par une barrière rocheuse, à 15 minutes à pied sur la gauche de la plage, que les locaux appelle la «piscine». Là, c’est sans danger et sableux. Effectivement, même s’il y a vagues et courants, on peut se baigner en toute sécurité à cet endroit. L’eau est bien chaude.
Après cette décontraction balnéaire, retour à la GH pour une bonne douche et départ pour le repas du soir. Le cuistot vient nous exhiber des langoustes, pêchées ce matin. Allez, un petit coup de folie : 2 demi-langoustes, 2 ! Après ce repas de choix, nous allons nous poser dans l’excellent lit de notre chambre, sans le souci de mettre le réveil pour le lendemain.
Jeudi 11 février 2010
Lever tranquillement vers les 09h30. Après un premier repas du matin, retour à la piscine pour une bonne dose de baignade dans l’Océan Indien. Je garde mon t-shirt, le souvenir d’une brûlure malaise est encore en mémoire. C’est vrai que les courants sont forts, il est parfois impossible de résister au retour de la vague qui tire vers le large. Des locaux viennent parler avec nous et nous confirment qu’il faut éviter de se baigner seul ailleurs que dans la piscine. Ils nous expliquent aussi que quand un courant t’emmène à quelques mètres du bord, il ne faut pas résister et essayer de revenir, il faut se laisser aller et prendre une vague suivante pour reprendre le courant dans le bon sens.
Nous prenons notre dose d’iode et de soleil jusqu’à 14h00 où nous revenons à la Ganesh pour une douche fraîche et un peu de farniente à l’ombre. Un tuk-tuk nous emmène à Tangalle faire un peu de shopping, des fruits bien sûr, et vérifier nos mails. Internet est notre seule connexion avec le monde que nous avons laissé derrière nous. Et encore, surtout pour rester en contact avec nos enfants. Notre vie européenne ne nous manque pas, nous avons bien déconnecté ici.
17h00, nous dégustons une magnifique papaye, mure à souhait, avec un filet de jus de lime. Le vent s’est levé, il fait bon aller se poser sur le bord de la plage pour lire. C’est souvent le cas en fin d’après-midi, après le coup d'assommoir du soleil de midi. Repas du soir au Ganesh avec des calamars frais du jour. Depuis hier nous remarquons une tablée de touristes russes qui claquent leur argent sans compter. Langoustes et poissons qu’ils ne finissent pas, bières (qu’ils finissent), même s’ils ont un comportement tout à fait correct, on sent cette différence. D’ailleurs, le personnel est aux petits soins pour eux et nous dédaignent un peu. C’est la première fois depuis le début de notre séjour que nous avons ce sentiment. Le vent est tombé, il fait chaud.
Vendredi 12 février 2010
Pas de stress, plus de stress. Lever tranquille, petit-déjeuner, nous devons libérer la chambre pour 10h30. Nous faisons donc nos sacs, que nous pourrons laisser à la réception le temps d’aller profiter de la piscine où nous rencontrons quelques Srilankais. Discussion sur la catastrophe du tsunami qui a aussi touché Tangalle. Notre interlocuteur nous dit que l’eau est entrée à plus de 1,5 km à l’intérieur des terres. Heureusement que cela ne s’est pas produit de nuit, le bilan aurait été bien plus lourd, toutes les maisons ont été inondées complètement.
Vers 13h00, retour au Ganesh, paiement de notre note, on prend les sacs et on part chez Séverine. Heureux hasard, ses bungalows sont à 10 minutes à pied, à côté de l’Ibis GH ! Nous avions connu Séverine via le site Voyageforum.com et par message privé, elle m’avait expliqué tenir cet endroit. Nous avions donc prévu d’y passer quelques jours. Nous ne savons pas encore si nous pourrons la rencontrer, elle a accouché hier de son premier fils !!!
Sur place, nous sommes accueillis par sa mère qui a fait le déplacement depuis la Suisse pour l’aider avec l’arrivée du nouveau-né. Les bungalows sont neufs et splendides. Grand et bon lit, beaux meubles, belle salle de bains, grande terrasse, nous serons bien là. Le jardin de jeunes palmiers et plantes complète le tableau. Bref, un vrai paradis.
Après une douche, nous partons à pied sur Tangalle acheter des fruits, vérifier nos mails et prendre de l’argent à un ATM. Retour en tuk-tuk, Séverine ne rentrera pas ce soir de l’hôpital de Matara où elle se trouve, son fils pourrait avoir la jaunisse. Nous dégustons une bonne papaye, une habitude maintenant, que nous venons d’acheter au marché aux fruits. Quelle délice. Le soleil se couche, le ciel prend des couleurs orangées, on contemple.
La plage n’est pas non plus idéale pour la baignade juste devant les bungalows, à cause des rochers. Mais en se déplaçant 10 minutes à pied sur la droite, le sable fait son retour. Le repas du soir sera pris à l’Ibis GH voisine, tenue par Ranjit, le frère de Daya, lui-même mari de Séverine. Au menu : un buffet à volonté de rice and curry, toujours aussi bon. Peu d’air, il fait chaud en soirée. Heureusement, les bungalows sont équipés d’un puissant ventilateur, et silencieux en plus.
Samedi 13 février 2010
Départ pour une journée de farniente. Après le petit-déjeuner, nous prenons la route direction Tangalle et nous nous posons devant le King Fisher Restaurant où la plage est sablonneuse. Quelques grosses vagues ce matin, ça secoue pas mal. Si on est pris dans un rouleau, on ne contrôle plus vraiment la situation et on peut se faire mal. Pour nager, il suffit de passer la barre où cassent les vagues et c’est plus tranquille. Assiette de fruits pour le lunch au King Fisher. Vers 16h00, nous avons eu notre dose d’iode et de soleil et retour au bungalow. Incroyable, il n’y a presque personne sur les étendues de plage de Tangalle. Alors qu’il paraît que Mirissa est surpeuplée. Repos à l’ombre des cocotiers, température idéale vu la brise marine. Le soir, grillade de barracuda à l’Ibis et petit tour sur la plage à regarder le ciel étoilé et la voûte céleste... loin du stress européen.
Dimanche 14 février 2010
Encore une journée à ne rien faire, on y prend goût. Seule incartade au programme, un tour au marché dominical de Tangalle. Fruits, légumes, quelques habits, le tout sous des bâches qui assurent une ambiance de sauna ! Encore une fois, pas l’ombre d’un touriste. Du coup, nous sommes la cible des regards et des sourires.
Retour à notre coin de paradis et Séverine est enfin rentrée de l’hôpital. Nous faisons connaissance aussi de son mari Daya, leur offrons un petit présent pour le nouveau-né. Discussion autour de la vie srilankaise vue à travers les yeux d’une Occidentale. Son fils n’a pas encore de prénom, car comme le veut la coutume, il faut d’abord aller voir un astrologue qui suggérera celui à donner. Bien sûr, on peut en changer, mais il est de bon ton de garder les mêmes lettres choisies par l’astrologue et d’en composer un prénom avec.
Baignades, soleil, nous profitons de nos derniers instants à Tangalle, car demain nous partons. Notre ami Ranmal, le révérend rencontré dans un bus, veut absolument nous accueillir chez lui et nous devons le rencontrer demain soir dans la région entre Colombo et Negombo. Nous avons convenu d’un rendez-vous à Kandana, sur la route de Negombo. Dernier repas du soir à l’Ibis, dernière nuit à s’endormir avec le bruit des vagues. Nul doute que Séverine et Daya connaitront du succès avec leur petite GH. Un peu plus chère, 3000 Rps, mais vraiment agréable pour se relaxer et profiter du temps qui passe.
Lundi 15 février 2010
Il nous faut partir ce matin, dur d’abandonner un tel endroit. Ce coin était magique. Après le petit-déjeuner, nous prenons nos sacs et direction la gare routière pour rejoindre Matara en bus (40 Rps).
Nous tombons sur un bus local qui passe par l’arrière-pays et nous traversons des villages où les touristes ne vont pas. Puis, le bus rejoint la côte pour arriver à Matara. La région entre Tangalle et Matara est parsemée de petites plages et criques tranquilles. On peut s’y rendre en bus, puisqu’il suffit de signaler sa volonté de descendre pour que le bus s’arrête.
A Matara, il y a une énorme plage de sable juste devant la gare routière. Nous prenons un tuk-tuk pour nous conduire à la gare ferroviaire où nous prendrons le train pour Colombo (230 Rps en 2ème classe). Avant de monter dans les wagons, nous achetons notre repas de midi. Un gros pot de Curd. Le Curd est du lait caillé de bufflonne, une sorte de fromage frais ou de yaourt nature, au goût un peu plus prononcé, que l’on mange arrosé de miel liquide ou de rondelles de banane. C’est délicieux, mais on n’en trouve pas partout. Présenté dans des plats en terre cuite, ceux ayant une feuille de papier journal qui les recouvre proviennent de fermes artisanales, alors que ceux qui ont une feuille imprimée sont issus de production industrielle. Il paraît que les premiers sont bien meilleurs... En tous les cas aucune hésitation à avoir, c’est délicieux, même si au début cela nous a surpris que cela ne soit pas conservé au frais.
A Matara, le train est quasi vide, mais au fur et à mesure des gares, les wagons se remplissent et à Galle, le train est plein. Peu après Hikkaduwa, nous sentons une forte odeur de plastique brûlé. Nous regardons par la fenêtre, une forte fumée s’échappe de la locomotive. Le train s’arrête sur la voie unique. Le conducteur descend, téléphone avec son portable et après 15 minutes d’arrêt, le convoi se remet en marche ... mais dans l’autre sens ! En direction de Galle et à la vitesse du pas. En fait, nous allons nous stationner sur une voie de garage pour décocher la locomotive défectueuse. Attente d’environ une heure, le temps qu’une nouvelle locomotive arrive. Le seul passager content de cette panne est ce vendeur de noix de coco, qui a écoulé tout son stock pour les gens se désaltèrent du jus des fruits.
Une heure de retard donc à Colombo où il fait nuit lorsque nous arrivons. Nous esquivons les incessantes attaques des chauffeurs de tuk-tuk et nous appelons Ranmal depuis une petite échoppe pour les appels locaux. Il nous dit où descendre et nous demande de le rappeler lorsque nous serons à l’endroit convenu. Nous trouvons facilement la gare routière qui est à 10 minutes à pied de la gare, sur la droite en sortant du bâtiment. Sur place, c’est la ruche, où trouver notre bus pour Negombo ? Un préposé nous renseigne sur le bon bus à prendre, le 240, mais après avoir dû répondre à la sempiternelle question «where are you from ?» !
Nous descendons à Kandana (23 Rps) et appelons Ranmal pour lui dire que nous sommes sur place. Une vingtaine de minutes plus tard, nous voyons une Mini Cooper, version Buggy ras du sol, débouler avec notre Ranmal en soutane au volant ! Nous montons dans le véhicule avec nos sacs et partons vers des petites routes de campagne sans éclairage. Un moment, un doute nous prend, nous partons Dieu sait où, avec une personne que nous ne connaissons pas et personne ne sait où nous sommes. Mauvais réflexe occidental ... vu que ce genre d’hospitalité n’a pas cours chez nous.
Nous arrivons dans le village de Uswetakeiyawa où Ranmal s’occupe de la l’église Ste-Marie. Nous rentrons dans les dépendances de l’église, nous voilà rassurés. Ranmal nous montre sa chambre et nous explique qu’il nous la laisse le temps de notre séjour. Un grand lit, une moustiquaire, une douche et des toilettes, bref une petite GH version catholique. Nous nous douchons, le repas du soir sera pris dans sa famille qui habite à une quinzaine de minutes de là.
Nous prenons la Buggy et partons sur les petites routes. Chez lui, nous retrouvons sa soeur, Nangi, qui l’accompagnait lors de notre rencontre dans le bus, et sa mère qui ne parle que le cinghalais. Au menu ... 3 petites langoustes, du riz, des légumes, du dal, des fruits, il y a à manger pour 10 ! Nous sommes gênés devant tant de générosité. Discussion sur nos sociétés respectives, Ranmal est un homme d’église très cultivé et avec un grand sens de la vie. Nangi est timide et ne dit rien. Après ce festin, retour à l’église pour la nuit.
Mardi 16 février 2010
Lever vers 07h15 et nous allons voir une petite école maternelle adjacente à l’église. C’est une soeur âgée qui fait l’accueil des élèves, mais ce sont 2 maitresses qui font les cours et préparent les bambins à la vraie école. Comme dans tout le Sri Lanka, les enfants portent un uniforme. Séances photos dans la classe, discussions avec les maitresses.
Retour à l’église pour le petit-déjeuner qui nous est servi par des «serviteurs» d’origine tamoule. Nous allons ensuite à l’école où enseigne Ranmal, toujours en buggy. Notre arrivée fait sensation, le père Ranmal en soutane au volant d’une voiture de sport ! Les élèves qui nous voient arriver sont hilares. Nous sommes présentés au père principal, responsable des lieux. L’école est grande et répartie en des classes d’une quarantaine d’élèves, tous les niveaux étant représentés. Nous faisons le tour des lieux, entrant dans certaines classes, notamment chez les petits où nous avons droit à des chants. Le père principal nous explique que ses élèves sont principalement issus de familles de pêcheurs locaux et que certains sont si pauvres qu’ils peinent à acheter des chaussures à leurs enfants ou à leur fournir 3 repas par jour. Le père essaie avec ses maigres moyens de combler à ses manques, mais il ne reçoit aucune aide particulière de l’Etat. Parfois, il achète des chaussures lui-même ou prépare des pique-nique qu’il offre aux plus pauvres.Les revenus de l’école proviennent donc des dons et autres donations faites, notamment à l’église.
Le respect est grand chez les élèves et ceux-ci saluent le père principal et Ranmal lorsqu’ils les croisent. Nous apprenons que l’école obtient de très bons résultats scolaires et que le sport a été instauré comme discipline obligatoire. Cricket, volleyball, basketball, athlétisme, le sport sert aussi d’échappatoire pour oublier les soucis quotidiens chez les plus démunis. Ranmal nous explique qu’avec plus de moyens, ils pourraient faire encore plus notamment pour les plus défavorisés des élèves. Ce soir, nous ferons un modeste don à la hauteur de nos moyens et de la décence pour contribuer à l’action des pères dans cette partie du Sri Lanka.
Un tuk-tuk nous ramène sur l’axe Colombo-Negombo où nous prendrons un bus pour la capitale. Nous nous contentons des quartiers du Fort et de Pettah, autour de la gare. Pire qu’une fourmilière, klaxons, pollution, foule compacte, sollicitations des tuk-tuk et des vendeurs, ajoutés à la chaleur lourde, c’est vite usant.
En fin d’après-midi, le ciel se couvre et nous avons droit à notre seule averse de ces trois dernières semaines. Pour nous dire au revoir ? Retour à l’église en bus et en tuk-tuk pour préparer nos sacs, faire un brin de toilette avant notre dernier repas chez Ranmal et les siens. Et re-festin : toujours des langoustes, nouilles, légumes, dal, saucisses, beignets de crevettes, il y a beaucoup trop. Ranmal s’étonne d’ailleurs que nous ne mangions pas plus.
Vers 22h00, retour à l’église pour les derniers préparatifs. A minuit pile, un ami de la famille qui a un van vient nous chercher pour nous conduire à l’aéroport, sans vouloir être rétribué d’une quelconque manière. En route, nous chargeons la soeur de Ranmal, Nangi, le jeune frère de Ranmal qui a 13 ans, sa mère, tous vont nous accompagner à l’aéroport, malgré l’heure tardive. Accolades, embrassades, nous nous quittons comme des amis. L’attente est longue jusqu’au décollage prévu à 03h30.
11 heures de vol, à se remémorer ce fabuleux périple srilankais. Tant de rencontres, Chintah le conducteur de tuk-tuk, Raja le guide-organisateur, Ranmal le révérend et sa famille, Nandana et Kush tenanciers de la Shangrila, Sarath le safari-man, Séverine et Daya jeunes parents, et tous ces inconnus croisés au hasard d’un train, d’un bus, d’un restaurant ou plus simplement dans la rue. Tous ont étalé leur joie de vivre, par leurs sourires, leur hospitalité, leur confiance et pour certains leur amitié. Mais finalement, une si belle île se devait d’avoir un peuple à la hauteur de sa beauté naturelle. C’est le peuple srilankais.
Merci, tout simplement.
Visites pour douze jours en Chine au mois d'octobre 2010 English translation pending
Bonjour,
je pars 18 jours pour un stage de céramique autour de Shanghai en octobre 2010. Après ces 18 jours, je disposerai de 12 jours pour découvrir encore un peu de la Chine. Je pense voir de toute façon Xian, et j'hésite entre Pékin et Guillin pour la suite de mon séjour. Comme ce sera le moment de l'expo universelle à Shanghai, les vols internes risquent d'être encombrés...
J'aime les visites historiques et culturelles, mais j'aimerais aussi beaucoup voir de la nature.
Entre Pékin et Guillin, que me conseilleriez-vous ?
Ou auriez-vous une autre idée de destination sympathique à combiner avec Xian ?
Merci pour vos réponses.
je pars 18 jours pour un stage de céramique autour de Shanghai en octobre 2010. Après ces 18 jours, je disposerai de 12 jours pour découvrir encore un peu de la Chine. Je pense voir de toute façon Xian, et j'hésite entre Pékin et Guillin pour la suite de mon séjour. Comme ce sera le moment de l'expo universelle à Shanghai, les vols internes risquent d'être encombrés...
J'aime les visites historiques et culturelles, mais j'aimerais aussi beaucoup voir de la nature.
Entre Pékin et Guillin, que me conseilleriez-vous ?
Ou auriez-vous une autre idée de destination sympathique à combiner avec Xian ?
Merci pour vos réponses.
Trafics d'opium et cætera, un mois à pied dans les montagnes du Nord Laos (province de Phongsaly) English translation pending
Trafics d'opium et cætera, un mois à pied dans les montagnes du Nord Laos (province de Phongsaly)
Un mois à pied, de village en village, en forêt toujours, en montagne toujours, aux côtés
des Hmong, des Hanyi, des Akha, des Hô
~
« Groupes d'esprits étrangers et chinois, Groupes d'esprits parents, Prenez tous de l'opium, Prenez du thé au complet, Car il va falloir partir dénombrer les esprits vitaux. Il y a bien des évènements en perspective, Il y a bien des incidents en perspective, Mais ne craignez rien ! »
Service chamanique Hmong (extrait)
~
Pour parvenir au village de Sinchay Khong depuis Vientiane, la capitale du Laos, il faut commencer par endurer trois longues et éprouvantes journées de bus vers l'extrême nord du pays, jusqu'à atteindre la petite ville de Phongsaly, chef-lieu de la province du même nom. Le lendemain, encore deux heures de véhicule tout-terrain sont nécessaires, puis tout le reste du jour se passe en laborieuse navigation, en pirogue durant huit heures, sur la sauvage et bouillonnante rivière Nam Ou, vers son amont et au pied de vertigineuses frondaisons vertes de forêts denses. Une nuit dans un village Taï Lü, la journée suivante dans un village Hmong à une heure de navigation supplémentaire, toujours aussi chaotique, sur le même cours d'eau tumultueux, seul passager avec quatre bateliers pour guider, tracter parfois à la force des bras et à l'aide de cordes, la frêle embarcation dans les époustouflants rapides. Le sixième jour, après une heure trente de navigation sur la rivière Nam Khang, affluent du cours remonté les deux jours précédents, puis seulement deux heures de marche on y parvient enfin, au village de Sinchay Khong, point de départ, demain ou plus tard, de la première d'une trentaine de journées à parcourir seul, lentement et à pied, la fascinante province de Phongsaly, et d'autant de nuits à passer exclusivement chez l'habitant.
Sinchay Khong, village de l'ethnie "chinoisante" Hanyi, isolé dans une des régions les plus sauvages et naturellement préservées du Laos. On ne se souvient pas exactement de la date de passage du dernier falang - du dernier homme Blanc occidental - dans le village, c'était il y a plus de vingt-cinq ans. À peine arrivé chez mes hôtes, un vieillard opiomane étendu sur sa natte et deux femmes brodant entourées d'une douzaine de tout jeunes gamins enjoués, que deux hommes font irruption dans la semi obscurité de la hutte. Exténués, haletants, échines courbées sous le poids de leurs énormes charges sur le dos, de solides harnais de bambou et des feuilles de bananiers garrottant les larges plaies débordantes de viscères des deux lourdes masses sombres : la bête, noire, entière, coupée en deux, sectionnée au niveau de l'abdomen. Elle est jetée sur le sol de terre battue
~
« Groupes d'esprits étrangers et chinois, Groupes d'esprits parents, Prenez tous de l'opium, Prenez du thé au complet, Car il va falloir partir dénombrer les esprits vitaux. Il y a bien des évènements en perspective, Il y a bien des incidents en perspective, Mais ne craignez rien ! »
Service chamanique Hmong (extrait)
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Pour parvenir au village de Sinchay Khong depuis Vientiane, la capitale du Laos, il faut commencer par endurer trois longues et éprouvantes journées de bus vers l'extrême nord du pays, jusqu'à atteindre la petite ville de Phongsaly, chef-lieu de la province du même nom. Le lendemain, encore deux heures de véhicule tout-terrain sont nécessaires, puis tout le reste du jour se passe en laborieuse navigation, en pirogue durant huit heures, sur la sauvage et bouillonnante rivière Nam Ou, vers son amont et au pied de vertigineuses frondaisons vertes de forêts denses. Une nuit dans un village Taï Lü, la journée suivante dans un village Hmong à une heure de navigation supplémentaire, toujours aussi chaotique, sur le même cours d'eau tumultueux, seul passager avec quatre bateliers pour guider, tracter parfois à la force des bras et à l'aide de cordes, la frêle embarcation dans les époustouflants rapides. Le sixième jour, après une heure trente de navigation sur la rivière Nam Khang, affluent du cours remonté les deux jours précédents, puis seulement deux heures de marche on y parvient enfin, au village de Sinchay Khong, point de départ, demain ou plus tard, de la première d'une trentaine de journées à parcourir seul, lentement et à pied, la fascinante province de Phongsaly, et d'autant de nuits à passer exclusivement chez l'habitant.
Sinchay Khong, village de l'ethnie "chinoisante" Hanyi, isolé dans une des régions les plus sauvages et naturellement préservées du Laos. On ne se souvient pas exactement de la date de passage du dernier falang - du dernier homme Blanc occidental - dans le village, c'était il y a plus de vingt-cinq ans. À peine arrivé chez mes hôtes, un vieillard opiomane étendu sur sa natte et deux femmes brodant entourées d'une douzaine de tout jeunes gamins enjoués, que deux hommes font irruption dans la semi obscurité de la hutte. Exténués, haletants, échines courbées sous le poids de leurs énormes charges sur le dos, de solides harnais de bambou et des feuilles de bananiers garrottant les larges plaies débordantes de viscères des deux lourdes masses sombres : la bête, noire, entière, coupée en deux, sectionnée au niveau de l'abdomen. Elle est jetée sur le sol de terre battue
Récit de voyage: 25 jours en Thaïlande du 4 au 31 décembre 2009 English translation pending
Bonjour,
A mon tour de vous faire partager mon expérience en Thaïlande. Je suis partie du 4 au 31 décembre, c’est donc tout frais. Je m’excuse d’avance pour le roman, mais quand je faisais des recherches sur le forum avant de partir, j’aurais aimé lire plus de récits de voyages. Du coup, j'ai pris un peu de temps pour écrire tout ça. J’espère que celui-ci pourra être utile.
Arrivée à Bangkok le 5 décembre à 15h. On a passé la douane, récupéré les bagages et pris un taxi (niveau 1 de l’aéroport) jusqu’à China Town en un temps record (1h15 environ). On avait réservé une chambre standard au China Town Hotel via Asiarooms pour 1080 baths, petit déjeuner compris. Chambre vraiment standard, avec un lit double, une salle de bain et la clim. Déco un peu vieillotte, mais chambre propre. Le personnel de l’hôtel est très gentil et très serviable. Comme on était un peu fatigués du voyage, on n’a pas fait grand chose. On s’est juste promenés dans China Town et on est allés jusqu’à la gare Hua Lumphong à pied (environ 15 minutes) pour prendre les billets de train de Chiang Mai à Bangkok. Le dépaysement dans China Town est total, c’est super. Le soir, on mange dans la rue et on se couche assez tôt.
Le 6, on part à pied jusqu’à l’embarcadère (15 minutes) sur la Chao Praya pour aller au musée national. Le bateau est un moyen de transport assez sympa et rapide. Le musée est bien intéressant avant de commencer la visite du pays, surtout pour la partie historique. On n’a pas tout vu car il est immense. Ensuite, direction le Grand Palais, mais il est fermé en raison de l’anniversaire du roi. On ne visitera que le Wat Phra Keo et on en prend vraiment plein les yeux, c’est magnifique. On enchaîne sur le Wat Pho et son superbe bouddha couché. Le site est grand et superbe. A la sortie du Wat Pho, le monsieur qui surveille les entrées nous conseille la visite de 3 autres temples et négocie ça avec un tuk-tuk pour 30 baths, retour à l’hôtel compris. Après la visite du premier temple, le chauffeur nous propose d’aller visiter une usine, mais on refuse. Il nous propose d’aller au TAT pour acheter tous nos billets de bus, on refuse aussi. Au final, il nous plante on ne sait où car nos refus ne lui ont pas plu. Tant pis, on trouve un autre tuk-tuk pour rentrer à l’hôtel. Règle n°1, se méfier quand le chauffeur parle trop bien anglais ;-) A l’hôtel on récupère nos bagages pour aller à la gare prendre le train pour Ayutthaya. Le train est à 15h20 et c’est uniquement de la 3è classe pour Ayutthaya. Dépaysement garanti. Arrivée 1h30 après. Avec nos tronches de touristes, tout le monde a compris où on allait et on nous a indiqué quand il fallait descendre. Tuk-tuk pour aller à la GH Tony’s Place. On n’avait pas réservé, mais il restait une chambre de libre. On a donc eu une grande chambre prévue pour trois avec clim, grand lit, salle de bain et Wifi pour 700 baths (le meilleur rapport qualité prix du voyage). Le personnel de la GH est encore une fois adorable. A 18h30, on part faire un tour d’une heure dans la ville pour voir les sites illuminés avec le même tuk-tuk (Monsieur Noi, très gentil). Belle balade et certains sites sont bien mis en valeur.
Le 7, on se loue un vélo à la journée et on fait le tour des principaux sites. Les vestiges sont superbes, on se rend bien compte à quel point ça a dû être grandiose. Comme les différents sites sont bien disséminés dans la ville, on ne peut pas tout voir en 1 journée, mais on en prend quand même plein les yeux. A 16h, on a rendez-vous devant la GH pour faire un tour de 2h en bateau. C’est sympa et ça nous permet d’accéder à des sites de l’autre côté du fleuve que nous n’avions pas vu. Notamment le superbe Wat Chaiwatthanaram qui mériterait plutôt la lumière du matin. A 18h, le bateau nous laisse au night market. On fait un petit tour et on mange sur place. Retour à pied à la GH qui n’est pas très loin.
Le 8, on part à la gare routière pour prendre le bus de 9h direction Sukhothai. 6h de bus au lieu de 5h. Arrivée à la gare, on snobe les tuk-tuks pour prendre le bus local en direction de Old Sukhothai. C’est marrant, dans le bus il y a Terminator 4 en thaï. On prend une chambre à la Vitoon GH (lit double, clim et salle de bain pour 700 baths). Old Sukhothai n’est pas très grand, il n’y a que 2 GH, mais on trouve quand même des salons de massages et des bars restos à l’occidentale (indicateurs touristiques avec les tailleurs). A 16h, on arrive à l’entrée du parc historique où on loue des vélos. Site superbe, mais comme c’est orienté à l’est, ce n’est pas terrible pour les photos. A cette heure là, c’est très calme et il y a peu de monde. La balade en vélo est très agréable. A la différence d’Ayutthaya, les vestiges sont regroupés dans plusieurs parcs historiques qui ne sont pas ouverts aux voitures. C’est donc beaucoup mieux pour circuler à vélo et très beau car bien préservé.
Le 9, on se lève tôt et on retourne au parc de la veille (en vélo) pour faire les photos avec la lumière du lever du jour. Bonne idée, c’est superbe et encore une fois, il y a peu de monde. On se dirige ensuite vers le site du nord qui abrite une immense bouddha tout blanc (Wat Si Chum). On retourne à la GH vers 11h pour le check-out. On devait prendre le bus de 11h30 pour Chiang Mai, mais il a été annulé. On a donc pris celui de 13h20. 5 heures de routes et nous sommes à Chiang Mai. On prend un tuk-tuk pour aller à Baan Kaew GH, située à côté de l’Alliance Française. C’est en dehors des enceintes de la vieille ville, mais c’est vraiment au calme. On a une chambre avec lit double, clim et salle de bain pour 800 baths. Et on arrive même à trouver un réseau Wifi. Petite balade au Night Bazaar. On trouve ça horrible, c’est uniquement fait pour les touristes. On s’en va rapidement.
Le 10, on part dans la vieille ville à pied ; ça nous prend 20 minutes environ. Et on se balade dans la ville à pied de temple en temple. Dans les temples on croise souvent de jeunes thaïs qui viennent de finir leurs études et qui parlent bien anglais. C’est sympa de discuter avec eux, mais ils finissent toujours par nous conseiller un tailleur. On fait notre premier massage au Thaï massage conservation center. Un endroit où les masseurs sont aveugles. Alors, le massage thaï c’est entre la torture et la relaxation. Le masseur appuie très fort à des endroits bien précis, tellement fort que c’est douloureux. Mais on sort de là bien détendu sans être sûrs de recommencer l’expérience. Dans l’après-midi on va voir le Warorot Market et là c’est le bonheur. C’est immense, il y a de la nourriture étrange un peu partout, plein de fringues et peu de touristes, c’est vraiment super. Là aussi dépaysement total.
Le 11, on visite à nouveau les temples de la vieille ville à pied. Les tuk-tuks ne comprennent pas pourquoi on aime tant marcher. A pied, ça permet de se perdre un peu dans les petites rues et de découvrir des endroits sans masseurs, tailleurs, etc. On trouve une coiffeuse qui ne parle pas anglais et on se lance. Le résultat est très bien et ça nous a coûté à peine 300 baths pour 2. On croise aussi des gamins qui ont des exercices d’anglais et qui nous demandent d’où on vient, pourquoi on est en Thaïlande, qu’est-ce qu’on aime, etc. Et après, ils nous demandent d’écrire notre nom dans leur cahier. C’est marrant ; avec une quinzaine d’enfants autour de nous, on se prend pour des stars ;-) Retour à la GH où on a rendez-vous avec une copine thaïlandaise. Elle nous emmène au resto (Just Khao Soy) le midi et au Doi Suthep l’après-midi. C’est très beau, mais c’est vraiment hyper touristique et blindé de vendeurs de souvenirs. On fait un peu de shopping avec elle et on teste le Fish Spa. Il ne faut pas être trop chatouilleux des pieds. Les petits poissons mangent les peaux mortes sur tout le pied, même dessous et ça chatouille vraiment. Le soir, notre amie nous emmène dans un resto où on peut goûter des spécialités (Antique House, je crois) dans un superbe décor. On apprend vite qu’il faut oublier les currys en tout genre et les soupes au lait de coco car ça arrache vraiment la bouche (ça baigne dans les piments).
Le 12, on se fait une dernière balade au Warorot Market le matin. A la fin du voyage je regretterai de ne pas avoir acheté plus de choses (au niveau bouffe) car on n’a pas retrouvé un marché comme celui-là à Bangkok. A midi on fait le check-out à la GH et on retrouve notre amie pour le déjeuner. Elle nous amène ensuite à la gare où nous avons le train pour Bangkok à 14h50. On expérimente donc le train de nuit. Les couchettes sont confortables, mais le train est hyper bruyant et la lumière du wagon reste allumée toute la nuit. Difficile de bien dormir, même avec des boules Quiès.
Arrivée à Bangkok le 13 à 6h du matin. On retourne au China Town Hotel qui nous avait bien plu au début (15 minutes à pied). Cette fois-ci on prend une chambre un peu plus grande avec le Wifi pour 1150 baths (petit dej inclus). On se repose un peu et comme c’est dimanche, on part au Sunday market (Chatuchak) en métro. Ce marché est vraiment immense et on y trouve vraiment de tout. Comme on n’en est pas à la fin du voyage, on limite les achats. Etourdis par la chaleur, la fatigue et le monde, on va se poser un peu dans le parc à côté. Ca fait du bien et nous sommes prêts à partir à la maison de Jim Thompson. Le lieu est vraiment superbe et la visite guidée en français est fortement recommandée.
Le 14, on part en bus pour visiter le grand palais le matin, c’est vraiment superbe. Dans l’après-midi on part au parc de Lumphini. On se balade dans le parc et on se pose un peu avant d’aller au Night Bazaar. Là encore c’est immense et c’est fait pour les touristes. Mais ça passe mieux que le Night Bazaar de Chiang Mai.
Le 15, direction le Wat Arun en bateau (superbe site), dernière balade dans China Town et départ pour Krabi en avion. Arrivé à Krabi, c’est la surprise, à l’aéroport, il n’y a pas de taxi meter. Uniquement un service de minivan à 600 baths par personne et le bus navette à 150 baths par personne. On prend le bus qui laisse tout le monde devant son hotel. On passe la nuit à K.L. House à Ao Nang (lit double, clim et salle de bain pour 800 baths). La nana de l’hôtel est hyper commerçante, on lui achète les places pour le bateau en direction de Koh Phi Phi. Un bus de la compagnie maritime passera le lendemain matin à 8h20 devant l’hôtel pour nous amener à l’embarcadère d’Ao Nang pour le bateau de 9h. Petite balade le soir à Ao Nang. On n’aime pas du tout, on a vraiment l’impression d’être dans n’importe quelle station balnéaire du monde. Ca me fait trop penser à la rue de la Hune au Cap d’Agde.
Le 16, le bus passe à l’heure prévue. Arrivée à Koh Phi Phi à 11h30 environ. Un long tail boat de l’hôtel nous récupère. On a réservé une nuit au Phi Phi Relax Beach Resort (Pak Nam beach). Arrivé sur place, l’endroit nous plaît bien. La plage est calme et il n’y a que l’hôtel. En plus c’est un spot pour le snorkelling, c’est vraiment la fête du poisson sous l’eau ;-) On a pris un bungalow Garden View pour la modique somme de 1600 baths (sans petit dej, merci la haute saison). Le bungalow est propre mais un peu roots : pas de clim, pas d’eau chaude et électricité de 17h30 à 6h. Du coup, le bungalow est un peu sombre, mais on a un grand lit, une moustiquaire et un ventilo, ça fera l’affaire. On décide d’y passer une nuit de plus. On passe le reste de la journée à se reposer sur la plage, ça fait du bien. D’autant plus que le paysage est superbe.
Le 17, on décide d’explorer un peu l’île. On prend le chemin à travers la jungle pour aller à Tonsai en passant par le view point. Ca grimpe bien, on est en nage, mais la vue est vraiment superbe. Bref, ça se mérite ;-) On continue sur Tonsai, jumelle d’Ao Nang sans charme à nos yeux. Par contre, on en prend plein les yeux ; les dégradés de bleu de l’eau sont superbes. On se pose tranquillement sur un coin de plage. Dans l’après-midi, on refait la grimpette en sens inverse pour retourner voir les poissons de la plage de l’hôtel.
Le 18, on profite une dernière fois de la plage le matin et on va à la nage jusqu’à Rantee Beach. C’est un peu plus loin que prévu, il nous faut une bonne demi-heure. La plage est jolie, mais les bungalows ont l’air vieillot. Retour à l’hôtel, douche, check-out, repas et bateau pour Tonsai. Et encore bateau pour Ao Nang où on arrive un peu avant 18h. Comme prévu, quelqu’un de Pine bungalows nous attend à l’embarcadère pour aller près de la plage de Klong Muang. On avait prévu d’y rester 3 jours, on a fait un jour de rab tellement c’était sympa. La plage de l’hôtel est grande, calme, mais pas très propice à la baignade à marée basse (pas grave, la mer est basse le soir et tôt le matin). Notre bungalow était assez sommaire : un lit double, une salle de bain avec eau froide et un ventilo (pour 600 baths).
Le 19, on se fait une journée glandouille à la plage. On apprécie vraiment le calme. On se fait une petite balade en canoë dans l’après-midi jusqu’à l’île en face du Sheraton.
Le 20, on loue un scooter pour 2 jours et on part explorer les environs de Krabi. On commence par Tha Pom (eau cristalline et végétation luxuriante), très joli, mais la visite se fait en 20 minutes. On repart vers Krabi pour le Tiger Cave Temple qu’on ne trouvera pas car on n’a pas pris la bonne route. Tant pis, on a trouvé un joli temple à flanc de massif karstique avec des grottes. Et on continue la route jusqu’au parc national Phanom Bencha. Beau parc avec une belle cascade. Il faut laisser tomber le view point. Le chemin qui y mène n’est pas entretenu et ça grimpe sévère. Après 25 minutes de marche, on rencontre un couple qui redescend et qui nous explique qu’il y a encore une bonne 1/2h de marche et que la vue n’est pas exceptionnelle. Du coup, on fait demi-tour pour aller à une autre cascade qui n’est pas terrible. Par contre sur le chemin qui y mène, il y a le plus gros arbre qu’on n’a jamais vu (un dipterocarp). Il est magnifique, le tronc est vraiment immense ; c’est impressionnant.
Le 21, on va au Tiger Cave Temple. Il y a 1237 marches et ça grimpe sévère. Il vaut mieux avoir une bonne condition physique et de l’eau. On a mis 45 minutes pour atteindre le sommet, mais ça valait vraiment le coup. La vue est exceptionnelle, à 360° ; on distingue la mer, les massifs karstiques, les plantations de palmiers. Là aussi, ça se mérite. La descente est difficile aussi, j’ai les jambes qui tremblent. En bas, il y a plein de singes et le 7/11 vend des bananes si on veut les nourrir. Retour à Krabi où on achète des billets pour aller à Koh Pha Ngan le 24. On se prend la pluie en scooter, obligés de s’arrêter tellement ça tombe. 20 minutes après c’est bon, on repart en direction du bord de mer pour trouver des cartes postales. On arrive par la plage de Nopparat Thara qui est très jolie (malgré le temps nuageux). Si vous allez dans le coin, préférez cette plage à Ao Nang, c’est plus joli et beaucoup plus calme (les magasins sont à Ao Nang).
Le 22, on profite de notre dernière matinée sur cette plage bien agréable. Je vous recommande chaudement cet endroit si vous avez envie d’être peinard. Il n’y a rien autour de l’hôtel et le village de Klong Muang se trouve à 2 kms environ. Le scooter est bien utile si on veut se balader. La navette de l’hôtel nous laisse à Ao Nang où nous prenons le bateau pour Railey. On a réservé au Sand Sea Resort une chambre un peu plus haut de gamme (on fête nos 10 ans, on ne se refuse rien). Après-midi glandouille sur la plage ouest avec un paysage magnifique. En fin d’après-midi, on va jusqu’à la plage de Phra nang. Railey Est n’est pas terrible, mais la plage de Phra nang est vraiment superbe.
Le 23, on s’attaque au view point et au lagon, il est temps de refaire un peu d’exercice. Si vous n’avez pas de baskets et que vous n’êtes pas très sportifs, laissez tomber. L’accès au view point est rapide (15 minutes), mais on comprend vite que les cordes sont bien utiles. Encore une fois, la vue est superbe. L’accès au lagon est encore plus difficile, ça descend beaucoup et on se rapproche vraiment de l’escalade. Mieux vaut avoir quelques muscles dans les bras et ne pas être sujet au vertige. Le paysage est superbe, mais comme des boulets, on n’a pas fait attention que c’était la marée basse. Il n’y a donc pas d’eau dans le lagon, c’est tout boueux. Je ne m’aventure pas à faire le tour tellement ça glisse. On profite juste de la vue (des grottes de partout) et on se refait un peu d’escalade dans l’autre sens. On passe le reste de la journée à glandouiller sur la plage et le soir on admire le coucher de soleil sur la plage de Phra nang.
Le 24, on loue un canoë pour 2 heures et on achève nos bras ;-) Le canoë, c’est sympa, ça permet de voir de plus près toutes les grottes. On retourne à Ao nang vers midi. On se pose dans un resto en attendant 15h, heure de rendez-vous pour partir vers Koh Pha Ngan. On en profite pour écrire toutes les cartes postales ; une bonne chose de faite. Pour aller à Koh Pha Ngan, c’est la société P.P. Family qui gère le voyage. Depuis Ao Nang, un songtaew nous amène dans leurs locaux à Krabi. De là, on attend que tous les voyageurs arrivent. Le bus qui va à Bangkok nous lâche à Surat Thani dans les locaux de la P.P. Family. On mange sur place, mais on aurait mieux fait de zapper car il y a largement de quoi se ravitailler au port. Le ferry de nuit c’est roots de chez roots : des matelas étalés par terre et un oreiller. On dort en rangs d’oignons les uns à côté des autres. D’ailleurs on ne dormira pas énormément car beaucoup de touristes ont décidé de s’arsouiller au whisky une bonne partie de la nuit. Certains n’étaient vraiment pas frais à l’arrivée à 6h ;-)
Le 25, on prend un taxi jusqu’à l’hôtel au nord de l’île, Royal Orchid Resort (bungalow avec lit double, la clim, salle de bain et eau chaude pour 1000 baths). L’hôtel n’a pas de plage, mais se situe juste en face de Koh Ma. La plage est 100 mètres plus loin et le paysage est superbe. Koh Ma est un bon spot de snorkelling, il y a vraiment plein de poissons et des anémones, un régal. On se fait une journée plage avec une bonne grosse sieste pour récupérer de la nuit. En fin d’après-midi, on loue un scooter à l’hôtel et on part vers Haad Rin au sud pour la Full Moon Party de Noël. 18h, c’est certainement beaucoup trop tôt pour arriver, mais on voulait repérer la route de jour. Et on a vraiment bien fait car avant Haad Rin, il y a de sacrées côtes et de sacrées descentes (20%), c’est impressionnant. Je ne sais pas si c’était dû à Noël, mais cette Full Moon Party sans pleine lune était assez calme. Il n’y avait pas beaucoup de monde et ça ressemblait plus à une discothèque géante sur la plage. Les jeunes de 20 ans qui s’arsouillent avec les buckets, c’est marrant. Les vendeurs de buckets sont aussi bien marrants, ils en font des tonnes pour vendre. Leurs stands sont alignés les uns à côté des autres avec des panneaux où il y a écrit des trucs du genre « Alex, the best fucking bucket », etc. Il y a avait aussi des thaïs qui jonglaient avec des bâtons enflammés des deux côtés, très impressionnant. On a trouvé des bons DJs du côté de Paradise Bungalows, au bout de la plage. Mais on n’était qu’une dizaine avec ces goûts musicaux ;-) Comme on était bien fatigués quand même, à 1h, on a mis les voiles. Peut-être que ça a été plus animé après. On a quand même mis 1h pour rentrer à l’hôtel, on a joué la prudence. D’ailleurs, un scooter pour 2 à Koh Pha Ngan c’est bon, mais il faut vraiment être prudent sur la route car on rencontre de beaux trous et parfois les routes se terminent par des chemins de terre.
Le 26, on est parti vers Tong Sala voir les horaires de bateaux pour le retour. On a mangé un super bon poisson grillé avec du riz gluant à un coin de rue. Ensuite, on a fait la tournée des plages de la côte ouest. Paysages époustouflants surtout à Ao Nai Wok, juste après Tong Sala, avec le sable blanc, les cocotiers, les dégradés de bleus et les pierres façon Seychelles.
Le 27, on est allés aux chutes d’eaux de Phang. Le coin est très joli, mais ça manquait un peu d’eau. On a grimpé jusqu’au view point, avec encore une fois une vue superbe (on pouvait voir Koh Samui). On a visité quelques temples, dont un temple chinois près de Chaloklum, en hauteur avec une jolie vue. On a aussi trouvé Khom Beach, une autre belle plage super pour le snorkelling.
Le 28, direction Bangkok en plusieurs étapes : ferry pour Donsak, bus pour Surat Thani, songtaew pour la gare et train de nuit pour Bangkok (qui est arrivé avec 1h20 de retard).
Le 29, arrivée à Bangkok à 10h (1h de retard). On prend le métro pour aller au Royal Asia Lodge Hotel à Sukhumvit (chambre avec lit double, clim, salle de bain, Wifi et petit dej pour 1100 baths). L’hôtel a une piscine sur le toit mais quand on a voulu y aller, l’eau était blanche tellement il y avait du chlore. On est parti au marché de Pratunam qui est pas mal pour les derniers jours shopping. Comme tout le monde, on achète un gros sac supplémentaire ;-) Petit pause pédicure et on repart. Le soir, on finit le shopping au Night Bazaar à côté de Lumphini.
Le 30, dernier jour en Thaïlande. On va faire un tour au MBK, mais c’est trop occidental à notre goût et on ne cherche rien de particulier. On prend le bus jusqu'au Wat Rachanatdaram (temple en métal), très joli avec une belle vue. Derrière le temple, on trouve un marché de « bondieuseries » où on trouve de jolies choses (notamment les petites cloches avec un cœur). On se balade à pied, on passe une dernière fois par China Town. Ce quartier nous a vraiment plu ; c’est beaucoup plus dépaysant que du côté de Sukhumvit. On teste l’épilation du visage au fil faite par des chinoises sur le trottoir. C’est vraiment efficace, mais douloureux près des oreilles (je ne pensais pas avoir autant de duvet à cet endroit là). La nana se marre parce que j’ai un grand nez qu’elle cogne avec son fil. On rentre vers l’hôtel et comme on a encore du temps devant nous, on se fait faire un massage à l’huile. C’est bien plus agréable que le massage traditionnel ! On récupère les bagages à l’hôtel et on prend un taxi pour aller à l’aéroport. Le chauffeur nous a fixé un prix dingue pour la course (500 baths), mais j’ai bien suivi vos conseils, je lui ai demandé fermement de mettre son compteur en gardant la porte ouverte. Ca roulait super bien, on en a eu pour 200 baths (il a quand même bien appuyé sur l’accélérateur).
Voila, on n’avait pas du tout envie de rentrer. On a vraiment aimé ce pays et c’est sûr, on y retournera. C’est très facile de voyager là-bas, même si un minimum d’anglais paraît franchement utile. Les gens ont toujours le sourire, ils sont très gentils, c’est un vrai plaisir. On a trouvé que le nord était quand même beaucoup plus authentique que le sud (au moins du côté des plages). On a adoré manger dans la rue sans forcément savoir ce qu’on avait dans l’assiette ou le bol. On n’a jamais été malades et on n’a jamais eu de mauvaises surprises culinaires. Ce voyage fut plein de découvertes. On a perdu tous nos repères pour s’en créer de nouveau. Le retour est bien sûr difficile ;-) J’ai fait quelques jolies photos que vous pouvez voir sur Flickr si ça vous intéresse : http://www.flickr.com/photos/laure
Si vous avez des questions, j’essaierai d’y répondre au mieux en espérant pouvoir vous aider.
Laure.
A mon tour de vous faire partager mon expérience en Thaïlande. Je suis partie du 4 au 31 décembre, c’est donc tout frais. Je m’excuse d’avance pour le roman, mais quand je faisais des recherches sur le forum avant de partir, j’aurais aimé lire plus de récits de voyages. Du coup, j'ai pris un peu de temps pour écrire tout ça. J’espère que celui-ci pourra être utile.
Arrivée à Bangkok le 5 décembre à 15h. On a passé la douane, récupéré les bagages et pris un taxi (niveau 1 de l’aéroport) jusqu’à China Town en un temps record (1h15 environ). On avait réservé une chambre standard au China Town Hotel via Asiarooms pour 1080 baths, petit déjeuner compris. Chambre vraiment standard, avec un lit double, une salle de bain et la clim. Déco un peu vieillotte, mais chambre propre. Le personnel de l’hôtel est très gentil et très serviable. Comme on était un peu fatigués du voyage, on n’a pas fait grand chose. On s’est juste promenés dans China Town et on est allés jusqu’à la gare Hua Lumphong à pied (environ 15 minutes) pour prendre les billets de train de Chiang Mai à Bangkok. Le dépaysement dans China Town est total, c’est super. Le soir, on mange dans la rue et on se couche assez tôt.
Le 6, on part à pied jusqu’à l’embarcadère (15 minutes) sur la Chao Praya pour aller au musée national. Le bateau est un moyen de transport assez sympa et rapide. Le musée est bien intéressant avant de commencer la visite du pays, surtout pour la partie historique. On n’a pas tout vu car il est immense. Ensuite, direction le Grand Palais, mais il est fermé en raison de l’anniversaire du roi. On ne visitera que le Wat Phra Keo et on en prend vraiment plein les yeux, c’est magnifique. On enchaîne sur le Wat Pho et son superbe bouddha couché. Le site est grand et superbe. A la sortie du Wat Pho, le monsieur qui surveille les entrées nous conseille la visite de 3 autres temples et négocie ça avec un tuk-tuk pour 30 baths, retour à l’hôtel compris. Après la visite du premier temple, le chauffeur nous propose d’aller visiter une usine, mais on refuse. Il nous propose d’aller au TAT pour acheter tous nos billets de bus, on refuse aussi. Au final, il nous plante on ne sait où car nos refus ne lui ont pas plu. Tant pis, on trouve un autre tuk-tuk pour rentrer à l’hôtel. Règle n°1, se méfier quand le chauffeur parle trop bien anglais ;-) A l’hôtel on récupère nos bagages pour aller à la gare prendre le train pour Ayutthaya. Le train est à 15h20 et c’est uniquement de la 3è classe pour Ayutthaya. Dépaysement garanti. Arrivée 1h30 après. Avec nos tronches de touristes, tout le monde a compris où on allait et on nous a indiqué quand il fallait descendre. Tuk-tuk pour aller à la GH Tony’s Place. On n’avait pas réservé, mais il restait une chambre de libre. On a donc eu une grande chambre prévue pour trois avec clim, grand lit, salle de bain et Wifi pour 700 baths (le meilleur rapport qualité prix du voyage). Le personnel de la GH est encore une fois adorable. A 18h30, on part faire un tour d’une heure dans la ville pour voir les sites illuminés avec le même tuk-tuk (Monsieur Noi, très gentil). Belle balade et certains sites sont bien mis en valeur.
Le 7, on se loue un vélo à la journée et on fait le tour des principaux sites. Les vestiges sont superbes, on se rend bien compte à quel point ça a dû être grandiose. Comme les différents sites sont bien disséminés dans la ville, on ne peut pas tout voir en 1 journée, mais on en prend quand même plein les yeux. A 16h, on a rendez-vous devant la GH pour faire un tour de 2h en bateau. C’est sympa et ça nous permet d’accéder à des sites de l’autre côté du fleuve que nous n’avions pas vu. Notamment le superbe Wat Chaiwatthanaram qui mériterait plutôt la lumière du matin. A 18h, le bateau nous laisse au night market. On fait un petit tour et on mange sur place. Retour à pied à la GH qui n’est pas très loin.
Le 8, on part à la gare routière pour prendre le bus de 9h direction Sukhothai. 6h de bus au lieu de 5h. Arrivée à la gare, on snobe les tuk-tuks pour prendre le bus local en direction de Old Sukhothai. C’est marrant, dans le bus il y a Terminator 4 en thaï. On prend une chambre à la Vitoon GH (lit double, clim et salle de bain pour 700 baths). Old Sukhothai n’est pas très grand, il n’y a que 2 GH, mais on trouve quand même des salons de massages et des bars restos à l’occidentale (indicateurs touristiques avec les tailleurs). A 16h, on arrive à l’entrée du parc historique où on loue des vélos. Site superbe, mais comme c’est orienté à l’est, ce n’est pas terrible pour les photos. A cette heure là, c’est très calme et il y a peu de monde. La balade en vélo est très agréable. A la différence d’Ayutthaya, les vestiges sont regroupés dans plusieurs parcs historiques qui ne sont pas ouverts aux voitures. C’est donc beaucoup mieux pour circuler à vélo et très beau car bien préservé.
Le 9, on se lève tôt et on retourne au parc de la veille (en vélo) pour faire les photos avec la lumière du lever du jour. Bonne idée, c’est superbe et encore une fois, il y a peu de monde. On se dirige ensuite vers le site du nord qui abrite une immense bouddha tout blanc (Wat Si Chum). On retourne à la GH vers 11h pour le check-out. On devait prendre le bus de 11h30 pour Chiang Mai, mais il a été annulé. On a donc pris celui de 13h20. 5 heures de routes et nous sommes à Chiang Mai. On prend un tuk-tuk pour aller à Baan Kaew GH, située à côté de l’Alliance Française. C’est en dehors des enceintes de la vieille ville, mais c’est vraiment au calme. On a une chambre avec lit double, clim et salle de bain pour 800 baths. Et on arrive même à trouver un réseau Wifi. Petite balade au Night Bazaar. On trouve ça horrible, c’est uniquement fait pour les touristes. On s’en va rapidement.
Le 10, on part dans la vieille ville à pied ; ça nous prend 20 minutes environ. Et on se balade dans la ville à pied de temple en temple. Dans les temples on croise souvent de jeunes thaïs qui viennent de finir leurs études et qui parlent bien anglais. C’est sympa de discuter avec eux, mais ils finissent toujours par nous conseiller un tailleur. On fait notre premier massage au Thaï massage conservation center. Un endroit où les masseurs sont aveugles. Alors, le massage thaï c’est entre la torture et la relaxation. Le masseur appuie très fort à des endroits bien précis, tellement fort que c’est douloureux. Mais on sort de là bien détendu sans être sûrs de recommencer l’expérience. Dans l’après-midi on va voir le Warorot Market et là c’est le bonheur. C’est immense, il y a de la nourriture étrange un peu partout, plein de fringues et peu de touristes, c’est vraiment super. Là aussi dépaysement total.
Le 11, on visite à nouveau les temples de la vieille ville à pied. Les tuk-tuks ne comprennent pas pourquoi on aime tant marcher. A pied, ça permet de se perdre un peu dans les petites rues et de découvrir des endroits sans masseurs, tailleurs, etc. On trouve une coiffeuse qui ne parle pas anglais et on se lance. Le résultat est très bien et ça nous a coûté à peine 300 baths pour 2. On croise aussi des gamins qui ont des exercices d’anglais et qui nous demandent d’où on vient, pourquoi on est en Thaïlande, qu’est-ce qu’on aime, etc. Et après, ils nous demandent d’écrire notre nom dans leur cahier. C’est marrant ; avec une quinzaine d’enfants autour de nous, on se prend pour des stars ;-) Retour à la GH où on a rendez-vous avec une copine thaïlandaise. Elle nous emmène au resto (Just Khao Soy) le midi et au Doi Suthep l’après-midi. C’est très beau, mais c’est vraiment hyper touristique et blindé de vendeurs de souvenirs. On fait un peu de shopping avec elle et on teste le Fish Spa. Il ne faut pas être trop chatouilleux des pieds. Les petits poissons mangent les peaux mortes sur tout le pied, même dessous et ça chatouille vraiment. Le soir, notre amie nous emmène dans un resto où on peut goûter des spécialités (Antique House, je crois) dans un superbe décor. On apprend vite qu’il faut oublier les currys en tout genre et les soupes au lait de coco car ça arrache vraiment la bouche (ça baigne dans les piments).
Le 12, on se fait une dernière balade au Warorot Market le matin. A la fin du voyage je regretterai de ne pas avoir acheté plus de choses (au niveau bouffe) car on n’a pas retrouvé un marché comme celui-là à Bangkok. A midi on fait le check-out à la GH et on retrouve notre amie pour le déjeuner. Elle nous amène ensuite à la gare où nous avons le train pour Bangkok à 14h50. On expérimente donc le train de nuit. Les couchettes sont confortables, mais le train est hyper bruyant et la lumière du wagon reste allumée toute la nuit. Difficile de bien dormir, même avec des boules Quiès.
Arrivée à Bangkok le 13 à 6h du matin. On retourne au China Town Hotel qui nous avait bien plu au début (15 minutes à pied). Cette fois-ci on prend une chambre un peu plus grande avec le Wifi pour 1150 baths (petit dej inclus). On se repose un peu et comme c’est dimanche, on part au Sunday market (Chatuchak) en métro. Ce marché est vraiment immense et on y trouve vraiment de tout. Comme on n’en est pas à la fin du voyage, on limite les achats. Etourdis par la chaleur, la fatigue et le monde, on va se poser un peu dans le parc à côté. Ca fait du bien et nous sommes prêts à partir à la maison de Jim Thompson. Le lieu est vraiment superbe et la visite guidée en français est fortement recommandée.
Le 14, on part en bus pour visiter le grand palais le matin, c’est vraiment superbe. Dans l’après-midi on part au parc de Lumphini. On se balade dans le parc et on se pose un peu avant d’aller au Night Bazaar. Là encore c’est immense et c’est fait pour les touristes. Mais ça passe mieux que le Night Bazaar de Chiang Mai.
Le 15, direction le Wat Arun en bateau (superbe site), dernière balade dans China Town et départ pour Krabi en avion. Arrivé à Krabi, c’est la surprise, à l’aéroport, il n’y a pas de taxi meter. Uniquement un service de minivan à 600 baths par personne et le bus navette à 150 baths par personne. On prend le bus qui laisse tout le monde devant son hotel. On passe la nuit à K.L. House à Ao Nang (lit double, clim et salle de bain pour 800 baths). La nana de l’hôtel est hyper commerçante, on lui achète les places pour le bateau en direction de Koh Phi Phi. Un bus de la compagnie maritime passera le lendemain matin à 8h20 devant l’hôtel pour nous amener à l’embarcadère d’Ao Nang pour le bateau de 9h. Petite balade le soir à Ao Nang. On n’aime pas du tout, on a vraiment l’impression d’être dans n’importe quelle station balnéaire du monde. Ca me fait trop penser à la rue de la Hune au Cap d’Agde.
Le 16, le bus passe à l’heure prévue. Arrivée à Koh Phi Phi à 11h30 environ. Un long tail boat de l’hôtel nous récupère. On a réservé une nuit au Phi Phi Relax Beach Resort (Pak Nam beach). Arrivé sur place, l’endroit nous plaît bien. La plage est calme et il n’y a que l’hôtel. En plus c’est un spot pour le snorkelling, c’est vraiment la fête du poisson sous l’eau ;-) On a pris un bungalow Garden View pour la modique somme de 1600 baths (sans petit dej, merci la haute saison). Le bungalow est propre mais un peu roots : pas de clim, pas d’eau chaude et électricité de 17h30 à 6h. Du coup, le bungalow est un peu sombre, mais on a un grand lit, une moustiquaire et un ventilo, ça fera l’affaire. On décide d’y passer une nuit de plus. On passe le reste de la journée à se reposer sur la plage, ça fait du bien. D’autant plus que le paysage est superbe.
Le 17, on décide d’explorer un peu l’île. On prend le chemin à travers la jungle pour aller à Tonsai en passant par le view point. Ca grimpe bien, on est en nage, mais la vue est vraiment superbe. Bref, ça se mérite ;-) On continue sur Tonsai, jumelle d’Ao Nang sans charme à nos yeux. Par contre, on en prend plein les yeux ; les dégradés de bleu de l’eau sont superbes. On se pose tranquillement sur un coin de plage. Dans l’après-midi, on refait la grimpette en sens inverse pour retourner voir les poissons de la plage de l’hôtel.
Le 18, on profite une dernière fois de la plage le matin et on va à la nage jusqu’à Rantee Beach. C’est un peu plus loin que prévu, il nous faut une bonne demi-heure. La plage est jolie, mais les bungalows ont l’air vieillot. Retour à l’hôtel, douche, check-out, repas et bateau pour Tonsai. Et encore bateau pour Ao Nang où on arrive un peu avant 18h. Comme prévu, quelqu’un de Pine bungalows nous attend à l’embarcadère pour aller près de la plage de Klong Muang. On avait prévu d’y rester 3 jours, on a fait un jour de rab tellement c’était sympa. La plage de l’hôtel est grande, calme, mais pas très propice à la baignade à marée basse (pas grave, la mer est basse le soir et tôt le matin). Notre bungalow était assez sommaire : un lit double, une salle de bain avec eau froide et un ventilo (pour 600 baths).
Le 19, on se fait une journée glandouille à la plage. On apprécie vraiment le calme. On se fait une petite balade en canoë dans l’après-midi jusqu’à l’île en face du Sheraton.
Le 20, on loue un scooter pour 2 jours et on part explorer les environs de Krabi. On commence par Tha Pom (eau cristalline et végétation luxuriante), très joli, mais la visite se fait en 20 minutes. On repart vers Krabi pour le Tiger Cave Temple qu’on ne trouvera pas car on n’a pas pris la bonne route. Tant pis, on a trouvé un joli temple à flanc de massif karstique avec des grottes. Et on continue la route jusqu’au parc national Phanom Bencha. Beau parc avec une belle cascade. Il faut laisser tomber le view point. Le chemin qui y mène n’est pas entretenu et ça grimpe sévère. Après 25 minutes de marche, on rencontre un couple qui redescend et qui nous explique qu’il y a encore une bonne 1/2h de marche et que la vue n’est pas exceptionnelle. Du coup, on fait demi-tour pour aller à une autre cascade qui n’est pas terrible. Par contre sur le chemin qui y mène, il y a le plus gros arbre qu’on n’a jamais vu (un dipterocarp). Il est magnifique, le tronc est vraiment immense ; c’est impressionnant.
Le 21, on va au Tiger Cave Temple. Il y a 1237 marches et ça grimpe sévère. Il vaut mieux avoir une bonne condition physique et de l’eau. On a mis 45 minutes pour atteindre le sommet, mais ça valait vraiment le coup. La vue est exceptionnelle, à 360° ; on distingue la mer, les massifs karstiques, les plantations de palmiers. Là aussi, ça se mérite. La descente est difficile aussi, j’ai les jambes qui tremblent. En bas, il y a plein de singes et le 7/11 vend des bananes si on veut les nourrir. Retour à Krabi où on achète des billets pour aller à Koh Pha Ngan le 24. On se prend la pluie en scooter, obligés de s’arrêter tellement ça tombe. 20 minutes après c’est bon, on repart en direction du bord de mer pour trouver des cartes postales. On arrive par la plage de Nopparat Thara qui est très jolie (malgré le temps nuageux). Si vous allez dans le coin, préférez cette plage à Ao Nang, c’est plus joli et beaucoup plus calme (les magasins sont à Ao Nang).
Le 22, on profite de notre dernière matinée sur cette plage bien agréable. Je vous recommande chaudement cet endroit si vous avez envie d’être peinard. Il n’y a rien autour de l’hôtel et le village de Klong Muang se trouve à 2 kms environ. Le scooter est bien utile si on veut se balader. La navette de l’hôtel nous laisse à Ao Nang où nous prenons le bateau pour Railey. On a réservé au Sand Sea Resort une chambre un peu plus haut de gamme (on fête nos 10 ans, on ne se refuse rien). Après-midi glandouille sur la plage ouest avec un paysage magnifique. En fin d’après-midi, on va jusqu’à la plage de Phra nang. Railey Est n’est pas terrible, mais la plage de Phra nang est vraiment superbe.
Le 23, on s’attaque au view point et au lagon, il est temps de refaire un peu d’exercice. Si vous n’avez pas de baskets et que vous n’êtes pas très sportifs, laissez tomber. L’accès au view point est rapide (15 minutes), mais on comprend vite que les cordes sont bien utiles. Encore une fois, la vue est superbe. L’accès au lagon est encore plus difficile, ça descend beaucoup et on se rapproche vraiment de l’escalade. Mieux vaut avoir quelques muscles dans les bras et ne pas être sujet au vertige. Le paysage est superbe, mais comme des boulets, on n’a pas fait attention que c’était la marée basse. Il n’y a donc pas d’eau dans le lagon, c’est tout boueux. Je ne m’aventure pas à faire le tour tellement ça glisse. On profite juste de la vue (des grottes de partout) et on se refait un peu d’escalade dans l’autre sens. On passe le reste de la journée à glandouiller sur la plage et le soir on admire le coucher de soleil sur la plage de Phra nang.
Le 24, on loue un canoë pour 2 heures et on achève nos bras ;-) Le canoë, c’est sympa, ça permet de voir de plus près toutes les grottes. On retourne à Ao nang vers midi. On se pose dans un resto en attendant 15h, heure de rendez-vous pour partir vers Koh Pha Ngan. On en profite pour écrire toutes les cartes postales ; une bonne chose de faite. Pour aller à Koh Pha Ngan, c’est la société P.P. Family qui gère le voyage. Depuis Ao Nang, un songtaew nous amène dans leurs locaux à Krabi. De là, on attend que tous les voyageurs arrivent. Le bus qui va à Bangkok nous lâche à Surat Thani dans les locaux de la P.P. Family. On mange sur place, mais on aurait mieux fait de zapper car il y a largement de quoi se ravitailler au port. Le ferry de nuit c’est roots de chez roots : des matelas étalés par terre et un oreiller. On dort en rangs d’oignons les uns à côté des autres. D’ailleurs on ne dormira pas énormément car beaucoup de touristes ont décidé de s’arsouiller au whisky une bonne partie de la nuit. Certains n’étaient vraiment pas frais à l’arrivée à 6h ;-)
Le 25, on prend un taxi jusqu’à l’hôtel au nord de l’île, Royal Orchid Resort (bungalow avec lit double, la clim, salle de bain et eau chaude pour 1000 baths). L’hôtel n’a pas de plage, mais se situe juste en face de Koh Ma. La plage est 100 mètres plus loin et le paysage est superbe. Koh Ma est un bon spot de snorkelling, il y a vraiment plein de poissons et des anémones, un régal. On se fait une journée plage avec une bonne grosse sieste pour récupérer de la nuit. En fin d’après-midi, on loue un scooter à l’hôtel et on part vers Haad Rin au sud pour la Full Moon Party de Noël. 18h, c’est certainement beaucoup trop tôt pour arriver, mais on voulait repérer la route de jour. Et on a vraiment bien fait car avant Haad Rin, il y a de sacrées côtes et de sacrées descentes (20%), c’est impressionnant. Je ne sais pas si c’était dû à Noël, mais cette Full Moon Party sans pleine lune était assez calme. Il n’y avait pas beaucoup de monde et ça ressemblait plus à une discothèque géante sur la plage. Les jeunes de 20 ans qui s’arsouillent avec les buckets, c’est marrant. Les vendeurs de buckets sont aussi bien marrants, ils en font des tonnes pour vendre. Leurs stands sont alignés les uns à côté des autres avec des panneaux où il y a écrit des trucs du genre « Alex, the best fucking bucket », etc. Il y a avait aussi des thaïs qui jonglaient avec des bâtons enflammés des deux côtés, très impressionnant. On a trouvé des bons DJs du côté de Paradise Bungalows, au bout de la plage. Mais on n’était qu’une dizaine avec ces goûts musicaux ;-) Comme on était bien fatigués quand même, à 1h, on a mis les voiles. Peut-être que ça a été plus animé après. On a quand même mis 1h pour rentrer à l’hôtel, on a joué la prudence. D’ailleurs, un scooter pour 2 à Koh Pha Ngan c’est bon, mais il faut vraiment être prudent sur la route car on rencontre de beaux trous et parfois les routes se terminent par des chemins de terre.
Le 26, on est parti vers Tong Sala voir les horaires de bateaux pour le retour. On a mangé un super bon poisson grillé avec du riz gluant à un coin de rue. Ensuite, on a fait la tournée des plages de la côte ouest. Paysages époustouflants surtout à Ao Nai Wok, juste après Tong Sala, avec le sable blanc, les cocotiers, les dégradés de bleus et les pierres façon Seychelles.
Le 27, on est allés aux chutes d’eaux de Phang. Le coin est très joli, mais ça manquait un peu d’eau. On a grimpé jusqu’au view point, avec encore une fois une vue superbe (on pouvait voir Koh Samui). On a visité quelques temples, dont un temple chinois près de Chaloklum, en hauteur avec une jolie vue. On a aussi trouvé Khom Beach, une autre belle plage super pour le snorkelling.
Le 28, direction Bangkok en plusieurs étapes : ferry pour Donsak, bus pour Surat Thani, songtaew pour la gare et train de nuit pour Bangkok (qui est arrivé avec 1h20 de retard).
Le 29, arrivée à Bangkok à 10h (1h de retard). On prend le métro pour aller au Royal Asia Lodge Hotel à Sukhumvit (chambre avec lit double, clim, salle de bain, Wifi et petit dej pour 1100 baths). L’hôtel a une piscine sur le toit mais quand on a voulu y aller, l’eau était blanche tellement il y avait du chlore. On est parti au marché de Pratunam qui est pas mal pour les derniers jours shopping. Comme tout le monde, on achète un gros sac supplémentaire ;-) Petit pause pédicure et on repart. Le soir, on finit le shopping au Night Bazaar à côté de Lumphini.
Le 30, dernier jour en Thaïlande. On va faire un tour au MBK, mais c’est trop occidental à notre goût et on ne cherche rien de particulier. On prend le bus jusqu'au Wat Rachanatdaram (temple en métal), très joli avec une belle vue. Derrière le temple, on trouve un marché de « bondieuseries » où on trouve de jolies choses (notamment les petites cloches avec un cœur). On se balade à pied, on passe une dernière fois par China Town. Ce quartier nous a vraiment plu ; c’est beaucoup plus dépaysant que du côté de Sukhumvit. On teste l’épilation du visage au fil faite par des chinoises sur le trottoir. C’est vraiment efficace, mais douloureux près des oreilles (je ne pensais pas avoir autant de duvet à cet endroit là). La nana se marre parce que j’ai un grand nez qu’elle cogne avec son fil. On rentre vers l’hôtel et comme on a encore du temps devant nous, on se fait faire un massage à l’huile. C’est bien plus agréable que le massage traditionnel ! On récupère les bagages à l’hôtel et on prend un taxi pour aller à l’aéroport. Le chauffeur nous a fixé un prix dingue pour la course (500 baths), mais j’ai bien suivi vos conseils, je lui ai demandé fermement de mettre son compteur en gardant la porte ouverte. Ca roulait super bien, on en a eu pour 200 baths (il a quand même bien appuyé sur l’accélérateur).
Voila, on n’avait pas du tout envie de rentrer. On a vraiment aimé ce pays et c’est sûr, on y retournera. C’est très facile de voyager là-bas, même si un minimum d’anglais paraît franchement utile. Les gens ont toujours le sourire, ils sont très gentils, c’est un vrai plaisir. On a trouvé que le nord était quand même beaucoup plus authentique que le sud (au moins du côté des plages). On a adoré manger dans la rue sans forcément savoir ce qu’on avait dans l’assiette ou le bol. On n’a jamais été malades et on n’a jamais eu de mauvaises surprises culinaires. Ce voyage fut plein de découvertes. On a perdu tous nos repères pour s’en créer de nouveau. Le retour est bien sûr difficile ;-) J’ai fait quelques jolies photos que vous pouvez voir sur Flickr si ça vous intéresse : http://www.flickr.com/photos/laure
Si vous avez des questions, j’essaierai d’y répondre au mieux en espérant pouvoir vous aider.
Laure.