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Itinéraire 12 jours Botswana en autonomie English translation pending
Bonjour à tous,
J'aimerai avoir vos avis éclairé sur cet itinéraire:
En Land Defender avec tentes de toit en fin décembre/
J1 : JNB- Francistown J2 : Francistown-Ihaha J3 : Ihaha-Savuti J4 : Savuti-Xakanaxa J5 : Xakanaxa-Maun J6 : Maun-Nxai pan J7 : Nxai pan- Kubu island J8 : kubu-CKGR ( par Matswere) J9 : Matswere - Piper pans ( CKGR) J10 : Piper-Xade (CKGR) J11 : Xade-Kang J12 : Kang -JNB
-Je pensais reserver les camps juste pour les parc du Nord? -En décembre les grand Pan serons encore franchissable? Merci de vos lumières
J1 : JNB- Francistown J2 : Francistown-Ihaha J3 : Ihaha-Savuti J4 : Savuti-Xakanaxa J5 : Xakanaxa-Maun J6 : Maun-Nxai pan J7 : Nxai pan- Kubu island J8 : kubu-CKGR ( par Matswere) J9 : Matswere - Piper pans ( CKGR) J10 : Piper-Xade (CKGR) J11 : Xade-Kang J12 : Kang -JNB
-Je pensais reserver les camps juste pour les parc du Nord? -En décembre les grand Pan serons encore franchissable? Merci de vos lumières
Premières traces atlastiques English translation pending
C'était lors de mes premiers pas dans l'Atlas marocain ... il y a fort longtemps.
VALLEE D'ANERGUI- Douar Ayt Khoya
Dix jours se sont écoulés depuis mon départ belfortain.
A Ouaouizerth le vieux bus s’est garé à même le coté de ce qui semblait être la rue principale. Il n’y a pas de gare routière. En quelques minutes les quelques vingt voyageurs qui occupaient les sièges défoncés et inconfortables du Berliet sans âge ont récupéré leurs bagages et s’en sont allés chacun vers leur destinée. La rue qui me faisait face s’ouvrait à moins de vingt mètres sur une esplanade qui semblait concentrer l’animation ordinaire et locale d’un milieu de matinée ensoleillée. Je m’y suis dirigé. A en juger par les détritus qui jonchaient le sol et une tente de marchand de fruits et légumes, posée là, seule, presque incongrue, à peine à l’écart des vieilles Mercedes, Peugeot 504 et autres R12 break empestant l’atmosphère des fumées de gas-oil de leurs interminables préchauffages, le lieu s’avérait être, d’un coté parc des taxis interurbains, de l’autre, place de souk le jour venu.
A ma vue, le courtier a lancé haut et fort l’annonce des destinations des taxis restants à compléter. Par un geste négatif de la tête et mon meilleur langage des signes, je lui ai fait comprendre que j’étais arrivé au terme de mon voyage et, profitant de ce premier rapport établi, lui ai montré les quelques lignes écrites en arabe par Lahcen Fouzal avant mon départ belfortain.
Après lecture, le courtier confiait le papier à un gamin en le chargeant d’une commission que je supposai être la recherche du premier fils Fouzal. Il me fît signe de patienter à l’ombre, à coté de la cabane en tôle et cartons où un vieux monsieur vendait au détail quelques friandises, cigarettes, feuilles à rouler, stylos bille et diverses petites fournitures courantes. J’en ai profité pour faire fonctionner un peu le commerce local en achetant trois Malboro, une boite d’allumettes en cire, un rasoir jetable et un paquet de chewing-gum. En guise de bienvenue, je me suis vu offrir un verre de thé à la menthe sorti de sous le comptoir du petit kiosque où je n’avais pas encore remarqué la présence du camping gaz et du petit nécessaire à la préparation du breuvage.
Le peu d’ombre dont je jouissais sur le coté du cabanon avait disparu depuis longtemps. J’avais fumé mes trois cigarettes, bu une théière avec le papy vendeur, partagé une orange et son sibsi, goûtant ainsi pour la première fois à ce cocktail détonnant fait de tabac spécial et de fleurs de chanvre finement hachés et savamment mélangés, quand est arrivé un petit monsieur moustachu, à l’air pâle et malingre, licencié en lettres et philosophie, chômeur de son état et connu dans cette bourgade sous le nom de Mohamed Ou Haddou. C'est le frère de Lahcen auprès de qui ce dernier m'a recommandé quand je lui ai fais part de mon projet de randonnée dans l'Atlas marocain.
Tu passes par Anergui? m'avait-il demandé. J'y suis né! C'est chez moi! Et si c'est chez moi, c'est aussi chez toi!.. Hospitalité bebère ! Mohamed habite avec sa maman dans une petite maison en pisé perchée sur une colline à la sortie de Ouaouizerth par la route de Tillouguitte. Le petit tagine familial attendait notre retour et fût partagé en même temps les nouvelles demandées par la maman sur l’état de santé du fiston éloigné Le lendemain après avoir dégusté un excellent tagine au brochet chez sa sœur, nous nous sommes postés à l’ombre d’un eucalyptus sur le bord de la route. Une Land Rover ou un camion à destination de Tillouguitte disposerait bien, selon Mohamed, de 2 places libres. Nous devions faire étape dans ce village avant de continuer à pied sur Anergui, la vallée d'origine de la famille Fouzal. Après deux heures d'attente et quatre heures de tape-cul dans une vieille Land Rover surchargée -oui je dis bien quatre heures pour s’acquitter de quarante kilomètres de piste défoncée et du Tizi (col) n'Ayt Aïssa- nous sommes arrivés à destination.
Nous avons trouvé le gîte pour la nuit dans l'arrière salle d'une petite gargote et sommes repartis alors que le jour pointait à peine pour profiter d'une benne de camion qui pouvait nous déposer à Tamga. Je n'ai pas regretté le lever très matinal qui nous a évité une demie douzaine de kilomètres de marche sur une piste sans intérêt... c'est qu'il nous restait derrière sept heures de autres heures de marche pour franchir Tizi n'Ouanergui et plonger sur la vallée.
Nous y avons retrouvé son père et le reste de la famille, oncle, tante cousins qui partagent la maison familiale.
Maison de la famille Fouzal.
La nuit est douce, sans lune. Si j’en crois les ronflements qui s’élèvent jusqu’à la terrasse, mes hôtes sont déjà dans les bras de Morphée. Du petit lait, du pain, du thé, des amandes offerts avant leur coucher, une lanterne pour éclairer la suite des traces écrites de ce périple atlastique, le décor est planté.
Anergui, un endroit où l'on va... et non un endroit où l'on passe ! Depuis Ouaouizerth, la vallée est uniquement accessible à pied ou à dos de mulet. Un isolement qui préserve ce petit havre de quiétude et de fraîcheur, tapi au pied d’une falaise en forme parfaite de fer à cheval, dominée par les 3243 mètres du djebel Mourik. On y vit à l’écart des grandes voies de passage, dans la terre, de la terre, adaptant ses besoins à ses maigres richesses, et laissant couler lentement les jours gais ou tristes que verse la volonté divine.
Quelques très rares passes dans des éboulis en pans inclinés, boisés sommairement de chênes verts, permettent de franchir ce rempart continu, formé par un colossal mouvement orogénique. L’itinéraire d’accès le plus court passe par Tillouguitte, Tamga et Tizi n’Ouanergui. C’est celui que nous avons emprunté avant hier avec Mohammed. Une belle dizaine d’heures de marche étaient prévues au départ de Tillouguitte. En nous faisant déposer par un camion avant le pont de Tamga nous avons évité la piste poussiéreuse, gagné trois heures et entamé une marche d’approche du col bien agréable le long de la rivière Ahensal, à l’ombre des pins d’Alep.
Cinq petits hameaux, quelques maisons individuelles éparses et igherman, les “greniers fortifiés familiaux “, toujours construit sur les pentes pour une protection indispensable contre les crues, mais aussi par besoin vital de réserver à la culture la plus petite parcelle disponible, forment l'habitat des Ayt Anergui.
Tout au fond du creuset une manne permanente en provenance d'Imilchil et du plateau des lacs arrose par séguias interposées les cultures de la vallée. L’Assif Melloul, la “rivière blanche”, serpente dans le relief, trouve la faille à l’ouest et évite l’obstacle Mourik. Nous sommes à 1500 mètres. L’altitude n’autorise pas les palmiers, mais une agriculture de subsistance et, les bonnes années, le minimum alimentaire: blé, orge, maïs et aussi des noyers, des amandiers, pêchers, pommiers et quelques légumes.
Le final en beauté de mon errance atlastique était vaguement prévu dans les gorges du Dades ou du Thodra. Depuis Thinerir ou Boulmane n’Dades, la fascinante place Djmâa el Fna et les souks de Marrakech, à peine entrevus lors de mon arrivée, ne sont plus qu’à une journée de bus ! Mais il me faut d’abord atteindre le versant sud du massif. Depuis Anergui il y a de nombreux itinéraires pour rejoindre Boulmane. Toutefois, pour un étranger à ce milieu, le plus sûr et plus court chemin pour atteindre les versants sud – 3 jours au rythme d’un roumi porteur de sac à dos – est la grande piste muletière foulée régulièrement par les commerçants qui se rendent du souk es Sebt de M’semrir au souk el Khemis d’Anergui, et inversement. J’y trouverais toujours du monde et de l’aide en cas de besoin.
C’était l’option retenue à mon arrivée dans cette vallée. Mais au « thé-apéritif » de midi, j’ai vite deviné que le roumi, moi en l’occurrence, devenait sujet de délibération entre Mohammed, son père et son oncle.
Pendant le tagine la discussion a marqué une pause. C’est qu’ici on parle peu en mangeant. Le plat étant commun à tous les convives, celui qui parle trop … mange moins.
Au « thé-digestif », entre deux claquements de langue marquant son approbation sur la qualité du breuvage, Mohammed m’a proposé de m’accompagner sur une partie du trajet. Le mulet de son cousin porterait les bagages. J’ai bien sûr accepté. On ne fait pas la fine bouche devant une proposition qui dispense du portage de dix sept kilos de sac à dos. Et puis, après réflexion, vu qu’en plus du mulet je pouvais bénéficier aussi des services d’un fonctionnaire près à se dégourdir les jambes dans les montagnes de son enfance, pourquoi ne pas se lancer sur des sentiers moins "battus" ?
La description de Kousser et des conditions de vie des éleveurs sur ces terres ingrates rapportées hier par Mohammed, m’avait déjà mis l’eau à la bouche … et la carte sous les yeux. J’ai ainsi pu observer que la traversée de ce plateau pouvait, en deux jours, mener à Zawiat Ahensal. De là il est encore possible, par un petit crochet de deux jours suplémentaires, de rejoindre M’semrir. Rien d’insurmontable somme toute car je me sens en jambes. Cependant mon manque de connaissance du milieu, et cette grande (! ! !) sagesse qui m’habite m’interdisaient de me lancer seul sur cet itinéraire incertain. Mais après la proposition de Mohammed, la donne était différente. S’il voulait bien m’accompagner jusqu’à Zawiat Ahensal au lieu de la vallée d’Imdrhas, l’occasion était à saisir !
Au « thé-apéritif » du soir, je leur ai fait ma nouvelle proposition d'itinéraire. Pendant que nos doigts prenaient peu à peu la délicate teinte rouge safranée de la sauce tagine la discussion a cessé, comme il se doit, mais quatre verres de « thé-digestif » doivent aider à la réflexion car au dernier la décision était prise .
« Mohammed t’accompagnera jusqu’à Zawia, et au-delà si tu veux ».
Le père avait parlé, l’oncle approuvait et Mohammed traduisait. La sécurité d’un étranger sur les terres de la tribu est aussi affaire de son hôte.
Ce qui était dit devait être fait.
Il est plus de minuit, Mohammed m'a annoncé le réveil pour cinq heures...
TAGHIA
Mon intention de passer ce hameau et de poser bivouac dans Bou Ighaln après avoir franchi le Jbel Timghazine, était-elle trop matinale ? En tous cas elle n’a pas su résister à l’appel de la petite plate-forme herbeuse qui domine la rivière à l’entrée des gorges. Me voilà à l’abri d’une éventuelle crue. Ce serait con de me retrouver à l’entrée de Zawia à trois heures du matin flottant sur mon karimat.
C’était le dernier conseil de Mohammed avant de nous séparer ce matin. Ne pas se fier à une météo, aussi clémente soit-elle au moment d’installer un bivouac. Un orage arrive vite, et la crue qui s’en suit peut-être dévastatrice, surtout à la sortie de telles gorges.
Mohammed a rebroussé chemin ce matin après que nous ayons passé la nuit à Zawia Ahensal chez un ami de son père. Il compte refaire en une journée la montée à Kousser et sa traversée. Un trajet qui nous a demandé deux belles journées de marche à l’aller. Il faut dire que lui montera sur le mulet sur la quasi totalité de l’itinéraire, ce qu’il n’a sans doute pas osé faire quand nous étions ensemble et que je tenais absolument à marcher.
C’est donc la reprise de mon aventure solitaire dans ces montagnes. Avec des provisions pour trois jours, un ravitaillement possible à Oussikis, des semelles en bon état et un moral à toute épreuve, c’est plus qu’il n’en faut pour atteindre Boulmane n’Dades.
J’ai bien aimé la ballade de ce matin depuis la Zawia . Trois heures de promenade bucolique le long de la petite rivière qui se jette plus bas dans l’assif Ahensal à travers vergers et parcelles cultivées d’orge ou peut-être de blé, je ne sais pas comment les différencier, ont suffit pour rejoindre les maisons de terre rouge de Taghia. Et puis il y a eu les falaises vertigineuses qui font face au village, et dans lesquelles je me vois déjà accroché avec mes potes grimpeurs, la transparence de l’eau, la proximité des vergers le vert profond des petites terrasses étagées sur les pentes soulignées de coquelicots et puis cette petite place herbeuse, là entre le village et les gorges, et loin la-bas le col que je devais franchir. Cela vaut bien l’octroi d’une demi-journée de contemplation.
Sieste, promenade dans les gorges et toilette complète dans la rivière, ont donc remplacé avantageusement la programmation du départ. La rivière charrie beaucoup de bois et le plaisir de la veillée autour du feu de bivouac, non encore éprouvé dans ces montagnes, est si grand que je laisse filer sereinement les heures habituellement dédiées au sommeil réparateur.
Qu’il est doux de pouvoir gérer son temps et son rythme ! On en a si peu l’occasion dans notre vie "speedée" de citadin européen qu’il ne faut pas négliger l’opportunité. Je ne m’accorderai cependant de fantaisies qu’avec l’emploi du temps. L’itinéraire conseillé par mon hôte de la veille sera suivi à la lettre. Du moins en ai-je l’intention au moment où j’écris. Sans guide ni topo, les points de passage principaux que m’a indiqué notre hôte d’hier soir ne seront peut-être pas si évidents à trouver. Surtout si comme cela semble être le cas, au-delà du col je retrouve un terrain similaire à Kousser, sans points de repères et des traces multiples de déplacements de troupeaux qui partent dans tous les sens. Quel contraste entre les vallées comme Anergui et Zawia Ahensal où les dépôts alluvionnaires et la volonté des hommes à travailler la terre en font de fertiles oasis de montagne, et la désolation minérale de Kousser !
Ce plateau d’altitude présente des signes inquiétants de déboisement. Vaincue par le climat et les pasteurs acharnés à sa perte pour la survie de leurs troupeaux, la végétation est poussée dans ses derniers retranchements.
Au milieu des pierres, des buissons épineux et des squelettes difformes de leurs congénères, il ne résiste plus que quelques genévriers thuryfères centenaires. Pas d’eau autre que celle un peu croupie de deux sources misérables. Si elles m’ont inquiété au point d’y diluer quelques cachets d’hydroclonazone, elles doivent pourtant faire le bonheur des hommes et du bétail habitant cette austère contrée,
Pour un Franc-comtois, même d’adoption, qui n’a connu que les forêts vosgiennes et les verts pâturages alpins, le premier contact physique avec cette désolation minérale est impressionnant. Néanmoins ce milieu a pour moi quelque chose d’attirant. Je sais déjà que j’y reviendrai.
D’ici là il me reste à rejoindre Oussikis et Boulmane. Il est donc temps de trouver le sommeil.
Jbel Timghazine
Le soleil avait déjà franchi la crête quand j’ai ouvert la tente. La surprise n’est apparue que lorsque mes yeux se sont habituées à la belle luminosité matinale. Posés sur une pierre à coté du foyer, deux œufs frais et une petite galette d’orge attendaient patiemment mon réveil. Je doute que beaucoup de ²sans-abri² aient souvent fait la même trouvaille, en sortant de leurs cartons après une nuit sous les ponts de la Seine.
Après un petit déjeuner copieux, la cuisson des œufs pour la route et une toilette vivifiante dans l’eau glacée, j’ai entamé le sentier raide et sinueux dans les pentes du Jbel Timghazine sans avoir pu remercier mon mystérieux et généreux donateur.
Trois heures plus tard, dépouillé d’une grande partie de ma bonne forme matinale, je pose mon sac au pied d’un genévrier squelettique et centenaire. La vue quasi aérienne sur le village de Taghia explique les deux litres de sueur que je viens de laisser dans la pente. Plus au loin, en suivant les méandres de la rivière et les cultures en terrasses, apparaissent les silhouettes des magnifiques ksours des chorfas de Zawiat Ahensal déjà prisonnières de la brume de chaleur. De l’autre coté … premier aperçu sur les grandes pentes délavées des contreforts sud de cet Atlas oriental. La traversée de Kousser n’aurait-elle été qu’une misérable mise en jambes avant l’exil de pierres, terre et poussière qui se présente en contrebas ?
J’ai vidé une gourde mais l’autre est presque pleine. C’est suffisant pour une petite soupe ce soir et un café demain matin, mais tiendra-t-elle jusqu’au bivouac si je ne trouve rien d’autre à boire cet après-midi ? Par mesure de précaution, je commence à mettre en pratique la technique du moissonneur en période de ramadan : le petit cailloux dans la bouche qui aide à saliver. Tant qu’il reste de la salive !
J’ai admiré une dernière fois l’imposant massif du Jbel Aroudane qui domine Zawiat Ahensal, en me promettant d’en faire le tour lors d’une prochaine virée. Après avoir bien ajusté le sac à dos sur les épaules et serré la ceinture ventrale, je me suis lancé dans la pente en courant. Bien imprudent quand j’y pense maintenant !
En perpétuelle recherche de l’équilibre perdu sur les pierres qui roulaient sous les semelles, j’ai dévalé, les quatre cents mètres de dénivelé. Quand j’ai repris pied sur la terre ferme j’ai eu l’impression d’être encore poussé par mon élan. Pendant longtemps encore la foulée est restée longue et alerte. Curieusement, la petite angoisse que j’avais eue en voyant ce qui m’attendait depuis le col avait totalement disparue. J’éprouvais au contraire une très agréable sensation de liberté qui semblait stimuler mes capacités physiques mises à mal dans la sévère ascension matinale. Pourtant Oussikis était encore bien loin, quelque part là-bas vers le sud-est, au bout de cette trace qui semblait ne mener nulle part ailleurs que dans les cailloux et la poussière,
Rappel que la demi-douzaine de figues sèches et la barre énergétique avalées au col manquent de sucres lents, le rythme a faibli vers le milieu de l’après-midi. Dans le même temps mes épaules me faisaient savoir qu’elles auraient plaisir à être soulagées quelques minutes. Il était temps d’alléger mon sac à dos d’une boite de sardines et une ou deux tartines de « Vache qui rit », le seul fromage -mais est-ce bien du fromage ?- trouvé au souk d’Anergui.
J’étais plongé dans ces pensées sans grande teneur philosophique, quand j’ai eu la frousse de la décennie !
Ils couraient dans ma direction et m’ont cloué sur place. Le palpitant à cent quarante, les poils au garde à vous et la sueur gelée sur le front, j’ai ramassé deux parpaings pour le premier qui dépasserait le périmètre de sécurité … si j’en avais le temps !
Les deux chiens galeux se sont arrêtés à quatre ou cinq mètres de moi en grognant et aboyant tous crocs dehors. En une fraction de seconde j’ai revu toute cette scène du film ²La guerre du feu², quand les trois héros pourchassés par des lions passent la nuit sur un arbre avec les fauves à leurs pieds.
Certes je n’avais pas à faire à des lions, mais je n’avais pas non plus de genévrier sous la main. Le dernier tronc contre lequel je m’étais appuyé était là-haut sur le col !
Il m’a semblé un peu puéril d’essayer de les amadouer en leur racontant cette histoire drôle, et j’ai opté pour la fermeté. Je m’apprêtais à casser les dents du premier quand …
Zorro est arrivé éhéééé ! ! ! ! ! !
Non, je délire. C’est l’émotion du souvenir ! Ou le soleil et l’altitude. Je ne sais pas.
D’abord sur ma gauche, deux claquements coup sur coup, secs et très brefs ont retenti. Puis il y a eu les sifflements et la poussière soulevée par les impacts entre moi et les chiens. La hausse était ajustée. Deux autres cailloux sont tombés. L’un entre les deux horreurs, l’autre a atteint sa cible. Kaïkaïkaï, faisait celle qui courait en boitant, tandis que l’autre reculait, mais toujours en aboyant.
Mes mollets devaient leur salut à la descendance berbère de Thierry La Fronde !
Deux jeunes garçons m’ont rejoint. Ils m’ont dévisagé avec la curiosité que je pourrai montrer le jour de ma rencontre avec un petit homme vert.
- Salamaleikoum.
- Salamaleikoum ... (Silence) Mani abrid n’Oussikis ?
Tilla taghbalout ? »
Comme j’ai longuement travaillé la prononciation de cette formule -la première que j’ai apprise dans ces montagnes pour éviter que l’on retrouve un jour un petit tas d’os de roumi à coté de son sac à dos- ils ont compris tout de suite.
Oui, c’était bien le chemin d’Oussikis mais au geste de la main, j’ai compris que je n’étais pas encore rendu ! Oui, il y avait bien une source dans les parages et ils se proposaient de m’y emmener. Le plus âgé m’a fait signe de le suivre tandis que son petit compère s’en allait retrouver le troupeau, accompagné par les chiens qui ne semblaient pas très rancuniers.
Etonnant ! A cinq minutes de l’endroit de notre rencontre, derrière un monticule sur lequel quelques petites chèvres noires et trois dromadaires broutaient des cailloux, deux tentes et une belle combe verdoyante signalaient la présence de l’eau. Me voilà prévenu, inutile de sucer des petits cailloux avant de m’être assuré qu’il n’y a pas de crottes de biques dans un rayon de cinq kilomètres. Qui dit biquette, dit forcément taghbalout.
Mon jeune sauveur m’a prié de m’asseoir sous la première tente. Il a allumé les branches sèches d’un buisson, et posé dans les flammes une bouilloire noire de suie. Pendant que l’eau chauffait, il est allé jusqu’à l’autre tente. Quelques instants plus tard, il en revenait avec une fille portant baluchon sur le dos. Un baluchon braillard dérangé dans sa sieste par la visite d’un fâcheux.
Une fois de plus, j’ai pu mesurer le sacré de l’hospitalité de ces montagnards. Un roumi passe, comme passe un commerçant, un nomade ou un fquih. Leurs ventres sont peut-être vides et ils ont besoin de forces et de repos pour continuer leur chemin ; alors on se doit de partager sa pitance, fusse-t-elle maigre, et son toit.
Mon ventre était vide, en effet, mais pas mon sac à dos !
Je me serais contenté d’une petite halte à la source, le temps d’avaler mes deux œufs durs et une boite de sardines à la tomate, mais dehors, la fille s’activait déjà. Quand j’ai réalisé, il était trop tard. L’eau tiède coulait dans le puits de farine. Une pierre plate avait remplacé la bouilloire sur les braises et attendait la pâte que malaxaient déjà des mains expertes.
Le garçon a fini la préparation du thé et a servi un verre de thé. Un seul.
Soudain je me suis rappelé. Que faire ? Que dire ? Envahi d’une gêne terrible je regardais le verre posé devant moi. Je n’y avais encore pas touché que déjà la fille tendait la galette brûlante au garçon.
Eux qui n’avaient pas mangé depuis l’aube et suceraient leur soif jusqu’au soleil disparu, m’offraient du thé et me cuisaient du pain alors que c’était le ramadan !
Il a coupé la galette en quatre. Il a posé les morceaux à coté du verre sur le papier bleu qui ici emballe les pains de sucre et m’a invité à manger. Bismillah, baraka Allah illik. Dans ces circonstances je ne sais rien dire d’autre. J’ai bu et j’ai mangé pendant qu’ils me regardaient en souriant.
Qu’Allah, puisque vous y croyez, vous le rende au centuple.
Au moment de les quitter, il m’a encore prié de prendre le pain qui restait. J’ai sorti un des deux œufs, une boite de sardines, une poignée d’amandes et deux portions de ²Vache qui rit². J’ai laissé le tout sur une pierre à coté du foyer et je suis parti.
Je n’avais pas encore rejoint la trace où nous nous étions rencontrés, quand le garçon m’a rattrapé. De son propos je n’ai compris que Taghbalout, mais c’était suffisant, je partais sans refaire le plein de ma gourde ! Nous sommes revenus vers le campement. A ma surprise, au lieu d’aller à la source nous nous sommes dirigés vers l’autre tente où il m’a une fois encore, invité à m’asseoir.
La fille et le bébé emmailloté étaient là. Elle, un beau sein à l’air, mais qui ne m’était pas destiné, lui visiblement affamé s’y accrochait avidement. Devant ma réticence à m’asseoir de nouveau, mon sauveur à la fronde me montre quelque chose à l’extrémité de la dépression. Une silhouette féminine en amazone sur un baudet s’éloignait dans les reliefs du terrain. J’ai compris qu’il avait envoyé une autre femme chercher de l’eau à la source et … qu’il était inutile d’insister ! Je n’avais plus qu’à partager leur natte en attendant qu’elle revienne, et à laisser filer mes pensées en direction de cette jolie et souriante jeune mère qui, sans aucune gêne devant moi, allaitait son enfant.
Qui prétend que les femmes berbères sont farouches face aux étrangers ?
L’heure tournait et j’attendais avec impatience le retour de ma chercheuse d’eau pour reprendre la route. J’ai prétexté une cigarette que je ne voulais pas fumer en leur présence et je suis sorti de la tente pour regarder dans la direction où je l’avais vu s’éloigner. Il n’y avait personne sur le chemin. Avisant que la source était peut-être plus éloignée que je ne croyais, je me suis avancé un peu sur la trace.
J’ai repensé à ce marchand de Marrakech qui me disait il y a quelques jours : « Roumi, quand tu arrives au Maroc jette ta magana. ». Un fonctionnaire d’Anergui m’a bien reconfirmé plus tard que, dans ce milieu, il est bon de « savoir se patienter », mais que voulez vous, il est des vieux démons dont on a du mal à se débarrasser !
Le jeune m’a rejoint et entraîné à l’écart du chemin. Je ne comprenais plus rien car il insistait pour monter sur un petit promontoire à l’écart du chemin. Depuis le sommet de la bosse, j’avais une belle vue rétrospective sur le chemin parcouru depuis le col et surtout, après que le garçon m’ait montré au loin, très loin, la petite chaîne que je devais encore franchir, j’ai mieux apprécié le chemin qu’il me restait à couvrir ! C’est pour cela qu’il m’a entraîné là-haut. Gestes et petits dessins dans la terre à l’appui, j’ai fini par comprendre que les bergers de ce secteur atteignent Oussikis en une journée et que, chargé comme j’étais, ce serait une grosse bavante. Alors il m’invitait à passer la nuit chez lui.
Derrière le petit massif, après le Tizi n’Idikel, il y a selon le garçon des sources et d’autres campements. Mais d’ici là …
Voilà pourquoi je vais passer ma première nuit sous une tente de nomades et que j’ai eu largement le temps de faire ce résumé de la journée.
AQQA N’WAROUGHOULT
Hier, comme pour m’aider à soigner mon impatience, la femme, l’âne et les bidons ne sont revenus qu’en fin d’après midi. Trois heures pour le plein d’eau et l’aller-retour.
Et quel plein ! Un jerrycan de 25 litres dans un panier du chouari, cinq anciens bidons d’huile Lesieur dans l’autre panier pour équilibrer, quatre autres bidons, plus petits pendus de chaque coté et, trois dans un drap savamment enroulé sur les épaules de la p’tite dame ! Soit quelques soixante dix litres d’eau. Visiblement elle ne doit pas avoir envie d’y retourner tous les jours...
Quatre heures de l’après-midi. Le corps est enfin au repos.
Ce matin, avant de prendre congé de mes hôtes, j’ai mis ma montre hors de portée dans une boite au fond du sac. Promis madame, je ne la ressortirai que la veille du départ. J’ai bien retenu la leçon, mais comprenez moi aussi… j’ai un avion à prendre !
Au-delà des difficultés gastriques de la nuit passée, je réalise finalement la chance que j’ai eu hier en croisant deux molosses galeux intéressés par mes dodus mollets. Il m’eût fallu sucer beaucoup de petits cailloux pour parvenir à préserver l’eau nécessaire au bivouac du soir. Certes ils sont légion dans les parages, mais pour la soif, j’avoue préférer quelque chose de moins solide !
Au départ de ce matin, mes jambes étaient plus lourdes à traîner que le sac à dos. Il m’a fallu les ménager en adoptant le rythme lent d’un arthrosé de la hanche (avec tout le respect que je porte pour les malheureux qui souffrent de ce mal). Malgré le manque de point d’ombre pour une petite sieste réparatrice, j’ai atteint sans trop de dommage les campements de l’aqqa n’ waroughoult.
Heureusement, je n’ai pas eu de difficultés de ²navigation². La trace à suivre était simple : Trois heures plein sud jusqu’au pied de la petite barrière repérée la veille avec Mustapha et qui paraissait ne jamais se rapprocher, une heure et demi de montée sur un chemin inconfortable et heureusement pas trop abrupt, autant de descente pour franchir l’obstacle et laisser définitivement derrière moi, du moins je l’espère, cet immense champ de cailloux.
J’ai installé ma tente à distance respectable du campement, rencontré les femmes à la source, et refusé poliment aux maris alertés du passage d’un étranger, l’invitation à manger et dormir sous leur takhamt. Il faut dire que je ne tiens pas plus que cela à repartager une nuit de ramadan dans les mêmes conditions que la précédente !
Malgré les chants et les rythmes des taadlount, j’ai trouvé un peu longue la moitié de la nuit passée à manger de la bouillie d’orge au beurre rance, à tremper du pain dans l’huile d’olive et à boire des litres de thé sucré à en achever un diabétique. Interminable aussi l’autre moitié de la nuit dédiée à renvoyer, par différents orifices opposés, ce que mon organisme refusait obstinément de garder ; c’est à dire la totalité de ce que j’avais avalé.
A qui la faute ? La fatigue ? Non. Hier, j’étais très loin d’un tel épuisement. Un coup de soleil ? Je n’en ai jamais attrapé de ma vie et j’ai connu des expositions plus dures que ce printemps berbère. L’huile d’olive ? J’ai déjà eu souvent l’occasion les jours précédents d’y tremper le pain et les doigts et j’aime bien. L’eau ? Ah …peut-être. Que reste-t-il ? Le beurre rance !
Le beurre … l’eau ? L’eau ou ce putain de beurre rance ? Je ne pose pas longtemps la question et désigne coupable ce dernier. En total accord avec moi même, je vote unanimement sa suppression de mon régime des jours à venir. Il doit certainement être délicieux pour un palais averti et assimilable par un organisme entraîné à ce type d’agression, mais cela ne m’ emballe plus que ça. Surtout, je pourrai m’en passer plus facilement que d’une eau, même croupie, dans laquelle il est toujours possible de tremper quelques cachets d’hydroclonazone en cas de doute.
Voilà pourquoi, sans pouvoir l’expliquer, j’ai tout à l’heure refusé, avec le sourire, l’hospitalité berbère. Ils ont dû me prendre pour un sauvage ingrat.
OUSSIKIS
Le dos bien calé contre un tronc de peuplier au bord de la rivière, le verre de thé à porté de main, la gamelle sur le feu et les doigts de pied en bouquet de violettes, je me demande finalement si ce que j’aime dans la randonnée ce n’est pas surtout l’après randonnée…
Je repense à ma divine surprise au réveil après la longue nuit réparatrice dans les pâturages de l’aqqa n’ waroughoult.
Deux petits sourires timides ont accueilli la tête hirsute qui venait de quitter les bras de Morphée. Assises sagement non loin de ma tente, deux gamines attendaient patiemment mon réveil pour m’offrir l’éternelle et excellente galette d’orge cuite à la pierre. Les parents visiblement ne m’ont pas tenu rigueur du refus de leur hospitalité hier après-midi.
La forme retrouvée, du pain encore tiède pour mon petit déjeuner, et la perspective d’être à M’semrir ce soir, la journée commençait mieux que la veille. Les deux barres de céréales énergétiques que je leur ai tendues et ma dernière orange ont prestement disparu dans le fichu en laine que l’une d’elles portait sur son dos. A voir leurs mines réjouies, les mômes n’ont pas semblé mécontentes de l’échange. Les petits cabris malingres dont elles ont la garde non plus tant ils mordaient à belles dents les derniers morceaux du premier des trois pains que je porte depuis la Zawia.
Les fillettes sont restées là jusqu’à mon départ. Redevenues espiègles, ne ratant pas un de mes gestes, elles les commentaient en sourdine comme si elles craignaient que je comprenne leurs propos. Elles m’ont ensuite suivi pendant un moment, poussant les cabris devant elles en leur jetant des cailloux et force petits cris, certainement du langage caprin que je serais bien incapable d’imiter
Comme la plupart des traces utilisées par les bergers dans ces montagnes, celle qui à usé les semelles de mes chaussures aujourd’hui n’est pas indiquée sur la carte ; aussi, après un rapide coup d’œil pour estimer le temps et le chemin qu’il restait à parcourir, n’ai-je pas jugé utile ce matin de la garder à portée de main. Devant mon quart en fer blanc, l’itinéraire était évident : suivre la déclinaison de l’aqqa n’ waroughoult jusqu’à son ouverture sur le plateau d’Oussikis.
Le pas était allègre ; et délectable la sensation d’être beaucoup plus gaillard que la veille. Une bonne nuit sans beurre rance, du pain frais, quelques tapis herbeux, une belle source suivie d’un petit, mais bien sympathique ru, et les sourires féminins croisés dans cet agréable vallon ont suffi à rendre débordante l’énergie nécessaire à ce début de journée : je serais à Oussikis au pire dans le milieu de l’après-midi.
De l’optimisme il en faut, bien sûr, mais point trop. Avec lui s’installe l’insouciance. La suite m’a démontré que je péchais par excès.
Il était plus de midi et, au rythme suivi, le paysage aurait déjà du changer. Or je naviguais encore dans de grands méandres, entre des bosses caillouteuses piquées ça et là de tirlist, et zébrées de centaines de traces. Mais de troupeau woualou et de bergers non plus, qui pouvaient m’en dire un peu plus sur ma situation géographique. En pensant à ce petit filet d’eau qui disparaissait de temps en temps dans les accidents du terrain pour resurgir plusieurs centaines de mètres plus loin, j’ai gravi un de ces promontoires pour avoir une vue plus dominante et réconfortante, du moins je l’espérais, de la suite des événements. J’aurais du m’inquiéter quand il n’a plus refait surface. La disparition des marques de fer à mulet, dans les dizaines de traces de nos amis caprins aurait du m’alarmer également. J’aurais pu aussi me soucier des petites variations observées sur la nature du terrain, mais que j’avais mises sur le compte d’une lecture matinale et (trop ?) rapide de la carte.
Si j’avais …
Mais avec des "si" il paraît qu’on peut mettre Lutèce en amphore. Je me suis dit que j’essaierais une autre fois. Ce n’était pas mon souci du moment. J’ai remplacé les lamentations par une boite de sardines à la tomate et au piment, les deux dernières portions de « vache qui rit », une barre énergétique et deux belles gorgées d’eau presque fraîche.
Les pensées sont plus claires quand on a le ventre plein et la vue s’améliore, c’est chose bien connue ! Oussikis était là. Je devrais dire là-bas. Il n’y avait pas d’erreur, M’semrir était derrière. Le seul problème étant que ma boussole me faisait gentiment remarquer que je regardais vers l’Ouest.
Je l’ai cru sur parole, elle n’a jamais menti. Cela voulait dire que j’avais largement dérivé vers l’Est ! Il ne restait plus alors à répondre à une question. Allais-je faire demi-tour jusqu’à retomber sur l’endroit où j’avais quitté le vallon principal, ou rectifier le cap depuis ma salle à manger et filer droit par monts et par vaux ? L’expression prenant là tout son sens.
Toujours prêt pour de nouvelles aventures, j’ai été tenté par les vaux et les monts. Mais combien de ces derniers aurais-je eu à franchir jusqu’à retrouver la piste muletière invisible au fond des premiers? J’ai donc opté pour une "retraite positive" et à l’heure où j’écris je me félicite de la sagesse du choix.
Une heure plus tard, je retrouvais des traces de mulet et mon filet d’eau cabotin. Au loin, deux formes vagues fréquentaient la même trace que j’avais suivie le matin. Dans sa progression, l’une d’elles s’est dédoublé, un peu comme la très fameuse histoire des petits pains il y a une vingtaine de siècles. Rapidement les trois formes prenaient l’apparence d’un tri pattes et deux quadrupèdes. C’était finalement deux baudets menés au bâton, et sans ménagement, par un monsieur sans âge ... et sans dents ; du moins sur le devant. Je n’ai pas eu l’occasion d’approfondir l’inspection. L’état du burnous témoignait de la difficulté des conditions de vie du propriétaire. La peau de son visage était plus tannée et craquelée que celle qui dépassait du chouari d’un des petits ânes et il était aussi sec qu’un Justin Bridou. Pardon, la comparaison pouvant paraître mal placée pour un musulman, sec comme son bâton de berger, me semble une comparaison plus appropriée. Il était chaussé de deux morceaux de pneu, Good Year peut-être, mais je le jurerais pas. Entre les lanières de cuir qui maintenaient cette originale, mais certainement très efficace protection, débordaient de robustes appendices, noirs, tordus et crevassés. Ils devaient, à une autre époque, ressembler à des orteils.
A en juger par la vitesse à laquelle je me suis fait rejoindre, la forme physique de l’ensemble ne semble toutefois pas souffrir des apparences !
« B’jou M’ssiou ». Il ne s’est pas mis au garde à vous, mais la main portée rapidement à hauteur de son turban révélait la récente "pacification" effectuée dans ces montagnes par les militaires français. De la phrase qui a suivi son salut, je n’ai compris que barda et arioul. Mais ce fut suffisant pour que j’accepte l’invitation à soulager mes frêles épaules. Sans demander aux baudets, déjà passablement chargés, lequel acceptait de porter le sac à dos, mon énergique papy a chargé le plus petit, certainement le plus robuste. En matière de baudet j’ai pensé que je pouvais lui faire confiance et ne me suis pas opposé au choix. Comme quoi, encore une fois, il ne faut jamais se fier aux apparences !
Finalement, même si je traînais encore sur les sentiers à l’heure où je devais faire la sieste au bord de la rivière, je ne m’en suis pas trop mal sorti sur ce coup là. Trois heures, malheureusement sans beaucoup d’échanges possibles, ont suffit pour rejoindre Oussikis.
Marrakech
J'ai pris mon petit déjeuner dans le patio calme et lumineux du Gallia, un hôtel bien sympa à deux pas de la place Djemaa El Fna. Après avoir préparé et laissé mon sac à dos en consigne à la réception, je suis sorti pour ma dernière promenade marocaine... de cette année. Je viens de vivre deux nuits de ramadan sur cette place et ce matin j'ai l'impression de ne pas être au même endroit. Devant moi Djemaa El Fna est pratiquement déserte. Seuls quelques vendeurs à la sauvette traînent leur sommeil et leurs souvenirs de pacotille vers un petit groupe de touristes égarés d'un club voisin dont je tairai le nom. Quel contraste avec l'effervescence des nuits passées ! Et quelle pouvait bien être l'ambiance de cet endroit quand pendus et suppliciés côtoyaient les halqas ?
Avant-hier le bus ne s'est arrêté que deux fois entre Boulmane et la capitale du sud. Sans couper le moteur, juste le temps nécessaire pour faire monter un couple de fonctionnaires et leur progéniture braillarde à Skoura, et trois dames âgées à El Kellea. Les voyageurs se font rares en ces temps de ramadan et les gares routières perdent leur agitation habituelle. A Ouarzazate par contre, la pause a duré le temps de la sieste, réparatrice pour le chauffeur et rassurante pour les passagers, tant la conduite des derniers kilomètres traduisait la fatigue de l'homme à la blouse bleue. Peu de passagers ont osé affronter le soleil au zénith. Sans ombre disponible sous les canisses, et dans l'impossibilité de boire, les voyageurs amollis par plus d'une semaine de jeûne préféraient sommeiller et cuire à feu doux dans le four vitré et ambulant, censé nous mener sans encombre à Marrakech. J'ai risqué une sortie à découvert pour me dégourdir les jambes et fumer une cigarette loin de toute narine pouvant se sentir frustrée. J'ai vite compris qu'à cette heure la lutte contre tafouït serait inégale. J'ai donc regagné mon siège, imitant mes compagnons d'infortune dans la seule chose qu'il y avait à faire, somnoler et attendre en mijotant. Mais je dois manquer d'entraînement pour un tel exercice dans ces conditions extrêmes. Chaleur, réguliers coups de klaxon des bus voisins prévenant un départ imminent, bruits de moteurs tressaillant dans d'interminables préchauffages, faux départs et derniers avertissements sonores à d'hypothétiques retardataires, m'ont privé le temps de cet arrêt de la même douce torpeur dans laquelle étaient plongés mes imperturbables voisins.
Libérée par un voyageur sur le départ, j'ai avisé une place à l'ombre près du cireur de chaussures. Après avoir rendu mon salut il a longuement examiné mes pieds nus dans des sandales poussiéreuses. Par timidité, ou par expérience il n'a pas proposé ses services, mais le gamin n'a pas su cacher son contentement quand je lui ai tendu les objets à dépoussiérer et fourbir. Seul le fabriquant local doit connaître la proportion exacte de cire, savon, graisse et huile de vidange qui marque encore mes pieds trois jours après l'application du mélange douteux. Mais comment lui en vouloir ? Je n'ai qu'à porter chaussures et chaussettes comme tous ses clients. Non ?
Le paysage à défilé, un peu morne sous la canicule. Plaine désolée après des moissons précoces, quelques arbres ça et là, des haies infranchissables de figuiers de barbarie, curieusement baptisés en berbère figuiers des roumis , entourant les petites propriétés des agriculteurs, marchands d'oignons, melons, abricots ou pastèques attendant patiemment l'automobiliste client, moutons pelés, ânes, vaches rachitiques semblant se délecter des résidus piteux d'une récolte avancée pour cause d'année de sécheresse, petits gardiens et gardiennes de ces maigres troupeaux, en mal de distraction grimaçant aux occupants des voitures de passage, riant aux éclats devant leur réaction, gens assoupis à l'ombre des eucalyptus qui remplacent ici les platanes des bords de nos routes.
Dans la descente de Tizi n'Tichka, malgré la frayeur produite par l'embardée du bus et deux violents coups de frein et klaxon simultanés, je me suis senti rassuré. Le conducteur semblait attentif, et l'ensemble mécanique malgré un déséquilibre évident dans la répartition du freinage répondait à ses sollicitations. De l'avant de notre engin arrêté en travers de la route, les insultes ont fusé contre ces gamins qui pensent plus à s'amuser qu'à surveiller leurs bêtes et empêcher l'une d'elles de vouloir améliorer son menu de l'autre coté de la chaussée quand arrive un véhicule.
A l'approche de Marrakech, presque la totalité des passagers somnolait encore dans la chaleur décroissante. Le conducteur, souhaitant certainement un peu plus d'énergie pour que ne traîne pas la récupération des bagages, s'est chargé d'un réveil peu banal : les violons d'un orchestre arabo-andalou à fond dans les hauts-parleurs de l'allée ! Un groupe de femmes et d'enfants sur le bord de la route fût même ignoré au passage malgré les signes insistants. Ils auront attendu un taxi, ou un prochain transport en espérant un chauffeur moins pressé de finir sa journée, ou plutôt moins soucieux de manquer la rupture du jeûne.
Dans les faubourgs de la ville ce n'était pas la déferlante humaine que j'ai connu à mon arrivée lors des fins d'après-midi ordinaires. C'était un calme étrange. A quelques minutes de la prière, seuls les retardataires hâtaient le pas pour la mosquée, leur domicile ou pour trouver encore une place dans l'une des innombrables gargotes de la ville proposant harira, le traditionnel premier plat de rupture du jeûne… et pour beaucoup, certainement le dernier. Serré entre une djellaba en laine brune, rayée de noir et un survêtement vert prairie en acrylique surmonté d'un bonnet bleu-gris-rouge estampillé d'un coq fameux, j'ai pris le temps de déguster trois bols d'une divine soupe à la farine de fèves et aux pois chiches, savamment épicée, enrichie de petites boulettes de viande et accompagnée de dattes, avant de voir les environs de la gare routière s'animer à nouveau.
Pour la modique somme de cinq dirhams le chauffeur du taxi a tenu à me démontrer l'excellent état de fonctionnement de l'avertisseur sonore de sa R12 sur tout le trajet menant au Gallia. Nous y sommes arrivés sans encombre.
J'ai de nouveau ma montre au poignet. Il me faut recommencer à matérialiser le temps qui passe. Fini l'errance, l'insouciance des minutes qui s'égrènent. Je dois être à dix-huit heures à l'aéroport pour un retour vers les contraintes et les normes de notre société oubliées dans les montagnes.
C'est la fin de ce premier voyage en terre berbère. Je sais déjà que j’y reviendrai.
VALLEE D'ANERGUI- Douar Ayt Khoya
Dix jours se sont écoulés depuis mon départ belfortain.
A Ouaouizerth le vieux bus s’est garé à même le coté de ce qui semblait être la rue principale. Il n’y a pas de gare routière. En quelques minutes les quelques vingt voyageurs qui occupaient les sièges défoncés et inconfortables du Berliet sans âge ont récupéré leurs bagages et s’en sont allés chacun vers leur destinée. La rue qui me faisait face s’ouvrait à moins de vingt mètres sur une esplanade qui semblait concentrer l’animation ordinaire et locale d’un milieu de matinée ensoleillée. Je m’y suis dirigé. A en juger par les détritus qui jonchaient le sol et une tente de marchand de fruits et légumes, posée là, seule, presque incongrue, à peine à l’écart des vieilles Mercedes, Peugeot 504 et autres R12 break empestant l’atmosphère des fumées de gas-oil de leurs interminables préchauffages, le lieu s’avérait être, d’un coté parc des taxis interurbains, de l’autre, place de souk le jour venu.
A ma vue, le courtier a lancé haut et fort l’annonce des destinations des taxis restants à compléter. Par un geste négatif de la tête et mon meilleur langage des signes, je lui ai fait comprendre que j’étais arrivé au terme de mon voyage et, profitant de ce premier rapport établi, lui ai montré les quelques lignes écrites en arabe par Lahcen Fouzal avant mon départ belfortain.
Après lecture, le courtier confiait le papier à un gamin en le chargeant d’une commission que je supposai être la recherche du premier fils Fouzal. Il me fît signe de patienter à l’ombre, à coté de la cabane en tôle et cartons où un vieux monsieur vendait au détail quelques friandises, cigarettes, feuilles à rouler, stylos bille et diverses petites fournitures courantes. J’en ai profité pour faire fonctionner un peu le commerce local en achetant trois Malboro, une boite d’allumettes en cire, un rasoir jetable et un paquet de chewing-gum. En guise de bienvenue, je me suis vu offrir un verre de thé à la menthe sorti de sous le comptoir du petit kiosque où je n’avais pas encore remarqué la présence du camping gaz et du petit nécessaire à la préparation du breuvage.
Le peu d’ombre dont je jouissais sur le coté du cabanon avait disparu depuis longtemps. J’avais fumé mes trois cigarettes, bu une théière avec le papy vendeur, partagé une orange et son sibsi, goûtant ainsi pour la première fois à ce cocktail détonnant fait de tabac spécial et de fleurs de chanvre finement hachés et savamment mélangés, quand est arrivé un petit monsieur moustachu, à l’air pâle et malingre, licencié en lettres et philosophie, chômeur de son état et connu dans cette bourgade sous le nom de Mohamed Ou Haddou. C'est le frère de Lahcen auprès de qui ce dernier m'a recommandé quand je lui ai fais part de mon projet de randonnée dans l'Atlas marocain.
Tu passes par Anergui? m'avait-il demandé. J'y suis né! C'est chez moi! Et si c'est chez moi, c'est aussi chez toi!.. Hospitalité bebère ! Mohamed habite avec sa maman dans une petite maison en pisé perchée sur une colline à la sortie de Ouaouizerth par la route de Tillouguitte. Le petit tagine familial attendait notre retour et fût partagé en même temps les nouvelles demandées par la maman sur l’état de santé du fiston éloigné Le lendemain après avoir dégusté un excellent tagine au brochet chez sa sœur, nous nous sommes postés à l’ombre d’un eucalyptus sur le bord de la route. Une Land Rover ou un camion à destination de Tillouguitte disposerait bien, selon Mohamed, de 2 places libres. Nous devions faire étape dans ce village avant de continuer à pied sur Anergui, la vallée d'origine de la famille Fouzal. Après deux heures d'attente et quatre heures de tape-cul dans une vieille Land Rover surchargée -oui je dis bien quatre heures pour s’acquitter de quarante kilomètres de piste défoncée et du Tizi (col) n'Ayt Aïssa- nous sommes arrivés à destination.
Nous avons trouvé le gîte pour la nuit dans l'arrière salle d'une petite gargote et sommes repartis alors que le jour pointait à peine pour profiter d'une benne de camion qui pouvait nous déposer à Tamga. Je n'ai pas regretté le lever très matinal qui nous a évité une demie douzaine de kilomètres de marche sur une piste sans intérêt... c'est qu'il nous restait derrière sept heures de autres heures de marche pour franchir Tizi n'Ouanergui et plonger sur la vallée.
Nous y avons retrouvé son père et le reste de la famille, oncle, tante cousins qui partagent la maison familiale.
Maison de la famille Fouzal.
La nuit est douce, sans lune. Si j’en crois les ronflements qui s’élèvent jusqu’à la terrasse, mes hôtes sont déjà dans les bras de Morphée. Du petit lait, du pain, du thé, des amandes offerts avant leur coucher, une lanterne pour éclairer la suite des traces écrites de ce périple atlastique, le décor est planté.
Anergui, un endroit où l'on va... et non un endroit où l'on passe ! Depuis Ouaouizerth, la vallée est uniquement accessible à pied ou à dos de mulet. Un isolement qui préserve ce petit havre de quiétude et de fraîcheur, tapi au pied d’une falaise en forme parfaite de fer à cheval, dominée par les 3243 mètres du djebel Mourik. On y vit à l’écart des grandes voies de passage, dans la terre, de la terre, adaptant ses besoins à ses maigres richesses, et laissant couler lentement les jours gais ou tristes que verse la volonté divine.
Quelques très rares passes dans des éboulis en pans inclinés, boisés sommairement de chênes verts, permettent de franchir ce rempart continu, formé par un colossal mouvement orogénique. L’itinéraire d’accès le plus court passe par Tillouguitte, Tamga et Tizi n’Ouanergui. C’est celui que nous avons emprunté avant hier avec Mohammed. Une belle dizaine d’heures de marche étaient prévues au départ de Tillouguitte. En nous faisant déposer par un camion avant le pont de Tamga nous avons évité la piste poussiéreuse, gagné trois heures et entamé une marche d’approche du col bien agréable le long de la rivière Ahensal, à l’ombre des pins d’Alep.
Cinq petits hameaux, quelques maisons individuelles éparses et igherman, les “greniers fortifiés familiaux “, toujours construit sur les pentes pour une protection indispensable contre les crues, mais aussi par besoin vital de réserver à la culture la plus petite parcelle disponible, forment l'habitat des Ayt Anergui.
Tout au fond du creuset une manne permanente en provenance d'Imilchil et du plateau des lacs arrose par séguias interposées les cultures de la vallée. L’Assif Melloul, la “rivière blanche”, serpente dans le relief, trouve la faille à l’ouest et évite l’obstacle Mourik. Nous sommes à 1500 mètres. L’altitude n’autorise pas les palmiers, mais une agriculture de subsistance et, les bonnes années, le minimum alimentaire: blé, orge, maïs et aussi des noyers, des amandiers, pêchers, pommiers et quelques légumes.
Le final en beauté de mon errance atlastique était vaguement prévu dans les gorges du Dades ou du Thodra. Depuis Thinerir ou Boulmane n’Dades, la fascinante place Djmâa el Fna et les souks de Marrakech, à peine entrevus lors de mon arrivée, ne sont plus qu’à une journée de bus ! Mais il me faut d’abord atteindre le versant sud du massif. Depuis Anergui il y a de nombreux itinéraires pour rejoindre Boulmane. Toutefois, pour un étranger à ce milieu, le plus sûr et plus court chemin pour atteindre les versants sud – 3 jours au rythme d’un roumi porteur de sac à dos – est la grande piste muletière foulée régulièrement par les commerçants qui se rendent du souk es Sebt de M’semrir au souk el Khemis d’Anergui, et inversement. J’y trouverais toujours du monde et de l’aide en cas de besoin.
C’était l’option retenue à mon arrivée dans cette vallée. Mais au « thé-apéritif » de midi, j’ai vite deviné que le roumi, moi en l’occurrence, devenait sujet de délibération entre Mohammed, son père et son oncle.
Pendant le tagine la discussion a marqué une pause. C’est qu’ici on parle peu en mangeant. Le plat étant commun à tous les convives, celui qui parle trop … mange moins.
Au « thé-digestif », entre deux claquements de langue marquant son approbation sur la qualité du breuvage, Mohammed m’a proposé de m’accompagner sur une partie du trajet. Le mulet de son cousin porterait les bagages. J’ai bien sûr accepté. On ne fait pas la fine bouche devant une proposition qui dispense du portage de dix sept kilos de sac à dos. Et puis, après réflexion, vu qu’en plus du mulet je pouvais bénéficier aussi des services d’un fonctionnaire près à se dégourdir les jambes dans les montagnes de son enfance, pourquoi ne pas se lancer sur des sentiers moins "battus" ?
La description de Kousser et des conditions de vie des éleveurs sur ces terres ingrates rapportées hier par Mohammed, m’avait déjà mis l’eau à la bouche … et la carte sous les yeux. J’ai ainsi pu observer que la traversée de ce plateau pouvait, en deux jours, mener à Zawiat Ahensal. De là il est encore possible, par un petit crochet de deux jours suplémentaires, de rejoindre M’semrir. Rien d’insurmontable somme toute car je me sens en jambes. Cependant mon manque de connaissance du milieu, et cette grande (! ! !) sagesse qui m’habite m’interdisaient de me lancer seul sur cet itinéraire incertain. Mais après la proposition de Mohammed, la donne était différente. S’il voulait bien m’accompagner jusqu’à Zawiat Ahensal au lieu de la vallée d’Imdrhas, l’occasion était à saisir !
Au « thé-apéritif » du soir, je leur ai fait ma nouvelle proposition d'itinéraire. Pendant que nos doigts prenaient peu à peu la délicate teinte rouge safranée de la sauce tagine la discussion a cessé, comme il se doit, mais quatre verres de « thé-digestif » doivent aider à la réflexion car au dernier la décision était prise .
« Mohammed t’accompagnera jusqu’à Zawia, et au-delà si tu veux ».
Le père avait parlé, l’oncle approuvait et Mohammed traduisait. La sécurité d’un étranger sur les terres de la tribu est aussi affaire de son hôte.
Ce qui était dit devait être fait.
Il est plus de minuit, Mohammed m'a annoncé le réveil pour cinq heures...
TAGHIA
Mon intention de passer ce hameau et de poser bivouac dans Bou Ighaln après avoir franchi le Jbel Timghazine, était-elle trop matinale ? En tous cas elle n’a pas su résister à l’appel de la petite plate-forme herbeuse qui domine la rivière à l’entrée des gorges. Me voilà à l’abri d’une éventuelle crue. Ce serait con de me retrouver à l’entrée de Zawia à trois heures du matin flottant sur mon karimat.
C’était le dernier conseil de Mohammed avant de nous séparer ce matin. Ne pas se fier à une météo, aussi clémente soit-elle au moment d’installer un bivouac. Un orage arrive vite, et la crue qui s’en suit peut-être dévastatrice, surtout à la sortie de telles gorges.
Mohammed a rebroussé chemin ce matin après que nous ayons passé la nuit à Zawia Ahensal chez un ami de son père. Il compte refaire en une journée la montée à Kousser et sa traversée. Un trajet qui nous a demandé deux belles journées de marche à l’aller. Il faut dire que lui montera sur le mulet sur la quasi totalité de l’itinéraire, ce qu’il n’a sans doute pas osé faire quand nous étions ensemble et que je tenais absolument à marcher.
C’est donc la reprise de mon aventure solitaire dans ces montagnes. Avec des provisions pour trois jours, un ravitaillement possible à Oussikis, des semelles en bon état et un moral à toute épreuve, c’est plus qu’il n’en faut pour atteindre Boulmane n’Dades.
J’ai bien aimé la ballade de ce matin depuis la Zawia . Trois heures de promenade bucolique le long de la petite rivière qui se jette plus bas dans l’assif Ahensal à travers vergers et parcelles cultivées d’orge ou peut-être de blé, je ne sais pas comment les différencier, ont suffit pour rejoindre les maisons de terre rouge de Taghia. Et puis il y a eu les falaises vertigineuses qui font face au village, et dans lesquelles je me vois déjà accroché avec mes potes grimpeurs, la transparence de l’eau, la proximité des vergers le vert profond des petites terrasses étagées sur les pentes soulignées de coquelicots et puis cette petite place herbeuse, là entre le village et les gorges, et loin la-bas le col que je devais franchir. Cela vaut bien l’octroi d’une demi-journée de contemplation.
Sieste, promenade dans les gorges et toilette complète dans la rivière, ont donc remplacé avantageusement la programmation du départ. La rivière charrie beaucoup de bois et le plaisir de la veillée autour du feu de bivouac, non encore éprouvé dans ces montagnes, est si grand que je laisse filer sereinement les heures habituellement dédiées au sommeil réparateur.
Qu’il est doux de pouvoir gérer son temps et son rythme ! On en a si peu l’occasion dans notre vie "speedée" de citadin européen qu’il ne faut pas négliger l’opportunité. Je ne m’accorderai cependant de fantaisies qu’avec l’emploi du temps. L’itinéraire conseillé par mon hôte de la veille sera suivi à la lettre. Du moins en ai-je l’intention au moment où j’écris. Sans guide ni topo, les points de passage principaux que m’a indiqué notre hôte d’hier soir ne seront peut-être pas si évidents à trouver. Surtout si comme cela semble être le cas, au-delà du col je retrouve un terrain similaire à Kousser, sans points de repères et des traces multiples de déplacements de troupeaux qui partent dans tous les sens. Quel contraste entre les vallées comme Anergui et Zawia Ahensal où les dépôts alluvionnaires et la volonté des hommes à travailler la terre en font de fertiles oasis de montagne, et la désolation minérale de Kousser !
Ce plateau d’altitude présente des signes inquiétants de déboisement. Vaincue par le climat et les pasteurs acharnés à sa perte pour la survie de leurs troupeaux, la végétation est poussée dans ses derniers retranchements.
Au milieu des pierres, des buissons épineux et des squelettes difformes de leurs congénères, il ne résiste plus que quelques genévriers thuryfères centenaires. Pas d’eau autre que celle un peu croupie de deux sources misérables. Si elles m’ont inquiété au point d’y diluer quelques cachets d’hydroclonazone, elles doivent pourtant faire le bonheur des hommes et du bétail habitant cette austère contrée,
Pour un Franc-comtois, même d’adoption, qui n’a connu que les forêts vosgiennes et les verts pâturages alpins, le premier contact physique avec cette désolation minérale est impressionnant. Néanmoins ce milieu a pour moi quelque chose d’attirant. Je sais déjà que j’y reviendrai.
D’ici là il me reste à rejoindre Oussikis et Boulmane. Il est donc temps de trouver le sommeil.
Jbel Timghazine
Le soleil avait déjà franchi la crête quand j’ai ouvert la tente. La surprise n’est apparue que lorsque mes yeux se sont habituées à la belle luminosité matinale. Posés sur une pierre à coté du foyer, deux œufs frais et une petite galette d’orge attendaient patiemment mon réveil. Je doute que beaucoup de ²sans-abri² aient souvent fait la même trouvaille, en sortant de leurs cartons après une nuit sous les ponts de la Seine.
Après un petit déjeuner copieux, la cuisson des œufs pour la route et une toilette vivifiante dans l’eau glacée, j’ai entamé le sentier raide et sinueux dans les pentes du Jbel Timghazine sans avoir pu remercier mon mystérieux et généreux donateur.
Trois heures plus tard, dépouillé d’une grande partie de ma bonne forme matinale, je pose mon sac au pied d’un genévrier squelettique et centenaire. La vue quasi aérienne sur le village de Taghia explique les deux litres de sueur que je viens de laisser dans la pente. Plus au loin, en suivant les méandres de la rivière et les cultures en terrasses, apparaissent les silhouettes des magnifiques ksours des chorfas de Zawiat Ahensal déjà prisonnières de la brume de chaleur. De l’autre coté … premier aperçu sur les grandes pentes délavées des contreforts sud de cet Atlas oriental. La traversée de Kousser n’aurait-elle été qu’une misérable mise en jambes avant l’exil de pierres, terre et poussière qui se présente en contrebas ?
J’ai vidé une gourde mais l’autre est presque pleine. C’est suffisant pour une petite soupe ce soir et un café demain matin, mais tiendra-t-elle jusqu’au bivouac si je ne trouve rien d’autre à boire cet après-midi ? Par mesure de précaution, je commence à mettre en pratique la technique du moissonneur en période de ramadan : le petit cailloux dans la bouche qui aide à saliver. Tant qu’il reste de la salive !
J’ai admiré une dernière fois l’imposant massif du Jbel Aroudane qui domine Zawiat Ahensal, en me promettant d’en faire le tour lors d’une prochaine virée. Après avoir bien ajusté le sac à dos sur les épaules et serré la ceinture ventrale, je me suis lancé dans la pente en courant. Bien imprudent quand j’y pense maintenant !
En perpétuelle recherche de l’équilibre perdu sur les pierres qui roulaient sous les semelles, j’ai dévalé, les quatre cents mètres de dénivelé. Quand j’ai repris pied sur la terre ferme j’ai eu l’impression d’être encore poussé par mon élan. Pendant longtemps encore la foulée est restée longue et alerte. Curieusement, la petite angoisse que j’avais eue en voyant ce qui m’attendait depuis le col avait totalement disparue. J’éprouvais au contraire une très agréable sensation de liberté qui semblait stimuler mes capacités physiques mises à mal dans la sévère ascension matinale. Pourtant Oussikis était encore bien loin, quelque part là-bas vers le sud-est, au bout de cette trace qui semblait ne mener nulle part ailleurs que dans les cailloux et la poussière,
Rappel que la demi-douzaine de figues sèches et la barre énergétique avalées au col manquent de sucres lents, le rythme a faibli vers le milieu de l’après-midi. Dans le même temps mes épaules me faisaient savoir qu’elles auraient plaisir à être soulagées quelques minutes. Il était temps d’alléger mon sac à dos d’une boite de sardines et une ou deux tartines de « Vache qui rit », le seul fromage -mais est-ce bien du fromage ?- trouvé au souk d’Anergui.
J’étais plongé dans ces pensées sans grande teneur philosophique, quand j’ai eu la frousse de la décennie !
Ils couraient dans ma direction et m’ont cloué sur place. Le palpitant à cent quarante, les poils au garde à vous et la sueur gelée sur le front, j’ai ramassé deux parpaings pour le premier qui dépasserait le périmètre de sécurité … si j’en avais le temps !
Les deux chiens galeux se sont arrêtés à quatre ou cinq mètres de moi en grognant et aboyant tous crocs dehors. En une fraction de seconde j’ai revu toute cette scène du film ²La guerre du feu², quand les trois héros pourchassés par des lions passent la nuit sur un arbre avec les fauves à leurs pieds.
Certes je n’avais pas à faire à des lions, mais je n’avais pas non plus de genévrier sous la main. Le dernier tronc contre lequel je m’étais appuyé était là-haut sur le col !
Il m’a semblé un peu puéril d’essayer de les amadouer en leur racontant cette histoire drôle, et j’ai opté pour la fermeté. Je m’apprêtais à casser les dents du premier quand …
Zorro est arrivé éhéééé ! ! ! ! ! !
Non, je délire. C’est l’émotion du souvenir ! Ou le soleil et l’altitude. Je ne sais pas.
D’abord sur ma gauche, deux claquements coup sur coup, secs et très brefs ont retenti. Puis il y a eu les sifflements et la poussière soulevée par les impacts entre moi et les chiens. La hausse était ajustée. Deux autres cailloux sont tombés. L’un entre les deux horreurs, l’autre a atteint sa cible. Kaïkaïkaï, faisait celle qui courait en boitant, tandis que l’autre reculait, mais toujours en aboyant.
Mes mollets devaient leur salut à la descendance berbère de Thierry La Fronde !
Deux jeunes garçons m’ont rejoint. Ils m’ont dévisagé avec la curiosité que je pourrai montrer le jour de ma rencontre avec un petit homme vert.
- Salamaleikoum.
- Salamaleikoum ... (Silence) Mani abrid n’Oussikis ?
Tilla taghbalout ? »
Comme j’ai longuement travaillé la prononciation de cette formule -la première que j’ai apprise dans ces montagnes pour éviter que l’on retrouve un jour un petit tas d’os de roumi à coté de son sac à dos- ils ont compris tout de suite.
Oui, c’était bien le chemin d’Oussikis mais au geste de la main, j’ai compris que je n’étais pas encore rendu ! Oui, il y avait bien une source dans les parages et ils se proposaient de m’y emmener. Le plus âgé m’a fait signe de le suivre tandis que son petit compère s’en allait retrouver le troupeau, accompagné par les chiens qui ne semblaient pas très rancuniers.
Etonnant ! A cinq minutes de l’endroit de notre rencontre, derrière un monticule sur lequel quelques petites chèvres noires et trois dromadaires broutaient des cailloux, deux tentes et une belle combe verdoyante signalaient la présence de l’eau. Me voilà prévenu, inutile de sucer des petits cailloux avant de m’être assuré qu’il n’y a pas de crottes de biques dans un rayon de cinq kilomètres. Qui dit biquette, dit forcément taghbalout.
Mon jeune sauveur m’a prié de m’asseoir sous la première tente. Il a allumé les branches sèches d’un buisson, et posé dans les flammes une bouilloire noire de suie. Pendant que l’eau chauffait, il est allé jusqu’à l’autre tente. Quelques instants plus tard, il en revenait avec une fille portant baluchon sur le dos. Un baluchon braillard dérangé dans sa sieste par la visite d’un fâcheux.
Une fois de plus, j’ai pu mesurer le sacré de l’hospitalité de ces montagnards. Un roumi passe, comme passe un commerçant, un nomade ou un fquih. Leurs ventres sont peut-être vides et ils ont besoin de forces et de repos pour continuer leur chemin ; alors on se doit de partager sa pitance, fusse-t-elle maigre, et son toit.
Mon ventre était vide, en effet, mais pas mon sac à dos !
Je me serais contenté d’une petite halte à la source, le temps d’avaler mes deux œufs durs et une boite de sardines à la tomate, mais dehors, la fille s’activait déjà. Quand j’ai réalisé, il était trop tard. L’eau tiède coulait dans le puits de farine. Une pierre plate avait remplacé la bouilloire sur les braises et attendait la pâte que malaxaient déjà des mains expertes.
Le garçon a fini la préparation du thé et a servi un verre de thé. Un seul.
Soudain je me suis rappelé. Que faire ? Que dire ? Envahi d’une gêne terrible je regardais le verre posé devant moi. Je n’y avais encore pas touché que déjà la fille tendait la galette brûlante au garçon.
Eux qui n’avaient pas mangé depuis l’aube et suceraient leur soif jusqu’au soleil disparu, m’offraient du thé et me cuisaient du pain alors que c’était le ramadan !
Il a coupé la galette en quatre. Il a posé les morceaux à coté du verre sur le papier bleu qui ici emballe les pains de sucre et m’a invité à manger. Bismillah, baraka Allah illik. Dans ces circonstances je ne sais rien dire d’autre. J’ai bu et j’ai mangé pendant qu’ils me regardaient en souriant.
Qu’Allah, puisque vous y croyez, vous le rende au centuple.
Au moment de les quitter, il m’a encore prié de prendre le pain qui restait. J’ai sorti un des deux œufs, une boite de sardines, une poignée d’amandes et deux portions de ²Vache qui rit². J’ai laissé le tout sur une pierre à coté du foyer et je suis parti.
Je n’avais pas encore rejoint la trace où nous nous étions rencontrés, quand le garçon m’a rattrapé. De son propos je n’ai compris que Taghbalout, mais c’était suffisant, je partais sans refaire le plein de ma gourde ! Nous sommes revenus vers le campement. A ma surprise, au lieu d’aller à la source nous nous sommes dirigés vers l’autre tente où il m’a une fois encore, invité à m’asseoir.
La fille et le bébé emmailloté étaient là. Elle, un beau sein à l’air, mais qui ne m’était pas destiné, lui visiblement affamé s’y accrochait avidement. Devant ma réticence à m’asseoir de nouveau, mon sauveur à la fronde me montre quelque chose à l’extrémité de la dépression. Une silhouette féminine en amazone sur un baudet s’éloignait dans les reliefs du terrain. J’ai compris qu’il avait envoyé une autre femme chercher de l’eau à la source et … qu’il était inutile d’insister ! Je n’avais plus qu’à partager leur natte en attendant qu’elle revienne, et à laisser filer mes pensées en direction de cette jolie et souriante jeune mère qui, sans aucune gêne devant moi, allaitait son enfant.
Qui prétend que les femmes berbères sont farouches face aux étrangers ?
L’heure tournait et j’attendais avec impatience le retour de ma chercheuse d’eau pour reprendre la route. J’ai prétexté une cigarette que je ne voulais pas fumer en leur présence et je suis sorti de la tente pour regarder dans la direction où je l’avais vu s’éloigner. Il n’y avait personne sur le chemin. Avisant que la source était peut-être plus éloignée que je ne croyais, je me suis avancé un peu sur la trace.
J’ai repensé à ce marchand de Marrakech qui me disait il y a quelques jours : « Roumi, quand tu arrives au Maroc jette ta magana. ». Un fonctionnaire d’Anergui m’a bien reconfirmé plus tard que, dans ce milieu, il est bon de « savoir se patienter », mais que voulez vous, il est des vieux démons dont on a du mal à se débarrasser !
Le jeune m’a rejoint et entraîné à l’écart du chemin. Je ne comprenais plus rien car il insistait pour monter sur un petit promontoire à l’écart du chemin. Depuis le sommet de la bosse, j’avais une belle vue rétrospective sur le chemin parcouru depuis le col et surtout, après que le garçon m’ait montré au loin, très loin, la petite chaîne que je devais encore franchir, j’ai mieux apprécié le chemin qu’il me restait à couvrir ! C’est pour cela qu’il m’a entraîné là-haut. Gestes et petits dessins dans la terre à l’appui, j’ai fini par comprendre que les bergers de ce secteur atteignent Oussikis en une journée et que, chargé comme j’étais, ce serait une grosse bavante. Alors il m’invitait à passer la nuit chez lui.
Derrière le petit massif, après le Tizi n’Idikel, il y a selon le garçon des sources et d’autres campements. Mais d’ici là …
Voilà pourquoi je vais passer ma première nuit sous une tente de nomades et que j’ai eu largement le temps de faire ce résumé de la journée.
AQQA N’WAROUGHOULT
Hier, comme pour m’aider à soigner mon impatience, la femme, l’âne et les bidons ne sont revenus qu’en fin d’après midi. Trois heures pour le plein d’eau et l’aller-retour.
Et quel plein ! Un jerrycan de 25 litres dans un panier du chouari, cinq anciens bidons d’huile Lesieur dans l’autre panier pour équilibrer, quatre autres bidons, plus petits pendus de chaque coté et, trois dans un drap savamment enroulé sur les épaules de la p’tite dame ! Soit quelques soixante dix litres d’eau. Visiblement elle ne doit pas avoir envie d’y retourner tous les jours...
Quatre heures de l’après-midi. Le corps est enfin au repos.
Ce matin, avant de prendre congé de mes hôtes, j’ai mis ma montre hors de portée dans une boite au fond du sac. Promis madame, je ne la ressortirai que la veille du départ. J’ai bien retenu la leçon, mais comprenez moi aussi… j’ai un avion à prendre !
Au-delà des difficultés gastriques de la nuit passée, je réalise finalement la chance que j’ai eu hier en croisant deux molosses galeux intéressés par mes dodus mollets. Il m’eût fallu sucer beaucoup de petits cailloux pour parvenir à préserver l’eau nécessaire au bivouac du soir. Certes ils sont légion dans les parages, mais pour la soif, j’avoue préférer quelque chose de moins solide !
Au départ de ce matin, mes jambes étaient plus lourdes à traîner que le sac à dos. Il m’a fallu les ménager en adoptant le rythme lent d’un arthrosé de la hanche (avec tout le respect que je porte pour les malheureux qui souffrent de ce mal). Malgré le manque de point d’ombre pour une petite sieste réparatrice, j’ai atteint sans trop de dommage les campements de l’aqqa n’ waroughoult.
Heureusement, je n’ai pas eu de difficultés de ²navigation². La trace à suivre était simple : Trois heures plein sud jusqu’au pied de la petite barrière repérée la veille avec Mustapha et qui paraissait ne jamais se rapprocher, une heure et demi de montée sur un chemin inconfortable et heureusement pas trop abrupt, autant de descente pour franchir l’obstacle et laisser définitivement derrière moi, du moins je l’espère, cet immense champ de cailloux.
J’ai installé ma tente à distance respectable du campement, rencontré les femmes à la source, et refusé poliment aux maris alertés du passage d’un étranger, l’invitation à manger et dormir sous leur takhamt. Il faut dire que je ne tiens pas plus que cela à repartager une nuit de ramadan dans les mêmes conditions que la précédente !
Malgré les chants et les rythmes des taadlount, j’ai trouvé un peu longue la moitié de la nuit passée à manger de la bouillie d’orge au beurre rance, à tremper du pain dans l’huile d’olive et à boire des litres de thé sucré à en achever un diabétique. Interminable aussi l’autre moitié de la nuit dédiée à renvoyer, par différents orifices opposés, ce que mon organisme refusait obstinément de garder ; c’est à dire la totalité de ce que j’avais avalé.
A qui la faute ? La fatigue ? Non. Hier, j’étais très loin d’un tel épuisement. Un coup de soleil ? Je n’en ai jamais attrapé de ma vie et j’ai connu des expositions plus dures que ce printemps berbère. L’huile d’olive ? J’ai déjà eu souvent l’occasion les jours précédents d’y tremper le pain et les doigts et j’aime bien. L’eau ? Ah …peut-être. Que reste-t-il ? Le beurre rance !
Le beurre … l’eau ? L’eau ou ce putain de beurre rance ? Je ne pose pas longtemps la question et désigne coupable ce dernier. En total accord avec moi même, je vote unanimement sa suppression de mon régime des jours à venir. Il doit certainement être délicieux pour un palais averti et assimilable par un organisme entraîné à ce type d’agression, mais cela ne m’ emballe plus que ça. Surtout, je pourrai m’en passer plus facilement que d’une eau, même croupie, dans laquelle il est toujours possible de tremper quelques cachets d’hydroclonazone en cas de doute.
Voilà pourquoi, sans pouvoir l’expliquer, j’ai tout à l’heure refusé, avec le sourire, l’hospitalité berbère. Ils ont dû me prendre pour un sauvage ingrat.
OUSSIKIS
Le dos bien calé contre un tronc de peuplier au bord de la rivière, le verre de thé à porté de main, la gamelle sur le feu et les doigts de pied en bouquet de violettes, je me demande finalement si ce que j’aime dans la randonnée ce n’est pas surtout l’après randonnée…
Je repense à ma divine surprise au réveil après la longue nuit réparatrice dans les pâturages de l’aqqa n’ waroughoult.
Deux petits sourires timides ont accueilli la tête hirsute qui venait de quitter les bras de Morphée. Assises sagement non loin de ma tente, deux gamines attendaient patiemment mon réveil pour m’offrir l’éternelle et excellente galette d’orge cuite à la pierre. Les parents visiblement ne m’ont pas tenu rigueur du refus de leur hospitalité hier après-midi.
La forme retrouvée, du pain encore tiède pour mon petit déjeuner, et la perspective d’être à M’semrir ce soir, la journée commençait mieux que la veille. Les deux barres de céréales énergétiques que je leur ai tendues et ma dernière orange ont prestement disparu dans le fichu en laine que l’une d’elles portait sur son dos. A voir leurs mines réjouies, les mômes n’ont pas semblé mécontentes de l’échange. Les petits cabris malingres dont elles ont la garde non plus tant ils mordaient à belles dents les derniers morceaux du premier des trois pains que je porte depuis la Zawia.
Les fillettes sont restées là jusqu’à mon départ. Redevenues espiègles, ne ratant pas un de mes gestes, elles les commentaient en sourdine comme si elles craignaient que je comprenne leurs propos. Elles m’ont ensuite suivi pendant un moment, poussant les cabris devant elles en leur jetant des cailloux et force petits cris, certainement du langage caprin que je serais bien incapable d’imiter
Comme la plupart des traces utilisées par les bergers dans ces montagnes, celle qui à usé les semelles de mes chaussures aujourd’hui n’est pas indiquée sur la carte ; aussi, après un rapide coup d’œil pour estimer le temps et le chemin qu’il restait à parcourir, n’ai-je pas jugé utile ce matin de la garder à portée de main. Devant mon quart en fer blanc, l’itinéraire était évident : suivre la déclinaison de l’aqqa n’ waroughoult jusqu’à son ouverture sur le plateau d’Oussikis.
Le pas était allègre ; et délectable la sensation d’être beaucoup plus gaillard que la veille. Une bonne nuit sans beurre rance, du pain frais, quelques tapis herbeux, une belle source suivie d’un petit, mais bien sympathique ru, et les sourires féminins croisés dans cet agréable vallon ont suffi à rendre débordante l’énergie nécessaire à ce début de journée : je serais à Oussikis au pire dans le milieu de l’après-midi.
De l’optimisme il en faut, bien sûr, mais point trop. Avec lui s’installe l’insouciance. La suite m’a démontré que je péchais par excès.
Il était plus de midi et, au rythme suivi, le paysage aurait déjà du changer. Or je naviguais encore dans de grands méandres, entre des bosses caillouteuses piquées ça et là de tirlist, et zébrées de centaines de traces. Mais de troupeau woualou et de bergers non plus, qui pouvaient m’en dire un peu plus sur ma situation géographique. En pensant à ce petit filet d’eau qui disparaissait de temps en temps dans les accidents du terrain pour resurgir plusieurs centaines de mètres plus loin, j’ai gravi un de ces promontoires pour avoir une vue plus dominante et réconfortante, du moins je l’espérais, de la suite des événements. J’aurais du m’inquiéter quand il n’a plus refait surface. La disparition des marques de fer à mulet, dans les dizaines de traces de nos amis caprins aurait du m’alarmer également. J’aurais pu aussi me soucier des petites variations observées sur la nature du terrain, mais que j’avais mises sur le compte d’une lecture matinale et (trop ?) rapide de la carte.
Si j’avais …
Mais avec des "si" il paraît qu’on peut mettre Lutèce en amphore. Je me suis dit que j’essaierais une autre fois. Ce n’était pas mon souci du moment. J’ai remplacé les lamentations par une boite de sardines à la tomate et au piment, les deux dernières portions de « vache qui rit », une barre énergétique et deux belles gorgées d’eau presque fraîche.
Les pensées sont plus claires quand on a le ventre plein et la vue s’améliore, c’est chose bien connue ! Oussikis était là. Je devrais dire là-bas. Il n’y avait pas d’erreur, M’semrir était derrière. Le seul problème étant que ma boussole me faisait gentiment remarquer que je regardais vers l’Ouest.
Je l’ai cru sur parole, elle n’a jamais menti. Cela voulait dire que j’avais largement dérivé vers l’Est ! Il ne restait plus alors à répondre à une question. Allais-je faire demi-tour jusqu’à retomber sur l’endroit où j’avais quitté le vallon principal, ou rectifier le cap depuis ma salle à manger et filer droit par monts et par vaux ? L’expression prenant là tout son sens.
Toujours prêt pour de nouvelles aventures, j’ai été tenté par les vaux et les monts. Mais combien de ces derniers aurais-je eu à franchir jusqu’à retrouver la piste muletière invisible au fond des premiers? J’ai donc opté pour une "retraite positive" et à l’heure où j’écris je me félicite de la sagesse du choix.
Une heure plus tard, je retrouvais des traces de mulet et mon filet d’eau cabotin. Au loin, deux formes vagues fréquentaient la même trace que j’avais suivie le matin. Dans sa progression, l’une d’elles s’est dédoublé, un peu comme la très fameuse histoire des petits pains il y a une vingtaine de siècles. Rapidement les trois formes prenaient l’apparence d’un tri pattes et deux quadrupèdes. C’était finalement deux baudets menés au bâton, et sans ménagement, par un monsieur sans âge ... et sans dents ; du moins sur le devant. Je n’ai pas eu l’occasion d’approfondir l’inspection. L’état du burnous témoignait de la difficulté des conditions de vie du propriétaire. La peau de son visage était plus tannée et craquelée que celle qui dépassait du chouari d’un des petits ânes et il était aussi sec qu’un Justin Bridou. Pardon, la comparaison pouvant paraître mal placée pour un musulman, sec comme son bâton de berger, me semble une comparaison plus appropriée. Il était chaussé de deux morceaux de pneu, Good Year peut-être, mais je le jurerais pas. Entre les lanières de cuir qui maintenaient cette originale, mais certainement très efficace protection, débordaient de robustes appendices, noirs, tordus et crevassés. Ils devaient, à une autre époque, ressembler à des orteils.
A en juger par la vitesse à laquelle je me suis fait rejoindre, la forme physique de l’ensemble ne semble toutefois pas souffrir des apparences !
« B’jou M’ssiou ». Il ne s’est pas mis au garde à vous, mais la main portée rapidement à hauteur de son turban révélait la récente "pacification" effectuée dans ces montagnes par les militaires français. De la phrase qui a suivi son salut, je n’ai compris que barda et arioul. Mais ce fut suffisant pour que j’accepte l’invitation à soulager mes frêles épaules. Sans demander aux baudets, déjà passablement chargés, lequel acceptait de porter le sac à dos, mon énergique papy a chargé le plus petit, certainement le plus robuste. En matière de baudet j’ai pensé que je pouvais lui faire confiance et ne me suis pas opposé au choix. Comme quoi, encore une fois, il ne faut jamais se fier aux apparences !
Finalement, même si je traînais encore sur les sentiers à l’heure où je devais faire la sieste au bord de la rivière, je ne m’en suis pas trop mal sorti sur ce coup là. Trois heures, malheureusement sans beaucoup d’échanges possibles, ont suffit pour rejoindre Oussikis.
Marrakech
J'ai pris mon petit déjeuner dans le patio calme et lumineux du Gallia, un hôtel bien sympa à deux pas de la place Djemaa El Fna. Après avoir préparé et laissé mon sac à dos en consigne à la réception, je suis sorti pour ma dernière promenade marocaine... de cette année. Je viens de vivre deux nuits de ramadan sur cette place et ce matin j'ai l'impression de ne pas être au même endroit. Devant moi Djemaa El Fna est pratiquement déserte. Seuls quelques vendeurs à la sauvette traînent leur sommeil et leurs souvenirs de pacotille vers un petit groupe de touristes égarés d'un club voisin dont je tairai le nom. Quel contraste avec l'effervescence des nuits passées ! Et quelle pouvait bien être l'ambiance de cet endroit quand pendus et suppliciés côtoyaient les halqas ?
Avant-hier le bus ne s'est arrêté que deux fois entre Boulmane et la capitale du sud. Sans couper le moteur, juste le temps nécessaire pour faire monter un couple de fonctionnaires et leur progéniture braillarde à Skoura, et trois dames âgées à El Kellea. Les voyageurs se font rares en ces temps de ramadan et les gares routières perdent leur agitation habituelle. A Ouarzazate par contre, la pause a duré le temps de la sieste, réparatrice pour le chauffeur et rassurante pour les passagers, tant la conduite des derniers kilomètres traduisait la fatigue de l'homme à la blouse bleue. Peu de passagers ont osé affronter le soleil au zénith. Sans ombre disponible sous les canisses, et dans l'impossibilité de boire, les voyageurs amollis par plus d'une semaine de jeûne préféraient sommeiller et cuire à feu doux dans le four vitré et ambulant, censé nous mener sans encombre à Marrakech. J'ai risqué une sortie à découvert pour me dégourdir les jambes et fumer une cigarette loin de toute narine pouvant se sentir frustrée. J'ai vite compris qu'à cette heure la lutte contre tafouït serait inégale. J'ai donc regagné mon siège, imitant mes compagnons d'infortune dans la seule chose qu'il y avait à faire, somnoler et attendre en mijotant. Mais je dois manquer d'entraînement pour un tel exercice dans ces conditions extrêmes. Chaleur, réguliers coups de klaxon des bus voisins prévenant un départ imminent, bruits de moteurs tressaillant dans d'interminables préchauffages, faux départs et derniers avertissements sonores à d'hypothétiques retardataires, m'ont privé le temps de cet arrêt de la même douce torpeur dans laquelle étaient plongés mes imperturbables voisins.
Libérée par un voyageur sur le départ, j'ai avisé une place à l'ombre près du cireur de chaussures. Après avoir rendu mon salut il a longuement examiné mes pieds nus dans des sandales poussiéreuses. Par timidité, ou par expérience il n'a pas proposé ses services, mais le gamin n'a pas su cacher son contentement quand je lui ai tendu les objets à dépoussiérer et fourbir. Seul le fabriquant local doit connaître la proportion exacte de cire, savon, graisse et huile de vidange qui marque encore mes pieds trois jours après l'application du mélange douteux. Mais comment lui en vouloir ? Je n'ai qu'à porter chaussures et chaussettes comme tous ses clients. Non ?
Le paysage à défilé, un peu morne sous la canicule. Plaine désolée après des moissons précoces, quelques arbres ça et là, des haies infranchissables de figuiers de barbarie, curieusement baptisés en berbère figuiers des roumis , entourant les petites propriétés des agriculteurs, marchands d'oignons, melons, abricots ou pastèques attendant patiemment l'automobiliste client, moutons pelés, ânes, vaches rachitiques semblant se délecter des résidus piteux d'une récolte avancée pour cause d'année de sécheresse, petits gardiens et gardiennes de ces maigres troupeaux, en mal de distraction grimaçant aux occupants des voitures de passage, riant aux éclats devant leur réaction, gens assoupis à l'ombre des eucalyptus qui remplacent ici les platanes des bords de nos routes.
Dans la descente de Tizi n'Tichka, malgré la frayeur produite par l'embardée du bus et deux violents coups de frein et klaxon simultanés, je me suis senti rassuré. Le conducteur semblait attentif, et l'ensemble mécanique malgré un déséquilibre évident dans la répartition du freinage répondait à ses sollicitations. De l'avant de notre engin arrêté en travers de la route, les insultes ont fusé contre ces gamins qui pensent plus à s'amuser qu'à surveiller leurs bêtes et empêcher l'une d'elles de vouloir améliorer son menu de l'autre coté de la chaussée quand arrive un véhicule.
A l'approche de Marrakech, presque la totalité des passagers somnolait encore dans la chaleur décroissante. Le conducteur, souhaitant certainement un peu plus d'énergie pour que ne traîne pas la récupération des bagages, s'est chargé d'un réveil peu banal : les violons d'un orchestre arabo-andalou à fond dans les hauts-parleurs de l'allée ! Un groupe de femmes et d'enfants sur le bord de la route fût même ignoré au passage malgré les signes insistants. Ils auront attendu un taxi, ou un prochain transport en espérant un chauffeur moins pressé de finir sa journée, ou plutôt moins soucieux de manquer la rupture du jeûne.
Dans les faubourgs de la ville ce n'était pas la déferlante humaine que j'ai connu à mon arrivée lors des fins d'après-midi ordinaires. C'était un calme étrange. A quelques minutes de la prière, seuls les retardataires hâtaient le pas pour la mosquée, leur domicile ou pour trouver encore une place dans l'une des innombrables gargotes de la ville proposant harira, le traditionnel premier plat de rupture du jeûne… et pour beaucoup, certainement le dernier. Serré entre une djellaba en laine brune, rayée de noir et un survêtement vert prairie en acrylique surmonté d'un bonnet bleu-gris-rouge estampillé d'un coq fameux, j'ai pris le temps de déguster trois bols d'une divine soupe à la farine de fèves et aux pois chiches, savamment épicée, enrichie de petites boulettes de viande et accompagnée de dattes, avant de voir les environs de la gare routière s'animer à nouveau.
Pour la modique somme de cinq dirhams le chauffeur du taxi a tenu à me démontrer l'excellent état de fonctionnement de l'avertisseur sonore de sa R12 sur tout le trajet menant au Gallia. Nous y sommes arrivés sans encombre.
J'ai de nouveau ma montre au poignet. Il me faut recommencer à matérialiser le temps qui passe. Fini l'errance, l'insouciance des minutes qui s'égrènent. Je dois être à dix-huit heures à l'aéroport pour un retour vers les contraintes et les normes de notre société oubliées dans les montagnes.
C'est la fin de ce premier voyage en terre berbère. Je sais déjà que j’y reviendrai.
Site photo + blog Pixa English translation pending
Salut à tous,
Voici un petit temps que je zone sur le forum et je viens seulement de voir cette rubrique :D
Je vous propose d'aller faire un tour sur mon site web: http://xavierpiron.photoshelter.com/gallery-list
Et mon blog que je prépare pour mon tour du monde prochainement (Départ en octobre) J'y ai posté quelques news en attendant. Si cela vous intéresse de suivre mes aventures vous pouvez suivre le blog (en haut à gauche je crois)
Commentaires bienvenus :)
Xaf'
Je vous propose d'aller faire un tour sur mon site web: http://xavierpiron.photoshelter.com/gallery-list
Et mon blog que je prépare pour mon tour du monde prochainement (Départ en octobre) J'y ai posté quelques news en attendant. Si cela vous intéresse de suivre mes aventures vous pouvez suivre le blog (en haut à gauche je crois)
Commentaires bienvenus :)
Xaf'
Hôtel dans grande tour à Bangkok English translation pending
bonsoir, pour la derniere nuit qu on passera a bangkok avant de prendre l avion pour rentrer on a penser a dormir dans un hotel avec une vue sur bangkok. on a vu qu il y a le bayoke sky hotel. mais en existe il d autre, sans cette tour ou une autre avec un bon point de vue? mais que l on puissent facilement et rapidement aller a l aeroport ensuite( avion a 10h)
budget de 50 euro maxi, moins ca arrangerai mon portefeuille. merci de votre aide
Choix roues de vélo pour voyage (26", 27,5" ou 29") English translation pending
Bonjour,
J'envisage l'achat d'un nouveau vtt avec lequel je pourrais aussi voyager sur route ou piste en europe ou à l'autre bout du monde... Le choix le plus judicieux semblait être un 26 pouces il y a 2 ans encore par rapport au 29" (robustesse, et facilité pour trouver des pièces de rechanges...) mais il tend maintenant à disparaître et ne sont disponibles qu'en bas de gamme... Le 29" serais maintenant un compromis pour trouver des pneus par exemples (équivalent au 700..), mais question robustesse le 27,5" serait plus judicieux... Qu'en pensez-vous? Les roues de 29" (ou 700...) serait elles beaucoup moins solides que les 27,5 ou 26 pour les pistes?
Seb
J'envisage l'achat d'un nouveau vtt avec lequel je pourrais aussi voyager sur route ou piste en europe ou à l'autre bout du monde... Le choix le plus judicieux semblait être un 26 pouces il y a 2 ans encore par rapport au 29" (robustesse, et facilité pour trouver des pièces de rechanges...) mais il tend maintenant à disparaître et ne sont disponibles qu'en bas de gamme... Le 29" serais maintenant un compromis pour trouver des pneus par exemples (équivalent au 700..), mais question robustesse le 27,5" serait plus judicieux... Qu'en pensez-vous? Les roues de 29" (ou 700...) serait elles beaucoup moins solides que les 27,5 ou 26 pour les pistes?
Seb
Etna: état des routes? Téléphérique? Température? Guide? English translation pending
Bonjour,
Je n'ai trouvé aucune réponse à mes questions dans tous les sujets déjà postés ...
Je voudrais savoir si il y a beaucoup de virages sur la route entre Nicolosi et Sapienza ...est-ce supportable pour quelqu'un qui a mal au coeur très vite ... ?
Ensuite, combien de temps dure le trajet en telepherique ? certains parlent d'oeufs et pas de telepherique..... qu'en est il svp ?
Enfin, cela peut vous paraitre bizarre mais respire-t-on facilement une fois tout en haut ? J'ai eu une très mauvaise experience il y a trèèèèèèèèèès longtemps sur le Mont-Blanc avec perte de connaissance etc ...
Fait-il vrament frais fin Septembre ?
Pour les guides, on parle de 60 euros environ pour telepherique, 4x4 , guide avec balade de 30 minutes : est-ce biien cela ? Merci beaucoup
Pour les guides, on parle de 60 euros environ pour telepherique, 4x4 , guide avec balade de 30 minutes : est-ce biien cela ? Merci beaucoup
Trek Maroc début novembre: couchage sous tente, matériel et température? English translation pending
Bonjour,
Je pars faire un trek début novembre du côté d'Essaouira / Marrakech . C'est la première fois que je fais ce genre de randonnée . Le couchage sera sous tente . Pour le matériel , le guide prévoit de prendre un sac de couchage 0° mais je ne voyais pas le prix des sacs de couchage aussi cher (par rapport au budget que je prévoyais en tout cas)
- Quelle est la température début novembre dans cette région du Maroc ? - Le couchage sera sous tente , quel type de sac de couchage conseilleriez vous ? Le 0° est il indispensable ou est il possible de prévoir plus haut en température et à priori moins cher ? Si je me couvre bien .
NB : Je ne sais pas si c'est comparable mais je suis une fois allée en Tunisie fin janvier et dormi sous tente , sur lit de camp avec au moins 4 grosses couvertures et je me suis gelée toute la nuit...
Merci
Je pars faire un trek début novembre du côté d'Essaouira / Marrakech . C'est la première fois que je fais ce genre de randonnée . Le couchage sera sous tente . Pour le matériel , le guide prévoit de prendre un sac de couchage 0° mais je ne voyais pas le prix des sacs de couchage aussi cher (par rapport au budget que je prévoyais en tout cas)
- Quelle est la température début novembre dans cette région du Maroc ? - Le couchage sera sous tente , quel type de sac de couchage conseilleriez vous ? Le 0° est il indispensable ou est il possible de prévoir plus haut en température et à priori moins cher ? Si je me couvre bien .
NB : Je ne sais pas si c'est comparable mais je suis une fois allée en Tunisie fin janvier et dormi sous tente , sur lit de camp avec au moins 4 grosses couvertures et je me suis gelée toute la nuit...
Merci
Photographe voyageur (Asie, Europe, Islande...) English translation pending
Bonjour à tous,
Je m'appelle Sébastien Blond, et je suis un photographe voyageur. Je me permets donc de vous présenter ici mon site. Y sont présentes des photos prises en Asie, où j'ai vécu 2 ans, en Europe centrale, où je vis actuellement, en passant par la Bretagne, ma patrie...
N'hésitez pas à aller y faire un tour (ou plusieurs!) et à me donner votre avis sur celui-ci!
http://www.sebastienblond.com/
Sachez que vous pouvez également me suivre sur ma page Facebook que je vous invite à "liker" :)
https://www.facebook.com/pages/S%C3%A9bastien-Blond-Photography/556294534380952?fref=nf
Merci d'avance! Photographiquement, Sébastien Blond
Merci d'avance! Photographiquement, Sébastien Blond
De Valley of Fire à Las Vegas par la Northshore Road 167 English translation pending
Bonjour
Tout est dans le titre...
Alain-Pierre m'avait mis l'eau à la bouche avec son projet dont nous avons accompli une étape en avril dernier.
Alors qu'y a t il entre Overton et Las Vegas? Réponse ( la nôtre) rien ou pas grand chose... Le niveau du Lac Mead baisse quasi à vue d'oeil Les points de vue sur le lac vont de très moche à vilain ( encore n'avons nous pas eu le courage d'aller à celui de Las Vegas Bay) - Overton Beach Road was closed ... Stewart Point est perdu au milieu de nulle part, sans vue particulière - Echo Bay offre une vue banale avec quelques infrastructures ...



Callville Bay semble presque pimpante...



Je ne sais pas qui ni comment on a apporté tous ces cailloux. Il y en a des kilomètres ... 🙂
A mon avis, le meilleur point de vue serait SUR le lac - louer un bateau quoi! mais nous n'avions pas le temps.
La route? US, large, un peu sinueuse - quelques miniscules oasis avec 3 pov' palmiers déplumés ( Roger Springs) , des roches rougeâtres à grisâtres, le tout englué dans une pollution qui n'est pas dûe à la chaleur. 😕

Une balade quand même: le North Summit Trail - 30' AR voire plus si grosse chaleur- et du haut? bé pas grand chose, vue dégagée - on est en haut quoi ...



Evidemment, nous venions de Valley of Fire ce qui n'incite pas à l'indulgence 🙂
Alain
PS Next Topo Snow Valley 😎
Tout est dans le titre...
Alain-Pierre m'avait mis l'eau à la bouche avec son projet dont nous avons accompli une étape en avril dernier.
Alors qu'y a t il entre Overton et Las Vegas? Réponse ( la nôtre) rien ou pas grand chose... Le niveau du Lac Mead baisse quasi à vue d'oeil Les points de vue sur le lac vont de très moche à vilain ( encore n'avons nous pas eu le courage d'aller à celui de Las Vegas Bay) - Overton Beach Road was closed ... Stewart Point est perdu au milieu de nulle part, sans vue particulière - Echo Bay offre une vue banale avec quelques infrastructures ...



Callville Bay semble presque pimpante...



Je ne sais pas qui ni comment on a apporté tous ces cailloux. Il y en a des kilomètres ... 🙂
A mon avis, le meilleur point de vue serait SUR le lac - louer un bateau quoi! mais nous n'avions pas le temps.
La route? US, large, un peu sinueuse - quelques miniscules oasis avec 3 pov' palmiers déplumés ( Roger Springs) , des roches rougeâtres à grisâtres, le tout englué dans une pollution qui n'est pas dûe à la chaleur. 😕

Une balade quand même: le North Summit Trail - 30' AR voire plus si grosse chaleur- et du haut? bé pas grand chose, vue dégagée - on est en haut quoi ...



Evidemment, nous venions de Valley of Fire ce qui n'incite pas à l'indulgence 🙂
Alain
PS Next Topo Snow Valley 😎
Itinéraire Inde du Nord - 4/5 semaines - Départ fin octobre 2014 English translation pending
Bonjour a tous,
Je suis en train de preparer un itineraire en Inde pour 2 mois depuis le Nepal. Je pars seul et devrais arriver en Inde autour du 25 octobre 2014 afin d'assister a Diwali a Varanasi; l'objectif du voyage est de decouvrir des paysages/architecture/culture differente; mode guest house. J'ai prepare cet itineraire a l'aide des nombreux posts sur ce forum et d'une carte mais s'agissant de ma premiere fois en Inde il se peut que mon itineraire ne soit pas optimise en fonction des routes entre chaque ville, aussi votre aide me serait tres precieuse ! Je compte voyager en bus de jour et trains de nuit:
Pokhara (Nepal) Gorakhpur (etape entre Pokhara et Varanasi) Varanasi, 3 jours, voirSarnath a 15mn Chitrakoot via Allahabad, Ram Ghat Khajuraho, temples, sculptures Gwalior via Kulpahar, citadelle Agra 2j: Fatehpur Sikri a cote Delhi : Passez une journée et demie dans la ville pour visiter le temple du lotus, le tombeau de Humayun, le Fort rouge et la mosquée Jama Masjid. Amritsar 2j: Golden Temple.Dormir dans le dortoir du temple Jaipur via Delhi, 3j : city Palace, forteresse rose d'Amber Pushkar, Lake Bundi Bikaner 2j: le fort de Junagarth, Karni Mata Temple (rats). Jaisalmer, 2j, Vieille-ville fortifiée Jodhpur, 2j, et le Fort de Meherangarh, planté sur une falaise à plus de 100 m de haut. Ranakpur, Temple jain Udaipur, 2-3j, temples Dilwara , parc national de Keoladeo Chittorgarh, fort
En gras les villes que j'avais prevu de visiter, en non gras les villes qui ont ete conseillees ca et la; j'aimerais avoir votre avis. L'objectif est de passer un gros mois (5 semaines) dans les villes ci-dessus pour ensuite rejoindre le Kerala (surement par avion vu la distance) et remonter jusqu a Chennai (2-3 semaines dans le coin) pour rentrer chez moi (Hong Kong). Je planifierai l'itineraire du Sud plus tard. Je compte remettre Mumbai, Goa et leur region a un autre voyage, celui-ci comprend deja assez de temps dans les transports.
Est-ce que cet itineraire vous semble realisable ? Merci d'avance pour vos conseils ! Bonne journee,
Antoine
Je suis en train de preparer un itineraire en Inde pour 2 mois depuis le Nepal. Je pars seul et devrais arriver en Inde autour du 25 octobre 2014 afin d'assister a Diwali a Varanasi; l'objectif du voyage est de decouvrir des paysages/architecture/culture differente; mode guest house. J'ai prepare cet itineraire a l'aide des nombreux posts sur ce forum et d'une carte mais s'agissant de ma premiere fois en Inde il se peut que mon itineraire ne soit pas optimise en fonction des routes entre chaque ville, aussi votre aide me serait tres precieuse ! Je compte voyager en bus de jour et trains de nuit:
Pokhara (Nepal) Gorakhpur (etape entre Pokhara et Varanasi) Varanasi, 3 jours, voirSarnath a 15mn Chitrakoot via Allahabad, Ram Ghat Khajuraho, temples, sculptures Gwalior via Kulpahar, citadelle Agra 2j: Fatehpur Sikri a cote Delhi : Passez une journée et demie dans la ville pour visiter le temple du lotus, le tombeau de Humayun, le Fort rouge et la mosquée Jama Masjid. Amritsar 2j: Golden Temple.Dormir dans le dortoir du temple Jaipur via Delhi, 3j : city Palace, forteresse rose d'Amber Pushkar, Lake Bundi Bikaner 2j: le fort de Junagarth, Karni Mata Temple (rats). Jaisalmer, 2j, Vieille-ville fortifiée Jodhpur, 2j, et le Fort de Meherangarh, planté sur une falaise à plus de 100 m de haut. Ranakpur, Temple jain Udaipur, 2-3j, temples Dilwara , parc national de Keoladeo Chittorgarh, fort
En gras les villes que j'avais prevu de visiter, en non gras les villes qui ont ete conseillees ca et la; j'aimerais avoir votre avis. L'objectif est de passer un gros mois (5 semaines) dans les villes ci-dessus pour ensuite rejoindre le Kerala (surement par avion vu la distance) et remonter jusqu a Chennai (2-3 semaines dans le coin) pour rentrer chez moi (Hong Kong). Je planifierai l'itineraire du Sud plus tard. Je compte remettre Mumbai, Goa et leur region a un autre voyage, celui-ci comprend deja assez de temps dans les transports.
Est-ce que cet itineraire vous semble realisable ? Merci d'avance pour vos conseils ! Bonne journee,
Antoine
Nombre de jours au Kawa Ijen English translation pending
Bonjour,
Je pars 10 jours a java cet été. Nous avons prévu de faire yogjakarta, borobudur, prambanan, ville de solo et temple sukuh puis 2 jours au mont bromo (ballade + ascension) et une journée au kawa igen.
J'ai 2 questions :
- est ce que la ville de solo et temple sukuh valent vraiment la peine ou vaut-il mieux les remplacer par autre chose
- est-ce que cela vaut la peine de passer 2 nuits dans les environs du kawa igen ? D'après ce que je lis, ça a l'air d'être le clou du voyage et je me demande s'il y a d'autres centres d'intérêt dans le coin ou si le volcan est vraiment l'unique intérêt.
Merci bcp pour votre aide.
Elise
Sac de 40L Inde 3 semaines! English translation pending
Bonjour,
Je part en Inde du Nord pendant 3 semaines, du 26 juillet au 17 aôut avec 2 amis. Nous voulons voyager en sac à dos et prendre le moins d'affaires possible pour être plus mobiles.
Nous commençons par Leh et faire un trek de quelques jours avec une agence. J'ai lu plusieurs discussions au sujet du matériel à apporter pour un trek dans le ladakh et la plupart des gens disent qu'il faut amener un sac de couchage, même s'ils peuvent nous fournir des couvertures... Nous pensions amener juste un sac à viande pour voyager léger mais j'ai peur d'avoir froid du coup là haut...Qu'en pensez vous? Est ce que quelqu'un est parti uniquement avec un sac à viande?
Que mettre dans un sac de 35-40L pour 3 semaines, sachant que l'on va également aller dans le désert!! donc températures très variables durant ce voyage!
Merci beaucoup pour vos réponses!
B.
Je part en Inde du Nord pendant 3 semaines, du 26 juillet au 17 aôut avec 2 amis. Nous voulons voyager en sac à dos et prendre le moins d'affaires possible pour être plus mobiles.
Nous commençons par Leh et faire un trek de quelques jours avec une agence. J'ai lu plusieurs discussions au sujet du matériel à apporter pour un trek dans le ladakh et la plupart des gens disent qu'il faut amener un sac de couchage, même s'ils peuvent nous fournir des couvertures... Nous pensions amener juste un sac à viande pour voyager léger mais j'ai peur d'avoir froid du coup là haut...Qu'en pensez vous? Est ce que quelqu'un est parti uniquement avec un sac à viande?
Que mettre dans un sac de 35-40L pour 3 semaines, sachant que l'on va également aller dans le désert!! donc températures très variables durant ce voyage!
Merci beaucoup pour vos réponses!
B.
Trek du Langtang: avis sur l'itinéraire English translation pending
Bonjour tout le monde,
Nous partons à 2 au Népal fin octobre début novembre. Nous prévoyons un trek dans le Langtang et nous demandons si nous pouvons y ajouter les lacs de Gosaïkund voire même l'Helambu pour s'éviter un 2ème trajet périlleux de 9h en bus.
J'ai vu que certains connaissent très bien cette région (ce forum est une mine d'or) et j'ai besoin de conseils.
A noter : nous sommes de bons marcheurs, habitués des treks sur plusieurs jours et des terrains montagneux (pas aussi haut cependant) ou escarpés. Nous pouvons avaler une ou deux très grosses étapes mais ne souhaitons pas tout faire au pas de course non plus. Nous serons sans guide ni porteur.
Itinéraire n°1 : Langtang classique J1 : KTM Syabru besi (en bus) J2 : Syabru besi - Lama hotel J3 : Lama hotel - Langtang J4 : Langtang - Kyanjing Gompa J5 : Tesrgo Ri depuis Kyanjing Gompa J6 : Excursion vers Langshisha Karkha J7 : Kynajing Gompa - Lama hotel J8 : Lama hotel - Syabru besi (ou dhunche pour moins de bus) J9 : Retour à KTM J10 11 12 : Visite de KTM et sa vallée
Ce premier itinéraire a le mérite de se faire tranquillement, nous permet de nous consacrer au Langtang avec 3 nuits à Kyanjing Gompa et sans grosse étape.
Itinéraire n°2 : Langtang + Lacs de Gosaïkund J1 : KTM - Syabru besi J2 : Syabru besi - Lama hotel J3 : Lama hotel - Langtang J4 : Langtang - Kyanjing Gompa J5 : Tsergo Ri J6 : Kyanjing Gompa - Lama hotel (ou Syarpa Gaun?) J7 : Lama hotel - Shing Gompa (j'ai souvent lu que les trekkeurs faisait une étape supplémentaire à Thulo syabru...) J8 : Shing Gompa - Lac de Gosaïkund J9 : Lac de Gosaïkund - Dhunche (ou Syabru besi : quel est le plus court? est-ce faisable?) J10 : Retour à KTM J11 et 12 : Visite de KTM
Cet itinéraire est-il envisageable en l'état? Faut-il revoir des étapes tout en gardant le même nombre de jours? Est-ce qu-il vaut mieux prendre son temps à Kyanjing Gompa et gagner une journée pour visiter KTM (itinéraire 1).
Itinéraire 3 : A principalement pour but d'éviter le long retour en bus (mon amie l'appréhende un peu à la lecture des différents récits). J1 : KTM - Syabru besi J2 : Syabru besi - Lama hotel J3 : Lama hotel - Langtang J4 : Langtang - Kyanjing Gompa (avec ascension du Kyanjing Ri?) J5 : Kyanjing Gompa - Lama hotel J6 : Lama hotel - Thulo syabru J7 : Thulo Syabru - Shing Gompa J8 : Shing Gompa - Tharepati (pas trop gros??) J9 : Tharepati - Sundarijal (pas trop gros?) J10 11 12 : Visite de KTM
Sur ce dernier itinéraire, nous pouvons envisager une journée supplémentaire mais si nous aimerions avoir 3 jours pour KTM. N'est ce pas trop chargé? Trop pressé? Je regrette sur cet itinéraire de ne pas faire le Tsergo Ri. Y-a-t-il des étapes à allonger ou à raccourcir?
Quel itinéraire est le meilleur? Sont-ils tous réalisables?
Cela fait beaucoup de questions et je vous remercie d'avance pour vos réponses,
Guillaume
Nous partons à 2 au Népal fin octobre début novembre. Nous prévoyons un trek dans le Langtang et nous demandons si nous pouvons y ajouter les lacs de Gosaïkund voire même l'Helambu pour s'éviter un 2ème trajet périlleux de 9h en bus.
J'ai vu que certains connaissent très bien cette région (ce forum est une mine d'or) et j'ai besoin de conseils.
A noter : nous sommes de bons marcheurs, habitués des treks sur plusieurs jours et des terrains montagneux (pas aussi haut cependant) ou escarpés. Nous pouvons avaler une ou deux très grosses étapes mais ne souhaitons pas tout faire au pas de course non plus. Nous serons sans guide ni porteur.
Itinéraire n°1 : Langtang classique J1 : KTM Syabru besi (en bus) J2 : Syabru besi - Lama hotel J3 : Lama hotel - Langtang J4 : Langtang - Kyanjing Gompa J5 : Tesrgo Ri depuis Kyanjing Gompa J6 : Excursion vers Langshisha Karkha J7 : Kynajing Gompa - Lama hotel J8 : Lama hotel - Syabru besi (ou dhunche pour moins de bus) J9 : Retour à KTM J10 11 12 : Visite de KTM et sa vallée
Ce premier itinéraire a le mérite de se faire tranquillement, nous permet de nous consacrer au Langtang avec 3 nuits à Kyanjing Gompa et sans grosse étape.
Itinéraire n°2 : Langtang + Lacs de Gosaïkund J1 : KTM - Syabru besi J2 : Syabru besi - Lama hotel J3 : Lama hotel - Langtang J4 : Langtang - Kyanjing Gompa J5 : Tsergo Ri J6 : Kyanjing Gompa - Lama hotel (ou Syarpa Gaun?) J7 : Lama hotel - Shing Gompa (j'ai souvent lu que les trekkeurs faisait une étape supplémentaire à Thulo syabru...) J8 : Shing Gompa - Lac de Gosaïkund J9 : Lac de Gosaïkund - Dhunche (ou Syabru besi : quel est le plus court? est-ce faisable?) J10 : Retour à KTM J11 et 12 : Visite de KTM
Cet itinéraire est-il envisageable en l'état? Faut-il revoir des étapes tout en gardant le même nombre de jours? Est-ce qu-il vaut mieux prendre son temps à Kyanjing Gompa et gagner une journée pour visiter KTM (itinéraire 1).
Itinéraire 3 : A principalement pour but d'éviter le long retour en bus (mon amie l'appréhende un peu à la lecture des différents récits). J1 : KTM - Syabru besi J2 : Syabru besi - Lama hotel J3 : Lama hotel - Langtang J4 : Langtang - Kyanjing Gompa (avec ascension du Kyanjing Ri?) J5 : Kyanjing Gompa - Lama hotel J6 : Lama hotel - Thulo syabru J7 : Thulo Syabru - Shing Gompa J8 : Shing Gompa - Tharepati (pas trop gros??) J9 : Tharepati - Sundarijal (pas trop gros?) J10 11 12 : Visite de KTM
Sur ce dernier itinéraire, nous pouvons envisager une journée supplémentaire mais si nous aimerions avoir 3 jours pour KTM. N'est ce pas trop chargé? Trop pressé? Je regrette sur cet itinéraire de ne pas faire le Tsergo Ri. Y-a-t-il des étapes à allonger ou à raccourcir?
Quel itinéraire est le meilleur? Sont-ils tous réalisables?
Cela fait beaucoup de questions et je vous remercie d'avance pour vos réponses,
Guillaume
Tulum / Chichen Itza / Coba English translation pending
Bonjour à tous,
Entre les 3 ? vos avis? Pourquoi? Autres sites à visiter?
Merci beaucoup d'avance
Entre les 3 ? vos avis? Pourquoi? Autres sites à visiter?
Merci beaucoup d'avance
Bira/Selayar English translation pending
La semaine prochaine, je vais descendre à Bira et voir pour aller à l'ile de Selayar. Location de scooter a Makassar pour 70,000 roupies par jour. Je me demande; si avec les fêtes qui arrivent, ça risque d'etre difficile de trouver à se loger; est ce que quelqu'un a une experience pour cette periode (Ramadan et Idul Fitri)?
BF
BF
Une semaine à Champagnole (Jura) English translation pending
A la fin de cette semaine nous partons vers Champagnole (Jura) en vacances pour une semaine.
C'est un region que nous ne connaisons pas mais nous espérons être agréablement surprises.
Nous aimons de faire de promenades à pied. Quels sont des belles promenades dans l'environnement?
Quels sont les endroits (villes -nature) que vous devez certainement avoir vu ?
Je cherche aussi des autres bonnes idees (festivités..) pour faire pendant cette periode.
merçi en avance pour les reactions,
William
Quels sont les endroits (villes -nature) que vous devez certainement avoir vu ?
Je cherche aussi des autres bonnes idees (festivités..) pour faire pendant cette periode.
merçi en avance pour les reactions,
William
Bali: nuit avant ascension du mont Batur English translation pending
Bonjour a tous !
Nous prevoyons l'ascencion du mont Batur au mois de Septembre prochain et nous cherchons ou dormir la nuit d'avant...
Au vu des mauvais avis sur les hotels de la region du lac batur, est ce qu'il ne vaut pas mieux rester sur Ubud (ou nous serons la veille) et partir de Ubud pour l'ascencion ?
Ou alors dormir autour du lac mais pas forcement a air panas ?
Mais dans ce cas, il faut se lever a quelle heure ?
Et sachant que la nuit d'apres nous dormons a Amed, ou pouvons nous laisser nos bagages pendant le trek ?
Merci pour vos retours ;-) Bon 14 juillet !
Nous prevoyons l'ascencion du mont Batur au mois de Septembre prochain et nous cherchons ou dormir la nuit d'avant...
Au vu des mauvais avis sur les hotels de la region du lac batur, est ce qu'il ne vaut pas mieux rester sur Ubud (ou nous serons la veille) et partir de Ubud pour l'ascencion ?
Ou alors dormir autour du lac mais pas forcement a air panas ?
Mais dans ce cas, il faut se lever a quelle heure ?
Et sachant que la nuit d'apres nous dormons a Amed, ou pouvons nous laisser nos bagages pendant le trek ?
Merci pour vos retours ;-) Bon 14 juillet !
Location de voiture à Dakar English translation pending
bonjour
je recherche une auto a louer pour la periode du 15 septembre au 15 octobre 2014 a dakar!merci de repondre
Passeport indonésien English translation pending
Bonjour,
J'aimerai faire venir en france mon ami qui habite à Bali.
Je voudrais connaître les formalités et le prix pour qu'il obtienne son passeport car sur internet c'est assez galère à trouver.
Merci d'avance de votre aide.
Cécile
Merci d'avance de votre aide.
Cécile
État des pistes de Bolivie ou du Pérou pour passer au Brésil (à moto) English translation pending
Cherche à savoir comment, et par ou passer de, " la Bolivie ou du Peru " côté Bresil. Je voyage à moto.Meilleurs saisons et état des piste..?..Si il y a..?..
Endroits à ne pas manquer en Thaïlande? English translation pending
Bonjour à toutes et à tous !
Voilà je pars avec un ami en Thaïlande durant le mois d'août (du 8 au 31 exactement), je suis entrain d'organiser un petit programme et afin de ne rien oublier j'aimerai donc avoir vos avis et des conseils sur quoi faire, quel ville visiter, quel monument à ne pas manquer...
Merci d'avance à tout ceux qui m'aideront :-)
Voilà je pars avec un ami en Thaïlande durant le mois d'août (du 8 au 31 exactement), je suis entrain d'organiser un petit programme et afin de ne rien oublier j'aimerai donc avoir vos avis et des conseils sur quoi faire, quel ville visiter, quel monument à ne pas manquer...
Merci d'avance à tout ceux qui m'aideront :-)
Mexique: hôtels pour adultes...seulement English translation pending
Bonjour quelqu'un peut-il me nommer des noms d'hôtels juste pour adultes au Mexique ou ailleurs...nous voulions retourner au Bahia Principe Cayacoa à Samana mais cette année ile ont un forfait familial alors on doit changer d'hôtel car ce N'est pas très reposant avec des kids. Merci Berny
Ferry Écosse hors de prix? English translation pending
Je viens de regarder des prix pour aller en Écosse en ferry (Hull) avec une petite voiture et je tombe sur des 750€!
(2pers)
A ce prix la j'y vais ne avion c'est 10 fois moins cher!
J'ai mal cherché ou c'est un prix normal pour y aller en bateau?
Aussi j'ai trouvé que Hull, on ne sait pas aller plus au nord? (Depuis Calais ou Zeebruge)
Merci d'avance Xav
Merci d'avance Xav
Quel risque de laisser Ewerk branché? English translation pending
Bonjour,
Je suis un nouveau possesseur de l'Ewerk et de sa batterie tampon. J'ai testé l'appareil pour recharger mon GalaxSII et ça fonctionne 🙂. Mais, pour le vélotaf, je n'ai pas besoin de recharger quoi que ce soit. Alors, y a t-il un risque de laisser le boitier et la batterie branchée sur le moyeu dynamo en permanence ? Surchauffe, explosion 🏴☠️ !!!!
Franche comté en camping-car English translation pending
Nous envisageons de partir la deuxième quinzaine d'août avec notre CC (Boxer Peugeot).
Nous souhaitons faire du camping sauvage, de petites randonnées pédestres (4-5 h), découvrir de jolis villages, de petites villes, des fêtes locales et des marchés, des spécialités alimentaires et petits restaurants, des lieux de baignades, des sites naturels,
Nous n'apprécions pas trop les lieux très touristiques.
Quelle partie de cette région nous conseillez-vous ? Où aurons-nous la meilleure météo (pas trop chaud, pas trop pluvieux) à cette période ?
En 1992 nous avons visité les salines d'Arc et Senans, Ornans, le musée du jouet, kayaké sur la Loue et l'Oignon.
En 1992 nous avons visité les salines d'Arc et Senans, Ornans, le musée du jouet, kayaké sur la Loue et l'Oignon.
Guadeloupe insolite et personnages passionnés English translation pending
Hello à tous,
je dois préparer un documentaire TV sur la Guadeloupe. D'habitude, je ne sollicite la communauté que pour mes voyages privés. Seulement voilà, habituellement, je connais les destinations où je tourne... Pour ce doc, je voudrais partir à la rencontre de personnages hauts en couleur, passionnés par leur ile ou ce qu ils y ont développé... Je cherche aussi des lieux insolites... j'ai dejà pas mal de restos, chambres d hotes et activités... Mais si au cours de vos voyages, vous avez fait une rencontre ou découvert un lieu exceptionnel ou atypique, je suis preneuse.... Pour finir, le doc est à destination de France TV, donc pas d inquietude à avoir sur le traitement des infos:) Merci bcp
je dois préparer un documentaire TV sur la Guadeloupe. D'habitude, je ne sollicite la communauté que pour mes voyages privés. Seulement voilà, habituellement, je connais les destinations où je tourne... Pour ce doc, je voudrais partir à la rencontre de personnages hauts en couleur, passionnés par leur ile ou ce qu ils y ont développé... Je cherche aussi des lieux insolites... j'ai dejà pas mal de restos, chambres d hotes et activités... Mais si au cours de vos voyages, vous avez fait une rencontre ou découvert un lieu exceptionnel ou atypique, je suis preneuse.... Pour finir, le doc est à destination de France TV, donc pas d inquietude à avoir sur le traitement des infos:) Merci bcp
Permis trek tour du Manaslu English translation pending
Bonjour,
Nous projetons de faire le tour du Manaslu en novembre. Nous avons bien compris qu'il fallait acheter le permis spécial et être deux. Quelqu'un connait-il une ou des agences (népalaises ou françaises) à qui nous pourrions acheter ce permis ?
Une autre question : comment rejoindre Arughat depuis Katmandou ? En bus ou en avion ?
Merci pour vos réponses précieuses Charlotte
Nous projetons de faire le tour du Manaslu en novembre. Nous avons bien compris qu'il fallait acheter le permis spécial et être deux. Quelqu'un connait-il une ou des agences (népalaises ou françaises) à qui nous pourrions acheter ce permis ?
Une autre question : comment rejoindre Arughat depuis Katmandou ? En bus ou en avion ?
Merci pour vos réponses précieuses Charlotte
Les plages du débarquement de Normandie English translation pending
Je pars un week-end faire les plages du débarquement
pourriez vous me donner vos suggestions pour mon sens
Si resto sympa je suis preneuse
Merci de vos conseils
Bolivie: altitude, transports, randonnées et covoiturage English translation pending
Bonjour à tous,
Nous sommes un couple qui allons fin juillet et pour 4 semaines en Bolivie, par le Brésil, voici l'itinéraire que nous pensons faire (notamment parce que nous souhaitons nous habituer peu à peu à l'altitude) : - Corumba (frontière brésilienne), - San José de Chiquitos, missions jésuites - Santa Cruz - Samaipata, parc Amboro, (Vale grande ?) - Sucre, - Potosi - Tupiza/Sud Lipez - Uyuni, - Oruro - La Paz - Titicaca - La cordillera real - Cochachamba - Santa Cruz
J'aurais quelques questions à poser en espérant bénéficier de diverses expériences respectives :
1) Où me renseigner pour prendre le train de Corumba à la frontière brésilienne et San José de Chiquitos ?
2) Comment circuler en Bolivie à confort et prix raisonnable ? Conseillez vous la location de 4x4 ? Si c'est avec un guide, cela coûte-t-il cher ? Savez-vous où il reste encore des lignes de train ? Quelqu'un serait-il en août en Bolivie de façon à faire quelques excursions en 4x4 avec nous ?
3) Faut-il réserver ses chambres à l'avance ? Voire très en avance ? Est-il utile d'emmener son téléphone portable ?
4) Est-il utile de se trimballer une tente pour tout le voyage ? (nous hésitons, désireux de passer quelques jours "into the wild" mais sans envie de nous charger trop)
5) Nous aimerions faire des trekkings tout au long de notre voyage, de une journée ou jusqu'à 5 jours. Avez-vous des treks à nous conseiller ? (nous sommes des marcheurs habitués mais pas des sportifs de haut niveau quand même.)
6) Nous recherchons la rencontre avec la population locale également, la culture, l'histoire (nous parlons bien espagnol)... Si vous avez des endroits hors des sentiers battus à nous conseiller, nous sommes également très preneurs. Nous sommes prêts pour des choses simples voire "roots" si cela nous permet des échanges authentiques et des découvertes singulières.
Merci pour tous vos conseils !
Paula
Nous sommes un couple qui allons fin juillet et pour 4 semaines en Bolivie, par le Brésil, voici l'itinéraire que nous pensons faire (notamment parce que nous souhaitons nous habituer peu à peu à l'altitude) : - Corumba (frontière brésilienne), - San José de Chiquitos, missions jésuites - Santa Cruz - Samaipata, parc Amboro, (Vale grande ?) - Sucre, - Potosi - Tupiza/Sud Lipez - Uyuni, - Oruro - La Paz - Titicaca - La cordillera real - Cochachamba - Santa Cruz
J'aurais quelques questions à poser en espérant bénéficier de diverses expériences respectives :
1) Où me renseigner pour prendre le train de Corumba à la frontière brésilienne et San José de Chiquitos ?
2) Comment circuler en Bolivie à confort et prix raisonnable ? Conseillez vous la location de 4x4 ? Si c'est avec un guide, cela coûte-t-il cher ? Savez-vous où il reste encore des lignes de train ? Quelqu'un serait-il en août en Bolivie de façon à faire quelques excursions en 4x4 avec nous ?
3) Faut-il réserver ses chambres à l'avance ? Voire très en avance ? Est-il utile d'emmener son téléphone portable ?
4) Est-il utile de se trimballer une tente pour tout le voyage ? (nous hésitons, désireux de passer quelques jours "into the wild" mais sans envie de nous charger trop)
5) Nous aimerions faire des trekkings tout au long de notre voyage, de une journée ou jusqu'à 5 jours. Avez-vous des treks à nous conseiller ? (nous sommes des marcheurs habitués mais pas des sportifs de haut niveau quand même.)
6) Nous recherchons la rencontre avec la population locale également, la culture, l'histoire (nous parlons bien espagnol)... Si vous avez des endroits hors des sentiers battus à nous conseiller, nous sommes également très preneurs. Nous sommes prêts pour des choses simples voire "roots" si cela nous permet des échanges authentiques et des découvertes singulières.
Merci pour tous vos conseils !
Paula
Les quartiers de Menton English translation pending
Bonjour à tous,
J'aimerais passer une semaine à Menton mais je me perds avec tous ces quartiers... Je vois souvent promenade du soleil, quartier Garavan, plage des sablettes, etc... Plein d'endroits que beaucoup de gens vantent. Alors voilà, selon vous, quel est le meilleur endroit où loger à Menton de façon à ne pas être loin de la plage et en même temps pas trop loin du centre touristique (nous disposerons d'une voiture mais j'imagine que voyager et se garer dans la ville ne doit pas être simple).
Je vous remercie d'avance pour vos réponses.
J'aimerais passer une semaine à Menton mais je me perds avec tous ces quartiers... Je vois souvent promenade du soleil, quartier Garavan, plage des sablettes, etc... Plein d'endroits que beaucoup de gens vantent. Alors voilà, selon vous, quel est le meilleur endroit où loger à Menton de façon à ne pas être loin de la plage et en même temps pas trop loin du centre touristique (nous disposerons d'une voiture mais j'imagine que voyager et se garer dans la ville ne doit pas être simple).
Je vous remercie d'avance pour vos réponses.