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Bivouac dans les Encantats (Espagne) English translation pending
by Naphi · 2017-05-16 · 18 replies
bonsoir à tous j aimerai aller randonnée dans les encantas en espagne début août. J aimerai savoir si quelqu un peu me dire s il est possible de bivouaquer près des refuges ou sur le parcours? francoise
Qatar Airways pour la Thaïlande English translation pending
by Tamamumuh · 2017-05-12 · 31 replies
Bonjour,

Nous avons décidé de partir en Thailande en février mars 2018 avec mon mari et notre fils de 8 ans. Je scrute tous les jours les sites de compagnies aeriennes et j'ai trouvé un Paris Bangkok avec Qatar à 1700 euros en éco. Ou 2500 euros avec Emirates en éco. (Du 6 fevrier au 10 mars ou 31 mars). Nous voulons partir avec Emirates ou Qatar pour bénéficier d'une escale à mi chemin, sinon 11h direct dans l'avion, notre fils va péter un cable... on va épargner tout ça au maximum pour nos amis voyageurs du même avion !! Nous aurions 3h d'escale avec Qatar à l'aller comme au retour. Entre 1h30 et 3h avec Emirates. Maxi 3h parce qu'après ça sera trop long...

Que ce soit pour l'une ou pour l'autre compagnie, pensez vous que ce soit un bon prix ? Ou faut il que j'attende un peu ?
Hébergements recommandés au Sri Lanka English translation pending
by Johnnycash31 · 2017-05-02 · 1 reply
Au cours d'un périple à vélo , j'ai pu tester quelques hébergements sympas que je vous recommande: - à NEGOMBO: Guest House "Patrick Holiday Resort" Accueil parfait, chambres propres convenable, très calme, possibilité de repas midi et soir, prix modique. - à quelque km de DAMBULLA, au niveau du premier village, Inamaluwa, sur la route de TRINCOMALEE, ne pas rater "The Jungle Vista"(voir site sur internet), endroit fabuleux pour tous les routards de la planète; - près du"Jungle Vista", à INAMALUWA, la Guest House de Sheyan; Le beau Sheyan vous accueillera avec le sourire( les filles apprécieront). Il cuisine superbement; -à MATALE, l'hotel colonial "CLOVER GRANGE", pour le calme et le charme suranné. Patron accueillant, intelligent. Prix très raisonnable; - à Kandy, une belle maison kandienne, à l'extrémité Est du lac, au-desus de la route qui longe le lac, "SHANGRY LA GUEST HOUSE"; pour le décor de la maison et l'accueil de la cuisinière adorable; - à TANGALLE, "l'OCTOPUS GARDEN", sur la plage. prix modique et idéalement situé près des restaurants. A KALATURA, pour passer quelques jours de détente au calme, loin des touristes. Superbe Guest House : PETER'S BEACH GUEST HOUSE. Piscine, terrasses au-dessus de l'océan.Hôtesse délicieuse et bonne cuisine.
Guest house à Valbona? (Albanie) English translation pending
by Ploeven · 2017-04-24 · 4 replies
Bonjour connaissez vous des adresses de logement chezl habitant a Valbona?merci
Randonnée itinérante en Bulgarie (parc de Rila) English translation pending
by Valouna69 · 2017-04-10 · 4 replies
bonjour,

nous voulons partir cet été de lyon vers sofia et aller randonner dans le parc de rila

qui l'a déjà fait ??

nous sommes habitués au bivouac , nous partirons avec sac a dos et tente .

nous avons 4 semaines de vacances

merci a tous
Quand voyager à Moscou et Saint-Pétersbourg? English translation pending
by Membre09 · 2017-03-24 · 13 replies
Meilleur moment pour voyager à Moscou, et St-Peterborough (15 jours) : à la mi- mai ou début septembre? Merci aux connaisseurs
Douane américaine et nom à consonance arabe English translation pending
by Wwenta · 2017-02-28 · 5 replies
Bonjours,

Je doit effectuer un voyage courant mai au usa d'un mois avant de partir au mexique 15 jours pour enfin revenir en France. Je suis déja parti au USA a plusieurs reprise sans aucun soucis à la douane ( officier très sympas ). L'année dernière un peu plus de question que d'habitude mais rien d'alarmant 10 ou 15 min à tout péter contre même pas 5 min en général. Ce qui m’inquiète est le climat actuel ainsi que la multiplication des cas de refoulement due à des nom à connotation arabe depuis l'arriver de trump au pouvoir. Je possede deux prenom dont 1 à connotation arabe ( mon pere étant né en algerie ) et ma mère française. Après je ne suis pas musulman ( bien que ça ne serais pas un crime :) mais ce n'est même pas le cas ), mon pere non plus ... j'ai voyager plusieurs fois au usa en respectant très largement les délais de retour aucun délis. J'ai toutes mes resa d'hotel ainsi que voucher de location de voiture correspondant au vol allé-retour . Est-ce que l'entrée au USA actuelement avec un nom à consonance arabe peut me valoir un refoulement de miami en mai prochain ? je m’inquiète surement pour rien mais j'ai l'impression que ça se multiplie ? Apres ce n'est peut être qu'une impression ?! Sa me fait peur car voila c'est un pays que j'adore au plus haut point j'y est beaucoup d'ami ... pie sa reste mes congés estival avant le retour au boulot en france :p donc bon sa la fout mal ... Je vous remercie d'avance de vos réponse

Ps: Je suis de nationalité francaise et mon Esta ( que j'ai due renouveler à été autorisé instantanement )
Visa gratuit pour Saint-Pétersbourg English translation pending
by MarieDidier · 2017-02-26 · 2 replies
Bonjour, Nous partons cet été en Estonie. Nous souhaitons faire une escapade à Helsinki puis à St Petersbourg. J ai lu qu un visa gratuit pouvait être obtenu en choisissant l option "bateau" Avec vous des renseignements récents à me donner ? Et si oui quelle compagnie effectue ce trajet ? Merci à vous tous ! Marie
Dernière nuit à Livingstone (Zambie) English translation pending
by Girardinpho · 2017-02-08 · 4 replies
Bonjour à tous,

Nous cherchons pour finir notre aventure en Zambie, une nuit en dur à Livingstone.

Voilà notre problème, c'est que nous sommes 6 personnes et que nous cherchons un logement où il est possible de venir tout près avec nos deux voitures pour les vider et les nettoyer.

Nous sommes à la recherche d'une maison pour les 6 ou d'un chalet familial et d'un chalet pour deux ou trois chalets. De grandes tentes ça va aussi ! Nous ne cherchons pas du luxe mais plutôt de la place pour pouvoir ranger et préparer nos valises.

Si quelqu'un à une idée ou un endroit sympa, nous sommes preneurs !
Hôtel Patong Mansion à Phuket English translation pending
by Jeanluc1958 · 2017-01-15 · 3 replies
Connaissez-vous le Patong Mansion hôtel à Phuket? si oui merci de me donnez votre avis, j'ai réservé deux nuits à mon arrivée le 22 janvier. Si vous connaissez d'autres hôtels du même type plus proche des animations et de la plage, mais quand même assez calme, je suis preneur. Dans l'attente de votre réponse, bonne soirée à tous
Carte de l'île Pierre Ier (Antarctique) English translation pending
by Mudou · 2016-12-29 · 4 replies
Bonjour/Bonsoir

Je travaille sur cette île depuis peu et je recherche une carte. Elle se situe par 69*S et 90* W. Donc tout proche de l Antarctique. J'ai cherché sur Google mais aucun résultat. Je n ai pas encore cherché dans les geoportails, ni dans les cartotheques privées. Je suis preneur de la moindre trace de carte de cette île. Merci d avance Sylvain
Cadre vélo démontable en 2, ou cadre classique? English translation pending
by MairesseM · 2016-12-23 · 2 replies
Bonjour!

J'hésite à m'acheter le Traverlers Check Surly pour mes prochains voyages. C'est un cadre qui est possible de démonter en 2 pour réduire considérablement la taille de l'emballage.

Des personnes ont des retours de ce cadre?

A savoir, le Traverlers Check Surly est environ 2 fois plus cher que le Long Haul Trucker (1000 contre 500 Euro environ)

J'ai pu constater que en avion que les taxes valent surtout pour le poids supplémentaire? Et non la grandeur des bagages? Est-vrai? des connaisseurs à ce sujet?

J'aimerais donc savoir si ce cadre démontable peut être rentable par des voyages en avion sur le long terme ou si un simple cadre Long Haul Trucker peut convenir parfaitement et ne fera pas pêter le forfait voyage en avion.

Merci de vos retour!Long Haul TruckerTravelers Check
Comment transférer sa retraite après une expatriation? English translation pending
by Granvillemar · 2016-11-18 · 4 replies
Bonjour,

J'ai été durant un long moment expatrié au Luxembourg. J'aimerais savoir comment transférer ma retraite après une expatriation?

Merci beaucoup
Trek au départ de Hsipaw English translation pending
by Amandoche · 2016-11-04 · 2 replies
J'aimerai savoir si des treks partent de hsipaw en ce moment (vu les événements ) Et si jamais d'autres options ? Un trek sympa à faire , lac inle peut être ?
Reparations de voiture au Maroc English translation pending
by KiraCI · 2016-10-30 · 7 replies
Je prends une camionnette (Mercedes) en Côte d'Ivoire mais il y a des réparations à faire.

Quelqu'un peut-il recommander quelqu'un au Maroc s'il vous plaît? J'ai eu adresses à Rabat et Tiznit ... avez-vous d'autres?

Difficile pour donner un prix, mais ce que je pourrais avoir à payer pour réparer cela? Je voudrais une idée de prix pour la négociation

Merci!
Trekking sur sommets autour de 6000 mètres au Kirghizistan English translation pending
by LatinChef · 2016-10-20 · 7 replies
Bonjour,

Je recherche des informations sur des sommets avoisinants les 6000m (+-300m) faisables sans difficultes techniques particulieres au Kyrgyzstan. Tous les infos que je trouve sur le net sont sur leurs 7000m, mais l'ensemble de notre groupe n'est pas a cette hauteur de preparation. On a l'habitude du cramponage/piolet, encordement et pentes a 35 degres avec passages courts a un peu plus. On compte s'y rendre juillet prochain et rester sur place 16-18 jours.

Merci d'avance! 🙂

Peter
Séjour à Riviera Maya English translation pending
by Majoke · 2016-10-17 · 2 replies
Bonjour à tous. Nous partons mes filles[22 et 24 ans] et moi pour Playa del Carmen, vendredi prochain. J aimerais avoir des informations sur la réserve Sian Ka'an. Comment s'y rendre sans voiture, les coûts, les tours les plus intéressants etc. Peut on penser aller à Akumal et Sian Ka'an dans la même journée ou bien vaut mieux prévoir 2 journées. Pour aller visiter un cénote, doit on prendre un taxi? Nous passerons 5 jours à Playa et ensuite 2 jours à Isla Mujeres . Eh oui, juste une semaine! Quelle sera la meilleure place pour faire du snorkeling? À part Akumal. Toutes les bonnes infos nous intéressent même si Je connais déjà un peu Playa del Carmen. Nous serons dans une auberge près du Chedraui. Casaejido. Merci à l avance! Marie
Des news de Jaffar English translation pending
by Groschats · 2016-10-17 · 18 replies
Hello...

Pour les amoureux de la piste de Jaffar... mauvaise nouvelle pour vous. La piste est en court de prochain goudronnage...

De Midelt au cirque les 22 km se font à 60-80 km/h lol (bon faire gaffe dans les virages quand même, ça chasse sinon 😛)...

Une fois arrivée au cirque, même un 4x4 ne passera pas. Les buldozzers et tractopelles sont en train de tout péter. Il ne reste plus que la partie de l'oued en gros à préparer, tout le reste passe sans problème en simple berline. De même que par Tounfite...

J'y suis passé hier... J'ai même réussi une pointe à 100 au retour avec ma 205 lol... pour dire la difficulté...





Côte ouest américaine et "The Big One" English translation pending
by Airness006 · 2016-10-11 · 46 replies
Bonjour je serai intéressé pour me faire un road trip sur la cote ouest américaine ( las vegas san francisco et L A) en autocar ( voyage organisé, je n'ai pas le permis et pas de possibilité de le passer et de plus je maîtrise mal la langue et je nai pas damis sur place, la n'est pas la question )

J'ai 29 ans et les capacités financieres a me payer ce voyage que depuis très recemment!

Le SOUCIS c'est que j'entends parler d'un gros tremblement de terre qui risque de frapper n'importe quand et depuis cette semaine, les menaces se sont fortement intensifier. Je me demande si il est vraiment judicieux de faire quand même ce voyage car avec les grandes chances que le big one frappe, sa serait bête de se retrouver bloqué sur place, dans le meilleur des cas, car j'imagine que toutes les voies de transports serait bloqué suite à la catastrophe.

Merci de réagir à mon post. Cdlt.
Sacoche avant Front pannier Ortlieb English translation pending
by Kiki8866 · 2016-09-23 · 6 replies
Bonjour à tous,

Si vous deviez acheter des sacoches vélo, dans la mesure du possible ( tubus, fourche ...) prenez les toutes les memes ( avant et arrière )

- Choisissez ORTLIEB, pas de problèmes avec les attaches (vs Vaude ) - Besoin de prendre seulement un jeu d'attache de rechange - Les front, finalement on ne peut pas y mettre grand chose, surtout si vous devez "rouler la fermeture" plusieurs fois pour garantir l'étanchéité. - Sacoche arrière sur l'avant un peu plus basse mais très acceptable, pas problème pour descendre trottoirs ( j'ai roue de 26 avec cadre Small ) - Choisissez celles en jaune, ce sont les plus voyantes ( vs rouge ) - les classic lisse pour le nettoyage - mais attention, le jaune attire les moustiques !!! - NB, sur la photo on pourrait croire que rouge plus voyant mais ce n'est pas le cas, surtout le soir.

Je pense qu'in fine, le plus important c'est la solidité des attaches aux portes bagages(tubus), la vraie galère si ca pète en pleine randonnée ! pour garantir l'étanchéité de mon sac couchage et vêtement, je place le tout dans un sac poubelle.... j'ose pas imaginer un pétage dans une descente avec ces autos qui vous rasent ( particulièrement en F et I, rarement en A, CH et D :-) , en Asie pas encore fait l'expérience ca doit etre pire ...

Bonne route à tous ! Coco la pédale
Toni Erdmann, (film d'Allemagne) English translation pending
by Kola · 2016-08-23 · 3 replies
Un film aux métaphores brillantes, (dé)culottées parfois... mais qui aurait gagné à perdre une heure sur les deux heures quarante cinq infligées. Toni Erdmann, clown triste à perruque et dentier de farces et attrapes, héros qui n'existe pas mais dont la présence massive, intrusive, à la maladresse intentionnelle sert de go between entre une fille et son père.

La fille, formidablement interprétée par Sandra Hüller, petit soldat carriériste sans états d'âme, sans émotions, à la sensualité absente... et le père, Peter Simonischek, un peu raté, un peu touche à tout qui semble être resté à la surface des choses et qui, au crépuscule de sa vie, entreprendra de détourner sa fille d'un droit chemin sinistre pour la remettre, peut-être, sur le chemin, parce qu'il n'y a pas que le boulot dans la vie.

Inès est une consultante ambitieuse, le gant de velours au service de la main de fer qui délocalise, externalise, et modernise l'Europe du pauvre -elle est en mission à Bucarest- pour le profit d'une multinationale américaine.

La critique sociale s'arrêtera là...

Winfried est un looser maladroit, un père qui n'a pas su faire, qui déploiera ses ultimes forces et ses talents de pitre pathétique à surgir là où elle ne l'attend surtout pas, pour faire dérailler la vie mécanique et bien rangée de cette étrangère qui est quand même sa fille.

Toni Erdmann, double de Winfried, convoqué chaque fois que l'absurde est la seule issue possible ou la seule possibilité de craquer l'armure ou d'élargir les failles, est donc tour à tour... son frère imaginé, ambassadeur, consultant, Yeti à poils longs et tout le temps personnage imposant à la présence imposée.

Quelques scènes plus caustiques que réellement drôles. D'autres, inutiles, diluent un peu l'essentiel, ce face à face entre deux étrangers qui réapprennent à devenir un père et une fille...

Une actrice saisissante dont la manière de se mouvoir, brusque et maladroite au début, froide jusque dans les moments les plus hot... se décorsète en prélude à une scène sacrément gonflée.

Sa mission achevée Toni Erdmann quitte le décor. Perruque et dentier redeviennent des accessoires de clown dont Inès, songeuse et mélancolique, s'affuble à son tour.

TONI ERDMANN film allemand de Maren Ade 2016
Séjour au Népal fin décembre - janvier: demande de conseils English translation pending
by 9ntoine62fr · 2016-08-19 · 5 replies
Hello!

J'arriverai à Katmandu le 31 Décembre prochain jusqu'au 20 Janvier. Et je suis preneur de tout conseils, par exemple: -quel est le mieux en sortant de l'aéroport, taxis, bus? -peut-on retirer du cash local à un distributeur dans l'aéroport avec une mastercard et/ou Visa? -Dois-je m'attendre à avoir un peu froid et donc acheter un pull voire manteau sur place (j'arriverai de NZ donc climat un peu plus doux je pense :p ) Merci merci merci!

Antoine
Séjour en forêt tropicale (Gabon - Congo) English translation pending
by Novicz · 2016-08-06 · 28 replies
Carnet de voyage en Afrique Centrale

Jeudi 16 janvier 2003

Arrivé 2040 à Libreville. Justin, le chauffeur de WCS (Wildlife Conservation Society) à Libreville attendait à la sortie du terminal pour me conduire a mon hôtel, le Tropicana. J’y retrouve Bryan, le directeur des Réserves Nationales au Congo, et Debra, une chercheuse qui prépare un doctorat sur les chauves souris. Ils m’annoncent que notre départ pour Bomassa sera repoussé à samedi. Tant mieux, que j’aie au moins le temps de m’adapter un minimum.

Vendredi 17

Au bureau de WCS, j’installe les programmes Flitestars et Mapstars sur mon Mac avec l’aide de Peter, un pilote autrichien approchant la cinquantaine et qui vole pour WCS sur son propre avion. Il a fait fortune en vendant des lunettes puis a vendu son magasin avant de traverser l’Afrique avec son Cessna 182. En fin de matinée, direction l’ambassade du Congo pour ma demande de visa. Refoulé à l’entrée par le gardien, je dois retourner au Tropicana pour enfiler un pantalon à la place de mon short. Le visa de 3 mois coûte 210 000 cfa, moitié moins pour les membres de WCS. Plus tard dans l’après midi, nous allons faire les courses pour Bomassa. 200 kilos de nourriture, alcools et cigarettes.

Samedi 18

À 0900 nous chargeons l’avion avant de décider de repousser le vol à dimanche. Because mauvais temps. J’en profite pour faire laver l’avion et ajouter des coordonnées sur Mapstar, un programme de gestion de points GPS installé la veille sur mon Mac. Plus tard dans la soirée, un Antonov 24 s’écrase à l’est de Libreville, suite à une panne électrique et la panique probable de l’équipage. Au bar de l’aéroclub, tout le monde s’étonne qu’il ait tourné autour de D’jemba au lieu de rejoindre la côte. Apparemment, personne dans l’appareil n’avait une lampe de poche (obligatoire) ni même un briquet ou des alumettes pour éclairer ne serait ce que le compas…

Dimanche 19

Bryan, qui souffrait depuis plusieurs jours d’un abcès à la fesse, part à l’hôpital, où le médecin décide de l’opérer sur le champs. Il ne pourra voyager qu’en fin de semaine et je décolle donc seul pour LaLopé, une des plus anciennes réserves du Gabon, où je récupère le Dr Boo, une biologiste britannique de son vrai nom Fiona Maisels, avant de continuer vers Kabo pour les formalités douanières, puis Bomassa, camp où je serai désormais basé. En vol, Boo contacte Bomassa par la HF et nous décidons de laisser l’avion à Kabo. Nous terminerons le voyage par la route pour ne pas risquer d’être surpris par la nuit. Décollé de LaLopé à 1400 + 3h30 de vol + une demie heure pour la police des frontières…, bref, la nuit tombant à 1800, même si la dernière branche se fait en 10 minutes, c’est trop risqué pour un premier atterrissage à Bomassa. La piste fait 600 mètres et surtout elle est étroite, bordée par de la végétation plus haute que les ailes. Finalement nous arrivons plus tôt que prévu et les formalités sont rapides. Comme la route est bloquée, c’est une pirogue qui est venu nous chercher. Une douzaine de villageois nous aident à charger nos 300 kilos de frêt et bagages à la lueur des torches, et des vers luisants. Puis une heure encore à remonter le fleuve Sangha, dans l’obscurité. Juste le bruit du moteur et les étoiles.

Lundi 20

A 0630 sortant d’un rêve au décors européen (Paris ?, Lausanne ?), je me réveille étonné d’être en pleine forêt tropicale. Après le petit déj. j’entreprends de nettoyer une étagère et d’installer ma chambre, entièrement grillagée contre les moustiques, puis commence à faire l’inventaire des documents de l’avion. En fin de matinée, je me rends vers la piste, à un petit kilomètre du camp, en suivant un sentier étroit, sorte de tunnel de verdure, inquiet d’une éventuelle rencontre avec un éléphant. Ils courent bien plus vite que nous paraît-il. Au village, Madame Djony, l’infirmière du dispensaire qui se trouve être aussi la femme du conservateur du camp, m’adjoint une jeune fille de 22 ans, enceinte de son 4ème enfant, pour m’accompagner. La piste est bien plus longue que je ne l’imaginais. Je demande quand même une pirogue pour aller observer l’approche depuis la rivière. Peter m’avait dit que les derniers 100 mètres de finale frôlaient les arbres. J’ai surtout envie de faire un tour sur ce fleuve qui me fascine autant. Large de plus de 100 mètres, il est l’axe de vie de toute la région. Pour la pêche, le transport, pour se laver ou ne serait ce que pour sortir de cette claustrophobie que provoque la densité de la forêt.

Puis je rentre au camp et déjeune seul, en commençant à parcourir le manuel de vol du Cessna, lorsque Boo me propose de l’accompagner elle et son guide pygmée pour rejoindre une clairière avec un mirador où elle compte passer la nuit. Elle souhaite profiter de la pleine lune pour observer les éléphants. A vrai dire les compter, afin d’évaluer la qualité et l’évolution de fréquentation de cette clairière. C’est encore la meilleure façon de surveiller les activités des braconniers. Ainsi entre l’aller et le retour je m’offre deux heures de marche en pleine brousse pour terminer la journée. Derrière un petit bonhomme qui avance à toute vitesse, la machette posée sur son bras comme un bébé endormi. L’occasion de découvrir enfin la jungle, la vraie jungle, jusqu’ici seulement fantasmée au travers de romans d’aventure. En quelques kilomètres, je croise déjà des termitières hautes comme des maisons de 2 étages, des papillons gigantesques, en tout cas suffisamment pour qu’ils s’autorisent quelques secondes de plané entre 2 battements d’aile, et des arbres de 30 mètres parfois entièrement emballés dans une toile d’araignée si dense qu’elle est pratiquement opaque. Les films de Spielberg n’étaient donc pas exagérés ?! Heureusement que je me suis acheté une caméra vidéo, sinon personne ne me croira.

Après le dîner, je m’installe dans le bâtiment qui fait office de bureau, une grande pièce climatisée, la seule, à cause des nombreux ordinateurs et appareils électroniques qui souffriraient trop rapidement de l’humidité. Dans un coin, une grande télévision et une vidéothèque de plusieurs dizaines de cassettes et DVD, pour tous les goûts. Je visionne quelques documents sur l’Afrique tropicale jusqu’à 2230. Le groupe électrique est éteint à 2245 et je finis ma phrase à la bougie.

Le premier soir, en revenant de la salle de bain dans la nuit, j’étais déjà impressionné parce que je devais enjamber d’anciennes traces d’éléphants (ils viennent dans le camp pendant la nuit), lorsque j’ai refermé machinalement ma main sur un insecte infernal qui s’est envolé en hurlant comme un hibou. Boo m’a dit le lendemain que c’était une espèce de grillon. Par le bruit, la variété et la taille, cet endroit est un véritable Disneyland d’insectes.

Mardi 21

Ce matin, une heure de camion pour faire 30 km, sur une piste boueuse et cahoteuse. Nous allons récupérer l’avion à Kabo. Pompé 200 litres de carburant pour compléter les réservoirs dans les ailes. Mais le tonneau est vide avant que j’aie terminé et le poids dans les ailes est maintenant déséquilibré. Pendant que M. Djony, le conservateur du camp palabre avec la police locale, je regarde dans le manuel de vol s’il y a une limitation de dissymétrie. La piste est relativement longue, 1200 m, mais elle est bordée d’arbres très haut. L’impression de devoir décoller dans un corridor. 10 minutes seulement de vol pour rejoindre Bomassa. Vue d’au dessus, la piste paraît soudain très courte, je prolonge la vent arrière et m’autorise une longue finale. Sur le bord du terrain, un groupe de villageois attend que M. Djony et moi sortions de l’appareil. Le conservateur me dit que c’est devenu une habitude maintenant, ils viennent se faire une opinion sur la qualité de chaque nouveau pilote en se référant au premier atterrissage. Depuis le temps, ils sont tous devenus experts en arrondis.

En fin d’après midi, nous préparons avec Boo le vol de demain. 43 waypoints à rentrer manuellement dans le GPS, pour un survol de clairières. A l’heure de l’apéritif, nous recevons la visite inattendue d’une jeune américaine, à peine 20 ans. Membre du Corps de la Paix (un organisme US qui envoie des jeunes volontaires sur le terrain avec très peu de moyens), elle vit depuis 2 ans, seule occidentale (Californie) dans un petit village au bord du fleuve à 2 ou 3 kilomètres au sud de Bomassa. Cet après-midi, elle remontait la Sangha en pirogue-stop, se dirigeant nonchalamment vers Yaoundé pour reprendre pied vers un semblant de civilisation. Je suis bluffé.

Pendant le souper, Boo m’énumère les différentes tâches qui seraient utiles dans le camp. A envisager pour des éco-touristes, volontaires ou éventuellement amis de passage : enseigner l’anglais aux assistants chercheurs congolais, corriger les traductions de rapports de l’anglais vers le français, organiser l’herbier, concevoir des visuels descriptifs pour les animaux que l’on peut observer depuis le mirador, etc… et avant d’aller nous coucher, nous regardons une vidéo, « the jerk » avec Steve Martin, à la fraicheur de l’air conditionné du bureau.

Mercredi 22

Notre vol photographique, qui était prévu à 0800, tombe à l’eau c’est le cas de dire. Le ciel est chargé et l’on aurait besoin d’une bonne lumière pour pouvoir détecter d’en haut les traces d’anciennes pistes d’éléphants. Nous nous rendons tout de même à l’avion pour installer le matériel. Mais le socle qui était prévu pour fixer la caméra sur l’avion a disparu. De retour au camp, nous en faisons fabriquer un en bois par Alphonse, l’ébéniste. En attendant, je lis le numéro de mars 2001 du magazine National Géographique, qui relate l’aventure de Mike Fay, le prédécesseur de Bryan à Bomassa. Mégatransect, un raid de 2000 kilomètres à pied à travers la forêt équatoriale. Et je découvre avec jalousie que Nicolas Kozon, l’un des premier pilotes de WCS Congo, dont j’ai repris la place, est cité en fin d’article. J’ai néanmoins eu la chance de rencontrer Mike à Libreville. Il m’a raconté comment il s’était fait attaquer par une femelle éléphant(une défense lui a transpercé le bras), le 31 décembre dernier. Très chanceux, son biceps a été épargné de justesse, il ne lui reste que de longues cicatrices des 2 côtés du bras qu’il pourra montrer fièrement dés son retour à New York.

Aujourd’hui, nous avons fait 3 aller-retours jusqu’à la piste, 2 en camion et 1 en pirogue, pour mettre au point notre nouvelle fixation de la caméra. J’en ai profité pour faire connaissance avec les 2 instituteurs de l’école située en bord de piste. Un jour je viendrai filmer le cours. A notre dernier retour au camp, celui en pirogue, nous accostons en même temps que 2 suisses allemands, attendus depuis hier soir. Un couple qui travaille depuis 6 ans à Mayumba en Centre Afrique, pour un organisme similaire. Ils ont du évacuer leur camp à cause des évènements politiques de Noël et viennent de descendre la Sangha pendant plus de 3 heures dont la moitié sous une pluie torrentielle. Boo les connaît bien, quand à moi je fais leur connaissance pendant le dîner. Leur activité est beaucoup plus axée sur l’écotourisme qu’ici, où nous n’avons qu’une ou deux cases de passage.

Jeudi 23

Le temps ne nous permettra pas, aujourd’hui encore, de faire ces photos. L’occasion de créer un compte e-mail pour la connexion satellite et de commencer à visionner mes anciennes cassette Hi8 que j’ai fait transférer sur DV en achetant le caméscope. Le soir nous nous installons tous les quatre dans le bureau pour regarder la vidéo « Et au milieu coule une rivière » de Robert Redford avec Brad Pitt. A la fin du film il nous faut faire un effort pour réaliser que nous sommes toujours en pleine forêt.

*********

Vendredi 24

A 1000, le brouillard finit par se lever et nous décollons pour aller filmer les bais, un terme pygmée qui désigne ces clairières où les éléphants laissent des traces de leur passage, indice que la zone n’aura pas encore été prise d’assaut par les chasseurs. Je suis peu habitué à ce genre de vol, succession de virages serrés à faible vitesse et des trajectoires précises à tenir sans visibilité du cadrage de la caméra, qui est pointée sur la verticale exacte de l’avion. Lorsque pour corriger le cadre j’incline l’avion vers la gauche, la caméra balance vers la droite... Bref, de quoi se mélanger les pinceaux et les premières bais nécessitent plusieurs passages, le temps de me faire la main. Finalement, ce sera un vol de plus de 2 heures pour un circuit d’à peine 200 km, avec au final une petite douzaine de bais dans la boîte. Demain, le secteur sud de la réserve représente un circuit de 400 km !!

Nous passons le reste de la journée à traiter les images, en prélevant pour chaque séquence la ou les photos qui permettront de reconstituer l’intégralité des clairières. Avant la nuit, il me faut encore refaire le plein du Cessna, à partir d’un baril de 200 litres et d’une pompe électrique branchée sur la batterie du camion.

Samedi 25

0900, décollage pour le circuit sud. Mais le vol doit être interrompu après seulement 4 bais, lorsque nous nous apercevons que l’alternateur ne charge plus la batterie. Après quelques essais, je décide d’éteindre tous les instruments électriques. Heureusement, nous nous orientons à partir du GPS portable de Boo. Cela me permet aussi de couper la batterie et de garder assez de courant pour sortir les volets à l’atterrissage.

Sur la piste de Bomassa, je démonte le capot et entreprends avec Fay, le Mr électricité du camp, de mesurer les tensions de la batterie ainsi que de l’alternateur. Mais déjà, il n’y a plus assez de courant pour démarrer l’avion. Et demain je suis attendu à Libreville !! Nous décidons que je démarrerai demain avec 2 batteries de voiture (12 volts) montées en série (la mienne est en 24 V). Il faudra juste faire particulièrement attention à l’hélice en remontant le capot.

De retour au bureau je rajoute quelques points de précaution dans le GPS de Boo, le long du trajet vers Libreville. Une simple ligne droite pendant 4 heures, mais je serais quand même rassuré avec quelques pistes de dégagement disponibles au milieu de cette forêt interminable qui, d’en haut, ressemble à un champ infini de persil ou brocoli.

Soudain, Boo lève la tête de son ordinateur et me fait signe de regarder par la fenêtre. Un éléphant est là, 2 mètres derrière la vitre. Je me jette sur ma caméra dont je n’ai pas encore eu le temps de consulter la notice. Au diable la balance des blancs, je suis excité comme à mon premier concert pop, à 15 ans. Avec prudence, nous sortons du bureau pour varier les prises de vue. Je m’étais déjà trouvé à quelques centimètres d’un éléphant, fasciné par le regard désabusé de son œil rond. C’était à la ménagerie du cirque Knie, il avait un pied enchaîné et l’air bien élevé. Ici, même à 10 mètres, il est impressionnant par sa puissance contenue. A quel moment va-t-il se contrarier ? Celui-là est un habitué du village et s’appelle Gentil, parce qu’il ne s’est encore jamais montré agressif. Mais il lui suffit de faire un pas dans ma direction en levant sa trompe et je détale comme un lapin, traversant la moitié du camp sans me retourner.

Le soir, nous invitons à notre table Mme Djony. Son mari, est parti à Brazzaville pour toute la semaine. Elle nous raconte la douzaine d’accouchements qu’elle a déjà effectué au village, sans déplorer une seule complication. Le plus long et le plus difficile a duré vingt minutes. C’était pour la dernière épouse du vieux Mamatt, le mécanicien. Elle a 16 ans, lui approche la soixantaine. C’est sa troisième femme et il veut encore lui faire au moins 8 enfants.

Comme chaque soir, je retrouve dans la salle de bain la salamandre rose au-dessus du lavabo, l’araignée grise derrière le réservoir de la chasse d’eau et en invité exceptionnel aujourd’hui, une chauve souris qui fait des looping silencieux en rasant les murs. J’attends qu’elle termine son show pour m’installer devant le miroir avec ma brosse à dent. Je sais bien qu’elle bénéficie d’un radar ultra performant, mais la pièce est suffisamment exigüe pour activer le code alerte de mon T-CAS (alarme anti-collision).

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Dimanche 26

A 0830, démarrage épique de l’avion sous l’œil éberlué de la moitié du village. On a branché les 2 batteries 12V en série pour fournir les 24V requis par le démarreur, sans solliciter la batterie de l’avion dont j’aurai besoin pour faire la radio en arrivant à Libreville. Maintenant le plus délicat reste à faire. Fixer le capot du moteur par ses 36 visses, à quelques centimètres de l’hélice qui tourne à 700 tours minute, régime du ralenti. Boo est debout sur les freins, pendant que je me mets à plat ventre sur le capot, tournevis en main, et que Fay écarte les bras pour tenir les enfants à distance. C’est ce moment précis que choisit un touriste sorti de nulle part, sorte de globe-trotter équatorial ou routard tropical, pour débarquer à l’improviste. Il espère une place dans l’avion mais Boo le reçoit comme un chien dans un jeu de quille. Pas le temps de bavarder, je décolle sans les volets, pour Kabo à 10 minutes au sud ouest. Les douaniers ont été prévenus que je ne pourrai pas éteindre le moteur.

A 0900 je redécolle de Kabo et c’est parti pour 4 heures de vol sans radio, sans indicateur de niveau d’essence, sans pompe pour transférer le carburant depuis les réservoirs auxiliaires vers les principaux. Et avec pour seul instrument de navigation au dessus de cet océan de verdure, un GPS portable dans lequel j’ai ajouté à la va vite un ou deux aérodromes pas trop éloignés de la route en cas d’imprévu. Je m’exerce à estimer des coordonnées sur la carte pour ajouter en vol un troisième aérodrome dont je décide d’essayer la verticale. A travers les nuages, j’aperçois la bande brune de latérite. Je suis fier de mon coup et soulagé de constater que je peux aussi compter sur ce genre d’improvisation.

Suis monté péniblement à 10'500 pieds pour profiter d’un vent arrière qui pousse mon oiseau à 140 kts, vitesse sol. La consommation est descendue à 14 Gallons, soit moins de 60 litres par heure. J’en ai environ 280 dans les réservoirs principaux, plus 120 litres dans les supplémentaires montés en bout d’ailes. Mais aujourd’hui je ne compte pas dessus. A la verticale de Mitzic, il me reste un peu plus d’une heure de vol et je m’autorise une cigarette. Le gyro directionnel, ou conservateur de cap, a lâché depuis 20 minutes. Je ne vole plus qu’au GPS en essayant de maintenir mon horizon le plus droit possible. Mais un 206, ce n’est pas aussi stable qu’un Fokker. Il suffit que je m’absente 10 secondes et je me prends 30 degrés dans la vue.

La couche commence à se souder aussi je décide de descendre avant les Monts de Cristal, pour éviter d’avoir à traverser la couche sans connaître le relief. A 80, puis 40, puis 20 nautiques, j’essaie sans succès de contacter LBV (Libreville). J’avais piqué un peu au nord en espérant obtenir une semi-directe pour la piste 16, mais faute d’un contact radio je me trouve obligé de contourner la CTR (zone de contrôle) par l’est de la ville et, comme nous avions prévu cette éventualité, me rends directement à Nyounié, un petit terrain en herbe de 600 mètres à 25 minutes au sud de LBV, qui dessert un lodge de week-end. Je le connais pour y avoir effectué les 2 tours de piste d’évaluation auxquels a procédé Peter avant de confirmer mon embauche en décembre dernier.

La procédure d’urgence pour une arrivée sans radio à LBV n’était pas envisagée parce que l’avion est immatriculé à Brazza et je n’ai pas encore ma licence congolaise. Pas le moment de me faire remarquer. Après plus de 4 heures dans l’appareil je suis bien tenté de me poser sans autre formalité, mais pour le principe je me force à effectuer au moins un passage de précaution (en général pour faire partir les bêtes) puis décide d’approcher très à plat depuis la mer, plutôt que de piquer après les arbres en arrivant de la forêt. Il me reste tout de même assez de batterie pour sortir 20° de volets et c’est tant mieux parce qu’une brise légère me pousse dans le dos. Bref, …posé pas cassé, j’arrive juste à temps pour le déjeuner.

La terrasse est bondée et je m’incruste à une table dans cette foule en goguette d’employés du secteur pétrolier. Me sens comme un agriculteur ardéchois qui, après 4 jours de marche, arrive au marché d’Aubenas pour vendre sa récolte. Tous ces gens m’ont l’air de citadins et je ne sais pas quoi leur dire. Après le repas, je demande une chambre à l’hôtelier pour me reposer et m’assoupit pour une sieste moite lorsque le bruit de l’avion de Peter me sort de ma somnolence. Il rentre de Gamba (sud du Gabon) avec un jour d’avance, parce qu’il doit aller récupérer Cath, directrice de recherche à LaLopé, qui en est à son 6ème mois de grossesse et se tape une méchante crise de palud. Personnellement je suis juste content de rentrer à Libreville… On viendra récupérer mon avion avec 2 jerrycans d’essence et une VHF portable avant la tombée de la nuit.

Lundi 27 – mardi 28

Outre les problèmes de maintenance à régler, je profite de ce séjour pour acheter des bougies de chauffe pour le Land Cruiser de Bomassa, qu’on devait pousser au démarrage depuis plusieurs jours. Ainsi qu’un stylo feutre parce que les bics ne fonctionnent pas bien sur papier humide, et une corde de 30 mètres en cas d’ arborissage forcé. J’ai lu ça dans « L’avion du blanc ». Pour me rassurer, Carribou, un technicien québecois de chez 2AG (Air Affaires Gabon), m’explique que autant à la cime qu’au pied des arbres, on a de toute façon peu de chance de passer la nuit sans se faire dévorer par les insectes, en premier lieu les fourmis qui sont particulièrement bien organisées pour ce genre de travail. Il a le sens de l’humour, le bougre, mais pour le moment, je prends tout au pied de la lettre.

C’est d’ailleurs avec ce même bonhomme que je m’aperçois, en mettant à jour les documents de l’avion, que l’inspection des 50 heures était due il y a déjà plus de 10 heures. Normalement je n’ai droit qu’à 5 heures de tolérance. A la bonne heure, on est en Afrique…mais du coup on ne repartira que mercredi.

Mercredi 29

Décollage 1100. Etape à LaLopé pour un déjeuner meeting avec Lee, le jeune et populaire directeur de WCS Gabon, ainsi que David, un vénérable journaliste un peu amidonné mais néanmoins fort sympathique du National Géographique.

Dans l’avion, Lisa (encore une chercheuse) se trouve mal et me remplit deux sachets pic-nics… Heureusement pour elle, son voyage s’interrompt à la première escale. Sur la seconde branche, nous survolons les chutes d’Ivindo, puis par quelques légers détours, j’en profite pour repérer le maximum de pistes de dégagement.

Jeudi 30 - Bomassa

Dés le matin, je profite du trajet de Madame Djony, qui part faire sa provision d’eau potable avant de se rendre au dispensaire, pour apprendre à manœuvrer la pirogue sous la surveillance bienveillante du pinassier Jean-Pierre Kouyas. Il ne s’agit pas seulement de brancher la nourrice et de tirer sur une corde de démarreur, mais bel et bien de diriger cette longue et étroite embarcation dans le courant. Et surtout, repérer les hauts fonds qui, selon le niveau de l’eau, pourraient bloquer la coque et la mettre en travers du remous.

Pendant 10 minutes, nous remontons le fleuve, dépassant avec précaution les pêcheurs et villageois qui avancent en poussant sur un long bâton. La rame n’est vraiment utile que dans le sens de la descente.

Si les pêcheurs ont souvent de belles pirogues, voir parfois un petit moteur, les femmes ou les enfants qui vont chercher de l’eau ou attraper le poisson de leur prochain repas, semblent tenir en équilibre sur des barcasses à peine salubres. Ainsi cette jeune mère encore adolescente qui, debout sur une planche vermoulue, longe la rive avec un nouveau né attaché dans son dos et 2 enfants en bas âge, accroupis à l’avant. Sans même parler du danger, ça doit bien lui prendre la matinée, de venir chercher ses quelques litres d’eau.

Nous arrivons à la source. J’imaginais une petite cascade d’eau cristalline qui jaillirait de la roche. Mais c’est juste un bras de rivière qui vient se jeter dans la Sangha et dont l’eau est à peine plus claire parce que le courant est moins fort. Bien sûre, une fois au camp elle sera filtrée avant de remplir les bouteilles d’eau minérale dont je n’avais pas jusqu’alors soupçonné le recyclage perpétuel. Les robinets et douches du camp sont directement alimentés par la Sangha, via un réservoir surélevé. D’où cette couleur un peu terreuse qui incite à la prudence.

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Vendredi 31

C’est maintenant une routine bien rodée, lorsqu’un vol est prévu à l’avance, je m’organise pour ravitailler l’avion et contrôler son huile la veille. Ca me donne une chance de garder les mains propres au moins pour la première branche. Je profite ce matin-là d’installer avec du grillage à moustiques et des serre-joints en plastique une protection sur les sorties à l’air libre des mes réservoirs. Principalement contre les nids d’insectes.

L’avion dort dehors sur la piste. J’aurais bien voulu le pousser sur le préau de l’école, afin de laisser la piste libre pour un éventuel avion égaré. Mais le chef du village me propose au contraire de l’éloigner de la cour, parce que les enfants la semaine et les adultes le week-end viennent y jouer au foot. De toute façon, ça fait longtemps qu’il est question de construire un hangar, ne serait ce que parce qu’il n’est pas rare que des éléphants viennent sur la piste pendant la nuit. Il suffirait que l’un d’eux ait besoin de se gratter le dos, et l’on se retrouverait soudain à une demi-journée de pirogue de Ouesso, la ville la plus proche.

L’après midi, je me plonge enfin dans la notice de mon caméscope, et tente quelques plans sur les incroyables migrations de fourmis qui traversent le camp. Dans la foulée, j’expérimente la fonction contre-jour en espérant immortaliser dans les arbres les premiers singes que j’aie jamais vu en liberté. Je me suis installé sur la grande table en bois, prés du massif d’arbres principal qui règne au centre du camp. L’ensemble est d’autant plus imposant qu’il surgit d’une termitière haute de 3 mètres. Et alors que tranquillement j’écris ces lignes en sirotant une bière limonade, dans l’ambiance filtrée d’une fin d’après-midi paresseuse, je reçois sur la tête une pluie de brindilles, feuilles et fruits, qui semblent tomber soit d’une poussée de sève, soit d’un courant d’air en altitude. Je lève la tête et c’est là que j’aperçois mon premier spécimen de cercopithèque. Un petit singe, quoi ! Silencieux et discret, il se faufile entre les branches comme un écureuil, mais plutôt de la taille d’un gros chat avec une queue 2 fois plus longue. Moins que celle du Marsupilami, toutefois.

Well, je suis encore loin d’avoir les compétences d’un zoologiste, mais de jour en jour j’apprends à reconnaître les signes de la forêt qui annoncent la proximité d’un animal. Tel un pygmée stagiaire, je suis sur mes gardes dés que j’entends un craquement de branche, accompagné ou non d’un bruit de respiration ou d’une odeur caractéristique. Je me méfie surtout des éléphants derrière les fourrés. Je n’ai pas encore eu la chance de voir des gorilles, donc pour le moment, les singes que je connais sont très légers et font à peine tomber des petites branches. En ce moment même, il y en a un juste au-dessus. Je l’observe à travers le feuillage et ses gestes me rappellent quelque chimpanzé ou babouin que j’aurais pu voir au zoo de Bâle. Du coup je me rends compte de la tristesse de cette captivité.

Samedi 1er février

Bomassa – Kabo – Mokabi – Impfondo – Bomassa : d’abord pour récupérer Paul, le responsable des activités hors réserves de WCS-Congo et son assistant Bienvenue. Je les emmène à Mokabi, l’une des stations forestières (logging company comme ils disent ici) qui pullulent dans la région. Ceux-là sont français, la société Rougier, mais il y a aussi des libanais, des chinois et même des congolais. Un seul arbre peut valoir jusqu’à 10'000 $ paraît-il, si son essence est précieuse et que la structure de la fibre rende son bois particulièrement décoratif. Bien sûre c’est une extrême, mais ça donne quand même un ordre de grandeur des intérêts qui sont en jeu.

D’un point de vue purement botanique, il est désormais communément admis que la forêt, si elle est exploitée dans les règles de l’art, bénéficie d’un meilleur cycle de carbonne que lorsqu’elle est laissée à son état le plus sauvage, ce qu’on désigne par forêt primaire. Le vrai problème de l’exploitation forestière, c’est surtout les compagnies asiatiques qui coupent absolument tout sans faire de détail, mais aussi la chasse et le braconnage qui sont les seuls moyens de nourrir en viande les centaines voir milliers de travailleurs qui vivent en forêt. Plusieurs expériences d’élevage ont déjà été tentées, mais culturellement aussi bien qu’économiquement, cette option ne tient pas la route compte tenu de l’abondance du gibier. Aussi, les sociétés de conservation se contentent elles de négocier avec les compagnies et les gouvernements des accords de bonne conduite garantissant le respect des espèces classées protégées mais aussi l’inviolabilité de certaines réserves bien délimitées. Au final, on assiste à une sorte de course de territoire entres les compagnies qui veulent des concessions et les organismes de conservation qui veulent des réserves protégées.

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Dimanche 2 février

Ce matin nous partons pour Brazzaville où je dois me faire établir enfin une licence congolaise. Nous avons retiré les sièges arrière pour charger un barril de 200 litres d’Avgas parce qu’il n’y a plus de carburant pour les avions à pistons dans la capitale du Congo. Et aussi 2 glacières vides qui nous permettront de ramener des provisions.

De nouveau, la moitié des notables du village sont réunis au bord de la piste pour assister à notre départ. Quand Monsieur le Directeur Bryan s’en va, c’est un peu les parents qui partent en week-end, laissant la maison aux aînés qui surveilleront les plus jeunes.

Je remonte la piste et, à 30 mètres du seuil, effectue mon demi-tour en flirtant avec la végétation du bout de chaque aile. Plein gaz, je lutte un instant avec le palonnier pour garder l’appareil au centre de la bande. A mi-piste, je jette un coup d’œil au badin (indicateur de vitesse) et l’aiguille ayant à peine décollé du zéro, décide en une fraction de seconde d’abandonner le décollage… juste la place de m’arrêter. C’est ma première accélération-arrêt non simulée depuis que je vole. Sans l’indicateur de vitesse, il serait tout de même hasardeux d’effectuer une montée à pleine charge, ou même une approche sur une piste aussi limitative. Aussi je remonte à nouveau la piste en expliquant à Bryan, impassible, que le pitot (capteur de pression dynamique accroché sous l’aile) a peut-être été obstrué par de l’eau ou un insecte. Auquel cas, je serai coupable d’avoir bâclé ma prévol. En tout les cas, je veux vérifier ça avant de tenter un second décollage. Je lui demande de surveiller l’aiguille pendant que je souffle dans le pitot. Elle bouge, …à priori c’était simplement notre poids qui a prolongé le roulement de façon inhabituelle.

Cette fois-ci, je partirai la queue dans les feuillages, puissance établie sur les freins, et m’applique à soulager le train avant en tirant légèrement sur le manche dés le début de l’accélération. A mi piste, l’aiguille n’est toujours pas rentrée dans l’arc blanc (limite de vitesse autorisée avec les volets), mais je sélectionne 2 crans de volets et à 80 mètres des buissons, tire sur le manche en poussant un juron. Alors que je continue d’accélérer dans le lit de la Sangha, je tourne la tête pour regarder Bryan. Ce type me sidère, il a gardé cette même expression sarcastique qu’il a quand il vient de vider son 3ème Gin Tonic. Plus de 300 heures par an, il confie sa vie à des pilotes rencontrés au bar de l’aéroclub de Libreville, sans broncher un sourcil. Doit avoir des problèmes de famille, c’est pas possible.

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Lundi 3

Brazza. Le marché couvert, les étalages de fruits et légumes tenus par des meutes de mamas en concurrence, des boutiques crasseuses de bric et de broc. Les quartiers populaires sont infiniment plus intéressants que le centre ville.

Avant de demander ma validation de licence, je dois obtenir un certificat médical. En route pour l’hôpital, nous remontons une file interminable de voitures qui attendent devant une même station service que le courant soit rétabli. Des enfants proposent aux impatients, pour le double du prix, de l’essence au noir qu’ils transportent dans des bouteilles de pastis. En fin de matinée, la garde Présidentielle fera disperser la file, parce que Sassou veut sortir de son Palais.

Dans un grand bâtiment jaune qui de l’extérieur paraissait désaffecté, un assistant me fait pisser dans un gobelet, puis déshabiller pour l’électrocardiogramme, puis rhabiller pour les tests de vue et d’audition. Je lis à 30 cm, puis à 2 mètres une phrase écrite en tout petit sur un grand tableau et il me donne 10 comme pour une épreuve de lecture. Ensuite, avec un casque sur les oreilles je dois mettre ma tête dans une sorte de demi-caisse insonorisée. Mais avec la rumeur de la rue, le ronron du vieux climatiseur et les bavardages dans la salle d’attente, impossible d’entendre les sons aigus. J’ai quand même une bonne note. Profitant de ma consultation avec le médecin, qui a fait son internat à Bordeaux au siècle dernier, je lui parle des oeufs de vers que j’ai sous la peau des pieds, du médicament que m’a donné Madame Djony contre les bactéries intestinales et des interminables démangeaisons que me provoquent des piqûres de je ne sais quoi, mais ce ne sont pas des moustiques. Après m’avoir diagnostiqué une insuffisance neurologique en me tapant sur les genoux et les chevilles avec son marteau, il dresse une ordonnance longue comme le bras. A lui tout seul, il pourrait redresser l’économie pharmaceutique du pays…

Mardi 4

Sur la terrasse de notre hotel, l’Hyppocampe, que dans un premier temps j’avais pris pour le camp des Hippopotames à cause de l’accent de Bryan, nous croisons le Directeur de WCS-Congo Kinshasa accompagné d’une grande congolaise distinguée. John et Mamy Tchiwhawha. Nous convenons d’aller manger ce soir tous ensembles dans un restaurant vietnamien. Nous serons sept : John et Mamy, Bryan et Bruno, un belge né à Kinshasa qui est logisticien pour le parc de Koncouati (sanctuaire pour les tortues Luth) au nord de Pointe Noire. Puis Angela et Djenzy, les 2 étudiantes britanniques que nous sommes venus récupérer hier soir au vol Air France.

Mais c’est vraiment Mamy qui attire les faveurs de mon inspiration du jour : sorte de conseillère ou secrétaire d’Etat au Ministère des Affaires Etrangères de la République Démocratique du Congo, elle est en même temps sophistiquée et très familière. Affectant de jouer les citadines, elle s’effraie de nos conditions de vie en forêt. Tour à tour, elle captive par des considérations straté-géopolitico-mondaines, interrompues de « …mais je ne devrais jamais vous dire ça, ce sont des secrets d’Etat ! », ou nous charme par des attentions bienveillantes à chacun. Notamment à l’intention des 2 jeunes chercheuses fraîchement débarquées et qui sont encore toutes timides. Mais Mamy ne comprend pas l’anglais, aussi prend elle ostensiblement un air d’ennui quand nous ne parlons plus en français.

John est un sacré numéro lui aussi. Il approche la soixantaine et se tape à tout bout de champ sur la cuisse en poussant des rires hystériques. Depuis plus de vingt ans en Afrique, il parle couramment le Swahili et correctement le Lingala. Enfin, je ne peux pas vraiment juger, mais j’en crois Mamy qui lui fait toute sa logistique, par amitié et admiration. En fait, pour avoir l’occasion de voir du pays, j’imagine.

A la fin du repas, je remarque que Mamy a habilement et discrètement récupéré les morceaux de viande intacts laissés dans son assiette et celle de John. Avec un savant dosage de condescendance et complicité, elle demande au serveur qu’il lui prépare un paquet à emporter. Dans un premier temps elle m’explique derrière un sourire embarrassé qu’elle risque d’avoir faim plus tard, en travaillant sur le rapport qu’elle doit terminer avant de se coucher. Plus tard, elle évoque les enfants de ses voisins qui seront bien contents d’avoir un extra. Personne n’est dupe. Elle est prise entre deux mondes. L’un pauvre où le gaspillage est intolérable. L’autre privilégié, où par une simple affaire de rang, d’attitude, de rencontre, on se retrouve à brasser des millions en paroles, comme s’ils étaient dans notre poche. Un monde de faux semblants et de vraies disproportions.

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Mercredi 5

3 heures 30 de vol pour rentrer à Bomassa. Cette fois-ci nous sommes 4 dans l’avion, les 2 filles se rendant au camp de M’Belly où elles doivent rester 6 mois. C’est une sorte de grande clairière à environ 3 heures de notre camp. Dont un tiers de voiture, un tiers de pirogue et le dernier tiers à pied. En 2000, on y a fait construire un mirador de luxe, c’est à dire une maison posée sur des pilotis à une dizaine de mètres de hauteur. Et depuis 2 ans, des scientifiques de tout poil s’y relaient pour observer la démographie et le comportement des gorilles. Il paraît que le site est exceptionnel !! Mais quand-même, pour cohabiter pendant 6 mois voir plus dans une paillotte haut-perchée, il faut être drôlement passionné par son sujet.

Jeudi 6

Je suis tout seul !!! Bryan et les filles, mais aussi la moitié des travailleurs sont partis à M’Belly. Demain, une délégation de 15 VIP américains arrive à Bomassa pour aller passer le week-end au mirador et il faut tout organiser. Le transport, la nourriture, les boissons, de l’eau et surtout, des lits.

Livré à moi même, j’avance dans mon feuilleton tant et si bien que pour la première fois je me couche vraiment tard. Et lorsque je quitte le bureau pour regagner ma chambre, le groupe électrique est déjà éteint depuis belle lurette. Nous sommes en saison sèche, aussi le ciel est couvert et l’on n’y voit que pouic.

Sans lampe de poche, j’avance à tâton dans le noir, essayant de suivre la piste en sable qui traverse le camp. Jamais je n’ai entendu si fort les bruits de la brousse. Les grillons, la civette, le hocheur, le moustac… non, bien sûre je fabule, en revanche le daman est bien réel. Ça commence doucement avec un hululement bref et répétitif, mais qui s’amplifie démesurément tout en devenant rauque comme si l’animal allait finir par se déchirer les cordes vocales. C’est le genre de cri qui à lui tout seul en donne pour son argent au touriste venu se dépayser quelques jours loin des bruits d’ascenseur. Un bruit qui, émotionnellement parlant, vaut largement une charge d’éléphants ou une meute de gorilles depuis un mirador. J’essaie de marcher vite, surtout parce qu’à tout moment je peux mettre le pied sur une colonie de fourmis qui traversent mon chemin, et les plus grosses d’entre elles, celles chargées de protéger la colonne, brûlent comme une piqûre de guêpe. Quel est le sagouin qui n’a pas remis la lampe de poche à sa place ?

Vendredi 7

Bryan et les travailleurs sont de retour en fin de matinée, juste une heure avant l’arrivée de la délégation des supers VIP. Un avion spécial de Libreville les a posé à Kabo et une cortège de 3 Land Cruisers flambants neufs les amène par la route. Parmi eux, le fondateur du camp de Bomassa, son excellence l’ancien ambassadeur des Etats Unis à Brazza, son excellence la nouvelle ambassadrice des Etats-Unis a Brazza, son excellent directeur des réserves protégées en Alaska, …un peu égaré ce drole d’Inuit, et tout un aéropage de Directeurs et conseillers en tout genre.

Pendant le dîner, les discussions ne manquent pas de déraper des quatre pneux sur l’imminence de la guerre en Irak, et les tergiversations de la France. Peu en forme, et n’ayant pas la repartie pour défendre la cause irakienne, je m’esquive entre le fromage et la poire. En arrivant aux douches où je m’apprête a faire ma toilette rituelle du soir, j’ai un haut le cœur avant même de pénétrer dans la pièce exigüe. Une araignée velue de la taille de ma main trône immobile sur la porcelaine du wc, juste à hauteur d’un éventuel mollet innocent. Je ne demande pas mon reste et file au bureau chercher la caméra. En chemin, je m’interroge sur mon devoir de solidarité d’en informer la délégation. Considérant l’araignée suffisamment en évidence, je décide de m’abstenir afin de préserver au moins pour le premier d'entre eux, la qualité d’émotion de cette rencontre avec la forêt.

Samedi 8

Au petit matin, toute cette fine équipe ré-embarque dans les Land Cruiser en route pour la fameuse clairière de M’Belly. Et à nouveau je suis seul au camp. Je déambule entre les cases en m’imaginant en Robinson des bois, déjà organisé et prêt à affronter des années de solitude. A vrai dire, j’ai rendez-vous à 16 heures au village pour participer au match de foot des adultes.

Je passe une partie de la journée dans le bureau à feuilleter des rapports et des articles sur les divers sujets écologiques qui préoccupent nos chercheurs. Et je m’aperçois alors que plusieurs noms cités en référence ou dans les bibliographies sont des familiers de la station et connus par la plupart des travailleurs. Combien de fois ne m’a t-on pas demandé des nouvelles de MM. Blake, Ruggiero, Faye, Morgan, … ces éminents pionniers de la conservation en forêt pluviale africaine.

Dimanche 9

A midi, je dois récupérer deux météorologues de Toulouse accompagnés de leurs homologues congolais à Ouesso, le chef lieu de la région Sangha, à 30 minutes de vol au sud de Bomassa. Leur avion arrivant de Brazza a une heure de retard. En patientant, je me permets imprudemment une assiette de bouillon de gazelle accompagné d’un fanta tiède, histoire de m’immerger dans la torpeur exotique de la buvette de l’aéroport.

De retour sur le tarmac, je regrette de ne pas avoir pris ma caméra. Il y a là tous les notables de la région, attendant eux aussi l’Antonov de Brazza qui amène le nouveau Préfet de la région ainsi qu’un Ministre chargé de son intronisation dés demain.

Les femmes ont sorti leurs robes multicolores et les hommes leur meilleur costume. Sous l’aile de mon cessna, parqué à la limite du bitume pour laisser à l’avion régional la place de faire son demi-tour, toute une délégation d’endimanchés attend à l’abri du soleil. Devant le terminal, des cortèges d’associations se sont installés avec leurs slogans inscrits sur des panneaux blancs : le Centre de Promotion de la Femme en Politique, la SAMAS Association Maman Antoinette Sassou N’Guesso, l’AMIRA Les militaires.retraités et anciens combattants de la Sangha…

L’avion arrivé, je retrouve mes 4 bonhommes au pied de la passerelle, après la dispersion des officiels. Un rapide passage aux autorités nous permettra de régler les taxes d’aéroport et, ceci est nouveau, des frais de chancellerie. A bien y réfléchir, la justification de cette perception insolite est tout à fait désopilante. Il s’agit simplement de faire payer au voyageur de passage des frais d’établissements de facture. Dans un pays en guerre civile, c’est d’une courtoisie plutôt civilisée. Pendant toutes ces civilités, je m’occupe de charger les bagages dans l’avion.

Ça me fait plaisir d’avoir des français à mon bord, qui plus est fraîchement débarqués de Toulouse. Aussi je m’autorise à leur offrir un service soigné et nous rejoignons Bomassa en suivant le lit du fleuve, quelques mètres au-dessus de l’eau. Peut-être 5 minutes de vol en plus à cause des virages mais, sauf si l’on a le mal de l’air, ça en vaut vraiment la peine. A hauteur des arbres, on a l’impression de traverser la jungle sur une autoroute, de voir la forêt en coupe, survolant les pirogues en battant des ailes pour répondre aux signes d’amitiés. Au sortir d’un virage en coude, une douzaine d’enfants jouent au foot sur un banc de sable isolé au milieu du fleuve. A se demander comment ils y ont accédé car je n’aperçois aucune embarcation.

Arrivé à la piste, je saute par dessus les arbustes et effectue un premier passage un peu moins bas que d’habitude parce que je n’ai jamais volé aussi chargé et ça se ressent dans les commandes. En tout cas, je vois bien à leurs visages que mes passagers ont été emballés par le spectacle.

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Mardi 11
Quel type de 4x4 en Namibie? English translation pending
by Miminemao · 2016-08-01 · 11 replies
Bonjour, je suis avec intérêt ce forum et je prends note des conseils donnés grâce aux expériences diverses . Nous partons en Namibie le 24/09/2016 pour deux semaines . Circuit classique , Windhoek , ,Bagatelle Kalahari , Sesriem , Walvis Bay , Brandberg , Palmwag , Etosha , Otjiwarango . Nous avons loué un Toyota Fortuner automatic CD . Est-ce un bon choix ? Un véhicule non automatique est il préférable ? Merci .
Permis / trek région Humla avec guide indépendant? English translation pending
by LatinChef · 2016-07-27 · 7 replies
Bonjour,

Je voudrais savoir si c'est possible d'avoir un permis pour la region de Humla si la demande est deposee par un guide independant nepalais? Je sais deja que normalement c'est une agence qui depose la demande, mais je ne suis pas interesse de passer par une agence. Aussi, combien de temps ca prend pour te faire etablir un permis qui est soumis a prendre via une agence/guide independant?

Merci d'avance.

Peter
Antalya et Istanbul en août: oui/non? English translation pending
by Sametvoyage · 2016-07-17 · 12 replies
Bonsoir, je pars en Turquie pour la première fois cet été, avec mon frère ma sœur et une cousine. Le voyage est prévue pour le début aout, c'est prévue de nous rendre quelques jours á Antalya puis un petit passage à Istanbul, mais avec les derniers événements 😕 on ne sais pas trop quoi faire!!!!!
Lodges autour de Tilicho en décembre (Népal) English translation pending
by LatinChef · 2016-06-29 · 3 replies
Bonjour,

Comme vous pouvez deviner de mon titre je m'interesse au sujet des loges sur le parcours depuis Manang jusqu'a Jomsom via Lac Tilicho et Messocanto La au mois de decembre. Est-ce que quelquin serait aucourant si les loges apres Manang sont ouvertes sur cette periode? Ca me permeterait de savoir un peu la quantite de nourriture a emporter sur cette tranche, ect.. Conseils genre "c'est pas a bonne periode pour s'y rendre" merci de s'abstenir. 😉

Merci d'avance! 🙂

Peter
Bus/train de nuit pour Koh Tao English translation pending
by LatinChef · 2016-06-19 · 7 replies
Salut,

J'espere que quelquin va pouvoir m'aider. J'atteris donc le 29.12 a 19h35 a l'aeroport de Bangkok et je voudrais me rendre directement vers le sud sur Koh Tao (jamais ete avant en Thailande). Les questions que je me pose apres avoir fait le tour du net sont les suivantes:

- Est-ce que le dernier train qui part vers le sud depuis la gare Hua Lamphong a 22h50 est une option pour relier avec un bateau le matin depuis Chumphon? Je m'en fou de faire le trajet sur siege et je vais pas reserver de billet a l'avance car j'arrive de Kathmandou avec Jet Air (via Mombay) et 1h de retard serait assez pour perturber tout mes plans. - Y aurai-il un bus de nuit qui m'echape? Jusqu'a present j'ai compris que je rate les bus de nuit avec mes horaires. - Est-ce qu'il y a quelquechose genre website de covoiturage d'ou eventuellement partager un taxi avec quelquin au cas ou?

Si il se doit que je reste a Bangkok, je vais simplement prendre une chambre et attendre la soiree d'apres, mais je voudrais bien eviter ceci si possible car je vais reserver ma chambre sur Koh Tao a l'avance vu que c'est en pleine saison touristique juste avant Nouvel An.

Merci beaucoup pour vos conseils eventuels! 😉

Peter

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