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42 jours dans l'Ouest américain: Le retour English translation pending
Nous voici fraichement rentrés des Etats-Unis après 6 semaines de vadrouille.
De Seattle à San Francisco.
Etats traversés: Washington, Montana, Wyoming, Utah, Arizona, Nevada, Californie.
Je joins le lien de la préparation du voyage, des discussions que j'avais ouvertes sur VF:
http://voyageforum.com/...s-detaille-d6907423/
puis...
http://voyageforum.com/...le-presque-d7085877/
Au final, l'itinéraire est resté le même et tout s'est déroulé à peu près comme prévu à quelques exceptions près. On a eu beaucoup de chance avec la météo en général mis à part trois jours pluvieux. C'était un long périple, de Seattle à San Francisco, qui peut ne pas convenir à tout le monde, mais qui nous a permis de voir beaucoup de paysages différents, de rencontrer pas mal de monde. Un bilan très positif dans l'ensemble, surtout pour moi qui ai pu parler anglais à ma guise et qui surtout voulais faire ce voyage. Peut être y retournerons-nous, peut être non car il reste beaucoup d'endroits que nous n'avons pas encore visités dans ce vaste monde... Je me vois bien revenir dans l'Utah, pour explorer certains coins , ou encore dans les états du nord du pays. Donc, c'est parti ...
10 juillet
De Roissy à Seattle
Décollage à 7:30 après une nuit très courte passée dans un hôtel à Roissy. On a fait une petite escale à Londres et avons bien sympathisé avec une Américaine de Chicago. On est arrivés à midi à Seattle après avoir traversé le Groendland et le nord-est du Canada. J'adore ces paysages de l'extrême qui me donnent un avant-goût de ce que j'aimerais voir plus tard: la région des pôles...

On récupère la voiture chez Alamo , un SUV modèle Ford Escape du New Mexico. J'ai trouvé le système de location vraiment rapide et efficace.

De Seattle à Ashford
Puis c'est parti pour environ deux heures de route jusqu'à notre 1ère étape: Mt Rainier NP. Nous passons une nuit réparatrice à Ashford à l'entrée du parc après avoir dîné dans un adorable restau typique à 18heures. Epuisés, nous sommes allés nous coucher à... 19h30 ! Gateway Inn (bof !)
11 juillet De Rainier NP à Spokane (Washington)
Nous sommes réveillés aux aurores... Nous nous acquittons de la sommes de $80 pour le pass "America the Beautiful" (pas cher au regard du nombre de parcs visités) et entrons dans le parc. Il ne fait pas beau et nous ne verrons pas le mt Rainier. Nous sommes un peu déçus mais ce parc ne constitue qu'une rapide étape dans notre parcours. Nous nous dirigeons vers le secteur "Paradise" où nous faisons une petite randonnée d'environ deux heures. C'est un endroit fréquenté surtout par les Américains. Nous n'y avons pas rencontré de touristes étrangers. C'est très vert. Des Columbia trees, de magnifiques fleurs. C'est joli, même sous la pluie.

Bon la photo ne donne pas grand chose... Rencontre des 1ers animaux...

Nous quittons le parc dans l'après-midi et poursuivons notre route jusqu'à Spokane. Ville sans intérêt particulier mais nous y avons trouvé les habitants particulièrement chaleureux. La route était belle en sortant du Rainier NP. Les paysages très boisés ont laissé place à un environnement plus sec.

Longue route jusqu'à Spokane où nous faisons quelques achats et où nous passons la 2ème nuit. Econo Lodge Inn. Bien et pas cher. Belle piscine dont nous n'avons pas profité.
http://voyageforum.com/...s-detaille-d6907423/
puis...
http://voyageforum.com/...le-presque-d7085877/
Au final, l'itinéraire est resté le même et tout s'est déroulé à peu près comme prévu à quelques exceptions près. On a eu beaucoup de chance avec la météo en général mis à part trois jours pluvieux. C'était un long périple, de Seattle à San Francisco, qui peut ne pas convenir à tout le monde, mais qui nous a permis de voir beaucoup de paysages différents, de rencontrer pas mal de monde. Un bilan très positif dans l'ensemble, surtout pour moi qui ai pu parler anglais à ma guise et qui surtout voulais faire ce voyage. Peut être y retournerons-nous, peut être non car il reste beaucoup d'endroits que nous n'avons pas encore visités dans ce vaste monde... Je me vois bien revenir dans l'Utah, pour explorer certains coins , ou encore dans les états du nord du pays. Donc, c'est parti ...
10 juillet
De Roissy à Seattle
Décollage à 7:30 après une nuit très courte passée dans un hôtel à Roissy. On a fait une petite escale à Londres et avons bien sympathisé avec une Américaine de Chicago. On est arrivés à midi à Seattle après avoir traversé le Groendland et le nord-est du Canada. J'adore ces paysages de l'extrême qui me donnent un avant-goût de ce que j'aimerais voir plus tard: la région des pôles...

On récupère la voiture chez Alamo , un SUV modèle Ford Escape du New Mexico. J'ai trouvé le système de location vraiment rapide et efficace.

De Seattle à Ashford
Puis c'est parti pour environ deux heures de route jusqu'à notre 1ère étape: Mt Rainier NP. Nous passons une nuit réparatrice à Ashford à l'entrée du parc après avoir dîné dans un adorable restau typique à 18heures. Epuisés, nous sommes allés nous coucher à... 19h30 ! Gateway Inn (bof !)
11 juillet De Rainier NP à Spokane (Washington)
Nous sommes réveillés aux aurores... Nous nous acquittons de la sommes de $80 pour le pass "America the Beautiful" (pas cher au regard du nombre de parcs visités) et entrons dans le parc. Il ne fait pas beau et nous ne verrons pas le mt Rainier. Nous sommes un peu déçus mais ce parc ne constitue qu'une rapide étape dans notre parcours. Nous nous dirigeons vers le secteur "Paradise" où nous faisons une petite randonnée d'environ deux heures. C'est un endroit fréquenté surtout par les Américains. Nous n'y avons pas rencontré de touristes étrangers. C'est très vert. Des Columbia trees, de magnifiques fleurs. C'est joli, même sous la pluie.

Bon la photo ne donne pas grand chose... Rencontre des 1ers animaux...

Nous quittons le parc dans l'après-midi et poursuivons notre route jusqu'à Spokane. Ville sans intérêt particulier mais nous y avons trouvé les habitants particulièrement chaleureux. La route était belle en sortant du Rainier NP. Les paysages très boisés ont laissé place à un environnement plus sec.

Longue route jusqu'à Spokane où nous faisons quelques achats et où nous passons la 2ème nuit. Econo Lodge Inn. Bien et pas cher. Belle piscine dont nous n'avons pas profité.
Carte Visa Premier ne passe pas dans magasin américain English translation pending
Bonjour
je suis allée pour la première fois allée faire mes courses dans un magasin américain. Le problème étant que j'ai essayé de payer avec ma carte visa premier (je suis chez la caisse d'épargne) mais celle ci n'est pas passée. La caissière m'a suggéré d'appeler ma banque seulement celle ci est fermée aujourd'hui et demain.
Est ce que cette situation est déjà arrivée à l'un ou l'une d'entre vous, et si oui, quelle solution pour remédier au problème?
Merci d'avance.
Compte rendu Costa Magica du 29 juillet 2015 Marseille Tanger Casablanca Cadix Valence Lisbonne Gênes English translation pending
Samedi 25 juillet 2015 : Départ
Réveil à 8h pour attaquer la corvée des valises🤪🤪 et tout boucler avant 16h, heure limite de départ fixée par M. Croisifan😛.
Je trie, je lave, je repasse, je sors les vêtements, je me ravise, je rerange je tasse un peu tout ça😇 😇 (enfin, sauf pour les tenue de gala) et je termine à 15h40 sous le regard sévère de M. Croisifan🙁 à qui il ne reste plus néanmoins, aidé de Croisifan Junior, qu’à mettre les sacs dans le coffre et vogue la galère…
Nous avalons allègrement les kilomètres jusqu’à notre étape du soir, l’IBIS Style de Chasse-sur-Rhône (où nous avions fait halte en octobre dernier pour notre croisière sur le Lirica😉), après un dîner chez Arche😐😐, qui m’a rappelé le sketch de Coluche sur les restaurants d’autoroute Jacques Borel (nostalgie, nostalgie…).

(vue de la chambre😇, au zoom...)
Une bonne nuit de sommeil, bercés par les trains🏴☠️, et nous serons frais et dispos pour la prochaine étape…. Marseille.
Dimanche 26 juillet 2015 : Marseille
Re-réveil à 8 heures, cette fois pour prendre le petit déjeuner🙂, inclus dans le prix de la chambre et toujours aussi copieux.
Nous bouclons les sacs et, à 9h45, nous voilà repartis pour la suite du trajet jusqu’à Marseille. Le trafic est chargé mais M.Croisifan conduit avec sa virtuosité😇 habituelle.
Un peu avant midi, nous ne sommes pas loin de la barrière de péage de Lançon de Provence et il faut songer à se sustenter avant que la faim ne terrasse nos ados en pleine croissance😎😎. Arrêt essence donc, assorti de l’achat de sandwiches et boissons variés mais pas moyen de trouver une place de stationnement et encore moins une table🤪, c’est la foule des grands départs…
N’écoutant que notre courage, nous prenons donc, après le péage, l’embranchement de l’A9 pour aller déjeuner sur l’aire de Ventabren, et tombons sur un magnifique…bouchon😠😠 qui arrache à M. Croisifan quelques jurons🏴☠️ que je ne répèterai pas ici… Finalement, ce sera vite passé et nous rejoindrons l’aire de repos où nous déjeunerons à l’ombre des pins🙂 avec, en bruit de fond, le chant des grillons .
Bon, c’est pas tout ça, il faut maintenant rejoindre Marseille et le Novotel vieux port où nous avons des chambres réservées pour trois nuits. Nous y arrivons vers 15 heures, non sans avoir visité Marseille😇😇 au fil des tours et détours pour nous y retrouver.
Heureusement, le sens de l’orientation exceptionnel de M. Croisifan😉 finit par nous mener à bon port (c’est le cas de le dire😄…).

Nous nous installons, un petit tour à la piscine, une douche et hop, en route pour le dîner, à l’hôtel, car la fatigue nous guette et notre ami le Guide du Routard😇, que nous avons longuement potassé, ne nous recommande que des restos fermés le dimanche😛….
(la vue sur le vieux port depuis la chambre🙂)
Demain, nous nous lançons à l’assaut du MUCEM et du quartier du Panier.
Réveil à 8h pour attaquer la corvée des valises🤪🤪 et tout boucler avant 16h, heure limite de départ fixée par M. Croisifan😛.
Je trie, je lave, je repasse, je sors les vêtements, je me ravise, je rerange je tasse un peu tout ça😇 😇 (enfin, sauf pour les tenue de gala) et je termine à 15h40 sous le regard sévère de M. Croisifan🙁 à qui il ne reste plus néanmoins, aidé de Croisifan Junior, qu’à mettre les sacs dans le coffre et vogue la galère…
Nous avalons allègrement les kilomètres jusqu’à notre étape du soir, l’IBIS Style de Chasse-sur-Rhône (où nous avions fait halte en octobre dernier pour notre croisière sur le Lirica😉), après un dîner chez Arche😐😐, qui m’a rappelé le sketch de Coluche sur les restaurants d’autoroute Jacques Borel (nostalgie, nostalgie…).

(vue de la chambre😇, au zoom...)

Une bonne nuit de sommeil, bercés par les trains🏴☠️, et nous serons frais et dispos pour la prochaine étape…. Marseille.
Dimanche 26 juillet 2015 : Marseille
Re-réveil à 8 heures, cette fois pour prendre le petit déjeuner🙂, inclus dans le prix de la chambre et toujours aussi copieux.
Nous bouclons les sacs et, à 9h45, nous voilà repartis pour la suite du trajet jusqu’à Marseille. Le trafic est chargé mais M.Croisifan conduit avec sa virtuosité😇 habituelle.
Un peu avant midi, nous ne sommes pas loin de la barrière de péage de Lançon de Provence et il faut songer à se sustenter avant que la faim ne terrasse nos ados en pleine croissance😎😎. Arrêt essence donc, assorti de l’achat de sandwiches et boissons variés mais pas moyen de trouver une place de stationnement et encore moins une table🤪, c’est la foule des grands départs…
N’écoutant que notre courage, nous prenons donc, après le péage, l’embranchement de l’A9 pour aller déjeuner sur l’aire de Ventabren, et tombons sur un magnifique…bouchon😠😠 qui arrache à M. Croisifan quelques jurons🏴☠️ que je ne répèterai pas ici… Finalement, ce sera vite passé et nous rejoindrons l’aire de repos où nous déjeunerons à l’ombre des pins🙂 avec, en bruit de fond, le chant des grillons .
Bon, c’est pas tout ça, il faut maintenant rejoindre Marseille et le Novotel vieux port où nous avons des chambres réservées pour trois nuits. Nous y arrivons vers 15 heures, non sans avoir visité Marseille😇😇 au fil des tours et détours pour nous y retrouver.
Heureusement, le sens de l’orientation exceptionnel de M. Croisifan😉 finit par nous mener à bon port (c’est le cas de le dire😄…).

Nous nous installons, un petit tour à la piscine, une douche et hop, en route pour le dîner, à l’hôtel, car la fatigue nous guette et notre ami le Guide du Routard😇, que nous avons longuement potassé, ne nous recommande que des restos fermés le dimanche😛….
(la vue sur le vieux port depuis la chambre🙂)

Demain, nous nous lançons à l’assaut du MUCEM et du quartier du Panier.
La grande croisière d'Afrique 2015 sur le Costa neoRiviera: le retour English translation pending
Bonjour à tous,
Le tour de l’Afrique sur le neoRiviera a regroupé un bon nombre de membres de notre forum. Nous nous connaissions pour certains, pour avoir effectué déjà un, voire deux tours du monde.
Depuis, le temps est passé vite, très vite, trop vite. Happé par notre vie de grand-parents, nos amis et nos nombreux déplacements, je n’ai pas eu le temps de vous communiquer notre ressenti de cette magnifique croisière de 2 mois.
Ne dit-on pas mieux vaut tard que jamais ?
Et puis ces escales sont à l’affiche de croisières, que ce soit MSC ou Costa. Peut être que notre récit pourra donner une idée aux croisiéristes qui vont fréquenter ces pays. Si cela peut être utile à l’un d’entre nous, je dirais le plus simplement du monde que ce récit aura servi à quelque chose.
Alors je vous souhaite une bonne lecture, même si celle-ci peut vous paraître longue (et parsemées de fautes d’orthographe), c’est un large extrait du livre de bord rédigé quotidiennement à bord.
Alors à bientôt sur vos écrans en cinemascope color avec son Dolby stéréo
Christian
Le tour de l’Afrique sur le neoRiviera a regroupé un bon nombre de membres de notre forum. Nous nous connaissions pour certains, pour avoir effectué déjà un, voire deux tours du monde.
Depuis, le temps est passé vite, très vite, trop vite. Happé par notre vie de grand-parents, nos amis et nos nombreux déplacements, je n’ai pas eu le temps de vous communiquer notre ressenti de cette magnifique croisière de 2 mois.
Ne dit-on pas mieux vaut tard que jamais ?
Et puis ces escales sont à l’affiche de croisières, que ce soit MSC ou Costa. Peut être que notre récit pourra donner une idée aux croisiéristes qui vont fréquenter ces pays. Si cela peut être utile à l’un d’entre nous, je dirais le plus simplement du monde que ce récit aura servi à quelque chose.
Alors je vous souhaite une bonne lecture, même si celle-ci peut vous paraître longue (et parsemées de fautes d’orthographe), c’est un large extrait du livre de bord rédigé quotidiennement à bord.
Alors à bientôt sur vos écrans en cinemascope color avec son Dolby stéréo
Christian
Voyage en France English translation pending
Bonjour,
L'été prochain , nous prévoyons, mon conjoint et moi, faire un voyage en France pour environ 1 mois. Nous aimerions visiter 4 régions différentes .
Nous voulons voyager en train entre chacune de ces régions, et louer un appartement ou studio centralisé dans chacune de ces régions..nous désirons louer une voiture pour explorer les environs..
Quelles régions nous suggerez-vous? Nous ne voulons pas faire un arrêt à Paris , car nous avons déjà visiter cette ville l'an passé.
Nos intérêts: villages médiévaux, vignobles, paysages,
Nous aimerions aller en autre à Marseille,
Je conviens que ma question est assez vague, nous sommes ouverts à toutes propositions. Nous en sommes à notre première ébauche.
Merci
Quelles régions nous suggerez-vous? Nous ne voulons pas faire un arrêt à Paris , car nous avons déjà visiter cette ville l'an passé.
Nos intérêts: villages médiévaux, vignobles, paysages,
Nous aimerions aller en autre à Marseille,
Je conviens que ma question est assez vague, nous sommes ouverts à toutes propositions. Nous en sommes à notre première ébauche.
Merci
60 jours dans le "Southwest" américain en 2015 English translation pending
Bonjour,
comme les carnets fleurissent en ce moment, vous trouverez le mien ci-dessous, mais uniquement en version texte (pour les photos - et il faudra attendre - ce sera sur notre site web, lien en signature).
Rappel : la discussion sur la phase préparation est ici.
********************
Après la découverte de l'ouest américain en 2009 puis « On the road again » en 2012, voici venu le temps de la préparation de notre troisième voyage dans le Southwest, mais où ? Le Nouveau-Mexique étant passé à la trappe en 2012, il constituera l’épine dorsale de ce voyage. Ensuite, 2 envies fortes vont caler, en termes de dates, ce voyage : - la traversée des Henry Mountains où la forte probabilité de neige jusqu’en juillet impose un passage pas trop tôt en saison - la randonnée à Havasupai, en fin de voyage pour une meilleure condition physique 😉, à faire assez tôt pour éviter les trop fortes chaleurs.
Ces 2 envies, plus la traversée du Nouveau Mexique, nous ont conduits à choisir la période mai-juin, soit a priori pas trop chaud au début (Arizona Nouveau Mexique) et assez chaud vers la fin pour espérer n’avoir pas trop de neige dans les Henrys Mountains. Quand à la durée, une première ébauche montra qu’en 45 jours ce serait trop juste et, au final, ce sera plutôt 60 jours. Le calage définitif dépendra sans doute des possibilités de réservation du lodge d’Havasupai.
Au fur et à mesure du développement du tracé, un nouveau souhait a émergé : prendre au strict minimum les grands axes ce sera donc un voyage orienté routes panoramiques, routes secondaires, routes de campagne et chemins (scenic roads, back roads, country roads and byways). Et pour l’illustrer, quoi de mieux que la chanson éponyme : “Take Me Home Country Roads” de John Denver qui, même si elle se déroule en Virginie Occidentale, illustre magnifiquement notre souhait.
Rappel des principales caractéristiques du (3ème) voyage : - 60 jours du 29/4 au 29/6, - "boucle" avec arrivée et départ à/de Phoenix, sud-est Arizona, ouest Nouveau-Mexique du sud au nord, Mesa Verde (Colorado), sud de l'Utah d'est en ouest et un peu de Nevada, - 2 sites principaux : les Henry Mountains (Utah) et Havasupai (Arizona), - scenic roads, country roads, scenic byways et le plus de pistes possibles.
Et comme les fois précédentes, nous dormirons dans la voiture, si possible en dehors des parcs, des campings organisés, donc en camping dit "sauvage". Nous voyageons lourds (3 bagages de 23 kg comprenant matelas, duvets, réchaud, vaisselle, bref presque tout le nécessaire de camping).
Cette fois-ci, la météo nous a joué quelques tours et il a souvent fallu changer nos plans.
29/4 - Départ Départ de Brest pour Phoenix via Roissy et New-York ; l'intérêt du départ de Brest est que nous n'avons pas à nous soucier de nos bagages pour la durée du vol, hormis un passage éclair à la douane à New-York. Erwan (un ami) nous emmène à l'aéroport ; à 6h du matin, les contrôles sont effectués, le problème des sièges réglé, le bagage supplémentaire payé avec la remise (impossible de le prendre sur le net). Décollage à 6h35, atterrissage à Roissy à l'heure. Dans la salle d'embarquement pour New-York, le nom d'Isabelle est affiché (???) mais finalement rien à signaler. Léger retard au décollage (20 minutes) mais le vol est sans histoire ; après l'apéro (apporté) et un repas standard, nous regardons tous les 2 Gravity puis la musique aidant (Scorpions pour moi), nous atterrissons à New-York où l'escale est assez longue pour ne pas poser de problème. Immigration et douane (avec récupération des bagages) se passent rapidement ; pour info, le douanier me regarde de travers car j'ai une grosse quinte de toux et me demande si je suis malade ; aurait-il autorité pour me refuser l'accès ???. Pour le vol vers Phoenix, impossible d'avoir 2 places côte à côte, mais cela se règle assez vite dans l'avion pourtant assez plein. Arrivée à l'heure mais impossible de récupérer 2 chariots à bagages sans devoir payer 6$ chaque. Nous traînons donc nos lourds bagages et arrivons, via la navette, au guichet d'Alamo. Et là, longue discussion avec l'employé ; nous avons réservé un véhicule de type Chevrolet Tahoe (FFAR) sans conducteur additionnel, le prix me paraissant trop élevé pour la prestation (plus de 600$ pour 60 jours). Et finalement, surtout grâce à Isabelle plus habile à négocier que moi, nous repartons avec un Chevrolet Suburban (PFAR soit l'équivalent de notre Ford Expedition de 2012, soit-disant AWD) et le conducteur additionnel pour l'équivalent de ce qu'on aurait payé en réservant le conducteur additionnel directement. En fait, le véhicule n'est pas du tout AWD ni 4WD mais cela ne nous posera finalement pas trop de problèmes par la suite (et pourtant, il y en aura des problèmes ; mais attendons un peu). Nous quittons donc Alamo (compteur 7683 miles) pour nous rendre chez notre logeur (Jeff Dahl) à Scottsdale (réservé via AirBnB) où nous arrivons vers 20h40 (compteur 7710 miles) ; apéro rapide, léger casse-croute et dodo bien mérité à 20h40 - 5h40 à notre horloge biologique.
30/4 - courses Lever à 5h ; il fait encore nuit. Nous prenons le petit-déjeuner dehors avec des lapins sur la pelouse et plein d'oiseaux un peu plus bas. La journée se passe en courses diverses car il faut équiper notre carrosse. Nous commençons par le Walmart où j'ai déjà commandé la glacière électrique et la table pliante qui nous attendent. Nous ajoutons 2 sièges, le gaz et l'alimentaire (pour environ une dizaine de jours) et nous complétons chez Trader Joe's, magasin découvert en 2009. Prévu aussi la visite de magasins de point de croix pour Isabelle (nous ne ferons que Old Town - Scottsdale), ainsi qu'un magasin d'alcool et de cigares (Magnum’s Cigars Wine & Liquor) où j'en achète quelques uns. Nous retournons à notre logement (compteur 7812 miles), très agréable, et terminons la journée par un plouf dans la piscine à la nuit tombante ; dodo 22h30.
01/5 - Apache Trail, Oracle Control Rd Lever 5h40 ; préparation de la voiture pour le départ ; chaque gros bagage doit trouver sa place mais nous commençons à être rodés et Isabelle excelle sur ce point. Nous quittons notre logement à 8h avec une température extérieure de 80°F-26.7°C et prenons la route vers l'Apache Trail, premier objectif de la journée. Petit arrêt à Goldfield, ville minière fantôme datant de 1892, mais le musée est fermé. Nous retrouvons avec plaisir les Palo Verde, les saguaros et autres chollas sur le bord de la route. Quelques photos de Canyon Lake et nous faisons une halte à Tortilla Flat où les murs du Superstition Saloon sont tapissés de billets de banque. Nous en repartons à 10h50 pour une petite rando à Fish Creek Hill, puis après quelques photos sur Apache Lake, arrivons au bout de la piste. Cette piste ne présente en général aucune difficulté ; il faut juste se méfier, dans les portions étroites, aux véhicules venant en face (de nombreux bateaux sur remorques).
Remarque : dans l'ensemble du récit, toutes les données sur les pistes supposent un "état normal" ; en cas de pluies, d'orages même récents, l'état peut devenir très vite impraticable et nous le testerons d'ailleurs à plusieurs reprises.
La route que j'avais prévue de prendre pour pique-niquer étant fermée, nous continuons le long de la rive sud de Roosevelt Lake jusqu'à Cottonwood Cove où nous trouvons une aire de pique-nique aménagée avec, entre autre, des tables surmontées d'un toit (shade ramadas).
Nous repartons à 13h47 pour Globe puis la Copper Corridor Scenic Road jusque vers Oracle où un grand géocoucou (Geococcyx californianus) ou roadrunner traverse la route devant nous : bip-bip !!! 😎
Nous nous arrêtons à Biosphere 2 pour prendre quelques photos mais c'est impossible, il faut obligatoirement prendre le tour guidé (et payant) mais c'est trop tard pour nous ; pourtant, j'avais vraiment envie de voir ce site dont je connais l'histoire et remis au gout du jour par le roman "Siècle Bleu" de JP Goux. Retour à Oracle pour essayer d'avoir des informations récentes sur l'état de la piste Oracle Control Road mais je n'obtient rien de très net ("s'il y a des problèmes, elle devrait être barrée" est ce que j'obtiens de mieux). Cette piste est l'ancienne route ralliant Oracle à Mount Lemmon et est notre second objectif de la journée. J'oublie de refaire le plein mais il y a encore un (petit) tiers du réservoir ce qui devrait être suffisant pour les 28 miles à venir. La piste est assez agréable au début et nous apercevons de superbes buissons d'ocotillos ; elle monte, descend au gré des vallées à traverser mais la fin est très rocailleuse (rocky-bumpy), surtout les 5 derniers miles (piste impraticable en berline). Cette montée dans les cailloux nous a au moins rassuré sur le comportement du véhicule, chaussé de très bons pneus : il passe bien même si les évolutions du train arrière me font penser à un différentiel bloqué (rigide) tellement il a tendance à bondir à droite ou à gauche comme un cabri. Nous retrouvons le bitume ainsi qu'une position plus horizontale et un bruit "sinistre" retentit aussitôt : niveau de carburant faible ; la montée, souvent en première, nous a fait consommer plus qu'imaginé. Espérant trouver du carburant au sommet, nous nous dirigeons vers le Summit trailhead (pour la vue) à 18h09 et 57°F - 13.9°C (presque frais) ; nous sommes à plus de 8000 pieds. En repartant, toujours pas de carburant et toujours le bip sinistre ; nous rallions donc l'emplacement prévu pour la nuit, ce qui nous rapproche de Tucson donc du carburant, mais l'accès à l'emplacement prévu est clos. Les autres sites sont maintenant derrière nous et faire demi-tour ne va pas arranger notre problème. Nous décidons donc de laisser tomber Mount Lemmon et de rallier Tucson ; une partie du trajet sera fait au point mort (ce qui bien sûr est interdit), pas envie de tomber en panne sèche sur les 30 miles restants d'autant que la nuit tombe. Nous trouvons, finalement sans encombre, une station Chevron à 19h10 et, comme nous n'allons pas remonter camper, nous prenons une chambre à l'Econolodge à 20h03 avec 91°F-32.8°C (compteur 8105 miles) ; grande chambre avec lit king size. Apéro, préparation de taboulé pour les jours suivants, dîner et dodo à 23h25. Pour une première nuit en camping "sauvage", c'est un peu loupé 😠.
02/5 - Saguaro NP, Asarco Mine Lever à 5h30 ; pendant que je transfère les photos des appareils sur le pc et les disques de sauvegarde, Isabelle range la voiture. Petit déjeuner et nous partons à 8h vers Saguaro National Park (partie est) avec un ciel un peu nuageux et 77°F - 25°C. Arrivée au Visitor Center (VC dans le reste du texte) à 8h41 qui n'ouvre qu'à 9h mais nous achetons notre Pass America The Beautiful à un ranger (ne pas hésiter à réclamer, s'il n'est pas fourni, le Hangtag qui permet d'accrocher le pass au rétroviseur intérieur). Nous parcourons, presque à tour de roue, la boucle bitumée qui fait le tour du parc avec de nombreux arrêts photos, retrouvant toujours avec plaisir ces cactus découverts en 2009. Petit arrêt pour faire la rando Freeman Homestead Loop Trail (1.75 km, 28 mn) et nous revenons au VC pour l'achat rituel de cartes postales. Nous en profitons aussi pour téléphoner à Asarco Mine (visite prévue dans l'après-midi) mais impossible de les joindre ; une ranger nous signale que c'est maintenant fermé le week-end et nous sommes un samedi (erreur de programmation ? 😠). Départ pour la partie ouest du parc (déjà vue en 2009) ; arrêt à Gates Pass à 12h09 et 89°F - 31.7°C puis à Valley View sur Hohokam Rd (c'est maintenant de la piste mais aisément faisable en berline) où nous arrivons à 12h35. Départ pour la rando de Valley view overlook trail d'où nous revenons à 13h10 avec 1.53 km au podomètre et 95°F - 35°C dehors ; nous avons discuté avec un couple d'américains assez âgés qui, n'ayant plus d'enfants à charge, ont vendu leur maison et voyagent en camping-car. Pour nous rafraîchir un peu, nous allons pique-niquer chez les "esquimaux" (Ez-Kim-In-Zin) où nous trouvons une table à l'ombre.
Départ à 14h15 (même température) et nous terminons notre boucle parmi les saguaros puis prenons tout de même la route vers Asarco Mine au sud de Tucson ; nous y arrivons à 15h06 (le parking est ouvert) et déambulons tranquillement dans le petit parc où il y a quelques beaux échantillons de minerai de cuivre (entre autre) et un gros nuage gris et de la pluie qui semble tomber au loin. Tout à coup, une employée vient nous demander si on souhaite faire le tour guidé car c'est de suite et le dernier ; et nous qui ne nous pressions pas, persuadés qu'il n'y en avait pas (ma programmation était donc bonne 😉 ). Nous avons juste le temps de faire le tour du hall d'accueil (il sera fermé au retour), d'acheter quelques échantillons de minéraux, de récupérer une brochure en français, de prendre nos tickets (9$ par personne) et nous montons dans le car ; il y a juste le chauffeur, le guide (ancien employé), une famille américaine et nous. Petite pluie au début de la visite et toujours de gros nuages noirs au loin. La vue de l'excavation (c'est une mine à ciel ouvert) est impressionnante et nous assistons au ballet des énormes engins qui remontent le minerai brut le long d'une pente à 9% ; ils ont une capacité d'environ 300 tonnes. Le minerai est ensuite broyé dans un premier concasseur quasi souterrain puis les morceaux de roche d'une taille maximale d'un ballon de foot passent dans plusieurs concasseurs secondaires (broyeurs semi-autogènes et broyeurs à billes d'acier) pour finalement finir en poudre. Ensuite, la phase finale, par des procédés physico-chimiques (flottation, "bullage", agrégation) permet d'obtenir, à partir d'un minerai comportant 0.7% de cuivre, un amalgame d'environ 28% qui partira ensuite vers la fonderie. Le reste (déchets) est entreposé localement et servira au remblaiement lors de la phase d'arrêt de la mine. L'eau utilisée dans le processus de flottation est aussi récupérée à 80% ; notre guide a bien insisté sur cette récupération et sur l'utilisation de produits chimiques les plus bio possible. Nous quittons la mine à 17h avec 90°F - 32°C et nous dirigeons vers la Coronado National Forest pour notre vrai première nuit dans la nature ; sur la route, éclairs, pluie abondante et température en baisse (64°F - 17.7°C). À 18h, nous trouvons un emplacement près d'un wash le long de East Gardner Canyon Rd (compteur 8253 miles). Dodo vers 20h40.
03/5 - Red Mountain, Red Mountain, Montezuma Pass Réveil à 5h30 mais mal dormi, matelas sans doute trop gonflé et Isabelle a très mal au dos ; nous n'avons pas eu trop chaud, bien au contraire, mais découvrons que nous avons dormi fenêtres ouvertes 😉. Le ciel est bien dégagé mais il fait 49°F - 9.5°C. Petit déjeuner puis départ à 7h38 avec maintenant 73°F - 22.8°C ; la piste est très roulante et il a de nombreuses fleurs sur les bas-côtés (poppy et datura) . Passage à Sonoita pour compléter le plein de carburant, les stations étant très peu nombreuses sur le trajet de la journée et chat échaudé craint l'eau froide. Arrêt à Camp Crittenden (uniquement une plaque commémorative, mais c'est l'Histoire) puis nous traversons Patagonia pour prendre Harshaw Road ; la route devient assez vite piste mais très roulable. Par contre, impossible de prendre les pistes secondaires prévues, trop escarpées et défoncées. Asarco Mine y fait aussi des recherches géologiques mais avec de gros 4x4. Jolies vues sur Red Mountain. Passage à Canelo Pass (5 246 ft) puis nous regagnons la 83 (bitume) et nous arrivons à Parker Lake View vers 11h05. Ensuite, la piste vers Montezuma Pass est jolie, agréable à rouler et peu fréquentée (quelques quads surtout). Nous arrivons au col à 12h15 avec 71°F - 21.7°C et déjeunons sous une tonnelle. Après le déjeuner, nous grimpons au Peek (6 854 ft, 90 m de dénivelé) d'où nous avons une superbe vue sur la frontière et ses environs ; rando de 1.3 km A/R. Départ tout en descente vers le VC situé plus bas dans la plaine, au pied des escarpements, et discussion avec la ranger, notamment sur la flore et la faune ; elle nous avoue n'avoir jamais vu de serpents à sonnettes. J'avais au départ prévu de dormir le long de la piste, avant Montezuma Pass, mais de nombreuses lectures m'en ont dissuadé (problème de trafics de drogue et de passages clandestins). Par prudence, nous cherchons donc un emplacement sur East Ash Canyon Rd et, à peine avons nous trouvé notre bonheur, qu'un véhicule de la surveillance aux frontières (Border Patrol) passe devant nous au ralenti, intrigué sans doute de nous voir installés là ; la piste étant un cul de sac, nous nous attendons à le revoir rapidement mais il prend visiblement son temps et ne repassera qu'une bonne heure plus tard, sans s'arrêter (compteur 8350 miles). Dodo vers 19h30 avec un ciel assez nuageux.
04/5 - Bisbee, Tombstone Réveil à 5h30 mais, si j'ai bien dormi, il n'en est pas de même pour Isabelle qui a toujours mal au dos. De nombreux nuages restent accrochés à la montagne et le vent souffle bien. Départ à 7h04 avec 61°F – 16.1°C. Sur la route de Bisbee, des champs d'ocotillos à flanc de colline, superbes. Après de nombreuses photos des anciennes mines à ciel ouvert, nous entrons au Bisbee Quenn Mine VC à 9h ; pas possible de prendre un tour en petit train (pas prévu au programme non plus) et, après un petit tour à travers la ville - mignonne- nous partons vers Tombstone où nous arrivons à 9h48 avec 72°F - 22.2°C. Ici, il faut être clair, on adhère ou pas. Tombstone est une ville historique mais tout ce que l'on voit n'est que reconstruction (ou presque) et animation folklorique ; mais comme nous sommes amoureux de l'ouest, de son histoire et des westerns, la mayonnaise prend bien 😎. Pour ceux qui ne connaissent pas, Tombstone est célèbre pour sa fameuse fusillade d'OK Corral avec, notamment les frères Earp et Doc Holliday, fusillade immortalisée par plusieurs films. Nous nous garons au sud-est de la ville et parcourons les rues "touristiques", notamment Allen Street réservée aux piétons ; de nombreux personnages, en costumes d'époque, déambulent très sérieusement dans ces rues. Nous achetons nos billets pour le "gunfight" ; ce billet donne aussi accès à l'historama (nous ne comprendrons pas tout 😉 ) ainsi qu'à une reproduction du journal local du jour de la fusillade. La reconstitution de la fusillade est marrante et bon enfant, les acteurs prenant les spectateurs à témoins et ces derniers jouant le jeu ; il est préférable de s'asseoir au premier rang si possible. En sortant de là, nous allons déjeuner au Big Nose Kate's Saloon (burger The Outlaw pour moi et The Stampede pour Isabelle). Nous retournons à la voiture en passant retirer notre journal local et partons à 14h40 et 83°F - 28.3°C vers le cimetière local (Boothill Graveyard) ; celui-ci n'est pas d'époque, ayant été déplacé et restauré. Malgré tout le respect dû à un tel endroit, on ne peut s'empêcher de sourire en voyant le motif de décès inscrit sur certaines tombes. Pour plus d'informations, voici un lien intéressant : www.boothillgraves.com/
À 15h10, nous quittons ce cimetière et, par la 80 puis rapidement par la Middlemarch Rd (piste), nous nous dirigeons vers les Dragoon Mountains. Nous franchissons Middlemarch Pass pratiquement sans le remarquer et entamons la descente côté est de ces montagnes tout en cherchant tranquillement un emplacement pour la nuit ; une fois de plus, nous n'avons vu personne sur ce trajet. Peu avant 16h, c'est chose faite et nous installons table et chaises tranquillement (compteur 8421 miles). Pendant l'apéro, une petite averse vient nous déranger et le ciel est maintenant bien couvert. Dodo à 20h mais réveil vers minuit avec un bel orage, éclairs et pluie abondante ; nous sommes assez loin du wash pour ne rien risquer mais quel sera l'état de la piste demain matin ? Devrons-nous sortir la pelle, achetée par précaution ?
05/5 - Chiricahua NM Lever à 5h30 avec 48°F - 8.9°C, un peu frisquet ! Isabelle a mieux dormi. Le ciel est maintenant très légèrement nuageux à l'horizon. Nous partons à 7h vers Chiricahua NM avec 58°F - 14.4°C. Alors que nous étions inquiets à propos de l'état de la piste, nous ne rencontrons aucune difficulté pendant le reste de la descente et retrouvons rapidement le bitume. Nous arrivons au VC à 8h13 sans avoir vu beaucoup de stations services. Peu avant d'arriver au VC, nous rencontrons ce qui doit être un Coues (prononcer cows), sous-espèce de white-tailed deer (Odocoileus virginianus couesi - Cerf à queue blanche d'Arizona).
Comme le VC n'est pas encore ouvert et que nous savons où aller, nous prenons la route Bonita Canyon Drive et arrivons à Massai Point à 8h46. Le temps de nous équiper (chaussures de marche, crème solaire, chapeaux, sacs à dos avec réserve d'eau - camelbags) et nous partons à 9h05 pour Echo Canyon Loop (Echo Canyon, Hailstone & Ed Riggs trails) parcourue dans le sens anti-horaire. Jolie balade parmi les roches érodées, souvent couvertes de lichens. Mais, contrairement à ce qu'on pourrait penser après une observation rapide, il ne s'agit pas de granit mais des restes (cendre et pierre ponce) d'une éruption volcanique de près de 30 millions d'années. Comme c'est notre première randonnée depuis longtemps, les haltes sont nombreuses, pour les photos évidemment 😉. À part un couple d'américains, nous ne verrons pratiquement personne sauf vers la fin ; c'est dire si nous étions tranquille quand, tout à coup, Isabelle aperçoit du mouvement dans l'herbe : un serpent longeait le sentier. Pas de bruit de crécelles, ce n'est donc pas un rattlesnake ; je m'approche un peu plus car je ne vois toujours rien et je crois enfin reconnaitre un Bull snake, donc non venimeux. Le couple d'américains qui nous rattrape nous le confirme mais Isabelle n'est pas plus rassurée que ça. Si vous êtes intéressés, j'ai le point GPS (je déco...). Retour à la voiture à 12h05 et 76°F - 24.4°C avec 5km au podo. Nous déjeunons sur une table à l'ombre mais le vent est frais et nous supportons nos polaires. Retour au VC pour nos emplettes habituelles et nous en repartons à 14h pour emprunter Pinery Canyon Rd (FR42). Cette piste est aussi très praticable ; du côté d'Onion Saddle, nous devions trouver un point de vue mais nous avons grimpé le long du sentier (ancienne piste 4WD), nous ne voyons malheureusement rien. En même temps, comme nous sommes dans une forêt, difficile d'avoir un beau point de vue sur les 2 vallées sans abattre les arbres ! La descente à travers la forêt est très agréable mais mieux vaut aller doucement, les a-pics sont parfois impressionnants. En bas, nous prenons à droite S Fork Rd pour quelques photos relevées sur le net mais, malheureusement, la piste est fermée par une barrière cadenassée. Nous regagnons le bitume et, peut après Portal, entrons au Nouveau-Mexique. Nous faisons un crochet à droite (sud) sur la 80 pour aller voir une stèle commémorant la reddition de Géronimo. J'avais prévu de faire le plein à Rodeo mais il n'y a plus de station existante. Retour vers le nord où nous devons camper au niveau de Preacher Mountain, peu après Granite Gap. Après avoir franchi et refermé la barrière, la piste est un peu sableuse et étroite mais nous trouvons rapidement un emplacement, bien blotti dans les rochers et parmi les cactus et agaves ; aperçu 1 rat et des souris. Un petit vent nous gênera un peu pour notre réchaud gaz. Arrêt moteur à 17h20 avec 73°F - 22.8°C (compteur 8562 miles).
Au fait, qui dit Nouveau-Mexique dit changement d'heure ; nous avançons donc nos montres, GPS et appareils photos d'une heure.
À suivre 😉.
comme les carnets fleurissent en ce moment, vous trouverez le mien ci-dessous, mais uniquement en version texte (pour les photos - et il faudra attendre - ce sera sur notre site web, lien en signature).
Rappel : la discussion sur la phase préparation est ici.
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Après la découverte de l'ouest américain en 2009 puis « On the road again » en 2012, voici venu le temps de la préparation de notre troisième voyage dans le Southwest, mais où ? Le Nouveau-Mexique étant passé à la trappe en 2012, il constituera l’épine dorsale de ce voyage. Ensuite, 2 envies fortes vont caler, en termes de dates, ce voyage : - la traversée des Henry Mountains où la forte probabilité de neige jusqu’en juillet impose un passage pas trop tôt en saison - la randonnée à Havasupai, en fin de voyage pour une meilleure condition physique 😉, à faire assez tôt pour éviter les trop fortes chaleurs.
Ces 2 envies, plus la traversée du Nouveau Mexique, nous ont conduits à choisir la période mai-juin, soit a priori pas trop chaud au début (Arizona Nouveau Mexique) et assez chaud vers la fin pour espérer n’avoir pas trop de neige dans les Henrys Mountains. Quand à la durée, une première ébauche montra qu’en 45 jours ce serait trop juste et, au final, ce sera plutôt 60 jours. Le calage définitif dépendra sans doute des possibilités de réservation du lodge d’Havasupai.
Au fur et à mesure du développement du tracé, un nouveau souhait a émergé : prendre au strict minimum les grands axes ce sera donc un voyage orienté routes panoramiques, routes secondaires, routes de campagne et chemins (scenic roads, back roads, country roads and byways). Et pour l’illustrer, quoi de mieux que la chanson éponyme : “Take Me Home Country Roads” de John Denver qui, même si elle se déroule en Virginie Occidentale, illustre magnifiquement notre souhait.
Rappel des principales caractéristiques du (3ème) voyage : - 60 jours du 29/4 au 29/6, - "boucle" avec arrivée et départ à/de Phoenix, sud-est Arizona, ouest Nouveau-Mexique du sud au nord, Mesa Verde (Colorado), sud de l'Utah d'est en ouest et un peu de Nevada, - 2 sites principaux : les Henry Mountains (Utah) et Havasupai (Arizona), - scenic roads, country roads, scenic byways et le plus de pistes possibles.
Et comme les fois précédentes, nous dormirons dans la voiture, si possible en dehors des parcs, des campings organisés, donc en camping dit "sauvage". Nous voyageons lourds (3 bagages de 23 kg comprenant matelas, duvets, réchaud, vaisselle, bref presque tout le nécessaire de camping).
Cette fois-ci, la météo nous a joué quelques tours et il a souvent fallu changer nos plans.
29/4 - Départ Départ de Brest pour Phoenix via Roissy et New-York ; l'intérêt du départ de Brest est que nous n'avons pas à nous soucier de nos bagages pour la durée du vol, hormis un passage éclair à la douane à New-York. Erwan (un ami) nous emmène à l'aéroport ; à 6h du matin, les contrôles sont effectués, le problème des sièges réglé, le bagage supplémentaire payé avec la remise (impossible de le prendre sur le net). Décollage à 6h35, atterrissage à Roissy à l'heure. Dans la salle d'embarquement pour New-York, le nom d'Isabelle est affiché (???) mais finalement rien à signaler. Léger retard au décollage (20 minutes) mais le vol est sans histoire ; après l'apéro (apporté) et un repas standard, nous regardons tous les 2 Gravity puis la musique aidant (Scorpions pour moi), nous atterrissons à New-York où l'escale est assez longue pour ne pas poser de problème. Immigration et douane (avec récupération des bagages) se passent rapidement ; pour info, le douanier me regarde de travers car j'ai une grosse quinte de toux et me demande si je suis malade ; aurait-il autorité pour me refuser l'accès ???. Pour le vol vers Phoenix, impossible d'avoir 2 places côte à côte, mais cela se règle assez vite dans l'avion pourtant assez plein. Arrivée à l'heure mais impossible de récupérer 2 chariots à bagages sans devoir payer 6$ chaque. Nous traînons donc nos lourds bagages et arrivons, via la navette, au guichet d'Alamo. Et là, longue discussion avec l'employé ; nous avons réservé un véhicule de type Chevrolet Tahoe (FFAR) sans conducteur additionnel, le prix me paraissant trop élevé pour la prestation (plus de 600$ pour 60 jours). Et finalement, surtout grâce à Isabelle plus habile à négocier que moi, nous repartons avec un Chevrolet Suburban (PFAR soit l'équivalent de notre Ford Expedition de 2012, soit-disant AWD) et le conducteur additionnel pour l'équivalent de ce qu'on aurait payé en réservant le conducteur additionnel directement. En fait, le véhicule n'est pas du tout AWD ni 4WD mais cela ne nous posera finalement pas trop de problèmes par la suite (et pourtant, il y en aura des problèmes ; mais attendons un peu). Nous quittons donc Alamo (compteur 7683 miles) pour nous rendre chez notre logeur (Jeff Dahl) à Scottsdale (réservé via AirBnB) où nous arrivons vers 20h40 (compteur 7710 miles) ; apéro rapide, léger casse-croute et dodo bien mérité à 20h40 - 5h40 à notre horloge biologique.
30/4 - courses Lever à 5h ; il fait encore nuit. Nous prenons le petit-déjeuner dehors avec des lapins sur la pelouse et plein d'oiseaux un peu plus bas. La journée se passe en courses diverses car il faut équiper notre carrosse. Nous commençons par le Walmart où j'ai déjà commandé la glacière électrique et la table pliante qui nous attendent. Nous ajoutons 2 sièges, le gaz et l'alimentaire (pour environ une dizaine de jours) et nous complétons chez Trader Joe's, magasin découvert en 2009. Prévu aussi la visite de magasins de point de croix pour Isabelle (nous ne ferons que Old Town - Scottsdale), ainsi qu'un magasin d'alcool et de cigares (Magnum’s Cigars Wine & Liquor) où j'en achète quelques uns. Nous retournons à notre logement (compteur 7812 miles), très agréable, et terminons la journée par un plouf dans la piscine à la nuit tombante ; dodo 22h30.
01/5 - Apache Trail, Oracle Control Rd Lever 5h40 ; préparation de la voiture pour le départ ; chaque gros bagage doit trouver sa place mais nous commençons à être rodés et Isabelle excelle sur ce point. Nous quittons notre logement à 8h avec une température extérieure de 80°F-26.7°C et prenons la route vers l'Apache Trail, premier objectif de la journée. Petit arrêt à Goldfield, ville minière fantôme datant de 1892, mais le musée est fermé. Nous retrouvons avec plaisir les Palo Verde, les saguaros et autres chollas sur le bord de la route. Quelques photos de Canyon Lake et nous faisons une halte à Tortilla Flat où les murs du Superstition Saloon sont tapissés de billets de banque. Nous en repartons à 10h50 pour une petite rando à Fish Creek Hill, puis après quelques photos sur Apache Lake, arrivons au bout de la piste. Cette piste ne présente en général aucune difficulté ; il faut juste se méfier, dans les portions étroites, aux véhicules venant en face (de nombreux bateaux sur remorques).
Remarque : dans l'ensemble du récit, toutes les données sur les pistes supposent un "état normal" ; en cas de pluies, d'orages même récents, l'état peut devenir très vite impraticable et nous le testerons d'ailleurs à plusieurs reprises.
La route que j'avais prévue de prendre pour pique-niquer étant fermée, nous continuons le long de la rive sud de Roosevelt Lake jusqu'à Cottonwood Cove où nous trouvons une aire de pique-nique aménagée avec, entre autre, des tables surmontées d'un toit (shade ramadas).
Nous repartons à 13h47 pour Globe puis la Copper Corridor Scenic Road jusque vers Oracle où un grand géocoucou (Geococcyx californianus) ou roadrunner traverse la route devant nous : bip-bip !!! 😎
Nous nous arrêtons à Biosphere 2 pour prendre quelques photos mais c'est impossible, il faut obligatoirement prendre le tour guidé (et payant) mais c'est trop tard pour nous ; pourtant, j'avais vraiment envie de voir ce site dont je connais l'histoire et remis au gout du jour par le roman "Siècle Bleu" de JP Goux. Retour à Oracle pour essayer d'avoir des informations récentes sur l'état de la piste Oracle Control Road mais je n'obtient rien de très net ("s'il y a des problèmes, elle devrait être barrée" est ce que j'obtiens de mieux). Cette piste est l'ancienne route ralliant Oracle à Mount Lemmon et est notre second objectif de la journée. J'oublie de refaire le plein mais il y a encore un (petit) tiers du réservoir ce qui devrait être suffisant pour les 28 miles à venir. La piste est assez agréable au début et nous apercevons de superbes buissons d'ocotillos ; elle monte, descend au gré des vallées à traverser mais la fin est très rocailleuse (rocky-bumpy), surtout les 5 derniers miles (piste impraticable en berline). Cette montée dans les cailloux nous a au moins rassuré sur le comportement du véhicule, chaussé de très bons pneus : il passe bien même si les évolutions du train arrière me font penser à un différentiel bloqué (rigide) tellement il a tendance à bondir à droite ou à gauche comme un cabri. Nous retrouvons le bitume ainsi qu'une position plus horizontale et un bruit "sinistre" retentit aussitôt : niveau de carburant faible ; la montée, souvent en première, nous a fait consommer plus qu'imaginé. Espérant trouver du carburant au sommet, nous nous dirigeons vers le Summit trailhead (pour la vue) à 18h09 et 57°F - 13.9°C (presque frais) ; nous sommes à plus de 8000 pieds. En repartant, toujours pas de carburant et toujours le bip sinistre ; nous rallions donc l'emplacement prévu pour la nuit, ce qui nous rapproche de Tucson donc du carburant, mais l'accès à l'emplacement prévu est clos. Les autres sites sont maintenant derrière nous et faire demi-tour ne va pas arranger notre problème. Nous décidons donc de laisser tomber Mount Lemmon et de rallier Tucson ; une partie du trajet sera fait au point mort (ce qui bien sûr est interdit), pas envie de tomber en panne sèche sur les 30 miles restants d'autant que la nuit tombe. Nous trouvons, finalement sans encombre, une station Chevron à 19h10 et, comme nous n'allons pas remonter camper, nous prenons une chambre à l'Econolodge à 20h03 avec 91°F-32.8°C (compteur 8105 miles) ; grande chambre avec lit king size. Apéro, préparation de taboulé pour les jours suivants, dîner et dodo à 23h25. Pour une première nuit en camping "sauvage", c'est un peu loupé 😠.
02/5 - Saguaro NP, Asarco Mine Lever à 5h30 ; pendant que je transfère les photos des appareils sur le pc et les disques de sauvegarde, Isabelle range la voiture. Petit déjeuner et nous partons à 8h vers Saguaro National Park (partie est) avec un ciel un peu nuageux et 77°F - 25°C. Arrivée au Visitor Center (VC dans le reste du texte) à 8h41 qui n'ouvre qu'à 9h mais nous achetons notre Pass America The Beautiful à un ranger (ne pas hésiter à réclamer, s'il n'est pas fourni, le Hangtag qui permet d'accrocher le pass au rétroviseur intérieur). Nous parcourons, presque à tour de roue, la boucle bitumée qui fait le tour du parc avec de nombreux arrêts photos, retrouvant toujours avec plaisir ces cactus découverts en 2009. Petit arrêt pour faire la rando Freeman Homestead Loop Trail (1.75 km, 28 mn) et nous revenons au VC pour l'achat rituel de cartes postales. Nous en profitons aussi pour téléphoner à Asarco Mine (visite prévue dans l'après-midi) mais impossible de les joindre ; une ranger nous signale que c'est maintenant fermé le week-end et nous sommes un samedi (erreur de programmation ? 😠). Départ pour la partie ouest du parc (déjà vue en 2009) ; arrêt à Gates Pass à 12h09 et 89°F - 31.7°C puis à Valley View sur Hohokam Rd (c'est maintenant de la piste mais aisément faisable en berline) où nous arrivons à 12h35. Départ pour la rando de Valley view overlook trail d'où nous revenons à 13h10 avec 1.53 km au podomètre et 95°F - 35°C dehors ; nous avons discuté avec un couple d'américains assez âgés qui, n'ayant plus d'enfants à charge, ont vendu leur maison et voyagent en camping-car. Pour nous rafraîchir un peu, nous allons pique-niquer chez les "esquimaux" (Ez-Kim-In-Zin) où nous trouvons une table à l'ombre.
Départ à 14h15 (même température) et nous terminons notre boucle parmi les saguaros puis prenons tout de même la route vers Asarco Mine au sud de Tucson ; nous y arrivons à 15h06 (le parking est ouvert) et déambulons tranquillement dans le petit parc où il y a quelques beaux échantillons de minerai de cuivre (entre autre) et un gros nuage gris et de la pluie qui semble tomber au loin. Tout à coup, une employée vient nous demander si on souhaite faire le tour guidé car c'est de suite et le dernier ; et nous qui ne nous pressions pas, persuadés qu'il n'y en avait pas (ma programmation était donc bonne 😉 ). Nous avons juste le temps de faire le tour du hall d'accueil (il sera fermé au retour), d'acheter quelques échantillons de minéraux, de récupérer une brochure en français, de prendre nos tickets (9$ par personne) et nous montons dans le car ; il y a juste le chauffeur, le guide (ancien employé), une famille américaine et nous. Petite pluie au début de la visite et toujours de gros nuages noirs au loin. La vue de l'excavation (c'est une mine à ciel ouvert) est impressionnante et nous assistons au ballet des énormes engins qui remontent le minerai brut le long d'une pente à 9% ; ils ont une capacité d'environ 300 tonnes. Le minerai est ensuite broyé dans un premier concasseur quasi souterrain puis les morceaux de roche d'une taille maximale d'un ballon de foot passent dans plusieurs concasseurs secondaires (broyeurs semi-autogènes et broyeurs à billes d'acier) pour finalement finir en poudre. Ensuite, la phase finale, par des procédés physico-chimiques (flottation, "bullage", agrégation) permet d'obtenir, à partir d'un minerai comportant 0.7% de cuivre, un amalgame d'environ 28% qui partira ensuite vers la fonderie. Le reste (déchets) est entreposé localement et servira au remblaiement lors de la phase d'arrêt de la mine. L'eau utilisée dans le processus de flottation est aussi récupérée à 80% ; notre guide a bien insisté sur cette récupération et sur l'utilisation de produits chimiques les plus bio possible. Nous quittons la mine à 17h avec 90°F - 32°C et nous dirigeons vers la Coronado National Forest pour notre vrai première nuit dans la nature ; sur la route, éclairs, pluie abondante et température en baisse (64°F - 17.7°C). À 18h, nous trouvons un emplacement près d'un wash le long de East Gardner Canyon Rd (compteur 8253 miles). Dodo vers 20h40.
03/5 - Red Mountain, Red Mountain, Montezuma Pass Réveil à 5h30 mais mal dormi, matelas sans doute trop gonflé et Isabelle a très mal au dos ; nous n'avons pas eu trop chaud, bien au contraire, mais découvrons que nous avons dormi fenêtres ouvertes 😉. Le ciel est bien dégagé mais il fait 49°F - 9.5°C. Petit déjeuner puis départ à 7h38 avec maintenant 73°F - 22.8°C ; la piste est très roulante et il a de nombreuses fleurs sur les bas-côtés (poppy et datura) . Passage à Sonoita pour compléter le plein de carburant, les stations étant très peu nombreuses sur le trajet de la journée et chat échaudé craint l'eau froide. Arrêt à Camp Crittenden (uniquement une plaque commémorative, mais c'est l'Histoire) puis nous traversons Patagonia pour prendre Harshaw Road ; la route devient assez vite piste mais très roulable. Par contre, impossible de prendre les pistes secondaires prévues, trop escarpées et défoncées. Asarco Mine y fait aussi des recherches géologiques mais avec de gros 4x4. Jolies vues sur Red Mountain. Passage à Canelo Pass (5 246 ft) puis nous regagnons la 83 (bitume) et nous arrivons à Parker Lake View vers 11h05. Ensuite, la piste vers Montezuma Pass est jolie, agréable à rouler et peu fréquentée (quelques quads surtout). Nous arrivons au col à 12h15 avec 71°F - 21.7°C et déjeunons sous une tonnelle. Après le déjeuner, nous grimpons au Peek (6 854 ft, 90 m de dénivelé) d'où nous avons une superbe vue sur la frontière et ses environs ; rando de 1.3 km A/R. Départ tout en descente vers le VC situé plus bas dans la plaine, au pied des escarpements, et discussion avec la ranger, notamment sur la flore et la faune ; elle nous avoue n'avoir jamais vu de serpents à sonnettes. J'avais au départ prévu de dormir le long de la piste, avant Montezuma Pass, mais de nombreuses lectures m'en ont dissuadé (problème de trafics de drogue et de passages clandestins). Par prudence, nous cherchons donc un emplacement sur East Ash Canyon Rd et, à peine avons nous trouvé notre bonheur, qu'un véhicule de la surveillance aux frontières (Border Patrol) passe devant nous au ralenti, intrigué sans doute de nous voir installés là ; la piste étant un cul de sac, nous nous attendons à le revoir rapidement mais il prend visiblement son temps et ne repassera qu'une bonne heure plus tard, sans s'arrêter (compteur 8350 miles). Dodo vers 19h30 avec un ciel assez nuageux.
04/5 - Bisbee, Tombstone Réveil à 5h30 mais, si j'ai bien dormi, il n'en est pas de même pour Isabelle qui a toujours mal au dos. De nombreux nuages restent accrochés à la montagne et le vent souffle bien. Départ à 7h04 avec 61°F – 16.1°C. Sur la route de Bisbee, des champs d'ocotillos à flanc de colline, superbes. Après de nombreuses photos des anciennes mines à ciel ouvert, nous entrons au Bisbee Quenn Mine VC à 9h ; pas possible de prendre un tour en petit train (pas prévu au programme non plus) et, après un petit tour à travers la ville - mignonne- nous partons vers Tombstone où nous arrivons à 9h48 avec 72°F - 22.2°C. Ici, il faut être clair, on adhère ou pas. Tombstone est une ville historique mais tout ce que l'on voit n'est que reconstruction (ou presque) et animation folklorique ; mais comme nous sommes amoureux de l'ouest, de son histoire et des westerns, la mayonnaise prend bien 😎. Pour ceux qui ne connaissent pas, Tombstone est célèbre pour sa fameuse fusillade d'OK Corral avec, notamment les frères Earp et Doc Holliday, fusillade immortalisée par plusieurs films. Nous nous garons au sud-est de la ville et parcourons les rues "touristiques", notamment Allen Street réservée aux piétons ; de nombreux personnages, en costumes d'époque, déambulent très sérieusement dans ces rues. Nous achetons nos billets pour le "gunfight" ; ce billet donne aussi accès à l'historama (nous ne comprendrons pas tout 😉 ) ainsi qu'à une reproduction du journal local du jour de la fusillade. La reconstitution de la fusillade est marrante et bon enfant, les acteurs prenant les spectateurs à témoins et ces derniers jouant le jeu ; il est préférable de s'asseoir au premier rang si possible. En sortant de là, nous allons déjeuner au Big Nose Kate's Saloon (burger The Outlaw pour moi et The Stampede pour Isabelle). Nous retournons à la voiture en passant retirer notre journal local et partons à 14h40 et 83°F - 28.3°C vers le cimetière local (Boothill Graveyard) ; celui-ci n'est pas d'époque, ayant été déplacé et restauré. Malgré tout le respect dû à un tel endroit, on ne peut s'empêcher de sourire en voyant le motif de décès inscrit sur certaines tombes. Pour plus d'informations, voici un lien intéressant : www.boothillgraves.com/
À 15h10, nous quittons ce cimetière et, par la 80 puis rapidement par la Middlemarch Rd (piste), nous nous dirigeons vers les Dragoon Mountains. Nous franchissons Middlemarch Pass pratiquement sans le remarquer et entamons la descente côté est de ces montagnes tout en cherchant tranquillement un emplacement pour la nuit ; une fois de plus, nous n'avons vu personne sur ce trajet. Peu avant 16h, c'est chose faite et nous installons table et chaises tranquillement (compteur 8421 miles). Pendant l'apéro, une petite averse vient nous déranger et le ciel est maintenant bien couvert. Dodo à 20h mais réveil vers minuit avec un bel orage, éclairs et pluie abondante ; nous sommes assez loin du wash pour ne rien risquer mais quel sera l'état de la piste demain matin ? Devrons-nous sortir la pelle, achetée par précaution ?
05/5 - Chiricahua NM Lever à 5h30 avec 48°F - 8.9°C, un peu frisquet ! Isabelle a mieux dormi. Le ciel est maintenant très légèrement nuageux à l'horizon. Nous partons à 7h vers Chiricahua NM avec 58°F - 14.4°C. Alors que nous étions inquiets à propos de l'état de la piste, nous ne rencontrons aucune difficulté pendant le reste de la descente et retrouvons rapidement le bitume. Nous arrivons au VC à 8h13 sans avoir vu beaucoup de stations services. Peu avant d'arriver au VC, nous rencontrons ce qui doit être un Coues (prononcer cows), sous-espèce de white-tailed deer (Odocoileus virginianus couesi - Cerf à queue blanche d'Arizona).
Comme le VC n'est pas encore ouvert et que nous savons où aller, nous prenons la route Bonita Canyon Drive et arrivons à Massai Point à 8h46. Le temps de nous équiper (chaussures de marche, crème solaire, chapeaux, sacs à dos avec réserve d'eau - camelbags) et nous partons à 9h05 pour Echo Canyon Loop (Echo Canyon, Hailstone & Ed Riggs trails) parcourue dans le sens anti-horaire. Jolie balade parmi les roches érodées, souvent couvertes de lichens. Mais, contrairement à ce qu'on pourrait penser après une observation rapide, il ne s'agit pas de granit mais des restes (cendre et pierre ponce) d'une éruption volcanique de près de 30 millions d'années. Comme c'est notre première randonnée depuis longtemps, les haltes sont nombreuses, pour les photos évidemment 😉. À part un couple d'américains, nous ne verrons pratiquement personne sauf vers la fin ; c'est dire si nous étions tranquille quand, tout à coup, Isabelle aperçoit du mouvement dans l'herbe : un serpent longeait le sentier. Pas de bruit de crécelles, ce n'est donc pas un rattlesnake ; je m'approche un peu plus car je ne vois toujours rien et je crois enfin reconnaitre un Bull snake, donc non venimeux. Le couple d'américains qui nous rattrape nous le confirme mais Isabelle n'est pas plus rassurée que ça. Si vous êtes intéressés, j'ai le point GPS (je déco...). Retour à la voiture à 12h05 et 76°F - 24.4°C avec 5km au podo. Nous déjeunons sur une table à l'ombre mais le vent est frais et nous supportons nos polaires. Retour au VC pour nos emplettes habituelles et nous en repartons à 14h pour emprunter Pinery Canyon Rd (FR42). Cette piste est aussi très praticable ; du côté d'Onion Saddle, nous devions trouver un point de vue mais nous avons grimpé le long du sentier (ancienne piste 4WD), nous ne voyons malheureusement rien. En même temps, comme nous sommes dans une forêt, difficile d'avoir un beau point de vue sur les 2 vallées sans abattre les arbres ! La descente à travers la forêt est très agréable mais mieux vaut aller doucement, les a-pics sont parfois impressionnants. En bas, nous prenons à droite S Fork Rd pour quelques photos relevées sur le net mais, malheureusement, la piste est fermée par une barrière cadenassée. Nous regagnons le bitume et, peut après Portal, entrons au Nouveau-Mexique. Nous faisons un crochet à droite (sud) sur la 80 pour aller voir une stèle commémorant la reddition de Géronimo. J'avais prévu de faire le plein à Rodeo mais il n'y a plus de station existante. Retour vers le nord où nous devons camper au niveau de Preacher Mountain, peu après Granite Gap. Après avoir franchi et refermé la barrière, la piste est un peu sableuse et étroite mais nous trouvons rapidement un emplacement, bien blotti dans les rochers et parmi les cactus et agaves ; aperçu 1 rat et des souris. Un petit vent nous gênera un peu pour notre réchaud gaz. Arrêt moteur à 17h20 avec 73°F - 22.8°C (compteur 8562 miles).
Au fait, qui dit Nouveau-Mexique dit changement d'heure ; nous avançons donc nos montres, GPS et appareils photos d'une heure.
À suivre 😉.
Concours photo VF août 2015 "Et si on allait à la plage?" English translation pending
Bonjour à tous,
Je lance le nouveau thème du concours VF du mois d'Août 2015 "Et si on allait à la plage ?"
En ces mois de juillet et août les esprits sont logiquement tournés vers les vacances alors pour ce nouveau thème je vous propose de tous nous retrouver à la plage de VF. Sortez les parasols, n'oubliez pas votre maillot de bain, la crème solaire et les lunettes de soleil. Vous avez déjà repéré un transat dépêchez vous y' en aura pas forcément pour tout le monde.
Bref vous l'avez déjà compris il s'agira d'élire "photographiquement parlant" la plus belle plage de VF. Plages de sable blanc, de sable noir, de galets, de graviers ou même pelouse, plage déserte ou "encombrée" tout est bien entendu autorisé à condition qu'il n'y ait aucune ambiguité sur le lieu, on doit pouvoir se baigner ici !
N'oubliez pas votre porte monnaie pour vous acheter une glace, possibilité aussi de prendre une collation ou boire un coup au resto ou au bar de la plage à condition de voir dans le cliché le sable ou la mer (ou plus généralement l'eau de baignade).
Règlement de ce concours photo en quelques points :
Dépôt des images jusqu'au dimanche 23 Août à minuit !
3 photos maxi postées par membre avec un petit commentaire sur le lieu et le contexte de sa prise de vue.
1 seule photo par message svp.
Prises de vues réalisées en voyage (mais ballades pour nous faire découvrir son pays ou sa région acceptées).
Votes ouverts à tous du lundi 24 au dimanche 30 Août minuit !
Interdiction de voter pour ses propres clichés.
Photo n°1 = 3 points Photo n°2 = 2 points Photo n°3 = 1 point
Tous les membres de VF peuvent voter en précisant son pseudo suivi du numéro de photo avec si possible un petit commentaire pour expliquer son choix.
La photo gagnante est celle qui obtiendra le plus de points. L'heureux vainqueur aura la tâche d'organiser le concours du mois de Septembre. En cas d'égalité le vainqueur sera celui qui aura obtenu le plus grand nombre de premières places.
Ici c'est le fil pour déposer vos photos (Un post par photo svp !) et plus tard ce sera celui des votes.
Pour discuter sur les photos il faut aller sur le fil de discussion intitulé : Discussion autour du Concours photos "Et si on allait à la plage ?"
Cliquez ici pour visualiser le diaporama de toutes les photos (merci encore et toujours à Herikles pour sa collaboration).
Cordialement Magellan18
Je lance le nouveau thème du concours VF du mois d'Août 2015 "Et si on allait à la plage ?"
En ces mois de juillet et août les esprits sont logiquement tournés vers les vacances alors pour ce nouveau thème je vous propose de tous nous retrouver à la plage de VF. Sortez les parasols, n'oubliez pas votre maillot de bain, la crème solaire et les lunettes de soleil. Vous avez déjà repéré un transat dépêchez vous y' en aura pas forcément pour tout le monde.
Bref vous l'avez déjà compris il s'agira d'élire "photographiquement parlant" la plus belle plage de VF. Plages de sable blanc, de sable noir, de galets, de graviers ou même pelouse, plage déserte ou "encombrée" tout est bien entendu autorisé à condition qu'il n'y ait aucune ambiguité sur le lieu, on doit pouvoir se baigner ici !
N'oubliez pas votre porte monnaie pour vous acheter une glace, possibilité aussi de prendre une collation ou boire un coup au resto ou au bar de la plage à condition de voir dans le cliché le sable ou la mer (ou plus généralement l'eau de baignade).
Règlement de ce concours photo en quelques points :
Dépôt des images jusqu'au dimanche 23 Août à minuit !
3 photos maxi postées par membre avec un petit commentaire sur le lieu et le contexte de sa prise de vue.
1 seule photo par message svp.
Prises de vues réalisées en voyage (mais ballades pour nous faire découvrir son pays ou sa région acceptées).
Votes ouverts à tous du lundi 24 au dimanche 30 Août minuit !
Interdiction de voter pour ses propres clichés.
Photo n°1 = 3 points Photo n°2 = 2 points Photo n°3 = 1 point
Tous les membres de VF peuvent voter en précisant son pseudo suivi du numéro de photo avec si possible un petit commentaire pour expliquer son choix.
La photo gagnante est celle qui obtiendra le plus de points. L'heureux vainqueur aura la tâche d'organiser le concours du mois de Septembre. En cas d'égalité le vainqueur sera celui qui aura obtenu le plus grand nombre de premières places.
Ici c'est le fil pour déposer vos photos (Un post par photo svp !) et plus tard ce sera celui des votes.
Pour discuter sur les photos il faut aller sur le fil de discussion intitulé : Discussion autour du Concours photos "Et si on allait à la plage ?"
Cliquez ici pour visualiser le diaporama de toutes les photos (merci encore et toujours à Herikles pour sa collaboration).
Cordialement Magellan18
Devant le Rideau de Bambou English translation pending

Enfin les vacances !
Celles-ci se font un peu dans la précipitation car six jours avant le départ, nous ne savons toujours pas où nous allons célébrer l’anniversaire de Ry. Pourtant ce ne sont pas les destinations qui manquent : Nouvelle Zélande, Tasmanie ou encore Corée du Sud.
Finalement nous choisissons la dernière pour son exotisme, en prime en cette période de vacances de Pâques, la Corée risque d’être moins fréquentée que les deux autres.
Le temps d’imprimer quelques pages du site Internet de l’Office de Tourisme de Corée, de demander quelques renseignements pratiques à un ami tombé amoureux de ce pays et de feuilleter rapidement quelques blogs sur VF (histoire d’avoir une petite idée sur ce qu’il y a à faire et à voir pendant les dix petits jours dont nous disposons) et c’est déjà l’heure de boucler la valise.
En fait, nous ne retenons que deux choses : 1) à Seoul, mieux vaut rester dans le quartier d’Insadong et 2) considérer d’aller faire un tour à Busan - Gyeongju. C’est peu !
Pour ma part, j’ai évidemment hâte de découvrir « the rest of the peninsula » pour reprendre la formule de Huyn (voir le compte-rendu précèdent) et de pouvoir comparer le Nord avec le Sud…
Perth Lundi 30 Mars 2015
C’est la course. Après une journée de boulot bien remplie, je retrouve Ry à la gare pour faire la tournée des bureaux de change dans l’espoir de trouver des Wons. Contre toute attente, nous en trouvons… cinq minutes avant l’heure de fermeture ! Toucher cette (petite !) liasse de beaux billets de 50 000 Wons me permet de réaliser que ça y est, nous sommes bien en vacances et que nous partons en voyage pour de vrai !
Quelques heures plus tard, nous nous faisons déposer à l’aéroport et récupérons les cartes d’embarquement pour les deux vols avec Singapore Airlines qui nous permettrons d’arriver à destination dans 13 heures… enfin 15 car nous sommes très en avance !
23h30. Tout va bien puisque je gagne les 4 premières parties de Yahtzee… avant que Ry ne me mette 3 Yahtzees (pour les novices, 1 Yahtzee = 5 dés identiques = 50 points) dans la dernière partie ! Ecœuré. Heureusement, une fois installés au fond de l’avion, l’hôtesse m’apporte rapidement un G&T maison qui me rend bientôt euphorique... Malheureux au jeu, heureux en amour !
Singapour Mardi 31 Mars 2015
6h15. Une brume de chaleur recouvre les pistes de Changi Airport. Le transfert d’un terminal à l’autre se fait rapidement, c’est que nous commençons à bien le connaitre cet aéroport ! L’escale est courte mais nous permet de prendre un café, d’essayer des nouveaux parfums et after shave et surtout de nous dégourdir les jambes.
8h30. Du hublot, je regarde les dernières manœuvres des bagagistes qui s’affairent encore autour de l’avion et les reflets du soleil sur les carlingues des avions sagement stationnés un peu plus loin. Nous attendons les passagers retardataires.
L’accélération me parait bien longue mais l’avion quitte la piste avant qu’il n’y en ait plus (préférable) puis se perd rapidement dans les nuages. Les volets se baissent il n’y a plus rien à voir, nous allons survoler les Mers de Chine pendant les cinq ou six heures suivantes.
Quelques heures plus tard, le pilote nous ramène à la réalité en annonçant la descente sur Séoul où il pleut et où la température n’est que de 12°. Une épaisse couche de nuages recouvre la Corée… du Nord au Sud ! Il n’y a donc toujours rien à voir sinon qu’un bout de mer juste quelques secondes avant de rouler sur le tarmac mouillé.
Welcome to Incheon
15h30. Sur les interminables tapis roulants nous découvrons la Corée, enfin quelques publicités touristiques et derrière les baies vitrées, les pistes et un ciel bas et gris. Au hasard, nous choisissons cette file d’attente plutôt que ses voisines. Elle s’avère être plus lente que celle à droite mais plus rapide que celle à gauche en prime celle-ci passe devant une douanière souriante plutôt que devant des douaniers trop sérieux. Empreintes digitales scannées, léger sourire pour la photo et en échange : un petit tampon apposé avec délicatesse sur mon tout nouveau passeport.
Puisque nous voyageons légers, nous ne devons pas cette fois nous inquiéter pour savoir si nos valises apparaîtront ou pas sur l’un des carrousels. Direction les portes coulissantes du hall des arrivées derrière lesquelles des familles guettent les passagers avec impatience, des agents agitent des panneaux où sont écrits les noms de leurs clients et des chauffeurs de taxi évaluent leurs chances de trouver le voyageur idéal. Personne ne semble être intéressé par notre arrivée.
Au guichet de l’Office du Tourisme, en plus de récupérer une carte de Séoul et plusieurs dépliants touristiques, nous apprenons que nous pouvons attendre le bus 6011 sur le quai couvert à la Porte 7 et que nous pouvons payer directement au chauffer les 10,000 Wons ($US10) nécessaires pour aller à Angkuk, une station de métro dans le quartier d’Insadong. Le prochain bus est dans 20 minutes. Nickel et efficace, ça me plait !
Ce qui me plait moins c’est ce temps pourri car dehors ça caille et ça mouille. Ce ne sont pas les bus qui manquent ! Ils vont partout, aussi dans les différents coins de la méga-capitale que vers les petites villes de province du pays. Le nôtre arrive à l’heure indiquée et embarque une demi-douzaine de passagers que le chauffeur salue en faisant une courbette dans l’allée centrale avant de reprendre le volant.
Autoroutes, terrains vagues, plans d’eau, constructions diverses, le tout sous un ciel gris digne des cieux du Plat Pays. Un immense pont enjambe un bras de mer qui se perd dans le crachin, des alignements de barres d’immeubles, des champs vides puis un autre pont, quelques collines et voilà déjà les interminables faubourgs de la capitale.
Le boulevard que nous suivons est bordé d’immeubles hétéroclites plus ou moins récents, sans grand intérêt, et d’arbres aux branches fraichement élaguées ainsi que de quelques autres en pleine floraison. Sur les larges trottoirs, déjà envahis par les écoliers et bientôt par les employés de bureaux sortent leur parapluie. A gauche, derrière un long mur en pierres et en briques émergent un ensemble de toits recourbés : le Palais National et de son musée. Quelques centaines de mètres plus loin voilà notre arrêt… juste devant le QG de la Police… gardé par un cordon de jeunes recrues.
Nous repérons l’Amandier, une pâtisserie de l’autre côté du boulevard Yulgok-ro, le point de départ des instructions pour trouver notre logement ce soir. Nous suivons donc une petite rue bordée d’un côté d’un beau mur et de l’autre de plusieurs écoles en train de se vider. Nous découvrons Angkuk-dong, un quartier pittoresque avec ses petites rues et ses vieilles maisons. Atmosphère paisible de petit village juste à quelques pas de l’un des boulevards les plus importants et encombrés de Séoul.
Premier hic mais il est important, la carte de visite de la pension traditionnelle, où nous avons réservé une chambre pour ce soir, est en anglais et non en coréen ! Première demande de renseignement donc auprès d’une jeune fleuriste qui de suite sort son portable pour afficher la carte du quartier. Facile il suffit de suivre le dédale de ruelles !?!?
Au moins nous partons dans la bonne direction mais nous ne tardons pas à redemander notre direction à un monsieur cette fois. Ce dernier se gratte rapidement la tête puis décide d’arrêter à son tour un passant. Grande discussion entre eux, rotations de têtes ponctuées d’interjections interrogatives. Le second sort à son tour un portable mais pour, il nous semble, composer le numéro de téléphone sur la carte de visite. Nouvelle discussion cette fois ponctuée d’interjections affirmatives. Il y a donc amélioration. Il finit par pointer une ruelle derrière nous qui monte et qui semble se terminer en cul-de-sac. Quoi, tout ça pour ça ! Courbettes de remerciement et premier essai (plutôt lamentable) de coréen.
Effectivement, 50 mètres plus loin, nous apercevons un muret et un portique en bois. Derrière se cache un ensemble de bâtiments surmontés de toits traditionnels en tuiles sombres. Un panneau confirme que nous sommes bien arrivés.
Nouveau hic, nous avons beau sonner, taper sur la porte de plus en plus fort, toujours pas de réponse. Restons Zen ! Nouveau round de sonneries suivi d’une autre série de tambourinage mais le résultat reste le même. Au moment nous concluons qu’il va falloir trouver une solution de rechange, voilà une vieille dame qui apparait derrière nous. Code secret entré, nous entrons. Un court passage mène à une espèce de petit patio entouré de panneaux en bois et de portes en papier havre de paix tout à fait charmant et dépaysement complet. Après avoir laissé nos chaussures sur la première marche et fait coulisser une paire de portes nous découvrons notre chambre ou plutôt notre cellule ! Elle est minuscule et mis à part une télé accrochée au mur elle est complètement vide ?! Pas de panique, les futons et couvertures sont pliés dans la buanderie près des toilettes… frigorifiées ! Hum, pas vraiment enthousiastes…
Autres hics, après un dialogue très laborieux, il en ressort que le prix est de 90,000 Wons par nuit (petit déj. coréen inclus) et que nous devons rester un minimum de trois nuits, ce qui ne nous emballe pas vraiment.
Mise en place du plan B, c’est-à-dire nouveau déambulage dans les rues de Bukchong à la tombée de la nuit à la recherche d’une alternative ! Heureusement la pluie a cessé.
Par hasard, trois cents mètres plus loin nous tombons sur un panneau sur le trottoir indiquant l’Association des Homestay/Guesthouses du quartier. Nous trouvons les bureaux aux fins fonds d’un dédale de ruelles alors qu’ils sont sur le point de fermer. Le jeune gars nous déniche ce qu’il nous faut au Moon Guesthouse qui se trouve parait-il à proximité, juste de l’autre côté de la station de métro, suivre Samil-daero et prendre une petite rue derrière le palais Unhyeongung. O miracle nous trouvons l’endroit du premier coup, au fond d’une ruelle, près d’une cour de récréation.
Le format et décor sont identiques à ceux de la pension de tout à l’heure, mais la chambre est bien plus spacieuse et plus agréable. La jeune fille de la maison, encore dans son uniforme d’école, traduit les instructions du père et nous confie le code secret… après nous avoir allégé notre portefeuille de 100,000 Wons.
Nous ressortons rapidement poussés par la faim… et la curiosité. Nous nous retrouvons dans des ruelles sombres et sans trottoir et partons en direction de l’une des rues principales illuminées de néons multicolores. Il faut remonter les cols, le vent et l’humidité nous fait frissonner. Ce n’est vraiment pas encore le Printemps… Une fois encore, nous avons quitté un Automne austral plus que clément pour un Printemps septentrional encore boréal !
Tels des papillons de nuit, l’attraction des enseignes lumineuses est trop forte, elle nous emmène vers une rue piétonne (Insadong-gil) encore animée malgré le mauvais temps. Boutiques élégantes, restaurants, magasins divers et kiosques où l’on trouve aussi bien des marrons chauds, des gâteaux de riz que des beignets de poissons ou autres crêpes mystérieuses.
Le crachin revient pour un encore. Nous entrons donc dans un petit resto tout simple où sont attablés un couple et quelques collègues de boulot. Une jeune serveuse nous tend une page plastifiée avec quelques photos de plats en guise de menu. Les soupes semblent appétissantes, idem pour cette espèce d’omelette aux légumes.
Voilà donc notre premier repas (sud) coréen qui arrive… qui arrive encore et encore. Nous nous retrouvons avec une demi-douzaine de timbales remplies d’assortiments de condiments de légumes, de poissons et d’algues plus autant de raviers remplis de sauces la table se métamorphose en palette colorée. Quant à l’éventail des saveurs, il est tout simplement surprenant tout comme celui des épices d’ailleurs… Puis viennent les soupes fumantes (délicieuses) et cette omelette qui n’en est pas une, il s’agit en fait de choux frit, garni et… épicé !
La bouche en feu, l’air frais de dehors fait du bien. Sur le chemin du retour nous passons devant quelques hôtels dont l’Ibis qui propose des chambres à 87,000 Wons !? Nous savons déjà où nous allons dormir demain !
En attendant, nous regagnons notre futon au Moon. Inutile de nous bercés ce soir.
Séoul Mercredi 1 Avril 2015
Ce sont les cris des gamins en train de jouer dans la cour de récréation de l’école d’à côté qui nous sortent de nos rêves. Personne dans la maisonnette mais la cuisine est juste à côté. Il suffit de lire le monde d’emploi pour se faire un café et suivre les instructions pour trouver le reste… et de faire la vaisselle avant de partir.
Nous déposons nos valises à l’Ibis, ravis non seulement d’échanger un futon contre un bon lit et d’avoir une vraie salle-de-bains mais en plus de faire des économies !
C’est sous un ciel bien nuageux que nous dirigeons vers le premier d’une longue série de temples que nous comptons visiter à Séoul : le palais Gyengbokgung.
L’entrée, sur le côté, est plutôt discrète et ne permet pas d’avoir une vue d’ensemble du palais et de sa multitude de bâtiments. Au guichet, nous optons pour un passe qui permet de visiter cinq temples pour 10,000 Wons. Pas sûr que nous les visitions tous mais les calculs sont vite faits.
Comme la Cité Interdite de Pékin, ce palais est composé d’une succession de portes, cours, palais, pavillons, temples, jardins, bassins, de ponts et autres enfilades de bâtiments servant aux soldats et au personnel, le tout respectant une certaine symétrie.
Cet ensemble a été construit en 1394 par le roi Taejo, premier roi de la dynastie Joseon. Malheureusement, la majorité du palais a été détruite par les flammes au cours des invasions japonaises de 1592–1598. Gyeongbokgung a été laissé à l'abandon pendant plus de 250 ans, puis il a finalement été reconstruit à l’identique en 1868 sous l'ordre du prince régent de l’époque. 500 bâtiments ont été construits sur un terrain de plus de 40 hectares constituant ainsi une véritable petite ville.
Gyeongbokgung fut détruit à plus de 90% une seconde fois lors de l'occupation japonaise (1910-45) et remplacé par des bâtiments de l’administration coloniale japonaise. J’imagine que beaucoup de touristes japonais doivent ressentir un certain malaise quand ils visitent les palais et temples coréens car pratiquement tous ont été détruits ou endommagés par leurs ancêtres…
Depuis 1990, un effort considérable a été fait pour rétablir pleinement le palais Gyeongbokgung dans son ancienne gloire. Les bâtiments coloniaux ont été démolis, la porte de Heungnyemun a été restaurée dans son état d'origine ainsi que les quartiers royaux et le palais de l'Est du prince héritier. Près de la moitié des structures existantes avant l'occupation japonaise de la Corée a maintenant été restaurée ou reconstruite.
Ceci explique pourquoi tout apparait être trop beau, trop parfait, les peintures trop fraiches pour être vrai, un peu à l’image du château de la princesse à EuroDisney !!! Mais à l’opposé d’EuroDisney, tout a été reconstruit très scrupuleusement à l’identique selon les plans d’origine par des artisans talentueux.
Il ne nous reste plus qu’à déambuler sur les pavés des cours successives et à admirer l’extraordinaire travail de restauration effectué depuis deux décades et demie et à tomber sous le charme des lieux. Le vent a fini par chasser les derniers nuages et le soleil apparait enfin. Nous découvrons ainsi combien les montagnes sont proches et forment un superbe arrière-plan.
Chaque bâtiment a un nom, souvent presque similaire mais toujours imprononçable ! Tous finissent par se mélanger ainsi que leurs fonctions d’ailleurs. Quel est celui qui servait de lieu de résidence du roi… ou de la reine, celui qui faisait office de salle du trône, de salle de réception extraordinaire… ou ordinaire, celui réservé aux banquets… ou aux études des princes ? Geunjeongmun, Heungnyemun, Sajeongjeon, Oejeon, Najeon, Jaseondang, Gyeonghoeru, Gyeonghoeru, Hyangwonjeong, Sajeongjeon… la liste continue mais aucun ne nous échappe !
Si la plupart des bâtiments sont fermés ceux qui ne le sont pas révèlent des intérieurs somptueusement décorés et extrêmement colorés. L’un d’eux, Jagyeongjeon, résidence de la reine Sinjeong (reconstruit en 1888 et l’unique demeure royale à ne pas avoir été rasée lors de l’occupation japonaise) permet de voir et comprendre l’ingénieux système de chauffage (au sol s’il vous plait !) et d’admirer de superbes cheminées disposées à l’extérieur.
A proximité de la jolie pagode se trouve un intéressant petit musée où sont exposés objets, bijoux, armes, gravures et illustrations de la vie à la cour. Dehors ce sont des statues en pierre qui tiennent la vedette. Enfin juste derrière, l’aménagement d’une ‘rue’ des années soixante avec ses vitrines, atelier, épicerie, quincaillerie…etc. permet de se replonger dans les années yé-yé. Que de chemin parcouru depuis !
Après avoir refait le tour en sens inverse (pour s’assurer de n’avoir rien oublié !!!) nous tombons sur les cérémonies de la relève de la garde à la Porte Gwangwamun. Parade en habits traditionnels aux sons d’anciens instruments de musique… on pourrait bien se croire revenu au temps des rois... mais les bruits de circulation nous ramènent vite à la réalité du présent.
C’est déjà l’heure du déjeuner et les voyages dans le temps ouvrent l’appétit. Heureusement nous trouvons rapidement notre bonheur dans un charmant petit restaurant dans le quartier de Bukchon. Une fois encore ce sont les photos des plats qui nous sauvent. Celle-ci a l’air sympa… Arrive un véritable banquet, la grande table se recouvre d’une multitude de petits plats bien mystérieux mais tous délicieux. La serveuse nous montre le mode d’emploi : telle sauce pour tel plat, telle salade pour tel sauce. Elle oublie seulement de préciser que toutes sont fortement épicées.
Nous allons bruler l’excèdent d’énergie en marchant dans les petites rues tranquilles de Bukchon en direction du palais Changdeokgung aussi nommé palais de la Prospérité dont l’histoire est aussi compliquée que celle du palais Gyeongbokgung.
Commencé en 1405, sous le règne du roi Taejong (sombre histoire d’égo) puis agrandit sous ce celui du roi Sejo, le palais Changdeokgung finit par remplacer le palais Gyeongbokgung et devient le palais favori des rois de la dynastie Joseon. 1592, première catastrophe : les Japonais débarquent et brulent le tout. 1609, les Coréens reconstruisent l’ensemble. 1623, deuxième catastrophe, une révolte qui tourne mal et qui se termine par l’incendie d’une partie du palais. Nouvelles reconstructions, nouvelles catastrophes, elles ne manquent, cependant Changdeokgung reste le palais le mieux préservé parmi les cinq palais de la dynastie Joseon encore debout. C’est aussi dans ce palais que Sunjong, le dernier empereur de Corée, vécut jusqu’à sa mort en 1926.
Aujourd’hui il ne reste que treize bâtiments dans l’enceinte du palais et vingt-huit pavillons dispersés dans les jardins. Contrairement aux bâtiments du palais Gyeongbokgung qui suivent un ordre architectural strict, ceux du Changdeokgung suivent les principes du Feng Shui et s’accordent davantage à la topographie des lieux.
Une fois la porte monumentale Donhwamun (restaurée en 1608) franchie, nous suivons un groupe d’écoliers en excursion sur le plus vieux pont de Séoul (Geumcheongyo, construit en 1411) mais les laissons volontiers prendre un peu d’avance afin de pouvoir admirer l’imposant Injeongjeon (salle du trône) et l’élégant Seonjeongjeon (salle de réception et de travail), situé un peu plus loin, en toute tranquillité. Si le style (double toits, tuiles, couleurs, intérieurs) de ces deux bâtiments est assez similaire à ceux du palais Gyeongbokgung, les bâtiments suivants donnent dans le sobre et le rustique grâce à leurs murs blancs tranchant avec le bois sombre des piliers, portes et terrasses. Le tout est agrémenté par de nombreux bosquets d’arbres en fleurs qui font le bonheur d’une poignée de photographes hyper bien équipés.
Une queue de touristes se forme près d’une grille fermée. Intrigués nous allons voir ça de plus près et comprenons rapidement qu’ils attendent l’heure de la visite guidée en anglais du Jardin Secret. Délestés d’une paire de milliers de Wons, nous nous joignons au groupe. La visite du Jardin Secret (Huwon) ne se faisant qu’en groupe, nous attendons patiemment trois heures.
La jeune guide ajuste son microphone puis commence son monologue que nous écoutons religieusement. Ainsi nous apprenons que ces collines boisées servaient de lieux de repos, de promenade et de jeux aux membres à la famille royale, que l’on y trouve plus d’une centaine d’essences différentes et que ni la disposition ni la végétation n’ont pratiquement pas changé depuis des siècles. La balade est agréable et est ponctuée de nombreux arrêts permettant d’admirer et d’approcher plusieurs pavillons perdus, des bassins fleuris et des fontaines… aux noms très exotiques (Buyongjeong, Buyongji, Juhabru, Eosumun, Yeonghwadang, Bullomun, Aeryeonjeong, Yeongyeongdang sans oublier la plus minuscule des chutes (Ongnyucheon) que l’on repère grâce au poème gravé sur un rocher.
La promenade se termine par la visite d’un ensemble de bâtiments qui servaient aux servants et aux gardes et par ce cyprès 5 fois centenaire, vaillant vieillard soutenu par de solides piliers en bois.
Il nous reste encore un peu de temps pour refaire un petit tour dans le palais et admirer les jardins tout au fond où sont regroupés des dizaines d’arbres en fleurs et même de prendre un café à la cafétéria. Alors que nous nous dirigeons vers la sortie nous croisons des jeunes musiciens et acteurs en costume traditionnels qui se préparent pour le spectacle sons et lumières de ce soir… sur invitation uniquement !
Il est grand temps d’aller reposer nos pauvres pieds dans notre chambre d’hôtel, juste une heure devrait suffire !!! Une heure + prolongations plus tard, nous revoilà repartis pour une visite du quartier. Celle-ci nous mène jusqu’à une grande avenue sans grand intérêt, puis dans les allées d’un immense marché spécialisé dans les pièces détachées électriques et électroniques ?!
Enfin nous tombons sur ce que nous cherchions : la rivière Cheonggyecheon, un petit cours d’eau récemment aménagé en promenade. Mais il est déjà trop tard, le soleil se couche. Il ne nous reste plus qu’à refaire exactement le chemin en sens inverse, le plus sûr moyen de ne pas se perdre puis de faire la tournée des petits restaurants d’Insadong … bien emmitouflés car ça caille ce soir !
Séoul Jeudi 2 Avril 2015
Après un petit déjeuner dinette dans la chambre, nous voilà prêts pour une nouvelle journée découverte de la capitale. Programme chargé (comme d’hab. !) avec nouvelles visites de palais, temples, jardins mais dans d’autres quartiers.
Comme hier, le vent chasse les nuages gris et permet au soleil de montrer ses beaux rayons. Premier sur notre liste, le sanctuaire deJongmyo situé près de l’avenue aperçue hier en fin d’après-midi. L’entrée n’est pas facile à trouver car les palissades entourant un chantier la camouflent plutôt bien. Quand finalement nous la trouvons, une corde barre le passage. Pas de panique, le sanctuaire ne se visite qu’en visite guidée, il nous faut simplement attendre une petite demi-heure pour la suivante.
Nous en profitons donc pour aller faire un tour dans les allées du petit parc juste en face. Curieusement ce petit espace de verdure est très fréquenté… par des hommes d’un certain âge assis sur des bancs et s’imprégnant des rayons d’un soleil printanier. Si certains donnent à manger aux oiseaux, d’autres préfèrent lire des journaux ou encore faire quelques exercices d’assouplissement, mais la plupart restent concentrés devant les damiers de leur jeu de Go. Pendant de longues minutes, nous nous joignons aux petits groupes d’observateurs-experts rassemblés silencieusement autour des parties les plus serrées mais rien à faire nous n’arrivons pas à saisir la stratégie employée pour entourer et ramasser les pastilles blanches et noires.
Nous sommes une bonne vingtaine de touristes à marcher derrière la jeune guide qui a revêtue pour l’occasion son beau costume traditionnel. Nous la suivons sur des chemins dont la partie centrale est pavée et uniquement réservée aux dignitaires… que nous ne sommes pas donc prière de rester sur les graviers !
Ce sanctuaire confucéen, nous apprend-t-elle est dédié aux membres de la famille royale de la dynastie Chosŏn. L’ensemble comprend plusieurs bâtiments sombres dispersés dans un beau parc, mais les principaux sont le Jeongjeon et le Yeongnyeongjeon. Le premier construit en 1394, détruit en 1592 par l’on sait qui, puis reconstruit en 1601, abrite, dans les dix-neuf salles qu’il comporte, 49 tablettes en bois commémorant les rois et reines qui se sont succédés au fil des siècles. Le second (construit plus tard pour accommoder les nouveaux rois décédés), est la copie conforme du premier mais ne comprend que seize chambres contenant 34 tablettes… que nous ne verrons d’ailleurs pas car tous deux sont fermés !?
Nous ne pouvons donc qu’apprécier l’architecture extérieure (tuiles noires, boiseries et colonnes en rouge foncé) du fond de la grande cour pavée qui s’étend devant les édifices bâtis tout en largeur et nous contenter de regarder les panneaux remplis de photographies prises lors des rituels qui ont lieu chaque premier Dimanche de Mai.
Une visite plutôt décevante que nous oublions rapidement en remontant la rue commerçante que nous commençons à bien connaitre. Une fois encore, en passant devant l’un des magasins d’instruments de musique, je ne peux pas m’empêcher de taper sur les tambours qui envahissent une partie du trottoir.
Nous nous retrouvons bientôt devant les murs d’enceinte du palais Changdeokgung, (celui que nous avons visité hier après-midi) mais encore bien loin du restaurant traditionnel à ne pas manquer dans le quartier universitaire et branché de Marronnier Park que Ry avait repéré dans l’une des brochures du Tourism Office.
Un taxi nous y emmène en quelques minutes… enfin nous dépose dans la rue car pour trouver le fameux restaurant en question, c’est toute une autre histoire.
Commerçants et passants à qui nous demandons ne semblent pas connaitre. L’un d’eux nous prend en charge, nous fait faire le tour du pâté de maisons une paire de fois avant de tomber sur deux de ces amis qui lui (nous) apprennent que le restaurant n’existe plus depuis quelques mois. Déçus et affamés mais impressionnés par la gentillesse des Coréens, il ne nous reste plus qu’à aller avaler un sandwich au Paris Croissant du coin. Pour nous consoler, nous commandons même une demi-douzaine de mini-croissants en guise de dessert. Quelle surprise quand nous réalisons qu’ils ont un gout d’ail certes discret mais… franchement désagréable !!!
C’est en mâchouillant des chewing-gums que nous arrivons devant l’entrée du quatrième palais, celui de Changgyeonggung (le palais d’Eté) qui connecte avec le Jardin Secret lui aussi visité hier.
L’agencement des édifices est aussi classique mais moins impressionnant et solennel que celui du palais Gyeongbokgung. Portique principal (Honghwamun), petit pont (Okcheongyo), autre porte (Myeongjeongmun), cour pavée et escaliers conduisant aux Myeongjeongjeon (salle des Audiences), Munjeongjeon (salle du Conseil), Sungmundang et Binyangmun (j’ai depuis oublié la différence qu’il existe entre ces deux-là !) puis une autre cour plus spacieuse où sont regroupés le Haminjeong (espèce de kiosque à musique surélevé) le Gyeongchunjeon, la résidence de la reine-mère et Hwanggyeongjeon, celle du roi et de la reine sans oublier le Tongmyeongjeon ni le Yanghwadang et surtout pas le Punggidae ni l’Angbuilgu dont les fonctions exactes m’échappent !!!
Une courte averse vient perturbée la visite et nous n’avons que le temps de nous abriter sous le Haminjeong (le kiosque). Après une longue promenade dans les recoins détrempés du parc, il ne nous reste plus qu’à regagner notre hôtel.
En chemin, nous passons devant le palais Unhyeongung. Sur notre lancée, nous franchissons la porte d’entrée pour découvrir un petit palais plutôt sobre mais enchanteur avec ses nombreuses colonnes, planchers extérieurs et panneaux en bois. Si le site date du XIVème siècle, les trois structures que nous visitons sont bien plus récentes (1864). C’est dans ce petit palais que naquit et grandit Gojong (le 26ème roi de la dynastie Joseon) avant d’accéder au trône. C’est également dans ces lieux qu’il se mariât en 1866.
Le bâtiment principal (Norakdang), était utilisé lors de réunions, fêtes et autres évènements importants (dont le mariage du roi) et également comme l’une des deux résidences réservées aux femmes. Le bâtiment à côté (Naondang) servait lui de salle de travail au père du roi et le troisième (Irodang) était l’autre résidence réservée aux femmes. Contrairement aux précédents palais que nous avons visités et qui nous paraissaient toujours vides et sans âme, celui-ci est plus gai presque vivant grâce à toute une série de mises en scène retraçant la vie quotidienne à l’époque à l’aide de mannequins costumés. Par les fenêtres ouvertes, nous pouvons apprécier la décoration, le mobilier et deviner la fonction de chacune des pièces. Un bien agréable voyage dans le temps, renforcé alors que nous apprêtons à sortir, par un petit groupe de jeunes gens et un couple de jeunes mariés en costume traditionnels en train de poser et de prendre des photos.
Nous apprenons ainsi que ce petit palais est particulièrement prisé par les jeunes mariés coréens non seulement pour le décor mais aussi parce que chaque année se tient une spectaculaire réédition costumée du mariage royal.
Après une pause à l’hôtel, il est temps de repartir, sous la pluie cette fois, jusqu’au marché couvert de Gwangjang, situé à proximité du sanctuaire de Jongmyo visité ce matin. Re-rue commerçante (sous les néons maintenant) et re-tapage sur les tambours (protégés par des feuilles plastifiées).
Eclairs, coups de tonnerre, nous n’échappons au déluge que de justesse en nous joignant à la queue qui s’est formée sous l’abribus. Quelques minutes plus tard, nous trouvons l’une des entrées du marché.
Dans cette allée, les marchands de vêtements sont en train de fermer boutique mais les magasins alimentaires sont eux encore ouverts et plein de monde. Les différentes allées du marché convergent vers un espace central où sont regroupés plein de bouisbouis et stands à bouffe entourés de banquettes en bois. De puissants projecteurs permettent de voir ce que les cuisinières sont en train de préparer et de cuire. Les étals sont remplis de choses colorées (le rouge domine), la plupart appétissantes. Pas facile de trouver une paire de places sur les bancs, ni de comprendre ce qui est proposé. Notre solution : pointer du doigt l’assiette du voisin en espérant que nous avons les mêmes gouts culinaires… Nous nous en sortons plutôt bien !
Nous apprécions également l’atmosphère populaire et chaleureuse qui règne dans ces espèces de halles où les gens se retrouvent autour d’un repas simple, sans chichi et bon marché. Rassasiés, il ne nous reste plus qu’à faire une paire d’allées, de regarder la quantité de produits inconnus étalés un peu partout et parfois tenter de deviner ce qu’ils peuvent bien être.
Retour à l’hôtel… sans oublier de passer au Paris Croissant pour le petit déjeuner demain matin. Hélas, il n’y a plus de croissants ni de petits pains au chocolat. Il nous faut donc nous rabattre sur les muffins… en s’assurant qu’ils sont bien aux myrtilles et non à l’ail ou pire aux piments…
Séoul Vendredi 3 Avril 2015 Happy Birthday Ry
Pour cette journée spéciale, une mission : trouver une bouteille de Champagne de France. Nous avions bien commencé nos recherches les jours précédents mais sans succès, en fait nous n’avions déniché que du mousseux chinois. Heureusement nous avons trouvé à la réception de l’hôtel un dépliant touristique mentionnant l’existence d’un quartier français à Séoul (Seorae Maeul). Qui dit Français dit Champagne !
Après un bon petit déjeuner au lit, première célébration de ce grand jour, nous découvrons que le soleil n’est pas au rendez-vous, ou plutôt qu’il est prisonnier derrière un manteau brumeux. Pas de risque d’insolation aujourd’hui !
Cette fois nous allons pouvoir faire notre marche le long de la rivière Cheonggyecheon, ce cours d’eau sauvé du bitume qui le cachait et aujourd’hui aménagé en promenade. Oasis de verdure coincé au milieu des gratte-ciel dont les façades ne reflètent que le gris du ciel. Par contre les gargouillis des rapides artificiels couvrent parfaitement les bruits de la circulation. En chemin, nous ne croisons que quelques joggeuses et employés de bureau (en retard !) puis, alors que nous arrivons aux ‘chutes’ finales, un groupe de jeunes touristes emmitouflées en plein concours de selfies.
Arrivés à la place Cheonggye (marquée d’une curieuse sculpture mauve en forme de coquillage allongé), nous n’avons que le choix de remonter à la surface pour retrouver la foule et les embouteillages. Foule des grands jours car nous tombons en plein milieu d’une distribution gratuite d’arbustes par un parti politique ou association quelconque. Il doit s’agir d’un grand évènement puisque plusieurs équipes de télévision se disputent le meilleur endroit pour le filmer. Peut-être figurerons-nous aux actualités télévisées de ce soir !
Nous poursuivons le long de cette large avenue (Sejong-Daero) bordée de banques et autres prestigieuses institutions jusqu’à la Seoul Plazza où se trouve le City Hall et l’entrée du palais Deoksugung le cinquième et dernier des grands palais.
A l’origine ce site était le lieu de résidence du prince Wolsan (frère du roi Seonjong) mais lorsque tous les autres palais royaux furent détruits ou endommagés lors de l’invasion japonaise en 1592, les bâtiments résidentiels encore debout servirent de … palais royal de secours durant la période de reconstruction. Près de trois siècles plus tard, en 1897 le roi Gojong réinvestit les lieux et fait ajouter plusieurs nouveaux édifices traditionnels et d’architecture occidentale, renforçant ainsi sa détermination à moderniser le royaume. Surprise donc en voyant, jouxtant les superbes anciens bâtiments en bois, une paire de buildings de style néo-classique qui auraient plus leur place à Londres qu’à Séoul et qui font office de nos jours de musées.
La page culturelle tournée, il est temps de nous préoccuper de notre Champagne. Le métro permet de passer de l’autre côté du fleuve Han et de se perdre dans les banlieues où les hautes et étroites tours d’habitations sont aussi nombreuses que les arbres dans la forêt de Fontainebleau. Nous marchons le long d’une voie rapide puis tournons à gauche avant la passerelle pour piétons. Changement radical de décor. Nous nous retrouvons maintenant dans une petite rue qui tourne et monte doucement, bordée de magasins et d’immeubles de quelques étages. Il y règne presque une ambiance de village tant tout est calme. Il faut chercher les quelques enseignes en français mais elles existent bien, prouvant ainsi que nous sommes bien arrivés à Seorae.
Ce petit bout de banlieue tranquille est devenu, depuis le déménagement du l’Ecole Française de Séoul, le point de ralliement d’une importante partie de la communauté française expatriée dans cette partie du monde. Nous y trouvons de nombreux commerces incontournables en rapport avec la culture française : boulangerie, épicerie fine, restaurants, cafés, coiffeurs, même une boutique d’outillage et surtout un marchand de vins… Ouf ! Incroyable mais vrai nous achetons l’unique bouteille de Champagne !
Nous laissons la visite du Parc Montmartre à une autre fois, le temps n’étant toujours pas propice à la balade dans la nature et commençons à marcher en direction du quartier de Gangman. Plus judicieusement nous hélons un taxi qui quelques minutes plus tard nous dépose au croisement de deux immenses avenues : le cœur de ce quartier branché rendu célèbre le temps d’une chanson et d’une dance reconnues aujourd’hui dans le monde entier.
Au pied des gratte-ciel, les magasins et boutiques de luxe se succèdent à l’infini. Sur les larges trottoirs, les jeunes rivalisent pour trouver la tenue ou la coupe de cheveux la plus… cool ou la plus déjantée. Dans les petites rues parallèles bordées d’enfilades de fils électriques, ce sont les bars, bistrots, restaurants qui se disputent la jeune clientèle.
C’est d’ailleurs ici que nous trouvons un petit resto au décor zen et au menu encore plus zen (plat unique : Anping chicken, deux options très épicé ou hyper épicé). Le serveur nous remet une paire de ciseaux ( ?) puis arrive avec une espèce de plat à paella rempli de grosses pates (d’où les ciseaux) et de gros morceaux de poulet, le tout baignant dans une épaisse sauce rouge. Je n’ose pas imaginer ce que doit être la seconde option car dès la deuxième bouchée, je me sens devenir dragon ! Quant à l’exercice manuel, je ne peux que constater mon cruel manque de dextérité à l’emploi de baguettes en métal rondes pour désosser les morceaux de poulet.
L’exploration du quartier se poursuit la bouche ouverte, non pas sous l’effet de surprise (bien que…) mais plus simplement pour la rafraichir. Idem dans le métro bondé sur le trajet du retour à l’hôtel… au risque de me faire passer pour l’idiot du village...
Le temps de mettre la bouteille au frais et d’en profiter pour sucer quelques glaçons et nous revoilà repartis vers la rue commerçante (celle avec les tambours !) en direction de la tour de télécommunication perchée en haut de sa montagne et qui me nargue depuis mon arrivée.
Le soleil ayant enfin percé la carapace nuageuse, nous pouvons espérer assister à son coucher tout en admirant la vue panoramique sur la capitale. Arrivés au pied de la petite montagne, nous réalisons qu’il nous faut encore prendre un taxi jusqu’au téléphérique… Le soleil prenant une teinte orangé, nous achetons vite nos tickets. Horreur, la queue, que nous pensions minuscule, s’étale dans les escaliers. Pas moyen d’en voir la fin. 45mn plus tard, nous nous serrons comme des anchois dans un bocal dans l’unique cabine du téléphérique. Le soleil ne nous a pas attendus ! Panorama nocturne donc qui prend la forme d’un immense tapis lumineux qui se perd dans la brume et la nuit. Quelle déception ! Cinq minutes plus tard, nous sommes de nouveau dans notre bocal… vide cette fois !?
Une nouvelle fois les milliers de néons colorés clignotants nous attirent irrésistiblement. C’est ainsi que nous découvrons les rues animées du marché de Myeongdong. Avalanche de lumières, foule compacte en train de faire du lèche-vitrine ou de savourer les spécialités disponibles sous les toiles de tente et parasols qui ont envahis le milieu de la rue.
De loin, nous repérons la Jongno Tower qui, depuis plusieurs jours nous, sert de phare et nous permet de retrouver notre chemin dans ce labyrinthe de petites rues dégoulinantes de lumières.
Il est maintenant grand temps de sabler le Champagne !

Séoul Samedi 4 Avril 2015
Aujourd’hui changement d’air puisque nous partons à Busan, la deuxième ville de la Corée du Sud, située sur les bords de la Mer du Japon. Hélas pas de baignade prévue car la météo n’annonce pas du beau temps… pour le sud !
Il ne faut que quelques minutes en métro pour se retrouver sur le parvis de la gare ferroviaire de Séoul, également le point de rendez-vous des sans-abris et clochards de la capitale. Sous les petits chapiteaux en toile, c’est la prêche avant la distribution. A droite de l’ancien bâtiment en briques rouges et au dôme vert se trouve l’entrée de la nouvelle gare tout en verre et en acier. Tickets du KTX (TVG local) en poche il ne nous reste qu’une petite heure pour prendre café et croissant au Paris Croissant de la gare et même en profiter pour acheter des sandwiches pour le déjeuner qui se prendra dans le train.
Au début des années 2000, la SNCF ayant fait de bonnes affaires ici, il n’est donc pas surprenant de constater, entre les TGVs coréens et français, certains traits de similitude à commencer par un certain look, le confort (ou plutôt le manque de), certains bruits et aussi certaines odeurs. Il ne manque plus que le jingle… mais les Coréens ont les leurs !
A la minute près, le train démarre doucement puis retrouve l’air libre pour filer sur le pont qui enjambe le fleuve et se faufiler entre les nouveaux gratte-ciel et innombrables tours d’habitations de la rive sud.
Banlieues, zones industrielles, routes, lignes électriques, poteaux, ponts, tunnels, champs vides, bouts de montagne puis une incroyable marée de serres envahissant tous les recoins des vallées qui se succèdent le long des 417 km qui séparent Séoul de Busan. La séquence des paysages se répète à deux reprises, l’une à Daejeon et l’autre à Dongdaegu, deux villes étapes.
2h18 plus tard nous voilà arrivés à Busan. Il fait gris et froid et le ciel est de plus en plus menaçant. La météo ne semble pas avoir refroidi les nombreux touristes coréens qui, une fois le weekend arrivé, se précipitent à Busan… et envahissent les hôtels !
Nous découvrons que le hasard du calendrier ne fait pas bien les choses pour nous : pénurie de chambres et forte augmentation du prix le weekend, heureusement nous pouvons compter sur l’efficacité de la jeune fille au guichet du Tourism Office de la gare qui nous trouve la dernière chambre d’un hôtel pas trop onéreux à 100 mètres de la gare.
Hôtel de marins en transit. La chambre est curieuse : immense avec un salon et des tentures rouges et la vue minable : plongeante sur un chantier et les parkings de la gare puis au-delà panoramique sur les haubans d’un pont, des grues et tout au fond sur les reliefs qui disparaissent dans la brume.
Eclairs, tonnerres et averses. Installés au chaud dans notre beau salon, nous épluchons les prospectus touristiques récupérés à la gare et préparons quelques itinéraires les choses à voir sont en effet dispersées et la topographie des lieux ne simplifie pas la tâche.
Ce n’est pas la pluie qui ne cesse de tomber qui va nous arrêter. Direction la station de métro en face de la gare, derrière la fontaine illuminée. Ici le métro est plus facile à négocier, d’une part il y a moins de lignes et d’autre part les distributeurs plus compréhensibles en plus c’est moins cher !
Direction le marché de Jagalchi, un marché aux poissons qui vaut apparemment le détour. Pendant le trajet nous observons les passagers qui ont un petit air de province en tout cas une attitude plus relâchée.
Nous descendons deux stations plus loin. Les averses sont encore plus intenses et le jour n’en a plus pour très longtemps. Nous marchons avec précipitation mais précaution sur les trottoirs détrempés, encombrés d’étalages bâchés et envahis par des piétons mouillés et résignés. Nous suivons les néons qui conduisent vers les quais et une petite allée bordée d’un coté de petits restaurants et de l’autre d’étalages remplis de fruits de mers et de poissons, de pieuvres, de calamars et autres créatures inconnues. Grosse bousculade dans les flaques d’eau et sur les pavés glissants, mais ambiance bon-enfant malgré le déluge qui nous tombe dessus.
Chaque petit restaurant a sa crieuse de menu et une ‘cuisine’ placée juste à l’entrée, sur le trottoir. L’avantage est que nous pouvons voir ce qui cuit dans les marmites ou sur les braises. Nous trouvons le seul bouiboui dont une partie de la minuscule salle-à-manger contient également des tables et des chaises et non uniquement des tables basses sur des tatamis.
Il règne une sacrée ambiance et de bonnes odeurs dans ce troquet du bout du monde. Ça ne traine pas ici et les tables sont constamment renouvelées par trois serveuses rigolotes. Il suffit de pointer un poisson sur le grill et d’attendre… à peine quelques minutes avant de voir débarquer une dizaine de petites assiettes remplies d’un tas de trucs différents souvent froids mais hyper épicés. Riz et poisson suivent rapidement. Mais qu’est-ce que c’est bon tous ces machins ! Quelques instants plus tard, la bouche est en feu, les papilles en ‘foufele’ et l’estomac heu-reux.
Métamorphosés en radiateurs ambulants, nous poursuivons la balade dans le marché mais la pluie gâche le plaisir de la promenade digestive. Autant revenir demain. Après un bref détour par la gare pour acheter un gobelet de chocolat chaud, il ne nous reste qu’à nous mettre sous la couette, écouter la pluie cogner sur les vitres et regarder les éclairs à travers les rideaux… rouges.
Busan Dimanche 5 Avril 2015
Derrière les vitres, j’aperçois un ciel bas et gris mais pas de pluie. La température aujourd’hui ne devrait pas dépasser 9° nous a averti la speakerine hier soir.
Le petit dej. se passe au Paris Croissant de la gare, pourquoi s’en priver ?! Ce matin nous distinguons un peu plus clairement les immeubles et maisons accrochés aux flancs des reliefs en face de la gare et au-dessus de Chinatown, ce paysage me ramène presque à Nagasaki ou à Valparaiso.
Nous reprenons la promenade au marché de Jagalchi, là où nous l’avions laissée hier soir, c’est-à-dire devant le bâtiment moderne de deux étages : le marché officiel où sont rassemblés plusieurs dizaines de vendeurs de poissons et de fruits de mer. Du jamais vu et ce à plusieurs niveaux. D’abord le nombre et la grandeur des aquariums, basins, baignoires de chacun des vendeurs, ensuite l’extraordinaire variété d’espèces de poissons, d’algues, de coquillages, l’incroyable quantité des produits proposés (de quoi nourrir la Terre entière !), puis l’odeur d’iode et plus qui prend les narines et enfin le bruit des bulles dans tous ces aquariums.
L’air frais des quais fait du bien. Du ponton nous admirons les chalutiers, bien serrés cote à cote comme s’ils se tenaient au chaud et plus loin les installations portuaires qui s’étendent à perte de vue. A droite, il y a tellement de maisons bleues accrochées à la colline que Maxime s’y perdrait.
Quant à nous, nous nous perdons dans les ruelles commerçantes du marché d’en face. Ici les poissons sont remplacés par… tout le reste, des légumes aux vêtements, de l’outillage aux confiseries... etc. Curieusement, les rares touristes occidentaux que nous croisons parlent tous le russe. Mais est-ce vraiment surprenant ? Vladivostok n’est qu’a une poignée de centaines de milles marins !
Il est temps d’aller voir de plus près ces fameuses maisons bleues qui nous intriguent depuis notre arrivée à Busan. Pour quelques Euros, un taxi nous emmène sur les hauteurs jusqu’à l’école primaire du village de Taegeukdo.
Plutôt que de descendre vers le village, nous préférons remonter la route qui va vers un parc boisé. Peut-être aurons-nous une meilleure vue de là-haut ? Pas vraiment car le chemin forestier tourne le dos au village mais au fur et à mesure que nous grimpons, nous découvrons toute une série de vues panoramiques brumeuses sur Busan, son port, ses différents quartiers, ses plages et les montagnes qui l’entourent. Dans les arbres, qui commencent à peine à bourgeonner, quelques écureuils jouent à cache-cache au-dessus de nos têtes. Impossible de connaitre toutes ces essences mais nous prenons bien soin d’emmagasiner les senteurs de cette forêt, elles sont si différentes de celles que l’on trouve dans les forêts d’eucalyptus australiennes.
Le chemin se termine dans un parc où sont regroupées des dizaines de sculptures d’artistes coréens. Culture et Nature. Nous rebroussons chemin plutôt que de nous aventurer sur les sentiers boueux et sombres à l’intérieur de la forêt.
De nouveau devant l’école primaire, cette fois nous traversons la rue qui domine le village accroché aux flancs abrupts des collines. Nous découvrons un panorama aussi surprenant qu’inattendu, une myriade de petits cubes colorés et d’étroits passages qui descendent jusqu’à la mer que l’on aperçoit tout en bas. Sur les hauteurs du village, quelques jardins potagers et arbres en fleurs forment une ceinture pas encore verte.
L’histoire de ce village, devenu maintenant une attraction touristique prisée, est récente puisqu’elle ne remonte qu’à la guerre civile (début des années 50) quand quelques 4000 adeptes du mouvement religieux Taegeukdo fuyant les régions détruites par la guerre, s’installèrent sur ces collines, à l’écart de Busan. Ils y construisirent 800 cabanes en bois et furent rapidement rejoints par d’autres adeptes ou habitants à la recherche de logements à petit loyer. Dans les années 80, la population atteint le nombre de 20000 puis commence à chuter dans les années 90, (les nouveaux appartements dans les tours d’habitation que l’on construit à tour de bras sont certainement plus confortables et spacieux). Aujourd’hui le village ne compterait ‘que’ 10000 habitants… et de nombreuses maisons vides !
Depuis 2010, afin de rompre le déclin de la communauté, la ville a pris toute une série de mesures pour promouvoir l’identité traditionnelle du village tout en le transformant en village d’art et de culture. Les maisons vides sont ainsi devenues des galeries d’art, des ateliers, des cafés, boutiques…etc. A voir le nombre de touristes, ce Dimanche, on peut croire que le succès est au déjà au rendez-vous… pour certains en tout cas !
A notre tour donc d’explorer ce labyrinthe de passages et de visiter les différentes ‘maisons d’art’ et installations dispersées partout dans le village. Si certaines sont plus intéressantes que d’autres, toutes conservent un coté amateur et local rafraichissant car sans prétention. Heureux d’avoir fait le détour jusqu’ici. Tous ces exercices physiques et culturels de la matinée nous ont ouvert l’appétit. Un taxi nous ramène au marché Jagalchi et notre mémoire nous ramène au même restaurant qu’hier soir !
Après avoir soigneusement choisi nos poissons à l’extérieur, nous nous installons à l’intérieur où nous sommes de suite reconnus par le personnel surpris de nous revoir. En quelques instants, notre statut passe de touristes anonymes à celui de Stars of the week… et de constater que plusieurs raviers supplémentaires contenant d’autres délicieux kimchis sont servis discrètement. Repus, nous saluons notre petit monde et partons prendre le métro en direction de Haeundae Beach qui se trouve à l’autre extrémité de la ville. Après près d’une heure de trajet, nous émergeons sur une avenue venteuse bordée d’immeubles luxueux, d’hôtels, de restaurants et clubs et ce jusqu’à la promenade qui longe la plage.
Froid, vent, nuages et légère pluie, pas vraiment le meilleur temps pour aller à la plage. D’ailleurs nous n’y trouvons pas grand-monde sinon que les conducteurs d’engins qui ratissent le sable. Sur la mer, plusieurs dragueurs (les bateaux, pas les mecs !) s’arrangent pour boucher la vue sur les reliefs de la cote et les trois ilots rocheux aux formes particulières. Quant au bord de mer, il a tout simplement été, comme partout ailleurs, le terrain de jeu des spéculateurs et des constructeurs qui se sont appliqués à le gâcher complètement en édifiant des milliers d’appartements sur des dizaines de niveaux. Bienvenue à la Costa del Sol ou la Gold Coast version coréenne.
Au bout de la plage, se trouve entre deux petites digues artificielles Mipo Harbour, un minuscule port où quelques petits bateaux de pêche ne cessent d’acquiescer de la proue devant quelques hangars et plusieurs restaurants. Au-delà, la cote devient inaccessible car trop rocheuse et trop raide.
Pour poursuivre la balade le long de la cote, il n’y a pas d’autre choix que de prendre Dalmaji Road qui à cette époque de l’année attire une foule incroyable de promeneurs et de voitures nous ne tardons pas à comprendre pourquoi…
En effet, tout le long de cette route du bord de mer, des milliers de cerisiers et pruniers en pleine floraison forment un fantastique dôme de pétales. C’est une vision tout à fait extraordinaire que partage allègrement toute la population de la ville. Ravis de participer à cette allégresse et de tomber sous le charme de Sakura.
Nous suivons les ondulations de la route, à gauche maisons et appartements de luxe, hôtels avec salle de réception de mariage (si l’on en juge le nombre de jeunes mariés !), à droite les versants boisés des collines qui se métamorphosent en falaises dès qu’elles touchent la mer, une mer grise très discrète que l’on aperçoit parfois au travers d’une trouée.
Plusieurs kilomètres plus loin, alors que nous venons de dépasser un petit port avec un phare rouge et un phare blanc, nous faisons demi-tour. La nuit commence à tomber et la démarche devient de plus en plus mécanique. D’ailleurs la foule a disparu, il ne reste que les purs et durs munis de leurs appareil-photos qui ressemblent à des télescopes.
A Mipo Harbour nous trouvons un restaurant sur la mer. Spécialités fruits de mer et poissons… crus de préférence. Quelques difficultés à comprendre le menu car personne ne parle une langue commune… Ah le pouvoir des photos, voilà le manager qui nous sort son portable et nous montre toute une série de photos de plats garnis. Même le chef, avec ses bottes blanches en caoutchouc, sort de sa cuisine pour nous montrer des fruits de mer inconnus. Abracadabra… nous commandons une photo deux et une photo cinq… plus quelques sushis… au cas où !
Quelques instants plus tard, le ballet des plats commencent. La promenade digestive sur la plage est obligatoire tant nous avons mangé. Ne sentant même plus le froid, nous faisons de grands dessins dans le sable sous la lumière des projecteurs. Sur la promenade, un joueur de flûte traditionnelle joue au vent, plus loin qu’un jeune rocker accorde sa guitare. Nous retrouvons l’avenue de la station de métro. Nous ne la reconnaissons à peine maintenant qu’elle a revêtu sa tenue de soirée. Mini Vegas.
Décidément c’est fou ce que l’on voyage à Busan !!!

Busan Lundi 6 Avril 2015
Les exercices pédestres d'hier nous aurons fait passer une bonne nuit et notre beau moral n'est même pas atteint en découvrant qu'il peut toujours, que le ciel est toujours aussi gris et le vent toujours aussi frais. Aujourd'hui, nous changeons d'air, Adios Busan, Hello Gyeongju ! Evidemment, nous réalisons bien que la météo 70 kilomètres plus au nord ne risque pas d'être très différente.
Nous en avons confirmation tout au long du trajet car derrière la buée et au travers les gouttelettes de pluie accrochées aux vitres, les paysages de collines qui aimeraient être montagnes, les champs qui attendent de redevenir rizières et les routes qui rêvent de devenir autoroutes, sont plutôt malmenés par des averses discrètes puis torrentielles.
Quand nous débarquons dans la petite gare des bus, près du fleuve, le Dieu de la Pluie fait une trêve remarquée et bienvenue. Petit tour au kiosque du Tourism Office (il y en a vraiment partout) pour récupérer plans, prospectus et surtout une adresse d'hôtel.
Là nous apprenons que cette ville n'est pas simple. La gare de bus où nous sommes est située à 2-3 kilomètres du centre-ville et les hôtels sont regroupés près du lac à 8 kilomètres du centre-ville. Dans cette partie de la ville, à part l'hôtel de luxe juste à côté, il n'y a que des motels (autre mot pour désigner les Love hotels) nous informe l'hôtesse d'un air mi-navré mi-horrifié.
Une petite marche en trainant la valise sur les trottoirs mouillés peut parfois être un remède contre l'indécision. En avant donc en direction du centre-ville. Nous passons devant plusieurs magasins proposant la spécialité du coin : le Barley Bread, dans des boites de toutes les tailles (nous le gouterons plus tard et constaterons qu'il s'agit en fait de petits pancakes).
Plus étonnant, après le premier gros carrefour, nous découvrons une première série de tumulus au milieu d'un parc. Les voilà donc ces fameuses tombes royales et princières. Nous aurons surement l'occasion de les voir de plus près, quand nous serons installés. Patience.
De méchants nuages noirs s'accumulent au-dessus de nos têtes alors que nous arrivons devant la station de trains cette fois. Nouvelle visite au Tourism Office, même son de cloche, les hôtels sont près du lac. Nous montons dans le premier taxi. Le chauffeur fonce sur la route bordée d'arbres en fleurs longeant le fleuve puis le lac. Arrivés à destination, nous constatons que les hôtels ne sont en fait que des resorts entourés de terrains de golf, loin de tout et sans intérêt pour nous !
Demi-tour direction l'hôtel près de la gare de bus. Nous venons de perdre une bonne heure et de dépenser une petite fortune en taxi pour revenir exactement là où nous sommes arrivés. Il y a des jours comme ça !!!
Au diable l'avarice, ce sera l'Hotel The DY. C'est vrai qu'il est confortable et puis la salle de bains sort tout droit d'un ouvrage de science-fiction. En fait après avoir été débité d'environ 150 000 Wons, nous finissons par lui trouver que des avantages… On se console comme l'on peut !
Après un sérieux épluchage des prospectus touristiques, il en ressort que la plupart des zones historiques sont assez éparpillées dans la ville mais surtout autour de la ville. Nous prendrons donc une excursion demain pour aller voir les monuments les plus éloignés et resterons en ville aujourd'hui.
Grâce à la culture florissante de la dynastie Silla (de 57 avant J.-C. à 935 après J.-C.), ce ne sont pas les vestiges qui manquent dans cette ancienne capitale et ses environs. Entre les temples, palais, forteresses, remparts, tombes, pagodes, bas-reliefs, sculptures et musées, il y a de quoi faire et nous avons assez perdu de temps… mais nous avons faim !
L’heure du lunch est passée mais nous trouvons facilement un petit restaurant dans les abords du quartier chaud. Nous sommes les uniques clients parmi les empilements de cartons. Comme à Busan, la charmante femme sort son portable pour nous montrer le menu. Quelques instants plus tard, une demi-douzaine de raviers remplis de kimchis sont servis en attendant l’arrivée d’une délicieuse soupe toute fumante.
La température extérieure ne passe pas au-dessus de 9° mais il ne pleut pas. Nous partons inspecter ces curieux dômes en terre couverts de pelouse fraichement coupée (comment font les jardiniers ?!).
Passé le portail en bois, nous découvrons un parc pour le moins particulier. Quelques étangs pour le bonheur des canards puis une c’est une succession de grosses bosses de terre arrondies et régulières, certaines plus imposantes que d'autres elles diffusent une atmosphère paisible et à la fois étrange aux lieux. L'une des tombes, (Cheonmachong - datant du V ou VIème siècle), est ouverte au public. Elle a été aménagée de façon à comprendre leur secret de fabrication (rondins et pierres, le tout couvert de terre) et d'apprécier ce qu'elles contiennent grâce à la série de vitrines où sont exposés de nombreux objets funéraires retrouvés lors de l'excavation dans les années soixante-dix. Les dimensions de cette tombe, même si elle est loin d'être la plus grande, restent imposantes : 47 m de diamètre presque 13 m de hauteur.
La balade est bien agréable d'autant plus que les arbres en fleurs sont nombreux et de toute beauté. En tout cas ils nous font oublier le froid et l'humidité. Au-dessus des gros murs formant l'enceinte du parc, l'on aperçoit les toits compliqués d'un temple et ceux des maisons traditionnelles rescapées. C'est par là que nous nous dirigeons.
A l'entrée du temple Sunghyejeon, un petit pavillon contient trois anciennes plaques commémorant trois anciens rois Silla. Plus loin plusieurs petits bâtiments de couleurs différentes sont fermés. Dans l'un d'eux, un groupe d'hommes est rassemblé devant une table basse tout en longueur. Pas moyen de savoir s'ils se sont réunis pour prier ou pour tenir un meeting bien arrosé.
Quelques nouvelles constructions, futurs restaurants faussement traditionnels séparent le petit temple de la vaste pelouse bordée de rangées d'arbres en fleurs qui entoure l'Observatoire Cheomseongdae. Ce dernier, construit dans la première partie du VIIème siècle sous le règne de la reine Seondeok, servait à l'observation des étoiles et à faire des prévisions météorologiques. En forme de cylindre il est composé de 362 pierres (correspondant au nombre de jours dans une année lunaire), repose sur une pierre de base de plus de 5 m de côté et il s'élève à une hauteur de 9 m. Il est donc relativement petit, surtout au milieu de cet espace vide, mais le fait qu'il soit encore debout est un miracle.
Plus loin, les champs jaunes de colza sont pris d'assaut par des touristes qui se photographient les uns les autres. Ça change des cerisiers ! Au fond les jardins et rizières n'attendent que le soleil pour commencer la nouvelle saison. Bientôt ils seront la vedette du show.
Nous continuons d'explorer le site du palais en ruines de Wolseong, la forêt de Gyerim et apercevons le bassin d'Anapji, sur le site du palais en ruines d'Imhaejeon. Dans une petite salle de projection surchauffée, nous assistons à la diffusion d'un petit film d'animation retraçant l'histoire des Silla et illustrant en 3D la disposition des lieux et la grandeur de leurs palais et pagodes maintenant en ruines ou ayant complètement disparus. Non seulement nous nous sommes réchauffés mais en prime nous avons une meilleure appréciation de l'importance et l'éclat qu'a apporté la dynastie Silla à cette région.
Un signe indique un autre temple (Bunhwangsa) à moins d'un kilomètre et demi. Nous suivons donc la longue route bordée d'arbres en fleurs et recouverte de pétales blancs. C'est magique on dirait de la neige… d'ailleurs le ciel est si gris et bas que l'on a l'impression qu'il va neiger d'un instant à l'autre.
Toujours pas de temple, à la place nous errons au milieu des rues en terre d'une zone semi-industrielle déprimante et d'une banlieue oubliée. Nous rebroussons chemin et revenons du côté de l'Observatoire. Nous poussons la porte d'un petit café sympa. Le jeune couple derrière le comptoir nous propose de gouter à leur assortiment coloré de gâteaux de riz faits maison. Evidemment que je craque !
Le jour commence à disparaitre et il est temps de regagner notre chambre.
Une paire d'heures plus tard, nous trouvons l'énergie pour affronter le vent glacé qui souffle. Nous allons voir les lampions qui éclairent l'autre rive. En fait nous ne sommes pas déçus, car en plus des illuminations multicolores des cerisiers, des tentes sont installées le long du fleuve. Nous sommes en pleine mini fête foraine avec des spectacles traditionnels et karaoké, des stands à bouffe et de jeux d'adresse. Excellente occasion pour se fondre au milieu d'une atmosphère locale, sympathique et joyeuse et de gouter à quelques délicieuses recettes locales bien épicées qui nous font vite oublier le froid ambiant.
Gyeongju Mardi 7 Avril 2015
Petit dej. dans la chambre. De la fenêtre, je constate que le ciel est toujours aussi bas et gris qu'hier.
A 10h. nous attendons le bus dans les bureaux de l'agence en compagnie d'une trentaine de retraités coréens et d'un couple de Français ! Nous le savions, la visite guidée ne se fait qu'en Coréen. A écouter le flot rapide de la voix de la guide et à regarder l'air concentré des passagers, je crois que nous passons à côté d’un récit passionnant.
Et c'est parti. Le bus reprend en partie la route parcourue hier en taxi avant de rejoindre les premières collines et la voie rapide qui mène à la gare « TGV » où nous récupérons d'autres passagers venus de Busan.
La vraie visite peut commencer. Direction les faubourgs au sud et un parc (Taejong Muyeol) adossé à une colline boisée. Là se trouve, comme l’indique la stèle gravée, la tombe du roi Myeol (654-661), le 29éme de la lignée des Silla et qui, avec l’aide de son copain l’Empereur de Chine, unifiât la péninsule coréenne. Impression de déjà-vu car rien ne ressemble plus à un cumulus qu'un autre cumulus, certes ces trois ci sont regroupés de manière particulièrement symétriques.
Nous profitons d'une petite porte ouverte pour nous diriger vers un sous-bois un peu à l'écart et découvrir une tombe semi-sphérique bien plus discrète mais bien plus originale et jolie que les autres. Celle-ci est encerclée de pierres et ornée de statues et de stèles en pierre. Un panneau nous apprend qu'il s'agit de la tombe du Roi Heonan (857-861) le 47ème de la lignée des Silla.
Contents de retrouver la chaleur du bus et nos petits retraités coréens sympathiques, nous retournons en ville pour visiter d’autres cumulus (on n’en sort plus !), ceux justement que nous avions découverts hier en arpentant le parc Cheonmachong ! La balade est aussi agréable qu’hier et nous en profitons pour marcher vers les allées sur le côté du parc, là où sont rassemblées des centaines de pierres gravées provenant des différentes tombes. Très joli puzzle géant apparemment insoluble.
Troisième arrêt, dans un autre parc à proximité du musée. Nous sommes sur le site de l’ancienne forteresse Banwolseong érigée au premier siècle par le roi Pasa (cinquième des Silla) mais dont il ne reste ici que quelques douves.
De l’autre côté de la route, les ruines du palais du Prince Héritier: Donggung qui comprenait de nombreux bâtiments dont le célèbre Imhaejeon Hall où étaient reçus les dignitaires les plus importants et où se tenaient les fêtes les plus prestigieuses.
Nous avons trois quarts d’heure pour admirer les trois ravissants pavillons (reconstruits) en bois peints en rouge et finement décorés et faire le tour du très romantique bassin d’Anapji. C’est exactement le temps qu’il faut pour examiner au plus près les plus beaux objets (tuiles, bijoux, statuettes, poteries…) repêchés dans ce bassin et aujourd’hui les témoins de la grandeur de la dynastie Silla et de la splendeur de l’art à cette époque, et pour se promener autour du bassin en s’émerveillant devant la beauté des arbres en fleurs et la vivacité de cet écureuil curieux.
La culture, ça creuse ! Arrêt pour le déjeuner, près de l’observatoire. Nous suivons nos petits retraités dans une salle de restaurant déjà prête. La guide nous propose de nous asseoir avec eux et de profiter du super menu à 10,000 Wons (8 Euros).
Bien nous en a pris car une fois de plus nous gouttons à une variété de plats les plus exquis les uns que les autres. Nous repérons également la manière de manger certains d’entre eux, comme par exemple ces feuilles que l’on enduit allègrement de sauce épicée puis que l’on enroule autour d’une boulette de riz ou encore la séquence à suivre pour le parfait Hot Pot.
Un thé brulant pour faciliter la digestion et nous empêcher de piquer du nez. C’est qu’il en reste des choses à voir !
Et ça repart, cette fois en direction du sud-est vers le Mont Toham. Il ne faut pas longtemps pour observer et s’amuser du mouvement parfaitement synchronisé que font les têtes des passagers à chaque virage… et il y en a pour arriver jusqu’au parking de la grotte de Seokguram ! Sur les hauteurs, au milieu d’une forêt humide et brumeuse, le thermomètre plonge. Pour se réchauffer, c’est au pas de course que nous parcourons le chemin forestier qui mène à la grotte.
Cette grotte artificielle, aménagée au VIIIème siècle, contient une superbe statue de Bouddha entourée d’une dizaine d’autres délicatement sculptées dans du granite blanc représentant Bodhisattvas et disciples. En partie effondrée à cause d’infiltrations, la coupole fut entièrement reconstruite et consolidée entre 1913 et 1915. On n’y voit que du feu car tous les regards se dirigent instinctivement vers le sourire apaisant du Bouddha. Ne pouvant pas rester planter devant la vitre protectrice, nous faisons plusieurs fois le tour de la grotte.
Les petits temples, situés en contrebas sont soit en pleine rénovation soit en pleine décoration. L’anniversaire de Bouddha approchant, des centaines de lanternes de couleurs différentes sont soigneusement accrochées un peu partout et donne à la forêt un peu air de fête. Sur le chemin du retour qui monte, nous nous arrêtons fréquemment pour photographier de jolies fleurs sauvages… signe que le Printemps n’est plus très loin.
Il ne nous reste qu’un arrêt et c’est sans conteste le clou de l’excursion : le temple de Bulguksa. Construit entre 751 et 774, ce temple était l’épicentre du bouddhisme durant la dynastie des Silla, on y venait prier pour la protection du royaume face à une invasion extérieure. Les prières ne devaient pas être très efficaces car (comme pour la majorité des temples en Corée d’ailleurs) Bulguksa fut détruit lors de l’invasion japonaise en 1593. La plupart des principaux bâtiments furent rapidement reconstruits mais il est intéressant d’apprendre que la restauration complète ne date que de 1973. Ce laborieux travail fut récompensé en 1995 quand ce complexe religieux fut inscrit sur les listes du Patrimoine Mondial.
Nous franchissons un premier porche en bois abritant quatre féroces statues en bois et poursuivons jusqu’au pied des escaliers ou ponts Yeonhwagyo et Chilbogyo qui conduisent à l’entrée principale du Geungnakjeon. Les élégantes terrasses en pierre surélevées supportent un ensemble de bâtiments en bois plus beaux et plus délicatement décorés les uns que les autres. Deux yeux ne suffisent pas pour apprécier toute la finesse des décorations et des sculptures ni l’harmonie des couleurs ou encore les détails des panneaux en bois aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. C’est tout simplement époustouflant.
Nous visitons lentement chacune des parties censées représenter le pays de Bouddha. D’abord ici, le Geungnakjeon Hall (Salle de la Béatitude Suprême), là le Birojeon et son Vairocana Hall et plus loin le Daeungjeon Hall (Salle de la Grande Illumination), sans oublier les deux pagodes (Seolgatap et Dabotap). Nous venons de visiter certainement l’un des plus beaux temples de Corée.
En attendant que tout le groupe regagne le bus, nous regardons les groupes de jeunes qui, après une donation, s’efforcent à pousser, le plus fort possible, le vieux balancier en bois sur la grosse cloche de manière à la faire résonner le plus longtemps possible.
Après avoir déposé une famille à la gare, nous faisons la tournée des hôtels près du lac pour y déposer différents groupes de retraités. Ce petit détour nous permet de passer devant le temple et la pagode de Bunhwangsa, que nous n’avions pas trouvés hier…
Retour à l’hôtel et appréciation de son confort…
Encore une fois la nuit est tombée d’un coup. Nous tentons de trouver un petit resto dans les rues derrière l’hôtel. Celui que nous trouvons est parfait, rendez-vous populaire dont la spécialité de la cheffe est le Hot Pot… Exactement ce qu’il fallait pour conclure cette froide mais superbe journée.
Gyeongju Mercredi 8 Avril 2015
8h.30 J’ouvre les rideaux pour découvrir un ciel plombé qui recouvre les montagnes à l’horizon. Les passants que j’aperçois sont emmitouflés et la chaussée mouillée. Mais en cherchant bien, on arrive à distinguer quelques trouées lumineuses qui approchent.
Le café et le croissant avalés, je sors en direction de la forteresse censée se trouver dans les environs proches. Je parcours ce boulevard qui se réveille doucement et sent si bon la province avec son animation tranquille. Les devantures des commerces s’ouvrent les unes après les autres, les petits vieux se saluent et les ménagères sont déjà à l’affut des bonnes affaires.
Mais toujours pas de forteresse ?! Peut-être est-elle comme celle d’hier, juste un emplacement vide et non pas des ruines comme je l’espérais.
Dépité, je fais demi-tour en passant par une petite rue piétonne balisée de panneaux relatant des anecdotes historiques sur la ville et ses habitants et illustrées de photos anciennes. Voyage dans une autre époque ou plutôt sur autre planète tant tout est devenu méconnaissable… sauf ces étonnantes mottes de terre (collines plutôt) rondes, abritant des tombes royales…
Elles sont vraiment partout dans la ville ! Celles-ci ne semblent pas être particulièrement protégées et l’endroit ressemble davantage à un parc de jeu pour gamins intrépides d’autant plus que de grands arbres ont fini par pousser sur les pentes. L��une de ces mini collines est toutefois entourée de barrières et en partie recouverte par des bâches bleues. Un panneau indique que des recherches archéologiques sont en cours. Plus loin une stèle m’apprend que le roi Gustaf VI Adolph de Suède est venu ici au début du siècle dernier pour participer aux travaux d’excavations d’une autre tombe. Peut-être fallait-il un Royal pour déterrer un Royal !?
Parmi l’ensemble des tumulus en voilà un tronqué, trépané, la belle harmonie des courbes est soudainement rompue peut-être à cause d’un prince fauché ou mal aimé !
Dans un coin du parc des groupes de retraités se forment en fonction de la couleur de la veste qu’ils portent. Le groupe rouge à droite, le jaune au centre et le bleu à gauche, il semblerait que les équipes s’apprêtent à participer aux de travaux communautaires prévus pour ce matin.
Je reprends la direction de l’hôtel en passant par les petites rues du quartier qui se la jouait à la Las Vegas hier soir avec ses cascades de néons. Atmosphère de gueule de bois ce matin, les bars et love hotels se refont une beauté ou plus simplement la grâce matinée.
Comme l’indique le panneau électronique à côté du conducteur, nous ne sommes que sept passagers dans ce bus qui relie Gyeongju à Seoul. Les gros fauteuils rouges sont spacieux et se transforment en lits confortables.
Midi. On démarre et le temps de rejoindre l’autoroute sur les hauteurs et lire trois pages de mon thriller et je m’endors. A intervalles réguliers, j’ouvre un œil pour m’assurer que je ne loupe rien point de vue paysage et le referme illico rassuré. Collines couvertes d’arbres déplumés, vallées couvertes de serres et zones urbaines couvertes de tours d’habitations le tout parcouru de quelques rivières qui deviennent parfois fleuves avant de disparaitre derrière une nouvelle série de petites montagnes.
Arrêt à mi-chemin dans un restoroute géant où j’arpente un rayon de boites et de bouteilles chaudes de café/moka/chocolat et trouve même un paquet de Digestive.
Trois nouvelles pages de mon thriller qui ne me thrille pas trop et nous voilà bientôt dans les banlieues interminables de la capitale et un peu plus tard dans l’immense gare de bus aperçue quelques jours plus tôt alors que nous cherchions notre bouteille de Champagne. Le soleil fait des clins d’œil et ils sont les bienvenus.
Ligne de métro directe mais wagons pleins. Pas drôle de voyager à l’heure de pointe. Enfin nous retrouvons notre petit quartier et nos points de repère. C’est carrément un retour à la maison puisque nous retrouvons le même hôtel, la même chambre (mais pas au même étage !).
Nous profitons de cette fin d’après-midi ensoleillée pour aller nous promener dans le quartier de Bukchon, réputé pour ses rues pittoresques et l’architecture des maisons traditionnelles aperçues le premier jour.
La réputation n’est pas surfaite car à mesure que nous grimpons sur la colline nous nous ‘perdons’ un labyrinthe de petites rues tranquilles, certaines bordées d’adorables maisons en bois, et de superbes vues panoramiques sur la ville moderne. Etonnants contrastes : paisible, frénétique, tradition, modernité.
Le soleil disparait et la température descend dramatiquement. Nous nous retrouvons dans la rue piétonne d’Insadong à faire du lèche-vitrine devant les magasins de souvenirs avant de nous attabler vite fait à l’intérieur d’un restaurant traditionnel au décor très agréable et surtout… bien chauffé !

Séoul Jeudi 9 Avril 2015
En ouvrant la fenêtre au verre teinté, je découvre que le ciel que je croyais gris-marron est en fait bleu et que le soleil brille. Bras-le-bas le combat. Je descends vite acheter des croissants et pains au chocolat au Paris Croissant du coin, rien que pour le plaisir de pouvoir les tremper dans ma tasse de café.
Quelques ‘instants’ plus tard, nous allons profiter de cette magnifique journée de Printemps en prenant… le métro ! Direction l’Assemblée Nationale située sur la rive sud du fleuve, là où se trouvent non seulement le Parlement mais également un parc et une longue avenue bordée d’arbres en fleurs.
Nous ne sommes pas les seuls à descendre à cette station d’ordinaire… ordinaire. Il suffit de suivre la foule dans les couloirs puis sur les escaliers roulants. Dehors un ciel légèrement voilé nous accueille. Tous ensemble et presque au pas, nous traversons une large avenue puis passons les grilles gardées par un cordon de jeunes policiers. En haut de la pelouse, en partie occupée par des groupes de pique-niqueurs, se trouve un immense parallélépipède gris soutenu par des colonnes carrées et surmonté d'un dôme vert. Plutôt moche ce truc, en fait on pourrait se croire de l’autre côté de la ligne de démarcation !!!
Heureusement le parc est agréable et, à voir la foule, très populaire. De nombreux groupes d’amis, de collègues ou des familles se sont déjà installés pour un déjeuner sur l’herbe, certains très élaborés et incluant barbecues portables.
Nous poursuivons vers les berges et prenons la route en contrebas, fermée à la circulation mais envahie par les badauds venus admirer les splendeurs du Printemps enfin de retour. Les hivers pouvant être longs et rigoureux en Corée, ce spectacle extraordinaire, qui se renouvelle chaque année, est toujours attendu avec impatience et occasionne une certaine ferveur difficilement compréhensible pour ceux, qui comme nous, habitent un endroit où les températures ne descendent pas en-dessous de zéro et où les saisons ne sont pas vraiment marquées.
Comme à Busan, nous tombons sous le charme de Sakura, en plus sous le soleil et au milieu d’une foule souriante et de bonne humeur. Au bout de l’avenue fleurie, des arrangements floraux multicolores volent la vedette aux cerisiers et pruniers. Comme les autres, nous faisons demi-tour pour profiter de la féerie encore plus longtemps.
Nouveau petit tour en métro pour revenir dans le centre-ville, plus exactement au marché Namdaemun, en face de la station Hoehyeon. A croire que la population de Séoul qui n’était pas dans les jardins de l’Assemblée Nationale doit se trouver ici ! Toutes les rues de ce quartier commerçant, grouillent de monde.
En fait, en plus d’être un lieu historique ce marché est une véritable institution. Depuis le XVème siècle, ces souks version coréenne, proposent de tout, absolument tout. Bien vite nous nous retrouvons au milieu de ce qui partait être un croisement entre le marché d’Aligre et un super Monoprix sur plusieurs niveaux.
Successions d’étalages où s’empilent des vêtements, des cosmétiques, des ustensiles de cuisine, de la vaisselle, de l’outillage, des appareils électroménagers, des produits agricoles et de la mer (vivants, séchés, frais, décomposés…), de fruits secs, de graines sans oublier les bouisbouis et les mini-restaurants.
Bref, le genre d’endroit où les yeux, les narines et dans une moindre mesure les oreilles sont sollicités en permanence. Nous y goutons l’une des soupes les plus fades de notre séjour mais aussi les gaufres locales les plus délicieuses préparées par deux grand-mères pleines d’énergie.
Au bout d’une allée, nous apercevons le double toit de la Porte Sungnyemun. Nous allons donc la voir de plus prés. La célèbre porte se trouve à l’intersection d’avenues importantes, au pied d’un assortiment de buildings récents assez moches ou en construction. Le contraste entre deux architectures, l’ancienne et la moderne, ne peut difficilement être aussi flagrant.
Sungnyemun est la porte sud de Séoul et la plus grande structure en pierres avec une entrée en forme d’arche. Elle est surmontée d’un magnifique bâtiment en bois de deux étages finement décoré. La porte fut érigée en 1398 sous le règne du roi Taejo, le fondateur de la dynastie Joeson. Elle perdit une partie de ses murs lors de l’occupation japonaise en 1907 puis fut sérieusement endommagée durant la guerre de Corée (1950-53). Entre 1960 et 1962, elle fut entièrement démontée, restaurée puis remontée. Ce long travail de restauration fut réduit à néant en février 2008 par un déséquilibré qui y mit le feu. Après cinq nouvelles années de restauration, le trésor national No1 fut ouvert au public en mai 2013. Les apparences sont donc parfois trompeuses… car ce magnifique bâtiment que l’on croyait plusieurs fois centenaire est en fait plus récent que la Bank of Korea qui lui fait face !
Du carrefour, nous reconnaissons d’un côté l’Hôtel de Ville, de l’autre la gare. Le plan semble indiquer que la station de la gare sera la plus directe pour revenir vers Insandong. D’après la brochure du Tourist Office, il resterait encore un temple et une pagode dans les parages qui auraient échappés à mon radar.
Quelques demandes de renseignement plus tard, nous voilà devant le portique du temple Jogyesa protégé par de féroces silhouettes guerrières et décoré de centaines de rangées de lanternes de couleurs qui ondulent doucement à la légère brise.
Comme pour la Porte Sungnyemun, le mélange ancien et moderne est saisissant et encore plus brutal ici car il n’existe même pas un petit espace vert pour servir de transition.
Un portique imposant, deux superbes pavillons en bois mais où est donc la pagode !? Elle est bien là, toute minuscule dans un coin, vraiment rien de spectaculaire… contrairement aux admirables panneaux en bois décorant les deux pavillons. Derrière les baies vitrées du Dewungjeon (temple principal) on aperçoit trois bouddhas dorés et vénérés par une vingtaine de croyants. L’un des avantages des temples en bois est qu’ils peuvent être démontés et reconstruits ailleurs. C’est le cas du Dewungjeon originaire de la province de Jeolla dans le sud mais réassemblé ici en 1938.
Perchés sur une nacelle, deux jeunes ajoutent des guirlandes aux branches d’un grand pin et alignent toujours plus de rangées de lanternes en préparation de l’anniversaire de Bouddha : un évènement important pour l’Ordre du bouddhisme coréen de Jogye dont Jogyesa est le temple principal. Les rayons du soleil couchant illuminent une dernière fois les dorures des toits et des peintures. Il est temps de regagner l’hôtel et de souffler un peu.
Impossible de quitter ce pays sans gouter aux grillades coréennes. La mission de cette dernière soirée à Séoul est donc d’arpenter les rues du quartier et de trouver un restaurant spécialisé dans les grillades. Mission accomplie moins de vingt minutes plus tard. Nous n’avons qu’un regret, celui de ne pas l’avoir fait plus tôt !!!
Sur le chemin du retour, nous faisons un premier arrêt devant la charrette du marchand de marrons chauds puis un second à la pâtisserie traditionnelle du coin dont la devanture est remplie d’une incroyable sélection de gâteaux de riz. Ils remplaceront, demain matin, les croissants et pains au chocolat du petit déjeuner !
Séoul Vendredi 10 Avril 2015
Réveil tardif pour ce dernier jour des vacances… déjà ! Dehors, beau soleil, une magnifique journée printanière qui s’annonce mais nous n’aurons pas la chance d’en profiter. Je me console en dégustant des gâteaux de riz et en regardant un documentaire québécois sur TV5. Ici nous avons même le choix : TV5 Asie ou TV5 Pacifique. Entre les deux mes yeux zappent.
11h. Il est temps de trainer nos petites valises sur les trottoirs de ce petit quartier que nous commençons à bien connaitre. Pincement au cœur car nous n’avons pas vraiment envie de partir. Notre désir de revenir s’accroit à mesure que nous approchons de l’arrêt de bus… situé à proximité de l’Amandier, le point de départ de nos ‘aventures’ sud-coréennes. Nous en profitons pour y aller acheter notre lunch.
Malgré la circulation le 6011 arrive à l’heure indiquée. Comme à l’aller, les rares passagers ne tardent pas à piquer un somme. C’est vrai que le paysage, même ensoleillé, n’est pas folichon : successions de banlieues avec des tours numérotées, de zones industrielles et de zones en travaux entrecoupées de canaux et de rizières et d’espaces verts qui ne le sont pas encore.
Une fois passée la douane, il nous reste une paire d’heures pour découvrir cet aéroport (classé, depuis plusieurs années, premier au monde ?!) avant de nous envoler direction plein sud.
Du hublot et au travers des nuages, je suis des yeux la côte déchirée de l’ouest de la péninsule qui peu à peu finit par se perdre dans une brume puis se confondre avec l’océan.
A quand la prochaine fois ?
Quant à la comparaison entre le Nord et le Sud de la péninsule ? Il n’y a bien sûr pas photo et le Chti que je suis doit admettre que pour une fois le Sud est bien mieux que le Nord !
J’ai également appris que les Coréens du Sud aiment manger épicé… (très épicé !) mais qu’ils partagent avec moi une sacrée « sweet tooth » (chose plutôt rare en Asie). C’est aussi ici que j’ai trouvé les meilleurs croissants au monde… (OK après la France !) et qu’heureusement ils ne se sont pas toujours à l’ail !!!
La Corée du Sud est un joli pays avec une longue histoire, Seoul et Busan sont deux villes excitantes, et les Coréens sont des gens charmants et serviables. Ces quelques jours passés chez eux nous ont tellement enchantés que nous avons hâte d’y retourner.
Pour les photos, c’est ici et là.
Artisanat au Nouveau-Mexique et Arizona English translation pending
Bonjour,
Nous partons 15 jours au mois de novembre au Nouveau-Mexique et en Arizona. Intérréssé par l'artisanat amérindien(nous avions déja ramené quelques souvenirs du Montana), nous nous demandions quel est le meilleur moyen de se procurer en artisanat local.Il parait que les trading post et les pawn shop sont des moyens intéressants, ou alors directement dans les réserves.Si quelqu'un aurait l'un ou l'autre tuyau, je suis preneur.
Merci
Nous partons 15 jours au mois de novembre au Nouveau-Mexique et en Arizona. Intérréssé par l'artisanat amérindien(nous avions déja ramené quelques souvenirs du Montana), nous nous demandions quel est le meilleur moyen de se procurer en artisanat local.Il parait que les trading post et les pawn shop sont des moyens intéressants, ou alors directement dans les réserves.Si quelqu'un aurait l'un ou l'autre tuyau, je suis preneur.
Merci
Comment s'organiser pour 2 jours à Jakarta? English translation pending
Avant de rejoindre un groupe pour faire un trek dans les volcans de Java, Bali et Lombok, je vais faire 2 stops de 2 jours à Kuala Lumpur et à Jakarta.
J'avais choisi cette halte à Jakarta, sachant que dans toute capitale, il y a beaucoup à faire et à voir. Mais d'après les échos que j'ai eu, il y aurait peu de choses à faire et à voir à Jakarta. Maintenant, si cette escale permet de visiter une ville loin des foules de touristes et plus proche de la population et de la vie locale, çà aura un certain charme.
Mes questions seraient les suivantes :
1/ Sur un post qui date de plusieurs années, il se disait que traverser la route à Jakarta était presque mission impossible. Sûr que ce serait dommage pour moi, car j'aime beaucoup marcher et visiter les capitales à pied (Paris, Londres, Tokyo...).
2/ Pour le transfert de l'aéroport à l'hotel, existe-t-il un train ou un bus qui amène directement au centre ville ? Si c'est le cas, où acheter les tickets ? Je parle très peu l'anglais, ce qui est souvent un handicap pour mes voyages à l'étranger.
3/ Y'a-t-il des offices de tourisme qui proposent des excursions à faire à Jakarta ou dans les environs ?
4/ Ayant une carte ibis, je pense choisir un hotel de cette chaîne, mais quel serait le mieux situé : près des attractions principales de la ville, et pratique pour le transfert depuis l'aéroport ? all seasons Jakarta Gajah Mada le nouveau ibis Jakarta Harmoni
h ibis Jakarta Kemayoran ibis Jakarta Mangga Dua ibis Styles Jakarta Mangga Dua Square ibis Jakarta Arcadia ibis Jakarta Tamarin ibis Jakarta Senen ou encore ibis Jakarta Slipi dont ils disent qu'il est facilement accessible depuis l'aéroport (mais peut être loin du centre ?)
Merci d'avance si vous pouvez m'éclairer.
1/ Sur un post qui date de plusieurs années, il se disait que traverser la route à Jakarta était presque mission impossible. Sûr que ce serait dommage pour moi, car j'aime beaucoup marcher et visiter les capitales à pied (Paris, Londres, Tokyo...).
2/ Pour le transfert de l'aéroport à l'hotel, existe-t-il un train ou un bus qui amène directement au centre ville ? Si c'est le cas, où acheter les tickets ? Je parle très peu l'anglais, ce qui est souvent un handicap pour mes voyages à l'étranger.
3/ Y'a-t-il des offices de tourisme qui proposent des excursions à faire à Jakarta ou dans les environs ?
4/ Ayant une carte ibis, je pense choisir un hotel de cette chaîne, mais quel serait le mieux situé : près des attractions principales de la ville, et pratique pour le transfert depuis l'aéroport ? all seasons Jakarta Gajah Mada le nouveau ibis Jakarta Harmoni
h ibis Jakarta Kemayoran ibis Jakarta Mangga Dua ibis Styles Jakarta Mangga Dua Square ibis Jakarta Arcadia ibis Jakarta Tamarin ibis Jakarta Senen ou encore ibis Jakarta Slipi dont ils disent qu'il est facilement accessible depuis l'aéroport (mais peut être loin du centre ?)
Merci d'avance si vous pouvez m'éclairer.
Quelques nuits dans un houseboat à Srinagar English translation pending
Une ou plusieurs bonnes adresses à recommander pour quelques nuits dans un Houseboat à Srinagar ? Nous y serons vers le 17/7... et apparemment c'est un peu la "jungle" pour trouver un houseboat sans se faire arnaquer.
Merci d'avance :-)
Stéphane (from Belgium)
Bangladesh en juillet août English translation pending
Bonjour,
Il y a quelques comptes-rendus de voyageurs revenant du Bangladesh, mais aucun ne concerne les mois de juillet et août.
Donc ma question est : la période de mousson est-elle si terrible pour qu'un voyageur n'ose y poser ses sandales ?
Luc
Madeira: Between Disappointment and Enchantment
Bom dia, travelers,
A little feedback from our discovery of Madeira—there aren’t many out there! Hoping it might be useful to some of you 🙂
We stayed 7 days in Madeira between May 18th and 25th.
Base: Funchal, the Lido hotel area. A practical neighborhood (lots of restaurants, shops, buses, etc.) but lacking charm. While getting back to Funchal is quick thanks to the road infrastructure, the outskirts of the city are particularly congested in the morning and evening, often due to tourist buses blocking traffic. Plus, even though Funchal enjoys milder weather compared to the rest of the island, you won’t see any sunrises or sunsets there! In short, if I were to do it again, I wouldn’t stay in Funchal for 7 days, even if it’s convenient to unpack once and for all.
Car rental for the week with Avis through locationdevoiture.fr (now Carigami). Zero-excess insurance, two drivers included, full tank on pickup, return with a full tank. After everything I’d read, I was dreading it. No issues at pickup or return. A Citroën C3 with 4,000 km on the clock, which served us perfectly. We brought our own GPS and map, which came in handy. There are signs, of course, but not always where you need them 😛.
Guides & maps: The Rother for hikes, the *Évasion* guide (quite general but very complete), and the Sunflower (borrowed), which I liked less—I found the explanations less clear and a bit messy, but maybe it was just me being unclear 😇. We also had the Freytag & Berndt map at 1:40,000, very useful when exploring the tiniest roads.
Day 1: In the morning, we head to CURRAL DAS FREIRAS. The viewpoint is pretty, very well developed (too much?). We take a short walk down the path as recommended in the Sunflower guide. The environment is wild but doesn’t offer much in terms of views.


We then head east via the expressway. Destination: PONTA DE SÃO LOURENÇO. The sky is overcast there, while just earlier, we were under the sun 😕! We’ll have to deal with the weather’s whims—a constant in Madeira! Off we go for a 3.5-hour round-trip hike, including photo stops, a picnic, and the climb to Ponta do Furado at the very end.


It’s nice, very open, and unlike anywhere else on the island. But it’s also *very* crowded. Mass tourism where everyone’s staring at their feet, barely a smile, hardly a hello 😠. The vibe kind of kills the charm. We were there at lunchtime but didn’t escape the crowds.


Practical detail that matters: no restrooms at the parking lot, none at the Casa do Sardinha, and an environment with no trees or bushes where you can see for miles. Ladies, plan ahead... A hike you should do regardless, with no major difficulty aside from the final climb, though it "undulates" constantly. The trail is perfectly safe.

Back at the parking lot, we take the road to PORTO DA CRUZ, a small village nestled at the foot of the mountain. The natural pools, being cleaned, are empty, and the seaside promenade, splashed by waves, feels a bit gloomy. The charm isn’t there. Return to Funchal via PORTELA and the MIRADOURO DOS INGLESES, which is tricky to find—hidden at the back of a lovely park, tended like an old lady from the 19th century, maybe the former owner of the place...


To be continued... 😉
We stayed 7 days in Madeira between May 18th and 25th.
Base: Funchal, the Lido hotel area. A practical neighborhood (lots of restaurants, shops, buses, etc.) but lacking charm. While getting back to Funchal is quick thanks to the road infrastructure, the outskirts of the city are particularly congested in the morning and evening, often due to tourist buses blocking traffic. Plus, even though Funchal enjoys milder weather compared to the rest of the island, you won’t see any sunrises or sunsets there! In short, if I were to do it again, I wouldn’t stay in Funchal for 7 days, even if it’s convenient to unpack once and for all.
Car rental for the week with Avis through locationdevoiture.fr (now Carigami). Zero-excess insurance, two drivers included, full tank on pickup, return with a full tank. After everything I’d read, I was dreading it. No issues at pickup or return. A Citroën C3 with 4,000 km on the clock, which served us perfectly. We brought our own GPS and map, which came in handy. There are signs, of course, but not always where you need them 😛.
Guides & maps: The Rother for hikes, the *Évasion* guide (quite general but very complete), and the Sunflower (borrowed), which I liked less—I found the explanations less clear and a bit messy, but maybe it was just me being unclear 😇. We also had the Freytag & Berndt map at 1:40,000, very useful when exploring the tiniest roads.
Day 1: In the morning, we head to CURRAL DAS FREIRAS. The viewpoint is pretty, very well developed (too much?). We take a short walk down the path as recommended in the Sunflower guide. The environment is wild but doesn’t offer much in terms of views.


We then head east via the expressway. Destination: PONTA DE SÃO LOURENÇO. The sky is overcast there, while just earlier, we were under the sun 😕! We’ll have to deal with the weather’s whims—a constant in Madeira! Off we go for a 3.5-hour round-trip hike, including photo stops, a picnic, and the climb to Ponta do Furado at the very end.


It’s nice, very open, and unlike anywhere else on the island. But it’s also *very* crowded. Mass tourism where everyone’s staring at their feet, barely a smile, hardly a hello 😠. The vibe kind of kills the charm. We were there at lunchtime but didn’t escape the crowds.


Practical detail that matters: no restrooms at the parking lot, none at the Casa do Sardinha, and an environment with no trees or bushes where you can see for miles. Ladies, plan ahead... A hike you should do regardless, with no major difficulty aside from the final climb, though it "undulates" constantly. The trail is perfectly safe.

Back at the parking lot, we take the road to PORTO DA CRUZ, a small village nestled at the foot of the mountain. The natural pools, being cleaned, are empty, and the seaside promenade, splashed by waves, feels a bit gloomy. The charm isn’t there. Return to Funchal via PORTELA and the MIRADOURO DOS INGLESES, which is tricky to find—hidden at the back of a lovely park, tended like an old lady from the 19th century, maybe the former owner of the place...


To be continued... 😉
Une semaine en Bavière depuis Munich English translation pending
Bonjour,
J'ai un vol AR pour Munich en août et j'aimerais fixer un itinéraire pour commencer à regarder les trajets et logements. Sachant que j'ai 7 jours complets et une matinée sur place et pas de véhicule, j'aimerais vos conseils. J'aimerais une semaine entre villes et nature et j'aime bien faire des photos et me déplacer en transports (bons plans).
J'ai pensé à cela (ébauche qui évoluera): - Munich (2 jours) Est-ce que Residenz vaut le détour? Et Olympic Tower? Starnburger See? - Nuremberg (1,5 jour) Je rejoins une copine sur place mais à part le centre ville et le château, est-ce qu'il y a autre chose à voir? - Ville médiévale (1 jour): Würzbourg? Rothenburg ob der Tauber? Regensburg? Laquelle privilégier sachant que j'aime bien les villes mignonnes mais avec des choses à faire pour la journée et si possible des rencontres? Quels sont les intérêts de ces villes? Je suis pour le moment plus attirée par Rothenburg mais pour y aller, ce sera moins simple (bus, covoiturage).
- Château de Neuschwanstein et Hohenschwangau (1 jour)
Je pensais loger à Füssen, est-ce bien accessible pour aller aux châteaux le lendemain matin? Les châteaux sont éloignés l'un de l'autre? Comment faire pour aller au deuxième?
Est-ce que la ville de Füssen est sympa à visiter? A priori, il y a Schwangau aussi, je ne sais pas le meilleur endroit pour rester (à la fois joli et pratique). - Endroit avec un lac ou en Autriche (1 jour)
König See a l'air sympa. Quelle est la ville la plus proche pour y séjourner et profiter des environs du lac ensuite? J'ai beaucoup d'attirance pour Hallstatt, ça a l'air magnifique mais c'est plus loin de Munich et il faudrait enchainer au moins 2 transports (un bus et un train) et surtout c'est plus cher. Est-ce que ça vaut le détour et 40€ de transports pour une journée? Si vous savez comment y aller à bas prix, je prends. Sinon Salzburg est plus proche et plus accessible mais ça reste une ville, n'étant pas fan de l'histoire ou de Mozart, j'avais écarté et finalement en regardant de nouveau, la ville a l'air jolie. On ne pourra pas aller aux 3 endroits donc il va falloir choisir. Quel est votre avis?
Je suis preneuse de toutes les remarques constructives pour m'aider à faire des choix. Merci 😉
J'ai un vol AR pour Munich en août et j'aimerais fixer un itinéraire pour commencer à regarder les trajets et logements. Sachant que j'ai 7 jours complets et une matinée sur place et pas de véhicule, j'aimerais vos conseils. J'aimerais une semaine entre villes et nature et j'aime bien faire des photos et me déplacer en transports (bons plans).
J'ai pensé à cela (ébauche qui évoluera): - Munich (2 jours) Est-ce que Residenz vaut le détour? Et Olympic Tower? Starnburger See? - Nuremberg (1,5 jour) Je rejoins une copine sur place mais à part le centre ville et le château, est-ce qu'il y a autre chose à voir? - Ville médiévale (1 jour): Würzbourg? Rothenburg ob der Tauber? Regensburg? Laquelle privilégier sachant que j'aime bien les villes mignonnes mais avec des choses à faire pour la journée et si possible des rencontres? Quels sont les intérêts de ces villes? Je suis pour le moment plus attirée par Rothenburg mais pour y aller, ce sera moins simple (bus, covoiturage).
- Château de Neuschwanstein et Hohenschwangau (1 jour)
Je pensais loger à Füssen, est-ce bien accessible pour aller aux châteaux le lendemain matin? Les châteaux sont éloignés l'un de l'autre? Comment faire pour aller au deuxième?
Est-ce que la ville de Füssen est sympa à visiter? A priori, il y a Schwangau aussi, je ne sais pas le meilleur endroit pour rester (à la fois joli et pratique). - Endroit avec un lac ou en Autriche (1 jour)
König See a l'air sympa. Quelle est la ville la plus proche pour y séjourner et profiter des environs du lac ensuite? J'ai beaucoup d'attirance pour Hallstatt, ça a l'air magnifique mais c'est plus loin de Munich et il faudrait enchainer au moins 2 transports (un bus et un train) et surtout c'est plus cher. Est-ce que ça vaut le détour et 40€ de transports pour une journée? Si vous savez comment y aller à bas prix, je prends. Sinon Salzburg est plus proche et plus accessible mais ça reste une ville, n'étant pas fan de l'histoire ou de Mozart, j'avais écarté et finalement en regardant de nouveau, la ville a l'air jolie. On ne pourra pas aller aux 3 endroits donc il va falloir choisir. Quel est votre avis?
Je suis preneuse de toutes les remarques constructives pour m'aider à faire des choix. Merci 😉
Photo argentique: quel appareil? English translation pending
Bonjour.
Je suis un voyageur a Velo. Je pars dans 4 mois pour 2 ans a Velo en eurasie. 25000 km de prévu.
La question que je pose ici concerne la photo. Jusqu'à maintenant jai toujours utilise du numérique mais en n'y prenant que très peu de plaisir, particulièrement sur l'aspect instantané qui fait perdre de sa magie a la photo. Je pense que je retrouverai du plaisir a la photo grâce a l'argentique.
Mais je n'y connais rien...
Voila comment je l'envisage:
-acquérir un argentique d'occasion basique et apprendre les bases avant le depart
-travailler avec les films noir et blanc 135.
-envoyer les films en France et les développer a mon retour.
Mes questions sont les suivantes: -quel appareil me conseilleriez vous? -peut on trouver "facilement" des films a vendre que ce soit en France ou a l'étranger hors Europe?
Merci d'avance!
Mes questions sont les suivantes: -quel appareil me conseilleriez vous? -peut on trouver "facilement" des films a vendre que ce soit en France ou a l'étranger hors Europe?
Merci d'avance!
Déclaration de son argent à l'arrivée Alger: quelle stratégie adopter? English translation pending
Bonjour,
Si j'ai bien compris, il est (théoriquement) obligatoire de déclarer son argent à l'arrivée à Alger (en avion dans mon cas), mais qu'ainsi le risque est d'être dans l'obligation de le changer sur place (au désavantageux taux officiel donc).
Alors comment éviter d'avoir à changer son argent à l'arrivée, et au taux officiel ? Est-il envisageable d'en cacher la plus grande part ? Et si oui, vaut-il mieux le cacher sur soi ? dans son sac ? (les billets de banque sont-ils détectables aux scanners des aéroports ?)
Question annexe svp : quels sont actuellement les taux de changes officiels et "de rue" ?
Merci à tous pour vos explications et conseils à ce sujet.
D.
Si j'ai bien compris, il est (théoriquement) obligatoire de déclarer son argent à l'arrivée à Alger (en avion dans mon cas), mais qu'ainsi le risque est d'être dans l'obligation de le changer sur place (au désavantageux taux officiel donc).
Alors comment éviter d'avoir à changer son argent à l'arrivée, et au taux officiel ? Est-il envisageable d'en cacher la plus grande part ? Et si oui, vaut-il mieux le cacher sur soi ? dans son sac ? (les billets de banque sont-ils détectables aux scanners des aéroports ?)
Question annexe svp : quels sont actuellement les taux de changes officiels et "de rue" ?
Merci à tous pour vos explications et conseils à ce sujet.
D.
Excursion au désert du Thar et sites à privilégier au Rajasthan English translation pending
Bonjour à tous,
je prépare mon voyage dans le Rajasthan prévu pour fin Octobre. J'aurai deux questions différentes en vue de la préparation de mon itinéraire :
1/ Lors de mon séjour à Jaisalmer, j'aimerai faire une excursion de deux jours et une nuit dans le désert du Thar.
Existe t-il de petites structures pour ce type d'activité dans la région proposant des circuits dans des lieux différents, à l'écart des circuits proposés habituellement par toutes les autres compagnies de Jaisalmer ?
2/ Ne disposant que de deux semaines dans le Rajasthan, et pour éviter un rythme trop rapide, je voudrai me concentrer sur les lieux les plus marquants et dignes d'intérêt et donc faire l'impasse sur certaines villes ou sites d'intérêt moyen (si tant est qu'il y en ait...). A votre avis, quels sont les endroits à privilégier absolument et, a contrario, ceux à éviter ou dont on peut se passer ? Par exemple, j'ai lu beaucoup de bien de Bundi et je suis prêt à délaisser d'autres lieux (Jaipur ?) pour y séjourner.
Je suis preneur de toutes vos propositions qui pourraient m'aider à construire mon itinéraire.
Merci !
Eric
je prépare mon voyage dans le Rajasthan prévu pour fin Octobre. J'aurai deux questions différentes en vue de la préparation de mon itinéraire :
1/ Lors de mon séjour à Jaisalmer, j'aimerai faire une excursion de deux jours et une nuit dans le désert du Thar.
Existe t-il de petites structures pour ce type d'activité dans la région proposant des circuits dans des lieux différents, à l'écart des circuits proposés habituellement par toutes les autres compagnies de Jaisalmer ?
2/ Ne disposant que de deux semaines dans le Rajasthan, et pour éviter un rythme trop rapide, je voudrai me concentrer sur les lieux les plus marquants et dignes d'intérêt et donc faire l'impasse sur certaines villes ou sites d'intérêt moyen (si tant est qu'il y en ait...). A votre avis, quels sont les endroits à privilégier absolument et, a contrario, ceux à éviter ou dont on peut se passer ? Par exemple, j'ai lu beaucoup de bien de Bundi et je suis prêt à délaisser d'autres lieux (Jaipur ?) pour y séjourner.
Je suis preneur de toutes vos propositions qui pourraient m'aider à construire mon itinéraire.
Merci !
Eric
Japon en "miniature-campervan" English translation pending
Ohayo gozaimatsu !
Nous souhaitons partager avec vous notre dernier voyage, qui cette fois fut au Japon.
Première fois en Asie, et afin de découvrir ce pays d'une façon autre que tout ce que nous avions trouvé dans les guides, nous avions décidé de louer un camping car. Nous espérons apporter quelques lumières à certains qui comme nous il y a quelques mois cherchaient des infos sur ce mode de voyage dans ce pays.
Après quelques jours de recherche, nous avons finalement dégoté un loueur de camping-cars à Tokyo. Ça ne parait pas comme ça, mais le mode de voyage camping-car n'est pas très répandu au Japon, surtout en ce qui concerne les étrangers. La plupart des guides et forums que nous avons parcourus renseignent très bien le voyage en train ou en bus, mais parlent rarement de l'automobile, et encore moins du camping-car.
Nous avons donc réservé un "miniature-campervan" chez japan-campers.
Voici une photo de la bestiole pour vous donner un aperçu :

Et oui, c'est une mini maison-à-roulettes! C'est même de l'ordre de la cabane-de-jardin-à-roulettes!
D'autres photos et descriptif de l'équipement sur www.japancampers.com/miniature-campervan.html
Très peu de camping car classiques avec cellule croisés sur notre route, 2 ou 3 pas plus. Sinon quelques fourgons aménagés, 1 ou 2 van Chevrolet aussi.
Pour ce qui est du parcours, nous avions 12 jours sur place à occuper. Nous sommes donc partis de Tokyo Est en direction de Nagano, puis Takayama dans les Alpes Japonaises, Kanazawa, ensuite descente vers Kyoto, et retour à l'Est en passant par Nagoya, Shizuoka, Mont Fuji, et enfin retour sur la capitale. Soit un total de 1643kms parcourus.
Parlons tout d'abord "Logistique" : si nous avions 1 adjectif à donner à cette agence de location, ce serait "pragmatique". En fait ils ne sont qu'une petite poignée à bosser dans cette "agence", et nous avons plus l'impression qu'il s'agit d'une bande de copains baroudeurs, qu'une agence commerciale de location. A vrai dire, nous n'avons même pas vu l'agence à proprement parlé, si tentée qu'il y en ait une. Nous avons pris possession du camping-car au milieu d'une rue, à coté d'une gare et l'avons restitué au même endroit... !
Il y avait possibilité de choisir d'autres modèles, mais nous avons choisi celui-ci car nous étions intéressé de découvrir l'aménagement dans un si petit espace, et la façon de vivre avec, même si c'est sur une courte durée par rapport à un voyage au long cours. Ce qui nous a marqué, c'est que malgré l'espace réduit, nous avions tout le nécessaire quotidien, et n'avons manqué de rien. Un frigo pour garder quelques produits au frais, un bidon pour embarquer un peu d'eau, le nécessaire de cuisine, le nécessaire de couchage, des caisses en plastique, un chauffage Webasto, un convertisseur 12V/100V, et un iPad pour GPS et applications pratiques. Un coffre de toit pour ranger les affaires, et même des chaises de camping pour faire la pause au soleil!
L'iPad était équipé d'applications tout aussi pratiques : Traducteur avec textes / photos, application pour trouver des aires où passer la nuit, avec WC (park and sleep), application pour trouver des onsens (bains publics), une autre pour discuter directement avec les gars de l'agence en cas de pépin ou besoin de coordonnées pour tel ou tel lieu, et bien-sûr un accès internet en cas de besoin, cela nous a été utile pour prendre des coordonnées GPS ou bien trouver un lieu de stationnement dans certaines villes.
Pour les WC, aucun problème pour en trouver, il y en a partout, et propres évidemment. Pour les bains / douches, il n'y en a pas comme chez nous sur certaines aires d'autoroute. Par contre, ils pratiquent beaucoup les bains publics appelés Onsens (avec source d'eau chaude naturelle) ou Sento (plutôt dans les villes). L’accès coûte entre 4 et 8€ suivant l'établissement. Après avoir déposé tous vos vêtements au vestiaire, il ne vous reste plus qu'à avancer dans la grande salle de bains: tout d'abord vous vous dirigez vers les douches pour vous y savonner et rincer (savons / shampooing à dispo). Une fois propre, il ne vous reste plus qu’à vous glisser dans le bain d’eau chaude pour vous détendre et converser avec votre voisin si l’envie vous en dit !
Attention : les tatouages ne sont pas acceptés dans la plupart des bains publiques, car au Japon, les gens tatoués sont, pour la plupart, affiliés aux Yakuza. Certainement que les Yakuza prennent leur bains quelque part, mais je ne suis pas allé voir ! Cependant, on m’a autorisé à entrer du moment que mes tatouages étaient masqués. J’avais acheté de la bande cohésive (bande de contention) couleur chair avant de partir, et j’ai pu prendre mes bains sans problèmes. Pour ceux qui ont des tatouages dans le dos, c’est plus compliqué, car ils ne vous laisseront pas rentrer tout simplement…
Mais tout n’est pas perdu ! Il vous reste encore quelques options : Prendre une chambre d’hôtel : les hôtels ont leur propre onsen et on vous laissera accéder plus facilement même si vous avez des tatouages visibles. Sinon prendre une chambre avec salle de bain privée, mais attention aux tarifs…. Autre option, les love-hôtels : Les Japonais en ont beaucoup, ce sont des hôtels pour avoir un peu d’intimité ! Vous y prenez une chambre pour quelques heures ou pour la nuit, et il y a une salle de bain dans chaque chambre. Dernière option, la douche portable : Nous avons eu recours à cette option à certains endroits ou nous n’avions pas de bains publics, ni d’hôtel. Nous avions pris la douche dans les sanitaires publics, la nuit. Le sol est carrelé et il y a des bouches d’évacuations, car ils nettoient tous les jours au karcher. Ça dépanne.
Pour la nourriture, aucun problème, il y a des restaurants, gargottes, magasins partout ! Nous avons aussi acheté des produits que nous avions réchauffés sur le réchaud le soir. Le midi il y a toujours quelque chose à manger sur le pouce ou un petit restaurant pour une soupe. On s’est toujours régalés et on aurait tout dévoré ! Pour le sucré, rassurez-vous, ils ont une multitude de petits gâteaux absolument délicieux et pas chers. Nous étions partis avec des aprioris et pensions uniquement trouver du poisson cru et des trucs au goût bizarre, et finalement ce n’étaient que des mythes. On y retournerai rien que pour la gamelle !
Poursuivons avec le voyage : Après les 15h de voyage depuis notre départ de Marseille, nous voilà donc arrivés à Narita, à 40kms à l’Est de Tokyo avec 7h de décalage dans les pattes. Il est 7h en local, donc minuit chez nous, et la journée commence, alors que c’est l’heure d’aller au lit. Bref, on est épuisés et on doit rejoindre le centre de Tokyo, prendre le camping-car et filer à 300kms de là. Google Maps nous avait indiqué 5h00 pour faire ces 300 kms. Rappelons que Tokyo c’est 7 fois Paris et 33 millions d’habitants, oui, 33 millions, c’est la moitié de notre pays… Donc forcément, on n’est pas seuls.
Nous prenons le train depuis Tokyo et rejoignons la station Shin-Kamagaya où nous avons rendez-vous. On attend, on attend, on ne voit personne venir… On se fait aider pour utiliser la cabine téléphonique et on arrive a avoir notre loueur. Finalement il faut reprendre le train, il n’est pas à la bonne station. Direction la station Tokiwadaira. On se retrouve enfin. On récupère la bestiole, et en avant, c’est parti ! Le trafic Tokyoïte pendant 2h, conduite à gauche, avec 7heures de décalage horaire dans la tronche, autant vous dire que je m’en souviendrai quelques années !
On arrive à quitter la capitale sans encombres, malgré quelques détours, car le GPS Google Maps n’était pas vraiment compréhensible sur les bifurcations et sorties, et nous n’étions pas encore familiarisés avec les panneaux directionnels et calligraphie locale.
On fait étape pour la nuit à 80kms de Takayama après une bien grosse journée.
Jour 2, nous poursuivons notre route jusqu’à Takayama. La pluie est de la partie… On y vient pour le festival de printemps, avec les cerisiers en fleurs et le défilé des chars décorés dans les rues. Finalement les chars resteront sous leurs abris. C’est une jolie ‘’petite’’ ville en fête (93000 habitants…)
Nous poursuivons notre route en direction de Kanazawa pour les visites du lendemain. La route est longue car on se fait bloquer par la neige en altitude. On nous avait certainement prévenus quelque part sur la route, mais étant donné que nous ne lisons pas le japonais… On se fait coincer 2 fois, les routes ne sont pas dégagées et il y a 1,20m de neige sur la chaussée. En attendant nous avons vu des singes des montagnes, perchés ça et là dans les arbres, c’est surprenant !
Jour 3, nous voici à Kanazawa pour la visite de son château et de ses jardins ornementaux. La pluie est toujours là, mais vraiment plus intense. Il ne pleut qu’une fois, de 6h à 21h… Nous nous faisons aider pour l’orientation et rejoignons le château à pied depuis la gare et visitons ainsi la ville. Nous arrivons au château : les jardins sont somptueux et le château est magnifique. C’est le temps des Sakuras (cerisiers en fleurs) et de Hanami (regarder les fleurs qui tombent comme la vie qui défile). La pluie gâche un peu la visite, mais nous sommes là et apprécions malgré tout le voyage !
Nous reprenons la route en direction de Kaga. Ce n’est pas très loin, mais Kanazawa c’est 400.000 habitants (2 fois Strasbourg) et l’agglomération s’étend sur des kilomètres. En fait on n’est jamais vraiment sortis de l’urbanisme…
Jour 4. Le temps est un peu plus clément, pas de pluie aujourd’hui, et même un peu de soleil. Nous faisons un petit saut en bord de mer, histoire de voir le décor. C’est plutôt décevant… La plage est jonchée de détritus vomis par l’océan. Cela fait des années que nous n’avons pas vu la mer, et c’est triste de voir à quel point la situation est dramatique en terme de déchets… Nous poursuivons notre journée en direction du temple Nata-dera, c’est un temple taillé dans la roche. En fait un temple, ce n’est jamais 1 temple. C’est bien souvent un ensemble de temples, pagodes, stèles, autels, répartis dans un grand parc avec jardins ornementaux, bassins aménagés avec carpes et petits ponts de pierres. Les temples sont somptueux, ça repose l’esprit. La transition est nette avec l’agitation des villes. Nous déjeunons dans un petit restau juste à la sortie du temple. Les menus sont en photo, c’est pratique pour se faire comprendre. Dans certains établissements, les menus sont reconstitués en plastique dans la vitrine. Le rendu est saisissant ! Nous dégustons une délicieuse soupe crevettes / nouilles de soba, et poulet / nouilles de soba pour 12€ !
Jour 5, nous prenons la route en direction de l’ancienne capitale, Kyoto. La grisaille est revenue. Pas beaucoup de visites aujourd’hui, quelques arrêts dans les magasins et autres boutiques histoire de découvrir les produits du quotidien local. Nous passons la nuit au bord du lac Biwa.
Jour 6, Kyoto nous voilà et le soleil nous fait part de ses plus chaleureux rayons! Nous débarquons tout d’abord dans le quartier Arashiyama, connu pour ses temples, sa forêt de bambous, et ses petites rues commerçantes. Effectivement, c’est connu et c’est bondé ! Nous stationnons la bestiole sur un petit parking payant pour la journée. Nous faisons visite de temples et jardins, forêt de bambous et rues commerçantes, agrémenté de saveurs locales : brioches au sésame et haricots rouges, beignets de fruits de mer, gâteaux au thé vert et glace de même sorte ! Beaucoup de visiteurs, et notamment des écoliers. Ce qui nous surprend, c’est la complicité qu’ils ont. Ce sont des ados pour la plupart, mais ils s’amusent ensemble, tandis que chez nous, ils sont chacun le nez planté dans leur smartphone. Là bas, c’est beaucoup plus vivant et jovial. Nous remontons sur les hauteurs de Kyoto pour passer la nuit.
Jour 7, nous descendons à pied depuis notre belvédère jusqu’au nord du quartier Higashiyama de Kyoto. Nous traversons temples et jardins, toujours aussi somptueux. Nous poursuivons notre trajet jusqu’au marché Nishiki. C’est un marché couvert immense, d’environ 200m de long, et que de petites échoppes, restaurants, en-cas à emporter : nos papilles sont affolées par toutes ces saveurs et odeurs !
Après une pause casse croûte, nous retournons vers Higashiyama pour visiter le quartier Gion, célèbre pour ses petites rues authentiques, et ses geishas. Nous voyons beaucoup de jeunes gens habillés en kimonos. Cela semble être leurs habits de sortie. Kyoto semble être la ville où se mêlent le mieux frénésie électrique et coutumes du Japon. Il fait de plus en plus chaud et il a de plus en plus de monde dans les rues. C’est la fin de journée, nous rejoignons notre belvédère pour récupérer notre baraque, et nous commençons la route en direction de Nagoya. Un arrêt à la laverie pour laver le linge et un bon fou-rire une fois devant les machines où écrit en japonais tout semblait si compliqué !
Jour 8, nous voilà à Nagoya. Ce sera une étape rapide, car nous avons encore pas mal de route à faire et la fin du séjour approche déjà. Nous visitons le magnifique château et les jardins. En face, le musée du théâtre de No. Nous poursuivons la route vers Shizuoka.
Jour 9, nous voici dans le secteur de Shizuoka C’est là qu’est concentrée la production de thé vert Matcha. Nous dégustons également quelques agrumes locaux, à mi chemin entre l’orange et le pamplemousse, l’orange Naveline si je ne me trompe pas. Le temps est de nouveau à la pluie. Nous devrions apercevoir le mont Fuji, mais nous ne voyons rien à 100m, il pleut des cordes. La journée devait s’articuler autour des champs de thés, un trajet en téléphérique pour visiter un temple, et le contour du mont Fuji par la régions des 5 lacs, mais finalement le temps est trop mauvais et nous ne verrons rien… La Nature est ainsi faite, nous prenons notre mal en patience.
Jour 10, il ne pleut pas !! On a un pneu à plat, donc on remplace avant de partir (comme quoi, pas besoin d’être en plein désert pour avoir son lot de déconvenues !). Aujourd’hui on visite Hakone sur les rives du lac Ashinoko. Une petite ballade sur le sentier du Tokaido, route pavée qui reliait Kyoto à Edo (ancienne Tokyo), jusqu’à l’avenue des cèdres vieux de 300ans.
Nous poursuivons vers Togendai un peu plus au nord où nous prenons le téléphérique pour Owakudani, là nous irons déguster les œufs noirs (kuro-tamago), cuits dans l’eau sulfureuse de la montagne. On entend la terre gronder férocement, c’est surprenant ! Petit à petit le ciel se dégage et nous laisse voir le Fuji-san dans son intégralité, ça aurait été dommage de ne pas l’apercevoir. Nous redescendons jusqu’à notre bouzin et prenons la route de Kamakura. Kamakura, c’est un peu Long-beach en Californie. Voitures de luxe, surfeurs, cruise-bike, customs, belles résidences…On ne fait que passer. Nous sommes à 80kms de Tokyo, et c’est déjà la pleine urbanisation. Autoroutes, ponts, buildings, béton, béton, béton… Nous arrivons à notre park-and-sleep pour la nuit.
Jour 11, C’est parti pour la frénésie de Tokyo ! Nous laissons notre camping car sur le park and sleep (gratuit) et prenons le train à 20 minutes à pied de là. Direction le centre, Shibuya plus précisément. De là nous partons pour Akihabara, le quartier manga / anime de la ville. Nous retrouvons un peu de calme dans le jardin du palais impérial et finissons par le parc Ueno. Le premier jour nous étions un peu effrayés par Tokyo, et de nos précédents voyages nous avions un mauvais sentiment de terminer notre route par une grande ville, le dur retour à la civilisation. Finalement, cela a été bien mieux que prévu ! Bien que Tokyo soit hyper peuplée, la courtoisie des gens, leur calme, leur gentillesse, la propreté font que cette ville est appréciable. Nous n’avons pas regretté de terminer ainsi. Le soir nous dormons au même endroit que la veille. Dernier contact avec Japan Campers pour confirmer la restitution du lendemain.
Jour 12, ça sent la fin des vacances. Nous retournons vers Tokiwaidaira et restituons la cabane à roulettes. On prend le train direction Narita, nous devons y passer notre dernier après-midi avant une nuit en Ryokan (maison d’hôte traditionnelle). Narita est une magnifique petite ville en banlieue, pleine de petites boutiques autour du Ryokan. En face, le superbe temple Shinsho-ji et son grand jardin. Le soir nous dînons à l’hôtel, des yakutas ("kimonos") sont à disposition dans la chambre. Le repas nous est servi dans la chambre, la table au sol sur les tatamis. Pas moins de 10 dégustations pour nous exciter les papilles un peu plus. Une fois le repas terminé, on vient nous installer les futons pour la nuit. Nous nous couchons au son de la musique zen diffusée dans les rues.
Jour 13, réveillés au son du gong à 5h30, nous nous apprêtons à quitter ce beau pays. Après un déjeuner copieux et traditionnel, on nous conduit aimablement à la gare de Narita pour rejoindre l’aéroport. Nous décollons sous un ciel brumeux et une fois au dessus de la nappe nuageuse, avons la chance d’apercevoir le sommet enneigé du Fuji magnifique panorama que nous offre la nature en cadeau de départ.
Ce qui nous a le plus surpris lors de ce séjour, c’est la gentillesse des gens. Les Japonais sont dévoués, gentils, aimables, courtois, c’est dingue ! L’anglais a été quasiment inutile là bas, peu de monde ne le pratique, sauf dans les endroits touristiques, et encore. En ce qui nous concerne, sur la 30aine de personnes avec qui nous avons discuté, seulement 3 parlaient un peu anglais. Mais nous avons toujours su communiquer, avec des images, ou des signes. Ils ont vraiment envie d’aider quand ils vous voient en ‘’difficulté’’ ou que vous leur demandez un renseignement. Certains ont essayé de demander d’où nous venions, et étaient surpris de voir des français, surtout en dehors des grandes villes. Encore plus lorsqu’on nous demandait « did you come with Shinkeisei ? (êtes vous venus avec le TGV ?) – No, with campervan ! – Ohhhhh ! »
Nous avons été également surpris par la propreté en tout lieux. TOUT est recyclable, n’importe quel emballage, film plastique, papier, sachet, barquette, bouteille, tout ! Dans les rues, on ne trouve pas de poubelles, ou très rarement, là où on peut manger sur le pouce. Sinon, à part des containers pour les bouteilles en plastique, il n’y a pas de poubelles comme chez nous, à disposition. En mode routier, il faut donc conserver ses ordures jusqu’à trouver un endroit ou les jeter triées. Finalement, c’est à l’entrée des supermarchés que nous avons pu les jeter dans différentes bennes de tri.
Coté déconvenues, pas grand-chose mais une chose en particulier, c’est la marque de l’homme partout. Très peu d’endroits ou la nature à tous ses droits. Peu de paysages vierges. Toujours des lignes électriques, toujours du béton. C’est le pays ou on a vu le plus de pelles mécaniques de tous les voyages qu’on a fait. Les jardins sont magnifiques, mais c’est une création de l’homme. Nous avons un peu regretté cela, le manque d’authenticité naturelle.
En terme de budget, c’est toujours intéressant de partager ce retour je pense :
Pour les billets d’avion : 750€ / personne aller / retour, classe eco avec Lufthansa. Départ Marseille, escale à Francfort à l’aller et au retour.
Location du camping-car équipé = 580€ pour 11 jours, avec 1200kms inclus. 1€ pour 10kms supplémentaires. Nous avons donc dépassé de 40€ Compter environ 30€ pour nettoyage à la restitution et lavage de la literie.
Carburant : avec notre bestiole on consommait environ 10l/100. Petit moteur (700cm3), boite auto, beaucoup de relief et de ville. Nous n’avons pas emprunté beaucoup d’autoroute, seulement en périphérie de Tokyo. Le prix du carburant est de 1€/l (essence / regular). Donc pour nos 1640kms nous avons dépensé 160€
Péages : les péages sont chers, mais peuvent faire économiser de précieuses heures de route, Notamment aux abords des grandes villes. Nous avons payé 115€ pour environ 300kms d’autoroute.
Transports : Parkings : dans les villes, tous les parkings sont payants. Ça va de 3€ pour 20minutes à 2€ pour 1h, ça dépend des coins. C’est très variable. Souvent c’est 3€ la première demi-heure et 3€ l’heure suivante. Pour 3 à 4h de stationnement, compter 8€. C’est toujours indiqué à l’entrée (écrit en Japonais) mais on lit les chiffres et on comprend vite à quoi cela correspond. Métro / train : à Tokyo nous avions un pass pour environ 10€ / personne (pass métro + ligne de train qui passait par notre station. Sinon compter 3 à 4€ pour 1 trajet. Pour les trains de et vers l’aéroport, compter environ 8 à 10€ par personne Nous avons dépensé un budget de 60€
Nourriture : c’est là que nous avons tout explosé ! Nous étions partis avec l’équivalent de 150€ mais on a dépensé au moins le double. Non pas que la nourriture soit chère, bien au contraire, mais c’est que nous avons acheté plein de choses, et avons voulu goutter à un maximum de produits. Sinon, on pouvait bien se nourrir avec 20€ par jour pour 2, pour le petit déjeuner, déjeuner, dîner.
Visites : les prix des visites varient, mais c’est rarement plus de 8€ par personne (1000 Yens) Souvent plus proche des 3 / 4€, les temples et jardins sont souvent gratuits. Vous paierez plutôt si l’endroit est fermé et expose des œuvres (château, certains temples…) Nous avions un budget de 100€
Hôtels/ couchages : Nous n’avons absolument rien dépensé pour nos couchages avec le camping-car. Nous avons toujours trouvé des endroits appropriés et gratuits, même à Kyoto, même à Tokyo. Jamais seuls évidemment, mais une fois les rideaux tirés, nous étions en toute intimité. La seule nuit que nous avons payée est la dernière à Narita. La maison d’hôte est de bonne réputation, bien située, nous avions pris avec salle de bain privative, et avons payé 180€ pour cette nuit. Je m’offrais par ailleurs ma soirée d’anniversaire, donc c’était une exception. Il est cependant possible de se loger pour bien moins cher.
Autres dépenses : Onsen / sento : compter 4 à 8 euros par entrée, plus souvent proche des 4€ (500Yens) Souvenirs : plein de petites choses si vous souhaitez ramener un souvenir, tout dépend des envies et du budget de chacun. Traduction du permis de conduire : pour nous Français, elle est obligatoire, il faut compter 65€ par traduction. Nous n’avions fait traduire que le mien, et j’étais le seul à conduire. Nous sommes passés par les services de www.vivrelejapon.com
Pour résumer, avec ce mode de voyage, à 2, nous avons précisément dépensé un budget de 1700€ par personne pour la totalité de notre voyage : vols, location, souvenirs, nourriture, carburant, péages, laverie, permis de conduire, nettoyage, parkings, métros, visites, hôtel…)
Si vous souhaitez d’autres infos, n’hésitez pas à nous solliciter, nous nous ferons un plaisir de vous renseigner.
A bientôt,
Nous souhaitons partager avec vous notre dernier voyage, qui cette fois fut au Japon.
Première fois en Asie, et afin de découvrir ce pays d'une façon autre que tout ce que nous avions trouvé dans les guides, nous avions décidé de louer un camping car. Nous espérons apporter quelques lumières à certains qui comme nous il y a quelques mois cherchaient des infos sur ce mode de voyage dans ce pays.
Après quelques jours de recherche, nous avons finalement dégoté un loueur de camping-cars à Tokyo. Ça ne parait pas comme ça, mais le mode de voyage camping-car n'est pas très répandu au Japon, surtout en ce qui concerne les étrangers. La plupart des guides et forums que nous avons parcourus renseignent très bien le voyage en train ou en bus, mais parlent rarement de l'automobile, et encore moins du camping-car.
Nous avons donc réservé un "miniature-campervan" chez japan-campers.
Voici une photo de la bestiole pour vous donner un aperçu :

Et oui, c'est une mini maison-à-roulettes! C'est même de l'ordre de la cabane-de-jardin-à-roulettes!
D'autres photos et descriptif de l'équipement sur www.japancampers.com/miniature-campervan.html
Très peu de camping car classiques avec cellule croisés sur notre route, 2 ou 3 pas plus. Sinon quelques fourgons aménagés, 1 ou 2 van Chevrolet aussi.
Pour ce qui est du parcours, nous avions 12 jours sur place à occuper. Nous sommes donc partis de Tokyo Est en direction de Nagano, puis Takayama dans les Alpes Japonaises, Kanazawa, ensuite descente vers Kyoto, et retour à l'Est en passant par Nagoya, Shizuoka, Mont Fuji, et enfin retour sur la capitale. Soit un total de 1643kms parcourus.
Parlons tout d'abord "Logistique" : si nous avions 1 adjectif à donner à cette agence de location, ce serait "pragmatique". En fait ils ne sont qu'une petite poignée à bosser dans cette "agence", et nous avons plus l'impression qu'il s'agit d'une bande de copains baroudeurs, qu'une agence commerciale de location. A vrai dire, nous n'avons même pas vu l'agence à proprement parlé, si tentée qu'il y en ait une. Nous avons pris possession du camping-car au milieu d'une rue, à coté d'une gare et l'avons restitué au même endroit... !
Il y avait possibilité de choisir d'autres modèles, mais nous avons choisi celui-ci car nous étions intéressé de découvrir l'aménagement dans un si petit espace, et la façon de vivre avec, même si c'est sur une courte durée par rapport à un voyage au long cours. Ce qui nous a marqué, c'est que malgré l'espace réduit, nous avions tout le nécessaire quotidien, et n'avons manqué de rien. Un frigo pour garder quelques produits au frais, un bidon pour embarquer un peu d'eau, le nécessaire de cuisine, le nécessaire de couchage, des caisses en plastique, un chauffage Webasto, un convertisseur 12V/100V, et un iPad pour GPS et applications pratiques. Un coffre de toit pour ranger les affaires, et même des chaises de camping pour faire la pause au soleil!
L'iPad était équipé d'applications tout aussi pratiques : Traducteur avec textes / photos, application pour trouver des aires où passer la nuit, avec WC (park and sleep), application pour trouver des onsens (bains publics), une autre pour discuter directement avec les gars de l'agence en cas de pépin ou besoin de coordonnées pour tel ou tel lieu, et bien-sûr un accès internet en cas de besoin, cela nous a été utile pour prendre des coordonnées GPS ou bien trouver un lieu de stationnement dans certaines villes.
Pour les WC, aucun problème pour en trouver, il y en a partout, et propres évidemment. Pour les bains / douches, il n'y en a pas comme chez nous sur certaines aires d'autoroute. Par contre, ils pratiquent beaucoup les bains publics appelés Onsens (avec source d'eau chaude naturelle) ou Sento (plutôt dans les villes). L’accès coûte entre 4 et 8€ suivant l'établissement. Après avoir déposé tous vos vêtements au vestiaire, il ne vous reste plus qu'à avancer dans la grande salle de bains: tout d'abord vous vous dirigez vers les douches pour vous y savonner et rincer (savons / shampooing à dispo). Une fois propre, il ne vous reste plus qu’à vous glisser dans le bain d’eau chaude pour vous détendre et converser avec votre voisin si l’envie vous en dit !
Attention : les tatouages ne sont pas acceptés dans la plupart des bains publiques, car au Japon, les gens tatoués sont, pour la plupart, affiliés aux Yakuza. Certainement que les Yakuza prennent leur bains quelque part, mais je ne suis pas allé voir ! Cependant, on m’a autorisé à entrer du moment que mes tatouages étaient masqués. J’avais acheté de la bande cohésive (bande de contention) couleur chair avant de partir, et j’ai pu prendre mes bains sans problèmes. Pour ceux qui ont des tatouages dans le dos, c’est plus compliqué, car ils ne vous laisseront pas rentrer tout simplement…
Mais tout n’est pas perdu ! Il vous reste encore quelques options : Prendre une chambre d’hôtel : les hôtels ont leur propre onsen et on vous laissera accéder plus facilement même si vous avez des tatouages visibles. Sinon prendre une chambre avec salle de bain privée, mais attention aux tarifs…. Autre option, les love-hôtels : Les Japonais en ont beaucoup, ce sont des hôtels pour avoir un peu d’intimité ! Vous y prenez une chambre pour quelques heures ou pour la nuit, et il y a une salle de bain dans chaque chambre. Dernière option, la douche portable : Nous avons eu recours à cette option à certains endroits ou nous n’avions pas de bains publics, ni d’hôtel. Nous avions pris la douche dans les sanitaires publics, la nuit. Le sol est carrelé et il y a des bouches d’évacuations, car ils nettoient tous les jours au karcher. Ça dépanne.
Pour la nourriture, aucun problème, il y a des restaurants, gargottes, magasins partout ! Nous avons aussi acheté des produits que nous avions réchauffés sur le réchaud le soir. Le midi il y a toujours quelque chose à manger sur le pouce ou un petit restaurant pour une soupe. On s’est toujours régalés et on aurait tout dévoré ! Pour le sucré, rassurez-vous, ils ont une multitude de petits gâteaux absolument délicieux et pas chers. Nous étions partis avec des aprioris et pensions uniquement trouver du poisson cru et des trucs au goût bizarre, et finalement ce n’étaient que des mythes. On y retournerai rien que pour la gamelle !
Poursuivons avec le voyage : Après les 15h de voyage depuis notre départ de Marseille, nous voilà donc arrivés à Narita, à 40kms à l’Est de Tokyo avec 7h de décalage dans les pattes. Il est 7h en local, donc minuit chez nous, et la journée commence, alors que c’est l’heure d’aller au lit. Bref, on est épuisés et on doit rejoindre le centre de Tokyo, prendre le camping-car et filer à 300kms de là. Google Maps nous avait indiqué 5h00 pour faire ces 300 kms. Rappelons que Tokyo c’est 7 fois Paris et 33 millions d’habitants, oui, 33 millions, c’est la moitié de notre pays… Donc forcément, on n’est pas seuls.
Nous prenons le train depuis Tokyo et rejoignons la station Shin-Kamagaya où nous avons rendez-vous. On attend, on attend, on ne voit personne venir… On se fait aider pour utiliser la cabine téléphonique et on arrive a avoir notre loueur. Finalement il faut reprendre le train, il n’est pas à la bonne station. Direction la station Tokiwadaira. On se retrouve enfin. On récupère la bestiole, et en avant, c’est parti ! Le trafic Tokyoïte pendant 2h, conduite à gauche, avec 7heures de décalage horaire dans la tronche, autant vous dire que je m’en souviendrai quelques années !
On arrive à quitter la capitale sans encombres, malgré quelques détours, car le GPS Google Maps n’était pas vraiment compréhensible sur les bifurcations et sorties, et nous n’étions pas encore familiarisés avec les panneaux directionnels et calligraphie locale.
On fait étape pour la nuit à 80kms de Takayama après une bien grosse journée.
Jour 2, nous poursuivons notre route jusqu’à Takayama. La pluie est de la partie… On y vient pour le festival de printemps, avec les cerisiers en fleurs et le défilé des chars décorés dans les rues. Finalement les chars resteront sous leurs abris. C’est une jolie ‘’petite’’ ville en fête (93000 habitants…)
Nous poursuivons notre route en direction de Kanazawa pour les visites du lendemain. La route est longue car on se fait bloquer par la neige en altitude. On nous avait certainement prévenus quelque part sur la route, mais étant donné que nous ne lisons pas le japonais… On se fait coincer 2 fois, les routes ne sont pas dégagées et il y a 1,20m de neige sur la chaussée. En attendant nous avons vu des singes des montagnes, perchés ça et là dans les arbres, c’est surprenant !
Jour 3, nous voici à Kanazawa pour la visite de son château et de ses jardins ornementaux. La pluie est toujours là, mais vraiment plus intense. Il ne pleut qu’une fois, de 6h à 21h… Nous nous faisons aider pour l’orientation et rejoignons le château à pied depuis la gare et visitons ainsi la ville. Nous arrivons au château : les jardins sont somptueux et le château est magnifique. C’est le temps des Sakuras (cerisiers en fleurs) et de Hanami (regarder les fleurs qui tombent comme la vie qui défile). La pluie gâche un peu la visite, mais nous sommes là et apprécions malgré tout le voyage !
Nous reprenons la route en direction de Kaga. Ce n’est pas très loin, mais Kanazawa c’est 400.000 habitants (2 fois Strasbourg) et l’agglomération s’étend sur des kilomètres. En fait on n’est jamais vraiment sortis de l’urbanisme…
Jour 4. Le temps est un peu plus clément, pas de pluie aujourd’hui, et même un peu de soleil. Nous faisons un petit saut en bord de mer, histoire de voir le décor. C’est plutôt décevant… La plage est jonchée de détritus vomis par l’océan. Cela fait des années que nous n’avons pas vu la mer, et c’est triste de voir à quel point la situation est dramatique en terme de déchets… Nous poursuivons notre journée en direction du temple Nata-dera, c’est un temple taillé dans la roche. En fait un temple, ce n’est jamais 1 temple. C’est bien souvent un ensemble de temples, pagodes, stèles, autels, répartis dans un grand parc avec jardins ornementaux, bassins aménagés avec carpes et petits ponts de pierres. Les temples sont somptueux, ça repose l’esprit. La transition est nette avec l’agitation des villes. Nous déjeunons dans un petit restau juste à la sortie du temple. Les menus sont en photo, c’est pratique pour se faire comprendre. Dans certains établissements, les menus sont reconstitués en plastique dans la vitrine. Le rendu est saisissant ! Nous dégustons une délicieuse soupe crevettes / nouilles de soba, et poulet / nouilles de soba pour 12€ !
Jour 5, nous prenons la route en direction de l’ancienne capitale, Kyoto. La grisaille est revenue. Pas beaucoup de visites aujourd’hui, quelques arrêts dans les magasins et autres boutiques histoire de découvrir les produits du quotidien local. Nous passons la nuit au bord du lac Biwa.
Jour 6, Kyoto nous voilà et le soleil nous fait part de ses plus chaleureux rayons! Nous débarquons tout d’abord dans le quartier Arashiyama, connu pour ses temples, sa forêt de bambous, et ses petites rues commerçantes. Effectivement, c’est connu et c’est bondé ! Nous stationnons la bestiole sur un petit parking payant pour la journée. Nous faisons visite de temples et jardins, forêt de bambous et rues commerçantes, agrémenté de saveurs locales : brioches au sésame et haricots rouges, beignets de fruits de mer, gâteaux au thé vert et glace de même sorte ! Beaucoup de visiteurs, et notamment des écoliers. Ce qui nous surprend, c’est la complicité qu’ils ont. Ce sont des ados pour la plupart, mais ils s’amusent ensemble, tandis que chez nous, ils sont chacun le nez planté dans leur smartphone. Là bas, c’est beaucoup plus vivant et jovial. Nous remontons sur les hauteurs de Kyoto pour passer la nuit.
Jour 7, nous descendons à pied depuis notre belvédère jusqu’au nord du quartier Higashiyama de Kyoto. Nous traversons temples et jardins, toujours aussi somptueux. Nous poursuivons notre trajet jusqu’au marché Nishiki. C’est un marché couvert immense, d’environ 200m de long, et que de petites échoppes, restaurants, en-cas à emporter : nos papilles sont affolées par toutes ces saveurs et odeurs !
Après une pause casse croûte, nous retournons vers Higashiyama pour visiter le quartier Gion, célèbre pour ses petites rues authentiques, et ses geishas. Nous voyons beaucoup de jeunes gens habillés en kimonos. Cela semble être leurs habits de sortie. Kyoto semble être la ville où se mêlent le mieux frénésie électrique et coutumes du Japon. Il fait de plus en plus chaud et il a de plus en plus de monde dans les rues. C’est la fin de journée, nous rejoignons notre belvédère pour récupérer notre baraque, et nous commençons la route en direction de Nagoya. Un arrêt à la laverie pour laver le linge et un bon fou-rire une fois devant les machines où écrit en japonais tout semblait si compliqué !
Jour 8, nous voilà à Nagoya. Ce sera une étape rapide, car nous avons encore pas mal de route à faire et la fin du séjour approche déjà. Nous visitons le magnifique château et les jardins. En face, le musée du théâtre de No. Nous poursuivons la route vers Shizuoka.
Jour 9, nous voici dans le secteur de Shizuoka C’est là qu’est concentrée la production de thé vert Matcha. Nous dégustons également quelques agrumes locaux, à mi chemin entre l’orange et le pamplemousse, l’orange Naveline si je ne me trompe pas. Le temps est de nouveau à la pluie. Nous devrions apercevoir le mont Fuji, mais nous ne voyons rien à 100m, il pleut des cordes. La journée devait s’articuler autour des champs de thés, un trajet en téléphérique pour visiter un temple, et le contour du mont Fuji par la régions des 5 lacs, mais finalement le temps est trop mauvais et nous ne verrons rien… La Nature est ainsi faite, nous prenons notre mal en patience.
Jour 10, il ne pleut pas !! On a un pneu à plat, donc on remplace avant de partir (comme quoi, pas besoin d’être en plein désert pour avoir son lot de déconvenues !). Aujourd’hui on visite Hakone sur les rives du lac Ashinoko. Une petite ballade sur le sentier du Tokaido, route pavée qui reliait Kyoto à Edo (ancienne Tokyo), jusqu’à l’avenue des cèdres vieux de 300ans.
Nous poursuivons vers Togendai un peu plus au nord où nous prenons le téléphérique pour Owakudani, là nous irons déguster les œufs noirs (kuro-tamago), cuits dans l’eau sulfureuse de la montagne. On entend la terre gronder férocement, c’est surprenant ! Petit à petit le ciel se dégage et nous laisse voir le Fuji-san dans son intégralité, ça aurait été dommage de ne pas l’apercevoir. Nous redescendons jusqu’à notre bouzin et prenons la route de Kamakura. Kamakura, c’est un peu Long-beach en Californie. Voitures de luxe, surfeurs, cruise-bike, customs, belles résidences…On ne fait que passer. Nous sommes à 80kms de Tokyo, et c’est déjà la pleine urbanisation. Autoroutes, ponts, buildings, béton, béton, béton… Nous arrivons à notre park-and-sleep pour la nuit.
Jour 11, C’est parti pour la frénésie de Tokyo ! Nous laissons notre camping car sur le park and sleep (gratuit) et prenons le train à 20 minutes à pied de là. Direction le centre, Shibuya plus précisément. De là nous partons pour Akihabara, le quartier manga / anime de la ville. Nous retrouvons un peu de calme dans le jardin du palais impérial et finissons par le parc Ueno. Le premier jour nous étions un peu effrayés par Tokyo, et de nos précédents voyages nous avions un mauvais sentiment de terminer notre route par une grande ville, le dur retour à la civilisation. Finalement, cela a été bien mieux que prévu ! Bien que Tokyo soit hyper peuplée, la courtoisie des gens, leur calme, leur gentillesse, la propreté font que cette ville est appréciable. Nous n’avons pas regretté de terminer ainsi. Le soir nous dormons au même endroit que la veille. Dernier contact avec Japan Campers pour confirmer la restitution du lendemain.
Jour 12, ça sent la fin des vacances. Nous retournons vers Tokiwaidaira et restituons la cabane à roulettes. On prend le train direction Narita, nous devons y passer notre dernier après-midi avant une nuit en Ryokan (maison d’hôte traditionnelle). Narita est une magnifique petite ville en banlieue, pleine de petites boutiques autour du Ryokan. En face, le superbe temple Shinsho-ji et son grand jardin. Le soir nous dînons à l’hôtel, des yakutas ("kimonos") sont à disposition dans la chambre. Le repas nous est servi dans la chambre, la table au sol sur les tatamis. Pas moins de 10 dégustations pour nous exciter les papilles un peu plus. Une fois le repas terminé, on vient nous installer les futons pour la nuit. Nous nous couchons au son de la musique zen diffusée dans les rues.
Jour 13, réveillés au son du gong à 5h30, nous nous apprêtons à quitter ce beau pays. Après un déjeuner copieux et traditionnel, on nous conduit aimablement à la gare de Narita pour rejoindre l’aéroport. Nous décollons sous un ciel brumeux et une fois au dessus de la nappe nuageuse, avons la chance d’apercevoir le sommet enneigé du Fuji magnifique panorama que nous offre la nature en cadeau de départ.
Ce qui nous a le plus surpris lors de ce séjour, c’est la gentillesse des gens. Les Japonais sont dévoués, gentils, aimables, courtois, c’est dingue ! L’anglais a été quasiment inutile là bas, peu de monde ne le pratique, sauf dans les endroits touristiques, et encore. En ce qui nous concerne, sur la 30aine de personnes avec qui nous avons discuté, seulement 3 parlaient un peu anglais. Mais nous avons toujours su communiquer, avec des images, ou des signes. Ils ont vraiment envie d’aider quand ils vous voient en ‘’difficulté’’ ou que vous leur demandez un renseignement. Certains ont essayé de demander d’où nous venions, et étaient surpris de voir des français, surtout en dehors des grandes villes. Encore plus lorsqu’on nous demandait « did you come with Shinkeisei ? (êtes vous venus avec le TGV ?) – No, with campervan ! – Ohhhhh ! »
Nous avons été également surpris par la propreté en tout lieux. TOUT est recyclable, n’importe quel emballage, film plastique, papier, sachet, barquette, bouteille, tout ! Dans les rues, on ne trouve pas de poubelles, ou très rarement, là où on peut manger sur le pouce. Sinon, à part des containers pour les bouteilles en plastique, il n’y a pas de poubelles comme chez nous, à disposition. En mode routier, il faut donc conserver ses ordures jusqu’à trouver un endroit ou les jeter triées. Finalement, c’est à l’entrée des supermarchés que nous avons pu les jeter dans différentes bennes de tri.
Coté déconvenues, pas grand-chose mais une chose en particulier, c’est la marque de l’homme partout. Très peu d’endroits ou la nature à tous ses droits. Peu de paysages vierges. Toujours des lignes électriques, toujours du béton. C’est le pays ou on a vu le plus de pelles mécaniques de tous les voyages qu’on a fait. Les jardins sont magnifiques, mais c’est une création de l’homme. Nous avons un peu regretté cela, le manque d’authenticité naturelle.
En terme de budget, c’est toujours intéressant de partager ce retour je pense :
Pour les billets d’avion : 750€ / personne aller / retour, classe eco avec Lufthansa. Départ Marseille, escale à Francfort à l’aller et au retour.
Location du camping-car équipé = 580€ pour 11 jours, avec 1200kms inclus. 1€ pour 10kms supplémentaires. Nous avons donc dépassé de 40€ Compter environ 30€ pour nettoyage à la restitution et lavage de la literie.
Carburant : avec notre bestiole on consommait environ 10l/100. Petit moteur (700cm3), boite auto, beaucoup de relief et de ville. Nous n’avons pas emprunté beaucoup d’autoroute, seulement en périphérie de Tokyo. Le prix du carburant est de 1€/l (essence / regular). Donc pour nos 1640kms nous avons dépensé 160€
Péages : les péages sont chers, mais peuvent faire économiser de précieuses heures de route, Notamment aux abords des grandes villes. Nous avons payé 115€ pour environ 300kms d’autoroute.
Transports : Parkings : dans les villes, tous les parkings sont payants. Ça va de 3€ pour 20minutes à 2€ pour 1h, ça dépend des coins. C’est très variable. Souvent c’est 3€ la première demi-heure et 3€ l’heure suivante. Pour 3 à 4h de stationnement, compter 8€. C’est toujours indiqué à l’entrée (écrit en Japonais) mais on lit les chiffres et on comprend vite à quoi cela correspond. Métro / train : à Tokyo nous avions un pass pour environ 10€ / personne (pass métro + ligne de train qui passait par notre station. Sinon compter 3 à 4€ pour 1 trajet. Pour les trains de et vers l’aéroport, compter environ 8 à 10€ par personne Nous avons dépensé un budget de 60€
Nourriture : c’est là que nous avons tout explosé ! Nous étions partis avec l’équivalent de 150€ mais on a dépensé au moins le double. Non pas que la nourriture soit chère, bien au contraire, mais c’est que nous avons acheté plein de choses, et avons voulu goutter à un maximum de produits. Sinon, on pouvait bien se nourrir avec 20€ par jour pour 2, pour le petit déjeuner, déjeuner, dîner.
Visites : les prix des visites varient, mais c’est rarement plus de 8€ par personne (1000 Yens) Souvent plus proche des 3 / 4€, les temples et jardins sont souvent gratuits. Vous paierez plutôt si l’endroit est fermé et expose des œuvres (château, certains temples…) Nous avions un budget de 100€
Hôtels/ couchages : Nous n’avons absolument rien dépensé pour nos couchages avec le camping-car. Nous avons toujours trouvé des endroits appropriés et gratuits, même à Kyoto, même à Tokyo. Jamais seuls évidemment, mais une fois les rideaux tirés, nous étions en toute intimité. La seule nuit que nous avons payée est la dernière à Narita. La maison d’hôte est de bonne réputation, bien située, nous avions pris avec salle de bain privative, et avons payé 180€ pour cette nuit. Je m’offrais par ailleurs ma soirée d’anniversaire, donc c’était une exception. Il est cependant possible de se loger pour bien moins cher.
Autres dépenses : Onsen / sento : compter 4 à 8 euros par entrée, plus souvent proche des 4€ (500Yens) Souvenirs : plein de petites choses si vous souhaitez ramener un souvenir, tout dépend des envies et du budget de chacun. Traduction du permis de conduire : pour nous Français, elle est obligatoire, il faut compter 65€ par traduction. Nous n’avions fait traduire que le mien, et j’étais le seul à conduire. Nous sommes passés par les services de www.vivrelejapon.com
Pour résumer, avec ce mode de voyage, à 2, nous avons précisément dépensé un budget de 1700€ par personne pour la totalité de notre voyage : vols, location, souvenirs, nourriture, carburant, péages, laverie, permis de conduire, nettoyage, parkings, métros, visites, hôtel…)
Si vous souhaitez d’autres infos, n’hésitez pas à nous solliciter, nous nous ferons un plaisir de vous renseigner.
A bientôt,
Itinéraire 2 semaines en Provence-Côte d'Azur English translation pending
arrivée 19 juillet
Gap : 2 nuits ( assister à l'arrivée du Tour de France )
Forcalquier : 1 nuit ( avec viste de Sisteron en passant )
Moustiers ste Marie : 2 nuits ( visite du canyon + baignade + lavande , pas de sport nautique )
St-Paul-de Vence : 1 ou 2 nuits
Turbie : 1 ou 2 nuits ( avec Monaco et Monte-Carlo )
Menton : 3 nuits ( et les villages du Mercantour )
Nice : 3 ou 4 nuits
J'aimerais savoir si c'est équilibré comme itinéraire et si ça vaut la peine de séjourner à Saint-Paul de Vence, et à la Turbie au lieu de Monaco ( parking à l, hotel, prendre le bus ou le taxi pour aller à Monaco etc... ) ?
Merci
Gap : 2 nuits ( assister à l'arrivée du Tour de France )
Forcalquier : 1 nuit ( avec viste de Sisteron en passant )
Moustiers ste Marie : 2 nuits ( visite du canyon + baignade + lavande , pas de sport nautique )
St-Paul-de Vence : 1 ou 2 nuits
Turbie : 1 ou 2 nuits ( avec Monaco et Monte-Carlo )
Menton : 3 nuits ( et les villages du Mercantour )
Nice : 3 ou 4 nuits
J'aimerais savoir si c'est équilibré comme itinéraire et si ça vaut la peine de séjourner à Saint-Paul de Vence, et à la Turbie au lieu de Monaco ( parking à l, hotel, prendre le bus ou le taxi pour aller à Monaco etc... ) ?
Merci
Retour "Magie des Caraïbes, Costa Luminosa du 17 au 27 mars 2015 English translation pending
Et nous voilà de retour après notre croisière de 10 jours « magie des caraïbes » sur le Costa Luminosa, et donc voilà un compte rendu qui j’espère pourra servir à d’autres croisiéristes, je vais essayer de mettre des photos également.
Samedi 14 Mars 2015 – Baptême en A380
Pour une fois, notre avion ne décollant pour Miami qu’à 13H50, on ne passe pas la nuit à CDG.
Une fois n’étant pas coutume, pas de grève à la SNCF, notre trajet se passe sans encombres, c’est tellement rare que cela mérite d’être signalé. On arrive 3H avant le vol, et comme on vole en business pour la 1ere fois, on se dirige vers le comptoir Sky Priority pour enregistrer nos bagages.
Très confortable, comparé aux hordes de touristes qui font la queue pour imprimer leurs cartes d’embarquement et pour laisser leur bagages aux comptoirs ECO. Une fois cette étape terminée, on passe la douane et faisons le tour des boutiques, comme à l’habitude pour acheter journaux et autres indispensables au voyage. Puis, nous allons explorer le salon Air France, ben oui, ça va avec la Business, on ne va pas s’en priver.
Le salon est très grand, journaux, douches, et buffet sont à disposition des voyageurs lucky comme nous aujourd’hui.
On va choisir quelques mets au buffet, il est plus de midi et on commence à avoir faim. Je me sers du Pouilly Fuissé bien frais, et c’est parti pour une pause gourmande et reposante.
A l’heure prévue, on embarque sur le mastodonte, l’A380. Il ne me paraît pourtant pas plus gros qu’un 747, sans doute car je ne le vois pas à côté d’un autre coucou plus riquiqui.
On s’installe tranquillement dans nos sièges plus confortables qu’en éco, prenons un petit apéro avant le décollage, et c’est parti pour 9H20 de vol. On a un retard de 40 minutes au décollage qui sera absorbé pendant le vol. On nous remet le menu qui est plus appétissant que le traditionnel « Chicken or pasta » de la classe éco.
Apéro le retour, cette fois-ci une fois en vol, avec une mise en bouche et des feuilletés au fromage. Allez, une dernière coupette et je m’arrête, sinon, ça va me monter à la tête.

En entrée, on déguste des crevettes sautées au piment d’Espelette, un lingot de foie gras aux cranberries, et du taboulé libanais. On enchaîne tous les 2 avec le quasi de veau et la purée, miam miam.

En dessert, on choisit le sorbet, car on est déjà repus. On peut profiter des films à foison et se reposer de façon confortable. Steph se met en position dodo et se repose.
1H30 avant l’arrivée, rebelote, on nous sert une collation, qu’on ne mange pas en entier car on n’a pas trop faim. A l’heure prévue, soit 19H10, on se pose en douceur à Miami, et en 10 minutes nous sommes arrivés à l’immigration. Là, l’expérience aidant, on sait qu’on va devoir prendre notre mal en patience, car en général, ça prend un temps certain. La queue avance à un bon rythme, et à un moment, j’estime que ça prendra environ 1H (contre 2H environ pour nos fois précédentes). Beaucoup de guérites sont ouvertes, le flot est continu
Sauf que je n‘avais pas prévu qu’à 20H, la machine allait se gripper ! Presque toutes les guérites se vident, c’est la fin du service pour les officiers d’immigration, et il n’y a aucune relève à l’horizon !! il ne reste que 4 guérites ouvertes, très peu pour la queue immense… Donc au final, ça a pris 1H30.
Aucun souci pour récupérer les bagages à côté des tapis roulants, évidemment, ça fait un bail qu’ils sont arrivés, eux. On va directement récupérer notre voiture de loc chez Alamo dans le garage, sans passer par le comptoir, ayant fait le check-in online et sélectionné l’option « skip the counter », très utile, je recommande.
On choisit une Nissan Altima déjà approuvée par Steph, et le GPS enclenché, il se remet à l’heure US sans problème après notre escapade mexicaine l’an dernier.
C’est à 21H50 qu’on arrive au Hyatt Place Plantation déjà testé 2 fois, sans problèmes sur la route. Il fait encore chaud et humide à cette heure, il a visiblement fait beau la journée.
On va se coucher.
Samedi 14 Mars 2015 – Baptême en A380
Pour une fois, notre avion ne décollant pour Miami qu’à 13H50, on ne passe pas la nuit à CDG.
Une fois n’étant pas coutume, pas de grève à la SNCF, notre trajet se passe sans encombres, c’est tellement rare que cela mérite d’être signalé. On arrive 3H avant le vol, et comme on vole en business pour la 1ere fois, on se dirige vers le comptoir Sky Priority pour enregistrer nos bagages.
Très confortable, comparé aux hordes de touristes qui font la queue pour imprimer leurs cartes d’embarquement et pour laisser leur bagages aux comptoirs ECO. Une fois cette étape terminée, on passe la douane et faisons le tour des boutiques, comme à l’habitude pour acheter journaux et autres indispensables au voyage. Puis, nous allons explorer le salon Air France, ben oui, ça va avec la Business, on ne va pas s’en priver.
Le salon est très grand, journaux, douches, et buffet sont à disposition des voyageurs lucky comme nous aujourd’hui.

On va choisir quelques mets au buffet, il est plus de midi et on commence à avoir faim. Je me sers du Pouilly Fuissé bien frais, et c’est parti pour une pause gourmande et reposante.
A l’heure prévue, on embarque sur le mastodonte, l’A380. Il ne me paraît pourtant pas plus gros qu’un 747, sans doute car je ne le vois pas à côté d’un autre coucou plus riquiqui.
On s’installe tranquillement dans nos sièges plus confortables qu’en éco, prenons un petit apéro avant le décollage, et c’est parti pour 9H20 de vol. On a un retard de 40 minutes au décollage qui sera absorbé pendant le vol. On nous remet le menu qui est plus appétissant que le traditionnel « Chicken or pasta » de la classe éco.
Apéro le retour, cette fois-ci une fois en vol, avec une mise en bouche et des feuilletés au fromage. Allez, une dernière coupette et je m’arrête, sinon, ça va me monter à la tête.

En entrée, on déguste des crevettes sautées au piment d’Espelette, un lingot de foie gras aux cranberries, et du taboulé libanais. On enchaîne tous les 2 avec le quasi de veau et la purée, miam miam.

En dessert, on choisit le sorbet, car on est déjà repus. On peut profiter des films à foison et se reposer de façon confortable. Steph se met en position dodo et se repose.
1H30 avant l’arrivée, rebelote, on nous sert une collation, qu’on ne mange pas en entier car on n’a pas trop faim. A l’heure prévue, soit 19H10, on se pose en douceur à Miami, et en 10 minutes nous sommes arrivés à l’immigration. Là, l’expérience aidant, on sait qu’on va devoir prendre notre mal en patience, car en général, ça prend un temps certain. La queue avance à un bon rythme, et à un moment, j’estime que ça prendra environ 1H (contre 2H environ pour nos fois précédentes). Beaucoup de guérites sont ouvertes, le flot est continu
Sauf que je n‘avais pas prévu qu’à 20H, la machine allait se gripper ! Presque toutes les guérites se vident, c’est la fin du service pour les officiers d’immigration, et il n’y a aucune relève à l’horizon !! il ne reste que 4 guérites ouvertes, très peu pour la queue immense… Donc au final, ça a pris 1H30.
Aucun souci pour récupérer les bagages à côté des tapis roulants, évidemment, ça fait un bail qu’ils sont arrivés, eux. On va directement récupérer notre voiture de loc chez Alamo dans le garage, sans passer par le comptoir, ayant fait le check-in online et sélectionné l’option « skip the counter », très utile, je recommande.
On choisit une Nissan Altima déjà approuvée par Steph, et le GPS enclenché, il se remet à l’heure US sans problème après notre escapade mexicaine l’an dernier.
C’est à 21H50 qu’on arrive au Hyatt Place Plantation déjà testé 2 fois, sans problèmes sur la route. Il fait encore chaud et humide à cette heure, il a visiblement fait beau la journée.
On va se coucher.
Carnet de voyage au Canada (Ontario/Québec) en août 2014 English translation pending
Bonjour à tous,
Avec beaucoup de retard, je me lance dans le carnet de voyage pour notre séjour dans l'est Canadien en aout 2014. Le Forum m'avait été d'une grande aide pour déterminer les différentes étapes, j'espère que je pourrai contribuer également pour les prochains voyageurs ;) Nous avons voyagé à 4 avec 2 enfants de 7 et 9 ans, pendant 22 jours. Il s'agissait de leur 1er voyage. Ça restera un grand souvenir pour toute la famille. circuit assez classique je crois: arrivée à toronto niagara kingston/1000 iles ottawa parc de la mauricie lac st jean/st félicien ste rose du nord tadoussac charlevoix québec montréal
Pas très original, mais peu de regrets. :) sauf celui de ne pas avoir été en gaspésie, mais ca aurait été trop ambitieux : En 22 jours, clairement, c'était difficile d'en ajouter sans avoir à courir. Ça fait 2300km de trajet: pas excessif si on ramène ça au nombre de km par jour, mais les enfants ont fini sur les genoux...
nous avons loué une voiture que nous avons gardé tout le séjour (trouvé via authentikcanada à un prix raisonnable), de taille type Megane: clairement, il ne fallait pas plus petit pour se trimbaler les valises pendant tout le séjour! Nous avons loué la plupart de nos hôtels via booking, sauf 2 ou 3 gites trouvés sur ce forum même... ;)
allez hop, c'est parti pour le détail!
Avec beaucoup de retard, je me lance dans le carnet de voyage pour notre séjour dans l'est Canadien en aout 2014. Le Forum m'avait été d'une grande aide pour déterminer les différentes étapes, j'espère que je pourrai contribuer également pour les prochains voyageurs ;) Nous avons voyagé à 4 avec 2 enfants de 7 et 9 ans, pendant 22 jours. Il s'agissait de leur 1er voyage. Ça restera un grand souvenir pour toute la famille. circuit assez classique je crois: arrivée à toronto niagara kingston/1000 iles ottawa parc de la mauricie lac st jean/st félicien ste rose du nord tadoussac charlevoix québec montréal
Pas très original, mais peu de regrets. :) sauf celui de ne pas avoir été en gaspésie, mais ca aurait été trop ambitieux : En 22 jours, clairement, c'était difficile d'en ajouter sans avoir à courir. Ça fait 2300km de trajet: pas excessif si on ramène ça au nombre de km par jour, mais les enfants ont fini sur les genoux...
nous avons loué une voiture que nous avons gardé tout le séjour (trouvé via authentikcanada à un prix raisonnable), de taille type Megane: clairement, il ne fallait pas plus petit pour se trimbaler les valises pendant tout le séjour! Nous avons loué la plupart de nos hôtels via booking, sauf 2 ou 3 gites trouvés sur ce forum même... ;)
allez hop, c'est parti pour le détail!
A travers le wilderness de la Tasmanie English translation pending
Nombreux sont les voyageurs ou les backpackers, qui lors de leur séjour en PVT d'1an font le tour du continent australien en laissant volontairement de côté la Tasmanie, un état île qui parait si petit à côté.
Et pourtant, c'est précisément là que j'ai tenu à passer plusieurs semaines lors de mon grand voyage en Océanie.
Ce qui m'attirait: le nom, le nom et le nom ! 😎
Beaucoup de mystères entouraient cette île, qui est surnommé le natural state en Australie et dont les paysages n'ont absolument rien en commun avec le mainland (la partie continent de l'Australie). La faune et flore par contre peut être similaire et est clairement en abondance. Plus d'un tiers de l'île est classé en parc national au nombre de 19 !
Enfin la Tasmanie conserve une part histoire dans la traite des prisonniers amené par les colons anglais dans les années 1800.
La Tasmanie est un paradis de la randonnée, ainsi j'ai pu trainer mes guêtres sur l'Overland Track, le célèbre trek dans le parc national Cradle Mountain - Lake St Clair. En fonction de vos compétences, votre parcours en fonction des side-trips votre état de forme vous pouvez y passer entre 3 et 8 jours sur cette randonnée au climat rugueux !





La côte Est de l'île réputée plus sèche héberge un autre parc national très renommé: le parc national de Freycinet. Ses belles plages associées au granit et aux montagnes abruptes donnent un caractère unique aux lieux. Voyez pourquoi sur la photo du coucher de soleil ! Imaginez vous que je campai à côté !


Je suis aussi allé faire un tour au parc national de Maria Island, une île, paradis de la wildlife ou seuls vivent des rangers et sans électricité !

Lors d'un dernier trek, très difficile sur le Frenchmans Cap Track inclus dans le parc national Franklin-Gordon Wild Rivers, la rigueur du climat tasmanie a pu s'exprimer avec des conditions difficiles: humidité et neige sur les hauteurs:

Enfin le dernier parc national visité, celui de Hartz Mountains est le cadre idéal pour une balade à la journée sur un plateau et d'avoir une vue sur tout le sud-ouest de la Tasmanie, notamment la zone sauvage classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ici, personne n'habite ou ne vient. Celui qui s'y aventure en dehors des tracks déjà difficiles, risque la mort, tellement le bush est dense et humide.

J'aurai voulu voir d'autres parcs nationaux mais il faut savoir que pour la plupart d'entre eux, l'accès est difficile et réservé aux véhicules bien équipés ! Ainsi, pas de parc national de Walls of Jerusalem, ni de Mount Field pourtant pas loin d'Hobart.
Je vous ait précédemment dit que les animaux régnaient sur cette île, j'en ai vu effectivement un très grand nombre, mais mon appareil photo étant ce qu'il est, je n'en ai capturé convenablement que très peu, en voici quelques échantillons: Un wallabie avec son bébé

Un paddemelon, une autre variété de marsupial

et enfin un wombat. Pas de diable de Tasmanie, pourtant sur Maria Island, 15 d'entre eux sont répertoriés ! L'espèce se réduit au fil des années et est en grand danger.

Jusqu'à présent, j'ai beaucoup abordé l'aspect "nature" de la Tasmanie mais il y a aussi un peu l'aspect culturel notamment avec Port Arthur la plus ancienne prison d'Australie et qui est un des points névralgiques de l'Histoire du pays. Ensuite, avec Hobart, la capitale de l'île, plusieurs musées sont accessibles dont le très réputé MONA. Outre ces aspects, le marché de Salamanca se déroule le samedi et permet à tous les agriculteurs de la région de vendre leurs produits majoritairement "bio". Enfin Hobart ne serait rien sans son veilleur, qu'est le mont Wellington à partir duquel, par beau temps, une très large vue est possible sur le sud ouest.


Pour finir quelques photos pêle-mêle de différents endroits ou je me suis rendu: Strahan, Geeveston (pour un volontariat)




Ce que je retiens de la Tasmanie ? Que j'y serai bien resté un peu plus longtemps. 1 mois et demi ne sont pas assez quand on voyage à mon rythme... Certains voyageurs y sont restés 4 mois ! D'autres parcs nationaux me faisaient de l'oeil ainsi que des volontariats. Sa taille est trompeur vis à vis du mainland mais il y a énormément de choses à faire. Par contre il est clair que sans voiture, point de salut pour se déplacer convenablement. Tassielink assure des liaisons mais elles ne sont pas fréquentes.
Si vous voulez lire mon carnet de voyage en entier, c'est par Carnet de voyage en Tasmanie
Sinon je reste disponible pour toutes vos questions sur ce fil !
A tout bientôt !
La Tasmanie est un paradis de la randonnée, ainsi j'ai pu trainer mes guêtres sur l'Overland Track, le célèbre trek dans le parc national Cradle Mountain - Lake St Clair. En fonction de vos compétences, votre parcours en fonction des side-trips votre état de forme vous pouvez y passer entre 3 et 8 jours sur cette randonnée au climat rugueux !





La côte Est de l'île réputée plus sèche héberge un autre parc national très renommé: le parc national de Freycinet. Ses belles plages associées au granit et aux montagnes abruptes donnent un caractère unique aux lieux. Voyez pourquoi sur la photo du coucher de soleil ! Imaginez vous que je campai à côté !


Je suis aussi allé faire un tour au parc national de Maria Island, une île, paradis de la wildlife ou seuls vivent des rangers et sans électricité !

Lors d'un dernier trek, très difficile sur le Frenchmans Cap Track inclus dans le parc national Franklin-Gordon Wild Rivers, la rigueur du climat tasmanie a pu s'exprimer avec des conditions difficiles: humidité et neige sur les hauteurs:

Enfin le dernier parc national visité, celui de Hartz Mountains est le cadre idéal pour une balade à la journée sur un plateau et d'avoir une vue sur tout le sud-ouest de la Tasmanie, notamment la zone sauvage classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ici, personne n'habite ou ne vient. Celui qui s'y aventure en dehors des tracks déjà difficiles, risque la mort, tellement le bush est dense et humide.

J'aurai voulu voir d'autres parcs nationaux mais il faut savoir que pour la plupart d'entre eux, l'accès est difficile et réservé aux véhicules bien équipés ! Ainsi, pas de parc national de Walls of Jerusalem, ni de Mount Field pourtant pas loin d'Hobart.
Je vous ait précédemment dit que les animaux régnaient sur cette île, j'en ai vu effectivement un très grand nombre, mais mon appareil photo étant ce qu'il est, je n'en ai capturé convenablement que très peu, en voici quelques échantillons: Un wallabie avec son bébé

Un paddemelon, une autre variété de marsupial

et enfin un wombat. Pas de diable de Tasmanie, pourtant sur Maria Island, 15 d'entre eux sont répertoriés ! L'espèce se réduit au fil des années et est en grand danger.

Jusqu'à présent, j'ai beaucoup abordé l'aspect "nature" de la Tasmanie mais il y a aussi un peu l'aspect culturel notamment avec Port Arthur la plus ancienne prison d'Australie et qui est un des points névralgiques de l'Histoire du pays. Ensuite, avec Hobart, la capitale de l'île, plusieurs musées sont accessibles dont le très réputé MONA. Outre ces aspects, le marché de Salamanca se déroule le samedi et permet à tous les agriculteurs de la région de vendre leurs produits majoritairement "bio". Enfin Hobart ne serait rien sans son veilleur, qu'est le mont Wellington à partir duquel, par beau temps, une très large vue est possible sur le sud ouest.


Pour finir quelques photos pêle-mêle de différents endroits ou je me suis rendu: Strahan, Geeveston (pour un volontariat)




Ce que je retiens de la Tasmanie ? Que j'y serai bien resté un peu plus longtemps. 1 mois et demi ne sont pas assez quand on voyage à mon rythme... Certains voyageurs y sont restés 4 mois ! D'autres parcs nationaux me faisaient de l'oeil ainsi que des volontariats. Sa taille est trompeur vis à vis du mainland mais il y a énormément de choses à faire. Par contre il est clair que sans voiture, point de salut pour se déplacer convenablement. Tassielink assure des liaisons mais elles ne sont pas fréquentes.
Si vous voulez lire mon carnet de voyage en entier, c'est par Carnet de voyage en Tasmanie
Sinon je reste disponible pour toutes vos questions sur ce fil !
A tout bientôt !
Morsure de chien en Inde (témoignage) pour les inquiets et les autres... English translation pending
Bonjour,
Je suis parti un mois en Inde du sud , en janvier ....en mode routard.
Tout s'était bien passé jusqu'à ce matin où me baladant dans les rues de Mumbai, deux s******* de chiens(appartenant vraisemblablement aux mecs qui dormaient dans la rue) se mettent à me sauter dessus "sans raison" et sans prévenir .😮
Le temps de réagir un des deux m'a gnaqué le mollet ...une morsure assez profonde (les 4 crocs)...crounch.
Ni une ni deux, j'ai sauté dans un taxi direction .....HOSPITAL!!!
Je précise que je n'étais pas vacciné contre la rage.
Arrivé à destination, j'ai été pris en charge très rapidement.Une infirmière a nettoyé la plaie, m'a administré une dose de vaccin antirabique (rabipur) , m'a demandé si j'étais à jour du vaccin antitétanique(je l'avais fait avant de partir), le médecin m'a prescrit des antibiotiques (augmentin) et du paracétamol.
Bref, tout pour me rassurer .Le problème était que je devais trouver un endroit pour me faire vacciner tous les 3 ou 4 jours ..je ne comptais pas rester à Mumbai, et je nourrissais quelques inquiétudes quand à la disponibilité de traitements sur ma route.
Toujours est-il que les jours suivants, j'ai toujours trouvé des vaccins sans problème..(à Goa..(madgaon)....Chennai.et...Pondicherry).
Le protocole était 5 injections à quelques jours d'intervalle, j'ai du faire la dernière en France dans un centre de vaccination, en leur expliquant mes mésaventures en détail.
Pour finir,
Je m'étais renseigné sur la possibilité d'obtenir du Rabipur en pharmacie en France...aïïïe..c'était dans les 70 euros non remboursables. Heureusement , on m'a injecté un vaccin Pasteur beaucoup moins cher (17 euros je crois ) et remboursable car administré post morsure.(la vaccination préventive n'est , me semble t-il, pas remboursée.)
Voilà...en définitive je conseillerais aux voyageurs se rendant dans des pays où la rage est présente de se faire vacciner par avance, ce qui simplifierait la suite de leur voyage an cas d 'exposition à un animal "douteux".(2 injections au lieu de 5 je crois).
En espérant que ce témoignage a pu être utile..et gaffe à ces s******* de clébards...😠
Je suis parti un mois en Inde du sud , en janvier ....en mode routard.
Tout s'était bien passé jusqu'à ce matin où me baladant dans les rues de Mumbai, deux s******* de chiens(appartenant vraisemblablement aux mecs qui dormaient dans la rue) se mettent à me sauter dessus "sans raison" et sans prévenir .😮
Le temps de réagir un des deux m'a gnaqué le mollet ...une morsure assez profonde (les 4 crocs)...crounch.
Ni une ni deux, j'ai sauté dans un taxi direction .....HOSPITAL!!!
Je précise que je n'étais pas vacciné contre la rage.
Arrivé à destination, j'ai été pris en charge très rapidement.Une infirmière a nettoyé la plaie, m'a administré une dose de vaccin antirabique (rabipur) , m'a demandé si j'étais à jour du vaccin antitétanique(je l'avais fait avant de partir), le médecin m'a prescrit des antibiotiques (augmentin) et du paracétamol.
Bref, tout pour me rassurer .Le problème était que je devais trouver un endroit pour me faire vacciner tous les 3 ou 4 jours ..je ne comptais pas rester à Mumbai, et je nourrissais quelques inquiétudes quand à la disponibilité de traitements sur ma route.
Toujours est-il que les jours suivants, j'ai toujours trouvé des vaccins sans problème..(à Goa..(madgaon)....Chennai.et...Pondicherry).
Le protocole était 5 injections à quelques jours d'intervalle, j'ai du faire la dernière en France dans un centre de vaccination, en leur expliquant mes mésaventures en détail.
Pour finir,
Je m'étais renseigné sur la possibilité d'obtenir du Rabipur en pharmacie en France...aïïïe..c'était dans les 70 euros non remboursables. Heureusement , on m'a injecté un vaccin Pasteur beaucoup moins cher (17 euros je crois ) et remboursable car administré post morsure.(la vaccination préventive n'est , me semble t-il, pas remboursée.)
Voilà...en définitive je conseillerais aux voyageurs se rendant dans des pays où la rage est présente de se faire vacciner par avance, ce qui simplifierait la suite de leur voyage an cas d 'exposition à un animal "douteux".(2 injections au lieu de 5 je crois).
En espérant que ce témoignage a pu être utile..et gaffe à ces s******* de clébards...😠
Idées d'îles grecques paradisiaques et moins touristiques English translation pending
Bonjour! Nous serons a rome pour un congres le 20 septembre 2015 et nous souhaitons par la suite aller relaxer en grece...quelqu'un pourrait nous suggérer LA destination correspondant à ces critères:
-Déplacement facile et rapide à partir de rome (nous ferons rome-grece et grece-rome afin de revenir au canada) - iles grecque paradisiaque, sauvage, moins touristique - nous sommes amateurs de cuisine locale, de vin... - nous y serons 5-6 jours, aimerions logé au meme endroit - possibilite se louer une voiture au besoin pour decouvrir les environs - 2 adultes, parent sans enfant, souhaitons se détendre par dessus tout:) sur la plage, faire de petites randonnées.. - pas tres amateur de musée... - ce que nous adorons, nous imprégner de la culture locale, prendre le temps de faire un peu de photo, de siroter un bon café ou un apéro avec de splendides paysages (ex nous avons adoré la cote almafitaine en italie)
Merci bcp de nous aider à faire notre choix!!!
-Déplacement facile et rapide à partir de rome (nous ferons rome-grece et grece-rome afin de revenir au canada) - iles grecque paradisiaque, sauvage, moins touristique - nous sommes amateurs de cuisine locale, de vin... - nous y serons 5-6 jours, aimerions logé au meme endroit - possibilite se louer une voiture au besoin pour decouvrir les environs - 2 adultes, parent sans enfant, souhaitons se détendre par dessus tout:) sur la plage, faire de petites randonnées.. - pas tres amateur de musée... - ce que nous adorons, nous imprégner de la culture locale, prendre le temps de faire un peu de photo, de siroter un bon café ou un apéro avec de splendides paysages (ex nous avons adoré la cote almafitaine en italie)
Merci bcp de nous aider à faire notre choix!!!
Compte rendu de croisière aux Émirats Arabes Unis et Oman MSC Orchestra du 14 au 21 février 2015 English translation pending
Bonjour à tous😉,
Nous sommes rentrés le week-end dernier d'une croisière aux Emirats🙂. Merci à Mouchimoucha (CR ici), Marcde (autre CR), Lucitella (ici) et tous les membres du forum qui ont fait des retours, ce qui nous a bien aidé à préparer les escales, faites seuls. Nous avons été surpris par la chaleur (30°C et plus), épuisés par le voyage et ravis de découvrir des villes très différentes mais toutes très sûres. Allez, c'est parti pour le CR....
Vendredi 13 février 2015 : Vol pour Dubaï
Vendredi 13, date idéale pour un départ en vacances😇.
Nous bouclons les valises en début d’après-midi (après les dossiers urgents du boulot ce matin🤪) et à 15h30, nous prenons la route pour Roissy-Charles de Gaulle. Une bonne heure plus tard, nous garons la voiture au Parking PAB et direction le terminal 2C🙂.
Le vol Emirates EK 076 de 21h15 à destination de Dubaï est prévu à l’heure. Il y a déjà foule😮 aux guichets d’enregistrement, qui ouvriront 15 minutes plus tard. Heureusement, le personnel est rapide et efficace : à peine un quart d’heure plus tard et nous voilà pourvus de nos cartes d’embarquement😎. Nous avons obtenu des places côte à côte mais pas de hublot, l’avion est plein et les billets de groupe fournis par MSC ne permettent pas de s’enregistrer au préalable par internet😕. Nous passons les contrôles de police et sécurité dans la foulée et nous arrivons en salle d’embarquement : plus que trois heures à attendre😇😇.

Comme le dîner sera tardif, nous en profitons pour prendre un petit goûter au Mac Café tout proche, cake chocolat et muffin aux environs de 500 calories la part😊, le voyage commence tout à fait bien😏.
Nous patientons jusqu’à 20h40, heure de début de l’embarquement, dans un superbe A380-800 en configuration 3-4-3.

Nous sommes sur une rangée de trois et le jeune homme qui occupe la 3ème place près du hublot préfère se mettre côté couloir : youpi !😎😎
L’avion décolle avec un peu de retard. Le système d’écran individuel est performant🙂 à la fois pour les divertissements et pour les informations de vol, avec trois caméras embarquées.

En revanche, on aurait bien dormi rapidement. En effet, l’arrivée est prévue à Dubaï à 6h50 heure locale soit 4 h du matin, heure de Paris🏴☠️, ce qui ne fait pas beaucoup de sommeil😕. Seulement, le dîner nous est servi à 23h😠 : ils doivent être déjà en heure locale chez Emirates…
On a le choix entre poulet et saumon. C’est bon et copieux pour un repas d’avion, même si les boissons sont servies alors qu’on a déjà presque terminé le repas😐. Le personnel de bord n’est pas très souriant et le service un peu désinvolte. Bon, c’est pas tout ça, il est minuit et on va essayer de dormir un peu. Très peu puisque qu’à trois heures du matin🤪, le commandant réveille bruyamment tout le monde en annonçant l’arrivée imminente de l’avion, dans…une heure😠.

Samedi 14 février 2015 : Embarquement à Dubaï 33°C
L’A380 se pose finalement à 7h06, heure locale. Il fait 25°C😮 (non, nous non plus, on n’y croyait pas).


Un bus navette nous emmène au terminal, après un trajet interminable ponctué de tours et de détours, on se croirait dans Titi et Gros Minet😄

…on finit quand même par atteindre l’aéroport
(l'aéroport et les couleurs nationales😉)
et rejoindre l’immigration où la longueur des queues nous horrifie😮🤪. Il faudra plus d’une heure🙁 pour obtenir le tampon d’entrée.
Nous récupérons ensuite les valises et suivons les indications des MSC men postés aux endroits stratégiques😉 de l’aéroport, qui nous dirigent vers les bus à destination de Port Rashid. Encore ¾ d’heure d’attente😐 : les rotations sont nombreuses…mais les croisiéristes aussi.
Sur le trajet, on aperçoit quelques silhouettes des buildings caractéristiques de Dubaï. A 10h30, nous sommes au port.

Le terminal est immense mais il y a la queue pour le check-in.

Heureusement, elle avance plus vite que celle de l’immigration😎. Nous sommes sur l’Orchestra un peu avant 11h.

Le buffet du petit déjeuner est ouvert au pont 13, où nous installons, tout �� l’arrière sur une table dehors, tee-shirt et lunettes de soleil de rigueur😎 : ouf, les vacances ont vraiment commencées😇.
Les cabines sont prêtes à midi. Nous découvrons la nôtre, un peu petite, mais fonctionnelle et le balcon qui donne sur l’arrière du navire🙂.

Puis nous réglons les questions d’intendance : pas d’horaire de dîner sur les cartes de cabine😐. Ça tombe bien, nous avions demandé le 1er service mais il est à 18h30😮. Le Maître d’hôtel qui tient une permanence au pont 6, nous place donc au 2ème service, à 21h. Tout va bien😏.
De retour à la cabine, nous devrions maintenant nous lancer à la découverte de Bur Dubaï et de son musée, du souk de l’or et de celui des épices, de la traversée de la Creek en abra😮😮…et j’en passe. Mais le manque de sommeil, la chaleur, le grand lit douillet😊…font capoter nos projets😛…ce sera donc sieste😎…bien sûr, la culpabilité nous envahit😇.
On se réveille quand même tranquillement vers 16h, ça tombe bien, c’est l’heure du goûter😉. Le buffet est bien achalandé de petits sandwiches salés et de petits gateaux sucrés…sans oublier les coupelles de gelée aux couleurs improbables.
A 18h, le soleil se couche sur Dubaï et nous en profitons pour faire un petit tour sur les ponts extérieurs.


Bon, c’est pas tout ça, il est l’heure de la douche et la soirée s’annonce chargée😏 : spectacle à 19h30 (un remake de Grease qui laisse un peu perplexe),
(le théâtre)
apéritif au Savannah lounge🙂, dîner (à une table de 8 où nous sommes tout seuls😇…, d’ailleurs le restaurant est loin d’être plein) et pour finir, exercice de sécurité à 23h15😮🤪, sont fous ces italiens !
Nous finirons par nous coucher, épuisés🏴☠️, à minuit.
Demain escale à Abu Dhabi😉.
Nous sommes rentrés le week-end dernier d'une croisière aux Emirats🙂. Merci à Mouchimoucha (CR ici), Marcde (autre CR), Lucitella (ici) et tous les membres du forum qui ont fait des retours, ce qui nous a bien aidé à préparer les escales, faites seuls. Nous avons été surpris par la chaleur (30°C et plus), épuisés par le voyage et ravis de découvrir des villes très différentes mais toutes très sûres. Allez, c'est parti pour le CR....
Vendredi 13 février 2015 : Vol pour Dubaï
Vendredi 13, date idéale pour un départ en vacances😇.
Nous bouclons les valises en début d’après-midi (après les dossiers urgents du boulot ce matin🤪) et à 15h30, nous prenons la route pour Roissy-Charles de Gaulle. Une bonne heure plus tard, nous garons la voiture au Parking PAB et direction le terminal 2C🙂.
Le vol Emirates EK 076 de 21h15 à destination de Dubaï est prévu à l’heure. Il y a déjà foule😮 aux guichets d’enregistrement, qui ouvriront 15 minutes plus tard. Heureusement, le personnel est rapide et efficace : à peine un quart d’heure plus tard et nous voilà pourvus de nos cartes d’embarquement😎. Nous avons obtenu des places côte à côte mais pas de hublot, l’avion est plein et les billets de groupe fournis par MSC ne permettent pas de s’enregistrer au préalable par internet😕. Nous passons les contrôles de police et sécurité dans la foulée et nous arrivons en salle d’embarquement : plus que trois heures à attendre😇😇.

Comme le dîner sera tardif, nous en profitons pour prendre un petit goûter au Mac Café tout proche, cake chocolat et muffin aux environs de 500 calories la part😊, le voyage commence tout à fait bien😏.
Nous patientons jusqu’à 20h40, heure de début de l’embarquement, dans un superbe A380-800 en configuration 3-4-3.

Nous sommes sur une rangée de trois et le jeune homme qui occupe la 3ème place près du hublot préfère se mettre côté couloir : youpi !😎😎
L’avion décolle avec un peu de retard. Le système d’écran individuel est performant🙂 à la fois pour les divertissements et pour les informations de vol, avec trois caméras embarquées.

En revanche, on aurait bien dormi rapidement. En effet, l’arrivée est prévue à Dubaï à 6h50 heure locale soit 4 h du matin, heure de Paris🏴☠️, ce qui ne fait pas beaucoup de sommeil😕. Seulement, le dîner nous est servi à 23h😠 : ils doivent être déjà en heure locale chez Emirates…
On a le choix entre poulet et saumon. C’est bon et copieux pour un repas d’avion, même si les boissons sont servies alors qu’on a déjà presque terminé le repas😐. Le personnel de bord n’est pas très souriant et le service un peu désinvolte. Bon, c’est pas tout ça, il est minuit et on va essayer de dormir un peu. Très peu puisque qu’à trois heures du matin🤪, le commandant réveille bruyamment tout le monde en annonçant l’arrivée imminente de l’avion, dans…une heure😠.

Samedi 14 février 2015 : Embarquement à Dubaï 33°C
L’A380 se pose finalement à 7h06, heure locale. Il fait 25°C😮 (non, nous non plus, on n’y croyait pas).


Un bus navette nous emmène au terminal, après un trajet interminable ponctué de tours et de détours, on se croirait dans Titi et Gros Minet😄

…on finit quand même par atteindre l’aéroport
(l'aéroport et les couleurs nationales😉)

et rejoindre l’immigration où la longueur des queues nous horrifie😮🤪. Il faudra plus d’une heure🙁 pour obtenir le tampon d’entrée.
Nous récupérons ensuite les valises et suivons les indications des MSC men postés aux endroits stratégiques😉 de l’aéroport, qui nous dirigent vers les bus à destination de Port Rashid. Encore ¾ d’heure d’attente😐 : les rotations sont nombreuses…mais les croisiéristes aussi.
Sur le trajet, on aperçoit quelques silhouettes des buildings caractéristiques de Dubaï. A 10h30, nous sommes au port.

Le terminal est immense mais il y a la queue pour le check-in.

Heureusement, elle avance plus vite que celle de l’immigration😎. Nous sommes sur l’Orchestra un peu avant 11h.

Le buffet du petit déjeuner est ouvert au pont 13, où nous installons, tout �� l’arrière sur une table dehors, tee-shirt et lunettes de soleil de rigueur😎 : ouf, les vacances ont vraiment commencées😇.
Les cabines sont prêtes à midi. Nous découvrons la nôtre, un peu petite, mais fonctionnelle et le balcon qui donne sur l’arrière du navire🙂.

Puis nous réglons les questions d’intendance : pas d’horaire de dîner sur les cartes de cabine😐. Ça tombe bien, nous avions demandé le 1er service mais il est à 18h30😮. Le Maître d’hôtel qui tient une permanence au pont 6, nous place donc au 2ème service, à 21h. Tout va bien😏.
De retour à la cabine, nous devrions maintenant nous lancer à la découverte de Bur Dubaï et de son musée, du souk de l’or et de celui des épices, de la traversée de la Creek en abra😮😮…et j’en passe. Mais le manque de sommeil, la chaleur, le grand lit douillet😊…font capoter nos projets😛…ce sera donc sieste😎…bien sûr, la culpabilité nous envahit😇.
On se réveille quand même tranquillement vers 16h, ça tombe bien, c’est l’heure du goûter😉. Le buffet est bien achalandé de petits sandwiches salés et de petits gateaux sucrés…sans oublier les coupelles de gelée aux couleurs improbables.
A 18h, le soleil se couche sur Dubaï et nous en profitons pour faire un petit tour sur les ponts extérieurs.


Bon, c’est pas tout ça, il est l’heure de la douche et la soirée s’annonce chargée😏 : spectacle à 19h30 (un remake de Grease qui laisse un peu perplexe),
(le théâtre)

apéritif au Savannah lounge🙂, dîner (à une table de 8 où nous sommes tout seuls😇…, d’ailleurs le restaurant est loin d’être plein) et pour finir, exercice de sécurité à 23h15😮🤪, sont fous ces italiens !
Nous finirons par nous coucher, épuisés🏴☠️, à minuit.
Demain escale à Abu Dhabi😉.
Voyage au fil de l’eau sur l’Océan Indien (Madagascar) English translation pending
CHAPITRE 1 : Le projet
J’ai toujours aimé voyager tout en restant actif. Visiter les pays européens en faisant de l’alpinisme, randonner en autonomie complète durant 3 semaines comme au Groënland. D’ailleurs, c’est à cette occasion que j’ai renoué avec un passe-temps que j’avais quand j’étais minot : la pêche. Au Groënland, pour ne pas avoir des sacs trop lourds (déjà qu’ils dépassaient les 30 kgs avec le matériel de bivouac, la popote, la nourriture pour 3 semaines car aucun ravitaillement possible), j’avais trouvé l’astuce de ne pas emporter de viande en pêchant le long des fjords afin de garantir notre apport journalier en protéines.
(Mais, me direz-vous, je suis hors sujet : le carnet de voyage est sur Madagascar et non sur ces contrées froides au Nord du cercle polaire. Je sais : j’y arrive !)
C’est à ce moment-là que mon passe-temps pour la pêche a commencé à devenir une passion, comme j’ai eu celle de l’escalade et que j’ai encore celle du ski de randonnée et du VTT. He oui, je suis un passionné pour tout !
Me voici donc transporter, 30 ans après ce voyage au Groënland, par Air Madagascar pour un vol Paris – Tana avec, en soute, mon « petit » sac à dos habituel de 30 kgs, cette fois-ci rempli de leurres de toutes sortes, de plombs et de moulinets et mon tube de cannes. Je garde précieusement avec moi, en bagage à main, un petit sac comportant appareil photo (tout neuf) et caméra.
L’objectif de mon périple est de naviguer entre Majunga à Soalala (côte NW de Madagascar), durant 12 jours, tout en pêchant. Pour éviter de perdre des jours à monter le projet en arrivant sur place, j’avais donné auparavant toutes les consignes, depuis la France, à un bon guide malgache William: -Pêcher 12 jours sur le Canal du Mozambique avec les piroguiers Vezo en faisant l’A/R Majunga/Soalala, tantôt en bivouaquant, tantôt en dormant dans des petits hôtels locaux du bord de mer. -Le bateau doit être sûr car on navigue loin des côtes et loin de tout. En plus, comme on va faire plus de 400 kms de navigation durant ces 12 jours, le choix se porte tout naturellement sur un bateau à voile plutôt que sur un bateau à moteur, même si la voile peut paraître moins adaptée à la pêche.
Alors quand William me trouve ce trimaran presque flambant neuf de 13 m de long, je suis enthousiasmé.
Notre trimaran de 13 mètres et, un boutre aux voiles dorées par les rayons du soleil levant
Outre la logistique nécessaire à ce type de voyage, il ne faut pas prendre à la légère la navigation sur l’Océan Indien qui est réputé pour ses coups de tabac aussi soudains qu’imprévus. Scruter le ciel et le baromètre sont courants pour anticiper un quelconque changement de temps.
CHAPITRE 2 : L’arrivée à Madagascar Donc, après des mois d’attente, me voila enfin à l’aéroport de Tana. Après m’être dégourdi les jambes sur le tarmac, je patiente comme tous pour remplir les formalités habituelles puis je retrouve, avec soulagement, mon tube de cannes et mon sac à dos.
William m’attend à la sortie. Après, se fait le change classique d’Euro en Ariary de l’autre côté du parking de l’aéroport (change plus favorable), et nous voilà partis dans sa voiture qu’il a pris soin de faire réviser. Vue l’épaisseur des billets Ariary, j’ai l’impression d’être vraiment riche !
CHAPITRE 3 : En route vers Majunga

Le Betsiboka dont l’embouchure est situé 200 kms plus loin, à Majunga
Direction Maevatanana, la ville considérée comme la plus chaude de Madagascar, à ce qu’il parait. Après quelques petits soucis de mécanique auto et une pause THB obligatoire, on arrive à la tombée de la nuit dans cette petite bourgade. Pour ceux qui ne connaissent pas la THB, c’est la Tree Horses Beer, une bière des plus rafraîchissantes du monde, ou tout du moins de ces latitudes. S’arrêter dans un petit bar aux couleurs locales et déguster cette bière tout en mangeant des brochettes de zébu, çà commence à sentir vraiment les vacances.
Dans une gargote, avec au menu: brochettes de zébu arrosées de l'incontournable THB
Et puis, la vie malgache est aussi faite d’imprévu …
Charrette de zébus portant un bateau, en plein centre de Majunga
Le soir, l’incontournable pistolet malgache (n’ayez pas peur, ce pistolet correspond seulement à la cuisse et au haut de cuisse des petits poulets malgaches élevés nécessairement en plein air), et une nuit réparatrice dans un des rares hôtels de la bourgade.
Le lendemain, frais et dispos, nous voici repartis pour Majunga, sans pour autant s’être arrêtés, en cours de route, au Parc national d'Ankarafantsika pour admirer les lémuriens et voir quelques crocodiles dans le lac plein de nénuphars. Bêbêtes sympathiques mais que l’on retrouve encore dans les rivières et les lacs de l’Ile Rouge, malgré le commerce florissant et illégal de leurs peaux pour la maroquinerie.
Je suis content de retrouver Majunga et son atmosphère de ville paisible du bord de mer, où toutes les religions coexistent …
CHAPITRE 4 : les préparatifs Après un repas rapide à base de brochettes de zébus faiblement pimentées au gingembre, nous retrouvons, en ville, les piroguiers avec qui je vais partir 12 jours en mer : Toumb, Djeffa et Jocelin. On discute sur les derniers préparatifs, on fait la checklist des choses indispensables à emporter puis on se répartit les tâches : les piroguiers préparent le trimaran pendant que William et moi allons faire les courses. Dans le magasin, on s’est fait remarquer quand on a chargé, dans les deux caddies, entre autres, 12 bouteilles d’eau de 5 litres.
Ce soir, on dort près du lieu d’embarquement car le départ est matinal (6H) … mais ce sera, par la suite, monnaie courante, car la vie sera dictée par les levers et couchers du soleil, un juste retour à la nature.
CHAPITRE 5 : le grand départ vers l’inconnu L’aurore commence à poindre quand nous arrivons sur la plage avec toutes nos affaires. C’est le moment d’embarquer tout le chargement sur le bateau pour 12 jours: denrées alimentaires, eau, THB, coca-cola, …., grosse glaciaire, sacs à dos et … matériel de pêche, bien sûr. Finalement, on ne met les voiles que vers 8H30. La côté s’éloigne et l’aventure commence !
Les 3 navigateurs hors-pair s’activent à leurs tâches. Par la suite, je comprendrai que leurs tâches sont prédéfinies: -Toumb est le capitaine du bateau : un grand gaillard costaud, toujours souriant, très bon navigateur et pêcheur. La mer, comme pour tour les Vezos, est SA vie ! -Son cousin, Jocelin. Tranquille, il sait avoir le geste précis et rapide dans les manœuvres de cordage. Il plonge(rait) même parmi les requins pour libérer un fil de pêche du gouvernail. En plus, il sait préparer les poissons fraîchement pêchés et cuire le repas sur le bateau, alors que le celui-ci file sur l’eau, poussé par le vent. -Enfin, Djeffa, un vieux pêcheur qui a roulé sa bosse sur toute la côte NW de Madagascar. En discutant avec eux, il s’avèrera qu’il est un des rares bons pêcheurs malgaches à ne pas être Vezo, puisqu’il viendrait des Hautes Terres, comme on dit là-bas. Age indéfinissable : 55 à 65 ans ? Je n’ai pas réussi à savoir…
Jocelyn, Djeffa et Toumb (de gauche à droite)
Mais pourquoi 3 navigateurs pour un trimaran de 13m ? Je ne suis pas navigateur. J’ai donc appris plein de choses, entre ou même pendant mes parties de pêche : manœuvrer les 2 voiles n’est pas toujours aisé surtout qu’il faut toujours quelqu’un à la barre pour bien orienter le bateau. Parlons de l’accostage : en France, il y a beaucoup de ports avec leurs digues et leurs quais. Alors, il est souvent facile de s’arrimer au quai. Ici, pas de port mais uniquement une côte avec ses vents pas toujours favorables et ses fonds marins cachant des récifs ou des hauts-fonds. Alors, quand il faut, par exemple, accoster sur une plage où il y a une petite houle de 70 cms et un vent de mer qui pousse inexorablement l’embarcation vers la plage, la manœuvre de remonter face au vent, lancer l’ancre, puis libérer de la corde pour approcher le bateau près de la côte afin d’avoir pied pour transférer nos affaires sur la plage, n’est pas chose facile. Un bateau, surtout un trimaran en fibre de verre, est fragile. Chaque manœuvre doit être faite par l’équipage avec précision et de façon synchrone : on n’a pas droit à l’erreur. Un coup de chapeau donc à ces 3 Vezos !
Mais je m’égare, je m’égare. Revenons donc à mon voyage !
Le premier jour, le vent est fort. Il faut protéger nos affaires dans des sacs poubelles de 100 litres pour éviter que les embruns ne mouillent nos duvets et vêtements. Néanmoins, en fin de journée, à l’occasion d’une accalmie, je mets 2 cannes à l’eau pour pêcher à la traîne mais le bateau poussé par les vents file trop vite (8-9 nœuds). Enfin, Toumb décide de lofer les voiles pour continuer au moteur. Bingo ! Trois-quatre thazars apprécient mes leurres sur les derniers kms !
Thazard (ou thon banane) pêché par Toumb
CHAPITRE 6 : 1er bivouac A la fin de cette 1ère journée, chahutés par les vents, nous accostons enfin dans la paisible baie d'Ampitsopitsoka (après l'île de Nosy Makamby) près d’un petit village de pêcheurs. Vision hors du temps, en tout cas, loin des tumultes de la vie citadine européenne. J’apprécie d’être là plutôt que d’être coincé dans les bouchons du périphérique toulousain. Une petite échoppe vend le strict nécessaire aux villageois, collecte et congèle leurs poissons destinés à la vente à Majunga (situé à plus de 40 kms de piste). Et puis, le marché couvert. Encore ouvert ? Quand j’y arrive pour acheter des fruits et des légumes (la chaleur des Tropiques dégrade rapidement les fruits et légumes sur un bateau), il est quasi vide : c’est normal, il est 17H. Néanmoins, j’arrive à acheter quelques tomates, bananes et mangues. Super !
Quand je reviens au bivouac, il fait presque nuit et Djeffa est déjà en train de préparer le repas du soir sur une feu de bois et de charbon. On se partage 2 THB fraîches (vive la glaciaire) en discutant, bercés par la brise légère qui a remplacé le vent. Les tentes sont vite montées, le repas à base de riz, de poisson et d’épices est dégusté (succulent). Nous commençons à sentir la fatigue de la journée. Allez, au lit, tout en admirant la voûte céleste de l’Hémisphère Sud!
Plage du village où attendent les pirogues des pêcheurs
CHAPITRE 7 : le rythme des journées s’établit, immuable … Les trois jours suivants seront bercés par le même rythme : réveil au lever du jour, et après un petit déjeuner rapide, on range nos affaires puis on lève les amarres. Le vent étant plus faible, la pêche à la traîne est plus agréable. Mais, la pêche n’est qu’un prétexte pour admirer cette côte sauvage, pour croiser les pirogues à balancier des pêcheurs et les boutres de commerce qui rallient tous les ports de la côte Ouest de Madagascar. Et puis, il y a mon équipage malgache que j’apprends à connaître au fil des jours. La barrière de la langue (ils parlent un français rudimentaire et moi, je ne connais pas le malgache), le choc des cultures, la différence de niveau de vie s’estompent progressivement grâce à notre activité partagée en commun, tout au long de la journée : la pêche. Sur un bateau, il y a toujours quelque chose à faire et même dormir, c’est faire quelque chose, sous ces latitudes. Je commence à prendre l’état d’esprit du « Mora-mora ».
Quand on ne traîne pas, on fait de la palangrotte souvent le bateau ancré. Je compare mon matériel sophistiqué de pêche au matériel rudimentaire des malgaches, mais aussi le nombre de prises attrapées par chacun. Ils pêchent à la main ou au pied avec du gros fil de nylon alors que j’utilise de la tresse presque dernier cri sur des cannes en fibre de carbone. On échange nos méthodes de pêche : j’essaie de pêcher de leur façon pendant que Toumb teste une de mes cannes. La glace fond entre nous et une saine et simple amitié commence à se dessiner. Pas de chichi – on partage tout, le temps d’un voyage et même si l’on sait que chacun retrouvera, plus tard, ses soucis et sa façon de vivre, on partage simplement une expérience commune sans enjeu, sans compétition. Et pourtant, j’ai été un peu déçu de ne pas arriver à leur niveau. Mais, c’est comme çà, 12 jours de pêche par an ne remplaceront jamais les 300 jours qu’ils effectuent depuis leur plus jeune âge.
CHAPITRE 8 : ma 1ère carangue Je pourrais parler longuement de toutes ces captures de poissons exotiques, tous plus combatifs, colorés les uns que les autres, mais je ne retiendrai, ici, que le jour de pêche avant d’arriver à Soalala, une des premières villes coloniales et évangélisées de l’île mais aussi un des comptoirs majeurs de l’esclavage sévissant en Afrique de l’Est. Il ne reste, à ce jour, que certaines bâtisses coloniales dont celle où j’ai logé durant plusieurs nuits.
Donc, ce jour là, à l’entrée de la baie de Soalala, ma 1ère carangue, ce poisson mythique par sa combativité, mord à ma ligne. Un combat rugueux de près de 15 mn s’établit. L’issue parait incertaine, le poisson s’appliquant à faire des rushs insistants qui font chanter le frein du moulinet, plier la canne et durcir tous les muscles de mon corps. Je commence à avoir mal au dos. Je me réfugie avec ma canne en tension dans la poupe du trimaran pour éviter tout déséquilibre résultant des coups de boutoirs insistants de cette mémère appelée aussi GT (pour carangue à Grosse Tête). Mais le poisson commence à être fatigué et je commence à distinguer, dans cette mer cristalline, un gros médaillon argenté à quelques dizaines de mètres du bateau. C’est mon poisson ! Il voit le bateau et, de peur, dans un dernier élan, tente de s’échapper en s’enfonçant dans les profondeurs. Jusqu’au dernier moment, l’issue est incertaine et la tension est à son comble. Enfin, la carangue de 15 kgs, une boule de muscles, émerge et Toumb la monte sur le bateau !
Equipage Vezo, carangue et trimaran, sur la plage de Soalala
Même si la pêche est considérée pour certains comme un acte barbare (tout un chacun mange du poisson … alors, comment arrive t-il dans notre assiette ?), je suis toujours aussi ravi de me mesurer à un tel poisson. La surprise de l’attaque, l’indécision du combat, les moments d’effervescence sur le bateau, surtout quand il commence à passer sous le bateau, au risque de casser le fil ou la canne, …. sont autant d’ingrédients qui caractérisent cette pêche ludique. Ludique ? Mais pas que. N’est-ce pas un retour au plaisir primitif où l’homme partait pêcher ou chasser pour subsister et donner à manger à sa famille, voire à son clan. Je sais, me direz-vous, cette époque est révolue. C’est vrai ! Mais elle avait l’avantage de faire la fête quand, après une période de disette, on ramenait à manger.
En tout cas, après coup, on a fait la fête sur le bateau en trinquant autour d’une THB un peu moins fraîche (au bout de plusieurs jours, la glace commençait à fondre dans la glaciaire).
Trinquons sur le trimaran avec une bonne THB
CHAPITRE 9 : arrivée à Soalala Nous arrivons le soir à Soalala et retrouvons William qui avait préféré prendre le taxi-brousse pour rejoindre la bourgade. Issu des hauts-plateaux, il a une forte appréhension de la mer et ne s’y baigne même pas. Les différences entre les malgaches des hauts-plateaux et ceux de la côte transpirent encore aujourd’hui sur des choses simples comme çà, même si le brassage de la population tend à combler ces différences. En tout cas, je suis heureux de le retrouver et alors que l’équipage Vezo cherche à accoster le trimaran dans le bras de mangrove abrité de vent et de la houle, William et moi trouvons cet hôtel, ancienne maison coloniale, qui donne sur le bac.
Bâtisse coloniale devenu hôtel, à Soalala (à gauche)
Les 3 pêcheurs nous rejoignent à la gargote après avoir rangé le bateau et trouvé un endroit pour dormir. Il fait déjà nuit : les rues au sol mélangé de terre et de latérite sont faiblement éclairées mais une douce quiétude émane de ces lieux. Nous commandons des brochettes de zébu accompagnées de frites, pour certains, du romazava, plat traditionnel malgache constitué de zébu, de bred mafana et de riz, pour les autres. Tout le monde est content surtout que l’on trinque encore, une THB ou un coca-cola à la main. Non, on n’est pas devenus des poivrots, à raison d’1THB par jour. Juré ! Déjà, autour de la table, on parle déjà des prochains jours de pêche en itinérant et des coins magiques où l’on peut popper. J’ai hâte d’y être. Une petite voix me dit : calme-toi, be cool (more-mora). Ah, quand nos vieux démons d’européens remontent en surface. Et c’est avec une joie indescriptible que je retrouve un lit douillet dans lequel je m’endors, bercé encore par le bruit du vent et des vagues !
CHAPITRE 10 : pêches à la journée depuis Soalala Les prochains jours sont tranquilles et consacrés exclusivement à la pêche à la palangrotte. Et oui, comme on a élu domicile à Soalala, on part léger, le matin, pour le large. Fini le chargement des affaires sur le bateau. Aujourd’hui, on emporte notre simple matériel de pêche et le repas de midi à base de fruits du moment (bananes, mangues) et de biscuits. D’ailleurs, comme d’habitude, il fait beau et le vent s’est calmé : conditions idéales pour naviguer, pêcher et vivre sur le bateau en parfaite sérénité. C’est vrai que le repas de midi est simplifié mais goûtez une banane ou une mangue fraîchement cueillies, et vous m’en direz des nouvelles : rien à voir avec ces fruits insipides importés en France. Et puis, on sera tout content de manger, ce soir, dans une quelconque gargote de Soalala. On ne fait que de la palangrotte ? Non, on fera quand même un peu de traîne pour rejoindre les eaux profondes mais ce n’est qu’histoire de se mesurer aux thazards et barracudas du coin. Je sais, me direz-vous, là, je suis parfaitement en contradiction avec la pêche constituée comme un moyen de subsistance … mais il faut bien s’entraîner pour devenir un bon pêcheur et j’ai encore de la marge.
Le triplet des 3 carangues + un beau barracuda, un après-midi de pêche
Donc, nous voici partis à la journée pour des moments encore riches en émotions. Je me rappellerai simplement de ces 3 carangues de 15, 20 et 25 kgs prises en 2H près des côtes. Les rejeter à l’eau après la photo ? Je n’ai pas osé le faire car les pêcheurs malgaches n’auraient pas compris : les manger ou les vendre est plus dans la culture Vezo. Et puis, ce geste omis est sans commune mesure avec ce chalutier qui a dragué systématiquement le fond, en détruisant tout sur son passage, juste en face d’un petit village de pêcheurs et ce pendant une journée et une nuit. Après le passage de ce chalutier qui pêche à quelques centaines de mètres des côtes seulement, ce sera le no man’s land au fond (ou plutôt, le no fish’s land). Les pêcheurs seront donc contraints soit de déplacer leur village, ce dont je doute, soit de pêcher plus au large sur leurs frêles embarcations, au péril de leur vie…
Chalutier draguant, en toute illégalité, les fonds marins, près d’un village de pêcheurs
CHAPITRE 11 : un voyage de pêche, mais pas que ! En lisant ces lignes, vous me direz : « Ben, tu n’as fait que pêcher ». Et bien, paradoxalement, je vous répondrai « Pas que ». C’est sans compter : -l’amitié qui s’est tissée au fil des jours avec l’équipage Vezo et William. Au bout de quelques jours, les blagues allaient bon train. On a eu de bonnes parties de rigolade. -les échanges effectués avec les gens rencontrés : oainsi, cette malgache qui voulait me vendre tout son étale présentant ses pierres semi-précieuses et sa maroquinerie, avec toute la gentillesse du monde, bien sûr. Vous devinerez que je n’ai pas tout acheté, j’aurais eu un excédent de bagages dans l’avion du retour. oMais aussi, le geste si particulier que faisait systématiquement Toumb en mer quand il ouvrait une THB. Avant de commencer à la boire, il en versait un peu dans l’eau. Les jours avançant, çà me démangeait de plus en plus de lui poser la question « Pourquoi fais-tu çà ? ». Je soupçonnais une superstition ou fady, si répandue à Madagascar. Et puis, un jour, à ma question, il me répondit : « c’est pour respecter nos morts », une forme de partage, peut-être. Je n’en sus pas plus. C’est comme l’autre fois quand il me dit : « Au fait, tu n’as pas embarqué des pistaches sur le bateau ? Au large de l’île de Nosy Makamby, çà porte malheur ». « Non» répondis-je. Il faut toujours respecter les traditions du pays qui nous reçoit. -les paysages à couper le souffle qui révèlent une nature à l’état brut. Je me souviendrai longtemps de cette attente de la marée haute, à 200 m de la plage, pour accoster. Ce jour-là, il faisait très chaud, le soleil était au zénith, un vent chaud renforçait le dessèchement. Je n’aspirais qu’à une seule chose : me mettre à l’ombre d’un ravenala ou d’un quelconque arbuste pour manger quelques bananes et mangues constituant mon repas de midi. L’eau était chaude comme l’air. Presque l’enfer pour un européen ! Tout incitait à ne plus bouger et à attendre que la fournaise se passe et que la mer monte. Le bateau flottait dans 1m30 d’eau. Les vagues étaient coupées par le vent violent. Mon cerveau se ramollissait : je voulais maintenant me dégourdir les jambes, manger ou faire la sieste, en tout cas, ne pas surchauffer sur le bateau. Tant bien que mal, je remplis mon sac étanche de mon appareil photo, ma caméra, mes fruits, ma crème solaire, mes papiers. Je chausse mes sandales avec velcro et me voilà parti en marchant dans l’eau agitée et trouble, turquoise et pâle, chaude comme un bouillon, portant à bout de bras mon précieux sac. 200m à marcher dans l’eau avec les vagues de 40 cms qui vous bousculent, c’est long, surtout quand vous avez quelquefois jusqu’au torse. Et surtout que, comble de malheur, le velcro de mes sandales ne tient plus. Je suis donc alors contraint de trainer mes pieds sur le sable, chahuté par les flots, au risque d’être tout trempé voire déséquilibré. Comme si je voulais encore plus faire durer le plaisir ! Parcourir 200m dans ces conditions, c’est long, même très long ! Surtout qu’il peut y avoir des petites bêtes cachées dans le sable invisible qui ne se gêneraient de me piquer avec leur venin … et on est loin de tout, ici. Enfin, j’arrive sur la plage : le vent, toujours aussi chaud, soulève maintenant le sable sec qui fouette mes jambes. Vite un abri, un arbre ! Je tourne la tête autour de moi : rien sur cette langue de sable désolée, mis à part un pin rabougri à force d’être chahuté par le vent et les tempêtes.
La plage battue par le vent, séparant la mangrove de la mer. Mais où est l’ombre ?
Le pin prodigue une ombre fine et incertaine. Je ne peux que m’y mettre, seule la position en tailleur me permet d’être relativement à l’ombre. Pour manger, çà ira mais pour dormir, je pourrai repasser. Et, me voilà donc sortant mes précieux fruits que je mange avec délice, malgré l’enfer qui m’entoure. L’avarice de mes gestes ne suffit pas à sentir la forte chaleur s’insinuer en moi. Mon bon ami qu’était le soleil à son lever est devenu mon pire ennemi. Je n’aspire maintenant qu’à une seule chose : vivement qu’il descende à l’horizon. Le trimaran est toujours posté au large, attendant la marée haute, si hypothétique en ces instants de quasi-détresse. Il faut rester zen, se ressaisir. Ce n’est que passager, me dis-je. Mais combien de personnes ont dû endurer des conditions bien plus dures dans ces contrées hospitalières un jour, inhospitalières un autre? Heureusement que ce jour a été le seul de mon périple et que tous les autres jours ont été source d’émerveillement au quotidien ! Finalement, c’est bien que la nature nous rappelle que c’est elle qui dicte sa loi et que nous autres, pauvres humains, ne pouvons que subir et l’accepter. Une petite leçon d’humilité ! J’ai oublié de mentionner qu’un petit village de pêcheurs (Ambalojoby) existe en ces lieux et, alors que je me lamentais sur mon « triste sort », 3 hommes étaient en train de construire, en plein soleil, sous cette chaleur accablante, une case. Deuxième leçon d’humilité ! Pourtant, le paysage environnant était beau à couper le souffle. Mais, ce jour là, je l’ai tout juste apprécié.
Le trimaran attendant, en pleine chaleur, la marée haute pour accoster
CHAPITRE 12 : et la suite, me direz-vous ? Je me suis perdu dans mes songes. Revenons à nos poissons et au séjour !
Après un dernier soir passé à déguster les petites brochettes de zébu vendues dans une gargote de la rue principale d’Ananalava, nous voici repartis avec tout notre barda en direction de Majunga. Le but est cette fois-ci de nous rapprocher des côtes en poppant ou en surfcastant. Pour cela, nous devrons bivouaquer à d’autres endroits, tout aussi envoûtants. Mais ce n’était sans compter l’avarie du gouvernail... J’étais en train de pêcher à la palangrotte sur des coraux quand ma ligne s’est retrouvée coincée. Vu la profondeur de fil immergé (plus de 70m), je ne voulais pas casser le fil. J’ai alors demandé à Toumb de revenir à la hauteur de l’hameçon pour le libérer, ce qu’il fit. Et là, à l’occasion d’une manœuvre délicate au moteur, deux points d’attache sur les quatre (j’ai su après que c’étaient les moins importants) se sont arrachés. Stupeur à bord ! Le gouvernail est un des éléments majeurs du bateau. On était au milieu de nulle part, à plus de 100 kms de Majunga. Il était 15H. Que faire ? Revenir, comme projeter initialement, par sauts de puce, aux risques d’essuyer un petit grain OU rentrer avec le vent favorable actuel ? Je sentais Toumb hyper-concentré, soupesant le pour et le contre. J’aurais bien aimé continuer à explorer la côte tout en pêchant. Toumb le savait aussi, mais çà aurait été prendre des risques inutiles. Aussi, quand il nous dit : « on rentre à la faveur du vent qui va pousser le bateau », personne ne l’a contredit. Et nous voilà partis pour 9H de voile non-stop. Et quand nous avons vu le phare indiquant Majunga, puis les premières lueurs, nous avons commencé à souffler. L’accostage (aisé) se fit de nuit à 22H. Impossible à cette heure tardive de trouver facilement une chambre d’hôtel. Alors, Toumb me demanda d’attendre quelques mns sur le bateau puis, revint souriant en me disant « c’est bon. Je t’ai trouvé une case pour dormir ». J’ai alors découvert ma chambre, au confort sommaire mais suffisant après cette lonnnngue journée qu’on avait eue (on pêchait depuis 6H de matin). Je n’ai su que le lendemain que Toumb avait en fait demandé à son fils déjà endormi de libérer sa chambre pour l’invité. C’est çà aussi Madagascar et ses gens accueillants.
CHAPITRE 13 : la réparation du gouvernail et le perfectionnement du trimaran
Après la nuit courte mais réparatrice qui s’en suivit, c’est avec le soleil habituel que je me suis réveillé. Le petit déjeuner et la douche bienfaitrice achevés, nous nous sommes retrouvés devant le bateau à résoudre le problème des 2 attaches arrachées. La solution étant trouvée, je suis parti me promener en ville avec William pendant que nos 3 pêcheurs aidés du mécanicien commençaient les réparations. Quand nous sommes rentrés à 16H, quelle ne fût pas notre surprise de voir le gouvernail réparé, mais aussi une esplanade en bois de 3 mètre carrés, aménagée pour me faciliter les lancers de popper. Belle esplanade reliant la coque à un des flotteurs. L’avenir prouvera que cette esplanade est propice aux lancers appuyés comme aux siestes ….
Pêche à la palangrotte sur cette plate-forme: le pied
CHAPITRE 14 : pêches à la journée Les jours suivants, nous avons pêché en partant de Majunga avec le même rythme : départ au lever du jour, retour au coucher du soleil. De bien belles journées de pêche à la palangrotte et à la traîne, principalement. Mais pas que ! - Un jour, on était en train de pêcher quand on entend un souffle puissant, sourd et profond. Le temps qu’on regarde dans la bonne direction, on voit la moitié d’une belle baleine à moins de 100m de nous. Inutile de vous dire que je n’ai pas pu prendre mon appareil pour immortaliser ce précieux moment. - Une autre fois, on venait juste de lancer l’ancre au large de nulle part. Je m’apprête à pêcher à l’appât quand je discerne la pointe d’un marlin, à moins de 50m, en train de chasser. Autant vous dire que le temps que je prenne la canne ad’hoc, l’animal avait déjà disparu.
Mais il me faudrait des pages et des pages pour retracer toutes les anecdotes de ce voyage !
Et c’est déjà le dernier soir. Le voyage de pêche touche à sa fin. Avant de se séparer de mes nouveaux amis, je leur propose d’aller manger dans un petit resto de Majunga. Et c’est à l’occasion de cette soirée que nous trinquerons encore avec une THB, cette fois-ci, bien fraîche, en appréciant le pistolet-frites ou le romazava-riz !

Le dernier soir entre les malgaches et le vazaha
CHAPITRE 15 : retour à Tana Le lendemain, William et moi reprenons le chemin du retour à bord de sa voiture récemment révisée et qui ne nous aura plus causé d’ennuis notables. Route classique : le parc aux lémuriens et aux croco, Maevatanana, … Et c’est ensuite l’arrivée à l’aéroport et tous les souvenirs qui commencent déjà à se bousculer dans ma tête.
CHAPITRE 16 : épilogue Ce voyage initialement très orienté pêche s’est avéré ensuite être un voyage alliant échange et rencontre avec des gens adorables. Madagascar vaut le coup d’être connu. Certains vous diront que l’île rouge est devenue peu sûre. Avec les précautions d’usage et l’aide d’un chauffeur-guide malgache, la plupart des problèmes (souvent liés à la pauvreté) seront évités.
Alors, allez sillonner, en long et en large, Madagascar. En 4x4, taxi-brousse, à pied, en moto, en VTT, vous ne serez pas déçus.
Et, pour les « voileux » ou les pêcheurs, partir sur plusieurs jours le long de la côte Ouest malgache est une aventure riche en sensations. Vous partagerez, l’espace de vos vacances, le terrain de jeu du peuple Vezo : L’OCEAN !
Et vous reviendrez, comme moi, ravis d’avoir fait un voyage hors du temps, un peu comme le 1er trek que j’avais fait au Groënland.
A vous de jouer !
(Mais, me direz-vous, je suis hors sujet : le carnet de voyage est sur Madagascar et non sur ces contrées froides au Nord du cercle polaire. Je sais : j’y arrive !)
C’est à ce moment-là que mon passe-temps pour la pêche a commencé à devenir une passion, comme j’ai eu celle de l’escalade et que j’ai encore celle du ski de randonnée et du VTT. He oui, je suis un passionné pour tout !
Me voici donc transporter, 30 ans après ce voyage au Groënland, par Air Madagascar pour un vol Paris – Tana avec, en soute, mon « petit » sac à dos habituel de 30 kgs, cette fois-ci rempli de leurres de toutes sortes, de plombs et de moulinets et mon tube de cannes. Je garde précieusement avec moi, en bagage à main, un petit sac comportant appareil photo (tout neuf) et caméra.
L’objectif de mon périple est de naviguer entre Majunga à Soalala (côte NW de Madagascar), durant 12 jours, tout en pêchant. Pour éviter de perdre des jours à monter le projet en arrivant sur place, j’avais donné auparavant toutes les consignes, depuis la France, à un bon guide malgache William: -Pêcher 12 jours sur le Canal du Mozambique avec les piroguiers Vezo en faisant l’A/R Majunga/Soalala, tantôt en bivouaquant, tantôt en dormant dans des petits hôtels locaux du bord de mer. -Le bateau doit être sûr car on navigue loin des côtes et loin de tout. En plus, comme on va faire plus de 400 kms de navigation durant ces 12 jours, le choix se porte tout naturellement sur un bateau à voile plutôt que sur un bateau à moteur, même si la voile peut paraître moins adaptée à la pêche.
Alors quand William me trouve ce trimaran presque flambant neuf de 13 m de long, je suis enthousiasmé.
Notre trimaran de 13 mètres et, un boutre aux voiles dorées par les rayons du soleil levant Outre la logistique nécessaire à ce type de voyage, il ne faut pas prendre à la légère la navigation sur l’Océan Indien qui est réputé pour ses coups de tabac aussi soudains qu’imprévus. Scruter le ciel et le baromètre sont courants pour anticiper un quelconque changement de temps.
CHAPITRE 2 : L’arrivée à Madagascar Donc, après des mois d’attente, me voila enfin à l’aéroport de Tana. Après m’être dégourdi les jambes sur le tarmac, je patiente comme tous pour remplir les formalités habituelles puis je retrouve, avec soulagement, mon tube de cannes et mon sac à dos.
William m’attend à la sortie. Après, se fait le change classique d’Euro en Ariary de l’autre côté du parking de l’aéroport (change plus favorable), et nous voilà partis dans sa voiture qu’il a pris soin de faire réviser. Vue l’épaisseur des billets Ariary, j’ai l’impression d’être vraiment riche !
CHAPITRE 3 : En route vers Majunga

Le Betsiboka dont l’embouchure est situé 200 kms plus loin, à Majunga
Direction Maevatanana, la ville considérée comme la plus chaude de Madagascar, à ce qu’il parait. Après quelques petits soucis de mécanique auto et une pause THB obligatoire, on arrive à la tombée de la nuit dans cette petite bourgade. Pour ceux qui ne connaissent pas la THB, c’est la Tree Horses Beer, une bière des plus rafraîchissantes du monde, ou tout du moins de ces latitudes. S’arrêter dans un petit bar aux couleurs locales et déguster cette bière tout en mangeant des brochettes de zébu, çà commence à sentir vraiment les vacances.
Dans une gargote, avec au menu: brochettes de zébu arrosées de l'incontournable THBEt puis, la vie malgache est aussi faite d’imprévu …
Charrette de zébus portant un bateau, en plein centre de Majunga Le soir, l’incontournable pistolet malgache (n’ayez pas peur, ce pistolet correspond seulement à la cuisse et au haut de cuisse des petits poulets malgaches élevés nécessairement en plein air), et une nuit réparatrice dans un des rares hôtels de la bourgade.
Le lendemain, frais et dispos, nous voici repartis pour Majunga, sans pour autant s’être arrêtés, en cours de route, au Parc national d'Ankarafantsika pour admirer les lémuriens et voir quelques crocodiles dans le lac plein de nénuphars. Bêbêtes sympathiques mais que l’on retrouve encore dans les rivières et les lacs de l’Ile Rouge, malgré le commerce florissant et illégal de leurs peaux pour la maroquinerie.
Je suis content de retrouver Majunga et son atmosphère de ville paisible du bord de mer, où toutes les religions coexistent …
CHAPITRE 4 : les préparatifs Après un repas rapide à base de brochettes de zébus faiblement pimentées au gingembre, nous retrouvons, en ville, les piroguiers avec qui je vais partir 12 jours en mer : Toumb, Djeffa et Jocelin. On discute sur les derniers préparatifs, on fait la checklist des choses indispensables à emporter puis on se répartit les tâches : les piroguiers préparent le trimaran pendant que William et moi allons faire les courses. Dans le magasin, on s’est fait remarquer quand on a chargé, dans les deux caddies, entre autres, 12 bouteilles d’eau de 5 litres.
Ce soir, on dort près du lieu d’embarquement car le départ est matinal (6H) … mais ce sera, par la suite, monnaie courante, car la vie sera dictée par les levers et couchers du soleil, un juste retour à la nature.
CHAPITRE 5 : le grand départ vers l’inconnu L’aurore commence à poindre quand nous arrivons sur la plage avec toutes nos affaires. C’est le moment d’embarquer tout le chargement sur le bateau pour 12 jours: denrées alimentaires, eau, THB, coca-cola, …., grosse glaciaire, sacs à dos et … matériel de pêche, bien sûr. Finalement, on ne met les voiles que vers 8H30. La côté s’éloigne et l’aventure commence !
Les 3 navigateurs hors-pair s’activent à leurs tâches. Par la suite, je comprendrai que leurs tâches sont prédéfinies: -Toumb est le capitaine du bateau : un grand gaillard costaud, toujours souriant, très bon navigateur et pêcheur. La mer, comme pour tour les Vezos, est SA vie ! -Son cousin, Jocelin. Tranquille, il sait avoir le geste précis et rapide dans les manœuvres de cordage. Il plonge(rait) même parmi les requins pour libérer un fil de pêche du gouvernail. En plus, il sait préparer les poissons fraîchement pêchés et cuire le repas sur le bateau, alors que le celui-ci file sur l’eau, poussé par le vent. -Enfin, Djeffa, un vieux pêcheur qui a roulé sa bosse sur toute la côte NW de Madagascar. En discutant avec eux, il s’avèrera qu’il est un des rares bons pêcheurs malgaches à ne pas être Vezo, puisqu’il viendrait des Hautes Terres, comme on dit là-bas. Age indéfinissable : 55 à 65 ans ? Je n’ai pas réussi à savoir…
Jocelyn, Djeffa et Toumb (de gauche à droite) Mais pourquoi 3 navigateurs pour un trimaran de 13m ? Je ne suis pas navigateur. J’ai donc appris plein de choses, entre ou même pendant mes parties de pêche : manœuvrer les 2 voiles n’est pas toujours aisé surtout qu’il faut toujours quelqu’un à la barre pour bien orienter le bateau. Parlons de l’accostage : en France, il y a beaucoup de ports avec leurs digues et leurs quais. Alors, il est souvent facile de s’arrimer au quai. Ici, pas de port mais uniquement une côte avec ses vents pas toujours favorables et ses fonds marins cachant des récifs ou des hauts-fonds. Alors, quand il faut, par exemple, accoster sur une plage où il y a une petite houle de 70 cms et un vent de mer qui pousse inexorablement l’embarcation vers la plage, la manœuvre de remonter face au vent, lancer l’ancre, puis libérer de la corde pour approcher le bateau près de la côte afin d’avoir pied pour transférer nos affaires sur la plage, n’est pas chose facile. Un bateau, surtout un trimaran en fibre de verre, est fragile. Chaque manœuvre doit être faite par l’équipage avec précision et de façon synchrone : on n’a pas droit à l’erreur. Un coup de chapeau donc à ces 3 Vezos !
Mais je m’égare, je m’égare. Revenons donc à mon voyage !
Le premier jour, le vent est fort. Il faut protéger nos affaires dans des sacs poubelles de 100 litres pour éviter que les embruns ne mouillent nos duvets et vêtements. Néanmoins, en fin de journée, à l’occasion d’une accalmie, je mets 2 cannes à l’eau pour pêcher à la traîne mais le bateau poussé par les vents file trop vite (8-9 nœuds). Enfin, Toumb décide de lofer les voiles pour continuer au moteur. Bingo ! Trois-quatre thazars apprécient mes leurres sur les derniers kms !
Thazard (ou thon banane) pêché par ToumbCHAPITRE 6 : 1er bivouac A la fin de cette 1ère journée, chahutés par les vents, nous accostons enfin dans la paisible baie d'Ampitsopitsoka (après l'île de Nosy Makamby) près d’un petit village de pêcheurs. Vision hors du temps, en tout cas, loin des tumultes de la vie citadine européenne. J’apprécie d’être là plutôt que d’être coincé dans les bouchons du périphérique toulousain. Une petite échoppe vend le strict nécessaire aux villageois, collecte et congèle leurs poissons destinés à la vente à Majunga (situé à plus de 40 kms de piste). Et puis, le marché couvert. Encore ouvert ? Quand j’y arrive pour acheter des fruits et des légumes (la chaleur des Tropiques dégrade rapidement les fruits et légumes sur un bateau), il est quasi vide : c’est normal, il est 17H. Néanmoins, j’arrive à acheter quelques tomates, bananes et mangues. Super !
Quand je reviens au bivouac, il fait presque nuit et Djeffa est déjà en train de préparer le repas du soir sur une feu de bois et de charbon. On se partage 2 THB fraîches (vive la glaciaire) en discutant, bercés par la brise légère qui a remplacé le vent. Les tentes sont vite montées, le repas à base de riz, de poisson et d’épices est dégusté (succulent). Nous commençons à sentir la fatigue de la journée. Allez, au lit, tout en admirant la voûte céleste de l’Hémisphère Sud!
Plage du village où attendent les pirogues des pêcheursCHAPITRE 7 : le rythme des journées s’établit, immuable … Les trois jours suivants seront bercés par le même rythme : réveil au lever du jour, et après un petit déjeuner rapide, on range nos affaires puis on lève les amarres. Le vent étant plus faible, la pêche à la traîne est plus agréable. Mais, la pêche n’est qu’un prétexte pour admirer cette côte sauvage, pour croiser les pirogues à balancier des pêcheurs et les boutres de commerce qui rallient tous les ports de la côte Ouest de Madagascar. Et puis, il y a mon équipage malgache que j’apprends à connaître au fil des jours. La barrière de la langue (ils parlent un français rudimentaire et moi, je ne connais pas le malgache), le choc des cultures, la différence de niveau de vie s’estompent progressivement grâce à notre activité partagée en commun, tout au long de la journée : la pêche. Sur un bateau, il y a toujours quelque chose à faire et même dormir, c’est faire quelque chose, sous ces latitudes. Je commence à prendre l’état d’esprit du « Mora-mora ».
Quand on ne traîne pas, on fait de la palangrotte souvent le bateau ancré. Je compare mon matériel sophistiqué de pêche au matériel rudimentaire des malgaches, mais aussi le nombre de prises attrapées par chacun. Ils pêchent à la main ou au pied avec du gros fil de nylon alors que j’utilise de la tresse presque dernier cri sur des cannes en fibre de carbone. On échange nos méthodes de pêche : j’essaie de pêcher de leur façon pendant que Toumb teste une de mes cannes. La glace fond entre nous et une saine et simple amitié commence à se dessiner. Pas de chichi – on partage tout, le temps d’un voyage et même si l’on sait que chacun retrouvera, plus tard, ses soucis et sa façon de vivre, on partage simplement une expérience commune sans enjeu, sans compétition. Et pourtant, j’ai été un peu déçu de ne pas arriver à leur niveau. Mais, c’est comme çà, 12 jours de pêche par an ne remplaceront jamais les 300 jours qu’ils effectuent depuis leur plus jeune âge.
CHAPITRE 8 : ma 1ère carangue Je pourrais parler longuement de toutes ces captures de poissons exotiques, tous plus combatifs, colorés les uns que les autres, mais je ne retiendrai, ici, que le jour de pêche avant d’arriver à Soalala, une des premières villes coloniales et évangélisées de l’île mais aussi un des comptoirs majeurs de l’esclavage sévissant en Afrique de l’Est. Il ne reste, à ce jour, que certaines bâtisses coloniales dont celle où j’ai logé durant plusieurs nuits.
Donc, ce jour là, à l’entrée de la baie de Soalala, ma 1ère carangue, ce poisson mythique par sa combativité, mord à ma ligne. Un combat rugueux de près de 15 mn s’établit. L’issue parait incertaine, le poisson s’appliquant à faire des rushs insistants qui font chanter le frein du moulinet, plier la canne et durcir tous les muscles de mon corps. Je commence à avoir mal au dos. Je me réfugie avec ma canne en tension dans la poupe du trimaran pour éviter tout déséquilibre résultant des coups de boutoirs insistants de cette mémère appelée aussi GT (pour carangue à Grosse Tête). Mais le poisson commence à être fatigué et je commence à distinguer, dans cette mer cristalline, un gros médaillon argenté à quelques dizaines de mètres du bateau. C’est mon poisson ! Il voit le bateau et, de peur, dans un dernier élan, tente de s’échapper en s’enfonçant dans les profondeurs. Jusqu’au dernier moment, l’issue est incertaine et la tension est à son comble. Enfin, la carangue de 15 kgs, une boule de muscles, émerge et Toumb la monte sur le bateau !
Equipage Vezo, carangue et trimaran, sur la plage de Soalala Même si la pêche est considérée pour certains comme un acte barbare (tout un chacun mange du poisson … alors, comment arrive t-il dans notre assiette ?), je suis toujours aussi ravi de me mesurer à un tel poisson. La surprise de l’attaque, l’indécision du combat, les moments d’effervescence sur le bateau, surtout quand il commence à passer sous le bateau, au risque de casser le fil ou la canne, …. sont autant d’ingrédients qui caractérisent cette pêche ludique. Ludique ? Mais pas que. N’est-ce pas un retour au plaisir primitif où l’homme partait pêcher ou chasser pour subsister et donner à manger à sa famille, voire à son clan. Je sais, me direz-vous, cette époque est révolue. C’est vrai ! Mais elle avait l’avantage de faire la fête quand, après une période de disette, on ramenait à manger.
En tout cas, après coup, on a fait la fête sur le bateau en trinquant autour d’une THB un peu moins fraîche (au bout de plusieurs jours, la glace commençait à fondre dans la glaciaire).
Trinquons sur le trimaran avec une bonne THB CHAPITRE 9 : arrivée à Soalala Nous arrivons le soir à Soalala et retrouvons William qui avait préféré prendre le taxi-brousse pour rejoindre la bourgade. Issu des hauts-plateaux, il a une forte appréhension de la mer et ne s’y baigne même pas. Les différences entre les malgaches des hauts-plateaux et ceux de la côte transpirent encore aujourd’hui sur des choses simples comme çà, même si le brassage de la population tend à combler ces différences. En tout cas, je suis heureux de le retrouver et alors que l’équipage Vezo cherche à accoster le trimaran dans le bras de mangrove abrité de vent et de la houle, William et moi trouvons cet hôtel, ancienne maison coloniale, qui donne sur le bac.
Bâtisse coloniale devenu hôtel, à Soalala (à gauche) Les 3 pêcheurs nous rejoignent à la gargote après avoir rangé le bateau et trouvé un endroit pour dormir. Il fait déjà nuit : les rues au sol mélangé de terre et de latérite sont faiblement éclairées mais une douce quiétude émane de ces lieux. Nous commandons des brochettes de zébu accompagnées de frites, pour certains, du romazava, plat traditionnel malgache constitué de zébu, de bred mafana et de riz, pour les autres. Tout le monde est content surtout que l’on trinque encore, une THB ou un coca-cola à la main. Non, on n’est pas devenus des poivrots, à raison d’1THB par jour. Juré ! Déjà, autour de la table, on parle déjà des prochains jours de pêche en itinérant et des coins magiques où l’on peut popper. J’ai hâte d’y être. Une petite voix me dit : calme-toi, be cool (more-mora). Ah, quand nos vieux démons d’européens remontent en surface. Et c’est avec une joie indescriptible que je retrouve un lit douillet dans lequel je m’endors, bercé encore par le bruit du vent et des vagues !
CHAPITRE 10 : pêches à la journée depuis Soalala Les prochains jours sont tranquilles et consacrés exclusivement à la pêche à la palangrotte. Et oui, comme on a élu domicile à Soalala, on part léger, le matin, pour le large. Fini le chargement des affaires sur le bateau. Aujourd’hui, on emporte notre simple matériel de pêche et le repas de midi à base de fruits du moment (bananes, mangues) et de biscuits. D’ailleurs, comme d’habitude, il fait beau et le vent s’est calmé : conditions idéales pour naviguer, pêcher et vivre sur le bateau en parfaite sérénité. C’est vrai que le repas de midi est simplifié mais goûtez une banane ou une mangue fraîchement cueillies, et vous m’en direz des nouvelles : rien à voir avec ces fruits insipides importés en France. Et puis, on sera tout content de manger, ce soir, dans une quelconque gargote de Soalala. On ne fait que de la palangrotte ? Non, on fera quand même un peu de traîne pour rejoindre les eaux profondes mais ce n’est qu’histoire de se mesurer aux thazards et barracudas du coin. Je sais, me direz-vous, là, je suis parfaitement en contradiction avec la pêche constituée comme un moyen de subsistance … mais il faut bien s’entraîner pour devenir un bon pêcheur et j’ai encore de la marge.
Le triplet des 3 carangues + un beau barracuda, un après-midi de pêche Donc, nous voici partis à la journée pour des moments encore riches en émotions. Je me rappellerai simplement de ces 3 carangues de 15, 20 et 25 kgs prises en 2H près des côtes. Les rejeter à l’eau après la photo ? Je n’ai pas osé le faire car les pêcheurs malgaches n’auraient pas compris : les manger ou les vendre est plus dans la culture Vezo. Et puis, ce geste omis est sans commune mesure avec ce chalutier qui a dragué systématiquement le fond, en détruisant tout sur son passage, juste en face d’un petit village de pêcheurs et ce pendant une journée et une nuit. Après le passage de ce chalutier qui pêche à quelques centaines de mètres des côtes seulement, ce sera le no man’s land au fond (ou plutôt, le no fish’s land). Les pêcheurs seront donc contraints soit de déplacer leur village, ce dont je doute, soit de pêcher plus au large sur leurs frêles embarcations, au péril de leur vie…
Chalutier draguant, en toute illégalité, les fonds marins, près d’un village de pêcheurs CHAPITRE 11 : un voyage de pêche, mais pas que ! En lisant ces lignes, vous me direz : « Ben, tu n’as fait que pêcher ». Et bien, paradoxalement, je vous répondrai « Pas que ». C’est sans compter : -l’amitié qui s’est tissée au fil des jours avec l’équipage Vezo et William. Au bout de quelques jours, les blagues allaient bon train. On a eu de bonnes parties de rigolade. -les échanges effectués avec les gens rencontrés : oainsi, cette malgache qui voulait me vendre tout son étale présentant ses pierres semi-précieuses et sa maroquinerie, avec toute la gentillesse du monde, bien sûr. Vous devinerez que je n’ai pas tout acheté, j’aurais eu un excédent de bagages dans l’avion du retour. oMais aussi, le geste si particulier que faisait systématiquement Toumb en mer quand il ouvrait une THB. Avant de commencer à la boire, il en versait un peu dans l’eau. Les jours avançant, çà me démangeait de plus en plus de lui poser la question « Pourquoi fais-tu çà ? ». Je soupçonnais une superstition ou fady, si répandue à Madagascar. Et puis, un jour, à ma question, il me répondit : « c’est pour respecter nos morts », une forme de partage, peut-être. Je n’en sus pas plus. C’est comme l’autre fois quand il me dit : « Au fait, tu n’as pas embarqué des pistaches sur le bateau ? Au large de l’île de Nosy Makamby, çà porte malheur ». « Non» répondis-je. Il faut toujours respecter les traditions du pays qui nous reçoit. -les paysages à couper le souffle qui révèlent une nature à l’état brut. Je me souviendrai longtemps de cette attente de la marée haute, à 200 m de la plage, pour accoster. Ce jour-là, il faisait très chaud, le soleil était au zénith, un vent chaud renforçait le dessèchement. Je n’aspirais qu’à une seule chose : me mettre à l’ombre d’un ravenala ou d’un quelconque arbuste pour manger quelques bananes et mangues constituant mon repas de midi. L’eau était chaude comme l’air. Presque l’enfer pour un européen ! Tout incitait à ne plus bouger et à attendre que la fournaise se passe et que la mer monte. Le bateau flottait dans 1m30 d’eau. Les vagues étaient coupées par le vent violent. Mon cerveau se ramollissait : je voulais maintenant me dégourdir les jambes, manger ou faire la sieste, en tout cas, ne pas surchauffer sur le bateau. Tant bien que mal, je remplis mon sac étanche de mon appareil photo, ma caméra, mes fruits, ma crème solaire, mes papiers. Je chausse mes sandales avec velcro et me voilà parti en marchant dans l’eau agitée et trouble, turquoise et pâle, chaude comme un bouillon, portant à bout de bras mon précieux sac. 200m à marcher dans l’eau avec les vagues de 40 cms qui vous bousculent, c’est long, surtout quand vous avez quelquefois jusqu’au torse. Et surtout que, comble de malheur, le velcro de mes sandales ne tient plus. Je suis donc alors contraint de trainer mes pieds sur le sable, chahuté par les flots, au risque d’être tout trempé voire déséquilibré. Comme si je voulais encore plus faire durer le plaisir ! Parcourir 200m dans ces conditions, c’est long, même très long ! Surtout qu’il peut y avoir des petites bêtes cachées dans le sable invisible qui ne se gêneraient de me piquer avec leur venin … et on est loin de tout, ici. Enfin, j’arrive sur la plage : le vent, toujours aussi chaud, soulève maintenant le sable sec qui fouette mes jambes. Vite un abri, un arbre ! Je tourne la tête autour de moi : rien sur cette langue de sable désolée, mis à part un pin rabougri à force d’être chahuté par le vent et les tempêtes.
La plage battue par le vent, séparant la mangrove de la mer. Mais où est l’ombre ?Le pin prodigue une ombre fine et incertaine. Je ne peux que m’y mettre, seule la position en tailleur me permet d’être relativement à l’ombre. Pour manger, çà ira mais pour dormir, je pourrai repasser. Et, me voilà donc sortant mes précieux fruits que je mange avec délice, malgré l’enfer qui m’entoure. L’avarice de mes gestes ne suffit pas à sentir la forte chaleur s’insinuer en moi. Mon bon ami qu’était le soleil à son lever est devenu mon pire ennemi. Je n’aspire maintenant qu’à une seule chose : vivement qu’il descende à l’horizon. Le trimaran est toujours posté au large, attendant la marée haute, si hypothétique en ces instants de quasi-détresse. Il faut rester zen, se ressaisir. Ce n’est que passager, me dis-je. Mais combien de personnes ont dû endurer des conditions bien plus dures dans ces contrées hospitalières un jour, inhospitalières un autre? Heureusement que ce jour a été le seul de mon périple et que tous les autres jours ont été source d’émerveillement au quotidien ! Finalement, c’est bien que la nature nous rappelle que c’est elle qui dicte sa loi et que nous autres, pauvres humains, ne pouvons que subir et l’accepter. Une petite leçon d’humilité ! J’ai oublié de mentionner qu’un petit village de pêcheurs (Ambalojoby) existe en ces lieux et, alors que je me lamentais sur mon « triste sort », 3 hommes étaient en train de construire, en plein soleil, sous cette chaleur accablante, une case. Deuxième leçon d’humilité ! Pourtant, le paysage environnant était beau à couper le souffle. Mais, ce jour là, je l’ai tout juste apprécié.
Le trimaran attendant, en pleine chaleur, la marée haute pour accoster CHAPITRE 12 : et la suite, me direz-vous ? Je me suis perdu dans mes songes. Revenons à nos poissons et au séjour !
Après un dernier soir passé à déguster les petites brochettes de zébu vendues dans une gargote de la rue principale d’Ananalava, nous voici repartis avec tout notre barda en direction de Majunga. Le but est cette fois-ci de nous rapprocher des côtes en poppant ou en surfcastant. Pour cela, nous devrons bivouaquer à d’autres endroits, tout aussi envoûtants. Mais ce n’était sans compter l’avarie du gouvernail... J’étais en train de pêcher à la palangrotte sur des coraux quand ma ligne s’est retrouvée coincée. Vu la profondeur de fil immergé (plus de 70m), je ne voulais pas casser le fil. J’ai alors demandé à Toumb de revenir à la hauteur de l’hameçon pour le libérer, ce qu’il fit. Et là, à l’occasion d’une manœuvre délicate au moteur, deux points d’attache sur les quatre (j’ai su après que c’étaient les moins importants) se sont arrachés. Stupeur à bord ! Le gouvernail est un des éléments majeurs du bateau. On était au milieu de nulle part, à plus de 100 kms de Majunga. Il était 15H. Que faire ? Revenir, comme projeter initialement, par sauts de puce, aux risques d’essuyer un petit grain OU rentrer avec le vent favorable actuel ? Je sentais Toumb hyper-concentré, soupesant le pour et le contre. J’aurais bien aimé continuer à explorer la côte tout en pêchant. Toumb le savait aussi, mais çà aurait été prendre des risques inutiles. Aussi, quand il nous dit : « on rentre à la faveur du vent qui va pousser le bateau », personne ne l’a contredit. Et nous voilà partis pour 9H de voile non-stop. Et quand nous avons vu le phare indiquant Majunga, puis les premières lueurs, nous avons commencé à souffler. L’accostage (aisé) se fit de nuit à 22H. Impossible à cette heure tardive de trouver facilement une chambre d’hôtel. Alors, Toumb me demanda d’attendre quelques mns sur le bateau puis, revint souriant en me disant « c’est bon. Je t’ai trouvé une case pour dormir ». J’ai alors découvert ma chambre, au confort sommaire mais suffisant après cette lonnnngue journée qu’on avait eue (on pêchait depuis 6H de matin). Je n’ai su que le lendemain que Toumb avait en fait demandé à son fils déjà endormi de libérer sa chambre pour l’invité. C’est çà aussi Madagascar et ses gens accueillants.
CHAPITRE 13 : la réparation du gouvernail et le perfectionnement du trimaran
Après la nuit courte mais réparatrice qui s’en suivit, c’est avec le soleil habituel que je me suis réveillé. Le petit déjeuner et la douche bienfaitrice achevés, nous nous sommes retrouvés devant le bateau à résoudre le problème des 2 attaches arrachées. La solution étant trouvée, je suis parti me promener en ville avec William pendant que nos 3 pêcheurs aidés du mécanicien commençaient les réparations. Quand nous sommes rentrés à 16H, quelle ne fût pas notre surprise de voir le gouvernail réparé, mais aussi une esplanade en bois de 3 mètre carrés, aménagée pour me faciliter les lancers de popper. Belle esplanade reliant la coque à un des flotteurs. L’avenir prouvera que cette esplanade est propice aux lancers appuyés comme aux siestes ….
Pêche à la palangrotte sur cette plate-forme: le piedCHAPITRE 14 : pêches à la journée Les jours suivants, nous avons pêché en partant de Majunga avec le même rythme : départ au lever du jour, retour au coucher du soleil. De bien belles journées de pêche à la palangrotte et à la traîne, principalement. Mais pas que ! - Un jour, on était en train de pêcher quand on entend un souffle puissant, sourd et profond. Le temps qu’on regarde dans la bonne direction, on voit la moitié d’une belle baleine à moins de 100m de nous. Inutile de vous dire que je n’ai pas pu prendre mon appareil pour immortaliser ce précieux moment. - Une autre fois, on venait juste de lancer l’ancre au large de nulle part. Je m’apprête à pêcher à l’appât quand je discerne la pointe d’un marlin, à moins de 50m, en train de chasser. Autant vous dire que le temps que je prenne la canne ad’hoc, l’animal avait déjà disparu.
Mais il me faudrait des pages et des pages pour retracer toutes les anecdotes de ce voyage !
Et c’est déjà le dernier soir. Le voyage de pêche touche à sa fin. Avant de se séparer de mes nouveaux amis, je leur propose d’aller manger dans un petit resto de Majunga. Et c’est à l’occasion de cette soirée que nous trinquerons encore avec une THB, cette fois-ci, bien fraîche, en appréciant le pistolet-frites ou le romazava-riz !

Le dernier soir entre les malgaches et le vazaha
CHAPITRE 15 : retour à Tana Le lendemain, William et moi reprenons le chemin du retour à bord de sa voiture récemment révisée et qui ne nous aura plus causé d’ennuis notables. Route classique : le parc aux lémuriens et aux croco, Maevatanana, … Et c’est ensuite l’arrivée à l’aéroport et tous les souvenirs qui commencent déjà à se bousculer dans ma tête.
CHAPITRE 16 : épilogue Ce voyage initialement très orienté pêche s’est avéré ensuite être un voyage alliant échange et rencontre avec des gens adorables. Madagascar vaut le coup d’être connu. Certains vous diront que l’île rouge est devenue peu sûre. Avec les précautions d’usage et l’aide d’un chauffeur-guide malgache, la plupart des problèmes (souvent liés à la pauvreté) seront évités.
Alors, allez sillonner, en long et en large, Madagascar. En 4x4, taxi-brousse, à pied, en moto, en VTT, vous ne serez pas déçus.
Et, pour les « voileux » ou les pêcheurs, partir sur plusieurs jours le long de la côte Ouest malgache est une aventure riche en sensations. Vous partagerez, l’espace de vos vacances, le terrain de jeu du peuple Vezo : L’OCEAN !
Et vous reviendrez, comme moi, ravis d’avoir fait un voyage hors du temps, un peu comme le 1er trek que j’avais fait au Groënland.
A vous de jouer !
Carnet de galère d'un trek en Forêt noire English translation pending
C'était en été 2012, je n'avais plus de boulot et pas un rond en poche...mais je suis atteinte de l'instinct voyageur, et je ne pouvais pas imaginer un été sans aller voir d'autres contrées.
Je me suis donc décidée à partir à l'aventure toute seule en Forêt noire, j'ai commandé les cartes topo adéquates et me suis renseignée sur différents sites pour voir ce qui était possible de faire. Il me semblait que descendre une partie du Westweg en autonomie complète était une plutôt bonne idée; depuis le Titisee jusque Bâle en Suisse où je devais rejoindre un ami d'un ami. Et comme je n'avais pas un balle, j'ai décidé de partir en taxisop, vous voyez, ce site où on s'inscrit en tant que "passager cherche chauffeur"? Bon ok quand j'y repense, c'était assez osé mais qui ne tente rien n'a rien et puis moi, c'est quand je me brûle que je comprends pourquoi on m'avait prévenu que c'était chaud.😛
Nous sommes donc le 31 juillet 2012 et j'attends mon chauffeur "Dries", il vient de Gullegem et se rend à Freudenstadt, au Nord de la Forêt noire pour son boulot, il m'offre donc un siège passager dans sa voiture. Il est sympa, on écoute Snow Patrol dans la voiture. Le trajet se passe bien. Il me dépose à Freudenstadt comme prévu. Cette ville se trouve donc dans le Nord de la Forêt noire...hors moi je dois me rendre au Titisee bien plus au Sud...
C'est ici que l'aventure en solo commence...
Il est environ midi 20. J'essaie tout d'abord de faire du stop pour descendre jusqu'au Titisee, histoire de faire tout le trajet gratos mais sans succès car c'est vraiment trop loin. Et en plus avec mon allemand très très approximatif c'était loin d'être gagné. Ce que vous ne savez peut-être pas, c'est qu'en Forêt noire, les gens ne parlent pas du tout le français et que c'est vraiment au touriste à faire l'effort de la langue. Bah, c'est pas ça qui m'arrete!
Il me semble que mon sac à dos pèse une tonne, en fait il pèse 16kg. Soit une autonomie de bouffe pour 10 jours, quelques vêtements et des babioles toujours utiles.
Je décide finalement de prendre le train. Vous avez déjà essayé de demander votre itinéraire en Deutsch? "euuuh verkaufen Sie farhkartten?" 😊 "et euuuh kan ich ein einfach nach Freiburg haben bitte? Ca se dit ça?"
Bref, à 16h30 je prends le premier train. Celui vers Offenburg.
Puis à 18h05, je prends le deuxième, vers Freiburg.
Puis à 19h, je prends celui vers le Titisee chéri!
A 19h30, je suis donc à mon point de départ. C'est un peu tard pour démarrer un trek non? Je décide donc de m'asseoir à une terrasse pour faire un peu le point et trouver un camping. C'est là, en discutant avec le serveur, à qui j'explique que je suis fatiguée "Ich bin müde" (je lui dis que j'arrive tout juste de Belgique "Ich komme aus Belgien"), qu'un couple de suisses allemands, assis un peu plus loin, entend notre conversation et l'homme décide de venir vers moi.
Bon, déjà l'allemand "simple" n'est pas facile à comprendre mais alors le suisse allemand est encore moins facile! Il m'explique que chaque année, ils fuient la Suisse le jour de la fête nationale car cela fait trop de bruit. Ils habitent près du Lac de Constance. Notre conversation est super basique mais potable, et dans ce temps, , l'homme me demande si je viens de Belgique à pieds...hors moi je comprends qu'il me demande si je vais jusqu'au Mont Belchen à pieds. Faut savoir que Belgique, Belgien en allemand, et Belchen à l'audition ça se ressemble vachement comme mots. Je vous laisse deviner le quiproquo qui s'en suit? 😊 Je lui réponds donc oui! Monsieur, impressionné me dit que je dois être vraiment fatiguée et que je dois avoir faim...c'est à ce moment que je me rends compte que j'avais mal compris sa question héhé...et comment expliquer ça en Deutsch? Hein, je vous le demande! Hahahaha! Je laisse donc couler et le laisse croire, tant pis. Je me dis que de toute façon je ne verrai plus jamais ces gens.
Il retourne à sa table, me coupe un morceau de sa flammeküche et m'invite à venir manger ce morceau à leur table. Bon j'ai quand même l'air d'une débile maintenant qu'ils pensent que je viens de Belgique à pieds, c'est malin ça! Enfin, au moins je suis l'idole de quelqu'un hihihhi. J'explique ensuite que je cherche un camping dans le coin et leur demande si ils en connaissent un. Bien sûr me disent-ils puisqu'eux même y séjournent en ce moment. Ils m'emmènent dans leur minibus (là aussi quand j'y repense, ce n'était pas la plus riche idée de l'année)et me conduisent jusqu'à ce fameux camping. Le Bülhof Camping. Il est situé juste au-dessus du Titisee. Formidable il reste encore de la place!
Je me trouve un petit coin avec un arbre et y installe ma bâche. Oui vous avez bien lu, une bâche. Quand on part seule en autonomie complète, on ne s'embarrasse pas d'une tente encombrante et lourde. Je me fais donc un super abri en demi tipi où je place un stick de marche "planté" dans le sol, les 3/4 de la bâche d'un côté du stick, et le 1/4 restant sera attaché à l'arbre avec une corde ou des élastiques. Il suffit ensuite d'arrimer les coins de la bâche au sol avec des piquets de tente ou des boquets d'bois si on a oublié lesdits piquets à la maison 🤪
Le couple de suisses allemands vient voir mon installation. Ils sont intrigués, je leur explique le pourquoi du comment j'utilise ce système. Nous nous souhaitons une bonne route et tout de bon dans la vie. Je ne les reverrai plus jamais.
Peu de temps après leur départ, c'est Marco mon voisin de camping, que je n'avais pas encore vu, qui vient me proposer son aide .
Marco est italien et il ne parle que italien ou anglais...et moi français et allemand...bon...on arrive quand même à tenir une conversation en italo-franglo-allemand hum.
Il est passé 20 heures et j'ai faim. Je déballe donc ma popote et mon réchaud et mets chauffer de l'eau. Marco me tient compagnie, il est sympathique. Il habite à Bologne et m'explique qu'il est en train de faire un itinéraire en vélo dans la Forêt noire. Son périple se termine demain. Dans la pénombre je ne le vois pas bien mais il me semble qu'il a une drôle de tête, il a la bouche un peu gonflée et rouge, le nez et une joue noirâtres...en fait, il s'est brûlé avec son réchaud au gaz, sa bombonne lui a explosé à la figure 2 jours auparavant. Il ne veut plus jamais utiliser ce système et trouve que mon système à moi est pas mal. J'utilise le fameux réchaud Esbit qui pèse 10 grammes et qui fonctionne grâce à des briquettes auxquelles on boute le feu avant de la déposer dans le réchaud. Il suffit ensuite de poser sa popote dessus et attendre que cuise l'exquis et raffiné mets lyophilisé 4 étoilles. En l'occurrence, ce soir je n'ai pas de lyophilisé mais un sachet de bouffe militaire qu'il suffit de mettre dans l'eau bouillante pour le réchauffer et, même principe que pour la bouffe lyo, il faut le manger directement dans le sac afin de ne pas salir la gamelle. Marco me demande ce que je mange. Ce délicieux repas est composé de langue de boeuf et de sauce. C'est absolument dégueulasse mais j'ai faim. J'essaie de lui expliquer "langue de boeuf" et me voilà en train de mimer la bête en question. Vous avez vu le film "Danse avec les loups"? Hé bien nous y sommes presque! "Meuuuh" 😄
Il est mort de rire mais il a compris, c'est le principal!
On papote comme ça toute la soirée puis vers 22h30 nous décidons de regagner nos abris respectifs car le lendemain une dure journée nous attend. Quelles aventures j'ai déjà vécu en à peine une journée ici!
Mercredi 01 août : 6h du matin. Je me réveille avec le soleil. Je sors de mon abri en même temps que Marco sort de sa tente. aah je peux enfin voir sa tête au grand jour! Il est effectivement bien brûlé le pauvre.
"Gut geschlaffen?" lui dis-je en plus du langage des mains. Il mange une barre de céréales, quant à moi, je commence à cuire mon super petit déj' ultra calorique qui consiste à cuire de la semoule de blé (du couscous quoi) avec du lait en poudre, beh oué les briques ne sont pas pratiques en rando 🙂; du cacao et du sucre. Laissez cuire jusqu'à obtention d'un espèce de gâteau; et j'insiste bien sur le mot "espèce". Ce n'est pas trop dégueu et ça donne de l'énergie pendant des heures. J'offre un café à Marco, de toute façon j'en ai préparé trop juste pour moi. Le pauvre, je m'en fait mal.
En échangeant quelques mots, nous remballons nos affaires, lui sur son vélo; moi sur mon dos, et quittons le Bülhof camping. Nous faisons un tout petit bout de chemin ensemble avant que nos routes se séparent. Nous faisons nos adieux sans échanger de quoi garder contact, aurait-il fallu? Peut-être pas, ce sont ces rencontres éphémères qui rendent les voyages exceptionnels. Cela ne m'empêche pas de penser souvent à lui, et je me demande ce qu'il est devenu. C'est ici que démarre le fameux Westweg que j'attends depuis si longtemps. Aujourd'hui je vais jusqu'au Feldberg, le point le plus haut de Forêt noire à 1493m. Il se trouve à environ15km et quelques vallées d'ici.
Waouww ça commence par une solide côte dans les bois! Le soleil brille déjà bien haut et il n'est que 8h du matin! Le soleil brille et mon sac de 16kg me semble peser une tonne.
Je grimpe cette côte semi ombragée, je croise un homme qui promène ses chiens "Grüß Gott!" me dit-il...hein grusse quoi? AAh oui juste, le Grüß Gott est utilisé ici pour dire bonjour, ça veut dire "Dieu avec toi" en gros. Il entame la conversation "Woher kommen Sie?" "Ich komme aus Titisee und ich geh zum Fedberg". L'homme est impressionné car le Feldberg est loin et haut et je suis seule. Je reprends ma route sans attendre car je sais que la journée risque d'être longue. Avant de démarrer cette aventure, en préparant mon sac, j'avais lavé mon camel back (ma poche à eau) avec une petite pastille effervescente. Il me semblait l'avoir bien rincé et pourtant il reste un drôle de goût quand je bois... ça ne m'inspire rien de bon ça. Bref, je monte, monte, monte dans ce bois. Il est à peine 9h et le soleil tape. Une petite pause photo de temps à autre puis je continue. J'évite cependant de retirer mon sac à dos chaque fois car l'y remettre est assez folklorique. J'arrive à un sommet au bout d'environ deux kilomètres, et je profite du peu de plat qu'il y a pour faire une pause pipi.
Ah un peu de descente...j'arrive en plein village (ou ville?) d'Hinterzarten coincé dans une petite vallée. Je passe juste à côté des pistes de saut à ski de Koßterhöhr et je descends encore.
C'est très joli Hinterzarten. Le soleil tape et je n'ose pas trop boire de peur d'être malade avec ce drôle de goût dans mon eau 🙁 Avec la transpiration, les lanières de mon sac me coupent les épaules. Ce n'est pas confortable. Ce ne sont que des petites choses mais ça devient très vite un enfer car je me dis que je suis vraiment seule ici. Je ne peux compter sur personne. Il me faut toute ma tête pour lire la carte, pour trouver un abri pour la nuit, pour trouver un ravitaillement en eau etc..
J'entame la remontée sur l'autre versant de la vallée et croise quelques personnes qui font aussi le Westweg dans l'autre sens. Parfois en vélo, à pieds et même à cheval. J'ai soif. Ho j'ai bien une gourde supplémentaire mais elle est inaccessible "tout de suite", pour l'attraper je dois retirer mon sac à dos...ce qui demande bien trop d'énergie juste pour une gorgée d'eau. Tant pis je reste comme ça. Inutile de préciser que je regretterai bien vite d'avoir dit ça.
Vers midi, je suis au sommet d'une vallée et m'arrête dans un petit paradis où coule un ruisseau un peu en recul des sentiers. Il y a peu d'arbres ici puisque je suis sur un sommet. Je m'installe les pieds dans l'eau et mange un peu mais je commence à avoir mal de tête et des nausées. Ce que j'ai omis de vous dire c'est que ma casquette est restée sur ma table de salon en Belgique 😎 autant dire que là-bas elle ne me sert pas à grand chose! Je reste comme ça une petite heure sans me rendre compte que, les pieds bien au frais, j'ai la tête qui cuit au soleil.
Je suis en hauteur et donc je bois un peu d'eau de ce ruisseau (elle a le même goût que la Spa), c'est mieux que rien mais c'est trop tard; je sais que je suis foutue, je suis en train de me payer une insolation. Après une bonne heure de répit dans cet éden, je remets (très) péniblement mon sac au dos et redémarre. Bon sang que c'est dur... J'aperçois la tour du Feldberg, elle se rapproche de plus en plus tout en étant encore loin. J'essaie de me concentrer sur autre chose que mes maux. Le parcours est vraiment joli, les sentiers sont parsemés de racines d'arbres et de temps à autre, passent sur un caillebotis. Waouw!!
Plus j'avance et plus le dénivelé est ardu. Cela fait à peu près deux heures que j'ai quitté mon coin de pique nique et je n'ai plus rien bu depuis. Ma tête va très probablement exploser d'ici peu. Il fait à peu près 30 degrés. Les deux ou trois derniers kilomètres se font totalement à découvert, pas la moindre trace d'ombre ici au-dessus. Je croise des gens qui marchent à vive allure sans le moindre problème de chaleur, comme je les envie. Pour moi c'est un enfer, je ne pensais pas qu'il ferait si chaud en Allemagne; c'est d'ailleurs aussi pour ça que j'avais choisi cette destination. Au-delà de 25 degrés je suis malade. Et puis à un moment donné, ça y est. Je suis sur le Feldberg! Je filme mon arrivée tellement je suis heureuse d'y être! Il est 15heures. J'ai l'impression que je vais crever mais ce n'est rien à côté de la fierté d'y être arrivée seule. (J'aurai marché environ 7 heures et parcouru plus de 18km avec un dénivelé de plus de 800m avec mes 16 kg sur le dos.)
C'est un endroit magnifique où seuls le cri des grillons et le souffle du vent viennent s'ajouter à la quiétude du lieu. Il y a pourtant beaucoup de monde ici, (la plupart sont montés en télécabine) mais ça ne gâche rien du plaisir que j'éprouve. Je décide de partager ce moment en envoyant un petit sms à une dame qui s'appelle Nicole et qui se reconnaitra sûrement si elle lit ces quelques lignes 😉 C'est une dame qui connait bien l'Allemagne et qui, comme moi, en est amoureuse.
Je profite quelques minutes de ce noble paysage avant d'entamer la descente car je dois encore trouver un endroit où dormir. C'est très stressant de devoir tout le temps penser à sa survie, d'autant plus que je n'ai vu aucun abri depuis ce matin. Et de toute façon même si je trouve un abri, ce n'est pas suffisant puisque j'ai besoin d'eau...pas simple hein. Je vois sur ma carte (Dieu merci les cartes allemandes sont hyper bien faites) qu'il y a de quoi boire et manger à quelques kilomètres d'ici. Je me mets donc en quête de cet endroit. Il est à peu près à trois kilomètres. J'irai boire un truc et faire le plein d'eau. Seulement voilà, le balisage du Westweg ne correspond plus avec ma carte, je balonne, je me perds, je m'inquiète...
En fait, le balisage est parfait, c'est juste moi qui débloque parce que je suis déshydratée...salement déshydratée même mais sur le coup je ne comprends rien. Je suis toujours en plein soleil, demande ma route aux gens que je croise et je fais des détours pas possible c'est affreux. J'vais crever!
Je marche à petits pas, je n'en peux plus. Je dois m'arrêter à l'ombre de chaque arbre rarissime qui a eu la riche idée de venir se planter là. Je croise un homme âgé à qui je demande si il y a un endroit où dormir pas loin d'ici. Il me semble qu'il m'explique que là où j'ai prévu de ma ravitailler en eau, il ya moyen de dormir, c'est une petite pension. Et il me dit aussi que si je n'ai pas d'argent, il y a une chapelle un peu plus loin que la pension dans laquelle je peux m'installer aussi. Mais je ne suis pas sûre de bien comprendre...déjà quand je vais bien je ne comprends pas bien le Deutsch alors vous imaginez dans mon état actuel....c'est bête mais ça pompe énormément d'énergie de réfléchir dans une langue étrangère qu'on maitrise mal. Au détour d'un chemin, je discerne enfin cette fameuse pension...je ne vais peut-être pas crever ici finalement! Alléluia!
La Todtnauer Hutte est là, juste devant moi. C'est tout mignon comme endroit. J'entre, demande un coca et un morceau de gâteau (ceux qui me connaissent vont sourire en lisant ça hahaha, du gâteau!) en pensant que ça me fera du bien. Grosse erreur de débutant ça! C'est de sel dont j'ai besoin et non pas de sucre! Il me faut plus d'une heure pour réussir à manger. Le sucre me monte directement à la tête, comme si j'étais saoûle, ouffff ça n'va nin bin là! Et puis tout d'un coup, le trou noir, mon assiette a disparu, elle n'est plus sur la table; je n'ai pourtant vu personne venir débarrasser. C'est bizarre ça! et je ne me suis pas endormie non plus; enfin je crois pas.
Je suis toujours assise à la terrasse de la pension lorsque je regarde ma carte et y vois un abri à environ 1500m. Ce serait top pour passer la nuit ça sauf que là, quand j'y pense, 1500m c'est le bout du monde! Je n'arrive même pas à porter mon sac jusqu'aux toilettes pour refaire le plein d'eau, quelle galère! Le choix s'impose de lui-même. Je dois dormir ici! Je demande à la gentille dame si elle a encore une chambre libre pour moi. Et bingo! 😄 y'en a une! Elle me demande si je veux prendre le repas du soir. Je décline, je n'ai pas faim et de toute façon, j'ai de quoi me sustenter dans mon sac. Si il le faut, je resortirai un peu plus tard et je cuisinerai dehors sur mon réchaud. Il est 18heures. La dame me conduit à ma chambre, elle porte mon sac avec bienveillance. Ca se sont les allemands comme on les aime! Accueillants et trèès gentils quoi qu'on en pense! J'ouvre la fenêtre de ma chambre et m'installe...euuh non; je m'affale sur le lit pour une petite sokète. Je me réveille vers 19h et donne de mes nouvelles en Belgique. Lorsque je pars seule, il y'a quelqu'un quelque part à qui je donne mon itinéraire précis et à qui je donne des nouvelles régulièrement. Si la personne n'a pas de mes nouvelles toutes les 24h à peu près, il sait ainsi plus ou moins où me chercher si je tombe dans un trou 😎
Il me semble qu'il faudrait que je mange. J'entreprends des fouilles dans mon sac pour retrouver gamelle, réchaud, bouffe lyophilisée mais même ça, ça demande une énergie que je n'ai plus. Ma tête et mon cou vont éclater. Je retourne me coucher un peu..jusqu'à ce que je sois complètement malade. Mes tripes se sont liquéfiées, ça sort de partout! J'vais quand même crever ici! Mourir sur le Feldberg...ça me plait pas trop mal comme idée.
Je retourne me coucher, je ne pourrai plus me lever jusqu'au milieu de la nuit. Là, j'entends l'orage et la foudre se déchainer. C'est très impressionnant l'orage en semi montagne, ça résonne, ça a un goût d'apocalypse. J'ai soif tiens.
J'arrive péniblement à préparer une boisson dans laquelle je dilue un sachet de minéraux. Impossible de boire tout de suite, ma bouche, ma tête, mon estomac ne veulent pas. Pourtant je crève de soif. Il pleut dans le chambre mais je n'arrive même pas à aller fermer la fenêtre, c'est trop loin (une longueur de bras à peu près, quelle chochote je suis). Il me faudra le reste de la nuit pour arriver à boire 25cl de ladite boisson. 6h30, je me réveille. Et là, surprise...! Je vois mon short de la veille, ainsi que mes sous-vêtements en train de sécher au-dessus du lavabo de ma chambre. Ils sentent à peu près bon; ou en tous cas moins mauvais qu'hier 😊
Que s'est-il donc passé???
Je vérifie ma porte...elle est toujours bien fermée à clé et la clé est dessus. C'est mon inconscient qui m'a joué un tour! Il m'a fait faire des choses dont je ne me souviens pas. Ca ne peut être que moi qui ai lavé ça pendant la nuit mais là encore, c'est le trou noir. Ca fait peur. Une insolation à ce point excessive ne m'était quand même jamais arrivée. C'est à ce moment précis que j'ai décidé que je n'irai plus jamais au soleil! J'en suis dégoûtée. Ce matin, j'ai toujours mal de tête mais c'est moins grave qu'hier. Je pue, j'vais prendre une douche!
Les douches sont communes, c'est tout petit mais il n'y a pas besoin de plus. Dans l'ensemble ça se passe à peu près bien si ce n'est que me baisser pour prendre le gel douche donne l'effet que mon cerveau va me sortir par le nez et que les gouttes d'eau me martèlent le crâne comme si l'orage avait repris. Je remonte dans la chambre. Mon bordel de la veille est toujours étalé par terre; d'un côté le réchaud, de l'autre la bouffe (vous vous souvenez quand j'ai entrepris de me faire à manger mais aussitôt abandonné?) puis les vêtements, les médicaments...oufff...il y a vraiment tout ça dans mon sac?
Le petit déjeuner est à 8h; je n'ai toujours rien avalé depuis le gâteau de malheur d'hier après midi qui n'est pas resté bien longtemps dans mon estomac. Je n'ai pas faim mais il me faut des forces pour repartir tout à l'heure. Ah oui hein parce que je compte bien repartir ce matin. Le Mont Belchen m'attend.
La dame m'installe à une table face à la fenêtre; une ravissante vue s'offre à moi sur les collines encore enveloppées de brume. Quoi? De la brume? YEAAAAHHHHH!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Rha je suis contente! Pas de méchant soleil ce matin! Je mange le plus salé possible pour me déshydrater moins vite pendant la journée de marche qui va arriver; et je bois au moins un litre de tout ce qu'il y'a, café, thé, jus. Je remonte dans ma chambre pour faire le point de ma situation avec "La Belgique". Je pense pouvoir marcher 15km aujourd'hui et nous convenons, d'après les cartes, que je m'arrêterai au camping de Wieden, avant le Mont Belchen, pour la nuit. Je "range" mon sac; mais n'ai toujours pas beaucoup d'énergie; ce sac ressemble donc plus à une charrette de supermarché d'où plein de choses dépassent hahaha. Tant-pis.
Je passe à l'accueil régler ma nuit. En me voyant, l'homme me demande si je vais bien...j'en déduis que j'ai une sale tête. "Mir wird schlecht" mais ça va aller! J'enfile mes chaussures et démarre.
100 mètres plus loin je vois la fameuse chapelle dont le vieil homme m'avait parlé hier...Mon allemand n'est donc pas si mauvais. Cela dit j'ai eu l'illumination du siècle en ne dormant pas là car avec l'orage qu'il y a eu, toutes mes affaires auraient probablement été trempées.
Il fait brumeux et froid mais quel bonheur! Ca fait un bien fou! Le chemin est bordé de myrtilles d'un taille colossale. Il y'a là une famille d'allemands qui s'en donne à coeur joie. Nous échangeons quelques mots, ils me demandent si j'ai dormi dehors avec l'orage qu'il y a eu. Je les dépasse puis... Bah, je fais pareil, elles sont hautes, ça limite les risque pour les fientes de renard et autres bestioles. Elles sont délicieuses. Mon mal de tête s'en va au fil que j'avale les kilomètres. Je suis surprise de ma capacité de régénération. Est-ce le grand air? Les myrtilles vitaminées? La volonté d'aller plus loin? Dieu seul le sait! Quand j'y repense, je les trouve vraiments sympas les allemands, vous en connaissez beaucoup vous en Belgique des gens qui parlent aux randonneurs qu'ils croisent??
J'ai rincé le camel back deux fois ce matin mais l'eau a toujours aussi mauvais goût. Je la bois quand même, l'épisode d'hier m'a suffit. Une insolation c'est bien; deux c'est trop 🤪 Jusqu'à présent ça ne fait que monter depuis quelques kilomètres, parfois un peu de plat. Puis un superbe point de vue sur les vallées avec, à côté de moi, des myrtilles partout et un buisson d'aneth sauvage. Miam. Je suis seule, je me sens super bien.
Et puis BAM, d'un coup je ressens des élancements dans la plante des pieds...waouw, c'est quoi ça?? Bon sang ça fait mal comme si on m'avait frappé au marteau! Je m'arrête un peu pour les soulager puis repars sans trop trainer.
Je monte à présent un sous-bois et, chose étrange, je n'ai plus mal. Je pense que c'est la descente juste après Notschrei qui a engendré la fatigue. Mine de rien, c'est vrai que depuis hier je ne fais que monter. Et c'est aussi probablement le poids du sac qui joue beaucoup, il s'est très peu allégé depuis hier puisque je n'ai quasi rien mangé, hors, c'est la nourriture qui pèse le plus. Midi arrive. Je me trouve un petit coin pour dîner. Et là, l'astre diabolique décide de se lever et m'envoie ses rouleaux de flammes infernales (ses doux rayons quoi), chassant ainsi ma brume tant adorée. Je suis à l'ombre d'un arbre (ouf!). Je cuis ma popote et reste là une petite heure. Il faut repartir; il me reste environ 7km avant de rejoindre le camping de Wieden. Je ne le sais pas encore mais cette fin de journée sera presque aussi insupportable, bien que d'un tout autre genre; que celle de la veille.
Rapidement, j'entame la descente vers Wieden. Le marteau recommence à tambouriner mes plantes de pieds. Je fais de tout petits pas mais rien à faire, c'est le poids du sac qui en est la cause. Je m'étais entrainée à marcher de longue distance avant mon départ mais avec des sacs à dos moins lourds. Quelle erreur!! Je ne peux en vouloir qu'à moi-même! Soudainement j'arrive entre des prairies...en plein soleil! J'ai envie de pleurer là, ce p... de soleil me fait vraiment peur; je ne veux plus être malade alors je recommence la même rengaine qu'hier, je m'arrête dès qu'il y a un peu d'ombre.
J'arrive près de Jetzen Roald. C'est joli mais je n'arrive pas à profiter du paysage, j'ai trop mal. Puis j'arrive à Wieden. D'après la carte, je dois descendre tout en bas de la vallée pour trouver le camping et le point d'information. J'attaque donc la descente toujours en plein soleil. Je fais des pas minuscules et j'ai l'impression de ne pas avancer. Cette route est longue, vraiment longue et les pieds s'échauffent plus vite sur le tarmac que dans les bois. Il me faut une bonne heure pour descendre car je dois m'arrêter souvent pour soulager mes panards. J'arrive en bas du village. Tout à l'air désert ici. Ne perdons pas espoir! Je cherche des yeux mais ne voit rien qui indique le camping en question. C'est bizarre. Je tourne et commence à comprendre qu'il n'y a rien ici. Merde, je n'ai plus la force de faire demi-tour. Il est bientôt 16heures et je n'ai toujours aucune idée de l'endroit où je vais dormir ce soir, ni si je vais pouvoir me ravitailler en eau. C'est plutôt fâcheux ça!
Ma carte indique un abri au-dessus de la vallée, bon, je n'aurai pas d'eau mais j'aurai au moins un semblant de toit en cas d'orage.Pas trop d'autre choix que d'essayer d'aller là. Bon sang mais quand va se terminer cette journée en enfer? J'en ai maaaaaaaaaaaaaarrrrre! J'ai chaud, j'ai soif, j'ai faim et j'ai mal! J'essaie de faire du stop pour remonter la vallée mais les gens ici sont méfiants. Ca peut se comprendre en même temps vu mon état top biche 😇
Personne ne s'arrête. Là, je perds espoir! Je m'écroule sur le bas-côté en me demandant comment sortir de là. Je pleure comme un gosse, ben ouais ça arrive. Une dame qui habite un peu plus loin vient me voir. Je lui demande si il y'a un camping ici et elle me certifie que non. On échange quelques mots puis elle me dit qu'elle va aller demander à sa fille (ou je ne sais qui j'ai rien compris) si il y'a un autre endroit ou dormir dans le coin. J'attends un quart d'heure mais la dame ne reviendra pas....vieille rombière va! Elle se rend pas compte que je suis en train de crever. Personne n'est disposé à vous aider dans ce foutu village! Même pas un peu d'eau p..;de b.... de m....!! Bande de méchants!
Je ne devrai compter que sur moi-même pour me sortir de ce mauvais pas (mouahahah quel jeu de mots je suis drôle!). Une camionnette arrive au loin. Houuuu ça c'est quelqu'un qui va me charger et qui n'aura pas le choix!
Je m'installe au milieu de la route pour la lui barrer. Je vous ai déjà dit que j'étais tenace? L'homme me demande où je vais, je lui indique mon abri. Il refuse de me prendre avec car ce n'est pas sa direction. Mais quel ingrat lui aussi! M'en fous je lui dit qu'il n'a pas le choix, il va me charger au moins jusqu'au bout de cette route! "Ich bin müde, Meinen Fûß ist kaput" Hé ho merde hein! Je sais c'est osé mais quand vous serez dans la même situation, on verra si vos idées seront meilleures na! Il me dit qu'il y a une auberge de jeunesse un peu plus haut; à mi-chemin entre l'endroit où il me dépose et le fameux abri repéré sur la carte. Je vais voir, et je tourne à nouveau pour ne rien trouver. Je commence à en avoir ras la casquette! Sauf que j'ai pas d'casquette!! Bon, j'en reste donc à mon idée de départ, et amorce la dernière côte de la journée pour rejoindre ma planque. Si je la trouve ce sera une super victoire dans cette journée pourrie!
Au bout de 20 minutes qui en ont paru le double, j'aperçois enfin l'abri! C'est un joli petit châlet en bois dont la porte est fermée. Super quoi! Bon, je comence à m'installer clandestinement à côté, à l'abri du vent, c'est déjà ça de pris. Finalement on arrive à se contenter de peu et on est content pour un rien dans ces conditions là. Et au moment où je déplie ma bâche, le garde arrive 😊 Zut alors!
Je lui explique tout de suite ma mésaventure avec le camping et l'auberge inexistants, ma fatigue et que mes pieds sont foutus. Il m'autorise à m'installer avec ma bâche ici pour cette nuit, il ne peut pas me laisser dormir à l'intérieur. Tant que j'y suis, je lui demande si il y a de l'eau dans l'abri pour que je puisse faire le plein. Il me laisse prendre tout ce que je veux comme eau et il m'offre même un Fanta! Waouw! Cet homme s'appelle Dieu! Il ferme l'abri et part.
Je prends une photo de la vallée. Il va être 18heures; il est grand temps que je donne des nouvelles de mes mésaventures à "La Belgique".
Ce dernier téléphonera, contre mon gré bien sûr puisque je pensais me poser un jour et redémarrer ensuite, à son ami suisse pour qu'il vienne me chercher. L'ami Suisse me téléphonera, je lui dirai que je continuerai encore le lendemain (je veux voir le Belchen moi!) et qu'ensuite je prendrai un train pour descendre à Bâle. Mais rien à faire, il ne daigne pas me laisser là.
Je remballe donc toutes mes affaires et fait demi tour pour atteindre le grand route la plus proche. Notre ami suisse arrivera tard le soir à Wieden au coeur de la forêt noire (2heures de route l'aller quand même!) pour me récupérer alors qu'il était convenu que je n'arriverais chez lui en Suisse que dans une semaine!
Ainsi se termine mon court périple en Allemagne et ainsi commence celui en Suisse.
Que dire à propos de cette aventure? ... Je veux le refaire en entier et dans de meilleures conditions, le Westweg n'aura pas ma peau, j'ai pas dit mon dernier mot! Je suis sur ma faim car je n'aurai pas vu le Belchen mais je suis tout de même fière de m'être extirpée seule de ces mauvais pas, et j'aurai quand même atteint le point le plus haut de cette vaste forêt. J'en suis resortie plus grande en atteignant mes limites que j'ai même dépassées grâce à ma ténacité. Notre corps possède des resources que nous ne soupçonnons pas, et c'est pareil pour l'esprit. Dans les pires moments, il existe comme un pilotage automatique qui se met en place. Je râle de devoir arrêter si vite, ma tête va mieux, mes jambes vont bien malgré le dénivelé, il n'y a que les pieds qui ont lâché; c''est dommage. C'est une expérience que je vous conseille si vous devez faire le point sur vous-même; il n'ya rien de mieux que de se confronter à la nature, c'est un merveilleux test!
Ainsi débute mon aventure en Suisse. Chez notre ami G. Il m'offrira l'hospitalité de bon coeur dès notre arrivée. Il m'installera un matelas dans une pièce qui deviendra provisoirement ma chambre. Quel accueil alors qu'on se connait à peine! Le lendemain, l'ami G. partira travailler et me donnera sa confiance en me laissant chez lui. Je devrai rester couchée jusque dans l'après-midi car même assise, le simple fait que mes pieds touchent le sol est devenu un enfer.
A 17heures, j'ai rendez-vous avec Nath une amie de G. que je ne connais que via un réseau social dont la pub n'est plus à faire. Elle vient me chercher pour aller à une fête de village avec sa mailleure amie. Nath, c'est la première fois que vais la rencontrer forcément, ça fait des mois qu'on attend ça! Le rencontre n'est pas décevante, c'est une personne chaleureuse, remplie de joie et fière (comme tous les suisses que j'ai vu) de me faire découvrir les us et coutumes présents lors de cette fête villageoise...quel bonheur d'être ici! Le lendemain, je m'en suis allée en randonnée. J'ai pris le train à Glovelier, là où je loge, jusque St Ursanne pour ensuite revenir à pieds.Le paysage est tellement fascinant que j'en oublie de regarder la carte; je ne sais plus où je suis. Décidément mon cerveau a fondu sous le coup de l'insolation! Après vérification, je me rends compte que je suis quasiment 10 km trop loin. Et si on ajoute à cela, le soleil et les panards en compote, il m'est impossible de faire le retour à pieds. Bon, bah comme au bon vieux temps, on se met sur le bas-côté et on lève le pouce! 😎 Là, je me fais charger par un drôle de type...beurg. Il me semble qu'il fait un détour immense pour me déposer là où je dois aller, j'ai le palpitant qui s'affole mais j'ai mon couteau pas très loin, ça me rassure un peu. Il finit tout de même par m'emmener au bon endroit.
Le reste de mon séjour en Suisse sera agrémenté de belles rencontres humaines. La famille V. qui m'a accueillie à bras ouverts. C'est une famille super sympathique dont Mr V. est le frère de G. chez qui je loge. Lui et sa femme L. ont trois adorables enfants emplis de vie. Je ne vais pas vous décrire mon séjour en leur compagnie, je préfère garder un petit bout de jardin secret rien que pour moi à propos de ces merveilleux moments. Je ne vous conterai pas la montée au Chasseral par la Combe grède (1600m d'altitude), ni la visite captivante de Bern que m'a faite G. avec tout son coeur, je ne vous narrerai pas non plus les randonnées au Chêtelat et au Béridier toujours avec G; ni le sentier "pieds-nus" que j'aurai fait avec toute la famille V., ni la fondue savoyarde au bord d'un point de vue magnifique avec G., ni la visite de la ravissante et minuscule ville de Gruyères, de son château et de son Giger bar, ainsi que le musée...non je ne dirai rien de tout cela car je ne veux mêler aucune personne étrangère à ce récit personnel
Tout ce que j'en dirai c'est : Les suisses sont fascinants, par leur simplicité, leur respect de la nature, leur respect d'autrui. Ils sont chaleureux, accueillants, altruistes, bourrus, courageux. Ils n'hésitent pas à faire toute une excursion en voiture juste pour aller chercher LE fromage d'untel qui est si bon. Leurs enfants jouent encore dans le jardin, ils vont en vélo, ils partagent le travail campagnard de leurs parents. Ils connaissent leur pays sur le bout des doigts et ils en sont si fiers que s'en est captivant; ils sont fiers de leurs coutumes et respectent les règles. Nous ferions bien d'en prendre exemple! C'est grâce à de telles personnes qu'un voyage devient une aventure humaine inoubliable et que vos tripes se tordent au moment de s'en aller...
Je me suis donc décidée à partir à l'aventure toute seule en Forêt noire, j'ai commandé les cartes topo adéquates et me suis renseignée sur différents sites pour voir ce qui était possible de faire. Il me semblait que descendre une partie du Westweg en autonomie complète était une plutôt bonne idée; depuis le Titisee jusque Bâle en Suisse où je devais rejoindre un ami d'un ami. Et comme je n'avais pas un balle, j'ai décidé de partir en taxisop, vous voyez, ce site où on s'inscrit en tant que "passager cherche chauffeur"? Bon ok quand j'y repense, c'était assez osé mais qui ne tente rien n'a rien et puis moi, c'est quand je me brûle que je comprends pourquoi on m'avait prévenu que c'était chaud.😛
Nous sommes donc le 31 juillet 2012 et j'attends mon chauffeur "Dries", il vient de Gullegem et se rend à Freudenstadt, au Nord de la Forêt noire pour son boulot, il m'offre donc un siège passager dans sa voiture. Il est sympa, on écoute Snow Patrol dans la voiture. Le trajet se passe bien. Il me dépose à Freudenstadt comme prévu. Cette ville se trouve donc dans le Nord de la Forêt noire...hors moi je dois me rendre au Titisee bien plus au Sud...
C'est ici que l'aventure en solo commence...
Il est environ midi 20. J'essaie tout d'abord de faire du stop pour descendre jusqu'au Titisee, histoire de faire tout le trajet gratos mais sans succès car c'est vraiment trop loin. Et en plus avec mon allemand très très approximatif c'était loin d'être gagné. Ce que vous ne savez peut-être pas, c'est qu'en Forêt noire, les gens ne parlent pas du tout le français et que c'est vraiment au touriste à faire l'effort de la langue. Bah, c'est pas ça qui m'arrete!
Il me semble que mon sac à dos pèse une tonne, en fait il pèse 16kg. Soit une autonomie de bouffe pour 10 jours, quelques vêtements et des babioles toujours utiles.
Je décide finalement de prendre le train. Vous avez déjà essayé de demander votre itinéraire en Deutsch? "euuuh verkaufen Sie farhkartten?" 😊 "et euuuh kan ich ein einfach nach Freiburg haben bitte? Ca se dit ça?"
Bref, à 16h30 je prends le premier train. Celui vers Offenburg.
Puis à 18h05, je prends le deuxième, vers Freiburg.
Puis à 19h, je prends celui vers le Titisee chéri!
A 19h30, je suis donc à mon point de départ. C'est un peu tard pour démarrer un trek non? Je décide donc de m'asseoir à une terrasse pour faire un peu le point et trouver un camping. C'est là, en discutant avec le serveur, à qui j'explique que je suis fatiguée "Ich bin müde" (je lui dis que j'arrive tout juste de Belgique "Ich komme aus Belgien"), qu'un couple de suisses allemands, assis un peu plus loin, entend notre conversation et l'homme décide de venir vers moi.
Bon, déjà l'allemand "simple" n'est pas facile à comprendre mais alors le suisse allemand est encore moins facile! Il m'explique que chaque année, ils fuient la Suisse le jour de la fête nationale car cela fait trop de bruit. Ils habitent près du Lac de Constance. Notre conversation est super basique mais potable, et dans ce temps, , l'homme me demande si je viens de Belgique à pieds...hors moi je comprends qu'il me demande si je vais jusqu'au Mont Belchen à pieds. Faut savoir que Belgique, Belgien en allemand, et Belchen à l'audition ça se ressemble vachement comme mots. Je vous laisse deviner le quiproquo qui s'en suit? 😊 Je lui réponds donc oui! Monsieur, impressionné me dit que je dois être vraiment fatiguée et que je dois avoir faim...c'est à ce moment que je me rends compte que j'avais mal compris sa question héhé...et comment expliquer ça en Deutsch? Hein, je vous le demande! Hahahaha! Je laisse donc couler et le laisse croire, tant pis. Je me dis que de toute façon je ne verrai plus jamais ces gens.
Il retourne à sa table, me coupe un morceau de sa flammeküche et m'invite à venir manger ce morceau à leur table. Bon j'ai quand même l'air d'une débile maintenant qu'ils pensent que je viens de Belgique à pieds, c'est malin ça! Enfin, au moins je suis l'idole de quelqu'un hihihhi. J'explique ensuite que je cherche un camping dans le coin et leur demande si ils en connaissent un. Bien sûr me disent-ils puisqu'eux même y séjournent en ce moment. Ils m'emmènent dans leur minibus (là aussi quand j'y repense, ce n'était pas la plus riche idée de l'année)et me conduisent jusqu'à ce fameux camping. Le Bülhof Camping. Il est situé juste au-dessus du Titisee. Formidable il reste encore de la place!
Je me trouve un petit coin avec un arbre et y installe ma bâche. Oui vous avez bien lu, une bâche. Quand on part seule en autonomie complète, on ne s'embarrasse pas d'une tente encombrante et lourde. Je me fais donc un super abri en demi tipi où je place un stick de marche "planté" dans le sol, les 3/4 de la bâche d'un côté du stick, et le 1/4 restant sera attaché à l'arbre avec une corde ou des élastiques. Il suffit ensuite d'arrimer les coins de la bâche au sol avec des piquets de tente ou des boquets d'bois si on a oublié lesdits piquets à la maison 🤪
Le couple de suisses allemands vient voir mon installation. Ils sont intrigués, je leur explique le pourquoi du comment j'utilise ce système. Nous nous souhaitons une bonne route et tout de bon dans la vie. Je ne les reverrai plus jamais.
Peu de temps après leur départ, c'est Marco mon voisin de camping, que je n'avais pas encore vu, qui vient me proposer son aide .
Marco est italien et il ne parle que italien ou anglais...et moi français et allemand...bon...on arrive quand même à tenir une conversation en italo-franglo-allemand hum.
Il est passé 20 heures et j'ai faim. Je déballe donc ma popote et mon réchaud et mets chauffer de l'eau. Marco me tient compagnie, il est sympathique. Il habite à Bologne et m'explique qu'il est en train de faire un itinéraire en vélo dans la Forêt noire. Son périple se termine demain. Dans la pénombre je ne le vois pas bien mais il me semble qu'il a une drôle de tête, il a la bouche un peu gonflée et rouge, le nez et une joue noirâtres...en fait, il s'est brûlé avec son réchaud au gaz, sa bombonne lui a explosé à la figure 2 jours auparavant. Il ne veut plus jamais utiliser ce système et trouve que mon système à moi est pas mal. J'utilise le fameux réchaud Esbit qui pèse 10 grammes et qui fonctionne grâce à des briquettes auxquelles on boute le feu avant de la déposer dans le réchaud. Il suffit ensuite de poser sa popote dessus et attendre que cuise l'exquis et raffiné mets lyophilisé 4 étoilles. En l'occurrence, ce soir je n'ai pas de lyophilisé mais un sachet de bouffe militaire qu'il suffit de mettre dans l'eau bouillante pour le réchauffer et, même principe que pour la bouffe lyo, il faut le manger directement dans le sac afin de ne pas salir la gamelle. Marco me demande ce que je mange. Ce délicieux repas est composé de langue de boeuf et de sauce. C'est absolument dégueulasse mais j'ai faim. J'essaie de lui expliquer "langue de boeuf" et me voilà en train de mimer la bête en question. Vous avez vu le film "Danse avec les loups"? Hé bien nous y sommes presque! "Meuuuh" 😄
Il est mort de rire mais il a compris, c'est le principal!
On papote comme ça toute la soirée puis vers 22h30 nous décidons de regagner nos abris respectifs car le lendemain une dure journée nous attend. Quelles aventures j'ai déjà vécu en à peine une journée ici!
Mercredi 01 août : 6h du matin. Je me réveille avec le soleil. Je sors de mon abri en même temps que Marco sort de sa tente. aah je peux enfin voir sa tête au grand jour! Il est effectivement bien brûlé le pauvre.
"Gut geschlaffen?" lui dis-je en plus du langage des mains. Il mange une barre de céréales, quant à moi, je commence à cuire mon super petit déj' ultra calorique qui consiste à cuire de la semoule de blé (du couscous quoi) avec du lait en poudre, beh oué les briques ne sont pas pratiques en rando 🙂; du cacao et du sucre. Laissez cuire jusqu'à obtention d'un espèce de gâteau; et j'insiste bien sur le mot "espèce". Ce n'est pas trop dégueu et ça donne de l'énergie pendant des heures. J'offre un café à Marco, de toute façon j'en ai préparé trop juste pour moi. Le pauvre, je m'en fait mal.
En échangeant quelques mots, nous remballons nos affaires, lui sur son vélo; moi sur mon dos, et quittons le Bülhof camping. Nous faisons un tout petit bout de chemin ensemble avant que nos routes se séparent. Nous faisons nos adieux sans échanger de quoi garder contact, aurait-il fallu? Peut-être pas, ce sont ces rencontres éphémères qui rendent les voyages exceptionnels. Cela ne m'empêche pas de penser souvent à lui, et je me demande ce qu'il est devenu. C'est ici que démarre le fameux Westweg que j'attends depuis si longtemps. Aujourd'hui je vais jusqu'au Feldberg, le point le plus haut de Forêt noire à 1493m. Il se trouve à environ15km et quelques vallées d'ici.
Waouww ça commence par une solide côte dans les bois! Le soleil brille déjà bien haut et il n'est que 8h du matin! Le soleil brille et mon sac de 16kg me semble peser une tonne.
Je grimpe cette côte semi ombragée, je croise un homme qui promène ses chiens "Grüß Gott!" me dit-il...hein grusse quoi? AAh oui juste, le Grüß Gott est utilisé ici pour dire bonjour, ça veut dire "Dieu avec toi" en gros. Il entame la conversation "Woher kommen Sie?" "Ich komme aus Titisee und ich geh zum Fedberg". L'homme est impressionné car le Feldberg est loin et haut et je suis seule. Je reprends ma route sans attendre car je sais que la journée risque d'être longue. Avant de démarrer cette aventure, en préparant mon sac, j'avais lavé mon camel back (ma poche à eau) avec une petite pastille effervescente. Il me semblait l'avoir bien rincé et pourtant il reste un drôle de goût quand je bois... ça ne m'inspire rien de bon ça. Bref, je monte, monte, monte dans ce bois. Il est à peine 9h et le soleil tape. Une petite pause photo de temps à autre puis je continue. J'évite cependant de retirer mon sac à dos chaque fois car l'y remettre est assez folklorique. J'arrive à un sommet au bout d'environ deux kilomètres, et je profite du peu de plat qu'il y a pour faire une pause pipi.
Ah un peu de descente...j'arrive en plein village (ou ville?) d'Hinterzarten coincé dans une petite vallée. Je passe juste à côté des pistes de saut à ski de Koßterhöhr et je descends encore.
C'est très joli Hinterzarten. Le soleil tape et je n'ose pas trop boire de peur d'être malade avec ce drôle de goût dans mon eau 🙁 Avec la transpiration, les lanières de mon sac me coupent les épaules. Ce n'est pas confortable. Ce ne sont que des petites choses mais ça devient très vite un enfer car je me dis que je suis vraiment seule ici. Je ne peux compter sur personne. Il me faut toute ma tête pour lire la carte, pour trouver un abri pour la nuit, pour trouver un ravitaillement en eau etc..
J'entame la remontée sur l'autre versant de la vallée et croise quelques personnes qui font aussi le Westweg dans l'autre sens. Parfois en vélo, à pieds et même à cheval. J'ai soif. Ho j'ai bien une gourde supplémentaire mais elle est inaccessible "tout de suite", pour l'attraper je dois retirer mon sac à dos...ce qui demande bien trop d'énergie juste pour une gorgée d'eau. Tant pis je reste comme ça. Inutile de préciser que je regretterai bien vite d'avoir dit ça.
Vers midi, je suis au sommet d'une vallée et m'arrête dans un petit paradis où coule un ruisseau un peu en recul des sentiers. Il y a peu d'arbres ici puisque je suis sur un sommet. Je m'installe les pieds dans l'eau et mange un peu mais je commence à avoir mal de tête et des nausées. Ce que j'ai omis de vous dire c'est que ma casquette est restée sur ma table de salon en Belgique 😎 autant dire que là-bas elle ne me sert pas à grand chose! Je reste comme ça une petite heure sans me rendre compte que, les pieds bien au frais, j'ai la tête qui cuit au soleil.
Je suis en hauteur et donc je bois un peu d'eau de ce ruisseau (elle a le même goût que la Spa), c'est mieux que rien mais c'est trop tard; je sais que je suis foutue, je suis en train de me payer une insolation. Après une bonne heure de répit dans cet éden, je remets (très) péniblement mon sac au dos et redémarre. Bon sang que c'est dur... J'aperçois la tour du Feldberg, elle se rapproche de plus en plus tout en étant encore loin. J'essaie de me concentrer sur autre chose que mes maux. Le parcours est vraiment joli, les sentiers sont parsemés de racines d'arbres et de temps à autre, passent sur un caillebotis. Waouw!!
Plus j'avance et plus le dénivelé est ardu. Cela fait à peu près deux heures que j'ai quitté mon coin de pique nique et je n'ai plus rien bu depuis. Ma tête va très probablement exploser d'ici peu. Il fait à peu près 30 degrés. Les deux ou trois derniers kilomètres se font totalement à découvert, pas la moindre trace d'ombre ici au-dessus. Je croise des gens qui marchent à vive allure sans le moindre problème de chaleur, comme je les envie. Pour moi c'est un enfer, je ne pensais pas qu'il ferait si chaud en Allemagne; c'est d'ailleurs aussi pour ça que j'avais choisi cette destination. Au-delà de 25 degrés je suis malade. Et puis à un moment donné, ça y est. Je suis sur le Feldberg! Je filme mon arrivée tellement je suis heureuse d'y être! Il est 15heures. J'ai l'impression que je vais crever mais ce n'est rien à côté de la fierté d'y être arrivée seule. (J'aurai marché environ 7 heures et parcouru plus de 18km avec un dénivelé de plus de 800m avec mes 16 kg sur le dos.)
C'est un endroit magnifique où seuls le cri des grillons et le souffle du vent viennent s'ajouter à la quiétude du lieu. Il y a pourtant beaucoup de monde ici, (la plupart sont montés en télécabine) mais ça ne gâche rien du plaisir que j'éprouve. Je décide de partager ce moment en envoyant un petit sms à une dame qui s'appelle Nicole et qui se reconnaitra sûrement si elle lit ces quelques lignes 😉 C'est une dame qui connait bien l'Allemagne et qui, comme moi, en est amoureuse.
Je profite quelques minutes de ce noble paysage avant d'entamer la descente car je dois encore trouver un endroit où dormir. C'est très stressant de devoir tout le temps penser à sa survie, d'autant plus que je n'ai vu aucun abri depuis ce matin. Et de toute façon même si je trouve un abri, ce n'est pas suffisant puisque j'ai besoin d'eau...pas simple hein. Je vois sur ma carte (Dieu merci les cartes allemandes sont hyper bien faites) qu'il y a de quoi boire et manger à quelques kilomètres d'ici. Je me mets donc en quête de cet endroit. Il est à peu près à trois kilomètres. J'irai boire un truc et faire le plein d'eau. Seulement voilà, le balisage du Westweg ne correspond plus avec ma carte, je balonne, je me perds, je m'inquiète...
En fait, le balisage est parfait, c'est juste moi qui débloque parce que je suis déshydratée...salement déshydratée même mais sur le coup je ne comprends rien. Je suis toujours en plein soleil, demande ma route aux gens que je croise et je fais des détours pas possible c'est affreux. J'vais crever!
Je marche à petits pas, je n'en peux plus. Je dois m'arrêter à l'ombre de chaque arbre rarissime qui a eu la riche idée de venir se planter là. Je croise un homme âgé à qui je demande si il y a un endroit où dormir pas loin d'ici. Il me semble qu'il m'explique que là où j'ai prévu de ma ravitailler en eau, il ya moyen de dormir, c'est une petite pension. Et il me dit aussi que si je n'ai pas d'argent, il y a une chapelle un peu plus loin que la pension dans laquelle je peux m'installer aussi. Mais je ne suis pas sûre de bien comprendre...déjà quand je vais bien je ne comprends pas bien le Deutsch alors vous imaginez dans mon état actuel....c'est bête mais ça pompe énormément d'énergie de réfléchir dans une langue étrangère qu'on maitrise mal. Au détour d'un chemin, je discerne enfin cette fameuse pension...je ne vais peut-être pas crever ici finalement! Alléluia!
La Todtnauer Hutte est là, juste devant moi. C'est tout mignon comme endroit. J'entre, demande un coca et un morceau de gâteau (ceux qui me connaissent vont sourire en lisant ça hahaha, du gâteau!) en pensant que ça me fera du bien. Grosse erreur de débutant ça! C'est de sel dont j'ai besoin et non pas de sucre! Il me faut plus d'une heure pour réussir à manger. Le sucre me monte directement à la tête, comme si j'étais saoûle, ouffff ça n'va nin bin là! Et puis tout d'un coup, le trou noir, mon assiette a disparu, elle n'est plus sur la table; je n'ai pourtant vu personne venir débarrasser. C'est bizarre ça! et je ne me suis pas endormie non plus; enfin je crois pas.
Je suis toujours assise à la terrasse de la pension lorsque je regarde ma carte et y vois un abri à environ 1500m. Ce serait top pour passer la nuit ça sauf que là, quand j'y pense, 1500m c'est le bout du monde! Je n'arrive même pas à porter mon sac jusqu'aux toilettes pour refaire le plein d'eau, quelle galère! Le choix s'impose de lui-même. Je dois dormir ici! Je demande à la gentille dame si elle a encore une chambre libre pour moi. Et bingo! 😄 y'en a une! Elle me demande si je veux prendre le repas du soir. Je décline, je n'ai pas faim et de toute façon, j'ai de quoi me sustenter dans mon sac. Si il le faut, je resortirai un peu plus tard et je cuisinerai dehors sur mon réchaud. Il est 18heures. La dame me conduit à ma chambre, elle porte mon sac avec bienveillance. Ca se sont les allemands comme on les aime! Accueillants et trèès gentils quoi qu'on en pense! J'ouvre la fenêtre de ma chambre et m'installe...euuh non; je m'affale sur le lit pour une petite sokète. Je me réveille vers 19h et donne de mes nouvelles en Belgique. Lorsque je pars seule, il y'a quelqu'un quelque part à qui je donne mon itinéraire précis et à qui je donne des nouvelles régulièrement. Si la personne n'a pas de mes nouvelles toutes les 24h à peu près, il sait ainsi plus ou moins où me chercher si je tombe dans un trou 😎
Il me semble qu'il faudrait que je mange. J'entreprends des fouilles dans mon sac pour retrouver gamelle, réchaud, bouffe lyophilisée mais même ça, ça demande une énergie que je n'ai plus. Ma tête et mon cou vont éclater. Je retourne me coucher un peu..jusqu'à ce que je sois complètement malade. Mes tripes se sont liquéfiées, ça sort de partout! J'vais quand même crever ici! Mourir sur le Feldberg...ça me plait pas trop mal comme idée.
Je retourne me coucher, je ne pourrai plus me lever jusqu'au milieu de la nuit. Là, j'entends l'orage et la foudre se déchainer. C'est très impressionnant l'orage en semi montagne, ça résonne, ça a un goût d'apocalypse. J'ai soif tiens.
J'arrive péniblement à préparer une boisson dans laquelle je dilue un sachet de minéraux. Impossible de boire tout de suite, ma bouche, ma tête, mon estomac ne veulent pas. Pourtant je crève de soif. Il pleut dans le chambre mais je n'arrive même pas à aller fermer la fenêtre, c'est trop loin (une longueur de bras à peu près, quelle chochote je suis). Il me faudra le reste de la nuit pour arriver à boire 25cl de ladite boisson. 6h30, je me réveille. Et là, surprise...! Je vois mon short de la veille, ainsi que mes sous-vêtements en train de sécher au-dessus du lavabo de ma chambre. Ils sentent à peu près bon; ou en tous cas moins mauvais qu'hier 😊
Que s'est-il donc passé???
Je vérifie ma porte...elle est toujours bien fermée à clé et la clé est dessus. C'est mon inconscient qui m'a joué un tour! Il m'a fait faire des choses dont je ne me souviens pas. Ca ne peut être que moi qui ai lavé ça pendant la nuit mais là encore, c'est le trou noir. Ca fait peur. Une insolation à ce point excessive ne m'était quand même jamais arrivée. C'est à ce moment précis que j'ai décidé que je n'irai plus jamais au soleil! J'en suis dégoûtée. Ce matin, j'ai toujours mal de tête mais c'est moins grave qu'hier. Je pue, j'vais prendre une douche!
Les douches sont communes, c'est tout petit mais il n'y a pas besoin de plus. Dans l'ensemble ça se passe à peu près bien si ce n'est que me baisser pour prendre le gel douche donne l'effet que mon cerveau va me sortir par le nez et que les gouttes d'eau me martèlent le crâne comme si l'orage avait repris. Je remonte dans la chambre. Mon bordel de la veille est toujours étalé par terre; d'un côté le réchaud, de l'autre la bouffe (vous vous souvenez quand j'ai entrepris de me faire à manger mais aussitôt abandonné?) puis les vêtements, les médicaments...oufff...il y a vraiment tout ça dans mon sac?
Le petit déjeuner est à 8h; je n'ai toujours rien avalé depuis le gâteau de malheur d'hier après midi qui n'est pas resté bien longtemps dans mon estomac. Je n'ai pas faim mais il me faut des forces pour repartir tout à l'heure. Ah oui hein parce que je compte bien repartir ce matin. Le Mont Belchen m'attend.
La dame m'installe à une table face à la fenêtre; une ravissante vue s'offre à moi sur les collines encore enveloppées de brume. Quoi? De la brume? YEAAAAHHHHH!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Rha je suis contente! Pas de méchant soleil ce matin! Je mange le plus salé possible pour me déshydrater moins vite pendant la journée de marche qui va arriver; et je bois au moins un litre de tout ce qu'il y'a, café, thé, jus. Je remonte dans ma chambre pour faire le point de ma situation avec "La Belgique". Je pense pouvoir marcher 15km aujourd'hui et nous convenons, d'après les cartes, que je m'arrêterai au camping de Wieden, avant le Mont Belchen, pour la nuit. Je "range" mon sac; mais n'ai toujours pas beaucoup d'énergie; ce sac ressemble donc plus à une charrette de supermarché d'où plein de choses dépassent hahaha. Tant-pis.
Je passe à l'accueil régler ma nuit. En me voyant, l'homme me demande si je vais bien...j'en déduis que j'ai une sale tête. "Mir wird schlecht" mais ça va aller! J'enfile mes chaussures et démarre.
100 mètres plus loin je vois la fameuse chapelle dont le vieil homme m'avait parlé hier...Mon allemand n'est donc pas si mauvais. Cela dit j'ai eu l'illumination du siècle en ne dormant pas là car avec l'orage qu'il y a eu, toutes mes affaires auraient probablement été trempées.
Il fait brumeux et froid mais quel bonheur! Ca fait un bien fou! Le chemin est bordé de myrtilles d'un taille colossale. Il y'a là une famille d'allemands qui s'en donne à coeur joie. Nous échangeons quelques mots, ils me demandent si j'ai dormi dehors avec l'orage qu'il y a eu. Je les dépasse puis... Bah, je fais pareil, elles sont hautes, ça limite les risque pour les fientes de renard et autres bestioles. Elles sont délicieuses. Mon mal de tête s'en va au fil que j'avale les kilomètres. Je suis surprise de ma capacité de régénération. Est-ce le grand air? Les myrtilles vitaminées? La volonté d'aller plus loin? Dieu seul le sait! Quand j'y repense, je les trouve vraiments sympas les allemands, vous en connaissez beaucoup vous en Belgique des gens qui parlent aux randonneurs qu'ils croisent??
J'ai rincé le camel back deux fois ce matin mais l'eau a toujours aussi mauvais goût. Je la bois quand même, l'épisode d'hier m'a suffit. Une insolation c'est bien; deux c'est trop 🤪 Jusqu'à présent ça ne fait que monter depuis quelques kilomètres, parfois un peu de plat. Puis un superbe point de vue sur les vallées avec, à côté de moi, des myrtilles partout et un buisson d'aneth sauvage. Miam. Je suis seule, je me sens super bien.
Et puis BAM, d'un coup je ressens des élancements dans la plante des pieds...waouw, c'est quoi ça?? Bon sang ça fait mal comme si on m'avait frappé au marteau! Je m'arrête un peu pour les soulager puis repars sans trop trainer.
Je monte à présent un sous-bois et, chose étrange, je n'ai plus mal. Je pense que c'est la descente juste après Notschrei qui a engendré la fatigue. Mine de rien, c'est vrai que depuis hier je ne fais que monter. Et c'est aussi probablement le poids du sac qui joue beaucoup, il s'est très peu allégé depuis hier puisque je n'ai quasi rien mangé, hors, c'est la nourriture qui pèse le plus. Midi arrive. Je me trouve un petit coin pour dîner. Et là, l'astre diabolique décide de se lever et m'envoie ses rouleaux de flammes infernales (ses doux rayons quoi), chassant ainsi ma brume tant adorée. Je suis à l'ombre d'un arbre (ouf!). Je cuis ma popote et reste là une petite heure. Il faut repartir; il me reste environ 7km avant de rejoindre le camping de Wieden. Je ne le sais pas encore mais cette fin de journée sera presque aussi insupportable, bien que d'un tout autre genre; que celle de la veille.
Rapidement, j'entame la descente vers Wieden. Le marteau recommence à tambouriner mes plantes de pieds. Je fais de tout petits pas mais rien à faire, c'est le poids du sac qui en est la cause. Je m'étais entrainée à marcher de longue distance avant mon départ mais avec des sacs à dos moins lourds. Quelle erreur!! Je ne peux en vouloir qu'à moi-même! Soudainement j'arrive entre des prairies...en plein soleil! J'ai envie de pleurer là, ce p... de soleil me fait vraiment peur; je ne veux plus être malade alors je recommence la même rengaine qu'hier, je m'arrête dès qu'il y a un peu d'ombre.
J'arrive près de Jetzen Roald. C'est joli mais je n'arrive pas à profiter du paysage, j'ai trop mal. Puis j'arrive à Wieden. D'après la carte, je dois descendre tout en bas de la vallée pour trouver le camping et le point d'information. J'attaque donc la descente toujours en plein soleil. Je fais des pas minuscules et j'ai l'impression de ne pas avancer. Cette route est longue, vraiment longue et les pieds s'échauffent plus vite sur le tarmac que dans les bois. Il me faut une bonne heure pour descendre car je dois m'arrêter souvent pour soulager mes panards. J'arrive en bas du village. Tout à l'air désert ici. Ne perdons pas espoir! Je cherche des yeux mais ne voit rien qui indique le camping en question. C'est bizarre. Je tourne et commence à comprendre qu'il n'y a rien ici. Merde, je n'ai plus la force de faire demi-tour. Il est bientôt 16heures et je n'ai toujours aucune idée de l'endroit où je vais dormir ce soir, ni si je vais pouvoir me ravitailler en eau. C'est plutôt fâcheux ça!
Ma carte indique un abri au-dessus de la vallée, bon, je n'aurai pas d'eau mais j'aurai au moins un semblant de toit en cas d'orage.Pas trop d'autre choix que d'essayer d'aller là. Bon sang mais quand va se terminer cette journée en enfer? J'en ai maaaaaaaaaaaaaarrrrre! J'ai chaud, j'ai soif, j'ai faim et j'ai mal! J'essaie de faire du stop pour remonter la vallée mais les gens ici sont méfiants. Ca peut se comprendre en même temps vu mon état top biche 😇
Personne ne s'arrête. Là, je perds espoir! Je m'écroule sur le bas-côté en me demandant comment sortir de là. Je pleure comme un gosse, ben ouais ça arrive. Une dame qui habite un peu plus loin vient me voir. Je lui demande si il y'a un camping ici et elle me certifie que non. On échange quelques mots puis elle me dit qu'elle va aller demander à sa fille (ou je ne sais qui j'ai rien compris) si il y'a un autre endroit ou dormir dans le coin. J'attends un quart d'heure mais la dame ne reviendra pas....vieille rombière va! Elle se rend pas compte que je suis en train de crever. Personne n'est disposé à vous aider dans ce foutu village! Même pas un peu d'eau p..;de b.... de m....!! Bande de méchants!
Je ne devrai compter que sur moi-même pour me sortir de ce mauvais pas (mouahahah quel jeu de mots je suis drôle!). Une camionnette arrive au loin. Houuuu ça c'est quelqu'un qui va me charger et qui n'aura pas le choix!
Je m'installe au milieu de la route pour la lui barrer. Je vous ai déjà dit que j'étais tenace? L'homme me demande où je vais, je lui indique mon abri. Il refuse de me prendre avec car ce n'est pas sa direction. Mais quel ingrat lui aussi! M'en fous je lui dit qu'il n'a pas le choix, il va me charger au moins jusqu'au bout de cette route! "Ich bin müde, Meinen Fûß ist kaput" Hé ho merde hein! Je sais c'est osé mais quand vous serez dans la même situation, on verra si vos idées seront meilleures na! Il me dit qu'il y a une auberge de jeunesse un peu plus haut; à mi-chemin entre l'endroit où il me dépose et le fameux abri repéré sur la carte. Je vais voir, et je tourne à nouveau pour ne rien trouver. Je commence à en avoir ras la casquette! Sauf que j'ai pas d'casquette!! Bon, j'en reste donc à mon idée de départ, et amorce la dernière côte de la journée pour rejoindre ma planque. Si je la trouve ce sera une super victoire dans cette journée pourrie!
Au bout de 20 minutes qui en ont paru le double, j'aperçois enfin l'abri! C'est un joli petit châlet en bois dont la porte est fermée. Super quoi! Bon, je comence à m'installer clandestinement à côté, à l'abri du vent, c'est déjà ça de pris. Finalement on arrive à se contenter de peu et on est content pour un rien dans ces conditions là. Et au moment où je déplie ma bâche, le garde arrive 😊 Zut alors!
Je lui explique tout de suite ma mésaventure avec le camping et l'auberge inexistants, ma fatigue et que mes pieds sont foutus. Il m'autorise à m'installer avec ma bâche ici pour cette nuit, il ne peut pas me laisser dormir à l'intérieur. Tant que j'y suis, je lui demande si il y a de l'eau dans l'abri pour que je puisse faire le plein. Il me laisse prendre tout ce que je veux comme eau et il m'offre même un Fanta! Waouw! Cet homme s'appelle Dieu! Il ferme l'abri et part.
Je prends une photo de la vallée. Il va être 18heures; il est grand temps que je donne des nouvelles de mes mésaventures à "La Belgique".
Ce dernier téléphonera, contre mon gré bien sûr puisque je pensais me poser un jour et redémarrer ensuite, à son ami suisse pour qu'il vienne me chercher. L'ami Suisse me téléphonera, je lui dirai que je continuerai encore le lendemain (je veux voir le Belchen moi!) et qu'ensuite je prendrai un train pour descendre à Bâle. Mais rien à faire, il ne daigne pas me laisser là.
Je remballe donc toutes mes affaires et fait demi tour pour atteindre le grand route la plus proche. Notre ami suisse arrivera tard le soir à Wieden au coeur de la forêt noire (2heures de route l'aller quand même!) pour me récupérer alors qu'il était convenu que je n'arriverais chez lui en Suisse que dans une semaine!
Ainsi se termine mon court périple en Allemagne et ainsi commence celui en Suisse.
Que dire à propos de cette aventure? ... Je veux le refaire en entier et dans de meilleures conditions, le Westweg n'aura pas ma peau, j'ai pas dit mon dernier mot! Je suis sur ma faim car je n'aurai pas vu le Belchen mais je suis tout de même fière de m'être extirpée seule de ces mauvais pas, et j'aurai quand même atteint le point le plus haut de cette vaste forêt. J'en suis resortie plus grande en atteignant mes limites que j'ai même dépassées grâce à ma ténacité. Notre corps possède des resources que nous ne soupçonnons pas, et c'est pareil pour l'esprit. Dans les pires moments, il existe comme un pilotage automatique qui se met en place. Je râle de devoir arrêter si vite, ma tête va mieux, mes jambes vont bien malgré le dénivelé, il n'y a que les pieds qui ont lâché; c''est dommage. C'est une expérience que je vous conseille si vous devez faire le point sur vous-même; il n'ya rien de mieux que de se confronter à la nature, c'est un merveilleux test!
Ainsi débute mon aventure en Suisse. Chez notre ami G. Il m'offrira l'hospitalité de bon coeur dès notre arrivée. Il m'installera un matelas dans une pièce qui deviendra provisoirement ma chambre. Quel accueil alors qu'on se connait à peine! Le lendemain, l'ami G. partira travailler et me donnera sa confiance en me laissant chez lui. Je devrai rester couchée jusque dans l'après-midi car même assise, le simple fait que mes pieds touchent le sol est devenu un enfer.
A 17heures, j'ai rendez-vous avec Nath une amie de G. que je ne connais que via un réseau social dont la pub n'est plus à faire. Elle vient me chercher pour aller à une fête de village avec sa mailleure amie. Nath, c'est la première fois que vais la rencontrer forcément, ça fait des mois qu'on attend ça! Le rencontre n'est pas décevante, c'est une personne chaleureuse, remplie de joie et fière (comme tous les suisses que j'ai vu) de me faire découvrir les us et coutumes présents lors de cette fête villageoise...quel bonheur d'être ici! Le lendemain, je m'en suis allée en randonnée. J'ai pris le train à Glovelier, là où je loge, jusque St Ursanne pour ensuite revenir à pieds.Le paysage est tellement fascinant que j'en oublie de regarder la carte; je ne sais plus où je suis. Décidément mon cerveau a fondu sous le coup de l'insolation! Après vérification, je me rends compte que je suis quasiment 10 km trop loin. Et si on ajoute à cela, le soleil et les panards en compote, il m'est impossible de faire le retour à pieds. Bon, bah comme au bon vieux temps, on se met sur le bas-côté et on lève le pouce! 😎 Là, je me fais charger par un drôle de type...beurg. Il me semble qu'il fait un détour immense pour me déposer là où je dois aller, j'ai le palpitant qui s'affole mais j'ai mon couteau pas très loin, ça me rassure un peu. Il finit tout de même par m'emmener au bon endroit.
Le reste de mon séjour en Suisse sera agrémenté de belles rencontres humaines. La famille V. qui m'a accueillie à bras ouverts. C'est une famille super sympathique dont Mr V. est le frère de G. chez qui je loge. Lui et sa femme L. ont trois adorables enfants emplis de vie. Je ne vais pas vous décrire mon séjour en leur compagnie, je préfère garder un petit bout de jardin secret rien que pour moi à propos de ces merveilleux moments. Je ne vous conterai pas la montée au Chasseral par la Combe grède (1600m d'altitude), ni la visite captivante de Bern que m'a faite G. avec tout son coeur, je ne vous narrerai pas non plus les randonnées au Chêtelat et au Béridier toujours avec G; ni le sentier "pieds-nus" que j'aurai fait avec toute la famille V., ni la fondue savoyarde au bord d'un point de vue magnifique avec G., ni la visite de la ravissante et minuscule ville de Gruyères, de son château et de son Giger bar, ainsi que le musée...non je ne dirai rien de tout cela car je ne veux mêler aucune personne étrangère à ce récit personnel
Tout ce que j'en dirai c'est : Les suisses sont fascinants, par leur simplicité, leur respect de la nature, leur respect d'autrui. Ils sont chaleureux, accueillants, altruistes, bourrus, courageux. Ils n'hésitent pas à faire toute une excursion en voiture juste pour aller chercher LE fromage d'untel qui est si bon. Leurs enfants jouent encore dans le jardin, ils vont en vélo, ils partagent le travail campagnard de leurs parents. Ils connaissent leur pays sur le bout des doigts et ils en sont si fiers que s'en est captivant; ils sont fiers de leurs coutumes et respectent les règles. Nous ferions bien d'en prendre exemple! C'est grâce à de telles personnes qu'un voyage devient une aventure humaine inoubliable et que vos tripes se tordent au moment de s'en aller...
Yunnan/Guangxi/Guizhou, dans quel sens? English translation pending
Bonjour,
Nous voudrions "visiter" une partie du Yunnan, voir les villages du Guangxi et du Guizhou, mais nous ne savons pas par où commencer! Nous arriverons à Canton et repartirons de Hong-Kong en Octobre/Novembre (entre les phases de la Foire!). Pour les grands déplacements nous ne prenons que le train, je sais que Canton/Kunming c'est 25h mais ça ne nous gène pas. Ce que je voudrais savoir c'est si on aura une chance de voir les rizières de Yuanyang en eau, disons début Novembre! J'ai lu que le directeur du Cits de Kaili fournissait de nombreux renseignements pour les villages alentours , donc c'est vrai que nous aimerions passer par Kaili avant d'aller dans la région. Ce que j'ai un peu en tête donnerait ceci :
CANTON/KUNMING KUNMING/LIJIANG (train de jour ou de nuit) LIJIANG/SHAXI SHAXI/DALI DALI/KUNMING KUNMING/YUANYANG On ira peut-être aussi à JIANSHUI/PUZHEIHEÏ ET DONGCHUAN /SHILIN Puis : KUNMING/GUIYANG (train) GUIYANG/KAILI Ensuite les villages LANGDE/DANZHAI/ZHAOXING/BASHA/CHENGYANG/SANJIANG par exemple, ou d'autres. YANGSHUO J'ai lu qu'il y avait une autoroute entre Yangshuo et Canton, de là on pourrait rejoindre HongKong ou alors il y a peut-être un autre moyen de rejoindre Hongkong directement? Est-ce le bon sens pour faire le voyage? Je vous remercie de vos réponses, nous ne savons pas combien de temps nous partons mais largement plus d'un mois.
Nous voudrions "visiter" une partie du Yunnan, voir les villages du Guangxi et du Guizhou, mais nous ne savons pas par où commencer! Nous arriverons à Canton et repartirons de Hong-Kong en Octobre/Novembre (entre les phases de la Foire!). Pour les grands déplacements nous ne prenons que le train, je sais que Canton/Kunming c'est 25h mais ça ne nous gène pas. Ce que je voudrais savoir c'est si on aura une chance de voir les rizières de Yuanyang en eau, disons début Novembre! J'ai lu que le directeur du Cits de Kaili fournissait de nombreux renseignements pour les villages alentours , donc c'est vrai que nous aimerions passer par Kaili avant d'aller dans la région. Ce que j'ai un peu en tête donnerait ceci :
CANTON/KUNMING KUNMING/LIJIANG (train de jour ou de nuit) LIJIANG/SHAXI SHAXI/DALI DALI/KUNMING KUNMING/YUANYANG On ira peut-être aussi à JIANSHUI/PUZHEIHEÏ ET DONGCHUAN /SHILIN Puis : KUNMING/GUIYANG (train) GUIYANG/KAILI Ensuite les villages LANGDE/DANZHAI/ZHAOXING/BASHA/CHENGYANG/SANJIANG par exemple, ou d'autres. YANGSHUO J'ai lu qu'il y avait une autoroute entre Yangshuo et Canton, de là on pourrait rejoindre HongKong ou alors il y a peut-être un autre moyen de rejoindre Hongkong directement? Est-ce le bon sens pour faire le voyage? Je vous remercie de vos réponses, nous ne savons pas combien de temps nous partons mais largement plus d'un mois.
Entre phares et carrelets, une balade en Pays royannais English translation pending
Sur VoyageForum, j’ai souvent raconté dans des récits illustrés mes souvenirs de voyages vécus au-delà des frontières de l’Hexagone.
Le récit qui suit est assez différent des précédents, il évoque une région française qui m’est familière. En effet, depuis des années je passe régulièrement des week-ends et des vacances sur le littoral de Charente Maritime, en Pays royannais.
A la différence des voyages à l’étranger où l’on a pour seules impressions, celles de l’ambiance et de la saison du moment de la visite … une région avec laquelle on a des rendez-vous plus réguliers permet d’accumuler des souvenirs des lieux, au fil des saisons et des années.


Comme amateur de photos, mon appareil m’accompagne souvent au cours de mes balades entre phares et carrelets, le long des rivages du Pays royannais. Aussi, ce récit sera illustré de nombreuses photos, certaines sont récentes et d’autres plus anciennes. Envie de parcourir l’album et le texte ? Alors, suivez-moi pas à pas sur les sentiers du littoral.
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Entre Océan Atlantique et Estuaire de la Gironde. Entre dunes et ciel, il domine de ses 64 mètres de hauteur la pinède … c’est au phare de La Coubre que commence ma balade le long du littoral nord du plus grand estuaire de tout le continent européen. Rien que ça !

Visiter un phare est un enchaînement successif d’incontournables séquences. D’abord il y a la découverte au pied de la tour qui oblige à se tordre le cou en levant les yeux vers le sommet du phare. Là, le regard se concentre sur la lanterne (en général rouge), c’est le cas ici et elle contraste avec le fond de ciel bleu (ou gris si le temps est couvert !). Ensuite, après avoir acquitté les droits d’entrée (3 Euros ici), la seconde étape comprend l’ascension et voilà que commence la longue série de marches. Mieux vaut commencer doucement car 300 marches vous attendent à La Coubre pour pouvoir bénéficier du panorama aérien sur les alentours. En cours de grimpette, on peut faire une pause et jeter un coup d’œil (vertigineux) sur la vue du colimaçon. L’effet photogénique est garanti.

On peut aussi s’arrêter juste en face de la barbette … située au 2/3 de la tour, il s’agit d’une ouverture où a été placé un feu secondaire. La pause permet de reprendre son souffle avant qu’il ne soit à nouveau coupé, façon de parler, en découvrant le point de vue depuis la balustrade, tout en haut au sommet du phare. Un panorama sur 360° qui embrasse toute la côte et même bien plus par temps clair.

Au Nord, la côte sauvage aligne ses cordons dunaires, son interminable plage de sable et les vagues successives qui viennent s’échouer sur le rivage. Et dire qu’à l’origine, le phare a été bâti à 1,8 km de l’océan, c’était en 1904. Depuis, la sape effectuée par les éléments, vagues et vent, a fait reculer le trait de côte. De ce belvédère on peut constater que le phare de La Coubre ne se trouve plus de nos jours qu’à environ 150 mètres du rivage ! Sur la dune, on aperçoit des plantations, bien alignées, elles tentent de stabiliser le cordon dunaire … mais pour combien de temps ?

Tournons le regard vers le Sud, comme cette fillette qui s’agrippe au rebord afin de mieux profiter de la vue. C’est vrai que cela vaut le coup d’œil. Les yeux suivent un immense banc de sable et le regard se perd à l’horizon parmi les brumes qui estompent la limite entre le ciel et l’embouchure de l’estuaire. Au loin, on distingue à peine un trait vertical : le phare royal de Cordouan. Il ne se laisse admirer que de plus près ou alors en nocturne avec son faisceau lumineux qui découpe inlassablement l’épaisse nuit noire. Cela fait longtemps que je me suis promis d’arpenter un jour cette longue bande de sable jusqu’à son extrémité afin d’approcher au plus près la pointe nord de l’estuaire. Mais le plaisir (j’imagine) de fouler cette digue naturelle sablonneuse qui sépare le tumultueux et puissant océan du calme des marécages de la baie de Bonne Anse reste encore pour moi qu’un projet … un jour peut-être ou bien jamais ! Une belle journée de début d’été serait sans doute un bon plan, il n’y a pas encore beaucoup d’estivants et j’ai le souvenir de la vision, il y a quelques années à cette période, de nombreux liserons des dunes en fleurs agrémentant les lieux.

Le sommet du phare de La Coubre est paré d’une teinte rouge éclatante sous le soleil, pour un peu on sentirait l’odeur de la peinture fraîchement appliquée. En revanche, le reste de la colonne arbore un blanc quelque peu délavé pour ne pas dire carrément sale. Un grand besoin de rénovation saute aux yeux. Il faudrait, paraît-il, 80 000 euros pour ces travaux d’embellissement … et s’il n’y a pas de subventions ? il en faudra des visites à 3 euros pour atteindre la somme ! La dernière étape qui se doit de compléter la visite d’un phare est de l’observer « By night ». Feu blanc, 2 éclats, 10 s … pour moi, ce sera pour une autre fois !
-- Continuons la balade en Pays royannais. Passons la station très animée de La Palmyre, sa pinède et sa savane (artificielle), en fait celle de son célèbre Parc zoologique. Puis longeons la longue plage de la Grande Côte où les vestiges de la dernière guerre (les blockhaus en béton) disparaissent peu à peu engloutis par les eaux (personne ne s’en plaindra !) pour arriver ensuite aux rochers et aux carrelets de Saint-Palais sur Mer.

Les carrelets (parfois appelés tout simplement pontons) sont indissociables des paysages des bords de l’Estuaire comme d’ailleurs de tous les rivages des îles de Charente Maritime. Ici, ils sont en nombre, bien fixés à la roche par de solides pieux. Les carrelets, des cabanes sur pilotis tout en bois équipées d’un treuil et d’un grand filet. Il n’en faut pas plus pour contenter leurs heureux propriétaires, grands amateurs de pêche mais aussi de longs moments de contemplation à observer les vagues, les bateaux, les oiseaux marins, le ciel, les nuages, la luminosité et l’horizon marin …. A vrai dire, il est impossible de s’ennuyer devant un tel spectacle. Il suffit de converser un peu avec ces pêcheurs pour vite comprendre que cette tradition constitue pour eux une vraie passion. Ils sont intarissables sur le sujet. Avec détails, ils vous parlent de la technique : attendre la marée haute, tourner la manivelle et plonger le filet dans l’eau … ensuite, c’est toujours une surprise lorsque le filet est remonté : parfois bonne avec des soles et/ou des crevettes piégées dans les mailles ou parfois moins chanceuse, c’est ainsi !

Ces rochers ont aussi leurs légendes comme celle attribuée à cette fosse formée par l’érosion marine. Le Puits de l’Auture, c’est le nom de cette cavité naturelle qui communique avec la mer par une trouée aurait servi, paraît-il, à noyer les loups rodant dans la région … enfin, selon d’anciennes croyances remontant au Moyen Âge !

C’est en Automne que la Plage du Platin offre aux visiteurs son plus bel aspect. Une plage déserte où le sable est foulée par des promeneurs presque solitaires. Les estivants sont partis, la luminosité et les teintes sont splendides (lorsque le soleil brille). Ici, en bordure de cette baie protégée, pas de front de plage bétonné, seules quelques anciennes villas et résidences discrètes jouent à cache-cache derrière les pins.


A une extrémité de la plage trône le phare de la Pointe de Terre Nègre, tout pimpant avec son sommet rouge et sa lanterne qui culmine à 26 mètres de hauteur. Cet édifice construit en 1838 est original, surtout à son pied avec cette coquette maison carrée. J’avoue que j’ai un faible pour cette plage très nature. Plusieurs rochers percés forment un cadre naturel qui ne laisse pas indifférent les amateurs de photos dont je suis. Un voilier plein cadre ou une vague venant se briser en une gerbe d’écume, voilà de bons sujets de prise de vues originales. Et c’est encore mieux quand il y a les deux sur un même cliché.



Une jolie plage, des rochers, un phare … et des carrelets, un condensé de Charente Maritime.

Cette baie du Platin se prolonge par une autre, plus petite et encore plus intime. L’arc de cercle du rivage est parfait. Mais attention, il faut éviter de trop s’approcher de la falaise blanche, la pierre est on ne peut plus friable et l’érosion provoque quelques éboulements, d’ailleurs, on est mis en garde par cet écriteau.

L’histoire locale rapporte que ces falaises calcaires ont été utilisées autrefois comme carrière, ainsi la roche a été creusée afin d’en extraire des pierres de tailles elles ont notamment servi pour la construction du grand phare de Cordouan. Voilà donc que l’on évoque à nouveau ce majestueux phare, bien visible à l’horizon depuis le Platin. L’occasion de lui tirer le portrait en jouant sur l’effet de superposition … et hop ! Le phare semble prêt à être prisonnier des mailles du filet de ce carrelet.

-> suite du récit avec St Palais, Vaux et Royan Pontaillac … message suivant.


Comme amateur de photos, mon appareil m’accompagne souvent au cours de mes balades entre phares et carrelets, le long des rivages du Pays royannais. Aussi, ce récit sera illustré de nombreuses photos, certaines sont récentes et d’autres plus anciennes. Envie de parcourir l’album et le texte ? Alors, suivez-moi pas à pas sur les sentiers du littoral.
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Entre Océan Atlantique et Estuaire de la Gironde. Entre dunes et ciel, il domine de ses 64 mètres de hauteur la pinède … c’est au phare de La Coubre que commence ma balade le long du littoral nord du plus grand estuaire de tout le continent européen. Rien que ça !

Visiter un phare est un enchaînement successif d’incontournables séquences. D’abord il y a la découverte au pied de la tour qui oblige à se tordre le cou en levant les yeux vers le sommet du phare. Là, le regard se concentre sur la lanterne (en général rouge), c’est le cas ici et elle contraste avec le fond de ciel bleu (ou gris si le temps est couvert !). Ensuite, après avoir acquitté les droits d’entrée (3 Euros ici), la seconde étape comprend l’ascension et voilà que commence la longue série de marches. Mieux vaut commencer doucement car 300 marches vous attendent à La Coubre pour pouvoir bénéficier du panorama aérien sur les alentours. En cours de grimpette, on peut faire une pause et jeter un coup d’œil (vertigineux) sur la vue du colimaçon. L’effet photogénique est garanti.

On peut aussi s’arrêter juste en face de la barbette … située au 2/3 de la tour, il s’agit d’une ouverture où a été placé un feu secondaire. La pause permet de reprendre son souffle avant qu’il ne soit à nouveau coupé, façon de parler, en découvrant le point de vue depuis la balustrade, tout en haut au sommet du phare. Un panorama sur 360° qui embrasse toute la côte et même bien plus par temps clair.

Au Nord, la côte sauvage aligne ses cordons dunaires, son interminable plage de sable et les vagues successives qui viennent s’échouer sur le rivage. Et dire qu’à l’origine, le phare a été bâti à 1,8 km de l’océan, c’était en 1904. Depuis, la sape effectuée par les éléments, vagues et vent, a fait reculer le trait de côte. De ce belvédère on peut constater que le phare de La Coubre ne se trouve plus de nos jours qu’à environ 150 mètres du rivage ! Sur la dune, on aperçoit des plantations, bien alignées, elles tentent de stabiliser le cordon dunaire … mais pour combien de temps ?

Tournons le regard vers le Sud, comme cette fillette qui s’agrippe au rebord afin de mieux profiter de la vue. C’est vrai que cela vaut le coup d’œil. Les yeux suivent un immense banc de sable et le regard se perd à l’horizon parmi les brumes qui estompent la limite entre le ciel et l’embouchure de l’estuaire. Au loin, on distingue à peine un trait vertical : le phare royal de Cordouan. Il ne se laisse admirer que de plus près ou alors en nocturne avec son faisceau lumineux qui découpe inlassablement l’épaisse nuit noire. Cela fait longtemps que je me suis promis d’arpenter un jour cette longue bande de sable jusqu’à son extrémité afin d’approcher au plus près la pointe nord de l’estuaire. Mais le plaisir (j’imagine) de fouler cette digue naturelle sablonneuse qui sépare le tumultueux et puissant océan du calme des marécages de la baie de Bonne Anse reste encore pour moi qu’un projet … un jour peut-être ou bien jamais ! Une belle journée de début d’été serait sans doute un bon plan, il n’y a pas encore beaucoup d’estivants et j’ai le souvenir de la vision, il y a quelques années à cette période, de nombreux liserons des dunes en fleurs agrémentant les lieux.

Le sommet du phare de La Coubre est paré d’une teinte rouge éclatante sous le soleil, pour un peu on sentirait l’odeur de la peinture fraîchement appliquée. En revanche, le reste de la colonne arbore un blanc quelque peu délavé pour ne pas dire carrément sale. Un grand besoin de rénovation saute aux yeux. Il faudrait, paraît-il, 80 000 euros pour ces travaux d’embellissement … et s’il n’y a pas de subventions ? il en faudra des visites à 3 euros pour atteindre la somme ! La dernière étape qui se doit de compléter la visite d’un phare est de l’observer « By night ». Feu blanc, 2 éclats, 10 s … pour moi, ce sera pour une autre fois !
-- Continuons la balade en Pays royannais. Passons la station très animée de La Palmyre, sa pinède et sa savane (artificielle), en fait celle de son célèbre Parc zoologique. Puis longeons la longue plage de la Grande Côte où les vestiges de la dernière guerre (les blockhaus en béton) disparaissent peu à peu engloutis par les eaux (personne ne s’en plaindra !) pour arriver ensuite aux rochers et aux carrelets de Saint-Palais sur Mer.

Les carrelets (parfois appelés tout simplement pontons) sont indissociables des paysages des bords de l’Estuaire comme d’ailleurs de tous les rivages des îles de Charente Maritime. Ici, ils sont en nombre, bien fixés à la roche par de solides pieux. Les carrelets, des cabanes sur pilotis tout en bois équipées d’un treuil et d’un grand filet. Il n’en faut pas plus pour contenter leurs heureux propriétaires, grands amateurs de pêche mais aussi de longs moments de contemplation à observer les vagues, les bateaux, les oiseaux marins, le ciel, les nuages, la luminosité et l’horizon marin …. A vrai dire, il est impossible de s’ennuyer devant un tel spectacle. Il suffit de converser un peu avec ces pêcheurs pour vite comprendre que cette tradition constitue pour eux une vraie passion. Ils sont intarissables sur le sujet. Avec détails, ils vous parlent de la technique : attendre la marée haute, tourner la manivelle et plonger le filet dans l’eau … ensuite, c’est toujours une surprise lorsque le filet est remonté : parfois bonne avec des soles et/ou des crevettes piégées dans les mailles ou parfois moins chanceuse, c’est ainsi !

Ces rochers ont aussi leurs légendes comme celle attribuée à cette fosse formée par l’érosion marine. Le Puits de l’Auture, c’est le nom de cette cavité naturelle qui communique avec la mer par une trouée aurait servi, paraît-il, à noyer les loups rodant dans la région … enfin, selon d’anciennes croyances remontant au Moyen Âge !

C’est en Automne que la Plage du Platin offre aux visiteurs son plus bel aspect. Une plage déserte où le sable est foulée par des promeneurs presque solitaires. Les estivants sont partis, la luminosité et les teintes sont splendides (lorsque le soleil brille). Ici, en bordure de cette baie protégée, pas de front de plage bétonné, seules quelques anciennes villas et résidences discrètes jouent à cache-cache derrière les pins.


A une extrémité de la plage trône le phare de la Pointe de Terre Nègre, tout pimpant avec son sommet rouge et sa lanterne qui culmine à 26 mètres de hauteur. Cet édifice construit en 1838 est original, surtout à son pied avec cette coquette maison carrée. J’avoue que j’ai un faible pour cette plage très nature. Plusieurs rochers percés forment un cadre naturel qui ne laisse pas indifférent les amateurs de photos dont je suis. Un voilier plein cadre ou une vague venant se briser en une gerbe d’écume, voilà de bons sujets de prise de vues originales. Et c’est encore mieux quand il y a les deux sur un même cliché.



Une jolie plage, des rochers, un phare … et des carrelets, un condensé de Charente Maritime.

Cette baie du Platin se prolonge par une autre, plus petite et encore plus intime. L’arc de cercle du rivage est parfait. Mais attention, il faut éviter de trop s’approcher de la falaise blanche, la pierre est on ne peut plus friable et l’érosion provoque quelques éboulements, d’ailleurs, on est mis en garde par cet écriteau.

L’histoire locale rapporte que ces falaises calcaires ont été utilisées autrefois comme carrière, ainsi la roche a été creusée afin d’en extraire des pierres de tailles elles ont notamment servi pour la construction du grand phare de Cordouan. Voilà donc que l’on évoque à nouveau ce majestueux phare, bien visible à l’horizon depuis le Platin. L’occasion de lui tirer le portrait en jouant sur l’effet de superposition … et hop ! Le phare semble prêt à être prisonnier des mailles du filet de ce carrelet.

-> suite du récit avec St Palais, Vaux et Royan Pontaillac … message suivant.
Géonautes en croisière aux Caraïbes sur le MSC Musica du 14 au 21 décembre 2014 English translation pending
Bonjour aux futurs croisiéristes aux Caraïbes mais aussi à tous ceux qui veulent faire un tour au soleil depuis leur fauteuil,
j'espère que vous trouverez ce récit agréable, les infos utiles, et que les photos vous offriront un agréable moment d'évasion. Ce texte combine les infos pratiques/bons plans avec mes impressions personnelle sur cette croisière et les endroits visités.
Bonne lecture!
Croisière Caraïbes sur le MSC Musica du 14 au 21 décembre 2014
dimanche 14 décembre: Paris - La Romana, le voyage class'
Nous avons laissé la voiture sur un parking privé airpark.fr pour 52 euros la semaine. La navette du parking nous a déposé au terminal 2E de Roissy après un quart d'heure de trajet.
A l'enregistrement des bagages nous avons été accueillis par un employé MSC qui s'est assuré que les étiquettes MSC étaient bien attachées aux bagages, car une fois parties en soute, nous ne les avons récupérés qu'à la porte de notre cabine sur le bateau. A ce sujet, nous avons gardé une valise cabine avec nos pyjamas et les affaires de première nécessité, et nous avons bien fait, car les bagages ont été livrés très tard sur le bateau, et après un long vol c'est mieux de pouvoir se coucher sans les attendre (ils les ont déposés devant la porte vers 23h).
L'enregistrement a été très rapide (guichets dédiés en nombre suffisant) et quelle ne fut notre surprise de constater que nous allions voyage en business class, et ça c'est la classe! (nous ne savions pas à quoi était dû cet honneur, car d'autres personnes ont payé un supplément pour être en classe affaire, mais pas nous). Alors profitons-en tout de suite, nous sommes-nous dit, donc direction le business lounge pour prendre un verre et profiter du wifi pour frimer sur Facebook :))
L'embarquement du vol a été assez rapide, malgré les quelques 400 personnes qui montaient dans le Boeing 747 à deux étages. Pour nous, à partir de là, c'était que luxe et volupté, il n'y a pas à dire les services Air France, à fortiori en business, sont au top.
Le décollage s'est fait avec une heure de retard, quand même, et le mauvais temps sur la deuxième moitié du vol a fait que nous n'avons pas pu récupérer ce retard, au contraire, nous sommes arrivés vers 19h45 heure locale (5 heures de décalage) au lieu de 18h30.
Entre deux repas excellents, quelques films et pas mal de turbulences, le vol est passé assez vite, même si je ne peux pas dire totalement agréablement pour moi qui souffre du mal des transports...
Sur le tarmac de la Romana il fait bon, 26 degrés. Nous marchons directement vers une enceinte où sont garés les bus pour le transfert: pas de contrôle de passeports, pas d'attente, et nous voilà partis vers le port peu après 20h - excellente organisation, chapeau!
Le Musica se dessine, tout en lumières, dans la nuit dominicaine. Pour l'enregistrement sur le bateau, il y a une queue respectable qui serpente dans le port. Au bout d'une petite heure (quand même!), nous voilà en possession de notre carte magnétique qui sert pour tout à bord et nous pouvons aller à bord, au pas de course sous la bonne pluie tropicale qui s'est mise à tomber.
Dans les espaces communs, tout comme dans notre cabine, nous pouvons constater que le bateau a bien vieilli - il est tout aussi agréable qu'il y a sept ans et demi quand nous y avons passé nos premières vacances MSC.

Il est tard pour le dîner (nous avons choisi le premier service, à 18h30), mais ça tombe bien, on n'a vraiment pas faim! Nous avons droit à l'exercice d'évacuation en cas d'urgence, puis nous faisons une petite promenade sur le pont, où il pleut toujours, avant une bonne nuit de sommeil.
La suite dans le post suivant.
j'espère que vous trouverez ce récit agréable, les infos utiles, et que les photos vous offriront un agréable moment d'évasion. Ce texte combine les infos pratiques/bons plans avec mes impressions personnelle sur cette croisière et les endroits visités.
Bonne lecture!
Croisière Caraïbes sur le MSC Musica du 14 au 21 décembre 2014
dimanche 14 décembre: Paris - La Romana, le voyage class'
Nous avons laissé la voiture sur un parking privé airpark.fr pour 52 euros la semaine. La navette du parking nous a déposé au terminal 2E de Roissy après un quart d'heure de trajet.
A l'enregistrement des bagages nous avons été accueillis par un employé MSC qui s'est assuré que les étiquettes MSC étaient bien attachées aux bagages, car une fois parties en soute, nous ne les avons récupérés qu'à la porte de notre cabine sur le bateau. A ce sujet, nous avons gardé une valise cabine avec nos pyjamas et les affaires de première nécessité, et nous avons bien fait, car les bagages ont été livrés très tard sur le bateau, et après un long vol c'est mieux de pouvoir se coucher sans les attendre (ils les ont déposés devant la porte vers 23h).
L'enregistrement a été très rapide (guichets dédiés en nombre suffisant) et quelle ne fut notre surprise de constater que nous allions voyage en business class, et ça c'est la classe! (nous ne savions pas à quoi était dû cet honneur, car d'autres personnes ont payé un supplément pour être en classe affaire, mais pas nous). Alors profitons-en tout de suite, nous sommes-nous dit, donc direction le business lounge pour prendre un verre et profiter du wifi pour frimer sur Facebook :))
L'embarquement du vol a été assez rapide, malgré les quelques 400 personnes qui montaient dans le Boeing 747 à deux étages. Pour nous, à partir de là, c'était que luxe et volupté, il n'y a pas à dire les services Air France, à fortiori en business, sont au top.
Le décollage s'est fait avec une heure de retard, quand même, et le mauvais temps sur la deuxième moitié du vol a fait que nous n'avons pas pu récupérer ce retard, au contraire, nous sommes arrivés vers 19h45 heure locale (5 heures de décalage) au lieu de 18h30.
Entre deux repas excellents, quelques films et pas mal de turbulences, le vol est passé assez vite, même si je ne peux pas dire totalement agréablement pour moi qui souffre du mal des transports...
Sur le tarmac de la Romana il fait bon, 26 degrés. Nous marchons directement vers une enceinte où sont garés les bus pour le transfert: pas de contrôle de passeports, pas d'attente, et nous voilà partis vers le port peu après 20h - excellente organisation, chapeau!
Le Musica se dessine, tout en lumières, dans la nuit dominicaine. Pour l'enregistrement sur le bateau, il y a une queue respectable qui serpente dans le port. Au bout d'une petite heure (quand même!), nous voilà en possession de notre carte magnétique qui sert pour tout à bord et nous pouvons aller à bord, au pas de course sous la bonne pluie tropicale qui s'est mise à tomber.
Dans les espaces communs, tout comme dans notre cabine, nous pouvons constater que le bateau a bien vieilli - il est tout aussi agréable qu'il y a sept ans et demi quand nous y avons passé nos premières vacances MSC.

Il est tard pour le dîner (nous avons choisi le premier service, à 18h30), mais ça tombe bien, on n'a vraiment pas faim! Nous avons droit à l'exercice d'évacuation en cas d'urgence, puis nous faisons une petite promenade sur le pont, où il pleut toujours, avant une bonne nuit de sommeil.
La suite dans le post suivant.