Results for "Canigou+|+127"
198 results found.
Du ras-le-bol du tourisme à la tourismophobie English translation pending
C'est dans l'air du temps. Après avoir été encensé pendant des années, le tourisme (de masse) est en train de devenir LE problème pour certains lieux ou certaines villes en Europe comme ailleurs...
Lire la suite...
J'ai gagné au loto! English translation pending
Je viens d'apprendre que j'avais gagné au loto !
Et oui c’est fabuleux je viens d’apprendre que j’avais gagné au loto ! C’est pour cela que l’on prépare un tour du monde, que la vie est belle ! Nous allons pouvoir nous la couler douce… Siroter des cocktails les doigts de pieds en éventails sur une plage de sable blanc au Belize !
Il faut tout d’abord que je vous parle un peu des moldus… Définition de « moldus » dans ce cas précis : Ce sont des personnes qui sont à mille lieux de notre projet de voyage, qui ont d’autres préoccupations plus terre à terre parce que ce n’est pas du tout leur tasse de thé de tout plaquer pour partir si loin ou encore des personnes qui aimeraient bien mais qui ne s’en donneront jamais les moyens parce qu’ils ont 10 000 mauvaises raisons de ne pas tenter l’aventure. Attention, bien sûr il y a des personnes qui ne peuvent vraiment pas partir si longtemps pour des raisons honorables hélas, celles-ci n’entrent pas dans la catégorie des " moldus » et d’ailleurs ces personnes-là contrairement aux moldus vont se réjouir pour nous et s’intéresser à notre projet.
C’est donc une réflexion qui revient souvent chez les « moldus » : Vous allez faire le tour du monde ? Vous avez gagné au loto ? Comment vous allez financer un voyage pareil ? Oui, parce que les « moldus » s’intéressent tout à coup à votre compte en banque, c’est plus fort qu’eux, même s’ils ne vous connaissent que de vue, ce sont en quelque sorte des comptables justiciers, ils attendent que nous leur alignons les chiffres de notre budget et ne s’intéresseront qu’à ça ! Vous pouvez leur parler des projets individuels que nous avons ou du message que l’on veut faire passer, ils en reviendront toujours au même sujet : Oui mais vous le financez comment votre tour du monde ?
Que les moldus se rassurent, nous avons tout mis en œuvre pour économiser un maximum depuis longtemps (en faisant bien sûr beaucoup de sacrifices), ensuite, pour ceux que cela intéresse vraiment vous pouvez vous rendre dans l’onglet « Préparatifs » puis « Budget » tout y est bien expliqué.
Nous entendons aussi dire « waouh ! Quelle chance ! » oui, c’est vrai, nous avons la chance de s’être donné la peine de monter ce projet, mais vous pouvez peut-être en faire de même ? Quitter votre travail, quitter votre famille, vos amis, votre train train quotidien si rassurant, le confort de votre maison, vous habitudes alimentaires et j’en oublie… Pour un an, un an et demi voir plus ? Alors toujours partant pour tenter l’aventure ?
Ce post est bien entendu traité sur le ton de la dérision car nous nous attendions à de telles réflexions, cela fait partie du jeu et j’avoue qu’elles nous font sourire…
Et je me marre ... 🙂
Et oui c’est fabuleux je viens d’apprendre que j’avais gagné au loto ! C’est pour cela que l’on prépare un tour du monde, que la vie est belle ! Nous allons pouvoir nous la couler douce… Siroter des cocktails les doigts de pieds en éventails sur une plage de sable blanc au Belize !
Il faut tout d’abord que je vous parle un peu des moldus… Définition de « moldus » dans ce cas précis : Ce sont des personnes qui sont à mille lieux de notre projet de voyage, qui ont d’autres préoccupations plus terre à terre parce que ce n’est pas du tout leur tasse de thé de tout plaquer pour partir si loin ou encore des personnes qui aimeraient bien mais qui ne s’en donneront jamais les moyens parce qu’ils ont 10 000 mauvaises raisons de ne pas tenter l’aventure. Attention, bien sûr il y a des personnes qui ne peuvent vraiment pas partir si longtemps pour des raisons honorables hélas, celles-ci n’entrent pas dans la catégorie des " moldus » et d’ailleurs ces personnes-là contrairement aux moldus vont se réjouir pour nous et s’intéresser à notre projet.
C’est donc une réflexion qui revient souvent chez les « moldus » : Vous allez faire le tour du monde ? Vous avez gagné au loto ? Comment vous allez financer un voyage pareil ? Oui, parce que les « moldus » s’intéressent tout à coup à votre compte en banque, c’est plus fort qu’eux, même s’ils ne vous connaissent que de vue, ce sont en quelque sorte des comptables justiciers, ils attendent que nous leur alignons les chiffres de notre budget et ne s’intéresseront qu’à ça ! Vous pouvez leur parler des projets individuels que nous avons ou du message que l’on veut faire passer, ils en reviendront toujours au même sujet : Oui mais vous le financez comment votre tour du monde ?
Que les moldus se rassurent, nous avons tout mis en œuvre pour économiser un maximum depuis longtemps (en faisant bien sûr beaucoup de sacrifices), ensuite, pour ceux que cela intéresse vraiment vous pouvez vous rendre dans l’onglet « Préparatifs » puis « Budget » tout y est bien expliqué.
Nous entendons aussi dire « waouh ! Quelle chance ! » oui, c’est vrai, nous avons la chance de s’être donné la peine de monter ce projet, mais vous pouvez peut-être en faire de même ? Quitter votre travail, quitter votre famille, vos amis, votre train train quotidien si rassurant, le confort de votre maison, vous habitudes alimentaires et j’en oublie… Pour un an, un an et demi voir plus ? Alors toujours partant pour tenter l’aventure ?
Ce post est bien entendu traité sur le ton de la dérision car nous nous attendions à de telles réflexions, cela fait partie du jeu et j’avoue qu’elles nous font sourire…
Et je me marre ... 🙂
Itinéraire Toulouse - Gérone English translation pending
J'ai besoin d'aide ! Nous planifions un voyage de 2 semaines en Espagne, région catalane. Nous apporterons nos vélos de route avec nous mais nous avons une voiture en location. Nous atterrirons à Toulouse début octobre. Nous désirons nous rendre dans la vallée de la Rioja (Laguarda, Logrono, Haro) pour 3 jours, y visiter des vignobles et rouler à vélo. Par la suite, nous nous rendrons à Girona, pour y rester 5-7 jours et rouler à vélo. Nous planifions partir le matin, mettre les vélos dans la voiture et rouler sur les circuits à vélo proposés par des cyclistes sur Strava, Map my Run. Pour le retour vers Toulouse, nous remonterons vers Perpignan.
Ma question demeure par quelle route devrions-nous passer pour traverser la frontière ? Le col du Tourmalet nous appelle... On aimerait éviter les autoroutes mais aussi se retrouver sur de petites routes sécuritaires... De Toulouse, je passe par Montréjeau et ensuite Bagnères-de-Luchon ? Qu'en est-il de la route ?
Je vous remercie à l'avance pour vos éclaircissements.
Itinéraire GR10: partie Ariégeoise, centrale, occidentale English translation pending
Bonjour,
On essaie de planifier actuellement une trentaines de jour sur le GR10, en août.
Les conditions : on emmène pas la tente ni le réchaud, en somme refuge et demi-pension ... Forcément, ça complique pour préparer.
Pour le profil, on est deux, 23 ans et 33 ans, des randonneurs occasionnels (de vacances). Pour ma part je n'ai fait que l'année dernière 1 semaine de refuge en refuge dans les montagnes suisses allemandes, de Meiringen à Adelboeden, mais jamais plus d'affilée. Sinon j'ai fait surtout des randos à la journée avec retour à l'auberge/refuge le soir, sur 3 semaines (dans les montagnes canadiennes, islandes, norvège). Pour compléter le profil, je fait 1h30 de tennis par semaine, en gros je suis un sportif tranquille, ou un tranquille sportif ;)
En lisant ici et là, voilà ce que ça donne pour le moment :
Auzat/Goulier => Mounicou * 25.3km8.0h Mounicou => Aulus les Bains * 22.3km8.0h Aulus les Bains => St Lizier d'Ustou * 22.5km8.40h St Lizier d'Ustou => Rouze * 7.1km2.30h(Repos) Rouze => Aunac * 28.4km9.30h Aunac => Etang d'Ayes * 19.6km7.30h Etang d'Ayes => Cabane de Besset * 14.5km7.15h Cabane de Besset => Eylie d'en Haut * 11.5km5.50h Eylie d'en Haut => Refuge de L'Etang d Araing * 7.3km3.20h (Repos) Refuge de L'Etang d Araing => Fos * 17.9km6.40h
Fos => Bagnèrers de Luchon * 27km9.40h Bagnèrers de Luchon => Lac d'Oo * 18.5km6.50h Lac d'Oo => Germ * 15.7km5.50h Germ => Vielle-Aure * 13km4.30h Vielle-Aure => de l'Oule * 16.3km4.50h de l'Oule => Barèges * 22.7km7.50h Barèges => Luz St Sauveur * 12.1km4h (Repos) Luz St Sauveur => Cauterets * 22km7h Cauterets => Arrens - Marsous * 27.1km9.15h Arrens - Marsous => Gourette * 14km4.30h Gourette =>Gabas * 22.5km8.30h Gabas => Etsaut * 24.7km7.30h Etsaut => Lescun * 16.3km5.15h Lescun => Arette la Pierre St. Martin * 15.1km5h Arette la Pierre St. Martin => Ste Engrace * 12.3km4.30h Ste Engrace => Logibar * 23.0km7h Logibar => Col Bagargiak * 16.7km6.40h Col Bagargiak => Estérencuby * 24.0km7.15h Estérencuby => St. Jean Pied de Port * 13.1km3.30h
Premier constat, il y a des endroits où il est compliqué de trouver un refuge/gîte gardé, je les ai mis en gras ...
Deuxième constat, je pense qu'il y a de grosses journées, mais je n'arrive pas à me rendre compte si on charge la mule ou pas (jours 12 et 20 surtout). Pour le jour 20 je pensais couper en 2 pour passer par Estaing, où il y a un gîte... bon par contre ça rallonge, parceque faire Estaing - Gourette en une journée ça a l'air compliqué ...
Si vous connaissez bien le coin, le GR10, si vous avez déjà parcouru ces trajets, je serai heureux d'avoir vos retours :)
Merci :)
On essaie de planifier actuellement une trentaines de jour sur le GR10, en août.
Les conditions : on emmène pas la tente ni le réchaud, en somme refuge et demi-pension ... Forcément, ça complique pour préparer.
Pour le profil, on est deux, 23 ans et 33 ans, des randonneurs occasionnels (de vacances). Pour ma part je n'ai fait que l'année dernière 1 semaine de refuge en refuge dans les montagnes suisses allemandes, de Meiringen à Adelboeden, mais jamais plus d'affilée. Sinon j'ai fait surtout des randos à la journée avec retour à l'auberge/refuge le soir, sur 3 semaines (dans les montagnes canadiennes, islandes, norvège). Pour compléter le profil, je fait 1h30 de tennis par semaine, en gros je suis un sportif tranquille, ou un tranquille sportif ;)
En lisant ici et là, voilà ce que ça donne pour le moment :
Auzat/Goulier => Mounicou * 25.3km8.0h Mounicou => Aulus les Bains * 22.3km8.0h Aulus les Bains => St Lizier d'Ustou * 22.5km8.40h St Lizier d'Ustou => Rouze * 7.1km2.30h(Repos) Rouze => Aunac * 28.4km9.30h Aunac => Etang d'Ayes * 19.6km7.30h Etang d'Ayes => Cabane de Besset * 14.5km7.15h Cabane de Besset => Eylie d'en Haut * 11.5km5.50h Eylie d'en Haut => Refuge de L'Etang d Araing * 7.3km3.20h (Repos) Refuge de L'Etang d Araing => Fos * 17.9km6.40h
Fos => Bagnèrers de Luchon * 27km9.40h Bagnèrers de Luchon => Lac d'Oo * 18.5km6.50h Lac d'Oo => Germ * 15.7km5.50h Germ => Vielle-Aure * 13km4.30h Vielle-Aure => de l'Oule * 16.3km4.50h de l'Oule => Barèges * 22.7km7.50h Barèges => Luz St Sauveur * 12.1km4h (Repos) Luz St Sauveur => Cauterets * 22km7h Cauterets => Arrens - Marsous * 27.1km9.15h Arrens - Marsous => Gourette * 14km4.30h Gourette =>Gabas * 22.5km8.30h Gabas => Etsaut * 24.7km7.30h Etsaut => Lescun * 16.3km5.15h Lescun => Arette la Pierre St. Martin * 15.1km5h Arette la Pierre St. Martin => Ste Engrace * 12.3km4.30h Ste Engrace => Logibar * 23.0km7h Logibar => Col Bagargiak * 16.7km6.40h Col Bagargiak => Estérencuby * 24.0km7.15h Estérencuby => St. Jean Pied de Port * 13.1km3.30h
Premier constat, il y a des endroits où il est compliqué de trouver un refuge/gîte gardé, je les ai mis en gras ...
Deuxième constat, je pense qu'il y a de grosses journées, mais je n'arrive pas à me rendre compte si on charge la mule ou pas (jours 12 et 20 surtout). Pour le jour 20 je pensais couper en 2 pour passer par Estaing, où il y a un gîte... bon par contre ça rallonge, parceque faire Estaing - Gourette en une journée ça a l'air compliqué ...
Si vous connaissez bien le coin, le GR10, si vous avez déjà parcouru ces trajets, je serai heureux d'avoir vos retours :)
Merci :)
Grand concours de photo – mars 2016 « Mon Village / Ma Ville / Ma Région » English translation pending
Mon Village / Ma Ville / Ma Région
Comptez sur un mec qui marche déjà la tête à l’envers pour venir avec l’idée de prendre l’essence de ce concours… à l’envers ! Cette fois, il ne s’agit pas de proposer des clichés de voyages à l’étranger avec un thème précis mais plutôt de nous faire découvrir votre propre environnement, celui que vous côtoyez la plus grande partie de l’année, celui que l’on finit presque par oublier qu’il existe, celui auquel on souhaite parfois même échapper en partant découvrir d’autres horizons.
Ce mois-ci, je vous propose de découvrir ou de redécouvrir les lieux proches de chez vous et de nous les faire découvrir afin de nous donner l’envie de venir les voir de plus près. Je vous nomme ambassadeurs/ambassadrices de votre village, de votre ville, de votre région (province/canton/état). Carrément ! A vous de nous le ou les présenter au travers de votre regard.
Deux cas de figure : Le Village/ la Ville/ la Région de votre naissance, Le Village/ la Ville/ la Région où vous résidez actuellement.
Aucun de ces deux cas de figure n’est exclusif, c’est-à-dire que vous pouvez proposer une, deux ou trois photos pour l’un ou/et l’autre de ces deux cas de figure. Limpide non !
Cerise sur le gâteau : Zéro restriction sur le thème de la photo, aucun hors sujet en ce qui me concerne. (une éventuelle censure n’est pas de mon ressort mais de celui du webmaster) Le clocher de l’église, la devanture de la boulangerie, le visage de la charcutière, un monument, une terrasse de café, un arbre, des champs, une chaine de montagnes, une station de métro, un musée, un mur, un château, une fanfare, une fête, un artiste de rue, un détail, une vue panoramique, le banc de votre premier baiser… la liste est infinie.
Cadeau empoisonné : Cette liberté totale risque d’être enivrante mais aussi d’être paralysante puisque tous les thèmes sont permis et qu’il n’y a pas de garde-fou. Je vous lâche dans le grand bain et sans bouée par-dessus le marché !
Mes souhaits : Le premier est celui de vous faire sortir de la maison et d’arpenter les rues de votre village/ville ou les chemins de votre région avec votre appareil photo en bandoulière. Prenez l’air, humez le Printemps qui arrive (enfin ça c’est pour certains !), posez un nouveau regard à ce qui vous entoure. Vaste programme et surtout aucune excuse possible ! Et puis, il est également temps de donner une chance à ceux qui ne partent pas (pour diverses raisons) vers des destinations lointaines.
Le deuxième souhait est que vous vous révéliez… un peu, beaucoup, passionnément. D’en connaitre un peu plus sur qui se cache derrière les pseudos. De savoir d’où vous venez, pourquoi vous habitez à tel endroit et qu’est-ce qui fait que vous aimez un lieu en particulier. J’espère que vous serez nombreux à partager vos photos et tout aussi nombreux à me rejoindre sur le fil de la discussion et surtout qu’il y aura plein de bavardes et de bavards.
« Mais c’est un véritable détournement du concours cette histoire ! » diront les puristes de ce concours de photos. Peut-être, surement même ! Mais en ce me concerne, les photos ne seront ce mois-ci qu’une excuse pour découvrir d’autres regards sur le monde qui nous entoure. Je n’ai pas ni le don ni la passion photographique, j’aime prendre des photos ici et là juste pour me faire des souvenirs, tant mieux quand elles sont réussies. Je l’avoue, mon intérêt cette fois est d’en profiter pour connaitre un peu mieux ceux et celles… derrière l’objectif. Mais rassurez-vous, les discrets et les timides pourront le rester en toute quiétude et pourront se concentrer sur leurs talents photographiques pour que nous puissions tous admirer et envier le résultat de leur travail.
« Ah ouais mais ceux qui habitent à l’étranger ont un avantage, c’est pas juste ça ! » Taratata, tous les expatriés n’habitent pas dans des paradis exotiques, votre village/ville/région contient aussi des merveilleux endroits, des perles cachées… à vous de les découvrir et de donner ainsi le mal du pays à ces expatriés.
Le dernier souhait est que ce concours ne s’essouffle pas, bien au contraire qu’il rassemble davantage de participants. J’espère donc que le sujet de ce mois-ci va permettre de ratisser large, de faire revenir ceux qui se seraient égarés et peut-être même de faire changer d’avis ceux qui auraient des envies de s’égarer !!! Je compte sur vous pour rameuter les autres et je compte également sur le webmaster pour donner plus de proéminence à ce concours en le rendant plus visible sur le site.
La mission du mois : Prouver que le Voyage, l’Aventure et la Découverte commencent bien au coin de la rue et nous donner l’envie de venir… chez vous ! Bonnes balades donc et bonne chance.
Les modalités du concours : Attention, à titre exceptionnel, je me permets deux petites modifications et j’espère que Lahaut (l’investigateur de ces magnifiques concours) ne m’en voudra pas de trop.
La première concerne les heures de fermeture du concours et du vote. Ras-le-bol d’avoir comme référence l’heure de Paris. Cette fois, ce sera l’heure de… Pyongyang, (eh oui j’ose !) Quand il est midi à Londres (GMT – Greenwich Mean Time), il est 13h à Paris (GMT+1h), il est seulement 07h à Montréal (GMT-5h) mais il est déjà 20h30 (GMT+8.30) à Pyongyang (depuis que le Grand Leader en a décidé ainsi en Aout 2015 !). Voilà bien un truc qui va vous faire travailler les méninges.
La seconde modification celle-ci me tient à cœur depuis mes premières participations à ce concours de photos. N’ayant pas lu les instructions concernant l’attribution des points (eh oui j’suis comme ça !), j’avais donné un ½ point (un demi-point) à chacune des deux photos que je n’arrivais pas à départager pour la troisième place. Gros froncements de sourcils de la part de quelques-uns ! C’est qui cet inconnu qui crée l’embrouille ? Je suis donc rentré dans les rangs en me promettant que si un jour je gagnais ce concours, je modifierais cette règle car combien de fois j’ai (nous avons) agonisé au moment du vote et éliminer un participant pour un petit rien. Je remarque que c’était également le cas pour Masterpo cette fois-ci !
Eh bien en Mars je fais ce qui me plait (mon anniversaire étant le 21 Mars). Donc exceptionnellement, si vous hésitez entre deux photos pour la troisième place du podium (et uniquement pour la troisième place), je vous autorise à attribuer deux fois un ½ point (un demi-point) (tiens, je me découvre un coté rebelle, un peu Grand Leader sur les bords !).
Je récapitule vous pouvez poster jusqu'à trois photos (prises par vous-même uniquement), chacune dans un message différent, en indiquant leur numéro (1, 2 ou 3). Toutes les explications concernant ces photos sont plus que bienvenues.
Vous avez jusqu'au Vendredi 25 Mars 2016, 07h30 (heure de Pyongyang (GMT + 8h30)) pour présenter vos œuvres. Alors le vote pourra commencer et se terminera le Jeudi 30 Mars à 07h30 (heure de Pyongyang (GMT + 8h30)).
Vous voterez pour trois (ou quatre) photos maximum (et minimum), en indiquant clairement le nom du participant choisi suivi du numéro de sa photo. La première photo de votre vote se verra attribuer trois points, la seconde deux et la troisième un seul. Toutefois, il vous sera possible de placer deux exæquos pour la troisième place. Auquel cas, les deux photos placées à la troisième place se verront attribuer un ½ point (un demi-point) chacune.
Les votes comportant plus de quatre photos ne seront pas pris en compte. Le gagnant est celui qui aura proposé la photo obtenant le plus de points. En cas d'exæquos, le vainqueur sera celui qui aura obtenu le plus grand nombre de premières places, et à défaut, de secondes. Enfin, en cas d'égalité parfaite, le gagnant sera celui ou celle qui aura obtenu son score avant l'autre. Ce vainqueur aura alors la lourde tâche de choisir un thème à son tour pour le concours d’Avril 2016 qu'il organisera. Les exæquos à une autre place que la première ne seront pas départagés. Enfin, il n'est nul besoin de participer au concours pour voter. Merci de ne poster sur ce fil que des photos pour le concours, puis à compter du Vendredi 25 Mars à 07h30 (heure de Pyongyang (GMT + 8h30)), uniquement les votes.
Un fil de discussions autour de ce concours est ouvert ici : voyageforum.com/...-ma-region-d7387900/
Photorama: photos.google.com/...d3EzSlNVYjJlck5KN2lB
Comptez sur un mec qui marche déjà la tête à l’envers pour venir avec l’idée de prendre l’essence de ce concours… à l’envers ! Cette fois, il ne s’agit pas de proposer des clichés de voyages à l’étranger avec un thème précis mais plutôt de nous faire découvrir votre propre environnement, celui que vous côtoyez la plus grande partie de l’année, celui que l’on finit presque par oublier qu’il existe, celui auquel on souhaite parfois même échapper en partant découvrir d’autres horizons.
Ce mois-ci, je vous propose de découvrir ou de redécouvrir les lieux proches de chez vous et de nous les faire découvrir afin de nous donner l’envie de venir les voir de plus près. Je vous nomme ambassadeurs/ambassadrices de votre village, de votre ville, de votre région (province/canton/état). Carrément ! A vous de nous le ou les présenter au travers de votre regard.
Deux cas de figure : Le Village/ la Ville/ la Région de votre naissance, Le Village/ la Ville/ la Région où vous résidez actuellement.
Aucun de ces deux cas de figure n’est exclusif, c’est-à-dire que vous pouvez proposer une, deux ou trois photos pour l’un ou/et l’autre de ces deux cas de figure. Limpide non !
Cerise sur le gâteau : Zéro restriction sur le thème de la photo, aucun hors sujet en ce qui me concerne. (une éventuelle censure n’est pas de mon ressort mais de celui du webmaster) Le clocher de l’église, la devanture de la boulangerie, le visage de la charcutière, un monument, une terrasse de café, un arbre, des champs, une chaine de montagnes, une station de métro, un musée, un mur, un château, une fanfare, une fête, un artiste de rue, un détail, une vue panoramique, le banc de votre premier baiser… la liste est infinie.
Cadeau empoisonné : Cette liberté totale risque d’être enivrante mais aussi d’être paralysante puisque tous les thèmes sont permis et qu’il n’y a pas de garde-fou. Je vous lâche dans le grand bain et sans bouée par-dessus le marché !
Mes souhaits : Le premier est celui de vous faire sortir de la maison et d’arpenter les rues de votre village/ville ou les chemins de votre région avec votre appareil photo en bandoulière. Prenez l’air, humez le Printemps qui arrive (enfin ça c’est pour certains !), posez un nouveau regard à ce qui vous entoure. Vaste programme et surtout aucune excuse possible ! Et puis, il est également temps de donner une chance à ceux qui ne partent pas (pour diverses raisons) vers des destinations lointaines.
Le deuxième souhait est que vous vous révéliez… un peu, beaucoup, passionnément. D’en connaitre un peu plus sur qui se cache derrière les pseudos. De savoir d’où vous venez, pourquoi vous habitez à tel endroit et qu’est-ce qui fait que vous aimez un lieu en particulier. J’espère que vous serez nombreux à partager vos photos et tout aussi nombreux à me rejoindre sur le fil de la discussion et surtout qu’il y aura plein de bavardes et de bavards.
« Mais c’est un véritable détournement du concours cette histoire ! » diront les puristes de ce concours de photos. Peut-être, surement même ! Mais en ce me concerne, les photos ne seront ce mois-ci qu’une excuse pour découvrir d’autres regards sur le monde qui nous entoure. Je n’ai pas ni le don ni la passion photographique, j’aime prendre des photos ici et là juste pour me faire des souvenirs, tant mieux quand elles sont réussies. Je l’avoue, mon intérêt cette fois est d’en profiter pour connaitre un peu mieux ceux et celles… derrière l’objectif. Mais rassurez-vous, les discrets et les timides pourront le rester en toute quiétude et pourront se concentrer sur leurs talents photographiques pour que nous puissions tous admirer et envier le résultat de leur travail.
« Ah ouais mais ceux qui habitent à l’étranger ont un avantage, c’est pas juste ça ! » Taratata, tous les expatriés n’habitent pas dans des paradis exotiques, votre village/ville/région contient aussi des merveilleux endroits, des perles cachées… à vous de les découvrir et de donner ainsi le mal du pays à ces expatriés.
Le dernier souhait est que ce concours ne s’essouffle pas, bien au contraire qu’il rassemble davantage de participants. J’espère donc que le sujet de ce mois-ci va permettre de ratisser large, de faire revenir ceux qui se seraient égarés et peut-être même de faire changer d’avis ceux qui auraient des envies de s’égarer !!! Je compte sur vous pour rameuter les autres et je compte également sur le webmaster pour donner plus de proéminence à ce concours en le rendant plus visible sur le site.
La mission du mois : Prouver que le Voyage, l’Aventure et la Découverte commencent bien au coin de la rue et nous donner l’envie de venir… chez vous ! Bonnes balades donc et bonne chance.
Les modalités du concours : Attention, à titre exceptionnel, je me permets deux petites modifications et j’espère que Lahaut (l’investigateur de ces magnifiques concours) ne m’en voudra pas de trop.
La première concerne les heures de fermeture du concours et du vote. Ras-le-bol d’avoir comme référence l’heure de Paris. Cette fois, ce sera l’heure de… Pyongyang, (eh oui j’ose !) Quand il est midi à Londres (GMT – Greenwich Mean Time), il est 13h à Paris (GMT+1h), il est seulement 07h à Montréal (GMT-5h) mais il est déjà 20h30 (GMT+8.30) à Pyongyang (depuis que le Grand Leader en a décidé ainsi en Aout 2015 !). Voilà bien un truc qui va vous faire travailler les méninges.
La seconde modification celle-ci me tient à cœur depuis mes premières participations à ce concours de photos. N’ayant pas lu les instructions concernant l’attribution des points (eh oui j’suis comme ça !), j’avais donné un ½ point (un demi-point) à chacune des deux photos que je n’arrivais pas à départager pour la troisième place. Gros froncements de sourcils de la part de quelques-uns ! C’est qui cet inconnu qui crée l’embrouille ? Je suis donc rentré dans les rangs en me promettant que si un jour je gagnais ce concours, je modifierais cette règle car combien de fois j’ai (nous avons) agonisé au moment du vote et éliminer un participant pour un petit rien. Je remarque que c’était également le cas pour Masterpo cette fois-ci !
Eh bien en Mars je fais ce qui me plait (mon anniversaire étant le 21 Mars). Donc exceptionnellement, si vous hésitez entre deux photos pour la troisième place du podium (et uniquement pour la troisième place), je vous autorise à attribuer deux fois un ½ point (un demi-point) (tiens, je me découvre un coté rebelle, un peu Grand Leader sur les bords !).
Je récapitule vous pouvez poster jusqu'à trois photos (prises par vous-même uniquement), chacune dans un message différent, en indiquant leur numéro (1, 2 ou 3). Toutes les explications concernant ces photos sont plus que bienvenues.
Vous avez jusqu'au Vendredi 25 Mars 2016, 07h30 (heure de Pyongyang (GMT + 8h30)) pour présenter vos œuvres. Alors le vote pourra commencer et se terminera le Jeudi 30 Mars à 07h30 (heure de Pyongyang (GMT + 8h30)).
Vous voterez pour trois (ou quatre) photos maximum (et minimum), en indiquant clairement le nom du participant choisi suivi du numéro de sa photo. La première photo de votre vote se verra attribuer trois points, la seconde deux et la troisième un seul. Toutefois, il vous sera possible de placer deux exæquos pour la troisième place. Auquel cas, les deux photos placées à la troisième place se verront attribuer un ½ point (un demi-point) chacune.
Les votes comportant plus de quatre photos ne seront pas pris en compte. Le gagnant est celui qui aura proposé la photo obtenant le plus de points. En cas d'exæquos, le vainqueur sera celui qui aura obtenu le plus grand nombre de premières places, et à défaut, de secondes. Enfin, en cas d'égalité parfaite, le gagnant sera celui ou celle qui aura obtenu son score avant l'autre. Ce vainqueur aura alors la lourde tâche de choisir un thème à son tour pour le concours d’Avril 2016 qu'il organisera. Les exæquos à une autre place que la première ne seront pas départagés. Enfin, il n'est nul besoin de participer au concours pour voter. Merci de ne poster sur ce fil que des photos pour le concours, puis à compter du Vendredi 25 Mars à 07h30 (heure de Pyongyang (GMT + 8h30)), uniquement les votes.
Un fil de discussions autour de ce concours est ouvert ici : voyageforum.com/...-ma-region-d7387900/
Photorama: photos.google.com/...d3EzSlNVYjJlck5KN2lB
Un mois dans l'Ouest américain, les vidéos du voyage English translation pending
Première partie: 15 jours de Las Vegas à Las Vegas
Parc national de Zion https://youtu.be/LuP-R2nQyAA Parc national de bryce canyon https://youtu.be/8VpSQuUtE2A Parc national de capitol reef https://youtu.be/kbrGnpGtkoQ Autour de Moab Fisher Towers https://youtu.be/6hZhFQUoD50 Negro Bill https://youtu.be/TjBMLF3ayaA Parc national des Arches https://youtu.be/fbB8aPGRMXs Dead horse Point et Canyonlands https://youtu.be/_9ghL-GJug4 Sur la route de Monument Valleyhttps://youtu.be/_naeezaCROg Monument Valley https://youtu.be/ghiivLY3WpY Le lac Powell https://youtu.be/1QS3sWnV_30 Grand Canyon https://youtu.be/q9GjOJs5dW4 La route 66 https://youtu.be/oDW4PsldpjM Las Vegas https://youtu.be/je5Mr_huTCg
Parc national de Zion https://youtu.be/LuP-R2nQyAA Parc national de bryce canyon https://youtu.be/8VpSQuUtE2A Parc national de capitol reef https://youtu.be/kbrGnpGtkoQ Autour de Moab Fisher Towers https://youtu.be/6hZhFQUoD50 Negro Bill https://youtu.be/TjBMLF3ayaA Parc national des Arches https://youtu.be/fbB8aPGRMXs Dead horse Point et Canyonlands https://youtu.be/_9ghL-GJug4 Sur la route de Monument Valleyhttps://youtu.be/_naeezaCROg Monument Valley https://youtu.be/ghiivLY3WpY Le lac Powell https://youtu.be/1QS3sWnV_30 Grand Canyon https://youtu.be/q9GjOJs5dW4 La route 66 https://youtu.be/oDW4PsldpjM Las Vegas https://youtu.be/je5Mr_huTCg
Concours photo du mois de mai 2015: " le monde du rail " English translation pending
D'après le site belgianrail.be, l'ensemble du réseau ferré dans le monde représente 1 115 000 km. Ce nombre impressionnant cache cependant d'importantes disparités entre les pays, comme le montre le tableau du site de la banque mondiale.
Pour sortir des chiffres, le chapitre 22 du Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry:
"- Bonjour, dit le petit prince. - Bonjour, dit l'aiguilleur. - Que fais-tu ici ? dit le petit prince. - Je trie les voyageurs, par paquets de mille, dit l'aiguilleur. J'expédie les trains qui les emportent, tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche. Et un rapide illuminé, grondant comme le tonnerre, fit trembler la cabine d'aiguillage. - Ils sont bien pressés, dit le petit prince. Que cherchent-ils ? - L'homme de la locomotive l'ignore lui-même, dit l'aiguilleur. Et gronda, en sens inverse, un second rapide illuminé. - Ils reviennent déjà ? demanda le petit prince... - Ce ne sont pas les mêmes, dit l'aiguilleur. C'est un échange. - Ils n'étaient pas contents, là où ils étaient ? - On n'est jamais content là où l'on est, dit l'aiguilleur. Et gronda le tonnerre d'un troisième rapide illuminé. - Ils poursuivent les premiers voyageurs ? demanda le petit prince. - Ils ne poursuivent rien du tout, dit l'aiguilleur. Ils dorment là-dedans, ou bien ils bâillent. Les enfants seuls écrasent leur nez contre les vitres. - Les enfants seuls savent ce qu'ils cherchent, fit le petit prince. Ils perdent du temps pour une poupée de chiffons, et elle devient très importante, et si on la leur enlève, ils pleurent... - Ils ont de la chance, dit l'aiguilleur."
Ce mois-ci, vous l'aurez compris, je vous propose de nous faire voyager sur les rails du monde.
Le Transsibérien, les wagons rouillés d’Uyuni, le parcours du thé au départ de Kandy, la gare d’arrivée de l’Orient Express à Istanbul, le métro de Tokyo ou les tramways de Lisbonne…
Ainsi, vous pourrez soumettre vos photos de trains (passagers ou marchandises), métros, tramways ou autres wagonnets à condition qu’ils circulent sur des rails. Vous pourrez également proposer des voies ferrées, des gares, des cabines, des chefs de gare, des passages à niveaux… tant que ces photos restent de façon explicite dans cet univers.
Chaque participant peut proposer jusqu'à 3 photos, et ce jusqu'au jeudi 21/05 à 0h00, heure de Paris. Chaque photo sera présentée dans un seul message, en indiquant son numéro (1, 2 ou 3). Pensez à ajouter une petite explication, commentaire ou localisation.
Chaque membre VF peut voter pour les 3 photos qu'il ou elle juge les meilleures selon ses propres critères et en tenant compte du thème. Les votes se feront du vendredi 22/05 au vendredi 29/05 à 0h00, heure de Paris. Les photos choisies seront citées dans l'ordre de préférence : - la 1ère photo : 3 points - la 2ème: 2 points - la 3ème: 1 point
Un seul et unique vote pour 3 photos est accepté par membre. Un membre, temporairement indisponible pour cause de voyage, peut voter par procuration accordée à l'organisateur.
Le vainqueur est l'auteur de la photo ayant reçu le plus de points. Les résultats seront publiés le 30/05. En cas d'égalité, le nombre de premières places prévaudra. Le vainqueur aura l'honneur d'organiser le concours du mois de juin.
Le diaporama qui permet de visualiser l'ensemble des photos proposées est ici .
La discussion est là.
Fermeture des portes, attention au départ ! 🙂
Pour sortir des chiffres, le chapitre 22 du Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry:
"- Bonjour, dit le petit prince. - Bonjour, dit l'aiguilleur. - Que fais-tu ici ? dit le petit prince. - Je trie les voyageurs, par paquets de mille, dit l'aiguilleur. J'expédie les trains qui les emportent, tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche. Et un rapide illuminé, grondant comme le tonnerre, fit trembler la cabine d'aiguillage. - Ils sont bien pressés, dit le petit prince. Que cherchent-ils ? - L'homme de la locomotive l'ignore lui-même, dit l'aiguilleur. Et gronda, en sens inverse, un second rapide illuminé. - Ils reviennent déjà ? demanda le petit prince... - Ce ne sont pas les mêmes, dit l'aiguilleur. C'est un échange. - Ils n'étaient pas contents, là où ils étaient ? - On n'est jamais content là où l'on est, dit l'aiguilleur. Et gronda le tonnerre d'un troisième rapide illuminé. - Ils poursuivent les premiers voyageurs ? demanda le petit prince. - Ils ne poursuivent rien du tout, dit l'aiguilleur. Ils dorment là-dedans, ou bien ils bâillent. Les enfants seuls écrasent leur nez contre les vitres. - Les enfants seuls savent ce qu'ils cherchent, fit le petit prince. Ils perdent du temps pour une poupée de chiffons, et elle devient très importante, et si on la leur enlève, ils pleurent... - Ils ont de la chance, dit l'aiguilleur."
Ce mois-ci, vous l'aurez compris, je vous propose de nous faire voyager sur les rails du monde.
Le Transsibérien, les wagons rouillés d’Uyuni, le parcours du thé au départ de Kandy, la gare d’arrivée de l’Orient Express à Istanbul, le métro de Tokyo ou les tramways de Lisbonne…
Ainsi, vous pourrez soumettre vos photos de trains (passagers ou marchandises), métros, tramways ou autres wagonnets à condition qu’ils circulent sur des rails. Vous pourrez également proposer des voies ferrées, des gares, des cabines, des chefs de gare, des passages à niveaux… tant que ces photos restent de façon explicite dans cet univers.
Chaque participant peut proposer jusqu'à 3 photos, et ce jusqu'au jeudi 21/05 à 0h00, heure de Paris. Chaque photo sera présentée dans un seul message, en indiquant son numéro (1, 2 ou 3). Pensez à ajouter une petite explication, commentaire ou localisation.
Chaque membre VF peut voter pour les 3 photos qu'il ou elle juge les meilleures selon ses propres critères et en tenant compte du thème. Les votes se feront du vendredi 22/05 au vendredi 29/05 à 0h00, heure de Paris. Les photos choisies seront citées dans l'ordre de préférence : - la 1ère photo : 3 points - la 2ème: 2 points - la 3ème: 1 point
Un seul et unique vote pour 3 photos est accepté par membre. Un membre, temporairement indisponible pour cause de voyage, peut voter par procuration accordée à l'organisateur.
Le vainqueur est l'auteur de la photo ayant reçu le plus de points. Les résultats seront publiés le 30/05. En cas d'égalité, le nombre de premières places prévaudra. Le vainqueur aura l'honneur d'organiser le concours du mois de juin.
Le diaporama qui permet de visualiser l'ensemble des photos proposées est ici .
La discussion est là.
Fermeture des portes, attention au départ ! 🙂
Un GR en juin France English translation pending
Bonjour,
J'ai un mois de vacances à prendre dès le début juin. Je considère peut-être faire un GR pour découvrir vos montagnes, puisque ce serait une première en France pour moi (je suis Québécoise). J'ai pensé au GR 10 dans les Pyrénées, ou sinon le GR 20 ou le GR 5. Le GR 10 m'attirait davantage pour éviter la foule qui semble un peu intense sur le très populaire GR 20... quoiqu'en juin, il est peut-être plus tranquille?
Si me fie à la John Muir Trail (Californie) que j'ai fait l'an dernier, je vise autour de 20-25 km par jour, le plus possible en bivouac vu mon budget limité, et en solo, ce qui sera une première pour moi. Donc environ 300-500 km en tout. Je ne souhaite pas apporter mes gros crampons et mon piolet, de toute façon mes compétences pour les utiliser sont assez limitées. À la rigueur je pourrais apporter des mini crampons mais je ne veux pas trop m'alourdir. Je n'ai pas peur du dénivelé et des longues journées mais je n'ai pas d'expérience d'alpinisme.
Je réalise d'après ce que je vois sur ce forum que début juin est peut-être trop tôt pour les Alpes ou les Pyrénées question enneigement, mais je ne sais pas si 2015 est particulièrement neigeux ou pas. Auriez-vous une suggestion parmi ces sentiers ou d'autres GR spectaculaires (qui valent le billet d'avion $$ pour une étudiante!) qui ne seraient pas trop techniques à cette période?
Merci!
J'ai un mois de vacances à prendre dès le début juin. Je considère peut-être faire un GR pour découvrir vos montagnes, puisque ce serait une première en France pour moi (je suis Québécoise). J'ai pensé au GR 10 dans les Pyrénées, ou sinon le GR 20 ou le GR 5. Le GR 10 m'attirait davantage pour éviter la foule qui semble un peu intense sur le très populaire GR 20... quoiqu'en juin, il est peut-être plus tranquille?
Si me fie à la John Muir Trail (Californie) que j'ai fait l'an dernier, je vise autour de 20-25 km par jour, le plus possible en bivouac vu mon budget limité, et en solo, ce qui sera une première pour moi. Donc environ 300-500 km en tout. Je ne souhaite pas apporter mes gros crampons et mon piolet, de toute façon mes compétences pour les utiliser sont assez limitées. À la rigueur je pourrais apporter des mini crampons mais je ne veux pas trop m'alourdir. Je n'ai pas peur du dénivelé et des longues journées mais je n'ai pas d'expérience d'alpinisme.
Je réalise d'après ce que je vois sur ce forum que début juin est peut-être trop tôt pour les Alpes ou les Pyrénées question enneigement, mais je ne sais pas si 2015 est particulièrement neigeux ou pas. Auriez-vous une suggestion parmi ces sentiers ou d'autres GR spectaculaires (qui valent le billet d'avion $$ pour une étudiante!) qui ne seraient pas trop techniques à cette période?
Merci!
La surenchère des médias sur la "difficulté" du GR20 English translation pending
Bonjour,
Ce message est un petit coup de gueule contre la légende urbaine persistante sur la difficulté du GR20.
Ce week-end encore j'ai vu un reportage (enquête exclusive) sur le GR20 où celui-ci était décrit comme l'un des plus beau GR (vrai) mais aussi l'un des plus difficile (faux !!!).
Le problème est que ce GR attire trop de "touristes" de la rando, le genre ballade du dimanche et quand ils entendent parler du GR20 ils y voient un challenge et veulent le tenter. Et quand on voit le profil des gens dans les reportages on comprend vite pourquoi.
Résultat on se retrouve avec des randonneurs complètement paumés qui n'ont pas la moindre idée de ce que représente un rando en montagne sur plusieurs jours et donc forcément ils trouvent ça difficile, se passent le mots entre-eux et voilà la réputation très surfaite (abondée par les médias qui n'y connaissent rien comme d'habitude) et les différents intéressés (commerciaux) qui gravitent autour de ce GR pour qui ce tourisme de masse est intéressant et qui ne vont surtout pas les contredire.
De plus ces "touristes" cumulent les erreurs :
- Commencer le GR20 par le Nord plus technique et caillouteux (mais pas difficile en soi) au lieu Sud plus "doux" pour se "chauffer" et apprendre à marcher, - ne faire souvent que la première moitié (c'est au bout d'une semaine que le corps s'habitue, dort mieux, gère mieux la chaleur...), - ne pas être entraîné à marcher plusieurs jours avec une charge sur le dos, - partir trop tard le matin en Juillet/Août, - marcher sans casquette ou protection sur la tête, - etc...
Enfin bref toutes ces erreurs cumulées (et j'en oublie un tas) feront que la personne aura la sensation que c'est difficile alors qu'au final le GR20 a des étapes très courtes comparées au GR10 par exemple, à tel point que si on est pas trop chargé et en bonne forme on peut doubler pas mal d'étapes, il n'y a pas de goudron à se taper ce qui est assez génial (le goudron est bien plus ennuyeux et fatiguant quand on est chargé), il n'a pas de passages vraiment difficiles et les quelques passages un peu raides sont tout de suite aidés par de multiples chaînes et échelles et au final c'est plus "fun" qu'autre-chose, il y a des refuges gardés et très bien équipés à chaque étape, depuis plusieurs années on peut faire ce GR sans tente ni nourriture et d'ailleurs à certains endroits il y a tellement de tentes qu'on se demande si les gardiens ne le font pas exprès pour empêcher les "vrai" randonneurs de poser la leur.
Il y a bien quelques endroits un peu vertigineux mais sur le GR10 ou le GR5 ou le HRP il y a pire et de mémoire sur le GR11 il y a un "mur" de 10 mètres que l'on doit "escalader" (ou descendre selon le sens) sans chaînes ni échelles du côté du refuge de Goriz dont l'étape Bielsa->Goriz fait plus de 10H si on passe "par le bas" avec 3500m de dénivelé à se taper dans la journée.
Donc messieurs des médias arrêtez la surenchère sur ce GR20, il est magnifique mais PAS difficile mais c'est clair que si on y va en sandales/maillot de bain (j'en ai vu !!!) c'est pas simple.
Ce message est un petit coup de gueule contre la légende urbaine persistante sur la difficulté du GR20.
Ce week-end encore j'ai vu un reportage (enquête exclusive) sur le GR20 où celui-ci était décrit comme l'un des plus beau GR (vrai) mais aussi l'un des plus difficile (faux !!!).
Le problème est que ce GR attire trop de "touristes" de la rando, le genre ballade du dimanche et quand ils entendent parler du GR20 ils y voient un challenge et veulent le tenter. Et quand on voit le profil des gens dans les reportages on comprend vite pourquoi.
Résultat on se retrouve avec des randonneurs complètement paumés qui n'ont pas la moindre idée de ce que représente un rando en montagne sur plusieurs jours et donc forcément ils trouvent ça difficile, se passent le mots entre-eux et voilà la réputation très surfaite (abondée par les médias qui n'y connaissent rien comme d'habitude) et les différents intéressés (commerciaux) qui gravitent autour de ce GR pour qui ce tourisme de masse est intéressant et qui ne vont surtout pas les contredire.
De plus ces "touristes" cumulent les erreurs :
- Commencer le GR20 par le Nord plus technique et caillouteux (mais pas difficile en soi) au lieu Sud plus "doux" pour se "chauffer" et apprendre à marcher, - ne faire souvent que la première moitié (c'est au bout d'une semaine que le corps s'habitue, dort mieux, gère mieux la chaleur...), - ne pas être entraîné à marcher plusieurs jours avec une charge sur le dos, - partir trop tard le matin en Juillet/Août, - marcher sans casquette ou protection sur la tête, - etc...
Enfin bref toutes ces erreurs cumulées (et j'en oublie un tas) feront que la personne aura la sensation que c'est difficile alors qu'au final le GR20 a des étapes très courtes comparées au GR10 par exemple, à tel point que si on est pas trop chargé et en bonne forme on peut doubler pas mal d'étapes, il n'y a pas de goudron à se taper ce qui est assez génial (le goudron est bien plus ennuyeux et fatiguant quand on est chargé), il n'a pas de passages vraiment difficiles et les quelques passages un peu raides sont tout de suite aidés par de multiples chaînes et échelles et au final c'est plus "fun" qu'autre-chose, il y a des refuges gardés et très bien équipés à chaque étape, depuis plusieurs années on peut faire ce GR sans tente ni nourriture et d'ailleurs à certains endroits il y a tellement de tentes qu'on se demande si les gardiens ne le font pas exprès pour empêcher les "vrai" randonneurs de poser la leur.
Il y a bien quelques endroits un peu vertigineux mais sur le GR10 ou le GR5 ou le HRP il y a pire et de mémoire sur le GR11 il y a un "mur" de 10 mètres que l'on doit "escalader" (ou descendre selon le sens) sans chaînes ni échelles du côté du refuge de Goriz dont l'étape Bielsa->Goriz fait plus de 10H si on passe "par le bas" avec 3500m de dénivelé à se taper dans la journée.
Donc messieurs des médias arrêtez la surenchère sur ce GR20, il est magnifique mais PAS difficile mais c'est clair que si on y va en sandales/maillot de bain (j'en ai vu !!!) c'est pas simple.
Que voir en... Languedoc-Roussillon English translation pending
Que voir en Languedoc-Roussillon ?
Pour préparer votre futur voyage ou week-end, un aperçu des principaux sites et lieux à visiter dans la région (carte).
Le Languedoc est l'une des 22 régions de la France métropolitaine. Elle est composée des départements de l'Aude (11), Gard (30), Hérault (34), Lozère (48) et des Pyrénées-Orientales (66).
1- AUDE (11) Camurac : c'est la seule station de ski du département. Carcassonne : avec sa superbe cité moyenâgeuse classée au patrimoine de l'UNESCO, la préfecture de l'Aude est un incontournable du tourisme dans la région. Castelnaudary : la troisième ville du département est avant tout connue pour être la "patrie" du cassoulet. Châteaux cathares de l'Aude : même si le plus connu (Montségur) est situé en Ariège, l'Aude est le département qui compte le plus de forteresses cathares avec Aguilar, Durfort, Lastours, Puilaurens, Puivert, Quéribus, Termes, Villerouge et surtout le très visité Peyrepertuse. Gruissan : station balnéaire proche de Narbonne. Lagrasse : un joli village médiéval des Corbières classé parmi les "plus beaux villages de France". Leucate : grosse station balnéaire et port de plaisance situé entre Narbonne et Perpignan. Limoux : une petite ville de la Vallée de l'Aude célèbre pour sa blanquette et son carnaval qui dispose de plus d'un joli centre. Narbonne : c'est la première agglomération de l'Aude. On y vient pour voir sa cathédrale et l'abbaye de Fontfroide, mais aussi profiter de ses plages Port La Nouvelle : c'est une des principales stations balnéaires de cette partie de la côte. Rennes-le-Château : ce village proche de Limoux doit sa notoriété à l'abbé Saunière qui y aurait trouvé un trésor. Sigean : la petite ville au sud de Narbonne est surtout connue pour sa "Réserve africaine" qu'on visite en voiture et à pied.Patrimoine naturel Canal du Midi : désormais classé à l'UNESCO ce canal qui relie, via l'Aude, la Méditerranée (Sète) à Toulouse avant de se poursuivre vers l'Atlantique avec le Canal de Garonne est un haut lieu du tourisme fluvial en France. Ses abords sont aménagés en nombre d'endroits afin de faciliter la randonnée ou le vélo.Gorges de Galamous : un joli site naturel à cheval sur l'Aude et les PO propice à la randonnée et au canyoning.Gouffre de Cabrespine : à côté de Carcassonne. C'est une des plus grandes grottes au monde ouverte à la visite.Grottes de Limousis : une grotte des environs de Carcassonne ouverte au public.Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée : joli parc où se mélangent les paysages du littoral (plages, étangs, dunes) et ceux plus abrupts annonçant le Massif Central.2- GARD (30)Aigues-Mortes : aux portes de la Camargue la ville, assez touristique, offre un vieux centre entouré de remparts datant du Moyen Age.Aiguèze : c'est un des "plus beaux villages de France" qui abrite de plus une large partie des Gorges de l'Ardèche et la grotte ornée de Chabot. Alès : la capitale des Cévennes compte quelques édifices intéressants (cathédrale, Fort Vauban…) et une mine témoin de l'activité charbonnière d'autrefois. Néanmoins, c'est surtout une étape/base pour découvrir les environs dont le Parc national des Cévennes.Anduze : cette assez jolie bourgade proche d'Alès attire surtout par sa position aux portes du parc des Cévennes, ainsi que par son Train à vapeur des Cévennes et sa bambouseraie.Bagnols-sur-Cèze : une ville aux limites nord du département avec un centre constitué de petites ruelles et de façades anciennes.Beaucaire : la ville en bordure du Rhône propose à la visite son abbaye troglodytique Saint-Roman et son château.Château de Portes : une forteresse du XIIe siècle construite sur le village du même nom dans les Cévennes.La Roque-sur-Cèze : petit village médiéval du nord du Gard. La commune abrite également les belles cascades du Sautadet.Le Grau-du-Roi : la seule station balnéaire du département, coincée entre La Grande Motte et la Camargue. On peut y voir un beau massif dunaire. Nîmes : la préfecture du Gard possède, outres ses vieux quartiers, nombre de témoignages de son passé romain dont ses arènes et la Maison Carrée pour ne citer que les plus connus.Pont du Gard : classé au patrimoine de l'UNESCO, cet imposant aqueduc romain est un incontournable au niveau tourisme dans la région.Prat Peyrot : au coeur du Parc national des Cévennes, c'est l'unique station de sports d'hiver du départementSaint-Gilles : petite ville pas loin d'Arles et de la Camargue avec une abbatiale du XIIe siècle et de vieux quartiers.Sommières : cette grosse bourgade entre Montpellier et Nîmes offre un beau centre ancien.Uzès : une petite ville du nord du département avec un joli centre plutôt bien conservé.Vézénobres : une commune au sud d'Alès avec les vestiges d'un château moyenâgeux et pas mal de vieilles maisons.Villeneuve-lès-Avignon : face à Avignon, de l'autre côté du Rhône, Villeneuve possède une belle chartreuse ainsi que quelques autres édifices intéressants.Patrimoine naturel Abîme de Bramabiau : situé à Saint-Sauveur, c'est une énorme cavité rocheuse qui laisse apparaître une rivière souterraine.Bambouseraie d'Anduze : un jardin exotique, dont la thématique première tourne autour du bambou, qu'on peut d'ailleurs découvrir à travers une forêt de bambous géants.Gorges de l'Ardèche : haut lieu touristique de la région, ces gorges offrent de beaux paysages mais surtout aussi un large choix d'activités sport-nature (randonnée, canoë, raft, spéléo, grimpe, saut à l'élastique…).Gorges du Gardon : joli canyon dans lequel coule le Gardon. C'est un lieu apprécié pour la baignade, le canoë et l'escalade.Grottes de la Cocalière : de belles grottes à visiter dans les environs d'Alès.Mont Aigoual : un des principaux sommets du Massif Central, entre Gard et Lozère. Il offre un beau panorama et des possibilités de randonnées.Parc national des Cévennes : avec son voisin des Grandes Causses, c'est un des plus grands parcs de France et un des derniers sites classés à l"UNESCO sous le label "Causses et Cévennes". Il bénéficie de jolis paysages de plateaux, de gorges et de vallées qu'on peut découvrir en randonnée.3- HÉRAULT (34)Agde : avec la création dans les années (19)70 du Cap d'Agde, la ville est devenue un des principaux ports de plaisance de la côte méditerranéenne et une station balnéaire très fréquentée.Béziers : la seconde agglomération de l'Hérault possède un joli centre avec notamment un certain patrimoine religieux.Clermont l'Hérault : la petite ville, entre Lodève et Montpellier, offre à la visite une collégiale et un château médiéval. On peut également profiter du lac du Salagou (rando, activités nautiques) situé sur la commune.Hauts cantons de l'Hérault : c'est l'arrière pays biterrois et montpelliérain. Dans un paysage de moyenne montagne on peut découvrir plusieurs villages médiévaux comme Roquebrun, La Salvetat sur Agout, Le Caylar, Mourèze, Vieussan, Le Poujol sur Orb et bien d'autres. La Grande-Motte : une station balnéaire très fréquentée à la limite avec le Gard. Elle est reconnaissable à ses immeubles aux formes assez particulières.Lodève : dans l'arrière pays, cette sous-préfecture possède une jolie cathédrale.Marseillan : port de plaisance et station balnéaire en bordure de l'étang de Thau.Mèze : petite ville sur l'étang de Thau avec de vieux quartiers, des vestiges de remparts, un château du XVIIe siècle et un port de plaisance.Minerve : située en zone viticole (le "Minervois"), la commune est classée parmi les "plus beaux villages de France" avec de plus un très bel environnement naturel.Montpellier : préfecture de département et de région, Montpellier offre un très beau centre ancien mais aussi des quartiers plus modernes et "design" tel celui d'Antigone.Olargues : ce vieux village du Parc du Haut Languedoc est classé parmi les "plus beaux villages de France".Palavas-les-Flots : c'est en quelque sorte la plage/station balnéaire de Montpellier.Pézenas : la ville, chère aussi bien à Molière que Boby Lapointe, possède un petit centre ancien.Saint-Guilhem le Désert : c'est un des "plus beaux villages de France" grâce notamment à sa très jolie abbaye de Gellone.Sète : ce port assez dynamique est aussi la troisième agglomération du département. Au niveau touristique, on y vient pour découvrir son centre et surtout son célèbre cimetière marin. La ville compte aussi de belles plages et borde l'étang de Thau qui est le plus grand de la région.Site d’Ensérune : ce site archéologique abrite les vestiges d'un village antique.Temple bouddhiste tibétain Lerab Ling : un des plus importants temples bouddhistes d'Europe situé dans la petite commune de Roqueredonde.Valras-Plage : station balnéaire à côté de Béziers.Patrimoine naturel Cirque de Mourèze : très beau cirque naturel aux formes particulières dues à l'érosion. Il est situé sur la commune de Mourèze.Cirque de Navacelles : un joli cirque formé à l'origine par les méandres d'une rivière dans la région des Grands Causses. On peut randonner dans ses environs.Etangs du Bagnas : c'est une zone de protection des oiseaux dans le prolongement de l'étang de Thau. Gorges de l'Hérault : de très belles gorges et un des sites naturels de la région parmi les plus visités.Gorges d'Héric : sur la commune du même nom, un endroit propice à la randonnée, à l'escalade et au canyoning. Juste à côte : les Gorges de Colombières.Grotte de la Clamouse : c'est une des plus belles grottes de France avec un vaste réseau souterrain.Grotte des Demoiselles : de jolies grottes au nord de Montpellier.Parc naturel régional du Haut-Languedoc : à cheval sur le Tarn et l'Hérault, c'est une zone aux paysages diversifiés appréciée des randonneurs.Pic Saint-Loup : une destination prisée des randonneurs, pas loin de Montpellier.4- LOZÈRE (48)Cham des Bondons : on peut voir 150 menhirs alignés sur ce plateau calcaire. C'est un des sites de mégalithes les plus importants d'Europe.Château de Calberte : un château-fort perché du XIIe siècle pas très loin d'Alès.Florac : au coeur du Parc des Cévennes dont il abrite d'ailleurs le siège, c'est un joli village de 2 000 habitants.La Canourgue : jolie bourgade avec ses canaux, ses petites rues étroites et son centre ancien. La Garde-Guérin : petit village fortifié des Cévennes.Le Bleymard - Mont Lozère : c'est la principale des quatre stations de ski du département.Marvejols : à la périphérie de Mende, la bourgade possède une collégiale et plusieurs portes fortifiées. C'est juste à côté que sont situés le Parc à loups du Gévaudan et la vallée (gorges) de l'Enfer.Mende : une des plus petites préfectures de France avec un centre historique et une jolie cathédrale.Sainte-Enimie : très beau village, classé parmi les "plus beaux de France", situé dans les Gorges du Tarn. Il est assez touristique.Patrimoine naturelCausse Méjean : haut plateau calcaire se distinguant notamment par des chaos rocheux (Nîmes-le-Vieux) ou des grottes (aven Armand). On peut y randonner dans de beaux paysages et y voir des troupeaux de chevaux de Przewalski en liberté.Gorges de l'Allier : ce canyon creusé par la rivière Allier est commun à la Lozère et la Haute-Loire. On peut découvrir ses paysages et les villages qui le bordent (Saint-Ilpize, Lavoûte-Chilhac...) par la route ou en train touristique. Les gorges sont aussi propices à la randonnée et au canoë.Gorges de la Jonte : de jolies gorges entre Causses et Cévennes avec de nombreuses possibilités de randonnées et d'escalade. C'est une zone de réintroduction des vautours.Gorges du Tarn : situées en Lozère mais aussi dans l'Aveyron, ces gorges offrent de beaux paysages et toute une palette d'activités sport-nature (randonnée, spéléo, escalade, canoë…).Grotte de Dargilan : des grottes situées entre Millau et Alès.Mont Aigoual : un des principaux sommets du Massif Central, entre Gard et Lozère. Il offre un beau panorama et des possibilités de randonnées.Mont Lozère : c'est le point culminant des Cévennes (1 699 m) situé dans le parc du même nom. De jolis paysages désolés et des randonnées au programme.Parc national des Cévennes : avec son voisin des Grandes Causses, c'est un des plus grands parcs de France et un des derniers sites classés à l"UNESCO sous le label "Causses et Cévennes". Il bénéficie de jolis paysages de plateaux, de gorges et de vallées qu'on peut découvrir en randonnée.Réserve de bisons de Sainte-Eulalie : ce petit village abrite un parc animalier dédié à la protection du bison d'Europe.5- PYRÉNÉES-ORIENTALES (66) Abbaye de Saint-Génis des Fontaines : une ancienne abbaye bénédictine du Xe siècle dans la commune du même nom.Abbaye Saint-Martin du Canigou : vieille abbaye du XIe siècle nichée dans le Massif du Canigou.Abbaye Saint-Michel de Cuxa : jolie abbaye bénédictine du XIe siècle au pied du Canigou, dans la commune de Codalet.Argelès-sur-Mer : jolie station balnéaire au sud de Perpignan marquant le début de la Côte Vermeille qui s'étire jusqu'à l'Espagne. On peut y faire de la plongée.Banyuls-sur-Mer : station balnéaire quasiment à la frontière espagnole, face à la Réserve naturelle de Cerbère- Banyuls. On y produit également le vin de Banyuls.Canet-en-Roussillon : cette station, avec son vieux village, est en quelque sorte la plage de Perpignan.Castelnou : dominé par son château du XIe siècle, le village a gardé son charme médiéval et est d'ailleurs labélisé à ce titre "plus beaux villages de France".Cerbère : port de pêche entouré de falaises, limitrophe de l'Espagne, face à la Réserve naturelle de Cerbère- Banyuls.Céret : cette sous-préfecture est connue pour son musée d'art moderne et ses corridas.Collioure : ce joli port est une des stations balnéaires les plus connues de la côte qui, en son temps, a accueilli plusieurs peintres.Elne : de vieux quartiers autour d'une cathédrale dans cette petite ville au sud de Perpignan. Eus : ce village aux portes du Parc des Pyrénées catalanes est classé parmi les "plus beaux villages de France".Evol-Olette : deux hameaux regroupés et classé parmi les "plus beaux villages de France" pour ce qui est d'Olette.Font Romeu : Font Romeu - Pyrénnées 2000 est la principale station de sports d'hiver du département. C'est aussi à Font Romeu (Odeillo) qu'on peut voir le second plus important four solaire au mondeForteresse de Salses : belle forteresse construite vers 1500 et très bien conservée dans la commune du même nom.Le Barcarès : la plus au nord des stations balnéaires du département. On la reconnaît grâce au Lydia qui est un paquebot ensablé transformé depuis les années (19)70 en musée, restaurant et casino.Les Angles : c'est une des principales stations de ski des PO parmi la dizaine que compte le département.Llivia : une enclave espagnole en plein territoire français.Maureillas-las-Illas : joli village des contreforts pyrénéens avec de vieilles maisons, une belle chapelle et les vestiges de son château.Mont-Louis : ce village est indirectement classé à l'UNESCO pour sa citadelle Vauban. C'est aussi là qu'a été construit le premier four solaire au monde en 1949.Mosset : une autre bourgade du département classée parmi les "plus beaux villages de France".Perpignan : la préfecture des PO possède un joli centre où se mélangent architecture française, espagnole et catalane.Port-Vendres : port de commerce, de plaisance et accessoirement station balnéaire situé à côté de Collioure.Porté-Puymorens : c'est une des stations de ski les plus enneigées des Pyrénées.Prats-de-Mollo la Preste : superbe bourgade médiévale aux rues pavées entourée encore de ses remparts et d'une citadelle qui domine le village.Prieuré de Serrabone : bel édifice roman du XIe siècle à une trentaine de kilomètres de Perpignan.Rivesaltes : la ville du Muscat est aussi la gare de départ du petit Train du pays Cathare et du Fenouillèdes qui circule sur une soixantaine de kilomètres jusque dans l'Aude. La commune abrite également le Mémorial du Camp de Rivesaltes.Saint-Cyprien : station balnéaire des années (19)70 avec l'architecture qui va avec. Villefranche-de-Conflent : joli village entouré d'une enceinte fortifiée et surplombé par un fort à l'entrée du Parc des Pyrénées Catalanes. C'est aussi le point de départ/terminus du Train jaune.Patrimoine naturel Gorges de Galamous : un joli site naturel à cheval sur l'Aude et les PO propice à la randonnée et au canyoning.Lac des Bouillouses : un lac pyrénéen très apprécié des pêcheurs et des randonneurs.Massif du Canigou : proche de la mer, ce joli massif est très connu des randonneurs à pied, à cheval ou à vélo.Parc naturel régional des Pyrénées catalanes : cette zone naturelle est très touristique aussi bien pour ses paysages, ses possibilités de randonnées que pour ses stations de ski ou ses citadelles datant de l'époque de Vauban. On peut le découvrir avec le Train jaune ("Ligne de Cerdagne") qui, outre son aspect touristique, a aussi un rôle de service public.Réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls : la seule réserve entièrement marine de France. Elle possède une riche faune et flore sous-marines. On peut y plonger à certains endroits.6- LE PLUS APPRÉCIÉ...
Aude : Canal du Midi; Carcassonne; Châteaux cathares de l'Aude; Gouffre de Cabrespine; Lagrasse.
Gard : Aigues-Mortes; Aiguèze; Gorges de l'Ardèche; Gorges du Gardon; Pont du Gard; Parc national des Cévennes.
Hérault : Gorges d'Héric; Gorges de l'Hérault; Grotte de la Clamouse; Minerve; Montpellier; Saint-Guilhem le Désert; Parc naturel régional du Haut-Languedoc.
Lozère : Causse Méjean; Gorges de l'Allier; Gorges de la Jonte; Gorges du Tarn; Mont Lozère; Parc national des Cévennes; Sainte-Enimie.
Pyrénées-Orientales : Castelnou; Collioure; Massif du Canigou; Eus; Parc naturel régional des Pyrénées catalanes; Prats-de-Mollo la Preste.
- © VoyageForum -
Le Languedoc est l'une des 22 régions de la France métropolitaine. Elle est composée des départements de l'Aude (11), Gard (30), Hérault (34), Lozère (48) et des Pyrénées-Orientales (66).
1- AUDE (11) Camurac : c'est la seule station de ski du département. Carcassonne : avec sa superbe cité moyenâgeuse classée au patrimoine de l'UNESCO, la préfecture de l'Aude est un incontournable du tourisme dans la région. Castelnaudary : la troisième ville du département est avant tout connue pour être la "patrie" du cassoulet. Châteaux cathares de l'Aude : même si le plus connu (Montségur) est situé en Ariège, l'Aude est le département qui compte le plus de forteresses cathares avec Aguilar, Durfort, Lastours, Puilaurens, Puivert, Quéribus, Termes, Villerouge et surtout le très visité Peyrepertuse. Gruissan : station balnéaire proche de Narbonne. Lagrasse : un joli village médiéval des Corbières classé parmi les "plus beaux villages de France". Leucate : grosse station balnéaire et port de plaisance situé entre Narbonne et Perpignan. Limoux : une petite ville de la Vallée de l'Aude célèbre pour sa blanquette et son carnaval qui dispose de plus d'un joli centre. Narbonne : c'est la première agglomération de l'Aude. On y vient pour voir sa cathédrale et l'abbaye de Fontfroide, mais aussi profiter de ses plages Port La Nouvelle : c'est une des principales stations balnéaires de cette partie de la côte. Rennes-le-Château : ce village proche de Limoux doit sa notoriété à l'abbé Saunière qui y aurait trouvé un trésor. Sigean : la petite ville au sud de Narbonne est surtout connue pour sa "Réserve africaine" qu'on visite en voiture et à pied.Patrimoine naturel Canal du Midi : désormais classé à l'UNESCO ce canal qui relie, via l'Aude, la Méditerranée (Sète) à Toulouse avant de se poursuivre vers l'Atlantique avec le Canal de Garonne est un haut lieu du tourisme fluvial en France. Ses abords sont aménagés en nombre d'endroits afin de faciliter la randonnée ou le vélo.Gorges de Galamous : un joli site naturel à cheval sur l'Aude et les PO propice à la randonnée et au canyoning.Gouffre de Cabrespine : à côté de Carcassonne. C'est une des plus grandes grottes au monde ouverte à la visite.Grottes de Limousis : une grotte des environs de Carcassonne ouverte au public.Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée : joli parc où se mélangent les paysages du littoral (plages, étangs, dunes) et ceux plus abrupts annonçant le Massif Central.2- GARD (30)Aigues-Mortes : aux portes de la Camargue la ville, assez touristique, offre un vieux centre entouré de remparts datant du Moyen Age.Aiguèze : c'est un des "plus beaux villages de France" qui abrite de plus une large partie des Gorges de l'Ardèche et la grotte ornée de Chabot. Alès : la capitale des Cévennes compte quelques édifices intéressants (cathédrale, Fort Vauban…) et une mine témoin de l'activité charbonnière d'autrefois. Néanmoins, c'est surtout une étape/base pour découvrir les environs dont le Parc national des Cévennes.Anduze : cette assez jolie bourgade proche d'Alès attire surtout par sa position aux portes du parc des Cévennes, ainsi que par son Train à vapeur des Cévennes et sa bambouseraie.Bagnols-sur-Cèze : une ville aux limites nord du département avec un centre constitué de petites ruelles et de façades anciennes.Beaucaire : la ville en bordure du Rhône propose à la visite son abbaye troglodytique Saint-Roman et son château.Château de Portes : une forteresse du XIIe siècle construite sur le village du même nom dans les Cévennes.La Roque-sur-Cèze : petit village médiéval du nord du Gard. La commune abrite également les belles cascades du Sautadet.Le Grau-du-Roi : la seule station balnéaire du département, coincée entre La Grande Motte et la Camargue. On peut y voir un beau massif dunaire. Nîmes : la préfecture du Gard possède, outres ses vieux quartiers, nombre de témoignages de son passé romain dont ses arènes et la Maison Carrée pour ne citer que les plus connus.Pont du Gard : classé au patrimoine de l'UNESCO, cet imposant aqueduc romain est un incontournable au niveau tourisme dans la région.Prat Peyrot : au coeur du Parc national des Cévennes, c'est l'unique station de sports d'hiver du départementSaint-Gilles : petite ville pas loin d'Arles et de la Camargue avec une abbatiale du XIIe siècle et de vieux quartiers.Sommières : cette grosse bourgade entre Montpellier et Nîmes offre un beau centre ancien.Uzès : une petite ville du nord du département avec un joli centre plutôt bien conservé.Vézénobres : une commune au sud d'Alès avec les vestiges d'un château moyenâgeux et pas mal de vieilles maisons.Villeneuve-lès-Avignon : face à Avignon, de l'autre côté du Rhône, Villeneuve possède une belle chartreuse ainsi que quelques autres édifices intéressants.Patrimoine naturel Abîme de Bramabiau : situé à Saint-Sauveur, c'est une énorme cavité rocheuse qui laisse apparaître une rivière souterraine.Bambouseraie d'Anduze : un jardin exotique, dont la thématique première tourne autour du bambou, qu'on peut d'ailleurs découvrir à travers une forêt de bambous géants.Gorges de l'Ardèche : haut lieu touristique de la région, ces gorges offrent de beaux paysages mais surtout aussi un large choix d'activités sport-nature (randonnée, canoë, raft, spéléo, grimpe, saut à l'élastique…).Gorges du Gardon : joli canyon dans lequel coule le Gardon. C'est un lieu apprécié pour la baignade, le canoë et l'escalade.Grottes de la Cocalière : de belles grottes à visiter dans les environs d'Alès.Mont Aigoual : un des principaux sommets du Massif Central, entre Gard et Lozère. Il offre un beau panorama et des possibilités de randonnées.Parc national des Cévennes : avec son voisin des Grandes Causses, c'est un des plus grands parcs de France et un des derniers sites classés à l"UNESCO sous le label "Causses et Cévennes". Il bénéficie de jolis paysages de plateaux, de gorges et de vallées qu'on peut découvrir en randonnée.3- HÉRAULT (34)Agde : avec la création dans les années (19)70 du Cap d'Agde, la ville est devenue un des principaux ports de plaisance de la côte méditerranéenne et une station balnéaire très fréquentée.Béziers : la seconde agglomération de l'Hérault possède un joli centre avec notamment un certain patrimoine religieux.Clermont l'Hérault : la petite ville, entre Lodève et Montpellier, offre à la visite une collégiale et un château médiéval. On peut également profiter du lac du Salagou (rando, activités nautiques) situé sur la commune.Hauts cantons de l'Hérault : c'est l'arrière pays biterrois et montpelliérain. Dans un paysage de moyenne montagne on peut découvrir plusieurs villages médiévaux comme Roquebrun, La Salvetat sur Agout, Le Caylar, Mourèze, Vieussan, Le Poujol sur Orb et bien d'autres. La Grande-Motte : une station balnéaire très fréquentée à la limite avec le Gard. Elle est reconnaissable à ses immeubles aux formes assez particulières.Lodève : dans l'arrière pays, cette sous-préfecture possède une jolie cathédrale.Marseillan : port de plaisance et station balnéaire en bordure de l'étang de Thau.Mèze : petite ville sur l'étang de Thau avec de vieux quartiers, des vestiges de remparts, un château du XVIIe siècle et un port de plaisance.Minerve : située en zone viticole (le "Minervois"), la commune est classée parmi les "plus beaux villages de France" avec de plus un très bel environnement naturel.Montpellier : préfecture de département et de région, Montpellier offre un très beau centre ancien mais aussi des quartiers plus modernes et "design" tel celui d'Antigone.Olargues : ce vieux village du Parc du Haut Languedoc est classé parmi les "plus beaux villages de France".Palavas-les-Flots : c'est en quelque sorte la plage/station balnéaire de Montpellier.Pézenas : la ville, chère aussi bien à Molière que Boby Lapointe, possède un petit centre ancien.Saint-Guilhem le Désert : c'est un des "plus beaux villages de France" grâce notamment à sa très jolie abbaye de Gellone.Sète : ce port assez dynamique est aussi la troisième agglomération du département. Au niveau touristique, on y vient pour découvrir son centre et surtout son célèbre cimetière marin. La ville compte aussi de belles plages et borde l'étang de Thau qui est le plus grand de la région.Site d’Ensérune : ce site archéologique abrite les vestiges d'un village antique.Temple bouddhiste tibétain Lerab Ling : un des plus importants temples bouddhistes d'Europe situé dans la petite commune de Roqueredonde.Valras-Plage : station balnéaire à côté de Béziers.Patrimoine naturel Cirque de Mourèze : très beau cirque naturel aux formes particulières dues à l'érosion. Il est situé sur la commune de Mourèze.Cirque de Navacelles : un joli cirque formé à l'origine par les méandres d'une rivière dans la région des Grands Causses. On peut randonner dans ses environs.Etangs du Bagnas : c'est une zone de protection des oiseaux dans le prolongement de l'étang de Thau. Gorges de l'Hérault : de très belles gorges et un des sites naturels de la région parmi les plus visités.Gorges d'Héric : sur la commune du même nom, un endroit propice à la randonnée, à l'escalade et au canyoning. Juste à côte : les Gorges de Colombières.Grotte de la Clamouse : c'est une des plus belles grottes de France avec un vaste réseau souterrain.Grotte des Demoiselles : de jolies grottes au nord de Montpellier.Parc naturel régional du Haut-Languedoc : à cheval sur le Tarn et l'Hérault, c'est une zone aux paysages diversifiés appréciée des randonneurs.Pic Saint-Loup : une destination prisée des randonneurs, pas loin de Montpellier.4- LOZÈRE (48)Cham des Bondons : on peut voir 150 menhirs alignés sur ce plateau calcaire. C'est un des sites de mégalithes les plus importants d'Europe.Château de Calberte : un château-fort perché du XIIe siècle pas très loin d'Alès.Florac : au coeur du Parc des Cévennes dont il abrite d'ailleurs le siège, c'est un joli village de 2 000 habitants.La Canourgue : jolie bourgade avec ses canaux, ses petites rues étroites et son centre ancien. La Garde-Guérin : petit village fortifié des Cévennes.Le Bleymard - Mont Lozère : c'est la principale des quatre stations de ski du département.Marvejols : à la périphérie de Mende, la bourgade possède une collégiale et plusieurs portes fortifiées. C'est juste à côté que sont situés le Parc à loups du Gévaudan et la vallée (gorges) de l'Enfer.Mende : une des plus petites préfectures de France avec un centre historique et une jolie cathédrale.Sainte-Enimie : très beau village, classé parmi les "plus beaux de France", situé dans les Gorges du Tarn. Il est assez touristique.Patrimoine naturelCausse Méjean : haut plateau calcaire se distinguant notamment par des chaos rocheux (Nîmes-le-Vieux) ou des grottes (aven Armand). On peut y randonner dans de beaux paysages et y voir des troupeaux de chevaux de Przewalski en liberté.Gorges de l'Allier : ce canyon creusé par la rivière Allier est commun à la Lozère et la Haute-Loire. On peut découvrir ses paysages et les villages qui le bordent (Saint-Ilpize, Lavoûte-Chilhac...) par la route ou en train touristique. Les gorges sont aussi propices à la randonnée et au canoë.Gorges de la Jonte : de jolies gorges entre Causses et Cévennes avec de nombreuses possibilités de randonnées et d'escalade. C'est une zone de réintroduction des vautours.Gorges du Tarn : situées en Lozère mais aussi dans l'Aveyron, ces gorges offrent de beaux paysages et toute une palette d'activités sport-nature (randonnée, spéléo, escalade, canoë…).Grotte de Dargilan : des grottes situées entre Millau et Alès.Mont Aigoual : un des principaux sommets du Massif Central, entre Gard et Lozère. Il offre un beau panorama et des possibilités de randonnées.Mont Lozère : c'est le point culminant des Cévennes (1 699 m) situé dans le parc du même nom. De jolis paysages désolés et des randonnées au programme.Parc national des Cévennes : avec son voisin des Grandes Causses, c'est un des plus grands parcs de France et un des derniers sites classés à l"UNESCO sous le label "Causses et Cévennes". Il bénéficie de jolis paysages de plateaux, de gorges et de vallées qu'on peut découvrir en randonnée.Réserve de bisons de Sainte-Eulalie : ce petit village abrite un parc animalier dédié à la protection du bison d'Europe.5- PYRÉNÉES-ORIENTALES (66) Abbaye de Saint-Génis des Fontaines : une ancienne abbaye bénédictine du Xe siècle dans la commune du même nom.Abbaye Saint-Martin du Canigou : vieille abbaye du XIe siècle nichée dans le Massif du Canigou.Abbaye Saint-Michel de Cuxa : jolie abbaye bénédictine du XIe siècle au pied du Canigou, dans la commune de Codalet.Argelès-sur-Mer : jolie station balnéaire au sud de Perpignan marquant le début de la Côte Vermeille qui s'étire jusqu'à l'Espagne. On peut y faire de la plongée.Banyuls-sur-Mer : station balnéaire quasiment à la frontière espagnole, face à la Réserve naturelle de Cerbère- Banyuls. On y produit également le vin de Banyuls.Canet-en-Roussillon : cette station, avec son vieux village, est en quelque sorte la plage de Perpignan.Castelnou : dominé par son château du XIe siècle, le village a gardé son charme médiéval et est d'ailleurs labélisé à ce titre "plus beaux villages de France".Cerbère : port de pêche entouré de falaises, limitrophe de l'Espagne, face à la Réserve naturelle de Cerbère- Banyuls.Céret : cette sous-préfecture est connue pour son musée d'art moderne et ses corridas.Collioure : ce joli port est une des stations balnéaires les plus connues de la côte qui, en son temps, a accueilli plusieurs peintres.Elne : de vieux quartiers autour d'une cathédrale dans cette petite ville au sud de Perpignan. Eus : ce village aux portes du Parc des Pyrénées catalanes est classé parmi les "plus beaux villages de France".Evol-Olette : deux hameaux regroupés et classé parmi les "plus beaux villages de France" pour ce qui est d'Olette.Font Romeu : Font Romeu - Pyrénnées 2000 est la principale station de sports d'hiver du département. C'est aussi à Font Romeu (Odeillo) qu'on peut voir le second plus important four solaire au mondeForteresse de Salses : belle forteresse construite vers 1500 et très bien conservée dans la commune du même nom.Le Barcarès : la plus au nord des stations balnéaires du département. On la reconnaît grâce au Lydia qui est un paquebot ensablé transformé depuis les années (19)70 en musée, restaurant et casino.Les Angles : c'est une des principales stations de ski des PO parmi la dizaine que compte le département.Llivia : une enclave espagnole en plein territoire français.Maureillas-las-Illas : joli village des contreforts pyrénéens avec de vieilles maisons, une belle chapelle et les vestiges de son château.Mont-Louis : ce village est indirectement classé à l'UNESCO pour sa citadelle Vauban. C'est aussi là qu'a été construit le premier four solaire au monde en 1949.Mosset : une autre bourgade du département classée parmi les "plus beaux villages de France".Perpignan : la préfecture des PO possède un joli centre où se mélangent architecture française, espagnole et catalane.Port-Vendres : port de commerce, de plaisance et accessoirement station balnéaire situé à côté de Collioure.Porté-Puymorens : c'est une des stations de ski les plus enneigées des Pyrénées.Prats-de-Mollo la Preste : superbe bourgade médiévale aux rues pavées entourée encore de ses remparts et d'une citadelle qui domine le village.Prieuré de Serrabone : bel édifice roman du XIe siècle à une trentaine de kilomètres de Perpignan.Rivesaltes : la ville du Muscat est aussi la gare de départ du petit Train du pays Cathare et du Fenouillèdes qui circule sur une soixantaine de kilomètres jusque dans l'Aude. La commune abrite également le Mémorial du Camp de Rivesaltes.Saint-Cyprien : station balnéaire des années (19)70 avec l'architecture qui va avec. Villefranche-de-Conflent : joli village entouré d'une enceinte fortifiée et surplombé par un fort à l'entrée du Parc des Pyrénées Catalanes. C'est aussi le point de départ/terminus du Train jaune.Patrimoine naturel Gorges de Galamous : un joli site naturel à cheval sur l'Aude et les PO propice à la randonnée et au canyoning.Lac des Bouillouses : un lac pyrénéen très apprécié des pêcheurs et des randonneurs.Massif du Canigou : proche de la mer, ce joli massif est très connu des randonneurs à pied, à cheval ou à vélo.Parc naturel régional des Pyrénées catalanes : cette zone naturelle est très touristique aussi bien pour ses paysages, ses possibilités de randonnées que pour ses stations de ski ou ses citadelles datant de l'époque de Vauban. On peut le découvrir avec le Train jaune ("Ligne de Cerdagne") qui, outre son aspect touristique, a aussi un rôle de service public.Réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls : la seule réserve entièrement marine de France. Elle possède une riche faune et flore sous-marines. On peut y plonger à certains endroits.6- LE PLUS APPRÉCIÉ...
Aude : Canal du Midi; Carcassonne; Châteaux cathares de l'Aude; Gouffre de Cabrespine; Lagrasse.
Gard : Aigues-Mortes; Aiguèze; Gorges de l'Ardèche; Gorges du Gardon; Pont du Gard; Parc national des Cévennes.
Hérault : Gorges d'Héric; Gorges de l'Hérault; Grotte de la Clamouse; Minerve; Montpellier; Saint-Guilhem le Désert; Parc naturel régional du Haut-Languedoc.
Lozère : Causse Méjean; Gorges de l'Allier; Gorges de la Jonte; Gorges du Tarn; Mont Lozère; Parc national des Cévennes; Sainte-Enimie.
Pyrénées-Orientales : Castelnou; Collioure; Massif du Canigou; Eus; Parc naturel régional des Pyrénées catalanes; Prats-de-Mollo la Preste.
- © VoyageForum -
450 km dans les Pyrénées à vélo fin mai 2013 English translation pending
Ce premier semestre 2013 restera dans les annales pour ses conditions météorologiques particulièrement exécrables. L’année dernière, nous avions effectué une jolie randonnée à travers les Pyrénées par bon nombre de cols mythiques comme le Tourmalet, Marie Blanque, Aspin et bien d’autres depuis l’Atlantique jusqu’à Montréjeau par un trajet concocté par Jean de l’ordre de 450 kilomètres en 6 jours. Nous avions programmé de terminer en 2013 notre périple en rejoignant la Méditerranée depuis cette dernière ville. A six il n’est pas toujours facile de trouver une date qui convienne à tous. Alors quand le mauvais temps s’en mêle, cela devient la quadrature du cercle. Mais outre l’envie de parcourir cette deuxième partie d’une traversée des Pyrénées, nous voulons vraiment passer une petite semaine ensemble, car nous avons beaucoup de choses à nous raconter sur nos différents voyages effectués, chacun de son côté en ce début d’année. Les prévisions sont catastrophiques, eh bien tant pis, nous partirons quand même !
Nous nous retrouvons tous le dimanche 26 mai au gîte « le Pigeon Voyageur » à quelques deux kilomètres de la gare. Nous arrivons pour deux d’entre nous de Lyon, Evelyne et Luc, un autre du pays basque André, un autre du Béarn Michel, un cinquième de Cannes un deuxième Michel, et pour finir notre gentil concepteur du trajet Jean, qui arrive de l’île de Gomera aux Canaries. Mais il est venu du Portugal à vélo, donc ces 6 jours en direction de la Méditerranée ne seront qu’une formalité.
Les retrouvailles de vieux compagnons de route sont toujours émouvantes. Les grands périples sur tous les continents reviennent en mémoire. Par delà les petites dissensions que la grande promiscuité durant de longues semaines à souffrir le long des routes et des chemins, ces expériences à vélo en dehors du temps et des espaces habituels font naître des amitiés à toute épreuve. En effet dans ces longues errances, soumis aux aléas du climat de la route et du relief, l’âme est mise à nue et l’on dévoile sa vraie nature à l’autre ou aux autres. Dans ces épreuves au long cours il est difficile de tricher, voire impossible. Ses défauts, petits et grands, on les révèle, et c’est pour cela qu’une vraie amitié peut naître, car on est accepté tel que l’on est.
Dans ce gîte nous trouvons d’anciennes revues de montagne, dont l’une d’entre elles, relate la première tentative d’escalade, sur la face est du Mont Valier, haute de 800 mètres, pyramide bien visible de la vallée, qui culmine à 2838 mètres. Cette entreprise s’était terminée par un drame, la chute mortelle des trois protagonistes, sur une paroi redoutable, plus pour son rocher incertain et la difficulté de s’y assurer, que du fait de la technicité de l’escalade. Cela se passait en 1957.
Lundi 27 mai 70km de Montréjeau à Castillons-de-Couserans Sans trop se presser nous prenons la route vers les 8 heures du matin. Contre toutes attentes le temps est assez beau. L’ambiance de ce premier jour est plutôt à la flânerie. Avec les pluies continuelles depuis des mois, la nature explose. Nous n’attendons pas longtemps pour faire notre première pause, café et gâteaux. C’est l’ambiance vacances. On en oublierait presque que nous sommes venus pour faire quelques centaines de kilomètres à vélo. A midi nouvel arrêt casse-croûte dans un petit village. Il ne fait quand même pas très chaud pour une fin de mois de mai. La petite difficulté de la journée se présente, pas si débonnaire, le col d’Aspet, belle rampe qui se termine par un raidillon de cinq kilomètres à 10% de moyenne. Vers les 17 heures nous rentrons dans le village de Castillons et rejoignons notre gîte dénommé « gîte de la Bouche » en plein centre. L’accueil y est de tout premier ordre. Nous y passons une soirée et une nuit excellentes.
Mardi 28 mai 30 km de Castillons à Seix Le temps est franchement maussade et les prévisions pour la journée nous enlèvent toute illusion. A l’ambiance du départ, on sait que ça ne va pas être une partie de plaisir. Il fait froid, quelques degrés. Très vite le ciel très noir commence à se déverser en une pluie glaciale et forte. Les quinze kilomètres de montée jusqu’au pas de la Core sont effectués dans une bourrasque qui s’intensifie au fur et à mesure que nous prenons de l’altitude. Le dernier kilomètre dans le brouillard, le vent et la pluie qui nous cingle le visage, nous donne à penser que la descente va nous transformer en véritables glaçons pas question de s’attendre au sommet, chacun fuit comme il le peut. Pour ma part à la première épingle en contrebas, je m’arrête et me change entièrement malgré le vent et les cataractes. Nous nous regroupons, 15 kilomètres plus bas, au village de Seix dans le premier bistrot que nous rencontrons. Nous sommes tous les 6 en hypothermie, incapables durant deux heures de réfréner les tremblements qui nous secouent des pieds à la tête. Notre étape du jour qui devait faire 80 kilomètres va prendre fin dans ce fond de vallée submergé par une pluie glaciale. Nous ne pourrons donc pas rejoindre notre point de chute prévu à Vicdessos, et nous perdons les arrhes versés, certes pas très importants, 7 euros par personne. Nous trouvons à nous loger dans ce charmant bourg d’Ariège Seix, à l’auberge du Mont Valier. Très bel accueil et belle prestation, les chambres au vieux parquet sont de toute beauté dans leur rusticité. Nous profitons d’une accalmie dans l’après-midi pour aller découvrir le village au travers de ses petites rues et de ses points de vue, en particulier sur son château et son église.
Mercredi 29 mai 75 km Seix à Goulours Ce matin les éléments semblent vouloir nous octroyer un répit. Ce n’est pas à proprement parler le beau temps, mais il ne pleut pas et la route est presque sèche. Départ matinal, car nous devons reprendre au cours de l’étape de ce jour le kilométrage non effectué hier et accomplir l’étape prévue. Heureusement, par un aménagement de l’itinéraire, le trajet ne sera pas hors de portée. Tout commence par une longue montée en direction du col de Port, 1250 mètres. La pente n’est jamais très importante et à bon train nous effectuons ce parcours. Au col une auberge nous tente, et nous y faisons halte. Les conditions météorologiques depuis déjà pas mal de temps ont fait fuir les touristes. Les aubergistes en sont désolés.
En remontant sur nos vélos nous regrettons presque de nous être arrêtés, car la pluie nous rattrape en venant de l’ouest. Mais elle reste active sur le relief et dès que nous avons effectué quelques kilomètres en direction de Tarascon-sur-Ariège, nous trouvons une route sèche. Une belle descente nous conduit au village de Bédeilhac, célèbre pour sa grotte étonnante à plus d’un titre. De là en quelques kilomètres nous sommes à Tarascon, et entreprenons de remonter sur Ax-les-Thermes. Ce parcours entre ces deux agglomérations nous paraît interminable. Une fois dans cette ville, il nous reste une côte de quelques kilomètres qui nous conduit au gîte qui se trouve au lieu-dit la Forge. Lieu magnifique, situé au dessus d’un étang, les propriétaires sont hollandais. Depuis une expérience dans un hôtel tenu par un couple de Hollandais, certes très sympathiques, j’avais quelques inquiétudes quant aux repas. Eh bien, ce soir mes craintes se sont avérées totalement infondées. Le dîner fut superbe, une spécialité dont je ne me souviens pas le nom, mais provenant du Surinam, ancienne colonie hollandaise. Par contre la chambre dans laquelle je me trouvais avec l’un de mes camarades, était traversée en son centre par une énorme poutre, pas très haute, un peu plus d’un mètre au-dessus du sol. Les lits se trouvaient dessous. En nous levant nous avons à plusieurs reprises donné de sérieux coups de boule dedans. Ce fut pour le moins désagréable.
Jeudi 30 mai 85 km de Goulours à Mosset Ce matin le temps n’est pas terrible et les prévisions météo le prévoyaient. Les conditions sont tellement adverses, que certains parmi nous ont émis l’idée de redescendre à Ax-les-Thermes et de prendre le train. Mais manifestement la majorité ne comptait pas se contenter de ce genre de capitulation, et c’est comme cela que nous sommes gaillardement partis à l’assaut du col de la Pradel, qui culmine à 1680 mètres. Dès les premiers tours de roue la pluie est arrivée. La route est adorable, très étroite, elle traverse de grandes forêts qui dans ce matin sombre sont très impressionnantes. Pas une voiture se perturbe le calme du lieu. Rapidement la pluie cède la place à la neige. Cette dernière tombe de plus en plus fort. Les flocons sont eux aussi de plus en plus gros. L’ambiance est franchement hivernale. La neige commence par tenir sur le bord de la route sur l’herbe. Plus nous approchons du sommet du col plus elle prend possession de la chaussée. C’est sur une route complètement enneigée que nous arrivons au point le plus haut. Nous éprouvons un immense plaisir à pédaler dans ces conditions inhabituelles.
Nous basculons en versant nord dans la descente. Du fait de l’orientation l’épaisseur de neige augmente subitement sur cette pente orientée au septentrion. Nous faisons bien attention de ne pas perdre l’équilibre, nous descendons très lentement. En s’enfonçant dans les gorges du Rebenty, dans une zone encaissée sous des escarpements, nous sommes arrêtés par un chasse-neige en pleine action de déblaiement. Plus bas la neige cède à nouveau la place à la pluie. Très rapidement nous sommes trempés. Nous retrouvons les sensations de froid intense que nous avons connues il y a 48 heures. La descente est cependant moins longue, la déperdition chaleur sera donc moindre. Un pont enjambe la rivière. Nous le franchissons, une belle côte bien raide nous attend. Avant de l’attaquer nous nous sustentons sous une légère bruine. L’effort fourni dans cette montée nous réchauffe rapidement. Nous arrivons sur un plateau. Le temps reste maussade, mais la visibilité est bonne. Le paysage est de toute beauté. Avec les pluies qui durent depuis des semaines, la végétation est florissante. On pourrait se croire en Irlande et non dans les Pyrénées orientales, plus très loin de la mer Méditerranée. Un village, un hangar, Jean à la bonne idée de proposer d’y faire arrêt pour le repas de midi. Durant cette halte bien à l’abri d’un toit, la pluie redouble d’intensité. Mais au moment de partir elle faiblit, sans toutefois s’arrêter. Nous rejoignons la vallée de l’Aude que nous descendons sur une dizaine de kilomètres. Une fois encore, un pont, nous le franchissons et entamons la monté du col de Jau. Le panneau indicateur annonce 19 km pour le sommet, ça me donne un petit coup au moral. Je me dis que si ce col est dans les mêmes conditions que le précédent, cela va encore donner lieu à une belle bagarre. Heureusement il n’en sera rien. Le temps s’améliorera un peu, la pluie deviendra intermittente, et la déclivité ne sera pas très importante le long de cette rampe de 19 km. Vers le sommet le vent se fera plus présent. Nous nous abritons au col dans un bâtiment ouvert aux quatre vents. Nous nous lançons sans trop traîner dans une magnifique descente en direction de Mosset. Le froid aux mains est désagréable. Le ciel s’éclaircit, l’altitude diminue rapidement et nos corps se réchauffent. Nous sommes fin mai, et dès le plus petit rayon de soleil l’atmosphère gagne rapidement en chaleur. Les montagnes dans cette fin d’après-midi partiellement ensoleillée prennent des teintes subtiles dans des tons pastel. Le Canigou reste drapé d’un épais manteau nuageux et il ne nous dévoile que ses soubassements. La neige descend incroyablement bas pour un dernier jour du mois de mai. Le village de Mosset, lumineux par un éclairage d’ouest, apparaît tout en longueur sur une crête perpendiculaire à notre axe de descente. Nous le rejoignons rapidement. Une épicerie, proposant des cafés chauds, nous y faisons une halte prolongée. La tenancière très sympathique, nous indique notre gîte, et les prévient, car nos téléphones portables ne passent pas dans ces zones accidentées. Nous profitons collés le long d'un mur du village à l'abri du vent des rayons du soleil qui nous prodiguent une douce chaleur que nos corps apprécient grandement. Nous nous arrachons à ce plaisir et nous rejoignons deux kilomètres sous le village le Domaine Saint Georges, vieille bâtisse au charme certain en pleine nature. Les chambres à trois lits sont spartiates et exigües, mais l’accueil est de tout premier ordre. Le repas du soir excellent dans une salle à manger pleine de charme, en compagnie des propriétaires, sera non seulement excellent, mais particulièrement animé. Il y sera question de champignons, on aura droit de contempler et de humer une partie de la cueillette de morilles de cette année. On y discutera aussi pêche à la truite, comparant les Vosges et les Pyrénées orientales. On aura droit à l’anecdote des gardes pêche, qui surveillaient à la jumelle un pêcheur, en attendant qu’il commette une infraction, afin de lui tomber dessus. En effet, dans les lacs de montagne et les torrents, il est souvent interdit de pêcher avec des vairons comme appât. Notre pêcheur tout au long de l’après-midi avait essayé de prendre au ver une énorme truite de plus de cinq kilos. Cette dernière ne voulait rien savoir. Notre pêcheur en désespoir de cause, ne se résolvant pas à capituler, attrape un vairon et le met à son hameçon. La truite se jette dessus, une bagarre acharnée s’ensuit, qui se termine en défaveur du pêcheur, car le poisson cassa le fil. Mais les gardes n’avaient rien perdu du spectacle. Non seulement notre homme ne ramena pas sa truite, mais il écopa d’une amende, après procès, carabinée, d’un montant de plusieurs milliers d’euros. Avis aux amateurs, ne pas resquiller en matière de pêche à la truite, ou alors bien se planquer !
Vendredi 1 juin Mosset 90 km Saint-Laurent de Cerdans Ce matin, comme les jours précédents, le ciel est bas et gris. Le Canigou reste toujours bien emmitouflé dans sa gangue de nuages. Le départ, après un petit-déjeuner sympathique, se fait sous un début de pluie. Cela augure mal de la journée. Mais rapidement le ciel va se dégager et la pluie prendre fin définitivement. Une longue descente nous conduit à Prades, où nous allons suivre la nationale 116 sur une quinzaine de kilomètres. Nous bifurquons à droite vers le charmant village de Bouleternère. Nous y faisons une pause café dans un estaminet très animé. Ensuite la route en direction du col Fourtou et du col Xalard déroule ses courbes sous nos roues dans une ambiance méditerranéenne. Que cette douce chaleur est agréable après les très mauvaises conditions de ces derniers jours. Notre itinéraire tourne autour du Canigou, avant de plonger, dans une magnifique succession de virages sur 20 kilomètres, en direction de la petite ville thermale d’Amélie-les Bains. Cette ville me rappelle ma traversée des Pyrénées à pied cela fait maintenant sept ans. Que le temps passe vite et les années se précipitent ! Encore quelques kilomètres sur une route très passante. Nous traversons Arles-sur- Tech, lieu de passage du GR10 en direction du Canigou. J’y avais dormi, avant d’attaquer à pied la longue montée vers ce sommet mythique. Un peu plus loin nous prenons une route à la pente régulière, qui en une dizaine de kilomètres nous conduit au camping de Saint-Laurent de Cerdans. Le gérant nous informe que le matin la température était de zéro degré ! Quelques courageux montent au village, éloigné d’un kilomètre, et ramènent les ingrédients du repas du soir, qui sera comme d’habitude très sympathique dans notre vaste mobil home.
Samedi 2 juin 95 km Saint-Laurent de Cerdans à Cerbère Le temps est au beau, mais le vent semble vouloir se mettre de la partie pour la journée. Dans ce coin il est fréquent est assez rageur et se dénomme lorsqu’il vient du nord la tramontane. Pour commencer nous mettons le cap sur l’Espagne, donc au sud et bien évidemment le vent est notre allié. Nous dépassons le village de Coustouges et jute après nous basculons en Espagne. Ce versant des Pyrénées est impressionnant, car constitué de vastes zones sans population. Cette impression on la ressent tout au long de la frontière de la Méditerranée à l’Atlantique. D’ailleurs j’envisage sérieusement un long périple d’au moins mille kilomètres à travers ces coins reculés, où tous les paysages sont possibles.
La route que nous suivons nous conduit en descente douce jusqu’à la mer en une quarantaine de kilomètres. Une fois au bord de l’eau dans la région de la Jonquera, lieu de perdition et de frénésie du sexe, nous changeons de cap et repartons plein nord vers la France. Nous allons vivre un moment de grande émotion. En effet le long de cette route de toute beauté surplombant la mer, le vent va se déchaîner comme rarement je l’ai expérimenté. Une personne rencontrée nous dira que ce matin une pointe de 200 km/h a été enregistrée. Nous sommes ballottés comme des fétus de paille. Cela est dangereux, car lorsque les bourrasques nous bousculent nous pouvons être projetés contre les voitures. Cependant ces dernières, étant aussi très nettement chahutées, roulent avec grande prudence. Avant d’arriver à Port Bou nous traversons deux tunnels. Avec l’effet venturi le souffle qui nous percute est d’une force incroyable. Mais bien que très puissant, il est régulier à l'interieur des ouvrages, nous ne sommes donc pas trop déstabilisés. La sensation est époustouflante, arc-boutés sur les pédales on avance au maximum à cinq à l’heure en déployant des efforts considérables. Nous sommes incapables de nous adresser la moindre parole, tellement ce courant d’air en furie nous assourdit. Expérience étonnante ! Une fois à Port Bou, nous décidons de rejoindre notre point de chute de ce soir par train. Il s’agit de Port-Vendres. Mais les horaires entre Espagne et France ne sont pas compatibles. Nous nous résignons à rejoindre Cerbère à vélo et de là envisager la suite par le rail. La route passe en hauteur le long d’arêtes particulièrement exposées aux rafales. Et justement c’est sur ce tronçon que le vent a été chronométré ce matin à 200. Nous avons une dizaine de kilomètres à parcourir. Très vite nous réalisons que ça va être sportif. Avec le relief tourmenté de la tombée des Pyrénées dans la mer Méditerranée, par grand vent, se crée une aérologie locale complètement anarchique. On passe au détour d’un mouvement de terrain d’un vent très fort dans un sens à un vent de la même puissance mais en sens inverse. Dans une ligne droite bien pentue, je suis poussé puissamment, je ne pédale plus et j’accélère franchement. Sur les premiers mètres cela me fait franchement rire de monter sans pédaler, mais rapidement je me demande jusqu’à quelle vitesse je vais être entraîné. Plus haut je vois un virage, vais-je le prendre ou bien la bourrasque va-t-elle me jeter dans le décor ? Après une centaine de mètres le vent va me lâcher. Un peu plus loin, nous sommes quatre à la fois à être précipités contre le rail de sécurité. S’il n’avait pas été là pour nous arrêter, nous aurions été éjéctés dans la pente raide en caillasse pleine d’épineux, qui descend jusqu'à la mer. Le bouquet final, fut le passage de la frontière, où nous avons rencontré un couple de cyclistes au long cours, une Polonaise et un Irlandais, bien planqués à l’abri du vent. Pour franchir le replat de la frontière, le vent adverse était si puissant, que nous avons dû nous mettre à deux pour faire passer les vélos, l’un accroché au guidon, et l’autre poussant sur les sacoches, moment d’anthologie à deux roues ! Une fois à Cerbère, nous avons pris le train pour rejoindre notre gîte. Lieu tout à fait étonnant en plein centre-ville à proximité du port de Port Vendres. Le propriétaire est artiste peintre et dans la grande salle où nous avons dîné de bons poissons fraîchement pêchés nous avons pu admirer ses nombreuses œuvres, toutes dédiées aux beautés de ce coin de France. Voilà, ainsi ce termine un périple de 450 kilomètres entre passionnés de l’errance à vélo. Nous achevons ainsi notre traversée de la chaîne des Pyrénées que nous avions commencée l’année dernière d’Hendaye à Montréjeau. Il ne nous reste plus qu’à nous donner un nouveau rendez-vous pour une nouvelle aventure, avant que le groupe se disperse.
Lundi 27 mai 70km de Montréjeau à Castillons-de-Couserans Sans trop se presser nous prenons la route vers les 8 heures du matin. Contre toutes attentes le temps est assez beau. L’ambiance de ce premier jour est plutôt à la flânerie. Avec les pluies continuelles depuis des mois, la nature explose. Nous n’attendons pas longtemps pour faire notre première pause, café et gâteaux. C’est l’ambiance vacances. On en oublierait presque que nous sommes venus pour faire quelques centaines de kilomètres à vélo. A midi nouvel arrêt casse-croûte dans un petit village. Il ne fait quand même pas très chaud pour une fin de mois de mai. La petite difficulté de la journée se présente, pas si débonnaire, le col d’Aspet, belle rampe qui se termine par un raidillon de cinq kilomètres à 10% de moyenne. Vers les 17 heures nous rentrons dans le village de Castillons et rejoignons notre gîte dénommé « gîte de la Bouche » en plein centre. L’accueil y est de tout premier ordre. Nous y passons une soirée et une nuit excellentes.
Mardi 28 mai 30 km de Castillons à Seix Le temps est franchement maussade et les prévisions pour la journée nous enlèvent toute illusion. A l’ambiance du départ, on sait que ça ne va pas être une partie de plaisir. Il fait froid, quelques degrés. Très vite le ciel très noir commence à se déverser en une pluie glaciale et forte. Les quinze kilomètres de montée jusqu’au pas de la Core sont effectués dans une bourrasque qui s’intensifie au fur et à mesure que nous prenons de l’altitude. Le dernier kilomètre dans le brouillard, le vent et la pluie qui nous cingle le visage, nous donne à penser que la descente va nous transformer en véritables glaçons pas question de s’attendre au sommet, chacun fuit comme il le peut. Pour ma part à la première épingle en contrebas, je m’arrête et me change entièrement malgré le vent et les cataractes. Nous nous regroupons, 15 kilomètres plus bas, au village de Seix dans le premier bistrot que nous rencontrons. Nous sommes tous les 6 en hypothermie, incapables durant deux heures de réfréner les tremblements qui nous secouent des pieds à la tête. Notre étape du jour qui devait faire 80 kilomètres va prendre fin dans ce fond de vallée submergé par une pluie glaciale. Nous ne pourrons donc pas rejoindre notre point de chute prévu à Vicdessos, et nous perdons les arrhes versés, certes pas très importants, 7 euros par personne. Nous trouvons à nous loger dans ce charmant bourg d’Ariège Seix, à l’auberge du Mont Valier. Très bel accueil et belle prestation, les chambres au vieux parquet sont de toute beauté dans leur rusticité. Nous profitons d’une accalmie dans l’après-midi pour aller découvrir le village au travers de ses petites rues et de ses points de vue, en particulier sur son château et son église.
Mercredi 29 mai 75 km Seix à Goulours Ce matin les éléments semblent vouloir nous octroyer un répit. Ce n’est pas à proprement parler le beau temps, mais il ne pleut pas et la route est presque sèche. Départ matinal, car nous devons reprendre au cours de l’étape de ce jour le kilométrage non effectué hier et accomplir l’étape prévue. Heureusement, par un aménagement de l’itinéraire, le trajet ne sera pas hors de portée. Tout commence par une longue montée en direction du col de Port, 1250 mètres. La pente n’est jamais très importante et à bon train nous effectuons ce parcours. Au col une auberge nous tente, et nous y faisons halte. Les conditions météorologiques depuis déjà pas mal de temps ont fait fuir les touristes. Les aubergistes en sont désolés.
En remontant sur nos vélos nous regrettons presque de nous être arrêtés, car la pluie nous rattrape en venant de l’ouest. Mais elle reste active sur le relief et dès que nous avons effectué quelques kilomètres en direction de Tarascon-sur-Ariège, nous trouvons une route sèche. Une belle descente nous conduit au village de Bédeilhac, célèbre pour sa grotte étonnante à plus d’un titre. De là en quelques kilomètres nous sommes à Tarascon, et entreprenons de remonter sur Ax-les-Thermes. Ce parcours entre ces deux agglomérations nous paraît interminable. Une fois dans cette ville, il nous reste une côte de quelques kilomètres qui nous conduit au gîte qui se trouve au lieu-dit la Forge. Lieu magnifique, situé au dessus d’un étang, les propriétaires sont hollandais. Depuis une expérience dans un hôtel tenu par un couple de Hollandais, certes très sympathiques, j’avais quelques inquiétudes quant aux repas. Eh bien, ce soir mes craintes se sont avérées totalement infondées. Le dîner fut superbe, une spécialité dont je ne me souviens pas le nom, mais provenant du Surinam, ancienne colonie hollandaise. Par contre la chambre dans laquelle je me trouvais avec l’un de mes camarades, était traversée en son centre par une énorme poutre, pas très haute, un peu plus d’un mètre au-dessus du sol. Les lits se trouvaient dessous. En nous levant nous avons à plusieurs reprises donné de sérieux coups de boule dedans. Ce fut pour le moins désagréable.
Jeudi 30 mai 85 km de Goulours à Mosset Ce matin le temps n’est pas terrible et les prévisions météo le prévoyaient. Les conditions sont tellement adverses, que certains parmi nous ont émis l’idée de redescendre à Ax-les-Thermes et de prendre le train. Mais manifestement la majorité ne comptait pas se contenter de ce genre de capitulation, et c’est comme cela que nous sommes gaillardement partis à l’assaut du col de la Pradel, qui culmine à 1680 mètres. Dès les premiers tours de roue la pluie est arrivée. La route est adorable, très étroite, elle traverse de grandes forêts qui dans ce matin sombre sont très impressionnantes. Pas une voiture se perturbe le calme du lieu. Rapidement la pluie cède la place à la neige. Cette dernière tombe de plus en plus fort. Les flocons sont eux aussi de plus en plus gros. L’ambiance est franchement hivernale. La neige commence par tenir sur le bord de la route sur l’herbe. Plus nous approchons du sommet du col plus elle prend possession de la chaussée. C’est sur une route complètement enneigée que nous arrivons au point le plus haut. Nous éprouvons un immense plaisir à pédaler dans ces conditions inhabituelles.
Nous basculons en versant nord dans la descente. Du fait de l’orientation l’épaisseur de neige augmente subitement sur cette pente orientée au septentrion. Nous faisons bien attention de ne pas perdre l’équilibre, nous descendons très lentement. En s’enfonçant dans les gorges du Rebenty, dans une zone encaissée sous des escarpements, nous sommes arrêtés par un chasse-neige en pleine action de déblaiement. Plus bas la neige cède à nouveau la place à la pluie. Très rapidement nous sommes trempés. Nous retrouvons les sensations de froid intense que nous avons connues il y a 48 heures. La descente est cependant moins longue, la déperdition chaleur sera donc moindre. Un pont enjambe la rivière. Nous le franchissons, une belle côte bien raide nous attend. Avant de l’attaquer nous nous sustentons sous une légère bruine. L’effort fourni dans cette montée nous réchauffe rapidement. Nous arrivons sur un plateau. Le temps reste maussade, mais la visibilité est bonne. Le paysage est de toute beauté. Avec les pluies qui durent depuis des semaines, la végétation est florissante. On pourrait se croire en Irlande et non dans les Pyrénées orientales, plus très loin de la mer Méditerranée. Un village, un hangar, Jean à la bonne idée de proposer d’y faire arrêt pour le repas de midi. Durant cette halte bien à l’abri d’un toit, la pluie redouble d’intensité. Mais au moment de partir elle faiblit, sans toutefois s’arrêter. Nous rejoignons la vallée de l’Aude que nous descendons sur une dizaine de kilomètres. Une fois encore, un pont, nous le franchissons et entamons la monté du col de Jau. Le panneau indicateur annonce 19 km pour le sommet, ça me donne un petit coup au moral. Je me dis que si ce col est dans les mêmes conditions que le précédent, cela va encore donner lieu à une belle bagarre. Heureusement il n’en sera rien. Le temps s’améliorera un peu, la pluie deviendra intermittente, et la déclivité ne sera pas très importante le long de cette rampe de 19 km. Vers le sommet le vent se fera plus présent. Nous nous abritons au col dans un bâtiment ouvert aux quatre vents. Nous nous lançons sans trop traîner dans une magnifique descente en direction de Mosset. Le froid aux mains est désagréable. Le ciel s’éclaircit, l’altitude diminue rapidement et nos corps se réchauffent. Nous sommes fin mai, et dès le plus petit rayon de soleil l’atmosphère gagne rapidement en chaleur. Les montagnes dans cette fin d’après-midi partiellement ensoleillée prennent des teintes subtiles dans des tons pastel. Le Canigou reste drapé d’un épais manteau nuageux et il ne nous dévoile que ses soubassements. La neige descend incroyablement bas pour un dernier jour du mois de mai. Le village de Mosset, lumineux par un éclairage d’ouest, apparaît tout en longueur sur une crête perpendiculaire à notre axe de descente. Nous le rejoignons rapidement. Une épicerie, proposant des cafés chauds, nous y faisons une halte prolongée. La tenancière très sympathique, nous indique notre gîte, et les prévient, car nos téléphones portables ne passent pas dans ces zones accidentées. Nous profitons collés le long d'un mur du village à l'abri du vent des rayons du soleil qui nous prodiguent une douce chaleur que nos corps apprécient grandement. Nous nous arrachons à ce plaisir et nous rejoignons deux kilomètres sous le village le Domaine Saint Georges, vieille bâtisse au charme certain en pleine nature. Les chambres à trois lits sont spartiates et exigües, mais l’accueil est de tout premier ordre. Le repas du soir excellent dans une salle à manger pleine de charme, en compagnie des propriétaires, sera non seulement excellent, mais particulièrement animé. Il y sera question de champignons, on aura droit de contempler et de humer une partie de la cueillette de morilles de cette année. On y discutera aussi pêche à la truite, comparant les Vosges et les Pyrénées orientales. On aura droit à l’anecdote des gardes pêche, qui surveillaient à la jumelle un pêcheur, en attendant qu’il commette une infraction, afin de lui tomber dessus. En effet, dans les lacs de montagne et les torrents, il est souvent interdit de pêcher avec des vairons comme appât. Notre pêcheur tout au long de l’après-midi avait essayé de prendre au ver une énorme truite de plus de cinq kilos. Cette dernière ne voulait rien savoir. Notre pêcheur en désespoir de cause, ne se résolvant pas à capituler, attrape un vairon et le met à son hameçon. La truite se jette dessus, une bagarre acharnée s’ensuit, qui se termine en défaveur du pêcheur, car le poisson cassa le fil. Mais les gardes n’avaient rien perdu du spectacle. Non seulement notre homme ne ramena pas sa truite, mais il écopa d’une amende, après procès, carabinée, d’un montant de plusieurs milliers d’euros. Avis aux amateurs, ne pas resquiller en matière de pêche à la truite, ou alors bien se planquer !
Vendredi 1 juin Mosset 90 km Saint-Laurent de Cerdans Ce matin, comme les jours précédents, le ciel est bas et gris. Le Canigou reste toujours bien emmitouflé dans sa gangue de nuages. Le départ, après un petit-déjeuner sympathique, se fait sous un début de pluie. Cela augure mal de la journée. Mais rapidement le ciel va se dégager et la pluie prendre fin définitivement. Une longue descente nous conduit à Prades, où nous allons suivre la nationale 116 sur une quinzaine de kilomètres. Nous bifurquons à droite vers le charmant village de Bouleternère. Nous y faisons une pause café dans un estaminet très animé. Ensuite la route en direction du col Fourtou et du col Xalard déroule ses courbes sous nos roues dans une ambiance méditerranéenne. Que cette douce chaleur est agréable après les très mauvaises conditions de ces derniers jours. Notre itinéraire tourne autour du Canigou, avant de plonger, dans une magnifique succession de virages sur 20 kilomètres, en direction de la petite ville thermale d’Amélie-les Bains. Cette ville me rappelle ma traversée des Pyrénées à pied cela fait maintenant sept ans. Que le temps passe vite et les années se précipitent ! Encore quelques kilomètres sur une route très passante. Nous traversons Arles-sur- Tech, lieu de passage du GR10 en direction du Canigou. J’y avais dormi, avant d’attaquer à pied la longue montée vers ce sommet mythique. Un peu plus loin nous prenons une route à la pente régulière, qui en une dizaine de kilomètres nous conduit au camping de Saint-Laurent de Cerdans. Le gérant nous informe que le matin la température était de zéro degré ! Quelques courageux montent au village, éloigné d’un kilomètre, et ramènent les ingrédients du repas du soir, qui sera comme d’habitude très sympathique dans notre vaste mobil home.
Samedi 2 juin 95 km Saint-Laurent de Cerdans à Cerbère Le temps est au beau, mais le vent semble vouloir se mettre de la partie pour la journée. Dans ce coin il est fréquent est assez rageur et se dénomme lorsqu’il vient du nord la tramontane. Pour commencer nous mettons le cap sur l’Espagne, donc au sud et bien évidemment le vent est notre allié. Nous dépassons le village de Coustouges et jute après nous basculons en Espagne. Ce versant des Pyrénées est impressionnant, car constitué de vastes zones sans population. Cette impression on la ressent tout au long de la frontière de la Méditerranée à l’Atlantique. D’ailleurs j’envisage sérieusement un long périple d’au moins mille kilomètres à travers ces coins reculés, où tous les paysages sont possibles.
La route que nous suivons nous conduit en descente douce jusqu’à la mer en une quarantaine de kilomètres. Une fois au bord de l’eau dans la région de la Jonquera, lieu de perdition et de frénésie du sexe, nous changeons de cap et repartons plein nord vers la France. Nous allons vivre un moment de grande émotion. En effet le long de cette route de toute beauté surplombant la mer, le vent va se déchaîner comme rarement je l’ai expérimenté. Une personne rencontrée nous dira que ce matin une pointe de 200 km/h a été enregistrée. Nous sommes ballottés comme des fétus de paille. Cela est dangereux, car lorsque les bourrasques nous bousculent nous pouvons être projetés contre les voitures. Cependant ces dernières, étant aussi très nettement chahutées, roulent avec grande prudence. Avant d’arriver à Port Bou nous traversons deux tunnels. Avec l’effet venturi le souffle qui nous percute est d’une force incroyable. Mais bien que très puissant, il est régulier à l'interieur des ouvrages, nous ne sommes donc pas trop déstabilisés. La sensation est époustouflante, arc-boutés sur les pédales on avance au maximum à cinq à l’heure en déployant des efforts considérables. Nous sommes incapables de nous adresser la moindre parole, tellement ce courant d’air en furie nous assourdit. Expérience étonnante ! Une fois à Port Bou, nous décidons de rejoindre notre point de chute de ce soir par train. Il s’agit de Port-Vendres. Mais les horaires entre Espagne et France ne sont pas compatibles. Nous nous résignons à rejoindre Cerbère à vélo et de là envisager la suite par le rail. La route passe en hauteur le long d’arêtes particulièrement exposées aux rafales. Et justement c’est sur ce tronçon que le vent a été chronométré ce matin à 200. Nous avons une dizaine de kilomètres à parcourir. Très vite nous réalisons que ça va être sportif. Avec le relief tourmenté de la tombée des Pyrénées dans la mer Méditerranée, par grand vent, se crée une aérologie locale complètement anarchique. On passe au détour d’un mouvement de terrain d’un vent très fort dans un sens à un vent de la même puissance mais en sens inverse. Dans une ligne droite bien pentue, je suis poussé puissamment, je ne pédale plus et j’accélère franchement. Sur les premiers mètres cela me fait franchement rire de monter sans pédaler, mais rapidement je me demande jusqu’à quelle vitesse je vais être entraîné. Plus haut je vois un virage, vais-je le prendre ou bien la bourrasque va-t-elle me jeter dans le décor ? Après une centaine de mètres le vent va me lâcher. Un peu plus loin, nous sommes quatre à la fois à être précipités contre le rail de sécurité. S’il n’avait pas été là pour nous arrêter, nous aurions été éjéctés dans la pente raide en caillasse pleine d’épineux, qui descend jusqu'à la mer. Le bouquet final, fut le passage de la frontière, où nous avons rencontré un couple de cyclistes au long cours, une Polonaise et un Irlandais, bien planqués à l’abri du vent. Pour franchir le replat de la frontière, le vent adverse était si puissant, que nous avons dû nous mettre à deux pour faire passer les vélos, l’un accroché au guidon, et l’autre poussant sur les sacoches, moment d’anthologie à deux roues ! Une fois à Cerbère, nous avons pris le train pour rejoindre notre gîte. Lieu tout à fait étonnant en plein centre-ville à proximité du port de Port Vendres. Le propriétaire est artiste peintre et dans la grande salle où nous avons dîné de bons poissons fraîchement pêchés nous avons pu admirer ses nombreuses œuvres, toutes dédiées aux beautés de ce coin de France. Voilà, ainsi ce termine un périple de 450 kilomètres entre passionnés de l’errance à vélo. Nous achevons ainsi notre traversée de la chaîne des Pyrénées que nous avions commencée l’année dernière d’Hendaye à Montréjeau. Il ne nous reste plus qu’à nous donner un nouveau rendez-vous pour une nouvelle aventure, avant que le groupe se disperse.
Renseignement sur le GR10 (Pyrénées) pour le mois d'août et sac à dos English translation pending
Bonjour à tous,
Après une recherche sur le fofo je ne trouve pas mes réponses donc je me permet de les demander.
Actuellement je n'ai jamais fait de rando avec bivouac à pied. Les rando étaient seulement des ballades à la journée. Et quelques semaines de rando en vélo (mais le chargement et le nombre de km n'est pas le même) .
Je souhaiterais faire 3 semaines ( 3 première semaines d'aôut ) de rando dans les pyrenées en longeant le GR10. J'ai remarqué que c'est la rando assez facile pour débutant. Je pense qu'à cette période les problèmes de neige auront totalement disparut. Quelle portion me conseillez vous ? Si certains on le guide sur le GR10 est-il bien fait? Avec les points de ravitaillement, refuge... ?
Plein de questions ce bousculent dans ma tête sur le sac à prendre ( je n'ai pas encore fait la liste du matos donc je ne connais pas encore le volume necessaire ). Sur l'itinéraire et la durée d'autonomie ? Combien de jour d'autonomie je peux prévoir ?
Merci de me donner les info que vous juger utiles sur le GR10. Je posséde un sac de couchage pyrenex 1200 ( 0° de confort et 1kg2) , une tente férino T-LITE 1 place (1kg5) ou tarp queshua je ne sais pas encore lequel prendre🤪) ainsi qu'un réchaud à cartouche de gaz et divers vétéments de rando ( veste imperméable t-shirt leger...) et je ne sais pas encore quoi prendre comme chaussure vu que mes salomom prenne l'eau)
Vins
Après une recherche sur le fofo je ne trouve pas mes réponses donc je me permet de les demander.
Actuellement je n'ai jamais fait de rando avec bivouac à pied. Les rando étaient seulement des ballades à la journée. Et quelques semaines de rando en vélo (mais le chargement et le nombre de km n'est pas le même) .
Je souhaiterais faire 3 semaines ( 3 première semaines d'aôut ) de rando dans les pyrenées en longeant le GR10. J'ai remarqué que c'est la rando assez facile pour débutant. Je pense qu'à cette période les problèmes de neige auront totalement disparut. Quelle portion me conseillez vous ? Si certains on le guide sur le GR10 est-il bien fait? Avec les points de ravitaillement, refuge... ?
Plein de questions ce bousculent dans ma tête sur le sac à prendre ( je n'ai pas encore fait la liste du matos donc je ne connais pas encore le volume necessaire ). Sur l'itinéraire et la durée d'autonomie ? Combien de jour d'autonomie je peux prévoir ?
Merci de me donner les info que vous juger utiles sur le GR10. Je posséde un sac de couchage pyrenex 1200 ( 0° de confort et 1kg2) , une tente férino T-LITE 1 place (1kg5) ou tarp queshua je ne sais pas encore lequel prendre🤪) ainsi qu'un réchaud à cartouche de gaz et divers vétéments de rando ( veste imperméable t-shirt leger...) et je ne sais pas encore quoi prendre comme chaussure vu que mes salomom prenne l'eau)
Vins
Jeu des mots (1ère édition...) English translation pending
Bonjour à tous.
Les célèbres productions KatettilaVojou (Faut pas vexer les bretons...) ont le plaisir (partagé, j'espère...) de vous proposer un nouveau divertissement ! 🙂
Comme le nom de ce jeu l'indique, il s'agit de faire deviner un lieu à partir de mots...
Ami(e)s du calembour, de la prose ou de l'alexandrin, à vous !😉
Les célèbres productions KatettilaVojou (Faut pas vexer les bretons...) ont le plaisir (partagé, j'espère...) de vous proposer un nouveau divertissement ! 🙂
Comme le nom de ce jeu l'indique, il s'agit de faire deviner un lieu à partir de mots...
Ami(e)s du calembour, de la prose ou de l'alexandrin, à vous !😉
Manille: éviter la quarantaine pour mon chien à l'aéroport? English translation pending
Bonjour à tous,
(et par avance désolé si mon post n'est pas au bon endroit)
Je débarque à Manille pour un an le 1er septembre dans le cadre d'un VIE et je voyagerai avec mon animal de compagnie. J'ai pris un vol direct pour lui éviter d'être trimbalé d'un avion à un autre pendant une escale ; mais j'avoue que plus je lis les forums sur internet, plus je crains pour mon arrivée à l'aéroport.
J'ai déjà obtenu l'autorisation du BAI pour faire entrer le chien sur le territoire mais visiblement, tout n'est pas si simple une fois à la frontière. De ce que je comprends, un vétérinaire examine l'animal et s'assure que tous les papiers sont en règle : - permis d'importation BAI - certificat médical d'un vétérinaire - carnet de santé et vaccins en règle
Évidemment, je m'assurerai d'être irréprochable sur ces trois points, mais quid du "pourboire" ? Ayant peu voyagé dans ma vie et n'étant pas coutumier du "graissage de patte", à quoi dois-je m'attendre ? Quelqu'un a-t-il des astuces ou recommandations pour faire en sorte que tout se passe bien ? S'il faut sortir une petite liasse de billets, je n'y verrai pas d'inconvénient, mais jusqu'à combien cela peut-il monter ?
Tous vos conseils seront les bienvenus ; mon objectif principal est de repartir avec le chien, que je ne leur laisserai en aucun cas, même pour une nuit.
Merci !
Je débarque à Manille pour un an le 1er septembre dans le cadre d'un VIE et je voyagerai avec mon animal de compagnie. J'ai pris un vol direct pour lui éviter d'être trimbalé d'un avion à un autre pendant une escale ; mais j'avoue que plus je lis les forums sur internet, plus je crains pour mon arrivée à l'aéroport.
J'ai déjà obtenu l'autorisation du BAI pour faire entrer le chien sur le territoire mais visiblement, tout n'est pas si simple une fois à la frontière. De ce que je comprends, un vétérinaire examine l'animal et s'assure que tous les papiers sont en règle : - permis d'importation BAI - certificat médical d'un vétérinaire - carnet de santé et vaccins en règle
Évidemment, je m'assurerai d'être irréprochable sur ces trois points, mais quid du "pourboire" ? Ayant peu voyagé dans ma vie et n'étant pas coutumier du "graissage de patte", à quoi dois-je m'attendre ? Quelqu'un a-t-il des astuces ou recommandations pour faire en sorte que tout se passe bien ? S'il faut sortir une petite liasse de billets, je n'y verrai pas d'inconvénient, mais jusqu'à combien cela peut-il monter ?
Tous vos conseils seront les bienvenus ; mon objectif principal est de repartir avec le chien, que je ne leur laisserai en aucun cas, même pour une nuit.
Merci !
Sites d'ancrage demandés entre Bordeaux et Nice English translation pending
Bonjour à tous,
Je suis une jeune retraitée qui veut débuter cette nouvelle vie de très belle façon, en visitant la France (pour une troisième fois) pendant 2 mois. Plus précisément de Bordeaux à Nice durant les mois de mai et juin. Mon intention est de louer des appartements à différents endroits durant des périodes allant de 2 à 3 semaines à chaque endroit afin de rayonner tranquillement autour de mes points d'ancrage. Considérant les 9 semaines dont je dispose, ceci signifie que je pourrais bénéficier de 3 ou 4 logements différents. Je louerai une voiture durant toute la durée de ce voyage.
Avez-vous des suggestions de villes ou villages où je pourrais demeurer afin d'optimiser mes déplacements? Je préfère des endroits hors des grandes villes.
Aussi, je prévois faire le voyage de l'ouest vers l'est. Serait-il mieux de faire l'inverse?
Merci à tous ceux qui voudront bien m'aider.🙂
Je suis une jeune retraitée qui veut débuter cette nouvelle vie de très belle façon, en visitant la France (pour une troisième fois) pendant 2 mois. Plus précisément de Bordeaux à Nice durant les mois de mai et juin. Mon intention est de louer des appartements à différents endroits durant des périodes allant de 2 à 3 semaines à chaque endroit afin de rayonner tranquillement autour de mes points d'ancrage. Considérant les 9 semaines dont je dispose, ceci signifie que je pourrais bénéficier de 3 ou 4 logements différents. Je louerai une voiture durant toute la durée de ce voyage.
Avez-vous des suggestions de villes ou villages où je pourrais demeurer afin d'optimiser mes déplacements? Je préfère des endroits hors des grandes villes.
Aussi, je prévois faire le voyage de l'ouest vers l'est. Serait-il mieux de faire l'inverse?
Merci à tous ceux qui voudront bien m'aider.🙂
Jeu des photos 59ème épisode English translation pending
Bonjour à tous et à toutes,
Je vais vous proposer ce cliché en vous demandant : où peut on rencontrer ce genre d' habitation?
Il ne vous est pas interdit d' aller plus loin et de trouver la ville par ex ou tout au moins la région
Je mettrai une autre photo tout à l' heure
Je vais vous proposer ce cliché en vous demandant : où peut on rencontrer ce genre d' habitation?
Il ne vous est pas interdit d' aller plus loin et de trouver la ville par ex ou tout au moins la région
Je mettrai une autre photo tout à l' heure
Traverser le GR 10 (Pyrénées) en une seule randonnée? English translation pending
salut à tous ,
j'ai l'intention de me faire cette fameuse traversée des Pyrénées par le gr 10 , je voudrais démarrer fin juin pour une période indéterminée encore .... il aurait t'il quelqu'un qui aurait tenté cette aventure en solo et en bivouac ? est t'il possible de se ravitailler régulièrement tout le long du chemin ? j'aimerais prendre le départ de hendaye pour arriver à banyuls dois-je prévoir plusieurs jours supplémentaires à mon périple pour me réapprovisionner ? si oui , à quelle fréquence environ ? car la nourriture lyophilisée , ça creuse à la longue 😛😛😛 merci d'avance...😉
j'ai l'intention de me faire cette fameuse traversée des Pyrénées par le gr 10 , je voudrais démarrer fin juin pour une période indéterminée encore .... il aurait t'il quelqu'un qui aurait tenté cette aventure en solo et en bivouac ? est t'il possible de se ravitailler régulièrement tout le long du chemin ? j'aimerais prendre le départ de hendaye pour arriver à banyuls dois-je prévoir plusieurs jours supplémentaires à mon périple pour me réapprovisionner ? si oui , à quelle fréquence environ ? car la nourriture lyophilisée , ça creuse à la longue 😛😛😛 merci d'avance...😉
Partir vivre dans le Sud-Ouest français (Perpignan) English translation pending
Bonjour à tous !!!
Mon mari et moi voulons changer de vie ! Nous n'avons rien qui nous retienne dans le nord et nous souhaitons partir vivre à Perpignan.
Mon mari va demander sa mutation là-bas donc question boulot, pas de problème ! Au niveau du logement, j'ai regardé les petites annonces sur le net et à priori c'est le même prix que dans le nord !!! J'en revient pas !
Bref, pourriez-vous me dire si vous connaissez perpignan ou sa région ??
Est ce qu'on y vit si bien ?? Sur le net j'ai trouvé des post où on parle de l'insécurité qui y règne ! Certains me font m'imaginer le pire, on dirait carrément qu'ils parlent du bronx ! 🏴☠️ Je trouve ça un peu gros !!??
Merci d'avance pour vos réponses ! 😉
Mon mari et moi voulons changer de vie ! Nous n'avons rien qui nous retienne dans le nord et nous souhaitons partir vivre à Perpignan.
Mon mari va demander sa mutation là-bas donc question boulot, pas de problème ! Au niveau du logement, j'ai regardé les petites annonces sur le net et à priori c'est le même prix que dans le nord !!! J'en revient pas !
Bref, pourriez-vous me dire si vous connaissez perpignan ou sa région ??
Est ce qu'on y vit si bien ?? Sur le net j'ai trouvé des post où on parle de l'insécurité qui y règne ! Certains me font m'imaginer le pire, on dirait carrément qu'ils parlent du bronx ! 🏴☠️ Je trouve ça un peu gros !!??
Merci d'avance pour vos réponses ! 😉
Traverser la Nouvelle-Zélande à pied English translation pending
Bonjours!!
Bon, avant tout je tiens a prevenir que ce message risque d'être long, voir trés long...
Voila, depuis que je suis toute petite, je suis fascinée par la Nouvelle-Zélande, et en particulier par l'île du sud. C'est du en grande partie a mon grand pére qui y a été pendant un mois et qui m'a fait découvrir ce pays a travers ses magnifiques photos. Je vous rassure, j'arréte la ma biographie!!😏 Toujours est il que je viens d'avoir 18 ans et que je rêve d traverser l'île du sud a pied. J'avais cru trouver une solution pour partir, grace au visa Travail-vacances en Nouvelle-Zélande, mais cette solution se revele être trés chere... Je vous écris donc ce message pour savoir si vous ne connaitriez pas un moyen de partir pas trop onéreuse et si oui, est ce que vous connaissez ce manifique pays. Si oui, pourriez vous me conseiller des endroits a voir, ou des personnes a rencontrer, ou autres si vous connaissez d'autres choses. Je sais que ce projet peut sembler totalement débile pour une jeune fille de 18 ans, mais je tiens a preciser que c'est un projet murement reflechi et qu'il l'est d'autant plus que je vais normalement attaquer mes études de socio-ethnologie!!😏 je vous remercie par avance de vos réponses, ou au moins de m'avoir lue!
Bon, avant tout je tiens a prevenir que ce message risque d'être long, voir trés long...
Voila, depuis que je suis toute petite, je suis fascinée par la Nouvelle-Zélande, et en particulier par l'île du sud. C'est du en grande partie a mon grand pére qui y a été pendant un mois et qui m'a fait découvrir ce pays a travers ses magnifiques photos. Je vous rassure, j'arréte la ma biographie!!😏 Toujours est il que je viens d'avoir 18 ans et que je rêve d traverser l'île du sud a pied. J'avais cru trouver une solution pour partir, grace au visa Travail-vacances en Nouvelle-Zélande, mais cette solution se revele être trés chere... Je vous écris donc ce message pour savoir si vous ne connaitriez pas un moyen de partir pas trop onéreuse et si oui, est ce que vous connaissez ce manifique pays. Si oui, pourriez vous me conseiller des endroits a voir, ou des personnes a rencontrer, ou autres si vous connaissez d'autres choses. Je sais que ce projet peut sembler totalement débile pour une jeune fille de 18 ans, mais je tiens a preciser que c'est un projet murement reflechi et qu'il l'est d'autant plus que je vais normalement attaquer mes études de socio-ethnologie!!😏 je vous remercie par avance de vos réponses, ou au moins de m'avoir lue!
Trekking au Sarek National Park en Suède English translation pending
Bonjour à tous,
Avec 4 autres amis, nous aimerions faire un trekking de plus ou moins une semaine en Laponie, au Sarek National Park près de Jokkmokk au Nord de la Suède. Nous partirions début semptembre. Seulement nous ne sommes pas très expérimentés et nous nous demandons plusieurs questions à propos de ce fabuleux parc national. Donc si quelqu'un y a déjà été ou si vous avez des infos... ;-)
Tout d'abord, nous aimerions savoir quel est le meilleur moyen de s'y rendre, et ou. Nous pensions prendre l'avion jusque Stockholm avec Ryanair et ensuite rejoindre le Nord de la Suède en train avec la compagnie SJ. Ca nous permettrais de gagner pas mal d'argent.
Ensuite, ce que nous voulons c'est nous retrouver dans une nature inviolée et sauvage. Pour cela, le Sarek nous intéressait pas mal. Seulement, nous nous posons des questions niveau sécurité. On ne veut pas se retrouver à 2 jours de marche du premier poste de secours... Comment cela se présente-t-il? Y a-t-il un minimum d'infractructure? Y a-t-il des endroit pour acheter de la nourriture, etc.?
De plus, avez vous des idées d'itinéraire à prendre sur place? Quels sont les plus beaux endroit pour faire du camping sauvage? Y a-t-il des itinéraires déjà tout fait?
Merci beaucoup pour vos réponses!
Chris
Avec 4 autres amis, nous aimerions faire un trekking de plus ou moins une semaine en Laponie, au Sarek National Park près de Jokkmokk au Nord de la Suède. Nous partirions début semptembre. Seulement nous ne sommes pas très expérimentés et nous nous demandons plusieurs questions à propos de ce fabuleux parc national. Donc si quelqu'un y a déjà été ou si vous avez des infos... ;-)
Tout d'abord, nous aimerions savoir quel est le meilleur moyen de s'y rendre, et ou. Nous pensions prendre l'avion jusque Stockholm avec Ryanair et ensuite rejoindre le Nord de la Suède en train avec la compagnie SJ. Ca nous permettrais de gagner pas mal d'argent.
Ensuite, ce que nous voulons c'est nous retrouver dans une nature inviolée et sauvage. Pour cela, le Sarek nous intéressait pas mal. Seulement, nous nous posons des questions niveau sécurité. On ne veut pas se retrouver à 2 jours de marche du premier poste de secours... Comment cela se présente-t-il? Y a-t-il un minimum d'infractructure? Y a-t-il des endroit pour acheter de la nourriture, etc.?
De plus, avez vous des idées d'itinéraire à prendre sur place? Quels sont les plus beaux endroit pour faire du camping sauvage? Y a-t-il des itinéraires déjà tout fait?
Merci beaucoup pour vos réponses!
Chris
Retour du royaume de Siam du 25 octobre au 7 novembre 2009 (Thaïlande) English translation pending
petit retour d'infos sur un petit voyage en thailande. 25/10 au 07/11
Avion Barcelone-Zurich-Bangkok, choisi pour des raison de facilitées (j'habite à la frontière espagnole) d'horaires et de prix; Internet. 1h.05 pour changer d'avion à Zurich aller et 1h10 retour, no problème pas de retard. connexion Bkk -Krabi 1h30, billets achetés sur internet 3 mois avant, Air Asia 160€ pour 4. n'en déplaise aux grincheux, il nous a fallut 3/4 d'heure , pour récupérer les bagages, passer l'immigration , faire du change , enregistrer les bagages et aller a l'embarquement et on est parti avec 10mn d'avance, c'était vers 17heures. dans l'avion petite canette de cola pour les gosses, pas cher par rapport à Barcelone. j'avais réservé par Agoda 3 nuits au Krabi resort à Ao-nang, le taxi nous y emmène pour 600 baths. on prends nos chambres (eh oui il en faut 2) sur la piscine, ce sont des standarts mais l'avantage c'est de traverser la pelouse et de faire plouf, ce que l'on fait, il n'y a personne, bon pas de resto à l'hotels, on va pas jouer au frileux on suit la plage et hop un orage, donc direction le resto voisin. c'est là que nous faison nos premier pas avec le spicies, ça déménage, on est pas habitué, hormis la harissa et le piment d'espelette a petite dose. direction la rue en sortant; un aller retour puis hotel et replouf dans la piscine puis dodo, que nous puissions apprécier au grand jour.
habitant les bords de la méditerranée, le touriste je connais , mais là, il y en avait peu, hotel au 3/4 vide, peu de monde dans la rue, les bars de nuit c'est plus pour moi, des restos pour tous les gouts et a tous les prix. on rencontre un couple de gardois qui sont sur le départ, on leur demande s'ils ont une adresse de resto : le TANTAS c'est bon et ils ont une signalétique sur leur carte, pour indiquer les plats les plus pimentés. ( autour de 1200 baths ) recherche des adresses indiquées par les" forumeurs" pour les sorties pour le soir une pizzerria avec un menu a 250baths ira. comme il faisait beau on c'est dit qu'on pourrais rester plusieurs jours de plus , surtout que lumpini ne répondait pas a mes MP ;3 nuits de plus sur la zone et avec la complicité de For Friends travel et de sa vendeuse qui comprends et parle un peu francais on organise: rafting ballade à dos d'éléphant, canoé dans la mangrove, journée visite des iles et rayley baignades tuba, le tout a des tarifs imbattables et une organisation top de chez top.on voit pas le temps passer , massages sur le front de mer, ballades et plage - piscine il faut prévoir la suite, a savoir vers Phuket, on voudrait aussi réserver Phuket- BKK par Air-Asia. pas de panique, dans la rue on fait nos emplettes (nous sommes décomplexé maintenant) un Taxi Van pour Kamala (2000 bath) et surtout dans 1 petite boutique nos billets d'avion pour retour BKK, un peu plus cher mais bon on est en vacances.(200€) l'essentiels de nos repas se sont fait en face le krabi-resort le soir, un bouiboui sympa pas engageant mais super bon et une patronne ( elle ressemble à Bonnemine) active et des prix ??????????? entre 800 et 1200 suivant qu'il y ai des gambas ou non avec les boissons pour 4 bien sur, le midi avec les activités extérieures on était absents, sinon, les triporteurs pour les fritures ou les grillades ou les fruits ( entires ou mixé)ou les pancakes pour 250/300 baths les 4.( en sortant a gauche de l'hotel) le wifi payant a l'hotel et cher et un petit dej pas trop élaboré, sont les moins du séjours, si affluence, cela doit être le bordel car piscine non extensible et plage petite, les plus sont légions liés a l'hotel et a la station balnéaire.
taxi en avance a 13h départ Kamala sur phuket et 2h30 aprés on est devant le kamala dreams au bout de la plage le taxi attends car je n'ai pu réserver par le net depuis Ao-nang chambre ok : simples , propres et hotel silencieu, car on n'est pas nombreux, le patron est hollandais et maitrise bien le francais (sur le LP le tel est faux)1500 la nuit avec pdj, les chambres donnent sur la petite piscine, il n'y a que nous qui l'utilisons. la plage est grande a marée basse quelques scot de mer, longtail et un para sailing, pas de monde c'est bien d'avoir tous les équipements pour soi, tv5 a la télé, massages sur le front de mer et le lendemain Fantasea, le spectacle est vraiment bien, la zone commerciale et récréative façon fête a NeuNeu est nulle et au resto, c'est bon si on choisi le coin asiatique et que l'on ne s'empiffre pas de bolognaise. c'est aussi la seule occasion ou j'ai le sentiment que je me suis fait plumer sur le forfait transport, (1500 baths) alors que nous étions a 2 minutes, j'aurais du faire attention et prendre les tuktuk. c'est la fin, le temps passe plus vite, ballade sur la plage, dans le village, quad dans le sud de l'ile, taxi pour l'aéroport avec comme preuve d'achat un fax avec des numéros de resrvation même le nom de la Cie n'apparait pas, j'angoisse pour rien on est bien enregisté et nos bagages aussi, on a le temps on mange un peu , l'avion a du retard (40 minutes) c'est celui qui vient de bangkok qui a le retard ; 17h a Bkk, la cohue du taxi a la sortie, les bouchons sur les avenues 19h 15 a l'hotel Atlanta c"est l'hotel qui est le plus anachronique des 3 que j'ai fait, l'emplacement n'est pas mauvais il est discret dans son impasse soi2 le rez de chaussé est classieux années 60 mais le reste est minable salle de bain surtout, chambre sans déco des coffres partout pas de télé pas de frigo.la piscine est ouverte la nuit mais fortement dégradée, une partie du personnel a l'age de l'hotel mais est trés sympatique le resto sans prétention mais bon les filles et la drogue sont interdites, mais il y a des résidents qui rentrent les bouteilles d'alcool et le bar fourni la bourse de glaçons gratos; la suite a 1820 baths la nuit n'est pas compétitive, la clim ne fait pas de bruit et la rue est calme.pas d'ascenceur . de nombreux hotels a taille humaine sont en train de cannibaliser la ruelle il risque de disparaitre d'ici peu, de plus si le manager est le type grincheux qui resemble a un boule dogue ça n'aide pas . Mais c'est moi qui l'ai choisi pas de regret on était dehors une bonne partie de la journée. 1 journée pour les palais avec les statues debouts, assises, couchées tentative d'arnaque au tuk tuk il nous a laissé en plan lors d'une visite, le remplaçant a essayé de faire rebelotte mais ma tête de con qui commencait a fumer l'a dissuadé. une virée de nuit sur la chao praya, repas spectacle le marché de nuit lumpini les centre commerciaux de Siam, le MBK, pas le temps de faire autre chose même avec le métro et le skytrain a coté le séjour se termine, on solde avec l'aquarium on squatte la piscine jusqu'au départ pour l'aéroport a 19h30; bye bye la fourmillière polluée , j'avoue je n'ai pas mangé une seule fois dans la rue, j'aurais bien tenté le concert pop au lumpini market mais j'ai rien compris au système des coupons.
avion swiss a 23h45 retour à Zurich 1 double café au bar et hop barcelone avec une fournée d'israéliennes (on se serait cru au marché) reprise de la voiture et par ce beau dimanche 8/11 arrivée sur les bords de la méditerranée pour affronter le lendemain une tramontane a 120 kms /h et de la neige sur le CANIGOU.
merci a tous ceux qui par leur écris , conseils et contributions ont permis que ce 1° voyage en Thailande se passe le mieux du monde.
Barbot , Boum, Flip flop( quand il était là), Thuan, Chioute, Viadi et les autres a une prochaine.
Avion Barcelone-Zurich-Bangkok, choisi pour des raison de facilitées (j'habite à la frontière espagnole) d'horaires et de prix; Internet. 1h.05 pour changer d'avion à Zurich aller et 1h10 retour, no problème pas de retard. connexion Bkk -Krabi 1h30, billets achetés sur internet 3 mois avant, Air Asia 160€ pour 4. n'en déplaise aux grincheux, il nous a fallut 3/4 d'heure , pour récupérer les bagages, passer l'immigration , faire du change , enregistrer les bagages et aller a l'embarquement et on est parti avec 10mn d'avance, c'était vers 17heures. dans l'avion petite canette de cola pour les gosses, pas cher par rapport à Barcelone. j'avais réservé par Agoda 3 nuits au Krabi resort à Ao-nang, le taxi nous y emmène pour 600 baths. on prends nos chambres (eh oui il en faut 2) sur la piscine, ce sont des standarts mais l'avantage c'est de traverser la pelouse et de faire plouf, ce que l'on fait, il n'y a personne, bon pas de resto à l'hotels, on va pas jouer au frileux on suit la plage et hop un orage, donc direction le resto voisin. c'est là que nous faison nos premier pas avec le spicies, ça déménage, on est pas habitué, hormis la harissa et le piment d'espelette a petite dose. direction la rue en sortant; un aller retour puis hotel et replouf dans la piscine puis dodo, que nous puissions apprécier au grand jour.
habitant les bords de la méditerranée, le touriste je connais , mais là, il y en avait peu, hotel au 3/4 vide, peu de monde dans la rue, les bars de nuit c'est plus pour moi, des restos pour tous les gouts et a tous les prix. on rencontre un couple de gardois qui sont sur le départ, on leur demande s'ils ont une adresse de resto : le TANTAS c'est bon et ils ont une signalétique sur leur carte, pour indiquer les plats les plus pimentés. ( autour de 1200 baths ) recherche des adresses indiquées par les" forumeurs" pour les sorties pour le soir une pizzerria avec un menu a 250baths ira. comme il faisait beau on c'est dit qu'on pourrais rester plusieurs jours de plus , surtout que lumpini ne répondait pas a mes MP ;3 nuits de plus sur la zone et avec la complicité de For Friends travel et de sa vendeuse qui comprends et parle un peu francais on organise: rafting ballade à dos d'éléphant, canoé dans la mangrove, journée visite des iles et rayley baignades tuba, le tout a des tarifs imbattables et une organisation top de chez top.on voit pas le temps passer , massages sur le front de mer, ballades et plage - piscine il faut prévoir la suite, a savoir vers Phuket, on voudrait aussi réserver Phuket- BKK par Air-Asia. pas de panique, dans la rue on fait nos emplettes (nous sommes décomplexé maintenant) un Taxi Van pour Kamala (2000 bath) et surtout dans 1 petite boutique nos billets d'avion pour retour BKK, un peu plus cher mais bon on est en vacances.(200€) l'essentiels de nos repas se sont fait en face le krabi-resort le soir, un bouiboui sympa pas engageant mais super bon et une patronne ( elle ressemble à Bonnemine) active et des prix ??????????? entre 800 et 1200 suivant qu'il y ai des gambas ou non avec les boissons pour 4 bien sur, le midi avec les activités extérieures on était absents, sinon, les triporteurs pour les fritures ou les grillades ou les fruits ( entires ou mixé)ou les pancakes pour 250/300 baths les 4.( en sortant a gauche de l'hotel) le wifi payant a l'hotel et cher et un petit dej pas trop élaboré, sont les moins du séjours, si affluence, cela doit être le bordel car piscine non extensible et plage petite, les plus sont légions liés a l'hotel et a la station balnéaire.
taxi en avance a 13h départ Kamala sur phuket et 2h30 aprés on est devant le kamala dreams au bout de la plage le taxi attends car je n'ai pu réserver par le net depuis Ao-nang chambre ok : simples , propres et hotel silencieu, car on n'est pas nombreux, le patron est hollandais et maitrise bien le francais (sur le LP le tel est faux)1500 la nuit avec pdj, les chambres donnent sur la petite piscine, il n'y a que nous qui l'utilisons. la plage est grande a marée basse quelques scot de mer, longtail et un para sailing, pas de monde c'est bien d'avoir tous les équipements pour soi, tv5 a la télé, massages sur le front de mer et le lendemain Fantasea, le spectacle est vraiment bien, la zone commerciale et récréative façon fête a NeuNeu est nulle et au resto, c'est bon si on choisi le coin asiatique et que l'on ne s'empiffre pas de bolognaise. c'est aussi la seule occasion ou j'ai le sentiment que je me suis fait plumer sur le forfait transport, (1500 baths) alors que nous étions a 2 minutes, j'aurais du faire attention et prendre les tuktuk. c'est la fin, le temps passe plus vite, ballade sur la plage, dans le village, quad dans le sud de l'ile, taxi pour l'aéroport avec comme preuve d'achat un fax avec des numéros de resrvation même le nom de la Cie n'apparait pas, j'angoisse pour rien on est bien enregisté et nos bagages aussi, on a le temps on mange un peu , l'avion a du retard (40 minutes) c'est celui qui vient de bangkok qui a le retard ; 17h a Bkk, la cohue du taxi a la sortie, les bouchons sur les avenues 19h 15 a l'hotel Atlanta c"est l'hotel qui est le plus anachronique des 3 que j'ai fait, l'emplacement n'est pas mauvais il est discret dans son impasse soi2 le rez de chaussé est classieux années 60 mais le reste est minable salle de bain surtout, chambre sans déco des coffres partout pas de télé pas de frigo.la piscine est ouverte la nuit mais fortement dégradée, une partie du personnel a l'age de l'hotel mais est trés sympatique le resto sans prétention mais bon les filles et la drogue sont interdites, mais il y a des résidents qui rentrent les bouteilles d'alcool et le bar fourni la bourse de glaçons gratos; la suite a 1820 baths la nuit n'est pas compétitive, la clim ne fait pas de bruit et la rue est calme.pas d'ascenceur . de nombreux hotels a taille humaine sont en train de cannibaliser la ruelle il risque de disparaitre d'ici peu, de plus si le manager est le type grincheux qui resemble a un boule dogue ça n'aide pas . Mais c'est moi qui l'ai choisi pas de regret on était dehors une bonne partie de la journée. 1 journée pour les palais avec les statues debouts, assises, couchées tentative d'arnaque au tuk tuk il nous a laissé en plan lors d'une visite, le remplaçant a essayé de faire rebelotte mais ma tête de con qui commencait a fumer l'a dissuadé. une virée de nuit sur la chao praya, repas spectacle le marché de nuit lumpini les centre commerciaux de Siam, le MBK, pas le temps de faire autre chose même avec le métro et le skytrain a coté le séjour se termine, on solde avec l'aquarium on squatte la piscine jusqu'au départ pour l'aéroport a 19h30; bye bye la fourmillière polluée , j'avoue je n'ai pas mangé une seule fois dans la rue, j'aurais bien tenté le concert pop au lumpini market mais j'ai rien compris au système des coupons.
avion swiss a 23h45 retour à Zurich 1 double café au bar et hop barcelone avec une fournée d'israéliennes (on se serait cru au marché) reprise de la voiture et par ce beau dimanche 8/11 arrivée sur les bords de la méditerranée pour affronter le lendemain une tramontane a 120 kms /h et de la neige sur le CANIGOU.
merci a tous ceux qui par leur écris , conseils et contributions ont permis que ce 1° voyage en Thailande se passe le mieux du monde.
Barbot , Boum, Flip flop( quand il était là), Thuan, Chioute, Viadi et les autres a une prochaine.
Traversée des Pyrénées à pied, seul English translation pending
Traversée des Pyrénées juin 2006
Je vais avec plus de deux ans de recul relater ma traversée des Pyrénées effectuée sur 22 jours, essentiellement au mois de juin, commencée à Banyuls et terminée début juillet à Cambo-les-Bains.
Comme souvent cette aventure a commencé par un trajet en train au départ de Lyon. Pour me laisser le temps, tout en prévoyant un programme très ambitieux, j'avais dit à ma famille que je partais pour deux mois. N'ayant pas essuyé de reproches directs quant à cette durée somme toute longue surtout en été, j'ai cependant bien vu dans certains regards de l'étonnement et peut-être aussi un peu de peur. Pourquoi grand dieu a-t-il besoin de partir seul dans les montagnes? L'absence de question évite toute justification. D'ailleurs quelle est la justification au fait de partir seul? Y en a-t-il une ou plusieurs? Je ne saurais donner de réponse certaine car les idées restent assez confuses dans mon cerveau. Peut-être à la cinquantaine se prouver que le corps est encore jeune, vivre une aventure tout en restant dans des normes connues, n'avoir à s'occuper que de soi, une recherche relative de solitude? Probablement un mélange de tout cela. Bien sûr avant de partir, j'éprouve des doutes et aussi des remords, car je sais que certaines personnes ressentent ces moments du départ avec douleur, à la manière d'un abandon. Mais inexorablement j'essaie de durcir ma carapace et de ne pas trop réfléchir. Puis le premier pas étant effectué, le cœur devient plus léger.
Le trajet en train, direction le sud, permet de m'absorber d'une part dans une lecture intéressante en espagnol, car le gros de ma traversée je compte la faire dans le pays de Don Quichotte, et d'autre part dans la contemplation du paysage et tout spécialement du Rhône. Ce fleuve exerce sur moi une véritable attirance. De grands écrivains, comme Bosco ou Clavel, en ont fait des descriptions époustouflantes et y ont situé certains de leurs romans. Je me souviens aussi des parties de pêche effrénées avec mon frère dans notre jeunesse, où nous attrapions toutes sortes de poissons en particulier de gros brochets, pêchés de façon tout à fait irrégulière. En effet dans le port Edouard Herriot à Lyon pendant les grandes chaleurs de l'été de gros poissons s'immobilisaient à la surface. Traîtreusement, avec des cannes au lancer équipées de gros hameçons triples, après avoir bien visé nous les crochetions en travers du corps, pas très académique comme procédé mais très efficace. Heureusement ces poissons avaient pratiquement toujours la vie sauve, car leur chair sentait horriblement le pétrole. Il nous arrivait parfois de les ramener à la maison et de squatter la baignoire où durant quelques jours ces habitants du Rhône se trouvaient emprisonnés à la grande colère de notre mère et dans la joie dissimulée de notre père. Puis un jour les bornes ont été dépassées, le nombre de gros brochets et autres carnassiers attrapés étant tel, que nous sommes allés dérober mon frère et moi un fût de deux cents litres vide, qui se trouvait sur le chantier dans la rue au pied de notre appartement. Nous l'avons installé au milieu de ma chambre, rempli d'eau et y avons mis nos gros poissons. Sans doute attiré par nos exclamations de joie, notre père est entré dans la chambre et a marqué l'arrêt devant ce gros bidon rouge pour le moins pas très propre. Puis rapidement reprenant ses esprits, contrairement à la baignoire qui le faisait rire, dans le cas présent son visage exprimait plutôt de la colère et de la consternation devant la stupidité de ses enfants. Nous eûmes l'ordre impératif et exécutoire dans les plus brefs délais de rapporter notre aquarium sur son chantier et de nettoyer par la même occasion la grosse tache de goudron ou d'hydrocarbure qui marquait le centre de la chambre. Tous ces souvenirs de lecture ou d'histoires vécues me permettent de m'éloigner par la pensée des miens et d'oublier ma culpabilité en les abandonnant.
Contrairement à l'année dernière le trajet se passe sans problème. En effet au cours du mois de septembre 2005, j'avais accompli une randonnée d'une semaine à partir de ce joli petit port méditerranéen. J'avais loupé la correspondance en gare de Béziers, à cause de ce que l'on appelle pudiquement un accident de personne. Deux heures d'attente, que j'avais mises à profit pour me promener dans la ville. Il est étrange de penser que l'on profite d'une opportunité de découvrir un lieu parce qu'une personne qui n'avait plus la force ou l'envie de vivre s'est jetée sous un train. Me voilà donc vers les 13 heures en gare de Banyuls. Bien que la première étape soit longue pour un après-midi, je prends mon temps. Je descends sur la plage et vais au contact de l'eau. J'y trempe la main et les pieds mais n'ai pas le courage de me baigner. On ressent toujours une impression étrange, mélange d'appréhension de doute et d'excitation, au moment de partir seul dans un projet d'une certaine ampleur. Surtout, comme je l'ai, dit mon plan est assez ambitieux. Je compte suivre la HRP jusque vers Puigcerda, puis mettre le cap sur la Serra des Cadi et musarder par la suite dans certains massifs espagnols comme le Cotiella, puis rattraper la HRP du côté de Gavarnie et je projette même de remonter la plage de la frontière jusqu'à Arcachon. Mais rapidement, ce que je n'avais pas anticipé, c'est que pour le moral, indépendamment du temps qui souvent n'a pas été de la partie, j'ai besoin de voir sur ma carte la distance se creuser derrière moi et diminuer en direction de l'Atlantique. Toute ma vie j'ai été conditionné pour ne pas prendre le temps et on ne change pas facilement. J'ai presque honte de dire que durant cette traversée, ma plus grande joie bien souvent consistait à visualiser sur ma carte routière au 1 000 000 le trajet de la journée et de constater que cela représentait un espace très significatif à cette échelle d'un pays. Donc progressivement, me trouvant un certain nombre d'excuses, le temps, la famille, mes parents, mon fils qui commençait un stage à Lyon vers le 10 juillet, ce fut la ligne droite ou presque qui dicta mon itinéraire. Ce mode de pensée ne s'est pas imposé immédiatement mais s'est insinué lentement au cours de la première semaine.
Premier jour GR 10 de Banyuls au refuge au pied du Pic Neulos
Vers les 14 heures je démarre. Cet après-midi je compte rejoindre le refuge au pied du Pic Neulos en suivant le GR 10. Je connais l'itinéraire pour l'avoir suivi l'an dernier. Aujourd'hui le temps est beau et stable alors que la fois précédente rapidement je fus pris dans le brouillard et la pluie. J'avais trouvé la cabane à la nuit tombante, alors que se déclenchait un orage d'une violence extrême. J'apprendrai plus tard que cette nuit de septembre 2005, les départements environnants avaient été mis en vigilance rouge. Un grand arbre avait été fracassé par la foudre à proximité de l'abri. Dire qu'il s'en était fallu de peu que je le trouve, alors que j'errais dans le brouillard, la nuit et la pluie. Cette étape est longue, plus de mille mètres de dénivelé et il me faut 6 heures à un bon rythme pour y parvenir. A part un couple doublé, que je reverrai trois jours plus tard sur le Canigou, je ne rencontre personne. Une fois arrivé, croyant que le couple me rejoindrait pour la nuit je m'installe dans un coin. Personne ne vient. Je suis et resterai seul, avec une vue magnifique sur la Méditerranée qui s'étale à l'infini. Au cours de cette traversée ce sera la seule nuit où je n'aurai pas de compagnie. Bien souvent, lors de grandes étapes les journées se dérouleront dans la solitude mais le soir il y aura toujours une âme qui vive avec qui discuter, sauf pour cette première étape. La fois précédente, la nuit de l'orage, il y avait cinq personnes, quatre jeunes Hollandais et un saltimbanque qui terminait la traversée des Pyrénées par le GR 10. Son périple avait duré deux mois avec un sac de 20 kilogrammes. Il s'arrêtait dans les villages pour présenter des spectacles et se faire quelque argent pour continuer son voyage. Nous avions passé une nuit merveilleuse à se raconter une multitude d'histoires vécues, et le matin chacun était reparti sur son chemin, de brouillard et de pluie pour une semaine en ce qui me concernait. Maintenant un an plus tard, la nuit est paisible, troublée par nul bruit.
Deuxième Jour GR 10 du refuge au pied du Pic Neulos aux Illas
Lever matinal, temps superbe, l'étape du jour me conduira aux Illas. L'humeur est au beau fixe, s'éveiller dans cette cabane aux quatre vents sans un bruit, seul avec le soleil distillant déjà sa chaleur bienfaisante. Je contourne le Pic Neulos par une trace plus qu'une sente. Seules quelques vaches paissent tranquillement dans ce terrain raide et broussailleux. Une fois sur la crête comme l'année précédente je me fais entraîner sur ce qui me semble un détournement de GR pour passer devant un gîte. A six heures du soir le détour qui invite à l'arrêt très bien, mais à sept heures du matin c'est moins agréable. En effet cet itinéraire détourné me force à suivre sur plusieurs kilomètres une route goudronnée. Heureusement il est possible par endroits de couper directement à travers la forêt. Donc me voilà pour une bonne distance sur la route, comme consolation cela permet d'étalonner le podomètre. Le mien est pas mal, à vingt mètres près il correspond aux bornes kilométriques, et cela sur presque dix kilomètres. Seul agrément je passe deux sources bien fraîches auxquelles je me désaltère avec bonheur. Arrivée au col du Perthus, que de monde!!! De véritables files d'autobus s'entassent sur les parkings, desquels se déverse une multitude se ruant sur cigarettes et alcools. Dans un gigantesque supermarché je m'achète deux petites boîtes et quelques fruits pour mon repas de midi. En effet, ce soir aux Illas je compte aller au restaurant du bourg dont je garde un très bon souvenir. Vite je reprends mon chemin, ça grimpe dur dans les ruelles. Enfin je suis sorti et emprunte une petite route qui passe au pied du fort de Bellegarde. Un petit cimetière m'interpelle, j'y entre par un portillon qui grince. Comme il est étrange! Les tombes, toutes très vieilles, sont alignées le long du mur d'enceinte, laissant de ce fait un immense espace libre, comme si le lieu n'avait pas encore servi ou presque. Les tombes sont presque toutes surmontées de hautes et maigres croix auxquelles sont accrochées des cocardes tricolores. Mon étonnement est grand lorsque je constate que les dates indiquées remontent à la révolution et manifestement la plupart des défunts sont des militaires. Quelques tombes sont minuscules et dévoilent la présence d'enfants. Que ce lieu est étrange et calme, si proche cependant de la folie consommatrice. Je quitte l'endroit quelque peu songeur. Un peu plus loin j'aperçois des ruines. Il s'agit de la voie romaine qui allait en Espagne. De nombreux vestiges sont visibles, très bien conservés pour certains. Le plus impressionnant, ce sont les traces de roues de char encore bien visibles sur le rocher. En moins d'un kilomètre deux sites exceptionnels méritent une visite. Je m'arrête, mange mes boîtes de sardines et mes fruits. Le chemin pour aller jusqu'aux Illas n'est pas très agréable, large piste serpentant à flanc, succession de montées dans la poussière. L'arrivée au village se fait par une grande descente en lacets, cela semble interminable. Le gîte est loué à un groupe, donc ce sera camping sur un petit terrain communal, où je serai seul. La douche je la prendrai sous le pont du village, là où la rivière fait une petite mare. Le lieu est assez discret, de plus il n'y a pas grand monde. Cette traversée des Pyrénées qui va me prendre vingt deux jours, je ne pensais pas y rencontrer si peu de monde. En effet à part quelques sites connus comme le Canigou, les Aiguilles Tortes ou la vallée d'Ordesa, les étapes seront très souvent solitaires, et si elles ne le sont pas complètement, les humains rencontrés se comptent sur les doigts de la main. Ceux qui me marqueront, ce sont les marcheurs solitaires. J'en croiserai cinq, quatre qui traversent les Pyrénées dans l'autre sens, trois Anglais et un Français, et le cinquième un vieil Allemand qui emprunte la voie du Somport vers Saint Jacques de Compostelle. Ces rencontres sont toujours des moments de grande émotion. J'aurai l'occasion d'y revenir. Il est étonnant comme ces trajets, seul, à travers les montagnes laissent une marque profonde en soi. En effet cela fait maintenant plus de deux ans que j'ai effectué ce périple, et bien, le fait de le dérouler en l'écrivant, une multitude de sensations et de détails me reviennent à l'esprit. Je suis stupéfait de voir que malgré le recul du temps, le fil ténu et éphémère mais de plus de sept cents kilomètres, de ma trace dans ces montagnes s'est incrusté à ce point en mon esprit. L'exercice d'écriture est d'autant plus difficile, que je n'ai pratiquement pas fait de photos. En effet, ces dernières sont un outil prodigieux pour la narration d'un récit. Mais c'est peut-être un peu tricher, car longtemps après, écrit-on par rapport aux sensations que ces photos évoquent à l'instant où on les regarde, ou bien font-elles réellement remonter le vécu et la perception au moment de leur prise? Sans doute un peu des deux. Mais si on n'en possède pas, le fil d'Ariane de la piste fait ressurgir les émotions du moment de l'action, le récit en est sans doute plus véridique. Donc comme prévu, petit repas gastronomique aux Illas dans une auberge à la salle grande et bien aménagée, une ancienne grange restaurée de main de maître. Après cet agréable moment, je fais un tour pour localiser le chemin du lendemain. Je repère un monument à la mémoire des personnes qui rejoignaient l'Angleterre via l'Espagne durant la deuxième guerre mondiale, car le village était l'un des lieux de passage, cela me remémore de nombreux livres et films.
Troisième jour Les Illas, frontière espagnole, Pic de France, Arles-sur-Tech
L'étape sera longue, je compte remonter la belle forêt qui domine le village, passer en Espagne, rejoindre le Roc de France par l'ermitage de la Salinas puis terminer l'étape à Arles-sur- Tech. La montée en sous-bois est magnifique tôt le matin lorsque les rayons du soleil sont encore obliques. Début juin, les feuilles sont encore toutes jeunes et présentent un joli vert tendre. Je ne peux m'empêcher de scruter les touffes de mousse, car je verrais bien des giroles s'y cacher. Une fois en Espagne, une piste large et de bonne inclinaison conduit à l'ermitage. Il est désert mais plus embêtant, la source est tarie et moi qui comptais m'y ravitailler … Tant pis, direction le Rocher de France. Après quelques petites hésitations dans les broussailles, je n'ai pour le moment que la carte au cent millième de l'IGN, je tombe sur un bon chemin qui me conduit sur le petit sommet à 1450 mètres. J'en profite pour me restaurer en contemplant le versant qui doit me conduire à l'étape du soir. Il a l'air immense et plein de replis. En effet cette descente jusqu'à la petite rivière, le Tech, est interminable. Heureusement en pleine chaleur de l'après-midi je rencontre une source qui suinte d'un rocher, que cette eau fraîche est agréable. Cela donne un bon coup de fouet au moral. J'arrive dans la ville d'Amélie-les-bains. Ce fond de vallée est très chaud, le goudron fond. Je commence par suivre la route, mais rapidement du fait de la chaleur et du trafic important je rejoins le lit de la rivière et continue à même les galets. Le rivage par endroits présente de véritables murs de végétation, il me faut donc marcher dans l'eau heureusement peu profonde. Cela procure une sensation étrange de se dire que l'on est en train de traverser les Pyrénées à pied et de se traîner à un rythme d'escargot à glisser sur des pierres moussues en essayant de ne pas piquer une tête. Je finis par abandonner et pars à la perpendiculaire à travers les fourrés à la recherche d'un chemin. Rapidement je tombe sur une multitude de traces praticables. A l'entrée de Arles-sur-Tech je retrouve le GR 10. Cette petite cité est superbe, le chemin se faufile dans des lieux pittoresques, en particulier des petits jardins potagers. Halte dans un camping dans le haut du village, il n'y a presque personne. Le mois de juin ce n'est pas encore les vacances. Je mets mes sandales et retourne me promener dans le village. J'y fais quelques emplettes et vais m'installer à la terrasse d'un restaurant à l'architecture superbe, une ancienne bâtisse en pierre rénovée. La soirée sera nostalgique, car durant l'après-midi mon maudit portable m'a appris la mort d'une personne qui m'était chère. Il y a des moments dont on se souvient toute sa vie eh bien je me souviendrai toujours exactement du lieu et de l'instant où cette triste nouvelle m'a atteint. Je mange cependant avec appétit une gigantesque pizza suivie d'une grosse glace. Je remonte à mon camping sous l'orage qui menace et rapidement m'endors.
Quatrième jour GR 10 de Arles au refuge de Bonne-Aigue
Lever matinal, pas un bruit, petit déjeuner froid englouti rapidement et tout de suite l'immense dénivelé de la journée commence. J'ai l'intention de rejoindre la HRP en passant par le Serra del Roc Nègre à 2714 mètres alors que mon point de départ se situe juste à 300 mètres. Je chemine par des chemins qui se faufilent parmi les restes de vieilles mines, excavations et charpentes métalliques en ruines. Rapidement la chaleur est suffocante, le temps est à l'orage. Je dénivelle rapidement mais je souffre. Le sac me semble pesant, les crêtes apparaissent lointaines, et cela d'autant plus que l'air est saturé d'humidité et prend un aspect laiteux qui augmente l'impression d'éloignement. Le sentiment d'avoir vu trop grand pour la journée commence à m'effleurer. Cependant le rythme rapide me permet de garder le moral. Toujours cette horrible habitude d'avoir les yeux rivés sur la montre et l'altimètre et en déduire des dénivelés horaires. Au moins cela a la vertu d'occuper l'esprit. J'envie ce garçon qui lorsqu'il part pour de grands périples ne s'encombre d'aucun instrument même pas d'une montre, quelle liberté il doit éprouver! Mais pourquoi je n'arrive pas à en faire autant ? La végétation change, des prairies parsemées de jolies fleurs remplacent la garrigue. Un petit ruisseau que je longe, et hop! une jolie truite détale. J'atteins la route qui conduit au col de Cirière. Au gîte en réfection un peu en-dessous je me ravitaille en eau et me renseigne sur l'évolution du temps pour l'après-midi. Rien de rassurant, mais rien d'étonnant, des orages violents sont attendus. S'engager sur les crêtes ne serait pas raisonnable. Je décide donc de rester sur le GR10 et me lancer dans le contournement du Canigou. Le col est rapidement rejoint. Ensuite le chemin s'accroche au versant nord-est de la montagne. Que le lieu est impressionnant ! Le Canigou est vraiment la sentinelle des Pyrénées bien avancée dans les plaines. Les flancs sont très raides et travaillés. Par endroits je traverse de petites gorges au fond desquelles coulent des ruisseaux. Par temps de grosse pluie le passage ne doit plus être praticable sans risque. J'arrive à une petite bâtisse devant laquelle se trouve une magnifique fontaine. J'aurais pu éviter de transporter mes deux ou trois litres d'eau. Un peu plus loin je rejoins le couple vu la première journée, je ne les avais pas reconnus, eux par contre me remettent bien. Il y a quelques promeneurs sur ce magnifique sentier. Je double deux femmes qui me cèdent leur énorme chien blanc, genre Patou, pas méchant mais très collant. Bivouaquer en se serrant dans son poil volumineux doit être agréable, mais je n'en ai pas l'intention. Arrive un croisement de chemins, où le refuge des Cortalets est indiqué par deux itinéraires. Je choisis le plus haut. Alors que je remonte une crête vers les 2300 mètres, un orage violent s'abat. Je dépasse un couple de Belges qui s'abrite dans une petite anfractuosité et mon gros Patou décide de rester avec eux. Une très violente averse de grêle me force à m'arrêter sous le premier sapin et à mettre mon sac à dos sur ma tête. Le tonnerre gronde autour de moi, quelques arbres foudroyés montrent que l'endroit est malsain. Mais la grosseur des grêlons est telle que je n'ose bouger malgré le risque lié à la foudre. L'averse est si violente que mon arbre ne me protège pas vraiment et les morceaux de glace rebondissent dans tous les sens et m'attaquent par le bas. Très rapidement, n'étant pas très habillé la déperdition de chaleur est importante et je commence à me sentir en danger si cela devait durer. Je décide malgré la tourmente de repartir en courant au mieux, car au moins je produirai un peu de chaleur. Heureusement quelques minutes plus tard aussi rapidement qu'elle était apparue la grêle s'arrête. Il était temps, cela a duré une vingtaine de minutes. La montagne est magnifique dans son hostilité, sur les sommets environnants le tonnerre roule en faisant vibrer jusqu'au sol. Après la traversée de quelques pierriers instables et glissants j'arrive au refuge. Une foule immense s'y trouve. En effet c'est la fête des feux de la Saint Jean. Demain tout ce beau monde montera son bois au sommet du Canigou pour faire un immense feu de joie. Les Catalans sont comme les Basques, le bois ils aiment ça, et ils se mettent à plusieurs pour monter des bûches énormes. Très vite je me rends compte que je n'ai pas du tout envie de passer la nuit ici. Il n'est que quatre ou cinq heures, je continue donc jusqu'au refuge de Bonne-Aigue petite cabane qui doit être moins peuplée. On me conseille cependant de prendre de l'eau car la source de Bonne-Aigue, contrairement à son nom, n'est pas toujours bonne fille et peut se montrer avare, ce qui sera le cas. Encore une ou deux heures de chemin escarpé, durant lesquelles je chemine presque accroché au ciel en dominant la plaine, située très loin en-dessous. Enfin au détour d'un pli du terrain le petit abri se dévoile sur son éperon. J'y suis seul. Une vue magnifique sur le sommet du Canigou s'offre au regard. Heureux d'arriver, ce sera l'une des plus longues étapes de ma traversée et la plus éprouvante, à cause du temps d'abord étouffant et puis cet orage très impressionnant. Je cherche la source et la découvre enfin juste devant le refuge, mais elle est à sec. J'ai été bien inspiré de prendre trois litres d'eau au refuge précédent. Je m'installe, fais un feu dans le fourneau et me cuisine une grosse purée et bien au chaud dans mon duvet je poursuis la lecture de Croisières et Caravanes d'Ella Maillard. C'était quand même autre chose quand elle traversait dans les années trente l'Asie à pied en dormant deux semaines durant dehors en hiver dans l'Himalaya, en ayant pour tout refuge le flanc de son chameau. Je me dis que mes petites souffrances c'est de la rigolade. Alors qu'il fait encore bien jour, j'entends du bruit. Je ne serai pas seul cette nuit. Un couple de jeunes gens arrive. Voyant l'exiguïté des lieux, ils décident d'aller planter leur tente sur un replat à proximité. Après s'être installés ils viennent me chercher et m'invitent à partager une bouteille de blanquette de Limoux. Assis dans l'herbe à côté de leur tente nous avons une discussion animée. Incroyable, lui vient de faire une thèse sur les mafias albanaises. Je ne dirais pas que je suis très fort sur ce sujet mais j'ai habité trois ans en Albanie et donc le thème m'intéresse. Cette soirée mémorable et très sympathique me revigore et me laissera un souvenir impérissable. La nuit tombée depuis un bon moment, nous rejoignons chacun notre sac de couchage.
Cinquième jour GR 10 du refuge de Bonne-Aigue au hameau du Mantet
Après une bonne nuit, je me sens en pleine forme, la longue marche d'hier n'a laissé aucune trace. Mes amis dorment toujours, je laisse un petit mot de remerciements sur l'un de leurs sacs et leur souhaite une bonne montée au Canigou. Comme toujours lorsque je suis un GR, je pars bille en tête sans rien regarder, sauf dans le cas présent, un dernier regard à ce minuscule refuge agrémenté d'une petite tente. Rapidement je traverse un éboulis et fais détaler toute une harde d'isards. Le chemin pénètre en forêt. Il semble peu utilisé, bizarre pour un GR. Mais l'ambiance est tellement extraordinaire et mystérieuse que pris par l'envoûtement du lieu je m'y enfonce toujours plus profondément. De plus en plus de branches obstruent la sente de plus en plus étroite. Je finis par perdre toute trace. De toute évidence je ne suis plus sur le chemin. Cependant ma carte au 100 000 ne me dit pas si je me situe au-dessus ou au-dessous de mon itinéraire . Le plus simple, faire marche arrière jusqu'à ce que je retrouve la sacro-sainte trace rouge et blanche. En effet je n'aurais pas dû traverser la zone d'éboulis. Le chemin à cet endroit monte une petite crête très raide et poursuit en pente très soutenue. Mais comme souvent, cette erreur m'a permis d'abord de voir de très près ces beaux animaux que sont les isards et de passer une heure dans une forêt mystérieuse très peu fréquentée. J'atteins un collet haut perché que je distinguais très bien du refuge, et je bascule sur un autre versant de la montagne, toujours aussi joli et aérien. Rapidement je rejoins l'un des itinéraires qui conduisent au point culminant. De ce fait je croise de nombreuses personnes qui s'y rendent. Le refuge de Mariailles apparait. Je suis un peu déçu, il a l'air d'être jeté à même le bord du chemin. J'en avais une idée magnifique, ayant lu un article particulièrement élogieux sur sa gardienne, ce qui tout naturellement me rendait le lieu très sympathique. Je ne m'y arrête pas et descends à un bon rythme jusqu'à Farga. Que ce petit hameau est accueillant, des fleurs partout, des champs remplis d'immenses herbes bien vertes, et une fontaine. Une eau fraîche agréable à boire, mais il serait préférable qu'elle soit plus chaude, car on en absorbe plus facilement une grande quantité, et lorsqu'on fait des efforts c'est par litre qu'il faut s'hydrater. Ensuite par une grosse chaleur je remonte au col de Mantet. 900 mètres de dénivelé en zigzaguant avec la route goudronnée par des petits raidillons. Le col fait très pelé, le village du même nom est blotti quelques centaines de mètres plus bas. Un gîte très agréable m'accueille. La soirée est particulièrement exquise. L'hôtesse cuisine très bien, et à quatre, un couple étant présent, nous refaisons le monde jusque tard dans la nuit. Je rejoins un lit moelleux et je tombe sur un livre de Troyat, dont je ne me souviens plus du titre, mais il me passionne tellement que j'en lis les trois quart avant de m'endormir.
Sixième jour GR 10 du Mantet aux Planes
Le temps semble beau, après un petit déjeuner copieux me voilà parti à travers les alpages. Le paysage est très différent de ce que j'ai vu sur le tour du Canigou. On retrouve la moyenne montagne que je qualifierai de classique. Rapidement je passe le col del Pal, qui domine le village de 900 mètres. Je redescends au refuge de la Carança. Il est au confluent de plusieurs vallées, et les vaches innombrables l'assaillissent littéralement. On m'avait prévenu que la source pouvait être contaminée du fait du grand nombre de bovins. Je constate que j'ai perdu l'une de mes superbes sandales, achetées 70 euros au Vieux Campeur. Je suis très mécontent, je les ai attachées sur mon sac. Alors s'est-elle décrochée ou dans la précipitation du départ l'ai-je oubliée au gîte? Cela me perturbe, comme quoi il ne faut pas grand chose. Alors dans ma colère à partir du refuge j'accélère et remonte un joli vallon. Je ne croise pas grand monde puis viennent face à moi des pêcheurs. Tiens c'est bizarre! Mon itinéraire de la journée ne comporte pas de lac. Je leur demande d'où ils arrivent. Bien évidemment de l'étang de la Carança. C'est le bouquet, je n'ai pas pris la bonne vallée. Il faudrait bien que je finisse par prendre l'habitude de regarder la carte de temps en temps de façon plus rigoureuse. En effet je suis juste sous le lac j'ai bien dû faire quatre cents mètres de dénivelé. Pas de panique, c'était très joli. Je m'arrête donc et commence à casser la croûte. Au moment de reprendre le chemin du refuge un autre pêcheur descend. Nous engageons la conversation et j'aurai droit à un superbe cours sur la truite fario de souche pyrénéenne. Il m'explique tout sur sa reproduction et sa pêche. Encore une fois l'erreur est très bénéfique. De retour au refuge je reprends mon chemin qui est franchement très évident. Le col se situe 600 mètres plus haut. Son accès est raide, coupant en permanence une piste qui fait de grands détours. Une fois arrivé, un vent froid et désagréable m'enlève toute envie de faire une pause. Ce temps pour le moins pas très agréable, je vais le subir quasiment jusqu'à l'Atlantique. Je prends cependant le temps de regarder ma carte et de constater que le Gr fait une immense boucle en fond de vallée. Je décide de traverser directement et de rejoindre le chemin sur le mouvement de terrain suivant. Je visualise l'itinéraire que je veux suivre et c'est parti. Arrivé en fond de vallon, j'attaque directement la pente en face et après une bonne suée je retrouve les traces rouges et blanches. Il ne me reste plus qu'à me laisser conduire au village de Planes. Le gîte est ouvert. Je bois une bière en compagnie d'un habitué de la région. Il me raconte une histoire étonnante qui corrobore ce que j'ai vécu trois jours auparavant. Il me fait part de son expérience des chutes de pression très brutales du côté du Pic de Costabonne. Effectivement lorsque j'étais près du Pic de France, mon altimètre affichait des variations d'altitude très brusques et importantes. J'ai tout de suite pensé qu'il ne fonctionnait plus. Eh bien non, il s'agissait du phénomène que l'on me décrit. Pas étonnant, m'a-t-il dit, que j'ai subi un orage aussi violent sur le Canigou. Le repas du soir sera moins raffiné que celui de la veille. Je me trouve avec un Canadien qui finit ses vacances et qui repart le lendemain. Il éclate de rire quand il constate que je n'ai qu'une sandale et un pied nu. Nous passons la soirée devant la télévision, coupe du monde oblige. La France va gagner, et ce n'est pas le dernier match que je regarderai.
Septième jour Les Planes à Puigcerda et village de Ger par chemins et route (N260)
L'étape du jour doit me conduire en Espagne, pays dans lequel je resterai jusqu'au pays Basque. L'itinéraire remonte le vallée de Mont Louis jusqu'à la frontière. Manifestement j'ai une baisse de moral, pourtant tout va bien physiquement. Le chemin parcouru jusqu'à présent était très beau, la marche agréable, les haltes du soir toujours bonnes et souvent pleines de surprises. Eh bien non, malgré ces 6 jours prometteurs d'une belle traversée je suis envahi par un coup de blues. Le plus étrange, c'est que je ne sais pas pourquoi. Allez, ne pas se poser de question et marcher, on verra après. J'abandonne le GR 10 à partir d'aujourd'hui pour ne le retrouver que vers Saint-Jean-Pied-de-Port. La marche en forêt est plaisante. De l'autre côté de la vallée j'aperçois le fameux four solaire d'Odeillo. Ayant coupé mon téléphone portable depuis hier matin, je l'ouvre, des fois que ma famille s'inquiète en ne pouvant me contacter. J'ai effectivement un message d'un camarade qui me propose des activités professionnelles à Lyon et Paris. De toute évidence cela attendra mon retour. Je savoure l'immense privilège que cela représente de ne plus être soumis au dictat de devoir gagner sa vie et de vivre sans peur excessive du lendemain. Après tout, cela dépend aussi de ses envies et du niveau auquel on fixe ses besoins. Mais la contrepartie de ne plus se sentir tendu vers un but professionnel, c'est peut-être de devoir occuper son temps libre. C'est sans doute là que se niche une partie de mon vague à l'âme. L'allure n'est pas très rapide. Je fais une halte à même le tapis d'aiguilles de pins et engage une longue conversation téléphonique avec une personne qui m'est chère et qui me connait bien. Sans doute suis-je à la recherche d'un appui dans la signification de la traversée que je fais? En tout cas la discussion porte ses fruits. Je trouve une interlocutrice qui est un avocat sans concession de la poursuite de l'entreprise. Plus de doute, debout et marche. Je m'arrête dans le village de Eyne et mange la boîte de thon que je traîne depuis Tech. C'est pénible car on se met de l'huile partout et ensuite il faut trouver une poubelle, car pas question de remettre dans le sac cette boîte de conserve toute dégoulinante. N'en voyant pas dans les environs, je mets le tout dans un sac plastique que j'accroche sur le sac à dos. Dans ce village, l'année précédente, j' avais pris le fameux train jaune, expérience très intéressante. J'étais le seul voyageur sur le quai, le train est arrivé à faible allure et s'arrêta. Le chauffeur sortit la tête et me demanda si je voulais monter. Je lui répondis par l'affirmative et il m'enguirlanda presque en me faisant remarquer que normalement le train ne marque l'arrêt en gare que si on lui fait signe, et qu'il n'est pas devin et ne peut connaître mes intentions. Je devais donc m'estimer heureux qu'il se soit arrêté car de plus c'était le dernier de la journée. Après ce rappel de mes souvenirs, je repars. Avec la journée qui avance, la chaleur augmente. Après m'être perdu dans des champs cultivés, qui de toute évidence se sont appropriés le chemin, n'osant pas couper directement parmi les épis de blé, je fais moult détours. J'arrive enfin à Bourg Madame et passe la frontière. Manifestement les douaniers regardent les gens, est-ce dû au contrôle de l'immigration clandestine en Europe ? A Piugcerda je m'arrête et me mets à l'ombre dans un café. Pour ce sacro-saint moral à retrouver et à consolider, je sens qu'il faut que j'avance un grand coup, comme cela je serai irrémédiablement lancé dans l'aventure. Donc première décision, je laisse tomber le long détour par la Serra de Cadi et je file directement sur La Seu d'Urgel, en partie sur la route et en partie par des chemins qui traversent de petites villes un peu désaxées. L'important c'est qu'il n'y ait pas trop de montées et que le mouvement vers l'ouest soit significatif. A la sortie de l'agglomération, je distingue très nettement à une vingtaine de kilomètres au sud la barre impressionnante de la Serra des Cadi, sur une trentaine de kilomètres elle se lève d'est en ouest en une vague toujours au-dessus des 2000 mètres, et même pour sa moitié ouest toujours au-dessus des 2500 mètres. Résolument je m'engage sur la route à grande circulation, je vois un panneau qui indique 60 km alors que ma carte en indique un peu plus de 50 pour la ville de La Seu D'Urgel. Un super marché, j'achète une bouteille de banga de deux litres que je descends presque d'un coup, cela fait repas et boisson. Sur le goudron c'est une véritable canicule, avec la réverbération de la chaleur, les 35 degrés sont à mon avis atteints. Un grand magasin de chaussures dans une zone commerciale, j'en profite pour m'acheter des tongs pour remplacer mes sandales. Il y a des soldes, j'ai deux paires pour 7 euros mais je n'en veux qu'une. Dans mon espagnol hésitant j'explique qu'une seule suffit et que je ne désire pas en porter deux jusqu'à l'Atlantique. La charmante vendeuse finit par m'en vendre une paire pour 4 euros. Je retourne dans la fournaise avec l'intention de bien avancer avant le soir. Après une dizaine de kilomètres je me laisse tenter par le joli village de Ger qui domine la route, et pars à la recherche d'un logement. Le bistrot, dans lequel j'entre, loue des chambres certes à des prix non-modiques, mais de qualité. Pour une journée sans moral l'étape a été cependant importante. Je me promène dans cette petite cité toute en pente et termine dans un petit estanco. On est bien en Espagne et l'ambiance est très sympathique.
Huitième jour Principalement route de Ger N260 direction ouest
Au réveil, il fait presque nuit, cela ne provient pas de l'heure matinale mais de l'épaisseur des nuages. Je reprends la route à grande circulation sur une dizaine de kilomètres et me dirige vers la petite ville de Bellver de Cerdanya. Jolie agglomération à l'architecture de cachet avec ses belles maisons en pierre, ses magasins bien achalandés et sa foule qui se presse dans les rues. Une brume épaisse tombe, assortie d'une bruine tenace. Une route très peu fréquentée me permet de gagner dix kilomètres loin du raffut de la circulation. Cela me donne l'occasion de découvrir la belle église de Santà Eugènia de Nerellà. Vers les treize heures, retour sur la grand route à l'entrée de la ville de Martinet. Dans un bistrot comme on en trouve dans toutes les grandes cités européennes je profite d'une accélération des précipitations pour faire une pause. Sensation étonnante que de faire de longues distances à pied le long de grands axes routiers. Je pense à tous ces récits de voyage où durant des semaines voire plus l'itinéraire se déroule dans le souffle et les aspersions des camions lancés à toute allure. Je me remémore en particulier un pèlerin parti de Lyon pour Jérusalem et qui avait traversé une bonne partie de l'Italie dans ces conditions, ou encore Bernard Ollivier qui au cours de sa longue marche appréhendait la traversée des tunnels non éclairés quelque part au fond de l'Asie. Ma carte au 50 000 me permet de voir qu'un petit chemin se faufile entre la montagne et la rivière sur la rive opposée à la route, encore quelques kilomètres de gagnés loin des monstres d'acier puants et bruyants. Ensuite, après un bref retour sur cette N260 apparaît un camping à même le bord de la route. Bien qu'il ne soit pas tard je décide de m'y arrêter. Le temps s'est amélioré et rapidement la chaleur sèche le sol. Manifestement il n'y a pas grand monde, à tel point qu'il est impossible d'acheter quoique ce soit, le restaurant et l'épicerie étant fermés, donc ce soir mon réchaud me servira pour chauffer ma purée soupe, habituelle dans ces circonstances. C'est très simple à faire, c'est comestible, ça cale sérieusement, que demander de plus? Je m'installe au bord de la rivière sous un rayon de soleil et je m'y trouve très bien. J'observe les petits verrons qui farfouillent les gravillons dans quelques centimètres d'eau un peu à l'écart du courant principal du cours d'eau. Soudain, sortant des profondeurs agitées par le courant, une belle truite fait un passage rapide mais ne réussit pas à attraper une proie. Être le témoin d'une scène de ce type, somme toute banale dans la nature, me remplit de joie, et c'est très bon pour le moral.
Neuvième jour N260 jusqu'à la Seu D'Urgel puis GR7 jusqu'à la Farga des Moles
L'étape de ce jour doit me conduire au moins à La Seu D'Urgel. Afin de continuer à bien avancer tout se fera par la route. D'ailleurs, vu l'endroit où je me trouve, il n'y a pas d'autre choix. La vallée est encaissée, la route domine d'assez haut, aucune possibilité de progression près de la rivière et le versant raide ne permet pas de prendre des chemins en amont. Donc je me lance sur le bitume, tôt le matin peu de circulation et température clémente. Surprenant je trouve du plaisir à avancer comme cela sur une route nationale. D'ailleurs par endroits les points de vue sont magnifiques. Un seul tunnel se présente, évitable par l'ancienne route. Par endroits l'espace derrière le rail de sécurité ne permet pas de marcher, car il y a presque directement le vide. J'avance donc sur la route bien collé au bord métallique, m'immobilisant lorsque un camion arrive, ou même j'enjambe le rail et attends qu'il soit passé pour revenir sur le goudron. A un moment, marchant sur la chaussée, je vois arriver face à moi un cycliste et derrière lui à vive allure un camion survient. Vu l'étroitesse des lieux je réalise que si le vélo fait un écart pour m'éviter, il court un grand risque de se faire écraser par le bolide lancé à 100 à l'heure. Je saute précipitamment le rail, le cycliste y reste collé et le camion le frôle dans un grondement. Vers les onze heures j'atteins la petite ville désirée depuis avant-hier. L'entrée se fait le long de belles allées verdoyantes qui longent le cours d'eau. Je traverse cette agglomération qui s'étale sur un bon kilomètre, puis près de la sortie je fais une halte dans un restaurant. Il se situe à un carrefour particulièrement passant, en effet l'une des routes remonte directement au Pas de la Case. Bien qu'ayant bu deux bières et mangé comme un boa, je repars sous le cagnard. J'emprunte le GR7 sur une dizaine de kilomètres. Bien que remontant la vallée qui conduit au Pas de la Case, le trafic n'est pas gênant, le chemin étant souvent à bonne distance de l'asphalte. Un embranchement de vallées apparaît, et là se niche la Farga de Moles et son camping. Site agréable dans un décor verdoyant. Le mois de juin est une période propice à la balade car les fonds de vallées ne sont pas encore brûlés par les chaleurs et les sécheresses de l'été. Ce soir, encore un match de foot, je ne me souviens plus quelles étaient les équipes en compétition.
Dixième jour petite route et hors chemin balisé jusqu'au village de Tirvia
Aujourd'hui l'aventure reprend. En effet je vais essayer de rejoindre au mieux le Val D'aran en dehors de tout itinéraire balisé. Pour corser la chose, il me manque un bout de carte sur une bonne distance. Mais de la fin de ma première carte je devrais voir une montagne caractéristique qui se trouve sur la seconde. Tout commence par une petite route qui serpente dans une vallée étroite. Un gros chien décide de m'accompagner, il me suivra deux bonnes heures. Passé un premier village, j'arrive à Civis et prends une sente qui monte raide. Alors je dis à mon compagnon à quatre pattes de retourner chez lui. Il n'en fallait pas plus pour qu'il fasse demi-tour, à moins que de lui-même il ait décidé de s'arrêter à la fin du goudron. Le chemin suit des flancs arides et escarpés, la solitude est vraiment présente. Le col de Confluent est atteint, un peu plus de 2000 mètres d'altitude, et je suis en bout de carte. Très bien, est-ce que mon pronostic s'avère exact ? Effectivement, une vallée se présente avec un large débouché vers la gauche et une montagne sur la droite avec un petit col, qui doit correspondre à celui que je compte rejoindre. Dans la partie manquante je rencontre même un hameau désert, mais équipé d'une belle fontaine, qui est la bienvenue car je manque d'eau depuis plusieurs heures. Une fois près d'une rivière je repars à l'assaut du versant opposé vers le col identifié. Étant dans la forêt sur le flanc de la montagne, évidemment mon lieu de passage désiré disparaît du champ de vision. Il me faut partir à l'estime, dans un immense versant encombré d'arbres abattus à enjamber. J'ai le sentiment que je ne vais pas y arriver. Je me traîne de tronc en tronc en essayant de les escalader le plus rapidement possible sans dépenser trop d'énergie et sans me blesser. Après un moment qui me semble une éternité, les troncs s'espacent et je pressens la fin du calvaire. J'atteins une prairie encaissée dans un vallon, au fond duquel court un ruisseau. Je décide de le suivre, en effet il monte c'est bien et de plus le cheminement est dégagé. Ce sont déjà des éléments très favorables. Mais est-ce que de plus ce vallon aura le bon goût de conduire là où je veux aller ? En tout cas après le supplice que je viens de vivre, avancer à bonne vitesse sur une herbe souple procure un grand plaisir. Certes la pente est raide et irrégulière d'où un champ de vision très restreint. La direction me semble bonne, et de fait après une petite heure de montée je tombe pile sur un collet qui se découvre au tout dernier moment. Je sors ma nouvelle carte et miracle, ce que je vois devant moi correspond exactement à ce qui est décrit. Dans la vallée tout en bas deux villages Burg et Tirvia. Ce dernier aux environs des 900 mètres, donc quelques 1400 mètres en aval. A vol d'oiseau la distance est de l'ordre de huit kilomètres. Ma carte n'indique qu'une vague piste en pointillé, que je ne trouve pas. Mais la descente se fait à travers prés et broussailles. Toujours un passage se découvre au dernier moment, un vrai bonheur, une petite trace de ci delà laissée par des animaux sauvages ou domestiques et hop quelques mètres de gagnés. Au détour d'une ruine noyée dans de grandes herbes, une grosse couleuvre me détale dans les pieds. L'après-midi est beau, quelques petits nuages épars signe de stabilité, pas d'orage à craindre, le vent froid qui m'accompagne un jour sur deux est absent. Cette étape avec son caractère particulier est l'une de celles qui me laissera un des meilleurs souvenirs. Sur la trentaine de kilomètres, voire plus, parcourus, je n'ai rencontré qu'une femme le matin en passant un premier village. Nos montagnes européennes, dès que l'on sort des grands axes de randonnée à la mode, sont presque désertes. J'aurai l'occasion de le constater encore au cours d'étapes à venir dans des variantes du GR 11. Arrivée au village de Tirvia, écrasé sous la chaleur de milieu d'après-midi. Euréka!! Il y a un petit hôtel à la façade sympathique qui donne sur la place centrale. Je commence par boire une bonne bière, car l'eau a été rare aujourd'hui. En effet, j'ai évité de faire le plein à la rivière, n'utilisant les cachets qu'à la dernière extrémité. L'eau en montagne, je la bois sans traitement lorsqu'elle sort de terre ou de la roche, considérant que le passage dans le sol est un filtre. De même je la bois à l'air libre lorsqu'elle court au-dessus de la zone de végétation si elle ne provient pas d'un lac. Soirée agréable, menu de qualité, il faut dire qu'après un effort comme celui d'aujourd'hui tout aliment a la saveur de ce que Bocuse vous propose. Le propriétaire est tout étonné de ma réponse lorsqu'il me demande où je vais. De toute évidence je suis en dehors des routes habituelles de la traversée des Pyrénées.
Onzième jour de Tirvia hors chemin puis route et chemin jusqu'à Espot
De l'hôtel, je distingue très bien en face, de l'autre côté de la vallée le début de mon étape. Ma carte m'indique qu'une sente conduit au petit pic qui nous domine fièrement. D'abord rejoindre le fond de la vallée. Soit suivre la route qui fait un détour ou couper directement dans la pente qui donne directement sur la rivière. Je m'avance au bout du plateau sur lequel se trouve le village pour me faire une idée de la praticabilité d'un passage direct. Une grosse centaine de mètres dans une pente très raide, mais de nombreux arbres. L'affaire semble jouable. En effet la végétation et le sol meuble me permettent de rejoindre le lit de la rivière facilement. Une fois en bas pas d'autre possibilité que de traverser, heureusement la profondeur et le courant sont faibles. La petite zone à la confluence de quatre vallées est prestement traversée et je m'engage dans la forêt qui doit me conduire au Pic de l'Orri, quelques six cents mètres plus haut. De toute évidence ce sentier n'attire pas les foules. De temps à autre une vague trace, mais le plus souvent la progression est conduite par les zones de moindre résistance végétale. Je débouche à un collet, j'y laisse mon sac et continue. J'ai un peu l'impression d'être le premier à fouler ce sommet modeste qui culmine à 1444 mètres. Je découvre un vaste panorama. Mon belvédère est de tout premier ordre pour visualiser le reste de mon étape du jour. Cela commence par plusieurs kilomètres à flanc parmi buissons et épines sans cheminement bien établi. Au gré des zones aérées je zigzague avec par endroits de petits soucis, car ça pique vite et fort. Pourvu que je ne soit pas obligé de rebrousser chemin. En effet je distingue bien une route dans la vallée bien plus bas, mais la descente directe me semble particulièrement exposée sur des terrains raides où la chute serait sans doute mortelle. Donc persévérer sur cet immense pente de montagne. J'aperçois un reste de chemin creusé à même la roche. Je l'atteins en me hissant à travers piquants et ronces. Je le suis quelques dizaines de mètres et soudain au niveau d'une gorge, il n'est plus praticable et toute progression est interdite. Demi-tour dans cette jungle. Je sens que le village aperçu du sommet n'est plus très loin, il y a forcément un passage, car je constate de nombreuses traces d'ovins et de bovins. En effet, une rupture de pente de quelques mètres me donne accès au fond de cette petite gorge escarpée, et rapidement sur l'autre versant un bon chemin s'amorce et me conduit en quelques centaines de mètres au centre d'un joli bourg bien restauré. Je fais une pause au lavoir, bien au frais. Mon horizon s'éclaircit. Une route aérienne descend lentement vers la grande vallée que je dois remonter quelque temps avant de rejoindre sur le versant opposé la station estivale d'Espot, l'un des points d'entrée dans ce magnifique parc national d'Aigüestortes. Encore quelques heures de marche sans histoire mais fort agréables avant d'arriver à Espot. J'en profite pour m'acheter un bâton, qui malheureusement n'est pas très solide malgré son prix, et qui ne durera que le temps d'une étape un tiers. Je le garderai cependant bien qu'ayant perdu le quart inférieur. A la sortie du village, un camping accueillant presque désert, même dans des endroits touristiques comme celui-là au mois de juin ce n'est pas encore les vacances. Avec la majorité des quinquas européens à la retraite je m'attendais à trouver plus de monde. Le camping dans ces conditions de faible affluence est une activité très supportable même agréable. Seul petit ennui, ma tente est mono-paroi et la condensation est importante même toute ouverte, donc cela nécessite durant la journée de guetter un rayon de soleil pour faire sécher le tout. En été cela ne pose généralement pas de problème.
Douzième jour GR 11 de Espot au refuge du Montardo (Restanca)
Quelques gouttes durant la nuit ont claqué sur la toile, mais rien de grave. Ce matin le temps est correct. Départ matinal. Deux gentilles dames me proposent de me déposer au bout de la route, avec le sourire je refuse. Il faut bien reconnaître que cette piste de 4 ou 5 kilomètres qui conduit au parking de départ de randonnées magnifiques n'est pas des plus intéressantes, mais la traversée doit se faire intégralement à pied. Enfin arrive la barrière d'interdiction de passage des véhicules. Peu de distance après, le premier lac, il est de belle taille. Je le longe par la droite et vers le fond le chemin s'élève dans des escarpements. Ces zones granitiques où gros blocs et sapins alternent sont magnifiques. En une succession de montées et descentes je passe de nombreux lacs de toutes formes. Les petits cols que je franchis, sont à chaque fois de magnifiques points d'observation de cette région exceptionnelle. Au bord d'une étendue d'eau perchée je fais une halte, le site est vraiment extraordinaire, de toutes parts des lacs s'étalent. La zone est si vaste qu'il est facile de s'éloigner du chemin balisé et de se déplacer sur de larges plaques granitiques qui offrent un cheminement généralement aisé et qui permettent des vues plongeantes sur les plans d'eau. Une dernière montée raide avant de descendre sur le refuge de la Restanca, situé juste au pied du Montarto, magnifique montagne du sommet de laquelle on peut apercevoir jusqu'à 80 lacs. Il y a bien longtemps, j'y étais monté en hiver, tout était recouvert d'une épaisse couche de neige, je ne peux donc pas confirmer que l'on peut vraiment en compter 80. Le refuge est bondé, étant seul je suis accepté, par contre généralement en groupe l'hébergement demande de l'anticipation. Si j'étais courageux je me contenterais d'y manger et repartirais dormir plus haut sur un replat de la HRP. Mais le temps qui se couvre et la pluie qui s'annonce m'enlèvent tout courage et je vais choisir la nuit dans un petit dortoir bondé.
Treizième jour HRP puis GR 11 jusqu'à la cabane de Coronas (pied de l'Aneto)
Nuit difficile entre bruit de pluie violente et raclements de gorges multiples, au matin les désagréments de la surpopulation, malgré une envie pressante pas moyen de trouver des toilettes libres, donc courir à l'extérieur se cacher au moins mal et si possible au plus loin du refuge. Je fuis rapidement une fois le petit déjeuner pris. Sur cette portion de la HRP je suis seul car le temps n'est pas beau, il pleut mais la visibilité reste correcte. Une demi-heure après être parti je tombe sur mon premier solitaire en sens inverse. Il s'agit d'un Anglais qui vient de se faire saucer toute la nuit pratiquement sans matériel. Il est tellement trempé qu'il est en short et tee-shirt, mais ça le fait rigoler et sa volonté d'atteindre la Méditerranée n'est pas entamée. Nous discutons une dizaine de minutes et reprenons chacun notre chemin. Je suis plein d'admiration pour ces British que rien n'émeut. Le parcours de la HRP, c'est souvent magnifique. J'en connais quelques passages en particulier ceux d'Ariège vers le Mont Rouch, grandiose. Aujourd'hui ce tronçon par temps hostile fait ressortir toute la beauté de ce monde de pierre et d'eau. Les cairns sont assez nombreux et il n'y a aucun problème de cheminement, il faut dire que le fait de longer des lacs facilite l'orientation. Passage raide pour arriver à un col à 2510 mètres, la pluie s'intensifie. La descente est glissante, attention de ne pas aller trop vite. Encore des lacs et retour sur le Gr 11, où de nouveau je croise quelques groupes de randonneurs sous leur cape. Je constate que mon bâton est tordu et qu'il me manque la partie inférieure, tant pis il m'est toujours possible de m'y appuyer. Je longe le lac de Rius et m'engage dans une longue descente sous une forte pluie. Le fond de la vallée est atteint, le chemin débouche à proximité de l'entrée du tunnel de Viehla. Il n'est que midi ou un peu plus, vais-je rester dans cet endroit en attendant des conditions meilleures? Par ce temps il est exclu de continuer par la HRP, et le GR11 passe deux cols dont le plus haut est à 2720, ce qui fait pour l'après-midi un dénivelé cumulé de plus de 1800 mètres. J'hésite, vais visiter le refuge, et l'impatience me dominant, je décide de partir, il sera toujours temps de redescendre ou de m'arrêter dans le petit refuge d'Anglos perdu quelque part entre deux lacs à 2300 mètres. C'est parti, je descends la grand route jusqu'à un lac de barrage. A droite l'itinéraire escalade une forêt raide. Les nuages accrochent tous les reliefs, cependant la pluie cesse. Je quitte le goudron à treize heures trente, ce qui laisse de la marge avant la nuit. Immédiatement j'adopte un bon rythme sur ce sentier qui monte droit. Je me sens bien, l'air est frais, le cadre est grandiose et un peu mystérieux. En une heure j'abats plus de 600 mètres de dénivelé sans vraiment forcer, je commence à croire que je peux basculer ce soir du côté de Benasque. Sans que mon allure ne se modifie j'atteins le premier lac et je vois la petite cabane d'Anglos. Effectivement par temps de brouillard elle doit être difficile à trouver, mais cet après-midi on s'oriente vers une embellie. Je croise un couple de Hollandais. Ils viennent de faire une étape épuisante et espèrent rejoindre le fond de la vallée ce soir. Les lacs se succèdent, vu du haut ils ont des reflets lugubres à cause des nuages, et comme la pierre les entourant est sombre et mouillée l'ambiance est particulièrement austère. J'aborde la zone où seule la caillasse survit. Le premier col se présente. De ce lieu, je vois très nettement le second, pente de cailloux raide. Pour le rejoindre il me faut redescendre à un petit lac qui apparaît comme un trou noir. Que la montagne est belle dans ces conditions. Au niveau du lac une abondante source sourd de sous de grosses pierres, je m'abreuve longuement. La remontée pour atteindre le col de Ballibierna à 2720 mètres me demande presque une heure, la fatigue commençant à se faire sentir. La vue s'étend à un immense vallon dominé par l'Aneto. Les Pyrénées de toute évidence sont de hautes montagnes. Ce coin est très sauvage. Une pause bien méritée me permet de m'imprégner de l'esprit du lieu. Il n'y a rien de tel qu'un peu de stress engendré par des conditions douteuses pour déclencher le turbo. Maintenant retour au calme, pas de doute je dormirai dans la vallée qui conduit à Benasque. La descente promet d'être longue. Elle commence par un incroyable chaos de gros blocs qui obligent à de nombreux sauts. Attention de ne pas glisser sur la pierre détrempée car la chute est souvent très mauvaise et une fracture de la jambe ici risque d'être particulièrement inconfortable. Je contourne un lac toujours au milieu de ce chaos de blocs, presque de l'escalade au-dessus de l'eau. Avec un peu de neige le passage doit être scabreux. Enfin j'arrive sur un terrain un peu plus conforme à la randonnée, une immense descente commence. Ce versant sud de l'Aneto est très vaste et l'on ne prend pas bien conscience des distances. Je rentre dans une forêt de pins clairsemés. Sur le bord du chemin un couple de jeunes est assis, je leur demande si le refuge de Coronas est encore loin, ils me disent que j'y suis presque. Cependant il me faut encore un temps que je trouve interminable pour le rejoindre. Enfin, le voilà, il s'agit d'une cabane carrée sans aménagement aucun, mais au moins elle est propre. Souvent je passe de petits abris dans un état de saleté repoussant, encombrés d'une multitude d'objets hétéroclites, et il ne me viendrait pas à l'idée d'y dormir, à moins d'être confronté à des conditions apocalyptiques. Dans le cas présent rien de tel, le lieu est accueillant, deux Espagnols y sont déjà installés. Après les avoir salués, un petit tour à la rivière pour me laver et par chance juste sous un rayon de soleil réapparu. Un peu plus tard une bande de jeunes Français arrive. Demain ils veulent faire l'Aneto. La soirée sera agréable à discuter de choses et d'autres, en particulier d'études et de métiers. Je suis frappé par les remarques et la désillusion d'une fille d'une vingtaine d'années qui est sûre que ses études ne lui donneront aucun débouché dans la vie. Pourquoi avoir choisi cette filière et y persévérer ? Mystère !!!
Quatorzième jour GR 11 de la cabane de Coronas au gîte de Biados
Les Français partent très tôt pour leur ascension, un peu plus tard les Espagnols suivent le Gr11 en direction de l'est. Je me retrouve seul, vers les sept heures je reprends mon chemin. Tout d'abord une piste en fond de vallée me conduit jusqu'au Rio Esera. Un peu au-dessus de Benasque, arrêt dans un camping où il est possible de se ravitailler. Le chemin contourne par l'est et le nord l'impressionnant massif des Posets qui culmine à 3369 mètres. L'air est froid et le vent âpre. Quelques rares randonneurs croisés, la montagne a décidé d'être sinon hostile tout au moins désagréable. Apparaît le refuge d'Estos, j'y bois un coca-cola à l'abri du froid puis en avant direction le Puerto de Gistain. Les dernières centaines de mètres sont enneigées, mais la portance est bonne et l'allure n'est pas ralentie. Ce col perdu à plus de 2600 mètres a un petit air de lointain, mais les courants d'air ne me donnent aucune envie de m'attarder. Je me hâte de descendre au refuge de Biados. La carte présente une imprécision, en effet le chemin est indiqué rive gauche, alors je m'entête à progresser de ce côté mais la marche devient difficile et dangereuse, alors que de l'autre côté se trouve un beau sentier. Après avoir joué les funambules sur des roulements à billes pentus, je retourne traverser la rivière en amont et rejoins après quelques kilomètres le refuge de Biados. Il est temps d'arriver, un orage se déclenche. En face dans ces nuées, les Posets sont très impressionnants. L'accueil est sympathique le repas copieux et au diable la tempérance, je bois entièrement ma superbe bouteille de Rioja. Donc évidemment pour plusieurs raisons la nuit sera excellente, de plus je suis seul dans le dortoir.
Quinzième jour GR 11 de Biados à Bielsa puis route jusqu'à la vallée de Pineta
Départ de bonne heure par beau temps, l'air est frais et toujours cette bise désagréable. Je reste sur le GR11, le seul col de la journée se trouve 800 mètres au-dessus. Après avoir cheminé dans une forêt à l'abri du vent je me trouve de nouveau confronté à ses assauts. Le seul avantage, on n'a pas trop chaud, dans le fond le rythme doit en être amélioré. Au cours de la montée deux jeunes sont arrêtés pour se faire chauffer du thé. Ils sont en train de galérer sur la HRP, affublés de sacs énormes, et la nuit qu'ils viennent de vivre n'a pas été très confortable. Je leur souhaite bon courage pour la suite et me remets en route. A proximité du col je rencontre mon deuxième solitaire. Il s'agit d'un pur et dur. Bien qu'ayant dépassé la soixantaine il porte un sac de 20 kilogrammes et met un point d'honneur à passer toutes les nuits sous tente. Cette dernière est d'ailleurs particulièrement robuste et pèse dans les trois kilos. Nous entamons la conversation, ayant eu des métiers assez proches, nous nous découvrons des connaissances communes, le monde est petit. Il me met en garde concernant la variante qui passe dans le flanc sud-est du Mont Perdu. C'est justement là que j'espère passer. Il s'avérera que son évaluation était un peu alarmiste, tout du moins par temps correct. Nous envisageons même de casser la croûte ensemble, mais la fraîcheur ambiante nous rappelle vite à l'ordre. Nous reprenons donc chacun notre chemin. Le col, qui domine un petit lac, est vite atteint. Le lieu est austère. Je croise deux personnes et me dépêche dans la descente pour me réchauffer. 1000 mètres de dénivelé me mènent à la route de Bielsa pas très loin du tunnel frontière. En fond de vallée la température est plus clémente. Ne comptant pas faire tous les détours du GR, je prends la route jusqu'à Bielsa afin de rejoindre directement la vallée de Pineta. Durant cette dernière partie un automobiliste s'arrête et me propose de monter, je lui explique ma démarche, et le gratifie d'un grand merci. Même si je refuse cela fait toujours plaisir. Au milieu de cette magnifique vallée je m'arrête dans un camping. Après m'être installé et avoir pris une douche chaude, la première depuis quatre jours, je vais m'installer dans la grande salle de restauration. Là, rapidement, je comprends la raison de l'excitation générale, ce soir il y a Espagne France. Je constate que je suis le seul Français. Après avoir mangé, tout le monde se retrouve devant le poste de télévision. Je sens que ça va être chaud. Le match commence. Les Espagnols marquent le premier but, déclenchement de hurlements. Ça se calme, le match continue. Les Français égalisent, je marque ma joie en levant les bras. Une vingtaine de têtes à la mine sombre me regarde d'un air réprobateur, presque hostile. J'abandonne immédiatement mon sourire. Le match continue, les Français marquent une deuxième fois, toutes les têtes se tournent à nouveau vers moi, je fais bien attention de ne manifester aucun signe de joie. Le match continue, les Français mettent un troisième but, je fais comme si je ne l'avais pas vu, par contre tous les Espagnols s'en vont, il est vrai que nous sommes pratiquement en fin de partie. Lorsque presque tout le monde a déserté la pièce et que la partie s'achève effectivement, une vieille dame s'approche et me dit avec un fort accent belge «ah! c'est bien ils ont gagné». Il y avait donc au moins deux supporters dans la salle. Je rejoins ma tente tout joyeux, mais c'est sous une averse que je m'endors. Cela est un peu inquiétant, car l'étape de demain par mauvais temps cela risque d'être scabreux.
Seizième jour GR11 jusqu'au col de Niscles, variante pied Mont Perdu, vallée d'Ordesa
Je me lève avec le jour, ayant bien l'intention de profiter de la plus petite fenêtre de beau temps. Tout est calme, mais à l'humidité dans l'air on sent bien que cela n'est que provisoire. Le décor est fantastique, ces trois vallées que sont Pineta, Ordessa et la Niscle représentent pour moi parmi les sites de montagne les plus beaux que j'ai vus dans ma vie. Et justement l'étape de ce jour me permettra de les côtoyer toutes les trois, si la visibilité se maintient. Les cinq ou six kilomètres de goudron sont rapidement avalés, presque au pas de course. Au niveau du refuge de Pineta, 90 degrés gauche et direction l'immense paroi à remonter pour accéder au col de Niscle, 1300 mètres plus haut. Il me faut d'abord traverser le rio Cinca en enlevant mes chaussures, et la montée débute. Le sentier est époustouflant, la pente démarre raide pour ne faiblir qu'au col. Immense moment de bonheur que de parcourir ce chemin aérien avec le soleil qui apparaît à l'horizon, tout baigné de teintes rouges qui ne sont pas annonciatrices de beau temps. Je suis seul, depuis le réveil je n'ai vu personne, même sur les kilomètres de route pas une voiture. Heureusement d'ailleurs car je crois bien que je me serais laissé tenté, tant je suis pressé de passer avant la pluie, au moins arriver au refuge de Goriz. Le plaisir prend le dessus, par endroits il est obligatoire de mettre les mains pour progresser. Parfois en regardant au-dessus on reste perplexe quant à l'itinéraire tellement le flanc de la montagne est escarpé. Mais au fur et à mesure de la progression un chemin toujours tracé se dévoile. La montée est rapide et le panorama s'élargissant à vue d'œil procure une sensation très agréable. Arrivée au col vers les huit ou neuf heures du matin. Le décor d'un côté sur Pineta et de l'autre sur la Niscle est très impressionnant. Malgré le temps qui évolue, je marque un arrêt pour profiter de ce spectacle rare. Le Gr11 plonge directement, tandis que mon itinéraire part sur la droite pour aller se faufiler entre des barres rocheuses sur les flancs du Mont Perdu. D'ici cela semble vertigineux, mais je sais que l'équipement facilitera grandement la tâche. Un peu avant le câble je croise trois personnes, dont l'une de toute évidence a été très impressionnée. Je me hâte car le temps se couvre et par temps de brouillard sur le versant sud du Mont Perdu ça devient ''paumatoire''. J'arrive au fameux passage contre lequel mon solitaire d'hier m'avait mis en garde. J'y croise un groupe de Français, originaires du Puy-En-Velay, la veille ils ont gravi le Mont Perdu. Bien évidemment il n'est question que du match de foot d'hier, car au refuge ils se sont sentis très frustrés sans télévision. On en profite pour rigoler un grand coup, puis avec empressement nous reprenons notre chemin. J'aborde de grandes zones de pierriers dans lesquelles il est facile de perdre le sentier tout en gardant la bonne direction, lorsque la visibilité est bonne. Plus j'avance, pratiquement à niveau en tournant autour du Mont Perdu, plus la grande faille comme coupée d'un grand coup de sabre d'Ordesa prend de l'ampleur. Il me semble distinguer sur le versant droit de cette gorge grandiose la fameuse ''fara des flores'' sur laquelle je ne souviens avoir bivouaqué à côté d'un isard à moins que ce ne soit un bouquetin, en effet je garde le souvenir d'un animal de belle taille. Manifestement j'étais à un endroit qu'il affectionnait, car il ne voulait pas partir, à son corps défendant l'herbe était douce malgré l'altitude et le sol plat. Je me souviens aussi que dans ces grands à pics par endroits la densité d'édelweiss était telle qu'il n'était pas toujours possible d'éviter de les fouler. La pluie qui commence à marteler le sol me tire de ma rêverie. Me hâter d'arriver au refuge, pour le moment la visibilité est toujours bonne. Je prends réellement conscience que dans le brouillard dans ces parages, il faut coller à l'altimètre en espérant buter sur le refuge. Heureusement je ne suis pas acculé à ces extrémités. Enfin je l'aperçois. Je m'y engouffre, il est bondé. Il n'est pas loin de midi, je déjeune avec appétit, la matinée a été bien remplie. Le mauvais temps s'installe franchement, mais plus rien à craindre, un très bon chemin sans risque d'erreur va me permettre de descendre. J'espère ce soir être sorti de ce lieu magnifique mais très touristique. Je parcours une quinzaine de kilomètres entre cascades et parois géantes, le tout dans une foule presque compacte et sous des cataractes avec de temps en temps le tonnerre qui se répercute entre les montagnes. Enfin j'arrive au parking, incroyable, il y a des centaines de voitures et de cars. Il faut bien reconnaître que le site est époustouflant par son gigantisme. Malgré la pluie je n'ai pu m'empêcher de scruter sous tous ses angles ce miracle de la nature. Heureusement que le brouillard ne s'est pas mis de la partie, le spectacle en aurait été vraiment affecté, et j'en aurais ressenti une grande frustration. Une fois les aires de stationnement dépassées, vite m'éloigner, d'après ma carte un chemin se faufile sous la route. Je ne le trouve pas, donc encore 4 ou 5 kilomètres de goudron dans un trafic important. Une conductrice s'arrête pour me prendre et dans mon espagnol hésitant je lui répète que je veux aller de la Méditerranée à l'Atlantique uniquement à pied. Je la remercie et elle me gratifie d'un joli sourire. Une fois arrivé à la naissance de la vallée d'Ordesa, je tourne à droite direction le nord, et j'abandonne le gros du flot de touristes qui prend la direction opposée. D'un pas alerte je remonte une gorge encaissée. Et là je tombe sur mon troisième arpenteur solitaire. Il s'agit d'un Anglais plus très jeune, élégamment habillé à la langue parfaite d'Oxford ou de Cambridge. En tous cas il parle très distinctement et la langue de Shakespeare dans ces conditions c'est un vrai plaisir. Il a une connaissance encyclopédique des montagnes françaises, et il agrémente sa conversation de petits éclats de rire francs et sonores. Il ne fait pas vraiment dans le flegme. A regret je reprends ma route, j'aurais bien passé la soirée avec lui à l'écouter me conter ses aventures alpestres. Quelques kilomètres plus haut je tombe sur un petit camping très accueillant. Manifestement l'endroit a aussi eu sa ration d'eau aujourd'hui. Trouver une place pas complètement mouillée pour installer ma tente relève de la gageure. Pas grave, ma tente est bien étanche, trop d'ailleurs. Le restaurant est une merveille, le cadre et le menu ainsi que la gentillesse du personnel me ravissent. Quand je pense aux deux premiers solitaires rencontrés, je me rends compte que contrairement à eux je ne voyage pas à la dure et me laisse vite tenter par les petits plaisirs mis sur ma route. J'en aurai une autre preuve encore plus éclatante dans deux jours, en croisant un vieil Allemand. Je comprendrai toute la signification du mot Sparsamkeit (économie). Pour le moment sans complexe je m'empiffre de mets délicieux, charcuterie fine, légumes cuits juste ce qu'il faut, une magnifique côte bien épaisse et saignante, le tout arrosé d'un Rioja capiteux et fruité d'une belle longueur en bouche. Une fois le repas terminé, baigné d'une douce torpeur, j'essaie de me glisser dans ma tente sans trop me mouiller. Je m'endors sans doute vite, car je n'ai plus aucun souvenir de cette nuit.
Dix-septième jour variante GR 11 Sierras Turbon et Tendegnera, ville de Escarrill
Je me réveille bien reposé mais passablement humide, l'air étant tellement saturé en humidité que par capillarité ou autre phénomène physique il a imprégné tous les tissus. Pas de panique, ce n'est pas ce matin que je peux faire sécher mes affaires. Deux possibilités, soit vers midi je me trouve à un endroit bien ensoleillé et au cours d'une sieste d'une heure j'étale le tout, à moins d'arriver relativement tôt cet après-midi et tout aérer à ce moment. Le temps est très beau, le ciel limpide, il fait frais, de bons critères de beau temps. L'étape de ce jour va être particulière sauvage. Je vais longer par le nord les sierras Turbon et Tendegnera ( j'écris gn à la place de n avec tilde, car mon clavier ne comporte pas ce signe). Je ne vais pas voir une seule personne de toute la journée. A vrai dire pour être précis j'apercevrai dans le lointain deux personnes en train d'atteindre le pic de Tendegnera. Je commence par remonter la route une petite heure et je bifurque à gauche dans un magnifique vallon à l'herbe grasse et aux fleurs nombreuses. La fleur qui va m'accompagner tout au long de cette traversée c'est l'iris des Pyrénées au bleu mauve profond, sans oublier quelques exemplaires jaunes. Je suis encadré de belles faces rocheuses éclatantes parfois aux teintes très claires. Je distingue bien sur le bord droit du vallon le col que je veux atteindre. Je rejoins le petit refuge d'Otal, qui est un véritable taudis et à partir de là le chemin disparaît. Peu de temps auparavant j'ai bien vu quelques vagues traces rouges et blanches certes bien abimées mais bien réelles. Devant moi une pente raide de 500 mètres de dénivelé au-dessus de laquelle un replat semble conduire au col. J'attaque directement, l'herbe se met à glisser. Par endroits je rejoins de petites zones rocheuses qui me permettent de mieux me stabiliser, mais ce n'est jamais difficile bien que les cent derniers mètres deviennent très raides. Comme par miracle je débouche sur un petit replat où une sente mène au col. Un fois arrivé à ce lieu de passage, j'embrasse du regard toute la Sierra Tendegnera. Immenses parois calcaires sombres presque noires couvertes de stries horizontales, quelle austérité cette chaîne dégage ! Comme tout grimpeur j'essaie d'imaginer des itinéraires dans ces murs lugubres, rarement montagnes m'ont inspiré cette sorte d'effroi. Il fait bon, j'ai bien avancé je m'octroie une pause dans cet endroit enchanté entouré de roches de toutes les couleurs, cela me rappelle un lieu magique côtoyé comme dans un rêve en Afghanistan. Par un temps qui se maintient au beau fixe, j'entreprends la descente d'un immense vallon, d'abord à travers pierriers puis par une sente qui serpente dans l'herbe et les cailloux. Au-dessus de moi en permanence les grandes faces sombres striées en forme de pelles de la Sierra Tendegnera jettent un regard froid. Une petite stèle adossée à un rocher rappelle la mémoire d'un jeune Anglais qui a voulu dompter ses murs froids. Et toujours pas âme qui vive dans cette nature grandiose. Un petit refuge en bord de chemin montre le même état de saleté que ceux croisés jusqu'à maintenant. L'altitude diminue et la chaleur augmente. Vers les quatorze heures je quitte le royaume désert de la montagne pour me trouver subitement précipité dans le monde bruyant des hommes. Sans transition ou presque je passe des prairies fleuries à une grande carrière surchauffée dans laquelle de nombreux camions soulèvent des nuages de poussière. Me voilà sur le bitume et en quelques kilomètres sous une chaleur torride je rejoins la petite ville d'Escarrill. A l'entrée de l'agglomération je m'assois à l'abri dans le premier bistrot. Je commande une grande bière. Le serveur est un grand noir avenant, et bien évidemment la conversation s'engage au sujet du prochain match, France Brésil. Il est sceptique sur la capacité des Français à triompher de cette équipe mythique, bien qu'ils aient déjà joliment réussi cet exploit en 1998 par 3-0 en finale. On verra bien, l'épreuve se déroule dans deux jours. Pour le moment je reprends la marche et traverse cette petite ville endormie sous la chaleur d'un soleil vertical. A l'extrémité nord de cette cité, un grand camping étale sa multitude de mobilhomes et de grandes tentes. Une place m'est indiquée, j'y déploie mes affaires, qui vont sécher rapidement. Ma tente montée ressemble à un microbe au milieu de mastodontes.
Dix-huitième jour hors chemin balisé jusqu'au col de Escarra puis GR 11 vers Somport
Très bonne nuit, aucun bruit, le camping est presque désert, pourtant le mois de juillet n'est pas loin et vu les infrastructures nous sommes dans une région touristique. Peut-être cette ville sert-elle de dortoir au profit de la petite station de ski traversée hier ? Ce matin tout est très sec, ayant dormi tente grande ouverte la condensation est faible. Temps superbe, il me faudra vite quitter ce fond de vallée avant la chaleur. Le temps moyen et froid que j'ai eu jusqu'à présent m'a rendu l'entreprise plus facile. En effet, souvent au cours de narrations concernant le versant sud des Pyrénées ce qui ressort c'est la chaleur présentée comme un facteur de souffrance. Au moins je ne peux pas dire la même chose. Sac rapidement bouclé j'abandonne le camping encore endormi. En quelques centaines de mètres une piste matérialisée sur ma carte est atteinte. Elle suit une petite rivière au pied d'une barre rocheuse. Plein d'espoir sur la beauté des kilomètres à venir, à l'idée que le chemin passe en plein dans cette jolie falaise. Je traverse le cours d'eau sur un barrage. La sente devient minuscule et puis elle disparaît complètement. J'insiste, et commence à escalader des rochers moussus dans une forêt d'arbustes agressifs. Après une demi-heure de bagarre, trempé de sueur et constellé d'épines de toutes sortes je fais demi-tour. De toute évidence pas de chemin. En regardant la falaise qui me domine, je me dit que si un itinéraire s'y faufilait j'en verrais bien quelques traces. Quand on ne sent vraiment pas la chose il ne faut pas s'entêter et avoir le courage de tout reprendre à zéro. Donc je rebrousse chemin et me retrouve devant mon camping une heure plus tard. Une route étroite et tortueuse part à l'ouest et me permet d'avancer dans le flanc de montagne qui doit me donner accès à un grand lac. Donc pas de panique, en faisant un azimut brutal plein ouest je tombe forcément sur ce plan d'eau de belle dimension. La route bifurque au sud, je pars plein champs dans des pentes raides. Je rejoins le lit aride d'un petit torrent qui me permet de déniveler rapidement malgré l'instabilité du sol. J'atteins un collet, duquel un vaste panorama se découvre. Ouf! mon lac est bien là. Mais au fond presque à l'infini je distingue le col par lequel je compte passer. La distance m'apparait énorme, un instant de doute me saisit, d'autant plus que je dois commencer par faire le tour du lac, qui fait quelques kilomètres. Comme toujours dans ces moments de doute, en écartant les doigts sur la carte, je me rassure en constatant que mon col est à moins de dix kilomètres topo. Ce serait bien le diable si en trois heures de marche rapide je n'y arrivais pas. Le calvaire du contournement commence, pas trop mal, même plutôt bien jusqu'au barrage, où je m'arrête pour contempler quelques poissons. Mais une fois de l'autre côté une sente boueuse inclinée vers le lac et complètement défoncée par les troupeaux de vaches va me donner le plaisir d'une bonne partie de glissades et de ''tordages'' de chevilles, toujours avec le risque de piquer au mieux une tête dans la boue et au pire la bouse. Enfin le supplice prend fin. Le collado de Escarra du haut de ses deux mille trois cent et quelques mètres semble déjà plus près. En deux petites heures avec parfois des doutes sur l'itinéraire, j'y suis. La dernière demi-heure est interminable à me casser les mollets sur de grosses mottes de terre. Ces Sierras espagnoles sont absolument magnifiques, jaillissements minéraux sauvages. Aujourd'hui encore je n'ai pas aperçu un être humain, seulement de loin de nombreuses vaches, mais à part cela pas un être vivant mis à part quelques grands oiseaux. Des rochers aux formes étranges ornent les crêtes qui m'entourent. Le contraste entre les fonds de vallons verts et fleuris et ces crêtes arides et déchiquetées est frappant. La rapidité avec laquelle on passe d'une ambiance à l'autre est aussi source d'étonnement. Encore une immense vallée se présente à moi. Quelques deux kilomètres plus bas je retrouve le GR 11, mais pas plus de monde. La gorge se resserre en ondulant, ce qui est du meilleur effet esthétique. La grande vallée perpendiculaire conduisant au Somport n'est plus très loin. Un peu avant de la rejoindre, le Gr 11 d'après ma carte tourne à droite en restant en hauteur. J'en perds la trace et me dirige vers un petit fort gardé par des militaires en armes, afin de me renseigner. Ils n'ont pas l'intention de me parler et me signifient sans ambigüité de m'arrêter à distance. Assurent-ils la protection d'explosifs, me prennent-ils pour un représentant de l'ETA prêt à remplir mon sac de pains de dynamite? Le problème du terrorisme est bien réel en Espagne, j'obtempère immédiatement et m'éloigne. Mais alors où passer? Une route part plein sud rejoindre la vallée mais quel détour pour moi qui remonte au nord. Le fort est sur un terre-plein duquel en contre-bas je vois le Rio Aragon. En piquant directement, je peux le rejoindre en une centaine de mètres. Mais c'est raide et instable. Dans ma jeunesse j'étais champion de course sur pierriers pentus, c'est le moment de voir si j'ai perdu le sens de l'équilibre au milieu d'un flot de caillasses dégoulinantes. C'est parti, je reste debout et j'y mets tout mon honneur, car du haut de leurs remparts les militaires m'observent, donc il n'est pas question de m'étaler. Ça se maîtrise bien, de plus la taille des cailloux augmente, ce qui améliore les appuis et hop je me récupère en-bas, et les têtes sont toujours là-haut. Je leur tirerais bien la langue tout heureux de ne pas leur avoir donné la joie de m'étaler tout au long de cette pente sévère. Un sentier comme je les aime en bord de rivière, protégé du soleil me remet en direction du col du Somport. De temps à autre des raidillons en caillasses raides et brûlantes me font suer. Et là, dans un passage en plein soleil je rencontre mon quatrième solitaire. Il ne s'agit pas d'un ''traverseur'' de Pyrénées, mais d'un pèlerin vers Saint-Jacques de Compostelle par la voie du Somport. Il est d'âge avancé, à mon sens au moins soixante dix ans et de nationalité allemande. Son matériel semble dater de Mathusalem, et de toute évidence il peine sous la charge et la chaleur. Nous engageons la conversation, il m'explique sa démarche. Je perçois toute la force des mots Sparsamkeit et Armut (économie et pauvreté), lorsqu'elles sont subies volontairement. Cet homme dégageait une force et une sérénité dans son adversité, j'en suis resté tout chaviré. Manifestement nous ne faisons pas tous les mêmes voyages! Au contact de tels êtres j'ai presque honte de ce que je fais. Faut-il pratiquer le voyage en faisant vœu de pauvreté pour toucher au sublime, peut-être ? Cela demande-t-il beaucoup de courage ou une grande foi ? Peut-être les deux ? Ce contact restera gravé en moi de façon indélébile, pourtant nous n'avons pas parlé plus de cinq minutes. De la vertu des chemins que l'on ne trouve pas. Moi, le touriste pressé à la démarche stakhanoviste je repars un peu ébranlé. Plongé dans mes pensées, j'arrive devant un ouvrage de captation qui laisse couler un grand jet frais. Je m'en arrose et bois à satiété. Peu après, en faisant un court détour j'arrive à un petit camping perché, il est adorable et, comble de bonheur, je suis le seul client. Je m'installe dans l'herbe constellée de fleurs, que demander de plus ? Je rejoins le petit bistrot et le patron me raconte une multitude de choses, que j'écoute religieusement en descendant quelques bières. J'essaie de ne pas trop penser au vieil Allemand pour ne pas avoir mauvaise conscience, mais la bière fraîche c'est quand même bon. Dans la conversation, je lui demande s'il fait à manger. Il me répond par la négative mais il me vante la qualité du Parador qui se trouve un ou deux kilomètres plus bas. Entre ma purée soupe et une petite marche à pied, mon cœur ne balance pas longtemps, en avant. Ce monumental bâtiment de l'époque franquiste me fait penser à certains pays ex-communistes. L'accueil est très correct, le personnel stylé, le menu offre un large choix et la nourriture est de qualité et le Rioja toujours aussi facile à boire, le tout pour un rapport qualité-prix imbattable et sans doute introuvable en France, qui n'est pourtant pas loin. Donc une fois encore je m'en mets plein la lampe et, la nuit bien avancée, tout guilleret, je rejoins ma tente.
Dix-neuvième jour GR 11 du Somport à Zuriza
Les montagnes qui dominent le camping sur le versant opposé sont extraordinaires. Hier du fait du contre-jour, je ne les avais pas vraiment vues telles qu'elles sont. Aujourd'hui toutes éclairées par le soleil du matin, elles montrent une multitude de recoins, et leurs formes tourmentées et acérées montent à l'assaut du ciel. Jusqu'au col du Somport, c'est à dire durant une petite heure je suis sur le sentier de Compostelle en sens inverse. Je croise donc quelques pèlerins, dont un, un peu excentrique, qui commence à me questionner et à noter mes réponses. Aïe aïe aïe ! je suis loin de mon vieil Allemand économe entre autre de ses paroles. Les installations du col sont vastes, je les traverse et poursuis plein ouest par le Gr11. La marche est agréable. Le chemin fait un immense détour au fond d'une gorge boisée. Un peu avant le lac d'Estanes, je rencontre mon dernier solitaire. Encore un Anglais qui suit la HRP. La traversée du pays basque avec vingt mètres de visibilité dans un terrain sans point vraiment caractéristique lui a laissé un souvenir profond. Le contournement du lac est pittoresque et très agréable. Je débouche à un petit collet et pris par le rythme, mon attention focalise une trace qui va m'éloigner de l'itinéraire. Je traverse un pierrier sous une barre rocheuse. Il semble qu'une vire la parcoure une cinquantaine de mètres plus haut. Des fois on prend ses désirs pour des réalités. Le chemin doit être sur cette vire. Je remonte une pente caillouteuse raide et attaque la paroi. Les pieds sont en adhérence et il faut me tracter avec les bras, mais je continue. Une pierre siffle. Je lève la tête et vois une harde d'isards sur une pente à ma verticale qui me lance des pierres. Je reprends mes esprits. Mais qu'est-ce que je fais en train de faire de l'escalade à la recherche du GR ? Je fatigue !!! Je redescends en faisant attention. De toute évidence au collet j'ai loupé l'itinéraire qui devait plonger devant la grosse pierre que j'ai contournée. Mais je ne fais pas demi-tour. Je continue sur le pierrier précité et j'oblique vers la falaise au-dessus de laquelle je me trouve pour essayer d'y trouver un passage. Une gorge profonde et très pentue donne accès à la large plaine que je dois suivre. Les premiers mètres presque verticaux sont en terre avec quelques végétaux, puis j'aborde des rochers très raides mais d'excellente qualité, encore de l'escalade mais les prises sont franches. Un petit passage vertical et un dernier pas nécessitant de s'étirer au maximum, et pour moi qui ne suis pas souple c'est le calvaire, et enfin je prends pied au fond de cette gorge austère et rejoins l'herbe. Il serait temps que je fasse un peu plus attention, ne pas être capable de suivre un chemin somme toute bien balisé, il y a du souci à se faire. Là encore l'erreur m'a fait parcourir des recoins très jolis. Je descends cette large vallée, orientée au nord, peuplée de vaches s'égayant au milieu de zones marécageuses. Je croise de nombreux promeneurs. Coude à 90 degrés gauche vers l'ouest, un petit à pic et au-dessous une piste au terminus de laquelle de nombreuses voitures s'entassent. Durant cinq ou six kilomètres je la suis. Elle est poussiéreuse et exposée en plein soleil. Le rendement baisse et je fais un sérieux effort pour avancer. Arrivé au bout de cette vallée, le chemin part plein ouest. Je suis la route, orientée au sud, qui descend trois kilomètres plus bas à un camping. Un peu avant d'y arriver une source jaillit d'un rocher. Je me mouille la tête et bois largement. Une fois au camping, le coin est délabré et à l'abandon. Une très mauvaise sensation me submerge, ce lieu m'est très hostile. Bien qu'il soit seize ou dix-sept heures, marche arrière et je retourne chercher le chemin et pars directement sur l'étape suivante. Incroyable, l'esprit mobilisé par l'étape nouvelle, la fatigue disparaît et je me sens comme neuf. Une fois de plus je perds mon itinéraire, attiré dans le vallon qui conduit aux aiguilles d'Ansabère. Un berger me confirme l'erreur. En tirant directement dans la pente plein sud et en gardant le cap parfois à la boussole tellement ce vallon à tendance à me ramener trop à droite, je finis par retrouver le bon vallon et le col de Petraficha. La lumière est extraordinaire, le temps change, un orage se prépare, que la montagne est belle dans ces conditions, surtout lorsqu'on est seul. Du col, la Sierra d'Alano se dévoile dans toute la splendeur de ses multiples faces blanches. Je vis un grand dépaysement sur ce chemin. Je passe un petit refuge dans lequel un jeune couple se prépare à passer la nuit. Il est sordide et son état lamentable me dissuade de m'y arrêter. La pluie arrive, je presse le pas. Le village de Zuriza n'est plus qu'à quelques kilomètres. Je fonce tant que je peux sur la piste. La pluie s'accélère et à nouveau de véritables trombes. Je vais faire quelque chose à ne pas faire. Un petit pont, je m'abrite dessous. J'enlève mon sac mais je guette en amont si le flux d'eau n'augmente pas brusquement, ayant repéré une petite pente pour fuir à la première alerte. Effectivement le niveau monte mais de quelques centimètres seulement, enfin le déluge s'interrompt. Je reprends la piste et arrive dans le village. Je m'imaginais au bout du monde et bien non, une foule compacte se presse au camping. Mais d'où sortent-ils? En trois heures de marche je n'ai vu que quatre personnes en comptant le berger. De toute évidence c'est un lieu prisé des Espagnols. Une fois encore je m'installe sur un terrain complètement détrempé. Mais que la région est jolie, des près bien verts couverts de fleurs, et le tout entouré de magnifiques montagnes bien rangées en ligne, toutes brillantes de pluie sous le soleil du soir. Vite une télé, c'est France Brésil! Un chahut incroyable dans une immense salle, la plupart n'étant plus intéressés depuis l'élimination de l'Espagne, mais tout le monde passe et repasse les bras chargés de nourriture et de gros bocks de bière. Dans le fond j'aime bien ces foules bruyantes secouées de gros rires. Il n'est pas toujours facile de suivre dans ce mouvement permanent le déroulement de la partie.
Vingtième jour route, chemin non balisé et GR 11 de Zuriza à Ochagavia
Une journée magnifique s'annonce. Vite sur pied, c'est parti pour la journée. Mais d'où sortent tous ces gens. Au collet où je dois quitter la route à quelque distance du camping, de nombreuses voitures stationnent. Le chemin commence à grouiller de randonneurs. Bien que cette partie de l'itinéraire semble très jolie, une petite route à l'allure plus calme la contourne. Je n'hésite pas longtemps, et c'est comme cela que je parcours quelques kilomètres de goudron avant de plonger dans une jolie gorge en sous-bois, qui me conduit à la charmante petite ville d'Izaba. J'effectue un arrêt sur la place centrale, où des enfants s'amusent. La fontaine est la bienvenue. A la sortie de l'agglomération un sentier pentu mène à l'église ''Nusestra Senora de Idoia''. Nous sommes le premier dimanche de juillet, et c'est le jour de la procession annuelle. De nombreux croyants en habits traditionnels montent à la petite église. J'y pénètre et dépose mon obole. Ce que je n'avais pas prévu, c'est que ma pièce provoque le déclenchement de la lumière, qui éclaire vivement l'espace qui sans cela reste sombre. Moi qui voulais passer inaperçu, c'est loupé. Je ne m'attarde pas. Dès que le mur d'enceinte est dépassé, comme par enchantement je retrouve la solitude qui m'a accompagné sur la majeure partie de ma traversée. Le chemin parcourt une magnifique forêt escarpée, composée d'arbres à feuilles caduques. Le col de Kakueta est atteint. Là, plus de doute le pays basque commence. D'un coup la fin me semble approcher. Les crêtes s'arrondissent et s'adoucissent. La vue se dégage presque jusqu'à l'infini. Le Pic d'Orhy, pyramide culminant à 2017 mètres, marque l'entrée dans la dernière ligne droite, signe psychologique fort que j'attends depuis le départ de Banyuls. Pour le moment il se situe au nord-ouest par rapport à ma position. Au cours d'une marche enthousiaste orientée à l'ouest le long d'une piste entourée de pinèdes, il va se positionner plein nord puis il se déplace vers l'est. Ce mouvement apparent du Pic d'Orhy que je dépasse me procure un immense plaisir, la vie dans le fond c'est pas trop compliqué! Une grande descente donne accès au village d'Ochagavia. Petite bourgade à l'architecture carrée. Les maisons sont magnifiques, massives et bien entretenues. Les portes souvent ouvertes laissent voir des intérieurs raffinés, de jolis meubles en bois et de magnifiques plafonds à la française, dont les poutres bien entretenues donnent un réel cachet à l'ensemble. Je demande si un magasin d'alimentation est ouvert, il m'est répondu «hoy domingo». J'avais oublié. De plus, pas de camping, alors c'est forcé et contraint (tout du moins ma conscience est sauve en pensant au vieil Allemand) que je me dirige vers un charmant petit hôtel au bord de la rivière près du centre. Il est bien dans le style des intérieurs aperçus, cossu et de très bon goût. Toutes les prestations sont de qualité et le prix modique. Un groupe d'Anglais lancés dans la traversée des Pyrénées à vélo y séjourne aussi.
Vingt-et-unième jour GR 11 de Ochagavia à la frontière, jonction et GR10 jusqu'à Estérençuby
Un petit jour triste et brouillardeux se lève. Je n'y couperai pas à la navigation au radar. De plus à partir d'aujourd'hui j'abandonne mes cartes confortables au 50 000 pour passer à la 100 000 de l'IGN numéro 69. Après un copieux petit déjeuner je m'enfonce dans les brumes. Tout relief a disparu. Sans difficulté je rejoins le monastère qui domine sur une petite crête. Puis en avant vers la Sierra de Abodi, vaste croupe orientée est ouest. Un large chemin non mentionné sur ma carte coupe cette montagne à mi-pente. Le Gr le suit. Mais après une bonne heure de marche cela me semble bizarre, j'aurais dû commencer à monter vers le sommet. De toute évidence je l'ai encore perdu. Je fais marche arrière jusqu'à un petit bois et là, la progression à la boussole commence. Les joies du pays basque. Je ne devrais pas tarder à intercepter la crête et en la suivant je devrais couper le chemin. Je n'aurai pas la peine d'atteindre le sommet, je tombe sur un piquet peint aux sacro-saintes couleurs rouge et blanche. Mais une fois de plus l'erreur m'aura été bénéfique. En effet dans un champ, je suis tombé sur des vautours. Au sol ils ressemblent à de gros dindons à long cou. Mais dès qu'ils déploient les ailes et prennent leur envol le spectacle est de toute beauté. Une fois au sommet de cette sierra, le brouillard se déchire par intermittence, ce qui me permet de voir l'immense pan de forêt à descendre. A nouveau le balisage m'échappe, ce n'est pas grave car une rivière et un grand lac doivent me servir de barrière d'arrêt. Dans mon sac, toutes mes affaires sont réparties dans des sachets de congélation de différentes tailles, je dois même pouvoir traverser une rivière à la nage sans mouiller grand chose, mais enfin si possible éviter et localiser le pont. Je retrouve la petite route qui conduit au point de franchissement. Je tombe dans une clairière sur une belle poussée de cèpes de Bordeaux, oui des vrais boletus edulis. Malheur, que faire ! Je ne peux les ramasser, durant la vingtaine de kilomètres que je compte encore parcourir ils seront réduits en bouillie. Il paraît que cru c'est bon, c'est l'occasion d'essayer. J'en repère un joli bien ferme et je le croque à pleines dents. Au début on sent bien ce fumet subtil et fort du cèpe, mais rapidement la consistance en bouche donne une sensation de mélasse un peu cartonneuse difficile à mâcher. Je n'aurais peut-être pas dû en engouffrer un si gros morceau. Mais j'arrive au bout de mon champignon, et en attaque un second. Là par contre, je vais déclarer forfait avant de l'avoir terminé. La mort dans l'âme j'abandonne le reste de la petite troupe à gros pieds. Je me dis qu'ils feront peut-être la joie d'un chercheur, s'il ne tarde pas trop. J'arrive au pont, traverse et longe la rivière jusqu'au lac. Je croise quelques promeneurs. Le brouillard retombe de plus belle. Le chemin suit un bras du plan d'eau, qui vient tangenter la frontière. Cinquante mètres de visibilité c'est rigolo, mais pas trop longtemps. Soit je reste sur le GR 11 et ses mille mètres d'altitude dans la purée de pois, soit je pique sur la France et rejoins le village d'Estérençuby dans la vallée. Option France, je passe par dessus une clôture à vaches et me retrouve sur un petit parking. Plusieurs voitures stationnent. Toutes les plaques d'immatriculation sont françaises, c'est le seul indice qui me confirme que j'ai changé de pays. Le brouillard, lui il s'en fout de la frontière. Par une petite route, encombrée de belles grosses vaches blanches, qui serpente au fond d'une petite dépression je progresse vers le nord. La visibilité baisse de plus en plus. Des points de repère caractéristiques de la carte à proximité de la route restent invisibles. Avec la multitude de courbes je ne me situe plus exactement et pourtant je voudrais bien intercepter le Gr10. Enfin je le vois. Sans encombre il me conduit au village. Par beau temps ce parcours sur de grosses bosses doit être sublime, mais cet après-midi les yeux rivés sur de l'herbe mouillée et glissante dans un paysage fantomatique, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux. Ne nous plaignons pas, l'ambiance n'en est pas moins superbe avec son petit côté mystérieux qui cache tout au regard. Imaginer sans voir laisse libre cours à tous les phantasmes. Arrivée dans le village, il fait sombre, les maisons serrées dans le brouillard sont presque lugubres. Un petit hôtel, je m'y précipite. Un pur et dur, qui commence une traversée s'est installé au bord de la route, je suis bien content de ne pas faire de même. Ce soir encore, une équipe de cyclistes, français cette fois, est engagée dans la traversée des Pyrénées. Ils espèrent mettre une semaine.
Vingt-deuxième jour route de Estérençuby à Cambo-les-Bains
La météo ne prévoit aucun changement pour les jours à venir, brouillard à partir de 600 mètres d'altitude. Pas de problème j'ai toujours rêvé longer la Nive, car cette rivière comme l'Adour m'a toujours intrigué. Donc je rejoins Saint-Jean-Pied-de-Port et de là je longe la rivière. Déception, pas de chemin, je suis acculé à rester sur la route jusqu'à Cambo-les-Bains. Et là, première semaine de juillet le flot des touristes a commencé. Dans un vacarme permanent je vais rejoindre cette station thermale et d'un coup l'envie s'en va pour de bon. J'ai vraiment quitté les Pyrénées. Rejoindre les plages, et les remonter au milieu des baigneurs avec mon piolet dans le dos, c'est une histoire à me faire mettre la camisole de force et terminer chez les fous. Dans le fond j'ai bien fait de ne pas ''gâcher'' cette superbe balade Biarritz Arcachon par le bord de mer, car je la ferai avec un camarade en février 2008 et nous passerons cinq jours superbes, le jour le long de plages désertes et la nuit durant des bivouacs sous la gelée blanche. L'étape jusqu'à Cambo est longue, le goudron ça finit par casser les pattes. Pour la première fois en trois semaines j'ai des courbatures. La fin du parcours se fait sous la pluie. Cette nuit encore l'hôtel, monter la tente sous des trombes je n'en ai pas envie. Un coup de téléphone pour consulter les horaires de train, et demain en trois changements je rentre chez moi.
En conclusion je dirai qu'en écrivant ce récit avec deux ans et demi de recul, je suis étonné de la fraîcheur des souvenirs que j'en conserve. Sans doute le fait d'être seul y est pour quelque chose. En effet en montagne sans compagnon, on est plus exposé aux aléas et l'accident peut être beaucoup plus lourd de conséquences. Instinctivement on intègre cette situation et les sens sont plus en éveil. Cette concentration accrue favorise un meilleur contact avec la nature, et nous imprègne au delà de ce que l'on pense. Bien sûr je ne ferai pas l'apologie de ce genre de pratiques, qui présentent leurs inconvénients, et qui sont souvent réprouvées, normes de sécurité obligent. Cependant ces grandes balades en solitaire en montagne apportent beaucoup. Partir seul et durant trois semaines, n'avoir à s'occuper que de soi et focaliser toute son attention au point de vue matériel uniquement autour de la dizaine de sacs de congélation que l'on transporte dans son sac à dos, représente un immense repos de l'esprit. Pas de voiture, pas de papiers envahissants, personne avec qui négocier, pas de perte de temps à retourner une masse d'affaires. On ne possède que le strict nécessaire, les déballages et les rangements ne prennent pas de temps. On se sent comme affranchi d'une dimension matérielle, tout en se sachant autonome. Si j'aime partager des joies en montagne devant des paysages fantastiques et faire découvrir les lieux que j'aime, m'y trouver seul m'apporte une émotion qui m'est vitale.
Je vais avec plus de deux ans de recul relater ma traversée des Pyrénées effectuée sur 22 jours, essentiellement au mois de juin, commencée à Banyuls et terminée début juillet à Cambo-les-Bains.
Comme souvent cette aventure a commencé par un trajet en train au départ de Lyon. Pour me laisser le temps, tout en prévoyant un programme très ambitieux, j'avais dit à ma famille que je partais pour deux mois. N'ayant pas essuyé de reproches directs quant à cette durée somme toute longue surtout en été, j'ai cependant bien vu dans certains regards de l'étonnement et peut-être aussi un peu de peur. Pourquoi grand dieu a-t-il besoin de partir seul dans les montagnes? L'absence de question évite toute justification. D'ailleurs quelle est la justification au fait de partir seul? Y en a-t-il une ou plusieurs? Je ne saurais donner de réponse certaine car les idées restent assez confuses dans mon cerveau. Peut-être à la cinquantaine se prouver que le corps est encore jeune, vivre une aventure tout en restant dans des normes connues, n'avoir à s'occuper que de soi, une recherche relative de solitude? Probablement un mélange de tout cela. Bien sûr avant de partir, j'éprouve des doutes et aussi des remords, car je sais que certaines personnes ressentent ces moments du départ avec douleur, à la manière d'un abandon. Mais inexorablement j'essaie de durcir ma carapace et de ne pas trop réfléchir. Puis le premier pas étant effectué, le cœur devient plus léger.
Le trajet en train, direction le sud, permet de m'absorber d'une part dans une lecture intéressante en espagnol, car le gros de ma traversée je compte la faire dans le pays de Don Quichotte, et d'autre part dans la contemplation du paysage et tout spécialement du Rhône. Ce fleuve exerce sur moi une véritable attirance. De grands écrivains, comme Bosco ou Clavel, en ont fait des descriptions époustouflantes et y ont situé certains de leurs romans. Je me souviens aussi des parties de pêche effrénées avec mon frère dans notre jeunesse, où nous attrapions toutes sortes de poissons en particulier de gros brochets, pêchés de façon tout à fait irrégulière. En effet dans le port Edouard Herriot à Lyon pendant les grandes chaleurs de l'été de gros poissons s'immobilisaient à la surface. Traîtreusement, avec des cannes au lancer équipées de gros hameçons triples, après avoir bien visé nous les crochetions en travers du corps, pas très académique comme procédé mais très efficace. Heureusement ces poissons avaient pratiquement toujours la vie sauve, car leur chair sentait horriblement le pétrole. Il nous arrivait parfois de les ramener à la maison et de squatter la baignoire où durant quelques jours ces habitants du Rhône se trouvaient emprisonnés à la grande colère de notre mère et dans la joie dissimulée de notre père. Puis un jour les bornes ont été dépassées, le nombre de gros brochets et autres carnassiers attrapés étant tel, que nous sommes allés dérober mon frère et moi un fût de deux cents litres vide, qui se trouvait sur le chantier dans la rue au pied de notre appartement. Nous l'avons installé au milieu de ma chambre, rempli d'eau et y avons mis nos gros poissons. Sans doute attiré par nos exclamations de joie, notre père est entré dans la chambre et a marqué l'arrêt devant ce gros bidon rouge pour le moins pas très propre. Puis rapidement reprenant ses esprits, contrairement à la baignoire qui le faisait rire, dans le cas présent son visage exprimait plutôt de la colère et de la consternation devant la stupidité de ses enfants. Nous eûmes l'ordre impératif et exécutoire dans les plus brefs délais de rapporter notre aquarium sur son chantier et de nettoyer par la même occasion la grosse tache de goudron ou d'hydrocarbure qui marquait le centre de la chambre. Tous ces souvenirs de lecture ou d'histoires vécues me permettent de m'éloigner par la pensée des miens et d'oublier ma culpabilité en les abandonnant.
Contrairement à l'année dernière le trajet se passe sans problème. En effet au cours du mois de septembre 2005, j'avais accompli une randonnée d'une semaine à partir de ce joli petit port méditerranéen. J'avais loupé la correspondance en gare de Béziers, à cause de ce que l'on appelle pudiquement un accident de personne. Deux heures d'attente, que j'avais mises à profit pour me promener dans la ville. Il est étrange de penser que l'on profite d'une opportunité de découvrir un lieu parce qu'une personne qui n'avait plus la force ou l'envie de vivre s'est jetée sous un train. Me voilà donc vers les 13 heures en gare de Banyuls. Bien que la première étape soit longue pour un après-midi, je prends mon temps. Je descends sur la plage et vais au contact de l'eau. J'y trempe la main et les pieds mais n'ai pas le courage de me baigner. On ressent toujours une impression étrange, mélange d'appréhension de doute et d'excitation, au moment de partir seul dans un projet d'une certaine ampleur. Surtout, comme je l'ai, dit mon plan est assez ambitieux. Je compte suivre la HRP jusque vers Puigcerda, puis mettre le cap sur la Serra des Cadi et musarder par la suite dans certains massifs espagnols comme le Cotiella, puis rattraper la HRP du côté de Gavarnie et je projette même de remonter la plage de la frontière jusqu'à Arcachon. Mais rapidement, ce que je n'avais pas anticipé, c'est que pour le moral, indépendamment du temps qui souvent n'a pas été de la partie, j'ai besoin de voir sur ma carte la distance se creuser derrière moi et diminuer en direction de l'Atlantique. Toute ma vie j'ai été conditionné pour ne pas prendre le temps et on ne change pas facilement. J'ai presque honte de dire que durant cette traversée, ma plus grande joie bien souvent consistait à visualiser sur ma carte routière au 1 000 000 le trajet de la journée et de constater que cela représentait un espace très significatif à cette échelle d'un pays. Donc progressivement, me trouvant un certain nombre d'excuses, le temps, la famille, mes parents, mon fils qui commençait un stage à Lyon vers le 10 juillet, ce fut la ligne droite ou presque qui dicta mon itinéraire. Ce mode de pensée ne s'est pas imposé immédiatement mais s'est insinué lentement au cours de la première semaine.
Premier jour GR 10 de Banyuls au refuge au pied du Pic Neulos
Vers les 14 heures je démarre. Cet après-midi je compte rejoindre le refuge au pied du Pic Neulos en suivant le GR 10. Je connais l'itinéraire pour l'avoir suivi l'an dernier. Aujourd'hui le temps est beau et stable alors que la fois précédente rapidement je fus pris dans le brouillard et la pluie. J'avais trouvé la cabane à la nuit tombante, alors que se déclenchait un orage d'une violence extrême. J'apprendrai plus tard que cette nuit de septembre 2005, les départements environnants avaient été mis en vigilance rouge. Un grand arbre avait été fracassé par la foudre à proximité de l'abri. Dire qu'il s'en était fallu de peu que je le trouve, alors que j'errais dans le brouillard, la nuit et la pluie. Cette étape est longue, plus de mille mètres de dénivelé et il me faut 6 heures à un bon rythme pour y parvenir. A part un couple doublé, que je reverrai trois jours plus tard sur le Canigou, je ne rencontre personne. Une fois arrivé, croyant que le couple me rejoindrait pour la nuit je m'installe dans un coin. Personne ne vient. Je suis et resterai seul, avec une vue magnifique sur la Méditerranée qui s'étale à l'infini. Au cours de cette traversée ce sera la seule nuit où je n'aurai pas de compagnie. Bien souvent, lors de grandes étapes les journées se dérouleront dans la solitude mais le soir il y aura toujours une âme qui vive avec qui discuter, sauf pour cette première étape. La fois précédente, la nuit de l'orage, il y avait cinq personnes, quatre jeunes Hollandais et un saltimbanque qui terminait la traversée des Pyrénées par le GR 10. Son périple avait duré deux mois avec un sac de 20 kilogrammes. Il s'arrêtait dans les villages pour présenter des spectacles et se faire quelque argent pour continuer son voyage. Nous avions passé une nuit merveilleuse à se raconter une multitude d'histoires vécues, et le matin chacun était reparti sur son chemin, de brouillard et de pluie pour une semaine en ce qui me concernait. Maintenant un an plus tard, la nuit est paisible, troublée par nul bruit.
Deuxième Jour GR 10 du refuge au pied du Pic Neulos aux Illas
Lever matinal, temps superbe, l'étape du jour me conduira aux Illas. L'humeur est au beau fixe, s'éveiller dans cette cabane aux quatre vents sans un bruit, seul avec le soleil distillant déjà sa chaleur bienfaisante. Je contourne le Pic Neulos par une trace plus qu'une sente. Seules quelques vaches paissent tranquillement dans ce terrain raide et broussailleux. Une fois sur la crête comme l'année précédente je me fais entraîner sur ce qui me semble un détournement de GR pour passer devant un gîte. A six heures du soir le détour qui invite à l'arrêt très bien, mais à sept heures du matin c'est moins agréable. En effet cet itinéraire détourné me force à suivre sur plusieurs kilomètres une route goudronnée. Heureusement il est possible par endroits de couper directement à travers la forêt. Donc me voilà pour une bonne distance sur la route, comme consolation cela permet d'étalonner le podomètre. Le mien est pas mal, à vingt mètres près il correspond aux bornes kilométriques, et cela sur presque dix kilomètres. Seul agrément je passe deux sources bien fraîches auxquelles je me désaltère avec bonheur. Arrivée au col du Perthus, que de monde!!! De véritables files d'autobus s'entassent sur les parkings, desquels se déverse une multitude se ruant sur cigarettes et alcools. Dans un gigantesque supermarché je m'achète deux petites boîtes et quelques fruits pour mon repas de midi. En effet, ce soir aux Illas je compte aller au restaurant du bourg dont je garde un très bon souvenir. Vite je reprends mon chemin, ça grimpe dur dans les ruelles. Enfin je suis sorti et emprunte une petite route qui passe au pied du fort de Bellegarde. Un petit cimetière m'interpelle, j'y entre par un portillon qui grince. Comme il est étrange! Les tombes, toutes très vieilles, sont alignées le long du mur d'enceinte, laissant de ce fait un immense espace libre, comme si le lieu n'avait pas encore servi ou presque. Les tombes sont presque toutes surmontées de hautes et maigres croix auxquelles sont accrochées des cocardes tricolores. Mon étonnement est grand lorsque je constate que les dates indiquées remontent à la révolution et manifestement la plupart des défunts sont des militaires. Quelques tombes sont minuscules et dévoilent la présence d'enfants. Que ce lieu est étrange et calme, si proche cependant de la folie consommatrice. Je quitte l'endroit quelque peu songeur. Un peu plus loin j'aperçois des ruines. Il s'agit de la voie romaine qui allait en Espagne. De nombreux vestiges sont visibles, très bien conservés pour certains. Le plus impressionnant, ce sont les traces de roues de char encore bien visibles sur le rocher. En moins d'un kilomètre deux sites exceptionnels méritent une visite. Je m'arrête, mange mes boîtes de sardines et mes fruits. Le chemin pour aller jusqu'aux Illas n'est pas très agréable, large piste serpentant à flanc, succession de montées dans la poussière. L'arrivée au village se fait par une grande descente en lacets, cela semble interminable. Le gîte est loué à un groupe, donc ce sera camping sur un petit terrain communal, où je serai seul. La douche je la prendrai sous le pont du village, là où la rivière fait une petite mare. Le lieu est assez discret, de plus il n'y a pas grand monde. Cette traversée des Pyrénées qui va me prendre vingt deux jours, je ne pensais pas y rencontrer si peu de monde. En effet à part quelques sites connus comme le Canigou, les Aiguilles Tortes ou la vallée d'Ordesa, les étapes seront très souvent solitaires, et si elles ne le sont pas complètement, les humains rencontrés se comptent sur les doigts de la main. Ceux qui me marqueront, ce sont les marcheurs solitaires. J'en croiserai cinq, quatre qui traversent les Pyrénées dans l'autre sens, trois Anglais et un Français, et le cinquième un vieil Allemand qui emprunte la voie du Somport vers Saint Jacques de Compostelle. Ces rencontres sont toujours des moments de grande émotion. J'aurai l'occasion d'y revenir. Il est étonnant comme ces trajets, seul, à travers les montagnes laissent une marque profonde en soi. En effet cela fait maintenant plus de deux ans que j'ai effectué ce périple, et bien, le fait de le dérouler en l'écrivant, une multitude de sensations et de détails me reviennent à l'esprit. Je suis stupéfait de voir que malgré le recul du temps, le fil ténu et éphémère mais de plus de sept cents kilomètres, de ma trace dans ces montagnes s'est incrusté à ce point en mon esprit. L'exercice d'écriture est d'autant plus difficile, que je n'ai pratiquement pas fait de photos. En effet, ces dernières sont un outil prodigieux pour la narration d'un récit. Mais c'est peut-être un peu tricher, car longtemps après, écrit-on par rapport aux sensations que ces photos évoquent à l'instant où on les regarde, ou bien font-elles réellement remonter le vécu et la perception au moment de leur prise? Sans doute un peu des deux. Mais si on n'en possède pas, le fil d'Ariane de la piste fait ressurgir les émotions du moment de l'action, le récit en est sans doute plus véridique. Donc comme prévu, petit repas gastronomique aux Illas dans une auberge à la salle grande et bien aménagée, une ancienne grange restaurée de main de maître. Après cet agréable moment, je fais un tour pour localiser le chemin du lendemain. Je repère un monument à la mémoire des personnes qui rejoignaient l'Angleterre via l'Espagne durant la deuxième guerre mondiale, car le village était l'un des lieux de passage, cela me remémore de nombreux livres et films.
Troisième jour Les Illas, frontière espagnole, Pic de France, Arles-sur-Tech
L'étape sera longue, je compte remonter la belle forêt qui domine le village, passer en Espagne, rejoindre le Roc de France par l'ermitage de la Salinas puis terminer l'étape à Arles-sur- Tech. La montée en sous-bois est magnifique tôt le matin lorsque les rayons du soleil sont encore obliques. Début juin, les feuilles sont encore toutes jeunes et présentent un joli vert tendre. Je ne peux m'empêcher de scruter les touffes de mousse, car je verrais bien des giroles s'y cacher. Une fois en Espagne, une piste large et de bonne inclinaison conduit à l'ermitage. Il est désert mais plus embêtant, la source est tarie et moi qui comptais m'y ravitailler … Tant pis, direction le Rocher de France. Après quelques petites hésitations dans les broussailles, je n'ai pour le moment que la carte au cent millième de l'IGN, je tombe sur un bon chemin qui me conduit sur le petit sommet à 1450 mètres. J'en profite pour me restaurer en contemplant le versant qui doit me conduire à l'étape du soir. Il a l'air immense et plein de replis. En effet cette descente jusqu'à la petite rivière, le Tech, est interminable. Heureusement en pleine chaleur de l'après-midi je rencontre une source qui suinte d'un rocher, que cette eau fraîche est agréable. Cela donne un bon coup de fouet au moral. J'arrive dans la ville d'Amélie-les-bains. Ce fond de vallée est très chaud, le goudron fond. Je commence par suivre la route, mais rapidement du fait de la chaleur et du trafic important je rejoins le lit de la rivière et continue à même les galets. Le rivage par endroits présente de véritables murs de végétation, il me faut donc marcher dans l'eau heureusement peu profonde. Cela procure une sensation étrange de se dire que l'on est en train de traverser les Pyrénées à pied et de se traîner à un rythme d'escargot à glisser sur des pierres moussues en essayant de ne pas piquer une tête. Je finis par abandonner et pars à la perpendiculaire à travers les fourrés à la recherche d'un chemin. Rapidement je tombe sur une multitude de traces praticables. A l'entrée de Arles-sur-Tech je retrouve le GR 10. Cette petite cité est superbe, le chemin se faufile dans des lieux pittoresques, en particulier des petits jardins potagers. Halte dans un camping dans le haut du village, il n'y a presque personne. Le mois de juin ce n'est pas encore les vacances. Je mets mes sandales et retourne me promener dans le village. J'y fais quelques emplettes et vais m'installer à la terrasse d'un restaurant à l'architecture superbe, une ancienne bâtisse en pierre rénovée. La soirée sera nostalgique, car durant l'après-midi mon maudit portable m'a appris la mort d'une personne qui m'était chère. Il y a des moments dont on se souvient toute sa vie eh bien je me souviendrai toujours exactement du lieu et de l'instant où cette triste nouvelle m'a atteint. Je mange cependant avec appétit une gigantesque pizza suivie d'une grosse glace. Je remonte à mon camping sous l'orage qui menace et rapidement m'endors.
Quatrième jour GR 10 de Arles au refuge de Bonne-Aigue
Lever matinal, pas un bruit, petit déjeuner froid englouti rapidement et tout de suite l'immense dénivelé de la journée commence. J'ai l'intention de rejoindre la HRP en passant par le Serra del Roc Nègre à 2714 mètres alors que mon point de départ se situe juste à 300 mètres. Je chemine par des chemins qui se faufilent parmi les restes de vieilles mines, excavations et charpentes métalliques en ruines. Rapidement la chaleur est suffocante, le temps est à l'orage. Je dénivelle rapidement mais je souffre. Le sac me semble pesant, les crêtes apparaissent lointaines, et cela d'autant plus que l'air est saturé d'humidité et prend un aspect laiteux qui augmente l'impression d'éloignement. Le sentiment d'avoir vu trop grand pour la journée commence à m'effleurer. Cependant le rythme rapide me permet de garder le moral. Toujours cette horrible habitude d'avoir les yeux rivés sur la montre et l'altimètre et en déduire des dénivelés horaires. Au moins cela a la vertu d'occuper l'esprit. J'envie ce garçon qui lorsqu'il part pour de grands périples ne s'encombre d'aucun instrument même pas d'une montre, quelle liberté il doit éprouver! Mais pourquoi je n'arrive pas à en faire autant ? La végétation change, des prairies parsemées de jolies fleurs remplacent la garrigue. Un petit ruisseau que je longe, et hop! une jolie truite détale. J'atteins la route qui conduit au col de Cirière. Au gîte en réfection un peu en-dessous je me ravitaille en eau et me renseigne sur l'évolution du temps pour l'après-midi. Rien de rassurant, mais rien d'étonnant, des orages violents sont attendus. S'engager sur les crêtes ne serait pas raisonnable. Je décide donc de rester sur le GR10 et me lancer dans le contournement du Canigou. Le col est rapidement rejoint. Ensuite le chemin s'accroche au versant nord-est de la montagne. Que le lieu est impressionnant ! Le Canigou est vraiment la sentinelle des Pyrénées bien avancée dans les plaines. Les flancs sont très raides et travaillés. Par endroits je traverse de petites gorges au fond desquelles coulent des ruisseaux. Par temps de grosse pluie le passage ne doit plus être praticable sans risque. J'arrive à une petite bâtisse devant laquelle se trouve une magnifique fontaine. J'aurais pu éviter de transporter mes deux ou trois litres d'eau. Un peu plus loin je rejoins le couple vu la première journée, je ne les avais pas reconnus, eux par contre me remettent bien. Il y a quelques promeneurs sur ce magnifique sentier. Je double deux femmes qui me cèdent leur énorme chien blanc, genre Patou, pas méchant mais très collant. Bivouaquer en se serrant dans son poil volumineux doit être agréable, mais je n'en ai pas l'intention. Arrive un croisement de chemins, où le refuge des Cortalets est indiqué par deux itinéraires. Je choisis le plus haut. Alors que je remonte une crête vers les 2300 mètres, un orage violent s'abat. Je dépasse un couple de Belges qui s'abrite dans une petite anfractuosité et mon gros Patou décide de rester avec eux. Une très violente averse de grêle me force à m'arrêter sous le premier sapin et à mettre mon sac à dos sur ma tête. Le tonnerre gronde autour de moi, quelques arbres foudroyés montrent que l'endroit est malsain. Mais la grosseur des grêlons est telle que je n'ose bouger malgré le risque lié à la foudre. L'averse est si violente que mon arbre ne me protège pas vraiment et les morceaux de glace rebondissent dans tous les sens et m'attaquent par le bas. Très rapidement, n'étant pas très habillé la déperdition de chaleur est importante et je commence à me sentir en danger si cela devait durer. Je décide malgré la tourmente de repartir en courant au mieux, car au moins je produirai un peu de chaleur. Heureusement quelques minutes plus tard aussi rapidement qu'elle était apparue la grêle s'arrête. Il était temps, cela a duré une vingtaine de minutes. La montagne est magnifique dans son hostilité, sur les sommets environnants le tonnerre roule en faisant vibrer jusqu'au sol. Après la traversée de quelques pierriers instables et glissants j'arrive au refuge. Une foule immense s'y trouve. En effet c'est la fête des feux de la Saint Jean. Demain tout ce beau monde montera son bois au sommet du Canigou pour faire un immense feu de joie. Les Catalans sont comme les Basques, le bois ils aiment ça, et ils se mettent à plusieurs pour monter des bûches énormes. Très vite je me rends compte que je n'ai pas du tout envie de passer la nuit ici. Il n'est que quatre ou cinq heures, je continue donc jusqu'au refuge de Bonne-Aigue petite cabane qui doit être moins peuplée. On me conseille cependant de prendre de l'eau car la source de Bonne-Aigue, contrairement à son nom, n'est pas toujours bonne fille et peut se montrer avare, ce qui sera le cas. Encore une ou deux heures de chemin escarpé, durant lesquelles je chemine presque accroché au ciel en dominant la plaine, située très loin en-dessous. Enfin au détour d'un pli du terrain le petit abri se dévoile sur son éperon. J'y suis seul. Une vue magnifique sur le sommet du Canigou s'offre au regard. Heureux d'arriver, ce sera l'une des plus longues étapes de ma traversée et la plus éprouvante, à cause du temps d'abord étouffant et puis cet orage très impressionnant. Je cherche la source et la découvre enfin juste devant le refuge, mais elle est à sec. J'ai été bien inspiré de prendre trois litres d'eau au refuge précédent. Je m'installe, fais un feu dans le fourneau et me cuisine une grosse purée et bien au chaud dans mon duvet je poursuis la lecture de Croisières et Caravanes d'Ella Maillard. C'était quand même autre chose quand elle traversait dans les années trente l'Asie à pied en dormant deux semaines durant dehors en hiver dans l'Himalaya, en ayant pour tout refuge le flanc de son chameau. Je me dis que mes petites souffrances c'est de la rigolade. Alors qu'il fait encore bien jour, j'entends du bruit. Je ne serai pas seul cette nuit. Un couple de jeunes gens arrive. Voyant l'exiguïté des lieux, ils décident d'aller planter leur tente sur un replat à proximité. Après s'être installés ils viennent me chercher et m'invitent à partager une bouteille de blanquette de Limoux. Assis dans l'herbe à côté de leur tente nous avons une discussion animée. Incroyable, lui vient de faire une thèse sur les mafias albanaises. Je ne dirais pas que je suis très fort sur ce sujet mais j'ai habité trois ans en Albanie et donc le thème m'intéresse. Cette soirée mémorable et très sympathique me revigore et me laissera un souvenir impérissable. La nuit tombée depuis un bon moment, nous rejoignons chacun notre sac de couchage.
Cinquième jour GR 10 du refuge de Bonne-Aigue au hameau du Mantet
Après une bonne nuit, je me sens en pleine forme, la longue marche d'hier n'a laissé aucune trace. Mes amis dorment toujours, je laisse un petit mot de remerciements sur l'un de leurs sacs et leur souhaite une bonne montée au Canigou. Comme toujours lorsque je suis un GR, je pars bille en tête sans rien regarder, sauf dans le cas présent, un dernier regard à ce minuscule refuge agrémenté d'une petite tente. Rapidement je traverse un éboulis et fais détaler toute une harde d'isards. Le chemin pénètre en forêt. Il semble peu utilisé, bizarre pour un GR. Mais l'ambiance est tellement extraordinaire et mystérieuse que pris par l'envoûtement du lieu je m'y enfonce toujours plus profondément. De plus en plus de branches obstruent la sente de plus en plus étroite. Je finis par perdre toute trace. De toute évidence je ne suis plus sur le chemin. Cependant ma carte au 100 000 ne me dit pas si je me situe au-dessus ou au-dessous de mon itinéraire . Le plus simple, faire marche arrière jusqu'à ce que je retrouve la sacro-sainte trace rouge et blanche. En effet je n'aurais pas dû traverser la zone d'éboulis. Le chemin à cet endroit monte une petite crête très raide et poursuit en pente très soutenue. Mais comme souvent, cette erreur m'a permis d'abord de voir de très près ces beaux animaux que sont les isards et de passer une heure dans une forêt mystérieuse très peu fréquentée. J'atteins un collet haut perché que je distinguais très bien du refuge, et je bascule sur un autre versant de la montagne, toujours aussi joli et aérien. Rapidement je rejoins l'un des itinéraires qui conduisent au point culminant. De ce fait je croise de nombreuses personnes qui s'y rendent. Le refuge de Mariailles apparait. Je suis un peu déçu, il a l'air d'être jeté à même le bord du chemin. J'en avais une idée magnifique, ayant lu un article particulièrement élogieux sur sa gardienne, ce qui tout naturellement me rendait le lieu très sympathique. Je ne m'y arrête pas et descends à un bon rythme jusqu'à Farga. Que ce petit hameau est accueillant, des fleurs partout, des champs remplis d'immenses herbes bien vertes, et une fontaine. Une eau fraîche agréable à boire, mais il serait préférable qu'elle soit plus chaude, car on en absorbe plus facilement une grande quantité, et lorsqu'on fait des efforts c'est par litre qu'il faut s'hydrater. Ensuite par une grosse chaleur je remonte au col de Mantet. 900 mètres de dénivelé en zigzaguant avec la route goudronnée par des petits raidillons. Le col fait très pelé, le village du même nom est blotti quelques centaines de mètres plus bas. Un gîte très agréable m'accueille. La soirée est particulièrement exquise. L'hôtesse cuisine très bien, et à quatre, un couple étant présent, nous refaisons le monde jusque tard dans la nuit. Je rejoins un lit moelleux et je tombe sur un livre de Troyat, dont je ne me souviens plus du titre, mais il me passionne tellement que j'en lis les trois quart avant de m'endormir.
Sixième jour GR 10 du Mantet aux Planes
Le temps semble beau, après un petit déjeuner copieux me voilà parti à travers les alpages. Le paysage est très différent de ce que j'ai vu sur le tour du Canigou. On retrouve la moyenne montagne que je qualifierai de classique. Rapidement je passe le col del Pal, qui domine le village de 900 mètres. Je redescends au refuge de la Carança. Il est au confluent de plusieurs vallées, et les vaches innombrables l'assaillissent littéralement. On m'avait prévenu que la source pouvait être contaminée du fait du grand nombre de bovins. Je constate que j'ai perdu l'une de mes superbes sandales, achetées 70 euros au Vieux Campeur. Je suis très mécontent, je les ai attachées sur mon sac. Alors s'est-elle décrochée ou dans la précipitation du départ l'ai-je oubliée au gîte? Cela me perturbe, comme quoi il ne faut pas grand chose. Alors dans ma colère à partir du refuge j'accélère et remonte un joli vallon. Je ne croise pas grand monde puis viennent face à moi des pêcheurs. Tiens c'est bizarre! Mon itinéraire de la journée ne comporte pas de lac. Je leur demande d'où ils arrivent. Bien évidemment de l'étang de la Carança. C'est le bouquet, je n'ai pas pris la bonne vallée. Il faudrait bien que je finisse par prendre l'habitude de regarder la carte de temps en temps de façon plus rigoureuse. En effet je suis juste sous le lac j'ai bien dû faire quatre cents mètres de dénivelé. Pas de panique, c'était très joli. Je m'arrête donc et commence à casser la croûte. Au moment de reprendre le chemin du refuge un autre pêcheur descend. Nous engageons la conversation et j'aurai droit à un superbe cours sur la truite fario de souche pyrénéenne. Il m'explique tout sur sa reproduction et sa pêche. Encore une fois l'erreur est très bénéfique. De retour au refuge je reprends mon chemin qui est franchement très évident. Le col se situe 600 mètres plus haut. Son accès est raide, coupant en permanence une piste qui fait de grands détours. Une fois arrivé, un vent froid et désagréable m'enlève toute envie de faire une pause. Ce temps pour le moins pas très agréable, je vais le subir quasiment jusqu'à l'Atlantique. Je prends cependant le temps de regarder ma carte et de constater que le Gr fait une immense boucle en fond de vallée. Je décide de traverser directement et de rejoindre le chemin sur le mouvement de terrain suivant. Je visualise l'itinéraire que je veux suivre et c'est parti. Arrivé en fond de vallon, j'attaque directement la pente en face et après une bonne suée je retrouve les traces rouges et blanches. Il ne me reste plus qu'à me laisser conduire au village de Planes. Le gîte est ouvert. Je bois une bière en compagnie d'un habitué de la région. Il me raconte une histoire étonnante qui corrobore ce que j'ai vécu trois jours auparavant. Il me fait part de son expérience des chutes de pression très brutales du côté du Pic de Costabonne. Effectivement lorsque j'étais près du Pic de France, mon altimètre affichait des variations d'altitude très brusques et importantes. J'ai tout de suite pensé qu'il ne fonctionnait plus. Eh bien non, il s'agissait du phénomène que l'on me décrit. Pas étonnant, m'a-t-il dit, que j'ai subi un orage aussi violent sur le Canigou. Le repas du soir sera moins raffiné que celui de la veille. Je me trouve avec un Canadien qui finit ses vacances et qui repart le lendemain. Il éclate de rire quand il constate que je n'ai qu'une sandale et un pied nu. Nous passons la soirée devant la télévision, coupe du monde oblige. La France va gagner, et ce n'est pas le dernier match que je regarderai.
Septième jour Les Planes à Puigcerda et village de Ger par chemins et route (N260)
L'étape du jour doit me conduire en Espagne, pays dans lequel je resterai jusqu'au pays Basque. L'itinéraire remonte le vallée de Mont Louis jusqu'à la frontière. Manifestement j'ai une baisse de moral, pourtant tout va bien physiquement. Le chemin parcouru jusqu'à présent était très beau, la marche agréable, les haltes du soir toujours bonnes et souvent pleines de surprises. Eh bien non, malgré ces 6 jours prometteurs d'une belle traversée je suis envahi par un coup de blues. Le plus étrange, c'est que je ne sais pas pourquoi. Allez, ne pas se poser de question et marcher, on verra après. J'abandonne le GR 10 à partir d'aujourd'hui pour ne le retrouver que vers Saint-Jean-Pied-de-Port. La marche en forêt est plaisante. De l'autre côté de la vallée j'aperçois le fameux four solaire d'Odeillo. Ayant coupé mon téléphone portable depuis hier matin, je l'ouvre, des fois que ma famille s'inquiète en ne pouvant me contacter. J'ai effectivement un message d'un camarade qui me propose des activités professionnelles à Lyon et Paris. De toute évidence cela attendra mon retour. Je savoure l'immense privilège que cela représente de ne plus être soumis au dictat de devoir gagner sa vie et de vivre sans peur excessive du lendemain. Après tout, cela dépend aussi de ses envies et du niveau auquel on fixe ses besoins. Mais la contrepartie de ne plus se sentir tendu vers un but professionnel, c'est peut-être de devoir occuper son temps libre. C'est sans doute là que se niche une partie de mon vague à l'âme. L'allure n'est pas très rapide. Je fais une halte à même le tapis d'aiguilles de pins et engage une longue conversation téléphonique avec une personne qui m'est chère et qui me connait bien. Sans doute suis-je à la recherche d'un appui dans la signification de la traversée que je fais? En tout cas la discussion porte ses fruits. Je trouve une interlocutrice qui est un avocat sans concession de la poursuite de l'entreprise. Plus de doute, debout et marche. Je m'arrête dans le village de Eyne et mange la boîte de thon que je traîne depuis Tech. C'est pénible car on se met de l'huile partout et ensuite il faut trouver une poubelle, car pas question de remettre dans le sac cette boîte de conserve toute dégoulinante. N'en voyant pas dans les environs, je mets le tout dans un sac plastique que j'accroche sur le sac à dos. Dans ce village, l'année précédente, j' avais pris le fameux train jaune, expérience très intéressante. J'étais le seul voyageur sur le quai, le train est arrivé à faible allure et s'arrêta. Le chauffeur sortit la tête et me demanda si je voulais monter. Je lui répondis par l'affirmative et il m'enguirlanda presque en me faisant remarquer que normalement le train ne marque l'arrêt en gare que si on lui fait signe, et qu'il n'est pas devin et ne peut connaître mes intentions. Je devais donc m'estimer heureux qu'il se soit arrêté car de plus c'était le dernier de la journée. Après ce rappel de mes souvenirs, je repars. Avec la journée qui avance, la chaleur augmente. Après m'être perdu dans des champs cultivés, qui de toute évidence se sont appropriés le chemin, n'osant pas couper directement parmi les épis de blé, je fais moult détours. J'arrive enfin à Bourg Madame et passe la frontière. Manifestement les douaniers regardent les gens, est-ce dû au contrôle de l'immigration clandestine en Europe ? A Piugcerda je m'arrête et me mets à l'ombre dans un café. Pour ce sacro-saint moral à retrouver et à consolider, je sens qu'il faut que j'avance un grand coup, comme cela je serai irrémédiablement lancé dans l'aventure. Donc première décision, je laisse tomber le long détour par la Serra de Cadi et je file directement sur La Seu d'Urgel, en partie sur la route et en partie par des chemins qui traversent de petites villes un peu désaxées. L'important c'est qu'il n'y ait pas trop de montées et que le mouvement vers l'ouest soit significatif. A la sortie de l'agglomération, je distingue très nettement à une vingtaine de kilomètres au sud la barre impressionnante de la Serra des Cadi, sur une trentaine de kilomètres elle se lève d'est en ouest en une vague toujours au-dessus des 2000 mètres, et même pour sa moitié ouest toujours au-dessus des 2500 mètres. Résolument je m'engage sur la route à grande circulation, je vois un panneau qui indique 60 km alors que ma carte en indique un peu plus de 50 pour la ville de La Seu D'Urgel. Un super marché, j'achète une bouteille de banga de deux litres que je descends presque d'un coup, cela fait repas et boisson. Sur le goudron c'est une véritable canicule, avec la réverbération de la chaleur, les 35 degrés sont à mon avis atteints. Un grand magasin de chaussures dans une zone commerciale, j'en profite pour m'acheter des tongs pour remplacer mes sandales. Il y a des soldes, j'ai deux paires pour 7 euros mais je n'en veux qu'une. Dans mon espagnol hésitant j'explique qu'une seule suffit et que je ne désire pas en porter deux jusqu'à l'Atlantique. La charmante vendeuse finit par m'en vendre une paire pour 4 euros. Je retourne dans la fournaise avec l'intention de bien avancer avant le soir. Après une dizaine de kilomètres je me laisse tenter par le joli village de Ger qui domine la route, et pars à la recherche d'un logement. Le bistrot, dans lequel j'entre, loue des chambres certes à des prix non-modiques, mais de qualité. Pour une journée sans moral l'étape a été cependant importante. Je me promène dans cette petite cité toute en pente et termine dans un petit estanco. On est bien en Espagne et l'ambiance est très sympathique.
Huitième jour Principalement route de Ger N260 direction ouest
Au réveil, il fait presque nuit, cela ne provient pas de l'heure matinale mais de l'épaisseur des nuages. Je reprends la route à grande circulation sur une dizaine de kilomètres et me dirige vers la petite ville de Bellver de Cerdanya. Jolie agglomération à l'architecture de cachet avec ses belles maisons en pierre, ses magasins bien achalandés et sa foule qui se presse dans les rues. Une brume épaisse tombe, assortie d'une bruine tenace. Une route très peu fréquentée me permet de gagner dix kilomètres loin du raffut de la circulation. Cela me donne l'occasion de découvrir la belle église de Santà Eugènia de Nerellà. Vers les treize heures, retour sur la grand route à l'entrée de la ville de Martinet. Dans un bistrot comme on en trouve dans toutes les grandes cités européennes je profite d'une accélération des précipitations pour faire une pause. Sensation étonnante que de faire de longues distances à pied le long de grands axes routiers. Je pense à tous ces récits de voyage où durant des semaines voire plus l'itinéraire se déroule dans le souffle et les aspersions des camions lancés à toute allure. Je me remémore en particulier un pèlerin parti de Lyon pour Jérusalem et qui avait traversé une bonne partie de l'Italie dans ces conditions, ou encore Bernard Ollivier qui au cours de sa longue marche appréhendait la traversée des tunnels non éclairés quelque part au fond de l'Asie. Ma carte au 50 000 me permet de voir qu'un petit chemin se faufile entre la montagne et la rivière sur la rive opposée à la route, encore quelques kilomètres de gagnés loin des monstres d'acier puants et bruyants. Ensuite, après un bref retour sur cette N260 apparaît un camping à même le bord de la route. Bien qu'il ne soit pas tard je décide de m'y arrêter. Le temps s'est amélioré et rapidement la chaleur sèche le sol. Manifestement il n'y a pas grand monde, à tel point qu'il est impossible d'acheter quoique ce soit, le restaurant et l'épicerie étant fermés, donc ce soir mon réchaud me servira pour chauffer ma purée soupe, habituelle dans ces circonstances. C'est très simple à faire, c'est comestible, ça cale sérieusement, que demander de plus? Je m'installe au bord de la rivière sous un rayon de soleil et je m'y trouve très bien. J'observe les petits verrons qui farfouillent les gravillons dans quelques centimètres d'eau un peu à l'écart du courant principal du cours d'eau. Soudain, sortant des profondeurs agitées par le courant, une belle truite fait un passage rapide mais ne réussit pas à attraper une proie. Être le témoin d'une scène de ce type, somme toute banale dans la nature, me remplit de joie, et c'est très bon pour le moral.
Neuvième jour N260 jusqu'à la Seu D'Urgel puis GR7 jusqu'à la Farga des Moles
L'étape de ce jour doit me conduire au moins à La Seu D'Urgel. Afin de continuer à bien avancer tout se fera par la route. D'ailleurs, vu l'endroit où je me trouve, il n'y a pas d'autre choix. La vallée est encaissée, la route domine d'assez haut, aucune possibilité de progression près de la rivière et le versant raide ne permet pas de prendre des chemins en amont. Donc je me lance sur le bitume, tôt le matin peu de circulation et température clémente. Surprenant je trouve du plaisir à avancer comme cela sur une route nationale. D'ailleurs par endroits les points de vue sont magnifiques. Un seul tunnel se présente, évitable par l'ancienne route. Par endroits l'espace derrière le rail de sécurité ne permet pas de marcher, car il y a presque directement le vide. J'avance donc sur la route bien collé au bord métallique, m'immobilisant lorsque un camion arrive, ou même j'enjambe le rail et attends qu'il soit passé pour revenir sur le goudron. A un moment, marchant sur la chaussée, je vois arriver face à moi un cycliste et derrière lui à vive allure un camion survient. Vu l'étroitesse des lieux je réalise que si le vélo fait un écart pour m'éviter, il court un grand risque de se faire écraser par le bolide lancé à 100 à l'heure. Je saute précipitamment le rail, le cycliste y reste collé et le camion le frôle dans un grondement. Vers les onze heures j'atteins la petite ville désirée depuis avant-hier. L'entrée se fait le long de belles allées verdoyantes qui longent le cours d'eau. Je traverse cette agglomération qui s'étale sur un bon kilomètre, puis près de la sortie je fais une halte dans un restaurant. Il se situe à un carrefour particulièrement passant, en effet l'une des routes remonte directement au Pas de la Case. Bien qu'ayant bu deux bières et mangé comme un boa, je repars sous le cagnard. J'emprunte le GR7 sur une dizaine de kilomètres. Bien que remontant la vallée qui conduit au Pas de la Case, le trafic n'est pas gênant, le chemin étant souvent à bonne distance de l'asphalte. Un embranchement de vallées apparaît, et là se niche la Farga de Moles et son camping. Site agréable dans un décor verdoyant. Le mois de juin est une période propice à la balade car les fonds de vallées ne sont pas encore brûlés par les chaleurs et les sécheresses de l'été. Ce soir, encore un match de foot, je ne me souviens plus quelles étaient les équipes en compétition.
Dixième jour petite route et hors chemin balisé jusqu'au village de Tirvia
Aujourd'hui l'aventure reprend. En effet je vais essayer de rejoindre au mieux le Val D'aran en dehors de tout itinéraire balisé. Pour corser la chose, il me manque un bout de carte sur une bonne distance. Mais de la fin de ma première carte je devrais voir une montagne caractéristique qui se trouve sur la seconde. Tout commence par une petite route qui serpente dans une vallée étroite. Un gros chien décide de m'accompagner, il me suivra deux bonnes heures. Passé un premier village, j'arrive à Civis et prends une sente qui monte raide. Alors je dis à mon compagnon à quatre pattes de retourner chez lui. Il n'en fallait pas plus pour qu'il fasse demi-tour, à moins que de lui-même il ait décidé de s'arrêter à la fin du goudron. Le chemin suit des flancs arides et escarpés, la solitude est vraiment présente. Le col de Confluent est atteint, un peu plus de 2000 mètres d'altitude, et je suis en bout de carte. Très bien, est-ce que mon pronostic s'avère exact ? Effectivement, une vallée se présente avec un large débouché vers la gauche et une montagne sur la droite avec un petit col, qui doit correspondre à celui que je compte rejoindre. Dans la partie manquante je rencontre même un hameau désert, mais équipé d'une belle fontaine, qui est la bienvenue car je manque d'eau depuis plusieurs heures. Une fois près d'une rivière je repars à l'assaut du versant opposé vers le col identifié. Étant dans la forêt sur le flanc de la montagne, évidemment mon lieu de passage désiré disparaît du champ de vision. Il me faut partir à l'estime, dans un immense versant encombré d'arbres abattus à enjamber. J'ai le sentiment que je ne vais pas y arriver. Je me traîne de tronc en tronc en essayant de les escalader le plus rapidement possible sans dépenser trop d'énergie et sans me blesser. Après un moment qui me semble une éternité, les troncs s'espacent et je pressens la fin du calvaire. J'atteins une prairie encaissée dans un vallon, au fond duquel court un ruisseau. Je décide de le suivre, en effet il monte c'est bien et de plus le cheminement est dégagé. Ce sont déjà des éléments très favorables. Mais est-ce que de plus ce vallon aura le bon goût de conduire là où je veux aller ? En tout cas après le supplice que je viens de vivre, avancer à bonne vitesse sur une herbe souple procure un grand plaisir. Certes la pente est raide et irrégulière d'où un champ de vision très restreint. La direction me semble bonne, et de fait après une petite heure de montée je tombe pile sur un collet qui se découvre au tout dernier moment. Je sors ma nouvelle carte et miracle, ce que je vois devant moi correspond exactement à ce qui est décrit. Dans la vallée tout en bas deux villages Burg et Tirvia. Ce dernier aux environs des 900 mètres, donc quelques 1400 mètres en aval. A vol d'oiseau la distance est de l'ordre de huit kilomètres. Ma carte n'indique qu'une vague piste en pointillé, que je ne trouve pas. Mais la descente se fait à travers prés et broussailles. Toujours un passage se découvre au dernier moment, un vrai bonheur, une petite trace de ci delà laissée par des animaux sauvages ou domestiques et hop quelques mètres de gagnés. Au détour d'une ruine noyée dans de grandes herbes, une grosse couleuvre me détale dans les pieds. L'après-midi est beau, quelques petits nuages épars signe de stabilité, pas d'orage à craindre, le vent froid qui m'accompagne un jour sur deux est absent. Cette étape avec son caractère particulier est l'une de celles qui me laissera un des meilleurs souvenirs. Sur la trentaine de kilomètres, voire plus, parcourus, je n'ai rencontré qu'une femme le matin en passant un premier village. Nos montagnes européennes, dès que l'on sort des grands axes de randonnée à la mode, sont presque désertes. J'aurai l'occasion de le constater encore au cours d'étapes à venir dans des variantes du GR 11. Arrivée au village de Tirvia, écrasé sous la chaleur de milieu d'après-midi. Euréka!! Il y a un petit hôtel à la façade sympathique qui donne sur la place centrale. Je commence par boire une bonne bière, car l'eau a été rare aujourd'hui. En effet, j'ai évité de faire le plein à la rivière, n'utilisant les cachets qu'à la dernière extrémité. L'eau en montagne, je la bois sans traitement lorsqu'elle sort de terre ou de la roche, considérant que le passage dans le sol est un filtre. De même je la bois à l'air libre lorsqu'elle court au-dessus de la zone de végétation si elle ne provient pas d'un lac. Soirée agréable, menu de qualité, il faut dire qu'après un effort comme celui d'aujourd'hui tout aliment a la saveur de ce que Bocuse vous propose. Le propriétaire est tout étonné de ma réponse lorsqu'il me demande où je vais. De toute évidence je suis en dehors des routes habituelles de la traversée des Pyrénées.
Onzième jour de Tirvia hors chemin puis route et chemin jusqu'à Espot
De l'hôtel, je distingue très bien en face, de l'autre côté de la vallée le début de mon étape. Ma carte m'indique qu'une sente conduit au petit pic qui nous domine fièrement. D'abord rejoindre le fond de la vallée. Soit suivre la route qui fait un détour ou couper directement dans la pente qui donne directement sur la rivière. Je m'avance au bout du plateau sur lequel se trouve le village pour me faire une idée de la praticabilité d'un passage direct. Une grosse centaine de mètres dans une pente très raide, mais de nombreux arbres. L'affaire semble jouable. En effet la végétation et le sol meuble me permettent de rejoindre le lit de la rivière facilement. Une fois en bas pas d'autre possibilité que de traverser, heureusement la profondeur et le courant sont faibles. La petite zone à la confluence de quatre vallées est prestement traversée et je m'engage dans la forêt qui doit me conduire au Pic de l'Orri, quelques six cents mètres plus haut. De toute évidence ce sentier n'attire pas les foules. De temps à autre une vague trace, mais le plus souvent la progression est conduite par les zones de moindre résistance végétale. Je débouche à un collet, j'y laisse mon sac et continue. J'ai un peu l'impression d'être le premier à fouler ce sommet modeste qui culmine à 1444 mètres. Je découvre un vaste panorama. Mon belvédère est de tout premier ordre pour visualiser le reste de mon étape du jour. Cela commence par plusieurs kilomètres à flanc parmi buissons et épines sans cheminement bien établi. Au gré des zones aérées je zigzague avec par endroits de petits soucis, car ça pique vite et fort. Pourvu que je ne soit pas obligé de rebrousser chemin. En effet je distingue bien une route dans la vallée bien plus bas, mais la descente directe me semble particulièrement exposée sur des terrains raides où la chute serait sans doute mortelle. Donc persévérer sur cet immense pente de montagne. J'aperçois un reste de chemin creusé à même la roche. Je l'atteins en me hissant à travers piquants et ronces. Je le suis quelques dizaines de mètres et soudain au niveau d'une gorge, il n'est plus praticable et toute progression est interdite. Demi-tour dans cette jungle. Je sens que le village aperçu du sommet n'est plus très loin, il y a forcément un passage, car je constate de nombreuses traces d'ovins et de bovins. En effet, une rupture de pente de quelques mètres me donne accès au fond de cette petite gorge escarpée, et rapidement sur l'autre versant un bon chemin s'amorce et me conduit en quelques centaines de mètres au centre d'un joli bourg bien restauré. Je fais une pause au lavoir, bien au frais. Mon horizon s'éclaircit. Une route aérienne descend lentement vers la grande vallée que je dois remonter quelque temps avant de rejoindre sur le versant opposé la station estivale d'Espot, l'un des points d'entrée dans ce magnifique parc national d'Aigüestortes. Encore quelques heures de marche sans histoire mais fort agréables avant d'arriver à Espot. J'en profite pour m'acheter un bâton, qui malheureusement n'est pas très solide malgré son prix, et qui ne durera que le temps d'une étape un tiers. Je le garderai cependant bien qu'ayant perdu le quart inférieur. A la sortie du village, un camping accueillant presque désert, même dans des endroits touristiques comme celui-là au mois de juin ce n'est pas encore les vacances. Avec la majorité des quinquas européens à la retraite je m'attendais à trouver plus de monde. Le camping dans ces conditions de faible affluence est une activité très supportable même agréable. Seul petit ennui, ma tente est mono-paroi et la condensation est importante même toute ouverte, donc cela nécessite durant la journée de guetter un rayon de soleil pour faire sécher le tout. En été cela ne pose généralement pas de problème.
Douzième jour GR 11 de Espot au refuge du Montardo (Restanca)
Quelques gouttes durant la nuit ont claqué sur la toile, mais rien de grave. Ce matin le temps est correct. Départ matinal. Deux gentilles dames me proposent de me déposer au bout de la route, avec le sourire je refuse. Il faut bien reconnaître que cette piste de 4 ou 5 kilomètres qui conduit au parking de départ de randonnées magnifiques n'est pas des plus intéressantes, mais la traversée doit se faire intégralement à pied. Enfin arrive la barrière d'interdiction de passage des véhicules. Peu de distance après, le premier lac, il est de belle taille. Je le longe par la droite et vers le fond le chemin s'élève dans des escarpements. Ces zones granitiques où gros blocs et sapins alternent sont magnifiques. En une succession de montées et descentes je passe de nombreux lacs de toutes formes. Les petits cols que je franchis, sont à chaque fois de magnifiques points d'observation de cette région exceptionnelle. Au bord d'une étendue d'eau perchée je fais une halte, le site est vraiment extraordinaire, de toutes parts des lacs s'étalent. La zone est si vaste qu'il est facile de s'éloigner du chemin balisé et de se déplacer sur de larges plaques granitiques qui offrent un cheminement généralement aisé et qui permettent des vues plongeantes sur les plans d'eau. Une dernière montée raide avant de descendre sur le refuge de la Restanca, situé juste au pied du Montarto, magnifique montagne du sommet de laquelle on peut apercevoir jusqu'à 80 lacs. Il y a bien longtemps, j'y étais monté en hiver, tout était recouvert d'une épaisse couche de neige, je ne peux donc pas confirmer que l'on peut vraiment en compter 80. Le refuge est bondé, étant seul je suis accepté, par contre généralement en groupe l'hébergement demande de l'anticipation. Si j'étais courageux je me contenterais d'y manger et repartirais dormir plus haut sur un replat de la HRP. Mais le temps qui se couvre et la pluie qui s'annonce m'enlèvent tout courage et je vais choisir la nuit dans un petit dortoir bondé.
Treizième jour HRP puis GR 11 jusqu'à la cabane de Coronas (pied de l'Aneto)
Nuit difficile entre bruit de pluie violente et raclements de gorges multiples, au matin les désagréments de la surpopulation, malgré une envie pressante pas moyen de trouver des toilettes libres, donc courir à l'extérieur se cacher au moins mal et si possible au plus loin du refuge. Je fuis rapidement une fois le petit déjeuner pris. Sur cette portion de la HRP je suis seul car le temps n'est pas beau, il pleut mais la visibilité reste correcte. Une demi-heure après être parti je tombe sur mon premier solitaire en sens inverse. Il s'agit d'un Anglais qui vient de se faire saucer toute la nuit pratiquement sans matériel. Il est tellement trempé qu'il est en short et tee-shirt, mais ça le fait rigoler et sa volonté d'atteindre la Méditerranée n'est pas entamée. Nous discutons une dizaine de minutes et reprenons chacun notre chemin. Je suis plein d'admiration pour ces British que rien n'émeut. Le parcours de la HRP, c'est souvent magnifique. J'en connais quelques passages en particulier ceux d'Ariège vers le Mont Rouch, grandiose. Aujourd'hui ce tronçon par temps hostile fait ressortir toute la beauté de ce monde de pierre et d'eau. Les cairns sont assez nombreux et il n'y a aucun problème de cheminement, il faut dire que le fait de longer des lacs facilite l'orientation. Passage raide pour arriver à un col à 2510 mètres, la pluie s'intensifie. La descente est glissante, attention de ne pas aller trop vite. Encore des lacs et retour sur le Gr 11, où de nouveau je croise quelques groupes de randonneurs sous leur cape. Je constate que mon bâton est tordu et qu'il me manque la partie inférieure, tant pis il m'est toujours possible de m'y appuyer. Je longe le lac de Rius et m'engage dans une longue descente sous une forte pluie. Le fond de la vallée est atteint, le chemin débouche à proximité de l'entrée du tunnel de Viehla. Il n'est que midi ou un peu plus, vais-je rester dans cet endroit en attendant des conditions meilleures? Par ce temps il est exclu de continuer par la HRP, et le GR11 passe deux cols dont le plus haut est à 2720, ce qui fait pour l'après-midi un dénivelé cumulé de plus de 1800 mètres. J'hésite, vais visiter le refuge, et l'impatience me dominant, je décide de partir, il sera toujours temps de redescendre ou de m'arrêter dans le petit refuge d'Anglos perdu quelque part entre deux lacs à 2300 mètres. C'est parti, je descends la grand route jusqu'à un lac de barrage. A droite l'itinéraire escalade une forêt raide. Les nuages accrochent tous les reliefs, cependant la pluie cesse. Je quitte le goudron à treize heures trente, ce qui laisse de la marge avant la nuit. Immédiatement j'adopte un bon rythme sur ce sentier qui monte droit. Je me sens bien, l'air est frais, le cadre est grandiose et un peu mystérieux. En une heure j'abats plus de 600 mètres de dénivelé sans vraiment forcer, je commence à croire que je peux basculer ce soir du côté de Benasque. Sans que mon allure ne se modifie j'atteins le premier lac et je vois la petite cabane d'Anglos. Effectivement par temps de brouillard elle doit être difficile à trouver, mais cet après-midi on s'oriente vers une embellie. Je croise un couple de Hollandais. Ils viennent de faire une étape épuisante et espèrent rejoindre le fond de la vallée ce soir. Les lacs se succèdent, vu du haut ils ont des reflets lugubres à cause des nuages, et comme la pierre les entourant est sombre et mouillée l'ambiance est particulièrement austère. J'aborde la zone où seule la caillasse survit. Le premier col se présente. De ce lieu, je vois très nettement le second, pente de cailloux raide. Pour le rejoindre il me faut redescendre à un petit lac qui apparaît comme un trou noir. Que la montagne est belle dans ces conditions. Au niveau du lac une abondante source sourd de sous de grosses pierres, je m'abreuve longuement. La remontée pour atteindre le col de Ballibierna à 2720 mètres me demande presque une heure, la fatigue commençant à se faire sentir. La vue s'étend à un immense vallon dominé par l'Aneto. Les Pyrénées de toute évidence sont de hautes montagnes. Ce coin est très sauvage. Une pause bien méritée me permet de m'imprégner de l'esprit du lieu. Il n'y a rien de tel qu'un peu de stress engendré par des conditions douteuses pour déclencher le turbo. Maintenant retour au calme, pas de doute je dormirai dans la vallée qui conduit à Benasque. La descente promet d'être longue. Elle commence par un incroyable chaos de gros blocs qui obligent à de nombreux sauts. Attention de ne pas glisser sur la pierre détrempée car la chute est souvent très mauvaise et une fracture de la jambe ici risque d'être particulièrement inconfortable. Je contourne un lac toujours au milieu de ce chaos de blocs, presque de l'escalade au-dessus de l'eau. Avec un peu de neige le passage doit être scabreux. Enfin j'arrive sur un terrain un peu plus conforme à la randonnée, une immense descente commence. Ce versant sud de l'Aneto est très vaste et l'on ne prend pas bien conscience des distances. Je rentre dans une forêt de pins clairsemés. Sur le bord du chemin un couple de jeunes est assis, je leur demande si le refuge de Coronas est encore loin, ils me disent que j'y suis presque. Cependant il me faut encore un temps que je trouve interminable pour le rejoindre. Enfin, le voilà, il s'agit d'une cabane carrée sans aménagement aucun, mais au moins elle est propre. Souvent je passe de petits abris dans un état de saleté repoussant, encombrés d'une multitude d'objets hétéroclites, et il ne me viendrait pas à l'idée d'y dormir, à moins d'être confronté à des conditions apocalyptiques. Dans le cas présent rien de tel, le lieu est accueillant, deux Espagnols y sont déjà installés. Après les avoir salués, un petit tour à la rivière pour me laver et par chance juste sous un rayon de soleil réapparu. Un peu plus tard une bande de jeunes Français arrive. Demain ils veulent faire l'Aneto. La soirée sera agréable à discuter de choses et d'autres, en particulier d'études et de métiers. Je suis frappé par les remarques et la désillusion d'une fille d'une vingtaine d'années qui est sûre que ses études ne lui donneront aucun débouché dans la vie. Pourquoi avoir choisi cette filière et y persévérer ? Mystère !!!
Quatorzième jour GR 11 de la cabane de Coronas au gîte de Biados
Les Français partent très tôt pour leur ascension, un peu plus tard les Espagnols suivent le Gr11 en direction de l'est. Je me retrouve seul, vers les sept heures je reprends mon chemin. Tout d'abord une piste en fond de vallée me conduit jusqu'au Rio Esera. Un peu au-dessus de Benasque, arrêt dans un camping où il est possible de se ravitailler. Le chemin contourne par l'est et le nord l'impressionnant massif des Posets qui culmine à 3369 mètres. L'air est froid et le vent âpre. Quelques rares randonneurs croisés, la montagne a décidé d'être sinon hostile tout au moins désagréable. Apparaît le refuge d'Estos, j'y bois un coca-cola à l'abri du froid puis en avant direction le Puerto de Gistain. Les dernières centaines de mètres sont enneigées, mais la portance est bonne et l'allure n'est pas ralentie. Ce col perdu à plus de 2600 mètres a un petit air de lointain, mais les courants d'air ne me donnent aucune envie de m'attarder. Je me hâte de descendre au refuge de Biados. La carte présente une imprécision, en effet le chemin est indiqué rive gauche, alors je m'entête à progresser de ce côté mais la marche devient difficile et dangereuse, alors que de l'autre côté se trouve un beau sentier. Après avoir joué les funambules sur des roulements à billes pentus, je retourne traverser la rivière en amont et rejoins après quelques kilomètres le refuge de Biados. Il est temps d'arriver, un orage se déclenche. En face dans ces nuées, les Posets sont très impressionnants. L'accueil est sympathique le repas copieux et au diable la tempérance, je bois entièrement ma superbe bouteille de Rioja. Donc évidemment pour plusieurs raisons la nuit sera excellente, de plus je suis seul dans le dortoir.
Quinzième jour GR 11 de Biados à Bielsa puis route jusqu'à la vallée de Pineta
Départ de bonne heure par beau temps, l'air est frais et toujours cette bise désagréable. Je reste sur le GR11, le seul col de la journée se trouve 800 mètres au-dessus. Après avoir cheminé dans une forêt à l'abri du vent je me trouve de nouveau confronté à ses assauts. Le seul avantage, on n'a pas trop chaud, dans le fond le rythme doit en être amélioré. Au cours de la montée deux jeunes sont arrêtés pour se faire chauffer du thé. Ils sont en train de galérer sur la HRP, affublés de sacs énormes, et la nuit qu'ils viennent de vivre n'a pas été très confortable. Je leur souhaite bon courage pour la suite et me remets en route. A proximité du col je rencontre mon deuxième solitaire. Il s'agit d'un pur et dur. Bien qu'ayant dépassé la soixantaine il porte un sac de 20 kilogrammes et met un point d'honneur à passer toutes les nuits sous tente. Cette dernière est d'ailleurs particulièrement robuste et pèse dans les trois kilos. Nous entamons la conversation, ayant eu des métiers assez proches, nous nous découvrons des connaissances communes, le monde est petit. Il me met en garde concernant la variante qui passe dans le flanc sud-est du Mont Perdu. C'est justement là que j'espère passer. Il s'avérera que son évaluation était un peu alarmiste, tout du moins par temps correct. Nous envisageons même de casser la croûte ensemble, mais la fraîcheur ambiante nous rappelle vite à l'ordre. Nous reprenons donc chacun notre chemin. Le col, qui domine un petit lac, est vite atteint. Le lieu est austère. Je croise deux personnes et me dépêche dans la descente pour me réchauffer. 1000 mètres de dénivelé me mènent à la route de Bielsa pas très loin du tunnel frontière. En fond de vallée la température est plus clémente. Ne comptant pas faire tous les détours du GR, je prends la route jusqu'à Bielsa afin de rejoindre directement la vallée de Pineta. Durant cette dernière partie un automobiliste s'arrête et me propose de monter, je lui explique ma démarche, et le gratifie d'un grand merci. Même si je refuse cela fait toujours plaisir. Au milieu de cette magnifique vallée je m'arrête dans un camping. Après m'être installé et avoir pris une douche chaude, la première depuis quatre jours, je vais m'installer dans la grande salle de restauration. Là, rapidement, je comprends la raison de l'excitation générale, ce soir il y a Espagne France. Je constate que je suis le seul Français. Après avoir mangé, tout le monde se retrouve devant le poste de télévision. Je sens que ça va être chaud. Le match commence. Les Espagnols marquent le premier but, déclenchement de hurlements. Ça se calme, le match continue. Les Français égalisent, je marque ma joie en levant les bras. Une vingtaine de têtes à la mine sombre me regarde d'un air réprobateur, presque hostile. J'abandonne immédiatement mon sourire. Le match continue, les Français marquent une deuxième fois, toutes les têtes se tournent à nouveau vers moi, je fais bien attention de ne manifester aucun signe de joie. Le match continue, les Français mettent un troisième but, je fais comme si je ne l'avais pas vu, par contre tous les Espagnols s'en vont, il est vrai que nous sommes pratiquement en fin de partie. Lorsque presque tout le monde a déserté la pièce et que la partie s'achève effectivement, une vieille dame s'approche et me dit avec un fort accent belge «ah! c'est bien ils ont gagné». Il y avait donc au moins deux supporters dans la salle. Je rejoins ma tente tout joyeux, mais c'est sous une averse que je m'endors. Cela est un peu inquiétant, car l'étape de demain par mauvais temps cela risque d'être scabreux.
Seizième jour GR11 jusqu'au col de Niscles, variante pied Mont Perdu, vallée d'Ordesa
Je me lève avec le jour, ayant bien l'intention de profiter de la plus petite fenêtre de beau temps. Tout est calme, mais à l'humidité dans l'air on sent bien que cela n'est que provisoire. Le décor est fantastique, ces trois vallées que sont Pineta, Ordessa et la Niscle représentent pour moi parmi les sites de montagne les plus beaux que j'ai vus dans ma vie. Et justement l'étape de ce jour me permettra de les côtoyer toutes les trois, si la visibilité se maintient. Les cinq ou six kilomètres de goudron sont rapidement avalés, presque au pas de course. Au niveau du refuge de Pineta, 90 degrés gauche et direction l'immense paroi à remonter pour accéder au col de Niscle, 1300 mètres plus haut. Il me faut d'abord traverser le rio Cinca en enlevant mes chaussures, et la montée débute. Le sentier est époustouflant, la pente démarre raide pour ne faiblir qu'au col. Immense moment de bonheur que de parcourir ce chemin aérien avec le soleil qui apparaît à l'horizon, tout baigné de teintes rouges qui ne sont pas annonciatrices de beau temps. Je suis seul, depuis le réveil je n'ai vu personne, même sur les kilomètres de route pas une voiture. Heureusement d'ailleurs car je crois bien que je me serais laissé tenté, tant je suis pressé de passer avant la pluie, au moins arriver au refuge de Goriz. Le plaisir prend le dessus, par endroits il est obligatoire de mettre les mains pour progresser. Parfois en regardant au-dessus on reste perplexe quant à l'itinéraire tellement le flanc de la montagne est escarpé. Mais au fur et à mesure de la progression un chemin toujours tracé se dévoile. La montée est rapide et le panorama s'élargissant à vue d'œil procure une sensation très agréable. Arrivée au col vers les huit ou neuf heures du matin. Le décor d'un côté sur Pineta et de l'autre sur la Niscle est très impressionnant. Malgré le temps qui évolue, je marque un arrêt pour profiter de ce spectacle rare. Le Gr11 plonge directement, tandis que mon itinéraire part sur la droite pour aller se faufiler entre des barres rocheuses sur les flancs du Mont Perdu. D'ici cela semble vertigineux, mais je sais que l'équipement facilitera grandement la tâche. Un peu avant le câble je croise trois personnes, dont l'une de toute évidence a été très impressionnée. Je me hâte car le temps se couvre et par temps de brouillard sur le versant sud du Mont Perdu ça devient ''paumatoire''. J'arrive au fameux passage contre lequel mon solitaire d'hier m'avait mis en garde. J'y croise un groupe de Français, originaires du Puy-En-Velay, la veille ils ont gravi le Mont Perdu. Bien évidemment il n'est question que du match de foot d'hier, car au refuge ils se sont sentis très frustrés sans télévision. On en profite pour rigoler un grand coup, puis avec empressement nous reprenons notre chemin. J'aborde de grandes zones de pierriers dans lesquelles il est facile de perdre le sentier tout en gardant la bonne direction, lorsque la visibilité est bonne. Plus j'avance, pratiquement à niveau en tournant autour du Mont Perdu, plus la grande faille comme coupée d'un grand coup de sabre d'Ordesa prend de l'ampleur. Il me semble distinguer sur le versant droit de cette gorge grandiose la fameuse ''fara des flores'' sur laquelle je ne souviens avoir bivouaqué à côté d'un isard à moins que ce ne soit un bouquetin, en effet je garde le souvenir d'un animal de belle taille. Manifestement j'étais à un endroit qu'il affectionnait, car il ne voulait pas partir, à son corps défendant l'herbe était douce malgré l'altitude et le sol plat. Je me souviens aussi que dans ces grands à pics par endroits la densité d'édelweiss était telle qu'il n'était pas toujours possible d'éviter de les fouler. La pluie qui commence à marteler le sol me tire de ma rêverie. Me hâter d'arriver au refuge, pour le moment la visibilité est toujours bonne. Je prends réellement conscience que dans le brouillard dans ces parages, il faut coller à l'altimètre en espérant buter sur le refuge. Heureusement je ne suis pas acculé à ces extrémités. Enfin je l'aperçois. Je m'y engouffre, il est bondé. Il n'est pas loin de midi, je déjeune avec appétit, la matinée a été bien remplie. Le mauvais temps s'installe franchement, mais plus rien à craindre, un très bon chemin sans risque d'erreur va me permettre de descendre. J'espère ce soir être sorti de ce lieu magnifique mais très touristique. Je parcours une quinzaine de kilomètres entre cascades et parois géantes, le tout dans une foule presque compacte et sous des cataractes avec de temps en temps le tonnerre qui se répercute entre les montagnes. Enfin j'arrive au parking, incroyable, il y a des centaines de voitures et de cars. Il faut bien reconnaître que le site est époustouflant par son gigantisme. Malgré la pluie je n'ai pu m'empêcher de scruter sous tous ses angles ce miracle de la nature. Heureusement que le brouillard ne s'est pas mis de la partie, le spectacle en aurait été vraiment affecté, et j'en aurais ressenti une grande frustration. Une fois les aires de stationnement dépassées, vite m'éloigner, d'après ma carte un chemin se faufile sous la route. Je ne le trouve pas, donc encore 4 ou 5 kilomètres de goudron dans un trafic important. Une conductrice s'arrête pour me prendre et dans mon espagnol hésitant je lui répète que je veux aller de la Méditerranée à l'Atlantique uniquement à pied. Je la remercie et elle me gratifie d'un joli sourire. Une fois arrivé à la naissance de la vallée d'Ordesa, je tourne à droite direction le nord, et j'abandonne le gros du flot de touristes qui prend la direction opposée. D'un pas alerte je remonte une gorge encaissée. Et là je tombe sur mon troisième arpenteur solitaire. Il s'agit d'un Anglais plus très jeune, élégamment habillé à la langue parfaite d'Oxford ou de Cambridge. En tous cas il parle très distinctement et la langue de Shakespeare dans ces conditions c'est un vrai plaisir. Il a une connaissance encyclopédique des montagnes françaises, et il agrémente sa conversation de petits éclats de rire francs et sonores. Il ne fait pas vraiment dans le flegme. A regret je reprends ma route, j'aurais bien passé la soirée avec lui à l'écouter me conter ses aventures alpestres. Quelques kilomètres plus haut je tombe sur un petit camping très accueillant. Manifestement l'endroit a aussi eu sa ration d'eau aujourd'hui. Trouver une place pas complètement mouillée pour installer ma tente relève de la gageure. Pas grave, ma tente est bien étanche, trop d'ailleurs. Le restaurant est une merveille, le cadre et le menu ainsi que la gentillesse du personnel me ravissent. Quand je pense aux deux premiers solitaires rencontrés, je me rends compte que contrairement à eux je ne voyage pas à la dure et me laisse vite tenter par les petits plaisirs mis sur ma route. J'en aurai une autre preuve encore plus éclatante dans deux jours, en croisant un vieil Allemand. Je comprendrai toute la signification du mot Sparsamkeit (économie). Pour le moment sans complexe je m'empiffre de mets délicieux, charcuterie fine, légumes cuits juste ce qu'il faut, une magnifique côte bien épaisse et saignante, le tout arrosé d'un Rioja capiteux et fruité d'une belle longueur en bouche. Une fois le repas terminé, baigné d'une douce torpeur, j'essaie de me glisser dans ma tente sans trop me mouiller. Je m'endors sans doute vite, car je n'ai plus aucun souvenir de cette nuit.
Dix-septième jour variante GR 11 Sierras Turbon et Tendegnera, ville de Escarrill
Je me réveille bien reposé mais passablement humide, l'air étant tellement saturé en humidité que par capillarité ou autre phénomène physique il a imprégné tous les tissus. Pas de panique, ce n'est pas ce matin que je peux faire sécher mes affaires. Deux possibilités, soit vers midi je me trouve à un endroit bien ensoleillé et au cours d'une sieste d'une heure j'étale le tout, à moins d'arriver relativement tôt cet après-midi et tout aérer à ce moment. Le temps est très beau, le ciel limpide, il fait frais, de bons critères de beau temps. L'étape de ce jour va être particulière sauvage. Je vais longer par le nord les sierras Turbon et Tendegnera ( j'écris gn à la place de n avec tilde, car mon clavier ne comporte pas ce signe). Je ne vais pas voir une seule personne de toute la journée. A vrai dire pour être précis j'apercevrai dans le lointain deux personnes en train d'atteindre le pic de Tendegnera. Je commence par remonter la route une petite heure et je bifurque à gauche dans un magnifique vallon à l'herbe grasse et aux fleurs nombreuses. La fleur qui va m'accompagner tout au long de cette traversée c'est l'iris des Pyrénées au bleu mauve profond, sans oublier quelques exemplaires jaunes. Je suis encadré de belles faces rocheuses éclatantes parfois aux teintes très claires. Je distingue bien sur le bord droit du vallon le col que je veux atteindre. Je rejoins le petit refuge d'Otal, qui est un véritable taudis et à partir de là le chemin disparaît. Peu de temps auparavant j'ai bien vu quelques vagues traces rouges et blanches certes bien abimées mais bien réelles. Devant moi une pente raide de 500 mètres de dénivelé au-dessus de laquelle un replat semble conduire au col. J'attaque directement, l'herbe se met à glisser. Par endroits je rejoins de petites zones rocheuses qui me permettent de mieux me stabiliser, mais ce n'est jamais difficile bien que les cent derniers mètres deviennent très raides. Comme par miracle je débouche sur un petit replat où une sente mène au col. Un fois arrivé à ce lieu de passage, j'embrasse du regard toute la Sierra Tendegnera. Immenses parois calcaires sombres presque noires couvertes de stries horizontales, quelle austérité cette chaîne dégage ! Comme tout grimpeur j'essaie d'imaginer des itinéraires dans ces murs lugubres, rarement montagnes m'ont inspiré cette sorte d'effroi. Il fait bon, j'ai bien avancé je m'octroie une pause dans cet endroit enchanté entouré de roches de toutes les couleurs, cela me rappelle un lieu magique côtoyé comme dans un rêve en Afghanistan. Par un temps qui se maintient au beau fixe, j'entreprends la descente d'un immense vallon, d'abord à travers pierriers puis par une sente qui serpente dans l'herbe et les cailloux. Au-dessus de moi en permanence les grandes faces sombres striées en forme de pelles de la Sierra Tendegnera jettent un regard froid. Une petite stèle adossée à un rocher rappelle la mémoire d'un jeune Anglais qui a voulu dompter ses murs froids. Et toujours pas âme qui vive dans cette nature grandiose. Un petit refuge en bord de chemin montre le même état de saleté que ceux croisés jusqu'à maintenant. L'altitude diminue et la chaleur augmente. Vers les quatorze heures je quitte le royaume désert de la montagne pour me trouver subitement précipité dans le monde bruyant des hommes. Sans transition ou presque je passe des prairies fleuries à une grande carrière surchauffée dans laquelle de nombreux camions soulèvent des nuages de poussière. Me voilà sur le bitume et en quelques kilomètres sous une chaleur torride je rejoins la petite ville d'Escarrill. A l'entrée de l'agglomération je m'assois à l'abri dans le premier bistrot. Je commande une grande bière. Le serveur est un grand noir avenant, et bien évidemment la conversation s'engage au sujet du prochain match, France Brésil. Il est sceptique sur la capacité des Français à triompher de cette équipe mythique, bien qu'ils aient déjà joliment réussi cet exploit en 1998 par 3-0 en finale. On verra bien, l'épreuve se déroule dans deux jours. Pour le moment je reprends la marche et traverse cette petite ville endormie sous la chaleur d'un soleil vertical. A l'extrémité nord de cette cité, un grand camping étale sa multitude de mobilhomes et de grandes tentes. Une place m'est indiquée, j'y déploie mes affaires, qui vont sécher rapidement. Ma tente montée ressemble à un microbe au milieu de mastodontes.
Dix-huitième jour hors chemin balisé jusqu'au col de Escarra puis GR 11 vers Somport
Très bonne nuit, aucun bruit, le camping est presque désert, pourtant le mois de juillet n'est pas loin et vu les infrastructures nous sommes dans une région touristique. Peut-être cette ville sert-elle de dortoir au profit de la petite station de ski traversée hier ? Ce matin tout est très sec, ayant dormi tente grande ouverte la condensation est faible. Temps superbe, il me faudra vite quitter ce fond de vallée avant la chaleur. Le temps moyen et froid que j'ai eu jusqu'à présent m'a rendu l'entreprise plus facile. En effet, souvent au cours de narrations concernant le versant sud des Pyrénées ce qui ressort c'est la chaleur présentée comme un facteur de souffrance. Au moins je ne peux pas dire la même chose. Sac rapidement bouclé j'abandonne le camping encore endormi. En quelques centaines de mètres une piste matérialisée sur ma carte est atteinte. Elle suit une petite rivière au pied d'une barre rocheuse. Plein d'espoir sur la beauté des kilomètres à venir, à l'idée que le chemin passe en plein dans cette jolie falaise. Je traverse le cours d'eau sur un barrage. La sente devient minuscule et puis elle disparaît complètement. J'insiste, et commence à escalader des rochers moussus dans une forêt d'arbustes agressifs. Après une demi-heure de bagarre, trempé de sueur et constellé d'épines de toutes sortes je fais demi-tour. De toute évidence pas de chemin. En regardant la falaise qui me domine, je me dit que si un itinéraire s'y faufilait j'en verrais bien quelques traces. Quand on ne sent vraiment pas la chose il ne faut pas s'entêter et avoir le courage de tout reprendre à zéro. Donc je rebrousse chemin et me retrouve devant mon camping une heure plus tard. Une route étroite et tortueuse part à l'ouest et me permet d'avancer dans le flanc de montagne qui doit me donner accès à un grand lac. Donc pas de panique, en faisant un azimut brutal plein ouest je tombe forcément sur ce plan d'eau de belle dimension. La route bifurque au sud, je pars plein champs dans des pentes raides. Je rejoins le lit aride d'un petit torrent qui me permet de déniveler rapidement malgré l'instabilité du sol. J'atteins un collet, duquel un vaste panorama se découvre. Ouf! mon lac est bien là. Mais au fond presque à l'infini je distingue le col par lequel je compte passer. La distance m'apparait énorme, un instant de doute me saisit, d'autant plus que je dois commencer par faire le tour du lac, qui fait quelques kilomètres. Comme toujours dans ces moments de doute, en écartant les doigts sur la carte, je me rassure en constatant que mon col est à moins de dix kilomètres topo. Ce serait bien le diable si en trois heures de marche rapide je n'y arrivais pas. Le calvaire du contournement commence, pas trop mal, même plutôt bien jusqu'au barrage, où je m'arrête pour contempler quelques poissons. Mais une fois de l'autre côté une sente boueuse inclinée vers le lac et complètement défoncée par les troupeaux de vaches va me donner le plaisir d'une bonne partie de glissades et de ''tordages'' de chevilles, toujours avec le risque de piquer au mieux une tête dans la boue et au pire la bouse. Enfin le supplice prend fin. Le collado de Escarra du haut de ses deux mille trois cent et quelques mètres semble déjà plus près. En deux petites heures avec parfois des doutes sur l'itinéraire, j'y suis. La dernière demi-heure est interminable à me casser les mollets sur de grosses mottes de terre. Ces Sierras espagnoles sont absolument magnifiques, jaillissements minéraux sauvages. Aujourd'hui encore je n'ai pas aperçu un être humain, seulement de loin de nombreuses vaches, mais à part cela pas un être vivant mis à part quelques grands oiseaux. Des rochers aux formes étranges ornent les crêtes qui m'entourent. Le contraste entre les fonds de vallons verts et fleuris et ces crêtes arides et déchiquetées est frappant. La rapidité avec laquelle on passe d'une ambiance à l'autre est aussi source d'étonnement. Encore une immense vallée se présente à moi. Quelques deux kilomètres plus bas je retrouve le GR 11, mais pas plus de monde. La gorge se resserre en ondulant, ce qui est du meilleur effet esthétique. La grande vallée perpendiculaire conduisant au Somport n'est plus très loin. Un peu avant de la rejoindre, le Gr 11 d'après ma carte tourne à droite en restant en hauteur. J'en perds la trace et me dirige vers un petit fort gardé par des militaires en armes, afin de me renseigner. Ils n'ont pas l'intention de me parler et me signifient sans ambigüité de m'arrêter à distance. Assurent-ils la protection d'explosifs, me prennent-ils pour un représentant de l'ETA prêt à remplir mon sac de pains de dynamite? Le problème du terrorisme est bien réel en Espagne, j'obtempère immédiatement et m'éloigne. Mais alors où passer? Une route part plein sud rejoindre la vallée mais quel détour pour moi qui remonte au nord. Le fort est sur un terre-plein duquel en contre-bas je vois le Rio Aragon. En piquant directement, je peux le rejoindre en une centaine de mètres. Mais c'est raide et instable. Dans ma jeunesse j'étais champion de course sur pierriers pentus, c'est le moment de voir si j'ai perdu le sens de l'équilibre au milieu d'un flot de caillasses dégoulinantes. C'est parti, je reste debout et j'y mets tout mon honneur, car du haut de leurs remparts les militaires m'observent, donc il n'est pas question de m'étaler. Ça se maîtrise bien, de plus la taille des cailloux augmente, ce qui améliore les appuis et hop je me récupère en-bas, et les têtes sont toujours là-haut. Je leur tirerais bien la langue tout heureux de ne pas leur avoir donné la joie de m'étaler tout au long de cette pente sévère. Un sentier comme je les aime en bord de rivière, protégé du soleil me remet en direction du col du Somport. De temps à autre des raidillons en caillasses raides et brûlantes me font suer. Et là, dans un passage en plein soleil je rencontre mon quatrième solitaire. Il ne s'agit pas d'un ''traverseur'' de Pyrénées, mais d'un pèlerin vers Saint-Jacques de Compostelle par la voie du Somport. Il est d'âge avancé, à mon sens au moins soixante dix ans et de nationalité allemande. Son matériel semble dater de Mathusalem, et de toute évidence il peine sous la charge et la chaleur. Nous engageons la conversation, il m'explique sa démarche. Je perçois toute la force des mots Sparsamkeit et Armut (économie et pauvreté), lorsqu'elles sont subies volontairement. Cet homme dégageait une force et une sérénité dans son adversité, j'en suis resté tout chaviré. Manifestement nous ne faisons pas tous les mêmes voyages! Au contact de tels êtres j'ai presque honte de ce que je fais. Faut-il pratiquer le voyage en faisant vœu de pauvreté pour toucher au sublime, peut-être ? Cela demande-t-il beaucoup de courage ou une grande foi ? Peut-être les deux ? Ce contact restera gravé en moi de façon indélébile, pourtant nous n'avons pas parlé plus de cinq minutes. De la vertu des chemins que l'on ne trouve pas. Moi, le touriste pressé à la démarche stakhanoviste je repars un peu ébranlé. Plongé dans mes pensées, j'arrive devant un ouvrage de captation qui laisse couler un grand jet frais. Je m'en arrose et bois à satiété. Peu après, en faisant un court détour j'arrive à un petit camping perché, il est adorable et, comble de bonheur, je suis le seul client. Je m'installe dans l'herbe constellée de fleurs, que demander de plus ? Je rejoins le petit bistrot et le patron me raconte une multitude de choses, que j'écoute religieusement en descendant quelques bières. J'essaie de ne pas trop penser au vieil Allemand pour ne pas avoir mauvaise conscience, mais la bière fraîche c'est quand même bon. Dans la conversation, je lui demande s'il fait à manger. Il me répond par la négative mais il me vante la qualité du Parador qui se trouve un ou deux kilomètres plus bas. Entre ma purée soupe et une petite marche à pied, mon cœur ne balance pas longtemps, en avant. Ce monumental bâtiment de l'époque franquiste me fait penser à certains pays ex-communistes. L'accueil est très correct, le personnel stylé, le menu offre un large choix et la nourriture est de qualité et le Rioja toujours aussi facile à boire, le tout pour un rapport qualité-prix imbattable et sans doute introuvable en France, qui n'est pourtant pas loin. Donc une fois encore je m'en mets plein la lampe et, la nuit bien avancée, tout guilleret, je rejoins ma tente.
Dix-neuvième jour GR 11 du Somport à Zuriza
Les montagnes qui dominent le camping sur le versant opposé sont extraordinaires. Hier du fait du contre-jour, je ne les avais pas vraiment vues telles qu'elles sont. Aujourd'hui toutes éclairées par le soleil du matin, elles montrent une multitude de recoins, et leurs formes tourmentées et acérées montent à l'assaut du ciel. Jusqu'au col du Somport, c'est à dire durant une petite heure je suis sur le sentier de Compostelle en sens inverse. Je croise donc quelques pèlerins, dont un, un peu excentrique, qui commence à me questionner et à noter mes réponses. Aïe aïe aïe ! je suis loin de mon vieil Allemand économe entre autre de ses paroles. Les installations du col sont vastes, je les traverse et poursuis plein ouest par le Gr11. La marche est agréable. Le chemin fait un immense détour au fond d'une gorge boisée. Un peu avant le lac d'Estanes, je rencontre mon dernier solitaire. Encore un Anglais qui suit la HRP. La traversée du pays basque avec vingt mètres de visibilité dans un terrain sans point vraiment caractéristique lui a laissé un souvenir profond. Le contournement du lac est pittoresque et très agréable. Je débouche à un petit collet et pris par le rythme, mon attention focalise une trace qui va m'éloigner de l'itinéraire. Je traverse un pierrier sous une barre rocheuse. Il semble qu'une vire la parcoure une cinquantaine de mètres plus haut. Des fois on prend ses désirs pour des réalités. Le chemin doit être sur cette vire. Je remonte une pente caillouteuse raide et attaque la paroi. Les pieds sont en adhérence et il faut me tracter avec les bras, mais je continue. Une pierre siffle. Je lève la tête et vois une harde d'isards sur une pente à ma verticale qui me lance des pierres. Je reprends mes esprits. Mais qu'est-ce que je fais en train de faire de l'escalade à la recherche du GR ? Je fatigue !!! Je redescends en faisant attention. De toute évidence au collet j'ai loupé l'itinéraire qui devait plonger devant la grosse pierre que j'ai contournée. Mais je ne fais pas demi-tour. Je continue sur le pierrier précité et j'oblique vers la falaise au-dessus de laquelle je me trouve pour essayer d'y trouver un passage. Une gorge profonde et très pentue donne accès à la large plaine que je dois suivre. Les premiers mètres presque verticaux sont en terre avec quelques végétaux, puis j'aborde des rochers très raides mais d'excellente qualité, encore de l'escalade mais les prises sont franches. Un petit passage vertical et un dernier pas nécessitant de s'étirer au maximum, et pour moi qui ne suis pas souple c'est le calvaire, et enfin je prends pied au fond de cette gorge austère et rejoins l'herbe. Il serait temps que je fasse un peu plus attention, ne pas être capable de suivre un chemin somme toute bien balisé, il y a du souci à se faire. Là encore l'erreur m'a fait parcourir des recoins très jolis. Je descends cette large vallée, orientée au nord, peuplée de vaches s'égayant au milieu de zones marécageuses. Je croise de nombreux promeneurs. Coude à 90 degrés gauche vers l'ouest, un petit à pic et au-dessous une piste au terminus de laquelle de nombreuses voitures s'entassent. Durant cinq ou six kilomètres je la suis. Elle est poussiéreuse et exposée en plein soleil. Le rendement baisse et je fais un sérieux effort pour avancer. Arrivé au bout de cette vallée, le chemin part plein ouest. Je suis la route, orientée au sud, qui descend trois kilomètres plus bas à un camping. Un peu avant d'y arriver une source jaillit d'un rocher. Je me mouille la tête et bois largement. Une fois au camping, le coin est délabré et à l'abandon. Une très mauvaise sensation me submerge, ce lieu m'est très hostile. Bien qu'il soit seize ou dix-sept heures, marche arrière et je retourne chercher le chemin et pars directement sur l'étape suivante. Incroyable, l'esprit mobilisé par l'étape nouvelle, la fatigue disparaît et je me sens comme neuf. Une fois de plus je perds mon itinéraire, attiré dans le vallon qui conduit aux aiguilles d'Ansabère. Un berger me confirme l'erreur. En tirant directement dans la pente plein sud et en gardant le cap parfois à la boussole tellement ce vallon à tendance à me ramener trop à droite, je finis par retrouver le bon vallon et le col de Petraficha. La lumière est extraordinaire, le temps change, un orage se prépare, que la montagne est belle dans ces conditions, surtout lorsqu'on est seul. Du col, la Sierra d'Alano se dévoile dans toute la splendeur de ses multiples faces blanches. Je vis un grand dépaysement sur ce chemin. Je passe un petit refuge dans lequel un jeune couple se prépare à passer la nuit. Il est sordide et son état lamentable me dissuade de m'y arrêter. La pluie arrive, je presse le pas. Le village de Zuriza n'est plus qu'à quelques kilomètres. Je fonce tant que je peux sur la piste. La pluie s'accélère et à nouveau de véritables trombes. Je vais faire quelque chose à ne pas faire. Un petit pont, je m'abrite dessous. J'enlève mon sac mais je guette en amont si le flux d'eau n'augmente pas brusquement, ayant repéré une petite pente pour fuir à la première alerte. Effectivement le niveau monte mais de quelques centimètres seulement, enfin le déluge s'interrompt. Je reprends la piste et arrive dans le village. Je m'imaginais au bout du monde et bien non, une foule compacte se presse au camping. Mais d'où sortent-ils? En trois heures de marche je n'ai vu que quatre personnes en comptant le berger. De toute évidence c'est un lieu prisé des Espagnols. Une fois encore je m'installe sur un terrain complètement détrempé. Mais que la région est jolie, des près bien verts couverts de fleurs, et le tout entouré de magnifiques montagnes bien rangées en ligne, toutes brillantes de pluie sous le soleil du soir. Vite une télé, c'est France Brésil! Un chahut incroyable dans une immense salle, la plupart n'étant plus intéressés depuis l'élimination de l'Espagne, mais tout le monde passe et repasse les bras chargés de nourriture et de gros bocks de bière. Dans le fond j'aime bien ces foules bruyantes secouées de gros rires. Il n'est pas toujours facile de suivre dans ce mouvement permanent le déroulement de la partie.
Vingtième jour route, chemin non balisé et GR 11 de Zuriza à Ochagavia
Une journée magnifique s'annonce. Vite sur pied, c'est parti pour la journée. Mais d'où sortent tous ces gens. Au collet où je dois quitter la route à quelque distance du camping, de nombreuses voitures stationnent. Le chemin commence à grouiller de randonneurs. Bien que cette partie de l'itinéraire semble très jolie, une petite route à l'allure plus calme la contourne. Je n'hésite pas longtemps, et c'est comme cela que je parcours quelques kilomètres de goudron avant de plonger dans une jolie gorge en sous-bois, qui me conduit à la charmante petite ville d'Izaba. J'effectue un arrêt sur la place centrale, où des enfants s'amusent. La fontaine est la bienvenue. A la sortie de l'agglomération un sentier pentu mène à l'église ''Nusestra Senora de Idoia''. Nous sommes le premier dimanche de juillet, et c'est le jour de la procession annuelle. De nombreux croyants en habits traditionnels montent à la petite église. J'y pénètre et dépose mon obole. Ce que je n'avais pas prévu, c'est que ma pièce provoque le déclenchement de la lumière, qui éclaire vivement l'espace qui sans cela reste sombre. Moi qui voulais passer inaperçu, c'est loupé. Je ne m'attarde pas. Dès que le mur d'enceinte est dépassé, comme par enchantement je retrouve la solitude qui m'a accompagné sur la majeure partie de ma traversée. Le chemin parcourt une magnifique forêt escarpée, composée d'arbres à feuilles caduques. Le col de Kakueta est atteint. Là, plus de doute le pays basque commence. D'un coup la fin me semble approcher. Les crêtes s'arrondissent et s'adoucissent. La vue se dégage presque jusqu'à l'infini. Le Pic d'Orhy, pyramide culminant à 2017 mètres, marque l'entrée dans la dernière ligne droite, signe psychologique fort que j'attends depuis le départ de Banyuls. Pour le moment il se situe au nord-ouest par rapport à ma position. Au cours d'une marche enthousiaste orientée à l'ouest le long d'une piste entourée de pinèdes, il va se positionner plein nord puis il se déplace vers l'est. Ce mouvement apparent du Pic d'Orhy que je dépasse me procure un immense plaisir, la vie dans le fond c'est pas trop compliqué! Une grande descente donne accès au village d'Ochagavia. Petite bourgade à l'architecture carrée. Les maisons sont magnifiques, massives et bien entretenues. Les portes souvent ouvertes laissent voir des intérieurs raffinés, de jolis meubles en bois et de magnifiques plafonds à la française, dont les poutres bien entretenues donnent un réel cachet à l'ensemble. Je demande si un magasin d'alimentation est ouvert, il m'est répondu «hoy domingo». J'avais oublié. De plus, pas de camping, alors c'est forcé et contraint (tout du moins ma conscience est sauve en pensant au vieil Allemand) que je me dirige vers un charmant petit hôtel au bord de la rivière près du centre. Il est bien dans le style des intérieurs aperçus, cossu et de très bon goût. Toutes les prestations sont de qualité et le prix modique. Un groupe d'Anglais lancés dans la traversée des Pyrénées à vélo y séjourne aussi.
Vingt-et-unième jour GR 11 de Ochagavia à la frontière, jonction et GR10 jusqu'à Estérençuby
Un petit jour triste et brouillardeux se lève. Je n'y couperai pas à la navigation au radar. De plus à partir d'aujourd'hui j'abandonne mes cartes confortables au 50 000 pour passer à la 100 000 de l'IGN numéro 69. Après un copieux petit déjeuner je m'enfonce dans les brumes. Tout relief a disparu. Sans difficulté je rejoins le monastère qui domine sur une petite crête. Puis en avant vers la Sierra de Abodi, vaste croupe orientée est ouest. Un large chemin non mentionné sur ma carte coupe cette montagne à mi-pente. Le Gr le suit. Mais après une bonne heure de marche cela me semble bizarre, j'aurais dû commencer à monter vers le sommet. De toute évidence je l'ai encore perdu. Je fais marche arrière jusqu'à un petit bois et là, la progression à la boussole commence. Les joies du pays basque. Je ne devrais pas tarder à intercepter la crête et en la suivant je devrais couper le chemin. Je n'aurai pas la peine d'atteindre le sommet, je tombe sur un piquet peint aux sacro-saintes couleurs rouge et blanche. Mais une fois de plus l'erreur m'aura été bénéfique. En effet dans un champ, je suis tombé sur des vautours. Au sol ils ressemblent à de gros dindons à long cou. Mais dès qu'ils déploient les ailes et prennent leur envol le spectacle est de toute beauté. Une fois au sommet de cette sierra, le brouillard se déchire par intermittence, ce qui me permet de voir l'immense pan de forêt à descendre. A nouveau le balisage m'échappe, ce n'est pas grave car une rivière et un grand lac doivent me servir de barrière d'arrêt. Dans mon sac, toutes mes affaires sont réparties dans des sachets de congélation de différentes tailles, je dois même pouvoir traverser une rivière à la nage sans mouiller grand chose, mais enfin si possible éviter et localiser le pont. Je retrouve la petite route qui conduit au point de franchissement. Je tombe dans une clairière sur une belle poussée de cèpes de Bordeaux, oui des vrais boletus edulis. Malheur, que faire ! Je ne peux les ramasser, durant la vingtaine de kilomètres que je compte encore parcourir ils seront réduits en bouillie. Il paraît que cru c'est bon, c'est l'occasion d'essayer. J'en repère un joli bien ferme et je le croque à pleines dents. Au début on sent bien ce fumet subtil et fort du cèpe, mais rapidement la consistance en bouche donne une sensation de mélasse un peu cartonneuse difficile à mâcher. Je n'aurais peut-être pas dû en engouffrer un si gros morceau. Mais j'arrive au bout de mon champignon, et en attaque un second. Là par contre, je vais déclarer forfait avant de l'avoir terminé. La mort dans l'âme j'abandonne le reste de la petite troupe à gros pieds. Je me dis qu'ils feront peut-être la joie d'un chercheur, s'il ne tarde pas trop. J'arrive au pont, traverse et longe la rivière jusqu'au lac. Je croise quelques promeneurs. Le brouillard retombe de plus belle. Le chemin suit un bras du plan d'eau, qui vient tangenter la frontière. Cinquante mètres de visibilité c'est rigolo, mais pas trop longtemps. Soit je reste sur le GR 11 et ses mille mètres d'altitude dans la purée de pois, soit je pique sur la France et rejoins le village d'Estérençuby dans la vallée. Option France, je passe par dessus une clôture à vaches et me retrouve sur un petit parking. Plusieurs voitures stationnent. Toutes les plaques d'immatriculation sont françaises, c'est le seul indice qui me confirme que j'ai changé de pays. Le brouillard, lui il s'en fout de la frontière. Par une petite route, encombrée de belles grosses vaches blanches, qui serpente au fond d'une petite dépression je progresse vers le nord. La visibilité baisse de plus en plus. Des points de repère caractéristiques de la carte à proximité de la route restent invisibles. Avec la multitude de courbes je ne me situe plus exactement et pourtant je voudrais bien intercepter le Gr10. Enfin je le vois. Sans encombre il me conduit au village. Par beau temps ce parcours sur de grosses bosses doit être sublime, mais cet après-midi les yeux rivés sur de l'herbe mouillée et glissante dans un paysage fantomatique, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux. Ne nous plaignons pas, l'ambiance n'en est pas moins superbe avec son petit côté mystérieux qui cache tout au regard. Imaginer sans voir laisse libre cours à tous les phantasmes. Arrivée dans le village, il fait sombre, les maisons serrées dans le brouillard sont presque lugubres. Un petit hôtel, je m'y précipite. Un pur et dur, qui commence une traversée s'est installé au bord de la route, je suis bien content de ne pas faire de même. Ce soir encore, une équipe de cyclistes, français cette fois, est engagée dans la traversée des Pyrénées. Ils espèrent mettre une semaine.
Vingt-deuxième jour route de Estérençuby à Cambo-les-Bains
La météo ne prévoit aucun changement pour les jours à venir, brouillard à partir de 600 mètres d'altitude. Pas de problème j'ai toujours rêvé longer la Nive, car cette rivière comme l'Adour m'a toujours intrigué. Donc je rejoins Saint-Jean-Pied-de-Port et de là je longe la rivière. Déception, pas de chemin, je suis acculé à rester sur la route jusqu'à Cambo-les-Bains. Et là, première semaine de juillet le flot des touristes a commencé. Dans un vacarme permanent je vais rejoindre cette station thermale et d'un coup l'envie s'en va pour de bon. J'ai vraiment quitté les Pyrénées. Rejoindre les plages, et les remonter au milieu des baigneurs avec mon piolet dans le dos, c'est une histoire à me faire mettre la camisole de force et terminer chez les fous. Dans le fond j'ai bien fait de ne pas ''gâcher'' cette superbe balade Biarritz Arcachon par le bord de mer, car je la ferai avec un camarade en février 2008 et nous passerons cinq jours superbes, le jour le long de plages désertes et la nuit durant des bivouacs sous la gelée blanche. L'étape jusqu'à Cambo est longue, le goudron ça finit par casser les pattes. Pour la première fois en trois semaines j'ai des courbatures. La fin du parcours se fait sous la pluie. Cette nuit encore l'hôtel, monter la tente sous des trombes je n'en ai pas envie. Un coup de téléphone pour consulter les horaires de train, et demain en trois changements je rentre chez moi.
En conclusion je dirai qu'en écrivant ce récit avec deux ans et demi de recul, je suis étonné de la fraîcheur des souvenirs que j'en conserve. Sans doute le fait d'être seul y est pour quelque chose. En effet en montagne sans compagnon, on est plus exposé aux aléas et l'accident peut être beaucoup plus lourd de conséquences. Instinctivement on intègre cette situation et les sens sont plus en éveil. Cette concentration accrue favorise un meilleur contact avec la nature, et nous imprègne au delà de ce que l'on pense. Bien sûr je ne ferai pas l'apologie de ce genre de pratiques, qui présentent leurs inconvénients, et qui sont souvent réprouvées, normes de sécurité obligent. Cependant ces grandes balades en solitaire en montagne apportent beaucoup. Partir seul et durant trois semaines, n'avoir à s'occuper que de soi et focaliser toute son attention au point de vue matériel uniquement autour de la dizaine de sacs de congélation que l'on transporte dans son sac à dos, représente un immense repos de l'esprit. Pas de voiture, pas de papiers envahissants, personne avec qui négocier, pas de perte de temps à retourner une masse d'affaires. On ne possède que le strict nécessaire, les déballages et les rangements ne prennent pas de temps. On se sent comme affranchi d'une dimension matérielle, tout en se sachant autonome. Si j'aime partager des joies en montagne devant des paysages fantastiques et faire découvrir les lieux que j'aime, m'y trouver seul m'apporte une émotion qui m'est vitale.
Les photos ça n'arrête pas English translation pending
on en est là :
c'est où ?
Les monuments de France en photos English translation pending
Voilà, je vous propose de mettre des monuments exclusivement de France pour ceux qui viendraient visiter notre beaux pays et aussi pour ceux qui ne les connaissent pas 'souvent, j'ai remarqué qu'on ne connait pas ce qu'on a à portée de mains, moi le premier.
Bien sur, je souhaiterais avoir des photos sympas qui ne penchent pas dans tous les sens.
Chateaux, Eglises, etc....
Enfin tout ce qui ressemble à des monuments.Je suis friant des chateaux
Alors je vais commencer par le Chateau de Vincennes (qui evoque souvent une sation de métro pour beaucoup) et qui m'a l'air bien méconnu.
J'adore ce chateau.
Pour plus d'infos : http://www.chateau-vincennes.fr/
1
2
Celle-ci penche volontairement ! Malgré le grand angle, il est diffiçile d'avoit le pont avec le recul sur place. J'ai donc choisi cette vue inclinée qui au final est pas trop mal.
3
La Sainte-chapelle, juste à côté du chateau !
4
Les pavillons classiques font partie des importants travaux réalisés à partir de 1654 à la demande de Mazarin puis de Louis XIV.Içi le pavillon de la reine
5
Celle-ci, c'est ma préférée
6
Pour plus d'infos : http://www.chateau-vincennes.fr/
1

2

Celle-ci penche volontairement ! Malgré le grand angle, il est diffiçile d'avoit le pont avec le recul sur place. J'ai donc choisi cette vue inclinée qui au final est pas trop mal.
3

La Sainte-chapelle, juste à côté du chateau !
4

Les pavillons classiques font partie des importants travaux réalisés à partir de 1654 à la demande de Mazarin puis de Louis XIV.Içi le pavillon de la reine
5

Celle-ci, c'est ma préférée
6

Altitude "relative" et "absolue"? English translation pending
Bonjour,
Je souhaiterais avoir des infos sur le thème suivant : on dit que les effets de l'altitude ne sont pas les même entre, par exemple, le Mont Blanc et disons le Laddakh ? Un ami qui y est allé plusieurs fois et me disait qu'un 4000 ici équivalait à un 7000 là bas. Il faisait allusion à une altitude "relative" et "absolue"... Ce n'est pas la première personne à évoquer ce genre de chose, notamment concernant les Himalayas, alors j'aimerais avoir votre avis ? Je n'arrive pas à comprendre comment c'est possible, est-ce une question de latitude et/ou de gravité ? Voilà, en fait j'aimerais savoir si un 5500 dans les Himalayas est beaucoup plus dur qu'un 4000 dans le Haut Atlas par ex ? En outre je serais ravie d'avoir des conseils de préparation (ou un lien si cela a déjà été évoqué, ben oui je débarque 🙂).
Merci d'avance,
K.
Je souhaiterais avoir des infos sur le thème suivant : on dit que les effets de l'altitude ne sont pas les même entre, par exemple, le Mont Blanc et disons le Laddakh ? Un ami qui y est allé plusieurs fois et me disait qu'un 4000 ici équivalait à un 7000 là bas. Il faisait allusion à une altitude "relative" et "absolue"... Ce n'est pas la première personne à évoquer ce genre de chose, notamment concernant les Himalayas, alors j'aimerais avoir votre avis ? Je n'arrive pas à comprendre comment c'est possible, est-ce une question de latitude et/ou de gravité ? Voilà, en fait j'aimerais savoir si un 5500 dans les Himalayas est beaucoup plus dur qu'un 4000 dans le Haut Atlas par ex ? En outre je serais ravie d'avoir des conseils de préparation (ou un lien si cela a déjà été évoqué, ben oui je débarque 🙂).
Merci d'avance,
K.
Votre plus beau voyage en France... English translation pending
Bonjour tout le Monde !!!🙂!!!
Venant de passer dix jours dans le Massif des Ecrins, une nouvelle fois je n'ai pu échapper à cette reflexion, que la France n'a pas fini de nous étonner par la beauté de ses différents endroits, et l'incroyable diversité de ses sites quelque soit la direction ou la distance parcourue de son domicile...
De là m'est venue le souhait de vous poser cette question: vue de l'intérieur comme de Belgique, Canada, Suisse et tout autre véfiste d'autre pays, venus une ou plusieurs fois chez les "fromages qui puent" mais aussi chez les meilleurs chefs de la planète, quelle moment, quel instant, quel souvenir, quelle anecdote, ou plus généralement quelle région vous a le plus marqué dans son ensemble et pour quelles raisons ???
Merci pour vos avis qui contribueront sans nul doute à mieux nous connaître encore, au travers de notre...
Amitié voyageuse
Venant de passer dix jours dans le Massif des Ecrins, une nouvelle fois je n'ai pu échapper à cette reflexion, que la France n'a pas fini de nous étonner par la beauté de ses différents endroits, et l'incroyable diversité de ses sites quelque soit la direction ou la distance parcourue de son domicile...
De là m'est venue le souhait de vous poser cette question: vue de l'intérieur comme de Belgique, Canada, Suisse et tout autre véfiste d'autre pays, venus une ou plusieurs fois chez les "fromages qui puent" mais aussi chez les meilleurs chefs de la planète, quelle moment, quel instant, quel souvenir, quelle anecdote, ou plus généralement quelle région vous a le plus marqué dans son ensemble et pour quelles raisons ???
Merci pour vos avis qui contribueront sans nul doute à mieux nous connaître encore, au travers de notre...
Amitié voyageuse
Les photos, les photos....(suite) English translation pending
Salut tout le monde,
aller une facile pour commencer ce topic
bon alors c'est ou???
A+
aller une facile pour commencer ce topic
bon alors c'est ou???

A+
Fragments de voyage I/II: d'Istanbul à Jakarta par la route English translation pending
J'entreprends un périple de 3 mois et plus jusqu'aux portes de l'Asie. Je vous livrerai en vrac mes impressions sous forme de carnet de bord, d'anecdotes, d'émotions brutes et aussi des informations pratiques. J'essaierai autant que possible d'écrire sur le vif et de vous envoyer quelques photos.
Pour passer directement au chapitre II des fragments de voyage le 21 février 2012 c'est ici : Fragments de voyage II : Istanbul-Téhéran-Lahore-Chengdu-Bangkok-Jakarta par la route
fraternellement Eric mosquée de Soleyman le Magnifique

PARFUMS D'ORIENT ISTANBOULIOTES
19-20-21-22-23-24 octobre Lyon-Strasbourg-Bâle-Istanbul
Des rues bruyantes et bigarrées. Des gens partout qui s'affairent, un ballet continu ponctué de coups de klaxons et des sirenes des bateaux, rythmé par l'appel du Muezzin, répercuté tel un écho dans toutes les mosquées majestueuses de la cité. Quel meilleur endroit pour commencer ce voyage si ce n'est Istanbul, carrefour et porte de l'Orient. C'est ma 4eme fois ici et je m'y sens bien, une ville attachante. Le soleil est de la partie. Je me balade dans le vieil Istanbul. A Eminonu, des gens qui pêchent, le pont de Galata est hérissé de cannes à pêche. Sur des bateaux amarrés le long des quais, des hommes font frire le poisson que l'on peut déguster dans des pains avec des oignons au bord de la Corne d'Or. Je me perds dans les ruelles qui remontent vers le grand bazar. Bain de foule. Des tas de drapeaux turcs pendent aux fenêtres, d'autres recouvrent des pans entiers de murs. Tout cela se passe dans tout le pays. Des manifs se déroulent un peu partout. Hommage aux soldats martyrs tombés au combat dans l'est. A la TV, des images passent en boucle, des généraux revanchards sont propulsés sur le devant de la scene. A qui profite cette inflation de violence ? une chose est sûre, pas à la population kurde de Turquie.
Pêcheurs sur les quais d'Eminonu au fond la mosquée de Suleiman le Magnifique
Infos pratiques
Arrivée à l'aéroport Ataturk
prendre le métro (jeton 1, 30 YTL) jusqu'à Aksaray, puis le Tramway (jeton 1, 30 YTL) direction Sultanahmet ou Taksim
Arrivée à l'aéroport de Sabiha Gocken
prendre la navette ( à droite en sortant 3 YTL) E10 jusqu'à l'embarcadère de Kadikoy, puis le ferry (jeton 1, 10 YTL) jusqu'à Eminonu. Ensuite prendre le Tramway, soit direction Taksim (de l'autre coté du pont de Galata) soit direction Aksaray/Sultanahmet
Pour se loger, pléthore d'hôtels bon marché du coté de Sultanahmet derriere la Mosquée Bleue.
Pour manger : Eviter le quartier de Sultanahmet
Pour le change : changer le strict minimum a l'aéroport, taux plus avantageux autour du Grand Bazar
Pour aller au bord de la Mer Noire
Prendre un bus (du coté d'Eminonu) direction Sariyer sur le Bosphore, ensuite prendre un Dolmus direction Kilyos
SUR LA ROUTE DE LA SOIE...QUELQUE PART ENTRE SIVAS ET TERCAN
Istanbul-Erzurum 24-25 octobre
Aujourd'hui, je trace sur Erzurum. Il pleut légerement. Je me rend à l'immense otogar au nord d'Istanbul et je prend le bus de 16h. Cela m'arrange car j'ai ma demande de visa iranien à déposer au plus vite et ensuite, sachant qu'il faut 10 jours pour l'obtenir, je compte visiter l'est. Bus de nuit. 1375 kms à parcourir. Mon voisin ne parle pas Anglais, nous communiquons par gestes et par bribes de mots turcs pris dans mon lexique🙂. La TV diffuse le match de foot Besiktas-Liverpool, les Turcs sont fondus de football, ca tombe bien moi aussi.😏 A l'aube, en consultant ma carte, je réalise que nous empruntons la route de la Soie, route mythique pour bien des voyageurs, Nicolas Bouvier et Thierry Vernet étaient passés par ici en 1953. Nous roulons au milieu d'une vallée entourée de puissantes montagnes, la végétation est rare, quelques troupeaux de moutons paissent. Le climat doit être rude en hiver. Et premiere émotion : nous croisons l'Euphrate (en Turc : Firat). Depuis mon enfance, je suis fasciné par les grands fleuves, mon voyage qui s'annonce en sera parsemé. Et hop🙂 une photo pour immortaliser l'instant.
Arrivée à Erzurum fin de matinée. Il fait beau, une chance car la température peut descendre très bas en cette période de l'année. Il y a une station de ski pas loin d'ici. Je me rend au consulat en marchant😎. Accueil austere mais correct, j'avais préparé les formulaires mais il n'en veut pas et je dois m'y coller une nouvelle fois. Puis il faut aller courir jusque dans le centre à la banque Oyak pour payer les frais de visa, heureusement un chauffeur de taxi qui m'avait vu poirauter devant le bureau, m'attend et m'amène sans hésiter à la banque puis fait le retour. Apparemment, il a l'habitude de la procédure😉
Passage éclair dans cette ville, je prendrai plus de temps dans 10 jours pour la visiter. Maintenant, je file sur Malatya. Bus de nuit. Jamais bu autant de thé et autant les mains parfumées d'eau de cologne🙂🙂.
Otogar de Malatya à 2h du matin, je décide de finir la nuit ici, il y a des sièges confortables😉. J'irai chercher un hôtel le matin.
Mes 4 premieres nuits
1 à l'aéroport/1 à l'hôtel /1 dans le bus/1 dans l'otogar de Malatya, vive les voyages😎
Infos pratiques Trajet Istanbul-Erzurum 55 YTL par la compagnie Esadas Trajet Erzurum-Malatya 40YTL par la compagnie Bingol 1 Bouteille d'eau 1l : 0, 50YTL 1 pide ou galette : 0, 30 YTL Demande de visa iranien : 2 photos/2 formulaires remplis a la main/copies des pages importantes du passeport/60 euros ou 103 YTL payables a la banque Oyak
Pour passer directement au chapitre II des fragments de voyage le 21 février 2012 c'est ici : Fragments de voyage II : Istanbul-Téhéran-Lahore-Chengdu-Bangkok-Jakarta par la route
fraternellement Eric mosquée de Soleyman le Magnifique

PARFUMS D'ORIENT ISTANBOULIOTES
19-20-21-22-23-24 octobre Lyon-Strasbourg-Bâle-Istanbul
Des rues bruyantes et bigarrées. Des gens partout qui s'affairent, un ballet continu ponctué de coups de klaxons et des sirenes des bateaux, rythmé par l'appel du Muezzin, répercuté tel un écho dans toutes les mosquées majestueuses de la cité. Quel meilleur endroit pour commencer ce voyage si ce n'est Istanbul, carrefour et porte de l'Orient. C'est ma 4eme fois ici et je m'y sens bien, une ville attachante. Le soleil est de la partie. Je me balade dans le vieil Istanbul. A Eminonu, des gens qui pêchent, le pont de Galata est hérissé de cannes à pêche. Sur des bateaux amarrés le long des quais, des hommes font frire le poisson que l'on peut déguster dans des pains avec des oignons au bord de la Corne d'Or. Je me perds dans les ruelles qui remontent vers le grand bazar. Bain de foule. Des tas de drapeaux turcs pendent aux fenêtres, d'autres recouvrent des pans entiers de murs. Tout cela se passe dans tout le pays. Des manifs se déroulent un peu partout. Hommage aux soldats martyrs tombés au combat dans l'est. A la TV, des images passent en boucle, des généraux revanchards sont propulsés sur le devant de la scene. A qui profite cette inflation de violence ? une chose est sûre, pas à la population kurde de Turquie.
Pêcheurs sur les quais d'Eminonu au fond la mosquée de Suleiman le Magnifique
Infos pratiques
Arrivée à l'aéroport Ataturk
prendre le métro (jeton 1, 30 YTL) jusqu'à Aksaray, puis le Tramway (jeton 1, 30 YTL) direction Sultanahmet ou Taksim
Arrivée à l'aéroport de Sabiha Gocken
prendre la navette ( à droite en sortant 3 YTL) E10 jusqu'à l'embarcadère de Kadikoy, puis le ferry (jeton 1, 10 YTL) jusqu'à Eminonu. Ensuite prendre le Tramway, soit direction Taksim (de l'autre coté du pont de Galata) soit direction Aksaray/Sultanahmet
Pour se loger, pléthore d'hôtels bon marché du coté de Sultanahmet derriere la Mosquée Bleue.
Pour manger : Eviter le quartier de Sultanahmet
Pour le change : changer le strict minimum a l'aéroport, taux plus avantageux autour du Grand Bazar
Pour aller au bord de la Mer Noire
Prendre un bus (du coté d'Eminonu) direction Sariyer sur le Bosphore, ensuite prendre un Dolmus direction KilyosSUR LA ROUTE DE LA SOIE...QUELQUE PART ENTRE SIVAS ET TERCAN
Istanbul-Erzurum 24-25 octobre
Aujourd'hui, je trace sur Erzurum. Il pleut légerement. Je me rend à l'immense otogar au nord d'Istanbul et je prend le bus de 16h. Cela m'arrange car j'ai ma demande de visa iranien à déposer au plus vite et ensuite, sachant qu'il faut 10 jours pour l'obtenir, je compte visiter l'est. Bus de nuit. 1375 kms à parcourir. Mon voisin ne parle pas Anglais, nous communiquons par gestes et par bribes de mots turcs pris dans mon lexique🙂. La TV diffuse le match de foot Besiktas-Liverpool, les Turcs sont fondus de football, ca tombe bien moi aussi.😏 A l'aube, en consultant ma carte, je réalise que nous empruntons la route de la Soie, route mythique pour bien des voyageurs, Nicolas Bouvier et Thierry Vernet étaient passés par ici en 1953. Nous roulons au milieu d'une vallée entourée de puissantes montagnes, la végétation est rare, quelques troupeaux de moutons paissent. Le climat doit être rude en hiver. Et premiere émotion : nous croisons l'Euphrate (en Turc : Firat). Depuis mon enfance, je suis fasciné par les grands fleuves, mon voyage qui s'annonce en sera parsemé. Et hop🙂 une photo pour immortaliser l'instant.
Arrivée à Erzurum fin de matinée. Il fait beau, une chance car la température peut descendre très bas en cette période de l'année. Il y a une station de ski pas loin d'ici. Je me rend au consulat en marchant😎. Accueil austere mais correct, j'avais préparé les formulaires mais il n'en veut pas et je dois m'y coller une nouvelle fois. Puis il faut aller courir jusque dans le centre à la banque Oyak pour payer les frais de visa, heureusement un chauffeur de taxi qui m'avait vu poirauter devant le bureau, m'attend et m'amène sans hésiter à la banque puis fait le retour. Apparemment, il a l'habitude de la procédure😉
Passage éclair dans cette ville, je prendrai plus de temps dans 10 jours pour la visiter. Maintenant, je file sur Malatya. Bus de nuit. Jamais bu autant de thé et autant les mains parfumées d'eau de cologne🙂🙂.
Otogar de Malatya à 2h du matin, je décide de finir la nuit ici, il y a des sièges confortables😉. J'irai chercher un hôtel le matin.
Mes 4 premieres nuits
1 à l'aéroport/1 à l'hôtel /1 dans le bus/1 dans l'otogar de Malatya, vive les voyages😎Infos pratiques Trajet Istanbul-Erzurum 55 YTL par la compagnie Esadas Trajet Erzurum-Malatya 40YTL par la compagnie Bingol 1 Bouteille d'eau 1l : 0, 50YTL 1 pide ou galette : 0, 30 YTL Demande de visa iranien : 2 photos/2 formulaires remplis a la main/copies des pages importantes du passeport/60 euros ou 103 YTL payables a la banque Oyak
Un mois en Europe: quels pays choisir? English translation pending
bonjour à tous,
je suis une québécoise de 18 ans qui veut partir en europe pour un mois prochainement. j'ai déjà voyagé seule au costa rica, mais l'europe, c'est une première. j'hésite donc entre:
a) portugal+espagne b) irlande+écosse+angleterre c) france
que de choix intéressants... de toute façon, il est clair que je visiterai ces pays éventuellements... mais bon, je dois choisir, j'ai su très récemment que j'avais cette opportunité de partir, donc j'ai deux semaines pour m'organiser, d'où l'urgence de trouver la destination!!
aidez-moi!
merci mille fois,
L.
je suis une québécoise de 18 ans qui veut partir en europe pour un mois prochainement. j'ai déjà voyagé seule au costa rica, mais l'europe, c'est une première. j'hésite donc entre:
a) portugal+espagne b) irlande+écosse+angleterre c) france
que de choix intéressants... de toute façon, il est clair que je visiterai ces pays éventuellements... mais bon, je dois choisir, j'ai su très récemment que j'avais cette opportunité de partir, donc j'ai deux semaines pour m'organiser, d'où l'urgence de trouver la destination!!
aidez-moi!
merci mille fois,
L.
Randonnées sauvages dans les Pyrénées Orientales English translation pending
désolé de venir faire le rabat joie, j'aimerais bien partir un peu plus loin mais il se trouve que pour l'instant je bosse sur perpignan, alors j'aurais aimé avoir votre avis sur les randos sympa et sauvages à faire dans la région des pyrénées catalanes.
merci, promis la prochaine fois ce sera plus pitorresque! 😉
pierrot
merci, promis la prochaine fois ce sera plus pitorresque! 😉
pierrot