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Comme un rêve! Divagations indiennes! (Chroniques d'un long voyage en 1990) English translation pending
Avant de m'installer en Thaïlande, j'ai parcouru le sous continent indien durant plus de dix ans. J'ai même vécu quelques années dans le sud de l'Inde, au Kérala, au bord de cette magnifique plage de Varkala. Dans cette rubrique, je reviendrais au gré de mes souvenirs (le temps déforme la réalité mais... L'imagination prend le relais ) sur cette période de ma vie, où anecdotes de voyages croustillantes et rencontres inoubliables ont été le lot quasi quotidien de ces aventures ! N'ayant plus de photos de cette épopée, cette rubrique sera illustrée de photographies de mon grand frère Didier, aficionados, disciple de l'Inde et qui m'a transmis très tôt cette passion, le virus de ce pays et de ses peuples magnifiques !Ce carnet de voyage datant des années 90 comporte une vingtaine d'épisodes. Si vous souhaitez lire ce récit de voyage tout de suite sans attendre la publication sur VF, je vous invite à découvrir la rubrique de mon blog www.jeffdepangkhan.com , "Comme un rêve, divagations indiennes" Ces récits sont aussi illustrés de nombreuses photos.
Dakha, Bangladesh ! (nov 91, Première partie).
« L’Asie … L’Inde … Mother India … »
Ce sont des noms, des lieux qui résonnaient dans ma petite tête d'adolescent et qui continuent bien des années plus tard à me soupirer de biens belles choses ! Plus jeune, une certaine littérature m'avait déjà mené vers ces destinations, racontant des histoires de voyages, de « voyage-voyage »... « Flash », « les chemins de Katmandou », même les saga d’Irène Frain et j'en passe . Après avoir lu ces livres et écouté certains de mes ainés revenant de ces terres mystiques, je n'avais fait alors qu'imaginer ce que pouvait être cette civilisation, ce monde unique que je pourrais assimiler plus tard à un astre à part entière au beau milieu de notre planète! j'allais continuer de grandir, de vieillir, mais par contre dans mon subconscient, tous ces rêves étaient bien ancrés et je n'attendais qu'un signe pour être prêt à les concrétiser, à les vivre un jour futur. Les années passaient et ce jour arriva où un ami me proposa : "- Dit donc Jeff, ne seriez-vous (je fus marié une première fois avec une femme française) pas intéressés de venir avec moi au Népal puis pourquoi pas, prolonger le « trip », toujours en ma compagnie (sous entendu si vous aviez du temps et de l'argent) jusqu'en Inde ?"
"- Quelle question ! Oui, trois fois oui !" Répondais-je, heureux .
Enfin le rêve devenait réalité !
J'avais grandi et j'avais commencé un travail lucratif (qui me permettrait d'ailleurs de vivre en ISAN plus tard jusqu'à aujourd'hui). Ce qui était un rêve d'adolescent, de voyager vers l'Asie, se présentait tel un cadeau ! En plus, mon ami avait déjà passé son examen de « premier voyage en Inde ». On avait donc notre parrain pour la découverte du pays des sadhus et autres gurus, que du bonheur ! J'avais beau en avoir rêver mais devant le fait accompli, j'avais dès lors une petite appréhension de partie loin, c’était la vraie première fois ! Les seuls voyages où je m’étais risqué, étant les Antilles (pour travailler, ce n’était pas la même chose, St Martin et Saint Barthélemy, Saint Barth... avec l'accent trainant comme il faut le dire quand on y est mais c'était loin d’être l'Asie , c'était un gros bout de France, coloré certes , mais la France tout de même ! J'avais aussi traversé du nord au sud l'Italie, le Portugal et le Maroc jusqu'à Tan Tan au volant d'un Ford Transit rallongé double essieu déglingué. On peut donc dire que ce n’était pas du tout la même chose que de se perdre le long du Gange ou de la rivière Yamuna ! Alors cette proposition, me permettrait de faire le grand saut vers l'inconnu, avec, n'oublions pas , un parrain qui atténuerait cette légère angoisse du premier grand et vrai voyage, du premier départ vers l'autre bout du globe!
Mon ami « nous » proposait de partir dans un premier temps au Népal pour faire du raft, puis un Trek... Nous sommes alors en 1991 et même si son voyage était organisé, c’était son premier en tant qu'organisateur et accompagnateur, cela était encore du « à peu près » mais j'entendais déjà les anciens sonner clairon et dire « plus facile que dans les années 70... ». Et c'était vrai, je n'aurais osé les contrarier, les vieux de la vieille ! pensais-je sur un ton légèrement moqueur, mais plein de respect et de gentillesse ! Mon ami, guide de rivière et de montagne (nous avons passé notre jeunesse tous les deux en Basse-Bretagne puis nous étions partis habiter et travailler au même endroit, dans les Hautes-Alpes) organisait donc son premier voyage et quelques clients potentiels avaient payé pour s’éclater (le sport, la nature... Etcétéra...), découvrir le Népal et pour palier à deux désistements, deux potes comme nous (moi et ma future ex), non sportifs mais motivés feraient bien l'affaire. Nous en étions ravis...On partait pour notre premier grand voyage, presque tout un hiver... Programme : Népal avec descente en raft de la rivière Trisuli puis Trek autour des Annapurna (un classique à entendre mon ami) avec un départ et une arrivée à Pokara puis retour à Katmandou, le groupe client partirait (ils avaient du travail et à peine un mois de vacances) et nous (mon ami, ma future ex et moi) irions en Inde...Nous rejoindrions Delhi puis irions marcher le long des sources du Gange en passant par Haridwar, Rishikesh, Devprayag , Rutraprayag et plus si nous le pouvions, jusqu'à l'une des sources du fleuve sacré si bien-sur, c’était possible . Ensuite, je rappelle que cela était un programme théorique, mon ami retournerait chercher sa famille (sa femme et ses deux petites filles) à Delhi . Nous, nous irions vers la mythique Bénarès (Varanasi ou l'ancienne Kashi en Sanskrit) et nous nous rejoindrions du coté de Konarak en Orissa, visiter un BABA/SADHU et « baptiser » la plus jeune des filles de mon ami . Konark, on peut le dire aussi ainsi, où se trouve un temple magnifique, le temple de Surya, le dieu Soleil, se trouvait juste après Bhubaneshwar et à 30 Kilomètres au nord de Puri, autre destination réputée « baba cool » par excellence ! Nous étions donc au début du mois de novembre 1991 sur les dalles de l’aérogare de Roissy pour nous envoler vers Katmandou via Dakha au Bangladesh grâce à la compagnie Biman airlines, la compagnie aérienne de l’état du Bangladesh ! Je n'avais pris l'avion qu'à quelques reprises et cet avion qui s’avérait être un DC 10 (je crois, si je me souviens bien) me parut tout à fait en bon état de voler. Je ne me souviens d'aucune appréhension durant le vol , par contre je me rappelle des hôtesses vêtues de magnifique sari, elles etaient d'une beauté inoubliable, je me rappelle aussi qu'avant d'atterrir sur le tarmac de la capitale de l'ancien Pakistan oriental, nous avons fait de nombreux stop and go, à gogo d'ailleurs l'avion arrivait d'Angleterre, transitait donc par Paris, nous nous arrêterions à Ankara, puis l'Iran(je crois ou le Pakistan tout court) et enfin le Bangladesh ! ( je ne sais pas si l'avion continuait vers l'est mais qu'il fasse le tour du monde ne m'aurait pas étonné!). À Dakha, nous devions attendre trois heures et hop... repartir vers Katmandou dans un autre avion...Une petite escale en quelque sorte. Cela ne s'est pas du tout passer comme c'était prévu. L'avion pour le Népal était beaucoup plus petit que l'avion avec lequel nous venions de traverser une partie du globe . Un bus pourri (vraiment pourri de marque TATA) nous attendait en bas de l'escalier-passerelle de l'avion pour nous emmener devant les portes de l’aérogare à ...50 mètres. Nous fûmes invités dans le restaurant tout neuf de l’aéroport, lui-même flambant neuf, enfin de caractère moderne, dirons-nous . Par rapport à Roissy (mais à l’époque, je ne connaissais que celui-ci comme aéroport international), l’activité était plutôt calme, en fait elle était totalement inexistante . Un seul petit avion était à coté du gros que nous venions de quitter. C’était notre avion pour la capitale népalaise. On nous installait donc au restaurant avec vue sur les pistes (la piste) et on nous servit à manger (encore...), puis les heures défilèrent et nous avions théoriquement raté notre correspondance pour Katmandou ! Au bout d'un certain temps, un petit mec rondouillard et moustachu, un visage surmonté de cheveux crépus d'un noir profond, affublé de Rayban et d'une chemise au couleur de la compagnie d'aviation locale vint et commença à nous expliquer que nous ne pourrions pas tous monter dans l'avion en partance pour le Népal. Il fallait qu'une partie d'entre nous se résigne à rester une nuit à Dakha. Cela sonnait moins bien que « ONE NIGHT IN BANGKOK », mais pour nous et mon ami, ce n'était pas problématique et même le groupe n'y voyait pas d’inconvénient. Pour nous, nous étions là pour trois mois tout de même, alors un jour de plus ou de moins... Le reste du groupe était là pour seulement trois à quatre semaines, ce départ différé d'une journée revint comme un reproche dans leur bouche vers la fin du voyage. Certains personnages du groupe (toujours les mêmes chieurs mais on le verrait plus tard) manqueraient de temps pour finir correctement soit disant leur « expédition » ! Dans ces moments où l' on demande à certains de « sacrifier » de leur temps (vous rendez vous compte, aller une nuit à l’hôtel tous frais payés) pour d'autres qui en ont encore moins, on commence à entrevoir ce qu'est l’humanité, même celle qui se veut «cool- cool » parce qu'elle part en Asie ! Mais ces considérations vont vite nous apparaître bien futile, à comparer avec ce que nous allions vivre ! Nous nous sommes donc retrouvés une petite centaine (tout de même) à devoir passer la nuit à Dakha. Le petit homme grassouillet aux cheveux crépus et porteur de Rayban qui apparemment ce jour là, était le chef de la compagnie, du moins s'en donnait l'allure, nous invita à retourner sur le tarmac (à pied du coup) sous les ailes de l'avion, récupérer nos bagages, ce que nous fîmes dans un joyeux bordel... On était au Bangladesh et cette désorganisation était normale à en entendre certains !(les mêmes personnes arrogantes que l'on croise trop souvent dans le monde entier montrant leur supériorité évidente de citoyens issus d'anciennes puissances coloniales). On voulut réintégrer l’aérogare et là, le petit gros à moustache qui commençait à transpirer comme une bête, nous demanda nos passeports : « no visa , no visa », après hésitation, on les lui donna et on nous fit grimper dans deux bus TATA (en fait, un de ces bus était le même avec qui nous avions parcouru les 50 mètres de l'avion à l’entrée de l’aéroport quelques heures auparavant) qui me parurent en piteux état, vibrant de partout, sans vitre (je remarquerais plus tard que tous les bus, à l’époque, n'avait pas de vitre) mais par contre ces ouvertures étaient ornées de grilles, ce qui donnaient aux bus une allure de fourgons cellulaires. On nous dit aussi de prendre nos sacs avec nous, dans les soutes du bus ce n’était pas possible ! (les coffres, soit ne s'ouvraient plus ou un fois ouverts ne fermeraient plus, donc tous les sacs dans la carlingue...avec nous) Je rappelle que nous partions en expédition avec un rafting, des pagaies, deux « airboat » (canoë biplace gonflable), des casques, des rations de survie et puis nos énormes sacs à dos remplis de plus de la moitié de choses inutiles , enfin qui s’avèreraient inutiles mais qui au moment de confectionner ces fameux sacs nous paraissaient alors primordiales voire essentielles. L’européen riche, même moins riche, disons l'occidental qui voyage et qui va vers l'inconnu, a besoin de voyager avec un peu de la sécurité de sa terre natale qui alors se matérialise par le cumul de biens inutiles entassés dans son sac. Enfin, les deux bus partirent dans un bruit fracassant, chaque vitesse passée craquait et paraissait totalement grippée (je venais de passer mon permis transport en commun, alors je regardais tout ça en expert... Quel français je faisais, des fois !). Enfin nous partions et nous allions traverser toute la ville avant de rejoindre l’hôtel où nous passerions la nuit.
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Dakha, Bangladesh! (nov 91, deuxième partie)
À Dakha !
Entre l’aéroport et le centre-ville nous avons commencé à traverser des Dakha, Bangladesh! (nov 91, deuxième partie)marécages en pagaille où un nombre incalculable de baraquements (enfin des taudis) flottaient tant bien que mal sur les eaux saumâtres. Beaucoup de monde se déplaçaient sur de petites barques, certains pêchaient, pour moi, les yeux grands ouverts voire totalement hallucinés, beaucoup d'autres autochtones avançaient vers des destinations aléatoires, mais ils semblaient pourtant savoir où aller ! Le long de la route où il n'y avait quasiment pas de voiture , il y avait un nombre insoupçonnable de piétons, un défilé continu d’êtres humains qui marchent et qui marchent encore ! Il y avait bien quelques bicyclettes mais très peu, ce n’était que des gens qui avançaient à pied dans tous les sens, prêts à plier sous d’énormes bardas... Si j'avais été un géant ou Dieu (ça va non !), j'aurais cru voir des fourmis.
Plus nous avancions, plus le flot de marcheurs devenait gigantesque (c'est fou comme cela peut marquer une foule qui marche vers on ne sait où?). Sur le bord de la route, les maisons de bric et de broc commençaient aussi à s’amonceler. Petit à petit, tous nous regardaient et semblaient se passer le mot : « des Sahibs, des faranguis », certains commençaient à courir pour tenter d’agripper les grilles des fenêtres d'un des deux bus qui formaient ce maigre convois. Sur la plateforme d’entrée du TATA bus, un policier, grand, costaud et moustachu (il s’avéra que la caractéristique de l'homme dans cette partie du monde était incontestablement de posséder de grosses moustaches noires), il était aussi équipé d'un long bambou d'un mètre environ et balayait l’entrée avec celui-ci pour dissuader certains de grimper dans les bus. Si par hasard, certains arrivaient à s'accrocher aux grilles, ils n'avaient pas le temps de tendre la main pour vous demander de l'argent car après avoir fait ce mouvement emblématique du mendiant, c'est-à-dire avec leur bras déplié et les bouts de doigts agglutinés les uns aux autres , faire ce mouvement de l'estomac vers la bouche, le grand flic moustachu affublé de Rayban (en Asie, le flic, enfin le fonctionnaire qui travaille en extérieur porte des lunettes foncés de préférence de marque ou copie (surtout copie) Rayban) avançait dans l’allée centrale et leur écrabouillait la main avec laquelle ils étaient accrochés aux grilles des fenêtres, alors en équilibre précaire sur le flan du bus, leurs doigts frêles lâchaient prise et ils tombaient sur le bas-coté ! Certains d'entre nous commencèrent à protester (dont moi) de tant de violence mais le petit gros à moustache de la compagnie qui nous avait accompagné nous expliqua que si le grand costaud moustachu en uniforme couleur moutarde délavé ne fracassait pas les doigts de ses concitoyens, notre bus ressemblerait vite à un essaim d'abeille ambulant. Devant tant de persuasion (en fait, on n'a pas beaucoup protesté, je crois, il faut dire la vérité), on se tut, subissant ce spectacle pitoyable, mais qu'est- ce que pouvait être notre mal être par rapport à ce que pouvaient vivre ces moribonds. On aurait dit qu'ils avaient fait exprès de mettre l’hôtel à l'autre bout de la ville pour que l'on puisse la traverser et que les autorités puissent montrer à la population que des touristes venaient aussi dans leur pays (ils ne savait pas que nous étions contraints et forcés)...Enfin nous avancions et les habitations se firent un peu plus en béton mais elles étaient toujours submergées de cabanes en tôle qui semblaient alors soutenir ces édifices. On avait tendance à penser que si on enlevait ces amas de tôles collés à ces bâtiments sales et cramoisis, qu'ils s’écrouleraient, c’était presque certain ! Plus nous avancions, plus le flot de marcheurs devint un tsunami de gens déambulant en sarong à carreaux et débardeurs Marcel, tous pieds nus mais toujours avec moustaches ! Les femmes étaient plus gracieuses avec leur sari ou leur Kurta, leur démarche était chaloupée car elles portaient pour beaucoup leur fardeau sur la tête, leurs bras servant à porter un gamin morveux en guenille mais malgré tout, cela rendait leur démarche altière. Je regardais ces « pedibus-jambus » qui nous observaient, nous occidentaux, assis là, dans notre bus, qui partiraient bientôt au Népal pour marcher dans la montagne ou participer au marathon de l'Himalaya (la moitié des passagers de l'avion était là pour cet événement), on payait des mille et des cent pour avoir le droit de marcher et autour de nous, tous ces gens qui marchaient sans arrêt pour essayer de gratter un maigre revenu journalier...
Malgré ces pensées, nous avancions encore et toujours et je remarquais à coté des marcheurs, des rickshaws et encore des rickshaws, multicolores, ornés de fleurs en plastique et arabesques. Cela semblait être le moyen de transport principal de cette capitale, pas de voitures, enfin très peu, pas de bus, pas de taxi, des piétons et des pousse-pousses, des trois roues dont de grands gaillards d'une maigreur effrayantes tentaient de faire avancer . Les gens qui y étaient installés étaient pour la plupart de grosses femmes avec enfants ou des hommes bien gros aussi (on me dit plus tard que lorsque l'on était riche sous ces latitudes, il était de bon ton d’être gros). Ces hommes, d'affaire surement, avait la particularité d’être entourer de marchandises en pagailles qui débordaient des banquettes de ces triporteurs. Des bêtes de somme, ils étaient ces gars à la peau sèche et ne recouvrant que leurs os ! Nous atteignîmes alors l’hôtel qui était le seul building avec celui qui se trouvait juste en face et appartenant à la compagnie aérienne Biman, qui avaient l'allure de bâtiments digne d'une capitale. Ils semblaient récents , étaient les seuls de plus ou moins 15 étages. Deux flèches montantes, ils ressemblaient à des joyaux entourés d'édifices noires de moisissures et de crasse semblant sortir d'une mousson perpétuelle. Personne ne les nettoyait au fil des saisons des pluies. Je pense (j'en suis sur) qu'ils avaient d'autres priorités , on ne pouvait les blâmer. On nous apprit que le Bangladesh avait subit au printemps dernier un raz de marée (un de plus) qui avait fait plus de un million de morts et depuis les survivants déferlaient sur la capitale, son lot de réfugiés arrivant des terres inondées bordant le golfe du Bengale. La misère débordait de partout et si nous aurions payés pour être voyeurs (nous l’étions malgré nous), nous en aurions eu pour notre fric ! Le futur démontrerait que pour ces populations, rien n'irait en s'arrangeant, au fur et à mesure des raz de marée et des inondations, ce peuple aurait la tête sous l'eau inexorablement ou devrait partir ailleurs. De futurs migrants en puissance...Nous nous approchions de Mother India mais en attendant, on nous avait installé dans un hôtel qui sentait le moisi (décidément) mais qui était à la norme d'une compagnie internationale d'aviation. Après nous avoir montré nos chambres, on nous proposa de manger (encore !) : « le tea time »...Manifestement, nous, les refoulés de l'avion pour le Népal, étions les seuls clients de l’hôtel. Après le gouter, rassasiés ( sans honte, peut-être, je ne me souviens pas), on voulut aller faire un tour en ville mais le petit gros à moustache et aux Raybans (décidément il était toujours là à nous surveiller) nous dit que « ce n'était pas POSSIBLE, no visa, no passport ». Il nous expliqua qu'il n' y avait pas de sécurité pour nous escorter (là, on a pensé qu'il exagérait, on n'était tout de même pas à Beyrouth ni à Bagdad, (c’était le dernier conflit armé de l’époque). Quelques tergiversations plus tard , il nous dit que nous pouvions y aller car en fait seulement nous et une autre dizaine de Faranguis semblaient vouloir visiter la capitale. Un grand costaud à moustache en uniforme moutarde délavé, équipé d'un long bambou nous accompagnerait (encore un garde, ils y tenaient !), peut-être était-ce d'ailleurs le même qui nous avait accompagné dans le bus nous menant de l'aéroport au centre-ville de Dhaka. A la réception, on nous changea des dollars en Taka, la monnaie locale ; notre groupe, nous étions neuf en tout se scinda en deux avec la ferme intention de larguer le Moustachu en uni...du moins pour un des deux petits groupes. Il eut beau nous expliquer que nous ne pouvions pas faire ça, nous l'avons tout de même fait! On a vite remarqué qu'avec notre argent nous ne pourrions rien acheter car il n'y avait désespérément rien à acheter, à la différence de l'Inde où nous irions plus tard que nous découvririons regorgeant de nourritures et de marchandises. Finalement, nous optâmes pour un tour de rickshaw ! Ce fut vite fait car il n'y avait rien à voir, à part une mosquée dont je me souviens qu'elle était quelconque, un marché de fringues où ils vendaient des sarongs à carreaux de teintes bleus ou mauves et pour le reste à part tourner en rond comme dans un manège au milieu d'une ville où les gens ne faisaient que marcher ou attendre sur le trottoir que le temps passe, il n'y avait rien ! Nos rickshaw wala (on appelle ainsi le conducteur de pousse-pousse) nous délestèrent de nos Taka (ils auraient préféré des dollars mais les billets verts étaient restés à l’hôtel) et sans qu'on leur dise quoi que soit, ils ne nous ramenèrent pas à notre point de départ, qui était loin de l’hôtel, mais directement à celui-ci ! Dakha était comme un village, enfin un énorme village, l'annonce d'une arrivée de touristes au seul hôtel international de la ville avait du faire son chemin ! (Nous saurions plus tard qu'il en était ainsi tous les jours avec les surbooking d'avions). En arrivant nous vîmes donc une énorme foule qui commençait à s’amonceler devant les grilles. Les « joueurs de bambous », les flics, s'en donnèrent à cœur joie pour nous laisser rentrer de nouveau dans notre confortable cocon à l'occidentale, ilot de richesse coincé au milieu de cette misère! On regrettera d’être sortie et d'avoir créer cette émeute qui finit par une bastonnade généralisée ! Ils n'avaient rien à perdre et quelques coups de bâtons n'étaient rien par rapport à leur vie ! Nous sommes donc revenus dans nos chambres et on nous demanda de descendre manger; il fallait toujours manger, mais c'était en fait pour faire passer le temps même si cela commençait à devenir indécent, nous suivions les instructions . L'organisation de la cuisine pour nourrir tout le monde laissa à désirer, nous n'avions pas faim de toute façon. Pour expliquer ce tâtonnement des cuisines, je mettais ça sur le compte que l’hôtel n'avait pas l'habitude de recevoir des délégations si importantes d'un seul coup. On se coucha rapidement car le lendemain on devait partir tôt. Nos consciences d'occidentaux non aguerris à cette misère (je ne pense pas que l'on puisse s'y habituer d'ailleurs) firent que l'on dormit très mal ! L'avion, on nous l'avait promis, partirait vers neuf heures. Après un petit déjeuner (… no comment...), on chargea nos « bagages à cinquante pour cent inutiles » et les « manipulateurs de matraques en bambous » firent une chorégraphie de plus pour dégager la masse de pauvres bougresses, c’était des femmes qui étaient en majorité ce matin là devant les grilles de l'hôtel, désormais accompagnées d'enfants bien-sur ; elles se mettaient le doigt dans l’œil en pensant que les moustachus en uniforme vert moutarde ne les taperaient pas ; Elles voulaient un petit peu d'argent ou quelque chose à manger. Me restant quelques Taka, je les donnais , enfin les jetais et un policier me regarda d'un sale œil, l’émeute grondait. En fait les femmes présentes étaient majoritairement des lépreuses, et très nombreuses marquées au visage de la petite vérole , cela m'avait marqué ! Cela n’empêcha pas la police de bastonner sec. Je regrettais tout de suite d'avoir donné l'espoir que je pouvais distribuer de l'argent à tous, j'avais fait la monnaie au comptoir(je n’étais pas le seul à avoir eu cette « brillante » idée) mais malgré tout cela s’avéra insuffisant. Enfin les bus purent sortir et nous nous regardions tous avec ce sentiments de colère, mélangé à de la honte ainsi que de la peur ; « pour faire court on s’était tapé les boules, mais grave ! » En plus, des petits malins connaissant le trajet du bus vers l’aéroport nous attendaient plus loin et prirent d’assaut notre bus, le premier des bus ayant réussit à accélérer pour s’extirper de cette masse de gens en guenilles. Putain ce qu'on était mal, le cul dans ce bus que nous pensions pourri, même si j’étais mince à l’époque mais je me sentais gras et redondant de l’intérieur...Le flic de bord eut beaucoup de mal à extirper toutes ces mains accrochées au bus, le chauffeur ne put s’arrêter pour l'aider, cela aurait été pire , d'autres gens auraient pu alors y grimper plus aisément...Et puis nous les faranguis, nous étions tétanisés ! Le dernier des mendiants fut trainé par les pieds le long du couloir de bus et éjecter sans ménagement. Plus personne parlait et n'osait se regarder. J'osais un regard vers l’arrière et fut soulager lorsque je vis que celui qui venait de « tomber » du bus à pleine vitesse se relevait, heureusement les bus TATA ne vont pas vite et avec les piétons, vaches, cochons, vélo , rickshaw, tous ces obstacles auraient empêché tout excès de vitesse. Enfin, je fus donc rassuré, notre cascadeur malgré lui s’était relevé et repartait en gueulant après le monde entier. Je pensais pour soulager ma conscience qu'il devait avoir l'habitude de ça , enfin il faut être con pour penser comme cela. C'est-à-dire penser que l'on peut s'habituer à ça ! Stupide! Après de nombreux voyages en Inde, je verrais hélas que j'avais raison ! On ne s'habitue pas, ni d’être pauvre, ni d’être voyeur !
Lorsque nous sommes arrivés à l’aéroport, les bus allèrent directement sous les ailes de l'avions et on nous invita à déposer nos bagages à même le sol ! On nous rendit nos passeport et nous montâmes dans l'avion, ouf, on allait pouvoir partir au Népal et à entendre d'autres passagers « baroudeurs » de l'Asie, là bas c’était cool ! Mais Dakha existait aussi et nous y avions vu ce que les occidentaux ne veulent pas voir de l'Asie ou seulement s'ils sont des voyeurs ou des bons samaritains, enfin cela existe et on ne doit pas l'ignorer de toute manière ! On resta près de deux heures dans l'avion, il faisait chaud dans la carlingue et le petit gros à moustache au Rayban (il était de retour) nous dit que nous attendions une correspondance ! Eh oui, notre avion n’était pas plein! L'autre avion arriva et se plaça à cote de nous... Il arrivait apparemment d'Europe et déposa son lot de trekkeurs et de participants au marathon de l'Everest et nous, nous savions... Ils ne monteraient pas tous dans l'avion. Une partie, les plus « intransigeants » ceux qui n'ont jamais le temps, ceux qui veulent être toujours les premiers nous rejoindraient dans l'avion, les autres, plus discrets , iraient dans le centre ville de la capitale du Bangladesh pour offrir au seul hôtel international de l’époque, ses clients du jour, contraints et forcés dont certains démunis de passeport voudraient aller coûte que coûte se promener dans les rues sales et grouillantes de misère de cette ville où depuis lors je n'y ai plus jamais remis les pieds! L'avion décolla et trois heures plus tard nous survolions la capitale du Népal, Katmandou ! À suivre...
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DAKHA-KATMANDOU ! D'un cliché à l'autre !
On avait beau se déplacer dans les allées et coursives de l'avion, rien à faire, l’Himalaya restait invisible. On aurait aimé apercevoir ces montagnes magnifiques, surtout l'Everest, mais on se serait bien contenté d'un des sommets des autres montagnes au nom mythique que sont les Annapurnas ou bien le Daïlaugiri mais les nuages nous privèrent irrémédiablement de ce spectacle. La première fois que j'avais vu « La chaine de montagne », gigantesque et majestueuse fut lorsque deux jours auparavant survolant la vallée du Gange en direction de Dakha, certains avaient ouverts les volets des hublots au moment où le soleil pointait son nez en pleine face notre avion. Si on regardait vers l'avant, de biais, on remarquait une couleur jaune orangée vive et puissante, à notre perpendiculaire, le jour se levait et les cimes de l'Himalaya s'étaient offertes à nous ! Ce fut un moment inoubliable, les cimes enneigées, des dizaines et des dizaines de sommets prenaient une teinte jaune opaque sur fond de ciel encore mal réveillé. Tout le monde dormait et je m’étais déplacé, me rapprochant d'une femme d'un certain age qui observait, admirait le « show ». Je lui parlais et elle eut la gentillesse de me faire la présentation ! Un panorama époustouflant du Pakistan jusqu'au fin fond du Bouthan ! Eh bien, je crois bien que ce fut la seule et unique fois où j'ai réellement vu ces montagnes dans leur ensemble. Un jour, à Katmandou, une journée où il y avait eu du vent qui avait alors poussé les nuages, nous avions pu apercevoir l'Everest ! Il se retrouve quasiment toute l’année, la tête dans les nuages ! « Trop haut, trop grand » diront certains ! Lors du trek que nous ferions plus tard nous aurions l'occasion de s’émerveiller sur d'autres cimes mais l’Everest, on pouvait le dire alors :
« Rien à signaler ! » .
Ce jour là, au dessus de la capitale népalaise, après avoir fait des ronds dans l'air avec notre avion, l'horizon étant bouché, nous pouvions nous concentrées sur ce que nous voyions au sol. On vit des collines et des collines à perte de vue ornées d'habitations et puis notre ami nous montra la piste d’atterrissage de l’aéroport international de Katmandou. En l'apercevant en bas, je pouvais alors comprendre la raison, l'obligation de voler sur des avions de moyennes tailles sur cette ligne afin de nous permettre de rejoindre le sol sans encombre. La piste était coincée au milieu de petites montagnes et bloquée plein nord par le mur que représentaient les colosses de l'Himalaya ! Je n’étais pas encore aguerri aux voyages en avion et c'est sans être rassuré que nous avons tant bien que mal atterri sans encombre ! Après les souvenirs sont flous, un taxi qui comme tous les taxis du monde avait repéré ses bizuts de l'Asie et qui nous demanderait un prix exorbitant mais si on y repense, on en n'est pas mort, on en n'est pas moins riche, alors j’espère que cela aura rendu une famille heureuse ! Enfin là, n'est pas le propos !
En arrivant dans l’après-midi, nous étions attendus. Nous, je le rappelle, le groupe hétéroclite de semi sportifs et semi bringueurs invétérés ! Nous arrivâmes dans un hôtel moderne et récent dans un quartier « chic » de la capitale, un jeune népalais francophone et francophile nous accueillit et je me souviens, nous offrit notre premier « Namasté » : les mains jointes sur la poitrine, pointées vers le haut en s'inclinant vers nous légèrement . Nous lui rendîmes sans jamais savoir si nous avions bien opéré ce geste qui quelques années plus tard, en Thaïlande, je pratiquerais presque quotidiennement mais qu'on nommerait « Waï » ! Cet adolescent, Prabin, que je ne revis jamais, est désormais entre la France et le Népal. Jacques Baum, son mentor, est à l'origine de la maison du Népal à Gap, en France et de la promotion de ce pays pour un tourisme responsable. L’hôtel où nous arrivions étaient d'ailleurs une de ces premières réalisations en partenariat avec les autochtones, dans la capitale ! Nous avions donc un jour de retard sur « le programme » et notre journée prévue à arpenter la capitale, n'aurait pas lieu, nous devions partir le lendemain pour la « Trisuli river »...On s'installa donc dans notre chambre qui était loin d’être typique et nous sommes partis nous promener dans les ruelles étroites de Katmandou, l'envie de se muer au milieu de ce que nous pensions être « la vraie Asie » .
Une double artère traversait la vielle ville, de Durbar Square où les temples et palais de Rois oubliés trônaient pour rejoindre une route périphérique moderne où la circulation automobile était dense. Tout le long de ces deux coursives, il y avait des marchands qui étalaient à même le sol, leurs légumes, fruits et autres denrées essentiellement comestibles. C’était un gigantesque marché où se bousculaient des centaines de piétons, de chalands, pas forcement des touristes mais beaucoup d'habitants de la capitale en quête de leur repas du soir. Les maisons étaient toutes de bois, certaines ornées de sculptures, la plupart vermoulues et sales, pas vraiment sales mais comme moisies de ne pas voir le soleil qui devait atteindre le terre battue de la rue que très occasionnellement. Les maisons étaient tellement hautes et serrées les unes contre les autres (peut-être pour se réchauffer entre elles car il faisait vite très froid le soir, au mois de novembre à Katmandou) que le soleil avait donc peut de chance de s'imposer ! On remarquait, derrière les vendeurs de rues, des boutiques vendant toutes sortes de produits, de la quincaillerie à la pharmacie, ouvertes ou non mais qui étaient presque toutes en train de subir un grand nettoyage !
Un ménage de printemps en hiver, étrange, pour nous occidentaux !
Certains propriétaires repeignaient même les devantures, en bleu et blanc (ce ne devait être que les seules couleurs disponibles a l’époque, peut-être) je ne sus jamais, si cela avait une signification, la seule chose que l'on nous a dit est que c’était le début de la fête des lumières ! Ah Ah ! Diwalee(i) ou Dipawallee, l’équivalent de Loy Kratong en Thaïlande, le douzième mois lunaire, le « renouvellement du ciel », changement du thème astral, se laver de ses pêchés et j'en passe. Quelques personnes, le soir, installeront des bougies sur le pas de leur porte . C’était beau et grouillant mais nous avions déjà nos chaussures de marches et nos laines polaires comme des vrais, et je l'avoue que trop de chose à voir ne permettent pas de voir et comprendre ce que l'on voit.
J'avais déjà vu au soleil couchant des temples et encore des temples s'illuminer, certains minuscules d'autres très grands ; des stupas, imbriqués dans les habitations comme si les temples avaient été là avant que les gens n'y construisent leur maison, c’était d'ailleurs vraisemblablement le cas...Les gens bloquaient le passage des ruelles, se tenant à la queue leu leu, ils étaient, tous les cents, peut-être même tous les 50 mètres, ils attendaient leur tour pour déposer leurs offrandes à de multiples dieux qui les protègeraient soit du mal de dents (cela m'avait marqué, dans Durbar Square, des gens accrochaient des dents et bouts de dents pour surement garder celles qui étaient encore saines), du mal de ventre, le dieu qui vous promettrait de nombreuses naissances et j'en passe car Katmandou était truffé de plus de 4000 temples ! On rentra à l’hôtel avec plein de lumière dans les yeux, du bruits, beaucoup de bruits, des odeurs, certaines exécrables. Le lendemain, nous devrions se lever tôt pour rejoindre le départ de la rivière Trisuli. Nous reviendrons à Katmandou, à notre retour de la rivière mais aussi après notre trek mais aussi l’année suivante, cela était envoutant et il faut le dire, si nous voulions revenir, c’était pour essayer de comprendre pourquoi nous étions déjà fasciné par ce qui serait plus tard être une infime partie de ma passion de l'Asie, de l'Inde, qui venait de naitre en moi ! Envouter pour la vie, je l’étais ! Hier encore, dans les rues de Dakha, je n'avais vu que la misère, parce que je ne voulais voir que ça ! Et puis comme par magie, aujourd'hui, j’étais dans un rêve ! Dans les deux endroits rien n’était ni blanc ni noir, en y réfléchissant bien, comme toutes les premières fois, j'étais obnubilé tel un nouveau-né découvrant le monde, on ne voit, on ne ressent que ce que l'on veut voir ou nous montrer !
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Jusqu'à Pokhara ! (suite de "72 kilomètres en 8 heures")
Nos embarcations prêtent et notre gourbis chargés sur les bateaux, nous pouvions partir sur cette belle rivière, la Trisuli. Autour du pont, où notre bus nous avait déposé à notre arrivée de Katmandou, de nombreux curieux de plus en plus nombreux s’étaient amassés le long de la berge. Les villageois des alentours s’étaient donnés le mot "des "Saib" étaient arrivés dans le quartier!". Le soleil commençait déjà à disparaître derrière les pentes abruptes des montagnes encadrant le rivière. Le froid du à l'altitude s'était aussi invité ! Nous décidions de partir tout de même, oh, nous n'avons pas navigué bien longtemps, je ne m'en souviens pas très bien, mais nous nous arrêtions sur une petite plage que les crues successives de la rivière avaient surement façonné au fil des saisons. Nous montions le bivouac. Le long du chemin, en face de nous, des porteurs rentraient dans leur village et nous apercevions l'armoire tant protégée par son propriétaire, lors de notre montée de la capitale, elle grimpait sur les épaules de cet homme, tranquillement le long des pentes abruptes de la montagne ; les derniers rayons du soleil se reflétant dans son miroir préservé et intacte.
Juste au dessus de nous, des enfants approchèrent mais à distance respectable , craintifs. Plus nous montions nos tentes et nous préparions le feux pour le repas du soir, les curieux se faisaient de plus en plus nombreux. Ils s'asseyaient sur les talons, accroupis, ils prenaient le temps de nous observer. Les commentaires fusaient, ils rigolaient la plupart du temps, encombrés de nos équipements compliqués à assembler et à monter, on devait surement ressembler à des extra terrestres et méritions surement la raillerie. La pénombre gagnait. Les enfants, de moins en moins farouches, furent très vite dans le camp à regarder, toucher tout ce que nous avions à déballer le long de cette rivière.
Alors, un vieillard s'approcha, et nous fit comprendre par geste qu'il aimerait nous emmener dans son village un peu plus haut. Yann, mon ex-compagne et moi y allions, les autres restant au camp. Nous montions le long du chemin escarpé et rentrions dans un beau petit village où la population nous attendait, le reste des habitants venus à la rivière suivait le chef venu nous chercher un peu plus bas, telle une procession. Un autre homme arriva avec une ampoule dans les mains et l'enfila dans une douille qui pendouillait au bout d'un fil noué tant bien que mal à une poutre de l’avancée de toit de l'humble maison du chef. En fait, on nous expliqua que l’électricité avait été emmenée par des canadiens mais que ces gens, trop pauvres, avaient seulement les moyens de se payer une ampoule pour tout le village, alors ils se la passaient de maison en maison suivant les évènements ou leur besoin immédiat. Le reste des maisons étaient alors éclairées faiblement par de minuscule lampe à pétrole. La maison était simple et les gens habitaient avec leur bêtes dans la même pièce, juste séparés d'une cloison en bois. Un foyer pour cuisiner trônant au milieu de la pièce, le plafond était noir ébène, à l’étage, le fourrage pour les bêtes. La fumée de la combustion du bois servant à faire le feu avait recouvert toute la pièce d'un noir couleur charbon de bois, les maisons n’étant pas équipées de cheminée. D'ailleurs, j'ai le souvenir que tout le monde toussait fortement , leurs poumons largement et forcément encombrés de monoxyde de carbone. Les enfants, même très jeunes, fumaient déjà de grosses cigarettes roulées, style « tige de huit ». Un peu plus ou un peu moins de fumée dans les poumons ne devait pas faire, hélas, de différence pour eux. Nous apprendrions plus tard qu'au Népal, la population souffrait pour presque de dix pour cent d'entre elle, de tuberculose. La femme du chef du village nous offrit du lait de yak et un bout de fromage, une tomme excellente fait à base du même lait. Les suisses et leur savoir-faire étaient passés par là. On nous tendit aussi des bananes, petites et succulentes ; les villages à flanc de montagne permettaient, vue l'amplitude des différences d'altitude, de faire des cultures très différentes par un aménagement en terrasse, en bas du village, des bananes et du riz par exemple et en haut de celui-ci du blé et des pommes. Notre échange fut des plus simple, la barrière du langage faisant le reste. Des gestes, des sourires et une demande dans les yeux des villageois faisant la conversation . Le chef du village nous raccompagna et la nuit fut belle et calme, enfin presque, quelques singes ayant décidés de venir fouiner dans notre bardas. Le matin, quelques villageois vinrent nous apporter du thé, et des bananes. Ils nous regardaient ranger notre matériel, étonnés surement de la surabondance de celui-ci. Le chef vint nous saluer, il était le doyen et n'avait que quarante deux ans, on ne faisait pas long feu dans ces montagnes !
Je me rappelle de Yann, donnant quelques fournitures scolaires aux enfants. Est-ce que cela leur a servit ? Nous n’avions pas vue d’école ! Nous, occidentaux, pensions bien faire !
A la fraiche du petit matin, nous partions alors sur la rivière. Large et puissante avec très peu de profondeur, en novembre le froid de l'altitude avait stoppé la fonte des glaciers des hautes montagnes de l’Himalaya ! Nous frottions souvent sur un lit de galet descendus des montagnes et tapissant le fond de la Trisuli. Très vite, sur les rives, nous vîmes des hommes s'affairant autour de grandes marmites bouillonnantes. L'odeur ne cachait en rien que l'on s'adonnait à de la distillation d’alcool. En effet pour les fêtes de Diwali, les nombreux villageois s'occupaient à la fabrication de « la Roxi », sorte d'alcool de millet à déguster chaud ou tiède à peine sorti des alambics de fortune. A force de nous interpeller, nous nous arrêtions et partagions volontiers avec les hommes cet alcool pas trop fort, cela devait taper dans les trente degrés. Cela ne nous empêcha pas d’être très rapidement au niveau des bouilleurs de cru, c'est-a-dire « fin saoul ». En fait, plus nous descendions la rivière, plus les arrêts se firent fréquents et finalement nous finîmes en compagnie des derniers « fabricants » et des femmes venues laver leur linge qui nous emmenèrent allègrement dans leur village pour y passer la nuit. Le réveil fut douloureux dans nos têtes et plutôt vasouillard dans nos ventres mais remplit de joie, tellement ces gens étaient accueillant et gentils. Nous avions beaucoup de choses à apprendre en matière d'hospitalité.
Par la suite, les souvenirs sont flous puisque je me souviens d'un passage à Katmandou puis de la route vers Pokhara vers l’ouest. Une route défoncée en construction, à flanc de montagne, avec des chinois, déjà, comme maitre d’œuvre, faisant trimer des népalais, hommes, femmes et enfants d'origine plutôt indiennes, c'est-à-dire très noirs de peau, grands et maigres. Le minibus mit plus de dix heures pour faire moins de deux cents kilomètres, distance séparant les deux villes. On s’arrêta au milieu du trajet dans un gigantesque bazar-gare-de-bus-arrêt-buffet. Nous aurions le droit de nous restaurer dans la famille de Prabin, notre jeune guide, un oncle ou une tante habitant l'endroit. Un repas « royale », un « dal bat »de luxe avec de nombreuses sauces en tous genres. Premier repas où assis en tailleur nous mangions avec la main droite (j'eus du mal étant gaucher pur et dur, c'est surement pour cela que je m'en souviens très bien) tradition tenace, la main gauche servant uniquement à rencontrer et s'occuper des parties basses, impures, de notre corps.
Nous arrivions, le soir, à Pokhara, où des restaurants et des guest-houses pour « trekkeurs » encombraient les abords du lac. Les Annapurna, juste au dessus, n'avaient qu'à bien se tenir, bientôt nous serions à leurs pieds ! (suite au prochain numéro)
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Autour des Annapurna ! (première partie)
Lorsque je suis retourné à Varkala, le mois dernier, la promenade, plutôt une coursive, en haut de la falaise où se nichent les restaurants et hôtels pour touristes “backpackers”, m'a tout de suite fait penser à Pokhara. En effet cette petite ville, départ principal du trek autour des Annapurna, s'est vite développée autour d'un petit lac. La route asphaltée s’arrêtant là. La solution pour monter vers les nombreux villages allant jusqu’à Muktinath sanctuaire indou où un lingam de glace, symbole de Shiva (phallus représentant la fertilité lié au Dieu) fait se déplacer des masses de pèlerins. Forcement les sadhus vont être les principaux voyageurs ue l'on va croiser, car il faut, si l'on s'y rend a pied (à l’époque , le choix n’était pas de mise), plus de une semaine (voire plus) et on peut dire que cela monte raide à plus de 4000 mètres d'altitude. Voici une carte pour situer le sanctuaire : (Voir l'article original)* Donc nous trainions dans les rues de Pokhara en attendant de partir, pour une partie de notre groupe hétéroclite, pour Jomsom. En effet les plus sportifs d'entre nous s’étaient arrêter juste après Muglin (la ville bazar-arrêt-buffet-gare des bus) pour s'engager dans le tour complet des Annapurna. Un trek de plus de 15 jours par le Taurung pass culminant à plus de 5000 mètres. Les autres, moi en l’occurrence, pouvions alors trainer à Pokhara. Les bons restaurants le soir, les guest-house au confort spartiate avec les jeunes s'en occupant toujours à vous proposer de la bonne ganja accompagnée de bières, des balades sur le lac, une drôle d'ambiance tout de même ! La plupart des touristes étant des sportifs confirmés, juste là pour la performance « de se faire les Annapurna ». Nous devions partir rejoindre le groupe des « sportifs » à Jomsom juste en dessous de Muktinath. Pendant une semaine nous devions nous entrainer pour ensuite « supporter » la marche en montagne...No comment ! Yann nous avait aussi dit : « Profitez car en haut ce sera à la dure ! Dal bat tous les jours, finit les pizzas tibétaines et autres « délices » d'occident détournés à la manière népalaise ». Il nous avait tout de même donner une « mission », nous allions rejoindre les autres en avion, eh oui (nous, nous n’étions pas les sportifs, alors ?), un « tagazou » qui de Pokhara allait nous emmener directement, survolant la chaine de l'Himalaya, jusqu'à Jomsom.
On devait emmener là-haut un canoë biplace pour assouvir le désir de Yann et un de ses acolytes (kayakistes dans l’âme) de descendre une rivière extrême, la Saraswati river, rivière que seulement quelques intrépides dans le monde avaient déjà descendu ! On prit donc l'avion avec encore un matériel surabondant... Le trajet dura une demi-heure, mais d'un pur plaisir, au dessus des montagnes... Magnifique ! On atterrissait sur une piste caillouteuse qui devait avoir été enneigée il n'y a pas bien longtemps. On débarqua avec notre bardas au milieu de nul part, des sherpas nous proposèrent tout de suite leur service mais nous devions attendre la troupe dans un lodge, sur place ou dans les alentours. Le propriétaire nous attendrait au pied de l'avion ! Il ne vint jamais, mais on le trouva en fin de journée, enfin il nous trouva serait le terme plus juste.
En attendant, on traversa le chemin de notre futur trek, de l'autre coté de la piste d'atterrissage pour se rendre dans un boui-boui, on y trouverait surement l'occasion de boire un bon chaï. On attendrait et trouverions peut-être notre hôte par l’intermédiaire du tenancier, tout le monde devait se connaître ici ! Rentrant dans la petite maison faisant office de bar-resto-buffet de « l’aéroport », ce souvenir sera à jamais ancré dans ma caboche. Je remarquais avec surprise sur les murs de ce teastall à l’aménagement des plus simple, deux posters, pas de n'importe qui, non ! L'un était la photo de Jimmy Hendrix, mon idole de guitariste en herbe, lors de son fameux « solo avec les dents » mais dédicacée, merde ! Il était donc venu ici ? Pensais-je naïvement. Le proprio me dira qu'il l'avait rencontré à Katmandou « à la grande époque » ! L'autre poster, encore plus étonnant, était un superbe portrait, allez je vous le donne en mille, de Sophie Marceau ! L'ancien porteur, vendeur de ganja à ses heures à Katmandou dans les années 60 avait un faible pour l'actrice, tout de même, à près de 4000 mètres d'altitude, Sophie Marceau ne devait pas le savoir, avoir des admirateurs jusqu'au pied du sanctuaire des Annapurna ! On bu pour la première fois un thé au beurre rance (entre nous, c'est vraiment... Enfin, j'aime pas).
La journée à attendre notre logeur, au soleil, fut agréable, on fit comme en France sur une terrasse de café, on regardait les passants, enfin les marcheurs, sur le chemin de trek. On remarqua vite que ce chemin était une vrai autoroute de trekkeurs, certains à la limite de courir voulant surement faire le tour des Annapurna en mois de...du temps déjà établi...On remarquait aussi des porteurs en pagaille, portant de tout mais on les croisera tout au long de notre parcours montagnard. En milieu d’après-midi, notre hôte vint enfin nous trouver et nous emmena chez lui où il nous installa dans un grenier où des pommes entreposées pour l'hiver nous offrit une nuit plutôt fruitée. Le froid s'installant très vite, on intégra le rez de chaussée de la maison qui était chauffé où il nous proposa un repas royale, toujours pas le droit à notre ration de riz aux lentilles. Assis autour d'une table où dessous des braises réchauffaient les pieds et jambes des convives, on discuta de tout, enfin surtout de la France. En effet, il avait eu le bonheur, et semblait nostalgique d’être venu dans les Alpes à l'invitation de Jacques Baum, créateur de la maison du Népal à Gap, notre hôte étant l'ancien porteur de « l'himalayiste » confirmé, guide de haute montagne dans les Hautes-Alpes. Il respirait la nostalgie et parlait français (eh oui), alors il nous raconta son histoire en partageant avec nous une sorte de « calva » servit tiède, fait à partir de ses pommes. Reconvertit grâce à son ami Jacques en cultivateur de pommes et tenanciers de guest-house, à Marpha, où nous passions donc la nuit. C’était le lieu de rendez-vous avec « nos sportifs » à une heure de marche de Jomsom, altitude 2800 mètres, permettant de faire cette culture fruitière. Une belle reconversion pour cet ancien porteur qui avait fait quasiment tous les sommets du petit royaume du Népal. On se coucha donc dans l'odeur de pomme et avec une demi-cuite au calva locale. Le trek commençait dans les meilleurs hospices. Le lendemain, pas de nouvelle des marcheurs, notre groupe se sépara en deux, certains voulant se rendre à Muktinath mais nous, mon ex compagne et moi resterions dans les alentours avec notre hôte...On visita des membres de sa famille dans les hauteurs de Marpha où se nichait d'autres petits villages, on en prenait plein les yeux ; tissage, élevage, coutumes. On fit aussi le tour des plantations, on fuma pas mal d'herbe de la production locale et on bu forcement beaucoup de leur calva que l'on commençait à vraiment apprécié (dans le groupe, il y avait les sportifs, les ingénieurs (demi-sportif) et nous les soulins ! On ne se refait pas). On découvrit donc l'accueil chaleureux des népalais, peuple souriant et toujours prêt à vous donner, même ce qu'il n'ont pas, quel beau peuple !
Le soir, l'autre sous groupe revint de Muktinath avec les sportifs. Ils avaient eu beaucoup de neige, avaient croisé de nombreux sadhus, transit de froid, habillés de leur simple robe de moine, vu des yacks chargés comme des ânes accompagnant les colonnes de porteurs montant toutes sortes de denrées essentielles à la vie des villages perchés le long des pentes des Annapurna. De vrais autoroutes de trekkeurs certes mais surtout de marchands ! On croisa même une colonne de 50 porteurs qui montait une bobine de fil de ligne électrique moyenne tension pour équiper la future alimentation en électricité de village en amont. La bobine qui devait peser son poids était déroulée de son socle en bois comme on peut le voir en France par exemple, elle était portée sur l’épaule de chaque porteur sur une centaine de mètres, les gamins qui fermaient le convois portaient déjà eux aussi, mais seulement les pots et ustensiles pour subvenir au repas et bivouac du groupe, une charge surement importante. De vrais forçats, sachant que pour arriver de la vallée, ils allaient mettre au moins 20 jours pour acheminer ce modernisme de centaines de kilos dans des altitudes incroyables. Peut-être y aurait-il une route un jour ? (au dernière nouvelle, 20 ans plus tard, la route n'est pas loin de Jomsom!).
Le lendemain, aux aurores, nous allions enfin partir pour rejoindre la vallée, nos deux kayakistes nous retrouveraient à des étapes précises où le chemin rejoignait la rivière. (Suite au prochain numéro...)
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Autour des Annapurna ! (deuxième partie & fin)
La première partie du trek jusqu'à Kallopani (littéralement voulant dire « eaux froides ») fut des plus facile puisque nous longions la rivière Saraswati, une grande gravière en pente douce, à cette époque le lit de la rivière était d'une telle largeur que les eaux devaient être tumultueuses lors de la période de crue. Nous prenions le temps d’observer le paysage somptueux, nos sacs-à-dos ne nous faisant pas encore trop souffrir. Les Annapurna étaient somptueux, ils fendaient le ciel d'un bleu étincelant, nous passions aussi tout prêt du glacier Daulaïgiri, les blocs de glace, énormes, tombant de la montagne presque à portée de mains. Nous avancions et remarquions dans de petits champs délimités par des murets de pierre des cultures de ganja et à force d'en voir on décida de se servir de quelques têtes que nous ferions sécher sur le haut de notre sac-à-dos au cour de nos marches journalières. Cela fut trop tentant...de toute façon, cela poussait même le long des chemins à l’état sauvage.
Le soir, après presque 12 heures de marche tout de même, bien fatigués, nous nous arrêtions dans un lodge et là encore, le repas proposé n’était toujours le dal bat promis...Décidément, le népalais savait y faire pour faire monter à dos d'hommes du Coca entre autre (décidément la firme d'Atlanta est implantée partout) et tout ce qu'il fallait pour confectionner toutes sortes de mets de la cuisine internationale. Avant d'aller nous coucher, un groupe de trekkeurs arriva donc très tard, avec fracas. Des israéliens ! Bruyants et arrogants, sans dire le moindre bonjour, accompagnés de leurs porteurs, très en colère contre eux. Un des leurs était malade et avait passé le col de Taurong pass, pieds nus avec ses kilos sur le dos, il était déjà malade. Personne ne lui avait donner de médicaments, ne serait-ce que du paracétamol pour lui faire baisser la fièvre. Personne ne lui avait payé ou offert de nouvelles chaussures, à les entendre, ce n’était pas prévu dans le contrat ! On s'empressa de lui donner de l'aspirine et on lui refilait une paire de basket, celle que l'on portait dans l'avion ! Vous auriez vu l'expression de son visage, tellement il était heureux, et nous qu'est-ce cela nous avait couté ? Pour la suite du trek de ce groupe d’israélien, cela était compromis, la grève guettait du coté des porteurs. Nous remarquerions au cours de nos nombreux voyages le comportement de la plupart de ses touristes un peu spécial. Après leur armée obligatoire, un congé avec solde leur était offert à condition qu'il parte à l’étranger. Le problème, très peu de pays acceptaient leur présence (musulmans principalement) et l'Inde et le Népal était la destination phare de leur périple à l’étranger. La guerre en Palestine devait les rendre ainsi, c'est à dire à la limite du fréquentable, on leur cherchait des excuses mais au fil du temps on verrait que leur comportement était ainsi, personne les aimait. Encore aujourd'hui, demandez aux thaïs ce qu'ils en pensent, venant aussi en masse sur khaosan road et dans les iles du sud !
Les jours suivant furent un peu plus difficile, du à notre manque d'entrainement mais le plaisir de marcher devenait réel. Les népalais étaient toujours aussi souriant, les gamins, morveux et sales n'avaient vraiment que faire de l’école mais surtout les adultes ne s'en souciaient guère. Une ritournelle, agaçante à force, était ce que l'on leur avait dit de répéter tout le temps à notre passage : « one roupie, one pen ». On se demande bien qui de leurs parents ou des touristes leur avaient mis cela dans la tête. On perdit de vue nos kayakistes qui avaient surement du être obliger de bivouaquer, les chemins devenant escarpés, nous longions de magnifiques gorges . Nous commencions à traverser de plus en plus souvent de grandes passerelles suspendues au dessus de rivières et cours d'eau. Souvent en bas nous pouvions voir une ancienne passerelle qui avait rompue un jour...Cela n’était pas trop rassurant. Les chemins passaient aussi très souvent au bord de la montagne, taillés dans celle -ci où le passage étroit permettait à peine de croiser d'autres marcheurs ! Le précipice étant très souvent de plusieurs centaines de mètres. On croisa très souvent des caravanes d’ânes chargées de tout ce qui permettait d'alimenter la foule des guest-house le long du chemins de trek, et croyez moi, eux les ânes, une fois partis, ils ne s’arrêtent pas et deux fois je dus me rabattre contre la paroi, l'impression de vertige étant de plus en plus forte. Aussi un autre conseil, lorsque vous traversez ces passerelles tendues au dessus de vide gigantesque pour passer d'une montagne à l'autre, ne vous arrêtez jamais au milieu ! Marchez régulièrement et ne faites pas attention à l’oscillation, sinon si elle s'accentue la panique peut vous faire faire de grave connerie. Mon ex, prise de panique au milieu d'une d'entre elle, pensait tomber, attirée par le vide, la passerelle dodelinait de plus en plus, nous avions beau lui dire d'avancer, rien y faisait, heureusement une caravane d’ânes s’étant engagée sur la passerelle lui fit bouger son cul et sortir de cette situation délicate.
Enfin nous arrivions à Tatopani « les eaux chaudes », à moins de 1000 mètres d'altitude, là où les orangers peuvent pousser. Nous retrouvions nos deux aventuriers et s’offrions une pause pour profiter des source d'eaux chaudes, pour nous relaxer. Des petites piscines aménagées le long de la rivière permettait de faire rentrer de l'eau de la rivière dans le bassin de la source d'eau chaude presque bouillante...Un SPA naturel au milieu d'un décor de rêve. Nous rencontrions aussi les femmes, car comme dans beaucoup de pays du sud où il y a de l'eau, il y a des femmes ! Soit pour transporter l'eau et l'emmener dans leur maison ou alors pour y laver leur linge et faire leur toilette...Nous passions du temps avec elles et apparemment, on s’était trompé de source ou d'heure car elles rirent de nous voir là. On ne comprit pas tout ! Mon ex épuisée des marches forcées n’était pas là et nous n’étions que Yann et deux autres hommes. On nous avait bien dit que les mœurs des femmes de certaines ethnies étaient légères, enfin légère du jugement des judéo-chrétiens. Souvent au Népal, au sein de certaines tribus, les femmes avaient plusieurs maris et non l'inverse comme dans beaucoup d'endroit du monde. Dans les villages que nous traversions elles étaient souvent seules avec des enfants mais nous ne voyions que très peu d'hommes, quelques vieillards, enfin qui le paraissaient. Les hommes étaient simplement porteurs et alors absents ou alors mort, la moyenne de vie à l’époque n’étant que de 40 ans et des poussières pour les hommes ou comme elles nous le dirent près de la source, juste avant leurs ablutions, elles les avaient virées de chez elle et c’était mieux ainsi ? L’après-midi fut torride pas seulement du à l'eau chaude et au magnifique paysage...Elle n’attendirent pas notre sortie du bain pour y plonger à leur tour, mais je ne m’étendrais pas, même s'il y a prescription désormais !
Nous mangions bien et dormions bien malgré les courbatures, et si nos deux bateliers continuèrent tout droit plein sud leur descente de la rivière, nous allions commencer notre approche de Pokhara. Encore trois jours. Pourtant sur la carte IGN, cela représentait que quelques centimètres alors qu'en 5 jours nous avions parcouru dix fois voire vingt fois plus que ce qu'il nous restait à faire pour terminer le trek. Ce n’était pas sans compter sur les petites lignes noires de ces cartes très bien faites, marquant les différences de palier d'altitude. La dureté du chemin nous obligea vraiment à nous délester du superflu de nos sacs, pas le choix. De 800 mètres d’altitude exactement à Tatopani puis après quelques passerelles gigantesques enjambant trois rivières, un col se présentait devant nous, abrupte à plus de 3000 mètres. Nous mettrons la journée à grimper sans arriver en haut du col. Le délire ! Des passages où il fallait même s'accrocher au tronc de quelques petits arbres pour nous hisser et continuer l'ascension. À cet endroit plus de caravane d’ânes, impossible mais des porteurs qui vous attendent à chaque coin du parcours avec leur dextérité à transporter des charges « d’ânes » juste avec une sangle sur le front, leur charge pendante dans le dos nous rendit admiratif. Les reposoirs en pierre aménagés tous les 50 mètres pour qu'ils puissent poser leur lourde charge et souffler. Ils avançaient pieds nus sans rien dire, même avec le sourire parfois . La souffrance en souriant, incroyable! De notre coté, on commença à comprendre très vite la difficulté car de nombreux jeunes gamins voyant notre souffrance marchaient près de nous et nous interpellaient : « porteurs, porteurs ? ». Nos sacs-à-dos de 15 kilos représentaient un amusement pour eux car pour les porteurs aguerris la charge devait être énorme , on en a même croisé un avec quatre caisses de Coca Cola de 24 bouteille en verre chacune, près de 80 kilos. Tout cela pour que l'on ait du Coca à 4000 mètres d’altitude, n'importe quoi !
Il est vrai que les porteurs ne faisaient que des aller et retour entre la route aménagée non loin de Pokhara et Tatopani où là, les ânes prenaient le relais, mais tout de même . S'ils peinaient dans la montée et c'est le moins que l'on puisse dire dans la descente du col toujours pieds nus, nous le constaterions, ils couraient et sifflaient pour que l'on dégage la voie, nous empotés et les genoux fracassés pour nous freiner et tenter de descendre sans nous casser la figure... Impressionnant ! Alors ? Lors de cette ascension, avions-nous craqué à l'offre alléchante des porteurs ? Eh bien non, par contre, nous nous délestions de la moitié de notre sac. Adieu laine polaire et tout le toutim...A Tatopani, il faisait déjà très chaud, je le rappelle, les orangers y poussaient ! Par contre lors de notre stop dans la montée du col, ils nous restaient qu'une heure de marche pour l'atteindre mais on était à bout, on le regrettera, car on s'est pris un coup de froid phénoménal. Le lendemain, nous repartirions, de la neige craquant sous nos chaussures de marche, car je le rappelle nous, nous étions équipés du feu de dieu alors que les népalais, eux, étaient pieds nus...Un peuple de montagne, endurant, courageux et dur à la tache...
Un peuple magnifique et d'une gentillesse incroyable, car le dernier soir, un jour avant de retrouver la route en cours de construction montant vers je ne sais où, on passa la soirée avec eux à picoler de la « roxi ». Ils logeaient dans les lodges gratuitement, en fait avant que des couillons comme nous viennent perturber cet équilibre, avant que l'on ait envie d'acheter des pizza, du Coca et je ne sais quoi tout au long du tour des Annapurna ! Désormais, les temps changeaient, ils devaient payer leur nuit, certes cinq fois moins cher que nous mais ils dormaient sur des nattes et en groupe autour d'un feu. Le couvert était aussi devenu payant et là, je vous le promet qu'il mangeait que du dal bat, en fait du riz recouvert d'une louche d'un curry de lentilles et c'est tout. Avant de quitter les porteurs-camionneurs, un de ceux-la, nous dira que pour eux à l'instar des porteurs à touriste, tout était gratuit pour eux, seul le troc ou l'apport de denrées importantes leur permettaient de dormir où ils le voulaient.
Le dernier jour, nous repartions donc vers Pokhara, vers ce confort qui nous avait à peine abandonner durant notre trek. Nous y reviendrions l’année d’après pour revoir nos amis népalais de notre premier voyage et ce fut encore un autre choc tellement cela était devenu encore plus grand et moderne, même ceux que l'on avait vu l’année d'avant avaient radicalement changés depuis, peut-être était-ce nous qui avions changés d'ailleurs ? Depuis, je n'y ai jamais remis les pieds, la route monte désormais, à ce qu'il paraît très haut dans la montagne ! Les porteurs sont ils devenus juste des guides ou chauffeurs de camions et bus en tous genres ou les a t-on oublié sur le bord du chemin sans le sous ? C'est fort possible ! Il y a donc vingt ans nous repartions vers Katmandou, heureux de « notre exploit sportif », mais remettons tout cela dans l'ordre...Le tour des Annapurna était déjà une autoroute à touristes en mal d'aventure, nous en faisions partis à l'invitation de mon ami, et cela reste un beau souvenir, un très beau souvenir, un challenge pour un non sportif, je n'ai plus de photo de cette époque mais elles sont toujours dans ma tête . L’émotion, les sourires de ces gens magnifiques que j'ai pu croisé sur ces chemins de montagne sont encore, tel le premier jour de ce voyage, intacts et émouvants !
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Katmandou ! Freak street...
Nous continuions donc notre voyage, notre visa népalais valable un mois arrivant à expiration. (Pour ceux qui n'auraient pas suivi cette série d'articles dont celui-ci comme d'ailleurs encore quelques autres qui suivront, décrit ma première rencontre avec le continent asiatique en 1991). Nous partions de Pokhara avec la ferme intention de rejoindre Katmandou pour y passer nos derniers jours dans ce magnifique pays. Nous étions déjà passés deux fois, mais très rapidement, trop rapidement. On prenait donc cette route passant par Muglin, de nuit, toujours totalement défoncée, elle nous emmenait dans la capitale népalaise .
Au petit matin, à notre arrivée, le reste du groupe, ingénieurs , semi-sportifs et le reste repartaient vers leur dur labeur en France. Ouf ! En effet, être parachuté dans un groupe dont on ne connait personne où l'on doit supporter les défauts de chacun pour que le voyage se passe bien n'est pas chose aisée. Je ne leur jette pas la pierre car nous devions, mon ex compagne et moi, être aussi pour eux une source de conflit renfloué ! Enfin, le destin (écrit) faisait que nos chemins se sépareraient enfin là, ce matin de novembre 1991.
Une brume épaisse et un froid de canard galbaient la ville. Nous ne serions plus que trois, Yann resterait avec nous. L'obligation d'organiser quoique soit n’étant plus de mise, nous allions nous installer dans le quartier mystique de Freak street, le lieu où dans les années soixante, nombreux hippies du monde entier se donnèrent rendez-vous. On avait bien-sur l'intention de croiser quelques rescapés de cette époque ! On en verra aucun ! On s'installa dans un lodge, « friendly home ». Un livre d'or à l’entrée du bâtiment totalement désordonné où des couloirs et escaliers à n'en plus finir auraient découragé un amateur de labyrinthe, un vrai dédale, nous montra que nous ne nous étions pas trompés d'endroit. On pouvait lire des appréciations diverses émises par des routards, petits billets datant d'avant 1970. Des adresses, des liens, des appels au secours, des rendez-vous manqués, de tout mais nous ne pourrions pas tout lire, même si l'envie fut forte, on y aurait passé le reste de la semaine. Freak street se trouve derrière Durbar Square, lieu où temples et palais s'enchevêtrent. Le quartier ne représentait à peine que deux rues où restos, boutiques en tous genres et lodges occupaient tout l'espace.
Un nouveau quartier, Thamel, à l'opposé de la ville prenait forme, Freak street devenait « hasbeen » à entendre les jeunes gamins-guides qui devaient être commissionnés pour emmener le chaland à l'autre bout de la ville, hôtels modernes et tout le toutim étaient devenus dans l'air du temps ; le tourisme de masse pourraitKatmandou ! Freak street... bientôt commencer. Le Népal voulait également se débarrasser de sa réputation de ville des hippies ou pseudo fumeurs de Shilum. Le pays convoitait ce nouveau touriste, le trekkeur, plus fortuné et plus propre sur lui (en apparence seulement). La drogue devenue illégale, les visas court-terme étaient privilégiés et l'Everest et autres sommets dont l’accès étaient depuis facilité (administrativement), la mutation pouvait donc débuter.
Enfin, il y avait de beau reste du coté de Friendly home. Le bâtiment, moderne, au fond d'une coursive collait une bâtisse moyenâgeuse comme tous les édifices du centre de Katmandou, des maisons construites telles des œuvres d'art. Tout le quartier était fait de vieilles maisons dont l’étage était de bois sculpté et de fenêtre au panneaux de bois rivalisant de virtuosité artistique. Les népalais sont talentueux et cela ne datent pas d'hier, ils travaillent le bois merveilleusement, la terre, les tissus et sont d'une ingéniosité sans limite !
Nous partagions donc une chambre à trois lits sous les toits de tôle ; je précise « de tôle » car aux aurores, chaque matin, nous étions réveillés par des pigeons, eux-mêmes s’éveillant à chaque nouveau jour, trottant, fricotant, faisant un barouf du feu de dieu sur « notre toit » et nous obligeant à nous lever tôt, mais cela nous procurerait le bonheur de profiter du lever de soleil. Nous avions désormais un bon entrainement de marcheur et nous voulions parcourir la ville et rencontrer les gens de Katmandou. Nous irions dans l'ancienne capitale Bhaktapur (à pied bien-sur), visiter le Sawanbhunat et rencontrer nos premiers babouins à cul rouge qui attendaient le moindre faux-pas des touristes montant à la stupa pour leur voler de la nourriture. Nous irions sur les ghats des crémations, un peu en dehors de la ville, lieu où les gens de la ville mais aussi de nombreux sadhus venaient se dématérialiser pour pouvoir renaitre dans de meilleurs hospices ou même pour les plus méritants, atteindre le nirvana. Nous irions donc un peu partout, adeptes de la marche ; nous découvrions une nouvelle drogue : Le sport ! Nous éviterions au maximum les extérieurs du périphérique, tout simplement pour éviter de le traverser ou de s'en approcher, totalement englué de rickshaws et véhicules en tous genres, l'endroit étaient déjà totalement pollué, irrespirable. Aujourd'hui, il paraît que c'est l'enfer. Comme des entrailles de la terre, la fumée envahit le moindre centimètre carré de la nouvelle ville. Katmandou est une cuvette (un peu comme Chiang Maï, ici en Thaïlande) et les fumées des pots d’échappements ont du mal à rejoindre l’atmosphère. Nous allions passer beaucoup de temps dans Durbar Square, assis sur les marches des nombreux temples, à contempler la vie grouillante de la vieille ville quasiment interdit d’accès à quelconque véhicule ; la taille des rues et le monde, obligeant l'endroit à être d'office « piétonnier ». Les ruelles traversant cette vieille ville étant un gigantesque marché de légumes, fruits et tout ce qui était nécessaire à la ménagère de Katmandou, mais aussi aux touristes très nombreux, enfin touristes très visibles, (je dis cela, car en INDE, on est totalement noyé dans l'espace et la foule !). On rencontrera beaucoup de tibétains, des moines bien-sur en grand nombre, les népalais que l'on croisera étant toujours là pour nous proposer un business quelconque ou une arnaque possible (j’exagère forcément mais cela n'en était pas loin).
Nous aurions aussi le privilège de voir la Kumari, dont les gens venaient se recueillir devant la fenêtre de son palais, pour les aider dans leur désir de procréation. La Kumari, une petite fille choisie presque au hasard parmi les gens de la montagne. Une condition, elle devait être vierge, pauvre et correspondre au cycle des réincarnations de la toute première princesse. Dès le premier jour de ses menstrues, elle serait remplacée par une autre jeune fille choisie par les prêtres qui géraient l'affaire, parcourant sans cesse le pays pour trouver la gamine idéale dont la date de naissance, les comportements, les signes divins devaient correspondre à la légende de cette déesse vivante. Une aubaine pour les paysans népalais qui espéraient tous que leur fille soit choisie par les prêtres...Leur conditions de vie changerait pour toujours !
On découvrait aussi la cuisine tibétaine car la cuisine népalaise, (comme je le dis dans des articles précédents) je ne parle pas de « l'international food à la mode du Népal », se cantonnait au Dal Bat ou au mieux à un semblant de cuisine indienne. Les tibétains eux emmenaient des nouveautés, des ragouts mais surtout leur fameux « momo » dont nous étions friands (les momo étant des bouchées de farce de viandes ou de légumes enveloppées d'une pâte cuite à la vapeur ou simplement frite, un peu comme des friands d’où « nous en étions friands », stop Jeff, tu divagues!).
Nous passions donc nos derniers jours aussi dans la contemplation, pas seulement à marcher (il fallait bien finir le stock d'herbe cueillit dans la montagne avant de passer la frontière indienne) ! On reviendrait l’année suivante mais sans que cela nous donnent l'envie d'y retourner...Eh ! Entre temps nous avions découvert l'Inde (comme je le dis plus haut) et comme vous le diront nombreuses personnes, si on accroche dès la première fois avec « Mother INDIA », il est difficile de s'en passer et donc d’apprécier à sa juste valeur ses pays limitrophes (en ce qui me concerne à part L'ISAN dont je suis totalement en addiction, le reste est du pipi de chat, enfin cela est un avis personnel car comme je le dis souvent et comme le disait feu mon grand-père, « les gouts et les couleurs, ça ne se discute pas »).
Nous faisions notre paquetage et décidions de nous rendre en Inde par le bus, un bus VIP et direct en plus, une nouveauté, à entendre le mec de l'agence de voyage, une nouvelle route vers l'est et pas de changement de bus à la frontière comme cela se faisait habituellement à Sonauli par la route rejoignant Gorakpur au nord de Bénarès du coté indien. Katmandou-Delhi en 36 heures à les entendre, un pur confort. Départ à 5 heures du soir de Katmandou. Inde nous te rejoindrions le lendemain aux aurores et en fin d’après-midi nous serions à Delhi. Que du bonheur, le « trip » allait pouvoir débuter !
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Katmandou-Delhi : Un voyage au Tibet ? (Première partie)À cinq heures du soir, dans la pénombre d'une ruelle de Katmandou, nous étions prêts pour embarquer dans notre bus qui allait nous emmener en Inde. Nous faisions déjà le pied de grue devant l'agence qui nous avait vendue les billets la veille et déjà, le départ prévu à cinq heures, ne pourrait pas avoir lieu à l'heure dite. Tous les trois avec nos sacs à dos désormais réellement allégés depuis notre arrivée au Népal un mois plus tôt, attendions. Le superflu avait déjà été donné ou abandonné sur place. Le matériel servant à nos descentes de rivières avait été vendu à une agence de rafting de Thamel. L’agence de voyage était donc encore fermée et le fameux bus VIP n’était ni devant, ni à proximité du lieu de départ prévu ! Cela commençait bien ! Enfin nous avions nos tickets, on attendrait, il fallait s'y faire, en Asie , l'attente fait partie de la vie du voyageur.
Un jeune arriva enfin et nous dit que le bus allait arriver. Il devait être sept heures lorsque le bus bariolé de couleurs vive arriva, hurlant de tous ses klaxons pour nous prévenir de son arrivée. Extérieurement très kitch, par la porte de la montée des passagers, nous reconnaissions le petit jeune de l'agence. Grand sourire et Namasté de rigueur, les sacs furent chargés sur la galerie, nous gardions un petit sac avec passeport et petit nécessaire pour un voyage qui allait durer tout de même 36 heures. Vous rendez vous compte, 36 heures. Alors qu'en France on venait de mettre le TGV pour relier Nantes à Paris en deux heures pour éviter les quatre heures avec le train corail ! C’était notre premier voyage en Asie et notre notion du temps devait être totalement relativiser lorsque l'on voyageait par là-bas , enfin du moins en INDE, Népal et même en Thaïlande. Nous montions dans le bus et nous retrouvions la configuration des sièges habituellement proposée au Népal : une rangée faite de deux sièges, une coursive centrale puis trois sièges. Pour une carrure européenne, c'est un peu léger mais comme nous étions seuls, nous nous sommes dit que vu l'heure, on pourrait surement s’étaler sur les sièges par la suite. Là encore, il ne faut pas rêver, en Asie, on ne voyage ni à vide, ni à moitié vide, on voyage à plein coûte que coûte, d'autant plus sur un trajet de presque deux milles kilomètres, il faut rentabiliser, optimiser !
Le bus s’ébranla et tourna un moment dans les petites rues de la capitale. Nous fîmes un premier arrêt pour prendre deux passagers, un couple d'indien qui devait faire du business vu le nombre de colis emballés dans de la toile de jute cousue qu'ils hissèrent sur le toit. Nous repartions et roulions pas mal de temps, assez pour l'on commence à croire que nous voyagerions avec un tout petit nombre de passagers, en plus nous nous arrêtions même pour manger mais nous étions toujours dans la grande banlieue de Katmandou; tournait-on en rond ? Les rues non éclairées, et le nombre de détour que nous faisions nous donna l'espoir que nous partirions à cinq avec l’équipe des chauffeurs-mécanos qui eux étaient trois. Tout d'un coup, on vira dans un chemin en terre où les nids de poules, plutôt d'autruches d'ailleurs, faisaient légion. On avançait doucement et je reconnaissais la rivière qui traverse les faubourg de Katmandou. Des cabanes en tôles longeaient le chemin. L'odeur allait de paire avec cette rivière quasiment à sec qui était un vaste dépotoir. On avançait donc tant bien que mal puis le bus stoppa dans la nuit noire. On ne voyait rien à travers les vitres du bus. Par contre, on entendait nos chauffeurs partis dans de grandes discutions, très animées. On ne voyait rien, mais on sentait du mouvement, de l’activité, on entendait bien qu'il y avait de la négociation dans l'air. Un des gars du bus monta et ouvrit toutes les fenêtres, il devait être déjà minuit.
Tout d'un coup, on entendit un grand bruit, le bus bougeait de tous les cotés, on chargeait de quoi sur la galerie. Puis par les fenêtres, on vit d'abord des valises d'un autre temps passer par celle-ci puis des gens, d'abord des enfants porter à bout de bras pleurant à chaudes larmes, puis par la coursive des femmes et des hommes apparemment pressés de prendre leur place. Nous resserrions les rangs sur la première rangée de l'habitacle. Tous les trois sur une banquette et le couple d'indien sur les deux sièges opposés. Un flux continu de personnes rentrait par le couloir et par les fenêtres, dans une excitation impressionnante. Le staff gueulait, je ne sais quoi. Il y avait de l'ambiance. Nos compagnons de voyages une fois tous installés, plutôt entassés dans le bus, durent redescendre pour certains avec leurs valises pour ne pas avoir à voyager avec celles-ci sur leur genoux. Nos futurs camarades de route se retrouvaient presque à quatre voire cinq par banquette. Lorsque je disais que nous ne voyagerions pas à vide! Puis solennellement, deux personnages montèrent en dernier. Un prêtre tibétain, apparemment très respecté, accompagné d'un jeune homme d'origine chinoise, on le su plus tard, habillé d'un costume style année 50 avec une grande écharpe blanche autour du cou, bénédiction que les Bouddhistes tibétains offrent généralement à leurs hôtes. Ils nous saluèrent. Le moine parla et le silence se fit automatiquement. Nous étions déhanchés et regardions la scène. Le couple d'indien restait dans leur carapace, droits dans leur bottes, apparemment agacé par la situation et inquiets, demandant à un jeune du staff dans une voie feutrée de faire attention à leur chargement. Tous nos compagnons de voyage, sans exception, nous firent alors un « waï, Namasté » mains jointes et nous retournèrent un magnifique sourire. Yann nous dit que ces gens étaient des tibétains, alors nous leur lancions un "Tashi Delek”, le Namasté tibétain. Les indiens continuèrent de les ignorer.
Le bus s’ébranla dans la nuit froide, tous fermèrent les fenêtres, très rapidement l'odeur fut très forte. Nous ne le savions pas, mais les tibétains du cru n'avaient pas l'habitude de se laver, il est vrai que sur les hauts plateaux, l'eau doit être plutôt glaciale pour s'adonner au plaisir de l'ablution quotidienne. On s'habitua, à force. Le bus sortit de la capitale et presque tous les gens du bus entonnaient des chants religieux. Le grand moine qui s’avéra être un Rinpoche, un vénérable, nous expliqua la situation. Tous ces gens étaient des réfugiés tibétains qui avaient survécus à la traversée de l'Himalaya pour rejoindre le Népal. Il s'excusa de leur rusticité, nous présenta son jeune voisin qui s’avéra être un jeune étudiant dissident qui avait traversé lui aussi l'Himalaya pour fuir la République Populaire de Chine. Il nous rappela que deux ans auparavant, il était sur la place Tien an Men et qu'il fuyait le régime communiste, se cachant sur les hauts plateaux du Tibet depuis plus deux ans. Nous venions de prendre au « Tibetan refugies Camp »de Katmandou de pauvres paysans persécutés par l’armée chinoise, ils voulaient juste rejoindre le Dalaï-lama, en Inde à Dharamsala.
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Katmandou-Delhi : Un voyage au Tibet ? (deuxième partie & fin)
Après deux heures de routes, nous nous arrêtâmes en pleine nuit dans un bled où s’échelonnaient tout le long de la route, des boutiques de réparation automobile, des teastall et restos. Les jeunes nous invitèrent à descendre pour une pause toilette, réveillèrent un pauvre gars dormant sur un charpoï devant une des boutiques pour qu'il fasse du thé pour tout le monde. Rinpoche distribua de l'argent à chaque passager pour qu'ils puissent s'acheter des friandises et boire un thé. Apparemment l'argent, « nos tibétains »(je les appellerais ainsi...) n'en avaient jamais vraiment vu, le moine leur expliqua le fonctionnement et alors tous achetèrent tout et n'importe quoi à manger dans une frénésie consumériste. Ils mangeaient comme des bêtes affamées et tout leur argent fut très vite dans les poches des boutiquiers de ce bled dédié à la route. Une bonne heure plus tard voire plus, tous remontaient dans le bus, non sans difficulté car deux ou trois manquèrent et le bus dût faire marche arrière pour récupérer tout le monde. On commençait à s'assoupir et là, commença la ritournelle des gens malades, enfin subissant le mal des transports !
Tout devait être la première fois pour eux et le fait d'avoir englouti tout et n'importe quoi, ajouté à cela le tangage du bus fit que quasiment tous se mirent à vomir. Une horreur, et puis comme nous n’étions pas en reste, nous aussi on s'y est mis, il n' y avait pas de raison. Le couple d'indien était au comble de l'outrage. Le jour se leva, une odeur insoutenable nous accompagnant, on s’arrêta dans un vrai village ou de petits restos proposaient le fameux DalBat. Pendant ce temps la staff avec le grand moine aidé de femmes tibétaines nettoyèrent le bus. Nous, nous mangions mais je ne me rappelle plus avoir vu un seul tibétain se restaurer ; Il se méfiait désormais, peut-être étaient-ils malades pour de bon ? Par contre, ils restaient joyeux, ils regardaient toutes les boutiques, n’arrêtaient pas de nous sourire comme pour nous remercier de leur liberté soudaine. Nous avancions vers l’ouest puisque le soleil gros comme une énorme orange se profila a l'horizon à l'arrière du bus puis au moment où il disparut derrière la montagne plein ouest, nous avions fait une journée de trajet complet, le ciel se transformerait bientôt en une myriade d'étoiles, on nous indiqua alors que nous étions arrivés à la frontière indienne.
Les tibétains voyageaient sans passeport, un accord entre les autorités tibétaines en exil et le gouvernement indien leur permettant de rejoindre l'inde sans le moindre titre de voyage, une évidence, le Tibet n'était pas un pays et les autorités chinoises n'étaient pas prêtes à délivrer des passeport comme ça, encore moins aux tibétains ! On nous demanda de sortir et nous fîmes alors connaissance du douanier indien. Grand, moustachu avec un air pas du tout rigolo, je me rappelais alors les grands flics bangladais. On nous fit passer la frontière à pied pour vérifier nos visas et passeport. Le bus était toujours de l'autre coté , au Népal. Rinpoche négociait, enfin avait une vive altercation avec ce qui devait être le chef du poste frontière. Enfin tous remontèrent dans le bus qui avança vers nous. Tous redescendirent très rapidement et nous, les deux indiens et nous trois, on nous invita à remonter à l’intérieur et de ne pas en bouger. On voulait surement pas que l'on assiste pas à ce qui allait se passer. On voyait bien de toute manière qu'il y avait un hic. On était à la fenêtre. Ils descendirent alors tous les sacs, valises et colis du toit. Le staff nous remis nos sacs que nous devions garder avec nous. Ensuite, avant d'identifier leurs sacs et valises, "nos tibétains" les ouvrirent, le moine lui passait par derrière avec une grande besace et récupérait des affaires que leur donnait ses congénères. Il grimpa dans le bus et nous demanda si l'on pouvait pas mettre dans nos sacs ce qu'il avait collecté. Il avait peur du racket des douaniers indiens. On accepta sans rechigner, même si certaines lectures de récits d'aventures ou d'avertissement des ambassades françaises à leurs ressortissants auraient du nous faire refuser. Les douaniers se mirent alors à fouiller et vider tous les sacs. Les tibétains ne disaient rien, soumis, et remirent leurs maigres biens dans leurs sacs. Tout le monde aida à hisser de nouveau tout le barda sur le toit et tous remontèrent dans le bus qui démarra enfin, mais nous ne fîmes que 50 mètres et de nouveau les douaniers montèrent dans le bus. Un nouvel officier encore plus typé « rajput »qui devait être le grand chef demanda à ses sbires de fouiller une nouvelle fois tous les sacs, ceux qui étaient à l’intérieur du bus. Tous s’exécutèrent mais étrangement, au moment où nous présentions nos sacs, on ne nous demanda pas de les ouvrir. Le grand chef indien était en colère et commença à s'en prendre à notre moine. Ils descendirent et on voyait bien qu'il nous désignait très souvent de sa courte matraque. Tout le monde flippait et nous aussi. Ils avaient fouillés deux fois les sacs et apparemment ce qu'ils cherchaient n’étaient plus dans les sacs des réfugiés tibétains. Il en avait déduit que, ce qu'il voulait récupérer devait être dans nos sacs. On commença à se dire que cela allait chauffer pour nous. On avait encore « Midnight Express » en tête, le film de Charlie Parker, pour ne pas exagérer. Après deux heures d’âpres négociations de la part de notre moine, il sortit une liasse de roupies, impressionnante et s’agenouillant devant le douanier, les mains jointes, lui tendit l'argent tout en lui disant quelques choses en mode répétitif. La colère était dans les yeux du chef, puis au bout d'un moment, remarquant la peur dans nos yeux et dans celles de nos humbles compagnons de voyage, sûrement satisfait de sa supériorité, prit l'argent, tourna sur ses talons et descendit du bus, cria au chauffeur un « jallo », et sans se faire prier, en première à fond les bielles, nous laissâmes ce no man's land derrière nous. Il faisait nuit noire, nous avions passé plus de six heures à la frontière.
On attendit un bon moment avant de parler, le calme était dans dans tous les coins du bus puis nous redonnions à Rinpoche, ce qu'il nous avait donné à cacher dans nos sacs. Il était désolé de ce qui s’était passé et se confondit en excuse, il voulut nous dédommager avec de l'argent pour le désagrément, on refusa bien-sur, puis avec un sourire retrouvé, il nous raconta l'altercation qu'il avait eu avec le douanier, qu'il leur avait tout donner, enfin du moins tout ce qui était de valeur, enfin presque sourit-il. Nous avions passé un malheureux appareil photo, une théière en argent, quelques bijoux qu'il s'empressa de redonner à leur propriétaire. Tous nous remercièrent les uns après les autres venant près de nos sièges et s'agenouillant mains jointes devant nous devant le regard décidément toujours aussi outré du couple d'indien qui commençait, lui aussi à nous taper sur le système . Leur air hautain était déplacé et ils auraient du plutôt s'excuser du comportement de « leurs douaniers ». Le moine puis l’étudiant nous expliqua « in fine » d’où vint réellement le problème à la frontière. À la première fouille, les douaniers firent l'inventaire des biens de chaque passager et reçurent leur bakchich. Mais lorsque le grand, le chef sut que l’étudiant chinois avait des diapos compromettantes, il décida une deuxième fouille pour les récupérer, mais entre temps tout avait fini dans nos sacs. Ses sbires dirent qu'ils n'avaient rien trouvés à la deuxième fouille et par déduction en conclut que c’était nous qui cachions ce témoignage politique. Il voulait les diapos de l’étudiant chinois et devant le refus du moine, dit qu'il nous fouillerait et que nous aurions alors de sérieux problèmes...Le moine négocia le second bakchich pour ne pas nous mettre dans l'embarras. L’étudiant nous montra alors les diapos et effectivement elles étaient toutes liées aux évènements de la place Tien an Men. On voyait des exécutions sommaires, l’armée tirant dans le foule d’étudiants. Nous faisions donc désormais partie de la même famille, Rinpoche nous mis autour du cou une écharpe blanche et la suite du voyage fut vraiment agréable. Rinpoche nous raconta comment il allait très souvent au Népal, chercher des réfugiés. L’étudiant qui parlait un anglais parfait nous raconta son périple du Tibet vers le Népal Tous vinrent nous présenter leur enfant, pendant les longs trajets sans interruption, ils chantaient des mantras. À chaque arrêt, il voulait nous offrir à manger et à boire, du coup nous aurions été vraiment malade si nous avions accepté.
On roula encore une bonne partie de la journée après notre deuxième nuit de voyage. Notre odeur se confondait désormais avec celle de nos amis tibétains. Même le couple d'indien se dérida et commença à nous parler, même avec l’étudiant et le moine Rinpoche, mais pas avec les rustres tout de même, on ne pouvait pas trop leur demander. Un jeunes du Staff nous dit que nous allions arriver à Delhi vers deux heures de l’après-midi mais l’imprévu fut encore au tournant ; on cassa des lames de suspensions et le temps de réparer, nous rejoignions enfin la capitale indienne en début de nuit.
On restait à Tourist Camp dans le Old Delhi près de la Old India Gate pas très loin du Fort Rouge. On se dit adieu, enfin presque, car le moine insista pour nous donner l'adresse du camp de réfugiés dont il était responsable et nous invita à y passer. Le camp se trouvait dans le Karnataka au sud de Bombay près de la ville de Hubli, une ville au pied des contreforts du plateau du Décan. On s'y rendra l’année d’après, lors de notre second voyage et nous fumes reçu , je ne vous l'explique même pas mais cela sera l'objet un autre billet dans les semaines suivantes. L’étudiant, nous ne le revîmes jamais mais Rinpoche nous dit lorsque l'on se revit qu'il avait gagné les États-Unis. Le couple d'indien nous donna leur adresse mais nous ne les recontacterons jamais. Tous les réfugiés tibétains devaient remonter à Dharamsala pour voir le Dalaï-lama, on nous invita de s'y rendre avec eux mais cela n’était pas à notre programme, ce fut un regret. « Nos tibétains », une fois un laisser-passer en poche, étaient dispatchés par les autorités indiennes dans des camps leur étant réservés et ceci sur tout le territoire indien.
Nous venions de rejoindre Delhi, la gigantesque, fourbus mais heureux de cette rencontre unique, de cette amitié naissante avec des gens au grand cœur. En ce qui concerne le trajet en bus on se dit que l'on ne nous y reprendrait pas : Katmandou-Delhi , nous avions finalement mis 50 heures, tout de même.
Enfin l’année suivante puisque nous atterririons à Delhi, on reprit le bus mais dans le sens inverse pour rejoindre Katmandou. On connaissait, on savait à quoi s'attendre. On passa alors par la frontière normale, frontière où l’activité est énorme, où pour des douaniers non scrupuleux, il est plus difficile de vaquer à leurs basses exactions ! Ce fut un voyage plutôt tranquille mis à part que je fus oublié dans un bled en pleine nuit, le bus s’arrêta et pris d'une tourista, je descendais alors que tous dormaient. Moi, le cul dans des jacinthes d'eau derrière des boutiques de bord de route, entendit le bus klaxonner et partir. Mon ex heureusement alerta les chauffeurs qui plus d'une heure plus tard revinrent me chercher. J’étais totalement perdu , sans le sou, sans passeport au milieu de nul part. Mais qu'est ce que c’était par rapport à nos amis tibétains qui avaient quittés leur terre natale sûrement pour toujours ayant laissé derrière eux, leurs racines, leurs ancêtres, leurs coutumes pour se retrouver dans ce grand pays qu'est l'Inde qui les accueille certes, mais qui apparemment n'est pas du gout de tous ses concitoyens ?
Suite du voyage au prochain numéro...
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DELHI ! (1991-1998)
Lors de mes nombreux voyages en Inde, New Delhi- Old Delhi fut très souvent pour moi la porte d’entrée de ce grand pays. Comme je le décrivais dans mon dernier article sur mon épique voyage en bus de Katmandou vers la capitale indienne nous arrivions près de Old Delhi Gate dans ce qu'on appelait « Tourist Camp », se trouvant en face de la bourse de Delhi, jouxtant les quartiers musulmans de la ville. À chaque passage dans la capitale, j'irais dans cet « hôtel-camping-bungalow », tenu par des anciens de l’armée indienne, se trouvant sur un terre-plein entre deux rues de quatre voies où la circulation ne s’arrêtait jamais. Un havre de paix pour ceux qui connaissent la capitale indienne, bruyante, polluée et grouillante de population en continuelle mouvement.
[...]
Tourist Camp était donc le point de départ et d’arrivée des bus direct vers le Népal, le lieu de transit des bus, motos, camping-car faisant un tour du monde, DELHI ! (1991-1998)voire une simple traversée de l'Europe vers l'Asie. On y croisait alors souvent des allemands, des hollandais, même des français, équipés de monstrueux bus aménagés pour traverser n'importe quel désert du monde. On côtoyait aussi des motards qui affichaient des milliers de kilomètres à travers la Russie, le Pakistan, la Chine et j'en passe. On pouvait planter sa tente dans un magnifique jardin très bien entretenu. Un restaurant proposait aussi quelques plats confectionnés par des népalais (encore!), déjà capable de cuisiner quelques plats occidentaux. Les rencontres étaient nombreuses et les discussions DELHI ! (1991-1998)des bons plans et aventures de chacun allaient bon train. Les chambres étaient minuscules, mais faites en torchis, restaient fraiches quelques soient les saisons. Enfin, pour conclure sur ce grand jardin où l'on pouvait vraiment se reposer avant de continuer « la route », n'est plus aujourd'hui et depuis apparemment un sacré bout de temps. La modernisation de la capitale indienne aura eu raison de ce petit coin de tranquillité.
DELHI ! (1991-1998)Par contre la situation de ce « camp » était idéal ! On pouvait commencer des marches interminables dans les rues de la capitale ! À deux pas de la gare principale, on pouvait y accéder par l’arrière de celle-ci et par des ponts piétons enjambant les 20 ou 30 quais de cette gare, on rejoignait alors Pahar Ganj se situant en face de son entrée principale.
DELHI ! (1991-1998)
Pahar Ganj, lieu emblématique où les « travellers » se retrouvaient, une sorte de DELHI ! (1991-1998)« beatnik street ». Cette rue où restaurants et lodges bon marchés abondaient. De nombreux revendeurs de bijoux fantaisies et « souvenirs » de toute l'Inde avaient aussi pignon sur rue ; ils vendaient au poids pour la plupart du temps ces bagues et boucles d'oreilles que l'on retrouvait inévitablement sur les marchés d’été des stations balnéaires françaises, leurs marchands espérant vendre ces bijoux pour repartir à l'automne vers ce pays fascinant ! À l’entrée de cette rue cosmopolite, était « Le lieu » où les junkies venaient se fournir en Brown et Blanche pas si blanche que ça ! La foule était dense et souvent des occidentaux sans le sous, aidés d'indiens encore plus déshérités flairaient le voyageur non averti pour le soulever, l'encadrant, bloquant ses bras, pris dans la foule sans pouvoir bouger, il se voyait alors dépouiller de ce qu'il pouvait avoir dans les poches mais aussi se faire alléger de son éventuel petit sac-à-dos...
Un peu plus loin, laissant Pahar Ganj derrière nous sur notre droite, on rejoignait la fameuse Connaught Circle Place où en son sein, on trouvait un grand parc où toute une faune vivait , se promenait, travaillait là. Autour de ces grandes pelouses plutôt miteuses de nombreuses rues circulaires, s'enchainant les unes derrière les autres, offraient de nombreux restaurants, boutiques en tous genres, même de luxe, mais on trouvait aussi la fameuse antenne indienne de la banque gérant les fameux traveller’s chèques. Se bousculaient devant la porte ceux qui voulaient changer en liquide ces chèques de voyages, mais aussi tous les « changeurs au black » proposant des taux de changes beaucoup plus élevés que le cours officiel. Dans un pays qui venait de s'ouvrir aux marchés extérieur, les commerçants cherchaient du Dollars, des devises pour acheter des denrées importables et forcément à très fortes plus-value. Nombreux étaient aussi les voyageurs qui essayaient de se faire rembourser leur chèque de voyages soit-disant volés (pour la plupart)...Avec quelques centaines de dollars, on pouvait alors continuer le voyage en doublant sa mise de départ...Les années passant, on me dit que cela devenait, bien-sûr, de plus en plus improbable de pratiquer « cette arnaque ». Et puis sur les cotés de l’entrée-escalier de la banque, mis à part les traditionnels mendiants, surtout des femmes avec des bébés, ce devait être porteur à cet endroit, on trouvait des étrangers qui sans un sou, espéraient que quelques généreux « backpackers » leur donnent l’aumône pour qu'ils puissent pour nombreux aller s'acheter leur dose de Brown Sugar. New Delhi était ainsi, sa réputation lui collait à la peau ! En face du parc, où on trainait, regardait le spectacle de « l'Inde », faisant le coin d'un des anneaux , il y avait le fameux Wimpees, fast-food où l'on pouvait manger (pour changer du riz) des hamburgers au mouton (attention vache sacrée) accompagnés de frites et de Thumb Up, le Coke local...Un étrange délice, mais la répétition des thalis( riz accompagné de son éternelle soupe de lentilles) nous faisait apprécier et courir vers de drôle de choses.
À Delhi, on passait donc nos journées à marcher, à contempler mais aussi et surtout à se rendre dans les gares et stations de bus pour d'interminables queues afin de réserver des billets pour continuer le voyage...
Le soir, en revenant vers Old Delhi vers Tourist Camp, on se rapprochait du grand quartier musulman entourant la grande mosquée, pas très loin du Fort Rouge et du mémorial de Ghandi, où au bord de la Yamuna, le Mahatma fut incinéré après son assassinat lors des mois qui suivirent indépendance de l'Inde en 1947 ; encore un grand parc où il était agréable d'y passer la journée. Non loin se trouvait « Old Delhi Gate », une sorte de d'arc de triomphe séparant la nouvelle, de l'ancienne Delhi. À coté du monument, tel un énorme panneau publicitaire, se trouvait un compteur démographique en temps réel, affichant fièrement l’évolution du nombre de la population indienne, espérant que pour l'an 2000, le milliard d'habitants serait dépassé...Qu'il se rassure, c'est fait, et depuis bien longtemps !
Le bazar entourant la grande mosquée était aussi vraiment magnifique : Magasins colorés très « indiens », magasin de sari, de bracelets en verre ou plastique, bijoux préférés de l'indienne lambda, confiseurs et marchands de pâtisseries orientales et porteur de thé à chaque coin de rue, vendeurs de cassettes audio des derniers films « made in Bollywwod », marchands de vaisselle en inox, étincelante dans la nuit indienne, et puis tous ces magasins débordants de marchandises en tous genres où dans un gigantesque « bordel organisé », on trouvait sûrement ce que toutes ménagères indiennes et bricoleurs en herbe devaient avoir besoin. Les Hindous emplissaient la rue comme les musulmans dans une harmonie bon enfant. Les vaches qui arpentaient les rue de la capitale étaient rentrées chez leur propriétaire pour se faire traire et y passer la nuit après leur errance quotidienne dans les rues embouteillées de la ville. Le bazar se fermait petit à petit au fil de la soirée et en rentrant dans notre jardin-hôtel, on ne pouvait plus marcher sur les trottoirs, devenus de gigantesque dortoirs à ciel ouvert, principalement des rickshaws-walla dormant dans la rue après avoir pédaler et trainer leurs clients toute la journée dans la ville tumultueuse. Dans ce quartier on trouvait aussi les « abattoirs », en effet, les musulmans s'occupaient de tuer et dépiauter les bêtes à cornes, chèvres et buffles entre autre, choses que les Hindous ne voulaient pas entendre parler. Un jour se trompant de rue et s’enfonçant dans le méandre du bazar, j’étais arrivé où les vaches, pas toutes sacrées donc, enfin pas pour tous du moins, finissaient leur vie avant de finir dans les assiettes des mangeurs de barbaques ; en pleine ville, dans des rues parallèles se trouvaient aussi les tanneurs, évidemment. J'aurais du m'en douter à l'odeur, mais jeune voyageur, on ne se rend pas compte tout ! Les mouches et les gargouilles remplies de sang auraient du aussi me mettre la puce à l'oreille...
C’était donc aussi cela Delhi. La campagne à la ville. Des gens venus s'y entasser tous les jours, pleins de rêves de réussites, fuyant la pauvreté des villages mais vivant de la même manière au sein de la ville, ce qui, au niveau sanitaire était plutôt problématique. Je suppose que ce doit encore pire aujourd'hui, mais désormais cela doit se passer dans des banlieues lointaines, la nouvelle ville ayant surement pris ses aises et repoussé la majorité de ces populations arrivées avec ses illusions d'une nouvelle vie heureuse. Non concernées par l’émergence économique du pays, elles auront été parquées vers des quartiers éloignés de cette ville tentaculaires qui compte aujourd'hui près de 20 millions d'habitant ! Mais ce phénomène de « nettoyage » des centre-ville est un phénomène mondiale, en France, à Bangkok et j'en passe...Les fameuses « zones vertes » ! En dehors de cette zone, le CHAOS !
Lors de notre premier voyage en 1991, après notre arrivée en compagnie de nos amis tibétains, nous avions prévu de nous rendre aux sources du Gange, d’où notre refus aimable de nous rendre avec Rinpoché à Dharamsala. Dans la lancée de nos marches himalayennes, nous irions vers la source du Gange de façon non-ordinaire, c'est-à-dire, à pied, par l'ancien chemin de montagne, se trouvant sur l'autre rive de la rivière où désormais une route (de tous les dangers) emmenait les pèlerins dans toutes sortes d'engins motorisés vers leur « Graal ». Pour quitter Delhi, nous devions d'abord prendre un bus à Cachemire Gate, gare routière gigantesque, qui nous emmènerait dans un premier temps à Haridwar, une des quatre villes mythiques où a lieu tous les douze ans, la Khumba Mela. Le voyage initiatique pouvait continuer vers Mother GANGA !
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Vers les sources du Gange ! (déc 91). Delhi-HaridwarNous avions à peine passé quelques jours à Delhi, le temps de s'en « prendre plein la gueule �� parce qu'il faut le dire avec les mots tels qu'ils déclenchent vos émotions, n'est-ce-pas ? Et nous étions envoutés ! L’Inde est comme toutes les premières fois, un énorme « Wahou », elle vous laisse bouche bée, elle vous cloue le bec, et forcément, on en voulait encore et encore...
On décidait donc, toujours le trio, Yann, mon ex et moi-même de se rendre à Cachemire Gate pour grimper dans un bus qui nous emmènerait vers les sources du Gange pour une première étape : Haridwar, ville profondément religieuse où tous les jours sur les bords du fleuve sacré, les pèlerins affluaient en nombre mais surtout tous les douze ans lors de la fameuse Khumba Mela (littéralement le rassemblement de la coupe) . En effet lors de la création du monde, d’après les hindous, les dieux ayant vaincu les démons, auraient récupérer La coupe avec de l'eau sacrée en son sein et lors de leur combat victorieux, quelques gouttes tombèrent par ci par là, sur notre terre, mais particulièrement sur quatre endroits, en Inde, dont Haridwar.
Nous décidions donc en arrivant au milieu du gigantesque brouhaha de la station de bus de Cachemire Gate, de trouver seul notre bus pour Haridwar, ville qui allait être notre point de départ vers notre remontée du fleuve Gange.
Nous arrivions dans les faubourg nord de Delhi à la tombée de la nuit, vers six heures du soir et trouvions étonnamment, assez facilement, le guichet pour acheter nos tickets. Nous devions attendre, le bus arriverait vers huit heures. Sur le quai, nous nous assîmes sur nos sacs en refusant les sollicitations de nombreux indiens nous proposant leur service pour réussir à monter dans notre futur bus, enfin quoi ! On était tout de même capable de monter dans bus sans l'aide de qui que soit ! On avait nos tickets, nous pensions alors qu'il n'y aurait pas de problèmes...
On regardait donc le manège des bus qui arrivaient dans un flot continu au sein de cette gare en sous-sol où les gaz d’échappement vous mettaient dans un état second, à la limite de la suffocation ; pas besoin de rajouter une couche, on avait suffisamment la tête en vrac. Si on y additionnait la foule, mais en Inde cela relevait plutôt du pléonasme, nous n'étions pas loin de l'apocalypse, mais que nous le vivions tel le nirvana.
Nous étions déjà depuis quelques jours à Delhi et la foule nous submergeait, nous recouvrait de tous les cotés. Si nous voulions rester en Inde, nous devrions nous y faire...Les bus défilaient, les "titis-les contrôleurs" comme on les nomme en Inde, nous interpellaient en criant le nom de la destination du bus dont ils avaient la charge. Des rabatteurs, de leur coté, tentaient de nous embarquer dans des bus privés, mais for de nos tickets bien calés au creux de notre main, nous n'avions franchement pas de soucis à nous faire. À chaque bus entrant en gare, on voyait des gens courir vers leurs flancs pour s'accrocher aux fenêtres, pas pour y grimper, car les bus, comme les trains que nous aurions la « grande joie »de prendre plus tard, étaient tous équipés de fenêtres munies de barreaux, empêchant toutes montées intempestives et bien-sur en cas où de s’échapper, ce qui en cas d'accident devait être plutôt compliqué, pensais-je...
Enfin, en plein éveil, assis sur nos sacs-à-dos, on était au spectacle et sur grand écran. Notre titre de transport en mains, le numéro du bus bien imprimé dans notre tête, à force de lire et relire ce ridicule bout de papier faisant office de ticket...Nous attendions...
Le bus arriva, enfin, sûrement en retard, mais nous commencions a être fataliste (déjà) sur la ponctualité des transports dans cette partie du monde, malgré notre peu d’expérience ! Le même rituel recommença, de nombreux jeunes indiens courraient en sautillant le long du bus et glissant, au top de leur extension, leur bras à travers les barreaux des fenêtres du bus...La bousculade pouvait commencer. Le « titi » haranguait les gens sur le quai : « Hardwar, Hardwar, jallo jallo ! ». Notre sac sur le dos, nous étions plutôt sereins, certes, mais l’excitation générale et à force d’être tamponner, malaxer, tourbillonner par les futurs passagers de notre bus, nous accélérions malgré nous...
Très rapidement, nous nous trouvions enfin devant la porte de la bête en ferraille de couleur verte, les bus de l’état de l'Utar Pradesh étant de couleur verte avec une bande de peinture jaune pisse les ceinturant à hauteur des roues ! Nous n’étions pas les premiers mais pas loin, heureux de notre débrouillardise, à peine cinq jours en Inde et nous pensions déjà avoir tout compris...Pfft...Présomptueux va ! Pour grimper par la porte étroite, poussés par la foule, nous avons du plus que gueuler car avec nos sacs ça ne passait pas, on était compressés, on devait les enlever, ce qui nous obligea à contrecarrer, à repousser vers l’arrière nos futurs compagnons de route qui entre temps avaient décider de nous écrabouiller coûte que coûte sur les montants de porte ; pour agrémenter le tout, le titi, en équilibre par la fenêtre du conducteur, la seule sans grillage, nous criait dessus nous intimant de nous presser...Tant bien que mal, nous réussissions à monter, nos gros sacs à bout de bras, les faisant avancer devant nous par saccades avec nos genoux. On s'engagea vers le fond du bus, situation que l'on tentera d’éviter dans nos futurs voyages, tellement on est secoués lorsque l'on est assis en arrière des roues motrices d'un bus indien utilisant forcément des routes indiennes, c'est-à-dire, la plupart du temps, totalement défoncées. La seule ampoule en fonctionnement, pendouillant du plafond, nous permit tout de même de remarquer que sur quasiment tous les sièges, il y a avait, posé dessus, des mouchoirs, des bonnets, ou bien des écharpes, étranges ? On remarquait alors un siège sur la gauche, sur la rangée où l'on pouvait, enfin devait, s'assoir à deux de front, se trouvant alors libre de toute marque de territoire, car ces attributs jonchant les assises devaient être des marques de réservations ? Mon ex s'asseyait et avant de me presser contre elle, je restais debout, pas la peine de se « blottir » l'un sur l'autre, nous aurions largement le temps de le faire durant notre trajet qui devait durer toute la nuit.
Je scrutais et comprenais désormais, tous ces petits gars qui nous avaient demander contre dix roupies si nous voulions leur aide, c'était donc pour réserver un siège. En fait nous n'avions rien compris. Les places assises n’étant pas numérotées, enfin si, elles l’étaient, mais non attribuées, la coutume ou l'usage voulait que lorsque votre bus arrivait, ces fameux petits gars en échange de ces quelques roupies agrippaient le bus et glissaient sur les sièges un signe distinctif qui vous appartenait et vous assurait alors d'avoir votre place assise. Pas bêtes ? Et pas question de retirer ou dissimuler l'attribut de celui qui avait payer ces p'tits gars, vous alliez alors vers de gros soucis, voir risquiez le pugilat. Je sais de quoi je parle, me croyant plus malin que les autres, quelques années plus tard à Hyderabad, dans le sud, j'en fis l’amère expérience et même si je ne fus ni lyncher, ni expulser du bus, un policier, sûrement commissionné par un « réservateur-sauteur », m'avait menacé de m'emmener au poste : « Non mais ! Saïb, cela ne se fait pas ! » me menaça t-il, brandissant alors dans ma direction sa grande matraque en bambou ! Enfin mon ex et moi avions tout de même un siège mais Yann dû rester debout. Durant le trajet qui dura une partie de la nuit, on jouera l’alternance, une fois sur le siège, une autre fois plus ou moins vautrer sur nos sac-à-dos qui, d'ailleurs, encombraient le couloir et forçaient ceux qui étaient dans l’allée, debout, d’être encore plus compresser les uns sur les autres. On sentait des regards noirs de la part de certains.
Une fois tout le monde «en place », le chauffeur qui manifestement n'avait jamais conduit un « car pullman » fit craquer la première vitesse, envoya le klaxon surpuissant et après de nombreux freinages-accélérations, d'invectives envers des passants ou vers des « coolies » traversant n'importe comment dans les allées de cette gare, il réussit à s'extirper des sous-sols pour rejoindre la circulation totalement embouteillée de la sortie nord de la capitale. Nous voyageâmes ainsi durant quasiment toute la nuit, fîmes de nombreux arrêts, autant vous dire que nous n'avons pas pu fermer l’œil ...Malgré tout, nos voisins de sièges , eux, réussirent à dormir. Enfin, on y était, on avançait, c’était l'essentiel...On s'approchait des dieux, certes d'une façon étrange, mais n'ayant aucune expérience en la matière, ce devait être ainsi que les dieux devaient être rejoint ?
Devant nous, inscrit sur l’arrière en bois du siège de devant, était écrit de bien vérifier sous notre banquette s'il n'y avait pas de bombes ! Si si, il n’était pas écrit « colis suspects » mais il s'agissait bien du mot « bomb, in ingliss ». En effet de nombreux bus avaient été la cible d'attentat de la part des séparatistes cachemiris. Par contre aucune méthode explicative si malencontreusement nous trouvions une « bombasse » ! Tout pour nous rassurer quoi ! On s’arrêta aussi plusieurs fois durant le voyage. Boire un thé, manger...Nos compagnons de voyages avec qui nous aurions pu nous battre au moment de la montée dans le bus devinrent alors très agréables avec nous, nous posant des questions, faisant la conversation, partageant même leur nourriture avec nous...Mais à chaque fois, je le verrai dans le futur, une fois le stress de l'embarquement passé, plus de rancune, rien, on pouvait alors devenir des amis jusqu'à la descente en fin de trajet ou alors, nous pourrions redevenir sans hésitation des ennemis...afin de s'extirper du bus où la ritournelle de la bousculade pouvait recommencée !
Huit heures plus tard, nous arrivions à Haridwar, aux alentours de quatre heures du matin, il faisait très froid. Nous étions en décembre. Pour descendre du bus ce fut encore des plus compliqué que je ne pensait et disait plus haut, les marches étant engluées de chauffeurs de rickshaws (taxi trois roues) voulant tous nous emmener, en ce qui nous concernait, dans une lodge ou je ne sais où, se battant pour « pécher » le client, empêchant alors tout le monde de pouvoir descendre dans de bonnes conditions. Du forcing, il fallait faire du forcing ! Tant bien que mal, nous sortions et respirions alors l'air vivifiant d'Haridwar. Nous fumions une cigarette, la pollution devait nous manquer, puis nous laissions discrètement tous ces Rickshaw-walla, emmitouflés dans leurs écharpes et grandes couvertures de laine se prendre la tête pour savoir qui allait bien pouvoir nous embarquer vers un hôtel. Ils étaient tellement occupés à s'invectiver que nous partions sans qu'ils le remarquent . On se retrouva alors dans la rue, mais nous ne rêvions pas, nous n'allions tout de même pas nous en sortir comme ça !.
Cela n'allait donc pas durer car très vite « une abeille- autre nom de la Vespa à trois roues» vint à notre hauteur et nous proposa de nous emmener où nous le désirions, sans imposer un lieu, un vrai taxi quoi, normal, mais méfiance...On se tassa à l’arrière du véhicule, plutôt étriqués avec nos trois gros sacs, Yann s'assit à coté du chauffeur. On peut le dire, nous optimisions l'espace et forcément le trajet. Devenions-nous indien ? On lui dit alors que nous voulions rejoindre les rives du Gange, le ciel commençait à s’éclaircir, le spectacle serait surement à la hauteur. Pas plus d'un kilomètre plus loin, après avoir essuyer le vent glacial du à la vitesse de l'engin, nous arrivions devant l’entrée du sanctuaire aménagé sur les rives du fleuve. Le soleil pointait derrière les montagnes, le ciel se teintant d'un dégradé de rose vers le mauve...Notre chauffeur nous proposa de nous attendre avec nos sacs, et malgré notre méfiance, « on le sentait notre chauffeur », nous décidions d'opter pour cette solution, trop heureux de rencontrer le fleuve. Il nous emmènerait, après cette première rencontre mystique, dans une guest-house de notre choix, il nous le promit. Fatigués mais zen à l'approche du fleuve, nous arrivâmes en fait au bord d'un canal détourné du fleuve où les pèlerins pouvaient vaquer à leurs ablutions et prières. Le fleuve qui devait être tumultueux à cet endroit avait surement poussé les autorités à aménager de la sorte l'endroit pour éviter les noyades qui devaient être nombreuses, particulièrement lors des grands rassemblements et grandes processions. Des haut-parleurs crachaient des « Hare Krishna, Hare Rama, Hare OM Nama Shiva Ya ». Les marches accédant à l'eau sacrée du fleuve, que l'on nomme d'ailleurs « Ghats » en Inde, étaient bondées. On réussit tout de même à s'approcher, l'eau était glacée. On nous sollicita de toute part pour une Punja, ce coup ci, c’était des brahmanes en quête de business religieux, mais nous y étions alors nous participâmes, nous voulions faire partis du « TOUT » ! . l'Inde était donc le pays des « invitations », certes intéressées, mais des invitations tout de même. Lorsque le soleil pointa derrière la colline, l’atmosphère se réchauffa enfin, pourtant nos cœurs et nos âmes étaient déjà chaud, mais nos mains et nos pieds que nous avions du mettre à l'eau pour la Punja étaient eux, totalement gelés ! On récupérait nos pompes auprès du « gardien de chaussures », si si, tout est bon pour gagner quelques roupies , et nous pouvions rejoindre notre chauffeur et enfin nous rendre dans une guest-house, et surtout dormir !
Malgré sa promesse, il nous sollicita (encore!) pour nous emmener dans un de « ses hôtels » à lui, nous n’étions pas obligés d'accepter, nous pouvions voir, « palper » la marchandise avant d'accepter de toute manière, mais lui toucherait une commission ! On décida de jouer le jeux, fatigués, on se laissa faire, et les premières chambres furent les bonnes, on allait enfin pouvoir dormir...On demanda à notre chauffeur s'il était libre, en début d’après-midi pour nous faire le tour du patelin et avec un grand sourire, il accepta bien-sur ...On allait enfin pouvoir allonger nos jambes, mais nous devions avant tout repos se faire solliciter (décidément) par le patron ou gardien de la guest-house qui nous demanda si nous voulions du Charas (haschich) ou du plus fort (opium, brown...etc, un vrai supermarché ce bonhomme) ; il proposa même à Yann s'il voulait « une couverture » avant de s'assoupir, malin le boss , il avait remarqué qu'il était seul...
Nous refusions toutes propositions...On voulait juste dormir, au calme !
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Vers les sources du Gange ! (déc 91). Haridwar-Devprayag.
Nous nous rapprochions des dieux, pas de doute, l'enfer devait être bien loin tellement le froid nous saisît à notre réveil, dans cette petite guest-house située sur les bord du Gange. Un thé nous réchauffa ! « Notre rickshaw » était déjà là, assis devant le comptoir de la réception, tout sourire, satisfait ; il avait ses clients pour la journée. Nous avions faim alors ils nous emmena dans un restaurant où il avait ses habitudes malgré lui puisqu'il tenta de nous faire déjeuner dans un restaurant pour touristes indiens au sein d'un hôtel de luxe. Il devait penser que nous n’étions pas de bons clients, du moins pas vraiment malléable.
On se régala de Chapatis cuits dans un Tandoori avec un merveilleux Paneer Butter Masala. Le tandoor est le four en terre traditionnel indien se chargeant par le haut. On peut faire cuire, collé sur les parois internes de « cette jarre-four » le pain, ici les Chapatis, sorte de galette de pain, mais on peut aussi y faire saisir toutes sortes de viandes et poissons embrochés puis suspendus à la verticale au centre de ce four juste au dessus des braises qui tapissent le fond du Tandoori.
Le Paneer est lui tout simplement une sorte de Tofu non pas de soja mais fait à base de lait de vache, ce matin là, préparé dans une sauce curry (Masala veut dire mélange, dans notre cas, mélange d’épices) rouge additionnée de beurre clarifié, un délice.
Repu, on décida de faire le tour du quartier, une balade aux alentours de Haridwar, qui à part ses ghats, était une ville indienne dédiée aux pèlerinages, très bruyante. Des ashrams, mandirs, hôtels, temples multiples et restaurants pour pèlerins ne semblaient être que la seule et unique activité de cette ville dédiée au fleuve Gange. La journée fut courte, le soleil disparaissant derrière la montagne dès cinq heures de l’après- midi, le froid s'installant irrémédiablement. Nous étions encore bien fatigués.
Le lendemain, nous avions programmé avec notre ami rickshaw (on devint de plus en plus proche) la visite de Rishikesh, tout près de Haridwar, village où dans les années soixante, les Beatles vinrent se ressourcer, méditer dans un ashram. Rendez-vous fut donc pris avec notre rickshaw, tôt le lendemain matin pour une journée en immersion au milieu des babas, en effet notre chauffeur nous prévînt : « Ah, Rishi ( Rishikesh), c'est désormais la Mecque des occidentaux en mal « d'indianité » ! ».
Aux aurores, le lendemain, nous nous levions plein de bonne volonté et surtout vraiment reposés. Notre chauffeur n’était pas là , « ça y est, ça commence à foirer, c'était trop beau !», nous dirons nous, mais on le saura plus tard, il avait pris du retard lors de sa Punja quotidienne, celle-ci particulièrement plus longue que d'habitude, il voulait remercier les dieux de lui avoir mis sur sa route des clients comme nous. On prit alors notre petit déjeuner à l’hôtel et dans un timing presque parfait, notre pitance à peine terminés, le rickshaw-wala arriva les bras chargés de colliers de fleurs qu'il s’empressa de nous mettre autour du cou, il avait aussi dans des feuilles d'arbre, de la pâte de santal qu'il nous badigeonna sur le front. A l'horizontal tel trois traits, la marque de Shiva, pour nous les garçons et une ligne verticale rouge pour mon ex, marque de Vishnou. Il nous expliqua que son retard était lié à cette offrande, il avait du faire deux temples pour cette punja livrée à domicile. Nous étions donc parés pour Rishikesh.
Le chemin fut court, on emprunta la route montant vers les cimes de l’Himalaya, après une heure de trajet, sur la rive opposée du fleuve, nous apercevions la ville sanctuaire. Il nous déposa donc à l’entrée d'un gigantesque pont suspendu, qui nous emmena vers de majestueux ashrams. Même de loin, on sentait l'argent. Les donateurs avaient du être généreux. À l’entrée de Rishikesh, on tomba sur de nombreux étrangers, la plupart habillés de blanc, un air illuminé, voulant dégager la sagesse, et le sérieux de leur état proche de la lévitation. On fut tout de suite sollicité pour savoir si nous voulions pratiquer méditation et yoga, stage en tous genre, bouffe végétarienne, voire du jeun, à des tarifs défiant toutes concurrences : C'est-à-dire, réveil aux aurores, toilette dans les eaux glacées du Gange, puis méditation, puis yoga , un seul repas frugal et nuit sur une natte pour des tarifs dignes d’hôtels cinq étoiles. Un bon business qui expliquait ces ashrams somptueux, sûrement financés par des occidentaux en mal de spiritualité, de retour aux sources...À chaque coin de ruelles, on continuait de nous interpeller, même des pseudos guru-européens s'y mettaient. Il nous fallut très peu de temps pour fuir ce Dysneyland de l'indouisme. Eh ! Fallait pas déconner! On n’était pas des gogos ! En rebroussant chemin, nous croisions deux sadhous qui nous proposèrent de venir dans leur retraite, une sorte de grotte au bout d'un chemin rocailleux. La curiosité nous fit les suivre. Après le partage d'un shilum, ils commencèrent à nous demander tout et n'importe quoi, ils cherchaient des sponsors, une fois de plus nous fuyions, on ne serait pas décidément des gogos à babas, enfin pas tout de suite. On repassa le pont suspendu où perchés sur les grands filins d'acier, des babouins assez hargneux ne comprenaient pas que nous n'ayons rien à leur donner à manger...À Rishikesh, même les bêtes voulaient vous alléger de vos dollars !
« Fuyons, fuyons ! » fut donc le mot d'ordre...
On grimpa dans le rickshaw pour retourner à Haridwar, le lendemain matin, décision fut prise que nous partirions en bus car le chemin de pèlerinage que nous recherchions pour notre marche vers les sources avait été englobé par la route asphaltée ; il n’était pas question de marcher le long la route ! Il fallait continuer en bus pour trouver un sentier de montagne. On passa la fin d’après-midi au petit resto de notre chauffeur qui voulu par la suite nous inviter chez lui, il voulait nous présenter à sa famille. On rencontra sa femme qui nous offrit une thé délicieux et nous rencontrions deux beaux enfants arrivant de l’école dans leur uniforme impeccable. Des gens simples mais vrais...Nous avions donc décider de partir très tôt le lendemain matin, nous rentrions à notre hôtel pour y passer une vraie nuit. Notre ami-chauffeur viendrait le lendemain nous emmener à la gare des bus.
Aux aurores, après notre punja, délivrée par notre chauffeur, nous rejoignîmes la gare des bus. On le paya de son dévouement et de ses services et il nous remercia avec les mains jointes sur la poitrine : « Namasté, Ji » ! Il avait le sourire, on n'avait pas du être radin, tant mieux. Nous nous fîmes nos adieux en se promettant de se revoir ; on ne le revit jamais mais on lui envoya les nombreuses photos que nous avions prises de sa famille et de nos excursions en sa compagnie. On ne saura jamais s'il les reçut.
Le dernier service qu'il nous rendit fut de nous dégoter un bus où nous trouvions d'ailleurs des places assises, il n’était même pas plein ce bus ! Manifestement, nous allions vers des régions moins habitées de l'Inde.
La route fut majestueuse, avançant au dessus de vides gigantesques, au dessus de nous des montagnes vertigineuses, quelques fois, on pouvait apercevoir des bus qui avaient terminés leur parcours au fond des gorges abruptes, nous n’étions pas vraiment rassurés mais au milieu de nulle part, nous n'allions tout de même pas descendre du bus, les passagers nous auraient pris pour des fous ou encore pour d’étranges étrangers, confirmant alors leurs pensées que nous n’étions qu'alors que de misérables personnes non fréquentables! De tout façon, les dieux étaient avec nous. Notre ami nous avait offert, une malla (collier), une protection qu'il nous avait passer autour du cou avant notre départ. Avec un médaillon de Shiva sur la poitrine, que pouvait-il bien nous arriver ? Nous avions notre assurance multirisque !
Nous arrivâmes dans l’après-midi à Devprayag. Le bus nous déposa sur la route surplombant le village qui lui se terrait à flanc de montagne aux confins de la Barghavati river et l'Anakhanda river, ces deux rivières se rejoignant au pied de ce village et formant alors le fleuve Gange.
Le touriste commençait vraiment à se faire rare, sur le bord de la route où le bus nous laissa, il y avait de nombreux bouis-bouis s'imbriquant dans la rocaille grise de la montagne. On chercha un hôtel, mais il n'y en avait pas, seuls les mandirs (en principe réservés aux hindous) pouvaient nous offrir un toit pour dormir. Un brahmane accepta malgré notre face de non-hindou, de nous héberger dans un dortoir prévu pour quelques centaines de pèlerins. Il nous offrit même le thé. Il faisait encore plus froid, le soleil se couchait, et malgré le fait d'être impies, il nous invita à partager son repas, puis de retour dans notre dortoir gigantesque, nous nous enroulâmes bien vite dans nos duvets de montagnes que l'on maudissait il y a encore quelques jours, tellement ils encombraient, prêts à les laisser à Delhi ; désormais, vu le froid presque polaire, nous étions vraiment heureux de les avoir transbahuter jusqu'ici. On dormit comme des bébés !
Avant le lever du jour, notre hôte vint nous réveiller avec un thé très très chaud mais tellement réconfortant. Il nous intima de nous passer un coup de flotte sur la figure, il allait nous faire la punja au sein du petit temple du mandir. Il fallait accepter les règles, c’était aussi pour les brahmanes du temple l'occasion de récolter des offrandes, le gite , lui, étant gratuit.
Nous passions ensuite la journée dans les ruelles du petit village en contre-bas de la route. On se renseigna pour savoir laquelle des deux rivières allions nous suivre ? En effet, les sources du Gange n’étaient pas vraiment définies, trois possibilités s'offraient à nous. La remontée le long de la Barghavati river fut vite abandonnée, par ce chemin nous aurions pu aller rejoindre la route de Gangotri mais apparemment la neige et les éboulements nous empêcheraient de suivre cette rivière. C’était peut-être de l'intox, car nous nous rendrons compte que les habitants des trois vallées revendiquant les sources du Gange se faisaient une guéguerre de bon aloi pour attirer le pèlerin vers sa source déclarée ! On partit donc en repérage le long de l'Anakanda river, nous prendrions ensuite la direction soit de Badrinath ou Kerdanath... On vit très vite l'ancien chemin de pèlerins, suivant la rivière, sur la rive opposée à la route aménagée pour rejoindre ces deux sources du Gange revendiquées. On partirai le lendemain matin, très tôt ! On calcula qu'il nous faudrait deux jours pour rejoindre Rutraprayag !
On revint passer l’après-midi au pied du village, au bord de l'eau, au plus près du lieu où les deux rivières se rejoignaient. À l’époque, l'endroit n’était pas aménagé comme on peut le voir sur les photos, car dans une grotte au ras de la rivière, un sadhou ermite y vivait. On s'assit avec lui et ses deux disciples. On fuma bien-sur et nous partageâmes leur déjeuner. On discuta de tout et de rien, le sadhou parlait un parfait anglais (largement mieux que nous autres). Il avait décidé quelques années en arrière, une fois ses enfants mariés et sa femme désirant alors retourner chez ses parents, de quitter son travail dans la banque et de se démunir de tout, puis de consacrer sa vie à la méditation...Il voulait stopper le cycle de ses vies, de ses réincarnations et atteindre le nirvana ! Un vrai sadhou, qui nous donna sa bénédiction pour notre voyage vers les sources du Gange. Ils nous trouvaient atypiques, vouloir y aller à pied n’était pas commun et apparemment cela lui plaisait. On fit bien-sur une offrande avant de le quitter et on lui promit de repasser le voir lors de notre retour des cimes de l'Himalaya ! Fort de sa protection mais aussi plutôt « zen » voire très très haut dans nos têtes grâce aux flots de shilums que nous avions partagés avec lui, nous rejoignîmes notre mandir tant bien que mal ! Notre hôte reconnu tout de suite notre bénédiction étalée sur notre front par le sadhou, gardien de la rivière et nous gratifia de nombreux namastés ! On dina en sa compagnie puis on s'endormit très vite et plutôt bien, nous n'avions plus froid !
Décidément, nous nous sentions de plus en plus proche des dieux...
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Vers les sources du Gange ! (déc 91). Devprayag-Rutraprayag.
Le bout du nez glacé et nos corps engourdis des excès de la veille, nous nous extirpions difficilement de nos duvets lorsqu'un ciel limpide commençait à apparaitre doucement derrière les montagnes abruptes entourant Devprayag. Dans l'antichambre de notre dortoir, nous entendions notre brahmane, gardien du mandir, s'affairer à faire chauffer, probablement de l'eau sur son réchaud au kérosène. Il nous entendit nous réveiller et vint nous offrir le thé. Nos mains froides entourant le verre brulant, nous nous réchauffions tant bien que mal. Nous fîmes une toilette succincte, deux jours que l'on ne s’était pas vraiment laver, il faisait, décidément trop froid ; Cela nous permit tout de même de nous rendre devant le petit temple de notre hôte où on nous promit tout le bonheur du monde, où on nous souhaita un bon voyage, et sûrement beaucoup plus ! Nous étions parés...
On se quitta donc après une dernière offrande et chargés de nos sacs, nous descendîmes vers la grotte de notre baba. On le salua et nous nous engageâmes sur le chemin repéré la veille. Le début de notre « pèlerinage » nous parut difficile, nous étions quelque peu paralysés par le froid et de nature fébrile du aux excès de ces derniers jours, mais avec l'apparition du soleil « la mécanique » se mit en route...Nous marchions à flanc de montagne, laissant la rivière en contre-bas, sur l'autre versant, nous apercevions la route avec ses jeeps et ses bus qui, même sans que la circulation soit vraiment encombrée, avaient la fâcheuse habitude de klaxonner à tout va et alors de nous rappeler que nous étions toujours bien en Inde. Le chauffeur indien aimait vraiment sa trompe de véhicule! Nous avancions, certes au sein de la nature, mais toujours très près de la civilisation, trop près à notre gout. Nous traversions des villages où comme d'habitude les femmes régnaient en maitre. On nous offrit souvent le thé et même des gâteaux, mais à la différence du Népal, les femmes étaient plutôt méfiantes, plus soumises, plus réservées, dirons-nous, à l’éventuel retour des hommes. On avançait bien et le soir nous nous arrêtions à Srinagar (du même nom que celle du bord du lac Dahl au cachemire). Le chemin, après avoir traverser de nouveau la rivière, ne faisait alors plus qu'un avec la route. Nous trouvions une guest-house, petite maison coquette tenue par un allemand (qui n’était pas là d'ailleurs), on se serait presque cru en Bavière, il ne manquait plus que les nains de jardin ! On eut par contre le bonheur de profiter d'une salle de bain équipée d'un chauffe-eau ! Je n'ai plus de souvenir de cette soirée, mais le lendemain nous reprenions la route et il fallut pour rejoindre le chemin passer une fois de plus la rivière, mais ce coup-ci grâce à un baquet suspendu sur une poulie glissant le long d'un filin en acier. Une nouveauté et surtout une sacrée frayeur. On passa avec l'aide de quelques hommes qui venaient de traverser, car théoriquement on pouvait se débrouiller seul pour rejoindre l'autre rive, c'est-à-dire grâce à une corde, de tirer dessus à la force des bras pour faire avancer la nacelle. Mais là, l'attraction de « saïb » prenant ce mode de transport, fit qu'ils nous firent passer sur l'autre rive chacun notre tour, puis nous envoyèrent nos sacs, ouf ! On aurait pu éviter ce passage rocambolesque dans le vide au dessus de la rivière mais le pont suspendu le plus proche était à quelques kilomètres et nous ne voulions pas continuer à marcher sur le bas coté de la route avec tous ces véhicules qui n’arrêtaient toujours pas de nous klaxonner dessus, pour le coup! Notre traversée acrobatique nous prit tout de même un certain temps, nous avions du retard. Sûrement, nous ne pourrions pas rejoindre Rutraprayag le soir même.
En effet, juste avant le coucher de soleil après avoir passé un dernier village et pensant ne pas pouvoir rejoindre avant la nuit noire le pont suspendu permettant de rejoindre Rutraprayag, nous n'avions pas de cartes, on se fiait aux personnes que l'on croisait et de notes prises avant notre voyage, nous décidions donc de dormir à la belle étoile. Yann avait tout prévu, nouilles lyophilisées et barres énergétiques ainsi que du thé. On trouva un endroit pour le bivouac, au milieu de la foret où la pente n’était pas trop raide et surtout pas trop loin du chemin, dormir dans la jungle ne nous rassurait pas vraiment. On fit un feu pour chauffer de l'eau. Le froid nous gagnait et nous avions faim. Sur le chemin en contrebas de nombreux hommes rentraient dans leur village respectif. Souvent, ils s’arrêtèrent pour nous regarder et pour ceux qui parlaient anglais pour partager une conversation autour de notre feu. Nous arrivions à manger et le feu avait besoin d’être alimenter souvent car nous ne trouvions que très peu de bois mort, surement récupérer quotidiennement par les villageoises, nous ne trouvions que des feuilles et des branchages légers pas très loin du campement ; il n’était pas question de trop s’éloigner du feu, pas vraiment téméraires, les Indiana Jones en herbe. Le feu mourrait rapidement faute d'approvisionnement .
La nuit commençait à englober la vallée et les lumières des petites villes et villages de l'autre coté de la rivière nous rappelèrent que la civilisation n'avait pas disparu. Le feu était encore vaillant lorsqu'un groupe d'homme (le dernier d'ailleurs) passa et s’arrêta pour nous mettre en garde, qu'il n’était pas raisonnable de dormir comme ça dans la foret. Il y avait des tigres, des léopard nous dirent-ils! On acquiesçait mais on se dit qu'ils exagéraient sûrement. Ils nous dirent de venir au village, le dernier que nous avions laisser derrière nous en fin d’après-midi. Nous n’étions pas téméraire mais têtus, nous l’étions et avions décidé de dormir dehors, alors nous dormirions à l’orée de la jungle. Déçus et nous prenant pour des dingues, le petit groupe repartit.
La nuit était désormais vraiment profonde et véritablement silencieuse, seulement quelques cris d'oiseaux se perdaient sous le ciel étoilé. Notre réserve de bois s’épuisait comme neige au soleil. Nous n'entendions plus le bruit des véhicules de l'autre coté de la vallée, on aurait dit que la vie s'était arrêtée. Plus personnes ne passaient sur le chemin. On installa alors des couverture de survie sur le sol et décidions de dormir, le feu allait s’éteindre. Yann couchait au dessus de moi et mon ex. Je commençais à m'endormir lorsque Yann me dit « tu as entendu ? » . Je n'avais rien entendu, mais je tendis l'oreille et on commença à entendre une sorte de rugissement, ou plutôt comme un énorme cri que l’écho renvoyait à l'infini sur les flancs de la montagne. Je lui dis que ce n'était peut-être rien, pour me rassurer d'ailleurs, et finissais par dire que je ne pensais pas qu'il y ait de problèmes. On entendit alors des pétards, explosant de partout, enfin des pétards, nous le saurions le lendemain seulement, car nous pensions que c’était plutôt des coups de fusils. L’écho n'arrangeait rien et cela ressembla vite au tintamarre d'un feu d'artifice. Le rugissement de la bête se faisait de plus en plus prononcée. Ce cri roque et profond se rapprochait. Plus ça allait et les rugissements étaient espacés d'au moins un minute et manifestement la bête venait en notre direction. Cela se fit de plus conséquent et nous commencions à avoir le trouillomètre à zéro! Je me souviens, je prenais alors mon ridicule couteau suisse et l'ouvrait et le gardait en main au cas où. Je pensais à fortiori, à la stupidité de la réaction . On se s'imaginait même pas ce que pouvait être ce félin et surement des fantasmes de chasseur contrarié nous firent imaginer le pire. Et si c’était un tigre! Je scrutais les alentours et me dit que si la bête arrivait, nous pourrions grimper dans les arbres mais très vite, je pensais, un félin grimpe aux arbres nettement mieux qu'un homme. Entre nous, nous ne parlions plus, faisant le silence totale, à l'affut du moindre cri de la bête ! Nous entendîmes alors un rugissement tout proche... Une minute passa sans le moindre bruit, puis le félin rugit une nouvelle fois mais le son venait désormais de la droite, puis le suivant toujours à droite mais déjà plus lointain...On entendit encore des pétards d'effarouchement, au niveau du village que nous avions passé en fin d’après-midi, où nous aurions du aller dormir si nous avions écouté les villageois, il y a encore à peine une heure en arrière. Les cris continuèrent mais s’espacèrent pour enfin s'estomper dans la montagne pour qu'enfin nous n’entendîmes plus rien. Le silence ! Nous ne parlions toujours pas, la peur nous avait saisit. Nous n'avions jamais entendu un rugissement et franchement encore aujourd'hui, il sera imprimé à jamais dans ma mémoire. On se mit à parler, plutôt à chuchoter et à rire discrètement de notre peur, à évoquer mon plan B où j'avais prévu avec mon petit couteau rouge à croix blanche de défier un tigre ! Ce devait être parfait pour décapsuler une bière, mais pour le reste, il fallait plutôt oublier ! On rigola franchement lorsque j’évoquais le volonté de monter dans un arbre, imaginant la situation, perché dans un arbre avec une lame évoquant surement un cure-dent pour un tigre prêt à vous dévorer! On se dit que si cela avait été un tigre nous serions déjà mort...Les villageois avaient raisons, on aurait du accepter leur invitation...
On s'endormit lorsque nous étions certain que le silence ne serait plus rompu par le cri du félin. Lorsque le jour se leva, nous avions glissé de notre couche à cause de la pente mais surtout à cause des couvertures de survie de matières totalement lisses ; nous nous retrouvions quasiment sur le chemin. On se mit en quête de bois pour faire un thé. En m'approchant du chemin , vierge de tout passant, je remarquais des traces au sol. J'appelais Yann et on regarda cette trace de coussinets d'un air dubitatif. Elle était un peu moins large que notre main. On en remarqua d'autres qui allaient vers le village, celui se trouvant tout près de notre campement. La bête était passée à dix mètres de nous et avait heureusement passé son chemin. Les premiers villageois passèrent pour se rendre de l'autre coté de la rivière, à Rutraprayag. Ils étaient habillés élégamment et parlaient un très bon anglais. Ils étaient des fonctionnaires rejoignant leur lieu de travail. On reconnu presque les mêmes personnes de la veille au soir qui nous avaient mis en garde de coucher à la belle étoile. On leur montra les traces et ils nous affirmèrent qu'elles étaient celles d'un léopard, d'une panthère des neiges. Ils nous parlèrent alors de certaines de ces bestioles qui pouvaient être mangeuses d'hommes ou de chiens et bétails, d’où les pétards d'effarouchement que l'on avait entendu la veille. On n'y cru pas vraiment, pensant que c’étaient des légendes. Ces félins n’étant pas de réputations, mangeurs de chairs humaines, peut-être attaquaient-ils l'homme pour se défendre, c'était sur. Une fois de plus, les occidentaux que nous étions, savions mieux que les autochtones. Enfin pour eux, nous l'avions échappé belle, nous, nous pensions « cause toujours mon coco ». Le chemin se fit de plus en plus fréquenté par des hommes se rendant en ville. Notre paquetage fait, on prit le flot de circulation et très rapidement nous arrivions en face d'un pont suspendu rejoignant la route asphaltée ; si nous avions su qu'il fut si près, nous aurions continué à marcher la veille au soir. On nous dit que pour Rutraprayg , il fallait traverser, le chemin continuant sur le même versant de la montagne allait plus haut dans la montagne et il n'y avait plus de pont, du moins, pas à proximité. On traversa, la plupart des hommes attendait des bus pour descendre ou remonter la vallée et vaquer à leurs occupations.
Nous marchâmes le long de la route puis en fin de matinée nous arrivâmes enfin à Rutraprayag. On nous accepta dans un mandir. Il était confortable, et équipé de dortoirs de dix personnes. En cette saison, nous étions seuls et le brahmane, gardien des lieux, nous fit un bref plan de la petite ville. Elle se résumait en deux rangées de maisons bordant la route montant vers les cimes de l’Himalaya. On lui raconta notre aventure de la nuit précédente et il nous raconta l'histoire de ce léopard des neiges qui terrorisa toute la population de la vallée, il y a à peine une centaine d’année. Elle avait eu à son actif plus de deux cents attaques d'enfants et de femmes des villages environnants. Le Royaume Uni, alors puissance coloniale, envoya le plus fameux chasseur de félin du royaume des Indes, Jim corbett. Il vint traquer la bête et réussit à la tuer après avoir décimer un grande partie la population des léopards de la vallée, faut-il le rappeler. Enfin, la légende était encore vivante car tous les habitants connaissaient cette histoire et le remerciaient encore. D'ailleurs, au centre de Rutraprayag, une statut à l'effigie de Corbett était vénérée, les indiens lui mettant au pied du statuaire, des offrandes comme à une divinité du panthéon hindou. On passa la journée dans la petite ville bien sympathique. On se renseigna pour savoir de laquelle des deux vallées nous pourrions arpenter, vers Badrinath ou Kedarnath ? Tous nous dirent que les deux routes étaient bloquées un peu plus haut par la neige tout d'abord et par de nombreux éboulements. On se renseigna pour le chemin de pèlerins et tous nous dirent que c’était plutôt compliqué car les deux vallées devenaient très abruptes et la plupart du temps, la route avait emprunté le tracé de l'ancien chemin. On rentra alors au mandir à la tombée du jour, le froid était mordant. On passa la soirée autour d'un feu avec notre hôte qui nous raconta, une fois de plus, l'histoire de Jim Corbett. Décidément, ce chasseur écossais était une vraie légende par ici, un demi dieu.
Le lendemain nous avions décidé de reconnaître, malgré les avertissements, le chemin montant vers les cimes himalayennes. On se promena des deux cotés de la montagne, au départ des deux vallées et nous constations que la montagne était bien aménagée ; Système d'irrigation judicieux alimentant une méandre de culture en terrasse. Ce fut une très belle balade dans un cadre idyllique, mais nous le constations, les anciens chemins de pèlerinages se perdaient dans dans le vide des gorges de l'Alaknanda river. Nous trouvions même un chemin magnifique rejoignant les bords de la rivière, abruptes mais nous nous trouvions vite dans « les toilettes publiques ». Nous verrions au cours de nos voyages que les indiens dont leurs maisons sont très peu équipées de latrines vaquent à leurs besoins, dans la nature et particulièrement dans des lieux où le panorama est magnifique...Caguer avec vue, un must et une certaine classe! En revenant dans la petite ville avant la nuit, nous remarquions que les camions s'accumulaient sur le bord de la route. Tous le disaient : ils avaient du rebrousser chemin , du à la neige mais surtout la route s’étaient carrément effondrée un peu plus haut. Le soir, en compagnie de notre brahmane, nous prenions la décision de repartir en arrière.
Ici, à Rutraprayag, s’arrêterait notre ascension vers les sources du Gange ! Yann accueillerait sa femme et ses filles à Delhi dans moins d'un semaine et faire un détour pour monter vers les sources du Gange du coté de Gangotri nous prendrait trop de temps. Nous étions tout proche des dieux mais ils avaient donc décidé de pas nous accepter dans leur sanctuaire. Les cimes de l’Himalaya ne resteraient donc qu'une vision lointaine. Nous étions, certes déçus, mais ce fut sans regret, l'homme avait façonné la montagne pour y faire passer des camions et n' avait laissé que très peu de place pour les marcheurs. Place aux bus, aux jeep, aux camions, nous, nous retournerions vers la capitale indienne. Yann accueillerait sa petite famille, nous nous séparerions et avant de rejoindre à nouveau notre ami et sa famille à Konark en Orissa sur les bord du golfe du Bengale, nous irions à Agra et Jaïpur « faire du tourisme », le Taj Mahal, magnifique, envoutant, le palais des vents de Jaïpur, les palais de Maharadja, les portes du Rajasthan. Un beau souvenir de monuments, au milieu d'un tourisme de masse organisé. Nous y retournerions plus longuement quelques années plus tard.
En attendant, nous désirions Bénares, l'actuelle Varanasi, l'ancienne Kashi, patrie des dieux, où le cours du Gange, bordé de ses ghats toujours débordantes d'une foule de pèlerins, pointe son lit plein nord, vers les cimes de l’Himalaya où Shiva réside. De sa longue chevelure nait le fleuve avant qu'il ne déferle sur des milliers de kilomètres pour enfin se jeter dans le golfe du Bengale. Ville mystique où si l'on y meurt, on peut briser le cycle des réincarnations et rejoindre alors le nirvana. Nous ne voulions pas mourir mais c'est donc là, dans l'une des plus vieilles villes du monde que nous voulions aller, pour retrouver et rester, décidément, toujours près des dieux . Lire l'article original

Bénarès (déc 91)...Et pour l'éternité !
Nous avions échoué dans l’Himalaya indien, dans l'impossibilité de rejoindre le domaine des dieux, mais nous étions persévérants, devenions-nous de plus en plus mystiques ? L'Inde faisait-elle toujours cet effet sur les occidentaux, la visitant la première fois ? Lorsque l'on parlait de celle-ci avec ceux qui y avaient déjà trainer leurs guêtres, ils vous disaient la plupart du temps : « soit vous en devenez accros, et alors une seule chose vous hante, vous tarabuste, y retourner, toujours et toujours, ou bien vous la détestez et alors vous la fuyez pour toujours sans même lui donner une seconde chance de vous séduire, puis vous l’éviterez à tout jamais ; de toute manière, elle ne vous laissera pas indifférente ! ». Vous avez pu comprendre, pour ceux qui auraient lus mes précédents récits de voyages que je faisais parti de la première catégorie de voyageurs. Après moult tours en Inde, si je devais donner « mon palmarès » des lieux qui ne vous laissent en rien indifférent, Bénarès obtiendrait la médaille d'argent, évidemment Varkala au Kérala reste et restera mon record olympique, mais cette ville incroyable qu'est Bénarès est, dès cette première rencontre en décembre 91 , devenue la destination qui serait au centre de tous mes voyages en Inde, une halte toujours programmée, je passerais coute que coute à Varanasi, son nom actuel, du au deux rivières qui l'encadre au nord et au sud, la Varuna et l'Assi...Son nom Sanskrit, très ancien, connu de nombres d'indiens, bien avant le joug colonial britannique qui eux la nommaient donc Bénares, étant Kashi, la lumineuse (traduction Sankrit), centre culturelle et du savoir depuis la nuit des temps, enfin, depuis des temps immémoriaux. À en croire les historiens, Varanasi serait donc la ville la plus ancienne du monde dans sa configuration actuelle et encore en activité telle qu'elle l'était, il y a au moins trois mille ans, selon des témoignages de voyageurs venus de Chine ! Impressionnant, forcément pour un petit occidental tel que moi ?
Nous (mon ex qui ne l'était pas encore et moi-même) nous y rendions donc après notre courte escapade au Rajasthan et arriverions le matin très tôt, par la grande gare de la ville, Varanasi Junction. Une horde de mendiants nous attendait, enfin habitait sur les quais et le hall de la gare mais aussi aux alentours. Le grand nombre de pèlerins décuplait le nombre de « crève-la-faim », c'était toujours difficile à supporter, une culpabilité en soit, une honte, une volonté de ne pas voir, mais nous apprendrions au fil des années que cela était aussi ça, l'Inde ! Les rickshaws, très très nombreux aussi, nous assaillirent, mais nous arrivions à leur imposer notre destination, enfin du moins à un d'entre eux : Sri Venkateshwar lodge, située dans le Chowk tout prêt des ghats principales, Dasashasmeda ghat (le ghat est le nom donné aux marches et quais aménagés descendant de la ville vers le fleuve, il y en a des dizaines, qui ont chacune une activité spécifique liée à un métier) ! Nous traversions alors une ville engourdie par le froid, mais où l’activité humaine ne semblait jamais s’arrêter, même dès quatre heures du matin, mais l'Inde s’arrêtait-elle des fois ? Ce qui nous sauta aux yeux fut la saleté, des détritus partout, jonchant les moindres coins de rue, la surpopulation en étant surement la raison. Après ce bref aperçu matinal, notre taxi-vélo nous déposa devant l’entrée d'une ruelle inaccessible, du moins grâce à un quelconque véhicule quel qu’il soit. Elle s'engouffrait dans le Chowk, vaste bazar, un peu dans le style des médinas arabes. Un panneau annonçait « temple d'Or » et « Mosquée(??) », un endroit partagé entre deux communautés qui pourtant vivaient totalement séparément, dans des quartiers bien distincts dont nous ferons la visite plus tard au cours de nos passages dans la ville. En effet, si la ville de Bénarès était profondément hindou, elle était aussi très musulmane ; les communautés avaient d'ailleurs des activités très différentes. Les hindous avaient les commerces et restaient à la « lumière », faisant du commerce et les musulmans fabriquaient ce que les hindous vendaient ; particulièrement la soie, la ville ayant cette réputation d’être un lieu en Inde où l'on fabriquait les plus belles soieries brodées de fils d'or, les fameux brocards et saris de Varanasi ! La culture du vers à soie, être vivant, ne pouvait être opérée par les hindous, alors les musulmans, convertis il y a des lustres devaient être, lorsqu'ils étaient hindous, des « hors castes » faisant les besognes « impurs » que les hindous de castes supérieurs se refusaient à faire, malgré tout, la tradition perdurait et l'activité autour la culture du ver à soie en faisant partie.
Nous nous engagions donc dans cette ruelle encore endormi et devions contourner vaches et buffles vautrés sur le pavé, devions aussi éviter d'ailleurs, les innombrables bouses de ces ruminants, jonchant le sol. Elles seraient ramassées plus tard, pour la plupart par des femmes et des jeunes filles qui ensuite les faisaient sécher sur un ghat qui leur était dédié ou sur le mur extérieur des maisons ; on en faisait des galettes pour s'en servir comme combustibles pour la cuisine.
Nous arrivions devant la porte magnifiquement sculptée du lodge, ce qui devait annoncer son caractère très ancien. Après de nombreux « toc toc » et tambourinages, on vint nous ouvrir. Nous rentrions alors dans une maison traditionnelle de Bénarès, transformée en chambres d’hôtes. Une sorte de maison à quatre étages avec une cour intérieure, des balcons donnant sur ce puits de lumière. Durant la décennie où nous passerions régulièrement dans la ville, nous retournerions toujours dans cette guest-house, de magnifique architecture et de bonne tenue (Sri Venkateshwar Lodge existe toujours à l'heure actuelle). Un chauffe-eau ne fut installé que quelques années plus tard, dans la douche commune, mais les petits jeunes s'occupant du lodge, sur demande, vous faisaient volontiers chauffer un baquet d'eau pour vos ablutions, ce qui permettait de supporter les matins d'hiver souvent glacials .
Nous nous trouvions donc à quelques pas du ghat principal, celui où les pèlerins affluaient pour leur prière ou pour se confier à des astrologues, ou simplement se faire raser le crane pour les hommes, symbole de se débarrasser d'un certain passé, de certains péchés, tout cela, avant de se plonger dans les eaux sacrées du Gange. Les touristes aussi arrivaient en masse, ceux des tour-opérateurs arrivaient par ce ghat pour le lever ou le coucher de soleil et faire un tour de barque sur les eaux du fleuve. Fourmillant autour d'eux, des dizaines de vendeurs ne lâchaient jamais prises pour leur vendre tout et n'importe quoi : « Souvenirs de Bénarès » ! Pour se rendre sur le ghat, la route principale était bordée, telle une haie d'honneur, de mendiants attendant l’aumône des pèlerins, ils étaient des centaines mais si l'on regardait sur la gauche, une patte d'oie se formait et une petite allée, plutôt discrète, rejoignait alors le même ghat. Ce petit passage était un marché aux légumes. Nous y prendrions nos habitudes, deux petits échoppes de thé, en vendaient un particulièrement délicieux, à la cardamone, alors simplement assis, on assistait au spectacle quotidien des marchands bataillant avec les vaches ou les singes voulant leur chiper de la verdure. La plupart d'entre eux, entre quelques clients et deux coups de bambous pour effrayer ruminants et agiles macaques, s'adonnaient au plaisir du jeu d'Échecs. Je ferais de nombreuses partis avec un homme qui avait la dernière échoppe de thé au bout de l’allée, surplombant le fleuve, il était aussi bateleur et avait la nostalgie de la France. Il avait été « le passeur » du film documentaire de Louis Malle « l'Inde fantôme » (entre nous, extraordinaire vue de l'Inde d'ailleurs, que je vous invite à apprécier si vous le pouvez) . D’année en année, nous passerions la plupart de notre temps sur ce petit marché, nous nous y ferions des amis, des jeunes gens, originaire du Tamil Nadu , Arjun, Harry que nous verrions grandir, se marier puis avoir des enfants et que mon frère et ma belle-sœur lors de leurs voyages récents nous donneraient de leur nouvelles à leur retour. Juste au dessus de ce petit marché, sur le coté d'un ancien palais de maharadjah, tous les matins, nous avions aussi le droit à l'entrainement des lutteurs, personnages surpuissant soulevant des kilos de fontes.
Arjun, assis juste derrière moi improvisé en bateleur (pour la photo surement?) lors d'une promenade en famille sur le Gange. Devant à droite la femme de Harry alors enceinte. Il y a trois ans, mon frère et ma belle-sœur les rencontraient de nouveau, je n'ai jamais perdu contact avec eux ! Au cours de notre premier séjour, nous visiterions les temples, les ghats du nord au sud . Ghat des laveurs (dhobi), des gardiens de buffles, des tanneurs, des faiseurs de galettes de bouse etcétéra... Bien sur le ghat de Manikartika où les crémations traditionnelles, grâce à du bois, avaient lieu. Lieu étrange, serein et sordide en même temps, en activité 24 heures sur 24, où une fois le bois consumé, on poussait les cendres et les restes non brulés (c'était souvent le cas) dans les eaux du fleuve. De l'eau grasse jusqu'aux genoux, de nombreuses gamines et gamins récupéraient or et attributs des défunts et des chiens galeux attendaient leur part du festin, des tortues d'eau s'affairaient à nettoyer le tout. Le fleuve sacré était en fait un vrai dépotoir, les vaches et les jeunes enfants, considérés comme des êtres purs ne passaient pas par la case crémation et étaient immergés lestés d'une grosse pierre tels quels dans les eaux du fleuve. Pourtant on y voyait de nombreux dauphins au long museau, toute sorte de vie animale, on y voyait bien de nombreux pèlerins boire l'eau du fleuve ; le caractère sacré faisait-il que ses eaux étaient aseptisées par les dieux ? J'en doute mais Bénarès était ainsi, magique, envoutante malgré toute cette crasse...Des sadhous, des vieillards restaient dans de petites niches aménagées, le long des palais de maharadjah longeant les ghats, tous ces palais décrépis par les crus du fleuve et le manque d'entretien, alors à leur pied, tous ces anciens attendaient la mort et leur ticket d’entrée pour le nirvana, la ville sacrée leur permettant enfin de briser le cycle des réincarnations.
Si nous rejoignions le centre-ville, la route, plus ou moins parallèle au fleuve était totalement embouteillée du matin au soir, particulièrement par une pléiade de Rickshaw-vélo, se faisant régulièrement lattés par des flics (toujours aussi sympathique, ceux-là) qui avaient le coup de bambous facile. Il était donc impossible de se déplacer correctement dans cette ville. Décidément, elle accumulait les défauts !
Gaudowlia, au bout de la route de Dasashamedha ghats était aussi un endroit privilégié pour rester en béatitude devant le spectacle de la rue. D'ailleurs, sur cette sorte de rond point où un flic tentait de réguler la circulation, un vendeur de lassi (yogourt liquide, ressemblant à du yaourt grec )nous offrait dans sa boutique, une place privilégiée sur ce spectacle dantesque, proche du chaos. Non négligeable, notre vendeur y concoctait le fameux « bang lassi », une boisson plutôt méditative, si vous voyez ce que je veux dire, dont je ne vous ferais pas un dessin.
Je pourrais vous raconter notre passage en 1992, nous étions alors dans la ville lorsque déferla plus d'un million de fanatiques nationalistes hindous se rendant à Ayodya y détruire une mosquée battit il y a plus de cinq cents ans sur les ruines d'un temple hindou qui selon la légende y était battit sur l'endroit où naquit le dieu Rama, Dieu particulièrement vénéré dans le panthéon hindou. En une journée la mosquée fut détruite sous le regard complice de la police restant les bras ballant, le pays plongea alors pendant plus de quatre mois dans la pénombre, il y eu des milliers de morts entre les communautés hindous et musulmanes !
Vous pourrez alors vous demander légitimement : « Mais qu'est-ce qu'il a pu trouver à cette ville, pour y retourner tout le temps ? La description qu'il vient d'en faire, saleté, chaos, mendiants, surpopulation, communautarisme etcétéra... aurait du le faire fuir de cette soi-disant cité lumière ».
Mais je pourrais vous en raconter pendant des lignes et des lignes sur les ruelles immaculées de traces rouges venant des crachats des mâcheurs de bétel, incontournable activité des hommes de Bénarès ; le soir, tous les hommes, toutes conditions sociales confondues se « faisaient l’apéro » au bétel ! On pourrait en dire et en redire sur la vie des ghats et ses habitants ; je pourrais aussi vous parler de Sarnath , dans la banlieue de Bénarès, lieu magique où dans le parc aux cerfs, Siddharta fit son premier prêche et envoya ses cinq disciples à travers toute l'Asie pour répandre la bonne parole du Bouddhisme. Je pourrais vous parler de toutes ces petites boutiques où d’innombrables artisans travaillent du matin au soir, rouleurs de bidis, barbiers, graveurs, joueur et fabricants de tabla, cithare et tampura, la liste serait trop longue, mais cette ville et ses habitants vous donnaient cette impression de sérénité ! Je ne peux pas vraiment l'expliquer, Bénarès est envoutante et attirante à l'infini, c'est une ambiance, un tout qu'il est difficile d'expliquer. Nous l'aimerions tellement que lors de ce premier voyage après notre départ de Konark, prochaine étape de notre voyage, nous nous y arrêterions de nouveau en revenant vers Delhi. Même lorsque nous fûmes à Varkala plus tard dans le sud, on se tapait des 50 voire 72 heures de train (un record ?) pour rejoindre cette cité merveilleuse, la cité des dieux, la ville de Shiva, dont nous ne pouvions réellement plus nous passer.
On quittait donc provisoirement Bénarès lors de ce premier voyage, direction l'Orissa, pour une histoire de train qui nous emmènerait sur les bords du golfe du Bengale. Allait-on laisser les dieux derrière nous , le « virus » Bénarès nous laisserait-il tranquille ? Nous ne le savions pas encore, mais non, on reviendrait à Bénarès mais Konark allait aussi nous étonner ! Les dieux y avaient aussi une résidence secondaire...
Notre petit ticket de train en main, grand comme un ticket de métro où tout était étonnamment écrit dessus : Subha yatra (bon voyage), le numéro de train, la destination, le numéro de siège, le numéro de wagon, un vrai roman écrit sur un morceau de carton de 6 centimètres sur trois...Nous retournions à la gare de Vanarasi Junction pour continuer notre périple vers l'est, toujours au plus proche des dieux...
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Konark ! (déc 91). Le temple du soleil !
Nous quittions donc Bénarès avec la promesse d'y revenir très vite... En attendant, nous voulions rejoindre Konark en Orissa. On allait prendre le train, moyen le plus efficace de se déplacer en Inde pour les longues distances. On prit d'abord un « express », un grand mot, les trains en Inde étant loin d’être des TGV. Nous partirions le soir pour voyager toute la nuit en « second sleeper », couchette assurée avec ambiance garantie ! Nous passerions aux aurores à Lucknow dans le Bihar puis devrions changer de train à Howra Junction aux portes de Calcutta.
La gare de Howra était une vraie cour des miracles, point de chute de hordes de paysans déshérités venant de toutes les régions limitrophes pour tenter leur chance dans la capitale du Bengale. Beaucoup n'iraient jamais plus loin...
Au sein de cette gigantesque gare, on pouvait d'ailleurs y trouver le plus long quai du monde, plus de 900 mètres de long... Vous pouviez tenter un marathon en y faisant 47 fois la distance. Nous, nous devions juste y prendre un train « omnibus » partant vers le sud, vers Bubhaneswar, capitale de l’état de l'Orissa. Non sans appréhension. Nous étions donc obligés d'attendre à Howra Junction, ville gare ou gare ville ? Howra, où un pont de fer tout aussi démesuré, datant de l’époque coloniale britannique, traverse le Gange pour atteindre sa rive nord, pour rejoindre la mégalopole de Calcutta. Des années plus tard, je traverserais ce pont à trois niveaux, un pour les trains, un autre pour les petits véhicules à moteur et le dernier pour les piétons et véhicules lents en tous genres, ce dernier niveau étant entre autre un campement à ciel ouvert, où des familles entières, ayant malgré tout réussit à s'extirper de la gare, n'avaient jamais eu les moyens de rejoindre la capitale, même dans un de ses bidonvilles de tristes réputations. C’était juste un énorme village, tout au long d'un pont, peuplé de pauvres gens !
Nous descendions donc de notre train après une nuit relativement confortable où une fois la cohue de l'embarquement, tout le monde avait trouvé sa place (indiquée sur le petit ticket) tant bien que mal. On arrivait à dormir dans les trains en Inde malgré le confort précaire. À Howra, à peine le temps de pouvoir trouver le quai puis le train partant vers l'Orissa, nous étions assaillis par des hordes de gamins, crasseux, pouilleux, désirant des piécettes ou de quoi manger. Ce fut très oppressant et notre statut d’européen nous rendait mal à l'aise, mais nous continuions et trouvions relativement rapidement notre voie pour partir vers Bubhaneshwar.
Le trajet de jour serait beaucoup plus « ruts », pas de réservation et s’arrêtant dans toutes les gares, la foule était au rendez-vous. Nous réussissions à nous extirper du train malgré le monde et en milieu d’après-midi, nous débarquions au sein de la gare de la capitale de l’état de l'Orissa. Nous n'avions pas encore la pratique des nombreux voyages que nous ferions en Inde, nous le saurions plus tard, toujours prévoir une gare à l'avance (si l'on arrivait à se repérer bien évidemment, ne pas hésiter à demander à vos voisins non plus) pour rejoindre la porte de sortie et descendre ensuite dans la bonne gare. Les couloirs totalement englués de voyageurs au long cours, étudiants, pèlerins, mendiants, fonctionnaires, voleurs, paysans fauchés déménageant de leur campagne avec femmes, enfants et bardas, chanteuses et musiciens, montreurs de serpents et j'en passe, ah ! cela change des trains en Europe ? Eh bien, ces couloirs surchargés permettaient tout de même à de nombreux marchands ambulants de vendre toutes sortes de choses, surtout du thé, des petits encas, des fruits permettant de faire passer ces voyages qui, en Inde duraient des heures et des heures, on finissait même par profiter de gouter les spécialités culinaires des régions traversées ; les voyages ne sont jamais assez long en Inde ! Lors des longs trajets, même dans des postures parfois démantibulées, les gens toujours aussi avenant vous faisaient la conversation, les touristes étrangers voyageant habituellement en première classe, alors voyant des « saïb » au milieu de la populace, ils en profitaient ; les questions fusaient, les interrogations de toutes sortes, à notre sujet, ces étranges « blancs » venus se perdre dans un pays archaïque, ils étaient fiers de voir ces étrangers visiter leur pays et surtout l'apprécier alors qu'eux-même avaient du mal à le supporter, mais eux y vivaient tous les jours, nous, nous n'étions qu’éphémère, juste de passage . Il n’était pas rare non plus, de rencontrer d'autres voyageurs vous invitant chez eux, en dix ans cela nous arriva au moins une fois tous les ans, ou alors simplement vous offrant leurs services pour trouver des correspondances aléatoires dans les gares, aux arrêts de bus, d'ailleurs dans le cas qui nous intéresse, la gare des bus de Bubhaneshwar, pour enfin, rejoindre Konark (ou Konarak) sur la cote, au bord de la mer... Enfin du repos !
Bhubneswar était une petite ville, sans beaucoup de bousculades , ni d'embouteillages, un vrai petit air de province, étonnant pour l'Inde, après nos passages à Delhi, Agra, Jaipur, Bénares, Calcutta ou le gigantisme et le fourmillement humain était de rigueur. On voulut donc chopper un bus pour Konark mais l’après -midi, il n'y en avait plus, on devait prendre la direction de Puri, la Goa de l'Orissa, et trouver une autre correspondance. Depuis longtemps cette ville côtière (Puri, c'est pourri?) était un « spot » pour hippies devenu une destination de « backpackers ». Nous ne voulions pas y aller, alors on descendit du bus au milieu du trajet, à Pipli, ville très colorée par le fait qu'elle avait fait de sa spécialité, de la teinture à dominante rouge sur cotonnade, agrémentée de motifs naïfs. Toutes les rues de la ville en regorgeaient et les boutiques rivalisaient du meilleur décor attractif, une vraie explosion de couleur !
A Pipli, cela devenait de plus en plus compliqué pour les correspondances, très peu de gens parlant anglais, mais en fait on commençait surtout à être fatigué et à saturer de la foule, il était temps que l'on arrive, et puis enfin, on trouva une sorte d'énorme rickshaw collectif, surpeuplé et nous pûmes rejoindre Konark. Nos amis nous attendaient dans un lodge des plus calme, à la sortie du bled...Un guide, se tenant à la sortie du taxi collectif, un dénommé Rupo, qui serait par la suite de tous nos déplacements et visites du fameux temple du soleil puisqu'il en était un guide officiel, nous emmena enfin dans cette petite guest-house coquette et bien tenue. Nous y passerions notre séjour, un bonne dizaine de jours, le temps de traverser l’année 1991 vers 1992. Nous n'avions d'ailleurs pas le choix, puisqu'elle était la seule de l'endroit, nous pouvions enfin nous poser !
Idéalement, étions nous à la sortie de Konark sur la route de la plage, un rickshaw vélo nous emmènerait quotidiennement sur la plage de sable blanc non loin, façonnée par les vagues et les courants puissants de la mer du golfe du Bengale. Nous y passerions nos après-midis, des kilomètres de plage sans un clampin, juste un village de pécheurs nomades y était provisoirement installé. Un petit temple d'Hanuman, le dieu singe et un baba-sadhou, maitre des lieux, finissait de nous rendre l'horizon d'une beauté assez rare et unique. Un vrai plaisir.
Bien-sur, nous étions venus à Konark pour le temple du soleil, réputé entre autres pour ses sculptures érotiques. Les pèlerins indiens y venaient pour y faire des offrandes et « optimiser » leur fertilité. Lorsque Surya Temple fut construit au tout début du second millénaire , l'Inde avait une population décroissante (eh oui, comme quoi les temps changent...) et le roi du moment avait engagé des sculpteurs pour y tailler dans la pierre, des scènes de fornications en tous genres pour stimuler la libido de ses concitoyens. Notre futur guide Rupo nous fit la visite �� colorée et détaillée » du temple et je conseillerai à ceux qui voudrait visiter le fameux Surya Temple, de prendre un guide, le spectacle et la verve de ceux-ci est garantie, et une franche rigolade accompagne les descriptions scabreuses de ces statues. Inoubliable ! Nous verrions que les habitants des villages alentours étaient d'ailleurs très portés sur la chose ! Le roi de l’époque avait donc réussit son coup ! La population de l'Inde allait dépasser celle de la Chine dans les années 2020 ?
En fait, Konark n’était qu'un temple et des boutique l'entourant, le soir, les bus de pèlerins et de touristes étant retourner dans leurs pénates, tous rentraient dans des villages disséminés dans la campagne, seulement accessibles à pied ou en vélo par des sentes traversant des rizières. Un paysage magnifique, un petit air d'ISAN.
Mais nous étions arrivés là, surtout sur les conseils d'un ami de Yann, qui dans les années soixante avait fait une retraite en compagnie d'un baba, Propulo Baba, que nous côtoierons tous les soirs. Avec ses disciples, tous guides au temple nous formerions une sacrée bande de fumeurs de shilum, discussions interminables, méditations et notre Baba, ancien fonctionnaire de police, qui avait laissé sa vie civile depuis des lustres, avait tellement d'histoires à raconter que nous étions fascinés et nos soirées étaient un vrai plaisir. À coté de sa case d'ermite, faite de feuille de cocotier , un petit ashram s’était installé. Oh ! tout simple, rien à voir avec ceux de Rishikesh, non, ce n’était qu'une dalle recouverte d'un toit en branchage, une statue trônait, le dieu soleil bien-sur, surplombant le parterre où des disciples, des locaux venaient y faire de la musique, venaient y célébrer des mariages des naissances, venaient y méditer, ou bien s'adonner au plaisir du yoga, tout cela sous l’égide de ce tout petit homme, homme saint, Propulo Baba.
Yann qui était déjà venu l’année précédente, avait décidé d'y revenir avec sa fille de huit mois pour lui prodiguer un baptême hindous, ce fut une belle fête, où les femmes de nos amis cuisinèrent, où nous fîmes de la musique, où nous fumerions des shilums grands comme des avant-bras...Sa petit fille était d'une blancheur immaculée, et grosse comme un bouddha chinois. Elle fascina tout le monde. Yann et Claire l'avaient appelés Surya, soleil en hindi, un vraie petit soleil, comme le nom du dieu du temple de Konark ; alors préméditations, prémonitions ? Surya a toujours un air lumineux de nos jours !
Nous reviendrons encore deux fois à Konark et elle restera dans mon cœur, forte de cette première rencontre inoubliable.
Notre premier voyage s'achevait donc, il fallait juste rentrer à Delhi, retraverser tout le nord de l'Inde, mais nous ferions « un stop » à Bénarès avant de rejoindre l'Europe. Nous allions revenir en terre française totalement transformés, déboussolés, avec une seule envie, revenir en Inde et découvrir le reste du pays. Nous y reviendrons dix années de suite, la traversant en long et en large, y faisant plusieurs fois le tour de ce pays continent qui serait pour toujours pour moi "Mother India".
S’achève donc cette série d'articles sur ce que fut cette découverte de l'Inde, ce qui m'aura permis de vouloir aller plus loin, visiter d'autres pays en Asie, pour avoir atterri depuis plus de dix ans en ISAN, au nord est de la Thaïlande. Un cheminement de plus de vingt ans, mais qui avait donc sa source en Inde, comme une nouvelle naissance vers une nouvelle vie. Après une première vie française, Mother India m'aurait vu grandir, Mother India m'aurait accompagné dans une enfance asiatique et depuis que je traine mon éternelle adolescence en ISAN, jamais elle ne m'a abandonné. Aujourd'hui, adulte ? Pas encore. Je revenais et reviendrai régulièrement en Inde, je lui ai fait et je lui ferai souvent des appels comme elle me fait régulièrement des signes même si l'ISAN est désormais, ma plaine de jeux, pour les années à venir...Mais ceci, toujours sous son regard protecteur, toujours auprès des dieux !
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Je vous ai donc présenté "Mon Inde à moi" comme je l'avais ressentie lors de ce premier voyage. Je rajouterai quatre articles à propos de Varkala, petite bourgade du sud de l'Inde située au sud du Kérala. Tombé sous le charme lors de mon deuxième voyage, je retournerai pour aller m'y installer pendant une petite dizaine d'années, construisant une maison et partageant tous mes hivers, à l'époque, lorsqu'elle n'était pas encore devenue une station balnéaire très prisée des "backpakers" et des indiens branchés...
En attendant voici le lien vers cette série d'articles.

Varkala, Kérala, South India.(4)
Il y a des lieux dans le monde qui ne laissent pas indifférents, et Varkala en fait parti !
J'aurais pu en parler dans ma rubrique "Divagations indiennes" mais Varkala, ou petite baie charmante donnant sur la mer d'Oman, mérite que l'on y consacre plusieurs articles. Par hasard, je m'y suis arrêté lors d'un voyage en 1992, puis j'y ai passé presque 10 hivers consécutifs ! Les gens que j'ai pu y rencontrer, vous donnent de l'inspiration ! Des amitiés exceptionnelles s'y sont construites, de l'amour, ce petit bout de pays, en regorge et mon voyage récent en Octobre 2011 après presque dix ans d'absence va me permettre de vous présenter un autre petit paradis, différent de l'ISAN certes, mais tout aussi authentique !
Varkala, un p'tit coin de paradis? (première partie)
Il y a une semaine, je suis retourné à Varkala après dix ans d’absence mais ma première rencontre avec ce lieu si particulier se passa durant l'hiver 1992 , lors de mon deuxième voyage en Inde.
Pour la première fois, nous avions (avec ma compagne de l’époque) repris les trajets de notre première déambulation indienne, c'est à dire le Nepal puis le bassin du Gange mais une fois à Bhubaneshwar, nous avions tracés vers le sud, jusqu'à Kanyakhumari (ancien Cap Cormorin) puis remontant la cote ouest, arrivés à Trivandrum (Thiruvanantapuram), capitale de l'état du Kérala, nous cherchions une plage. La cote de l'ancien Malabar en était truffée ! Fallait-il en trouver une , digne de ce nom ?
Lors d’arrêt sur la cote est de l'Inde, ses plages magnifiques étaient bien là, mais elle servait comme beaucoup de plage du sous-continent, de toilette publique. Nager au milieu des étrons, n'est pas forcément idyllique ! L'indien, lui cherche de l'eau pour ses soulagements matinaux, et la mer, donc la plage, est un endroit rêvé. La sensation de se « libérer » avec vue magnifique sur le golfe du Bengale au moment du lever du soleil, quoi de plus beau ? Nous, nous cherchions donc une plage où l'on pourrait se baigner et pourquoi pas buller, se reposer de trois mois de voyage intense !
Nous avions un guide de voyages comme tout bon routard et le « Lonely Planet »était la référence du vrai baroudeur. On n’échappe pas au cliché ! A l’époque, la version française n'existait pas encore et avec notre pavé (il faut le dire, pour voyager léger le « Lonely » n'est pas l’idéal) sous le bras, nous remarquions un entrefilet dans les lieux à voir, proche de Trivandrum :
Varkala ! En deux lignes, ils disaient que c’était le seul endroit de l'Inde où l'on trouvait un centre de cure dépendant du gouvernement, des sources d'eau thermale tombant des falaises sur la plage, plage d'ailleurs appartenant au temple (peut-être l'indien ne s'en servirait-il pas de toilette, nous verrions), par contre aucun hôtel ni guest-house n’étaient recensés !
A la gare des bus de Trivandrum, dans un bordel pas possible, comme toujours en Inde, nous trouvions un bus de l’état du Kérala qui faisait la ligne jusqu'à cette plage. Ils nous l’affirmèrent. Nous montions dans ce bus couleur rouge/sable et longions la cote escarpée de la mer d'Oman jusqu'au temple de Varkala, le temple de Swami Janardhana...On était un dimanche, je me souviens et les bus n’étaient pas encombrés d’écoliers. Après deux heures de trajet, nous arrivions dans la ville proprement dite de Varkala, le temple et la plage étant trois kilomètres en aval de la ville. Nous n’étions alors plus que tous les deux dans le bus. Pas de pèlerins ni personne pour se rendre à la mer. Il faut dire qu'il était déjà presque cinq heures de l’après-midi, le pèlerin voyageant vers sa Punja se matérialisant plutôt vers cinq heures du matin !
Nous descendions du bus sous l'injonction du chauffeur : fin de parcours !
Il n'y avait quasiment personne. Personne pour nous solliciter pour un hôtel (normal, il n'y en avait pas) ou même un rickshaw walla (Conducteur de petit taxi à trois roues, style Tuk Tuk thaï, en Inde la plupart de couleur noire et jaune) pour nous proposer de nous rendre dans un lieu de notre choix ou de son choix (comme souvent en Inde)...Un petit resto faisait le coin et les gens y prenaient le thé en grignotant des sortes de beignets de bananes. On entra avec nos gros sacs (décidément), s'asseyant, nous prenions alors la place de quatre, voire six indiens lambda. On ressortit alors et posions nos sacs dehors, ce qui parut être apprécié et considéré comme un geste civilisé. Nous buvions notre thé et demandions au patron/caissier où se trouvait la plage. Il s'extirpa de son poste de vigie et nous indiqua une petite route en terre et nous dit dans un anglais plus que correct que la plage était à un peu moins de un kilomètre.
Nous prenions notre bardas et marchions à l'ombre de gigantesques cocotiers (Kerala veut dire « le pays des cocotiers »). Nous croisions que très peu de monde. Étonnant pour l'Inde. Sur la gauche, en hauteur, nous passions le temple, ce qui devait être celui de Swami Janardhana, à droite un grand bassin pour les ablutions qui devait dépendre du temple. On avançait toujours au milieu de cet havre de paix, nous remarquions des rizières tombant de la colline vers ce qui commençait à sentir la mer. C’était magnifique, calme, seulement quelques explosions de pétards venant du temple nous indiquait qu'il y avait une Punja (prières rituelles). Une brise légère nous signala que l'on arrivait au bord de la mer. Le soleil se couchait à l'horizon, une orange gigantesque suspendue au dessus de la mer d'Oman ! Un muret en pierre montra l’entrée de la plage. Un ruisselet s’écoulait dans le prolongement de la plage surgissant de derrière les rizières pour se jeter dans la mer ! Magnifique.
Une marchande de cacahouètes nous offrit son sourire et dans un cornet de papier journal , elle nous en vendit pour une roupie de cacahouètes encore tièdes. Nous laissions nos sacs près de sa charrette et nous nous aventurions sur la plage. De chaque coté, de hautes falaises rouge-ocre se dressaient à presque 40 mètres de hauteur. Le ru se jetait enfin dans la mer et nous le traversions. Personne ne déambulait sur le sable, à part quelques enfants endimanchés s'amusant dans les vagues puissantes de l'océan indien, surveillés par des mamans vêtues de superbes Sari (pièce de tissu de 7 mètres environ dont les femmes indiennes aiment s'enrouler) . Nous retournions sur nos pas et remarquions alors la remontée de la rizière, encombrée de cocotiers en pagaille, engoncés de part et d'autres de ces majestueux remparts couleur ocre, parsemés de yuccas et autres essences d'un vert étincelant, faisant face à la mer fracassant son écume bouillonnante à ses pieds ! Le soleil disparaissait petit à petit vers la péninsule arabique et donnait au ciel des teintes violacées entremêlées de nuages d'altitude d'une couleur presque rouge sang !
« Putain, qu'c'était beau ». Était-ce là, le paradis sur terre ?
Presque trois mois que nous étions dans la cohue indienne et là, nous étions presque seule face à l'immensité du panorama. L’idée de s'installer sous un cocotier pour la nuit nous vint à l'esprit mais ce n’était pas franchement quelque chose à faire, une noix de coco est si vite tombée de l'arbre. Le rêve se serait alors évanoui !
Nous rebroussions chemin dans le crépuscule et en haut des trois marches de l’accès à la plage, près de la charrette de la vendeuse de cacahouètes, un jeune ado se tenait là, semblant nous guetter. Il nous fit un sourire et nous posa les questions rituelles auxquelles chaque voyageur doit se plier continuellement lors de son périple indien :
"what is your country ? What is your name ? What job ? " Etcétéra... Puis il nous demanda si nous cherchions un endroit pour dormir ! Harry (comme il aimât se faire appeler plus tard) nous dit que son oncle avait une maison à cinquante mètre de là, qu'il y vivait avec sa grand-mère et qu'il avait une chambre de libre ! Nous remontions vers sa maison toute proche et nous découvrions une belle maison traditionnelle kéralaise à toit en tuiles . Quelques marches pour y accéder, un puits sur la droite marquait l'entrée de la cour intérieure où une vieille femme était assise à mâcher son bétel (noix d'arec mélangée avec du tabac noir entourée d'une feuille de bétel badigeonnée de chaux. Coupe faim parfois hallucinogène, particulièrement amer, appréciés des indiens comme par les gens d'ISAN d'ailleurs). Nous lui prodiguions un Namasté (plus tard nous apprendrions qu'au sud , on doit dire « Namaskaram » accompagné du rituelle « mains jointes vers le haut sur la poitrine » tel le Waï en Thaïlande. Harry, notre hôte, nous montra une petite chambre , une petite pièce faisant office de salle de bain près du puits, nous dit aussi qu'il pouvait nous faire le petit déjeuner tous les matins, si nous le désirions...Tout était rudimentaire, la gentillesse respirait, une certaine sagesse transpirait de ces deux personnages et cela nous plût tout de suite et plus que tout.
C'était donc là ? Le Paradis, juste là, époustouflant !
Harry nous dit qu'il nous trouverait un lit pour le lendemain, en attendant nous devions nous contenter d'une natte. Nous acceptâmes sa proposition, je ne sais plus pour quelle somme d'argent mais cela était dérisoire et le paradis n'a pas de prix, non ?
Je me sentais bien...Je venais de mettre un pied dans un lieu que je ne croyais pas pouvoir exister ! Mon âme était ensorcelée... Définitivement !
Varkala serait alors dix ans d'une passion intense, puis de déchirement, puis d'une absence trop longue enfin contrarié depuis le mois dernier, mais la passion, l'amour du lieu et des gens ne sont toujours pas effacés et je ne pense pas que cela passera, d'ailleurs pourquoi cela devrait-il arriver ?
Un p'tit coin de paradis niché au fond de son cœur reste indélébile !
Fin de la première partie... Lire l'article original

Varkala, une rencontre, un regard ! (deuxième partie)
Au petit matin, ce jour de décembre 1992, nous nous sommes réveillés avec une délicieuse humeur venue de la mer. Notre petite maison en était vraiment proche. La maisonnée était déjà debout, la grand-mère confectionnait son stock de bétel pour la journée. Le long de la route rejoignant la plage, il y avait du chalands, des femmes essentiellement, toutes de blanc vêtus, nous le saurons au fil des années, c’étaient des veuves qui les jours de pleines lunes venaient au temple pour rendre hommage à leur défunt mari. Elle venait sur la plage de Varkala pour son caractère sacré ; la connexion avec le soleil et la lune (les jours de pleine lune, le coucher de lune coïncidait avec le lever du soleil, énergie est-ouest, la plage plein axe sud-nord. Toutes ces polarités donnaient à la plage du temple le jouxtant (le temple de Janardhana, on l'apprendrait plus tard , était déjà au même endroit, il y a plus de 2000 ans!) sa puissance mystique. Toutes ces femmes nous entrainèrent vers la plage. Harry, notre hôte, nous dit que le petit déjeuner serait prêt lors de notre retour de notre balade. A l’entrée de la plage de sable d'une étrange combinaison de couleur blanche rouge et noire, de nombreux Brahmanes (prêtre indou de la haute caste) officiaient des punjas. Les veuves attendaient sagement leur tour. Nous traversions le ru et là, un éléphant prenait son bain. Saraswati l’éléphante (plus tard elle serait notre voisine) du temple comme chaque temple du Kérala en « possède » un ou une ! Nous avancions sur la plage sous les grandes falaises. Nous allions vers le fond de la baie. Des pêcheurs (des musulmans, Varkala est peuplé des trois communautés monothéistes qui vivent en harmonie, il faut le signaler) réparaient leurs filets ou pour certains s’apprêtaient à assembler les trois troncs de Balsa formant leur embarcation pour partir en mer, une pêche de poissons côtiers, crustacés et de mollusques. Plus loin, nous découvrions les sources tombant en cascade sur la plage. De nombreux hommes se lavaient , remplissaient aussi des bouteilles de cette eau sortie de la roche , d'ailleurs nous ne boiront que de cette eau minérale pendant toutes les années où nous sommes resteés à Varkala. Pourquoi s'en priver ? minérale et dotée de facultés thérapeutiques, lesquelles, je ne l'ai jamais vraiment su mais une chose est sur , elle est toujours très bonnes à boire, et ne nous ne sommes jamais tombés malades! La mer était d'huile le matin, l'envie de se baigner et nager étant plus forte, on se jeta à l'eau. Devant la plage, une sorte de petit bras de mer avec très peu de profondeur longeait la plage, puis à trente mètres, une cassure, une barrière, avec, nous le verrions au fil du temps, suivant les époques, des rouleaux plus ou moins énormes s'écrasant au sol ! L'eau était bonne et l'envie de jouer dans la vague fut plus forte. Je pris quelques claques, le flux m’écrasant sur le sable. Nous étions seules dans l'eau et de surcroit j’étais vraiment seul dans la vague, ma compagne n’étant pas la sœur de « l'homme de l’Atlantide ». Le bonheur ! Les indiens qui se lavaient me prirent pour un « fada » et quelques uns me prièrent de revenir. Je le fis, pour une première rencontre, il était mieux d’écouter les avis des locaux qui se lavaient sous la cascade le matin , ce fut aussi un bon moyen de faire connaissance. Lorsque nous nous installerions tous les hivers, nous nagerions alors avec les mêmes qui se risqueraient petit à petit à braver la vague. Après cette toute première baignade, je décidais d'aller à la source, au milieu de ces hommes robustes comme le sont les kéralais, et tout de suite, les « mecs » me firent une place et même, me passèrent du savon ; le lien était fait ! Ils me posèrent des questions et tout de suite je sentais que j’étais le bienvenu. Ma compagne aurait bien aimé participer mais en Inde en 1992 et encore aujourd'hui certaines choses permises aux hommes ne le sont pas pour les femmes (l'Inde n'est pas exception, n'est-ce pas mesdames ?).
Propres et détendus, nous revinrent et la chaleur pesait déjà son poids, le soleil commençait à apparaître au dessus des cocotiers. A la maison , Harry nous accueillit et nous installa sur une natte et nous servit un « PUTU » (bambou cake) sorte de gâteau cuit à la vapeur dans un cylindre où à sa base il y a un petit réservoir d'eau, on le pose sur le feu à la verticale. Dans ce tube on mélange de la farine complète, de la noix de coco râpée et un peu de farine de lentilles. Un fois cuit, on le démoule et dessus, on le badigeonne de miel ou de sucre (on peut le manger aussi avec « du salé », curry etc...). Puis avec de délicieuses petites bananes bien mures, on écrase le toute de sa main (la droite c'est mieux) et franchement, c'est peut-être bourratif mais extrêmement agréable, plein d’énergie et en pleine osmose avec le paysage, les psalmodies des punjas et l'air ambiant. Une fois terminés, nous remarquions une femme, tirant de l'eau du puits ! A ses cotés, deux enfants, une petite fille toute menu et un petit garçon apparemment ne sachant pas marcher ! Ils nous observaient de leurs grands yeux noirs. Les trois nous souriaientVarkala, une rencontre, un regard ! (deuxième partie) et nous n'avions qu'à leur rendre ce sourire radieux. Harry s’occupait de sa grand-mère et l'installait sur le minuscule parvis de la petit maison jouxtant notre petite chambre . La cour était fraichement balayée, le balai de nervures de feuilles de cocotiers sèches laissant des traces de propres sur la terre battue. Nous étions bien et ces regards, ces sourires, feraient que nous resterions plus de un mois dans cet havre de paix...Nous y reviendrions d'ailleurs Varkala, une rencontre, un regard ! (deuxième partie)pendant plus de dix saisons hivernales, nous y construirions une maison, y aurions beaucoup d’amitiés et de joies, y construirions une famille recomposée ; nous ne le savions pas encore mais le regard de cette petite fille, la timidité et la maladresse infantile de son petit frère et le sourire de leur mère y seraient pour beaucoup.
Suite au prochain numéro...
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Varkala, une tranche de vie ! (troisième partie)
Préambule :
J'aurais pu continuer à écrire des dizaines d'articles sur mes 10 années passées à Varkala, puis sur les raisons de mes dix années d'absence puis finir de disserter sur mon voyage récent au Kérala, mais cela aurait été long et fastidieux alors j'ai préféré commencer à essayer d’écrire un roman autobiographique sur cette passion, jamais oubliée, enfouie, cachée au fond de mon être qui a ressurgit lors de ce retour au source, lors de ce dernier voyage à Varkala le mois dernier ! (Lorsque je dis « écrire un roman », je n'ai pas la prétention de savoir écrire, mais c'est en forgeant que l'on devient forgeron ? Comme le disait mon grand-père ou...) Avant d'en arriver à la conclusion de cette série d'article sur Varkala (dans le prochain article, "Varkala , 20 ans plus tard !"), je vais résumer en quelques lignes le pourquoi du comment de cette passion qu'est devenue ce petit bout de terre pour moi. Je n'ai hélas que très peu de photos de l’époque, ma compagne du moment ayant tout gardé, après notre séparation rocambolesque ! Voici dix années de vie en un peu plus de dix lignes ! Au paradis ?
En cet hiver 1992, nous restions donc plus d' un mois au sein de la maison de Harry. Nous rencontrions que très peu d’étrangers, les guides de voyages n'ayant pas jeté leur dévolu sur la plage de Varkala. Je me rappelle du nouvel an où nous étions une dizaine de « saïbs » (le farang en Inde) à fêter la nouvelle année. Seul un suisse allemand, berger dans ses montagnes en été, venait ici depuis de nombreuses années L'entrée de la plage (il se mariera avec une fille du cru quelques années plus tard). Il devait déjà penser que cette petite dizaine de «touristes» était plus que suffisant. « la Cliff », c'est à dire le haut de la falaise vers le sud était vierge de toute construction, les habitants de Varkala estimant que l'endroit était maléfique et dangereux lorsque la mousson du début du mois de juin déferlait sur cet endroit maudit. Seuls, de pauvres récupérateurs d'ordures ménagères recyclables y habitaient dans des cahutes faites de feuilles de cocotiers tressées !
Ce premier hiver près de la plage et à proximité du ru descendant des rizières, les propriétaires du restaurant de la jonction de Janardhanapuram dit « Alta La Mut ») où nous avions pris notre premier thé, avaient commencé à faire tourner « un tea stall » fait lui aussi de palmes de coco, vendant quelques friandises et encas, cet endroit devint alors très naturellement le rendez vous des « backpackers » (voyageurs en sac à dos) !
En haut de la rizière, à l'opposé de la gargote à thé, avait aussi débuté depuis trois ans la construction d'un hôtel de luxe de la chaine « TAJ », qui se terminera quatre ans plus tard. Cela donna du travail à beaucoup de petites gens de la région, la plupart de la caste des « kuravan » (littéralement plus petit que petit). La petite famille que nous venions de rencontrer Sarojini la mère, Lathika et Vinu ses enfants en font encore partis (tel un tatouage, l'appartenance à une caste est indéfectible en Inde) ! Chez Harry, le travail de la petite famille se bornait à un rôle de « serviteurs ». Les petites castes se bornaient donc aux travaux du bâtiments ou de domestiques !
On allait, cette première année, être inviter une fois dans leur famille, où sur un bout de terrain près du bassin « des indigents », cette étendue d'eau anciennement réservée aux hors caste près de leur habitacle loin des castes privilégiées habitant eux près du temple où le grand bassin était de leur usage exclusif , ils vivaient a plus de trente en comptant les enfants. Harry nous fit aussi rencontrer nombreux de ses amis, des jeunes assoiffés de rencontres occidentales. Ils devinrent tous nos amis au fil des ans, Manikutam, Sham, Vijay et j'en passe... Avant notre départ en ce début d’année 1993, nous passions déjà beaucoup de temps avec « notre petite famille ». Lathika apprit très très vite à baragouiner l'anglais, Vinu plus petit et qui s’avérera plus réservé par la suite, mettrait plus longtemps à le parler ; il fut toujours plus proche de sa mère Sarojini qui par contre encore aujourd'hui ne pratique que quelques mots de la langue de Shakespeare. Les deux petits n'allaient pas à l’école (surtout Lathika, Vinu était encore trop petit) et nous proposions à la mère de lui payer les frais de scolarité, même si l’école était gratuite , les frais annexes (uniformes, cahiers etcétéra.) étaient trop élevés pour cette pauvre femme sans mari, et dans la société indienne , une femme avec des enfants sans mari, je ne vous fait pas de dessin, pas question d'aides ni de solidarité compassionnelle. Il n'avait vraiment rien et nous le constaterions en allant à Perrilkullam , en haut du temple, à l’écart des gens de castes ou se situait de leur maison. Ainsi de suite, nous reviendrons d’année en année dans ce petit coin qui sembla être « notre paradis » qui devint aussi sur la « cliff », très très vite dans le prolongement de l’hôtel Taj l'endroit où les « voyageurs » feraient une halte paisible au bord de cette plage magnifique. Deux ans plus tard, le routard et le Lonely, guides de voyages, répertorièrent Varkala et le défilé des sacs à dos a pu commencer. Les constructions se développèrent d’année en année. Nous nous restions près du temple au milieu des « locaux »pas très loin de la « famille ». D'abord chez Vijay, nous resterions trois ans et après Varkala, une tranche de vie ! (troisième partie)nous ferions construire une maison à 50 mètres du temple entre la falaise nord et l’entrée sud du temple. Ce ne fut pas de tout repos de la construire, mais nous apprendrions à mieux connaître les gens et certaines de leurs coutumes. Nous y habiterions avec Sarojini, Vinu et Lathika. Ils y resteraient toute l’année, non sans difficulté, les abords du temple étant réservés aux castes les plus élevées. On venait de chambouler un ordre établie que la constitution indienne avait pourtant abolit dès 1947...Dans les textes seulement ! Les hivers furent délicieux, malheureux par moment mais très rarement ! Nous nous fîmes de vrai amis, le tourisme augmentait d’année en année mais cela donnait du boulot. Restaurant pour les plus aguerris, travaux du bâtiments pour les gens comme les oncles et tantes de Lathika.
Lathika et Vinu grandissait, allaient à l’école, le soir, je leur donnais des leçons d'anglais, de géographie et même de français. Nous partions en excursion chaque hiver, vers Munnar, Cochin, Madurai, Changanacherry et j'en passe. Tout le monde nous connaissait et nous appréciaient autant dans le milieu chic de la ville (avocat, entrepreneur, police) que chez les jeunes, occupés désormais à travailler avec les touristes ; les gens de Perrilkulam furent les plus proches de nous...Nous irions loin, peut-être trop loin... Puis un voyage en Thaïlande avec un certain Alex (sa femme suisse ne voulait pas y aller, alors il m'a proposé le billet gratis pour y aller voir son ex beau frère qui y résidait, pourquoi refuser un tel cadeau ?) révéla à notre retour la fin de la complicité que l'on avait ma compagne et moi ! Je la retrouvais habillée en SARI, marquée du syndrome indien, entichée d'un beau kéralais. La maison fut un problème, moi je restais avec la famille, la jalousie, et tout le toutim prirent le relais et je pense que nos amis ont alors vu la face cachée de l’européen , face cachée qu'ils pensaient ne pas nous habiter...
Varkala, une tranche de vie ! (troisième partie)Durant ces dix années , je fus le premier étranger à être accepter dans l'enceinte même du temple de Janardhana et pouvoir participer à une punja rituelle; je m'en irais avec mes jeunes amis au pèlerinage du dieu Ayyapa, traversant la jungle et alors faire parti des millions d'hommes se rendant sur cette colline sacrée ; impressionnant! Je fus aussi le premier “Saib” qui aurait pu inaugurer la prison, comme étranger, du poste de police de Varkala !
Le soir du nouvel an 98, le chef de la police , totalement saoul, s'en pris à Lathika alors que nous traversions devant l’entrée de la plage, la traitant de petite pute fricotant avec les étrangers, putain merde (excusez-moi) ! Elle n'avait que 12 ans ! La bousculant, l'agrippant par les cheveux, je voulu la protéger et je le poussais à mon tour, il tomba à terre et je pus voir déferler sur moi les flics présents, armés de grands bambous...Leur chef les arrêta avant la bastonnade mais il avait perdu la face ! Le lendemain à 5H 40, je devais partir, c’était prévu, à Delhi, chercher mon ami Yann, ce qui fut interprété par le chef de la police comme une fuite. Le « circle inspector », lors de mon retour une quinzaine de jour plus tard, avait préparé sa vengeance. Ma compagne parti avec son belle indien, lui aussi marié, me convoqua et me dit que j’étais responsable de ma femme et que l'abandon de foyer de l'indien était donc de ma responsabilité, j'en croyais pas mes yeux. A peine deux heures dans la maison que je fus emmené au poste, interrogatoire etc...Mon ami Yann fit le pied de grue toute la journée devant les locaux de la police de Varkala, avec le numéro du consulat français en poche, en cas d'emprisonnement. Heureusement, mes relations, Vijayan Naïr, leader politique du district et VijayKumar , avocat, ne me laissèrent pas tomber. Le chef de la police, violant et alcoolique, de surcroit natif d'une région éloignée de Varkala, n’était pas aimé des gens de Varkala et depuis une année, les citoyens protestaient par des pétitions et des manifestations, affichant leur désir de le voir partir. La famille, Sarojini, Lathika et Vinu, furent convoques tard le soir, emmener par une jeep de la police à la vue de tous, une honte pour eux, pour répondre des relations que je pouvais avoir avec ma fille, mon ex compagne avait fait courir le bruit , par jalousie, de Varkala, une tranche de vie ! (troisième partie)notre complicité trop importante, a son goût, à entre Lathika et moi , je vous laisse interpréter cela. Il jouait sa dernière carte, le flic ! Les pleurs de la famille , le refus l'inspecteur de me recevoir, je voulais avoir une confrontation directe avec lui, voire m'excuser de l'avoir poussé. L'interrogatoire et le procès verbal fut fait par un ami policier qui me laissa partir pour passer une dernière nuit dans la maison de Varkala, j'avais éviter la cellule, puis le même ami flic vint me voir dans la nuit, on partagea un fiole de mauvais rhum avec Yann, entourés de Lathika et Sarojini, totalement apeurés, Vinu dormait. A l'aube, dans une tristesse infinie, épuisés, l'ami flic me dit de partir le plus tôt possible, le chef de la police trouverait probablement un kilo de Ganja dans ma maison le lendemain, je prendrais alors dix ans de taule minimum...Putain, en une nuit parce que j'avais fait perdre la face au chef de la police, parce que mon ex compagne ne voulait pas assumer sa nouvelle relation, je devenais personne non gratta de Varkala. Je partis avec Yann au petit matin avec le taxi de Prépagavan à Kovalam, une plage près de Trivandrum, déjà très touristique, en fait un avant goût de ce qu'allait devenir Varkala ! Harry ne me laissa pas tomber et son oncle qui travaillait au sein des services secrets indiens, au service « des grandes oreilles » connaissait le grand chef de la police du Kérala et ...Le chef inspecteur fut muté à peine une semaine plus tard...Mon ex interdite momentanément de revenir à Varkala. Je fus reçu par le chef de la police du Kérala en compagnie de l'oncle de Harry, descendu exprès de Bombay, qui me l'annonça de vive voie. Il posa une condition, que j’emmène une bouteille de Black Label ...On est pas grand chose. Je revins alors passer les trois dernier jour dans notre maison au bord de la falaise, Lathika Vilasam...Je revins par la suite deux fois en coup de vent, l’année suivante où je léguais mes parts de la maison à la famille puis en 2002, mais quelque chose était brisé, par la suite les frasques de mon ex finirent de convaincre les plus sceptiques que nous étions, les étrangers, de drôles de gens pas très fréquentables.
Le paradis peut devenir très vite un enfer et je n'ai qu'effleuré l'histoire...
Varkala, une tranche de vie ! (troisième partie)Aujourd'hui, je reviens de Varkala, j'y étais le mois dernier et je peux vous assurer que tous mes amis sont encore mes amis et que le regard de Vinu, Lathika et Sarojini n'ont pas changé. Il y a de l'amour, du désir de continuer « notre histoire indéfectible ». Habitant en ISAN désormais, superbe endroit, vert étincelant, côtoyant également de vrais gens, je suis tout de même toujours sur mes gardes ! Nous sommes toujours très très près dans la distance avec la famille, même si nous voyons que trop rarement mais nous n'avons jamais été séparés dans notre cœur ! Si une certaine appréhension, un genre de triste tropique m'avait freiné à remettre les pieds à Varkala depuis dix ans, le développement des communication ne nous ont jamais séparé ! Merci Nokia ! Nous devons être à nouveau réunis plus souvent !
Varkala, un petit paradis, oui, au fond de soi, dans le creux de sa main pour celui qui cherche, au fond de son cœur pour celui qui le veut et qui sait donner, il n'est pas forcement au bord d'une plage de sable blanc bordée de cocotiers, mais si on vous propose les deux ensembles alors n’hésitez pas, courrez , c'est si rare !
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Varkala, vingt ans plus tard !
À l'approche de l’aéroport international de Bangkok, à la bourre comme d'habitude, survolant par les voies express, les prémices de l'inondation qui guettait la capitale Thaïlandaise, dans le taxi du beau-frère, j'allais laisser ma petite famille d'ISAN pour m'immerger vers un passé jamais oublié.
Je partais pour le Kérala, pour Varkala, après dix ans d’absence, retrouver un lieu, des gens, une famille qui m'avaient tellement donnés de bonheur à l'aube de l'an deux mille ! J'avais une petite appréhension. Normal, je me disais !
J'enregistrais avec la Srilankan Airlines, compagnie d'aviation qui m'emmenait pour la première fois douze ans plus tôt vers la Thaïlande et l'ISAN. L'accueil était toujours aussi charmant et chaleureux. À Colombo, capitale de l'ancien Ceylan, je retrouvais le même aéroport, où durant la nuit du nouvel an deux mille, je fêtais ce passage vers le nouveau millénaire en compagnie d'un japonais et du seul barman du seul bistrot ouvert pour la circonstance. Nous étions trois dans l’aéroport, le monde ayant fuit l'endroit par peur du fameux « one two key », un nouvel an inoubliable !
Le transit vers L'inde se passa comme toujours dans un hôtel de luxe sur la cote, à Négombo puis réveillé à quatre-cinq heures du matin sans avoir pu fermer l’œil d'ailleurs, j'embarquais pour Trivandrum. Je me retrouvais seul dans la salle Varkala, vingt ans plus tard! (fin)d'avant-vol entouré de kéralais, tout de suite, comme ressurgit d'un passé jamais oublié, j’écoutais ces hommes revenant de leur dur labeur dans les pays du golf persique. Leur hochement de tête de gauche à droite, pour dire OUI à un ami lors d'une conversation, m'imprégnait d'un léger frisson, j’étais très près de « Mother India ». Ils parlaient en malayalam et je retrouvais les mots que je n'avais plus utilisés depuis si longtemps. Le vol fut rapide, les gars revenait au pays et je crois bien qu'ils avaient le même état d'esprit que moi : Une joie infinie, accompagnée d'une peur sourde. Qu'allait on retrouver en revenant, là, après tant d’années d'absence ?
Nous débarquions dans le nouveau terminal flambant neuf de Trivandrum. Seul européen, je passais plus vite tous les contrôles, je tentais d’apercevoir Lathika peut-être Vinu venus me chercher comme convenu. J'avais oublier que les gens venus chercher leurs amis ou familles ne pouvaient rentrer dans l'enceinte de l’aéroport. Les vitres fumées empêchant de voir vers l’extérieur. Lorsque les portes coulissantes s'ouvrirent, la chaleur humide m'assaillait. Comme auparavant des centaines de personnes vêtus de leurs plus beaux habits pour accueillir « leur revenant » me dévisagèrent sans un bruit. Le calme était de mise. L'angoisse de retrouver des personnes que l'on avait pas vu depuis si longtemps se faisait sentir. Un sorte de zone de « no man's land » où tout le monde s'observe et puis jaillissant de derrière cette foule, Lathika me fit de grand signe, je contournais la masse de personne et nous nous retrouvions l'un en face de l'autre. Nous n’eûmes pas d'effusion comme cela arrive en occident mais comme en ISAN, ici, on est pudique dans les retrouvailles. Nos cœurs battaient fort. Derrière elle, un grand jeune homme me regardait avec ce même regard que lorsqu’il était enfant, toujours réservé, c’était Vinu... À ses cotés, deux enfants souriant et se tortillant de timidité...Les enfants de Lathika. On avança vers le taxi, je pensais alors à la bonne vieille Ambassador, mais ce fut un taxi Toyota, eh oui, aussi ici ! Le chauffeur me gratifia d'un grand sourire et je reconnu Ajain, une belle moustache, un homme , je l'avais laissé tout jeune adolescent prépubère. On grimpa dans le taxi et petit à petit, nous échangeâmes quelques banalités. Comment ça va ? Tu as bien changé ? Etcétéra.
Sortie de l'enceinte de l’aéroport, l'air conditionné du taxi me parut inapproprié. J'ouvrais les fenêtres, je voulais humer, écouter le brouhaha des routes indiennes, regarder les gens, les maisons... Je voulais sentir toutes les sensations et tout de suite, cela faisait si longtemps. Je ne trouvais pas trop de différence avec la dernière fois de mon passage par cette route remontant vers le nord du Kérala. Des klaxons comme avant, mais c’était encore plus fort. Il y avait deux, trois fois, je ne sais pas, plus de véhicules . Plus de monde, plus de constructions, des fois très modernes, des condominium pour les nouveaux riches, la route, par contre, n'avait pas changé . Deux voies mal entretenues où un flot discontinu de véhicules s'acharnait à avancer tant bien que mal ! On approchait, Attingal et son marché ainsi que sa gare des bus toujours aussi bordélique. On s'engouffrait dans la campagne vers la mer. Plus on avançait, les constructions de luxe s'agglutinaient le long de la route. Les travailleurs du « gulf » faisant leur maison tape à l’œil pour leur futurs vieux jours. Ils le mériteraient, après avoir supporté des années de dur labeur, considérés comme des sous-hommes dans ces contrées de la péninsule arabique. Varkala apparut grouillant de monde. On s’arrêta pour acheter je ne sais quoi. Je regardais tout, je me souvenais de tout, les magasins, les marchés, les jonctions. On arriva à Perrilkulam, une partie de la famille était là avec quelques cheveux blancs supplémentaires pour les tantes, les enfants tous devenus adultes. Sur leur terrain, deux nouvelles constructions. La famille s’était agrandie.
Des mariages, Manju, Asha des nouveaux nés... Lathika et ses enfants Varkala, vingt ans plus tard! (fin)m’emmenèrent sur la « cliff », une chambre vue sur mer m'y attendait . Shinu, le patron, un jeune ado que je connaissais était devenu patron. NousVarkala, vingt ans plus tard! (fin) parcourions deux jours cette « cliff » surpeuplée de construction, d’hôtels et de restaurants. Lathika voulait présenter son "Pappa" à ceux qui ne me connaissaient pas. Elle était apparemment très connue, ayant tenu un salon de beauté durant plus de six saisons. Je revus tout ceux que je connaissais et ceux que je n'avais pas vu vinrent me saluer dans ma chambre, devenue par instant, tribune, lieu d’apéro et je ne m'étends pas... Je revis Vijay aussi, devenu un vieil homme toujours puissant et toujours élu du parti du Congrès. Les conversations furent toujours quasiment les mêmes, qu'est-ce que nous étions devenus depuis tout ce temps ?
La ville de Varkala avec son poste de police s’était, elle, encore agrandie. Les commerçants se rappelaient de moi « le français » de l'ouest du temple...La maison était toujours là, mais la famille a du partir et une action de justice est en cours pour la récupérer, l'ex de mon ex (OK?) ayant après avoir dépouillé mon ex compagne, pris aussi possession de cette maison.
L'avocat de Lathika qui s'occupe aussi de ses papiers pour sa venue en France, ah oui, elle est mariée à Nico, un français, ils ont de beaux enfants et ont décidé de vivre là-bas. Pourquoi pas ? Ma grande fille, femme accomplie, a mon soutient. Vinu travaille dans le bâtiment mais parle un bon anglais désormais!
Il manifesta un désir de moto, (comme tous les jeunes de son age) mais je lui préconisais un Auto-Rickshaw, au moins il pourrait gagner de l'argent en faisant le taxi. Il a trouvé la perle rare et j’espère qu'il en fera quelques chose de bien pour lui, sa future famille. En effet, il va bientôt se marier.
Comme Ajain, venu à l’aéroport, j'ai pu assister à son mariage et voir les membres de la famille que je n'avais pas encore vu. Un mariage simple, de gens de petites castes et un trajet en bus inoubliable !
On fit aussi une fête, à Perrilkullam pour l'anniversaire de Nohan (le plus jeune des fils de Lathika), une journée passée avec la famille, une journée douce , un repas de fête « fait maison » délicieux, concocté par Lathika aidée de ses tantes.
On a fait quelques soirées sur la « Cliff » avec les anciennes connaissances mais aussi Lathika. Du rock des années 70, de la Ganja et des Mojitos ! Varkala, c'est aussi cela désormais. Des « backpackers » cherchant des connections WIFI pour leur Iphone voire même leur Ipad...Les temps changent ! Des « hippies » des années deux mille. Les regards des « saïbs » sur moi et ma fille marchant le long du précipice, de la falaise, se demandant, plein de préjugés (?), ce qu'un « vieux » (pas si vieux, non ?) comme moi pouvait bien faire avec une belle jeune fille comme ça. Rien à leur répondre, à leur expliquer, trop long , on s'en foutait, on s’était retrouvé, c’était l'essentiel ! Par contre le nombre de « riches mamies » avec de jeunes kéralais...No comment, cela change de la Thaïlande ! C'est aussi devenu ça Varkala ! Les restaurants délivrant de la bouffe italienne, allemande (ça existe?), thaïs (eh oui) et bien-sur indienne et j'en passe, des menus comme des romans. On se serait cru au Népal, à Pokara, vingt ans plus tôt, les mêmes types de resto mais aussi les serveurs et cuisiniers étant pour la plupart népalais, ou du Darjeeling voire du Sikkim. Les managers aussi. Les propriétaires des terrains restant les kéralais.
Tous les matins, aux aurores, je me baladais lorsque toute la « CLIFF » dormait, j'allais au temple pour participer aux premières punjas mais désormais l’accès dans l'enceinte même du temple est interdite au non-indhou et si l'on veut prendre des photos c'est 100 roupies. C'est encore devenu cela Varkala. Des hordes de pèlerins indiens sont aussi là désormais pour les punjas sur la plage. Le succès touristique emmène aussi des « locaux » en masse.
Pour conclure, il y a aussi de très nombreux bars, wine shop...Ils ont proliféré.. La queue devant ces échoppes montrent que ce peuple est en train de s'alcooliser gravement, j'ai pu le constater !
Dix jours venaient de passer, au petit matin du dernier jour, à 5h00, Sajain, Vinu et Lathika revenaient dans le dédale des chemins bordés d’hôtel remplissant l’arrière de la « cliff ». Je repartais. Dix jours déjà, c'est tellement passé vite. Trop vite mais ma vie est en ISAN, je n'attendrais pas dix ans pour revoir tous ceux que j'aime, c'est trop long. Vinu va bosser avec les touristes, Lathika va aller vivre en France et moi je retourne en ISAN. J'ouvrais les vitres du taxi sur la fin la nuit du Kérala. Encore une fois, humer, respirer, sentir, accumuler les images, Dans la voiture, un silence pesant... Les gens marchaient de partout., allant au temple ou je ne sais où ! On s'approchait de l’aéroport international de Trivandrum. La même sensation qu'au départ de Bangkok, il y a dix jours ! Une appréhension de laisser une nouvelles fois des gens que l'on aime mais aussi la joie de retrouver ceux que l'on a laissé il y a dix jours. Devant les portes de l’aéroport, une foule, les mêmes, peut-être, qui avaient accueillis un frère, une sœur, un mari, dix jours plus tôt. Des signes de la main, des bras tendus, des larmes renflouées avant que les portes ne se referment. Un silence impressionnant après ce chaos de la route indienne. Lathika avec ses grands yeux et derrière, Vinu, avec son regard timide me demandant silencieusement, quand est-ce que l'on se reverrait ? Bientôt ! J'essayais de leur faire comprendre ! Pas d'embrassade ni d'accolage, juste un pincement de bras, les yeux recouvert d'un voile de larmes...Un dernier attouchement de la main, un dernier signe de la main par dessus la foule, un flic indien qui vous demande votre passeport et votre billet d'avion, on se retourne une dernière fois et on aperçoit encore un bout de main, les portes s'ouvrent, on rentre en se disant bien que bientôt on sera de retour dans ce magnifique endroit qu'est Varkala, certes un nouveau Varkala mais tout aussi attachant et émouvant !
Lire l'article original
Ce carnet de voyage fut écrit entre 2010 et 2011 et publié au sein de mon blog Jeff de Pangkhan, l'homme des rizières. Vous y retrouverez tous les articles dans leur intégralité, agrémentés de nombreuses photos, vidéos, plan etc. Si vous m'avez lu, vous aurez aussi compris que ce blog s'occupe à décrire dans son ensemble ma "nouvelle" vie au sein du petit village de Ban Pangkhan, en Isan, au nord-est de la Thaïlande. Mon premier roman "Un os dans le riz" est finalement sorti en mai 2015, publié aux ��ditions Gope. Vous le trouverez dans toutes les bonnes librairies et les revendeurs web habituels. En cette fin d'année 2016, mon deuxième roman, "Du poison dans le Mékong" sera publié par le même éditeur.
Voyage de Grand Canyon à Yellowstone (juin 2015) English translation pending
Voici le récit de mon voyage en juin 2015 avec mon amie (48 et 51ans).
Ayant déjà fait un voyage dans L'utah en 2010 mais sans ma compagne j'ai concocté un programme permettant pour elle de voir les parcs emblématiques et pour moi de nouveaux qui m'ont toujours fait rêver (Yellowstone grand Téton)
Grâce aux informations reçu sur ce forum j'ai organisé mon autotour dans l'ouest américain de 19 jours (du04/06/2015 au 22/06/2015) dont voici le détail :
Jour 1 Paris-Londres-Los Angeles
Jour 2 Los Angeles Grand Canyon
Jour 3 Grand Canyon
Jour 4 Grand Canyon Page
Jour 5 Page Bluff
Jour 6 Bluff Moab
Jour 7 Moab
Jour 8 Moab Price
Jour 9 Price St Anthony
Jour 10 St Anthony
Jour 11 St Anthony Yellowstone (Roosvelt Roughrider)
Jour 12 Yellowstone (Roosvelt Roughrider)
Jour 13 Yellowstone Logan
Jour 14 Logan Beaver
Jour 15 Beaver Panguitch
Jour 16 Panguitch Las Vegas
Jour 17 Las Vegas Maricopa
Jour 18 Maricopa Los Angeles
Jour 19 Los Angeles Paris
Un grand merci à tous les internautes qui m'ont permis de réalisé ce voyage qui nous a enchanté mon amie et moi!!!😎
Le premier jour ne fus pas de tout repos: nous devions changer d'avion à Londres en 1h...
L'avion de Paris n'étant pas directement relié au terminal on a du attendre un car et l'avion qui partait sur los Angeles n'était pas au même terminal...
Après une bonne course dans les couloirs nous avons pu nous affaler dans les sièges de l'A380. 😕
Le vol c'est très bien passé grâce à l'amabilité d'un stewart avec qui on a simpathisé.

Nous avons survolé le Groendland pour ensuite atterrir à Los Angeles sous la grisaille vers 13h
Après des formalités douanières longues nous sommes allés en navette récupérer notre voiture en navette
Nous avions prévu un modèle économique et avons été surclassé sans supplément 😉

La sortie de Los Angeles fu une vrai galère : Nous dormions à Barstow à 130 miles et avons mis 5h30 pour les faire à cause des bouchons.
Par contre c'est facile de s'habituer à la boite automatique et je l'ai trouvé plus facile en ville que nos voitures ou on change tout le temps de vitesse dans les embouteillages.
A los Angeles les indications pour Las Végas ou Barstow sont très rare et nous n'avions pas de Gps
Ayant déjà fait un voyage dans L'utah en 2010 mais sans ma compagne j'ai concocté un programme permettant pour elle de voir les parcs emblématiques et pour moi de nouveaux qui m'ont toujours fait rêver (Yellowstone grand Téton)
Grâce aux informations reçu sur ce forum j'ai organisé mon autotour dans l'ouest américain de 19 jours (du04/06/2015 au 22/06/2015) dont voici le détail :
Jour 1 Paris-Londres-Los Angeles
Jour 2 Los Angeles Grand Canyon
Jour 3 Grand Canyon
Jour 4 Grand Canyon Page
Jour 5 Page Bluff
Jour 6 Bluff Moab
Jour 7 Moab
Jour 8 Moab Price
Jour 9 Price St Anthony
Jour 10 St Anthony
Jour 11 St Anthony Yellowstone (Roosvelt Roughrider)
Jour 12 Yellowstone (Roosvelt Roughrider)
Jour 13 Yellowstone Logan
Jour 14 Logan Beaver
Jour 15 Beaver Panguitch
Jour 16 Panguitch Las Vegas
Jour 17 Las Vegas Maricopa
Jour 18 Maricopa Los Angeles
Jour 19 Los Angeles Paris
Un grand merci à tous les internautes qui m'ont permis de réalisé ce voyage qui nous a enchanté mon amie et moi!!!😎
Le premier jour ne fus pas de tout repos: nous devions changer d'avion à Londres en 1h...
L'avion de Paris n'étant pas directement relié au terminal on a du attendre un car et l'avion qui partait sur los Angeles n'était pas au même terminal...
Après une bonne course dans les couloirs nous avons pu nous affaler dans les sièges de l'A380. 😕
Le vol c'est très bien passé grâce à l'amabilité d'un stewart avec qui on a simpathisé.

Nous avons survolé le Groendland pour ensuite atterrir à Los Angeles sous la grisaille vers 13h
Après des formalités douanières longues nous sommes allés en navette récupérer notre voiture en navette
Nous avions prévu un modèle économique et avons été surclassé sans supplément 😉

La sortie de Los Angeles fu une vrai galère : Nous dormions à Barstow à 130 miles et avons mis 5h30 pour les faire à cause des bouchons.
Par contre c'est facile de s'habituer à la boite automatique et je l'ai trouvé plus facile en ville que nos voitures ou on change tout le temps de vitesse dans les embouteillages.
A los Angeles les indications pour Las Végas ou Barstow sont très rare et nous n'avions pas de Gps
Les aventuriers de l'Arche de Noé - Botswana English translation pending
Bonjour tout le monde,
Et voilà, toutes les belles choses ont une fin ... hélas.
Notre séjour au Botswana est terminé et nous avons regagné la région parisienne non sans regret. C'est toujours pareil pendant quelques jours, quelques semaines après le retour on a le sentiment d'être écartelé, le corps ici, mais la tête toujours là-bas 🤪
Alors, il est temps pour moi de vous conter nos aventures.
Il était une fois ...
Pendant plusieurs années nous sommes allés à la découverte de l'Asie. Et l'année dernière, pour la première fois, nous avons pris le cap de l'Afrique Australe ... direction la Namibie. Ce fut une révélation, un émerveillement de tous les instants. Et, alors que nous étions dans l'A380 qui nous ramenait à Paris, nous avions une certitude, nous allions poursuivre notre exploration de cette région de l'Afrique.
Alors que faire en en 2015 ? Revenir en Namibie ? aller au Zimbabwe ? En Afrique du Sud ? Et si en 2015 nous allions au Botswana.
Savuti, Moremi, Chobe, Okavango, ces noms magiques évoquent une nature sauvage et vierge, les plus belles zones de safari en Afrique et parmi les plus préservées … une arche de Noé.
Il nous revient aussi en mémoire Ushuaia Nature consacré au Botswana qui nous avait fait rêver il y a une quinzaine d'années. On peut penser ce que l'on veut de Nicolas Hulot mais il savait nous donner envie d'ailleurs ! "Prélude au crépuscule d'une faune"… rien que le titre était une invitation. La préparation ...
Ce voyage nous l'avons préparé longtemps à l'avance car nous savions qu'il fallait réserver très tôt les hébergements compte tenu de la politique de limitation du nombre de voyageurs. A peine revenus de Namibie, nous étions déjà dans la préparation du Botswana. En juin 2014, tout était bouclé, une fois encore grâce à l'aide formidable et précieuse des experts de VF. Merci à vous 😎.
Puis nous avons attendu, patiemment, que le temps s'égrène. Et qu'est-ce que c'est long une année !!!!! Une année où cette faune sauvage, ces paysages, l'Okavango ont nourri notre imaginaire. Nous nous imaginions au coin du feu sous la voute céleste, un verre d'une délicieuse boisson locale à la main à profiter tout simplement.
Pourtant, moins de 3 mois avant de partir, nous avons failli annuler. Un de nos parents était en train de perdre son combat contre une longue maladie et nous savions que l'échéance fatale était de quelques semaines, au mieux quelques mois. Le destin a choisi pour nous, la maladie emportant cet être cher de manière fulgurante quelques jours plus tard.
C'est donc avec des sentiments confus que nous sommes partis à la découverte du Botswana, mais renforcés par l'idée que la vie est courte et qu'il faut savoir en profiter avant qu'il ne soit trop tard. L'organisation ...
Nous avons confié l'organisation à l'agence Africa Cœur Safari, agence située à Kasane, créée par deux français tombés sous le charme du Botswana, Olivier et Cécile.Cécile a été mon interlocutrice tout au long de ces mois de préparation.
L'agence s'est occupée de la réservation des hébergements, de la location du véhicule, des permis pour les parcs, de l'organisation des activités que nous avions prévues (Journée à Victoria Falls, vol en hélicoptère, croisière sur la Chobe …)
J'ai même eu le plaisir de rencontrer Cécile, cofondatrice de l'agence, à Paris peu de temps avant notre départ. Elle était en France pour quelques semaines et m'a remis les réservations, les permis, le road book, la carte routière, la carte SIM … L'itinéraire ...
Si notre choix premier était de partir en lodges, nous avons vite abandonné cette idée compte tenu du coût exorbitant d'un tel projet. Nous avons donc opté pour un mix lodges / campings.
Pour l'itinéraire, il nous a aussi fallu faire des choix, notre expérience du 4x4 étant très limitée. Certes nous avons affronté avec succès des pistes de sable mou en Namibie telles que Sossusvlei ou Pelican Point ... mais difficile de considérer cela comme une expérience significative qui nous apporte la maîtrise suffisante du 4x4.
Nous avons donc éliminé les régions de Nxai Pan et Moremi qui paraissaient un peu compliquées pour nous et nous sommes arrêtés sur l'itinéraire suivant :
Le séjour en quelques chiffres ...
- 15 jours / 13 nuits, dont 7 nuits en camping, 6 en lodge, - 1ère expérience en camping, - 2 500 photos, - 1 500 km parcourus, - 1 € = 10,55 pulas, - 10 jours de pluie avant notre arrivée, - 0 crevaison 😛, - 1 embourbement 🏴☠️, - des dizaines de belles rencontres 🙂, - des centaines de merveilleux souvenirs 😎.
Et voilà, toutes les belles choses ont une fin ... hélas.
Notre séjour au Botswana est terminé et nous avons regagné la région parisienne non sans regret. C'est toujours pareil pendant quelques jours, quelques semaines après le retour on a le sentiment d'être écartelé, le corps ici, mais la tête toujours là-bas 🤪
Alors, il est temps pour moi de vous conter nos aventures.
Il était une fois ...
Pendant plusieurs années nous sommes allés à la découverte de l'Asie. Et l'année dernière, pour la première fois, nous avons pris le cap de l'Afrique Australe ... direction la Namibie. Ce fut une révélation, un émerveillement de tous les instants. Et, alors que nous étions dans l'A380 qui nous ramenait à Paris, nous avions une certitude, nous allions poursuivre notre exploration de cette région de l'Afrique.
Alors que faire en en 2015 ? Revenir en Namibie ? aller au Zimbabwe ? En Afrique du Sud ? Et si en 2015 nous allions au Botswana.
Savuti, Moremi, Chobe, Okavango, ces noms magiques évoquent une nature sauvage et vierge, les plus belles zones de safari en Afrique et parmi les plus préservées … une arche de Noé.
Il nous revient aussi en mémoire Ushuaia Nature consacré au Botswana qui nous avait fait rêver il y a une quinzaine d'années. On peut penser ce que l'on veut de Nicolas Hulot mais il savait nous donner envie d'ailleurs ! "Prélude au crépuscule d'une faune"… rien que le titre était une invitation. La préparation ...
Ce voyage nous l'avons préparé longtemps à l'avance car nous savions qu'il fallait réserver très tôt les hébergements compte tenu de la politique de limitation du nombre de voyageurs. A peine revenus de Namibie, nous étions déjà dans la préparation du Botswana. En juin 2014, tout était bouclé, une fois encore grâce à l'aide formidable et précieuse des experts de VF. Merci à vous 😎.
Puis nous avons attendu, patiemment, que le temps s'égrène. Et qu'est-ce que c'est long une année !!!!! Une année où cette faune sauvage, ces paysages, l'Okavango ont nourri notre imaginaire. Nous nous imaginions au coin du feu sous la voute céleste, un verre d'une délicieuse boisson locale à la main à profiter tout simplement.
Pourtant, moins de 3 mois avant de partir, nous avons failli annuler. Un de nos parents était en train de perdre son combat contre une longue maladie et nous savions que l'échéance fatale était de quelques semaines, au mieux quelques mois. Le destin a choisi pour nous, la maladie emportant cet être cher de manière fulgurante quelques jours plus tard.
C'est donc avec des sentiments confus que nous sommes partis à la découverte du Botswana, mais renforcés par l'idée que la vie est courte et qu'il faut savoir en profiter avant qu'il ne soit trop tard. L'organisation ...
Nous avons confié l'organisation à l'agence Africa Cœur Safari, agence située à Kasane, créée par deux français tombés sous le charme du Botswana, Olivier et Cécile.Cécile a été mon interlocutrice tout au long de ces mois de préparation.
L'agence s'est occupée de la réservation des hébergements, de la location du véhicule, des permis pour les parcs, de l'organisation des activités que nous avions prévues (Journée à Victoria Falls, vol en hélicoptère, croisière sur la Chobe …)
J'ai même eu le plaisir de rencontrer Cécile, cofondatrice de l'agence, à Paris peu de temps avant notre départ. Elle était en France pour quelques semaines et m'a remis les réservations, les permis, le road book, la carte routière, la carte SIM … L'itinéraire ...
Si notre choix premier était de partir en lodges, nous avons vite abandonné cette idée compte tenu du coût exorbitant d'un tel projet. Nous avons donc opté pour un mix lodges / campings.
Pour l'itinéraire, il nous a aussi fallu faire des choix, notre expérience du 4x4 étant très limitée. Certes nous avons affronté avec succès des pistes de sable mou en Namibie telles que Sossusvlei ou Pelican Point ... mais difficile de considérer cela comme une expérience significative qui nous apporte la maîtrise suffisante du 4x4.
Nous avons donc éliminé les régions de Nxai Pan et Moremi qui paraissaient un peu compliquées pour nous et nous sommes arrêtés sur l'itinéraire suivant :

Le séjour en quelques chiffres ...
- 15 jours / 13 nuits, dont 7 nuits en camping, 6 en lodge, - 1ère expérience en camping, - 2 500 photos, - 1 500 km parcourus, - 1 € = 10,55 pulas, - 10 jours de pluie avant notre arrivée, - 0 crevaison 😛, - 1 embourbement 🏴☠️, - des dizaines de belles rencontres 🙂, - des centaines de merveilleux souvenirs 😎.
Petit tour d'Asie de 6 mois seule English translation pending
Bonjour bonjour petite présentation Cécile 22 ans, je décolle mi-septembre pour un petit tour d'Asie de 6 mois toute seule. Je passerai par le Népal, l'Inde, le Vietnam, le Cambodge, le Laos, la Malaisie et l'Indonésie.
First things first j'ai établi un budget à 27 euros/jour (sans les transports que j'ai déjà calculés à part), je voulais savoir si c'était suffisant ? Je compte dormir en dortoir d'auberge de jeunesse ou en pension, faire du couchsurfing et manger principalement dans les marchés etc.
Ensuite, je serais plus qu'heureuse d'écouter tous vos conseils et avis sur ces pays que je vais visiter. Premier voyage hors de l'Europe pour moi, impatience impatience..
Enfin, je pensais passer mes 2 semaines à Bali à faire le tour de l'île à vélo. Jouable ? Compliqué ?
Merci beaucoup à tous pour vos retours !!! :)
Premier voyage aux États-Unis English translation pending
Bonjour,
je m'appelle Nadia et en 2014 je vais enfin réaliser mon rêve: partir aux Etats Unis!
Je suis très très excitée, et à la fois angoissée car je pars en terre inconnues! Du coup je me pose pleins de questions, du style : Quelles sont les choses à ne pas rater! je pense faire 4 jours à NY et ensuite partir vers l'ouest pour faire LV, LA, SF ET LE GRAND CANYON bien sûre!
Je pense partir par une agence avec location de voitures! Quelles sont les choses à savoir, les formalités pour les vols intérieurs pour les pourboire et pleins d'autres choses!
Tous vos conseils seront les bienvenus!
Merci!
Carnet: une maman, deux enfants, dix jours dans l'Ouest américain English translation pending
Bonjour,
Voici mon carnet de dix jours dans l’Ouest !
Avant tout, je tiens à remercier tous les forumeurs qui m’ont aidée directement, en répondant à mes questions, et tous ceux qui m’ont aidée indirectement, par leurs carnets.
Je nous présente : Claire, maman, grande anxieuse, et pratiquant l’anglais très couramment. Ambroise et Octave, les garçons, de presque treize ans et huit ans et demi.
Il y a déjà des centaines de carnets sur l’Ouest, mais il y en a un que je n’ai pas trouvé : celui d’une maman seule avec ses enfants. Ça change quoi ? pourrait-on se demander. Ça change que quand on est seule, on ose moins. On est plus anxieuse.
Du coup, dans mes choix, je n’ai pas pris le moins cher, mais le plus rassurant. Quitte à faire des choix bizarres, comme celui d’acheter un deuxième GPS, identique au mien, mais avec la carte USA.
Ça s’est très bien passé avec les enfants, qui ont adoré ce voyage, mais j’ai regretté qu’ils ne soient pas davantage capables de s’occuper de leur valise…
Samedi 13 avril Nous partons dormir à Bruxelles. Pour éviter le stress d'un départ matinal (l'avion décolle à 11h et nous devons être à l'aéroport à 8h), j'ai en effet décidé de prendre une chambre à l'Ibis Budget de l'aéroport. En chemin, je suis contente de moi : je ne suis même pas stressée ! J'en suis à m'auto-congratuler sur mon aisance à conduire sur les routes belges quand l'idée qu'un dépaysement plus important m'attend me traverse subitement l'esprit. Pourtant je suis toujours très satisfaite de moi en arrivant près de Brussels Airport. Malheureusement, la zone est en travaux, la route de l'hôtel coupée, mon GPS est impuissant et je suis désespérée. Je commence à me dire qu'on va dormir dans la voiture quand finalement, j'entre dans un autre hôtel où on m'indique le chemin. On est passés à cinq mètres d'un panneau provisoire pour l'Ibis sans le voir. Dommage, ça m'aurait évité pas mal d'adrénaline !
Dimanche 14 avril L'hôtel sert le petit déj à partir de 7h. Nous arrivons à 7h02, mais un groupe de japonais nous a coiffés au poteau. Du coup, il faut faire la queue pour tout, ça ne m'arrange pas... Surtout qu'après les aventures de la veille, j'ai pris la bonne résolution de partir très tôt, au cas où on se perdrait. Certes, on se perd un peu, mais on est quand même à l'heure. J'ai réservé une place au parking surveillé. On nous y réserve un accueil VIP et je gare ma Logan entre des porsche et autres. Le gardien pourra jouer à « cherchez l'intrus ». J'ai pris au sérieux les indications de l'agence de voyages où j'ai acheté les billets d'avion : nous arrivons donc avec trois heures d'avance. Nous sommes quasiment les premiers, et les formalités se déroulent en quelques minutes. La dame est plutôt sévère, mais tout se passe bien. Ensuite il ne reste qu'à attendre longuement l'embarquement. Pour l'avion, j'ai prévu des livres et des jeux pour les enfants. Je n'aurais pas dû : ils passent les huit de vol jusqu'à New York à scruter l'écran tactile devant eux. Bon, je leur donnerai une bonne éducation une autre fois. Nous débarquons à JFK. Tout va bien. Euh... c'est la queue pour l'immigration, ça ? Ah, finalement tout ne va pas si bien. Nous attendons deux heures. Je repère un panneau « Quick Connect ». Je me renseigne : les passagers qui doivent embarquer dans moins de trois heures ont le droit de prendre cette file qui est déserte. Je n'ai pas le droit, car j'ai au départ cinq heures devant moi. Quand j'arrive devant l'officier deux heures plus tard, il ne me reste en effet plus que trois heures. Ce n'est pas grave car à partir de là tout va très vite. L'officier, très gentil, ne pose pas beaucoup de questions et m'indique où me rendre ensuite. Près du carrousel des bagages, nos valises nous attendent, bien alignées. Les employés rigolent en voyant que les enfants partent à Vegas. Il faut reconnaître que ce n'est pas tellement une destination pour eux ! Nous dînons au Burger King puis nous tuons le temps avant l'embarquement en jouant avec mon Rubik's Cube La Vache Qui Rit. Un couple de voyageurs assis en face de nous suit l'affaire avec intérêt. L'honneur est sauf car je triomphe du cube diabolique. L'avion suivant ne correspond pas à ce que j'avais vu sur internet (le terminal non plus, d'ailleurs). C'est un petit machin vieillot avec deux rangées de trois sièges et pas d'écran sauf un petit truc de la taille d'une tablette, suspendu au-dessus des passagers à intervalle régulier, qui diffuse des consignes de sécurité et rien d'autre. Pas grave, il est minuit à notre horloge biologique, on va sûrement dormir. C'est sans compter sur le fait que les autres passagers pètent la forme et que l'absence d'écran pour les occuper les incite à bavarder bruyamment et à s'interpeller d'une rangée à l'autre ! Nous sommes assis devant une famille d'Américains survoltés, mais je ne veux pas leur demander de se taire : avant le décollage, j'ai déjà demandé à l'ado derrière moi de cesser de faire des percussions sur la tablette au dos de mon siège, car ça me secouait en rythme (quel abruti, entre nous). C'est une famille de musiciens, il faut croire, puisque son petit frère finira le vol en chantant à tue-tête. J'ai mis des bouchons d'oreille mais c'est une erreur : ça filtre le bruit de l'avion, et du coup je n'entends que mieux les voix. Les hôtesses vendent des repas à un prix prohibitif, et bizarrement, l'odeur est repoussante. Ce n'est donc pas avec un port de reine et un teint de princesse que je pose le pied à Las Vegas. J'appréhende un peu de prendre la voiture en étant si fatiguée, mais tout se passe bien. Chez Hertz, l'employée, charmante, essaye avec le sourire de me refiler tout ce qu'elle peut (assurance, voiture plus grande, voiture plus chic, GPS...) mais je suis en mode radin. La boîte automatique, c'est très facile à maîtriser, même quand on est un peu godiche. En revanche pour ouvrir le coffre il faut au moins un Master, et éteindre les lampes dans l'habitacle est réservé à l'élite. Enfin, après pas mal de jurons et de désespoir, j'y arrive. Coup classique, le GPS a le mal du pays, il ne trouve pas ses satellites (en plus, surprise du chef, il n'y a pas d'allume-cigare. Heureusement que j'ai emporté aussi un câble USB !). L'employé sur le parking m'a dit qu'il fallait tourner trois fois à droite pour rejoindre le Strip. Facile. Mais les panneaux des rues sont placés différemment de chez nous, et il faut croire que je rate le dernier tournant. Nous roulons, roulons, roulons. Ambroise s'étonne qu'il y ait des tracteurs sur le Strip. Euh, suis-je bien sur le Strip ? En fait non, je m'éloigne de Las Vegas. Demi-tour, pas de panique, je vais trouver... C'est le faisceau lumineux du Luxor qui me guide comme un phare. Kitsch, je t'aime. Nous rejoignons enfin le Strip, par Tropicana Avenue. Nous patientons à un feu rouge à côté de la statue de la Liberté du NYNY. Elle est constituée de blocs d'une matière bizarre. Je sais aussitôt que Vegas n'est pas pour moi, et étrangement, ça me réjouit : au moins, je n'aurai pas de regret que notre séjour y soit si court. Nous entrons au Flamingo, je me gare d'abord par erreur sur un emplacement réservé au Valet Parking, puis je trouve une place autorisée. Malédiction, il faut faire la queue au check-in ! J'ai dû faire des choses affreuses dans une vie antérieure pour mériter ça. Je prépare un billet de vingt car j'ai décidé d'employer la tactique du sandwich. Je salue le guichetier par son prénom (c'est facile, c'est écrit sur son badge et par chance, ses parents ont choisi quelque chose de facile à prononcer) et lui demande un upgrade. Il sort le billet du passeport et m'adresse un gros clin d'oeil. Bingo, chambre au vingt-huitième étage avec vue sur les fontaines du Bellagio ! C'est une Go Deluxe, elle est incroyablement confortable et agréable. Nous sommes trop surexcités pour avoir sommeil bien qu'il soit minuit ici et qu'en France on soit déjà le matin. Mais les lits sont si douillets que nous finissons par sombrer.
Il y a déjà des centaines de carnets sur l’Ouest, mais il y en a un que je n’ai pas trouvé : celui d’une maman seule avec ses enfants. Ça change quoi ? pourrait-on se demander. Ça change que quand on est seule, on ose moins. On est plus anxieuse.
Du coup, dans mes choix, je n’ai pas pris le moins cher, mais le plus rassurant. Quitte à faire des choix bizarres, comme celui d’acheter un deuxième GPS, identique au mien, mais avec la carte USA.
Ça s’est très bien passé avec les enfants, qui ont adoré ce voyage, mais j’ai regretté qu’ils ne soient pas davantage capables de s’occuper de leur valise…
Samedi 13 avril Nous partons dormir à Bruxelles. Pour éviter le stress d'un départ matinal (l'avion décolle à 11h et nous devons être à l'aéroport à 8h), j'ai en effet décidé de prendre une chambre à l'Ibis Budget de l'aéroport. En chemin, je suis contente de moi : je ne suis même pas stressée ! J'en suis à m'auto-congratuler sur mon aisance à conduire sur les routes belges quand l'idée qu'un dépaysement plus important m'attend me traverse subitement l'esprit. Pourtant je suis toujours très satisfaite de moi en arrivant près de Brussels Airport. Malheureusement, la zone est en travaux, la route de l'hôtel coupée, mon GPS est impuissant et je suis désespérée. Je commence à me dire qu'on va dormir dans la voiture quand finalement, j'entre dans un autre hôtel où on m'indique le chemin. On est passés à cinq mètres d'un panneau provisoire pour l'Ibis sans le voir. Dommage, ça m'aurait évité pas mal d'adrénaline !
Dimanche 14 avril L'hôtel sert le petit déj à partir de 7h. Nous arrivons à 7h02, mais un groupe de japonais nous a coiffés au poteau. Du coup, il faut faire la queue pour tout, ça ne m'arrange pas... Surtout qu'après les aventures de la veille, j'ai pris la bonne résolution de partir très tôt, au cas où on se perdrait. Certes, on se perd un peu, mais on est quand même à l'heure. J'ai réservé une place au parking surveillé. On nous y réserve un accueil VIP et je gare ma Logan entre des porsche et autres. Le gardien pourra jouer à « cherchez l'intrus ». J'ai pris au sérieux les indications de l'agence de voyages où j'ai acheté les billets d'avion : nous arrivons donc avec trois heures d'avance. Nous sommes quasiment les premiers, et les formalités se déroulent en quelques minutes. La dame est plutôt sévère, mais tout se passe bien. Ensuite il ne reste qu'à attendre longuement l'embarquement. Pour l'avion, j'ai prévu des livres et des jeux pour les enfants. Je n'aurais pas dû : ils passent les huit de vol jusqu'à New York à scruter l'écran tactile devant eux. Bon, je leur donnerai une bonne éducation une autre fois. Nous débarquons à JFK. Tout va bien. Euh... c'est la queue pour l'immigration, ça ? Ah, finalement tout ne va pas si bien. Nous attendons deux heures. Je repère un panneau « Quick Connect ». Je me renseigne : les passagers qui doivent embarquer dans moins de trois heures ont le droit de prendre cette file qui est déserte. Je n'ai pas le droit, car j'ai au départ cinq heures devant moi. Quand j'arrive devant l'officier deux heures plus tard, il ne me reste en effet plus que trois heures. Ce n'est pas grave car à partir de là tout va très vite. L'officier, très gentil, ne pose pas beaucoup de questions et m'indique où me rendre ensuite. Près du carrousel des bagages, nos valises nous attendent, bien alignées. Les employés rigolent en voyant que les enfants partent à Vegas. Il faut reconnaître que ce n'est pas tellement une destination pour eux ! Nous dînons au Burger King puis nous tuons le temps avant l'embarquement en jouant avec mon Rubik's Cube La Vache Qui Rit. Un couple de voyageurs assis en face de nous suit l'affaire avec intérêt. L'honneur est sauf car je triomphe du cube diabolique. L'avion suivant ne correspond pas à ce que j'avais vu sur internet (le terminal non plus, d'ailleurs). C'est un petit machin vieillot avec deux rangées de trois sièges et pas d'écran sauf un petit truc de la taille d'une tablette, suspendu au-dessus des passagers à intervalle régulier, qui diffuse des consignes de sécurité et rien d'autre. Pas grave, il est minuit à notre horloge biologique, on va sûrement dormir. C'est sans compter sur le fait que les autres passagers pètent la forme et que l'absence d'écran pour les occuper les incite à bavarder bruyamment et à s'interpeller d'une rangée à l'autre ! Nous sommes assis devant une famille d'Américains survoltés, mais je ne veux pas leur demander de se taire : avant le décollage, j'ai déjà demandé à l'ado derrière moi de cesser de faire des percussions sur la tablette au dos de mon siège, car ça me secouait en rythme (quel abruti, entre nous). C'est une famille de musiciens, il faut croire, puisque son petit frère finira le vol en chantant à tue-tête. J'ai mis des bouchons d'oreille mais c'est une erreur : ça filtre le bruit de l'avion, et du coup je n'entends que mieux les voix. Les hôtesses vendent des repas à un prix prohibitif, et bizarrement, l'odeur est repoussante. Ce n'est donc pas avec un port de reine et un teint de princesse que je pose le pied à Las Vegas. J'appréhende un peu de prendre la voiture en étant si fatiguée, mais tout se passe bien. Chez Hertz, l'employée, charmante, essaye avec le sourire de me refiler tout ce qu'elle peut (assurance, voiture plus grande, voiture plus chic, GPS...) mais je suis en mode radin. La boîte automatique, c'est très facile à maîtriser, même quand on est un peu godiche. En revanche pour ouvrir le coffre il faut au moins un Master, et éteindre les lampes dans l'habitacle est réservé à l'élite. Enfin, après pas mal de jurons et de désespoir, j'y arrive. Coup classique, le GPS a le mal du pays, il ne trouve pas ses satellites (en plus, surprise du chef, il n'y a pas d'allume-cigare. Heureusement que j'ai emporté aussi un câble USB !). L'employé sur le parking m'a dit qu'il fallait tourner trois fois à droite pour rejoindre le Strip. Facile. Mais les panneaux des rues sont placés différemment de chez nous, et il faut croire que je rate le dernier tournant. Nous roulons, roulons, roulons. Ambroise s'étonne qu'il y ait des tracteurs sur le Strip. Euh, suis-je bien sur le Strip ? En fait non, je m'éloigne de Las Vegas. Demi-tour, pas de panique, je vais trouver... C'est le faisceau lumineux du Luxor qui me guide comme un phare. Kitsch, je t'aime. Nous rejoignons enfin le Strip, par Tropicana Avenue. Nous patientons à un feu rouge à côté de la statue de la Liberté du NYNY. Elle est constituée de blocs d'une matière bizarre. Je sais aussitôt que Vegas n'est pas pour moi, et étrangement, ça me réjouit : au moins, je n'aurai pas de regret que notre séjour y soit si court. Nous entrons au Flamingo, je me gare d'abord par erreur sur un emplacement réservé au Valet Parking, puis je trouve une place autorisée. Malédiction, il faut faire la queue au check-in ! J'ai dû faire des choses affreuses dans une vie antérieure pour mériter ça. Je prépare un billet de vingt car j'ai décidé d'employer la tactique du sandwich. Je salue le guichetier par son prénom (c'est facile, c'est écrit sur son badge et par chance, ses parents ont choisi quelque chose de facile à prononcer) et lui demande un upgrade. Il sort le billet du passeport et m'adresse un gros clin d'oeil. Bingo, chambre au vingt-huitième étage avec vue sur les fontaines du Bellagio ! C'est une Go Deluxe, elle est incroyablement confortable et agréable. Nous sommes trop surexcités pour avoir sommeil bien qu'il soit minuit ici et qu'en France on soit déjà le matin. Mais les lits sont si douillets que nous finissons par sombrer.

Madagascar: côté mer et... côté terre English translation pending
Au large des côtes africaines et au cœur de l'océan Indien, Madagascar… une île à part !
Mélange d'Afrique dont elle a gardé la terre rouge et d'Asie dont elle a hérité les rizières, elle se démarque par la diversité de sa population, la beauté de ses paysages et surtout par l'originalité de sa faune et de sa flore dont 80% des espèces sont endémiques. Quant à ses fonds sous-marins riches et bien préservés, ils recèlent une grande variété de poissons et de coraux et sont régulièrement le lieu de passage de grands mammifères marins.
Une destination offrant autant de richesses naturelles côté mer et côté terre allait forcément nous attirer.
Côté mer, un séjour de 7 jours à Nosy Sakatia, une île au large de Nosy Be). Côté terre, un parcours de 9 jours sur la Nationale 7 en self-drive.
La version illustrée du récit avec photos, cartes et (quelques) vidéos est ici :
sites.google.com/...xvoyagesmadagascar2/

D'ailleurs, notre attirance pour l'île Rouge ne date pas d'hier puisque notre premier voyage remonte à 1984, un séjour à Nosy Be et une croisière-plongée avec bivouac dans les îles alentours : Nosy Iranja, Tanikely, Komba et Mitsio à une époque où aucune d'entre elles ne possédait de structures d'hébergement. Retour à Nosy Be, Nosy Iranja et l'archipel des Radama en 2001. En 2003 le sud de la Grande terre à Tulear et Ifaty.
Depuis plusieurs années, l'idée de retourner à Madagascar nous titillait. Mais la récente crise politique de 2009 et les échos d'instabilité et d'insécurité nous ont incités à repousser le projet. La situation était-elle plus favorable en 2012 ?
Malgré certains propos alarmistes tenus sur les forums, le retour enthousiaste de la plupart des voyageurs nous persuade que la destination n'est pas plus risquée que d'autres si on prend les précautions d'usage.
Alors c'est décidé ! Trente ans après notre premier voyage et dix ans après le dernier, nous y retournerons avec comme objectifs de vérifier si les fonds sous-marins autour de Nosy Be étaient toujours aussi exceptionnels et de découvrir enfin les Hautes-Terres malgaches.
Challenge supplémentaire : pour des raisons familiales, il était impératif de limiter notre projet à une quinzaine de jours, 18 en réalité dont 16 sur place.
Malgré sa courte durée, nous choisissons de scinder le voyage en deux : 7 jours consacrés à la mer et 9 jours consacrées à la terre. Côté mer, nous retenons la petite île de Nosy Sakatia au nord-ouest de Nosy Be. Côté terre, nous optons pour un aller-retour sur la route nationale 7 entre la capitale et la vallée de Tsaranoro, à 500 kilomètres.
Restait à déterminer le mode de déplacement sur la RN7. Le taxi-brousse étant totalement exclu, seule la location de voiture pouvait être envisagée. Mais avec ou sans chauffeur ? Sans chauffeur : impossible, prétendent les uns, imprudent et inconscient, affirment les autres ! Pourtant, en cherchant bien, quelques témoignages discrets démontrent que c'est tout à fait faisable. Merci à Chipolata et Tictacbtz pour leurs avis qui vont renforcer notre idée première : nous louerons sans chauffeur. Comme l'itinéraire compte une cinquantaine de kilomètres de pistes difficilement négociables par une berline, nous optons pour un véhicule tout-terrain. Nous faisons affaire avec N7.
Comme lors de nos voyages précédents, notre GPS Garmin de randonnée est mis à contribution y compris pour nous guider sur la route. Comme d'habitude, nous repérons le parcours puis téléchargeons les coordonnées GPS des principaux points stratégiques mais contrairement à beaucoup d'autres destinations, pour Madagascar, il n'existe aucune carte topographique pour cet appareil. Ne figure sur l'écran qu'une ligne approximative représentant la route nationale 7. Il va falloir s'en contenter !
Voilà… les grandes lignes du voyage sont tracées, place au vécu à présent !
Paris - Tana - Nosy Be - Nosy Sakatia : premières impressions d'un long voyage
J1 : Dimanche 27 mai 2012
Première surprise en arrivant à l'aéroport de Roissy : l'horaire du vol a été repoussé de deux heures sans que nous en ayons été avertis. Reconnaissons que nous avions omis de vérifier nos réservations sur le site de la compagnie ! Nous profitons de la connexion Internet d'un quart d'heure offerte dans l'aérogare pour le faire immédiatement. Deuxième surprise : les horaires de nos quatre vols, internationaux et intérieurs, ont tous été modifiés. Avec Air Madagascar, il faudra s'y faire.
Départ à 17 h 15 (en réalité, il sera 18 heures quand nous décollerons). Un Airbus A340-300, impeccable, manifestement un appareil Air France avec un équipage à 90% Air France, lui aussi. Ecrans individuels, repas excellents, espace personnel confortable : bref, rien à redire ! Précisons qu'en 2011, deux anciens appareils d'Air Mada, des Boeing 767, avaient été interdits d'exploitation sur le sol européen et figuraient sur la liste noire.
J2 : Lundi 28 mai 2012
Vol sans histoire et arrivée à l'heure à Tananarive. Température extérieure : 15 ° C à 5 h 15 du matin. Hé, oui, nous sommes sur les hauts plateaux à 1200 mètres d'altitude et c'est le début de l'hiver. Nous prenons tout notre temps pour quitter l'avion car nous avons 5 heures d'attente (la faute à la modification d'horaires) avant notre vol suivant pour Nosy Be. Mais le passage à l'immigration est plutôt rapide, nous avons déjà nos visas que nous avions fait établir à l'ambassade de Madagascar à Paris et qui sont gratuits pour un séjour de moins de 30 jours. Nous devons tout de même récupérer nos bagages avant de les réenregistrer pour le vol suivant.
Une nuée de porteurs - en fait, des pousseurs de chariots - se jettent sur nous en passant la porte de l'aérogare et trois d'entre eux s'imposent à nous pour nous conduire jusqu'au terminal des vols intérieurs, immédiatement voisin. Il faut bien qu'ils gagnent leur pain et Mada, c'est aussi ça !
Une longue attente commence alors. Il est 6 heures et notre vol suivant est prévu à 10 h 10 (en réalité, il décollera vers 11 heures). Un petit dodo sur les banquettes de la salle d'embarquement, un peu de lecture, un thé à la pomme et à la cannelle (mmm !) pour nous réchauffer, on ronge notre frein et il fait diablement froid… l'attente est interminable.
Quand enfin l'heure du départ arrive, nous apprenons que le vol n'est pas direct : deux heures au lieu d'une initialement prévue, avec une escale à Majunga au bout de quarante minutes.
Premières images de l'île Rouge en survolant le delta du fleuve Betsiboka, peu avant Majunga.
Ce surnom prend ici tout son sens. Mis à nu par l’intense déforestation, puis lessivés par les pluies tropicales, les sols rouges de Madagascar se déversent dans le lit des rivières.
Quarante minutes plus tard, nous atterrissons à Nosy Be mais nous ne sommes pas tout à fait à destination. Reste une petite heure de trajet en taxi jusqu'à l'embarcadère vers Nosy Sakatia, pendant laquelle défilent champs de manioc, plantations d'ylang-ylang et habitations le long de la route principale de l'île. Nous reconnaissons parfaitement les lieux que nous avons déjà parcourus deux fois lors de nos précédents voyages. Rien n'a vraiment changé. Ah ! Si, nous apprenons la fermeture de l'usine de production de sucre de canne, jadis la plus importante de Madagascar. Seuls les vestiges de la voie ferrée dédiée à son transport subsistent près de Dzamandzar, témoins d'une époque faste et révolue.
Plus qu'une dizaine de minutes de traversée en bateau à moteur pour rejoindre notre destination finale : Nosy Sakatia, une île de 6,5 km de long sur 3 km de large, peuplée d'un peu plus de 400 habitants. Aucune route sur l'île, uniquement quelques sentiers et à quelques centaines de mètres du rivage, la barrière de corail !
Nous accostons sur la plage du Sakatia Lodge. Il est 14 heures passées, cela fait presque 24 heures que nous avons quitté Paris. Il fait 28 ° C… les vacances peuvent commencer !
Survol du delta du Betsiboka
Nosy Sakatia : l'hôtel Sakatia Lodge - présentation
J2 à J8 : du lundi 28 mai au dimanche 3 juin 2012
L'hôtel Sakatia Lodge est un petit hôtel tenu par Isabella et José Vieira (elle d'origine italienne, lui d'origine angolaise/sud-africaine) et leur fils Jacques. L'ambiance y est familiale et conviviale, et l'accueil multilingue : français, italien, portugais, anglais, afrikaans, malgache. Une collaboratrice d'origine suisse parle également l'allemand.
L'hôtel peut accueillir jusqu'à 30 hôtes, mais durant notre séjour, nous ne serons jamais plus d'une dizaine de clients.
Les onze villas et bungalows se déclinent de la façon suivante : - deux villas sur la plage, l'une composée de deux chambres, l'autre de trois. - un bungalow familial de deux chambres, donnant sur la plage à proximité de la mangrove - quatre bungalows "nature", les plus simples, au fond du jardin - quatre bungalows "océan", confortables et spacieux, en surplomb du jardin et de la plage.
C'est dans un de ces derniers que nous nous installons et il est tout simplement parfait.
Une grande chambre, bien ventilée (pas de climatisation) et joliment décorée dans le style local Vous remarquerez notamment les lampes et autres décorations en fer forgé ainsi que les rideaux brodés typiquement malgaches.
Chaque bungalow est prolongé par une terrasse où l'on profite du cadre luxuriant du jardin.
A l'origine, la vue portait jusqu'à l'océan (d'où Ocean Bungalow) mais depuis, palmiers et arbres du voyageur se sont tellement développés qu'ils dépassent à présent les toits des habitations.
La plage est juste en contrebas. On s'y relaxe volontiers dans une confortable chaise longue. En face, la côte de Nosy Be.
Pour une petite soif, le bar – qui fait aussi restaurant - n'est pas loin. Ici la vue côté bar.
Le chef concocte tous les soirs un menu-surprise, essentiellement avec les produits de la mer et ceux du potager de la propriété. Quelques exemples de menus pour vous faire saliver ;-) * Crêpe de brèdes (ressemble un peu aux feuilles d'épinards), brochettes de zébu (bœuf local) et croquettes de manioc, gâteau au chocolat malgache. * Carpaccio d'espadon, beignets de crevettes et spaghettis de légumes, banane flambée. * Calamars sur lit d'aubergines, poisson grillé (capitaine) et salade de crudités, cheesecake au citron
Pour vous donner une idée plus concrète de l'hôtel, voici quelques vues panoramiques à 360 °… comme si vous y étiez !
Le restaurant du Sakatia Lodge
Nosy Sakatia : Sakatia Lodge - l'environnement proche
Nos journées sur l'île se passent toujours de la même façon.
Réveil avant 7 heures : oui, oui, même si ce sont les vacances, il faut en profiter un maximum, surtout qu'ici le soleil se couche très tôt, vers 17 h 30.
7 heures : petit-déjeuner… très copieux. Boissons chaudes (café, thé, chocolat, lait) et céréales variées à volonté. Servis à table : du jus de fruits frais (différent tous les jours), des fruits (mandarines, bananes, papayes, goyaves, ananas), du pain/beurre/confiture, un gâteau ou crêpe (différents selon les jours) et des œufs, accommodés à notre convenance. Vu la richesse du petit-déjeuner et du dîner, le midi, nous faisons régime ;-)
8 heures : pour Hervé, départ en bateau pour la première plongée. Retour en cours de matinée avec une petite heure de battement avant un nouveau départ pour une deuxième plongée. Pendant ce temps, moi, je fais du snorkeling jusqu'à un petit récif de corail, je bouquine, je me baigne, je flâne, bref je prends du bon temps.
Entre 13 h 30 et 14 h 30, Hervé revient de sa deuxième plongée et nous avons tout l'après-midi pour découvrir l'île. Pendant les deux premiers jours, nous sommes restés dans les environs immédiats.
Balade vers la mangrove La première balade va nous conduire du jardin de l'hôtel jusqu'à la mangrove. En traversant le jardin, un gecko aux couleurs fluorescentes ne manque pas d'attirer notre attention.
Une fois les limites de la propriété franchies, nous suivons un petit sentier vers quelques habitations de pêcheurs. Le ravenala (ou arbre de voyageur) sert de matériau de construction aux cases locales. Les pétioles fendus, appelés falafa, servent à confectionner les panneaux muraux. Les feuilles une fois séchées sont utilisées pour la réalisation de la couverture et du tronc, on tire des planches souples avec lesquelles on fabrique le plancher.
Nous ne tardons pas à atteindre une zone de mangrove, hérissée de souches de palétuviers à perte de vue.
En face la montagne sacrée, recouverte de forêt primaire, un espace sauvage et impénétrable peuplé de chauves-souris géantes et de quelques lémuriens.
Cette colline est considérée comme fady par la population et ainsi d'autant plus facile à respecter en tant que réserve naturelle. Un fady est un tabou, un interdit transmis de génération en génération. Sur l'île de Sakatia, les chiens sont également fady.
Du coup, ce sont les canards qui font office d'animaux domestiques. Pour preuve, la scène à laquelle nous assistons au bord de la mangrove. Arrive une habitante, avec un canard sous le bras auquel elle avait passé une laisse (ficelle) autour du cou. Au premier abord, je pensais qu'elle amenait le volatile au bord de l'eau pour le "passer à la casserole". Pas du tout, elle le conduit manifestement ici pour lui faire prendre un petit bain ou lui faire faire sa sortie journalière ;-)
En s'approchant, on voit qu'avec son pied, elle dirige l'animal pour ne pas qu'il s'écarte de la trajectoire prévue.
Balade le long de la plage La deuxième balade va nous faire longer la grande plage, à l'est du Sakatia Lodge.
Immédiatement voisins, on trouve les bungalows rustiques de Delphino Villa. Ils sont la propriété de Richard et de son épouse Anne-Christine, d'origine suisse, tombée amoureuse en 1994 de l'île de Sakatia où elle s'installe peu après et où elle s'investit dans la création de l'école primaire de l'île qu'elle gère toujours aujourd'hui. Anne-Christine a partagé quelques plongées avec Hervé.
En poursuivant le long de la plage, nous arrivons à l'entrée d'Antanabe, le plus grand village de l'île (il y en a trois en tout). Ici, après l'école, les enfants s'amusent avec les moyens du bord.
Les plus petits improvisent des instruments de percussion et des danses.
Les plus grands organisent des concours de sauts périlleux. Hervé immortalise leurs exploits avant de leur montrer les clichés pour leur plus grand plaisir.
Grands et petits s'unissent pour une petite virée en pirogue tout en nous adressant le traditionnel "Salut, vazaha !" Le terme vazaha désigne le Blanc étranger.
Nous progressons toujours plus avant sur la plage, jusqu'à trouver des marches bien taillées conduisant sur les hauteurs. Aucun panneau n'en interdit l'accès alors, bien qu'intrigués, nous montons. Là nous arrivons sur un terre-plein partiellement couvert d'une dalle en béton. De jeunes plants récemment mis en terre ornent les abords. Indiscutablement, on y jouit d'une vue incomparable !
Mais à quoi sert exactement cet endroit ? Je pense à un belvédère aménagé pour les touristes. Hervé suggère un lieu de repli en cas de tsunami ou encore un terrain de jeux ou de réunion pour la communauté villageoise. Pour en avoir le cœur net, il interroge les deux gars en train de balayer la dalle mais comme ils n'ont pas l'air de comprendre le français, ils se contentent d'opiner du chef quand Hervé leur demande si c'est un terrain de sport.
En fait, ce n'est absolument pas ce qu'on pensait. Il s'agit d'un terrain privé que vient d'acquérir, dans le cadre d'un bail emphytéotique, un couple de Savoyards. Ils sont arrivés le même jour que nous au Sakatia Lodge où ils vont loger provisoirement quelques jours, puis iront habiter sous la tente sur leur terrain en attendant de faire construire leur maison et de s'installer définitivement. Nous leur souhaitons bonne continuation.
La balade s'achève peu avant le coucher du soleil par une image de carte postale : Pirogue sur fond de coucher de soleil !
Enfants de Sakatia
Nosy Sakatia : balade dans l'île vers Ocean Beach Hotel
Les jours suivants, nous poursuivons notre découverte de Sakatia. Nous hésitons à prendre un guide, les sentiers sont nombreux et ne sont ni indiqués ni balisés. Il n'existe pas non plus de carte topo de l'île. Finalement nous nous lançons tout seuls après avoir pris quelques renseignements succincts auprès de l'hôtel, sans oublier notre GPS pour enregistrer notre trace et ainsi revenir plus aisément à notre point de départ.
Depuis le bateau de plongée, Hervé avait repéré un hôtel sur la côte sud-ouest. Ce sera le but de cette balade. Le départ se fait derrière notre lodge, comme pour aller à la mangrove. Après, il suffit paraît-il de suivre le sentier plus ou moins tracé.
Pas de difficulté au début, nous dépassons les habitations de pêcheurs comme la veille mais là, hum, premier doute : le sentier a l'air de s'arrêter au pied de la dernière maison. Nous interrogeons une fillette en train de récurer des gamelles sur le pas de la porte, elle nous indique timidement une vague sente grimpant vers les hauteurs.
L'île de Sakatia est en effet très vallonnée et une bonne grimpette nous conduit sur le haut d'une colline. De la musique à plein tube nous parvient d'une des cases coiffant le sommet. Pas d'humain en vue, seuls trois poissons séchant au soleil !
Et déjà la vue sur la baie de l'Ocean Beach Hotel. Plus qu'à descendre un petit raidillon et nous y voilà. Huit bungalows (+ cinq en cours de construction) en palissandre et matériaux traditionnels sur un grand jardin arboré ! Climatisation en option. Energie solaire !
Un grand restaurant et une piscine en cours de construction.
Mais l'hôtel est vide (et semble-t-il à vendre).
Le fils du propriétaire, belge, nous accueille et nous fait part de ses difficultés. Le tourisme est moribond à Madagascar et les tour-opérateurs internationaux sont frileux en raison de l'instabilité politique du pays. Les chiffres officiels le prouvent : au premier semestre 2011, 100 000 entrées de visiteurs non résidents contre plus 150 000 pour la même période en 2008, avant la crise politique de 2009. 100 000 visiteurs, c'est à peine un peu plus que la capacité du stade de France, une goutte d'eau pour un pays grand comme 1 fois ½ la France.
Sur ces réflexions, nous poursuivons la balade après avoir jeté un œil sur les tortues étoilées (ou rayonnées), endémiques de Madagascar, une espèce classée "vulnérable". Astrochelys radiata… Astro = astre, chelys = carapace et radiata = rayons... le tout fait référence a sa carapace qui a des dessins en forme de rayons de soleil.
Encore une colline à franchir où s'accrochent désespérément quelques habitations de guingois avant d'atteindre une petite plage déserte et sauvage.
Des traces témoignent du récent passage de tortues, venues y pondre.
Pour le retour, on se fait indiquer une variante démarrant au fond de la propriété de l'Ocean Beach et traversant la forêt, l'occasion d'admirer une étonnante fleur bleue à la forme suggestive, Clitoria ternatea, plus communément dénommée pois bleu. Les fruits sont des gousses évoquant un haricot. Les feuilles sont utilisées à Madagascar pour calmer les douleurs articulaires.
En se retournant, on domine l'hôtel que l'on vient de quitter.
De vallée en colline, nous finissons par prendre un peu de hauteur et ainsi balayer du regard tout le sud de l'île.
Tout en haut, sur la crête, le belvédère où nous nous attarderons quelques jours plus tard.
Plus loin, sur notre droite, la vue de la montagne sacrée confirme que nous sommes bien sur le bon chemin. Les petites cases dans le fond du vallon ont l'air de sortir tout droit d'un jeu de construction en bois.
Mais d'où nous arrive ce délicieux parfum qui remplit l'air à ce moment précis. Mais bien sûr… de la plantation d'ylang-ylang que nous sommes en train de traverser.
L'ylang-ylang est un arbre de la famille des Annonacées, originaire d'Asie du Sud-Est. On le cultive pour ses fleurs dont on extrait par distillation une huile essentielle très utilisée en parfumerie. L'arbre peut atteindre 25 à 30 mètres dans son milieu naturel mais on le taille pour ne pas qu'il dépasse 2 à 3 mètres, afin de faciliter la récolte des fleurs.
Le village n'est maintenant plus très loin. Alors que nous approchons, nous apercevons un jeune homme, apparemment en train de chercher quelque chose dans les fourrés. Des escargots ? "Non, dit-il, je cherche les caméléons. - Des caméléons, ça tombe bien, nous aussi nous en cherchons désespérément depuis quelques jours. - Vous voulez que je vous trouve un caméléon, nous propose notre homme. Attendez, nous dit-il !" Ni une, ni deux, et il nous en déniche un… magnifique caméléon panthère mâle = Furcifer pardalis (à déterminer)
Après la traversée du village, fin de la balade une nouvelle fois sur la plage, peu avant le coucher du soleil. Une variante de la pirogue au coucher du soleil alors que les derniers rayons de soleil inondent la côte de Nosy Be, en face.

Nosy Sakatia : balade dans l'île vers Sakatia Passions Hôtel
Aujourd'hui, c'est l'hôtel Sakatia Passions qui servira de prétexte à notre promenade journalière. En théorie, il suffit de suivre le bord de mer jusqu'au village d'Ampasimena, le deuxième village de l'île, puis de rallier l'hôtel en coupant par l'intérieur des terres.
Dans la pratique, rien de compliqué jusqu'à Ampasimena : nous suivons la plage, puis la zone rocheuse où le passage incessant des villageois a littéralement usé la roche, créant ainsi un réel cheminement.
En suivant le bord de mer, nous dépassons le premier village… où un bateau de pêche est à l'ancre dans la baie.
Puis, à près le passage à gué d'une rivière, nous traversons la plage d'Ampasimena. Mais au bout de la plage, premières interrogations : où va-t-on maintenant ? Heureusement, un piroguier bien serviable s'empresse de nous servir de guide pendant quelques centaines de mètres, histoire de nous remettre sur la voie. Une petite sente passant devant sa maison va nous faire gagner un peu d'altitude.
Entre les ananas, les palmiers et les arbres du voyageur, nous apercevons Nosy Be.
Après l'avoir remercié de quelques milliers d'ariarys, l'homme nous quitte alors que nous débouchons sur une large allée pavée – à l'échelle de cette île, presque une autoroute - qui monte depuis le bord de mer et qui se poursuit… Dieu sait où ? Allons voir !
L'allée, par endroit couverte d'une sorte de tonnelle, aboutit à un ensemble de bâtiments entourant une terrasse et une piscine à l'eau complètement croupie. Et sous un abri, un quad…
Un hôtel abandonné ? D'après nos sources, il s'agirait d'une multipropriété acquise par plusieurs amis : "les Copains d'abord". Mais ils ne doivent pas ou plus y venir souvent, les copains.
Pourtant, la vue y est magnifique… on devine au loin (à droite) l'îlot de Nosy Tanga.
Le Sakatia Passions, nous le trouvons un peu plus bas, au bord de mer. Ouvert depuis 1996 et spécialisé pour la pêche au gros, il est le plus ancien hôtel de Sakatia et aussi le plus proche de la côte de Nosy Be.
Quelques clients se relaxent sur la plage mais les lieux sont loin de nous plaire. Il n'y a pas mieux que notre lodge où nous nous empressons de retourner par le même chemin… pour avoir tout juste le temps de voir le ciel rosir au coucher du soleil.
Arbre du voyageur
Nosy Sakatia : balade dans l'île vers la plage ouest
Cette fois-ci, pas d'hôtel en ligne de mire mais une plage : celle d'Ampasindava, au nord-ouest de l'île. Comme l'itinéraire a l'air d'être un peu compliqué à suivre, nous optons pour un guide. Nous avons donc rendez-vous à 14 h 30 au village voisin, au kiosque faisant office de maison des guides. Une jeune fille parlant un français très correct nous accueille, c'est son père – jardinier au Sakatia Lodge et guide à ses heures – qui nous accompagnera pour cette balade. Au retour, il est prévu d'assister au coucher du soleil au belvédère que nous avions déjà aperçu pendant une de nos promenades précédentes.
A peine sortis du village, notre homme nous trouve, pour notre plus grand plaisir, un caméléon… encore un Furcifer pardalis… fabuleux !
La balade démarre en terrain connu, en direction de la montagne sacrée, en passant au pied de ces deux petites cases que nous avions aperçues de loin la veille.
Elle aboutit à la mangrove mais aujourd'hui, avec ces cocotiers les pieds dans l'eau, nous la voyons sous un jour nouveau... à marée haute.
Nous sommes dimanche et dans une case voisine, toute la famille est réunie. Une vieille dame nous vend une petite fiole d'essence d'ylang-ylang.
Commence alors la traversée de l'île. Heureusement que nous sommes accompagnés car effectivement les sentiers se croisent et se décroisent, nous aurions eu du mal à trouver. De plus, par la même occasion, nous en apprenons sur les fruits, baies et plantes locales : jacks, poivre, papayes, manioc, teck.
Mais gare à celui qui touchera cette gousse couverte de poils urticants, le pois Mascate ou Mucuna pruriens, il lui infligera de sérieuses démangeaisons. La légumineuse bénéficie pourtant d'un profil biochimique fascinant et contient une multitude de principes actifs intéressants utilisés dans la médecine ayurvédique pour traiter notamment la maladie de Parkinson.
Bientôt une grande plage est en vue. Ce n'est pas tout à fait celle qu'on visait, on espérait arriver plus au nord, à Ampasindava, une plage classée par le gouvernement malgache en réserve foncière touristique et où l'on pourrait voir fleurir à terme un grand complexe hôtelier. Nous nous contenterons de celle-ci, très belle, sauvage et déserte.
Il fait chaud et un repos bien mérité sous cet arbre aux racines tentaculaires est bienvenu.
Mais il faut penser au retour et nous voilà à nouveau en route vers les hauteurs de l'île. Mine de rien… 120 mètres de dénivelé nous indique notre GPS qui intéresse d'ailleurs aussi beaucoup notre guide.
Bulbuls et souimangas survolent nos têtes mais ces oiseaux très vifs ne se laissent pas facilement mettre dans la boîte. Le pigeon vert de Madagascar en revanche pose carrément. Treron australis
Quant aux araignées, elles ne se laissent pas déranger ! Nephila inaurata madagascariensis
Tout en suivant la crête jusqu'au belvédère, notre guide nous montre des orchidées mais elles ne sont pas en fleur, ce n'est pas la saison. En revanche, celles-ci nous intriguent...
Bientôt se déploie devant nous un panorama à 360 ° de la côte Nord de Nosy Be jusqu'au sud de Sakatia.
Et voici le moment tant attendu : il est 17 h 26, place coucher de soleil.
Nous nous dépêchons ensuite de rejoindre le village où notre guide s'arrête devant sa maison, en ressort avec un cahier d'écolier sur lequel il note très consciencieusement que le circuit vers la plage Nord fait exactement 5 km (que nous avons parcourus tranquillement en 3 heures) et que le point culminant du parcours se situe à 120 mètres d'altitude.
Il fait déjà nuit quand nous atteignons l'hôtel. Une très chouette balade (8000 Ar par personne = moins de 3 €)
Coucher de soleil !
Nosy Sakatia : et la plongée ?
Compte-rendu fait par Hervé. L'île de Nosy Sakatia est idéale pour la pratique de la plongée. Aucune pollution industrielle ne vient détériorer la vie sous-marine qui foisonne dans une eau riche en plancton mais qui reste suffisamment claire pour le photographe. Les plongées au Sakatia Lodge se font à partir d'un confortable bateau à moteur équipé récemment d'un sondeur GPS qui permet d'arriver pile sur les sites de plongée et même d'en découvrir de nouveaux, totalement vierges, en fonction des hauts-fonds repérés.
J'ai eu la chance de plonger avec des moniteurs (père et fils) passionnés et très cool. Munissez-vous d'une loupe pour apprécier les myriades de petits animaux qui vous surprendront par leur diversité. Jacques, le fils, a des yeux de lynx et vous fait profiter de sa grande expérience pour dénicher des animalcules improbables.
Bref, les plongées sont d'une richesse surprenante et d'une grande diversité et cela concerne à la fois le "petit" et le gros.
La mer est calme, 28 ° C. Les plongées se font entre 15 et 25 mètres et les temps de plongée ne sont pas limités. En fonction de notre consommation et de la profondeur, nous sommes parfois restés 110 minutes avec notre bouteille de 12 litres. Les plus gourmands peuvent s'équiper de 15 litres et pour plus de confort, le Nitrox est également disponible. Les sites sont proches, de 5 à 20 minutes de l'hôtel. Départ vers 8 heures, retour à l'hôtel après la première plongée et une heure de détente avant la seconde. Nous n'avons jamais été plus de cinq plongeurs et le plus souvent nous étions deux. Nous n'avons rencontré aucun autre bateau de plongée durant la semaine. Espaces vierges et protégés également du fait du faible nombre de touristes.
Deux images m'ont tout particulièrement marqué : une espèce d'araignée d'un centimètre de long dont le corps est aussi fin que ses 8 pattes qui doivent faire moins d'un mm d'épaisseur (Phoxichilidium femoratum) et un banc de perroquets à bosse d'une quarantaine d'individus, absolument magique. A certaines saisons, il est possible d'assister à la migration des baleines, nous avons d'ailleurs vu un souffle tout près du bateau.
Crevettes-mantes
Une journée d'excursion à Nosy Komba et Nosy Tanikely
Nosy Komba, une petite île volcanique à mi-chemin entre Nosy Be et la Grande terre, connue pour son village de pêcheurs aujourd'hui reconvertis en vendeurs d'artisanat.
A 10 km à l'ouest de la précédente, Nosy Tanikely, petit îlot inhabité, récemment classé en parc marin et terrestre, réputé pour sa belle plage et surtout pour ses fonds marins exceptionnels.
Nous les avions déjà visitées lors de nos précédents voyages mais tenions à les revoir absolument. Les deux îles se visitent facilement dans le cadre d'une excursion d'une journée. Prévoir palmes, masque et tuba, bien sûr !
C'est donc ce circuit que nous avons réservé auprès de notre hôtel, sans véritablement nous soucier de la façon dont il allait se dérouler. Et ce sera la surprise !
Nous imaginons d'abord que c'est le bateau de l'hôtel qui nous y mènerait dans le cadre d'une excursion privée. Le d��part est fixé à 7 h 45… houlà, encore plus tôt que les autres matins. C'est bien sur l'embarcation de l'hôtel que nous montons mais en direction de Nosy Be. Nous pensons alors que c'est à l'embarcadère de Nosy Be qu'un bateau nous attendrait. Même pas… là c'est un taxi qui prend le relais pour nous conduire à Ambatoloaka (prononcez Ambatoulouk) et quand nous arrivons sur la plage, nous comprenons finalement que c'est en groupe que nous passerons la journée.
Ambatoloaka ! Nous connaissons bien cette station balnéaire puisque nous y avons séjourné en 2001 et puisque nous avons un peu en avance, nous en profitons pour jeter un œil à l'hôtel où nous avions logé.
Déjà à l'époque, l'Ylang-Ylang n'était pas de première jeunesse mais là, il est complètement décrépi et fait peine à voir. Ah ! Comme nous sommes bien à Sakatia !
En attendant le départ de notre excursion, nous patientons à l'ombre d'un arbre qui ne manque pas d'attirer notre attention : en malgache Fotatra, le Bonnet d'évêque ou Barringtonia racemosa.
C'est un arbre imposant, aux fruits à quatre côtes saillantes qui ressemblent à un bonnet d’évêque. Toujours vert et avec ses grandes feuilles, il revêt un caractère sacré auprès de certaines ethnies. La graine oléagineuse contient des principes toxiques utilisés pour la pêche. Le bois imputrescible sert à la confection des pirogues. La fleur est vraiment très délicate.
Ça y est, tout le monde est prêt : nous sommes finalement 9 touristes + un skipper, une cuisinière, un homme à tout faire et un guide, 13 personnes (gloups !) sur une embarcation sans doute prévue pour 10, skipper compris. Heureusement la mer est calme !
Après une traversée d'une petite heure, nous accostons à Tanikely où nous laissons descendre une partie des excursionnistes ayant choisi de limiter la sortie à cet îlot. Nous sommes les seuls avec un couple belge à poursuivre jusqu'à Komba. La cuisinière est aussi du voyage car le feu est interdit sur Tanikely, elle préparera le repas à Komba puis le ramènera sur l'ilôt où tout le monde se retrouvera pour le déjeuner.
Une quinzaine de minutes plus tard, nous approchons de Nosy Komba.
Nous nous dirigeons immédiatement vers une colline au-dessus du village, dans un coin où l'on peut observer des lémuriens, des makis macaco, en toute liberté (tout de même plus ou moins apprivoisés car nourris). C'est amusant de les voir dégringoler des arbres pour sauter sur notre dos… enfin, pour attraper les bananes qu'on leur propose. Les mâles sont noirs, les femelles rousses.
En dehors des lémuriens, les villageois ont aussi rassemblé là, dans quelques "enclos", des tortues, des caméléons et des serpents.
Hervé fait le fier avec ce boa de Madagascar (brrr !). Moi, je préfère nettement les câlins du maki. Acrantophis madagascariensis, une espèce endémique !
Un lézard endémique, Zonosaurus madagascariensis, partage le territoire avec les tortues rayonnées.
Sans oublier les caméléons-panthère, Furcifer pardalis… la femelle de couleur rouge-brun et le mâle aux couleurs chatoyantes.
Nous traversons ensuite le village qui s'est bien agrandi et qui est passé d'un simple village de pêcheurs en 1984 et même encore en 2001 à un village tourné vers la vente d'artisanat. Pourtant, il subsiste encore quelques activités traditionnelles, notamment le travail de la vanille et surtout le remarquable travail artistique des brodeuses.
Toutes ces nappes brodées flottant au vent donnent tout son charme au village.
Retour à Nosy Tanikely pour le pique-nique : salade de pommes de terre, brochettes de zébu et de crevettes, poisson grillé et riz coco, crabe en sauce, fruits en dessert. Le tout, excellent, avec un seul petit bémol… dommage que les plats chauds qui avaient été cuisinés sur l'île voisine aient été tièdes, voire froids, au moment de les déguster. Mora mora.
Mais le clou de la journée et l'objectif principal de cette sortie, c'est de revoir les fonds marins. Alors dès la dernière bouchée avalée, nous nous dépêchons d'enfiler palmes, masque et tuba… sans oublier un tee-shirt car le soleil, à cette heure de la journée, est redoutable. Et hop… dans l'eau ! Voici quelques scènes à laquelle nous avons assisté (je rappelle que ces photos ont été faites en apnée).
Toujours aussi fabuleux, les fonds autour de Tanikely: deux tortues, des langoustes, des poissons à foison, des coraux en excellente santé… une heure trente de découverte intense de sorte qu'on en arrive à faire abstraction du plancton urticant (rien à voir avec les grosses méduses néanmoins !) qui nous picotent les membres.
Mais toutes les bonnes choses ont une faim. A 15 heures, le bateau sonne le rappel des troupes. En fin d'après-midi, la mer est susceptible de pouvoir se former, il ne faut donc pas attendre pour rentrer. Déjà, la surface de l'eau est plus agitée que ce matin. Retour à Ambatoloaka vers 16 heures et après un nouveau transfert en taxi puis en bateau, nous sommes de retour à Sakatia vers 16 h 30.
Excellente journée ! Nous avons été ravis d'avoir pu revoir ces deux îles.
Nosy Komba
Retour sur la Grande Terre : de Tana à Antsirabe par la N7
J9 : Lundi 4 juin 2012
Notre séjour à Nosy Sakatia tire sur sa fin et c'est le moment de faire un premier point sur cette semaine écoulée. Le temps a été chaud et ensoleillé : près de 30 ° C à la fois dans l'air et dans l'eau ! Température idéale !
Que ce soit l'hôtel ou l'île de Sakatia en général, ils ont tous les deux parfaitement répondu à nos attentes. Sans être luxueux, le Sakatia Lodge offre un confort très appréciable. Quant à l'île, elle n'est pour l'instant pas touchée par les effets délétères du tourisme. En effet, on peut s'y promener en toute liberté et en toute sécurité sans être jamais ni harcelé ni même sollicité par les habitants. Un petit mot dans les chambres de l'hôtel recommande d'ailleurs aux touristes de ne rien distribuer directement à la population (ni habits, ni argent, ni bonbons aux enfants) mais éventuellement de faire des dons à l'école et/ou au dispensaire.
Quant à la plongée, les sites autour de Sakatia et plus largement autour de Nosy Be sont restés tout aussi exceptionnels qu'il y a trente ans, les coquillages en moins.
Nous profitons de nos dernières heures sur l'île et puisque notre vol a subi une nième modification d'horaire (prévu à 13 h 45, il vient d'être déplacé à 15 h 10), rien de mieux qu'une dernière baignade avec snorkeling au jardin de corail, juste devant la plage.
Départ de l'hôtel à 12 h 15 pour le transfert à Nosy Be où un taxi nous attend. Comme nous avions pris la route du sud à l'aller, nous avons demandé à emprunter la variante par le nord pour retourner à l'aéroport. Cet itinéraire, très peu fréquenté mais plus scénique, n'a pas la faveur des taximen car en cas de problème, il n'y passe pas grand monde. Du coup, notre chauffeur s'y croyant tout seul s'arroge le droit de couper systématiquement tous les virages. Nous lui faisons gentiment remarquer que nous souhaiterions arriver à destination en un seul morceau. Cette route compte également des montées et des descentes incessantes et vu le peu de reprise du véhicule, on comprend que notre homme n'aime pas cet itinéraire.
Arrivée à l'aéroport à 13 h 30 et vol à l'heure. Il est plus de 16 heures quand nous atterrissons à Tana. Température au sol : 20 ° C, il fait bon mais sans plus… par rapport à Nosy Be.
L'activité dans l'aérogare est bien moins intense à l'arrivée d'un vol intérieur que d'un vol international : il n'y a même pas un porteur pour prendre nos valises !
Le chauffeur envoyé par notre hôtel nous attend. Premières impressions en traversant Ivato (la ville de l'aéroport) : une multitude d'échoppes colorées le long de la route, des rizières jusque dans la ville, la digue qu'arpentent une foule de travailleurs, des vendeurs de briques, les arrêts imprévisibles des taxis-brousse… mais aussi un centre commercial et des enseignes qui ne nous sont pas inconnues. Des affiches publicitaires pour le dernier smartphone côtoient les stands misérables des marchés. Tout le paradoxe de Tana !
Les collines de la capitale et le palais de la Reine sont bientôt en vue. La circulation s'intensifie quand le taxi entre dans les rues pavées en pente après le lac Anosy. L'odeur des gaz d'échappement devient prégnante.
Nous arrivons à destination à l'hôtel Sakamanga, en plein centre. Les petits vendeurs nous assaillent à la sortie du taxi… nous nous engouffrons dans l'hôtel, un véritable havre de paix, loin de l'agitation de la rue.
Dans un labyrinthe de couloirs colorés, agrémenté de verdure mais surtout d'objets typiques et de sculptures du pays, l'hôtel a un cachet tout particulier : c'est un véritable musée !
Au deuxième niveau de cette élégante maison, nous apprécions la décoration soignée, le parquet en bois rouge et la terrasse de notre suite.
Pour le dîner, il nous suffit de descendre d'un étage, le restaurant du Sakamanga bénéficie d'une belle réputation et le repas sera à la hauteur.
Escalope de foie gras poêlée et magret de canard au poivre vert pour Hervé, verrine de tomates confites, feta, basilic et méli mélo (foie gras poêlé, salade verte et gésiers, magret de canard fumé) pour moi. En dessert, à l'unisson, des bananes flambées. Un repas digne d'une grande table parisienne pour une addition malgache.
Précisons que le canard y est élevé partout et que par conséquent on y produit d'excellents magrets, confits et foie gras locaux.
Le timing aura été serré aujourd'hui. Nous n'aurons pas eu le temps de faire un saut dans le quartier mais nous avions déjà visité Tana lors de nos précédents voyages alors ce n'était pas une priorité.
Demain nous prenons possession de notre véhicule et alors, à nous la Nationale 7 !
J10 : Mardi 10 juin 2012
En nous rendant au petit déjeuner ce matin, nous finissons la découverte de notre hôtel en déambulant, d'un couloir à l'autre, jusqu'au patio. Chaque recoin nous dévoile de nouveaux objets : collections d'instruments de musique, de billets de banque, de détails de balustres, d'affiches publicitaires d'époque… Etonnant et très instructif !
Le buffet du petit déjeuner est un régal !
Nous espérions profiter encore un peu du cadre jusqu'à 9 heures mais voilà que notre loueur se présente dès 8 heures. Nous fermons nos valises dans une certaine précipitation, n'échappons pas à quelques vendeurs de pacotille devant l'hôtel et sautons aussitôt dans notre 4 x 4. Bon, pour l'instant, c'est Rodolphe qui prend le volant, le temps de sortir du centre et de nous donner quelques indications sur la voiture.
Nous avions été en contact par Internet avec Andry de N7 mais le propriétaire de ce véhicule en particulier, c'est Rodolphe et c'est bien lui qui nous le "cède" pour 8 jours, nous n'aurons plus aucun contact avec l'agence.
Il s'agit d'un Toyota Land Cruiser HDJ80, première mise en circulation 1999. Il affiche 12000 km au compteur depuis un récent changement de moteur mais précédemment, le véhicule avait sans doute déjà parcouru plusieurs centaines de milliers de kilomètres. Un autocollant sur la vitre arrière relatif à "Bel Africa" laisse à penser qu'il avait sans doute déjà servi en Afrique (Bel Africa = tour opérateur spécialisé dans l'organisation de safaris en Afrique). Quoiqu'il en soit, ce type d'engin a en général une durée de vie très longue et nous avions déjà loué précédemment en Australie et en Bolivie des 4 x 4 avec un kilométrage avoisinant les 150 000-170 000 km. Il est dans un très bon état avec des pneus néanmoins un peu usés. Il devrait être parfaitement adapté au parcours envisagé, essentiellement de la route en plus ou moins bon état et à peine une cinquantaine de kilomètres de piste.
A la sortie de Tana, Rodolphe nous quitte. Nous voici sur les rails sur la Nationale 7, en direction d'Antsirabe à 180 km au sud, un parcours estimé à 3 à 4 heures. Le temps gris pour l'instant laissera plus tard la place au soleil.
Nous mettons notre GPS Garmin de randonnée à contribution mais à part une ligne fictive symbolisant la fameuse nationale et quelques points stratégiques enregistrés, aucun autre repère n'est disponible. Mais après tout, sans doute suffit-il tout simplement de suivre la Nationale à l'aide de quelques panneaux. Mais à Mada rien n'est simple et les panneaux, il ne faut pas trop y compter.
Bon, après une hésitation au premier rond-point, nous suivons grosso modo la ligne fictive du GPS et commençons la descente vers le Sud. Après la cohue de Tana, la nature reprend rapidement ses droits : collines, gros blocs de rochers ronds, villages traditionnels, maisons de brique ocre coiffées de chaume et… les rizières transformées en briqueteries à ciel ouvert après les moissons. Le dépaysement est total !
Certes la conduite demande beaucoup d'attention car ici les voitures bien que peu nombreuses partagent la route avec les vélos, les piétons, les charrettes à zébu et toutes sortes de chariots tout droit sortis de la débrouillardise malgache. Voici un exemple de chariot appelé varamba… composé d'une plateforme type palette montée sur un système ingénieux de roues en bois recouvertes de caoutchouc de pneus récupérés et cloutés sur la circonférence. Le tout sur des roulements à bille eux aussi d'occasion !
Il faut l'imaginer chargé à bloc et poussé dans les montées parfois par plusieurs personnes (hommes, femmes et enfants) puis transformé en skateboard dans les descentes.
La route est sinueuse. Nous passerons de 1200 mètres à Tana à 1500 mètres à Antsirabe au fil de montées et de descentes incessantes sans aucune ligne droite quasiment. A ce rythme, on ne roule pas vite, en moyenne 40 km/heure. "Mora mora" = doucement, doucement comme aiment à le répéter les Malgaches.
Les activités qui caractérisent les différentes régions changent au fur et à mesure de notre avancée. Après les rizières, place aux champs de légumes et aux monticules de carottes au bord de la route. Puis c'est au tour des pépinières et des expositions de plantes à fleur, puis le travail du raphia avec ses stands d'articles de vannerie. Un peu plus loin encore, ce sont les miniatures en bois qui ornent les étalages.
On traverse Behenjy, la ville qui ravitaille les restaurants de Tana en foie gras, puis Ambatolampy, celle où l'on fabrique toutes les marmites de Madagascar.
En cours de route, nous achetons cinq gros avocats et un panier de nèfles pour notre pique-nique. Vers midi nous atteignons Antsirabe, 200 000 habitants et pas loin de 10 000 pousse-pousse. Ancienne ville thermale au temps de la colonie, la ville reste aujourd'hui l'un des tout premiers centres industriels du pays grâce notamment à la bière produite localement par la brasserie Star, la THB (Three Horses Beer). Située à près de 1500 mètres d'altitude, c'est le point le plus froid de Madagascar.
Nous avons réservé une chambre d'hôte chez Couleur Café. J'avais repéré que c'était près de la gare et j'espérais qu'un panneau nous indiquerait au moins cet édifice. Que nenni, pas un seul indice !
Avec comme seul repère le point GPS de la propriété, nous tentons d'approcher par tâtonnements successifs, en tournant tantôt à droite, tantôt à gauche, tout en nous frayant un passage entre les piétons, les vélos et les pousse-pousse. Finalement notre stratégie paie… nous tombons pile dessus.
Couleur Café : autour d'un bel espace gazonné et fleuri, cinq petits bungalows en brique avec cheminée mêlant le style malgache à une décoration contemporaine. Nous sommes séduits !
Après un petit repos dans le jardin, il est temps de découvrir les alentours de la ville, notamment les deux lacs Andraikiba et Tritiva accessibles depuis la route allant à Morondava.
Au premier lac, nous ne faisons qu'une courte halte, histoire de…
Le deuxième lac se trouve à 11 km de piste du précédent. La progression est lente, il nous faut presque une heure pour parcourir la distance sur une mauvaise piste.
Un véritable patchwork de cultures maraîchères à perte de vue couvre la campagne au pied du lac !
Sur place, nous sommes accueillis par une nuée de vendeuses nous proposant chapeaux de paille et pierres semi-précieuses ainsi que par Jeannot qui s'improvise guide et qui nous réclame 20 000 ariarys (8 €) pour la visite. Le guide du Routard indiquait 3000 Ar par personne alors soit le fameux ouvrage n'est pas à jour, soit c'est l'inflation qui gagne du terrain, soit Jeannot a profité de notre générosité mais peu importe… c'est notre B.A du jour !
Quant aux vendeuses, nous leur promettons de leur acheter une bricole à notre retour. C'est sans doute pour être sûr de ne pas perdre leurs clients que tout ce petit monde ne nous lâche pas d'une semelle et c'est donc en procession que nous commençons le tour du lac.
Le lac Tritiva : un très beau lac d'origine volcanique, d'un bleu saisissant. Si profond et sans doute si fascinant que, d'après la légende, deux amants qui s'étaient vus refuser le mariage s'y seraient précipités et noyés.
La baignade est fady pour les locaux mais est néanmoins tolérée pour les étrangers. C'est ainsi que le commandant Cousteau a pu en explorer les profondeurs pour tenter de percer le mystère qui fait que curieusement le niveau d'eau baisse pendant la saison des pluies et remonte à la saison sèche.
Les bords du lacs sont couverts de pins, notamment des pins du Mexique introduits au début du XXème siècle. En février dernier, le cyclone Giovanna a d'ailleurs eu raison d'un certain nombre de ces arbres à la grande satisfaction des travailleurs du bois à qui cette opportunité offre un peu de travail.
Egalement, sur la rive, des lys sauvages… au port très délicat = Lilium formosanum
Et alors que nous poursuivons notre tour du lac, nous trouvons une chauve-souris prise dans les fils hyper solides d'une énorme toile d'araignée. Nous la libérons mais elle a déjà été sérieusement blessée par son agresseur, sans doute une néphile de Madagascar, une araignée inoffensive pour l'homme mais redoutable pour ses proies.
Au terme de la balade, un dernier coup d'œil au lac nous permet de constater que sa forme reproduit les contours de l'Afrique. Bluffant !
Alors que nous approchons de la voiture, les vendeuses reviennent à la charge. Littéralement assaillis, nous avons bien du mal à faire notre choix tellement elles sont pressantes.
Nous ferons deux heureuses : Bénéfice (un nom prédestiné !) à qui j'achète un chapeau de paille et une autre dame à qui Hervé achète deux petites ammonites et… malheureusement beaucoup de déçu(es) aussi car nous ne pouvons tout acheter. Une nouvelle fois, les villageois nous confirment que les touristes sont rares, nous avons été les premiers de la journée et… vu l'heure seront sans doute les seuls.
Avant de les quitter, une dernière photo en souvenir de ce groupe bien sympathique avec qui nous avons partagé un bon moment !
Nous retournons ensuite à Antsirabe par la même route en croisant beaucoup d'écoliers et de collégiens parcourant des kilomètres pour rentrer à leur domicile à la sortie des classes.
La fin de soirée est paisible mais fraîche, un bon feu crépite dans la cheminée de notre bungalow et pour le dîner, nous décidons de rester sur place. Couleur Café propose une restauration uniquement à ses hôtes (pas de restaurant ouvert à la clientèle extérieure). Nous goûtons un excellent filet de zébu, le service et la cuisine sont top. Nous sommes vraiment contents de notre choix !
Lac Tritiva
Ambaladingana, sous le soleil de Mada
J11 : Mercredi 6 juin 2012 Dès 8 heures, nous quittons Couleur Café après y avoir laissé notre sac de plongée que nous récupérerons à notre retour.
Le repérage dans Antsirabe est toujours empirique mais avec un peu d'aide locale, nous finissons par sortir de la ville… en même temps que les convois de zébus.
Notre randonnée initiale aux cascades de Fred est tombée à l'eau. En raison d'un changement de date, le guide n'était plus disponible et nous n'avons pas vraiment cherché ailleurs.
Notre étape du soir se fera à l'écolodge "sous le soleil de Mada" à Ambaladingana, distant de 115 km. En cours de route nous envisageons un éventuel arrêt à Ambositra (à 90 km) pour grimper au Mt Antety (1864 mètres d'altitude).
De fait, après les rizières aux abords d'Antsirabe, le paysage devient plus minéral et plus montagneux à l'approche d'Ambositra (prononcez Ambouchtr). Le ciel lui aussi devient changeant, de plus en plus nuageux jusqu'à donner de la pluie. Etonnant cet épisode dépressionnaire en pleine saison sèche… sans doute l'influence de la tempête tropicale Kuena stationnée à 1000 km au large des côtes nord-est de l'île entre le 5 et le 7 juin.
Dans ces conditions, inutile de nous attarder dans cette ville, les sommets sont dans la brume. Continuons plutôt jusqu'à notre étape finale où nous aviserons.
La traversée de la ville d'Ambositra n'est pas une mince affaire : tout le centre est congestionné. On se croirait un jour de foire ou de braderie en France. Serait-ce le jour du marché ? Même pas, c'est sans doute ainsi tous les jours. Nous espérons être enfin plus tranquilles quand nous aurons pris la piste à Ivato, à15 km au sud d'Ambositra vers la maison d'hôtes "sous le soleil de Mada".
Mais sur la piste aussi, il faut faire attention aux piétons…très nombreux. Ils ont souvent la mauvaise habitude de marcher sur les deux côtés de la voie, nous obligeant à quasiment nous arrêter à chaque fois qu'il faut les doubler ou les croiser. La progression est lente et prudente !
Au bout de 12 km, la pancarte du lodge indique que nous sommes arrivés et une fois de plus le point GPS extrapolé à partir des indications reçues est d'une extrême précision.
"Sous le soleil de Mada" : une dizaine de bungalows rustiques mais équipés de sanitaires privés, en bois d'eucalyptus, d'inspiration zafimaniry (les Zafimaniry font partie d'une ethnie malgache réfugiée dans la forêt et passée maître dans l'art du travail du bois).
Nous nous installons dans la case numéro 12. Il est tout juste midi.
La maison d'hôtes est celle de Marc et Brigitte. Partis de France pour un tour du monde, ils se sont arrêtés à Madagascar, leur première étape. Tombés amoureux de cette région, ils n'en ont plus bougé depuis.
Le lodge porte particulièrement bien son nom puisque, après la grisaille de la matinée, le soleil se montre dès notre arrivée. Une bonne occasion pour aller immédiatement découvrir les alentours avec Johnny qui nous sert de guide accompagné d'un des chiens de la maison.
Tout en suivant le toutou… Nous passons à proximité d'un tombeau Longeons des rizières à perte de vue Rencontrons des écoliers studieux installés dans une église depuis que leur école a été endommagée par le dernier cyclone. Puis après avoir traversé la rivière sur un petit pont de bois, croisons de jeunes orpailleuses, retournant laborieusement la terre en espérant y trouver quelques pépites, que dis-je, un peu de poudre d'or tout au plus !
En tout, deux heures de balade dans la campagne environnante avant de finir l'après-midi sur la terrasse du lodge… … à profiter tout simplement de la vue… … et à observer les allées et venues d'un corbeau-pie et d'un souimanga malgache .
Au coucher du soleil, la fraîcheur se confirme et c'est avec plaisir que nous nous retrouvons autour de la cheminée à bavarder avec Marc le patron, très sympathique et d'une extrême gentillesse.
A la nuit tombée, trois nouveaux hôtes nous rejoignent. Deux d'entre eux sont liés à l'hôtel Tsara Komba, "l'hôtel au luxe bienveillant" et à l'ONG "Des Villages et des Hommes" à l'initiative, en novembre 2011 à Paris, d'une vente aux enchères d'œuvres d'artistes malgaches destinée à financer un village sur l'île de Nosy Komba.
Le troisième est l'auteur, entre autres, du très bel ouvrage "Zafimaniry intime".
Tous ensemble, nous passons une excellente soirée autour du repas concocté par les jeunes employées du lodge : beignets d'aubergines, truffade + haricots verts et brochettes de zébu, fruits flambés. Sans oublier les rhums arrangés du patron !
Après un tel repas, il n'y a plus qu'à faire dodo. Dans notre cabanon rustique, pas de chauffage mais sous la couette, nous n'aurons pas froid.
Demain, nous avons prévu de découvrir un peu plus ce mystérieux pays Zafimaniry… en espérant qu'il fasse beau !
Chercheuses d'or
Antoetra - Ifasina : randonnée en pays Zafimaniry
J12 : Jeudi 7 juin 2012 En poussant le petit volet de notre cabanon ce matin, je m'aperçois qu'un épais brouillard enveloppe toute la vallée. Notre randonnée va-t-elle pouvoir être maintenue dans ces conditions ?
En tout cas, nous nous préparons comme prévu en espérant que le temps se lève. Vers 8 heures, nous sommes prêts à démarrer avec Johnny, notre petit guide d'hier. Une demi-heure de 4 x 4 nous conduit à Antoetra et il n'en faut pas davantage pour voir le soleil apparaître.
Le village d’Antoetra est le point de départ d’un vaste réseau de sentiers qui relient les villages Zafimaniry entre eux. Aujourd’hui, quelques 25 000 Zafimaniry vivent dans une centaine de villages et hameaux dispersés dans les montagnes de la région. Ils se sont établis là au dix-huitième siècle pour échapper à la circonscription militaire sous le règne de la reine Ranavola I et ont appris l'art du travail du bois. Leur savoir-faire est inscrit depuis 2008 au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.
Outre l'aspect culturel, la randonnée jusqu'à ces villages uniquement accessibles à pied est déjà un but en soi. Vu notre timing, c'est Ifasina à deux heures de marche qui s'y prête le mieux.
Notre arrivée à Antoetra ne passe bien sûr pas inaperçue. Quelques jeunes gens se déclarent d'emblée gardiens de voiture, d'autres nous proposent des articles en bois. C'est encore une fois en cortège que nous commençons notre balade. Mais à la sortie du village, tout ce petit monde se dégonfle et nous voilà seuls avec Johnny.
Laissant derrière nous les rizières entourant le village, nous attaquons rapidement une grosse montée. Alors quand arrive le premier replat, nous sommes contents de souffler un peu pour apprécier le paysage.
Un peu partout, nous verrons ces pierres dressées en hommage aux ancêtres.
Johnny 19 ans, chaussé de tongs, caracole devant nous !
Mais il a l'œil et ne manque pas de débusquer un caméléon, Furcifer latéralis, le caméléon le plus commun de l'île, reconnaissable à sa bande latérale claire et surtout à ses trois ocelles aux contours sombres situées sur ses flancs.
Un peu plus loin, il nous montre ce superbe criquet, un Pyrgomorphe (Phymateus saxosus) aux couleurs flamboyantes mais attention il est toxique !
Après avoir vaincu une deuxième colline, nous arrivons sur de grandes dalles granitiques (qui nous rappellent un peu les glacis des Seychelles) recouvertes de lichens et plantes grasses, notamment ces Kalanchoe pubescens.
Jolie vue dégagée vers les sommets plus au nord.
Le parcours s'enfonce ensuite dans des paysages plus montagneux…
Arrivés à un col, on distingue le village d'Ifasina au loin.
Une descente de 200 mètres de dénivelé assez raide et glissante par endroits nous conduit vers notre destination.
A l'orée du hameau, ce petit garçon attendant son père parti en forêt couper du bois nous regarde passer avec curiosité.
Plus loin, c'est une nuée d'enfants qui nous accueillent. Ils ne sont pas en classe, les instituteurs sont en grève dans tout le pays depuis plusieurs semaines pour dénoncer leur niveau de salaire. Les adultes, quant à eux, sont tous occupés à niveler un terrain pour construire un nouveau bâtiment scolaire.
Enfin voici le village, quelques dizaines de maisons en bois serrées les unes contre les autres, construites en bois précieux (palissandre) et assemblées sans clou ni vis, sur le principe de la mortaise.
Les portes et les volets sont entièrement couverts de motifs géométriques traditionnels : toiles d'araignée symbolisant les liens familiaux ou rayons de la ruche (alvéoles, losanges) représentant la vie communautaire.
Nous sommes introduits chez le doyen du village (89 ans) qui est aussi considéré comme le chef coutumier et à qui notre guide verse le droit d'entrée.
Johnny nous explique que l'agencement intérieur de la case répond à un code bien spécifique : un coin pour les ancêtres, un coin pour les ustensiles de cuisine et les provisions…
Ces maisons, comme toutes celles rencontrées sur les hauts-plateaux malgaches, n'ont pas de cheminée. L'intérieur est complètement enfumé, le plafond et les cloisons couverts de suie et l'air y est difficilement respirable. Dire qu'il y a 13 personnes qui vivent ici sur 6 mètres carrés au sol plus mezzanine.
Pendant que nous discutons, les trois petits enfants (ou arrières petits-enfants) du vieil homme nous rejoignent alors qu'au coin de la fenêtre, une autre petite fille nous guette timidement.
Ainsi va la vie dans un village Zafimaniry… dans un grand dénuement mais sans doute aussi dans un grand élan d'entraide… un monde totalement à part dans lequel nous ne nous sentons pas très à l'aise.
Alors c'est avec bonheur que nous retrouvons l'air frais de la montagne sur le chemin du retour. A 14 heures, nous sommes de retour à l'écolodge et une demi-heure plus tard, déjà sur le départ.
Direction la réserve privée de Ialatsara, à 82 km et deux heures de route environ.
Mais à peine parti, Hervé me passe le volant… il ne sent pas très bien. Sur la piste entre le lodge et la Nationale, tous les locaux que nous croisons me regardent avec étonnement. Dans ce pays, voir un vazaha conduire n'est pas commun, mais une vazaha, encore moins ! Je remarque un petit regard particulièrement complice de la part des femmes, une forme de solidarité féminine sans doute !
Bon, bref, je roulotte tant bien que mal sur cette piste en étant particulièrement vigilante en cas de doublement de piétons, ce qui veut dire, en permanence. Une fois sur la route Nationale, c'est un peu plus cool mais la concentration reste maximale. Attention aux croisements des poids lourds. Il faut, dans ce cas, bien ralentir ou parfois presque s'arrêter car la voie bien que nationale n'est pas très large. Attention aux semi-remorques qu'il faut doubler mais qui heureusement sont coopératifs et signalent quand la voie est libre. Attention aux taxis-brousse hyper chargés qui s'arrêtent sans prévenir. Attention aux poules, aux coqs, aux canards qui traversent la chaussée et même à la récolte de café qui sèche sur l'asphalte !
Enfin, attention aux nids-de-poule… d'autant que je transporte un malade. Mora… mora !
A ce rythme, nous arrivons à destination à 17 heures et prenons nos quartiers au Lémur Forest Camp tout juste avant la tombée de la nuit.
Chez les Zafimaniry
Réserve privée de Ialatsana : une étape dans la forêt
J12 (07/06/12)… suite
Le Lemur Forest Camp est un site écotouristique situé entre Ambositra (85 km) et Fianarantsoa (65 km), quelques kilomètres avant le village d'Ambohimahasoa. Il se tient à l'intérieur de la réserve d'Ialatsara où se trouve une des dernières forêts humides d'altitude (1000 à 1500 mètres) de la région sur une étendue de 2500 hectares, dont 1000 ha de forêt primaire. Créée en 2002, la réserve (auparavant rattachée au parc national de Ranomafana) est gérée par un couple franco-malgache, Bérénice et Daniel Rajaona, en partenariat avec le Ministère des Eaux et Forêts de Madagascar. Leur action vise à préserver les derniers lambeaux de forêt primaire présents à Ialatsara et la biodiversité du site avec 6 espèces de lémuriens, 7 espèces de caméléons et une grande variété d'oiseaux, de reptiles, et d'orchidées. L'hébergement rustique, très rustique se fait soit dans des tentes fixes en toile et bois avec sanitaires partagés ou depuis peu dans de petits bungalows en bois avec sanitaires privés mais non pourvus d'eau courante pour l'instant (eau au broc et douche au seau). Pas d'électricité sauf dans la salle commune en soirée.
C'est dans un de ces bungalows de dernière génération que nous nous installons. Nous serons les seuls hôtes du camp ce soir-là.
Hervé se sent un peu mieux, cela tombe bien car à 18 heures, Daniel nous attend pour une visite nocturne dont l'objectif principal est l'observation d'un petit lémurien nocturne, le microcèbe roux. D'ailleurs, en voici un, attiré par un peu de banane écrasée. L'apparition est furtive ! Microcebus rufus
La promenade de nuit se poursuit… et voilà un caméléon en train de dormir : un Calumna gastrotaenia ! 909
Gastro… quoi ? En tout cas, le mal dont souffre Hervé le reprend subitement, il est obligé de regagner la chambre dont il ne ressortira pas avant le lendemain matin. Je finis la balade toute seule et verrai encore d'autres animaux endormis : caméléons, criquet et oiseau.
Je commande ensuite deux seaux d'eau chaude pour la douche. Hervé est mal en point. Spontanément, Daniel lui fait préparer une thermos de tisane, une décoction de feuilles de Harungana madagascariensis, censée stimuler les fonctions digestives, apaiser les douleurs intestinales et gastriques. Espérons qu'elle puisse le soulager !
Dans ces conditions, je dîne en tête à tête avec Daniel, l'occasion d'échanger sur mes premières impressions malgaches autour d'un délicieux repas préparé à base de produits du jardin et de la ferme (car le camp assure pratiquement son autosubsistance). Au dessert, un crumble à l'ananas dont je raffole tout particulièrement.
Pour demain matin, je prévois une randonnée dans la réserve à la rencontre des lémuriens… du moins si le malade est rétabli.
J 13 : Vendredi 8 juin 2012
Réveil avec le chant du coq et le braiement d'un âne (oui, le camp compte également une ferme) et par le ruissellement de l'eau sur le toit du bungalow. Il ne pleut pas mais nous sommes au cœur d'une forêt tropicale humide… très humide !
Grâce à la décoction de Harungana, notre malade se sent beaucoup mieux. Ouf, nous pouvons confirmer la balade de ce matin en souhaitant être de retour à 11 heures car une longue route nous attend.
Daniel envoie immédiatement ses pisteurs dans la forêt, ils sont chargés de repérer pour nous les groupes de lémuriens. Après le petit déjeuner agrémenté de jus et de confitures maison (quel délice !), nous explorons un peu les alentours du camp en attendant notre guide.
Un petit coup d'œil au jardin où cette Poinsettia ou Euphorbia pulcherrima(en rouge) fait bon ménage avec cette Astéracée, Ageratum conyzoïdes, en mauve.
Un autre coup d'œil sur les arbustes et là, coup de chance, pour la première fois depuis notre arrivée à Mada, Hervé tombe lui-même sur un caméléon, probablement un Calumna brevicorne, reconnaissable à ses larges lobes occipitaux en forme d'oreilles d'éléphant.
Moi aussi je me mets à balayer du regard les fourrés et comble de chance trouve un deuxième caméléon. C'est un Calumna nasutum, facilement reconnaissable à son appendice nasal. Qu'il est mignon !
Enfin, jamais deux sans trois… voilà que nous en trouvons encore un troisième, sans doute Calumna gastrotaenia (comme celui vu hier soir en train de dormir).
Côté caméléons, nous n'avons pas perdu notre matinée. Espérons autant de chance avec les lémuriens. Les pisteurs sont en place, on peut y aller ! C'est Massane qui nous accompagne et nous sert de guide.
Nous traversons d'abord une forêt artificielle composée essentiellement d'eucalyptus, de pins d'Argentine et du Mexique, plantés dans la première moitié du vingtième siècle suite à la destruction de la forêt originelle puis arrivons dans un lambeau de forêt primaire, beaucoup plus dense.
Le guide qui connaît le moindre recoin de la réserve nous déniche une nième espèce de caméléons, un couple de Brookesia thieli. Les Brookesia sont les plus petits caméléons du monde, ils mesurent de 6 à 9 centimètres. Lents de nature, ils se déplacent peu, ce qui explique sans doute la facilité pour notre guide à les trouver. Ils vivent au sol ou sur des branches basses.
Un peu plus loin, Massane commence à appeler ses collègues et se dirige au son de leurs réponses. Rapidement, nous quittons tout sentier pour nous diriger vers le fond de la vallée. A coup de machette, les pisteurs nous fraient un passage dans la végétation. Ils ont repéré deux groupes de lémuriens, quatre individus d'un côté et deux de l'autre.
Nous approchons doucement et les découvrons d'abord très haut dans la canopée. Ce sont des propithèques diadème de Milne-Edwards (Propitechus edwardsi), reconnaissables à leur pelage brun foncé et à la tache claire en forme de papillon qu'ils arborent sur le dos.
En quelques bonds très aériens, l'un d'eux plus téméraire descend progressivement de plusieurs étages pour poser pour la photo. Nous sommes aux anges !
Nous ne nous lassons pas du spectacle mais l'heure tourne et si nous voulons tenir notre horaire, il est temps de penser au retour. Afin de rentrer plus rapidement, nous nous dirigeons avec notre GPS vers la route Nationale que nous remontons jusqu'au camp.
En cours de route et alors qu'à cette saison (hiver), la végétation florale est en dormance, nous avons la chance (aujourd'hui c'est jour de chance !) de voir cette orchidée au labelle quadrilobé d'un blanc éclatant avec une base légèrement rosée… Oeonia rosea.
Ainsi que cette autre… à déterminer !
11 heures : nous sommes pile dans les temps et quittons le Lemur Forest Camp pour le Catta Camp dans la vallée du Tsaranoro, soit 156 km de Nationale suivis de 20 km de piste. Un parcours estimé à 5 heures au minimum.
Alors en route !
Je ne vous ai pas encore parlé des contrôles de police. Les gendarmes ou les policiers sont postés presque à chaque entrée ou sortie de localité sur l'ensemble de la Nationale. Ils traquent particulièrement les taxis-brousse surchargés mais aussi les voitures particulières, à la recherche de la moindre faille. Le litige se règle en général non pas par une amende mais par le versement d'un bakchich. Interrogé à ce sujet, Rodolphe notre loueur nous avait dit que nous pourrions être confrontés à ce type de pratique.
Mais curieusement, depuis notre départ de Tana, à l'approche de chaque point de contrôle, les policiers nous faisaient aimablement signe de passer. Nous pensions qu'en tant que touristes nous étions privilégiés. Mais d'autres touristes véhiculés par des chauffeurs nous ont raconté avoir été arrêtés et le chauffeur obligé de glisser un petit billet aux policiers. Alors sans doute nous prenait-on pour des résidents français à Mada (les résidents ne s'arrêtent pas aux contrôles, paraît-il). Bref, pour l'instant, nous étions chanceux et espérions continuer à passer au travers.
Mais 6 km après notre départ, à la sortie de la petite ville de Ambohimahasoa, cette fois-ci, pas de chance, on nous arrête. Contrôle des papiers d'identité et des papiers du véhicule. Le flic nous dit qu'il manque la carte violette et que nous sommes donc en infraction. Hervé se dit prêt à payer une amende officielle avec un reçu (qu'on se ferait ensuite rembourser par le loueur) mais notre homme n'a aucune véritable intention de dresser un PV. Après ½ heure de tergiversation ou il nous menace de nous confisquer les papiers du véhicule, il nous fait comprendre que l'affaire peut être close avec 20000 ariarys. L'équivalent de huit euros, qui, pour lui représente un juteux bakchich quand on sait que le salaire moyen de base est de 40 euros.
Le loueur nous dira plus tard que cette carte a été remplacée récemment par un autre document qui était bien en notre possession.
Cette expérience nous refroidit un peu et nous laisse perplexe quant au degré de corruption à tous les échelons. Heureusement que les paysages nous font vite oublier cette désagréable sensation.
A Fianarantsoa (Fianar pour raccourcir), nous faisons le plein de carburant et quelques petites courses (gâteaux secs, fromage à tartiner...). Nous sommes très agréablement surpris par la consommation du 4 x 4 : 11 à 12 litres au 100, ce qui est très peu pour un véhicule de ce type. C'est vrai aussi que nous roulons mora, mora.
Après Fianar, on commence à voir les contreforts du massif de l'Andringitra et quelques dizaines de km plus loin, dans une grande descente, la vallée d'Ambalavao s'ouvre soudainement comme un décor de western… magique !
Ambalavao : nichée au fond d'un cirque montagneux, la petite ville vit sous l'influence du Sud qui commence ici. Il y fait déjà plus chaud, les alentours sont désertiques et rugueux. Nous sommes passés de 1300 à 1000 mètres d'altitude.
La région est aussi la plaque tournante du commerce du zébu. Tous les mercredis a lieu ici un grand marché aux zébus. Les troupeaux, nous ne tardons pas à les croiser, ils se suivent sur des kilomètres… avec des dizaines et des dizaines de bêtes qui vont d'ailleurs nous ralentir un peu.
Il est 16 heures, nous quittons la route principale à 37 km au sud d'Ambalavao. Il nous reste une bonne vingtaine de km de piste jusqu'à notre destination finale.
Après avoir payé un petit droit de passage dans deux villages successifs, les choses sérieuses commencent. Hervé passe en mode 4 x 4 et se fait plaisir avec du franchissement. La piste est mauvaise avec des passages délicats mais notre tacot assure largement.
La vallée est très belle, ponctuée ça et là de petites maisons aux toits de chaume.
Comme à chaque fois, les coordonnées GPS sont parfaitement exactes. Il est 17 heures quand nous arrivons à destination, tout juste avant le coucher du soleil. Ouf, quelle journée !
Caméléons Brookesia
Vallée du Tsaranoro, à l'assaut du Caméléon
J13 (08/06/12)… fin de journée
Dans cette vallée du Tsaranoro, au pied de la falaise du même nom, le Camp Catta propose plusieurs types d'hébergements pour tout budget : camping autonome, tentes équipées, bungalows "village" (pour 2) avec sanitaires privés ou partagés et bungalows "confort" avec sanitaires privés (jusqu'à 6 personnes).
Comme nous y passons trois nuits autant nous installer confortablement dans un bungalow… spacieux ! Nous adorons !
La structure est idéale pour les amoureux de la nature, du sport et de l'aventure. Nous on se contentera de l'option nature car en dehors des randonnées, ici on peut faire de l'escalade, du parapente et du base jump.
A ce compte-là, on s'attendait à y trouver une clientèle jeune et sportive. Or ce soir, sur 6 clients, nous sommes les plus jeunes !
Avant le dîner, nous organisons la journée de demain en prévoyant une randonnée de 6 heures A/R avec 600 mètres de dénivelé vers ce drôle de sommet dominant le village… de son nom malgache "Langera" (= pelle) mais rebaptisé par les vazahas "Caméléon" du fait de sa ressemblance, vu depuis le Camp.
C'est Jean Paul, le chef des guides qui est chargé de nous accompagner.
Mais pour l'instant, passons à table. Un repas à trois plats très, (trop ?) copieux et qui n'a pas la saveur et la finesse des dîners précédents. Pour moi, tout particulièrement, bien qu'ayant à peine picoré, ce dîner ne passe pas. Hervé m'aurait-il transmis son virus ?
Je suis malade toute la nuit.
J14 : Samedi 9 juin 2012
Ce matin il m'est impossible de mettre un pied devant l'autre. Hervé va prendre le petit déjeuner tout seul. Décidément, pendant ce voyage, nous aurons eu chacun notre moment de solitude !
J'apprécierais bien une tisane de Harungana mais Hervé a déjà bien du mal à obtenir une tasse de thé. Je l'avale avec difficulté puis me traîne du lit à la salle de bains et de la salle de bains au lit.
Mais impossible de résister davantage à ce franc soleil. Alors je décide de sortir malgré tout. Bon, atteindre le Caméléon avec ses 600 mètres de dénivelé me semble utopique mais peut-être pourrions nous aller jusqu'à la piscine naturelle.
En passant devant la réception, nous annulons la sortie prévue (JP, le guide, fait la tête). Pour aller tout simplement jusqu'à la piscine, un guide nous semble superflu. Hors parc national, le guidage n'est pas obligatoire.
J'avance un peu au radar mais au bout d'une demi-heure, nous voilà déjà à la piscine.
Je trempe mes mains dans l'eau puis recharge les batteries à l'ombre d'un rocher. Nous sommes bientôt rejoints par deux filles et leur guide qui, au gré de nos arrêts respectifs, nous suivront ou nous devanceront selon le cas.
La montée commence alors… d'abord en douceur. En nous retournant, nous apercevons la paroi de granit du Tsaranoro comme repeinte en jaune et vert…
L'œuvre d'un géant peut-être ?
En tout cas, ces paysages majestueux me donnent des ailes et puisque je ne vais pas trop mal, continuons encore un peu… en direction du Caméléon.
Le sentier suit de petits canaux d'irrigation qui sont à l'origine des effondrements de terrain, formant des sortes de crevasses appelées ici lavaka.
De fil en aiguille, je finis pas atteindre 250 mètres de dénivelé (pour une malade ce n'est pas si mal) mais plus on progresse, plus je suis obligée de me reposer souvent.
Là, je mets mes dernière forces dans la bataille puis je capitule !
250 mètres de dénivelé, ce sera mon record du jour ! Après, je laisse Hervé poursuivre tout seul car il a trop envie d'atteindre le sommet. Il part sans eau (c'est moi qui garde la bouteille, je suis malade !). Tranquillement, je rebrousse chemin jusqu'au camp que j'atteins à 13 heures.
Pendant ce temps, mon homme suit le sentier où je l'ai laissé mais curieusement, celui-ci descend. Il atteint presque la rivière quand il réalise que ce n'est vraiment pas normal. Il revient alors sur ses pas, décidé à abandonner toute idée d'achever la randonnée. Mais finalement en revenant un peu sur ses pas, il finit par découvrir une petite sente à peine tracée qui lui avait échappé… et cette fois-ci, il commence à véritablement prendre de l'altitude.
Ça grimpe dur, c'est bon signe, la crête n'est pas loin. Tiens Obélix serait-il passé par ici ;)
Les filles (celles qui nous suivaient et qui ensuite nous ont dépassé) et leur guide sont déjà en bonne place. Pour les rejoindre, il reste à Hervé à vaincre son vertige pour passer sur l'arête finale qui correspond au "dos du caméléon", un passage aérien à la façon d'Angel's Landing (pour les connaisseurs de Zion UT)
Au bout du bout, c'est la récompense avec une vue à couper le souffle et à vous donner le tournis… sur les prestigieux sommets environnants, le massif du Tsaranoro, la Porte du Sud, la Pyramide, le Dondy, le parc national de l'Andringitra et le pic Boby.
Auprès des filles, notre héros du jour trouve de l'eau (ouf, car il est presque déshydraté). Elles lui proposent aussi de partager leur pique-nique mais la salade de pâtes, non merci, ce n'est pas son truc !
Mais une petite photo lui ferait bien plaisir.
Pendant ce temps, revenue à bon port, je m'installe devant notre bungalow, scrute le sommet du Caméléon et semble distinguer des formes aller et venir là-haut. Peut-être à ce moment-là était-ce Hervé que j'ai vu faire cette photo au téléobjectif ! En tout cas, on aperçoit parfaitement notre petite maisonnette ainsi que notre 4 x 4.
Bien ragaillardi, le courageux randonneur commence à présent la descente. Cette randonnée telle qu'elle est préconisée par les documents du Camp est une boucle. La descente se fait par le côté opposé et le retour par le village de Morarano. Hervé préfère, quant à lui, revenir par le même chemin qu'à l'aller car il se demande si je ne l'attends pas quelque part sur le parcours.
Progressivement, en perdant de l'altitude, les formes gagnent en rondeur et en douceur !
Pendant le trajet du retour, flore et faune endémiques n'échappent pas au photographe. Euphorbia milii Aloes capitata Pachypodium
Puis en traversant la forêt, il se donne du mal à repérer ces lémuriens, bien cachés dans les arbres.
A ce moment-là, il ne sait pas encore qu'il n'est pas nécessaire de s'enfoncer dans la forêt pour en apercevoir. Quelle ne fut sa surprise d'en trouver un, gardien de notre bungalow (le n° 11) à son arrivée.
Et il n'a pas encore vu tous les autres, tous ceux installés sur le toit de notre maison ainsi que dans les arbres aux alentours. Le Camp Catta ne s'appelle pas ainsi pour rien, il abrite une colonie de cette espèce qui vivait sans doute déjà là avant la construction de la structure.
Observer les lémuriens et profiter du paysage de la vallée en face de nous seront les deux occupations de cette fin d'après-midi… jusqu'au coucher du soleil !
Je commence à aller mieux ce soir. Certes je fais encore attention à mon régime mais j'apprécie davantage le dîner. Pour demain, nous planifions une nouvelle randonnée vers l'Envers du Tsaranoro. Randonnée estimée à 6 à 8 heures avec un peu moins de 1000 mètres de dénivelé.
C'est Doris qui est désigné pour nous accompagner, ça nous convient bien car avec JP, nous n'accrochons pas vraiment.
Avec l'arrivée des deux jeunes filles croisées au Caméléon et celle d'un jeune couple anglais, la moyenne d'âge est plus basse. Nous voilà les plus vieux ce soir ;-) mais toujours pas plus de six clients.
J'espère vraiment pouvoir mener la randonnée au bout demain.
Vers le sommet du Caméléon
L'envers du Tsaranoro
J15 : Dimanche 10 juin 2012
En tirant les rideaux ce matin, j'assiste, attendrie, au difficile réveil de deux makis catta blottis l'un contre l'autre dans le pin devant notre fenêtre.
Moi, je me sens en forme. Ne perdons pas de temps. Dès la fin du petit déjeuner, nous nous mettons en marche, accompagné du jeune guide-stagiaire Doris. Il nous explique être en plein apprentissage de sa fonction, nous priant d'être indulgents avec ses connaissances. Pas de problème, il nous paraît sérieux, modeste et sympa, c'est l'essentiel.
Altitude de départ : 930 mètres au Camp Catta.
Comme hier, nous traversons d'abord la forêt d'où dépasse l'imposante paroi du Tsaranoro !
L'appellation du massif proviendrait des prénoms des deux filles du roi Bara, Tsara et Noro, exécutées dans la forêt au pied des falaises où elles s'étaient cachées pour échapper aux soldats du roi de Tana. Une triste histoire !
La montée commence alors à travers des prairies herbeuses sur lesquelles le soleil tape déjà fort alors qu'il n'est pas 9 heures.
Une très légère brise fait onduler les plumeaux carmin des herbes entre lesquelles se cachent pudiquement les bourgeons floraux des aloès.
Bientôt, le pied de la falaise est atteint. Les 800 mètres qui séparent le pied du sommet nous donnent le vertige. Il est 9 heures : première pause à l'ombre bienfaisante d'un arbre à 1157 mètres d'altitude. Gain : 230 mètres depuis le départ.
Et premier point de vue sur le Dôme noir (au premier plan), le Dondy et la chaine montagneuse de l'Andringitra (en face)… jusqu'à la vallée.
Nous contournons ensuite le pied de la falaise par le sud, nous dirigeant vers une forêt de palmiers et de fougères située dans un couloir entre deux dômes granitiques. La fente dans la montagne est un lieu de sépulture.
Etonnante, cette forêt de palmiers… sans doute ce qu'on appelle un forêt tropicale d'altitude. L'avantage est qu'il y fait plus frais, ça fait du bien.
C'est l'occasion d'une deuxième pause. Il est 10 heures, nous sommes à 1406 mètres d'altitude. Gain depuis le départ : 470 mètres.
Ça grimpe plus fort à présent… Le paysage devient plus minéral. Le cheminement se fait sur de grandes dalles granitiques couvertes de plantes grasses, aloès, pachypodiums et notamment ces kalanchoes toutes velues, une pilosité qui leur permet de stocker l'humidité de la rosée matinale… Kalanchoe tomentosa
11 heures : je réclame une troisième pause. Nous sommes à 1673 mètres d'altitude. Gain depuis le départ : 750 mètres.
Dernier effort sur des dalles particulièrement raides, d'autant qu'en levant la tête, on avait l'impression que le sommet était tout proche.
En fait, il y a un étage de plus… et encore autant de gouttes de sueur pour enfin atteindre le sommet. Il est 11 h 26, altitude 1822 mètres. Gain depuis le départ : 892 mètres.
D'ici la vue s'ouvre à l'ouest sur la vallée de Bedita et la montagne du Bonnet de l'évêque sur le trajet de la Nationale 7 vers le sud. Au nord, on aperçoit la Porte du Sud et Vohitsoaka, le village que nous avions traversé en quittant la N 7. A l'est, le Tsaranoro Be (ou grand Tsaranoro) et le Tsaranoro Atsimo (ou Tsaranoro Sud).
Devant cette vue panoramique, un lézard s'invite à notre pique-nique… il y a des miettes à récupérer…Oplurus quadrimaculus, une espèce commune dans l'Andringitra, reconnaissable à ses 4 ocelles noirs sur chaque flanc.
Pour nous, il est prévu de rentrer par le même chemin. Néanmoins, il existe une autre alternative. C'est celle que vont tenter les deux filles que nous avons rencontrées hier au Caméléon. Accompagnées d'un guide et de deux porteurs, elles quitteront Camp Catta en fin de matinée pour monter ici à l'envers du Tsaranoro où elles passeront la nuit. Le lendemain matin, elles feront la descente via le grand tour du Tsaranoro et la descente avec cordes fixes et rappel de la falaise du Karambony. Avis aux amateurs… plus aventureux !
Alors avant de redescendre, Doris nous emmène explorer le plateau et nous montrer le passage que vont emprunter nos aventurières.
Un plateau riche en boulders et blocs granitiques variés, titillant notre imagination ! Alors ici un petit coup de main à Obélix pour soutenir ce menhir ! Là, une prairie dans lequel on verrait bien surgir quelques dinosaures… un petit air de Devil's Lane Utah! A moins que ce ne soit le lieu de prédilection de quelque Martien nous envoyant de drôles de messages à travers ces herbes enroulées ! Ou encore un endroit un peu magique où les arbres doivent percer la pierre pour pouvoir croître !
En tout cas, une végétation très particulière avec ces euphorbes coralliformes, aux rameaux en chapelets de saucisse… Euphorbia alluaudi
Et avec cette autre curiosité botanique appelée par les locaux "pattes de poule" (nom scientifique non trouvé)
Décidément, l'envers du Tsaranoro nous aura réservé bien des surprises et ce n'est pas fini. Côté bêbêtes, nous découvrons un scarabée et deux criquets dont l'un déjà observé du côté du pays Zaf' mais je ne peux m'empêcher de vous le montrer à nouveau : il est tellement beau !
La descente nous prendra deux heures. A mi-chemin, nous ne manquons pas de rencontrer d'abord les deux porteurs lourdement chargés, chacun portant un barda de 70 kg sur le dos… puis les deux filles accompagnées du guide.
Après un brin de causette avec elles, nous sommes de retour au camp vers 15 heures… enchantés de notre journée.
La fin de soirée est à nouveau contemplative, on ne se lasse pas de la superbe vue sur la vallée et surtout des cabrioles des lémuriens.
C'est bientôt la fin de notre voyage. Demain il faut entamer le trajet retour. La vallée du Tsaranoro aura été le point de notre parcours, le plus au sud. Ces deux journées au Camp Catta resteront nos coups de cœur "côté terre".
Vallée du Tsaranoro
Retour à Tananarive
J16 : Lundi 11 juin 2012 Notre vol retour est prévu dans moins de 48 heures à présent. Le trajet vers la capitale s'effectuera en deux étapes : Camp Catta à Antsirabe aujourd'hui et Antsirabe à Tana demain.
370 kilomètres dont 20 de piste nous séparent de notre destination de ce soir. Dans l'absolu, pas grand chose mais à Mada, nous avons estimé le trajet à 8/10 heures.
Alors petit déjeuner dès 6 heures et départ dans la foulée à 7 heures en commençant par la vingtaine de kilomètres de piste jusqu'à la Nationale.
Les locaux sont déjà en route un peu partout dans la campagne.
A peine partis, nous apercevons une jeune femme qui se met à courir sur une piste perpendiculaire à celle que nous empruntons. Visiblement, elle apprécierait d'être véhiculée. Nous stoppons… d'autant qu'elle me paraît enceinte. Alors qu'elle grimpe, complètement essoufflée mais soulagée, dans le véhicule, nous découvrons que c'est un nourrisson qu'elle abrite sous ses effets. Nous déposons la jeune maman et son bébé dans le premier village sur notre trajet, à Vohitsaoka. Cela lui aura fait gagner une dizaine de kilomètres, soit 3 bonnes heures de marche.
8 heures : ça y est, nous sommes sur la N 7 avec son flot de poids lourds, de taxis brousse, de piétons, de vélos, de poules et de canards mais bien plus que le trafic (ce à quoi nous commençons à être habitués), ce sont les contrôles de police que nous redoutons après le désagréable racket que nous avons subi à l'aller.
Ça ne loupe pas. Dans la première localité traversée, un policier nous fait signe de nous arrêter. Avec une bonne dose de culot, Hervé affirme qu'il vient d'être contrôlé peu de temps avant et que tout est en règle. "Très bien, Monsieur, alors circulez !" nous répond-il. Ouf !
Après Ambalavao, sur le fameux plateau du zébu, la route couverte de bouses laisse bientôt apparaître le cortège des troupeaux. Mais ils sont moins nombreux qu'à notre précédent passage.
10 heures : nous atteignons Fianar après 3 heures de route (depuis le départ) et 110 km, soit une moyenne de moins de 40 km/heure. Mais entre Camp Catta et Fianar nous avons mis aujourd'hui une heure de moins que lors de notre trajet aller. Une bonne nouvelle !
60 kilomètres plus loin, nous sommes particulièrement tendus à l'approche d'Ambohimahasoa, le village où on s'était fait contrôler à l'aller. Au point de contrôle, le flic (pas le même que le fois précédente) nous fait signe de nous arrêter puis aussitôt signe de circuler. Ouf, ouf, et re-ouf. Aux contrôles suivants, nous adoptons un air détaché et passons notre chemin.
Nous nous accordons un petit arrêt pour manger un morceau rapidement, debout, derrière notre véhicule et partageons un gros ananas avec des locaux surpris. Nous repartons aussitôt. Je dis "nous" mais en réalité, c'est Hervé qui est au volant depuis six heures d'affilée et alors qu'il est plus 13 heures, il a besoin d'une bonne dose de caféine… alors un expresso, s'il vous plaît !
Heureusement, dans la ville d'Ambositra, assez touristique, un tel breuvage devrait être disponible. A la sortie de l'agglomération, le Motel Violette tombe à point. Alors que nous sirotons un bon expresso servi avec un petit chocolat Robert sur la terrasse, nous assistons à une scène d'un autre temps… à l'étage inférieur, une employée en train de faire du repassage avec un fer comme celui utilisé non par nos grands-mères, mais par nos arrière-grands-mères, un fer chargé de braises !
14 heures. Après cet intermède divertissant, je prends le volant pour les 90 derniers kilomètres, il manque environ deux heures jusqu'à notre destination finale.
J'ai maintenant le véhicule bien en main. A force, on s'habitue aux gens qui marchent sur la route, à la conduite des taxis-brousse qui font des écarts pour éviter les nids-de-poule, à la conduite malgache qui veut que le premier qui arrive sur un obstacle double (l'autre s'adapte). Mais il n'y a aucune agitation, aucune frénésie, tout se passe mora mora (doucement).
Alors c'est parfaitement détendus, en écoutant la seule cassette disponible dans la voiture, celle de Francis Cabrel, que nous abordons la grouillante Antsirabe, comme de vieux briscards que la circulation n'impressionne plus.
Après un dernier crochet par la Chocolatière (pour faire le plein de chocolats Robert !), nous passons le portail de Couleur Café vers 16 heures après 9 heures de route soit une moyenne de 40 km/heure. Nous avons très, très bien roulé !
Ayant hésité à dîner en ville (le restaurant Pousse-Pousse nous disait bien), nous ne pouvons finalement résister au calme de la maison d'hôtes et surtout à son menu particulièrement alléchant ce soir : foie gras, cuisse de canard sauce vanille, ananas caramélisé et glace. Divin !
J 17 : Mardi 12 juin 2012
Notre vol est prévu à 21 h 30 à Tananarive. 180 kilomètres nous séparent de la capitale, soit 3 à 4 heures de route. Nous avons par conséquent de la marge mais sait-on jamais, il vaut mieux ne pas s'attarder à Antsirabe et prendre directement la route vers Tana.
Jouets en bois, objets en raphia, gamelles en aluminium, fleurs en pots, monticules de légumes… comme à l'aller, nous voyons défiler sur les étalages au bord de la route ce que chaque région produit de mieux.
Vers midi, nous atteignons déjà la capitale. L'activité est à son comble mais la traversée de la ville ne pose pas de problème majeur. Néanmoins, en raison de tout ce qu'on avait pu lire sur le degré d'insécurité dans la capitale, nous prenons le soin de verrouiller les portières.
C'est l'heure du déjeuner alors pourquoi ne pas retourner au restaurant du Sakamanga. Trouver à se garer dans ce quartier du centre-ville n'est pas évident mais on a fini par y arriver. L'ambiance détendue du Sakamanga, le service efficace et le repas excellent font oublier le tumulte extérieur. Une pause agréable !
Il nous reste tout l'après-midi à occuper et comme nous n'avions pas envie de nous promener en ville, j'avais repéré, pas très loin de l'aéroport, le parc zoologique de Croc Farm.
Autant retrouver l'hotel Sakamanga n'a pas posé de problème, autant sortir du centre et nous diriger vers l'aéroport n'a pas été simple. La tactique a été de nous arrêter dans chaque rue auprès d'un taxi pour nous faire confirmer le trajet.
Heureusement rapidement nous arrivons en terrain connu (des repères pris à l'aller) et alors tout droit jusqu'à l'aéroport.
Pour atteindre Croc farm, il faut prendre une piste à gauche un peu avant l'aéroport mais il faut être très attentif pour ne pas la louper.
La vocation première de Croc Farm est l'élevage des crocodiles du Nil. Faisant deux pierres d'un coup, le parc abrite également quelques lémuriens en liberté et dans des vivariums, quelques spécimens de la faune malgache : caméléons, grenouilles, serpents…
L'attraction principale : les crocodiles du Nil. Dans un vivarium, un caméléon de Parson, le plus grand caméléon de Madagascar. L'adulte mâle peut atteindre 60 cm.
Et en liberté une colonie de propithèques (ou sifaka) de Verreaux... adorables !
Une façon sympa de tuer le temps en attendant notre avion !
Rodolphe vient réceptionner le véhicule à l'aéroport, rien à redire. Le vol direct pour Paris s'est transformé en vol avec escale à Marseille, deux heures d'attente sans pouvoir sortir de l'appareil… dommage, on aurait bien aimé se dégourdir les jambes après une nuit dans l'avion pendant laquelle nous avons d'ailleurs bien dormi.
C'est en forme et avec des images de lémuriens et de caméléons plein les yeux que nous atterrissons à Paris vers 11 heures du matin.
Sur la Nationale 7
En conclusion...
Impressions générales
Un voyage court, trop court sans doute, pour vraiment prendre la mesure de toute l'originalité de ce pays. Alors nous espérons y retourner un jour pour explorer d'autres points d'intérêt : le massif de l'Isalo ou Colorado malgache, les étendues de baobabs du Sud-Ouest, les flèches élancées des Tsingy de Bemaraha et pourquoi pas la baie de Diego, l'île de Ste Marie… bref, il reste de quoi programmer plusieurs voyages !
Néanmoins, ces deux parties très différentes, l'une côté mer et l'autre côté terre, ont été très complémentaires. C'est comme si on avait fait deux voyages en un.
Côté mer, nous ne pouvions pas mieux tomber en choisissant la petite île de Sakatia. Son emplacement, son calme, la qualité des prestations et des plongées du Sakatia Lodge ont répondu en tout point à nos attentes. Nous avons pu constater que les fonds sous-marins sont restés exceptionnels, ce qui est plutôt rare quand on retourne sur un site qu'on a connu plusieurs dizaines d'années auparavant. Un bon point !
Côté terre, notre coup de cœur va à la vallée de Tsaranoro avec deux belles randonnées dans un environnement exceptionnel. Mais nous avons également apprécié nos autres points de chute, tous situés en pleine nature et prétextes à beaucoup de découvertes naturalistes, côté faune et côté flore.
Mais plus que les paysages et bien davantage que lors de nos précédents voyages, ce sont les scènes de vie qui nous ont le plus marqués. Nous pensons souvent à toutes ces femmes portant de lourdes charges sur leur tête, ces jeunes filles et ces fillettes en train de remuer la terre pour y trouver un peu de poudre d'or, ces paysans courbés dans les rizières ou labourant leurs champs à la charrue, ces enfants s'amusant avec un bidon en plastique ou un vieux pneu et… en général à tous ces gens marchant toute la journée sur le bord des routes. En tout cas un peuple attachant, travailleur, qui force le respect !
Car Madagascar, c'est aussi une réalité sociale et économique avec une pauvreté omniprésente (60% des habitants vit avec moins d'un euro par jour), une démographie galopante (45 % de la population a moins de 14 ans) entraînant une accélération de la déforestation, le tout sur fond de crises politiques successives.
Dans ce contexte, le touriste est très sollicité - mais pas harcelé - pour l'achat de souvenirs ou la proposition de services. Une des seules manières pour beaucoup de Malgaches de gagner leur vie.
Espérons qu'un jour le pays puisse s'en sortir car il le mérite !
Le véhicule loué, la conduite, la sécurité !
Louer un véhicule sans chauffeur n'est pas une pratique courante à Madagascar et coûte d'ailleurs plus cher que la location avec chauffeur! Mais cela est néanmoins possible puisque nous l'avons fait. C'est une solution envisageable si, comme nous, vous aimez être actif au volant plutôt que de subir le voyage à l'arrière d'un véhicule.
La conduite sur les routes malgaches demande de la concentration et de l'anticipation mais ne pose pas de difficulté insurmontable. On s'habitue rapidement à partager la voie avec quantité d'autres usagers et contrairement à d'autres pays (Sri Lanka, Egypte…) où cela se fait dans la frénésie et la nervosité, ici tout le monde fait ce qu'il faut pour laisser de la place aux autres… avec beaucoup de calme.
Il convient en revanche de bien préparer son parcours (coordonnées GPS de points stratégiques). Penser également à relever quelques points GPS pour faciliter la traversée des villes car il ne faut pas compter trouver beaucoup d'indications routières ni de carte fiable.
Le véhicule que nous avions loué était parfaitement adapté à nos besoins et aurait pu faire face à des conditions de piste bien plus difficiles. Plusieurs chauffeurs (nous prenant pour des résidents) nous ont d'ailleurs fait des propositions d'achat ;-) Nous l'avions réservé par l'intermédiaire du loueur en ligne N7 mais c'était bien un véhicule privé. Son propriétaire Rodolphe peut aussi le louer directement ou se proposer comme chauffeur. Nous pouvons transmettre ses coordonnées à toute personne intéressée (nous laisser un mot sur le livre d'or).
Nous avons parcouru environ 1000 kilomètres en 8 jours, ce qui fait une moyenne de 125 kilomètres par jour ce qui paraît peu mais, à Madagascar, il vaut mieux calculer en temps de trajet qu'en nombre de kilomètres. Nous avions bien estimé notre timing.
Côté sécurité, pas de problème particulier en dépit de tout ce que nous avions pu entendre et lire un peu partout sur le net. Néanmoins nous n'avons jamais circulé de nuit, ne sommes pas sortis en ville ni de nuit ni même de jour. A la campagne aucun problème mais nous avons toujours pris soin de ne jamais laisser nos bagages seuls dans voiture. Pour la traversée de la capitale seulement, nous avions verrouillé nos portières par pure précaution sans jamais ressentir nulle part de danger. Alors avons-nous eu de la chance ou les propos faisant état d'une insécurité généralisée sont-ils exagérés ? De notre point de vue, le touriste ne risque à Mada pas plus que dans n'importe quelle autre destination à faible niveau de vie. Il suffit de prendre des précautions élémentaires. Probablement le risque est-il le plus élevé dans la capitale.
La seule expérience désagréable que nous ayons faite est celle d'un racket par un policier lors d'un contrôle.
Les hébergements
Ils étaient tous excellents, en général très confortables et dans les deux plus rustiques, la qualité de l'accueil, particulièrement chaleureux, a largement compensé le déficit de confort. Partout les réservations ont été honorées. Vu la période, nous aurions pu ne pas retenir nos hébergements mais pour un voyage court, nous avons préféré assurer. Aucun n'était complet, loin de là, et avons même été une fois seuls. Madagascar attend les touristes et en a besoin ! Récapitulatif (dans l'ordre du voyage) : Sakatia Lodge à Nosy Sakatia, Sakamanga à Tananarive, Couleur Café à Antsirabe, Sous le soleil de Mada à Ambaladingana, Lemur Forest Camp à Ialatsara, Camp Catta dans la vallée de Tsaranoro.
Ouvrages et sites Internet utiles
Les ouvrages : Lonely Planet Madagascar (édition 2010) Guide du Routard Madagascar 2012
Les sites Internet Sur Voyage Forum, deux carnets de voyage, celui de Chris06 et celui de Boz51
"Voyage en terre malgache", le blog de deux naturalistes Steph et Cyril en voyage à Madagascar. Très intéressant pour qui prépare un parcours sur la Nationale 7. Egalement très instructif pour tout qui concerne observations et identifications naturalistes. Une mine d'informations ! En grande partie grâce à ce blog, j'ai pu identifier la plupart de la faune et de la flore photographiées au cours de notre voyage. Il reste malgré tout quelques points d'interrogation. Alors si vous avez des connaissances en botanique…
En compagnie de ce caméléon Furcifer, je vous dis Velòma (au revoir !) et à bientôt pour un autre fabuleux voyage. 😉

FIN
Mélange d'Afrique dont elle a gardé la terre rouge et d'Asie dont elle a hérité les rizières, elle se démarque par la diversité de sa population, la beauté de ses paysages et surtout par l'originalité de sa faune et de sa flore dont 80% des espèces sont endémiques. Quant à ses fonds sous-marins riches et bien préservés, ils recèlent une grande variété de poissons et de coraux et sont régulièrement le lieu de passage de grands mammifères marins.
Une destination offrant autant de richesses naturelles côté mer et côté terre allait forcément nous attirer.
Côté mer, un séjour de 7 jours à Nosy Sakatia, une île au large de Nosy Be). Côté terre, un parcours de 9 jours sur la Nationale 7 en self-drive.
La version illustrée du récit avec photos, cartes et (quelques) vidéos est ici :
sites.google.com/...xvoyagesmadagascar2/

D'ailleurs, notre attirance pour l'île Rouge ne date pas d'hier puisque notre premier voyage remonte à 1984, un séjour à Nosy Be et une croisière-plongée avec bivouac dans les îles alentours : Nosy Iranja, Tanikely, Komba et Mitsio à une époque où aucune d'entre elles ne possédait de structures d'hébergement. Retour à Nosy Be, Nosy Iranja et l'archipel des Radama en 2001. En 2003 le sud de la Grande terre à Tulear et Ifaty.
Depuis plusieurs années, l'idée de retourner à Madagascar nous titillait. Mais la récente crise politique de 2009 et les échos d'instabilité et d'insécurité nous ont incités à repousser le projet. La situation était-elle plus favorable en 2012 ?
Malgré certains propos alarmistes tenus sur les forums, le retour enthousiaste de la plupart des voyageurs nous persuade que la destination n'est pas plus risquée que d'autres si on prend les précautions d'usage.
Alors c'est décidé ! Trente ans après notre premier voyage et dix ans après le dernier, nous y retournerons avec comme objectifs de vérifier si les fonds sous-marins autour de Nosy Be étaient toujours aussi exceptionnels et de découvrir enfin les Hautes-Terres malgaches.
Challenge supplémentaire : pour des raisons familiales, il était impératif de limiter notre projet à une quinzaine de jours, 18 en réalité dont 16 sur place.
Malgré sa courte durée, nous choisissons de scinder le voyage en deux : 7 jours consacrés à la mer et 9 jours consacrées à la terre. Côté mer, nous retenons la petite île de Nosy Sakatia au nord-ouest de Nosy Be. Côté terre, nous optons pour un aller-retour sur la route nationale 7 entre la capitale et la vallée de Tsaranoro, à 500 kilomètres.
Restait à déterminer le mode de déplacement sur la RN7. Le taxi-brousse étant totalement exclu, seule la location de voiture pouvait être envisagée. Mais avec ou sans chauffeur ? Sans chauffeur : impossible, prétendent les uns, imprudent et inconscient, affirment les autres ! Pourtant, en cherchant bien, quelques témoignages discrets démontrent que c'est tout à fait faisable. Merci à Chipolata et Tictacbtz pour leurs avis qui vont renforcer notre idée première : nous louerons sans chauffeur. Comme l'itinéraire compte une cinquantaine de kilomètres de pistes difficilement négociables par une berline, nous optons pour un véhicule tout-terrain. Nous faisons affaire avec N7.
Comme lors de nos voyages précédents, notre GPS Garmin de randonnée est mis à contribution y compris pour nous guider sur la route. Comme d'habitude, nous repérons le parcours puis téléchargeons les coordonnées GPS des principaux points stratégiques mais contrairement à beaucoup d'autres destinations, pour Madagascar, il n'existe aucune carte topographique pour cet appareil. Ne figure sur l'écran qu'une ligne approximative représentant la route nationale 7. Il va falloir s'en contenter !
Voilà… les grandes lignes du voyage sont tracées, place au vécu à présent !
Paris - Tana - Nosy Be - Nosy Sakatia : premières impressions d'un long voyage
J1 : Dimanche 27 mai 2012
Première surprise en arrivant à l'aéroport de Roissy : l'horaire du vol a été repoussé de deux heures sans que nous en ayons été avertis. Reconnaissons que nous avions omis de vérifier nos réservations sur le site de la compagnie ! Nous profitons de la connexion Internet d'un quart d'heure offerte dans l'aérogare pour le faire immédiatement. Deuxième surprise : les horaires de nos quatre vols, internationaux et intérieurs, ont tous été modifiés. Avec Air Madagascar, il faudra s'y faire.
Départ à 17 h 15 (en réalité, il sera 18 heures quand nous décollerons). Un Airbus A340-300, impeccable, manifestement un appareil Air France avec un équipage à 90% Air France, lui aussi. Ecrans individuels, repas excellents, espace personnel confortable : bref, rien à redire ! Précisons qu'en 2011, deux anciens appareils d'Air Mada, des Boeing 767, avaient été interdits d'exploitation sur le sol européen et figuraient sur la liste noire.
J2 : Lundi 28 mai 2012
Vol sans histoire et arrivée à l'heure à Tananarive. Température extérieure : 15 ° C à 5 h 15 du matin. Hé, oui, nous sommes sur les hauts plateaux à 1200 mètres d'altitude et c'est le début de l'hiver. Nous prenons tout notre temps pour quitter l'avion car nous avons 5 heures d'attente (la faute à la modification d'horaires) avant notre vol suivant pour Nosy Be. Mais le passage à l'immigration est plutôt rapide, nous avons déjà nos visas que nous avions fait établir à l'ambassade de Madagascar à Paris et qui sont gratuits pour un séjour de moins de 30 jours. Nous devons tout de même récupérer nos bagages avant de les réenregistrer pour le vol suivant.
Une nuée de porteurs - en fait, des pousseurs de chariots - se jettent sur nous en passant la porte de l'aérogare et trois d'entre eux s'imposent à nous pour nous conduire jusqu'au terminal des vols intérieurs, immédiatement voisin. Il faut bien qu'ils gagnent leur pain et Mada, c'est aussi ça !
Une longue attente commence alors. Il est 6 heures et notre vol suivant est prévu à 10 h 10 (en réalité, il décollera vers 11 heures). Un petit dodo sur les banquettes de la salle d'embarquement, un peu de lecture, un thé à la pomme et à la cannelle (mmm !) pour nous réchauffer, on ronge notre frein et il fait diablement froid… l'attente est interminable.
Quand enfin l'heure du départ arrive, nous apprenons que le vol n'est pas direct : deux heures au lieu d'une initialement prévue, avec une escale à Majunga au bout de quarante minutes.
Premières images de l'île Rouge en survolant le delta du fleuve Betsiboka, peu avant Majunga.
Ce surnom prend ici tout son sens. Mis à nu par l’intense déforestation, puis lessivés par les pluies tropicales, les sols rouges de Madagascar se déversent dans le lit des rivières.
Quarante minutes plus tard, nous atterrissons à Nosy Be mais nous ne sommes pas tout à fait à destination. Reste une petite heure de trajet en taxi jusqu'à l'embarcadère vers Nosy Sakatia, pendant laquelle défilent champs de manioc, plantations d'ylang-ylang et habitations le long de la route principale de l'île. Nous reconnaissons parfaitement les lieux que nous avons déjà parcourus deux fois lors de nos précédents voyages. Rien n'a vraiment changé. Ah ! Si, nous apprenons la fermeture de l'usine de production de sucre de canne, jadis la plus importante de Madagascar. Seuls les vestiges de la voie ferrée dédiée à son transport subsistent près de Dzamandzar, témoins d'une époque faste et révolue.
Plus qu'une dizaine de minutes de traversée en bateau à moteur pour rejoindre notre destination finale : Nosy Sakatia, une île de 6,5 km de long sur 3 km de large, peuplée d'un peu plus de 400 habitants. Aucune route sur l'île, uniquement quelques sentiers et à quelques centaines de mètres du rivage, la barrière de corail !
Nous accostons sur la plage du Sakatia Lodge. Il est 14 heures passées, cela fait presque 24 heures que nous avons quitté Paris. Il fait 28 ° C… les vacances peuvent commencer !
Survol du delta du Betsiboka

Nosy Sakatia : l'hôtel Sakatia Lodge - présentation
J2 à J8 : du lundi 28 mai au dimanche 3 juin 2012
L'hôtel Sakatia Lodge est un petit hôtel tenu par Isabella et José Vieira (elle d'origine italienne, lui d'origine angolaise/sud-africaine) et leur fils Jacques. L'ambiance y est familiale et conviviale, et l'accueil multilingue : français, italien, portugais, anglais, afrikaans, malgache. Une collaboratrice d'origine suisse parle également l'allemand.
L'hôtel peut accueillir jusqu'à 30 hôtes, mais durant notre séjour, nous ne serons jamais plus d'une dizaine de clients.
Les onze villas et bungalows se déclinent de la façon suivante : - deux villas sur la plage, l'une composée de deux chambres, l'autre de trois. - un bungalow familial de deux chambres, donnant sur la plage à proximité de la mangrove - quatre bungalows "nature", les plus simples, au fond du jardin - quatre bungalows "océan", confortables et spacieux, en surplomb du jardin et de la plage.
C'est dans un de ces derniers que nous nous installons et il est tout simplement parfait.
Une grande chambre, bien ventilée (pas de climatisation) et joliment décorée dans le style local Vous remarquerez notamment les lampes et autres décorations en fer forgé ainsi que les rideaux brodés typiquement malgaches.
Chaque bungalow est prolongé par une terrasse où l'on profite du cadre luxuriant du jardin.
A l'origine, la vue portait jusqu'à l'océan (d'où Ocean Bungalow) mais depuis, palmiers et arbres du voyageur se sont tellement développés qu'ils dépassent à présent les toits des habitations.
La plage est juste en contrebas. On s'y relaxe volontiers dans une confortable chaise longue. En face, la côte de Nosy Be.
Pour une petite soif, le bar – qui fait aussi restaurant - n'est pas loin. Ici la vue côté bar.
Le chef concocte tous les soirs un menu-surprise, essentiellement avec les produits de la mer et ceux du potager de la propriété. Quelques exemples de menus pour vous faire saliver ;-) * Crêpe de brèdes (ressemble un peu aux feuilles d'épinards), brochettes de zébu (bœuf local) et croquettes de manioc, gâteau au chocolat malgache. * Carpaccio d'espadon, beignets de crevettes et spaghettis de légumes, banane flambée. * Calamars sur lit d'aubergines, poisson grillé (capitaine) et salade de crudités, cheesecake au citron
Pour vous donner une idée plus concrète de l'hôtel, voici quelques vues panoramiques à 360 °… comme si vous y étiez !
Le restaurant du Sakatia Lodge

Nosy Sakatia : Sakatia Lodge - l'environnement proche
Nos journées sur l'île se passent toujours de la même façon.
Réveil avant 7 heures : oui, oui, même si ce sont les vacances, il faut en profiter un maximum, surtout qu'ici le soleil se couche très tôt, vers 17 h 30.
7 heures : petit-déjeuner… très copieux. Boissons chaudes (café, thé, chocolat, lait) et céréales variées à volonté. Servis à table : du jus de fruits frais (différent tous les jours), des fruits (mandarines, bananes, papayes, goyaves, ananas), du pain/beurre/confiture, un gâteau ou crêpe (différents selon les jours) et des œufs, accommodés à notre convenance. Vu la richesse du petit-déjeuner et du dîner, le midi, nous faisons régime ;-)
8 heures : pour Hervé, départ en bateau pour la première plongée. Retour en cours de matinée avec une petite heure de battement avant un nouveau départ pour une deuxième plongée. Pendant ce temps, moi, je fais du snorkeling jusqu'à un petit récif de corail, je bouquine, je me baigne, je flâne, bref je prends du bon temps.
Entre 13 h 30 et 14 h 30, Hervé revient de sa deuxième plongée et nous avons tout l'après-midi pour découvrir l'île. Pendant les deux premiers jours, nous sommes restés dans les environs immédiats.
Balade vers la mangrove La première balade va nous conduire du jardin de l'hôtel jusqu'à la mangrove. En traversant le jardin, un gecko aux couleurs fluorescentes ne manque pas d'attirer notre attention.
Une fois les limites de la propriété franchies, nous suivons un petit sentier vers quelques habitations de pêcheurs. Le ravenala (ou arbre de voyageur) sert de matériau de construction aux cases locales. Les pétioles fendus, appelés falafa, servent à confectionner les panneaux muraux. Les feuilles une fois séchées sont utilisées pour la réalisation de la couverture et du tronc, on tire des planches souples avec lesquelles on fabrique le plancher.
Nous ne tardons pas à atteindre une zone de mangrove, hérissée de souches de palétuviers à perte de vue.
En face la montagne sacrée, recouverte de forêt primaire, un espace sauvage et impénétrable peuplé de chauves-souris géantes et de quelques lémuriens.
Cette colline est considérée comme fady par la population et ainsi d'autant plus facile à respecter en tant que réserve naturelle. Un fady est un tabou, un interdit transmis de génération en génération. Sur l'île de Sakatia, les chiens sont également fady.
Du coup, ce sont les canards qui font office d'animaux domestiques. Pour preuve, la scène à laquelle nous assistons au bord de la mangrove. Arrive une habitante, avec un canard sous le bras auquel elle avait passé une laisse (ficelle) autour du cou. Au premier abord, je pensais qu'elle amenait le volatile au bord de l'eau pour le "passer à la casserole". Pas du tout, elle le conduit manifestement ici pour lui faire prendre un petit bain ou lui faire faire sa sortie journalière ;-)
En s'approchant, on voit qu'avec son pied, elle dirige l'animal pour ne pas qu'il s'écarte de la trajectoire prévue.
Balade le long de la plage La deuxième balade va nous faire longer la grande plage, à l'est du Sakatia Lodge.
Immédiatement voisins, on trouve les bungalows rustiques de Delphino Villa. Ils sont la propriété de Richard et de son épouse Anne-Christine, d'origine suisse, tombée amoureuse en 1994 de l'île de Sakatia où elle s'installe peu après et où elle s'investit dans la création de l'école primaire de l'île qu'elle gère toujours aujourd'hui. Anne-Christine a partagé quelques plongées avec Hervé.
En poursuivant le long de la plage, nous arrivons à l'entrée d'Antanabe, le plus grand village de l'île (il y en a trois en tout). Ici, après l'école, les enfants s'amusent avec les moyens du bord.
Les plus petits improvisent des instruments de percussion et des danses.
Les plus grands organisent des concours de sauts périlleux. Hervé immortalise leurs exploits avant de leur montrer les clichés pour leur plus grand plaisir.
Grands et petits s'unissent pour une petite virée en pirogue tout en nous adressant le traditionnel "Salut, vazaha !" Le terme vazaha désigne le Blanc étranger.
Nous progressons toujours plus avant sur la plage, jusqu'à trouver des marches bien taillées conduisant sur les hauteurs. Aucun panneau n'en interdit l'accès alors, bien qu'intrigués, nous montons. Là nous arrivons sur un terre-plein partiellement couvert d'une dalle en béton. De jeunes plants récemment mis en terre ornent les abords. Indiscutablement, on y jouit d'une vue incomparable !
Mais à quoi sert exactement cet endroit ? Je pense à un belvédère aménagé pour les touristes. Hervé suggère un lieu de repli en cas de tsunami ou encore un terrain de jeux ou de réunion pour la communauté villageoise. Pour en avoir le cœur net, il interroge les deux gars en train de balayer la dalle mais comme ils n'ont pas l'air de comprendre le français, ils se contentent d'opiner du chef quand Hervé leur demande si c'est un terrain de sport.
En fait, ce n'est absolument pas ce qu'on pensait. Il s'agit d'un terrain privé que vient d'acquérir, dans le cadre d'un bail emphytéotique, un couple de Savoyards. Ils sont arrivés le même jour que nous au Sakatia Lodge où ils vont loger provisoirement quelques jours, puis iront habiter sous la tente sur leur terrain en attendant de faire construire leur maison et de s'installer définitivement. Nous leur souhaitons bonne continuation.
La balade s'achève peu avant le coucher du soleil par une image de carte postale : Pirogue sur fond de coucher de soleil !
Enfants de Sakatia

Nosy Sakatia : balade dans l'île vers Ocean Beach Hotel
Les jours suivants, nous poursuivons notre découverte de Sakatia. Nous hésitons à prendre un guide, les sentiers sont nombreux et ne sont ni indiqués ni balisés. Il n'existe pas non plus de carte topo de l'île. Finalement nous nous lançons tout seuls après avoir pris quelques renseignements succincts auprès de l'hôtel, sans oublier notre GPS pour enregistrer notre trace et ainsi revenir plus aisément à notre point de départ.
Depuis le bateau de plongée, Hervé avait repéré un hôtel sur la côte sud-ouest. Ce sera le but de cette balade. Le départ se fait derrière notre lodge, comme pour aller à la mangrove. Après, il suffit paraît-il de suivre le sentier plus ou moins tracé.
Pas de difficulté au début, nous dépassons les habitations de pêcheurs comme la veille mais là, hum, premier doute : le sentier a l'air de s'arrêter au pied de la dernière maison. Nous interrogeons une fillette en train de récurer des gamelles sur le pas de la porte, elle nous indique timidement une vague sente grimpant vers les hauteurs.
L'île de Sakatia est en effet très vallonnée et une bonne grimpette nous conduit sur le haut d'une colline. De la musique à plein tube nous parvient d'une des cases coiffant le sommet. Pas d'humain en vue, seuls trois poissons séchant au soleil !
Et déjà la vue sur la baie de l'Ocean Beach Hotel. Plus qu'à descendre un petit raidillon et nous y voilà. Huit bungalows (+ cinq en cours de construction) en palissandre et matériaux traditionnels sur un grand jardin arboré ! Climatisation en option. Energie solaire !
Un grand restaurant et une piscine en cours de construction.
Mais l'hôtel est vide (et semble-t-il à vendre).
Le fils du propriétaire, belge, nous accueille et nous fait part de ses difficultés. Le tourisme est moribond à Madagascar et les tour-opérateurs internationaux sont frileux en raison de l'instabilité politique du pays. Les chiffres officiels le prouvent : au premier semestre 2011, 100 000 entrées de visiteurs non résidents contre plus 150 000 pour la même période en 2008, avant la crise politique de 2009. 100 000 visiteurs, c'est à peine un peu plus que la capacité du stade de France, une goutte d'eau pour un pays grand comme 1 fois ½ la France.
Sur ces réflexions, nous poursuivons la balade après avoir jeté un œil sur les tortues étoilées (ou rayonnées), endémiques de Madagascar, une espèce classée "vulnérable". Astrochelys radiata… Astro = astre, chelys = carapace et radiata = rayons... le tout fait référence a sa carapace qui a des dessins en forme de rayons de soleil.
Encore une colline à franchir où s'accrochent désespérément quelques habitations de guingois avant d'atteindre une petite plage déserte et sauvage.
Des traces témoignent du récent passage de tortues, venues y pondre.
Pour le retour, on se fait indiquer une variante démarrant au fond de la propriété de l'Ocean Beach et traversant la forêt, l'occasion d'admirer une étonnante fleur bleue à la forme suggestive, Clitoria ternatea, plus communément dénommée pois bleu. Les fruits sont des gousses évoquant un haricot. Les feuilles sont utilisées à Madagascar pour calmer les douleurs articulaires.
En se retournant, on domine l'hôtel que l'on vient de quitter.
De vallée en colline, nous finissons par prendre un peu de hauteur et ainsi balayer du regard tout le sud de l'île.
Tout en haut, sur la crête, le belvédère où nous nous attarderons quelques jours plus tard.
Plus loin, sur notre droite, la vue de la montagne sacrée confirme que nous sommes bien sur le bon chemin. Les petites cases dans le fond du vallon ont l'air de sortir tout droit d'un jeu de construction en bois.
Mais d'où nous arrive ce délicieux parfum qui remplit l'air à ce moment précis. Mais bien sûr… de la plantation d'ylang-ylang que nous sommes en train de traverser.
L'ylang-ylang est un arbre de la famille des Annonacées, originaire d'Asie du Sud-Est. On le cultive pour ses fleurs dont on extrait par distillation une huile essentielle très utilisée en parfumerie. L'arbre peut atteindre 25 à 30 mètres dans son milieu naturel mais on le taille pour ne pas qu'il dépasse 2 à 3 mètres, afin de faciliter la récolte des fleurs.
Le village n'est maintenant plus très loin. Alors que nous approchons, nous apercevons un jeune homme, apparemment en train de chercher quelque chose dans les fourrés. Des escargots ? "Non, dit-il, je cherche les caméléons. - Des caméléons, ça tombe bien, nous aussi nous en cherchons désespérément depuis quelques jours. - Vous voulez que je vous trouve un caméléon, nous propose notre homme. Attendez, nous dit-il !" Ni une, ni deux, et il nous en déniche un… magnifique caméléon panthère mâle = Furcifer pardalis (à déterminer)
Après la traversée du village, fin de la balade une nouvelle fois sur la plage, peu avant le coucher du soleil. Une variante de la pirogue au coucher du soleil alors que les derniers rayons de soleil inondent la côte de Nosy Be, en face.

Nosy Sakatia : balade dans l'île vers Sakatia Passions Hôtel
Aujourd'hui, c'est l'hôtel Sakatia Passions qui servira de prétexte à notre promenade journalière. En théorie, il suffit de suivre le bord de mer jusqu'au village d'Ampasimena, le deuxième village de l'île, puis de rallier l'hôtel en coupant par l'intérieur des terres.
Dans la pratique, rien de compliqué jusqu'à Ampasimena : nous suivons la plage, puis la zone rocheuse où le passage incessant des villageois a littéralement usé la roche, créant ainsi un réel cheminement.
En suivant le bord de mer, nous dépassons le premier village… où un bateau de pêche est à l'ancre dans la baie.
Puis, à près le passage à gué d'une rivière, nous traversons la plage d'Ampasimena. Mais au bout de la plage, premières interrogations : où va-t-on maintenant ? Heureusement, un piroguier bien serviable s'empresse de nous servir de guide pendant quelques centaines de mètres, histoire de nous remettre sur la voie. Une petite sente passant devant sa maison va nous faire gagner un peu d'altitude.
Entre les ananas, les palmiers et les arbres du voyageur, nous apercevons Nosy Be.
Après l'avoir remercié de quelques milliers d'ariarys, l'homme nous quitte alors que nous débouchons sur une large allée pavée – à l'échelle de cette île, presque une autoroute - qui monte depuis le bord de mer et qui se poursuit… Dieu sait où ? Allons voir !
L'allée, par endroit couverte d'une sorte de tonnelle, aboutit à un ensemble de bâtiments entourant une terrasse et une piscine à l'eau complètement croupie. Et sous un abri, un quad…
Un hôtel abandonné ? D'après nos sources, il s'agirait d'une multipropriété acquise par plusieurs amis : "les Copains d'abord". Mais ils ne doivent pas ou plus y venir souvent, les copains.
Pourtant, la vue y est magnifique… on devine au loin (à droite) l'îlot de Nosy Tanga.
Le Sakatia Passions, nous le trouvons un peu plus bas, au bord de mer. Ouvert depuis 1996 et spécialisé pour la pêche au gros, il est le plus ancien hôtel de Sakatia et aussi le plus proche de la côte de Nosy Be.
Quelques clients se relaxent sur la plage mais les lieux sont loin de nous plaire. Il n'y a pas mieux que notre lodge où nous nous empressons de retourner par le même chemin… pour avoir tout juste le temps de voir le ciel rosir au coucher du soleil.
Arbre du voyageur

Nosy Sakatia : balade dans l'île vers la plage ouest
Cette fois-ci, pas d'hôtel en ligne de mire mais une plage : celle d'Ampasindava, au nord-ouest de l'île. Comme l'itinéraire a l'air d'être un peu compliqué à suivre, nous optons pour un guide. Nous avons donc rendez-vous à 14 h 30 au village voisin, au kiosque faisant office de maison des guides. Une jeune fille parlant un français très correct nous accueille, c'est son père – jardinier au Sakatia Lodge et guide à ses heures – qui nous accompagnera pour cette balade. Au retour, il est prévu d'assister au coucher du soleil au belvédère que nous avions déjà aperçu pendant une de nos promenades précédentes.
A peine sortis du village, notre homme nous trouve, pour notre plus grand plaisir, un caméléon… encore un Furcifer pardalis… fabuleux !
La balade démarre en terrain connu, en direction de la montagne sacrée, en passant au pied de ces deux petites cases que nous avions aperçues de loin la veille.
Elle aboutit à la mangrove mais aujourd'hui, avec ces cocotiers les pieds dans l'eau, nous la voyons sous un jour nouveau... à marée haute.
Nous sommes dimanche et dans une case voisine, toute la famille est réunie. Une vieille dame nous vend une petite fiole d'essence d'ylang-ylang.
Commence alors la traversée de l'île. Heureusement que nous sommes accompagnés car effectivement les sentiers se croisent et se décroisent, nous aurions eu du mal à trouver. De plus, par la même occasion, nous en apprenons sur les fruits, baies et plantes locales : jacks, poivre, papayes, manioc, teck.
Mais gare à celui qui touchera cette gousse couverte de poils urticants, le pois Mascate ou Mucuna pruriens, il lui infligera de sérieuses démangeaisons. La légumineuse bénéficie pourtant d'un profil biochimique fascinant et contient une multitude de principes actifs intéressants utilisés dans la médecine ayurvédique pour traiter notamment la maladie de Parkinson.
Bientôt une grande plage est en vue. Ce n'est pas tout à fait celle qu'on visait, on espérait arriver plus au nord, à Ampasindava, une plage classée par le gouvernement malgache en réserve foncière touristique et où l'on pourrait voir fleurir à terme un grand complexe hôtelier. Nous nous contenterons de celle-ci, très belle, sauvage et déserte.
Il fait chaud et un repos bien mérité sous cet arbre aux racines tentaculaires est bienvenu.
Mais il faut penser au retour et nous voilà à nouveau en route vers les hauteurs de l'île. Mine de rien… 120 mètres de dénivelé nous indique notre GPS qui intéresse d'ailleurs aussi beaucoup notre guide.
Bulbuls et souimangas survolent nos têtes mais ces oiseaux très vifs ne se laissent pas facilement mettre dans la boîte. Le pigeon vert de Madagascar en revanche pose carrément. Treron australis
Quant aux araignées, elles ne se laissent pas déranger ! Nephila inaurata madagascariensis
Tout en suivant la crête jusqu'au belvédère, notre guide nous montre des orchidées mais elles ne sont pas en fleur, ce n'est pas la saison. En revanche, celles-ci nous intriguent...
Bientôt se déploie devant nous un panorama à 360 ° de la côte Nord de Nosy Be jusqu'au sud de Sakatia.
Et voici le moment tant attendu : il est 17 h 26, place coucher de soleil.
Nous nous dépêchons ensuite de rejoindre le village où notre guide s'arrête devant sa maison, en ressort avec un cahier d'écolier sur lequel il note très consciencieusement que le circuit vers la plage Nord fait exactement 5 km (que nous avons parcourus tranquillement en 3 heures) et que le point culminant du parcours se situe à 120 mètres d'altitude.
Il fait déjà nuit quand nous atteignons l'hôtel. Une très chouette balade (8000 Ar par personne = moins de 3 €)
Coucher de soleil !

Nosy Sakatia : et la plongée ?
Compte-rendu fait par Hervé. L'île de Nosy Sakatia est idéale pour la pratique de la plongée. Aucune pollution industrielle ne vient détériorer la vie sous-marine qui foisonne dans une eau riche en plancton mais qui reste suffisamment claire pour le photographe. Les plongées au Sakatia Lodge se font à partir d'un confortable bateau à moteur équipé récemment d'un sondeur GPS qui permet d'arriver pile sur les sites de plongée et même d'en découvrir de nouveaux, totalement vierges, en fonction des hauts-fonds repérés.
J'ai eu la chance de plonger avec des moniteurs (père et fils) passionnés et très cool. Munissez-vous d'une loupe pour apprécier les myriades de petits animaux qui vous surprendront par leur diversité. Jacques, le fils, a des yeux de lynx et vous fait profiter de sa grande expérience pour dénicher des animalcules improbables.
Bref, les plongées sont d'une richesse surprenante et d'une grande diversité et cela concerne à la fois le "petit" et le gros.
La mer est calme, 28 ° C. Les plongées se font entre 15 et 25 mètres et les temps de plongée ne sont pas limités. En fonction de notre consommation et de la profondeur, nous sommes parfois restés 110 minutes avec notre bouteille de 12 litres. Les plus gourmands peuvent s'équiper de 15 litres et pour plus de confort, le Nitrox est également disponible. Les sites sont proches, de 5 à 20 minutes de l'hôtel. Départ vers 8 heures, retour à l'hôtel après la première plongée et une heure de détente avant la seconde. Nous n'avons jamais été plus de cinq plongeurs et le plus souvent nous étions deux. Nous n'avons rencontré aucun autre bateau de plongée durant la semaine. Espaces vierges et protégés également du fait du faible nombre de touristes.
Deux images m'ont tout particulièrement marqué : une espèce d'araignée d'un centimètre de long dont le corps est aussi fin que ses 8 pattes qui doivent faire moins d'un mm d'épaisseur (Phoxichilidium femoratum) et un banc de perroquets à bosse d'une quarantaine d'individus, absolument magique. A certaines saisons, il est possible d'assister à la migration des baleines, nous avons d'ailleurs vu un souffle tout près du bateau.
Crevettes-mantes

Une journée d'excursion à Nosy Komba et Nosy Tanikely
Nosy Komba, une petite île volcanique à mi-chemin entre Nosy Be et la Grande terre, connue pour son village de pêcheurs aujourd'hui reconvertis en vendeurs d'artisanat.
A 10 km à l'ouest de la précédente, Nosy Tanikely, petit îlot inhabité, récemment classé en parc marin et terrestre, réputé pour sa belle plage et surtout pour ses fonds marins exceptionnels.
Nous les avions déjà visitées lors de nos précédents voyages mais tenions à les revoir absolument. Les deux îles se visitent facilement dans le cadre d'une excursion d'une journée. Prévoir palmes, masque et tuba, bien sûr !
C'est donc ce circuit que nous avons réservé auprès de notre hôtel, sans véritablement nous soucier de la façon dont il allait se dérouler. Et ce sera la surprise !
Nous imaginons d'abord que c'est le bateau de l'hôtel qui nous y mènerait dans le cadre d'une excursion privée. Le d��part est fixé à 7 h 45… houlà, encore plus tôt que les autres matins. C'est bien sur l'embarcation de l'hôtel que nous montons mais en direction de Nosy Be. Nous pensons alors que c'est à l'embarcadère de Nosy Be qu'un bateau nous attendrait. Même pas… là c'est un taxi qui prend le relais pour nous conduire à Ambatoloaka (prononcez Ambatoulouk) et quand nous arrivons sur la plage, nous comprenons finalement que c'est en groupe que nous passerons la journée.
Ambatoloaka ! Nous connaissons bien cette station balnéaire puisque nous y avons séjourné en 2001 et puisque nous avons un peu en avance, nous en profitons pour jeter un œil à l'hôtel où nous avions logé.
Déjà à l'époque, l'Ylang-Ylang n'était pas de première jeunesse mais là, il est complètement décrépi et fait peine à voir. Ah ! Comme nous sommes bien à Sakatia !
En attendant le départ de notre excursion, nous patientons à l'ombre d'un arbre qui ne manque pas d'attirer notre attention : en malgache Fotatra, le Bonnet d'évêque ou Barringtonia racemosa.
C'est un arbre imposant, aux fruits à quatre côtes saillantes qui ressemblent à un bonnet d’évêque. Toujours vert et avec ses grandes feuilles, il revêt un caractère sacré auprès de certaines ethnies. La graine oléagineuse contient des principes toxiques utilisés pour la pêche. Le bois imputrescible sert à la confection des pirogues. La fleur est vraiment très délicate.
Ça y est, tout le monde est prêt : nous sommes finalement 9 touristes + un skipper, une cuisinière, un homme à tout faire et un guide, 13 personnes (gloups !) sur une embarcation sans doute prévue pour 10, skipper compris. Heureusement la mer est calme !
Après une traversée d'une petite heure, nous accostons à Tanikely où nous laissons descendre une partie des excursionnistes ayant choisi de limiter la sortie à cet îlot. Nous sommes les seuls avec un couple belge à poursuivre jusqu'à Komba. La cuisinière est aussi du voyage car le feu est interdit sur Tanikely, elle préparera le repas à Komba puis le ramènera sur l'ilôt où tout le monde se retrouvera pour le déjeuner.
Une quinzaine de minutes plus tard, nous approchons de Nosy Komba.
Nous nous dirigeons immédiatement vers une colline au-dessus du village, dans un coin où l'on peut observer des lémuriens, des makis macaco, en toute liberté (tout de même plus ou moins apprivoisés car nourris). C'est amusant de les voir dégringoler des arbres pour sauter sur notre dos… enfin, pour attraper les bananes qu'on leur propose. Les mâles sont noirs, les femelles rousses.
En dehors des lémuriens, les villageois ont aussi rassemblé là, dans quelques "enclos", des tortues, des caméléons et des serpents.
Hervé fait le fier avec ce boa de Madagascar (brrr !). Moi, je préfère nettement les câlins du maki. Acrantophis madagascariensis, une espèce endémique !
Un lézard endémique, Zonosaurus madagascariensis, partage le territoire avec les tortues rayonnées.
Sans oublier les caméléons-panthère, Furcifer pardalis… la femelle de couleur rouge-brun et le mâle aux couleurs chatoyantes.
Nous traversons ensuite le village qui s'est bien agrandi et qui est passé d'un simple village de pêcheurs en 1984 et même encore en 2001 à un village tourné vers la vente d'artisanat. Pourtant, il subsiste encore quelques activités traditionnelles, notamment le travail de la vanille et surtout le remarquable travail artistique des brodeuses.
Toutes ces nappes brodées flottant au vent donnent tout son charme au village.
Retour à Nosy Tanikely pour le pique-nique : salade de pommes de terre, brochettes de zébu et de crevettes, poisson grillé et riz coco, crabe en sauce, fruits en dessert. Le tout, excellent, avec un seul petit bémol… dommage que les plats chauds qui avaient été cuisinés sur l'île voisine aient été tièdes, voire froids, au moment de les déguster. Mora mora.
Mais le clou de la journée et l'objectif principal de cette sortie, c'est de revoir les fonds marins. Alors dès la dernière bouchée avalée, nous nous dépêchons d'enfiler palmes, masque et tuba… sans oublier un tee-shirt car le soleil, à cette heure de la journée, est redoutable. Et hop… dans l'eau ! Voici quelques scènes à laquelle nous avons assisté (je rappelle que ces photos ont été faites en apnée).
Toujours aussi fabuleux, les fonds autour de Tanikely: deux tortues, des langoustes, des poissons à foison, des coraux en excellente santé… une heure trente de découverte intense de sorte qu'on en arrive à faire abstraction du plancton urticant (rien à voir avec les grosses méduses néanmoins !) qui nous picotent les membres.
Mais toutes les bonnes choses ont une faim. A 15 heures, le bateau sonne le rappel des troupes. En fin d'après-midi, la mer est susceptible de pouvoir se former, il ne faut donc pas attendre pour rentrer. Déjà, la surface de l'eau est plus agitée que ce matin. Retour à Ambatoloaka vers 16 heures et après un nouveau transfert en taxi puis en bateau, nous sommes de retour à Sakatia vers 16 h 30.
Excellente journée ! Nous avons été ravis d'avoir pu revoir ces deux îles.
Nosy Komba

Retour sur la Grande Terre : de Tana à Antsirabe par la N7
J9 : Lundi 4 juin 2012
Notre séjour à Nosy Sakatia tire sur sa fin et c'est le moment de faire un premier point sur cette semaine écoulée. Le temps a été chaud et ensoleillé : près de 30 ° C à la fois dans l'air et dans l'eau ! Température idéale !
Que ce soit l'hôtel ou l'île de Sakatia en général, ils ont tous les deux parfaitement répondu à nos attentes. Sans être luxueux, le Sakatia Lodge offre un confort très appréciable. Quant à l'île, elle n'est pour l'instant pas touchée par les effets délétères du tourisme. En effet, on peut s'y promener en toute liberté et en toute sécurité sans être jamais ni harcelé ni même sollicité par les habitants. Un petit mot dans les chambres de l'hôtel recommande d'ailleurs aux touristes de ne rien distribuer directement à la population (ni habits, ni argent, ni bonbons aux enfants) mais éventuellement de faire des dons à l'école et/ou au dispensaire.
Quant à la plongée, les sites autour de Sakatia et plus largement autour de Nosy Be sont restés tout aussi exceptionnels qu'il y a trente ans, les coquillages en moins.
Nous profitons de nos dernières heures sur l'île et puisque notre vol a subi une nième modification d'horaire (prévu à 13 h 45, il vient d'être déplacé à 15 h 10), rien de mieux qu'une dernière baignade avec snorkeling au jardin de corail, juste devant la plage.
Départ de l'hôtel à 12 h 15 pour le transfert à Nosy Be où un taxi nous attend. Comme nous avions pris la route du sud à l'aller, nous avons demandé à emprunter la variante par le nord pour retourner à l'aéroport. Cet itinéraire, très peu fréquenté mais plus scénique, n'a pas la faveur des taximen car en cas de problème, il n'y passe pas grand monde. Du coup, notre chauffeur s'y croyant tout seul s'arroge le droit de couper systématiquement tous les virages. Nous lui faisons gentiment remarquer que nous souhaiterions arriver à destination en un seul morceau. Cette route compte également des montées et des descentes incessantes et vu le peu de reprise du véhicule, on comprend que notre homme n'aime pas cet itinéraire.
Arrivée à l'aéroport à 13 h 30 et vol à l'heure. Il est plus de 16 heures quand nous atterrissons à Tana. Température au sol : 20 ° C, il fait bon mais sans plus… par rapport à Nosy Be.
L'activité dans l'aérogare est bien moins intense à l'arrivée d'un vol intérieur que d'un vol international : il n'y a même pas un porteur pour prendre nos valises !
Le chauffeur envoyé par notre hôtel nous attend. Premières impressions en traversant Ivato (la ville de l'aéroport) : une multitude d'échoppes colorées le long de la route, des rizières jusque dans la ville, la digue qu'arpentent une foule de travailleurs, des vendeurs de briques, les arrêts imprévisibles des taxis-brousse… mais aussi un centre commercial et des enseignes qui ne nous sont pas inconnues. Des affiches publicitaires pour le dernier smartphone côtoient les stands misérables des marchés. Tout le paradoxe de Tana !
Les collines de la capitale et le palais de la Reine sont bientôt en vue. La circulation s'intensifie quand le taxi entre dans les rues pavées en pente après le lac Anosy. L'odeur des gaz d'échappement devient prégnante.
Nous arrivons à destination à l'hôtel Sakamanga, en plein centre. Les petits vendeurs nous assaillent à la sortie du taxi… nous nous engouffrons dans l'hôtel, un véritable havre de paix, loin de l'agitation de la rue.
Dans un labyrinthe de couloirs colorés, agrémenté de verdure mais surtout d'objets typiques et de sculptures du pays, l'hôtel a un cachet tout particulier : c'est un véritable musée !
Au deuxième niveau de cette élégante maison, nous apprécions la décoration soignée, le parquet en bois rouge et la terrasse de notre suite.
Pour le dîner, il nous suffit de descendre d'un étage, le restaurant du Sakamanga bénéficie d'une belle réputation et le repas sera à la hauteur.
Escalope de foie gras poêlée et magret de canard au poivre vert pour Hervé, verrine de tomates confites, feta, basilic et méli mélo (foie gras poêlé, salade verte et gésiers, magret de canard fumé) pour moi. En dessert, à l'unisson, des bananes flambées. Un repas digne d'une grande table parisienne pour une addition malgache.
Précisons que le canard y est élevé partout et que par conséquent on y produit d'excellents magrets, confits et foie gras locaux.
Le timing aura été serré aujourd'hui. Nous n'aurons pas eu le temps de faire un saut dans le quartier mais nous avions déjà visité Tana lors de nos précédents voyages alors ce n'était pas une priorité.
Demain nous prenons possession de notre véhicule et alors, à nous la Nationale 7 !
J10 : Mardi 10 juin 2012
En nous rendant au petit déjeuner ce matin, nous finissons la découverte de notre hôtel en déambulant, d'un couloir à l'autre, jusqu'au patio. Chaque recoin nous dévoile de nouveaux objets : collections d'instruments de musique, de billets de banque, de détails de balustres, d'affiches publicitaires d'époque… Etonnant et très instructif !
Le buffet du petit déjeuner est un régal !
Nous espérions profiter encore un peu du cadre jusqu'à 9 heures mais voilà que notre loueur se présente dès 8 heures. Nous fermons nos valises dans une certaine précipitation, n'échappons pas à quelques vendeurs de pacotille devant l'hôtel et sautons aussitôt dans notre 4 x 4. Bon, pour l'instant, c'est Rodolphe qui prend le volant, le temps de sortir du centre et de nous donner quelques indications sur la voiture.
Nous avions été en contact par Internet avec Andry de N7 mais le propriétaire de ce véhicule en particulier, c'est Rodolphe et c'est bien lui qui nous le "cède" pour 8 jours, nous n'aurons plus aucun contact avec l'agence.
Il s'agit d'un Toyota Land Cruiser HDJ80, première mise en circulation 1999. Il affiche 12000 km au compteur depuis un récent changement de moteur mais précédemment, le véhicule avait sans doute déjà parcouru plusieurs centaines de milliers de kilomètres. Un autocollant sur la vitre arrière relatif à "Bel Africa" laisse à penser qu'il avait sans doute déjà servi en Afrique (Bel Africa = tour opérateur spécialisé dans l'organisation de safaris en Afrique). Quoiqu'il en soit, ce type d'engin a en général une durée de vie très longue et nous avions déjà loué précédemment en Australie et en Bolivie des 4 x 4 avec un kilométrage avoisinant les 150 000-170 000 km. Il est dans un très bon état avec des pneus néanmoins un peu usés. Il devrait être parfaitement adapté au parcours envisagé, essentiellement de la route en plus ou moins bon état et à peine une cinquantaine de kilomètres de piste.
A la sortie de Tana, Rodolphe nous quitte. Nous voici sur les rails sur la Nationale 7, en direction d'Antsirabe à 180 km au sud, un parcours estimé à 3 à 4 heures. Le temps gris pour l'instant laissera plus tard la place au soleil.
Nous mettons notre GPS Garmin de randonnée à contribution mais à part une ligne fictive symbolisant la fameuse nationale et quelques points stratégiques enregistrés, aucun autre repère n'est disponible. Mais après tout, sans doute suffit-il tout simplement de suivre la Nationale à l'aide de quelques panneaux. Mais à Mada rien n'est simple et les panneaux, il ne faut pas trop y compter.
Bon, après une hésitation au premier rond-point, nous suivons grosso modo la ligne fictive du GPS et commençons la descente vers le Sud. Après la cohue de Tana, la nature reprend rapidement ses droits : collines, gros blocs de rochers ronds, villages traditionnels, maisons de brique ocre coiffées de chaume et… les rizières transformées en briqueteries à ciel ouvert après les moissons. Le dépaysement est total !
Certes la conduite demande beaucoup d'attention car ici les voitures bien que peu nombreuses partagent la route avec les vélos, les piétons, les charrettes à zébu et toutes sortes de chariots tout droit sortis de la débrouillardise malgache. Voici un exemple de chariot appelé varamba… composé d'une plateforme type palette montée sur un système ingénieux de roues en bois recouvertes de caoutchouc de pneus récupérés et cloutés sur la circonférence. Le tout sur des roulements à bille eux aussi d'occasion !
Il faut l'imaginer chargé à bloc et poussé dans les montées parfois par plusieurs personnes (hommes, femmes et enfants) puis transformé en skateboard dans les descentes.
La route est sinueuse. Nous passerons de 1200 mètres à Tana à 1500 mètres à Antsirabe au fil de montées et de descentes incessantes sans aucune ligne droite quasiment. A ce rythme, on ne roule pas vite, en moyenne 40 km/heure. "Mora mora" = doucement, doucement comme aiment à le répéter les Malgaches.
Les activités qui caractérisent les différentes régions changent au fur et à mesure de notre avancée. Après les rizières, place aux champs de légumes et aux monticules de carottes au bord de la route. Puis c'est au tour des pépinières et des expositions de plantes à fleur, puis le travail du raphia avec ses stands d'articles de vannerie. Un peu plus loin encore, ce sont les miniatures en bois qui ornent les étalages.
On traverse Behenjy, la ville qui ravitaille les restaurants de Tana en foie gras, puis Ambatolampy, celle où l'on fabrique toutes les marmites de Madagascar.
En cours de route, nous achetons cinq gros avocats et un panier de nèfles pour notre pique-nique. Vers midi nous atteignons Antsirabe, 200 000 habitants et pas loin de 10 000 pousse-pousse. Ancienne ville thermale au temps de la colonie, la ville reste aujourd'hui l'un des tout premiers centres industriels du pays grâce notamment à la bière produite localement par la brasserie Star, la THB (Three Horses Beer). Située à près de 1500 mètres d'altitude, c'est le point le plus froid de Madagascar.
Nous avons réservé une chambre d'hôte chez Couleur Café. J'avais repéré que c'était près de la gare et j'espérais qu'un panneau nous indiquerait au moins cet édifice. Que nenni, pas un seul indice !
Avec comme seul repère le point GPS de la propriété, nous tentons d'approcher par tâtonnements successifs, en tournant tantôt à droite, tantôt à gauche, tout en nous frayant un passage entre les piétons, les vélos et les pousse-pousse. Finalement notre stratégie paie… nous tombons pile dessus.
Couleur Café : autour d'un bel espace gazonné et fleuri, cinq petits bungalows en brique avec cheminée mêlant le style malgache à une décoration contemporaine. Nous sommes séduits !
Après un petit repos dans le jardin, il est temps de découvrir les alentours de la ville, notamment les deux lacs Andraikiba et Tritiva accessibles depuis la route allant à Morondava.
Au premier lac, nous ne faisons qu'une courte halte, histoire de…
Le deuxième lac se trouve à 11 km de piste du précédent. La progression est lente, il nous faut presque une heure pour parcourir la distance sur une mauvaise piste.
Un véritable patchwork de cultures maraîchères à perte de vue couvre la campagne au pied du lac !
Sur place, nous sommes accueillis par une nuée de vendeuses nous proposant chapeaux de paille et pierres semi-précieuses ainsi que par Jeannot qui s'improvise guide et qui nous réclame 20 000 ariarys (8 €) pour la visite. Le guide du Routard indiquait 3000 Ar par personne alors soit le fameux ouvrage n'est pas à jour, soit c'est l'inflation qui gagne du terrain, soit Jeannot a profité de notre générosité mais peu importe… c'est notre B.A du jour !
Quant aux vendeuses, nous leur promettons de leur acheter une bricole à notre retour. C'est sans doute pour être sûr de ne pas perdre leurs clients que tout ce petit monde ne nous lâche pas d'une semelle et c'est donc en procession que nous commençons le tour du lac.
Le lac Tritiva : un très beau lac d'origine volcanique, d'un bleu saisissant. Si profond et sans doute si fascinant que, d'après la légende, deux amants qui s'étaient vus refuser le mariage s'y seraient précipités et noyés.
La baignade est fady pour les locaux mais est néanmoins tolérée pour les étrangers. C'est ainsi que le commandant Cousteau a pu en explorer les profondeurs pour tenter de percer le mystère qui fait que curieusement le niveau d'eau baisse pendant la saison des pluies et remonte à la saison sèche.
Les bords du lacs sont couverts de pins, notamment des pins du Mexique introduits au début du XXème siècle. En février dernier, le cyclone Giovanna a d'ailleurs eu raison d'un certain nombre de ces arbres à la grande satisfaction des travailleurs du bois à qui cette opportunité offre un peu de travail.
Egalement, sur la rive, des lys sauvages… au port très délicat = Lilium formosanum
Et alors que nous poursuivons notre tour du lac, nous trouvons une chauve-souris prise dans les fils hyper solides d'une énorme toile d'araignée. Nous la libérons mais elle a déjà été sérieusement blessée par son agresseur, sans doute une néphile de Madagascar, une araignée inoffensive pour l'homme mais redoutable pour ses proies.
Au terme de la balade, un dernier coup d'œil au lac nous permet de constater que sa forme reproduit les contours de l'Afrique. Bluffant !
Alors que nous approchons de la voiture, les vendeuses reviennent à la charge. Littéralement assaillis, nous avons bien du mal à faire notre choix tellement elles sont pressantes.
Nous ferons deux heureuses : Bénéfice (un nom prédestiné !) à qui j'achète un chapeau de paille et une autre dame à qui Hervé achète deux petites ammonites et… malheureusement beaucoup de déçu(es) aussi car nous ne pouvons tout acheter. Une nouvelle fois, les villageois nous confirment que les touristes sont rares, nous avons été les premiers de la journée et… vu l'heure seront sans doute les seuls.
Avant de les quitter, une dernière photo en souvenir de ce groupe bien sympathique avec qui nous avons partagé un bon moment !
Nous retournons ensuite à Antsirabe par la même route en croisant beaucoup d'écoliers et de collégiens parcourant des kilomètres pour rentrer à leur domicile à la sortie des classes.
La fin de soirée est paisible mais fraîche, un bon feu crépite dans la cheminée de notre bungalow et pour le dîner, nous décidons de rester sur place. Couleur Café propose une restauration uniquement à ses hôtes (pas de restaurant ouvert à la clientèle extérieure). Nous goûtons un excellent filet de zébu, le service et la cuisine sont top. Nous sommes vraiment contents de notre choix !
Lac Tritiva

Ambaladingana, sous le soleil de Mada
J11 : Mercredi 6 juin 2012 Dès 8 heures, nous quittons Couleur Café après y avoir laissé notre sac de plongée que nous récupérerons à notre retour.
Le repérage dans Antsirabe est toujours empirique mais avec un peu d'aide locale, nous finissons par sortir de la ville… en même temps que les convois de zébus.
Notre randonnée initiale aux cascades de Fred est tombée à l'eau. En raison d'un changement de date, le guide n'était plus disponible et nous n'avons pas vraiment cherché ailleurs.
Notre étape du soir se fera à l'écolodge "sous le soleil de Mada" à Ambaladingana, distant de 115 km. En cours de route nous envisageons un éventuel arrêt à Ambositra (à 90 km) pour grimper au Mt Antety (1864 mètres d'altitude).
De fait, après les rizières aux abords d'Antsirabe, le paysage devient plus minéral et plus montagneux à l'approche d'Ambositra (prononcez Ambouchtr). Le ciel lui aussi devient changeant, de plus en plus nuageux jusqu'à donner de la pluie. Etonnant cet épisode dépressionnaire en pleine saison sèche… sans doute l'influence de la tempête tropicale Kuena stationnée à 1000 km au large des côtes nord-est de l'île entre le 5 et le 7 juin.
Dans ces conditions, inutile de nous attarder dans cette ville, les sommets sont dans la brume. Continuons plutôt jusqu'à notre étape finale où nous aviserons.
La traversée de la ville d'Ambositra n'est pas une mince affaire : tout le centre est congestionné. On se croirait un jour de foire ou de braderie en France. Serait-ce le jour du marché ? Même pas, c'est sans doute ainsi tous les jours. Nous espérons être enfin plus tranquilles quand nous aurons pris la piste à Ivato, à15 km au sud d'Ambositra vers la maison d'hôtes "sous le soleil de Mada".
Mais sur la piste aussi, il faut faire attention aux piétons…très nombreux. Ils ont souvent la mauvaise habitude de marcher sur les deux côtés de la voie, nous obligeant à quasiment nous arrêter à chaque fois qu'il faut les doubler ou les croiser. La progression est lente et prudente !
Au bout de 12 km, la pancarte du lodge indique que nous sommes arrivés et une fois de plus le point GPS extrapolé à partir des indications reçues est d'une extrême précision.
"Sous le soleil de Mada" : une dizaine de bungalows rustiques mais équipés de sanitaires privés, en bois d'eucalyptus, d'inspiration zafimaniry (les Zafimaniry font partie d'une ethnie malgache réfugiée dans la forêt et passée maître dans l'art du travail du bois).
Nous nous installons dans la case numéro 12. Il est tout juste midi.
La maison d'hôtes est celle de Marc et Brigitte. Partis de France pour un tour du monde, ils se sont arrêtés à Madagascar, leur première étape. Tombés amoureux de cette région, ils n'en ont plus bougé depuis.
Le lodge porte particulièrement bien son nom puisque, après la grisaille de la matinée, le soleil se montre dès notre arrivée. Une bonne occasion pour aller immédiatement découvrir les alentours avec Johnny qui nous sert de guide accompagné d'un des chiens de la maison.
Tout en suivant le toutou… Nous passons à proximité d'un tombeau Longeons des rizières à perte de vue Rencontrons des écoliers studieux installés dans une église depuis que leur école a été endommagée par le dernier cyclone. Puis après avoir traversé la rivière sur un petit pont de bois, croisons de jeunes orpailleuses, retournant laborieusement la terre en espérant y trouver quelques pépites, que dis-je, un peu de poudre d'or tout au plus !
En tout, deux heures de balade dans la campagne environnante avant de finir l'après-midi sur la terrasse du lodge… … à profiter tout simplement de la vue… … et à observer les allées et venues d'un corbeau-pie et d'un souimanga malgache .
Au coucher du soleil, la fraîcheur se confirme et c'est avec plaisir que nous nous retrouvons autour de la cheminée à bavarder avec Marc le patron, très sympathique et d'une extrême gentillesse.
A la nuit tombée, trois nouveaux hôtes nous rejoignent. Deux d'entre eux sont liés à l'hôtel Tsara Komba, "l'hôtel au luxe bienveillant" et à l'ONG "Des Villages et des Hommes" à l'initiative, en novembre 2011 à Paris, d'une vente aux enchères d'œuvres d'artistes malgaches destinée à financer un village sur l'île de Nosy Komba.
Le troisième est l'auteur, entre autres, du très bel ouvrage "Zafimaniry intime".
Tous ensemble, nous passons une excellente soirée autour du repas concocté par les jeunes employées du lodge : beignets d'aubergines, truffade + haricots verts et brochettes de zébu, fruits flambés. Sans oublier les rhums arrangés du patron !
Après un tel repas, il n'y a plus qu'à faire dodo. Dans notre cabanon rustique, pas de chauffage mais sous la couette, nous n'aurons pas froid.
Demain, nous avons prévu de découvrir un peu plus ce mystérieux pays Zafimaniry… en espérant qu'il fasse beau !
Chercheuses d'or

Antoetra - Ifasina : randonnée en pays Zafimaniry
J12 : Jeudi 7 juin 2012 En poussant le petit volet de notre cabanon ce matin, je m'aperçois qu'un épais brouillard enveloppe toute la vallée. Notre randonnée va-t-elle pouvoir être maintenue dans ces conditions ?
En tout cas, nous nous préparons comme prévu en espérant que le temps se lève. Vers 8 heures, nous sommes prêts à démarrer avec Johnny, notre petit guide d'hier. Une demi-heure de 4 x 4 nous conduit à Antoetra et il n'en faut pas davantage pour voir le soleil apparaître.
Le village d’Antoetra est le point de départ d’un vaste réseau de sentiers qui relient les villages Zafimaniry entre eux. Aujourd’hui, quelques 25 000 Zafimaniry vivent dans une centaine de villages et hameaux dispersés dans les montagnes de la région. Ils se sont établis là au dix-huitième siècle pour échapper à la circonscription militaire sous le règne de la reine Ranavola I et ont appris l'art du travail du bois. Leur savoir-faire est inscrit depuis 2008 au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.
Outre l'aspect culturel, la randonnée jusqu'à ces villages uniquement accessibles à pied est déjà un but en soi. Vu notre timing, c'est Ifasina à deux heures de marche qui s'y prête le mieux.
Notre arrivée à Antoetra ne passe bien sûr pas inaperçue. Quelques jeunes gens se déclarent d'emblée gardiens de voiture, d'autres nous proposent des articles en bois. C'est encore une fois en cortège que nous commençons notre balade. Mais à la sortie du village, tout ce petit monde se dégonfle et nous voilà seuls avec Johnny.
Laissant derrière nous les rizières entourant le village, nous attaquons rapidement une grosse montée. Alors quand arrive le premier replat, nous sommes contents de souffler un peu pour apprécier le paysage.
Un peu partout, nous verrons ces pierres dressées en hommage aux ancêtres.
Johnny 19 ans, chaussé de tongs, caracole devant nous !
Mais il a l'œil et ne manque pas de débusquer un caméléon, Furcifer latéralis, le caméléon le plus commun de l'île, reconnaissable à sa bande latérale claire et surtout à ses trois ocelles aux contours sombres situées sur ses flancs.
Un peu plus loin, il nous montre ce superbe criquet, un Pyrgomorphe (Phymateus saxosus) aux couleurs flamboyantes mais attention il est toxique !
Après avoir vaincu une deuxième colline, nous arrivons sur de grandes dalles granitiques (qui nous rappellent un peu les glacis des Seychelles) recouvertes de lichens et plantes grasses, notamment ces Kalanchoe pubescens.
Jolie vue dégagée vers les sommets plus au nord.
Le parcours s'enfonce ensuite dans des paysages plus montagneux…
Arrivés à un col, on distingue le village d'Ifasina au loin.
Une descente de 200 mètres de dénivelé assez raide et glissante par endroits nous conduit vers notre destination.
A l'orée du hameau, ce petit garçon attendant son père parti en forêt couper du bois nous regarde passer avec curiosité.
Plus loin, c'est une nuée d'enfants qui nous accueillent. Ils ne sont pas en classe, les instituteurs sont en grève dans tout le pays depuis plusieurs semaines pour dénoncer leur niveau de salaire. Les adultes, quant à eux, sont tous occupés à niveler un terrain pour construire un nouveau bâtiment scolaire.
Enfin voici le village, quelques dizaines de maisons en bois serrées les unes contre les autres, construites en bois précieux (palissandre) et assemblées sans clou ni vis, sur le principe de la mortaise.
Les portes et les volets sont entièrement couverts de motifs géométriques traditionnels : toiles d'araignée symbolisant les liens familiaux ou rayons de la ruche (alvéoles, losanges) représentant la vie communautaire.
Nous sommes introduits chez le doyen du village (89 ans) qui est aussi considéré comme le chef coutumier et à qui notre guide verse le droit d'entrée.
Johnny nous explique que l'agencement intérieur de la case répond à un code bien spécifique : un coin pour les ancêtres, un coin pour les ustensiles de cuisine et les provisions…
Ces maisons, comme toutes celles rencontrées sur les hauts-plateaux malgaches, n'ont pas de cheminée. L'intérieur est complètement enfumé, le plafond et les cloisons couverts de suie et l'air y est difficilement respirable. Dire qu'il y a 13 personnes qui vivent ici sur 6 mètres carrés au sol plus mezzanine.
Pendant que nous discutons, les trois petits enfants (ou arrières petits-enfants) du vieil homme nous rejoignent alors qu'au coin de la fenêtre, une autre petite fille nous guette timidement.
Ainsi va la vie dans un village Zafimaniry… dans un grand dénuement mais sans doute aussi dans un grand élan d'entraide… un monde totalement à part dans lequel nous ne nous sentons pas très à l'aise.
Alors c'est avec bonheur que nous retrouvons l'air frais de la montagne sur le chemin du retour. A 14 heures, nous sommes de retour à l'écolodge et une demi-heure plus tard, déjà sur le départ.
Direction la réserve privée de Ialatsara, à 82 km et deux heures de route environ.
Mais à peine parti, Hervé me passe le volant… il ne sent pas très bien. Sur la piste entre le lodge et la Nationale, tous les locaux que nous croisons me regardent avec étonnement. Dans ce pays, voir un vazaha conduire n'est pas commun, mais une vazaha, encore moins ! Je remarque un petit regard particulièrement complice de la part des femmes, une forme de solidarité féminine sans doute !
Bon, bref, je roulotte tant bien que mal sur cette piste en étant particulièrement vigilante en cas de doublement de piétons, ce qui veut dire, en permanence. Une fois sur la route Nationale, c'est un peu plus cool mais la concentration reste maximale. Attention aux croisements des poids lourds. Il faut, dans ce cas, bien ralentir ou parfois presque s'arrêter car la voie bien que nationale n'est pas très large. Attention aux semi-remorques qu'il faut doubler mais qui heureusement sont coopératifs et signalent quand la voie est libre. Attention aux taxis-brousse hyper chargés qui s'arrêtent sans prévenir. Attention aux poules, aux coqs, aux canards qui traversent la chaussée et même à la récolte de café qui sèche sur l'asphalte !
Enfin, attention aux nids-de-poule… d'autant que je transporte un malade. Mora… mora !
A ce rythme, nous arrivons à destination à 17 heures et prenons nos quartiers au Lémur Forest Camp tout juste avant la tombée de la nuit.
Chez les Zafimaniry

Réserve privée de Ialatsana : une étape dans la forêt
J12 (07/06/12)… suite
Le Lemur Forest Camp est un site écotouristique situé entre Ambositra (85 km) et Fianarantsoa (65 km), quelques kilomètres avant le village d'Ambohimahasoa. Il se tient à l'intérieur de la réserve d'Ialatsara où se trouve une des dernières forêts humides d'altitude (1000 à 1500 mètres) de la région sur une étendue de 2500 hectares, dont 1000 ha de forêt primaire. Créée en 2002, la réserve (auparavant rattachée au parc national de Ranomafana) est gérée par un couple franco-malgache, Bérénice et Daniel Rajaona, en partenariat avec le Ministère des Eaux et Forêts de Madagascar. Leur action vise à préserver les derniers lambeaux de forêt primaire présents à Ialatsara et la biodiversité du site avec 6 espèces de lémuriens, 7 espèces de caméléons et une grande variété d'oiseaux, de reptiles, et d'orchidées. L'hébergement rustique, très rustique se fait soit dans des tentes fixes en toile et bois avec sanitaires partagés ou depuis peu dans de petits bungalows en bois avec sanitaires privés mais non pourvus d'eau courante pour l'instant (eau au broc et douche au seau). Pas d'électricité sauf dans la salle commune en soirée.
C'est dans un de ces bungalows de dernière génération que nous nous installons. Nous serons les seuls hôtes du camp ce soir-là.
Hervé se sent un peu mieux, cela tombe bien car à 18 heures, Daniel nous attend pour une visite nocturne dont l'objectif principal est l'observation d'un petit lémurien nocturne, le microcèbe roux. D'ailleurs, en voici un, attiré par un peu de banane écrasée. L'apparition est furtive ! Microcebus rufus
La promenade de nuit se poursuit… et voilà un caméléon en train de dormir : un Calumna gastrotaenia ! 909
Gastro… quoi ? En tout cas, le mal dont souffre Hervé le reprend subitement, il est obligé de regagner la chambre dont il ne ressortira pas avant le lendemain matin. Je finis la balade toute seule et verrai encore d'autres animaux endormis : caméléons, criquet et oiseau.
Je commande ensuite deux seaux d'eau chaude pour la douche. Hervé est mal en point. Spontanément, Daniel lui fait préparer une thermos de tisane, une décoction de feuilles de Harungana madagascariensis, censée stimuler les fonctions digestives, apaiser les douleurs intestinales et gastriques. Espérons qu'elle puisse le soulager !
Dans ces conditions, je dîne en tête à tête avec Daniel, l'occasion d'échanger sur mes premières impressions malgaches autour d'un délicieux repas préparé à base de produits du jardin et de la ferme (car le camp assure pratiquement son autosubsistance). Au dessert, un crumble à l'ananas dont je raffole tout particulièrement.
Pour demain matin, je prévois une randonnée dans la réserve à la rencontre des lémuriens… du moins si le malade est rétabli.
J 13 : Vendredi 8 juin 2012
Réveil avec le chant du coq et le braiement d'un âne (oui, le camp compte également une ferme) et par le ruissellement de l'eau sur le toit du bungalow. Il ne pleut pas mais nous sommes au cœur d'une forêt tropicale humide… très humide !
Grâce à la décoction de Harungana, notre malade se sent beaucoup mieux. Ouf, nous pouvons confirmer la balade de ce matin en souhaitant être de retour à 11 heures car une longue route nous attend.
Daniel envoie immédiatement ses pisteurs dans la forêt, ils sont chargés de repérer pour nous les groupes de lémuriens. Après le petit déjeuner agrémenté de jus et de confitures maison (quel délice !), nous explorons un peu les alentours du camp en attendant notre guide.
Un petit coup d'œil au jardin où cette Poinsettia ou Euphorbia pulcherrima(en rouge) fait bon ménage avec cette Astéracée, Ageratum conyzoïdes, en mauve.
Un autre coup d'œil sur les arbustes et là, coup de chance, pour la première fois depuis notre arrivée à Mada, Hervé tombe lui-même sur un caméléon, probablement un Calumna brevicorne, reconnaissable à ses larges lobes occipitaux en forme d'oreilles d'éléphant.
Moi aussi je me mets à balayer du regard les fourrés et comble de chance trouve un deuxième caméléon. C'est un Calumna nasutum, facilement reconnaissable à son appendice nasal. Qu'il est mignon !
Enfin, jamais deux sans trois… voilà que nous en trouvons encore un troisième, sans doute Calumna gastrotaenia (comme celui vu hier soir en train de dormir).
Côté caméléons, nous n'avons pas perdu notre matinée. Espérons autant de chance avec les lémuriens. Les pisteurs sont en place, on peut y aller ! C'est Massane qui nous accompagne et nous sert de guide.
Nous traversons d'abord une forêt artificielle composée essentiellement d'eucalyptus, de pins d'Argentine et du Mexique, plantés dans la première moitié du vingtième siècle suite à la destruction de la forêt originelle puis arrivons dans un lambeau de forêt primaire, beaucoup plus dense.
Le guide qui connaît le moindre recoin de la réserve nous déniche une nième espèce de caméléons, un couple de Brookesia thieli. Les Brookesia sont les plus petits caméléons du monde, ils mesurent de 6 à 9 centimètres. Lents de nature, ils se déplacent peu, ce qui explique sans doute la facilité pour notre guide à les trouver. Ils vivent au sol ou sur des branches basses.
Un peu plus loin, Massane commence à appeler ses collègues et se dirige au son de leurs réponses. Rapidement, nous quittons tout sentier pour nous diriger vers le fond de la vallée. A coup de machette, les pisteurs nous fraient un passage dans la végétation. Ils ont repéré deux groupes de lémuriens, quatre individus d'un côté et deux de l'autre.
Nous approchons doucement et les découvrons d'abord très haut dans la canopée. Ce sont des propithèques diadème de Milne-Edwards (Propitechus edwardsi), reconnaissables à leur pelage brun foncé et à la tache claire en forme de papillon qu'ils arborent sur le dos.
En quelques bonds très aériens, l'un d'eux plus téméraire descend progressivement de plusieurs étages pour poser pour la photo. Nous sommes aux anges !
Nous ne nous lassons pas du spectacle mais l'heure tourne et si nous voulons tenir notre horaire, il est temps de penser au retour. Afin de rentrer plus rapidement, nous nous dirigeons avec notre GPS vers la route Nationale que nous remontons jusqu'au camp.
En cours de route et alors qu'à cette saison (hiver), la végétation florale est en dormance, nous avons la chance (aujourd'hui c'est jour de chance !) de voir cette orchidée au labelle quadrilobé d'un blanc éclatant avec une base légèrement rosée… Oeonia rosea.
Ainsi que cette autre… à déterminer !
11 heures : nous sommes pile dans les temps et quittons le Lemur Forest Camp pour le Catta Camp dans la vallée du Tsaranoro, soit 156 km de Nationale suivis de 20 km de piste. Un parcours estimé à 5 heures au minimum.
Alors en route !
Je ne vous ai pas encore parlé des contrôles de police. Les gendarmes ou les policiers sont postés presque à chaque entrée ou sortie de localité sur l'ensemble de la Nationale. Ils traquent particulièrement les taxis-brousse surchargés mais aussi les voitures particulières, à la recherche de la moindre faille. Le litige se règle en général non pas par une amende mais par le versement d'un bakchich. Interrogé à ce sujet, Rodolphe notre loueur nous avait dit que nous pourrions être confrontés à ce type de pratique.
Mais curieusement, depuis notre départ de Tana, à l'approche de chaque point de contrôle, les policiers nous faisaient aimablement signe de passer. Nous pensions qu'en tant que touristes nous étions privilégiés. Mais d'autres touristes véhiculés par des chauffeurs nous ont raconté avoir été arrêtés et le chauffeur obligé de glisser un petit billet aux policiers. Alors sans doute nous prenait-on pour des résidents français à Mada (les résidents ne s'arrêtent pas aux contrôles, paraît-il). Bref, pour l'instant, nous étions chanceux et espérions continuer à passer au travers.
Mais 6 km après notre départ, à la sortie de la petite ville de Ambohimahasoa, cette fois-ci, pas de chance, on nous arrête. Contrôle des papiers d'identité et des papiers du véhicule. Le flic nous dit qu'il manque la carte violette et que nous sommes donc en infraction. Hervé se dit prêt à payer une amende officielle avec un reçu (qu'on se ferait ensuite rembourser par le loueur) mais notre homme n'a aucune véritable intention de dresser un PV. Après ½ heure de tergiversation ou il nous menace de nous confisquer les papiers du véhicule, il nous fait comprendre que l'affaire peut être close avec 20000 ariarys. L'équivalent de huit euros, qui, pour lui représente un juteux bakchich quand on sait que le salaire moyen de base est de 40 euros.
Le loueur nous dira plus tard que cette carte a été remplacée récemment par un autre document qui était bien en notre possession.
Cette expérience nous refroidit un peu et nous laisse perplexe quant au degré de corruption à tous les échelons. Heureusement que les paysages nous font vite oublier cette désagréable sensation.
A Fianarantsoa (Fianar pour raccourcir), nous faisons le plein de carburant et quelques petites courses (gâteaux secs, fromage à tartiner...). Nous sommes très agréablement surpris par la consommation du 4 x 4 : 11 à 12 litres au 100, ce qui est très peu pour un véhicule de ce type. C'est vrai aussi que nous roulons mora, mora.
Après Fianar, on commence à voir les contreforts du massif de l'Andringitra et quelques dizaines de km plus loin, dans une grande descente, la vallée d'Ambalavao s'ouvre soudainement comme un décor de western… magique !
Ambalavao : nichée au fond d'un cirque montagneux, la petite ville vit sous l'influence du Sud qui commence ici. Il y fait déjà plus chaud, les alentours sont désertiques et rugueux. Nous sommes passés de 1300 à 1000 mètres d'altitude.
La région est aussi la plaque tournante du commerce du zébu. Tous les mercredis a lieu ici un grand marché aux zébus. Les troupeaux, nous ne tardons pas à les croiser, ils se suivent sur des kilomètres… avec des dizaines et des dizaines de bêtes qui vont d'ailleurs nous ralentir un peu.
Il est 16 heures, nous quittons la route principale à 37 km au sud d'Ambalavao. Il nous reste une bonne vingtaine de km de piste jusqu'à notre destination finale.
Après avoir payé un petit droit de passage dans deux villages successifs, les choses sérieuses commencent. Hervé passe en mode 4 x 4 et se fait plaisir avec du franchissement. La piste est mauvaise avec des passages délicats mais notre tacot assure largement.
La vallée est très belle, ponctuée ça et là de petites maisons aux toits de chaume.
Comme à chaque fois, les coordonnées GPS sont parfaitement exactes. Il est 17 heures quand nous arrivons à destination, tout juste avant le coucher du soleil. Ouf, quelle journée !
Caméléons Brookesia

Vallée du Tsaranoro, à l'assaut du Caméléon
J13 (08/06/12)… fin de journée
Dans cette vallée du Tsaranoro, au pied de la falaise du même nom, le Camp Catta propose plusieurs types d'hébergements pour tout budget : camping autonome, tentes équipées, bungalows "village" (pour 2) avec sanitaires privés ou partagés et bungalows "confort" avec sanitaires privés (jusqu'à 6 personnes).
Comme nous y passons trois nuits autant nous installer confortablement dans un bungalow… spacieux ! Nous adorons !
La structure est idéale pour les amoureux de la nature, du sport et de l'aventure. Nous on se contentera de l'option nature car en dehors des randonnées, ici on peut faire de l'escalade, du parapente et du base jump.
A ce compte-là, on s'attendait à y trouver une clientèle jeune et sportive. Or ce soir, sur 6 clients, nous sommes les plus jeunes !
Avant le dîner, nous organisons la journée de demain en prévoyant une randonnée de 6 heures A/R avec 600 mètres de dénivelé vers ce drôle de sommet dominant le village… de son nom malgache "Langera" (= pelle) mais rebaptisé par les vazahas "Caméléon" du fait de sa ressemblance, vu depuis le Camp.
C'est Jean Paul, le chef des guides qui est chargé de nous accompagner.
Mais pour l'instant, passons à table. Un repas à trois plats très, (trop ?) copieux et qui n'a pas la saveur et la finesse des dîners précédents. Pour moi, tout particulièrement, bien qu'ayant à peine picoré, ce dîner ne passe pas. Hervé m'aurait-il transmis son virus ?
Je suis malade toute la nuit.
J14 : Samedi 9 juin 2012
Ce matin il m'est impossible de mettre un pied devant l'autre. Hervé va prendre le petit déjeuner tout seul. Décidément, pendant ce voyage, nous aurons eu chacun notre moment de solitude !
J'apprécierais bien une tisane de Harungana mais Hervé a déjà bien du mal à obtenir une tasse de thé. Je l'avale avec difficulté puis me traîne du lit à la salle de bains et de la salle de bains au lit.
Mais impossible de résister davantage à ce franc soleil. Alors je décide de sortir malgré tout. Bon, atteindre le Caméléon avec ses 600 mètres de dénivelé me semble utopique mais peut-être pourrions nous aller jusqu'à la piscine naturelle.
En passant devant la réception, nous annulons la sortie prévue (JP, le guide, fait la tête). Pour aller tout simplement jusqu'à la piscine, un guide nous semble superflu. Hors parc national, le guidage n'est pas obligatoire.
J'avance un peu au radar mais au bout d'une demi-heure, nous voilà déjà à la piscine.
Je trempe mes mains dans l'eau puis recharge les batteries à l'ombre d'un rocher. Nous sommes bientôt rejoints par deux filles et leur guide qui, au gré de nos arrêts respectifs, nous suivront ou nous devanceront selon le cas.
La montée commence alors… d'abord en douceur. En nous retournant, nous apercevons la paroi de granit du Tsaranoro comme repeinte en jaune et vert…
L'œuvre d'un géant peut-être ?
En tout cas, ces paysages majestueux me donnent des ailes et puisque je ne vais pas trop mal, continuons encore un peu… en direction du Caméléon.
Le sentier suit de petits canaux d'irrigation qui sont à l'origine des effondrements de terrain, formant des sortes de crevasses appelées ici lavaka.
De fil en aiguille, je finis pas atteindre 250 mètres de dénivelé (pour une malade ce n'est pas si mal) mais plus on progresse, plus je suis obligée de me reposer souvent.
Là, je mets mes dernière forces dans la bataille puis je capitule !
250 mètres de dénivelé, ce sera mon record du jour ! Après, je laisse Hervé poursuivre tout seul car il a trop envie d'atteindre le sommet. Il part sans eau (c'est moi qui garde la bouteille, je suis malade !). Tranquillement, je rebrousse chemin jusqu'au camp que j'atteins à 13 heures.
Pendant ce temps, mon homme suit le sentier où je l'ai laissé mais curieusement, celui-ci descend. Il atteint presque la rivière quand il réalise que ce n'est vraiment pas normal. Il revient alors sur ses pas, décidé à abandonner toute idée d'achever la randonnée. Mais finalement en revenant un peu sur ses pas, il finit par découvrir une petite sente à peine tracée qui lui avait échappé… et cette fois-ci, il commence à véritablement prendre de l'altitude.
Ça grimpe dur, c'est bon signe, la crête n'est pas loin. Tiens Obélix serait-il passé par ici ;)
Les filles (celles qui nous suivaient et qui ensuite nous ont dépassé) et leur guide sont déjà en bonne place. Pour les rejoindre, il reste à Hervé à vaincre son vertige pour passer sur l'arête finale qui correspond au "dos du caméléon", un passage aérien à la façon d'Angel's Landing (pour les connaisseurs de Zion UT)
Au bout du bout, c'est la récompense avec une vue à couper le souffle et à vous donner le tournis… sur les prestigieux sommets environnants, le massif du Tsaranoro, la Porte du Sud, la Pyramide, le Dondy, le parc national de l'Andringitra et le pic Boby.
Auprès des filles, notre héros du jour trouve de l'eau (ouf, car il est presque déshydraté). Elles lui proposent aussi de partager leur pique-nique mais la salade de pâtes, non merci, ce n'est pas son truc !
Mais une petite photo lui ferait bien plaisir.
Pendant ce temps, revenue à bon port, je m'installe devant notre bungalow, scrute le sommet du Caméléon et semble distinguer des formes aller et venir là-haut. Peut-être à ce moment-là était-ce Hervé que j'ai vu faire cette photo au téléobjectif ! En tout cas, on aperçoit parfaitement notre petite maisonnette ainsi que notre 4 x 4.
Bien ragaillardi, le courageux randonneur commence à présent la descente. Cette randonnée telle qu'elle est préconisée par les documents du Camp est une boucle. La descente se fait par le côté opposé et le retour par le village de Morarano. Hervé préfère, quant à lui, revenir par le même chemin qu'à l'aller car il se demande si je ne l'attends pas quelque part sur le parcours.
Progressivement, en perdant de l'altitude, les formes gagnent en rondeur et en douceur !
Pendant le trajet du retour, flore et faune endémiques n'échappent pas au photographe. Euphorbia milii Aloes capitata Pachypodium
Puis en traversant la forêt, il se donne du mal à repérer ces lémuriens, bien cachés dans les arbres.
A ce moment-là, il ne sait pas encore qu'il n'est pas nécessaire de s'enfoncer dans la forêt pour en apercevoir. Quelle ne fut sa surprise d'en trouver un, gardien de notre bungalow (le n° 11) à son arrivée.
Et il n'a pas encore vu tous les autres, tous ceux installés sur le toit de notre maison ainsi que dans les arbres aux alentours. Le Camp Catta ne s'appelle pas ainsi pour rien, il abrite une colonie de cette espèce qui vivait sans doute déjà là avant la construction de la structure.
Observer les lémuriens et profiter du paysage de la vallée en face de nous seront les deux occupations de cette fin d'après-midi… jusqu'au coucher du soleil !
Je commence à aller mieux ce soir. Certes je fais encore attention à mon régime mais j'apprécie davantage le dîner. Pour demain, nous planifions une nouvelle randonnée vers l'Envers du Tsaranoro. Randonnée estimée à 6 à 8 heures avec un peu moins de 1000 mètres de dénivelé.
C'est Doris qui est désigné pour nous accompagner, ça nous convient bien car avec JP, nous n'accrochons pas vraiment.
Avec l'arrivée des deux jeunes filles croisées au Caméléon et celle d'un jeune couple anglais, la moyenne d'âge est plus basse. Nous voilà les plus vieux ce soir ;-) mais toujours pas plus de six clients.
J'espère vraiment pouvoir mener la randonnée au bout demain.
Vers le sommet du Caméléon

L'envers du Tsaranoro
J15 : Dimanche 10 juin 2012
En tirant les rideaux ce matin, j'assiste, attendrie, au difficile réveil de deux makis catta blottis l'un contre l'autre dans le pin devant notre fenêtre.
Moi, je me sens en forme. Ne perdons pas de temps. Dès la fin du petit déjeuner, nous nous mettons en marche, accompagné du jeune guide-stagiaire Doris. Il nous explique être en plein apprentissage de sa fonction, nous priant d'être indulgents avec ses connaissances. Pas de problème, il nous paraît sérieux, modeste et sympa, c'est l'essentiel.
Altitude de départ : 930 mètres au Camp Catta.
Comme hier, nous traversons d'abord la forêt d'où dépasse l'imposante paroi du Tsaranoro !
L'appellation du massif proviendrait des prénoms des deux filles du roi Bara, Tsara et Noro, exécutées dans la forêt au pied des falaises où elles s'étaient cachées pour échapper aux soldats du roi de Tana. Une triste histoire !
La montée commence alors à travers des prairies herbeuses sur lesquelles le soleil tape déjà fort alors qu'il n'est pas 9 heures.
Une très légère brise fait onduler les plumeaux carmin des herbes entre lesquelles se cachent pudiquement les bourgeons floraux des aloès.
Bientôt, le pied de la falaise est atteint. Les 800 mètres qui séparent le pied du sommet nous donnent le vertige. Il est 9 heures : première pause à l'ombre bienfaisante d'un arbre à 1157 mètres d'altitude. Gain : 230 mètres depuis le départ.
Et premier point de vue sur le Dôme noir (au premier plan), le Dondy et la chaine montagneuse de l'Andringitra (en face)… jusqu'à la vallée.
Nous contournons ensuite le pied de la falaise par le sud, nous dirigeant vers une forêt de palmiers et de fougères située dans un couloir entre deux dômes granitiques. La fente dans la montagne est un lieu de sépulture.
Etonnante, cette forêt de palmiers… sans doute ce qu'on appelle un forêt tropicale d'altitude. L'avantage est qu'il y fait plus frais, ça fait du bien.
C'est l'occasion d'une deuxième pause. Il est 10 heures, nous sommes à 1406 mètres d'altitude. Gain depuis le départ : 470 mètres.
Ça grimpe plus fort à présent… Le paysage devient plus minéral. Le cheminement se fait sur de grandes dalles granitiques couvertes de plantes grasses, aloès, pachypodiums et notamment ces kalanchoes toutes velues, une pilosité qui leur permet de stocker l'humidité de la rosée matinale… Kalanchoe tomentosa
11 heures : je réclame une troisième pause. Nous sommes à 1673 mètres d'altitude. Gain depuis le départ : 750 mètres.
Dernier effort sur des dalles particulièrement raides, d'autant qu'en levant la tête, on avait l'impression que le sommet était tout proche.
En fait, il y a un étage de plus… et encore autant de gouttes de sueur pour enfin atteindre le sommet. Il est 11 h 26, altitude 1822 mètres. Gain depuis le départ : 892 mètres.
D'ici la vue s'ouvre à l'ouest sur la vallée de Bedita et la montagne du Bonnet de l'évêque sur le trajet de la Nationale 7 vers le sud. Au nord, on aperçoit la Porte du Sud et Vohitsoaka, le village que nous avions traversé en quittant la N 7. A l'est, le Tsaranoro Be (ou grand Tsaranoro) et le Tsaranoro Atsimo (ou Tsaranoro Sud).
Devant cette vue panoramique, un lézard s'invite à notre pique-nique… il y a des miettes à récupérer…Oplurus quadrimaculus, une espèce commune dans l'Andringitra, reconnaissable à ses 4 ocelles noirs sur chaque flanc.
Pour nous, il est prévu de rentrer par le même chemin. Néanmoins, il existe une autre alternative. C'est celle que vont tenter les deux filles que nous avons rencontrées hier au Caméléon. Accompagnées d'un guide et de deux porteurs, elles quitteront Camp Catta en fin de matinée pour monter ici à l'envers du Tsaranoro où elles passeront la nuit. Le lendemain matin, elles feront la descente via le grand tour du Tsaranoro et la descente avec cordes fixes et rappel de la falaise du Karambony. Avis aux amateurs… plus aventureux !
Alors avant de redescendre, Doris nous emmène explorer le plateau et nous montrer le passage que vont emprunter nos aventurières.
Un plateau riche en boulders et blocs granitiques variés, titillant notre imagination ! Alors ici un petit coup de main à Obélix pour soutenir ce menhir ! Là, une prairie dans lequel on verrait bien surgir quelques dinosaures… un petit air de Devil's Lane Utah! A moins que ce ne soit le lieu de prédilection de quelque Martien nous envoyant de drôles de messages à travers ces herbes enroulées ! Ou encore un endroit un peu magique où les arbres doivent percer la pierre pour pouvoir croître !
En tout cas, une végétation très particulière avec ces euphorbes coralliformes, aux rameaux en chapelets de saucisse… Euphorbia alluaudi
Et avec cette autre curiosité botanique appelée par les locaux "pattes de poule" (nom scientifique non trouvé)
Décidément, l'envers du Tsaranoro nous aura réservé bien des surprises et ce n'est pas fini. Côté bêbêtes, nous découvrons un scarabée et deux criquets dont l'un déjà observé du côté du pays Zaf' mais je ne peux m'empêcher de vous le montrer à nouveau : il est tellement beau !
La descente nous prendra deux heures. A mi-chemin, nous ne manquons pas de rencontrer d'abord les deux porteurs lourdement chargés, chacun portant un barda de 70 kg sur le dos… puis les deux filles accompagnées du guide.
Après un brin de causette avec elles, nous sommes de retour au camp vers 15 heures… enchantés de notre journée.
La fin de soirée est à nouveau contemplative, on ne se lasse pas de la superbe vue sur la vallée et surtout des cabrioles des lémuriens.
C'est bientôt la fin de notre voyage. Demain il faut entamer le trajet retour. La vallée du Tsaranoro aura été le point de notre parcours, le plus au sud. Ces deux journées au Camp Catta resteront nos coups de cœur "côté terre".
Vallée du Tsaranoro

Retour à Tananarive
J16 : Lundi 11 juin 2012 Notre vol retour est prévu dans moins de 48 heures à présent. Le trajet vers la capitale s'effectuera en deux étapes : Camp Catta à Antsirabe aujourd'hui et Antsirabe à Tana demain.
370 kilomètres dont 20 de piste nous séparent de notre destination de ce soir. Dans l'absolu, pas grand chose mais à Mada, nous avons estimé le trajet à 8/10 heures.
Alors petit déjeuner dès 6 heures et départ dans la foulée à 7 heures en commençant par la vingtaine de kilomètres de piste jusqu'à la Nationale.
Les locaux sont déjà en route un peu partout dans la campagne.
A peine partis, nous apercevons une jeune femme qui se met à courir sur une piste perpendiculaire à celle que nous empruntons. Visiblement, elle apprécierait d'être véhiculée. Nous stoppons… d'autant qu'elle me paraît enceinte. Alors qu'elle grimpe, complètement essoufflée mais soulagée, dans le véhicule, nous découvrons que c'est un nourrisson qu'elle abrite sous ses effets. Nous déposons la jeune maman et son bébé dans le premier village sur notre trajet, à Vohitsaoka. Cela lui aura fait gagner une dizaine de kilomètres, soit 3 bonnes heures de marche.
8 heures : ça y est, nous sommes sur la N 7 avec son flot de poids lourds, de taxis brousse, de piétons, de vélos, de poules et de canards mais bien plus que le trafic (ce à quoi nous commençons à être habitués), ce sont les contrôles de police que nous redoutons après le désagréable racket que nous avons subi à l'aller.
Ça ne loupe pas. Dans la première localité traversée, un policier nous fait signe de nous arrêter. Avec une bonne dose de culot, Hervé affirme qu'il vient d'être contrôlé peu de temps avant et que tout est en règle. "Très bien, Monsieur, alors circulez !" nous répond-il. Ouf !
Après Ambalavao, sur le fameux plateau du zébu, la route couverte de bouses laisse bientôt apparaître le cortège des troupeaux. Mais ils sont moins nombreux qu'à notre précédent passage.
10 heures : nous atteignons Fianar après 3 heures de route (depuis le départ) et 110 km, soit une moyenne de moins de 40 km/heure. Mais entre Camp Catta et Fianar nous avons mis aujourd'hui une heure de moins que lors de notre trajet aller. Une bonne nouvelle !
60 kilomètres plus loin, nous sommes particulièrement tendus à l'approche d'Ambohimahasoa, le village où on s'était fait contrôler à l'aller. Au point de contrôle, le flic (pas le même que le fois précédente) nous fait signe de nous arrêter puis aussitôt signe de circuler. Ouf, ouf, et re-ouf. Aux contrôles suivants, nous adoptons un air détaché et passons notre chemin.
Nous nous accordons un petit arrêt pour manger un morceau rapidement, debout, derrière notre véhicule et partageons un gros ananas avec des locaux surpris. Nous repartons aussitôt. Je dis "nous" mais en réalité, c'est Hervé qui est au volant depuis six heures d'affilée et alors qu'il est plus 13 heures, il a besoin d'une bonne dose de caféine… alors un expresso, s'il vous plaît !
Heureusement, dans la ville d'Ambositra, assez touristique, un tel breuvage devrait être disponible. A la sortie de l'agglomération, le Motel Violette tombe à point. Alors que nous sirotons un bon expresso servi avec un petit chocolat Robert sur la terrasse, nous assistons à une scène d'un autre temps… à l'étage inférieur, une employée en train de faire du repassage avec un fer comme celui utilisé non par nos grands-mères, mais par nos arrière-grands-mères, un fer chargé de braises !
14 heures. Après cet intermède divertissant, je prends le volant pour les 90 derniers kilomètres, il manque environ deux heures jusqu'à notre destination finale.
J'ai maintenant le véhicule bien en main. A force, on s'habitue aux gens qui marchent sur la route, à la conduite des taxis-brousse qui font des écarts pour éviter les nids-de-poule, à la conduite malgache qui veut que le premier qui arrive sur un obstacle double (l'autre s'adapte). Mais il n'y a aucune agitation, aucune frénésie, tout se passe mora mora (doucement).
Alors c'est parfaitement détendus, en écoutant la seule cassette disponible dans la voiture, celle de Francis Cabrel, que nous abordons la grouillante Antsirabe, comme de vieux briscards que la circulation n'impressionne plus.
Après un dernier crochet par la Chocolatière (pour faire le plein de chocolats Robert !), nous passons le portail de Couleur Café vers 16 heures après 9 heures de route soit une moyenne de 40 km/heure. Nous avons très, très bien roulé !
Ayant hésité à dîner en ville (le restaurant Pousse-Pousse nous disait bien), nous ne pouvons finalement résister au calme de la maison d'hôtes et surtout à son menu particulièrement alléchant ce soir : foie gras, cuisse de canard sauce vanille, ananas caramélisé et glace. Divin !
J 17 : Mardi 12 juin 2012
Notre vol est prévu à 21 h 30 à Tananarive. 180 kilomètres nous séparent de la capitale, soit 3 à 4 heures de route. Nous avons par conséquent de la marge mais sait-on jamais, il vaut mieux ne pas s'attarder à Antsirabe et prendre directement la route vers Tana.
Jouets en bois, objets en raphia, gamelles en aluminium, fleurs en pots, monticules de légumes… comme à l'aller, nous voyons défiler sur les étalages au bord de la route ce que chaque région produit de mieux.
Vers midi, nous atteignons déjà la capitale. L'activité est à son comble mais la traversée de la ville ne pose pas de problème majeur. Néanmoins, en raison de tout ce qu'on avait pu lire sur le degré d'insécurité dans la capitale, nous prenons le soin de verrouiller les portières.
C'est l'heure du déjeuner alors pourquoi ne pas retourner au restaurant du Sakamanga. Trouver à se garer dans ce quartier du centre-ville n'est pas évident mais on a fini par y arriver. L'ambiance détendue du Sakamanga, le service efficace et le repas excellent font oublier le tumulte extérieur. Une pause agréable !
Il nous reste tout l'après-midi à occuper et comme nous n'avions pas envie de nous promener en ville, j'avais repéré, pas très loin de l'aéroport, le parc zoologique de Croc Farm.
Autant retrouver l'hotel Sakamanga n'a pas posé de problème, autant sortir du centre et nous diriger vers l'aéroport n'a pas été simple. La tactique a été de nous arrêter dans chaque rue auprès d'un taxi pour nous faire confirmer le trajet.
Heureusement rapidement nous arrivons en terrain connu (des repères pris à l'aller) et alors tout droit jusqu'à l'aéroport.
Pour atteindre Croc farm, il faut prendre une piste à gauche un peu avant l'aéroport mais il faut être très attentif pour ne pas la louper.
La vocation première de Croc Farm est l'élevage des crocodiles du Nil. Faisant deux pierres d'un coup, le parc abrite également quelques lémuriens en liberté et dans des vivariums, quelques spécimens de la faune malgache : caméléons, grenouilles, serpents…
L'attraction principale : les crocodiles du Nil. Dans un vivarium, un caméléon de Parson, le plus grand caméléon de Madagascar. L'adulte mâle peut atteindre 60 cm.
Et en liberté une colonie de propithèques (ou sifaka) de Verreaux... adorables !
Une façon sympa de tuer le temps en attendant notre avion !
Rodolphe vient réceptionner le véhicule à l'aéroport, rien à redire. Le vol direct pour Paris s'est transformé en vol avec escale à Marseille, deux heures d'attente sans pouvoir sortir de l'appareil… dommage, on aurait bien aimé se dégourdir les jambes après une nuit dans l'avion pendant laquelle nous avons d'ailleurs bien dormi.
C'est en forme et avec des images de lémuriens et de caméléons plein les yeux que nous atterrissons à Paris vers 11 heures du matin.
Sur la Nationale 7

En conclusion...
Impressions générales
Un voyage court, trop court sans doute, pour vraiment prendre la mesure de toute l'originalité de ce pays. Alors nous espérons y retourner un jour pour explorer d'autres points d'intérêt : le massif de l'Isalo ou Colorado malgache, les étendues de baobabs du Sud-Ouest, les flèches élancées des Tsingy de Bemaraha et pourquoi pas la baie de Diego, l'île de Ste Marie… bref, il reste de quoi programmer plusieurs voyages !
Néanmoins, ces deux parties très différentes, l'une côté mer et l'autre côté terre, ont été très complémentaires. C'est comme si on avait fait deux voyages en un.
Côté mer, nous ne pouvions pas mieux tomber en choisissant la petite île de Sakatia. Son emplacement, son calme, la qualité des prestations et des plongées du Sakatia Lodge ont répondu en tout point à nos attentes. Nous avons pu constater que les fonds sous-marins sont restés exceptionnels, ce qui est plutôt rare quand on retourne sur un site qu'on a connu plusieurs dizaines d'années auparavant. Un bon point !
Côté terre, notre coup de cœur va à la vallée de Tsaranoro avec deux belles randonnées dans un environnement exceptionnel. Mais nous avons également apprécié nos autres points de chute, tous situés en pleine nature et prétextes à beaucoup de découvertes naturalistes, côté faune et côté flore.
Mais plus que les paysages et bien davantage que lors de nos précédents voyages, ce sont les scènes de vie qui nous ont le plus marqués. Nous pensons souvent à toutes ces femmes portant de lourdes charges sur leur tête, ces jeunes filles et ces fillettes en train de remuer la terre pour y trouver un peu de poudre d'or, ces paysans courbés dans les rizières ou labourant leurs champs à la charrue, ces enfants s'amusant avec un bidon en plastique ou un vieux pneu et… en général à tous ces gens marchant toute la journée sur le bord des routes. En tout cas un peuple attachant, travailleur, qui force le respect !
Car Madagascar, c'est aussi une réalité sociale et économique avec une pauvreté omniprésente (60% des habitants vit avec moins d'un euro par jour), une démographie galopante (45 % de la population a moins de 14 ans) entraînant une accélération de la déforestation, le tout sur fond de crises politiques successives.
Dans ce contexte, le touriste est très sollicité - mais pas harcelé - pour l'achat de souvenirs ou la proposition de services. Une des seules manières pour beaucoup de Malgaches de gagner leur vie.
Espérons qu'un jour le pays puisse s'en sortir car il le mérite !
Le véhicule loué, la conduite, la sécurité !
Louer un véhicule sans chauffeur n'est pas une pratique courante à Madagascar et coûte d'ailleurs plus cher que la location avec chauffeur! Mais cela est néanmoins possible puisque nous l'avons fait. C'est une solution envisageable si, comme nous, vous aimez être actif au volant plutôt que de subir le voyage à l'arrière d'un véhicule.
La conduite sur les routes malgaches demande de la concentration et de l'anticipation mais ne pose pas de difficulté insurmontable. On s'habitue rapidement à partager la voie avec quantité d'autres usagers et contrairement à d'autres pays (Sri Lanka, Egypte…) où cela se fait dans la frénésie et la nervosité, ici tout le monde fait ce qu'il faut pour laisser de la place aux autres… avec beaucoup de calme.
Il convient en revanche de bien préparer son parcours (coordonnées GPS de points stratégiques). Penser également à relever quelques points GPS pour faciliter la traversée des villes car il ne faut pas compter trouver beaucoup d'indications routières ni de carte fiable.
Le véhicule que nous avions loué était parfaitement adapté à nos besoins et aurait pu faire face à des conditions de piste bien plus difficiles. Plusieurs chauffeurs (nous prenant pour des résidents) nous ont d'ailleurs fait des propositions d'achat ;-) Nous l'avions réservé par l'intermédiaire du loueur en ligne N7 mais c'était bien un véhicule privé. Son propriétaire Rodolphe peut aussi le louer directement ou se proposer comme chauffeur. Nous pouvons transmettre ses coordonnées à toute personne intéressée (nous laisser un mot sur le livre d'or).
Nous avons parcouru environ 1000 kilomètres en 8 jours, ce qui fait une moyenne de 125 kilomètres par jour ce qui paraît peu mais, à Madagascar, il vaut mieux calculer en temps de trajet qu'en nombre de kilomètres. Nous avions bien estimé notre timing.
Côté sécurité, pas de problème particulier en dépit de tout ce que nous avions pu entendre et lire un peu partout sur le net. Néanmoins nous n'avons jamais circulé de nuit, ne sommes pas sortis en ville ni de nuit ni même de jour. A la campagne aucun problème mais nous avons toujours pris soin de ne jamais laisser nos bagages seuls dans voiture. Pour la traversée de la capitale seulement, nous avions verrouillé nos portières par pure précaution sans jamais ressentir nulle part de danger. Alors avons-nous eu de la chance ou les propos faisant état d'une insécurité généralisée sont-ils exagérés ? De notre point de vue, le touriste ne risque à Mada pas plus que dans n'importe quelle autre destination à faible niveau de vie. Il suffit de prendre des précautions élémentaires. Probablement le risque est-il le plus élevé dans la capitale.
La seule expérience désagréable que nous ayons faite est celle d'un racket par un policier lors d'un contrôle.
Les hébergements
Ils étaient tous excellents, en général très confortables et dans les deux plus rustiques, la qualité de l'accueil, particulièrement chaleureux, a largement compensé le déficit de confort. Partout les réservations ont été honorées. Vu la période, nous aurions pu ne pas retenir nos hébergements mais pour un voyage court, nous avons préféré assurer. Aucun n'était complet, loin de là, et avons même été une fois seuls. Madagascar attend les touristes et en a besoin ! Récapitulatif (dans l'ordre du voyage) : Sakatia Lodge à Nosy Sakatia, Sakamanga à Tananarive, Couleur Café à Antsirabe, Sous le soleil de Mada à Ambaladingana, Lemur Forest Camp à Ialatsara, Camp Catta dans la vallée de Tsaranoro.
Ouvrages et sites Internet utiles
Les ouvrages : Lonely Planet Madagascar (édition 2010) Guide du Routard Madagascar 2012
Les sites Internet Sur Voyage Forum, deux carnets de voyage, celui de Chris06 et celui de Boz51
"Voyage en terre malgache", le blog de deux naturalistes Steph et Cyril en voyage à Madagascar. Très intéressant pour qui prépare un parcours sur la Nationale 7. Egalement très instructif pour tout qui concerne observations et identifications naturalistes. Une mine d'informations ! En grande partie grâce à ce blog, j'ai pu identifier la plupart de la faune et de la flore photographiées au cours de notre voyage. Il reste malgré tout quelques points d'interrogation. Alors si vous avez des connaissances en botanique…
En compagnie de ce caméléon Furcifer, je vous dis Velòma (au revoir !) et à bientôt pour un autre fabuleux voyage. 😉

FIN
Carnet de voyage en Malaisie/Bornéo (juillet 2012) English translation pending
Informations du séjour :
Voyage du 02/07 au 31/07
Vols internationaux :
Paris-Doha-Singapour-Kuala Lumpur-Singapour-Doha-Paris
Vols intérieurs :
le 11/07 : Penang > Kuching
le 17/07 : Kuching > Kota Kinabalu
le 28/07 : Kota Kinabalu > Kuala Lumpur
Etapes terrestres :
Etape 1 : Kuala Lumpur > Fraser Hill > Cameron Highlands > Kuala Kangsar > Penang
Etape 2 : Kuching > Serian > Kuching
Etape 3 : Kota Kinabalu > Sandakan > Sukau > Lahad Datu > Kundasang > Kota Kinabalu
Avis sur circuit depuis Los Angeles jusqu'à San Francisco en passant par les parcs? English translation pending
Bonjour à tous !
Nous organisons un voyage dans l'Ouest américain pour août 2011 et nous aimerions avoir l'avis de personnes expérimentées sur notre circuit. Pour information nous sommes 2 adultes et 4 enfants, de 8 à 18 ans.
Voici le projet détaillé par jour :
Jour 1 : Arrivée à Los Angeles dans l'après-midi, location de la voiture (une nuit à Los Angeles)
Jour 2 : Visite de Los Angeles (une nuit à Los Angeles)
Jour 3 : Départ pour le Grand Canyon par la route 66, en s'arrêtant à Calico notamment (une nuit au plus proche du Grand Canyon)
Jour 4 : Visite du Grand Canyon (une nuit au Grand Canyon)
Jour 5 : Direction Monument Valley que nous visitons dans la journée (nuit vers Page)
Jour 6 : Visite des alentours de Page et du lac (Antelope Canyon est à voir apparemment) puis départ vers Bryce Canyon (nuit à Bryce Canyon)
Jour 7 : Visite de Bryce Canyon (nuit à Bryce Canyon)
Jour 8 : Direction Las Vegas en passant par Zion National Park (nuit à Las Vegas)
Jour 9 : Visite de Las Vegas (nuit à Las Vegas)
Jour 10 : Traversée du sud de la Death Valley pour arriver à Furnace Creek, puis direction Mono Lake (nuit vers Mono Lake)
Jour 11 : Visite de Mammoth Lake, baignade à Mono Lake, visite de Bodie (nuit dans les environs, proche de Yosemite)
Jour 12 : Visite de Yosemite National Park (nuit à Yosemite)
Jour 13 : Route pour San Francisco et arrivée en ville (nuit à San Francisco)
Jour 14 : Visite de San Francisco (nuit à San Francisco)
Jour 15 : Dernier jour en ville et direction Genève !
Nous aimerions vraiment avoir votre opinion sur ce circuit. Paraît-il incongru ? illogique ? idéaliste ? 😊 Merci d'avance pour ceux qui voudront se pencher sur notre projet !
Jour 1 : Arrivée à Los Angeles dans l'après-midi, location de la voiture (une nuit à Los Angeles)
Jour 2 : Visite de Los Angeles (une nuit à Los Angeles)
Jour 3 : Départ pour le Grand Canyon par la route 66, en s'arrêtant à Calico notamment (une nuit au plus proche du Grand Canyon)
Jour 4 : Visite du Grand Canyon (une nuit au Grand Canyon)
Jour 5 : Direction Monument Valley que nous visitons dans la journée (nuit vers Page)
Jour 6 : Visite des alentours de Page et du lac (Antelope Canyon est à voir apparemment) puis départ vers Bryce Canyon (nuit à Bryce Canyon)
Jour 7 : Visite de Bryce Canyon (nuit à Bryce Canyon)
Jour 8 : Direction Las Vegas en passant par Zion National Park (nuit à Las Vegas)
Jour 9 : Visite de Las Vegas (nuit à Las Vegas)
Jour 10 : Traversée du sud de la Death Valley pour arriver à Furnace Creek, puis direction Mono Lake (nuit vers Mono Lake)
Jour 11 : Visite de Mammoth Lake, baignade à Mono Lake, visite de Bodie (nuit dans les environs, proche de Yosemite)
Jour 12 : Visite de Yosemite National Park (nuit à Yosemite)
Jour 13 : Route pour San Francisco et arrivée en ville (nuit à San Francisco)
Jour 14 : Visite de San Francisco (nuit à San Francisco)
Jour 15 : Dernier jour en ville et direction Genève !
Nous aimerions vraiment avoir votre opinion sur ce circuit. Paraît-il incongru ? illogique ? idéaliste ? 😊 Merci d'avance pour ceux qui voudront se pencher sur notre projet !
Carnet solitaire en Tanzanie 2010 English translation pending
Carnet solitaire en Tanzanie Juillet-Aout 2010 - Une histoire improbable
800 – Trajet

Pourquoi la Tanzanie Parce que nous avions été très frustrés de ne pas voir de félin au Botswana. On voulait « assurer le coup ».
Pourquoi en solitaire Parce qu’on aime ça. Sans aucun doute aussi pour contrarier tous ces empêcheurs de voyager en rond qui nous prédisaient tous les malheurs du monde, leur démontrer qu’il ne sert à rien de faire peur, juste pour vendre un TO copain. Merci à eux : ils nous ont motivés… Parce que OUI, définitivement OUI c’est tout à fait possible de faire la Tanzanie en solitaire, avec son 4x4, comme en Namibie, en AFS, au Botswana etc : Les risques, les plaisirs, les aléas, les possibilités sont les mêmes, EXACTEMENT les mêmes. Et OUI, on peut rentrer dans les parcs SANS guide. Les personnes qui tiennent les comptoirs d’entrée des parcs n’en sont que plus prévenantes, plus à l’écoute, et comme toujours en Tanzanie encore plus inclines à vous rendre service, à vous donner des conseils, à vous montrer su une carte où sont les bons endroits.
La sécurité Les gens sont vraiment très gentils. Ils discutent, proposent mais n insistent pas. Nous n’avons pas rencontré d’agressivité ni de sensation de se faire agresser, encore moins dans les coins les plus reculés, dans les villages lointains, là où ils ne voient que très peu de Blancs. La sécurité n’est pas non plus un argument pour vous empêcher d y aller seuls.
La conduite sur piste La conduite sur piste Tanzanienne se fait obligatoirement avec un 4x4. On voit quelques locaux en voitures mais rarement sur les pistes lointaines. Les pistes Tanzaniennes sont de vraies bonnes (~mauvaises) pistes « africaines » (mais qu’est ce qu’une piste « africaine » … ? on verra ça plus tard). Ma seule recommandation : prévoir peu de km par jour. Moins de 200 km, pour avoir le temps de profiter des endroits où l’on arrive, pour éviter d’arriver fatigué. Oui il vaut mieux avoir une certaine expérience de la conduite sur piste, mais ce n’est pas une obligation. L’expérience s’acquiert en pratiquant, et au bout de quelques jours on comprend vite que pour rouler vite, il faut freiner avant les trous… ! mais surtout que pour aller loin, il faut rouler doucement. La conduite du 4x4, si on a déjà pratiqué, n’est pas non plus un argument pour ne pas voyager seul en Tanzanie. Et j’ajouterai au contraire : il nous aurait été IMPOSSIBLE de faire ce voyage, assis derrière, dans un vieux Land Rover à amortisseurs à lames (dur dur pour le dos) d’un TO Local. Choisissez votre 4x4. Prenez plaisir à conduire vous-même. Compressé contre un co-voyageur inconnu sur la banquette aurait été pour nous un calvaire : - « excusez moi, je vous ai touché avec mon bras » - « pardon, puis je me pencher au dessus de votre sandwich à la crème, le temps de faire une photo de ce magnifique léopard qui… mince trop tard… Merci, pardon…, non c’est pas grave, je vous en prie… »
IL FAUT SAVOIR que nous avons fait ce trajet avec une tente sur le toit, MAIS CECI N EST PAS INDISPENSABLE. On peut très bien voyager en Tanzanie avec une tente au sol car les Public Camp site sont suffisamment pleins pour dissuader les bêbêtes.
Quoi d’autre… bah rien Alors allons-y…
Jour 1 – Dar Es Salam – Lusotho L’avion du Samedi, réservé en Décembre 2009, 647 euros A/R par personne, taxes et assurances inclues. RàS à part un retard de deux heures à l’escale au Caire. Les bagages nous suivront tranquillement, la nuit sera courte.
Le Dimanche à 6h15, incroyable mais vrai : 10 minutes, montre en main, pour sortir de l’aéroport : formulaire, douane, bagages inclus. On ne nous demande pas le vaccin contre la fièvre jaune. On ne nous le demandera pas non plus pour prendre l avion vers Mafia.
Improbable 4x4. Le seul 4x4 avec tente pas trop trop cher a été trouvé à Nairobi. Il me facture 300 euros pour me livrer la voiture à Dar et 150 euros par jour. Le loueur s’est réveillé deux jours avant pour nous demander s il s’agissait de 5h15 le matin ou l’après midi… Bah il était temps… ! LE MATIN qu’on t’a déjà dit 17 fois… ! ! ! Est-il là pour nous accueillir ? Beaucoup de panneaux attendent leurs interlocuteurs à la sortie, pas nous… Au bureau des renseignements, il n y est pas non plus, sur le parking… sur le parking… UN 4X4 avec tente sur le toit… Youpi. Le chauffeur est absent, on attend 5 minutes, il arrive… Ouuuuffff ! ! !
On a nos bagages, on a un 4x4… 8 ou 10 mois de préparation de ce voyage qui vont pouvoir se concrétiser… Choueeeeette !
Bon le 4x4 est un essence, pas un Diesel… Grrrr ! Ah bon, le 4x4 a une boîte automatique… Re-Grrrrr. On va consommer 20% de plus…Choueeette. On fera effectivement du 20 litres au 100 kms sans appuyer. Soit un budget essence de 680 euros au lieu des 500 euros prévus… pour nos 3900 km (au lieu de 3800 kms prévus ;-) Bon le 4x4 a 110 000 kms au lieu des 60 000 promis… Re-Re-Grrrr. Ça promet sur la probité du loueur… En ce qui le concerne, le pire est à venir.
Monsieur exige un déposit absolument pas prévu du tout, ni sur son Site, ni dans les emails malgré mes questions explicites. J’étais averti par Michèle à qui j avais donné ses coordonnées… mal m’en a pris, Pardon Michèle. Elle a été plus que moi très mal servie par ce loueur très indélicat. Elle a la gentillesse de m’avertir par SMS dès son arrivée à Nairobi, et de me raconter ses déboires de 4x4 en « avance de phase », puisqu’elle a trois semaines d’avance sur moi sur les pistes. Cooool... Super Merci Michèle. Il veut me prendre 2500 euros de caution (alors qu’il a pris environ 1500 euros à Michèle). C’est du grand n’importe quoi.
Ce loueur s’appelle Wago Wago, safariskenya.com, budgetcarhirekenya.com, carhire-kenya.com, africancenter.eu (se sont tous la même société). NE PASSEZ PAS PAR LUI, c’est un escroc… ! Do not rent your car with them…
Mais je lui ferai une petite « publicité » très personnalisée par ailleurs.
Il manque les couvertures et le frigidaire, les ustensiles de cuisine sont incomplets, les chaises de camping sont presque craquées… mais le gas-cooker est présent avec une bouteille pleine. Heureusement. On peut dire que le Gas-cooker et la très bonne qualité des pneus ont sauvé ce voyage !
On finit par partir au bout de 3 heures…
Obligé de passer par Dar, la ville est ceinte d’un « boulevard extérieur » saturé. Le GPS nous indiquera tranquillement une route de contournement. Merci Garmin, merci T4A. Mais la sortie de Dar par le nord nous prendra quand même deux bonnes heures, pour faire les 50 kms nécessaires à trouver une route (goudronnée) plus tranquille. On va pouvoir rouler. Mais attention, la police veille. Radar – jumelle comme à la maison.
005 – l’Afrique tout de suite…
007

008
On roule tranquille jusqu’à Lusotho. On est accueillis par des chants Luthériens du Collège, dans un grand jardin, un chemin qui serpente jusqu’aux quelques chambres louées. Superbe. Budget super cool : Douche chaude, repas du soir, petit déjeuner le matin avec des crêêêêpes… huuuummmm… ! Tout ça pour environ 40 dollars.
On y fera des provisions de confitures, de vin, de fromage… Huuummmmm ! « Si c’est ça la vie que tous les moines ont… » Ce sera le dernier fromage du voyage… 😠 (on ne compte pas les « Vache Qui Rit » et toutes leurs imitations).
Cette région est magnifique. Les randonneurs ont de quoi s’éclater pendant des jours dans des montagnes gentilles, sur des pistes rouges au milieu d’une végétation luxuriante, avec des paysages à couper le souffle… ou des nappes de brouillards improbables qui bouche la vue d’un seul coup…
010 - Heaven bar
Au loin la Montagne Masaï, début du territoire éponyme.
020 – Salle de jeu à Heaven bar
A Lesotho il y a un concours de gentillesse : les Luthériens se « disputent » avec les évangélistes, avec les Attentiste du Dernier Jour, avec les catholicistes, avec les JésusChrisistes, et toutes sortes de congrégations qui rivalisent de sourires et de prévenances. Première impression d un pays et de gens sublimes qui contraste beaucoup avec certains messages du Forum. Le Grand Méchant Loup ne nous croquera pas cette année… !
Les auto-stoppeuses sont des bonnes-sœurs qui vont nous accompagner au marché, un professeur… aveugle qui priera Dieu pour nous, une femme enceinte qui nous remercie mille fois… Que des gentils. Ce coin là, il fait envie d y vivre, moi je vous le dit…
025
Mais c’est déjà le départ pour le Kili…
J2 – Lusotho – Moshi Kili Kili Kili Improbable Kili
La route est tranquille jusqu’à Moshi, mais attention aux radars mobiles… !
« Le premier qui le voit a gagné une bière… » Mais tout le monde a perdu. Pas de Kili. Perdu dans les nuages, même depuis la porte Marungu (merci A-M) : Enveloppé dans une énorme écharpe de nuages, il ne montrera pas ses cheveux blancs. On aurait bien voulu le voir… Sa majesté en a décidé autrement. Si on avait su, pour gagner un jour, on serait allé directement à Arusha…
On dort à Chem-Chem (S3 17 48.6 E37 31 29.3), un petit terrain de camping accolé au Marangu Hotel qui propose repas du soir et petit-déjeuner. Super cool, douche froide, calme.
Au village de Mahungu : ATM et des dizaines de propositions d’accompagnement pour une escalade : pas assez sportif pour cela (je crois que 60% des gens échouent à mi-parcours), nous on a choisit sport mécanique…
Les couvertures empruntées à Egyptair seront bien utiles. Le loueur de 4x4 nous a promis de nous livrer les couvertures et le frigidaire ce soir à Arusha. Arrivé là bas on apprend qu’il n’arrive que demain matin : encore une occasion de nous mentir…
J3 – Moshi - Arusha Improbable piste nord pour rejoindre Arusha.
On prend la route après avoir fait les provisions à Moshi. Les Super Marchés n’existant pas ou alors sont bien cachés. On trouve des superettes qui ont presque tout, sauf des sacs poubelles. Boulangerie par ici : Ali Abbas Pastry shop (S3 20 52.1 E37 20 25.2) superette juste en face.
On fait le plein comme à chaque fois que c’est possible (il y a beaucoup de pompes à essence en Tanzanie, surtout sur les routes du nord très fréquentées par les touristes).
Puis on prend la route vers l’ouest, puis une route à droite ici Boma Ngombe Village (S3 19 56.1 E37 09 02.3), pour quitter le « highway ». Un policier nous arrête : un touriste immatriculé au Kenya, qui va à Arusha en passant par le nord, il n’y croit pas beaucoup ! Et les policiers sont vigilants dans cette partie du pays, il y intérêt à ralentir en arrivant dans les villages. On lui explique, on lui montre qu’on a une carte (Google Earth avec notre Trace), et il finit par sourire… Puis on tourne à gauche ici S3 08 53.2 E37 01 31.5 pour faire la piste parallèle à 25 km de la route principale. Piste assez difficile. On y rencontre des « vrais gens » qui sont très étonnés de trouver des Blancs-Becs par ici…
030 - « c’est qui ces Blancs-Becs… ? »
L’arrivée sur le parc d’Arusha par le nord est jôôli tout plein…
040 – Arrivée à Arusha par le Nord
Improbable Tarif des Parcs. D’abord savoir que les parcs du nord préfèrent les cartes Visa. Tarangire sera très réticent à accepter nos Dollars en liquides, que j’avais pris soin d’acheter en Janvier avant la baisse de l’Euro (ce qui m’a fait gagner environ 500 euros). Bon ! Les parcs du sud s’en fichent. Je ne crois pas que Ruaha et Selous aient un lecteur de carte Visa. Le parc Marin de Mafia ne veut QUE du liquide, et des dollars supérieurs à 2006… ou des euros !
En plus, contrairement à ce que j’avais compris, ce n’est pas seulement la nationalité du voyageur qui fait le prix, mais aussi celle de la VOITURE : 10000 TSh (environ 7 euros) pour une voiture Tanzanienne, 40 Dollars (américains) pour une étrangère. La mienne est Kényane… Pas cool ! 🤪 😠
050 – Tarifs des Parcs
055
Le parc d’Arusha est très joli, pas bien grand, avec des pistes principale assez faciles, et des pistes divergentes asses difficiles, comme par exemple celle qui monte sur le bord du cratère Ngurdoto (S3 17 44.2 E36 54 17.4) : l’aller-retour prend une petite heure, on ne peut pas croiser une autre voiture (je me demande encore aujourd’hui comment on aurait fait dans cette pente pentue… ), et la vue est très belle sur le cratère, sans doute une caldeira.
Les lacs sont beaux. Le coin Pique-nique très fréquenté : je vous conseille de manger juste en face, sur un promontoire improbable de l’autre côté du lac (Small Momela Viewpoint : S3 13 08.8 E36 53 45.3).
Des girafes et autres « habituels », des flamands roses qui courent sur l’eau…
060
Ou qui volent « dans le ciel bleu d’azur » (un peu couvert quand même)
070 – Elles ne sont pas rasées sous les bras !
C’est beau, c’est très beau. Un peu cher mais très beau.
Improbable douche On dormira le soir à Colobus Camp site, juste après la sortie Sud, à droite, à 300 m de la piste principale, accolé au lodge (S3 18 56.7 E36 52 38.9). Pas de douche chaude, et ce soir là... pas de douche du tout… (Juste un filet d’eau) !
On va cailler comme jamais (du moins on le croit…) Je rappelle que nos couvertures nous attendent (peut être) demain à Arusha. Les sacs polaires apportés + les couvertures Egyptair seront très très juste.s Il doit faire environ 12 degrés le matin en se réveillant dans un brouillard qui se déplace à la vitesse… d’un nuage.
J3 – Arusha – Natron par La Rivière aux Moustiques
On passe à Arusha pour récupérer la couverture et le frigidaire… 080 – Improbable rendez-vous
A coup de frais téléphoniques importants on apprend qu’on a rendez-vous dans un hôtel… qui n’existe pas : personne ne connait, tout le monde veut nous aider, mais rien à faire. Allez, c’est bon, encore un mauvais point pour ce loueur : On apprendra à ne pas manger de fromage
On part sur le goudron, vers le sud-ouest (Merci gps). En direction de Mto Wa Mbu, à la queue leu-leu avec les 4x4 des TO qui roulent plus vite que nous. On fait les courses et on échange des sourires
090 – Tout l’or du monde :
Puis on cherche la piste Nord indiquée sur T4A (« fermée, prenez celle qui est 300 m plus à l’ouest … ») La piste est belle et c’est le début de 2500 km de piste dont une très grande partie de tôle ondulée.
On traverse des villages Masaï.
100 - Boite Postale ?
Bien sur un auto-stoppeur, un papi tout gentil, tout en longueur, tout mince… C’est seulement quand il descendra à Selalei qu’Elisabeth verra la longue dague qu’il porte à la ceinture. Mais aucune crainte, au lieu de nous curer les dents, il nous promet de prier pour nous tous les dieux de la terre et du ciel Masaï, et je crois qu’ils sont nombreux dans sa « religion ».
Petite pause sous un arbre, en contre-versent du Ngoro, pour notre soupe – tomate – riz – bananes rouges (Huuuummmm) quotidiens.
110 – Contreforts du Ngorongoro
On reprend la route pour la partie plus difficile. On passe souvent en première, dans des lits de rivières creusées par les coulées du volcan. C’est beau, mais c’est tape-cul.
120
Après 7 heures de piste, on arrive au Lac.
130 – Moivaro Campsite (ET Special Camp)
Il est beau ce lac, il est sauvage, il est loin, tranquille, peuplé de gens super-gentils
140 – Photo prise par Thomas
145 – Montagne Sacrée

Thomas nous « guide » jusqu’au lac. C’est surtout bien sur, l’occasion de bavarder. Il nous fait arrêter juste devant une dizaine de femmes qui fabriquent de magnifiques bijoux Masaïs. On se promène, il nous confisque le petit appareil photo numérique, et il mitraille, zoom à fond dans les pixels… « C’est quoi, c’est une mouche ?, non, non c’est un pixel… » Franche rigolade… mais pas trop parce que fierté et orgueil sont visibles.
150 - Thomas
En rentrant je lui prête le volant (boîte automatique, c’est facile). Il a déjà conduit une fois et se débrouille très bien pour caresser les arbustes… Et comme tous les mâles de la terre quand ils sont au volant, il veut frimer devant ses copains en arrivant à Moivaro, accélère et frôle le poteau avec le rétro.. Rien de cassé. Ca serait dommage, un si beau 4x4 !
160 – Un mec au volant
Je vais lui envoyer la photo, il sera content… Ou si quelqu’un y va bientôt, je lui envoie la photo pour qu’il la donne à Thomas, vous verrez, c’est génial de leur montrer les photos dont ils n’ont vu que la face avant du téléobjectif… !
D’ailleurs en rentrant au camping, je lui donne les photos prise par Anne-Marie (merci A-M) pour qu’il les donne à son guide qui n’est pas là ce soir.
Petit repas au milieu du camping tranquille, juste à côté des Tented Camp à 100 ou 300 dollars pppn…
170 – Boma
Un petit diner aux chandelles…
175 – Bon anniversaire Zaza…
Puis dodo : il est 20h30 !
J4 – Natron – Lobo (Serengeti) Improbable raccourci… trouvé !
Au premier croisement, la piste part à droite vers Liliondo : continuer sur la gauche (photo ci-dessous)
180
Ce matin à Moaviro, on a posé des questions aux gens qui venaient de Serengeti. L’un d’eux nous indique très clairement le deuxième croisement où il faut quitter Eco Trail qui part au nord et prendre à droite.
Magnifique. La piste semble meilleure que Eco-trail et longe le Lac. On se régale.
190 – Lac Natron
On se régale aussi de rencontres de masaï qui nous vente sa fortune : 80 vaches et 60 brebis, obligé de vendre une vache pour marier sa sœur, son père mort quand il avait 5 ans. Il est beau comme un Légionnaire en rouge (private joke Colibry…), son oncle l’accompagne, il traduit la conversation… Puis s’en vont totalement spontanément quand on sert la soupe, malgré les bols et les cuillères sortis pour eux… très polis ces gens là, très dignes, très respectueux, très classe.
200 - Piste nord Natron
La piste est encore longue et difficile. On aura en tout 20 ou 30 km (sur 230) où l on pourra rouler à 60 km/h, Plus de la moitié des km à petite vitesse, et un seul endroit où la piste se perdra dans un village incertain… Vive le GPS Garmin avec T4A bien sur ! En fait, dans ce village très éparpillé, il faut rester sur éco-trail (que l on a rejoint un peu avant Wasso).
A Klein Gate (Serengeti), le caissier ainsi qu’un guide nous félicitent d’avoir fait cette piste tout seul (ah bon… ?), mais ne s’étonnent pas du tout de nous voir rentrer seuls dans le Parc sans guide, c’est le cadet de leurs soucis, faut dire que les pistes de Serengeti sont vraiment plus faciles que celle qui arrivent ici.
Le camping Lobo 25 km après la Gate est tranquille. Il y un petit bar juste au dessus où la bière est nettement moins cher qu’au Lodge juste en dessous.
Les Sud Af qui arriveront tard ne feront du bruit que jusqu’à 21h30 😛 La douche est propre et… pas trop froide. Les babouins ne sont pas trop téméraires ; la vue à perte de vue.
J5 – Lobo – Seronera Les félins au rendez-vous
On apprendra ce soir qu’on a raté une migration (un « crossing » !) de gnous qui traversaient la rivière Mara à 25 km de là. Mais bon… c’est la vie… !
« Alors, on prend la petite piste parallèle pour descendre à Seronera, comme repéré sur MapSource, ou on reste sur la piste principale ? »
La petite piste parallèle semble… petite et lente. On rattrape la piste principale qui s’avère redoutable de tôle ondulée.
Une autruche pleine de désiiiiiiirr, qui court après sa belle….
210 – Tu peux toujours courir… t'en auras pas du ça qu'est bon...
Puis nos premiers lions.
220 – Lion qui boude
Sérengeti est, il est vrai, un grand bestiaire. A partir du sud de Lobo, il y a de plus en plus d’animaux.
Tourner à droite ici S2 19 17.1 E34 50 45.9, pour rejoindre Hippo Pool qui est une grosse baignoire à hippos. Il paraît qu’il y a des mouches Tse-Tse… Tse-Tse je na sais pas mais qui piquent ça c’est sûr… purée !
230 – Priorité à droite, pas de soucis… !
232
On fait le tour par KubuKubu Lodge en suivant la rivière, jolis paysages : il doit y a voir du gibier, mais on ne le voit pas. Puis on rejoint la piste principale (tôle ondulée)
Quelques km, proche de Broken Bridge (qui n’est plus cassé), on croise un TO qui conseille à tout le monde de tourner à gauche. - « Cheetah at 500 meters, in the tree, just close to the road… »
Facile à repérer… 240 - Léopard
Quoi, vous ne le voyez pas ? Mais Nooon, pas celui qui est sur la roue de secours…
Celui-là :
250 – Il ne veut pas montrer sa bouille… Tant pis.
On arrive tranquille à Seronera Ranger Head Quater juste pour… voir. La petite boutique est vraiment petite (eau, chips, …), il y a du monde, les guides attendent. - Bonjour, on cherche un guide juste pour 2 heures - Demandez à ce monsieur - Good afternoon, my name is Franky - Hello, my name is Franky4 ! ! !
Il va nous montrer les endroits où il y a des lions, mais à 200 mètres, il confond les hyènes et les lionnes ! ! ! Il finit par nous raconter qu’il est stagiaire – chercheur en première année. Pas grave, on repère les coins le long de la rivière pour demain matin, puis deux lions et deux lionnes en chasse après un groupe de Gazelles… Pfff tu parles, elles courent 50 m et abandonnent.
Mais quand même, c’est beau… !
260 – Lionne en chasse - unsucceed
270 – Lion qui fait le beau
On traine ainsi autour des Kopjes à la recherche de ces fainéants…
Puis retour vers le campsite. Il y a trois Public Camp Site. On réussit à éviter la foule de Dik-Dik, Temba est fermé provisoirement, en poussant 300 m plus loin, il y a de la place et une douche… froide « mais pas trop »… ! 😛
Et de jolis oiseaux
280
J6 – Seronera – Ngorongoro Improbable Léo… ?
290 – Tiens ! Voilà mon « copain »…
On se lève tôt puis on traine toute la matinée autour de la rivière, on repère les lions qui roupillent…
300
Puis à nouveau un guide prolixe
- Hello - Bonjour - Vous êtes français ? - Oui oui… - Tournez par ici, il y un Léopard dans un arbre
Et celui-ci va daigner montrer son museau…
Quel régal !
Les photos seront de mauvaise qualité car je privilégie le regard direct… Il est beau. Le voilà l’objet de nos convoitises depuis plusieurs années de frustration… !
310 – Merci Léo…
On descend le long de la rivière, pas grand-chose à se mettre sous l’objectif.
On rejoint, puis on quitte par la gauche la piste principale pour une piste parallèle plus roulante, qui passe autour des kopjes… Personne, ça roule un peu mieux que sur la tôle ondulée. Franchement, les pistes de Seronera dans un vieux 4x4, je plains les pauvres gens qui ont mal au dos… !
320 – Piste Seronera
Personne sur cette piste parallèle moins ondulée que la piste principale. On roule tranquille en direction d un monticule vers Simba Kopjes ( ! ), virage à droite… 6 LIONS… ! WAAOOOOHHHH Ils sont là à 5 mètres, sur le monticule à se faire dorer la pilule… un septième de l’autre côté de la piste.
330 – Elle rouspète quand je passe les bras par la fenêtre… !
Les petits jouent à cache-cache. C’est sur, à 50 mètres, dans les herbes, personne ne les verrait
340 – Invisible…
On va rester de longues dizaines de minutes, seuls à contempler leur théâtre, certains se « disputent » une place, d’autre signifie au mâle que ce n’est pas « l’heure »…
C’est beau… inoubliable…
Puis piste – tôle jusqu’à la Gate de sortie de Seronera qui est aussi la Gate d’entrée de Ngoro. Et là il faut calculer… 24h00 = 200 dollars mais 24h00 + une minute = deux jours = 2 x 200 dollars… ! Et encore 200 dollars de plus pour descendre dans le cratère, pas plus de 6 heures (+ 20 Doll mini pour le guide OBLIGATOIRE).
Pique-nique à la Gate… on passe le temps jusqu’à 15h00… avec les autres dizaines de touristes qui engloutissent leurs Lunch-boxes. On leur explique qu’on voyage seuls, ils nous refilent les restes de leurs sandwiches… on doit avoir vraiment l’air de clochards… ça fait longtemps qu’on n’avait pas vu un gâteau au chocolat… ! Et ils s’étonnent de nous voir seuls…
350 - Bain de midi

Nous passons aux gorges d’Olduvaï où une fausse piste nous fera découvrir ce joli rapace…
360 – Chasseur sachant chasser…
Si vous ne rentrez pas dans le « musée » vous ne payez pas, mais si vous vous pointez à la caisse en hésitant, vous payez quand même, pour avoir le droit d’être sur le site… !
Pour compléter le tableau, en arrivant au Cratère, un Guépard à 100 mètres, sur la colline. Cette fois, nous sommes comblés…
Simba Public Camp Site A (le B est Special Camp Site réservé par les TO). Le Camp est juste au dessus du cratère…
370 – Quelques minutes de « grand » soleil.
Le gardien du camping nous pique notre papier d’entrée du parc… impossible de le récupérer. Ce sera sa monnaie d’échange contre la certitude que je prendrai un guide demain matin pour le cratère… ! Les allemands qui sont là tout seul aussi ont subi le même sort… Les douches sont ch… froides et sales (normal vu le nombre de personnes), alors ce sera lingettes ce soir et demain matin (même si le camping n’est vraiment pas plein) Brrrr. On va cailler comme jamais… On fait chauffer la soupe sur le Gaz-Cooker dans le coffre. Impossible de manger dehors à cause du vent qui se lève. Soupe « Minestrone spéciale Afrique » (dénommée ainsi par Liebig), achetée à Iringa… dégueulasse… à déguster assis sur les sièges avant, la « soupe » posée sur l’accoudoir : deux clochards de luxe, qui vont se venger sur quatre bananes roses… hhhuuuuummmmmm ! ! !
380 – Délicieuses, sucrées... !
Puis couchés tôt : 19h30, il fait nuit noire, faut se lever tôt, et il fait très froid, du brouillard. Collant de sport d’hiver, polaires, sac polaire, couverture achetée à Arusha 15 euro pièce… ! Bonne nuit… ! Brrrrr !
J7 – Ngoro – Karatu Lutherian Hostel Improbable Soleil… !
Réveil en pleine nuit pour un truc complètement inhabituel : p… Il fait grand froid et très humide… Brrrrr Puis réveil à 5h15 pour être sur d’être à la Gate du Cratère à 6h00. Le café froid est un régal, la banane rose avec de la confiture dessus : superbe… ! Le guide (obligatoire pour descendre dans le cratère. Coût 20 dollars minimum « plus si vous voulez ») nous attend à la porte du camping. On est les premiers, on ne voit personne d’autre que nous pendant environ une heure, mais pas de Léo, pas de Guépard, pas de Rhino ni noir, ni bleu, ni vert, ni blanc…
Je suis content de pouvoir quand même suivre les traces que j’avais prévues, entre autre Table Crater indiqué par BLESL : vue superbe sur le Cratère. Puis une jolie chasse de lionnes sur des buffles… ratées…. Oh mince… On ne verra pas un festin de lions se tartiner les babines avec du sang tout frais… mince !
- Did you prefer the lion catch the buffalo, or are you happy for the Buffalo… ? - I don’t know… I am not God... !
390 – Cath me if you can… not
Voilà, c’est à peu près tout pour cette matinée, faut ressortir avant midi. On va raccompagner le guide au Ranger Post, et on quitte la montagne embrumée…
Jusqu’à Karutu Lutherian Guest House (à gauche en haut de la côte en arrivant au village) : très sympa, chambre propre et douche… chauauaude… huummm ! Double ration svp… !
Un grand tour dans la ville à rencontrer des gens très gentils, tirer des sous aux ATM sous protection, faire laver le 4x4…
Il y a une poussière dans ce pays, du fèche-fèche très fin qui se comporte comme de l’eau qui fait des vagues quand on arrive dedans, et qui s’infiltre partout. Et surtout, il y a un espace grand comme ça entre la portière du coffre et la carrosserie, bonjour les tas de sable sur les valises… !
On rencontre plein de locaux, on bavarde, on échange des emails, on fait des photos qu’on leur enverra à notre retour, ils sont contents comme tout.
Le soir diner au restau pour changer des pâtes et du riz, alors on a… du riz… ! Et du bon pain huuummm délicieux.
Puis re-douche et dodo bien mérité… Demain Manyara, ce n’est pas loin.
J8 – Karatu – Manyara – Tarangire Camp Site Improbable Hot Spring
Manyara est un parc charmant. Facile à faire, on ne peut pas se perdre, on descend et on remonte quasiment par la même piste.
Les lions sont dans les arbres, mais les arbres il n y a que ça. Manyara est une forêt au bord du lac éponyme. Belles photos à faire près du lac, pélicans, cigognes, beaucoup de singes, y compris des Blue Balls, des Dos Bleu et de très jolis oiseaux au Pique-nique (interdit de nourrir les oiseaux svp…).
400 – Hydravion
410 – Je ne pouvais pas rater ça…
420 – Il a du en manger des cacahuètes avariées pour devenir comme ça ?
Puis une belle ballade à la recherche de la Source Chaude en s’engouffrant dans le sud du parc qui est plus sauvage. On trouvera la source au retour, par hasard, sous une roche en contrebas…
430 – Improbable source d’eau chaude
Sortie du parc en milieu d’après midi en ayant pris un peu notre temps, puis direction Tarangire Public Camp Site à 5 km de la Gate de Tarangire. Ils ne voulaient pas de nos dollars, trop peur qu’ils soient faux, ils voulaient une Carte Visa. Le chef va passer 10 minutes à observer bêtement chaque billet, mais bon…
Le camping est très sympa. 2 douches seulement (froides), mais comme on est 2 dans le camping, ça tombe bien…
440 - Tarangire
450
Un énorme troupeau d impalas rodera une partie de la nuit autour des deux tentes, suivie d’une « migration » de gnous et zèbres… des milliers qui passent pendant presque une heure, pendant notre petit déjeuner du lendemain matin…. C’est beau… ! C’est dingue… !
J9 – Tanrangire – Kondoa Improbable goudron…
Une grande ballade toute une grande matinée dans le parc, qui est très beau. On verra beaucoup de gnous et zèbres qui courent dans la même direction… Mais où vont-ils ? Il y a des soldes chez Prisunic ?
460 – Boire un coup ?
Puis une grande ballade pour trouver (tout seul) des lions qui viennent de terminer leur repas. Les lionnes ont les babines presque propres, toutes léchées, et les petits ont encore plein de sang autour de la gueule… ils vont se coucher sous un arbre, se dorloter, se papouiller, s’allonger… s’endormir…. Huuuummmm ! Profitez-en, vous ne mangerez rien pendant 2 ou 3 jours… !
470
Pique-nique oiseaux… Qu’est ce qu’ils sont beaux ces oiseaux. C’est vrai que ça vaut le coup de faire un safari – oiseaux… (Bernard : )
485 – Un Rouge Gorge qui a mal tourné
Toujours et encore des singes…
490
492
494
Puis départ pour ce que je pensais être une belle route goudronnée. Heureusement que Michèle m’a confirmé qu’il fallait couper le trajet en deux entre Tarangire et Iringa, donc une halte à Kondoa.
Mapsource et T4A ne font pas la distinction entre « goudronnée » et « en construction » : la trace est rouge dans les deux cas, et j ai pas fait attention à la note de bas de page : j’avais bien vu A104 (une autoroute comme chez nous… ? choueeeetttte… !) mais je n’avais pas vu « bad condition » ! ! !
On s’attendait donc à du goudron : que de la piste qui tape, et des tronçons de travaux qui rétrécissent la piste, difficile de doubler les bus, les camions, les charrettes, les poules, les troupeaux, les trous, les bosses, les écoliers, les marchands, les ouvriers de la route, les machines outils, … Purée, je pensais rouler à 80, on roule à 25 km/h. A ce rythme là… Mais bon… Dernière station à Babati (S4 12 55.8 E35 44 54.8). Attention toutes les stations n’ont pas du Super.
On arrive à Kondoa vers 17h00.
Kondoa… ! Là tu te dis que tu es vraiment loin de tout, en Afrique pour de vrai… Superbe petite ville au fin fond de l’Afrique, une place de marché où les gens rigolent de nous voir confondre les graines d’haricots avec des cacahuètes (l’appel de l’apéro…), des rues perpendiculaires, et des gens super gentils… pas un blanc, un p’tit gars qui nous propose une visite guidée…Les ados qui viennent éprouver leur Anglais… Une vraie grande sensation de se sentir très très loin de tout…
On finira la journée au Restau derrière hôtel New Planet… Cool : un morceau de poulet et… du riz tout frais !
500 – Pour changer…
Douche… froide. Hotel 15 euros. Pas de petit déjeuner. Bonne nuit… avec une grosse angoisse pour les 400 kms qui nous attendent demain. Si le goudron ne fait pas son apparition, on risque bien d’arriver très très tard à Iringa… - Chérie, si on passe le cap de cette journée, tu pourras tout supporter de moi… ! 😕
J10 – Kondoa – Iringa Improbable goudron (bis)
La piste sera difficile tout le long, jusqu’à Iringa. A peine plus tendre après le barrage de Mtera, 50 km avant Iringa. Difficile de rouler à bonne allure, faut rester très concentré, c’est assez fatiguant.
On espère le goudron en le voyant apparaître en arrivant à la capitale, on se dit que celle ci pourrait être reliée par une « voie rapide » vers le grand sud, mais rien à faire, la piste ardue (tôle ondulée) reprend ses droits 3 km après la sortie de la ville d’où le GPS nous sortira des petites rues.
Dodoma Bon… plus que 280 kms… va t on y arriver… ?
La piste est dure… mais les paysages sont beaux. Piste rouge, baobabs, villages dans les baobabs, forêt à perte de vue, le barrage au loin, très peu de véhicules…
510
520
On arrive à finalement à Iringa vers 16h30. Le temps de repérer la boulangerie et Internet Café pour vérifier le compte en banque, si le loueur a débité quelque chose, comme il l’a fait aux copains qui m ont précédé et informé jour par jour de leurs mésaventures sur la piste cabossée, et sur la piste magnétique de leur CB… ! Puis Iringa River Side Camp Site… bungalow mérité (35 $)… Eau ? Chaude… Youpi !
On rencontre des gens qui vivent là pour apprendre le Swahili (canadiens, Sud’Af, Ecossaise, Italiens…). Une personne y est depuis trois mois… elle devrait aller parler avec des vrais gens… Ils vivent là en espèce de communauté.
- Je vais chercher une bouteille d’eau ? - Non, non on a une bouteille en commun. - … ???
A peine le temps de profiter d’un petit cours pour nous enseigner les balbutiements…
Bon repas. Bonne nuit. Bon petit déjeuner, et départ pour Ruaha…
J11 – Iringa – Ruaha - J12 – Ruaha
Départ pour deux nuits à Ruaha… On va pouvoir se reposer… dans un cadre superbe.
On passe par Iringa, faire des courses chez Mama J Myo (S7 47 03.2 E35 41 25.9) : il y a vraiment de tout chez Mama J Myo.
530 – Chez Mama Myo, y a tout c’qui faut
Boulangerie et marchand de vin près du marché, à l’autre bout de la ville.
Ah au fait, le 4x4 commence à tomber en miettes : j ai perdu une biellette de barre anti-roulis que j’ai du finir de démonter. Du coup la roue avant gauche fait un peu près ce qu’elle veut, on croirait une danseuse qui fait des pointes… et hop… Talon… Pointe… Talon… Pointe… Au moins on gagne en débattement… !
Puis la piste encore difficile, et belle, qui traverse plein de villages (pas un coin tranquille pour pi…) et concours d’obédiences…
540
550
A la Gate, je ne suis pas sur qu’ils aient un lecteur de carte visa. Tarifs standards pour tous les camps. On paye en liquide, dollars achetés en janvier à l’époque où il ne valait pas trop cher. - Vous avez une Banda de libre (10 euros plus cher que le camping, ça évitera de fermer la tente pour partir en drive) Il appelle avec son GSM… - Yes, it’s OK - Asante. Ansante sana.
Début d’un petit paradis. Je retrouve les sensations de Moremi : Beau, sauvage, rivière, calme, couleurs, diversité, pistes, solitude, grand… très grand. Sur mon GPS j ai téléchargé 2 drives de 150 kms chacun… ! Il y a de quoi faire, et évidemment, on fera moins de 80 kms sur deux jours.
Il y a de tout ici, y compris de très jolis oiseaux…
Celui-ci est mon préféré. Et pour une fois que je réussis une photo…
560 – Mon préféré
Celui-là, avec un « joli flou » autour… 😛
570
Et même celui-ci
580 – Camaïeux de bleu
Des lions non loin des bandas (petite cabane en tôle sans électricité, sans eau, juste deux lits avec draps) dont on verra les traces un matin en se levant…
Et les éléphants la nuit, qui picorent, qui souffle, qui gratouillent, qu’on aperçoit à travers le petit grillage de la banda… Heureusement que je ne suis pas sorti pi… Tomber nez à nez avec lui, enfin nez à nez si je puis dire. Je devrais dire « trompe à trompe »… enfin « trompe à trompe » si je puis dire…
Et les impalas par dizaines qui passeront une partie de la nuit à quelques mètres…
Je vous dis… c’est beau… !
Les ballades le long de la rivière sont superbes, vers le nord-est comme vers le sud-ouest, on ne fait pas du 10 kms/heure, on s’arrête dans tous les recoins.
Une girafe par ci
590
Un Sac à Main par là… 600
Des lions, mâles et femelles…, des steacks…
605 – Feuilles de chou
Bon, il y a aussi un peu de monde, mais vraiment beaucoup moins que dans les parcs du nord.
610
On passe deux jours et demi de grand plaisir. On a réussi à trouver à Iringa de quoi faire un apéro, coucher de soleil, rivière, éléphants qui s’approchent… Pffff… veux pas rentrer… Sniff… !
620
Le lendemain rebelote, mais avant il faut trouver d’où vient ce bruit depuis Iringa, quand je passe dans certaines bosses… Je me glisse en dessous… Pfff facile, le pot d’échappement est coupé net derrière le silencieux, la cinquième soudure n’a pas tenu. Colère Il n y a plus qu’à le démonter… Transpire un peu… Je vais en faire quoi maintenant : je le ramène, donc je lui dis au loueur – voleur, ou je le mets à la poubelle ?
Bon je l’accroche là, au moins il ne prendra pas de place… !
630 - Comme toi O grand arbre, j’ai les racines en l’air…
Mais le bruit persiste. Ça fait des grands KLONK dont je ne trouve pas l’origine. Direct au garage qui a la bonne idée d’exister dans ce parc. Le petit gars costaud trouve le problème : un amortisseur (pas le ressort) s’est déboité de son emplacement, impossible de le remettre, le pas de vis est foiré… Bah tant pis, pas besoin d’amorto, j’ai le ressort, ça suffit… Du coup, j’ai une patte folle à l’avant gauche et un kangourou à l’arrière gauche, un morceau de pot d’échappement en moins, une porte arrière entre-ouverte, une biellette dans le coffre… etc etc.
Ruaha, c’est deux jours de bonheur…
J13 – Ruaha – Iringa – Baobab Valley Improbable goudron…
Puis le départ… Bouhouhou
La piste dans l’autre sens, moins rapide qu’on pourrait le croire, tôle ondulée, amortisseurs en vrac… ! Puis Iringa à nouveau pour faire les pleins, puis enfin, le goudron… enfin presque, beaucoup de travaux, des temps d’attente pour les one way, des camions de travaux qui arrivent à fond en face sur ces one way, obligé de se jeter sur le bas côté… ! Et les kms qui n’avancent pas. Puis quelques dizaines de km en virage, route dangereuse.
640 – Tu as raison, planque ton vélo…
On voulait peut être s’arrêter à Mukomi NP, mais finalement on va (encore) suivre les conseils de JC : Stop à Baobab Valley 60 km avant Mukomi
Jolie douche chaude sous le baobab, campsite solitaire, et des baobabs… cool. Bonne étape pour le repos. Bière fraiche.
J14 – Baobab Valley – Jukumu Improbable goudron…
Le goudron qui traverse Mikumi NP, rouler doucement, voir des bêbêtes, des petites, pas de grosses…
Morogoro, grande ville, c’est un peu le bazar, suivre le GPS pour trouver la piste sud qui part vers Selous (bizarre, on ne prononce pas le « s » final…).
JC avait dit 6h00 pour faire ce trajet entre Morogoro et Selous, ça fait du 25 km/h, ça parait pas très pessimiste… pourtant c’est ça. On ne pourra pas atteindre Tagalala Public Campsite à l intérieur de Selous… Lente mais superbe, la piste est magnifique, luxuriante, peuplée, beaucoup de villages, petits et plus gros à traverser, piste rouge, ma – gni – fi – que. On se sent vraiment au fond de l’Afrique, on ne croise pas un Blanc, très peu de voitures (normal, t as vu la piste ?). Sur les conseils de JC on s’arrêtera à Jukumu Scoot Station Campsite.
- oooops, j’ai raté la piste qui monte à droite (S7 17 17.4 E37 50 46.4).
650 – Jukumu
Petite piste bordée de hautes herbes. Quelques centaines de mètres, on arrive, un bâtiment qui sert de salle de classe ( ? ), des latrines (qui ne sentent pas mauvais, non non !), et un grand champ arboré… Plus seul au monde tu meures !
Puis papy qui arrive en mobylette - Comment il sait qu’on est là ? - Bah ! le tam-tam africain… !
Il nous prend 20 000 TSh pour la nuit, puis nous emmène à la source, pour puiser de l’eau dans nos petits seaux, on rencontre plein de gens tous aussi gentils les uns que les autres, qui nous laissent passer pour prendre de l’eau ( …), qui rigolent de nous voir patauds, qui cherchent la conversation, comme nous…
- Madame, tu veux une couverture ? - Asante sana, asante… ! et un grand sourire.
Puis Papy nous ramène au campsite, on « discute », on « bavarde », on gesticule, cours de diction, on rigole, on écrit sur le tableau noir, on dessine, on boit un coup…
- Bon ! c’est pas tout ça mais on aimerait bien prendre une douche
Comme Marahanga (c’est le nom du Papy) descend au village pour déposer les 20 000 Tsh dans la caisse du comptable ou pour se désaltérer (devine…), on en profite pour faire douche : bouteille de 8 litres sur le toit, tuyau, aspiration dans le tuyau et vas-y mon kiki, tout nu dans la nature, instants sympathiques, douche, savon, douche chacun son tour… Super Cooool.
660
Puis un bon feu de bois et Marahanga qui revient en zigzagant très fort (le comptable a perdu), partager deux trois morceaux de notre repas, puis au lit.
Silence, 20h15, nuit noire
Puis des chants en contrebas, les femmes qui entonnent des chants rigolos, puis les hommes qui répondent. Ça dure quelques dizaines de minutes, berceuse efficace, seuls au monde, avec Marahanga qui garde le camp (il se lèvera toutes les deux heures pour faire sa ronde, incroyable), et le ciel comme vous l’imaginez : inimaginable !
Encore un « hôtel » qui se mérite, mais à recommander…
J15 – Jukumu – Selous river camp
Réveil. Partager un bon café noir avec Marahanga.
Puis départ pour Selous. Piste difficile… on commence à fatiguer de ces pistes difficiles. Ma douce va finir par craquer. Mais les gens croisés, les fruits et légumes achetés par-ci par-là nous changent les idées.
Puis Selous Gate. Le parc le plus cher de Tanzanie (après Ngoro bien sur), tarif normal + 35 $ d’éco-participation.
JC avait dit « c’est le seul parc où je conseille éventuellement un guide ». C’eut été une bonne idée. On s’en est sorti sans guide mais les pistes sont dans tous les sens, beaucoup de « rivières » à traverser, « ponts » cassés impraticables, à moitié bloqué en croisement de pont, obligé de faire le grannnnnnd tour…, obligé de monter au nord ouest pour trouver la piste principale qui part vers le sud est… C’est déroutant, c’est le cas de le dire, mais on progresse. Les paysages sont beaux. On parvient à Tagalala Lake. On s’arrête près du lac où le GPS nous indique le campsite. Encore seuls au monde. L’endroit est paradisiaque. Sauvage à souhait, plein de bestioles, des grosses, des petites, des gros oiseaux, des petites libellules…
670 – Paradis trouvé
Et un gros hippopotame à 3 mètres ! 3 mètres… pas 5, pas 10 : 3 mètres.
On finissait de manger, on avait rangé tout le matériel (heureusement), posé les appareils photo sur le siège arrière, près à partir… - Tu veux un café… ? - Oui je veux bien… Tu as vu l’hippo à 100 mètres, il vient de plonger… - Tiens j’ai mis du sucre… Schlip Schlop Schlip Schlop… quitouille… quitouille… quitouille… (bruit de la cuillère dans le verre).
Et là figé, on entend un gros bruit d’une masse qui sort de l’eau bruyamment, on se retourne dans le même geste, moi le verre à la main, Elisabeth la cuillère… Hippo à 3 mètres, juste au bord de l’eau, il y a juste un pauvre buisson avec trois branchouilles toute maigres entre lui et nous…
- Glups… (bruit du café qui a du mal à passer la glotte…) - Monte dans la voiture Viiiite…. (pas le moment de se tromper de côté…)
J’ai balancé le café, jeté le verre vide dans le carton, claqué la porte arrière et grimpé dans le 4x4 en moins de temps que vous n’avez mis pour lire cette phrase, ça c’est sur… !
Il est là juste derrière… adulte, énorme.
- Non pas de photo… Rouououououuuuuleeee… ! - Tu as raison, il risquerait de nous réclamer des royalties… !
Bah purée… Dire qu’on a faillit camper ici ??????
Puis on déambule à chercher la piste principale.
Ce parc est magnifique.
Les lacs les plus intéressants sont le premier et le troisième en venant du sud. Les lacs sont beaux. Ils drainent toute la faune africaine. Ce parc est magnifique (je l’ai déjà dit… ?)
680 – Quelqu’un peut il s’assoir dans l’arbre svp, pour la photo ?
On va se régaler les yeux (peu de photos) jusqu’en fin d’après midi, arrivée à la Gate sud…
Inoubliable… à demain… Comme on est rentré à 10h30 à la Gate nord, on aura le temps de revenir jusqu’au premier lac, quelques heures dans le parc demain matin dès l’ouverture (6h00)…
Bonne nuit à Selous River Camp.
On commence à lever le pied. On prend bandas (grande, douche…froide) au bord de la rivière Rufiji… Purée c’est magni…
Coucher de soleil… Bière fraiche… Cacahuètes… Enfoncés dans un fauteuil…
Repas sympa (full board : 90 $ pour deux), éléphants qui se promènent sur le parking, puis dans le camp la nuit. Bonne nuit les petits…
J16 – Selous River Camp
Morning walk.
Nez à nez avec un éléphant à 10 mètres. On se regarde, on recule, il retourne à ses occupations. Ces face-à-face à pied sont toujours impressionnants, comme avant hier à Ruaha face à une gazelle, le regard vivant, scrutant, inquiètant… Qui va baisser les yeux, qui va essayer de s’imposer. Une réelle sensation profonde d’appartenir à cette faune et de n’être rien qu’un fétu de paille.
Le guide nous apprend « les chose de la nature » : l’ébène qui n’est pas noir à l’extérieur, les bou-boules qui contiennent des fourmis pour protéger l’arbre des girafes qui grignotent,
690
Les escargots géants (30 cm…), les feuilles qui se ferment quand on les caresse…
Et des singes rares pour satisfaire mon apprentissage du « joli flou autour »
Blue Back qui se lime les ongles
700
Colobus qui fuient dès qu’ils se sentent repérés parce qu’ils étaient chassés il y a peu.
710
Belle ballade, toute simple, bien sympa.
Puis repos, repas, sieste (ça faisait longtemps)… on décompresse.
Un petit saut au dispensaire du village voisin, puis un joli boat drive en fin d’après midi.
L’occasion de voir et écouter une chorale
720
Quelques crocodiles par trop gros, des hippos inquiétants qui coulent…
De jolis Magala King Fisher…
730
Un king fisher qui fish 740
« Encore » un joli coucher de soleil. 😛
750
L’endroit est très beau, la patronne une anglaise un peu « british », les repas un peu frugaux, le camping très serré les uns sur les autres, notre banda à l’écart est au calme… impeccable !
760
Encore une bonne nuit et un départ aux aurores pour boucler la boucle à boucler… Direction Dar pour l’avion vers Mafia.
J17 – Selou – Dar es Salaam – Mafia
C’est incroyable comme JC avait raison : il avait dit 2h30 pour rallier le goudron, j’ai mis 2h15… Que des humps et des bumps, et j’ai failli partir en tonneau à cause de l’amortisseur arrière qui manque : le 4x4 se met en travers, il part dans le fossé gauche se met en crabe, une grosse crevasse se rapproche très vite, lâcher les freins pour retrouver de la motricité… on eu chaud.
Puis 30 km, j’ai bien dit les seuls 30 km de piste rapide que l’on aura vus en Tanzanie : on roule à 80, quel bonheur, incroyable !
770
Puis Dar es Salaam Le « rendu 4x4 » sera épique ! Il n’a pas le double du déposit avec lui. On le menace de tous les noms, de garder les clés. Puis on lui fait signer le contrat comme quoi il nous doit la caution. Purée les nerfs… ! A ce jour, nous sommes toujours en litige. Il a remboursé 1600 euros sur les 2400 volés… Il s’appelle wago-wago, ou budgetcarhirekenya, ou safariskenya.com et il ne faut surtout pas travailler avec lui.
Bref, avion vers Mafia pour se reposer beaucoup…
On est inquiet parce que les gens qui partaient à Mafia ce matin n’ont pas pu atterrir à cause de la tempête « tropicale » à Mafia. Ils ont du faire demi-tour… Mais bon, tout se passera bien avec à peine deux heures de retard.
De fait, on n’aura vraiment qu’une seule journée de soleil. Du coup, partir pour la plongée (avec ou sans bouteille), ça ne vaut pas vraiment le coup. Alors on ne va rien faire… ( Alain : 😛 )
Trois jours de plaisir : sieste, repas enfin bons (même s’ils auraient pu nous faire du poisson grillé au lieu des boulettes de poisson), sieste, ballade en bateau jusqu’à l’ile de Cholé, sieste, poisson grillé sur la plage avec le « business local », sieste, petit tour à Kilindoni en Tchouk-Tchouk dont il faut durement négocier le prix… - naaaaan pas 15000 Ths, allez 12000… ? - Bon d’accord La négo, c’est vraiment pour la forme.
780
Petite visite à Cholé.
J’avais imprimé et emporté là encore des photos transmises par Alain… (merci Alain). C’est un vrai bonheur de montrer leurs photos à ces gens qui ne se voient jamais, ils sont heureux, ils rigolent de se voir, de voir leurs copains de classe, ils se reconnaissent, citent les noms, éclatent de rire. C’est vraiment magique. Mama aura la même réaction de fierté de se voir avec ses neveux. Elle est contente, elle demande une autre photo pour la donner à son neveu « Ok pas de soucis… »
790
Si vous voulez emporter des photos, n’hésitez pas.
On va passer trois jours super calmes. Je n’avais pas de quoi décharger et trier mes photos, alors on fait sieste, sur le dos, sur le ventre, sur la plage, sur la terrasse de le chambre, dans le jardin… Et du poisson grillé avec les potes du village d’à côté, sur la plage…
Et je peux enfin lire le mode d’emploi de mon appareil photo…
On atterrit à Dar le soir et on reprend le Gros N’Avion le lendemain matin à 6h00…
Le taxi du soir sera tout gentil de venir nous chercher le lendemain à 4h00… L’hôtel est petit, bruyant, sale, très sale (cafard ou punaise, je ne sais pas, une fois étalée sur le carrelage dégueulasse, on ne reconnait plus). On a dormi tout habillés, on s’est aspergé de tout l’anti-moustique qui restait… ! Le soir il y a concours de chant à l’extérieur : chants traditionnels assénés à travers un haut parleur qui grésille, muézine qui est content de rompre le jeûne avec la prière du soir (qu’est ce qu’ il chante faux…), la « gardienne » des lieux qui écoute la télé. La nuit il y a de nombreux aller-retour dans une chambre à côté avec à chaque fois la porte qui claque…. Grrrrr ! Le lendemain matin à 4h15 on part en claquant la porte, 3 fois, en frappant à la porte de la chambre d’à côté, en réveillant brutalement la « surveillante », en oubliant de payer…Trop c’est trop !
L’avion sera… dormant… !
Et le retour sera… Pfffff Retour !
Voili-voilou… On a fait un super voyage, inoubliable…
La prochaine fois… On restera plusieurs looooonnnnngs jours à Ruaha et à Selous (4 lacs = 4 jours)… j’ai déjà un parcours en tête, jusqu’au Malawi, en passant par chez Didier à Tanganyika… D’autres regrets ? Non pas du tout.
On a dépensé exactement ce qui était prévu (on ramène 80 dollars et 40 euros) on a fait 3900 kms au lieu de 3800 prévus.
Et on est vraiment bien contents d’être partis tout seul, avec la petite maison sur le toit, sans guide, parce que je vous le dit et vous le répète : on peut partir sans guide en Tanzanie… !
Trop de kilomètres ? En ce qui me concerne j’aime la piste, toute sorte de pistes. Bon ! Ma petite femme en avait un peu marre. Faut dire pour celui qui ne conduit pas, être balloté à côté, ce n’est pas toujours un grand bonheur, surtout vers la fin, avec un kangourou à l’arrière… !
Bref… on y retourne quand vous voulez… Peut être avec vous tous… Mais avec vous tout seul hein… ! Et avec les Tanzaniens qui sont tellement mais tellement gentils… !
Un grand merci à Anne Marie qui m’a transmis sa passion pour ce pays, à Jean-Charles qui m’a donné tellement de bons tuyaux, et Alain qui m’a raconté son périple et transmis de bien beaux passeports sous formes de photo d’un précédent voyage. Merci à Joss et à Michèle qui m’ont raconté leur voyage quasiment en direct puisqu’elles étaient sur place 3 semaines avant moi et qu’elles m’envoyaient des messages.
Merci aussi à BLESL (Bernard) pour son site très complet sur les parcs tanzaniens http://www.safari-tanzanie.com/
Et merci aussi à ceux qui ont cherché à me dissuader : ils m’ont donné envie…
Puissè-je vous transmettre cette même envie, mais TOUT en positif.
Bises à tous…
800 – Trajet

Pourquoi la Tanzanie Parce que nous avions été très frustrés de ne pas voir de félin au Botswana. On voulait « assurer le coup ».
Pourquoi en solitaire Parce qu’on aime ça. Sans aucun doute aussi pour contrarier tous ces empêcheurs de voyager en rond qui nous prédisaient tous les malheurs du monde, leur démontrer qu’il ne sert à rien de faire peur, juste pour vendre un TO copain. Merci à eux : ils nous ont motivés… Parce que OUI, définitivement OUI c’est tout à fait possible de faire la Tanzanie en solitaire, avec son 4x4, comme en Namibie, en AFS, au Botswana etc : Les risques, les plaisirs, les aléas, les possibilités sont les mêmes, EXACTEMENT les mêmes. Et OUI, on peut rentrer dans les parcs SANS guide. Les personnes qui tiennent les comptoirs d’entrée des parcs n’en sont que plus prévenantes, plus à l’écoute, et comme toujours en Tanzanie encore plus inclines à vous rendre service, à vous donner des conseils, à vous montrer su une carte où sont les bons endroits.
La sécurité Les gens sont vraiment très gentils. Ils discutent, proposent mais n insistent pas. Nous n’avons pas rencontré d’agressivité ni de sensation de se faire agresser, encore moins dans les coins les plus reculés, dans les villages lointains, là où ils ne voient que très peu de Blancs. La sécurité n’est pas non plus un argument pour vous empêcher d y aller seuls.
La conduite sur piste La conduite sur piste Tanzanienne se fait obligatoirement avec un 4x4. On voit quelques locaux en voitures mais rarement sur les pistes lointaines. Les pistes Tanzaniennes sont de vraies bonnes (~mauvaises) pistes « africaines » (mais qu’est ce qu’une piste « africaine » … ? on verra ça plus tard). Ma seule recommandation : prévoir peu de km par jour. Moins de 200 km, pour avoir le temps de profiter des endroits où l’on arrive, pour éviter d’arriver fatigué. Oui il vaut mieux avoir une certaine expérience de la conduite sur piste, mais ce n’est pas une obligation. L’expérience s’acquiert en pratiquant, et au bout de quelques jours on comprend vite que pour rouler vite, il faut freiner avant les trous… ! mais surtout que pour aller loin, il faut rouler doucement. La conduite du 4x4, si on a déjà pratiqué, n’est pas non plus un argument pour ne pas voyager seul en Tanzanie. Et j’ajouterai au contraire : il nous aurait été IMPOSSIBLE de faire ce voyage, assis derrière, dans un vieux Land Rover à amortisseurs à lames (dur dur pour le dos) d’un TO Local. Choisissez votre 4x4. Prenez plaisir à conduire vous-même. Compressé contre un co-voyageur inconnu sur la banquette aurait été pour nous un calvaire : - « excusez moi, je vous ai touché avec mon bras » - « pardon, puis je me pencher au dessus de votre sandwich à la crème, le temps de faire une photo de ce magnifique léopard qui… mince trop tard… Merci, pardon…, non c’est pas grave, je vous en prie… »
IL FAUT SAVOIR que nous avons fait ce trajet avec une tente sur le toit, MAIS CECI N EST PAS INDISPENSABLE. On peut très bien voyager en Tanzanie avec une tente au sol car les Public Camp site sont suffisamment pleins pour dissuader les bêbêtes.
Quoi d’autre… bah rien Alors allons-y…
Jour 1 – Dar Es Salam – Lusotho L’avion du Samedi, réservé en Décembre 2009, 647 euros A/R par personne, taxes et assurances inclues. RàS à part un retard de deux heures à l’escale au Caire. Les bagages nous suivront tranquillement, la nuit sera courte.
Le Dimanche à 6h15, incroyable mais vrai : 10 minutes, montre en main, pour sortir de l’aéroport : formulaire, douane, bagages inclus. On ne nous demande pas le vaccin contre la fièvre jaune. On ne nous le demandera pas non plus pour prendre l avion vers Mafia.
Improbable 4x4. Le seul 4x4 avec tente pas trop trop cher a été trouvé à Nairobi. Il me facture 300 euros pour me livrer la voiture à Dar et 150 euros par jour. Le loueur s’est réveillé deux jours avant pour nous demander s il s’agissait de 5h15 le matin ou l’après midi… Bah il était temps… ! LE MATIN qu’on t’a déjà dit 17 fois… ! ! ! Est-il là pour nous accueillir ? Beaucoup de panneaux attendent leurs interlocuteurs à la sortie, pas nous… Au bureau des renseignements, il n y est pas non plus, sur le parking… sur le parking… UN 4X4 avec tente sur le toit… Youpi. Le chauffeur est absent, on attend 5 minutes, il arrive… Ouuuuffff ! ! !
On a nos bagages, on a un 4x4… 8 ou 10 mois de préparation de ce voyage qui vont pouvoir se concrétiser… Choueeeeette !
Bon le 4x4 est un essence, pas un Diesel… Grrrr ! Ah bon, le 4x4 a une boîte automatique… Re-Grrrrr. On va consommer 20% de plus…Choueeette. On fera effectivement du 20 litres au 100 kms sans appuyer. Soit un budget essence de 680 euros au lieu des 500 euros prévus… pour nos 3900 km (au lieu de 3800 kms prévus ;-) Bon le 4x4 a 110 000 kms au lieu des 60 000 promis… Re-Re-Grrrr. Ça promet sur la probité du loueur… En ce qui le concerne, le pire est à venir.
Monsieur exige un déposit absolument pas prévu du tout, ni sur son Site, ni dans les emails malgré mes questions explicites. J’étais averti par Michèle à qui j avais donné ses coordonnées… mal m’en a pris, Pardon Michèle. Elle a été plus que moi très mal servie par ce loueur très indélicat. Elle a la gentillesse de m’avertir par SMS dès son arrivée à Nairobi, et de me raconter ses déboires de 4x4 en « avance de phase », puisqu’elle a trois semaines d’avance sur moi sur les pistes. Cooool... Super Merci Michèle. Il veut me prendre 2500 euros de caution (alors qu’il a pris environ 1500 euros à Michèle). C’est du grand n’importe quoi.
Ce loueur s’appelle Wago Wago, safariskenya.com, budgetcarhirekenya.com, carhire-kenya.com, africancenter.eu (se sont tous la même société). NE PASSEZ PAS PAR LUI, c’est un escroc… ! Do not rent your car with them…
Mais je lui ferai une petite « publicité » très personnalisée par ailleurs.
Il manque les couvertures et le frigidaire, les ustensiles de cuisine sont incomplets, les chaises de camping sont presque craquées… mais le gas-cooker est présent avec une bouteille pleine. Heureusement. On peut dire que le Gas-cooker et la très bonne qualité des pneus ont sauvé ce voyage !
On finit par partir au bout de 3 heures…
Obligé de passer par Dar, la ville est ceinte d’un « boulevard extérieur » saturé. Le GPS nous indiquera tranquillement une route de contournement. Merci Garmin, merci T4A. Mais la sortie de Dar par le nord nous prendra quand même deux bonnes heures, pour faire les 50 kms nécessaires à trouver une route (goudronnée) plus tranquille. On va pouvoir rouler. Mais attention, la police veille. Radar – jumelle comme à la maison.
005 – l’Afrique tout de suite…
007

008

On roule tranquille jusqu’à Lusotho. On est accueillis par des chants Luthériens du Collège, dans un grand jardin, un chemin qui serpente jusqu’aux quelques chambres louées. Superbe. Budget super cool : Douche chaude, repas du soir, petit déjeuner le matin avec des crêêêêpes… huuuummmm… ! Tout ça pour environ 40 dollars.
On y fera des provisions de confitures, de vin, de fromage… Huuummmmm ! « Si c’est ça la vie que tous les moines ont… » Ce sera le dernier fromage du voyage… 😠 (on ne compte pas les « Vache Qui Rit » et toutes leurs imitations).
Cette région est magnifique. Les randonneurs ont de quoi s’éclater pendant des jours dans des montagnes gentilles, sur des pistes rouges au milieu d’une végétation luxuriante, avec des paysages à couper le souffle… ou des nappes de brouillards improbables qui bouche la vue d’un seul coup…
010 - Heaven bar

Au loin la Montagne Masaï, début du territoire éponyme.
020 – Salle de jeu à Heaven bar

A Lesotho il y a un concours de gentillesse : les Luthériens se « disputent » avec les évangélistes, avec les Attentiste du Dernier Jour, avec les catholicistes, avec les JésusChrisistes, et toutes sortes de congrégations qui rivalisent de sourires et de prévenances. Première impression d un pays et de gens sublimes qui contraste beaucoup avec certains messages du Forum. Le Grand Méchant Loup ne nous croquera pas cette année… !
Les auto-stoppeuses sont des bonnes-sœurs qui vont nous accompagner au marché, un professeur… aveugle qui priera Dieu pour nous, une femme enceinte qui nous remercie mille fois… Que des gentils. Ce coin là, il fait envie d y vivre, moi je vous le dit…
025

Mais c’est déjà le départ pour le Kili…
J2 – Lusotho – Moshi Kili Kili Kili Improbable Kili
La route est tranquille jusqu’à Moshi, mais attention aux radars mobiles… !
« Le premier qui le voit a gagné une bière… » Mais tout le monde a perdu. Pas de Kili. Perdu dans les nuages, même depuis la porte Marungu (merci A-M) : Enveloppé dans une énorme écharpe de nuages, il ne montrera pas ses cheveux blancs. On aurait bien voulu le voir… Sa majesté en a décidé autrement. Si on avait su, pour gagner un jour, on serait allé directement à Arusha…
On dort à Chem-Chem (S3 17 48.6 E37 31 29.3), un petit terrain de camping accolé au Marangu Hotel qui propose repas du soir et petit-déjeuner. Super cool, douche froide, calme.
Au village de Mahungu : ATM et des dizaines de propositions d’accompagnement pour une escalade : pas assez sportif pour cela (je crois que 60% des gens échouent à mi-parcours), nous on a choisit sport mécanique…
Les couvertures empruntées à Egyptair seront bien utiles. Le loueur de 4x4 nous a promis de nous livrer les couvertures et le frigidaire ce soir à Arusha. Arrivé là bas on apprend qu’il n’arrive que demain matin : encore une occasion de nous mentir…
J3 – Moshi - Arusha Improbable piste nord pour rejoindre Arusha.
On prend la route après avoir fait les provisions à Moshi. Les Super Marchés n’existant pas ou alors sont bien cachés. On trouve des superettes qui ont presque tout, sauf des sacs poubelles. Boulangerie par ici : Ali Abbas Pastry shop (S3 20 52.1 E37 20 25.2) superette juste en face.
On fait le plein comme à chaque fois que c’est possible (il y a beaucoup de pompes à essence en Tanzanie, surtout sur les routes du nord très fréquentées par les touristes).
Puis on prend la route vers l’ouest, puis une route à droite ici Boma Ngombe Village (S3 19 56.1 E37 09 02.3), pour quitter le « highway ». Un policier nous arrête : un touriste immatriculé au Kenya, qui va à Arusha en passant par le nord, il n’y croit pas beaucoup ! Et les policiers sont vigilants dans cette partie du pays, il y intérêt à ralentir en arrivant dans les villages. On lui explique, on lui montre qu’on a une carte (Google Earth avec notre Trace), et il finit par sourire… Puis on tourne à gauche ici S3 08 53.2 E37 01 31.5 pour faire la piste parallèle à 25 km de la route principale. Piste assez difficile. On y rencontre des « vrais gens » qui sont très étonnés de trouver des Blancs-Becs par ici…
030 - « c’est qui ces Blancs-Becs… ? »

L’arrivée sur le parc d’Arusha par le nord est jôôli tout plein…
040 – Arrivée à Arusha par le Nord

Improbable Tarif des Parcs. D’abord savoir que les parcs du nord préfèrent les cartes Visa. Tarangire sera très réticent à accepter nos Dollars en liquides, que j’avais pris soin d’acheter en Janvier avant la baisse de l’Euro (ce qui m’a fait gagner environ 500 euros). Bon ! Les parcs du sud s’en fichent. Je ne crois pas que Ruaha et Selous aient un lecteur de carte Visa. Le parc Marin de Mafia ne veut QUE du liquide, et des dollars supérieurs à 2006… ou des euros !
En plus, contrairement à ce que j’avais compris, ce n’est pas seulement la nationalité du voyageur qui fait le prix, mais aussi celle de la VOITURE : 10000 TSh (environ 7 euros) pour une voiture Tanzanienne, 40 Dollars (américains) pour une étrangère. La mienne est Kényane… Pas cool ! 🤪 😠
050 – Tarifs des Parcs

055

Le parc d’Arusha est très joli, pas bien grand, avec des pistes principale assez faciles, et des pistes divergentes asses difficiles, comme par exemple celle qui monte sur le bord du cratère Ngurdoto (S3 17 44.2 E36 54 17.4) : l’aller-retour prend une petite heure, on ne peut pas croiser une autre voiture (je me demande encore aujourd’hui comment on aurait fait dans cette pente pentue… ), et la vue est très belle sur le cratère, sans doute une caldeira.
Les lacs sont beaux. Le coin Pique-nique très fréquenté : je vous conseille de manger juste en face, sur un promontoire improbable de l’autre côté du lac (Small Momela Viewpoint : S3 13 08.8 E36 53 45.3).
Des girafes et autres « habituels », des flamands roses qui courent sur l’eau…
060

Ou qui volent « dans le ciel bleu d’azur » (un peu couvert quand même)
070 – Elles ne sont pas rasées sous les bras !

C’est beau, c’est très beau. Un peu cher mais très beau.
Improbable douche On dormira le soir à Colobus Camp site, juste après la sortie Sud, à droite, à 300 m de la piste principale, accolé au lodge (S3 18 56.7 E36 52 38.9). Pas de douche chaude, et ce soir là... pas de douche du tout… (Juste un filet d’eau) !
On va cailler comme jamais (du moins on le croit…) Je rappelle que nos couvertures nous attendent (peut être) demain à Arusha. Les sacs polaires apportés + les couvertures Egyptair seront très très juste.s Il doit faire environ 12 degrés le matin en se réveillant dans un brouillard qui se déplace à la vitesse… d’un nuage.
J3 – Arusha – Natron par La Rivière aux Moustiques
On passe à Arusha pour récupérer la couverture et le frigidaire… 080 – Improbable rendez-vous
A coup de frais téléphoniques importants on apprend qu’on a rendez-vous dans un hôtel… qui n’existe pas : personne ne connait, tout le monde veut nous aider, mais rien à faire. Allez, c’est bon, encore un mauvais point pour ce loueur : On apprendra à ne pas manger de fromage
On part sur le goudron, vers le sud-ouest (Merci gps). En direction de Mto Wa Mbu, à la queue leu-leu avec les 4x4 des TO qui roulent plus vite que nous. On fait les courses et on échange des sourires
090 – Tout l’or du monde :

Puis on cherche la piste Nord indiquée sur T4A (« fermée, prenez celle qui est 300 m plus à l’ouest … ») La piste est belle et c’est le début de 2500 km de piste dont une très grande partie de tôle ondulée.
On traverse des villages Masaï.
100 - Boite Postale ?

Bien sur un auto-stoppeur, un papi tout gentil, tout en longueur, tout mince… C’est seulement quand il descendra à Selalei qu’Elisabeth verra la longue dague qu’il porte à la ceinture. Mais aucune crainte, au lieu de nous curer les dents, il nous promet de prier pour nous tous les dieux de la terre et du ciel Masaï, et je crois qu’ils sont nombreux dans sa « religion ».
Petite pause sous un arbre, en contre-versent du Ngoro, pour notre soupe – tomate – riz – bananes rouges (Huuuummmm) quotidiens.
110 – Contreforts du Ngorongoro

On reprend la route pour la partie plus difficile. On passe souvent en première, dans des lits de rivières creusées par les coulées du volcan. C’est beau, mais c’est tape-cul.
120

Après 7 heures de piste, on arrive au Lac.
130 – Moivaro Campsite (ET Special Camp)

Il est beau ce lac, il est sauvage, il est loin, tranquille, peuplé de gens super-gentils
140 – Photo prise par Thomas
145 – Montagne Sacrée

Thomas nous « guide » jusqu’au lac. C’est surtout bien sur, l’occasion de bavarder. Il nous fait arrêter juste devant une dizaine de femmes qui fabriquent de magnifiques bijoux Masaïs. On se promène, il nous confisque le petit appareil photo numérique, et il mitraille, zoom à fond dans les pixels… « C’est quoi, c’est une mouche ?, non, non c’est un pixel… » Franche rigolade… mais pas trop parce que fierté et orgueil sont visibles.
150 - Thomas

En rentrant je lui prête le volant (boîte automatique, c’est facile). Il a déjà conduit une fois et se débrouille très bien pour caresser les arbustes… Et comme tous les mâles de la terre quand ils sont au volant, il veut frimer devant ses copains en arrivant à Moivaro, accélère et frôle le poteau avec le rétro.. Rien de cassé. Ca serait dommage, un si beau 4x4 !
160 – Un mec au volant

Je vais lui envoyer la photo, il sera content… Ou si quelqu’un y va bientôt, je lui envoie la photo pour qu’il la donne à Thomas, vous verrez, c’est génial de leur montrer les photos dont ils n’ont vu que la face avant du téléobjectif… !
D’ailleurs en rentrant au camping, je lui donne les photos prise par Anne-Marie (merci A-M) pour qu’il les donne à son guide qui n’est pas là ce soir.
Petit repas au milieu du camping tranquille, juste à côté des Tented Camp à 100 ou 300 dollars pppn…
170 – Boma

Un petit diner aux chandelles…
175 – Bon anniversaire Zaza…

Puis dodo : il est 20h30 !
J4 – Natron – Lobo (Serengeti) Improbable raccourci… trouvé !
Au premier croisement, la piste part à droite vers Liliondo : continuer sur la gauche (photo ci-dessous)
180

Ce matin à Moaviro, on a posé des questions aux gens qui venaient de Serengeti. L’un d’eux nous indique très clairement le deuxième croisement où il faut quitter Eco Trail qui part au nord et prendre à droite.
Magnifique. La piste semble meilleure que Eco-trail et longe le Lac. On se régale.
190 – Lac Natron

On se régale aussi de rencontres de masaï qui nous vente sa fortune : 80 vaches et 60 brebis, obligé de vendre une vache pour marier sa sœur, son père mort quand il avait 5 ans. Il est beau comme un Légionnaire en rouge (private joke Colibry…), son oncle l’accompagne, il traduit la conversation… Puis s’en vont totalement spontanément quand on sert la soupe, malgré les bols et les cuillères sortis pour eux… très polis ces gens là, très dignes, très respectueux, très classe.
200 - Piste nord Natron

La piste est encore longue et difficile. On aura en tout 20 ou 30 km (sur 230) où l on pourra rouler à 60 km/h, Plus de la moitié des km à petite vitesse, et un seul endroit où la piste se perdra dans un village incertain… Vive le GPS Garmin avec T4A bien sur ! En fait, dans ce village très éparpillé, il faut rester sur éco-trail (que l on a rejoint un peu avant Wasso).
A Klein Gate (Serengeti), le caissier ainsi qu’un guide nous félicitent d’avoir fait cette piste tout seul (ah bon… ?), mais ne s’étonnent pas du tout de nous voir rentrer seuls dans le Parc sans guide, c’est le cadet de leurs soucis, faut dire que les pistes de Serengeti sont vraiment plus faciles que celle qui arrivent ici.
Le camping Lobo 25 km après la Gate est tranquille. Il y un petit bar juste au dessus où la bière est nettement moins cher qu’au Lodge juste en dessous.
Les Sud Af qui arriveront tard ne feront du bruit que jusqu’à 21h30 😛 La douche est propre et… pas trop froide. Les babouins ne sont pas trop téméraires ; la vue à perte de vue.
J5 – Lobo – Seronera Les félins au rendez-vous
On apprendra ce soir qu’on a raté une migration (un « crossing » !) de gnous qui traversaient la rivière Mara à 25 km de là. Mais bon… c’est la vie… !
« Alors, on prend la petite piste parallèle pour descendre à Seronera, comme repéré sur MapSource, ou on reste sur la piste principale ? »
La petite piste parallèle semble… petite et lente. On rattrape la piste principale qui s’avère redoutable de tôle ondulée.
Une autruche pleine de désiiiiiiirr, qui court après sa belle….
210 – Tu peux toujours courir… t'en auras pas du ça qu'est bon...

Puis nos premiers lions.
220 – Lion qui boude

Sérengeti est, il est vrai, un grand bestiaire. A partir du sud de Lobo, il y a de plus en plus d’animaux.
Tourner à droite ici S2 19 17.1 E34 50 45.9, pour rejoindre Hippo Pool qui est une grosse baignoire à hippos. Il paraît qu’il y a des mouches Tse-Tse… Tse-Tse je na sais pas mais qui piquent ça c’est sûr… purée !
230 – Priorité à droite, pas de soucis… !

232

On fait le tour par KubuKubu Lodge en suivant la rivière, jolis paysages : il doit y a voir du gibier, mais on ne le voit pas. Puis on rejoint la piste principale (tôle ondulée)
Quelques km, proche de Broken Bridge (qui n’est plus cassé), on croise un TO qui conseille à tout le monde de tourner à gauche. - « Cheetah at 500 meters, in the tree, just close to the road… »
Facile à repérer… 240 - Léopard

Quoi, vous ne le voyez pas ? Mais Nooon, pas celui qui est sur la roue de secours…
Celui-là :
250 – Il ne veut pas montrer sa bouille… Tant pis.

On arrive tranquille à Seronera Ranger Head Quater juste pour… voir. La petite boutique est vraiment petite (eau, chips, …), il y a du monde, les guides attendent. - Bonjour, on cherche un guide juste pour 2 heures - Demandez à ce monsieur - Good afternoon, my name is Franky - Hello, my name is Franky4 ! ! !
Il va nous montrer les endroits où il y a des lions, mais à 200 mètres, il confond les hyènes et les lionnes ! ! ! Il finit par nous raconter qu’il est stagiaire – chercheur en première année. Pas grave, on repère les coins le long de la rivière pour demain matin, puis deux lions et deux lionnes en chasse après un groupe de Gazelles… Pfff tu parles, elles courent 50 m et abandonnent.
Mais quand même, c’est beau… !
260 – Lionne en chasse - unsucceed

270 – Lion qui fait le beau

On traine ainsi autour des Kopjes à la recherche de ces fainéants…
Puis retour vers le campsite. Il y a trois Public Camp Site. On réussit à éviter la foule de Dik-Dik, Temba est fermé provisoirement, en poussant 300 m plus loin, il y a de la place et une douche… froide « mais pas trop »… ! 😛
Et de jolis oiseaux
280

J6 – Seronera – Ngorongoro Improbable Léo… ?
290 – Tiens ! Voilà mon « copain »…

On se lève tôt puis on traine toute la matinée autour de la rivière, on repère les lions qui roupillent…
300

Puis à nouveau un guide prolixe
- Hello - Bonjour - Vous êtes français ? - Oui oui… - Tournez par ici, il y un Léopard dans un arbre
Et celui-ci va daigner montrer son museau…
Quel régal !
Les photos seront de mauvaise qualité car je privilégie le regard direct… Il est beau. Le voilà l’objet de nos convoitises depuis plusieurs années de frustration… !
310 – Merci Léo…

On descend le long de la rivière, pas grand-chose à se mettre sous l’objectif.
On rejoint, puis on quitte par la gauche la piste principale pour une piste parallèle plus roulante, qui passe autour des kopjes… Personne, ça roule un peu mieux que sur la tôle ondulée. Franchement, les pistes de Seronera dans un vieux 4x4, je plains les pauvres gens qui ont mal au dos… !
320 – Piste Seronera

Personne sur cette piste parallèle moins ondulée que la piste principale. On roule tranquille en direction d un monticule vers Simba Kopjes ( ! ), virage à droite… 6 LIONS… ! WAAOOOOHHHH Ils sont là à 5 mètres, sur le monticule à se faire dorer la pilule… un septième de l’autre côté de la piste.
330 – Elle rouspète quand je passe les bras par la fenêtre… !

Les petits jouent à cache-cache. C’est sur, à 50 mètres, dans les herbes, personne ne les verrait
340 – Invisible…

On va rester de longues dizaines de minutes, seuls à contempler leur théâtre, certains se « disputent » une place, d’autre signifie au mâle que ce n’est pas « l’heure »…
C’est beau… inoubliable…
Puis piste – tôle jusqu’à la Gate de sortie de Seronera qui est aussi la Gate d’entrée de Ngoro. Et là il faut calculer… 24h00 = 200 dollars mais 24h00 + une minute = deux jours = 2 x 200 dollars… ! Et encore 200 dollars de plus pour descendre dans le cratère, pas plus de 6 heures (+ 20 Doll mini pour le guide OBLIGATOIRE).
Pique-nique à la Gate… on passe le temps jusqu’à 15h00… avec les autres dizaines de touristes qui engloutissent leurs Lunch-boxes. On leur explique qu’on voyage seuls, ils nous refilent les restes de leurs sandwiches… on doit avoir vraiment l’air de clochards… ça fait longtemps qu’on n’avait pas vu un gâteau au chocolat… ! Et ils s’étonnent de nous voir seuls…
350 - Bain de midi

Nous passons aux gorges d’Olduvaï où une fausse piste nous fera découvrir ce joli rapace…
360 – Chasseur sachant chasser…

Si vous ne rentrez pas dans le « musée » vous ne payez pas, mais si vous vous pointez à la caisse en hésitant, vous payez quand même, pour avoir le droit d’être sur le site… !
Pour compléter le tableau, en arrivant au Cratère, un Guépard à 100 mètres, sur la colline. Cette fois, nous sommes comblés…
Simba Public Camp Site A (le B est Special Camp Site réservé par les TO). Le Camp est juste au dessus du cratère…
370 – Quelques minutes de « grand » soleil.

Le gardien du camping nous pique notre papier d’entrée du parc… impossible de le récupérer. Ce sera sa monnaie d’échange contre la certitude que je prendrai un guide demain matin pour le cratère… ! Les allemands qui sont là tout seul aussi ont subi le même sort… Les douches sont ch… froides et sales (normal vu le nombre de personnes), alors ce sera lingettes ce soir et demain matin (même si le camping n’est vraiment pas plein) Brrrr. On va cailler comme jamais… On fait chauffer la soupe sur le Gaz-Cooker dans le coffre. Impossible de manger dehors à cause du vent qui se lève. Soupe « Minestrone spéciale Afrique » (dénommée ainsi par Liebig), achetée à Iringa… dégueulasse… à déguster assis sur les sièges avant, la « soupe » posée sur l’accoudoir : deux clochards de luxe, qui vont se venger sur quatre bananes roses… hhhuuuuummmmmm ! ! !
380 – Délicieuses, sucrées... !

Puis couchés tôt : 19h30, il fait nuit noire, faut se lever tôt, et il fait très froid, du brouillard. Collant de sport d’hiver, polaires, sac polaire, couverture achetée à Arusha 15 euro pièce… ! Bonne nuit… ! Brrrrr !
J7 – Ngoro – Karatu Lutherian Hostel Improbable Soleil… !
Réveil en pleine nuit pour un truc complètement inhabituel : p… Il fait grand froid et très humide… Brrrrr Puis réveil à 5h15 pour être sur d’être à la Gate du Cratère à 6h00. Le café froid est un régal, la banane rose avec de la confiture dessus : superbe… ! Le guide (obligatoire pour descendre dans le cratère. Coût 20 dollars minimum « plus si vous voulez ») nous attend à la porte du camping. On est les premiers, on ne voit personne d’autre que nous pendant environ une heure, mais pas de Léo, pas de Guépard, pas de Rhino ni noir, ni bleu, ni vert, ni blanc…
Je suis content de pouvoir quand même suivre les traces que j’avais prévues, entre autre Table Crater indiqué par BLESL : vue superbe sur le Cratère. Puis une jolie chasse de lionnes sur des buffles… ratées…. Oh mince… On ne verra pas un festin de lions se tartiner les babines avec du sang tout frais… mince !
- Did you prefer the lion catch the buffalo, or are you happy for the Buffalo… ? - I don’t know… I am not God... !
390 – Cath me if you can… not

Voilà, c’est à peu près tout pour cette matinée, faut ressortir avant midi. On va raccompagner le guide au Ranger Post, et on quitte la montagne embrumée…
Jusqu’à Karutu Lutherian Guest House (à gauche en haut de la côte en arrivant au village) : très sympa, chambre propre et douche… chauauaude… huummm ! Double ration svp… !
Un grand tour dans la ville à rencontrer des gens très gentils, tirer des sous aux ATM sous protection, faire laver le 4x4…
Il y a une poussière dans ce pays, du fèche-fèche très fin qui se comporte comme de l’eau qui fait des vagues quand on arrive dedans, et qui s’infiltre partout. Et surtout, il y a un espace grand comme ça entre la portière du coffre et la carrosserie, bonjour les tas de sable sur les valises… !
On rencontre plein de locaux, on bavarde, on échange des emails, on fait des photos qu’on leur enverra à notre retour, ils sont contents comme tout.
Le soir diner au restau pour changer des pâtes et du riz, alors on a… du riz… ! Et du bon pain huuummm délicieux.
Puis re-douche et dodo bien mérité… Demain Manyara, ce n’est pas loin.
J8 – Karatu – Manyara – Tarangire Camp Site Improbable Hot Spring
Manyara est un parc charmant. Facile à faire, on ne peut pas se perdre, on descend et on remonte quasiment par la même piste.
Les lions sont dans les arbres, mais les arbres il n y a que ça. Manyara est une forêt au bord du lac éponyme. Belles photos à faire près du lac, pélicans, cigognes, beaucoup de singes, y compris des Blue Balls, des Dos Bleu et de très jolis oiseaux au Pique-nique (interdit de nourrir les oiseaux svp…).
400 – Hydravion

410 – Je ne pouvais pas rater ça…

420 – Il a du en manger des cacahuètes avariées pour devenir comme ça ?

Puis une belle ballade à la recherche de la Source Chaude en s’engouffrant dans le sud du parc qui est plus sauvage. On trouvera la source au retour, par hasard, sous une roche en contrebas…
430 – Improbable source d’eau chaude

Sortie du parc en milieu d’après midi en ayant pris un peu notre temps, puis direction Tarangire Public Camp Site à 5 km de la Gate de Tarangire. Ils ne voulaient pas de nos dollars, trop peur qu’ils soient faux, ils voulaient une Carte Visa. Le chef va passer 10 minutes à observer bêtement chaque billet, mais bon…
Le camping est très sympa. 2 douches seulement (froides), mais comme on est 2 dans le camping, ça tombe bien…
440 - Tarangire

450

Un énorme troupeau d impalas rodera une partie de la nuit autour des deux tentes, suivie d’une « migration » de gnous et zèbres… des milliers qui passent pendant presque une heure, pendant notre petit déjeuner du lendemain matin…. C’est beau… ! C’est dingue… !
J9 – Tanrangire – Kondoa Improbable goudron…
Une grande ballade toute une grande matinée dans le parc, qui est très beau. On verra beaucoup de gnous et zèbres qui courent dans la même direction… Mais où vont-ils ? Il y a des soldes chez Prisunic ?
460 – Boire un coup ?

Puis une grande ballade pour trouver (tout seul) des lions qui viennent de terminer leur repas. Les lionnes ont les babines presque propres, toutes léchées, et les petits ont encore plein de sang autour de la gueule… ils vont se coucher sous un arbre, se dorloter, se papouiller, s’allonger… s’endormir…. Huuuummmm ! Profitez-en, vous ne mangerez rien pendant 2 ou 3 jours… !
470

Pique-nique oiseaux… Qu’est ce qu’ils sont beaux ces oiseaux. C’est vrai que ça vaut le coup de faire un safari – oiseaux… (Bernard : )
485 – Un Rouge Gorge qui a mal tourné

Toujours et encore des singes…
490

492

494

Puis départ pour ce que je pensais être une belle route goudronnée. Heureusement que Michèle m’a confirmé qu’il fallait couper le trajet en deux entre Tarangire et Iringa, donc une halte à Kondoa.
Mapsource et T4A ne font pas la distinction entre « goudronnée » et « en construction » : la trace est rouge dans les deux cas, et j ai pas fait attention à la note de bas de page : j’avais bien vu A104 (une autoroute comme chez nous… ? choueeeetttte… !) mais je n’avais pas vu « bad condition » ! ! !
On s’attendait donc à du goudron : que de la piste qui tape, et des tronçons de travaux qui rétrécissent la piste, difficile de doubler les bus, les camions, les charrettes, les poules, les troupeaux, les trous, les bosses, les écoliers, les marchands, les ouvriers de la route, les machines outils, … Purée, je pensais rouler à 80, on roule à 25 km/h. A ce rythme là… Mais bon… Dernière station à Babati (S4 12 55.8 E35 44 54.8). Attention toutes les stations n’ont pas du Super.
On arrive à Kondoa vers 17h00.
Kondoa… ! Là tu te dis que tu es vraiment loin de tout, en Afrique pour de vrai… Superbe petite ville au fin fond de l’Afrique, une place de marché où les gens rigolent de nous voir confondre les graines d’haricots avec des cacahuètes (l’appel de l’apéro…), des rues perpendiculaires, et des gens super gentils… pas un blanc, un p’tit gars qui nous propose une visite guidée…Les ados qui viennent éprouver leur Anglais… Une vraie grande sensation de se sentir très très loin de tout…
On finira la journée au Restau derrière hôtel New Planet… Cool : un morceau de poulet et… du riz tout frais !
500 – Pour changer…

Douche… froide. Hotel 15 euros. Pas de petit déjeuner. Bonne nuit… avec une grosse angoisse pour les 400 kms qui nous attendent demain. Si le goudron ne fait pas son apparition, on risque bien d’arriver très très tard à Iringa… - Chérie, si on passe le cap de cette journée, tu pourras tout supporter de moi… ! 😕
J10 – Kondoa – Iringa Improbable goudron (bis)
La piste sera difficile tout le long, jusqu’à Iringa. A peine plus tendre après le barrage de Mtera, 50 km avant Iringa. Difficile de rouler à bonne allure, faut rester très concentré, c’est assez fatiguant.
On espère le goudron en le voyant apparaître en arrivant à la capitale, on se dit que celle ci pourrait être reliée par une « voie rapide » vers le grand sud, mais rien à faire, la piste ardue (tôle ondulée) reprend ses droits 3 km après la sortie de la ville d’où le GPS nous sortira des petites rues.
Dodoma Bon… plus que 280 kms… va t on y arriver… ?
La piste est dure… mais les paysages sont beaux. Piste rouge, baobabs, villages dans les baobabs, forêt à perte de vue, le barrage au loin, très peu de véhicules…
510

520

On arrive à finalement à Iringa vers 16h30. Le temps de repérer la boulangerie et Internet Café pour vérifier le compte en banque, si le loueur a débité quelque chose, comme il l’a fait aux copains qui m ont précédé et informé jour par jour de leurs mésaventures sur la piste cabossée, et sur la piste magnétique de leur CB… ! Puis Iringa River Side Camp Site… bungalow mérité (35 $)… Eau ? Chaude… Youpi !
On rencontre des gens qui vivent là pour apprendre le Swahili (canadiens, Sud’Af, Ecossaise, Italiens…). Une personne y est depuis trois mois… elle devrait aller parler avec des vrais gens… Ils vivent là en espèce de communauté.
- Je vais chercher une bouteille d’eau ? - Non, non on a une bouteille en commun. - … ???
A peine le temps de profiter d’un petit cours pour nous enseigner les balbutiements…
Bon repas. Bonne nuit. Bon petit déjeuner, et départ pour Ruaha…
J11 – Iringa – Ruaha - J12 – Ruaha
Départ pour deux nuits à Ruaha… On va pouvoir se reposer… dans un cadre superbe.
On passe par Iringa, faire des courses chez Mama J Myo (S7 47 03.2 E35 41 25.9) : il y a vraiment de tout chez Mama J Myo.
530 – Chez Mama Myo, y a tout c’qui faut

Boulangerie et marchand de vin près du marché, à l’autre bout de la ville.
Ah au fait, le 4x4 commence à tomber en miettes : j ai perdu une biellette de barre anti-roulis que j’ai du finir de démonter. Du coup la roue avant gauche fait un peu près ce qu’elle veut, on croirait une danseuse qui fait des pointes… et hop… Talon… Pointe… Talon… Pointe… Au moins on gagne en débattement… !
Puis la piste encore difficile, et belle, qui traverse plein de villages (pas un coin tranquille pour pi…) et concours d’obédiences…
540

550

A la Gate, je ne suis pas sur qu’ils aient un lecteur de carte visa. Tarifs standards pour tous les camps. On paye en liquide, dollars achetés en janvier à l’époque où il ne valait pas trop cher. - Vous avez une Banda de libre (10 euros plus cher que le camping, ça évitera de fermer la tente pour partir en drive) Il appelle avec son GSM… - Yes, it’s OK - Asante. Ansante sana.
Début d’un petit paradis. Je retrouve les sensations de Moremi : Beau, sauvage, rivière, calme, couleurs, diversité, pistes, solitude, grand… très grand. Sur mon GPS j ai téléchargé 2 drives de 150 kms chacun… ! Il y a de quoi faire, et évidemment, on fera moins de 80 kms sur deux jours.
Il y a de tout ici, y compris de très jolis oiseaux…
Celui-ci est mon préféré. Et pour une fois que je réussis une photo…
560 – Mon préféré

Celui-là, avec un « joli flou » autour… 😛
570

Et même celui-ci
580 – Camaïeux de bleu

Des lions non loin des bandas (petite cabane en tôle sans électricité, sans eau, juste deux lits avec draps) dont on verra les traces un matin en se levant…
Et les éléphants la nuit, qui picorent, qui souffle, qui gratouillent, qu’on aperçoit à travers le petit grillage de la banda… Heureusement que je ne suis pas sorti pi… Tomber nez à nez avec lui, enfin nez à nez si je puis dire. Je devrais dire « trompe à trompe »… enfin « trompe à trompe » si je puis dire…
Et les impalas par dizaines qui passeront une partie de la nuit à quelques mètres…
Je vous dis… c’est beau… !
Les ballades le long de la rivière sont superbes, vers le nord-est comme vers le sud-ouest, on ne fait pas du 10 kms/heure, on s’arrête dans tous les recoins.
Une girafe par ci
590

Un Sac à Main par là… 600

Des lions, mâles et femelles…, des steacks…
605 – Feuilles de chou

Bon, il y a aussi un peu de monde, mais vraiment beaucoup moins que dans les parcs du nord.
610

On passe deux jours et demi de grand plaisir. On a réussi à trouver à Iringa de quoi faire un apéro, coucher de soleil, rivière, éléphants qui s’approchent… Pffff… veux pas rentrer… Sniff… !
620

Le lendemain rebelote, mais avant il faut trouver d’où vient ce bruit depuis Iringa, quand je passe dans certaines bosses… Je me glisse en dessous… Pfff facile, le pot d’échappement est coupé net derrière le silencieux, la cinquième soudure n’a pas tenu. Colère Il n y a plus qu’à le démonter… Transpire un peu… Je vais en faire quoi maintenant : je le ramène, donc je lui dis au loueur – voleur, ou je le mets à la poubelle ?
Bon je l’accroche là, au moins il ne prendra pas de place… !
630 - Comme toi O grand arbre, j’ai les racines en l’air…

Mais le bruit persiste. Ça fait des grands KLONK dont je ne trouve pas l’origine. Direct au garage qui a la bonne idée d’exister dans ce parc. Le petit gars costaud trouve le problème : un amortisseur (pas le ressort) s’est déboité de son emplacement, impossible de le remettre, le pas de vis est foiré… Bah tant pis, pas besoin d’amorto, j’ai le ressort, ça suffit… Du coup, j’ai une patte folle à l’avant gauche et un kangourou à l’arrière gauche, un morceau de pot d’échappement en moins, une porte arrière entre-ouverte, une biellette dans le coffre… etc etc.
Ruaha, c’est deux jours de bonheur…
J13 – Ruaha – Iringa – Baobab Valley Improbable goudron…
Puis le départ… Bouhouhou
La piste dans l’autre sens, moins rapide qu’on pourrait le croire, tôle ondulée, amortisseurs en vrac… ! Puis Iringa à nouveau pour faire les pleins, puis enfin, le goudron… enfin presque, beaucoup de travaux, des temps d’attente pour les one way, des camions de travaux qui arrivent à fond en face sur ces one way, obligé de se jeter sur le bas côté… ! Et les kms qui n’avancent pas. Puis quelques dizaines de km en virage, route dangereuse.
640 – Tu as raison, planque ton vélo…

On voulait peut être s’arrêter à Mukomi NP, mais finalement on va (encore) suivre les conseils de JC : Stop à Baobab Valley 60 km avant Mukomi
Jolie douche chaude sous le baobab, campsite solitaire, et des baobabs… cool. Bonne étape pour le repos. Bière fraiche.
J14 – Baobab Valley – Jukumu Improbable goudron…
Le goudron qui traverse Mikumi NP, rouler doucement, voir des bêbêtes, des petites, pas de grosses…
Morogoro, grande ville, c’est un peu le bazar, suivre le GPS pour trouver la piste sud qui part vers Selous (bizarre, on ne prononce pas le « s » final…).
JC avait dit 6h00 pour faire ce trajet entre Morogoro et Selous, ça fait du 25 km/h, ça parait pas très pessimiste… pourtant c’est ça. On ne pourra pas atteindre Tagalala Public Campsite à l intérieur de Selous… Lente mais superbe, la piste est magnifique, luxuriante, peuplée, beaucoup de villages, petits et plus gros à traverser, piste rouge, ma – gni – fi – que. On se sent vraiment au fond de l’Afrique, on ne croise pas un Blanc, très peu de voitures (normal, t as vu la piste ?). Sur les conseils de JC on s’arrêtera à Jukumu Scoot Station Campsite.
- oooops, j’ai raté la piste qui monte à droite (S7 17 17.4 E37 50 46.4).
650 – Jukumu

Petite piste bordée de hautes herbes. Quelques centaines de mètres, on arrive, un bâtiment qui sert de salle de classe ( ? ), des latrines (qui ne sentent pas mauvais, non non !), et un grand champ arboré… Plus seul au monde tu meures !
Puis papy qui arrive en mobylette - Comment il sait qu’on est là ? - Bah ! le tam-tam africain… !
Il nous prend 20 000 TSh pour la nuit, puis nous emmène à la source, pour puiser de l’eau dans nos petits seaux, on rencontre plein de gens tous aussi gentils les uns que les autres, qui nous laissent passer pour prendre de l’eau ( …), qui rigolent de nous voir patauds, qui cherchent la conversation, comme nous…
- Madame, tu veux une couverture ? - Asante sana, asante… ! et un grand sourire.
Puis Papy nous ramène au campsite, on « discute », on « bavarde », on gesticule, cours de diction, on rigole, on écrit sur le tableau noir, on dessine, on boit un coup…
- Bon ! c’est pas tout ça mais on aimerait bien prendre une douche
Comme Marahanga (c’est le nom du Papy) descend au village pour déposer les 20 000 Tsh dans la caisse du comptable ou pour se désaltérer (devine…), on en profite pour faire douche : bouteille de 8 litres sur le toit, tuyau, aspiration dans le tuyau et vas-y mon kiki, tout nu dans la nature, instants sympathiques, douche, savon, douche chacun son tour… Super Cooool.
660

Puis un bon feu de bois et Marahanga qui revient en zigzagant très fort (le comptable a perdu), partager deux trois morceaux de notre repas, puis au lit.
Silence, 20h15, nuit noire
Puis des chants en contrebas, les femmes qui entonnent des chants rigolos, puis les hommes qui répondent. Ça dure quelques dizaines de minutes, berceuse efficace, seuls au monde, avec Marahanga qui garde le camp (il se lèvera toutes les deux heures pour faire sa ronde, incroyable), et le ciel comme vous l’imaginez : inimaginable !
Encore un « hôtel » qui se mérite, mais à recommander…
J15 – Jukumu – Selous river camp
Réveil. Partager un bon café noir avec Marahanga.
Puis départ pour Selous. Piste difficile… on commence à fatiguer de ces pistes difficiles. Ma douce va finir par craquer. Mais les gens croisés, les fruits et légumes achetés par-ci par-là nous changent les idées.
Puis Selous Gate. Le parc le plus cher de Tanzanie (après Ngoro bien sur), tarif normal + 35 $ d’éco-participation.
JC avait dit « c’est le seul parc où je conseille éventuellement un guide ». C’eut été une bonne idée. On s’en est sorti sans guide mais les pistes sont dans tous les sens, beaucoup de « rivières » à traverser, « ponts » cassés impraticables, à moitié bloqué en croisement de pont, obligé de faire le grannnnnnd tour…, obligé de monter au nord ouest pour trouver la piste principale qui part vers le sud est… C’est déroutant, c’est le cas de le dire, mais on progresse. Les paysages sont beaux. On parvient à Tagalala Lake. On s’arrête près du lac où le GPS nous indique le campsite. Encore seuls au monde. L’endroit est paradisiaque. Sauvage à souhait, plein de bestioles, des grosses, des petites, des gros oiseaux, des petites libellules…
670 – Paradis trouvé

Et un gros hippopotame à 3 mètres ! 3 mètres… pas 5, pas 10 : 3 mètres.
On finissait de manger, on avait rangé tout le matériel (heureusement), posé les appareils photo sur le siège arrière, près à partir… - Tu veux un café… ? - Oui je veux bien… Tu as vu l’hippo à 100 mètres, il vient de plonger… - Tiens j’ai mis du sucre… Schlip Schlop Schlip Schlop… quitouille… quitouille… quitouille… (bruit de la cuillère dans le verre).
Et là figé, on entend un gros bruit d’une masse qui sort de l’eau bruyamment, on se retourne dans le même geste, moi le verre à la main, Elisabeth la cuillère… Hippo à 3 mètres, juste au bord de l’eau, il y a juste un pauvre buisson avec trois branchouilles toute maigres entre lui et nous…
- Glups… (bruit du café qui a du mal à passer la glotte…) - Monte dans la voiture Viiiite…. (pas le moment de se tromper de côté…)
J’ai balancé le café, jeté le verre vide dans le carton, claqué la porte arrière et grimpé dans le 4x4 en moins de temps que vous n’avez mis pour lire cette phrase, ça c’est sur… !
Il est là juste derrière… adulte, énorme.
- Non pas de photo… Rouououououuuuuleeee… ! - Tu as raison, il risquerait de nous réclamer des royalties… !
Bah purée… Dire qu’on a faillit camper ici ??????
Puis on déambule à chercher la piste principale.
Ce parc est magnifique.
Les lacs les plus intéressants sont le premier et le troisième en venant du sud. Les lacs sont beaux. Ils drainent toute la faune africaine. Ce parc est magnifique (je l’ai déjà dit… ?)
680 – Quelqu’un peut il s’assoir dans l’arbre svp, pour la photo ?

On va se régaler les yeux (peu de photos) jusqu’en fin d’après midi, arrivée à la Gate sud…
Inoubliable… à demain… Comme on est rentré à 10h30 à la Gate nord, on aura le temps de revenir jusqu’au premier lac, quelques heures dans le parc demain matin dès l’ouverture (6h00)…
Bonne nuit à Selous River Camp.
On commence à lever le pied. On prend bandas (grande, douche…froide) au bord de la rivière Rufiji… Purée c’est magni…
Coucher de soleil… Bière fraiche… Cacahuètes… Enfoncés dans un fauteuil…
Repas sympa (full board : 90 $ pour deux), éléphants qui se promènent sur le parking, puis dans le camp la nuit. Bonne nuit les petits…
J16 – Selous River Camp
Morning walk.
Nez à nez avec un éléphant à 10 mètres. On se regarde, on recule, il retourne à ses occupations. Ces face-à-face à pied sont toujours impressionnants, comme avant hier à Ruaha face à une gazelle, le regard vivant, scrutant, inquiètant… Qui va baisser les yeux, qui va essayer de s’imposer. Une réelle sensation profonde d’appartenir à cette faune et de n’être rien qu’un fétu de paille.
Le guide nous apprend « les chose de la nature » : l’ébène qui n’est pas noir à l’extérieur, les bou-boules qui contiennent des fourmis pour protéger l’arbre des girafes qui grignotent,
690

Les escargots géants (30 cm…), les feuilles qui se ferment quand on les caresse…
Et des singes rares pour satisfaire mon apprentissage du « joli flou autour »
Blue Back qui se lime les ongles
700

Colobus qui fuient dès qu’ils se sentent repérés parce qu’ils étaient chassés il y a peu.
710

Belle ballade, toute simple, bien sympa.
Puis repos, repas, sieste (ça faisait longtemps)… on décompresse.
Un petit saut au dispensaire du village voisin, puis un joli boat drive en fin d’après midi.
L’occasion de voir et écouter une chorale
720

Quelques crocodiles par trop gros, des hippos inquiétants qui coulent…
De jolis Magala King Fisher…
730

Un king fisher qui fish 740

« Encore » un joli coucher de soleil. 😛
750

L’endroit est très beau, la patronne une anglaise un peu « british », les repas un peu frugaux, le camping très serré les uns sur les autres, notre banda à l’écart est au calme… impeccable !
760

Encore une bonne nuit et un départ aux aurores pour boucler la boucle à boucler… Direction Dar pour l’avion vers Mafia.
J17 – Selou – Dar es Salaam – Mafia
C’est incroyable comme JC avait raison : il avait dit 2h30 pour rallier le goudron, j’ai mis 2h15… Que des humps et des bumps, et j’ai failli partir en tonneau à cause de l’amortisseur arrière qui manque : le 4x4 se met en travers, il part dans le fossé gauche se met en crabe, une grosse crevasse se rapproche très vite, lâcher les freins pour retrouver de la motricité… on eu chaud.
Puis 30 km, j’ai bien dit les seuls 30 km de piste rapide que l’on aura vus en Tanzanie : on roule à 80, quel bonheur, incroyable !
770

Puis Dar es Salaam Le « rendu 4x4 » sera épique ! Il n’a pas le double du déposit avec lui. On le menace de tous les noms, de garder les clés. Puis on lui fait signer le contrat comme quoi il nous doit la caution. Purée les nerfs… ! A ce jour, nous sommes toujours en litige. Il a remboursé 1600 euros sur les 2400 volés… Il s’appelle wago-wago, ou budgetcarhirekenya, ou safariskenya.com et il ne faut surtout pas travailler avec lui.
Bref, avion vers Mafia pour se reposer beaucoup…
On est inquiet parce que les gens qui partaient à Mafia ce matin n’ont pas pu atterrir à cause de la tempête « tropicale » à Mafia. Ils ont du faire demi-tour… Mais bon, tout se passera bien avec à peine deux heures de retard.
De fait, on n’aura vraiment qu’une seule journée de soleil. Du coup, partir pour la plongée (avec ou sans bouteille), ça ne vaut pas vraiment le coup. Alors on ne va rien faire… ( Alain : 😛 )
Trois jours de plaisir : sieste, repas enfin bons (même s’ils auraient pu nous faire du poisson grillé au lieu des boulettes de poisson), sieste, ballade en bateau jusqu’à l’ile de Cholé, sieste, poisson grillé sur la plage avec le « business local », sieste, petit tour à Kilindoni en Tchouk-Tchouk dont il faut durement négocier le prix… - naaaaan pas 15000 Ths, allez 12000… ? - Bon d’accord La négo, c’est vraiment pour la forme.
780

Petite visite à Cholé.
J’avais imprimé et emporté là encore des photos transmises par Alain… (merci Alain). C’est un vrai bonheur de montrer leurs photos à ces gens qui ne se voient jamais, ils sont heureux, ils rigolent de se voir, de voir leurs copains de classe, ils se reconnaissent, citent les noms, éclatent de rire. C’est vraiment magique. Mama aura la même réaction de fierté de se voir avec ses neveux. Elle est contente, elle demande une autre photo pour la donner à son neveu « Ok pas de soucis… »
790

Si vous voulez emporter des photos, n’hésitez pas.
On va passer trois jours super calmes. Je n’avais pas de quoi décharger et trier mes photos, alors on fait sieste, sur le dos, sur le ventre, sur la plage, sur la terrasse de le chambre, dans le jardin… Et du poisson grillé avec les potes du village d’à côté, sur la plage…
Et je peux enfin lire le mode d’emploi de mon appareil photo…
On atterrit à Dar le soir et on reprend le Gros N’Avion le lendemain matin à 6h00…
Le taxi du soir sera tout gentil de venir nous chercher le lendemain à 4h00… L’hôtel est petit, bruyant, sale, très sale (cafard ou punaise, je ne sais pas, une fois étalée sur le carrelage dégueulasse, on ne reconnait plus). On a dormi tout habillés, on s’est aspergé de tout l’anti-moustique qui restait… ! Le soir il y a concours de chant à l’extérieur : chants traditionnels assénés à travers un haut parleur qui grésille, muézine qui est content de rompre le jeûne avec la prière du soir (qu’est ce qu’ il chante faux…), la « gardienne » des lieux qui écoute la télé. La nuit il y a de nombreux aller-retour dans une chambre à côté avec à chaque fois la porte qui claque…. Grrrrr ! Le lendemain matin à 4h15 on part en claquant la porte, 3 fois, en frappant à la porte de la chambre d’à côté, en réveillant brutalement la « surveillante », en oubliant de payer…Trop c’est trop !
L’avion sera… dormant… !
Et le retour sera… Pfffff Retour !
Voili-voilou… On a fait un super voyage, inoubliable…
La prochaine fois… On restera plusieurs looooonnnnngs jours à Ruaha et à Selous (4 lacs = 4 jours)… j’ai déjà un parcours en tête, jusqu’au Malawi, en passant par chez Didier à Tanganyika… D’autres regrets ? Non pas du tout.
On a dépensé exactement ce qui était prévu (on ramène 80 dollars et 40 euros) on a fait 3900 kms au lieu de 3800 prévus.
Et on est vraiment bien contents d’être partis tout seul, avec la petite maison sur le toit, sans guide, parce que je vous le dit et vous le répète : on peut partir sans guide en Tanzanie… !
Trop de kilomètres ? En ce qui me concerne j’aime la piste, toute sorte de pistes. Bon ! Ma petite femme en avait un peu marre. Faut dire pour celui qui ne conduit pas, être balloté à côté, ce n’est pas toujours un grand bonheur, surtout vers la fin, avec un kangourou à l’arrière… !
Bref… on y retourne quand vous voulez… Peut être avec vous tous… Mais avec vous tout seul hein… ! Et avec les Tanzaniens qui sont tellement mais tellement gentils… !
Un grand merci à Anne Marie qui m’a transmis sa passion pour ce pays, à Jean-Charles qui m’a donné tellement de bons tuyaux, et Alain qui m’a raconté son périple et transmis de bien beaux passeports sous formes de photo d’un précédent voyage. Merci à Joss et à Michèle qui m’ont raconté leur voyage quasiment en direct puisqu’elles étaient sur place 3 semaines avant moi et qu’elles m’envoyaient des messages.
Merci aussi à BLESL (Bernard) pour son site très complet sur les parcs tanzaniens http://www.safari-tanzanie.com/
Et merci aussi à ceux qui ont cherché à me dissuader : ils m’ont donné envie…
Puissè-je vous transmettre cette même envie, mais TOUT en positif.
Bises à tous…
L'Ouest des États-Unis en famille en 2010 English translation pending
Bonjour à tous, eh oui, un nouveau carnet sur l'Ouest des USA ! J'en ai lu quelques-uns avant de me lancer et j'ai hésité au vu de la qualité de certains. Malgré tout, mon expérience en famille pourrait peut-être servir alors je me lance !
Nous sommes une famille de 5 : Didier, Nathalie (votre serviteur !), Mélina (19 ans), Julien (10 ans) et Jonathan (7 ans). Le voyage s'effectue du 28 juin au 22 juillet, vols par Air France, voiture chez Avis, chaine d'hôtels "Choice Hotels". Budget global : 9 000 € (tout compris !)
Programme
J 01 - L 28/06 : CDG - LAX - Nuit à Los Angeles J 02 - M 29/06 : Los Angeles : Beverly Hills - Santa Monica - Venice - Downtown - Hollywood - Nuit à Los Angeles J 03 - m 30/06 : Universal Studios - Nuit à Ventura J 04 - J 01/07 : Santa Barbara - Monterey Bay Aquarium - 17 Mile Drive - Carmel - Nuit à Monterey J 05 - V 02/07 : San Francisco : Downtown - Fisherman's Wharf - Nuit à San Francisco J 06 - S 03/07 : Golden Gate Bridge - Alcatraz - Nuit à Sacramento J 07 - D 04/07 : Sacramento : Old Town - California State Railroad Museum - Lac Tahoe - Nuit à Carson City J 08 - L 05/07 : Mono Lake - Yosemite National Park - Nuit à Fresno J 09 - M 06/07 : King's Canyon NP - Generals Highway - Sequoia NP - Nuit à Bakersfield J 10 - m 07/07 : Death Valley NP - Nuit à Las Vegas J 11 - J 08/07 : Las Vegas : Le Strip et Hôtels-Casinos - Nuit à Hurricane J 12 - V 09/07 : Zion NP - Mount Carmel Highway - Nuit à Kanab J 13 - S 10/07 : Bryce Canyon NP - Capitol Reef Scenic Drive - Nuit à Caineville J 14 - D 11/07 : Arches NP - Nuit à Moab J 15 - L 12/07 : Dead Horse Point State park - Canyonlands NP - Nuit à Monticello J 16 - M 13/07 : Mesa Verde NP - Nuit à Cortez J 17 - m 14/07 : Canyon de Chelly National Monument - Nuit à Blanding J 18 - J 15/07 : Valley of the Gods - Goosenecks State Park - Monument Valley Navajo Tribal Park - Lake Powel - Nuit à Page J 19 - V 16/07 : Grand Canyon NP - Nuit à Williams J 20 - S 17/07 : Historic 66 Route - Déjeuner au "Bagdad Cafe" - Barstow Outlet - Nuit à Barstow J 21 - D 18/07 : San Diego : Zoo - Old Town - Nuit à San Diego J 22 - L 19/07 : Sea World - Nuit à Anaheim J 23 - M 20/07 : Disneyland Resort - Nuit à Anaheim J 24 - m 21/07 : Disneyland Resort - Long Beach - Venice - LAX-Paris CDG
Petites précisions : 1) Didier a pris ses billets avec ses "Miles" donc il partait de CDG, en revanche j'ai dû aller avec les enfants à Heathrow pour le vol aller -Londres-Paris-Los Angeles-. Ce qui me prendra environ 8h pour faire Paris-Paris !!! 2) Concernant les hôtels nous avons réservé des chambres pour 4 sauf à 3 reprises où nous avons pris des suites (pour 6), nous n'aurons aucun souci non plus de ce côté là. Nous avons choisi cette chaine pour la piscine (quelques fois intérieure) et pour les petits déjeuners inclus. 3) Pour les bagages nous avions 2 gros sacs de presque 25 kilos chacuns plus une valise taille cabine plus tout l'attirail électronique afin d'immortaliser ce périple. Le principe pour ne pas décharger la voiture tous les soirs : ne prendre que la petite valise en y mettant les trousses de toilettes, les pyjamas, les maillots de bains et les tenues pour le lendemain de façon à ce que le matin on échange le linge sale (dans les sacs fournis à l'hôtel) contre le linge propre pour le lendemain, enfin le but du jeu était de ne pas sortir les gros sacs du coffre et se trimballer les 50 kilos de fringues tous les soirs.
JOUR 1
La nuit a été courte, et c'est fin prêts que nous allons à la Gare du Nord prendre l'Eurostar de 8h10 qui nous conduit à Londres. Je ne me charge pas inutilement de bagages car c'est Didier qui les passe en Business. Une seule petite valise nous suffit amplement pour traverser cette ville que nous n'aurons malheureusement pas le temps de visiter. Les enfants sont pressés de monter dans l'A380 pour ce court vol pour Paris où Didier nous attend avec impatience pour notre vol de 16h35.
Joie qui sera de courte durée car arrivés à CDG nous sommes bloqués sur une piste par un remorqueur tombé en panne. Normalement nous aurions eu le temps de faire la correspondance, surtout que dans le Terminal 2 nous devons prendre un train automatique pour nous mener à notre porte. Après moult appels téléphoniques avec mon chéri et 45 minutes passées à s'énerver et à piaffer d'impatience, le remorqueur est enfin dégagé et ni une, ni deux, une course folle commence dans le Terminal. Nous courrons si vite que nous en bousculons quelques personnes mais j'ai décidé qu'il était hors de question que je dorme à l'hôtel ce soir et les enfants sont d'accord avec moi. Je n'ai jamais passé la douane aussi vite et tant pis pour les ceintures, nous les remettrons plus tard. A l'arrivée à la porte d'embarquement, quel soulagement de voir que Didier nous attend encore et de ce fait, notre avion aussi. C'est tout essoufflés et le coeur battant la chamade que nous embarquons enfin après les formalités. Ceci étant dit, ce sera la seule anicroche du voyage ! Le vol Paris-Los Angeles se passe sans encombre, Mélina et moi dormons par bribes, les enfants arrivent à dormir plusieurs heures d'affilé et Didier dort comme un loir, le pacha !
Nous arrivons à LAX à 19h05, sautons dans une navette Avis et le temps de récupérer notre Crossover Nissan Murano, il fait déjà nuit. Quelle déception pour Nathalie et Mélina ! La découverte de L.A en voiture à 20h n'est pas très engageante, nous devons rejoindre le Downtown par l'autoroute pour nous rendre à l'hôtel. La chose qui nous a surpris en sortant de l'aéroport c'est le nombre de restaurants "restauration rapide", il y en a partout et pour tous les goûts, ceci nous met déjà l'eau à la bouche, gourmands que nous sommes ! Les enfants ouvrent grand leurs yeux à l'approche du centre-ville, et là, la déception du départ s'évapore pour laisser place à l'enchantement des buildings illuminés et agglutinés les uns sur les autres. C'est notre premier soir aux Etats-Unis et je crois qu'il n'en fallait pas beaucoup pour nous émerveiller. Ah oui, je tenais à dire également que nous n'avions pas de "Tom-tom" et consorts et que nous nous sommes très bien débrouillés sans. Tous les trajets avaient été conçus avec Google map et imprimés à la maison, le lutin ne quittera pas la boite à gants pendant ces 24 jours.
Nous logeons au Comfort Inn City Center, dans un quartier populaire, pas loin de la station de métro Mc Arthur Park. La piscine est à l'extérieur, donnant sur le parking et vu la température dehors nous n'avons pas trop envie de nous baigner. Nous montons finalement nous coucher sans dîner car nous avons bien mangé dans l'avion et n'aurons pas assez d'énergie pour ressortir au Mc Do du coin.
JOUR 2
Le soleil s'est levé tôt, et nous avec. Le jet lag ne nous fait pas de cadeau et à 5h30 tout le monde est sur le pied de guerre. Il faut attendre que la salle de petit déjeuner ouvre à 6h30, d'ailleurs nous y sommes les premiers et nous délectons de gauffres, muffins et autres tartines.
Première déception de la journée, il fait un froid de canard : 18 ° tout au plus et on dirait que les nuages ont décidé de venir se frotter aux toits des immeubles. Ça commence bien ! surtout que toutes les visites sont prévues en transports en commun et à pied. Tant pis, nous attrapons un gilet et en route pour l'aventure Californienne ! Mais quand même, Mélina et moi on se dit que c'est pas ce qu'ils nous vendent à la télé, on a cru qu'à Los Angeles il faisait toujours beau. Remboursés !!!
Nous prenons le métro à la station Mc-Arthur Park afin de rejoindre Wilshire Blvd, où le "Metrobus" rapide nous pousse jusqu'à Beverly Hills. Pour ce faire, nous avons acheté 5 DayPass à 5$ l'unité, qui seront vite amortis.
Nous sommes une famille de 5 : Didier, Nathalie (votre serviteur !), Mélina (19 ans), Julien (10 ans) et Jonathan (7 ans). Le voyage s'effectue du 28 juin au 22 juillet, vols par Air France, voiture chez Avis, chaine d'hôtels "Choice Hotels". Budget global : 9 000 € (tout compris !)
Programme
J 01 - L 28/06 : CDG - LAX - Nuit à Los Angeles J 02 - M 29/06 : Los Angeles : Beverly Hills - Santa Monica - Venice - Downtown - Hollywood - Nuit à Los Angeles J 03 - m 30/06 : Universal Studios - Nuit à Ventura J 04 - J 01/07 : Santa Barbara - Monterey Bay Aquarium - 17 Mile Drive - Carmel - Nuit à Monterey J 05 - V 02/07 : San Francisco : Downtown - Fisherman's Wharf - Nuit à San Francisco J 06 - S 03/07 : Golden Gate Bridge - Alcatraz - Nuit à Sacramento J 07 - D 04/07 : Sacramento : Old Town - California State Railroad Museum - Lac Tahoe - Nuit à Carson City J 08 - L 05/07 : Mono Lake - Yosemite National Park - Nuit à Fresno J 09 - M 06/07 : King's Canyon NP - Generals Highway - Sequoia NP - Nuit à Bakersfield J 10 - m 07/07 : Death Valley NP - Nuit à Las Vegas J 11 - J 08/07 : Las Vegas : Le Strip et Hôtels-Casinos - Nuit à Hurricane J 12 - V 09/07 : Zion NP - Mount Carmel Highway - Nuit à Kanab J 13 - S 10/07 : Bryce Canyon NP - Capitol Reef Scenic Drive - Nuit à Caineville J 14 - D 11/07 : Arches NP - Nuit à Moab J 15 - L 12/07 : Dead Horse Point State park - Canyonlands NP - Nuit à Monticello J 16 - M 13/07 : Mesa Verde NP - Nuit à Cortez J 17 - m 14/07 : Canyon de Chelly National Monument - Nuit à Blanding J 18 - J 15/07 : Valley of the Gods - Goosenecks State Park - Monument Valley Navajo Tribal Park - Lake Powel - Nuit à Page J 19 - V 16/07 : Grand Canyon NP - Nuit à Williams J 20 - S 17/07 : Historic 66 Route - Déjeuner au "Bagdad Cafe" - Barstow Outlet - Nuit à Barstow J 21 - D 18/07 : San Diego : Zoo - Old Town - Nuit à San Diego J 22 - L 19/07 : Sea World - Nuit à Anaheim J 23 - M 20/07 : Disneyland Resort - Nuit à Anaheim J 24 - m 21/07 : Disneyland Resort - Long Beach - Venice - LAX-Paris CDG
Petites précisions : 1) Didier a pris ses billets avec ses "Miles" donc il partait de CDG, en revanche j'ai dû aller avec les enfants à Heathrow pour le vol aller -Londres-Paris-Los Angeles-. Ce qui me prendra environ 8h pour faire Paris-Paris !!! 2) Concernant les hôtels nous avons réservé des chambres pour 4 sauf à 3 reprises où nous avons pris des suites (pour 6), nous n'aurons aucun souci non plus de ce côté là. Nous avons choisi cette chaine pour la piscine (quelques fois intérieure) et pour les petits déjeuners inclus. 3) Pour les bagages nous avions 2 gros sacs de presque 25 kilos chacuns plus une valise taille cabine plus tout l'attirail électronique afin d'immortaliser ce périple. Le principe pour ne pas décharger la voiture tous les soirs : ne prendre que la petite valise en y mettant les trousses de toilettes, les pyjamas, les maillots de bains et les tenues pour le lendemain de façon à ce que le matin on échange le linge sale (dans les sacs fournis à l'hôtel) contre le linge propre pour le lendemain, enfin le but du jeu était de ne pas sortir les gros sacs du coffre et se trimballer les 50 kilos de fringues tous les soirs.
JOUR 1
La nuit a été courte, et c'est fin prêts que nous allons à la Gare du Nord prendre l'Eurostar de 8h10 qui nous conduit à Londres. Je ne me charge pas inutilement de bagages car c'est Didier qui les passe en Business. Une seule petite valise nous suffit amplement pour traverser cette ville que nous n'aurons malheureusement pas le temps de visiter. Les enfants sont pressés de monter dans l'A380 pour ce court vol pour Paris où Didier nous attend avec impatience pour notre vol de 16h35.
Joie qui sera de courte durée car arrivés à CDG nous sommes bloqués sur une piste par un remorqueur tombé en panne. Normalement nous aurions eu le temps de faire la correspondance, surtout que dans le Terminal 2 nous devons prendre un train automatique pour nous mener à notre porte. Après moult appels téléphoniques avec mon chéri et 45 minutes passées à s'énerver et à piaffer d'impatience, le remorqueur est enfin dégagé et ni une, ni deux, une course folle commence dans le Terminal. Nous courrons si vite que nous en bousculons quelques personnes mais j'ai décidé qu'il était hors de question que je dorme à l'hôtel ce soir et les enfants sont d'accord avec moi. Je n'ai jamais passé la douane aussi vite et tant pis pour les ceintures, nous les remettrons plus tard. A l'arrivée à la porte d'embarquement, quel soulagement de voir que Didier nous attend encore et de ce fait, notre avion aussi. C'est tout essoufflés et le coeur battant la chamade que nous embarquons enfin après les formalités. Ceci étant dit, ce sera la seule anicroche du voyage ! Le vol Paris-Los Angeles se passe sans encombre, Mélina et moi dormons par bribes, les enfants arrivent à dormir plusieurs heures d'affilé et Didier dort comme un loir, le pacha !
Nous arrivons à LAX à 19h05, sautons dans une navette Avis et le temps de récupérer notre Crossover Nissan Murano, il fait déjà nuit. Quelle déception pour Nathalie et Mélina ! La découverte de L.A en voiture à 20h n'est pas très engageante, nous devons rejoindre le Downtown par l'autoroute pour nous rendre à l'hôtel. La chose qui nous a surpris en sortant de l'aéroport c'est le nombre de restaurants "restauration rapide", il y en a partout et pour tous les goûts, ceci nous met déjà l'eau à la bouche, gourmands que nous sommes ! Les enfants ouvrent grand leurs yeux à l'approche du centre-ville, et là, la déception du départ s'évapore pour laisser place à l'enchantement des buildings illuminés et agglutinés les uns sur les autres. C'est notre premier soir aux Etats-Unis et je crois qu'il n'en fallait pas beaucoup pour nous émerveiller. Ah oui, je tenais à dire également que nous n'avions pas de "Tom-tom" et consorts et que nous nous sommes très bien débrouillés sans. Tous les trajets avaient été conçus avec Google map et imprimés à la maison, le lutin ne quittera pas la boite à gants pendant ces 24 jours.
Nous logeons au Comfort Inn City Center, dans un quartier populaire, pas loin de la station de métro Mc Arthur Park. La piscine est à l'extérieur, donnant sur le parking et vu la température dehors nous n'avons pas trop envie de nous baigner. Nous montons finalement nous coucher sans dîner car nous avons bien mangé dans l'avion et n'aurons pas assez d'énergie pour ressortir au Mc Do du coin.
JOUR 2
Le soleil s'est levé tôt, et nous avec. Le jet lag ne nous fait pas de cadeau et à 5h30 tout le monde est sur le pied de guerre. Il faut attendre que la salle de petit déjeuner ouvre à 6h30, d'ailleurs nous y sommes les premiers et nous délectons de gauffres, muffins et autres tartines.
Première déception de la journée, il fait un froid de canard : 18 ° tout au plus et on dirait que les nuages ont décidé de venir se frotter aux toits des immeubles. Ça commence bien ! surtout que toutes les visites sont prévues en transports en commun et à pied. Tant pis, nous attrapons un gilet et en route pour l'aventure Californienne ! Mais quand même, Mélina et moi on se dit que c'est pas ce qu'ils nous vendent à la télé, on a cru qu'à Los Angeles il faisait toujours beau. Remboursés !!!
Nous prenons le métro à la station Mc-Arthur Park afin de rejoindre Wilshire Blvd, où le "Metrobus" rapide nous pousse jusqu'à Beverly Hills. Pour ce faire, nous avons acheté 5 DayPass à 5$ l'unité, qui seront vite amortis.
Voyage en Inde du Sud: cadeaux et composition du sac à dos? English translation pending
Bonjour à tous.
Mon fils part en Inde du sud mode "roots" le 12 avril avec sa chérie. Je me demandais s'il pouvait emporter des "bricoles" pas trop lourdes et qui pourraient faire plaisir à des gens qu'ils rencontraient en chemin. De mon temps 😉, on partait avec des boites de bics, je sais, c'est il y a longtemps ..... c'est pour cela que je vous demande votre avis 😏 et ce qui serait sympa aujourd'hui.
D'autre part y a t-il quelque chose d'important à ne pas oublier dans le sac à dos ?
J'ai vu aussi sur le site un système de sac pour mettre le sac à dos. On trouve ça où ?
Merci à tous et bonne journée.
Cinq semaines en Inde et au Népal (avril-mai) English translation pending
bonjour,
donc voilà, je pars seul pour 5 semaines et comme je commence juste à me documenter et à parcourir les forums, je n'ai pas de trajet établis (juste que ça sera bombay au début & à la fin)
donc bombay pour qques jours (y a t il des choses à voir non loin de bombay?) ensuite cap au nord vers delhi et ses environs (agra, etc.)
je pense faire une petite semaine au népal (surement transport en avion si le coût n'est pas prohibitif!) c'est pas trop juste 1 semaine ?
enfin retour vers bombay puis paris.
(ps: vol direct AR paris bombay avec air india--> 560 TTC, c'est correct ?)
j'aimerai avoir qques conseils et bons plans afin de pouvoir planifier mon voyage
donc voilà, je pars seul pour 5 semaines et comme je commence juste à me documenter et à parcourir les forums, je n'ai pas de trajet établis (juste que ça sera bombay au début & à la fin)
donc bombay pour qques jours (y a t il des choses à voir non loin de bombay?) ensuite cap au nord vers delhi et ses environs (agra, etc.)
je pense faire une petite semaine au népal (surement transport en avion si le coût n'est pas prohibitif!) c'est pas trop juste 1 semaine ?
enfin retour vers bombay puis paris.
(ps: vol direct AR paris bombay avec air india--> 560 TTC, c'est correct ?)
j'aimerai avoir qques conseils et bons plans afin de pouvoir planifier mon voyage
Voyage dans l'ouest américain en mai 2006 English translation pending
Bonjour à toutes et à tous..
Mon ami et moi avons prévu de faire un voyage aux états-unis dans l'ouest américain début mai 2006 Voici nos étapes: las vegas arrivée à 21h00 de france (pas encore déterminé) las vegas-williams : en route pour williams (2 nuits au motel 8) avec visite du grand canyon williams-bluff : (1 nuit (pas encore déteminé) avec visite de monument valley bluff-moab: (1 nuit pas encore déterminé) avec visite de arches national park et canyonlands moab- dormir (as encore déterminé) en route en direction de bryce canyon journée à bryce dormir à tropic (bed and breakfast de en route vers page avec visite antelope canyon et autour (dormir sur place (pas déterminé)) lake powell et en route vers L.Vegas (Une nuit à LV(pas déterminé)) en route pour la vallée de la mort et dormir à panamint spring resorts en route vers sequoia park et dormir à three rivers (holiday inn express) visite de sequoia et en route vers yosemite (dormir à fish camp (Band B the narrow gauge inn) visite de yosemite et dormir vers modesto (motel 8) route vers San francisco pour 3 jours (pas déterminé)
Est ce que vous pensez que dans ce circuit nous pouvons le compléter avec d'autres visites??? nous avons hésité entre zion et arches national park lequel est le mieux??? ou alors faire absolument les deux??
Nous dormons 15 nuits en tout... est ce que qqun peut me donner des informations aux hotels, motel ou bed and breakfast que j'ai mentionné afin que je sache s'ils sont biens ou pas et que je puisse changer si certains me donner des tuyaux.. nous aimons les hôtes dans des endroits assez calmes.. alors si vous en connaissez nous sommes preneur!!!! pas L.vegas est ce que qqun connait un motel ou autre autour car nous devrons passer une nuit un vendredi soir et ça coûte assez cher..
Nous ferons un circuit en version un peu rapide et donc nous sommes malgré tout content de recevoir toutes i nformations qui vous semblent utiles. Par rapport aux températures, est ce que début mai est une bonne période ou est ce qu'il fait trés chaud (pas pour le côté californie)... surtout pour la vallée de la mort..
Nous vous remercions par avance et attendons avec impatience vos réponses merci à tous
Mon ami et moi avons prévu de faire un voyage aux états-unis dans l'ouest américain début mai 2006 Voici nos étapes: las vegas arrivée à 21h00 de france (pas encore déterminé) las vegas-williams : en route pour williams (2 nuits au motel 8) avec visite du grand canyon williams-bluff : (1 nuit (pas encore déteminé) avec visite de monument valley bluff-moab: (1 nuit pas encore déterminé) avec visite de arches national park et canyonlands moab- dormir (as encore déterminé) en route en direction de bryce canyon journée à bryce dormir à tropic (bed and breakfast de en route vers page avec visite antelope canyon et autour (dormir sur place (pas déterminé)) lake powell et en route vers L.Vegas (Une nuit à LV(pas déterminé)) en route pour la vallée de la mort et dormir à panamint spring resorts en route vers sequoia park et dormir à three rivers (holiday inn express) visite de sequoia et en route vers yosemite (dormir à fish camp (Band B the narrow gauge inn) visite de yosemite et dormir vers modesto (motel 8) route vers San francisco pour 3 jours (pas déterminé)
Est ce que vous pensez que dans ce circuit nous pouvons le compléter avec d'autres visites??? nous avons hésité entre zion et arches national park lequel est le mieux??? ou alors faire absolument les deux??
Nous dormons 15 nuits en tout... est ce que qqun peut me donner des informations aux hotels, motel ou bed and breakfast que j'ai mentionné afin que je sache s'ils sont biens ou pas et que je puisse changer si certains me donner des tuyaux.. nous aimons les hôtes dans des endroits assez calmes.. alors si vous en connaissez nous sommes preneur!!!! pas L.vegas est ce que qqun connait un motel ou autre autour car nous devrons passer une nuit un vendredi soir et ça coûte assez cher..
Nous ferons un circuit en version un peu rapide et donc nous sommes malgré tout content de recevoir toutes i nformations qui vous semblent utiles. Par rapport aux températures, est ce que début mai est une bonne période ou est ce qu'il fait trés chaud (pas pour le côté californie)... surtout pour la vallée de la mort..
Nous vous remercions par avance et attendons avec impatience vos réponses merci à tous
Impressions d'Afrique du Sud et du sud de la Namibie English translation pending
Bonsoir de Martinique

Madiba, tu es la raison de mon voyage en Afrique australe, celui que ma mère admirait tant et dont elle m'avait tellement parlé. Elle aurait voulu venir visiter ton pays, Soweto, Robben island, mais elle est partie vers les étoiles 5 mois avant mon voyage, alors j'espère que la-haut enfin, vous êtes en paix avec tous les autres valeureux qui se battent pour que la terre aille mieux!!!!!
Forcément, ce voyage s'est fait avec le prisme déformant de la tristesse que j'avais dans le cœur, et mon hyper sensibilité a certainement accentué ma forte aptitude à percevoir les émotions.
J'ai changé d'avatar, c'est le signal que je suis prête, prête à me lancer dans mes impressions d'Afrique australe. Mis à part le wimpy et le mugg and bean, que j'ai vraiment appréciés, il y a quand même des trucs sympas la-bas et puis il y en a d'autres qui m'ont bouffé les trippes et m'ont fait verser des larmes.
Je suis une non white et je tient avec fierté mon ticket d'entrée au musée de l'apartheid. Cette donnée aussi est importante pour comprendre mes choix et mes réactions, par la suite.

J'entends déjà le "Ah! Enfin!"...... Et j'imagine les sourires et le soulagement de voir enfin apparaître ce début de carnet.
Il est de bon ton de remercier. Il parait que les gens biens font ça. Alors comme j'essaie de temps en temps d'être quelqu'un de bien, et surtout vu que j'ai énormément taquiné, embêté, perturbé, agacé, énervé, amusé........... je vais remercier les intervenants principaux qui ont eu la patience de répondre à mes questions depuis 2 ans, le temps de gestation d'une éléphante.

1ère préparation que d'aucun auront surnommé tout ce vous avez toujours voulu savoir sur l'Afrique australe et que vous n'avez jamais osé demander. 2ème préparation que d'autre auraient pu surnommé "l'Afrique australe à la japonaise" car j'avais même rajouté un peu de Zimbabwé en plus de la namibie et du Botswana!!!!!
Alors je remercie Rivière-Fox, mon ange à moi, bienveillante et si compréhensive, tu sais déjà.
Pierre 77 renommé Pierre Philosophale, ça fait longtemps hein; promis, la prochaine fois si elle arrive, il y aura encore plus de Namibie (j'ai adoré les paysages) et du Botswana. Tes conseils ne sont pas perdus, loin de là.
Attila, ma tila à moi, merci de ta patience mise à rude épreuve. Tes conseils n'ont pas été vains.
Régis, que j'ai eu la chance de rencontrer et qui a réussi à ne pas me jeter aux lions. il paraît que j'ai un caractère qui rappelle celui de sa fille........ merci pour le soutient indéfectible.
Airone renommé Air onus magnus que j'ai aussi eu la chance de rencontrer au cour de ce voyage, le p'tit punch sera pour une autre fois. Merci en particulier pour tous ces Mp réconfortants.
Michel 85200 dont le carnet est une vraie mine d'or. Merci pour tout ce temps consacré à nous faire découvrir tous ces voyages. C'est quand le prochain?
Claw que j'ai aussi rencontré. Quel personnage tu fais. Merci aussi pour tous nos échanges.
Kola, la poétesse entre toutes, j'espère que tu continueras longtemps à embellir le monde de tes mots.
Muriel P, qui s'est bien amusée de mes espièglerie et qui la première a appris la mauvaise nouvelle du décès de ma mère. Merci de ton soutien.
Marimijean qui a suivi ma première préparation et donné pas mal d'idées, merci depuis bien longtemps.
Nammanu, tu es celui que je regrette de ne pas avoir rencontré. Si ce n'est pas sur cette terre ce sera ailleurs, je l'espère en tout cas.
Max 68 dit Maxou, merci pour tes conseils nombreux, le KTP c'était différent, et les routes dans les dunes, vraiment comme un toboggan!!!
Boulwaï surnommé boule de gomme, le monde serait bien triste sans toi, merci pour l'insistance sur la Namibie et le fish river canyon. Tu as eu cent mille fois raisons, comme Pierre.
les Caperam, Merci pour vos 2 centimes d'info qui sont toujours tombés à point
Carine Ned que j'ai suivi avec plaisir au Lesotho, merci de ce temps consacré à faire découvrir ce pays.
Voyajou surnommé Voyou ou Voyajoueur, l'écrivain, l'amoureux de l'Afrique, prompt à faire des blagues, à provoquer, à donner des conseils, mais qui joue les filles de l'air quand les sujets deviennent vraiment graves!!!!! Merci pour tout.
Madikéra, que je surnomme affectueusement Madi, qui sait toujours trouver les mots justes quand il faut, même si ça ne concerne pas directement l'Afrique australe. Merci du réconfort.
Le tout jeune Pierre de Guadeloupe dont on n'a plus de nouvelles. J'espère que son voyage s'est bien passé et qu'il est rentré sain et sauf
Et tous ceux que j'ai pu oublier, je vous demande pardon et je fais à tout le monde un gros calin.

Un petit lien vers un post où je récapitule mon itinéraire total de 31 jours entre Afrique du sud et Namibie.

Madiba, tu es la raison de mon voyage en Afrique australe, celui que ma mère admirait tant et dont elle m'avait tellement parlé. Elle aurait voulu venir visiter ton pays, Soweto, Robben island, mais elle est partie vers les étoiles 5 mois avant mon voyage, alors j'espère que la-haut enfin, vous êtes en paix avec tous les autres valeureux qui se battent pour que la terre aille mieux!!!!!
Forcément, ce voyage s'est fait avec le prisme déformant de la tristesse que j'avais dans le cœur, et mon hyper sensibilité a certainement accentué ma forte aptitude à percevoir les émotions.
J'ai changé d'avatar, c'est le signal que je suis prête, prête à me lancer dans mes impressions d'Afrique australe. Mis à part le wimpy et le mugg and bean, que j'ai vraiment appréciés, il y a quand même des trucs sympas la-bas et puis il y en a d'autres qui m'ont bouffé les trippes et m'ont fait verser des larmes.
Je suis une non white et je tient avec fierté mon ticket d'entrée au musée de l'apartheid. Cette donnée aussi est importante pour comprendre mes choix et mes réactions, par la suite.

J'entends déjà le "Ah! Enfin!"...... Et j'imagine les sourires et le soulagement de voir enfin apparaître ce début de carnet.
Il est de bon ton de remercier. Il parait que les gens biens font ça. Alors comme j'essaie de temps en temps d'être quelqu'un de bien, et surtout vu que j'ai énormément taquiné, embêté, perturbé, agacé, énervé, amusé........... je vais remercier les intervenants principaux qui ont eu la patience de répondre à mes questions depuis 2 ans, le temps de gestation d'une éléphante.

1ère préparation que d'aucun auront surnommé tout ce vous avez toujours voulu savoir sur l'Afrique australe et que vous n'avez jamais osé demander. 2ème préparation que d'autre auraient pu surnommé "l'Afrique australe à la japonaise" car j'avais même rajouté un peu de Zimbabwé en plus de la namibie et du Botswana!!!!!
Alors je remercie Rivière-Fox, mon ange à moi, bienveillante et si compréhensive, tu sais déjà.
Pierre 77 renommé Pierre Philosophale, ça fait longtemps hein; promis, la prochaine fois si elle arrive, il y aura encore plus de Namibie (j'ai adoré les paysages) et du Botswana. Tes conseils ne sont pas perdus, loin de là.
Attila, ma tila à moi, merci de ta patience mise à rude épreuve. Tes conseils n'ont pas été vains.
Régis, que j'ai eu la chance de rencontrer et qui a réussi à ne pas me jeter aux lions. il paraît que j'ai un caractère qui rappelle celui de sa fille........ merci pour le soutient indéfectible.
Airone renommé Air onus magnus que j'ai aussi eu la chance de rencontrer au cour de ce voyage, le p'tit punch sera pour une autre fois. Merci en particulier pour tous ces Mp réconfortants.
Michel 85200 dont le carnet est une vraie mine d'or. Merci pour tout ce temps consacré à nous faire découvrir tous ces voyages. C'est quand le prochain?
Claw que j'ai aussi rencontré. Quel personnage tu fais. Merci aussi pour tous nos échanges.
Kola, la poétesse entre toutes, j'espère que tu continueras longtemps à embellir le monde de tes mots.
Muriel P, qui s'est bien amusée de mes espièglerie et qui la première a appris la mauvaise nouvelle du décès de ma mère. Merci de ton soutien.
Marimijean qui a suivi ma première préparation et donné pas mal d'idées, merci depuis bien longtemps.
Nammanu, tu es celui que je regrette de ne pas avoir rencontré. Si ce n'est pas sur cette terre ce sera ailleurs, je l'espère en tout cas.
Max 68 dit Maxou, merci pour tes conseils nombreux, le KTP c'était différent, et les routes dans les dunes, vraiment comme un toboggan!!!
Boulwaï surnommé boule de gomme, le monde serait bien triste sans toi, merci pour l'insistance sur la Namibie et le fish river canyon. Tu as eu cent mille fois raisons, comme Pierre.
les Caperam, Merci pour vos 2 centimes d'info qui sont toujours tombés à point
Carine Ned que j'ai suivi avec plaisir au Lesotho, merci de ce temps consacré à faire découvrir ce pays.
Voyajou surnommé Voyou ou Voyajoueur, l'écrivain, l'amoureux de l'Afrique, prompt à faire des blagues, à provoquer, à donner des conseils, mais qui joue les filles de l'air quand les sujets deviennent vraiment graves!!!!! Merci pour tout.
Madikéra, que je surnomme affectueusement Madi, qui sait toujours trouver les mots justes quand il faut, même si ça ne concerne pas directement l'Afrique australe. Merci du réconfort.
Le tout jeune Pierre de Guadeloupe dont on n'a plus de nouvelles. J'espère que son voyage s'est bien passé et qu'il est rentré sain et sauf
Et tous ceux que j'ai pu oublier, je vous demande pardon et je fais à tout le monde un gros calin.

Un petit lien vers un post où je récapitule mon itinéraire total de 31 jours entre Afrique du sud et Namibie.
Canyons colorés, cimes enneigées, l'ouest USA au printemps English translation pending
Tout le récit en images en cliquant ici
Ce 4ème voyage dans l’ouest américain s’est décidé seulement 2 mois avant le départ, Fred ayant l’opportunité de faire un voyage professionnel à Las Vegas et sachant que je suis toujours prête pour cette destination, nous en avons profité pour bourlinguer pendant 2 semaines (du 24/04 au 09/05/14) aux alentours (enfin…vu d’ici hein !) Je me suis vite replongée dans ma doc pour réaliser que cette fois j’avais envie d’un voyage un peu différent : pas d’enfant, seulement 2 semaines, un planning pour la 2ème semaine connu seulement 3 semaines avant le départ (fonction des contraintes de dates pour Fred à Las Vegas), un voyage au printemps alors que nous ne connaissons l’ouest que sous la chaleur torride de l’été.
L’occasion de sortir des sentiers battus, avec la souplesse que permet un voyage à 2, avec une météo plus propice à la randonnée au sud et l’occasion de profiter de la fin de l’hiver plus au nord (le Yellowstone sous la neige me tente depuis un moment …)
Je me dépêche de réserver les vols, directs au départ de Francfort vers Las Vegas avec Condor, chers vu la saison : 940 €, achetés 7 semaines avant le départ.
Depuis….longtemps j’ai envie de découvrir the Maze, cette partie reculée de Canyonland NP, située à l’ouest de la Green River et du Colorado. J’ai d’abord envisagé d’y aller en 4X4 de location mais les 6h de piste difficile, l’incertitude quant aux qualités (ou non !) de notre 4X4 de location, la perspective de se taper 2 jours de piste fatigante sur un voyage de 2 semaines et enfin la lecture de ce passionnant récit http://backcountrypost.com/...to-water-canyon.903/ m’ont décidé à préférer un accès en bateau. Il est possible de trouver des sources dans the Maze et donc de s’y déplacer à pied, la voiture n’est pas indispensable et on peut ainsi s’affranchir des pistes et s’enfoncer dans le wilderness. Tex’s Riverways, très réactif, nous propose la navette aller-retour de Potash Bottom près de Moab à Spanish Bottom porte d’accès à The Maze par le fleuve Colorado pour 100 $/personne. Nous tombons d’accord sur les dates (ils emmènent très peu de randonneurs mais récupèrent presque tous les jours de nombreux canoés qui achèvent leur descente de la Green River ou du Colorado avant les dangereux rapides de Cataract Canyon) et je réserve des backcountry permits (aucune difficulté, à la différence des permits pour les campsites accessibles en 4X4) pour 3 nuits soit 4 jours de randonnée.
Nous aussi avons bien envie de descendre la Green River en canoé (surtout depuis que marie 31 sur VF m’en a parlé ! Merci Marie !) 3 possibilités : -9 ou 10 jours de Green River à Spanish Bottom (on craint de s’ennuyer, on n’a pas le temps et il faut un permis, très prisé) -4 ou 5 jours de Mineral Bottom à Spanish Bottom (comme pour le trip précédent, permis difficile à obtenir) -4 jours de Ruby Ranch à Mineral Bottom avec permis en nombre illimité (pour Labyrinth Canyon Section donc) car on s’arrête avant d’entrer dans Canyonland NP. Tex’s n’est pas dispo pour la navette. Nous nous tournons donc vers Tag a Long : 275 $ pour la navette par la route jusqu’à la mise à l’eau à Ruby Ranch, la récupération toujours par la route à Mineral Bottom, la location d’un canoé pour 4 jours (+ toilettes portables + firepan (« plat » à feu) rendus obligatoires par le BLM (Bureau of Land Management) en vertu du principe du leave no trace)
Je me penche ensuite sur mes envies de Yellowstone et découvre qu’une bonne partie des routes ouvre le 02 mai (pas toutefois l’accès sud depuis Grand Teton NP, entre autres, la totalité des routes n’ouvre que le 09 mai) D’après mes plans nous pourrions y être le 03 mai au soir et par chance il reste des disponibilités pour se loger à Old Faithfull le 04 et Mammoth Hot Springs le 05 : je réserve sachant qu’on peut annuler sans frais jusque 48 h avant (en cas de grosse flemme ou de prévisions météo pourries par exemple). Bien sûr ça va nous faire une trotte pour si peu de temps sur place, puisque Fred doit être à Las Vegas le 07 au matin. Tant pis, on n’est pas raisonnable et on réserve pour Fred un vol depuis Cody le 06 qui lui permet d’arriver en milieu d’après-midi à Las Vegas. (avec Delta, 152 $ avec juste un bagage cabine)
Notre vol de retour étant le 09 mai, ça me laisse le temps de ramener la voiture à Las Vegas. Je me fais plein de plans de parcours de retour, afin de choisir en fonction de la météo. 14h de route au plus court depuis Cody dit Google Maps, heureusement que j’aime conduire! Je me réserve la possibilité de repasser par Yellowstone, voire par Great Basin NP, tout dépendra du temps et de mon humeur…
Je réserve la voiture chez Alamo via Autoeurope : 15 jours pour 466 € pour un Rav 4 (assurances max et plein inclus).
Les grandes lignes du voyage étant décidées, je me lance dans les détails de la préparation avec la collecte des points GPS importants pour les randos prévues.
Vient ensuite la préparation du matériel, aussi compact et léger que possible surtout pour les 4 jours de backpacking dans the Maze, un peu plus « confort » pour la partie canoé, multicouche en ce qui concerne les vêtements car l’étude des statistiques météo sur http://www.wunderground.com/ indique qu’il faut s’attendre à tout, de la neige aux températures déjà caniculaires, d’autant que nous visiterons des endroits distants de plus de 1000 km du sud au nord.
Notons au passage le poids ridiculement bas autorisé par Condor en bagage cabine : 6 kg seulement ! Et ils contrôlent…pas avec la même intransigeance que Ryanair heureusement… 23 kg comme tout le monde pour le bagage en soute. On est tout juste dans les clous (faut dire qu’on emmène des lyophilisés pour quasi 1 semaine, ça ira mieux au retour !)
Finalement et pour une fois ( !) le jour du départ arriva très vite. Place au récit….
Jeudi 24/04 /14 J1 Après avoir survolé l’Europe, l’Océan Atlantique Nord, les 4/5 du continent nord-américain, nous survolons enfin le Nevada, c’est le désert à perte de vue… Soudain nous dépassons le Lac Mead, survolons pendant quelques secondes les faubourgs pourtant si étendus de Las Vegas et quelques instants après nous fonçons vers le centre-ville et ses immenses buildings : la piste est en plein centre-ville ! Il faut dire qu’ici il fait si chaud une bonne partie de l’année que tout le monde vit en vase clos avec la clim, fenêtres closes (impossibles d’ailleurs le plus souvent de les ouvrir…) L’avion est ponctuel mais les formalités douanières trainent en longueur (plus de 1h30). Nous récupérons enfin la voiture, en 2 secondes pour une fois car nous sommes les premiers au guichet et nous fichons pas mal des caractéristiques techniques de la voiture. On prend un RAV 4 tout neuf avec 280 miles au compteur, pas 4X4 mais ça n’a pas d’importance. Pour une fois les pneus sont en bon état car neufs ! Pas question de mollir…nous avons un peu dormi dans l’avion et c’est tant mieux car nous filons à présent vers Bryce Canyon NP où nous arrivons crevés vers 21h après 4h de route. Check in rapide au Ruby’s Inn où j’ai réservé une chambre il y a quelques jours. Nous sommes debout depuis 25h, on achète de quoi dîner rapidement dans la chambre à l’épicerie de l’hôtel, du gaz pour notre réchaud et hop au lit après avoir avalé un Stilnox (chez nous il est 6 ou 7 h du matin…) Vendredi 25/04/14 J2 On se réveille presque frais et dispo vers 6h (décalage horaire aidant). Gros petit déjeuner au Ruby’s Inn avant de partir randonner sur Fairyland Loop. Nous avons déjà visité Bryce mais cette randonnée est une première pour nous. Fin avril et à cette heure matinale, il n’y a quasi personne. A noter pour ceux que ça intéresserait que les campgrounds sont pleins mais ça ronfle encore. Cette partie du parc nous a semblé moins minérale que plus au sud. On prend notre temps pour parcourir les 13 km de la rando, démarrée vers 7h du matin (le Ruby’s Inn est juste à l’entrée du parc) qui se déroule au sein d’un amphithéâtre vallonné, ponctué de cheminée de fées, de pins obstinés, de badlands colorés, d’arches improbables, de murailles dentelées, et dont la boucle se termine par un retour le long de la rim ce qui permet d’apprécier a posteriori le chemin parcouru. Très belle balade ! En route à présent vers Moab ! Après concertation et en dépit du temps qui se couvre, nous choisissons de passer par la très belle Scenic Byway 12 (5h17 selon google maps) plutôt que par l’autoroute (4h) Nous l’avons déjà parcourue plusieurs fois mais mille passages sur cette route ne suffiraient pas à s’en lasser. Pas de photos car ciel couvert. Souvenir…souvenir…on adore cette région du Grand Staircase Escalante ! A partir de Capitol Reef, l’atmosphère est jaunie par un violent vent de sable qui bouche l’horizon. Il y a un monde fou (tout est relatif) sur la route au sud de la I70. Nous sommes vendredi soir et on a l’impression que tous filent vers Moab où nous arrivons vers 18h. Quelle animation, un vrai zoo ! Il y a visiblement un rassemblement de vielles voitures ou de voitures bizarres en tout cas. Les gens sont installés en bord de route, vautrés dans de vieux canapés jetés à l’arrière de pick up déglingués et attendent visiblement The Défilé. C’est très bon enfant (d’autant qu’en Utah la consommation d’alcool est très réglementée) mais aussi très motorisé et vrombissant de partout ! Pas de doute, c’est plus tranquille en été… Nous faisons le check in à l’Inca Inn (je comprends au vu de toute cette animation pourquoi le prix des hôtels était si élevé quand j’ai réservé il y a une quinzaine de jours), filons au petit supermarché situé à l’entrée sud de la ville acheter fruits et salades pour le dîner de ce soir puis préparons tranquillement nos sacs-à-dos car le départ pour notre randonnée de 4 jours dans the Maze est prévu demain à la première heure. La météo prévoit un peu de pluie pour cette première journée puis du grand beau temps chaud avec 26°C mais des nuits très fraîches avec seulement quelques degrés au- dessus de zéro. Il s’agit simplement de réorganiser nos sacs car pour optimiser poids, volume et saveurs, et éviter les surprises gustatives j’ai fait le choix d’apporter notre propre boustifaille. Nous avons un sac de 8 kg chacun, sans compter l’eau, avec 4 jours de nourriture. On se couche de bonne heure, comme tout le monde ici à Moab semble-t-il car les rues sont maintenant revenues au calme. Boules Quiès de rigueur tout de même vu l’isolation…
Samedi 26/04/14 J3, J1 trek Nous arrivons à 7H30 chez Tex’s Riverways. Organisation très pro et bien rodée : notre voiture sera garée à l’arrière sur leur parking, nous embarquons aussitôt dans un gros bus scolaire jaune rien que pour nous et après 1/2h de route arrivons à Potash Boat Ramp où le jetboat est mis à l’eau en quelques minutes. Nous sommes les seuls passagers à bord. Le ciel est menaçant et je prends soin de m’équiper pour la pluie de la tête aux pieds. C’est parti pour 50 miles à 25 nœuds de moyenne : le froid se fait immédiatement sentir, d’autant qu’en plus on a un vent violent de face, on ferme les écoutilles du mieux possible. Puis la pluie annoncée arrive, légère puis plus intense, ça caille ! Nous dépassons plusieurs canoéistes réfugiés à terre car le vent violent et à contre-courant lève un clapot très gênant pour de si frêles embarcations. Le paysage disparait dans des nuées de pluie, je me mets en mode frileuse et me réfugie au fond du bateau entre 2 rangées de sièges et me couvre d’une banquette en skaï, tandis que Fred reste dignement assis à braver les éléments. Il n’a pas mis son pantalon de pluie et se retrouve rapidement trempé jusqu’à l’os en dessous de la ceinture, brrr… A « fond de cale » je devine que nous arrivons à Spanish Bottom quand le bateau ralentit enfin après 2 heures de tape-cul frigorifiant. Une dizaine de personnes avec une montagne de matériel attend stoïquement sous la pluie de pouvoir embarquer. Nous débarquons en un clin d’œil, déplions nos bâtons de marche et levons les yeux vers la falaise. Bon ben, c’est par là…allons-y gaiment, ça va nous réchauffer ! Au bout d’une centaine de mètres, la pluie cesse… Un dernier regard sur la prairie fleurie de Spanish Bottom , puis vers notre bateau avec lequel nous avons RDV au même endroit dans 4 jours. La pente s’adoucit un peu et nous découvrons les Doll Houses qui pointent vers le ciel gris. A l’est le ciel est encore très noir mais le vent vient de l’ouest et… au moment où nous arrivons en terrain horizontal au pied des monolithes, le ciel bleu fait son apparition ! Quel timing ! Moi qui craignais de suer sang et eau dans les 300 m de grimpette depuis le Colorado ! Grâce à la fraîcheur, nous sommes montés tranquillement malgré nos sacs de 10 kg pour moi et 14 kg pour Fred. En effet, nous avons chacun 2 litres d’eau pour la journée (j’avais prévu 4l/personne mais compte-tenu de la température ambiante et de nos constations lors de la rando d’hier à Bryce, nos besoins sont finalement très inférieurs) et Fred a monté en plus un gallon (3,6 l) que nous cachons à un endroit où nous repasserons avant la 3ème et dernière nuit dans the Maze (tout près de la bifurcation vers the Granary que nous visiterons le 3ème jour) car il n’y a pas d’eau dans cette partie de the Maze. Les cartes du National Geographic (indispensables ainsi qu’un GPS) indiquent la présence de quelques sources dans le parc et j’ai conçu notre parcours en fonction de celles-ci. Arrivés en haut nous sommes rattrapés par un ranger qui nous demande nos permis (1ère fois que ça m’arrive, je ne pensais pas que ça se produirait par ici !) Nous lui exposons rapidement notre parcours, qu’il approuve et confirme mon intuition qu’avec toute cette pluie des dernières heures nous devrions trouver de l’eau assez facilement. Nous basculons enfin vers la piste menant au campsites 1 et 2 des Doll Houses Et la quittons aussitôt pour l’Overlook Trail Les nuages défilent à toute allure et Fred sèche rapidement (quelle tranquillité d’esprit de savoir qu’ici en climat désertique, rien ne reste mouillé longtemps !) Nous nous faufilons entre 2 tours et découvrons une vaste plaine ponctuée d’énormes blocs de sandstone. Petite pause à l’abri du vent alors que le ciel se couvre à nouveau. Nous allons marcher une petite demi-heure avec vestes et pantalons de pluie et le paysage est si bouché que je me concentre sur la flore printanière. Le sentier est bien marqué et balisé de cairns sur le slickrock. Nous reconnaissons au loin les Needles dans un écrin de pluie. Ici la pluie est rare mais elle s’accumule après avoir couru sur les collines de slickrock dans de miraculeuses petites oasis de verdure. Ailleurs elle reste prisonnière des potholes avant de disparaître en quelques jours sous l’effet du vent et du soleil. On se régale de ces gros cumulus joufflus (et lointains !) Le soleil refait quelques apparitions Et la flore profite bien de cette alternance Nous ne sommes pas allées tout au bout de l’Overlook Trail mais avons bifurqué à G un peu avant. Au SE les Needles à l’arrière-plan Et au SO Chimney Rock, notre étape de mi-journée de demain (à G de l’image à l’arrière-plan) La fin de l’étape du jour est proche, nous apercevons le fond de Water Canyon où se trouve une source. Il coule en effet un filet d’eau…nous montons la tente en vitesse car la pluie menace à nouveau. Puis Fred fait le plein d’eau pour le repas du soir et le petit déjeuner du lendemain. L’avantage du filtre (en plus de sa fonction de…filtre) est qu’il permet de remplir une bouteille même si l’eau est très peu profonde. Sinon c’est à la cuiller ! Finalement compte-tenu de la météo du jour (pas plus de 15°C et beaucoup de vent), nous n’avons bu pour les 7 miles de l’étape (miles qui comptent double vu le nombre d’acrobaties nécessaires à la progression ! Mais c’est très ludique…) qu’un litre et demi à nous deux. On découvre ensuite une alcôve qui surplombe le ruisseau et hésitons à déménager la tente mais la flemme l’emporte (cette alcôve est quasi plate et on peut donc y dormir sans tente ni tarp à l’abri des intempéries) Il pleut un peu pendant la nuit mais au réveil la tente est sèche, même pas de rosée !
La suite bientôt...
Ce 4ème voyage dans l’ouest américain s’est décidé seulement 2 mois avant le départ, Fred ayant l’opportunité de faire un voyage professionnel à Las Vegas et sachant que je suis toujours prête pour cette destination, nous en avons profité pour bourlinguer pendant 2 semaines (du 24/04 au 09/05/14) aux alentours (enfin…vu d’ici hein !) Je me suis vite replongée dans ma doc pour réaliser que cette fois j’avais envie d’un voyage un peu différent : pas d’enfant, seulement 2 semaines, un planning pour la 2ème semaine connu seulement 3 semaines avant le départ (fonction des contraintes de dates pour Fred à Las Vegas), un voyage au printemps alors que nous ne connaissons l’ouest que sous la chaleur torride de l’été.
L’occasion de sortir des sentiers battus, avec la souplesse que permet un voyage à 2, avec une météo plus propice à la randonnée au sud et l’occasion de profiter de la fin de l’hiver plus au nord (le Yellowstone sous la neige me tente depuis un moment …)
Je me dépêche de réserver les vols, directs au départ de Francfort vers Las Vegas avec Condor, chers vu la saison : 940 €, achetés 7 semaines avant le départ.
Depuis….longtemps j’ai envie de découvrir the Maze, cette partie reculée de Canyonland NP, située à l’ouest de la Green River et du Colorado. J’ai d’abord envisagé d’y aller en 4X4 de location mais les 6h de piste difficile, l’incertitude quant aux qualités (ou non !) de notre 4X4 de location, la perspective de se taper 2 jours de piste fatigante sur un voyage de 2 semaines et enfin la lecture de ce passionnant récit http://backcountrypost.com/...to-water-canyon.903/ m’ont décidé à préférer un accès en bateau. Il est possible de trouver des sources dans the Maze et donc de s’y déplacer à pied, la voiture n’est pas indispensable et on peut ainsi s’affranchir des pistes et s’enfoncer dans le wilderness. Tex’s Riverways, très réactif, nous propose la navette aller-retour de Potash Bottom près de Moab à Spanish Bottom porte d’accès à The Maze par le fleuve Colorado pour 100 $/personne. Nous tombons d’accord sur les dates (ils emmènent très peu de randonneurs mais récupèrent presque tous les jours de nombreux canoés qui achèvent leur descente de la Green River ou du Colorado avant les dangereux rapides de Cataract Canyon) et je réserve des backcountry permits (aucune difficulté, à la différence des permits pour les campsites accessibles en 4X4) pour 3 nuits soit 4 jours de randonnée.
Nous aussi avons bien envie de descendre la Green River en canoé (surtout depuis que marie 31 sur VF m’en a parlé ! Merci Marie !) 3 possibilités : -9 ou 10 jours de Green River à Spanish Bottom (on craint de s’ennuyer, on n’a pas le temps et il faut un permis, très prisé) -4 ou 5 jours de Mineral Bottom à Spanish Bottom (comme pour le trip précédent, permis difficile à obtenir) -4 jours de Ruby Ranch à Mineral Bottom avec permis en nombre illimité (pour Labyrinth Canyon Section donc) car on s’arrête avant d’entrer dans Canyonland NP. Tex’s n’est pas dispo pour la navette. Nous nous tournons donc vers Tag a Long : 275 $ pour la navette par la route jusqu’à la mise à l’eau à Ruby Ranch, la récupération toujours par la route à Mineral Bottom, la location d’un canoé pour 4 jours (+ toilettes portables + firepan (« plat » à feu) rendus obligatoires par le BLM (Bureau of Land Management) en vertu du principe du leave no trace)
Je me penche ensuite sur mes envies de Yellowstone et découvre qu’une bonne partie des routes ouvre le 02 mai (pas toutefois l’accès sud depuis Grand Teton NP, entre autres, la totalité des routes n’ouvre que le 09 mai) D’après mes plans nous pourrions y être le 03 mai au soir et par chance il reste des disponibilités pour se loger à Old Faithfull le 04 et Mammoth Hot Springs le 05 : je réserve sachant qu’on peut annuler sans frais jusque 48 h avant (en cas de grosse flemme ou de prévisions météo pourries par exemple). Bien sûr ça va nous faire une trotte pour si peu de temps sur place, puisque Fred doit être à Las Vegas le 07 au matin. Tant pis, on n’est pas raisonnable et on réserve pour Fred un vol depuis Cody le 06 qui lui permet d’arriver en milieu d’après-midi à Las Vegas. (avec Delta, 152 $ avec juste un bagage cabine)
Notre vol de retour étant le 09 mai, ça me laisse le temps de ramener la voiture à Las Vegas. Je me fais plein de plans de parcours de retour, afin de choisir en fonction de la météo. 14h de route au plus court depuis Cody dit Google Maps, heureusement que j’aime conduire! Je me réserve la possibilité de repasser par Yellowstone, voire par Great Basin NP, tout dépendra du temps et de mon humeur…
Je réserve la voiture chez Alamo via Autoeurope : 15 jours pour 466 € pour un Rav 4 (assurances max et plein inclus).
Les grandes lignes du voyage étant décidées, je me lance dans les détails de la préparation avec la collecte des points GPS importants pour les randos prévues.
Vient ensuite la préparation du matériel, aussi compact et léger que possible surtout pour les 4 jours de backpacking dans the Maze, un peu plus « confort » pour la partie canoé, multicouche en ce qui concerne les vêtements car l’étude des statistiques météo sur http://www.wunderground.com/ indique qu’il faut s’attendre à tout, de la neige aux températures déjà caniculaires, d’autant que nous visiterons des endroits distants de plus de 1000 km du sud au nord.
Notons au passage le poids ridiculement bas autorisé par Condor en bagage cabine : 6 kg seulement ! Et ils contrôlent…pas avec la même intransigeance que Ryanair heureusement… 23 kg comme tout le monde pour le bagage en soute. On est tout juste dans les clous (faut dire qu’on emmène des lyophilisés pour quasi 1 semaine, ça ira mieux au retour !)
Finalement et pour une fois ( !) le jour du départ arriva très vite. Place au récit….
Jeudi 24/04 /14 J1 Après avoir survolé l’Europe, l’Océan Atlantique Nord, les 4/5 du continent nord-américain, nous survolons enfin le Nevada, c’est le désert à perte de vue… Soudain nous dépassons le Lac Mead, survolons pendant quelques secondes les faubourgs pourtant si étendus de Las Vegas et quelques instants après nous fonçons vers le centre-ville et ses immenses buildings : la piste est en plein centre-ville ! Il faut dire qu’ici il fait si chaud une bonne partie de l’année que tout le monde vit en vase clos avec la clim, fenêtres closes (impossibles d’ailleurs le plus souvent de les ouvrir…) L’avion est ponctuel mais les formalités douanières trainent en longueur (plus de 1h30). Nous récupérons enfin la voiture, en 2 secondes pour une fois car nous sommes les premiers au guichet et nous fichons pas mal des caractéristiques techniques de la voiture. On prend un RAV 4 tout neuf avec 280 miles au compteur, pas 4X4 mais ça n’a pas d’importance. Pour une fois les pneus sont en bon état car neufs ! Pas question de mollir…nous avons un peu dormi dans l’avion et c’est tant mieux car nous filons à présent vers Bryce Canyon NP où nous arrivons crevés vers 21h après 4h de route. Check in rapide au Ruby’s Inn où j’ai réservé une chambre il y a quelques jours. Nous sommes debout depuis 25h, on achète de quoi dîner rapidement dans la chambre à l’épicerie de l’hôtel, du gaz pour notre réchaud et hop au lit après avoir avalé un Stilnox (chez nous il est 6 ou 7 h du matin…) Vendredi 25/04/14 J2 On se réveille presque frais et dispo vers 6h (décalage horaire aidant). Gros petit déjeuner au Ruby’s Inn avant de partir randonner sur Fairyland Loop. Nous avons déjà visité Bryce mais cette randonnée est une première pour nous. Fin avril et à cette heure matinale, il n’y a quasi personne. A noter pour ceux que ça intéresserait que les campgrounds sont pleins mais ça ronfle encore. Cette partie du parc nous a semblé moins minérale que plus au sud. On prend notre temps pour parcourir les 13 km de la rando, démarrée vers 7h du matin (le Ruby’s Inn est juste à l’entrée du parc) qui se déroule au sein d’un amphithéâtre vallonné, ponctué de cheminée de fées, de pins obstinés, de badlands colorés, d’arches improbables, de murailles dentelées, et dont la boucle se termine par un retour le long de la rim ce qui permet d’apprécier a posteriori le chemin parcouru. Très belle balade ! En route à présent vers Moab ! Après concertation et en dépit du temps qui se couvre, nous choisissons de passer par la très belle Scenic Byway 12 (5h17 selon google maps) plutôt que par l’autoroute (4h) Nous l’avons déjà parcourue plusieurs fois mais mille passages sur cette route ne suffiraient pas à s’en lasser. Pas de photos car ciel couvert. Souvenir…souvenir…on adore cette région du Grand Staircase Escalante ! A partir de Capitol Reef, l’atmosphère est jaunie par un violent vent de sable qui bouche l’horizon. Il y a un monde fou (tout est relatif) sur la route au sud de la I70. Nous sommes vendredi soir et on a l’impression que tous filent vers Moab où nous arrivons vers 18h. Quelle animation, un vrai zoo ! Il y a visiblement un rassemblement de vielles voitures ou de voitures bizarres en tout cas. Les gens sont installés en bord de route, vautrés dans de vieux canapés jetés à l’arrière de pick up déglingués et attendent visiblement The Défilé. C’est très bon enfant (d’autant qu’en Utah la consommation d’alcool est très réglementée) mais aussi très motorisé et vrombissant de partout ! Pas de doute, c’est plus tranquille en été… Nous faisons le check in à l’Inca Inn (je comprends au vu de toute cette animation pourquoi le prix des hôtels était si élevé quand j’ai réservé il y a une quinzaine de jours), filons au petit supermarché situé à l’entrée sud de la ville acheter fruits et salades pour le dîner de ce soir puis préparons tranquillement nos sacs-à-dos car le départ pour notre randonnée de 4 jours dans the Maze est prévu demain à la première heure. La météo prévoit un peu de pluie pour cette première journée puis du grand beau temps chaud avec 26°C mais des nuits très fraîches avec seulement quelques degrés au- dessus de zéro. Il s’agit simplement de réorganiser nos sacs car pour optimiser poids, volume et saveurs, et éviter les surprises gustatives j’ai fait le choix d’apporter notre propre boustifaille. Nous avons un sac de 8 kg chacun, sans compter l’eau, avec 4 jours de nourriture. On se couche de bonne heure, comme tout le monde ici à Moab semble-t-il car les rues sont maintenant revenues au calme. Boules Quiès de rigueur tout de même vu l’isolation…
Samedi 26/04/14 J3, J1 trek Nous arrivons à 7H30 chez Tex’s Riverways. Organisation très pro et bien rodée : notre voiture sera garée à l’arrière sur leur parking, nous embarquons aussitôt dans un gros bus scolaire jaune rien que pour nous et après 1/2h de route arrivons à Potash Boat Ramp où le jetboat est mis à l’eau en quelques minutes. Nous sommes les seuls passagers à bord. Le ciel est menaçant et je prends soin de m’équiper pour la pluie de la tête aux pieds. C’est parti pour 50 miles à 25 nœuds de moyenne : le froid se fait immédiatement sentir, d’autant qu’en plus on a un vent violent de face, on ferme les écoutilles du mieux possible. Puis la pluie annoncée arrive, légère puis plus intense, ça caille ! Nous dépassons plusieurs canoéistes réfugiés à terre car le vent violent et à contre-courant lève un clapot très gênant pour de si frêles embarcations. Le paysage disparait dans des nuées de pluie, je me mets en mode frileuse et me réfugie au fond du bateau entre 2 rangées de sièges et me couvre d’une banquette en skaï, tandis que Fred reste dignement assis à braver les éléments. Il n’a pas mis son pantalon de pluie et se retrouve rapidement trempé jusqu’à l’os en dessous de la ceinture, brrr… A « fond de cale » je devine que nous arrivons à Spanish Bottom quand le bateau ralentit enfin après 2 heures de tape-cul frigorifiant. Une dizaine de personnes avec une montagne de matériel attend stoïquement sous la pluie de pouvoir embarquer. Nous débarquons en un clin d’œil, déplions nos bâtons de marche et levons les yeux vers la falaise. Bon ben, c’est par là…allons-y gaiment, ça va nous réchauffer ! Au bout d’une centaine de mètres, la pluie cesse… Un dernier regard sur la prairie fleurie de Spanish Bottom , puis vers notre bateau avec lequel nous avons RDV au même endroit dans 4 jours. La pente s’adoucit un peu et nous découvrons les Doll Houses qui pointent vers le ciel gris. A l’est le ciel est encore très noir mais le vent vient de l’ouest et… au moment où nous arrivons en terrain horizontal au pied des monolithes, le ciel bleu fait son apparition ! Quel timing ! Moi qui craignais de suer sang et eau dans les 300 m de grimpette depuis le Colorado ! Grâce à la fraîcheur, nous sommes montés tranquillement malgré nos sacs de 10 kg pour moi et 14 kg pour Fred. En effet, nous avons chacun 2 litres d’eau pour la journée (j’avais prévu 4l/personne mais compte-tenu de la température ambiante et de nos constations lors de la rando d’hier à Bryce, nos besoins sont finalement très inférieurs) et Fred a monté en plus un gallon (3,6 l) que nous cachons à un endroit où nous repasserons avant la 3ème et dernière nuit dans the Maze (tout près de la bifurcation vers the Granary que nous visiterons le 3ème jour) car il n’y a pas d’eau dans cette partie de the Maze. Les cartes du National Geographic (indispensables ainsi qu’un GPS) indiquent la présence de quelques sources dans le parc et j’ai conçu notre parcours en fonction de celles-ci. Arrivés en haut nous sommes rattrapés par un ranger qui nous demande nos permis (1ère fois que ça m’arrive, je ne pensais pas que ça se produirait par ici !) Nous lui exposons rapidement notre parcours, qu’il approuve et confirme mon intuition qu’avec toute cette pluie des dernières heures nous devrions trouver de l’eau assez facilement. Nous basculons enfin vers la piste menant au campsites 1 et 2 des Doll Houses Et la quittons aussitôt pour l’Overlook Trail Les nuages défilent à toute allure et Fred sèche rapidement (quelle tranquillité d’esprit de savoir qu’ici en climat désertique, rien ne reste mouillé longtemps !) Nous nous faufilons entre 2 tours et découvrons une vaste plaine ponctuée d’énormes blocs de sandstone. Petite pause à l’abri du vent alors que le ciel se couvre à nouveau. Nous allons marcher une petite demi-heure avec vestes et pantalons de pluie et le paysage est si bouché que je me concentre sur la flore printanière. Le sentier est bien marqué et balisé de cairns sur le slickrock. Nous reconnaissons au loin les Needles dans un écrin de pluie. Ici la pluie est rare mais elle s’accumule après avoir couru sur les collines de slickrock dans de miraculeuses petites oasis de verdure. Ailleurs elle reste prisonnière des potholes avant de disparaître en quelques jours sous l’effet du vent et du soleil. On se régale de ces gros cumulus joufflus (et lointains !) Le soleil refait quelques apparitions Et la flore profite bien de cette alternance Nous ne sommes pas allées tout au bout de l’Overlook Trail mais avons bifurqué à G un peu avant. Au SE les Needles à l’arrière-plan Et au SO Chimney Rock, notre étape de mi-journée de demain (à G de l’image à l’arrière-plan) La fin de l’étape du jour est proche, nous apercevons le fond de Water Canyon où se trouve une source. Il coule en effet un filet d’eau…nous montons la tente en vitesse car la pluie menace à nouveau. Puis Fred fait le plein d’eau pour le repas du soir et le petit déjeuner du lendemain. L’avantage du filtre (en plus de sa fonction de…filtre) est qu’il permet de remplir une bouteille même si l’eau est très peu profonde. Sinon c’est à la cuiller ! Finalement compte-tenu de la météo du jour (pas plus de 15°C et beaucoup de vent), nous n’avons bu pour les 7 miles de l’étape (miles qui comptent double vu le nombre d’acrobaties nécessaires à la progression ! Mais c’est très ludique…) qu’un litre et demi à nous deux. On découvre ensuite une alcôve qui surplombe le ruisseau et hésitons à déménager la tente mais la flemme l’emporte (cette alcôve est quasi plate et on peut donc y dormir sans tente ni tarp à l’abri des intempéries) Il pleut un peu pendant la nuit mais au réveil la tente est sèche, même pas de rosée !
La suite bientôt...
18 jours en solitaire aux Etats-Unis English translation pending
Bonjour à tous !
Une semaine plus tôt j'ai présenté une courte vidéo de 2 minutes regroupant essentiellement les time-lapses que j'ai capturés durant mon périple en solitaire aux Etats-Unis; vous pouvez la visionner sur YouTube via ce lien: http://www.youtube.com/watch?v=-1aQD1Ja_3s
Après en avoir discuté sur le topic associé (http://voyageforum.com/...etats-unis-d6173621/), j'ai choisi de publier chaque semaine le récit illustré d'une journée de cet incroyable voyage !
Pour les personnes qui ne sont pas passées par ce topic, je me présente en quelques points:Matthieu20 ans, 4 moisEtudiant en Prépa au Lycée Faidherbe de Lille, filière MPPassionné de voitures, d'aéronautique et de nouvelles technologies Je vous joins préalablement mon Roadbook qui vous donnera une bonne idée de mon trajet: https//skydrive.live.com/redir?resid=79AB5337927...
Ceci étant fait, je vous souhaite une bonne lecture ! Notez que le premier jour est très peu illustré; il en sera tout autre pour les suivants.
SOMMAIREJour 1 en page 1: De Lille à San Francisco avec escale: du pâté jusqu'à Minneapolis...Jour 2 en page 1: San Francisco et de la compote de piedsJour 3 en page 2: Deux sommets, un musée plein de mange-fric, et des transports publiques atypiques Jour 4 en page 3: Un gros caprice chez HertzJour 5 en page 3: Course contre le SoleilJour 6 en page 4: Sur les lacs salés de Bonneville Jour 7 en page 4: Au bord du gouffre Jour 8 en page 4: Un fer à chevalJour 9 en page 5: Une journée au Grand Canyon Jour 10 en page 6: Une ville pas comme les autresJour 11 en page 7: 120°FJour 12 en page 7: La boucle est bouclée Jours 13 à 15 en page 8: Retrouvailles Jour 16 en page 8: ChicagoJours 17 et 18 en page 9: Dernière journée Les Etats-Unis ne me sont pas totalement inconnus; j'ai eu deux occasions d'y aller: une fois en 2009 avec les parents sur la côte Est (NYC, DC, Chicago) et une autre fois en 2010 dans le cadre d'un échange scolaire, dans le Wisconsin.
On m'a souvent reproché d'avoir l'esprit manuel d'une otarie, ce que je veux bien concevoir. En particulier, retenez que "l'ouverture facile" d'un paquet de gruyère râpé suffit à me dégouter de la vie...
Par ce voyage en solo, j'ai donc décidé de montrer que je pouvais me débrouiller seul. En fait j'aime me dire que ça fera office de service militaire, en plus cool bien sûr, bien que mon père ne soit pas trop de mon avis bizarrement !
Pour l'occasion, j'ai également prévu un matériel vidéo complet pour conserver le meilleur souvenir de cette expérience atypique. Un petit diagramme pour illustrer:

Bref, après une longue préparation, c'est le grand départ, le mercredi 7 août 2013.

JOUR 1 (7 août 2013): De Lille à San Francisco avec escale: du pâté jusqu’à Minneapolis…
Il est 4:20. Réveil, douche, déjeuner, dents, dernières vérifications : passeport, billet, tête etc. Voilà ça c’est fait ! Départ pour la gare Lille Europe où je prends mon TGV en direction de CDG à 6:02. Un dernier au revoir à Maman qui s’inquiète déjà alors que je trépigne intérieurement d’impatience à l’idée de partir vers l’inconnu; me voilà livré à moi-même !
Arrivé à CDG, je suis accueilli par un premier afficheur géant avec la liste des avions. Je cherche AF9300…. AF9300. Je trouve rien, je commence à paniquer, je vois un paquet de gruyère râpé dans ma tête, et puis je finis par me rendre compte du problème : « Et m*rde c’est écrit des deux côtés de l’afficheur ». Bref, je trouve finalement mon vol, Terminal 2E.

A la zone d’enregistrement, je remarque que tous les comptoirs Air France sont encore fermés tandis que Delta fait déjà circuler du monde. J’attends 15 minutes, 30 minutes… eh mais attendez : mon vol Air France est effectué par Delta ? Qu’est-ce que je fiche devant les comptoirs vides d’Air France ?!
Au moins j’arrive à prendre le train automatique sans me tromper de direction (facile en partant du terminus me direz-vous). Me voilà donc rapidement devant ma porte d’embarquement, deux heures avant l’embarquement prévu à 10:35. Mon avion est un Airbus A330-200. J’aurais préféré un B777 qui fait un peu plus « badass » avec ses deux énormes moteurs GE, mais après tout, l’A330 est mieux réputé pour sa fiabilité : je vais aux Etats-Unis, pas au sud du Groenland…

Ça n’empêche pas mon vol de partir presqu’une heure en retard faute de cabine pas prête. Cela promet pour l’escale à Minneapolis ! Le décollage se fait sans encombres. Je comprends toujours pas POURQUOI « all your electronic devices must be turned off » . Enfin bon, je savoure toujours autant le décollage; ah l’avion, quelle incroyable machine !
Plus tard j’apprends en discutant avec mon passager que celui-ci est un ancien policier de Los Angeles – dès lors je suis content d’avoir obéi aux ordres concernant les appareils électroniques… On discute un peu de nos voyages respectifs: lui revenait d’un périple en Europe et vantait le vin français !
Le service de Delta est correct sans plus; AirFrance fait mieux à mon gout. Surtout, on arrive une heure en retard à Minneapolis et juste APRES un avion chinois à l’immigration. Heureusement j’avais déjà parcouru VoyageForum donc aucun stress de mon côté. Pas le cas de tout le monde. J’essaye de rassurer quelques français ou bien je leur traduis les messages des agents Delta lorsqu’ils ne les comprennent pas. Je décide de rester avec un couple de français très sympa qui allait aussi à SFO.
A l’immigration j’ai eu beaucoup plus de questions que d’habitude !! « Why are you coming to the US? », « why are you traveling alone? », « do you have friends in the area? », « how are you renting a car? » etc.
Bref, je finis par passer, je récupère ma valise et j’attends le couple de français. Malheureusement Madame avait emporté du pâté de France, donc à la douane ça passe pas (d'où le titre du jour 1) ! Le couple m'incite à ne pas les attendre et je poursuis donc seul jusqu’au dépose bagage suivant. Au contrôle de sécurité je crois halluciner en voyant les énormes scanners corporels ! A la sortie du scanner, un agent me lance « You did a high score ! ». Peu importe la signification, j’étais surtout préoccupé par ma correspondance. Je réenfile tout à vitesse V puis sur les écrans, je lis à côté de ma correspondance : « departed ».
Reste donc à trouver le comptoir Delta pour transférer mon vol. Au début je demande sans le savoir au comptoir du lounge privé de Delta. On me répond gentiment: « If you do it here you’ll have to pay ». Je trouve finalement le comptoir pour les AUTRES gens, et on me transfert sur un vol pour SFO à 18:00… alors que ma correspondance était normalement prévue à 14:00. Je contacte donc l’hôtel pour prévenir de mon arrivée tardive et j’attends. Heureusement j’ai internet sur mon porta… j’ai rien dit. Bref j’attends.
Le couple de Français qui avait été bloqué à la douane me retrouve finalement. Un peu de compagnie c’est toujours plaisant ! On embarque finalement sur un Boeing 767-300 vieillissant. Fait amusant, je me retrouve en classe bétaillère côté hublot tandis que le couple de Français est placé en Business ! Durant le vol, j'aperçois au sol les grandes zones désertiques du Nevada que j'allais traverser quelques jours plus tard...

Après quatre heures de vol j’arrive ENFIN à San Francisco. Je trouve l’aéroport super ! Visiblement pas trop grand et très pratique; je trouve le BART facilement, quoique je me gratte un instant la tête en voulant prendre un ticket. $8.25 plus tard je pars pour le centre de SF. En sortant du BART vers 22:00 je dégaine ma GoPro et tandis que je filme, un passant me lance « Welcome to California ». C’est à croire que j’ai l’air d’un touriste avec mon backpack, ma grosse valise et ma caméra à la main !!
Je trouve aisément le Grant Plaza Hotel et je suis déjà surpris par le degré de la pente pour y accéder. Premier check-in de ma vie sans soucis, j’ai plus qu’à m’écrouler sur le lit. Ce que je ne sais pas encore, c'est que la vue me réserve une surprise...
Une semaine plus tôt j'ai présenté une courte vidéo de 2 minutes regroupant essentiellement les time-lapses que j'ai capturés durant mon périple en solitaire aux Etats-Unis; vous pouvez la visionner sur YouTube via ce lien: http://www.youtube.com/watch?v=-1aQD1Ja_3s
Après en avoir discuté sur le topic associé (http://voyageforum.com/...etats-unis-d6173621/), j'ai choisi de publier chaque semaine le récit illustré d'une journée de cet incroyable voyage !
Pour les personnes qui ne sont pas passées par ce topic, je me présente en quelques points:Matthieu20 ans, 4 moisEtudiant en Prépa au Lycée Faidherbe de Lille, filière MPPassionné de voitures, d'aéronautique et de nouvelles technologies Je vous joins préalablement mon Roadbook qui vous donnera une bonne idée de mon trajet: https//skydrive.live.com/redir?resid=79AB5337927...
Ceci étant fait, je vous souhaite une bonne lecture ! Notez que le premier jour est très peu illustré; il en sera tout autre pour les suivants.
SOMMAIREJour 1 en page 1: De Lille à San Francisco avec escale: du pâté jusqu'à Minneapolis...Jour 2 en page 1: San Francisco et de la compote de piedsJour 3 en page 2: Deux sommets, un musée plein de mange-fric, et des transports publiques atypiques Jour 4 en page 3: Un gros caprice chez HertzJour 5 en page 3: Course contre le SoleilJour 6 en page 4: Sur les lacs salés de Bonneville Jour 7 en page 4: Au bord du gouffre Jour 8 en page 4: Un fer à chevalJour 9 en page 5: Une journée au Grand Canyon Jour 10 en page 6: Une ville pas comme les autresJour 11 en page 7: 120°FJour 12 en page 7: La boucle est bouclée Jours 13 à 15 en page 8: Retrouvailles Jour 16 en page 8: ChicagoJours 17 et 18 en page 9: Dernière journée Les Etats-Unis ne me sont pas totalement inconnus; j'ai eu deux occasions d'y aller: une fois en 2009 avec les parents sur la côte Est (NYC, DC, Chicago) et une autre fois en 2010 dans le cadre d'un échange scolaire, dans le Wisconsin.
On m'a souvent reproché d'avoir l'esprit manuel d'une otarie, ce que je veux bien concevoir. En particulier, retenez que "l'ouverture facile" d'un paquet de gruyère râpé suffit à me dégouter de la vie...
Par ce voyage en solo, j'ai donc décidé de montrer que je pouvais me débrouiller seul. En fait j'aime me dire que ça fera office de service militaire, en plus cool bien sûr, bien que mon père ne soit pas trop de mon avis bizarrement !
Pour l'occasion, j'ai également prévu un matériel vidéo complet pour conserver le meilleur souvenir de cette expérience atypique. Un petit diagramme pour illustrer:

Bref, après une longue préparation, c'est le grand départ, le mercredi 7 août 2013.

JOUR 1 (7 août 2013): De Lille à San Francisco avec escale: du pâté jusqu’à Minneapolis…
Il est 4:20. Réveil, douche, déjeuner, dents, dernières vérifications : passeport, billet, tête etc. Voilà ça c’est fait ! Départ pour la gare Lille Europe où je prends mon TGV en direction de CDG à 6:02. Un dernier au revoir à Maman qui s’inquiète déjà alors que je trépigne intérieurement d’impatience à l’idée de partir vers l’inconnu; me voilà livré à moi-même !
Arrivé à CDG, je suis accueilli par un premier afficheur géant avec la liste des avions. Je cherche AF9300…. AF9300. Je trouve rien, je commence à paniquer, je vois un paquet de gruyère râpé dans ma tête, et puis je finis par me rendre compte du problème : « Et m*rde c’est écrit des deux côtés de l’afficheur ». Bref, je trouve finalement mon vol, Terminal 2E.

A la zone d’enregistrement, je remarque que tous les comptoirs Air France sont encore fermés tandis que Delta fait déjà circuler du monde. J’attends 15 minutes, 30 minutes… eh mais attendez : mon vol Air France est effectué par Delta ? Qu’est-ce que je fiche devant les comptoirs vides d’Air France ?!
Au moins j’arrive à prendre le train automatique sans me tromper de direction (facile en partant du terminus me direz-vous). Me voilà donc rapidement devant ma porte d’embarquement, deux heures avant l’embarquement prévu à 10:35. Mon avion est un Airbus A330-200. J’aurais préféré un B777 qui fait un peu plus « badass » avec ses deux énormes moteurs GE, mais après tout, l’A330 est mieux réputé pour sa fiabilité : je vais aux Etats-Unis, pas au sud du Groenland…

Ça n’empêche pas mon vol de partir presqu’une heure en retard faute de cabine pas prête. Cela promet pour l’escale à Minneapolis ! Le décollage se fait sans encombres. Je comprends toujours pas POURQUOI « all your electronic devices must be turned off » . Enfin bon, je savoure toujours autant le décollage; ah l’avion, quelle incroyable machine !
Plus tard j’apprends en discutant avec mon passager que celui-ci est un ancien policier de Los Angeles – dès lors je suis content d’avoir obéi aux ordres concernant les appareils électroniques… On discute un peu de nos voyages respectifs: lui revenait d’un périple en Europe et vantait le vin français !
Le service de Delta est correct sans plus; AirFrance fait mieux à mon gout. Surtout, on arrive une heure en retard à Minneapolis et juste APRES un avion chinois à l’immigration. Heureusement j’avais déjà parcouru VoyageForum donc aucun stress de mon côté. Pas le cas de tout le monde. J’essaye de rassurer quelques français ou bien je leur traduis les messages des agents Delta lorsqu’ils ne les comprennent pas. Je décide de rester avec un couple de français très sympa qui allait aussi à SFO.
A l’immigration j’ai eu beaucoup plus de questions que d’habitude !! « Why are you coming to the US? », « why are you traveling alone? », « do you have friends in the area? », « how are you renting a car? » etc.
Bref, je finis par passer, je récupère ma valise et j’attends le couple de français. Malheureusement Madame avait emporté du pâté de France, donc à la douane ça passe pas (d'où le titre du jour 1) ! Le couple m'incite à ne pas les attendre et je poursuis donc seul jusqu’au dépose bagage suivant. Au contrôle de sécurité je crois halluciner en voyant les énormes scanners corporels ! A la sortie du scanner, un agent me lance « You did a high score ! ». Peu importe la signification, j’étais surtout préoccupé par ma correspondance. Je réenfile tout à vitesse V puis sur les écrans, je lis à côté de ma correspondance : « departed ».
Reste donc à trouver le comptoir Delta pour transférer mon vol. Au début je demande sans le savoir au comptoir du lounge privé de Delta. On me répond gentiment: « If you do it here you’ll have to pay ». Je trouve finalement le comptoir pour les AUTRES gens, et on me transfert sur un vol pour SFO à 18:00… alors que ma correspondance était normalement prévue à 14:00. Je contacte donc l’hôtel pour prévenir de mon arrivée tardive et j’attends. Heureusement j’ai internet sur mon porta… j’ai rien dit. Bref j’attends.
Le couple de Français qui avait été bloqué à la douane me retrouve finalement. Un peu de compagnie c’est toujours plaisant ! On embarque finalement sur un Boeing 767-300 vieillissant. Fait amusant, je me retrouve en classe bétaillère côté hublot tandis que le couple de Français est placé en Business ! Durant le vol, j'aperçois au sol les grandes zones désertiques du Nevada que j'allais traverser quelques jours plus tard...

Après quatre heures de vol j’arrive ENFIN à San Francisco. Je trouve l’aéroport super ! Visiblement pas trop grand et très pratique; je trouve le BART facilement, quoique je me gratte un instant la tête en voulant prendre un ticket. $8.25 plus tard je pars pour le centre de SF. En sortant du BART vers 22:00 je dégaine ma GoPro et tandis que je filme, un passant me lance « Welcome to California ». C’est à croire que j’ai l’air d’un touriste avec mon backpack, ma grosse valise et ma caméra à la main !!
Je trouve aisément le Grant Plaza Hotel et je suis déjà surpris par le degré de la pente pour y accéder. Premier check-in de ma vie sans soucis, j’ai plus qu’à m’écrouler sur le lit. Ce que je ne sais pas encore, c'est que la vue me réserve une surprise...
Retour sur trois semaines de visites au Pérou English translation pending
L’organisation du voyage :
Depuis 3 ans, nous repartons au long cours pour les vacances. 2008 a été l’année qui a mis le feu aux poudres. Grâce à un ami travaillant en Ethiopie, ma femme et moi ont convenu qu’il fallait de nouveau voyager, les enfants ayant grandi. Grâce à internet, ce premier voyage a été préparé de notre bureau à coup de mails envoyés à des agences locales de tourisme suite à la découverte du site d’Ethiopian airlines proposant des circuits en plus des vols aériens internationaux et domestiques. Durant près de 2 mois, toute l’information possible sur le pays a été rassemblée afin de connaître les sites les plus intéressants à voir dans un laps de temps très court. Notre idée est d’en voir le maximum tout en supportant un rythme de voyage acceptable et assimilable par l’organisme. Le succès de ce circuit nous a confortés dans l’idée que l’on pouvait maintenant prendre les enfants avec nous afin qu’ils bénéficient des bienfaits d’une ouverture au monde. En 2009, après un projet de vacances au Kenya/Tanzanie, j’ai réussi à argumenter pour se diriger vers la Namibie. Autotour et préparation avec un T.O. local nous ont ainsi permis de visiter une grande partie du pays sans dégoûter les enfants par des kilométrages délirants. Des grands espaces, des animaux sauvages en quantité, un climat frais mais beau ont laissé d’excellents souvenirs à tous. En 2010, il fallait trouver autre chose à voir. L’Asie a été envisagé mais le climat durant l’été n’est pas trop favorable. Peut-être une tentative sera-t-elle tentée à de prochaines vacances de printemps afin de bénéficier d’un temps plus supportable pour visiter l’Inde que personne dans la famille ne connaît ou le Népal. Après un regard sur la mappemonde, l’Amérique du Sud a été trouvée comme prochain point de chute pour l’été. La Bolivie ayant été écartée d’office puisque le père l’a déjà visité il y a près de 20 ans, la destination a été ensuite choisie à l’unanimité : le Pérou. Personne n’y était allé et certains sites étaient déjà bien connus : Machu Picchu, lac Titicaca, les Incas, le seigneur de Sipan. Question climat, on restait dans l’esprit Namibie c’est-à-dire beau mais frais à cela s’ajoute l’altitude qui augmente la baisse de la température. Cela refroidit un peu les envies des plus jeunes mais les arguments des parents l’emportent. Il allait falloir maintenant trouver le circuit que l’on allait monter. Pour cela, internet permet en quelques instants de trouver les principaux centres d’intérêt du pays en parcourant les catalogues des T.O. les plus connus. Ensuite comme pour nos précédents, nous avions prévu de faire confiance à un T.O. local, les expériences ayant été concluantes. Nous dénichons quelques locaux francophones puisque l’espagnol n’est pas parlé dans la famille excepté notre fille mais qu’elle balbutie plus qu’elle ne le parle. Nous envoyons quelques demandes après déchiffrage de leur site. Nous adressons des demandes à ceux nous paraissant les plus sérieux. Après quelques jours d’attente, nous commençons à recevoir des devis qui nous interpellent. Certains nous font découvrir des régions non envisagées au départ tel que le Nord-Pérou et les régions montagneuses de la Cordillère Blanche moins connues que Cuzco. De 15 jours prévus au départ nous entamons une progression dans la durée du circuit y ajoutant par ci par là de nouvelles extensions. Au nord vient se joindre l’Amazonie. Comme l’on prévoit un T.O. local, il faut parallèlement prévoir de notre côté l’achat du billet d’avion Paris/Lima ce qui n’est pas une mince affaire. Les billets doivent satisfaire à plusieurs contraintes : être les moins chers, être aux bonnes dates par rapport à la longueur du circuit retenu, ne pas nous faire passer par les USA, la durée la plus courte possible de l’escale à Madrid car cela nous est apparu très rapidement que le vol serait via Madrid. Fin février, les choix ont été faits : circuit du 18 Juillet au 9 Août Paris-Paris sur vol Ibéria et avec LatinAndes comme T.O. local. Notre interlocuteur sur place s’appelle Walter Candia Valer. Nous discutons par mails pour mettre en place le circuit définitif et le tarif qu’il nous propose nous encourage (environ 2000 euros Lima/Lima par personne) . Du circuit la « terre des pumas » , nous avons choisi de visiter le Pérou dans sa quasi-totalité. Nous trouvons le billet aérien avec escale à Madrid comme convenu. Il n’y a plus alors qu’à attendre le départ avec cependant quelques incertitudes : Nous effectuons les virements de paiement du circuit sans aucune assurance de la notabilité du TO mais nous gardons confiance dans le fait que les années précédentes tout s’est très bien déroulé. Le déroulement jour par jour
Dimanche 18 Juillet : 8h30, départ de notre domicile pour nous rendre à Orly en taxi. Les bagages pour 4 sont trop imposants pour envisager un transfert par RER . Direction Orly-Sud, mais par acquit de conscience Maman vérifie les billets : ce n’est pas Sud mais Ouest où il faut se rendre. Papa s’était trompé par précipitation. Décollage à 10H50 sans encombre, direction Madrid où nous arrivons en fin de matinée. L’enregistrement des bagages et des places sur les 2 vols a été fait jusqu’à Lima ce qui nous laisse du temps pour aller visiter la ville puisque nous repartons à 1H15 du matin. L’aéroport de Barajas est immense ce qui nécessite de prendre des navettes automatiques pour rejoindre le métro qui dessert directement le centre ville. Nous avions préparé notre petite escapade madrilène en prenant plan de la ville et des sites à visiter lors d’un passage-éclair. Nous descendons « place d’Espagne » où une température caniculaire nous attend (37°). Il est près de 15h et la ville est encore assoupie. La faim nous tenaille et nous trouvons vite un restaurant typique où les choix de plats satisfont les différents appétits. Après cette diversion, nous entamons notre périple dans le Madrid touristique via le palais royal, la cathédrale de la Almudena. Nous entrevoyons, sans s’en approcher, le Théâtre Royal tant la chaleur est difficilement supportable. Nous longeons les murs. Nous rejoignons les plazas de la Villa et San Miquel où des halles abritent un marché très à la mode, avant de passer à la plaza mayor à la magnifique unité architecturale. Nous recherchons de l’eau afin de rafraîchir les gosiers assoiffés par la chaleur suffocante de cette fin d’après midi . Nous retrouvons les madrilènes dans les zones commerciales ouvertes le dimanche autour de la « puerta del sol » jusqu’à la « plaza del callao » sur Gran Via. Nous décidons de nous rendre à la « plaza de Alcala ». De beaux immeubles des années 1900 constituent l’essentiel des bâtiments croisés. Les grandes artères que nous parcourons assurent un minimum l’évacuation de la chaleur de la ville entretenue par un soleil toujours aussi vif. Les pieds commencent à s’échauffer et de grosses voix s’élèvent pour demander un arrêt pour manger sachant que dans l’avion, cette nuit, l’attente sera longue. Nous prenons place dans une trattoria sur Alcalà. La cuisine italienne a bien des adeptes partout dans le monde en raison du faible coût des produits utilisés et d’une facile accoutumance aux plats principaux en particulier chez les jeunes. Pâtes et pizzas seront à la table de nombreux repas tout au long du circuit. Après le dîner , nous reprenons le métro pour nous rendre une dernière fois dans le vieux centre. Nous descendons à « la Puerta del Sol » et entamons à la nuit presque tombée un passage vers la place Isabel II où se trouve le théâtre royal. Nous traversons « la plaza de oriente » où un jardin verdoyant concentre une foule multiculturelle . Nous retrouvons ensuite le monument élevé à la gloire de Cervantès représentant Don Quichotte et son fier écuyer monté sur son âne. Une fête gastronomique aux accents de Galice bat son plein sous des barnums au pied de la tour de Madrid. Nous remontons ensuite « Gran Via » jusqu’à la station de métro du même nom pour profiter quelques instants encore de la chaude ambiance de la ville qui commence à s’animer. Une heure de métro plus tard, nous sommes dans l’enceinte de l’aéroport pour attendre notre vol en partance pour Lima.
Lundi 19 Juillet : La journée commence et nous ne sommes pas encore couchés. Nous sommes dans l’Airbus A340, long courrier quadrimoteur qui nous nous fait traverser l’Atlantique et l’Amazonie avant de rejoindre la côte de l’océan Pacifique. Tout le monde s’installe pour une longue nuit qui va nous faire remonter le temps puisque en 12heures nous revoilà 7 heures plus tôt. Repas succinct mais correct. Réveil à 11h plutôt 4h pour avaler un petit déjeuner. 5h30, arrivée dans la nuit noire à Lima. Beaucoup de temps pour récupérer les bagages, mais enfin pas de problème; tous nous ont bien suivis. Maintenant vient l’angoisse : David le guide prévu par le TO sera-t-il bien là ? Après le passage à la douane, tout le monde retient son souffle en sortant de la zone de débarquement et de passage des frontières. Derrière la barrière qui nous sépare des réceptifs cherchant à retrouver les arrivants, nous apercevons le panneau sur lequel est écrit notre nom : Ouf, il est bien là David. Toute notre angoisse disparaît , le voyage peut réellement commencer. Après les présentations, toutefois un premier désagrément: pas de chauffeur pour nous conduire en ville à l’hôtel. David s’empresse auprès du chauffeur de connaître le motif de son absence. Il s’est tout simplement trompé d’heure. On lui avait dit 6h30 mais il s’était plus souvenu si il s’agissait du main ou du soir. Après ce contretemps, nous avons rejoint le minibus, avec une heure de retard, commencé à se mêler aux embouteillages de Lima et à s’imprégner de l’ambiance grise et fraîche de cette mégalopole. Un brouillard fin s’abat tous les matins d’hiver pour se dissiper vers midi. D’ici là, il faut s’adapter pour vivre dans cette ville aux banlieues lépreuses où les mototaxis encombrent les rues. Peu de véhicules particuliers toutefois, mais une foule de bus , d’autobus de ligne, de taxis en tout genre. En 45 minutes nous rejoignons notre hôtel (Kamara) situé quasiment en plein centre historique. Des mesures de sécurité importantes permettent de vérifier l’attention toute particulière qu’il faut faire au cours de déplacements. Grilles aux portes de l’hôtel, vigiles sont monnaie courante devant de nombreux établissements commerciaux. Nous rejoignons nos deux chambres et après une toilette réparatrice, nous allons prendre un petit déjeuner. A 10h, le guide nous rejoint pour nous faire visiter le centre historique. Nous commençons par une rue pleine de libraires qui donne dans la place San Martin . Ce personnage est un des héros de l’indépendance du Pérou au cours du XIXème siècle. Après la canicule de la veille, le temps breton nous réveille pour continuer la visite en direction de la plaza mayor qui est entourée de tous les bâtiments caractéristiques d’une capitale coloniale espagnole. Cathédrale, administration centrale, présidence de la république, banque centrale et autres. Avant le premier déjeuner péruvien, nous visitons quelques églises de style baroque car de nombreuses originales du XVIème siècle ont été détruites lors de tremblements de terre. Peu avant midi, nous retournons devant la présidence de la république sur la plaza mayor pour assister à la relève d la garde, événement qui voit arriver une forte concentration de touristes. A l’occasion de notre repas pris dans un restaurant à deux pas du centre touristique, nous goûterons le cocktail local, le « Pisco Sour » ainsi que la cuisine locale qui s’avérera très variée à base de céréales comme le quinoa, de viandes souvent exotiques telles que l’alpaga. Après le repas, nous continuons nos visites par celle du musée de l’Inquisition qui fit tant trembler jusqu’au XVIIIème siècle et celle d’un musée privé (musée Cohen) présentant de magnifiques collections d’objets des différentes civilisations ayant traversé l’histoire du Pérou. Après cela nous retournons à l’hôtel, fatigués par la promenade, le décalage horaire et les différences de température subies depuis deux jours. Nous prenons congé de notre guide qui nous rejoindra le lendemain pour nous conduire à la gare routière. Un cadenas sur un bagage qui ne veut pas s’ouvrir viendra ternir l’ambiance en cette fin d’après midi. Il a fallu ressortir pour le remplacer (Cela nous a permis de tester notre espagnol) et puis, par hasard la combinaison s’est de nouveau ouverte. Après ce petit contretemps sans grave conséquence, nous prenons la décision de dîner à l’hôtel afin de nous économiser un peu, demain étant une journée de voyage en bus de ligne. Pour le repas, nous choisissons cuisine italienne ce qui ravira l’ensemble des convives. Les enfants vont se coucher mais les parents attendent une visite : notre T.O. doit venir nous rencontrer afin de nous donner les éléments pour continuer le voyage. A 21h30, Walter apparaît dans le hall de l’hôtel et se présente à nous. Il vient de monter son agence à Cuzco depuis quelques mois et cherche encore des clients malgré un emploi du temps déjà bien chargé. Il accompagne aussi un groupe de touristes français . Il nous explique qu’à chacune de nos étapes un guide , un chauffeur et un van nous attendront pour nous faire visiter la région et nous conduire jusqu’au prochain moyen de transport qui nous amènera à notre destination suivante. Au Pérou, afin de diminuer le chômage en province, les accompagnateurs de circuit sont des locaux assermentés, associés chacun à une région et souvent à une spécialité comme guide de haute ou moyenne montagne. Nous prenons congé de notre hôte après ses précieux renseignements fournis pour le déroulement ultérieur de notre aventure. A 22h30, extinction des feux.
Mardi 20 Juillet : Réveil à 5h15, rassemblement des bagages puis petit déjeuner au restaurant de l’hôtel Kamana où nous avons passé une excellente nuit réparatrice. A 6h45, nos guides et chauffeur viennent nous chercher pour rejoindre la gare routière située au sud de Lima dans une banlieue glauque que le temps gris n’améliore pas. Nous déposons les bagages qui seront mis en soute et attendons patiemment la montée après contrôle par caméra. Nous partons à 8h10 dans le bus de ligne de la Compagnie Movil Tour en direction de Mancos via Huaraz dans la Cordillère Blanche, une chaîne de montagne où de nombreux sommets dépassent les 6000 m. C’est notre 1ère expérience de ce type de transport. Par crainte de souci de mal au cœur, Pierrine, notre fille a pris des médicaments qui s’avéreront efficaces. Le bus est confortable, muni de WC, de TV , de sièges inclinables afin de supporter un long trajet. Aujourd’hui, ce sera essentiellement du repos avec découverte de différents paysages qui s’étageront du niveau de l’océan à plus de 4000 m. Nous traversons tout d’abord Lima par de grands axes souvent encombrés, puis la Rimac, le fleuve qui sépare la ville en deux . Au nord, nous atteignons la banlieue et la ville de Callao où se situe notre premier arrêt. Nous accueillons quelques voyageurs supplémentaires avant d’emprunter la Panaméricaine, l’axe mythique qui joint les Amériques. Dès que nous quittons la métropole, nous longeons l’océan Pacifique qui vient se jeter sur la plage en de nombreux rouleaux. De hautes dunes de sable bordent la route côté oriental et cela sur des dizaines de kilomètres. De temps en temps , des oasis de verdure apparaissent au débouché des quelques fleuves se jetant ans l’océan en provenance des contreforts de la cordillère. Des cultures de cannes à sucre forment l’essentiel de l’agriculture associée à une culture maraîchère qui assure l’approvisionnement de la capitale en légumes frais. Les arrêts sont fréquents pour franchir des péages qui sont établis sur les axes principaux de l’ensemble du pays. Le réseau routier que nous parcourrons durant notre circuit, est dans l’ensemble en bon état . A midi nous nous arrêtons à Barranca pour déjeuner dans un restaurant de station-service. Afin de diminuer le temps d’arrêt, nous prenons un plat unique de riz-poulet de qualité tout à fait acceptable. Nous nous sommes dérouillés un peu les jambes avant de continuer le voyage. En reprenant la route qui commence à s’élever le long du rio Fortaleza, le soleil fait son apparition. Nous traversons quelques villages avant que les virages deviennent de plus en plus nombreux alors que la route grimpe à l’assaut du col de Conococha qui culmine à 4200m. De là haut, la vue est très étendue à la fois sur la lagune qui s’étend à nos pieds et sur la cordillère de Huayhuash qui barre le paysage vers le sud-ouest. Le col est une grande étendue plate parsemée de marais où paissent des troupeaux de moutons pour l’essentiel. Nous entamons la descente vers Huaraz, tout de même situé à 3060 m. Nous nous arrêtons pour faire descendre l’essentiel des clients qui viennent ici pour la découverte de la haute montagne andine en participant à des treks . Encore une heure de route avant de rejoindre Mancos où nous attend notre guide Eduardo. Il nous conduit chez l’habitant d’après ce qui était prévu dans notre programme mais nous découvririons en fait un petit lodge de montagne très confortable. Situé au pied du Huascaran, la plus haute montagne du Pérou, il bénéficie d’une vue imprenable sur la montagne depuis un très agréable jardin. Les chambres sont simples mais disposent de tout le confort nécessaire pour y passer deux nuits. A 2600 m, nous n’appréhendons pas trop cette altitude qui ne nous pèse pas trop. Nous n’aurons pas de malaises, ni de difficultés particulières pour dormir. La fin d’après midi se passe à s’installer tranquillement et à profiter d’un paysage somptueux que bien des montagnards que l’on connaît nous envieraient. Le soleil couchant sur les deux sommets du Huascaran embrase l’ensemble de la montagne qui nous domine. Le dîner servi dans une petite salle, où de nombreux souvenirs de montagne ( photos d’ascension, piolets) sont accrochés aux murs, est composé d’une excellente soupe de légumes et de riz-poulet suivi d’une salade de fruits. A 21h15, nous nous endormons.
Mercredi 21 Juillet : Ce matin réveil à 7 heures, un soleil magnifique inonde les fenêtres de notre chambre et le Huascaran enneigé. Très bon petit déjeuner où nous sommes accueillis par Walter, notre hôte patron de la « Casa de my habuela ». Aujourd’hui, nous allons en haute montagne visiter les lagunes de Llanganuco, une promenade plus qu’une marche au long cours. A 8heures comme prévu, Eduardo et le chauffeur viennent nous chercher. Nous nous arrêtons tout d’abord au Campo Santo de Yungaï, souvenir d’un tremblement de terre suivi d’un glissement de terrain qui fit 80000 victimes dans la vallée en 1970. La ville a été reconstruite à quelque distance de la ville ancienne afin d’éviter de nouveau une même tragédie. Ensuite, nous entrons dans le parc naturel du Huascaran, qui fait partie des sites naturels de l’Unesco ce qui implique une forte implication dans le respect de la nature. Nous passons alors dans une brèche impressionnante faite entre 2 sommets emblématiques des Andes le Huandoy, d’un côté et le Huascaran de l’autre. Au fond, s’étalent les deux lagunes successives de Llanganuco établies à 3850m. Le soleil brille et aucun vent glacial prévisible en cette saison ne souffle ce qui permet de profiter au maximum d’un environnement magnifique à la vég��tation impensable, pour un européen, à de telles altitudes : arbres de différentes espèces, roseaux, etc… Nous continuons notre route qui est en fait un chemin gravillonné jusqu’à un belvédère à 4750 m où nous embrassons un paysage extraordinaire avec des dizaines de sommets dépassant 5500 m. Malgré que ce soit l’hiver, il faut atteindre plus de 5000 m pour voir de la neige accrochée aux pentes. A cette hauteur, la marche s’avère difficile et nous profitons de ces quelques instants pour immortaliser notre passage dans ce haut lieu de l’andinisme. Lionel Terray n’a-t-il pas gravi le Huandoy que nous voyons en face de nous, en 1956. Ensuite, nous redescendons à la lagune Coracincha située à 3850 m pour pique-niquer au pied des chênes quena , arbres endémiques de la région. Temps magnifique et même chaud puisque nous restons en T-shirt. Le lac permet le canotage mais pas la baignade. Nous faisons après le repas une petite promenade afin de profiter du site constitué de vertigineuses falaises tombant directement sur les eaux turquoises. C’est un lieu très fréquenté par les excursionnistes le plus souvent péruviens. La suite de l’après midi se déroule dans le jardin de l’hôtel afin de contempler la vue majestueuse sur les sommets environnants. A 2600 m, on reprend également son souffle. La descente a été l’occasion de voir la vie difficile des montagnards occupés aux travaux des champs avec le plus souvent comme moyen de traction des charrues, des bœufs. Le dîner passé, le coucher s’effectue à 21h15.
Jeudi 22 Juillet : Le guide nous a donné rendez-vous à 7h45, aussi sommes nous debout à 7h afin de profiter de l’excellent petit déjeuner du lodge. Comme les jours précédents, il fait un soleil magnifique mais la fraîcheur est là également. Nous embarquons pour une heure de taxi pour nous rendre sur les hauteurs de la vallée du rio Santa au pied du Huascaran. Ce matin, un petit trek nous attend afin de nous imprégner de la vie rurale dans la cordillère blanche. Nous sommes déposés à 3400m dans un petit village en pleine activité. Les hommes et femmes s’affairent à nourrir les bêtes – moutons, porcs, vaches- soit dans les fermes, soit dans les champs. Nous croisons un préposé chargé de s’assurer d’une parfaite équité dans la distribution d’eau entre les propriétaires des champs de la communauté. Pour cela, il ouvre et ferme de petites vannes de pierre situées sur les rigoles qui transportent l’eau issue des sommets. Nous descendons le long d’un sentier qui nous ramènera au lodge après une marche d’environ 4 heures à travers les petits villages créés autour d’une place centrale dotée d’un jardin planté de palmiers et où l’église et la mairie constituent les bâtiments principaux. Nous avons la chance de rentrer dans une école maternelle dans laquelle nous donnons quelques stylos et cahiers. La maîtresse et les enfants nous en remercient en chantant. La région est truffée de mines, une d’or est visible à bonne distance, et une seconde, de charbon permet de voir la fin de l’extraction à la sortie des boyaux. Des bosquets d’eucalyptus embaument l’atmosphère. Ces arbres à la pousse rapide, ont permis la reforestation après de trop nombreuses coupes des espèces indigènes en raison des besoins des populations en bois de chauffe. Un bon repas pris en plein air nous permet de reprendre des forces après notre demie journée de marche. L’après midi, nous en profitons pour lire et se divertir avant de rejoindre Huaraz où nous prendrons le bus de nuit pour Trujillo : une nouvelle expérience pour nous tous. A 17 h, le guide et le chauffeur nous conduisent à la « Chamonix » des Andes en remontant la vallée du rio Santa ce qui nous permet de profiter de très belles échappées sur la Cordillère Blanche. De la gare routière où nous avons laissé nos bagages, il nous faut environ 30 minutes pour rejoindre le centre ville. Le calme de Mancos est remplacé, pour quelques heures, par l’animation d’une ville vouée à la haute montagne. Vêtements et équipements d’escalade apparaissent aux vitrines de nombreuses boutiques de même que des sociétés de guides et de treks. A la nuit tombée, nous nous engouffrons dans un restaurant….italien au menu à 11 soles. Nous rejoignons ensuite le terminal des bus en traversant des quartiers aux rues vides, aux boutiques au rideau baissé où dominent la couleur blafarde des néons et les aboiements de chiens qui semblent pas toujours bien intentionnés. Une heure à attendre avant de monter dans le bus qui nous mène à Trujillo. Nous laissons là notre guide Eduardo qui nous a permis de bien découvrir sa région. A 21h30, nous nous installons au rez de chaussée d’un bus à étage disposant de tout le confort pour passer une nuit à bord. Couverture et petit en-cas nous sont distribués par une hôtesse comme dans un avion. La télé dispense un film d’aventure avant l’extinction des feux.
Vendredi 23 Juillet : Nous trouvons notre nouveau guide Pedro au terminal routier de Trujillo à notre arrivée à 7h30 à Trujillo. Nous sommes emmenés à l’hôtel Pullmann situé en centre ville où nous prenons le petit déjeuner et nous nous accordons quelques minutes pour faire un brin de toilette avant d’attaquer nos visites. Ce matin, nous quittons la ville par le sud pour rejoindre le site de la « Huaca de la Luna » où sont entreprises depuis une vingtaine d’années des fouilles archéologiques. Il s’agit d’une pyramide détruite en grande partie par les intempéries, construite en briques et appartenant à la civilisation « moche » datée entre le II et le VIII ème siècle. De nouveaux trésors y sont découverts presque tous les jours. Cette civilisation a construit en empilant les édifices religieux les uns au-dessus des autres ce qui permet d’espérer des découvertes dans les couches les plus profondes non encore creusées. Sous des auvents protégeant les zones de tombes et de salles aux murs colorés, nous pouvons voir les différentes représentations des dieux, en particulier du dieu principal dit « l’égorgeur ».sous forme de bas-reliefs polychromes . Durant près de deux heures, nous parcourons les différentes époques de cette civilisation situées à des niveaux différents de fouille et apercevons la « Huaca del Sol », la plus grande pyramide d’Amérique du sud qui n’est pas encore inventoriée. A la fin de la visite, nous traversons un ensemble de stands de produits d’artisanat d’une grande finesse (céramiques, bijoux, etc…). Pour déjeuner, nous partons au nord de Trujillo sur la côte Pacifique dans la station balnéaire de Huanchaco où je mangerai mon premier ceviche, spécialité culinaire à base de poissons crus assaisonnés d’une vinaigrette au citron vert. Le restaurant domine la plage où les nombreux rouleaux permettent le surf et la pratique des cabalittos de totora, embarcations en roseaux servant à la pêche et utilisées depuis des centaines d’années. Le soleil brille de nouveau après dissipation des brumes matinales qui enveloppent toute la région côtière. En retournant à Trujillo, nous nous arrêtons à Chan Chan, cité conquis par les ncas à la fin du XVème siècle après un siège de 10 ans. La ville s’étend sur 20 km². Elle appartient à la civilisation Chimu qui succéda aux Moche. C’est une enceinte fortifiée construite en adobe. Nous y visitons la citadelle Tschudi Nous voyons la place centrale, lieu des cérémonies et de sacrifices, la zone de l’administration où de petites cellules constituaient les bureaux des fonctionnaires gérant les différentes régions du royaume. A proximité de la mer, se trouvent d’autres enceintes, témoignage d’une autre période de cette civilisation encore mal connue. De retour à Trujillo, nous allons parcourir le centre ville historique situé autour de la plaza de armas et à peu de distance de l’hôtel. La rue de l’hôtel est remplie de stands temporaires d’artisanat ce qui favorise les dépenses de souvenir (nappe en coton , pena, etc…). Ce soir là, nous faisons un repas dans un restaurant chic de la rue Pizarro.
Samedi 24 Juillet : A 7h40, départ en voiture privée pour Chiclayo. Comme tous les jours, brume et fraîcheur sont au rendez-vous. Nous empruntons la panaméricaine direction nord. A environ 40 km de Trujillo, nous la quittons pour rejoindre un site archéologique nouvellement ouvert aux visites. Il s’agit de la Huaca de Cao au musée créé en 2009 à la suite de la découverte d’une magnifique tombe d’une femme de haut rang de la civilisation Chimu. Le musée très sobre, en béton brut, conserve les trésors découverts dans une pyramide située à proximité immédiate de l’océan. Comme à la Huaca de la luna, de nombreux bas-reliefs présentent des motifs géométriques et des représentations du dieu égorgeur et de poissons. Des échafaudages de protection permettent de maintenir en état les restes de tombes où de nombreuses pièces de poterie et des bijoux ont été retrouvées de même que des momies bien conservées regroupées dans le musée nouvellement installé grâce à des fonds allemands. Après la visite du site, nous continuons par celle du musée où ont été rassemblées les pièces essentielles découvertes lors des fouilles. Les salles à la lumière parfaitement adaptée, jouissent d’une magnifique mise en valeur des objets d’orfèvrerie, des tissus multicolores souvent associés à des plumes d’oiseaux d’Amazonie trouvés dans les différentes couches de la pyramide principale. Nous reprenons ensuite la route de Chiclayo en traversant de nombreux villages où la principale industrie est la riziculture. Avant midi, nous nous dirigeons vers Zana, ancienne ville coloniale importante pillée au XVIIème siècle par les pirates anglais . Il reste les vestiges de nombreuses églises qui sont devenus le repaire de vautours. A l’importance de la taille de ces monuments, on s’imagine quel pouvait être le rôle de cette cité dans le commerce local et dans l’exportation vers l’Espagne des produits agricoles locaux tels que la canne à sucre dont la culture est toujours essentielle pour la région. Midi approchant la recherche d’un restaurant s’est confirmée mais a été contrariée par la crevaison d’un pneu sur notre van. Cela nous a permis de nous attarder dans un village et d’y voir la vie s’y dérouler en particulier autour d’un puits qui semblait être la seule source d’eau possible. Après le repas pris dans un restaurant local où nous avons goûté un excellent canard cuisiné aux haricots blancs, nous nous sommes rendus au site où a été trouvé la tombe du « Seigneur de Sipan », l’équivalent au Pérou de la tombe de Toutankhamon pour l’Egypte. Comme pour les sites précédents, nous voyons émerger des buttes qui constituent souvent le seul relief dans le paysage et qui sont en réalité les restes de pyramide de brique en partie effondrée. C’est dans l’une d’elles, la Huaca Rajada, qu’ont été découvertes les tombes inviolées de riches personnages datant de 1750 ans et appartenant à la civilisation moche. Une reconstitution permet de voir les tombes telles qu’elles ont été découvertes en 1987. L’intérieur des tombes constitué en plus des corps, d’objets nécessaires à la vie dans l’au-delà et même de personnes sacrifiées lors de l’enterrement du propriétaire, a été installé dans un musée à Lambayeque ouvert en 2002. Après cette série de visites, nous rejoignons l’hôtel Inti à Chiclayo en s’arrêtant en ville à la promenade des Muses, dont notre guide était très fier mais qui, pour nous, par ses statues et monuments pseudo romains semblait très kitsch. Situé en plein centre, notre hôtel nous a permis de visiter la partie la plus pittoresque constituée bien entendu par la plaza mayor dominée par la cathédrale. Ce soir-là, il nous a fallu près d’une heure et demie pour se décider sur un restaurant qui a plu à nos papilles puisque nous y sommes retournés le lendemain soir.
Dimanche 25 Juillet : Grasse matinée, départ à 9heures. Nous commençons nos visites par celle du marché aux sorciers. En effet, le chamanisme est encore très vivant au Pérou et les ingrédients nécessaires aux cérémonies se trouvent rassemblés dans ce lieu. On trouve ainsi plantes hallucinogènes, peaux de bêtes sauvages, squelettes et gris-gris en tout genre. Par la route ensuite, nous rejoignons Tucume aux 26 pyramides disséminées dans la plaine. Le musée regroupe les découvertes récentes faites en particulier dans la Huaca Larga, la plus grande construction en adobe du monde. Nous montons ensuite sur un belvédère d’où nous pouvons avoir une vue panoramique sur les amoncellements de briques, restes des pyramides de la civilisation sican. Nous rejoignons, pour midi, Lambayeque afin de visiter, après le déjeuner, le musée des tombes royales de Sipan où ont regroupées toutes les découvertes des sépultures du seigneur de Sipan, de son aïeul et du grand prêtre qui appartenaient à la civilisation moche du début de l’ère chrétienne. Le monument reprend la forme des pyramides moche et la couleur du sang tellement présent dans la vie telle qu’elle a été représentée sur les poteries très détaillées découvertes dans les tombes. La visite se fait en descendant. Tous les aspects de la civilisation moche sont présentés à partir des œuvres trouvées. Céramiques, tissus, orfèvrerie représentent la vie religieuse, politique, militaire avec les vainqueurs et les vaincus. Les squelettes sont présentés avec les ornements (pectoraux en or, ceintures, armes etc…) qui les ont accompagnés lors de leur dernier voyage. Cela se termine par une reconstitution animée de la cour du vieux seigneur. Toutes les explications nous ont été données par notre guide Pedro. Vers 16h nous retournons à l‘hôtel Inti afin de préparer les bagages simplifiés que nous emporterons avec nous dans le lodge amazonien. Papa part faire quelques photos dans le centre historique afin de profiter d’un éclairage différent . Pour le dîner, nous retournons au Campero chicken où chacun se régale. Nous nous couchons tôt après avoir reçu par anticipation le petit déjeuner en prévision de notre départ très matinal.
Lundi 26 Juillet : Réveil 4h. En effet, ce matin nous prenons l’avion pour nous rendre à Puerto Maldonado dans l’est du Pérou. Nous changeons d’avion à Lima et faisons ensuite escale à Cuzco. A 5 heures, le guide est à l’heure mais le chauffeur est un peu en retard .Le vol (Airbus A319-Lan Peru) pour Lima est à 6h10. Il faut payer des taxes aéroportuaires avant l’embarquement. Après 70 minutes de vol, nous arrivons à Lima pour un transit d’environ 2h passées à faire les boutiques très coûteuses de l’aéroport. Le vol de 55mn pour Cuzco est splendide en raison du survol des Andes sous un soleil magnifique. L’escale d’une trentaine de minutes nous permet de faire connaissance visuellement avec Cuzco que nous visiterons à notre retour d’Amazonie. Après 35 minutes de vol, nous nous posons à Puerto Maldonado, 250 mètres d’altitude. Nous nous attendons à une chaleur importante surtout qu’il est 13 heures à notre arrivée. Nous rejoignons l’aéroport à pied en traversant le tarmac. Nous sommes un peu surpris par la température trop agréable à note goût (27°). Le TO local nous attend avec un bus très coloré aux sièges en bois, sans vitres tout à fait adapté aux conditions climatiques locales. Nous traversons une ville aux basses maisons de bois. L’essentiel du transport s’effectue avec des mototaxis. L’atmosphère nous rappelle celle des villes des trappeurs et de contact multiculturel. Les indiens des Andes et les indiens de l’Amazonie se croisent . Nous déposons l’essentiel de nos bagages dans les locaux de l’agence qui possède le lodge où l’on va séjourner durant 2 jours au bord du Madre de Dios, un affluent de l’Amazone. Ensuite, le bus nous conduit au port fluvial où l’on embarque sur une longue pirogue pour rejoindre notre base à 90 minutes de navigation en aval. Puerto Maldonado est une ville en constante évolution, point de rencontre entre des peuples en constante hostilité depuis des lustres. Au fil du fleuve, nous découvrons la manière de vivre des garimperos, chercheurs d’or- orpailleurs qui fouillent le fleuve à la recherche d’éventuelles pépites qui pourraient les sortir de la misère, en polluant l’eau par l’utilisation de mercure. La pêche est interdite, en principe, en raison de cette pollution. A 15h, nous abordons au ponton situé au pied du lodge qui nous hébergera 2 nuits. Construit avec des matériaux locaux (bois, palmes, etc…), il est fait de bungalows sur pilotis construits autour d’un bâtiment central au milieu d’une végétation tropicale luxuriante. Les fortes précipitations ont conduit à protéger par des toits en palme les liaisons piétonnes surélevées disposées entre les bâtiments centraux et les paillottes confortables qui nous hébergent. Chacune possède une véranda dotée de rocking chairs et de hamacs qui feront la joie des enfants et même des plus grands. En raison de la chaleur, les murs y sont à claire-voie . Après dépose des bagages, nous allons vite déjeuner car l’heure avance et à 16 heures, nous entamons une promenade à l’île des singes. Nous abordons une plage sablonneuse située en face du lodge, où le guide nous fait les recommandations d’usage avant de s’enfoncer dans la forêt tropicale, en particulier de ne pas s’éloigner du sentier balisé et de ne pas s’approcher de la végétation qui peut s’avérer dangereuse. Les bruits de la forêt se font de plus en plus entendre, cris de singes, chants d’oiseaux, vent dans le feuillage d’arbres immenses qui obscurcissent la lumière dès lors que l’on rentre sous le couvert. Après quelques minutes de marche, nous voyons, tout d’abord assez haut dans les branchages puis de plus en plus près de nous, des colonies de singes de différentes espèces qui semblent très habitués à la présence humaine. En effet, notre guide porte avec lui un sac rempli de bananes qui serviront à les attirer. Ainsi il sera plus facile de photographier ces singes que la plupart n’a vu que dans des zoos. Nous verrons ainsi quatre espèces différentes dont des capucins blancs qui viendront à tour de rôle se laisser photographier et approcher. Nous restons ainsi une heure à traverser la forêt avant de rejoindre la rive du fleuve que nous retraversons en pirogue. Nous finissons la fin de l’après midi au bar du lodge qui comporte baby foot, ping pong pour l’amusement de tous. Après le dîner, nous discutons avec des canadiennes au sujet de nos circuits réciproques et nous comparons nos expériences réciproques en particulier sur la qualité des agences de voyages. D’après les dire de chacun, nous avons fait un bon choix car jusqu’à présent, les prestations promises sont tenues et la qualité de celles-ci est respectée. A 20 heures, nous embarquons sur une pirogue afin d’aller à la rencontre des caïmans le long des rives du Madre de Dios. A la lueur d’une puissante torche, le guide recherche les reptiles mais nous n’en croiserons que deux ou trois de petite taille. La fraîcheur humide s’est installée ce que l’on avait pas prévu pour dormir et il a fallu rassembler des couvertures pour passer une nuit tranquille au sommeil réparateur.
Mardi 27 Juillet : Lever à 6 heures mais le réveil a été bien plus matinal en raison des cris des différents animaux qui peuplent les environs. La toilette a été rapide car la chaleur amazonienne n’est pas là. A 7 heures, nous entamons une visite de la forêt qui entoure le lodge. Le guide nous présente tous les aspects de cet écosystème tant au niveau des fleurs, des arbres , de la vie animale tant terrestre, nautique qu’aérienne. Durant près de 2 heures nous nous enfoncerons dans la jungle sous un couvert oppressant en raison de la hauteur des arbres, de l’impossibilité de quitter le sentier sans disparaître dans une végétation envahissante et quelquefois dangereuse. La saison sèche fait que l’humidité n’imprègne pas nos vêtements comme on peut l’imaginer. Le soleil perce la canopée et vient éclaircir le sol où les fourmis processionnaires portent sur des distances importantes des déchets de feuille pour alimenter leur nid. Nous rejoignons un petit lac après avoir traversé un marigot sur un pont de liane. Un mirador d’une vingtaine de mètres de haut permet d‘admirer la vie lacustre: plantes, oiseaux, petits mammifères, reptiles. C’est le seul endroit qui permet d’avoir une vue étendue sur la forêt. Après la vue d’en-haut, nous montons dans une petite barque pour faire le tour du petit lac et approcher au plus près la vie aquatique en particulier nous pourrons voir un petit caïman qui viendra frôler notre embarcation. Nous retournons au lodge par un autre sentier ce qui nous permet d’observer d’autres éléments vivants de la forêt amazonienne en particulier des singes plus sauvages que la veille. Le guide nous montrera comment faire des flèches à partir de branche de certains arbres et des arcs de certaines lianes. Il nous fera également goûter des plantes comestibles bien utiles à connaître si l’on se perd dans cette immensité. De retour à 11 heures, nous nous préparons pour aller à la piscine, intérieure pour faciliter son entretien et son utilisation à la période des pluies. Hélas, la fraîcheur de l’eau refroidira l’ardeur même des plus jeunes. Après le repas pris sous forme de buffet ce qui permet à tous de trouver son bonheur, nous nous reposons dans les hamacs jusqu’à 15h30, heure de reprise des activités. Cette après midi nous partons jusqu’à un marigot où vit une troupe de caïmans . Lorsque nous parvenons à ce petit étang entouré par la forêt, un guide a préparé un petit banquet pour nos hôtes constitué de pièces de viande posées sur des planches. Petit à petit, l’eau est percée par des yeux globuleux de plus en plus nombreux et gros. En effet, les petits sont envoyés en éclaireur mais ce sont les plus gros qui sortiront les premiers de l’eau pour s’approcher du festin. Craintifs, ils sont, mais affamés encore plus ce qui fait que bientôt les pièces de viande sont l’objet de convoitise de la part des anciens qui ne laisseront que des miettes aux jeunots. Cela permet de faire crépiter les appareils photos. Après avoir assisté à une heure de festin où viendront se mêler quelques oiseaux chapardeurs, nous rejoignons notre hébergement pour profiter d’un apéritif bien mérité, pour les uns, du baby foot pour les autres.
Mercredi 28 Juillet : Aujourd’hui fête nationale au Pérou. Lever 6 heures après une nuit toujours aussi froide pour le lieu . Ce matin est prévu notre retour à Cuzco par avion mais l’heure du vol n’est pas connue ce qui semble le cas pour l’ensemble des hôtes qui quittent le lodge. Tous les vols partent en fin de matinée. Après le petit déjeuner et le rassemblement des bagages, nous embarquons sur notre pirogue direction Puerto Maldonado. Temps ensoleillé qui se réchauffe au fur et à mesure que la matinée avance. Nous croisons ou doublons des longues pirogues étroites sensiblement semblables à la nôtre qui constituent le seul moyen de transport disponible sur le fleuve. Celui-ci est à un bas niveau puisque nous sommes à la saison sèche dégageant ainsi de vastes plages de sable. Sur les rives, nous apercevons quelques villages de cases qui vivent de l’agriculture et de l’élevage de porcs et de volaille. A l’arrivée au port, c’est l’effervescence autour des bacs assurant le passage de la rvière. Bientôt, un pont, en construction, franchira le Madre de Dios pour faciliter les échanges entre la Selva péruvienne et la Bolivie. Nous rejoignons les bureaux de l’agence et récupérons nos bagages. Nous traversons de nouveau la ville en direction de l’aéroport en passant par de fréquents chantiers routiers, preuve que la région est en pleine révolution en voulant développer le tourisme par la création de voies désenclavant le bas Pérou depuis l’altiplano. A l’aéroport, les deux heures d’attente seront occupées à farfouiller dans les petites boutiques d’artisanat mettent en valeur la production régionale autour des plumes d’oiseaux multicolores, de bois sculptés représentant la faune tropicale. A 11h30, décollage pour 35 mn de vol en direction de Cuzco. Nous survolons tout d’abord la forêt amazonienne coupée par les méandres des rivières à la couleur sable qui finiront toutes dans l’Amazone quelques centaines de kilomètres en aval. Les dernières minutes de survol , nous les passons au-dessus de hauts sommets entourant la capitale des Incas. A notre arrivée, nous avons la déception de récupérer une valise abîmée et malgré note demande via notre guide, Lan Peru ne veut pas en tenir compte pour un éventuel dédommagement. Elle finira quand même le voyage avec quelques attentions de notre part. Nous allons directement à l’hotel Casa de Campo, situé sur les hauteurs dans le quartier san Blas, très pittoresque avec ses vieilles maisons coloniales et ses boutiques de peintres. L’étroitesse des rues fait que nous sommes obligés de porter nos bagages pour atteindre notre hébergement. Nous y déposons nos affaires, puis allons à la recherche d’un restaurant que nous trouverons vite car le quartier en est bien pourvu. San Blas est l’endroit à la mode qui réunit une bonne partie des commerces et activités liés au tourisme. Ici, nous trouvons en effet beaucoup plus de touristes qu nulle part ailleurs au Pérou. Après le repas pris dans un restaurant siège d’une association caritative, nous retournons à l’hôtel afin de refaire les bagages et de se reposer un peu avant de plonger dans les visites du quartier historique. A 3300 m d’altitude, les montées sont rudes d’autant que les rues sont ponctuées de marches aux pavés restaurés. Nous descendons jusqu’à la plaza de armas, centre historique de la capitale des Incas. Toutes les constructions ont des soubassements faits d’anciens murs incas que les Espagnols n’ont pu ou pas voulu détruire. L’assemblage des pierres aux magnifiques jointures laisse perplexe sur la méthode de construction et le temps pour parvenir à de tels résultats. Sur notre chemin, nous nous arrêtons à des centres d’artisanat le plus souvent installés dans de vieilles demeures coloniales où s’amoncellent quantités de tricots multicolores, ponchos, bonnets couvrant les oreilles , flûtes de Pan et autres produits de l’artisanat des Andes faits en laine de lama, ou d’alpaga. Une autre spécialité de Cuzco est la peinture qui se vend dans de nombreuses boutiques des quartiers touristiques. La plaza de armas est bordée de maisons à arcades, de la cathédrale et la Compania, église des Jésuites. Comme c’est la fête nationale , une prise d’armes avec fanfare a lieu lors de notre passage ce qui a rassemblé une foule importante essentiellement formée de Péruviens. A la tombée de la nuit, nous continuons notre découverte de la vieille ville en parcourant de nombreuses places où sont situés les musées principaux et des églises de l’époque coloniale tel la Merced et San Francisco. De retour à l’hôtel nous nous arrêtons dans un petit restaurant au menu touristique à 10 soles qui fera la joie de tous.
Jeudi 29 Juillet : Après un réveil à 8 heures, nous prenons le petit déjeuner dans une salle de l’hôtel qui domine toute la ville éclairée par un très soleil - Nous profitons ainsi de la vue avant d’entreprendre avec notre guide Luis , la visite expliquée du centre historique que nous avions découvert la veille par nous-mêmes. Nous traversons la place san Blas puis nous nous dirigeons vers le monastère Santo Domingo qui s’est intégré dans le temple du soleil inca (Qoricancha). Nous goûtons aux tamales, spécialité culinaire péruvienne à base d’épi de maïs. Nous passons par la plaza de armas avant d’attaquer la montée qui nous mène au site de Sascahuayman . 40 minutes d’effort soutenu pour atteindre le temple inca, souvent présenté comme une forteresse en raison de sa triple enceinte. Une grande esplanade permettait d’y faire des fêtes religieuses associées au culte du soleil. Les constructions cyclopéennes laissent perplexe quant au mode de construction sachant que certaines pierres pèsent plus de 130 tonnes. Nous continuons ensuite notre marche jusqu’à Q’enqo, autre site inca où des manifestations religieuses se déroulaient. Nous retrouvons notre minibus chargé de nos bagages pour continuer nos visites dans la Vallée Sacrée des Incas. Prochain arrêt : Pisac, village situé sur la rivière Urubamba. Nous déposons nos bagages dans un petit hôtel local qui nous hébergera pour la nuit. C’est très rustique et rudimentaire. La patronne, très aimable tient également une petite boutique et un restaurant où nous mangerons le soir. Pour l’instant, nous reprenons le minibus pour aller déjeuner au pied du site inca. Nous le visitons en début d’après midi après une montée en bus d’environ 20 minutes. Dominant la vallée, la forteresse de Pisac est bâtie à partir de terrasses de soutènement , en plusieurs parties établies sur la crête d’une montagne. Une partie administrative complète les parties militaires et religieuses . Un chemin relie ces différentes parties et emprunte même un tunnel. A son débouché, on profite d’un admirable panorama sur le centre cérémoniel : l’Intiwatana qui possède également des constructions pré incaïques repérables au fait d’un appareillage de pierres différent . Nous continuons la descente en passant par des tours de guet protégeant d’une possible intrusion la citadelle. Toute la montagne est dotée de terrasses au fonction agricole. En arrivant au village dans la vallée après près de deux heures de promenade, nous traversons le marché assurant la vente des produits d’artisanat local pour les touristes et des produits de consommation courante pour les locaux en particulier pommes de terre, base de la nourriture péruvienne. De retour à l’hôtel, papa abandonne sa petite famille qui demande à se reposer , afin de retourner déambuler dans le village et son marché. A 18h45, nous prenons un excellent souper préparé par note hôte composé d’une soupe de légumes, de nouilles et de poulet.
Vendredi 30 Juillet : Départ prévu à 8h45, nos chauffeur et guide venant de Cuzco. Durant cette attente, notre hôte nous déguise avec les vêtements servant aux fêtes religieuses où se mêlent christianisme et croyance inca. Masque , bonnet, chapeaux, vestes chatoyants sont mis à notre disposition pour immortaliser notre passage dans son établissement. Nous nous imaginons défilant au son des tambours, flûtes et autres cymbales à l’occasion des fêtes religieuses accompagnant les périodes importantes des cultures. Après cet intermède et avoir remercié notre hôte pour son accueil, nous reprenons le fil de nos visites dans la vallée sacrée en rejoignant Moray et ses terrasses agricoles circulaires établies sur l’altiplano dans une cuvette naturelle. Elles auraient servi pour tester des cultures de maïs en raison des microclimats créés à leurs différents niveaux. Actuellement, les hauts plateaux permettent la culture du blé et l’élevage du mouton. Après avoir traversé le village de Maras où il reste de nombreux vestiges de époque coloniale espagnole, nous descendons vers la rivière Urubamba, qui a permis le développement d’un grenier agricole en raison de la présence de l’eau et d’un climat favorable. Dominant le fond de cette vallée, dans une échancrure de celle-ci nous visitons les salines de Maras, où depuis la période pré incaïque, l’évaporation endiguée d’une eau fortement minéralisée permet le ramassage d’un sel servant aux hommes et aux animaux. 4000 bassins appartenant aux habitants de Maras sont travaillés afin d’en tirer un sel servant à l’alimentation humaine et animale. Toute l’extraction s’effectue à la main. Un petit magasin permet aux touristes de s’approvisionner en divers produits dérivés. Nous rejoignons ensuite Ollentaytambo, petit village placé à un défilé du rio Urubamba. Ce fut le lieu d la dernière victoire des Incas sur les Espagnols. La ville conserve le plan d’origine et bon nombre de maisons réutilise le soubassement en pierre datant des constructions incas. Les rigoles servant à l’alimentation en eau sont toujours utilisées de même que le pavage des chemins. Nous déjeunons dans un petit restaurant situé sur la plaza de armas. A 14h le guide vient nous chercher pour la visite de la forteresse qui se dresse en surplomb de la ville. Nous arrivons dans les premiers et après les explications de Luis sur l’histoire de la cité et les différents sites que nous découvrons depuis le pied du site , nous escaladons les terrasses qui équipent toute la pente jusqu’au sommet où se situe le sanctuaire , lieu des cérémonies religieuses et de sacrifices de lamas. Comme de nombreux sites incas, celui-ci n’était pas terminé et des blocs de roche en cours de déplacement sont encore visibles sur des rouleaux de pierre. Sur la montagne en face, nous apercevons les entrepôts servant à garder les récoltes en particulier la maïs et les prisons. A 15h 30, nous nous rendons à la gare déposer nos bagages en consigne chez un commerçant afin de pouvoir continuer notre promenade dans le village jusqu’à l’heure de départ du train qui nous mènera à Aguas Calientes. Nous prenons congé de Luis et du chauffeur jusqu’à notre retour. Le train est annoncé à 19h30 et d’ici là nous remontons jusqu’au village afin de profiter des boutiques d’artisanat situées à l’entrée du site inca et des ruelles aux maisons anciennes . Nous patienterons presque 2 heures à la gare avant de monter dans le train qui nous conduit à Aguas Calientes. Arrivés là bas 2 heures après , nous attendons en vain notre guide et connaissant le nom de l’hôtel, nous nous y rendons par notre propre moyen. Nous trouvons là notre guide Raul qui nous présente le programme du lendemain. L’hôtel Pachacutec est situé dans la rue du même nom, pratiquement la rue la plus commerçante du village créé de toute pièce pour servir d’accès au Machu Picchu. Les chambres qui nous sont attribuées sont d’un style kitsch rappelant les hôtels chinois. Une chambre donnant sur la rue très animée jusqu’à tard dans la nuit empêchera une bonne nuit pour leurs locataires. Quant à la seconde, elle est dans le couloir très passant , gênant également un sommeil réparateur, en raison du réveil matinal des touristes se rendant au Machu Picchu.
Samedi 31 Juillet : Nous avons rendez-vous directement à l’entrée du Machu Picchu avec Raul qui y monte à pied tous les samedis. Afin d’être à l’heure, nous quittons l’hôtel vers 8h pour nous rendre au départ des bus navettes qui montent les touristes à l’entrée du site. Nous y arrivons vers 9h sans avoir attendu. Les touristes préfèrent partir aux aurores afin de pouvoir gravir le Huayna Picchu dans les 400 premiers. Sinon c’est impossible. Nous ne comptions pas faire cette excursion en raison des risques de vertige possible. A 9h 30 comme prévu, notre guide arrive et nous entamons la visite d’un site que nous avions déjà commencé d’admirer. Malgré que nous le connaissions par des films, des photos et des lectures, il s’avère que le cadre et l’atmosphère qui s’en dégagent, sont encore plus merveilleux que dans l’imaginaire. Une excellente luminosité que ne trouble aucun nuage permet à chacun de faire crépiter les appareils photos , même si les clichés réalisés sont tous connus et rabâchés. Raul nous fera faire le grand tour des vestiges très bien conservés et admirablement mis en valeur. De plus, des gardes empêchent tout dépôt quelconque d’ordures et même d’accéder à des endroits sensibles pour leur fragilité. De plus, afin de ne pas laisser de graffitis, certains murs ne sont plus accessibles ce qui permet d’éviter des dégradations préjudiciables à la conservation des lieux . Nous parcourons pendant plus de 4 heures les différents niveaux de terrasse et de bâtiments où se déroulaient les cérémonies. Que des hypothèses nous sont présentées sur l’utilité du lieu : lieu de repos de l’Inca, forteresse , etc…. Raul nous laisse finir la visite l’après midi. Nous pique-niquons ce qui est théoriquement interdit dans l’enceinte du site. Ensuite, nous allons par un sentier vertigineux à flanc de montagne qui mène jusqu’au pont de l’Inca, pont de bois jeté sur le vide servant à la protection, en cas d’invasion, en ôtant les planches disposées sur quelques mètres. Pour en assurer la sécurité, à l’entrée du chemin il est nécessaire d’inscrire son nom sur un cahier complété par l’heure d’entrée. Au retour, on note son passage à cette cabane où un préposé veille. Si le soir , il manque des signatures….. Ayant du temps avant de redescendre dans la vallée, maman et moi s’engageons dans le chemin de la porte du soleil qui est une partie du trek du chemin de l’inca qui mène à Cuzco. Cela permet de dominer le site et d’avoir ainsi une vue panoramique sur l’ensemble des constructions et des terrasses qui descendent très bas dans la vallée. Certaines ne sont pas encore déblayées de l’amoncellement de végétation tropicale accumulée en six siècles. Les enfants ne nous ont pas suivis dans ce chemin où nous croisons pas mal de randonneurs. Plus on avance dans la journée moins le site est rempli par les hordes de touristes. Vers 15h 30, nous reprenons la navette pour rejoindre Aguas Calientes où nous irons manger dans un restaurant dominant la route voie ferrée. Nous ferons la connaissance d’une famille franco britannique avec qui nous partagerons nos expériences péruviennes. Après cette rencontre, nous retournons récupérer nos bagages à l’hôtel sans avoir oublier de faire le tour des boutiques d’artisanat qui essaiment dans le centre du village autour de la gare. Vers 18h45, nous sommes dans la salle d’attente où s’entassent des centaines de touristes rejoignant Cuzco ce que nous ferons à 23h15 après avoir retrouvé notre chauffeur à Ollentaytambo. Nous rejoignons notre hôtel où nos chambres n’avaient pas été réservées, mais en quelques minutes un arrangement a été trouvé et nous avons pu nous installer pour récupérer d’une journée bien chargée.
Dimanche 1 Août : Lever 8heures, maman commence par refaire les bagages après le petit déjeuner. A 10h15, nous partons à notre rythme visiter de nouveau la ville . Le temps est superbe mais frais. Nous retournons vers la place san Blas et l’église de Santo Domingo qui abrite le temple du soleil des empereurs incas. Mais en cette matinée, elle est fermée et nous y retournerons l’après midi. Nous visitons le musée historique régional installé dans la maison natale d’un des premiers colons né d’une mère indienne et d’un père espagnol. Il écrivit une chronique sur l’histoire du peuple inca. Ce musée présente nombre de peintures de l’école cuzquénienne ainsi que des vestiges des différentes cultures de la région. Après le repas pris à proximité de la plaza de armas sur Plateros, nous nous rendons à l’église de la Compagnie construite sur les fondations d’un ancien palais inca comme bon nombre de bâtiments de l’époque coloniale. Magnifiques retables rehaussés d’or . En montant à l’étage, nous avons une belle vue d’ensemble sur la plaza de armas. Nous quittons l’église en empruntant la calle Loretto en longeant le monastère santa Catalina dont les soubassements des murs sont d’époque inca pour rejoindre le monastère santo Domingo et le temple du soleil. Celui-ci était un dépôt d’or en plus d’être le lieu principal des cérémonies religieuses présidées par l’Inca. Le cloître principal a été reconstruit après le tremblement de terre de 1650 qui a pratiquement rasé tous les bâtiments construits dès la prise de la ville par les Espagnols en 1534. Il y a mélange des deux types de construction: inca et hispanique avec enchevêtrement des chapelles des 2 religions. Des restes de l’empire inca sont présentés de même que de nombreuses peintures de l’école de Cuzco du XVII ème siècle. Du jardin s’étendant au pied du monastère, nous avons une excellente vue sur le temple du soleil (Qoricancha) aux murs circulaires. Nous continuons notre pérégrination à travers le vieux Cuzco avant de rejoindre notre hôtel vers 16h30 afin de profiter depuis les terrasses de la magnifique vue sur les toits roses. C’est le moment pour lire et envoyer des mails afin de rester en contact avec la famille . Grâce à Internet, la punition des cartes postales est en voie d’extinction !!! Vers 19h , nous retournons au restaurant situé sur Canchi Pata où nous avions dîné pour 10 soles chacun lors de notre Ier passage.
Lundi 2 Août : Lever à 6 heures pour un départ à la gare de bus à 7. Pour rejoindre le minibus, nous devons porter nos bagages car celui-ci ne peut pas tourner dans la rue minuscule desservant l’hôtel. Nous traversons la ville en passant devant la statue de Pachacutec, l’Inca du XVème siècle qui développa le plus l’Empire par ses constructions et ses conquêtes. La gare routière est une sorte d’aérogare où sont concentrées les lignes de bus desservant une grande partie du sud Pérou. La cour peut recevoir une vingtaine de bus d’où descendent des voyageurs fatigués par de longs trajets de nuit réalisés le plus souvent, quand même, dans de bonnes conditions de confort. Aujourd’hui, nous rejoignons Juliaca où nous attend l’équipe qui nous mènera jusqu’au lac Titicaca, nom qui fait la joie des enfants et qu’ils attendent de voir avec impatience. Départ du bus à deux étages à 8h10 après s’être acquitté de la taxe routière de 1 sole. Nous sommes installé à l’étage en première ligne ayant ainsi une vue bien dégagée sur les paysages et la route. Nous longeons tout d’abord la piste de l’aéroport avant de traverser la banlieue puis de remonter le cours du rio Vilnacota . La montée au col de la Raya s’effectue en 200 km pour grimper de 1000m. Nous atteindrons ainsi les 4338m. Nous traversons quelques villages dont Sicuani où nous voyons les femmes en tenue locale très colorée, venues au marché quotidien. Elles portent le chapeau traditionnel en forme de melon des hauts plateaux andins. Au col, le bus s’arrête afin de nous permettre de nous accoutumer à l’altitude et de profiter des stands d’artisanat tenues par les femmes de la région. Bonnets, ponchos, couvertures multicolores sont l’objet de tractations commerciales enfiévrées mais dans une moindre proportion que dans certains pays d’Afrique. Nous profitons d’un paysage grandiose de haute montagne où le moindre sommet culmine à 5000 m. Même à de telles altitudes, la neige est peu présente. La route est suivie par la voie de chemin de fer très peu utilisée en raison de son exploitation par une compagnie (l’Orient Express) qui impose des tarifs prohibitifs. Nous pique-niquons dans le bus en redescendant le col- côté Puno. Nous sommes maintenant sur l’altiplano, vaste étendue herbeuse où paissent des troupeaux d’ovins et de lamas que nous voyons enfin en grand nombre. Vers 14h30, nous arrivons à Juliaca, ville principale de la région où nous montons dans un minibus pour rejoindre la presqu’île de Capachica où nous attendent nos hôtes puisque ce soir nous dormons chez l’habitant. La route nous semble longue d’autannt que notre chauffeur en voulant faire des exploits se plante légèrement ce qui nous fait perdre une petite demie heure, le temps de remettre le véhicule sur ses quatre roues. Nous passons sur l’ancien site du lac Titicaca qui s’est asséché et qui constitue maintenant des terres agricoles et d’élevage. C’est terriblement plat sur plus de 50 kilomètres avant d’atteindre les bords actuels du lac et la presqu’île rocheuse qui le surplombe. La région est en plein développement dirigé vers le tourisme. La route, actuellement une piste, est en voie de goudronnage afin d’en faciliter l’accès depuis Juliaca et Puno. La route monte pour dominer le lac et atteindre le petit village de Llachon où nous allons passer la nuit. Nous sommes attendus par nos hôtes sur la place du village .Il s’agit d’un couple de vieux paysans qui ont transformé leur petite ferme en maison d ‘hôte grâce à une association qui a mis en relation les habitants qui se sont regroupés à des tours opérateurs. Nous occuperons 2 chambres au confort très sommaire sans eau ni toilette, celle-ci étant située dans une cabane …...au fond du jardin. Nous sommes équipés pour pouvoir supporter une nuit très fraîche, maman ayant prévu polaires et Damart. Le matelas semble confortable mais la couverture pèse une tonne….Nous passons un petit moment avec nôtre charmant couple d’hôte qui nous fait visiter sa maison de couleur ocre et les appentis de la ferme où sont rangés les quelques ustensiles servant aux travaux des champs et où sont entreposées les récoltes de fourrage et de blé. Les enfants sont un peu effarouchés par les conditions de vie au bord du lac, ce qui nous rappelle la vie à la campagne chez nous d’il y a 50 ans dans des lieux reculés de montagne. Une visite surprise, Walter notre TO vient prendre de nos nouvelles et s’enquérir du bon déroulement du circuit. Nous passons quelques instants ensemble à lui raconter les excellents moments que nous avons passés depuis notre départ et lui rapporter la bonne qualité des prestations. Après s’être équipé de vêtement un peu plus chaud, nous partons à la découverte des bords du lac qui s’étale en contrebas du petit hameau où nous logeons. Malgré l’altitude (3800m ), la végétation est importante avec des bosquets d’arbre et des cultures qui descendent jusqu’à la rive. Des roseaux (totora) occupent une bonne partie des plages et servent à l’alimentation du bétail. Anciennement ils étaient utilisés à la confection des embarcations servant au transport et à la pêche sur le lac mais cela tend vraiment à disparaître , les bateaux qu nous verront étant principalement en bois ou en plastique. Quelques petites jetées en pierre permettent d’accrocher ces barques de même que les unités plus grosses servant au transport des touristes pour la visite des îles. A la nuit tombante, nous retournons chez notre hôte pour revêtir des costumes traditionnels à la grande joie de la grand’mère. C’est l’occasion de faire quelques photos rigolotes. Pour le souper, nous sommes conviés au restaurant de l’association locale qui organise l’hébergement des touristes. Nous dégusterons soupes et plats locaux qui ne feront pas toujours la joie des enfants. C’est encore l’occasion de vêtir les costumes locaux encore portés par les femmes âgées tous les jours et par les hommes, lors des festivités.
Mardi 3 Août : Lever à 7h, après une nuit que l’on pensait plus fraîche. Les maisons traditionnelles en adobe conservent bien la chaleur emmagasinée durant les chaudes journées d’autant que le vent froid n’a pas soufflé, ce que nous avions craint. Malgré tout, il a fallu pour certains se rendre aux toilettes durant la nuit et là ce fut une petite expédition (froid + nuit sans éclairage) !!! Pour la toilette, notre hôte nous apporte 2 cuvettes d’eau chaude. Quant au petit déjeuner, il est servi dans la cour de la ferme à l’extérieur. Il doit faire 5° !!! mais tout se passe bien et les bagages sont emmenés au bateau sur le dos de mulets. Nous quittons nos hôtes en leur remettant quelques petits cadeaux pour les remercier de leur chaleureux accueil. Nous descendons au petit port où nous attend notre bateau, une embarcation pour 28 personnes où nous serons les seuls occupants avec le capitaine et notre guide. Direction l’île de Taquile, 55 minutes de traversée sur une eau calme et un temps radieux. Le soleil réchauffe vite l’atmosphère. Nous quittons rapidement la côte où la vie pastorale s’éveille, pour rejoindre l’île et le petit port de la côte orientale. L’île est toute en longueur et relativement montagneuse. Il faut grimper un sentier tracé entre les champs séparés par des murets de pierre sèche. Nous passons sous des arches qui délimitent les 6 différentes communautés qui composent administrativement l’île. Après une petite heure de marche en côte qui nous permet d’admirer l’étendue du lac en direction de la Bolivie et de la Cordillère Royale, nous atteignons le village central où se déroule la fête des moissons à l’occasion de la St Jacques. Durant une dizaine de jours, il y a rassemblement de toutes les communautés de l’île pour fêter la fin des cultures. Les autorités masculines et féminines président ces festivités qui consistent en des danses traditionnelles réalisées en costumes folkloriques. Un alcool local est servi à ces autorités qui portent chacunes la chusca, le petit sac de toile où sont transportées les feuilles de coca. Chaque communauté dispose de vêtement typique et différent. Le bonnet long est porté par les hommes. Une de leurs occupations principales est le tricot en plus de vaquer aux travaux des champs et à l’élevage des ovins. Toutes ces festivités se déroulent sur la place centrale où se trouve également un centre artisanal communautaire. Les petits stands regorgent des différents articles réalisés à partir de la laine de lama, les moins chers, d’alpaga, plus coûteux la laine de vigognes est introuvable car trop coûteuse. Après le rituel des achats, nous nous rendons dans un petit restaurant lui aussi communautaire où nous mangeons, pour certains bien sûr, la truite du lac élevée en pisciculture depuis une vingtaine d’années. A la fin du repas nous continuons notre traversée de l’île pour rejoindre l’autre port situé en bas d’un escalier de plus de 500 marches tarabiscotées au milieu de terrasses de culture vivrière. Les enfants jouent au cerf-volant pour occuper l’après midi , étant en vacances pour deux semaines. Il nous faut maintenant rejoindre Puno via les îles Uros : cela prendra environ 2h ½ utilisées par certains pour s’allonger au soleil sur le pont supérieur de notre vedette. Le soleil brille, il fait bon : on se croirait sur la côte d’azur au printemps !!! Nous longeons la rive Ouest du lac où se trouvent des installations constituées de filets pour la pisciculture de la truite puis des îlots de roseaux où viennent se fournir les habitants de la région pour la construction des îles flottantes que nous partons visiter. Celles-ci sont situées de part et d’autre d’un chenal - Les cabanes de pêcheurs sont réalisées à partir de ces roseaux qui forment également la base de l’île flottante. Lorsque l’on y accoste, et que l’on marche dessus, une impression étrange donne l’impression que l’on va s’enfoncer. On est reçu avec tous les honneurs dus aux touristes. Explication sur la fabrication des îles, des cabanes et du mode de vie essentiellement tourné à l’origine vers la pêche. Aujourd’hui, c’est essentiellement le tourisme qui fait vivre ces îles. On nous fait visiter l’intérieur des cabanes et l’on nous présente tous les petits objets en roseau réalisés par les femmes du village. C’est incontestablement le site le plus touristique que nous aurons l’occasion de voir durant notre circuit. Cela semblait plus authentique lorsque cela nous avait été présenté dans certaines émissions télévisées. Malgré tout, même si l’ensemble semble être conservé artificiellement, cela permet de se faire une idée de la vie de ces tribus qui voulaient échapper à l’Inca lors de la conquête de leurs territoires, en s’isolant sur ces terres flottantes dans le but de conserver leur coutumes et leur langue : l’Aymara. Nous reprenons notre bateau pour venir au port de Puno. Cela prend 30 minutes. Nous y voyons d’anciens vapeurs abandonnés le long des quais. En effet, à part un petit chenal, l’accès au port semblerait bien difficile pour de telles embarcations. Comme d’habitude, une équipe nous attend pour nous accompagner à notre hôtel (Gran Puno inn) situé en plein centre. Les chambres qui nous sont allouées sont grandes et confortables et donnent sur un patio intérieur à la décoration très kitsch. Nous serons les seuls clients ce soir là. Comme tous les autres soirs, nous ferons une petite découverte de la ville et de son centre parcouru par une rue piétonne menant à la plaza de armas dominée par la cathédrale de type colonial. Nous trouverons un restaurant agréable (repas 15 soles ) où des groupes musicaux semblent se produire mais nous n’aurons droit qu’à de la musique pop des années 70. Une bonne douche permet de s’endormir rapidement.
Mercredi 4 Août : Départ à 8 heures après un petit déjeuner copieux et une bonne nuit réparatrice . Nous quittons Puno en grimpant un petit raidillon qui permet de jouir d’une vue très étendue sur la ville, le port, les îles Uros et l’immensité du lac Titicaca que nous quittons avec regret. Comme les autres jours, le temps est radieux et frais. Nous traversons Juliaca puis montons tranquillement un col situé à 4525 m qui domine les lagunes de Lagunillas près desquelles nous rencontrons quelques troupeaux de lamas et alpagas ce qui permet de faire quelques clichés de plus. C’est toujours l’altiplano, qui nous suivra toute la journée. De grandes étendues herbeuses où coulent, dans le fond des vallons, des rivières aux larges méandres tant la dénivellation est faible. De nombreux marécages couvrent souvent ces étendues planes et forment une zone très prisée des oiseaux migrateurs. Juste avant d’arriver à Chivay, notre étape du soir, nous grimpons au col de Tamba Pata situé à près de 4900m. Nous nous y arrêtons afin de profiter du merveilleux point de vue malheureusement perturbé par une nébulosité laiteuse d’altitude . Nous pouvons observer vers le Nord, des volcans comme l’Ampato dont le sommet à près de 6000 m est enneigé. Des centaines de petits cairns sont disposées au bord de la route, souvenirs ex voto déposés après un passage scabreux au cours de tempêtes de neige. Nous arrivons au Colca inn, hôtel agréable situé dans la rue principale de Chivay où l’on accède après s’être acquitté d’un octroi. Nous pouvions aller à des bains chauds situés en dehors de la ville mais nous déclinons la sortie. Nous irons visiter, à pied, le village et le marché où l’on trouve tous les produits agricoles utilisés dans la gastronomie locale (pommes de terre, maïs, avocats, goyaves) ainsi que la quincaillerie, les textiles pour la confection de vêtements (jupes ) réalisés sur place par des couturières. A 19 h, notre guide vient nous chercher pour nous conduire à un restaurant typique où à la gastronomie locale viendront s’ajouter des danses folkloriques accompagnées par des instruments comme la quenà et la flûte de Pan. A 21 h, nous rejoignons l’hôtel après avoir traversé un village encore bien animé de vie locale malgré la fraîcheur déjà tombée de la nuit.
Jeudi 5 Août : Départ matinal pour le canyon de Colca afin de se rendre à la Cruz del Condor. 50 km de piste poussiéreuse le long de la vallée du rio Colca qui s’enfonce de plus en plus dans la montagne. Nous traversons quelques petits villages d’où émerge le clocher d’église d’époque coloniale. Sur la rive opposée, des terrasses agricoles dessinent les courbes du terrain en de multiples couleurs. Des sommets de plus en plus hauts surplombent la vallée qui devient de plus en plus aride au fur et à mesure que nous la descendons. La rivière s’enfonce au fond d’un ravin qui se transforme en gorge, en défilé puis en canyon. Nous traversons une zone de fracture de la croûte terrestre qui s’est ouverte lors d’un tremblement de terre au début des années 2000. C’est assez impressionnant dans la mesure où la cassure de la chaussée approche des 5 mètres ce qui prouve la violence de la secousse tellurique. Après 90 mn de route nous atteignons la Croix du Condor et son parking où de nombreux minibus de touristes sont déjà présents. Après le Machu Picchu, c’est le 2ème site où nous rencontrons autant de visiteurs. Le temps est magnifique et le vent léger soulève une poussière grise. C’est grâce à ce souffle d’air dû au défilé au fond duquel coule la rivière Colca que l’on peut voir les condors qui profitent des courants pour planer jusqu’à nous frôler. Ils apparaissent au bout d’une trentaine de minutes. C’est un, puis deux et trois oiseaux qui viennent dont on ne sait où. Les appareils photos crépitent mais il est bien difficile de savoir si les clichés sont réussis, si l’on aura l’oiseau en entier ou en morceaux. Heureusement que le numérique a remplacé l’argentique !! La zone permettant de voir les oiseaux au bord du canyon est vaste et étendue ce qui permet un étalement du flot de touristes, important au cours de la première partie de la matinée, seules heures où les condors viennent flotter dans les courants d’air. Nous pouvons même voir se poser un jeune à quelques mètres de nous ce qui assure la qualité des clichés. Nous restons près de 90 minutes à longer le défilé en tentant de voir un maximum d’oiseaux. Nous retournons ensuite à Chivay par la même route. En chemin, nous nous arrêtons à Maca et Yanque, villages où nous visitons de magnifiques églises baroques d’un blanc immaculé ressortant dans un ciel bleu sans nuage. A Chivay, nous prenons notre repas au restaurant Wititi où est présenté un copieux buffet permettant de rassasier petits et grands. Durant près de 2 heures nous empruntons la même route qu’en venant de Puno. Nous nous arrêtons de nouveau au col où cette fois, le ciel radieux permet de refaire des photos des volcans et des stands d’artisanat. Nous croisons aussi des troupeaux de lamas et d’alpagas gardés par des femmes vêtues de costumes traditionnels très colorés. C’est ensuite la traversée de l’altiplano jusqu’à l’approche d’Arequipa qui s’effectue dans une vallée industrieuse où la circulation importante ralentit notre progression. Entre temps, nous avions vu des vigognes, variété de lamas sauvages en traversant la réserve d’Aguas Blancas. Arequipa, la ville blanche située à 2350 m d’altitude nous accueille par des embouteillages dont nous n’avions plus l’habitude. Nous sommes déposés à l’hôtel Santa Marta où nous disposerons d’une chambre à 4 lits. La proximité du centre ville nous permet de partir rapidement à la découverte de ….la plaza de armas. Celle-ci est certainement la plus réussie d’un point de vue architecturale. Unité de construction sur 3 côtés, le quatrième étant garni par la cathédrale bâtie longitudinalement à la place. Les arcades abritent des restaurants, des commerces touristiques, des agences de tourisme. Au centre , un jardin où s’élève en son milieu une fontaine est le lieu de rendez-vous des locaux, les touristes préférant s’asseoir sur les marches des escaliers situés au pied de la cathédrale. Avec la baisse de l’altitude par rapport aux soirées précédentes, nous pourrons dîner à la terrasse d’un restaurant surplombant la place merveilleusement illuminée à la nuit tombée.
Vendredi 6 Août : Aujourd’hui nous allons passer à visiter la ville blanche. Faite d’une pierre volcanique blanche, Arequipa est aux pieds de plusieurs volcans dont le Misti et le Chachani. Ceux-ci sont en sommeil depuis des siècles mais leur réveil brutal peut anéantir la ville comme l’a fait auparavant le Vésuve en ensevelissant Pompéï et Herculanum en 79 notre ère. Ce matin, notre guide nous emmène au Musée Santuarios Andinos où se trouve la momie prénommée « Juanita », jeune fille trouvée près du sommet du volcan Ampato à près de 6000 m lors de l’éruption d’un volcan voisin. Le musée présente les objets et offrandes retrouvés dans la tombe de la jeune martyr sacrifiée au XVème siècle à l’occasion de cérémonies chamaniques. La momie est présentée dans un cube de verre protégé des détériorations possibles grâce à une atmosphère contrôlée en température et hygrométrie. Après cette visite émouvante, le guide nous emmène au monastère de Sta Catalina, une ville dans la ville, construit en 1570. Un imposant mur d’enceinte séparait les religieuses cloîtrées à vie de la population locale. Les cellules où elles pouvaient vivre avec un certain luxe autorisé par la mère supérieure, sont ouvertes à la visite de même que les différents cloîtres , les chapelles, les lieux de vie tels que les jardins potagers, les cuisines, les lavoirs. Comme dans toute ville, on retrouve des rues, des places, des fontaines. La couleur rouge domine sur les murs dans les allées cheminant entre les différents bâtiments. Les tableaux aux motifs religieux peints entre le XVI et le XVIII ème siècle sont regroupés et présentés dans les anciens dortoirs et salles à manger aux hautes voûtes. Après la visite guidée, nous pouvons retourner faire un tour dans les parties les plus attractives en particulier le belvédère d’où l’on jouit d’une vue panoramique sur la ville et son environnement de volcans. A la sortie du monastère il est temps d’aller manger ce que nous faisons dans un pub irlandais installé dans une voie piétonne située derrière la cathédrale. L’après midi se passe à flâner dans le vieux centre où nous découvrons d’anciennes façades magnifiques de palais et d’églises. Nous entrons dans le cloître de la Compagnie qui abrite, de nos jours, des boutiques et en particulier un bar proposant un grand choix de vins de Bordeaux. Nous allons ensuite nous poser un peu sur les marches de la cathédrale afin de profiter de la vue sur la plaza de armas au cours de cette douce après midi. Nous reprenons ensuite le cours de nos pérégrinations à la recherche de quelques achats à faire. C’est à ce moment que Maman est prise d’un léger malaise qui nous contraint à rejoindre l’église de la Compagnie pour qu’elle puisse un peu se reposer. Cette église édifiée par les Jésuites au XVII ème siècle possède un retable magnifique et une coupole multicolore surplombant la croisée du chœur et de la nef. Nous nous en retournons ensuite à l’hôtel situé à peu de distance du centre. Les enfants se jettent sur internet pour occuper le temps qu’il reste avant de prendre le bus de ligne dans lequel nous passerons la nuit. J’en profite pour visiter un peu le quartier et en particulier l’église Sta Marta. En retournant à l’hôtel, j’entends de la salsa ce qui me mène à un dancing où joue un orchestre mené par une chanteuse très aguicheuse pour l’assistance très machiste peu habituée à voir un touriste s’encanailler. Nous allons chercher en ville quelques victuailles pour s’alimenter parce que personne n’a suffisamment faim pour aller au restaurant. A 20 h, le chauffeur vient nous chercher pour nous accompagner à la gare routière. A 22h, nous embarquons dans le bus de la compagnie « Cruz del sur » qui nous emmènera à Nazca . Le confort est au rendez-vous de même que le service.
Samedi 7 Août : Arrivée à 7h à Nazca, ville sale et poussiéreuse où nous attend une nouvelle équipe de chauffeur et guide. Nous prenons le petit déjeuner dans un bar de la ville qui s’éveille tout juste. Nous partons visiter le cimetière de Chauchilla situé à une vingtaine de kilomètre au sud. Dans une plaine sablonneuse s’ouvrent des trous correspondant à des tombes de la civilisation pré-incaïque Icachincha. Les momies réelles ont été déplacées mais des copies ont été remises en situation, associées aux offrandes jointes lors des enterrements. Un petit musée présente des momies bien réelles dont l’une présente une chevelure de près de 2m. Nous repassons à Nazca où nous arrêtons voir un potier travaillant la terre comme les Incas et modelant de superbes copies d’objet ancien. Maintenant, direction plein Nord sur la panaméricaine pour voir les lignes de Nazca . Nous avons décidé de ne pas faire l’excursion en avion suite aux lectures de forums indiquant le risque de mal au cœur résultant des virages très courts pris par les pilotes pour voir les différentes lignes. Nous monterons sur le mirador ce qui nous permet de voir 3 figures dont une est coupée en deux par la panaméricaine. Les lignes sont incrustées dans le sol d’une plaine caillouteuse. Peu d’explications plausibles sont avancées sur les raisons de leur création. Nous rejoignons l’oasis de Huacachina pour midi après avoir traversé la principale région viticole du Pérou autour de Pisco et d’Ica. Les vents d’ouest ont apporté des sables venus de l‘océan et qui se sont déposés sur les premiers obstacles qu’ils ont rencontrés. Cela a créé un paysage de dunes au milieu duquel s’est maintenue une lagune qui fait la joie des touristes même si les eaux ne sont pas d’une limpidité parfaite. Les pentes des dunes se prolongent jusqu’à la lagune bordée d’établissements touristiques tels qu’hôtels, restaurants, boutiques de locations de sandboards et de quads pour dévaler ou avaler les dunes. La chaleur, au rendez-vous, nous permet de manger à la terrasse d’un de ces restaurants situé au raz de l’eau. Après le repas nous faisons le tour de la lagune avant de continuer notre route jusqu’à Paracas, notre escale de ce soir. Nous dormons au « Refuge du pirate », un hôtel situé en quasi bordure de la plage, qui est également tour opérateur pour l’organisation des visites aux îles Ballestas. Il est typique de l’architecture péruvienne, fait de bric et de broc, d’escalier sans rambarde, de fenêtre donnant sur un vis-à-vis placé à 2 mètres ou directement sur un couloir, mais propre et doté de sanitaire où l’eau chaude arrive souvent avec parcimonie. Nos chambres sont au 2ème donnant directement sur une terrasse très agréable certainement en été. Nous en profiterons pour assister au très beau coucher de soleil. D’ici là, nous irons parcourir la promenade de la plage où se trouvent restaurants et boutiques de souvenirs. Un attroupement nous interpelle. Un homme nourrit des pélicans avec des déchets de poissons, histoire de se faire un peu d’argent de la part des touristes. La plage de sable doit être bien occupée durant l’été mais en cette période, c’est plutôt calme. De retour à l’hôtel, en attendant le coucher de soleil sur la terrasse, nous sommes attirés par des chants de coqs. Nous apercevons sur un terrain doté de gradins quelque peu garnis, deux hommes portant sous le bras des coqs qu’ils vont bientôt mettre en position pour se combattre. Ce sport est très fréquent au Pérou et doit faire l’objet de paris. Les combats ne durent qu’une ou deux minutes et les propriétaires viennent rapidement mettre fin avant toute issue fatale. Avant le coucher de soleil, nous verrons une dizaine de ces combats. Le soir, nous dégusterons un repas de poissons en particulier de céviche (poissons crus au citron vert) et de chicharron de calmar (beignets).
Dimanche 8 Août : Dernier jour au Pérou, mais pas le moins occupé. Il faut se préparer pour prendre l‘avion ce soir à Lima, mais d’ici là, nous ferons une minicroisière pour visiter les îles Ballestas. Réveillés aux aurores par le chant des coqs de combat encagés au-dessus du stade de leurs exploits, nous prendrons le petit déjeuner sur la terrasse embrumée par la bruine matinale qui enveloppe la plage. A 8h, notre hôte, organisatrice de notre sortie en mer nous accompagne à l’embarcadère où une taxe de 1 sole nous est demandée. Nous nous mettons sagement en rang et en file par 2, par bateau dans l’attente de l’embarquement. C’est le matin tôt qu’ont lieu les visites des îles en raison des risques d’arrivée du mauvais temps dans la journée. Les bateaux comportent une quarantaine de places toutes découvertes. A cette période de l’année, il est préférable d’être bien équipé contre le froid et les embruns. Le temps est gris mais sans vent. Un accompagnateur nous donne les consignes de sécurité et tout au long du parcours nous donnera des renseignements sur les sites que l’on verra, les oiseaux et les mammifères que l’on croisera . Dès la sortie du port, les deux moteurs sont lancés à pleine puissance afin de rejoindre, au plus vite, l’extrémité de la presqu’île tout d’abord, afin de voir le chandelier que l’on devine sur la falaise surplombant la côte. Ce candélabre tracé dans le sable serait-il un repère pour les cap-horniers, aucune explication n’est apportée sur sa signification. Après un arrêt de quelques instants pour immortaliser la figure bien visible malgré les embruns nous prenons la direction du large pour nous rendre à l’archipel des îles Ballestas. Ces îles sont les lieux de reproduction de nombreuses espèces d‘oiseaux (fous de Bassan, pétrels, cormorans, pingouins de Humboldt ) et de mammifères marins dont les lions de mer que l’on verra en grand nombre posés sur les rochers. Les nombreux bateaux de touristes qui croisent dans les parages ne semblent en aucun cas les déranger. Par contre, les nombreux arrêts occasionnent chez certains passagers des désagréments nauséeux. Dans l’île principale, nous verrons une installation permettant l’extraction et le transport du guano exploité depuis le milieu du XIX ème siècle. Actuellement, il n’y a pas de présence humaine en permanence sur ces îles exploitées seulement tous les 7 ans afin que les ressources en guano se régénèrent. Le mal de mer ne touchant personne de notre famille, tout le monde profite au maximum du paysage sur les îles au relief très découpé avec des arcs rocheux sous lesquels s’engagent les bateaux pour rejoindre d’autres îles. La croisière dure environ deux heures. De retour à l’hôtel, fermeture des valises pour le grand retour après s’être débarrassé des Kways et autre fourrure polaire bien utiles sur le bateau. Pour nous accompagner à l’aéroport notre dernière destination péruvienne, seul est nécessaire notre chauffeur qui aura à rouler près de 500 km. Nous emprunterons essentiellement la panaméricaine qui nous permet d’apercevoir l’océan une grande partie du trajet . Le paysage est essentiellement désertique et la côte relativement découpée avec des falaises tombant à pic dans l’eau. La houle crée en arrivant sur le rivage d’importants rouleaux favorables à la pratique du surf même en cette période hivernale. En approchant de Lima, c’est une multitude de stations balnéaires que l’on aperçoit en bordure de l’océan. Les derniers kilomètres s’effectuent sur une autoroute peu fréquentée en ce dimanche ce qui n’est pas le cas des boulevards périphériques de la capitale qui sont eux bien embouteillés à proximité des centres commerciaux et de loisir. Nous traversons ainsi tout Lima avant de rejoindre dans les temps l’aéroport où nous prenons congé de notre chauffeur. Pour que l’on est pas trop de regret, ce dernier jour sera le seul où les soleil ne se sera pas montré. Nous enregistrons les bagages puis faisons le tour des commerces pour attendre l’heure de l’embarquement. Pour occuper le temps, notre fils se mettra à remplir son cahier de devoir de vacances jusque là oublié au fond du sac !! Une obligation à laquelle nous ne pourrons s’échapper : c’est le paiement de la taxe d’aéroport de 360 soles. A 19h45, l’airbus A340 d’Ibéria décollait pour Madrid : fin du circuit Pérou avec pleins d’images dans la tête.
Lundi 9 Août : Vol sans histoire avec une arrivée à Madrid avec 30 minutes d’avance. Il est 14h ici mais 7h au Pérou : c’est pourquoi, le second repas servi dans l’avion est le petit déjeuner. A la différence de l’aller, nous n’avons pas un temps de transit suffisamment long pour retourner visiter Madrid. Nous patientons donc en changeant de terminal où nous retrouvons des français rencontrés au début du circuit à Mancos dans la Cordillère Blanche. Comme nous , leur trek s’est bien passé., mais nous n’aurions pas pris leur place: la marche : oui mais en petite quantité !!! Aucun problème sur le vol de Paris où nous arrivons vers 21h30. Avons trouvé un taxi rapidement et une heure plus tard nous retrouvions notre chez nous , prêts à repartir…. Pour l’ Aveyron quelques jours plus tard. Nous remercions notre Tour operateur local :Walter Candia Valer et son agence pour l’excellent circuit qu’il nous a concocté, son efficacité et les visites qu’il nous a rendu pour prendre soin de nous et vérifier le respect des prestations promises. Les guides, chauffeurs pour leur travail efficace. Le Pérou en général pour nous avoir gratifié d’un très beau temps pas aussi froid que prévu. Les Péruviens pour leur accueil et leur amabilité.
Pour voir plus de photos:http://www.panoramio.com/user/2279867/tags/P-Pérou -Peru
Depuis 3 ans, nous repartons au long cours pour les vacances. 2008 a été l’année qui a mis le feu aux poudres. Grâce à un ami travaillant en Ethiopie, ma femme et moi ont convenu qu’il fallait de nouveau voyager, les enfants ayant grandi. Grâce à internet, ce premier voyage a été préparé de notre bureau à coup de mails envoyés à des agences locales de tourisme suite à la découverte du site d’Ethiopian airlines proposant des circuits en plus des vols aériens internationaux et domestiques. Durant près de 2 mois, toute l’information possible sur le pays a été rassemblée afin de connaître les sites les plus intéressants à voir dans un laps de temps très court. Notre idée est d’en voir le maximum tout en supportant un rythme de voyage acceptable et assimilable par l’organisme. Le succès de ce circuit nous a confortés dans l’idée que l’on pouvait maintenant prendre les enfants avec nous afin qu’ils bénéficient des bienfaits d’une ouverture au monde. En 2009, après un projet de vacances au Kenya/Tanzanie, j’ai réussi à argumenter pour se diriger vers la Namibie. Autotour et préparation avec un T.O. local nous ont ainsi permis de visiter une grande partie du pays sans dégoûter les enfants par des kilométrages délirants. Des grands espaces, des animaux sauvages en quantité, un climat frais mais beau ont laissé d’excellents souvenirs à tous. En 2010, il fallait trouver autre chose à voir. L’Asie a été envisagé mais le climat durant l’été n’est pas trop favorable. Peut-être une tentative sera-t-elle tentée à de prochaines vacances de printemps afin de bénéficier d’un temps plus supportable pour visiter l’Inde que personne dans la famille ne connaît ou le Népal. Après un regard sur la mappemonde, l’Amérique du Sud a été trouvée comme prochain point de chute pour l’été. La Bolivie ayant été écartée d’office puisque le père l’a déjà visité il y a près de 20 ans, la destination a été ensuite choisie à l’unanimité : le Pérou. Personne n’y était allé et certains sites étaient déjà bien connus : Machu Picchu, lac Titicaca, les Incas, le seigneur de Sipan. Question climat, on restait dans l’esprit Namibie c’est-à-dire beau mais frais à cela s’ajoute l’altitude qui augmente la baisse de la température. Cela refroidit un peu les envies des plus jeunes mais les arguments des parents l’emportent. Il allait falloir maintenant trouver le circuit que l’on allait monter. Pour cela, internet permet en quelques instants de trouver les principaux centres d’intérêt du pays en parcourant les catalogues des T.O. les plus connus. Ensuite comme pour nos précédents, nous avions prévu de faire confiance à un T.O. local, les expériences ayant été concluantes. Nous dénichons quelques locaux francophones puisque l’espagnol n’est pas parlé dans la famille excepté notre fille mais qu’elle balbutie plus qu’elle ne le parle. Nous envoyons quelques demandes après déchiffrage de leur site. Nous adressons des demandes à ceux nous paraissant les plus sérieux. Après quelques jours d’attente, nous commençons à recevoir des devis qui nous interpellent. Certains nous font découvrir des régions non envisagées au départ tel que le Nord-Pérou et les régions montagneuses de la Cordillère Blanche moins connues que Cuzco. De 15 jours prévus au départ nous entamons une progression dans la durée du circuit y ajoutant par ci par là de nouvelles extensions. Au nord vient se joindre l’Amazonie. Comme l’on prévoit un T.O. local, il faut parallèlement prévoir de notre côté l’achat du billet d’avion Paris/Lima ce qui n’est pas une mince affaire. Les billets doivent satisfaire à plusieurs contraintes : être les moins chers, être aux bonnes dates par rapport à la longueur du circuit retenu, ne pas nous faire passer par les USA, la durée la plus courte possible de l’escale à Madrid car cela nous est apparu très rapidement que le vol serait via Madrid. Fin février, les choix ont été faits : circuit du 18 Juillet au 9 Août Paris-Paris sur vol Ibéria et avec LatinAndes comme T.O. local. Notre interlocuteur sur place s’appelle Walter Candia Valer. Nous discutons par mails pour mettre en place le circuit définitif et le tarif qu’il nous propose nous encourage (environ 2000 euros Lima/Lima par personne) . Du circuit la « terre des pumas » , nous avons choisi de visiter le Pérou dans sa quasi-totalité. Nous trouvons le billet aérien avec escale à Madrid comme convenu. Il n’y a plus alors qu’à attendre le départ avec cependant quelques incertitudes : Nous effectuons les virements de paiement du circuit sans aucune assurance de la notabilité du TO mais nous gardons confiance dans le fait que les années précédentes tout s’est très bien déroulé. Le déroulement jour par jour
Dimanche 18 Juillet : 8h30, départ de notre domicile pour nous rendre à Orly en taxi. Les bagages pour 4 sont trop imposants pour envisager un transfert par RER . Direction Orly-Sud, mais par acquit de conscience Maman vérifie les billets : ce n’est pas Sud mais Ouest où il faut se rendre. Papa s’était trompé par précipitation. Décollage à 10H50 sans encombre, direction Madrid où nous arrivons en fin de matinée. L’enregistrement des bagages et des places sur les 2 vols a été fait jusqu’à Lima ce qui nous laisse du temps pour aller visiter la ville puisque nous repartons à 1H15 du matin. L’aéroport de Barajas est immense ce qui nécessite de prendre des navettes automatiques pour rejoindre le métro qui dessert directement le centre ville. Nous avions préparé notre petite escapade madrilène en prenant plan de la ville et des sites à visiter lors d’un passage-éclair. Nous descendons « place d’Espagne » où une température caniculaire nous attend (37°). Il est près de 15h et la ville est encore assoupie. La faim nous tenaille et nous trouvons vite un restaurant typique où les choix de plats satisfont les différents appétits. Après cette diversion, nous entamons notre périple dans le Madrid touristique via le palais royal, la cathédrale de la Almudena. Nous entrevoyons, sans s’en approcher, le Théâtre Royal tant la chaleur est difficilement supportable. Nous longeons les murs. Nous rejoignons les plazas de la Villa et San Miquel où des halles abritent un marché très à la mode, avant de passer à la plaza mayor à la magnifique unité architecturale. Nous recherchons de l’eau afin de rafraîchir les gosiers assoiffés par la chaleur suffocante de cette fin d’après midi . Nous retrouvons les madrilènes dans les zones commerciales ouvertes le dimanche autour de la « puerta del sol » jusqu’à la « plaza del callao » sur Gran Via. Nous décidons de nous rendre à la « plaza de Alcala ». De beaux immeubles des années 1900 constituent l’essentiel des bâtiments croisés. Les grandes artères que nous parcourons assurent un minimum l’évacuation de la chaleur de la ville entretenue par un soleil toujours aussi vif. Les pieds commencent à s’échauffer et de grosses voix s’élèvent pour demander un arrêt pour manger sachant que dans l’avion, cette nuit, l’attente sera longue. Nous prenons place dans une trattoria sur Alcalà. La cuisine italienne a bien des adeptes partout dans le monde en raison du faible coût des produits utilisés et d’une facile accoutumance aux plats principaux en particulier chez les jeunes. Pâtes et pizzas seront à la table de nombreux repas tout au long du circuit. Après le dîner , nous reprenons le métro pour nous rendre une dernière fois dans le vieux centre. Nous descendons à « la Puerta del Sol » et entamons à la nuit presque tombée un passage vers la place Isabel II où se trouve le théâtre royal. Nous traversons « la plaza de oriente » où un jardin verdoyant concentre une foule multiculturelle . Nous retrouvons ensuite le monument élevé à la gloire de Cervantès représentant Don Quichotte et son fier écuyer monté sur son âne. Une fête gastronomique aux accents de Galice bat son plein sous des barnums au pied de la tour de Madrid. Nous remontons ensuite « Gran Via » jusqu’à la station de métro du même nom pour profiter quelques instants encore de la chaude ambiance de la ville qui commence à s’animer. Une heure de métro plus tard, nous sommes dans l’enceinte de l’aéroport pour attendre notre vol en partance pour Lima.
Lundi 19 Juillet : La journée commence et nous ne sommes pas encore couchés. Nous sommes dans l’Airbus A340, long courrier quadrimoteur qui nous nous fait traverser l’Atlantique et l’Amazonie avant de rejoindre la côte de l’océan Pacifique. Tout le monde s’installe pour une longue nuit qui va nous faire remonter le temps puisque en 12heures nous revoilà 7 heures plus tôt. Repas succinct mais correct. Réveil à 11h plutôt 4h pour avaler un petit déjeuner. 5h30, arrivée dans la nuit noire à Lima. Beaucoup de temps pour récupérer les bagages, mais enfin pas de problème; tous nous ont bien suivis. Maintenant vient l’angoisse : David le guide prévu par le TO sera-t-il bien là ? Après le passage à la douane, tout le monde retient son souffle en sortant de la zone de débarquement et de passage des frontières. Derrière la barrière qui nous sépare des réceptifs cherchant à retrouver les arrivants, nous apercevons le panneau sur lequel est écrit notre nom : Ouf, il est bien là David. Toute notre angoisse disparaît , le voyage peut réellement commencer. Après les présentations, toutefois un premier désagrément: pas de chauffeur pour nous conduire en ville à l’hôtel. David s’empresse auprès du chauffeur de connaître le motif de son absence. Il s’est tout simplement trompé d’heure. On lui avait dit 6h30 mais il s’était plus souvenu si il s’agissait du main ou du soir. Après ce contretemps, nous avons rejoint le minibus, avec une heure de retard, commencé à se mêler aux embouteillages de Lima et à s’imprégner de l’ambiance grise et fraîche de cette mégalopole. Un brouillard fin s’abat tous les matins d’hiver pour se dissiper vers midi. D’ici là, il faut s’adapter pour vivre dans cette ville aux banlieues lépreuses où les mototaxis encombrent les rues. Peu de véhicules particuliers toutefois, mais une foule de bus , d’autobus de ligne, de taxis en tout genre. En 45 minutes nous rejoignons notre hôtel (Kamara) situé quasiment en plein centre historique. Des mesures de sécurité importantes permettent de vérifier l’attention toute particulière qu’il faut faire au cours de déplacements. Grilles aux portes de l’hôtel, vigiles sont monnaie courante devant de nombreux établissements commerciaux. Nous rejoignons nos deux chambres et après une toilette réparatrice, nous allons prendre un petit déjeuner. A 10h, le guide nous rejoint pour nous faire visiter le centre historique. Nous commençons par une rue pleine de libraires qui donne dans la place San Martin . Ce personnage est un des héros de l’indépendance du Pérou au cours du XIXème siècle. Après la canicule de la veille, le temps breton nous réveille pour continuer la visite en direction de la plaza mayor qui est entourée de tous les bâtiments caractéristiques d’une capitale coloniale espagnole. Cathédrale, administration centrale, présidence de la république, banque centrale et autres. Avant le premier déjeuner péruvien, nous visitons quelques églises de style baroque car de nombreuses originales du XVIème siècle ont été détruites lors de tremblements de terre. Peu avant midi, nous retournons devant la présidence de la république sur la plaza mayor pour assister à la relève d la garde, événement qui voit arriver une forte concentration de touristes. A l’occasion de notre repas pris dans un restaurant à deux pas du centre touristique, nous goûterons le cocktail local, le « Pisco Sour » ainsi que la cuisine locale qui s’avérera très variée à base de céréales comme le quinoa, de viandes souvent exotiques telles que l’alpaga. Après le repas, nous continuons nos visites par celle du musée de l’Inquisition qui fit tant trembler jusqu’au XVIIIème siècle et celle d’un musée privé (musée Cohen) présentant de magnifiques collections d’objets des différentes civilisations ayant traversé l’histoire du Pérou. Après cela nous retournons à l’hôtel, fatigués par la promenade, le décalage horaire et les différences de température subies depuis deux jours. Nous prenons congé de notre guide qui nous rejoindra le lendemain pour nous conduire à la gare routière. Un cadenas sur un bagage qui ne veut pas s’ouvrir viendra ternir l’ambiance en cette fin d’après midi. Il a fallu ressortir pour le remplacer (Cela nous a permis de tester notre espagnol) et puis, par hasard la combinaison s’est de nouveau ouverte. Après ce petit contretemps sans grave conséquence, nous prenons la décision de dîner à l’hôtel afin de nous économiser un peu, demain étant une journée de voyage en bus de ligne. Pour le repas, nous choisissons cuisine italienne ce qui ravira l’ensemble des convives. Les enfants vont se coucher mais les parents attendent une visite : notre T.O. doit venir nous rencontrer afin de nous donner les éléments pour continuer le voyage. A 21h30, Walter apparaît dans le hall de l’hôtel et se présente à nous. Il vient de monter son agence à Cuzco depuis quelques mois et cherche encore des clients malgré un emploi du temps déjà bien chargé. Il accompagne aussi un groupe de touristes français . Il nous explique qu’à chacune de nos étapes un guide , un chauffeur et un van nous attendront pour nous faire visiter la région et nous conduire jusqu’au prochain moyen de transport qui nous amènera à notre destination suivante. Au Pérou, afin de diminuer le chômage en province, les accompagnateurs de circuit sont des locaux assermentés, associés chacun à une région et souvent à une spécialité comme guide de haute ou moyenne montagne. Nous prenons congé de notre hôte après ses précieux renseignements fournis pour le déroulement ultérieur de notre aventure. A 22h30, extinction des feux.
Mardi 20 Juillet : Réveil à 5h15, rassemblement des bagages puis petit déjeuner au restaurant de l’hôtel Kamana où nous avons passé une excellente nuit réparatrice. A 6h45, nos guides et chauffeur viennent nous chercher pour rejoindre la gare routière située au sud de Lima dans une banlieue glauque que le temps gris n’améliore pas. Nous déposons les bagages qui seront mis en soute et attendons patiemment la montée après contrôle par caméra. Nous partons à 8h10 dans le bus de ligne de la Compagnie Movil Tour en direction de Mancos via Huaraz dans la Cordillère Blanche, une chaîne de montagne où de nombreux sommets dépassent les 6000 m. C’est notre 1ère expérience de ce type de transport. Par crainte de souci de mal au cœur, Pierrine, notre fille a pris des médicaments qui s’avéreront efficaces. Le bus est confortable, muni de WC, de TV , de sièges inclinables afin de supporter un long trajet. Aujourd’hui, ce sera essentiellement du repos avec découverte de différents paysages qui s’étageront du niveau de l’océan à plus de 4000 m. Nous traversons tout d’abord Lima par de grands axes souvent encombrés, puis la Rimac, le fleuve qui sépare la ville en deux . Au nord, nous atteignons la banlieue et la ville de Callao où se situe notre premier arrêt. Nous accueillons quelques voyageurs supplémentaires avant d’emprunter la Panaméricaine, l’axe mythique qui joint les Amériques. Dès que nous quittons la métropole, nous longeons l’océan Pacifique qui vient se jeter sur la plage en de nombreux rouleaux. De hautes dunes de sable bordent la route côté oriental et cela sur des dizaines de kilomètres. De temps en temps , des oasis de verdure apparaissent au débouché des quelques fleuves se jetant ans l’océan en provenance des contreforts de la cordillère. Des cultures de cannes à sucre forment l’essentiel de l’agriculture associée à une culture maraîchère qui assure l’approvisionnement de la capitale en légumes frais. Les arrêts sont fréquents pour franchir des péages qui sont établis sur les axes principaux de l’ensemble du pays. Le réseau routier que nous parcourrons durant notre circuit, est dans l’ensemble en bon état . A midi nous nous arrêtons à Barranca pour déjeuner dans un restaurant de station-service. Afin de diminuer le temps d’arrêt, nous prenons un plat unique de riz-poulet de qualité tout à fait acceptable. Nous nous sommes dérouillés un peu les jambes avant de continuer le voyage. En reprenant la route qui commence à s’élever le long du rio Fortaleza, le soleil fait son apparition. Nous traversons quelques villages avant que les virages deviennent de plus en plus nombreux alors que la route grimpe à l’assaut du col de Conococha qui culmine à 4200m. De là haut, la vue est très étendue à la fois sur la lagune qui s’étend à nos pieds et sur la cordillère de Huayhuash qui barre le paysage vers le sud-ouest. Le col est une grande étendue plate parsemée de marais où paissent des troupeaux de moutons pour l’essentiel. Nous entamons la descente vers Huaraz, tout de même situé à 3060 m. Nous nous arrêtons pour faire descendre l’essentiel des clients qui viennent ici pour la découverte de la haute montagne andine en participant à des treks . Encore une heure de route avant de rejoindre Mancos où nous attend notre guide Eduardo. Il nous conduit chez l’habitant d’après ce qui était prévu dans notre programme mais nous découvririons en fait un petit lodge de montagne très confortable. Situé au pied du Huascaran, la plus haute montagne du Pérou, il bénéficie d’une vue imprenable sur la montagne depuis un très agréable jardin. Les chambres sont simples mais disposent de tout le confort nécessaire pour y passer deux nuits. A 2600 m, nous n’appréhendons pas trop cette altitude qui ne nous pèse pas trop. Nous n’aurons pas de malaises, ni de difficultés particulières pour dormir. La fin d’après midi se passe à s’installer tranquillement et à profiter d’un paysage somptueux que bien des montagnards que l’on connaît nous envieraient. Le soleil couchant sur les deux sommets du Huascaran embrase l’ensemble de la montagne qui nous domine. Le dîner servi dans une petite salle, où de nombreux souvenirs de montagne ( photos d’ascension, piolets) sont accrochés aux murs, est composé d’une excellente soupe de légumes et de riz-poulet suivi d’une salade de fruits. A 21h15, nous nous endormons.
Mercredi 21 Juillet : Ce matin réveil à 7 heures, un soleil magnifique inonde les fenêtres de notre chambre et le Huascaran enneigé. Très bon petit déjeuner où nous sommes accueillis par Walter, notre hôte patron de la « Casa de my habuela ». Aujourd’hui, nous allons en haute montagne visiter les lagunes de Llanganuco, une promenade plus qu’une marche au long cours. A 8heures comme prévu, Eduardo et le chauffeur viennent nous chercher. Nous nous arrêtons tout d’abord au Campo Santo de Yungaï, souvenir d’un tremblement de terre suivi d’un glissement de terrain qui fit 80000 victimes dans la vallée en 1970. La ville a été reconstruite à quelque distance de la ville ancienne afin d’éviter de nouveau une même tragédie. Ensuite, nous entrons dans le parc naturel du Huascaran, qui fait partie des sites naturels de l’Unesco ce qui implique une forte implication dans le respect de la nature. Nous passons alors dans une brèche impressionnante faite entre 2 sommets emblématiques des Andes le Huandoy, d’un côté et le Huascaran de l’autre. Au fond, s’étalent les deux lagunes successives de Llanganuco établies à 3850m. Le soleil brille et aucun vent glacial prévisible en cette saison ne souffle ce qui permet de profiter au maximum d’un environnement magnifique à la vég��tation impensable, pour un européen, à de telles altitudes : arbres de différentes espèces, roseaux, etc… Nous continuons notre route qui est en fait un chemin gravillonné jusqu’à un belvédère à 4750 m où nous embrassons un paysage extraordinaire avec des dizaines de sommets dépassant 5500 m. Malgré que ce soit l’hiver, il faut atteindre plus de 5000 m pour voir de la neige accrochée aux pentes. A cette hauteur, la marche s’avère difficile et nous profitons de ces quelques instants pour immortaliser notre passage dans ce haut lieu de l’andinisme. Lionel Terray n’a-t-il pas gravi le Huandoy que nous voyons en face de nous, en 1956. Ensuite, nous redescendons à la lagune Coracincha située à 3850 m pour pique-niquer au pied des chênes quena , arbres endémiques de la région. Temps magnifique et même chaud puisque nous restons en T-shirt. Le lac permet le canotage mais pas la baignade. Nous faisons après le repas une petite promenade afin de profiter du site constitué de vertigineuses falaises tombant directement sur les eaux turquoises. C’est un lieu très fréquenté par les excursionnistes le plus souvent péruviens. La suite de l’après midi se déroule dans le jardin de l’hôtel afin de contempler la vue majestueuse sur les sommets environnants. A 2600 m, on reprend également son souffle. La descente a été l’occasion de voir la vie difficile des montagnards occupés aux travaux des champs avec le plus souvent comme moyen de traction des charrues, des bœufs. Le dîner passé, le coucher s’effectue à 21h15.
Jeudi 22 Juillet : Le guide nous a donné rendez-vous à 7h45, aussi sommes nous debout à 7h afin de profiter de l’excellent petit déjeuner du lodge. Comme les jours précédents, il fait un soleil magnifique mais la fraîcheur est là également. Nous embarquons pour une heure de taxi pour nous rendre sur les hauteurs de la vallée du rio Santa au pied du Huascaran. Ce matin, un petit trek nous attend afin de nous imprégner de la vie rurale dans la cordillère blanche. Nous sommes déposés à 3400m dans un petit village en pleine activité. Les hommes et femmes s’affairent à nourrir les bêtes – moutons, porcs, vaches- soit dans les fermes, soit dans les champs. Nous croisons un préposé chargé de s’assurer d’une parfaite équité dans la distribution d’eau entre les propriétaires des champs de la communauté. Pour cela, il ouvre et ferme de petites vannes de pierre situées sur les rigoles qui transportent l’eau issue des sommets. Nous descendons le long d’un sentier qui nous ramènera au lodge après une marche d’environ 4 heures à travers les petits villages créés autour d’une place centrale dotée d’un jardin planté de palmiers et où l’église et la mairie constituent les bâtiments principaux. Nous avons la chance de rentrer dans une école maternelle dans laquelle nous donnons quelques stylos et cahiers. La maîtresse et les enfants nous en remercient en chantant. La région est truffée de mines, une d’or est visible à bonne distance, et une seconde, de charbon permet de voir la fin de l’extraction à la sortie des boyaux. Des bosquets d’eucalyptus embaument l’atmosphère. Ces arbres à la pousse rapide, ont permis la reforestation après de trop nombreuses coupes des espèces indigènes en raison des besoins des populations en bois de chauffe. Un bon repas pris en plein air nous permet de reprendre des forces après notre demie journée de marche. L’après midi, nous en profitons pour lire et se divertir avant de rejoindre Huaraz où nous prendrons le bus de nuit pour Trujillo : une nouvelle expérience pour nous tous. A 17 h, le guide et le chauffeur nous conduisent à la « Chamonix » des Andes en remontant la vallée du rio Santa ce qui nous permet de profiter de très belles échappées sur la Cordillère Blanche. De la gare routière où nous avons laissé nos bagages, il nous faut environ 30 minutes pour rejoindre le centre ville. Le calme de Mancos est remplacé, pour quelques heures, par l’animation d’une ville vouée à la haute montagne. Vêtements et équipements d’escalade apparaissent aux vitrines de nombreuses boutiques de même que des sociétés de guides et de treks. A la nuit tombée, nous nous engouffrons dans un restaurant….italien au menu à 11 soles. Nous rejoignons ensuite le terminal des bus en traversant des quartiers aux rues vides, aux boutiques au rideau baissé où dominent la couleur blafarde des néons et les aboiements de chiens qui semblent pas toujours bien intentionnés. Une heure à attendre avant de monter dans le bus qui nous mène à Trujillo. Nous laissons là notre guide Eduardo qui nous a permis de bien découvrir sa région. A 21h30, nous nous installons au rez de chaussée d’un bus à étage disposant de tout le confort pour passer une nuit à bord. Couverture et petit en-cas nous sont distribués par une hôtesse comme dans un avion. La télé dispense un film d’aventure avant l’extinction des feux.
Vendredi 23 Juillet : Nous trouvons notre nouveau guide Pedro au terminal routier de Trujillo à notre arrivée à 7h30 à Trujillo. Nous sommes emmenés à l’hôtel Pullmann situé en centre ville où nous prenons le petit déjeuner et nous nous accordons quelques minutes pour faire un brin de toilette avant d’attaquer nos visites. Ce matin, nous quittons la ville par le sud pour rejoindre le site de la « Huaca de la Luna » où sont entreprises depuis une vingtaine d’années des fouilles archéologiques. Il s’agit d’une pyramide détruite en grande partie par les intempéries, construite en briques et appartenant à la civilisation « moche » datée entre le II et le VIII ème siècle. De nouveaux trésors y sont découverts presque tous les jours. Cette civilisation a construit en empilant les édifices religieux les uns au-dessus des autres ce qui permet d’espérer des découvertes dans les couches les plus profondes non encore creusées. Sous des auvents protégeant les zones de tombes et de salles aux murs colorés, nous pouvons voir les différentes représentations des dieux, en particulier du dieu principal dit « l’égorgeur ».sous forme de bas-reliefs polychromes . Durant près de deux heures, nous parcourons les différentes époques de cette civilisation situées à des niveaux différents de fouille et apercevons la « Huaca del Sol », la plus grande pyramide d’Amérique du sud qui n’est pas encore inventoriée. A la fin de la visite, nous traversons un ensemble de stands de produits d’artisanat d’une grande finesse (céramiques, bijoux, etc…). Pour déjeuner, nous partons au nord de Trujillo sur la côte Pacifique dans la station balnéaire de Huanchaco où je mangerai mon premier ceviche, spécialité culinaire à base de poissons crus assaisonnés d’une vinaigrette au citron vert. Le restaurant domine la plage où les nombreux rouleaux permettent le surf et la pratique des cabalittos de totora, embarcations en roseaux servant à la pêche et utilisées depuis des centaines d’années. Le soleil brille de nouveau après dissipation des brumes matinales qui enveloppent toute la région côtière. En retournant à Trujillo, nous nous arrêtons à Chan Chan, cité conquis par les ncas à la fin du XVème siècle après un siège de 10 ans. La ville s’étend sur 20 km². Elle appartient à la civilisation Chimu qui succéda aux Moche. C’est une enceinte fortifiée construite en adobe. Nous y visitons la citadelle Tschudi Nous voyons la place centrale, lieu des cérémonies et de sacrifices, la zone de l’administration où de petites cellules constituaient les bureaux des fonctionnaires gérant les différentes régions du royaume. A proximité de la mer, se trouvent d’autres enceintes, témoignage d’une autre période de cette civilisation encore mal connue. De retour à Trujillo, nous allons parcourir le centre ville historique situé autour de la plaza de armas et à peu de distance de l’hôtel. La rue de l’hôtel est remplie de stands temporaires d’artisanat ce qui favorise les dépenses de souvenir (nappe en coton , pena, etc…). Ce soir là, nous faisons un repas dans un restaurant chic de la rue Pizarro.
Samedi 24 Juillet : A 7h40, départ en voiture privée pour Chiclayo. Comme tous les jours, brume et fraîcheur sont au rendez-vous. Nous empruntons la panaméricaine direction nord. A environ 40 km de Trujillo, nous la quittons pour rejoindre un site archéologique nouvellement ouvert aux visites. Il s’agit de la Huaca de Cao au musée créé en 2009 à la suite de la découverte d’une magnifique tombe d’une femme de haut rang de la civilisation Chimu. Le musée très sobre, en béton brut, conserve les trésors découverts dans une pyramide située à proximité immédiate de l’océan. Comme à la Huaca de la luna, de nombreux bas-reliefs présentent des motifs géométriques et des représentations du dieu égorgeur et de poissons. Des échafaudages de protection permettent de maintenir en état les restes de tombes où de nombreuses pièces de poterie et des bijoux ont été retrouvées de même que des momies bien conservées regroupées dans le musée nouvellement installé grâce à des fonds allemands. Après la visite du site, nous continuons par celle du musée où ont été rassemblées les pièces essentielles découvertes lors des fouilles. Les salles à la lumière parfaitement adaptée, jouissent d’une magnifique mise en valeur des objets d’orfèvrerie, des tissus multicolores souvent associés à des plumes d’oiseaux d’Amazonie trouvés dans les différentes couches de la pyramide principale. Nous reprenons ensuite la route de Chiclayo en traversant de nombreux villages où la principale industrie est la riziculture. Avant midi, nous nous dirigeons vers Zana, ancienne ville coloniale importante pillée au XVIIème siècle par les pirates anglais . Il reste les vestiges de nombreuses églises qui sont devenus le repaire de vautours. A l’importance de la taille de ces monuments, on s’imagine quel pouvait être le rôle de cette cité dans le commerce local et dans l’exportation vers l’Espagne des produits agricoles locaux tels que la canne à sucre dont la culture est toujours essentielle pour la région. Midi approchant la recherche d’un restaurant s’est confirmée mais a été contrariée par la crevaison d’un pneu sur notre van. Cela nous a permis de nous attarder dans un village et d’y voir la vie s’y dérouler en particulier autour d’un puits qui semblait être la seule source d’eau possible. Après le repas pris dans un restaurant local où nous avons goûté un excellent canard cuisiné aux haricots blancs, nous nous sommes rendus au site où a été trouvé la tombe du « Seigneur de Sipan », l’équivalent au Pérou de la tombe de Toutankhamon pour l’Egypte. Comme pour les sites précédents, nous voyons émerger des buttes qui constituent souvent le seul relief dans le paysage et qui sont en réalité les restes de pyramide de brique en partie effondrée. C’est dans l’une d’elles, la Huaca Rajada, qu’ont été découvertes les tombes inviolées de riches personnages datant de 1750 ans et appartenant à la civilisation moche. Une reconstitution permet de voir les tombes telles qu’elles ont été découvertes en 1987. L’intérieur des tombes constitué en plus des corps, d’objets nécessaires à la vie dans l’au-delà et même de personnes sacrifiées lors de l’enterrement du propriétaire, a été installé dans un musée à Lambayeque ouvert en 2002. Après cette série de visites, nous rejoignons l’hôtel Inti à Chiclayo en s’arrêtant en ville à la promenade des Muses, dont notre guide était très fier mais qui, pour nous, par ses statues et monuments pseudo romains semblait très kitsch. Situé en plein centre, notre hôtel nous a permis de visiter la partie la plus pittoresque constituée bien entendu par la plaza mayor dominée par la cathédrale. Ce soir-là, il nous a fallu près d’une heure et demie pour se décider sur un restaurant qui a plu à nos papilles puisque nous y sommes retournés le lendemain soir.
Dimanche 25 Juillet : Grasse matinée, départ à 9heures. Nous commençons nos visites par celle du marché aux sorciers. En effet, le chamanisme est encore très vivant au Pérou et les ingrédients nécessaires aux cérémonies se trouvent rassemblés dans ce lieu. On trouve ainsi plantes hallucinogènes, peaux de bêtes sauvages, squelettes et gris-gris en tout genre. Par la route ensuite, nous rejoignons Tucume aux 26 pyramides disséminées dans la plaine. Le musée regroupe les découvertes récentes faites en particulier dans la Huaca Larga, la plus grande construction en adobe du monde. Nous montons ensuite sur un belvédère d’où nous pouvons avoir une vue panoramique sur les amoncellements de briques, restes des pyramides de la civilisation sican. Nous rejoignons, pour midi, Lambayeque afin de visiter, après le déjeuner, le musée des tombes royales de Sipan où ont regroupées toutes les découvertes des sépultures du seigneur de Sipan, de son aïeul et du grand prêtre qui appartenaient à la civilisation moche du début de l’ère chrétienne. Le monument reprend la forme des pyramides moche et la couleur du sang tellement présent dans la vie telle qu’elle a été représentée sur les poteries très détaillées découvertes dans les tombes. La visite se fait en descendant. Tous les aspects de la civilisation moche sont présentés à partir des œuvres trouvées. Céramiques, tissus, orfèvrerie représentent la vie religieuse, politique, militaire avec les vainqueurs et les vaincus. Les squelettes sont présentés avec les ornements (pectoraux en or, ceintures, armes etc…) qui les ont accompagnés lors de leur dernier voyage. Cela se termine par une reconstitution animée de la cour du vieux seigneur. Toutes les explications nous ont été données par notre guide Pedro. Vers 16h nous retournons à l‘hôtel Inti afin de préparer les bagages simplifiés que nous emporterons avec nous dans le lodge amazonien. Papa part faire quelques photos dans le centre historique afin de profiter d’un éclairage différent . Pour le dîner, nous retournons au Campero chicken où chacun se régale. Nous nous couchons tôt après avoir reçu par anticipation le petit déjeuner en prévision de notre départ très matinal.
Lundi 26 Juillet : Réveil 4h. En effet, ce matin nous prenons l’avion pour nous rendre à Puerto Maldonado dans l’est du Pérou. Nous changeons d’avion à Lima et faisons ensuite escale à Cuzco. A 5 heures, le guide est à l’heure mais le chauffeur est un peu en retard .Le vol (Airbus A319-Lan Peru) pour Lima est à 6h10. Il faut payer des taxes aéroportuaires avant l’embarquement. Après 70 minutes de vol, nous arrivons à Lima pour un transit d’environ 2h passées à faire les boutiques très coûteuses de l’aéroport. Le vol de 55mn pour Cuzco est splendide en raison du survol des Andes sous un soleil magnifique. L’escale d’une trentaine de minutes nous permet de faire connaissance visuellement avec Cuzco que nous visiterons à notre retour d’Amazonie. Après 35 minutes de vol, nous nous posons à Puerto Maldonado, 250 mètres d’altitude. Nous nous attendons à une chaleur importante surtout qu’il est 13 heures à notre arrivée. Nous rejoignons l’aéroport à pied en traversant le tarmac. Nous sommes un peu surpris par la température trop agréable à note goût (27°). Le TO local nous attend avec un bus très coloré aux sièges en bois, sans vitres tout à fait adapté aux conditions climatiques locales. Nous traversons une ville aux basses maisons de bois. L’essentiel du transport s’effectue avec des mototaxis. L’atmosphère nous rappelle celle des villes des trappeurs et de contact multiculturel. Les indiens des Andes et les indiens de l’Amazonie se croisent . Nous déposons l’essentiel de nos bagages dans les locaux de l’agence qui possède le lodge où l’on va séjourner durant 2 jours au bord du Madre de Dios, un affluent de l’Amazone. Ensuite, le bus nous conduit au port fluvial où l’on embarque sur une longue pirogue pour rejoindre notre base à 90 minutes de navigation en aval. Puerto Maldonado est une ville en constante évolution, point de rencontre entre des peuples en constante hostilité depuis des lustres. Au fil du fleuve, nous découvrons la manière de vivre des garimperos, chercheurs d’or- orpailleurs qui fouillent le fleuve à la recherche d’éventuelles pépites qui pourraient les sortir de la misère, en polluant l’eau par l’utilisation de mercure. La pêche est interdite, en principe, en raison de cette pollution. A 15h, nous abordons au ponton situé au pied du lodge qui nous hébergera 2 nuits. Construit avec des matériaux locaux (bois, palmes, etc…), il est fait de bungalows sur pilotis construits autour d’un bâtiment central au milieu d’une végétation tropicale luxuriante. Les fortes précipitations ont conduit à protéger par des toits en palme les liaisons piétonnes surélevées disposées entre les bâtiments centraux et les paillottes confortables qui nous hébergent. Chacune possède une véranda dotée de rocking chairs et de hamacs qui feront la joie des enfants et même des plus grands. En raison de la chaleur, les murs y sont à claire-voie . Après dépose des bagages, nous allons vite déjeuner car l’heure avance et à 16 heures, nous entamons une promenade à l’île des singes. Nous abordons une plage sablonneuse située en face du lodge, où le guide nous fait les recommandations d’usage avant de s’enfoncer dans la forêt tropicale, en particulier de ne pas s’éloigner du sentier balisé et de ne pas s’approcher de la végétation qui peut s’avérer dangereuse. Les bruits de la forêt se font de plus en plus entendre, cris de singes, chants d’oiseaux, vent dans le feuillage d’arbres immenses qui obscurcissent la lumière dès lors que l’on rentre sous le couvert. Après quelques minutes de marche, nous voyons, tout d’abord assez haut dans les branchages puis de plus en plus près de nous, des colonies de singes de différentes espèces qui semblent très habitués à la présence humaine. En effet, notre guide porte avec lui un sac rempli de bananes qui serviront à les attirer. Ainsi il sera plus facile de photographier ces singes que la plupart n’a vu que dans des zoos. Nous verrons ainsi quatre espèces différentes dont des capucins blancs qui viendront à tour de rôle se laisser photographier et approcher. Nous restons ainsi une heure à traverser la forêt avant de rejoindre la rive du fleuve que nous retraversons en pirogue. Nous finissons la fin de l’après midi au bar du lodge qui comporte baby foot, ping pong pour l’amusement de tous. Après le dîner, nous discutons avec des canadiennes au sujet de nos circuits réciproques et nous comparons nos expériences réciproques en particulier sur la qualité des agences de voyages. D’après les dire de chacun, nous avons fait un bon choix car jusqu’à présent, les prestations promises sont tenues et la qualité de celles-ci est respectée. A 20 heures, nous embarquons sur une pirogue afin d’aller à la rencontre des caïmans le long des rives du Madre de Dios. A la lueur d’une puissante torche, le guide recherche les reptiles mais nous n’en croiserons que deux ou trois de petite taille. La fraîcheur humide s’est installée ce que l’on avait pas prévu pour dormir et il a fallu rassembler des couvertures pour passer une nuit tranquille au sommeil réparateur.
Mardi 27 Juillet : Lever à 6 heures mais le réveil a été bien plus matinal en raison des cris des différents animaux qui peuplent les environs. La toilette a été rapide car la chaleur amazonienne n’est pas là. A 7 heures, nous entamons une visite de la forêt qui entoure le lodge. Le guide nous présente tous les aspects de cet écosystème tant au niveau des fleurs, des arbres , de la vie animale tant terrestre, nautique qu’aérienne. Durant près de 2 heures nous nous enfoncerons dans la jungle sous un couvert oppressant en raison de la hauteur des arbres, de l’impossibilité de quitter le sentier sans disparaître dans une végétation envahissante et quelquefois dangereuse. La saison sèche fait que l’humidité n’imprègne pas nos vêtements comme on peut l’imaginer. Le soleil perce la canopée et vient éclaircir le sol où les fourmis processionnaires portent sur des distances importantes des déchets de feuille pour alimenter leur nid. Nous rejoignons un petit lac après avoir traversé un marigot sur un pont de liane. Un mirador d’une vingtaine de mètres de haut permet d‘admirer la vie lacustre: plantes, oiseaux, petits mammifères, reptiles. C’est le seul endroit qui permet d’avoir une vue étendue sur la forêt. Après la vue d’en-haut, nous montons dans une petite barque pour faire le tour du petit lac et approcher au plus près la vie aquatique en particulier nous pourrons voir un petit caïman qui viendra frôler notre embarcation. Nous retournons au lodge par un autre sentier ce qui nous permet d’observer d’autres éléments vivants de la forêt amazonienne en particulier des singes plus sauvages que la veille. Le guide nous montrera comment faire des flèches à partir de branche de certains arbres et des arcs de certaines lianes. Il nous fera également goûter des plantes comestibles bien utiles à connaître si l’on se perd dans cette immensité. De retour à 11 heures, nous nous préparons pour aller à la piscine, intérieure pour faciliter son entretien et son utilisation à la période des pluies. Hélas, la fraîcheur de l’eau refroidira l’ardeur même des plus jeunes. Après le repas pris sous forme de buffet ce qui permet à tous de trouver son bonheur, nous nous reposons dans les hamacs jusqu’à 15h30, heure de reprise des activités. Cette après midi nous partons jusqu’à un marigot où vit une troupe de caïmans . Lorsque nous parvenons à ce petit étang entouré par la forêt, un guide a préparé un petit banquet pour nos hôtes constitué de pièces de viande posées sur des planches. Petit à petit, l’eau est percée par des yeux globuleux de plus en plus nombreux et gros. En effet, les petits sont envoyés en éclaireur mais ce sont les plus gros qui sortiront les premiers de l’eau pour s’approcher du festin. Craintifs, ils sont, mais affamés encore plus ce qui fait que bientôt les pièces de viande sont l’objet de convoitise de la part des anciens qui ne laisseront que des miettes aux jeunots. Cela permet de faire crépiter les appareils photos. Après avoir assisté à une heure de festin où viendront se mêler quelques oiseaux chapardeurs, nous rejoignons notre hébergement pour profiter d’un apéritif bien mérité, pour les uns, du baby foot pour les autres.
Mercredi 28 Juillet : Aujourd’hui fête nationale au Pérou. Lever 6 heures après une nuit toujours aussi froide pour le lieu . Ce matin est prévu notre retour à Cuzco par avion mais l’heure du vol n’est pas connue ce qui semble le cas pour l’ensemble des hôtes qui quittent le lodge. Tous les vols partent en fin de matinée. Après le petit déjeuner et le rassemblement des bagages, nous embarquons sur notre pirogue direction Puerto Maldonado. Temps ensoleillé qui se réchauffe au fur et à mesure que la matinée avance. Nous croisons ou doublons des longues pirogues étroites sensiblement semblables à la nôtre qui constituent le seul moyen de transport disponible sur le fleuve. Celui-ci est à un bas niveau puisque nous sommes à la saison sèche dégageant ainsi de vastes plages de sable. Sur les rives, nous apercevons quelques villages de cases qui vivent de l’agriculture et de l’élevage de porcs et de volaille. A l’arrivée au port, c’est l’effervescence autour des bacs assurant le passage de la rvière. Bientôt, un pont, en construction, franchira le Madre de Dios pour faciliter les échanges entre la Selva péruvienne et la Bolivie. Nous rejoignons les bureaux de l’agence et récupérons nos bagages. Nous traversons de nouveau la ville en direction de l’aéroport en passant par de fréquents chantiers routiers, preuve que la région est en pleine révolution en voulant développer le tourisme par la création de voies désenclavant le bas Pérou depuis l’altiplano. A l’aéroport, les deux heures d’attente seront occupées à farfouiller dans les petites boutiques d’artisanat mettent en valeur la production régionale autour des plumes d’oiseaux multicolores, de bois sculptés représentant la faune tropicale. A 11h30, décollage pour 35 mn de vol en direction de Cuzco. Nous survolons tout d’abord la forêt amazonienne coupée par les méandres des rivières à la couleur sable qui finiront toutes dans l’Amazone quelques centaines de kilomètres en aval. Les dernières minutes de survol , nous les passons au-dessus de hauts sommets entourant la capitale des Incas. A notre arrivée, nous avons la déception de récupérer une valise abîmée et malgré note demande via notre guide, Lan Peru ne veut pas en tenir compte pour un éventuel dédommagement. Elle finira quand même le voyage avec quelques attentions de notre part. Nous allons directement à l’hotel Casa de Campo, situé sur les hauteurs dans le quartier san Blas, très pittoresque avec ses vieilles maisons coloniales et ses boutiques de peintres. L’étroitesse des rues fait que nous sommes obligés de porter nos bagages pour atteindre notre hébergement. Nous y déposons nos affaires, puis allons à la recherche d’un restaurant que nous trouverons vite car le quartier en est bien pourvu. San Blas est l’endroit à la mode qui réunit une bonne partie des commerces et activités liés au tourisme. Ici, nous trouvons en effet beaucoup plus de touristes qu nulle part ailleurs au Pérou. Après le repas pris dans un restaurant siège d’une association caritative, nous retournons à l’hôtel afin de refaire les bagages et de se reposer un peu avant de plonger dans les visites du quartier historique. A 3300 m d’altitude, les montées sont rudes d’autant que les rues sont ponctuées de marches aux pavés restaurés. Nous descendons jusqu’à la plaza de armas, centre historique de la capitale des Incas. Toutes les constructions ont des soubassements faits d’anciens murs incas que les Espagnols n’ont pu ou pas voulu détruire. L’assemblage des pierres aux magnifiques jointures laisse perplexe sur la méthode de construction et le temps pour parvenir à de tels résultats. Sur notre chemin, nous nous arrêtons à des centres d’artisanat le plus souvent installés dans de vieilles demeures coloniales où s’amoncellent quantités de tricots multicolores, ponchos, bonnets couvrant les oreilles , flûtes de Pan et autres produits de l’artisanat des Andes faits en laine de lama, ou d’alpaga. Une autre spécialité de Cuzco est la peinture qui se vend dans de nombreuses boutiques des quartiers touristiques. La plaza de armas est bordée de maisons à arcades, de la cathédrale et la Compania, église des Jésuites. Comme c’est la fête nationale , une prise d’armes avec fanfare a lieu lors de notre passage ce qui a rassemblé une foule importante essentiellement formée de Péruviens. A la tombée de la nuit, nous continuons notre découverte de la vieille ville en parcourant de nombreuses places où sont situés les musées principaux et des églises de l’époque coloniale tel la Merced et San Francisco. De retour à l’hôtel nous nous arrêtons dans un petit restaurant au menu touristique à 10 soles qui fera la joie de tous.
Jeudi 29 Juillet : Après un réveil à 8 heures, nous prenons le petit déjeuner dans une salle de l’hôtel qui domine toute la ville éclairée par un très soleil - Nous profitons ainsi de la vue avant d’entreprendre avec notre guide Luis , la visite expliquée du centre historique que nous avions découvert la veille par nous-mêmes. Nous traversons la place san Blas puis nous nous dirigeons vers le monastère Santo Domingo qui s’est intégré dans le temple du soleil inca (Qoricancha). Nous goûtons aux tamales, spécialité culinaire péruvienne à base d’épi de maïs. Nous passons par la plaza de armas avant d’attaquer la montée qui nous mène au site de Sascahuayman . 40 minutes d’effort soutenu pour atteindre le temple inca, souvent présenté comme une forteresse en raison de sa triple enceinte. Une grande esplanade permettait d’y faire des fêtes religieuses associées au culte du soleil. Les constructions cyclopéennes laissent perplexe quant au mode de construction sachant que certaines pierres pèsent plus de 130 tonnes. Nous continuons ensuite notre marche jusqu’à Q’enqo, autre site inca où des manifestations religieuses se déroulaient. Nous retrouvons notre minibus chargé de nos bagages pour continuer nos visites dans la Vallée Sacrée des Incas. Prochain arrêt : Pisac, village situé sur la rivière Urubamba. Nous déposons nos bagages dans un petit hôtel local qui nous hébergera pour la nuit. C’est très rustique et rudimentaire. La patronne, très aimable tient également une petite boutique et un restaurant où nous mangerons le soir. Pour l’instant, nous reprenons le minibus pour aller déjeuner au pied du site inca. Nous le visitons en début d’après midi après une montée en bus d’environ 20 minutes. Dominant la vallée, la forteresse de Pisac est bâtie à partir de terrasses de soutènement , en plusieurs parties établies sur la crête d’une montagne. Une partie administrative complète les parties militaires et religieuses . Un chemin relie ces différentes parties et emprunte même un tunnel. A son débouché, on profite d’un admirable panorama sur le centre cérémoniel : l’Intiwatana qui possède également des constructions pré incaïques repérables au fait d’un appareillage de pierres différent . Nous continuons la descente en passant par des tours de guet protégeant d’une possible intrusion la citadelle. Toute la montagne est dotée de terrasses au fonction agricole. En arrivant au village dans la vallée après près de deux heures de promenade, nous traversons le marché assurant la vente des produits d’artisanat local pour les touristes et des produits de consommation courante pour les locaux en particulier pommes de terre, base de la nourriture péruvienne. De retour à l’hôtel, papa abandonne sa petite famille qui demande à se reposer , afin de retourner déambuler dans le village et son marché. A 18h45, nous prenons un excellent souper préparé par note hôte composé d’une soupe de légumes, de nouilles et de poulet.
Vendredi 30 Juillet : Départ prévu à 8h45, nos chauffeur et guide venant de Cuzco. Durant cette attente, notre hôte nous déguise avec les vêtements servant aux fêtes religieuses où se mêlent christianisme et croyance inca. Masque , bonnet, chapeaux, vestes chatoyants sont mis à notre disposition pour immortaliser notre passage dans son établissement. Nous nous imaginons défilant au son des tambours, flûtes et autres cymbales à l’occasion des fêtes religieuses accompagnant les périodes importantes des cultures. Après cet intermède et avoir remercié notre hôte pour son accueil, nous reprenons le fil de nos visites dans la vallée sacrée en rejoignant Moray et ses terrasses agricoles circulaires établies sur l’altiplano dans une cuvette naturelle. Elles auraient servi pour tester des cultures de maïs en raison des microclimats créés à leurs différents niveaux. Actuellement, les hauts plateaux permettent la culture du blé et l’élevage du mouton. Après avoir traversé le village de Maras où il reste de nombreux vestiges de époque coloniale espagnole, nous descendons vers la rivière Urubamba, qui a permis le développement d’un grenier agricole en raison de la présence de l’eau et d’un climat favorable. Dominant le fond de cette vallée, dans une échancrure de celle-ci nous visitons les salines de Maras, où depuis la période pré incaïque, l’évaporation endiguée d’une eau fortement minéralisée permet le ramassage d’un sel servant aux hommes et aux animaux. 4000 bassins appartenant aux habitants de Maras sont travaillés afin d’en tirer un sel servant à l’alimentation humaine et animale. Toute l’extraction s’effectue à la main. Un petit magasin permet aux touristes de s’approvisionner en divers produits dérivés. Nous rejoignons ensuite Ollentaytambo, petit village placé à un défilé du rio Urubamba. Ce fut le lieu d la dernière victoire des Incas sur les Espagnols. La ville conserve le plan d’origine et bon nombre de maisons réutilise le soubassement en pierre datant des constructions incas. Les rigoles servant à l’alimentation en eau sont toujours utilisées de même que le pavage des chemins. Nous déjeunons dans un petit restaurant situé sur la plaza de armas. A 14h le guide vient nous chercher pour la visite de la forteresse qui se dresse en surplomb de la ville. Nous arrivons dans les premiers et après les explications de Luis sur l’histoire de la cité et les différents sites que nous découvrons depuis le pied du site , nous escaladons les terrasses qui équipent toute la pente jusqu’au sommet où se situe le sanctuaire , lieu des cérémonies religieuses et de sacrifices de lamas. Comme de nombreux sites incas, celui-ci n’était pas terminé et des blocs de roche en cours de déplacement sont encore visibles sur des rouleaux de pierre. Sur la montagne en face, nous apercevons les entrepôts servant à garder les récoltes en particulier la maïs et les prisons. A 15h 30, nous nous rendons à la gare déposer nos bagages en consigne chez un commerçant afin de pouvoir continuer notre promenade dans le village jusqu’à l’heure de départ du train qui nous mènera à Aguas Calientes. Nous prenons congé de Luis et du chauffeur jusqu’à notre retour. Le train est annoncé à 19h30 et d’ici là nous remontons jusqu’au village afin de profiter des boutiques d’artisanat situées à l’entrée du site inca et des ruelles aux maisons anciennes . Nous patienterons presque 2 heures à la gare avant de monter dans le train qui nous conduit à Aguas Calientes. Arrivés là bas 2 heures après , nous attendons en vain notre guide et connaissant le nom de l’hôtel, nous nous y rendons par notre propre moyen. Nous trouvons là notre guide Raul qui nous présente le programme du lendemain. L’hôtel Pachacutec est situé dans la rue du même nom, pratiquement la rue la plus commerçante du village créé de toute pièce pour servir d’accès au Machu Picchu. Les chambres qui nous sont attribuées sont d’un style kitsch rappelant les hôtels chinois. Une chambre donnant sur la rue très animée jusqu’à tard dans la nuit empêchera une bonne nuit pour leurs locataires. Quant à la seconde, elle est dans le couloir très passant , gênant également un sommeil réparateur, en raison du réveil matinal des touristes se rendant au Machu Picchu.
Samedi 31 Juillet : Nous avons rendez-vous directement à l’entrée du Machu Picchu avec Raul qui y monte à pied tous les samedis. Afin d’être à l’heure, nous quittons l’hôtel vers 8h pour nous rendre au départ des bus navettes qui montent les touristes à l’entrée du site. Nous y arrivons vers 9h sans avoir attendu. Les touristes préfèrent partir aux aurores afin de pouvoir gravir le Huayna Picchu dans les 400 premiers. Sinon c’est impossible. Nous ne comptions pas faire cette excursion en raison des risques de vertige possible. A 9h 30 comme prévu, notre guide arrive et nous entamons la visite d’un site que nous avions déjà commencé d’admirer. Malgré que nous le connaissions par des films, des photos et des lectures, il s’avère que le cadre et l’atmosphère qui s’en dégagent, sont encore plus merveilleux que dans l’imaginaire. Une excellente luminosité que ne trouble aucun nuage permet à chacun de faire crépiter les appareils photos , même si les clichés réalisés sont tous connus et rabâchés. Raul nous fera faire le grand tour des vestiges très bien conservés et admirablement mis en valeur. De plus, des gardes empêchent tout dépôt quelconque d’ordures et même d’accéder à des endroits sensibles pour leur fragilité. De plus, afin de ne pas laisser de graffitis, certains murs ne sont plus accessibles ce qui permet d’éviter des dégradations préjudiciables à la conservation des lieux . Nous parcourons pendant plus de 4 heures les différents niveaux de terrasse et de bâtiments où se déroulaient les cérémonies. Que des hypothèses nous sont présentées sur l’utilité du lieu : lieu de repos de l’Inca, forteresse , etc…. Raul nous laisse finir la visite l’après midi. Nous pique-niquons ce qui est théoriquement interdit dans l’enceinte du site. Ensuite, nous allons par un sentier vertigineux à flanc de montagne qui mène jusqu’au pont de l’Inca, pont de bois jeté sur le vide servant à la protection, en cas d’invasion, en ôtant les planches disposées sur quelques mètres. Pour en assurer la sécurité, à l’entrée du chemin il est nécessaire d’inscrire son nom sur un cahier complété par l’heure d’entrée. Au retour, on note son passage à cette cabane où un préposé veille. Si le soir , il manque des signatures….. Ayant du temps avant de redescendre dans la vallée, maman et moi s’engageons dans le chemin de la porte du soleil qui est une partie du trek du chemin de l’inca qui mène à Cuzco. Cela permet de dominer le site et d’avoir ainsi une vue panoramique sur l’ensemble des constructions et des terrasses qui descendent très bas dans la vallée. Certaines ne sont pas encore déblayées de l’amoncellement de végétation tropicale accumulée en six siècles. Les enfants ne nous ont pas suivis dans ce chemin où nous croisons pas mal de randonneurs. Plus on avance dans la journée moins le site est rempli par les hordes de touristes. Vers 15h 30, nous reprenons la navette pour rejoindre Aguas Calientes où nous irons manger dans un restaurant dominant la route voie ferrée. Nous ferons la connaissance d’une famille franco britannique avec qui nous partagerons nos expériences péruviennes. Après cette rencontre, nous retournons récupérer nos bagages à l’hôtel sans avoir oublier de faire le tour des boutiques d’artisanat qui essaiment dans le centre du village autour de la gare. Vers 18h45, nous sommes dans la salle d’attente où s’entassent des centaines de touristes rejoignant Cuzco ce que nous ferons à 23h15 après avoir retrouvé notre chauffeur à Ollentaytambo. Nous rejoignons notre hôtel où nos chambres n’avaient pas été réservées, mais en quelques minutes un arrangement a été trouvé et nous avons pu nous installer pour récupérer d’une journée bien chargée.
Dimanche 1 Août : Lever 8heures, maman commence par refaire les bagages après le petit déjeuner. A 10h15, nous partons à notre rythme visiter de nouveau la ville . Le temps est superbe mais frais. Nous retournons vers la place san Blas et l’église de Santo Domingo qui abrite le temple du soleil des empereurs incas. Mais en cette matinée, elle est fermée et nous y retournerons l’après midi. Nous visitons le musée historique régional installé dans la maison natale d’un des premiers colons né d’une mère indienne et d’un père espagnol. Il écrivit une chronique sur l’histoire du peuple inca. Ce musée présente nombre de peintures de l’école cuzquénienne ainsi que des vestiges des différentes cultures de la région. Après le repas pris à proximité de la plaza de armas sur Plateros, nous nous rendons à l’église de la Compagnie construite sur les fondations d’un ancien palais inca comme bon nombre de bâtiments de l’époque coloniale. Magnifiques retables rehaussés d’or . En montant à l’étage, nous avons une belle vue d’ensemble sur la plaza de armas. Nous quittons l’église en empruntant la calle Loretto en longeant le monastère santa Catalina dont les soubassements des murs sont d’époque inca pour rejoindre le monastère santo Domingo et le temple du soleil. Celui-ci était un dépôt d’or en plus d’être le lieu principal des cérémonies religieuses présidées par l’Inca. Le cloître principal a été reconstruit après le tremblement de terre de 1650 qui a pratiquement rasé tous les bâtiments construits dès la prise de la ville par les Espagnols en 1534. Il y a mélange des deux types de construction: inca et hispanique avec enchevêtrement des chapelles des 2 religions. Des restes de l’empire inca sont présentés de même que de nombreuses peintures de l’école de Cuzco du XVII ème siècle. Du jardin s’étendant au pied du monastère, nous avons une excellente vue sur le temple du soleil (Qoricancha) aux murs circulaires. Nous continuons notre pérégrination à travers le vieux Cuzco avant de rejoindre notre hôtel vers 16h30 afin de profiter depuis les terrasses de la magnifique vue sur les toits roses. C’est le moment pour lire et envoyer des mails afin de rester en contact avec la famille . Grâce à Internet, la punition des cartes postales est en voie d’extinction !!! Vers 19h , nous retournons au restaurant situé sur Canchi Pata où nous avions dîné pour 10 soles chacun lors de notre Ier passage.
Lundi 2 Août : Lever à 6 heures pour un départ à la gare de bus à 7. Pour rejoindre le minibus, nous devons porter nos bagages car celui-ci ne peut pas tourner dans la rue minuscule desservant l’hôtel. Nous traversons la ville en passant devant la statue de Pachacutec, l’Inca du XVème siècle qui développa le plus l’Empire par ses constructions et ses conquêtes. La gare routière est une sorte d’aérogare où sont concentrées les lignes de bus desservant une grande partie du sud Pérou. La cour peut recevoir une vingtaine de bus d’où descendent des voyageurs fatigués par de longs trajets de nuit réalisés le plus souvent, quand même, dans de bonnes conditions de confort. Aujourd’hui, nous rejoignons Juliaca où nous attend l’équipe qui nous mènera jusqu’au lac Titicaca, nom qui fait la joie des enfants et qu’ils attendent de voir avec impatience. Départ du bus à deux étages à 8h10 après s’être acquitté de la taxe routière de 1 sole. Nous sommes installé à l’étage en première ligne ayant ainsi une vue bien dégagée sur les paysages et la route. Nous longeons tout d’abord la piste de l’aéroport avant de traverser la banlieue puis de remonter le cours du rio Vilnacota . La montée au col de la Raya s’effectue en 200 km pour grimper de 1000m. Nous atteindrons ainsi les 4338m. Nous traversons quelques villages dont Sicuani où nous voyons les femmes en tenue locale très colorée, venues au marché quotidien. Elles portent le chapeau traditionnel en forme de melon des hauts plateaux andins. Au col, le bus s’arrête afin de nous permettre de nous accoutumer à l’altitude et de profiter des stands d’artisanat tenues par les femmes de la région. Bonnets, ponchos, couvertures multicolores sont l’objet de tractations commerciales enfiévrées mais dans une moindre proportion que dans certains pays d’Afrique. Nous profitons d’un paysage grandiose de haute montagne où le moindre sommet culmine à 5000 m. Même à de telles altitudes, la neige est peu présente. La route est suivie par la voie de chemin de fer très peu utilisée en raison de son exploitation par une compagnie (l’Orient Express) qui impose des tarifs prohibitifs. Nous pique-niquons dans le bus en redescendant le col- côté Puno. Nous sommes maintenant sur l’altiplano, vaste étendue herbeuse où paissent des troupeaux d’ovins et de lamas que nous voyons enfin en grand nombre. Vers 14h30, nous arrivons à Juliaca, ville principale de la région où nous montons dans un minibus pour rejoindre la presqu’île de Capachica où nous attendent nos hôtes puisque ce soir nous dormons chez l’habitant. La route nous semble longue d’autannt que notre chauffeur en voulant faire des exploits se plante légèrement ce qui nous fait perdre une petite demie heure, le temps de remettre le véhicule sur ses quatre roues. Nous passons sur l’ancien site du lac Titicaca qui s’est asséché et qui constitue maintenant des terres agricoles et d’élevage. C’est terriblement plat sur plus de 50 kilomètres avant d’atteindre les bords actuels du lac et la presqu’île rocheuse qui le surplombe. La région est en plein développement dirigé vers le tourisme. La route, actuellement une piste, est en voie de goudronnage afin d’en faciliter l’accès depuis Juliaca et Puno. La route monte pour dominer le lac et atteindre le petit village de Llachon où nous allons passer la nuit. Nous sommes attendus par nos hôtes sur la place du village .Il s’agit d’un couple de vieux paysans qui ont transformé leur petite ferme en maison d ‘hôte grâce à une association qui a mis en relation les habitants qui se sont regroupés à des tours opérateurs. Nous occuperons 2 chambres au confort très sommaire sans eau ni toilette, celle-ci étant située dans une cabane …...au fond du jardin. Nous sommes équipés pour pouvoir supporter une nuit très fraîche, maman ayant prévu polaires et Damart. Le matelas semble confortable mais la couverture pèse une tonne….Nous passons un petit moment avec nôtre charmant couple d’hôte qui nous fait visiter sa maison de couleur ocre et les appentis de la ferme où sont rangés les quelques ustensiles servant aux travaux des champs et où sont entreposées les récoltes de fourrage et de blé. Les enfants sont un peu effarouchés par les conditions de vie au bord du lac, ce qui nous rappelle la vie à la campagne chez nous d’il y a 50 ans dans des lieux reculés de montagne. Une visite surprise, Walter notre TO vient prendre de nos nouvelles et s’enquérir du bon déroulement du circuit. Nous passons quelques instants ensemble à lui raconter les excellents moments que nous avons passés depuis notre départ et lui rapporter la bonne qualité des prestations. Après s’être équipé de vêtement un peu plus chaud, nous partons à la découverte des bords du lac qui s’étale en contrebas du petit hameau où nous logeons. Malgré l’altitude (3800m ), la végétation est importante avec des bosquets d’arbre et des cultures qui descendent jusqu’à la rive. Des roseaux (totora) occupent une bonne partie des plages et servent à l’alimentation du bétail. Anciennement ils étaient utilisés à la confection des embarcations servant au transport et à la pêche sur le lac mais cela tend vraiment à disparaître , les bateaux qu nous verront étant principalement en bois ou en plastique. Quelques petites jetées en pierre permettent d’accrocher ces barques de même que les unités plus grosses servant au transport des touristes pour la visite des îles. A la nuit tombante, nous retournons chez notre hôte pour revêtir des costumes traditionnels à la grande joie de la grand’mère. C’est l’occasion de faire quelques photos rigolotes. Pour le souper, nous sommes conviés au restaurant de l’association locale qui organise l’hébergement des touristes. Nous dégusterons soupes et plats locaux qui ne feront pas toujours la joie des enfants. C’est encore l’occasion de vêtir les costumes locaux encore portés par les femmes âgées tous les jours et par les hommes, lors des festivités.
Mardi 3 Août : Lever à 7h, après une nuit que l’on pensait plus fraîche. Les maisons traditionnelles en adobe conservent bien la chaleur emmagasinée durant les chaudes journées d’autant que le vent froid n’a pas soufflé, ce que nous avions craint. Malgré tout, il a fallu pour certains se rendre aux toilettes durant la nuit et là ce fut une petite expédition (froid + nuit sans éclairage) !!! Pour la toilette, notre hôte nous apporte 2 cuvettes d’eau chaude. Quant au petit déjeuner, il est servi dans la cour de la ferme à l’extérieur. Il doit faire 5° !!! mais tout se passe bien et les bagages sont emmenés au bateau sur le dos de mulets. Nous quittons nos hôtes en leur remettant quelques petits cadeaux pour les remercier de leur chaleureux accueil. Nous descendons au petit port où nous attend notre bateau, une embarcation pour 28 personnes où nous serons les seuls occupants avec le capitaine et notre guide. Direction l’île de Taquile, 55 minutes de traversée sur une eau calme et un temps radieux. Le soleil réchauffe vite l’atmosphère. Nous quittons rapidement la côte où la vie pastorale s’éveille, pour rejoindre l’île et le petit port de la côte orientale. L’île est toute en longueur et relativement montagneuse. Il faut grimper un sentier tracé entre les champs séparés par des murets de pierre sèche. Nous passons sous des arches qui délimitent les 6 différentes communautés qui composent administrativement l’île. Après une petite heure de marche en côte qui nous permet d’admirer l’étendue du lac en direction de la Bolivie et de la Cordillère Royale, nous atteignons le village central où se déroule la fête des moissons à l’occasion de la St Jacques. Durant une dizaine de jours, il y a rassemblement de toutes les communautés de l’île pour fêter la fin des cultures. Les autorités masculines et féminines président ces festivités qui consistent en des danses traditionnelles réalisées en costumes folkloriques. Un alcool local est servi à ces autorités qui portent chacunes la chusca, le petit sac de toile où sont transportées les feuilles de coca. Chaque communauté dispose de vêtement typique et différent. Le bonnet long est porté par les hommes. Une de leurs occupations principales est le tricot en plus de vaquer aux travaux des champs et à l’élevage des ovins. Toutes ces festivités se déroulent sur la place centrale où se trouve également un centre artisanal communautaire. Les petits stands regorgent des différents articles réalisés à partir de la laine de lama, les moins chers, d’alpaga, plus coûteux la laine de vigognes est introuvable car trop coûteuse. Après le rituel des achats, nous nous rendons dans un petit restaurant lui aussi communautaire où nous mangeons, pour certains bien sûr, la truite du lac élevée en pisciculture depuis une vingtaine d’années. A la fin du repas nous continuons notre traversée de l’île pour rejoindre l’autre port situé en bas d’un escalier de plus de 500 marches tarabiscotées au milieu de terrasses de culture vivrière. Les enfants jouent au cerf-volant pour occuper l’après midi , étant en vacances pour deux semaines. Il nous faut maintenant rejoindre Puno via les îles Uros : cela prendra environ 2h ½ utilisées par certains pour s’allonger au soleil sur le pont supérieur de notre vedette. Le soleil brille, il fait bon : on se croirait sur la côte d’azur au printemps !!! Nous longeons la rive Ouest du lac où se trouvent des installations constituées de filets pour la pisciculture de la truite puis des îlots de roseaux où viennent se fournir les habitants de la région pour la construction des îles flottantes que nous partons visiter. Celles-ci sont situées de part et d’autre d’un chenal - Les cabanes de pêcheurs sont réalisées à partir de ces roseaux qui forment également la base de l’île flottante. Lorsque l’on y accoste, et que l’on marche dessus, une impression étrange donne l’impression que l’on va s’enfoncer. On est reçu avec tous les honneurs dus aux touristes. Explication sur la fabrication des îles, des cabanes et du mode de vie essentiellement tourné à l’origine vers la pêche. Aujourd’hui, c’est essentiellement le tourisme qui fait vivre ces îles. On nous fait visiter l’intérieur des cabanes et l’on nous présente tous les petits objets en roseau réalisés par les femmes du village. C’est incontestablement le site le plus touristique que nous aurons l’occasion de voir durant notre circuit. Cela semblait plus authentique lorsque cela nous avait été présenté dans certaines émissions télévisées. Malgré tout, même si l’ensemble semble être conservé artificiellement, cela permet de se faire une idée de la vie de ces tribus qui voulaient échapper à l’Inca lors de la conquête de leurs territoires, en s’isolant sur ces terres flottantes dans le but de conserver leur coutumes et leur langue : l’Aymara. Nous reprenons notre bateau pour venir au port de Puno. Cela prend 30 minutes. Nous y voyons d’anciens vapeurs abandonnés le long des quais. En effet, à part un petit chenal, l’accès au port semblerait bien difficile pour de telles embarcations. Comme d’habitude, une équipe nous attend pour nous accompagner à notre hôtel (Gran Puno inn) situé en plein centre. Les chambres qui nous sont allouées sont grandes et confortables et donnent sur un patio intérieur à la décoration très kitsch. Nous serons les seuls clients ce soir là. Comme tous les autres soirs, nous ferons une petite découverte de la ville et de son centre parcouru par une rue piétonne menant à la plaza de armas dominée par la cathédrale de type colonial. Nous trouverons un restaurant agréable (repas 15 soles ) où des groupes musicaux semblent se produire mais nous n’aurons droit qu’à de la musique pop des années 70. Une bonne douche permet de s’endormir rapidement.
Mercredi 4 Août : Départ à 8 heures après un petit déjeuner copieux et une bonne nuit réparatrice . Nous quittons Puno en grimpant un petit raidillon qui permet de jouir d’une vue très étendue sur la ville, le port, les îles Uros et l’immensité du lac Titicaca que nous quittons avec regret. Comme les autres jours, le temps est radieux et frais. Nous traversons Juliaca puis montons tranquillement un col situé à 4525 m qui domine les lagunes de Lagunillas près desquelles nous rencontrons quelques troupeaux de lamas et alpagas ce qui permet de faire quelques clichés de plus. C’est toujours l’altiplano, qui nous suivra toute la journée. De grandes étendues herbeuses où coulent, dans le fond des vallons, des rivières aux larges méandres tant la dénivellation est faible. De nombreux marécages couvrent souvent ces étendues planes et forment une zone très prisée des oiseaux migrateurs. Juste avant d’arriver à Chivay, notre étape du soir, nous grimpons au col de Tamba Pata situé à près de 4900m. Nous nous y arrêtons afin de profiter du merveilleux point de vue malheureusement perturbé par une nébulosité laiteuse d’altitude . Nous pouvons observer vers le Nord, des volcans comme l’Ampato dont le sommet à près de 6000 m est enneigé. Des centaines de petits cairns sont disposées au bord de la route, souvenirs ex voto déposés après un passage scabreux au cours de tempêtes de neige. Nous arrivons au Colca inn, hôtel agréable situé dans la rue principale de Chivay où l’on accède après s’être acquitté d’un octroi. Nous pouvions aller à des bains chauds situés en dehors de la ville mais nous déclinons la sortie. Nous irons visiter, à pied, le village et le marché où l’on trouve tous les produits agricoles utilisés dans la gastronomie locale (pommes de terre, maïs, avocats, goyaves) ainsi que la quincaillerie, les textiles pour la confection de vêtements (jupes ) réalisés sur place par des couturières. A 19 h, notre guide vient nous chercher pour nous conduire à un restaurant typique où à la gastronomie locale viendront s’ajouter des danses folkloriques accompagnées par des instruments comme la quenà et la flûte de Pan. A 21 h, nous rejoignons l’hôtel après avoir traversé un village encore bien animé de vie locale malgré la fraîcheur déjà tombée de la nuit.
Jeudi 5 Août : Départ matinal pour le canyon de Colca afin de se rendre à la Cruz del Condor. 50 km de piste poussiéreuse le long de la vallée du rio Colca qui s’enfonce de plus en plus dans la montagne. Nous traversons quelques petits villages d’où émerge le clocher d’église d’époque coloniale. Sur la rive opposée, des terrasses agricoles dessinent les courbes du terrain en de multiples couleurs. Des sommets de plus en plus hauts surplombent la vallée qui devient de plus en plus aride au fur et à mesure que nous la descendons. La rivière s’enfonce au fond d’un ravin qui se transforme en gorge, en défilé puis en canyon. Nous traversons une zone de fracture de la croûte terrestre qui s’est ouverte lors d’un tremblement de terre au début des années 2000. C’est assez impressionnant dans la mesure où la cassure de la chaussée approche des 5 mètres ce qui prouve la violence de la secousse tellurique. Après 90 mn de route nous atteignons la Croix du Condor et son parking où de nombreux minibus de touristes sont déjà présents. Après le Machu Picchu, c’est le 2ème site où nous rencontrons autant de visiteurs. Le temps est magnifique et le vent léger soulève une poussière grise. C’est grâce à ce souffle d’air dû au défilé au fond duquel coule la rivière Colca que l’on peut voir les condors qui profitent des courants pour planer jusqu’à nous frôler. Ils apparaissent au bout d’une trentaine de minutes. C’est un, puis deux et trois oiseaux qui viennent dont on ne sait où. Les appareils photos crépitent mais il est bien difficile de savoir si les clichés sont réussis, si l’on aura l’oiseau en entier ou en morceaux. Heureusement que le numérique a remplacé l’argentique !! La zone permettant de voir les oiseaux au bord du canyon est vaste et étendue ce qui permet un étalement du flot de touristes, important au cours de la première partie de la matinée, seules heures où les condors viennent flotter dans les courants d’air. Nous pouvons même voir se poser un jeune à quelques mètres de nous ce qui assure la qualité des clichés. Nous restons près de 90 minutes à longer le défilé en tentant de voir un maximum d’oiseaux. Nous retournons ensuite à Chivay par la même route. En chemin, nous nous arrêtons à Maca et Yanque, villages où nous visitons de magnifiques églises baroques d’un blanc immaculé ressortant dans un ciel bleu sans nuage. A Chivay, nous prenons notre repas au restaurant Wititi où est présenté un copieux buffet permettant de rassasier petits et grands. Durant près de 2 heures nous empruntons la même route qu’en venant de Puno. Nous nous arrêtons de nouveau au col où cette fois, le ciel radieux permet de refaire des photos des volcans et des stands d’artisanat. Nous croisons aussi des troupeaux de lamas et d’alpagas gardés par des femmes vêtues de costumes traditionnels très colorés. C’est ensuite la traversée de l’altiplano jusqu’à l’approche d’Arequipa qui s’effectue dans une vallée industrieuse où la circulation importante ralentit notre progression. Entre temps, nous avions vu des vigognes, variété de lamas sauvages en traversant la réserve d’Aguas Blancas. Arequipa, la ville blanche située à 2350 m d’altitude nous accueille par des embouteillages dont nous n’avions plus l’habitude. Nous sommes déposés à l’hôtel Santa Marta où nous disposerons d’une chambre à 4 lits. La proximité du centre ville nous permet de partir rapidement à la découverte de ….la plaza de armas. Celle-ci est certainement la plus réussie d’un point de vue architecturale. Unité de construction sur 3 côtés, le quatrième étant garni par la cathédrale bâtie longitudinalement à la place. Les arcades abritent des restaurants, des commerces touristiques, des agences de tourisme. Au centre , un jardin où s’élève en son milieu une fontaine est le lieu de rendez-vous des locaux, les touristes préférant s’asseoir sur les marches des escaliers situés au pied de la cathédrale. Avec la baisse de l’altitude par rapport aux soirées précédentes, nous pourrons dîner à la terrasse d’un restaurant surplombant la place merveilleusement illuminée à la nuit tombée.
Vendredi 6 Août : Aujourd’hui nous allons passer à visiter la ville blanche. Faite d’une pierre volcanique blanche, Arequipa est aux pieds de plusieurs volcans dont le Misti et le Chachani. Ceux-ci sont en sommeil depuis des siècles mais leur réveil brutal peut anéantir la ville comme l’a fait auparavant le Vésuve en ensevelissant Pompéï et Herculanum en 79 notre ère. Ce matin, notre guide nous emmène au Musée Santuarios Andinos où se trouve la momie prénommée « Juanita », jeune fille trouvée près du sommet du volcan Ampato à près de 6000 m lors de l’éruption d’un volcan voisin. Le musée présente les objets et offrandes retrouvés dans la tombe de la jeune martyr sacrifiée au XVème siècle à l’occasion de cérémonies chamaniques. La momie est présentée dans un cube de verre protégé des détériorations possibles grâce à une atmosphère contrôlée en température et hygrométrie. Après cette visite émouvante, le guide nous emmène au monastère de Sta Catalina, une ville dans la ville, construit en 1570. Un imposant mur d’enceinte séparait les religieuses cloîtrées à vie de la population locale. Les cellules où elles pouvaient vivre avec un certain luxe autorisé par la mère supérieure, sont ouvertes à la visite de même que les différents cloîtres , les chapelles, les lieux de vie tels que les jardins potagers, les cuisines, les lavoirs. Comme dans toute ville, on retrouve des rues, des places, des fontaines. La couleur rouge domine sur les murs dans les allées cheminant entre les différents bâtiments. Les tableaux aux motifs religieux peints entre le XVI et le XVIII ème siècle sont regroupés et présentés dans les anciens dortoirs et salles à manger aux hautes voûtes. Après la visite guidée, nous pouvons retourner faire un tour dans les parties les plus attractives en particulier le belvédère d’où l’on jouit d’une vue panoramique sur la ville et son environnement de volcans. A la sortie du monastère il est temps d’aller manger ce que nous faisons dans un pub irlandais installé dans une voie piétonne située derrière la cathédrale. L’après midi se passe à flâner dans le vieux centre où nous découvrons d’anciennes façades magnifiques de palais et d’églises. Nous entrons dans le cloître de la Compagnie qui abrite, de nos jours, des boutiques et en particulier un bar proposant un grand choix de vins de Bordeaux. Nous allons ensuite nous poser un peu sur les marches de la cathédrale afin de profiter de la vue sur la plaza de armas au cours de cette douce après midi. Nous reprenons ensuite le cours de nos pérégrinations à la recherche de quelques achats à faire. C’est à ce moment que Maman est prise d’un léger malaise qui nous contraint à rejoindre l’église de la Compagnie pour qu’elle puisse un peu se reposer. Cette église édifiée par les Jésuites au XVII ème siècle possède un retable magnifique et une coupole multicolore surplombant la croisée du chœur et de la nef. Nous nous en retournons ensuite à l’hôtel situé à peu de distance du centre. Les enfants se jettent sur internet pour occuper le temps qu’il reste avant de prendre le bus de ligne dans lequel nous passerons la nuit. J’en profite pour visiter un peu le quartier et en particulier l’église Sta Marta. En retournant à l’hôtel, j’entends de la salsa ce qui me mène à un dancing où joue un orchestre mené par une chanteuse très aguicheuse pour l’assistance très machiste peu habituée à voir un touriste s’encanailler. Nous allons chercher en ville quelques victuailles pour s’alimenter parce que personne n’a suffisamment faim pour aller au restaurant. A 20 h, le chauffeur vient nous chercher pour nous accompagner à la gare routière. A 22h, nous embarquons dans le bus de la compagnie « Cruz del sur » qui nous emmènera à Nazca . Le confort est au rendez-vous de même que le service.
Samedi 7 Août : Arrivée à 7h à Nazca, ville sale et poussiéreuse où nous attend une nouvelle équipe de chauffeur et guide. Nous prenons le petit déjeuner dans un bar de la ville qui s’éveille tout juste. Nous partons visiter le cimetière de Chauchilla situé à une vingtaine de kilomètre au sud. Dans une plaine sablonneuse s’ouvrent des trous correspondant à des tombes de la civilisation pré-incaïque Icachincha. Les momies réelles ont été déplacées mais des copies ont été remises en situation, associées aux offrandes jointes lors des enterrements. Un petit musée présente des momies bien réelles dont l’une présente une chevelure de près de 2m. Nous repassons à Nazca où nous arrêtons voir un potier travaillant la terre comme les Incas et modelant de superbes copies d’objet ancien. Maintenant, direction plein Nord sur la panaméricaine pour voir les lignes de Nazca . Nous avons décidé de ne pas faire l’excursion en avion suite aux lectures de forums indiquant le risque de mal au cœur résultant des virages très courts pris par les pilotes pour voir les différentes lignes. Nous monterons sur le mirador ce qui nous permet de voir 3 figures dont une est coupée en deux par la panaméricaine. Les lignes sont incrustées dans le sol d’une plaine caillouteuse. Peu d’explications plausibles sont avancées sur les raisons de leur création. Nous rejoignons l’oasis de Huacachina pour midi après avoir traversé la principale région viticole du Pérou autour de Pisco et d’Ica. Les vents d’ouest ont apporté des sables venus de l‘océan et qui se sont déposés sur les premiers obstacles qu’ils ont rencontrés. Cela a créé un paysage de dunes au milieu duquel s’est maintenue une lagune qui fait la joie des touristes même si les eaux ne sont pas d’une limpidité parfaite. Les pentes des dunes se prolongent jusqu’à la lagune bordée d’établissements touristiques tels qu’hôtels, restaurants, boutiques de locations de sandboards et de quads pour dévaler ou avaler les dunes. La chaleur, au rendez-vous, nous permet de manger à la terrasse d’un de ces restaurants situé au raz de l’eau. Après le repas nous faisons le tour de la lagune avant de continuer notre route jusqu’à Paracas, notre escale de ce soir. Nous dormons au « Refuge du pirate », un hôtel situé en quasi bordure de la plage, qui est également tour opérateur pour l’organisation des visites aux îles Ballestas. Il est typique de l’architecture péruvienne, fait de bric et de broc, d’escalier sans rambarde, de fenêtre donnant sur un vis-à-vis placé à 2 mètres ou directement sur un couloir, mais propre et doté de sanitaire où l’eau chaude arrive souvent avec parcimonie. Nos chambres sont au 2ème donnant directement sur une terrasse très agréable certainement en été. Nous en profiterons pour assister au très beau coucher de soleil. D’ici là, nous irons parcourir la promenade de la plage où se trouvent restaurants et boutiques de souvenirs. Un attroupement nous interpelle. Un homme nourrit des pélicans avec des déchets de poissons, histoire de se faire un peu d’argent de la part des touristes. La plage de sable doit être bien occupée durant l’été mais en cette période, c’est plutôt calme. De retour à l’hôtel, en attendant le coucher de soleil sur la terrasse, nous sommes attirés par des chants de coqs. Nous apercevons sur un terrain doté de gradins quelque peu garnis, deux hommes portant sous le bras des coqs qu’ils vont bientôt mettre en position pour se combattre. Ce sport est très fréquent au Pérou et doit faire l’objet de paris. Les combats ne durent qu’une ou deux minutes et les propriétaires viennent rapidement mettre fin avant toute issue fatale. Avant le coucher de soleil, nous verrons une dizaine de ces combats. Le soir, nous dégusterons un repas de poissons en particulier de céviche (poissons crus au citron vert) et de chicharron de calmar (beignets).
Dimanche 8 Août : Dernier jour au Pérou, mais pas le moins occupé. Il faut se préparer pour prendre l‘avion ce soir à Lima, mais d’ici là, nous ferons une minicroisière pour visiter les îles Ballestas. Réveillés aux aurores par le chant des coqs de combat encagés au-dessus du stade de leurs exploits, nous prendrons le petit déjeuner sur la terrasse embrumée par la bruine matinale qui enveloppe la plage. A 8h, notre hôte, organisatrice de notre sortie en mer nous accompagne à l’embarcadère où une taxe de 1 sole nous est demandée. Nous nous mettons sagement en rang et en file par 2, par bateau dans l’attente de l’embarquement. C’est le matin tôt qu’ont lieu les visites des îles en raison des risques d’arrivée du mauvais temps dans la journée. Les bateaux comportent une quarantaine de places toutes découvertes. A cette période de l’année, il est préférable d’être bien équipé contre le froid et les embruns. Le temps est gris mais sans vent. Un accompagnateur nous donne les consignes de sécurité et tout au long du parcours nous donnera des renseignements sur les sites que l’on verra, les oiseaux et les mammifères que l’on croisera . Dès la sortie du port, les deux moteurs sont lancés à pleine puissance afin de rejoindre, au plus vite, l’extrémité de la presqu’île tout d’abord, afin de voir le chandelier que l’on devine sur la falaise surplombant la côte. Ce candélabre tracé dans le sable serait-il un repère pour les cap-horniers, aucune explication n’est apportée sur sa signification. Après un arrêt de quelques instants pour immortaliser la figure bien visible malgré les embruns nous prenons la direction du large pour nous rendre à l’archipel des îles Ballestas. Ces îles sont les lieux de reproduction de nombreuses espèces d‘oiseaux (fous de Bassan, pétrels, cormorans, pingouins de Humboldt ) et de mammifères marins dont les lions de mer que l’on verra en grand nombre posés sur les rochers. Les nombreux bateaux de touristes qui croisent dans les parages ne semblent en aucun cas les déranger. Par contre, les nombreux arrêts occasionnent chez certains passagers des désagréments nauséeux. Dans l’île principale, nous verrons une installation permettant l’extraction et le transport du guano exploité depuis le milieu du XIX ème siècle. Actuellement, il n’y a pas de présence humaine en permanence sur ces îles exploitées seulement tous les 7 ans afin que les ressources en guano se régénèrent. Le mal de mer ne touchant personne de notre famille, tout le monde profite au maximum du paysage sur les îles au relief très découpé avec des arcs rocheux sous lesquels s’engagent les bateaux pour rejoindre d’autres îles. La croisière dure environ deux heures. De retour à l’hôtel, fermeture des valises pour le grand retour après s’être débarrassé des Kways et autre fourrure polaire bien utiles sur le bateau. Pour nous accompagner à l’aéroport notre dernière destination péruvienne, seul est nécessaire notre chauffeur qui aura à rouler près de 500 km. Nous emprunterons essentiellement la panaméricaine qui nous permet d’apercevoir l’océan une grande partie du trajet . Le paysage est essentiellement désertique et la côte relativement découpée avec des falaises tombant à pic dans l’eau. La houle crée en arrivant sur le rivage d’importants rouleaux favorables à la pratique du surf même en cette période hivernale. En approchant de Lima, c’est une multitude de stations balnéaires que l’on aperçoit en bordure de l’océan. Les derniers kilomètres s’effectuent sur une autoroute peu fréquentée en ce dimanche ce qui n’est pas le cas des boulevards périphériques de la capitale qui sont eux bien embouteillés à proximité des centres commerciaux et de loisir. Nous traversons ainsi tout Lima avant de rejoindre dans les temps l’aéroport où nous prenons congé de notre chauffeur. Pour que l’on est pas trop de regret, ce dernier jour sera le seul où les soleil ne se sera pas montré. Nous enregistrons les bagages puis faisons le tour des commerces pour attendre l’heure de l’embarquement. Pour occuper le temps, notre fils se mettra à remplir son cahier de devoir de vacances jusque là oublié au fond du sac !! Une obligation à laquelle nous ne pourrons s’échapper : c’est le paiement de la taxe d’aéroport de 360 soles. A 19h45, l’airbus A340 d’Ibéria décollait pour Madrid : fin du circuit Pérou avec pleins d’images dans la tête.
Lundi 9 Août : Vol sans histoire avec une arrivée à Madrid avec 30 minutes d’avance. Il est 14h ici mais 7h au Pérou : c’est pourquoi, le second repas servi dans l’avion est le petit déjeuner. A la différence de l’aller, nous n’avons pas un temps de transit suffisamment long pour retourner visiter Madrid. Nous patientons donc en changeant de terminal où nous retrouvons des français rencontrés au début du circuit à Mancos dans la Cordillère Blanche. Comme nous , leur trek s’est bien passé., mais nous n’aurions pas pris leur place: la marche : oui mais en petite quantité !!! Aucun problème sur le vol de Paris où nous arrivons vers 21h30. Avons trouvé un taxi rapidement et une heure plus tard nous retrouvions notre chez nous , prêts à repartir…. Pour l’ Aveyron quelques jours plus tard. Nous remercions notre Tour operateur local :Walter Candia Valer et son agence pour l’excellent circuit qu’il nous a concocté, son efficacité et les visites qu’il nous a rendu pour prendre soin de nous et vérifier le respect des prestations promises. Les guides, chauffeurs pour leur travail efficace. Le Pérou en général pour nous avoir gratifié d’un très beau temps pas aussi froid que prévu. Les Péruviens pour leur accueil et leur amabilité.
Pour voir plus de photos:http://www.panoramio.com/user/2279867/tags/P-Pérou -Peru
Il était une fois quatre Belges dans l'Ouest américain! English translation pending
Voilà, il y a un mois, le 20 août, nous étions dans l’avion pour revenir en Belgique.
Depuis, j’ai du trier près de 3400 photos, 2h de vidéo, raconter notre voyage à la famille et amis.
Maintenant, je me lance dans la réalisation de mon compte rendu, je vais essayer de le rendre le plus complet possible en espérant qu’il pourra servir à d’autres internautes pour préparer un voyage.
Il sera aussi pour moi le récit souvenir de notre voyage.
Nous avons passé 23 jours plein d’émotions, avons vu des paysages et vécu des situations exceptionnelles. Passé des bons, très bons et mauvais moments, c’est tout le charme d’un tel voyage.
Il est vrai que nous ne nous sommes pas reposés, ce n’était pas le but recherché, mais nous avons rechargé nos batteries pour au moins un an. La preuve que nous ne somme pas déçus, nous commençons à penser à notre prochain séjour en 2012 aux USA.
Depuis, j’ai du trier près de 3400 photos, 2h de vidéo, raconter notre voyage à la famille et amis.
Maintenant, je me lance dans la réalisation de mon compte rendu, je vais essayer de le rendre le plus complet possible en espérant qu’il pourra servir à d’autres internautes pour préparer un voyage.
Il sera aussi pour moi le récit souvenir de notre voyage.
Nous avons passé 23 jours plein d’émotions, avons vu des paysages et vécu des situations exceptionnelles. Passé des bons, très bons et mauvais moments, c’est tout le charme d’un tel voyage.
Il est vrai que nous ne nous sommes pas reposés, ce n’était pas le but recherché, mais nous avons rechargé nos batteries pour au moins un an. La preuve que nous ne somme pas déçus, nous commençons à penser à notre prochain séjour en 2012 aux USA.
Itinéraire Pérou-Bolivie-Chili en trente jours English translation pending
Bonjour,
Ca y est, depuis 10 ans je revais de faire ce voyage, cette année est enfin la bonne! Nous programmons de faire une partie de ces 3 pays en 30 jours, mais des milliers de questions me viennent à l'esprit! On a les billets d'avion depuis fin novembre, et grace aux lonely, GR et à ce forum, on a réussi à se faire un itinéraire alléchant. Mais, mais, que de doute sur sa faisabilité. Tout d'abord, j'aimerais savoir ce que vous pensez de notre itinéraire: (10 juillet - 8 aout)
Jour 1: Vol Paris-Lima Jour 2: Vol Lima - Puerto Maldonado Jour 3: Puerto Maldonado Jour 4: matin: Vol Puerto Maldonado - Cusco. Jour 5: Cusco + environs. Jour 6: Cusco-Pisaq-Nuit à Urubamba Jour 7: Salines de Maras et Moray - Nuit à Ollantaytambo Jour 8: Matin visite des ruines d'Ollantaytambo - Train pour Aguas Calientes. Jour 9: Marche très tot le matin jusqu'au Machu Picchu. Retour sur Cusco en fin d'après-midi. Jour 10: Cusco - Puno en bus. Nuit à Puno. Jour 11: Bateaux pour les Uros, puis nuit sur l'ile de Taquile. Jour 12: Bus et nuit pour Copacabana. Jour 13: Bus Copacabana - Desaguadero - Visite de Tihuanaco - La Paz. Jour 14: La Paz. Jour 15: Vol La Paz-Sucre et visite de la ville. Jour 16: Bus pour Potosi. Jour 17: Potosi Jour 18: Potosi-Uyuni Jour 19: Avec une Agence: Salar Jour 20: Laguna Colorada Jour 21: Laguna Verde Jour 22: Ascension du Licancabur Jour 23: San Pedro de Atacama Jour 24: Geyser d'El Tatio - Vallée de la lune et de la mort. Jour 25: Salar d'Atacama - Toconao Jour 26: Laguna Miniques - Miscanti Jour 27: Bus San Pedro de Atacama - Calama. Visite de la mine de Chuquicamata- Vol Calama-Santiago. Jour 28:Santiago Jour 29:Vol Santiago-Paris Jour 30:Vol Madrid-Paris
Je sais, il est speed, mais on veut forcément en voir un maximum!
Quelque-unes de mes interrogations:
Est ce qu'il y a des points bloquants? Dois-je prendre un jour de sécurité en arrivant à Lima? (j'arrive à 20h30, et j'ai un vol pour Puerto Maldonado le lendemain à 09H00) Qu'est ce que je dois réserver à l'avance? Salar et Sud Lipez? Train pour Aguas Calientes? Vol La Paz-Sucre? Autour du lac Titicaca: est ce possible de venir de Copacabana et d'aller vers Desaguadero ? En une journée est possible de partir de Copacabana, de visiter Tihuanaco et d'arriver à La Paz? A San Pedro de Atacama: les agences proposent en 1 journée le salar d'atacama et la laguna Miscanti et miniques. J'ai lu quelque part que ça faisait bcp en 1 journée?? Quelle somme d'argent emmener?? Que faire des lourds sac à dos durant la journée, lorsqu'on visite? Y a t'il des consignes où on peut les laisser?
Je sais, c'est énormément de questions, mais si je pouvais avoir quelques réponse pour me rassurer. C'est le premier voyage que l'on fait de cette manière, en organisant tout nous meme. On a déjà se sentiment de liberté ! Mais aussi le ptit stress qui va avec. Merci d'avance pour les réponses.
Ca y est, depuis 10 ans je revais de faire ce voyage, cette année est enfin la bonne! Nous programmons de faire une partie de ces 3 pays en 30 jours, mais des milliers de questions me viennent à l'esprit! On a les billets d'avion depuis fin novembre, et grace aux lonely, GR et à ce forum, on a réussi à se faire un itinéraire alléchant. Mais, mais, que de doute sur sa faisabilité. Tout d'abord, j'aimerais savoir ce que vous pensez de notre itinéraire: (10 juillet - 8 aout)
Jour 1: Vol Paris-Lima Jour 2: Vol Lima - Puerto Maldonado Jour 3: Puerto Maldonado Jour 4: matin: Vol Puerto Maldonado - Cusco. Jour 5: Cusco + environs. Jour 6: Cusco-Pisaq-Nuit à Urubamba Jour 7: Salines de Maras et Moray - Nuit à Ollantaytambo Jour 8: Matin visite des ruines d'Ollantaytambo - Train pour Aguas Calientes. Jour 9: Marche très tot le matin jusqu'au Machu Picchu. Retour sur Cusco en fin d'après-midi. Jour 10: Cusco - Puno en bus. Nuit à Puno. Jour 11: Bateaux pour les Uros, puis nuit sur l'ile de Taquile. Jour 12: Bus et nuit pour Copacabana. Jour 13: Bus Copacabana - Desaguadero - Visite de Tihuanaco - La Paz. Jour 14: La Paz. Jour 15: Vol La Paz-Sucre et visite de la ville. Jour 16: Bus pour Potosi. Jour 17: Potosi Jour 18: Potosi-Uyuni Jour 19: Avec une Agence: Salar Jour 20: Laguna Colorada Jour 21: Laguna Verde Jour 22: Ascension du Licancabur Jour 23: San Pedro de Atacama Jour 24: Geyser d'El Tatio - Vallée de la lune et de la mort. Jour 25: Salar d'Atacama - Toconao Jour 26: Laguna Miniques - Miscanti Jour 27: Bus San Pedro de Atacama - Calama. Visite de la mine de Chuquicamata- Vol Calama-Santiago. Jour 28:Santiago Jour 29:Vol Santiago-Paris Jour 30:Vol Madrid-Paris
Je sais, il est speed, mais on veut forcément en voir un maximum!
Quelque-unes de mes interrogations:
Est ce qu'il y a des points bloquants? Dois-je prendre un jour de sécurité en arrivant à Lima? (j'arrive à 20h30, et j'ai un vol pour Puerto Maldonado le lendemain à 09H00) Qu'est ce que je dois réserver à l'avance? Salar et Sud Lipez? Train pour Aguas Calientes? Vol La Paz-Sucre? Autour du lac Titicaca: est ce possible de venir de Copacabana et d'aller vers Desaguadero ? En une journée est possible de partir de Copacabana, de visiter Tihuanaco et d'arriver à La Paz? A San Pedro de Atacama: les agences proposent en 1 journée le salar d'atacama et la laguna Miscanti et miniques. J'ai lu quelque part que ça faisait bcp en 1 journée?? Quelle somme d'argent emmener?? Que faire des lourds sac à dos durant la journée, lorsqu'on visite? Y a t'il des consignes où on peut les laisser?
Je sais, c'est énormément de questions, mais si je pouvais avoir quelques réponse pour me rassurer. C'est le premier voyage que l'on fait de cette manière, en organisant tout nous meme. On a déjà se sentiment de liberté ! Mais aussi le ptit stress qui va avec. Merci d'avance pour les réponses.
Vos commentaires sur notre itinéraire pour la côte ouest des Etats-Unis English translation pending
Bonjour,
Ci-dessous notre itinéraire pour notre futur trip en octobre. On aimerait profiter un peu limiter la route malgré les kilometres quitte à sacrifier quelques passages (lac powell ???... ). En gros, j'aimerais avoir votre avis sur cette première proposition pour l'affiner et prévoir au mieux ce séjour de reve ! =)
Merci pour votre aide 😛
Date jour Activité 01/10/2005 samedi Arrivé à Los angeles et nuit à palm springs 02/10/2005 dimanche Route vers Grand Canyon 03/10/2005 lundi visite grd canyon puis monument valley 04/10/2005 mardi moab & Bryce 05/10/2005 mercredi Bryce-> Page -> Zion 06/10/2005 jeudi Las Vegas 07/10/2005 vendredi Las Vegas 08/10/2005 samedi death valley 09/10/2005 dimanche Yosemite 10/10/2005 lundi San Francisco 11/10/2005 mardi Monterey 12/10/2005 mercredi Cote et LA 13/10/2005 jeudi Los Angeles 14/10/2005 vendredi Départ France 15/10/2005 samedi
Ci-dessous notre itinéraire pour notre futur trip en octobre. On aimerait profiter un peu limiter la route malgré les kilometres quitte à sacrifier quelques passages (lac powell ???... ). En gros, j'aimerais avoir votre avis sur cette première proposition pour l'affiner et prévoir au mieux ce séjour de reve ! =)
Merci pour votre aide 😛
Date jour Activité 01/10/2005 samedi Arrivé à Los angeles et nuit à palm springs 02/10/2005 dimanche Route vers Grand Canyon 03/10/2005 lundi visite grd canyon puis monument valley 04/10/2005 mardi moab & Bryce 05/10/2005 mercredi Bryce-> Page -> Zion 06/10/2005 jeudi Las Vegas 07/10/2005 vendredi Las Vegas 08/10/2005 samedi death valley 09/10/2005 dimanche Yosemite 10/10/2005 lundi San Francisco 11/10/2005 mardi Monterey 12/10/2005 mercredi Cote et LA 13/10/2005 jeudi Los Angeles 14/10/2005 vendredi Départ France 15/10/2005 samedi
Hôtel pour mon voyage sur la côte-ouest des États-Unis English translation pending
Bonjour,
J'ai établi une liste d'hôtels pour mon voyage au moins d'aout
Je ne sais pas encore si je vais passer par l'agence où si je gère toute seule les hôtels. mais je souhaiterais connaitre votre avis sur les hotels ou j'envisage de reserver :
LA - Radisson hotel Airport ou BW Gateway Santa Monica LV - Circus ou Hilton voir Baily's ZION - Cliffrose ou Pionner lodge Capitol Reef : BW Capitol Reff MOAB - BW Canyolands Monument Valley - Goulding's lodge PAGE - BW at lake Powell Grand canyon - Read feather lodge SF - Hotel Commodore ou BW Miyako
Je vous rappelle que j'ai 2 enfants et que j'ai choisi ces hôtels car ils ont tous une piscine. Si vous en connaissez d'autres, merci de me les indiquer A LA, on cherche plutot sur Santa Monica et à SF en plein centre car on aura plus la voiture. Amicalement,
Cathy
Je vous rappelle que j'ai 2 enfants et que j'ai choisi ces hôtels car ils ont tous une piscine. Si vous en connaissez d'autres, merci de me les indiquer A LA, on cherche plutot sur Santa Monica et à SF en plein centre car on aura plus la voiture. Amicalement,
Cathy
Choix d'un hôtel à Flores (Guatemala) English translation pending
Bonjour,
Nous finalisons notre voyage au Guatemala.
Notre circuit est fin prêt.
Reste l'hébergement à Flores. Nous ne parvenons pas à nous décider.
Certains sont déjà "full" pour mars 2014.
On nous propose l'hôtel Peten qui n'est pas très cher
Nous sommes sur la liste d'attente à la Villa Maya.
auriez-vous une autre alternative ?
Nous aimerions petit lodge ou hôtel de charme avec possibilité de baignade dans le lac.
Nous logerons deux nuits à Flores.
D'avance un grand merci !
Où loger pas trop cher à Tahiti? English translation pending
Salut, de passage 3 jours début Décembre 2012 sur l'île de Tahiti nous cherchons un logement de type "chambre d"hôte", "pension de famille" ou hôtel abordable (mais ça parait difficile à cet endroit). Après différentes recherches sur ce forum, j'étais tombé sur ce lien http://www.haere-mai.pf/ mais il y en a peut être d'autres ou connaissez vous peut être la perle rare...
Si possible hors de Papeete nous aurons un véhicule, mais à défaut de mieux on se contentera de la ville.
Déjà merci pour vos infos...
Si possible hors de Papeete nous aurons un véhicule, mais à défaut de mieux on se contentera de la ville.
Déjà merci pour vos infos...
Recherche hôtel à Bangkok (urgent) English translation pending
bonjour a tous
je serai a BKK vendredi soir je n'arrvie pas a reserver ni au manhattan ni au royal benja
c pour vendredi prochain je pourrais chercher un G.H car jarrive le matin mais ma journée est deja chargée
l'un d'entre vous a til un petit tuyau
merci
Nord ou sud de l'Afrique du Sud en avril? English translation pending
Bjr,
Je compte me rendre avec les enfants durant les vacances de pâques en AFS. Les vols sont bcp bcp bcp moins chers en atterissant à Johannesburg. Mais je me dis que le climat n y est peut être pas favorable à cette période. Vu la difference de prix! Hors je recherche absolument du soleil... (en manque de vitamines D ). Du coup mon circuit tombé peut être à l eau. (Johannesburg- parc kruger- st Lucia- Durban - Johannesburg ) je me dis en 3 semaines difficile de faire plus. Ma question est pensez vous que je dois me diriger vers un autre pays ? Asie etc... Merci p
Danakil, octobre ou avril? English translation pending
Bonjour à tous,
J'ai déjà posé la question à droite et à gauche et surtout à des agences locales en Ethiopie et les réponses divergent sensiblement, du coup je ne sais que penser 😮
En effet je peux aller en Ethiopie pour voir l'Erta Ale et le Danakil soit du 20 au 31 octobre 2016 soit du 8 au 22 avril 2017
La première agence que j'ai interrogée m'a répondu "malheureux pas en octobre le Danakil est inondé !" ... ce fut la seule qui semblait aussi alarmiste. 😕 D'autres m'ont dit "avril c'est mieux car vous avez plus de jours" .. oui mais c'est pas vraiment ce que j'ai demandé ... Lorsque je vais sur le site d'Aventures et Volcans ils disent qu'il faut qu'il y ai pas mal d'eau pour alimenter le volcan et les "piscines", donc ça militerait pour octobre.
Bref je n'arrive pas à me décider ... par avance merci pour vos remarques conseils qui me permettront de me forger une opinion 😛
Merci d'avance
Max
J'ai déjà posé la question à droite et à gauche et surtout à des agences locales en Ethiopie et les réponses divergent sensiblement, du coup je ne sais que penser 😮
En effet je peux aller en Ethiopie pour voir l'Erta Ale et le Danakil soit du 20 au 31 octobre 2016 soit du 8 au 22 avril 2017
La première agence que j'ai interrogée m'a répondu "malheureux pas en octobre le Danakil est inondé !" ... ce fut la seule qui semblait aussi alarmiste. 😕 D'autres m'ont dit "avril c'est mieux car vous avez plus de jours" .. oui mais c'est pas vraiment ce que j'ai demandé ... Lorsque je vais sur le site d'Aventures et Volcans ils disent qu'il faut qu'il y ai pas mal d'eau pour alimenter le volcan et les "piscines", donc ça militerait pour octobre.
Bref je n'arrive pas à me décider ... par avance merci pour vos remarques conseils qui me permettront de me forger une opinion 😛
Merci d'avance
Max
Itinéraire Le Cap - Namibie: lodge, camping, location de voiture...? English translation pending
Hello les baroudeurs!Mon voyage en Namibie à partir de CapTown se rapproche et je souhaiterais vous soumettre mon vague itinéraire et mes quelques questions. Le message est long mais votre aide et votre expérience nous seraient particulièrement précieuse. J'ai preferé condenser toutes les questions en un seuls message !
Condition du voyage : Nous sommes deux amies de 26 ans. On loue une voiture au Cap, départ le 1 Octobre 2011. Nous avons la chance de ne pas avoir de planning précis à respecter, on s'est juste réservé plus ou moins 3 semaines pour cela. Cela peut aller au delà en fonction des finances, se réduire si on souhaite profiter d'un endroit. Pour l’hébergement ce sera en camping principalement, sûrement quelques « belles-étoiles », et sûrement aussi quelques Lodges. On est jeune, pas très exigeant sur le confort, avec un budget qu'on a anticipé mais qui est loin d'être extensible ! On voyage en Octobre, donc a priori encore durant la saison sèche.
Alors voici mon itinéraire, si je pouvais avoir votre avis dessus ce sera génial ! CapTown Langeebaan Oranje river: Vioolsdift
==>Namibie Fish river canyon : Ai-Ais vaut-il le détour ? Sinon, entrée par Hoba Luderitz en passant par le village fantôme de Kolmanskop ( l'accès est-il payant?) puis, pour remonter vers Sessriem vaut-il mieux passer par Aus ou remonter par la B1? Sossulvei. Mnt Nauklut – Solitaire Cap'Cross et Toscanini le long de la côte. Spitzkoppe. Brandberg. Twyfelfontain et sa forêt pétrifiée. Puis direction le Parc d'Etosha où on compte rester quelques jours. On rentrerait a Okaukuejo pour aller s'installer au camps à l'Est, près du vieux fort allemand ( bon choix?) Sortie du Parc à l'Est vers Grootfontein. Puis la question à 10000$$ : Cap à l'est vers les chutes Victoria ou cap au sud ? Ou encore, troisième solution, une boucle par l'Okavengo puis Windhoeck ?
Je penche pour la deuxième solution, mais rien n'est définitif. Donc dans cette hypothèse : Massif du Waterberge et le conservatoire des guépards. Brukkaros. Puis se posera la question d'un passage vers le Parc du Kalahari. Après avoir passé quelques jours à Etosha c'est moins indispensable, ou tellement diffèrent que le détour vaut le coup ? Puis retour à CapTown.
Et, au delà de la question de l’itinéraire, j'ai aussi plusieurs questions purement pratiques mais non moins imortantes à anticiper.
Auriez-vous un Lodge ou Camping à nous recommander à
- Ludezitz : j'ai entendu parler du camping « shark island ». Sossulvei : Quel est le camping le plus proche ? Ou faire du camping à la belle-étoile dans le coin est-il envisageable? WalvisBay- Swakopmund - long beach: Dans quelle ville vaut-il mieux résider ? Si vous avez un lodge ou hôtel sympa et pas trop dispendieux à nous conseiller on est preneur. J'ai entendu parler du « Lagoon Lodge » tenu par un lyonnais, mais peut être un peu cher pour ce que c'est non? On pense passer quelques jours sur place pour profiter et faire des excursions par exemple à Sandwich Harbour. Si un Lodge-camping vous a particulièrement marqué par son accueil, son originalité etc sur notre parcours, nous sommes tout autant preneur ! :)
L'accès à la ville fantôme de Kolmanskop est-il réglementé ou payant ?
Pour aller à Sandwich-Harbour à partir de Walvis Bay, y'a t'il une agence à éviter/que vous nous recommanderiez ?
A Etosha, quel camps est à privilégier, nous pensions aller au vieux fort allemand à l'Ouest. Faut-il réserver, j'ai l'impression que tout le monde dit « on nous a dit de réserver » et revient en disant, en-fait le camping (Tente) était au 2/3 vide.
Aussi, j'ai beaucoup entendu parler d’épaves de bateaux sur la côtes des squelettes. C'est une légende ou certaines sont facilement accessible ?
Enfin, les dernières questions très pratiques, nous pensions louer une voiture « normale » ou relevée. C'est suicidaire ou pas ? J'entends tous les sons de cloches. Les crevaisons me font peur, si loin de l'agence je ne saurais pas comment faire après avoir utilisé la roue de secours. Cela vous est peut être arrivé, comment avez-vous fait ? Je pensais louer une voiture chez TempestCarHire ou Aroundaboutcars. Qu'en pense vous ?
Et les deux petites dernières : Je me doute que tout les paiements se font en Cash, en moyenne combien prenez vous à chaque fois sur vous ? Je n'ai pas envie d'avoir à rechercher un distributeur toutes les 5mins. Les prises électriques sont bien les mêmes qu'en Afrique du sud ? À Trois branches mâles rondes disposées en triangle?
Voilà, j'espère avoir la chance de pouvoir profiter de votre aide et expériences ! Je trépigne déjà à l'idée de découvrir ce pays qui a l'air extraordinaire ! Merci pour votre aide :)
Condition du voyage : Nous sommes deux amies de 26 ans. On loue une voiture au Cap, départ le 1 Octobre 2011. Nous avons la chance de ne pas avoir de planning précis à respecter, on s'est juste réservé plus ou moins 3 semaines pour cela. Cela peut aller au delà en fonction des finances, se réduire si on souhaite profiter d'un endroit. Pour l’hébergement ce sera en camping principalement, sûrement quelques « belles-étoiles », et sûrement aussi quelques Lodges. On est jeune, pas très exigeant sur le confort, avec un budget qu'on a anticipé mais qui est loin d'être extensible ! On voyage en Octobre, donc a priori encore durant la saison sèche.
Alors voici mon itinéraire, si je pouvais avoir votre avis dessus ce sera génial ! CapTown Langeebaan Oranje river: Vioolsdift
==>Namibie Fish river canyon : Ai-Ais vaut-il le détour ? Sinon, entrée par Hoba Luderitz en passant par le village fantôme de Kolmanskop ( l'accès est-il payant?) puis, pour remonter vers Sessriem vaut-il mieux passer par Aus ou remonter par la B1? Sossulvei. Mnt Nauklut – Solitaire Cap'Cross et Toscanini le long de la côte. Spitzkoppe. Brandberg. Twyfelfontain et sa forêt pétrifiée. Puis direction le Parc d'Etosha où on compte rester quelques jours. On rentrerait a Okaukuejo pour aller s'installer au camps à l'Est, près du vieux fort allemand ( bon choix?) Sortie du Parc à l'Est vers Grootfontein. Puis la question à 10000$$ : Cap à l'est vers les chutes Victoria ou cap au sud ? Ou encore, troisième solution, une boucle par l'Okavengo puis Windhoeck ?
Je penche pour la deuxième solution, mais rien n'est définitif. Donc dans cette hypothèse : Massif du Waterberge et le conservatoire des guépards. Brukkaros. Puis se posera la question d'un passage vers le Parc du Kalahari. Après avoir passé quelques jours à Etosha c'est moins indispensable, ou tellement diffèrent que le détour vaut le coup ? Puis retour à CapTown.
Et, au delà de la question de l’itinéraire, j'ai aussi plusieurs questions purement pratiques mais non moins imortantes à anticiper.
Auriez-vous un Lodge ou Camping à nous recommander à
- Ludezitz : j'ai entendu parler du camping « shark island ». Sossulvei : Quel est le camping le plus proche ? Ou faire du camping à la belle-étoile dans le coin est-il envisageable? WalvisBay- Swakopmund - long beach: Dans quelle ville vaut-il mieux résider ? Si vous avez un lodge ou hôtel sympa et pas trop dispendieux à nous conseiller on est preneur. J'ai entendu parler du « Lagoon Lodge » tenu par un lyonnais, mais peut être un peu cher pour ce que c'est non? On pense passer quelques jours sur place pour profiter et faire des excursions par exemple à Sandwich Harbour. Si un Lodge-camping vous a particulièrement marqué par son accueil, son originalité etc sur notre parcours, nous sommes tout autant preneur ! :)
L'accès à la ville fantôme de Kolmanskop est-il réglementé ou payant ?
Pour aller à Sandwich-Harbour à partir de Walvis Bay, y'a t'il une agence à éviter/que vous nous recommanderiez ?
A Etosha, quel camps est à privilégier, nous pensions aller au vieux fort allemand à l'Ouest. Faut-il réserver, j'ai l'impression que tout le monde dit « on nous a dit de réserver » et revient en disant, en-fait le camping (Tente) était au 2/3 vide.
Aussi, j'ai beaucoup entendu parler d’épaves de bateaux sur la côtes des squelettes. C'est une légende ou certaines sont facilement accessible ?
Enfin, les dernières questions très pratiques, nous pensions louer une voiture « normale » ou relevée. C'est suicidaire ou pas ? J'entends tous les sons de cloches. Les crevaisons me font peur, si loin de l'agence je ne saurais pas comment faire après avoir utilisé la roue de secours. Cela vous est peut être arrivé, comment avez-vous fait ? Je pensais louer une voiture chez TempestCarHire ou Aroundaboutcars. Qu'en pense vous ?
Et les deux petites dernières : Je me doute que tout les paiements se font en Cash, en moyenne combien prenez vous à chaque fois sur vous ? Je n'ai pas envie d'avoir à rechercher un distributeur toutes les 5mins. Les prises électriques sont bien les mêmes qu'en Afrique du sud ? À Trois branches mâles rondes disposées en triangle?
Voilà, j'espère avoir la chance de pouvoir profiter de votre aide et expériences ! Je trépigne déjà à l'idée de découvrir ce pays qui a l'air extraordinaire ! Merci pour votre aide :)
Safari photo avec préférence pour les félins: parc Kruger ou Masai Mara (Kenya) English translation pending
Bonjour,
nous aimerions avec ma femme, entre juillet et décembre, faire une première approche de l’Afrique par un safari photo ou simplement safari avec les yeux pour admirer félins et autres animaux. Ce que je recherche c'est coucher dans une ou des hotels ou lodges confortables et la journée circuler en voiture avec un guide qui nous présente des félins, éléphants...... toute la faune intéressante. De retour d'une intervention au genou, je ne pourrai pas faire des marches longues.
J'ai entendu parler des parcs Kruger oainsi que de celui du Mesai Mara. Le tout en dix à quinze jours. Que me conseillez vous?
John
nous aimerions avec ma femme, entre juillet et décembre, faire une première approche de l’Afrique par un safari photo ou simplement safari avec les yeux pour admirer félins et autres animaux. Ce que je recherche c'est coucher dans une ou des hotels ou lodges confortables et la journée circuler en voiture avec un guide qui nous présente des félins, éléphants...... toute la faune intéressante. De retour d'une intervention au genou, je ne pourrai pas faire des marches longues.
J'ai entendu parler des parcs Kruger oainsi que de celui du Mesai Mara. Le tout en dix à quinze jours. Que me conseillez vous?
John
De Seattle à Los Angeles: carnet d'un voyage en famille le long du Pacifique (ou presque), été 2016 English translation pending
Allez je me lance dans la rédaction du carnet de nos vacances !
En préambule, je voudrais remercier tous ceux sur ce forum qui m'ont aidée à préparer ce voyage et qui ont si gentiment et patiemment répondu à toutes les questions que je me posais pendant son organisation ! C'est grâce à eux que ce périple a été une réussite !
Petite présentation des voyageurs d'abord :
De droite à gauche, entre Bob le minion et Gru : P. mon mari, L. 15 ans, M. 17 ans (si si, la petite tête au chapeau tout derrière !), T. 12 ans et moi !
Nous souhaitions faire un grand voyage aux Etats-Unis avec nos enfants et j'imaginais que cela se ferait plutôt à l'été 2017, lorsque nous aurions enfin fini de rembourser notre maison. Mais à l'automne dernier, nous avons réalisé que notre fille allait passer le bac en 2017, puis enchaînerait sur des études et que donc l'été 2016 serait certainement le dernier où cela serait facile d'organiser des vacances en famille au complet. Alors zou, on casse la tirelire et à nous les Usa !
La décision du grand voyage prise, il a fallu déterminer le parcours.
J'avais le vieux rêve de descendre le long du Pacifique par la route 101/1, les enfants voulaient voir Seattle pour la Space Needle (à force de la voir en fond d'écran sur leur ordi 😏) et pour se rendre sur les terres de leur chanteur préféré, Macklemore, ils souhaitaient aller à San Francisco parce que San Francisco et à Los Angeles pour les studios Universal, et mon mari, accommodant comme toujours était d'accord pour tout. De plus, une de nos belles-soeurs vit à Los Angeles et cela nous donnait enfin une occasion de lui rendre visite. Le trajet était trouvé !
Voici au jour le jour nos nuitées : - Du 11/07 au 14/07 Seattle - 14/07 - 15/07 Port Angeles - 15/07 - 17/07 La Push - 17/07 - 19/07 Ilwaco - 19/07 - 21/07 Portland - 21/07 - 23/07 Bend - 23/07 - 24/07 White city - 24/07 - 25/07 Eureka - 25/07 - 26/07 Mendocino - 26/07 - 29/07 San Francisco - 29/07 - 31/07 Pacific Grove (Monterey) - 31/07 - 01/08 Morro Bay - 01/08 - 02/08 Santa Barbara - 02/08 - 04/08 Los Angeles
Nous sommes rentrés depuis un peu plus de quinze jours maintenant, et je vis encore ce voyage. J'essaie de faire un bilan, de définir ce qui m'a le plus étonnée, le plus marquée, et c'est difficile parce que tout se bouscule dans ma tête et que nous avons vécu tant de chose pendant ces 24 jours ! J'espère que raconter au jour le jour ce voyage en reprenant les notes prises chaque soir va m'aider à faire le tri... En tout cas, nous avons fait un séjour inoubliable, tous les jours l'un d'entre nous y fait référence... et j'ai déjà envie de repartir ! Pour ce qui est de la logistique et de l'organisation matérielle : - billets d'avion pris chez Air France en novembre. Vols multidestinations Paris-Seattle et Los Angeles-Paris, opérés à l'aller par Delta Airlines et au retour par Air France. 6500 euros pour nous 5 (4 prix adultes et 1 jeune), j'ai privilégié les vols directs. Les vols se sont bien passés, malgré du retard au départ à chaque fois. - voiture réservée en janvier chez Alamo. Catégorie Dodge Gran Caravan. Grâce à un lien donné par un forumeur (je suis désolée, je ne sais plus qui exactement, en tout cas merci infiniment encore !), j'obtiens une réduction de 10 %, le conducteur additionnel gratuit et la possibilité de rendre le réservoir d'essence vide. Nous aurons une Toyota Sienna, parfaite pour nous 5 et nos 5 valises. - nuits en hôtels uniquement, quasiment tous réservés via booking.com. Aucun souci concernant les réservations. A 5 personnes nécessitant un couchage adulte, j'ai dû la plupart du temps réserver deux chambres séparées. Il y a également eu des fois où nous étions dans un seul logement, avec deux chambres et parfois une cuisine. - repas pris le plus souvent sous forme de pique-nique le midi et au restaurant le soir. Restaurants souvent fast-food, nous ne sommes pas de grands gastronomes, et nos 3 ados étaient ravis de toute façon. T. s'est même lancé le challenge de manger le plus de hamburgers possibles pendant le séjour, et est arrivé à 13 ! La plupart des petits déjeuners ont été pris à l'hôtel. - les billets pour la majorité des attractions prévues ont été pris à l'avance, pour bénéficier de prix intéressants (Universal studios à 85 $) et de places disponibles (Alcatraz). Ils avaient été offert comme cadeaux de Noël en avance aux enfants par leurs grands-parents. Pour ceux que ça intéresserait, au total ce voyage nous a coûté presque 18000 euros pour nous 5.
Dans le prochain message, notre arrivée à Seattle ! (ici )

De droite à gauche, entre Bob le minion et Gru : P. mon mari, L. 15 ans, M. 17 ans (si si, la petite tête au chapeau tout derrière !), T. 12 ans et moi !
Nous souhaitions faire un grand voyage aux Etats-Unis avec nos enfants et j'imaginais que cela se ferait plutôt à l'été 2017, lorsque nous aurions enfin fini de rembourser notre maison. Mais à l'automne dernier, nous avons réalisé que notre fille allait passer le bac en 2017, puis enchaînerait sur des études et que donc l'été 2016 serait certainement le dernier où cela serait facile d'organiser des vacances en famille au complet. Alors zou, on casse la tirelire et à nous les Usa !
La décision du grand voyage prise, il a fallu déterminer le parcours.
J'avais le vieux rêve de descendre le long du Pacifique par la route 101/1, les enfants voulaient voir Seattle pour la Space Needle (à force de la voir en fond d'écran sur leur ordi 😏) et pour se rendre sur les terres de leur chanteur préféré, Macklemore, ils souhaitaient aller à San Francisco parce que San Francisco et à Los Angeles pour les studios Universal, et mon mari, accommodant comme toujours était d'accord pour tout. De plus, une de nos belles-soeurs vit à Los Angeles et cela nous donnait enfin une occasion de lui rendre visite. Le trajet était trouvé !Voici au jour le jour nos nuitées : - Du 11/07 au 14/07 Seattle - 14/07 - 15/07 Port Angeles - 15/07 - 17/07 La Push - 17/07 - 19/07 Ilwaco - 19/07 - 21/07 Portland - 21/07 - 23/07 Bend - 23/07 - 24/07 White city - 24/07 - 25/07 Eureka - 25/07 - 26/07 Mendocino - 26/07 - 29/07 San Francisco - 29/07 - 31/07 Pacific Grove (Monterey) - 31/07 - 01/08 Morro Bay - 01/08 - 02/08 Santa Barbara - 02/08 - 04/08 Los Angeles
Nous sommes rentrés depuis un peu plus de quinze jours maintenant, et je vis encore ce voyage. J'essaie de faire un bilan, de définir ce qui m'a le plus étonnée, le plus marquée, et c'est difficile parce que tout se bouscule dans ma tête et que nous avons vécu tant de chose pendant ces 24 jours ! J'espère que raconter au jour le jour ce voyage en reprenant les notes prises chaque soir va m'aider à faire le tri... En tout cas, nous avons fait un séjour inoubliable, tous les jours l'un d'entre nous y fait référence... et j'ai déjà envie de repartir ! Pour ce qui est de la logistique et de l'organisation matérielle : - billets d'avion pris chez Air France en novembre. Vols multidestinations Paris-Seattle et Los Angeles-Paris, opérés à l'aller par Delta Airlines et au retour par Air France. 6500 euros pour nous 5 (4 prix adultes et 1 jeune), j'ai privilégié les vols directs. Les vols se sont bien passés, malgré du retard au départ à chaque fois. - voiture réservée en janvier chez Alamo. Catégorie Dodge Gran Caravan. Grâce à un lien donné par un forumeur (je suis désolée, je ne sais plus qui exactement, en tout cas merci infiniment encore !), j'obtiens une réduction de 10 %, le conducteur additionnel gratuit et la possibilité de rendre le réservoir d'essence vide. Nous aurons une Toyota Sienna, parfaite pour nous 5 et nos 5 valises. - nuits en hôtels uniquement, quasiment tous réservés via booking.com. Aucun souci concernant les réservations. A 5 personnes nécessitant un couchage adulte, j'ai dû la plupart du temps réserver deux chambres séparées. Il y a également eu des fois où nous étions dans un seul logement, avec deux chambres et parfois une cuisine. - repas pris le plus souvent sous forme de pique-nique le midi et au restaurant le soir. Restaurants souvent fast-food, nous ne sommes pas de grands gastronomes, et nos 3 ados étaient ravis de toute façon. T. s'est même lancé le challenge de manger le plus de hamburgers possibles pendant le séjour, et est arrivé à 13 ! La plupart des petits déjeuners ont été pris à l'hôtel. - les billets pour la majorité des attractions prévues ont été pris à l'avance, pour bénéficier de prix intéressants (Universal studios à 85 $) et de places disponibles (Alcatraz). Ils avaient été offert comme cadeaux de Noël en avance aux enfants par leurs grands-parents. Pour ceux que ça intéresserait, au total ce voyage nous a coûté presque 18000 euros pour nous 5.
Dans le prochain message, notre arrivée à Seattle ! (ici )
