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Partir en train de France pour le nord de l'Angleterre English translation pending
je veux partir en train au départ de clermont fd, Lyon ou Paris pour le Northumberland ( nord de l'angleterre) Je cherche ce qu'il y a de plus direct (train + eurotunnel..) pour que levoyage ne soit pas trop long et pas trop couteux mais je ne sais pas ce qui est le plus pratique . Quelqu'un a-t il un tuyau à me donner ? Merci
Voyage en Croatie au mois d'août avec deux enfants English translation pending
Bonjour a tous !
Je souhaite partir en Croatie debut Aout avec deux enfants en voiture depuis Lyon. Je suis a la recherche d'un logement, hotel, Habitant camping ... Je ne sais pas trop. Avez vous des bons plans a me proposer. J'aimerai bien trouver quelque chose avec une piscine ou bien la mer a proximité.
Dans l'attente de vous lire.... Merci
Je souhaite partir en Croatie debut Aout avec deux enfants en voiture depuis Lyon. Je suis a la recherche d'un logement, hotel, Habitant camping ... Je ne sais pas trop. Avez vous des bons plans a me proposer. J'aimerai bien trouver quelque chose avec une piscine ou bien la mer a proximité.
Dans l'attente de vous lire.... Merci
Croisière "Rivages Ibériques" à bord du Coral du 11 au 19 avril 2009 English translation pending
😏bonjour nous partons le 11 avril sur le coral avec 2 enfants de 13 ans (garçon et fille)
si vous partez à cette date, nous serons heureux de dialoguer et pourquoi pas faire connaissance lors de cette croisière
Quelle remorque vélo choisir? English translation pending
Bonjour,
Je sollicite votre aide pour choisir une remorque à vélo.
Je fais régulièrement de petits périples à vélo (2 à 10 jours) et je souhaite acheter une remorque pour transporter mes bagages lors de mes prochaines "expéditions". Pour un peu plus vous guider et ainsi mieux me renseigner, je route essentiellement sur de petites routes de campagne et j'aime bien franchir quelques cols de montagne.
A votre avis, vers quel type de matériel dois-je me tourner? Où est-ce que je peux trouver ce matériel? (internet?, magasins de la région lyonnaise ou stéphanoise?) Quel budget dois-je prévoir? Enfin, est-ce que je peux trouver des remorques d'occasion? si oui, où ça?
Merci, j'attends avec impatience vos conseils éclairés. Andy
Je sollicite votre aide pour choisir une remorque à vélo.
Je fais régulièrement de petits périples à vélo (2 à 10 jours) et je souhaite acheter une remorque pour transporter mes bagages lors de mes prochaines "expéditions". Pour un peu plus vous guider et ainsi mieux me renseigner, je route essentiellement sur de petites routes de campagne et j'aime bien franchir quelques cols de montagne.
A votre avis, vers quel type de matériel dois-je me tourner? Où est-ce que je peux trouver ce matériel? (internet?, magasins de la région lyonnaise ou stéphanoise?) Quel budget dois-je prévoir? Enfin, est-ce que je peux trouver des remorques d'occasion? si oui, où ça?
Merci, j'attends avec impatience vos conseils éclairés. Andy
Itinéraire à moto (GS) au Maroc: ravitaillement en essence? English translation pending
bjr je part avec un pot au maroc en moto(1200GSadventure et 1150gs normal) nous avons un itineraire pre definit un max de pistes roulantes ceuta_fes_region des lacs_agoudal_telouet_ait benhaddou_n cobe_lac el mansour_ouarzazate_tizgui_timsla_tamegroute_mhamid_taliouig_puis direction la cote par la mauritanie trouve t on partout du sp95 dans le cas de l essence plombe faut il faire une modif sur les motos enlever le cataliseur sur la 1150 sur la 1200 est ce que c est prevu y a t il des regions ou il faudra prevoir un gericane suplementaire (10litres ?) merci de vos reponses bonne route a tous et a toutes
Bohol, Panglao, Siquijor etc aux Philippines English translation pending
Bonjour.
C'est pratiquement fait, notre choix c'est "arrêter" sur cette région des Philippines pour février 2009 et ce pendant 12 jours. Nous atterrirons à Cébu à 14h00 pour nous rendre de suite sur Bohol pour y séjourner 4 jours. Ensuite direction Panglao pour y séjourner 3 jours. Et enfin Siquijor pour y séjourner 4 jours. Le jour qui reste est à prévoir pour les transports inter îles (est ce raisonnable?).
De Cébu à Bohol: soit prendre l'avion: quels sont les horaires et compagnie, l'aéroport à Bohol est il éloigné du plus bel endroit (plage et nature) ou séjourner et moyen de transport pour y aller et de l'embarcadaire de Tagbilaran? soit prendre le bateau:compagnie OCEAN JETdépart à 15h35 est ce faisable à savoir si l'embarcadaire de Cébu est il éloigné de l'aéroport? ou également départ à 18h00. Arrivée à Bohol (Tagbilaran) à 17h30 ou 19h40. Vers quel endroit se diriger pour séjourner 4 jours?
De Bohol à Panglao: comment nous y rendre...? Apparament, il n'y aurait qu'un seul départ en bateau à 5h45 (!!!) mais qui prend la direction de Siquijor, fait il un arrêt à Panglao? Vers quel endroit se diriger pour séjourner 3 jours?
De Panglao à Siquijor: comment nous y rendre...? Apparament, il faudrait reprendre le seul bateau qui part de Bohol à 5h45 et qui se rend à Siquijor.... Vers quel endroit se diriger pour séjourner 4 jours?
Pour retour de Siquijor à Cébu (snif): existe t'il un trajet bateau direct? ou est il obligé de faire le chemin inverse jusqu'à Bohol (Tagbilaran): un seul départ (!!!) à 6h00, arrivée à 8h40, ensuit bateau jusqu'à Cébu: départ à 9h30, arrivée à 11h10 ou avion (horaires???).
Nous recherchons pour séjourner, des guests houses ou hôtels typiques sans luxe inutile, les "pieds dans l'eau", bungalows, nature exhubérante, plage de sable blanc et cocotiers, restaurants sur plages, un peu d'animation.
A quel moment faire le change: à l'arrivée à Cébu, dans l'aéroport. Ou attendre d'être en dehors?
Ce résumé de questions vous parait il clair? Y a t'il des incohérences? En tout cas, merci d'avoir pris le temps de le lire et de tenter de me comprendre. Merci pour votre aide.
C'est pratiquement fait, notre choix c'est "arrêter" sur cette région des Philippines pour février 2009 et ce pendant 12 jours. Nous atterrirons à Cébu à 14h00 pour nous rendre de suite sur Bohol pour y séjourner 4 jours. Ensuite direction Panglao pour y séjourner 3 jours. Et enfin Siquijor pour y séjourner 4 jours. Le jour qui reste est à prévoir pour les transports inter îles (est ce raisonnable?).
De Cébu à Bohol: soit prendre l'avion: quels sont les horaires et compagnie, l'aéroport à Bohol est il éloigné du plus bel endroit (plage et nature) ou séjourner et moyen de transport pour y aller et de l'embarcadaire de Tagbilaran? soit prendre le bateau:compagnie OCEAN JETdépart à 15h35 est ce faisable à savoir si l'embarcadaire de Cébu est il éloigné de l'aéroport? ou également départ à 18h00. Arrivée à Bohol (Tagbilaran) à 17h30 ou 19h40. Vers quel endroit se diriger pour séjourner 4 jours?
De Bohol à Panglao: comment nous y rendre...? Apparament, il n'y aurait qu'un seul départ en bateau à 5h45 (!!!) mais qui prend la direction de Siquijor, fait il un arrêt à Panglao? Vers quel endroit se diriger pour séjourner 3 jours?
De Panglao à Siquijor: comment nous y rendre...? Apparament, il faudrait reprendre le seul bateau qui part de Bohol à 5h45 et qui se rend à Siquijor.... Vers quel endroit se diriger pour séjourner 4 jours?
Pour retour de Siquijor à Cébu (snif): existe t'il un trajet bateau direct? ou est il obligé de faire le chemin inverse jusqu'à Bohol (Tagbilaran): un seul départ (!!!) à 6h00, arrivée à 8h40, ensuit bateau jusqu'à Cébu: départ à 9h30, arrivée à 11h10 ou avion (horaires???).
Nous recherchons pour séjourner, des guests houses ou hôtels typiques sans luxe inutile, les "pieds dans l'eau", bungalows, nature exhubérante, plage de sable blanc et cocotiers, restaurants sur plages, un peu d'animation.
A quel moment faire le change: à l'arrivée à Cébu, dans l'aéroport. Ou attendre d'être en dehors?
Ce résumé de questions vous parait il clair? Y a t'il des incohérences? En tout cas, merci d'avoir pris le temps de le lire et de tenter de me comprendre. Merci pour votre aide.
Cameroun: importation d'un véhicule par bateau English translation pending
Bonjour, je désirerais importer des motos et du matériel par conteneur maritime au Cameroun pour y organiser un voyage. Je remarque que le Cameroun n'utilise pas le Carnet ATA. Quelqu'un peut-il me donner des infos sur les pratiques douanières camerounaises à ce sujet ? J'ai déjà fait 5X ce genre d'importations au Sénégal pour 5 voyages. Je pense qu'au Cameroun se sera moins évident ... Des infos sur un transitaire sérieux sur place ? Merci.
Mercantour: un nouvel itinéraire de grande randonnée taillé à la pelleteuse (8 septembre 2008) English translation pending
Bonjour,
Je me permets de démarrer un nouveau topic suite à la forte mobilisation contre le projet Balcons du Mercantour, qui agite le petit monde de la randonnée, et les Alpes-Maritimes en particulier.
Suite à un reportage télévisé diffusé sur France 3 le 31 août dernier, nous avons tiré la sonnette d'alarme pour dénoncer ce projet destructeur de l'environnement, réalisé sans aucune concertation.
Je vous invite à visualiser la vidéo à l'adresse suivante pour vous rendre compte de l'ampleur des dégats. Un nouvel itinéraire de randonnée taillé à la pelleteuse
L'article suivant résume la mobilisation sur les différents sites, forums, associations, etc. http://www.trekmag.com/News/Mercantour/482-balcons-du-mercantour-la-contestation-prend-de-l-ampleur.html
Une manifestation se déroule ce samedi à 13h au Lac de Rabuons, sur le site du chantier, dans la haute vallée de la Tinée (06).
Merci à tous pour votre mobilisation. Anthony
Suite à un reportage télévisé diffusé sur France 3 le 31 août dernier, nous avons tiré la sonnette d'alarme pour dénoncer ce projet destructeur de l'environnement, réalisé sans aucune concertation.
Je vous invite à visualiser la vidéo à l'adresse suivante pour vous rendre compte de l'ampleur des dégats. Un nouvel itinéraire de randonnée taillé à la pelleteuse
L'article suivant résume la mobilisation sur les différents sites, forums, associations, etc. http://www.trekmag.com/News/Mercantour/482-balcons-du-mercantour-la-contestation-prend-de-l-ampleur.html
Une manifestation se déroule ce samedi à 13h au Lac de Rabuons, sur le site du chantier, dans la haute vallée de la Tinée (06).
Merci à tous pour votre mobilisation. Anthony
Partir travailler et vivre à Belgrade en Serbie English translation pending
J'ai laisser plusieur message a se sujet mai pa de reponse donc je demarre une nouvelle discussion en esperant avoir des réponse.
Voila j'ai 18ans, en juillet 2009 je vais partir vivre en serbie car je vais me fiancée et travailler en serbie.
J'aimerais avoir des informations:
Je voudrais savoir si je pourrais trouver un travail avec un BEP vente et action marchande?
Quel démarche je dois accomplir pour habiter la ba?
Je vous remercie de vos réponse.
Je vous remercie de vos réponse.
Projet de voyage à pied en France English translation pending
Bonjour !
J'ai beaucoup, beaucoup de temps libre devant moi et mon premier projet est un voyage à pieds d'environ deux mois, sur la période couvrant aout, septembre, début octobre. Une sorte de vagabondage, de voyage introspectif sur le routes de France avec l'idée de repartir éventuellement pour plus longtemps au printemps prochain. Sac-à-dos et tente... Seuls objectifs : marcher, observer, penser, rencontrer.
Un trajet commence à se mettre en place dans ma tête. Partir des environs d'Avignon, remonter les Cévennes vers Le Puy (peut-être via les gorges de l'Allier), bifurquer vers l'est en traversant Rhône ou Saône et redescendre par le Vercors vers le Vaucluse. C'est une idée, mais je veux laisser une grande place à l'imprévisible et à l'intuition.
J'ouvre cette discussion pour recueillir quelques conseils si cela vous inspire. Des idées pour mon itinéraire ? Des jolis coins ? Quelle durée prévoir ? A partir de quand dois-je redouter le froid de la nuit ? Dois-je redouter la fatigue et les difficultés n'ayant jamais vécu ce genre d'expérience ? C'est un projet clairement existentiel et il est possible que mon rêve m'aveugle. Je ne suis pas vraiment prêt physiquement, j'ai tout le matériel à me procurer, mais c'est maintenant que j'ai besoin de le faire... Et je suis motivé pour m'y préparer en sachant que je veux entreprendre ce voyage dans une grande simplicité et humilité. Si vous avez également des conseils à me donner concernant l'organisation et le matériel, je vous en remercie d'avance. 🙂 Et vous pouvez simplement me dire ce que vous en pensez.
J'ai beaucoup, beaucoup de temps libre devant moi et mon premier projet est un voyage à pieds d'environ deux mois, sur la période couvrant aout, septembre, début octobre. Une sorte de vagabondage, de voyage introspectif sur le routes de France avec l'idée de repartir éventuellement pour plus longtemps au printemps prochain. Sac-à-dos et tente... Seuls objectifs : marcher, observer, penser, rencontrer.
Un trajet commence à se mettre en place dans ma tête. Partir des environs d'Avignon, remonter les Cévennes vers Le Puy (peut-être via les gorges de l'Allier), bifurquer vers l'est en traversant Rhône ou Saône et redescendre par le Vercors vers le Vaucluse. C'est une idée, mais je veux laisser une grande place à l'imprévisible et à l'intuition.
J'ouvre cette discussion pour recueillir quelques conseils si cela vous inspire. Des idées pour mon itinéraire ? Des jolis coins ? Quelle durée prévoir ? A partir de quand dois-je redouter le froid de la nuit ? Dois-je redouter la fatigue et les difficultés n'ayant jamais vécu ce genre d'expérience ? C'est un projet clairement existentiel et il est possible que mon rêve m'aveugle. Je ne suis pas vraiment prêt physiquement, j'ai tout le matériel à me procurer, mais c'est maintenant que j'ai besoin de le faire... Et je suis motivé pour m'y préparer en sachant que je veux entreprendre ce voyage dans une grande simplicité et humilité. Si vous avez également des conseils à me donner concernant l'organisation et le matériel, je vous en remercie d'avance. 🙂 Et vous pouvez simplement me dire ce que vous en pensez.
Direction Perpignan à bicyclette English translation pending
Salut mes chers colègues voyageurs et voyageuses 🙂 !!!
Aprés des heures de réflection et avoir pas mal cogité, je me suis enfin décidé............😎😎😎!!! Ayant la chance, grace à mon boulot, de pouvoir me mettre en dispo pendant plusieurs mois et ainsi stoper cette fameuse mais terrifiante routine parisienne qu'est le........"métro, boulôt, dodo" 😐😐😐 je compte donc en profiter l'an prochain(et oui malheureusement, il faut prévenir presque un an à l'avance nos chers patrons histoire qu'ils puissent faire face à notre absence vraiment trés dommageable pour eux 😛😛😛 !!!) en visitant la France à vélo et faire une longue pause de deux mois dans la région de Perpignan !!!
Pour le parcours par contre, entre Paris et Perpignan, je ne sais pas trop encore par où je passerai avec mon petit vélo 😉 !!! Donc si vous connaissez des coins sympa avec de beaux paysages à me proposer et sur des petites routes de préférences.......je vous écoute !!! J'suis open.............😎😎😎 !!! Je compte plutôt passer par l'Est de la France à l'allée puis soit longer la côte méditérranéenne ou plutôt opter par les terres en passant par les régions ou il y a un peu moins de monde comme la Camargue !!!! J'attends donc vos conseils....................Vite 😛 !!!
De plus se connais trés peu les environs de Perpignan donc je suis à l'écoute des connaisseurs et connaisseuses de cette belle région pour m'informer sur les lieux, les villes, les plages mais aussi les côls et les sommets à voir et à faire absoluments !!!!!
MERCI d'avances et............................vive les vacances sportives 🙂🙂🙂 !!!!!
Bises !!! Julien
Aprés des heures de réflection et avoir pas mal cogité, je me suis enfin décidé............😎😎😎!!! Ayant la chance, grace à mon boulot, de pouvoir me mettre en dispo pendant plusieurs mois et ainsi stoper cette fameuse mais terrifiante routine parisienne qu'est le........"métro, boulôt, dodo" 😐😐😐 je compte donc en profiter l'an prochain(et oui malheureusement, il faut prévenir presque un an à l'avance nos chers patrons histoire qu'ils puissent faire face à notre absence vraiment trés dommageable pour eux 😛😛😛 !!!) en visitant la France à vélo et faire une longue pause de deux mois dans la région de Perpignan !!!
Pour le parcours par contre, entre Paris et Perpignan, je ne sais pas trop encore par où je passerai avec mon petit vélo 😉 !!! Donc si vous connaissez des coins sympa avec de beaux paysages à me proposer et sur des petites routes de préférences.......je vous écoute !!! J'suis open.............😎😎😎 !!! Je compte plutôt passer par l'Est de la France à l'allée puis soit longer la côte méditérranéenne ou plutôt opter par les terres en passant par les régions ou il y a un peu moins de monde comme la Camargue !!!! J'attends donc vos conseils....................Vite 😛 !!!
De plus se connais trés peu les environs de Perpignan donc je suis à l'écoute des connaisseurs et connaisseuses de cette belle région pour m'informer sur les lieux, les villes, les plages mais aussi les côls et les sommets à voir et à faire absoluments !!!!!
MERCI d'avances et............................vive les vacances sportives 🙂🙂🙂 !!!!!
Bises !!! Julien
Briançon-Nice GR5 juin 2007 English translation pending
Briançon Nice
Tout a commencé par un trajet en train, Lyon Briançon. Une épopée, en effet huit heures de transport, un premier changement à Grenoble, puis un TER faisant toutes les petites gares jusqu'à Gap. Une fois dans cette ville sans que cela soit prévu arrêt définitif du train et poursuite du voyage, après une petite heure d'attente, en bus. Huit heures pour effectuer 250 kilomètres. On est loin du Paris Lyon et ses 450 kilomètres en moins de deux heures. Mais il serait dommage d'aller plus vite, car le paysage est tellement diversifié d'une part au départ de Grenoble en direction du Vercors puis dans cet immense contour des massifs du Dévoluy et de l'Oisans, qui dévoilent au fur et à mesure du cheminement une partie de leurs joyaux . Je débarque à 18h à la gare.
Le temps n'est pas très engageant mais en juin, bien que la journée soit bien avancée, il reste quatre heures de jour. Je vais donc aller dormir quelque part au pied du col des Ayes. La montée est magnifique, des fleurs partout. Ce long vallon n'est absolument pas monotone, de plus la forme est bonne et j'avance vite. Le temps est de plus en plus menaçant, puis il se met à pleuvoir des hallebardes. Pas de panique, mon altimètre indique 2350 m, cela suffira pour aujourd'hui. Je m'abrite sous le double toit de ma tente sorti à la hâte. J'attends la fin de l'averse, persuadé que c'est une question de minutes. Mais après une demie-heure passée recroquevillé et enroulé sous cette bâche protectrice, la vigueur de la pluie ne faiblit pas et les frissons me gagnent. Donc l'installation aura lieu sous des trombes, beau baptême pour cette nouvelle tente. Enfin je suis dessous mais mouillé, je m'enfonce dans mon duvet. Je commence par avoir un peu froid, il est 21h. Manifestement mon abri est étanche et bien aéré, ce qui sera une garantie de non condensation, bien que cela implique une petite déperdition de chaleur. Une fois bien allongé, les qualités calorifiques de mon sac de couchage font rapidement effet, et comme bien souvent dans ces conditions j'ai la flemme de me faire à manger et je m'endors. Réveil avec le jour. Pas de bruit d'eau sur la toile, la luminosité est intense, je sors la tête, grand ciel bleu. Joie immense de se trouver comme cela en pleine montagne et se sentir complètement à sa place dans ce décor majestueux. A l'ouest, l'Oisans apparaît dans toute sa majesté. La tente épatante, elle n'a absolument pas pris l'eau et pas produit de condensation non plus. Pourtant elle ne pèse qu'un kilo deux cents avec piquets, de plus l'espace intérieur est très grand. J'aurai même l'occasion de l'expérimenter avec un bon confort durant trois nuits consécutives huit moins plus tard à deux en hiver avec un camarade de bonne corpulence. Vive la toile à parachute.
Au-dessus, le col des Ayes, en une petite demi-heure j'y suis, il est barré par un gros névé. Temps splendide, absence de vent, mon itinéraire vers le sud se découvre jusqu'au delà du Pic de la Font-Sancte. A mes pieds la vallée d'Arvieux. Quel bonheur de marcher sur ce chemin souvent si fréquenté et qui est désert à cette période de l'année. La limpidité de l'air après une bonne nuit de pluie donne un aspect très avenant au paysage. Arvieux est vite dépassé. A la sortie du village le chemin se dirige vers la gauche, son tracé est matérialisé par une petite sente très agréable bordée de sapins. Au niveau du lac après le bourg des Maisons, je rencontre un homme lourdement chargé qui suit le même itinéraire que moi. Manifestement il en a plein les bottes, vu la grosseur de sa charge et de ses chaussures, cela me semble normal. Originaire de Saint-Etienne il a emprunté le matériel à son fils pour se mettre quelques jours en rupture de société. Après avoir échangé quelques considérations d'ordre général je le laisse et m'engage dans la descente sur Château Queyras. La pente est raide. Subitement on sent les prémices des Alpes du sud. Le sol semble moins gras, les arbres plus secs, les senteurs même se modifient légèrement. Enfin Château Queyras se dévoile juste au détour d'un lacet. J'ai presque l'impression de survoler les bâtiments tellement la déclivité est importante.
Je débouche sur la route et rentre dans le village. Oh! Surprise tout est fermé, pas de ravitaillement. Un bistrot est ouvert, la tenancière avenante me propose de me servir une boisson mais rien de solide. Cela m'embête car depuis hier matin lors de mon départ de Lyon, je n'ai pas mangé grand chose. Il est treize heures et j'aimerais bien pousser jusqu'à Ceillac, cela fait encore un bon bout de chemin, surtout le ventre creux. Alors gentiment, elle m'avoue qu'elle a bien quelques boîtes qu'elle destinait aux promenades dans les environs avec son mari. Donc enfin quelque chose de solide à se mettre sous la dent, il s'agit de thon à l'escabèche par dessus lequel je bois un coca cola et deux cafés bien sucrés, pas très équilibré mais ça donne du combustible. Alors que je déguste mon second café, mon Stéphanois arrive et comme moi, il est affamé. Mais là, la charmante dame reste intraitable et ne lui propose que du liquide, de l'intérêt égoïste d'être le premier. Sa boisson prise, nous nous retrouvons ensemble dehors. Rapidement je suis le point de départ du chemin très raide, qui conduit au col du Fromage est atteint.
Peu de temps après je me retrouve seul, la marche est agréable et la satisfaction grande de constater que le dénivelé est vite avalé. Je ressens une fois encore ce plaisir immense que procure la sensation de s'élever d'un pas alerte en contemplant le panorama toujours plus vaste, alors que la machine fonctionne bien. Le temps change, de gros nuages commencent à s'accumuler à grande vitesse, et de fortes bourrasques de vent se lèvent. Un petit grain accompagné d'une pluie serrée me cingle le visage. Mais le rythme rapide me permet d'interpréter cette ondée comme un simple refroidissement supplémentaire du moteur. Là aussi l'impression est très agréable de se faire mouiller sans que cela altère en aucune manière le moral. Le lieu est assez escarpé, de grandes ravines bordent le chemin. Le col de Fromage est atteint dans un début de petite tourmente et rapidement je m'engage dans la descente sur Ceillac.
Soudainement les nuages se déchirent et le soleil fait de belles apparitions intermittentes. Sur ce versant il n'y a plus un brin de vent. Je distingue très bien les toits gris de Ceillac qui brillent sous les rayons du soleil. Là encore la marche n'est que plaisir, bien qu'il faille faire attention de ne pas glisser sur le sol gorgé d'eau. Le vert de l'herbe mouillée, ponctué de perles brillantes multicolores, que sont les fleurs, ressort de façon intense à la lumière. Une fois dans le village j'essaie de me remémorer le gîte sympathique dans lequel j'avais l'habitude de venir il y a plus de vingt ans. Mais ma mémoire me trahit quelque peu et je me décide au hasard pour l'un de ceux que propose le lieu. Il me semble que c'est bien celui que je fréquentais mais je ne peux l'affirmer. Il n'est pas tard, un lit m'est attribué dans un dortoir . Une douche réconfortante me délasse, puis je m'allonge en attendant l'heure du souper. Il ne fait pas de doute que deux autres lits sont occupés, la masse d'affaires hétéroclites que j'y vois, l'indique sans ambiguïté. En effet, deux jeunes entrent, nous entamons la discussion et ils m'expliquent qu'ils effectuent un stage de fin de formation d'une école de travaux publics. Cette formation consiste à participer au travail de conception d'une équipe construisant une nouvelle via ferrata. Ils ont l'air tout à fait enchantés par leur activité qui va s'étaler sur plusieurs semaines. A dix neuf heures l'heure du souper ayant sonné, je me dirige vers la salle de restauration. Il y a beaucoup de monde, mais de jeunes peu. Notre société est un peu inquiétante, tandis que les trentenaires en bavent au boulot de nombreux quinquas, dont je fais partie, profitent paisiblement d'une retraite sans doute bien méritée. Mais cela me laisse un certain malaise. La nourriture est copieuse et excellente, le vin gouleyant à souhait coule presque à flot. Une fois regagné le dortoir, le sommeil me prend rapidement. Après une nuit paisible et un copieux petit déjeuner l'esprit tendu vers le but de l'étape de ce jour, Fouillouze, je me retrouve dehors. Je constate que la journée à venir s'avère magnifique. Tellement sûr de l'itinéraire, sans regarder la carte, je pars tête baissée pour rejoindre un petit vallon qui doit me conduire au pied de la Font- Sancte. A vrai dire je viens buter sur les premières pentes de la pointe de Saume. Mais j'insiste et cherche à rejoindre mon vallon par la droite . Après un bon kilomètre, je me dis que ma direction plein ouest ne semble pas coïncider avec l'itinéraire. Je m'arrête, sors la carte. En effet, j'ai fait un 180 degrés à la sortie du gîte en me focalisant sur un vallon qui n'était pas le bon. Demi-tour, faire une telle erreur sur un chemin comme le GR5 pas jojo!!! Enfin personne ne le saura. Rapidement j'atteins le départ du chemin qui monte au col Girardin, plus de mille mètres de dénivelé en perspective. Le soleil darde sur la pierre, il fait chaud dès le matin. Mais la vexation due à mon erreur m'a fouetté les sangs et j'attaque à vive allure, sur un rythme de 600 mètres à l'heure, seul moyen de me réhabiliter à mes yeux. Avoir un fonctionnement binaire permet parfois de se réconcilier à bon compte avec soi-même. Je double à fond de train un certain nombre de groupes d'anciens, attention j'en ferai bientôt partie. La cascade de la Pisse dévale toute couverte d'écume resplendissante parmi les mélèzes et autres rhododendrons. Son cours est ponctué de gros blocs qui ne la freinent pas, étant donné la raideur de la pente. Son courant déclenche un souffle d'air frais du meilleur effet sur la peau.
Je débouche sur le replat du lac des Près. Petite étendue d'eau peu profonde, entourée d'herbe constellée de gentianes sauvages au mauve profond. Site au-dessus duquel trône majestueusement le Pic de la Font-Sancte du haut de ses presque 3400 mètres. L'étape suivante, en cheminant le long des pistes de ski, me conduit au lac Sainte Anne avec sa jolie petite chapelle dédiée à la sainte du même nom. Ce coin merveilleux me rappelle de bons souvenirs et le prénom Anne a toujours tenu une place très importante dans le cœur des hommes de ma famille depuis plusieurs générations, et je ne déroge pas à la règle. De la chapelle un peu surélevée on contemple ce lac turquoise à la forme circulaire enserré dans un site presque minéral. Pas une ride n'en perturbe la surface parfaite. Quelques centaines de mètres au-dessus, le col Giradin se protège par une pente raide de caillasses aux couleurs sombres, piquetée de plaques de neige. Le ciel s'assombrit, cela donne un caractère d'austérité au lieu. Il est extraordinaire de constater l'influence de la présence ou de l'absence d'un rayon de soleil quant'au ressenti que l'on éprouve en regardant un paysage de montagne.
Du col, la vue plonge dans la vallée de l'Ubaye. Je ne m'attarde pas, un petit air frais désagréable me fait quitter les lieux et m'engager à la rencontre de cette belle vallée très encaissée entre de sévères parois rocheuses qui à ma connaissance sont peu parcourues, mise à part la Pierre Andrée. Quelques centaines de mètres sous le col, je rencontre une marmotte pour le moins pas farouche. J'ai constaté que d'une vallée à l'autre le comportement de ces charmants animaux était différent. Je me demande si les cols ne sont pas des frontières délimitant les pays de marmottes, zones à partir desquelles des règles spécifiques sont édictées. Je distingue nettement le groupe de maisons bien groupées de la Chalp. Le chemin se fait plus raide et semble se diriger directement sur le village, alors que la carte indique un contournement par l'ouest, ce qui fait deux kilomètres de moins. Il faut dire que pour des contingences de poids j'utilise les cartes au 100 000 de l'IGN, dont la vocation principale n'est pas d'indiquer les GR. A plusieurs reprises, il m'est arrivé d'y relever des imprécisions, sans doute dues à des modifications qui n'ont pas été prises en compte. En effet, parfois pour des problèmes d'érosion, les tracés sont modifiés, d'autres fois ce sont des propriétaires qui ne veulent plus laisser le chemin traverser leur terre, à moins qu'au contraire ce ne soit par commodité de conduire les randonneurs près de lieux de logement et de restauration. La sente est bordée par endroits de grands cairns dépassant le mètre de hauteur, qui donnent un petit air himalayen, d'autant plus que la vallée de l'Ubaye se développe à l'ouest sur une grande distance. Donc n'ayant pas l'intention de faire le détour, je m'engage dans le petit ruisseau à ma droite qui descend directement à la route. Manifestement il n'y aucune trace d'ancien chemin. C'est raide et ça glisse. De brèves interruptions presque verticales sont à négocier avec prudence. Un petit saut à faire pour me rétablir sur un pan d'herbe raide. A la réception, le pied droit dérape et se tord, j'accompagne le mouvement en faisant un roulé-boulé. Je m'immobilise quelques mètres plus bas. Je prends ma cheville et la masse. De toute évidence il y a plus de peur que de mal. Les réflexes acquis en trente années de pratique du parachutisme m'ont probablement permis une anticipation salvatrice. La morale de cette histoire, pour vouloir gagner une demie-heure, on risque de ne jamais arriver. Mais philosophe je me remémore la pensée de Saint-Exupéry de l'importance de la démarche et non du but, donc de l'intérêt d'arriver!!! Une fois à la route je vais suivre ce vallon durant à peu près huit kilomètres jusqu'au fameux pont de Fouillouze, qui enjambe une gorge étroite absolument splendide. Je rencontre un chien de berger qui décide de m'accompagner. Le premier petit village traversé, la Barge, avec ses maisons un peu délabrées surmontées de ces hautes faces rocheuses sombres dégage une impression forte, d'autant plus qu'il n'y a pas âme qui vive. Au centre une magnifique petite église, qui manifestement souffre de la rigueur du climat local, au nom évocateur de Notre Dame des Neiges renforce encore la puissance de l'ambiance. Puis un peu plus loin sur la droite, le Grand Bec de la Blachière se fait de plus en plus imposant au fur et à mesure que je m'en rapproche. Cette belle face élancée est couronnée d'une crête très dentelée caractéristique. Dans un champ deux jeunes randonneurs se restaurent. J'en profite pour leur céder mon chien qui me suit maintenant depuis plusieurs kilomètres, quémandent en permanence le jet de bâtons, exercice finissant par être fatigant. Manifestement il semble les avoir adoptés. Traîtreusement j'accélère le pas avec un sourire sardonique. Un kilomètre plus loin je me sens définitivement délivré de mon compagnon . Le pont en arc de cercle commence à être bien visible. Il est franchement étonnant au-dessus de cette gorge étroite aux hautes falaises sinueuses. Je recherche le meilleur angle pour effectuer quelques photos, ce qui me conduit un peu en dehors de la route. Je réalise que je n'ai rien mangé et très peu bu depuis le matin, j'en profite pour faire une petite halte. Au moment de repartir, que vois-je arriver, mon jeune couple de randonneurs accompagné du chien qui se précipite sur moi. Bon tout est à refaire, c'est peut-être eux maintenant qui arborent un petit sourire sardonique. Ils cheminent un peu devant moi. Je les retrouve au pont, d'où la vue sur le torrent est vraiment impressionnante. Nous restons un moment pris par la beauté du site, échangeant quelques mots. Ils m'apprennent que leur destination est Nice et que ce soir, ils ont l'intention d'aller bivouaquer un peu au-dessus du village. Je me décide à fuir le premier par le sentier raide montant directement à Fouillouze. Une fois de plus je mets la PC (post-combustion) avec l'espoir de leur abandonner notre ami. Ça dénivelle vite, en contre-bas je les vois et ne relâche pas mon effort. Ils se mettent en route, ils marchent quasiment au pas, très proches l'un de l'autre à un rythme pour le moins rapide. Au détour d'un lacet, juste éclairée par un rayon de soleil apparaît une vieille bergerie à moitié détruite. Des poutres, en équilibre instable, semblent indiquer toutes les directions de la terre dans leur posture totalement erratique. Une partie du toit métallique dissipe un éclat étrange. Le tout se découpe sur une vaste paroi rocheuse blanche éclairée d'une lumière vive filtrant entre deux nuages. Je suis saisi par le spectacle et reste un bon moment contemplatif.
Alors j'entends une cavalcade, c'est notre camarade Gros Chien qui rapplique à fond. Je l'interpelle d'une voix autoritaire, il s'arrête et se cache à une cinquantaine de mètres derrière un arbre, croyant que je ne le vois pas. Alors je lui crie «retourne à ta maison». A ces mots il sort de sa cachette et repart tristement vers le bas. Je constate que les deux jeunes ne chôment pas et que la compétition a commencé. En gardant notre espacement nous atteignons rapidement le hameau. La première bâtisse sur laquelle je bute est le gîte d'étape. Je décide de m'y arrêter, il est presque désert. Le jeune couple a continué stoïquement alors que le temps se fait de plus en plus menaçant. Le lieu est très agréable. Il est assez tôt, vers les seize heures. Après une bière bien fraîche, alors que l'ondée a pris fin, sur les conseils du propriétaire je rejoins un petit promontoire duquel je pourrai passer mon appel téléphonique journalier. Petit rite que je m'impose, lorsque cela est possible, pour rassurer ma famille qui ne goûte pas vraiment mon plaisir de la balade seul. Oh stupeur! Je tombe sur mon camarade, nos regards se croisent, mais manifestement je ne fais plus partie de ses fréquentations, c'est une bonne nouvelle. Le repas est très bon, la maison a une gamme de cartes postales, ayant trait à la nature vraiment remarquable. Nulle part ailleurs je n'ai vu de telles choses, j'en profite pour en envoyer plusieurs. Lorsque qu'un lit m'a été attribué dans l'après-midi, j'étais seul dans le dortoir. Au cours du dîner je vois passer dans l'encoignure de la porte un être un peu étrange avec un sac qui ne ressemble pas à celui d'un arpenteur de l'Alpe. Une fois bien rassasié, je rejoins mon lit, et de l'autre côté du dortoir je reconnais le sac entrevu rapidement. Je m'installe en laissant la lumière allumée, mais au bout d'un bon moment le propriétaire du dit sac ne venant pas j'éteins. Je sombre à moitié dans le sommeil, lorsque je sens une présence dans la pièce. Alors je dis «n'hésitez pas, il n'y a pas de problème allumez». Une voix monocorde, froide et inquiétante me répond «la lumière me fait peur». Ce type de contact peu engageant, me réveille immédiatement. J'entends quelques bruits assez diffus, puis plus rien . Manifestement mon «drôle de client doit être couché». Je n'en reste pas moins relativement troublé. Nous sommes seuls et son intonation m'a vraiment surpris. Le silence s'installe, rien ne semble se produire. S'est-il endormi? Probablement, mon imagination me joue des tours. Puis d'un coup, dans le noir cette voix si particulière se fait entendre très clairement et s'adresse à moi: -Puisque vous semblez ne pas dormir, on pourrait discuter! -Si vous voulez, posez la première question -Quel est votre but dans la vie? -Etant donné l'heure ce type de question ne me semble pas à propos. Un silence s'ensuit, mon interlocuteur aurait-il été vexé par ma réplique sèche au ton sans doute un peu irrité? Dans le doute, je considère que la discussion a tourné court et je me prépare à m'endormir. Alors à nouveau cette voix monocorde comme désincarnée et angoissante s'élève dans la nuit: -Connaissez-vous le club des entendeurs de voix? Alors là plus de doute, je suis en présence d'un être à la recherche d'un absolu qui n'est pas le mien. Je lui réponds simplement non. Il me demande alors si j'ai déjà entendu des voix. Là, ça devient vraiment inquiétant. Je lui réponds par la négative, n'ayant qu'une envie, qu'il se taise. Il poursuit son monologue par une suite de phrases plus ou moins incohérentes. Il commencerait à me foutre plus ou moins la trouille. Soit je me lève et vais dormir ailleurs ou j'essaie de m'endormir en espérant qu'il ne bouge pas de la nuit. Étant de nature assez fataliste et de plus fatigué j'opte pour ce deuxième choix. Le jour se lève, je me réveille et oh miracle! je suis en vie. Mon lascar que je distingue dans le jour naissant dort à poings fermés. Sans bruit je rassemble mes affaires et quitte le dortoir. Une fois installé devant un plantureux petit déjeuner, je dis au patron «vous avez de drôles de clients».Cela le fait sourire. De toute évidence il avait jaugé le quidam et ne l'avait pas jugé dangereux. On est vite suspicieux dans notre société. Je m'en veux presque. D'ailleurs ces rencontres donnent du piquant au voyage et dans les souvenirs elles laissent une petite note qui fait sourire. Ce gîte je le recommande fortement.
Une fois dehors, les ondes positives de la montagne me lavent radicalement les méninges. En levant la tête, je vois le Brec de Chamberon qui domine de sa pyramide massive et tronquée très reconnaissable. Je remonte la rue du village, à la sortie de ce dernier une jolie petite église se laisse admirer, puis l'espace du grand vallon qui conduit au col du Vallonnet, m'ouvre tous les espoirs d'une belle journée de plaisir.
Le ciel est gris vers le sud et relativement dégagé au nord. De grands bancs de brouillard s'accrochent aux murailles rocheuses. Ayant l'intention de dépasser le col de la Cavale après l'Arche, je prie pour que le temps se maintienne. Étant encore assez tôt en saison, de larges traces de neige profitant de toutes les petites anfractuosités constellent de façon anarchique le cirque.
Le sentier bien dessiné permet d'entrée d'afficher un bon rythme. Très vite au-dessus de moi, se dessine le couple, toujours aussi synchronisé. Je force l'allure mais nous gardons nos distances. L'air frais du matin rend cette course agréable. De nombreux ouvrages militaires datant de la seconde guerre mondiale, du genre souterrains ou abris, jalonnent le terrain. Je débouche au col, il n'y a personne.
Un peu plus loin, au bord d'un petit lac, je les vois arrêtés. De loin je leur fais signe et continue mon chemin. Le site est magnifique, les nuages donnent une impression de haute montagne. L'eau prend des reflets presque noirs. La face ouest de la Tête du Sautron en contre-jour a fière allure. Après une légère descente, à nouveau l'itinéraire monte en direction du col de Mallemort.
Ce vallon assez long est emprunté par un large chemin, qui a servi à construire d'importants ouvrages militaires. Au pied du col un grand casernement en ruine rappelle que des centaines de soldats ont attendu et combattu dans ces lieux à 2500 mètres d'altitude. Au-dessus domine la Tête de Viraysse du haut de ses 2765 mètres. L'ampleur du fort militaire qui y a été construit m'intrigue. Que d'efforts a-t-il fallu développer pour conduire ces travaux à terme.
Plongé dans mes pensées, j'attaque les dernières pentes du col, et là face à moi je vois arriver un individu en short, qui en vient. Nous nous arrêtons et engageons la conversation. Il est parti de Menton, cela fait plus d'une semaine. Il a subi un temps exécrable pratiquement tout le temps, dormi dehors devant des refuges fermés. Il n'a plus que quelques croûtes de fromage à manger. Il se demande ce qu'il fait là alors que nous sommes en période de vacances scolaires dans le Nord et que ses enfants l'attendent. Mais qu'est-ce que ses yeux pétillent!!! Nous rigolons une vingtaine de minutes. Je l'assure d'une belle étape gastronomique à Fouillouze, puis nous reprenons notre route, lui vers Mondane et moi vers la mer. Le col de Mallemort est raide et de petite dimension. J'y fait une courte halte, le fond de l'air est frais, le Chti est en short, à croire que c'est le grand nord là-bas. L'itinéraire se dévoile très nettement jusqu'au col de la Cavale. Que cela semble loin, et dire que j'ai déjà 1200 ou 1400 mètres de dénivelé dans les jambes. Tout en-bas le village de Larche se dessine dans tous ses détails.
Au moment où je m'arrache à ce spectacle, les deux jeunes arrivent au col. La descente jusqu'au village me semble longue et monotone. Parfois des petits coups au moral, heureusement temporaires, rendent la marche plus pénible. Sans doute cela me vient d'avoir entrevu dans le lointain les nuages, qui enveloppent le col de la Cavale. Une fois au village, comme d'habitude rien d'ouvert, même pas de quoi boire un café. Je m'assois près de la fontaine en me couvrant et mange un mars arrosé d'un bon litre d'eau. Mes deux jeunes arrivent et semblent embêtés car ils auraient bien aimé faire quelques provisions. A croire qu'en dehors des deux mois d'été les Alpes sont désertes. Cela m'étonne d'autant plus, que la route du col de l'Arche occasionne du passage.
Je m'engage en direction de l'Italie en suivant le goudron sur quelque distance, puis une petite route sur la droite me permet de franchir l'Ubayette et de rejoindre en quatre kilomètres le vallon de la Cavale. Là un parking marque le terminus pour les véhicules à moteur. Un chemin succède à cette route monotone et la pente devient plus importante. Monter est toujours bon pour le mental. En effet, en montagne l'étalon c'est plus souvent le dénivelé que la distance parcourue, ce type de raisonnement rend les longues distances à plat pénibles, car presque considérées comme une perte de temps. Je rencontre un groupe d'enfants accompagnés de leurs institutrices. Je dis «bonjour Mesdames». Elles me répondent gentiment, mais les bambins regardent leurs chaussures, je réalise que j'ai oublié de les saluer et ils l'ont bien noté. Trop tard pour rattraper le coup. Je ferai plus attention la prochaine fois. Je me souviens de ce jour, où une petite fille m'avait répondu «bonjour monsieur le randonneur».
Ce long vallon est agréable, les jeux de lumière provoqués par les conditions météorologiques sont du meilleur effet. Je rejoins un groupe de promeneurs qui donne des carottes aux marmottes. Il paraît que le chocolat leur fait du mal, sans doute pas les légumes. Je fais un arrêt au lac du Lauzanier. Ce petit lac entouré de pelouse, marque la dernière limite de la végétation avant la caillasse aride. Le ciel est noir, le vent souffle, l'itinéraire se dirige très nettement vers la neige. Si les conditions se dégradent cela risque de devenir sportif.
D'un pas alerte je repars en espérant faire le maximum de trajet hors du brouillard. De toute façon une fois au col, il est peu probable que je trouve de la neige en versant sud. Le chemin serpente entre de gros blocs, parmi lesquels des marmottes presque indifférentes à ma présence se roulent dans les rares plaques d'herbe.
J'arrive à un cirque austère où trois petits lacs s'étalent au pied du col, le site est grandiose. Le vent chasse les brumes et la visibilité devient excellente. Deux chamois détalent. Les deux cents derniers mètres dans la caillasse et la neige sont pénibles, le col se rapproche lentement. En contre-bas un magnifique lac minuscule, caché jusqu'à présent, encore partiellement gelé se détache sur la neige et quelques grosses pierres.
Enfin le col, son altitude avoisine les 2700 mètres. La fatigue commence à se faire sentir. La vue vers le sud porte jusqu'au Mont Mounier. Cela paraît être au bout du monde. On verra bien. L'expérience me dit que ce n'est pas si loin. Sur la carte au 100 000, mon étalonnage à grands coups de main déployée me donne pratiquement toujours une bonne approximation des temps de parcours. Dans le cas présent cela fait une «grosse patte», à la louche 25 kilomètres à vol d'oiseau, avec certes un certain nombre de cols. Après un petit repos à l'abri du vent, il est temps de partir si je ne veux pas m'endormir. Que ce versant est raide. Le chemin se faufile au-dessus de barres, la neige rendrait la marche dangereuse, heureusement il n'y en a pas la moindre trace. Quelque cinq cents mètres plus bas, deux petits lacs circulaires en bordure de sentier donnent une touche particulière à ce vallon à l'aspect désolé. Je distingue très nettement un vaste replat à partir duquel le chemin remonte en lacets serrés jusqu'au col de la Fourche. Il reste encore plusieurs heures de jour, je devrais sans problème le dépasser.
Un peu avant d'arriver à cette prairie, alors que je dévale à bonne allure, mon pied gauche roule sur de petits cailloux. Par réflexe, tout naturellement je prends un appui arrière sur mon bâton gauche, mais ce dernier ne rencontre que le vide. Me voilà parti en salto demi-arrière dans un petit à-pic. Après une chute de deux bons mètres j'atterris épaule en premier sur une pierre. Je reste sonné, n'osant bouger, pensant m'être blessé. Reprenant mes esprits, je tente les premiers mouvements, ça marche et ça ne fait pas mal. Le sac a dû amortir une partie du choc. Mais je ne peux pas continuer à prendre une grosse gamelle par jour, cela va forcément mal se terminer! Sans autre atteinte qu'un petit coup au moral, je rejoins la prairie au pied du col des Fourches. Brusquement un accès de fatigue m'écrase, l'émotion et la faim. Je décide de m'arrêter, et monte ma tente.
Je réalise que mon podomètre a disparu. Une fois remonté jusqu'au lieu de la chute je ne trouve rien. A ce moment le jeune couple arrive. Je pense qu'ils vont faire comme moi et bivouaquer au pied du col. Mais non, ils continuent, et je suis triste à l'idée de me retrouver seul. Je les regarde enchaîner les lacets, ils sont vraiment impressionnants, depuis deux jours je les vois progresser, rigoureusement dans la même attitude, à cinquante centimètres l'un de l'autre, avançant au pas à vive allure. Ils ont rapidement avalé la distance les séparant du col et alors ils disparaissent de mon champ de vision. Je me dis avec un petit pincement au cœur que je serai seul ce soir, mais c'est bien ce que je viens chercher. Je me lave au torrent, c'est frisquet, puis une gamelle de purée avec une soupe rapidement avalée, je m'enfonce dans mon sac de couchage. Regarder tomber la nuit seul en montagne est un plaisir à chaque fois renouvelé. Le spectacle est d'autant plus intéressant ce soir, que je peux observer tout à loisir une harde de chamois qui semble se préparer à passer la nuit à proximité. Quelques gouttes de pluie font bruire la toile de tente. Le sommeil me gagne.
Six heures du matin, j'ouvre les yeux. Les conditions météorologiques semblent bonnes. Mes affaires rapidement pliées je démarre en mangeant une barre de chocolat. Une certaine fatigue subsiste. Je passe un petit ravin au pied du col. Une petite bergerie en équilibre n'attend que la prochaine forte crue du ruisseau pour être emportée. Les lacets sont vite négociés dans cette petite sente très raide. Je débouche au col, qui se situe à 2261 mètres avec les premiers rayons du soleil. Là je suis accueilli par une succession de forts, dont les meurtrières à mitrailleuses me jettent de sombres regards.
La route du fameux col de Restefond la Bonnette, le plus haut de France, déroule ses virages serrés. Je la suis quelques dizaines de mètres, jusqu'aux ruines d'un grand camp militaire. Je la quitte et me dirige vers le refuge de Bousiéyas et Saint-Dalmas-le-Sélevage. Et là, au sortir du groupe de bâtiments, sur un petit promontoire herbeux tout inondé de soleil, je vois la tente du jeune couple. Manifestement, ils ne sont pas levés, profitent-ils de ce moment sublime, lorsque le soleil apparaissant vient vous caresser? Je me fais discret et m'éloigne rapidement. Le chemin est mal défini et passe au-milieu de grandes touffes d'herbe mouillée. Attention de ne pas commencer la journée par une roulade.
J'arrive sur le coup des sept heures du matin au refuge de Bousiéyas. Il a un aspect très sympathique de chalet partiellement en bois. Un escalier extérieur conduit à la salle de restauration. J'ouvre la porte, la pièce est petite et semble bondée. En réalité deux groupes prennent leur petit déjeuner, deux couples de Français et cinq Allemands.
La jeune tenancière me propose gentiment un copieux et succulent chocolat au lait accompagné d'un pain moelleux et de confitures faites sur place, un vrai régal. Les Allemands quittent la salle et nous restons à discuter. Les personnes présentes sont intriguées de me voir arriver de si bon matin. Elles me font presque regretter de ne pas avoir poussé jusqu'au gîte hier. En effet, elles me décrivent par le menu l'excellent repas qui leur a été servi, dont le clou fut la magnifique omelette aux mousserons ramassés à proximité. La gardienne nous dévoile une partie des trésors de la région, qu'il s'agisse de promenades, de visites de villages ou de cueillettes de champignons. Une heure très agréable s'écoule, et je me sens bien requinqué. Par la fenêtre je vois le groupe d'Allemands qui attaque la montée du col de la Colombière. De toute évidence ils empruntent le GR5.
Un fois dehors, je me sens en pleine forme et ne tarde pa à les rattraper. Je discute un moment en allemand avec la femme qui marche en tête. Puis je reprends mon rythme et lâche rapidement le groupe. Comme souvent je regarde mes chaussures et fonce. Au détour d'un virage que vois-je mes Allemands qui arrivent à mon niveau par un chemin à quatre vingt dix degrés. Je me suis précipité, comme j'en ai trop l'habitude, sans voir que le chemin de randonnée prenait un raccourci. Je m'exclame «Incredible, nein unmöglich was habe ich gemacht» et tous d'éclater de rire. Cela me permet de rattraper l'Allemande de tête et de reprendre la conversation. Elle avance d'un pas alerte mais ne peut abandonner ses compagnons. J'apprends qu'ils viennent d'Allemagne à pied en faisant un tronçon chaque année. Là ce sera la dernière étape, car ils ont aussi comme destination Nice. Je reprends ma marche solitaire et rejoins rapidement le col de la Colombière qui est à plus de deux mille deux cents mètres. L'air est calme, il fait un temps merveilleux. Je ne résiste pas à l'envie de monter sur le petit sommet qui me domine et qui a pour nom la Tête de Vinaigre. De ce point j'embrasse un vaste panorama, aussi bien sur le chemin que j'ai parcouru que sur celui à venir. Tout au fond, je vois le petit emplacement où j'ai passé la nuit, que surplombe le col de la Cavale. Au sud le Mont Mounier barre l'horizon. Le groupe d'Allemands arrive au col, mais ne réalise pas que je suis sur le petit sommet.
Le chemin descendant sur Saint-Dalmas-le-Selvage est une petite sente à flanc qui du point où je me trouve est impressionnante. Mon interlocutrice, manifestement laisse ses compagnons et se lance dans une course effrénée vers le village. Je quitte mon belvédère et rejoins rapidement la petite troupe qui s'est mise en mouvement. Il faut faire attention, car par endroits la chute ne pardonnerait pas.
L'influence du climat méditerranéen se fait nettement sentir. Le sol devient de plus en plus aride, surtout sur ce raide versant sud. Cela n'empêche pas de jolies petites fleurs comme la clématite alpine de s'accrocher parmi les cailloux, ou bien une jolie petite touffe de marguerites naines de s'épanouir.
Un peu avant le village de grands genêts donnent une belle touche jaune sur le fond rouge d'un vaste champ de coquelicots, le tout sous un soleil radieux aux rayons encore obliques. Cette arrivée dans ce joli hameau est une splendeur.
Je descends une petite rue qui me conduit à la place centrale. Là assise, mon Allemande toute étonnée de me voir arriver par derrière, elle me croyait déjà loin. Je lui demande quelle sera leur point de chute pour ce soir, Saint-Etienne-de-Tinée. Elle m'indique même le nom de leur hôtel. Pour ma part j'ai l'intention de pousser jusqu'à la Roya.
Je reprends mon chemin dans une nature en pleine explosion. Ces derniers temps, les épisodes de pluie ont alterné avec les moments de soleil . Le résultat ne s'est pas fait attendre, des fleurs multicolores envahissent les moindres recoins, et même de gros mais vraiment très gros champignons se laissent admirer.
Le chemin est encore long jusqu'à Saint-Etienne-de-Tinée. En effet, il faut franchir un autre mouvement de terrain et amorcer une descente importante, la ville se situant vers les mille mètres d'altitude. Le temps s'est amélioré, mais une chaleur orageuse rend la marche pénible, et cela d'autant plus en perdant de l'altitude.
Vers treize heures je me trouve sur la place centrale. L'idée de repartir après déjeuner ne m'enthousiasme plus. La Roya me semble subitement très loin. Je me mets à la recherche d'un hôtel. Les premiers essais sont infructueux et alors on me conseille d'aller à l'hôtel que m'a indiqué l'Allemande. En effet, une chambre m'est proposée. Je m'installe sur la terrasse pour déjeuner.
Tout à loisir je peux observer les différents types de touristes qui s'arrêtent. Les marcheurs comme moi, peu nombreux, les cyclistes, les motards, les automobilistes, les campingcaristes. J'imagine ces fonds de vallée à vélo avec cette circulation dense, ce ne doit pas toujours être une partie de plaisir, mais chacun ses motivations.
L'étape de la journée aura été relativement courte, mais mon organisme a sans doute besoin d'un peu de répit après deux grosses étapes en début de randonnée. Dans l'après-midi le groupe d'Allemands arrive. Le soir nous dînerons ensemble dans une ambiance très sympathique, même si le vin n'était pas très bon.
Lever matinal, en ce qui me concerne, car j'espère dépasser le mont Mounier, au moins aller jusqu'au refuge de la Vacherie et pourquoi pas atteindre Saint-Sauveur- sur-Tinée. Le temps est particulièrement mauvais, les prévisions l'avaient prédit. Seul rayon de soleil, l'Allemande s'est levée et vient déjeuner avec moi. Moment très agréable, elle connaît bien les Pyrénées, ce qui est aussi mon cas ayant habité dix ans à Toulouse. Elle me parle en français et je m'efforce de lui répondre en allemand. Le moment de se séparer arrive, je sors, toque un petit coup au carreau en guise d'au-revoir et nous échangeons un dernier regard.
Ce fond de vallée encaissé complètement envahi de gros nuages menaçants ne m'est pas très sympathique. Je sens que la journée va être sportive. La forme est de retour. La montée à la station d'Auron se fait sous une pluie régulière mais modérée, pourvu que cela continue comme cela, c'est encore acceptable.
Une fois dans le village, les conditions empirent. La montée au col du Blainon, qui est raide, est accomplie sous de véritables trombes. Je commence à douter de la possibilité d'arriver jusqu'au refuge de la Vacherie aujourd'hui. Des multitudes de fleurs rutilent sous la pluie malgré la pénombre due à la couche nuageuse épaisse. Je longe un immense champ de myosotis. La nature par conditions humides est toujours resplendissante. Pour pouvoir l'admirer ainsi, j'accepte volontiers de me faire mouiller. Je me souviens d'un article lu dans une revue de montagne, il y a maintenant bien longtemps qui s'intitulait «réhabilitons la pluie». J'en comprends bien la philosophie aujourd'hui. Le gîte de la Roya n'est plus très loin et il sera toujours temps d'évaluer la situation.
Je bascule dans le vallon du même nom. La visibilité est réduite, les chutes d'eau redoublent et par dessus le marché le tonnerre fait son apparition. Des nuées tournent dans la vallée, le grondement s'approche puis s'éloigne. Je n'aime pas beaucoup ce genre d'ambiance, même si cela donne une forte impression. Alors à trois quatre reprises des éclairs frappent à proximité, à une distance de l'ordre de la centaine de mètres, avec un bruit de déchirement suivi d'un claquement sec.
Une grande croix lugubre se dresse dans la tourmente, je n'ose interpréter cette apparition comme un présage. La trouille aidant, je détale dans le but de rejoindre le plus rapidement possible un abri dans le village. Quand on court on a moins peur, mais peut-être augmente-on les risques? Mais je ne suis pas en état de réfléchir.
Enfin le village, la route est une véritable rivière, l'eau passe au-dessus des chaussures. Personne pour m'indiquer le gîte, les quelques minutes afin de le situer me semblent une éternité. Je m'y engouffre. Il est désert. Je m'installe et me change. Le gérant qui était en train de travailler dans les étages arrive. Je commande un repas et il me raconte la vie dans le village et me décrit la population qui fréquente son établissement. Depuis le début de l'année il a vu passer une trentaine de groupes, généralement de deux personnes ou de solitaires qui se lançaient sur la traversée des Alpes. Pour l'un des couples il s'agissait de leur voyage de noces. Vers les trois heures de l'après-midi le temps change brusquement. La pluie s'arrête, les nuages se déchirent laissant en partie la place à un magnifique ciel bleu. Je m'installe sur la terrasse. La motivation pour repartir n'est pas grande. Un groupe d'une vingtaine de randonneurs pas tous jeunes, le plus âgé a plus de soixante dix ans arrive à grand renfort d'éclats de rire. Ils étaient partis avec l'intention de traverser le col de Crousette et de se faire récupérer de l'autre côté. Juste sous le col, ils se sont retrouvés au milieu de l'orage. Trois d'entre eux se sont sentis mal. L'accompagnateur a demandé aux valides de redescendre jusqu'à une bergerie et s'est occupé de gérer les trois personnes en difficulté. Tout s'est bien terminé, mais tous s'en souviendront. Le bus étant revenu les chercher, seul reste l'accompagnateur. Il me racontera sa matinée. C'est la première fois de sa vie qu'il rencontre de telles conditions. Son récit est très impressionnant, pourtant il s'agit d'un professionnel calme et expérimenté. Métier difficile, si le matin il prend la décision de ne pas partir et que le temps s'améliore il sera cloué au pilori, mais s'il engage son groupe et qu'il arrive un accident le juge ne le loupera pas. Je n'aimerais pas être à sa place.
Vers les dix sept heures les Allemands arrivent. La soirée sera encore très agréable, cependant j'écouterai surtout l'accompagnateur qui parle si bien de sa région. Le lendemain matin alors que le groupe d'Allemands est déjà parti je m'attarde encore à écouter les histoires de la vallée. Enfin, il est temps de quitter ce gîte à l'accueil particulièrement chaleureux. Après deux jours de faible activité, je me sens en grosse forme. La montée au col de Crousette se fait à un rythme rapide, plus de 600 mètres à l'heure. Je double les Allemands, fais une dernière photo en me disant que cette fois il est fort possible que nous ne nous revoyions plus. Le chemin du col est très joli, le tracé bien dessiné, l'eau ruisselle partout en petites cascades lumineuses. Une fois au col, le chemin continue à monter en direction de l'arête sud du Mounier et la dépasse au-dessus des deux mille sept cents mètres. De magnifiques petites fleurs s'accrochent à la caillaisse à cette altitude. Le contraste entre leurs couleurs et le gris de ce monde minéral est extraordinaire.
La vue vers le sud ne me permet pas encore de distinguer la mer, bien qu'il n'y ait plus de point plus haut. La descente est longue, de plus il y a un joli raidillon à remonter avant d'arriver au refuge de la Vacherie.
Vers les treize heures, j'y fais halte. Il vient juste d'ouvrir pour la saison. La gardienne me prépare une succulente omelette aux mousserons, qu'elle a ramassés. L'itinéraire jusqu'au village de Roure n'est pas très attractif. De plus, le fait de quitter les zones d'altitude est toujours un peu frustrant, on a l'impression d'être moins en montagne. Le village est magnifique. En finale la vue sur la vallée est très impressionnante. La traversée de ce hameau perché est magnifique. Les Allemands ont prévu d'y faire halte cette nuit. Je ne suis pas certain qu'ils y arriveront, l'un d'entre eux ayant mal aux pieds. Il est encore tôt et j'espère bien atteindre Saint-Sauveur, voire Rimplas de l'autre côté de la vallée de la Tinée. La sortie du Roure est pittoresque, le long d'un petit sentier aérien en encorbellement entre le vide et les façades de belles vieilles maisons.
L'altitude de Saint-Sauveur est de l'ordre de quatre cents mètres, et la remontée sur Rimplas semble bien longue, vue de ce côté de la vallée.
Une fois au bord de la Tinée, la température est vraiment estivale, c'est le cagnard du midi. Je croise un couple de Hollandais à la recherche d'un camping. Je leur indique mais il avait l'air fermé. Avant les vacances ce n'est manifestement pas les vacances. J'attaque les quatre ou cinq cents mètres de dénivelé qui conduisent au village de Rimplas. Malgré la chaleur et la distance dans les jambes l'allure reste soutenue. Les champignons devaient être supervitaminés. Cinquante minutes plus tard, j'arrive dans ce magnifique village médiéval. A l'entrée dominant le chemin, un hôtel m'attire inexorablement. De la fenêtre de ma chambre j'ai une vue imprenable sur le Mont Mounier, et de ce fait sur une bonne partie de l'itinéraire de la journée. On est toujours étonné de voir ce qu'on arrive à faire à pied.
Le propriétaire ne lésine pas sur la qualité ni sur la quantité. De plus sa conversation est un enchantement, ancien baroudeur devant l'éternel il me tient en haleine toute la soirée.
Après une nuit réparatrice et un bon petit déjeuner, l'étape du jour devrait me conduire à Utelle. Le patron doute que j'y arrive. Ce n'est pas grave car j'ai ma tente et je devrais trouver de l'eau. Le sentier commence par descendre, toujours désagréable lorsqu'on ne l'avait pas prévu. Il me faut trois heures pour arriver à Saint Dalmas et la montagne n'a pas encore commencé. Par moments, on a l'impression de se traîner puis ensuite l'itinéraire se déroule comme par enchantement. Donc, ne pas se laisser abattre le moral. La montée au col des deux Caïres est rondement menée. Au milieu rencontre avec deux couples, ils m'offrent gentiment des abricots secs. Une fois au col, une vision tant désirée m'apparaît: la mer.
Le chemin jusqu'à Utelle, bien qu'encore long procure un vif plaisir. En effet, il se déroule en permanence le long d'une crête aérienne, bordée à l'est par la Vésubie et à l'ouest par la Tinée puis par le Var. La pluie se met de la partie et les immenses volutes de nuages m'enveloppant par intermittence procurent une belle impression. Je monte au Brec d'Utelle. Malheureusement la visibilité ne dépasse pas cinquante mètres. Vers les dix sept heures j'arrive à Utelle, magnifique village perché.
Le gîte municipal est très original. La visite du hameau et en particulier de son église est très intéressante. Un bon moment passé dans le bistrot de la place à déguster les spécialités locales, solides et liquides, et à écouter les histoires du cru, me ravit. L'ambiance sympathique me fait presque oublier que demain ma balade prend fin.
Départ matinal, sans faire de bruit car deux personnes dorment. Cette dernière étape se déroule vraiment dans le midi, ce qui est évident. A la sortie du village, un regard à l'est ne laisse aucun doute sur le mauvais temps qui reste accroché au Mercantour. Le chemin zigzague parmi des formations de calcaire blanc, comme on en trouve sur les chemins de la Sainte-Victoire ou de la Sainte-Baume. Il est par moments très aérien, surplombant la vallée de la Vésubie de plusieurs centaines de mètres.
Les dénivelés sont importants. La descente dans la vallée est interminable. Je rencontre un premier olivier à proximité d'une jolie petite chapelle. Elle est dédiée à Saint Antoine. Son clocher est joli et semble d'inspiration bourguignonne.
Le pont par lequel je franchis la rivière est à moins de deux cents mètres d'altitude. J'arrive dans le village de Levens. Je croise un solitaire de langue anglaise, j'ai l'impression qu'il va loin. Mais alors que je termine mon voyage, je n'ose l'interroger sur son but car il attaque seulement son projet. Je me perds dans les rues et sors par le mauvais côté. Mon orientation plein ouest ne me dit rien qui vaille. Je remonte la route sur un bon kilomètre et retrouve le chemin. La densité des maisons commence à ne plus laisser la vue errer parmi les fleurs, les arbres et les rochers. Une rencontre avec un couple en train d'achever un périple de dix jours autour de la Vésubie m'offre une discussion intéressante. Ils me proposent aussi très gentiment des abricots . Après quelques raccourcis et libertés prises par rapport au tracé du GR5, je négocie mon passage sur une propriété privée. Le village d'Aspremont me fait prendre conscience que la fin est imminente. Dernière défense du chemin, des taons qui piquent même lorsqu'on marche, je n'avais jamais vu, plutôt jamais senti.
La dernière bosse jusqu'à Nice je la fais en courant. Sur le plateau au pied du Mont Chauve, je distingue deux silhouettes rapprochées, qui me font penser au jeune couple. J'accélère franchement avec l'espoir de les rattraper. Mais ils disparaissent, ai-je rêvé? La grande ville s'étale à mes pieds. Une fois dans les premiers faubourgs, je sors mon portable et appelle ma cousine. Du côté de mon père nous sommes pieds-noirs. Donc, dans la bonne tradition de là-bas, les femmes sont des vraies mamans bien présentes et très affectueuses. Je vais passer deux jours d'enfer dans cette belle ville animée, aïe aïe aïe mon fils!!!
Tout a commencé par un trajet en train, Lyon Briançon. Une épopée, en effet huit heures de transport, un premier changement à Grenoble, puis un TER faisant toutes les petites gares jusqu'à Gap. Une fois dans cette ville sans que cela soit prévu arrêt définitif du train et poursuite du voyage, après une petite heure d'attente, en bus. Huit heures pour effectuer 250 kilomètres. On est loin du Paris Lyon et ses 450 kilomètres en moins de deux heures. Mais il serait dommage d'aller plus vite, car le paysage est tellement diversifié d'une part au départ de Grenoble en direction du Vercors puis dans cet immense contour des massifs du Dévoluy et de l'Oisans, qui dévoilent au fur et à mesure du cheminement une partie de leurs joyaux . Je débarque à 18h à la gare.
Le temps n'est pas très engageant mais en juin, bien que la journée soit bien avancée, il reste quatre heures de jour. Je vais donc aller dormir quelque part au pied du col des Ayes. La montée est magnifique, des fleurs partout. Ce long vallon n'est absolument pas monotone, de plus la forme est bonne et j'avance vite. Le temps est de plus en plus menaçant, puis il se met à pleuvoir des hallebardes. Pas de panique, mon altimètre indique 2350 m, cela suffira pour aujourd'hui. Je m'abrite sous le double toit de ma tente sorti à la hâte. J'attends la fin de l'averse, persuadé que c'est une question de minutes. Mais après une demie-heure passée recroquevillé et enroulé sous cette bâche protectrice, la vigueur de la pluie ne faiblit pas et les frissons me gagnent. Donc l'installation aura lieu sous des trombes, beau baptême pour cette nouvelle tente. Enfin je suis dessous mais mouillé, je m'enfonce dans mon duvet. Je commence par avoir un peu froid, il est 21h. Manifestement mon abri est étanche et bien aéré, ce qui sera une garantie de non condensation, bien que cela implique une petite déperdition de chaleur. Une fois bien allongé, les qualités calorifiques de mon sac de couchage font rapidement effet, et comme bien souvent dans ces conditions j'ai la flemme de me faire à manger et je m'endors. Réveil avec le jour. Pas de bruit d'eau sur la toile, la luminosité est intense, je sors la tête, grand ciel bleu. Joie immense de se trouver comme cela en pleine montagne et se sentir complètement à sa place dans ce décor majestueux. A l'ouest, l'Oisans apparaît dans toute sa majesté. La tente épatante, elle n'a absolument pas pris l'eau et pas produit de condensation non plus. Pourtant elle ne pèse qu'un kilo deux cents avec piquets, de plus l'espace intérieur est très grand. J'aurai même l'occasion de l'expérimenter avec un bon confort durant trois nuits consécutives huit moins plus tard à deux en hiver avec un camarade de bonne corpulence. Vive la toile à parachute.
Au-dessus, le col des Ayes, en une petite demi-heure j'y suis, il est barré par un gros névé. Temps splendide, absence de vent, mon itinéraire vers le sud se découvre jusqu'au delà du Pic de la Font-Sancte. A mes pieds la vallée d'Arvieux. Quel bonheur de marcher sur ce chemin souvent si fréquenté et qui est désert à cette période de l'année. La limpidité de l'air après une bonne nuit de pluie donne un aspect très avenant au paysage. Arvieux est vite dépassé. A la sortie du village le chemin se dirige vers la gauche, son tracé est matérialisé par une petite sente très agréable bordée de sapins. Au niveau du lac après le bourg des Maisons, je rencontre un homme lourdement chargé qui suit le même itinéraire que moi. Manifestement il en a plein les bottes, vu la grosseur de sa charge et de ses chaussures, cela me semble normal. Originaire de Saint-Etienne il a emprunté le matériel à son fils pour se mettre quelques jours en rupture de société. Après avoir échangé quelques considérations d'ordre général je le laisse et m'engage dans la descente sur Château Queyras. La pente est raide. Subitement on sent les prémices des Alpes du sud. Le sol semble moins gras, les arbres plus secs, les senteurs même se modifient légèrement. Enfin Château Queyras se dévoile juste au détour d'un lacet. J'ai presque l'impression de survoler les bâtiments tellement la déclivité est importante.
Je débouche sur la route et rentre dans le village. Oh! Surprise tout est fermé, pas de ravitaillement. Un bistrot est ouvert, la tenancière avenante me propose de me servir une boisson mais rien de solide. Cela m'embête car depuis hier matin lors de mon départ de Lyon, je n'ai pas mangé grand chose. Il est treize heures et j'aimerais bien pousser jusqu'à Ceillac, cela fait encore un bon bout de chemin, surtout le ventre creux. Alors gentiment, elle m'avoue qu'elle a bien quelques boîtes qu'elle destinait aux promenades dans les environs avec son mari. Donc enfin quelque chose de solide à se mettre sous la dent, il s'agit de thon à l'escabèche par dessus lequel je bois un coca cola et deux cafés bien sucrés, pas très équilibré mais ça donne du combustible. Alors que je déguste mon second café, mon Stéphanois arrive et comme moi, il est affamé. Mais là, la charmante dame reste intraitable et ne lui propose que du liquide, de l'intérêt égoïste d'être le premier. Sa boisson prise, nous nous retrouvons ensemble dehors. Rapidement je suis le point de départ du chemin très raide, qui conduit au col du Fromage est atteint.
Peu de temps après je me retrouve seul, la marche est agréable et la satisfaction grande de constater que le dénivelé est vite avalé. Je ressens une fois encore ce plaisir immense que procure la sensation de s'élever d'un pas alerte en contemplant le panorama toujours plus vaste, alors que la machine fonctionne bien. Le temps change, de gros nuages commencent à s'accumuler à grande vitesse, et de fortes bourrasques de vent se lèvent. Un petit grain accompagné d'une pluie serrée me cingle le visage. Mais le rythme rapide me permet d'interpréter cette ondée comme un simple refroidissement supplémentaire du moteur. Là aussi l'impression est très agréable de se faire mouiller sans que cela altère en aucune manière le moral. Le lieu est assez escarpé, de grandes ravines bordent le chemin. Le col de Fromage est atteint dans un début de petite tourmente et rapidement je m'engage dans la descente sur Ceillac.
Soudainement les nuages se déchirent et le soleil fait de belles apparitions intermittentes. Sur ce versant il n'y a plus un brin de vent. Je distingue très bien les toits gris de Ceillac qui brillent sous les rayons du soleil. Là encore la marche n'est que plaisir, bien qu'il faille faire attention de ne pas glisser sur le sol gorgé d'eau. Le vert de l'herbe mouillée, ponctué de perles brillantes multicolores, que sont les fleurs, ressort de façon intense à la lumière. Une fois dans le village j'essaie de me remémorer le gîte sympathique dans lequel j'avais l'habitude de venir il y a plus de vingt ans. Mais ma mémoire me trahit quelque peu et je me décide au hasard pour l'un de ceux que propose le lieu. Il me semble que c'est bien celui que je fréquentais mais je ne peux l'affirmer. Il n'est pas tard, un lit m'est attribué dans un dortoir . Une douche réconfortante me délasse, puis je m'allonge en attendant l'heure du souper. Il ne fait pas de doute que deux autres lits sont occupés, la masse d'affaires hétéroclites que j'y vois, l'indique sans ambiguïté. En effet, deux jeunes entrent, nous entamons la discussion et ils m'expliquent qu'ils effectuent un stage de fin de formation d'une école de travaux publics. Cette formation consiste à participer au travail de conception d'une équipe construisant une nouvelle via ferrata. Ils ont l'air tout à fait enchantés par leur activité qui va s'étaler sur plusieurs semaines. A dix neuf heures l'heure du souper ayant sonné, je me dirige vers la salle de restauration. Il y a beaucoup de monde, mais de jeunes peu. Notre société est un peu inquiétante, tandis que les trentenaires en bavent au boulot de nombreux quinquas, dont je fais partie, profitent paisiblement d'une retraite sans doute bien méritée. Mais cela me laisse un certain malaise. La nourriture est copieuse et excellente, le vin gouleyant à souhait coule presque à flot. Une fois regagné le dortoir, le sommeil me prend rapidement. Après une nuit paisible et un copieux petit déjeuner l'esprit tendu vers le but de l'étape de ce jour, Fouillouze, je me retrouve dehors. Je constate que la journée à venir s'avère magnifique. Tellement sûr de l'itinéraire, sans regarder la carte, je pars tête baissée pour rejoindre un petit vallon qui doit me conduire au pied de la Font- Sancte. A vrai dire je viens buter sur les premières pentes de la pointe de Saume. Mais j'insiste et cherche à rejoindre mon vallon par la droite . Après un bon kilomètre, je me dis que ma direction plein ouest ne semble pas coïncider avec l'itinéraire. Je m'arrête, sors la carte. En effet, j'ai fait un 180 degrés à la sortie du gîte en me focalisant sur un vallon qui n'était pas le bon. Demi-tour, faire une telle erreur sur un chemin comme le GR5 pas jojo!!! Enfin personne ne le saura. Rapidement j'atteins le départ du chemin qui monte au col Girardin, plus de mille mètres de dénivelé en perspective. Le soleil darde sur la pierre, il fait chaud dès le matin. Mais la vexation due à mon erreur m'a fouetté les sangs et j'attaque à vive allure, sur un rythme de 600 mètres à l'heure, seul moyen de me réhabiliter à mes yeux. Avoir un fonctionnement binaire permet parfois de se réconcilier à bon compte avec soi-même. Je double à fond de train un certain nombre de groupes d'anciens, attention j'en ferai bientôt partie. La cascade de la Pisse dévale toute couverte d'écume resplendissante parmi les mélèzes et autres rhododendrons. Son cours est ponctué de gros blocs qui ne la freinent pas, étant donné la raideur de la pente. Son courant déclenche un souffle d'air frais du meilleur effet sur la peau.
Je débouche sur le replat du lac des Près. Petite étendue d'eau peu profonde, entourée d'herbe constellée de gentianes sauvages au mauve profond. Site au-dessus duquel trône majestueusement le Pic de la Font-Sancte du haut de ses presque 3400 mètres. L'étape suivante, en cheminant le long des pistes de ski, me conduit au lac Sainte Anne avec sa jolie petite chapelle dédiée à la sainte du même nom. Ce coin merveilleux me rappelle de bons souvenirs et le prénom Anne a toujours tenu une place très importante dans le cœur des hommes de ma famille depuis plusieurs générations, et je ne déroge pas à la règle. De la chapelle un peu surélevée on contemple ce lac turquoise à la forme circulaire enserré dans un site presque minéral. Pas une ride n'en perturbe la surface parfaite. Quelques centaines de mètres au-dessus, le col Giradin se protège par une pente raide de caillasses aux couleurs sombres, piquetée de plaques de neige. Le ciel s'assombrit, cela donne un caractère d'austérité au lieu. Il est extraordinaire de constater l'influence de la présence ou de l'absence d'un rayon de soleil quant'au ressenti que l'on éprouve en regardant un paysage de montagne.
Du col, la vue plonge dans la vallée de l'Ubaye. Je ne m'attarde pas, un petit air frais désagréable me fait quitter les lieux et m'engager à la rencontre de cette belle vallée très encaissée entre de sévères parois rocheuses qui à ma connaissance sont peu parcourues, mise à part la Pierre Andrée. Quelques centaines de mètres sous le col, je rencontre une marmotte pour le moins pas farouche. J'ai constaté que d'une vallée à l'autre le comportement de ces charmants animaux était différent. Je me demande si les cols ne sont pas des frontières délimitant les pays de marmottes, zones à partir desquelles des règles spécifiques sont édictées. Je distingue nettement le groupe de maisons bien groupées de la Chalp. Le chemin se fait plus raide et semble se diriger directement sur le village, alors que la carte indique un contournement par l'ouest, ce qui fait deux kilomètres de moins. Il faut dire que pour des contingences de poids j'utilise les cartes au 100 000 de l'IGN, dont la vocation principale n'est pas d'indiquer les GR. A plusieurs reprises, il m'est arrivé d'y relever des imprécisions, sans doute dues à des modifications qui n'ont pas été prises en compte. En effet, parfois pour des problèmes d'érosion, les tracés sont modifiés, d'autres fois ce sont des propriétaires qui ne veulent plus laisser le chemin traverser leur terre, à moins qu'au contraire ce ne soit par commodité de conduire les randonneurs près de lieux de logement et de restauration. La sente est bordée par endroits de grands cairns dépassant le mètre de hauteur, qui donnent un petit air himalayen, d'autant plus que la vallée de l'Ubaye se développe à l'ouest sur une grande distance. Donc n'ayant pas l'intention de faire le détour, je m'engage dans le petit ruisseau à ma droite qui descend directement à la route. Manifestement il n'y aucune trace d'ancien chemin. C'est raide et ça glisse. De brèves interruptions presque verticales sont à négocier avec prudence. Un petit saut à faire pour me rétablir sur un pan d'herbe raide. A la réception, le pied droit dérape et se tord, j'accompagne le mouvement en faisant un roulé-boulé. Je m'immobilise quelques mètres plus bas. Je prends ma cheville et la masse. De toute évidence il y a plus de peur que de mal. Les réflexes acquis en trente années de pratique du parachutisme m'ont probablement permis une anticipation salvatrice. La morale de cette histoire, pour vouloir gagner une demie-heure, on risque de ne jamais arriver. Mais philosophe je me remémore la pensée de Saint-Exupéry de l'importance de la démarche et non du but, donc de l'intérêt d'arriver!!! Une fois à la route je vais suivre ce vallon durant à peu près huit kilomètres jusqu'au fameux pont de Fouillouze, qui enjambe une gorge étroite absolument splendide. Je rencontre un chien de berger qui décide de m'accompagner. Le premier petit village traversé, la Barge, avec ses maisons un peu délabrées surmontées de ces hautes faces rocheuses sombres dégage une impression forte, d'autant plus qu'il n'y a pas âme qui vive. Au centre une magnifique petite église, qui manifestement souffre de la rigueur du climat local, au nom évocateur de Notre Dame des Neiges renforce encore la puissance de l'ambiance. Puis un peu plus loin sur la droite, le Grand Bec de la Blachière se fait de plus en plus imposant au fur et à mesure que je m'en rapproche. Cette belle face élancée est couronnée d'une crête très dentelée caractéristique. Dans un champ deux jeunes randonneurs se restaurent. J'en profite pour leur céder mon chien qui me suit maintenant depuis plusieurs kilomètres, quémandent en permanence le jet de bâtons, exercice finissant par être fatigant. Manifestement il semble les avoir adoptés. Traîtreusement j'accélère le pas avec un sourire sardonique. Un kilomètre plus loin je me sens définitivement délivré de mon compagnon . Le pont en arc de cercle commence à être bien visible. Il est franchement étonnant au-dessus de cette gorge étroite aux hautes falaises sinueuses. Je recherche le meilleur angle pour effectuer quelques photos, ce qui me conduit un peu en dehors de la route. Je réalise que je n'ai rien mangé et très peu bu depuis le matin, j'en profite pour faire une petite halte. Au moment de repartir, que vois-je arriver, mon jeune couple de randonneurs accompagné du chien qui se précipite sur moi. Bon tout est à refaire, c'est peut-être eux maintenant qui arborent un petit sourire sardonique. Ils cheminent un peu devant moi. Je les retrouve au pont, d'où la vue sur le torrent est vraiment impressionnante. Nous restons un moment pris par la beauté du site, échangeant quelques mots. Ils m'apprennent que leur destination est Nice et que ce soir, ils ont l'intention d'aller bivouaquer un peu au-dessus du village. Je me décide à fuir le premier par le sentier raide montant directement à Fouillouze. Une fois de plus je mets la PC (post-combustion) avec l'espoir de leur abandonner notre ami. Ça dénivelle vite, en contre-bas je les vois et ne relâche pas mon effort. Ils se mettent en route, ils marchent quasiment au pas, très proches l'un de l'autre à un rythme pour le moins rapide. Au détour d'un lacet, juste éclairée par un rayon de soleil apparaît une vieille bergerie à moitié détruite. Des poutres, en équilibre instable, semblent indiquer toutes les directions de la terre dans leur posture totalement erratique. Une partie du toit métallique dissipe un éclat étrange. Le tout se découpe sur une vaste paroi rocheuse blanche éclairée d'une lumière vive filtrant entre deux nuages. Je suis saisi par le spectacle et reste un bon moment contemplatif.
Alors j'entends une cavalcade, c'est notre camarade Gros Chien qui rapplique à fond. Je l'interpelle d'une voix autoritaire, il s'arrête et se cache à une cinquantaine de mètres derrière un arbre, croyant que je ne le vois pas. Alors je lui crie «retourne à ta maison». A ces mots il sort de sa cachette et repart tristement vers le bas. Je constate que les deux jeunes ne chôment pas et que la compétition a commencé. En gardant notre espacement nous atteignons rapidement le hameau. La première bâtisse sur laquelle je bute est le gîte d'étape. Je décide de m'y arrêter, il est presque désert. Le jeune couple a continué stoïquement alors que le temps se fait de plus en plus menaçant. Le lieu est très agréable. Il est assez tôt, vers les seize heures. Après une bière bien fraîche, alors que l'ondée a pris fin, sur les conseils du propriétaire je rejoins un petit promontoire duquel je pourrai passer mon appel téléphonique journalier. Petit rite que je m'impose, lorsque cela est possible, pour rassurer ma famille qui ne goûte pas vraiment mon plaisir de la balade seul. Oh stupeur! Je tombe sur mon camarade, nos regards se croisent, mais manifestement je ne fais plus partie de ses fréquentations, c'est une bonne nouvelle. Le repas est très bon, la maison a une gamme de cartes postales, ayant trait à la nature vraiment remarquable. Nulle part ailleurs je n'ai vu de telles choses, j'en profite pour en envoyer plusieurs. Lorsque qu'un lit m'a été attribué dans l'après-midi, j'étais seul dans le dortoir. Au cours du dîner je vois passer dans l'encoignure de la porte un être un peu étrange avec un sac qui ne ressemble pas à celui d'un arpenteur de l'Alpe. Une fois bien rassasié, je rejoins mon lit, et de l'autre côté du dortoir je reconnais le sac entrevu rapidement. Je m'installe en laissant la lumière allumée, mais au bout d'un bon moment le propriétaire du dit sac ne venant pas j'éteins. Je sombre à moitié dans le sommeil, lorsque je sens une présence dans la pièce. Alors je dis «n'hésitez pas, il n'y a pas de problème allumez». Une voix monocorde, froide et inquiétante me répond «la lumière me fait peur». Ce type de contact peu engageant, me réveille immédiatement. J'entends quelques bruits assez diffus, puis plus rien . Manifestement mon «drôle de client doit être couché». Je n'en reste pas moins relativement troublé. Nous sommes seuls et son intonation m'a vraiment surpris. Le silence s'installe, rien ne semble se produire. S'est-il endormi? Probablement, mon imagination me joue des tours. Puis d'un coup, dans le noir cette voix si particulière se fait entendre très clairement et s'adresse à moi: -Puisque vous semblez ne pas dormir, on pourrait discuter! -Si vous voulez, posez la première question -Quel est votre but dans la vie? -Etant donné l'heure ce type de question ne me semble pas à propos. Un silence s'ensuit, mon interlocuteur aurait-il été vexé par ma réplique sèche au ton sans doute un peu irrité? Dans le doute, je considère que la discussion a tourné court et je me prépare à m'endormir. Alors à nouveau cette voix monocorde comme désincarnée et angoissante s'élève dans la nuit: -Connaissez-vous le club des entendeurs de voix? Alors là plus de doute, je suis en présence d'un être à la recherche d'un absolu qui n'est pas le mien. Je lui réponds simplement non. Il me demande alors si j'ai déjà entendu des voix. Là, ça devient vraiment inquiétant. Je lui réponds par la négative, n'ayant qu'une envie, qu'il se taise. Il poursuit son monologue par une suite de phrases plus ou moins incohérentes. Il commencerait à me foutre plus ou moins la trouille. Soit je me lève et vais dormir ailleurs ou j'essaie de m'endormir en espérant qu'il ne bouge pas de la nuit. Étant de nature assez fataliste et de plus fatigué j'opte pour ce deuxième choix. Le jour se lève, je me réveille et oh miracle! je suis en vie. Mon lascar que je distingue dans le jour naissant dort à poings fermés. Sans bruit je rassemble mes affaires et quitte le dortoir. Une fois installé devant un plantureux petit déjeuner, je dis au patron «vous avez de drôles de clients».Cela le fait sourire. De toute évidence il avait jaugé le quidam et ne l'avait pas jugé dangereux. On est vite suspicieux dans notre société. Je m'en veux presque. D'ailleurs ces rencontres donnent du piquant au voyage et dans les souvenirs elles laissent une petite note qui fait sourire. Ce gîte je le recommande fortement.
Une fois dehors, les ondes positives de la montagne me lavent radicalement les méninges. En levant la tête, je vois le Brec de Chamberon qui domine de sa pyramide massive et tronquée très reconnaissable. Je remonte la rue du village, à la sortie de ce dernier une jolie petite église se laisse admirer, puis l'espace du grand vallon qui conduit au col du Vallonnet, m'ouvre tous les espoirs d'une belle journée de plaisir.
Le ciel est gris vers le sud et relativement dégagé au nord. De grands bancs de brouillard s'accrochent aux murailles rocheuses. Ayant l'intention de dépasser le col de la Cavale après l'Arche, je prie pour que le temps se maintienne. Étant encore assez tôt en saison, de larges traces de neige profitant de toutes les petites anfractuosités constellent de façon anarchique le cirque.
Le sentier bien dessiné permet d'entrée d'afficher un bon rythme. Très vite au-dessus de moi, se dessine le couple, toujours aussi synchronisé. Je force l'allure mais nous gardons nos distances. L'air frais du matin rend cette course agréable. De nombreux ouvrages militaires datant de la seconde guerre mondiale, du genre souterrains ou abris, jalonnent le terrain. Je débouche au col, il n'y a personne.
Un peu plus loin, au bord d'un petit lac, je les vois arrêtés. De loin je leur fais signe et continue mon chemin. Le site est magnifique, les nuages donnent une impression de haute montagne. L'eau prend des reflets presque noirs. La face ouest de la Tête du Sautron en contre-jour a fière allure. Après une légère descente, à nouveau l'itinéraire monte en direction du col de Mallemort.
Ce vallon assez long est emprunté par un large chemin, qui a servi à construire d'importants ouvrages militaires. Au pied du col un grand casernement en ruine rappelle que des centaines de soldats ont attendu et combattu dans ces lieux à 2500 mètres d'altitude. Au-dessus domine la Tête de Viraysse du haut de ses 2765 mètres. L'ampleur du fort militaire qui y a été construit m'intrigue. Que d'efforts a-t-il fallu développer pour conduire ces travaux à terme.
Plongé dans mes pensées, j'attaque les dernières pentes du col, et là face à moi je vois arriver un individu en short, qui en vient. Nous nous arrêtons et engageons la conversation. Il est parti de Menton, cela fait plus d'une semaine. Il a subi un temps exécrable pratiquement tout le temps, dormi dehors devant des refuges fermés. Il n'a plus que quelques croûtes de fromage à manger. Il se demande ce qu'il fait là alors que nous sommes en période de vacances scolaires dans le Nord et que ses enfants l'attendent. Mais qu'est-ce que ses yeux pétillent!!! Nous rigolons une vingtaine de minutes. Je l'assure d'une belle étape gastronomique à Fouillouze, puis nous reprenons notre route, lui vers Mondane et moi vers la mer. Le col de Mallemort est raide et de petite dimension. J'y fait une courte halte, le fond de l'air est frais, le Chti est en short, à croire que c'est le grand nord là-bas. L'itinéraire se dévoile très nettement jusqu'au col de la Cavale. Que cela semble loin, et dire que j'ai déjà 1200 ou 1400 mètres de dénivelé dans les jambes. Tout en-bas le village de Larche se dessine dans tous ses détails.
Au moment où je m'arrache à ce spectacle, les deux jeunes arrivent au col. La descente jusqu'au village me semble longue et monotone. Parfois des petits coups au moral, heureusement temporaires, rendent la marche plus pénible. Sans doute cela me vient d'avoir entrevu dans le lointain les nuages, qui enveloppent le col de la Cavale. Une fois au village, comme d'habitude rien d'ouvert, même pas de quoi boire un café. Je m'assois près de la fontaine en me couvrant et mange un mars arrosé d'un bon litre d'eau. Mes deux jeunes arrivent et semblent embêtés car ils auraient bien aimé faire quelques provisions. A croire qu'en dehors des deux mois d'été les Alpes sont désertes. Cela m'étonne d'autant plus, que la route du col de l'Arche occasionne du passage.
Je m'engage en direction de l'Italie en suivant le goudron sur quelque distance, puis une petite route sur la droite me permet de franchir l'Ubayette et de rejoindre en quatre kilomètres le vallon de la Cavale. Là un parking marque le terminus pour les véhicules à moteur. Un chemin succède à cette route monotone et la pente devient plus importante. Monter est toujours bon pour le mental. En effet, en montagne l'étalon c'est plus souvent le dénivelé que la distance parcourue, ce type de raisonnement rend les longues distances à plat pénibles, car presque considérées comme une perte de temps. Je rencontre un groupe d'enfants accompagnés de leurs institutrices. Je dis «bonjour Mesdames». Elles me répondent gentiment, mais les bambins regardent leurs chaussures, je réalise que j'ai oublié de les saluer et ils l'ont bien noté. Trop tard pour rattraper le coup. Je ferai plus attention la prochaine fois. Je me souviens de ce jour, où une petite fille m'avait répondu «bonjour monsieur le randonneur».
Ce long vallon est agréable, les jeux de lumière provoqués par les conditions météorologiques sont du meilleur effet. Je rejoins un groupe de promeneurs qui donne des carottes aux marmottes. Il paraît que le chocolat leur fait du mal, sans doute pas les légumes. Je fais un arrêt au lac du Lauzanier. Ce petit lac entouré de pelouse, marque la dernière limite de la végétation avant la caillasse aride. Le ciel est noir, le vent souffle, l'itinéraire se dirige très nettement vers la neige. Si les conditions se dégradent cela risque de devenir sportif.
D'un pas alerte je repars en espérant faire le maximum de trajet hors du brouillard. De toute façon une fois au col, il est peu probable que je trouve de la neige en versant sud. Le chemin serpente entre de gros blocs, parmi lesquels des marmottes presque indifférentes à ma présence se roulent dans les rares plaques d'herbe.
J'arrive à un cirque austère où trois petits lacs s'étalent au pied du col, le site est grandiose. Le vent chasse les brumes et la visibilité devient excellente. Deux chamois détalent. Les deux cents derniers mètres dans la caillasse et la neige sont pénibles, le col se rapproche lentement. En contre-bas un magnifique lac minuscule, caché jusqu'à présent, encore partiellement gelé se détache sur la neige et quelques grosses pierres.
Enfin le col, son altitude avoisine les 2700 mètres. La fatigue commence à se faire sentir. La vue vers le sud porte jusqu'au Mont Mounier. Cela paraît être au bout du monde. On verra bien. L'expérience me dit que ce n'est pas si loin. Sur la carte au 100 000, mon étalonnage à grands coups de main déployée me donne pratiquement toujours une bonne approximation des temps de parcours. Dans le cas présent cela fait une «grosse patte», à la louche 25 kilomètres à vol d'oiseau, avec certes un certain nombre de cols. Après un petit repos à l'abri du vent, il est temps de partir si je ne veux pas m'endormir. Que ce versant est raide. Le chemin se faufile au-dessus de barres, la neige rendrait la marche dangereuse, heureusement il n'y en a pas la moindre trace. Quelque cinq cents mètres plus bas, deux petits lacs circulaires en bordure de sentier donnent une touche particulière à ce vallon à l'aspect désolé. Je distingue très nettement un vaste replat à partir duquel le chemin remonte en lacets serrés jusqu'au col de la Fourche. Il reste encore plusieurs heures de jour, je devrais sans problème le dépasser.
Un peu avant d'arriver à cette prairie, alors que je dévale à bonne allure, mon pied gauche roule sur de petits cailloux. Par réflexe, tout naturellement je prends un appui arrière sur mon bâton gauche, mais ce dernier ne rencontre que le vide. Me voilà parti en salto demi-arrière dans un petit à-pic. Après une chute de deux bons mètres j'atterris épaule en premier sur une pierre. Je reste sonné, n'osant bouger, pensant m'être blessé. Reprenant mes esprits, je tente les premiers mouvements, ça marche et ça ne fait pas mal. Le sac a dû amortir une partie du choc. Mais je ne peux pas continuer à prendre une grosse gamelle par jour, cela va forcément mal se terminer! Sans autre atteinte qu'un petit coup au moral, je rejoins la prairie au pied du col des Fourches. Brusquement un accès de fatigue m'écrase, l'émotion et la faim. Je décide de m'arrêter, et monte ma tente.
Je réalise que mon podomètre a disparu. Une fois remonté jusqu'au lieu de la chute je ne trouve rien. A ce moment le jeune couple arrive. Je pense qu'ils vont faire comme moi et bivouaquer au pied du col. Mais non, ils continuent, et je suis triste à l'idée de me retrouver seul. Je les regarde enchaîner les lacets, ils sont vraiment impressionnants, depuis deux jours je les vois progresser, rigoureusement dans la même attitude, à cinquante centimètres l'un de l'autre, avançant au pas à vive allure. Ils ont rapidement avalé la distance les séparant du col et alors ils disparaissent de mon champ de vision. Je me dis avec un petit pincement au cœur que je serai seul ce soir, mais c'est bien ce que je viens chercher. Je me lave au torrent, c'est frisquet, puis une gamelle de purée avec une soupe rapidement avalée, je m'enfonce dans mon sac de couchage. Regarder tomber la nuit seul en montagne est un plaisir à chaque fois renouvelé. Le spectacle est d'autant plus intéressant ce soir, que je peux observer tout à loisir une harde de chamois qui semble se préparer à passer la nuit à proximité. Quelques gouttes de pluie font bruire la toile de tente. Le sommeil me gagne.
Six heures du matin, j'ouvre les yeux. Les conditions météorologiques semblent bonnes. Mes affaires rapidement pliées je démarre en mangeant une barre de chocolat. Une certaine fatigue subsiste. Je passe un petit ravin au pied du col. Une petite bergerie en équilibre n'attend que la prochaine forte crue du ruisseau pour être emportée. Les lacets sont vite négociés dans cette petite sente très raide. Je débouche au col, qui se situe à 2261 mètres avec les premiers rayons du soleil. Là je suis accueilli par une succession de forts, dont les meurtrières à mitrailleuses me jettent de sombres regards.
La route du fameux col de Restefond la Bonnette, le plus haut de France, déroule ses virages serrés. Je la suis quelques dizaines de mètres, jusqu'aux ruines d'un grand camp militaire. Je la quitte et me dirige vers le refuge de Bousiéyas et Saint-Dalmas-le-Sélevage. Et là, au sortir du groupe de bâtiments, sur un petit promontoire herbeux tout inondé de soleil, je vois la tente du jeune couple. Manifestement, ils ne sont pas levés, profitent-ils de ce moment sublime, lorsque le soleil apparaissant vient vous caresser? Je me fais discret et m'éloigne rapidement. Le chemin est mal défini et passe au-milieu de grandes touffes d'herbe mouillée. Attention de ne pas commencer la journée par une roulade.
J'arrive sur le coup des sept heures du matin au refuge de Bousiéyas. Il a un aspect très sympathique de chalet partiellement en bois. Un escalier extérieur conduit à la salle de restauration. J'ouvre la porte, la pièce est petite et semble bondée. En réalité deux groupes prennent leur petit déjeuner, deux couples de Français et cinq Allemands.
La jeune tenancière me propose gentiment un copieux et succulent chocolat au lait accompagné d'un pain moelleux et de confitures faites sur place, un vrai régal. Les Allemands quittent la salle et nous restons à discuter. Les personnes présentes sont intriguées de me voir arriver de si bon matin. Elles me font presque regretter de ne pas avoir poussé jusqu'au gîte hier. En effet, elles me décrivent par le menu l'excellent repas qui leur a été servi, dont le clou fut la magnifique omelette aux mousserons ramassés à proximité. La gardienne nous dévoile une partie des trésors de la région, qu'il s'agisse de promenades, de visites de villages ou de cueillettes de champignons. Une heure très agréable s'écoule, et je me sens bien requinqué. Par la fenêtre je vois le groupe d'Allemands qui attaque la montée du col de la Colombière. De toute évidence ils empruntent le GR5.
Un fois dehors, je me sens en pleine forme et ne tarde pa à les rattraper. Je discute un moment en allemand avec la femme qui marche en tête. Puis je reprends mon rythme et lâche rapidement le groupe. Comme souvent je regarde mes chaussures et fonce. Au détour d'un virage que vois-je mes Allemands qui arrivent à mon niveau par un chemin à quatre vingt dix degrés. Je me suis précipité, comme j'en ai trop l'habitude, sans voir que le chemin de randonnée prenait un raccourci. Je m'exclame «Incredible, nein unmöglich was habe ich gemacht» et tous d'éclater de rire. Cela me permet de rattraper l'Allemande de tête et de reprendre la conversation. Elle avance d'un pas alerte mais ne peut abandonner ses compagnons. J'apprends qu'ils viennent d'Allemagne à pied en faisant un tronçon chaque année. Là ce sera la dernière étape, car ils ont aussi comme destination Nice. Je reprends ma marche solitaire et rejoins rapidement le col de la Colombière qui est à plus de deux mille deux cents mètres. L'air est calme, il fait un temps merveilleux. Je ne résiste pas à l'envie de monter sur le petit sommet qui me domine et qui a pour nom la Tête de Vinaigre. De ce point j'embrasse un vaste panorama, aussi bien sur le chemin que j'ai parcouru que sur celui à venir. Tout au fond, je vois le petit emplacement où j'ai passé la nuit, que surplombe le col de la Cavale. Au sud le Mont Mounier barre l'horizon. Le groupe d'Allemands arrive au col, mais ne réalise pas que je suis sur le petit sommet.
Le chemin descendant sur Saint-Dalmas-le-Selvage est une petite sente à flanc qui du point où je me trouve est impressionnante. Mon interlocutrice, manifestement laisse ses compagnons et se lance dans une course effrénée vers le village. Je quitte mon belvédère et rejoins rapidement la petite troupe qui s'est mise en mouvement. Il faut faire attention, car par endroits la chute ne pardonnerait pas.
L'influence du climat méditerranéen se fait nettement sentir. Le sol devient de plus en plus aride, surtout sur ce raide versant sud. Cela n'empêche pas de jolies petites fleurs comme la clématite alpine de s'accrocher parmi les cailloux, ou bien une jolie petite touffe de marguerites naines de s'épanouir.
Un peu avant le village de grands genêts donnent une belle touche jaune sur le fond rouge d'un vaste champ de coquelicots, le tout sous un soleil radieux aux rayons encore obliques. Cette arrivée dans ce joli hameau est une splendeur.
Je descends une petite rue qui me conduit à la place centrale. Là assise, mon Allemande toute étonnée de me voir arriver par derrière, elle me croyait déjà loin. Je lui demande quelle sera leur point de chute pour ce soir, Saint-Etienne-de-Tinée. Elle m'indique même le nom de leur hôtel. Pour ma part j'ai l'intention de pousser jusqu'à la Roya.
Je reprends mon chemin dans une nature en pleine explosion. Ces derniers temps, les épisodes de pluie ont alterné avec les moments de soleil . Le résultat ne s'est pas fait attendre, des fleurs multicolores envahissent les moindres recoins, et même de gros mais vraiment très gros champignons se laissent admirer.
Le chemin est encore long jusqu'à Saint-Etienne-de-Tinée. En effet, il faut franchir un autre mouvement de terrain et amorcer une descente importante, la ville se situant vers les mille mètres d'altitude. Le temps s'est amélioré, mais une chaleur orageuse rend la marche pénible, et cela d'autant plus en perdant de l'altitude.
Vers treize heures je me trouve sur la place centrale. L'idée de repartir après déjeuner ne m'enthousiasme plus. La Roya me semble subitement très loin. Je me mets à la recherche d'un hôtel. Les premiers essais sont infructueux et alors on me conseille d'aller à l'hôtel que m'a indiqué l'Allemande. En effet, une chambre m'est proposée. Je m'installe sur la terrasse pour déjeuner.
Tout à loisir je peux observer les différents types de touristes qui s'arrêtent. Les marcheurs comme moi, peu nombreux, les cyclistes, les motards, les automobilistes, les campingcaristes. J'imagine ces fonds de vallée à vélo avec cette circulation dense, ce ne doit pas toujours être une partie de plaisir, mais chacun ses motivations.
L'étape de la journée aura été relativement courte, mais mon organisme a sans doute besoin d'un peu de répit après deux grosses étapes en début de randonnée. Dans l'après-midi le groupe d'Allemands arrive. Le soir nous dînerons ensemble dans une ambiance très sympathique, même si le vin n'était pas très bon.
Lever matinal, en ce qui me concerne, car j'espère dépasser le mont Mounier, au moins aller jusqu'au refuge de la Vacherie et pourquoi pas atteindre Saint-Sauveur- sur-Tinée. Le temps est particulièrement mauvais, les prévisions l'avaient prédit. Seul rayon de soleil, l'Allemande s'est levée et vient déjeuner avec moi. Moment très agréable, elle connaît bien les Pyrénées, ce qui est aussi mon cas ayant habité dix ans à Toulouse. Elle me parle en français et je m'efforce de lui répondre en allemand. Le moment de se séparer arrive, je sors, toque un petit coup au carreau en guise d'au-revoir et nous échangeons un dernier regard.
Ce fond de vallée encaissé complètement envahi de gros nuages menaçants ne m'est pas très sympathique. Je sens que la journée va être sportive. La forme est de retour. La montée à la station d'Auron se fait sous une pluie régulière mais modérée, pourvu que cela continue comme cela, c'est encore acceptable.
Une fois dans le village, les conditions empirent. La montée au col du Blainon, qui est raide, est accomplie sous de véritables trombes. Je commence à douter de la possibilité d'arriver jusqu'au refuge de la Vacherie aujourd'hui. Des multitudes de fleurs rutilent sous la pluie malgré la pénombre due à la couche nuageuse épaisse. Je longe un immense champ de myosotis. La nature par conditions humides est toujours resplendissante. Pour pouvoir l'admirer ainsi, j'accepte volontiers de me faire mouiller. Je me souviens d'un article lu dans une revue de montagne, il y a maintenant bien longtemps qui s'intitulait «réhabilitons la pluie». J'en comprends bien la philosophie aujourd'hui. Le gîte de la Roya n'est plus très loin et il sera toujours temps d'évaluer la situation.
Je bascule dans le vallon du même nom. La visibilité est réduite, les chutes d'eau redoublent et par dessus le marché le tonnerre fait son apparition. Des nuées tournent dans la vallée, le grondement s'approche puis s'éloigne. Je n'aime pas beaucoup ce genre d'ambiance, même si cela donne une forte impression. Alors à trois quatre reprises des éclairs frappent à proximité, à une distance de l'ordre de la centaine de mètres, avec un bruit de déchirement suivi d'un claquement sec.
Une grande croix lugubre se dresse dans la tourmente, je n'ose interpréter cette apparition comme un présage. La trouille aidant, je détale dans le but de rejoindre le plus rapidement possible un abri dans le village. Quand on court on a moins peur, mais peut-être augmente-on les risques? Mais je ne suis pas en état de réfléchir.
Enfin le village, la route est une véritable rivière, l'eau passe au-dessus des chaussures. Personne pour m'indiquer le gîte, les quelques minutes afin de le situer me semblent une éternité. Je m'y engouffre. Il est désert. Je m'installe et me change. Le gérant qui était en train de travailler dans les étages arrive. Je commande un repas et il me raconte la vie dans le village et me décrit la population qui fréquente son établissement. Depuis le début de l'année il a vu passer une trentaine de groupes, généralement de deux personnes ou de solitaires qui se lançaient sur la traversée des Alpes. Pour l'un des couples il s'agissait de leur voyage de noces. Vers les trois heures de l'après-midi le temps change brusquement. La pluie s'arrête, les nuages se déchirent laissant en partie la place à un magnifique ciel bleu. Je m'installe sur la terrasse. La motivation pour repartir n'est pas grande. Un groupe d'une vingtaine de randonneurs pas tous jeunes, le plus âgé a plus de soixante dix ans arrive à grand renfort d'éclats de rire. Ils étaient partis avec l'intention de traverser le col de Crousette et de se faire récupérer de l'autre côté. Juste sous le col, ils se sont retrouvés au milieu de l'orage. Trois d'entre eux se sont sentis mal. L'accompagnateur a demandé aux valides de redescendre jusqu'à une bergerie et s'est occupé de gérer les trois personnes en difficulté. Tout s'est bien terminé, mais tous s'en souviendront. Le bus étant revenu les chercher, seul reste l'accompagnateur. Il me racontera sa matinée. C'est la première fois de sa vie qu'il rencontre de telles conditions. Son récit est très impressionnant, pourtant il s'agit d'un professionnel calme et expérimenté. Métier difficile, si le matin il prend la décision de ne pas partir et que le temps s'améliore il sera cloué au pilori, mais s'il engage son groupe et qu'il arrive un accident le juge ne le loupera pas. Je n'aimerais pas être à sa place.
Vers les dix sept heures les Allemands arrivent. La soirée sera encore très agréable, cependant j'écouterai surtout l'accompagnateur qui parle si bien de sa région. Le lendemain matin alors que le groupe d'Allemands est déjà parti je m'attarde encore à écouter les histoires de la vallée. Enfin, il est temps de quitter ce gîte à l'accueil particulièrement chaleureux. Après deux jours de faible activité, je me sens en grosse forme. La montée au col de Crousette se fait à un rythme rapide, plus de 600 mètres à l'heure. Je double les Allemands, fais une dernière photo en me disant que cette fois il est fort possible que nous ne nous revoyions plus. Le chemin du col est très joli, le tracé bien dessiné, l'eau ruisselle partout en petites cascades lumineuses. Une fois au col, le chemin continue à monter en direction de l'arête sud du Mounier et la dépasse au-dessus des deux mille sept cents mètres. De magnifiques petites fleurs s'accrochent à la caillaisse à cette altitude. Le contraste entre leurs couleurs et le gris de ce monde minéral est extraordinaire.
La vue vers le sud ne me permet pas encore de distinguer la mer, bien qu'il n'y ait plus de point plus haut. La descente est longue, de plus il y a un joli raidillon à remonter avant d'arriver au refuge de la Vacherie.
Vers les treize heures, j'y fais halte. Il vient juste d'ouvrir pour la saison. La gardienne me prépare une succulente omelette aux mousserons, qu'elle a ramassés. L'itinéraire jusqu'au village de Roure n'est pas très attractif. De plus, le fait de quitter les zones d'altitude est toujours un peu frustrant, on a l'impression d'être moins en montagne. Le village est magnifique. En finale la vue sur la vallée est très impressionnante. La traversée de ce hameau perché est magnifique. Les Allemands ont prévu d'y faire halte cette nuit. Je ne suis pas certain qu'ils y arriveront, l'un d'entre eux ayant mal aux pieds. Il est encore tôt et j'espère bien atteindre Saint-Sauveur, voire Rimplas de l'autre côté de la vallée de la Tinée. La sortie du Roure est pittoresque, le long d'un petit sentier aérien en encorbellement entre le vide et les façades de belles vieilles maisons.
L'altitude de Saint-Sauveur est de l'ordre de quatre cents mètres, et la remontée sur Rimplas semble bien longue, vue de ce côté de la vallée.
Une fois au bord de la Tinée, la température est vraiment estivale, c'est le cagnard du midi. Je croise un couple de Hollandais à la recherche d'un camping. Je leur indique mais il avait l'air fermé. Avant les vacances ce n'est manifestement pas les vacances. J'attaque les quatre ou cinq cents mètres de dénivelé qui conduisent au village de Rimplas. Malgré la chaleur et la distance dans les jambes l'allure reste soutenue. Les champignons devaient être supervitaminés. Cinquante minutes plus tard, j'arrive dans ce magnifique village médiéval. A l'entrée dominant le chemin, un hôtel m'attire inexorablement. De la fenêtre de ma chambre j'ai une vue imprenable sur le Mont Mounier, et de ce fait sur une bonne partie de l'itinéraire de la journée. On est toujours étonné de voir ce qu'on arrive à faire à pied.
Le propriétaire ne lésine pas sur la qualité ni sur la quantité. De plus sa conversation est un enchantement, ancien baroudeur devant l'éternel il me tient en haleine toute la soirée.
Après une nuit réparatrice et un bon petit déjeuner, l'étape du jour devrait me conduire à Utelle. Le patron doute que j'y arrive. Ce n'est pas grave car j'ai ma tente et je devrais trouver de l'eau. Le sentier commence par descendre, toujours désagréable lorsqu'on ne l'avait pas prévu. Il me faut trois heures pour arriver à Saint Dalmas et la montagne n'a pas encore commencé. Par moments, on a l'impression de se traîner puis ensuite l'itinéraire se déroule comme par enchantement. Donc, ne pas se laisser abattre le moral. La montée au col des deux Caïres est rondement menée. Au milieu rencontre avec deux couples, ils m'offrent gentiment des abricots secs. Une fois au col, une vision tant désirée m'apparaît: la mer.
Le chemin jusqu'à Utelle, bien qu'encore long procure un vif plaisir. En effet, il se déroule en permanence le long d'une crête aérienne, bordée à l'est par la Vésubie et à l'ouest par la Tinée puis par le Var. La pluie se met de la partie et les immenses volutes de nuages m'enveloppant par intermittence procurent une belle impression. Je monte au Brec d'Utelle. Malheureusement la visibilité ne dépasse pas cinquante mètres. Vers les dix sept heures j'arrive à Utelle, magnifique village perché.
Le gîte municipal est très original. La visite du hameau et en particulier de son église est très intéressante. Un bon moment passé dans le bistrot de la place à déguster les spécialités locales, solides et liquides, et à écouter les histoires du cru, me ravit. L'ambiance sympathique me fait presque oublier que demain ma balade prend fin.
Départ matinal, sans faire de bruit car deux personnes dorment. Cette dernière étape se déroule vraiment dans le midi, ce qui est évident. A la sortie du village, un regard à l'est ne laisse aucun doute sur le mauvais temps qui reste accroché au Mercantour. Le chemin zigzague parmi des formations de calcaire blanc, comme on en trouve sur les chemins de la Sainte-Victoire ou de la Sainte-Baume. Il est par moments très aérien, surplombant la vallée de la Vésubie de plusieurs centaines de mètres.
Les dénivelés sont importants. La descente dans la vallée est interminable. Je rencontre un premier olivier à proximité d'une jolie petite chapelle. Elle est dédiée à Saint Antoine. Son clocher est joli et semble d'inspiration bourguignonne.
Le pont par lequel je franchis la rivière est à moins de deux cents mètres d'altitude. J'arrive dans le village de Levens. Je croise un solitaire de langue anglaise, j'ai l'impression qu'il va loin. Mais alors que je termine mon voyage, je n'ose l'interroger sur son but car il attaque seulement son projet. Je me perds dans les rues et sors par le mauvais côté. Mon orientation plein ouest ne me dit rien qui vaille. Je remonte la route sur un bon kilomètre et retrouve le chemin. La densité des maisons commence à ne plus laisser la vue errer parmi les fleurs, les arbres et les rochers. Une rencontre avec un couple en train d'achever un périple de dix jours autour de la Vésubie m'offre une discussion intéressante. Ils me proposent aussi très gentiment des abricots . Après quelques raccourcis et libertés prises par rapport au tracé du GR5, je négocie mon passage sur une propriété privée. Le village d'Aspremont me fait prendre conscience que la fin est imminente. Dernière défense du chemin, des taons qui piquent même lorsqu'on marche, je n'avais jamais vu, plutôt jamais senti.
La dernière bosse jusqu'à Nice je la fais en courant. Sur le plateau au pied du Mont Chauve, je distingue deux silhouettes rapprochées, qui me font penser au jeune couple. J'accélère franchement avec l'espoir de les rattraper. Mais ils disparaissent, ai-je rêvé? La grande ville s'étale à mes pieds. Une fois dans les premiers faubourgs, je sors mon portable et appelle ma cousine. Du côté de mon père nous sommes pieds-noirs. Donc, dans la bonne tradition de là-bas, les femmes sont des vraies mamans bien présentes et très affectueuses. Je vais passer deux jours d'enfer dans cette belle ville animée, aïe aïe aïe mon fils!!!
Études à Fairbanks (Alaska) English translation pending
Bonjour,
L'année prochaine j'effecturais ma dernière année d'étude à Fairbanks. En ce moment je fais mon dossiers pour le logement, je tourne une page et que vois-je??? Meal Plan = 1600$ / semestre... soit environ 1100€ (environ 4.5 euros/repas => presque deux fois plus cher que le CROUS). Donc ma question est celle - ci : La nourriture est-elle chère en Alaska??? Est-ce que cuisiner moi même me reviendra moins cher??? En naviguant sur le forum, j'ai vue que la vie était plus chère mais je n'ai rien vu sur la nourriture. Par exemple est-ce aussi cher qu'en Norvège?
voilà voilà, j'espère avoir été clair...🤪
Et puis comme je resterai 8/9 mois là-bas, je voulais savoir d'après vous ce qu'il ne faut SURTOUT PAS manquer en Alaska ou Yukon ou Canada.......
Merciiiiiiiii d'avance!!!!😉
L'année prochaine j'effecturais ma dernière année d'étude à Fairbanks. En ce moment je fais mon dossiers pour le logement, je tourne une page et que vois-je??? Meal Plan = 1600$ / semestre... soit environ 1100€ (environ 4.5 euros/repas => presque deux fois plus cher que le CROUS). Donc ma question est celle - ci : La nourriture est-elle chère en Alaska??? Est-ce que cuisiner moi même me reviendra moins cher??? En naviguant sur le forum, j'ai vue que la vie était plus chère mais je n'ai rien vu sur la nourriture. Par exemple est-ce aussi cher qu'en Norvège?
voilà voilà, j'espère avoir été clair...🤪
Et puis comme je resterai 8/9 mois là-bas, je voulais savoir d'après vous ce qu'il ne faut SURTOUT PAS manquer en Alaska ou Yukon ou Canada.......
Merciiiiiiiii d'avance!!!!😉
Que faire du côté de Tozeur? (Tunisie) English translation pending
Bonsoir à tous, des amis partent bientot pour un séjour express sur Tozeur,
alors si quelqu'un pouvait me donner quelques bons plans i(sorties, visites, bonne bouffe, sports ?, etc ...) ncontournables à faire dans le coin, ce serait sympa !
A+
A+
Avis sur programme de quatre jours de visites à Budapest English translation pending
Bonjour,
Je prévois partir pour Budapest en Juin prochain.
J'aimerais avoir votre avis sur ce programme.
4 jours complet à Budapest
Jour 1: Castle Hill, Royal Palace, National Gallery, Bastion des pêcheurs, Matyas Church, Labirynthe souterrain
Jour 2: Széchenyi spa, "fin arts" musé, Place des Héros, Palace Gresham
Jour 3: Coline de Buda, Parc Budakeszki Wildfie
Jour 4: Musé National de Hongrie, Quartier Juif, Synagogue, Vaci Utca, Église Parish, Klotild Palaces, marché central
En gros, ce programme m'est proposé par un guide de voyage que je me suis procuré sur la ville de Budapest
Est-ce que je manque quelquechose?
Budapest constituerais la 1iere étape de mon court voyage. Je souhaiterais me rendre par la suite à Vienne, puis à Prague. mais je disposte d'un peu moins de deux semaines pour le voyage complet. je compte manquer de temps. puisque je souhaite demeurer 6 jours à Prague (4 journées completes et 2 excursions)
Est-ce qu'il serait possible de "condensé" mes visite à Budapest et y resté que 3 journées au lieu de 4? Je ne veu pas être à la course non plus. Je veux vraiment avoir l'impression de "connaître" la ville lors de mon départ de celle-ci, de ne pas avoir le sentiment d'avoir raté des trucs
Merci
Je prévois partir pour Budapest en Juin prochain.
J'aimerais avoir votre avis sur ce programme.
4 jours complet à Budapest
Jour 1: Castle Hill, Royal Palace, National Gallery, Bastion des pêcheurs, Matyas Church, Labirynthe souterrain
Jour 2: Széchenyi spa, "fin arts" musé, Place des Héros, Palace Gresham
Jour 3: Coline de Buda, Parc Budakeszki Wildfie
Jour 4: Musé National de Hongrie, Quartier Juif, Synagogue, Vaci Utca, Église Parish, Klotild Palaces, marché central
En gros, ce programme m'est proposé par un guide de voyage que je me suis procuré sur la ville de Budapest
Est-ce que je manque quelquechose?
Budapest constituerais la 1iere étape de mon court voyage. Je souhaiterais me rendre par la suite à Vienne, puis à Prague. mais je disposte d'un peu moins de deux semaines pour le voyage complet. je compte manquer de temps. puisque je souhaite demeurer 6 jours à Prague (4 journées completes et 2 excursions)
Est-ce qu'il serait possible de "condensé" mes visite à Budapest et y resté que 3 journées au lieu de 4? Je ne veu pas être à la course non plus. Je veux vraiment avoir l'impression de "connaître" la ville lors de mon départ de celle-ci, de ne pas avoir le sentiment d'avoir raté des trucs
Merci
Croisière "Magique Méditerranée" sur le MSC Orchestra? English translation pending
Nous allons faire notre première croisière avec MSC Orchestra "Magique Méditérranée" (Marseille, Naples, Palerme, Tunis, Palma, Barcelone, Marseille). Devons-nous réserver les excursions avant la croisière ou sur le bateau ? Nous aimerions savoir si pour la soirée du capitaine il fallait une tenue particulière, car nous avons deux adolescents (15 et 18 ans) et ils n'ont pas de tenue de soirée.
Bords de la Meuse entièrement cyclables entre Givet et Charleville-Mézières? English translation pending
Bonjour,
J' ai lu sur un site que les bords de Meuse seraient bientôt entièrement cyclables de Givet à Charleville-Mézières.
Quelqu'un de la région peut-il me dire où on en est à l' heure actuelle ?
Merci d'avance
J' ai lu sur un site que les bords de Meuse seraient bientôt entièrement cyclables de Givet à Charleville-Mézières.
Quelqu'un de la région peut-il me dire où on en est à l' heure actuelle ?
Merci d'avance
Trek au Ladakh en famille English translation pending
Bonjour
Nous projetons un voyage en aout 2008 en famille avec nos 3 enfants (15ans, 13 ans et 9 ans)
Nous voudrions faire un treck, genre vallée de la marka.
En 2006 je suis parti au Népal et nous avions tout organisé sur place. (tour des Anapurna)
Je suis à la recherche d'exemple de ce type qui rassureraient les plus jeunes.
Ils se posent des questions du type comment se déplacer à 5, où loger, comment choisir une bonne agence.
Auriez vous des expériences à partager ?...
Randonner au Ladakh ou Zanskar? English translation pending
Bonjour,
J'envisage de partir seule au mois de juin en Inde du nord, avec l'idée de randonner un dizaine de jours. Je commence à potasser, mais j'ai encore quelques questions : pour une première approche de cette région, vaut-il mieux "explorer" le Ladakh ou le Zanzkar ? Le Ladakh n'est-il pas plus accessible, moins éprouvant physiquement (je pense entre autre à la vallée de la Markha)... ? Ladakh ou Zanskar, puis-je partir seule avec mon sac à dos puis me débrouiller sur place (rejoindre un groupe de randonneurs, louer une tente, prendre les services d'une agence...) ? Le Zanskar à l'air plus "sauvage" que le Ladakh et me tenterait plus, mais s'y rendre à l'air plus mouvementé...
Merci d'avance aux connaisseurs de me dire ce qu'ils en pensent.
A bientôt,
Magali
Emission "Ferme les yeux, et écoute le Népal..." English translation pending
Bonjour à toutes et tous,
je vous invite à écouter une émission parue en novembre dernier sur les ondes de la Radio Suisse Romande. (je ne sais pas s'il est encore possible de télécharger l'émission. Peut-être sous les podcasts, c'était entre le 26.11 et le 30.11, ou sinon sur ce lien).
Il s'agit à la fois d'un carnet de route sur le Tour des Annapurnas et d'un récit sur la vie quotidienne népalaise. Fermez les yeux et laissez-vous transporter. Ceux qui n'y sont jamais allés vont rêver, ceux qui connaissent vont y retourner.
Bonne écoute
Je mettrai les 4 autres épisodes plus tard en ligne.
je vous invite à écouter une émission parue en novembre dernier sur les ondes de la Radio Suisse Romande. (je ne sais pas s'il est encore possible de télécharger l'émission. Peut-être sous les podcasts, c'était entre le 26.11 et le 30.11, ou sinon sur ce lien).
Il s'agit à la fois d'un carnet de route sur le Tour des Annapurnas et d'un récit sur la vie quotidienne népalaise. Fermez les yeux et laissez-vous transporter. Ceux qui n'y sont jamais allés vont rêver, ceux qui connaissent vont y retourner.
Bonne écoute
Je mettrai les 4 autres épisodes plus tard en ligne.
La vallée du Rhône à vélo English translation pending
Bonjour à tous,
J'amerai faire ce trajet à vélo un jour et me demande si le chemin jusqu'à la côte d'azur est assez plat en longeant la vallée ...ou devons nous forcement aborder des cols inévitables en route?....merci pour vos reponses..
ps : j'imagine un départ du nord de la France (Meubeuge)
J'amerai faire ce trajet à vélo un jour et me demande si le chemin jusqu'à la côte d'azur est assez plat en longeant la vallée ...ou devons nous forcement aborder des cols inévitables en route?....merci pour vos reponses..
ps : j'imagine un départ du nord de la France (Meubeuge)
Ladakh: de Tso Moriri à la vallée du Spiti English translation pending
Bonjour,
je réfléchis au voyage que je vais faire cet été (mi juillet, mi août) au ladakh:
y -a-t-il une possiblité de trek pour rejoindre la vallée du Spiti (et ensuite descendre sur manali) en partant du Lac tso moriri? Quelle en est la difficulté?
Je souhaite en particulier prendre le temps de m'arrêter dans les monastères, et prévoir éventuellement d'être hébergée. Quelles possiblilités y-a-t-il? Plus précisément, quesl monastères vous paraissent les plus intéressants?
J'ai lu que pour certaines régions un permis de 7 jours seulement était délivré, qu'en est-il si plus de temps est nécessaire?
Merci de m'aider dans cette préparation...
Voyage dans le Sud tunisien English translation pending
Bonjour à tous,
je suis entrain d'organiser mon voyage en Tunisie. Nous partons à 4 (2adultes et 2 enfants) du 24 décembre au 3 janvier. Nous allons louer une voiture à Tunis pour arpenter la Tunisie .
En consultant les discutions j'ai déjà pu récolter beaucoup d'informations mais il y a encore quelques questions que je me pose, notamment concernant le sud du pays.
1-Je souhaite faire le Lézard Rouge, où peut-on se loger à proximité du départ ? J'ai pris note du Tamerza Palace mais cela me parait loin de Metlaoui et comme nous arriverons de Kairouan, il me semble que ça ferait un aller-retour supplémentaire, à moins que Tamerza/Midès soient indispensables à voir, qu'en pensez-vous ? De plus le Tamerza Palace à l'air très touristique et nous préférons les hébergements plus simples et proches des habitants.
2-Nous irons ensuite à Douz pour le festival, est-il facile de trouver un hébergement durant le festival pour un prix raisonnable ? Etant donné les festivités, vaut-il mieux être logé dans le centre ville ou plus éloigné ?
3-Excursion dans le désert : combien de temps faut-il en méharée pour aller jusqu'à Tsar Ghilane ? Quel agence me conseillerez-vous à Douz ? N'est-ce pas trop touristiques à cette période ?
4-A tsar Ghilane, est-il facile une fois sur place de faire une ballade à cheval jusqu'au fort romain ou faut-il s'y prendre à l'avance à Douz ?
5-Tatouine/Chenini sont-elles des étapes indispensables ?
6-Je pensais passer le 31 décembre à Sousse, qu'en pensez-vous ?
Merci, à bientôt,
Marinouchka
1-Je souhaite faire le Lézard Rouge, où peut-on se loger à proximité du départ ? J'ai pris note du Tamerza Palace mais cela me parait loin de Metlaoui et comme nous arriverons de Kairouan, il me semble que ça ferait un aller-retour supplémentaire, à moins que Tamerza/Midès soient indispensables à voir, qu'en pensez-vous ? De plus le Tamerza Palace à l'air très touristique et nous préférons les hébergements plus simples et proches des habitants.
2-Nous irons ensuite à Douz pour le festival, est-il facile de trouver un hébergement durant le festival pour un prix raisonnable ? Etant donné les festivités, vaut-il mieux être logé dans le centre ville ou plus éloigné ?
3-Excursion dans le désert : combien de temps faut-il en méharée pour aller jusqu'à Tsar Ghilane ? Quel agence me conseillerez-vous à Douz ? N'est-ce pas trop touristiques à cette période ?
4-A tsar Ghilane, est-il facile une fois sur place de faire une ballade à cheval jusqu'au fort romain ou faut-il s'y prendre à l'avance à Douz ?
5-Tatouine/Chenini sont-elles des étapes indispensables ?
6-Je pensais passer le 31 décembre à Sousse, qu'en pensez-vous ?
Merci, à bientôt,
Marinouchka
Hôtels avec piscine en Jordanie? English translation pending
Ma question est simple, nous voyageons avec nos filles 7/10 et j'aimerai savoir si l'on peut trouver des hotels avec piscine à des prix raisonnables? ( avez vous des adresses)
😉C'est bien souvent ce qui motive et fait passer les efforts de la journée...
Deplus est-il possible de trouver des chambres pour 4?
Cordialement.
Olivier
Week-end en France: hôtels offrant deux nuits pour le prix d'une? English translation pending
Bonjour
J'ai déjà lu, mais je peux retracer l'information, que dans certaines régions de France, des hôteliers offraient 2 nuitées pour le prix d'une (1) lors des weekends en basse saison.
Quelqu'un peut me fournir des précisions?
J'ai déjà lu, mais je peux retracer l'information, que dans certaines régions de France, des hôteliers offraient 2 nuitées pour le prix d'une (1) lors des weekends en basse saison.
Quelqu'un peut me fournir des précisions?
Les cinq plus belles villes françaises English translation pending
Pour moi c'est Paris en 1er évidemment mais derrière ?
Lille Strasbourg Dinant Vannes
Certes mon choix est subjectif et je compte sur vos avis pour me faire connaitre d'autres villes.
Lille Strasbourg Dinant Vannes
Certes mon choix est subjectif et je compte sur vos avis pour me faire connaitre d'autres villes.
Croisière sur le Saphir "Parfums des îles grecques" le 19 juin 2007 English translation pending
bonjours
je voudrais savoir s'il y a des personnes qui partent du 19 au 29 juin sur le saphir parfums des iles grecques j'aurai la cabine cat 1 122 .
Que visiter en trois jours à Vienne? English translation pending
Bonjour,
Je voudrais savoir ce que l'on peut visiter à Vienne en 3 jours sachant qu'il y a bcp de choses à voir
Je voudrais savoir ce que l'on peut visiter à Vienne en 3 jours sachant qu'il y a bcp de choses à voir
Horaire des trains Lyon-Barcelone English translation pending
Bonjour
je suis de lyon et je veus aller à barcelone .Je voulais donc savoir les horaires des trains circulant entre ces deux villes ainsi que le tarif des billets
merci d'avance
Traduction en russe English translation pending
Il me faut traduire tout ça en russe mais je ne sais pas ces phraséologismes:
1. Raymond Domenech décrit, qui n'a pas hésité à jouer aux pères la morale quand les Bleus ont omis d'aller saluer leur public après France - Corée (1-1).
2. Et pour le dernier match de la poule , décisif, en plus, le stade s'était transformé en réplique de Bollaert ou de Geoffroy-Guichard.
Expliquez les s'il vous plaît :)
1. Raymond Domenech décrit, qui n'a pas hésité à jouer aux pères la morale quand les Bleus ont omis d'aller saluer leur public après France - Corée (1-1).
2. Et pour le dernier match de la poule , décisif, en plus, le stade s'était transformé en réplique de Bollaert ou de Geoffroy-Guichard.
Expliquez les s'il vous plaît :)