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Accessoires Canon: meilleure capacité de la batterie et photo plus claires? English translation pending
je suis un novice de photographie. je viens d'acheter un Canon pour les vacances, et le vendeur me dit qu'il y a un équipement professionel pour leCanon. c'est comme ça:
http://www.tinydeal.com/canon-px26q4-vbr5708-p-5122.html
Il peut doubler la capacité de la batterie de mon appareil, et les photos peuvent être plus claires. c'est vrai? est-il utile? je veux vos aides, merci beaucoup
Les incontournables du Maroc? English translation pending
...sans jeu de mot sur le titre😉...
Bonjour,
Préparant 2 nouveaux voyages fin 2010 et mi-2011 dans ce beau pays, j'aimerais connaitre les lieux qui vous semblent incontournables, toutes destinations confondues, du nord au sud, villes impériales ou villages, paysages ou lieux d'hébergement. Quels sont les endroits qui vous laissé un souvenir inoubliable?
Je vais bosser, je lirai les copies de rédaction ce soir🙂
Bonjour,
Préparant 2 nouveaux voyages fin 2010 et mi-2011 dans ce beau pays, j'aimerais connaitre les lieux qui vous semblent incontournables, toutes destinations confondues, du nord au sud, villes impériales ou villages, paysages ou lieux d'hébergement. Quels sont les endroits qui vous laissé un souvenir inoubliable?
Je vais bosser, je lirai les copies de rédaction ce soir🙂
Compte rendu de croisière "Dolce Vita" sur le Costa Concordia du 27 juin au 3 juillet 2010 English translation pending
Je me lance à chaud… Tout d’abord le mot qui me vient à l’esprit pour résumer notre croisière : FABULEUX !! le bateau, les gens, le déroulement, les escales, les temps, tout était réussi, nous nous sommes régalés et sommes déjà nostalgiques.
Je ne mets pas de photos bien que j’ai un album de 1500 ! car j’ai vu des photos du Concordia ou des escales sur le forum déjà, mais je peux envoyer en mp à ceux qui seront intéressés. Je comprends bien qu’un CR sans photos peut paraître un roman mais ceux qui veulent des infos sur cette croisière-ci et ce bateau sauront piocher dedans.
Samedi 26/06/10 Paris gare d’Austerlitz, 20 mns de retard au départ, pas encore trop grave, d’autant que le train a dû rattraper son retard pendant la nuit, nous descendons du train à Nice à 8h54 pile comme prévu ! ces vacances commençaient bien.
Petite ballade à pied dans Nice, soleil magnifique, un bon petit-déj en terrasse, nous nous rapprochons de la gare vers 10h15, bien que notre convocation pour la navette était 11h30. Oh bonheur nous avons aperçu une hôtesse Costa et quelques personnes seulement avec les étiquettes Costa sur les bagages J, la 1ère navette de 10h30 avait du retard (il y a donc 2 navettes), nous avons pris la 1ère et avons même attendu de remplir le bus pour partir enfin vers 11h15, nous passons à l’aéroport pour récupérer d’autres croisiéristes puis en route pour Savona, 2h15 de route nous arrivons à la Palocrociere. Mon dieu moi qui n’a jamais fait de croisière, quand j’ai vu le Concordia il était encore plus gros que je ne l’imaginais. Par la suite je me suis amusée de mon émerveillement du début quand j’ai vu le MSC Fantasia que nous retrouvions à toutes les escales, 2 fois plus gros ! mais le Concordia est plus élancé et profilé, moins bloc rectangle. Nous avons patienté pour embarquer, nous avions le n°17 (carton distribué dans le bus) mais l’attente n’était toutefois pas trop longue.
En entrant dans le bateau après les formalités de douane, nos bobines ont été prises en photo (sert à nous identifier quand on scanne nos cartes Costa à la descente et à la remontée du bateau), puis on nous a expliqué que l’on pouvait aller dans notre cabine directement, la porte serait ouverte, nous y avons trouvé nos bagages et sur le lit, chacun une carte qui nous a servira à tout : clé de cabine, créditer avec la cb pour nos dépenses à bord, nous identifier, commander les boissons (plus de tickets, la carte devient le sésame à bord).
Avant de nous installer et déplier nos bagages, nous sommes allés faire un tour sur les ponts supérieurs admirer la vue et découvrir ensuite le bateau, il y avait déjà une vie sur le bateau, des gens en maillot de bain puisque la croisière déposaient et prenaient de nouveaux passagers à certaines escales, puis nous avons entendu les 7 sirènes annonçant l’exercice de sauvetage, partis chercher les gilets oranges dans la cabine, avec la fameuse carte rouge (tout était énoncé clairement par les hauts parleurs dans toutes les langues), ça a duré à peine 5 mns, aucune bousculade, très bien passé.
Nous avons trouvé notre cabine 6369 (intérieure) très bien agencée, jolie, et pas trop petite, propre et accueillante, douche neuve et même spacieuse (serviettes et gel douche fournis, sèche cheveux), avec plein de placards de rangement, la literie est d’ailleurs exquise et nous a permis de dormir comme des bébés bien que nous étions situés pont 6 c'est-à-dire juste au dessus du bar Berlino le plus animé le soir, nous nous couchions très tard donc n’avons pas été dérangés par le bruit mais il est vrai que le boum boum de la musique monte bien dans la cabine et le pont 6 n’est l’idéal pour les couches-tôt. Nous sommes allés nous rendre compte du bruit sur le pont 1, effectivement un grondement de la salle des machines assez fort mais honnêtement pas vraiment de vibrations. Comme nous avons eu une mer belle tout le temps, nous n’avons pas senti le bateau bouger, sauf une fois peut-être au restau qui était à l’arrière du navire mais pas de quoi avoir le mal de mer.
Le 1er soir nous n’avons pas eu le temps de ranger nos affaires avant d’aller au restau, juste de nous changer, elles étaient en vrac partout, quand nous sommes revenus dans notre cabine, tout était rangé au carré, les tongs de madame d’un côté celles de mr d’un autre côté, même la nuisette pliée vers l’oreiller, n’ayant pas l’habitude de nous faire servir ça nous a fait sourire puis nous avons bien rangé nos affaires dans les placards les jours suivants, le steward n’avait pas trop de travail lol ! quand les cabines étaient ouvertes pour le nettoyage, nous avons jeté un coup d’œil et effectivement une cabine avec balcon doit être sensationnelle, quand on se levait le matin nous ne savions pas quelle heure il était et étions obligés d’allumer la lumière dans notre cabine intérieure, j’imagine comme la vue doit être superbe quand on se lève dans un nouveau port.
Nous étions assez proches des ascenseurs mais aucun dérangement, il y en a partout donc ils ne sont jamais surchargés, nous n’avons jamais été gênés par le bruit et n’avons jamais attendu longtemps non plus l’ascenseur bien que le navire était presque plein à 100%.
Pour le dîner au restaurant, nous avions un ticket pour le service de 19h, alors que nous avions commandé celui de 21h, qui s’est avéré être 21h30 en réalité, nous nous sommes présentés au 1er service et avons demandé au maître d’hôtel de changer pour le lendemain, ce qui a été fait sans aucune difficulté. Ainsi nous avons pu être certains en dînant une fois à 19h que nous préférions vraiment dîner plus tard, ce qui convenait mieux à notre rythme et nous permettait de profiter de plus d’activités sur le bateau : se détendre dans les bains bouillonnants en remontant d’escale et éviter le monde (nous avons même eu le jaccuzzi pour nous 2 une fois !), grignoter au buffets ou apéros avant le beau dîner, se reposer et avoir le temps de se doucher, de se faire beaux J, etc. Beaucoup de gens avaient eux aussi été placés d’office au 1er service mais on peut changer sans problème, d’ailleurs toutes nos demandes sont exaucées, le service est à la hauteur d’un 5 étoiles. Pour les boissons, mon mari ne buvant pas d’alcool, nous avons pris un forfait sans alcool, 10 boissons à 23 euros, et sincèrement 2,30 euros pour un magnifique cocktail que nous prenions pour l’apéro avec les biscuits apéritifs offerts, ce n’est pas volé. Nous avons vu aussi la fontaine de chocolat mais n’avons pas essayé, d’ailleurs nous n’avons vu personne consommer, bizarre, c’est vrai que rien que passer devant est un plaisir pour les narines.
Nous avons eu 2 dîners de gala et un cocktail du commandant, nous avons posé pour toutes les photos avec notre plus beau sourire mais n’en n’avons acheté aucune - Sur le bateau on peut doubler le prix de sa croisière en dépenses, ce que nous n’avions pas l’intention de faire, juste forfait boissons 23 euros et pourboires 84 euros -
Au restaurant , très classe dans la présentation de la table et des assiettes, la nourriture n’est pas gastronomique à mon goût mais très correcte et variée, les plats n’ont pas la même constance, certains très bons d’autres plutôt cuisine d’assemblage surgelée, malgré la multitude de plats que l’on peut commander, chacun était plutôt copieux et non des échantillons, d’ailleurs nous avons trouvé que le gaspillage de nourriture était grandiose lui aussi. Le menu trop conséquent mais pour un homme qui mange beaucoup c’était royal. Les fruits de mer ont un goût de frais exceptionnel, moules, crevettes, salade de fruits de mer, très bons. On nous a placés sur une table de 8, nous étions contents car tombés sur une famille et un couple hyper sympas, la veille aussi d’ailleurs, on a passé de bons moments avec eux. Nous avons remarqué que même si on nous attribue une table pour la semaine, certains changeaient en cours de route, c’est finalement assez souple. On fait à notre guise : certains respectent la tenue de gala paillettes et strass (les italiennes), d’autres vont en short ou jogging et tongs (les français), personne n’a été refoulé et le mélange des gens est rigolo. On se fait plaisir aussi à porter une belle tenue, c’est l’occasion.
Les Italiens… ah les Italiens ! nous étions peu de français, 90 % italien, nous le savions, mais si nous savions qu’ils étaient exubérants et qu’ils parlent fort, nous ne savions pas comme ils sont impolis, aucun savoir-vivre, les enfants ne sont pas tenus et les parents se toisent entre eux. Enfin nous n’avons été incommodés, nous avons fait sans.
Le début de la croisière a été étrange, nous avons étés remarqués dès le 1er jour, peut-être la grande taille de mon mari, les italiens le dévisageaient, surtout les enfants, une des animatrices l’a pris pour un basketteur américain, finalement il s’est fait remarqué et nous avons pu lier complicité avec plusieurs membres de l’équipage qui nous reconnaissaient, on a bien rigolé.
Nous avons été surpris par la physionomie du personnel, certains à qui nous n’avions pas encore eu à faire s’adressaient à nous en français et semblaient nous identifier, 3000 personnes à bord, bravo ! Un des animateurs à qui nous n’avions pas encore parlé a hélé mon mari par son prénom le 2ème jour, surprenant ! Beaucoup de monde sur ce bateau mais à aucun moment nous n’avons eu la sensation d’étouffement à part peut-être aux buffets, lol.
Pour les petits-déjeuners, nous allions aux buffets, (possibilité d’avoir son petit-déj en cabine) nous avions remarqué que le buffet central n’était pas le plus riche (3 buffets tous les mêmes mais certains ont de bonnes petites choses en plus, que les curieux trouveront : gaufres, jus d’orange en brick et non concentré au distributeur, certains fruits, etc), nous n’avons jamais hésité à se promener et se servir dans les 3 buffets pour avoir ce qu’on voulait, je conseille les pancakes et gaufres maison, un délice. Par contre les œufs brouillés ne sont pas de vrais œufs mais certainement de la poudre, ainsi que les omelettes faites devant nous, l’aspect et le goût ne laissent pas de doute. Il y a abondance de fruits frais toute la journée et de bonne qualité, melon jaune, melon orange, pastèques énormes, raisin, etc.
Le café au distributeur n’était pas si mauvais que ça, certains jours plus dosé d’autres plus légers mais jamais infecte. Il y a également des fontaines d’eau et glaçons, café, eau chaude, thés, en libre service 24/24 dans les buffets et sur les ponts piscine.
Pour les déjeuners, nous allions aussi au self, jamais de pb pour trouver une place assise, il y a plusieurs buffets et on peut manger toute la journée donc pas de bousculade, entre les snacks divers l’après-midi, pizzas, salades, nous avons remarqué qu’au buffet central nous trouvions plus de choses, des plats cuisinés du thème du jour, une fois mexicain, une fois espagnol, etc, et les buffets de desserts n’étaient pas tous remplis des mêmes gâteaux, nous avons navigué entre plusieurs buffets avant de se servir, ensuite nous allions chercher ce qui nous faisaient envie car les mêmes plats reviennent tous les jours, nous avons pu varier. Les gâteaux sont variés et bons, on avait l’impression de voir de la nourriture partout tout le temps, on peut manger du matin au soir, beaucoup de gaspillage. Nous voulions essayer le déjeuner au restaurant du soir mais on nous a dit que c’était la même chose, des buffets, donc nous sommes restés dans les selfs près des piscines et de l’extérieur.
D’ailleurs j’en profite pour rajouter que la clim est trop forte, comme il faisait très chaud dehors, il faisait trop frais à l’intérieur. Le soir au restaurant nous mettions des manches pour ne pas frissonner.
Surprises de minuit : avec l’abondance de buffets divers tout au long de la journée, il y a encore des buffets à minuit, parfois aussi avant midi, ou pour fêter l’arrivée dans un port ou le départ, tout est prétexte à fête et ripailler lol ! une fois des crêpes avec glaces, une fois des gâteaux, mais surtout à ne pas rater : des sculptures de fruits et de glaces, magnifiques (buffet de minuit)! il faut y aller dès que le buffet est installé pour prendre les photos car 1/4h après le buffet est ouvert et tout le monde saute dessus et détruit ce splendide travail, les cuisiniers sont de vrais artistes. Tous ces rdv sont indiqués dans le bulletin d’informations du jour (le today) déposé le soir sur le lit, programme des activités, des soirées à thème, des buffets, et de la tenue (de ville ou élégante), un plan de la ville d’escale du lendemain. On est prévenus par ce today de tout ce qui se passe sur le bateau.
Nous avons raté les spectacles du soir dans le teatro, vu juste 2 morceaux (chanteur et troupe de danse) mais sans regrets, à part les danseurs qui sont exceptionnels, nous n’étions pas intéressés et nous sortions trop tard de table au dîner car nous restions à papoter, il y a des spectacles avant le dîner de 21h30 et d’autres après à 23h15, il y a trop d’activités à faire il faut bien sélectionner, ce qu’on a fait mais on a fini sur le rotules quand-même. On sortait de table, allions au grand bar berlino ou dans les divers salons il y avait toujours une animation sympa et les buffets de minuit. Nous nous sommes « fait » des couchers de soleil sur les ponts, grandiose !
Il y a également des cours de danse à la piscine la journée, sous le soleil et avec l’apéro, très animé et marrant, mon mari a essayé une fois la danse de Costa on a bien rigolé, ambiance club de vacances. On a trouvé que l’animation n’était pas grossière, de qualité et on n’est pas poussés avec insistance pour participer, ça reste sympa, il y a aussi des quizz avec cadeaux, des bingos, enfin nous n’avons pas fait tout ça mais on ne s’ennuie pas sur le bateau. Mon mari est allé plusieurs fois à la salle de sport à côté du spa Samsara tout en haut du bateau, la salle est chouette mais beaucoup de monde, il y a aussi une petite piste de jogging pont 10 mais il faut y aller vers 7h, avant le monde qui lézarde sur les transats. Les transats sont pris d’assaut mais on en trouve toujours sur les ponts les plus haut car il y a plus de vent, les serviettes sont à disposition et à volonté sur chaque pont-plage et piscines.
Les piscines : décevant, l’eau est aussi chaude que dans les bains bouillonnants, je comptais dessus pour me rafraîchir, j’ai donc fait l’impasse dessus. Cela dit, il y en a 4 dont certaines réservées aux adultes, c’est très bien pour être tranquille.
Les jacuzzis : il y en a plusieurs donc on peut trouver des moments où ils ne sont pas trop fréquentés, normalement interdits aux enfants, ils sont très chauds et trop chlorés mais il y a des douches en bord de piscine donc nous avons bien profité au retour d’escale, ça délasse vraiment (surtout les pieds, aïe que de kms parcourus sur le bateau et en escale). Le bateau est immense mais au bout de 2 jours on peut se repérer, il faut juste savoir si on est à l’avant ou à l’arrière J pour ne pas refaire des kms en plus, la cuisine coupe 3 ponts au milieu donc on est parfois obligés de redescendre pour remonter et passer de l’autre côté, des pas des pas.
Il y a aussi une réunion d’informations très intéressante : on nous montre des photos de la salle des machines, des « coulisses » du bateau, avec quelques chiffres impressionnants comme une consommation de 6000 litres de lait par jour ! la réunion est tenue par l’hôtesse française, Géraldine, bien gentille mais un peu coincée, nous n’avons pas eu affaire à elle car on s’est débrouillés tout seuls mais des gens nous ont dit qu’ils avaient reçu des réflexions désagréables genre les français sont pénibles, pas cool la Géraldine. Elle fait aussi une réunion obligatoire la veille du départ pour expliquer que nous devons faires nos valises et les déposer devant la porte avant 1h du matin avec un code couleur, comment débarquer etc…
CONCLUSION : tout est merveilleux, classe, le personnel est agréable, pas toujours souriant car sûrement fatigués (ils n’ont pas de jour de repos) mais toujours disponible, ils nous ont même fait un petit show c’était très sympa, on sent que Costa veut faire plaisir et recherche l’excellence, nous n’avons eu aucune déconvenue, nous avons beaucoup aimé cette 1ère croisière et avons envie d’en refaire une un jour sur un autre bateau avec un autre circuit, on a accroché sur cette formule de vacances.
Nous sommes rentrés fatigués mais les souvenirs plein la tête, joyeux J.
Escale à Naples, 13h-19h
Le port est en ville, on arrive sur la piazza municipia, nous n’avons pas pris d’excursion, nous avions décidé de prendre le bus pour faire la ville, donc nous avons flané et marché en remontant une rue parallèle au corso Umberto, derrière c’est un quartier populaire, on a trouvé sympa : le linge qui pend entre 2 bâtiments dans les rues étroites, les vieux qui jouent aux cartes dans la rue, les échoppes, le vrai Naples, il faisait un soleil de plomb, nous sommes arrivés à la piazza Garibaldi où part le bus 24 qui dessert les monuments touristiques, nous avons trouvé un sénégalais (parle français) qui nous a expliqué et donné des infos c’était facile, le ticket Unico Napoli (1,25 euro) s’achète dans les kiosques à journaux, et il est valable 90 mns, on peut prendre tous les bus de la ville avec, ce qu’on a fait, on est montés, on est descendus, puis remontés, nous nous sommes arrêtés vers la piazza Plebiscito, près du château dell’Ovo, puis nous sommes allés dans les hauteurs de Naples, très chouette, dans les petites rues typiques, un grand tour de ville. Il était temps de retourner au bateau, on a repris le bus pour nous rapprocher et sommes passés acheter des pâtes dans la boutique d’épicerie fine que nous avions repéré, un timbre pour la carte postale, pas facile, les timbres se vendent dans les tabacchi mais on en a fait 3 avant de trouver un dame qui voulait bien nous le vendre, les napolitains n’aiment pas tous les touristes, grrr ! la ville nous a plu, on sent bien l’ambiance exubérante italienne, par contre mal entretenu, pas vraiment sale mais pauvre.
Nous n’avons pas fait Capri, certains l’ont fait, 1h de bateau pour y aller, ils ont trouvé très joli mais le retour long, ont attendu la navette un moment et ont un peu couru, le bateau tanguait en plus, la dame se sentait mal, l’escale était trop courte pour faire Capri et Naples.
Escale à Palerme, 8h-18H
Nous sommes descendus après un bon petit-déjeuner sur le bateau, le port est en ville. Nous avons été abordés au port par les vendeurs des 2 bus touristiques qui nous ont fait l’article, on a continué notre chemin mais pris le plan de ville qu’ils nous ont donné avec le parcours touristique, merci ! il y avait des calèches et les rabatteurs étaient vifs : un nous proposait 60 euros le fou, il nous a suivi un moment en descendant son prix à 40, difficile de s’en décoller. Nous avons fait un petit tour de ville à pied pour prendre un peu l’ambiance, il faisait encore très chaud donc nous avons décidé de prendre le bus touristique climatisé pour faire le tour de la ville avec visite commentée en français, le bus rouge (le même à Barcelone) coûte 20 euros et il y a 2 parcours dont un moins intéressant (ville nouvelle) et l’autre bus bleu coûtait 16 euros, un seul parcours mais touristique, on pouvait descendre, remonter à tout moment et prendre tous les bus de la ville avec le ticket (il y a des stands vers le port), nous avons pris le bleu AMAT, on a fait le tour en 1 heure visite commentée, répéré les endroits où l’on voulait retourner, puis nous sommes descendus au port, nous avons mangé sur le bateau et nous sommes reposés un peu, nous sommes repartis avec le bus de la ville, le 104, qui va à la cathédrale et dans les lieux touristiques. Nous avons marché pas mal puis sommes tombés sur les Catacombes des Capucins, un forumiste en avait parlé, puisqu’on y était et qu’on était un peu fatigués écrasés par la chaleur, nous avons décidé d’aller voir, l’entrée c’est 3 euros mais alors que nous discutions avec mon mari, le mr nous dit 4 euros pour les 2, ah bon ok on est entrés, ce sont des cadavres déterrés, des religieux, une catacombe d’église, très impressionnant et à une curiosité à voir mais on ne s’est pas attardés, macabre !
Nous sommes repartis à pied vers la cathédrale, sur la route on s’est pris des gelati fabuleuses, le pot d’au moins 5 boules pour 3 euros, le mr rigolait, un régal, série de photos de la cathédrale, magnifique et gigantesque, on a repris le bus 104 jusqu’au coin de la via Roma, posté notre carte postale (nous avons envoyé une carte à notre famille à chaque escale) puis descendu jusqu’au port 10 mns à pieds.
Nous avions entendu que Palerme est magnifique mais c’est l’escale qui nous a le moins plu, sans doute faut-il louer une voiture et visiter l’île car la ville n’est pas extraordinaire à part la cathédrale, les gens de notre table ont loué une voiture et on fait 200 kms aller-retour, ils ont vu des vignes jolies et une plage très sale, ils n’ont sans doute pas trouvé non plus les très beaux coins.
Escale à Tunis, 7h-13h30
Nous sommes descendus à 8h du bateau, nous avions décidé d’aller à Sidi Bou Said et aussi dans la medina de Tunis, en train. Le port de la Goulette est entre les 2, nous sommes sortis du port et avons marché bien 1/4h sous le soleil pour en sortir (prenez de bonnes chaussures), nous avons vu le rond point et la photo du président sur le bâtiment en face que nous avons gardé devant nous, nous avons été bien démarchés par les taxis qui sont en masse ils nous faisaient croire qu’on était dans une zone militaire pour qu’on monte dans leur taxi !, nous avons traversé la grande route par la gauche et sommes arrivés dans un quartier bien calme, la gare était visible mais nous n’avons pas trouvé de distributeur d’argent en route, nous avons interrogé un garagiste du coin de la rue, le mr charmant nous pris nos 10 euros et nous a donné 19 dinars (donc pas de commission), trop sympa. Les tunisiens sont très aimables et nous ont tous aidés. Nous avons acheté 2 tickets de train (3 dinars les 2) et avons sauté dans le train qui était à quai direction Sidi Bou Said. Une dame nous a gentiment expliqué qu’il fallait descendre à Carthage Presidence et reprendre 5 mns plus tard le train suivant, ce que nous avons fait. Arrivé à Sidi Bou Said, nous avons remonté la côte, puis avons marché jusqu’à la plage (1km). Il y avait pas mal de travaux et des gardes partout qui nous ont dit que l’accès à la corniche était fermé. De toute façon nous voulions voir les maisons blanches et bleues et nous n’avions aucun point de vue.
Nous avons donc demandé à un taxi sur la route qui nous a expliqué le village et nous a emmené tout en haut de la vieille ville vers les fameuses maisons, 2 dinars la course (1 euro), très sympa lui aussi. Ce n’était pas si loin mais la chaleur nous assommait en marchant.
Nous nous sommes balladés un moment, le paysage est sublime, très typique et nous avons adoré, nous avons bu le thé à la menthe aux pignons avec les petits gâteaux délicieux au célèbre Café des Délices, en terrasse devant la mer avec les gens de notre table que nous venions de croiser, sensationnel, nous avons payé le prix touriste 12 dinars pour le tout, mais c’était bien servi quand-même et un moment très agréable. Nous sommes redescendus à pied à la gare (une descente et 10 mns de marche seulement), nous voulions voir la medina de Tunis et l’escale était courte, nous avons sauté dans le train qui était là encore (oups on a zappé le ticket pas bien), terminus Tunis 15 mns de train. Le train longe la route d’ailleurs.
La Medina est loin de la gare nous avons donc beaucoup marché, acheté des boissons fraîches au passage et retiré 20 dinars (10 euros), promené dans les souks, quelques achats souvenirs et on a marchandé un dernier souvenir tunisien pour nous débarrasser des nos billets restants, nous sommes retournés à la gare, acheté 2 tickets et repartis au port, le trajet dure 15 mns, on s’est débarrassés de nos pièces en les donnant à des jeunes qui étaient sympas dans le train.
Une dernière petite photo avec le chameau devant le bateau et tous à bord.
Escale à Palma de Mallorca, 14h-1h du mat
Escale longue donc nous sommes sortis du bateau après le déjeuner vers 15h30 sans se presser, le centre touristique était loin du bateau mais nous avons préféré marcher plutôt que prendre un bus tout de suite, nous avons longé doucement à pied le bord de mer jusqu’à arriver dans la vieille ville, nous sommes restés un moment à flâner dans les rues cossues à l’ombre, à faire les petites boutiques, attardé près de la basilique dont j’ai oublié le nom, mais qui est grandiose. Puis nous avons continué à pied et sommes arrivés sur une plage publique, pas la plus belle certes mais propre, nous avons deviné que les belles plages devaient se situer à l’opposé donc avons décidé de faire un stop et plage ici, nous avions en fond le Concordia de loin, très beau. Nous avions pensé à prendre avec nous les serviettes vertes Costa. Le bain était fabuleux et rafraîchissant, super !
Nous avons au retour trouvé un bus, la ligne 1 qui retournait au port en passant par le centre ville moderne que nous n’avions pas visité, impeccable nous avons un tour de ville en bus. Nous sommes retournés au bateau tout de même vers 20h30.
Je m’étais fait une idée des Baléares comme des plages bétonnées, c’est vrai qu’il y a beaucoup d’immeubles dans une partie, finalement j’ai trouvé cette ville très chouette, riche, on ne pouvait compter les mâts au port, et agréable, station balnéaire en fait.
Escale à Barcelone, 12h-18h
Beaucoup trop court ! sommes descendus vite pour ne pas perdre de temps, nous voulions voir beaucoup. Nous avons pris le bus de la ville T3 (pas la navette Costa qui est au même endroit mais bien plus cher), avons pris un aller retour à 3 euros.
Le terminal du bus était la place Colom, impeccable à l’entrée de la Rambla que nous voulions faire. Nous avons remonté à pied toute la rambla et avons trouvé le Mercato Boqueiria, sensationnel. Que de produits alléchants, et des pyramides de fruits magnifiques de toutes les couleurs, des poissons extras frais, on en a plein les yeux et les babines. Avant de partir nous avons bu des jus de fruits frais, succulents.
Nous voulions aller voir la Sagrada familia, après renseignement auprès d’un espagnol très cool, nous avons pris avec lui le métro ligne violette jusqu’à la cathédrale (3 stations de métro, le métro est neuf comparé à celui de Paris lol). Ensuite nous avions encore le temps, mon mari fan de foot aurait aimé voir le stade mais il était à l’opposé et en métro ou en bus c’est assez long, on a renoncé et décidé d’aller dans le parc Guëll, les oeuvres de Gaudi, petite ballade, boissons fraîches puis comme revenir en métro nous paraissait long et que nous étions courts en temps nous avons pris un taxi jaune et noir jusqu’à la place Colom pour reprendre le bus puisque nous avions acheté le retour. Le taxi c’était 7 euros, ça va et le taximan n’a pas fait de détour. Nous avons adoré Barcelone et comptons y retourner pour voir plus.
Arrivée à Marseille, 8h
Nous avons débarqué à 9h15. Le port est éloigné de la ville, nous avons marché pour prendre le 1er bus (de ville toujours pas les navettes Costa) qui nous a conduit près du vieux port. Nous ne connaissions pas Marseille donc avons pris un tgv de retour le soir pour y passer la journée. Nous sommes allés en métro à la gare St Charles pour y mettre nos valises en consigne (8 euros la journée) et faire du tourisme à Marseille. Nous sommes allés à pied au vieux port, avons trouvé un petit resto qui ne payait pas de mine (le Marseillais) mais nous nous sommes régalés de poissons frais avec un menu à 14 euros, le prix d’un plat en brasserie parisienne !
La chaleur nous gâchait un peu la ballade à pied, nous avons vu le petit train et l’avons pris (7 euros), super !nous avons fait les hauteurs de Marseille jusqu’à la Cathédrale Notre Dame, fabuleux. Retour à la gare, une bonne glace, puis hop retour à Paris. Tous les trains en provenance de Paris Austerlitz avait 30 mns de retard, par chance nous arrivions gare de Lyon donc aucun retard, nous étions 4 dans le wagon, on a pu s’étendre et on n’a pas vu les 3h filer, on a dormi !! à la gare comme à la cathédrale nous avons retrouvé des croisiéristes, marrant !
Croisière fabuleuse, nous sommes rentrés très très fatigués mais nous avons voulu profiter de chaque instant et faire le maximum, nous pensons refaire une croisière un de ces jours tant celle-ci nous a plu.
Je ne mets pas de photos bien que j’ai un album de 1500 ! car j’ai vu des photos du Concordia ou des escales sur le forum déjà, mais je peux envoyer en mp à ceux qui seront intéressés. Je comprends bien qu’un CR sans photos peut paraître un roman mais ceux qui veulent des infos sur cette croisière-ci et ce bateau sauront piocher dedans.
Samedi 26/06/10 Paris gare d’Austerlitz, 20 mns de retard au départ, pas encore trop grave, d’autant que le train a dû rattraper son retard pendant la nuit, nous descendons du train à Nice à 8h54 pile comme prévu ! ces vacances commençaient bien.
Petite ballade à pied dans Nice, soleil magnifique, un bon petit-déj en terrasse, nous nous rapprochons de la gare vers 10h15, bien que notre convocation pour la navette était 11h30. Oh bonheur nous avons aperçu une hôtesse Costa et quelques personnes seulement avec les étiquettes Costa sur les bagages J, la 1ère navette de 10h30 avait du retard (il y a donc 2 navettes), nous avons pris la 1ère et avons même attendu de remplir le bus pour partir enfin vers 11h15, nous passons à l’aéroport pour récupérer d’autres croisiéristes puis en route pour Savona, 2h15 de route nous arrivons à la Palocrociere. Mon dieu moi qui n’a jamais fait de croisière, quand j’ai vu le Concordia il était encore plus gros que je ne l’imaginais. Par la suite je me suis amusée de mon émerveillement du début quand j’ai vu le MSC Fantasia que nous retrouvions à toutes les escales, 2 fois plus gros ! mais le Concordia est plus élancé et profilé, moins bloc rectangle. Nous avons patienté pour embarquer, nous avions le n°17 (carton distribué dans le bus) mais l’attente n’était toutefois pas trop longue.
En entrant dans le bateau après les formalités de douane, nos bobines ont été prises en photo (sert à nous identifier quand on scanne nos cartes Costa à la descente et à la remontée du bateau), puis on nous a expliqué que l’on pouvait aller dans notre cabine directement, la porte serait ouverte, nous y avons trouvé nos bagages et sur le lit, chacun une carte qui nous a servira à tout : clé de cabine, créditer avec la cb pour nos dépenses à bord, nous identifier, commander les boissons (plus de tickets, la carte devient le sésame à bord).
Avant de nous installer et déplier nos bagages, nous sommes allés faire un tour sur les ponts supérieurs admirer la vue et découvrir ensuite le bateau, il y avait déjà une vie sur le bateau, des gens en maillot de bain puisque la croisière déposaient et prenaient de nouveaux passagers à certaines escales, puis nous avons entendu les 7 sirènes annonçant l’exercice de sauvetage, partis chercher les gilets oranges dans la cabine, avec la fameuse carte rouge (tout était énoncé clairement par les hauts parleurs dans toutes les langues), ça a duré à peine 5 mns, aucune bousculade, très bien passé.
Nous avons trouvé notre cabine 6369 (intérieure) très bien agencée, jolie, et pas trop petite, propre et accueillante, douche neuve et même spacieuse (serviettes et gel douche fournis, sèche cheveux), avec plein de placards de rangement, la literie est d’ailleurs exquise et nous a permis de dormir comme des bébés bien que nous étions situés pont 6 c'est-à-dire juste au dessus du bar Berlino le plus animé le soir, nous nous couchions très tard donc n’avons pas été dérangés par le bruit mais il est vrai que le boum boum de la musique monte bien dans la cabine et le pont 6 n’est l’idéal pour les couches-tôt. Nous sommes allés nous rendre compte du bruit sur le pont 1, effectivement un grondement de la salle des machines assez fort mais honnêtement pas vraiment de vibrations. Comme nous avons eu une mer belle tout le temps, nous n’avons pas senti le bateau bouger, sauf une fois peut-être au restau qui était à l’arrière du navire mais pas de quoi avoir le mal de mer.
Le 1er soir nous n’avons pas eu le temps de ranger nos affaires avant d’aller au restau, juste de nous changer, elles étaient en vrac partout, quand nous sommes revenus dans notre cabine, tout était rangé au carré, les tongs de madame d’un côté celles de mr d’un autre côté, même la nuisette pliée vers l’oreiller, n’ayant pas l’habitude de nous faire servir ça nous a fait sourire puis nous avons bien rangé nos affaires dans les placards les jours suivants, le steward n’avait pas trop de travail lol ! quand les cabines étaient ouvertes pour le nettoyage, nous avons jeté un coup d’œil et effectivement une cabine avec balcon doit être sensationnelle, quand on se levait le matin nous ne savions pas quelle heure il était et étions obligés d’allumer la lumière dans notre cabine intérieure, j’imagine comme la vue doit être superbe quand on se lève dans un nouveau port.
Nous étions assez proches des ascenseurs mais aucun dérangement, il y en a partout donc ils ne sont jamais surchargés, nous n’avons jamais été gênés par le bruit et n’avons jamais attendu longtemps non plus l’ascenseur bien que le navire était presque plein à 100%.
Pour le dîner au restaurant, nous avions un ticket pour le service de 19h, alors que nous avions commandé celui de 21h, qui s’est avéré être 21h30 en réalité, nous nous sommes présentés au 1er service et avons demandé au maître d’hôtel de changer pour le lendemain, ce qui a été fait sans aucune difficulté. Ainsi nous avons pu être certains en dînant une fois à 19h que nous préférions vraiment dîner plus tard, ce qui convenait mieux à notre rythme et nous permettait de profiter de plus d’activités sur le bateau : se détendre dans les bains bouillonnants en remontant d’escale et éviter le monde (nous avons même eu le jaccuzzi pour nous 2 une fois !), grignoter au buffets ou apéros avant le beau dîner, se reposer et avoir le temps de se doucher, de se faire beaux J, etc. Beaucoup de gens avaient eux aussi été placés d’office au 1er service mais on peut changer sans problème, d’ailleurs toutes nos demandes sont exaucées, le service est à la hauteur d’un 5 étoiles. Pour les boissons, mon mari ne buvant pas d’alcool, nous avons pris un forfait sans alcool, 10 boissons à 23 euros, et sincèrement 2,30 euros pour un magnifique cocktail que nous prenions pour l’apéro avec les biscuits apéritifs offerts, ce n’est pas volé. Nous avons vu aussi la fontaine de chocolat mais n’avons pas essayé, d’ailleurs nous n’avons vu personne consommer, bizarre, c’est vrai que rien que passer devant est un plaisir pour les narines.
Nous avons eu 2 dîners de gala et un cocktail du commandant, nous avons posé pour toutes les photos avec notre plus beau sourire mais n’en n’avons acheté aucune - Sur le bateau on peut doubler le prix de sa croisière en dépenses, ce que nous n’avions pas l’intention de faire, juste forfait boissons 23 euros et pourboires 84 euros -
Au restaurant , très classe dans la présentation de la table et des assiettes, la nourriture n’est pas gastronomique à mon goût mais très correcte et variée, les plats n’ont pas la même constance, certains très bons d’autres plutôt cuisine d’assemblage surgelée, malgré la multitude de plats que l’on peut commander, chacun était plutôt copieux et non des échantillons, d’ailleurs nous avons trouvé que le gaspillage de nourriture était grandiose lui aussi. Le menu trop conséquent mais pour un homme qui mange beaucoup c’était royal. Les fruits de mer ont un goût de frais exceptionnel, moules, crevettes, salade de fruits de mer, très bons. On nous a placés sur une table de 8, nous étions contents car tombés sur une famille et un couple hyper sympas, la veille aussi d’ailleurs, on a passé de bons moments avec eux. Nous avons remarqué que même si on nous attribue une table pour la semaine, certains changeaient en cours de route, c’est finalement assez souple. On fait à notre guise : certains respectent la tenue de gala paillettes et strass (les italiennes), d’autres vont en short ou jogging et tongs (les français), personne n’a été refoulé et le mélange des gens est rigolo. On se fait plaisir aussi à porter une belle tenue, c’est l’occasion.
Les Italiens… ah les Italiens ! nous étions peu de français, 90 % italien, nous le savions, mais si nous savions qu’ils étaient exubérants et qu’ils parlent fort, nous ne savions pas comme ils sont impolis, aucun savoir-vivre, les enfants ne sont pas tenus et les parents se toisent entre eux. Enfin nous n’avons été incommodés, nous avons fait sans.
Le début de la croisière a été étrange, nous avons étés remarqués dès le 1er jour, peut-être la grande taille de mon mari, les italiens le dévisageaient, surtout les enfants, une des animatrices l’a pris pour un basketteur américain, finalement il s’est fait remarqué et nous avons pu lier complicité avec plusieurs membres de l’équipage qui nous reconnaissaient, on a bien rigolé.
Nous avons été surpris par la physionomie du personnel, certains à qui nous n’avions pas encore eu à faire s’adressaient à nous en français et semblaient nous identifier, 3000 personnes à bord, bravo ! Un des animateurs à qui nous n’avions pas encore parlé a hélé mon mari par son prénom le 2ème jour, surprenant ! Beaucoup de monde sur ce bateau mais à aucun moment nous n’avons eu la sensation d’étouffement à part peut-être aux buffets, lol.
Pour les petits-déjeuners, nous allions aux buffets, (possibilité d’avoir son petit-déj en cabine) nous avions remarqué que le buffet central n’était pas le plus riche (3 buffets tous les mêmes mais certains ont de bonnes petites choses en plus, que les curieux trouveront : gaufres, jus d’orange en brick et non concentré au distributeur, certains fruits, etc), nous n’avons jamais hésité à se promener et se servir dans les 3 buffets pour avoir ce qu’on voulait, je conseille les pancakes et gaufres maison, un délice. Par contre les œufs brouillés ne sont pas de vrais œufs mais certainement de la poudre, ainsi que les omelettes faites devant nous, l’aspect et le goût ne laissent pas de doute. Il y a abondance de fruits frais toute la journée et de bonne qualité, melon jaune, melon orange, pastèques énormes, raisin, etc.
Le café au distributeur n’était pas si mauvais que ça, certains jours plus dosé d’autres plus légers mais jamais infecte. Il y a également des fontaines d’eau et glaçons, café, eau chaude, thés, en libre service 24/24 dans les buffets et sur les ponts piscine.
Pour les déjeuners, nous allions aussi au self, jamais de pb pour trouver une place assise, il y a plusieurs buffets et on peut manger toute la journée donc pas de bousculade, entre les snacks divers l’après-midi, pizzas, salades, nous avons remarqué qu’au buffet central nous trouvions plus de choses, des plats cuisinés du thème du jour, une fois mexicain, une fois espagnol, etc, et les buffets de desserts n’étaient pas tous remplis des mêmes gâteaux, nous avons navigué entre plusieurs buffets avant de se servir, ensuite nous allions chercher ce qui nous faisaient envie car les mêmes plats reviennent tous les jours, nous avons pu varier. Les gâteaux sont variés et bons, on avait l’impression de voir de la nourriture partout tout le temps, on peut manger du matin au soir, beaucoup de gaspillage. Nous voulions essayer le déjeuner au restaurant du soir mais on nous a dit que c’était la même chose, des buffets, donc nous sommes restés dans les selfs près des piscines et de l’extérieur.
D’ailleurs j’en profite pour rajouter que la clim est trop forte, comme il faisait très chaud dehors, il faisait trop frais à l’intérieur. Le soir au restaurant nous mettions des manches pour ne pas frissonner.
Surprises de minuit : avec l’abondance de buffets divers tout au long de la journée, il y a encore des buffets à minuit, parfois aussi avant midi, ou pour fêter l’arrivée dans un port ou le départ, tout est prétexte à fête et ripailler lol ! une fois des crêpes avec glaces, une fois des gâteaux, mais surtout à ne pas rater : des sculptures de fruits et de glaces, magnifiques (buffet de minuit)! il faut y aller dès que le buffet est installé pour prendre les photos car 1/4h après le buffet est ouvert et tout le monde saute dessus et détruit ce splendide travail, les cuisiniers sont de vrais artistes. Tous ces rdv sont indiqués dans le bulletin d’informations du jour (le today) déposé le soir sur le lit, programme des activités, des soirées à thème, des buffets, et de la tenue (de ville ou élégante), un plan de la ville d’escale du lendemain. On est prévenus par ce today de tout ce qui se passe sur le bateau.
Nous avons raté les spectacles du soir dans le teatro, vu juste 2 morceaux (chanteur et troupe de danse) mais sans regrets, à part les danseurs qui sont exceptionnels, nous n’étions pas intéressés et nous sortions trop tard de table au dîner car nous restions à papoter, il y a des spectacles avant le dîner de 21h30 et d’autres après à 23h15, il y a trop d’activités à faire il faut bien sélectionner, ce qu’on a fait mais on a fini sur le rotules quand-même. On sortait de table, allions au grand bar berlino ou dans les divers salons il y avait toujours une animation sympa et les buffets de minuit. Nous nous sommes « fait » des couchers de soleil sur les ponts, grandiose !
Il y a également des cours de danse à la piscine la journée, sous le soleil et avec l’apéro, très animé et marrant, mon mari a essayé une fois la danse de Costa on a bien rigolé, ambiance club de vacances. On a trouvé que l’animation n’était pas grossière, de qualité et on n’est pas poussés avec insistance pour participer, ça reste sympa, il y a aussi des quizz avec cadeaux, des bingos, enfin nous n’avons pas fait tout ça mais on ne s’ennuie pas sur le bateau. Mon mari est allé plusieurs fois à la salle de sport à côté du spa Samsara tout en haut du bateau, la salle est chouette mais beaucoup de monde, il y a aussi une petite piste de jogging pont 10 mais il faut y aller vers 7h, avant le monde qui lézarde sur les transats. Les transats sont pris d’assaut mais on en trouve toujours sur les ponts les plus haut car il y a plus de vent, les serviettes sont à disposition et à volonté sur chaque pont-plage et piscines.
Les piscines : décevant, l’eau est aussi chaude que dans les bains bouillonnants, je comptais dessus pour me rafraîchir, j’ai donc fait l’impasse dessus. Cela dit, il y en a 4 dont certaines réservées aux adultes, c’est très bien pour être tranquille.
Les jacuzzis : il y en a plusieurs donc on peut trouver des moments où ils ne sont pas trop fréquentés, normalement interdits aux enfants, ils sont très chauds et trop chlorés mais il y a des douches en bord de piscine donc nous avons bien profité au retour d’escale, ça délasse vraiment (surtout les pieds, aïe que de kms parcourus sur le bateau et en escale). Le bateau est immense mais au bout de 2 jours on peut se repérer, il faut juste savoir si on est à l’avant ou à l’arrière J pour ne pas refaire des kms en plus, la cuisine coupe 3 ponts au milieu donc on est parfois obligés de redescendre pour remonter et passer de l’autre côté, des pas des pas.
Il y a aussi une réunion d’informations très intéressante : on nous montre des photos de la salle des machines, des « coulisses » du bateau, avec quelques chiffres impressionnants comme une consommation de 6000 litres de lait par jour ! la réunion est tenue par l’hôtesse française, Géraldine, bien gentille mais un peu coincée, nous n’avons pas eu affaire à elle car on s’est débrouillés tout seuls mais des gens nous ont dit qu’ils avaient reçu des réflexions désagréables genre les français sont pénibles, pas cool la Géraldine. Elle fait aussi une réunion obligatoire la veille du départ pour expliquer que nous devons faires nos valises et les déposer devant la porte avant 1h du matin avec un code couleur, comment débarquer etc…
CONCLUSION : tout est merveilleux, classe, le personnel est agréable, pas toujours souriant car sûrement fatigués (ils n’ont pas de jour de repos) mais toujours disponible, ils nous ont même fait un petit show c’était très sympa, on sent que Costa veut faire plaisir et recherche l’excellence, nous n’avons eu aucune déconvenue, nous avons beaucoup aimé cette 1ère croisière et avons envie d’en refaire une un jour sur un autre bateau avec un autre circuit, on a accroché sur cette formule de vacances.
Nous sommes rentrés fatigués mais les souvenirs plein la tête, joyeux J.
Escale à Naples, 13h-19h
Le port est en ville, on arrive sur la piazza municipia, nous n’avons pas pris d’excursion, nous avions décidé de prendre le bus pour faire la ville, donc nous avons flané et marché en remontant une rue parallèle au corso Umberto, derrière c’est un quartier populaire, on a trouvé sympa : le linge qui pend entre 2 bâtiments dans les rues étroites, les vieux qui jouent aux cartes dans la rue, les échoppes, le vrai Naples, il faisait un soleil de plomb, nous sommes arrivés à la piazza Garibaldi où part le bus 24 qui dessert les monuments touristiques, nous avons trouvé un sénégalais (parle français) qui nous a expliqué et donné des infos c’était facile, le ticket Unico Napoli (1,25 euro) s’achète dans les kiosques à journaux, et il est valable 90 mns, on peut prendre tous les bus de la ville avec, ce qu’on a fait, on est montés, on est descendus, puis remontés, nous nous sommes arrêtés vers la piazza Plebiscito, près du château dell’Ovo, puis nous sommes allés dans les hauteurs de Naples, très chouette, dans les petites rues typiques, un grand tour de ville. Il était temps de retourner au bateau, on a repris le bus pour nous rapprocher et sommes passés acheter des pâtes dans la boutique d’épicerie fine que nous avions repéré, un timbre pour la carte postale, pas facile, les timbres se vendent dans les tabacchi mais on en a fait 3 avant de trouver un dame qui voulait bien nous le vendre, les napolitains n’aiment pas tous les touristes, grrr ! la ville nous a plu, on sent bien l’ambiance exubérante italienne, par contre mal entretenu, pas vraiment sale mais pauvre.
Nous n’avons pas fait Capri, certains l’ont fait, 1h de bateau pour y aller, ils ont trouvé très joli mais le retour long, ont attendu la navette un moment et ont un peu couru, le bateau tanguait en plus, la dame se sentait mal, l’escale était trop courte pour faire Capri et Naples.
Escale à Palerme, 8h-18H
Nous sommes descendus après un bon petit-déjeuner sur le bateau, le port est en ville. Nous avons été abordés au port par les vendeurs des 2 bus touristiques qui nous ont fait l’article, on a continué notre chemin mais pris le plan de ville qu’ils nous ont donné avec le parcours touristique, merci ! il y avait des calèches et les rabatteurs étaient vifs : un nous proposait 60 euros le fou, il nous a suivi un moment en descendant son prix à 40, difficile de s’en décoller. Nous avons fait un petit tour de ville à pied pour prendre un peu l’ambiance, il faisait encore très chaud donc nous avons décidé de prendre le bus touristique climatisé pour faire le tour de la ville avec visite commentée en français, le bus rouge (le même à Barcelone) coûte 20 euros et il y a 2 parcours dont un moins intéressant (ville nouvelle) et l’autre bus bleu coûtait 16 euros, un seul parcours mais touristique, on pouvait descendre, remonter à tout moment et prendre tous les bus de la ville avec le ticket (il y a des stands vers le port), nous avons pris le bleu AMAT, on a fait le tour en 1 heure visite commentée, répéré les endroits où l’on voulait retourner, puis nous sommes descendus au port, nous avons mangé sur le bateau et nous sommes reposés un peu, nous sommes repartis avec le bus de la ville, le 104, qui va à la cathédrale et dans les lieux touristiques. Nous avons marché pas mal puis sommes tombés sur les Catacombes des Capucins, un forumiste en avait parlé, puisqu’on y était et qu’on était un peu fatigués écrasés par la chaleur, nous avons décidé d’aller voir, l’entrée c’est 3 euros mais alors que nous discutions avec mon mari, le mr nous dit 4 euros pour les 2, ah bon ok on est entrés, ce sont des cadavres déterrés, des religieux, une catacombe d’église, très impressionnant et à une curiosité à voir mais on ne s’est pas attardés, macabre !
Nous sommes repartis à pied vers la cathédrale, sur la route on s’est pris des gelati fabuleuses, le pot d’au moins 5 boules pour 3 euros, le mr rigolait, un régal, série de photos de la cathédrale, magnifique et gigantesque, on a repris le bus 104 jusqu’au coin de la via Roma, posté notre carte postale (nous avons envoyé une carte à notre famille à chaque escale) puis descendu jusqu’au port 10 mns à pieds.
Nous avions entendu que Palerme est magnifique mais c’est l’escale qui nous a le moins plu, sans doute faut-il louer une voiture et visiter l’île car la ville n’est pas extraordinaire à part la cathédrale, les gens de notre table ont loué une voiture et on fait 200 kms aller-retour, ils ont vu des vignes jolies et une plage très sale, ils n’ont sans doute pas trouvé non plus les très beaux coins.
Escale à Tunis, 7h-13h30
Nous sommes descendus à 8h du bateau, nous avions décidé d’aller à Sidi Bou Said et aussi dans la medina de Tunis, en train. Le port de la Goulette est entre les 2, nous sommes sortis du port et avons marché bien 1/4h sous le soleil pour en sortir (prenez de bonnes chaussures), nous avons vu le rond point et la photo du président sur le bâtiment en face que nous avons gardé devant nous, nous avons été bien démarchés par les taxis qui sont en masse ils nous faisaient croire qu’on était dans une zone militaire pour qu’on monte dans leur taxi !, nous avons traversé la grande route par la gauche et sommes arrivés dans un quartier bien calme, la gare était visible mais nous n’avons pas trouvé de distributeur d’argent en route, nous avons interrogé un garagiste du coin de la rue, le mr charmant nous pris nos 10 euros et nous a donné 19 dinars (donc pas de commission), trop sympa. Les tunisiens sont très aimables et nous ont tous aidés. Nous avons acheté 2 tickets de train (3 dinars les 2) et avons sauté dans le train qui était à quai direction Sidi Bou Said. Une dame nous a gentiment expliqué qu’il fallait descendre à Carthage Presidence et reprendre 5 mns plus tard le train suivant, ce que nous avons fait. Arrivé à Sidi Bou Said, nous avons remonté la côte, puis avons marché jusqu’à la plage (1km). Il y avait pas mal de travaux et des gardes partout qui nous ont dit que l’accès à la corniche était fermé. De toute façon nous voulions voir les maisons blanches et bleues et nous n’avions aucun point de vue.
Nous avons donc demandé à un taxi sur la route qui nous a expliqué le village et nous a emmené tout en haut de la vieille ville vers les fameuses maisons, 2 dinars la course (1 euro), très sympa lui aussi. Ce n’était pas si loin mais la chaleur nous assommait en marchant.
Nous nous sommes balladés un moment, le paysage est sublime, très typique et nous avons adoré, nous avons bu le thé à la menthe aux pignons avec les petits gâteaux délicieux au célèbre Café des Délices, en terrasse devant la mer avec les gens de notre table que nous venions de croiser, sensationnel, nous avons payé le prix touriste 12 dinars pour le tout, mais c’était bien servi quand-même et un moment très agréable. Nous sommes redescendus à pied à la gare (une descente et 10 mns de marche seulement), nous voulions voir la medina de Tunis et l’escale était courte, nous avons sauté dans le train qui était là encore (oups on a zappé le ticket pas bien), terminus Tunis 15 mns de train. Le train longe la route d’ailleurs.
La Medina est loin de la gare nous avons donc beaucoup marché, acheté des boissons fraîches au passage et retiré 20 dinars (10 euros), promené dans les souks, quelques achats souvenirs et on a marchandé un dernier souvenir tunisien pour nous débarrasser des nos billets restants, nous sommes retournés à la gare, acheté 2 tickets et repartis au port, le trajet dure 15 mns, on s’est débarrassés de nos pièces en les donnant à des jeunes qui étaient sympas dans le train.
Une dernière petite photo avec le chameau devant le bateau et tous à bord.
Escale à Palma de Mallorca, 14h-1h du mat
Escale longue donc nous sommes sortis du bateau après le déjeuner vers 15h30 sans se presser, le centre touristique était loin du bateau mais nous avons préféré marcher plutôt que prendre un bus tout de suite, nous avons longé doucement à pied le bord de mer jusqu’à arriver dans la vieille ville, nous sommes restés un moment à flâner dans les rues cossues à l’ombre, à faire les petites boutiques, attardé près de la basilique dont j’ai oublié le nom, mais qui est grandiose. Puis nous avons continué à pied et sommes arrivés sur une plage publique, pas la plus belle certes mais propre, nous avons deviné que les belles plages devaient se situer à l’opposé donc avons décidé de faire un stop et plage ici, nous avions en fond le Concordia de loin, très beau. Nous avions pensé à prendre avec nous les serviettes vertes Costa. Le bain était fabuleux et rafraîchissant, super !
Nous avons au retour trouvé un bus, la ligne 1 qui retournait au port en passant par le centre ville moderne que nous n’avions pas visité, impeccable nous avons un tour de ville en bus. Nous sommes retournés au bateau tout de même vers 20h30.
Je m’étais fait une idée des Baléares comme des plages bétonnées, c’est vrai qu’il y a beaucoup d’immeubles dans une partie, finalement j’ai trouvé cette ville très chouette, riche, on ne pouvait compter les mâts au port, et agréable, station balnéaire en fait.
Escale à Barcelone, 12h-18h
Beaucoup trop court ! sommes descendus vite pour ne pas perdre de temps, nous voulions voir beaucoup. Nous avons pris le bus de la ville T3 (pas la navette Costa qui est au même endroit mais bien plus cher), avons pris un aller retour à 3 euros.
Le terminal du bus était la place Colom, impeccable à l’entrée de la Rambla que nous voulions faire. Nous avons remonté à pied toute la rambla et avons trouvé le Mercato Boqueiria, sensationnel. Que de produits alléchants, et des pyramides de fruits magnifiques de toutes les couleurs, des poissons extras frais, on en a plein les yeux et les babines. Avant de partir nous avons bu des jus de fruits frais, succulents.
Nous voulions aller voir la Sagrada familia, après renseignement auprès d’un espagnol très cool, nous avons pris avec lui le métro ligne violette jusqu’à la cathédrale (3 stations de métro, le métro est neuf comparé à celui de Paris lol). Ensuite nous avions encore le temps, mon mari fan de foot aurait aimé voir le stade mais il était à l’opposé et en métro ou en bus c’est assez long, on a renoncé et décidé d’aller dans le parc Guëll, les oeuvres de Gaudi, petite ballade, boissons fraîches puis comme revenir en métro nous paraissait long et que nous étions courts en temps nous avons pris un taxi jaune et noir jusqu’à la place Colom pour reprendre le bus puisque nous avions acheté le retour. Le taxi c’était 7 euros, ça va et le taximan n’a pas fait de détour. Nous avons adoré Barcelone et comptons y retourner pour voir plus.
Arrivée à Marseille, 8h
Nous avons débarqué à 9h15. Le port est éloigné de la ville, nous avons marché pour prendre le 1er bus (de ville toujours pas les navettes Costa) qui nous a conduit près du vieux port. Nous ne connaissions pas Marseille donc avons pris un tgv de retour le soir pour y passer la journée. Nous sommes allés en métro à la gare St Charles pour y mettre nos valises en consigne (8 euros la journée) et faire du tourisme à Marseille. Nous sommes allés à pied au vieux port, avons trouvé un petit resto qui ne payait pas de mine (le Marseillais) mais nous nous sommes régalés de poissons frais avec un menu à 14 euros, le prix d’un plat en brasserie parisienne !
La chaleur nous gâchait un peu la ballade à pied, nous avons vu le petit train et l’avons pris (7 euros), super !nous avons fait les hauteurs de Marseille jusqu’à la Cathédrale Notre Dame, fabuleux. Retour à la gare, une bonne glace, puis hop retour à Paris. Tous les trains en provenance de Paris Austerlitz avait 30 mns de retard, par chance nous arrivions gare de Lyon donc aucun retard, nous étions 4 dans le wagon, on a pu s’étendre et on n’a pas vu les 3h filer, on a dormi !! à la gare comme à la cathédrale nous avons retrouvé des croisiéristes, marrant !
Croisière fabuleuse, nous sommes rentrés très très fatigués mais nous avons voulu profiter de chaque instant et faire le maximum, nous pensons refaire une croisière un de ces jours tant celle-ci nous a plu.
Conseils et idées pour nos futures vacances sur l'île d'Oléron avec deux enfants (12 et 14 ans)? English translation pending
Bonjour, 🙂
Fraichement inscrite sur le forum (que je trouve d'ailleurs très sympa), j'aurais besoin de votre aide et de vos connaissances pour organiser au mieux, mon séjour de vacances, prévu cet été (du 14 au 28 Aout) sur l'Ile d'Oléron. Nous sommes un couple avec 2 enfants âgés de 12 et 14 ans, et ce sera la toute première fois que nous visiterons cette Ile et il me tarde déjà d'y être. Nous avons déjà fait nos réservations dans un camping (le Phare Ouest) à Saint Denis d'Oléron, et j'aimerais avoir quelques idées d'activités de lieux ou monuments à ne surtout pas raté. Les ballades en bateaux possible ? est-il possible de pratiquer la pêche à pied ? quelles sont les horaires de marées ? quels sont les circuits les plus beaux pour des ballades à pieds ou à vélo ? A propos de vélo, combien nous couterait la location de 4 vélos ? J'aimerais également quelques bonnes adresses ou l'on pourrai se restaurer. Je suis une grande gourmande, malheureusement, mes enfants ainsi que mon compagnon sont plutôt comment dire...."difficile" 😠 à part les steaks frites et les pizzas, ils n'aiment pas grand chose, contrairement à moi qui adore(rais) me délecter de moules, de poissons frais et de crustacés. Donc si vous avez connaissance de restos qui puissent satisfaire l'ensemble de ma petite famille ce serai me rendre un fier service.
j'aurai tellement de question à poser que j'en perd le fil...🤪 J'ai déjà fait plusieurs recherche sur le net et j'ai déjà reçu 2 brochures sur la région, mais il serait très sympathique d'avoir des conseils venant d'Oléronais(e) de souche ou d'adoption ou encore d'estivant(e)s ayant déjà effectué un séjour sur l'ile.
je remercie d'avance tous ceux (j'espère que vous serez nombreux 😉) qui auront la gentillesse de m'apporter toutes informations utiles et agréables à mon futur séjour.
Bonne après midi et j'espère à très vite!
Zymel!
Fraichement inscrite sur le forum (que je trouve d'ailleurs très sympa), j'aurais besoin de votre aide et de vos connaissances pour organiser au mieux, mon séjour de vacances, prévu cet été (du 14 au 28 Aout) sur l'Ile d'Oléron. Nous sommes un couple avec 2 enfants âgés de 12 et 14 ans, et ce sera la toute première fois que nous visiterons cette Ile et il me tarde déjà d'y être. Nous avons déjà fait nos réservations dans un camping (le Phare Ouest) à Saint Denis d'Oléron, et j'aimerais avoir quelques idées d'activités de lieux ou monuments à ne surtout pas raté. Les ballades en bateaux possible ? est-il possible de pratiquer la pêche à pied ? quelles sont les horaires de marées ? quels sont les circuits les plus beaux pour des ballades à pieds ou à vélo ? A propos de vélo, combien nous couterait la location de 4 vélos ? J'aimerais également quelques bonnes adresses ou l'on pourrai se restaurer. Je suis une grande gourmande, malheureusement, mes enfants ainsi que mon compagnon sont plutôt comment dire...."difficile" 😠 à part les steaks frites et les pizzas, ils n'aiment pas grand chose, contrairement à moi qui adore(rais) me délecter de moules, de poissons frais et de crustacés. Donc si vous avez connaissance de restos qui puissent satisfaire l'ensemble de ma petite famille ce serai me rendre un fier service.
j'aurai tellement de question à poser que j'en perd le fil...🤪 J'ai déjà fait plusieurs recherche sur le net et j'ai déjà reçu 2 brochures sur la région, mais il serait très sympathique d'avoir des conseils venant d'Oléronais(e) de souche ou d'adoption ou encore d'estivant(e)s ayant déjà effectué un séjour sur l'ile.
je remercie d'avance tous ceux (j'espère que vous serez nombreux 😉) qui auront la gentillesse de m'apporter toutes informations utiles et agréables à mon futur séjour.
Bonne après midi et j'espère à très vite!
Zymel!
Préparation de mon voyage européen à vélo au long court, départ début août English translation pending
bonjour tout le monde!
Je créé ce topic afin que vous m'aidiez de tous les points de vu concernant pour projet de départ. Je tiens tous d'abord à préciser que cela fait suite à une longue réflexion intérieur que je n'ai pas eu de traumatisme récent me poussant à tout quitter comme cela du jours au lendemain.
Mon projet : Partir en vélo et laisser tout derrière moi (sous entendre mon appartement et mes affaires). Je souhaite donc partir et parcourir la france voire d'autres pays européen en vélo + remorque. Je garderai ma carte d'identité et ma CB. Mon objectif est de parcourir le plus longtemps possible (plusieurs années voire si cette vie me plait "toujours") la France allant d'eco hameau (ou eco village ou eco lieu suivant vos préférences) en eco hameau. D'y rester quelques semaines à quelques mois (voire une installation définitive qui sait) et ensuite de changer d'endroit.
Je voudrais savoir si cela vous parez surréaliste et hors de porté ou si au contraire cela peut sembler cohérent. je suis en train de passer mes examens de droit (dernière année de licence), j'ai 23 ans et cette vie de façon générale ne me plait pas. J'ai expliqu�� cela à mon amie, elle comprend et nous avons rompu dans une douleur réciproque mais partir me semblait très important pour moi. je developperai pas plus ce sujet sauf si question 🤪
Avec quoi je vais partir? deja comme je l'ai indiqué, avec mon vélo et une remorque, ma cni et ma cb avec environ 2000€ suivant le prix de revient des achats que je devrais faire.
L'argent : mon autre objectif est "d'user" un minimum d'argent. C'est à dire que je serais bien obligé d'y passer pour aller d'un eco village à un autre mais lorsque je suis dans un eco village, le but est de m'auto suffir (cultiver ma terre etc). Utopiste? (??)
Le vélo et la remorque : je vais prendre mon VTT pour voyager. Ce n'est pas ce qu'il y a de mieux mais il s'agit d'un VTT monté par mes soins et il est équipé très haut de gamme. il pèse moins de 9kg actuellement (surement un peu plus lorsque j'aurais changé ma selle et mes pédales pour quelques de plus costaud). j'ai pensé à un vélo couché mais cela se révèle peu judicieux car 1. ca coute cher 2. je ne veux pas brader mon vélo. Donc apriori je reste dans cette hypothèse. J'achèterai un garde bout avant et un porte bagage que l'on accroche à la selle afin de supporter mon tapis de sol (dont lé référence va être indiqué plus bas). La fourche est bloquable.
pour la remorque, j'avais créé un autre post sans vraiment de succès : ne voulant pas mettre beaucoup d'argent dedans (je ne vais pas faire plusieurs milliers de km directement, cela se fera plus genre 300km, arrêt de qq mois, 300km arrêt de qq mois etc... (j'espère que je me fais comprendre).
voici le modèle sur lequel je voudrais partir : http://www.amazon.fr/...K/ref=pd_sim_sbs_k_2
Ma liste des affaires que prend/achète pour le voyage au long cours. Il y aura des choses qui seront prévu pour le voyage en vélo et d'autres affaires qui seront prévu pour les passages en eco hameau. Voici une liste. Le plus difficile pour moi actuellement est d'établir une liste de vêtement qui doivent être suffisant à la fois pour les étés et pour les hivers tout en étant peu encombrant : casse tête, merci de me conseiller tout en pensant que mon budget reste limité (j'ai pensé à du tout decathlon pour les fringues, merci de vos avis dessus et si possible de me conseiller des modèles.). Je sais juste que je vais prendre deux "trucs" (désolé j'ai perdu le nom) pour vélo (une couche si vous préférer pour éviter d'avoir mal au cul :D ) : un long chaud pour l'hiver, et un pour l'été. Des gants/un casque. Coupe vent que j'ai pour faire du vtt.
Voici la liste : - tente Tente Ferrino Lightent 1 1604 g -Sac de couchage : j'hésite entre deux modèle ==> le pounder de marmot (135€) et le Duvet Lestra Sport Merci de me conseiller ;) -Sac à viande en Soie 132gr -Ridge-Rest Thermarest (qui ira sur le porte bagage du vélo) 250gr environ -couverture de survie (entre le sol et la tente). 5€ à decat -poncho (quel modèle???) - tarp ou pas tarp. Je voudrais aussi une bache pour recouvrir mon vélo lorsqu'il pleuvra, un tarp peut servir à cela non? et pourra servir si je veux faire du tarp ben...un tarp :D - gourde katadyn mybottle en cas d'urgence qui sera posé sur le porte bidon de mon vélo - un camelbak source : 3 litres en réserve ! - diverse poche étanche pour le duvet/vêtement/electronique - un iphone (pour suivre mon compte en banque/mettre à jours un hypothétique blog, je ne sais pas, si vous avez des conseils dessus, je suis preneur) et pour la musique. - un APN mieux que l'iphone :D (qui est vraiment mauvais soit dit en passant) - un support iphone pour vélo : http://www.lecyclo.com/...phone-pour-velo.html - des panneaux solaires portables. Que me conseillez vous comme référence? - une boussole - cordes (5m non?) - pelle pliable de l'armée - des cartes : alors là, je pense prendre une grande carte de France pas très détaillé pour me donné un point de vu d'ensemble. Avec je complèterai avec des cartes IGN ou michelin des régions dans lesquelles je vais passer. - de la nourriture deshydraté : je veux prévoir pour 1 semaine soit 14 repas déshydraté chez decathlon et qq soupes déshydratées. - en ce qui concerne l'entretien du vélo : dérive chaine et qq maillons. 2 chambres à air de secours (mes pneus sont montés en latex, normalement pas de soucis) + 2 chambres à air pour la remorque. Démonte pneu. multi tool. clé à rayon et rayons (léger et prend pas de place). Une paire de pédale plate de secours (je souhaite rouler en effet avec des pédales auto crank brothers). Cablerie de rechange/ plaquette de frein de rechange. - tablettes de micro pure forte. -ziplocs -le réchaud : un F!re Profi 105 ! -popote : je ne sais pas encore, surement du decat -un couteau costaud (je ne sais pas trop quel modèle prendre, j'en voudrais un costaud sans que cela fasse rambo (si je me fais controler, sait on jamais). -un multi tool letherman -briquets (x4) et pierre à feu -plusieurs boite de péllicule dans lequel j'aurais mis du coton avec de la vaseline pour l'amorce de mon réchaud. -affaire de toilette : brosse à dent/dentifrice/ savon de marseille/pierre d'alun (je ne suis pas sur de l'orthographe) qui permet de réduire les odeurs de transpiration et d'arréter une coupure (utilisé souvent pour les coupures lors du rasage)/rasoir et lames de rechange (x2). -kit de 1er secours :
ü Carnet de vaccination international ü 2 paires de gants en vinyle ü 1 couverture de Survie ü Thermomètre souple ü 1 Pansement compressif (2 jeux de compresses épaisses + une bande élasthane) ü 8 ou 9 paquets de 2 compresses stériles ü 2 compresses de Tulle gras ü 1m de Pansement à découper ü Pansements « seconde peau » Compeed ü Préservatifs ü Stéristrips ü Micropurs Forte ü 5 flapules de 5ml de Bétadine 10% ü 5 flapules de 5ml de Sérum Physiologique ü Dafalgans ü Efferalgans ü Anti-inflammatoires non stéroïdiens (Ibuprofènes) ü Anti-diarrhéiques (Arestal) ü Antibiotique large spectre (Merck/Acide clavulanique) ü Leatherman Micra
-médicaments : je prendrais ceux que j'ai (truc classique) + une liste que je demanderai à mon doc début juillet (diarrhé etc...) -coupe ongle - pince à épilier - pince à tique - serviette séchage rapide de chez decat - douche portable de chez decat (quand je serais en eco hameau, ca sera plus simple) - ass-rag (bandana + savon de marseille) 😇 - lampe frontale (une de secours) - un téléphone portable "bic" de secours - mirroir - gant croute de cuir quand je devrais travailler les champs - kit pour coudre - kit de pêche - pierre à aiguiser. - cahier/stylo pour ecrire mon voyage/pensées. - lunette vtt polychromatique. - support de carte pour vtt - un hamac - une paire de sandale - des livres : lecture classique (4-5 de poche) + lectures utilitaires (bases de l'agriculture, etc...), pareil 4-5.
voilà, j'ai durement du oublier des choses. Je ne me rend pas vraiment compte du volume que cela représente. cependant, il y a finalement peu de chose. Le problème reste pour moi : les vêtements.
merci de vos commentaires/avis. Si vous pensez que le projet ne tient pas la route merci de me le dire mais de façon constructive :D 😛
A+
Je créé ce topic afin que vous m'aidiez de tous les points de vu concernant pour projet de départ. Je tiens tous d'abord à préciser que cela fait suite à une longue réflexion intérieur que je n'ai pas eu de traumatisme récent me poussant à tout quitter comme cela du jours au lendemain.
Mon projet : Partir en vélo et laisser tout derrière moi (sous entendre mon appartement et mes affaires). Je souhaite donc partir et parcourir la france voire d'autres pays européen en vélo + remorque. Je garderai ma carte d'identité et ma CB. Mon objectif est de parcourir le plus longtemps possible (plusieurs années voire si cette vie me plait "toujours") la France allant d'eco hameau (ou eco village ou eco lieu suivant vos préférences) en eco hameau. D'y rester quelques semaines à quelques mois (voire une installation définitive qui sait) et ensuite de changer d'endroit.
Je voudrais savoir si cela vous parez surréaliste et hors de porté ou si au contraire cela peut sembler cohérent. je suis en train de passer mes examens de droit (dernière année de licence), j'ai 23 ans et cette vie de façon générale ne me plait pas. J'ai expliqu�� cela à mon amie, elle comprend et nous avons rompu dans une douleur réciproque mais partir me semblait très important pour moi. je developperai pas plus ce sujet sauf si question 🤪
Avec quoi je vais partir? deja comme je l'ai indiqué, avec mon vélo et une remorque, ma cni et ma cb avec environ 2000€ suivant le prix de revient des achats que je devrais faire.
L'argent : mon autre objectif est "d'user" un minimum d'argent. C'est à dire que je serais bien obligé d'y passer pour aller d'un eco village à un autre mais lorsque je suis dans un eco village, le but est de m'auto suffir (cultiver ma terre etc). Utopiste? (??)
Le vélo et la remorque : je vais prendre mon VTT pour voyager. Ce n'est pas ce qu'il y a de mieux mais il s'agit d'un VTT monté par mes soins et il est équipé très haut de gamme. il pèse moins de 9kg actuellement (surement un peu plus lorsque j'aurais changé ma selle et mes pédales pour quelques de plus costaud). j'ai pensé à un vélo couché mais cela se révèle peu judicieux car 1. ca coute cher 2. je ne veux pas brader mon vélo. Donc apriori je reste dans cette hypothèse. J'achèterai un garde bout avant et un porte bagage que l'on accroche à la selle afin de supporter mon tapis de sol (dont lé référence va être indiqué plus bas). La fourche est bloquable.

pour la remorque, j'avais créé un autre post sans vraiment de succès : ne voulant pas mettre beaucoup d'argent dedans (je ne vais pas faire plusieurs milliers de km directement, cela se fera plus genre 300km, arrêt de qq mois, 300km arrêt de qq mois etc... (j'espère que je me fais comprendre).
voici le modèle sur lequel je voudrais partir : http://www.amazon.fr/...K/ref=pd_sim_sbs_k_2
Ma liste des affaires que prend/achète pour le voyage au long cours. Il y aura des choses qui seront prévu pour le voyage en vélo et d'autres affaires qui seront prévu pour les passages en eco hameau. Voici une liste. Le plus difficile pour moi actuellement est d'établir une liste de vêtement qui doivent être suffisant à la fois pour les étés et pour les hivers tout en étant peu encombrant : casse tête, merci de me conseiller tout en pensant que mon budget reste limité (j'ai pensé à du tout decathlon pour les fringues, merci de vos avis dessus et si possible de me conseiller des modèles.). Je sais juste que je vais prendre deux "trucs" (désolé j'ai perdu le nom) pour vélo (une couche si vous préférer pour éviter d'avoir mal au cul :D ) : un long chaud pour l'hiver, et un pour l'été. Des gants/un casque. Coupe vent que j'ai pour faire du vtt.
Voici la liste : - tente Tente Ferrino Lightent 1 1604 g -Sac de couchage : j'hésite entre deux modèle ==> le pounder de marmot (135€) et le Duvet Lestra Sport Merci de me conseiller ;) -Sac à viande en Soie 132gr -Ridge-Rest Thermarest (qui ira sur le porte bagage du vélo) 250gr environ -couverture de survie (entre le sol et la tente). 5€ à decat -poncho (quel modèle???) - tarp ou pas tarp. Je voudrais aussi une bache pour recouvrir mon vélo lorsqu'il pleuvra, un tarp peut servir à cela non? et pourra servir si je veux faire du tarp ben...un tarp :D - gourde katadyn mybottle en cas d'urgence qui sera posé sur le porte bidon de mon vélo - un camelbak source : 3 litres en réserve ! - diverse poche étanche pour le duvet/vêtement/electronique - un iphone (pour suivre mon compte en banque/mettre à jours un hypothétique blog, je ne sais pas, si vous avez des conseils dessus, je suis preneur) et pour la musique. - un APN mieux que l'iphone :D (qui est vraiment mauvais soit dit en passant) - un support iphone pour vélo : http://www.lecyclo.com/...phone-pour-velo.html - des panneaux solaires portables. Que me conseillez vous comme référence? - une boussole - cordes (5m non?) - pelle pliable de l'armée - des cartes : alors là, je pense prendre une grande carte de France pas très détaillé pour me donné un point de vu d'ensemble. Avec je complèterai avec des cartes IGN ou michelin des régions dans lesquelles je vais passer. - de la nourriture deshydraté : je veux prévoir pour 1 semaine soit 14 repas déshydraté chez decathlon et qq soupes déshydratées. - en ce qui concerne l'entretien du vélo : dérive chaine et qq maillons. 2 chambres à air de secours (mes pneus sont montés en latex, normalement pas de soucis) + 2 chambres à air pour la remorque. Démonte pneu. multi tool. clé à rayon et rayons (léger et prend pas de place). Une paire de pédale plate de secours (je souhaite rouler en effet avec des pédales auto crank brothers). Cablerie de rechange/ plaquette de frein de rechange. - tablettes de micro pure forte. -ziplocs -le réchaud : un F!re Profi 105 ! -popote : je ne sais pas encore, surement du decat -un couteau costaud (je ne sais pas trop quel modèle prendre, j'en voudrais un costaud sans que cela fasse rambo (si je me fais controler, sait on jamais). -un multi tool letherman -briquets (x4) et pierre à feu -plusieurs boite de péllicule dans lequel j'aurais mis du coton avec de la vaseline pour l'amorce de mon réchaud. -affaire de toilette : brosse à dent/dentifrice/ savon de marseille/pierre d'alun (je ne suis pas sur de l'orthographe) qui permet de réduire les odeurs de transpiration et d'arréter une coupure (utilisé souvent pour les coupures lors du rasage)/rasoir et lames de rechange (x2). -kit de 1er secours :
ü Carnet de vaccination international ü 2 paires de gants en vinyle ü 1 couverture de Survie ü Thermomètre souple ü 1 Pansement compressif (2 jeux de compresses épaisses + une bande élasthane) ü 8 ou 9 paquets de 2 compresses stériles ü 2 compresses de Tulle gras ü 1m de Pansement à découper ü Pansements « seconde peau » Compeed ü Préservatifs ü Stéristrips ü Micropurs Forte ü 5 flapules de 5ml de Bétadine 10% ü 5 flapules de 5ml de Sérum Physiologique ü Dafalgans ü Efferalgans ü Anti-inflammatoires non stéroïdiens (Ibuprofènes) ü Anti-diarrhéiques (Arestal) ü Antibiotique large spectre (Merck/Acide clavulanique) ü Leatherman Micra
-médicaments : je prendrais ceux que j'ai (truc classique) + une liste que je demanderai à mon doc début juillet (diarrhé etc...) -coupe ongle - pince à épilier - pince à tique - serviette séchage rapide de chez decat - douche portable de chez decat (quand je serais en eco hameau, ca sera plus simple) - ass-rag (bandana + savon de marseille) 😇 - lampe frontale (une de secours) - un téléphone portable "bic" de secours - mirroir - gant croute de cuir quand je devrais travailler les champs - kit pour coudre - kit de pêche - pierre à aiguiser. - cahier/stylo pour ecrire mon voyage/pensées. - lunette vtt polychromatique. - support de carte pour vtt - un hamac - une paire de sandale - des livres : lecture classique (4-5 de poche) + lectures utilitaires (bases de l'agriculture, etc...), pareil 4-5.
voilà, j'ai durement du oublier des choses. Je ne me rend pas vraiment compte du volume que cela représente. cependant, il y a finalement peu de chose. Le problème reste pour moi : les vêtements.
merci de vos commentaires/avis. Si vous pensez que le projet ne tient pas la route merci de me le dire mais de façon constructive :D 😛
A+
Ryannair condamnée suite au nuage de cendres English translation pending
je suis le premier ! oups !
repiqué sur le site du parisien :
La compagnie irlandaise à bas coûts Ryanair a été condamnée à trois millions d'euros d'amendes pour avoir violé dans 178 cas ses obligations légales d'assistance aux passagers en cas d'annulation de leur vol, a annoncé samedi l'Organisation italienne de l'Aviation civile (ENAC). "A l'issue des enquêtes effectuées, l'ENAC a condamné la compagnie irlandaise Ryanair à des amendes pour un total d'environ trois millions d'euros pour violation dans 178 cas de ses obligations d'assistance aux passagers prévues par la loi en cas d'annulation d'un vol", a indiqué l'ENAC dans un communiqué.
Ces 178 violations ont été commises entre le 17 et 22 avril, période au cours de laquelle des centaines de vols furent annulés en raison du nuage de cendres volcaniques en provenance d'Islande. L'ENAC reproche en particulier à Ryanair de ne pas avoir rempli ses obligations envers ses passagers bloqués à l'aéroport romain de Ciampino, à qui elle n'avait pas fourni les boissons, repas et nuits d'hôtel prévus par la réglementation. L'ENAC, la Protection civile italienne et la société de gestion de l'aéroport (ADR) avaient dû se substituer à Ryanair auprès de ses clients. L'ENAC souligne dans son communiqué que dans ces circonstances exceptionnelles la quasi-totalité des autres compagnies avaient en revanche fourni l'assistance prévue aux passagers afin de limiter les désagréments dus à l'annulation des vols. En avril, la Commission européenne avait déjà lancé un avertissement direct au transporteur: "Il n'y a pas de droits des passagers au rabais pour les compagnies à bas coûts. Ryanair devra les appliquer comme toute autre compagnie", avait souligné Helen Kearns, porte-parole en charge des Transports.
repiqué sur le site du parisien :
La compagnie irlandaise à bas coûts Ryanair a été condamnée à trois millions d'euros d'amendes pour avoir violé dans 178 cas ses obligations légales d'assistance aux passagers en cas d'annulation de leur vol, a annoncé samedi l'Organisation italienne de l'Aviation civile (ENAC). "A l'issue des enquêtes effectuées, l'ENAC a condamné la compagnie irlandaise Ryanair à des amendes pour un total d'environ trois millions d'euros pour violation dans 178 cas de ses obligations d'assistance aux passagers prévues par la loi en cas d'annulation d'un vol", a indiqué l'ENAC dans un communiqué.
Ces 178 violations ont été commises entre le 17 et 22 avril, période au cours de laquelle des centaines de vols furent annulés en raison du nuage de cendres volcaniques en provenance d'Islande. L'ENAC reproche en particulier à Ryanair de ne pas avoir rempli ses obligations envers ses passagers bloqués à l'aéroport romain de Ciampino, à qui elle n'avait pas fourni les boissons, repas et nuits d'hôtel prévus par la réglementation. L'ENAC, la Protection civile italienne et la société de gestion de l'aéroport (ADR) avaient dû se substituer à Ryanair auprès de ses clients. L'ENAC souligne dans son communiqué que dans ces circonstances exceptionnelles la quasi-totalité des autres compagnies avaient en revanche fourni l'assistance prévue aux passagers afin de limiter les désagréments dus à l'annulation des vols. En avril, la Commission européenne avait déjà lancé un avertissement direct au transporteur: "Il n'y a pas de droits des passagers au rabais pour les compagnies à bas coûts. Ryanair devra les appliquer comme toute autre compagnie", avait souligné Helen Kearns, porte-parole en charge des Transports.
Deux semaines dans la région de Kyoto: quel pass prendre? English translation pending
Avec mon ami, nous commençons à prévoir un voyage au Japon, très à l'avance vu ce qu'on entend dire sur les prix des hébergements et transports, on risque d'en avoir pour quelques années à mettre de côté le budget.
Nous pensons passer 2 semaines à kyoto et prendre un pass pour les transports mais en alternant journées de visites à pied de Kyoto et journées de visite à l'extérieur (Nara, Osaka...), donc en utilisant le pass un jour sur 2 ou 2 jours sur 3 à peu près. Quel pass prendre?
Les deux dernières semaines de novembre ou la dernière semaine de novembre + la première de décembre, pour les arbres couleurs rouge et rouille, est-ce de bonnes périodes? Quels vêtements prévoir?
Nous aimerions avoir une chambre pour 2 si possible et rester dans la même durant tout le séjour, quels seraient les hôtels ou auberges les moins chers dans Kyoto?
Merci d'avance
Sylvie
Vols "province" - la Réunion en classe économique avec Alizé d'Air France - Grand Large Corsairfly - Confort Air Austral English translation pending
Bonjour tout le monde !
Je voudrais faire un vrai Sujet sur ces trois classes qui se font un peu la guerre (surtout Alizé Vs. Grand Large), sachant que les tarifs pratiqués ne reflètent pas toujours le produit proposé. D'où me vient cette question ? Je viens de réserver un billet Lyon - Réunion en classe Grand Large (Corsaifly), et je voulais savoir à quoi je dois m'attendre, et c'est surtout une démarche à titre d'information, de culture générale, car je sais que je ne regretterais jamais mon choix : à 16 ans et des brouettes, c'est déjà une très belle expérience. 🙂
Alors voila, en lisant pas mal de participation sur différents forums, on me rapporte toujours que la Grand Large est supérieur à Alizé, et que Alizé et Confort se tiennent.
Voici les tarifs dit "d'Appel" = Alizé, au départ d'un peu partout en France (réseau AF, Régional, Brit Air, TGVAir...) via Paris Orly = environ 2000 euros. Grand large, au départ de Lyon, Toulouse, Nantes, Marseille = environ 1500 euros. Confort, au départ de Lyon, Toulouse, Marseille = environ 1850 euros.
A noter, qu'au départ de Lyon, Air Austral ainsi que Air France proposent des tarifs plus bas en prenant le TGVair au départ de Lyon Part-Dieu jusqu'à Paris CDG, puis transfert en bus jusqu'à Orly pour Air France.
Niveau service : - La classe Grand Large a vraiment l'air d'être supérieur par le fait qu'elle laisse d'abord une impression de VIP à ses passagers car ils sont seulement 24 à se distinguer des 558 autres, et cela est quand même un avantage certains sur leurs 747-400 très denses. Les repas sont servis sur de vrais couverts il me semble, et des menus qui apparemment, ne cassent pas trois pattes à un canard, mais se distinguent très fortement de la classe économique.
- La classe Alizé est plutot revendiqué comme une éco+ plutôt qu'une classe supérieure comme le fait Corsairfly. Elle en porte d'ailleurs les traits au niveau confort, qui est donc inférieur à celui de la classe Grand large.
- La classe Confort est aussi revendiqué comme une éco+ et ressemble plus ou moins à la classe Alizé à mon gout. J'avoue être moins informé sur cette classe, car il y a beaucoup moins de retour !
Spécificités : Alizé : File dédiée à l'enregistrement et embarquement, 2 bagages soutes autorisés. Espace de 36 sièges, séparé des autres cabines, situé à l´avant des nouveaux avions Boeing 777-300. Sur les Boeing 747-400, sur le pont supérieur. Écran Vidéo individuels, Sièges avec une large assise, espacés l´un de l´autre de 92 cm, inclinable jusqu'à 123°, accoudoirs en cuir et profitez du repose-pied massant. Les nouveaux sièges sont équipés d´une prise PC. Coussins de plume, couverture en laine, presse française et internationale, une trousse de voyage: une paire de chaussettes, des bouchons d´oreille, un masque de repos et une serviette rafraîchissante. Vaisselle en porcelaine, couverts en métal argenté, serviettes en tissu… La restauration est adaptée à chaque vol et à son horaire. Un menu chaud, un petit déjeuner et une collation froide, identique à celle de la cabine Affaires, vous sont proposés tout au long de votre vol. Après le punch d´accueil, un apéritif salé et la présentation du menu. Choix entre 2 plats chauds, créole ou traditionnel, accompagnés d´un service de pain à la corbeille. Le menu vous est proposé par Michel Nugues, membre du club « Les Toques du ciel ». Des menus spéciaux (végétarien, etc.) peuvent vous être servis. A la fin du repas, un café, un thé ou un digestif. Les vins et champagnes ont été choisis par Olivier Poussier, élu meilleur sommelier du monde en 2000. Sur les vols de plus de 10h30, vous disposez en permanence d´un buffet salé et sucré." (résumé de ce qu'il y a sur sur Airfrance.com).
Grand large : Composée de 18 à 24 sièges selon le type d'appareil, La classe Grand Large est située au pont supérieur des Boeing 747-400 et à l'avant des Airbus A330-200. Sièges larges, ergonomiques et confortables. Agrémentés d'un repose-pied, ils s'inclinent à 120° et l'espacement disponible est de 112 cm. Franchise bagage supérieure en soute et en cabine (40kg soute et 10kg + accessoire en cabine), enregistrement rapide et sans attente grâce à une file dédiée, un accès au Salon privatif sur la plupart de nos aéroports, un embarquement en priorité à bord de l'avion, une livraison prioritaire des bagages à l'arrivée du vol. Au départ de Point-A-Pitre ou de Fort de France, pour faciliter les formalités de départ de nos clients Grand Large, nous leur proposons gratuitement l'accès à un service d'enregistrement à leur domicile (ou leur hôtel) et livraison des bagages à l'aéroport. A bord, un champagne d’accueil offert, couvertures et oreillers, magazines presse quotidienne, écran vidéo individuel, lecteur multimédia portatif mis à disposition gratuitement, ainsi qu'une trousse confort. Selon l'heure de départ et la durée de votre vol, plusieurs prestations vous sont offertes : un déjeuner ou un dîner, un en-cas ou un petit déjeuner. Vous avez le choix entre deux plats chauds, agrémentés de pain chaud et de vins de qualités. Nous vous proposons gratuitement six types de repas spéciaux : végétarien, casher, poisson, diabétique, sans sel et hindou. Des couvertures sont mises à votre disposition lors des vols de nuit de plus de 4 heures et lors des vols de jour excédant 10 heures. (résumé de ce qu'il y a sur Corsairfly.com).
Confort : billets modifiables sans frais, priorité à l'enregistrement avec un comptoir dédié, livraison prioritaire des bagages. Accès aux salons d'aéroports: Marcel Goulette (Saint, Roland Garros), salon Admirals Club à Paris CDG Terminal 2A. Cabine tout cuir, La cabine du Boeing 777-200ER comporte 34 sièges espacés de 96cm et inclinables à 126°. Verre d'accueil, Trousse de voyage "Confort" comprenant : une gamme de produits cosmétiques, et un nécessaire de voyage (brosse à dents, masque de repos, chaussettes, ...), Choix de presse régionale. Service de restauration: un repas chaud ou froid vous sera servi selon l'heure de votre vol. Franchise bagage de 35 kg sur le réseau long-courrier. Les Boeing 777-300 ER sont équipés d'un système d'éclairage innovant, "mood light", vous accompagnant avec différentes ambiances au cours de votre vol. Ils disposent de 40 sièges en classe "Confort" répartis dans deux cabines pour une atmosphère « cosy » ( 8 sièges de front : 2 côté hublot, 4 au centre ). Si vous souhaitez travailler, votre siège est équipé d’une prise électrique et d’une lampe de lecture individuelle. Vous avez ainsi la possibilité de recharger votre ordinateur et votre téléphone portable. Accueil avec un verre de champagne ou une boisson non alcoolisée.Les repas seront servis dans de la vaisselle en porcelaine fine, sur les tablettes recouvertes de nappes en tissus. Tout au long du vol, un service de boissons chaudes ou fraîches sera à votre disposition. Sur le Boeing 777-200 ER, vous aurez le choix entre 12 chaînes musicales et 6 films. A bord des Boeing 777-300 ER, le tout dernier système de vidéo à la demande développé par Panasonic. Reliés par fibres optiques, les écrans haute définition à commande tactilevous permettront d’apprécier un choix large et varié de programmes vidéos, audio, ainsi que des jeux. La liste exhaustive des programmes est disponible dans la rubrique « Play » à bord, tous les sièges sont équipés d'un écran tactile individuel de 26 cm. Latélécommande de votre siège peut se transformer en combiné téléphonique. (Résumé de ce qu'il y a sur airaustral.com).
J'appelle aux avis personnels : les différences de prix sont-elles justes par rapports aux écarts aux niveaux des services ?
L'écart de 500 euros par exemple entre la grand large et l'Alizé est-il justifié ? Alors qu'on lit souvent que la Grand large est supérieure à l'Alizé...
Bonne journée !
Je voudrais faire un vrai Sujet sur ces trois classes qui se font un peu la guerre (surtout Alizé Vs. Grand Large), sachant que les tarifs pratiqués ne reflètent pas toujours le produit proposé. D'où me vient cette question ? Je viens de réserver un billet Lyon - Réunion en classe Grand Large (Corsaifly), et je voulais savoir à quoi je dois m'attendre, et c'est surtout une démarche à titre d'information, de culture générale, car je sais que je ne regretterais jamais mon choix : à 16 ans et des brouettes, c'est déjà une très belle expérience. 🙂
Alors voila, en lisant pas mal de participation sur différents forums, on me rapporte toujours que la Grand Large est supérieur à Alizé, et que Alizé et Confort se tiennent.
Voici les tarifs dit "d'Appel" = Alizé, au départ d'un peu partout en France (réseau AF, Régional, Brit Air, TGVAir...) via Paris Orly = environ 2000 euros. Grand large, au départ de Lyon, Toulouse, Nantes, Marseille = environ 1500 euros. Confort, au départ de Lyon, Toulouse, Marseille = environ 1850 euros.
A noter, qu'au départ de Lyon, Air Austral ainsi que Air France proposent des tarifs plus bas en prenant le TGVair au départ de Lyon Part-Dieu jusqu'à Paris CDG, puis transfert en bus jusqu'à Orly pour Air France.
Niveau service : - La classe Grand Large a vraiment l'air d'être supérieur par le fait qu'elle laisse d'abord une impression de VIP à ses passagers car ils sont seulement 24 à se distinguer des 558 autres, et cela est quand même un avantage certains sur leurs 747-400 très denses. Les repas sont servis sur de vrais couverts il me semble, et des menus qui apparemment, ne cassent pas trois pattes à un canard, mais se distinguent très fortement de la classe économique.
- La classe Alizé est plutot revendiqué comme une éco+ plutôt qu'une classe supérieure comme le fait Corsairfly. Elle en porte d'ailleurs les traits au niveau confort, qui est donc inférieur à celui de la classe Grand large.
- La classe Confort est aussi revendiqué comme une éco+ et ressemble plus ou moins à la classe Alizé à mon gout. J'avoue être moins informé sur cette classe, car il y a beaucoup moins de retour !
Spécificités : Alizé : File dédiée à l'enregistrement et embarquement, 2 bagages soutes autorisés. Espace de 36 sièges, séparé des autres cabines, situé à l´avant des nouveaux avions Boeing 777-300. Sur les Boeing 747-400, sur le pont supérieur. Écran Vidéo individuels, Sièges avec une large assise, espacés l´un de l´autre de 92 cm, inclinable jusqu'à 123°, accoudoirs en cuir et profitez du repose-pied massant. Les nouveaux sièges sont équipés d´une prise PC. Coussins de plume, couverture en laine, presse française et internationale, une trousse de voyage: une paire de chaussettes, des bouchons d´oreille, un masque de repos et une serviette rafraîchissante. Vaisselle en porcelaine, couverts en métal argenté, serviettes en tissu… La restauration est adaptée à chaque vol et à son horaire. Un menu chaud, un petit déjeuner et une collation froide, identique à celle de la cabine Affaires, vous sont proposés tout au long de votre vol. Après le punch d´accueil, un apéritif salé et la présentation du menu. Choix entre 2 plats chauds, créole ou traditionnel, accompagnés d´un service de pain à la corbeille. Le menu vous est proposé par Michel Nugues, membre du club « Les Toques du ciel ». Des menus spéciaux (végétarien, etc.) peuvent vous être servis. A la fin du repas, un café, un thé ou un digestif. Les vins et champagnes ont été choisis par Olivier Poussier, élu meilleur sommelier du monde en 2000. Sur les vols de plus de 10h30, vous disposez en permanence d´un buffet salé et sucré." (résumé de ce qu'il y a sur sur Airfrance.com).
Grand large : Composée de 18 à 24 sièges selon le type d'appareil, La classe Grand Large est située au pont supérieur des Boeing 747-400 et à l'avant des Airbus A330-200. Sièges larges, ergonomiques et confortables. Agrémentés d'un repose-pied, ils s'inclinent à 120° et l'espacement disponible est de 112 cm. Franchise bagage supérieure en soute et en cabine (40kg soute et 10kg + accessoire en cabine), enregistrement rapide et sans attente grâce à une file dédiée, un accès au Salon privatif sur la plupart de nos aéroports, un embarquement en priorité à bord de l'avion, une livraison prioritaire des bagages à l'arrivée du vol. Au départ de Point-A-Pitre ou de Fort de France, pour faciliter les formalités de départ de nos clients Grand Large, nous leur proposons gratuitement l'accès à un service d'enregistrement à leur domicile (ou leur hôtel) et livraison des bagages à l'aéroport. A bord, un champagne d’accueil offert, couvertures et oreillers, magazines presse quotidienne, écran vidéo individuel, lecteur multimédia portatif mis à disposition gratuitement, ainsi qu'une trousse confort. Selon l'heure de départ et la durée de votre vol, plusieurs prestations vous sont offertes : un déjeuner ou un dîner, un en-cas ou un petit déjeuner. Vous avez le choix entre deux plats chauds, agrémentés de pain chaud et de vins de qualités. Nous vous proposons gratuitement six types de repas spéciaux : végétarien, casher, poisson, diabétique, sans sel et hindou. Des couvertures sont mises à votre disposition lors des vols de nuit de plus de 4 heures et lors des vols de jour excédant 10 heures. (résumé de ce qu'il y a sur Corsairfly.com).
Confort : billets modifiables sans frais, priorité à l'enregistrement avec un comptoir dédié, livraison prioritaire des bagages. Accès aux salons d'aéroports: Marcel Goulette (Saint, Roland Garros), salon Admirals Club à Paris CDG Terminal 2A. Cabine tout cuir, La cabine du Boeing 777-200ER comporte 34 sièges espacés de 96cm et inclinables à 126°. Verre d'accueil, Trousse de voyage "Confort" comprenant : une gamme de produits cosmétiques, et un nécessaire de voyage (brosse à dents, masque de repos, chaussettes, ...), Choix de presse régionale. Service de restauration: un repas chaud ou froid vous sera servi selon l'heure de votre vol. Franchise bagage de 35 kg sur le réseau long-courrier. Les Boeing 777-300 ER sont équipés d'un système d'éclairage innovant, "mood light", vous accompagnant avec différentes ambiances au cours de votre vol. Ils disposent de 40 sièges en classe "Confort" répartis dans deux cabines pour une atmosphère « cosy » ( 8 sièges de front : 2 côté hublot, 4 au centre ). Si vous souhaitez travailler, votre siège est équipé d’une prise électrique et d’une lampe de lecture individuelle. Vous avez ainsi la possibilité de recharger votre ordinateur et votre téléphone portable. Accueil avec un verre de champagne ou une boisson non alcoolisée.Les repas seront servis dans de la vaisselle en porcelaine fine, sur les tablettes recouvertes de nappes en tissus. Tout au long du vol, un service de boissons chaudes ou fraîches sera à votre disposition. Sur le Boeing 777-200 ER, vous aurez le choix entre 12 chaînes musicales et 6 films. A bord des Boeing 777-300 ER, le tout dernier système de vidéo à la demande développé par Panasonic. Reliés par fibres optiques, les écrans haute définition à commande tactilevous permettront d’apprécier un choix large et varié de programmes vidéos, audio, ainsi que des jeux. La liste exhaustive des programmes est disponible dans la rubrique « Play » à bord, tous les sièges sont équipés d'un écran tactile individuel de 26 cm. Latélécommande de votre siège peut se transformer en combiné téléphonique. (Résumé de ce qu'il y a sur airaustral.com).
J'appelle aux avis personnels : les différences de prix sont-elles justes par rapports aux écarts aux niveaux des services ?
L'écart de 500 euros par exemple entre la grand large et l'Alizé est-il justifié ? Alors qu'on lit souvent que la Grand large est supérieure à l'Alizé...
Bonne journée !
Le grand jour est arrivé pour les nouvelles Croisières Paquet English translation pending
infos et photos de mer et marine.
Le grand jour est arrivé pour les nouvelles Croisières Paquet
Relancer l'une des plus célèbres compagnies françaises, dont la réputation est encore très vivace malgré une mise en sommeil de plus de 10 ans... C'est l'objectif de Costa Croisières et TMR International. Dédiées au marché français, les Croisières Paquet renaissent aujourd'hui à bord Costa Allegra. Affrété par le voyagiste marseillais, le paquebot de la compagnie italienne appareillera en fin de journée de la cité phocéenne pour sa première traversée sous la célèbre marque tricolore. Héritière de la tradition française des voyages en bateau, Paquet été rachetée en 1996 par Costa. Mais, trois ans plus tard, le groupe italien vendait son dernier bateau, le Mermoz. Une décennie plus tard, bien que Costa occupe désormais la position de leader en Europe et en France, la compagnie a décidé de relancer la marque Paquet, qui lui appartient toujours. À l'heure des paquebots géants et de la croisière de masse, il s'agit de proposer pour un certain segment de clientèle une formule plus intimiste, très étudiée et offrant toute la tradition du voyage maritime à la française.
Développer le potentiel des croisières francophones
Ainsi, Costa entend notamment répondre à la concurrence, et plus particulièrement la création en 2008 de CDF Croisières de France, filiale du groupe espagnol Pullmantur visant le marché francophone. « Il s'agit notamment, pour nous, de répondre à la concurrence sur un produit qui a toujours existé, mais qui est monté en puissance avec CDF. Nous estimons qu'il y a un potentiel sur les croisières francophones proposant un contenu. Le spectre dans le marché est très large et Costa est plus focalisée sur un produit international. Paquet est, pour sa part, une marque patrimoniale qui a fait rêver de nombreux croisiéristes. L'idée était donc de la faire revivre pour des croisières cousues-main sur un bateau de petite capacité, soit 800 passagers. Nous ne souhaitions pas commercialiser Paquet nous-mêmes car le produit est différent. Avec TMR, qui est un affréteur sur le marché français depuis longtemps, nous avions donc une opportunité mutuelle. Grâce à ce partenariat avec un affréteur qui a déjà sa clientèle, nous pouvons relancer la marque et éviter la confusion des genres avec Costa », explique Georges Azouze, président de Costa France.
TMR vise 8700 passagers cette année
Spécialisé dans les croisières de tradition française, aériennes et maritimes, TMR, créé en 1989, fait voyager entre 15 et 20.000 personnes par an, son fichier comprenant 50.000 croisiéristes. Il n'empêche que, pour la société marseillaise, relancer Paquet est un véritable challenge. Pour cela, TMR a affrété le Costa Allegra, qui va réaliser 4 croisières au printemps et 7 autres à l'automne. En tout, 19 pays et 48 destinations sont proposés. Avec le recrutement de personnels français, les efforts sur la nourriture servie à bord et le cachet des plateaux d'artistes, l'opération va lui couter 13 millions d'euros. « Il y a évidemment une certaine effervescence avec ce premier départ. C'est un investissement important, qu'il s'agisse de l'affrètement du navire, mais aussi du marketing, des services à bord ou encore des artistes qui vont se produire. L'initiative de relancer Paquet a été bien accueillie. Les trois premières croisières de printemps sont complètes et pour la quatrième, qui part le 16 juin, il reste encore quelques cabines. En tout, notre taux de remplissage atteint actuellement 92% », explique Jean-Maurice Ravon, président de TMR. Le voyagiste ambitionne, sur les 11 croisières Paquet proposées cette année, de faire voyager 3200 passagers au printemps et 5500 à l'automne.
Convaincre la clientèle
Pour remplir le navire sur cette saison inaugurale, TMR mise avant tout sur son fichier, c'est-à-dire sur les clients qui ont l'habitude de voyager avec lui. Ces personnes constituent, en fait, le gros des passagers ayant déjà réservé l'une des 11 traversées programmées. Les « anciens » de Paquet, et plus particulièrement ceux qu'on appelait les « Mermoziens », semblent en revanche plus difficiles à convaincre. S'ils ne sont sans doute plus légion, la moyenne d'âge à bord du paquebot étant déjà assez élevée dans les années 90, les anciens habitués de Paquet peuvent constituer, logiquement, un réservoir de clientèle. Encore faut-il les convaincre. Car il est compliqué de relancer auprès d'eux une marque dont le fleuron a accédé, malgré ses défauts, au rang de mythe collectif. « Les gens oublient souvent que Mermoz, sur la fin, était un vieux bateau inconfortable. Mais la nourriture y était exceptionnelle et les gens gardent un souvenir ému des croisières sur ce navire. Relancer la marque Paquet auprès des gens qui l'ont connue nécessite donc beaucoup d'efforts ». Pour élargir sa clientèle, TMR doit donc asseoir la renommée du produit inauguré aujourd'hui à Marseille. « C'est pourquoi il est temps que la première croisière parte et que nous passions du virtuel à l'action. Certains clients attendent de voir. Nous comptons donc sur le bouche à oreille et la notoriété issue des premières croisières, où les gens verront que le produit est bon », explique Jean-Maurice Ravon.
Une marque qui mise sur la qualité
Ressusciter une institution aussi forte que Paquet n'est pas une mince affaire. Bien que le dernier des navires de la compagnie ne soit plus exploité depuis 10 ans, le nom jouit encore d'une notoriété assistée de 25% auprès du grand public ! Monument du patrimoine maritime français, Paquet était particulièrement réputée pour la gastronomie proposée à bord. A l'époque du Mermoz, le budget nourriture du paquebot était d'ailleurs 6 fois supérieur à celui d'autres armements ! Contrairement à leurs aînées, on ne verra pas « couler » le caviar à flot avec les nouvelles croisières Paquet. Mais, pour respecter la tradition de l'ancienne compagnie, Jean-Maurice Ravon a souhaité proposer un produit se caractérisant par sa qualité. « Nous avons recruté un chef français et nous avons défini des menus qui sont différents de ceux proposés habituellement sur l'Allegra. Pour être sûrs de la qualité, nous les avons-nous-mêmes goûtés. De manière générale, nous dépensons 50% de plus pour la nourriture que des compagnies comme Costa ou MSC. C'est donc un gros budget, qui permet de proposer un très bon rapport qualité/prix », explique-t-il. De même, un effort particulier a été fait sur les animations et les spectacles, chaque traversée proposant un thème. Jazzmen, cantatrices, musiciens de haut niveau... « Nous aurons de très beaux plateaux d'artistes qui permettront aux passagers de vivre de superbes spectacles ». A bord de l'Allegra, les passagers français devront, bien évidemment, se sentir chez eux. En plus des menus et journaux de bord traditionnellement traduits chez Costa, TMR va plus loin en introduisant dans l'équipage des Français aux postes clés. Ce sera le cas du commandant, du directeur de croisière, du chef cuisinier, des maîtres d'hôtel et des personnels à la réception.
Des itinéraires et des thèmes
Paquet vise donc les croisières françaises de qualité et, comme on dit dans le métier, de « contenu ».Itinéraires, accueil, gastronomie, animations, conférences, excursions... Les nouvelles croisières Paquet, d'une durée de 12 ou 13 nuits, sont spécialement étudiées pour satisfaire un public exigent. A partir d'aujourd'hui et jusqu'au 20 mai, la traversée inaugurale, après avoir appareillé de Marseille, emmènera les voyageurs à Milazzo (Sicile), Venise (deux jours), Korcula, Dubrovnik, Corfou, Delphes, Olympie, Lipani et Bonifacio, avant de revenir à la cité phocéenne. Cette inaugurale sera l'occasion d'une grande fête musicale sur l'Adriatique. Seront présents à bord la diva Wilhelmenia Fernandez, fine fleur du classique français, ainsi que des choeurs et orchestre symphonique. Récitals, soirées Opéra, Chopin et Schumann, musique de chambre et concert Vivaldi dans une basilique vénitienne seront au menu de la croisière.
Placée sous le signe du « Jazz en mer », la seconde traversée se déroulera du 20 mai au 2 juin. L'Allegra embarquera des groupes qui reprendront les grands répertoires du jazz, les passagers pouvant également emmener leurs instruments pour participer à des « boeufs » avec les musiciens. Après avoir appareillé de Marseille, le navire réalisera le même itinéraire que pour la croisière inaugurale.
Dans une toute autre ambiance, l'Allegra partira du 2 au 16 juin pour la « Croisière de l'Opéra », avec notamment la présence à bord d'une diva. Le navire mettra le cap sur la mer Noire et franchira les détroits du Bosphore et des Dardanelles, avec des escales à Catane, Mykonos, Izmir, Istanbul, Constanza, Odessa, Yalta, Athènes, Olympie et Olbia. Cette splendide croisière aux frontières de l'Orient reprend le thème de prédilection des Croisières Paquet.La Traviata, la Flûte enchantée, la Belle Hélène, des récitals, des conférences et une soirée consacrée à La Callas, accompagneront la navigation.
Du 16 au 27 juin, la quatrième croisière sera placée sous le signe de la chanson française et célèbrera, durant la traversée, la Fête de la Musique. Sur fond de Brel, Piaf ou encore Trenet, les passagers partiront à la découverte d'Olbia, Malte, Kusadasi, Rhodes, Santorin, Mykonos, Taormine, Sorrente et Ajaccio, avant de revenir à Marseille. Après un retour chez Costa cet été, le navire reprendra son ambiance Paquet en septembre pour de nouvelles croisières vers Gibraltar, Malte, Tunis ou encore l'Egypte et la Terre Sainte. En tout, 7 voyages sont programmés du 14 septembre au 15 novembre.
Se démarquer de TAAJ
Le retour sur le devant de la scène des croisières Paquet sera, sans doute, une entreprise de longue haleine. « Au yeux du grand public, Paquet reste connue et jouit d'une notoriété passée comme d'une belle histoire. C'est une plus value en termes d'image mais, en termes de marketing, il faut voir que cela fait 10 ans que Paquet n'est plus exploitée. Il y a certes des nostalgiques, mais ce ne sont pas forcément des clients. Aujourd'hui, nos clients viennent avant tout pour TMR. Ce qu'il faut désormais, c'est faire revivre Paquet sur le long terme », souligne Jean-Maurice Ravon, qui estime qu'il faudra sans doute au moins trois ans pour réinstaller la marque dans sa version moderne. D'ores et déjà, TMR veut poursuivre l'aventure en 2011, mais l'opérateur cherche à affréter un autre navire que l'Allegra. Ce changement de bateau a, notamment, pour objectif de démarquer Paquet des croisières françaises que TAAJ commercialisera conjointement avec Costa l'an prochain, sur le Marina (le sistership de l'Allegra). Les deux navires étant identiques, TMR craint une confusion dans l'esprit des clients. « Les deux bateaux sont identiques et les croisières dans les deux cas sont 100% francophones. Or, ce n'est pas du tout le même produit. Contrairement à nous, TAAJ n'affrète pas complètement le navire, ce qui nous permet de proposer nos propres plateaux d'artistes, une gastronomie spécialement étudiées ou encore des personnels français, comme le commandant et le chef cuisinier. Nous ne voudrions pas que la confusions s'installe dans l'esprit des gens ».
Un accueil enthousiaste à Marseille
La renaissance de Paquet est, en tous cas, très bien vue à Marseille, où la compagnie a laissé une trace indélébile avec ses voyages en Méditerranée. Le premier port français mise, qui mise sur le développement de la croisière, voit d'un très bon oeil les 11 traversées commercialisées par TMR au départ de la cité phocéenne. Ces croisières vont, en effet, contribuer à la croissance de l'activité en 2010. « Paquet va représenter un apport non négligeable dans notre objectif d'atteindre 700.000 passagers cette année, avec 261 départs en tête de ligne », explique Jacques Truau. Pour le Président du Club de la Croisière de Marseille, le retour de Paquet est un moment important. « Dans les années 60, ce fut l'une des premières compagnies européennes à se lancer dans la croisière, avec une culture de grande qualité. Paquet a été présente sur Marseille pendant de nombreuses années. Il y avait un fichier de clientèle important en PACA, qui a été repris et maintenu par Jean-Maurice Ravon. Je suis certain que cette le retour des Croisières Paquet est appelé à rencontrer un grand succès, d'autant que TMR bénéficie d'une grande notoriété ». Après les Ancerville, Renaissance, Azur, Massalia et Mermoz, c'est donc à l'Allegra d'ouvrir une nouvelle page de l'histoire Paquet.

Le grand jour est arrivé pour les nouvelles Croisières Paquet
Relancer l'une des plus célèbres compagnies françaises, dont la réputation est encore très vivace malgré une mise en sommeil de plus de 10 ans... C'est l'objectif de Costa Croisières et TMR International. Dédiées au marché français, les Croisières Paquet renaissent aujourd'hui à bord Costa Allegra. Affrété par le voyagiste marseillais, le paquebot de la compagnie italienne appareillera en fin de journée de la cité phocéenne pour sa première traversée sous la célèbre marque tricolore. Héritière de la tradition française des voyages en bateau, Paquet été rachetée en 1996 par Costa. Mais, trois ans plus tard, le groupe italien vendait son dernier bateau, le Mermoz. Une décennie plus tard, bien que Costa occupe désormais la position de leader en Europe et en France, la compagnie a décidé de relancer la marque Paquet, qui lui appartient toujours. À l'heure des paquebots géants et de la croisière de masse, il s'agit de proposer pour un certain segment de clientèle une formule plus intimiste, très étudiée et offrant toute la tradition du voyage maritime à la française.
Développer le potentiel des croisières francophones
Ainsi, Costa entend notamment répondre à la concurrence, et plus particulièrement la création en 2008 de CDF Croisières de France, filiale du groupe espagnol Pullmantur visant le marché francophone. « Il s'agit notamment, pour nous, de répondre à la concurrence sur un produit qui a toujours existé, mais qui est monté en puissance avec CDF. Nous estimons qu'il y a un potentiel sur les croisières francophones proposant un contenu. Le spectre dans le marché est très large et Costa est plus focalisée sur un produit international. Paquet est, pour sa part, une marque patrimoniale qui a fait rêver de nombreux croisiéristes. L'idée était donc de la faire revivre pour des croisières cousues-main sur un bateau de petite capacité, soit 800 passagers. Nous ne souhaitions pas commercialiser Paquet nous-mêmes car le produit est différent. Avec TMR, qui est un affréteur sur le marché français depuis longtemps, nous avions donc une opportunité mutuelle. Grâce à ce partenariat avec un affréteur qui a déjà sa clientèle, nous pouvons relancer la marque et éviter la confusion des genres avec Costa », explique Georges Azouze, président de Costa France.
TMR vise 8700 passagers cette année
Spécialisé dans les croisières de tradition française, aériennes et maritimes, TMR, créé en 1989, fait voyager entre 15 et 20.000 personnes par an, son fichier comprenant 50.000 croisiéristes. Il n'empêche que, pour la société marseillaise, relancer Paquet est un véritable challenge. Pour cela, TMR a affrété le Costa Allegra, qui va réaliser 4 croisières au printemps et 7 autres à l'automne. En tout, 19 pays et 48 destinations sont proposés. Avec le recrutement de personnels français, les efforts sur la nourriture servie à bord et le cachet des plateaux d'artistes, l'opération va lui couter 13 millions d'euros. « Il y a évidemment une certaine effervescence avec ce premier départ. C'est un investissement important, qu'il s'agisse de l'affrètement du navire, mais aussi du marketing, des services à bord ou encore des artistes qui vont se produire. L'initiative de relancer Paquet a été bien accueillie. Les trois premières croisières de printemps sont complètes et pour la quatrième, qui part le 16 juin, il reste encore quelques cabines. En tout, notre taux de remplissage atteint actuellement 92% », explique Jean-Maurice Ravon, président de TMR. Le voyagiste ambitionne, sur les 11 croisières Paquet proposées cette année, de faire voyager 3200 passagers au printemps et 5500 à l'automne.
Convaincre la clientèle
Pour remplir le navire sur cette saison inaugurale, TMR mise avant tout sur son fichier, c'est-à-dire sur les clients qui ont l'habitude de voyager avec lui. Ces personnes constituent, en fait, le gros des passagers ayant déjà réservé l'une des 11 traversées programmées. Les « anciens » de Paquet, et plus particulièrement ceux qu'on appelait les « Mermoziens », semblent en revanche plus difficiles à convaincre. S'ils ne sont sans doute plus légion, la moyenne d'âge à bord du paquebot étant déjà assez élevée dans les années 90, les anciens habitués de Paquet peuvent constituer, logiquement, un réservoir de clientèle. Encore faut-il les convaincre. Car il est compliqué de relancer auprès d'eux une marque dont le fleuron a accédé, malgré ses défauts, au rang de mythe collectif. « Les gens oublient souvent que Mermoz, sur la fin, était un vieux bateau inconfortable. Mais la nourriture y était exceptionnelle et les gens gardent un souvenir ému des croisières sur ce navire. Relancer la marque Paquet auprès des gens qui l'ont connue nécessite donc beaucoup d'efforts ». Pour élargir sa clientèle, TMR doit donc asseoir la renommée du produit inauguré aujourd'hui à Marseille. « C'est pourquoi il est temps que la première croisière parte et que nous passions du virtuel à l'action. Certains clients attendent de voir. Nous comptons donc sur le bouche à oreille et la notoriété issue des premières croisières, où les gens verront que le produit est bon », explique Jean-Maurice Ravon.
Une marque qui mise sur la qualité
Ressusciter une institution aussi forte que Paquet n'est pas une mince affaire. Bien que le dernier des navires de la compagnie ne soit plus exploité depuis 10 ans, le nom jouit encore d'une notoriété assistée de 25% auprès du grand public ! Monument du patrimoine maritime français, Paquet était particulièrement réputée pour la gastronomie proposée à bord. A l'époque du Mermoz, le budget nourriture du paquebot était d'ailleurs 6 fois supérieur à celui d'autres armements ! Contrairement à leurs aînées, on ne verra pas « couler » le caviar à flot avec les nouvelles croisières Paquet. Mais, pour respecter la tradition de l'ancienne compagnie, Jean-Maurice Ravon a souhaité proposer un produit se caractérisant par sa qualité. « Nous avons recruté un chef français et nous avons défini des menus qui sont différents de ceux proposés habituellement sur l'Allegra. Pour être sûrs de la qualité, nous les avons-nous-mêmes goûtés. De manière générale, nous dépensons 50% de plus pour la nourriture que des compagnies comme Costa ou MSC. C'est donc un gros budget, qui permet de proposer un très bon rapport qualité/prix », explique-t-il. De même, un effort particulier a été fait sur les animations et les spectacles, chaque traversée proposant un thème. Jazzmen, cantatrices, musiciens de haut niveau... « Nous aurons de très beaux plateaux d'artistes qui permettront aux passagers de vivre de superbes spectacles ». A bord de l'Allegra, les passagers français devront, bien évidemment, se sentir chez eux. En plus des menus et journaux de bord traditionnellement traduits chez Costa, TMR va plus loin en introduisant dans l'équipage des Français aux postes clés. Ce sera le cas du commandant, du directeur de croisière, du chef cuisinier, des maîtres d'hôtel et des personnels à la réception.
Des itinéraires et des thèmes
Paquet vise donc les croisières françaises de qualité et, comme on dit dans le métier, de « contenu ».Itinéraires, accueil, gastronomie, animations, conférences, excursions... Les nouvelles croisières Paquet, d'une durée de 12 ou 13 nuits, sont spécialement étudiées pour satisfaire un public exigent. A partir d'aujourd'hui et jusqu'au 20 mai, la traversée inaugurale, après avoir appareillé de Marseille, emmènera les voyageurs à Milazzo (Sicile), Venise (deux jours), Korcula, Dubrovnik, Corfou, Delphes, Olympie, Lipani et Bonifacio, avant de revenir à la cité phocéenne. Cette inaugurale sera l'occasion d'une grande fête musicale sur l'Adriatique. Seront présents à bord la diva Wilhelmenia Fernandez, fine fleur du classique français, ainsi que des choeurs et orchestre symphonique. Récitals, soirées Opéra, Chopin et Schumann, musique de chambre et concert Vivaldi dans une basilique vénitienne seront au menu de la croisière.
Placée sous le signe du « Jazz en mer », la seconde traversée se déroulera du 20 mai au 2 juin. L'Allegra embarquera des groupes qui reprendront les grands répertoires du jazz, les passagers pouvant également emmener leurs instruments pour participer à des « boeufs » avec les musiciens. Après avoir appareillé de Marseille, le navire réalisera le même itinéraire que pour la croisière inaugurale.
Dans une toute autre ambiance, l'Allegra partira du 2 au 16 juin pour la « Croisière de l'Opéra », avec notamment la présence à bord d'une diva. Le navire mettra le cap sur la mer Noire et franchira les détroits du Bosphore et des Dardanelles, avec des escales à Catane, Mykonos, Izmir, Istanbul, Constanza, Odessa, Yalta, Athènes, Olympie et Olbia. Cette splendide croisière aux frontières de l'Orient reprend le thème de prédilection des Croisières Paquet.La Traviata, la Flûte enchantée, la Belle Hélène, des récitals, des conférences et une soirée consacrée à La Callas, accompagneront la navigation.
Du 16 au 27 juin, la quatrième croisière sera placée sous le signe de la chanson française et célèbrera, durant la traversée, la Fête de la Musique. Sur fond de Brel, Piaf ou encore Trenet, les passagers partiront à la découverte d'Olbia, Malte, Kusadasi, Rhodes, Santorin, Mykonos, Taormine, Sorrente et Ajaccio, avant de revenir à Marseille. Après un retour chez Costa cet été, le navire reprendra son ambiance Paquet en septembre pour de nouvelles croisières vers Gibraltar, Malte, Tunis ou encore l'Egypte et la Terre Sainte. En tout, 7 voyages sont programmés du 14 septembre au 15 novembre.
Se démarquer de TAAJ
Le retour sur le devant de la scène des croisières Paquet sera, sans doute, une entreprise de longue haleine. « Au yeux du grand public, Paquet reste connue et jouit d'une notoriété passée comme d'une belle histoire. C'est une plus value en termes d'image mais, en termes de marketing, il faut voir que cela fait 10 ans que Paquet n'est plus exploitée. Il y a certes des nostalgiques, mais ce ne sont pas forcément des clients. Aujourd'hui, nos clients viennent avant tout pour TMR. Ce qu'il faut désormais, c'est faire revivre Paquet sur le long terme », souligne Jean-Maurice Ravon, qui estime qu'il faudra sans doute au moins trois ans pour réinstaller la marque dans sa version moderne. D'ores et déjà, TMR veut poursuivre l'aventure en 2011, mais l'opérateur cherche à affréter un autre navire que l'Allegra. Ce changement de bateau a, notamment, pour objectif de démarquer Paquet des croisières françaises que TAAJ commercialisera conjointement avec Costa l'an prochain, sur le Marina (le sistership de l'Allegra). Les deux navires étant identiques, TMR craint une confusion dans l'esprit des clients. « Les deux bateaux sont identiques et les croisières dans les deux cas sont 100% francophones. Or, ce n'est pas du tout le même produit. Contrairement à nous, TAAJ n'affrète pas complètement le navire, ce qui nous permet de proposer nos propres plateaux d'artistes, une gastronomie spécialement étudiées ou encore des personnels français, comme le commandant et le chef cuisinier. Nous ne voudrions pas que la confusions s'installe dans l'esprit des gens ».
Un accueil enthousiaste à Marseille
La renaissance de Paquet est, en tous cas, très bien vue à Marseille, où la compagnie a laissé une trace indélébile avec ses voyages en Méditerranée. Le premier port français mise, qui mise sur le développement de la croisière, voit d'un très bon oeil les 11 traversées commercialisées par TMR au départ de la cité phocéenne. Ces croisières vont, en effet, contribuer à la croissance de l'activité en 2010. « Paquet va représenter un apport non négligeable dans notre objectif d'atteindre 700.000 passagers cette année, avec 261 départs en tête de ligne », explique Jacques Truau. Pour le Président du Club de la Croisière de Marseille, le retour de Paquet est un moment important. « Dans les années 60, ce fut l'une des premières compagnies européennes à se lancer dans la croisière, avec une culture de grande qualité. Paquet a été présente sur Marseille pendant de nombreuses années. Il y avait un fichier de clientèle important en PACA, qui a été repris et maintenu par Jean-Maurice Ravon. Je suis certain que cette le retour des Croisières Paquet est appelé à rencontrer un grand succès, d'autant que TMR bénéficie d'une grande notoriété ». Après les Ancerville, Renaissance, Azur, Massalia et Mermoz, c'est donc à l'Allegra d'ouvrir une nouvelle page de l'histoire Paquet.

Boracay, sans dessus et sans dessous English translation pending
Le soleil se lève sur bohol.
Nous aussi, avec Marie et Yo', on se lève et, à la différence du soleil, on ne se couchera pas là.
On est pas omnicient, un endroit à la fois.
En ce matin contrairement à la veille, ce n'est pas moi qui m'occupe du réveil. Et d'une, je ne suis pas celui qui a sollicité cette escapade à Boracai, donc si on rate l'avion, ce n'est pas moi que ça va ennuyer le plus; et de deux, vu le retour de flammes que j'ai pris la veille avec mon réveil musical, je ne suis pas pr��s de me recreuser la tête pour qu'on émerge en musique. je me lève donc comme une fleur qui n'a comme responsabilité que celle de s'ouvrir en harmonie avec le soleil. Pas question que je me presse, je n'en fais qu'à ma tête de cochon.
En milieu de matinée, on prend un bateau de Bohol à Cebu City. A bord, le roulis fait qu'on est tous un peu comateux. Mais c'est sans conséquences hormis le fait qu'on puisse replonger dans le sommeil quelques temps. Le bateau est presque vide, ce serait presque gaché si on ne prenait pas nos aises. Marie profite de la climatisation à l'intérieur. Yo' et moi, on est à l'arrière à apprécier le vent, en tout cas le temps de s'endormir, alongé en travers de quatre sièges pour Yo', c'est plaisir! Puis, on arrive à Cebu. Le décor urbain et gris a remplacé la carte postale, comme lors de l'aller vers Bohol, la visite de Cebu City est une visite éclair, juste le temps de monter dans un taxi pour nous conduire à l'aéroport et le tour de la ville est joué. Cebu City ne s'est pas refaîte une beauté depuis 48h, ça ne nous fait pas plus d'arguments pour y salir nos semelles. On arrive à l'aéroport. Là, le jeu consiste en une nouvelle prise de tête de la versaillaise qui n'en est même pas une. Elle n'y est pas née, elle n'y a jamais vécu, mais ça ne m'étonnerait pas qu'elle soit sympathisante. Un peu tout le contraire de l'ami Sylvano qui est un versaillais de souche et qui fait tout pour s'en cacher. Pas étonnant qu'on ait des atomes crochus... Tous les avions en destination de Boracai n'autorise que dix kilos de bagages en soute. Si tu dépasses cette limite, on ne jète pas tes affaires par dessus bord mais on te rançonne de quelques euros ce qui reste anectodique du fait du prix dérisoire du billet d'avion. Et bien la Marie, ça l'emmerde cette situation. Ca l'emmerde à tel point qu'elle se lance dans l'empilement caractérisé du maximum de vêtements qu'elle peut porter sur ses larges épaules. Deux voire trois paires de chaussettes, au moins trois T-shirts, un short sous le pantalon, le remplacement de ses tongs par ses chaussures de marche, quelques foulards, un pull et le tour est joué. Pour un peu, elle pourrait jouer dans une pub pour Michelin! C'est d'autant plus intelligent qu'à l'extérieur il fait dans les 35°, bref... C'est comme ça qu'on va enregistrer nos bagages. Le couperet tombe. Mon gros sac fait un peu plus de quinze kilos, je suis bon pour payer la surtaxe. C'est pas grave, j'étais au courant bien à l'avance, pas de quoi pourrir mon voyage. Pour Yo', je ne me souviens plus de quel côté de la balance il se trouve mais, de tout état de cause, pas de quoi non plus lui faire perdre le sourire. Quant à Marie et sa stratégie de l'esquimau sous les tropiques, et bien ce n'est même pas suffisant!! C'était bien la peine!!! Elle doit aussi s'acquitter de quelque menue monnaie et elle, ça ne l'a fait pas marrer. Car maintenant son sac est parti rejoindre les soutes, elle n'a d'autre choix que de garder sur elle l'équipement pour supporter des températures négatives. Dommage Eliane!!
Dans l'avion, on se débrouille tous pour avoir un siège près d'un hublot. Il faut dire que j'ai fait un lobbying forcené auprès de mes camarades afin que chacun puisse en profiter pleinement. Les vols au dessus des Philippines ont ceci de particulier qu'il y a toujours quelque chose à se mettre sous la rétine. Des récifs de corail au montagnes et volcans menaçant, c'est toujours une explosion de couleurs au delà de tout soupçon qui prend en plus toute son ampleur quand on sait que comme on vole dans des avions à hélices, l'altitude en vol n'est jamais suffisamment élevée pour voir la terre comme un point. Et bien tout ça, ça ne suffit pas, pas à Yo'. A peine a-t-on décollé que le p'tit père me demande mon MP3 pour regarder un film. "Mais t'es pas bien? Le film il est là en bas et en technicolor!! Tu ne vas te coller devant un écran de dix centimètres de large alors que le hublot est au moins quatre fois plus grand? Si?" Et bien si. Ce sera à moi de lui dire quand il faut regarder. C'est pas bien grave et ça me fait plaisir de pouvoir satisfaire aux désirs de mon pote, mais quand même, voler au dessus d'un archipel de 7000 îles, c'est quand même pas tous les jours!!! Sacré Yo'!! Je n'irais pas dire qu'avec la Marie ils font la paire mais là-dessus, ça ressemble à un truc qu'elle aurait très bien pû faire. Méfiance... Pendant ce temps, les montagnes nous défient, les rivières se jètent dans la mer, les îles désertent. Comme ça pendant une heure à l'issue de laquelle, le capitaine prend la parole, Boracai est juste en dessous. Ca nous donne l'occasion de découvrir vue du ciel ce qui sera notre nouveau lieu de villégiature. De là haut, l'île est minuscule, droite comme un "i" et ourlée de plages dont on devine que le sable ne blesse pas la voute plantaire. On peut voir également que Boracai est loin d'être une île abandonnée vue le nombre de constructions qu'elle abrite. Mais ça, on le savait avant de venir ce qui devrait atténuer le choc, Boracai, malgé sa taille liliputienne, est la première destination balnéaire des Philippines.
A la sortie de l'avion, on s'en rend très vite compte. Une armée de tricycle attend le passager aérien. On est pas les premiers, pas des explorateurs. On prend le premier qui se présente. Pas la peine pour le chauffeur de nous demander où on va, c'est ici pour tout le monde pareil. Il faut d'abord faire trois minutes de route pour rejoindre une jetée. De là, il faut embarquer sur un bateau et traverser le court bras de mer qui séparent Boracai de Panay, sa voisine bien plus étendue sur laquelle on a atterri. Ca prend au total une demie heure à tout casser.
On est maintenant à Boracai et ne reste plus qu'à savoir où descendre. Il faut dire que je frémis encore en repensant à l'arrivée à Bohol et à la blague comme quoi il faut deux heures montre en main pour trouver un hotel. Que diantre, si ça se reproduit, je me fais hara-kiri, c'est une promesse!! Mais aujourd'hui pas la peine d'en arriver là, Marie s'est faite laisser dire qu'il y a un chouette hotel dans le coin par quelqu'un qu'elle a croisé un peu avant nous, et comme elle a les coordonnées, c'est sans mal que le chauffeur d'un nouveau tricycle nous y conduit. A l'arrivée, on est quand même en pleins doutes. C'est propre mais c'est cher, même pour bibi. On ne sait pas encore que Boracai est aussi l'île la plus chère du pays. Plus de touristes, plus de pépettes! On est donc là avec Yo' à se demander ce qu'on fait. Marie, de son côté, part visiter le dortoir réservé aux filles et quand elle revient, elle a déjà décidé, elle y reste!! Elle qui nous avait fait un sketch à Bohol, elle qui nous a trainé à Boracai, elle traine dans la boue ce qui fait du voyage un sport collectif!! Mais soit. Si tu veux n'en faire qu'à ta tronche, c'est ton choix, prends la chambre et fous nous la paix!! La demoiselle disparait. Avec Yo', on est perplexe. Non pas à cause de Marie mais sur ce qu'on fait. Rester? Partir? C'est alors que la patronne de la GH nous fait, comme le Parrain, une proposition qu'on ne peut pas refuser, un tarif bien en accord avec nos accoutrements bohèmes loin de la versaillaise. Comme un poisson affamé, on est ferré. C'est aussi là qu'on pose nos sacs à condition pour nous de ne pas révèler à qui que ce soit, et notamment à Marie, les termes de notre union tarifaire. C'est donc dans un sourire complice avec la patronne qu'on scelle l'accord. Avec Yo', on prend nos quartiers dans un des dortoirs pour nous, les hommes, et on s'en félicite. Il faut dire que c'est un dortoit avec quatre lits et quatre ventilateurs dans lequel on est pour l'instant tous seuls, ça nous fait de la place à revendre ce qui, pour le prix, est pas loin d'être inconcevable. En plus, il y a le Wifi ce qui n'est pour déplaire à personne à commencer par Yo' qui se fait une petite scéance internet. Moi, internet, ce sera pour plus tard, j'ai quand même envie de voir la plage qui fait la fierté et qui trone en première page de tous les catalogues touristiques des Philippines. Et même s'il fait déjà nuit, c'est pas bien grave, ça me donnera toujours de quoi méditer avant la journée ensoleillé de demain. Je pars en séquence découverte. Notre GH est séparée de la plage de quelques dizaines de mètres. Le chemin qu'il faut emprunter est sombre et exigu. C'est à l'inverse total de ce qui ce passe de l'autre côté, côté sable. Là, c'est l'hallu'. Pour se retrouver les pieds dans l'eau, il faut d'abord traverser un chemin sablonneux éclairé comme à Las Vegas. Ce chemin longe la plage et est une enfilade de bars, de restaurants, d'hotels, d'épiceries, de centres de plongée, de magasins de souvenirs, de stands de massages et de tatouages, tout pour contenter un touriste plagiste lambda. Ca fait un peu peur la première fois!! Puis, il faut aussi traverser tous les bars et restaurants qui ont un emplacement sur le sable. Au milieu des tables, des chaises longues, des palmiers, il faut se frayer un chemin, pas chose facile! Ca pourrait aussi être effrayant mais je remarque une chose qui me flatte dans le sens du poil : tous ces établissements ont un doux parfum relaxant, ça boit sur des tables basses assis sur le sable ou sur de longues chaises confortables ou encore mieux sur des poufs géants, ça dîne sous les palmiers, le tout avec des éclairages tamisés qui ne gachent rien. L'ambiance de l'île n'a rien d'Ibiza. Ca a beau, certes, être très fréquenté, mais comme il n'y a pas un batiment qui dépasse la hauteur des arbres, tout reste à échelle humaine. Et puis enfin, quand on a dépassé tout le rideau de débit de boissons et de nourriture, on y est, White Sand Beach est là, immense, comptable en kilomètres. C'est facile à voir, même de nuit, les établissements se suivent à perte de vue derrière les palmiers. Sans aller jusqu'au bout car, à un moment, il va falloir que je rentre chercher Yo', je me lance dans une petite marche le long de la grande bleu en anticipant le fait qu'elle soit turquoise. Une heure tout au plus, puis je retourne à la maison. Là, je récupère Yo' au passage et comme on est pas des chiens, on va voir Marie pour savoir si elle veut se joindre à nous. Et bien non! En définitive, la pauvre ne se sent pas très bien et préfère passer la soirée dans son dortoir. Qu'à celà ne tienne, c'est pas plus gênant que ça pour ne pas dire autre chose. D'ailleurs, en retournant à la plage avec le Yo', je commence à m'épancher sur le fait que plus le temps fait son oeuvre et plus Marie et moi, c'est loin de faire deux et que j'en suis désolé car je suis persuadé que elle et lui, c'est une amitié forte qui les lie. Et bien patatra!!! Yo' me fait la même révélation!!! De la Marie, lui aussi il en a plus qu'assez!! Résultat, on part dans un rire complice, ravis de voir que l'un et l'autre, on est sur la même longueur d'onde, partis pour une soirée où qui se ressemble s'assemble.
Après que Yohann est à son tour jaugé la plage, il est grand temps de festoyer et de rire encore de qui vous devinez. On sait, on est vraiment des sales gosses. Les pieds dans le sable, les assiettes s'additionnent. L'addition, s'il vous plait. Plus loin sur la plage, il y a un spectacle de feu qui bat son plein. Ca tournoie dans tous les sens, les accrobates ont du talent. Personnellement des "fire shows", j'en ai déjà vu quelques uns depuis que je suis en errance autour du monde, mais pour le Yo', c'est la première fois. Il convient donc de s'en ravir. Il doit y avoir six ou sept danseurs, quelques garçons, quelques filles. Tous les deux, on commence à s'assoir sur le sable afin d'être aux premières loges. Puis comme la soirée bat son plein, on convient qu'il serait de bon aloi de s'assoir en terrasse, toujours sur le sable, du bar devant lequel les artistes s'expriment. Un cocktail chacun, pas de mal à se faire du bien. Autour de nous, il y a quelques touristes, tous philippins, on est donc les seuls blancos. Je dis ça avec le sourire car Yo' est un type tout ce qu'il y a de plus métissé. Il a des origines de partout à travers le globe, n'a rien d'un Jean-Pierre, ce qui fait que blanco ne s'applique que parce que c'est un parigo au milieu des philippins. Le spectacle se poursuit. Plus ça va et plus on sympathise avec les manieurs de feu. Ils sont tous vraiment bon esprit et à chaque fois maintenant que l'un en finit pour un temps avec son numéro, il vient s'assoir à notre table. J'ai rarement vu meilleur comité d'accueuil, comité qui reste même avec nous une fois le spectacle complêtement achevé. Les verres s'enchainent dans une ambiance tropicale. Parfois on les fait rire, parfois il nous font rire, mais le plus souvent on rigole tous ensemble. En fait, le feeling passe tellement bien qu'ils nous proposent de les accompagner pour la suite de leur soirée. Ils ont fini de travailler, place à la détente.
La détente pour les philippins à Boracai, en tout cas pour ceux avec qui on délire ce soir, c'est d'aller voir un concours de beauté. Rasoir me direz vous. Et vous auriez raison s'il ne s'agissait d'un concours un peu plus particulier que ce que j'avais en tête : ce soir, on note les travestis. Le concours se déroule dans un immense espace qui tient autant du bar que de la salle de spectacle. Au centre se dresse une large scène sur laquelle les "concurrentes" défilent et les "maîtresses" de cérémonie tantôt détendent l'atmosphère, tantôt l'enflamment. Ces hotesses, qui ont apparemment fêtées leur vingtième printemps voilà belle lurette, sont les diablesses en chef de la soirée. Elles ne connaissent aucune limite. Elles enchainent les blagues "de très bon gout" tout au long du spectacle en en rajoutant parfois, mimant l'acte préliminaire ou sexuel avec tout ce qui leur tombe sous la main : un aspirateur, un extincteur. C'est pas très distingué mais en tout cas, c'est illarant! Les candidates, elles, sont au nombre de trois. La première a carrément l'air d'une professionnelle. Elle concilie la vulgarité avec le fait qu'on ne peut pas s'y tromper, c'est un bonhomme avec une pomme d'Adam et tout et tout. Quelle élégance, quelle "grasse"!! La deuxième semble tout droit tombée du nid. Elle est extrèmement timide ce qui en fait une cible de choix pour les présentatrices incendiaires, et semble tout juste majeure. La troisième, c'est là que ça se complique, est un canon de beauté. Grande, fine, des jambes interminables posées sur un sourire étincelant et ravageur. Nuls doutes que c'est elle qui va gagner. Bien plus de doute, en revanche, sur le fait que c'est, pas c'était, un homme. C'est là tout l'objet du concours. C'est un coup à remettre en question tout ce que vous savez de l'homme et de la femme!! Une fois les présentations faites, le concours débute réellement. Premier défilé, première tenue, de petites jupettes aguichantes. Dans la salle, intégralement peuplée de locaux à l'exception, encore une fois, de Yo' et moi, ça rit, ça applaudit, ça vit. A notre table, ça vit aussi, tellement que Yo' est en train d'enlasser sa voisine Septer, manipulatrice de batons enflammés sur la plage, enlasser voire embrasser goulument avant même la deuxième acte. De mon côté, j'ai aussi une voisine, Micky (Mickaela) et celle-ci est également du genre plutôt entreprenante. Sa main ne cesse de toucher la mienne, et après quelques temps nos doigts se mélangent. Difficile de résister, la gamine est trop sexy, trop sympa, et puis c'est une danseuse depuis huit ans. Une danseuse... Deuxième défilé, deuxième tenue, c'est l'heure des maillots de bain une pièce. Yo' est toujours parti dans un numéro d'échanges culturels façon bouche contre bouche. Moi, j'entame les dernières paroles avant de moi aussi passer à table. Rien de tel que quelques mots bien sentis pour encore faire monter la température. Troisième défilé, troisième tenue, toujours annoncés par les maîtresses de cérémonie avec une grande pudeur (est-ce que vous voulez en voir plus? J'entends rien!!) : les maillots de bains deux pièces larges comme Dédé à coudre. Pour Yo', on maintient le cap. Pour moi, je me lance enfin dans la farandole des langues non sans avoir dit à ma compagnonne pas nonne : "Mais j'suis timide..."
A la fin du spectacle, le jury a rendu son verdict. Etrangement, on a le droit à une égalité, certes le canon a gagné mais il doit aussi partager sa courrone de roi-reine de beauté avec la candidate numéro un. C'est à n'y rien comprendre. Entre Yo' et moi, c'est aussi un ae-xequo. Chacun part bras dessus bras dessous avec sa cavalière. Et la soirée ne fait que commencer. Il a beau être déjà une heure du matin, on est encore convié à une fête d'anniversaire qui n'a pas encore commencée et qui devrait se tenir sur le toit d'un bar restaurant du bord de plage. Y'a pire. En fait, c'est un copain de Micky qui travaille là qu'on va célèbrer. Le temps qu'il ferme la boutique et le toit est à nous. En attendant, tout le monde est sur la plage à faire ce qu'il a à faire. Je passe l'heure qui suit à être collé bouche contre bouche avec ma mignonne. Tout se déroule parfaitement bien sauf que pendant qu'elle m'embrasse, la môme n'arrête pas de m'aspirer la lèvre à m'en faire mal. Je ne comprends rien et me vois obliger de lui demander ce que c'est que cette nouvelle mode qui fait que tout le monde va vite se retrouver avec des lèvres gonflées de sang à la manière d'un suçon. Jusqu'à preuve du contraire (je vous attends les filles, prouvez moi le contraire), on ne fait pas ça en France! - "Attends mais tu ne sais pas embrasser ou quoi?!? Tout le monde fait ça ici!! - Moi, pas savoir embrasser? C'est pourtant une de mes occupations préférées quand je peux et personne ne s'en est jamais plaint, bien au contraire!! Et puis, je ne sais peut-être pas embrasser comme un philippin soit, mais si on appelle un french kiss un french kiss, ça ne peut pas m'être étranger, ça fait même partie de mon patrimoine génétique. En plus, habitant à Paris, ville parmi les villes les plus romantiques au monde, c'est peut-être toi qui devrait faire un stage!! Elle a réveillé la bête, comment veux-tu que je réagisses? Notre première dispute, bref feu de paille vite soufflé dans un nouveau baiser au clair de lune avec la mer pour témoin. Comment aurait-il pû en être autrement?
On aurait pû continuer comme ça jusqu'au petit matin mais la soirée avance au rythme où les copains-copines commencent à monter sur la terrasse du bar. Il doit être pas loin de 3h du matin et la fête d'anniversaire commence, on est reçu comme des membres de la famille. Il y a de la nourriture à profusion, de la boisson en caisses et des rires, beaucoup de rires. Apparemment, on est pas les seuls à avoir pris de l'avance. Yo' est là avec Septer mais peu après le début, je les vois qui s'éclipsent, les coquins... Yo' va enfin pouvoir passer à l'action, lui qui me dit depuis une semaine qu'il est en rût. Nous, avec Mickaela, c'est l'un contre l'autre que la soirée défile. Les rares moments où ça s'interrompt, c'est pour participer à des jeux à boire avec tous ceux qui nous entourent. Ca se passe selon un principe simple : chacun prend une bouteille de bière pleine, la descend aussi vite que possible et si tu es le premier à en venir à bout, tu as gagné, tu as le droit d'embrasser qui tu veux. Etrange rituel. Bien évidemment, moi, j'ai perdu. Et d'une je ne suis pas un buveur de bière et de deux, je suis connu pour être un coureur de fond et non un sprinter. En plus, j'ai déjà une cavalière, pas besoin d'en avoir davantage.
Pour Yo', ça aurait pû être la même. Il aurait pû s'en tenir là. Mais non, il a choisi de franchir la ligne. Apparemment mal lui en a pris. Quand il revient à la soirée, il fait vraiment une petite mine, comme s'il était passé sous une échelle un vendredi 13 attaché à un chat noir. Il a pourtant eu ce qu'il a voulu, je n'y comprends rien. En fait, c'est tout simple. Je me souviens quand lors du concours de beauté, j'étais resté abassourdi par le fait que parfois il est réellement impossible de savoir ce qui ce cache sous les jupes des filles. Pour Yo', c'est la même chose, abassourdi. Et blême. Et désabusé... Même s'il n'a pas été jusqu'au bout des investigations qu'il aurait été sage de mener, il en est sûr, Septer c'est pas une biche. Il est donc maintenant qu'il sait, impossible pour lui de se trouver ne serait-ce qu'à distance respectable du bichon. Déjà sur le même toit, c'est un tour de force. Il est amer et c'est rien de le dire. Pour un peu, il est blanco. Il est même tellement énervé qu'il essaye de me convaincre que Micky n'est pas non plus ce qu'elle dit qu'elle est. Le doute est alors de mise. Quoi faire? Douloureuse question... Je jète un coup d'oeil à ma chère et évalue. Mais non, je reste convaincu du bien-fondé de ma relation restée au dessus du niveau de la ceinture. Je vous engage d'ailleurs à évaluer par vous même son profil sur facebook dans la liste de mes ami(e)s.
La soirée se termine ainsi. Le soleil va se lever dans peu de temps. La lumière commence à remplir la plage que l'on peut commencer à admirer depuis le toit du bar. Tout le monde est fatigué ou tendu ou les deux, il est temps de rentrer reprendre des forces en attendant d'y voir vraiment clair. Je raccompagne Micky jusqu'à la porte de son hotel main dans la main. Yo' est aussi là ainsi que Prosper sans contact physique. Je dis "à demain", Yo' pense "adieu". L'avenir nous le dira.
Le réveil de 13h est douloureux. Douloureux à cause du mal au crane qu'a laissé cette soirée alcoolisée pour tous les deux, douloureux à cause de l'amertume dont Yo' est encore rempli. Moi, je suis toujours quelque part entre doute et certitude. D'une part, j'essaye de me convaincre que Mickaela n'est pas Mickael, d'autre part, c'est impossible vu ce que vit mon Yo' sans l'avoir senti venir. Mais plus ça va et plus je pense être dans le vrai, dès le réveil, je me connecte à facebook et découvre l'invitation de ma belle. C'est l'occasion de voir son profil ainsi que les photos qui l'illustrent. C'est bien la même personne que j'ai "fréquenté" hier, pas de moustache, pas de barbe, pas de pomme d'Adam, on est bon!!! Je peux donc aller sur la plage l'esprit léger. Là, comme on est en pleine heure de pointe, on peut réellement appréhender la plage. Elle est à deux visages. Le premier est coloré comme un arc en ciel menant au paradis. Le sable est d'une blancheur incroyable, blancheur qui se fond du vert au bleu à mesure que l'on s'enfonce vers les profondeurs de la mer qui est à faire rêver quand on travaille encore à la caisse de la Bank of Tokyo et qu'on a comme seul horizon trois épaisseurs de plexiglass qui vous séparent de murs marrons éclairés aux néons. Les palmiers sont une douce enfilade à perte de vue, comme pour faire de l'endroit le stéréotype parfait de la plage de rêve. Le second cependant est le côté obscur. La couleur prédominante y est le noir, comme dans "noir de monde", à trop additionner les couleurs voilà ce qu'on récolte. A l'heure où on débarque, c'est la marée haute. L'eau remonte loin sur la rive et les quelques mètres de large qui restent au sec sont eux noyés sous un flot de touristes alanguis au soleil, de jetskis près à être louer, de capitaines de bateaux près à vous emmener pour une heure ou une journée faire le tour des îles alentours, de vendeurs en tous genres. Quel côté choisir? Pas difficile de répondre. Comme d'habitude, le côté clair a ma préférence. Nous aussi donc, on lézarde au soleil. Nous aussi, on barbotte comme des idiots. Nous aussi, on s'extasie. C'est notre vrai premier jour, on ne va pas se priver et ce jusqu'au coucher de soleil qui innonde la plage d'une lumière magnifique, un régal! C'est ensuite l'heure de penser à manger. Mais avant cela, il faut qu'on repasse à la GH pour se changer et qu'éventuellement on s'enquiert du sort de Marie dont c'est déjà le dernier soir à Boracai. Quand on revient, elle est là à nous attendre, c'est charmant. Avec Yo', on est acculé dans un coin, on ne peut rien faire d'autre que d'accepter de dîner en tête à tête à tête à tête. Quatre têtes au total car Marie s'est faite une potesse qui partage son dortoir et elle vient aussi avec nous croiser le fer de nos fourchettes. Aucun problème particulier enfin pour le moment car Yo' est très préoccupé. La soirée d'hier a laissé de telles traces qu'il a dors et déjà été conclu qu'on ne l'évoque sous aucun prétexte, quel qu'il soit, même en cas de danger de mort. Et pour que cette mission discrétion se présente sous les meilleurs hospices, il faut absolument que quand on rejoint la plage, on n'aille pas vers la droite, c'est à dire vers l'endroit où se tenait le fire show la veille. Il va donc falloir trouver un prétexte. C'est pas compliqué. A peine débarqués sur le sable, Yo' et moi menons le bal, on tourne les talons vers la direction souhaitée. Mais Marie, qui ne l'entend pas de cette oreille, a bien envie d'y aller à droite. Yo' se lance alors dans un plaidoyé : - "Attends on ne va pas encore aller par là! Avec Brice, hier soir, on a déjà écumé tous les bars se trouvant dans cette direction et d'après ce qu'on peut t'en dire, c'était pas top. Ce soir, on aimerait bien aller de l'autre côté pour changer et c'est pas négociable!!" Bien joué le professionnel du camouflage de preuve!! Il ne leur a laissées aucunes options, c'est ce qu'on appelle un champion. On file donc vers la gauche jusqu'à un restaurant mongol, sans doute perdu sur la route d'Oulan Bator... Mais passons... Comme c'est la dernière de Marie, tout se passe au mieux, les sourires sont de mise, et Prosper est invisible. Ca devrait soulager Yo' mais le pauvre ne peut se défaire de l'idée que s'il la croise, c'est l'univers tout entier qui va imploser. A chaque fois qu'il a un moment loin de la présence féminine, il ne cesse de me répéter qu'il faut qu'il rentre, que ce soir, c'est pas son soir. Jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, mais l'important c'est pas la chute, c'est l'atterrissage... Ainsi, c'est alors qu'on est presque encore en train de macher que Yo' réclame l'addition et rentre à la maison se mettre à l'abri pour de bon. Pas un dernier verre, rien. C'est le premier à faire ses adieux à Marie. Moi, je n'ai pas d'alibi valable et comme en plus, je passe une bonne soirée, je préfère rester avec les miss pour un dernier verre de l'amitié. Un verre pas plus. Je suis aidé en cela par le fait que, alors qu'on est attablé, Marie repère dans la foule un ancien camarade d'unversité. Ca y est, j'ai aussi mon alibi, je les laisse rattraper le temps perdu et m'éclipse discrètement. Il est alors autour de 23h. De l'autre côté de la plage, le fire show bat son plein, je vais tenter de revoir ma môme. Mais quand j'y arrive, tous les artistes sont là sauf celle qui évidemment m'intéresse. Tant pis, on verra bien demain.
Demain donc, qui est maintenant aujourd'hui, est un nouvel hymne à Epicure. C'est pour nous, les deux parisiens qui restent, une nouvelle journée à se faire sauter la ceinture en tout bien tout honneur et à apprécier la vie de chateau de sable. C'est le premier jour sans Marie qui a quand même pris la peine de nous réveiller, bien trop tôt, pour nous saluer. Pour notre petit binome, c'est à nouveau des jours où on a plus rien à cacher qui s'annoncent, il n'y a plus de problèmes de secrets à entretenir, seulement l'éclate, l'éclate et encore l'éclate. Le soir venu, comme on est libéré du fardeau, on peut donc retourner tous les deux au fire show sans qu'il y ait de malaises. L'erreur est consommée, les souvenirs consumés. Et Micky est toujours absente. Quand je demande à Prosper (NDLR : j'écris Prosper et pas Septer car je ne me souviens jamais de son prénom. La seule chose que je sais, c'est que ça rime avec Prosper, alors ça marche et Yo' sait de qui je parle sans que j'ai besoin de préciser "le type qui avait ta langue dans sa bouche"; c'est éminemment plus diplomatique) où elle est, il me répond que Micky est partie sur Panay, son île natale qui est la grande en face de Boracai. Elle est malade et sa mère a insisté pour qu'elle aille à l'hopital. L'avant-veille, je m'en étais déjà rendu compte sans que ça me repousse, la petite couvait un sérieux rhume et était toute chaude même sans que j'y mettes du mien. Elle est partie, tant pis, peut-être sera-t-elle de retour avant que moi aussi, j'en vienne à lever le camp, on verra bien. Résultat, je suis bredouille. Prosper l'a bien compris et essaye maintenant de me faire du gringue. Sans succès, j'en rigole encore. Le type ne doute vraiment de rien et voyant que Yo' était maintenant plus que détaché, il tente encore sa chance. Deux p'tits français dans la même semaine, c'est sans doute inespéré pour le pauvre Prosper! Pauvre de ma solitude mais riche de cette journée sous le soleil, à croire qu'on ne peut pas tout avoir, on reste quand même regarder le spectacle orchestré par nos nouveaux potes. Mais l'ambiance n'y est plus... Même malgré un nouveau verre, il n'y a pas à dire, c'est retombé. C'est ainsi qu'il est minuit quand on rentre. On est toujours les seuls dans notre dortoir de quatre lits et quatre ventilateurs. Le premier est un détail, le deuxième salvateur.
Quand le soleil se relève inexorablement, c'est maintenant notre quatrième jour à Boracai. La plage principale, White Sand Beach, on peut dire qu'on en a soupé, il est grand temps d'aller se baigner ailleurs. On convient donc d'aller explorer l'autre côté de l'île, ça devrait nous faire une chouette ballade. On s'équipe donc pour passer une journée dehors en prenant tout ce qui peut être vital quand on ne sait même pas combien de temps ça risque de nous prendre. Or, en un quart d'heure montre en main, le tour est joué, l'autre rive est conquise. Là, il n'y a pas l'ombre d'un bar, pas une serviette sur la plage, rien mise à part quelques enfants qui jouent. Comment est-ce possible? Comment croire que nous ne sommes qu'à quelques encablures des hordes de corps huilés de crème solaire vendue à des prix prohibitifs dans des superettes peu scrupuleuses? C'est franchement inconcevable ce qui, au bout du compte, décuple notre bonheur d'avoir redécouvert la tranquilité. On peut donc se mettre à l'eau sans crainte de se voir heurter par un jetski, et en plus, il n'y a même pas d'oursins!! Si c'est pas malheureux... Et comme si ça ne suffisait pas, dès qu'on commence à s'immerger, les enfants viennent nous rejoindre pleins de curiosité. Là commence vraiment la partie de plaisir. Avec Yo', on fait tout ce qu'on peut imaginer pour les distraire. On plonge dans l'eau depuis le pont des bateaux qui sont amarrés là et les enfants font de même. On les fait monter sur nos épaules pour ensuite les jeter le plus haut possible. C'est tout le panel de comment distraire un enfant qui y passe. En plus, si ça les distrait, ça nous distrait aussi, tout le monde est gagnant! Ca dure comme ça plus d'une heure si bien qu'à la fin, je suis usé. Les enfants, eux, ils n'en ont que faire. Ils ont à leur disposition un clown qui fait aussi catapulte et ils n'ont jamais envie que ça se termine. Moi si. Les gamins m'a tuer. Jusqu'au retour sur le sable, j'ai beau leur dire qu'il faut que je fasses une pause sous peine de syncope, ils s'aggripent à tout ce qu'ils peuvent pour me faire rester dans l'eau. J'en ai à peu près trois par bras, deux par jambes, et cinq ou six qui s'accrochent à mon cou à la limite de m'étrangler. Increvables les gamins, bon courage aux parents d'octuplés!!! Mais ça reste la fête quand même, le soleil brille et il y a des sourires partout où je regarde. Ca compense largement le fait que je sois un vieil homme repu. D'autant qu'en plus, liberté chérie, je te prends comme tu es, avec Yo', on décide d'un retour à la GH pour satisfaire à une sieste réparatrice. Pendant trois heures!!! Quinze gamins, trois heures, il fallait bien ça. Au réveil, c'est exactement le moment du coucher de soleil. Yo' est trop crevé pour m'y accompagner, c'est en solitaire que je vais apprécier le spectacle. Magique. Le mot n'est pas trop fort. Et une fois fini, comme j'ai encore du temps avant de retrouver mon double, je ne crache pas dans la soupe et à la place, me fais faire un massage d'une heure. Un coucher de soleil, un massage, il y a des fois où on fait bien de se lever!!
La soirée qui suit n'est pas violente. On est encore sous le coup d'avoir été broyés par une armée de shtroumpfs. C'est donc par une petite promenade tranquille le long de la plage qu'on finit la journée. Le tout est de garder les forces qui nous restent, demain on a prévu de louer des vélos et, étant donnée la chaleur qu'il fait, on va en avoir besoin, pas la peine de les gaspiller. On sait aussi qu'aujourd'hui, jour de fête, c'est l'anniversaire de Prosper, et ça ne fait pas franchement envie!!!
Après donc une bonne nuit réparatrice, on concentre tout ce qu'on a d'énergie et on se lance à l'assault de Boracai, cette fois dans le sens de la longueur. Pour l'orgueuil c'est mieux, le sens de la largeur en vélo ne nous aurait valu que trois minutes de pédalage. Notre itinéraire suit la seule route de l'île. On aurait pû avoir le choix en passant par la plage en faisant fi du fait que c'est soi disant interdit, mais comme la marée est haute, c'est vite vu. Il n'y a déjà pas beaucoup de place pour prendre ses aises quand on est un piéton alors je vous dis pas quand on est un cycliste!! C'est un coup à ramasser une poignée d'allemands dans ses rayons!!! C'est ainsi parti sur la route walonnée. Eu égard à ma grande expérience cycliste dans les rues parisiennes, ça ne devrait être qu'une partie de plaisir. Mais dès les premiers coups de pédales passés, j'ouvre les vannes, c'est les grandes eaux qui reviennent, je coule à robinet ouvert. Toute la chaussée est offerte au soleil brulant et moi en dessous, j'en bave, j'en coule. Les descentes ont beau apporté leur lot de vent dans le visage, ce n'est jamais suffisamment long ou suffisamment frais pour que ça m'octroie un quelconque effet bénéfique. Qui plus est, on a beau savoir que ce serait au programme du jour depuis la veille, on a pas été fichu de s'acheter de grandes bouteilles d'eau pour étancher ce qui peut encore l'être. Mon royaume pour une bouteille d'eau, voilà tout ce à quoi je pense. La mer, la plage, les palmiers ne sont plus une carte postale, c'est juste le décor de mon agonie.
Puis, après avoir déjà perdu trois kilos, on peut enfin laisser reposer nos montures. On est arrivé à notre première étape, Kuta Beach. En un éclair, on est dans l'eau, plus dans la sueur, merveilleuse sensation de fraicheur. Il y a là quelques touristes philippins qui s'amusent dans les petites vagues. Ils sont déjà loins quand on pense qu'il est temps de partir se chercher une boisson fraiche. On sait que dès qu'on va quitter les eaux translucides, le soleil va encore nous faire mijoter à feu vif. Dure réalité. Pas si dure quand on sait qu'on a que la plage à traverser pour s'offrir l'objet de nos désirs mais dure quand même. Une fois dans le bar, c'est au litre qu'on descend les consommations. C'est comme une récompense, comme la bouteille de champagne offerte aux vainqueurs d'étape. C'est sucré, frais à s'en bruler la gorge, c'est plaisir! Mais, comme on habite pas là et que l'odyssée cycliste n'en est encore qu'à son presque commencement, il faut se remettre le pied à l'étrier, refaire monter la pression dans cette cocotte minute qu'est mon enveloppe charnelle. De nouvelles montées, de nouvelles descentes, puis sur le bas-côté un panneau écrit à la main qui indique "Bat Cave", la grotte aux chauves-souris. Une grotte? super! D'autant que ça doit être à l'abri de la chaleur, c'est exactement ce qu'il nous faut. Seulement, pour aller à la Bat Cave, il faut encore quitter la route principale et s'aventurer loin de l'asphalte sur des chemins plus prévus pour des zébus que pour les frèles pneus sensés nous porter jusque là. Mais soit, puisqu'il faut en passer par là, qu'il en soit ainsi! S'il faut faire hurler à la mort nos engins, qu'ils hurlent donc, là-bas devant, il fait frais et c'est tout ce qui compte! Au bord du chemin sur lequel on se démène maintenant, on croise deux locaux qui paressent à l'ombre. On se dit bonjour comme c'est la coutume et les deux types se proposent d'être nos guides en précisant bien que c'est nécessaire si on veut d'une part trouver la grotte et d'autre part en sortir vivant. J'exagère un poil mais c'est la dramaturgie qui veut ça... Nous, en bonne tête de bois, on ne nous la fait pas. Un guide obligatoire? Tu ne serais pas en train de nous la faire à l'envers? Regarde nous donc partir pour voir un peu si c'est obligatoire!! De toute façon, sur le chemin, il y a toujours d'autres locaux à qui on peut demander notre route si vraiment on est perdu; et puis comme il n'y a qu'une seule direction possible, c'est pas encore aujourd'hui qu'on va se perdre! D'ailleurs, on finit par trouver comme des grands le petit sentier qui mène à la grotte en taillant à travers la forêt. Il faut laisser là les vélos, non sans avoir donner au préalable à un gamin quelques roupies comme pour s'acquitter d'un ticket de parking. C'est pas bien méchant, de toutes façons, on est arrivé, je sens la fraicheur à portée de tir.
On est à pieds. La forêt devant nous est dense au possible et le sentier y serpente dans une nouvelle montée. Tout autour, les cris d'animaux plus bizarres les uns que les autres contribuent à créer une ambiance aventureuse. Il n'y avait pas d'autres vélos sur le "parking", pas de voitures, rien. Il n'y a qu'un pas à dire qu'on est seuls au monde. Après quelques minutes à enjamber les arbres, à chasser les moustiques trop collant, on y est, la bouche de la grotte est grande ouverte devant mes yeux un brin inquiets. L'atmosphère est lourde et chargée d'humidité. Pour entrer dans la grotte, c'est déjà tout un numéro d'équilibriste. Les rochers glissants jonchent le sol, il faut les escalader un à un pour appréhender ce qui nous attend à l'intérieur. Et à l'intérieur justement, c'est toujours le même chaos minéral sauf que cette fois, ça ne descend plus en pente douce mais en presque vertical, les rochers ne sont plus petits et humides, ils sont énormes et mouillés, la lumière très vite s'estompe pour laisser la place à ce qui pourrait très bien être un puit sans fond vers les portes de l'enfer. C'est donc clair et net, je suis inquiet. J'en fais part à Mr Yo'. Lui, compréhensif en écoutant mes doutes devant le peut-être Everest qu'il nous faut descendre pour mener à bien notre aventure, propose de reprendre le chemin qui poursuivait encore sa course jusqu'un peu plus haut dans la montagne. Merci de proposer un plan B! Qu'on aille donc voir!! En effet, il avait raison, ça poursuit plus haut jusqu'à une seconde entrée. Là, même si c'est toujours un peu casse-croutes, c'est quand même un peu plus accessible. On se jète donc dans la gueule du monstre. Prenant bien garde de ne pas glisser, on descend petit à petit jusqu'à atteindre le bout du tunnel. De là, on voit encore l'entrée, ça n'était pas si profond que ça. Mais, d'un autre côté, il faut se rendre à l'évidence, cette grotte n'est pas la Bat Cave, c'est la P'tite Cave et c'est tout! Pas l'ombre d'une chauve-souris, pas d'odeurs de fientes, c'est pas bon, c'était l'autre, et merde... Personnellement, la vue de la première cave n'a laissé qu'une trace indélébile en forme de sens interdit. Je ne le sens pas, pas du tout même. Quand on repasse devant la première entrée, je sais que ce n'est pas pour moi, pas aujourd'hui. Mais Yo', lui, il est motivé pour deux. Ca ne lui fait pas peur, ou en tout cas pas plus que ça. Il décide donc de partir en solo, moi en lui ayant bien précisé qu'il était indispensable qu'on reste au moins en contact sonore. Si par malheur quelque chose arrivait, que je l'entendes au moins crier pourrait faire la différence. Il s'élance. Petit à petit il s'enfonce. Il s'enfonce tellement qu'après peu de temps, je n'arrive plus à le voir, caché qu'il est derrière les rochers qu'il descend avec prudence. Seule sa voix est toujours là, jusque là tout roule même si ce n'est pas une partie de plaisir. Il descend jusqu'au point où on ne voit plus assez pour progresser. C'est qu'en bons touristes, comme j'en ai maintenant l'habitude chaque fois que je finis dans une grotte, personne n'a anticipé qu'il serait de bon ton de partir avec une lampe de poche. Il est obligé de rebrousser chemin, c'est déjà suffisamment téméraire que d'être descendu si loin. Mais l'aide extérieur n'est pas loin... Alors qu'il entame sa remontée, des voix se font entendre dans la forêt et s'amplifient. Il s'agit d'un couple d'asiatiques qui fait les choses biens, puisqu'ils sont eux accompagnés d'un guide. Ils sont déterminés à explorer la grotte, moi, toujours pas. C'est à leur tour de s'enfoncer et quand ils rejoignent le Yo', ils le prennent sous leur aile, c'est gentil à eux. Moi, je continue donc à sècher pendant la petite heure que dure leur évolution acrobatique. Au retour, Yo' est tout excité. Il a vu des quantités de chauves souris mais ça ne s'est pas arrêté là, loin s'en faut. Tout en bas de la grotte, il y avait un petit lac. Yo' qui avait bien chaud, a senti en lui l'envie d'aller faire trempette. Le guide, voyant ça, n'a pû que le prévenir du danger qui le guettait : le lac est infesté de serpents. C'était vrai! D'après ce que m'a dit Yohann, sitôt dit, sitôt braqué sa lampe à la surface de l'eau. Là, nageant en attendant quelques proies, pleins de serpents rayés de bleu et de blanc, le pauvre en aurait mouillé son maillot de bain sans mettre se tremper un orteil. Et moi, avec tout ça, c'est pas du soulagement mais de la déception qui me gagne. Moi aussi, je voulais les voir les serpents!! Tant pis ou peut-être tant mieux, avec ma gaucherie légendaire, j'aurais aussi vite pû tomber dans le lac par accident comme on tombe dans une piscine avec tous ses effets personnels!! C'est mi-figue mi-raisin sec que je quitte la Bat Cave. Je sais d'avance que ça ne va pas durer surtout pour le côté sec.
A peine retourné sur le vélo, la fontaine reprend. La Bat Cave étant le point le plus loin auquel on peut se rendre depuis chez nous, j'en déduis qu'on est sur le retour. Un retour peinard, c'est ça qu'il nous faut, c'est à ça qu'on s'attache. Une nouvelle pause boisson fraiche et sucrée plus tard, on s'accorde une nouvelle baignade depuis une nouvelle plage pas loin d'être déserte. Là, je garde mon T-shirt pour aller à l'eau. De toutes façons, il est déjà trempé, ça ne peut pas être pire; le soleil est toujours brulant, un T-shirt, ça vaut une bonne crème solaire indice 60! Je ne trempe plus dans mon jus mais dans la grande bleue, c'est beaucoup mieux. Cette petite baignade nous a tout requinqué. Pour un peu, je pourrais retrouver mes jambes d'antan. Dommage, la plage depuis laquelle on se baigne est à un rocher de distance de White Sand Beach. En trois coups de pédale en longeant la mer, les bars recommencent à s'enfiler, on est arrivé. Il est 17h et quelques, c'est en plus l'heure de l'apéritif, bien que White Sand soit peuplée comme jamais, on peut quand même trouver des motifs de statisfaction! On laisse donc nos vélos se remettre sur le sable et on s'installe à la "Kasbah". Le choix a été vite vu car les tenanciers ont le bon gout de mettre des canapés remplis de coussins à même le sable avec comme seule perspective l'océan. Qui plus est, ils ont un concept de l'happy hour excellent, tout tient de la chance, c'est à pile ou face. Si tu tombes pile, tu ne perds pas la face et tu gagnes à boire ton cocktail gratuitement. Si tu perds, tu raques, c'est que t'as pas de veine. Avec Yo', on se fait donc servir deux cocktails couteux avant de voir si on est heureux au jeu. Yo' commence et perds. Je suis et perds aussi. Mais dans ces cas là, le revers de la médaille, c'est que malheureux au jeu... C'est bien de pouvoir se donner bonne conscience en se faisant délester de son pognon! Et comme si ça ne suffisait pas, on a eu droit à de la bonne musique, à un coucher de soleil de folie, à avoir du sable entre les orteils.
Maintenant qu'il fait nuit, il faut rendre les vélos. Contrairement au matin, la marée est basse, les baigneurs sont partis prendre des douches, on a tout loisir de rentrer côté plage. Ca file tout seul, le clapot de l'eau nous accompagne, c'est plat, c'est nettement plus exaltant.
La soirée qui suit est, bien que ce soit la dernière ensemble, tranquille; je suis encore rincé d'un nouveau réveil à 9h. Avec Yo', on se remémore les jours heureux où on partageait tout du lever au coucher.On s'endors comme des bébés à l'heure où d'habitude on a plutôt un verre à la main. A partir de maintenant, Boracai promet d'être plus studieuse.
Le réveil de 10h sonne les aux revoirs. On a juste le temps d'engouffrer le petit déjeuner que Yohann doit partir. Et à l'issue, ça y est, ça faisait un bail que ça n'était pas arrivé, je revoyage en solo ce que j'appréhende un peu. Ca ne veut pas dire que ça m'effraie mais simplement que jusqu'alors, Boracai était un terrain de jeu, et maintenant ça va se transformer en salle de classe.
En ce matin contrairement à la veille, ce n'est pas moi qui m'occupe du réveil. Et d'une, je ne suis pas celui qui a sollicité cette escapade à Boracai, donc si on rate l'avion, ce n'est pas moi que ça va ennuyer le plus; et de deux, vu le retour de flammes que j'ai pris la veille avec mon réveil musical, je ne suis pas pr��s de me recreuser la tête pour qu'on émerge en musique. je me lève donc comme une fleur qui n'a comme responsabilité que celle de s'ouvrir en harmonie avec le soleil. Pas question que je me presse, je n'en fais qu'à ma tête de cochon.
En milieu de matinée, on prend un bateau de Bohol à Cebu City. A bord, le roulis fait qu'on est tous un peu comateux. Mais c'est sans conséquences hormis le fait qu'on puisse replonger dans le sommeil quelques temps. Le bateau est presque vide, ce serait presque gaché si on ne prenait pas nos aises. Marie profite de la climatisation à l'intérieur. Yo' et moi, on est à l'arrière à apprécier le vent, en tout cas le temps de s'endormir, alongé en travers de quatre sièges pour Yo', c'est plaisir! Puis, on arrive à Cebu. Le décor urbain et gris a remplacé la carte postale, comme lors de l'aller vers Bohol, la visite de Cebu City est une visite éclair, juste le temps de monter dans un taxi pour nous conduire à l'aéroport et le tour de la ville est joué. Cebu City ne s'est pas refaîte une beauté depuis 48h, ça ne nous fait pas plus d'arguments pour y salir nos semelles. On arrive à l'aéroport. Là, le jeu consiste en une nouvelle prise de tête de la versaillaise qui n'en est même pas une. Elle n'y est pas née, elle n'y a jamais vécu, mais ça ne m'étonnerait pas qu'elle soit sympathisante. Un peu tout le contraire de l'ami Sylvano qui est un versaillais de souche et qui fait tout pour s'en cacher. Pas étonnant qu'on ait des atomes crochus... Tous les avions en destination de Boracai n'autorise que dix kilos de bagages en soute. Si tu dépasses cette limite, on ne jète pas tes affaires par dessus bord mais on te rançonne de quelques euros ce qui reste anectodique du fait du prix dérisoire du billet d'avion. Et bien la Marie, ça l'emmerde cette situation. Ca l'emmerde à tel point qu'elle se lance dans l'empilement caractérisé du maximum de vêtements qu'elle peut porter sur ses larges épaules. Deux voire trois paires de chaussettes, au moins trois T-shirts, un short sous le pantalon, le remplacement de ses tongs par ses chaussures de marche, quelques foulards, un pull et le tour est joué. Pour un peu, elle pourrait jouer dans une pub pour Michelin! C'est d'autant plus intelligent qu'à l'extérieur il fait dans les 35°, bref... C'est comme ça qu'on va enregistrer nos bagages. Le couperet tombe. Mon gros sac fait un peu plus de quinze kilos, je suis bon pour payer la surtaxe. C'est pas grave, j'étais au courant bien à l'avance, pas de quoi pourrir mon voyage. Pour Yo', je ne me souviens plus de quel côté de la balance il se trouve mais, de tout état de cause, pas de quoi non plus lui faire perdre le sourire. Quant à Marie et sa stratégie de l'esquimau sous les tropiques, et bien ce n'est même pas suffisant!! C'était bien la peine!!! Elle doit aussi s'acquitter de quelque menue monnaie et elle, ça ne l'a fait pas marrer. Car maintenant son sac est parti rejoindre les soutes, elle n'a d'autre choix que de garder sur elle l'équipement pour supporter des températures négatives. Dommage Eliane!!
Dans l'avion, on se débrouille tous pour avoir un siège près d'un hublot. Il faut dire que j'ai fait un lobbying forcené auprès de mes camarades afin que chacun puisse en profiter pleinement. Les vols au dessus des Philippines ont ceci de particulier qu'il y a toujours quelque chose à se mettre sous la rétine. Des récifs de corail au montagnes et volcans menaçant, c'est toujours une explosion de couleurs au delà de tout soupçon qui prend en plus toute son ampleur quand on sait que comme on vole dans des avions à hélices, l'altitude en vol n'est jamais suffisamment élevée pour voir la terre comme un point. Et bien tout ça, ça ne suffit pas, pas à Yo'. A peine a-t-on décollé que le p'tit père me demande mon MP3 pour regarder un film. "Mais t'es pas bien? Le film il est là en bas et en technicolor!! Tu ne vas te coller devant un écran de dix centimètres de large alors que le hublot est au moins quatre fois plus grand? Si?" Et bien si. Ce sera à moi de lui dire quand il faut regarder. C'est pas bien grave et ça me fait plaisir de pouvoir satisfaire aux désirs de mon pote, mais quand même, voler au dessus d'un archipel de 7000 îles, c'est quand même pas tous les jours!!! Sacré Yo'!! Je n'irais pas dire qu'avec la Marie ils font la paire mais là-dessus, ça ressemble à un truc qu'elle aurait très bien pû faire. Méfiance... Pendant ce temps, les montagnes nous défient, les rivières se jètent dans la mer, les îles désertent. Comme ça pendant une heure à l'issue de laquelle, le capitaine prend la parole, Boracai est juste en dessous. Ca nous donne l'occasion de découvrir vue du ciel ce qui sera notre nouveau lieu de villégiature. De là haut, l'île est minuscule, droite comme un "i" et ourlée de plages dont on devine que le sable ne blesse pas la voute plantaire. On peut voir également que Boracai est loin d'être une île abandonnée vue le nombre de constructions qu'elle abrite. Mais ça, on le savait avant de venir ce qui devrait atténuer le choc, Boracai, malgé sa taille liliputienne, est la première destination balnéaire des Philippines.
A la sortie de l'avion, on s'en rend très vite compte. Une armée de tricycle attend le passager aérien. On est pas les premiers, pas des explorateurs. On prend le premier qui se présente. Pas la peine pour le chauffeur de nous demander où on va, c'est ici pour tout le monde pareil. Il faut d'abord faire trois minutes de route pour rejoindre une jetée. De là, il faut embarquer sur un bateau et traverser le court bras de mer qui séparent Boracai de Panay, sa voisine bien plus étendue sur laquelle on a atterri. Ca prend au total une demie heure à tout casser.
On est maintenant à Boracai et ne reste plus qu'à savoir où descendre. Il faut dire que je frémis encore en repensant à l'arrivée à Bohol et à la blague comme quoi il faut deux heures montre en main pour trouver un hotel. Que diantre, si ça se reproduit, je me fais hara-kiri, c'est une promesse!! Mais aujourd'hui pas la peine d'en arriver là, Marie s'est faite laisser dire qu'il y a un chouette hotel dans le coin par quelqu'un qu'elle a croisé un peu avant nous, et comme elle a les coordonnées, c'est sans mal que le chauffeur d'un nouveau tricycle nous y conduit. A l'arrivée, on est quand même en pleins doutes. C'est propre mais c'est cher, même pour bibi. On ne sait pas encore que Boracai est aussi l'île la plus chère du pays. Plus de touristes, plus de pépettes! On est donc là avec Yo' à se demander ce qu'on fait. Marie, de son côté, part visiter le dortoir réservé aux filles et quand elle revient, elle a déjà décidé, elle y reste!! Elle qui nous avait fait un sketch à Bohol, elle qui nous a trainé à Boracai, elle traine dans la boue ce qui fait du voyage un sport collectif!! Mais soit. Si tu veux n'en faire qu'à ta tronche, c'est ton choix, prends la chambre et fous nous la paix!! La demoiselle disparait. Avec Yo', on est perplexe. Non pas à cause de Marie mais sur ce qu'on fait. Rester? Partir? C'est alors que la patronne de la GH nous fait, comme le Parrain, une proposition qu'on ne peut pas refuser, un tarif bien en accord avec nos accoutrements bohèmes loin de la versaillaise. Comme un poisson affamé, on est ferré. C'est aussi là qu'on pose nos sacs à condition pour nous de ne pas révèler à qui que ce soit, et notamment à Marie, les termes de notre union tarifaire. C'est donc dans un sourire complice avec la patronne qu'on scelle l'accord. Avec Yo', on prend nos quartiers dans un des dortoirs pour nous, les hommes, et on s'en félicite. Il faut dire que c'est un dortoit avec quatre lits et quatre ventilateurs dans lequel on est pour l'instant tous seuls, ça nous fait de la place à revendre ce qui, pour le prix, est pas loin d'être inconcevable. En plus, il y a le Wifi ce qui n'est pour déplaire à personne à commencer par Yo' qui se fait une petite scéance internet. Moi, internet, ce sera pour plus tard, j'ai quand même envie de voir la plage qui fait la fierté et qui trone en première page de tous les catalogues touristiques des Philippines. Et même s'il fait déjà nuit, c'est pas bien grave, ça me donnera toujours de quoi méditer avant la journée ensoleillé de demain. Je pars en séquence découverte. Notre GH est séparée de la plage de quelques dizaines de mètres. Le chemin qu'il faut emprunter est sombre et exigu. C'est à l'inverse total de ce qui ce passe de l'autre côté, côté sable. Là, c'est l'hallu'. Pour se retrouver les pieds dans l'eau, il faut d'abord traverser un chemin sablonneux éclairé comme à Las Vegas. Ce chemin longe la plage et est une enfilade de bars, de restaurants, d'hotels, d'épiceries, de centres de plongée, de magasins de souvenirs, de stands de massages et de tatouages, tout pour contenter un touriste plagiste lambda. Ca fait un peu peur la première fois!! Puis, il faut aussi traverser tous les bars et restaurants qui ont un emplacement sur le sable. Au milieu des tables, des chaises longues, des palmiers, il faut se frayer un chemin, pas chose facile! Ca pourrait aussi être effrayant mais je remarque une chose qui me flatte dans le sens du poil : tous ces établissements ont un doux parfum relaxant, ça boit sur des tables basses assis sur le sable ou sur de longues chaises confortables ou encore mieux sur des poufs géants, ça dîne sous les palmiers, le tout avec des éclairages tamisés qui ne gachent rien. L'ambiance de l'île n'a rien d'Ibiza. Ca a beau, certes, être très fréquenté, mais comme il n'y a pas un batiment qui dépasse la hauteur des arbres, tout reste à échelle humaine. Et puis enfin, quand on a dépassé tout le rideau de débit de boissons et de nourriture, on y est, White Sand Beach est là, immense, comptable en kilomètres. C'est facile à voir, même de nuit, les établissements se suivent à perte de vue derrière les palmiers. Sans aller jusqu'au bout car, à un moment, il va falloir que je rentre chercher Yo', je me lance dans une petite marche le long de la grande bleu en anticipant le fait qu'elle soit turquoise. Une heure tout au plus, puis je retourne à la maison. Là, je récupère Yo' au passage et comme on est pas des chiens, on va voir Marie pour savoir si elle veut se joindre à nous. Et bien non! En définitive, la pauvre ne se sent pas très bien et préfère passer la soirée dans son dortoir. Qu'à celà ne tienne, c'est pas plus gênant que ça pour ne pas dire autre chose. D'ailleurs, en retournant à la plage avec le Yo', je commence à m'épancher sur le fait que plus le temps fait son oeuvre et plus Marie et moi, c'est loin de faire deux et que j'en suis désolé car je suis persuadé que elle et lui, c'est une amitié forte qui les lie. Et bien patatra!!! Yo' me fait la même révélation!!! De la Marie, lui aussi il en a plus qu'assez!! Résultat, on part dans un rire complice, ravis de voir que l'un et l'autre, on est sur la même longueur d'onde, partis pour une soirée où qui se ressemble s'assemble.
Après que Yohann est à son tour jaugé la plage, il est grand temps de festoyer et de rire encore de qui vous devinez. On sait, on est vraiment des sales gosses. Les pieds dans le sable, les assiettes s'additionnent. L'addition, s'il vous plait. Plus loin sur la plage, il y a un spectacle de feu qui bat son plein. Ca tournoie dans tous les sens, les accrobates ont du talent. Personnellement des "fire shows", j'en ai déjà vu quelques uns depuis que je suis en errance autour du monde, mais pour le Yo', c'est la première fois. Il convient donc de s'en ravir. Il doit y avoir six ou sept danseurs, quelques garçons, quelques filles. Tous les deux, on commence à s'assoir sur le sable afin d'être aux premières loges. Puis comme la soirée bat son plein, on convient qu'il serait de bon aloi de s'assoir en terrasse, toujours sur le sable, du bar devant lequel les artistes s'expriment. Un cocktail chacun, pas de mal à se faire du bien. Autour de nous, il y a quelques touristes, tous philippins, on est donc les seuls blancos. Je dis ça avec le sourire car Yo' est un type tout ce qu'il y a de plus métissé. Il a des origines de partout à travers le globe, n'a rien d'un Jean-Pierre, ce qui fait que blanco ne s'applique que parce que c'est un parigo au milieu des philippins. Le spectacle se poursuit. Plus ça va et plus on sympathise avec les manieurs de feu. Ils sont tous vraiment bon esprit et à chaque fois maintenant que l'un en finit pour un temps avec son numéro, il vient s'assoir à notre table. J'ai rarement vu meilleur comité d'accueuil, comité qui reste même avec nous une fois le spectacle complêtement achevé. Les verres s'enchainent dans une ambiance tropicale. Parfois on les fait rire, parfois il nous font rire, mais le plus souvent on rigole tous ensemble. En fait, le feeling passe tellement bien qu'ils nous proposent de les accompagner pour la suite de leur soirée. Ils ont fini de travailler, place à la détente.
La détente pour les philippins à Boracai, en tout cas pour ceux avec qui on délire ce soir, c'est d'aller voir un concours de beauté. Rasoir me direz vous. Et vous auriez raison s'il ne s'agissait d'un concours un peu plus particulier que ce que j'avais en tête : ce soir, on note les travestis. Le concours se déroule dans un immense espace qui tient autant du bar que de la salle de spectacle. Au centre se dresse une large scène sur laquelle les "concurrentes" défilent et les "maîtresses" de cérémonie tantôt détendent l'atmosphère, tantôt l'enflamment. Ces hotesses, qui ont apparemment fêtées leur vingtième printemps voilà belle lurette, sont les diablesses en chef de la soirée. Elles ne connaissent aucune limite. Elles enchainent les blagues "de très bon gout" tout au long du spectacle en en rajoutant parfois, mimant l'acte préliminaire ou sexuel avec tout ce qui leur tombe sous la main : un aspirateur, un extincteur. C'est pas très distingué mais en tout cas, c'est illarant! Les candidates, elles, sont au nombre de trois. La première a carrément l'air d'une professionnelle. Elle concilie la vulgarité avec le fait qu'on ne peut pas s'y tromper, c'est un bonhomme avec une pomme d'Adam et tout et tout. Quelle élégance, quelle "grasse"!! La deuxième semble tout droit tombée du nid. Elle est extrèmement timide ce qui en fait une cible de choix pour les présentatrices incendiaires, et semble tout juste majeure. La troisième, c'est là que ça se complique, est un canon de beauté. Grande, fine, des jambes interminables posées sur un sourire étincelant et ravageur. Nuls doutes que c'est elle qui va gagner. Bien plus de doute, en revanche, sur le fait que c'est, pas c'était, un homme. C'est là tout l'objet du concours. C'est un coup à remettre en question tout ce que vous savez de l'homme et de la femme!! Une fois les présentations faites, le concours débute réellement. Premier défilé, première tenue, de petites jupettes aguichantes. Dans la salle, intégralement peuplée de locaux à l'exception, encore une fois, de Yo' et moi, ça rit, ça applaudit, ça vit. A notre table, ça vit aussi, tellement que Yo' est en train d'enlasser sa voisine Septer, manipulatrice de batons enflammés sur la plage, enlasser voire embrasser goulument avant même la deuxième acte. De mon côté, j'ai aussi une voisine, Micky (Mickaela) et celle-ci est également du genre plutôt entreprenante. Sa main ne cesse de toucher la mienne, et après quelques temps nos doigts se mélangent. Difficile de résister, la gamine est trop sexy, trop sympa, et puis c'est une danseuse depuis huit ans. Une danseuse... Deuxième défilé, deuxième tenue, c'est l'heure des maillots de bain une pièce. Yo' est toujours parti dans un numéro d'échanges culturels façon bouche contre bouche. Moi, j'entame les dernières paroles avant de moi aussi passer à table. Rien de tel que quelques mots bien sentis pour encore faire monter la température. Troisième défilé, troisième tenue, toujours annoncés par les maîtresses de cérémonie avec une grande pudeur (est-ce que vous voulez en voir plus? J'entends rien!!) : les maillots de bains deux pièces larges comme Dédé à coudre. Pour Yo', on maintient le cap. Pour moi, je me lance enfin dans la farandole des langues non sans avoir dit à ma compagnonne pas nonne : "Mais j'suis timide..."
A la fin du spectacle, le jury a rendu son verdict. Etrangement, on a le droit à une égalité, certes le canon a gagné mais il doit aussi partager sa courrone de roi-reine de beauté avec la candidate numéro un. C'est à n'y rien comprendre. Entre Yo' et moi, c'est aussi un ae-xequo. Chacun part bras dessus bras dessous avec sa cavalière. Et la soirée ne fait que commencer. Il a beau être déjà une heure du matin, on est encore convié à une fête d'anniversaire qui n'a pas encore commencée et qui devrait se tenir sur le toit d'un bar restaurant du bord de plage. Y'a pire. En fait, c'est un copain de Micky qui travaille là qu'on va célèbrer. Le temps qu'il ferme la boutique et le toit est à nous. En attendant, tout le monde est sur la plage à faire ce qu'il a à faire. Je passe l'heure qui suit à être collé bouche contre bouche avec ma mignonne. Tout se déroule parfaitement bien sauf que pendant qu'elle m'embrasse, la môme n'arrête pas de m'aspirer la lèvre à m'en faire mal. Je ne comprends rien et me vois obliger de lui demander ce que c'est que cette nouvelle mode qui fait que tout le monde va vite se retrouver avec des lèvres gonflées de sang à la manière d'un suçon. Jusqu'à preuve du contraire (je vous attends les filles, prouvez moi le contraire), on ne fait pas ça en France! - "Attends mais tu ne sais pas embrasser ou quoi?!? Tout le monde fait ça ici!! - Moi, pas savoir embrasser? C'est pourtant une de mes occupations préférées quand je peux et personne ne s'en est jamais plaint, bien au contraire!! Et puis, je ne sais peut-être pas embrasser comme un philippin soit, mais si on appelle un french kiss un french kiss, ça ne peut pas m'être étranger, ça fait même partie de mon patrimoine génétique. En plus, habitant à Paris, ville parmi les villes les plus romantiques au monde, c'est peut-être toi qui devrait faire un stage!! Elle a réveillé la bête, comment veux-tu que je réagisses? Notre première dispute, bref feu de paille vite soufflé dans un nouveau baiser au clair de lune avec la mer pour témoin. Comment aurait-il pû en être autrement?
On aurait pû continuer comme ça jusqu'au petit matin mais la soirée avance au rythme où les copains-copines commencent à monter sur la terrasse du bar. Il doit être pas loin de 3h du matin et la fête d'anniversaire commence, on est reçu comme des membres de la famille. Il y a de la nourriture à profusion, de la boisson en caisses et des rires, beaucoup de rires. Apparemment, on est pas les seuls à avoir pris de l'avance. Yo' est là avec Septer mais peu après le début, je les vois qui s'éclipsent, les coquins... Yo' va enfin pouvoir passer à l'action, lui qui me dit depuis une semaine qu'il est en rût. Nous, avec Mickaela, c'est l'un contre l'autre que la soirée défile. Les rares moments où ça s'interrompt, c'est pour participer à des jeux à boire avec tous ceux qui nous entourent. Ca se passe selon un principe simple : chacun prend une bouteille de bière pleine, la descend aussi vite que possible et si tu es le premier à en venir à bout, tu as gagné, tu as le droit d'embrasser qui tu veux. Etrange rituel. Bien évidemment, moi, j'ai perdu. Et d'une je ne suis pas un buveur de bière et de deux, je suis connu pour être un coureur de fond et non un sprinter. En plus, j'ai déjà une cavalière, pas besoin d'en avoir davantage.
Pour Yo', ça aurait pû être la même. Il aurait pû s'en tenir là. Mais non, il a choisi de franchir la ligne. Apparemment mal lui en a pris. Quand il revient à la soirée, il fait vraiment une petite mine, comme s'il était passé sous une échelle un vendredi 13 attaché à un chat noir. Il a pourtant eu ce qu'il a voulu, je n'y comprends rien. En fait, c'est tout simple. Je me souviens quand lors du concours de beauté, j'étais resté abassourdi par le fait que parfois il est réellement impossible de savoir ce qui ce cache sous les jupes des filles. Pour Yo', c'est la même chose, abassourdi. Et blême. Et désabusé... Même s'il n'a pas été jusqu'au bout des investigations qu'il aurait été sage de mener, il en est sûr, Septer c'est pas une biche. Il est donc maintenant qu'il sait, impossible pour lui de se trouver ne serait-ce qu'à distance respectable du bichon. Déjà sur le même toit, c'est un tour de force. Il est amer et c'est rien de le dire. Pour un peu, il est blanco. Il est même tellement énervé qu'il essaye de me convaincre que Micky n'est pas non plus ce qu'elle dit qu'elle est. Le doute est alors de mise. Quoi faire? Douloureuse question... Je jète un coup d'oeil à ma chère et évalue. Mais non, je reste convaincu du bien-fondé de ma relation restée au dessus du niveau de la ceinture. Je vous engage d'ailleurs à évaluer par vous même son profil sur facebook dans la liste de mes ami(e)s.
La soirée se termine ainsi. Le soleil va se lever dans peu de temps. La lumière commence à remplir la plage que l'on peut commencer à admirer depuis le toit du bar. Tout le monde est fatigué ou tendu ou les deux, il est temps de rentrer reprendre des forces en attendant d'y voir vraiment clair. Je raccompagne Micky jusqu'à la porte de son hotel main dans la main. Yo' est aussi là ainsi que Prosper sans contact physique. Je dis "à demain", Yo' pense "adieu". L'avenir nous le dira.
Le réveil de 13h est douloureux. Douloureux à cause du mal au crane qu'a laissé cette soirée alcoolisée pour tous les deux, douloureux à cause de l'amertume dont Yo' est encore rempli. Moi, je suis toujours quelque part entre doute et certitude. D'une part, j'essaye de me convaincre que Mickaela n'est pas Mickael, d'autre part, c'est impossible vu ce que vit mon Yo' sans l'avoir senti venir. Mais plus ça va et plus je pense être dans le vrai, dès le réveil, je me connecte à facebook et découvre l'invitation de ma belle. C'est l'occasion de voir son profil ainsi que les photos qui l'illustrent. C'est bien la même personne que j'ai "fréquenté" hier, pas de moustache, pas de barbe, pas de pomme d'Adam, on est bon!!! Je peux donc aller sur la plage l'esprit léger. Là, comme on est en pleine heure de pointe, on peut réellement appréhender la plage. Elle est à deux visages. Le premier est coloré comme un arc en ciel menant au paradis. Le sable est d'une blancheur incroyable, blancheur qui se fond du vert au bleu à mesure que l'on s'enfonce vers les profondeurs de la mer qui est à faire rêver quand on travaille encore à la caisse de la Bank of Tokyo et qu'on a comme seul horizon trois épaisseurs de plexiglass qui vous séparent de murs marrons éclairés aux néons. Les palmiers sont une douce enfilade à perte de vue, comme pour faire de l'endroit le stéréotype parfait de la plage de rêve. Le second cependant est le côté obscur. La couleur prédominante y est le noir, comme dans "noir de monde", à trop additionner les couleurs voilà ce qu'on récolte. A l'heure où on débarque, c'est la marée haute. L'eau remonte loin sur la rive et les quelques mètres de large qui restent au sec sont eux noyés sous un flot de touristes alanguis au soleil, de jetskis près à être louer, de capitaines de bateaux près à vous emmener pour une heure ou une journée faire le tour des îles alentours, de vendeurs en tous genres. Quel côté choisir? Pas difficile de répondre. Comme d'habitude, le côté clair a ma préférence. Nous aussi donc, on lézarde au soleil. Nous aussi, on barbotte comme des idiots. Nous aussi, on s'extasie. C'est notre vrai premier jour, on ne va pas se priver et ce jusqu'au coucher de soleil qui innonde la plage d'une lumière magnifique, un régal! C'est ensuite l'heure de penser à manger. Mais avant cela, il faut qu'on repasse à la GH pour se changer et qu'éventuellement on s'enquiert du sort de Marie dont c'est déjà le dernier soir à Boracai. Quand on revient, elle est là à nous attendre, c'est charmant. Avec Yo', on est acculé dans un coin, on ne peut rien faire d'autre que d'accepter de dîner en tête à tête à tête à tête. Quatre têtes au total car Marie s'est faite une potesse qui partage son dortoir et elle vient aussi avec nous croiser le fer de nos fourchettes. Aucun problème particulier enfin pour le moment car Yo' est très préoccupé. La soirée d'hier a laissé de telles traces qu'il a dors et déjà été conclu qu'on ne l'évoque sous aucun prétexte, quel qu'il soit, même en cas de danger de mort. Et pour que cette mission discrétion se présente sous les meilleurs hospices, il faut absolument que quand on rejoint la plage, on n'aille pas vers la droite, c'est à dire vers l'endroit où se tenait le fire show la veille. Il va donc falloir trouver un prétexte. C'est pas compliqué. A peine débarqués sur le sable, Yo' et moi menons le bal, on tourne les talons vers la direction souhaitée. Mais Marie, qui ne l'entend pas de cette oreille, a bien envie d'y aller à droite. Yo' se lance alors dans un plaidoyé : - "Attends on ne va pas encore aller par là! Avec Brice, hier soir, on a déjà écumé tous les bars se trouvant dans cette direction et d'après ce qu'on peut t'en dire, c'était pas top. Ce soir, on aimerait bien aller de l'autre côté pour changer et c'est pas négociable!!" Bien joué le professionnel du camouflage de preuve!! Il ne leur a laissées aucunes options, c'est ce qu'on appelle un champion. On file donc vers la gauche jusqu'à un restaurant mongol, sans doute perdu sur la route d'Oulan Bator... Mais passons... Comme c'est la dernière de Marie, tout se passe au mieux, les sourires sont de mise, et Prosper est invisible. Ca devrait soulager Yo' mais le pauvre ne peut se défaire de l'idée que s'il la croise, c'est l'univers tout entier qui va imploser. A chaque fois qu'il a un moment loin de la présence féminine, il ne cesse de me répéter qu'il faut qu'il rentre, que ce soir, c'est pas son soir. Jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, mais l'important c'est pas la chute, c'est l'atterrissage... Ainsi, c'est alors qu'on est presque encore en train de macher que Yo' réclame l'addition et rentre à la maison se mettre à l'abri pour de bon. Pas un dernier verre, rien. C'est le premier à faire ses adieux à Marie. Moi, je n'ai pas d'alibi valable et comme en plus, je passe une bonne soirée, je préfère rester avec les miss pour un dernier verre de l'amitié. Un verre pas plus. Je suis aidé en cela par le fait que, alors qu'on est attablé, Marie repère dans la foule un ancien camarade d'unversité. Ca y est, j'ai aussi mon alibi, je les laisse rattraper le temps perdu et m'éclipse discrètement. Il est alors autour de 23h. De l'autre côté de la plage, le fire show bat son plein, je vais tenter de revoir ma môme. Mais quand j'y arrive, tous les artistes sont là sauf celle qui évidemment m'intéresse. Tant pis, on verra bien demain.
Demain donc, qui est maintenant aujourd'hui, est un nouvel hymne à Epicure. C'est pour nous, les deux parisiens qui restent, une nouvelle journée à se faire sauter la ceinture en tout bien tout honneur et à apprécier la vie de chateau de sable. C'est le premier jour sans Marie qui a quand même pris la peine de nous réveiller, bien trop tôt, pour nous saluer. Pour notre petit binome, c'est à nouveau des jours où on a plus rien à cacher qui s'annoncent, il n'y a plus de problèmes de secrets à entretenir, seulement l'éclate, l'éclate et encore l'éclate. Le soir venu, comme on est libéré du fardeau, on peut donc retourner tous les deux au fire show sans qu'il y ait de malaises. L'erreur est consommée, les souvenirs consumés. Et Micky est toujours absente. Quand je demande à Prosper (NDLR : j'écris Prosper et pas Septer car je ne me souviens jamais de son prénom. La seule chose que je sais, c'est que ça rime avec Prosper, alors ça marche et Yo' sait de qui je parle sans que j'ai besoin de préciser "le type qui avait ta langue dans sa bouche"; c'est éminemment plus diplomatique) où elle est, il me répond que Micky est partie sur Panay, son île natale qui est la grande en face de Boracai. Elle est malade et sa mère a insisté pour qu'elle aille à l'hopital. L'avant-veille, je m'en étais déjà rendu compte sans que ça me repousse, la petite couvait un sérieux rhume et était toute chaude même sans que j'y mettes du mien. Elle est partie, tant pis, peut-être sera-t-elle de retour avant que moi aussi, j'en vienne à lever le camp, on verra bien. Résultat, je suis bredouille. Prosper l'a bien compris et essaye maintenant de me faire du gringue. Sans succès, j'en rigole encore. Le type ne doute vraiment de rien et voyant que Yo' était maintenant plus que détaché, il tente encore sa chance. Deux p'tits français dans la même semaine, c'est sans doute inespéré pour le pauvre Prosper! Pauvre de ma solitude mais riche de cette journée sous le soleil, à croire qu'on ne peut pas tout avoir, on reste quand même regarder le spectacle orchestré par nos nouveaux potes. Mais l'ambiance n'y est plus... Même malgré un nouveau verre, il n'y a pas à dire, c'est retombé. C'est ainsi qu'il est minuit quand on rentre. On est toujours les seuls dans notre dortoir de quatre lits et quatre ventilateurs. Le premier est un détail, le deuxième salvateur.
Quand le soleil se relève inexorablement, c'est maintenant notre quatrième jour à Boracai. La plage principale, White Sand Beach, on peut dire qu'on en a soupé, il est grand temps d'aller se baigner ailleurs. On convient donc d'aller explorer l'autre côté de l'île, ça devrait nous faire une chouette ballade. On s'équipe donc pour passer une journée dehors en prenant tout ce qui peut être vital quand on ne sait même pas combien de temps ça risque de nous prendre. Or, en un quart d'heure montre en main, le tour est joué, l'autre rive est conquise. Là, il n'y a pas l'ombre d'un bar, pas une serviette sur la plage, rien mise à part quelques enfants qui jouent. Comment est-ce possible? Comment croire que nous ne sommes qu'à quelques encablures des hordes de corps huilés de crème solaire vendue à des prix prohibitifs dans des superettes peu scrupuleuses? C'est franchement inconcevable ce qui, au bout du compte, décuple notre bonheur d'avoir redécouvert la tranquilité. On peut donc se mettre à l'eau sans crainte de se voir heurter par un jetski, et en plus, il n'y a même pas d'oursins!! Si c'est pas malheureux... Et comme si ça ne suffisait pas, dès qu'on commence à s'immerger, les enfants viennent nous rejoindre pleins de curiosité. Là commence vraiment la partie de plaisir. Avec Yo', on fait tout ce qu'on peut imaginer pour les distraire. On plonge dans l'eau depuis le pont des bateaux qui sont amarrés là et les enfants font de même. On les fait monter sur nos épaules pour ensuite les jeter le plus haut possible. C'est tout le panel de comment distraire un enfant qui y passe. En plus, si ça les distrait, ça nous distrait aussi, tout le monde est gagnant! Ca dure comme ça plus d'une heure si bien qu'à la fin, je suis usé. Les enfants, eux, ils n'en ont que faire. Ils ont à leur disposition un clown qui fait aussi catapulte et ils n'ont jamais envie que ça se termine. Moi si. Les gamins m'a tuer. Jusqu'au retour sur le sable, j'ai beau leur dire qu'il faut que je fasses une pause sous peine de syncope, ils s'aggripent à tout ce qu'ils peuvent pour me faire rester dans l'eau. J'en ai à peu près trois par bras, deux par jambes, et cinq ou six qui s'accrochent à mon cou à la limite de m'étrangler. Increvables les gamins, bon courage aux parents d'octuplés!!! Mais ça reste la fête quand même, le soleil brille et il y a des sourires partout où je regarde. Ca compense largement le fait que je sois un vieil homme repu. D'autant qu'en plus, liberté chérie, je te prends comme tu es, avec Yo', on décide d'un retour à la GH pour satisfaire à une sieste réparatrice. Pendant trois heures!!! Quinze gamins, trois heures, il fallait bien ça. Au réveil, c'est exactement le moment du coucher de soleil. Yo' est trop crevé pour m'y accompagner, c'est en solitaire que je vais apprécier le spectacle. Magique. Le mot n'est pas trop fort. Et une fois fini, comme j'ai encore du temps avant de retrouver mon double, je ne crache pas dans la soupe et à la place, me fais faire un massage d'une heure. Un coucher de soleil, un massage, il y a des fois où on fait bien de se lever!!
La soirée qui suit n'est pas violente. On est encore sous le coup d'avoir été broyés par une armée de shtroumpfs. C'est donc par une petite promenade tranquille le long de la plage qu'on finit la journée. Le tout est de garder les forces qui nous restent, demain on a prévu de louer des vélos et, étant donnée la chaleur qu'il fait, on va en avoir besoin, pas la peine de les gaspiller. On sait aussi qu'aujourd'hui, jour de fête, c'est l'anniversaire de Prosper, et ça ne fait pas franchement envie!!!
Après donc une bonne nuit réparatrice, on concentre tout ce qu'on a d'énergie et on se lance à l'assault de Boracai, cette fois dans le sens de la longueur. Pour l'orgueuil c'est mieux, le sens de la largeur en vélo ne nous aurait valu que trois minutes de pédalage. Notre itinéraire suit la seule route de l'île. On aurait pû avoir le choix en passant par la plage en faisant fi du fait que c'est soi disant interdit, mais comme la marée est haute, c'est vite vu. Il n'y a déjà pas beaucoup de place pour prendre ses aises quand on est un piéton alors je vous dis pas quand on est un cycliste!! C'est un coup à ramasser une poignée d'allemands dans ses rayons!!! C'est ainsi parti sur la route walonnée. Eu égard à ma grande expérience cycliste dans les rues parisiennes, ça ne devrait être qu'une partie de plaisir. Mais dès les premiers coups de pédales passés, j'ouvre les vannes, c'est les grandes eaux qui reviennent, je coule à robinet ouvert. Toute la chaussée est offerte au soleil brulant et moi en dessous, j'en bave, j'en coule. Les descentes ont beau apporté leur lot de vent dans le visage, ce n'est jamais suffisamment long ou suffisamment frais pour que ça m'octroie un quelconque effet bénéfique. Qui plus est, on a beau savoir que ce serait au programme du jour depuis la veille, on a pas été fichu de s'acheter de grandes bouteilles d'eau pour étancher ce qui peut encore l'être. Mon royaume pour une bouteille d'eau, voilà tout ce à quoi je pense. La mer, la plage, les palmiers ne sont plus une carte postale, c'est juste le décor de mon agonie.
Puis, après avoir déjà perdu trois kilos, on peut enfin laisser reposer nos montures. On est arrivé à notre première étape, Kuta Beach. En un éclair, on est dans l'eau, plus dans la sueur, merveilleuse sensation de fraicheur. Il y a là quelques touristes philippins qui s'amusent dans les petites vagues. Ils sont déjà loins quand on pense qu'il est temps de partir se chercher une boisson fraiche. On sait que dès qu'on va quitter les eaux translucides, le soleil va encore nous faire mijoter à feu vif. Dure réalité. Pas si dure quand on sait qu'on a que la plage à traverser pour s'offrir l'objet de nos désirs mais dure quand même. Une fois dans le bar, c'est au litre qu'on descend les consommations. C'est comme une récompense, comme la bouteille de champagne offerte aux vainqueurs d'étape. C'est sucré, frais à s'en bruler la gorge, c'est plaisir! Mais, comme on habite pas là et que l'odyssée cycliste n'en est encore qu'à son presque commencement, il faut se remettre le pied à l'étrier, refaire monter la pression dans cette cocotte minute qu'est mon enveloppe charnelle. De nouvelles montées, de nouvelles descentes, puis sur le bas-côté un panneau écrit à la main qui indique "Bat Cave", la grotte aux chauves-souris. Une grotte? super! D'autant que ça doit être à l'abri de la chaleur, c'est exactement ce qu'il nous faut. Seulement, pour aller à la Bat Cave, il faut encore quitter la route principale et s'aventurer loin de l'asphalte sur des chemins plus prévus pour des zébus que pour les frèles pneus sensés nous porter jusque là. Mais soit, puisqu'il faut en passer par là, qu'il en soit ainsi! S'il faut faire hurler à la mort nos engins, qu'ils hurlent donc, là-bas devant, il fait frais et c'est tout ce qui compte! Au bord du chemin sur lequel on se démène maintenant, on croise deux locaux qui paressent à l'ombre. On se dit bonjour comme c'est la coutume et les deux types se proposent d'être nos guides en précisant bien que c'est nécessaire si on veut d'une part trouver la grotte et d'autre part en sortir vivant. J'exagère un poil mais c'est la dramaturgie qui veut ça... Nous, en bonne tête de bois, on ne nous la fait pas. Un guide obligatoire? Tu ne serais pas en train de nous la faire à l'envers? Regarde nous donc partir pour voir un peu si c'est obligatoire!! De toute façon, sur le chemin, il y a toujours d'autres locaux à qui on peut demander notre route si vraiment on est perdu; et puis comme il n'y a qu'une seule direction possible, c'est pas encore aujourd'hui qu'on va se perdre! D'ailleurs, on finit par trouver comme des grands le petit sentier qui mène à la grotte en taillant à travers la forêt. Il faut laisser là les vélos, non sans avoir donner au préalable à un gamin quelques roupies comme pour s'acquitter d'un ticket de parking. C'est pas bien méchant, de toutes façons, on est arrivé, je sens la fraicheur à portée de tir.
On est à pieds. La forêt devant nous est dense au possible et le sentier y serpente dans une nouvelle montée. Tout autour, les cris d'animaux plus bizarres les uns que les autres contribuent à créer une ambiance aventureuse. Il n'y avait pas d'autres vélos sur le "parking", pas de voitures, rien. Il n'y a qu'un pas à dire qu'on est seuls au monde. Après quelques minutes à enjamber les arbres, à chasser les moustiques trop collant, on y est, la bouche de la grotte est grande ouverte devant mes yeux un brin inquiets. L'atmosphère est lourde et chargée d'humidité. Pour entrer dans la grotte, c'est déjà tout un numéro d'équilibriste. Les rochers glissants jonchent le sol, il faut les escalader un à un pour appréhender ce qui nous attend à l'intérieur. Et à l'intérieur justement, c'est toujours le même chaos minéral sauf que cette fois, ça ne descend plus en pente douce mais en presque vertical, les rochers ne sont plus petits et humides, ils sont énormes et mouillés, la lumière très vite s'estompe pour laisser la place à ce qui pourrait très bien être un puit sans fond vers les portes de l'enfer. C'est donc clair et net, je suis inquiet. J'en fais part à Mr Yo'. Lui, compréhensif en écoutant mes doutes devant le peut-être Everest qu'il nous faut descendre pour mener à bien notre aventure, propose de reprendre le chemin qui poursuivait encore sa course jusqu'un peu plus haut dans la montagne. Merci de proposer un plan B! Qu'on aille donc voir!! En effet, il avait raison, ça poursuit plus haut jusqu'à une seconde entrée. Là, même si c'est toujours un peu casse-croutes, c'est quand même un peu plus accessible. On se jète donc dans la gueule du monstre. Prenant bien garde de ne pas glisser, on descend petit à petit jusqu'à atteindre le bout du tunnel. De là, on voit encore l'entrée, ça n'était pas si profond que ça. Mais, d'un autre côté, il faut se rendre à l'évidence, cette grotte n'est pas la Bat Cave, c'est la P'tite Cave et c'est tout! Pas l'ombre d'une chauve-souris, pas d'odeurs de fientes, c'est pas bon, c'était l'autre, et merde... Personnellement, la vue de la première cave n'a laissé qu'une trace indélébile en forme de sens interdit. Je ne le sens pas, pas du tout même. Quand on repasse devant la première entrée, je sais que ce n'est pas pour moi, pas aujourd'hui. Mais Yo', lui, il est motivé pour deux. Ca ne lui fait pas peur, ou en tout cas pas plus que ça. Il décide donc de partir en solo, moi en lui ayant bien précisé qu'il était indispensable qu'on reste au moins en contact sonore. Si par malheur quelque chose arrivait, que je l'entendes au moins crier pourrait faire la différence. Il s'élance. Petit à petit il s'enfonce. Il s'enfonce tellement qu'après peu de temps, je n'arrive plus à le voir, caché qu'il est derrière les rochers qu'il descend avec prudence. Seule sa voix est toujours là, jusque là tout roule même si ce n'est pas une partie de plaisir. Il descend jusqu'au point où on ne voit plus assez pour progresser. C'est qu'en bons touristes, comme j'en ai maintenant l'habitude chaque fois que je finis dans une grotte, personne n'a anticipé qu'il serait de bon ton de partir avec une lampe de poche. Il est obligé de rebrousser chemin, c'est déjà suffisamment téméraire que d'être descendu si loin. Mais l'aide extérieur n'est pas loin... Alors qu'il entame sa remontée, des voix se font entendre dans la forêt et s'amplifient. Il s'agit d'un couple d'asiatiques qui fait les choses biens, puisqu'ils sont eux accompagnés d'un guide. Ils sont déterminés à explorer la grotte, moi, toujours pas. C'est à leur tour de s'enfoncer et quand ils rejoignent le Yo', ils le prennent sous leur aile, c'est gentil à eux. Moi, je continue donc à sècher pendant la petite heure que dure leur évolution acrobatique. Au retour, Yo' est tout excité. Il a vu des quantités de chauves souris mais ça ne s'est pas arrêté là, loin s'en faut. Tout en bas de la grotte, il y avait un petit lac. Yo' qui avait bien chaud, a senti en lui l'envie d'aller faire trempette. Le guide, voyant ça, n'a pû que le prévenir du danger qui le guettait : le lac est infesté de serpents. C'était vrai! D'après ce que m'a dit Yohann, sitôt dit, sitôt braqué sa lampe à la surface de l'eau. Là, nageant en attendant quelques proies, pleins de serpents rayés de bleu et de blanc, le pauvre en aurait mouillé son maillot de bain sans mettre se tremper un orteil. Et moi, avec tout ça, c'est pas du soulagement mais de la déception qui me gagne. Moi aussi, je voulais les voir les serpents!! Tant pis ou peut-être tant mieux, avec ma gaucherie légendaire, j'aurais aussi vite pû tomber dans le lac par accident comme on tombe dans une piscine avec tous ses effets personnels!! C'est mi-figue mi-raisin sec que je quitte la Bat Cave. Je sais d'avance que ça ne va pas durer surtout pour le côté sec.
A peine retourné sur le vélo, la fontaine reprend. La Bat Cave étant le point le plus loin auquel on peut se rendre depuis chez nous, j'en déduis qu'on est sur le retour. Un retour peinard, c'est ça qu'il nous faut, c'est à ça qu'on s'attache. Une nouvelle pause boisson fraiche et sucrée plus tard, on s'accorde une nouvelle baignade depuis une nouvelle plage pas loin d'être déserte. Là, je garde mon T-shirt pour aller à l'eau. De toutes façons, il est déjà trempé, ça ne peut pas être pire; le soleil est toujours brulant, un T-shirt, ça vaut une bonne crème solaire indice 60! Je ne trempe plus dans mon jus mais dans la grande bleue, c'est beaucoup mieux. Cette petite baignade nous a tout requinqué. Pour un peu, je pourrais retrouver mes jambes d'antan. Dommage, la plage depuis laquelle on se baigne est à un rocher de distance de White Sand Beach. En trois coups de pédale en longeant la mer, les bars recommencent à s'enfiler, on est arrivé. Il est 17h et quelques, c'est en plus l'heure de l'apéritif, bien que White Sand soit peuplée comme jamais, on peut quand même trouver des motifs de statisfaction! On laisse donc nos vélos se remettre sur le sable et on s'installe à la "Kasbah". Le choix a été vite vu car les tenanciers ont le bon gout de mettre des canapés remplis de coussins à même le sable avec comme seule perspective l'océan. Qui plus est, ils ont un concept de l'happy hour excellent, tout tient de la chance, c'est à pile ou face. Si tu tombes pile, tu ne perds pas la face et tu gagnes à boire ton cocktail gratuitement. Si tu perds, tu raques, c'est que t'as pas de veine. Avec Yo', on se fait donc servir deux cocktails couteux avant de voir si on est heureux au jeu. Yo' commence et perds. Je suis et perds aussi. Mais dans ces cas là, le revers de la médaille, c'est que malheureux au jeu... C'est bien de pouvoir se donner bonne conscience en se faisant délester de son pognon! Et comme si ça ne suffisait pas, on a eu droit à de la bonne musique, à un coucher de soleil de folie, à avoir du sable entre les orteils.
Maintenant qu'il fait nuit, il faut rendre les vélos. Contrairement au matin, la marée est basse, les baigneurs sont partis prendre des douches, on a tout loisir de rentrer côté plage. Ca file tout seul, le clapot de l'eau nous accompagne, c'est plat, c'est nettement plus exaltant.
La soirée qui suit est, bien que ce soit la dernière ensemble, tranquille; je suis encore rincé d'un nouveau réveil à 9h. Avec Yo', on se remémore les jours heureux où on partageait tout du lever au coucher.On s'endors comme des bébés à l'heure où d'habitude on a plutôt un verre à la main. A partir de maintenant, Boracai promet d'être plus studieuse.
Le réveil de 10h sonne les aux revoirs. On a juste le temps d'engouffrer le petit déjeuner que Yohann doit partir. Et à l'issue, ça y est, ça faisait un bail que ça n'était pas arrivé, je revoyage en solo ce que j'appréhende un peu. Ca ne veut pas dire que ça m'effraie mais simplement que jusqu'alors, Boracai était un terrain de jeu, et maintenant ça va se transformer en salle de classe.
Partir trois semaines en Inde au mois de juin English translation pending
Bonjour,
Nous sommes 3 étudiants et nous souhaitons partir en Inde pour 3 semaines en Juin. D'apres ce que j'ai lu ce n'est pas la meilleure période (chaleur, mousson...) mais c'est le seul créneau que nous avons de disponible. Petite précision: c'est notre premier voyage en Inde et aucun de nous ne connais ce pays (enfin en fouinant sur les forums mais rien de bien folichon)
Du coup, on a quelques questions:
1/ Où aller: Inde du Nord ? Sud ? Les deux ? Aucune idée de quoi faire et on a du mal à estimer le temps nécessaire dans chaque ville, et surtout quelles villes choisir. J'essaie d'explorer le forum à fond mais je m'y perds un peu... trop de choses ont l'air intéressante. Ce que nous recherchons avant tout: des moments de détente à la plage, des lieux magiques (Taj Mahal? etc.) et bien évidemment d'acouvrir l'Inde "réelle", pas uniquement celle des guides touristiques.
2/ La température: Jusqu'à 35° ça reste supportable, au delà ça commence à être beaucoup (on peut toujours faire un effort bien sur). Y a t'il des zones à éviter particulièrement et d'autres à ne pas manquer en cette saison ?
3/ Budget: Etant étudiants, nous cherchons à dépenser le moins possible tout en ne dormant pas dans des coins trop louches tous les soirs (le train "sleeping" est il une bonne idée?). Savez vous quel est le budget moyen par jour la bas (en mangeant correctement mais sans rien acheter d'excessif)
4/ Visa, transport, vaccin...: Quel est le délai pour un visa et son prix (j'ai vu 1 semaine et 50€ comme 2 mois et 80€) ? Est il plus judicieux d'arriver et de partir du même endroit ( Paris - Delhi - Paris) ou de changer (j'ai trouvé un vol A/R Paris - Delhi pour 500€ sur Emirates, est-ce un bon prix)? Et au niveau des vaccins, j'ai lu qu'il n'y avait rien de particulier à faire si ce n'est s'assurer d'avoir tous ses vaccins à jour.
Merci beaucoup pour votre aide !
Nous sommes 3 étudiants et nous souhaitons partir en Inde pour 3 semaines en Juin. D'apres ce que j'ai lu ce n'est pas la meilleure période (chaleur, mousson...) mais c'est le seul créneau que nous avons de disponible. Petite précision: c'est notre premier voyage en Inde et aucun de nous ne connais ce pays (enfin en fouinant sur les forums mais rien de bien folichon)
Du coup, on a quelques questions:
1/ Où aller: Inde du Nord ? Sud ? Les deux ? Aucune idée de quoi faire et on a du mal à estimer le temps nécessaire dans chaque ville, et surtout quelles villes choisir. J'essaie d'explorer le forum à fond mais je m'y perds un peu... trop de choses ont l'air intéressante. Ce que nous recherchons avant tout: des moments de détente à la plage, des lieux magiques (Taj Mahal? etc.) et bien évidemment d'acouvrir l'Inde "réelle", pas uniquement celle des guides touristiques.
2/ La température: Jusqu'à 35° ça reste supportable, au delà ça commence à être beaucoup (on peut toujours faire un effort bien sur). Y a t'il des zones à éviter particulièrement et d'autres à ne pas manquer en cette saison ?
3/ Budget: Etant étudiants, nous cherchons à dépenser le moins possible tout en ne dormant pas dans des coins trop louches tous les soirs (le train "sleeping" est il une bonne idée?). Savez vous quel est le budget moyen par jour la bas (en mangeant correctement mais sans rien acheter d'excessif)
4/ Visa, transport, vaccin...: Quel est le délai pour un visa et son prix (j'ai vu 1 semaine et 50€ comme 2 mois et 80€) ? Est il plus judicieux d'arriver et de partir du même endroit ( Paris - Delhi - Paris) ou de changer (j'ai trouvé un vol A/R Paris - Delhi pour 500€ sur Emirates, est-ce un bon prix)? Et au niveau des vaccins, j'ai lu qu'il n'y avait rien de particulier à faire si ce n'est s'assurer d'avoir tous ses vaccins à jour.
Merci beaucoup pour votre aide !
Liste de gites au Québec: lesquels connaissez-vous? English translation pending
hello
je suis très active sur le forum ces derniers jours car je suis en plein préparatifs de notre prochaien voyage au québec en mai. j'ai fait le tour des différents gites ou auberges mais maintenant il faut choisir ! je me suis appuyée sur les remarques du guide du routard mais je n'ai pas tjrs choisit ceux qu'ils proposaient. J'ai essayé de trouver des avis sur le net sur les gites sélectionnés mais je n'en ai pas toujours trouvé donc je fais appel à vous !
Nous louons une voiture pendant 9 jours pour faire un circuit de Montréal jusqu'à St félicien puis nous continuons de St Félicien direction Bergeronnes et Québec (là ce sont les grandes lignes du circuit je vous rassure ! lol). Nous passons à chaque fois 1 nuit dans chaque ville et 4 nuits à Québec.
Pour moi un des critères VITALE c'est la salle de bain privée. Nous sommes à 3 : mon mari et ma petite fille de presque 2 ans donc je me vois mal faire la queue pour se préparer et surtout en France on n'a pas l'habitude de partager sa salle de bain, en tout cas pas moi 🤪. lol J'ai pas envie de me sentir au camping en vacances car c'est aussi notre voyage de noce donc on veut se faire plaisir et en profiter 😎
Donc si vous connaissez de nom, de réputation ou si vous avez testé un de ces lieux n'hésitez pas à me donner vos commentaires, ca permet aussi de se faire une idée même si chacun a ses critères et ses goûts....Mais en général quand c'est négatif c'est qu'il y'a matière à le dire. Un grand merci pour vos conseils ! 😉
Saint Félicien
- Gite à Fleur d’Eau http://www.gitescanada.com/11266.html :
- Gite Ticouapé http://www.gites-classifies.qc.ca/ticouape.htm :
http://www.gitestfelicien.ca/
La Baie
- Gite « à la vieille école » http://www.gitescanada.com/vieilleecole
http://www.giteetaubergedupassant.com/alavieilleecole
- Gite « au fil des saisons » http://www.gitescanada.com/11155.html?showpage=1
http://www.giteetaubergedupassant.com/aufildessaisons
http://www.aufildessaisons.com/
- Auberge des Battures http://www.hotel-saguenay.com/fr/rates.html
Les Bergeronnes
- Auberge de la Rosepierre http://www.rosepierre.com/
- Gite et chalet « Bienvenue chez les Petit » http://www.gitepetit.net/Intro.html
La Malbaie
- Gite Aigle Pêcheur http://www.gitescanada.com/10217.html
http://aiglepecheur.com/francais/
- Gite la Tourelle du Cap http://www.tourelleducap.com/index.htm
- Le richelieu http://www.gitelerichelieu.com/1LeRichelieu.htm
Québec (4 nuits)
http://www.giteduparc.com/
http://www.aubergeauxdeuxlions.com/
je suis très active sur le forum ces derniers jours car je suis en plein préparatifs de notre prochaien voyage au québec en mai. j'ai fait le tour des différents gites ou auberges mais maintenant il faut choisir ! je me suis appuyée sur les remarques du guide du routard mais je n'ai pas tjrs choisit ceux qu'ils proposaient. J'ai essayé de trouver des avis sur le net sur les gites sélectionnés mais je n'en ai pas toujours trouvé donc je fais appel à vous !
Nous louons une voiture pendant 9 jours pour faire un circuit de Montréal jusqu'à St félicien puis nous continuons de St Félicien direction Bergeronnes et Québec (là ce sont les grandes lignes du circuit je vous rassure ! lol). Nous passons à chaque fois 1 nuit dans chaque ville et 4 nuits à Québec.
Pour moi un des critères VITALE c'est la salle de bain privée. Nous sommes à 3 : mon mari et ma petite fille de presque 2 ans donc je me vois mal faire la queue pour se préparer et surtout en France on n'a pas l'habitude de partager sa salle de bain, en tout cas pas moi 🤪. lol J'ai pas envie de me sentir au camping en vacances car c'est aussi notre voyage de noce donc on veut se faire plaisir et en profiter 😎
Donc si vous connaissez de nom, de réputation ou si vous avez testé un de ces lieux n'hésitez pas à me donner vos commentaires, ca permet aussi de se faire une idée même si chacun a ses critères et ses goûts....Mais en général quand c'est négatif c'est qu'il y'a matière à le dire. Un grand merci pour vos conseils ! 😉
Saint Félicien
- Gite à Fleur d’Eau http://www.gitescanada.com/11266.html :
- Gite Ticouapé http://www.gites-classifies.qc.ca/ticouape.htm :
http://www.gitestfelicien.ca/
La Baie
- Gite « à la vieille école » http://www.gitescanada.com/vieilleecole
http://www.giteetaubergedupassant.com/alavieilleecole
- Gite « au fil des saisons » http://www.gitescanada.com/11155.html?showpage=1
http://www.giteetaubergedupassant.com/aufildessaisons
http://www.aufildessaisons.com/
- Auberge des Battures http://www.hotel-saguenay.com/fr/rates.html
Les Bergeronnes
- Auberge de la Rosepierre http://www.rosepierre.com/
- Gite et chalet « Bienvenue chez les Petit » http://www.gitepetit.net/Intro.html
La Malbaie
- Gite Aigle Pêcheur http://www.gitescanada.com/10217.html
http://aiglepecheur.com/francais/
- Gite la Tourelle du Cap http://www.tourelleducap.com/index.htm
- Le richelieu http://www.gitelerichelieu.com/1LeRichelieu.htm
Québec (4 nuits)
http://www.giteduparc.com/
http://www.aubergeauxdeuxlions.com/
Premier typhon de l'année 2010 à l'est des Philippines English translation pending
Je le surveille depuis quelques jours, les météologues viennent de lui donner un nom : OMAIS
Pour l'instant à l'est des Philippines, ; espérons qu'il remonte vers le nord sans toucher terre !
Intérêt de Pattaya, Thaïlande? English translation pending
Bonjour à vous!
J'aimerais avoir des avis sur la ville de Pattaya en Thailande. Cette ville à telle quelque chose à offrir, si on exclu le pourquoi elle est si connue...
Merci!!
http://asiedusud.blogspot.com
J'aimerais avoir des avis sur la ville de Pattaya en Thailande. Cette ville à telle quelque chose à offrir, si on exclu le pourquoi elle est si connue...
Merci!!
http://asiedusud.blogspot.com
Conduire aux États-Unis: panneaux routiers et signification des marquages aux sols? English translation pending
Bonjour,
en me documentant je vois de plus en plus de marquages au sol du style (Ped, Xing, Yield etc..). A ce propos connaissez vous un site ou je peux avoir les panneaux routiers ainsi que la siginfication des marquages aux sols aux USA. Car par exemple je ne vois pas a quoi correspond le marquage au sol PED.
Merci
en me documentant je vois de plus en plus de marquages au sol du style (Ped, Xing, Yield etc..). A ce propos connaissez vous un site ou je peux avoir les panneaux routiers ainsi que la siginfication des marquages aux sols aux USA. Car par exemple je ne vois pas a quoi correspond le marquage au sol PED.
Merci
Ouest américain 2009: à la découverte de nouveaux sites en dehors des sentiers battus (Partie n°2) English translation pending
Partie 1 : de Denver à Santa Fe
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
JOUR 5 – DE SANTA FE A KING OF WINGS
Après un petit déjeuner en commun, nous sommes tous prêts vers 8 heures. Tandis que mes amis vont faire un circuit d’une journée en passant par Taos, je vais poursuivre mon voyage en direction des badlands du Nouveau-Mexique où j’ai ce soir un rendez-vous à honorer.
Nous nous reverrons bientôt : nous avons prévu de séjourner chez Annie & André dans leur maison de la Drôme pour quelques jours en septembre prochain. Elisabeth et moi y découvrirons la vidéo et le diaporama de leur voyage, toujours aussi remarquables, et j’y ferai quelques apparitions pour la journée d’hier.
Je me ravitaille en produits frais au Wall Mart et je pars en direction de Farmington.
Vers midi, je fais une pause près de Lybrook, un lieu dont j’ai lu le plus grand bien sur un site web consacré aux badlands du Nouveau-Mexique. N’ayant pas prévu d’explorer cette vaste étendue, mon but est seulement de faire un premier repérage des lieux pour une prochaine visite. Je me rends aux différents points de vue sur les badlands, mais dans la lumière de milieu de journée tout est écrasé par le soleil et à cette distance il est difficile de se rendre compte de l’intérêt du site.
Un canapé incongru, qui a subi les outrages du temps, est installé face à un des points de vue. Pourquoi pas un simple banc qui aurait suffi pour admirer le paysage ? Chacun est libre d’émettre son hypothèse… 😛

D’ici, toute descente semble impossible ou dangereuse et l’accès à une piste proche qui pourrait mener aux badlands est interdit. Il restera donc à trouver d’autres accès plus à l’ouest pour ma prochaine visite.
Un peu plus tard, je me gare à l’extrémité de la petite piste qui mène à Ah Shi Sle Pah, un curieux nom navajo qui sonne un peu comme une formule magique.
En quelques minutes de marche, je me retrouve au cœur d’un monde austère et désolé, avec des étendues de bentonite grise prenant parfois la forme de hoodoos dans des wash qu’on imaginerait volontiers sur une autre planète. Il paraît qu’on y découvre des fragments d’os de dinosaures mais je ne trouverai que des morceaux de bois pétrifié.


Par moments, la bentonite grisâtre est égayée par les teintes brunes de « chapeaux » de pierre. Certains ressemblent à des macarons !


C’est à l’ouest du site qu’on peut voir les hoodoos les plus élancés et les plus colorés, surnommés les Yellow Hoodoos. C’est vraiment mon secteur préféré dans ce que j’ai pu visiter en trois heures à Ah Shi Sle Pah, le reste du site valant, à mon avis, davantage par son ambiance que par son intérêt esthétique ou géologique (en comparaison de Bisti Badlands).




Il faudrait attendre la lumière de fin d’après-midi pour photographier les Yellow Hoodoos sous leur meilleur aspect, mais je dois quitter ce secteur pour reprendre la voiture et me rendre dans une autre partie du San Juan Basin où se trouve un hoodoo étonnant que ses récents découvreurs ont baptisé « King of Wings ».
Pour cette visite, j’ai rendez-vous avec John que je ne connais qu’à travers nos échanges via Internet. Il habite le sud du Colorado, est géomètre et passionné de photographie (principalement des paysages du Southwest). On peut voir ses superbes photos sur sa galerie « Caught in time ». C’est John qui m’avait contacté en 2008, comme il l’avait fait simultanément avec mes amis allemands Steffen et Isabel (qui, elle, est en réalité autrichienne) : il était étonné de voir sur nos sites web des photos d’endroits qu’il connaissait mais pensait être restés confidentiels (par exemple « Arch Slot Canyon », « Red Canyon »…). Après plusieurs échanges d’e-mails, il nous proposait de réaliser quelques explorations ensemble, à condition de ne pas divulguer certaines de ces localisations. Steffen et Isabel l’avaient rencontré durant leur trip de début 2009 (notamment pour voir « King of Wings ») et c’est désormais à mon tour de faire la connaissance de John. Merci Internet !
Le rendez-vous est fixé en fin d’après-midi (car John travaille ce jour-là dans les environs), au bord d’une piste à peine tracée au milieu de nulle part. J’avais trouvé assez « fun », pour un premier contact, le fait de se rencontrer à un simple point GPS, en plein wilderness. Nous y arrivons presque ensemble et devons avoir l’air de contrebandiers 🏴☠️ ! Dès les premiers échanges, il se confirme que John est très sympathique et a beaucoup d’humour. Nous partons rapidement randonner dans les badlands pour atteindre le « King of Wings ». Même s’il était prévu d’explorer d’abord ses alentours, John ayant eu une grosse journée de travail, nous avons envie de prendre notre temps et de bavarder, donc nous décidons finalement d’y aller directement et de rester sur place.
On surnomme « Wings » les longues pierres plates qui coiffent certains hoodoos en débordant largement de leur base, ce qui peut rappeler des ailes d’avion. La « Wing » que nous allons voir est la plus grande que nous connaissions, car elle a un porte-à-faux d’au moins quatre mètres, d’où son surnom de « King of Wings ». Elle a été découverte un peu par hasard en 2007 par un photographe amateur local et c’est son extrême fragilité (on se demande même comment elle tient encore en équilibre) qui justifie de ne pas en divulguer la localisation.
Arrivés à « King of Wings », nous y attendons le coucher du soleil, ce qui nous donne le temps d’admirer cette formation unique et de la photographier sous toutes ses coutures.






John me fait bien rire quand il se met soudain à scander des « Hail to the King of Wings » (« Gloire au roi des ailes ») en levant les bras au ciel puis en se prosternant devant le royal hoodoo. La scène est franchement surréaliste 😎, on est loin de certains photographes qui se prennent au sérieux !

Quand la lumière baisse, nous faisons un tour à proximité pour photographier quelques hoodoos de petite taille…


… avant de revenir à « King of Wings » pour le coucher du soleil.



J’apprécie pour son ambiance la marche de retour au crépuscule et il fait quasiment nuit lorsque nous arrivons aux véhicules. Nous avons réussi à les trouver sans l’aide du GPS, histoire de prolonger un peu l’aventure.
La visite de « King of Wings » a combiné tout ce que j’aime : authentique wilderness avec un parfum d’aventure, originalité géologique et esthétique, belle lumière et opportunités photographiques, partage avec quelqu’un qui est sur « la même longueur d’onde »… 🙂
Maintenant, alors que la nuit est tombée, il nous faut emprunter plusieurs pistes successives pour aboutir sur la highway, mais John a déjà fait ce trajet et nous y mène sans encombre. Comme cette première rencontre fut une réussite qui en appelle d’autres, John me propose de nous retrouver le week-end suivant pour de nouvelles explorations sur la réserve navajo. Cela tombe bien car c’est justement ce que j’avais prévu de faire avec un ami d’Arizona, nous serons donc trois avec chacun notre 4 x 4, ce qui n’en sera que mieux. Une fois le rendez-vous fixé, John part rejoindre son motel à Farmington car il commence à travailler très tôt le lendemain, tandis que je me dirige vers le parking de Bisti Badlands pour y bivouaquer.
Je suis surpris d’y découvrir un camping-car et un SUV, avec trois personnes qui devisent gaiement autour d’une table de camping malgré l’heure tardive. Je vais saluer mes voisins de bivouac : ce sont trois jeunes Allemands qui viennent de fêter avec quelques bières leur visite des Craked Eggs (aussi appelé Egg Factory) jusqu’au coucher du soleil avec retour de nuit à leur véhicule. Le volume 3 « Colorado & New Mexico » de Photographing the Southwest se trouve sur la table, ainsi qu’une carte topographique tirée de l’excellent site web « Secrets of the West » de mon ami allemand Steffen, deux raisons qui me valent spontanément une invitation à partager leur repas. Comme ils ne se laissent pas abattre, le repas sera plus consistant et arrosé (de vin californien) que le frugal dîner solitaire que j’avais prévu. L’ambiance est sympathique 🙂 et je leur donnerai beaucoup de conseils pour leurs visites des jours à venir.
Dommage que ce ne soit pas la pleine lune car nous aurions pu nous balader au milieu des hoodoos tout proches à l’ouest du parking. Je propose une sortie aux « Wings » de Bisti Badlands pour le prochain lever du soleil, mais le jeune couple décline car « il est en voyages de noces », le troisième voyageur est intéressé « à condition qu’il arrive à se réveiller » (comme moi, il dort dans son SUV). Je prépare mon sac à dos pour le lendemain matin, je regarde mes photos et m’endors avec des Wings plein les yeux…
JOUR 6 – DE BISTI BADLANDS A ROYAL ARCH
Ce matin, je suis prêt à partir peu de temps après la sonnerie du réveil. J’entends un ronflement dans le SUV du « co-bivouaqueur » allemand, donc je m’en vais seul sans traîner car il y a bien une demi-heure de marche à un bon rythme pour arriver aux Wings (au nord du site).
Je tenais absolument à retourner aux Wings, que j’avais vues en 2003 avec Elisabeth, parce que j’en avais été frustré lors de ma visite d’octobre 2007 avec Thierry (Wavemaster) qui, ayant eu cet après-midi-là une overdose de badlands et de hoodoos 😕, n'avait pas voulu s’y rendre avant la séance photo aux Cracking Eggs pour le coucher du soleil.
Après une marche vivifiante, j’arrive au pied de l’aile en forme d’otarie quelques minutes avant le lever du soleil, pour tenter de capturer ce moment magique où la lumière change si rapidement.




Le soleil éclaire progressivement les autres Wings et les badlands, le spectacle est magnifique et je ne regrette pas mon réveil aux aurores.



Je petit-déjeune sur place, alors que le soleil commence à darder ses rayons.
La lumière devient rapidement crue, mais je décide tout de même de faire une grande balade dans les Bisti Badlands, pour l’ambiance et le plaisir d’y randonner, même si l’appareil photo restera la plupart du temps dans le sac à dos.
En chemin, des ravines blanches prennent des formes intéressantes.


Certains hoodoos, tout en finesse, n’auront qu’une existence éphémère…

D’autres se regroupent sur une colline…

… où prennent la forme d’un arbre…

… quand il ne s’agit pas d’un hoodoo coiffé d’un véritable morceau d’arbre pétrifié…

… dont on peut découvrir des troncs entiers comme à Petrified Forest :

Quand j’arrive aux Cracked Eggs, je me remémore l’été 2003 où, avec Elisabeth, nous avions arpenté les Bisti Badlands pendant des heures sous le cagnard, à la recherche de ces fameux « eggs » que je voulais absolument trouver et ajouter dans la nouvelle édition de Photographing the Southwest. A l’époque, il n’y avait pas de sites Internet ou de guides traitant des Bisti Badlands, ni d’indications sur la localisation des formations les plus photogéniques. Le site était encore très peu visité, seuls quelques photographes locaux en avaient publié des clichés et ils ne voulaient dévoiler ni les coordonnées ni même à quelle distance de la piste et dans quelle direction pouvaient bien se trouver les Cracked Eggs. Mais c’est en nous obstinant et en marchant avec leurs photos en main que nous avions fini par les repérer, un peu surpris de constater qu’ils n’étaient finalement pas si loin du parking (environ 45 minutes). A cause de leur petite taille, on pouvait passer à quelques dizaines de mètres d’eux sans les remarquer sous la lumière écrasante qui estompe couleurs et reliefs en pleine journée.
En ce milieu de matinée, je suis un peu déçu 😐 quand je retrouve « l’abeille » des Cracked Eggs..

Elle est moins jolie que lorsque je l’avais photographiée au coucher du soleil, en octobre 2007 :

Les Cracked Eggs sont plutôt tristes en pleine journée, aussi je préfère vous montrer deux photos prises en 2007, pour vous convaincre de privilégier la visite à l’heure précédant le coucher du soleil, quitte à revenir au véhicule dans la pénombre et au GPS (mais prenez bien des piles de rechange, on ne sait jamais !).


Je pousse la randonnée un peu plus loin que la butte nommée Eagle Nest, d’où on a une vue dégagée sur le wash au milieu des badlands :

Au retour, je passe la « porte » des Bisti Badlands avant de rejoindre mon véhicule vers midi, alors que la chaleur devient moins supportable.

Un homme jeune vient d’arriver sur le parking dans son vieux SUV 4 x 4, avec un canoë sur le toit (ce qui paraît incongru dans ce décor totalement désertique). Très affable, il me propose de déjeuner avec lui sur le pouce. Il m’explique qu’il vient de Californie où il a été licencié récemment à cause de la crise financière. Il a pensé qu’un grand circuit dans l’Ouest, d’au moins six mois, serait une bonne occasion pour dépenser ses économies, en espérant que la reprise aurait débuté à son retour et qu’il retrouverait un emploi. On reconnaît bien là l’optimisme et le positivisme très américains. Il me dit spontanément que pour son voyage il suit quasi exclusivement les indications des trois volumes de Photographing the Southwest (sauf pour la partie nautique), qu’il me montre tout annotés. Je suis surpris quand il me remercie chaleureusement en me faisant une virile accolade (le hug américain) simplement parce que je lui ai répondu que j’avais collaboré à ces guides. En l’écoutant, je comprends que ce « trip », plus qu’un simple voyage, représente pour lui une sorte de pèlerinage un peu mystique afin de célébrer la Nature.
Après lui avoir donné quelques conseils complémentaires pour la visite des Bisti Badlands, je le quitte pour me rendre à Farmington où je me rafraîchis, fais quelques courses au Wall-Mart et envoie des e-mails sur mon notebook (en bénéficiant de la WiFi accessible du parking du motel où je me suis garé).
Dans l’après-midi, je prends la direction de l’ouest pour me rendre une seconde fois à Royal Arch, ma précédente visite en 2006 m’ayant donné envie d’y bivouaquer pour assister au lever du soleil.
Je fais une courte pause à Shiprock, montagne sacrée des Navajos. Même de loin, le monolithe isolé est imposant, mais je suis surtout impressionné par la muraille volcanique qui y mène, tellement fine et rectiligne qu’on la dirait bâtie par la main de l’homme.

Je suis scandalisé par les très nombreux cadavres de bouteilles d’alcool fort qui jonchent les bas-côtés de la piste menant au monolithe, quand ce n’est pas la piste elle-même. Le caractère sacré de ce lieu n’empêche pas les Navajos de venir y picoler alors que l’alcool est interdit sur toute la réserve, dont Shiprock fait partie. Pour ne pas risquer d’être pris en train de transgresser cette interdiction, ils se dépêchent de boire leur bouteille puis la jettent au plus pressé, sans aucun respect pour les lieux et la nature, ou pour les pneus de ceux qui emprunteront cette piste après eux. Désolant…😠
Je ne m’attarde pas et continue ma route pour entrer en Arizona et me rendre dans la région isolée où se situe Royal Arch. Au moment de prendre la piste, à proximité d’un village navajo, je m’arrête sur le bas-côté et me concentre sur la carte topographique. Je suis surpris et sursaute lorsqu’une jeune femme navajo toque à la vitre de ma portière. Tout d’abord inquiet, car les Navajos n’aiment généralement pas qu’on vienne se balader sur leurs terres, je suis vite rassuré par le visage souriant de la jeune femme. Elle me demande si je peux la ramener chez elle (« up the ridge », me dit-elle en me montrant vaguement la route d’où je viens), car elle a un problème de véhicule. J’accepte volontiers et elle semble réellement soulagée. Je comprends pourquoi, car sa maison se situe à plus de six miles de là ! Elle me dit que ce ne sont pas les trois heures de marche qui l’inquiètent mais plutôt les chiens agressifs qui traînent aux abords des habitations. Contrairement aux Navajos âgés que j’ai déjà pris en stop lors de précédents voyages, et qui étaient restés totalement silencieux, la jeune femme a envie de discuter. Elle me demande pourquoi un Français se rend dans cet endroit reculé et quand je lui réponds que je vais à Royal Arch, elle me conseille d’être très prudent car il y a eu des véhicules accidentés sur cette piste (ce qui m’étonne car je ne me souviens pas de difficultés particulières lors de ma visite de 2006). Avant de me quitter et de me remercier, elle m’indique un raccourci via des pistes à travers les montagnes pour rejoindre ma prochaine destination au-delà de Lukachukai.
Content d’avoir rendu ce service, je refais le chemin inverse pour prendre la piste qui mène à l’arche. Je comprends très vite le conseil de prudence de la jeune Navajo : depuis ma dernière visite, la piste s’est nettement détériorée ! De très profondes ornières ont été creusées par les gros Pick-Up des Indiens et, si on roule dedans, on risque de frotter voire de coincer le bas de caisse sur la bande de terre centrale. Il vaut donc mieux rester sur les rails étroits et surélevés de chaque côté des ornières et bien viser, car ils sont bordés de très près par les buissons ou par le fossé. Mais ce n’est pas tout : çà et là des trous parsèment la piste, qu’il faut passer avec précaution, le pire étant lorsque les rails ne sont pas à la même hauteur et que le SUV penche dangereusement, au risque de se renverser 😕. C’est certainement ce dont parlait la jeune Navajo.
Ces passages sont stressants et je suis bien content d’arriver sans encombre à une petite zone en retrait pouvant servir de parking sur la crête en face de l’arche. C’est l’endroit idéal pour bivouaquer et assister au lever du soleil, aussi j’y gare mon véhicule et continue à pied sur la piste qui amorce une descente raide avant d’atteindre le fond d’un wash. N’ayant pas trouvé de sentier pour atteindre l’arche, je la rejoins directement en passant sur le slickrock et au travers de la végétation.
Royal Arch se détache particulièrement bien dans le ciel, à la fois impressionnante (plus de cinquante mètres de hauteur) et élégante (car fine et élancée). Je la classe sans hésiter dans mon « Top 5 » des arches de l’Ouest.
En voici trois vues (face est, dessous, face ouest) qui ne lui rendent pas vraiment justice, car elle est difficile à photographier de près.



De l’arche, la vue est très belle vers l’est. De grands monolithes et des mesas de slickrock rouge contrastent avec la verdure très présente et le bleu du ciel, un peu comme dans les environs de Sedona. Je reste longtemps à admirer le paysage en savourant ces instants de totale solitude.

Sur la photo précédente, je devine mon lieu de bivouac, sur la crête rouge juste au-dessus et à droite du rocher que l’on voit en premier plan (à droite de la photo).
Je regagne assez tardivement mon véhicule, au moment où les derniers rayons du soleil éclairent le monolithe le plus proche du bivouac.

Je dîne en ayant le privilège d’observer le jour tomber derrière l’arche…

… et les nuages s’embraser fugitivement une dernière fois, bien après le coucher du soleil.

Dans cet endroit isolé, je suis tranquille pour faire ma toilette. Une autre année, j’avais essayé le système de poche d’eau en plastique foncé, avec un tuyau et un mini-pommeau de douche, que l’on fait chauffer au soleil sur le toit de la voiture mais, avec les soubresauts du SUV sur les pistes, il fuyait inexorablement (peut être avais-je acheté un modèle défectueux ou de qualité insuffisante). Depuis, je me contente d’utiliser du savon sans rinçage qui est très pratique puisqu’il suffit de verser ce savon liquide sur un gant de toilette classique que l’on mouille régulièrement pour se laver de la tête aux pieds sans avoir besoin de se rincer (ni la plupart du temps de s’essuyer car lorsqu’il fait chaud on sèche au fur et à mesure). Aux USA, j’achète le produit Body Bath de la marque No Rince, ainsi que le Shampoo de la même marque (moins efficace que le savon liquide), vendus notamment dans les magasins d’outdoor REI. En France, on trouve le produit Akil Toilette d’Akileïne qui sent bon les fleurs provençales. Quand il n’est pas possible de se laver de cette manière, je me contente de lingettes grand format (il y en a qui ne sentent pas le produit pour bébé et qui sont antiseptiques).
Je m’endors avec un peu d’appréhension car les bivouacs sont rarement tolérés par les Navajos sur leur réserve, même en pleine nature comme ici où on ne dérange personne.
JOUR 7 – DE ROYAL ARCH A LOST CITY
Ce matin, je ne dois m’éloigner que de quelques dizaines de mètres de la voiture pour installer l’appareil photo sur le trépied à l’endroit idéal pour le lever de soleil.
Juste avant son apparition, la lumière rosée est très douce.

Au premier rayon de soleil, je m’aperçois que le monolithe joliment éclairé hier soir projette son ombre très exactement sur l’arche. Je peste contre lui car il m’empêche de réussir la photo escomptée, mais je ne peux pas le déplacer et le spectacle reste magnifique.

Un peu plus tard, l’ombre gênante a disparu et la lumière passe du rosé au doré.
Je ne regrette pas d’avoir bivouaqué ici car c’est tôt le matin que Royal Arch se pare de ses plus beaux atours.


Je prends mon petit déjeuner tranquillement en profitant pleinement de la vue jusqu’au moment de partir.
Comme la veille, j’ai quelques sueurs froides lorsque le SUV penche un peu trop à mon goût. Je fais une pause pour observer une mesa isolée qui semble flotter dans le désert comme un grand cuirassé.

Sur la route, je passe devant le groupe de modestes maisons où habite l’auto-stoppeuse d’hier soir, mais je ne prends pas le raccourci qu’elle m’a indiqué car emprunter ces pistes de montagne, qui ne sont même pas indiquées sur ma carte, ne me semble ni prudent ni susceptible de me faire gagner du temps.
Je traverse les Lukachukai Mountains avec une belle descente vers le village, puis bifurque sur les pistes qui s’enfoncent au cœur du territoire navajo.
J’ai prévu de visiter le site de « Many Hands Cave », connu de quelques aficionados d’art rupestre pour ses pictographes multicoloresparmi lesquels on trouve de nombreuses empreintes de mains. Ce site confidentiel se visite habituellement avec un accompagnateur navajo dont la principale fonction est d’y conduire le visiteur, mais comme je connais sa localisation j’ai l’intention de négocier un droit de passage, moyennant quelques dollars, en me présentant à l’habitation isolée proche du site. Malheureusement il n’y a personne, à part un chien agressif. Je continue la piste et trouve la grande alcôve qui abrite ruines et pictographes. Je coince derrière l’essuie-glace un message et un billet de 10 $, au cas où le Navajo vivant dans la maison passerait par là, et je monte à l’alcôve.
Les ruines et les pictographes sont disséminées sur plus d’une centaine de mètres le long de la falaise.

Les ruines ne sont pas spectaculaires et la kiva a perdu son toit.


Mais les pictographes, qui datent de la période des Basketmakers (qui se termine au VIIe siècle), sont variés et colorés.
Ce grand personnage mesure environ 1,5 mètre.


D’autres ne font que quelques dizaines de centimètres de haut.

La construction des petites maisons est postérieure aux pictographes puisque certains murs s’appuient sur eux ou les recouvrent, sans que les bâtisseurs aient d’ailleurs cherché à les préserver.

L’originalité du site repose sur ses nombreuses mains peintes (il y en a plus de mille d’après les archéologues), qui peuvent prendre des teintes rouges, brunes, jaunes, blanches ou vertes (la couleur verte étant rare pour les pictographes). Elles sont toujours « positives », c’est-à-dire que la peinture est appliquée sur la main ensuite plaquée sur le rocher, au contraire des mains « négatives », où la peinture est projetée autour de la main plaquée sur la roche.


Sur ce panel, on a l’impression que les mains veulent attraper les deux personnages qui les surplombent.

L’un d’entre eux ressemble à un guerrier de l’Antiquité grecque. Je ne peux m’empêcher de penser à Patrick, membre de VF actif sur le forum USA et dont le pseudonyme est « Le Spartiate » 😛.

Ici, les mains blanches dessinent un casque ailé à cet autre personnage.

Je repère la dernière ruine du site…


… auprès de laquelle on trouve le panel le plus intéressant.

Un homme surmonté d’un serpent y côtoie un « petit homme vert » qui pourrait être tout droit descendu d’une soucoupe volante 🙂.

Une fois l’appareil photo rangé dans le sac à dos, je reste un certain temps à m’imprégner du site, essayant d’imaginer comment les hommes vivaient là et me demandant ce qui a pu les pousser à laisser des centaines d’empreintes de mains colorées sur les parois de la falaise.
Revenu sur la route, je passe devant un vieux Trading Post local décrépit qui semble fermé depuis longtemps, mais comme je vois un Indien en sortiravec des provisions, j’entre avec la furieuse envie de boire une lemonade bien fraîche, car en ce milieu de journée il fait très chaud. A l’intérieur, je suis étonné de constater qu’il est bien approvisionné. Une femme navajo vient de faire réchauffer au micro-ondes un cheeseburger vendu en sachet et stocké dans une armoire réfrigérée. Lorsqu’elle s’approche de moi, l’odeur de la viande et du fromage fondu déclenche un réflexe pavlovien qui me pousse irrésistiblement à en faire réchauffer un aussi. Au diable le Trail Mix quotidien ! A ma grande surprise c’est plutôt bon, l’absence de sauce faisant bien ressortir le goût de la viande juteuse. La femme navajo engage aimablement la conversation, curieuse de savoir ce qu’un Frenchie peut bien faire ici (elle a entendu mon accent prononcé quand j’ai payé le caissier). Je lui évoque mon intérêt pour les ruines et l’art rupestre et je lui demande si elle n’en connaît pas dans la région. Hélas, elle ne connaît que les ruines et les panels du Canyon de Chelly.
Cela me rappelle cette journée d’octobre 2005 où, avec Laurent Martrès et Steffen, nous avions loué les services d’un guide navajo pour voir les panels du Canyon de Chelly. Les rangers nous avaient sélectionné une Navajo très âgée qui était née dans le canyon et y avait vécu la majorité de sa vie. Heureusement, Steffen avait méticuleusement préparé cette visite en notant la localisation des panels intéressants, car nous avons dû insister lourdement pour en voir certains (notamment le plus beau) que notre guide faisait semblant d’ignorer 😮. Elle a fini par nous expliquer qu’elle ne voulait pas risquer de rencontrer un membre d’une autre famille navajo et d’avoir à lui demander la permission d’aller voir les panels situés dans son secteur (permission qui ne doit a priori pas être refusée pour un guide accrédité par les rangers, car ce canyon est aussi un National Monument).
Rassasié et désaltéré, je continue ma route en faisant un détour pour aller voir Los Gigantes Buttes, deux buttes isolées qui rappellent celles de Monument Valley.

Je fais un autre détour pour m’approcher des Dancing Rocks, où je suis à deux doigts de m’ensabler. Comme pour Los Gigantes Buttes, la lumière de début d’après-midi ne permet que des photos purement documentaires.

Je quitte à nouveau la route pour prendre les pistes qui m’amèneront à proximité des ruines indiennes que je nomme « Lost City ». En préparant mon voyage, j’ai vu des photos de ces ruines assez imposantes et situées dans un cadre superbe mais, de manière surprenante, je n’ai trouvé sur Internet aucun rapport de visite ni aucune indication pour s’y rendre.
Je m’arrête à un point de vue prometteur pour la « golden hour » qui précédera le coucher du soleil, puis je poursuis ma quête des ruines.

Il n’y a pas de sentier pour atteindre « Lost City » et il faut trouver son chemin sur les pentes de slickrock, ce qui me prendra environ une heure avec quelques hésitations.
Arrivé en vue des ruines, j’ai la mauvaise surprise de découvrir une clôture de fils barbelés (avec une ouverture bricolée permettant le passage d’une personne). La visite individuelle n’est donc pas autorisée, ce qui me sera confirmé deux jours plus tard par les rangers du Navajo National Monument qui m’expliquent que ce site, abandonné par les Anasazis vers le XIVe siècle, a longtemps fait l’objet de pillages par des « pot hunters » à la recherche, comme leur nom l’indique, de poteries. Pour arriver à leurs fins, ils n’hésitaient pas à creuser partout dans les ruines jusqu’à faire s’écrouler certains murs. Je suis face à un cruel dilemme, mais je ne me résous pas à avoir fait tous ces efforts pour rien et je n’ai pas la force de résister à la tentation. Je passe par l’espace aménagé dans la clôture, avec un mélange d’excitation pour la découverte, de gêne et d’inquiétude pour la transgression 😊. Je ne vous encourage pas à suivre ce mauvais exemple et je conseille à ceux qui seraient intéressés par ces ruines de s’y rendre accompagnés d’un guide navajo.
Le site comprend trois sections (de droite à gauche) : des ruines inaccessibles perchées dans une alcôve à mi-hauteur de la falaise, d’autres en piteux état à peine visibles sur un talus, et les principales nichées dans l’alcôve tout au fond de la falaise.

Comme je ne veux pas rester trop longtemps sur ce site clôturé, je me rends directement aux ruines principales, accessibles via un talus.

Elles surplombent un très beau canyon verdoyant.

Certaines habitations avaient plusieurs étages et on voit encore les encoches faites dans la roche pour y insérer des poutres.



Les habitations sont vraiment à flanc de falaise, les faux pas y étaient interdits.

Ici il n’y a eu aucune restauration ou reconstruction, contrairement à Mesa Verde, pourtant certaines habitations sont encore bien conservées.


Mais, curieusement, ce qui m’attire avec une force irrésistible c’est le petit grenier (« granary ») à l’extrémité des lieux.
De par sa position et sa petite taille, quand on l’isole des autres ruines, il forme un contraste saisissant avec le canyon qui s’étire à ses pieds et les falaises qui l’environnent.




Je trouve que sa parfaite intégration dans la falaise et son ouverture obscure lui donnent un côté un peu mystérieux. Laissant libre cours à mon imagination et m’abandonnant à la magie du lieu, cette ouverture me donne l’impression d’être l’entrée d’un passage qui aurait un jour aspiré toute la vie de ce village pour la transférer dans un autre monde préservé où elle se perpétuerait. Et pourtant je ne suis sous l’emprise d’aucune herbe chamanique 🙂.

Revenu à la réalité, je me prépare à regagner mon véhicule.
Je me demande si le centre du site, qui n’est pas protégé par une alcôve, n’a pas été détruit par la chute d’énormes blocs.

Je m’attarde un moment au pied des ruines, près de l’accès au site où on peut voir des traces d’humidité sur la paroi et un peu de végétation. L’une et l’autre devaient être très appréciées des habitants de l’époque, qui cultivaient sûrement quelque chose à cet endroit-là.


Le retour sur le sommet de la mesa ne pose pas de problème car je connais désormais le chemin.
Dans la lumière précédant le coucher du soleil, la vue sur le canyon est un enchantement dont je ne me lasse pas. Je reste là jusqu’au crépuscule, ces dernières heures seront parmi mes préférées de tout le voyage 🙂.




Ayant profité du spectacle jusqu’au dernier moment, je dîne à la nuit tombée. Ici, je suis en plein wilderness, très éloigné de toute habitation, je n’ai rencontré personne et compte tenu de l’heure cela devrait continuer jusqu’au lendemain. C’est pourquoi je prends le risque de rester bivouaquer sur place bien que je sois toujours sur la réserve navajo 😊.
Je m’endors en pensant à ce que pouvait être la vie des Anasazis dans cette région, à la fois si rude et si belle.
Partie 1 : de Denver à Santa Fe
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
JOUR 5 – DE SANTA FE A KING OF WINGS
Après un petit déjeuner en commun, nous sommes tous prêts vers 8 heures. Tandis que mes amis vont faire un circuit d’une journée en passant par Taos, je vais poursuivre mon voyage en direction des badlands du Nouveau-Mexique où j’ai ce soir un rendez-vous à honorer.
Nous nous reverrons bientôt : nous avons prévu de séjourner chez Annie & André dans leur maison de la Drôme pour quelques jours en septembre prochain. Elisabeth et moi y découvrirons la vidéo et le diaporama de leur voyage, toujours aussi remarquables, et j’y ferai quelques apparitions pour la journée d’hier.
Je me ravitaille en produits frais au Wall Mart et je pars en direction de Farmington.
Vers midi, je fais une pause près de Lybrook, un lieu dont j’ai lu le plus grand bien sur un site web consacré aux badlands du Nouveau-Mexique. N’ayant pas prévu d’explorer cette vaste étendue, mon but est seulement de faire un premier repérage des lieux pour une prochaine visite. Je me rends aux différents points de vue sur les badlands, mais dans la lumière de milieu de journée tout est écrasé par le soleil et à cette distance il est difficile de se rendre compte de l’intérêt du site.
Un canapé incongru, qui a subi les outrages du temps, est installé face à un des points de vue. Pourquoi pas un simple banc qui aurait suffi pour admirer le paysage ? Chacun est libre d’émettre son hypothèse… 😛

D’ici, toute descente semble impossible ou dangereuse et l’accès à une piste proche qui pourrait mener aux badlands est interdit. Il restera donc à trouver d’autres accès plus à l’ouest pour ma prochaine visite.
Un peu plus tard, je me gare à l’extrémité de la petite piste qui mène à Ah Shi Sle Pah, un curieux nom navajo qui sonne un peu comme une formule magique.
En quelques minutes de marche, je me retrouve au cœur d’un monde austère et désolé, avec des étendues de bentonite grise prenant parfois la forme de hoodoos dans des wash qu’on imaginerait volontiers sur une autre planète. Il paraît qu’on y découvre des fragments d’os de dinosaures mais je ne trouverai que des morceaux de bois pétrifié.


Par moments, la bentonite grisâtre est égayée par les teintes brunes de « chapeaux » de pierre. Certains ressemblent à des macarons !


C’est à l’ouest du site qu’on peut voir les hoodoos les plus élancés et les plus colorés, surnommés les Yellow Hoodoos. C’est vraiment mon secteur préféré dans ce que j’ai pu visiter en trois heures à Ah Shi Sle Pah, le reste du site valant, à mon avis, davantage par son ambiance que par son intérêt esthétique ou géologique (en comparaison de Bisti Badlands).




Il faudrait attendre la lumière de fin d’après-midi pour photographier les Yellow Hoodoos sous leur meilleur aspect, mais je dois quitter ce secteur pour reprendre la voiture et me rendre dans une autre partie du San Juan Basin où se trouve un hoodoo étonnant que ses récents découvreurs ont baptisé « King of Wings ».
Pour cette visite, j’ai rendez-vous avec John que je ne connais qu’à travers nos échanges via Internet. Il habite le sud du Colorado, est géomètre et passionné de photographie (principalement des paysages du Southwest). On peut voir ses superbes photos sur sa galerie « Caught in time ». C’est John qui m’avait contacté en 2008, comme il l’avait fait simultanément avec mes amis allemands Steffen et Isabel (qui, elle, est en réalité autrichienne) : il était étonné de voir sur nos sites web des photos d’endroits qu’il connaissait mais pensait être restés confidentiels (par exemple « Arch Slot Canyon », « Red Canyon »…). Après plusieurs échanges d’e-mails, il nous proposait de réaliser quelques explorations ensemble, à condition de ne pas divulguer certaines de ces localisations. Steffen et Isabel l’avaient rencontré durant leur trip de début 2009 (notamment pour voir « King of Wings ») et c’est désormais à mon tour de faire la connaissance de John. Merci Internet !
Le rendez-vous est fixé en fin d’après-midi (car John travaille ce jour-là dans les environs), au bord d’une piste à peine tracée au milieu de nulle part. J’avais trouvé assez « fun », pour un premier contact, le fait de se rencontrer à un simple point GPS, en plein wilderness. Nous y arrivons presque ensemble et devons avoir l’air de contrebandiers 🏴☠️ ! Dès les premiers échanges, il se confirme que John est très sympathique et a beaucoup d’humour. Nous partons rapidement randonner dans les badlands pour atteindre le « King of Wings ». Même s’il était prévu d’explorer d’abord ses alentours, John ayant eu une grosse journée de travail, nous avons envie de prendre notre temps et de bavarder, donc nous décidons finalement d’y aller directement et de rester sur place.
On surnomme « Wings » les longues pierres plates qui coiffent certains hoodoos en débordant largement de leur base, ce qui peut rappeler des ailes d’avion. La « Wing » que nous allons voir est la plus grande que nous connaissions, car elle a un porte-à-faux d’au moins quatre mètres, d’où son surnom de « King of Wings ». Elle a été découverte un peu par hasard en 2007 par un photographe amateur local et c’est son extrême fragilité (on se demande même comment elle tient encore en équilibre) qui justifie de ne pas en divulguer la localisation.
Arrivés à « King of Wings », nous y attendons le coucher du soleil, ce qui nous donne le temps d’admirer cette formation unique et de la photographier sous toutes ses coutures.






John me fait bien rire quand il se met soudain à scander des « Hail to the King of Wings » (« Gloire au roi des ailes ») en levant les bras au ciel puis en se prosternant devant le royal hoodoo. La scène est franchement surréaliste 😎, on est loin de certains photographes qui se prennent au sérieux !

Quand la lumière baisse, nous faisons un tour à proximité pour photographier quelques hoodoos de petite taille…


… avant de revenir à « King of Wings » pour le coucher du soleil.



J’apprécie pour son ambiance la marche de retour au crépuscule et il fait quasiment nuit lorsque nous arrivons aux véhicules. Nous avons réussi à les trouver sans l’aide du GPS, histoire de prolonger un peu l’aventure.
La visite de « King of Wings » a combiné tout ce que j’aime : authentique wilderness avec un parfum d’aventure, originalité géologique et esthétique, belle lumière et opportunités photographiques, partage avec quelqu’un qui est sur « la même longueur d’onde »… 🙂
Maintenant, alors que la nuit est tombée, il nous faut emprunter plusieurs pistes successives pour aboutir sur la highway, mais John a déjà fait ce trajet et nous y mène sans encombre. Comme cette première rencontre fut une réussite qui en appelle d’autres, John me propose de nous retrouver le week-end suivant pour de nouvelles explorations sur la réserve navajo. Cela tombe bien car c’est justement ce que j’avais prévu de faire avec un ami d’Arizona, nous serons donc trois avec chacun notre 4 x 4, ce qui n’en sera que mieux. Une fois le rendez-vous fixé, John part rejoindre son motel à Farmington car il commence à travailler très tôt le lendemain, tandis que je me dirige vers le parking de Bisti Badlands pour y bivouaquer.
Je suis surpris d’y découvrir un camping-car et un SUV, avec trois personnes qui devisent gaiement autour d’une table de camping malgré l’heure tardive. Je vais saluer mes voisins de bivouac : ce sont trois jeunes Allemands qui viennent de fêter avec quelques bières leur visite des Craked Eggs (aussi appelé Egg Factory) jusqu’au coucher du soleil avec retour de nuit à leur véhicule. Le volume 3 « Colorado & New Mexico » de Photographing the Southwest se trouve sur la table, ainsi qu’une carte topographique tirée de l’excellent site web « Secrets of the West » de mon ami allemand Steffen, deux raisons qui me valent spontanément une invitation à partager leur repas. Comme ils ne se laissent pas abattre, le repas sera plus consistant et arrosé (de vin californien) que le frugal dîner solitaire que j’avais prévu. L’ambiance est sympathique 🙂 et je leur donnerai beaucoup de conseils pour leurs visites des jours à venir.
Dommage que ce ne soit pas la pleine lune car nous aurions pu nous balader au milieu des hoodoos tout proches à l’ouest du parking. Je propose une sortie aux « Wings » de Bisti Badlands pour le prochain lever du soleil, mais le jeune couple décline car « il est en voyages de noces », le troisième voyageur est intéressé « à condition qu’il arrive à se réveiller » (comme moi, il dort dans son SUV). Je prépare mon sac à dos pour le lendemain matin, je regarde mes photos et m’endors avec des Wings plein les yeux…
JOUR 6 – DE BISTI BADLANDS A ROYAL ARCH
Ce matin, je suis prêt à partir peu de temps après la sonnerie du réveil. J’entends un ronflement dans le SUV du « co-bivouaqueur » allemand, donc je m’en vais seul sans traîner car il y a bien une demi-heure de marche à un bon rythme pour arriver aux Wings (au nord du site).
Je tenais absolument à retourner aux Wings, que j’avais vues en 2003 avec Elisabeth, parce que j’en avais été frustré lors de ma visite d’octobre 2007 avec Thierry (Wavemaster) qui, ayant eu cet après-midi-là une overdose de badlands et de hoodoos 😕, n'avait pas voulu s’y rendre avant la séance photo aux Cracking Eggs pour le coucher du soleil.
Après une marche vivifiante, j’arrive au pied de l’aile en forme d’otarie quelques minutes avant le lever du soleil, pour tenter de capturer ce moment magique où la lumière change si rapidement.




Le soleil éclaire progressivement les autres Wings et les badlands, le spectacle est magnifique et je ne regrette pas mon réveil aux aurores.



Je petit-déjeune sur place, alors que le soleil commence à darder ses rayons.
La lumière devient rapidement crue, mais je décide tout de même de faire une grande balade dans les Bisti Badlands, pour l’ambiance et le plaisir d’y randonner, même si l’appareil photo restera la plupart du temps dans le sac à dos.
En chemin, des ravines blanches prennent des formes intéressantes.


Certains hoodoos, tout en finesse, n’auront qu’une existence éphémère…

D’autres se regroupent sur une colline…

… où prennent la forme d’un arbre…

… quand il ne s’agit pas d’un hoodoo coiffé d’un véritable morceau d’arbre pétrifié…

… dont on peut découvrir des troncs entiers comme à Petrified Forest :

Quand j’arrive aux Cracked Eggs, je me remémore l’été 2003 où, avec Elisabeth, nous avions arpenté les Bisti Badlands pendant des heures sous le cagnard, à la recherche de ces fameux « eggs » que je voulais absolument trouver et ajouter dans la nouvelle édition de Photographing the Southwest. A l’époque, il n’y avait pas de sites Internet ou de guides traitant des Bisti Badlands, ni d’indications sur la localisation des formations les plus photogéniques. Le site était encore très peu visité, seuls quelques photographes locaux en avaient publié des clichés et ils ne voulaient dévoiler ni les coordonnées ni même à quelle distance de la piste et dans quelle direction pouvaient bien se trouver les Cracked Eggs. Mais c’est en nous obstinant et en marchant avec leurs photos en main que nous avions fini par les repérer, un peu surpris de constater qu’ils n’étaient finalement pas si loin du parking (environ 45 minutes). A cause de leur petite taille, on pouvait passer à quelques dizaines de mètres d’eux sans les remarquer sous la lumière écrasante qui estompe couleurs et reliefs en pleine journée.
En ce milieu de matinée, je suis un peu déçu 😐 quand je retrouve « l’abeille » des Cracked Eggs..

Elle est moins jolie que lorsque je l’avais photographiée au coucher du soleil, en octobre 2007 :

Les Cracked Eggs sont plutôt tristes en pleine journée, aussi je préfère vous montrer deux photos prises en 2007, pour vous convaincre de privilégier la visite à l’heure précédant le coucher du soleil, quitte à revenir au véhicule dans la pénombre et au GPS (mais prenez bien des piles de rechange, on ne sait jamais !).


Je pousse la randonnée un peu plus loin que la butte nommée Eagle Nest, d’où on a une vue dégagée sur le wash au milieu des badlands :

Au retour, je passe la « porte » des Bisti Badlands avant de rejoindre mon véhicule vers midi, alors que la chaleur devient moins supportable.

Un homme jeune vient d’arriver sur le parking dans son vieux SUV 4 x 4, avec un canoë sur le toit (ce qui paraît incongru dans ce décor totalement désertique). Très affable, il me propose de déjeuner avec lui sur le pouce. Il m’explique qu’il vient de Californie où il a été licencié récemment à cause de la crise financière. Il a pensé qu’un grand circuit dans l’Ouest, d’au moins six mois, serait une bonne occasion pour dépenser ses économies, en espérant que la reprise aurait débuté à son retour et qu’il retrouverait un emploi. On reconnaît bien là l’optimisme et le positivisme très américains. Il me dit spontanément que pour son voyage il suit quasi exclusivement les indications des trois volumes de Photographing the Southwest (sauf pour la partie nautique), qu’il me montre tout annotés. Je suis surpris quand il me remercie chaleureusement en me faisant une virile accolade (le hug américain) simplement parce que je lui ai répondu que j’avais collaboré à ces guides. En l’écoutant, je comprends que ce « trip », plus qu’un simple voyage, représente pour lui une sorte de pèlerinage un peu mystique afin de célébrer la Nature.
Après lui avoir donné quelques conseils complémentaires pour la visite des Bisti Badlands, je le quitte pour me rendre à Farmington où je me rafraîchis, fais quelques courses au Wall-Mart et envoie des e-mails sur mon notebook (en bénéficiant de la WiFi accessible du parking du motel où je me suis garé).
Dans l’après-midi, je prends la direction de l’ouest pour me rendre une seconde fois à Royal Arch, ma précédente visite en 2006 m’ayant donné envie d’y bivouaquer pour assister au lever du soleil.
Je fais une courte pause à Shiprock, montagne sacrée des Navajos. Même de loin, le monolithe isolé est imposant, mais je suis surtout impressionné par la muraille volcanique qui y mène, tellement fine et rectiligne qu’on la dirait bâtie par la main de l’homme.

Je suis scandalisé par les très nombreux cadavres de bouteilles d’alcool fort qui jonchent les bas-côtés de la piste menant au monolithe, quand ce n’est pas la piste elle-même. Le caractère sacré de ce lieu n’empêche pas les Navajos de venir y picoler alors que l’alcool est interdit sur toute la réserve, dont Shiprock fait partie. Pour ne pas risquer d’être pris en train de transgresser cette interdiction, ils se dépêchent de boire leur bouteille puis la jettent au plus pressé, sans aucun respect pour les lieux et la nature, ou pour les pneus de ceux qui emprunteront cette piste après eux. Désolant…😠
Je ne m’attarde pas et continue ma route pour entrer en Arizona et me rendre dans la région isolée où se situe Royal Arch. Au moment de prendre la piste, à proximité d’un village navajo, je m’arrête sur le bas-côté et me concentre sur la carte topographique. Je suis surpris et sursaute lorsqu’une jeune femme navajo toque à la vitre de ma portière. Tout d’abord inquiet, car les Navajos n’aiment généralement pas qu’on vienne se balader sur leurs terres, je suis vite rassuré par le visage souriant de la jeune femme. Elle me demande si je peux la ramener chez elle (« up the ridge », me dit-elle en me montrant vaguement la route d’où je viens), car elle a un problème de véhicule. J’accepte volontiers et elle semble réellement soulagée. Je comprends pourquoi, car sa maison se situe à plus de six miles de là ! Elle me dit que ce ne sont pas les trois heures de marche qui l’inquiètent mais plutôt les chiens agressifs qui traînent aux abords des habitations. Contrairement aux Navajos âgés que j’ai déjà pris en stop lors de précédents voyages, et qui étaient restés totalement silencieux, la jeune femme a envie de discuter. Elle me demande pourquoi un Français se rend dans cet endroit reculé et quand je lui réponds que je vais à Royal Arch, elle me conseille d’être très prudent car il y a eu des véhicules accidentés sur cette piste (ce qui m’étonne car je ne me souviens pas de difficultés particulières lors de ma visite de 2006). Avant de me quitter et de me remercier, elle m’indique un raccourci via des pistes à travers les montagnes pour rejoindre ma prochaine destination au-delà de Lukachukai.
Content d’avoir rendu ce service, je refais le chemin inverse pour prendre la piste qui mène à l’arche. Je comprends très vite le conseil de prudence de la jeune Navajo : depuis ma dernière visite, la piste s’est nettement détériorée ! De très profondes ornières ont été creusées par les gros Pick-Up des Indiens et, si on roule dedans, on risque de frotter voire de coincer le bas de caisse sur la bande de terre centrale. Il vaut donc mieux rester sur les rails étroits et surélevés de chaque côté des ornières et bien viser, car ils sont bordés de très près par les buissons ou par le fossé. Mais ce n’est pas tout : çà et là des trous parsèment la piste, qu’il faut passer avec précaution, le pire étant lorsque les rails ne sont pas à la même hauteur et que le SUV penche dangereusement, au risque de se renverser 😕. C’est certainement ce dont parlait la jeune Navajo.
Ces passages sont stressants et je suis bien content d’arriver sans encombre à une petite zone en retrait pouvant servir de parking sur la crête en face de l’arche. C’est l’endroit idéal pour bivouaquer et assister au lever du soleil, aussi j’y gare mon véhicule et continue à pied sur la piste qui amorce une descente raide avant d’atteindre le fond d’un wash. N’ayant pas trouvé de sentier pour atteindre l’arche, je la rejoins directement en passant sur le slickrock et au travers de la végétation.
Royal Arch se détache particulièrement bien dans le ciel, à la fois impressionnante (plus de cinquante mètres de hauteur) et élégante (car fine et élancée). Je la classe sans hésiter dans mon « Top 5 » des arches de l’Ouest.
En voici trois vues (face est, dessous, face ouest) qui ne lui rendent pas vraiment justice, car elle est difficile à photographier de près.



De l’arche, la vue est très belle vers l’est. De grands monolithes et des mesas de slickrock rouge contrastent avec la verdure très présente et le bleu du ciel, un peu comme dans les environs de Sedona. Je reste longtemps à admirer le paysage en savourant ces instants de totale solitude.

Sur la photo précédente, je devine mon lieu de bivouac, sur la crête rouge juste au-dessus et à droite du rocher que l’on voit en premier plan (à droite de la photo).
Je regagne assez tardivement mon véhicule, au moment où les derniers rayons du soleil éclairent le monolithe le plus proche du bivouac.

Je dîne en ayant le privilège d’observer le jour tomber derrière l’arche…

… et les nuages s’embraser fugitivement une dernière fois, bien après le coucher du soleil.

Dans cet endroit isolé, je suis tranquille pour faire ma toilette. Une autre année, j’avais essayé le système de poche d’eau en plastique foncé, avec un tuyau et un mini-pommeau de douche, que l’on fait chauffer au soleil sur le toit de la voiture mais, avec les soubresauts du SUV sur les pistes, il fuyait inexorablement (peut être avais-je acheté un modèle défectueux ou de qualité insuffisante). Depuis, je me contente d’utiliser du savon sans rinçage qui est très pratique puisqu’il suffit de verser ce savon liquide sur un gant de toilette classique que l’on mouille régulièrement pour se laver de la tête aux pieds sans avoir besoin de se rincer (ni la plupart du temps de s’essuyer car lorsqu’il fait chaud on sèche au fur et à mesure). Aux USA, j’achète le produit Body Bath de la marque No Rince, ainsi que le Shampoo de la même marque (moins efficace que le savon liquide), vendus notamment dans les magasins d’outdoor REI. En France, on trouve le produit Akil Toilette d’Akileïne qui sent bon les fleurs provençales. Quand il n’est pas possible de se laver de cette manière, je me contente de lingettes grand format (il y en a qui ne sentent pas le produit pour bébé et qui sont antiseptiques).
Je m’endors avec un peu d’appréhension car les bivouacs sont rarement tolérés par les Navajos sur leur réserve, même en pleine nature comme ici où on ne dérange personne.
JOUR 7 – DE ROYAL ARCH A LOST CITY
Ce matin, je ne dois m’éloigner que de quelques dizaines de mètres de la voiture pour installer l’appareil photo sur le trépied à l’endroit idéal pour le lever de soleil.
Juste avant son apparition, la lumière rosée est très douce.

Au premier rayon de soleil, je m’aperçois que le monolithe joliment éclairé hier soir projette son ombre très exactement sur l’arche. Je peste contre lui car il m’empêche de réussir la photo escomptée, mais je ne peux pas le déplacer et le spectacle reste magnifique.

Un peu plus tard, l’ombre gênante a disparu et la lumière passe du rosé au doré.
Je ne regrette pas d’avoir bivouaqué ici car c’est tôt le matin que Royal Arch se pare de ses plus beaux atours.


Je prends mon petit déjeuner tranquillement en profitant pleinement de la vue jusqu’au moment de partir.
Comme la veille, j’ai quelques sueurs froides lorsque le SUV penche un peu trop à mon goût. Je fais une pause pour observer une mesa isolée qui semble flotter dans le désert comme un grand cuirassé.

Sur la route, je passe devant le groupe de modestes maisons où habite l’auto-stoppeuse d’hier soir, mais je ne prends pas le raccourci qu’elle m’a indiqué car emprunter ces pistes de montagne, qui ne sont même pas indiquées sur ma carte, ne me semble ni prudent ni susceptible de me faire gagner du temps.
Je traverse les Lukachukai Mountains avec une belle descente vers le village, puis bifurque sur les pistes qui s’enfoncent au cœur du territoire navajo.
J’ai prévu de visiter le site de « Many Hands Cave », connu de quelques aficionados d’art rupestre pour ses pictographes multicoloresparmi lesquels on trouve de nombreuses empreintes de mains. Ce site confidentiel se visite habituellement avec un accompagnateur navajo dont la principale fonction est d’y conduire le visiteur, mais comme je connais sa localisation j’ai l’intention de négocier un droit de passage, moyennant quelques dollars, en me présentant à l’habitation isolée proche du site. Malheureusement il n’y a personne, à part un chien agressif. Je continue la piste et trouve la grande alcôve qui abrite ruines et pictographes. Je coince derrière l’essuie-glace un message et un billet de 10 $, au cas où le Navajo vivant dans la maison passerait par là, et je monte à l’alcôve.
Les ruines et les pictographes sont disséminées sur plus d’une centaine de mètres le long de la falaise.

Les ruines ne sont pas spectaculaires et la kiva a perdu son toit.


Mais les pictographes, qui datent de la période des Basketmakers (qui se termine au VIIe siècle), sont variés et colorés.
Ce grand personnage mesure environ 1,5 mètre.


D’autres ne font que quelques dizaines de centimètres de haut.

La construction des petites maisons est postérieure aux pictographes puisque certains murs s’appuient sur eux ou les recouvrent, sans que les bâtisseurs aient d’ailleurs cherché à les préserver.

L’originalité du site repose sur ses nombreuses mains peintes (il y en a plus de mille d’après les archéologues), qui peuvent prendre des teintes rouges, brunes, jaunes, blanches ou vertes (la couleur verte étant rare pour les pictographes). Elles sont toujours « positives », c’est-à-dire que la peinture est appliquée sur la main ensuite plaquée sur le rocher, au contraire des mains « négatives », où la peinture est projetée autour de la main plaquée sur la roche.


Sur ce panel, on a l’impression que les mains veulent attraper les deux personnages qui les surplombent.

L’un d’entre eux ressemble à un guerrier de l’Antiquité grecque. Je ne peux m’empêcher de penser à Patrick, membre de VF actif sur le forum USA et dont le pseudonyme est « Le Spartiate » 😛.

Ici, les mains blanches dessinent un casque ailé à cet autre personnage.

Je repère la dernière ruine du site…


… auprès de laquelle on trouve le panel le plus intéressant.

Un homme surmonté d’un serpent y côtoie un « petit homme vert » qui pourrait être tout droit descendu d’une soucoupe volante 🙂.

Une fois l’appareil photo rangé dans le sac à dos, je reste un certain temps à m’imprégner du site, essayant d’imaginer comment les hommes vivaient là et me demandant ce qui a pu les pousser à laisser des centaines d’empreintes de mains colorées sur les parois de la falaise.
Revenu sur la route, je passe devant un vieux Trading Post local décrépit qui semble fermé depuis longtemps, mais comme je vois un Indien en sortiravec des provisions, j’entre avec la furieuse envie de boire une lemonade bien fraîche, car en ce milieu de journée il fait très chaud. A l’intérieur, je suis étonné de constater qu’il est bien approvisionné. Une femme navajo vient de faire réchauffer au micro-ondes un cheeseburger vendu en sachet et stocké dans une armoire réfrigérée. Lorsqu’elle s’approche de moi, l’odeur de la viande et du fromage fondu déclenche un réflexe pavlovien qui me pousse irrésistiblement à en faire réchauffer un aussi. Au diable le Trail Mix quotidien ! A ma grande surprise c’est plutôt bon, l’absence de sauce faisant bien ressortir le goût de la viande juteuse. La femme navajo engage aimablement la conversation, curieuse de savoir ce qu’un Frenchie peut bien faire ici (elle a entendu mon accent prononcé quand j’ai payé le caissier). Je lui évoque mon intérêt pour les ruines et l’art rupestre et je lui demande si elle n’en connaît pas dans la région. Hélas, elle ne connaît que les ruines et les panels du Canyon de Chelly.
Cela me rappelle cette journée d’octobre 2005 où, avec Laurent Martrès et Steffen, nous avions loué les services d’un guide navajo pour voir les panels du Canyon de Chelly. Les rangers nous avaient sélectionné une Navajo très âgée qui était née dans le canyon et y avait vécu la majorité de sa vie. Heureusement, Steffen avait méticuleusement préparé cette visite en notant la localisation des panels intéressants, car nous avons dû insister lourdement pour en voir certains (notamment le plus beau) que notre guide faisait semblant d’ignorer 😮. Elle a fini par nous expliquer qu’elle ne voulait pas risquer de rencontrer un membre d’une autre famille navajo et d’avoir à lui demander la permission d’aller voir les panels situés dans son secteur (permission qui ne doit a priori pas être refusée pour un guide accrédité par les rangers, car ce canyon est aussi un National Monument).
Rassasié et désaltéré, je continue ma route en faisant un détour pour aller voir Los Gigantes Buttes, deux buttes isolées qui rappellent celles de Monument Valley.

Je fais un autre détour pour m’approcher des Dancing Rocks, où je suis à deux doigts de m’ensabler. Comme pour Los Gigantes Buttes, la lumière de début d’après-midi ne permet que des photos purement documentaires.

Je quitte à nouveau la route pour prendre les pistes qui m’amèneront à proximité des ruines indiennes que je nomme « Lost City ». En préparant mon voyage, j’ai vu des photos de ces ruines assez imposantes et situées dans un cadre superbe mais, de manière surprenante, je n’ai trouvé sur Internet aucun rapport de visite ni aucune indication pour s’y rendre.
Je m’arrête à un point de vue prometteur pour la « golden hour » qui précédera le coucher du soleil, puis je poursuis ma quête des ruines.

Il n’y a pas de sentier pour atteindre « Lost City » et il faut trouver son chemin sur les pentes de slickrock, ce qui me prendra environ une heure avec quelques hésitations.
Arrivé en vue des ruines, j’ai la mauvaise surprise de découvrir une clôture de fils barbelés (avec une ouverture bricolée permettant le passage d’une personne). La visite individuelle n’est donc pas autorisée, ce qui me sera confirmé deux jours plus tard par les rangers du Navajo National Monument qui m’expliquent que ce site, abandonné par les Anasazis vers le XIVe siècle, a longtemps fait l’objet de pillages par des « pot hunters » à la recherche, comme leur nom l’indique, de poteries. Pour arriver à leurs fins, ils n’hésitaient pas à creuser partout dans les ruines jusqu’à faire s’écrouler certains murs. Je suis face à un cruel dilemme, mais je ne me résous pas à avoir fait tous ces efforts pour rien et je n’ai pas la force de résister à la tentation. Je passe par l’espace aménagé dans la clôture, avec un mélange d’excitation pour la découverte, de gêne et d’inquiétude pour la transgression 😊. Je ne vous encourage pas à suivre ce mauvais exemple et je conseille à ceux qui seraient intéressés par ces ruines de s’y rendre accompagnés d’un guide navajo.
Le site comprend trois sections (de droite à gauche) : des ruines inaccessibles perchées dans une alcôve à mi-hauteur de la falaise, d’autres en piteux état à peine visibles sur un talus, et les principales nichées dans l’alcôve tout au fond de la falaise.

Comme je ne veux pas rester trop longtemps sur ce site clôturé, je me rends directement aux ruines principales, accessibles via un talus.

Elles surplombent un très beau canyon verdoyant.

Certaines habitations avaient plusieurs étages et on voit encore les encoches faites dans la roche pour y insérer des poutres.



Les habitations sont vraiment à flanc de falaise, les faux pas y étaient interdits.

Ici il n’y a eu aucune restauration ou reconstruction, contrairement à Mesa Verde, pourtant certaines habitations sont encore bien conservées.


Mais, curieusement, ce qui m’attire avec une force irrésistible c’est le petit grenier (« granary ») à l’extrémité des lieux.
De par sa position et sa petite taille, quand on l’isole des autres ruines, il forme un contraste saisissant avec le canyon qui s’étire à ses pieds et les falaises qui l’environnent.




Je trouve que sa parfaite intégration dans la falaise et son ouverture obscure lui donnent un côté un peu mystérieux. Laissant libre cours à mon imagination et m’abandonnant à la magie du lieu, cette ouverture me donne l’impression d’être l’entrée d’un passage qui aurait un jour aspiré toute la vie de ce village pour la transférer dans un autre monde préservé où elle se perpétuerait. Et pourtant je ne suis sous l’emprise d’aucune herbe chamanique 🙂.

Revenu à la réalité, je me prépare à regagner mon véhicule.
Je me demande si le centre du site, qui n’est pas protégé par une alcôve, n’a pas été détruit par la chute d’énormes blocs.

Je m’attarde un moment au pied des ruines, près de l’accès au site où on peut voir des traces d’humidité sur la paroi et un peu de végétation. L’une et l’autre devaient être très appréciées des habitants de l’époque, qui cultivaient sûrement quelque chose à cet endroit-là.


Le retour sur le sommet de la mesa ne pose pas de problème car je connais désormais le chemin.
Dans la lumière précédant le coucher du soleil, la vue sur le canyon est un enchantement dont je ne me lasse pas. Je reste là jusqu’au crépuscule, ces dernières heures seront parmi mes préférées de tout le voyage 🙂.




Ayant profité du spectacle jusqu’au dernier moment, je dîne à la nuit tombée. Ici, je suis en plein wilderness, très éloigné de toute habitation, je n’ai rencontré personne et compte tenu de l’heure cela devrait continuer jusqu’au lendemain. C’est pourquoi je prends le risque de rester bivouaquer sur place bien que je sois toujours sur la réserve navajo 😊.
Je m’endors en pensant à ce que pouvait être la vie des Anasazis dans cette région, à la fois si rude et si belle.
Partie 1 : de Denver à Santa Fe
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
Ouest américain 2009: à la découverte de nouveaux sites hors des sentiers battus English translation pending
Partie 1 : de Denver à Santa Fe
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
INTRODUCTION
Encore un carnet de voyage sur l’Ouest américain ?
Eh oui ! C’est à mon tour de saluer par le biais de ce carnet tous les forumeurs attirés par cette magnifique région qu’est l’Ouest américain, notamment ceux qui en ont attrapé le virus et veulent se remémorer certaines de leurs expériences et/ou rechercher quelques nouveaux sites à visiter.
Compte tenu de la floraison sur VF d’excellents carnets sur l’Ouest américain, j’ai hésité à en proposer un de plus, d’autant que je n’ai pas la fibre littéraire et que j’ai préféré jusque-là consacrer mon temps libre à fournir des informations et des descriptions pratiques dans le cadre de ma collaboration aux 3 volumes de Photographing the Southwest de Laurent Martres et au site web Ouestusa réalisé par Thierry (Wavemaster sur VF), sans compter les interventions sur VF et les réponses à de nombreux MP et e-mails. Tant mieux si cela a pu être utile à certains d’entre vous car le partage de ses connaissances et l’entraide entre voyageurs sont des valeurs qu’il nous faut entretenir… et qui permettent également d’enrichissantes rencontres sur VF puis dans le monde réel ! 🙂
Je me suis finalement dit que ce seizième voyage dans l’Ouest pouvait être l’occasion de « sacrifier à l’exercice du carnet de voyage » (plus chronophage que je ne le pensais !), d’autant qu’il s’est déroulé dans l’optique « hors des sentiers battus » que j’affectionne depuis de nombreuses années, avec certains sites qui n’ont jamais (ou quasiment jamais) été abordés dans d’autres carnets de VF.
Il y a toutefois un bémol concernant quelques-uns de ces sites encore confidentiels : certains d’entre eux m’ont été indiqués par des amis américains ou européens aussi fans de l’Ouest que moi, mais à la condition expresse que je promette de n’en publier que des photos (comme eux-mêmes ou d’autres avant eux l’ont fait). Et que je ne dévoile en aucun cas les localisations ou même les noms qui pourraient permettre de les trouver facilement sur internet, soit parce que certains sont particulièrement fragiles, soit parce que leurs visites ne sont pas franchement autorisées, voire pour toute autre raison propre à ceux qui ont exigé cette discrétion. Quelle que soit mon habituelle volonté de partage, je respecterai strictement la promesse faite à mes amis (il ne servira donc à rien de me harceler par MP, de me manipuler psychologiquement, de m’hypnotiser ou de me menacer 😛 ). J’espère que vous comprendrez le respect de cet engagement et que vous ne l’interpréterez pas négativement ou n’en ferez pas un sujet de polémique (c’est déjà arrivé… 😕 ).
Comme la photographie est une des composantes importantes de mes récents voyages (voir mon site de photos ), ce carnet sera plus orienté vers l’illustration que vers la fourniture d’informations sur les lieux visités (que vous retrouverez en partie via ma collaboration aux guides et sites web cités plus haut). Je donnerai au passage quelques détails de mon expérience pratique qui pourront éventuellement être utiles à certains d’entre vous.
La conséquence de cette importante iconographie (en dehors du fait que vous risquez une overdose d’images 😛 ) est qu’il sera nécessaire de diviser ce carnet en un certain nombre de parties et qu’il vous faudra être patients pour le chargement de chacune d’entre elles 😐.
Je tiens à remercier sincèrement Pascale (Kashtin sur VF, son site web) et Alain qui ont eu la gentillesse et la patience d’assurer la relecture de ce carnet et d’y apporter leurs remarques pertinentes.
Qu’a recouvert ce voyage?
J’ai pu consacrer plus de cinq semaines à ce circuit en ayant l’opportunité de partir trente-huit jours en mai et juin 2009. Elisabeth, ma femme, ne pouvant m’accompagner même pour une partie du voyage comme elle le faisait les autres années, je suis parti seul pour la totalité de ce « trip ». Mais vous verrez que je ne suis pas resté un « poor lonesome traveler », puisque j’ai rendu visite à plusieurs amis américains, passé quelque temps avec des amis français et aussi rencontré des personnes fort sympathiques au gré de mes pérégrinations.
J’ai profité de cette occasion, où je disposais à la fois de temps et d’une totale liberté, pour réaliser une immersion dans cette région que j’affectionne tant, en prenant mon temps et sans avoir à suivre un programme strictement planifié. C’était d’autant plus réalisable que j’avais loué un SUV 4 x 4 bien adapté aux pistes et dans lequel je pouvais confortablement dormir, ce qui me permettait de bivouaquer n’importe où (ou presque, puisque certains secteurs ne sont pas autorisés au camping sauvage), sans être tenu par des réservations ou la recherche de places libres dans des motels ou des campings.
Je suis donc parti avec une longue « wish list » de sites à visiter dans laquelle je piochais sur la base d’un circuit indicatif qui pouvait évoluer au gré de la météo, des circonstances, de la disponibilité de mes amis sur place… et de mes envies du moment !
Je me suis fixé pour objectifs de :visiter des lieux en majorité « hors des sentiers battus », que je n’avais encore jamais vus ou que j’avais photographiés avant d’être équipé d’un appareil photo numérique (en avril 2006). explorer des sites renfermant des ruines amérindiennes et/ou des panels d’art rupestre, car cet aspect fait désormais partie intégrante de ma passion pour l’Ouest américain.profiter au maximum du wilderness, dans la journée mais également en bivouaquant de préférence au milieu de nulle part, afin de bénéficier de la belle lumière et de l’ambiance particulière du lever et du coucher du soleil chaque fois que c’était possible et que cela en valait la peine.consacrer un peu plus de temps que d’habitude à la photographie, sans ennuyer un(e) partenaire de voyage n’ayant pas le même hobby, d’autant que je venais tout juste de me doter de mon premier reflex numérique (auparavant je disposais d’un bridge Sony R1 de très bonne qualité et que j’aurais volontiers gardé si, en 2008, il n’avait été endommagé suite à une bourrasque qui l’avait fait tomberdu haut de son trépied trop léger).privilégier la randonnée (et si possible en faire une itinérante, ou « backpacking », sur deux jours), car c’est en la parcourant à pied que j’apprécie le mieux cette région. En bénéfice connexe de cette activité physique associée à des repas frugaux lors des bivouacs, perdre quelques-uns de mes kilos superflus !consacrer du temps et de la disponibilité à mes amis sur place (sans chercher à optimiser les visites dans leur région mais en prenant le temps de vivre avec eux), être ouvert aux nouvelles personnes que je rencontrerais durant le voyage.J’ai choisi de faire une boucle à partir de Denver, en passant par le Colorado, le Nouveau-Mexique, l’Arizona et surtout l’Utah, ce qui m’a permis de visiter tous les sites ci-dessous (ils sont listés par région mais vous les retrouverez dans l’ordre chronologique dans le carnet de voyage).
Cette boucle a négligé beaucoup de classiques incontournables (mais déjà visités) au profit de sites secondaires et elle n’a pas suivi de trajets optimisés (à cause des perturbations météo notamment). Elle ne peut donc servir d’exemple de circuit (d’où l’absence de carte), mais pourra attirer l’attention sur tel ou tel site évoqué au fil du récit.Colorado : Red Cliffs amphitheaterRoxborough State ParkPainted MinesColorado National MonumentRattlesnake CanyonRiffle FallsHanging LakeNouveau-Mexique : Santa FePecos Pueblo« Galisteo petroglyphs » Bisti BadlandsAh Shi Sle Pah« King of Wings »Réserves indiennes (Arizona et Utah)Royal Arch « Many Hands Cave »« Lost City »« White and Red Canyon »« Arch Slot Canyon »« Red Canyon »Coal Mine CanyonNavajo National MonumentWaterholes Canyon (rim)ArizonaHidden Gardens (Page)Paw Hole (Coyote Buttes South)Double Barrel Arch« Maze Panel »UtahCatstair CanyonWire Pass + Buckskin Gulch« The Nautilus »Edmaier’s SecretWahweap HoodoosSidesteps HoodoosStud Horse PointCottonwood Canyon RoadRed SlotWillis CreekMossy Cave (Bryce Canyon)Pink CliffsEscalanteCircle of Friends PanelEast Temple Loop (Zion)Cedar Wash ArchPeek A Boo, Spooky & Dry Fork slot canyonsDevil’s Garden (Hole in the Rock Road)The VolcanoUpper Calf CreekBurr Trail via Wolverine LoopStrike Valley OverlookRed Canyon (sur Nottom road) Pedestal AlleyChimney Rock (Capitol Reef)Hickman BridgeSulphur CreekLittle Wild Horse CanyonWild Horse Canyon ArchFive Hole ArchWolfman PanelMonarch CaveProcession PanelValley of the Gods (mesa)Muley PointNatural Bridges National MonumentMule CanyonSheiks CanyonCitadel RuinLower Maidenwater CanyonHovenweep National MonumentSalt Creek & Angel Arch (Canyonlands Needles)Rim viewpoints (Canyonlands Island in the Sky)Murphy TrailFort BottomMoïse & ZeusDead Horse PointRing Arch & Tunnel (Arches)Courthouse WashFaux Falls« Delta Pool »Olympic TorchMoab Man PanelNB : les sites « » sont ceux pour lesquels je n’indiquerai pas la localisation, voire le véritable nom.
JOUR 1 – DE PARIS A DENVER
C’est enfin le jour du départ ! 🙂 Même si cela fait plus de 15 fois que je retourne dans cette région, l’excitation est toujours bien présente, j’ai hâte de randonner au milieu des « red rocks », de m’immerger dans le wilderness, de retrouver l’ambiance de l’Ouest, d’y rencontrer mes amis. Cette joie est toutefois ternie par le fait qu’Elisabeth ne m’accompagnera pas cette fois-ci et que nous ne pourrons partager ces bons moments 😕 mais, c’est promis, l’année prochaine nous repartirons là-bas ensemble !
Mon père a la gentillesse de me conduire à l’aéroport. Sur le chemin de Roissy, nous nous remémorons ces neuf semaines passées ensemble aux USA en juin 2000 et 2001, quand je l’avais emmené visiter le maximum de beaux endroits de l’Ouest, et que nous avions randonné en tout près de 800 km. Au-delà de l’intérêt même du voyage, ce fut un véritable moment de partage et de complicité que nous sommes tous les deux très heureux d’avoir vécu. Dix ans plus tard, alors qu’il est dans sa quatre-vingtième année, mon randonneur de père pourrait-il toujours faire un aller-retour dans la journée au sommet de Half Dome à Yosemite ou au fleuve Colorado dans le Grand Canyon ? Il en serait bien capable, alors que je risquerais de traîner la patte et de tirer la langue !
J’ai eu la chance de décrocher un aller-retour Paris - Denver (avec escale à Londres) par British Airways au tarif promotionnel de 494 €, une aubaine ! J’arrive à l’enregistrement avec mes deux sacs car je ne voyage pas vraiment léger pour un trip de plus de cinq semaines essentiellement en camping (en passant des frimas du Colorado aux chaleurs de l’Arizona avec de très rares possibilités de faire une lessive car je ne fais que traverser les villes), avec plusieurs guides de voyage (les 3 volumes de Photographing the Southwest, 2 guides de Michael Kelsey) et une pochette de documentation pour chaque secteur de ma « wish list », mais aussi avec quelques provisions gourmandes (Petits Pains Suédois très pratiques en bivouac et que je ne trouve pas sur place, boîtes de filets de saumon au naturel pour varier l’ordinaire, quelques paquets de crêpes bretonnes que d’autres apprécieront également, une bonne bouteille de Bordeaux à partager). Me serais-je embourgeoisé avec le temps ? Malgré mes louables efforts de pesée différentielle sur la balance familiale, le plus gros sac dépasse de 800 g les 23 kg autorisés en franchise et je me vois obligé de transférer 1 kg dans le plus petit sac que j’avais déjà eu bien du mal à fermer avant le départ. Je m’étonne de cette inutile intransigeance mais, en me donnant mes cartes d’accès à bord, l’hôtesse d’enregistrement s’excusera discrètement en me disant qu’elle a été obligée d’être si stricte car elle est étroitement surveillée dans le but de l’obliger à faire payer la surtaxe bagage dès les premières centaines de grammes d’excédent.
J’ai volontairement choisi une escale de trois heures à Londres Heathrow, pour prendre une marge en cas de retard du vol Paris - Londres, mais également pour bien laisser le temps à mes sacs de me suivre dans l’avion pour Denver, car l’aéroport londonien a une mauvaise réputation au niveau du déroutement et de la perte des bagages (il semble que la situation se soit nettement améliorée courant 2009).
Le vol direct Londres - Denver s’avère agréable avec un repas tout à fait correct et un personnel de bord sympathique et très cosmopolite. Ce sera pour moi un vol studieux car je dois apprendre les subtilités de fonctionnement de mon premier reflex numérique (un Nikon D90 avec un objectif Nikor 16-85 mm et un grand angle Tamron 10-24 mm), matériel que j’ai reçu il y a seulement quelques jours et que je n’ai eu le temps de tester que quelques minutes au pied de chez moi. Tout de même plus de 200 pages à avaler (en essayant de piquer du nez le moins possible), ce qui fait que, malgré mes efforts de mémorisation, je ne me suis pas toujours souvenu en pleine action de tous les modes de réglage et options. Le vol direct depuis Londres me semble un réel avantage, sans le stress d’une correspondance aux USA avec le risque de rater le second avion en cas de forte queue ou de problème au passage de l’immigration. L’horaire d’arrivée à Denver est respecté, tout se déroule sans problème avec un officier d’immigration plutôt aimable, mes bagages m’attendent sagement en tournant sur le carrousel, donc tout va pour le mieux.
Maintenant, se profile une première étape décisive du voyage : l’obtention du véhicule qui va me permettre de vivre pleinement mes aventures, c'est-à-dire me conduire dans les meilleures conditions sur des pistes plus ou moins roulantes et m’héberger confortablement pour la nuit sans avoir à planter une tente dans des campings. J’ai déjà loué différents modèles de SUV et j’ai aussi voyagé dans ceux de mes amis, donc je connais les avantages et les inconvénients des principaux modèles proposés jusqu’ici par les grands loueurs. Mais je sais aussi que ceux-ci s’orientent depuis peu vers des modèles de type « crossover » nettement plus adaptés à la ville et aux highways qu’aux escapades sur pistes (d’ailleurs interdites dans les contrats des loueurs ; en roulant en dehors des routes goudronnées on n’est plus du tout assuré et il faut assumer ce risque). L’arrêt il y a quelques mois de la fabrication du populaire Chevrolet Trailblazer (pourtant souvent indiqué comme référence de sa catégorie de location), un SUV 4WD très correct pour les clients et peu onéreux pour les loueurs, a accentué ce phénomène. J’ai donc quelques inquiétudes à ce niveau…
Après avoir pris la navette Alamo, et avant même d’aller au comptoir, je me précipite sur le parking pour constater que dans la rangée SUV standard (catégorie que j’ai louée) il n’y a que des SUV « crossover » dont aucun n’est vraiment 4 x 4 (au mieux ils sont AWD, c'est-à-dire qu’ils peuvent automatiquement et temporairement se mettre en mode 4 x 4 si les capteurs en font ressentir la nécessité, mais sans possibilité que l’utilisateur enclenche lui-même préventivement le mode 4 roues motrices à plein temps pour anticiper une difficulté). Il y a une majorité de Chevrolet Traverse, à la médiocre hauteur de caisse et avec une honteuse roue de secours galette qui s’avérera ridicule en cas de crevaison sur une piste. Avec ce type de véhicule, un certain nombre des visites les plus prometteuses de ma « wish list » tomberaient à l’eau, aussi je décide de m’installer du côté où l’on restitue les véhicules et d’attendre patiemment en espérant qu’il en rentrera un qui me convienne.
Je patiente presque une heure en écoutant mon lecteur MP3 quand par chance rentre mon véhicule préféré, le Toyota 4Runner qui est à la fois suffisamment confortable, agréable à conduire, performant sur piste (hauteur de caisse, vrai 4 x 4), sobre par rapport aux concurrents de sa catégorie (10,75 l / 100 km en moyenne sur mon parcours de cinq semaines) et parfait pour dormir dedans (plancher plat de 1,80 m une fois les sièges arrière rabattus, l’année dernière nous y avions très bien dormi à 2 avec ma femme). Je note ses numéros et je me précipite au comptoir en demandant expressément ce véhicule-là. L’employé accepte, mais constatant que je veux absolument ce Toyota, il essaie de me faire croire qu’il y a un supplément tarifaire par rapport à mon voucher. Je lui prouve que je connais bien les véhicules de cette catégorie et je lui lance un « good try ! », exprimant clairement par là que je ne suis pas dupe 😠. A partir de ce moment, il s’avérera charmant car il sait bien qu’il a été pris en flagrant délit de « trompe couillon ». Il ira même chercher le véhicule à la sortie du lavage pour me l’amener personnellement.
Particulièrement ravi d’avoir obtenu cet excellent SUV 🙂, je déchante après avoir lancé le moteur quand je vois le voyant « Maintenance » rester allumé. Je ne vais pas partir cinq semaines sans savoir si la révision et/ou la vidange ont bien été faites ou si c’est seulement la remise à zéro du voyant qui a été oubliée après la maintenance. Je demande à l’employée sur le parking si je peux aller faire vérifier cela au garage attenant à la station de lavage mais celle-ci m’assène sans sourciller qu’il n’y a personne à l’atelier à cette heure et que je dois obligatoirement prendre un autre véhicule, alors que j’ai eu tout le loisir de voir œuvrer un mécano à l’atelier pendant que j’attendais. Devant la mauvaise foi et l’air revêche de la dame, je n’insiste pas et je fais mine de m’exécuter mais dès qu’elle a le dos tourné je fonce à l’atelier où je tombe sur un mécano arborant un T-shirt du chanteur de country Tim McGraw, dont j’aime plusieurs chansons. Le mécano me fait remarquer que je n’ai pas le droit de venir ici mais je fais mine de ne pas comprendre et j’enchaîne immédiatement sur Tim McGraw en évoquant mes chansons préférées (notamment My kind of rain et The cow boy in me). Il est surpris et visiblement content qu’un Frenchie apprécie son chanteur préféré, la glace est rompue, on discute un petit moment et il accepte de regarder le véhicule, s’apercevant rapidement que la vidange a été faite mais sans remise à zéro du voyant, ce qu’il a vite fait de corriger. Nous nous quittons dans la bonne humeur, prouvant une fois de plus que la musique peut adoucir les mœurs et aplanir les difficultés.
Il fait nuit quand j’arrive au Comfort Inn de Stapleton dans lequel j’ai obtenu une chambre à 50 $ HT via un site internet quelques jours avant le départ. En fermant à clé le Toyota, ce qui a pour effet de faire fonctionner les 4 clignotants pour signifier que l’alarme est enclenchée, je m’aperçois que le clignotant arrière gauche (le plus important) ne fonctionne pas. Ce n’est pas de chance ! Tant pis pour ce soir, je prends possession de ma chambre et m’écroule sans tarder sur le lit, épuisé par cette journée de transport.
JOUR 2 – DE DENVER A PAINTED MINES
Comme toujours à cause du décalage horaire dans le sens est - ouest, le premier jour je me réveille naturellement tôt et j’en profite pour retourner à l’aéroport chez Alamo afin de faire réparer le clignotant, espérant qu’il s’agit d’une simple ampoule à remplacer. Cette fois, je fonce directement au garage sans rien demander à personne et je tombe sur un jeune et timide employé aussi surpris de me voir à l’atelier que son collègue de la veille. Sans diversion possible cette fois-ci, je joue le rôle du client exigeant et pressé, celui qu’il vaut mieux ne pas énerver. Le jeune meccano n’insiste pas et change immédiatement l’ampoule.
Enfin ! me voilà au volant d’un excellent Toyota 4Runner en état de marche, et ce fidèle compagnon de voyage ne me fera jamais défaut durant les cinq semaines qui ont suivi. Pour moi, c’est à ce moment que les vacances commencent vraiment, car je suis maintenant certain de disposer de l’élément logistique principal qui me permettra de réaliser les visites soigneusement préparées et rêvées durant les mois précédents.
Mon fidèle Toyota 4Runner (lors d’un bivouac en Utah) :

En revenant de l’aéroport, le ciel est devenu très menaçant. Je retourne au motel et je prends mon temps pour un excellent petit déjeuner (compris dans le prix de la chambre), au cours duquel je me régale de gaufres que l’on fait cuire soi-même. Délicieux ! Avec cela je tiendrai jusqu’au soir…
Je déballe mes deux sacs de voyage, répartissant un maximum d’objets dans les différents rangements du SUV afin qu’ils tombent immédiatement sous la main, j’en réorganise logiquement le contenu restant (par exemple, mes habits sont répartis par fonction dans des taies d’oreiller de différentes couleurs), ceci dans l’optique de tout trouver facilement et sans même déplacer les sacs quand j’arriverai les soir au bivouac. Le fait de partir le matin avant le lever du soleil et d’arriver souvent de nuit nécessite d’être bien organisé pour gagner du temps et ne pas chercher, voire perdre ses affaires dans l’obscurité et la précipitation. Je rabats les sièges arrière en mode « break à plancher plat », mode qu’ils ne quitteront plus jusqu’au dernier jour du voyage.
C’est le moment d’aller au Wal-Mart (repéré sur Google Maps avant le départ afin ne pas perdre de temps à en chercher un en ville) pour faire les courses. En premier lieu, je choisis l’indispensable glacière qui fait aussi office de stockage de nourriture même quand je n’ai plus de glace. Suivant les promotions du jour, je prends toujours un modèle en plastique dur (qui peut éventuellement servir de siège), d’une contenance d’environ 30 litres, de marque Coleman ou Rubbermaid, toujours à moins de 20 $ puisque je le laisserai sur place à la fin du voyage. Cette année, j’achète aussi un matelas de camping basique en mousse bleue à 5 $, bien que j’aie emmené un confortable matelas autogonflant Therm-a-Rest. Ce petit matelas supplémentaire aura plusieurs usages : placé sous le Therm-a-Rest il apportera un peu de moelleux supplémentaire mais surtout absorbera l’humidité due à la condensation (ce qui évitera au Therm-a-Rest d’être humide le matin, de finir par sentir et de se détériorer). Il me servira pour le backpacking que j’envisage (il est plus léger que le Therm-a-Rest et ne craint pas d’être percé par des branches ou des épines) et sera immédiatement disponible pour improviser une sieste réparatrice. Comme la glacière, je le laisserai sur place à la fin du voyage.
En plus de divers aliments frais (dont un très bon raisin californien), j’achète suffisamment de nourriture qui se conserve, de manière à n’être jamais pris au dépourvu dans le cas où je resterais plusieurs jours dans le wilderness sans possibilité de ravitaillement (volontairement ou pas, en cas de problème de véhicule par exemple). Si la plupart de ces produits sont similaires à ceux que l’on trouve en France, il existe aussi des produits plus spécifiques aux Etats-Unis que j’achète dans les Wal-Mart ou autres grandes surfaces alimentaires (comme Safeway, City Market, etc.):Une sorte de muesli Quaker Oatmeal (parfum Apples & Cinnamon ou bien Maple & Brown Sugar) qui gonfle bien dans un peu d’eau (chaude de préférence mais avec l’eau froide cela passe aussi). Cette mixture de petit déjeuner bien nourrissante devient plus mangeable si on y ajoute des céréales croquantes et si on l’accompagne d’un fruit comme une banane.Des packs de 4 bouteilles (d’un peu moins de 30 cl chacune) de Frappuccino de Starbucks, sorte de café au lait aromatisé (divers parfums : chocolat, moka, vanille, caramel…) que je trouve fort bon et idéal pour le petit déjeuner en camping.Du Beef Jerky « natural style » de la marque Oh Boy ! Oberto. Il s’agit de lambeaux de viande séchée que l’on mastique et qui apportent leur lot de protéines et de sel (indispensable quand on transpire en randonnée), sans gras et pour un poids ridiculement faible (appréciable en randonnée itinérante). C’est spécial, on aime ou on n’aime pas, moi j’aime beaucoup celui-ci car la viande y est un peu plus tendre (moins dure devrais-je dire) et moins épicée que celle d’autres marques.Des boîtes de conserve auto-ouvrantes de White Chicken in water de la marque Valley Fresh (mais je ne prends pas le Chunk Chicken de la même marque que je ne trouve pas très bon). Ce sont des petits morceaux de poulet présentés un peu comme du thon en boîte pour mettre dans des salades. Je trouve cela pratique et pas mauvais à manger, le fait que le poulet soit conservé dans de l’eau salée (et non pas tout sec ou dans de l’huile) étant appréciable quand il fait chaud.Un gros paquet de Trail Mix (mélange de raisins secs et autres fruits déshydratés, de peanuts, de noix de cajou, d’amandes…) et plusieurs paquets de mes fruits secs préférés (cranberry, cherry, abricot, papaye...). Tous les jours, dans un petit sachet Ziplock, je me fais un mélange personnalisé du Trail Mix « de base » et d’un des fruits secs, en variant régulièrement car ce sera mon encas quotidien du midi.Un pack de 12 canettes de… lemonade (citronnade à l’eau plate) car je fais partie de ceux qui n’aiment pas la bière (bien qu’il me soit arrivé d’en avaler pour honorer l’invitation à prendre « a cool beer » de voisins de camping voulant faire connaissance).Plusieurs gallons (de 3,8 litres) de Spring water, en privilégiant les bouchons qui se vissent (pour qu’ils ne s’ouvrent pas seuls avec les secousses sur les pistes, expérience vécue). J’en ai en permanence au moins 5 ou 6 dans la voiture (réserve en cas de panne ou d’ensablement au milieu de nulle part). Parmi eux, il y en aura rapidement 2 remplis d’eau du robinet (auxquels j’arrache l’étiquette pour les reconnaître) pour mes ablutions, la vaisselle, le radiateur d’eau du véhicule si besoin…En cette fin de matinée, j’ai à peine fini de répartir toutes mes provisions dans la glacière et dans les sacs semi rigides que j’ai amenés pour cela, qu’il se met à pleuvoir sérieusement, comme l’avaient d’ailleurs annoncé les prévisions météo de Weather.com. Inutile de se presser pour aller visiter sous la pluie Garden of the Gods à Colorado Springs (que je connais déjà). Je décide donc de filer directement à Painted Mines, en espérant que la pluie aura cessé dans quelques heures, ce qui me laisse tout le temps pour me balader dans ce magasin nommé Outdoor World que j’ai repéré dans une zone commerciale à proximité du motel. Certain(e)s apprécient les outlets américains pour les achats de vêtements, en ce qui me concerne je suis attiré par leurs magasins d’outdoor toujours très bien achalandés en ce qui concerne les activités de nature (sports, camping…) dans un décor souvent soigné. L’Outdoor World de Denver est sans conteste le plus beau que j’aie vu, dépassant dans mon hit-parade personnel le magasin REI de Seattle. Tout y est impressionnant, avec des piliers et des poutres en énormes troncs, des fresques murales, des animaux naturalisés un peu partout, un immense aquarium…
Puisque j’ai du temps devant moi, c’est l’occasion de tester mon nouvel appareil photo en intérieur.
L’entrée est vraiment imposante :

En se baladant dans les rayons, on rencontre un sympathique élan…

… un fringant bison…

… un puma bondissant au-dessus d’un ascenseur…

… un ours impressionnant…

… un loup agressif…

… et un gros poisson bien vivant et plein de tendresse pour les enfants !

On y trouve même quelques meubles vraiment rustiques.

J’ai passé plusieurs heures à traîner dans tous les recoins de ce remarquable magasin et il pleut toujours 😕. Mais il faut quand même que je me décide à rouler vers Painted Mines, qui se trouve au nord-est de Colorado Springs, près de la petite ville de Calhan, tant pis si j’y arrive sous la pluie. J’avais oublié que nous étions vendredi et que dès le milieu de l’après-midi les habitants de Denver partent en week-end. Je me retrouve dans un embouteillage qui s’étire sur des dizaines de miles à partir de la sortie sud de Denver. Heureusement que je trouve une station radio de Classic Rock qui diffuse une belle collection de musique anglo-saxonne et me permet de redécouvrir certains morceaux avec plaisir, me replongeant vingt ou trente ans en arrière. Aux alentours de chaque ville importante, on trouve toujours au moins une station de Classic Rock qui diffuse en franchise un programme pré-enregistré, programme que l’on peut retrouver à l’identique quelques jours ou semaines plus tard sur la station d’une autre ville ou d’un autre État (il m’arrive alors de « deviner » quelle sera la prochaine chanson car j’ai inconsciemment mémorisé l’enchaînement lors de la première écoute).
Arrivé près de Colorado Springs, les embouteillages réapparaissent et je trouve judicieux de quitter l’autoroute pour rejoindre Calhan par de petites routes. Mauvaise idée, car cette zone est très habitée et il y a en réalité beaucoup plus de routes secondaires qui se croisent que celles indiquées sur ma carte, pourtant assez précise. Avec une absence quasi totale de signalisation, il n’est pas facile de faire les bons choix aux intersections. Après plusieurs hésitations mais au final aucune erreur d’aiguillage, j’arrive en fin d’après-midi à Calhan où une pluie fine subsiste. Je repère le camping de la ville (pratiquement vide) pour éventuellement y revenir après la visite et je me rends au parking principal de Painted Mines où il n’y a évidemment personne à cause de la météo.
Painted Mines Interpretive Park est un petit parc local récent, constitué de couches d’argiles de différentes couleurs qui forment des badlands, des petits canyons, des hoodoos, avec quelques sentiers faciles et bien balisés pour visiter aisément cet environnement coloré. Le nom du site provient du fait que ses argiles colorées ont été exploitées par les Indiens pour leurs poteries et leurs peintures de cérémonie, puis plus tard par les Blancs pour fabriquer des briques décoratives.
La pluie finit par cesser et je peux commencer ma visite en ce presque début de soirée. Finalement, la toute récente pluie et le ciel toujours très chargé font ressortir les couleurs du site, bien davantage que sous un soleil éclatant si j’en crois les photos que j’en ai vu.
Je traverse de jolis badlands, étonné qu’ils ne soient pas boueux après la pluie.

Puis je m’approche d’un petit amphithéâtre où les teintes pastel sont douces et variées :


Je me balade dans les petits canyons mais le soir tombe vite, créant une ambiance particulière, un peu irréelle, accentuée par le fait que je suis totalement seul dans le parc. J’ai toujours aimé me balader «
JOUR 3 – DE PAINTED MINES A SANTA FE
Bip… bip… bip… bip… BIP… BIP… BIP… BIP !
Ce matin, c’est en insistant que la sonnerie du réveil me tire des bras de Morphée. Il faut dire que je dors très bien dans mon SUV et qu’un réveil aussi matinal (5 h 45), pour ne pas rater le lever du soleil, ne m’est pas franchement habituel le reste de l’année.
Durant ce voyage, comme mes réveils solitaires aux aurores ne dérangeront personne, j’ai décidé d’assister à un maximum de levers de soleil, pour bénéficier de la fugitive mais belle lumière qui les accompagne généralement, et avant tout pour vivre ce moment particulier qui apporte une dimension supplémentaire et une complétude à la journée qui débute. Je me lève dans la pâle lumière de l’ aube, émergeant peu à peu du sommeil dans une fraîcheur vivifiante, et choisis avec soin l’endroit où je vais attendre le lever du soleil en fonction de l’éclairage espéré . Parfois, des nuages bien placés réfléchissent quelques instants la lueur rougeoyante du soleil encore caché derrière l’horizon. Je patiente en observant les subtiles variations de lumière et en écoutant les oiseaux s’en donner à cœur joie. L’attente devient fébrile durant les dernières dizaines de secondes qui précèdent l’apparition du soleil et, quand elle a enfin lieu, je vis pleinement cet instant unique, essayant d’en capturer la magie, si les conditions photographiques s’y prêtent . Que la lumière soit belle ou décevante (c’est la surprise à chaque fois), j’ai toujours le sentiment d’avoir vécu un moment essentiel et je m’apprête alors à profiter le plus possible d’une nouvelle journée dans l’Ouest.
Ce matin il fait froid, et c’est bien couvert que je me rends à l’endroit repéré la veille pour assister au lever du soleil. Des nuages mal placés l’empêcheront d’être très spectaculaire, mais le spectacle des premiers rayons éclairant les badlands colorés n’en reste pas moins un moment privilégié.


Le ciel se dégage rapidement et il se met à faire grand beau, la pluie de la veille est oubliée. Je prends tout mon temps pour explorer les petits canyons, sachant qu’en début de matinée les couleurs sont le plus présentes, la lumière devenant vite écrasante par la suite. C’est à l’ombre que les argiles colorées s’avèrent le plus photogéniques.
J’apprécie ce site naturel, certes secondaire et peu isolé mais qui vaut quand même le détour, surtout si on peut bénéficier de bonnes conditions de lumière qui en font ressortir les couleurs, faute de quoi la déception serait probable.





Quand la lumière se fait plus franche, je termine par un secteur où l’argile est d’un blanc éclatant.

Je reviens à mon véhicule pour prendre un petit déjeuner bien mérité. Après cette balade à la fraîche, le Frappuccino au Dark Chocolate de Starbucks n’en paraît que plus délicieux 🙂 !
Le rangement du matelas, des duvets et autres affaires de nuit prend très peu de temps et me permet de partir rapidement. J’apprécie de ne pas avoir une tente à replier et à ranger dans son sac, bien qu’avec une tente de type « 2 Seconds » de Decathlon cela irait très vite. Malheureusement, maintenant que le second bagage est devenu payant pour aller aux USA, emmener cette tente encombrante (qui, du fait de sa taille, compte comme un bagage dans lequel on ne peut pas ajouter grand-chose à part certains matelas) coûterait un supplément d’environ 100 $ pour l’aller-retour (avec des billets économiques et un statut de voyageur standard).
Après quelques heures de route en quittant le Colorado pour le Nouveau-Mexique, j’arrive en début d’après- midi au Pecos Pueblo Historic Park, au sud-est de Santa Fe. Il ne reste malheureusement plus grand-chose des ruines du pueblo amérindien qui abritait pourtant jusqu’à 2000 personnes au XVe siècle. Mais la kiva (restaurée) et les restes impressionnants des murs de la mission que les Espagnols construisirent en arrivant valent ce rapide détour à partir de l’autoroute I-25.





En seconde partie d’après-midi, je me trouve dans le bassin de Galisteo, un secteur connu pour ses nombreux sites de pétroglyphes (les pétroglyphes sont des gravures rupestres tandis que les pictographes sont des peintures rupestres). Ici, la plupart des pétroglyphes ne datent pas de plusieurs milliers d’années, comme dans le reste du Southwest, mais ont été gravés par les Indiens Pueblo entre le XIVe et le XVIe siècle.
Les plus beaux d’entre eux sont situés sur un immense domaine à l’intérieur duquel le propriétaire n’autorise qu’une seule visite annuelle, menée par des archéologues, davantage pour assurer sa tranquillité que pour préserver ces panels qui ne sont pas spécialement fragiles car gravés dans de la roche volcanique très dure. Près de la route, des clôtures et des panneaux « No trespassing », or je ne m’autorise jamais à passer outre à une interdiction aussi clairement exprimée. Mais j’ai appris qu’en prenant une piste qui aboutit au milieu de nulle part on peut s’approcher d’un site rupestre comportant le même type de pétroglyphes (en moins spectaculaires) et qu’il n’y a là-bas ni clôtures ni panneaux d’interdiction. Je me demande quand même s’il ne serait pas aux confins de ce domaine, ou peut-être à ceux d’une propriété attenante gérée par quelqu’un de plus accueillant ? En cas de problème, l’absence d’éléments visibles d’interdiction serait sûrement « plaidable » pour un visiteur étranger nécessairement peu au fait des spécificités locales 😇.
Une fois sur place, pour être certain de retrouver ma voiture dans ce no man’s land si je reviens au crépuscule, je décide de prendre ses coordonnées GPS avec le Garmin Colorado 400t flambant neuf que j’ai réceptionné il y a quelques jours pour remplacer mon vieux Garmin eTrex d’entrée de gamme (sans affichage de cartes). Mais la position GPS affichée est hautement fantaisiste malgré plusieurs essais successifs, je ne comprends pas pourquoi puisqu’il avait bien fonctionné lors du test dans le parc à côté de mon domicile. Je le laisse tout de même allumé et j’utilise mon vieil eTrex amené en appareil de secours et qui fonctionne toujours. Une demi-heure plus tard, je teste à nouveau mon Colorado 400t et je constate que cette fois-ci il donne les bonnes coordonnées : il avait probablement besoin d’un certain temps de recalage depuis sa dernière utilisation sur un autre continent.
Les pétroglyphes sont dispersés au sommet de plusieurs collines volcaniques qu’il faut d’abord atteindre pour, ensuite, longer les crêtes.

Ce n’est pas une partie de plaisir car dans ce site reculé il n’y a aucun chemin et, le long des crêtes, les pierres très instables et la végétation (herbes, épineux…) entravent ma progression. On ne sait jamais si la pierre sur laquelle on pose le pied ne va pas se dérober subitement ni même si on ne va pas se coincer le pied dans un trou traîtreusement caché par les herbes. Il y a de quoi se fouler cent fois une cheville et mon avancée s’avère bien plus précautionneuse et lente que prévu.
Mais le jeu en vaut la chandelle car les pétroglyphes sont nombreux et intéressants, sans compter la lumière de début de soirée qui fait ressortir les lichens particulièrement verts en cette saison.

Certains personnages ont des têtes faisant penser à des smileys :

Un Kokopelli viril joue la sérénade pour des animaux :

Un masque semble provenir d’Amérique centrale ou du Sud :

Un rattlesnake quelque peu raide :

Un perroquet égaré :

Un écureuil dont on jurerait qu’il a été gravé très récemment :

Un curieux bonhomme soleil :

Le dernier panel est le plus beau. On y trouve un saisissant démon surmonté d’oiseaux…

Et surtout ce personnage avec ses trois plumes et qui se cache les yeux. Quelle peut être la signification de ce geste ? Il aurait presque pu inspirer John Travolta pour sa célèbre danse dans Pulp Fiction !

J’ai vraiment beaucoup apprécié ce site d’art rupestre pour l’originalité de ses pétroglyphes mis en valeur par leur localisation en surplomb de la plaine et la douce lumière du soir.
Ayant progressé moins vite que prévu, je renonce à gravir une autre colline et reviens rapidement à la voiture car ce soir je suis attendu à Santa Fe par mes amis français Annie et André (ainsi que deux de leurs amies qui voyagent avec eux et que je ne connais pas).
Annie et André sont des spécialistes de l’Ouest et c’est dans ce contexte que je les ai rencontrés il y a quelques années avant même qu’ils ne soient devenus membres de VF (respectivement sous les pseudos de Aiassa et de Pyrola). Auteurs du site français de référence sur The Wave, ils sont également d’excellents photographes et plusieurs de leurs images ont été exposées, d’autres publiées dans des revues et dans des livres. André étant passé à la vidéo depuis l’avènement du numérique, je connais surtout les superbes photos d’Annie qui sont pour moi une source d’inspiration. Quel bonheur quand, quelques mois après un de leurs voyages aux USA, je reçois un DVD d’Annie & André contenant un montage vidéo et un diaporama, tous deux réalisés de manière professionnelle !
Installés en Drôme provençale depuis qu’ils sont des retraités très actifs, Annie et André ont cette année fait un échange de maison (de 2 semaines) avec un couple de Santa Fe et m’ont gentiment invité à venir les rejoindre quand je passerai dans le secteur. J’étais parallèlement invité par Karen & Spencer, des amis américains habitant aussi Santa Fe, mais comme ces derniers sont sur le départ pour un grand voyage en Europe, il vaut mieux leur éviter du dérangement et plutôt loger dans la maison dont disposent Annie et André.
Quand j’arrive chez eux vers 20 heures, je suis chaleureusement accueilli, nous sommes contents de nous retrouver dans la région pour laquelle nous partageons la même passion 🙂. Au dîner, nous évoquons leurs aventures des dernières semaines passées dans l’Ouest et je me régale d’un délicieux curry de crevettes maison qui me changera de mon habituel poulet en boîte !
Le lendemain, il est prévu de se balader dans Santa Fe et de visiter un musée conseillé par Karen. Il y a quelques semaines, j’avais mis en contact Annie & André Karen & Spencer, présageant une bonne entente. Ils se sont vus il y a quelques jours quand Karen leur a fait visiter le musée Georgia O’ Keeffe dont elle est un guide volontaire. Le courant est bien passé et du coup mes quatre compatriotes (Annie, André et leurs deux amies) sont également invités pour le barbecue du lendemain à partir de 17 heures chez Karen et Spencer. Ce n’est pas la première fois que je mets en contact des personnes qui ne se connaissent pas mais qui ont des centres d’intérêts communs, c’est une bonne occasion pour chacun d’élargir son cercle amical.
Bien qu’Annie me propose d’utiliser le canapé du salon, je préfère limiter le dérangement et dormir sur mon Therm-a-Rest dans la salle de yoga, où je suis très bien installé et où je bénéficie de la connexion WiFi pour accéder à ma messagerie.
JOUR 4 – UNE JOURNEE A SANTA FE
Ce matin, c’est grasse matinée avec un réveil programmé à 7 h 30. Il n’y a pas un nuage dans le ciel et la belle lumière qui contribue à la réputation de Santa Fe n’est pas une légende.
Après un petit déjeuner convivial, nous voilà partis tous les cinq pour le musée que nous avions prévu de visiter, mais celui-ci est fermé car nous sommes dimanche. On aurait dû y penser, mais en vacances on a quelquefois tendance à oublier de raisonner en fonction des jours de la semaine 😛. Nous nous rabattons sur une balade sans but précis dans le centre de Santa Fe, sans être axés sur les monuments historiques que nous avons déjà vus auparavant.
Cette journée sera pour moi l’occasion de m’essayer à la photographie en ville, un type de sujet qui me changera de celui des paysages auxquels je me consacre quasi exclusivement.
Nous jetons un coup d’œil aux boutiques autour de la Plaza.


On observe deux techniques de vente, totalement différentes, plus ou moins volontaristes.
Une jeune femme, debout au beau milieu de l’avenue et simplement protégée des voitures par un drapeau jaune, se démène pour vendre ses journaux en essayant de capter l’attention par son attitude enjouée.

A quelques dizaines de mètres, un Indien Pueblo, qui dispose d’un emplacement réservé sous les arcades de la Plaza, ignore superbement les clients qui regardent son étalage de peintures 😮.

Tout près de là, un homme à l’esprit jeune s’amuse avec sa trottinette motorisée et nous gratifie de quelques figures pour la photo. Cool man ! 😎

Cela finit par donner soif à Annie et ses amies.

Nous passons sous des arcades « graphiques »…

… avant de nous recueillir devant un troupeau de crânes.

Les chapelets de piments qui sèchent en extérieur (ristras) sont une spécialité de Santa Fe.


La poterie colorée est également une production locale.

Mais on trouve ici toutes sortes d’artisanat créatif, comme ces jolis oiseaux.

Quand Annie photographie, elle peut être partout à la fois, comme le prouve cette photo !

Certains bâtiments modernes imitent à la perfection les constructions d’adobe, respectant avec bonheur le style typique de Santa Fe.

On peut trouver de jolies portes au hasard des rues.


Nous finissons notre tour par le Capitole et ses sculptures expressives




Rentrés à la maison, nous prenons notre temps pour déjeuner dans le jardin en dégustant une appétissante salade composée par Annie.
André propose de rester là cet après-midi afin de préparer une grande salade de fruits frais que nous apporterons chez Karen et Spencer pour le dîner/barbecue. C’est sympa de sa part !
Pendant ce temps, via un agréable chemin longeant la rivière, nous nous rendons à pied dans Canyon Road, la rue des galeries d’art de Santa Fe. Butinant de l’une à l’autre, nous profitons également des opportunités photographiques qu’offre cette rue aux maisons particulièrement bien entretenues et joliment décorées.








Dans cette rue où s’expriment les artistes, on peut constater que certains prennent la grosse tête…

… d’autres préfèrent la « zen attitude ».

… ou se reposent…

… ou bien s’amusent franchement…

… mais il faut tout de même prendre garde à ses fesses !

On retrouve ici aussi quelques ristras colorées.

Même de simples murs d’adobe semblent vouloir apporter leur contribution artistique.

Une Hudson nous rappelle les Sixties…

… mais cette échoppe nous montre que nous sommes bien en 2009, l’année d’Obama, et que le business n’est pas oublié avec un slogan très second degré : « Jesus said buy folk art. » 😄

Dans cette rue huppée, on peut aussi bien rencontrer des ladies « so British »…

… que de sympathiques artistes locaux…

… qui apprécient probablement ces mobiles New Age.

De retour à la maison, nous nous laissons conduire par André dans le Dodge Durango qui leur a donné toute satisfaction lors du périple dans l’Ouest qui a précédé leurs deux semaines à Santa Fe.
Vers 17 heures, nous pénétrons dans la résidence privée au sud de Santa Fe, où se trouve la maison de Karen et Spencer. Ils nous accueillent chaleureusement dans ce qu’ils appellent « l’hacienda », où ils se sont installés il y a quelque temps pour leur retraite (je devrais plutôt dire « pour leur nouvelle vie hyper active »). Nous sommes vraiment impressionnés par cette magnifique demeure : pièces immenses, hauteur sous plafond et lumière qui entre de toute part, décoration recherchée sans être ostentatoire et qui intègre harmonieusement l’art indien local…
Cette photo de la cuisine/salle à manger ne me démentira pas.

Ma rencontre avec Karen et Spencer remonte à 2003, lors d’une randonnée à Bryce Canyon en compagnie de ma fille Flora. Nous avions immédiatement bien accroché. Il faut dire que Karen est très enthousiaste et dégage un charisme incontestable. Elle est de plus très francophile : elle a été entres autres professeur de français, fait partie d’associations franco-américaines et voyage souvent en France où nous l’avions revue. Spencer, aussi posé que sympathique, a dirigé un hôpital et, pour s’occuper durant sa retraite, vient de se lancer avec succès comme agent immobilier. Il fallait oser, en pleine crise, mais il m’assure que Santa Fe reste un marché privilégié.
Nous passons un bon moment sur la terrasse pour l’apéritif et les sujets de discussion ne manquent pas. La communication est d’autant plus facilitée que Karen parle un français parfait et a déjà rencontré mes amis au musée Georgia O’Keeffe. Spencer a préparé des Margaritas que Karen assure être « parmi les meilleures du Nouveau-Mexique ». Je veux bien le croire après avoir bu la première et je ne pourrai que le confirmer après les trois suivantes 🤪, alors que je ne suis habituellement pas attiré par les boissons alcoolisées…
Spencer ne faillit pas à la tradition américaine où c’est le chef de famille qui s’occupe du barbecue. Il nous prépare une succulente pièce de bœuf sur leur barbecue sophistiqué.

Karen, qui est passionnée de cuisine (elle a même donné des cours de cuisine chinoise, preuve de son éclectisme), a préparé le reste du repas avec notamment une émulsion à base de concombres d’une grande finesse. Elle nous sert un vin rouge d’Arizona (où ils habitaient auparavant), bien charpenté et qui titre 14°. Nous terminons le repas en nous régalant avec la rafraîchissante salade de fruits frais préparée par André.

Toute cette soirée, durant laquelle nous avons partagé notre passion croisée pour nos pays respectifs (un bel exemple d’entente franco-américaine), s’est déroulée dans une ambiance enthousiaste 🙂. C’était vraiment sympathique de la part de Karen et Spencer d’avoir invité cinq personnes à seulement quarante-huit heures de leur départ pour un périple en Europe. Ils me renouvellent leur invitation à venir passer quelques jours chez eux, invitation qu’Elisabeth et moi honorerons avec plaisir en mai 2010 lors de notre prochain voyage.
André n’ayant pas bu une goutte d’alcool 😇, c’est en toute sécurité qu’il nous ramène à la maison de Santa Fe où je n’ai aucun mal à m’endormir dans la salle de yoga, l’esprit quelque peu embrumé par les libations de la soirée.
Partie 1 : de Denver à Santa Fe
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
INTRODUCTION
Encore un carnet de voyage sur l’Ouest américain ?
Eh oui ! C’est à mon tour de saluer par le biais de ce carnet tous les forumeurs attirés par cette magnifique région qu’est l’Ouest américain, notamment ceux qui en ont attrapé le virus et veulent se remémorer certaines de leurs expériences et/ou rechercher quelques nouveaux sites à visiter.
Compte tenu de la floraison sur VF d’excellents carnets sur l’Ouest américain, j’ai hésité à en proposer un de plus, d’autant que je n’ai pas la fibre littéraire et que j’ai préféré jusque-là consacrer mon temps libre à fournir des informations et des descriptions pratiques dans le cadre de ma collaboration aux 3 volumes de Photographing the Southwest de Laurent Martres et au site web Ouestusa réalisé par Thierry (Wavemaster sur VF), sans compter les interventions sur VF et les réponses à de nombreux MP et e-mails. Tant mieux si cela a pu être utile à certains d’entre vous car le partage de ses connaissances et l’entraide entre voyageurs sont des valeurs qu’il nous faut entretenir… et qui permettent également d’enrichissantes rencontres sur VF puis dans le monde réel ! 🙂
Je me suis finalement dit que ce seizième voyage dans l’Ouest pouvait être l’occasion de « sacrifier à l’exercice du carnet de voyage » (plus chronophage que je ne le pensais !), d’autant qu’il s’est déroulé dans l’optique « hors des sentiers battus » que j’affectionne depuis de nombreuses années, avec certains sites qui n’ont jamais (ou quasiment jamais) été abordés dans d’autres carnets de VF.
Il y a toutefois un bémol concernant quelques-uns de ces sites encore confidentiels : certains d’entre eux m’ont été indiqués par des amis américains ou européens aussi fans de l’Ouest que moi, mais à la condition expresse que je promette de n’en publier que des photos (comme eux-mêmes ou d’autres avant eux l’ont fait). Et que je ne dévoile en aucun cas les localisations ou même les noms qui pourraient permettre de les trouver facilement sur internet, soit parce que certains sont particulièrement fragiles, soit parce que leurs visites ne sont pas franchement autorisées, voire pour toute autre raison propre à ceux qui ont exigé cette discrétion. Quelle que soit mon habituelle volonté de partage, je respecterai strictement la promesse faite à mes amis (il ne servira donc à rien de me harceler par MP, de me manipuler psychologiquement, de m’hypnotiser ou de me menacer 😛 ). J’espère que vous comprendrez le respect de cet engagement et que vous ne l’interpréterez pas négativement ou n’en ferez pas un sujet de polémique (c’est déjà arrivé… 😕 ).
Comme la photographie est une des composantes importantes de mes récents voyages (voir mon site de photos ), ce carnet sera plus orienté vers l’illustration que vers la fourniture d’informations sur les lieux visités (que vous retrouverez en partie via ma collaboration aux guides et sites web cités plus haut). Je donnerai au passage quelques détails de mon expérience pratique qui pourront éventuellement être utiles à certains d’entre vous.
La conséquence de cette importante iconographie (en dehors du fait que vous risquez une overdose d’images 😛 ) est qu’il sera nécessaire de diviser ce carnet en un certain nombre de parties et qu’il vous faudra être patients pour le chargement de chacune d’entre elles 😐.
Je tiens à remercier sincèrement Pascale (Kashtin sur VF, son site web) et Alain qui ont eu la gentillesse et la patience d’assurer la relecture de ce carnet et d’y apporter leurs remarques pertinentes.
Qu’a recouvert ce voyage?
J’ai pu consacrer plus de cinq semaines à ce circuit en ayant l’opportunité de partir trente-huit jours en mai et juin 2009. Elisabeth, ma femme, ne pouvant m’accompagner même pour une partie du voyage comme elle le faisait les autres années, je suis parti seul pour la totalité de ce « trip ». Mais vous verrez que je ne suis pas resté un « poor lonesome traveler », puisque j’ai rendu visite à plusieurs amis américains, passé quelque temps avec des amis français et aussi rencontré des personnes fort sympathiques au gré de mes pérégrinations.
J’ai profité de cette occasion, où je disposais à la fois de temps et d’une totale liberté, pour réaliser une immersion dans cette région que j’affectionne tant, en prenant mon temps et sans avoir à suivre un programme strictement planifié. C’était d’autant plus réalisable que j’avais loué un SUV 4 x 4 bien adapté aux pistes et dans lequel je pouvais confortablement dormir, ce qui me permettait de bivouaquer n’importe où (ou presque, puisque certains secteurs ne sont pas autorisés au camping sauvage), sans être tenu par des réservations ou la recherche de places libres dans des motels ou des campings.
Je suis donc parti avec une longue « wish list » de sites à visiter dans laquelle je piochais sur la base d’un circuit indicatif qui pouvait évoluer au gré de la météo, des circonstances, de la disponibilité de mes amis sur place… et de mes envies du moment !
Je me suis fixé pour objectifs de :visiter des lieux en majorité « hors des sentiers battus », que je n’avais encore jamais vus ou que j’avais photographiés avant d’être équipé d’un appareil photo numérique (en avril 2006). explorer des sites renfermant des ruines amérindiennes et/ou des panels d’art rupestre, car cet aspect fait désormais partie intégrante de ma passion pour l’Ouest américain.profiter au maximum du wilderness, dans la journée mais également en bivouaquant de préférence au milieu de nulle part, afin de bénéficier de la belle lumière et de l’ambiance particulière du lever et du coucher du soleil chaque fois que c’était possible et que cela en valait la peine.consacrer un peu plus de temps que d’habitude à la photographie, sans ennuyer un(e) partenaire de voyage n’ayant pas le même hobby, d’autant que je venais tout juste de me doter de mon premier reflex numérique (auparavant je disposais d’un bridge Sony R1 de très bonne qualité et que j’aurais volontiers gardé si, en 2008, il n’avait été endommagé suite à une bourrasque qui l’avait fait tomberdu haut de son trépied trop léger).privilégier la randonnée (et si possible en faire une itinérante, ou « backpacking », sur deux jours), car c’est en la parcourant à pied que j’apprécie le mieux cette région. En bénéfice connexe de cette activité physique associée à des repas frugaux lors des bivouacs, perdre quelques-uns de mes kilos superflus !consacrer du temps et de la disponibilité à mes amis sur place (sans chercher à optimiser les visites dans leur région mais en prenant le temps de vivre avec eux), être ouvert aux nouvelles personnes que je rencontrerais durant le voyage.J’ai choisi de faire une boucle à partir de Denver, en passant par le Colorado, le Nouveau-Mexique, l’Arizona et surtout l’Utah, ce qui m’a permis de visiter tous les sites ci-dessous (ils sont listés par région mais vous les retrouverez dans l’ordre chronologique dans le carnet de voyage).
Cette boucle a négligé beaucoup de classiques incontournables (mais déjà visités) au profit de sites secondaires et elle n’a pas suivi de trajets optimisés (à cause des perturbations météo notamment). Elle ne peut donc servir d’exemple de circuit (d’où l’absence de carte), mais pourra attirer l’attention sur tel ou tel site évoqué au fil du récit.Colorado : Red Cliffs amphitheaterRoxborough State ParkPainted MinesColorado National MonumentRattlesnake CanyonRiffle FallsHanging LakeNouveau-Mexique : Santa FePecos Pueblo« Galisteo petroglyphs » Bisti BadlandsAh Shi Sle Pah« King of Wings »Réserves indiennes (Arizona et Utah)Royal Arch « Many Hands Cave »« Lost City »« White and Red Canyon »« Arch Slot Canyon »« Red Canyon »Coal Mine CanyonNavajo National MonumentWaterholes Canyon (rim)ArizonaHidden Gardens (Page)Paw Hole (Coyote Buttes South)Double Barrel Arch« Maze Panel »UtahCatstair CanyonWire Pass + Buckskin Gulch« The Nautilus »Edmaier’s SecretWahweap HoodoosSidesteps HoodoosStud Horse PointCottonwood Canyon RoadRed SlotWillis CreekMossy Cave (Bryce Canyon)Pink CliffsEscalanteCircle of Friends PanelEast Temple Loop (Zion)Cedar Wash ArchPeek A Boo, Spooky & Dry Fork slot canyonsDevil’s Garden (Hole in the Rock Road)The VolcanoUpper Calf CreekBurr Trail via Wolverine LoopStrike Valley OverlookRed Canyon (sur Nottom road) Pedestal AlleyChimney Rock (Capitol Reef)Hickman BridgeSulphur CreekLittle Wild Horse CanyonWild Horse Canyon ArchFive Hole ArchWolfman PanelMonarch CaveProcession PanelValley of the Gods (mesa)Muley PointNatural Bridges National MonumentMule CanyonSheiks CanyonCitadel RuinLower Maidenwater CanyonHovenweep National MonumentSalt Creek & Angel Arch (Canyonlands Needles)Rim viewpoints (Canyonlands Island in the Sky)Murphy TrailFort BottomMoïse & ZeusDead Horse PointRing Arch & Tunnel (Arches)Courthouse WashFaux Falls« Delta Pool »Olympic TorchMoab Man PanelNB : les sites « » sont ceux pour lesquels je n’indiquerai pas la localisation, voire le véritable nom.
JOUR 1 – DE PARIS A DENVER
C’est enfin le jour du départ ! 🙂 Même si cela fait plus de 15 fois que je retourne dans cette région, l’excitation est toujours bien présente, j’ai hâte de randonner au milieu des « red rocks », de m’immerger dans le wilderness, de retrouver l’ambiance de l’Ouest, d’y rencontrer mes amis. Cette joie est toutefois ternie par le fait qu’Elisabeth ne m’accompagnera pas cette fois-ci et que nous ne pourrons partager ces bons moments 😕 mais, c’est promis, l’année prochaine nous repartirons là-bas ensemble !
Mon père a la gentillesse de me conduire à l’aéroport. Sur le chemin de Roissy, nous nous remémorons ces neuf semaines passées ensemble aux USA en juin 2000 et 2001, quand je l’avais emmené visiter le maximum de beaux endroits de l’Ouest, et que nous avions randonné en tout près de 800 km. Au-delà de l’intérêt même du voyage, ce fut un véritable moment de partage et de complicité que nous sommes tous les deux très heureux d’avoir vécu. Dix ans plus tard, alors qu’il est dans sa quatre-vingtième année, mon randonneur de père pourrait-il toujours faire un aller-retour dans la journée au sommet de Half Dome à Yosemite ou au fleuve Colorado dans le Grand Canyon ? Il en serait bien capable, alors que je risquerais de traîner la patte et de tirer la langue !
J’ai eu la chance de décrocher un aller-retour Paris - Denver (avec escale à Londres) par British Airways au tarif promotionnel de 494 €, une aubaine ! J’arrive à l’enregistrement avec mes deux sacs car je ne voyage pas vraiment léger pour un trip de plus de cinq semaines essentiellement en camping (en passant des frimas du Colorado aux chaleurs de l’Arizona avec de très rares possibilités de faire une lessive car je ne fais que traverser les villes), avec plusieurs guides de voyage (les 3 volumes de Photographing the Southwest, 2 guides de Michael Kelsey) et une pochette de documentation pour chaque secteur de ma « wish list », mais aussi avec quelques provisions gourmandes (Petits Pains Suédois très pratiques en bivouac et que je ne trouve pas sur place, boîtes de filets de saumon au naturel pour varier l’ordinaire, quelques paquets de crêpes bretonnes que d’autres apprécieront également, une bonne bouteille de Bordeaux à partager). Me serais-je embourgeoisé avec le temps ? Malgré mes louables efforts de pesée différentielle sur la balance familiale, le plus gros sac dépasse de 800 g les 23 kg autorisés en franchise et je me vois obligé de transférer 1 kg dans le plus petit sac que j’avais déjà eu bien du mal à fermer avant le départ. Je m’étonne de cette inutile intransigeance mais, en me donnant mes cartes d’accès à bord, l’hôtesse d’enregistrement s’excusera discrètement en me disant qu’elle a été obligée d’être si stricte car elle est étroitement surveillée dans le but de l’obliger à faire payer la surtaxe bagage dès les premières centaines de grammes d’excédent.
J’ai volontairement choisi une escale de trois heures à Londres Heathrow, pour prendre une marge en cas de retard du vol Paris - Londres, mais également pour bien laisser le temps à mes sacs de me suivre dans l’avion pour Denver, car l’aéroport londonien a une mauvaise réputation au niveau du déroutement et de la perte des bagages (il semble que la situation se soit nettement améliorée courant 2009).
Le vol direct Londres - Denver s’avère agréable avec un repas tout à fait correct et un personnel de bord sympathique et très cosmopolite. Ce sera pour moi un vol studieux car je dois apprendre les subtilités de fonctionnement de mon premier reflex numérique (un Nikon D90 avec un objectif Nikor 16-85 mm et un grand angle Tamron 10-24 mm), matériel que j’ai reçu il y a seulement quelques jours et que je n’ai eu le temps de tester que quelques minutes au pied de chez moi. Tout de même plus de 200 pages à avaler (en essayant de piquer du nez le moins possible), ce qui fait que, malgré mes efforts de mémorisation, je ne me suis pas toujours souvenu en pleine action de tous les modes de réglage et options. Le vol direct depuis Londres me semble un réel avantage, sans le stress d’une correspondance aux USA avec le risque de rater le second avion en cas de forte queue ou de problème au passage de l’immigration. L’horaire d’arrivée à Denver est respecté, tout se déroule sans problème avec un officier d’immigration plutôt aimable, mes bagages m’attendent sagement en tournant sur le carrousel, donc tout va pour le mieux.
Maintenant, se profile une première étape décisive du voyage : l’obtention du véhicule qui va me permettre de vivre pleinement mes aventures, c'est-à-dire me conduire dans les meilleures conditions sur des pistes plus ou moins roulantes et m’héberger confortablement pour la nuit sans avoir à planter une tente dans des campings. J’ai déjà loué différents modèles de SUV et j’ai aussi voyagé dans ceux de mes amis, donc je connais les avantages et les inconvénients des principaux modèles proposés jusqu’ici par les grands loueurs. Mais je sais aussi que ceux-ci s’orientent depuis peu vers des modèles de type « crossover » nettement plus adaptés à la ville et aux highways qu’aux escapades sur pistes (d’ailleurs interdites dans les contrats des loueurs ; en roulant en dehors des routes goudronnées on n’est plus du tout assuré et il faut assumer ce risque). L’arrêt il y a quelques mois de la fabrication du populaire Chevrolet Trailblazer (pourtant souvent indiqué comme référence de sa catégorie de location), un SUV 4WD très correct pour les clients et peu onéreux pour les loueurs, a accentué ce phénomène. J’ai donc quelques inquiétudes à ce niveau…
Après avoir pris la navette Alamo, et avant même d’aller au comptoir, je me précipite sur le parking pour constater que dans la rangée SUV standard (catégorie que j’ai louée) il n’y a que des SUV « crossover » dont aucun n’est vraiment 4 x 4 (au mieux ils sont AWD, c'est-à-dire qu’ils peuvent automatiquement et temporairement se mettre en mode 4 x 4 si les capteurs en font ressentir la nécessité, mais sans possibilité que l’utilisateur enclenche lui-même préventivement le mode 4 roues motrices à plein temps pour anticiper une difficulté). Il y a une majorité de Chevrolet Traverse, à la médiocre hauteur de caisse et avec une honteuse roue de secours galette qui s’avérera ridicule en cas de crevaison sur une piste. Avec ce type de véhicule, un certain nombre des visites les plus prometteuses de ma « wish list » tomberaient à l’eau, aussi je décide de m’installer du côté où l’on restitue les véhicules et d’attendre patiemment en espérant qu’il en rentrera un qui me convienne.
Je patiente presque une heure en écoutant mon lecteur MP3 quand par chance rentre mon véhicule préféré, le Toyota 4Runner qui est à la fois suffisamment confortable, agréable à conduire, performant sur piste (hauteur de caisse, vrai 4 x 4), sobre par rapport aux concurrents de sa catégorie (10,75 l / 100 km en moyenne sur mon parcours de cinq semaines) et parfait pour dormir dedans (plancher plat de 1,80 m une fois les sièges arrière rabattus, l’année dernière nous y avions très bien dormi à 2 avec ma femme). Je note ses numéros et je me précipite au comptoir en demandant expressément ce véhicule-là. L’employé accepte, mais constatant que je veux absolument ce Toyota, il essaie de me faire croire qu’il y a un supplément tarifaire par rapport à mon voucher. Je lui prouve que je connais bien les véhicules de cette catégorie et je lui lance un « good try ! », exprimant clairement par là que je ne suis pas dupe 😠. A partir de ce moment, il s’avérera charmant car il sait bien qu’il a été pris en flagrant délit de « trompe couillon ». Il ira même chercher le véhicule à la sortie du lavage pour me l’amener personnellement.
Particulièrement ravi d’avoir obtenu cet excellent SUV 🙂, je déchante après avoir lancé le moteur quand je vois le voyant « Maintenance » rester allumé. Je ne vais pas partir cinq semaines sans savoir si la révision et/ou la vidange ont bien été faites ou si c’est seulement la remise à zéro du voyant qui a été oubliée après la maintenance. Je demande à l’employée sur le parking si je peux aller faire vérifier cela au garage attenant à la station de lavage mais celle-ci m’assène sans sourciller qu’il n’y a personne à l’atelier à cette heure et que je dois obligatoirement prendre un autre véhicule, alors que j’ai eu tout le loisir de voir œuvrer un mécano à l’atelier pendant que j’attendais. Devant la mauvaise foi et l’air revêche de la dame, je n’insiste pas et je fais mine de m’exécuter mais dès qu’elle a le dos tourné je fonce à l’atelier où je tombe sur un mécano arborant un T-shirt du chanteur de country Tim McGraw, dont j’aime plusieurs chansons. Le mécano me fait remarquer que je n’ai pas le droit de venir ici mais je fais mine de ne pas comprendre et j’enchaîne immédiatement sur Tim McGraw en évoquant mes chansons préférées (notamment My kind of rain et The cow boy in me). Il est surpris et visiblement content qu’un Frenchie apprécie son chanteur préféré, la glace est rompue, on discute un petit moment et il accepte de regarder le véhicule, s’apercevant rapidement que la vidange a été faite mais sans remise à zéro du voyant, ce qu’il a vite fait de corriger. Nous nous quittons dans la bonne humeur, prouvant une fois de plus que la musique peut adoucir les mœurs et aplanir les difficultés.
Il fait nuit quand j’arrive au Comfort Inn de Stapleton dans lequel j’ai obtenu une chambre à 50 $ HT via un site internet quelques jours avant le départ. En fermant à clé le Toyota, ce qui a pour effet de faire fonctionner les 4 clignotants pour signifier que l’alarme est enclenchée, je m’aperçois que le clignotant arrière gauche (le plus important) ne fonctionne pas. Ce n’est pas de chance ! Tant pis pour ce soir, je prends possession de ma chambre et m’écroule sans tarder sur le lit, épuisé par cette journée de transport.
JOUR 2 – DE DENVER A PAINTED MINES
Comme toujours à cause du décalage horaire dans le sens est - ouest, le premier jour je me réveille naturellement tôt et j’en profite pour retourner à l’aéroport chez Alamo afin de faire réparer le clignotant, espérant qu’il s’agit d’une simple ampoule à remplacer. Cette fois, je fonce directement au garage sans rien demander à personne et je tombe sur un jeune et timide employé aussi surpris de me voir à l’atelier que son collègue de la veille. Sans diversion possible cette fois-ci, je joue le rôle du client exigeant et pressé, celui qu’il vaut mieux ne pas énerver. Le jeune meccano n’insiste pas et change immédiatement l’ampoule.
Enfin ! me voilà au volant d’un excellent Toyota 4Runner en état de marche, et ce fidèle compagnon de voyage ne me fera jamais défaut durant les cinq semaines qui ont suivi. Pour moi, c’est à ce moment que les vacances commencent vraiment, car je suis maintenant certain de disposer de l’élément logistique principal qui me permettra de réaliser les visites soigneusement préparées et rêvées durant les mois précédents.
Mon fidèle Toyota 4Runner (lors d’un bivouac en Utah) :

En revenant de l’aéroport, le ciel est devenu très menaçant. Je retourne au motel et je prends mon temps pour un excellent petit déjeuner (compris dans le prix de la chambre), au cours duquel je me régale de gaufres que l’on fait cuire soi-même. Délicieux ! Avec cela je tiendrai jusqu’au soir…
Je déballe mes deux sacs de voyage, répartissant un maximum d’objets dans les différents rangements du SUV afin qu’ils tombent immédiatement sous la main, j’en réorganise logiquement le contenu restant (par exemple, mes habits sont répartis par fonction dans des taies d’oreiller de différentes couleurs), ceci dans l’optique de tout trouver facilement et sans même déplacer les sacs quand j’arriverai les soir au bivouac. Le fait de partir le matin avant le lever du soleil et d’arriver souvent de nuit nécessite d’être bien organisé pour gagner du temps et ne pas chercher, voire perdre ses affaires dans l’obscurité et la précipitation. Je rabats les sièges arrière en mode « break à plancher plat », mode qu’ils ne quitteront plus jusqu’au dernier jour du voyage.
C’est le moment d’aller au Wal-Mart (repéré sur Google Maps avant le départ afin ne pas perdre de temps à en chercher un en ville) pour faire les courses. En premier lieu, je choisis l’indispensable glacière qui fait aussi office de stockage de nourriture même quand je n’ai plus de glace. Suivant les promotions du jour, je prends toujours un modèle en plastique dur (qui peut éventuellement servir de siège), d’une contenance d’environ 30 litres, de marque Coleman ou Rubbermaid, toujours à moins de 20 $ puisque je le laisserai sur place à la fin du voyage. Cette année, j’achète aussi un matelas de camping basique en mousse bleue à 5 $, bien que j’aie emmené un confortable matelas autogonflant Therm-a-Rest. Ce petit matelas supplémentaire aura plusieurs usages : placé sous le Therm-a-Rest il apportera un peu de moelleux supplémentaire mais surtout absorbera l’humidité due à la condensation (ce qui évitera au Therm-a-Rest d’être humide le matin, de finir par sentir et de se détériorer). Il me servira pour le backpacking que j’envisage (il est plus léger que le Therm-a-Rest et ne craint pas d’être percé par des branches ou des épines) et sera immédiatement disponible pour improviser une sieste réparatrice. Comme la glacière, je le laisserai sur place à la fin du voyage.
En plus de divers aliments frais (dont un très bon raisin californien), j’achète suffisamment de nourriture qui se conserve, de manière à n’être jamais pris au dépourvu dans le cas où je resterais plusieurs jours dans le wilderness sans possibilité de ravitaillement (volontairement ou pas, en cas de problème de véhicule par exemple). Si la plupart de ces produits sont similaires à ceux que l’on trouve en France, il existe aussi des produits plus spécifiques aux Etats-Unis que j’achète dans les Wal-Mart ou autres grandes surfaces alimentaires (comme Safeway, City Market, etc.):Une sorte de muesli Quaker Oatmeal (parfum Apples & Cinnamon ou bien Maple & Brown Sugar) qui gonfle bien dans un peu d’eau (chaude de préférence mais avec l’eau froide cela passe aussi). Cette mixture de petit déjeuner bien nourrissante devient plus mangeable si on y ajoute des céréales croquantes et si on l’accompagne d’un fruit comme une banane.Des packs de 4 bouteilles (d’un peu moins de 30 cl chacune) de Frappuccino de Starbucks, sorte de café au lait aromatisé (divers parfums : chocolat, moka, vanille, caramel…) que je trouve fort bon et idéal pour le petit déjeuner en camping.Du Beef Jerky « natural style » de la marque Oh Boy ! Oberto. Il s’agit de lambeaux de viande séchée que l’on mastique et qui apportent leur lot de protéines et de sel (indispensable quand on transpire en randonnée), sans gras et pour un poids ridiculement faible (appréciable en randonnée itinérante). C’est spécial, on aime ou on n’aime pas, moi j’aime beaucoup celui-ci car la viande y est un peu plus tendre (moins dure devrais-je dire) et moins épicée que celle d’autres marques.Des boîtes de conserve auto-ouvrantes de White Chicken in water de la marque Valley Fresh (mais je ne prends pas le Chunk Chicken de la même marque que je ne trouve pas très bon). Ce sont des petits morceaux de poulet présentés un peu comme du thon en boîte pour mettre dans des salades. Je trouve cela pratique et pas mauvais à manger, le fait que le poulet soit conservé dans de l’eau salée (et non pas tout sec ou dans de l’huile) étant appréciable quand il fait chaud.Un gros paquet de Trail Mix (mélange de raisins secs et autres fruits déshydratés, de peanuts, de noix de cajou, d’amandes…) et plusieurs paquets de mes fruits secs préférés (cranberry, cherry, abricot, papaye...). Tous les jours, dans un petit sachet Ziplock, je me fais un mélange personnalisé du Trail Mix « de base » et d’un des fruits secs, en variant régulièrement car ce sera mon encas quotidien du midi.Un pack de 12 canettes de… lemonade (citronnade à l’eau plate) car je fais partie de ceux qui n’aiment pas la bière (bien qu’il me soit arrivé d’en avaler pour honorer l’invitation à prendre « a cool beer » de voisins de camping voulant faire connaissance).Plusieurs gallons (de 3,8 litres) de Spring water, en privilégiant les bouchons qui se vissent (pour qu’ils ne s’ouvrent pas seuls avec les secousses sur les pistes, expérience vécue). J’en ai en permanence au moins 5 ou 6 dans la voiture (réserve en cas de panne ou d’ensablement au milieu de nulle part). Parmi eux, il y en aura rapidement 2 remplis d’eau du robinet (auxquels j’arrache l’étiquette pour les reconnaître) pour mes ablutions, la vaisselle, le radiateur d’eau du véhicule si besoin…En cette fin de matinée, j’ai à peine fini de répartir toutes mes provisions dans la glacière et dans les sacs semi rigides que j’ai amenés pour cela, qu’il se met à pleuvoir sérieusement, comme l’avaient d’ailleurs annoncé les prévisions météo de Weather.com. Inutile de se presser pour aller visiter sous la pluie Garden of the Gods à Colorado Springs (que je connais déjà). Je décide donc de filer directement à Painted Mines, en espérant que la pluie aura cessé dans quelques heures, ce qui me laisse tout le temps pour me balader dans ce magasin nommé Outdoor World que j’ai repéré dans une zone commerciale à proximité du motel. Certain(e)s apprécient les outlets américains pour les achats de vêtements, en ce qui me concerne je suis attiré par leurs magasins d’outdoor toujours très bien achalandés en ce qui concerne les activités de nature (sports, camping…) dans un décor souvent soigné. L’Outdoor World de Denver est sans conteste le plus beau que j’aie vu, dépassant dans mon hit-parade personnel le magasin REI de Seattle. Tout y est impressionnant, avec des piliers et des poutres en énormes troncs, des fresques murales, des animaux naturalisés un peu partout, un immense aquarium…
Puisque j’ai du temps devant moi, c’est l’occasion de tester mon nouvel appareil photo en intérieur.
L’entrée est vraiment imposante :

En se baladant dans les rayons, on rencontre un sympathique élan…

… un fringant bison…

… un puma bondissant au-dessus d’un ascenseur…

… un ours impressionnant…

… un loup agressif…

… et un gros poisson bien vivant et plein de tendresse pour les enfants !

On y trouve même quelques meubles vraiment rustiques.

J’ai passé plusieurs heures à traîner dans tous les recoins de ce remarquable magasin et il pleut toujours 😕. Mais il faut quand même que je me décide à rouler vers Painted Mines, qui se trouve au nord-est de Colorado Springs, près de la petite ville de Calhan, tant pis si j’y arrive sous la pluie. J’avais oublié que nous étions vendredi et que dès le milieu de l’après-midi les habitants de Denver partent en week-end. Je me retrouve dans un embouteillage qui s’étire sur des dizaines de miles à partir de la sortie sud de Denver. Heureusement que je trouve une station radio de Classic Rock qui diffuse une belle collection de musique anglo-saxonne et me permet de redécouvrir certains morceaux avec plaisir, me replongeant vingt ou trente ans en arrière. Aux alentours de chaque ville importante, on trouve toujours au moins une station de Classic Rock qui diffuse en franchise un programme pré-enregistré, programme que l’on peut retrouver à l’identique quelques jours ou semaines plus tard sur la station d’une autre ville ou d’un autre État (il m’arrive alors de « deviner » quelle sera la prochaine chanson car j’ai inconsciemment mémorisé l’enchaînement lors de la première écoute).
Arrivé près de Colorado Springs, les embouteillages réapparaissent et je trouve judicieux de quitter l’autoroute pour rejoindre Calhan par de petites routes. Mauvaise idée, car cette zone est très habitée et il y a en réalité beaucoup plus de routes secondaires qui se croisent que celles indiquées sur ma carte, pourtant assez précise. Avec une absence quasi totale de signalisation, il n’est pas facile de faire les bons choix aux intersections. Après plusieurs hésitations mais au final aucune erreur d’aiguillage, j’arrive en fin d’après-midi à Calhan où une pluie fine subsiste. Je repère le camping de la ville (pratiquement vide) pour éventuellement y revenir après la visite et je me rends au parking principal de Painted Mines où il n’y a évidemment personne à cause de la météo.
Painted Mines Interpretive Park est un petit parc local récent, constitué de couches d’argiles de différentes couleurs qui forment des badlands, des petits canyons, des hoodoos, avec quelques sentiers faciles et bien balisés pour visiter aisément cet environnement coloré. Le nom du site provient du fait que ses argiles colorées ont été exploitées par les Indiens pour leurs poteries et leurs peintures de cérémonie, puis plus tard par les Blancs pour fabriquer des briques décoratives.
La pluie finit par cesser et je peux commencer ma visite en ce presque début de soirée. Finalement, la toute récente pluie et le ciel toujours très chargé font ressortir les couleurs du site, bien davantage que sous un soleil éclatant si j’en crois les photos que j’en ai vu.
Je traverse de jolis badlands, étonné qu’ils ne soient pas boueux après la pluie.

Puis je m’approche d’un petit amphithéâtre où les teintes pastel sont douces et variées :


Je me balade dans les petits canyons mais le soir tombe vite, créant une ambiance particulière, un peu irréelle, accentuée par le fait que je suis totalement seul dans le parc. J’ai toujours aimé me balader «
JOUR 3 – DE PAINTED MINES A SANTA FE
Bip… bip… bip… bip… BIP… BIP… BIP… BIP !
Ce matin, c’est en insistant que la sonnerie du réveil me tire des bras de Morphée. Il faut dire que je dors très bien dans mon SUV et qu’un réveil aussi matinal (5 h 45), pour ne pas rater le lever du soleil, ne m’est pas franchement habituel le reste de l’année.
Durant ce voyage, comme mes réveils solitaires aux aurores ne dérangeront personne, j’ai décidé d’assister à un maximum de levers de soleil, pour bénéficier de la fugitive mais belle lumière qui les accompagne généralement, et avant tout pour vivre ce moment particulier qui apporte une dimension supplémentaire et une complétude à la journée qui débute. Je me lève dans la pâle lumière de l’ aube, émergeant peu à peu du sommeil dans une fraîcheur vivifiante, et choisis avec soin l’endroit où je vais attendre le lever du soleil en fonction de l’éclairage espéré . Parfois, des nuages bien placés réfléchissent quelques instants la lueur rougeoyante du soleil encore caché derrière l’horizon. Je patiente en observant les subtiles variations de lumière et en écoutant les oiseaux s’en donner à cœur joie. L’attente devient fébrile durant les dernières dizaines de secondes qui précèdent l’apparition du soleil et, quand elle a enfin lieu, je vis pleinement cet instant unique, essayant d’en capturer la magie, si les conditions photographiques s’y prêtent . Que la lumière soit belle ou décevante (c’est la surprise à chaque fois), j’ai toujours le sentiment d’avoir vécu un moment essentiel et je m’apprête alors à profiter le plus possible d’une nouvelle journée dans l’Ouest.
Ce matin il fait froid, et c’est bien couvert que je me rends à l’endroit repéré la veille pour assister au lever du soleil. Des nuages mal placés l’empêcheront d’être très spectaculaire, mais le spectacle des premiers rayons éclairant les badlands colorés n’en reste pas moins un moment privilégié.


Le ciel se dégage rapidement et il se met à faire grand beau, la pluie de la veille est oubliée. Je prends tout mon temps pour explorer les petits canyons, sachant qu’en début de matinée les couleurs sont le plus présentes, la lumière devenant vite écrasante par la suite. C’est à l’ombre que les argiles colorées s’avèrent le plus photogéniques.
J’apprécie ce site naturel, certes secondaire et peu isolé mais qui vaut quand même le détour, surtout si on peut bénéficier de bonnes conditions de lumière qui en font ressortir les couleurs, faute de quoi la déception serait probable.





Quand la lumière se fait plus franche, je termine par un secteur où l’argile est d’un blanc éclatant.

Je reviens à mon véhicule pour prendre un petit déjeuner bien mérité. Après cette balade à la fraîche, le Frappuccino au Dark Chocolate de Starbucks n’en paraît que plus délicieux 🙂 !
Le rangement du matelas, des duvets et autres affaires de nuit prend très peu de temps et me permet de partir rapidement. J’apprécie de ne pas avoir une tente à replier et à ranger dans son sac, bien qu’avec une tente de type « 2 Seconds » de Decathlon cela irait très vite. Malheureusement, maintenant que le second bagage est devenu payant pour aller aux USA, emmener cette tente encombrante (qui, du fait de sa taille, compte comme un bagage dans lequel on ne peut pas ajouter grand-chose à part certains matelas) coûterait un supplément d’environ 100 $ pour l’aller-retour (avec des billets économiques et un statut de voyageur standard).
Après quelques heures de route en quittant le Colorado pour le Nouveau-Mexique, j’arrive en début d’après- midi au Pecos Pueblo Historic Park, au sud-est de Santa Fe. Il ne reste malheureusement plus grand-chose des ruines du pueblo amérindien qui abritait pourtant jusqu’à 2000 personnes au XVe siècle. Mais la kiva (restaurée) et les restes impressionnants des murs de la mission que les Espagnols construisirent en arrivant valent ce rapide détour à partir de l’autoroute I-25.





En seconde partie d’après-midi, je me trouve dans le bassin de Galisteo, un secteur connu pour ses nombreux sites de pétroglyphes (les pétroglyphes sont des gravures rupestres tandis que les pictographes sont des peintures rupestres). Ici, la plupart des pétroglyphes ne datent pas de plusieurs milliers d’années, comme dans le reste du Southwest, mais ont été gravés par les Indiens Pueblo entre le XIVe et le XVIe siècle.
Les plus beaux d’entre eux sont situés sur un immense domaine à l’intérieur duquel le propriétaire n’autorise qu’une seule visite annuelle, menée par des archéologues, davantage pour assurer sa tranquillité que pour préserver ces panels qui ne sont pas spécialement fragiles car gravés dans de la roche volcanique très dure. Près de la route, des clôtures et des panneaux « No trespassing », or je ne m’autorise jamais à passer outre à une interdiction aussi clairement exprimée. Mais j’ai appris qu’en prenant une piste qui aboutit au milieu de nulle part on peut s’approcher d’un site rupestre comportant le même type de pétroglyphes (en moins spectaculaires) et qu’il n’y a là-bas ni clôtures ni panneaux d’interdiction. Je me demande quand même s’il ne serait pas aux confins de ce domaine, ou peut-être à ceux d’une propriété attenante gérée par quelqu’un de plus accueillant ? En cas de problème, l’absence d’éléments visibles d’interdiction serait sûrement « plaidable » pour un visiteur étranger nécessairement peu au fait des spécificités locales 😇.
Une fois sur place, pour être certain de retrouver ma voiture dans ce no man’s land si je reviens au crépuscule, je décide de prendre ses coordonnées GPS avec le Garmin Colorado 400t flambant neuf que j’ai réceptionné il y a quelques jours pour remplacer mon vieux Garmin eTrex d’entrée de gamme (sans affichage de cartes). Mais la position GPS affichée est hautement fantaisiste malgré plusieurs essais successifs, je ne comprends pas pourquoi puisqu’il avait bien fonctionné lors du test dans le parc à côté de mon domicile. Je le laisse tout de même allumé et j’utilise mon vieil eTrex amené en appareil de secours et qui fonctionne toujours. Une demi-heure plus tard, je teste à nouveau mon Colorado 400t et je constate que cette fois-ci il donne les bonnes coordonnées : il avait probablement besoin d’un certain temps de recalage depuis sa dernière utilisation sur un autre continent.
Les pétroglyphes sont dispersés au sommet de plusieurs collines volcaniques qu’il faut d’abord atteindre pour, ensuite, longer les crêtes.

Ce n’est pas une partie de plaisir car dans ce site reculé il n’y a aucun chemin et, le long des crêtes, les pierres très instables et la végétation (herbes, épineux…) entravent ma progression. On ne sait jamais si la pierre sur laquelle on pose le pied ne va pas se dérober subitement ni même si on ne va pas se coincer le pied dans un trou traîtreusement caché par les herbes. Il y a de quoi se fouler cent fois une cheville et mon avancée s’avère bien plus précautionneuse et lente que prévu.
Mais le jeu en vaut la chandelle car les pétroglyphes sont nombreux et intéressants, sans compter la lumière de début de soirée qui fait ressortir les lichens particulièrement verts en cette saison.

Certains personnages ont des têtes faisant penser à des smileys :

Un Kokopelli viril joue la sérénade pour des animaux :

Un masque semble provenir d’Amérique centrale ou du Sud :

Un rattlesnake quelque peu raide :

Un perroquet égaré :

Un écureuil dont on jurerait qu’il a été gravé très récemment :

Un curieux bonhomme soleil :

Le dernier panel est le plus beau. On y trouve un saisissant démon surmonté d’oiseaux…

Et surtout ce personnage avec ses trois plumes et qui se cache les yeux. Quelle peut être la signification de ce geste ? Il aurait presque pu inspirer John Travolta pour sa célèbre danse dans Pulp Fiction !

J’ai vraiment beaucoup apprécié ce site d’art rupestre pour l’originalité de ses pétroglyphes mis en valeur par leur localisation en surplomb de la plaine et la douce lumière du soir.
Ayant progressé moins vite que prévu, je renonce à gravir une autre colline et reviens rapidement à la voiture car ce soir je suis attendu à Santa Fe par mes amis français Annie et André (ainsi que deux de leurs amies qui voyagent avec eux et que je ne connais pas).
Annie et André sont des spécialistes de l’Ouest et c’est dans ce contexte que je les ai rencontrés il y a quelques années avant même qu’ils ne soient devenus membres de VF (respectivement sous les pseudos de Aiassa et de Pyrola). Auteurs du site français de référence sur The Wave, ils sont également d’excellents photographes et plusieurs de leurs images ont été exposées, d’autres publiées dans des revues et dans des livres. André étant passé à la vidéo depuis l’avènement du numérique, je connais surtout les superbes photos d’Annie qui sont pour moi une source d’inspiration. Quel bonheur quand, quelques mois après un de leurs voyages aux USA, je reçois un DVD d’Annie & André contenant un montage vidéo et un diaporama, tous deux réalisés de manière professionnelle !
Installés en Drôme provençale depuis qu’ils sont des retraités très actifs, Annie et André ont cette année fait un échange de maison (de 2 semaines) avec un couple de Santa Fe et m’ont gentiment invité à venir les rejoindre quand je passerai dans le secteur. J’étais parallèlement invité par Karen & Spencer, des amis américains habitant aussi Santa Fe, mais comme ces derniers sont sur le départ pour un grand voyage en Europe, il vaut mieux leur éviter du dérangement et plutôt loger dans la maison dont disposent Annie et André.
Quand j’arrive chez eux vers 20 heures, je suis chaleureusement accueilli, nous sommes contents de nous retrouver dans la région pour laquelle nous partageons la même passion 🙂. Au dîner, nous évoquons leurs aventures des dernières semaines passées dans l’Ouest et je me régale d’un délicieux curry de crevettes maison qui me changera de mon habituel poulet en boîte !
Le lendemain, il est prévu de se balader dans Santa Fe et de visiter un musée conseillé par Karen. Il y a quelques semaines, j’avais mis en contact Annie & André Karen & Spencer, présageant une bonne entente. Ils se sont vus il y a quelques jours quand Karen leur a fait visiter le musée Georgia O’ Keeffe dont elle est un guide volontaire. Le courant est bien passé et du coup mes quatre compatriotes (Annie, André et leurs deux amies) sont également invités pour le barbecue du lendemain à partir de 17 heures chez Karen et Spencer. Ce n’est pas la première fois que je mets en contact des personnes qui ne se connaissent pas mais qui ont des centres d’intérêts communs, c’est une bonne occasion pour chacun d’élargir son cercle amical.
Bien qu’Annie me propose d’utiliser le canapé du salon, je préfère limiter le dérangement et dormir sur mon Therm-a-Rest dans la salle de yoga, où je suis très bien installé et où je bénéficie de la connexion WiFi pour accéder à ma messagerie.
JOUR 4 – UNE JOURNEE A SANTA FE
Ce matin, c’est grasse matinée avec un réveil programmé à 7 h 30. Il n’y a pas un nuage dans le ciel et la belle lumière qui contribue à la réputation de Santa Fe n’est pas une légende.
Après un petit déjeuner convivial, nous voilà partis tous les cinq pour le musée que nous avions prévu de visiter, mais celui-ci est fermé car nous sommes dimanche. On aurait dû y penser, mais en vacances on a quelquefois tendance à oublier de raisonner en fonction des jours de la semaine 😛. Nous nous rabattons sur une balade sans but précis dans le centre de Santa Fe, sans être axés sur les monuments historiques que nous avons déjà vus auparavant.
Cette journée sera pour moi l’occasion de m’essayer à la photographie en ville, un type de sujet qui me changera de celui des paysages auxquels je me consacre quasi exclusivement.
Nous jetons un coup d’œil aux boutiques autour de la Plaza.


On observe deux techniques de vente, totalement différentes, plus ou moins volontaristes.
Une jeune femme, debout au beau milieu de l’avenue et simplement protégée des voitures par un drapeau jaune, se démène pour vendre ses journaux en essayant de capter l’attention par son attitude enjouée.

A quelques dizaines de mètres, un Indien Pueblo, qui dispose d’un emplacement réservé sous les arcades de la Plaza, ignore superbement les clients qui regardent son étalage de peintures 😮.

Tout près de là, un homme à l’esprit jeune s’amuse avec sa trottinette motorisée et nous gratifie de quelques figures pour la photo. Cool man ! 😎

Cela finit par donner soif à Annie et ses amies.

Nous passons sous des arcades « graphiques »…

… avant de nous recueillir devant un troupeau de crânes.

Les chapelets de piments qui sèchent en extérieur (ristras) sont une spécialité de Santa Fe.


La poterie colorée est également une production locale.

Mais on trouve ici toutes sortes d’artisanat créatif, comme ces jolis oiseaux.

Quand Annie photographie, elle peut être partout à la fois, comme le prouve cette photo !

Certains bâtiments modernes imitent à la perfection les constructions d’adobe, respectant avec bonheur le style typique de Santa Fe.

On peut trouver de jolies portes au hasard des rues.


Nous finissons notre tour par le Capitole et ses sculptures expressives




Rentrés à la maison, nous prenons notre temps pour déjeuner dans le jardin en dégustant une appétissante salade composée par Annie.
André propose de rester là cet après-midi afin de préparer une grande salade de fruits frais que nous apporterons chez Karen et Spencer pour le dîner/barbecue. C’est sympa de sa part !
Pendant ce temps, via un agréable chemin longeant la rivière, nous nous rendons à pied dans Canyon Road, la rue des galeries d’art de Santa Fe. Butinant de l’une à l’autre, nous profitons également des opportunités photographiques qu’offre cette rue aux maisons particulièrement bien entretenues et joliment décorées.








Dans cette rue où s’expriment les artistes, on peut constater que certains prennent la grosse tête…

… d’autres préfèrent la « zen attitude ».

… ou se reposent…

… ou bien s’amusent franchement…

… mais il faut tout de même prendre garde à ses fesses !

On retrouve ici aussi quelques ristras colorées.

Même de simples murs d’adobe semblent vouloir apporter leur contribution artistique.

Une Hudson nous rappelle les Sixties…

… mais cette échoppe nous montre que nous sommes bien en 2009, l’année d’Obama, et que le business n’est pas oublié avec un slogan très second degré : « Jesus said buy folk art. » 😄

Dans cette rue huppée, on peut aussi bien rencontrer des ladies « so British »…

… que de sympathiques artistes locaux…

… qui apprécient probablement ces mobiles New Age.

De retour à la maison, nous nous laissons conduire par André dans le Dodge Durango qui leur a donné toute satisfaction lors du périple dans l’Ouest qui a précédé leurs deux semaines à Santa Fe.
Vers 17 heures, nous pénétrons dans la résidence privée au sud de Santa Fe, où se trouve la maison de Karen et Spencer. Ils nous accueillent chaleureusement dans ce qu’ils appellent « l’hacienda », où ils se sont installés il y a quelque temps pour leur retraite (je devrais plutôt dire « pour leur nouvelle vie hyper active »). Nous sommes vraiment impressionnés par cette magnifique demeure : pièces immenses, hauteur sous plafond et lumière qui entre de toute part, décoration recherchée sans être ostentatoire et qui intègre harmonieusement l’art indien local…
Cette photo de la cuisine/salle à manger ne me démentira pas.

Ma rencontre avec Karen et Spencer remonte à 2003, lors d’une randonnée à Bryce Canyon en compagnie de ma fille Flora. Nous avions immédiatement bien accroché. Il faut dire que Karen est très enthousiaste et dégage un charisme incontestable. Elle est de plus très francophile : elle a été entres autres professeur de français, fait partie d’associations franco-américaines et voyage souvent en France où nous l’avions revue. Spencer, aussi posé que sympathique, a dirigé un hôpital et, pour s’occuper durant sa retraite, vient de se lancer avec succès comme agent immobilier. Il fallait oser, en pleine crise, mais il m’assure que Santa Fe reste un marché privilégié.
Nous passons un bon moment sur la terrasse pour l’apéritif et les sujets de discussion ne manquent pas. La communication est d’autant plus facilitée que Karen parle un français parfait et a déjà rencontré mes amis au musée Georgia O’Keeffe. Spencer a préparé des Margaritas que Karen assure être « parmi les meilleures du Nouveau-Mexique ». Je veux bien le croire après avoir bu la première et je ne pourrai que le confirmer après les trois suivantes 🤪, alors que je ne suis habituellement pas attiré par les boissons alcoolisées…
Spencer ne faillit pas à la tradition américaine où c’est le chef de famille qui s’occupe du barbecue. Il nous prépare une succulente pièce de bœuf sur leur barbecue sophistiqué.

Karen, qui est passionnée de cuisine (elle a même donné des cours de cuisine chinoise, preuve de son éclectisme), a préparé le reste du repas avec notamment une émulsion à base de concombres d’une grande finesse. Elle nous sert un vin rouge d’Arizona (où ils habitaient auparavant), bien charpenté et qui titre 14°. Nous terminons le repas en nous régalant avec la rafraîchissante salade de fruits frais préparée par André.

Toute cette soirée, durant laquelle nous avons partagé notre passion croisée pour nos pays respectifs (un bel exemple d’entente franco-américaine), s’est déroulée dans une ambiance enthousiaste 🙂. C’était vraiment sympathique de la part de Karen et Spencer d’avoir invité cinq personnes à seulement quarante-huit heures de leur départ pour un périple en Europe. Ils me renouvellent leur invitation à venir passer quelques jours chez eux, invitation qu’Elisabeth et moi honorerons avec plaisir en mai 2010 lors de notre prochain voyage.
André n’ayant pas bu une goutte d’alcool 😇, c’est en toute sécurité qu’il nous ramène à la maison de Santa Fe où je n’ai aucun mal à m’endormir dans la salle de yoga, l’esprit quelque peu embrumé par les libations de la soirée.
Partie 1 : de Denver à Santa Fe
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
Rencontre VF à vélo (proche de Paris) sur les bords de Marne le dimanche 11 avril 2010 English translation pending
🙂 Chers véfistes vététistes , chères véfistes vététistes ,
Bon après mes rencontres VF sportives canoës , randonnées pédestres , découvertes enigmatiques de Paris des années précédentes, 😉 etc ... je vous propose pour ma première rencontre 2010 une nouvelle activité à tous les véfistes voyageurs "cyclopédiques" faisant le tour du monde , d'Europe ou de France sur cet engin écologique une sortie à la découverte des bords de Marne (bon c'est vrai c'est moins typique qu' à la découverte du Sahara ou de la jungle amazonienne mais bon ...😕 mais si on a de la chance on verra des animaux exotiques ......des ragondins et des canards sur les rives😏 )pour partir de bons pieds euh..... dérailleurs en cet été rapprochant.
Le RDV sera alors le dimanche 11 avril à 9H30 heures devant la gare de Joinville- le- Pont (sur la ligne RER A et voir bas du message pour ceux venant en RER) pour rejoindre le bord de Marne et suivre la piste cyclable jusqu'à la base nautique de Vaires-sur-Marne puis éventuellement continuation vers Lagny-sur-Marne (ou plus loin selon la forme de chacun)le long de la Marne sur les chemins de halage puis retour au point de départ pour ceux qui viendront au RDV en voiture(dont je fais parti ). Ce qui fera alors environ entre 30 et 80 kms environ🤪 .(Eventuellement pour ceux qui sont fatigués retour en train par divers gare RER situées à proximité de la Marne)
Attention cela n'est pas une course contre la montre c'est juste une balade en vélo 😛
Le mieux c'est d'avoir un VTT ou engin de ce type car il y aura des chemins caillouteux et chemins avec ornières (évitez les vélos de course et les vélibs !)
Je rappelle qu'il faudra respecter le code la route car quelques portions routières et un matériel en règle (lumière sur vélo notamment) .L'organisateur décline toute responsabilité en cas de contravention ou d'accident et avoir une assurance à jour .
Prévoir pique nique du midi , boisson, matériel de réparation en cas de crevaison , appareil photo et quelques euros pour prendre un verre sur les bords de Marne au retour .
Attention cette rencontre sera annulée en cas de : Pluie ou orage ( annulation 48 heure avant le jour J selon la météo annoncée et la rencontre sera reportée à une date ultérieure )😠 Organisateur malade ou décédé 😕
Attention cette rencontre sera maintenue en cas de : Soleil et beau temps 😎 Organisateur en pleine forme😇 (alléluia !)
Bon j'espère qu'a cette sortie il y aura au moins un (e) participant (e) sinon ce sera alors la première rencontre Vf avec un seul et unique participant !!😏😏
PS: je donnerai mon portable en Mp
- -- Message copié sur le net pour ceux arrivant en RER
Avec votre vélo vous pouvez utiliser les lignes et et l’ensemble des correspondances entre toutes les lignes du RER, y compris dans Paris. ceci est également valable pour les trains de banlieue. L’entrée et la sortie sont possibles dans toutes les gares (portiques poussettes / handicapés) Vous pouvez vous déplacer avec votre vélo toute la journée, excepté pendant les heures de pointe en semaine, dans le sens de la pointe : de 6h30 à 9 h et de 16 h 30 à 19 h. Utilisez les voitures marquées du symbole vélo sur les RER A et B, elles disposent d’une plate-forme destinée à cet effet. Ces plate-forme sont souvent en tête et en queue de train, mais parfois aussi à chaque extrémité de rame. On compte donc entre 4 et 6 plate-forme vélo par train sur le RER A par exemple. Les RER C, D, et E acceptent aussi les vélos, toujours à l’exception des heures de pointe en semaine dans le sens de la pointe. Il vous est également possible de prendre, avec votre vélo, la ligne 1 du métro les dimanches et jours fériés, avant 16h30 :
Bon après mes rencontres VF sportives canoës , randonnées pédestres , découvertes enigmatiques de Paris des années précédentes, 😉 etc ... je vous propose pour ma première rencontre 2010 une nouvelle activité à tous les véfistes voyageurs "cyclopédiques" faisant le tour du monde , d'Europe ou de France sur cet engin écologique une sortie à la découverte des bords de Marne (bon c'est vrai c'est moins typique qu' à la découverte du Sahara ou de la jungle amazonienne mais bon ...😕 mais si on a de la chance on verra des animaux exotiques ......des ragondins et des canards sur les rives😏 )pour partir de bons pieds euh..... dérailleurs en cet été rapprochant.
Le RDV sera alors le dimanche 11 avril à 9H30 heures devant la gare de Joinville- le- Pont (sur la ligne RER A et voir bas du message pour ceux venant en RER) pour rejoindre le bord de Marne et suivre la piste cyclable jusqu'à la base nautique de Vaires-sur-Marne puis éventuellement continuation vers Lagny-sur-Marne (ou plus loin selon la forme de chacun)le long de la Marne sur les chemins de halage puis retour au point de départ pour ceux qui viendront au RDV en voiture(dont je fais parti ). Ce qui fera alors environ entre 30 et 80 kms environ🤪 .(Eventuellement pour ceux qui sont fatigués retour en train par divers gare RER situées à proximité de la Marne)
Attention cela n'est pas une course contre la montre c'est juste une balade en vélo 😛
Le mieux c'est d'avoir un VTT ou engin de ce type car il y aura des chemins caillouteux et chemins avec ornières (évitez les vélos de course et les vélibs !)
Je rappelle qu'il faudra respecter le code la route car quelques portions routières et un matériel en règle (lumière sur vélo notamment) .L'organisateur décline toute responsabilité en cas de contravention ou d'accident et avoir une assurance à jour .
Prévoir pique nique du midi , boisson, matériel de réparation en cas de crevaison , appareil photo et quelques euros pour prendre un verre sur les bords de Marne au retour .
Attention cette rencontre sera annulée en cas de : Pluie ou orage ( annulation 48 heure avant le jour J selon la météo annoncée et la rencontre sera reportée à une date ultérieure )😠 Organisateur malade ou décédé 😕
Attention cette rencontre sera maintenue en cas de : Soleil et beau temps 😎 Organisateur en pleine forme😇 (alléluia !)
Bon j'espère qu'a cette sortie il y aura au moins un (e) participant (e) sinon ce sera alors la première rencontre Vf avec un seul et unique participant !!😏😏
PS: je donnerai mon portable en Mp
- -- Message copié sur le net pour ceux arrivant en RER
Avec votre vélo vous pouvez utiliser les lignes et et l’ensemble des correspondances entre toutes les lignes du RER, y compris dans Paris. ceci est également valable pour les trains de banlieue. L’entrée et la sortie sont possibles dans toutes les gares (portiques poussettes / handicapés) Vous pouvez vous déplacer avec votre vélo toute la journée, excepté pendant les heures de pointe en semaine, dans le sens de la pointe : de 6h30 à 9 h et de 16 h 30 à 19 h. Utilisez les voitures marquées du symbole vélo sur les RER A et B, elles disposent d’une plate-forme destinée à cet effet. Ces plate-forme sont souvent en tête et en queue de train, mais parfois aussi à chaque extrémité de rame. On compte donc entre 4 et 6 plate-forme vélo par train sur le RER A par exemple. Les RER C, D, et E acceptent aussi les vélos, toujours à l’exception des heures de pointe en semaine dans le sens de la pointe. Il vous est également possible de prendre, avec votre vélo, la ligne 1 du métro les dimanches et jours fériés, avant 16h30 :
Quoi manger et boire à Cuba? English translation pending
Bonjour, j'entends pleins de trucs au sujet de la bouffe et de l'eau dans le sud, svp, pouvez vous m'eclairer, je n'ai pas le gout de tomber malade pendant mon sejour. Merci beaucoup!
Est-ce mal vu de fumer pour les femmes en Inde et au Népal? English translation pending
Bonjour a tous!
Petite question qui peut paraitre idiote mais je pars pour un mois en Inde en passant par le Nepal et j'aurais aime savoir si c'est mal vu de fumer pour les femmes dans ces pays?
Car j'en suis une! Et je fume!
Etant deja allee en turquie et en thailande ou il n'y a pas eu de probleme je ne me suis pas pose la question...mais une amie m'a fait la remarque et j'aimerais bien connaitre la reponse...!!
Merci pour les infos!
Petite question qui peut paraitre idiote mais je pars pour un mois en Inde en passant par le Nepal et j'aurais aime savoir si c'est mal vu de fumer pour les femmes dans ces pays?
Car j'en suis une! Et je fume!
Etant deja allee en turquie et en thailande ou il n'y a pas eu de probleme je ne me suis pas pose la question...mais une amie m'a fait la remarque et j'aimerais bien connaitre la reponse...!!
Merci pour les infos!
Le raisin est plus vert à Muscat (Sultanat d'Oman) English translation pending
Le raisin est plus vert à Muscat (Sultanat d'Oman)(1)
Lyon, le 29 janvier, 5 cm de givre et de neige mêlés couvrent les pare-brises des véhicules du parking longue durée de l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry.
Dans dix heures, après six mille kilomètres et deux escales, Ulysse donnera un coup de climatiseur pour rafraîchir sa chambre de sultan à l'hôtel Marina de Muscat ou Mascate(in french) (capitale du sultanat d'Oman)
Mais, au fait, pourquoi cette destination?
aux côtés des Émirats Unis, (ils sont sept), alors que les médias bombardent l'Occident des horreurs d'AL kAIDA dans la Corne de l'Afrique, alors que les grands voyagistes boudent encore le détroit d'ormuz, sans doute trop encombrant et trop encombré de dépêches d'Agence, et d'histoire récente...
Ulysse avait lu récemment que des dizaines de tankers, goinfrés de pétrole, patientaient dans le Golfe d'Oman, en attendant la remontée des cours du baril (74 dollars le baril)..
Toute cette actualité, bonne ou moins bonne, la découverte récente (I992) de cités enfouies du deuxième millénaire, par repérage satellite, dans le désert du Dofar au sud du Sultanat, les folies de DUBAI et d'Abu-Dhabi, explosion de délires architecturaux et goinfrerie de certains émirats sous la manne du pétrole, tout cela avait titillé la curiosité d'Ulysse qui n'attendait qu'une promotion alléchante d'Air-France -KLM... pour mettre ses désirs et ses rêves au niveau des réalités...
Le voyage serait burlesque et baroque, l'Airbus patinerait au décollage sur le tarmac de Saint-Exupéry, les contrôleurs aériens imposerait une escale technique à Abu-Dhabi, Ulysse en profiterait pour découvrir l'architecture "dunaire" de l'aéroport psychédélique et le peuple des migrants indo-pakistanais...
Lyon, le 29 janvier, 5 cm de givre et de neige mêlés couvrent les pare-brises des véhicules du parking longue durée de l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry.
Dans dix heures, après six mille kilomètres et deux escales, Ulysse donnera un coup de climatiseur pour rafraîchir sa chambre de sultan à l'hôtel Marina de Muscat ou Mascate(in french) (capitale du sultanat d'Oman)
Mais, au fait, pourquoi cette destination?
aux côtés des Émirats Unis, (ils sont sept), alors que les médias bombardent l'Occident des horreurs d'AL kAIDA dans la Corne de l'Afrique, alors que les grands voyagistes boudent encore le détroit d'ormuz, sans doute trop encombrant et trop encombré de dépêches d'Agence, et d'histoire récente...
Ulysse avait lu récemment que des dizaines de tankers, goinfrés de pétrole, patientaient dans le Golfe d'Oman, en attendant la remontée des cours du baril (74 dollars le baril)..
Toute cette actualité, bonne ou moins bonne, la découverte récente (I992) de cités enfouies du deuxième millénaire, par repérage satellite, dans le désert du Dofar au sud du Sultanat, les folies de DUBAI et d'Abu-Dhabi, explosion de délires architecturaux et goinfrerie de certains émirats sous la manne du pétrole, tout cela avait titillé la curiosité d'Ulysse qui n'attendait qu'une promotion alléchante d'Air-France -KLM... pour mettre ses désirs et ses rêves au niveau des réalités...
Le voyage serait burlesque et baroque, l'Airbus patinerait au décollage sur le tarmac de Saint-Exupéry, les contrôleurs aériens imposerait une escale technique à Abu-Dhabi, Ulysse en profiterait pour découvrir l'architecture "dunaire" de l'aéroport psychédélique et le peuple des migrants indo-pakistanais...
À partir de Salt Lake City: du Grand Canyon à Yellowstone via le Colorado (1ère partie) English translation pending
Du 8 mai au 8 juin 2009, nous avons fait une boucle à partir de Salt Lake City, en grande partie hors des sentiers battus, qui nous a menés de l'Utah à l'Arizona, au Nouveau-Mexique, au Colorado et au Wyoming.
La version avec photos se trouve ici : carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_8.html
(Pour les connexions lentes: merci de patienter quelques secondes le temps du chargement des photos... qui s'effectue toujours par la fin de chaque page.)
Première partie
Départ De Salt Lake City à Escalante via Cathedral Valley Nipple Bench et Alstrom Point via la Cottonwood Canyon Road Toroweap Grand Canyon: South Kaibab Trail Coal Mine Canyon, le petit Bryce Canyon Mule Canyon, Road Canyon De Natural Bridges à Chaco Canyon (N-M) Bisti Badlands (N-M) Canyonlands, Les Needles, Devil's Kitchen Canyonlands, Island in the Sky, Upheaval Dome, False Kiva Canyonlands, Island in the Sky, Aztec Butte, Dead Horse Point Les pétroglyphes de la Kane Creek Road Arches De Moab à Ouray et Silverton (CO), via la Paradox Valley De Red Mountain à Crested butte (CO)
**********
Vendredi 8 mai
Subitement, dans la nuit qui précède notre départ, un doute survient : il y a longtemps que je n’ai pas vu les vouchers d’Autoescape… C’est étonnant comme dans certains cas une petite alarme s’allume dans le cerveau ; effectivement, au matin, nous nous apercevons qu’ils ne sont plus là. Panique à bord ! Le taxi arrive à 9 h 15 et Autoescape est apparemment fermé pour cause de jour férié. Finalement, à 9 heures, j’ai quelqu’un au bout du fil, à 9 h 20 un mail arrive tandis qu’Alain fait patienter le taxi. Lorsque nous partons le compteur affiche déjà dix-sept euros… Arrivés à Roissy, j’ai la bonne idée de vouloir téléphoner avec la carte France Télécom, et je m’aperçois que je n’ai pas de mot de passe pour la nouvelle carte. Dix euros de plus partent en fumée d’une cabine de l’aéroport.
Vol assez long sur Northwest, le 767 ayant un équipement minimaliste – quatre navets passeront sur les mini-écrans de télévision suspendus de loin en loin. A l’enregistrement nous avons fait changer les places et nous nous sommes retrouvés à l’avant (dans le 767, les meilleures places sont les 16 A, B, C, D, E, F, G ou 15 F, G). Nous avions réservé pour la première fois sur Internet par l’intermédiaire d’Opodo. Les vols directs Air France étaient à plus de 900 € et nous économisions près de 300 € par billet en faisant une escale à Minneapolis. Ça valait le coup de mettre ma peur de l’avion de côté et d’accepter un décollage et un atterrissage supplémentaires à l’aller et au retour. Malgré cinq ou six modifications de vol dans les mois qui ont précédé le départ, dans l’ensemble tout s’est bien passé. Une correspondance expresse à Minneapolis, faite en quarante minutes, alors que nous avions une heure vingt devant nous, ce qui est donc amplement suffisant. Un regret quand même : sur le conseil de Jadorry, un mois avant le départ, nous avions regardé directement sur le site de Delta (qui a fusionné avec Northwest) et nous nous étions aperçus qu’à 5 € près (en moins) nous pouvions avoir un vol direct pour Salt Lake !
Au comptoir Alamo, nous avons un TrailBlazer et nous prenons une assurance pneus et bris de glace : 200 € de plus… puis direction La Quinta Airport, à trois miles, dans la verdure. Très bon hôtel. Réveils constants au cours de la nuit dès 3 heures du matin.
Samedi 9 mai
Excellent petit déjeuner avec entre autres des gaufres. Nous faisons annuler le Super 8 Airport du retour et réservons une chambre pour 67 $ au lieu du double sur Internet. Passage au Walmart pour acheter une glacière, des cartouches de gaz (puisque nous avons rapporté le réchaud acheté l’an passé à Los Angeles), plus une foule de choses pour 87 $ (dont un joli sweat ocre jaune, 3 $, et un T-shirt, 2 $, pour Alain). Route assez agréable en direction du sud, bien qu’au départ la Hwy 15 soit surchargée. Puis Hwy 28, et enfin 24 East jusqu’à Torrey. Elle commence à être très belle à Bicknell, avec des falaises de grès rouge. A leur pied, de gros blocs volcaniques noirs parsèment l’herbe dorée. Capitol Reef Inn & Cafe. Agréable chambre sur l’arrière dans une partie tout en bois ; 59 $. Belle lumière du soir.
Dimanche 10 mai
J’expérimente la carte de téléphone ATM à 5 $ pour 72 minutes et elle marche ! On passe donc en prendre une seconde avant de rejoindre le Visitor Center pour savoir si le Ford est passable. Arrêt sur la route et petite balade vers les Goosenecks et un point de vue à 1 mile de la route, sur la vallée. Le ciel est bleu mais la lumière blanche aplatit les reliefs, gomme les contrastes, fond la terre et le ciel dans une même brume laiteuse. Une curieuse tête de pierre observe, placide, le fond du canyon. A Fremont Oasis, nous achetons de la sauce de tomates vertes piquante et des chips de haricots noirs, le tout délicieux. Ensuite direction Cathedral Valley. Le Ford n’est pas si grand que je le pensais et se traverse très bien, à angle droit, c’est-à-dire en longeant la berge sur la droite puis en obliquant à 90° sur la gauche. La piste est à notre avis beaucoup moins belle que par l’entrée de Caineville et ne vaut pas les cinquante-quatre miles aller-retour que nous avons faits pour la voir, d’autant que la luminosité est encore blafarde et crue. Nous traversons les Bentonite Hills, assez belles mais sans plus, elles ont dans l’Ouest des concurrentes de taille… Par contre la fin de la piste, là où elle rejoint à peu près le primitive campground, est très belle, notamment à Upper Desert overlook, et lorsqu’on redescend de l’autre côté, à Grand View overlook. En 2007, après être entrés par Caineville, nous étions repartis par le nord et les Thousand Lakes. Nous faisons les soixante-trois miles qui séparent Torrey d’Escalante sous une lumière splendide de fin de journée. Dans la Dixie National Forest, c’est encore l’hiver, les aspens sont tous serrés les uns contre les autres, leurs troncs argentés dans le soleil qui décline. Escalante, pour la première fois nous allons au Prospector Inn, le B&B de Catherine Barney, par ailleurs excellent, ayant des contraintes horaires avec le petit déjeuner à 8 heures. Motel correct, sans plus, et sans machine à café dans la chambre, donc nous ne pouvons nous faire du thé. Alain regrette le « Circle D », presque en face, au-dessus du camping.
Lundi 11 mai
Cette fois-ci la belle Cottonwood Canyon Road est plutôt mauvaise, mais avec le TrailBlazer ça passe bien. Lorsque nous arrivons au niveau de l’embranchement pour les Wahweap Hoodoos, sur la 89, il est trop tard pour faire les quatre miles en voiture, plus les quatre miles à pied. De plus la lumière est encore livide. Au petit Visitor Center de Big Water, le ranger, très aimable, nous donne des plans détaillés des Wahweap hoodoos, Toadstools Hoodoos et Alstrom Point, en nous disant, à propos de Nipple Bench, qu’il ne s’y est jamais aventuré tellement c’est mauvais… Nous sommes dubitatifs vu que dans les deux Photographing the Southwest cette destination semble ne poser aucun problème. Nous aurons la réponse au Grand Dam Visitor Center : Nipple Bench couvre toute une région et en empruntant la piste d’Alstrom Point, on les longe simplement. Page. Lulu n’est pas là à 13 heures alors qu’elle a mis un mot sur la porte du motel : « Retour à 13 heures », non plus qu’à 14 heures, 14 h 30, 15 heures, 15 h 30. On patiente autour d’une table, à l’ombre, avec un couple de Français, mais on commence sérieusement à en avoir assez d’autant que de demi-heure en demi-heure l’après-midi est en train de nous filer sous le nez. Elle arrive vers 15 h 45, toujours aussi relax, souriante et… bavarde !! Ce qui fait que nous partons finalement beaucoup trop tard pour Alstrom Point. On se donne 19 heures comme limite pour faire demi-tour. La piste longe un temps les dunes noires et les falaises de Nipple Bench. Elle est sableuse sur une grande partie puis devient subitement très rocheuse. Il est près de 19 heures et on ne voit toujours pas le lac, par contre la luminosité commence sérieusement à baisser. Nous continuons encore un peu, il serait dommage d’avoir fait tous ces miles pour ne même pas apercevoir le plus petit coin d’eau bleue. Soudain il est là, dans un écrin de grès bicolore rouge et blanc. C’est superbe, mais il est déjà 19 heures 20, la nuit va tomber, et comme nous n’avons pas prévu de dormir sur place nous faisons demi-tour et rentrons à tombeau ouvert. Le vent s’est levé et soulève des nuages de sable gris qui masquent totalement la piste par endroits.
Mardi 12 mai
En partant nous comptions faire la balade de Cathedral Wash, à Lees Ferry, mais une fois sur place nous décidons d’aller directement à Toroweap (nous faisons bien, car le temps d’arriver, de déposer un gallon sur la table de l’emplacement n° 3 et de filer en 4 x 4 vers la rive, le soleil décline déjà) et d’emprunter tranquillement, en s’arrêtant souvent, « la piste où l’on crève », d’une centaine de kilomètres. Dans la dernière partie, deux passages bien sableux et bien mous, que nous passons sans encombre en cisaillant le volant, puis sur les cinq derniers miles une zone très rocheuse après la Ranger station. Je fais de nombreuses photos des falaises à pic sur le Colorado tout au fond, dans la lumière qui baisse peu à peu. Retour au camping où trois jeunes, à côté de nous, font eux un feu d’enfer juste sous un genévrier. Je verrai longtemps des myriades de lucioles s’envoler dans la nuit, pas très tranquille car tout est très sec alentour. Les Therm-a-Rest sont un peu grands pour le TrailBlazer et je me réveille avec mal au milieu du dos. Repas gâché par une floppée de moucherons.
Mercredi 13 mai
Réveil à 5 heures, nous partons à pied, la piste étant à un mile. Le soleil n’est pas encore levé et l’horizon est brumeux.
Retour cette fois en moins de deux heures au lieu de trois à l’aller, nos bonnes résolutions de prudence pour ne pas crever se sont envolées. Après un passage au car wash de Freedonia, nous prenons l’interminable route jusqu’à Grand Canyon alors que nous en étions tout près à vol d’oiseau. Je m’achète une barrette à Cameron, 80 $. Au Maswick lodge, nous faisons changer notre chambre downstairs pour une upstairs. Très bien, encore une fois. En arrivant douches, lavage de linge, lecture, repas à la cafétéria. Grand beau temps.
Jeudi 14 mai
Ce matin, je me réveille encore une fois à 4 heures… Au programme South Kaibab Trail jusqu’à Skeleton point. Le chemin est très casse-pattes, c’est presque entièrement des marches, en plus il fait très chaud. Mais le ligament de mon genou tient le coup, on ne dirait pas que trois semaines plus tôt j’étais encore si handicapée. Cedar Ridge, w.c., pas d’eau. Belle vue tout le long du chemin et sur une petite partie du Colorado à Skeleton et Tipoff Point. Vu un colibri. Le soir repas assez bon à la cafétéria.
Vendredi 15 mai
Temps toujours magnifique. La route est longue jusqu’à Coal Mine Canyon, en passant par Cameron puis Tuba City, sur la 264. Paysage plat et poussiéreux de tous les côtés et puis subitement, après avoir tourné sur une petite piste à gauche, passé la borne 337, la faille de Coal Mine Canyon s’ouvre devant nous, des flèches cuivrées qui s’élancent tout droit des profondeurs, des hoodoos blancs, des dômes anthracite. Des Indiens, sans doute hopis, vivent tout à côté, deux chevaux broutent l’herbe rase près de l’éolienne voisine de la maison. Sur la route, Moenkopi, village hopi, maisons d’adobe cubiques serrées les unes contre les autres. A l’entré, l’habituel panneau aux visiteurs : ne pas enregistrer, dessiner, photographier, filmer, ramasser quoi que ce soit… Kayenta, où nous prenons une carte de supermarché, puis Bluff et le Recapture Lodge, très bien, au milieu de la verdure des acacias (71, 54 $). Finalement, nous n’aurons pas été à White and Red Canyon. Trop loin et lumière trop crue. Nous dînons dans la chambre.
Samedi 16 mai
Mauvaise nuit. Temps magnifique. Dans la salle de petit déjeuner on peut acheter des muffins en mettant 75 cents dans une boîte. Après avoir fait le plein nous partons par le sud puis la 261 qui longe Valley of the Gods, très belle aussi dans la lumière du matin. Moky Dugway, vue extraordinaire sur le désert au-dessous. La route est étroite et traverse ensuite un paysage de genévriers piqués dans le sable rose. Il n’y a pas âme qui vive… Silence. Soudain, un troupeau de vaches avec leurs petits veaux et trois cavaliers : un père et ses deux filles, la plus jeune ne devant pas avoir plus de cinq ans. Ses jambes sont à l’horizontale de chaque côté de la croupe du cheval sur lequel elle paraît minuscule. Nous allons réserver le camping de Natural Bridges. Nous avons de la chance, ça doit être la meilleure place (la 4, 10$), avec pas loin d’un hectare de bosquets sur l’arrière, vue imprenable ! Nous posons des gallons sur la table, mettons le papillon sur le piquet à l’entrée du site, et partons pour Mule Canyon et son étonnante House on Fire. Très joli et très calme petit canyon, le ciel est d’un bleu intense, un wash serpent au fond et nous le suivons jusqu’aux ruines. Il est étonnant de voir à quel point les strates de grès verticales imitent à la perfection un feu d’enfer. L’après-midi changement de direction, nous refaisons une partie de la route empruntée le matin pour rejoindre Road Canyon et d’autres ruines. Le sentier est un poil paumatoire, peu ou pas d’indications, aussi, comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même, nous nous transformons en Petit Poucet et balisons tout le chemin de cairns qui nous seront bien utiles au retour, ainsi qu’à un groupe de quatre randonneurs. D’habitude nous prenons des photos mais je me demande bien pourquoi on n’a jamais pensé à ce système infaillible. Les ruines sont légèrement en hauteur, et je ne sais pas à quoi je pense mais je ne les photographie pas du bon endroit, je n’ai jamais en entier le fameux toit qui s’émiette. Philippe me dira qu’il fallait aller sur la droit. Bon, ça donnera l’occasion d’y retourner. Le soir, au camping, les moucherons qui ont certainement senti la cuisine française s’invitent une fois encore à table. Surexcités, ils se bousculent pour goûter à tout, y compris à nous ! Quelle plaie !
Dimanche 17 mai
Aujourd’hui nous quittons l'Utah pour le Nouveau-Mexique et plus particulièrement Chaco Canyon. Le 17 mai c’est aussi ma fête et ça me rappelle que l’an dernier, à Dinosaur NM, la balade de Sound of Silence avait été rude… Laissant à regret derrière nous le camping de Natural Bridges, nous empruntons la loop road qui passe par Sipapu (diminutif de sipapuni, du nom du petit trou pratiqué au centre de chaque kiva, symbole de l'émergence des Hopis dans la réalité physique des Quatre Mondes). Nous descendons jusqu’au point de vue en face du pont. Kachina (là encore, nous prenons le trail pour photographier le pont), la chaleur est déjà très forte !, puis Owachomo. Le sentier est court et nous descendrons sous le pont, immense ! Il y a le long de la boucle de très jolis arbustes en fleur. Je demande leur nom à un jeune ranger qui a un trou demémoire et paraît horriblement gêné. On le revoit un peu plus tard et il nous annonce fièrement : Ce sont des Cliff Roses (Purshia stansburiana) ! Ouf ! l’honneur des rangers est sauf !
Route 162 pour rejoindre Farmington, au Nouveau-Mexique. Montezuma Creek, puis Aneth. Paysages bruns et désolés, picorés çà et là par de gros criquets de métal à la recherche de quelques larmes d’or noir. Farmington s’étire, s’étire, s’étire… Bloomfield, sa banlieue est, aussi. Route 550 sud interminable avant la bifurcation pour Chaco Canyon. Les vingt miles de piste pour Chaco comportent de nombreux passages de tôle ondulée ; de chaque côté, un désert poussiéreux parsemé de sauge. Nous roulons vite, car il est assez tard dans l’après-midi, par peur que le camping ne soit complet, mais en arrivant il est aux trois quarts vide, et lui aussi poussiéreux et totalement dépourvu d’ombre et de charme. Par contre les deer flies, eux, sont bien là et nous assaillent ! Nous prenons une place au pied des rochers. Dans les toilettes, on peut lire un avertissement concernant les ravens et leur grande intelligence qui leur permet d’éventrer les tentes à la recherche de nourriture. Heureusement, nous dormons dans le 4 x 4 avec le garde-manger, nos tubes de mayonnaise Amora made in France seront donc à l’abri ! Mais de retour de balade, nous nous apercevrons qu’ils éventrent aussi les gallons d’eau. Nous retrouvons celui que nous avions laissé sur la table vide et troué en de nombreux endroits… Un tour au Visitor Center pour faire enregistrer le pass puis nous voilà partis pour Pueblo Bonito, centre du monde chacoan. Le canyon est peu profond et assez large et comprend en son centre un autre début de canyon, une faille qui ondule d’un bout à l’autre. Le soleil commence à baisser et la lumière est dorée. La maçonnerie de Pueblo Bonito est remarquable. Les pierres, plates et minuscules, sont empilées les unes sur les autres, formant un véritable tissage minéral qui tient encore, mille ans plus tard. Murs épais et angles parfaitement droits. Les petites pièces en enfilade ont de très belles et curieuses fenêtres d’angle. Ces « grandes maisons », comme « Una vida » près du Visitor Center et Peñasco Blanco, comprenaient plusieurs centaines de chambres sur trois ou quatre étages et sont typiques de l’architecture des Chacoan. Belles et nombreuses kivas. Rencontre avec un Américain de Salt Lake City (Park City) très sympa. Nous parlons jusqu'au coucher du soleil, soit près de deux heures. Il invite Loïc à venir skier dans son resort de Park City. Nous échangeons nos coordonnées et nous partons chacun de notre côté. Un peu plus loin, alors que je m’arrête pour photographier des wapitis femelles aux allures de biquettes plutôt décaties malgré leur collier de cuir, il se gare derrière nous et nous invite chez lui à notre retour à SLC : Bon repas, bon lit, etc. Mais nous n’abuserons pas de son hospitalité car le 8 juin nous devrons être à l’aéroport très tôt le matin, notre avion décollant à 8 heures. Il fait presque nuit quand nous rejoignons le camping. Nous mangeons en vitesse du pain avec du Philadelphia et des bananes. On a vu mieux… Nuit blanche pour moi, qui colle de partout et qui ai bu du thé trop tard.
Lundi 18 mai
8 heures. Il fait déjà très chaud. Une heure plus tard, nous laissons sans regret ce camping tristounet, du moins en cette saison, et partons pour Pueblo Alto. Le sentier débute au pied de la falaise dans laquelle un étroit passage, une mince faille dans le roc permet d’escalader les gros blocs et de se retrouver sur la mesa sous un soleil de feu. Belle vue au-dessous. Le chemin traverse une étendue aride, c’est très plat et sans beaucoup d’intérêt. Pueblo Alto, pourtant construit postérieurement, est décevant comparé à Pueblo Bonito. Il ne subsiste que des murets d’à peine cinquante centimètres de haut. Nous renonçons à faire le tour par Chacoan Stairway, ce qui allongerait le chemin du retour de 2, 5 miles sur le plateau désertique, sans ombre aucune, et revenons sur nos pas. Le ciel est noir et chargé d’orages du côté de Bisti, ce qui nous fait abandonner l’idée de traverser par la piste et d’aller dormir sur le parking, de même qu’il est hors de question de faire le grand tour en repassant par Farmington et en redescendant par la Hwy. C’est décidé, nous rentrons au motel par la 550 vers 16 h 30 en louchant du côté d’Angel Peak, mais finalement sans y aller, prenons une douche et un thé, puis partons faire quelques courses. En rentrant, j’en profite pour écrire et me détendre. Le Comfort Inn est très bien. Accueil très aimable, ordinateur à disposition, et le King Size est divin après le TrailBlazer… Bonne nuit.
Mardi 19 mai
Déjeuner de muffins et de gaufres. Scott Avenue et Pinon Street puis Hwy 371, déserte, plein sud. Très vite en quittant Farmington, la route s’élève dans les badlands avant de rejoindre un immense plateau irrigué en partie par les Navajos (NAPI, Navajo Agriculture Products Industry). Le contraste de l’herbe verte et drue et de la terre poussiéreuse est saisissant. Cinquante kilomètres plus loin, la piste de Bisti Nord part sur la gauche. A deux miles, un petit parking, quatre 4 x 4 sont déjà là. D’après Photographing the Southwest, il faut prendre plein est et ne jamais perdre de vue la barrière métallique de la réserve, plantée sur les badlands, ce que nous nous appliquons à faire durant un certain temps. Puis nos repères changent et nous mémorisons les sommets alentour et la ligne électrique à l’horizon, du côté de la 371. Le petit Garmin ne veut rien savoir, accroché à la bretelle du sac à dos (c’est décidé, en rentrant nous achèterons un GPS digne de ce nom – ce sera l’Oregon 400t). Un pâle soleil brille dans le ciel bleu clair. Les quelques personnes qui étaient sur le parking sont parties dans une autre direction et nous les apercevons longtemps sur la crête qui surplombe les hoodoos les plus à l’est. Nous déambulons au hasard des rencontres minérales, toutes plus belles ou étranges les unes que les autres, en gardant un œil nos « petits cailloux blancs ». Très beaux hoodoos crème et orange brûlée. Dans le grès sont incrustés de minuscules morceaux d’une pierre noire et brillante. De fil en aiguille nous tombons soudain sur Eggs Factory que nous pensions dans un tout autre coin de Bisti. Quelle surprise ! C’est justement ce que j’avais le plus envie de voir et sans GPS j’en avais abandonné l’idée. Au nord, le ciel anthracite est parcouru de cumulus puis le soleil se voile définitivement, rendant bien ternes ces formations rocheuses si étonnantes, éparpillées sur le sol, saisies en pleine marche pour ces scarabées d’un autre temps, ou en plein retour au nid pour les oiseaux. Sans doute, comme la femme de Loth, désobéissant à l’ordre divin, ont-ils regardé en arrière… Nous recevons quelques gouttes en même temps qu’un vent violent de sable nous mitraille la peau, s’infiltrant partout, nous obligeant à rejoindre le parking, à trois bons quarts d’heure de là. Vue à 360°. Le long de la piste, un petit troupeau de chevaux s’est rassemblé, ils se pressent en cercle pour offrir le moins de prise au vent. Retour sur Farmington, dès l’entrée à gauche, la 64 West puis Main Street. La tempête se lève, il pleut des trombes dans tous les coins de l’horizon. Ship Rock est magnifique, noyé dans les brumes d’après la pluie. Route longue et chargée jusqu’à Monticello via Cortez. Nous nous arrêtons comme il y a de nombreuses années au National 9 Inn, toujours aussi bien, et nous sommes chanceux car nous avons la dernière chambre.
Mercredi 20 mai
Canyonlands, les Needles. La route est belle, bordés de monolithes cousins de ceux de Monument Valley et Valley of the Gods. Arrêt au Visitor Center où nous achetons une belle carte des Needles au 1/35000e et une autre Indian Country nouvelle mouture mais beaucoup moins claire que celle de Philippe. La ranger en profite pour nous prédire un fort risque d’orage et en même temps douche un peu notre envie de faire le Joint Trail à Chesler Park. Parking d’Elephant Hill, 11 heures. Nous prenons un gallon d’eau chacun, des K-way, quelques tomates et barres et nous voilà partis pour Chesler Park mais pas par le Joint Trail, premièrement à cause des risques d’orage, car ce n’est jamais très agréable de se balader sous les éclairs et la pluie battante, et deuxièmement parce que ça nous obligerait à faire pour la quatrième fois le trajet Chesler Park-parking. Nous décidons de passer par Devil’s Kitchen, qui rejoint la piste d’Elephant Hill (8, 4 miles round trip). Au départ le petit sentier, tapissé de sable rose (mais qui ne semble pas attirer le randonneur si l’on en juge par l’unique trace de pas), se glisse ensuite entre rochers et falaises en d’étroits passages, monte, redescend, contourne et débouche dans une espèce de clairière où nous attend une large dalle de grès ombragée par un vénérable juniper. Ombre bienvenue car il fait très chaud! Pique-nique. Nous n’avons croisé personne en venant, et il n’y a personne non plus sur l’Elephant Hill. Le chemin est plus large, mi-sable rose mi-roc d’apparence impossible à franchir en voiture, mais finalement plus monotone. Au bout d’un certain temps, une bifurcation sans indication, mais d’après la carte c’est à droite. Quelques kilomètres plus loin un doute nous assaille soudain : nous entendons un bruit de 4 x 4, mais derrière nous et non en face! Pourtant cette partie est one-way – du moins est-ce que je crois. Nous arrêtons la jeep qui escalade comme si de rien n’était un chaos rocheux et… ouf ! le passager nous dit que la voie est à double sens. Je me demande bien comment lorsqu’on connaît le départ du parking ! Il fait de plus en plus chaud et tandis qu’ils repartent aussi tranquillement que sur une nationale (d’ailleurs ils ont tellement aimé l’aller qu’ils font le retour « juste pour le fun »…), nous reprenons nos sacs et nous remettons en route. Arrêt à l’ombre d’un maigre juniper. Visite insistante, curieuse et intriguée d’un petit lézard qui nous observe sous toutes les coutures, n’hésitant pas à se déplacer pour mieux nous détailler devant, derrière et de profil.
Les nuages d’orage s’amoncellent sur la route de Moab, au loin. Il pleut à l’est et à l’ouest. La 211 débouche juste sur Church Rock, qui a un frère jumeau sur la droite, mal sorti de sa gangue. Nous ne l’avions jamais remarqué. Au Rustic Inn nous prenons possession de la chambre, la 110. J’avais demandé une quiet room et on nous attribué la seule sur le côté du motel, devant une pelouse fleurie ; malheureusement elle est petite et a une fenêtre minuscule, à l’angle de deux murs, c’est noir comme dans un four… Réfrigérateur, micro-ondes.
Jeudi 21 mai
Nuit constamment réveillée, les voisins ne sont pas discrets. En fait de chambre calme… Nous demandons à changer pour la nuit suivante à cause du manque de lumière et on nous en donne une superbe, immense, avec un réfrigérateur-congélateur pour famille nombreuse, une petite cuisine équipée (les éviers remplacent le lavabo…). A l’extérieur, piscine, laverie. Le tout pour le prix de la veille (exceptionnellement) soit 52 $ au lieu de 90. La matinée se passe à Moab, linge, Internet, courses, etc. En début d’après-midi nous partons pour Island in the Sky. Il pleut par intermittence, le ciel transporte de gros nuages noirs et nous sommes dubitatifs en ce qui concerne la suite de la journée. Au bout de la route, un étrange et beau cratère de soixante millions d’années et de cinq kilomètres de diamètre, Upheaval Dome, qu’on ne s’attend pas du tout à trouver là. Vu du ciel c’est une concentration d’anneaux de plus en plus petits ressemblant étrangement au bassin Orientale de la Lune, dont l’hypothèse la plus probable serait un impact de météorite. Nous prenons la route en sens inverse et garons le 4 x 4 sur le pull out d’Alcove Springs, environ 250 mètres avant l’embranchement du sentier de False Kiva. Il n’y a pas un chat, les premières gouttes ne sont pas loin et nous pressons le pas au milieu de la sauge odorante. Les cairns se font rares lorsque nous amorçons la descente le long d’une pente rocheuse qui mène à un chaos de gros blocs, et nous en ajoutons quelques-uns. Sur la gauche la vue est très belle ; sur la droite une falaise nous surplombe et même si nous savons qu’on ne voit False Kiva qu’au dernier moment, nous ne comprenons pas où elle peut bien se nicher, ce qui fait que nous dépassons l’endroit où il faut bifurquer pour monter au pied de la paroi. Alain domine son vertige d’une façon étonnante ! C’est le moment que choisit le vent pour se lever, alors que le ciel est complètement bouché et que les premières gouttes se mettent à tomber. Nous nous abritons dans l’alcôve, seuls au monde dans notre nid d’aigle, en espérant qu’un puma que nous avons cru sentir alentour n’aura pas la même idée. Après avoir enfilé nos K-way, nous repartons sous une pluie drue, ce qui n’est pas des plus agréables sur les roches toutes plus glissantes les unes que les autres et le sol qui ripe sous nos pas. A Moab, courses au City Market qui ferme très tard.
Vendredi 22 mai
Adieu le lever de soleil sur Mesa Arch, la descente de la Shafer Trail, etc. Il pleut, il pleut, il pleut… Nous quittons Moab en début d’après-midi pour Grand View Point, mais c’est tout juste si nous pouvons sortir de la voiture et prendre quelques photos. Nous profitons d’une accalmie pour aller voir les granaries de la belle Aztec Butte, à laquelle on accède par une montée un peu raide sur le slick rock où Alain domine encore une fois son vertige. Le ciel est noir de charbon, c’est à la fois magnifique et impressionnant, surtout que des éclairs bleus commencent à le zébrer de tous côtés. La vue au-dessous est magnifique, au-dessus aussi d’ailleurs, si bien que nous finissons de faire le tour de la Butte et descendons en courant sous un vent à décorner les bœufs, tandis que d’énormes gouttes s’écrasent autour de nous, rejoignant la voiture en moins d’un quart d’heure. Il était temps ! A peine à l’intérieur, c’est un déluge qui s’abat sur nous. Au bout d’un moment, le 4 x 4 étant particulièrement sableux, je décide de le faire nettoyer de l’autre côté par la douche gratuite. Mais un voyant rouge s’allume au tableau de bord : c’est la batterie ! Je mets la clef de contact, rien !... Depuis Moab j’avais rechargé la batterie du Canon sur le petit transfo branché sur l’allume-cigare. Ça ne peut quand même pas être ça !... J’attends un peu, essaie de nouveau et après un hoquet ou deux elle démarre ! Ouf ! Nous filons vers Dead Horse Point sans plus nous préoccuper de savoir si le 4 x 4 aura bien reçu l’orage de tous les côtés ! Sur la route de Dead Horse Point il tombe des torrents d’eau et nous passons des flash floods d’eau rougeâtre. La vue est totalement bouchée, l’horizon noyé de tous les côtés. A l’abri de l’immense auvent près du parking nous apercevons en contrebas les bassins de potasse ; curieusement, l’atmosphère est vraiment délicieuse, éclairs incessants, pluie violente… Passage au City Market. Inca Inn, toujours très bien.
Samedi 23 mai
Ce matin, nous faisons un tour au Farmers’ Market qui n’a de fermier que le nom, puisque les deux seuls stands qui pourraient se rapprocher de cette appellation sont l’un de pâtisserie, l’autre de plantes aromatiques… C’est plus un marché d’artisanat où nous rencontrons Patrick Paul René, un Français de Grenoble, photographe installé à Moab depuis 2005 et… nous l’apprendrons par hasard, devenu copain de Philippe après avoir vu ses photos sur Internet ! Ses tableaux à partir de photos sont vraiment très réussis. Achat d’un « K-way » Mountain Hard Wear au centre de Moab, 100 $ en solde. Le temps est encore et toujours gris, aussi nous décidons de rester dans le coin et d’aller dénicher les pétroglyphes de la Kane Creek Road. La jolie route qui longe le Colorado devient bientôt piste et s’enfonce sur les hauteurs de la vallée encaissée creusée par le fleuve. Seul bémol et de taille, nous sommes le week-end du Memorial Day, et c’est la balade obligée pour tous les gens des alentours : 4 x 4, quads, vélos, ça n’arrête pas… Nombreux campings à la française, c’est-à-dire tout le monde les uns sur les autres, bourrés à craquer. Après l’un d’eux, tout au fond de la vallée, nous faisons demi-tour. Alors que nous sommes arrêtés sur le bas-côté à la recherche du « fameux hibou », nous demandons à des Américains très sympa, un grand-père, son fils et ses petits-enfants, qui ont l’air de connaître les lieux, de nous indiquer les localisations. Aux jumelles, loin en face sur une paroi verticale, nous arrivons à identifier l’oiseau aux oreilles de chat. Ils en profitent pour nous indiquer tout près une faille transversale le long de laquelle on peut en apercevoir vingt-sept autres. Certains ont fait l’objet de tentatives de vol, on discerne très bien les essais de découpes des plaques de grès. Nous enchaînons par Arches sous l’orage. Le ciel est d’un gris-bleu foncé, mais le soleil fait par moments de timides tentatives pour s’imposer, ce qui donne des couleurs contrastées magnifiques ! Plus nous avançons plus le ciel s’assombrit. Il n’est même plus noir, à l’horizon proche c’est carrément une éclipse de soleil, nous n’avons jamais vu une chose pareille ! Un passage au City Market pour acheter des plats bio surgelés que l’on passe ensuite au micro-ondes de l’office. On est bien à l’abri dans la chambre douillette tandis que l’eau ruisselle derrière les vitres.
Dimanche 24 mai
C’est encore une fois à regret que nous quittons Moab et nous nous promettons d’y revenir une bonne semaine la prochaine fois pour mieux en profiter. La route a été inondée en de nombreux endroits jusqu’à la bifurcation de La Sal Junction. Sur des kilomètres, les orages ont totalement raviné les bas-côtés, creusant des fossés de plus de un mètre de profondeur, et ont repeint le bitume en rouge. Nous ne reconnaissons pas la Paradox Valley, empruntée en été 2005, sans doute à cause de la différence de saison, de plus, pour changer, il… pleut ! Les habitants de cette petite vallée à l’écart font preuve d’une certaine imagination. On aperçoit des animaux bizarres dans les champs attenants, des gardiens taciturnes et des girouettes endiablées…
Colorado. Nous n’avions pas réservé à Ouray, joli petit village niché au pied des montagnes que nous tenions à revoir, et nous prenons une chambre au Chalet Inn pour 80 $, vraiment très bien, avec même une musique d’ambiance – un peu trop sirupeuse à notre goût. La gérante espérait faire l’impasse sur le coupon de 10 % qu’ils avaient mis sur Internet mais avec nous elle n’a pas eu de chance… Comme l’après-midi n’est pas encore trop avancé nous partons à Silverton toujours dans l’eau jusqu’au cou qui bientôt, en prenant de l’altitude, se transforme en neige. Il ne manquait plus que ça ! Les pentes rouge sang de Red Mountain sont dissimulées dans les brumes, on ne sait où commence et finit le ciel. Le village que nous avions vu très animé et bourré de touristes est triste et vide, ses rues transversales sont boueuses, il fait froid. Seules les touches de couleur des maisons réchauffent un peu les lieux. En repartant, estomaqués par le prix de l’essence à la station, nous prenons par erreur la route du sud, donc celle de Durango, sans remplir le réservoir, comptant bien que ce qu’il reste sera suffisant pour rejoindre Ouray. Quinze miles plus loin et après avoir franchi deux cols (Molas Lake – 10910 pieds – et Coal Bank – 10640 –), le jour se fait plus sombre et nous commençons à trouver qu’il y a quelque chose de bizarre, que le paysage ne nous dit rien, et tout à coup on se rend compte qu’on est dans le mauvais sens ! Mince de mince ! Il ne manquait plus que ça ! La neige fondue vient se coller au pare-brise, la nuit tombe sur cette belle route glissante et parfois vertigineuse, bordée de pins ténébreux, sur laquelle il n’y a pas un chat ni même une marmotte. Mais la chance est ce soir de notre côté car nous réussissons à rentrer sans problème. Repas dans la chambre.
Lundi 25 mai
Bonne nuit. Nous profitons de ce qu’il ne pleut pas pour retourner faire quelques photos de Red Mountain, à 13 miles de là. Malheureusement, une fois arrivés sur place, il neige à plein temps et les montagnes de fer ont la tête dans les nuages, nous obligeant à patienter sur le petit parking au-dessus de la mine.
Ridgeway, dans la plaine, puis Montrose, encore une ville qui n’en finit pas mais néanmoins agréable, où nous obliquons sur la 50 East en direction de Gunnison. C’est le printemps, les arbres qui bordent les rues de ce gros bourg sont tous en fleurs, les trottoirs couverts d’une neige de pétales et le soleil qui perce ravive tous ces blancs, ces roses, ces verts, sans néanmoins réchauffer l’atmosphère. Il fait un froid glacial !… La 135 East qui mène à Crested Butte, sur l’ancien territoire des Utes où l’on trouva du charbon et de l’argent et à présent station de ski, s’élève à travers un paysage désertique fait de montagnes pelées et austères à l’herbe rase et terne. Soudain nous découvrons le village aux maisons pastel en contrebas, niché au creux d’une ancienne vallée glaciaire dominée par des sommets enneigés. Ça me rappelle un peu certaines photos de Suède. Le Cristiana Guesthaus, qui assure « une atmosphère européenne », est une grande maison à l’intérieur superbe, tout en bois sombre, avec un grand feu dans la cheminée. Notre chambre, très jolie, est minuscule – apparemment nous avons eu la plus petite – mais ce n’est pas désagréable, au contraire il y règne une atmosphère douillette qui s’accorde bien avec l’extérieur, à peine sorti de l’hiver. Un gros chat blanc et roux nous attend, il doit sentir que nous allons bien nous entendre. Nous partons faire un tour en voiture sur la scenic road, une piste en fait, en passant par la « petite Venise » (c'est nous qui la nommons comme ça) de Crested Butte. La pluie qui s’est mise à tomber nous fait rebrousser chemin. Quelques photos dans le village puis nous rentrons au chaud envoyer des messages sur l’ordinateur maison.
Mardi 26 mai
Le petit déjeuner est excellent, déposé sur une table d’angle, mais il n’y a rien pour s’asseoir. Nous le prenons sur une des tables du premier étage où cinq Américains installés dans des canapés près de nous, sans doute des universitaires, ont une réunion de travail. En partant nous faisons un nouveau tour du village pour prendre d’autres photos des si jolies maisons pastel, de l’église qui date de 1883, et aussi d’un kitschissime « Saint George terrassant le dragon », pour le moins surprenant dans le décor.
Deuxième partie: voyageforum.com/..._2e_partie_D3279364/
La version avec photos se trouve ici : carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_8.html
(Pour les connexions lentes: merci de patienter quelques secondes le temps du chargement des photos... qui s'effectue toujours par la fin de chaque page.)
Première partie
Départ De Salt Lake City à Escalante via Cathedral Valley Nipple Bench et Alstrom Point via la Cottonwood Canyon Road Toroweap Grand Canyon: South Kaibab Trail Coal Mine Canyon, le petit Bryce Canyon Mule Canyon, Road Canyon De Natural Bridges à Chaco Canyon (N-M) Bisti Badlands (N-M) Canyonlands, Les Needles, Devil's Kitchen Canyonlands, Island in the Sky, Upheaval Dome, False Kiva Canyonlands, Island in the Sky, Aztec Butte, Dead Horse Point Les pétroglyphes de la Kane Creek Road Arches De Moab à Ouray et Silverton (CO), via la Paradox Valley De Red Mountain à Crested butte (CO)
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Vendredi 8 mai
Subitement, dans la nuit qui précède notre départ, un doute survient : il y a longtemps que je n’ai pas vu les vouchers d’Autoescape… C’est étonnant comme dans certains cas une petite alarme s’allume dans le cerveau ; effectivement, au matin, nous nous apercevons qu’ils ne sont plus là. Panique à bord ! Le taxi arrive à 9 h 15 et Autoescape est apparemment fermé pour cause de jour férié. Finalement, à 9 heures, j’ai quelqu’un au bout du fil, à 9 h 20 un mail arrive tandis qu’Alain fait patienter le taxi. Lorsque nous partons le compteur affiche déjà dix-sept euros… Arrivés à Roissy, j’ai la bonne idée de vouloir téléphoner avec la carte France Télécom, et je m’aperçois que je n’ai pas de mot de passe pour la nouvelle carte. Dix euros de plus partent en fumée d’une cabine de l’aéroport.
Vol assez long sur Northwest, le 767 ayant un équipement minimaliste – quatre navets passeront sur les mini-écrans de télévision suspendus de loin en loin. A l’enregistrement nous avons fait changer les places et nous nous sommes retrouvés à l’avant (dans le 767, les meilleures places sont les 16 A, B, C, D, E, F, G ou 15 F, G). Nous avions réservé pour la première fois sur Internet par l’intermédiaire d’Opodo. Les vols directs Air France étaient à plus de 900 € et nous économisions près de 300 € par billet en faisant une escale à Minneapolis. Ça valait le coup de mettre ma peur de l’avion de côté et d’accepter un décollage et un atterrissage supplémentaires à l’aller et au retour. Malgré cinq ou six modifications de vol dans les mois qui ont précédé le départ, dans l’ensemble tout s’est bien passé. Une correspondance expresse à Minneapolis, faite en quarante minutes, alors que nous avions une heure vingt devant nous, ce qui est donc amplement suffisant. Un regret quand même : sur le conseil de Jadorry, un mois avant le départ, nous avions regardé directement sur le site de Delta (qui a fusionné avec Northwest) et nous nous étions aperçus qu’à 5 € près (en moins) nous pouvions avoir un vol direct pour Salt Lake !
Au comptoir Alamo, nous avons un TrailBlazer et nous prenons une assurance pneus et bris de glace : 200 € de plus… puis direction La Quinta Airport, à trois miles, dans la verdure. Très bon hôtel. Réveils constants au cours de la nuit dès 3 heures du matin.
Samedi 9 mai
Excellent petit déjeuner avec entre autres des gaufres. Nous faisons annuler le Super 8 Airport du retour et réservons une chambre pour 67 $ au lieu du double sur Internet. Passage au Walmart pour acheter une glacière, des cartouches de gaz (puisque nous avons rapporté le réchaud acheté l’an passé à Los Angeles), plus une foule de choses pour 87 $ (dont un joli sweat ocre jaune, 3 $, et un T-shirt, 2 $, pour Alain). Route assez agréable en direction du sud, bien qu’au départ la Hwy 15 soit surchargée. Puis Hwy 28, et enfin 24 East jusqu’à Torrey. Elle commence à être très belle à Bicknell, avec des falaises de grès rouge. A leur pied, de gros blocs volcaniques noirs parsèment l’herbe dorée. Capitol Reef Inn & Cafe. Agréable chambre sur l’arrière dans une partie tout en bois ; 59 $. Belle lumière du soir.
Dimanche 10 mai
J’expérimente la carte de téléphone ATM à 5 $ pour 72 minutes et elle marche ! On passe donc en prendre une seconde avant de rejoindre le Visitor Center pour savoir si le Ford est passable. Arrêt sur la route et petite balade vers les Goosenecks et un point de vue à 1 mile de la route, sur la vallée. Le ciel est bleu mais la lumière blanche aplatit les reliefs, gomme les contrastes, fond la terre et le ciel dans une même brume laiteuse. Une curieuse tête de pierre observe, placide, le fond du canyon. A Fremont Oasis, nous achetons de la sauce de tomates vertes piquante et des chips de haricots noirs, le tout délicieux. Ensuite direction Cathedral Valley. Le Ford n’est pas si grand que je le pensais et se traverse très bien, à angle droit, c’est-à-dire en longeant la berge sur la droite puis en obliquant à 90° sur la gauche. La piste est à notre avis beaucoup moins belle que par l’entrée de Caineville et ne vaut pas les cinquante-quatre miles aller-retour que nous avons faits pour la voir, d’autant que la luminosité est encore blafarde et crue. Nous traversons les Bentonite Hills, assez belles mais sans plus, elles ont dans l’Ouest des concurrentes de taille… Par contre la fin de la piste, là où elle rejoint à peu près le primitive campground, est très belle, notamment à Upper Desert overlook, et lorsqu’on redescend de l’autre côté, à Grand View overlook. En 2007, après être entrés par Caineville, nous étions repartis par le nord et les Thousand Lakes. Nous faisons les soixante-trois miles qui séparent Torrey d’Escalante sous une lumière splendide de fin de journée. Dans la Dixie National Forest, c’est encore l’hiver, les aspens sont tous serrés les uns contre les autres, leurs troncs argentés dans le soleil qui décline. Escalante, pour la première fois nous allons au Prospector Inn, le B&B de Catherine Barney, par ailleurs excellent, ayant des contraintes horaires avec le petit déjeuner à 8 heures. Motel correct, sans plus, et sans machine à café dans la chambre, donc nous ne pouvons nous faire du thé. Alain regrette le « Circle D », presque en face, au-dessus du camping.
Lundi 11 mai
Cette fois-ci la belle Cottonwood Canyon Road est plutôt mauvaise, mais avec le TrailBlazer ça passe bien. Lorsque nous arrivons au niveau de l’embranchement pour les Wahweap Hoodoos, sur la 89, il est trop tard pour faire les quatre miles en voiture, plus les quatre miles à pied. De plus la lumière est encore livide. Au petit Visitor Center de Big Water, le ranger, très aimable, nous donne des plans détaillés des Wahweap hoodoos, Toadstools Hoodoos et Alstrom Point, en nous disant, à propos de Nipple Bench, qu’il ne s’y est jamais aventuré tellement c’est mauvais… Nous sommes dubitatifs vu que dans les deux Photographing the Southwest cette destination semble ne poser aucun problème. Nous aurons la réponse au Grand Dam Visitor Center : Nipple Bench couvre toute une région et en empruntant la piste d’Alstrom Point, on les longe simplement. Page. Lulu n’est pas là à 13 heures alors qu’elle a mis un mot sur la porte du motel : « Retour à 13 heures », non plus qu’à 14 heures, 14 h 30, 15 heures, 15 h 30. On patiente autour d’une table, à l’ombre, avec un couple de Français, mais on commence sérieusement à en avoir assez d’autant que de demi-heure en demi-heure l’après-midi est en train de nous filer sous le nez. Elle arrive vers 15 h 45, toujours aussi relax, souriante et… bavarde !! Ce qui fait que nous partons finalement beaucoup trop tard pour Alstrom Point. On se donne 19 heures comme limite pour faire demi-tour. La piste longe un temps les dunes noires et les falaises de Nipple Bench. Elle est sableuse sur une grande partie puis devient subitement très rocheuse. Il est près de 19 heures et on ne voit toujours pas le lac, par contre la luminosité commence sérieusement à baisser. Nous continuons encore un peu, il serait dommage d’avoir fait tous ces miles pour ne même pas apercevoir le plus petit coin d’eau bleue. Soudain il est là, dans un écrin de grès bicolore rouge et blanc. C’est superbe, mais il est déjà 19 heures 20, la nuit va tomber, et comme nous n’avons pas prévu de dormir sur place nous faisons demi-tour et rentrons à tombeau ouvert. Le vent s’est levé et soulève des nuages de sable gris qui masquent totalement la piste par endroits.
Mardi 12 mai
En partant nous comptions faire la balade de Cathedral Wash, à Lees Ferry, mais une fois sur place nous décidons d’aller directement à Toroweap (nous faisons bien, car le temps d’arriver, de déposer un gallon sur la table de l’emplacement n° 3 et de filer en 4 x 4 vers la rive, le soleil décline déjà) et d’emprunter tranquillement, en s’arrêtant souvent, « la piste où l’on crève », d’une centaine de kilomètres. Dans la dernière partie, deux passages bien sableux et bien mous, que nous passons sans encombre en cisaillant le volant, puis sur les cinq derniers miles une zone très rocheuse après la Ranger station. Je fais de nombreuses photos des falaises à pic sur le Colorado tout au fond, dans la lumière qui baisse peu à peu. Retour au camping où trois jeunes, à côté de nous, font eux un feu d’enfer juste sous un genévrier. Je verrai longtemps des myriades de lucioles s’envoler dans la nuit, pas très tranquille car tout est très sec alentour. Les Therm-a-Rest sont un peu grands pour le TrailBlazer et je me réveille avec mal au milieu du dos. Repas gâché par une floppée de moucherons.
Mercredi 13 mai
Réveil à 5 heures, nous partons à pied, la piste étant à un mile. Le soleil n’est pas encore levé et l’horizon est brumeux.
Retour cette fois en moins de deux heures au lieu de trois à l’aller, nos bonnes résolutions de prudence pour ne pas crever se sont envolées. Après un passage au car wash de Freedonia, nous prenons l’interminable route jusqu’à Grand Canyon alors que nous en étions tout près à vol d’oiseau. Je m’achète une barrette à Cameron, 80 $. Au Maswick lodge, nous faisons changer notre chambre downstairs pour une upstairs. Très bien, encore une fois. En arrivant douches, lavage de linge, lecture, repas à la cafétéria. Grand beau temps.
Jeudi 14 mai
Ce matin, je me réveille encore une fois à 4 heures… Au programme South Kaibab Trail jusqu’à Skeleton point. Le chemin est très casse-pattes, c’est presque entièrement des marches, en plus il fait très chaud. Mais le ligament de mon genou tient le coup, on ne dirait pas que trois semaines plus tôt j’étais encore si handicapée. Cedar Ridge, w.c., pas d’eau. Belle vue tout le long du chemin et sur une petite partie du Colorado à Skeleton et Tipoff Point. Vu un colibri. Le soir repas assez bon à la cafétéria.
Vendredi 15 mai
Temps toujours magnifique. La route est longue jusqu’à Coal Mine Canyon, en passant par Cameron puis Tuba City, sur la 264. Paysage plat et poussiéreux de tous les côtés et puis subitement, après avoir tourné sur une petite piste à gauche, passé la borne 337, la faille de Coal Mine Canyon s’ouvre devant nous, des flèches cuivrées qui s’élancent tout droit des profondeurs, des hoodoos blancs, des dômes anthracite. Des Indiens, sans doute hopis, vivent tout à côté, deux chevaux broutent l’herbe rase près de l’éolienne voisine de la maison. Sur la route, Moenkopi, village hopi, maisons d’adobe cubiques serrées les unes contre les autres. A l’entré, l’habituel panneau aux visiteurs : ne pas enregistrer, dessiner, photographier, filmer, ramasser quoi que ce soit… Kayenta, où nous prenons une carte de supermarché, puis Bluff et le Recapture Lodge, très bien, au milieu de la verdure des acacias (71, 54 $). Finalement, nous n’aurons pas été à White and Red Canyon. Trop loin et lumière trop crue. Nous dînons dans la chambre.
Samedi 16 mai
Mauvaise nuit. Temps magnifique. Dans la salle de petit déjeuner on peut acheter des muffins en mettant 75 cents dans une boîte. Après avoir fait le plein nous partons par le sud puis la 261 qui longe Valley of the Gods, très belle aussi dans la lumière du matin. Moky Dugway, vue extraordinaire sur le désert au-dessous. La route est étroite et traverse ensuite un paysage de genévriers piqués dans le sable rose. Il n’y a pas âme qui vive… Silence. Soudain, un troupeau de vaches avec leurs petits veaux et trois cavaliers : un père et ses deux filles, la plus jeune ne devant pas avoir plus de cinq ans. Ses jambes sont à l’horizontale de chaque côté de la croupe du cheval sur lequel elle paraît minuscule. Nous allons réserver le camping de Natural Bridges. Nous avons de la chance, ça doit être la meilleure place (la 4, 10$), avec pas loin d’un hectare de bosquets sur l’arrière, vue imprenable ! Nous posons des gallons sur la table, mettons le papillon sur le piquet à l’entrée du site, et partons pour Mule Canyon et son étonnante House on Fire. Très joli et très calme petit canyon, le ciel est d’un bleu intense, un wash serpent au fond et nous le suivons jusqu’aux ruines. Il est étonnant de voir à quel point les strates de grès verticales imitent à la perfection un feu d’enfer. L’après-midi changement de direction, nous refaisons une partie de la route empruntée le matin pour rejoindre Road Canyon et d’autres ruines. Le sentier est un poil paumatoire, peu ou pas d’indications, aussi, comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même, nous nous transformons en Petit Poucet et balisons tout le chemin de cairns qui nous seront bien utiles au retour, ainsi qu’à un groupe de quatre randonneurs. D’habitude nous prenons des photos mais je me demande bien pourquoi on n’a jamais pensé à ce système infaillible. Les ruines sont légèrement en hauteur, et je ne sais pas à quoi je pense mais je ne les photographie pas du bon endroit, je n’ai jamais en entier le fameux toit qui s’émiette. Philippe me dira qu’il fallait aller sur la droit. Bon, ça donnera l’occasion d’y retourner. Le soir, au camping, les moucherons qui ont certainement senti la cuisine française s’invitent une fois encore à table. Surexcités, ils se bousculent pour goûter à tout, y compris à nous ! Quelle plaie !
Dimanche 17 mai
Aujourd’hui nous quittons l'Utah pour le Nouveau-Mexique et plus particulièrement Chaco Canyon. Le 17 mai c’est aussi ma fête et ça me rappelle que l’an dernier, à Dinosaur NM, la balade de Sound of Silence avait été rude… Laissant à regret derrière nous le camping de Natural Bridges, nous empruntons la loop road qui passe par Sipapu (diminutif de sipapuni, du nom du petit trou pratiqué au centre de chaque kiva, symbole de l'émergence des Hopis dans la réalité physique des Quatre Mondes). Nous descendons jusqu’au point de vue en face du pont. Kachina (là encore, nous prenons le trail pour photographier le pont), la chaleur est déjà très forte !, puis Owachomo. Le sentier est court et nous descendrons sous le pont, immense ! Il y a le long de la boucle de très jolis arbustes en fleur. Je demande leur nom à un jeune ranger qui a un trou demémoire et paraît horriblement gêné. On le revoit un peu plus tard et il nous annonce fièrement : Ce sont des Cliff Roses (Purshia stansburiana) ! Ouf ! l’honneur des rangers est sauf !
Route 162 pour rejoindre Farmington, au Nouveau-Mexique. Montezuma Creek, puis Aneth. Paysages bruns et désolés, picorés çà et là par de gros criquets de métal à la recherche de quelques larmes d’or noir. Farmington s’étire, s’étire, s’étire… Bloomfield, sa banlieue est, aussi. Route 550 sud interminable avant la bifurcation pour Chaco Canyon. Les vingt miles de piste pour Chaco comportent de nombreux passages de tôle ondulée ; de chaque côté, un désert poussiéreux parsemé de sauge. Nous roulons vite, car il est assez tard dans l’après-midi, par peur que le camping ne soit complet, mais en arrivant il est aux trois quarts vide, et lui aussi poussiéreux et totalement dépourvu d’ombre et de charme. Par contre les deer flies, eux, sont bien là et nous assaillent ! Nous prenons une place au pied des rochers. Dans les toilettes, on peut lire un avertissement concernant les ravens et leur grande intelligence qui leur permet d’éventrer les tentes à la recherche de nourriture. Heureusement, nous dormons dans le 4 x 4 avec le garde-manger, nos tubes de mayonnaise Amora made in France seront donc à l’abri ! Mais de retour de balade, nous nous apercevrons qu’ils éventrent aussi les gallons d’eau. Nous retrouvons celui que nous avions laissé sur la table vide et troué en de nombreux endroits… Un tour au Visitor Center pour faire enregistrer le pass puis nous voilà partis pour Pueblo Bonito, centre du monde chacoan. Le canyon est peu profond et assez large et comprend en son centre un autre début de canyon, une faille qui ondule d’un bout à l’autre. Le soleil commence à baisser et la lumière est dorée. La maçonnerie de Pueblo Bonito est remarquable. Les pierres, plates et minuscules, sont empilées les unes sur les autres, formant un véritable tissage minéral qui tient encore, mille ans plus tard. Murs épais et angles parfaitement droits. Les petites pièces en enfilade ont de très belles et curieuses fenêtres d’angle. Ces « grandes maisons », comme « Una vida » près du Visitor Center et Peñasco Blanco, comprenaient plusieurs centaines de chambres sur trois ou quatre étages et sont typiques de l’architecture des Chacoan. Belles et nombreuses kivas. Rencontre avec un Américain de Salt Lake City (Park City) très sympa. Nous parlons jusqu'au coucher du soleil, soit près de deux heures. Il invite Loïc à venir skier dans son resort de Park City. Nous échangeons nos coordonnées et nous partons chacun de notre côté. Un peu plus loin, alors que je m’arrête pour photographier des wapitis femelles aux allures de biquettes plutôt décaties malgré leur collier de cuir, il se gare derrière nous et nous invite chez lui à notre retour à SLC : Bon repas, bon lit, etc. Mais nous n’abuserons pas de son hospitalité car le 8 juin nous devrons être à l’aéroport très tôt le matin, notre avion décollant à 8 heures. Il fait presque nuit quand nous rejoignons le camping. Nous mangeons en vitesse du pain avec du Philadelphia et des bananes. On a vu mieux… Nuit blanche pour moi, qui colle de partout et qui ai bu du thé trop tard.
Lundi 18 mai
8 heures. Il fait déjà très chaud. Une heure plus tard, nous laissons sans regret ce camping tristounet, du moins en cette saison, et partons pour Pueblo Alto. Le sentier débute au pied de la falaise dans laquelle un étroit passage, une mince faille dans le roc permet d’escalader les gros blocs et de se retrouver sur la mesa sous un soleil de feu. Belle vue au-dessous. Le chemin traverse une étendue aride, c’est très plat et sans beaucoup d’intérêt. Pueblo Alto, pourtant construit postérieurement, est décevant comparé à Pueblo Bonito. Il ne subsiste que des murets d’à peine cinquante centimètres de haut. Nous renonçons à faire le tour par Chacoan Stairway, ce qui allongerait le chemin du retour de 2, 5 miles sur le plateau désertique, sans ombre aucune, et revenons sur nos pas. Le ciel est noir et chargé d’orages du côté de Bisti, ce qui nous fait abandonner l’idée de traverser par la piste et d’aller dormir sur le parking, de même qu’il est hors de question de faire le grand tour en repassant par Farmington et en redescendant par la Hwy. C’est décidé, nous rentrons au motel par la 550 vers 16 h 30 en louchant du côté d’Angel Peak, mais finalement sans y aller, prenons une douche et un thé, puis partons faire quelques courses. En rentrant, j’en profite pour écrire et me détendre. Le Comfort Inn est très bien. Accueil très aimable, ordinateur à disposition, et le King Size est divin après le TrailBlazer… Bonne nuit.
Mardi 19 mai
Déjeuner de muffins et de gaufres. Scott Avenue et Pinon Street puis Hwy 371, déserte, plein sud. Très vite en quittant Farmington, la route s’élève dans les badlands avant de rejoindre un immense plateau irrigué en partie par les Navajos (NAPI, Navajo Agriculture Products Industry). Le contraste de l’herbe verte et drue et de la terre poussiéreuse est saisissant. Cinquante kilomètres plus loin, la piste de Bisti Nord part sur la gauche. A deux miles, un petit parking, quatre 4 x 4 sont déjà là. D’après Photographing the Southwest, il faut prendre plein est et ne jamais perdre de vue la barrière métallique de la réserve, plantée sur les badlands, ce que nous nous appliquons à faire durant un certain temps. Puis nos repères changent et nous mémorisons les sommets alentour et la ligne électrique à l’horizon, du côté de la 371. Le petit Garmin ne veut rien savoir, accroché à la bretelle du sac à dos (c’est décidé, en rentrant nous achèterons un GPS digne de ce nom – ce sera l’Oregon 400t). Un pâle soleil brille dans le ciel bleu clair. Les quelques personnes qui étaient sur le parking sont parties dans une autre direction et nous les apercevons longtemps sur la crête qui surplombe les hoodoos les plus à l’est. Nous déambulons au hasard des rencontres minérales, toutes plus belles ou étranges les unes que les autres, en gardant un œil nos « petits cailloux blancs ». Très beaux hoodoos crème et orange brûlée. Dans le grès sont incrustés de minuscules morceaux d’une pierre noire et brillante. De fil en aiguille nous tombons soudain sur Eggs Factory que nous pensions dans un tout autre coin de Bisti. Quelle surprise ! C’est justement ce que j’avais le plus envie de voir et sans GPS j’en avais abandonné l’idée. Au nord, le ciel anthracite est parcouru de cumulus puis le soleil se voile définitivement, rendant bien ternes ces formations rocheuses si étonnantes, éparpillées sur le sol, saisies en pleine marche pour ces scarabées d’un autre temps, ou en plein retour au nid pour les oiseaux. Sans doute, comme la femme de Loth, désobéissant à l’ordre divin, ont-ils regardé en arrière… Nous recevons quelques gouttes en même temps qu’un vent violent de sable nous mitraille la peau, s’infiltrant partout, nous obligeant à rejoindre le parking, à trois bons quarts d’heure de là. Vue à 360°. Le long de la piste, un petit troupeau de chevaux s’est rassemblé, ils se pressent en cercle pour offrir le moins de prise au vent. Retour sur Farmington, dès l’entrée à gauche, la 64 West puis Main Street. La tempête se lève, il pleut des trombes dans tous les coins de l’horizon. Ship Rock est magnifique, noyé dans les brumes d’après la pluie. Route longue et chargée jusqu’à Monticello via Cortez. Nous nous arrêtons comme il y a de nombreuses années au National 9 Inn, toujours aussi bien, et nous sommes chanceux car nous avons la dernière chambre.
Mercredi 20 mai
Canyonlands, les Needles. La route est belle, bordés de monolithes cousins de ceux de Monument Valley et Valley of the Gods. Arrêt au Visitor Center où nous achetons une belle carte des Needles au 1/35000e et une autre Indian Country nouvelle mouture mais beaucoup moins claire que celle de Philippe. La ranger en profite pour nous prédire un fort risque d’orage et en même temps douche un peu notre envie de faire le Joint Trail à Chesler Park. Parking d’Elephant Hill, 11 heures. Nous prenons un gallon d’eau chacun, des K-way, quelques tomates et barres et nous voilà partis pour Chesler Park mais pas par le Joint Trail, premièrement à cause des risques d’orage, car ce n’est jamais très agréable de se balader sous les éclairs et la pluie battante, et deuxièmement parce que ça nous obligerait à faire pour la quatrième fois le trajet Chesler Park-parking. Nous décidons de passer par Devil’s Kitchen, qui rejoint la piste d’Elephant Hill (8, 4 miles round trip). Au départ le petit sentier, tapissé de sable rose (mais qui ne semble pas attirer le randonneur si l’on en juge par l’unique trace de pas), se glisse ensuite entre rochers et falaises en d’étroits passages, monte, redescend, contourne et débouche dans une espèce de clairière où nous attend une large dalle de grès ombragée par un vénérable juniper. Ombre bienvenue car il fait très chaud! Pique-nique. Nous n’avons croisé personne en venant, et il n’y a personne non plus sur l’Elephant Hill. Le chemin est plus large, mi-sable rose mi-roc d’apparence impossible à franchir en voiture, mais finalement plus monotone. Au bout d’un certain temps, une bifurcation sans indication, mais d’après la carte c’est à droite. Quelques kilomètres plus loin un doute nous assaille soudain : nous entendons un bruit de 4 x 4, mais derrière nous et non en face! Pourtant cette partie est one-way – du moins est-ce que je crois. Nous arrêtons la jeep qui escalade comme si de rien n’était un chaos rocheux et… ouf ! le passager nous dit que la voie est à double sens. Je me demande bien comment lorsqu’on connaît le départ du parking ! Il fait de plus en plus chaud et tandis qu’ils repartent aussi tranquillement que sur une nationale (d’ailleurs ils ont tellement aimé l’aller qu’ils font le retour « juste pour le fun »…), nous reprenons nos sacs et nous remettons en route. Arrêt à l’ombre d’un maigre juniper. Visite insistante, curieuse et intriguée d’un petit lézard qui nous observe sous toutes les coutures, n’hésitant pas à se déplacer pour mieux nous détailler devant, derrière et de profil.
Les nuages d’orage s’amoncellent sur la route de Moab, au loin. Il pleut à l’est et à l’ouest. La 211 débouche juste sur Church Rock, qui a un frère jumeau sur la droite, mal sorti de sa gangue. Nous ne l’avions jamais remarqué. Au Rustic Inn nous prenons possession de la chambre, la 110. J’avais demandé une quiet room et on nous attribué la seule sur le côté du motel, devant une pelouse fleurie ; malheureusement elle est petite et a une fenêtre minuscule, à l’angle de deux murs, c’est noir comme dans un four… Réfrigérateur, micro-ondes.
Jeudi 21 mai
Nuit constamment réveillée, les voisins ne sont pas discrets. En fait de chambre calme… Nous demandons à changer pour la nuit suivante à cause du manque de lumière et on nous en donne une superbe, immense, avec un réfrigérateur-congélateur pour famille nombreuse, une petite cuisine équipée (les éviers remplacent le lavabo…). A l’extérieur, piscine, laverie. Le tout pour le prix de la veille (exceptionnellement) soit 52 $ au lieu de 90. La matinée se passe à Moab, linge, Internet, courses, etc. En début d’après-midi nous partons pour Island in the Sky. Il pleut par intermittence, le ciel transporte de gros nuages noirs et nous sommes dubitatifs en ce qui concerne la suite de la journée. Au bout de la route, un étrange et beau cratère de soixante millions d’années et de cinq kilomètres de diamètre, Upheaval Dome, qu’on ne s’attend pas du tout à trouver là. Vu du ciel c’est une concentration d’anneaux de plus en plus petits ressemblant étrangement au bassin Orientale de la Lune, dont l’hypothèse la plus probable serait un impact de météorite. Nous prenons la route en sens inverse et garons le 4 x 4 sur le pull out d’Alcove Springs, environ 250 mètres avant l’embranchement du sentier de False Kiva. Il n’y a pas un chat, les premières gouttes ne sont pas loin et nous pressons le pas au milieu de la sauge odorante. Les cairns se font rares lorsque nous amorçons la descente le long d’une pente rocheuse qui mène à un chaos de gros blocs, et nous en ajoutons quelques-uns. Sur la gauche la vue est très belle ; sur la droite une falaise nous surplombe et même si nous savons qu’on ne voit False Kiva qu’au dernier moment, nous ne comprenons pas où elle peut bien se nicher, ce qui fait que nous dépassons l’endroit où il faut bifurquer pour monter au pied de la paroi. Alain domine son vertige d’une façon étonnante ! C’est le moment que choisit le vent pour se lever, alors que le ciel est complètement bouché et que les premières gouttes se mettent à tomber. Nous nous abritons dans l’alcôve, seuls au monde dans notre nid d’aigle, en espérant qu’un puma que nous avons cru sentir alentour n’aura pas la même idée. Après avoir enfilé nos K-way, nous repartons sous une pluie drue, ce qui n’est pas des plus agréables sur les roches toutes plus glissantes les unes que les autres et le sol qui ripe sous nos pas. A Moab, courses au City Market qui ferme très tard.
Vendredi 22 mai
Adieu le lever de soleil sur Mesa Arch, la descente de la Shafer Trail, etc. Il pleut, il pleut, il pleut… Nous quittons Moab en début d’après-midi pour Grand View Point, mais c’est tout juste si nous pouvons sortir de la voiture et prendre quelques photos. Nous profitons d’une accalmie pour aller voir les granaries de la belle Aztec Butte, à laquelle on accède par une montée un peu raide sur le slick rock où Alain domine encore une fois son vertige. Le ciel est noir de charbon, c’est à la fois magnifique et impressionnant, surtout que des éclairs bleus commencent à le zébrer de tous côtés. La vue au-dessous est magnifique, au-dessus aussi d’ailleurs, si bien que nous finissons de faire le tour de la Butte et descendons en courant sous un vent à décorner les bœufs, tandis que d’énormes gouttes s’écrasent autour de nous, rejoignant la voiture en moins d’un quart d’heure. Il était temps ! A peine à l’intérieur, c’est un déluge qui s’abat sur nous. Au bout d’un moment, le 4 x 4 étant particulièrement sableux, je décide de le faire nettoyer de l’autre côté par la douche gratuite. Mais un voyant rouge s’allume au tableau de bord : c’est la batterie ! Je mets la clef de contact, rien !... Depuis Moab j’avais rechargé la batterie du Canon sur le petit transfo branché sur l’allume-cigare. Ça ne peut quand même pas être ça !... J’attends un peu, essaie de nouveau et après un hoquet ou deux elle démarre ! Ouf ! Nous filons vers Dead Horse Point sans plus nous préoccuper de savoir si le 4 x 4 aura bien reçu l’orage de tous les côtés ! Sur la route de Dead Horse Point il tombe des torrents d’eau et nous passons des flash floods d’eau rougeâtre. La vue est totalement bouchée, l’horizon noyé de tous les côtés. A l’abri de l’immense auvent près du parking nous apercevons en contrebas les bassins de potasse ; curieusement, l’atmosphère est vraiment délicieuse, éclairs incessants, pluie violente… Passage au City Market. Inca Inn, toujours très bien.
Samedi 23 mai
Ce matin, nous faisons un tour au Farmers’ Market qui n’a de fermier que le nom, puisque les deux seuls stands qui pourraient se rapprocher de cette appellation sont l’un de pâtisserie, l’autre de plantes aromatiques… C’est plus un marché d’artisanat où nous rencontrons Patrick Paul René, un Français de Grenoble, photographe installé à Moab depuis 2005 et… nous l’apprendrons par hasard, devenu copain de Philippe après avoir vu ses photos sur Internet ! Ses tableaux à partir de photos sont vraiment très réussis. Achat d’un « K-way » Mountain Hard Wear au centre de Moab, 100 $ en solde. Le temps est encore et toujours gris, aussi nous décidons de rester dans le coin et d’aller dénicher les pétroglyphes de la Kane Creek Road. La jolie route qui longe le Colorado devient bientôt piste et s’enfonce sur les hauteurs de la vallée encaissée creusée par le fleuve. Seul bémol et de taille, nous sommes le week-end du Memorial Day, et c’est la balade obligée pour tous les gens des alentours : 4 x 4, quads, vélos, ça n’arrête pas… Nombreux campings à la française, c’est-à-dire tout le monde les uns sur les autres, bourrés à craquer. Après l’un d’eux, tout au fond de la vallée, nous faisons demi-tour. Alors que nous sommes arrêtés sur le bas-côté à la recherche du « fameux hibou », nous demandons à des Américains très sympa, un grand-père, son fils et ses petits-enfants, qui ont l’air de connaître les lieux, de nous indiquer les localisations. Aux jumelles, loin en face sur une paroi verticale, nous arrivons à identifier l’oiseau aux oreilles de chat. Ils en profitent pour nous indiquer tout près une faille transversale le long de laquelle on peut en apercevoir vingt-sept autres. Certains ont fait l’objet de tentatives de vol, on discerne très bien les essais de découpes des plaques de grès. Nous enchaînons par Arches sous l’orage. Le ciel est d’un gris-bleu foncé, mais le soleil fait par moments de timides tentatives pour s’imposer, ce qui donne des couleurs contrastées magnifiques ! Plus nous avançons plus le ciel s’assombrit. Il n’est même plus noir, à l’horizon proche c’est carrément une éclipse de soleil, nous n’avons jamais vu une chose pareille ! Un passage au City Market pour acheter des plats bio surgelés que l’on passe ensuite au micro-ondes de l’office. On est bien à l’abri dans la chambre douillette tandis que l’eau ruisselle derrière les vitres.
Dimanche 24 mai
C’est encore une fois à regret que nous quittons Moab et nous nous promettons d’y revenir une bonne semaine la prochaine fois pour mieux en profiter. La route a été inondée en de nombreux endroits jusqu’à la bifurcation de La Sal Junction. Sur des kilomètres, les orages ont totalement raviné les bas-côtés, creusant des fossés de plus de un mètre de profondeur, et ont repeint le bitume en rouge. Nous ne reconnaissons pas la Paradox Valley, empruntée en été 2005, sans doute à cause de la différence de saison, de plus, pour changer, il… pleut ! Les habitants de cette petite vallée à l’écart font preuve d’une certaine imagination. On aperçoit des animaux bizarres dans les champs attenants, des gardiens taciturnes et des girouettes endiablées…
Colorado. Nous n’avions pas réservé à Ouray, joli petit village niché au pied des montagnes que nous tenions à revoir, et nous prenons une chambre au Chalet Inn pour 80 $, vraiment très bien, avec même une musique d’ambiance – un peu trop sirupeuse à notre goût. La gérante espérait faire l’impasse sur le coupon de 10 % qu’ils avaient mis sur Internet mais avec nous elle n’a pas eu de chance… Comme l’après-midi n’est pas encore trop avancé nous partons à Silverton toujours dans l’eau jusqu’au cou qui bientôt, en prenant de l’altitude, se transforme en neige. Il ne manquait plus que ça ! Les pentes rouge sang de Red Mountain sont dissimulées dans les brumes, on ne sait où commence et finit le ciel. Le village que nous avions vu très animé et bourré de touristes est triste et vide, ses rues transversales sont boueuses, il fait froid. Seules les touches de couleur des maisons réchauffent un peu les lieux. En repartant, estomaqués par le prix de l’essence à la station, nous prenons par erreur la route du sud, donc celle de Durango, sans remplir le réservoir, comptant bien que ce qu’il reste sera suffisant pour rejoindre Ouray. Quinze miles plus loin et après avoir franchi deux cols (Molas Lake – 10910 pieds – et Coal Bank – 10640 –), le jour se fait plus sombre et nous commençons à trouver qu’il y a quelque chose de bizarre, que le paysage ne nous dit rien, et tout à coup on se rend compte qu’on est dans le mauvais sens ! Mince de mince ! Il ne manquait plus que ça ! La neige fondue vient se coller au pare-brise, la nuit tombe sur cette belle route glissante et parfois vertigineuse, bordée de pins ténébreux, sur laquelle il n’y a pas un chat ni même une marmotte. Mais la chance est ce soir de notre côté car nous réussissons à rentrer sans problème. Repas dans la chambre.
Lundi 25 mai
Bonne nuit. Nous profitons de ce qu’il ne pleut pas pour retourner faire quelques photos de Red Mountain, à 13 miles de là. Malheureusement, une fois arrivés sur place, il neige à plein temps et les montagnes de fer ont la tête dans les nuages, nous obligeant à patienter sur le petit parking au-dessus de la mine.
Ridgeway, dans la plaine, puis Montrose, encore une ville qui n’en finit pas mais néanmoins agréable, où nous obliquons sur la 50 East en direction de Gunnison. C’est le printemps, les arbres qui bordent les rues de ce gros bourg sont tous en fleurs, les trottoirs couverts d’une neige de pétales et le soleil qui perce ravive tous ces blancs, ces roses, ces verts, sans néanmoins réchauffer l’atmosphère. Il fait un froid glacial !… La 135 East qui mène à Crested Butte, sur l’ancien territoire des Utes où l’on trouva du charbon et de l’argent et à présent station de ski, s’élève à travers un paysage désertique fait de montagnes pelées et austères à l’herbe rase et terne. Soudain nous découvrons le village aux maisons pastel en contrebas, niché au creux d’une ancienne vallée glaciaire dominée par des sommets enneigés. Ça me rappelle un peu certaines photos de Suède. Le Cristiana Guesthaus, qui assure « une atmosphère européenne », est une grande maison à l’intérieur superbe, tout en bois sombre, avec un grand feu dans la cheminée. Notre chambre, très jolie, est minuscule – apparemment nous avons eu la plus petite – mais ce n’est pas désagréable, au contraire il y règne une atmosphère douillette qui s’accorde bien avec l’extérieur, à peine sorti de l’hiver. Un gros chat blanc et roux nous attend, il doit sentir que nous allons bien nous entendre. Nous partons faire un tour en voiture sur la scenic road, une piste en fait, en passant par la « petite Venise » (c'est nous qui la nommons comme ça) de Crested Butte. La pluie qui s’est mise à tomber nous fait rebrousser chemin. Quelques photos dans le village puis nous rentrons au chaud envoyer des messages sur l’ordinateur maison.
Mardi 26 mai
Le petit déjeuner est excellent, déposé sur une table d’angle, mais il n’y a rien pour s’asseoir. Nous le prenons sur une des tables du premier étage où cinq Américains installés dans des canapés près de nous, sans doute des universitaires, ont une réunion de travail. En partant nous faisons un nouveau tour du village pour prendre d’autres photos des si jolies maisons pastel, de l’église qui date de 1883, et aussi d’un kitschissime « Saint George terrassant le dragon », pour le moins surprenant dans le décor.
Deuxième partie: voyageforum.com/..._2e_partie_D3279364/
Trafics d'opium et cætera, un mois à pied dans les montagnes du Nord Laos (province de Phongsaly) English translation pending
Trafics d'opium et cætera, un mois à pied dans les montagnes du Nord Laos (province de Phongsaly)
Un mois à pied, de village en village, en forêt toujours, en montagne toujours, aux côtés
des Hmong, des Hanyi, des Akha, des Hô
~
« Groupes d'esprits étrangers et chinois, Groupes d'esprits parents, Prenez tous de l'opium, Prenez du thé au complet, Car il va falloir partir dénombrer les esprits vitaux. Il y a bien des évènements en perspective, Il y a bien des incidents en perspective, Mais ne craignez rien ! »
Service chamanique Hmong (extrait)
~
Pour parvenir au village de Sinchay Khong depuis Vientiane, la capitale du Laos, il faut commencer par endurer trois longues et éprouvantes journées de bus vers l'extrême nord du pays, jusqu'à atteindre la petite ville de Phongsaly, chef-lieu de la province du même nom. Le lendemain, encore deux heures de véhicule tout-terrain sont nécessaires, puis tout le reste du jour se passe en laborieuse navigation, en pirogue durant huit heures, sur la sauvage et bouillonnante rivière Nam Ou, vers son amont et au pied de vertigineuses frondaisons vertes de forêts denses. Une nuit dans un village Taï Lü, la journée suivante dans un village Hmong à une heure de navigation supplémentaire, toujours aussi chaotique, sur le même cours d'eau tumultueux, seul passager avec quatre bateliers pour guider, tracter parfois à la force des bras et à l'aide de cordes, la frêle embarcation dans les époustouflants rapides. Le sixième jour, après une heure trente de navigation sur la rivière Nam Khang, affluent du cours remonté les deux jours précédents, puis seulement deux heures de marche on y parvient enfin, au village de Sinchay Khong, point de départ, demain ou plus tard, de la première d'une trentaine de journées à parcourir seul, lentement et à pied, la fascinante province de Phongsaly, et d'autant de nuits à passer exclusivement chez l'habitant.
Sinchay Khong, village de l'ethnie "chinoisante" Hanyi, isolé dans une des régions les plus sauvages et naturellement préservées du Laos. On ne se souvient pas exactement de la date de passage du dernier falang - du dernier homme Blanc occidental - dans le village, c'était il y a plus de vingt-cinq ans. À peine arrivé chez mes hôtes, un vieillard opiomane étendu sur sa natte et deux femmes brodant entourées d'une douzaine de tout jeunes gamins enjoués, que deux hommes font irruption dans la semi obscurité de la hutte. Exténués, haletants, échines courbées sous le poids de leurs énormes charges sur le dos, de solides harnais de bambou et des feuilles de bananiers garrottant les larges plaies débordantes de viscères des deux lourdes masses sombres : la bête, noire, entière, coupée en deux, sectionnée au niveau de l'abdomen. Elle est jetée sur le sol de terre battue
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« Groupes d'esprits étrangers et chinois, Groupes d'esprits parents, Prenez tous de l'opium, Prenez du thé au complet, Car il va falloir partir dénombrer les esprits vitaux. Il y a bien des évènements en perspective, Il y a bien des incidents en perspective, Mais ne craignez rien ! »
Service chamanique Hmong (extrait)
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Pour parvenir au village de Sinchay Khong depuis Vientiane, la capitale du Laos, il faut commencer par endurer trois longues et éprouvantes journées de bus vers l'extrême nord du pays, jusqu'à atteindre la petite ville de Phongsaly, chef-lieu de la province du même nom. Le lendemain, encore deux heures de véhicule tout-terrain sont nécessaires, puis tout le reste du jour se passe en laborieuse navigation, en pirogue durant huit heures, sur la sauvage et bouillonnante rivière Nam Ou, vers son amont et au pied de vertigineuses frondaisons vertes de forêts denses. Une nuit dans un village Taï Lü, la journée suivante dans un village Hmong à une heure de navigation supplémentaire, toujours aussi chaotique, sur le même cours d'eau tumultueux, seul passager avec quatre bateliers pour guider, tracter parfois à la force des bras et à l'aide de cordes, la frêle embarcation dans les époustouflants rapides. Le sixième jour, après une heure trente de navigation sur la rivière Nam Khang, affluent du cours remonté les deux jours précédents, puis seulement deux heures de marche on y parvient enfin, au village de Sinchay Khong, point de départ, demain ou plus tard, de la première d'une trentaine de journées à parcourir seul, lentement et à pied, la fascinante province de Phongsaly, et d'autant de nuits à passer exclusivement chez l'habitant.
Sinchay Khong, village de l'ethnie "chinoisante" Hanyi, isolé dans une des régions les plus sauvages et naturellement préservées du Laos. On ne se souvient pas exactement de la date de passage du dernier falang - du dernier homme Blanc occidental - dans le village, c'était il y a plus de vingt-cinq ans. À peine arrivé chez mes hôtes, un vieillard opiomane étendu sur sa natte et deux femmes brodant entourées d'une douzaine de tout jeunes gamins enjoués, que deux hommes font irruption dans la semi obscurité de la hutte. Exténués, haletants, échines courbées sous le poids de leurs énormes charges sur le dos, de solides harnais de bambou et des feuilles de bananiers garrottant les larges plaies débordantes de viscères des deux lourdes masses sombres : la bête, noire, entière, coupée en deux, sectionnée au niveau de l'abdomen. Elle est jetée sur le sol de terre battue
Voyage camping-car en Grèce au mois de juillet 2010 English translation pending
Nous projetons de faire un périple en camping car en juillet 2010. Beaucoup de points ?
Comme:où prendre le bateau ? faut'il le réserver?
peux t'on dormir à la belle étoile?
prix du gazole et de la vie ?
le site a ne PAS manquer ?
peux t'on faire le plein d'eau partout ?
Merci de nous aider à préparer notre voyage pour qu'il reste inoubliable.
Saint-Paul-de-Montminy fin janvier: activités motoneige et chiens de traîneaux praticables? (Québec) English translation pending
Bonjour,
ma fille et moi partons le 07 février 2010 à l'Appalaches Nordic Club à St Paul de Montminy et ns sommes très inquiètes sur l'enneigement actuel.Quelqu'un peut-il me dire si actuellement les activités motoneige et chiens de traîneaux sont praticables?
Notre déception serait énorme s'il n'y avait pas de neige alors qu'il y en a plein en France actuellement.
Quelqu'un de cette région pourrait-il nous répondre?D'avance merci.
2 Marseillaises très angoissées.
Ryanair: non respect du droit au travail en France (personnel de Marseille) English translation pending
Ryanair fait encore parlé d'elle dans le sociale!!
Il faut absolument éviter Ryanair au départ de Marseille notament, pour faire face à cette injustice sociale!!🏴☠️🙁 et faire respecter le droit , au travail des salariés!!!
issu du Figaro du 26012010 : Deux syndicats du secteur, dénonçant les pratiques sociales de la compagnie irlandaise low cost, ont porté plainte mardi. Après easyJet, au tour de Ryanair d'être jugée prochainement pour non respect du droit du travail. L'Union des navigants de l'aviation civile (Unac) et le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) ont porté plainte mardi auprès du parquet d'Aix-en-Provence contre la compagnie aérienne irlandaise. Lui sont notamment reprochés d' «entraver la représentation des salariés» et de «refuser de mettre en œuvre les dispositions du code du travail» au bénéfice de ses employés marseillais. «Au bout d'un an, les compagnies de cette taille ont l'obligation de réunir les formations syndicales existantes pour procéder à la tenue d'élections. Non seulement Ryanair a fait l'impasse sur cette procédure, mais nos appels en ce sens sont restés sans réponse» explique Eric Chauvel, vice-président de l'Unac. Le SNPL, qui a déposé plainte pour «travail illicite et travail dissimulé» souligne également les manquements de la compagnie low-cost à ses responsabilités sociales. Dumping social Car Ryanair persiste à appliquer sur le sol français le droit irlandais, bien moins protecteur. Elle ne s'acquitte en conséquence ni des charges sociales françaises, ni des cotisations au régime de retraite obligatoire du secteur, le CRPN. Une pratique s'apparentant à du dumping social, invalidée par le décret du 21 novembre 2006 qui soumet les personnels navigants des compagnies étrangères installées en France au droit français. Mais la compagnie irlandaise n'en a cure, et déclare se conformer à la législation européenne «qui prime la loi française». Elle a également saisi la Cour européenne des droits de l'Homme afin de faire invalider cette disposition. EasyJet, qui met en oeuvre des pratiques sociales similaires, a également été jugée la semaine dernière pour travail dissimulé par le tribunal correctionnel de Créteil. Le parquet a requis la peine maximale : 225.000 euros d'amende.
issu du Figaro du 26012010 : Deux syndicats du secteur, dénonçant les pratiques sociales de la compagnie irlandaise low cost, ont porté plainte mardi. Après easyJet, au tour de Ryanair d'être jugée prochainement pour non respect du droit du travail. L'Union des navigants de l'aviation civile (Unac) et le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) ont porté plainte mardi auprès du parquet d'Aix-en-Provence contre la compagnie aérienne irlandaise. Lui sont notamment reprochés d' «entraver la représentation des salariés» et de «refuser de mettre en œuvre les dispositions du code du travail» au bénéfice de ses employés marseillais. «Au bout d'un an, les compagnies de cette taille ont l'obligation de réunir les formations syndicales existantes pour procéder à la tenue d'élections. Non seulement Ryanair a fait l'impasse sur cette procédure, mais nos appels en ce sens sont restés sans réponse» explique Eric Chauvel, vice-président de l'Unac. Le SNPL, qui a déposé plainte pour «travail illicite et travail dissimulé» souligne également les manquements de la compagnie low-cost à ses responsabilités sociales. Dumping social Car Ryanair persiste à appliquer sur le sol français le droit irlandais, bien moins protecteur. Elle ne s'acquitte en conséquence ni des charges sociales françaises, ni des cotisations au régime de retraite obligatoire du secteur, le CRPN. Une pratique s'apparentant à du dumping social, invalidée par le décret du 21 novembre 2006 qui soumet les personnels navigants des compagnies étrangères installées en France au droit français. Mais la compagnie irlandaise n'en a cure, et déclare se conformer à la législation européenne «qui prime la loi française». Elle a également saisi la Cour européenne des droits de l'Homme afin de faire invalider cette disposition. EasyJet, qui met en oeuvre des pratiques sociales similaires, a également été jugée la semaine dernière pour travail dissimulé par le tribunal correctionnel de Créteil. Le parquet a requis la peine maximale : 225.000 euros d'amende.
Problème avec Emirates pour un vol Paris-Bangkok English translation pending
Salut!! je stresse!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Je pars le 21 février de Paris pour 4 mois en asie du sud est
- vol paris bkk où je pars directement pour le myanmar - séjour de 25 jours au myanmar (visa OK) - retour en thailande par avion visa de 30 jours à l' arrivée - séjour de 20 jours en thailande - passage au laos par la frontière - séjour 30 jours au laos - passage au cambodge par la frontière pour 20 jours - retour en thailande par la frontière pour 15 jours - retour bkk paris
Je compte donc obtenir mes visas aux frontières pour le laos et le cambodge et profiter des exemptions de visas en thailande
Après avoir vérifié avec toutes les ambassades tout est OK 🙂
PROBLEME🏴☠️
Par acquis de conscience je contacte emirates pour vérifier que le chek in sera ok
et là le DRAME!!! Le bureau me dit que je dois avoir tous les visas pour prouver que je quitte la thailande ou encore mieux, il me conseille de réserver un aller retour hors de thailande pendant la période allant de mon retour du myanmar et le jour de mon BKK Paris autrement je ne pourrais pas embarquer à Paris!!!!!
Que me conseillez vous????? avez ou ce probleme??????
J'espère que vous pourrez me conseiller......
bonne soirée😐
Je pars le 21 février de Paris pour 4 mois en asie du sud est
- vol paris bkk où je pars directement pour le myanmar - séjour de 25 jours au myanmar (visa OK) - retour en thailande par avion visa de 30 jours à l' arrivée - séjour de 20 jours en thailande - passage au laos par la frontière - séjour 30 jours au laos - passage au cambodge par la frontière pour 20 jours - retour en thailande par la frontière pour 15 jours - retour bkk paris
Je compte donc obtenir mes visas aux frontières pour le laos et le cambodge et profiter des exemptions de visas en thailande
Après avoir vérifié avec toutes les ambassades tout est OK 🙂
PROBLEME🏴☠️
Par acquis de conscience je contacte emirates pour vérifier que le chek in sera ok
et là le DRAME!!! Le bureau me dit que je dois avoir tous les visas pour prouver que je quitte la thailande ou encore mieux, il me conseille de réserver un aller retour hors de thailande pendant la période allant de mon retour du myanmar et le jour de mon BKK Paris autrement je ne pourrais pas embarquer à Paris!!!!!
Que me conseillez vous????? avez ou ce probleme??????
J'espère que vous pourrez me conseiller......
bonne soirée😐
Menu repas pour cinq jours et plus à transporter lors d'un voyage à vélo? English translation pending
Bonjour a vous,
j'aimerais connaitre vos avis et experiences sur un menu-repas de 5 jours et plus que vous transportez avec vous pour un voyage en velo sur des routes isolees. Pour ma part j'ai developpe un menu que j'arrive a charger dans mes deux saccoches avants et je crois que le maximum de jours avant de devenir trop lourd, et que ca ne rentre plus (dans mes saccoches actuelles, de vieiles Lavoie), est de 8. Ca va comme suit: dejeuner; crepe farines de sarazin et ble entier (plus lait en poudre) avec beurre d'amande et melasse, jus d'orange, chocolat chaud, multi-vitamine et mineraux. Diner (manger tout au long de la journee);melange de fruits seches et noix (3 tasses), salami, fromage, sandwiche pita et jambon(conserve de 75 g), barre energetique, goudda, jus. Souper; soupe, repas lyophilise, chocolat, the. Ce menu s'est avere tres bien pour un voyage de 7 jours sur une route isolee. C'est peut-etre un probleme chez moi mais en-bas de ca, j'ai encore faim !
Dites-moi comment vous fonctionnez parce que pour des voyages plus long ca devient un serieux obstacle s'il n'y a pas moyen de poster un ravitaillement. Mais ce qui m'intrigue aussi c'est que je sais qu'il y a des personnes qui peuvent manger que du riz et des barres energetiques et ainsi demeurer autonome bien plus longtemps, mais pour moi c'est presque impensable!
Merci et bonne route!
Simon
j'aimerais connaitre vos avis et experiences sur un menu-repas de 5 jours et plus que vous transportez avec vous pour un voyage en velo sur des routes isolees. Pour ma part j'ai developpe un menu que j'arrive a charger dans mes deux saccoches avants et je crois que le maximum de jours avant de devenir trop lourd, et que ca ne rentre plus (dans mes saccoches actuelles, de vieiles Lavoie), est de 8. Ca va comme suit: dejeuner; crepe farines de sarazin et ble entier (plus lait en poudre) avec beurre d'amande et melasse, jus d'orange, chocolat chaud, multi-vitamine et mineraux. Diner (manger tout au long de la journee);melange de fruits seches et noix (3 tasses), salami, fromage, sandwiche pita et jambon(conserve de 75 g), barre energetique, goudda, jus. Souper; soupe, repas lyophilise, chocolat, the. Ce menu s'est avere tres bien pour un voyage de 7 jours sur une route isolee. C'est peut-etre un probleme chez moi mais en-bas de ca, j'ai encore faim !
Dites-moi comment vous fonctionnez parce que pour des voyages plus long ca devient un serieux obstacle s'il n'y a pas moyen de poster un ravitaillement. Mais ce qui m'intrigue aussi c'est que je sais qu'il y a des personnes qui peuvent manger que du riz et des barres energetiques et ainsi demeurer autonome bien plus longtemps, mais pour moi c'est presque impensable!
Merci et bonne route!
Simon
En Inde depuis quatre mois et demi: pétage de cable... English translation pending
Ceci est un help..
Je suis en Inde depuis 4 mois et demi, et depuis quelques semaines, je pete un cable...
. ... BRUIT AMBIANT, ...SOMMEIL COUPE PAR LE BRUIT MEME LA NUIT DANS L HOTEL, ... DEVOIR ETRE SUR SES GARDES POUR PAS SE FAIRE ARNAQUER ET AU MARCHANDAGE , ... ETRE PERDU DANS LES VILLES... ... SEQUENCE DE 50 HEURES DE TRAINS-BUS...
MAIS LE PIRE DE PIRE, C EST ...D ETRE ARRETE TOUTE LES 2 MINUTES PAR DES 'HELLO ! WHERE DO YOU COME FROM!", ...TOUTE LES 5 MINUTES PAR LES RICKSHAW, PAR DES VENDEURS, ET PAR DES EMBOUTEILLAGE HUMAINS...
JE ME FERME DE PLUS EN PLUS, ET N AI PLUS UNE SEULE INTERACTION RELAXE AVEC LES INDIENS..ILS ME FONT SIMPLEMENT CHIER...cEST LA PREMIERE FOIS QUE JE REGRETTE LES TOURISTES JE CROIS..
J AI BCP VOYAGE..28 ANS, SEULE SOUVENT, LA SALETE, LA PAUVRETE, J AI VU... MAIS LA J EN PEUX PLUS... LES PREMIERS MOIS, J AI CRU COMPRENDRE ET ME RESOUDRE ..EN FAIT DE VILLE EN VILLE (JAIPUR NOW..), C EST DE PIRE EN PIRE...
Ne vous inquietez pas je suis pas trop sado, et je pars dans 10 jours au nepal, juste le temps d accomplir un petit volontariat...
un brin d humour ou de soutien me ferai du bien...
Je suis en Inde depuis 4 mois et demi, et depuis quelques semaines, je pete un cable...
. ... BRUIT AMBIANT, ...SOMMEIL COUPE PAR LE BRUIT MEME LA NUIT DANS L HOTEL, ... DEVOIR ETRE SUR SES GARDES POUR PAS SE FAIRE ARNAQUER ET AU MARCHANDAGE , ... ETRE PERDU DANS LES VILLES... ... SEQUENCE DE 50 HEURES DE TRAINS-BUS...
MAIS LE PIRE DE PIRE, C EST ...D ETRE ARRETE TOUTE LES 2 MINUTES PAR DES 'HELLO ! WHERE DO YOU COME FROM!", ...TOUTE LES 5 MINUTES PAR LES RICKSHAW, PAR DES VENDEURS, ET PAR DES EMBOUTEILLAGE HUMAINS...
JE ME FERME DE PLUS EN PLUS, ET N AI PLUS UNE SEULE INTERACTION RELAXE AVEC LES INDIENS..ILS ME FONT SIMPLEMENT CHIER...cEST LA PREMIERE FOIS QUE JE REGRETTE LES TOURISTES JE CROIS..
J AI BCP VOYAGE..28 ANS, SEULE SOUVENT, LA SALETE, LA PAUVRETE, J AI VU... MAIS LA J EN PEUX PLUS... LES PREMIERS MOIS, J AI CRU COMPRENDRE ET ME RESOUDRE ..EN FAIT DE VILLE EN VILLE (JAIPUR NOW..), C EST DE PIRE EN PIRE...
Ne vous inquietez pas je suis pas trop sado, et je pars dans 10 jours au nepal, juste le temps d accomplir un petit volontariat...
un brin d humour ou de soutien me ferai du bien...
Jours tranquilles à Sukhumvit (Bangkok) English translation pending
Voici un récit d’un passé pas trop lointain….
Vendredi En début de soirée, je prends le vol de Singapore Airlines à Heathrow, direction Singapour. Le siège n’est-il pas assez confortable ou serait-ce peut-être plutôt l’excitation mentale que je n’arrive pas à modérer? Je suis poursuivi par tout un tas de pensées à la suite de ce que j’ai fait ces derniers jours en Europe et il me faut plusieurs heures avant de pouvoir m’endormir. Le petit déjeuner servi deux bonnes heures avant l’atterrissage à Singapour coupe court un sommeil qui n’a pas duré plus de 3 ou 4 heures.
Samedi L’avion a du retard et je dois courir pour joindre l’avion pour Bangkok, qui heureusement part du même terminal mais tout à fait à l’autre bout. J’ai une petite sueur, moins de 45 minutes entre deux avions ! 🤪 Le chef de service à bord du vol pour Bangkok vient me voir juste avant le décollage pour me confirmer que mes bagages ont bien été transférés! On ne peut pas rêver meilleur service et plus efficace. 😎🙂
J’arrive à Bangkok en fin d’après-midi et descends au Majestic Grande, dans soï 2 tout à fait au début de Sukhumwit et à deux pas de la station de « skytrain » Phloen Chit. J’ai eu beau expliquer à Y au téléphone où se situait l’hôtel, elle s’est obstinée à ne pas vouloir comprendre. J’aurais dû choisir un hôtel portant un nom plus simple ! On peut répéter « Majestic » 100 fois, pour une oreille thaïe, c’est tout simplement incompréhensible. Les Thaïs ne peuvent pas prononcer un « s » à la fin d’une syllabe, ils sont obligés de dire « t » : « plat-sa-tic », « hut-sa-band », « Aut-sa-trey-lia » pour « plastic », « husband » et « Australia ». Quand je demande à Y ce qu’elle se verse d’une bouteille sur sa nourriture, elle me dit « sawt », et je crois que c’est un de ces mots monosyllabiques typiques de la langue mais non ! c’est « sauce » mal prononcé ! La meilleure, c’est qu’elle dit « isse » pour « eat » (manger), « goss » pour « goat » (chèvre) ou pour « gold » (l’or). C’est comme si elle s’imaginait que pour dire un « t » final en Thaï on aurait peut-être bien écrit « s », et comme si elle faisait un effort intellectuel inversé pour bien prononcer ce « s » qui n’a jamais existé ! 😇 Mais n’allons pas plus avant dans les arcanes de la prononciation thaïe. Suffit-il de dire qu’il n’est pas à la portée du premier « farang » venu de s’y retrouver !
Je finis par la retrouver une heure plus tard. Elle est assise devant l’hôtel, me parlant dans son portable, pratiquement en pleurs parce qu’elle se demandait où j’avais bien pu disparaître ! Tournons la page !
Vendredi En début de soirée, je prends le vol de Singapore Airlines à Heathrow, direction Singapour. Le siège n’est-il pas assez confortable ou serait-ce peut-être plutôt l’excitation mentale que je n’arrive pas à modérer? Je suis poursuivi par tout un tas de pensées à la suite de ce que j’ai fait ces derniers jours en Europe et il me faut plusieurs heures avant de pouvoir m’endormir. Le petit déjeuner servi deux bonnes heures avant l’atterrissage à Singapour coupe court un sommeil qui n’a pas duré plus de 3 ou 4 heures.
Samedi L’avion a du retard et je dois courir pour joindre l’avion pour Bangkok, qui heureusement part du même terminal mais tout à fait à l’autre bout. J’ai une petite sueur, moins de 45 minutes entre deux avions ! 🤪 Le chef de service à bord du vol pour Bangkok vient me voir juste avant le décollage pour me confirmer que mes bagages ont bien été transférés! On ne peut pas rêver meilleur service et plus efficace. 😎🙂
J’arrive à Bangkok en fin d’après-midi et descends au Majestic Grande, dans soï 2 tout à fait au début de Sukhumwit et à deux pas de la station de « skytrain » Phloen Chit. J’ai eu beau expliquer à Y au téléphone où se situait l’hôtel, elle s’est obstinée à ne pas vouloir comprendre. J’aurais dû choisir un hôtel portant un nom plus simple ! On peut répéter « Majestic » 100 fois, pour une oreille thaïe, c’est tout simplement incompréhensible. Les Thaïs ne peuvent pas prononcer un « s » à la fin d’une syllabe, ils sont obligés de dire « t » : « plat-sa-tic », « hut-sa-band », « Aut-sa-trey-lia » pour « plastic », « husband » et « Australia ». Quand je demande à Y ce qu’elle se verse d’une bouteille sur sa nourriture, elle me dit « sawt », et je crois que c’est un de ces mots monosyllabiques typiques de la langue mais non ! c’est « sauce » mal prononcé ! La meilleure, c’est qu’elle dit « isse » pour « eat » (manger), « goss » pour « goat » (chèvre) ou pour « gold » (l’or). C’est comme si elle s’imaginait que pour dire un « t » final en Thaï on aurait peut-être bien écrit « s », et comme si elle faisait un effort intellectuel inversé pour bien prononcer ce « s » qui n’a jamais existé ! 😇 Mais n’allons pas plus avant dans les arcanes de la prononciation thaïe. Suffit-il de dire qu’il n’est pas à la portée du premier « farang » venu de s’y retrouver !
Je finis par la retrouver une heure plus tard. Elle est assise devant l’hôtel, me parlant dans son portable, pratiquement en pleurs parce qu’elle se demandait où j’avais bien pu disparaître ! Tournons la page !