last edited Aug 19, 2020
Se déplacer à Madagascar
Réseau routier, circulation
Même s'il s'est un petit peu amélioré ces dernières années, le réseau routier malgache n'est pas vraiment ce qu'on fait de mieux. Sur les 35 000 km de routes, à peine 15 à 20% est goudronné et encore s'agit-il pour beaucoup des principaux axes partant de la capitale. De plus, en saison des pluies, nombre de pistes sont coupées ou très difficilement praticables, y compris en 4x4. Bref, circuler à Madagascar n'est pas toujours simple, relève parfois de "l'aventure" et nécessite de s'informer avant de partir (surtout en saison des pluies), d'avoir du temps (les distances peuvent être importantes) et de la patience vu qu'une moyenne de 30 à 50 km/h est à certaines occasions déjà pas mal...
Location de véhicule
Location de voiture
C'est une solution adoptée par beaucoup de visiteurs qui n'ont pas forcément envie de tester le taxi-brousse à forte dose. La location de voiture à Madagascar se fait quasiment toujours avec chauffeur. Même si quelques possibilités sans existent aussi, mieux vaut avoir incontestablement avec soi quelqu'un du pays qui gèrera le véhicule, la route et ses difficultés, voire vous fera par la même occasion découvrir son pays. Il n'y a pas de location de camping-car sur l'île qui de toute façon n'est pas adaptée à ce type de véhicule.
Au niveau pratique, lorsqu'on compare les prix, il est important de savoir ce qu'englobent les tarifs proposés. À savoir bien sûr, ce qu'il en est de l'hébergement et de la nourriture du chauffeur, du kilométrage (illimité ou pas), du carburant (à charge ou pas), ainsi que des assurances et autres taxes qui peuvent alourdir l'addition. Comptez en premiers prix et sans essence dans les 60 à 70 €/jour pour un petit 4x4 et environ 35/40 € pour une véhicule "classique". Hors agences de location, certains particuliers (se) louent leur véhicule à des tarifs moindres, mais avec comme toujours dans ce cas moins de garanties ou de recours en cas de problème.
Location de taxi
C'est une solution possible à Mada comme dans d'autres pays. Selon ses besoins, ponctuels ou pour une excursion, il est toujours possible d'affréter pour soi un taxi de ville à la journée ou même simplement pour quelques heures. Les prix s'entendent après négociations (et précision sur le carburant à charge ou pas) et se règlent en fin de prestation. Normalement, ils sont inférieurs à ceux d'une location de véhicule avec chauffeur à durée égale.
Bus et taxis-brousse
Bus
Il n'y a traditionnellement pas de réseau de bus public à Madagascar, ceux-ci étant remplacés par les taxis-brousse. Néanmoins, depuis quelques années, plusieurs prestataires touristiques de l'île ont lancé un petit réseau indépendant sur les principaux axes de l'île fait avant tout pour les touristes
Contrairement aux taxis-brousse, ces bus ou minibus en bon état proposent un certain confort et service (avec collation souvent comprise), des horaires fixes et un nombre de places limité. Ils travaillent avec les agences de tourisme et surtout les hôtels qui servent de lieux de ramassage et relaient l'information. À signaler quand même que les départs ne sont pas toujours très nombreux sur certaines lignes ou à certaines époques.
Quant aux prix, il sont logiquement supérieurs à ceux des taxis-brousse. Comptez ainsi dans les 6 ou 7 €/100 km pour une "offre complète", car certains prestataires proposent aussi des tarifs moindres, à peine plus chers que ceux des bâchés, pour une offre de base réduite à des départs fixes et un nombre de places prédéfini (donc pas de clim et autre collations à bord). Reste que ce système de bus privé demeure une bonne alternative aux taxis-brousse pour qui veut plus de facilités pour ses déplacements entre les principales zones touristiques du pays.
Principales compagnies
- Traveline Madagascar: la desserte au départ de la capitale de Tamatave et Sainte-Marie.
Taxis-brousse
Le taxi-brousse est en quelque sorte le véhicule emblématique de l'île et surtout, par obligation, le moyen de locomotion d'une majorité de la population. Ces véhicules collectifs parmi lesquels on rencontre des minibus, des breaks, des 404 bâchés, voire occasionnellement des 4x4 vont partout à travers le pays effectuant aussi bien de longs trajets entre villes ou villages que des parcours plus réduits. Points commun à tous: ils sont bondés, peu confortables même si le parc s'améliore, éprouvants, ne partent que quand ils sont pleins, sont extrêmement économiques pour un vahaza (on ne marchande pas) et représentent un excellent moyen de rencontrer les populations locales.
Hors des grands axes goudronnés, les taxis-brousse ne circulent généralement pas de nuit (à éviter) et adaptent donc leurs horaires en conséquence, même si le principe est avant de partir lorsque c'est plein et si possible aussi tôt le matin. Les véhicules démarrent des gares routières où sont parquées les différentes compagnies qui y disposent de petits guichets avec les tarifs d'affichés. L'idéal, au moins pour les longs parcours, est de faire un repérage préalable et de réserver sa place la veille du départ. On peut ainsi s'informer sur les prix, temps de transports, puis surtout choisir quand c'est possible le type de véhicule pour un meilleur "confort" (les minibus sont souvent le mieux à l'opposé des bâchés), voire état en matière de sécurité. La sécurité qui peut poser d'ailleurs parfois problème quand on voit l'état de certaines voitures ou la façon de conduire des chauffeurs notamment sur les grands axes ou les routes asphaltées.
Officiellement le prix des courses est fixé par le gouvernement selon différents critères (type de véhicule, distance, durée, état des routes). À catégorie et destination identiques, chaque véhicule reviendra donc au même prix et chaque passager sera censé payer la même chose. D'où l'intérêt de se renseigner auprès des autres clients si besoin. Les taxis-brousse demeurent de loin le mode de locomotion le plus économique; comptez en gros l'équivalent de 2 €/100 km (soit 2 à 3 heures de route en général). À noter que si on désire plus de "confort" il est possible d'acheter plusieurs places pour soi.
De l'intérêt de prendre un taxi brousse?
Ne serait ce qu'une seule fois, pour un trajet pas trop long, prendre un taxi-brousse à Madagascar représente une "bonne" expérience. Après, quant à en faire son moyen principal de locomotion pour découvrir l'île, c'est à chacun de voir. Car si l'avantage principal demeure un coût très faible, voyager en bâché demande aussi une certaine adaptation, voire résistance. En tout ce n'est pas trop à recommander pour les familles, les visiteurs chargés, ceux qui n'aiment pas trop la promiscuité ou espèrent avancer vitesse raisonnable.
Covoiturage
C'est une initiative récente émanant des professionnels du secteur touristique avec pour constat que la plupart des véhicules d'agences roulent à vide à partir du moment où ils ont déposé leurs clients quelque part. Covoiturage-Madagascar propose donc ces places libres à des dates et sur des trajets prédéfinis. De plus, ils essaient également d'intéresser tout possesseur de véhicule pouvant proposer des places à l'occasion ou régulièrement.
Deux roues
Moto
Vélo
Entre le climat, les distances ou l'état des routes, Madagascar est une île pas facile pour le vélo et même le VTT. Néanmoins, pour les plus motivés qui n'auraient pas leur monture, des locations existent dans les zones touristiques permettant de faire de belles balades. Et pour ceux qui envisageraient de partir plusieurs jours "encadrés" pour de véritables raids, le mieux et le plus simple au niveau logistique, est de s'adresser sur place ou avant le départ aux agences locales ou internationales spécialisées en la matière.
Auto-stop
Peu de chance de voyager en stop à Madagascar. Hors agglomérations le trafic est plutôt faible avec essentiellement des taxis-brousse et des camions qui, s'ils s'arrêtent, demandent automatiquement l'équivalent du prix taxi-brousse pour vous emmener. De plus, faire du stop n'est pas forcément ce qu'il y a de plus sûr à Mada...
Trains
[photo: Train Fianarantsoa Côte-Est (iuwps5b0dn)]
Madagascar compte plus de 800 km de voies ferrées pour officiellement quatre lignes plus ou moins ouvertes au trafic passagers selon les époques. Le train ne doit pas être considéré comme un mode de déplacement rapide à Mada, mais simplement comme un moyen de découvrir des paysages superbes, des villages isolés et des coins perdus.
Trois des lignes sont gérées par Madarail et deux dessertes à l'est de la capitale fonctionnent quatre fois par semaine: Moramanga-Tamatave et Moramanga-Ambatondrazaka. Si le train n'est pas bien rapide, son prix n'est pas bien cher non plus.
L'autre ligne, la plus connue et la plus touristique, est la liaison entre Fianarantsoa et Manakara sur la côte sud-est. Opérée par la FCE (Fianarantsoa-Côte Est), ce périple d'environ 160 km se fait en minimum 6 heures. À noter que parfois, vu l'état de la ligne, le trafic peut être interrompu (d'où l'intérêt de se renseigner sur place).
Bateaux
[photo: Belo-sur-Mer (vy9mqp1)]
Au delà des simples excursions, plusieurs occasions de circuler sur l'eau peuvent se présenter avec trois types de trajets.
Navettes/ferries
Ce sont les bateaux qui effectuent les trajets vers les îles touristiques du littoral. Sont concernées en tout premier lieu:
- Nosy Be: c'est l'île la mieux desservie qui de plus permet d'un coup de pirogue d'accéder à sa voisine Nosy Komba. Au plus court, ce sont plusieurs départs par jour depuis le port d'Ankify pour 30 minutes de mer et l'équivalent de 6 ou 7 € par sens. Un autre ferry quotidien fait la route en deux heures pour quasi le même prix vers Ambanja. À signaler aussi des cargos-mixte qui occasionnellement prennent des passagers au départ de Majunga ou Diego Suarez pour un à deux jours de mer jusqu'à Nosy Be.
- Sainte-Marie: c'est l'autre île touristique avec des ferries qui font la traversée depuis Soanierana-Ivongo en une ou deux heures. La compagnie Cap Sainte-Marie est la plus rapide (avec également des possibilités de préacheminement depuis Tamatave) mais aussi la plus chère (45 € A/R).
Cabotage le long des côtes
Plusieurs bourgades du littoral n'étant pas accessibles par la route, leur accès se fait via la mer par des embarcations diverses et variées. À voir sur place et tarifs à négocier, y compris si on veut aussi un affrètement à la journée pour une sortie en mer.
Rivières de l'intérieur et le canal des Pangalanes
La rivière Tsiribihina (à l'ouest) et le Canal des Pangalanes (à l'est) sont devenus avec le temps des "attractions touristiques" qu'on peut découvrir au fil de l'eau en quelques jours. On les retrouve d'ailleurs dans le programme de diverses agences locales ou internationales.
Vols intérieurs
C'est la compagnie nationale, Air Madagascar, qui pendant longtemps a opéré seule les dessertes intérieures dans le pays. Sa couverture domestique qui s'est un peu rétrécie ces dernières années compte encore deux douzaines de villes avec Antananarivo comme base. Dans l'ensemble, le réseau est à peu près fiable, avec cependant toujours des risques de retards, modifications ou annulations de vols, du surbooking et des listes d'attentes. Bref, mieux vaut être souple, réserver tôt et s'assurer de l'état de son vol en confirmant et reconfirmant ou en arrivant tôt aux aéroports. Depuis 2015, il existe néanmoins une autre compagnie, Madagasikara Airways, qui propose également quelques vols intérieurs.
Tarifs
Au niveau tarifs, même s'il est vrai que l'avion pallie le manque d'infrastructures routières, permet de gagner du temps et d'avaler des centaines de kilomètres, les prix des billets sont plus qu'élevés du moins par rapport à ce qu'on est habitué à avoir par exemple en Europe à distances égales. Bref, il vous en coûtera facilement 200 ou 300 € pour faire par exemple un aller simple entre Tana et une ville un peu éloignée. À signaler quand même que ceux qui arrivent dans l'île avec Air Madagascar bénéficient (en principe) de 50% de réduction sur les vols intérieurs.
En ville
Taxis de ville
Les taxi urbains ne sont pas chers mais dépourvus de compteur, d'où l'intérêt d'être clair sur le prix de la course avant de partir. Comptez en gros l'équivalent de 2 € pour un trajet en ville. Par contre, une course de/vers l'aéroport de Tananarive pour le centre de la capitale s'affichera plutôt aux alentours de 15 €.
A noter que certains taxis fonctionnent comme des "taxis urbains collectifs" et, à moins qu'on ait payé pour la totalité du véhicule, n'hésitent pas à s'arrêter en route pour prendre d'autres passagers. Mais en principe, le premier monté est aussi le premier ramené.
Taxi bé
A la base c'est un minibus urbain, faisant un trajet précis à un horaire lui aussi (plus ou moins) précis. On ne le retrouve que dans les grandes villes où il remplace les bus tels qu'on les connait en Europe. Les bé sont généralement hyper-économiques mais souvent plus que bondés et il vaut mieux se renseigner sur leurs lieux de passage et directions vu qu'il n'y a pas vraiment d'information "officielle". À signaler que les "taxi urbains collectifs" sont aussi parfois appelés taxi bé.
Autres
A l'occasion on trouvera quelques possibilités de déplacements en pousse-pousse, voire même en charrette tirée par un zébu.
Que choisir pour ses déplacements?
Madagascar est un vaste pays avec un système de transport pas vraiment des plus rapides, ce qui en principe devrait pousser à voyager en avion pour les longues distances. Sauf que, vu le réseau et surtout les prix de l'aérien, nombre de voyageurs sont obligés d'opter pour le mode terrestre quels que soient les trajets qu'ils ont à faire.
Par rapport à cela le taxi-brousse s'avèrera de loin la plus économique, du moins tant qu'on acceptera les conditions parfois assez dures de transport que cela implique. Plus largement et si on est prêt à dépenser un peu pour avoir plus de liberté et de facilités, l'option location de véhicule avec chauffeur peut s'avérer plus intéressante et d'un meilleur rapport, surtout si on est plusieurs. Dans tous les cas, si on souhaite réduire les contraintes et fatigues des transports, le mieux est de bien choisir son itinéraire en se ménageant des étapes intermédiaires sur les trajets les plus longs.
Distances entre villes
Distances (km) entre les principales villes du pays:
+ Antana. Antsi. Diego_S. Fiana. Fort_D. Majun. Moron. Tama. Tuléar
+ Antananarivo 160 1 100 400 1 100 560 640 360 920
+ Antsirabe 160 1 260 240 940 720 480 510 760
+ Diego_Suarez 1 100 1 260 1 500 2 200 810 1 740 1 270 2 020
+ Fianarantsoa 400 240 1 500 700 960 460 750 520
+ Fort_Dauphin 1 100 940 2 200 700 1 660 1 160 1 450 600
+ Majunga 560 720 810 960 1 660 1 200 900 1 470
+ Morondava 640 480 1 740 460 1 160 1 200 990 980
+ Tamatave 360 510 1 270 750 1 450 900 990 1 270
+ Tuléar 920 760 2 020 520 600 1 470 980 1 270
N.B.: Antananarivo = Tananarive (ou Tana). Diego Suarez = Antsiranana. Fort-Dauphin = Tolanaro. Majunga = Mahajanga. Tamatave = Toamasina. Tuléar = Toliary.