Afin de familiariser le cheval à son cavalier, il est conseillé de le bichonner avant de le monter. Un brossage complet du pelage afin de le débarrasser des poussières et pour conclure cette préparation, lui donner une friandise est toujours apprécié.
Et Prince de saisir à pleines dents la carotte que je lui propose. Croc et croc, en moins de deux c’est déjà avalé !
Étriers et selle sont à présent bien ajustés sur le dos des chevaux, merci Jess pour le coup de mains. Quant à nous, nous voilà maintenant biens casqués et chaussés de bottillons, donc parfaitement prêts.
Un escabeau placé au centre du paddock facilite la mise en selle. Ensuite, c’est au tour d’enfiler les pieds dans chaque étriers. Et notre guide de nous conseiller les bonnes positions : garder la pointe des pieds sur les étriers, placer ses jambes pour faire corps avec son cheval et toujours bien tenir les rênes.
Pour débuter, on effectue quelques pas en tournant en rond dans l’enclos, histoire d’habituer le cheval à son nouveau cavalier et reconnaissons le aussi, histoire de nous donner confiance avant de s’élancer sur le versant du morne (colline).
Direction le rivage. !
Pour cela il nous faut serpenter sur un sentier caillouteux en se faufilant parmi les arbustes, les broussailles et quelques épines. C’est à ce moment que l’on comprend que le conseil de porter un pantalon pour cette balade était plutôt judicieux...
Par endroits, les sabots semblent glisser et rouler quelque peu sous les sabots de nos montures, le sentier est en pente !
Quant au panorama, derrière le rideau de buissons, il se dévoile peu à peu sur l’horizon, marin au loin et au bas du morne sur la large baie du Galion. Jolie, la perspective !
Un espace dégagé et pratiquement plat est atteint. Le pas des chevaux est maintenant plus régulier. Le terrain devient idéal pour changer d’allure, ici, pas besoin de beaucoup stimuler « Prince » et consorts pour qu’ils s’élancent au trot, nos chevaux connaissent par cœur le trajet et le timing de cette balade. En cavaliers presque débutants, on tentent comme l’on peut de s’adapter au rythme saccadé du trot... ça y est, je suis bien en cadence avec l’allure de Prince.
Sur ces quelques centaines de mètres on longe un étang bordé de palétuviers. Un milieu naturel marécageux qui a beaucoup souffert lors du passage du dévastateur ouragan Irma, c’était en septembre 2017 !
Le paysage prend maintenant des airs qui m’évoquent un peu une piste en pleine savane africaine... une impression vite passée, la plage approche.
Un chemin entre deux arbustes nous mène directement sur la plage et à nous (ou plutôt aux chevaux) de fouler le sable blond le long du rivage.
Les alizés fouettent par moments et par vagues ce bord de mer, un agréable rafraîchissement dans cette atmosphère tropicale et ensoleillée mais notre cheval de tête semble un peu agacé par ces coups de vent !
« Calin », le cheval monté par Jess, c’est de lui qu’il s’agit, hoche la tête, hume l’air naseaux tremblants, agite régulièrement sa queue et se met à marcher « en crabe » ! Un peu récalcitrant et au caractère parfois difficile, paraît-il, cette agitation de Calin nécessite tout le savoir faire de Jess pour enfin le calmer.
La balade se poursuit sur la plage, une grève et un environnement sauvage qui donne une impression d’aventure à cette rando. Ici pas de plage aménagée, ni parasols, ni siège de plage ou encore de paillotes. En fait, peu de visiteurs s’avancent jusque ici, à l’extrémité de la baie, d’ailleurs on le constate, la plage est vraiment nature... avec son ruban d’algues brunes que bien entendu personne ne vient ramasser.
Résultat de l’érosion, des courants marins et des vagues... ici le sable est hérissé de branchages. Un aspect qui n’est semble-t-il pas pour plaire à Calin. Un petit temps d’arrêt, des signes de fébrilité, comme si il avait décidé de ne pas franchir ces quelques obstacles... c’est ainsi !
Au-delà, à quelques pas, près du rivage, Jess nous parle des petites piscines naturelles lovées entre les coraux. Par temps plus calme, les chevaux aiment y barboter pour se rafraîchir à mi-parcours de leur longue balade... des instants qui ravissent on l’imagine les cavaliers !
Bref, on le comprend vite, le bain dans ces bassins naturels... ce ne sera pas pour aujourd’hui ! Cependant, aucune inquiétude à avoir, la baignade à cheval reste bien au programme mais dans un endroit plus calme de la baie.
Près d’une demi-heure plus tard et donc plus loin sur ce bord de la plage, le moment tant attendu approche : le fameux bain de mer ! Attendu par les chevaux, ils méritent de se rafraîchir un peu après leur parcours et puis bien sûr attendu aussi par les cavaliers, enthousiastes par cette baignade si particulière.
Pas à pas nos chevaux s’avancent dans la mer, une eau cristalline et dont les reflets dansent en surface.
Un bain jusqu’à l’encolure pour les chevaux et un bain qui débute pour nous par une douce immersion... d’abord les pieds et les jambes puis progressivement jusqu’à la taille !
Focalisés sur ces surprenantes impressions et sensations, on en oublierait presque la beauté du panorama qui s’étend jusqu’à l’horizon. Vraiment c’est une anse de rêve cette baie du Galion avec son panorama de lagon.
à suivre -->