Avant ProposLe but c'est de se ballader avec un canot gonflable dans le
Pantanal brésilien à partir de
Rio Pixaim.
Rio Pixaim est une halte sur la route qui traverse la Transpantaneira au sud de Cuiaba, la capitale du Mato Grosso.
Ce canot gonflable est suffisamment léger pour être plié et fixé au sac-à-dos et pouvoir marcher un peu avec.
(
nec flutuat mergitur...)
Le
Pantanal est une vaste zone écologique de marécages inondables qui s'étend sur 2 états au
Brésil et sur une partie de la
Bolivie.
La faune y est très riche, on peut y voir d'innombrables jacarés (caïmans) et oiseaux.
Le récit
Après un vol
Rio /Santos Dumont -Cuiaba via
Brasilia, arrivée à Cuiaba.
En arrivant la ville baigne dans une atmosphère de chaleur lourde sans compter la pollution automobile.
La Rodovaria (gare routière) permet de laisser des sacs en consignes et il y a un excellent petit resto pour Churrasco.
Des hôtels bon marché se trouvent en face de la gare routière.
Mardi 25 aout 2009
Vers 09h00 départ du bus pour Poconé.
Il fait soleil ; le bus met deux heures 30 environ pour arriver à Poconé la porte d'entrée du
Pantanal et début de la longue Transpantaneira.
C'est l'unique route du
Pantanal brésilien, construite sur plus de 130 ponts (!)
Puis Poconé : je ne reconnais absolument rien de l'endroit visité il y a quelques années.
Je trouve un taxi pour
Rio Pixaim cela coûte cher, environ 150-170 R$.
N'ayant pas assez de liquidités, obligé de changer en catastrophe à la Banco do Brasil locale 1000R$.
Pendant ce temps-là le chauffeur attend patiemment.
Puis je demande au chauffeur de passer par une "gasolinera" pour remplir les 2 bouteilles d'essence pour le réchaud MSR.
Parce qu'a
Rio Pixaim pas de vente d'essence évidemment.
Le temps est un peu couvert donc il ne fait pas trop chaud heureusement..
La Transpantaneira est goudronnée au tout début et il faut passer tous les ponts sur la route.
Pendant le trajet le chauffeur me parle de choses diverses, mais bien que maitrisant un minimum le Portugais j'ai du mal à capter parfois ses propos...
A un endroit, on s'arrête pour laisser passer tout un troupeau de boeufs avec des cow-boys locaux.
Le paysage ressemble à une sorte de savane sèche comme en Afrique.
(
un jabiru...de secours)
Après une heure de trajet, enfin
Rio Pixaim : un pont et l'hôtel Mato Grosso..
Je dis au chauffeur que je ne souhaite pas aller à l'hôtel mais il insiste le bougre et m'emmène à l'hôtel.
Le réceptionniste de l'hôtel déclare que le camping n'est pas permis mais je lui dis que je m'établirai
ailleurs et plus loin.
Renseignement pris il est possible de téléphoner à l'hôtel pour rappeler le taxi.
Il suffit de traverser le pont pour se retrouver sur la rive opposée à l'hôtel Mato Grosso.
Le canot est gonflé avec de l'appréhension parce que dans l'eau il y a des visiteurs pas vraiment sympathiques.
(
c'est un endroit plutôt mal fréquenté 
)
Heureusement que les jacarés n'attaquent pas....
Prise des coordonnées de
Rio Pixaim avec le récepteur GPS.
La rivière n'a pas du tout un poil de courant et c'est parti pour une progression vers l'ouest-sud.
Pas de problème pour pagayer, les jacarés se tiennent tranquilles ;sur la berge de l'hôtel Mato Grosso juste en-dessous, il y a des gros spécimens de presque de 3mètres de long qui font la sieste.
Après une heure de progression tranquille, installation sur la berge pour faire chauffer le premier repas.
Le temps demeure couvert mais pas de pluie.
Quelques temps après, ce sont des loutres géantes qui me suivent, j'ai un moment de frayeur, vont-elles m'attaquer ?
Plus loin, passage d'une ferme au bord de l'eau.
Mais curieusement aucun jacaré n'est en vue.
La nuit commence à tomber et donc il faut planter la tente.
Je choisis une berge qui donne sur une vaste plaine d'où on peut apercevoir au loin la ferme passée avant.
Phénomène étrange: au loin on peut apercevoir des orages et des éclairs déchirer des gros nuages.
Pas de pluie pour la nuit mais les moustiques commencent à sortir....
Mercredi 26 aout
Un peu d'humidité recouvre la tente.
J'ai pu dormir tranquille : aucun jacaré ou panthère ne m'a attaqué pendant la nuit ; ni même un anaconda qui aurait pu se faufiler dans la tente...
Vers 08h30 départ ; il y a un groupe de capivaras/cabais juste à quelques mètres de l'endroit de bivouac qui cavalent près de la berge.
(
l'ami Ricoré du Petit déjeuner )
Ils ont l'air sympathiques ces visiteurs.
Le ciel est dégagé et la chaleur commence à se faire sentir.
Remise à l'eau du canot et en pagayant plus loinn autre ferme sur la berge.
A un endroit, des jacarés qui se dorent au soleil.
(
tiens je le connais c'est William.... William Saurien
- ce saurien c'est rien du tout)
Après 2-3heures de progression les difficultés commencent : l'eau devient peu profonde et la rivière étroite ; il faut passer un banc de sable.
(
un endroit 3 étoiles comme à Saint-Trop au milieu des caïmans et de la chaleur)
Je peux pagayer quelques centaines de mètres.
Puis obligé de passer par la terre ferme ; ce ne sont plus que des mares d'eau avec quelques jacarés nageant dedans..
(
tu crois que je t'ai pas vu ?)
La progression est de nouveau possible pour tomber sur.... un barrage de plantes aquatiques.
J'en bave comme c'est pas possible pour porter en premier ne serait-ce le canot quelques mètres plus loin puis en deuxième le sac à dos.
Difficile de progresser car on manque de s'enfoncer dans les plantes aquatiques.
Faire cette exercice ne serait-ce que sur 20m rend totalement essouflé..
Il est possible de progresser de nouveau pour s'arrêter net quelques centaines de mètres plus loin...
Impossible d'aller plus loin arrghh !
(
c'est bouché, impossible d'aller plus loin.J'aurais dû passer mes vacances à Bandol ou La Baule-les-Pins 
)
La végétation est trop dense pour progresser à travers ; de plus les arbustes sont des épineux.
Et je me vois dans l'obligation de rebrousser chemin, malheureusement...
Le soleil cogne violemment il doit faire 32degrés au moins...
Retour et progression vers la retenue d'eau pleine de jacarés.
Certains sont sur terre et se laissent sécher et replongent dans l'eau à mon approche.
Le bivouac est réinstallé au même endroit que nuit précédente à mon plus grand désespoir.
Jeudi 27 aout 2009
Routine habituelle du matin : replier la tente, tout replacer dans le sac-à-dos.
Vers les 10heures repassage devant Hotel
Pantanal,
Rio Pixaim cette fois-ci direction vers Nord-Est, toujours avec le grand regret de ne pas avoir continué plus loin dans l'autre sens.
Tant pis je vais tenter vers le Nord-Est pour voir si on peut continuer à pagayer.
Repas pris sur une sorte de minuscule ilot sablonneux..
Plus loin je crois apercevoir un tapir.
Et puis m....!! c'est comme la veille ; après une belle ballade,....bloqué net par de la végétation aquatique impossible de continuer.
Peut-être que pendant la saison des pluies il est possible de continuer plus loin.
La tente sera plantée à 1-2km de
Rio Pixaim près d'une berge sablonneuse.
L'endroit semble évoquer l'afrique; il ya des cactus cela fait vraiment savane.
Sur la berge des traces de ce qui semble être une panthère...
Vendredi 28 aout 2009
Vers les 10-11heures pak raft plié..barre et machine, en face de l'hôtel
Pantanal, snifff pas eu de bol.
Je me voyais me ballader avec mon mini canot gonflable pendant plusieurs jours à travers le
Pantanal.
Tant pis au moins j'aurais essayé !
Je vais à la réception de l'hôtel
Pantanal afin de rappeler le taxi et en profite pour prendre un café da Manha pour 20R$.
En repliant le mini-raft je me cogne violemment la tête contre une grosse branche d'arbre en me me relevant; et dire que j'ai pagayé au milieu des jacarés pour au final manquer de me fracasser la tête !
Le taxi finalement fait vite pour venir me prendre et je revois mon chauffeur de l'autre jour.
A peine arrivé à Poconé pas le temps de visiter, un autre taxi me propose d'aller à Cuiaba pour 80 R$ environ.
A Cuiaba, hôtel en face de la Rodoviaria ; 75R$ environ la nuit.
Samedi 29 aout 2009 vers une autre partie du
Pantanal : Caceres
Autre destination cette fois-ci pour se ballader sur le
Rio Paraguay.
En route vers Caceres, départ le matin vers 08h15.
Le voyage dure 3heures-3heures 30 environ.
Le paysage est toujours le même de la broussaille à perte de vue, infranchissable.
Puis arrivée à Caceres vers les 12-13heures.
Par chance il y a une station service toute proche de l'arrêt de bus, je re-remplis les 2 bouteilles d'essence.
Je demande au pompiste si le
Rio Paraguai est loin il me dit que non, à peine 15minutes de marche.
Et effectivement j'ai le bonheur de trouver le
Rio Paraguai...
celui-ci est plus large évidemment que le
Rio Pixaim ; il doit faire au moins une cinquantaine de mètres de large par endroits alors que le
Rio Pixaim n'était large que d'une dizaine de mètres.
Curieusement la rive opposée n'est pas du tout construite il n'y a que de la végétation..
je gonfle fébrilement le raft ayant crainte d'être importuné et éventuellement se faire aggresser.
Puis c'est repartir sur l'eau, on longe Caceres, il y a une sorte de petit port avec des restos qui donnent sur l'eau cela donne une ambiance sympathique.
Puis c'est le grand "boulevard" aquatique jusqu'à un pont suspendu de Caceres (qu'on peut voir en photo sur Internet.)
Seulement..... il y a un problème de taille: le raft avance assez bien sans trop d'efforts mais il ya du courant..
le récepteur GPS donne 4.5 km/h de vitesse moyenne !
Plus loin quelques petites craintes : des jeunes me posent une question que je comprends à peine : pas envie de retomber dans une embrouille
comme sur la rivière
Belize.
Beaucoup de bateaux à moteurs, je me demande constamment jusqu'où je peux aller.
Le courant ne faiblit pas du tout ; il y a beaucoup de berges sablonneuses.
Vers les 15heures riz et sauce en sachet sont expédiés rapidement comme repas.
Puis vient le temps de trouver un bivouac, il y a des pécheurs partout même par endroits des tentes.
Très difficile de trouver un endroit tranquille pour planter la tente.
Vers les 17h00, un petit bras de fleuve sur tribord; il y a bcp de courant...mais la nuit tombe et il semble tranquille.
Cependant il y a un bateau avec 2 touristes qui passe.
La tente est plantée rapidement c'est une sorte de broussaille..
Dimanche 30 aout 2009
Départ classique tout est bouclé, vers 08h30; encore une journée ensoleillée sous le cagnard...
il faut remonter le courant sur ce petit bout de bras de fleuve large de 20m environ pour retourner sur le
Paraguay...
La plus grande prudence s'impose car il y a beaucoup de courant.
Mais c'est sans difficultés que j'atteindrais le cours d'eau principal..
Plus loin une barge couverte, un ponton, avec des pécheurs, je leur demande s'il y a une route pour trouver un taxi.
Peut-être un ou 2 km plus loin du bivouac et 500m, je décide....d'arrêter.
Trop de courant et je ne pourrai pas remonter pour revenir à Caceres.
J'ai pas mal de misére pour remonter au ponton afin de débarquer.
Par endroits il ya des pécheurs sur la rive et c'est presqu'un effort surhumain pour les contourner avec leur ligne..
enfin le ponton, barre et machine, je dégonfle le raft sous un soleil de plomb.
Toutes les difficultés du monde à défaire la pagaie aqua-bound; elle est bel et bien serrée.
J'essaie de tourner les parties dans tous les sens lorsque je m'aperçois avec horreur que cela provoque des cloques sur la paume ce qui n'est pas sans m'arracher des morceaux de peau.
Avec la chaleur la fibre de carbone a dû travailler.
Puis sur un soleil littéral de plomb je suis un chemin de terre pour rejoindre une grande route
Par chance une moto et remorque passe à proximité et sympa il m'emmène plus loin d'où je prendrai un taxi pour revenir...à Caceres
Pour reprendre le bus plus tard et retourner sur Cuiaba avec la pagaie en un seul morceau...
tant pis on fera mieux la prochaine fois peut-être à
Porto Joffre au sud de Poconé; mais cela reste d'excellents souvenirs surtout pendant ces quelques jours à
Rio Pixaim, les oiseaux par milliers, la dimensions sans fin des paysages.
Et puis jouer à Crocodile Dundee amateur...

(
voir le Pantanal et mourir....un peu)