Comme destination pour ma première expérience à vélo, j'avais choisi le Périgord, au motif que quand ça monte, c'est encore plus rigolo si ça pleut avec un vent de face. Je n'avais jamais vu le Périgord aussi vert. (ou alors, c'était l'eau sur les lunettes)
Au départ, (précipité, décidé en 1h) j'ai choisi d'oublier gants et casque à la maison, parce que chercher le Decathlon à 19h45 (fermeture 20h) dans la ZA de
Périgueux est un challenge qui n'est pas à la portée de toutes les bourses - je me devais d'essayer.
J'ai aussi oublié (exprès) de me renseigner au guichet sur les gares d'où partiraient des trains acceptant les vélos non démontés au retour, parce que, encore une fois, challenge (non, optima). - Quand j'ai demandé au contrôleur dans le train à l'aller s'il pouvait me renseigner, la seule chose qu'il ait trouvée à me dire c'est "c'est votre vélo ? - oui - vous avez payé la réservation de 10 € ?".
Bien m'en pris, comme nous le verrons.
Alors j'en ai tiré bien des enseignements, que je partage avec vous, car ça me fait plaisir :
Technique non, on ne peut pas rouler 6h par jour sur le grand plateau petit pignon, le dérailleur sert aussi à quelque chose en plus de sa valeur décorative et pour draguer les minettes (découverte) la danseuse n'est pas qu'une position ésotérique pour femmelette en mal de mâle (découverte derechef) ; mais je suis pas sûr d'avoir bien compris comment danser. Au moins avec 20kg de barda (humidification de toutes les fibres hydrophiles incluse), la roue arrière accroche - j'ai jamais réussi à danser sans patiner (artistiquement) en VTT, conseils bienvenus. quand il pleut, il mouille et quand ça monte, ça grimpe le travail à fournir, à vitesse moyenne constante, dépend : à un tiers de la pente, à un tiers du vent et à un tiers du revêtement de la route (je n'ai pas essayé de changer de pneus, ça pourrait faire un autre tiers)
Matos une tente d'1m85 en diagonale, quand on fait 1m92 c'est un peu court jeune homme les chaussures Shimano ne sont pas équipées de petits dispositifs pour éliminer l'eau (floc floc floc) le graissage des roulements et des câbles de frein n'est pas un vain mot (cf chapitre : "le retour") - mais que voulez-vous, j'avais oublié mon huile dans la voiture, on ne peut pas penser à tout les produits DK sont fiables : ils se pètent tous dès la première utilisation. Mon compteur indiquait comme Vmax 199.9km/h tous les soirs (je vous demande un peu), et, j'ai été ravi d'apprendre qu'il faisait en permanence 28.1°C (utilité de la précision). Les fermetures éclairs de mon sac et de mon cuissard ont coincé dès le premier zippage (pas coincé dans le tissu, coincé tout court, toutes seules), le rétro ne tenait même pas tout seul alors avec les quelques cahots j'en parle pas (gling gling contre le cintre), et le phare avant, au dispositif de (dés)accrochage ingénieusement imaginé, non plus (lui je l'ai supergluté). Quand à l'écarte-danger, impossible de l'ajuster sur le porte-bagage, mais ce n'est pas grave parce qu'avec le vent de face, j'évitais de le mettre. Comme je l'ai dit c'était un départ précipité, la prochaine fois j'irai chez RandoCycle. (En tout cas ma tente, ce sera une Vieucampe ; quand je pense que j'ai hésité, à cause du prix, avec une T2 ultralight, hi hi hi, rétrospectivement, je m'en amuse.) J'essaierai de vous poster des photos des produits pour vous montrer les preuves que les produits DK NE SONT PAS TESTES avant leur mise en vente. Avec le produit sous les yeux c'est une évidence. Je pense faire appel à la DGCCRF pour demander une enquête et éventuellement obtenir leur retrait.
Par contre, j'ai été étonné de ne pas crever. D'habitude, je crève. Avec tout le barda pour démonter les roues ç'aurait été marrant mais je n'ai pas crevé. Sans doute, encore le Grand Malédicteur qui aura voulu me priver de cette expérience enrichissante.
Orientation le Périgord, c'est pas le trou du cul du monde, c'est un sac de culs-de-sacs. T'es sur une route avec panneaux vers Trouffignac, tu continues tout droit sans intersection et tout d'un coup, la route devient privée, panneau d'impasse, chemin de terre. Quand tu viens de te taper 1000 m de dénivelés ça fait plaisir. à propos des culs de sac, si vous arrivez à trouver dans la réalité les patelins qui sont écrits sur la carte IGN, et réciproquement si vous arrivez à trouver sur la carte les patelins qui apparaissent dans la réalité, appelez moi. Cartes IGN au 1/100 000, n°47 et 48. une fois sur deux, les Périgourdins du coin ne savent pas plus que vous où ils sont. L'autre fois sur deux, c'est vous qui ne savez pas où vous voulez aller.
La prochaine fois, ce sera dans les
Landes, sur une piste cyclable, et avec un GPS !
Mais bon.
A part ça c'était marrant, surtout
le Retour. Je me suis pointé à
Bergerac à 14h (je m'étais un peu balladé dans les collines, pour rentrer fatigué, c'est les vacances tout de même !), avec toujours la même question : à quand le prochain train pour
Paris avec un vélo. Ah, facile (dit la dame du guichet) ; vous prenez le TER jusqu'à
Bordeaux, et là, vous mettez votre vélo dans une housse, et TGV jusqu'à
Paris... Et sans housse ? Sans housse ? Alors, sans housse,.. vous allez jusqu'à
Libourne, et là, vous prenez le TGV jusqu'à
Paris, mais il faudra que votre vélo soit dans une housse.
Conclusion :
Bergerac-
Périgueux à pédales par la départementale pour choper le dernier train pour
Paris, en mâchouillant du pain dans les côtes et en remplissant sa gourde à même la pluie, moins de 3h, j'étais pas peu fier. Le pédalier faisait coui-coui, les freins, frot-frot. Je devais les remonter à la main après chaque arrêt - de toute façon, avec toute cette eau sur les jantes, je m'en remettais surtout au vent de face pour m'arrêter. Ca marche bien. Mais
Bergerac-Périgieux, il y a la Nationale, me direz-vous, 5km de moins, un revêtement si lisse qu'on y fait du 30 en côte, pas plus de passage que sur la dptale, alors pourquoi passer par Vergt ?
Eh bien c'est comme ça. Il y a des choses dans la vie qu'on ne s'explique pas, comme le choix de sa femme, avoir fait des enfants ou être passé par Vergt. J'ai dû espérer limiter les camions. Je ne me suis payé que du gravillon gras et collant crevassé au nid de poule, mais c'était mon destin
car
en arrivant à la gare, j'avais l'air si misérable que le patron du café,
eh ben
il m'a offert un T-shirt.
Vachement chaud le T-shirt
Images attachées: