En Égypte, de la Méditerranée à la Nubie Ayis · 19 juin 2010 à 0:57 14 messages · 5 participants · 1 999 affichages | | | | 19 juin 2010 à 0:57 En Égypte, de la Méditerranée à la Nubie Message 1 de 14 · 1 950 affichages · Partager Ce voyage, est le premier qui fut en grande partie improvisé, car après avoir trimballé mes yeux vers le sahel malien et les montagnes d’Anatolie, ce furent des raisons purement pécuniaires qui me poussèrent à aller jouer aux égyptologues modernes, une promotion d’Egyptair à 220 euros A/R, c’était décidé, j’irais boire de l’eau du Nil !!
Arrivée tôt le matin à l’aéroport du Caire, visa acheté mais douanière méprisante et beaucoup trop curieuse par rapport à mon nom à consonance arabe, « et votre père il est de quelle origine ? » !!! Est ce je lui demande moi si elle est une descendante de Néfertiti ?!! Bref je récupère mes bagages, et à l’aide du chauffeur de la navette gratuite, me fait déposer à la gare routière de l’aéroport ou je compte rallier Alexandrie directement, j’ai trop peur d’être envahi par le Caire ou alors inconsciemment je la laisse pour la fin comme la cerise sur le gâteau.
Déjà un égyptien essaie de me fourguer un taxi privée pour Alexandrie, non merci, je prends le bus et justement il est la, bien pourri comme il faut, et c’est accompagné de quelques passagers payants et d’autres clandestins (des cafards pour ne pas les citer) que l’on prend la route de la méditerranée....bien évidemment ce ne fut pas un direct, il aura fallu trainasser dans toutes les gares routières du Caire et ce n’est que 4 heures après que je pus apercevoir la lagune, gros lac qui coince la métropole alexandrine avec la grande bleue.
ALEXANDRIE
Hop un taxi cher payé mais qui me dépose pile devant l’hôtel que je lui indiquais, un ascendeur rafistolé jusqu’au 6 ème étage puis une réception décatie mais accueillante et finalement une chambre double pour moi tout seul et cette vue extraordinaire sur la baie, impossible de l’appréhender d’un seul coup d’œil.
Une douche puis c’est parti.......c’est calme, beaucoup trop calme, moi qui m’attendais au bourdonnement incessant de la foule, enfin il ya ce tram d’un autre âge qu’on monte pour 5cts d’euro et qui vous fait remonter le temps, ces vieux immeubles juste la écroulés devant vous et les autres qui sont encore debout abritent dans leurs cours intérieures des cafés égyptiens ou l’on sirote une infusion d’hibiscus glacé tout en pouffant sur un narguilé à la pomme.
Imaginez une cour d’immeuble ouverte sur la rue par quatre portes, là sont installés des chaises et des tables sur lesquels sont attablés de vieux et moins vieux messieurs criant et fumant et puis au milieu ce sont : un commis de cuisine qui ramène des provisions à l’arrière boutique de ce snack, une femme en burqa qui passe impassible avec ses provisions, des enfants en uniforme de retour de l’école......... On se croirait devant un tableau de Magritte qui aurait comme titre « ceci n’est pas un café », effectivement c’est plutôt une planche de théâtre ou une scène de cinéma, j’y reste des heures !!!
Je me balade à pied la plupart du temps, je mange des glaces qui rappellent l’ Italie, je me perds, je me retrouve.....partout les gens me semblent vivre dans une sorte de nostalgie heureuse qui les fait sentir qu’ils sont encore au centre de la mare nostrum, le centre du monde...ils cultivent encore cette noblesse des habitants d’une capitale universelle.......c’est un bonheur de les voir faire vivre la mémoire de leurs pierres sans se rendre compte.
Ah les catacombes, les musées archéologiques fermées, la bibliotheca alexandrina, le fort quat bey, les immeubles coloniaux, que vous êtes chanceux de voir encore vivre parmi vous des gens qui ne vous considèrent pas seulement comme des monuments historiques.
Ies rues de la ville sont étroites et empêchent le soleil d’y pénétrer et le vent du soir venant de la méditerranée est glacial mais on s’en fout, l’infusion d’hibiscus sera chaude pour ce soir. | | | À: Ayis · 19 juin 2010 à 1:03 Re: En Égypte, de la Méditerranée à la Nubie Message 2 de 14 · 1 945 affichages · Partager SIWA
Prendre le bus tôt le matin est un enchantement on a l’impression qu’on va au boulot, on sort avec les fonctionnaires et les gens du cru, on prend le café, et on se laisse réveiller par la brise marine......
Direction la gare routière, le bus se fait attendre, une fois à bord ce sont plutôt des mecs de l’armée et 2 autres touristes perdus comme moi qui se laissent tenter par un voyage de 8 heures.
4 heures jusqu'à marsa matrouh a travers une succession d’entrées pharaoniques de grands resorts, résidences sur la cote qui obstruent la vue de la mer, de toute façon on en est loin, puis 4 heures en s’enfonçant dans le désert libyen, rocailleux et sans vie. Puis soudain on sent la descente vers la dépression et les premiers palmiers, puis c’est l’océan vert jusqu’au terminus.
La je me dégourdis les jambes en cherchant un hôtel, vite fait devant la place du marche. Ici on est dans une ville frontière que les frontières politiques ignorent, car ici c’est l’avant poste en extrême orient de la patrie des berbères, ceux des fiers montagnards marocains et des nomades touaregs du sahara central et du sahel, les habitants de Siwa sont leurs cousins orientaux.
Point d’arabes, pas de femmes visibles, les hommes sont en costume traditionnel, et les enfants conduisent des charrettes tirées par des ânes.
Par contre les touristes sont déjà nettement plus visibles et puis c’est le choc, devant mes yeux s’étalent les décombres de la vieille ville fortifiée de shali, à peine discerne t on des morceaux de murs qui devaient assurer sa grandeur avant qu’ils ne fussent démolis par une pluie orageuse.
Devant s’étalent déjà des bâtiments en ciment et brique, pleurent ils leur illustre ancêtre, ou le narguent ils ?
Les SIWIS sont par contre adorable et d’une naïveté déconcertante, ils vécurent tellement dans l’isolation de leur immense et riche palmeraie qu’ils ignorent tout de leurs cousins berbères occidentaux.
Riche, elle est leur palmeraie ; des sources abondantes d’eau pure, un sol riche et certainement des siècles de dur labeur ont fait pousser des milliers de palmiers et d’oliviers.
Leurs femmes restent une énigme savoureuse, aucune d’entre elles ne découvre son visage, mais si tenté qu’elle se retrouva dehors dans le monde des hommes elles se couvrent le dos d’un magnifique tissage bleu et blanc sur lequel cours une broderie de soie explosant ses couleurs vives comme une trainée de féminité aux yeux du monde.
Elles en cachent des secrets sous leurs voiles, comme cette immense palmeraie endormie qui ne révèle que doucement son glorieux passé qui a ramené jusqu'à elle en des temps lointains, un Alexandre de macédoine en quête des prophéties de sa grandeur.
Dors siwa, dors.....
500 grammes de ses dattes délicieuses, alimenteront mon ventre et mes souvenirs pour le trajet qui vient
LE CAIRE (vite fait)
Le trajet de nuit, sans encombre à bord d’un bus bondé, et une arrivée matinale pas trop loin de la gare de train Ramsès au Caire, cela sera bien commode pour ne pas être tenté de briser le pacte que je me suis fait, le Caire sera pour la fin, pour une fois cette ville ne sera pas victorieuse. Muselant ma curiosité, je me dirige vers la gare et prend un billet pour Assouan, un trajet de 14 heures. | | | À: Ayis · 19 juin 2010 à 9:51 Re: En Égypte, de la Méditerranée à la Nubie Message 3 de 14 · 1 931 affichages · Partager REFLEXIONS A BORD DU TRAIN
Départ 8 heures tapante du matin, confort correct et siège inclinant bien trop confortable. Le chemin de fer suit le Nil, mais le Nil c’est l’ Egypte et ses habitants et ce n’est qu’après des heures que l’on arrive enfin à apercevoir quelques champs et quelques buffles y travaillant.....tout est vert de partout et les gros manguiers promettent une belle récolte estivale.
C’est ici pour la première fois que je sens l’ Egypte millénaire, ce ne sont pas les vieilles tombes et les statues vénérables de quelques monarques momifiés mais bien ces étendues vertes parcourues par les charrue et les hérons gade bœufs, combien de blé ont-ils vu pousser et d’eau couler dans leurs interminables canaux d’irrigation pour nourrir et étancher la soif des égyptiens qui tournaient le dos au désert.
La promesse du Nil est la et elle est loin d’être du pipi de chat, c’est un puissant et large fleuve que le train traverse à de rares occasions, il le longe le plus souvent, on essayant de se faufiler entre les champs, les bourgs, les mosquées et les églises.......eh oui des églises en plein terre mahométane et pas seulement dans les centres des grosses mégalopoles mais bien au milieu de la campagne égyptienne, immenses cathédrales surmontées de l’argent de leurs doubles croix coptes.......magnifique.
Le trajet se fait soudain monotone après le coucher du soleil mais déjà après l’arrêt de Louxor, la chaleur me saisit au profit d’une escapade sur un quai de gare. J’arrive à 22 heures passées | | | À: Ayis · 19 juin 2010 à 9:55 Re: En Égypte, de la Méditerranée à la Nubie Message 4 de 14 · 1 928 affichages · Partager ASSOUAN
Il n y pas de doute, je suis bien en Afrique, la chaleur n’était que la sentinelle avancée d’un nouveau pays qui d’emblée s’impose à la sortie de la gare. Il fait nuit, les magasins ferment, je cherche un hôtel, que je trouve après que quelques égyptiens essayant d’avoir l’air innocent m’aient mis dans la main la carte de visite de leurs hôtels.
Ca sera cet hôtel là, au début du marché touristique, comme ça quand je m’aventurerais loin et que je rentrerais le soir pour dormir, je passerais au milieu du bazar sans avoir l’air d’un touriste, je ne fais que rejoindre ma piaule....!!
Assouan est un coup de cœur incroyable, le mélange d’ethnies est ici très visible, d’abord il y’a les égyptiens du nord, puis les gens du pays ; les nubiens à la peau noire et aux traits fins, ça rappelle l’ Ethiopie surtout quand ils se mettent à parler leur langue. Il y a aussi beaucoup de touristes soudanais reconnaissables aux vêtements d’une autre mode que portent les hommes avec fierté et aux longs drapés multicolores qui enveloppent les femmes.
D’un coup il y a moins de burqas et beaucoup plus de couleurs, car les nubiens aiment toutes les couleurs, à l’image de ce village assoupi sur cette ile au milieu du Nil, ou les femmes s’assoient devant la porte de leur bâtisses chaulées pour éplucher des patates ou broder un napperon.
Cette ile aux jardins luxuriants trône devant Assouan comme un bateau qui dérive loin de l’activité de mercantile de la ville, là bas assis sur une berge déserte, je contemplais les cataractes en regardant passer les bateaux chargés de touristes et de groupes scolaires, une brebis et ses agneaux broutaient l’herbe quand soudain 3 martin pêcheurs pies se sont livrés devant mes yeux au vol saint esprit, stationnant pendant de longues secondes au dessus de l’onde du fleuve à la recherche de quelques poissons étourdis, ils repartiront bredouille et me laisseront enchanté.
Je reprend la barque qui se dirige vers Assouan, cette fois bondée par les villageois, ces gens qui vivent sur le Nil, voyagent sur le Nil, arrosent de l’eau du Nil et y étanchent leurs soifs, et même celle de leurs bébés comme vient de le faire cette jeune maman assise à côté de moi, en écopant de sa main un peu de son eau et en la ramenant à la bouche de son nourrisson qui criait, inutile de vous dire que celui là il grandira sur place et ne quittera pas son fleuve....qui a bu boira.
Le sens esthétique des nubiens est poussé à l’extrême, au point même que leurs animaux domestiques en profitent allégrement, comme l’âne blanc-gris de ce vendeur de lait qui arbore fièrement des pattes teintes au henné et le postérieur de ce cheval qui porte la trace de savants coups de ciseaux. | | | À: Ayis · 19 juin 2010 à 9:58 Re: En Égypte, de la Méditerranée à la Nubie Message 5 de 14 · 1 928 affichages · Partager EDFOU
Je m’éclipse un jour tôt le matin à bord du train, direction edfou, j’y arrive alors que la brume étreint encore les eaux du Nil, il fait froid et je décide de marcher de la gare vers le temps du faucon Horus, je traverse un pont majestueux sur le fleuve battu par le vent et me rapproche de l’autre rive ou sont amarrés d’énormes bateaux croisières qui sont entrain de déverser leurs flots de touristes qui ci-tôt débarqués s’engouffrent par groupes de 2-3-4 personnes dans des carrioles qui font le queue.
Pendant une bonne demi-heure ce n’est que le bruit assourdissant des sabots des chevaux qui tapent sur le tarmac, produisant dans leurs allers et retours un ballet digne des plus grandes razzias. La horde a gagné, j’abandonne et m’installe pour un moment dans une gargote devant la chaussée pour déguster mon petit déjeuner de taamiyya et de pain baladi, les touristes feront de l’animation.
Le temple est grandiose, mais il est complètement encerclé par un enorme mur car il est au milieu de la ville et la foule est des plus denses ; allemands, français, japonais, américains, tunisiens, espagnols.......le monde entier est la.......les joies du tourisme de masse, me disais-je songeur devant le flot humain, un tourisme très ancien d’ailleurs sur la terre de pharaons au vu des nombreux graffitis laissés sur les vénérables pierres taillées par quelques gentlemen anglais à la fin du 19ème siècle.
Je laisse les colonnes de pierre se faire photographier par la multitude et m’entretient pendant un moment convivial avec les gardiens du lieu, on parlera de la malchance de m’être retrouvé ici un mercredi, le jour J de toutes les excursions et de leur malchance quotidienne à essayer de réunir l’énorme somme qui leur permettra de réaliser un jour leur rêve..................se marier !!
J’abandonne les lieux qui me laissent un gout amer et Je pars vers la gare routière ou je prends un taxi collectif direction Kom Ombo
KOM OMBO
A bord, un sympathique enseignant me montre le chemin à prendre depuis la ville pour rallier le temple distant ; une longue marche puis assis à l’arrière d’un taxi collectif sur un banc en bois et enfin le temple se laisse entrevoir.
Changement d’ambiance, ici le temple de kom ombo est moins preservé mais il est majestueusement assis en face d’un méandre du Nil et en plus il est desert. En le visitant je souffrirais un peu sous le soleil de midi mais j’aurais battu la foule.
J’y reste 2 bonnes heures avant de me décider de le quitter. Je me fais vite reperer par une bande de chenapans qui essayent de me vendre quelques bracelets de pacotille, mais très vite et blagues aidant ils se transforment en d’adorable compagnons et quand finalement je craque et leur achète 3 bracelets en leur donnant une somme conséquente, la fille du groupe, véritable petite amazone, accepte difficilement de se faire payer et s’inquiète et me demande s’il me reste assez d’argent pour prendre le taxi !!!!! | | | À: Ayis · 19 juin 2010 à 10:01 Re: En Égypte, de la Méditerranée à la Nubie Message 6 de 14 · 1 926 affichages · Partager RETOUR à ASSOUAN
La ville d’ Assouan est nonchalante et même par 50 degrés à l’ombre elle reste très praticable. Aujourd’hui j’irais en face vers la montagne du vent – Jabal el hawa – au sommet de laquelle gisent quelques tombes peintes et une ancienne coupole islamique qui marque le tombeau d’un saint.
Une fois le fleuve traversé et le raide escalier grimpé, je me fais suivre par un gardien qui pour le coup garde bien les clefs des tombes....mais ici, ce ne sont pas les clefs qui ouvrent les portent mais bien les bakchichs. Il les a mérité ses quelques livres égyptiennes, surtout qu’à la fin, attiré par un gibier bien plus prometteur, il me laissa tout seul dans une tombe peinte en me faisant promettre de fermer derrière moi.
Après, je grimpe en haut de la montagne non sans mal sous un soleil de plomb, la perspective d’atteindre le tombeau haut perché m’encourageais malgré le sable qui glissait sous mes pieds et les pierres dures.
Ouf, la haut sous la coupole ouverte aux quatre vents, l’ombre est rafraichissante et la vue est époustouflante, le temps passe en regardant le panorama de la ville qui s’animait de l’autre cote du fleuve............si l’endroit a bien été choisi pour accueillir une tombe de saint, c’est que l’ascète a du y trouver un excellent perchoir pour méditer sur la vie de ses prochains.
L’après midi, sera culturelle et elle était bien avancé quand j’atteignis le musée nubien, Dedans la clim est rafraichissante et la collection plurimillénaire se laisse dévorer avec grand intérêt. | | | À: Ayis · 19 juin 2010 à 10:07 Re: En Égypte, de la Méditerranée à la Nubie Message 7 de 14 · 1 924 affichages · Partager ABU SIMBEL
Encore une journée ou je ne connaîtrais pas de grasse matinée, car c’est aux aurores que je me pointe à la gare routière pour prendre place dans un taxi collectif, direction le temple d’ Abu simbel.
On passera par l’ancien barrage d’Assouan, les cataractes et puis c’est la route du désert qui traverse ça et la des oasis artificielles...encore un don du nil.
Sur la route personne, sauf vers mi chemin ou j’aperçois le convoi des touristes de retour du site....ils ont du se réveiller a 2 heures du matin et se faire escorter par la police a bord de leurs bus climatisés.......pas pour moi tout ce cérémonial.
Mais tout à un prix, car arrivé sur place, je me fais arrêté par un policier, qui dans un excès de zèle me pose mille question et s’interroge de me voir débarquer d’un taxi collectif alors que j’étais sensé être dans un convoi. Je comprendrais plus tard que les touristes n’ont pas le droit, ou du moins sont vivement découragés, de s’aventurer tout seul dans les transports en commun et sont invités à passer par les excursions officielles escortées et chères payées..... « Vous comprenez c’est pour votre sécurité »...oui c’est ça!!
Soudain le ton du policier se fait plus brutal et il commence à s’exciter sur son talkie walkie. Il me met dans un taxi et lui demande de me conduire au siège de la sécurité. Une fois sur place, le personnel est détendu et on m’invite à entrer dans le bureau du chef.......Merde, je vais devoir faire demi tour sans pouvoir voir l’une des merveilles du monde, me dis-je.
L’homme est une armoire de glace mais très vite me rassure par un sourire et dès qu’il a mon passeport entre les mains, me parle en français ! Echange courtois de salamalecs et récit amusé du bonhomme sur son séjour à Paris, ses yeux en pétillent......je ferais comme chez moi, c’est pas moi qui le dit, c’est le chef !!!!
Je me dirige vers l’entrée du site, un long chemin serpente derrière deux grandes collines et puis me voilà debout devant le but de mon aventure. Là, trônent l’étendue scintillante du lac Nasser et le temple d’ Abu simbel avec ses colosses de pharaons. L’endroit est paisible car il n y a presque personne sur place et au dessus de ma tête planent une vingtaine d’oiseaux de proie comme pour me souhaiter la bienvenue.
Je reste émerveillé par ce tableau à peine croyable et me laisse finalement tenter d'aller voir l’intérieur du plus grand des deux temples.
Il aura fallu quelques longues secondent pour que mes yeux s’adaptent à la pénombre, mais aussitôt s’étalaient l’Histoire vue et voulue par LE PHARAON. Il y raconte ses batailles dans une émouvante réalisation polychrome. C’est vraiment beau !!
Toute cette émotion, me fait presque oublier l’autre miracle de ce lieu, celui de s’être fait sauvé de l’eau du barrage sur le Nil par des experts qui ont du s’arracher plus d’un cheveu
j'abandonne les lieux difficilement, mais j'ai promis au chef de prendre le bus de 13 heures pour Abu simbel.
Sur le trajet du retour, je serais assis à côté d'un quadragénaire américain pétillant, qui 6 mois par an est le chef cuistot de la station de recherche scientifique américaine dans l'Antarctique. Une discussion mémorable et des anecdotes croustillantes | | | À: Ayis · 19 juin 2010 à 13:08 Re: En Égypte, de la Méditerranée à la Nubie Message 8 de 14 · 1 912 affichages · Partager DERNIER SEJOUR A ABU SIMBEL
Quitter Assouan sera un vrai déchirement, c’est définitivement une de mes villes preferés d’ Egypte. Pleines de choses vont me manquer, comme l’ambiance du meilleur café d’ Egypte et du plus beau mais aussi celui qui certainement les plus petites tables aussi, Mon petit resto ou j’ai pu mangé le meilleur kebab de viande hachée et certainement de la plus bonne tahiné du monde. Mais il faut bien partir un jour et la prochaine destination que je rallierais en train promet de belles surprises.
LOUXOR
Dès l’arrivée, cette ville ne me plais pas.
Le lendemain cette impression se confirme....beaucoup de touristes, un bazar des plus agressifs et des temples qui ne m’impressionnent pas, même si architecturalement ils sont grandioses surtout le temple de Louxor avec son allée de sphinx et ses obélisques et surtout sa mosquée-marabout qui le parasite en plein milieu des colosses en pierres taillées.
L’après –midi je marche vers karnak...il y a foule.....je vais au fond du complexe pour m’abriter de la chaleur sous un magnifique toit peint aux colonnes monumentales. Un garde en arme me dévisage alors que je m’assoie sur un banc.
Au bout d’une 15aine de minutes on engage la conversation, les langues se délient, on m’offre des cigarette et d’un coup un plat de salade de tomate et de fromage baladi est posé devant, on m’invite à manger....délicieux.
L’ambiance est bonne enfant et l’après midi passe vite émaillée de rires et de scènes cocasses, à l’image de ce groupe d’ Europe de l’est qui arrivé dans ce péristyle se déchausse, se tient en rond et commence une méditation ou les pleurs et les embrassades ne tardent pas à fuser....apparemment, les premiers chrétiens fuyant les persécutions ont improvisé des chapelles dans ces monuments écroulés et ces contemporains leurs rendent un hommage fervent.......
cette scène me rappelle l’oasis de Siwa ou dans l’enceinte du temple d’Amon, là ou Alexandre le grand est venu chercher la sagesse de l’oracle, un autre groupe méditait devant un puits devant lequel, celui qui semblait être leur guide, entrait dans un état de transe......les autres touristes et moi-même en somme restés bouches bée.
Adieu Louxor, je n’irais pas sur la rive occidental, je n’irais pas me mêler aux touristes pour visiter un autre temple ou une autre tombe................je m’en excuserais presque, mais c’est à ce moment qu’apparait l’overdose pharaonique, cette sensation qui rend toutes nouvelle découverte antique encore plus banale que la précédente.....faut croire que le temple d’ Abu simbel est difficilement sur-passable.
Ce sentiment m’est familier et je l’avais déjà ressenti au Myanmar après quelques dizaines de temples bouddhiques.
Peut être aussi que les étendues désertiques finissaient aussi par me lasser et que je commençais à avoir besoin d’un peu plus d’animation citadine, ça tombe bien, je prendrais ce soir le train de nuit direction le CAIRE | | | À: Ayis · 19 juin 2010 à 15:10 Re: En Égypte, de la Méditerranée à la Nubie Message 9 de 14 · 1 897 affichages · Partager LE CAIRE
Je sors de la gare tôt le matin et me dirige vers le centre de la ville nouvelle, les magasins sont encore fermés et il flotte un air de lendemain de fête sur tout le quartier. Après quelques recherches infructueuses je m’établis dans un hôtel de la place pour les 9 prochaines nuits.
Au début je ne m’aventure pas trop loin, c’est ainsi que j’irais au musée egyptien, véritable institution qui ne mérite le nom de musée que pour les quelques rares chambres et ailes ou sont exposées le trésor de tout-ankh-amon et les bijoux royaux, le reste de la bâtisse est une sorte d’immense réserve très peu visitée d’ailleurs ou s’amoncelle statues, sarcophages, tombeaux, outils et autres artefacts des temps lointains. On a même l’impression que d’une minute à l’autre on va apercevoir un personnage de « mort sur le Nil » de Christie surgir de par-dessus la poussière. Une visite charmante mais qui nécessite en réalité le double ou le triple du temps que la plupart des gens lui consacrent.
Un autre jour je prends le métro vers le Caire copte, c’est le dimanche des rameaux, et la foule est là avec une ferveur qui décuple la clameur s’échappant des églises....impossible d’y accéder, c’est bondé. Je m’échappe vers le cimetière voisin ou les familles se sont réunis dans une très bonne ambiance.
Je m’éclipse dans le musée copte, qui est un véritable bijou d’architecture et de muséographie et désert comme j’aime.
Le lendemain j’explore Zamālek l’opulente et rebrousse chemin par un de ces ponts géants qui enjambent le Nil vers la corniche. Des dizaines de bateaux y sont amarrés, l’ampli de la chaîne hi-fi poussé à son plus haut volume, est entrain de déblatérer les derniers tubes orientaux à la mode. Le pont se remplit d’une jeunesse adolescente et ce sont les jeunes hommes qui donnent le signe du départ en se déhanchant devant les jeunes filles voilées qui éclatent dans des rires retenus. En pays musulman les jeunes gens draguent aussi, mais ils draguent différemment.
A cote de ces péniches discothèque, une petite barque vient lever des filets posés la auparavant, le rameur est un as et se meut avec une déconcertante facilité alors que le matelot remonte les filets......la pêche est bonne.
Partout au Caire, les petits restos et gargotes qui proposent presque tous la même chose, des plats végétariens et relativement peu de viande. Les cafés aussi sont légions, dans les ruelles ombragées, on fume, on papote et on mange, on regarde aussi dans des écrans improvisés le foot, qui est une véritable religion.
L’animation est perpétuelle à partir de 11 heures du matin et la foule est dense dans les rues jusqu'à 2-3 heures du matin ; beaucoup de couples qui flairent bon le romantisme naïf et surtout énormément de familles. Femmes en burqa toutes noires et coptes engoncées dans de classiques tailleurs se côtoient courtoisement alors que les hommes jeunes et moins jeunes, en bande ou en solitaire draguent celles qui cheveux en l’air, ont succombé à la mode du jean et t-shirt.
Je me dirige un matin en marchant vers le cœur du Caire islamique, je passe par des rues congestionnées par un trafic monstre. Trottoir défoncés, qui quand ils ne servent pas de « devant-boutique » pour les arrière boutiques trop chargés, sont squattés par les marchands ambulants de toute sortes. On joue du klaxon à tort et à travers. La rue cairote est un enfer !!! Je comparais déjà l’ambiance générale aux mégalopoles de l’ inde du nord quand j’arrivai à khan el khalili.....des boutiques et encore des boutiques, un peu à la manière des médinas du Maroc.
Je rebrousse chemin et je m’enfonce de l’autre coté vers bab zuweila.
Je visiterais une 10aine de mosquées toutes aussi incroyables les unes que les autres, surtout celles petites datant des fatimides et des mameloukes, de pures chefs d’œuvres d’art islamique.....elles me rappellent dans la profusion de leurs détails et ornements les tableaux orientalistes qui les prirent en modèle.
J’arrive a Bâb zuweila au milieu de l’après-midi, cette porte abrite deux immenses minarets récemment restaurés que l’on peut grimper, je ne me fais pas prier.
Je reste suspendu à quelques dizaines de mètres du sol, contemplant tout le Caire que j’appréhende d’un seul regard, voila la citadelle, la mosquée d’el Azhar, la colline de muqattam et au loin la tour du Caire sur l’ile de Zamālek, je reste rêveur quand soudain le bruit désagréable du muezzin de la mosquée d’a coté entonne son appel à la prière, il sera vite rejoint par les centaines d’autres mosquées du Caire....la ville s’embrase littéralement de cette clameur, j’ai la chair de poule et je suis presque transporté dans le temps devant la vue de cette ville qui a vu tant de conquérants mais qui est resté toujours victorieuse.
Je reviendrais au Caire islamique plusieurs jours d’affilés car c’est une véritable caverne d’Ali baba d’architecture médiévale, entre les mosquées, les medersas, les tombes et écoles soufis et les vastes esplanades.
Le soir je me laisse tenter par un café touristique et un narghilé et je passerais mon temps à discuter avec une réalisatrice suédoise installé au Caire qui me raconte son histoire d’amour avec cette ville tentaculaire.
Mon dernier jour sur la ville me rappelle que je n’ai toujours pas succombé au rituel des pyramides, que je rejoins après avoir changé de taxi en communs deux fois, je passe à travers l’immense banlieue terne enjambé par un non moins immense échangeur autoroutier. Devant l’entrée, toujours la foule, cela contraste avec les derniers jours ou j’étais quasiment tout le temps tout seul dans les monuments du Caire islamique....ici c’est la machine du tourisme de masse qui reprend ses droits.
Vite assailli par la chaleur et le brouhaha de tout ce beau monde, je me laisserais seulement tenté par une approche furtive du sphinx d’où j’apercevais également les trois pyramides de loin. Je rentrais à l’hôtel quelques minutes après.
Le lendemain je me dirigeai vers l'aéroport après 1 mois en Egypte. | | | À: Ayis · 19 juin 2010 à 16:02 Re: En Égypte, de la Méditerranée à la Nubie Message 10 de 14 · 1 890 affichages · Partager à lire et à relire....
merci ! | | | À: Ayis · 22 juin 2010 à 14:18 Re: En Égypte, de la Méditerranée à la Nubie Message 11 de 14 · 1 822 affichages · Partager Bonjour,
Félicitation pour le récit de ton périple en égypte. En listant tes differents posts, je constate que nous avons plusieurs destinations communes ( inde, asie du sud est, birmanie....) D'ailleurs, merci de ta réponse à un de mes posts à propos du transit à singapour pour rangoon.Nous avons vécu un fabuleux voyage de 25 jours en birmanie en mars dernier. Aujoud'hui je souhaite faire un petit voyage économique pas trop loin, j'ai pensé à l' égypte. Mes questions sont toutes simples:
- Est il facile de voyager en individuel (circuit classique) en égypte?
- Au niveau sécurité et transport, c'est comment?
- Les égyptiens sont ils sympas?
Merci d'avance | | | À: Toraja · 22 juin 2010 à 16:05 Re: En Égypte, de la Méditerranée à la Nubie Message 12 de 14 · 1 816 affichages · Partager Merci pour ton petit message, je suis ravi que ton séjour en birmanie s'est bien passé...d'ailleurs il ne pouvait pas en être autrement, avec tous ces sourires, paysages et monuments, n'est ce pas ? 
En ce qui concerne l' Egypte, c'ets un pays extraordinaire, surtout si on voyage en individuel, ce qui est très facile.
Les transports sont très bien, le train pour toutes les villes sur la vallée du Nil et le bus ailleurs, l'avion en dernier recours quand on a un planning serré.
Les Egyptiens sont super sympas (sauf pour le harcelement dans les zones touristiques, j'encourage aussi vivement les filles a bien se couvrir loin des plages pour ne pas trop attirer les regards et l'attention) mais encore une fois, mon experience est particuliere dans la mesure ou je parle couramment arabe, ce qui m'a facilité grandement la tache et m'a ouvert des portes gratuitement la ou la majorite des touristes auraient du payer!!
Par ailleurs beaucoup de visites de temples qui sont hors des grandes destinations sont a faire dans le cadre de circuits organisés et ne sont pas trop accessibles par transport en commun (plutot taxi pour la journée ou passer par son hotel dans le cas d' abu simbel), j'ai pu faire autrement avec ma tronche d'arabe mais j'ai quand meme eu un probleme lors d'un barrage sur la route d' abu simbel et j'ai du montrer patte blanche une fois arrivé mais rien de méchant.
niveau sécurité RAS, je n'ai rien vu de dangereux cote petits crimes et sinon les flics en civil sont partout (c'est un état policier)
Sinon que du bonheur, entre la vallée du nil, le desert, les monuments pharaoniques et islamiques....etc...etc)
Un voyage à faire, fonce, mais fais gaffe aux températures si tu comptes y aller cet été, privilegie plutot l'automne ou l'hiver (ramadan commence aussi vers mi-aout)
Bon voyage | | | À: Ayis · 6 février 2012 à 19:29 Re: En Égypte, de la Méditerranée à la Nubie Message 13 de 14 · 1 491 affichages · Partager Très beau récit, très bien écrit, merci! | | | À: Ayis · 24 mai 2012 à 22:53 Re: En Égypte, de la Méditerranée à la Nubie Message 14 de 14 · 1 366 affichages · Partager Bonsoir,
Très joli récit, plein de charme et bien agréable à lire. Quel dommage de ne pas l'avoir mis dans la rubrique "carnets de voyage" : plein de monde doit passer à côté !!!! | Discussions similaires sur l'Égypte: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 12 373 visiteurs en ligne depuis une heure! |