J'ai trouvé ca époustouflant...
J'ai d'abord pensé le mettre dans ASE, puis dans activités auquatiques, puis hop, divers...
"
L'Indonésie refuse de lâcher le butin. Le patron belge de la société qui a procédé aux fouilles crie au scandale
Le trésor est fabuleux, et la découverte digne d'une superproduction d'Hollywood. Au total, plus de 250.000 pièces sorties des eaux: des céramiques chinoises du 9esiècle après J.-C., 14.000 perles et pierres précieuses, plus de 4.000 rubis, 400 saphirs, 2.200 grenats, un sabre en or, des vases et des verres de la dynastie des Fatimides, qui régna il y a mille ans en
Egypte, des objets d'
Iran, d'Irak, du
Sri Lanka... Bref, des pièces inestimables et d'une valeur historique exceptionnelle.
Mais voilà, l'histoire se
corse. Le Français Jean-Paul Blancan et l'Allemand Fred Dobberphul, les deux plongeurs qui ont remonté ce trésor, enfoui dans un bateau de commerce du Xe siècle, qui gisait par près de 60 mètres de fond au large de
Java, ont été interpellés par la police indonésienne. Depuis le 7 mars dernier, ils sont détenus à
Djakarta, et ils risquent entre cinq et dix ans de prison, pour avoir remonté, selon la police, ces antiquités sans autorisation. Le trésor? Il a été bouclé sous haute surveillance dans un entrepôt. Les ambassades d'
Allemagne et de
France à
Djakarta ont immédiatement réagi: selon elles, leurs deux ressortissants travaillaient avec tous les permis requis, et la campagne de fouilles disposait d'autorisations écrites de toutes les administrations concernées, soit pas moins de onze ministères.
Hier, nous avons contacté Luc Heymans, le patron de Cosmix, une société enregistrée à
Dubaï, et qui gérait ces fouilles.
«Je suis dégoûté par ce qui se passe», nous a t-il confié. En tout cas, il n'a pas l'intention de se laisser marcher sur les pieds: trois bureaux d'avocats sont sur le dossier, un à
Djakarta, le deuxième en
Belgique, le troisième en
Suisse. L'enjeu est de taille: dans ce type de découverte, c'est en effet 50/50: 50% pour le gouvernement, et 50% pour la société qui a décroché le marché.
«Pour éviter tout problème, nous avions entouré ce projet de toutes les précautions légales et archéologiques nécessaires, poursuit Luc Heymans.
L'investissement: plus de 5 millions de dollars. L'opération a été financée par des partenaires privés européens, et s'est effectuée en toute transparence. L'éthique a été respectée: chaque pièce a été répertoriée et on sait de quel endroit du bateau elle provient. Chaque semaine, on a envoyé aux autorités un DVD avec toutes les pièces photographiées et numérisées.» Que s'est-il passé?
«Nous sommes victimes d'une société concurrente, PT Toor, une société indonésienne au passé peu reluisant», souligne notre interlocuteur.
«Ils ont déposé plainte, et voilà le résultat. Leur passé est complètement trouble, et leurs membres sont très liés avec l'ex-famille de l'ancien président indonésien. Nous, nous ne sommes pas des pirates, des pilleurs d'épaves. Selon moi, c'est clair, ils ont corrompu les policiers. Cela fait des années que je travaille en Asie du sud-Est, et je n'ai jamais connu une situation pareille. Tous les appels officiels que nous lançons restent lettre morte, la présidence est muette, nous n'avons aucune réponse des ambassadeurs. Quant à nos deux plongeurs, ils sont traités comme de dangereux terroristes.»
Digne d'un film de Spielberg...
M.Betrand"