Premier spectacle du festival de l'imaginaire hier soir à la Maison des Cultures du Monde.
C'est la
Malaisie qui débute avec non pas le Dabus (pour cause de santé du directeur de la troupe) mais du Wayang Kulit (théatre d'ombre) de le région du Kelantan. Le Wayang Kulit au Kelantan parvient tout juste à survivre suite à sa quasi interdiction par les autorités très radicales de cette province.
Au programme un extrait du Ramanaya dans sa version locale. Il s'agssait de l'extrait le plus célèbre, l'enlèvement de Sita.
Version très bizare mais sans que je sache si elle est ainsi au Kelantan ou bien si c'est seulement le montreur qui l'a énormément simplifiée.
Tout d'abord Rama semble mener grand train lors de son exil en forêt. Un jour Sita souhaite aller se baigner et en demande l'autorisation à Rama qui lui accorde. Elle part donc avec une suivante. Arrive Ravana (Maharadja Wana dans la version malaise) qui enlève Sita et l'emporte à Lanka. L'épisode du cerf d'or n'est même pas mentionné. Pas trace non plus de la lutte de l'oiseau Jatayu contre Ravana.
Arrive Hanuman qui part seul pour Lanka où il combat l'armée de Ravana et tue ce dernier. Il emporte alors Sita pour la ramener à Rama. Sita s'excuse mais n'empeche pas (à quelques jours de la journée de la femme

) Rama de lui filer une rouste. Ca se termine là-dessus.
J'ai vu un bon paquet de fois cette scène du Ramayana par des troupes de différents pays et que ce soit en théatre, ballet, marionettes ou théatre d'ombre mais jamais une version comme cela. Est-ce l'Islam qui a édulcoré l'histoire à ce point? Je ne sais pas.
Ceci-dit, les marionettes d'ombre sont très jolies et la musique jouée par une sorte de petit gamelan rendent ce spectacle bien interessant.
Ils se produisent encore demain soir.
Mon prochain spectacle sera dimanche au Théatre Zingaro avec, toujours de
Malaisie, du Manora, théatre d'inspiration bouddhique arrivé au Kelantan depuis la
Thailande et, bien entendu, lui aussi très mal vu des autorités de cette province. Il y aura aussi des danses rituelles Mak Yong. Ce style de danse a été classé par l'Unesco comme chef d'oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité.