YOGYAKARTA (
Reuters) - Le séisme qui a secoué aux premières heures de samedi la région de
Yogyakarta, sur l'île densément peuplée de
Java, en
Indonésie, a fait plus de 3.000 morts, selon un bilan provisoire diffusé à la tombée de la nuit par les autorités.
"Le bilan total est désormais de 3.002 morts", a déclaré une responsable de la cellule de crise mise en place au ministère des Affaires sociales.
L'obscurité a surpris les sauveteurs qui s'efforcent depuis des heures de dégager les ruines des milliers de maisons détruites par le tremblement de terre. Plusieurs milliers de survivants s'apprêtent à passer leur première nuit dans des abris de fortune ou à même le sol des mosquées, des églises et des écoles qui leur ont ouvert leurs portes.
"Nous sommes trop effrayés pour dormir à l'intérieur. La radio n'arrête pas de dire qu'il y aura d'autres séismes. Nous ressentons toujours des secousses", explique Tjut Nariman, rencontré dans les faubourgs de
Yogyakarta.
Les autorités indonésiennes ont enregistré une cinquantaine de répliques depuis le séisme.
L'ancienne ville royale se trouve non loin du
mont Merapi, un volcan dont on a redouté ce mois-ci une importante éruption. Un volcanologue local a déclaré cependant que le séisme était tectonique et n'avait pas été causé par le volcan, mais il a signalé un accroissement de son activité après la secousse.
La magnitude du séisme, survenu peu avant six heures du matin (vendredi à 23h00 GMT) a été estimée par l'institut américain de recherche géologique à 6, 2 sur l'échelle de Richter. Le centre des séismes de
Djakarta l'a estimée à 5, 8.
Son épicentre se trouvait en mer, à une cinquantaine de km au sud de
Yogyakarta et à une profondeur de 33 km mais il n'a pas provoqué de tsunami.
Yogyakarta se trouve à 25 km environ au nord de la côte de l'océan Indien et à 440 km à l'est de
Djakarta.
L'
Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde, se trouve sur la "Ceinture de feu" du Pacifique, une zone de forte activité tectonique et volcanique.
En décembre 2004, la province d'Aceh avait été la plus lourdement touchée par le tsunami qui avait dévasté le pourtour de l'océan Indien. Le bilan dans cette seule province indonésienne était de 170.000 morts ou disparus.
DES MILLIERS DE MAISONS DETRUITES
Selon des témoins, des milliers de maisons se sont effondrées, ainsi que des bâtiments administratifs.
Les personnes tuées dans le séisme ont généralement été écrasées par des bâtiments. "La plupart des morts portent des blessures à la tête. L'afflux ne diminue pas. Le nombre va augmenter", a déclaré à
Reuters Subandi, de la morgue de l'hôpital Bethesda, à
Yogyakarta.
Dans les hôpitaux, les patients ont été installés à l'extérieur dans la crainte de répliques. Un hôpital de
Yogyakarta a dit avoir accueilli à lui seul 1.500 blessés.
L'aéroport de
Yogyakarta a été fermé en raison des dégâts subis par ses pistes, a déclaré à la radio le ministre des Transports, Hatta Rajasa, or il est difficile d'accéder à la ville par la route.
D'après un responsable du Centre de coordination nationale des secours, à
Djakarta, les premiers arrivages de rations alimentaires, de couvertures et de tentes sont attendus dimanche.
Les lignes téléphoniques et l'alimentation électrique sont en outre coupées dans de nombreux secteurs.
ZONE TOURISTIQUE
A Bantul, à 55 km au sud de
Yogyakarta, la population a été prise de panique lorsque des rumeurs de tsunami se sont propagées. On déplore au moins 10 morts et des centaines de blessés dans la bousculade, dépassant les capacités médicales de la ville.
Le président Susilo Bambang Yudhoyono, qui s'est rendu sur les lieux, a demandé au "gouvernement régional à continuer de fournir des informations exactes" et de mettre la priorité "sur l'évacuation des blessés et la prise en charge des morts".
Le ministre de la Santé, Siti Fadillah Supari, a fait savoir que des équipes médicales avaient été déployées dans les zones les plus touchées, où l'on signale d'ores et déjà une pénurie de personnel et de médicaments.
Les palais royaux de
Yogyakarta et le temple de
Borobudur sont très prisés des touristes, et beaucoup d'étrangers viennent étudier la langue indonésienne lors de stages intensifs dans des écoles de cette ville.
L'Union Européenne, les
Etats-Unis, le
Japon ou encore l'Unicef ont annoncé qu'ils s'apprêtaient à envoyer une aide d'urgence.